11 Ponctuation
11 Ponctuation
De la ponctuation
Un point, c’est tout. Trois points, ce n’est pas tout.
(Paul Claudel)
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Voir la note 3 du chapitre 6 : « Construire une compétence
métalinguistique ».
2
Catach N., La Ponctuation , Langue Française, n° 45, 1980, p. 21.
1
On le sait : historiquement, le développement et la normalisation de la
ponctuation, tout comme l’émergence de la notion d’orthographe,
sont liés à l’essor de l’imprimerie. Et pendant longtemps, les écrivains
ont laissé carte blanche à leurs éditeurs pour ponctuer leurs textes
comme ils l’entendaient. A preuve cette remarque de Voltaire à son
éditeur : « Vous vous moquez de moi de me consulter sur la
ponctuation et l’orthographe, vous êtes le maitre absolu de ces petits
peuples-là ». Autant dire qu’il serait bien aventureux de se hasarder à
quelque remarque sur la ponctuation des textes d’auteurs antérieurs au
XVIIIe siècle. Autant d’éditions, autant de ponctuations différentes.
Qu’on en juge d’après ce passage pris au hasard de l’Andromaque
(Acte 1 , scène 1) de Racine, dont on sait par ailleurs que, dans sa
correspondance, il avait un usage tout janséniste de la ponctuation, se
limitant au point et à la virgule.
Jusqu'à ce que les linguistes y regardent d’un peu plus près, voici une
vingtaine d’années, la ponctuation était en fait essentiellement
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considérée comme l’apanage des typographes qui en régentaient
l’usage de manière excessivement draconienne. Pourtant dès le siècle
dernier, les écrivains ont commencé à revendiquer leur propriété
littéraire y compris sur la ponctuation de leurs textes. « Je tiens à mes
alinéas » confiait E. Zola. D’une édition à l’autre de son Education
sentimentale, Flaubert revient sur son découpage en paragraphes et on
connait le combat exemplaire qu’a mené G. Sand pour faire respecter
les droits de l’auteur en matière de ponctuation. Ceci pour dire que
s’il existe bien un corps de doctrine qui fait consensus à propos de
l’emploi de la ponctuation (on ne ponctue pas n’importe comment), il
n’en existe pas moins une marge de manoeuvre très importante dans
son usage, qui laisse un espace à l’initiative personnelle. C’est
reconnaitre qu’il y a place pour un usage stylistique, des calculs
stratégiques dans le maniement des points et des virgules. D’ailleurs,
si le style, c’est l’écart, celui-ci ne saurait se concevoir sans la prise en
compte d’une norme d’usage sur laquelle on s’accorde et à partir de
laquelle on prend des libertés. Ni prescriptive ni facultative
absolument, la ponctuation joue de la tension entre la norme et le libre
arbitre. Et on laissera le mot de la fin sur la question à J. Drillon
(1991)3: « Sur-ponctuer est un travers, sous-ponctuer est un défaut. »
3
guillemets) ; ensuite on a pu démontrer, enregistrements à l’appui,
qu’il n’y avait pas de corrélation automatique entre les pauses de débit
à l’oral et la distribution des marques de ponctuation à l’écrit. On peut
reprendre son souffle là où il n’y a pas de marque à l’écrit, ne pas
ménager de pause à l’oral là où il y a une marque.
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Lire notamment l’article de Fayol & alii, Structurations de textes :
connecteurs et démarcateurs graphiques, Langue Française, n° 81, 1989.
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élémentaire, l’enfant planifie pas à pas. Ses textes sont une succession
d’annonces de nouvelles et à ce stade-là, pour structurer son texte, il
va jouer exclusivement du point qui signifie « ça s’arrête » et du
« et » qui signifie « ça continue ». Vers la fin de l’école élémentaire,
l’enfant va être capable de planifier localement des paquets de texte
plus amples, et pour ce faire diversifier à la fois sa panoplie de signes
de ponctuation (essentiellement le point et la virgule) et de
connecteurs (puis, après, ensuite, mais énonciatif...). Ce n’est bien
souvent pas avant la fin du collège, lorsqu’il passe à une planification
globale, qu’il sera capable de se décentrer et de prendre en compte son
destinataire : apparaitront alors sous sa plume des signes plus
tactiques, comme les guillemets de distanciation, les parenthèses de
commentaire, ainsi qu’un découpage raisonné en paragraphes.
Non moins révélateurs sont les travaux de recherche sur les pauses en
écriture6, qui nous montrent que finalement, d’un point de vue
fonctionnel, signes de ponctuation et connecteurs ont partie liée dans
la structuration de l’écrit. L’enregistrement en temps réel du rythme
de l’écriture a permis de vérifier que les ponctuations démarcatives
comme le point, l’alinéa ou la virgule correspondaient à des moments
de planification du texte et coïncidaient avec des phases d’arrêt où le
scripteur suspend imperceptiblement son geste d’écriture. Du coup, on
peut parler de pauses à propos de la ponctuation, mais cette fois de
pauses scripturales. Et de ce fait, la distribution des marques de
ponctuation dans le texte devient une fenêtre privilégiée sur le travail
cognitif effectué au cours de l’écriture.
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quelque sorte une ponctuation de régie, déterminée largement au
départ par le mode de planification du texte.
Les signes qui hiérarchisent : les guillemets, les parenthèses, les
tirets. Ils opèrent sur l’axe vertical et déterminent des étages
différents au niveau de l’énonciation, en jouant entre premier plan
et second plan.(décalage entre discours citant et discours cité pour
les guillemets, entre discours et commentaire du discours pour les
parenthèses...). On note qu’il s’agit de signes doubles. C’est une
ponctuation polyphonique permettant de distinguer plusieurs voix
dans l’énoncé, qui émerge plus tardivement et manifeste une prise
en compte accrue du destinataire.
Les signes qui modalisent : le point d’interrogation, le point
d’exclamation, les points de suspension. Signes d’expressivité, ils
sont à ce titre largement utilisés dans le texte théâtral notamment.
Ils opèrent certes des démarcations mais modulent en plus
l’énoncé. Ils présentent cette singularité de pouvoir être employés
tout seuls (par exemple, dans une réplique) ou cumulativement
( ? ? ! !...)
Critères distinctifs
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- La genèse : s’agit-il de signes de base (point et virgule) ou de signes
seconds ?
- La forme : signe en forme de point ou non ? simple ou double ?
- L’historique : signes sonores (correspondant à des pauses ou des
intonations) et signes logiques ?
- Les valeurs : chaque signe peut selon les emplois revêtir plusieurs
valeurs qui se regroupent sous une valeur fondamentale. C’est ainsi
qu’on pourra distinguer les parenthèses de référence, les parenthèses
de reformulation et les parenthèses de commentaire mais tous ces
usages renvoient à une valeur de base qui est un apport d’information
décroché avec mise en sourdine.
La virgule
Catach, qui lui consacre plusieurs pages dans son ouvrage sur la
ponctuation : « L’usage des majuscules est si délicat et si vaste qu’il
nécessite de véritables traités. Aussi n’aurons-nous pas la prétention d’en
parler exhaustivement ici, renvoyant pour cela aux ouvrages spécialisés »
Catach N., La Ponctuation, Que sais-je ? n° 2818, 1994, p. 84.
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phrase (en séparant les propositions), à l’intérieur du texte : c’est ce
dernier emploi déviant par rapport à la norme mais très fréquent chez
les élèves de la virgule utilisée là où on l’on attendrait une
ponctuation forte. Virgule interphrastique, pourrait-on dire, qui
manifeste la distorsion entre l’écriture et la lecture. Si la phrase est
l’unité-lecture prévalente, il semble bien qu’en écriture, ce soit plutôt
la période (unité thématique) et le résultat, c’est que l’élève a
tendance, au mépris du découpage syntaxique, à séparer par un point
les éléments qu’il isole dans sa tête (exemple emprunté à un élève de
3e : Madame Daniel lisait son journal, tandis que son mari, lui,
regardait la télévision, comme tous les jours de la semaine d’ailleurs.
Quand, tout à coup, il y eut un grand coup de tonnerre), à maintenir
reliés par une virgule de compromis les éléments qui font bloc dans sa
tête (exemple emprunté au même élève : Je commençais par faire ma
compréhension de texte puis la manipulation, tout cela finit, je
m’attablais à ma rédaction). On sait même qu’au début de l’école
élémentaire, les enfants ont souvent tendance à ponctuer d’une virgule
de coalescence la fin de chaque ligne, façon de dire : « Ça continue ».
Ensuite, on peut référer à trois grands principes les emplois de la
virgule.
- Le principe d’addition : la virgule sépare des termes équivalents
dans une énumération.
- Le principe de soustraction : la virgule manifeste une ellipse (Le
matin, je travaille ; le soir, non. ) ou isole des éléments qu’on pourrait
soustraire (double virgule).
- Le principe d’inversion : la virgule signale tout déplacement de
segments de phrase en transgression de l’ordre canonique Sujet
-Verbe-Objet (ex. la crème anglaise, ma petite sœur, elle adore). On
remarque également que la virgule peut correspondre aux quatre
opérations logiques majeures : la conjonction (Papa coud, maman
lit), la disjonction (Je t’aime, tu me hais), l’implication (J’ai bien
travaillé, tu seras contente) et l’équivalence (Je t’aime, tu me plais) ;
ce qui implique qu’on sensibilise les élèves à toutes ces nuances de
sens en lecture, pour lever les éventuels contresens de lecture.
Enfin, la virgule opère sur les deux axes. Il existe un usage
démarcatif de la virgule (cf. supra) mais aussi énonciatif : elle sert à
isoler en arrière-plan l’information supposée connue du lecture, à
thématiser certains éléments. C’est ainsi qu’au point de vue de la
hiérarchie des informations, le boulanger cuit ses miches, la nuit n’est
pas équivalent de le boulanger cuit ses miches la nuit. Dans le
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premier cas, l’énoncé répond à la question : Que fait le boulanger
pendant la nuit ? ; dans le second, à la question quand est-ce que le
boulanger cuit ses miches ? Preuve, s’il en était besoin, que la
ponctuation ne peut s’analyser dans un cadre strictement phrastique.
Enseigner la ponctuation
Pistes de travail
1. Construire le système
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signes de ponctuation, faire procéder aux appariements qui s’imposent
entre signes, et à partir de corpus qui recensent le maximum
d’emplois, faire expliciter les différentes valeurs de chaque signe et sa
valeur de base. On peut aussi, au début d’une séquence de travail sur
la ponctuation, partir d’un questionnaire permettant de faire émerger
les représentations.
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c) Jacques aime Philippe Lionel Bertrand
d) essaie de comprendre ce qui j’espère arrivera un jour
e) je ne t’aime pas parce que tu es bretonne
f) la jeune fille est sortie de la forêt vierge
g) allons manger les enfants s’exclama le papa ogre
h) il avait monté les escaliers en peu de temps il reprenait son souffle
i) il est mort naturellement
j) appelez moi Catherine
Plus rares en l’espèce sont les textes complets qu’on pourrait ponctuer
de deux manières concurrentes. Rappelons pour mémoire la lettre de
G. Berr dans l’Art de dire12 :
mon aglaé j’ai pris une grande décision j’ai eu une violente
discussion avec mes parents à propos de notre mariage
maintenant tout est fini entre nous ils se sont montrés odieux
papa a dit grand-père te tuera si tu épouses cette fille mais non
sans hésitation a ajouté maman je saurai te défendre tu as
compris ils veulent que j’épouse charlotte la fille de la
charcutière qui est laide et grosse comme toi je la trouve
grotesque mais elle est riche il n’y a plus à hésiter et mon
choix est fait t’oublier moi jamais je serais un sale type en
épousant charlotte c’est avec toi que je me marierai ton
gaston
Première proposition13 :
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Citée dans le manuel de grammaire de B. Combettes, J. Fresson & R.
Tomassone, De la phrase au texte, 3e, Delagrave, 1980, p.109 et dans le n°
spécial des Ateliers Lyonnais de Pédagogie, 300 exercices pour lutter
contre l’échec scolaire, guide orthopédagogique, 1985, pp. 30-31.
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Il s’agit évidemment de propositions sujettes à discussion et non pas de
solutions absolues en terme de vrai ou faux. D’ailleurs certaines variantes
sont libres : on sait par exemple que le scripteur peut décider d’isoler ou
non au moyen d’une virgule le complément mobile antéposé selon qu’il est
plus ou moins long.
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« Mon Aglaé,
J’ai pris une grande décision. J’ai eu une violente discussion
avec mes parents à propos de notre mariage. Maintenant, tout
est fini. Entre nous, ils se sont montrés odieux. « Papa, a dit
grand-père, te tuera si tu épouses cette fille ». « Mais non »,
sans hésitation, a ajouté maman, « je saurai te défendre ». Tu
as compris : ils veulent que j’épouse Charlotte, la fille de la
charcutière, qui est laide et grosse. Comme toi, je la trouve
grotesque mais elle est riche. Il n’y a plus à hésiter et mon
choix est fait : t’oublier ? moi, jamais ! Je serais un sale type
en épousant Charlotte ; c’est avec toi que je me marierai.
Ton Gaston. »
Deuxième proposition :
« Mon Aglaé,
J’ai pris une grande décision ! J’ai eu une violente discussion
avec mes parents, à propos de notre mariage. Maintenant tout
est fini entre nous. Ils se sont montrés odieux. Papa a dit :
« Grand-père te tuera si tu épouses cette fille ». Mais, non
sans hésitation, a ajouté maman : « Je saurai te défendre ». Tu
as compris : ils veulent que j’épouse Charlotte, la fille de la
charcutière qui est laide et grosse comme toi. Je la trouve
grotesque, mais elle est riche. Il n’y a plus à hésiter, et mon
choix est fait. T’oublier, moi, jamais ! je serais un sale type.
En épousant Charlotte, c’est avec toi que je me marierai.
Ton Gaston »
Compare les deux versions suivantes d’une même lettre ponctuée
différemment :
a) « Passe à la maison avec ta femme. Dans le frigo, il y a tout ce
qu’il faut pour faire un bon gueuleton. Jusqu'à minuit, on regardera
la télé, et après on sortira en boite. Si on n’est pas là à votre
arrivée, vous trouverez la clef chez mon voisin. Faites comme chez
vous et servez-vous un verre. S’il vous embête, enfermez le chien
dans les W.C. Avec la femme de ménage, qui en a peur, il y est
habitué. »
b) « Passe à la maison. Avec ta femme dans le frigo, il y a tout ce
qu’il faut pour faire un bon gueuleton jusqu'à minuit. On regardera
la télé et après on sortira en boite si on n’est pas là. A votre
arrivée, vous trouverez la clef. Chez mon voisin, faites comme
chez vous et servez-vous un verre s’il vous embête. Enfermez le
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chien dans les W.C. avec la femme de ménage qui en a peur. Il y
est habitué. »
3. Reponctuer
4. Observer et commenter
Il est utile de renvoyer aux élèves une image précise de leur pratique
personnelle de la ponctuation. Cela peut se faire à partir de
productions calibrées : on dresse un inventaire des signes de
ponctuation et des connecteurs utilisés par chacun d’eux, ce qui
permet d’établir des profils. On peut aussi, selon la méthode des
protocoles, faire travailler les élèves en binôme, à l’occasion
d’activités d’écriture. L’un écrit, l’autre observe la distribution des
marques de ponctuation en relation avec les pauses d’écriture, puis le
scripteur commente ses choix de ponctuation en différé.
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5. Compléter des canevas
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a) Monsieur était en train de le gronder car il avait appris que Marc-
Antoine qui était le nom de ce jeune garçon et qui était le fils du
maitre, avait eu un comportement insolite.
b) Michel, était le nom du père, alla chercher du renfort.
c) La Ginger Spice appelée comme ça par ses ex-meilleures amies
veut dire en fait gingembre une épice exotique disons plutôt épice
érotique est la première à être née mais aussi première à être partie.
Commentaires et corrigé :
On se dit, à la lecture de tous ces exemples, que les élèves ont bien
souvent été piégés par les contraintes d’emploi du relatif et qu’ils
pourraient corriger à moindre frais leurs énoncés en recourant
notamment au parenthésage.
a) Monsieur était en train de le gronder car il avait appris que Marc-
Antoine (c’était le nom de ce jeune homme), qui était le fils du
maitre, avait un comportement insolite.
b) Michel (c’était le nom du père) alla chercher du renfort.
c) La Ginger Spice comme l’avaient baptisée ses ex-meilleures amies
(le terme veut dire en fait « gingembre », une épice exotique,
disons plutôt érotique) est la première à être née mais aussi la
première à être partie.
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- Ah ! Monsieur, c’est qu’il est épuisé....
- Epuisé ? Alors, avez-vous réussi à remettre la main sur Le Lion ?
- Hélas non ! Ma fille l’a sortie de la bibliothèque l’autre après-midi.
Elle m’a dit : ne t’inquiète pas, je vais le dévorer en quelques heures
et depuis plus de nouvelles. Pourvu que...
- Au moins dans ces conditions Le Cousin Pons et La Cousine Bette
sont-ils rentrés ?
- Vous pouvez les chercher, mais j’ai bien peur qu’ils aient disparu.
Surtout Le Cousin Pons avec sa belle jaquette !
- Que me reste-t-il donc ?
- Les Illusions perdues, mon bon monsieur.
(Expliquer l’utilisation de l’italique)
c) * Le vieux professeur parle devant un aéropage de savants des
arborigènes d’Australie.
(Expliquer l’astérisque)
d) Alors, affolée par un désir formidable, elle lui rendit son baiser en
l’étreignant sur sa poitrine, et toute sa résistance tomba comme
écrasée par un poids trop lourd.
Tout était calme aux environs. L’oiseau se remit à chanter.
(Expliquer l’alinéa)
e) Le monstrueux personnage, prêt à jouer au cerf-volant avec son
pied-de-biche, glissa sa tête de loup à travers l’œil-de-bœuf : un grand
nuage de poussière s’éleva.
-Satané œil-de-perdrix qui me fait mal, s’exclama-t-il. Ah ! si je
passais à table...
Et sitôt le ménage terminé, il se mit à manger des langues-de-chat
avec ses dents-de-lion.
(Expliquer le trait d’union)
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faire tenir à toute force, soit enfin qu’ils coupent le dernier mot de
manière non conventionnelle. Un petit rappel n’est donc pas inutile.
On pourrait concevoir par exemple une activité de recherche organisée
en deux temps :
exercice 1 : (pour vérifier l’état des savoirs sur la question)
Parmi les coupes de mots de fin de ligne proposées, lesquelles sont
admises, lesquelles ne le sont pas ?
anti-/oxydant ; cac-/tus ; la cares-/se ; che/-mise ; che-/val ; pe-/-tit ;
un mar-/tinet ; li-/on ; bo-/a ; l’/avion ; isth-/me ; l’i-/vresse ;
cul-/tivateur ; con-/sommateur ; ry-/thme ; adorab-/le ; ouvri-/ère ;
trans-/pirer ; ex-/amen ; e-/xamen ; co-/opérer .
exercice 2 : (pour objectiver la norme en vigueur)
La première liste est composée de mots bien coupés ; la seconde, de
mots mal coupés. Formule les principes à respecter :
a) che-/val ; co-/opérer ; pio-/let ; anti-/oxydant ; la cares-/se ;
isth-/me ; M. Mar-/tin ; un mar-/tinet ; cac-/tus ; trans-/pirer.
b) che/-mise ; pe-/-tit ; li-/on ; bo-/a ; l’/avion ; l’i-/vresse ;
cul-/tivateur ; con-/sommateur ; ry-/thme ; adorab-/le ; ouvri-/ère ;
ex-/amen ; e-/xamen.
Point final
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de la compétence du scripteur, de par sa dimension métalinguistique :
elle est commentaire d’un commentaire, au sens où elle est analyse de
l’écriture qui est elle-même analyse du langage. A ce titre, on peut
dire qu’un bon ponctueur est nécessairement un bon scripteur.
Tout petit, l’enfant qui découvre l’écrit, accorde une grande
importance à la ponctuation pour la prise d’indices et éprouve un réel
plaisir au geste graphique de la ponctuation (pour lui, mettre un point,
c’est d’abord faire un rond !). Puis, au fil des ans, celle-ci tend à se
fondre dans le texte et comme à disparaitre du champ de la conscience
du scripteur. Aussi voudrions-nous terminer par une boutade en guise
de réhabilitation de ce que Michel Field appelle joliment quelque part
« les aromates du style » :
Il est temps de faire le . sur cet objet linguistique entre " " qu'est la
ponctuation avec un grand P et de mettre l' ^ sur son rôle logique
indispensable. Il convient de ------- que son apprentissage soulève
beaucoup de ? et, s’il est permis d’ouvrir une ( ) finale pour mettre
une dernière fois les . sur les i, osons dire que la ponctuation établit
un - entre syntaxe et orthographe. Bref, on a décidément trop
longtemps laissé en ce pan entier du langage !
BIBLIOGRAPHIE
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