Tunis
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256
Ségrégationfonctionnelle
A travers l'analyse des différents espaces, dont l'agencement forme le
modèle urbanistique de la Médina apparait un modèle d'occupation de
l'espace qui se caractérise par une nette séparation des fonctions
publiques et privées. Cette séparation des fonctions est accentuée par la
séparation morphologique entre le réseau linéaire porteur des équipe-
ments publics et les noyaux d'habitation. Entre les deux espaces il y a à la
fois juxtaposition et séparation.
Il en résulte:
Emigration rurale
A partir des années 1930, la Médina connaît un afflux de ruraux
prolétarisés qui remplacent progressivement les 'Beldi'. En 19681es i des
chefs de ménages de la Médina sont nés en dehors de Tunis et le t des
logements étaient occupés par 4 à 12 ménages chacun avec en moyenne 4
personnes par pièce. Cette densité extrème (520 habfha en moyenne) a
entrainé une dégradation du bâti.
Percéede la Kasbah
Elle constituait un bouchon entre le pôle gouvernemental maintenu à la
Kasbah et le pôle économique constitué par la ville européenne. L'idée
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ancienne de les relier par un axe Est-Ouest qùi prolongerait l'avenue FIG. 5. Médina de Tunis.
Bourguiba (ancienne avenue de la Marine qui joignait la porte de la mer l-Percée de la Kasbah;
2-Percée Faubourg Sud;
au port) jusqu'à la Kasbah a été clairement exprimée dans les termes de
3-Percée Faubourg Nord;
référence d'un concours international lancé en 1959. L'énorme coût d'un 4-Hafsia; 5-Bab Saa-
tel projet a été le seul frein à sa concrétisation. doun; 6-Kherba.
Percéesdes Faubourgs
D'autres projets de percées ont été proposés. Le plan Directeur
d'urbanisme de la ville de Tunis (Quaroni Di Carlo 1964) proposait de
tailler dans le tissu ancien de la ville basse dans le sens Nord-Sud. Ce
programme a reçu un début d'éxécution par la percée du faubourg sud à la
sortie Sud de la ville créant le boulevard Sidi El Béchir.
Le faubourg Nord affecté par une percée très ancienne (Bab Souika-
Bab Saadoun) continue à servir de champ d'investigation aux adeptes de
cet urbanisme; ils suggèrent les idées les plus fantaisistes comme la liaison
Bab El Khadra Kaadine, au nom de laquelle un îlot entier a été démoli
(Sidi El Aloui) ou la liaison Bab Souika Halfaouine. Cette politique a créé
une psychose de démolition qui incitait les propriétaires, les occupants et
les pouvoirs t;Ilunicipaux eux-mêmes à un attentisme qui se traduisait par
la négligence du bàti et des services urbains de base.
260
La doctrine. ..
Cette Association s'est dotée d'un groupe d'études de caractère pluri-
disciplinaire dont les propositions devaient vite dépasser le cadre des
monuments historiques et déboucher sur des interventions intégrées
touchant également les conditions de l'habitat, les équipements, les
activités. Ces propositions tenaient pour acquise la situation nouvelle
créée par le changement de population. Aussi préconisaient-elles la
réhabilitation de l'habitat et une mise aux normes des équipements en
rapport avec les niveaux socio-économiques et les densités actuelles.
...et la réalité?
Mais à l'action, il s'est avéré quel' ASM ne possédaIt pas les moyens de sa
démarche et ce pour plusieurs raisons dont essentiellement l'attitude des
responsables politiques qui, confrontés à la crise du logement, n'ont
envisagé comme solution à cette crise que la production de logements
neufs se préoccupant à peine de la réhabilitation des quartiers anciens. Si
bien qu'aucun mécanisme ni institution n'ont été envisagés dans ce sens.
A cela s'ajoutait l'optique passéiste développée par une partie importante
de la population tunisoise qui ne tenait pas compte de la composition
sociale nouvelle créée par les mutations de population et qui rêvait d'une
restauration de la Médina que regagnerait sa population d'origine!
L'analyse historique des deux grandes opérations à savoir les aménage-
ments de la Hafsia et l'opération Bab Saadoun entrepris dans l'enceinte de
la Médina, permet d'illustrer la diversité des attitudes et des démarches. Il
va de soit que les résultats obtenus revêtent parfois un aspect conflictuel
ou de compromis mais rarement l'intégration souhaitée.
FIG. 7. Médina de Tunis. également l'introduction du bâti vertical, concrétisée par la construction
Le quartier de la Hafsia. des trois immeubles HBM à quatre étages, associant a l'habitat des
commerces au niveau de rez-de-chaussée en flagrante contradiction avec
les principes de ségrégation fonctionnelle de l'urbanisme musulman. Les
crises économiques consécutives à la guerre n'ont pas permis l'achève-
ment de ce programme dont l'aboutissement prévu est l'anéantissement
de la médina en tant qu'entité urbaine.
La continuation
C'est seulement en 1954 que la Hafsia revient à l'ordre du jour. Le 22
juillet un décret déclare la zone périmètre de rénovation, ce qui ne fait que
bloquer toute initiative privée et aggraver la dégradation du quartier. Les
années 1960 s'annoncent par une nouvelle vague de démolitions et la
reconstruction ponctuelle d'équipements (deux écoles, un marché, un
centre social). Ces opérations, pas plus que les premières, ne s'intègrent
dans une politique d'aménagement global du quartier respectant
l'environnement urbain traditionnel.
1. Niveau urbanistique.
(a) Respecter l'organisation urbaine et la morphologie de la Médina.
(b) Assurer le raccordement du réseau viaire au réseau existant pour
sauvegarder la continuité des parcours et le fonctionnement de la
Médina.
.(c) Implanter les équipements d'un niveau urbain ainsi que les
équipements du qu'ilrtier.
2. Niveau architectural.
(a) Promouvoir un habitat horizontal à patio.
3. Niveau socio-économique.
(a) Permettre le relogemeflt des populations sur place ce qui implique
la nécessité d'un programme d'habitat social accessible aux
populations à revenu moyen.
...Les résultats
Finalement l'opération s'est soldée par la construction de 100 logements
et la reconstruction du souk el Hout qui a permis de rétablir la continuité
de l'un des parcours soukiers les plus importants de la Médina. Elle s'est
faite dans le respect du modèle urbanistique et architectural traditionnel:
séparation des espacespublic et privé, intégration dans la trame ancienne,
habitat horizontal introverti à patios et terrasses. Mais socialement
l'opération est un échec: le coût des logements réalisés pourtant par un
promoteur public, la SNIT, exclut la population à faible revenu.
L'idée d'un habitat social à l'intérieur de l'enceinte historique n'a pas
été admise. Quant au programme de réhabilitation, ne pouvant être
réalisé faute de structures institutionnelles et financières adéquates, il est
resté lettre morte.
Le compromis
...les résultats
L'opération est actuellement dans la phase opératio$nelle mais le standing
élevé des constructions ne permet pas d'espérer le relogement sur place
des populations du quartier. Comme celle de la Hafsia, cette opération
n'aura pas par conséquent réussi l'intégration au niveau social posée
I Cette réhabilitation se fait comme l'un des objectifs de la rénovation.
avec le concours du Fonds Notons enfin que la condition posée de mener de pair la rénovation et la
National de l'Amélioration de réhabilitation a été partiellement respectée, puisqu'une opération de
l'Habitat qui accorde des prêts
réhabilitation du quartier Kaadine, limitrophe, a été mise sur pied, mais
dont le plafond est fixé à
1.500p par propriétaire ce qui sans moyens financiers adéquats.1
est très insuffisant. En conclusion ces deux expériences opérationnelles de l' ASM n'ont
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atteint que partiellement les objectifs assignés. La cause essentielle de cet
échec relatif, réside essentiellement dans le fait que les recommandations
de l'ASM n'ont pas quitté le petit cénacle des spécialistes pour atteindre
les instances dirigeantes, qui sont les seules capables de donner à ces
reco~mandations le support législatif et financier nécessaire à leur
concrétisation. Aucune institution de réalisation d'opération de réhabili-
tation n'existait avant 1981.
Définition
Les divers projets en Médina exposés plus haut constituaient chacun à sa
manière, une réaction à la dégradation de la Médina, devenue physique-
ment tangible depuis les premiers décrets d'expropriation pour cause
d'insalubrité parus dans les années 30.
Comme on l'a montré ces actions, généralement ponctuelles, se
limitaient à un seul domaine: celui du bâti, que ce soit dans une optique
'progressiste' ou dans une optique 'culturaliste'.
Dans tous les cas ces actions ont souvent eu pour effet secondaire de
bouleverser un peu plus encore l'organisation de la Médina.
En effet la lente dégradation de la Médina, les analyses rappelées plus
haut l'ont montré dans le détail, se caractérise par un enchevêtre~ent de
causes et d'effets qui ne se limitent en aucun cas au bâti mais touchent au
culturel, au social, à l'économique, au foncier, au juridique, que ce soit
dans le secteur du logement, celui du commerce ou de l'emploi.
D'où l'évidence qui s'est peu à peu imposée d'ihtégrer tous ces aspects
dans un projet global. C'est ce que nous appelons projet 'intégré',
précisément à cause de cette ambition d'intégrer les données architectur- 2 Ces préoccupations trou-
Fonctionnement
Un projet pilote 'intégré' n'est ni un projet d'assainissement ni un projet
d'architecture, ni un projet de création d'emplois, ni un projet d'équipe- "
ments publics ni un projet d'aide sociale mais tout à la fois; c'est pourquoi
sa mise au point et son fonctionnement sont particulièrement complexes
et délicats.
Il s'agit d'ajuster ces diverses composantes, avec leur importance
respective, faisant appel à des domaines de connaissances variées, où le
financier, le sociologue et le juriste sont aussi importants que l'urbaniste,
le responsable politique et l'ingénieur.
FIG. 9. Médina de Tunis. Continuité urbaine.La zone de rénovation du projet (constructions neuves)
Projet Hafsia 1981. L~ est entièrement entourée d'une zone de réhabilitation, afin de ne pas
ré~ovation prévue. laisser face à face un îlot de bâtiments neufs et des constructions vétustes
ce qui a souvent pour effet de précipiter la dégradation de l'ancien (Fig. 8).
Dans la conception des ilôts neufs, les anciens gabarits et tracés de
voirie ont été repris autant que possible afin de relier sansdiscontinuité les
5 Coût moyen de construc-
Composantes ~
1. Voiries et réseaux divers
.égouts: extension et/ou recalibrage
.eau potable et gaz:extension et/ou recalibrage
.électricité: extension et/ou réfection
.chaussées: revêtements neufs ou réfection
.éclairage public: réseau neuf
2. Habitat ancien
.dedensification des logements: nour chaque famille une surface habitable
indépendantede 40 m2 (égale à la moyenne actuelle de la zone)
.remise en état des superstructures et équipements des logements indépendants:
au moins 1 point d'eau, 1 WC et 1 cuisine par logement
.relogement, si possible dans la zone du projet des familles qui devraient quitter
leur logement actuel, soit pour assurer la dédensification soit parce que trop
dégradé pour pouvoir être remis en état.
3. Équipements
.mise en place des équipements socio-collectifs nécessaires à la vie du quartier:
hammam, disp~nsaire ...
4. Habitat neuf
.construction de logements neufs de standing moyen, pour acceuillir des
habitants à revenu plus élevé, capables de supporter en partie les coûts de
réhabilitation et d'assainissement de l'ancien, de l'entretien du quartier et
susceptibles d'assurer un certain brassage social.
5. Emploi
.insertion d'activités commerciales artisanales et de bureaux pour améliorer le
taux d'emploi sur place.
.utilisation prioritaire pour les travaux de réhabilitation et de rénovation de
main d'oeuvre recrutée sur place, pour améliorer le taux d'emploi et la
qualification professionnelle des habitants du quartier.
6. Monuments
réaffectation des monuments de la zone actuellement utilisés comme logement
ou dépôts à des activités socio-culturelles ou hotelières adaptées à leur
structure et contribuant à la revalorisation du quartier.
Montage institlltionne/
1. Maîtrise d'ouvrage: la municipalité de Tunis, maitre d'ouvrage, de lègue par
convention la responsabilité de la réalisation à l'ARRU
2. Études: l'ARRU, maître d'ouvrage délégué, attribue par convention la
responsabilité des études à l'ASM.
3. Textes réglementaires: la municipalité de Tunis prépare pour approbation par
rautorité de tutelle les projets de décrets de PIF et de PAD.
4. Maîtrise foncière: expropriation, indemnisation, acquisition et vente de
terrains assurées par l'ARRU; l'acquisition de tous les terrains nus est prévue,
6 Architectes du projet,
l'acquisition de terrains bâtis est réduite au minimum.
5. V RD: réseaux à la charge des concessionnaires publics (ONAS, SONEDE, Achraf Bahri et Sarnia Yaïche
7 ONAS: Office National
STEG)7 voirie et éclairage public à la charge de la municipalité.
(}. Réhabilitation patrimoine municipal: assuré par des entrepreneurs privés, d'Assainissement; SONEDE:
Société Nationale de Distribu-
commandité par l'ARRU, ou par l'ASM, en régie.
tion d'eau; et STEG: Société
7. f:quipements: sous la responsabilité de leurs maîtres d'ouvrages respectifs,
Tunisienne d'Electricité et du
municipalité ou Ministères. Gaz.
270
8. Rénovation: partie des terrains nus vendus viabilisés à des promoteurs publics
ou privés, sur contrat compren;lnt cahier des charges et avant projet détaillé
d'architecture établis par l'ASM; partie des terrains nus municipaux construits
directement par l'ARRU pour le compte de la municipalité.
9. Réhabilitation privée: assurée par les propriétaires, avec accès au crédit
(FNAH et Banques) et assistance technique de l'ASM.
10. Gestion du Fonds de Réhabilitation: ce fonds alimenté par les plus values de
vente de terrains viabilisés, destiné à couvrir partiellement le coûts de
réhabilitation pour diminuer les charges des bénéficiaires, sera géré par
l'ARRU.
Montage jinancier
1. Coût global
ans) sans tenir compte des loyers actuels. 80% de la population peuvent
supporter ces loyers nouveaux.
Pour le patrimoine privé, le loyer après projet doit couvrir de la même façon le
coût de réhabilitation et d'entretien soit 10,70/par mois augmenté du loyer
actuel moyen de 10,50: total 21,2 O/mois.
500;0 de la population peuvent supporter ces loyers nouveaux.
6. Fonds de réhabilitation
Il a pour but de faciliter les opérations de réhabilitation en subventionnant une
partie des réseaux et en offrant des crédits.
IJQ répétitivité
Les mécanismes institutionnels et financiers, en particulier le Fonds de
réhabilitation, vont être testés sur le périmètre Hafsia, avec la partici-
pation probable de la Banque Mondiale puis, après d'éventuelles
retouches, sur le périmètre Kherba, avec d'autres participations finan-
cières.
Ils seront alors rodés et pourront être étendus à l'ensemble de la
Médina, d'autant qu'il ne s'agit pas d'opérations à fonds perdu mais
d'opérations où le recouvrement des investissements est maximum
(96%), ce qui garantit la possibilité de la répétitivité de ces opérations.
L'extension et la répétition de ces opérations restent encore limitées par
un certain nombre d'insuffisances sur le plan institutionnel et financier qui
n'incitent pas à la participation des propriétaires privés à ces opérations.
La participation deshabitants
La participation des propriétaires privés est essentielle car il ~st
impossible financièrement ou socialement que la puissance publique ou
les collectivités locales se substituent entièrement aux propriétaires en
prenant en charge tous les frais. Ce qui suppose la mise en place de
dispositifs d'encouragement ou d'incitation.
garantie de l'État. La complexité des tâches ne doit pas non plus rebuter
les candidats, qui devraient pouvoir trouver facilement l'assistance
technique et juridique nécessaire auprès d'un bureau spécialisé mis en
place pour chaque projet pilote, pour la durée du projet.
Conclusion
L'intérêt de cette étude n'est certainement pas dans la masse d'informa-
tions qu'elle livre à la réflexion du lecteur, mais plutôt dans la
démonstration de la complexité de la démarche dès qu'il s'agit de
réhabiliter un quartier historique de tradition arabo~islamique soumis aux
difficultés d'un pays en voie de développement. Il démontre également à
quel point les préoccupations limitées du conservateur classique sont
inopérantes devant la masse et la diversité des problèmes posés par ces
opérations de restructuration qui s'apparentent plus à des opérations
d'aménagement urbain et qui font appel à des domaines d'investigation et
d'action multiples et spécialisés.
Le cas de Tunis présenté volontairement d'une manière concrète et
précise grâce aux problèmes soulevés et aux solutions préconisés, est
susceptible d'une part de promouvoir la recherche en matière de
réhabilitation des médinas et d'autre part de contribuer à enrichir la
réflexion doctrinale sur les méthodes d'approche et de traitement des
ensembles historiques dans les pays en voie de développement.
Summary
The widening of the area in which the principles and required by these characteristics are not considered in
methods of the Venice Charter are applied has raised any depth by the Venice Charter.
the question of howfar it can be considered univer- Like alI Arab-Musliffi towns, the Medina of Tunis is
sally valid. Is it possible to apply this 'code', which organised around the Great Mosque and its surround-
derives from European culture, to the treatment of a ing network of souks. Froffi this centre, the focus of
sertlement born of a different historical and economic maximum activity in the public life of the town
context? (religion, administration, craft centres, commerce),
Taking as its example the Medina of Tunis, this public space extends along axes where communal
article examines the case of a site of universal worth, activities are concentrated.
but which derives its specific characteristics in part Residential nuclei have developed in the spaces
fromthe particular nature of the Arab-lslamic culture formed by the intersections of these axes, and the suffi
and in part from the problems peculiar to developing of these makes up the residential parts of the town,
countries. The analysis, practices and procedures where the life of the family group is concentrated, in
273
opposition to the public space, the space for the moters, owners, tenants, financial organisations), or
the financial set-up which hasto clefinethe overall cost
community. of the operation, but, more important, must break this
lt is characteristic of this model of land use that
public and private functions are clearly separated.
cost clown into non-recoverable and recoverable
At the end of the nineteenth century a colonial city costs, clraw up a plan to recover the latter, ~cl prepare
was built next to the Medina, leading to a decline of for the management of that plan.
'traditional ' economic functions as weIl as the loss of For the Hafsia pilot project, two principles were
its intellectual and ideological hegemony. laid clown.
Sociologically, it resulted in an exodus of the
former town dwellers (be/dl) and an influx of proletar- 1. Continuity of the urban fabric. The sector of the
project area which is destined for renewal is
ianised peasants.
Having become a reception centre for the immi- surrounded by a zone destined for rehabilitation, so
grant population and a swollen economic centre for that the new buildings will not be left face to face
the masses, the Medina became dilapidated. Residen- with run-down properties, a situation which often
tial quarters were invaded by workshops and results in speeding up the dilapidation of the older
businesses, dwellings became overcrowded and often buildings. The planning of new blocks has started
by retaining the old layouts and street networks in
unhealthy. order to join together old and new parts without
To these threats are added the readiness of the
'modern' planner to drive openings through to meet discontinuity.
2. Socialsolidarity.lt is intended that the poorer inhabi-
traffic needs.
The multi-disciplinary studies which have been tants who at present reside in the areashould remain
carried out since 1967 by the Association Sauvega'.de
de/a thereafterits rehabilitation.The burdenof this rehabili-
Médina soon went beyond the consideration ofhistoric tauon, like the cost of cleansing and upgrading the
monuments alone to include integrated action dealing infrastructure are to be divided unequally between
also with habitat, infrastructure and the activities of the poorer inhabitants and the future occupants of
the new buildings. The latter will pay rather more
the inhabitants.
These new proposaIs took into account the status than their fair share. This equalizauon can only be
quo which had resulted from the change of population obtained through the intermediary of a rehabili-
in recommending the rehabilitation of the housing tauon fund set up for the purpose.
areas and the upgrading of the infrastructure while
retaining the socio-economic levels and the popula- This method of action could become more wide-
spread, especially since the investment recovery rate is
tion densities existing today.
The first aim of an integrated pilot project is to stop maximal (96%) and guarantees that these operations
the negative evolution of zones which are declining can be repeated. It remains true, however, that the
and to turn them into attractive, viable and livable foci success of such ope rations remains dependent upon
for alI social categories. Starting from the se foci one the participation of private owners.
can hope to set out to recapture the Medina which at This study shows to what a degree the pre-occupa-
present is like a foreign body within the capital. tions of the traditional conservator are inadequate,
On the socio-economic plane, integration means: a bearing in mind the diversity and complexity of the
proper social mix, solidarity between the various problems posed by operations aimed at restructuring
strata of society aQd a mixture of activities, residential, historic urban areas, particularly in developing coun-
commercial, industrial, leisure. tries.
On the spatial plane, integration means: urban
continuity, the memory of the city, achieved by
Resumen
respecting the old models and the street networks. lt
also means the combination of renewal-new build- La ampliacion del campo deaplicacion de los métodos
y principios de la Carta de Venecia plantea el problema
ings on empty ground--and rehabilitation-putting
existing buildings back into a good condition. de la universalidad de la misma. ~Es posible aplicar
este 'codigo', que emana de la cultura europea, al
The sliccess of an integrated pilot project depends
on the sensitivity of the machinery charged with tratamiento de un conjunto concebido en un contexto
carrying out the task, for example: the institutional historico y economico distinto?
set-up which is to foresee the extent and the way in Tomando como ejemplo la Medina de Tunez, este
which the participating organisations will be involved articulo presenta el caso de un emplazamiento de valor
(local authority, the State, public and private pro- universal, pero cuyas caracteristicas especifïcas,
274
debidas tanto a la naturaleza peculiar de la cultura fica: mezcla social adecuada, solidaridad entre los
arabe-islamica como a las particularidades de los diversos estratos de la sociedad y union de actividades,
problemas propios de los paises en vias de desarrollo, habitat, comercio, trabajo y esparcimiento.
exigen un analisis, practicas y procedimientos que la r:n el pIano espacial la integracion se traduce en:
Carta de Venecia no considera en su profundidad. continuidad urbana, conciencia de la ciudad producida
Como toda ciudad arabe-musulmana, la Medina de por el respeto a los antiguos modelos y red viaria;
Tûnez se ordena en torno a la gran Mezquita y a la red combinacion de renovacion (construcciones nuevas
de zocos que la rodea. Desde este foco, lugar de en terrenos libres) y rehabilitacion (puesta a punto de
maxima intensidad de la vida pûblica (religion, construcciones existentes).
administracion, artesanado, comercio ), el espacio pû- r:l éxito de un proyecto pi loto integral depende de
blico se prolonga a través de ejes donde se hallan la precision de los mecanismos de implementacion
localizadas las actividades comunales. previstos, tales como: el monta je institucional que
l~n los espacios constituidos por el entrecruzado de debe prever el papel y la participacion de los diversos
estos ejes, se han formado nûcleos residenciales donde organismos (municipio, Estado, promotores publicos
se refugia la vida del grupo familiar, y que se oponen al y privados, propietarios, arrendatarios, entidades
espacio pûblico, espacio de la comunidad. financieras); el montaje financiero que debe definir el
Este modelo de empleo territorial se caracteriza por coste global de la operacion, pero, especialmente,
una separacion neta de las furtciones pûblicas y desglosar los costes en recuperables y no recuperables,
privadas. formar un plan para los recuperables y preparar su
A fines del siglo XIX, se instalo una ciudad colonial gestion.
al lado de la Medina, lo cual provoco una degenera- Para el proyecto piloto Hafsia, se han establecido
cion de las funciones economicas 'tradicionales' de la dos principios:
Medina y la pérdida de su hegemonia intelectual e
1.IJa continltidad Itrbana. La zona de renovacion del
ideologica.
proyecto esta rodeada de un sector destinado a la
f:n el piano sociologico, resulto en un éxodo de los
rehabilitacion, a fin de que no queden frente a frente
antiguos ciudadanos (be'di) yen la afluencia de
edificios nuevos y construcciones vetustas, 10 cual
proletariado rural.
suele acelerar la degradacion de lo antiguo. La
Convertida en centro receptor de los inmigrantes y
planificacion de los nuevos conjuntos mantiene el
en centro economico popular hipertrofiado, la Medina
antiguo plan y estructura de la vieja red viaria, a fin
experimento un proceso de degradacion. Los barrios
de unir sin solucion de continuidad las partes
residenciales se vieron invadidos por talleres y comer-
antiguas y las nuevas.
cios, y el habitat que do hacinado y frecuentemente
2. l..a solidaridad social. Se trata de conservar la pobla-
insalubre.
ci6n pobre que actualmente habita el barrio después
A estas amenazas se unieron las veleidades del
de su rehabilitacion. Las consecuencias de esta
planificador 'moderno' al practicar aberturas para las
rehabilitacion, asi como el coste de la puesta a punto
necesidades de la circulacion motorizada.
de la infraestructura, se dividiran de forma desigual
Los estudios interdisciplinarios efectuados desde
entre los habitantes pobres y los futuros ocupantes
1967 por la Association SollVegordede {o Mtldino pronto
de los edificios nuevos. Estos ultimos pagaran un
fueron mas alla de los monumentos historicos para
poco mas de lo que les corresponde. Esta igualiza-
desembocar en la intervencion integral sobre el
ci on solo puede obtenerse a base de que intervenga
habitat, la infraestructura y las actividades.
un fondo de rehabilitacion creado al efecto.
I~stas nuevas propuestas tenian en cuenta el status
quo creado por el cambio de poblacion preconizando I~ste proceso podria generalizarse, sobre todo
Ja rehabilitacion del habitat y la puesta al dia de la teniendo en cuenta que la ta sa de recuperacion de la
infraestructura de acuerdo con los niveles socioecono- inversion es optima (96%) y garantiza la posibilidad de
micos y las densidades actuales. repetir estas operaciones. Cierto es que el éxito de las
I~l primer objetivo de un proyecto piloto integral es operaciones depende de la participacion de los propie-
el de detener la evolucion negativa de las zonas en tari as particulares.
decadencia y transformarlas en focos atractivos viables I~ste estudio demuestra hasta qué punto son insufi-
y habitables para todas las clases sociales. A partir de cientes las preocupaciones del conservador tradi-
estos focos se puede confiar en recobrar la Medina, que cianal, teniendo en cuenta la diversidad y la campleji-
es actualmente un cuerpo extral1o en el interior de la dad de los problemas planteados par las operaciones
capital. de reestructuracion de barrios antiguos, especialmente
I~n el piano socioeconomico la integracion signi- en paises en vias de desarrallo.