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Valorisation des Blocs de Terre Comprimée

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Lavie Arsène Mango-Itulamya

[email protected]
In Mango-Itulamya, L. A. (2019). Valorisation des gisements argileux pour la fabrication des blocs de
terre comprimée. Thèse de Doctorat. Université de Liège, Liège. http://hdl.handle.net/2268/234994

I.2.4 Bloc de Terre comprimée


Le Bloc de Terre Comprimée (BTC) est une évolution de la terre moulée ou adobe. L’idée de
compacter la terre afin d’améliorer sa résistance serait apparue au XVIIIe siècle. Les premiers
BTC étaient alors faits par pilonnage manuel dans un moule en bois. C’est à partir des années
1950 que sont apparues les premières presses pour BTC. La Cinva-Ram fut la première presse
manuelle développée en 1952 par Raul Ramirez à Bogota (Rigassi, 1995).
La production des BTC nécessite une organisation industrielle, semi industrielle ou artisanale
souvent en 6 étapes, ce qui fait du BTC un matériau largement accessible.
(1) Extraction de la terre.
(2) Préparation de la terre : séchage, broyage, tamisage.
(3) Mélange avec l’eau et éventuellement stabilisation.
(4) Pressage et démoulage.
(5) Séchage, précédé d’une cure lorsque le BTC contient un stabilisant hydraulique.
(6) Stockage.
Les BTC sont des éléments de maçonnerie dont le type et les dimensions varient selon le moule
utilisé (Fig. 5). Les dimensions les plus courantes sont 29,5 x 14 x 9 cm et 20 x 20 x 9 cm (L x
l x h) et les types les plus courants sont les blocs pleins, les blocs évidés, les blocs alvéolaires
et les blocs à emboitement (Rigassi, 1995). Une maçonnerie en BTC est constituée de blocs liés
par un joint de mortier. Le mortier est généralement un mélange de sable et de liant hydraulique
(ciment ou chaux). Il permet en plus de lier les blocs, de transmettre les efforts entre les éléments
et de les distribuer sur tous les éléments, et de contribuer à l’esthétique du bâtiment (Rigassi,
1995 ; P’Kla, 2002).

Fig. 5. À gauche, différents formats des BTC, à droite désignation des joints (P’Kla, 2002).
Les BTC peuvent être utilisés comme murs porteurs, cloisons, voûtes, arc, coupoles, fours à
pain, poêles, etc. (P’Kla, 2002) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Depuis son
apparition, plusieurs constructions se sont multipliées aux quatre coins de la planète (Fig. 6)

1
Fig. 6. Quelques réalisations en BTC. De gauche à droite : la Mosquée Al Medy à Ryad en
Arabie Saoudite ; un chantier en BTC à Lubumbashi en R.D. Congo ; une maison en BTC à
L’Isle-d’Abeau en France (Anger et Fontaine, 2009 ; Caritas Lubumbashi, 2011).
La comparaison des BTC par rapport à d’autres matériaux de construction a été faite par
plusieurs auteurs et est résumée dans le Tableau 3.

2
Caractéristiques BTC Adobe Pisé Brique cuite Bloc de béton
Aspects
Surface Lisse Irrégulière Rugueuse à lisse Rugueuse à lisse Rugueuse
Esthétique Moyen à bon Pauvre Bon à excellent Bon à excellent Moyen
Performances
Résistance en compression (MPa) 1à4 0à5 0,5 à 3 0,5 à 6 0,7 à 5
Dilatation thermique (%) 0,02 à 0,2 0 à 0,02 0,02 à 0,05
Isolation thermique (W/m°C) 0,81 à 1,04 0,4 à 0,8 1,05 0,7 à 1,3 1 à 1,7
Masse volumique (kg/m3) 1700-2200 1200 à 1700 1900 1400 à 2400 1700 à 2200
Durabilité Faible à très Faible Faible à très Faible à excellente Faible à très bonne
bonne bonne
Emploi en maçonnerie Porteur Porteur Porteur Porteur Remplissage
2
Coût au m (euros) : exemple à Kinshasa 100 à 180* 20 à 50 20 à 35
2
Coût au m (euros) : exemple en Belgique 250 à 500 500 à 700 50 à 140 60 à 90
Tableau 3. Comparaison entre le BTC et d’autres matériaux de construction (Rigassi, 1995 ; Caritas Lubumbashi, 2011 ; Chirhalwirwa Mwilarhe,
2008 ; Moles et al. 2009 ; CRAterre et Urbaplan, 2010 ; Prix-construction, 2019).
* Ce coût est à prendre avec précaution étant donné qu’il a été calculé sur des projets réalisés par des ONG qui ne sont pas habituées à ce système
constructif.
Malgré le fait que le BTC soit un matériau accessible, construire en BTC reste cher, surtout dans les pays développés, car sa mise en œuvre demande
généralement plus de temps. Cependant ce temps plus élevé est souvent lié à un manque de professionnels formés à cette technique de construction.
Les BTC sont en général plus lourds et demandent plus de précautions lors de la mise en œuvre s’ils ne sont pas stabilisés (chantier à l'abri des
intempéries, Chirhalwirwa Mwilarhe, 2008 ; CRAterre et Urbaplan, 2010). Le prix plus élevé des matériaux en BTC par rapport aux matériaux
industriels est généralement dû au fait que ces derniers bénéficient d’un marché plus important, d’une production à grande échelle, et
d'automatisation des procédés de production plus importante (LOCI, 2016 ; Bolle, 2017).

3
Le choix du BTC dans cette étude se justifie par :
- la rapidité de production et de mise en œuvre par rapport à d’autres techniques de
construction en terre crue ;
- la régularité des matériaux obtenus, ce qui facilite leur comparaison ;
- sa longue durée de vie obtenue grâce au compactage ;
- le stockage plus facile, car les blocs directement produits peuvent être empilés et ont une
durée de séchage plus rapide ;
- la faible technologie nécessaire à la production ;
- l’intérêt des architectes et des populations pour ce matériau par rapport à d’autres
techniques de construction en terre crue.
- la fabrication contrôlée à l’échelle industrielle qui permet également d’assurer la
reproductibilité et favorisera la standardisation et une utilisation plus généralisée.
Les normes concernant l’usage des BTC trouvées dans la littérature concernent principalement
la résistance à la compression. Il existe en effet depuis quelques années dans certains pays, des
normes d’utilisation des BTC en construction. Ainsi, on peut citer ARS (Afrique), ASTM
E2392M-10 (Amérique), NBR (Brésil), NTC 5324 (Colombie), UNE 41410 (Espagne), KS 02-
1070 (Kenya), IS 1725 (Inde), NT (Tunisie), NZS (Nouvelle-Zélande), XP P13-901 (France),
SLS 1382 (Sri Lanka), NMAC 147.4 (Nouveau-Mexique). Ces normes sont variables d’un
pays à l'autre. La Fig. 7 illustre un exemple de cette différence basée sur la résistance en
compression minimale admissible.

Fig. 7. Résistances à la compression minimales admises pour les BTC


(Cid-Falceto et al., 2012).
La plupart de ces normes (NZS, NBR, NTC 5324) concernent les BTC stabilisés au ciment,
fabriquées à l’aide d’une presse manuelle (Cid-Falceto et al. 2011). Notons également que ces
normes encouragent la stabilisation au ciment et recommandent l’usage d’un enduit protecteur
pour augmenter la durabilité des murs en terre (Bruce King, 2006).
Les conditions de test varient également d'une norme à l’autre. C'est pourquoi les valeurs
obtenues doivent être comparées avec précaution. Seules les données avec les mêmes
conditions de test (e.g., dimension des BTC, pression de mise en forme) peuvent être comparées
(Bruce King, 2006). La Fig. 8 illustre le mode opératoire de détermination de la résistance à la
compression des BTC selon certaines normes. Les informations obtenues dans la bibliographie
témoignent d’un manque de consensus sur la méthode à utiliser pour caractériser les BTC.
Certaines normes donnent des recommandations sur la durabilité ou la résistance à la flexion
des BTC et sur leur usage (Tableau 4).

4
Fig. 8. Normes de détermination de la résistance à la compression. a) norme [CYT 93] Pérou,
Brésil et Cuba ; b) norme Afrique ORAN [NOR 98] ; c) norme [VEN 92] Inde. Il s’agit de blocs
29,5x14x9,5 cm (Lxlxh, d’après P’kla,2002).
Région Durabilité Résistance Résistance en Mise en
à la flexion compression œuvre
(MPa) (MPa)
Afrique >2
[NOR 98] (compression 2 demi
blocs, h/e = 1,3)
USA Capillarité < 4% > 0,34 > 2 (compression d’un Construction
b
[CID 91] après 7 jours (essai de flexion bloc entier) limitée à 2
3 points) étages,
élancement
h/e = 10
Pérou, 0,2a ; 2b
Brésil, (compression simple
Cuba sur maçonnerie)
Inde 2a,b (compression 3
[VEN 92] blocs maçonnés)
Australie Taux d’érosion ≥ 2 (compression sur Mur
Bull. 5 < 1mm/minb bloc h = 1,3 à 2 fois e) extérieur ou
intérieur
Nouvelle 3,5b (compression
Zélande d’un bloc entier)
[NZS
4298]
OIA 1970 Test d’érosionb ≥ 2,1
Tableau 4. Normes propres aux BTC (P’kla, 2002 ; Jiménez et Guerrero, 2007). h = hauteur, e
= épaisseur, a = non stabilisé, b = stabilisé au ciment.
D’autres normes donnent la valeur de l’épaisseur du mur en terre en fonction de la résistance à
la compression (Tableau 5, données concernent la technique du pisé).

5
Pays Norme Épaisseur Épaisseur Résistance à la
minimale du mur minimale du mur compression
extérieur (mm) intérieur (mm) (MPa)
Australie CSIRO Bull. 5 200 200 0,7-1
4th ed. (1995) et
EBAA (2004)
Allemagne Lehmbau Regein 400 400 0,3-0,5
(2009)
Inde IS : 2110 (1998) 300 200 1,4
Kirghizstan PCH-2-87 (1998) 0,63-3,6
Nouvelle NZS 4297-9 250 0,5
Zélande
Suisse Regein Zum 300 0,3-0,5
Bauen mit Lehm
(1994)
USA 14.7.4 NMAC 457 305 1,725-2,07
(2006)
Zimbabwe SAZS 724 (2001) 300 1,5 -2
Tableau 5. Normes concernant l’épaisseur du mur en fonction des résistances à la compression
pour le pisé (TotalBoox et TBX, 2012).

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