GrAnCo 5
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Licence Mathématiques
Note de cours de la :
(Algèbre 6)
Mohamed AQALMOUN
ENS FES
Laste updated
4 juin 2020
2
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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Table des matières
1 Anneaux et corps 5
1.1 Anneaux et sous anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Éléments particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Idéaux et anneaux quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Morphismes d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6.1 Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6.2 PGCD et PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.6.3 Élément irréductible et élément premier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6.4 Anneau euclidien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.6.5 Anneau factoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.7 Caractéristique d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.8 Corps des fractions d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
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TABLE DES MATIÈRES
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ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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Chapitre 1
Anneaux et corps
Définition 1.1.
Exemples :
1. Z est un anneau commutatif,
2. Mn (K) est un anneau (non commutatif si n ≥ 2).
Proposition 1.2.
Soit A un anneau.
1. Pour tout a ∈ A, a.0 = 0.a = 0,
2. Pour tous a, b ∈ A, (−a)b = a(−b) = −ab,
3. Pour tous a, b, c ∈ A, a(b − c) = ab − bc et (a − b)c = ac − bc.
Démonstration :
Proposition 1.3.
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1.2 Éléments particuliers
à !
n
n n k n−1−k
X
2. a − b = (a − b) a b .
k=0
Soit A 1 , A 2 deux anneaux et A = A 1 × A 2 , alors muni des deux lois produits, A est un
anneau appelé anneau produit.
Définition 1.5.
Soit A un anneau et B une partie de A. On dit que B est un sous anneau de A si (B, +)
est un sous groupe de (A, +), B stable par la multiplication et 1 ∈ B .
Définition 2.6.
Soit A un anneau. Un élément a ∈ A est dit inversible s’il existe b ∈ A tel que ab = ba = 1.
L’ensemble des éléments inversibles de A se note U (A).
Proposition 2.7.
Soit A un anneau et a ∈ A. Alors a est inversible si, et seulement si, un unique b ∈ A tel
que ab = ba = 1. Si c’est les cas l’élément b s’appelle l’inverse de a et se note a −1 .
Exemples :
1. U (Z) = {−1, 1},
2. U (Q) = Q ∗ .
Proposition 2.8.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Démonstration : Clairement 1 est inversible. Si a et a 0 sont inversibles alors aa 0 est aussi inver-
sible et on a de plus (aa 0 )−1 = a 0−1 a −1 . Ainsi U (A) stable par la multiplication (on aussi l’ associa-
tivité ), possède un élément neutre , et tout élément est inversible. Il s’agit alors d’un groupe.
Définition 2.9.
Soit A un anneau . Un élément a non nul de A est dit diviseur de zéro à gauche (respecti-
vement à droite), s’il existe un élément non nul b tel que ab = 0 (respectivement ba = 0).
On dit que a est un diviseur de zéro dans A si a est un diviseur de zéro à gauche ou à
droite dans A.
On dit a est un élément régulier à gauche (respectivement à droite), s’il est non nul et s’il
n’est pas un diviseur à gauche (respectivement à droite).
Un élément a de A est dit régulier s’il n’est pas nul et n’est pas un diviseur de zéro.
Proposition 2.10.
Démonstration :
1. Si a est régulier à gauche, et x, x 0 ∈ A tels que ax = ax 0 , alors a(x − x 0 ) = 0, et donc x − x 0 = 0,
d’où x = x 0 .
Réciproquement, si l’application x 7→ ax est injective, et b un élément de A tel que ab = 0,
donc ab = a.0, ainsi b = 0.
Définition 2.11.
Un anneau A est dit intègre s’il est commutatif et A 6= {0} et pour tous x, y ∈ A, x y = 0 ⇒
x = 0 ou y = 0
Exemples :
1. Z est un anneau intègre.
2. L’anneau Z2 = Z × Z n’est pas intègre, car (1, 0)(0, 1) = (0, 0).
Définition 2.12.
Soit A un anneau. On dit que a ∈ A est un élément nilpotent, s’il existe n ∈ N tel que
a n = 0.
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1.3 Corps
Proposition 2.13.
Soit A un anneau.
1. Si a, b ∈ A sont nilpotents et ab = ba , alors ab est nilpotent.
2. Si a, b ∈ A sont nilpotents et ab = ba, alors a + b est nilpotent.
Démonstration :
1.3 Corps
Définition 3.14.
Soit A un anneau unitaire non réduit à un élément. On dit que A est un corps si tout
élément non nul est inversible. Si de plus la multiplication est commutative, on dit que
A est un corps commutatif.
Exemples :
1. Q, R et C muni des lois usuelles sont des corps.
2. Z n’est pas un corps, car 2 n’est pas inversible dans Z.
Définition 3.15.
Soit K un corps et K 0 une partie de K . On dit que K 0 est un sous corps de K si c’est un
sous anneaux de K et pour tout x ∈ K 0 \ {0}, x −1 ∈ K 0 .
Définition 4.16.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Exemples :
1. {0} et A sont des idéaux bilatères de A dits idéaux triviaux de A.
2. n Z = {nk / k ∈ Z} est un idéal bilatère de Z.
Remarque : Si A est un anneaux commutatif, alors I est un idéal bilatère de A si, et seulement si,
I est un idéal à gauche de A si, et seulement si, I est un idéal à droite de A.
Ainsi, lorsque A est un anneau commutatif, il n’y a pas de différence entre idéal à gauche, à droite
et bilatère.
Proposition 4.17.
Soit A un anneau.
1. Si (I i )i ∈X est une famille d’idéaux à gauche (respectivement à droite) de A, alors
∩i ∈X I i est un idéal à gauche (respectivement à droite ) de A.
2. Si I et J sont deux idéaux à gauche (respectivement à droite) de A, alors I + J =
{i + j /i ∈ I et j ∈ J } est un idéal à gauche (respectivement à droite ) de A appelé
la somme de I et J .
Démonstration :
1. Le cas des idéaux à gauche : Notons d’abord que ∩i ∈X I i est un sous groupe de (A, +) comme
intersection de sous groupe de (A, +). Soit a ∈ A et x ∈ ∩i ∈X I i . On a ∀i ∈ X , i ∈ I i , donc
ax ∈ I i , par suite ax ∈ ∩i ∈X I i .
2. Cas d’idéaux à gauche : On a 0 = 0 + 0 ∈ I + J . Soit x = i + j ∈ I + J et y = i 0 + j 0 ∈ I + J avec
i , i 0 ∈ I et j , j 0 ∈ J . On a x − y = (i −i 0 )+( j − j 0 ) ∈ I + J , donc I + J est un sous groupe de (A, +).
Soit a ∈ A et x = i + j ∈ I + J avec i ∈ I et j ∈ J . On a ax = ai + a j ∈ I + J . Il vient alors que
I + J est un idéal à gauche de A.
Définition 4.18.
Proposition 4.19.
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1.4 Idéaux et anneaux quotient
n
a i s i / n ∈ N, 1 ≤ ∀i ≤ n, a i ∈ A, s i ∈ S}.
X
Démonstration : Notons J = {
i =1
Montrons d’abord que J est un idéal de A contenant S. Soit 0 = 0/s où s ∈ S, donc 0 ∈ J . Soit x, y ∈ J ,
X a m n m
a 0j s 0j , où a i , a 0j ∈ A et s i , s 0j ∈ S. On a x − y = a i s i + (−a 0j )s 0j somme
X X X
donc x = n i s i et y =
i =1 j =1 i =1 j =1
des termes de la forme as avec a ∈ A et s ∈ S, donc x − y ∈ J , par suite J est un sous groupe de (A, +).
Xn
Maintenant si a ∈ A, alors ax = (aa i )s i ∈ J . Si s ∈ S alors s = 1.s ∈ J . On en déduit alors que J est
i =1
n
X
un idéal de A contenant S et donc (S) ⊆ J . Soit x ∈ J et I un idéal de A contenant S, on a x = ai si
i =1
n
X
où q i ∈ A et s i ∈ S. Puisque que I idéal contenant S, on a donc a i s i ∈ I , par suite x = a i s i ∈ I , il
i =1
en résulte alors que J ⊆ I , par conséquent J est inclus dans l’intersection de tous les idéaux de A
contenant S, ce qui donne (S) = J .
Définition 4.20.
Soit A un anneau commutatif. Un idéal I de A est dit principal s’il est engendré par un
élément.
Un anneau est dit principal s’il est commutatif intègre et tout idéal de A est principal.
Exemple : Z est un anneau principal : Si I est un idéal de Z, alors I est un sous groupe de (Z, +),
comme les sous groupe de (Z, +) sont de la forme n Z, il existe alors n ∈ N tel que I = n Z = (n),
donc I est principal.
Définition 4.21.
Exemples :
1. Soit p un nombre premier. Alors p Z est un idéal premier de Z : Clairement p Z est un idéal
de Z, soit x, y ∈ Z tels que x y ∈ p Z, alors il existe k ∈ Z tel que x y = kp, en d’autres termes
p divise x y, comme p premier alors p divise x ou p divise y, c’est-à-dire x = kp ou y = kp
avec k ∈ Z, ou encore x ∈ p Z ou y ∈ p Z.
2. Si A est un anneau commutatif intègre, alors (0) est un idéal premier de A.
Définition 4.22.
Proposition 4.23.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Proposition 4.24.
Soit A un anneau commutatif. Tout idéal I 6= A est contenu dans un idéal maximal.
Tout anneau commutatif non réduit à un élément contient au moins un idéal maximal.
Démonstration :
Théorème et définition 4.26. (Anneau quotient)
Soit A un anneau unitaire, et I un idéal bilatère. L’ensemble quotient A/I muni des
deux lois de compositions internes : x y = x y et x + y = x + y est un anneau unitaire, dit
anneau quotient.
Démonstration : Clairement (A/I , +) est un groupe abélien. La multiplication est bien définie,
en effet si x, y, x 0 , y 0 ∈ A tels que x = x 0 et y = y 0 , alors x = x 0 + i et y = y 0 + j où i , j ∈ I . On a
x y = x y 0 + x 0 j + i y 0 + i j , puisque I est un idéal bilatère, on a donc x 0 j + i y 0 + i j ∈ I , par suite
x y = x 0 y 0 . Les propriétés d’anneau sont très simples à vérifier.
Théorème 4.27.
Démonstration :
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1.5 Morphismes d’anneaux
Définition 5.28.
Soit A et B deux anneaux. Soit f : A → B une application. On dit que f est un mor-
phisme d’anneaux si : pour tout x, y ∈ A, f (x + y) = f (x) + f (y) , f (x y) = f (x) f (y) et
f (1) = 1. Un morphisme de corps est un morphisme d’anneaux.
Exemples :
1. L’application f : C → C définie par f (z) = z est un morphisme d’anneaux.
2. L’application f : R[X ] → R définie par f (P ) = P (1) est un morphisme d’annaux.
3. Soit A un anneau et I un idéal bilatère de A. L’application ϕ : A → A/I , définie par ϕ(x) = x,
est un morphisme d’anneaux.
Proposition 5.29.
Proposition 5.30.
Proposition 5.31.
Démonstration :
1. Soit I un idéal de B . Clairement f −1 (I ) est un sous groupe de A. Soit a ∈ A et x ∈ f −1 (I ), on
a f (xa) = f (x) f (a) ∈ I , donc xa ∈ f −1 (I ).
2. Si I est un idéal premier de B , et x, y ∈ A tels que x y ∈ f −1 (I ), alors f (x) f (y) = f (x y) ∈ I , par
suite f (x) ∈ I ou f (y) ∈ I , d’où x ∈ f −1 (I ) ou y ∈ f −1 (I ).
Définition 5.32.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Proposition 5.33.
Démonstration :
Théorème 5.34. (Théorème d’isomorphisme)
Démonstration :
Théorème 5.35.
Démonstration : Si K est un idéal de A/I , alors J = π−1 (K ) est un idéal de A contenant π−1 ({0}) =
I , de plus K = J = J /I . Réciproquement si J est un idéal de A contenant I , alors J = J /I est un idéal
de A/I . Si de plus J et J 0 sont deux idéaux de A contenants I tels que J = J 0 , alors J = π−1 (J ) =
π−1 (J 0 ) = J 0 .
1.6.1 Divisibilité
Définition 6.36.
Soit a, b ∈ A. On dit que a divise b et on note a|b, s’il existe c ∈ A tel que b = c a.
Définition 6.37.
Soit a, b ∈ A. On dit que a est associé à b et on note a ∼ b, s’il existe u ∈ U (A) (inversible)
tel que a = ub.
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1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs
Proposition 6.38.
Démonstration : 1. ⇒ 2., Si a et b sont associés alors il existe u inversible tel que a = ub, en
particulier b divise a, et comme b = u −1 a, il vient que a divise b.
2. ⇒ 3., Puisque a divise b, il existe u ∈ A tel que b = ua, donc b ∈ (a), par suite (b) ⊆ (a), de même
b divise a, on obtient (a) ⊆ (b), d’où (a) = (b).
3. ⇒ 1., On a a ∈ (a) = (b), donc il existe u ∈ A tel que a = ub, de même on a b ∈ (b) = (a), il existe
existe alors v ∈ A tel que b = v a. Par suite b = v a = vub, ou encore b(1 − vu) = 0. Comme l’anneau
A est intègre, on a donc b = 0 ou 1 = vu. Si b = 0, alors a = 0 et dans ce cas a et b sont associés. Si
1 − uv = 0, alors vu = 1, dans ce cas u est inversible et donc a et b sont associés.
Définition 6.39.
Remarque : Le cas de n = 2 : d est un pgcd de a et b si, et seulement si, d |a, d |b et pour tout x ∈ A
tel que x|a et x|b alors x divise d .
Proposition 6.40.
Théorème 6.41.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Exemples :
1. a est un pgcd de a et 0,
2. Si u est un élément inversible 1 est un pgcd de a et u.
Définition 6.42.
Remarque : Le cas de n = 2 : m est un ppcm de a et b si, et seulement si, a|m, b|m et pour tout
x ∈ A tel que a|x et b|x alors m divise x.
Proposition 6.43.
Théorème 6.45.
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1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs
Corollaire 6.46.
Démonstration : Conséquence du fait que les deux idéaux (a 1 , . . . , a n ) et ∩ni=1 (a i ) sont des idéaux
principaux.
Définition 6.47.
Démonstration : Si q 1 , . . . , a n sont premiers entre eux c’est-à-dire 1 est un pgcd des éléments
a 1 , . . . , a n , d’après le théorème précédent , on a (a 1 , . . . , a n ) = 1, il existe alors u 1 , . . . , u n ∈ A tels que
1 = u1 a1 + . . . + un an .
Réciproquement, s’il existe a 1 , . . . , u n ∈ A tels que u 1 a 1 +. . . , u n a n = 1, alors 1 ∈ (a 1 , . . . , a n ), par suite
(a 1 , . . . , a n ) = A = (1), théorème précédent assure alors alors 1 est un pgcd des éléments a 1 , . . . , a n .
Démonstration : a et b sont premiers entre dans un anneau principal, donc il existe u, v ∈ A tels
que 1 = au + bv. On a donc c = acu + bc v, puisque a divise bc, il existe α ∈ A tel que bc = aα, ce
qui donne c = acu + aαv = a(cu + αv), ainsi a divise c.
Définition 6.50.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Exemples :
1. Les éléments irréductible de Z sont les nombres premiers.
2. Le théorème de D’Alembert-Gauss assure que les éléments irréductibles de C[X ] sont les
polynômes de degré 1.
Définition 6.51.
Théorème 6.52.
Démonstration : 1. ⇒ 2., par définition a 6= 0 (a) 6= A car a n’est pas inversible. Si x y ∈ (a), alors
il existe a divise x y, or a est premier, a divise x ou a divise y, donc x ∈ (a) ou y ∈ (a), donc a est un
idéal premier.
2. ⇒ 1., on a a 6= 0, et a non inversible car (a) 6= A. Si a divise x y, alors x y ∈ (a), par suite a ∈ (a) ou
y ∈ (a), il vient alors que a divise x ou a divise y.
Notons que l’équivalence entre 2. et 3. est une conséquence de la propriété suivante : I idéal pre-
mier de A si, et seulement si, A/I intègre.
Proposition 6.53.
Démonstration : Soit a un élément premier de A, en particulier a est non nul et non inversible.
Soient x, y ∈ A tels que a = x y, or a premier, a divise x ou a divise y. Si a divise x, il existe c ∈ A tel
que x = ac, dans ce cas a = x y = ac y, donc a(1−c y) = 0, l’intégrité de A et le fait que a 6= 0, entraîne
que 1 = c y, par suite y est inversible. De même on montrer, si a divise y, que x est inversible. On
en déduit alors que a est irréductible.
Corollaire 6.54.
Dans un anneau principal, toute idéal premier non nul est maximal.
Démonstration : Soit P un idéal premier non nul de A. Comme A principal, il existe a ∈ A tel
que P = (a). L’élément a est non nul car P est non nul et a non inversible car P 6= A, d’après
la proposition précédente, a est un élément irréductible. Soit M un idéal maximal contenant P
(un tel idéal existe d’après de théorème de Krull). L’idéal M est principal, donc il existe m ∈ A tel
que M = (m). On a a ∈ M = (m), donc il existe b ∈ A tel que a = bm, de l’irréductibilité de a il
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1.6 Arithmétique dans les anneaux commuatifs
découle b ou m est inversible. Mains (m) 6= A, ce qui justifie que m n’est pas inversible, par suite
b est inversible. Il en résulte alors m et a sont associés, par suite P = (a) = (m) = M est un idéal
maximal.
Proposition 6.55.
Dans un anneau principal un élément est premier si et seulement s’il est irréductible.
Définition 6.56.
On dit que A est un anneau euclidien, s’il existe une application ϕ : A \ {0} → N, dite
statheme, vérifiant : pour tout (a, b) ∈ A 2 avec b 6= 0, il existe un couple (q, r ) ∈ A 2 tel
que a = bq + r et (r = 0 ou ϕ(r ) < ϕ(b)).
Exemples :
Proposition 6.57.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
Définition 6.58.
Proposition 6.59.
Soit A un anneau factorial et a ∈ A. Alors a est irréductible si, et seulement si, a est
premier.
Théorème 6.60.
Supposons que A est un anneau factoriel. D’après la proposition précédente, tout élément pre-
mier est irréductible. Considérons (I n )n une suite croissante d’idéaux principaux de A (I n ⊆ I n+1 )
et supposons qu’il n’est pas stationnaire. Quitte à extraire de cette suite une suite strictement crois-
sante on peut supposer qu’il est strictement croissante. Pour chaque n ∈ N il existe a n ∈ A tel que
I n = (a n ). L’élément a 1 est non nul et non inversible, car si a 1 = 0 dans ce cas a 0 = 0 et donc I 0 = I 1 ,
et si a 1 est inversible alors I 1 = A et par suite I n = A pour n ≥ 1. Comme A est un anneaux fac-
toriel il existe q 1 , . . . , q m irréductibles tel que a 1 = q 1 . . . q m , on peut écrire alors a 1 sous la forme
s s
a = p 11 . . . p r r où p 1 , . . . , p r sont irréductibles et deux à deux non associés et s 1 , . . . , s r des entiers na-
s s
turels. Puisque (a 1 ) ( (a 2 ), a 2 est alors un diviseur de a 1 , donc a 2 est de la forme a 2 = u 2 p 11,2 . . . p r r,2 ,
où u 2 inversible , s k,2 sont des entiers tels que s k,2 ≤ s k et l’une des inégalités est stricte (car a 1 et
s s
a 2 ne sont pas associés). Pour chaque n, a n = u n p 11,n . . . p r r,n . Comme (a n ) ( (a n+1 ), on a donc
r
s k,n ≤ s k,n+1 et l’une des inégalités est stricte. Pour n ∈ N, si on pose t n =
X
s k,n , alors (t n )n est une
k=1
suite strictement décroissante d’entiers naturel, ce qui est absurde.
Réciproquement, on suppose que A vérifie les deux conditions 1. et 2. Soit a un élément non nul
et non inversible de A, et supposons que a n’est pas décomposable en irréductibles. Alors a lui
même n’est pas un élément irréductible, on peut donc le décomposé en produit a = a 1 b 1 avec
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1.7 Caractéristique d’un anneau
Proposition 6.61.
Démonstration : Soit A un anneau principal. Tout élément irréductible est premier. Soit (I n )n
une suite croissante d’idéaux principaux de A. Posons I = ∪n∈N I n , c’est un idéal de A donc prin-
cipal. Soit a ∈ A tel que I = (a), puisque a ∈ ∪n I n , il existe m ∈ N tel que a ∈ I m . On a donc
I m = I m+1 = . . ., donc la suite est stationnaire.
Proposition 6.62.
Définition 7.63.
Proposition 7.64.
Proposition 7.65.
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C HAPITRE 1 : Anneaux et corps
(a, s) ∼ (b, t ) ⇔ at = bs
On vérifie facilement qu’il s’agit d’une relation d’équivalence. La classe d’équivalence d’un couple
(a, s) est notée as . Ainsi A × S ∼ = { as / a ∈ A , s ∈ S}.
Définissons sur A × S ∼ deux opérations :
a b at + bs
+ =
s t st
a b ab
× =
s t st
Si s, t ∈ S, alors st ∈ S car A est intègre. C’est deux opérations sont bien définies ne dépend pas des
représentations des éléments.
Exemples :
1. Frac(Z) = Q,
2. Frac(K[X ]) = K(X ).
Théorème 8.67.
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