Calcul rénal :
Causes, symptômes et traitement
Les calculs rénaux, cailloux de taille variable produits par les reins,
peuvent rester longtemps silencieux avant de faire parler d'eux.
Qu'est-ce qu'un calcul rénal ?
Un calcul rénal est une concrétion, c'est-à-dire une pierre formée dans les
cavités du rein lorsque sels minéraux et substances organiques ou
toxiques excrétés dans les urines s'agrègent et cristallisent. Ces calculs
-composés de calcium (70 % des cas), acide urique (10 %), struvite
(10 %), cystine, xanthine…- grossissent lentement pour atteindre une
taille variable.
Certains restent dans les cavités rénales ;
D'autres migrent le long des uretères (ces longs et fins tuyaux qui
conduisent l'urine des reins vers la vessie), avant d'être, dans 70 % des
cas environ, spontanément éliminés dans les urines, s'ils ne restent
bloqués en chemin…
Alimentation, déshydratation : quelles sont les causes des calculs rénaux ?
La maladie lithiasique responsable de leur formation est favorisée par
des apports hydriques insuffisants (inférieurs à 1,5 à 2 litres par
jour), certains métiers ou climats exposant à la déshydratation.
L'alimentation joue aussi un rôle et notamment les excès en protéines
animale, en sel ou à l'inverse des apports en calcium insuffisants.
Symptômes et diagnostic du calcul rénal
Le calcul peut être découvert au moment où il est uriné (il faut alors le
conserver pour pouvoir l'analyser), ou bien fortuitement à l'occasion
d'un examen radiologique, ou encore devant l'une de ses
manifestations cliniques que sont :
La présence de sang dans les urines (visible à l'œil nu, les urines
étant rouges du début à la fin de la miction, ou détectée lors d'un Examen
Cyto-Bactériologique des Urines ECBU) ;
Une infection urinaire responsable
de cystite, pyélonéphrite voire septicémie ;
Une douleur lombaire discrète ou franche, violente, typique d'une
crise de colique néphrétique, tellement intense que l'on ne sait pas quelle
position prendre pour la calmer ;
Très rarement une anurie : cette absence totale d'urine
exceptionnelle peut s'observer, chez un patient ayant un rein unique, si le
calcul entraîne un obstacle complet d'un uretère ou encore plus rarement
en cas de migrations simultanées de calculs dans les deux uretères.
La fièvre est un symptôme inhabituel qui doit amener à consulter en
urgence.
Qu'apportent les examens biologiques ?
L'ECBU permet de repérer une infection urinaire ou un
saignement. Si le calcul est transparent sur la radiographie standard, un
pH urinaire acide est en faveur d'un calcul d'acide urique ;
L'analyse de la fonction rénale est impérative avant
une urographie intraveineuse ;
L'analyse du calcul par spectrophotométrie donne avec
précision la nature du calcul. L'analyse est possible, même sur de tout
petits fragments évacués après la pulvérisation d'un calcul : elle est très
importante car elle permet de prendre des mesures diététiques adaptées
pour éviter une récidive. D'où l'importance de filtrer les
urines notamment après un traitement ayant pulvérisé le calcul !
Un bilan biologique peut rechercher des anomalies
métaboliques à l'origine de la maladie lithiasique.
Quels examens permettent de visualiser le calcul ?
Le scanner est devenu l'examen de référence permettant en
urgence de visualiser le calcul et une éventuelle distension des cavités
rénales en amont de l'obstacle déjà visible sur un scanner sans injection de
produit de contraste ;
L'uroscanner, c'est-à-dire le scanner avec injection de produit de
contraste, donne des informations sur le calcul, les voies excrétrices et le
parenchyme rénal (éléments permettant l'excrétion de l'urine à partir du
sang filtré par le rein) ;
L'urographie intraveineuse met en évidence le calcul et son
éventuel retentissement rénal ;
Sur le cliché de l'abdomen sans préparation, les calculs radio-
opaques (90 % des cas) peuvent être visualisés au niveau du rein et de la
vessie, plus difficilement au niveau des uretères, où l'opacité du calcul se
projette au niveau des os du bassin ;
L'échographie visualise les calculs du rein et de la vessie, pas ceux
situés au niveau des uretères ;
L'urétéro-pyélographie rétrograde, pratiquée sous anesthésie au
bloc opératoire lorsque le rein est muet (si les urines sont bloquées) ou en
urgence en cas de pyélonéphrite (infection du rein) obstructive avec
rétention d'urine purulente en amont du calcul, permet de visualiser le
calcul et de poser une sonde pour drainer les urines.