Titre 1: les sources d'obligations
Chapitre 1: les déclarations de volonté comme source
d'obligations
Section 1: le contrat
Paragraphe1 : la classification des contrats
A-le contrat consensuel, le contrat formel et le contrat réel
B- le contrat par concours de volonté et le contrat d’adhésion
C-Le contrat nommé et le contrat innommé
D-contrat unilatéral et le contrat synallagmatique, le contrat à
titre onéreux et le contrat à titre gratuit
E- le contrat commutatif et le contrat aléatoire, le contrat
instantané et le contrat à exécution successive
F- contrat individuel soit un contrat collectif
Paragraphe 2: les conditions de la formation du contrat
A- les conditions de fond
1) le consentement
Définition du consentement
a- les composants du consentement :
b- Les vices d consentement
2) La capacité
a- Les cas de l’incapacité d’exercice
b- les droits et les actes touchés par l’incapacité d’exercice
c- Les effets de l’incapacité d’exercice
d- L’objet du contrat
1)La cause
B – les conditions de forme liées à la formation du contrat
Paragraphe 2 : les effets du contrat
Paragraphe 2 : les effets du contrat
Un contrat valablement formé développe des effets juridiques
en vue desquels il a été créé. Ces effets s’envisagent dans la
création des obligations qui doivent être exécutées par les parties
au contrat.
Selon l’article 230 du DOC « les obligations contractuelles
valablement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faites, et ne peuvent être révoquées que de leur consentement
mutuel dans les cas prévus par la loi ». Partant, les contrats qui
répondent aux conditions de la formation constituent une source
d’obligation et s’imposent aux parties contractantes au même
titre que la loi.
Autrement dit, le contrat valablement formé donne lieu à deux
effets, à savoir : la force obligatoire du contrat et l’effet relatif du
contrat. Par conséquent, l’inexécution du contrat engendre
l’engagement de la responsabilité contractuelle du débiteur.
1) Le principe de la force obligatoire du contrat
Le contrat qui remplit les conditions imposées par la loi au
niveau de sa formation doit être exécuté par les parties
contractantes au même titre que la loi. Ceci dit que le contrat
devient la loi des parties, de même qu’il doit être exécuté de
bonne foi et il ne peut être révocable unilatéralement.
a- Le contrat est la loi des parties
Conformément aux dispositions de l’article 230 du DOC,
les parties qui ont manifesté leur volonté de s’engager
doivent, en l’occurrence, exécuter les obligations qui
découlent de leur contrat. En effet, en cas d’inexécution le
débiteur engagera sa responsabilité contractuelle.
Dans ce cadre plusieurs dispositions du DOC concrétisent
le principe de la force de obligatoire du contrat tel que
l’article 259 du DOC qui dispose que « lorsque le débiteur
est en demeure le créancier a le droit de contraindre le
débiteur à accomplir l’obligation, si l’exécution en est
possible ; à défaut, il peut demander la résolution du
contrat, ainsi que des dommages-intérêts dans les deux
cas ».
Ainsi, les parties s’obligent non seulement à exécuter ce
qui est exprimé au niveau de leur contrat mais aussi se
soumettre à toutes les suites que la loi, l’usage et l’équité
donnent à l’obligation d’après sa nature (l’article 231 du
DOC), en plus l’article 463 de la même loi dispose que « on
doit suppléer les clauses qui sont d’usage dans le lieu où
l’acte a été fait ou qui résultent de sa nature ».
Par conséquent, la volonté des parties contractantes doit
être respectée mais toujours dans le cadre de la prise en
considération de la règlementation imposée par la loi, aussi
en respectant les règles imposées par l’usage et l’équité liées
à la nature du contrat. À ajouter aussi que volonté des parties
constitue une source d’obligation tant que la loi lui octroie
cette force.
Par ailleurs, si la volonté constitue une source
d’obligation, il convient de noter que, parfois, les parties
contractantes soient en désaccord au niveau de
l’exécution de leur contrat, soit en raison de l’obscurité
d’une clause contractuelle ou encore lorsque le contenu
du contrat ne comporte pas une solution au litige
intervenu ? A cet égard le juge doit statuer sur le litige né de
l’exécution du contrat en usant de son pouvoir
discrétionnaire pour l’interpréter, tout en respectant
l’intangibilité du contrat. Par conséquent, l’interprétation du
contrat par le juge ne doit pas le dénaturer.
Sous cet angle se pose la question suivante : quels sont
les pouvoirs du juge du fond dans l’interprétation du
contrat ? Et selon quelles règles le juge procède à cette
interprétation ?
Tout d’abord, l’interprétation en matière contractuelle,
signifie l’opération qui consiste à conférer une signification
à une clause du contrat. Certes, l’interprétation a lieu lorsque
les clauses du contrat sont ambiguës ou obscures. Cependant
lorsqu’elles sont claires, elles s’imposent au juge qui est tenu
de les appliquer.
En fait, l’interprétation du contrat peut s’effectuer selon
deux méthodes, à savoir :
*la méthode subjective qui est inspirée de la théorie de
l’autonome de la volonté. Cette méthode fait de la volonté,
la base de l’interprétation du contrat car le juge doit dépasser
la lettre du contrat pour découvrir la volonté des parties
contractantes.
*la méthode objective suppose que le juge interprète le
contrat en se limitant à l’expression de la déclaration de la
volonté. A ce niveau, il se base sur la volonté déclarée qui
est seule accessible aux tiers.
Le dahir des obligations et contrats a opté pour
l’application des deux méthodes mais d’une manière
complémentaire. En fait, le DOC s’appuie sur la méthode
objective C’est-à-dire que le juge interprète le contrat en se
limitant à la volonté des parties contractantes. Ainsi selon
l’article 461 du DOC « lorsque les termes de l’acte sont
formels, il n’y a pas lieu à rechercher quelle a été la
volonté de son auteur ». Inversement, si les termes de l’acte
ne sont pas clairs, il y a lieu à rechercher quelle a été la
volonté de son auteur.
En effet, le législateur a déterminé les cas d’obscurité des
clauses dans l’article 462 du DOC qui dispose « qu’il y a
lieu à interprétation :
1- Lorsque les termes employés ne sont pas conciliables
avec le but évident qu’on a eu en vue en rédigeant l’acte ;
2- Lorsque les termes employés ne sont pas clairs par eux
même, ou expriment incomplètement la volonté de leur
auteur ;
3- Lorsque l’incertitude résulte du rapprochement des
différentes clauses de l’acte, qui fait naitre des doutes sur la
portée de ces clauses ;
4- Lorsqu’il y a lieu à interprétation, on doit rechercher
quelle a été la volonté des parties, sans s’arrêter au sens
littéral des termes ou à la construction des phrases ».
D’après cet article, la recherche de la volonté commune
des parties prime sur la lettre stricte du contrat. Ainsi, afin
d’interpréter le contrat tout en restant plus près de la volonté
des parties- alors même si celle-ci n’est pas claire-, le
législateur a attribué au juge le droit de se référer à des
éléments objectifs pour interpréter le contrat. Il s’agit de la
loi, l’usage et l’équité. A ce niveau, le juge intervient pour
combler les lacunes du contrat et l’interprétation. À ce
niveau, aura une fonction créatrice.
Par ailleurs, le législateur a attribué au juge le pouvoir
d’interpréter le contrat en se limitant à l’expression de la
déclaration de la volonté dans des cas bien précis,
notamment lorsqu’il s’agit du cas de la renonciation à un
droit, tel qu’il a été prévu par l’article 467 du DOC qui
dispose dans ce cadre « les renonciations à un droit
doivent être entendues strictement et n’ont jamais que la
portée qui résulte évidemment des termes employés par
leur auteur, et ne peuvent être entendus au moyen de
l’interprétation. Les actes dont le
sens est douteux ne peuvent servir de fondement pour en
induire la renonciation ».
Partant, les renonciations à un droit doivent faire l’objet
d’une interprétation stricte et n’ont jamais que la portée des
termes employés. Cette règle, d’ailleurs, a été appliquée par
la cour de cassation dans un arrêt datant du 14-04-2004
n°1092, dossier civil n°2928, en vertu duquel elle précisé
que la renonciation à un droit doit être interprétée
strictement selon le sens qui résulte des termes employés et
ne doit pas faire l’objet d’une interprétation large.
Enfin, il convient de noter que le législateur a déterminé
divers critères d’interprétation de la volonté, à savoir
l’interprétation selon la volonté des parties (les articles 462-
464), selon le sens qui donne lieu à des effets juridiques,
selon l’acception usuelle dans le lieu où l’acte a été formé ou
dans l’acception technique usuelle du mot(article 466), selon
la portée qui résulte des termes employés par leur
auteur(l’article 467), selon le sens de prendre en
considération les droits non exprimés par le contrat (article
469), selon le sens le plus favorable à l’obligé (l’article 473).
En revanche l’intervention du juge au niveau de
l’interprétation du contrat connait certaines limites. Ainsi la
cour de cassation exerce son contrôle sur les juge du fond
lorsque ceux-ci ont dénaturé une clause claire et précise qui
nécessite pas d’être interprétée, ou encore lorsqu’il s’agit
d’une question de qualification, la cour de cassation
intervient en vue de contrôler la qualification décidée par le
juge du fond dans la mesure d’éviter la dénaturation des
différents contrats prévus par la loi.
b- Le contrat doit être exécuté de bonne foi
Selon l’article 231 du DOC « tout engagement doit être
exécuté de bonne foi, et oblige, non seulement à ce qui y
est exprimé, mais encore à toutes les suites que la loi,
l’usage et l’équité donnent à l’obligation d’prés sa
nature ». Partant, la bonne est une exigence pour contracter.
C’est un concept qui désigne la bonne intention, l’honnêteté,
la sincérité ou la croyance juste.
Ainsi, la bonne foi peut être définie comme la croyance
qu’a une personne de se trouver dans une situation conforme
au droit, et la conscience d’agir sans léser les droits d’autrui.
En effet, les parties contractantes doivent agir avec loyauté,
selon leur conscience. De ce fait, la bonne foi évoque la
croyance erronée en l’existence d’une situation juridique
régulière et que cette croyance repose sur la seule ignorance
ou sur une apparence trompeuse.
En matière contractuelle, la bonne foi est toujours
présumée, par conséquent, il convient à celui qui prétend la
mauvaise foi de la prouver.
c- Le contrat est irrévocable unilatéralement
Selon l’article 230 du DOC « les obligations
contractuelles valablement formées tiennent lieu de loi à
ceux qui les ont faites, et ne peuvent être révoquées que de
leur consentement mutuel ou dans les cas prévus par la
loi ». En effet, le contrat se forme par l’échange du
consentement des parties contractantes. En conséquent, il
s’avère logique que sa révocation doit émaner de toutes les
parties contractantes.
Ainsi, il convient de constater que le principe de
l’irrévocabilité unilatérale du contrat apparait comme le
corollaire du principe de la force obligatoire du contrat car le
contrat crée par la volonté des parties s’imposent à elles et ne
peut prendre fin que par leur commune volonté. A ce titre, la
révocation par consentement mutuel est traitée par le DOC de
l’article 393 à l’article 398 du DOC.
Par dérogation à ce principe, le législateur a permis aux
parties contractantes de révoquer unilatéralement le contrat
dans certains cas, tel que le cas :
*des contrats conclus pour une durée indéterminée, tel que
l’article 754 du DOC qui précise que « lorsque le terme du
contrat n’est pas déterminée soit par les parties, soit par la
nature du travail à accomplir, le contrat est annulable et
chacune des parties peut s’en départir en donnant congé dans
les délais établis par l’usage du lieu ou par la convention »
*la faculté de résiliation en vertu du respect de la liberté
individuelle. C’est le cas par exemple de l’article 34 de la loi
65-99 relative au code de travail qui prévoit que le contrat de
travail à durée indéterminée peut cesser par la volonté du
salarié au moyen d’une démission.
*et aussi les contrats qui supposent entre les parties un rapport
mutuel de confiance.
2) Le principe de l’effet relatif du contrat
Selon l’article 228 du DOC « les obligations n’engagent
que ceux qui ont été parties à l’acte : elles ne nuisent point
aux tiers et elles ne leur profitent que dans les cas exprimés
par la loi ». Partant, les contrats n’engagent que les parties qui
les ont volontairement acceptés et n’ont pas le pouvoir de faire
naitre, par leur volonté, une obligation sur la tête d’un tiers.
Ainsi, le terme « tiers » s’oppose à celui de « parties » ou
« contractant ». Il signifie toute personne étrangère au rapport
contractuel, donc, qui n’a pas contribué à la conclusion du
contrat.
Il en découle qu’en principe, une partie qui n’a pas conclu
le contrat elle ne se trouve pas tenu de son exécution. Mais, il
se peut que le contrat soit conclu par les parties et lors de son
exécution surgissent de nouvel évènements, tel que le décès de
l’un des contractants. Une telle situation emporte la
transmission du contrat, par principe, à ses héritiers qui sont
des tierces personnes au contrat. A ce niveau, l’article 229 du
DOC dispose que « les obligations ont effet, non seulement
entre les parties elles-mêmes, mais aussi entre leurs héritiers
ou ayants-cause ; à moins que le contraire ne soit exprimé ou
ne résulte de la nature de l’obligation ou de la loi ».
En effet, cet article constitue une dérogation au principe de
la relativité du contrat aux parties contractantes, c’est ainsi
qu’il a étalé les effets du contrat aux héritiers et aux ayants-
cause d’une partie contractante.
En fait, les ayants-cause sont des personnes qui tiennent
leurs droits d’une autre personne appelée leur auteur. Dans ce
cadre, les ayants-cause peuvent être des ayants-cause à titre
universel ou des ayants-cause à titre particulier.
Ainsi, les ayants-cause à titre universel sont ceux, qui selon
le DOC, acceptent la succession et continuent la personnalité
juridique de leur auteur c’est-à-dire le défunt. A ce titre, ils
reçoivent l’intégralité des droits et des obligations de l’auteur
décédé. Donc, c’est le cas des héritiers qui perçoivent le
patrimoine de leur défunt.
En revanche, les ayants-cause à titre particulier sont ceux
qui tiennent un bien ou un droit déterminé de l’une des parties
contractantes, c’est le cas par exemple d’un acheteur, un
donataire.
En principe, les ayants cause à titre particulier ne sont pas
concernés par les créances nées dans les contrats passés par
leur auteur. Par exemple ; l’acheteur d’une voiture (qui est un
ayant causé à titre particulier du vendeur de la voiture) ne
saurait être tenu de payer les frais occasionnés par la réparation
de cette même voiture avant qu’elle ne soit vendue, ou encore
l’acquéreur d’un fonds de commerce n’est pas tenu des dettes
du cédant.
Néanmoins, dans certains cas précis le contrat passé par
l’auteur peut engager l’ayant-cause à titre particulier. Tel que le
cas par exemple de l’acquéreur d’un fonds de commerce ou
d’une entreprise qui est tenu de respecter tous les contrats de
travail passés par son prédécesseur.
A ces catégories s’ajoute les tiers absolus qui sont des
personnes qui n’ont aucun rapport avec les parties
contractantes. Toutefois, ils ne peuvent ignorés les situations
objectives crées par le contrat. En conséquence, ils doivent
respecter l’existence du contrat et s’abstenir à tout
comportement qui peut porter atteinte à une situation juridique
découlant du contrat (la situation juridique objective).
Par exemple la vente d’un bien immeuble n’est opposable
aux tiers que si elle est enregistrée en la forme déterminée par
la loi (l’article 489 du DOC. Ou encore dans un cas d’un
contrat de travail entre un employeur et un salarié, le tiers qui
est un employeur concurrent ne doit pas entrer en contact avec
le salarié pour le débaucher et le faire travailler pour son
propre compte sous peine d’être exposé à des sanctions.
Par ailleurs, les tiers peuvent s’appuyer sur la situation
contractuelle afin d’en tirer des conséquences juridiques. Tel
est le cas du conjoint et des enfants d’un passager victime d’un
accident de transport qui peuvent invoquer l’existence du
contrat de transport pour engager la responsabilité du
transporteur et par conséquent percevoir des indemnités.
En revanche, il convient de noter que le principe de l’effet
relatif du contrat (la relativité du contrat) connait certaines
exceptions car il arrive que le contrat produit des effets
obligatoires à l’égard des tiers, il s’agit notamment du cas des
contrats collectifs et de la stipulation pour autrui.
Pour les contrats collectifs, ce sont des contrats passés entre
d’une part un ou plusieurs syndicats de salariés et un ou
plusieurs employeurs en vue de régler des problèmes liés au
travail tels que des problèmes liés au salaire, congés, etc. ces
accords produisent des effets à l’égard de tous les salariés
comme s’ils les avaient personnellement signés.
D’autre part, la stipulation pour autrui est l’opération par
laquelle le stipulant demande au promettant de s’engager au
profit d’un tiers appelé le bénéficiaire. Sous cet angle, l’article
34 du DOC dispose que « néanmoins, on peut stipuler au profit
d’un tiers, même indéterminé, lorsque telle est la cause d’une
convention à titre onéreux que l’on fait soi-même ou d’une
libéralité que l’on fait au promettant ».
A ce titre, le contrat d’assurance-décès constitue l’exemple
type. Ainsi, un contrat conclu entre un stipulant, l’assuré et un
promettant, l’assureur, obligeant celui-ci à verser, au jour du
décès, un capital à un tiers bénéficiaire.
2) La responsabilité contractuelle
Des deux principes liés à la formation du contrat à savoir le
principe de la force obligatoire du contrat et le principe de
l’effet relatif du contrat, découle le principe de la responsabilité
contractuelle selon lequel chaque contractant doit respecter ses
engagements et doit fournir ses prestations telles qu’elles sont
déterminées par le contrat sous peine d’engager sa
responsabilité contractuelle.
a- Les cas d’engagement de la responsabilité contractuelle
La responsabilité contractuelle du débiteur est engagée dans
deux cas précisés par l’article 263 du DOC, à savoir :
l’inexécution de l’obligation ou son exécution tardive ce
donnera lieu à des dommages-intérêts
b- Les effets de l’engagement de la responsabilité
contractuelle
D’ailleurs, l’article 259 du DOC confère droit au créancier
de contraindre le débiteur à exécuter son obligation tant que
l’exécution est possible. Sous cet angle, il convient de préciser
que le législateur au niveau des articles 261 et 262 du DOC
l’inexécution des obligations de faire ou de ne pas faire ne
donne lieu qu’à des dommages-intérêts, que la demeure du
débiteur résulte de sa faute ou de son dol.
En outre, l’exécution forcée reste possible lorsqu’il s’agit
de l’obligation de donner un corps certain ou une chose de
genre après individualisation. Pour les sommes d’argent,
l’exécution forcée s’effectue par le moyen de saisie. Pour ce, le
créancier dispose de moyens indirects qui sont l’astreinte et la
contrainte par corps.
c- Les conditions de la responsabilité contractuelle
Par ailleurs, l’engagement de la responsabilité contractuelle
est soumis à l’existence de certaines conditions déterminées par
le DOC. Celles-ci s’envisagent dans l’inexécution de
l’obligation contractuelle, le dommage et le lien de causalité
entre l’inexécution et le dommage subi par le créancier.
-En premier lieu, l’engagement de la responsabilité en cas
d’inexécution de l’obligation diverge selon qu’elle concerne
l’obligation de résultat ou l’obligation de moyen.
S’il s’agit de l’inexécution d’une obligation de résultat la
responsabilité contractuelle est engagée du seul fait que ce
résultat ne soit pas réalisé. Dans ce cadre, le débiteur ne peut
s’en désengager qu’en prouvant que l’inexécution est due à une
cause étrangère. De même, la responsabilité du débiteur
découle du seul fait matériel sans qu’il y ait lieu de rechercher
la faute du débiteur. Partant, ce dernier est présumé responsable
de l’inexécution et cette présomption ne tombe que par la
preuve d’un cas de force majeure.
En revanche, la responsabilité contractuelle découlant de
l’inexécution d’une obligation de moyen n’est engagée qu’en
prouvant la faute du débiteur. L’évaluation de cette faute est
soumise à l’appréciation du juge qui doit évaluer différemment
la mesure des dommages-intérêts selon qu’il s’agit du dol ou de
la faute du débiteur (l’article 264 du DOC).
-En second lieu, l’engagement de la responsabilité
contractuelle nécessite l’existence d’un dommage appelé aussi
préjudice. L’article 264 du DOC a défini les dommages causés
par l’inexécution des obligations nées d’une déclaration de
volonté comme « la perte effective que le créancier a éprouvée
et le gain dont il a été privé, et qui sont la conséquence directe
de l’inexécution de l’obligation ».
D’ailleurs, le dommage constitue un élément essentiel pour
l’engagement de la responsabilité contractuelle. Il convient de
préciser à ce niveau que l’inexécution de l’obligation de ne pas
faire donne lieu à des dommage-intérêts par le seul fait de la
contravention. Ainsi, la cour de cassation a considéré que
l’irrespect du salarié à son engagement de non concurrence
contenu dans le contrat de travail donnera lieu à la réparation
conformément aux articles 262 et 263 du DOC (arrêt de la
cour suprême datant du 1-12-04, n° 1319, dossier commercial
n° 235/02).
En fait, le dommage peut résulter de l’inexécution totale ou
partielle, défectueuse ou tardive. Les parties contractantes
peuvent convenir des dommages-intérêts dus en raison du
préjudice engendré par l’inexécution de l’obligation ou en
raison du retard apporté à cette exécution. L’appréciation de ce
montant demeure soumise au pouvoir discrétionnaire du juge
qui lui permet d’augmenter le montant des dommages-intérêts
convenus s’il estime qu’il est excessif, ou encore l’augmenter.
-En troisième lieu, la responsabilité contractuelle ne peut
être engagée que si les dommages subis par le créancier sont la
conséquence directe de l’inexécution de l’obligation.
d- Les causes d’exonération de la responsabilité contractuelle
Par ailleurs, l’engagement de la responsabilité contractuelle
du débiteur n’est pas absolu car l’inexécution peut être non
imputable au débiteur et elle peut résulter notamment des
causes étrangères exonératoires de la responsabilité et aussi la
théorie des risques propres au contrat synallagmatique.
-D’une part, si le débiteur justifie que l’inexécution ou le
retard d’exécution proviennent d’un cas de force majeure, un
cas fortuit ou la demeure du créancier, il se trouve, en
conséquence, exonérée se responsabilité contractuelle et, par
conséquent, du paiement des dommages-intérêts qui en résulte.
*tout d’abord, le législateur a déterminé au niveau de l’article
269 du DOC les conditions de l’existence de la force majeure.
Il s’agit, notamment de :
L’extériorité qui signifie que l’évènement empêchant
l’exécution est un évènement extérieure à l’activité du
débiteur.
L’imprévisibilité de l’évènement constitutif de la force
majeure suppose de rechercher si l’évènement est
normalement imprévisible pour un homme raisonnable.
L’irrésistibilité implique que le débiteur n’est pas en
mesure d’éviter l’inexécution de son obligation. Il s’agit
de l’impossibilité absolue pour le débiteur d’exécuter son
obligation. Par conséquent, un évènement irrésistible est
un évènement dont les effets ne peuvent être évités par
des mesures appropriées.
*Ensuite, le débiteur peut s’exonérer de la responsabilité
contractuelle en prouvant que l’échec de l’obligation est dû au
fait du créancier, notamment lorsque celui-ci refuse sans
motif valable la prestation offerte par le débiteur ou encore
lorsque le créancier fait obstacle à l’exécution.
Par ailleurs, les parties peuvent, en principe, convenir à
aménager leurs accords comme elles l’entendent. Cependant, le
législateur a limité cette possibilité à chaque fois qu’elle
supprime ou limite la responsabilité contractuelle. Sous cet
angle, l’article 232 du DOC dispose « on ne peut stipuler
d’avance qu’on ne sera pas tenu de sa faute lourde ou de son
dol ».
En effet, les contractants ne peuvent pas, par exemple,
inclure dans leur contrat une clause qui a pour effet de priver le
contrat de son objet ou de sa raison d’être. Dans ce cadre, les
clauses de non responsabilité sont réputées non avenues.
En outre, les clauses limitatives de responsabilité ne
peuvent avoir lieu lorsqu’elles portent sur les obligations qui
font partie de l’essence du contrat et lui donne tout son sens.
Par exemple le cas d’une clause qui exonère l’acheteur de
payer le prix en faveur du vendeur. Parfois, le législateur
intervient pour interdire certaines clauses dangereuses qui
portent sur les obligations impératives des contractants.
En plus des clauses de non responsabilité ou limitative de
responsabilité les parties peuvent fixer d’une manière
forfaitaire le montant des dommages et intérêts qui sera du par
le débiteur en cas d’inexécution (la clause pénale).
Section 2 : L’acte unilatéral de volonté