Mécanique Générale: Cours Et Exercices Corrigés
Mécanique Générale: Cours Et Exercices Corrigés
GÉNÉRALE
Sylvie Pommier
Professeur à l’École Normale Supérieure de Cachan
Yves Berthaud
Professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie
Illustration de couverture : Digitalvision
P REMIÈ RE PARTIE
C INÉ MATIQUE – C INÉ TIQUE
• ............................................ 7
1.1 Ré fé rentiels d’espace et de temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Ciné matique du point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
• ................................. 12
2.1 Dé finition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Paramé trage de la position relative de deux solides . . . . . . . . . . . . 12
2.3 Ciné matique du solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
• ............................................... 50
3.1 Torseur ciné tique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
V
Table des matières
D EUXIÈ ME PARTIE
• ....................................... 83
4.1 Action mé canique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.2 Liaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.3 Sché matisation des systè mes mé caniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
• .................................... 114
5.1 Principe fondamental de la statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.2 Analyse des mé canismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
T ROISIÈ ME PARTIE
• .......................................... 155
6.1 É nergé tique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
6.2 Conservation de l’é nergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
Q UATRIÈ ME PARTIE
• ................ 167
7.1 Introduction : un peu d’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
7.2 É noncé du principe fondamental de la dynamique . . . . . . . . . . . . 168
• . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
8.1 Introduction : un peu d’histoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
8.2 É noncé du principe des puissances virtuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
VI
Table des matières
C INQUIÈ ME PARTIE
É QUATIONS DU MOUVEMENT
• . . . . . . . . . . . . 216
9.1 Liné arisation des é quations de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
9.2 Vibrations autour d’une position d’é quilibre stable . . . . . . . . . . . . 230
• ................................... 232
10.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
10.2 Cas d’un point maté riel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
10.3 Cas d’un solide ou d’un systè me de solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
S IXIÈ ME PARTIE
• . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
11.1 Opé rations sur les vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
• ................................. 253
12.1 Dé rivé e d’un vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253
12.2 Changement de base de dé rivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
12.3 Champ é quiprojectif de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
12.4 Torseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
12.5 Opé rations sur les torseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259
12.6 Champ de vecteurs antisymé triques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 260
12.7 Vecteurs lié s, libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
12.8 Champ de moment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
VII
Table des matières
• ............................. 265
268
269
VIII
INTRODUCTION
Le choix d’une ciné matique plutô t qu’une autre change radicalement la forme
des objets manipulé s pour repré senter le mouvement ou les actions susceptibles de
modifier le mouvement. Ainsi, en mé canique des milieux continus, le milieu é tant
continu, un seul espace est défini : celui qui contient le milieu. Dans cet espace, le
mouvement est repré senté par un champ de dé formation et les actions mé caniques
par un champ de contrainte.
1
Introduction
Pour terminer cette introduction, il est important de se convaincre que si les objets
manipulé s sont diffé rents d’une branche à l’autre de la mé canique, les principes
fondamentaux appliqué s restent les mê mes. Il est donc possible de traiter un mê me
problè me avec deux approches diffé rentes et d’obtenir des ré sultats identiques.
Prenons par exemple un tas de sable sec, à l’é chelle humaine il pourra ê tre vu comme
2
Introduction
un maté riau dé formable (le sable). À l’é chelle des grains de sable, c’est un systè me
de solides indé formables. Il pourra donc ê tre modélisé dans deux cadres diffé rents,
la mé canique des milieux continus à l’é chelle humaine, la mé canique gé né rale à
l’é chelle des grains de sable, mais le ré sultat final doit ê tre le mê me, puisqu’il s’agit
bien du mê me tas de sable. Et nous ne parlons pas d’approches de type gaz qui
peuvent s’appliquer aussi !
Pour clore cette introduction nous signalons que cet ouvrage a pour objectif de
ré actualiser celui ré digé par J.-C. Bô ne, J. Morel et M. Boucher, ré actualisation au
sens de la mise en forme plus que des concepts, ceux-ci datant de quelques siè cles.
Nous avons repris bon nombre d’exercices et de figures issues d’un ouvrage ré cem-
ment édité chez Dunod par l’un des auteurs avec de nombreux co-auteurs. Que ces
derniers soient ici remercié s pour ces emprunts.
3
Partie I
Cinématique – Cinétique
CINÉMATIQUE
1
1.1 RÉFÉRENTIELS D’ESPACE ET DE TEMPS
Nous allons donner quelques é lé ments utiles pour la compré hension gé né rale mais
nous conseillons au lecteur de se reporter à l’excellent ouvrage de P. Rougé e [2]
qui dé finit de faç on trè s pré cise et commenté e toutes les notions mathé matiques
importantes. Les quelques lignes qui suivent s’en inspirent en partie.
L’espace dans lequel nous allons travailler est celui qui nous entoure, modé lisé
par un espace affine ré el euclidien de dimension trois. Il sera noté E. Dans cet espace
se trouvent des points qui peuvent constituer des droites ou des plans. Repé rer
des dé placements dans E conduit à la notion de vecteur qui appartient à un espace
vectoriel noté E de dimension trois lui aussi. Le point A qui se sera dé placé pour se
trouver en un point B de E conduit donc au vecteur dé placement noté U = AB.
Remarque
Dans cet ouvrage les vecteurs sont notés en gras (notation anglo-saxonne), par
exemple x, afin d’alléger l’écriture sachant que l’on trouve aussi comme notation
x ou −→x dans d’autres ouvrages. Il n’y aura aucune confusion possible car nous ne
manipulerons dans cet ouvrage que des scalaires x , des vecteurs x ou des torseurs
constitués de vecteurs. Les tenseurs d’ordre deux seront évoqués à propos de tenseur
d’inertie ou du vecteur rotation derrière lequel se cache un tenseur anti-symétrique.
Nous donnons quelques informations opérationnelles sur les outils indispensables
que sont les produits scalaire, vectoriel et mixte. Le lecteur est invité à se reporter à
des ouvrages plus spécialisés pour plus de renseignements. Nous travaillerons dans
tout ce cours avec des bases orthonormées directes. Il est donc important de savoir
les construire rapidement. Nous utiliserons la méthode suivante (figure 1.1) : un pre-
mier vecteur unitaire u est tracé. Le deuxième v doit être directement perpendiculaire
(avec un angle droit dans le sens trigonométrique). Le troisième en est déduit (par
produit vectoriel) en utilisant la règle simple qui consiste à positionner le pouce (de
la main droite) sur u, l’index sur v ; le majeur replié pointe alors dans la troisième
direction et permet de tracer w.
7
Partie I. Cinématique – Cinétique
u
v
Le produit scalaire de deux vecteurs u et v est noté u · v. Si ces vecteurs ont des
composantes (xu , yu , z u ) et (xv , yv , z v ) dans une base orthonormé e on a :
u · v = x u xv + yu yv + z u z v .
u· v = u v cos u.
Dans le cas où les deux vecteurs ont une norme unité , on a alors :
u · v = cos u.
u ∧v
u· v v v
u
u
v· u
u u
8
Chapitre 1 • Cinématique
u ∧v
v D w
v
A
u C u
B
Figure 1.3 Produit vectoriel et produit mixte.
est nul.
Le produit mixte de trois vecteurs u, v et w est noté (u, v, w). C’est par dé finition
(u ∧ v) · w. Le produit mixte est inchangé par permutation circulaire directe :
(u, v, w) = (w, u, v) = (v, w, u).
On a de la mê me maniè re les relations :
(u, v, w) = −(v, u, w),
ce qui signifie que pour toute permutation de deux termes du produit mixte, celui-
ci change de signe. Le produit mixte (u, v, w) de trois vecteurs position u, v et
w (dimension L) repré sente le volume du parallé lé pipè de formé par ces trois vec-
teurs (dimension L3 ) (figure 1.3). On aura aussi besoin du double produit vectoriel
9
Partie I. Cinématique – Cinétique
u ∧ (v ∧ w) = (u · w) v − (u · v) w,
(u ∧ v) ∧ w = (u · w) v − (v · w) u.
Triè dre, base et repè re d’espace. Nous appellerons triè dre l’ensemble noté
T (O, x, y, z) dé fini par trois axes concourants en O de vecteurs unitaires x, y et z
non coplanaires. Le plus souvent repè re d’espace R et triè dre T sont confondus (ou
se dé finissent mutuellement). On notera donc R, dans tout ce document, le repè re
d’espace constitué du point O et des axes Ox, Oy et Oz associé à la base constitué e
des trois vecteurs unitaires (x, y, z). On notera (par abus mais cette notation est
classique en mécanique) R (O, x, y, z) ce repè re. Lorsque ce repè re sera associé
à un solide particulier Si le repè re sera noté Ri et s’entendra comme constitué de
Ri = (Oi , xi , yi , zi ) sauf cas particulier qui sera indiqué .
10
Chapitre 1 • Cinématique
impliquent des dé rivées par rapport au temps. Cette notion est tout à fait intuitive.
Prenons un solide – la Terre par exemple – auquel nous associons un espace affine
ré el de dimension trois E. Cet espace est attaché au solide, mais ne se limite pas
à lui et s’é tend à l’infini, l’espace E est tout entier entraîné par ce solide. Pour un
mouvement se produisant au voisinage immé diat de la Terre, l’hypothè se est valide.
En revanche, si le mouvement d’un objet se produit à l’é chelle de l’espace de Coper-
nic (une fusé e interplanétaire) l’espace associé à la Terre ne sera pas utilisé comme
ré fé rentiel du mouvement, puisque cet espace occupe successivement des espaces Et
dans l’espace de Copernic et ne peut certainement pas ê tre considé ré comme fixe à
l’é chelle du problè me é tudié.
dV(M/R)
G(M/R) = .
dt R
11
2 LE SOLIDE
INDÉFORMABLE
2.1 DÉFINITION
Un solide est dit indé formable lorsque – quels que soient les points A et B de ce solide
– la distance AB reste constante au cours du mouvement. On se limitera par la suite
à appeler « solide » un solide indé formable. On peut imaginer que, dans l’exemple
ci-dessous, les points A et B ré pondent bien à cette dé finition mais é videmment pas
ceux qui se situent dans la zone du choc. L’é tude du mouvement du solide S2 par
rapport au solide S1 est identique à l’é tude du mouvement de l’espace R2 attaché au
solide S2 par rapport à l’espace R1 attaché au solide S1 .
A B
[Link]
12
Chapitre 2 • Le solide indéformable
e ∧ (e ∧ a)
a
e ∧a
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
e a
Le vecteur b, obtenu par rotation d’un angle a du vecteur a autour de e s’écrit alors
(figure 2.2) :
13
Partie I. Cinématique – Cinétique
ou encore :
L’opé rateur rotation Q d’un angle a autour d’un vecteur e peut alors s’é crire :
où l’opé rateur e ∧ est tel que : e ∧ (v) = e ∧ v ∀v. Nous demandons au lecteur
de se reporter aux annexes pour la définition du produit tensoriel ⊗. La notation Q
correspond au tenseur d’ordre deux Q (l’opérateur mentionné plus haut).
Les vecteurs e et a é tant fixes dans R, la vitesse du vecteur b, en rotation autour de
l’axe e vaut :
db
= ȧ sin a(e ∧ (e ∧ a)) + ȧ cos a(e ∧ a).
dt R
En remarquant que :
on en dé duit :
db
= ȧ(e ∧ b).
dt R
Remarque
Par la suite, on parlera abusivement de vecteur vitesse de rotation Ω = ȧe, mais
on doit bien garder en mémoire qu’il ne s’agit en aucun cas d’un vecteur mais d’un
tenseur d’ordre deux antisymétrique. Ce tenseur ayant trois composantes non nulles
on peut décider de le représenter par un vecteur (c’est courant en mécanique des
milieux continus avec le vecteur contrainte, le vecteur déformation et la matrice
6 × 6 de comportement). C’est donc par commodité qu’on note le tenseur vitesse de
rotation comme un vecteur, mais ce pseudo-vecteur n’obéit pas aux règles habituelles
applicables aux vecteurs. Par exemple, le produit scalaire de deux vecteurs vitesse
de rotation n’a aucun sens. On pourra utiliser pour Ω le terme de pseudo-vecteur.
14
Chapitre 2 • Le solide indéformable
• Angles d’Euler
Les angles d’Euler correspondent à la composition de trois rotations planes succes-
sives qui permettent de faire coïncider la base (x, y, z) avec la base (x1 , y1 , z1 ). La
premiè re rotation d’angle c, autour de l’axe (O, z1 ) permet de passer à une premiè re
base intermé diaire (u, v, z1 = z). L’angle c est appelé « angle de pré cession ».
v y z1 z y1
u x1
c x u w
z u z1
Une deuxiè me rotation d’angle u est alors appliqué e autour de l’axe (O, u), de la pre-
miè re base intermé diaire, ce qui permet de dé finir une deuxiè me base intermé diaire
(u, w, z1 ). L’angle u est appelé « angle de nutation ».
Une dernière rotation d’angle w est appliqué e autour de l’axe (O, z1 ) de la seconde
base intermé diaire, ce qui permet de positionner la base (x1 , y1 , z1 ). L’angle w est
appelé « angle de rotation propre ».
La composition de rotations planes successives permet de dessiner des figures de
projection qui sont souvent trè s utiles pour la ré solution des problè mes.
• Angles de Cardan
Les trois angles de cardan, ou « roulis, tangage, lacet » correspondent à la compo-
sition de trois rotations planes successives qui permettent de faire coïncider la base
(x, y, z) avec la base (x1 , y1 , z1 ). La premiè re rotation d’angle u, autour de l’axe
(O, x) permet de passer à une premiè re base intermé diaire (x, u, v). L’angle u est
appelé « angle de roulis ».
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Une seconde rotation d’angle c, est alors appliqué e autour de l’axe (O, u), de la pre-
miè re base intermé diaire, ce qui permet de dé finir une seconde base intermé diaire
(u, z1 , w). L’angle c est appelé « angle de tangage ».
Une derniè re rotation d’angle m est appliqué e autour de l’axe (O, z 1 ) de la seconde
base intermé diaire, ce qui permet de positionner la base (z1 , x1 , y1 ). L’angle m est
appelé « angle de lacet ».
Ce paramé trage est habituellement employé pour paramé trer de petits mouvements
du solide autour d’une base (x, y, z) dé finie à l’aide de la trajectoire du centre de
gravité du solide dans le ré fé rentiel du mouvement R. La direction x, axe de roulis, est
confondue avec la direction du vecteur vitesse du point O1 par rapport au ré fé rentiel
R. La direction (O, y), axe de tangage, est orthogonale à (O, x), dans le plan local
défini par la trajectoire du point O1 . La direction (O, z), axe de lacet, est orthogonale
au plan local dé fini par la trajectoire du point O1 .
15
Partie I. Cinématique – Cinétique
ċ
z ẇ z
v z1 y1
u y1 u
ṁ z1 w
u ċ v
y y
c w
x c m
u̇ x x1
u
w x1
u̇
v z w x y1
z1 x1
u c v m
x u z1
a) Coordonnées cartésiennes
Les coordonné es carté siennes, noté es (xM , yM , z M ) du point M dans le repè re
R(O, x, y, z) sont les projections du vecteur OM sur chacun des axes (x, y, z)
(voir figure 2.6).
OM = OM · x + OM · y + OM · z = xM x + yM y + z M z.
16
Chapitre 2 • Le solide indéformable
En coordonné es carté siennes, la vitesse du point M, par rapport au repè re R s’é crit :
dOM dxM dyM dz M
= x+ y+ z = ẋM x + ẏM y + ż M z.
dt R dt dt dt
dx
On notera le plus souvent la dé rivé e par rapport au temps de la façon suivante ẋ.
dt
z
zM
M
O yM y
xM
x
Figure 2.6 Vecteur position pour un repérage cartésien.
b) Coordonnées cylindriques
Pour dé finir les coordonné es cylindriques, il faut d’abord dé finir la projection H du
point M dans le plan (O, x, y), puis un vecteur unitaire u de direction OH. Les coor-
donné es cylindriques du point M sont alors : rM , norme du vecteur OH, uM = (x, u),
angle orienté dans le plan de normale z et z M , projection de OM sur l’axe z :
OM = rM u + z M z.
Les relations entre les coordonné es carté siennes et cylindriques sont donné es par :
xM = rM cos uM yM = r M sin uM .
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
17
Partie I. Cinématique – Cinétique
z
zM
M
y
O
rM
H
u
x uM
c) Coordonnées sphériques
Pour dé finir les coordonné es sphé riques, il faut d’abord dé finir la projection H du
point M dans le plan (O, x, y) puis un vecteur unitaire u de direction OH, et enfin
un vecteur unitaire w de direction OM. Les coordonné es sphé riques du point M sont
alors :
M = OM, la mesure algé brique de la distance OM ;
uM = (x, u), angle orienté dans le plan de normale z ;
wM = (z, w), angle orienté dans le plan de normale v, où v = z ∧ u.
OM = M w.
dOM
= ˙M w + M sin wM u̇M v− M sin wM ẇM z.
dt R1
dOM dOM
= + V(B1 /B0 ) ∧ OM.
dt B0 =(x, y, z) dt B1 =(n, v, w)
18
Chapitre 2 • Le solide indéformable
Soit :
dOM
= ˙M w + (u̇M z + ẇM v) ∧ ( M w).
dt B0 =(x, y, z)
z w
z
wM w wM
M M v
M
uM
M y y
O O
rM rM
HM HM
u u
x uM x uM wM
n
Figure 2.8 Vecteur position pour un repérage sphérique.
V(P/R).
z
P(t) y
O P1 (t)
P2 (t)
x S1 S2
Figure 2.9 Vitesses des points d’un solide.
19
Partie I. Cinématique – Cinétique
dAB
= V(R2 /R1 ) ∧ AB,
dt R1
dont on dé duit la formule de changement de point pour le champ des vecteurs vitesses
des points d’un solide :
Remarque
Nous indiquerons le point d’expression (ou de calcul) des torseurs en indice ce qui
n’est pas une obligation puisqu’il est défini dans le moment du torseur. L’expérience
indique que cela permet d’éviter des erreurs. Nous n’indiquerons jamais le point dans
l’expression générique du type : { V(S2 /R1 ) } sauf cas particulier de relations de type
composition.
Remarque
Nous manipulons des objets appelés vecteurs, vecteur position, vecteur vitesse ou
encore vecteur vitesse de rotation. La notion de vecteur est différente en mathéma-
tiques et en mécanique ou en physique. Par exemple, dans notre cas, le vecteur est
attaché (lié) au point dont on exprime la vitesse V(B ∈ S2 /R1 ). Par ailleurs, certaines
quantités sont notées, par commodité, sous forme de vecteurs (pseudo-vecteurs)
mais n’obéissent pas aux même règles que les « vrais » vecteurs que sont les vecteurs
déplacements ou vitesse de déplacement. C’est le cas déjà souligné, par exemple, du
« vecteur vitesse de rotation ». C’est en raison de ces subtilités que seul le produit
scalaire d’une force par une vitesse ou d’un moment par une vitesse de rotation a
20
Chapitre 2 • Le solide indéformable
un sens physique (une puissance). Le produit scalaire d’une force par une vitesse de
rotation donne naissance à un être exotique ! Le lecteur peut se référer à l’ouvrage [2]
par exemple pour trouver des compléments, en particulier sur les notions de tenseur
antisymétrique d’ordre deux, de covariance ou de contravariance.
a) Équiprojectivité
Comme le champ des vecteurs vitesses d’un solide se repré sente par un torseur, c’est
un champ é quiprojectif. Cela signifie que quels que soient deux points A et B d’un
solide S2 :
∀A, ∀B ∈ S2 AB · V(A ∈ S2 /R1 ) = AB · V(B ∈ S2 /R1 ).
On peut aussi le montrer directement, à partir de la proprié té d’indé formabilité du
solide. Si S2 est un solide indé formable, quels que soient A et B deux points apparte-
nant à S2 alors la distance AB reste constante au cours du temps. Cela s’é crit :
d(AB · AB) dAB
=0= · AB.
dt dt R1
dont on dé duit :
∀A, B ∈ S2 AB · V(A ∈ S2 /R1 ) = AB · V(B ∈ S2 /R1 ).
Le champ des vitesses des points d’un solide indé formable est donc bien é quipro-
jectif. Cette proprié té est utilisé e en ciné matique graphique pour ré soudre graphique-
ment des problè mes de ciné matique.
Nous insistons à ce stade sur la proprié té importante d’é quivalence entre champ
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
é quiprojectif et champ de moment de torseur. Cette dé monstration est faite dans les
annexes.
21
Partie I. Cinématique – Cinétique
c) Mouvement de translation
Si le mouvement du solide S2 par rapport à R1 se repré sente par un torseur couple :
0
V(S2 /R1 ) = ∀A,
V(A ∈ S /R )
2 1
A
La relation entre les vecteurs accé lé ration des points A et B du solide S2 dans son
mouvement par rapport au repè re R1 s’obtient en dérivant les deux membres de cette
é galité par rapport à t dans le repè re R1 :
d V(S2 /R1 ) ∧ AB
G(B ∈ S2 /R1 ) = G(A ∈ S2 /R1 ) + .
dt
R1
22
Chapitre 2 • Le solide indéformable
dAB dAB
= + V(S2 /R1 ) ∧ AB = 0 + V(S2 /R1 ) ∧ AB.
dt R1 dt S2
Ainsi, le champ des vecteurs accé lé rations des points d’un solide ne peut pas ê tre
représenté par un torseur, du fait de l’existence du dernier terme. Ce point est trè s
important et marque la diffé rence entre champ des vitesses et des accé lé rations.
a) Introduction
Soit un point P, appartenant à un solide S2 , en mouvement à la fois par rapport à
un repè re R1 (O1 , x1 , y1 , z1 ) et par rapport à un repè re R(O, x, y, z). On va cher-
cher la relation entre les vecteurs vitesses V(P/R1 ) et V(P/R), ainsi que la relation
entre les vecteurs accé lé ration G(P/R1 ) et G(P/R). Ces relations, dites « de composi-
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
tion du mouvement », sont particuliè rement utiles lorsqu’on é tudie des mé canismes
dans lesquels les mouvements relatifs mutuels des piè ces sont connus, mais pas la
ciné matique d’ensemble du mé canisme.
dOP dO1 P
V(P/R) = et V(P/R1 ) = .
dt R dt R1
Donc :
d(OO1 + O1 P) dO1 P
V(P/R) = = V(O1 ∈ R1 /R) + .
dt R dt R
23
Partie I. Cinématique – Cinétique
z2
z1
y2
P
z
O2
O1 Solide en mouvement
x1 y1 x2
O y
x
Figure 2.10 Solide en mouvement.
Par ailleurs :
dO1 P dO1 P
= + V(S2 /R1 ) ∧ O1 P = V(P/R1 ) + V(R1 /R) ∧ O1 P.
dt R dt R1
c) Définitions
Dans le mouvement du point P par rapport aux deux repè res R et R1 , on appelle :
1. Vecteur vitesse absolue : V(P/R).
2. Vecteur vitesse relative : V(P/R1 ).
3. Vecteur vitesse d’entraînement : V(P ∈ R1 /R).
d) Généralisation
Soit un point P mobile par rapport à n repè res Ri (i=1, n). On peut é crire successive-
ment :
V(P/Rn-1 ) = V(P/Rn ) + V(P ∈ Rn /Rn-1 ).
Ainsi : n
V(P/R1 ) = V(P/Rn ) + V(P ∈ Ri /Ri-1 ).
i=2
24
Chapitre 2 • Le solide indéformable
La relation de composition des torseurs cinématiques s’é crit (au mê me point é videm-
ment) :
n
V(Rn /R1 ) = V(Ri /Ri-1 ) .
i=2
Exemple
L’objectif de cet exemple est d’illustrer la distinction entre le vecteur vitesse abso-
lue d’un point I, V(I/R) et son vecteur vitesse d’entraînement V(I ∈ S1 /R)
par un solide S1 . Supposons deux roues de friction S1 et S2 . S1 est en rotation
autour de l’axe (O, z) et S2 autour de l’axe (A, z). On pose : V(S1 /R1 ) = v1 z et
V(S2 /R) = v2 z. Les deux roues de friction sont en contact au point I : OI = r1 y
et AI = −r 2 y. Le vecteur vitesse absolue du point de contact I par rapport au
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
dOI dr1 y
V(I/R) = = = 0.
dt R dt R
25
Partie I. Cinématique – Cinétique
r1
A S2
I∈ S2
I
I∈ S1
x
O
r2
S1
z
Figure 2.11 Solide en mouvement.
26
Chapitre 2 • Le solide indéformable
g) Définitions
Dans le mouvement du point P par rapport aux repè res R et R1 , on appelle :
1. Vecteur accé lé ration absolue : G(P/R).
2. Vecteur accé lé ration relative : G(P/R1 ).
3. Vecteur accé lé ration d’entraînement : G(P ∈ R1 /R).
4. Vecteur accé lé ration de Coriolis (Gustave Gaspard Coriolis, mathé maticien fran-
ç ais, 1792-1843) : 2 V(S2 /R1 ) ∧ V(P/R1 ).
Exemple
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
dOM
Vr = V(M/R1 ) = = −av sin vt x1 − av cos vt y1 .
dt R1
27
Partie I. Cinématique – Cinétique
y1 y
x1
vt
x
Oz M
a
Figure 2.12 Plateau tournant et point M fixe dans R.
On constate que ce vecteur est égal à −Vr ce qui est logique puisque l’on a la
relation :
Va = Vr + Ve avec Va = 0.
Si on procède ainsi pour les accélérations on trouve :
Gr = −Ge − Gc .
Cela est à nouveau logique puisque Ga = 0. Cet exemple illustre le fait que ces
accélérations ne sont que la conséquence du mouvement du repère R1 dans lequel
nous nous sommes placés et qui correspond, par exemple, à la visée depuis la
Terre d’une étoile fixe. Il faut bien, puisque nous tournons avec le repère sur lequel
nous sommes (le plateau ou la Terre) qu’il y ait ces accélérations de façon à ce que
le point M reste fixe dans R. Lorsque nous arriverons au chapitre dynamique nous
pourrons penser à cet exemple qui fera apparaître des forces (fictives) associées
à ces accélérations d’entraînement et de Coriolis.
28
Chapitre 2 • Le solide indéformable
• Énoncé du problème
Calculons la vitesse et l’accé lé ration du coup du pied d’un footballeur au
moment de l’impact avec le ballon. Ces paramè tres contrô lent la trajectoire
ulté rieure du ballon. Pour cela, on considè re que le ré fé rentiel du mouvement
R0 (H, x0 , y0 , z0 ), attaché à l’articulation H de la hanche est fixe par rapport au
sol. La hanche est modé lisé e comme une liaison pivot, d’axe z0 et de degré de
liberté a, autour de laquelle tourne le repè re attaché à la cuisse R1 (H, x1 , y1 , z0 ).
Le genou est modé lisé comme une liaison pivot, d’axe z0 et de degré de liberté
b, autour de laquelle tourne le repère attaché au mollet R2 (G, x2 , y2 , z0 ). La
distance hanche-genou est noté e HG = l1 , la distance genou-cheville est noté e
GP = l2 . Les valeurs initiales de a et b sont né gatives, leurs vitesses ȧ et ḃ sont
positives. À l’instant où le pied touche le ballon, on suppose que y0 , y1 et y2
sont confondus et a = b = 0. Deux cas sont distingué s. Dans le premier cas, la
jambe du footballeur travaille en « double pendule », ses deux articulations sont
actives au moment de l’impact. Dans le second cas, il a fini de dé plier le genou
au moment de l’impact ḃ = 0, seule l’articulation de la hanche est encore active
ȧ = 0.
y0
y1
y1
a
L1 x0
H L2
a b
P
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
x1 P y2
G G
b x1
x2
Figure 2.13 La jambe du footballeur fonctionne comme un double pen-
dule. L’accélération transmise au ballon est maximale lorsque les vitesses
de rotation des deux articulations atteignent leurs maxima simultanément à
l’instant de l’impact.
• Solution
On calcule d’abord le vecteur position :
HP = HG + GP = −l1 y1 − l2 y2 .
29
Partie I. Cinématique – Cinétique
ou encore :
V(P ∈ R2 /R0 ) = ȧl1 x1 + l2 (ȧ + ḃ)x 2 .
On procè de de mê me pour le calcul de l’accé lé ration :
G(P ∈ R2 /R0 ) = G(G ∈ R2 /R0 )
dV(R2 /R0 )
+ ∧ GP + V(R2 /R0 ) ∧ V(R2 /R0 ) ∧ GP ,
dt R0
avec :
dV(R1 /R0 )
G(G ∈ R1 /R0 ) = G(H ∈ R1 /R0 ) + ∧ HG
dt R0
+ V(R1 /R0 ) ∧ V(R1 /R0 ) ∧ HG .
30
Chapitre 2 • Le solide indéformable
EN RÉSUMÉ
Cinématique du point
Vecteur vitesse (resp. accé lé ration) du point P, par rapport à R, à l’instant t :
dOP dV(P/R)
V(P/R) = G(P/R) = .
dt R dt R
Cinématique du solide
Vecteur vitesse (resp. accé lé ration) du point P, appartenant au solide S1 par rap-
port à R, à l’instant t :
V(P ∈ S1 /R) et G(P ∈ S1 /R).
Le champ des vecteurs accé lé ration des points du solide S1 en mouvement par
rapport à R, ne se repré sente pas par un torseur.
31
Partie I. Cinématique – Cinétique
Exercices
Ces exercices sont destiné s à mettre en application les notions du chapitre. Les solu-
tions détaillé es sont donné es ensuite. Nous utiliserons souvent pour allé ger les é cri-
tures V(S2 /S3 ) = V(2/3) = v23 z par exemple. La plupart des exercices de cette
partie sont du niveau L2 (à part quelques subtilité s liées à l’utilisation des axes cen-
traux peu usité s à ce niveau).
y2
S1
A b y1
O z1 z
G y1
S0 S2 a y
z1
b x
x2
x x
Figure 2.14 Centrifugeuse de laboratoire.
32
Chapitre 2 • Le solide indéformable
y0
S1 y1 x1
z3
D u
x0
y3
z0
B
C x1
y1
y0 z0
O z3 y3
A
f
x1 y1
u
x0
33
Partie I. Cinématique – Cinétique
S3
S4 Q
P
O O2 N
S2
M S0
z0
34
Chapitre 2 • Le solide indéformable
y
y1
B
S1
x1
S0
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
a
x
O A
Figure 2.17 Échelle contre un mur.
35
Partie I. Cinématique – Cinétique
roulement inté rieur est constitué par l’arbre S1 que l’on cherche à guider en rotation.
On é tudie le mouvement d’un de ces rouleaux, noté S3 . On suppose que le rouleau
S3 roule sans glisser en K sur la bague S2 et en L sur l’arbre S1 . On pose : L K = d,
O L = r 1 , O K = r2 .
y0 S4
S4
S2 x4 S2
G S3
K
S1 L
x0
O
S1
S3
1) Donner la position des diffé rents CIR (pour centre instantané de rotation non
re-dé fini dans ce livre) pour les mouvements mutuels des diffé rents plans liés
à chaque solide. Pré ciser la base et la roulante pour les mouvements de S3 par
rapport à S2 et de S3 par rapport à S1 .
2) On suppose connu le vecteur vitesse de rotation V(S1 /S2 ) (t). Dé terminer
V(S3 /S2 ) (t).
3) De la mê me maniè re, dé terminer V(S4 /S2 ) (t) en fonction de V(S1 /S2 ) (t).
4) Dé terminer la vitesse V(G ∈ S3 /S2 ) du centre de gravité G du rouleau S3 dans
son mouvement par rapport au bâ ti S2 .
5) Dé terminer l’accé lération de G dans son mouvement par rapport au bâ ti S2 dans
le cas où V(S1 /S2 ) est constant.
36
Chapitre 2 • Le solide indéformable
z0
S1
P1 O1
S3
J O
x
S2
O2 y0
P2
x0
1) Montrer que la gé omé trie du dispositif impose que (J, x) passe par O et que
z0 · x = 0.
2) Soit V(S3 /R0 ) (t) la vitesse instantané e de rotation de S3 par rapport à R0 . On
pose V(S3 /R0 ) (t) · x = v(t) et on note c(t) = (x0 , x) l’angle mesuré autour de
z0 . Exprimer V(S3 /R0 ) (t) en fonction de c et v.
3) Donner les é léments de ré duction du torseur ciné matique au point J du disque S3
dans son mouvement par rapport à R0 .
4) On suppose que les contacts en P1 et P2 sont sans glissement. Former les condi-
tions de non-glissement en P1 et P2 et en dé duire v en fonction de v1 , v2 , R et r .
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
37
Partie I. Cinématique – Cinétique
S10 S9 S4 S3
A
D
B
E C
S5 + S6 S1 S2 S8
S7
G
Figure 2.21 Schématisation de la grue.
x3
y0 A
S3
x1
D
B
H S2
S0 S1
E C x0
O
Figure 2.22 Grue étudiée.
38
Chapitre 2 • Le solide indéformable
• La flè che S1 est articulé e avec S0 par une liaison pivot d’axe (E, z0 ). On dé finit le
repè re R1 (E, x1 , y1 , z0 ) lié à S1 , tel que EB = ax1 et (x0 , x1 ) = (y0 , y1 ) = u(t)
est l’angle mesuré autour de z0 .
• La flé chette S2 est articulé e avec S1 par une liaison pivot d’axe (B, z0 ). On dé finit le
repè re R2 (B, x2 , y2 , z0 ) lié à S2 , tel que BC = bx2 et (x0 , x2 ) = (y0 , y2 ) = f(t)
est l’angle mesuré autour de z0 . A est un point de S2 tel que AB = c et
(AB, BC) = a0 est un angle fixe.
• La biellette S3 est articulé e avec S0 par une liaison pivot d’axe (D, z0 ). On dé finit
le repère (A, x3 , y3 , z0 ) lié à S3 , tel que DA = d x3 et (x0 , x3 ) = (y0 , y3 ) = c(t)
est l’angle mesuré autour de z0 . On rappelle que S3 est é galement articulé à S2 en
A par une liaison pivot d’axe (A, z0 ).
39
Partie I. Cinématique – Cinétique
13) Par rapport à la flè che S1 : construire le vecteur V(C ∈ S2 /S1 ). Vé rifier qu’il
est porté par y2 .
2.8 Roulement à contacts obliques
Pré sentation du problè me : le but de l’é tude est de dé terminer la gé omé trie et la
ciné matique d’un roulement à rouleaux coniques. Ce type de roulement est courant
dans tous les mé canismes dans lesquels il y a des piè ces qui tournent. On impose un
mouvement d’entré e (rotation de 1 par rapport à O) et on va calculer les diffé rentes
vitesses et vecteur rotation des piè ces en mouvement. Le roulement est constitué :
• d’une bague interne conique 1, en liaison pivot d’axe (O, x0 ) par rapport au bâ ti
(0). Liaison pivot signifie que le solide 1 peut librement tourner autour de l’axe de
rotation indiqué ;
• d’une bague externe conique lié e par encastrement au bâ ti (0). Elle est donc consi-
dé rée comme fixé e au bâ ti ;
• d’un ensemble de rouleaux coniques en liaison liné ïque rectiligne avec d’une part
la bague externe lié e à (0) et d’autre part la bague interne (1). Tout cela signifie
qu’il y a contact entre ces rouleaux coniques et les bagues selon des lignes droites ;
• d’une cage (3) positionnant les rouleaux les uns par rapport aux autres. La cage 3 a
un mouvement de rotation autour de l’axe x0 et les rouleaux tournent autour d’un
axe (fixé sur la cage) autour de l’axe x2 .On peut regarder les photos de roulement à
rouleaux ou à billes pour comprendre la composition d’un roulement. Information :
il suffit de considé rer une simple roue de chariot pour avoir l’illustration de l’inté rê t
de ces roulements.
40
Chapitre 2 • Le solide indéformable
2.1 Centrifugeuse
1) On a V(O ∈ S1 /S0 ) = 0 car c’est un point fixe dans le repè re R0 . La relation de
champ des vitesse donne V(A ∈ S1 /S0 ) = V(O ∈ S1 /S0 )+V(S1 /S0 ) ∧OA = a ȧ z1 .
2) On a V(A ∈ S2 /S0 ) = V(A ∈ S1 /S0 ) car le point A est sur l’axe de la liaison
pivot entre ces deux solides. V(G ∈ S2 /S0 ) = V(A ∈ S2 /S0 )+V(S2 /S0 ) ∧AG =
a ȧ z1 +(V(S2 /S1 )+V(S1 /S0 ) ∧AG = bḃ y2 + ȧ(a+b sin b) z1 . V(G ∈ S2 /S1 ) =
V(A ∈ S2 /S1 ) + V(S2 /S1 ) ∧ AG = bḃ z1 .
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
2.2 Manège
Nous conseillons de faire un sché ma du dispositif avec les liaisons (en utilisant les
é lé ments donné s dans le chapitre sur les liaisons et leur modé lisation).
dOC d(OA + AB + BC)
1) V(C ∈ S2 /R0 ) = = . Nous allons calculer
dt R0 dt R0
chaque terme.
dOA d(r x1 )
= = r u̇y1 (la dé rivée du vecteur x1 est porté e par le vecteur
dt R0 dt R0
directement perpendiculaire soit y1 ).
dAB d(h(t) z0 )
= = ḣ(t)z0 (la dé rivé e du vecteur z0 dans R0 est nulle).
dt R0 dt R0
41
Partie I. Cinématique – Cinétique
dBC d(l y1 )
= = l u̇ (−)x2 (la dé rivé e du vecteur y1 est porté e par le
dt R0 dt R0
vecteur directement perpendiculaire soit −x1 ).
On a au final :
V(C ∈ S2 /R0 ) = u̇(r y1 − l x1 ) + ḣ z0 .
dOC
= V(C ∈ S2 /R0 ) car le point C est sur l’axe de la liaison.
dt R0
Cette expression vectorielle montre à nouveau qu’il ne serait pas astucieux d’aller
« chercher » le repè re R0 .
3) Les ré ponses sont dé jà donné es dans le calcul pré cé dent.
2.3 Échelle
1) Recherche du CIR du mouvement de S1 par rapport S0 . On a OA = h sin a x et
OB = h cos a y. On en dé duit que :
42
Chapitre 2 • Le solide indéformable
y V(B ∈ S1 /S0 )
Base
y1 I
Roulante
B
C
x1
S0
S1 V(A ∈ S1 /S0 )
O A x
Figure 2.25 Échelle contre un mur.
h sin 2a h cos 2a
AI = x1 + y1 = x 1 x 1 + y I y 1 .
2 2
On en dé duit la relation
h 2 h2 2 h2 h2
x I2 + (y I − ) = sin 2a + 2
cos 2a = .
2 4 4 4
Il s’agit de l’é quation d’un cercle de centre (0, h/2) dans R1 et de diamè tre la tige
AB. Le point C centre du cercle est donc au milieu de la tige.
La base est la trajectoire du point I(t) dans le repè re associé à S0 . On a
OI = OA + AI = h sin ax + h cos ay) = x I x + y I y. On en dé duit la relation
x I2 + y I2 = h 2 qui est l’é quation d’un cercle de centre (0, 0) dans R0 (donc le point
O) et de rayon AB.
2.4 Douilles à aiguilles
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
43
Partie I. Cinématique – Cinétique
dy4 r1
= V(S3 /S2 ) ∧ y4 = v12 x4 .
dt R3 /R2 d
Dans cette expression on dé rive le vecteur y4 en considé rant son mouvement par
rapport à S2 lorsqu’il est attaché à S3 Finalement on obtient :
r12 2
G(G ∈ S3 /S2 ) = v x4 .
2d 12
2.5 Réducteur à plateaux
1) On sait que S1 et S2 ont mê me rayon donc P1 P2 est coliné aire à z0 . On a x ⊥
disque S3 et P1 et P2 ∈ S3 donc x · P1 P2 = 0 soit z0 · x = 0.
Le point J est au milieu de P1 P2 et O au milieu de O1 O2 ; comme P1 P2 coliné aire
à z0 et O1 O2 coliné aire à z0 on a JO · z0 = 0.
De mê me la droite (J, x) passe par J et est perpendiculaire à z0 donc la doire (J,
x) passe par O.
44
Chapitre 2 • Le solide indéformable
dx
avec V(S3 /R0 ) = vx + ċz0 et V(J ∈ S3 /R0 ) = R .
dt R0
4) Condition de roulement sans glissement entre les disques S1 et S3 en P1 :
V(P1 ∈ S1 /R0 ) = V(P1 ∈ S3 /R0 ). On va utiliser la relation de moment :
S1 : V(P1 ∈ S1 /R0 ) = V(O1 ∈ S1 /R0 ) + V(S1 /R0 ) ∧ O1 P1 = Rv1 y. S3 :
V(P1 ∈ S3 /R0 ) = V(J ∈ S3 /R0 ) + V(S3 /R0 ) ∧ JP1 = R ċy − r v1 y.
La condition de roulement sans glissement s’é crit donc
R ċy − vr y1 = Rv1 y.
R ċy + vr y = Rv2 y.
45
Partie I. Cinématique – Cinétique
V(2/1) ∧ AB = 0.
R−r
l = −v3/1 .
r 2 (1 + sin a + cos a)
46
Chapitre 2 • Le solide indéformable
3) V(B ∈ S2 /R0 ) = V(A ∈ S2 /R0 )+V(S2 /S0 ) ∧AB = V(A ∈ S3 /R0 )+ċ z0 ∧d x3 .
Mais V(B ∈ S2 /R0 ) = V(B ∈ S1 /R0 ). Donc on en dé duit :
a u̇y1 = d ċy3 + cḟ(cos a0 y2 − sin a0 x2 ).
Cette é galité vectorielle peut-ê tre projeté e sur x0 et y0 ce qui donne aprè s calculs
(et utilisation des formules de trigonomé trie)
−a u̇ sin u + d ċ sin c = −cḟ sin(f + a0 ).
a u̇ cos u − d ċ cos c = cḟ cos(f + a0 ).
4) V(C ∈ S1 /R0 ) = V(B ∈ S1 /R0 ) + V(S1 S0 ) ∧ BB = a u̇ y1 + bu̇ y2 . On en dé duit
par composition des vitesses V(C ∈ S2 /R1 ) = V(C ∈ S2 /R0 )−V(C ∈ S1 /R0 ) =
b(ḟ − u̇) y2 . On constate que V(C ∈ S2 /S1 ) est perpendiculaire à BC ce qui est
logique car B est le CIR I21 (V(C ∈ S2 /S1 ) = 0 car B appartient à la fois à S2 et
à S1 ).
autour de x2 .
{V(3/2)} = V(V32 /V(O ∈ 3/2)) O .
On a aussi V(O ∈ 3/2) = 0.
2) Dé terminer les axes centraux des torseurs ciné matiques {V(2/0)} et {V(2/1)} en
exploitant les conditions de roulement sans glissement en J et I. La définition d’un
axe central D est :
R ∧ M(A) = 0 ∀A ∈ D.
Ici on a roulement sans glissement dans le mouvement de 2/0 en tout point J du
contact (axe (J, xj ). Donc
V(M ∈ 2/0) ∧ V20 = 0,
pour tout point M de la ligne de contact. Donc (J, xj ) est l’axe central D20 . De la
mê me maniè re (I, xi ) est l’axe central D21 .
47
Partie I. Cinématique – Cinétique
3) Dé terminer la condition gé omé trique telle que les vitesses de glissement du rou-
leau par rapport aux cô nes de roulement soient nulles pour tout point des gé né -
ratrices de contact. Dé terminer alors l’angle b. Nous allons supposer que D20
intercepte (O, x0 ) en J et que D21 intercepte (O, x0 ) en I . On peut é crire par
composition des mouvements :
V(J ∈ 2/0) = V(J ∈ 2/1) + V(J ∈ 1/0).
Or V(J ∈ 2/0) = 0 car roulement sans glissement et V(J ∈ 1/0) = 0 car J est
sur l’axe de rotation.
Donc V(J ∈ 2/1) = 0 ce qui indique que D21 passe par J . On en dé duit par le
mê me raisonnement que D20 passe par I .
On vient de montrer que D21 qui passe par I (hypothè se) passe aussi par J (ré sul-
tat du calcul) et que D20 qui passe par J (hypothè se) passe aussi par I (ré sultat
du calcul). Ces points sont donc confondus et sur l’axe de rotation (O, x0 ). Les
rouleaux sont donc coniques de mê me sommet. On trouve facilement que
r AA’
tan b = .
ad
4) Dé terminer le torseur cinématique {V(2/0)}O en fonction des donné es gé omé -
triques et de V(1/0). On exploite les conditions roulement sans glissement en
I.
V(I ∈ 1/2) = V(I ∈ 1/0) + V(I ∈ 0/2) = 0.
Ce qui donne grâ ce au champ des vitesses
V(O ∈ 1/0) + IO ∧ V10 = V(J ∈ 2/0) + IJ ∧ V20 .
Mais on a V(O ∈ 1/0) = 0 et V(J ∈ 2/0) = 0. On en dé duit
r cos g − a sin g
V(2/0) = V(1/0) xj.
2r cos b
5) Dé terminer le torseur cinématique {V(3/0)}A en fonction des donné es gé omé -
triques et de V(1/0). On remarque que V(A ∈ 2/0) = V(A ∈ 3/0) car A est sur
l’axe de rotation de 3/2. Donc
V(O ∈ 2/0) + AO ∧ V32 = V(A ∈ 3/0) + A A ∧ V30 .
avec V(O ∈ 2/0) = 0 (point sur l’axe de rotation) et V(A ∈ 3/0) = 0 (point
sur l’axe de rotation). On trouve ainsi
r cos g − a sin g
V(3/0) = −V(1/0) x0 .
2R
et en exploitant la relation : V(A ∈ 3/0) = AO ∧ V20 on aboutit à :
V(A ∈ 3/0) = −V(1/0)(r cos g − a sin g)/2z.
48
Chapitre 2 • Le solide indéformable
y2
xj
S0
b x2
y
y2 J xi
A
g
I
g A’ x0
O
z
S1
S3
Lié à S0
49
3 CINÉTIQUE
Dans un modè le mé canique, la premiè re é tape de la modé lisation est la ciné ma-
tique : la modé lisation du mouvement. Les é tapes suivantes consistent à formuler les
principes de conservation de la mé canique dans le cadre de la ciné matique retenue,
conservation de la masse, de la quantité de mouvement, de l’énergie et, le cas é ché ant,
second principe de la thermodynamique. Par exemple, formuler pour les systè mes de
solides indé formables le principe fondamental de la dynamique (ou conservation de
la quantité de mouvement), requiert l’introduction de la notion de torseur ciné tique
ou de torseur des quantité s de mouvement, que nous présenterons dans ce chapitre.
La quantité de mouvement mesure le mouvement de la matiè re, dont la quantité est
mesuré e par la masse. La masse (unité le kg) a é té dé finie en 1799 par la masse d’un
litre d’eau, puis par celle du fameux é talon en platine (voir le site [8] pour plus de
détails inté ressants). Le principe de conservation de la masse formulé dans le cadre de
la cinématique des systè mes de solides indé formables, permettra de faire apparaître
les notions de centre et de tenseur de masse (ou de centre et de tenseur d’inertie) dont
on verra l’utilité pour l’é criture du principe fondamental de la dynamique et de la
conservation de l’é nergie.
Remarque
la quantité de mouvement étant calculée à partir du vecteur vitesse, elle dépend du
choix du référentiel du mouvement R.
50
Chapitre 3 • Cinétique
Considé rons maintenant, non plus un point maté riel, mais un solide continu S, l’ex-
pression pré cé dente se gé né ralise au solide continu indé formable en introduisant la
notion de torseur ciné tique C(S/R) :
où le torseur ciné matique V(S/R) repré sente le champ des vitesses des points M
du solide S, et où les composantes du torseur ciné tique C(S/R) sont la ré sultante
ciné tique p(S/R) et le moment ciné tique s(A, S/R) en un point A :
p(S/R)
C(S/R) = .
s(A, S/R)
A
Avec ces notations, l’é nergie ciné tique s’é crit comme suit :
Soit :
2T(M/R) = V(M/R) dm
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
∀M∈S
51
Partie I. Cinématique – Cinétique
Définition
On dé finit donc le moment ciné tique au point A comme la quantité :
Remarque
Le moment cinétique dépend du choix du référentiel du mouvement R. Il dépend
également du point A choisi. Ce point A est un point quelconque, n’appartenant pas
nécessairement au solide S.
Proprié té . On montre aisé ment que le moment ciné tique ainsi dé fini respecte bien
la règle de changement de point du champ des moments d’un torseur :
C(S/R) est donc bien un torseur, appelé torseur ciné tique de S par rapport à R
et noté :
p(S/R) = V(M/R) dm
∀M∈S
{C(S/R)} = .
s(A, S/R) = AM ∧ V(M/R) dm
∀M∈S A
a) Conservation de la masse
1. Systè me maté riel : un système maté riel est un systè me sur lequel est dé finie une
mesure de la masse. La masse est habituellement dé finie à l’aide d’une densité
volumique, surfacique ou liné ique.
2. Systè me maté riel à masse conservative : un systè me maté riel D est dit à masse
conservative si toute partie d de D, qu’on suit au cours du temps, a une masse
constante.
52
Chapitre 3 • Cinétique
∀d ∈ D m(d, t) = dv = constante.
d(t)
alors :
dm(d, t) d
= + div Vt dv = 0.
dt d(t) dt
Cela implique que :
d
+ div Vt = 0.
dt
Cette expression de la conservation de la masse est appelé e l’é quation de continuité
de la mé canique des milieux continus tridimensionnels.
b) Conséquence
Plus gé né ralement, si l’on intè gre des fonctions ré guliè res h(P, t) relativement à la
densité volumique :
H (t) = h(P, t) dv.
Dt
Alors :
dH (t) d(h(P, t) )
= + h(P, t) div Vt dv.
dt Dt dt
Si l’on dé veloppe cette expression et si l’on regroupe les termes pour faire apparaître
l’é quation de continuité :
dH (t) dh(P, t) d
= + h(P, t) + div Vt dv
dt Dt dt dt
dh(P, t)
= dv).
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Dt dt
Ainsi, pour un systè me maté riel à masse conservative et pour toute fonction h(P, t)
ré guliè re :
dH (t) dh(P, t)
H (t) = h(P, t)dv ⇒ = dv.
Dt dt Dt dt
MS AC = AM dm ∀A.
M∈S
53
Partie I. Cinématique – Cinétique
Remarque
La masse MS et le centre de masse C, d’un solide indéformable S, sont des grandeurs
intrinsèques à ce solide. Dans le repère attaché au solide indéformable S, la position
du centre de masse est fixe. La masse du solide S est également constante.
Remarque
Le centre de masse C est souvent supposé confondu avec le centre de gravité G, ce
qui signifie que nous faisons alors l’hypothèse g = cste pour le problème traité, ce
qui revient à considérer de petits objets devant les dimensions de la Terre.
dMS O C d M∈S
O Mdm
= .
dt R dt
R
D’aprè s les proprié té s de conservation de la masse, on peut permuter les opé rateurs
dé rivé e temporelle et inté grale spatiale, en consé quence :
dO M
MS V(C/R) = dm = V(M/R) dm.
M∈S dt R M∈S
p(S/R) = MS V(C/R).
54
Chapitre 3 • Cinétique
− AM ∧ AM ∧ V(S/R) dm.
∀M∈S
On trouve finalement :
Soit :
s(C, S/R) = J (C, S) · V(S/R),
où J (C, S) est l’application liné aire qui à tout vecteur u associe le vecteur v suivant :
Remarque
Nous avons introduit un tenseur appelé tenseur de masse ou tenseur d’inertie J (C, S)
d’un solide indéformable S. Ce tenseur est une grandeur intrinsèque au solide S. Il
est constant dans un repère attaché au solide indéformable S et peut donc être défini
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Le tenseur de masse ou tenseur d’inertie se repré sente par une matrice noté e
[J (C, S)]B dans une base B donné e et appelé e la matrice d’inertie de S calculé e
au point C et exprimé e dans la base B. Nous avons, dans cette base, la relation
matricielle [v] = [J (C, S)]B [u]. Notons (xi , i ∈ (1, 2, 3)) les trois vecteurs unitaires
constituant la base B, les composantes Jij (C, S) de la matrice se calculent comme
suit :
Jij (C, S) = −xj · (CM ∧ (CM ∧ xi )) dm
M∈S
Remarque
Le calcul du terme J (C, S) · V(S/R) correspond au produit de la matrice [J (C, S)]B
par le vecteur colonne V représentant V. On trouve dans la plupart des ouvrages
les termes d’opérateur d’inertie (le tenseur) et de matrice d’inertie.
55
Partie I. Cinématique – Cinétique
Remarque
L’introduction du tenseur d’inertie permet, plus généralement, de fournir une expres-
sion condensée du moment cinétique d’un solide S en un point A quelconque :
où J (A, S) est l’application linéaire qui à tout vecteur u associe le vecteur v suivant :
V(A ∈ S/R) = 0,
s(A, S/R) = J (A, S) · V(S/R).
CC = 0,
s(C, S/R) = J (C, S) · V(S/R).
56
Chapitre 3 • Cinétique
x1
dx1
O
z
y
C
a
x1
57
Partie I. Cinématique – Cinétique
OA dm = OA dm + OA dm
A∈S A∈S1 A∈S2
= M1 OC1 + M2 OC2 = (M1 + M2 ) OC.
3.2.2 Symétries
Un systè me S possè de une symé trie maté rielle par rapport à un point, une droite ou un
plan si pour tout point A du systè me, il existe un point B symé trique de A (par rapport
au point, à la droite ou au plan) tel que : (1) B appartient à S et (2) (A) = (B) avec
la masse volumique locale.
Théorème
Si un systè me possè de un é lé ment de symé trie, alors son centre de masse appar-
tient né cessairement à cet é lé ment de symé trie.
58
Chapitre 3 • Cinétique
donné par :
ID = HM2 dm.
M∈S
59
Partie I. Cinématique – Cinétique
M
z u
u
y
Remarque
On constate que : IOx = I xOz + I xOy . On peut voir l’axe Ox comme intersection des
deux plans xOy et xOz .
Théorème
Le moment d’inertie d’un systè me par rapport à un axe est é gal à la somme des
moments d’inertie par rapport à deux plans perpendiculaires se coupant suivant
cet axe.
60
Chapitre 3 • Cinétique
M
z u
u
y
Donc MH2 = (bz − gy)2 + (gx − az)2 + (ay − bx)2 ce qui peut s’é crire :
On note souvent :
A = IO,x = (y 2 + z 2 ) dm D = IO,y,z = yz dm
M∈S M∈S
B = IO,y = (z 2 + x 2 ) dm E = IO,z,x = zx dm .
M∈S M∈S
C = IO,z = (x 2 + y 2 ) dm F = IO,x,y = x y dm
M∈S M∈S
D’où :
ID = a2 A + b2 B + g2 C − 2bgD − 2gaE − 2abF.
61
Partie I. Cinématique – Cinétique
Définition
Le moment d’inertie d’un systè me par rapport à un axe D de vecteur unitaire u
est donc donné par :
ID(O,u) = u · (J · u).
Quels sont les é lé ments de la matrice repré sentative du tenseur d’inertie dans une
base donné e ? Soit (O, x, y, z) un repè re tel que O ∈ D(u,O) . On suppose que les
composantes de u sont (a, b, g). Soit un point M(x, y, z) du systè me. Nous savons
que :
0 −z y a
OM ∧ u = z 0 −x b .
−y x 0 g
Donc on peut é crire :
0 −z y 0 −z y a
OM ∧ (OM ∧ u) = z 0 −x z 0 −x b
−y x 0 −y x 0 g
−z 2 − y 2 xy xz a
= xy −x 2 − z 2 yz b .
xz yz −x 2 − y 2 g
62
Chapitre 3 • Cinétique
Comme l’inté gration sur le systè me est indé pendante du vecteur u on en dé duit que
la matrice se ré sume à
IOx I x y −Ix z
[J (O)] = −I x y IOy −I yz .
−Ix z −I yz IOz
(x,y,z)
IO = (x 2 + y 2 + z 2 ) dm.
Remarque
1
IO = IxOz + I xOy + I yOz =
(IOx + IOy + IOz ). On peut voir l’axe Ox comme intersection
2
des deux plans xOy et xOz .
Théorème
Le moment d’inertie d’un systè me par rapport à un axe est é gal à la somme des
moments d’inertie par rapport à deux plans perpendiculaires se coupant suivant
cet axe.
63
Partie I. Cinématique – Cinétique
Théorème
Soit un systè me S de masse m de centre d’inertie C. Soit ID . Considé rons un axe
DC parallè le à D et passant par C. Soit d la distance entre ces deux axes.
ID = IDC + md 2 .
D DC
H’
d
H
64
Chapitre 3 • Cinétique
HH H M dm = HH · H C dm + HH .CM dm.
Or nous savons que ∀ M, les points H et H’ sont dans un plan perpendiculaire aux
deux droites D et DC . Donc le premier terme est nul car HH · H C = 0. Le terme
HH · CM dm est nul par dé finition du centre d’inertie C. Donc on obtient bien
la relation cherché e.
Remarque
Sachant calculer le moment d’inertie par un axe passant par C, on saura le faire pour
un axe quelconque parallèle. On constate que le moment d’inertie par rapport à un
axe est minimal si cet axe passe par le centre d’inertie.
On peut en dé duire
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
65
Partie I. Cinématique – Cinétique
Théorème
Si le systè me possè de un plan de symé trie maté rielle alors tout axe perpendicu-
laire à ce plan est axe principal d’inertie.
Théorème
Si le systè me possè de un axe de symé trie matérielle alors cet axe est un axe
principal d’inertie.
D É MONSTRATION . Soit l’axe (O, z) axe de symé trie. On peut toujours calculer
x zdm et yzdm en choisissant un é lé ment dm symé trique par rapport à l’axe
(O, z). On a xM = −xM’ et yM = −yM’ , M et M’ é tant les points symé triques de S
par rapport à (O, x) de masse respectives dm et dm = dm. On a z M = z M’ . Donc
x z devient une fonction impaire dont l’inté grale sur S est nulle (tout comme yz). En
consé quence Ix y = I yz = 0. On en dé duit que l’axe (O, z) est axe principal d’inertie
(valeur propre).
Remarque
Ayant deux axes principaux d’inertie, le troisième est celui qui permet d’avoir un
trièdre orthogonal.
66
Chapitre 3 • Cinétique
y
x
−z M +z M
z
M M
plan z = 0
Théorème
Si un systè me admet un axe de symé trie (O, z) de ré volution pour sa distribution
de masse, alors tout triè dre orthogonal incluant cet axe de révolution est principal
d’inertie. Le systè me est dit cylindrique et sa matrice d’inertie est de la forme :
I 0 0
[J (O](x,y,z) = 0 I 0 .
0 0 I
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
D É MONSTRATION . Si (O, z) est axe de symé trie, tout plan contenant (O, z) est plan
de symé trie. Toute droite perpendiculaire à (O, z) est axe principal d’inertie.
Définition
Si un systè me est dit sphé rique si sa matrice d’inertie est de la forme :
I 0 0
[J (O] = 0 I 0 .
0 0 I (.,.,.)
67
Partie I. Cinématique – Cinétique
= V(S/R) A
· C(S/R) A
.
68
Chapitre 3 • Cinétique
Théorème
L’é nergie ciné tique d’un solide est le comoment du torseur ciné matique et du
torseur ciné tique (pris au mê me point).
Nous allons é videmment retrouver des cas particuliers de point fixe ou de calcul
au centre de masse.
1. Cas d’un point A fixe dans le repè re R.
dp(S/R)
= G(M/R) dm = MS G(C/R).
dt R ∀M∈S
69
Partie I. Cinématique – Cinétique
+ AM ∧ G(M/R) dm,
∀M∈S
ou encore :
ds(A, S/R)
= −V(A/R) ∧ V(M/R) dm + AM ∧ G(M/R) dm.
dt R ∀M∈S ∀M∈S
Le moment dynamique AM ∧ G(M/R) dm, noté d(A, S/R), peut donc s’ex-
∀M∈S
primer de la maniè re suivante :
ds(A, S/R)
d(A, S/R) = + MS V(A/R) ∧ V(C/R).
dt R
Nous allons évidemment retrouver des cas particuliers de point fixe ou de calcul au
centre de masse.
1. Cas d’un point A fixe dans le repè re R.
ds(A, S/R) d(J (A, S) · V(S/R))
d(A, S/R) = = .
dt R dt R
2. Cas du point A confondu avec C.
ds(C, S/R) d(J (C, S) · V(S/R))
d(C, S/R) = = .
dt R dt R
Comme pour les autres quantité s dé pendant de la masse, le torseur dynamique peut
ê tre é crit de maniè re condensée au centre de masse :
M S G(C/R)
D(S/R) = d J (C, S) · V(S/R)
dt
R A
70
Chapitre 3 • Cinétique
EX EMPLE
2 R2
avec C = e r r dudr = m
D 2
2 R2 2 R2 3
et A = B = e r cos ur dudr = m cos udu r dr = m .
D 2 D D 4
p R 4 /4
Exercices
71
Partie I. Cinématique – Cinétique
z
R
h
O
y
x
u
r M
O y
H
f
x
Figure 3.8 Coordonnées sphériques. L’angle u correspond à la longitude et
f à la latitude en repérage terrestre.
72
Chapitre 3 • Cinétique
2R
z
y x
O
2b
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
2) On suppose que l’ané momè tre est en liaison pivot d’axe (O, z) par rapport au
bâti 0. On introduit R0 = (O, x0 , y0 , z0 ) un repè re lié au bâ ti avec l’angle
a = (x0 , x) = (y0 , y). Calculer le moment ciné tique au point O de l’ané mo-
mè tre dans son mouvement par rapport au bâ ti.
3.5 Mesure d’un moment d’inertie
La dé termination du moment d’inertie d’un solide autour d’un axe n’est pas toujours
possible par une mé thode gé omé trique. Cette valeur peut ê tre dé terminé e expé rimen-
talement par une mé thode dite des oscillations et de la surcharge inventé e par Gauss.
73
Partie I. Cinématique – Cinétique
y y
A L
O x O x
u u
Un fil de torsion de constante C passant par l’axe de rotation (O, z) est fixé au solide
dont on veut dé terminer le moment d’inertie. On fait osciller le pendule de torsion
ainsi ré alisé et ceci dans le plan (x, O, y). Soit I1 le moment d’inertie cherché . Les
frottements sont né gligé s. L’é quation diffé rentielle du mouvement est donc :
I1 ü + Cu = 0.
74
Chapitre 3 • Cinétique
3.1 Tige
1) Les ré sultats peuvent ê tre obtenus à partir de l’exemple traitant le torseur ciné -
tique d’une tige.
2) On peut considé rer deux tiges de longueur et utiliser la question 1) et l’additivité
du moment d’inertie.
3.2 Cône
1) On pose R(z) = Rz/h. On peut alors paramé trer le cô ne en coordonné es cylin-
driques par 0 z h et 0 r R(z). Pour calculer le volume du cô ne, on
peut remarquer qu’une portion de cô ne comprise entre z et z + dz (trè s proches)
peut-ê tre assimilé e à un cylindre de rayon R(z) et de hauteur dz. Le volume de ce
cylindre é lé mentaire est ainsi pR(z)2 dz. Par consé quent, on a :
h
R2 h 2
2 pR 2 h
Vcône = pR(z) dz = p 2 z dz = ,
0 h 0 3
r
d’où l’on tire la masse du cô ne m = pR 2 h.
3
2) Le mê me dé coupage donne pour le centre de masse :
h h
1 2 3 3h
OC = zrpR(z) dz = 3 z 3 dz = .
m 0 h 0 4
On trouve donc que le centre de masse ne dé pend pas du rayon du cô ne (noter
que le centre de masse est plus prè s de la base que du sommet).
3) Pour des raisons de symétrie, la matrice d’inertie du cô ne est diagonale dans la
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
base (x, y, z) (voir Figure 3.7) et I(O, x) = I(O, y) . Nous allons reprendre les for-
mules d’inté grations en coordonné es cylindriques utilisé es dans ce chapitre. Les
intégrations par rapport à u sont identiques à celles dé jà traité es pour le cylindre.
On trouve ainsi :
2
h R(z) 2z + r 2 0 0
[J (O, cône)](x,y,z) = rp dz r 0 r 2 + 2z 2 0 dr .
0 0 0 0 2r 2
Attention : l’intégrale sur r doit ê tre calculé e en premier puisque R(z) est une
fonction de z. Il vient :
2 2 4
h z R(z) +R(z) /4 0 0
[J (O, cône)](x,y,z) = rp 0 R(z)4 /4+z 2 R(z)2 0 dz.
0 0 0 R(z)4 /2
75
Partie I. Cinématique – Cinétique
3.3 Demi-sphère
1) L’axe (O, z) est un axe de ré volution de la demi-sphè re. La matrice d’inertie dans
la base (x, y, z) s’é crit donc :
I 0 0
[J (O, S)](x,y,z) = 0 I 0 .
0 0 I
IO = OM2 dm = R 2 dm = m R 2 .
M∈S M∈S
ce qui montre que le systè me est sphé rique en O. On ne pouvait a priori pas
pré dire cette proprié té par des arguments de symé tries.
76
Chapitre 3 • Cinétique
L’inté gration sur f est immé diate. Le produit sin u cos u ayant pour primitive
− cos(2u)/4, on obtient finalement :
p/2
cos 2u R
OC = zR − = z.
4 0 2
on trouve donc :
2m R 2 5/8 0 0
[J (C, S)](x,y,z) = 0 5/8 0 .
3 0 0 1
(x,y,z)
O1 C1 = (R/2) y O2 C2 = −(R/2) x
O3 C3 = −(R/2) y O4 C4 = (R/2) x.
77
Partie I. Cinématique – Cinétique
de mê me que :
2m R 1
2 0 0
[J (C2 , S2 )]B = [J (C4 , S4 )]B = 0 5/8 0 .
3 0 0 5/8
B
et
2/3 b/2 0
[J (O, S2 )]B = [J (O, S4 )]B = m R 2 b/2 2/3 + b2 0 .
2
0 0 2/3 + b B
L’ané momè tre est donc un systè me cylindrique d’axe (O, z) tel que I(O,z) > I(O,x) .
2) On a pour le moment ciné tique en O :
78
Chapitre 3 • Cinétique
où V(S/R0 ) est le vecteur vitesse de rotation de l’ané momè tre par rapport au bâ ti.
L’ané momè tre é tant en liaison pivot avec le bâ ti en O, on a, avec les notations de
l’é noncé , V(S/R0 ) = ȧz. Par consé quent, on a :
I2 = I1 + 2m L 2 + 2Ic = I1 + 2m L 2 + m R 2 .
2 mT12
2
I1 = (2L + R ) 2 ,
T2 − T12
79
Partie II
Action – Liaisons –
Statique
ACTIONS, LIAISONS
4
Nous dé buterons par la notion é lé mentaire d’action mé canique ; nous poursuivrons
par la modé lisation, par le torseur statique, des actions mé caniques s’exerç ant entre
des solides indé formables et des actions mé caniques de liaisons.
b) Action mécanique
On dit que S2 exerce une action mé canique sur S1 si relativement à un ré fé rentiel
donné les mouvements (ou dé formations) de S1 par rapport à ce réfé rentiel dé pendent
de la pré sence de S2 . D’une faç on gé né rale, on appelle action mé canique, toute cause
physique susceptible de maintenir ou de modifier les mouvements d’un corps ou de
dé former un corps. On peut par exemple recenser : le pied d’un footballeur qui frappe
un ballon, les champs é lectriques et magnétiques qui dé vient l’é lectron, le rotor qui
entraîne l’axe d’une turbine. Ces quelques exemples illustrent les deux grandes caté -
gories d’actions mé caniques :
• les actions à distance lié es à des champs de force (ex : champ d’accé lé ration de la
pesanteur ou champ é lectromagné tique) ;
• les actions de contact (ex : action de la main sur la poigné e d’une porte, pression
de l’eau sur un plongeur).
Ces actions s’exercent soit sur une surface (ex : contact entre deux solides), soit
sur un volume (ex : la pesanteur).
Quatre actions é lé mentaires sont responsables de tous les phé nomè nes physiques
observé s dans l’univers, chacune se manifestant par une force dite force fondamen-
tale. Ce sont l’interaction nuclé aire forte, l’interaction nuclé aire faible, l’interaction
é lectromagné tique et la gravitation. Les deux premiè res ont un rayon d’action compa-
rable aux dimensions atomiques. Les deux derniè res ont un rayon d’action beaucoup
plus grand et se manifestent sous la forme d’actions à distance. Aux é chelles micro-
scopiques, la gravitation est la plus faible des quatre interactions fondamentales de
la physique ; elle devient dominante au fur et à mesure que les é chelles de distance
augmentent.
83
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Une notion importante est celle d’actions mé caniques internes ou externes. Cette
notion dé pend du systè me considé ré . Pour cela, on isole le systè me : on identifie
le solide S ou l’ensemble de solides constituant l’objet de l’é tude ce qui dé finit un
domaine inté rieur (ce qui se passe à l’inté rieur du solide S ou du systè me) et un
domaine exté rieur, noté S̄, à l’origine de l’ensemble des actions mé caniques exercé es
à distance ou par des solides ne faisant pas partie du systè me.
a) Interaction gravitationnelle
La gravitation est le phé nomène d’interaction physique à l’origine de l’attraction ré ci-
proque des masses. La force gravitationnelle (ou loi de Newton) exercé e par le point
maté riel P1 de masse m 1 sur le point maté riel P2 de masse m 2 s’écrit :
P 1 P2
Cg (P1 → P2 ) = −G0 m 1 m 2 ,
P1 P2 3
Cg (Terre → P2 ) = −m 2 gz,
84
Chapitre 4 • Actions, liaisons
b) Interaction électromagnétique
La force é lectromagné tique, ou force de Lorentz, exercé e par un point P2 , de charge
é lectrique q2 , en mouvement à la vitesse V(P2 /R), sur un point P1 , de charge é lec-
trique q1 , en mouvement à la vitesse V(P1 /R), s’écrit :
q1 q2 P1 P2 q1 q2 P1 P2
CL (P1 → P2 ) = + V(P1 /R) ∧ V(P2 /R) ∧ ,
4pe0 P1 P2 3 4pm0 P1 P 2 3
c) Force et Moment
Un vecteur lié est un vecteur attaché à un point P de l’espace. On appelle force la
grandeur vectorielle dé crivant une interaction capable de produire un mouvement
ou de cré er une dé formation. Une force se repré sente par un vecteur lié C(. → P),
le point P é tant le point d’application de la force. On appelle moment d’une
force C(. → P) appliqué e en P par rapport à un point A, la grandeur vectorielle
M(A, C) = AP ∧ C(. → P). Un moment se repré sente par un vecteur lié au point
A, point d’expression du moment.
Remarque
Du point de vue de la modélisation des actions mécaniques,
• une force est généralement associée à une action susceptible de créer un mouve-
ment de translation ;
• un moment est généralement associé à une action susceptible de créer un mouve-
ment de rotation.
Comme nous l’avons vu au chapitre pré cédent, un torseur est composé de deux quan-
tité s vectorielles : la ré sultante et le moment. Pour le torseur statique (é galement
appelé torseur des actions mé caniques ou torseur des efforts transmissibles) :
• la ré sultante est la somme de toutes les forces é lé mentaires dC(ext → P) s’exer-
ç ant sur les points P ∈ S :
F(ext → S) = dC(ext → P) ;
∀P∈S
85
Partie II. Action – Liaisons – Statique
= BA ∧ dC(ext → P)
∀P∈S
+ AP ∧ dC(ext → P)
∀P∈S
= BA ∧ F(ext → S) + M(A, F(ext → P)).
On montre ainsi que le moment d’une force obé it bien à la formule de changement
de point du champ des moments d’un torseur.
86
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Remarque
Dans le cas d’un contact ponctuel entre les solides S1 et S2 , la force de contact est
dirigée selon la normale au plan tangent aux surfaces en contact.
Exemple
1. Soit un solide S2 qui exerce sur S1 une charge linéique P (N/m) constante
le long d’une ligne de contact (P = d||F||/d ), dirigée selon z. La
résultante F du torseur des actions mécaniques de S2 sur S1 s’écrit :
L L
F= dF = Pd z = P Lz.
0 0
2. On suppose à présent que la charge P varie linéairement le long de la ligne
de contact (P( ) = a + P0 ) dirigée selon z. La force de contact F s’exprime
L L
alors : F = dF = P( )d z = aL 2 + P0 L z.
0 0
Remarque
On constate que dès que les actions locales de contact sont connues avec précision,
on peut déterminer le torseur des actions de contact.
87
Partie II. Action – Liaisons – Statique
1er Cas. On va considé rer le premier cas d’un glissement relatif (Vg = 0). Dans ce
cas la force dft est opposé e au vecteur glissement relatif et est proportionnelle au
vecteur dfn . Ceci s’é crit :
dft (P, S2 → S1 ) · V(P ∈ S2 /S1 ) 0,
dft (P, S2 → S1 ) ∧ V(P ∈ S2 /S1 ) = 0,
dft (P, S2 → S1 ) = f dfn (P, S2 → S1 ).
La premiè re iné galité exprime le fait que les actions de contact tangentielles s’op-
posent au glissement relatif, la seconde qu’elles sont coliné aires et la troisiè me que
ces actions tangentielles sont proportionnelles - en cas de glissement - aux actions
normales. Le scalaire f est appelé coefficient de frottement. Il est caracté ristique du
contact entre les deux solides (maté riaux respectifs, type de surface).
La constante f est le coefficient de frottement. Sa valeur est de l’ordre de 0,5 pour du
bois sur du bois, de 1 pour une semelle de chausson d’escalade en caoutchouc sur un
rocher.
Tableau 4.1 Valeurs indicatives des coefficients d’adhérence fs et de
frottement f avec et sans lubrification. Le coefficient fs correspond en fait à la
valeur de f au démarrage du mouvement.
2e Cas. On va considé rer le cas d’un glissement relatif nul (Vg = 0). Dans ce cas
la force dft est telle que :
dft (P, S2 → S1 ) f dfn (P, S2 → S1 ).
On ne peut plus utiliser de vitesse de glissement. On exprime simplement qu’en sta-
tique (plus de mouvement relatif) les actions de contact tangentielles sont infé rieures
(en intensité ) au cas limite donné par l’existence d’un glissement.
Remarque
Si on suppose que la vitesse de glissement peut être quelconque dans le plan tangent
alors on définit le cône de frottement par f = tan w tel que dans le cas de glissement
relatif les actions tangentielles se situent sur le cône.
88
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Remarque
Le cas d’un contact parfait correspond à un coefficient de frottement nul.
Ces deux lois seront rendues cé lè bres par Charles de Coulomb (1726, 1805) à la
suite d’une sé rie d’expé riences « ré elles et faites en (vraie) grandeur ». Pendant des
mois, il é tudie le comportement des cordes dans les poulies, les grues et les cabes-
tans ; il compare cordes neuves et usagé es, sè ches ou imbibé es d’eau salé e ; enfin
il fait frotter des plateaux de bois sec ou huilé , de mé tal et autres substances les
uns contre les autres. Ces ré sultats expé rimentaux seront regroupé s dans sa Thé o-
rie des machines simples. Coulomb souligne en pré ambule de son ouvrage que ces
lois avaient dé jà é té exprimé es par Guillaume Amontons dans son mé moire De la
ré sistance causé e dans les machines en 1699. Mais ces lois d’Amontons avaient été
contesté es par la suite. Coulomb fait plus que les confirmer. Il en é tend le domaine de
validité , en particulier pour de trè s fortes charges. La diversité des paramètres dont il
é tudie l’influence, son utilisation systé matique de l’analyse mathé matique sont sans
pré cédent au XVIII e siè cle .
R R
R N z
z a
Re y
x y f x
S2 S1
P
F T P F
89
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Le frottement pré sent entre les deux solides est appelé frottement statique et est repré -
senté par un coefficient noté f . Ce coefficient repré sente la constante à partir de
laquelle l’é quilibre entre les solides S1 et S2 est rompu. En effet, à la limite de l’é qui-
libre, on peut é crire :
||N ||
f = tan f = ,
||T ||
où N et T repré sentent les composantes, sur les axes de projection, de la ré action
limite R = R avec f = a . Le cô ne dé fini par l’angle au sommet f est appelé cô ne
de frottement statique. Il est lié au coefficient de frottement f et dé pend notamment
du poids de l’objet et de la nature des surfaces en contact.
À partir de la connaissance du cô ne de frottement, l’é quilibre ou le glissement du
solide S1 par rapport au solide S2 peuvent ê tre dé finis.
Pour que l’é quilibre statique soit ré alisable, il faut que la réaction de S2 sur S1 pro-
jeté e sur la direction de la force soit supé rieure à la force appliqué e. Autrement dit,
la ré action de S2 sur S1 doit ê tre situé e à l’exté rieur du cô ne de frottement statique
(R = Re ), ce qui revient à é crire :
T > f N .
Inversement, si la norme de la force appliqué e est supé rieur à la projection sur son
axe de la ré action de S2 sur S1 , le solide est animé d’un mouvement de translation. Il
y a donc glissement de S1 sur S2 , R est à l’inté rieur du cô ne de frottement statique.
Cette condition s’é crit :
T < f N .
L’é quilibre limite est atteint pour T = f N , c’est-à -dire pour a = f.
Les quantité s Fn et Ft repré sentent les efforts normaux et tangentiels, alors que Mn et
Mt repré sentent les moments dits de pivotement et de roulement. Les indices n et t se
90
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Fn (P, S2 → S1 ) = (F(S2 → S1 ) · n) n,
Ft (P, S2 → S1 ) = −n ∧ (n ∧ F(S2 → S1 ))
Mn (P, S2 → S1 ) = (M(P, S2 → S1 ) · n) n,
Mt (P, S2 → S1 ) = −n ∧ (n ∧ M(P, S2 → S1 )) .
Le torseur ciné matique du mouvement de S2 par rapport à S1 s’é crit lui aussi au point
P de contact :
V(S2 /S1 ) Vn (2/1) + Vt (2/1)
V(S2 /S1 ) = = .
V(P, S /S ) Vg (P ∈ 2/1)
2 1 P P
Mt (P, S2 → S1 ) · Vt (S2 /S1 ) 0,
Mt (P, S2 → S1 ) ∧ Vt (S2 /S1 ) = 0,
Mt (P, S2 → S1 ) = h Ft (S2 → S1 ).
Les paramè tres h et d sont homogè nes à des longueurs et valent (contact pneu chaus-
sé e) 0, 01 m. Pour un contact de type roue mé tallique rail on a 0, 000005 m. On peut
se repré senter ce paramè tre h comme une dimension caracté ristique de la surface de
contact. Dans le cas d’un contact ponctuel idé alisé (pas de surface de contact), le
torseur des actions mé caniques se ré duit – au point de contact – à sa ré sultante.
91
Partie II. Action – Liaisons – Statique
= −g AM dm ∧ z.
M∈S
Proprié té : dans le cas g = cste, le moment des actions de gravité au point C, centre
de masse du systè me, est nul et le torseur des actions de la gravité se ré duit donc en
ce point à un glisseur.
Remarque
• centre d’inertie / centre de masse : on admettra l’équivalence entre centre de masse
et centre d’inertie ;
• centre de masse (ou d’inertie) / centre de gravité : le centre de gravité d’un objet
est par définition le point d’application de son poids. Si les dimensions de l’objet
sont telles que l’hypothèse « g constant sur le domaine d’intégration » est fausse
alors on constate que le centre de masse C n’est pas forcément confondu avec le
centre de gravité G (on doit laisser g dans l’intégration). Si par contre le champ
d’accélération de la pesanteur est constant sur le domaine d’intégration alors il y a
aussi équivalence entre le centre de masse et le centre de gravité.
Tous les exemples traité s dans cet ouvrage correspondent à des objets mé caniques
de petites dimensions ; en consé quence les points C et G seront confondus.
92
Chapitre 4 • Actions, liaisons
4.2 LIAISONS
Un mé canisme est un ensemble de solides reliés entre eux par des liaisons en vue
d’obtenir un mouvement dé terminé . L’objectif de ce paragraphe est de les recenser
et de les dé crire mé caniquement. À partir d’un ensemble de liaisons simples, tous
les mouvements seront alors possibles et les actions mutuelles entre solides pourront
ê tre totalement caractérisées.
4.2.1 Définitions
a) Liaisons parfaites
Une liaison est parfaite si le jeu de fonctionnement est nul (pas fondamental comme
hypothè se) et si le contact se fait sans frottement. Une liaison est parfaite si et seule-
ment si la puissance dissipé e par la liaison est nulle. La puissance mé canique dé ve-
loppé e par les inter-efforts de liaison entre un solide S1 et un solide S2 , par rapport
à un repè re R, est é gale au comoment du torseur ciné matique de S2 sur S1 et du tor-
seur des actions mé caniques de S1 sur S2 (on anticipe sur la suite mais utilisons ce
ré sultat). Les torseurs ciné matiques des liaisons, en un point de contact P, sont de la
forme :
V(S2 /S1 )
V(S2 /S1 ) = .
V(P ∈ S2 /S1 ) P
Les torseurs des actions mé caniques, ou torseurs statiques, dé finis en un point P
s’é crivent quant à eux :
R(S1 → S2 )
A(S1 → S2 ) = .
M(P, S1 → S2 ) P
93
Partie II. Action – Liaisons – Statique
L’é quation 4.3 montre une dualité entre ciné matique et statique. À partir de cette
expression et de la connaissance du torseur statique de la liaison parfaite considé ré e,
on peut exprimer une é quation sur le torseur ciné matique, et ré ciproquement pour le
torseur statique si l’on connaît le torseur ciné matique.
Exemple
Soit un solide S1 quelconque en liaison parfaite avec un solide S2 , le torseur
d’action de liaison étant défini de la façon suivante dans un repère R (O, x, y, z) :
X x + 0y + Z z
{ A(S1 → S2 ) } = 0x + M y + 0z ,
P
P(S1 ↔ S2 ) = (X x · Vx x + 0 y · Vy y + Z z · Vz z)
+ (0 x · Ωx x + M y · Ω y y + 0 z · Ωz z) = 0.
Comme cette relation doit être vérifiée quelle que soit la valeur des composantes
X, Z et M du torseur statique, il est possible d’en déduire les conditions suivantes
sur les composantes du torseur cinématique dans le repère R :
X x · Vx x = 0 ∀(X , Vx ) ⇒ Vx = 0,
0 y · Vy y = 0 ∀(Vy ) ⇒ Vy = 0,
Z z · Vz z = 0 ∀(Z , Vz ) ⇒ Vz = 0.
0 x · Ωx x = 0 ∀(Ωx ) ⇒ Ωx = 0,
M y · Ω y y = 0 ∀(M, Ω y ) ⇒ Ω y = 0,
0 z · Ωz z) = 0 ∀(Ωz ) ⇒ Ωz = 0.
Le torseur cinématique de la liaison inconnue s’écrit alors :
Ω x x + 0 y + Ωz z
{ V(S2 /S1 ) } = 0 x + Vy y + 0 z . (4.4)
P
94
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Les termes nuls et non nuls sont complémentaires dans les deux torseurs. En
pratique, si le torseur statique présente une composante de force ou de moment
nulle selon un axe, le torseur cinématique aura une composante de rotation ou de
vitesse non nulle selon ce même axe :
X x + 0y + Z z
{ A(S1 → S2 ) } = 0x + M y + 0z ,
P
Ω x x + 0 y + Ωz z
{ V(S2 /S1 ) } = 0 x + Vy y + 0 z .
P
Dans la pratique, c’est plutô t sur le torseur ciné matique que des é quations peuvent
ê tre é crites a priori, elles permettent d’en dé duire des informations sur le torseur sta-
tique ; le principe reste identique. Toutes les liaisons de ré férence considé ré es par la
suite sont parfaites. Parfois, une liaison imparfaite est dé crite en ajoutant des actions
de liaison à la liaison parfaite (une liaison glissiè re associé e à un amortisseur et un
ressort axiaux forment une liaison glissiè re dissipative).
Elle suppose dans la pratique des solides indé formables du type cô ne sur un plan
(figure 4.2), ou toute surface de forme quelconque en appui sur une autre surface en
un point, comme une sphè re en appui sur un plan (figure 4.3). Le contact est supposé
permanent en O, la vitesse ne peut donc pas avoir de composante selon l’axe (O, z).
V(O/R) · z = 0.
95
Partie II. Action – Liaisons – Statique
z
S2
S1
O
y
P1
x
Figure 4.2 Liaison ponctuelle repré- Figure 4.3 Exemple de liaison ponc-
sentée par le contact d’une sphère ou tuelle : une roulette sphérique rigide sur
d’un cône sur un plan. le sol.
Torseur ciné matique. Le torseur ciné matique de cette liaison s’écrit en fonction des
mouvements possibles du solide S2 par rapport à S1 :
Ω x x + Ω y y + Ωz z
V(S2 /S1 ) = .
Vx x + Vy y + 0 z O
Degré s de mobilité . En é tudiant le torseur ciné matique, il apparaît que cinq mou-
vements sont possibles. Ils sont indépendants les uns des autres, c’est-à-dire qu’une
translation ou une rotation selon un axe peut ê tre effectué e sans influer sur les mou-
vements des autres axes. Le degré de mobilité m de cette liaison vaut donc cinq.
96
Chapitre 4 • Actions, liaisons
z
S2
S1 O
y
P1
x
Figure 4.4 Liaison linéaire recti- Figure 4.5 Exemple de liaison recti-
ligne. Le contact entre les deux solides ligne : un roulement à rouleaux.
est une droite.
Torseur ciné matique. Le torseur ciné matique de cette liaison s’écrit en fonction des
mouvements possibles du solide S2 par rapport à S1 :
Ωx x + 0 y + Ωz z
V(S1 /S2 ) = .
Vx x + Vy y + 0 z O
0x + 0y + Z z
A(S1 → S2 ) = .
0x + M y + 0z O
de mê me diamè tre (figure 4.6). La ligne de contact entre les deux solides est un
cercle. Un exemple pratique ce cette liaison est le roulement à billes (figure 4.7).
Mouvements possibles. Dans la configuration de la figure 4.6, c’est-à -dire avec un
repère R (O, x, y, z) au centre de S2 , le mouvement de S2 par rapport à S1 se dé com-
pose comme suit :
• rotations autour de (O, x), (O, y), (O, z) ;
• translation suivant (O, x).
Torseur ciné matique. Le torseur ciné matique de cette liaison s’écrit en fonction des
mouvements possibles du solide S2 par rapport à S1 :
Ω x x + Ω y y + Ωz z
V(S2 /S1 ) = .
Vx x + 0 y + 0 z O
97
Partie II. Action – Liaisons – Statique
S1
S2
O
x
y
Figure 4.6 Liaison linéaire annu- Figure 4.7 Exemple de liaison annu-
laire. Le contact entre les deux solides laire : un roulement à billes.
est un cercle.
S2
O y
x
S1
98
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Ω x x + Ω y y + Ωz z
V(S2 /S1 ) = .
0x + 0y + 0z O
Xx+Y y+ Zz
A(S1 → S2 ) = .
0x + 0y + 0z O
Degré s de mobilité . Le torseur ciné matique fait apparaître trois mouvements indé-
pendants. Le degré de mobilité vaut donc trois.
O S2
S1 y
x P1
Figure 4.10 Liaison plan sur plan. Figure 4.11 Exemple de liaison
Le contact entre les deux solides est un plan sur plan : les plaquettes de frein
plan. d’une voiture sur le disque lié à la roue.
99
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Torseur ciné matique. Le torseur ciné matique de cette liaison s’écrit en fonction des
mouvements possibles du solide S2 par rapport à S1 :
0 x + 0 y + Ωz z
V(S2 /S1 ) = .
Vx x + Vy y + 0 z O
0x + 0y + Z z
A(S1 → S2 ) = .
L x + M y + 0z O
S1
S2
O
x
y
Figure 4.12 Liaison pivot glissant. Figure 4.13 Exemple de liaison
Le contact entre les deux solides est un pivot glissant : un amortisseur dont la
cylindre à base circulaire. partie supérieure coulisse dans la partie
inférieure.
100
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Torseur ciné matique. Le torseur ciné matique de cette liaison s’écrit en fonction des
mouvements possibles du solide S2 par rapport à S1 :
Ωx x + 0 y + 0 z
V(S2 /S1 ) = .
Vx x + 0 y + 0 z O
Torseur statique. Le torseur statique s’é crit donc :
0x + Y y + Z z
A(S1 → S2 ) = .
0x + M y + N z O
Degré s de mobilité. Le torseur ciné matique montre que deux mouvements sont pos-
sibles et sont indépendants. Le degré de mobilité de cette liaison vaut donc deux.
S2
z
S1
O
y
x
Figure 4.14 Liaison pivot. Le
contact entre les deux solides est un Figure 4.15 Exemple de liaison
cylindre. pivot : une charnière de porte.
101
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Torseur statique
Xx+Y y+ Zz
A(S1 → S2 ) = .
O 0x + M y + N z O
Degré s de mobilité. Un seul mouvement est possible pour ce type de liaison, c’est
une rotation unique. Le degré de mobilité de cette liaison vaut donc un. De l’utilité
d’exprimer les torseurs statiques en un point particulier (le centre de la liaison, un
point de l’axe...).
Cas de la liaison pivot parfaite. Plaç ons-nous dans un plan. L’objectif est d’é tablir
le torseur statique de la liaison à partir d’une ré partition d’effort quelconque. Pour
cela, il faut repartir de la formulation gé né rale de la ré sultante et du moment du
torseur statique. Dans le cas de la liaison pivot parfaite (figure 4.16), toutes les forces
é lé mentaires dF agissant sur le solide S2 sont radiales et toutes les directions des
forces sont concourantes au point O, centre de la liaison. On dé finit le triè dre direct
(M, u, v, w) tel que u est normal à tout point M de la surface de S2 .
v u
w dFA
O’
O
M
S1
dFB
S2
Figure 4.16 Deux solides S1 et S2 en liaison pivot parfaite d’axe (O, w).
1. Ré sultante
La ré sultante du torseur statique s’écrit pour tout point M de la surface de contact :
Toutes les forces é lé mentaires agissant sur S2 ne sont pas forcé ment identiques
en norme. Ainsi, ||dFA || = ||dFB ||. Bien que les deux forces soient opposé es,
leur norme est diffé rente. Lors de l’inté gration des forces sur la surface de S2 , le
ré sultat ne sera donc pas nul. La ré sultante du torseur statique de la liaison pivot
possè de donc des composantes selon u et v dans notre cas.
102
Chapitre 4 • Actions, liaisons
2. Moment ré sultant
Nous allons calculer ce moment en O, centre de la liaison pivot, puis en un point
dé calé du centre, O .
• Moment ré sultant en O
Le moment des forces é lé mentaires agissant de S1 sur S2 s’é crit :
Le moment ré sultant n’est pas nul s’il est calculé en un point qui n’est pas le
centre de la liaison. Pour une mê me action, une rotation de S2 autour de (O, w),
plusieurs moments peuvent ê tre choisis pour décrire la liaison. Dans un souci
de simplicité , il conviendra de choisir une description de laison en son centre
pour é viter la sur-abondance de paramè tres.
Finalement, au centre de la liaison, le torseur statique de la liaison pivot s’exprime :
Uu + V v
A(S1 → S2 ) = .
O 0w O
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Cas particulier de la liaison pivot non parfaite. Si la liaison n’est pas parfaite,
c’est-à-dire qu’il existe du frottement entre S1 et S2 , les directions des forces exercé es
par S2 sur S1 ne sont plus radiales et concourantes en O (figure 4.17).
1. Ré sultante
Pour calculer la ré sultante du torseur statique, nous procé dons de mê me que pré -
cé demment. Nous pouvons en conclure que la ré sultante n’est pas nulle.
2. Moment ré sultant
Il s’agit de calculer le moment ré sultant des forces é lé mentaires en O. En repre-
nant l’expression pré cé dente et dans le cas particulier de dFA , il vient :
103
Partie II. Action – Liaisons – Statique
v
w u
dFA
O
M S1
S2
Figure 4.17 Deux solides S1 et S2 en liaison pivot d’axe (O, w) avec du frot-
tement.
Le moment ré sultant n’est pas nul car la force dFA n’est pas dans la direction
d’un rayon de la liaison pivot. Il convient ensuite de gé né raliser l’expression à
toutes les forces é lé mentaires en calculant l’inté grale sur la surface de S2 .
Finalement, dans le cas d’une liaison avec frottement, le torseur statique s’é crit :
Uu + V v
A(S1 → S2 ) = .
Ww O
Torseur ciné matique. Le torseur ciné matique de cette liaison s’écrit en fonction des
mouvements possibles du solide S2 par rapport à S1 :
0x + 0y + 0z
V(S2 /S1 ) = .
Vx x + 0 y + 0 z O
Torseur statique
0x+ Y y + Z z
A(S1 → S2 ) = .
Lx+ My+ N z O
Degré s de mobilité. Un seul mouvement est possible pour ce type de liaison, c’est
une translation unique. Le degré de mobilité de cette liaison vaut donc un.
104
Chapitre 4 • Actions, liaisons
S1
S2
O
y
x
S1
z
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
S2
x
y
105
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Ωx x + 0 y + 0 z
V(S2 /S1 ) = .
Vx x + 0 y + 0 z O
Xx+Y y+ Zz
A(S1 → S2 ) = .
Lx+ My+ N z O
Relation entre les composantes des torseurs ciné matique et statique. Il est pos-
sible d’é crire le torseur ciné matique pour tout point P de l’axe (O, x) comme suit :
Ωx
V(S2 /S1 ) = ,
Ω px P
pΩ X + LΩ = 0.
La relation entre les deux composantes non indé pendantes s’é crit alors :
L = −pX.
106
Chapitre 4 • Actions, liaisons
z
S1
S2
O
y
x
Mouvements possibles. Aucun mouvement n’est possible avec une liaison encastre-
ment.
Torseur cinématique. Il s’é crit :
0x + 0y + 0z
V(S2 /S1 ) = .
0x + 0y + 0z O
Xx+Y y+ Zz
A(S1 → S2 ) = .
Lx+My+ Nz O
107
Partie II. Action – Liaisons – Statique
L01 L13
liaison pivot d’axe (O, z) liaison glissiè re d’axe (D, u)
S1
S0 S3
S2
L02 L23
liaison glissiè re d’axe (B, y) liaison rotule en D
P
Figure 4.24 Exemple d’un graphe des actions mécaniques de la pompe
manuelle proposée en exercice.
108
Chapitre 4 • Actions, liaisons
En pratique, la ré alisation d’un sché ma ciné matique d’un systè me consiste sim-
plement à lier des sché mas é lé mentaires de liaison entre eux. Ceux-ci représentent
chacun une ciné matique établie, telle que la liaison pivot, pivot glissant, etc. Une
description sché matique de ces é lé ments est proposé e dans le tableau suivant en deux
dimensions ou trois dimensions, permettant de proposer le sché ma ciné matique de la
pompe manuelle sur la figure 4.25.
Liné aire
Ponctuelle rectiligne
Liné aire
annulaire Rotule
Hé licoïdale à Hé licoïdale à
droite gauche
Glissiè re Pivot
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Encastrement
y u
D
S2
O S1
B
S0
Figure 4.25 Schéma cinématique de la pompe manuelle.
109
Partie II. Action – Liaisons – Statique
À R ETENIR
z
Repè re
O A(S1 → S2 ) V(S2 /S1 )
(O, x, y, z) y O O
Ponctuelle de
normale 0x + 0y + Z z Ωx x + Ω y y + Ωz z
(O, z) 0x + 0y + 0z Vx x + Vy y + 0 z
O O
m=5
Liné aire
rectiligne
d’axe (O, x), 0x + 0y + Z z Ωx x + 0 y + Ωz z
de normale 0x + M y + 0z Vx x + Vy y + 0 z
O O
(O, z)
m=4
Liné aire
annulaire 0x + Y y + Z z Ωx x + Ω y y + Ωz z
d’axe (O, x) 0x + 0y + 0z Vx x + 0 y + 0 z
O O
m=4
Rotule de
centre O Xx+Y y+ Zz Ωx x + Ω y y + Ωz z
m=3 0x + 0y + 0z O
0x + 0y + 0z O
110
Chapitre 4 • Actions, liaisons
Appui plan de
normale 0x + 0y + Z z 0 x + 0 y + Ωz z
(O, z) L x + M y + 0z Vx x + Vy y + 0 z
O O
m=3
Pivot glissant
d’axe (O, z) X x + Y y + 0z 0 x + 0 y + Ωz z
m=2 L x + M y + 0z O
0 x + 0 y + Vz z O
Glissiè re Xx+Y y+ Zz 0 x + 0 y + Ωz z
hé licoïdale Lx+My+ Nz 0 x + 0 y + Vz z
d’axe (O, z) O O
Glissiè re
d’axe (O, z) X x + Y y + 0z 0x + 0y + 0z
m=1 Lx+My+ Nz O
0 x + 0 y + Vz z O
Pivot d’axe
(O, z) Xx+Y y+ Zz 0 x + 0 y + Ωz z
m=1 L x+ M y +0z O
0x + 0y + 0z O
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Encastrement Xx+Y y+ Zz 0x + 0y + 0z
m=0 Lx+My+ Nz 0x + 0y + 0z
O O
111
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Exercices
4.1 Coupe-coupe
On é tudie ici le systè me mé canique que constitue une
paire de ciseaux. On considè re que le systè me est formé
de trois solides indé formables. Les deux ciseaux sont
noté s S1 et S2 et la vis les reliant est noté e S3 . On sup-
pose que le ciseau S1 est en liaison pivot avec la vis S3
laquelle est encastrée dans le ciseau S2 .
Donner le sché ma ciné matique du systè me et dé terminer
le degré de mobilité du systè me.
4.2 La petite reine
On étudie ici le systè me constitué par un vé lo soumis au poids de son utilisateur. Ce
systè me est dé crit sur la figure 5.10. Donner le sché ma ciné matique du systè me et
tracer le graphe des actions mécaniques du systè me. Dé terminer le degré de mobilité
du systè me.
4.3 Tournez manège
Nous reprenons le manè ge de chevaux de bois (voir la figure 2.15). Donner le sché ma
ciné matique du systè me et dé terminer le degré de mobilité du systè me.
4.1 Coupe-coupe
Le sché ma ciné matique est donné sur la figure 4.26. Le degré de mobilité est m = 1.
S3
S1
S2
4.2 Bielle-manivelle
Le sché ma ciné matique est donné sur la figure 4.27. Le degré de mobilité est m = 1.
112
Chapitre 4 • Actions, liaisons
A
S1
C S2
B S3
S0
S3
z0
C
B S2
S1 x1
S0 O
113
5 STATIQUE DES SOLIDES
Remarque
Attention à la formulation de ce principe. L’équi- F
libre de chacun des sous systèmes d’un ensemble
de solides implique que le torseur des actions exté-
rieures à cet ensemble de solides est nul mais la réci-
proque n’est pas vraie. Prenons l’exemple d’une paire
de ciseaux, soumise à l’action de deux forces oppo-
sées F. Le système n’est pas à l’équilibre, puisque la F
paire de ciseaux s’ouvre, et pourtant le torseur des
actions extérieures est bien nul. Par contre, si la paire de ciseaux est à l’équilibre,
tous les solides qui la composent (les deux ciseaux et l’axe) étant à l’équilibre, alors
le torseur des actions extérieures est bien nul.
114
Chapitre 5 • Statique des solides
115
Partie II. Action – Liaisons – Statique
F1
F1
F=0 F=0
M=0
M=0
F2
F2
• Un solide est en é quilibre sous l’action de trois forces exté rieures si ces trois forces
sont coplanaires, concourantes ou parallè les et que leur somme géomé trique est
nulle. Cette derniè re implication peut permettre de résoudre graphiquement les
problè mes.
116
Chapitre 5 • Statique des solides
EX EMPLE
117
Partie II. Action – Liaisons – Statique
moment des actions exté rieures à un solide. Lorsque le problè me est plan, trois é qua-
tions algé briques peuvent ê tre é crites. Deux é quations pour la ré sultante et une pour
le moment. En effet, la composante hors plan de la ré sultante des forces appliqué es
est nulle puisque toutes les forces sont planes ou bien possè dent un symé trique par
rapport au plan de l’objet. La mê me remarque vaut pour les moments, les moments
induits par les forces appliqué es dans le plan sont tous dirigé s selon la normale au
plan du solide. De plus, tout moment d’axe contenu dans le plan possè de un symé -
trique par rapport au plan, les composantes du moment dans le plan de l’objet sont
donc nulles. Finalement, les seules composantes non nulles des vecteurs forces sont
contenues dans le plan et la seule composante non nulle du vecteur moment est nor-
male au plan de l’objet. Si le systè me est parfaitement dé fini dans le plan (x, y), les
torseurs statiques prendront la forme suivante :
Xx+Y y
A(S1 → S2 ) = .
Nz A
118
Chapitre 5 • Statique des solides
L1
S1 L2 S2
S3 L4
L3
S1 L12 S2
b) Liaison en parallèle
On dit que n liaisons L1 , L2 , ..., Li , ..., Ln sont disposé es en parallè le entre deux
solides S1 et S2 si chaque liaison relie directement ces deux solides. Une illustra-
tion en terme de graphe des liaisons est donné e sur la figure 5.4. Les composantes
L1
L2
S1 Li S2
Ln
Figure 5.4 n liaisons en parallèle.
119
Partie II. Action – Liaisons – Statique
c) Liaison en série
n liaisons L1 , L2 , ..., Li , ..., Ln sont disposé es en sé rie entre deux solides S1 et Sn si
elles sont disposé es à la suite les unes des autres par l’intermé diaire de (n-1) solides
(voir figure 5.5). On dit é galement que les (n+1) solides assemblés par les n liaisons
en série constituent une chaîne continue ouverte. Les composantes d’actions mé ca-
S1 S3 Sn-2 Sn
S2 Si Sn-1
niques transmissibles entre S1 et Sn sont donc celles qui sont transmissibles simul-
tanément par les liaisons Li . En effet, si l’on applique le principe fondamental de la
statique au systè me constitué du solide S1 , puis à celui constitué de (S1 , S2 ), puis à
(S1 , S2 , S3 ), et ainsi de suite, puis en appliquant le principe fondamental de la statique
à S1 ayant une liaison é quivalente avec Sn , il vient immé diatement :
A(S1 → S2 ) = A(S2 → S3 ) M
..
.
= A(Si-1 → Si ) M
, ∀M
..
.
= A(Sn-1 → Sn ) M
.
Par consé quent, si une composante d’un torseur statique d’une liaison (Li ) est nulle, la
composante correspondante du torseur statique de la liaison é quivalente est nulle. Le
torseur ciné matique de la liaison é quivalente peut ê tre, quant à lui, obtenu en é crivant
la relation de composition des torseurs ciné matiques entre les diffé rents solides en
pré sence :
120
Chapitre 5 • Statique des solides
nombre total Ns d’inconnues statiques introduit par les liaisons moins le nombre r s
de relations indé pendantes entre ces inconnues :
h = Ns − r s .
Dans le cas d’un nombre d’inconnues statiques é gal au nombre d’é quations indé pen-
dantes (h = 0), le systè me est isostatique. Par exemple, un tabouret constitué de trois
pieds non aligné s est isostatique et une chaise ayant quatre pieds est hyperstatique.
b) Degré de mobilité
Le degré de mobilité m d’un mé canisme ou d’une liaison caracté rise le nombre de
mouvements indé pendants possibles. Ce degré correspond donc au nombre de para-
mè tres indé pendants du torseur ciné matique. Lorsque m est nul le mé canisme est
immobile, lorsque m > 0 le mé canisme est mobile de mobilité m. On peut définir
aussi la mobilité utile m u comme la ou les mobilité s souhaité es du mé canisme ou
toute mobilité qui entraîne le mouvement de plusieurs piè ces. Pour caracté riser la
mobilité d’une piè ce indé pendamment des autres on dé finit la mobilité interne m i
(par exemple, une bielle tournant sur elle-mê me entre deux rotules).
S1 S2 S1 S2 S1 S2
S3
S0 Sn S0 Sn S0 Sn
a) Chaîne ouverte
Dans le cas d’une chaîne dite ouverte on a n + 1 solides en liaison les uns par rapport
aux autres, chaque solide Si é tant en contact avec les solides i-1 et i+1. Il y a donc n
liaisons entre les solides.
1. Analyse ciné matique
Par composition des mouvements, il vient immé diatement :
n
V(Sn /S0 ) = V(Si /Si-1 ) .
i=1
121
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Nous aurons donc six é quations scalaires pour un nombre Nc d’inconnues ciné ma-
tiques indé pendantes (la somme des inconnues de chaque torseur ciné matique).
Le degré de mobilité est donc é gal à Nc . Il est à noter que si, pour une position
donné e du solide n, des mouvements internes sont possibles, il y a alors un ou
plusieurs degré s de mobilité interne qu’il convient gé né ralement de minimiser ou
d’é liminer (usure, vibrations).
2. Analyse statique
Par application successive du principe fondamental de la statique à l’ensemble
des solides (de 1 à n), il vient :
A(Si → Si-1 ) M
= A(ext → n) M
∀M et ∀i ∈ [2; n],
b) Chaîne fermée
Il s’agit d’un cas trè s courant de mé canisme dont les solides sont relié s les uns aux
autres par l’intermé diaire d’une seule liaison, excepté pour le bâti qui est en liaison
avec le solide S1 et le solide Sn .
1. Analyse ciné matique
Par composition des mouvements, on peut é crire une relation entre les torseurs
ciné matiques :
V(S0 /S1 ) M
+ V(S1 /S2 ) M
+ ··· + V(Sn /S0 ) M
= {O} ∀M. (5.4)
Cette relation nous donne un systè me à six é quations au plus indé pendantes pour
Nc inconnues ciné matiques caracté risant les n + 1 liaisons entre les solides. Le
degré de mobilité m de la chaîne fermé e s’exprime donc de la maniè re suivante :
m = Nc − r c ,
avec rc le nombre de relations indé pendantes entre les inconnues ciné matiques
(correspondant au rang du systè me liné aire obtenu par l’é quation 5.4). La quan-
tité r c est infé rieure à Nc car il existe au moins un mouvement possible pour le
systè me. Il est à noter que l’on peut avoir une mobilité interne supplé mentaire
telle que m = m u + m i .
2. Analyse statique
Par application successive du principe fondamental de la statique sur chacun des
122
Chapitre 5 • Statique des solides
A(S0 → S1 ) M
+ A(S2 → S1 ) M
= {O}
..
.
A(Si-1 → Si ) M
+ A(Si+1 → Si ) M
= {O}
..
.
A(ext → Sn ) M
+ A(Sn-1 → Sn ) M
+ A(S0 → Sn ) = {O} ,
M
(5.5)
où A(ext → Sn ) M représente le torseur des actions mé caniques exté rieures
appliqué au solide Sn au point M. Ce systè me d’é quations fournit 6n é quations
pour Ns inconnues statiques (correspondant à la somme des inconnues associé es
à chaque torseur de liaison). Le degré d’hyperstatisme s’obtient donc par :
h = Ns − rs , (5.6)
avec rs le nombre de relations indé pendantes entre les inconnues statiques (cor-
respondant au rang du systè me liné aire obtenu par les é quations 5.5). Les 6n − r s
é quations dites non principales du systè me d’é quations correspondent en fait au
nombre de relations ciné matiques imposé es. C’est donc la mobilité ciné matique
que l’on retrouve :
m = 6n − rs . (5.7)
Comme il est souvent fastidieux d’é crire toutes les é quations de la statique, on
peut analyser l’hyperstaticité du systè me par une simple approche ciné matique.
Comme le nombre total d’inconnues statiques et ciné matiques est
Nc + Ns = 6(n + 1),
puisqu’il y a n + 1 liaisons entre les n solides et le bâ ti, il vient grâ ce aux rela-
tions (5.6) et (5.7) :
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
h = 6 + m − Nc . (5.8)
Remarque
Dans le cas d’un problème plan, nous avons 3n équations provenant du système (5.5),
ainsi que 3(n + 1) inconnues statiques et cinématiques. Il vient donc que la rela-
tion (5.8) devient h = 3 + m − Nc .
EX EMPLE
123
Partie II. Action – Liaisons – Statique
long de l’axe (O, x). Dans le cas gé né ral, la liaison entre le piston et le bâ ti est
aussi de type pivot glissant (qui autorise une rotation et une translation) mais
nous sommes dans le cas particulier d’un problè me plan et par consé quent il ne
reste comme mouvement possible que la translation.
x1
a
A
y
L
C
h x
O H B
b
y x2 y x2
y1 x2
x1
a b
x x
z z
Le repé rage pour S1 est simple : l’angle a repè re x1 par rapport à x. Nous sup-
posons que ce systè me est soumis à un couple (C = C z) en C et à un effort
(F = F x) en B. Le graphe des actions mécaniques de ce systè me est repré -
senté sur la figure 5.8. Nous sommes donc en pré sence d’une chaîne fermé e dont
on peut dé terminer simplement le degré d’hyperstatisme. En effet, nous avons
quatre inconnues ciné matiques (V(S0 /S1 ), V(S1 /S2 ), V(S2 /S3 ), V(B ∈ S3 /S0 ))
et trois relations indépendantes entre ces inconnues ciné matiques, il vient donc
que, comme le problè me est plan, le systè me est isostatique (h = 3 + 1 − 4 = 0).
On peut vé rifier le ré sultat en effectuant une analyse statique du systè me. Pour
cela, nous appliquons le PFS aux trois solides constituant le système : S1 , S2 et
S3 , à l’é quilibre. Nous avons donc :
• é quilibre de S1
A(C → S1 ) C
+ A(S0 → S1 ) C
+ A(S2 → S1 ) C
= {O } ;
0 X 01 x + Y01 y X 21 x + Y21 y
+ + = {O} ;
Cz C
0z C
l(Y21 cos a − X 21 sin a) z C
124
Chapitre 5 • Statique des solides
C
L01 L12
liaison pivot d’axe (C, z) liaison pivot d’axe (A, z)
S1
S0 S2
S3
L30 L23
liaison glissière d’axe (B, x) liaison pivot d’axe (B,z)
F
Figure 5.8 Graphe des actions mécaniques (liaisons+efforts) de la bielle
manivelle, (figure 5.7).
• é quilibre de S2
A(S1 → S2 ) A
+ A(S3 → S2 ) A
= {O} ;
X 12 x + Y12 y X 32 x + Y32 y
+ = {O} .
0z A
L(cos bY32 + sin bX 32 ) z A
• é quilibre de S3
A(F → S3 ) B
+ A(S0 → S3 ) B
+ A(S2 → S3 ) B
= {O} ;
Fx 0 x + Y03 y X 23 x + Y23 y
+ + = {O} .
0 B
N03 z B
0z B
Nous obtenons donc neuf é quations pour huit inconnues statiques (X 01 , Y01 , X 21 ,
Y21 , X 32 , Y32 , Y03 et N03 ), une é quation est donc une combinaison liné aire des
autres. Le rang rs du systè me est donc de huit. On en dé duit donc que le systè me
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
À R ETENIR
125
Partie II. Action – Liaisons – Statique
A(ext → s) M
= {O} ∀s ∈ Si et ∀M,
A(S1 → S2 ) M
=− A(S2 → S1 ) M
∀M.
Liaisons en parallèle
Le torseur des actions mé caniques transmissibles de la liaison é quivalente à un
exemple de liaisons en parallè le entre deux solides S1 et S2 est tel que :
n
(i)
A(S1 → S2 ) M
= A(S1 → S2 ) M
,
i=1
Liaisons en série
Le torseur cinématique de la liaison é quivalente à un exemple de liaisons en sé rie
est tel que :
n
V(Sn /S1 ) = V(Si /Si-1 ) ,
i=2
126
Chapitre 5 • Statique des solides
m = Nc − r c .
m : degré de mobilité .
Nc : nombre d’inconnues ciné matiques indépendantes introduit par l’ensemble
des liaisons du mé canisme.
rc : nombre de relations indé pendantes entre les inconnues ciné matiques.
Exercices
5.1 Diable
Le diable est un systè me qui permet le transport de charges (P = −Mgy) impor-
tantes et ceci à moindre effort F de la part du manutentionnaire.
Un diable constitué d’un support de charge et d’une roue de rayon r est schématisé
en vue de cô té sur la figure 5.9. Deux repè res lui sont associé s. Un premier repè re R
(x, y, z) est lié à la base. Un second, R1 (x1 , y1 , z) lié au diable, repè re son orienta-
tion par rapport à R tel que a = (x, y1 ). On note AB = ay1 et BC = by1 .Dans la
suite du problè me, le poids du diable est né gligé devant celui de la charge transporté e.
C
h
L
F
G
y y1
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
P
a
B z x
S A x1
1) Dans un repè re que vous choisirez, calculez le torseur ré sultant des efforts exté -
rieurs appliqué s au diable.
2) Pourquoi met-on en pratique le pied pour bloquer les roues ?
3) Calculez l’effort F et la ré action au sol en fonction des donné es gé omé triques.
127
Partie II. Action – Liaisons – Statique
y0 y
S6
z0 x0 x
S1 C D
B S3
A E F
S2
S4 S5
S0 I J
Figure 5.10 Schéma du VTT.
128
Chapitre 5 • Statique des solides
p
2) En appliquant la mê me mé thode à la piè ce S2 , montrez que Y13 = − v.
cos f
Y13
3) En appliquant la mê me mé thode à la piè ce S3 , montrer que Q = − v.
R cos f
4) En dé duire la valeur de Q en fonction de P, R, et f.
5.4 Gouvernail d’un voilier
Lors d’une navigation en ligne droite, le maintien de la trajectoire suppose, de la
part du barreur, un effort constant sur le bras de manipulation du gouvernail. On
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
désire connaître la valeur de cet effort dans une configuration simple : un gouvernail,
constitué du safran et du bras de manipulation est relié au bateau par une liaison pivot
d’axe (G, z). On supposera que le bateau se dé place en translation rectiligne à vitesse
constante, on pourra ainsi appliquer le principe fondamental de la statique. On sup-
posera de plus que le poids du gouvernail est faible vis-à -vis des efforts qui lui sont
appliqué s. L’action de l’eau sur le safran est modé lisé e par une force ponctuelle Feau ,
appliqué e en son milieu E : Feau = −Fex x − Fey y avec Fex et Fey valeurs positives.
L’action du barreur en H est noté e Fbarreur = Fb x. On donne : GH = dz + y et
GE = −Dz − Ly avec d, , D, L positives.
1) Que vaut l’action du barreur en fonction de celle de l’eau ?
2) Dé terminer les efforts dans la liaison pivot en fonction de l’action de l’eau.
3) Application numé rique pour : D = 3d = 0, 6 m, = 3L = 1, 05 m, Fex = 40 N
et Fey = 10 N.
129
Partie II. Action – Liaisons – Statique
H Fbarreur
z y
G
x
Feau
E
Figure 5.12 Détail du gouvernail et les notations adoptées.
130
Chapitre 5 • Statique des solides
a a
Ff1 Ff2
F
Fn1 Fn2
H2
H1 P
G
H2
Figure 5.13 Frein Cantilever.
A b Fm
Fcp L3 M
v L1
u B
L2
Figure 5.14 Poignée de frein.
131
Partie II. Action – Liaisons – Statique
F F∗c
y
x
H2∗
P Fn
H1∗
G∗
Figure 5.15 Principe du frein Shimano.
8) Relation entre Cf∗ et Fm pour le frein Shimano À partir des relations é tablies
en 1, 3 et 5, é tablir l’expression du couple de freinage Cf∗ en fonction de l’effort
Fm exercé par la main sur la poigné e de frein.
9) Comparaison des deux systè mes de frein Comparer l’efficacité des deux sys-
tè mes de freinage (ré sultats é tablis en 4 et 6). Dans un premier temps, on sup-
p
posera que a = et que H1∗ = H1 . Dans un deuxiè me temps, on supposera
4
que H2 = 85 mm, H3 = 20 mm et que H2∗ = 120 mm. Le graphe 5.16 donne
la relation expé rimentalement mesuré e entre l’effort exercé sur la poigné e Fm et
l’effort de serrage Fn .
10) Conclusion Comparer et commenter les ré sultats des modé lisations avec les
ré sultats expé rimentaux.
132
Chapitre 5 • Statique des solides
160
120
A A’
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Sauveteur H
b
C
a
K3
B K
2
K1
Accidenté M
133
Partie II. Action – Liaisons – Statique
l’axe est relié à la corde K1 et sur laquelle le brin K2 roule sans frottement. Le brin K2
est fixé à l’ancrage en A et à une deuxiè me dé gaine C dans laquelle coulisse le brin
K3 . Cette dé gaine est supposé e se comporter comme une poulie dont l’axe est relié à
la corde K2 et sur laquelle le brin K3 roule sans frottement. Le brin K3 est fixé à l’an-
crage en A’ (proche de A) et tiré par le sauveteur H qui exerce une force de module
F. On note P le module de la force exercé e sur le brin K1 par l’accidenté M.
1) Que peut-on dire de la tension dans les parties [AB] et [BC] du brin de corde K2 ?
Que peut-on dire de la tension dans les parties [A’C] et [CH] du brin de corde K3 ?
2) Isoler la poulie B, exprimer son é quilibre et, dans un repè re judicieux, calculer la
tension F2 dans la corde K2 en fonction de la force P et de l’angle a.
3) Isoler la poulie C, exprimer son é quilibre et, dans un repè re judicieux, calculer la
tension F2 dans la corde K2 en fonction de la force F et de l’angle b.
4) Donner alors la relation simple entre P, F et les deux angles a et b.
5) En dé duire les valeurs idé ales des deux angles qui é quilibrent P avec une force F
d’amplitude minimale. Donner l’expression de cette force minimale F en fonction
de la valeur de P.
Croyant aider le sauveteur, l’accidenté cherche à s’é carter de la paroi en s’ap-
puyant sur ses jambes (figure 5.19). L’accidenté est supposé de masse m et la force
qu’il exerce sur la paroi de maniè re à s’en é carter est noté e R, avec R = Rx, x
horizontal et z vertical ascendant. Par cette manœuvre, la corde prend un angle
g avec la surface du mur supposé vertical. L’accidenté est donc soumis à la ré ac-
tion du mur, à son propre poids M et à la tension de module P dans le brin de
corde K1 .
z
K1
x
g
g
134
Chapitre 5 • Statique des solides
situé e vers le bas du dé tendeur s’é carte pour laisser é chapper l’air vers l’exté rieur.
Chambre humide
Membrane M Pa y1 Sm y
Pointeau P
PA
Pa − DP Pa A O
MP
MP E B x
D
Clapet
Chambre d’inspiration Sc
Figure 5.21 Deuxième étage Figure 5.22 Deuxième étage
d’un détendeur lors de l’inspiration d’un détendeur à l’équilibre.
d’un plongeur.
135
Partie II. Action – Liaisons – Statique
5.1 Diable
1) Le systè me considé ré est le diable. Il s’agit de recenser les torseurs qui lui sont
exté rieurs :
P R
A(Charge → Diable) = , A(Sol → Diable) = ,
0 G
0 B
F
A(Main → Diable) = .
0 C
Le torseur ré sultant noté A(Ré sultant → Diable) peut ê tre obtenu par la
somme des autres torseurs au mê me point par exemple B :
136
Chapitre 5 • Statique des solides
h L
puisque GB = GA + AB = x1 − y1 + ay1 avec x1 = sin ax − cos ay
2 2
et y1 = cos ax + sin ay.
• Torseur de l’action de la main exprimé en B
F −Fy −Fy
A(Main → Diable) = = = ,
0 C
−Fy ∧ CB B
−Fb cos az B
avec CB = −by1 .
• Torseur de l’action du sol sur la roue en B
R Ry y
A(Roue → Diable) = = ,
0 S
0 B
avec SB = r y.
Torseur ré sultant en B :
A(Ré sultant → Diable) = A(Charge → Diable) B
+ A(Main → Diable) B
+ A(Sol → Diable) B
.
En projection sur les 3 axes du repè re de base, le torseur ré sultant s’é crit :
/x : 0.
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
/y : −Mg + R y − F.
/z : Mg( h sin a − L cos a + a cos a) − Fb cos a.
2 2
2) Il existe un moment B qui n’est pas nul qui a donc tendance à faire tourner la roue
et à faire avancer le diable.
3) En considé rant le diable comme le systè me, le PFS appliqué en B s’é crit :
soit en projection sur les axes de la base, la ré sultante du PFS s’é crit au point B :
/x : 0.
/y : −Mg + R y − F = 0.
/z : Mg( h sin a − L cos a + a cos a) − Fb cos a = 0.
2 2
137
Partie II. Action – Liaisons – Statique
Soit :
h L a
F = Mg tan a − + ,
2b 2b b
et :
h L a
R y = P + Mg tan a − + .
2b 2b b
5.2 Cadre de VTT
Il s’agit d’un problè me plan, dé fini dans le plan (A, x0 , y0 ). Par consé quent la
composante de la ré sultante selon z0 et les composantes du moment selon x0 et y0
sont nulles.
1) Torseur de l’action mécanique en I de S0 sur S4 :
Y04 y
A(S0 → S4 ) = ;
0x + 0y + 0z I
Y05 y
A(S0 → S5 ) = ;
0x + 0y + 0z J
X 41 x + Y41 y
A(S4 → S1 ) = ;
0x + 0y + 0z A
X 65 x + Y65 y
A(S6 → S5 ) = ;
0x + 0y + 0z F
X 61 x + Y61 y
A(S1 → S6 ) = .
0 x + 0 y + N61 z D
138
Chapitre 5 • Statique des solides
0 u + Y13 v
A(S1 → S3 ) = ,
N13 z D
X 23 u + Y23 v
A(S2 → S3 ) = .
0z D
A(S3 → S3 ) D
= A(S1 → S3 ) D
+ A(S2 → S3 ) D
= {O} ,
139
Partie II. Action – Liaisons – Statique
2) Sur la piè ce S2 s’exerç ent les actions exté rieures de S3 par une liaison rotule, de
S0 par une liaison glissiè re d’axe (B, y) et la force P à l’extré mité E. Nous avons
donc :
0 u + Y32 v
A(S3 → S2 ) = ,
0z D
X 02 x + 0 y
A(S0 → S2 ) = ,
N02 z B
0x+ P y
A(P → S2 ) = .
0z E
A(S2 → S2 ) D
= {O} ,
et donc
A(S3 → S2 ) D
+ A(S0 → S2 ) D
+ A(P → S2 ) D
= {O}
0 u + Y32 v X 02 x + 0 y 0x+ P y
+ + = {O} ,
0z D
N02 − tan fX 02 z D
0z D
140
Chapitre 5 • Statique des solides
3) Sur la piè ce S1 s’exerç ent les actions exté rieures de S0 par une liaison pivot, de
S3 par une liaison glissiè re d’axe (D,u) et la force Q en C. Nous avons donc :
X 01 u + Y01 v
A(S0 → S1 ) = .
0z O
0 u + Y31 v
A(S3 → S1 ) = .
N31 z D
0 u + (−)Q v
A(Q → S1 ) = .
0z C
A(S1 → S1 ) D
= {O} ,
et donc
− (Q − Y31 ) − Q R− = 0,
cos f) cos f
ou encore
Y31
Q= v,
R cos f
puisque la force Q est porté e par l’axe v.
4) D’aprè s les ré sultats des questions 2 et 3, il vient immé diatement :
P
Q= .
R cos2 f
141
Partie II. Action – Liaisons – Statique
A(S → S) G
= {O}
A(S → S) G
= A(Fb → S) G
+ A(Fe → S) G
+ A(S0 → S) G
Fb x + 0 y + 0 z
=
0 x + Fb d y + (−)Fb z G
(−)Fex x + (−)Fey y + 0 z
+
(−)Fey D x + Fex D y + (−)L Fex z E
X 01 x + Y01 y + Z 01 z
+ .
L 01 x + M01 y + 0 z G
Y01 = Fey .
Z 01 = 0.
142
Chapitre 5 • Statique des solides
L 01 = Fey D.
L
M01 = d−D Fex .
L 01 = 6 Nm.
M01 = −26, 7 Nm.
5.5 Systèmes de freinage de Vélo Tout Terrain
1) Un couple est un torseur d’effort de ré sultante F nulle et de moment M non nul.
Le couple de freinage calculé au point O est cré é par l’action des deux patins P1
et P2 sur la jante de la roue. L’action des patins FP1 et FP2 est ré gie par la loi
de Coulomb qui lie la composante normale Fn à la composante tangentielle (ou
force de frottement) Ft .
y
O
z
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
S0
Figure 5.23 Couple de freinage.
143
Partie II. Action – Liaisons – Statique
2) On isole l’anneau. On effectue le bilan des actions mé caniques exté rieures exer-
cé es sur l’anneau :
• force exercé e par la câ ble de frein : Fc ;
• force exercé e par le fil de liaison f1 : Ff1 ;
• force exercé e par le fil de liaison f2 : Ff2 ,
avec ||Ff1 || = ||Ff2 || = Ff . Le Principe Fondamental de la Statique appliqué à
la ré sultante des efforts donne : Fc + Ff1 + Ff2 = 0. En projection sur (O, y), il
vient : Fc = 2Ff cos a.
3) On isole à pré sent la biellette B1 . On effectue le bilan des actions mécaniques
exté rieures qui s’exercent sur la biellette B1 :
• force exercé e par la roue sur la biellette par l’intermé diaire du patin en P :
−Fp1 , torseur associé :
−Fn x + Ft z
A(Roue → B1 ) = ;
0 P
X G x + YG y + YG z
A(Fourche → B1 ) = ;
L G x + MG y G
Ff sin a x + Ff cos a y
A(f1 → B1 ) = .
0 F
• Moment en G de −Fp1 :
144
Chapitre 5 • Statique des solides
avec les • correspondant aux composantes qui n’ont pas besoin d’ê tre calculé es.
On applique le principe fondamental de la statique sur les moments au point G en
les projetant sur l’axe (O, z) : FnH1 − Ff sin aH2 − Ff cos aH3 = 0, d’où :
Fn H1
Ff = .
H2 sin a + H3 cos a
A
b Fm
L3
Fcp u
L1 M
L2
B
Figure 5.24 Poignée de frein.
X B u + YB v + Z B z
A(Guidon → Poigné e) = ;
L B u + MB v B
−Fm v
A(Utilisateur → Poigné e) = ;
0 M
A(ext → Poigné e) B
= {O} .
145
Partie II. Action – Liaisons – Statique
• Moment en B de Fcp :
Le PFS appliqué aux moments en B en projection sur (O, z) nous donne la relation
L1
suivante : Fm = Fc cos b.
L2
5) À l’aide des questions 1, 2 et 3 :
C f = 2 f Fn R,
F = 2Ff cos a,
c
Fn H1
Ff = ,
H2 sin a + H3 cos a
L1
Fm = Fc cos b,
L2
d’où :
f R L 2 Fm (H2 sin a + H3 cos a)
Cf = .
H1 L 1 cos a cos b
6) On suit toujours la mê me dé marche : aprè s avoir isolé la biellette B1 , on effectue
le bilan des actions mé caniques exté rieures s’exerç ant sur la biellette B1 :
• efforts transmis par la liaison pivot d’axe (G∗ , z) en G∗ , torseur associé
X G∗ x + YG∗ y + YG∗ z
A(Fourche → B1 ) = ;
L ∗G x + MG∗ y G∗
Fc∗ x
A(Fil → B1 ) = ;
0 F∗
• force exercé e par la roue sur la biellette B1 par l’intermé diaire du patin en P :
−Fp1 , torseur associé :
−Fn x + Ft z
A(Roue → B1 ) = .
0 P
146
Chapitre 5 • Statique des solides
• Moment en G∗ de -Fp :
H1∗
En projection sur l’axe (O, z), on obtient : Fc∗ = Fn ∗ .
H2
7) À partir des relations é tablies en 1, 3 et 5, on obtient :
∗
C f = 2 f Fn R,
H2∗ ∗
Fn = ∗ Fc ,
H1
L 2 Fm
Fc∗ = ,
L 1 cos b
d’où :
H2∗ L 2
Cf∗ =2f R ∗ Fm .
H1 L 1 cos b
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
p
8) On supposera que a = et que H1∗ = H1 .
4
H2 + H3 f R L 2 Fm
Cf = ,
H1 L 1 cos b
2H2∗ f R L 2 Fm
C f∗ = ,
H1∗ L 1 cos b
d’où
2H2∗
C f∗ = Cf .
H2 + H3
Application numé rique : H2 = 85 mm, H3 = 20 mm et que H2∗ = 120 mm et
C f∗ > 2Cf .
147
Partie II. Action – Liaisons – Statique
9) Conclusion
Les ré sultats expé rimentaux ne correspondent pas aux ré sultats issus de la modé -
lisation : les dimensions sont approximatives et l’hypothè se par rapport au câ ble
« Le deuxiè me systè me de freinage é tudié est tel que l’extré mité supé rieure de
chaque biellette est soumise directement à l’effort Fc∗ dans le câ ble de frein »
est à revoir. Il est important de toujours conserver un esprit critique vis à vis des
modè les é tudié s en les confrontant à des donné es ré elles (expé rimentales).
5.6 Mouflage
1) É tudions l’é quilibre statique de la premiè re poulie B de rayon r . Les torseurs
statiques s’é crivent :
P FBC
A(Poids → Poulie) = A(BC → Poulie) = .
0 B
0 K
FAB
A(AB → Poulie) = .
0 L
FAB x
FBC
y a
B
L r
K a
148
Chapitre 5 • Statique des solides
FAB x
g FBC
g
y a
b a a b
P = 2 2F cos cos = 4F cos cos .
2 2 2 2
P
F= .
a b
4 cos cos
2 2
149
Partie II. Action – Liaisons – Statique
a b
Donc F est minimum si 4 cos cos est maximum soit si simultané ment
2 2
a b
= = 0. Ce qui revient à dire que tous les brins sont aligné s. Dans ce cas :
2 2
P
F= .
4
6) Utilisons la figure 5.27. PFS en G projeté sur x et z :
z
Pg
R x
G
R − P sin g = 0.
−M + P cos g = 0.
Soit :
M mg
P= = ,
cos g cos g
d’où : mg
F= .
4 cos g
Aide-t-il le premier de cordé e ? R = mg tan g. Si R augmente, g augmente,
cos g → 0 et donc F augmente. Il n’aide donc pas son sauveteur en s’é cartant du
mur.
5.7 Détendeur de plongée
1) La pression de l’eau vaut Pa et s’exerce sur toute la membrane de surface Sm . Le
torseur ré sultant s’é crit donc en A :
−Pa Sm y
A(Eau → Membrane) = .
0 A
(Pa − DP)Sm y
A(Dé pression → Membrane) = .
0 A
150
Chapitre 5 • Statique des solides
Rx x + R y y
A(Détendeur → P) = ,
0 O
(Pa − DP)y
A(Dépression → Membrane) = .
0 A
Le clapet C exerce une force ponctuelle sur le pointeau en B. Appelons Fc cette
force que nous devrons calculer. Le torseur ré sultant s’é crit alors :
−Fc x
A(C → P) = .
0 B
a
Fc = sin aDP Sm .
b
Donc le torseur exercé par le pointeau sur le clapet en B s’é crit :
a
sin aDP Sm x
A(P → C) =− A(C → P) B
= b .
0 B
4) Il faut dans un premier temps recenser tous les torseurs qui s’appliquent sur le
clapet.
• Torseur de la moyenne pression sur le clapet calculé en E :
MP Sc x
A(MP → C) = .
0 E
151
Partie II. Action – Liaisons – Statique
−Pa x
A(R → C) =
0 E
Ry y
A(Dé tendeur → C) = .
Nz D
−(Pa DP)Sc x
A(Dé pression → C) = .
0 B
Le PFS appliqué au clapet peut être calculé au point B. Dans ce cas, en ne consi-
dé rant que la projection selon x :
a
sin aDP Sm − Pa + MP Sc − (Pa − DP)Sc = 0.
b
Finalement, en né gligeant Sc devant Sm , à :
Pa − Sc (MP − Pa )
DP = a .
b sin aSm
152
Partie III
Conservation
de l’énergie :
premier principe
INTRODUCTION
6
Dans cette partie nous allons rappeler rapidement les principales grandeurs
employé es en é nergé tique (puissance, travail, é nergie potentielle et é nergie ciné -
tique) et les exprimer dans le cadre de la mé canique des systè mes de solides
indé formables. Dans un second temps nous é crirons le principe de conservation de
l’é nergie dans ce mê me cadre.
6.1 ÉNERGÉTIQUE
6.1.1 Puissance des actions mécaniques exercées sur un solide
Supposons un solide S. Les actions mé caniques extérieures à S sur S sont repré sen-
té es par un champ vectoriel CdP où dP est une mesure volumique, surfacique ou
liné ique. S’il s’agit d’actions à distance (attraction gravitationnelle, par exemple),
l’inté grale est une intégrale volumique. S’il s’agit d’actions de contact, l’inté grale est
alors une inté grale de surface. Avec ces notations, on construit le torseur des actions
de S sur S au point A :
C(S → S)dP
A(S → S) = S .
AP ∧ C(S → S)dP
S A
k
P(Se → Si /R2 ) = C(Se → Si )(Pi ) · V(Pi /R2 )dP.
Si
155
Partie III. Conservation de l’énergie : premier principe
Par conséquent :
k k
P(Se → Si /R1 ) − P(Se → Si /R2 ) = C(Se → Si )(Pi ) · V(Pi /R1 ) − V(Pi /R2 ) dP.
Si
Or :
V(Pi /R1 ) = V(Pi /R2 ) + V(Pi ∈ R2 /R1 ),
soit :
k k
P(Se → Si /R1 ) − P(Se → Si /R2 ) = C(Se → Si )(Pi ) · V(Pi ∈ R2 /R1 ) dP,
Si
soit encore :
k k
P(Se → Si /R1 ) − P(Se → Si /R2 ) = A(Se → Si ) · V(R2 /R1 ) .
Le système S est un systè me de solides Sj , Se é tant un système maté riel apparte-
nant à S. La puissance dé veloppée par les actions mé caniques de Se sur S, pour la
loi k (contact, attraction gravitationnelle . . .), dans le mouvement de S par rapport au
repè re galilé en Rg , à la date t, est par dé finition :
n
k
P(Se → S/R) = C(Se → Sj )(Pj ) · V(Pj /Rg )dP,
j=1 Sj
Par conséquent :
k k k
P(S1 ↔ S2 /R1 ) = P(S1 → S2 /R1 ) + P(S2 → S1 /R1 ).
De mê me :
k k k
P(S1 ↔ S2 /R2 ) = P(S1 → S2 /R2 ) + P(S2 → S1 /R2 ).
Donc :
k k k
P(S1 ↔ S2 /R1 ) − P(S1 ↔ S2 /R2 ) = A(S1 → S2 ) · V(R2 /R1 )
k
+ A(S2 → S1 ) · V(R2 /R1 ) .
156
Chapitre 6 • Introduction
Or :
k k
A(S1 → S2 ) =− A(S2 → S1 ) ,
Donc
k k
P(S1 ↔ S2 /R1 ) − P(S1 ↔ S2 /R2 ) = 0.
La puissance des actions ré ciproques entre deux solides pour toute loi d’interaction
k est indé pendante du ré fé rentiel du mouvement choisi. On la note donc :
k
P(S1 ↔ S2 ).
6.1.2 Travail
Se é tant un systè me maté riel appartenant à Si , le travail entre les dates t1 et t2 des
actions mé caniques de Se sur Si pour la loi k (contact, attraction gravitationnelle . . . ),
dans le mouvement de Si par rapport au repè re R, est par définition :
t2
k k
W (Se → Si /R)tt21 = P(Se → Si /R)dt.
t1
On procè de à une double inté gration. On intègre d’abord l’effet de chacun des points
P2 de S2 sur un mê me point P1 de S1 pour calculer l’action du solide S2 sur ce point
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
P1 . Puis on intè gre sur l’ensemble des points P1 de S1 pour calculer l’action du solide
S2 sur le solide S1 .
Si, quels que soient les mouvements de S1 et de S2 par rapport à R, on peut é crire :
k d
P(S2 → S1 /R) = − Q(P1 , P2 )dP1 dP2
dt S1 , S2
et dans ce cas :
k d k
P(S2 → S1 /R) = − Ep (S2 → S1 /R).
dt
157
Partie III. Conservation de l’énergie : premier principe
g
P(S1 → S2 /Rg ) = Cg (S1 → P2 ) · V(P2 /Rg ).
S2
g
P(S2 → S1 /Rg ) = Cg (S2 → P1 ) · V(P1 /Rg ).
S1
Par consé quent la puissance dé veloppé e par les actions mutuelles entre S1 et S2 est :
g g g
P(S2 ↔ S1 ) = P(S1 → S2 /Rg ) + P(S2 → S1 /Rg ).
158
Chapitre 6 • Introduction
En développant :
g P1 P2
P(S2 ↔ S1 ) = −G0 (V(P2 /Rg ) − V(P1 /Rg ))dm 1 dm 2 .
S1 ×S2 P1 P 2 3
g P1 P 2 dP1 P2
P(S2 ↔ S1 ) = −G0 · dm 1 dm 2 .
S1 ×S2 P1 P2 3 dt Rg
Soit finalement :
g d 1
P(S2 ↔ S1 ) = G0 dm 1 dm 2
S1 ×S2 dt P1 P2 Rg
g d dm 1 dm 2
P(S2 ↔ S1 ) = G0
dt S1 ×S2 P1 P2
Donc il existe une é nergie potentielle associé e aux actions mutuelles de l’attraction
gravitationnelle entre deux solides S1 et S2 qui s’écrit :
g dm 1 dm 2
Ep (S2 ↔ S1 ) = −G0
S1 ×S2 P1 P2
On a dans ce cas :
g g
Ep (Terre ↔ S) = Ep (Pes → S/Terre) = −m(S) g · OG,
159
Partie III. Conservation de l’énergie : premier principe
Donc :
dT(S/Rg )
= A(S → S1 ) + A(S2 → S1 ) · V(S1 /Rg )
dt
+ A(S → S2 ) + A(S1 → S2 ) · V(S2 /Rg ) .
Comme :
A(S2 → S1 ) =− A(S1 → S2 ) .
On en déduit :
dT(S/Rg )
= A(S → Si ) · A(Si → Rg )
dt i=1,2
+ A(S1 → S2 ) · V(S2 /Rg ) − V(S1 /Rg ) ,
ou encore :
dT(S/Rg )
= P(S → S/Rg ) + P(S1 ↔ S2 ).
dt
La puissance dé veloppée par les efforts exté rieurs et inté rieurs au systè me S est é gale
à la variation de l’é nergie ciné tique du système. Ceci se gé né ralise naturellement à
un systè me de n solides.
i=1 j>i
Le thé orè me de l’é nergie ciné tique pour un systè me S de n solides s’é crit donc :
dT(S/Rg )
= P(S → S/Rg ) + P(Si ↔ Sj )
dt
Puissance des efforts exté rieurs Puissance des efforts intérieurs
Dans ce cas, l’inté grale du théorè me de l’é nergie, appelé e inté grale premiè re de
l’é nergie ciné tique, est une constante :
Cette intégrale premiè re traduit directement la conservation de l’é nergie du systè me.
Il y a transformation de l’énergie potentielle en é nergie ciné tique et ré ciproquement.
Le systè me est alors dit « conservatif ».
EN RÉSUMÉ
g dm 1 dm 2
Ep (S2 ↔ S1 ) = −G0 .
S1 ×S2 P1 P2
g g
Ep (Terre ↔ S) = Ep (Pes → S/Terre) = −m(S) g · OG.
Ressort de traction-torsion
r 1 1
Ep (S1 ↔ S2 ) = K (L − L 0 )2 + C(u − u0 )2 ,
2 2
où r est un ressort de traction torsion, de raideur K en traction-compression, de
raideur C en torsion, et de longueur libre l0 , et où l paramè tre la distance entre
les points d’attache du ressort sur les deux solides S1 et S2 et de torsion libre u0
où u paramètre la torsion du ressort.
dT(S/Rg )
= P(S → S/Rg ) + P(Si ↔ Sj )
dt
Puissance des efforts exté rieurs Puissance des efforts inté rieurs
162
Chapitre 6 • Introduction
Le thé orè me de l’é nergie ciné tique, permet d’é crire une é quation scalaire pour
un systè me de solides conservatif. Si le systè me ne comporte qu’un seul degré
de liberté , cette é quation suffit pour ré soudre le problè me. Prenons l’exemple
d’un disque mal é quilibré , modé lisé comme l’union d’un disque é quilibré D
et d’un balourd. Le disque D, de rayon R, de centre O et de masse m D , est
attaché à un repè re RD (O, u, v, z) en rotation à la vitesse V(RD /Rg ) autour
de l’axe z par rapport au ré fé rentiel du mouvement Rg (O, x, y, z). On note
u · x = v · y = cos(a). Le balourd est repré senté par un point maté riel B, de
masse m B , fixe dans RD avec OB = bu. Une vitesse de rotation initiale Ω = ȧ0 z
est imprimé e au disque en position initiale a0 = 0, puis on le laisse libre. Le ten-
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
163
Partie III. Conservation de l’énergie : premier principe
y
v
u
a
b x
R O
et vaut :
R2
2T(S/Rg ) = (m D + mB b2 )ȧ2
2
L’é nergie potentielle de la pesanteur du disque est nulle, par conséquent l’é nergie
potentielle du systè me S s’é crit :
g
Ep (Terre ↔ S) = −m B g · OB = m B g b sin a
Comme :
T(S/Rg ) + E p (S/Rg ) = Constante,
on en dé duit :
R2 2 2 R2
(m D + m B b )ȧ + m B g b sin a = (m D + m B b2 )ȧ20 .
2 2
La vitesse de rotation du disque n’est pas constante et dé pend de la position du
balourd :
2 mB g b
ȧ2 − ȧ20 = − sin a.
(m D R 2 + 2 m B b2 )
Le disque ralentit lorsque le balourd s’é lè ve au dessus de l’axe de rotation et
accé lè re lorsque le balourd descend.
164
Partie IV
Principe fondamental
de la dynamique,
principe des puissances
virtuelles
PRINCIPE FONDAMENTAL
DE LA DYNAMIQUE
7
7.1 INTRODUCTION : UN PEU D’HISTOIRE
Au dé but du XVI e siè cle, la notion de force restait obscure. Une force, à la diffé rence
d’un mouvement, est difficile à mettre en é vidence : c’est mê me impossible car la
force n’est dé finie que par dualité à partir du dé placement ou de la vitesse. Ce n’est
que la quantité qui, par produit scalaire avec l’une des deux quantité s (dé placement
ou vitesse), donne une é nergie ou une puissance. Dans le systè me de Ptolé mé e, par
exemple, les trajectoires et les mouvements relatifs des planè tes é taient relativement
bien dé crits, quoique de faç on complexe, par les systè mes d’é picycles, mais les lois
ré gissant ces mouvements restaient encore inconnues. Le principe d’inertie, é noncé
par Galilé e, puis le principe fondamental de la dynamique, é noncé par Newton, sont
à la base de la mé canique classique. La dynamique étant le ré gime où dominent les
effets d’inertie, par opposition à la statique. Le principe d’inertie : ce principe est
peut-ê tre le plus grand apport de Galilé e (1564-1642) à la physique. En faisant des
expé riences avec des billes qui roulent sur des plans de diffé rentes natures, il observe
que si le plan est trè s rugueux, la bille s’arrê te rapidement, par contre, si le plan est
trè s lisse ou recouvert d’huile, la bille parcourt une distance beaucoup plus grande
avant de s’arrê ter. Galilé e eut alors l’idé e de forces de frottement : le plan rugueux
frotte trè s fortement sur la bille et l’oblige à s’arrê ter rapidement. Au contraire, sur
un plan lisse les forces de frottement sont trè s faibles et n’empê chent pas la bille de
rouler. Dans la vie de tous les jours, les forces de frottement sont partout pré sentes
et obligent les corps à stopper leur mouvement ; pour entretenir ce mouvement on
doit alors constamment appliquer une force exté rieure qui contrebalance ces forces
de frottement. Mais si on pouvait ré duire ces forces de frottement à zé ro, alors le
corps conserverait indé finiment son mouvement.
C’est en faisant une telle extrapolation que Galilé e donne une premiè re formulation
du principe d’inertie : Tout corps possè de une certaine inertie qui l’oblige à conser-
ver sa vitesse, à moins qu’une force exté rieure, une force de frottement par exemple,
ne l’oblige à arrê ter ce mouvement, i.e. à modifier cette vitesse. C’est finalement à
partir de ce principe que Newton (1642-1727) introduit en 1687 la description des
causes du mouvement et introduira la notion fondamentale de force : le mouvement
d’un systè me isolé é tant rectiligne et uniforme, toute dé viation par rapport à cette loi
du mouvement est caracté risé e par une force. En l’absence de force, le corps poursuit
sa trajectoire et conserve sa vitesse. Il en dé coule d’ailleurs que l’é tude de petites
dé viations à une loi du mouvement d’un corps permet l’é tude des forces auxquelles
167
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
ce corps est soumis, ce qui sera à la base des principes variationnels. La formalisa-
tion des principes de la mé canique est publié e dans l’ouvrage principal de I. New-
ton : les Philosophiae naturalis principia mathematica (1687), où sont dé finies les
notions de masse, de quantité de mouvement, de forces (motrice, centripè te). New-
ton introduit un espace et un temps absolus, et é nonce les principes fondamentaux de
l’inertie, de l’é galité des actions ré ciproques ainsi que la « relation fondamentale de
la dynamique » exprimant chez lui l’é galité entre force et dé rivé e de la quantité de
mouvement.
7.2.1 Conséquences
En é crivant qu’en tout point de l’espace, les deux torseurs intervenant dans le prin-
cipe fondamental de la dynamique sont égaux, on obtient deux é quations vectorielles
appelé es thé orè mes gé né raux de la dynamique. Soit m la masse et G le centre de
gravité (supposé confondu avec le centre de masse pour la suite de l’ouvrage) du sys-
tè me maté riel S en mouvement par rapport au ré fé rentiel galilé en Rg . On pose en un
point A quelconque :
mG(G/Rg ) R(S → S)
D(S/Rg ) = et A(S → S) = .
d(A, S/R )
g
A M(A, S → S) A
7.2.2 Théorème de la résultante dynamique
Alors, la ré sultante du torseur dynamique de S dans son mouvement par rapport à Rg
est é gale à la ré sultante du torseur des actions mé caniques exté rieures à S.
mG(G/Rg ) = R(S → S).
7.2.3 Théorème du moment dynamique
Par ailleurs, le moment en tout point A du torseur dynamique de S dans son mouve-
ment par rapport à Rg est é gal au moment du torseur des actions mé caniques exté -
rieures à S pris au mê me point.
d(A, S/Rg ) = M(A, S → S) ∀A.
168
Chapitre 7 • Principe fondamental de la dynamique
169
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
• Référentiels galiléens
On montre que tout repè re R en translation rectiligne uniforme par rapport à un repè re
galilé en Rg est é galement un repè re galilé en. Le choix d’un repè re galilé en est fonc-
tion du problè me posé . Un repè re galiléen est un repè re dans lequel le principe fon-
damental de la dynamique est vé rifié avec une bonne approximation, pour une é tude
donné e.
Repè re de Copernic. Ce repè re est dé fini par le centre de masse du systè me solaire
(sensiblement le centre du Soleil) et par les directions stellaires. Il constitue une
excellente approximation d’un repè re galilé en pour l’é tude des fusé es interplané taires
par exemple.
Repère terrestre. Pour la plupart des problèmes terrestres, un repè re lié à la Terre
constitue une trè s bonne approximation d’un repè re galilé en.
D(S/Rg ) A
= A(S → S) A
.
170
Chapitre 7 • Principe fondamental de la dynamique
G(M ∈ R/Rg )
∀M∈S
{Ae (S ∈ R/Rg )} = − .
AM ∧ G(M ∈ R/Rg ) dm
∀M∈S A
2V(R/Rg ) ∧ V(M/Rg ) dm
∀M∈S
{Ac (S ∈ R/Rg )} = − .
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
AM ∧ 2V(R/Rg ) ∧ V(M/R) dm
∀M∈S A
Avec ces conventions le principe fondamental de la dynamique s’é crit alors dans le
repè re non-galilé en R (et toujours avec le mê me point pour les moments) :
Pour l’é criture du PFD dans un repè re non galilé en, les composantes du torseur dyna-
mique issues du mouvement de R par rapport à Rg sont placé es du cô té droit de l’é ga-
lité - avec le signe moins - elles sont alors manipulé es comme des torseurs des actions
mé caniques. On parle alors de torseurs des actions d’entraînement et de Coriolis. Ce
ne sont pas pour autant des torseurs d’actions mé caniques au sens usuel du terme.
171
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
zg
t Nord
n
a yg
O
u
xg x
Sud
Figure 7.1 Attraction terrestre.
172
Chapitre 7 • Principe fondamental de la dynamique
dV(S/Rg )
G(G ∈ S/Rg ) = G(O ∈ S/Rg ) +
dt R
∧ OG + V(S/Rg ) ∧ V(S/Rg ) ∧ OG .
mMT
g = −G n + r v2 cos ax
r2
mMT
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
173
8 PRINCIPE DES
PUISSANCES VIRTUELLES
174
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
consé quent, la puissance virtuelle des actions inté rieures à chacun des solides d’un
systè me de solides est nulle, la puissance virtuelle des efforts inté rieurs se ré duit
donc à la puissance virtuelle des interactions entre les solides du systè me. Cela se
note, pour un systè me de solides S et un champ de vitesses virtuelles quelconque V ∗ ,
dont la restriction sur chacun des solides Si constituant S est le champ des moments
d’un torseur noté {V ∗ }i , de la manière suivante :
n n n
D(Si /Rg ) {V }i =
∗ ∗
P (S → Si , Rg ) + P∗ (Si ↔ Sj ) ∀V ∗ .
i=1 i=1 i=1
D(S/Rg ) {V ∗ } = A(S → S) {V ∗ } ∀ {V ∗ } .
D(S/Rg ) = A(S → S) .
Or :
175
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
d Si
V(M/Rg )2 dm(M) dT(Si /Rg )
D(Si /Rg ) · V(Si /Rg ) = = ,
dt dt
Rg
on retrouve ainsi le thé orè me de l’é nergie ciné tique pour un solide Si qui s’é crit donc :
dT(Si /Rg )
= P(Si → Si /Rg ).
dt
Le thé orè me de l’é nergie ciné tique pour un systè me de solides s’é crit donc :
dT(S/Rg )
= P(S → S, Rg ) + P(Si ↔ Sj ) .
dt
Puissance galilé enne des efforts exté rieurs Puissance des efforts inté rieurs
176
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
• Conséquences
Consé quence n◦ 1. Comme les paramè tres qi sont les paramè tres du mouvement :
n
∂OP dqi ∂OP
∀P ∈ S V(P/Rg ) = + .
∂qi Rg dt ∂t Rg
i=1
En dé rivant une seconde fois, les paramè tres (qi , q̇i , t) é tant indé pendants, on trouve :
∂V(P/Rg ) ∂OP
=
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
∀P ∈ S .
∂ q̇i ∂qi Rg
Il est trè s important de bien comprendre que les paramè tres position et vitesse sont
a priori indé pendants. Ce n’est qu’une fois les conditions initiales posées pour un
problè me donné qu’ils sont lié s. On peut s’en convaincre avec l’exemple suivant. J’ai
un pendule dont j’observe la vitesse lorsqu’il passe par sa position d’é quilibre stable
(à la verticale pour un pendule classique). La vitesse dépendra é videmment - pour
cette position donné e - de l’impulsion fournie lors de la mise en mouvement. On a
bien pour un mê me qi des q̇i diffé rents. Ce point est souvent dé licat à comprendre.
177
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Soit
1 d ∂V(P/Rg )2 ∂OP d ∂OP
= G(P/Rg ) · + V(P/Rg ) · .
2 dt ∂ q̇i Rg ∂qi Rg dt ∂qi Rg
Par ailleurs :
1 ∂V(P/Rg )2 ∂V(P/Rg ) d ∂OP
= V(P/Rg ) · = V(P/Rg ) · .
2 ∂qi ∂qi dt ∂qi Rg
On en dé duit donc :
∂OP
Pqi (S/Rg ) = G(P/Rg ) · dm(P)
P∈S ∂qi
.
d ∂ ∂
= − T(S/Rg )
dt ∂ q̇i ∂qi
d ∂ ∂
L’opé ration − est appliqué e à l’é nergie ciné tique T.
dt ∂ q̇i ∂qi
• Application du PPV à un unique solide S
Si, pour é crire le principe des puissances virtuelles, on choisit comme champ de
vitesses virtuelles V ∗ le champ des moments du torseur de Lagrange {Vqi (S/Rg )}, on
obtient alors pour chacun des paramè tres qi , l’é quation suivante :
Le second membre est alors noté Q qi (S → S/Rg ) et est appelé e la ie composante des
efforts exté rieurs gé né ralisé s sur S. Le principe des puissances virtuelles s’é crit alors
sous la forme d’é quations de Lagrange :
178
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Avec
d ∂ ∂
Pqi (S/Rg ) = − T(S/Rg )
dt ∂ q̇i ∂qi
Q qi (S → S/Rg ) = A(S → S) · {Vqi (S/Rg )} .
On note qu’on obtient autant d’é quations de Lagrange qu’il y a de paramè tres du
mouvement, ce qui permet de ré soudre le problème.
Remarque
L’intérêt des équations de Lagrange est que, une fois calculé l’énergie cinétique et le
second membre, il ne reste que des opérations automatisables (les dérivées).
Comme nous l’avons fait pour l’é nergie ciné tique, on trouve la puissance virtuelle
des efforts inté rieurs en é crivant le PPV pour chacun des solides puis en regroupant
les termes deux à deux, alors :
n
Q qi (S → S) = A(S j → Si ) · {Vqi (Si /Rg )} − {Vqi (Sj /Rg )} ,
i=1 j>i
n
= A(S j → Si ) · {Vqi (Si /Sj )} .
i=1 j>i
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
• Fonction de force
Définition
On dit que les actions mé caniques d’une partie Se exté rieure à S sur une partie
Si inté rieure à S dérivent d’une fonction de force, si il existe une fonction U des
variables (qi (t)) telle que :
∂U(Se → Si /Rg )
∀i = 1, n Q qi (Se → Si /Rg ) = .
∂qi
179
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Relation entre fonction de force et é nergie potentielle. On rappelle que l’on peut
associer une énergie potentielle aux actions extérieures (exercé es par un solide Se )
sur un solide Si , en mouvement par rapport à R, si il existe une fonction scalaire Ep
telle que :
dEp (Se → Si /R)
P(Se → Si /R) = − ,
dt
où Pe (Se → Si /R) est la puissance des actions exté rieures à Si (exercées par Se ) sur
Si . En dé veloppant par rapport aux paramètres du mouvement :
IL LUSTRATION
S0 S1 S2
O H P y
y
x
Figure 8.1 Système masse ressort.
180
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Alors :
0 0
V(M/R0 ) = et V(M/T) = .
ẏy ( ẏ − hv cos vt)y
0 P 0 P
Par ailleurs :
−k(y − h sin vt − l0 )y0
A(R → M) = .
0
P
Donc :
r
P(T ↔ M) = A(R → M) · V(M/R0 ) − V(T/R0 ) ,
= A(R → M) · V(M/T) .
Soit :
r
P(T ↔ M) = −k(y − h sin vt − l0 )( ẏ − hv cos vt),
d k
= − (y − h sin vt − l0 )2 .
dt 2
Il existe donc une é nergie potentielle Ep pour les inter-efforts entre T et M par
l’intermédiaire du ressort R. On a donc :
r k
Ep (T ↔ M) = (y − h sin vt − l0 )2 ,
2
r k
U(T ↔ M) = − (y − h sin vt − l0 )2 .
2
Alors : r
r ∂U(T ↔ M)
Q y (T ↔ M) = = −k(y − h sin vt − l0 ).
∂y
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
On cherche maintenant à dé terminer les Q qi associé s aux efforts exté rieurs exer-
cé s sur M par l’intermé diaire du ressort r :
P(r → M/R0 ) = A(r → M) · V(M/R0 ) = −k(y − h sin vt − l0 ) ẏ.
Il n’existe pas d’énergie potentielle ici telle que :
P(r → M/R0 ) = −k(y − h sin vt − l0 ) ẏ.
On calcule donc directement Q y ; pour cela il faut calculer le torseur de
Lagrange :
0 ∂ 0
V(M/R0 ) = {V y (M/R0 )} = V(M/R0 ) = .
ẏy ∂ ẏ y
0 P 0 P
181
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Alors :
Q y (R → M/R0 ) = A(R → M) · {V y (M/R0 )} ,
soit :
∂ k
Q y (R → M/R0 ) = − (y − h sin vt − l0 )2 .
∂y 2
Donc, bien qu’il n’existe pas d’é nergie potentielle dans ce cas, il existe né an-
moins une fonction de force U. Si l’on suppose maintenant que le mouvement de
T par rapport à M est libre et paramé tré par l tel que : OH = ly0 tandis que le
mouvement de M par rapport à T est paramé tré par g tel que HP = ly0 . Alors :
0 0
V(r/R0 ) = {Vl (r/R0 )} = {Vl (r/M0 )} = .
(l̇ + l)y
˙ 0 y
P 0 P
Par ailleurs :
−(k(l − l0 )y0
A(R → M) = .
0
P
Alors :
Q l (r → M/R0 ) = Q l (r → M/R0 ) = −k(l − l0 ).
Donc :
∂ ∂
Q l (r → M/R0 ) = −k et Q l (r → M/R0 ) = 0.
∂l ∂l
Les deux dé rivées partielles sont distinctes donc la fonction de force U n’existe
pas. Cet exemple montre qu’il faut ê tre trè s rigoureux dans la dé finition des gran-
deurs à dé terminer et que cela implique des notations complè tes.
Up (g → S/R) = mg · OG.
Si le mouvement de G par rapport à R est paramé tré par i paramè tres qi alors le calcul
des Q qi est immé diat :
∂Up (g → S/R) ∂OG
∀i = 1, n Q q (g → S/R) = = mg .
∂qi ∂qi
182
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Ressort de traction-torsion. Deux solides S1 et S2 sont lié s par une liaison pivot
glissant dans laquelle est intercalé e un ressort de traction-torsion de raideur K en
traction-compression, de raideur C en torsion, de longueur à vide L 0 et de torsion à
vide u0 . Le paramè tre L mesure la distance entre les deux solides le long de l’axe de
la liaison et le paramè tre u mesure la rotation du solide S2 par rapport au solide S1 .
L’é nergie potentielle pour les actions mutuelles de S1 et S2 s’é crit :
R 1 1
Ep (S1 ↔ S2 ) = K (L − L 0 )2 + C(u − u0 )2 .
2 2
On en dé duit la fonction de force pour les inter-efforts entre S1 et S2
R 1 1
Up (S1 ↔ S2 ) = − K (L − L 0 )2 − C(u − u0 )2 .
2 2
Les mouvements relatifs de S1 et S2 sont paramétré s ici par les deux paramè tres L et
u, donc :
R
R ∂U(S1 ↔ S2 )
Q L (S1 ↔ S2 ) = = −K (L − L 0 ),
∂L
R
R ∂U(S1 ↔ S2 )
Q u (S1 ↔ S2 ) = = −C(u − u0 ).
∂u
∂ q̇i
{Vqi (S/Rg )} = .
∂V(A ∈ S /R )
j g
∂ q̇i A
On suppose que les (qi , q̇i , t) sont indé pendants. Cette hypothè se est cruciale. Ceci
permet d’établir autant d’é quations qu’il y a de paramètres qi du mouvement. Cha-
cune des é quations s’é crit, dans le cas le plus gé né ral, de la faç on suivante :
n
L(T(S/Rg )) = A(S → Sj ) · {Vqi (Sj /Rg )} ,
i=1
n n
+ A(Sk → Sj ) · {Vqi (Sj /Sk )} .
j=1 k>j
183
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Lorsque l’action mé canique dé rive d’une fonction de force, le calcul de Q qi est gran-
dement simplifié :
∂U(Se → Si /Rg )
∀i = 1, n Q qi (Se → Si /Rg ) = .
∂qi
Dans le cas d’un systè me de solides, des é quations de liaisons apparaissent. Les para-
mè tres ne sont alors plus indé pendants. Né anmoins, pour l’é criture des é quations de
Lagrange, on commence par faire l’hypothè se que les paramè tres du mouvement sont
indé pendants. Nous avons donc deux possibilité s :
1. Lorsque c’est possible, employer l’é quation de liaison pour é liminer le paramè tre
du mouvement. On revient alors à un problème à paramè tres indé pendants.
2. Conserver le paramè tre, é crire les é quations de Lagrange, puis adjoindre ensuite
l’équation de liaison au systè me d’é quation obtenu. On travaille alors avec un sys-
tè me à paramè tres lié s. Naturellement, lorsqu’on ajoute une é quation de liaison,
il faut aussi ajouter une inconnue. Cette inconnue est l’action de liaison associé e
au paramè tre du mouvement contraint.
Les équations de liaison peuvent ê tre ré parties en deux groupes, les é quations holo-
nomes et les é quations non-holonomes.
É quations holonomes. Les équations de liaisons holonomes portent sur les para-
mè tres du mouvement qi et sont du type : f j (q1 , q2 , ..., qn , t) = 0 pour j = 1 à h, où
h est le nombre de liaisons holonomes. Par dé rivation composé e par rapport au temps,
on obtient directement une équation sur les vitesses de variations des paramè tres du
mouvement :
n
∂ fj ∂ fj ∂ fj ∂ fj
q̇1 + q̇2 + ... + q̇n + =0⇔ aji (qk , t)q̇i = bj (qk , t) j = 1 à h.
∂q1 ∂q2 ∂qn ∂t
i=1
Chaque é quation de liaison holonome permet donc d’é liminer complè tement un para-
mè tre du mouvement, puisqu’on peut é liminer à la fois qi et q̇i .
Dans certains cas, l’é quation est inté grable et l’on connaît les valeurs des paramè tres
du mouvement à l’instant initial, on se ramè ne alors à une é quation holonome. Dans
le cas gé né ral, comme on ne dispose que d’une seule é quation, on ne peut pas é limi-
ner à la fois qi et q̇i supposé s indé pendants. On doit donc conserver le paramè tre du
184
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
mouvement qp dans le paramé trage. Les paramè tres du mouvement sont donc né ces-
sairement lié s. Une inconnue supplé mentaire de type action de liaison doit alors ê tre
adjointe au systè me.
Inconnues et é quations du problè me. Les é quations du problè me sont donc en
général, les é quations de Lagrange et les é quations de liaison non-holonomes (tou-
jours) et holonomes (si né cessaire). Les inconnues du problè me peuvent ê tre uni-
quement des paramè tres du mouvement (lié s ou indé pendants), mais peuvent é gale-
ment ê tre des actions de liaison, une action de contact par exemple. Si l’on é crit une
é quation de liaison non-holonome, on devra toujours adjoindre une action de liai-
son inconnue complé mentaire (ou, sinon, introduire un multiplicateur de Lagrange).
Par ailleurs, on peut vouloir dé terminer des actions mé caniques supplé mentaires, par
exemple un effort tranchant sur une poutre. Ce dernier cas nous ramè ne directement à
l’é noncé original du principe de d’Alembert. Si l’on cherche à dé terminer une action
de liaison inconnue, on pourra imaginer un paramé trage non-compatible avec cette
liaison. On ajoute un degré de liberté imaginaire au système, complé mentaire de
l’action mé canique cherché e. Ce mouvement imaginaire non-compatible avec la liai-
son ré elle fait « travailler » l’action de liaison inconnue, qui apparaît alors dans les
é quations de Lagrange. La solution ré elle du problè me est telle que la liaison se
trouve en é quilibre et « dé truit » donc le mouvement imaginaire. Ce qui revient à
adjoindre l’é quation de liaison sur le paramè tre supplé mentaire, au systè me d’é qua-
tions de Lagrange obtenu.
En conclusion, pour un mê me problè me, le choix du paramé trage dé pendra des objec-
tifs du calcul et pas uniquement de la mobilité ré elle du systè me.
virtuel. Alors : n
∗
V(S/Rg ) = {Vqi (S/Rg )} q̇i∗ ∀q̇i∗ .
i=1
L’application du PPV donne alors :
n n
L(S/Rg ) = q̇i∗ Q qi (S → S/Rg )
i=1 i=1
n n
+ q̇i∗ Q qi (Sh ↔ Sj ).
i=1 i, j=1, h<j
Mais on veut, en outre, que le champ de vitesse virtuelle soit compatible avec les
k é quations de liaison du problè me. Ces é quations, sont issues d’é quations sur les
185
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
vitesses, ou sur les positions. Par exemple, les é quations non-holonomes de liaison
pour un contact sans glissement d’un solide S sur un plan P, au point I, s’é criront :
Ainsi, lorsqu’on travaille avec un problème à paramè tres lié s, les é quations de liai-
sons, holonomes ou non, peuvent se mettre sous la forme :
n
aji (qk , t)q̇i = bj (qk , t) j = 1 à k.
i=1
En conclusion, le PPV, é crit avec un champ virtuel compatible avec les é quations de
liaison, donne :
n n n
q̇i∗ Pqi = q̇i∗ Q qi ∀(q̇i∗ , i = 1, n) tels que aji (qk , t)q̇i∗ = 0, j = 1, k.
i=1 i=1 i=1
Un thé orè me classique permet d’é crire ceci, sous la forme é quivalente suivante, en
introduisant k scalaires lj tels que :
n n n n n
q̇i∗ Pqi = q̇i∗ Q qi + q̇i∗ Q qi + lj aji (qk , t)q̇i∗ ∀q̇i∗ , i = 1, n.
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1
ce qui implique :
n
Pqi = Q qi + lj aji (qk , t)) ∀i = 1, n.
i=1
186
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Le systè me a pour inconnues les n paramè tres de mouvement qi , auquel il faut ajouter
les k multiplicateurs de Lagrange lj .
En rè gle gé né rale, on commence par é liminer du problè me les h paramè tres du mou-
vement correspondant aux h é quations de liaisons holonomes. Si a = k le nombre
total d’inconnues n + a est é gal au nombre total d’é quations. On peut ré soudre direc-
tement.
Si k > a le nombre total d’é quations est plus grand que le nombre d’inconnues. Des
actions de liaison complé mentaires sont à ajouter.
Première mé thode : champ des vitesses virtuelles compatible avec les liaisons et mul-
tiplicateurs de Lagrange. On ajoute (k − a) inconnues, homogè nes à des actions de
liaisons, appelé es « multiplicateurs de Lagrange ». Le systè me compte alors autant
d’inconnues que d’é quations :
187
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Si k < a Le nombre d’inconnues du problè me est plus grand que le nombre d’équa-
tions. Les inconnues « en trop » sont en gé né ral des actions de liaisons que l’on
cherche à dé terminer.
Une seule mé thode : paramé trage non-compatible.
On modifie le paramé trage de faç on à faire apparaître les (a − k) inconnues du mou-
vement manquantes complé mentaires des actions mé caniques cherché es. Le paramé -
trage est alors totalement incompatible, puisqu’on autorise des mouvements norma-
lement interdits par les liaisons. Les (a − k) actions de liaisons inconnues travaillent
dans le mouvement virtuel incompatible choisi et apparaissent donc aussi dans le
second membre des é quations de Lagrange. On adjoint, ensuite, au systè me d’é qua-
tions les é quations de liaisons qui restaurent la compatibilité de la solution avec les
liaisons ré elles du systè me. Le systè me compte alors autant d’inconnues que d’é qua-
tions :
188
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
z0
y1 y0
y2
x1
G u O y0 c x0
w
z0
z2 y1
I
c
x0
x1
z2 z0 y3 y2
y2 x3
u y1 w x2
x1 z2
Figure 8.2 Cerceau
• Paramétrage
Le paramé trage comporte six paramè tres : les coordonné es (x, y, z) du point G
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
• Équations de liaisons
• Maintien du contact : OI · z0 = 0 ;
• Roulement sans glissement : V(I ∈ C/Rg ) = 0.
189
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
190
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
• Paramétrage
Six paramè tres, coordonné es (x, y, z) du point G et angles d’Euler c, u, w.
• Équations de liaisons
Maintien du contact z = R sin u.
Roulement sans glissement V(I ∈ C/Rg ) = 0.
191
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
2
2T(C/Rg ) = m(ẋ 2 + ẏ 2 + (Ru cos u)2 + A(u̇ + (ċ sin u)2 ) + C(F + ċ cos u)2
⇒ Px , Py , Pu , Pc , Pw .
∂ ∗
Q qi (C → C) = X F ∗ ẋ ∗ cos u + ẏ ∗ sin c + R(ẇ∗ + ċ sin u) ,
∂ q̇i
∂ ∗
+ Y F ∗ − ẋ ∗ sin u + ẏ ∗ cos c + R u̇ sin u .
∂ q̇i
192
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
• Équations de Liaison
Cette mé thode a pour avantage de mettre en évidence les actions de contact qui
sont caché es derrière les multiplicateurs de Lagrange dans la premiè re mé thode.
Elle permet de vé rifier la validité du critè re de non-glissement au point I (Loi de
Coulomb).
Si l’on voulait maintenant calculer la composante normale N de l’action de
contact au point I, il suffirait d’oublier l’é quation holonome z = R sin u et de
travailler avec 6 paramè tres du mouvement indé pendants au lieu de 5, c’est à
dire utiliser un paramé trage incompatible avec les liaisons. Lors de l’é criture
des é quations de Lagrange, on doit modifier l’expression de l’é nergie ciné tique,
puisque un mouvement supplé mentaire a é té autorisé . Par ailleurs, comme dans
les cas pré cé dents, l’action de liaison recherché e N « travaille » dans le mouve-
ment virtuel non-compatible proposé et apparaît donc au second membre. Enfin,
il faut ensuite adjoindre au systè me d’é quations obtenu, une é quation de liaison
supplé mentaire : z = R sin u.
Le problè me aurait alors 6+3 inconnues, 6 paramè tres du mouvement et 3 actions
de liaisons et 6 + 3 é quations, 6 é quations de Lagrange et 3 é quations de liaison.
À RETENIR
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
D(S/Rg ) = A(S → S) .
193
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
194
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Fonction de force
Les actions mé caniques (*) d’une partie Se exté rieure à S sur une partie Si inté -
rieure à S dérivent d’une fonction de force, s’il existe une fonction numé rique U
des variables (qi (t)) telle que :
∂U(Se → Si /Rg )
∀i = 1, n Q qi (Se → Si /Rg ) = .
∂qi
dm(P1 )dm(P2 ) 2
U(S1 → S2 ) = G0 ;
S1 S2 P 1 P2
1 1
Ressort de traction-torsion : U(S1 → S2 ) = − K (L − L 0 )2 − C(u − u0 )2 ,
2 2
où r est un ressort de traction torsion, de raideur k en traction-compression, de
raideur C en torsion, et de longueur libre l0 , et où l paramè tre la distance entre
les points d’attache du ressort sur les deux solides S1 et S2 et de torsion libre u0
où u paramètre la torsion du ressort.
195
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Exercices
x2 y2
S1 S2
G2
z1
x1
y1
Tous les repè res sont associé s à des bases orthonormé es directes.
• Rg est un repè re galiléen centré sur le centre O de la Terre : Rg = (O, xg , yg , zg ) ;
• le satellite S de centre d’inertie C1 est sur une orbite circulaire de centre O et de
rayon R dans le plan (O, xg , yg ). On pose OC = Ru et (xg , u) = (yg , v) = Vt
avec V une constante connue.
Le satellite S est constitué de cinq solides Si .
S1 C’est le corps du satellite. Le repè re R1 est donné par (C, x1 , y1 , z1 ) avec :
rotation de a rotation de b rotation de f
(u, u, zg ) −→ (u, i, j) −→ (n, y1 , j) −→ (x1 , y1 , z1 ).
La masse de S1 est noté e m 1 , son centre d’inertie C1 et CC1 = 1 z1 avec 1
une constante positive. On a la matrice d’inertie :
A1 0 0
[J (G, S1 )] = 0 B1 −D1 .
0 −D1 C1
(x1 ,y1 ,z1 )
196
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
avec :
OGS
uS = ,
OGS
avec K constante positive
3G0 MTerre
K = ;
OG 3
• les efforts exté rieurs à S se ré duisent aux seules actions de la gravitation terrestre ;
• toutes les liaisons sont parfaites.
197
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Le mouvement de S2 par rapport à S1 est imposé par un moteur noté M12 , celui de S3
(resp. S4 et S5 ) par rapport à S1 est imposé par M13 (resp. M13 et M15 ). Les masses
de ces moteurs sont né gligé es.
1) Faire un sché ma de ce systè me (graphe des liaisons et les repè res).
2) En supposant connues les fonctions du temps u, v3 , v4 et v5 é crire les é quations
qui dé terminent l’orientation de S1 .
3) Il faut absolument lors d’une prise de vue avoir z1 = zg et y1 = u avec en plus un
panneau solaire fixe tel que x2 = yg ce qui peut s’é crire aussi ∀t, f(t) = a(t) = 0
et b(t) = p/2, u(t) = Vt.
a) À quelle(s) condition(s) cette sé quence de prise de vues est-elle possible ?
b) Quel couple C13 x1 doit alors fournir le moteur M13 ?
c) Quel couple C 12 z1 doit alors fournir le moteur M12 ?
4) Les prises de vues ne se dé roulent pas toujours avec le respect des hypothè ses
pré cé dentes. Une mobilité supplé mentaire du panneau solaire est donc indispen-
sable : S2 doit pouvoir tourner autour de G2 , y2 .
a) Comment peut-on réaliser cette liaison entre S1 et S2 ?
b) Quels changements interviennent dans l’é tude pré cé dente ?
198
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
f v
G
w
O
u y
mg
Vt
x
Figure 8.4 Schéma du régulateur de Watt.
Analyse cinétique
1) Justifier que la matrice d’inertie de l’ensemble constitué de la barre AC et de la
sphè re S (noté S1 par la suite) a pour expression :
I 0 0
[J (S1 /R1 )] = 0 J 0 .
0 0 J
R 1
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Analyse dynamique
3) Calculer le moment dynamique en A de S1 par rapport à R. Le ré sultat sera
exprimé dans la base R1 . La masse de S1 est notée M.
4) Calculer le moment du poids de S1 par rapport à A, et exprimer le ré sultat obtenu
dans R1 . Par application du thé orè me du moment dynamique à S1 , puis projection
199
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
sur une direction approprié e, en dé duire que l’é quation diffé rentielle du mouve-
ment s’é crit :
J f̈ + (I − J ) V2 sin f cos f = −MgL sin f.
avec I J car (A,u) constitue l’axe de symé trie maté rielle pour S1 .
2) D’aprè s la composition des rotations :
V(S1 /R) = V(S1 /OA) + V(OA/R),
V(S1 /OA) = ḟw.
correspond à la liaison pivot d’axe (A,w) de S1 par rapport à OA, et
V(OA/R) = Vz = V(− cos fu + sin fv).
Le point A é tant fixe, on exprime le moment ciné tique en A :
s(A ∈ S1 /R) = J (A, S1 ) · V(S1 /R)
= −I V cos fu + J V sin fv + J ḟw.
200
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Analyse dynamique
3) Le point A é tant fixe, le moment dynamique s’obtient directement par dé rivation
par rapport au temps de l’expression du moment cinétique :
ds(A ∈ S/R)
d(A ∈ S/R) = .
dt R
Pour le calcul de d(A ∈ S/R), il convient donc de dé river les vecteurs de la base
R1 , on utilise la relation du repè re mobile :
du
= V(S1 /R) ∧ u = (ḟw + Vz) ∧ u = ḟv − V sin fw.
dt R
De la mê me manière :
dv
= V(S1 /R) ∧ v = (ḟw + Vz) ∧ v = −ḟu − V cos fw.
dt R
dw
= V(S1 /R) ∧ w = (ḟw + Vz) ∧ w = V cos fv + V sin fu.
dt R
Et par dé rivation terme à terme de l’expression obtenue pour s(A ∈ S/R), tenant
compte des relations ci-dessus, nous obtenons :
Par ailleurs, la liaison pivot d’axe horizontal (A,w), est supposé e parfaite, celle-ci
ne transmet donc pas de moment selon w. En consé quence, l’é quation du mouve-
ment est obtenue par la projection du thé orè me du moment dynamique selon w :
201
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
202
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Analyse cinétique
3) Le solide S1 présentant une symé trie de ré volution autour de z0 , le repè re R0
constitue un repè re principal d’inertie, et la matrice d’inertie est diagonale. Du
fait de la symé trie de ré volution, les axes du plan du disque jouent tous le mê me
rô le. Dans toute base orthornormé e contenant le vecteur z0 (et en particulier dans
R0 ), la matrice d’inertie a la forme suivante :
I 0 0
[J (C, B)] = 0 I 0 .
0 0 I R
0
4) On a la relation :
car O est fixe dans R0 . Par ailleurs, J (O, S1 ) · V(S1 /R0 ) = I(O,z0 ) u̇z0 . Et d’aprè s
le théorè me de Huyghens, puisque les axes (O,z0 ) et (C1 ,z0 ) sont confondus,
I(O,z0 ) = I(C1 ,z0 ) = I , aussi
m 1 żz0
{C(S1 /R0 )} = .
I u̇z0 = I vz0 O
5) Pour la résultante ciné tique de S2 /R0 , d’aprè s la relation de torseur entre les
vitesses de A et C2 :
203
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
Analyse dynamique
6) Pour le rotor S1 , les actions exté rieures comprennent l’action de la pesanteur, des
ressorts r1 et r2 , de la liaison pivot glissant entre S0 et S1 (supposé e parfaite), du
moteur, et de la liaison pivot en A entre S2 et S1 . Les torseurs d’actions exté rieures
correspondant sont donné s par :
−m 1 gz0
{A(g → S1 )} = ,
0 C1
−k(z − z 0 )z0
{A(r1 → S1 )} = ,
0 C1
X 01 x0 + Y01 y0
{A(S0 → S1 )} = ,
L 01 x0 + M01 y0 O
0
{A(moteur → S1 )} = ,
Cz0 O
X 21 x1 + Y21 y1 + Z 21 z0
{A(S2 → S1 )} = .
M21 y1 + N21 z0 A
Pour la pale S2 , les actions exté rieures comportent la pesanteur, la liaison pivot
avec le rotor S1 , l’action du ressort r2 , ainsi que l’action du fluide. Les torseurs
d’actions exté rieures correspondant sont donné s par :
−m 2 gz0
{A(g → S2 )} = ,
0 C2
−X 21 x1 − Y21 y1 − Z 21 z0
{A(S1 → S2 )} = ,
−M21 y1 − N21 z0 A
d’aprè s le principe des actions mutuelles entre S2 et S1 .
0
{A(r2 → S2 )} = ,
cax1 A
7)
d(O ∈ S1 ∪ S2 /R0 ) = d(O ∈ S1 /R0 ) + d(O ∈ S2 /R0 ).
O é tant fixe dans R0 :
204
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
ds(C2 , S2 /R0 )
d(C2 ∈ S2 /R0 ) = .
dt R0
8) D’après la question 6, l’é quation du moment dynamique, appliqué e au systè me
S2 et projeté e sur l’axe (A,x1 ), s’é crit :
d(A ∈ S2 /R0 ) · x1 = −(m 1 gz0 ∧ C2 A) · x1 + ca + bu̇(R + l cos a).
Dans l’é quation ci-dessus ne figurent que les paramè tres du mouvement (et leurs
dé rivé es par rapport au temps) et des donné es du problè me, on ne voit pas appa-
raître d’inconnues de liaison, cela est dû au fait que la liaison pivot entre S1 et S2 a
é té supposé e parfaite. L’é quation ci-dessus constitue donc une é quation du mou-
vement. D’aprè s la question 6, l’é quation de la ré sultante dynamique, appliqué e
au systè me S1 ∪ S2 et projeté e sur l’axe (O,z0 ), s’é crit :
205
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
10) L’é nergie ciné tique de l’ensemble S1 ∪ S2 par rapport à R0 est obtenue en calcu-
lant le comoment des torseurs ciné matique et ciné tique. Pour le solide S1 :
vz0 m 1 żz0
2T(S1 /R0 ) = · .
żz0 I vz0
Pour le solide S2 :
11) Les diverses puissances qui interviennent dans l’é tude du systè me S1 ∪ S2 se cal-
culent en effectuant le comoment du torseur des efforts et du torseur ciné matique,
tous deux pris en un mê me point. On utilise les ré sultats des questions 1, 2, et 6.
– Puissance des actions du fluide, calculé e en C2 :
La puissance dé veloppé e est nulle, ce qui est en accord avec le fait que la liaison
entre S1 et S2 a é té supposée parfaite.
206
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
207
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
8.3 Satellite
Nous devons dans un premier temps nous assurer que le point C est bien le centre de
masse de l’ensemble ce qui s’é crit :
M15 M14
S5 S4
Attraction gravitationnelle de la Terre
avec :
j = cos fz1 − sin fx1 ,
u = cos bn − sin by1 ,
n = cos fx1 + sin fz1 ,
zg = cos aj + sin ai,
i = cos by1 + sin bn.
On é crit l’expression du moment dynamique appliqué au systè me S en G. On a :
ds(G, S/Rg ) ds(G, S/Rg )
d(G, S/R) = = + V(S1 /Rg ) ∧ s(G, S/Rg ).
dt Rg dt S1
208
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
5
On sait que : s(G, S/Rg ) = s(G, S j /Rg ) avec pour chaque solide :
j=1
mh 2 ( px1 +qy1 )
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Tous les calculs se font dans la base associé e au repè re R1 (x1 , y1 , z1 ) et il faut utiliser
le transport de l’opé rateur d’inertie de G4 en G ce qui donne :
A2 cos2 u + B2 sin2 u ( A2 − B2 ) sin u cos u 0
[J (G, S2 )] = ( A2 − B2 ) sin u cos u A2 sin2 u + B2 cos2 u 0 .
0 0 C2 (x1 ,y1 ,z1 )
ma 2
2 0 0
2
ma
[J (G, S3 )] = 0 0 .
4
ma 2
0 0
4 (x1 ,y1 ,z1 )
209
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
s(G, S1 ∪ S2 /Rg )
2 2
(A1 + A2 cos u + B2 sin u) p + (A2 − B2 ) sin u cos uq x1 ,
= (A1 − B2 sin u cos u p + (B1 + A2 sin2 u + B2 cos2 u)q − D1r y1 ,
−D q + (C + C )r + C u̇ z .
1 1 2 2 1
ma 2 ma 2
s(G, S3 /Rg ) = ( p + v3 )x1 + (qy1 + r z1 ).
2 4
a2
m + h 2 px1 ,
2
3a 2 a2
s(G, S4 ∪ S5 /Rg ) = m + h 2 q + m v4 y1 ,
4 2
2 2
3ma a
r + v5 z1 .
4 2
210
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
Nous obtenons donc, compte tenu des notations l’expression complè te du moment
ciné tique de l’ensemble :
ma 2
s(G, S/Rg ) = (Ap − Fq + v3 )x1 + (−F p + Bq − Dr
2
ma 2 ma 2
+ v4 )y1 + (−dq + Cr + v5 + C2 u̇).
2 2
L’expression du moment ciné tique é tant connue au centre de masse, il est facile d’en
déduire par dé rivation les trois é quations scalaires en projection.
d ma 2 ma 2 ma 2
(Ap− Fq + v3 )+q(−Dq +Cr + v5 +C 2 u̇)−r (−F p+ Bq − Dr + v4 )
dt 2 2 2
= K (−D sin b + C cos b sin f) sin b
+ (F cos b cos f + B sin f + D cos b sin f) cos b sin f.
d ma 2 ma 2
(−F p + Bq − Dr + v4 ) + r (Aq + Cr + v5 + C 2 u̇)
dt 2 2
= K [A cos b cos f + F sin b) sin f − (D sin b + C cos b sin f) cos f] cos b.
d ma 2 ma 2 ma 2
(−Dp+Cr + v5 +C2 u̇)+ p(−F p+ Bq − Dr + v4 )−q(Ap− Fq + v3 )
dt 2 2 2
= K [−(F cos b cos f + B sin f + D cos b sin f) cos b cos f
+ (A cos f cos b + F sin b) sin b].
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
p
f = cst e = 0 a = cst e = 0 b = cst e = u = −Ωt.
2
Il nous faut vé rifier que ces conditions qui entraînent : p = cst e = 0, q = cst e = 0
et r = V peuvent ê tre satisfaites par les trois é quations scalaires obtenues.
ma 2 ma 2
v̇3 − Ω(−D 1 Ω + v4 ) = −K D1 ,
22
2
ma ma 2
v̇4 + Ω v3 = 0,
22 2
ma v̇5
= K (A2 − B2 ) sin Ωt cos Ω.t
2
211
Partie IV. Principe fondamental de la dynamique, principe des puissances ...
2
v̇3 (t = 0) − Ωv4 (t = 0) + (K + Ω 2 )D1 = 0.
ma 2
Nous devons donc faire intervenir les roues d’inertie et les moteurs pour la com-
mande. Le moteur M13 exerç ant un couple suivant l’axe (G, x1 ) il faut considé rer
l’é quation de moment du PFD appliqué au solide S3 et en projection sur x1 . C’est en
fait là que l’on retrouve à la fois la difficulté et l’inté rê t du PFD. Il faut ré flé chir à ce
que l’on cherche et n’utiliser que la projection intéressante. On utilise la technique
classique dé crite ci-dessous :
ma 2 ma 2
C13 = v̇3 = (v̇3 (t = 0) cos Ωt − Ωv3 (t = 0) − sin Vt.
2 2
On procè de de la mê me maniè re pour trouver l’expression du couple C12 . Il est exercé
selon l’axe de vecteur z1 . On projette donc l”é quation du PFD sur z1 et on obtient :
ds(G, S2 /Rg )
z1 · d(G, S2 /R/ g) = z1 · + m 2 V(G/Rg ) ∧ V(G2 /Rg )
dt Rg
.
= C12 + z1 · (M(G2 , Terre → S2 ) + GG2 ∧ R(Terre → S2 )
Donc :
d dz1
z1 · s(G, S2 /R/ g) − s(G, S2 /R/ g) · = C12 + z1 · (K u ∧ (J (G2 , S2 )) · u),
dt dt Rg
=0
0
212
Chapitre 8 • Principe des puissances virtuelles
OG2
avec l’hypothè se ≈ u. On a
OG2
2
A2 − m 2 2 0 0
[J(G, S2 )] = 0 B2 − m 2 2
0 ,
2
0 0 C2 (x2 ,y2 ,z1 )
avec
u = −y1 = sin Ωtx2 − cos Ωty2 ,
donc
C 12 = K (B2 − A2 ) sin Ωt cos Ωt.
On peut utiliser un solide intermé diaire I avec une liaison pivot (G, z1 ) entre S1 et
I et une liaison pivot (G2 , y2 ) entre S2 et I avec des moteurs MI1 et MI2 pour les
commander.
On a é videmment une mobilité supplé mentaire mais il faut recommancer les calculs
qui sont plus compliqué s.
213
Partie V
É quations
du mouvement
9 LINÉARISATION
DES ÉQUATIONS
DU MOUVEMENT
Dans les chapitres pré cé dents, nous nous sommes attaché s à dé crire la ciné matique
des systè mes de solides indé formables et à exprimer les principes fondamentaux
dans le formalisme adapté à cette ciné matique. L’é criture de ces principes permet de
mettre en place un systè me d’é quations diffé rentielles contenant autant d’é quations
que d’inconnues. Dans le cas gé né ral, on ne sait pas trouver une solution analytique
au systè me d’é quations différentielles obtenu en é crivant les é quations de Lagrange.
Aussi utilise-t-on une mé thode approché e. On procè de à une linéarisation au premier
ordre du système d’é quations diffé rentielles obtenu afin de pouvoir le ré soudre. Sup-
posons qu’à l’instant t0 on connaisse les paramè tres du mouvement, on note [q0 ] le
vecteur dont les composantes sont les n paramè tres du mouvement à l’instant t0 et
[q] le vecteur dont les composantes sont les n paramè tres du mouvement à l’instant t.
On note [e] la variation infinité simale des paramè tres du mouvement correspondant
à une variation infinité simale du temps dt autour du point (t0 , [q0 ]) :
dq de d2 q d2 e
[q] = [q0 ] + [e] alors = et = .
dt dt dt 2 dt 2
Pour la liné arisation, on suppose [e] très petit et on suppose é galement que les dé ri-
vé es successives par rapport au temps de [e] restent aussi trè s petites. Cette der-
niè re hypothè se n’est pas toujours vé rifié e. Lors d’un choc en particulier, de trè s
grandes variations de vitesses sont observé es pour de trè s petites variations de posi-
tion. D’autres techniques de ré solution devront alors ê tre employé es.
216
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
n 2
1 1 ∂OP dqi ∂OP
T(S/Rg ) = V2 (P/Rg )dm = + dm.
2 S 2 S ∂qi dt ∂t
1
Si l’on dé veloppe et que l’on simplifie en considé rant que les produits deux à deux des
vitesses de variations des paramè tres du mouvement sont nulles, puisqu’on liné arise,
on obtient alors :
n n
d2 q j ∂OP ∂OP dq j ∂OP ∂ 2 OP
Pqi (S/Rg ) = · dm + 2 · dm
dt 2 S ∂qi ∂q j dt S ∂qi ∂t∂qi
j=1 j=1
∂OP ∂ 2 OP
+ · dm.
S ∂qi ∂t 2
compte tenu de la commutativité du produit scalaire : Mij = Mji . Par ailleurs, Mii est
nécessairement positif. Le premier membre du systè me formé par les n é quations de
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
d2 e
Pqi (S/Rg ) = [M] ,
dt 2
où [M] est une matrice carré e symé trique dé finie positive de dimension n×n, n é tant
la mobilité du systè me et [e] un vecteur de dimension n contenant les n variations des
paramètres du mouvement autour d’une position [q0 ]. Dans le cas gé né ral, le premier
membre du systè me formé par les é quations de Lagrange liné arisé es, se note de la
faç on suivante :
d2 e de
Pqi (S/Rg ) = [M] + [C] − [F] ,
dt 2 dt
217
Partie V. Équations du mouvement
où [M] et [C] sont des matrices carré es de dimension n×n, n é tant la mobilité du
systè me et où [e] un vecteur de dimension n, contenant les n variations des para-
mètres du mouvement autour d’une position [q0 ] et [F] un vecteur de dimension
n. La matrice [M] est symé trique, dé finie positive, et peut donc ê tre inversée. Par
ailleurs, les matrices [M] et [C] et le vecteur [F] se calculent à partir de la position
des points P à l’instant t0 .
∂U(S → S/Rg )
Q qi (S → S/Rg ) =
∂qi
La liné arisation par rapport aux n variations infinitésimales autour de la position de
dé part [q0 ] s’écrit donc :
n
∂ 2 U(S → S/Rg ) ∂U(S → S/Rg )
Q qi (S → S/Rg ) = ej +
∂qi ∂qj ∂qi
j=1
[q]=[q0 ]
[K ] [e] − [F] ,
où [K ] est une matrice carré e symé trique de dimension n×n, n la mobilité du sys-
tè me, [F] un vecteur de dimension n et [e] un vecteur de dimension n, contenant les
n variations des paramè tres du mouvement autour de la position de dé part [q0 ].
soit aussi :
∂V(P/Rg ) ∂V(S/Rg )
Q qi (S → S/Rg ) = R(S → S) · + M(P, S → S) · .
∂ q̇i ∂ q̇i
Si l’on admet que les efforts et moment dé coulent d’une loi visqueuse telle que, au
point P :
R(S → S) = −Cv V(P/Rg ),
218
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
et
M(P, S → S) = −h · V(S/Rg ),
et comme :
m
∂V(P/ Rg ) ∂OP dqk ∂OP ∂OP
R(S → S) · = −Cv + ·
∂ q̇i ∂qk dt ∂t ∂qi
k=1
m
∂OP ∂OP dqk ∂OP ∂OP
= −Cv · − Cv · .
k=1
∂qk ∂qi dt ∂t ∂qi
Par ailleurs :
m
∂V(S/Rg ) dqk dV(S/Rg )
V(S/Rg ) = + .
∂ q̇k dt dt Rg
k=1
Donc :
m
∂V(S/Rg ) ∂V(S/Rg ) dqk ∂V(S/Rg ) ∂V(S/Rg )
M(P, S → S) · = −h + · ,
∂ q̇i ∂ q̇k dt ∂t ∂ q̇i
k=1
m
∂V(S/Rg ) ∂V(S/Rg ) dqk
= −h ·
∂ q̇k ∂ q̇i dt
k=1
∂V(S/Rg ) ∂V(S/Rg )
−h · .
∂t ∂ q̇i
Donc :
n
∂OP ∂OP ∂V(S/Rg ) ∂V(S/Rg ) dqk
Q qi (S → S/Rg ) = −C v · −h ·
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
k=1
∂qk ∂qi ∂ q̇k ∂ q̇i dt
∂OP ∂OP ∂V(S/Rg ) ∂V(S/Rg )
− Cv · −h · .
∂t ∂qi ∂t ∂ q̇i
La partie du second membre, issue d’effets visqueux, du système formé par les é qua-
tions de Lagrange liné arisé es peut donc se noter
de
− [C] + [F] ,
dt
où [C] est une matrice carré e symé trique de dimension n × n et [F] un vecteur de
dimension n ; n est la mobilité du système et [e] un vecteur de dimension n, contenant
les n variations des paramè tres du mouvement autour d’une position [q0 ]. On peut
noter que F est nul si le système ne contient pas d’actionneur.
219
Partie V. Équations du mouvement
d2 e de
[M([q0 (t)])] 2
+ [C([q0 (t)])] + [K ([q0 (t)])] [e] = [F([q0 (t)])] ,
dt dt
où [e] est un vecteur de dimension é gale à la mobilité du systè me n, dont les com-
posantes sont les n variations infinité simales autour d’une position [q0 (t)] repé ré es
par n paramè tres du mouvement qi supposé s connus à l’instant t et au voisinage de
laquelle les é quations du mouvement ont é té liné arisé es. [M] est appelé e la matrice
de masse, [C] la matrice d’amortissement et [K ] la matrice de raideur. La matrice de
masse est toujours symé trique, dé finie positive de par sa dé finition. [K ] est toujours
symé trique de par sa dé finition.
dw
= v = cst e.
dt
avec
d ∂ ∂
Pqi (S/Rg ) = − T,
dt ∂ q̇i ∂qi
et
Q qi (S → S/Rg ) = A(S → S) · {Vqi (S/Rg )} .
220
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
G1 x0
Support machine S1
G2
G3
Bâ ti S0 z0
É touffeur S2 Balourd S3
u
z2 vt z3
• Calcul des Q qi
Les liaisons pivots entre S3 et S1 et entre S2 et S1 ainsi que la liaison glissiè re entre S1
et S0 sont supposées parfaites, elles ne dé veloppent donc pas de puissances virtuelles.
Seuls le poids et l’action du ressort dé veloppent de la puissance. Dans les deux cas,
on dispose d’une fonction de force :
r 1
Ressort U(S0 ↔ S1 ) = K (X − X 0 )2
r
2 r
soit : Q X (S0 ↔ S1 ) = 0 et Q u (S0 ↔ S1 ) = 0.
Pesanteur L’axe (O, G1 ) reste confondu avec x, donc :
Par ailleurs :
Q X (pes → S2 )/Rg ) = 0
∂OG2
Q u (pes → S2 /Rg ) = M2 g · = −M2lg sin u.
∂u
221
Partie V. Équations du mouvement
avec :
1 dX 2
T(S1 /Rg ) = M1 ,
2 dt
2
1 dX 2 du dX du
T(S2 /Rg ) = M2 + l +2 l cos u ,
2 dt dt dt dt
1 dX 2 dX
T(S3 /Rg ) = M3 + (Rv)2 + 2 vR cos vt .
2 dt dt
d ∂ ∂
Par conséquent, comme : Pqi = − T(S/Rg ) :
dt ∂ q̇i ∂qi
d2 u d 2 X
Pu (S/Rg ) = M2l l + 2 cos u ,
dt 2 dt
d2 X d2 u dX 2
PX (S/Rg ) = M1 + M2 l cos u − 2 sin u − M2 Rv2 sin vt.
dt 2 dt 2 dt
• Équations de Lagrange
On obtient donc deux é quations de Lagrange :
d2 X d2 u dX 2 1
M1 2 + M2l cos u − 2 sin u − M3 Rv2 sin vt = − K (X − X 0 ),
dt dt 2 dt 2
d2 u d 2 X
M2l l 2 + 2 cos u = −M2lg sin u.
dt dt
• Équations linéarisées
Pour pouvoir ré soudre ce systè me, on se place en un point X i , ui et on fait un dé ve-
loppement limité au premier ordre autour de ce point des é quations du mouvement
obtenues. On rappelle que les dé veloppements limité s de cos u et sin u autour d’un
point ui s’é crivent :
cos(ui + e) = cos ui − e sin ui + O(e2 ) sin(ui + e) = sin ui + e cos ui + O(e2 ).
Pour liné ariser, on suppose que les paramè tres X et u sont peu diffé rents de la posi-
tion de ré fé rence X i , ui et par ailleurs, on fait é galement l’hypothè se que les dé rivé es
temporelles des paramè tres du mouvement sont petites devant celles au point de ré fé -
rence. Aprè s liné arisation, les deux é quations du mouvement s’é crivent, en posant,
X = X i + x et u = ui + e :
d2 x d2 e
M1 2 + M2l cos ui 2 + K x = −K (X i − X 0 ) + M3 Rv2 sin vt,
dt dt
2 2
d x 2d e
M2l cos u 2 + M2l + M2lge cos ui = −M2 gl sin u.
dt dt 2
222
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
d2 w dw
[M] + [K ] = [F(t)] ,
dt 2 dt
avec
x M1 M2l cos ui
[w] = [M] = ,
e M2l cos ui M2 l 2
K 0 −K (X i − X 0 ) + M3 Rv2 sin vt
[K ] = [F(t)] = .
0 M2 l 2 −M2 gl sin ui
b) Systèmes conservatifs
Si les puissances des efforts inté rieurs et exté rieurs sont nulles ou bien se calculent
par dé rivation d’une é nergie potentielle qui ne dé pend pas du temps, dont on notera
la somme Ep (S/Rg ), alors l’inté grale premiè re de l’é nergie ciné tique traduit directe-
ment la conservation de l’é nergie du systè me :
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Le systè me est alors dit « conservatif ». L’é nergie potentielle se transforme en é nergie
ciné tique et ré ciproquement au cours du mouvement. Les é quations de Lagrange pour
un systè me conservatif, donnent :
d ∂T(S/Rg ) ∂(T + U)
Pqi (S/Rg ) = Q qi (S → S) ⇒ − = 0.
dt ∂ q̇t ∂qi
d ∂ ∂
− (T + U) = 0.
dt ∂ q̇i ∂qi
223
Partie V. Équations du mouvement
• Équilibre
Les positions d’é quilibre sont telles que les paramè tres du mouvement restent
constants. Dans cette configuration, l’é nergie ciné tique est nulle et les dé rivé es par
rapport au temps sont nulles. On dé duit alors des é quations de Lagrange, pour toute
position d’é quilibre :
d ∂ ∂ ∂L
∀i ∈ (1, n) ⇒ − L=0⇒ = 0.
dt ∂ q̇i ∂qi ∂qi q=qe
Comme à l’é quilibre l’é nergie ciné tique est nulle, ceci é quivaut à é crire :
d ∂ ∂ ∂U ∂Ep
∀i ∈ (1, n) ⇒ − L=0⇒ =0⇔ = 0.
dt ∂ q̇i ∂qi ∂qi q=qe ∂qi q=qe
Les positions d’é quilibre sont donc obtenues pour les extremums (maximums, mini-
mums ou points d’inflexion locaux) de la fonction de force U ou de l’é nergie poten-
tielle Ep .
• Stabilité : définition
Une position d’é quilibre d’un systè me maté riel est dite stable si le mouvement induit
par une perturbation (conditions initiales en vitesse et en position trè s petites) reste
au voisinage de cette position.
Supposons que l’é nergie potentielle pré sente un minimum local strict dans la position
d’équilibre é tudié e. Comme l’é nergie potentielle est dé finie à une constante prè s, on
peut choisir une expression de cette é nergie potentielle telle que le minimum local de
l’énergie potentielle soit nul dans la position d’é quilibre é tudié e. Si l’on choisit une
petite perturbation, telle que à t0 et avec a é tant trè s petit :
T(S/Rg )t0 a et Ep (S/Rg )t0 a soit T(S/Rg )t0 + Ep (S/Rg )t0 2a.
224
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
Pour un systè me conservatif, la recherche des positions d’é quilibre et l’é tude de leur
stabilité peut donc se faire directement à l’aide de l’é nergie potentielle du systè me,
sans qu’il soit besoin d’é crire complè tement les équations du mouvement.
avec
d ∂ ∂
Pqi = − T,
dt ∂ q̇i ∂qi
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
∂U ∂
Q qi (S → S/Rg ) = + R(S → S) · V(P/Rg ).
∂qi ∂ q̇i
En tenant compte de la nature visqueuse de la ré sistance passive :
∂U ∂V(P/Rg )
Q qi (S → S/Rg ) = − Cv V(P/Rg ) · .
∂qi ∂ q̇i
d ∂ ∂ ∂V(P/Rg )
− L = C v V(P/Rg ) · .
dt ∂ q̇i ∂qi ∂ q̇i
225
Partie V. Équations du mouvement
Dans toute position d’é quilibre, la vitesse est nulle et le second membre de cette
é quation est donc nul é galement, ce qui nous ramè ne au cas pré cé dent pour la
détermination des positions d’é quilibre.
Pour un systè me visqueux, les positions d’é quilibre correspondent encore aux extre-
mums de la fonction de force du systè me.
Pour l’é tude de la stabilité , on peut encore appliquer le thé orè me de Lejeune-
Dirichlet. En effet, d’aprè s le principe de conservation de l’é nergie mé canique :
dT dU
= + Pvisq .
dt dt
t t t
dT dU
= + Pvisq soit Tt − Tt0 = Ut − Ut0 + Wvisq ,
t0 dt t0 dt t0
T(S/Rg )t0 a et Ep (S/Rg )t0 a soit T(S/Rg )t0 + Ep (S/Rg )t0 2a,
∂U ∂2U
= 0 et < 0.
∂q q=qe ∂q 2 q=qe
226
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
∂U
=0 ∀i.
∂qi [q]=[qe ]
Cette position d’é quilibre est stable si la matrice formé e par les termes :
∂ 2U
= aij ,
∂qi ∂qj [q]=[qe ]
∂U
=0 ∀i.
∂qi [q]=[qe ]
Pour que la position d’é quilibre soit stable, il suffira alors que dans tous les cas :
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
n n
∂ 2U
(qj − qej )(qi − qei ) < 0.
∂qi ∂q j [q]=[qe ]
j=1 i=1
∂Uressort
Q X (S → S) = −K (X − X 0 ) = ,
∂X
∂Upesanteur
Q u (S → S) = −M2 g sin u = .
∂u
227
Partie V. Équations du mouvement
∂2U
a11 = = −K ,
∂ X2
2
∂2U
a22 = = −M2 gl cos u,
∂u
∂ 2U
a12 = a21 = = 0.
∂u∂ X
En appliquant le critère précédent, la position d’équilibre est donc stable la matrice
∂2U
est à valeurs propres négatives. Ce qui impose que : a11 = = −K < 0 ce
2
∂ X2
∂2U
qui est toujours vrai. D’autre part a22 = = −M2 gl cos u < 0 ce qui implique
∂u
que cos u soit positif. Comme on l’attendait, seule la position u = 0 est stable,
c’est-à-dire celle pour laquelle la masse M2 est en bas.
É quilibre C’est une solution particuliè re pour laquelle tous les paramè tres sont
constants :
q̇i = q̈i = 0 ∀i = 1, n.
Mouvement stationnaire C’est un problè me plus gé né ral pour lequel, certains para-
mè tres du mouvement sont constants, tandis que d’autres voient leur vitesse de varia-
tion rester constante. Ce type de mouvement est fré quemment rencontré lors de
l’é tude du fonctionnement de machines en ré gime permanent.
228
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
mouvement é tudié restent constants. S’il s’agit d’un é quilibre on remplace q̇i et q̈i
∀i = 1, n par zé ro, dans les é quations du mouvement, et on cherche une solution qi
vérifiant le systè me d’é quation restant.
• Théorème de Liapounov
Dans le cas gé né ral, lorsqu’on a un é quilibre au sens strict du terme, on é tudie sa
stabilité en liné arisant les é quations du mouvement autour de la position d’é quilibre
é tudié e. On aboutit alors à un systè me d’é quations diffé rentielles liné aires à coeffi-
cients constants, qui peut ê tre ré solu analytiquement : l’oscillateur liné aire L associé
à ce systè me est alors le suivant :
d2 w dw
[M] 2
+ [C] + [F] [w] = [0] .
dt dt
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
229
Partie V. Équations du mouvement
• Stabilité asymptotique
En considé rant les mê mes é tats du mouvement que dans le paragraphe pré cé dent, on
dira que le systè me pré sente une stabilité asymptotique si pour t → ∞ :
• Stabilité orbitale
Si l’on considère deux points d’origine trè s voisins dans un systè me de solides, le
systè me reste stable si :
Si l’on considè re, par exemple, deux satellites tournant sur des orbites trè s proches
mais avec des pé riodes diffé rentes. Si les deux satellites sont trè s voisins à l’instant
t0 , la diffé rence des pé riodes peut entraîner des é carts importants lorsque t augmente.
d2 w dw
[M([q0 (t)])] + [C([q 0 (t)])] + [K ([q0 (t)])] [w] = [F([q0 (t)])] .
dt 2 dt
Lorsque les mouvements du systè mes sont de petits mouvements autour d’une posi-
tion d’é quilibre stable [q0 (t)] = [qe ], alors les matrices [M], [C] et [K ] ne dé pendent
plus du temps.
d2 w dw
[M([qe ])] + [C([q e ])] + [K ([qe ])] [w] = [F([qe ])] .
dt 2 dt
230
Chapitre 9 • Linéarisation des équations du mouvement
b) Vibrations libres
Lorsque le second membre de cette é quation est nul, que la matrice [C] est nulle et
que [K ] est symé trique dé finie positive. Le systè me est un oscillateur libre :
d2 w
[M] + [K ] [w] = [0] .
dt 2
Les solutions sont des combinaisons liné aires de vecteurs w(t) sinusoïdaux, appelé es
modes propres, qui sont les vecteurs propres de la matrice [M]−1 [K ], multiplié s par
cos(vt), où v2 est la valeur propre correspondante.
c) Vibrations forcées
Lorsque le second membre est non nul et pé riodique de pulsation v f , que la matrice
[C] est nulle et que [K ] est symé trique dé finie positive, on parle alors de vibrations
forcé es.
d2 w dw
[M] + [C] + [K ] [w] = [F(t)] .
dt 2 dt
Les solutions de ce systè me d’é quations, sont des combinaisons linéaires de modes
propres plus une solution particuliè re, qui pré sente des singularité s en vf = vi où les
vi sont les i pulsations propres du systè me.
d) Vibrations amorties
Lorsque le second membre est nul, que la matrice [C] est une combinaison liné aire
quelconque de [M] et [K ], on parle alors de vibrations amorties.
d2 w dw
[M] + [C] + [K ] [w] = [0]
dt 2 dt
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
Projeté e dans la base dé finie par les vecteurs propres de la matrice [M]−1 [K ], le
systè me est complè tement découplé . Les solutions sont des combinaisons liné aires
de solutions du type suivant :
ci
avec di = . Ceci correspond en gé né ral à une solution sinusoïdale amortie.
2m i
231
10 CHOCS ET PERCUSSIONS
10.1 INTRODUCTION
Lorsque deux solides entrent en contact au cours de leur mouvement, il se produit
ce que l’on appelle un « choc ». On s’inté resse à l’é tat du mouvement juste avant
(instant t1 ) et juste aprè s le choc (instant t2 ), t1 et t2 é tant très proches, de l’ordre de
un centiè me à un milliè me de secondes. Pendant cet intervalle de temps, la position
d’un point M a trè s peu changé , tandis que sa vitesse a subi une forte variation.
Si l’on confond les instants t1 et t2 , on parlera alors d’une discontinuité du vecteur
vitesse. De ce fait, les techniques de calcul exposées plus haut ne pourront pas ê tre
appliqué es. L’analyse pré cise du choc, c’est-à -dire de ce qui se passe entre les instants
t1 et t2 , est un problè me trè s complexe. Lorsque M arrive au contact avec l’obstacle,
il se produit des dé formations locales qui dé pendent de la nature des maté riaux en
pré sence, de la vitesse d’impact, de la nature des surfaces. Elle né cessite une é tude
complè te en mé canique des milieux continus, en viscoplasticité et en dynamique et
avec é tablissement et perte de contact, ce qui reste un problè me difficile à traiter. En
mé canique des solides, on cherche une modé lisation simplifié e permettant, si l’on
connaît l’é tat du mouvement avant le choc, de dé terminer l’é tat du mouvement aprè s
le choc.
Le second membre de cette é quation est appelé l’impulsion inté gré e du vecteur Fext
pendant l’intervalle de temps (t2 −t1 ). Lorsque la limite de ce second membre, lorsque
l’intervalle de temps tend vers zé ro, est un vecteur fini non nul, on parle alors de
percussion. Ceci correspond physiquement à l’application d’une force trè s grande
pendant un temps trè s court, du type « Dirac ».
t=t2
P= lim Fext dt.
(t2 −t1 )→0 t=t1
232
Chapitre 10 • Chocs et percussions
233
Partie V. Équations du mouvement
mV(t, C/Rg )
1. est la discontinuité du torseur ciné tique du systè me
s(t, C, S/Rg ) C
10.3.1 Remarques
1. À partir du principe fondamental des chocs, on peut, comme pour le principe fon-
damental de la dynamique, dé montrer le thé orè me des percussions ré ciproques.
P(S1 → S2 ) =− P(S2 → S1 ) .
2. Toutes les forces qui restent borné es pendant le choc, telles que par exemple, les
forces de pesanteur, correspondent à un torseur de percussion nul.
3. Le principe fondamental des chocs est dé fini dans un repè re galilé en. Cependant,
lorsqu’on é crit le principe fondamental de la dynamique dans un repè re R en
mouvement par rapport à Rg , si les forces d’inertie d’entraînement et de Coriolis
restent finies au cours du choc, ce qui est gé né ralement le cas, elles correspondent
alors à des percussions nulles. On n’aura donc pas à se soucier de ces termes, le
principe principe fondamental des chocs pourra ê tre appliqué dans le repè re non
galiléen R.
234
Chapitre 10 • Chocs et percussions
Le principe fondamental des chocs appliqué au solide S2 permet alors d’é crire :
a) Définition de e
L’é quation supplé mentaire, est donné e par la condition au point d’impact :
où e est un coefficient qui dé pend des maté riaux en présence, de la nature des sur-
faces, de la tempé rature.
b) Propriété de e et P
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
235
Partie V. Équations du mouvement
obtient alors, en tenant compte du fait que les torseurs des percussions des actions à
distance sont nuls :
∗ ∗
C(S1 /Rg ) · V(S1 /Rg ) = P(S2 → S1 ) · V(S1 /Rg ) ,
∗ ∗
C(S2 /Rg ) · V(S2 /Rg ) = P(S1 → S2 ) · V(S2 /Rg ) ,
Comme par ailleurs :
P(S1 → S2 ) =− P(S2 → S1 ) ,
on trouve en additionnant :
2
∗
C(Si /Rg ) · V(Si /Rg )
i=1 .
∗ ∗
= P(S1 → S2 ) · V(S1 /Rg ) − V(S2 /Rg )
Donc :
V(P/Rg ) dm · V∗ (P/Rg )
S1 ∪S2 .
∗ ∗
= P(S1 → S2 ) · V(S1 /Rg ) − V(S2 /Rg )
On choisit d’abord, comme champ virtuel, la discontinuité du champ des vitesses des
points de chacun des solides à l’instant du choc,
V∗ (P/Rg ) = V(P/Rg )
Alors :
2
V(P/Rg ) dm = −P n12 · V(t + , I ∈ S1 /S2 ) − V(t − , I ∈ S1 /S2 ) .
S1 ∪S2
Comme les deux solides sont entré s en contact, il faut qu’avant le choc :
236
Chapitre 10 • Chocs et percussions
1
V∗ (P/Rg ) = V(P/Rg )t+ + V(P/Rg )t− .
2
Comme :
V(P/Rg ) dm · V∗ (P/Rg )
S1 ∪S2 .
∗ ∗
= P(S1 → S2 ) · V(S1 /Rg ) − V(S2 /Rg )
alors
1 P(1 − e)
(V(P/Rg )2t+ − V(P/Rg )2t+ )dm = − n12 V(t − , I ∈ S1 /S2 ),
S1 ∪S2 2 2
soit encore :
P(1 − e)
T(S1 ∪ S2 /Rg ) = − n12 · V(t − , I ∈ S1 /S2 ).
2
Comme l’é nergie ciné tique ne peut pas s’accroître pendant le choc, on en dé duit
e 1.
237
Partie V. Équations du mouvement
S1 S2
I
O G1 G2 x
d’où :
V(S1 /R)+ = 0
On constate à ce stade qu’il est impossible de déterminer les vitesses car nous
n’avons qu’une é quation scalaire avec les deux inconnues (V1+ − V1− ) et (V2+ − V2− ).
Il est donc né cessaire d’ajouter une information lié e à la nature du choc (et donc à
celle des corps en pré sence). Nous allons examiner la quantité G1 G2 = avant et
pendant le choc.
• Avant le choc. varie mais les efforts exté rieurs appliqué s sont nuls. Le travail de
ces efforts et donc nul. Les actions de l’un des solides sur le second augmentent.
238
Chapitre 10 • Chocs et percussions
• Pendant le choc. Cette distance varie dans la pratique car les solides ne sont pas
indé formables. On imagine sans peine une première phase avec qui diminue (les
solides se rapprochent en raison de la dé formation sur la zone de contact) puis
une seconde avec qui augmente (les solides retrouvent leur forme initiale). Les
actions de l’un des solides sur le second diminuent. La vitesse relative de S1 par
rapport à S2 passe par zé ro. En consé quence les vitesses des centres d’inertie sont
é gales (en valeur absolue).
Corps parfaitement é lastiques : ce cas correspond à des solides qui reprennent exac-
tement leur forme initiale aprè s le choc. Dans ce cas il n’y a aucune é nergie dissipé e
pendant le choc (ou la puissance des efforts inté rieurs est nulle). On a dans ce cas :
dT
= 0 ⇒ T+ − T− = 0.
dt
Cela donne donc :
ce qui combiné avec la relation m 1 (V1+ − V1− ) + m 2 (V2+ − V2− ) = 0 (é quation (10.1))
permet d’é crire vectoriellement :
Au cours du choc il n’y a qu’un changement de vitesse relative en signe mais pas en
module. Il est alors possible de dé terminer les vitesses finales :
V1+ = V2− ,
V2+ = V1− .
Il y a donc de fait « é change des vitesses ».
• Masse m2 → ∞ et V2− = 0. Cela donne :
V2+ = 0.
et
V1+ = −V1−
Ce cas correspond au cas d’une balle rigide qui vient frapper un objet (un mur par
exemple) fixe. L’é nergie de la balle est conservé e et elle repart en sens inverse à la
mê me vitesse (en module).
239
Partie V. Équations du mouvement
• Corps iné lastiques. Dans le cas gé né ral on ne trouve pas de solides parfaitement
é lastiques ou parfaitement mous. Cela s’exprime par un coefficient tel que :
Perte d’énergie
On reprend l’expression de la variation d’é nergie ciné tique pendant le choc et com-
biné es avec les relations (10.1) et la dé finition de e on obtient :
m1m2
T+ − T− = − (1 − e2 )(V1− − V2− )2 .
2(m 1 + m 2 )
Les deux cas limites sont retrouvé s :
Solides é lastiques Dans ce cas on a e = 1 donc :
T+ = T− ,
Calcul de la percussion
Supposons que le vecteur percussion est donné par P(S1 → S2 ) = Px, on a l’é galité :
240
Chapitre 10 • Chocs et percussions
Nous obtenons pour un choc é lastique avec des sphè res de masse 1 kg projetées à ±
5 m/s une percussion de 10 kg.m.s−1 . Il est à remarquer que la percussion est connue
sans que pour autant la duré e du choc ni les actions de contact le soient. On peut
faire un parallè le avec la ré sultante et le moment de liaison pour une liaison parfaite
qui sont connus sans que la ré partition locale des actions soient connues. Pour aller
plus loin il est né cessaire - comme pour les actions de contact - de supposer que les
solides sont dé formables et de comportement é lastique isotrope (mêmes proprié té s
dans toutes les directions de l’espace). Dans ce cas deux constantes caracté risent le
comportement : E le module d’Young (en Pa) et n le coefficient de Poisson.
Contact de Hertz
L’objectif est de montrer que les solutions (non dé montré es) issues des travaux de
Hertz peuvent ê tre utilisé es pour illustrer la thé orie des chocs. On suppose que deux
sphè res S1 et S2 de rayon R1 et R2 sont en contact sous l’action de forces exté rieures
F. La distance G1 G2 est noté e . On note a = R1 +R2 − le rapprochement des centres
des sphè res sous l’effet de l’effort appliqué . Hertz a donné une solution analytique :
9p R1 + R2 2 1/3
a=( (K 1 + K 2 ) F ) ,
16 R1 R 2
1 − n1 1 − n2
avec les notations de Hertz : K 1 = et K 2 = .
pE 1 pE 2
On en dé duit :
F(S1 → S2 ) = ka3/2 ,
avec k la raideur du ressort non liné aire obtenu.
solide :
F(S1 → S2 ) = m 2 G(S2 /R),
Cette é quation est non liné aire mais on la multiplie par ȧ et l’inté gration est immé -
diate :
ȧ2 2(m 1 + m 2 ) 5/2
+k a = cste.
2 5m 1 m 2
241
Partie V. Équations du mouvement
Durée du choc
Il faut é tudier la premiè re phase avant l’instant correspondant au rapprochement
maximal. En posant a/amax = a on trouve aprè s quelques calculs :
1
amax da amax
tmax − t − = √ = 1, 47 + .
(V2+ − V1+ ) 0 1 − a 5/2 (V2 − V1+ )
Pour la 2e phase qui correspond à la dé tente é lastique des deux sphè res on a le mê me
type d’inté grale à é valuer :
0
amax da amax
t + − tmax = √ = 2, 94 + .
(V2+ − V1+ ) 1 1 − a 5/2 (V2 − V1+ )
Nous venons de dé terminer la duré e du choc en fonction des donné es du problè me.
Il est donc possible d’é valuer la force au cours du temps pendant le choc :
F(S1 → S2 ) = ka3/2 ,
avec a(t) connu par l’é quation diffé rentielle du mouvement. On peut connaître l’ef-
fort maximal (correspondant à amax , et la percussion par intégration de l’effort pen-
dant la duré e du choc.
L’inté rê t de la thé orie des chocs est de fournir un cadre cohé rent et simplificateur qui,
pour une dé marche de dimensionnement en bureau d’é tudes, et suffisante dans un
premier temps.
242
Partie VI
Quelques rappels
mathématiques sur les
torseurs et les tenseurs
11 CALCUL VECTORIEL
u · v = u v cos(u, v).
b) Propriétés
On a les proprié tés suivantes :
1. Symé trie : u · v = v · u.
2. Distributivité : u · (v + w) = u · v + u · w.
3. Multiplication par un ré el : lu · av = lau · v.
c) Expression analytique
Dans une base orthonormé e (x, y, z) le produit scalaire des deux vecteurs v1 de
composantes (x1 , y1 , z 1 ) et v2 de composantes (x 2 , y2 , z 2 ) s’é crit :
v1 · v2 = x1 x2 + y1 y2 + z 1 z 2 .
u ∧ v = u v sin(u, v).
b) Interprétation géométrique
La norme du produit vectoriel u ∧ v, repré sente la surface du parallé logramme défini
par les deux vecteurs u et v.
246
Chapitre 11 • Calcul vectoriel
u ∧v D
v
u
C
c) Propriétés
1. Antisymé trie : u ∧ v = −v ∧ u.
2. Distributivité par rapport à l’addition : u ∧ (v + w) = u ∧ v + u ∧ w.
3. Multiplication par un ré el : lu ∧ av = la(u ∧ v).
4. Application à une base orthonormé e directe (x, y, z).
x ∧x=0 y ∧ x = −z z ∧ x = y,
x ∧y=z y ∧y=0 z ∧ y = −x,
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
x ∧ z = −y y ∧z =x z ∧ z = 0.
a) Expression analytique
Dans une base orthonormé e (x, y, z) le produit vectoriel des deux vecteurs v1 de
composantes (x1 , y1 , z 1 ) et v2 de composantes (x 2 , y2 , z 2 ) s’é crit :
v1 ∧ v2 = (y1 z 2 − z 1 y2 ) x + (z 1 x2 − x1 z 2 ) y + (x1 y2 − y1 x2 ) z.
247
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
b) Interprétation géométrique
La valeur absolue du produit mixte (u, v, w) repré sente le volume du parallé lé pi-
pède dé fini par les trois vecteurs u, v et w.
v
w
c) Propriétés
1. Permutation des opé rateurs : (u, v, w) = u · (v ∧ w) = (u ∧ v) · w.
2. Distributivité par rapport à l’addition : (u + x, v, w) = (u, v, w) + (x, v, w).
3. Multiplication par un ré el : (lu, av, gw) = lag(u, v, w).
4. Permutation des vecteurs : (u, v, w) = −(v, u, w).
5. Permutation circulaire : (u, v, w) =(v, w, u) = (w, u, v).
248
Chapitre 11 • Calcul vectoriel
d) Expression analytique
Dans une base orthonormé e (x, y, z) le produit mixte des trois vecteurs v1 de com-
posantes (x1 , y1 , z 1 ), v2 (x2 , y2 , z 2 ) et v3 (x3 , y3 , z 3 ) se calcule comme le dé termi-
nant suivant :
x 1 x 2 x3
(v1 , v2 , v3 ) = y1 y2 y3
z1 z2 z3
= −x3 y2 z 1 + x2 y3 z 1 + x3 y1 z 2 − x1 y3 z 2 − x2 y1 z 3 + x1 y2 z 3 .
b) Solution générale
B ∧A
L’ensemble x est dé fini de la maniè re suivante, a é tant un ré el : x = + a A.
A· A
v
D
C
B
(D)
A
P
Figure 11.3 Glisseur.
249
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
M (P, v)
Q
H v
(D)
P
H
Figure 11.4 Glisseur.
Remarque
Nous noterons parfois MA le vecteur moment en A et parfois M(A, F) ce moment
selon le contexte et pour rendre le document le plus lisible possible.
b) Interprétation géométrique
Soit H le pied de la perpendiculaire abaissé e de A sur la droite (D) dé finie par le
glisseur. La norme du moment du glisseur (P, v) au point A, est é gale à :
MA (P, v) = AH v .
c) Propriétés
1. Le moment au point A du glisseur (P, v) est indé pendant du choix du point P sur
le support (D) du glisseur.
2. Champ des moments :
MB (P, v) = BP ∧v = (BA+AP) ∧v = AP ∧v+BA ∧v = MA (P, v)+BA ∧v.
MB (P, v) = MA (P, v) + BA ∧ v.
250
Chapitre 11 • Calcul vectoriel
b) Interprétation géométrique
Le moment du glisseur (P, v) par rapport à l’axe D(A, x) est é gal au produit du bras
de levier OH, par la composante w du vecteur v, perpendiculaire à la fois au bras de
levier et à l’axe.
MD (P, v) = HO w et MA (P, v) = AN v .
y
A x (D)
x
O
N
P
w v
(D)
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
251
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
MB = MA + R ∧ AB.
MA = AP ∧ F(P)dv.
P∈E
Alors le champ des moments de l’ensemble fini de glisseurs vé rifie encore :
MB = MA + R ∧ AB.
252
DÉRIVATION
VECTORIELLE
12
12.1 DÉRIVÉE D’UN VECTEUR
12.1.1 Définition
Par dé finition la dé rivé e d’un vecteur v(t) par rapport à la variable t, dans l’espace
vectoriel E est le vecteur suivant :
dv v(t + h) − v(t)
= lim .
dt E h→0 h
Par consé quent, la dé rivé e d’un vecteur v dé pend du choix de l’espace vectoriel de
ré fé rence dans lequel est exprimé le vecteur. En pratique, il est donc né cessaire de
toujours pré ciser par rapport à quel ré fé rentiel du mouvement est effectué e la dé rivé e.
12.1.2 Propriétés
1. Somme :
d(v1 + v2 ) dv1 dv2
= + .
dt R dt R dt R
2. Produit par une fonction scalaire f :
d( f (t)v) dv df
= f (t) + v.
dt R dt R dt
3. Dé rivé e du produit scalaire :
d(v1 · v2 ) dv1 dv2
= · v2 + v 1 · .
dt R dt R dt R
253
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
À ce stade nous avons besoin de l’expression des dé rivé es des vecteurs unitaires de
la base R1 par rapport au ré férentiel du mouvement R. L’orientation d’une base par
rapport à une autre se dé finit à l’aide de trois angles de rotation (ak , k = 1, 3). Alors :
3
∂xi
dxi |R = dak ∀i,
k=1
∂ak R
et
3
dxi ∂xi dak
= ∀i.
dt R ∂ak R dt
k=1
254
Chapitre 12 • Dérivation vectorielle
Par suite :
3
dxi dak
= ek ∧ x i ∀i.
dt R dt
k=1
Si l’on dé finit un vecteur V de la faç on suivante :
3
dak
V(R1 /R) = ek ,
dt
k=1
il vient
dxi
= V(S2 /R1 ) ∧ xi .
dt R
On en dé duit alors la formule de changement de base de dé rivation :
dv dv
= + V(S2 /R1 ) ∧ v,
dt R dt R1
et
dv dv
= + V(R3 /R2 ) ∧ v.
dt R2 dt R3
Alors
dv dv
= + (V(R3 /R2 ) + V(R2 /R1 ) ∧ v,
dt R1 dt R3
soit :
V(R3 /R1 ) = V(R3 /R2 ) + V(R2 /R1 ).
255
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
et
dv dv
= − V(R2 /R1 ) ∧ v,
dt R2 dt R1
ce qui donne par addition :
∀A, ∀B AB · vA = AB · vB .
12.3.2 Propriétés
1. Si un champ de vecteur é quiprojectif est connu en trois points non alignés de
l’espace, alors il est connu en tout point P.
2. Par ailleurs si deux champs de vecteurs v1 et v2 sont é quiprojectifs alors av1 +bv2
est é quiprojectif aussi quels que soient les deux ré els a et b choisis.
vC
vP B
P vB
vA
256
Chapitre 12 • Dérivation vectorielle
12.4 TORSEURS
Le torseur est l’outil privilé gié de la mé canique du solide. Il est utilisé pour repré sen-
ter le mouvement d’un solide, caracté riser une action mé canique, formuler le principe
fondamental de la dynamique de maniè re gé né rale.
12.4.1 Définitions
Un torseur est un ensemble dé fini par ses deux é lé ments dits é lé ments de réduction.
1. Un vecteur noté R appelé la ré sultante du torseur.
2. Un champ de vecteur M vérifiant la relation :
∀A, ∀B MB = MA + R ∧ AB.
a) Démonstration
Remarque
Si un solide est indéformable, le champ des vecteurs vitesse des points de ce solide
est nécessairement équiprojectif. Par conséquent il est représentable par un torseur,
dont le vecteur moment est le vecteur vitesse du point considéré. On verra plus loin
que la résultante du torseur est aussi le vecteur rotation de ce solide.
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
257
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
b) Axe central
Ensemble des points centraux. On se propose de montrer que les points centraux sont
aligné s sur un mê me axe, pour un torseur {T }, qui se note au point A :
R
{T } = .
MA
Le moment au point A du torseur peut se dé composer en deux termes, u et w, où u
est la composante de MA selon R et w est orthogonal à R alors :
MA = u + w avec u ∧ R = 0 et w · R = 0.
Si B est un point central, du fait du second invariant, ∀A, MB = u. Comme
MB = MA + R ∧ AB ⇒ u = u + w + R ∧ AB ⇒ R ∧ AB = −w. Par
division vectorielle, on en dé duit :
R ∧ MA
AB = + aR.
R2
R ∧ MA
ainsi si l’on pose : AH = alors les points centraux s’alignent sur une droite
R2
de mê me direction que la ré sultante du torseur R et passant par le point H.
c) Moment central
Le moment central est le moment du torseur en un point quelconque de son axe
central. La norme du moment d’un torseur est minimale pour les points centraux. Par
consé quent si le moment d’un torseur est nul en un point, ce point appartient à l’axe
central. L’axe central se dé finit alors à l’aide de ce point et de la ré sultante.
258
Chapitre 12 • Dérivation vectorielle
12.5.3 Décomposition
a) Torseur couple
Un torseur couple est un torseur dont la ré sultante est nulle.
0
{T } = .
M
Le moment d’un torseur couple est le mê me en tout point de l’espace. Un torseur
couple peut ê tre repré senté par un ensemble de glisseurs de direction parallè le, de
mê me norme et de sens contraire. En effet, si l’on considè re deux glisseurs (P, v) et
(A, −v), alors le torseur associé à cet ensemble de glisseurs vaut :
−v v 0
{T } = + = .
0 AP ∧ v AP ∧ v
259
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
b) Torseur à résultante
Un torseur à ré sultante est un torseur dont le moment central est nul.
R
{T } = ,
0 B
Proprié té
1. Toute application f (anti)symé trique de E n dans E n est liné aire.
2. La matrice dans une base orthonormé e d’une application (anti)symé trique est
(anti)symé trique.
Théorème 12.1
Si f est une application antisymé trique de E 3 , il existe un vecteur R unique de
E 3 appelé vecteur caracté ristique de f tel que :
∀u ∈ E 3 f (u) = R ∧ u.
260
Chapitre 12 • Dérivation vectorielle
Théorème 12.2
Si e1 , e2 et e3 sont les vecteurs unitaires d’une base orthonormé e de E 3 alors le
3
1
vecteur R = ei ∧ f (ei ) est le vecteur caracté ristique de l’application f .
2
i=1
D É MONSTRATION .
3 3 3
ei ∧ f (ei ) = ei ∧ (R ∧ ei ) = (ei .ei )R − (ei .R)ei = 2R.
i=1 i=1 i=1
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
261
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
Théorème 12.3
Tous les vecteurs lié s d’un mê me vecteur glissant ont le mê me champ de moment.
Définition
Un champ de vecteur M(A) (application de l’espace affine sur l’espace vectoriel)
qui associe un vecteur à un point est antisymé trique si il existe un point O et une
application antisymé trique f tels que :
Théorème 12.4
Pour qu’un champ M soit antisymé trique, il faut et il suffit qu’il soit é quiprojectif.
D É MONSTRATION . Commenç ons par dé montrer qu’un champ antisymé trique est
é quiprojectif. Puisque M est un champ équiprojectif, on sait qu’une fonction f anti-
symé trique existe ; elle est telle que :
Ceci correspond bien à la relation de champ de moment. Comme f est antisymé trique
on a :
PQ · f (PQ) = −PQ · f (PQ).
On en dé duit immé diatement que :
PQ · M(P) = PQ · M(Q) ∀P et Q ∈ E n .
262
Chapitre 12 • Dérivation vectorielle
PQ · M(P) = PQ · M(Q) ∀P et Q ∈ E n .
On vient de montrer que l’application f en question est antisymé trique et telle que
M(M) = M(O) + f (OM).
12.8.2 Glisseur
Définition
On appelle glisseur, un torseur {T }, s’il existe au moins un point A tel que
M(A) = 0.
Cela correspond en ciné matique à un mouvement de rotation autour d’un axe fixe.
En effet, pour tout point A situé sur l’axe, v(A) = 0.
263
Partie VI. Quelques rappels mathématiques sur les torseurs et les tenseurs
12.8.3 Couple
Définition
On appelle couple, un torseur {T }, si la résultante R est nulle.
Théorème 12.5
Tout torseur {T } constitué d’une ré sultante R et d’un moment M(M) se dé com-
pose de faç on unique en la somme d’un glisseur et d’un couple. On peut toujours
é crire (avec R 2 = R · R) :
M(M) · R M(M) · R
M(M) = 2
R + M(M) − R.
R R2
Le premier terme dé finit le champ d’un couple, le second celui d’un glisseur.
D É MONSTRATION . Si on prend le premier terme, il faut montrer que le moment est
indé pendant du point. Soient M et N deux points. On a alors :
(M(N) + MN ∧ R) · R M(N) · R
M(M) = 2
R= R = M(M).
R R2
On montre de la mê me faç on que le second terme est associé à un glisseur. En effet :
M(M) · R
M(M) − R · R = 0.
R2
264
SUR LES TENSEURS
ÉLÉMENTS
13
Pour ce cours, nous allons travailler une base orthonormé e ce qui autorise une grande
simplification de la pré sentation. Le lecteur inté ressé par des dé tails, en particulier
pour la mé canique des milieux continus, se ré fé rera aux nombreux ouvrages dispo-
nibles.
∀x ∈ E, f(x) = v · x ∈ R.
T = Tij (ei ⊗ ej ).
265
Chapitre 13 • Éléments sur les tenseurs
À R ETENIR
Champ équiprojectif
Un champ de vecteur v est é quiprojectif si : ∀A, ∀B vB · AB = vA · AB
Torseur
R
{T } = .
MA
R R
{T } · {T } = · = R · MA + R · MA .
MA MA
Invariants du torseur
1. Premier invariant : La ré sultante R.
2. Second invariant : La projection du moment du torseur sur sa ré sultante.
266
Chapitre 13 • Éléments sur les tenseurs
R R ∧ MA
{T } = et AH = .
MA R2
∂xi
= ek ∧ x i .
∂ak R
dv dv
= + V(R1 /R) ∧ v.
dt R dt R1
267
BIBLIOGRAPHIE
[2] ROUGÉ E P., Mé canique gé né rale, Vuibert (Vuibert université ), ISSN : 0290-
4403, 336 p, 1982.
[9] Mesure de force et de couple - Capteurs de force (partie 1), Dossier Techniques
de l’ingé nieur : R1820, 06/2008 et Capteurs de couple (parie 2) Dossier : R1821,
12/2008, Mesures mé caniques et dimensionnelles, articles ré digé par le Grou-
pement pour l’avancement des méthodes d’analyse des contraintes.
[11] D UHEM P., Les origines de la statique, Tome 1, Ed. Jacques Gabay, 1905.
268
INDEX
A Coordonné es
carté siennes 16
Accé lé ration
cylindriques 17
absolue 27
sphé riques 18
d’entraînement 27
dé finition 11
de Coriolis 27 D
relative 27 Degré
Action mé canique 83 d’hyperstatisme 120
Angles de mobilité 121
d’Euler 15 Degré de mobilité 95
de Cardan 15 Dynamique
Axes principaux d’inertie 66 principe fondamental 168
C E
Centre É nergie ciné tique
de gravité 54 dé finition 160
de masse 53 thé orè me pour n solides 161
Chaîne thé orè me pour un solide 160
fermé e 122 É nergie potentielle 157, 180
ouverte 121 actions mutuelles 158
Champ dans un solide efforts exté rieurs 157
des accé lé rations 22 gravitation 158
des vitesses 20 ressort 159
Choc É quations
Dunod – La photocopie non autorisé e est un dé lit
269
Index
G P
Graphe Principe
de liaison 108 des puissances virtuelles 174
des actions mé caniques 108 fondamental de la statique 114
principe fondamental de la dynamique
H 168
Puissance
Huyghens d’une liaison 93
thé orè me d’ 64 des actions mé caniques 155
thé orè me d’Huyghens Steiner 65 des actions ré ciproques 156
L R
Lagrange Réfé rentiel 10
é quations 176 Ré fé rentiels
Liaison galilé ens 170
appui plan 99 non galilé ens 170
encastrement 107 Ré sultante
liaison glissiè re 104 ciné tique 50
liaison hé licoïdale 105 dynamique 69
liaison liné aire annulaire 97
liaison liné aire rectiligne 96 S
liaison rotule 98
parallè le 119 Schéma ciné matique 108
parfaite 93
pivot 101 T
pivot glissant 100 Tenseur d’inertie 55
ponctuelle 95 Thé orè me
Liaison de la ré sultante 115
é quivalente 118 de la ré sultante dynamique 168
sé rie 120 des actions mutuelles 169
Liné arisation des actions ré ciproques 115
des é quations de Lagrange 216 du moment 115
principe 216 du moment dynamique 168
Torseur
M ciné matique 20
Mé canisme 93, 118 ciné tique 53
Mobilité d’action mé canique 85, 93
interne 121 des efforts transmissibles 85
utile 121 dynamique 69
statique 85, 93
Moment
Travail 157
ciné tique 51
d’une force 85
dynamique 70
V
Moment ciné tique Vecteur rotation 21
par rapport à un axe 56 Vitesse
Moment d’inertie champ des vitesses dans un solide 20
par rapport à un axe 59 composition 23
par rapport à un point 63 dé finition 11
270