A propos des primes d’assurance
Le principe : les primes d’assurance se rapportant à l’exploitation de
l’entreprise sont déductibles. En contrepartie, les indemnités reçues sont
imposables.
Toutefois la déductibilité ou la non déductibilité fiscale se pose au niveau des :
1- Contrats d’assurance-vie conclus au profit de l’entreprise sur la
tête de ses dirigeants ou ses collaborateurs.
Les primes versées sur les contrats d’assurance conclus au profit de l’entreprise
sur la sur la tête de ses dirigeants ou ses collaborateurs ont pour objet de
compenser le manque à gagner qui arriverait à l’entreprise lors du décès de la
personne visée au contrat d’assurance. En effet, si le risque se réalise, cela
n’entraine en aucun cas une perte d’un élément d’actif. La déduction qu’on
peut faire est que les primes versées sont assimilées à des placements
financiers n’ouvrant pas droit à la déduction fiscale.
Ainsi, dans le cas ou le risque se réaliserait, l’indemnité reçue par l’entreprise
doit être rapportée aux résultats imposables en déduisant des primes
antérieurement versées.
2- Contrats d’assurance-vie conclus au profit du personnel.
Il s’agit là des contrats souscrits au profit des dirigeants ou des cadres de
l’entreprise. Les primes ainsi versées sur ces contrats sont déductibles puisqu’il
s’agit des avantages en nature venant compléter le salaire principal du
personnel. Il ressort, ainsi que ces primes constituent pour le bénéficiaire un
complément de salaire imposable.
Synthèse : Nous pouvons faire la synthèse suivante :
A-Lors du versement de la prime d’assurance :
a- Pour le contrat au profit de l’entreprise sur la tête des dirigeants, la
prime n’est pas déductible.
b- Pour le contrat au profit du personnel de l’entreprise, la prime est
déductible.
B- A l’échéance du contrat ou au décès de l’assuré :
a- Pour le contrat au profit de l’entreprise sur la tête des dirigeants, les
primes versées antérieurement son déductibles.
b- Pour le contrat au profit du personnel de l’entreprise, les primes ne
sont pas déductibles.
A propos des écarts de conversion
Le principe : les écarts de conversion interviennent en matière d’évaluation des
créances et dettes en monnaie étrangères.
Les créances et dettes sont converties au dernier cours de change du dirham à
la date de clôture de l’exercice.
I- Conséquences sur le bilan :
Le bilan comporte 4 rubriques : 2 à l’actif et 2 au passif dans lesquelles sont
portées les écarts résultant de cette conversion :
A l’actif :
La rubrique intitulée « Ecarts de conversion – actif » (sur les éléments non circulants)
faisant partie de la masse « actif immobilisé » enregistre les écarts qui correspondent à
des pertes de change latentes sur les créances immobilisées ou sur les dettes de
financement ;
La rubrique intitulée « Ecarts de conversion – actif » (sur les éléments circulants)
faisant partie de la masse « actif circulant » enregistre les écarts qui correspondent à
des pertes de change latentes sur les créances de l’actif circulant ou sur les dettes du
passif circulant.
Ces deux rubriques correspondent par conséquent à un « actif fictif ».
Au passif :
La rubrique intitulée « Ecarts de conversion – passif » (sur éléments non circulants)
faisant partie de la masse « financement permanent » enregistre les écarts qui
correspondent à des gains de change latents sur des créances immobilisées ou sur des
dettes de financement ;
La rubrique intitulée « Ecarts de conversion – passif » (sur éléments circulants) faisant
partie de la masse « passif circulant » correspond à des gains de change latents sur des
créances de ‘actif circulant ou sur des dettes du passif circulant.
II- Conséquences sur le CPC :
Au niveau du compte de produits et charges, en vertu du principe de
prudence :
Les gains de changes latents ne sont pas intégrés au résultat car ils ne sont
pas définitivement acquis à l’entreprise :
Les pertes de changes latentes font l’objet d’une dotation aux provisions
pour risques et charges soit à caractère durable (financement permanent),
soit à caractère non durable (passif circulant).
EXEMPLE :
A : Dans la balance avant inventaire d’une entreprise, on relève les données suivantes :
Prêt à long terme à la société A (américaine) 100 000 DH
(10 000 $ à 10DH)
Client société B (française) 390 000 DH
(300 000 FF à 1,30 DH)
Emprunt bancaire (établissement C) (allemand) 4 500 000 DH
(1 000 000 DM à 4,50 DH)
Fournisseur société D (suisse) 600 000 DH
(100 000 FS à 6 DH)
B : Les cours de change précisés ci-haut sont les cours des devises à la date d’entrée des
créances et des dettes.
C : A la date d’inventaire l es cours de change, des différentes monnaies étrangères
s’établissent come suit :
1$ = 8.50DH
1FF = 1.40 DH
1DM = 4.25 DH
1 FS = 6.50 DH
Synthèse : L’effet fiscal est le suivant :
A : Constatation des provisions pour pertes de changes :
6393 dotations aux provisions
Pour risques et charges
Financières 65 000
Sté A : 15 000 + Sté D : 50 000
1516 provisions pour pertes de
Change (durables) 15 000
4506 provisions pour pertes de
Change (non durables) 50 000
B : Les écarts de conversion sont sans incidence sur le résultat puisqu’ils ne font
jouer que des comptes de bilan ;
C : C’est la provision pour pertes de changes (latente) qui minore le résultat de
65 000.
A propos du dégrèvement
Le principe. Le dégrèvement d’impôt est une réduction ou une
suppression ou encore une modération d’un impôt accordée par
l’administration fiscale. Il existe deux types de dégrèvement d’impôts.
Le premier, appelé « dégrèvement d'office », intervient lorsque
l’imposition établie comporte une erreur matérielle évidente.
Le second fait suite, soit à une réclamation du contribuable contestant le
bien-fondé de l’imposition, soit à une demande de remise gracieuse,
lorsque ces requêtes ont été jugées recevables.
Le dégrèvement ne doit pas être confondu avec une exonération fiscale
qui correspond à une dispense, totale au partielle d’impôt.
Il est clair que le dégrèvement est une remise totale au partielle
effectuée sur le montant de l’impôt.
Synthèse :
Au niveau fiscal, un dégrèvement d’impôt est
en principe imposable pour autant qu’il porte
sur un impôt déductible.