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GrAnCo 5

Ce document décrit les notions de base des anneaux et corps. Il définit les anneaux, sous-anneaux, éléments particuliers comme les éléments inversibles et diviseurs de zéro. Il introduit également les corps et leurs propriétés.

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Groupes, anneaux et corps

Licence Mathématiques
Note de cours de la :

(Algèbre 6)

Mohamed AQALMOUN

Univérsité Sidi Mohamed Ben Abedellah

École Normale Supérieure de Fès


Département de mathématiques

ENS FES

Laste updated

4 juin 2020
2
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
Table des matières

1 Anneaux et corps 5
1.1 Anneaux et sous anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Éléments particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Idéaux et anneaux quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Morphismes d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6.1 Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6.2 PGCD et PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.6.3 Élément irréductible et élément premier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6.4 Anneau euclidien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.6.5 Anneau factoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.7 Caractéristique d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.8 Corps des fractions d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

3
TABLE DES MATIÈRES

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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Chapitre 1

Anneaux et corps

1.1 Anneaux et sous anneaux

Définition 1.1.

Soit A un ensemble muni de deux lois de compositions internes + et ×.


On dit que le triplet (A, +, ×) est un anneau si :
• (A, +) est un groupe abélien (de neutre 0 ).
• (A, ×) est un monoïde (de neutre 1).
• × est distributive par rapport à + c’est-à-dire ; pour tous a, b, c ∈ A, (a + b) × c = a × c +
b × c et a × (b + c) = a × b + a × c.
Si de plus la loi × est commutative, on dit que (A, +, ×) est un anneau commutatif.

Notation : Si a, b ∈ A, l’élément a × b sera noter ab.

Exemples :
1. Z est un anneau commutatif,
2. Mn (K) est un anneau (non commutatif si n ≥ 2).

Proposition 1.2.

Soit A un anneau.
1. Pour tout a ∈ A, a.0 = 0.a = 0,
2. Pour tous a, b ∈ A, (−a)b = a(−b) = −ab,
3. Pour tous a, b, c ∈ A, a(b − c) = ab − bc et (a − b)c = ac − bc.

Démonstration :
Proposition 1.3.

Soit A un anneau a, b ∈ A tels que ab = ba et n ∈ N∗ .


à !
n n
n
a k b n−k .
X
1. (a + b) =
k=0 k

5
1.2 Éléments particuliers

à !
n
n n k n−1−k
X
2. a − b = (a − b) a b .
k=0

Définition 1.4. (Anneau produit)

Soit A 1 , A 2 deux anneaux et A = A 1 × A 2 , alors muni des deux lois produits, A est un
anneau appelé anneau produit.

Remarque : Les lois de A sont définies de la façon suivantes : (a, b) + (a 0 , b 0 ) = (a + a 0 , b + b 0 ) et


(a, b)(a 0 , b 0 ) = (aa 0 , bb 0 ).

Définition 1.5.

Soit A un anneau et B une partie de A. On dit que B est un sous anneau de A si (B, +)
est un sous groupe de (A, +), B stable par la multiplication et 1 ∈ B .

Remarque : Si B est un sous anneau de A, alors B lui aussi est un anneau.

1.2 Éléments particuliers

Définition 2.6.

Soit A un anneau. Un élément a ∈ A est dit inversible s’il existe b ∈ A tel que ab = ba = 1.
L’ensemble des éléments inversibles de A se note U (A).

Proposition 2.7.

Soit A un anneau et a ∈ A. Alors a est inversible si, et seulement si, un unique b ∈ A tel
que ab = ba = 1. Si c’est les cas l’élément b s’appelle l’inverse de a et se note a −1 .

Démonstration : Si a est inversible et b, b 0 ∈ A tels que ab = ba = 1 = ab 0 = b 0 a. Alors b = 1b =


(b 0 a)b = b 0 (ab) = b 0 1 = b 0 .

Exemples :
1. U (Z) = {−1, 1},
2. U (Q) = Q ∗ .

Proposition 2.8.

Soit A un anneau. Alors U (A) muni de la multiplication est un groupe.

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

Démonstration : Clairement 1 est inversible. Si a et a 0 sont inversibles alors aa 0 est aussi inver-
sible et on a de plus (aa 0 )−1 = a 0−1 a −1 . Ainsi U (A) stable par la multiplication (on aussi l’ associa-
tivité ), possède un élément neutre , et tout élément est inversible. Il s’agit alors d’un groupe.

Définition 2.9.

Soit A un anneau . Un élément a non nul de A est dit diviseur de zéro à gauche (respecti-
vement à droite), s’il existe un élément non nul b tel que ab = 0 (respectivement ba = 0).
On dit que a est un diviseur de zéro dans A si a est un diviseur de zéro à gauche ou à
droite dans A.
On dit a est un élément régulier à gauche (respectivement à droite), s’il est non nul et s’il
n’est pas un diviseur à gauche (respectivement à droite).
Un élément a de A est dit régulier s’il n’est pas nul et n’est pas un diviseur de zéro.

Remarque : Si a est inversible alors a n’est pas un diviseur de 0.

Proposition 2.10.

Soit A un anneau et a ∈ A un élément non nul.


1. a est régulier à gauche si, et seulement si, l’application x 7→ ax est injective,
2. a est régulier à droite si, et seulement si, l’application x 7→ xa est injective,

Démonstration :
1. Si a est régulier à gauche, et x, x 0 ∈ A tels que ax = ax 0 , alors a(x − x 0 ) = 0, et donc x − x 0 = 0,
d’où x = x 0 .
Réciproquement, si l’application x 7→ ax est injective, et b un élément de A tel que ab = 0,
donc ab = a.0, ainsi b = 0.

Définition 2.11.

Un anneau A est dit intègre s’il est commutatif et A 6= {0} et pour tous x, y ∈ A, x y = 0 ⇒
x = 0 ou y = 0

Remarque : Un anneau intègre est un anneau commutatif sans diviseurs de zero.

Exemples :
1. Z est un anneau intègre.
2. L’anneau Z2 = Z × Z n’est pas intègre, car (1, 0)(0, 1) = (0, 0).

Définition 2.12.

Soit A un anneau. On dit que a ∈ A est un élément nilpotent, s’il existe n ∈ N tel que
a n = 0.

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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1.3 Corps

Proposition 2.13.

Soit A un anneau.
1. Si a, b ∈ A sont nilpotents et ab = ba , alors ab est nilpotent.
2. Si a, b ∈ A sont nilpotents et ab = ba, alors a + b est nilpotent.

Démonstration :

Remarque : Si a est nilpotent alors 1 − a est inversible.

1.3 Corps

Définition 3.14.

Soit A un anneau unitaire non réduit à un élément. On dit que A est un corps si tout
élément non nul est inversible. Si de plus la multiplication est commutative, on dit que
A est un corps commutatif.

Exemples :
1. Q, R et C muni des lois usuelles sont des corps.
2. Z n’est pas un corps, car 2 n’est pas inversible dans Z.

Remarque : Si A est un corps commutatif alors A est intègre.

Définition 3.15.

Soit K un corps et K 0 une partie de K . On dit que K 0 est un sous corps de K si c’est un
sous anneaux de K et pour tout x ∈ K 0 \ {0}, x −1 ∈ K 0 .

Remarque : Si K 0 est un sous corps de K , alors K 0 lui aussi est un corps.

1.4 Idéaux et anneaux quotient

Définition 4.16.

Soit A un anneau et I une partie de A.


1. On dit que I est un idéal à gauche de A si (I , +) est un sous groupe de (A, +) et
pour tout a ∈ A et x ∈ I , ax ∈ I .
2. On dit que I est un idéal à droite de A si (I , +) est un sous groupe de (A, +) et pour
tout a ∈ A et x ∈ I , xa ∈ I .
3. Un idéal bilatère est un idéal à gauche et à droite.

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

Exemples :
1. {0} et A sont des idéaux bilatères de A dits idéaux triviaux de A.
2. n Z = {nk / k ∈ Z} est un idéal bilatère de Z.

Remarque : Soit A un anneau et I un idéal de A. Alors 1 ∈ I si, et seulement si, I = A.

Remarque : Si A est un anneaux commutatif, alors I est un idéal bilatère de A si, et seulement si,
I est un idéal à gauche de A si, et seulement si, I est un idéal à droite de A.
Ainsi, lorsque A est un anneau commutatif, il n’y a pas de différence entre idéal à gauche, à droite
et bilatère.

Proposition 4.17.

Soit A un anneau.
1. Si (I i )i ∈X est une famille d’idéaux à gauche (respectivement à droite) de A, alors
∩i ∈X I i est un idéal à gauche (respectivement à droite ) de A.
2. Si I et J sont deux idéaux à gauche (respectivement à droite) de A, alors I + J =
{i + j /i ∈ I et j ∈ J } est un idéal à gauche (respectivement à droite ) de A appelé
la somme de I et J .

Démonstration :
1. Le cas des idéaux à gauche : Notons d’abord que ∩i ∈X I i est un sous groupe de (A, +) comme
intersection de sous groupe de (A, +). Soit a ∈ A et x ∈ ∩i ∈X I i . On a ∀i ∈ X , i ∈ I i , donc
ax ∈ I i , par suite ax ∈ ∩i ∈X I i .
2. Cas d’idéaux à gauche : On a 0 = 0 + 0 ∈ I + J . Soit x = i + j ∈ I + J et y = i 0 + j 0 ∈ I + J avec
i , i 0 ∈ I et j , j 0 ∈ J . On a x − y = (i −i 0 )+( j − j 0 ) ∈ I + J , donc I + J est un sous groupe de (A, +).
Soit a ∈ A et x = i + j ∈ I + J avec i ∈ I et j ∈ J . On a ax = ai + a j ∈ I + J . Il vient alors que
I + J est un idéal à gauche de A.

Définition 4.18.

Soit A un anneau commutatif et S une partie de A. L’intersection de tous les idéaux de


A contenant S est appelé l’idéal engendré par S et se note (S). Ainsi (S) est le plus petit
idéal de A contenant S.

Remarques : Soit A un anneau commutatif.


1. (;) = ({0}) = {0}.
2. (A) = A.

Proposition 4.19.

Soit A un anneau commutatif et S une partie non vide de A. Alors


n
a i s i / n ∈ N, 1 ≤ ∀i ≤ n, a i ∈ A, s i ∈ S}
X
(S) = {
i =1

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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1.4 Idéaux et anneaux quotient

n
a i s i / n ∈ N, 1 ≤ ∀i ≤ n, a i ∈ A, s i ∈ S}.
X
Démonstration : Notons J = {
i =1
Montrons d’abord que J est un idéal de A contenant S. Soit 0 = 0/s où s ∈ S, donc 0 ∈ J . Soit x, y ∈ J ,
X a m n m
a 0j s 0j , où a i , a 0j ∈ A et s i , s 0j ∈ S. On a x − y = a i s i + (−a 0j )s 0j somme
X X X
donc x = n i s i et y =
i =1 j =1 i =1 j =1
des termes de la forme as avec a ∈ A et s ∈ S, donc x − y ∈ J , par suite J est un sous groupe de (A, +).
Xn
Maintenant si a ∈ A, alors ax = (aa i )s i ∈ J . Si s ∈ S alors s = 1.s ∈ J . On en déduit alors que J est
i =1
n
X
un idéal de A contenant S et donc (S) ⊆ J . Soit x ∈ J et I un idéal de A contenant S, on a x = ai si
i =1
n
X
où q i ∈ A et s i ∈ S. Puisque que I idéal contenant S, on a donc a i s i ∈ I , par suite x = a i s i ∈ I , il
i =1
en résulte alors que J ⊆ I , par conséquent J est inclus dans l’intersection de tous les idéaux de A
contenant S, ce qui donne (S) = J .

Définition 4.20.

Soit A un anneau commutatif. Un idéal I de A est dit principal s’il est engendré par un
élément.
Un anneau est dit principal s’il est commutatif intègre et tout idéal de A est principal.

Exemple : Z est un anneau principal : Si I est un idéal de Z, alors I est un sous groupe de (Z, +),
comme les sous groupe de (Z, +) sont de la forme n Z, il existe alors n ∈ N tel que I = n Z = (n),
donc I est principal.

Définition 4.21.

Soit A un anneau commutatif. Un idéal I de A est dit premier si I 6= A et pour tout


(x, y) ∈ A 2 , x y ∈ I ⇒ x ∈ I ou y ∈ I .

Exemples :
1. Soit p un nombre premier. Alors p Z est un idéal premier de Z : Clairement p Z est un idéal
de Z, soit x, y ∈ Z tels que x y ∈ p Z, alors il existe k ∈ Z tel que x y = kp, en d’autres termes
p divise x y, comme p premier alors p divise x ou p divise y, c’est-à-dire x = kp ou y = kp
avec k ∈ Z, ou encore x ∈ p Z ou y ∈ p Z.
2. Si A est un anneau commutatif intègre, alors (0) est un idéal premier de A.

Définition 4.22.

Soit A un anneau commutatif et I un idéal de A. On dit I est un idéal maximal de A si


I 6= A et si pour tout idéal J tel que I ⊆ J on a J = I ou J = A.

Proposition 4.23.

Soit A un anneau commutatif et I un idéal propre de A (I 6= A), les propriétés suivantes


sont équivalentes :
1. I idéal maximal de A,

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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

2. Pour tout x ∈ A \ I , A = (x) + I .

Démonstration : 1. ⇒ 2. Supposons que I est un idéal maximal de A. Soit x ∈ A \ I (x 6∈ I ). On a


I ⊆ (x) + I , par la maximalité, on a (x) + I = I et (x) + I = A, or x 6∈ I , on a donc (x) + I = A.
2. ⇒ 1. Supposons que pour tout x ∈ A \ I , (x)+ I = A. Soit J un idéal de A contenant I et distinct de
I (c’est-à-dire I ( J ). Il existe alors un élément x ∈ J tel que x 6∈ I , d’après l’hypothèse (x) + I = A,
mais A = (x) + I ⊆ J , et donc J = A.

Proposition 4.24.

Soit A un anneau commutatif. Tout idéal maximal de A est un idéal premier de A.

Démonstration : Soit I un idéal maximal d’un anneau commutatif A et x, y ∈ A tel que x y ∈ I .


On suppose de plus que y 6∈ I . On a donc A = (y) + I , il existe alors a ∈ A et i ∈ I tels que 1 = a y + i ,
par suite x = ax y + xi ∈ I .

Théorème 4.25. ( Krull)

Soit A un anneau commutatif. Tout idéal I 6= A est contenu dans un idéal maximal.
Tout anneau commutatif non réduit à un élément contient au moins un idéal maximal.

Démonstration :
Théorème et définition 4.26. (Anneau quotient)

Soit A un anneau unitaire, et I un idéal bilatère. L’ensemble quotient A/I muni des
deux lois de compositions internes : x y = x y et x + y = x + y est un anneau unitaire, dit
anneau quotient.

Démonstration : Clairement (A/I , +) est un groupe abélien. La multiplication est bien définie,
en effet si x, y, x 0 , y 0 ∈ A tels que x = x 0 et y = y 0 , alors x = x 0 + i et y = y 0 + j où i , j ∈ I . On a
x y = x y 0 + x 0 j + i y 0 + i j , puisque I est un idéal bilatère, on a donc x 0 j + i y 0 + i j ∈ I , par suite
x y = x 0 y 0 . Les propriétés d’anneau sont très simples à vérifier.

Théorème 4.27.

Soit A un anneau commutatif et I un idéal de I .


1. I est un idéal premier si, et seulement si, A/I est intègre.
2. I est un idéal maximal si, et seulement si, A/I est un corps.

Démonstration :

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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1.5 Morphismes d’anneaux

1.5 Morphismes d’anneaux

Définition 5.28.

Soit A et B deux anneaux. Soit f : A → B une application. On dit que f est un mor-
phisme d’anneaux si : pour tout x, y ∈ A, f (x + y) = f (x) + f (y) , f (x y) = f (x) f (y) et
f (1) = 1. Un morphisme de corps est un morphisme d’anneaux.

Exemples :
1. L’application f : C → C définie par f (z) = z est un morphisme d’anneaux.
2. L’application f : R[X ] → R définie par f (P ) = P (1) est un morphisme d’annaux.
3. Soit A un anneau et I un idéal bilatère de A. L’application ϕ : A → A/I , définie par ϕ(x) = x,
est un morphisme d’anneaux.

Proposition 5.29.

Soit f : A → B un morphisme d’anneaux.


1. f (0) = 0,
2. Pour tous x, y ∈ A, f (x − y) = f (x) − f (y).
3. Si x ∈ A est inversible alors f (x) est inversible.

Proposition 5.30.

Soit f : A → B et g : B → C deux morphismes d’anneaux. Alors g ◦ f : A → C est un


morphisme d’anneaux.

Proposition 5.31.

Soit f : A → B un morphisme d’anneaux commutatifs.


1. Si I est un idéal de B , alors f −1 (I ) est un idéal de A,
2. Si I est un idéal premier de B , alors f −1 (I ) est un idéal premier de A.

Démonstration :
1. Soit I un idéal de B . Clairement f −1 (I ) est un sous groupe de A. Soit a ∈ A et x ∈ f −1 (I ), on
a f (xa) = f (x) f (a) ∈ I , donc xa ∈ f −1 (I ).
2. Si I est un idéal premier de B , et x, y ∈ A tels que x y ∈ f −1 (I ), alors f (x) f (y) = f (x y) ∈ I , par
suite f (x) ∈ I ou f (y) ∈ I , d’où x ∈ f −1 (I ) ou y ∈ f −1 (I ).

Définition 5.32.

Soit f : A → B un morphisme d’anneaux.


1. Le noyau de f est ker f = {x ∈ A f (x) = 0} c’est un idéal bilatère de A,

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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

2. L’image de f est Im f = f (A) c’est un sous anneau de B .

Proposition 5.33.

Soit f : A → B un morphisme d’anneaux et I un idéal bilatère de A tel que I ⊆ ker f . Alors


il existe un unique morphisme d’anneaux f : A/I → B tel que f = f ◦ π, où π : A → A/I
est la surjection canonique.

Démonstration :
Théorème 5.34. (Théorème d’isomorphisme)

Soit f : A → B un morphisme d’anneaux commutatifs. Alors f induit un isomorphisme


f : A/ ker f → Im f (où f (x) = f (x)).

Démonstration :
Théorème 5.35.

Soit A un anneau commutatif et I un idéal de A. L’application π : A → A/I induit une


bijection entre les idéaux de A contenant I et les idéaux de A/I (via J 7→ π(J ) = J ).

Démonstration : Si K est un idéal de A/I , alors J = π−1 (K ) est un idéal de A contenant π−1 ({0}) =
I , de plus K = J = J /I . Réciproquement si J est un idéal de A contenant I , alors J = J /I est un idéal
de A/I . Si de plus J et J 0 sont deux idéaux de A contenants I tels que J = J 0 , alors J = π−1 (J ) =
π−1 (J 0 ) = J 0 .

1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs


Dans toute la suite A est un anneau commutatif intègre.

1.6.1 Divisibilité

Définition 6.36.

Soit a, b ∈ A. On dit que a divise b et on note a|b, s’il existe c ∈ A tel que b = c a.

Définition 6.37.

Soit a, b ∈ A. On dit que a est associé à b et on note a ∼ b, s’il existe u ∈ U (A) (inversible)
tel que a = ub.

Remarque : La relation " ∼ " est une relation d’équivalence sur A.

13
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs

Proposition 6.38.

Soit a, b ∈ A. Les prpriétés suivantes sont équivalentes :


1. a et b sont associés,
2. a|b et b|a,
3. (a) = (b).

Démonstration : 1. ⇒ 2., Si a et b sont associés alors il existe u inversible tel que a = ub, en
particulier b divise a, et comme b = u −1 a, il vient que a divise b.
2. ⇒ 3., Puisque a divise b, il existe u ∈ A tel que b = ua, donc b ∈ (a), par suite (b) ⊆ (a), de même
b divise a, on obtient (a) ⊆ (b), d’où (a) = (b).
3. ⇒ 1., On a a ∈ (a) = (b), donc il existe u ∈ A tel que a = ub, de même on a b ∈ (b) = (a), il existe
existe alors v ∈ A tel que b = v a. Par suite b = v a = vub, ou encore b(1 − vu) = 0. Comme l’anneau
A est intègre, on a donc b = 0 ou 1 = vu. Si b = 0, alors a = 0 et dans ce cas a et b sont associés. Si
1 − uv = 0, alors vu = 1, dans ce cas u est inversible et donc a et b sont associés.

1.6.2 PGCD et PPCM

Définition 6.39.

Soient a 1 , . . . , a n ∈ A et d ∈ A. On dit que d est un plus grand commun diviseur des


éléments a 1 , . . . , a n et on écrit d = pgcd(a 1 , . . . , a n ) si :
1. Pour tout 1 ≤ i ≤ n, d |a i ,
2. Si a ∈ A tel que, pour tout 1 ≤ i ≤ n, a|a i , alors a|d .

Remarque : Le cas de n = 2 : d est un pgcd de a et b si, et seulement si, d |a, d |b et pour tout x ∈ A
tel que x|a et x|b alors x divise d .

Proposition 6.40.

Soit a 1 , . . . , a n ∈ A. Si d et d 0 sont deux pgcd de a 1 , . . . , a n alors d et d 0 sont associés. En


particulier le pgcd lorsqu’il existe est unique modulo la relation " ∼ ".

Démonstration : Comme d 0 divise les éléments a 1 , . . . , a n , il vient que d 0 divise d , de même d


divise d 0 . Donc d et d 0 sont associés.

Théorème 6.41.

Soit a 1 , . . . , a n ∈ A. Si l’idéal (a 1 , . . . , a n ) est pricipal alors a 1 , . . . , a n admet un pgcd et


dans ce cas on a (a 1 , . . . , a n ) = (pgcd(a 1 , . . . , a n )).

Démonstration : Supposons que l’idéal (a 1 , . . . , a n ) est principal et soit d ∈ A tel que (a 1 , . . . , a n ) =


(d ). On a a i ∈ (a 1 , . . . , a n ) = (d ), donc il existe c i ∈ A tel que a i = c i d , par suite d divise a i . Soit x ∈ A
qui divise les éléments a 1 , . . . , a n et montrons que x divise d . On a d ∈ (d ) = (a 1 , . . . , a n ), il existe

14
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

alors u 1 , . . . , u n ∈ A tel que d = u 1 a 1 + . . . + u n a n . Puisque x divise chaque a i , il existe c i tel que


a i = c i x. Donc d = u 1 c 1 x +. . .+u n c n x = (u 1 c 1 +. . .+u n c n )x, par suite x divise d . On en déduit alors
que d est un pgcd des éléments a 1 , . . . , a n .

Exemples :
1. a est un pgcd de a et 0,
2. Si u est un élément inversible 1 est un pgcd de a et u.

Définition 6.42.

Soient a 1 , . . . , a n ∈ A et m ∈ A. On dit que m est un plus petit commun multiple des


éléments a 1 , . . . , a n et on écrit m = ppcm(a 1 , . . . , a n ) si :
1. Pour tout 1 ≤ i ≤ n, a i |m,
2. Si a ∈ A tel que, pour tout 1 ≤ i ≤ n, a i |a alors m|a.

Remarque : Le cas de n = 2 : m est un ppcm de a et b si, et seulement si, a|m, b|m et pour tout
x ∈ A tel que a|x et b|x alors m divise x.

Proposition 6.43.

Soit a 1 , . . . , a n ∈ A. Si m et m 0 sont deux ppcm de a 1 , . . . , a n alors m et m 0 sont associés.


En particulier le ppcm lorsqu’il existe est unique modulo la relation " ∼ ".

Démonstration : Puisque chaque a i divise m 0 , il vient que m divise m 0 , de même m 0 divise m.


Donc m et m 0 sont associés.

Théorème 6.44. ( une caractérisation du ppcm)

Soient a 1 , . . . , a n ∈ A . Alors a 1 , . . . , a n admettent un ppcm si, et seulement si, l’idéal


∩ni=1 (a i ) est principal. Dans ce cas on a, ∩ni=1 (a i ) = (ppcm(a 1 , . . . , a n )).

Démonstration : On suppose que a 1 , . . . , a n admettent un ppcm m et montrons que ∩ni=1 (a i ) =


(m). Par définition chaque a i divise m, donc m ∈ (a i ), par suite m ∈ ∩ni=1 (a i ), ainsi (m) ⊆ ∩ni=1 (a i ).
Soit x ∈ ∩ni (a i ), pour chaque i , on a a i divise x, il vient alors que m divise x, ainsi x ∈ (m). Il vient
alors que (m) = ∩ni=1 (a i ).
Réciproquement, supposons que ∩ni=1 (a i ) est un idéal principal dont m est un générateur et mon-
trons que m est un ppcm de a 1 , . . . , a n . On a m ∈ (m) = ∩ni=1 (a i ), donc pour chaque i , m ∈ (a i ) et
par suite a i divise m. Soit x ∈ A un élément divisible par les éléments a 1 , . . . , a n , pour chaque i on
a x ∈ (a i ), par suite x ∈ ∩ni=1 (a i ) = (m), ainsi m divise x. On en déduit alors que m est un ppcm des
éléments a 1 , . . . , a n .

Théorème 6.45.

Soit A un anneau principal et a 1 , . . . , a n ∈ A. alors d est un pgcd de a 1 , . . . , a n si, et seule-


ment si, (a 1 , . . . , a n ) = (d ).

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1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs

Démonstration : ⇒) Supposons que d est un pgcd des éléments a 1 , . . . , a n . L’idéal (a 1 , . . . , a n ) est


principal, il existe alors α ∈ A tel que (a 1 , . . . , a n ) = (α). On a a i ∈ (α), donc α divise a i , par suite
α divise d . Puisque α ∈ (a 1 , . . . , a n ), il existe u 1 , . . . , u n ∈ A tels que α = u 1 a 1 + . . . + u n a n . Comme
d divise chaque a i , d divise aussi α. Il vient alors que d et α sont associés, et donc (d ) = (α) =
(a 1 , . . . , a n ).
⇐) Déjà fait.

Corollaire 6.46.

Soit A un anneau principal. Toute famille a 1 , . . . , a n a un pgcd et un ppcm.

Démonstration : Conséquence du fait que les deux idéaux (a 1 , . . . , a n ) et ∩ni=1 (a i ) sont des idéaux
principaux.

Définition 6.47.

Soit a 1 , . . . , a n ∈ A. On dit que a 1 , . . . , a n sont premiers entre eux si pgcd(a 1 , . . . , a n ) existe


et vaut 1.

Théorème 6.48. (Bézout)

Soit A un anneau principal et a 1 , . . . , a n ∈ A. Alors a 1 , . . . , a n sont premier entre eux si, et


seulement si, il existe u 1 , . . . , u n ∈ A tels que u 1 a 1 + . . . + u n a n = 1.

Démonstration : Si q 1 , . . . , a n sont premiers entre eux c’est-à-dire 1 est un pgcd des éléments
a 1 , . . . , a n , d’après le théorème précédent , on a (a 1 , . . . , a n ) = 1, il existe alors u 1 , . . . , u n ∈ A tels que
1 = u1 a1 + . . . + un an .
Réciproquement, s’il existe a 1 , . . . , u n ∈ A tels que u 1 a 1 +. . . , u n a n = 1, alors 1 ∈ (a 1 , . . . , a n ), par suite
(a 1 , . . . , a n ) = A = (1), théorème précédent assure alors alors 1 est un pgcd des éléments a 1 , . . . , a n .

Proposition 6.49. (Lemme de Gauss)

Soit A un anneau principal. Si a divise bc et a premier avec b, alors a divise c.

Démonstration : a et b sont premiers entre dans un anneau principal, donc il existe u, v ∈ A tels
que 1 = au + bv. On a donc c = acu + bc v, puisque a divise bc, il existe α ∈ A tel que bc = aα, ce
qui donne c = acu + aαv = a(cu + αv), ainsi a divise c.

1.6.3 Élément irréductible et élément premier

Définition 6.50.

Soit a ∈ A. On dit que a est irréductible si :


1. a non nul et non inversible,
2. Si a = bc alors b est inversible ou c est inversible, c’est-à-dire les seuls diviseurs de
a sont les éléments inversible et les éléments associés à a.

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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

Exemples :
1. Les éléments irréductible de Z sont les nombres premiers.
2. Le théorème de D’Alembert-Gauss assure que les éléments irréductibles de C[X ] sont les
polynômes de degré 1.

Définition 6.51.

Soit a ∈ A. On dit que est premier si :


1. a non nul et non inversible,
2. Si a|bc alors a|b ou a|c.

Théorème 6.52.

Soit a ∈ A. Les propriétés suivantes sont équivalentes :


1. a premier,
2. a 6= 0 et (a) est un idéal premier,
3. a 6= 0 et A/(a) est intègre.

Démonstration : 1. ⇒ 2., par définition a 6= 0 (a) 6= A car a n’est pas inversible. Si x y ∈ (a), alors
il existe a divise x y, or a est premier, a divise x ou a divise y, donc x ∈ (a) ou y ∈ (a), donc a est un
idéal premier.
2. ⇒ 1., on a a 6= 0, et a non inversible car (a) 6= A. Si a divise x y, alors x y ∈ (a), par suite a ∈ (a) ou
y ∈ (a), il vient alors que a divise x ou a divise y.
Notons que l’équivalence entre 2. et 3. est une conséquence de la propriété suivante : I idéal pre-
mier de A si, et seulement si, A/I intègre.

Proposition 6.53.

Soit a ∈ A. Si a est premier alors a est irréductible.

Démonstration : Soit a un élément premier de A, en particulier a est non nul et non inversible.
Soient x, y ∈ A tels que a = x y, or a premier, a divise x ou a divise y. Si a divise x, il existe c ∈ A tel
que x = ac, dans ce cas a = x y = ac y, donc a(1−c y) = 0, l’intégrité de A et le fait que a 6= 0, entraîne
que 1 = c y, par suite y est inversible. De même on montrer, si a divise y, que x est inversible. On
en déduit alors que a est irréductible.

Corollaire 6.54.

Dans un anneau principal, toute idéal premier non nul est maximal.

Démonstration : Soit P un idéal premier non nul de A. Comme A principal, il existe a ∈ A tel
que P = (a). L’élément a est non nul car P est non nul et a non inversible car P 6= A, d’après
la proposition précédente, a est un élément irréductible. Soit M un idéal maximal contenant P
(un tel idéal existe d’après de théorème de Krull). L’idéal M est principal, donc il existe m ∈ A tel
que M = (m). On a a ∈ M = (m), donc il existe b ∈ A tel que a = bm, de l’irréductibilité de a il

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1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs

découle b ou m est inversible. Mains (m) 6= A, ce qui justifie que m n’est pas inversible, par suite
b est inversible. Il en résulte alors m et a sont associés, par suite P = (a) = (m) = M est un idéal
maximal.

Proposition 6.55.

Dans un anneau principal un élément est premier si et seulement s’il est irréductible.

Démonstration : Un élément premier est irréductible.


Soit a un élément irréductible et P = (a) et montrons que P est un idéal premier . Soit M un idéal
maximal contenant P . L’anneau A étant principal, il existe alors b tel que M = (b), en particulier
b est un élément premier. On a a ∈ (b), donc il existe c ∈ A tel que a = bc, l’irréductibilité de
a entraîne que c est inversible car b n’est pas inversible, par suite a et b sont associés et donc
P = (a) = (b) = M est maximal donc premier. On en déduit alors que a est un élément premier.

1.6.4 Anneau euclidien

Définition 6.56.

On dit que A est un anneau euclidien, s’il existe une application ϕ : A \ {0} → N, dite
statheme, vérifiant : pour tout (a, b) ∈ A 2 avec b 6= 0, il existe un couple (q, r ) ∈ A 2 tel
que a = bq + r et (r = 0 ou ϕ(r ) < ϕ(b)).

Exemples :

1. L’anneau Z est euclidien (ϕ = |.|).


2. L’anneau K[X ] est euclidien (ϕ = deg).

Proposition 6.57.

Tout anneau euclidien est principal.

Démonstration : Soit A un anneau euclidien muni d’un statheme ϕ.


Soit I un idéal de A. Si I est l’idéal nul alors il est principal. Supposons que I est non nul et posons
B = {ϕ(x) / x ∈ I \{0}}. Notons que I \{0} est non vide, par suite B est une partie non vide de N, donc
admet un élément minimal l . Par définition de B (puisque l ∈ B ), il existe un élément non nul a de
I tel que l = ϕ(a). Montrons que I = (a). Clairement (a) ⊆ I car a ∈ I . Soit x ∈ I , il existe q, r ∈ A tel
que x = aq + r tel que r = 0 ou ϕ(r ) < ϕ(a). En effet r = 0, car si r 6= 0, dans ce cas ϕ(r ) < ϕ(a) = l et
r = x − aq ∈ I \{0}, ce qui contredit la définition de l . Puisque r = 0, il vient que x = aq ∈ (a). L’idéal
I est alors principal.

1.6.5 Anneau factoriel

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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

Définition 6.58.

Un anneau A est factoriel si :


1. Pour tout élément non nul et non inversible a, il existent p 1 , . . . , p r irréductibles
tels que a = p 1 . . . p r ,
2. La décomposition en irréductible est unique au inversible près, c’est-à-dire : si
a = p 1 . . . p r = q 1 . . . q s où p i et q j sont irréduclibles alors r = s et pour tout i il
existe j tel que p i et q j soient associés.

Proposition 6.59.

Soit A un anneau factorial et a ∈ A. Alors a est irréductible si, et seulement si, a est
premier.

Démonstration : Un élément premier et irréductible.


Considérons un élément irréductible x et montrons que x est premier. Par hypothèse x est non
nul et non inversible. Supposons que x divise un produit ab. Il existe donc c tel que xc = ab. Si
l’un des éléments a ou b est nul, alors dans ce cas x divise a ou x divise b. Si a et b sont non nuls.
On écrit la décomposition de a, b et c en irréductible a = a 1 . . . a r , b = b 1 . . . b s et c = c 1 . . . c l où a i ,
b j et c k sont irréductibles. On a donc xc 1 . . . c l = a 1 . . . a r .b 1 . . . b s . On en déduit par l’unicité de la
décomposition que x est associés à l’un des a i ou à l’un des b j , donc x divise a ou x divise b.

Exemple : L’anneau Z est factoriel.

Théorème 6.60.

A est un anneau factoriel si, et seulement si,


1. Toute suite croissante d’idéaux principaux et stationaire, et
2. Toute élément irréductible de A est premier.

Supposons que A est un anneau factoriel. D’après la proposition précédente, tout élément pre-
mier est irréductible. Considérons (I n )n une suite croissante d’idéaux principaux de A (I n ⊆ I n+1 )
et supposons qu’il n’est pas stationnaire. Quitte à extraire de cette suite une suite strictement crois-
sante on peut supposer qu’il est strictement croissante. Pour chaque n ∈ N il existe a n ∈ A tel que
I n = (a n ). L’élément a 1 est non nul et non inversible, car si a 1 = 0 dans ce cas a 0 = 0 et donc I 0 = I 1 ,
et si a 1 est inversible alors I 1 = A et par suite I n = A pour n ≥ 1. Comme A est un anneaux fac-
toriel il existe q 1 , . . . , q m irréductibles tel que a 1 = q 1 . . . q m , on peut écrire alors a 1 sous la forme
s s
a = p 11 . . . p r r où p 1 , . . . , p r sont irréductibles et deux à deux non associés et s 1 , . . . , s r des entiers na-
s s
turels. Puisque (a 1 ) ( (a 2 ), a 2 est alors un diviseur de a 1 , donc a 2 est de la forme a 2 = u 2 p 11,2 . . . p r r,2 ,
où u 2 inversible , s k,2 sont des entiers tels que s k,2 ≤ s k et l’une des inégalités est stricte (car a 1 et
s s
a 2 ne sont pas associés). Pour chaque n, a n = u n p 11,n . . . p r r,n . Comme (a n ) ( (a n+1 ), on a donc
r
s k,n ≤ s k,n+1 et l’une des inégalités est stricte. Pour n ∈ N, si on pose t n =
X
s k,n , alors (t n )n est une
k=1
suite strictement décroissante d’entiers naturel, ce qui est absurde.
Réciproquement, on suppose que A vérifie les deux conditions 1. et 2. Soit a un élément non nul
et non inversible de A, et supposons que a n’est pas décomposable en irréductibles. Alors a lui
même n’est pas un élément irréductible, on peut donc le décomposé en produit a = a 1 b 1 avec

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1.7 Caractéristique d’un anneau

a 1 et b 1 non inversible. Si a 1 et b 1 étaient tous deux décomposables en produits d’irréductibles,


cela fournirait une telle décomposition de a, donc l’un des éléments a 1 , b 1 n’admet pas non plus
de décomposition, supposons qu’il s’agit de a 1 . Comme a = a 1 b 1 et b 1 non inversible, on a donc
(a) ( (a 1 ). Et, on peut recommencer le même raisonnement avec a 1 = a 2 b 2 , a 2 , b 2 non inversibles
et a 2 n’admet pas de décomposition en produit d’irréductibles. Ainsi de suite, on peut fabriquer
une chaîne d’idéaux (a) ( (a 1 ) ( (a 2 ) ( . . . et donc non stationnaire.
Supposons que a = up 1 . . . p s = v q 1 . . . q r où u, v sont inversibles et p i , q j sont irréductibles. De
cette égalité, on déduit que p 1 divise le produit v q 1 . . . q r , comme p 1 est premier, il divise alors l’un
des q j , et peut supposer que p 1 divise a 1 , il existe alors u 1 inversible tel que pà1 = u 1 q 1 . L’égalité
seramène alors, après simplification possible parce que A est intègre à uu 1 p 2 . . . p s = v q 1 . . . q s . On
conclut donc par récurrence descendante sur le nombre d’irréductibles.

Proposition 6.61.

Un anneau principal est factoriel.

Démonstration : Soit A un anneau principal. Tout élément irréductible est premier. Soit (I n )n
une suite croissante d’idéaux principaux de A. Posons I = ∪n∈N I n , c’est un idéal de A donc prin-
cipal. Soit a ∈ A tel que I = (a), puisque a ∈ ∪n I n , il existe m ∈ N tel que a ∈ I m . On a donc
I m = I m+1 = . . ., donc la suite est stationnaire.

Proposition 6.62.

Soit A un anneau factoriel. Toute famille a 1 , . . . , a n d’éléments de A admet un pgcd et


un ppcm.

1.7 Caractéristique d’un anneau


Soit A un anneau commutatif, il existe un unique morphisme d’anneau f : Z → A, ce morphisme
définie par f (k) = k1 A . Il existe un unique m ∈ N tel que ker f = (m) = m Z.

Définition 7.63.

L’entier m s’applle la caractéristique de A et se note Car(A).

Remarque : Si A est un anneau de caractéristique m, alors pour tout a ∈ A, ma = 0.

Proposition 7.64.

Soit A un anneau de caractéristique m.


1. Si m = 0, le morphhisme Z → A est injectif,
2. Si m > 0, le morphisme Z → A, induit un morphisme injectif Z/m Z → A.

Proposition 7.65.

Un anneau intègre est de caractéristique nulle ou un nombre premier.

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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps

1.8 Corps des fractions d’un anneau


Soit A un anneau commutatif intègre et S = A \ {0}. On définit sur A × S la relation binaire ∼ par :

(a, s) ∼ (b, t ) ⇔ at = bs

On vérifie facilement qu’il s’agit d’une relation d’équivalence. La classe d’équivalence d’un couple
(a, s) est notée as . Ainsi A × S ∼ = { as / a ∈ A , s ∈ S}.
Définissons sur A × S ∼ deux opérations :

a b at + bs
+ =
s t st
a b ab
× =
s t st
Si s, t ∈ S, alors st ∈ S car A est intègre. C’est deux opérations sont bien définies ne dépend pas des
représentations des éléments.

Théorème et définition 8.66.

(A × S ∼ , +, ×) est un corps commutatif appelé corps des fractions de A et se note


Frac(A), l’application i : A → Frac(A), i (a) = a1 est un morphisme d’anneaux injectif.

Exemples :
1. Frac(Z) = Q,
2. Frac(K[X ]) = K(X ).

Théorème 8.67.

Soit A un anneau commutatif intègre et K un corps commutatif. Si f : A → K est un


morphisme d’anneaux, alors il existe un unique morphisme de corps g : Frac(A) → K
tel que g ◦ i = f .

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