2013 N°4
2013 N°4
RÉALITÉS
la référence
du praticien
généraliste
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1er Prix SPEPS 2013
Meilleur article de formation paru
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LA DENT PULPEE
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RÉALITÉS CLINIQUES - 2013 - VOL. 24 - N° 4
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Thérapeutiques
de la dent pulpée
4
ISSN n°0999-5021
n°
Vol. 24 - décembre 2013
Avant-propos
La dent dépulpée
L KI
e délabrement initial des dents que nous soignons constitue
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probablement le principal critère décisionnel de notre choix
thérapeutique. Or celui-ci doit répondre aujourd’hui aux
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demandes grandissantes de nos patients : de plus en plus
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d’esthétique et de moins en moins de délabrement. Ces notions
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cliniques sont relayées depuis plusieurs années déjà dans notre
ch J D EN
profession et marquent un réel changement de comportement.
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Olivier Etienne
Nos vieux réflexes doivent laisser place à une vraie stratégie
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thérapeutique dont le seul mot d’ordre est de préserver au mieux
et le plus longtemps possible les tissus dentaires et parodontaux.
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nom !
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qui sont brillamment exposés par notre ami et mentor Gil Tirlet
à la fin de la revue.
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249 Avant-propos
Foreward
Olivier Etienne
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253 Estimer l’état pulpaire
Volume 24 N° 4 Décembre 2013 Diagnosis of pulpal status
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TRIMESTRIEL Francesco Paladino,Charles Tolédano,
Prix du n° : 45 € René Serfaty
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permanente
de la dent pulpée
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Managing pulp exposure in a permanent
ch J D EN
tooth
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Après des décennies de dépulpations abusives, Tchilalo Boukpessi, Dima Clot,
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Jean-Jacques Lasfargues
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la préservation de la vitalité pulpaire constitue
désormais à la fois l’objectif et la condition
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Michel Blique
plus attendre, ce changement de paradigme
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Hervé Tassery
Université de Strasbourg
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DPC
Jan Hajtó, Costin Marinescu, Oliver Ahlers
Répond aux critères qualité d’un document
issu de la presse scientifique professionnelle
(voir site de la HAS )
Comité de lecture
321 Nouvelles perspectives dans le traitement de l’usure : Jean-Pierre Attal
Sylvie Azogui-Levy • Marcel Begin
les “Table Tops”
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Catherine Besnault • Eric Bonte
New perspectives on the treatment of wear: Serge Bouillaguet
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the Table Tops Denis Bouter • Jean-Louis Brouillet
Stefen Koubi, Galip Gurel, Patrice Margossian, Pierre Canal • Jean-Luc Charrier
Richard Massihi, Hervé Tassery Catherine Chaussain
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Florence Chemla
Anne Claisse • Jean-Yves Cochet
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331 La “biomimétique” un concept contemporain au cœur
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Pierre Colon • Marc Danan
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de la dentisterie adhésive Jacques Dejou
ch J D EN
“Biomimetic dentistry:” a contemporary concept at Jean-Marc Dersot • Dominique Droz
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the heart of adhesive dentistry Nicolas Eid • André-Jean Faucher
Gérard Girot • Dominique Guez
Gil Tirlet, Panaghiotis Bazos
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Martine Hennequin • Olivier Hue
Pierre Jonas • Richard Kaleka
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Gilles Laborde • Alain Lautrou
Abonnez-vous !
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Jean-Michel Morand
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Représentant légal et Directrice des publications : Madame Claudie Damour-Terrasson Maryse Wolikow • Gérard Zuck
Tél : 01 56 26 50 00 - Fax : 01 56 26 50 01 Pascal Zyman
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RÉSUMÉ SUME
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L’estimation de l’état pulpaire et de son potentiel réparateur sont des préalables
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fondamentaux avant tout traitement restaurateur de l’organe dentaire. Cependant,
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ch J D EN
l’étroitesse du volume pulpaire enfermé dans une masse minérale rend l’évaluation
directe du système vasculaire pulpaire délicate. Cet article porte sur l’analyse des
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critères décisisionnels cliniques et les tests pulpaires disponibles pour déterminer
dans quel cas et comment la vitalité pulpaire peut être conservée ou si l’on doit
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procéder à la dépulpation. La prise en compte des processus de cicatrisation den-
tinaire ainsi que les délais et l’adoption de procédures opératoires restauratrices
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IMPLICATION CLINIQUE
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Francesco Paladino
L’
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Chirurgien-dentiste
Charles Toledano
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Chirurgien-dentiste abandon des principes méca- de l’organe dentaire à traiter et d’en activer,
Chargé d’Enseignement nistes de Black au profit d’une le cas échéant, les mécanismes d’action.
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1 aiguë ou chronique, voire une nécrose, peut survenir et
s’accompagner de sensibilités douloureuses (10).
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Un élément dentaire déjà altéré par des pathologies
Fig. 1 - Le potentiel réparateur de la pulpe diminue à chaque agression,
carieuses ou parodontales, même en présence d’une
l’âge avançant (adapté d’après Bence (12) ).
chambre pulpaire réduite, peut ainsi être incapable de
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C 12).
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requiert ainsi 2,5 fois plus de pression pour enregistrer
ch J D EN
la même réponse proprioceptive qu’une dent pulpée aux LES CRITÈRES DÉCISIONNELS
l.c
forces masticatrices (3).
La pulpe vivante et saine est aussi la plus sûre barrière à
CLINIQUES
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l’invasion bactérienne (4). Elle contient, en effet, comme Le diagnostic clinique de la pathologie pulpaire et son
tous les tissus conjonctifs lâches, des cellules immuno- pronostic ne s’établissent que sur une anamnèse circons-
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compétentes. Trois types cellulaires y ont été identifiés : tanciée, un examen clinique, des tests pulpaires et des
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L’âge du patient
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apicales (5). L’état pulpaire et son potentiel de réparation Plus le patient est jeune et plus le potentiel réparateur
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sont caractérisables par la réponse sensorielle, la vascu- pulpaire est grand. Il en découle le principe selon lequel
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larisation, le nombre d’odontoblastes vivants et leur degré toutes les techniques de conservation de la vitalité pul-
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de survie après restauration, le degré d’inflammation et le paire doivent être mises en œuvre chez les sujets jeunes.
type de réparation dentinaire déclenché. Comme la perméabilité dentinaire joue un rôle primordial
dans le maintien de la santé pulpaire en filtrant plus ou
LA PROBLÉMATIQUE POSÉE moins les substances toxiques ou irritantes et en diffusant
en
cées qui requièrent respectivement une pulpectomie et bilité dentinaire est en effet inversement proportionnel à
un traitement endodontique systématiques, ne sont pas l’âge du patient.
dr
l’objet de cet article. Chez les jeunes patients, la section des tubuli va entraî-
Excepté ces cas, il n’existe pas de règles de bonne pra- ner l’ouverture de grands vecteurs de diffusion et de filtra-
tique pour décider clairement la limite entre dépulpation et tion vers et depuis le tissu pulpaire. Il faudra donc, chez
conservation de la vitalité pulpaire (6). Le sens clinique et ces sujets, privilégier les restaurations directes a minima
l’expérience du praticien sont encore prédominants dans ou les préparations prothétiques partielles aux prépara-
la décision du maintien de la vitalité pulpaire (7). L’objectif tions périphériques. De plus, en raison d’un gros volume
de cet article est de tenter d’évaluer les critères décision- pulpaire chez les sujets jeunes, l’épaisseur de dentine
nels à notre disposition pour estimer l’état pulpaire et ses subsistante peut être insuffisante pour freiner les atteintes
capacités de défense au niveau des dents traumatisées, pulpaires (10) lors de ces préparations périphériques.
au niveau des cavités profondes juxtapulpaires, et dans Les préparations prothétiques les plus mutilantes doivent
les cas de symptomatologie provoquée au froid. donc être évitées car elles sont les plus traumatisantes
chez les patients jeunes (11).
LE POTENTIEL RÉPARATEUR À l’inverse, en avançant dans l’âge, les dents présentent
une perméabilité diminuée. Elle s’explique par l’accumula-
DE LA PULPE tion de dépôts minéraux à l’intérieur des tubuli dentinaires
Il ne faut pas surestimer ou sous-estimer le potentiel répa- et par la diminution du diamètre de ces derniers, avec
rateur du complexe dentino-pulpaire. En effet, chaque l’âge (13). Il existe aussi une diminution du volume pul-
KI
Les pathologies générales circulatoires
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L’état de santé général du patient nous informe indirec-
tement sur les capacités de défense du complexe denti-
naire. La présence de troubles calciques, de pathologies
circulatoires, ou affectant le système immunitaire (dia-
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bète, déficiences vitaminiques ou hormonales, maladies
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immunodépressives) sont des éléments défavorables Fig. 2 - Fracture de l’amalgame sur 26 laissant apercevoir l’infiltration
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pour l’état de santé pulpaire et devront inciter à la pru- de la dentine par les produits de corrosion métallique.
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dence lors de la conservation de la vitalité pulpaire (7, 14).
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L’historique dentaire reflète la capacité de réponse que
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l’on peut attendre de la pulpe (15). L’historique des agres- fluide dentinaire (19). Il est alors préférable, après dépose
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sions subies par la dent est très important et doit être pris des anciennes obturations et éviction carieuse, de procé-
en compte. L’absence d’atteinte carieuse ou de fraisage der à une période d’assainissement (cf. paragraphe : la
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antérieur laisse intact le potentiel initial de cicatrisation prévention des lésions pulpaires) afin d’éviter une mau-
pulpaire (16). Il augure ainsi du pronostic de survie de la vaise interprétation clinique initiale.
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présence de produits de corrosion contenant du Cu, Sn associée à une inflammation pulpaire. Il faut distinguer les
Ca, Cl, S et Zn à l’intérieur des tubuli (17) est un signe douleurs provoquées, des douleurs spontanées (20).
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positif, car il signe la présence de dentine peu perméable On parle de douleurs provoquées lorsqu’elles cessent
(fig. 2). après l’arrêt du stimulus causal (thermique, chimique,
La présence de lésions parodontales avancées est un mécanique, osmotique). Elles sont liées à des processus
facteur défavorable au même titre qu’une occlusion mal inflammatoires pulpaires mineurs et réversibles.
équilibrée (7). Les douleurs spontanées sont constantes ou lancinantes.
Il faut être vigilant aussi en présence de restaurations Elles se produisent en l’absence de stimulus et perdurent
anciennes, perméables ou de caries secondaires. Elles après l’arrêt de celui-ci. Elles sont associées à une inflam-
sont souvent le siège de bactéries dans les couches pro- mation pulpaire majeure étendue et irréversible ou à un
fondes de la dentine. En particulier, sous les restaura- processus dégénératif en cours ou à une nécrose pul-
tions composite, où toutes les conditions requises pour paire.
leur prolifération sont assurées (humidité, température Ces données essentielles restent néanmoins subjectives
et nature du substrat) (18). Dans certains cas, la dent et peuvent être corroborées par les tests pulpaires.
peut présenter un état inflammatoire asymptomatique et
évoluer de l’inflammation pulpaire à la nécrose de façon L’évaluation par les tests pulpaires
insidieuse. Cela s’explique par l’abolition de l’excitabilité Il n’existe aucun test pulpaire qui permette de décrire tous
des fibres nerveuses par les acides organiques conte- les états pulpaires possibles.
nus dans la lésion carieuse, mais aussi par la filtration du On distingue néanmoins :
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 253-264 255
Thérapeutiques de la dent pulpée
L’oximétrie pulsative
Elle est basée sur le principe que l’absorption de la
lumière par un soluté dépend de sa concentration à une
longueur d’onde donnée. La concentration évaluée ici
est la saturation en oxygène du sang artériel. Les deux
diodes de l’oxymètre émettent dans le rouge (640 Nm) et
dans l’infrarouge (940 Nm). La différence d’absorption de
l’oxyhémoglobine et la désoxyhémoglobine calculée par
un détecteur à photons permettent de mesurer la satura-
tion en oxygène. Cette technique est moins onéreuse que
la précédente, mais des résultats plus reproductibles sont
encore attendus.
KI
Tous les tests de vitalité pulpaire sont difficiles à mettre
3 4
en œuvre dans l’exercice quotidien, et les tissus parodon-
AN ER
taux peuvent contaminer les mesures et fausser les résul-
Fig. 3 et 4 - Tests de sensibilité pulpaire électrique et au froid couramment tats obtenus. Leur fiabilité et leur précision doivent encore
utilisés, appelés à tort tests de vitalité. être améliorées.
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C de sensibilité pulpaire sur tous les aspects (23).
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Les tests de sensibilité pulpaire
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Ils se divisent en tests thermique et électrique (fig. 3 et 4).
• les tests mesurant la vascularisation pulpaire : ce sont Les résultats de ces tests permettent d’évaluer la réponse
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les tests de vitalité pulpaire, sensorielle pulpaire en activant les fibres nerveuses aδ et
• les tests évaluant la réponse sensorielle : ce sont les d’extrapoler l’état de santé pulpaire (23).
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tests de sensibilité pulpaire. Les tests de sensibilités au froid :
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Tous ces tests doivent être mis en œuvre sur la dent dont • les sprays réfrigérants à base de Difluorodichloromé-
on veut évaluer l’état pulpaire, mais aussi sur une dent thane (DDM) (à température in vivo de -50 °C) remplacé
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controlatérale saine afin de pouvoir établir un comparatif. actuellement par du Tétrafluoroethane (-28 °C)
• les applicateurs à base de neige de dioxyde de carbone
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La vascularisation du tissu pulpaire est le critère le plus Ils sont réalisés essentiellement à l’aide de gutta-per-
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important pour déterminer l’état de santé pulpaire. C’est cha. Celle-ci se ramollissant à 78° C et pouvant chauffer
d’ailleurs l’arrêt de la circulation sanguine intrapulpaire jusqu’à 150 °C, des modifications irréversibles de la pulpe
qui induit la nécrose pulpaire (21). Ces tests utilisent des peuvent être attendues et ce, malgré un refroidissement
techniques non invasives qui ne provoquent aucune alté- immédiat. Ces tests sont donc à éviter car dangereux
en
ration au sein du tissu pulpaire (22). pour le tissu pulpaire. De plus, ils sont moins fiables que
La spectrophotométrie à double longueur d’onde les tests au froid (24).
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Elle met en œuvre une double source de lumière (760 et courant électrique au niveau de la dent à tester. Sur celle-
850 Nm). Elle est utile pour déceler la nécrose pulpaire et ci, il faut placer un gel conducteur (dentifrice ou comme
le statut inflammatoire pulpaire (21). celui utilisé lors d’un électrocardiogramme) et non un
La Fluxmétrie Laser Doppler (LDF) liquide, pour éviter la conduction par les tissus parodon-
Cette technique mesure le flux des cellules sanguines taux et la salive (21). Puis l’électrode est placée au plus
pulpaires à partir de l’émission d’un faisceau monochro- proche des cornes pulpaires afin d’éviter la conduction
matique émis par un laser hélium néon (Nm) ou par les électrique par les tissus parodontaux (25). Sur les dents
lasers semi-conducteurs à diode (780 et 810 Nm) (23). antérieures et les prémolaires maxillaires, Jacobson
Le rayon laser est diffusé aux cellules sanguines et aux (26) recommande de placer l’électrode sur les deux tiers
tissus statiques du tissu pulpaire. La fréquence change occlusaux de la surface coronaire vestibulaire. Le circuit
quand le rayon laser passe à travers des cellules san- électrique est fermé par le port d’une électrode labiale par
guines en mouvement mais reste la même quand le rayon le patient. Lorsque le test est positif, le patient perçoit une
passe à travers des tissus statiques. Elle permet de dia- sensation de fourmillement ou de chaleur.
gnostiquer à un stade précoce la nécrose pulpaire (22). Ces tests sont surtout indiqués pour le suivi des dents
Mais, c’est une technique perfectible (20) qui requiert un ayant subi un traumatisme.
long temps d’enregistrement, jusqu’à une heure (21) et au La combinaison des tests au froid et des tests électriques
coût prohibitif. donne les résultats les plus discriminants (27).
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Il faut noter toutefois qu’en présence d’obturations ou de Fig. 5 - La patiente a 31 ans, elle consulte pour une dyschromie
de l’incisive maxillaire gauche. Suite à un traumatisme ancien, on constate
l.c
prothèses métalliques, les tests de sensibilité peuvent
être faussés en raison d’une diffusion des stimuli aux une disparition de la chambre pulpaire sur la 21. Celle-ci explique
l’absence de réponse positive aux tests de sensibilité (faux négatif) qui ne
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dents adjacentes.
De plus, l’état pulpaire ne pourra pas toujours être estimé doit absolument pas conduire à une dépulpation préventive.
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à l’aide de ces tests, sur les dents présentant : Fig. 6 - Après un traumatisme (ici sur 11, 21, 22, 32 et 42), un suivi
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• des calcifications : en cas d’apposition de dentine ter- clinique de la vitalité pulpaire et radiographique des dents traumatisées
tiaire suite à une agression externe, la lumière canalaire doit être instauré systématiquement. Les rendez-vous de suivi pour
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ouverts (20). Elles ont des seuils de sensibilité plus élevés résistant aux processus inflammatoires et peut rester
et nécessitent des stimuli plus importants que les dents réactif même s’il existe un processus de nécrose en cours
normales pour provoquer une réponse (28). (21).
• une irritation mécanique : comme lors des manœuvres Ce sont donc les réponses aux tests de sensibilité cou-
en
orthodontiques, celles-ci peuvent accroître le flux vascu- plées essentiellement aux informations recueillies auprès
laire (8) et entraîner une perte temporaire de la sensibilité du patient qui permettent de distinguer cliniquement (23) :
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qui en premier lieu n’est pas liée à la perte de la vitalité • les pulpes dites « normales » asymptomatiques répon-
(22). dant aux divers stimuli, sans réponse prolongée,
dr
• un traumatisme : le paquet vasculo-nerveux est alors • les pulpes supposées nécrosées si aucune réponse à
sidéré et peut ne pas répondre jusqu’à trois mois après le aucun des tests n’est enregistrée,
choc dans les cas de luxation (29) (fig. 6). • les inflammations irréversibles, lorsque la douleur est
En outre, l’interprétation des réponses aux tests est plus sévère et prolongée ou spontanée, synonymes d’une
délicate pour les dents pluriradiculées, car différents pulpe inflammatoire ou pulpite lorsqu’il existe une réaction
statuts pulpaires (nécrose partielle d’une seule racine) douloureuse. Elle requiert une pulpectomie,
peuvent coexister. • la pulpite est dite réversible (hyperémie) si la douleur
Ces tests ne sont ainsi pas complètement fiables. Tous est moyenne et sa durée brève : on parle de sensibilités
les tests conduisent à des faux positifs (dents à pulpe provoquées. Dans les cas de sensibilités provoquées au
nécrosée dont la stimulation provoque une sensation, froid, la vitalité pulpaire peut être préservée (19). Il faut
la nécrose n’est alors pas diagnostiquée et la résorption passer par une phase de temporisation (cf. paragraphe :
tissulaire n’est pas traitée) et des faux négatifs (dents prévention des lésions pulpaires).
à pulpe vivante dont la stimulation ne provoque pas de
sensations et qui pourraient induire un traitement endo- L’examen radiographique
dontique iatrogène). Cet examen nous informe peu sur l’état de santé pulpaire,
10 à 16 % des résultats à ces tests sont ainsi faux. Cela et ne doit donc pas se substituer aux examens cliniques
s’explique aussi par le fait que le tissu nerveux est très évaluant la sensibilité nerveuse, mais les compléter.
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 253-264 257
Thérapeutiques de la dent pulpée
KI
lement brunâtre) (fig. 7) sont un signe en faveur de la
conservation de la vitalité pulpaire. Elles présentent en
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effet une perméabilité dentinaire réduite par deux phéno-
mènes (30) :
• hyperminéralisation de la dentine par augmentation de
7
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C • hyperminéralisation de la dentine sous la lésion carieuse.
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Il existe aussi une formation de dentine tertiaire réaction-
ch J D EN
nelle péripulpaire tubulaire (31).
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Les caries à progression rapide doivent inciter à la pru-
dence. Elles sont un facteur défavorable de maintien de
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la vitalité pulpaire (fig. 8a et 8b).
Elles s’accompagnent de réactions inflammatoires au
J
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sein du tissu pulpaire, d’une augmentation de la pression
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8a b
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Fig. 7 - Carie à progression lente sur une 16 victime d’une MIH. Il existe des caries dont la progression n’est pas carac-
be
tables.
La surface préparée
dr
KI
le rouge doit conduire à la dépulpation de la dent.
Une épaisseur résiduelle de dentine < 0,5 mm
AN ER
suffit, à elle seule, à justifier les thérapeutiques
9 allant du coiffage direct à la pulpectomie.
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Rétraction Carie Épaisseur résiduelle de Sujet Perte tissulaire Aucune Première
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pulpaire lente dentine supposée ≥ 2 mm jeune réduite symptomatologie agression
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10
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saire afin de prévenir des lésions pulpaires est passée, LA CICATRISATION DENTINAIRE
avec le recul sensible des restaurations métalliques
de 2 mm (33), à 1 mm (34) puis à 0,5 mm. Il existe un En réponse aux processus carieux, à l’attrition, à l’abra-
consensus aujourd’hui sur cette valeur seuil de 0,5 mm sion, à l’érosion, aux traumatismes ou encore aux procé-
(35, 36, 6). En deçà de ce seuil, la pulpe est considérée dures de restauration dentaire, il existe une sécrétion de
comme exposée. dentine tertiaire par les odontoblastes. Un des aspects clé
On estime en effet le nombre de tubuli entre 50000 et du succès des traitements restaurateurs est la capacité
70000 par mm2 de paroi pulpaire (19). d’utiliser la réponse réparatrice naturelle (36).
Cette distance doit être appréciée cliniquement : recherche
visuelle de zones dentinaires transparentes à fond rose, La dentine réactionnelle
mesures à l’aide de sondes graduées et objectivées et On parle de dentine tertiaire réactionnelle, lorsque celle-
rapportées sur les clichés radiographiques rétroalvéo- ci est sécrétée par des odontoblastes préexistants en
laires ou de type bite-wing pré et peropératoires. réponse à une agression modérée.
Il faut en tenir compte en appréciant (37) : La présence de dentine réactionnelle sclérotique est
• la profondeur des murs et du plancher cavitaires, à rechercher sous les anciennes obturations. Elle est
• le volume et la surface cavitaires afin d’estimer la per- d’aspect translucide et est très minéralisée (4). Elle est
méabilité dentinaire engendrée par la préparation (fig. 10). un signe positif de conservation de la vitalité pulpaire, car
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 253-264 259
Thérapeutiques de la dent pulpée
11a b c
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vont sécréter une orthodentine où les tubuli, contraire-
ment à la dentine saine, ont un trajet plus tourmenté et
sont orientés de façon divergente : pour un effet de bar-
H rière (4).
om
C L’absence de réactions inflammatoires sévères, une den-
I
sité suffisante de cellules et une vascularisation adéquate
ch J D EN
de la pulpe (4) sont les prérequis indispensables pour la
l.c
formation de cette barrière.
Chez l’homme, il faut approximativement une vingtaine de
iB
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jours pour que des cellules présentes dans la pulpe se
différencient en odontoblastes, et 100 jours de plus en
J
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moyenne pour que celles-ci sécrètent 0,15 mm de dentine
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12
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Fig. 11a, b, c - Clichés radiographiques pré, per et postopératoires 11 mois pour qu’une nouvelle couche de dentine tertiaire
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objectivant une carie sous-gingivale récidivante sous un volumineux épaisse de 0,5 mm soit apposée.
amalgame, accompagnée d’une retraction pulpaire en regard. C’est
er
be
26 attestant de la bonne santé de l’état pulpaire. cédures de restauration visant à minimiser la formation
d’une inflammation pulpaire iatrogène doivent être adop-
dr
tées.
En adoptant une dentisterie restauratrice a minima, il faut
elle prouve l’augmentation du processus physiologique viser à diminuer l’étendue des plaies dentino-pulpaires, à
de formation de dentine péritubulaire aux dépens de la savoir, limiter la taille des cavités et le nombre de tubuli
lumière des tubuli (4) (fig.11a, b, c). L’occlusion des tubuli ouverts. Le fraisage des préparations coronaires ou cavi-
va affaiblir la perméabilité dentinaire ce qui va diminuer ou taires doit être réalisé de la façon la plus atraumatique
éliminer les réactions pulpaires à tout traitement restaura- possible. Il faut maintenir une pression légère avec un
teur (30). Elle s’accompagne d’une absence de sensibilité mouvement continu de balayage, et s’interrompre réguliè-
provoquée (19) (fig. 12). rement, en utilisant toujours un refroidissement par spray
d’eau multidirectionnel, avec une vitesse de rotation éle-
La dentine réparatrice vée et des fraises de granulométries moyennes, stériles
La dentine tertiaire est dite réparatrice si une agression et neuves (38).
de plus grande intensité ou prolongée (thermique, méca- La dessiccation excessive de la dentine doit être évitée
nique, bactérienne) a provoqué la nécrose d’odonto- pendant toutes les étapes de restauration de la dent afin
blastes. Elle est ainsi produite par des nouvelles cellules d’éviter les remaniements liquidiens au sein du tissu pul-
odontoblastiques néoformées. Ces odontoblastes de paire, l’aspiration de noyaux odontoblastiques et la forma-
remplacement ou odontoblastes de deuxième génération tion d’un œdème pulpaire (35, 39).
KI
ou soit des deux consécutivement (40).
Une hybridation dentinaire immédiate
AN ER
à l’aide d’un système adhésif peut être
réalisée pour sceller les tubuli denti-
naires ouverts pendant le fraisage (41).
Elle doit être réalisée lors des restau-
H
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rations adhésives indirectes immédia-
C
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tement après la fin de la préparation
ch J D EN
dentaire et avant la prise d’empreinte. c d
l.c
C’est une procédure universelle appli-
cable aussi bien dans le cadre de res-
Fig. 13a à d - Exemples de cavités dentinaires profondes sur 36 et 37.
iB
IL
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taurations coronaires indirectes collées antérieures que
postérieures (42). Un CVIMAR en sandwich fermé est inséré en fond de cavité sur 37
avant réalisation d’un composite occlusal direct pour protéger la dentine
J
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Au-delà de 1,5 mm d’épaisseur supposée de dentine rési-
rk
duelle, l’utilisation d’un adhésif amélo-dentinaire s’avère et diminuer le volume et la contraction de prise de ce dernier.
suffisante pour protéger le tissu pulpaire (43). Un CVIMAR en sandwich ouvert est inséré en fond de cavité sur 36
he
pH alcalin (11, 5-12). Il dissout la dentine : libérant ainsi adhésion physico-chimique aux structures dentaires par
be
des facteurs de croissance favorisant la sécrétion de den- échange ionique, une tolérance à l’hydratation précoce,
tine tertiaire (43). une étanchéité dentinaire cervicale efficace, un pouvoir
Lorsque l’épaisseur supposée est comprise entre 0,5 mm cariostatique par libération de fluor et une contraction
et 1,5 mm, il est préférable d’interposer un substitut den- plus faible que les résines composite n’entraînant pas la
en
tinaire entre la restauration et la base de la cavité (43, 8). formation de hiatus (46, 47).
Dans ces cas, l’emploi des ciments verre ionomère est Ce n’est qu’après cette phase de temporisation et le
.b
envisageable (43). En cas de doute sur la conservation constat d’un état pulpaire normal que peuvent être entre-
de la vitalité, les dents pulpées présentant des cavités prises les procédures d’adhésion et de restauration défi-
dr
profondes associées à une pulpite réversible doivent faire nitive (44, 48).
l’objet d’une période d’assainissement (temporisation) par Dans les lésions de stades 3 et 4, de sites 1 et 2 (clas-
l’insertion d’un pansement dentinaire à base de ciments sification SISTA), ce seront les restaurations indirectes
verre ionomère (44). Les réactions pulpaires sont en effet et les techniques de sandwich avec CVIMAR qui seront
favorables aux CVI, même si, au début de leur prise, leur indiquées pour diminuer les effets dus à la contraction de
pH est acide : inférieur à 3. Cette réaction est tampon- polymérisation des résines composites (fig. 13a, b, c et d).
née lorsqu’il existe une épaisseur suffisante de dentine.
Elle ne se prolonge alors pas au-delà de quelques jours Dans les cas de symptomatologies initiales provoquées
n’entraînant donc pas d’atteinte de la vitalité pulpaire en sur des cavités profondes de type inlay/onlay, d’autres
l’absence de contamination bactérienne (8). auteurs (47) recommandent, après exérèse carieuse, le
Les ciments verre ionomère modifiés par adjonction de passage par une restauration coronaire provisoire avec
résine CVIMAR sont à privilégier. Ils présentent un trai- un pansement pulpaire sédatif constitué d’oxyde de zinc
tement de surface simple, peu sensible au facteur opé- et d’eugénol.
rateur (nettoyage préalable de la cavité à l’aide d’un L’oxyde de zinc-eugenol (ZnO) présente un pH approxi-
conditionneur de surface (acide polyacrylique) (45), afin matif de 7 (49) et, utilisé sur les dents à pulpe vivante ;
d’éliminer la boue dentinaire et de diminuer l’énergie il a un pouvoir de guérison des traumatismes pulpaires
de surface (46). Les CVIMAR ont pour propriétés : une (propriétés dentinogénétiques) (50). La réaction de prise
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 253-264 261
Thérapeutiques de la dent pulpée
une lyse cellulaire (51). Il ne doit pas non plus être laissé
en place sur une longue période car il présente une faible
étanchéité coronaire en raison de sa contraction lors de
la réaction de prise et de sa grande solubilité (53) (fig. 14).
Le sablage avec des particules d’oxyde d’aluminium pen-
dant une durée de 10 secondes permet d’éliminer les rési-
dus de ZnO (groupe hydroxyl de la molécule d’eugénol)
des tubuli dentinaires, responsables de l’inhibition de la
polymérisation des matériaux à base de résine et d’obte-
nir les valeurs d’adhérence les plus élevées aux tissus
dentaires (52).
Le mordançage total de la dentine et la diffusion de
KI
monomères libres en direction pulpaire peuvent encore
être perçus comme des facteurs d’irritation pulpaire,
AN ER
mais le respect et la sûreté des protocoles adhésifs ont
14 été démontrés lorsque l’étanchéité marginale et le scel-
lement hermétique des tubuli dentinaires sont réalisés.
om
C étanche matérialisé par la couche hybride qui empêche
I
l’infiltration bactérienne, isole le complexe pulpodenti-
ch J D EN
naire des irritations bactériennes et chimiques (54) et est
l.c
à l’origine de la disparition de l’inflammation pulpaire et de
l’apparition de la cicatrisation dentinaire (8).
iB
IL
ai
forme, un eugénolate de zinc qui, sous l’effet de la salive
ou du fluide dentinaire, est hydrolysé et libère de l’eugé-
J
gm
nol (51). Celui-ci diffuse alors à travers la dentine. À de CONCLUSION
rk
épaisseur résiduelle de dentine supérieure à 0,5 mm (52), l’absence de fraisage initial qui augure d’un potentiel
l’eugénol présente : réparateur pulpaire intact, l’absence de symptomatologie
AD
nc
• un effet anti-inflammatoire par inhibition de la fonction douloureuse, la présence de dentine réactionnelle scléro-
ki
neutrophile, des radicaux libres, de la cyclo-oxygénase, tique ou péripulpaire (rétraction d’une corne pulpaire), les
er
de la formation de prostaglandine et en réduisant la pres- lésions carieuses à évolution lente, un sujet jeune.
be
la disparition des douleurs provoquées et la formation de mettre d’appréhender l’état pulpaire de l’organe dentaire
dentine tertiaire (à objectiver sur un cliché radiographique) à traiter. Une majorité de signes positifs doit conduire à la
dr
avant de continuer les traitements restaurateurs (47). conservation de la vitalité pulpaire alors qu’une majorité
Le ZnO ne doit toutefois pas être utilisé à de fortes de signes négatifs à la dépulpation.
concentrations quand l’épaisseur résiduelle de dentine Les tests évaluant l’état pulpaire, utilisés une seule fois,
est trop faible ou en coiffage pulpaire direct car il induit n’ont qu’un intérêt clinique très limité. Il n’existe ainsi
pas d’outil non invasif, fiable, précis et facile à mettre en
œuvre en pratique quotidienne pour déterminer le degré
d’inflammation pulpaire.
Les tests pulpaires utilisables présentent surtout un inté-
rêt pour le suivi de l’évolution pulpaire après un trauma-
Mots clés tisme dentaire ou lors d’une réhabilitation prothétique.
Odontologie conservatrice, vitalité pulpaire, test Mais, après le bilan de l’état pulpaire, il faut accorder une
pulpaire, dentine tertiaire grande importance à la prévention des agressions lors
des traitements restaurateurs pour favoriser les proces-
sus de cicatrisations dentinaires et ne pas amoindrir le
Key words potentiel de réparation pulpaire.
Conservative dentistry, pulp vitality, dental pulp
test, tertiary dentin
KI
2. Les tests pulpaires situations.
AN ER
A. L’oximétrie pulsative évalue la saturation en oxygène
du sang artériel intrapulpaire.
RESUMEN
B. Les dents présentant un apex immature ont un seuil
ESTIMAR EL ESTADO PULPAR
H
de sensibilité plus faible.
La estimación del estado pulpar y de su potencial repa-
C. Les irritations mécaniques peuvent diminuer le flux
om
rador son los requisitos previos fundamentales antes
C
vasculaire pulpaire sans entraîner de perte de sensi- de cualquier tratamiento restaurador del órgano dental.
I
bilité.
ch J D EN
Sin embargo, la estrechez del volumen pulpar encerrado
en una masa mineral hace que la evaluación directa del
3. La cicatrisation dentinaire
l.c
sistema vascular pulpar sea delicada. Este artículo se
A. La dentine réactionnelle est sécrétée par les odonto- refiere al análisis de los criterios decisionales clínicos y
iB
IL
a las pruebas disponibles para determinar en qué caso y
ai
blastes néoformés.
cómo puede conservarse la vitalidad pulpar, o si se debe
B. 0,15 mm de dentine réparatrice sont apposés en 120 proceder a la despulpación. La consideración de los pro-
J
gm
jours.
rk
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Correspondance :
Réponses
Francesco Paladino
103 route de Spechbach 1. c ; 2. a ; 3. b ; 4. b
68720 Illfurth
Email : francescopaladino@[Link]
KI
AN ER
RÉSUMÉ SUME
H
om
La pulpe peut être exposée lors d’un traumatisme dentaire, ou lors d’une prépara-
C
tion en vue d’une restauration. Cette exposition pulpaire peut également avoir lieu
I
ch J D EN
lors du curetage de dentine cariée. Les thérapies bioconservatrices visent à préser-
l.c
ver la vitalité de la pulpe et de ce fait, ses fonctions de défense face aux agressions
bactériennes. Cependant, leurs indications lors d’une exposition survenue en den-
iB
tine cariée est sujette à controverse dans la mesure où les taux de succès/survie de
IL
ai
ces thérapies restent relativement faibles. Cet article se veut d’apporter au praticien
à travers des situations cliniques, les indications, les procédures cliniques et le
J
gm
rk
IMPLICATION CLINIQUE
AD
nc
Tchilalo Boukpessi direct ou une pulpotomie permettant de préserver la vitalité pulpaire et de conserver
PhD, MCU-PH
les propriétés biofonctionnelles des dents lésées.
er
be
Département d’odontologie
conservatrice et endodontie,
Faculté de chirurgie dentaire
Université Paris Descartes,
D
en
1a b c
KI
Fig. 1 -
a) Evaluation histologique (coloration trichrome) à 14 jours
du coiffage pulpaire direct utilisant soit du MTA®... cation d’un coiffage ou d’une pulpotomie dans les cas
AN ER
b) ... soit, de l’hydroxyde de calcium... favorables ou pour passer à la pulpectomie si la pulpe
c) ... ou de la Biodentine ® sur des molaires de rat dont la pulpe a été présente un état inflammatoire sévère.
mécaniquement exposée. Le pont dentinaire obtenu avec les ciments L’objectif de cet article est d’apporter au praticien les solu-
H
tricalciques est plus dense et plus homogène que dans le groupe Ca(OH)2 tions cliniques envisageables pour conserver la vitalité
om
(document EA 2496 : pont dentinaire).
C pulpaire en fonction des différentes situations pouvant
I
être à l’origine de l’exposition de ce tissu : les fractures
ch J D EN
coronaires compliquées, les lésions carieuses profondes
l.c
conservatrices. Quand et dans quelles limites le praticien et les préparations cavitaires et/ou périphériques de la
peut-il envisager ces thérapeutiques pour conserver tout dentine saine.
iB
IL
ai
ou partie d’une pulpe exposée ?
D’une manière générale, dès qu’il s’agit de préserver la INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES
J
gm
vitalité pulpaire quelle que soit la situation clinique, il est
rk
essentiel, dans un premier temps, d’évaluer l’état pulpaire. Exposition pulpaire par traumatisme
Ne disposant d’aucun test fiable à 100 %, le diagnostic Les fractures coronaires compliquées sont des fractures
he
pulpaire s’établit grâce à la somme des éléments recueillis amélodentinaires suffisamment profondes pour exposer
lors de l’anamnèse, de l’examen clinique et radiologique, la pulpe. Elles sont moins fréquentes que les fractures
AD
nc
ajoutés aux réponses obtenues lors des tests. L’examen sans exposition pulpaire. Leur prise en charge se fait, la
ki
de la plaie pulpaire est l’autre paramètre décisif de la prise plupart du temps, dans le cadre de l’urgence. De façon
er
de décision. Cet examen vise à observer l’apparence du générale, le praticien doit obtenir du patient ou de la per-
be
tissu pulpaire exposé - sain, hémorragique ou ulcéré - et sonne accompagnante, des informations précises sur le
ainsi d’apprécier son degré d’inflammation. Cette donnée moment, le lieu et les circonstances du traumatisme. Ces
peropératoire est indispensable pour confirmer l’indi- données et un examen clinique permettent une prise en
charge appropriée.
en
Terminologie des thérapeutiques pulpaires lité pulpaire peuvent être envisagées. Si l’exposition est
bioconservatrices (2) importante et qu’une restauration prothétique est néces-
dr
traitement des dents immatures infectées a évolué vers ration canalaire conventionnelle. Elle peut aujourd’hui
des procédures de revascularisation qui ont pour objec- être envisagée comme une thérapeutique à visée défini-
tif d’utiliser le potentiel des tissus périapicaux de la dent tive avec maintien de la pulpe radiculaire vitale.
immature pour générer une croissance tissulaire à l’inté-
rieur du canal avec pour support le caillot de sang volon- Exposition pulpaire par progression
tairement provoqué lors de l’intervention. carieuse
Les trois thérapeutiques préconisées dans cette situation Lors du curetage d’une lésion carieuse profonde, l’éli-
clinique sont : le coiffage pulpaire, la pulpotomie partielle mination de l’ensemble du tissu infecté et des micro-
et la pulpotomie complète. organismes pathogènes entraîne un risque important
• Le coiffage direct est indiqué pour les expositions d’exposition pulpaire, du fait de la disparition de toute
minimes (inférieures à 1 mm) et récentes (inférieures à dentine suffisamment minéralisée entre la lésion et la
24 heures). En effet, le temps écoulé entre le traumatisme pulpe. Pour prévenir ce risque, les procédures actuelles
KI
et la consultation ne doit pas excéder 24 heures (5). Ces de traitement recommandent l’excavation partielle des
conditions permettent d’avoir une pulpe exempte d’inflam- lésions profondes (6). L’élimination partielle de la carie est
AN ER
mation. La dent pourra être restaurée par collage du frag- préférable, d’une part à l’élimination complète de la carie
ment ou par un composite stratifié après pose, ou non, et, d’autre part, à la technique stepwise en 2 temps du
d’un matériau de coiffage. fait du risque élevé d’exposition pulpaire lors de la réin-
• La pulpotomie partielle est préférable au coiffage
H tervention (7).
om
direct lorsque les conditions de réalisation et de protec-
C Lors de la gestion conservatrice de l’exposition pulpaire, le
I
tion du matériau de coiffage sont défavorables, c’est- but ultime est d’obtenir une cicatrisation du tissu pulpaire
ch J D EN
à-dire si l’asepsie et l’étanchéité ne sont pas garanties, et ainsi de préserver la vitalité de la dent avec une pulpe
l.c
exposant le site à la contamination bactérienne. saine. Depuis les travaux de Kakehashi et al., il est éta-
• La pulpotomie cervicale est à envisager lorsque le bli que le facteur clef dans la cicatrisation pulpaire après
iB
IL
ai
tissu pulpaire caméral est trop inflammatoire ou lorsque une exposition est l’absence d’infection (8). Les échecs
le temps écoulé entre le traumatisme et la consultation sont causés soit par une contamination bactérienne rési-
J
gm
excède 3 jours. Son objectif est de permettre l’édification duelle, soit par une pénétration de bactéries au niveau
rk
radiculaire complète. Cette procédure a longtemps été d’un défaut d’étanchéité de la restauration coronaire. À
considérée comme transitoire avant d’effectuer une obtu- l’inverse, les pulpes exposées coiffées avec un matériau
he
@
AD
nc
ki
er
be
H
en
.b
dr
2a b c d e
Fig. 2 -
a) 47 présentant une lésion carieuse SiSta 1.4 avec des épisodes
douloureux chez une jeune patiente enceinte de 3 mois.
b) Après curetage de la lésion, on procède à la désinfection à l’aide
de la chlorhexidine à 2 %.
c) Lors du curetage final, une exposition pulpaire minime est survenue
dans un tissu dentinaire qui paraît plus sain.
d) Dans ces conditions favorables, un coiffage direct a été réalisé
avec un silicate tricalcique (Biodentine ®).
e) Ce matériau peut également être utilisé comme matériau
f de restauration coronaire temporaire.
f) Radiographie finale.
inerte guérissent lorsque la contamination bactérienne tielle si un traitement endodontique devait être indiqué
est inexistante (9). Lors de la gestion conservatrice de ultérieurement.
l’exposition pulpaire sur une dent cariée, le risque d’échec
est majoré lorsque des douleurs préopératoires sont BIOMATÉRIAUX DE COIFFAGE
présentes (10), en particulier en cas de douleurs spon-
tanées, provoquées et rémanentes, ou lorsque plusieurs Suite à l’exposition de la pulpe, le coiffage direct suppose
épisodes douloureux anciens sont rapportés. l’application d’un matériau approprié, apte à induire une
Les thérapeutiques préconisées dans ces situations cli- réponse protectrice entraînant la formation d’un pont de
niques regroupent le coiffage pulpaire, la pulpotomie par- dentine réparatrice. Comme l’exposition pulpaire cause
tielle et la pulpotomie complète. la destruction d’un certain nombre d’odontoblastes, le
• Le coiffage pulpaire direct ne devrait être indiqué processus de guérison est complexe car il nécessite le
qu’en cas d’exposition pulpaire minime, sur dent asymp- recrutement et la différenciation subséquente de cellules
KI
tomatique, et si l’environnement est favorable. En effet, en « odontoblast-like » qui vont sécréter une dentine ter-
lorsque l’élimination des tissus cariés s’est faite préfé- tiaire de réparation.
AN ER
rentiellement de manière centripète et que le tissu denti-
naire en présence semble plus sain, cette procédure peut L’hydroxyde de calcium [Ca(OH)2]
être indiquée (fig. 2). Lorsque les conditions sont défa- Il a été largement utilisé comme agent de coiffage pul-
H
vorables, le pronostic du coiffage direct après un cure- paire depuis plus de 70 ans, et a été longtemps consi-
om
C
tage de dentine cariée est réservé, considéré au mieux déré comme le matériau « gold standard ». Cependant,
I
comme non prédictible. Lors de la procédure, l’agent de à l’heure actuelle, il ne semble plus être le matériau idéal
ch J D EN
coiffage est directement placé sur un tissu inflammatoire pour le coiffage direct. Lorsque le Ca(OH)2 est placé
l.c
exposé aux micro-organismes. Les observations histo- directement sur la pulpe, son pH élevé provoque une irri-
logiques réalisées après coiffage de plaie pulpaire avec tation du tissu pulpaire en contact et produit une brûlure
iB
IL
ai
Ca(OH)2 montrent une inflammation chronique et des superficielle dans la zone d’exposition. Cette nécrose par
taux de succès diminués (11). Quant à la réalisation du coagulation est limitée mais semble indispensable pour
J
gm
coiffage direct en site carié avec les biomatériaux de la la formation de la dentine tertiaire. Plusieurs études ont
rk
famille des silicates de calcium (MTA : Pro Root MTA®, montré que la survie de la pulpe est diminuée au cours
Dentsply Maillefer, MTA Angelus® MM-MTA Micromega®, du temps après coiffage pulpaire avec Ca(OH)2 (14). La
he
MTA Caps, Acteon®, Biodentine, Septodont ®), trop peu de nature non adhésive du ciment et sa dissolution dans le
données sont à ce jour disponibles. temps peuvent conduire à des microporosités et à l’entrée
AD
nc
• La pulpotomie partielle ou complète, elle sera la straté- des bactéries au niveau du site exposé. La contamina-
ki
gie thérapeutique de choix de l’exposition pulpaire lors du tion bactérienne est également facilitée par la présence
er
curetage de carie. La pulpotomie complète sera préférée d’inclusions cellulaires dans le pont dentinaire, encore
be
lorsque la pulpe présente une inflammation étendue et appelées « defaults tunnels » (15).
que le volume pulpaire caméral est réduit.
Les systèmes adhésifs
Exposition pulpaire Le potentiel étanche des systèmes adhésifs peut les
en
lors des préparations dentaires rendre intéressants pour le coiffage pulpaire direct. Tout
Ce type d’incident, assimilable à un acte iatrogène, devrait d’abord en scellant la plaie dentinaire, ils s’opposent
.b
être prévenu par une évaluation préopératoire clinique et à la pénétration des bactéries dans l’espace pulpaire.
radiographique des proximités pulpaires et par le recours De plus, les résines adhésives sont susceptibles d’infil-
dr
aux techniques de préparation dentaire moins invasives trer la dentine cariée et d’emmurer les bactéries dans
(12). Néanmoins, une effraction pulpaire peut survenir la couche hybride (16). Mais l’utilisation de ce type de
accidentellement en dentine saine lors d’une préparation matériau ne permet pas la stimulation directe des cellules
périphérique ou cavitaire. Dans cette situation, l’invasion odontoblasts-like, la formation de dentine réparatrice
bactérienne est peu probable et le contexte pulpaire favo- est moindre qu’avec Ca(OH)2, les lésions tissulaires de
rable. Les conditions requises sont idéales pour la mise la pulpe sont plus importantes et les nécroses pulpaires
en œuvre des thérapeutiques de coiffage pulpaire qui plus fréquentes (17, 18, 19). En effet, en l’absence d’une
auront un excellent pronostic. barrière dentinaire protectrice, les radicaux hydrophobes
D’un point de vue biologique, l’exposition pulpaire n’en- et hydrophiles qui composent le système adhésif peuvent
traîne pas, par elle-même, une nécrose pulpaire, et un pénétrer la pulpe et induire des réponses cytotoxiques au
pont dentinaire peut se former protégeant la pulpe et per- sein du tissu pulpaire (20).
mettant la guérison (13). Ainsi, lorsque les conditions sont
favorables, il est possible de conserver la vitalité pulpaire, Les ciments à base de silicate
en privilégiant les thérapeutiques par coiffage (13). Le tricalcique
risque que l’on s’autorise à prendre lors de cette stratégie Le MTA est un ciment composé de silicate tricalcique, sili-
est une possible calcification de la chambre pulpaire et/ou cate dicalcique, oxyde de bismuth, aluminate tricalcique
des canaux, constituant une difficulté opératoire poten- et de sulfate calcique déshydraté. La capacité du MTA
KI
3a b
AN ER
à induire la dentinogenèse réparatrice a été démontrée
H Fig. 3 -
om
a) Action de la fraise Komet ® céramique pour procéder à l’éviction précise
dans des études animales dans lesquelles le coiffage pul-
C
des tissus altérés avant la mise en place du matériau de coiffage.
I
paire direct ou la pulpotomie ont été effectués dans les
ch J D EN
pulpes saines exposées mécaniquement (21). Lorsqu’il b) Après le coiffage, on procède à l’élimination des excès de matériaux,
nettoyage des bords avant la mise en place du matériau de restauration
l.c
est comparé à l’hydroxyde de calcium, le MTA induit la
formation de dentine réparatrice à un taux plus élevé et Ici, un insert hémisphérique diamanté Sonicsys®(Kavo) a été utilisé.
iB
IL
ai
une intégrité structurale supérieure du pont dentinaire (21,
22). Un des inconvénients majeurs de ce matériau est le
J
gm
temps de prise très long (environ trois heures pour la fin
rk
de la prise initiale). Tout comme le MTA, la Biodentine est sera protégé par une obturation temporaire étanche (par
un ciment à base de silicate de calcium, mais qui a l’avan- un ciment verre ionomère par exemple). Lors de cette
he
tage de posséder un temps de prise court (12 minutes) étape, se pose la question de la protection du matériau de
et des propriétés physico-mécaniques améliorées. Une coiffage, qui ne doit ni être déplacé, ni être altéré chimi-
AD
nc
étude récente in vivo a montré que le pont dentinaire quement, et ne doit pas interférer avec le collage de la
ki
formé avec Biodentine était plus homogène, plus dense restauration. En toutes circonstances, pour l’obtention de
er
et plus étanche que celui formé avec Ca(OH)2, et compa- l’adhésion périphérique, il est indispensable de disposer
be
rable à celui formé avec le MTA (fig. 1 a, b, c) (22). Une d’au moins 3 mm de surface amélodentinaire indemne
autre étude a montré sur des dents humaines coiffées par pour le collage (24) (fig. 3).
Biodentine ou MTA, des réponses cellulaires similaires Dans le cas d’un collage de fragment, le coiffage direct
pour ces deux matériaux (23). par un biomatériau, constituant une surépaisseur, implique
en
Le principe de cette thérapeutique est de traiter la plaie surfaces adjacentes à la plaie pulpaire et d’isoler celle-ci.
pulpaire dans un environnement tissulaire le plus sain La poursuite du traitement restaurateur peut alors se faire
possible et en limitant au maximum la contamination bac- selon les procédures habituelles. Si le praticien opte pour
térienne. cette alternative, il est indispensable alors de contrôler la
De ce fait, après une anesthésie locale ou régionale avec vitalité pulpaire afin d’intercepter toute évolution péjorative.
un vasoconstricteur (1/200 000), la première mesure est Lorsque l’on utilise un ciment pour le coiffage, on pren-
la pose d’un champ opératoire étanche et sa désinfec- dra soin tout d’abord de supprimer les éventuels débor-
tion. La plaie pulpaire est nettoyée à l’aide de sérum dements susceptibles d’entraver le collage périphérique.
physiologique stérile. L’hémostase est obtenue après Idéalement, il faudrait attendre la prise du matériau de
compression à l’aide d’une boulette de coton désinfectée coiffage pour obtenir une adhérence entre ce dernier et
(chlorhexidine). Dès lors, le matériau de coiffage peut être le matériau adhésif de restauration, ce qui est impos-
déposé sans compression sur la plaie pulpaire préféren- sible extemporanément. Si le matériau de coiffage est
tiellement à l’aide d’un applicateur stérile (Porte-Dycal®, du Ca(OH)2 pur ou du MTA, son recouvrement par un
MTA Gun®, embout en téflon pour porte-amalgame etc.). composite fluide assurera sa protection mécanique et
Une restauration adhésive d’usage (stratification de com- permettra d’effectuer le traitement de surface et la mise
posite en méthode directe) est réalisée immédiatement en place du matériau de restauration. Avec Biodentine,
chaque fois que cela est possible. A défaut, le site coiffé soit le matériau assure conjointement la restauration, soit
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 265-276 269
Thérapeutiques de la dent pulpée
KI
comprend les différents tests de palpation, de percussion
et de sensibilité (test électrique) et doit avoir lieu après
AN ER
3-4 semaines, 3 mois, 6 mois et 12 mois puis une fois par
an pendant les 4-5 premières années. Des radiographies
de contrôle doivent être régulièrement réalisées pour la
c d
H détection de radioclartés apicales (fig. 4). Pour les dents
om
C immatures, elles permettent de s’assurer de la poursuite
I
du développement radiculaire.
ch J D EN
La présence et la persistance de douleurs intenses à
l.c
48 heures objectivent une inflammation pulpaire irréver-
sible et orientent vers la pulpectomie.
iB
IL
ai
PULPOTOMIE PARTIELLE
J
gm
D’UNE PULPE EXPOSÉE
rk
a) Situation clinique. 36: lésion carieuse profonde SiSta 1.3 paire. De ce fait, on dispose d’une surface et d’un volume
avec une pulpite réversible. suffisants pour mettre en place un matériau de restaura-
dr
b) Lors du curetage final, une exposition pulpaire est survenue. Du fait tion temporaire ou d’usage dans les meilleures conditions
de la taille de l’effraction et de l’obtention d’une hémostase rapide, (fig. 5).
une pulpotomie haute à la Biodentine ® a été realisée. Lorsque la pulpotomie partielle est réalisée dans le cadre
c) Le contrôle à 6 mois montre la formation d’un pont dentinaire du traitement d’une lésion carieuse profonde, l’élimination
en regard du site d’exposition pulpaire. des tissus cariés ramollis et infectés doit se faire préa-
d) A un an, la dentine réparatrice semble homogène et plus importante lablement de façon centripète. En effet, l’aménagement
en volume. La dent répond au test pulpaire électrique. de la cavité pulpaire doit être réalisé dans un environ-
Fig. 5 - nement le moins contaminé possible. Avant de déposer
a) Situation clinique et radiographique préopératoire. 11: fracture le matériau de coiffage, la plaie pulpaire et la dentine
coronaire compliquée suite à un traumatisme survenu il y a moins sont nettoyées avec une solution de chlorhexidine à 2 %
de 24 heures. La plaie pulpaire est large dans le sens mésio-distal. (CanalProCHX 2 %, Coltène™).
Compte tenu de la taille de l’effraction pulpaire, le coiffage direct n’est pas Le suivi est identique à celui du coiffage direct (fig. 6).
envisagé. Si le degré d’inflammation pulpaire a été sous-évalué, la
b) Une pulpotomie partielle a été réalisée. Le matériau utilisé ici est pulpe est plus hémorragique du fait de la congestion pul-
le MTA® et le fragment coronaire fracturé a été recollé pendant la séance paire, l’hémostase sera longue à obtenir, ce qui est pré-
dans des conditions favorables. judiciable pour le pronostic de la pulpotomie partielle. La
pulpotomie complète doit alors être préférée.
6a b c
KI
Fig. 6 -
AN ER
a) Après dépose d’un amalgame défectueux associé à une symptomatologie
sur cette 47, une effraction pulpaire est survenue ; une hémostase a été
obtenue très rapidement.
b et c) Dans la mesure où il n’y avait pas de symptomatologie sur
om
C d) La dent répond positivement au test de sensibilité pulpaire électrique
lors du contrôle postopératoire à 3 mois. Un composite avait été réalisé
I
ch J D EN
au-dessus de la biodentine. On remarquera que la biodentine présente ici
l.c
la même radiodensité que la dentine.
Fig. 7 -
iB
IL
ai
a) Situation préopératoire : 16 ayant subi un curetage de lésion profonde
avec mise en place d’un eugénate avec douleurs épisodiques persistants.
J
gm
L’indication de pulpotomie a été posée.
rk
dans la séance.
ki
er
be
H
en
.b
dr
b
7a
Tableau I - Indications relatives des biomatériaux de coiffage et des thérapeutiques bioconservatrices, en fonction des situations
cliniques. En l’absence de recommandations cliniques validées, ces suggestions sont fournies à titre indicatif pour aider le prati-
cien dans sa prise de décision.
BIOMATERIAUX THERAPEUTIQUES SITUATIONS CLINIQUES
KI
DIRECT
AN ER
- + ++ ++ PULPOTOMIE ++ ++ -
PARTIELLE
- ± + +++
H
PULPOTOMIE + ++ -
om
C
COMPLETE
I
ch J D EN
- : contre-indiqué ; ± : peut être indiqué en tenant compte des considérations cliniques ; + : indiqué ; ++ : fortement recommandé ;
l.c
+++ : situation idéale pour cette indication.
iB
IL
ai
J
gm
rk
maximum. À chaque fois qu’une thérapeutique de conser- de l’inflammation pulpaire. Cependant, plus la symptoma-
vation de la vitalité pulpaire est envisagée, un certain tologie initiale est marquée (ancienneté et intensité), plus
AD
nc
nombre de facteurs sont à considérer pour la prise de la conservation pulpaire est aléatoire. Mais l’évaluation
ki
décision et le pronostic (fig. 8). réelle ne se fait finalement que lors du traitement in situ
er
direct est meilleur chez le patient jeune. Horsted et coll. L’exposition d’une pulpe provoque un saignement limité
ont montré que le taux de succès chez les jeunes patients qui doit s’arrêter spontanément si la pulpe est saine. Plus
.b
était supérieur à celui obtenu chez les patients plus âgés la pulpe est inflammatoire, plus la congestion augmente
après un coiffage direct (25). Cependant, dans une étude et plus le saignement sera difficile à tarir. La difficulté à
dr
prospective où la moyenne d’âge des patients au moment évaluer la profondeur de l’inflammation pose problème
du traitement était de 35 ans, l’âge réel n’était pas un fac- dans l’indication du coiffage ou de la pulpotomie, d’où le
teur déterminant pour le succès de cette thérapeutique. concept intermédiaire de pulpotomie partielle, qui permet
Le cumul des agressions pulpaires est considéré comme de vérifier l’hémostase à un niveau plus profond. Cette
un facteur de vieillissement prématuré de la pulpe (par évaluation peropératoire permet de confirmer que la pulpe
réduction des odontoblastes, atrophies cellulaires et est peu ou non inflammatoire et peut être conservée en
fibroses). Il semble alors logique que le potentiel répara- l’état. La quantité et la persistance d’une hémorragie sont
teur de ces pulpes soit amoindri sans que l’on dispose de des paramètres concrets pour le praticien. Lorsque le site
preuves scientifiques. exposé est petit et rouge et que l’hémostase peut être
Le statut pulpaire obtenue entre 2 ou 3 minutes, le coiffage pulpaire peut
L’état inflammatoire, ou non, de la pulpe influe considé- être considéré. Si le saignement est abondant, et que
rablement sur le pronostic des thérapeutiques mises en l’hémostase ne peut être obtenue, la pulpotomie est pré-
œuvre lors d’une exposition pulpaire. L’inflammation est férable, et au-delà si la pulpe radiculaire saigne anorma-
primordiale dans la régulation de la conservation de la lement il faut pratiquer la pulpectomie.
vitalité pulpaire (26) mais son évaluation clinique repose Choix du matériau de coiffage et restauration
sur des éléments diagnostiques ayant une corrélation limi- Les données scientifiques actuellement disponibles
tée avec le statut physiopathologique pulpaire (27). À ce sur l’efficacité des biomatériaux de coiffage pulpaire
concernent des résultats sur une pulpe saine exposée Pronostic des thérapeutiques
mécaniquement, ce qui rend difficile le choix clinique. bioconservatrices
• Le recours à l’hydroxyde de calcium semble désormais
Le coiffage pulpaire direct sur une dent accidentellement
lié à son principal avantage : son moindre coût par rapport
exposée présente des taux de succès élevés (28). Lorsque
aux silicates de calcium qui, eux, sont mieux adaptés sur
cette procédure est réalisée après une effraction survenue
le plan biologique mais plus onéreux. En cas d’utilisation
lors du curetage de la lésion carieuse, le pronostic est
de Ca(OH)2, l’étanchéité du traitement doit être assurée
moins bon. Al-Hiyassat et coll. ont montré que le coiffage
de façon immédiate et pérenne par la restauration coro-
pulpaire direct avec Ca(OH)2 après traumatisme présentait
naire. Ceci est une condition majeure pour la réussite du
un taux de succès de 92 % à 3 ans alors qu’il n’est que de
coiffage.
33 % lors du curetage de la dentine cariée (29). Dans une
• Concernant les systèmes adhésifs, les données expéri-
large cohorte avec un suivi de 12 ans, Nyborg rapporte un
mentales ne sont pas en faveur de l’utilisation de ce type
KI
taux de succès de 58 % pour le coiffage pulpaire direct
de matériau comme un agent de coiffage pulpaire direct.
après curetage de carie utilisant Ca(OH)2 (30). Dans une
Cette procédure doit être considérée comme exception-
AN ER
autre étude de Shovelton et coll., il a été montré que le
nelle.
taux de succès à 2 ans du coiffage direct varie de 50 à
• Les ciments de la famille des silicates de calcium sont
80 % en fonction de l’état de la pulpe et des matériaux
actuellement les biomatériaux à privilégier dans la majo-
H
utilisés (31). Cette différence est probablement due à la
rité des situations cliniques où la pulpe est exposée,
contamination de la pulpe par les bactéries provenant de
om
quelle que soit la taille de la plaie pulpaire, qu’elle soit
C
la dentine infectée lors du processus carieux. De ce fait,
I
saine ou bien inflammatoire (23).
ch J D EN
il a été proposé que l’éviction partielle du tissu pulpaire
l.c
iB
IL
ai
J
gm
Patient présentant une exposition
rk
Hémostase obtenue ?
ki
Décision
opératoire
be
t <I0 min
KI
Using clinical situations, this article is intended to
considérée comme un traitement de transition de la dent bring to the clinician the indications for, the clinical
permanente immature pour permettre l’obtention d’une
AN ER
procedures and the prognosis of three conservative
évolution radiculaire en vue d’un traitement endodontique vital pulp treatment strategies in the permanent tooth
conventionnel. On manque encore de données cliniques (direct pulp capping, partial pulpotomy and complete
pulpotomy).
pour indiquer ce traitement comme une thérapeutique
H
définitive alternative à la pulpectomie. Dans une récente
om
C
étude clinique de Simon et coll, une pulpotomie complète
RESUMEN
I
a été réalisée comme traitement définitif sur des prémo-
ch J D EN
laires ou molaires cariées sans signes cliniques de pulpite GESTIONAR LA EXPOSICIÓN
l.c
irréversible. Le taux de survie de 82 % à 2 ans laisse pen- PULPAR EN UN DIENTE PERMA-
ser que cette thérapeutique peut être considérée comme NENTE
iB
IL
La pulpa puede quedar expuesta durante un trauma-
ai
une alternative au traitement endodontique dans cer-
taines situations cliniques bien définies (33). Cependant, tismo dental o durante una preparación con miras a
una restauración. Esta exposición pulpar puede pro-
J
gm
on ne dispose d’aucune étude clinique à moyen et long
rk
Dans le cas de dents cariées, les taux de succès sont situaciones clínicas, las indicaciones, los proce-
dimientos clínicos y el pronóstico de tres terapias
plus faibles, rendant de ce fait la décision clinique diffi-
conservadoras de la vitalidad pulpar del diente per-
cile et les résultats aléatoires. Malgré les avancées dans manente (recubrimiento directo, pulpotomía parcial y
les connaissances de la biologie pulpaire et l’avènement
en
pulpotomía completa).
de nouveaux biomatériaux, une difficulté majeure per-
siste pour le praticien : l’impossibilité de déterminer pré-
.b
Mots clés
Dent permanente, pulpe vitale, coiffage direct,
pulpotomie
Key words
Permanent tooth, vital pulp, direct capping,
pulpotomy
KI
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AN ER
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C
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J
gm
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rk
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om
C
I
ch J D EN
Réponses
l.c
1. b ; 2. b, c ; 3. c
iB
IL
ai
J
gm
rk
he
@
AD
nc
ki
er
be
H
en
.b
dr
Correspondance :
Tchilalo Boukpessi
Faculté de chirurgie dentaire
1 rue Maurice Arnoux 92120 Montrouge
Email : [Link]@[Link]
Restaurations partielles
directes :
les ciments verre ionomère
KI
M. BLIQUE
AN ER
H
om
C
RÉSUMÉ SUME
I
ch J D EN
Les ciments verre ionomère (CVI) semblent occuper une place croissante dans nos
l.c
choix thérapeutiques. Leurs qualités (biocompatibilité, étanchéité, prévention de
la carie et des récidives) ont permis de compenser les piètres qualités mécaniques
iB
IL
des CVI basse viscosité d’il y a 40 ans (résistance à la flexion et à l’abrasion), et
ai
d’évoluer. L’apparition de CVI Haute Viscosité « Imprégné-Protégé » semble élargir
J
encore leurs indications, surtout dans le cadre fréquent du patient à risque carieux
gm
rk
H
en
L
Michel Blique
Exercice privé à Nancy
.b
KI
Améliorer les performances en ajoutant de la résine :
AN ER
les CVIMAR.
Les fabricants ont créé des CVI « modifiés par adjonction
de résine » (CVIMAR) en combinant la réaction acide/
om
1
C (en général de l’HEMA à 4,5 %) qui initie la réaction de
I
prise. Les CVIMAR ont donc trouvé leur place, lorsqu’il
ch J D EN
faut aller vite, et que l’on peut accepter une moindre résis-
Fig. 1 - Une déshydratation intense peut conduire à des fissures
l.c
tance à l’abrasion, comme en denture temporaire (12).
et des fêlures. Ici une molaire extraite a été obturée selon le protocole Mais la résine ne supprime pas la sensibilité à la déshy-
décrit plus loin avec un CVI-HVIP, et partiellement imprégnée-protégée.
iB
IL
ai
dratation, ni la nécessité de protéger la surface comme
Elle a été sectionnée, séchée, et laissée à l’air libre 30 minutes à 30°C pour les CVI-BV (13).
environ, puis photographiée. Les tensions semblent se dissiper au sein
J
gm
Améliorer les performances en augmentant le taux
rk
LES CIMENTS VERRE IONOMÈRE : lyophilisé dans la poudre les rendent moins sensibles au
er
D’HIER À AUJOURD’HUI
H
la dessiccation (15).
Les premiers « ciment verre ionomère basse viscosité » La résistance à la compression et à la flexion s’améliore
(CVI-BV : Aspa®, Cermet ®, ChemFil®, Fuji II®) furent lan- sensiblement, la résistance à l’usure aussi et la mise en
cés à partir de 1972 (8). Ils offraient adhésion, biocom- place sont plus faciles. Leur usage en odontologie pédia-
en
patibilité et facilité de mise en œuvre. Ces indéniables trique et surtout en technique ART (16) se développe.
qualités ne pouvaient toutefois pas compenser leur Ils sont reconnus pour relarguer davantage de fluor que
.b
ronnement hydrique de la cavité buccale. Ainsi, les CVI crédible aux obturations conventionnelles. Les études cli-
étaient successivement sensibles à des phénomènes niques randomisées comparant les obturations de dents
de réhydratation (par la salive ou le spray de la turbine), permanentes ou temporaires, montrent qu’il n’y a pas de
puis de déshydratation susceptibles d’engendrer des fis- différence significative entre le taux de survie des CVI-HV
sures ou des fêlures (fig. 1). Il fallait une lente maturation et celui de l’amalgame, pour des périodes de plus de 6
et la stabilisation des échanges hydriques, pour qu’après années (14).
une période d’un an environ, certains ciments puissent Ces modifications de composition permettent aux CVI-
atteindre des caractéristiques mécaniques proches de HV et aux CVIMAR de présenter des résistances méca-
celles d’un composite (9). Ces résultats cliniques n’ont niques très proches de celles des composites après une
jamais permis aux CVI-BV de trouver une réelle place semaine seulement (17-18).
dans l’arsenal thérapeutique du praticien. Pendant Améliorer les performances en protégeant sa surface
presque 30 ans, ils ont été considérés par la profession pendant toute la phase de maturation : le concept
comme des matériaux « intéressants » mais peu résis- du CVI Haute Viscosité Infiltré Protégé.
tants à l’abrasion et ayant tendance à se fracturer. Le point faible des CVI-HV reste leur résistance à l’abra-
Le renouveau des CVI est lié à l’amélioration de leurs per- sion dans les premières semaines (15). Aussi, à la fin des
formances cliniques initiales, pour laquelle diverses stra- années 2000, un nouveau concept de restauration appa-
tégies ont été développées ces dernières années. raît (GC EQUIA®) s’appuyant sur un CVI-HV éprouvé (GC
Fuji IX GP Extra®) et une résine automordançante de gla- leur rigidité est beaucoup plus faible : c’est pourquoi, les
çage nanochargée (GC G-Coat Plus®) qui combine une contraintes peuvent se dissiper au sein du CVI, grâce
extrême hydrophilie et une très basse viscosité. La résine aussi à sa viscoélasticité, et ne se transmettent pas tota-
pénètre et adhère intimement à la surface du CVI-HV, lement à l’interface préservant la qualité de l’étanchéité
comme aux tissus dentaires limitrophes (fig. 1). Le CVI- (15) (fig. 1).
HV est ainsi « Infiltré et Protégé » (CVI-HVIP), pendant
quatre mois au moins, de la dessiccation et des micro-
traumatismes occlusaux. Des propriétés de « bioactivité »
Sa maturation se fait dans des conditions optimisées, Les CVI partagent de nombreux éléments communs (le
augmentant ses performances mécaniques et esthé- calcium, le phosphate, le strontium et surtout le fluor)
tiques (19, 20). avec l’apatite des tissus dentaires (18). Le milieu aqueux
de la cavité buccale favorise les échanges d’ions avec
KI
ATOUTS ET LIMITES DES CVI la salive, ce qui contribue au durcissement et à l’évolu-
tion des propriétés mécaniques du matériau (25). Ces
AN ER
Une adhésion intrinsèque à la dentine échanges perdurent tout au long de la vie du matériau et
et à l’émail source d’étanchéité le CVI est notamment capable de relarguer du fluor sur le
Grâce à leurs propriétés physico-chimiques, les CVI long terme. Au pic initial élevé, succède un niveau soutenu
adhèrent intrinsèquement aux tissus durs, tant l’émail que
H sur de longs mois, entretenu ensuite par des périodes de
om
C
la dentine, sans nécessiter l’utilisation d’un adhésif. Après « recharge » par le fluor contenu dans les produits de pro-
I
trituration mécanique, l’adhésion se fait par interaction de phylaxie ou les dentifrices puis de « relargage » vers les
ch J D EN
type ionique entre les charges négatives des polyacides tissus dentaires environnants (26, 27).
l.c
de la matrice et les charges positives de l’hydroxyapa- De ce fait, le CVI est souvent considéré comme un maté-
tite (ions calcium à la surface de la dent). Il se forme une riau « bioactif » car de nombreuses études ont montré
iB
IL
ai
zone intermédiaire de « diffusion ionique » : l’acide polya- son effet préventif face à l’apparition de la lésion carieuse.
crylique est adsorbé à la surface de la dent et des groupe- Il en est ainsi lorsqu’il est utilisé pour les scellements pré-
J
gm
ments phosphate de l’hydroxyapatite sont déplacés vers ventifs, même si le taux de rétention au-delà de trois ans
rk
le ciment (15). est plus faible qu’avec les scellements résines (28), ou
La qualité de cette propriété d’adhésion intrinsèque est encore pour la prévention des lésions carieuses secon-
he
favorisée par plusieurs facteurs. La façon dont s’opère daires au niveau des limites de la restauration et le déve-
le mélange poudre-liquide du CVI est primordiale, même loppement de lésions sur la face proximale de la dent
AD
nc
liquide, conditionné dans une première chambre, doit Ces qualités biologiques indéniables constituent le critère
er
entrer en contact avec la poudre contenue dans une de référence pour leur indication clinique dans le contexte
be
dentaires (solution d’acide polyacrylique à 20 % appliquée ration parfaitement étanche permettait de laisser de la
pendant 10 secondes (22) puis rincée abondamment et dentine cariée dans le fond de la cavité. Une technique
.b
séchée modérément). En outre, cet acide faible permet « stepwise » a ainsi été proposée, avec une restauration
l’élimination de la boue dentinaire, tout en respectant les mise en place temporairement, pour laisser le temps aux
dr
bouchons dentinaires (21). L’acide orthophosphorique, odontoblastes de former de la dentine tertiaire (32), la
couramment utilisé lors des protocoles des collages de perte de substance étant traitée définitivement six mois
résines, est toujours à proscrire car il élimine la partie plus tard.
ionique (Ca et PoH4) de la structure dentaire et diminue la Grâce à l’étanchéité apportée par les systèmes adhésifs
qualité de l’adhésion. et particulièrement par les CVI, « l’excavation partielle de
Même si les valeurs d’adhésion in vitro sont en général la dentine cariée, » sans réintervention, semble s’impo-
plus faibles pour les verres ionomères que pour les com- ser peu à peu et une étude récente (33) montre un taux
posites, les études cliniques ont montré que les verres de succès à 3 ans de 91 % contre 69 % pour le concept
ionomères permettent une meilleure rétention sur le long « stepwise ».
terme (23). En effet, l’adhésion intrinsèque procure une
parfaite étanchéité à ces ciments et réduit les risques Des propriétés optiques
d’infiltration bactérienne au niveau de l’interface CVI-tis- limitées mais acceptables
sus durs (24).
Les composites photopolymérisables qui sont rigides et Malgré les tentatives pour obtenir un CVI de bonne translu-
polymérisent très rapidement créent un retrait qui induit cidité, les qualités optiques des CVI traditionnels sont loin
des contraintes d’interface à l’origine de pertes d’étan- d’atteindre celles des composites. La taille des particules
chéité. La prise des CVI s’étale sur plusieurs heures et de verre (plusieurs dizaines de microns) rend toujours la
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 279-289 281
Thérapeutiques de la dent pulpée
JUSTIFICATION DU CHOIX
DE L’OBTURATION AU CVI
Pour Featherstone et Doméjean (34), une pratique cli-
nique « raisonnée » s’appuie essentiellement sur le
contrôle de la maladie et la gestion des facteurs de risque,
la détection et la reminéralisation des lésions précoces, la
KI
réalisation d’interventions les moins invasives possibles.
Lorsqu’ils sont indiqués, les traitements restaurateurs
AN ER
doivent essentiellement reposer sur l’usage de matériaux
2a étanches permettant un aménagement minimal des tis-
sus durs résiduels.
om
C touchés par le processus carieux peut dès lors être
I
remise en question dans certaines situations. La mise en
ch J D EN
place de ciments verre ionomère permettant une bonne
l.c
étanchéité grâce à l’échange ionique et la reminéralisa-
tion des tissus périphériques, répond à cette orientation
iB
IL
ai
de pratique « raisonnée » (34).
Par ailleurs, l’indication d’une obturation au CVI en alter-
J
gm
native aux autres matériaux repose principalement sur
rk
de collage.
b Les facteurs identifiés comme favorisant les échecs
étaient au nombre de trois : les antécédents de lésions
carieuses actives, les lésions profondes et la forme de
en
préparation.
Dans une autre étude rétrospective récente (36) le taux
.b
RÉALISATION CLINIQUE
ET RESPECT DU MATÉRIAU
Pour tirer la quintessence des CVI et lever les réticences
qui limitent encore leur usage et leurs indications, il faut
respecter leur cinétique et ses contraintes. En guise d’il-
lustration, sont décrites ci-après les étapes de réalisation
temps par temps d’un CVI-HVIP, dont la chronologie est
regroupée dans le tableau I.
Le protocole et la chronologie doivent être adaptés aux
instructions du fabricant.
KI
CONSIDÉRATIONS PRATIQUES
AN ER
POUR RÉALISER UN CVI-HVIP
Étape 1 : préparer instruments et matériaux dans
l’ordre où ils vont être utilisés.
Étape 2 : examiner la dent à traiter après séchage
H
om
prolongé (5 secondes) : changements de teinte ou de
C 3a
I
translucidité précisent les déminéralisations et zones de
ch J D EN
diffusion latérale le long de la jonction amélo-dentinaire.
Fig. 3 -
l.c
Étape 3 : créer un accès limité mais adapté à la taille
de la lésion carieuse (fig. 3a, b). Dans une approche peu a) Un accès limité, mais
adapté à la taille de la lésion
iB
IL
ai
invasive, le traitement des lésions carieuses amélaires
superficielles peut se limiter à un scellement thérapeu- carieuse, suffisant
pour l’utilisation de fraises
J
gm
tique sans préparation. Pour accéder à la dentine cariée il
rk
b) Le plafond pulpaire
@
(image en fluorescence
H
KI
4 5a b
AN ER
H mum la dentine déminéralisée (fig. 3a, b). La cavité est
om
C rincée abondamment et séchée modérément (tampon-
I
nage par coton).
ch J D EN
Étape 5 : choisir le matériau d’obturation et le type de
l.c
champ opératoire. La contamination du site opératoire
par de la salive ou du sang affecte la liaison du CVI aux
iB
IL
ai
surfaces dentaires.
Cependant, l’usage de la digue pour contrôler l’humidité
J
gm
ambiante est moins indispensable que pour les restaura-
rk
6
nc
et à la morphologie étudiée permet une restauration aisée du point Étape 6 : choisir un système de matriçage et le mettre
de contact, malgré la fluidité du matériau. en place (fig. 4). Il importe d’utiliser un système de matri-
Fig. 5 - Appliquer le conditionneur dentinaire recommandé çage avec anneaux puissants qui permettent une restau-
par le fabricant permet de créer un état de surface favorable à l’adhésion ration du point de contact.
en
intrinsèque du CVI. Pour faciliter leur retrait, les bandes métalliques peuvent
être isolées avec des traces de beurre de cacao ou recou-
Fig. 6 - Il faut injecter sans retard dans la cavité, le CVI trituré (tant que
.b
7a b c
KI
AN ER
le cœur de la cavité (fig. 6). Combler les puits et sillons
adjacents aux limites de la cavité, et réaliser un scelle-
ment thérapeutique.
H
om
• Laisser au repos et s’assurer que le CVI devient
C
I
« mat », et ne « colle » plus aux instruments pour pouvoir
ch J D EN
être mis en forme. C’est la consistance et l’aspect du pro-
l.c
duit qui guident le praticien (fig. 7a, b, c).
Avant mise en forme, pour assurer un contact intime
iB
IL
ai
entre ciment et tissus dentaires des cavités importantes,
diminuer les porosités et combler les puits et sillons, uti-
J
gm
liser, la technique du « Press Finger » (16). La pulpe du
rk
un instrument à main.
er
déchirure de la couche superficielle du ciment et facilite Fig. 8 - Pour réduire le stress hydrique et de dessiccation, on place une
un modelage proche de l’anatomie des tissus dentaires première couche de résine nanochargée de glaçage automordançant
.b
adjacents. En été, une température ambiante plus élevée pendant la maturation, et avant le retrait de la matrice.
peut raccourcir cette première phase.
dr
KI
9a b 10
AN ER
Fig. 9 - Le choix judicieux d’une forme
de préparation peu invasive et d’un sytème
de matrice performant réduit le travail
de finition au minimum.
H
om
C
Fig. 10 - Application d’une protection finale
I
des surfaces retouchées par une résine
ch J D EN
de glaçage automordançante, qui sera
l.c
photopolymérisée pendant 20 secondes.
Fig. 11 - Résultat final : 5 minutes environ
iB
IL
ai
se sont écoulées.
J
gm
11a b
rk
he
ki
amalgames (14).
Les CVI-HVIP sont apparus en 2007 et il est trop tôt
encore pour avoir des études cliniques randomisées et
confirmer les résultats encourageants observés au quo-
en
tidien (fig. 12).
Amalgame et composite restent à ce jour la référence.
.b
CONCLUSION
• Débarrasser la surface des débris et de la salive Reconnus dans les approches de traitement peu inva-
avec un pellet imprégné de conditionneur. Elle est rin- sif, les CVI peuvent trouver une place de choix dans le
cée, puis séchée sans déshydrater. cadre du traitement de dents pulpées du patient cario-
• Appliquer une 2e protection finale des surfaces actif, situation fréquente en pratique générale. Leurs
retouchées, par une résine de glaçage automordan- qualités biologiques leur ont permis de dépasser leurs
çant (fig. 10). limites mécaniques initiales et d’évoluer pendant 40 ans.
• Photopolymériser la résine de glaçage automordan- Ils contribuent à favoriser la reminéralisation des tissus
çant (fig. 11a, b). dentaires adjacents, offrant toujours une étanchéité de
KI
13a b c
AN ER
H
om
Fig. 13 - Restauration CVI-HVIP en 23,
C
réalisée, chez un patient à risque carieux
I
ch J D EN
et parodontal élevé, et très irrégulier aux
rendez-vous.
l.c
Fig. 14 - Etapes de restauration CVI-HVIP
iB
IL
en 34, réalisée, chez le même patient.
ai
J
gm
rk
14a b
he
@
AD
nc
ki
er
be
c d
dr
15a b
KI
AUTO ÉVALUATION
AN ER
ABSTRACT
H
Glass-ionomer cements (GIC) are taking an
sitent : increasingly important position among therapeutic
om
A. l’utilisation d’un adhésif
C choices. Their properties (biocompatibility,
I
B. un mordançage acide impermeability, anti-cariogenic for primary and
ch J D EN
secondary caries) offset the poor mechanical
C. ni l’un, ni l’autre, ils adhèrent spontanément aux tissus
properties of the low viscosity GICs of 40 years ago
l.c
dentaires, par échange ionique (poor flexural strength and abrasion resistance), and
2. L’adhésion des CVI est optimisée par l’utili- the material has evolved. The latest developments,
iB
IL
ai
particularly the emergence of High Viscosity GIC,
sation d’un conditionneur à base : seem to expand their indications, especially in the
J
A. d’acide ortho-phosphorique
gm
context of highly caries-active patients. Achieving an
rk
ki
A. le relargage de fluor aux marges de l’obturation y a la abrasión) y evolucionar. Sus últimos avances,
especialmente la aparición del CIV de Alta viscosidad
B. l’étanchéité aux bactéries aux marges de l’obturation
«Impregnado-Protegido», parecen ampliar aún más
C. le relargage de fluor vers le point de contact de la sus indicaciones, sobre todo en el marco frecuente
dent adjacente del paciente con caries activas. Obtener un resul-
tado clínico óptimo exige comprender el proceso de
fraguado y respetarlo durante la aplicación de los
protocolos.
Réponses
1. c ; 2. b ; 3. b ; 4. a, b, c
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KI
G. WEISROCK, S. KOUBI, H. TASSERY
AN ER
RÉSUMÉ SUME
H
om
C
Les restaurations directes en composite, antérieures ou postérieures, font
I
aujourd’hui partie intégrante de l’arsenal thérapeutique. Répondant aux critères
ch J D EN
biologiques, mécaniques et esthétiques de toute restauration adhésive, elles pré-
l.c
sentent l’avantage d’une économie tissulaire évidente. Néanmoins, leur réussite
suppose un strict respect du protocole opératoire, notamment des « étapes clés »,
iB
IL
ai
qui conditionnent la fiabilité et la reproductibilité des résultats. Le diagnostic esthé-
tique, la réalisation des lignes de transition, la stratification et les finitions sont les
J
gm
étapes cliniques garantes du succès des restaurations antérieures. Au niveau pos-
rk
Gauthier Weisrock
Attaché d’enseignement
L
Département d’Odontologie
en
Conservatrice
Faculté d’odontologie de Marseille
.b
Le diagnostic esthétique :
préalable indispensable
Avant de restaurer la dent, il est impératif de faire un dia-
gnostic esthétique (8). Celui-ci est réalisé grâce à un exa-
men clinique minutieux en gardant à l’esprit le souci du
détail. Les dents adjacentes à celle à reconstituer sont
KI
1 observées attentivement. Des photographies et des mou-
lages en plâtre peuvent aussi être réalisés. À ce stade,
AN ER
l’analyse de la forme a autant d’importance que la teinte
de la future restauration.
Analyse et enregistrement de la forme
om
C est facilitée par l’utilisation de guide en silicone (dans le
I
sens frontal et sagittal), issu soit d’un wax-up de labora-
ch J D EN
toire, soit d’une restauration préexistante de forme cor-
l.c
recte. On relève aussi l’état de surface qu’il faudra réaliser
au niveau de la macrogéographie (dépressions verticales)
iB
IL
ai
et au niveau de la microgéographie (stries horizontales).
Cette étape est tout aussi importante que le choix initial de
J
gm
la teinte, l’œil humain détectant plus facilement les défauts
rk
Fig. 2 - Vue postopératoire à 1 semaine. Le biomimétisme du composite dentinaire reproduit par les masses dentine. Appelée
est permis en partie par la similitude des lignes de transition entre chromaticité de base, elle est déterminée dans un pre-
la 11 et 21.
mier temps au niveau de la région cervicale de la dent
où l’épaisseur d’émail est la plus faible, influençant peu la
en
Les restaurations antérieures en composite deviennent Dans un second temps, on étudie la masse émail au
aujourd’hui de réelles alternatives thérapeutiques aux niveau de la région médiane de la dent. L’âge du patient et
dr
restaurations en techniques indirectes même dans des l’observation clinique des dents adjacentes nous guident
situations de grande perte de substance. Leurs indica- sur le degré de luminosité de la masse émail à choisir. Un
tions peuvent aller de la simple fracture amélaire d’un bord émail sera d’autant plus lumineux que le patient est jeune.
libre à la fermeture de diastème ou la correction d’état À l’inverse, il le sera d’autant moins s’il est âgé.
de surface (4). En effet, grâce à l’essor des techniques Une attention particulière doit être portée à l’architecture
adhésives et surtout à la mise au point de nouveaux com- interne du bord libre. Sa translucidité, son opalescence et
posites nanohybrides, les solutions conservatrices pro- son animation doivent être enregistrées.
curent de très bons résultats fonctionnels et esthétiques. Remarque : le schéma de stratification et les clés en sili-
Certains principes intangibles, simples, semblent acquis. cone doivent être conservés dans le dossier du patient
En effet, la pose d’une digue élargie (6 dents minimum pour d’éventuelles modifications du composite ou en cas
de 13 à 23) permettant de visualiser le plan esthétique de fracture.
frontal est une étape clinique incontournable (5), ainsi que
la réalisation d’une limite chanfreinée vestibulaire pour Importance des lignes de transition
masquer la césure optique dent/composite (6). La prépa-
ration étant essentiellement amélaire, l’emploi d’adhésifs Les lignes de transition séparent les faces proximales des
avec un mordançage préalable est fortement indiqué en faces vestibulaires et fixent le cadre de la restauration et
raison de leur excellente adhésion à l’émail par rapport de ses contours (2, 6). Véritables « poutres visuelles »,
ces crêtes proximales régulent une grande partie des Si la règle principale est de réaliser une désaturation pro-
phénomènes lumineux par leur convexité. Après avoir gressive de la partie palatine vers la partie vestibulaire et
réalisé le mur palatin en composite de masse émail à de la partie apicale vers la partie incisale de la restaura-
l’aide du guide en silicone, les lignes de transition sont tion, il est parfois suffisant de ne mettre que la teinte den-
créées grâce à une matrice transparente en polyester pla- tine choisie initialement, mais en épaisseur suffisante. En
cée en berceau au niveau de la face palatine. Une petite effet, l’augmentation de cette épaisseur accroît la satu-
quantité de masse émail est déposée contre la matrice, ration de la teinte. La masse émail recouvre ensuite l’en-
puis elle est tirée dans le sens controlatéral et photopoly- semble de la restauration avec une épaisseur n’excédant
mérisée dans cette position. pas 0,3 à 0,5 mm. Elle fonctionne en tant que « modifi-
À ce stade, la cavité initialement complexe (dans les trois cateur » de la couleur dentinaire. Si la couche émail est
sens de l’espace) ne nécessite plus qu’une stratification trop épaisse, elle tend à augmenter l’effet « grisé » ou
du composite dans une seule direction, allant de la face « vitreux ».
KI
palatine vers la face vestibulaire (fig. 1 et 2). La teinte principale de la restauration est donnée par la
teinte du corps dentinaire et son épaisseur. C’est le res-
AN ER
Principe de stratification : pect des différentes épaisseurs dentine/émail qui est
vers une simplification décisif pour le résultat final.
Afin de reproduire l’opalescence de l’émail au niveau du
On assiste aujourd’hui à une simplification du mécanisme
Hbord libre, on peut rajouter éventuellement des masses
om
de stratification facilitant la compréhension et permettant
C de composite plus ou moins opalescentes bleu- orangé
I
un gain de temps. ou des masses translucides pour simuler un effet grisâtre.
ch J D EN
En effet, comme énoncé récemment par Walter Devotto De plus, des colorants pour caractérisations peuvent être
l.c
(11), la masse dentine est la plus importante, son épais- utilisés pour personnaliser la restauration (fêlures, taches
seur influençant le degré de saturation de la restauration. blanches ou brunes…) (fig. 3 à 11).
iB
IL
ai
J
gm
rk
he
@
AD
nc
ki
er
be
H
en
7 8 9
KI
Fig. 8 - Réalisation des lignes de transition
à l’aide d’une matrice transparente plaquée
AN ER
dans le sens controlatéral.
Fig. 9 - Mise en place de la masse dentine qui
recouvre la moitié du chanfrein et laisse moins
H
d’1 mm d’espace au niveau du bord libre, 10 11
copiant le bord libre de la dent adjacente.
om
C
Fig. 10 - Mise en place de la masse émail qui recouvre entièrement
I
ch J D EN
la précédente. Notez le travail de surface qui est déjà effectué avant
la dépose de la digue. La restauration apparaît plus saturée que la dent Finitions et polissage :
l.c
déshydratée. dernières étapes incontournables
iB
IL
Fig. 11 - Vue postopératoire à une semaine.
ai
Durant cette phase, presque aussi longue que la stratifi-
Fig. 12 - Vue préopératoire. Présence de deux composites volumineux
J
gm
cation du composite, les excès de composites sont élimi-
sur les 11 et 21. Notez l’opacité des composites et l’absence d’architecture
rk
Pronostic
Malgré les nombreuses évolutions des résines compo-
sites, elles ne possèdent pas encore la même inertie dans
le temps que la céramique. Les dernières études cliniques
randomisées datant de 2013 font état d’un taux de survie
de 85 % à 7 ans avec un haut degré de satisfaction des
patients (12). Ces restaurations peuvent être considérées
comme des solutions esthétiques à court et moyen terme,
à condition que le protocole clinique soit scrupuleusement
respecté, et qu’un suivi annuel puisse être effectué pour
les repolir (surtout les marges) ou les réparer (2). À ces
13 conditions, des solutions thérapeutiques plus invasives
peuvent être retardées, voire évitées.
KI
d’échec clinique (douleurs postopératoires), fonctionnel
(absence de point de contact), ou à un degré moindre,
AN ER
esthétique. Les difficultés sont nombreuses : diagnostic
pulpodentinaire initial, lésions profondes avec des limites 14 15
cervicoproximales parfois cémentodentinaires, contrac-
tion des résines composites, obtention d’un point de
H
om
Fig. 14 - Utilisation du système V3 Ring ® (WAM). Matrice sectorielle,
contact et d’une anatomie occlusale idéale. On peut rele-
C
anneaux d’écartement et coin interdentaire mis en place assurent
I
ver trois étapes clés dans la réalisation des composites
ch J D EN
postérieurs : la procédure de collage, la réalisation d’un ainsi un bon sertissage et un point de contact puissant et idéalement situé.
l.c
point de contact correct et la maîtrise de la contraction Fig. 15 - Vue postopératoire. Notez la surface de contact obtenue
des composites. et sa parfaite adaptation. Le composite sur la 46 a été réalisé à l’aide
iB
IL
d’un substitut dentinaire et un composite-up.
ai
Procédure de collage et maîtrise
J
gm
des facteurs biologiques
rk
de la face proximale
@
tion de la couche hybride, élimine les phénomènes de La reconstitution du point de contact est une étape déli-
ki
percolation au niveau des interfaces et met l’organe pul- cate souvent appréhendée par les praticiens (15). Le
er
podentinaire à l’abri des agressions physiques, chimiques principal défi à relever est d’obtenir un point de contact
be
sifs actuels (mordançage préalable et auto-mordançant) taurations, où le matriçage doit permettre d’obtenir une
répondent à ce cahier des charges à condition d’être uti- étanchéité parfaite. Il semble aujourd’hui acquis que les
.b
lisés convenablement. Le choix se fera en fonction de la matrices transparentes en polyester ne permettent pas
situation clinique rencontrée : anamnèse pulpaire, propor- l’obtention d’un point de contact correct en raison de leur
dr
16 17
KI
AN ER
H
om
C
I
ch J D EN
l.c
18 19
iB
IL
ai
Fig. 16 - Mise en place de la matrice métallique sectorielle et réalisation
J
gm
de la procédure d’adhésion. bas pour les restaurations de classe IV et augmente pour
rk
tiers les plus profonds de la cavité. Une attention particulière doit être
@
portée pour éviter des manques. Le stress de polymérisation engendré sur les parois
dépend également du mode de polymérisation des com-
AD
Fig. 19 - Utilisation d’un composite « Bulk » en tant que substitut un composite photopolymérisable (7, 18).
be
dentinaire. Ces nouveaux matériaux nécessitent un certain recul clinique Condition d’irradiation lumineuse
pour juger de leur réelle performance. Il est maintenant avéré qu’une photopolymérisation pro-
gressive (« soft start polymérisation ») du composite est
le mode d’irradiation le plus apte à conserver l’intégrité
en
Lors de la réalisation d’un composite, le retrait de polymé- des dents postérieures, le risque de retrait de polyméri-
risation qu’il subit pendant sa prise provoque des tensions sation est plus élevé que pour les dents antérieures du
dr
au niveau des parois. Selon leur intensité, ces contraintes fait de la taille et de la géométrie des cavités (classes I, II
mécaniques peuvent entraîner une rupture de la jonction ou MOD). Pour résoudre ce problème, il est recommandé
dent-composite, voire une fissuration de la dent. Clini- d’appliquer par strates de petits apports de composites
quement, cela se traduit par une mauvaise adaptation jusqu’à 2 mm maximum d’épaisseur (masse dentine
marginale, une perte d’étanchéité, des infiltrations bacté- d’abord puis masse émail) que l’on va photopolymériser
riennes, des sensibilités postopératoires et des reprises successivement. Cette méthode, efficace pour limiter le
de caries. Les principaux facteurs influençant l’intensité stress de contraction, est chronophage dans les cavités
de ces contraintes mécaniques sont la géométrie de la de moyen à gros volume. Une autre solution consiste à
cavité, la composition du composite, le mode de polymé- utiliser un substitut dentinaire ayant un faible stress de
risation et les conditions d’irradiation lumineuse. polymérisation et pouvant être injecté rapidement et en
Facteur de configuration : facteur C un seul temps dans les 2/3 les plus profonds de la cavité.
La géométrie de la cavité conditionne le facteur configu- Il peut s’agir d’un composite fluide dual ou chémopoly-
ration appelé facteur C (16, 17). Ce dernier est exprimé mérisable, ou encore d’un ciment verre ionomère modi-
par le nombre de faces du composite collées aux parois fié par adjonction de résine. Son rôle est de conforter la
de la cavité rapporté au nombre de faces libres du com- protection biologique initiée par le collage, de renforcer
posite. Plus le facteur C est élevé, plus les contraintes aux les structures résiduelles de la dent à restaurer et de ser-
interfaces dent-restauration sont importantes. Il est très vir d’assise à la restauration proprement dite. Sa mise en
20 21
KI
distales des 14 et 15 avec des limites
cervicoproximales profondes.
AN ER
Fig. 21 - Mise en place de la matrice
et de l’anneau écarteur. Il convient de vérifier
sa parfaite étanchéité.
Fig. 22 - Un substitut dentinaire est mis
H
om
C
dans les deux tiers de la cavité, puis
I
un composite-up est réalisé en masse émail.
ch J D EN
22
l.c
iB
IL
ai
place, bien que rapide à mettre en œuvre, nécessite une 2,2 % contre 2,9 % pour un inlay composite et 3 % pour un
attention particulière, car ce substitut constitue les fonda- amalgame (23). Leurs principales causes d’échec sont : la
J
gm
tions de notre restauration, notamment au niveau du joint fracture de la restauration, les caries secondaires et la
rk
cervico-proximal. Ensuite, le dernier tiers (superficiel) de perte du composite (24). Parmi les facteurs influençant
la cavité sera reconstitué par la méthode du « composite- leur longévité, le respect du protocole clinique, l’hygiène
he
up » (3). Initiée par Brouillet et Faucher (3), il s’agit d’une bucco-dentaire du patient et le suivi sont essentiels (25).
reconstruction en composite par addition inspirée de la
AD
nc
ment en formes sphéroïdales, chaque versant cuspidien Comme toutes techniques adhésives, les restaurations
be
est reconstitué par des petits apports de composite qui directes en composite sont « opérateur-dépendant ».
sont figés pendant quelques secondes par un flash lumi- Elles doivent répondre à un cahier des charges biolo-
neux de faible intensité. Les sillons et les fossettes appa- giques, mécaniques et esthétiques qui ne peut être rem-
raissent alors spontanément restaurant le relief naturel pli que grâce à un protocole clinique rigoureux, reposant
en
de la table occlusale. Une photopolymérisation finale est sur des étapes cliniques incontournables. Ces étapes
ensuite effectuée pendant 30 secondes à 1000 mmW/cm2. « clés », bien que différentes pour un composite antérieur
.b
La technique du « composite-up » permet de réduire le ou postérieur, ont en commun d’engendrer une mutilation
stress de polymérisation en passant d’un facteur C de tissulaire minimale. Souvent négligées pour des raisons
dr
Pronostic
De nombreuses études s’accordent sur le fait que les Mots clés
composites en méthode directe sont devenus une réelle Restauration esthétique, résine composite,
alternative thérapeutique à l’amalgame dentaire. Leur stratification, substitut dentinaire, composite-up
longévité peut être considérée comme cliniquement
acceptable avec des études cliniques montrant un taux
Key words
Esthetic restoration, composite resin, stratification,
de succès de 92 % à 7 ans (22). Une revue de littérature
dentin substitute, composite-up
de Manhart en 2004 fait état d’un taux d’échec annuel de
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 291-298 297
Thérapeutiques de la dent pulpée
ABSTRACT
DIRECT TECHNIQUE COMPOSITE RESINS : AUTO ÉVALUATION
KEY STAGES
Direct anterior or posterior composite restorations are today an 1. Un composite antérieur nécessite:
integral part of the therapeutic arsenal. Responding to biological, A. une limite de finition en biseau,
mechanical and aesthetic criteria for adhesive restorations, they
B. l’utilisation d’un système adhésif automordançant,
clearly have the advantage of economising tissue. Their success
depends on closely following the operating protocol, especially the C. la réalisation d’un guide en silicone.
“milestones” that affect the reliability and reproducibility of results.
The aesthetic diagnosis, achieving the transition lines, laminating 2. La contraction des résines composites dépend :
and finishing are the clinical stages that guarantee success in A. de la forme de la cavité,
anterior restorations. In posterior work, the protocol for bonding,
B. du mode de polymérisation du composite,
the contact point and mastering material contraction are the
predominant [Link] in GIC maturation and strictly respect C. de la mise en place de la digue.
KI
the manufacturer protocol.
3. La réalisation du « composite-up » permet :
A. de reproduire facilement l’anatomie occlusale
AN ER
RESUMEN B. de réduire le stress de polymérisation
C. d’augmenter le facteur C.
LAS RESINAS COMPUESTAS EN TÉCNICAS
H
DIRECTAS: ETAPAS CLAVE
om
Las restauraciones directas en resinas compuestas, anteriores o
C
posteriores, forman actualmente parte integrante del arsenal tera-
Réponses
I
péutico. Al satisfacer los criterios biológicos, mecánicos y estéticos
ch J D EN
de toda restauración adhesiva, tienen la ventaja de presentar una 1. c ; 2.a, b ; 3. a, b
l.c
economía tisular evidente. Sin embargo, su éxito supone un estricto
respeto del protocolo operatorio, especialmente de las «etapas
clave» que condicionan la fiabilidad y la reproductibilidad de los Correspondance :
iB
IL
ai
resultados. El diagnóstico estético, la realización de las líneas de Gauthier Weisrock 48 boulevard Périer 13008 Marseille
transición, la estratificación y los acabados son las etapas clínicas
Email : [Link]
J
gm
que garantizan el éxito de las restauraciones anteriores. A nivel
rk
@
AD
RÉFÉRENCES
nc
ki
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er
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be
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134.
Facettes en céramique
et gingivectomies :
une approche a minima
KI
O. ETIENNE
AN ER
H
om
C
I
ch J D EN
RÉSUMÉ SUME
l.c
Dans un sourire idéal, les rapports gingivo-dentaires relèvent d’une harmonie bien
codifiée, dont l’analyse préalable doit précéder toute intervention à visée cosmé-
iB
IL
tique. Les outils informatiques permettent aujourd’hui, à partir de photos pré-
ai
opératoires, de prévisualiser les rapports idéaux et d’évaluer ainsi l’ampleur de la
J
gm
gingivoplastie éventuellement nécessaire. Lorsque l’espace biologique le permet,
rk
IMPLICATION CLINIQUE
nc
ki
L’association d’une approche a minima sur les tissus durs et les tissus mous per-
met de potentialiser le résultat esthétique.
er
be
L
en
Olivier ETIENNE
MCU-PH e sourire harmonieux est le fruit Cet article a pour objectif d’illustrer dans un
.b
Université de Strasbourg d’un équilibre complexe impli- premier temps les règles qui régissent les
quant le positionnement des rapports esthétiques entre la dent et son
dr
dents, leur couleur, leur forme et leur rap- environnement gingival. Dans un second
port aux tissus environnants ; le tout devant temps, il s’agit d’envisager l’apport des
se refléter harmonieusement sur le visage techniques chirurgicales légères que sont
de nos patients (1, 2). les gingivoplasties par gingivectomies au
Lorsque ce sourire doit être restauré ou travers de cas cliniques.
amélioré, la composante dentaire doit
faire systématiquement l’objet d’une étude LES RAPPORTS
préalable attentive. Cependant, cette ana-
lyse nécessite aussi d’être complétée par
GINGIVO-DENTAIRES
l’examen minutieux du parodonte, qui doit
être sain et, lui aussi, répondre à une cer- Le sourire et le visage
taine harmonie. Ces deux concepts ont L’analyse des composantes dentaires et
trouvé leur expression à travers les ter- gingivales commence par une analyse
minologies anglo-saxonnes de « white extra-buccale qui les situe par rapport au
L’auteur déclare ne pas avoir esthetic » et de « pink esthetic », plus par- visage dans son ensemble. Ainsi, il est
de lien d’intérêt. ticulièrement développées dans le domaine admis que dans un sourire idéal, le plan
de l’implantologie. d’occlusion maxillaire en vue frontale doit
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 299-307 299
Thérapeutiques de la dent pulpée
KI
1a
AN ER
Fig. 1 -
a) L’analyse esthétique préalable à toute intervention doit intégrer
H
la position de la ligne du sourire. Le sourire gingival, correspondant
om
C
à une ligne haute, plus fréquent chez la femme que chez l’homme, c
I
est observé chez 10 % des patients (a). Dans cette situation, un alignement
ch J D EN
de la ligne des collets ne peut s’envisager que lorsque celui-ci ne conduit
l.c
pas à un allongement de la hauteur des dents (b).
b) Schéma de l’agencement dentaire et gingival idéal (d’après P. Magne(5)).
iB
IL
Les zéniths gingivaux (flèches) sont décalés d’1 mm distalement par
ai
rapport au grand axe de la dent pour les incisives centrales et les canines. Les critères gingivaux
J
gm
En revanche, pour les incisives latérales, ils se situent préférentiellement Les rapports esthétiques idéaux entre les dents anté-
rk
dans le prolongement de cet axe. rieures et le parodonte ont été parfaitement illustrés dans
c) Schéma des niveaux respectifs des zéniths gingivaux (à droite) : la littérature (5, 6). Ainsi, sont définies à la fois la ligne des
he
est l’incisive centrale, pour laquelle un rapport largeur/hauteur de 75 % La position des zéniths gingivaux par rapport à l’axe ver-
-85 % est estimé le plus esthétique.
er
être parallèle à la ligne bi-pupillaire et que l’axe interincisif gival de l’incisive latérale est généralement situé à 1 mm
médian doit être situé sur le grand axe médian vertical du sous le niveau des zéniths voisins (fig. 1c).
.b
2a b
KI
AN ER
H
om
C
I
ch J D EN
l.c
c d
iB
IL
ai
Fig. 2 -
a, b) Photographies initiales du sourire et de la vue intrabuccale de face
J
gm
rk
Il convient toutefois de garder à l’esprit ces méthodes de mettent en évidence la dysharmonie des proportions dentaires liée
proportionnalité car elles constituent un point de repère, à celle de la ligne des collets. La zone de gencive apparente
he
rement aux incisives latérales) (17) et que leur rapport la gingivoplastie simple (gingivectomie) et l’élongation coronaire.
largeur/hauteur est estimé le plus esthétique lorsqu’il se
situe entre 75 % et 85 % (5, 18).
en
L’ANALYSE ESTHÉTIQUE
PRÉOPÉRATOIRE
.b
l’analyse photographique et informatique. En effet, cette respect de l’espace biologique, sans quoi le recours à une
dernière permet de figer la situation et de se concentrer technique d’élongation coronaire, plus complexe, devient
sur des détails qui pourraient passer inaperçus lors de indispensable (20-22). Enfin, il convient de garder à l’es-
l’examen clinique initial. prit qu’une indication de facette reste liée à la possibilité
À ces fins, le recours à un protocole photographique de collage amélaire et que celui-ci est limité par le niveau
rigoureux (19) donne au praticien les moyens de travail- de la jonction amélo-cémentaire.
ler sereinement sur l’image afin d’en analyser à la fois la En absence de pathologie parodontale, le contour osseux
composante dentaire et gingivale (fig. 2a, b). Cette étude suit le contour festonné de la jonction amélo-cémentaire,
initiale peut être complétée par une ou plusieurs simula- à une distance de 2 à 3 mm (23). La situation de la gencive
tions informatiques permettant d’appréhender de futures saine étant directement calquée sur le contour osseux,
modifications dans les proportions dentaires comme dans il est classique de mesurer 3 mm de hauteur moyenne
les contours gingivaux (fig. 2c, 2d). entre le contour gingival et l’os sous-jacent. Cette hauteur
se répartit entre le sulcus (1 mm) et l’espace biologique
LA DÉCISION THÉRAPEUTIQUE (2 mm) (fig. 3a) (24). Ce dernier doit être respecté sous
peine de générer une résorption alvéolaire incontrôlée
Lorsque l’analyse primaire et la simulation ont été effec- en cas de biotype parodontal fin, ou de créer une inflam-
tuées, le retour à la réalité clinique est indispensable. mation chronique en cas de biotype épais. Aussi, toute
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 299-307 301
Thérapeutiques de la dent pulpée
3a b
KI
de 2 mm ou plus), la gingivectomie seule peut être envi-
AN ER
sagée (fig. 3b, c).
LA RÉALISATION CLINIQUE
H
om
C La gingivectomie doit être pensée et dirigée par l’étude
I
esthétique initiale. Elle peut être reproduite simplement à
ch J D EN
l’aide de marquages à la sonde des zéniths gingivaux (cas
l.c
clinique n° 1), ou de façon plus juste mais plus complexe
à l’aide d’un masque esthétique appliqué par-dessus la
c
iB
IL
ai
gencive (cas clinique n° 2). Ce dernier permet alors un
tracé de découpe fidèle au travail préparatoire.
Fig. 3 -
J
gm
Pour réaliser cette gingivectomie, différents instruments
a) L’espace biologique est compris entre l’attache conjonctive supra-
rk
crestale et l’extrémité coronale de l’attache épithéliale. Cet espace varie sont envisageables : le bistouri à lame, le couteau à gin-
dans ses dimensions mais présente une moyenne de 2,04 mm (24, 28). givectomie (type Kirkland), l’électrochirurgie ou le laser
he
Le sulcus, quant à lui, varie plus largement avec une moyenne de 1,34 ± (à CO2 ou à diode). Dans le cadre d’un traitement esthé-
0,84 mm de profondeur. tique, la coagulation immédiate et la précision de la ligne
AD
nc
b, c) Lorsque le sondage confirme une profondeur de plus de 2 mm sur de coupe confèrent une supériorité aux traitements par
ki
un parodonte sain, il est envisageable de modifier de 1 mm au plus laser ou par électrochirurgie. Il faut toutefois se prémunir
er
le feston gingival par gingivectomie. des risques de récession gingivale parfois reprochés à
be
prise en connaissance et dans le respect de cette entité mitamment la préparation, l’empreinte et la prothèse
physiologique. temporaire lorsque la correction est minime. Dans ce cas,
dr
Le cas particulier des éruptions passives incomplètes la prothèse temporaire assure une barrière physique à la
se traduit par une limite gingivale haute, anormalement récidive. Lorsque la gingivectomie est plus étendue ou
éloignée de la jonction amélo-cémentaire et donnant plus importante, il semble préférable de laisser un délai
un aspect inesthétique aux dents qui apparaissent trop de 2 à 4 semaines afin d’obtenir une première maturation
courtes, voire plus larges que hautes parfois (25). Cette gingivale. Ces délais sont plus courts que ceux habituel-
anomalie du développement a été classée en deux types lement recommandés dans la littérature (4 à 8 semaines)
distincts (type I et II), tous deux subdivisés en deux classes (24), mais se justifient par l’indication d’une restauration
A et B selon le rapport entre la crête osseuse et la jonction céramocéramique dont la limite reste juxta-gingivale (30,
amélo-cémentaire (26). Seul le type IA, dans lequel l’os 31), favorisant ainsi la cicatrisation et la maturation, même
est situé à distance normale de la jonction amélo-cémen- après sa réalisation.
taire, mais avec un excès de hauteur de gencive objecti-
vable, peut faire l’objet d’une gingivectomie simple (27). CAS CLINIQUE N° 1
Pour cela, l’analyse radiographique est indispensable
mais le critère décisionnel principal reste le sondage de la Un jeune homme de 35 ans consulte pour améliorer son
hauteur entre la crête gingivale et le contour alvéolaire à sourire et fermer ses diastèmes interincisifs. Aucune étio-
travers l’attache épithéliale : si celle-ci offre une marge de logie fonctionnelle (déglutition linguale atypique) suscep-
correction (espace biologique de 2 mm ou plus et sulcus tible d’expliquer ces diastèmes n’est retrouvée lors de la
4a b c
KI
AN ER
d e f
om
C
I
ch J D EN
l.c
iB
IL
ai
g h i
J
gm
rk
Fig. 4 -
a) L’agencement des six dents antérieures maxillaires est
he
la ligne des collets comme celle des bords libres est fortement
AD
ki
j
et la jonction amélo-cémentaire proximale.
c) Le wax-up initial permet de proposer au patient une option
prothétique esthétique qui estompe son diastème sans le fermer
totalement. Cette fermeture entraînerait inévitablement
en
directement.
d) Suite au tracé du futur contour gingival, le prothésiste peut
dr
CAS CLINIQUE N° 2 dents (11 et 21 ont été raccourcies lors du traitement res-
Un patient, âgé de 17 ans, est adressé pour améliorer le taurateur direct préalable). Le calage occlusal et la dimen-
rendu esthétique de son sourire. Il présente des défauts de sion verticale sont stables et, après avis orthodontique,
minéralisation de l’émail chronologiques qui ont été gérés il est décidé d’intervenir par restaurations indirectes.
jusque-là grâce à des restaurations indirectes. L’analyse Compte tenu du jeune âge du patient et de la possibilité
esthétique initiale laisse apparaître des rapports largeur/ de réintervention qu’offre cette option, il lui est proposé
hauteur très défavorables, voire inversés pour certaines de réaliser six facettes maxillaires et quatre facettes man-
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5a b
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l.c
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dr
e f
Fig. 5 -
a) L’examen clinique met en évidence une situation initiale présentant des proportions dentaires inversées (dents plus larges que hautes).
Cet aspect de dents courtes est renforcé par l’usure des bords libres. Les composites recouvrant les malformations de l’émail présentent des
colorations des joints et sont sources de rétention de plaque bactérienne.
b) L’analyse informatique préalable permet d’objectiver les interventions nécessaires : allongement des bords libres usés et allongement
gingival des collets. Le sondage parodontal permet de confirmer l’intervention par simple gingivectomie.
c) Les consignes et la photographie retouchée sont transmises au laboratoire qui réalise le projet esthétique (wax-up) en conséquence.
d) Le masque esthétique (mock-up) est issu du moulage du modèle ciré : l’empreinte en silicone de ce dernier est remplie de résine bis-acryl
(Luxatemp star ®, DMG) puis repositionné par-dessus les dents naturelles et la gencive. Le contour gingival est ensuite marqué
par le passage du bistouri électrique.
e) Le masque retiré laisse apparaître les contours marqués. Ceux-ci permettent de guider le geste complémentaire qui finalise la gingivectomie
contrôlée.
f) L’électrochirurgie a l’avantage, comme le laser, d’assurer une hémostase immédiate qui permet au patient de quitter le cabinet sans gêne.
Noter la présence d’émail sur toute la hauteur vestibulaire nouvellement dégagée.
dibulaires. Dans cette situation, le pronostic peut être jugé Après sondages et examens radiographiques, le diagnos-
très favorable car le collage se fait dans son intégralité tic d’éruption passive incomplète de type IA est établi.
sur l’émail, ce qui est un critère essentiel en termes de Après discussion avec le patient, le choix thérapeutique
longévité (33). se porte sur la gingivectomie simple plutôt que sur l’élon-
L’étude préalable confirme la nécessité d’intervenir à la gation coronaire.
fois sur la gencive et sur les dents concernées afin de
redonner des proportions plus naturelles au sourire.
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g) La séance des préparations et de l’empreinte des facettes se fait après un délai réduit à quinze jours pour limiter les risques de récidive
de la descente gingivale. Les préparations sont réalisées à travers le masque esthétique refait en début de séance afin de respecter un contrôle
de pénétration et un collage exclusivement amélaire.
h) La mise en place des facettes provisoires assure une barrière mécanique et empêche dès lors tout risque de récidive.
i) Les six facettes sont préparées sur le modèle de travail dont l’éviction gingivale, lors de l’empreinte, favorise le respect des profils d’émergences.
j) Chaque facette est collée sous champ opératoire unitaire, à l’aide d’un système à mordançage-rinçage en deux temps (Variolink II®,
Ivoclar-Vivadent).
k) Les facettes sont collées selon une séquence précise : 11 et 21 qui constituent les dents les plus exigeantes en termes de positionnement ;
puis 13 et 23 et enfin 12 et 22 dont les points de contact sont vérifiés et corrigés avant leur collage.
l) Le contrôle quinze jours après le collage laisse entrevoir une gencive redessinée mais encore en voie de maturation vu le court délai dans
lequel l’ensemble du traitement a été réalisé.
m) À 1 an, le contrôle clinique confirme l’excellente adaptation des tissus gingivaux et la stabilité des nouveaux contours qui redonnent des
proportions dentaires plus esthétiques et mieux adaptées au jeune âge du patient. Le rapport largeur/hauteur est passé d’une situation de
136 % à 95 %. L’allongement des bords libres n’étant pas possible sur un plan fonctionnel, seule une élongation coronaire, plus invasive,
aurait permis d’améliorer encore ce rapport afin qu’il se rapproche des proportions idéales. Dans ce cas, la limite amélaire aurait été dépassée
et la pérennité du collage compromise.
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 299-307 305
Thérapeutiques de la dent pulpée
KI
En complément de l’analyse esthétique globale du sou- cés ou d’élongation coronaire, voire parfois d’orthodontie,
rire dans le visage, l’examen esthétique préopératoire doit doivent être discutées avec le patient avant les prépara-
AN ER
aussi intégrer le couple gingivo-dentaire dont les rapports tions dentaires.
idéaux sont bien codifiés. Associée à une simulation
esthétique informatique puis un wax up au laboratoire,
om
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ch J D EN
ABSTRACT
l.c
CERAMIC VENEERS AND GINGIVECTOMY: A
MINIMAL APPROACH AUTO ÉVALUATION
iB
IL
ai
In a perfect smile, the gingival dental relationships are part of a well
ordered harmony, and a preliminary analysis should precede any
J
gm
intervention for cosmetic purposes. Starting with pre-operative
rk
hauteur.
may be necessary. When the biological space permits, some clinical
@
Thus linked, minimal interventions such as gingivectomy and 2. La gingivectomie est une chirurgie facile d’accès.
nc
ki
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Correspondance :
Olivier Etienne Réponses
1, rue de la Division Leclerc
1. Faux ; 2. Vrai ; 3. Faux ; 4. Vrai
67000 Strasbourg
Email: [Link]@[Link]
KI
J. HAJTÓ, C. MARINESCU, O. AHLERS
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RÉSUMÉ SUME
Les inlays et onlays en céramique sont des restaurations de choix pour les secteurs
om
C
latéraux. Toutefois, le respect strict de leurs indications, du choix des matériaux, de
I
la forme de préparation adaptée au matériau, ainsi que la maîtrise des techniques
ch J D EN
adhésives conditionnent le succès de leur mise en place et de leur pérennité.
l.c
Cet article présente tout d’abord les facteurs dont dépend la réussite thérapeutique de
ce type de restaurations. Les céramiques étant des matériaux fragiles, la fracture est
iB
IL
ai
la cause la plus fréquente d’échec des vitrocéramiques renforcées ou non. Les céra-
miques plus récentes à base de disilicate de lithium présentent des propriétés méca-
J
gm
niques de résistance nettement supérieures. Leur mise en œuvre peut se faire grâce
rk
à des techniques pressées ou des techniques usinées. Malgré ces propriétés amélio-
rées, comme pour tout autre matériau, le respect des règles fondamentales de prépara-
he
tions pour inlay-onlay céramique s’impose pour assurer un succès à long terme.
AD
nc
Docteur en chirurgie dentaire L’objectif de cet article est de décrire les principes fondamentaux des préparations pour
er
be
Ästhetische Zahnheilkunde inlays, onlays et overlays : leurs formes ainsi que les instruments rotatifs adéquats.
H
A
Costin Marinescu
en
rations indirectes au niveau des secteurs fabrication assistée par ordinateur (CFAO)
Oliver Ahlers latéraux étaient principalement réalisées ont été proposées pour l’usinage soustrac-
Docteur en chirurgie dentaire en alliage métallique et scellées à l’aide tif de blocs de céramique préfabriqués. Des
CMD-Centrum Hamburg-Eppendorf, d’un ciment oxyphosphate. Ces solutions études cliniques prospectives à long terme
Falkenried 88; Haus C, prothétiques ont des principes de prépa- confirment, après 12 ans d’observation, le
20251 Hamburg Universitätsklinikum rations spécifiques et des résultats pro- succès clinique de l’IPS Empress (vitrocé-
Hamburg-Eppendorf bants quant à leur précision d’adaptation ramique pressée renforcée à la leucite) col-
Deutschland et à leur longévité (1-3). Parallèlement à lée au niveau des secteurs latéraux (5-7, 9).
l’évolution des techniques de collage, dif- Pour les systèmes CFAO, en conception
férents types de céramique ont été élabo- et fabrication au fauteuil avec le système
Article traduit par Jean-Luc rés. En raison des résultats cliniques non CEREC, de très bons résultats sont docu-
Schoeffler, Laure Anckenmann satisfaisants obtenus avec les premières mentés pour des périodes d’observation de
et Olivier Etienne céramiques (4-6), les industriels ont mis au 8 ans (10), 15 ans (11) et 18 ans (12). Sur
point des vitrocéramiques renforcées par ces bases, l’indication des inlays-onlays
de la leucite, destinées à être pressées, qui céramiques en secteurs latéraux est recon-
Les auteurs déclarent ne pas peuvent être maquillées et constituer l’inté- nue dans de nombreuses études cliniques
avoir de lien d’intérêt. gralité de la pièce prothétique ou utilisées et de laboratoire (5-7-13-18).
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 309-317 309
Thérapeutiques de la dent pulpée
KI
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1 2
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Fig. 1 - Fracture partielle au niveau de la boîte proximale.
C
I
breux contacts dynamiques. La dépose des restaurations
Fig. 2 - Fracture complète de la boîte proximale.
ch J D EN
fracturées met en évidence, du côté opposé à la fracture,
l.c
une céramique totalement désolidarisée de la paroi den-
taire. De plus, les épaisseurs minimales de céramique ne
COMPRENDRE ET IDENTIFIER
iB
IL
ai
sont pas toujours respectées dans cette zone en raison
LES FRACTURES DE CÉRAMIQUE de la morphologie occlusale et de la reproduction des
J
gm
L’agencement chimique des céramiques et des métaux sillons. Par ailleurs, des défauts au niveau des bords,
rk
est fondamentalement différent. En raison de leurs de type « marche d’escalier », augmentent la fréquence
réseaux cristallins réguliers et des liaisons métalliques des fractures après 10 ans (9). Enfin, la dégradation de
he
des atomes, les métaux subissent une déformation plas- l’état de surface se traduisant par l’apparition d’une sur-
tique sous l’action d’une charge (ductilité). De ce fait, les face rugueuse peut conduire à des forces de cisaillement
AD
nc
restaurations coulées en or, moins fragiles, permettent accrues provoquant des microfissures superficielles.
ki
des réalisations d’épaisseur très fine. Les fractures de céramique par fatigue évoluent de
er
En revanche, les céramiques présentent des liaisons manière complexe sur de longues périodes. Des défauts
be
ioniques, et non métalliques, entre les atomes. Aucune initiaux superficiels se propagent lors de chaque charge
déformation plastique n’étant possible, elles se fracturent vers l’intérieur de la céramique et inversement. La fracture
en cas de surcharge. Fragilité et ductilité étant des pro- survient même sous l’action de forces réduites dès lors
priétés opposées, les céramiques résistent bien aux que la fêlure a atteint une certaine taille. Dans l’exemple
en
forces de compression mais peu aux forces de flexion. clinique décrit, la préparation de l’isthme semble suffi-
Tant pour les anciens systèmes que pour les systèmes sante ; plus étroite, une fracture de l’ensemble de la boîte
.b
renforcés par de la leucite, diverses études cliniques proximale se serait produite (voir ci-après).
démontrent que les fractures sont à l’origine de nombreux Fracture de la totalité de la boîte proximale (fig. 2)
dr
échecs des restaurations céramiques dans les secteurs Ce type de fracture survient lorsque la préparation de
latéraux (5-7, 10, 13-15, 18). Selon certaines études com- l’isthme est sous-dimensionnée, soit en largeur, soit en
paratives, la fracture partielle ou totale des restaurations épaisseur, ou encore lorsque la jonction entre l’isthme et
constitue même la principale cause de complications (11). le box est trop anguleuse (11). Ce type de fracture peut
être défini géométriquement comme la combinaison de
Type de fracture et causes deux fractures du modèle décrit ci-avant.
Fracture de cuspide au niveau d’un onlay (fig. 3)
L’expérience clinique des restaurations indirectes par- Ces fractures, observées dans le cas de recouvrement
tielles réalisées avec ou sans armature renforcée met cuspidien, peuvent s’expliquer par la présence de zones
en évidence des fractures récurrentes caractéristiques. de tension au niveau de la face interne de la céramique.
Celles-ci sont répertoriées de la manière suivante. La présence d’arêtes ou d’angles vifs entraîne l’appari-
Fracture d’une partie de la boîte proximale de tion de telles zones. Il en est de même d’une géométrie
l’inlay (fig. 1) concave associée à une faible épaisseur de céramique.
Selon nos observations, ce type de fracture est celui qui Fracture mésio-distale complète de la restaura-
survient le plus fréquemment. tion et de la dent (fig. 4)
Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées pour Ce type de fracture, ne répondant à aucun modèle précé-
l’expliquer. Cette zone est notamment le siège de nom- demment décrit, concerne exclusivement les dents trai-
KI
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3 4
om
C
Fig. 3 - Fracture d’un recouvrement cuspidien.
I
tées endodontiquement. Il s’agit d’une fracture subite de
ch J D EN
la céramique et de la dent, consécutive à une surcharge Fig. 4 - Fracture compète de l’artifice et de la dent. La liaison adhésive
reste toutefois intacte.
l.c
accidentelle provoquant une concentration des forces au
niveau cervical.
iB
IL
ai
Atteignant en général le niveau osseux, la fracture den-
taire nécessite souvent l’avulsion de la dent.
J
gm
rk
restaurations métalliques révèlent un taux d’échec d’envi- La variabilité du taux d’échec entre opérateurs est en rela-
ki
ron 1 % par an (21, 22). Ce « gold standard » devrait être tion directe avec la variabilité du respect des règles fonda-
er
atteint par les restaurations en céramique pour une mise mentales de mise en œuvre : toute entorse au protocole
be
en œuvre régulière au cabinet (22-25). conduit à une augmentation significative du taux d’échec.
L’analyse de l’activité de praticiens expérimentés, incluant
les systèmes céramiques renforcés à la leucite ou non, AMÉLIORER SES RÉSULTATS
montre un taux de survie (Kaplan-Meier) de 88,7 % après
en
17 ans (28). Ceci correspond à un taux d’échec inférieur Modifier les propriétés du matériau
à 1 % par an. À l’heure actuelle, deux voies semblent envisageables
.b
Selon les praticiens ayant participé à cette étude, les res- pour faire face à la fragilité initiale du matériau céramique :
taurations « tout céramique » remplissent les conditions • obtenir un amortissement ou une inhibition des fêlures :
dr
nécessaires à leur réalisation courante au cabinet. Il est les nouveaux matériaux hybrides aspirent à cet objectif,
intéressant de comparer ce résultat avec le taux d’échec soit en incorporant des nanoparticules de vitrocéramique
provenant de l’activité d’omnipraticiens dans le cadre de dans une matrice résineuse (ex : Lava Ultimate 3M Espe,
leur exercice quotidien. Ainsi, l’analyse du taux de frac- Seefeld, Deutschland), soit en hybridant la céramique
ture de 4 000 inlays et onlays en céramique renforcée par avec un polymère. Cependant, les études cliniques à long
de la leucite issus d’un centre d’usinage CFAO (Biodentis terme font encore défaut pour ces matériaux récents.
GmbH, Leipzig, Deutschland) et réalisés dans le cadre • augmenter la résistance de la céramique : cette voie a
d’une activité d’omnipratique, conclut à un taux d’échec été exploitée pour l’élaboration des matériaux à base de
de 4,35 % après 18 mois (25). Ceci correspond à un taux silicate de lithium. Le disilicate de lithium est, à l’heure
d’échec annuel de 2,9 % ce qui représente un taux trois actuelle, exclusivement disponible sous la dénomina-
fois supérieur à celui enregistré par les praticiens expéri- tion commerciale IPS [Link] (Ivoclar Vivadent, Schaan,
mentés. Lichtenstein). Sa variante HT (high translucency) est la
Ces résultats sont confirmés par une autre étude compa- première vitrocéramique à allier translucidité naturelle et
rative du taux d’échec d’inlays céramiques, issus de l’ac- résistance importante. La résistance initiale à la flexion
tivité de deux praticiens installés, diplômés de la même de IPS [Link] HT, de 360-400MPa, est à comparer à la
université et utilisant des matériaux identiques : le taux valeur de 80-120 MPa pour les céramiques frittées tradi-
d’échec varie de 1 à 10 entre les deux praticiens (28). tionnelles et de 160 MPa pour les vitrocéramiques ren-
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 309-317 311
Thérapeutiques de la dent pulpée
KI
AN ER
5 6
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C
Fig. 5 et 6 - Inlay en IPS [Link]
I
Press et couronne partielle
ch J D EN
usinée à partir d’un lingotin
l.c
IPS [Link] CAD avant
sa cristallisation complète.
iB
IL
Cette dernière ne l’est qu’à
ai
la sortie du four à céramique,
J
gm
la teinte finale est alors obtenue.
rk
au niveau de l’intrados
des restaurations céramiques.
AD
nc
7
de 233 N/mm sous charge
er
occlusale normale.
be
forcées par de la leucite. Ces valeurs de résistance sont miques doivent respecter un certain nombre de principes
corroborées par des études in vitro et in vivo qui étendent et de règles (33). Ces directives s’appliquent également
dr
l’indication du disilicate de lithium à la confection des cou- aux restaurations en disilicate de lithium, bien que plus
ronnes unitaires (29-32). résistantes.
Dans une autre étude portant sur 4 000 inlays onlays usi- 1° principe : arrondir les crêtes et les angles
nés par la société Biodentis, les restaurations en disilicate Pour réduire les contraintes au sein de la céramique
de lithium (IPS [Link] CAD) présentent un taux d’échec toutes les pointes et crêtes vives doivent être impérati-
de 0,63 % après 18 mois, soit sept fois inférieur à celui vement arrondies (11) (fig. 7). Ceci concerne, d’une part,
des vitrocéramiques renforcées par de la leucite (don- la jonction entre l’isthme occlusal et la boîte proximale
nées fabricant (27)). mais également la transition entre les parois latérales et
Le disilicate de lithium peut être pressé sous sa forme le plancher occlusal ou proximal.
IPS [Link] Press ou usiné sous sa forme IPS [Link] CAD 2° principe : respecter les épaisseurs minimales
(fig. 6). Le fabricant Ivoclar Vivadent recommande actuellement
les valeurs suivantes pour les épaisseurs minimales :
Respecter les principes de préparation - couronne partielle et couronne unitaire : 1,5 mm de céra-
mique au niveau de la face occlusale et 1 mm au niveau
Le volume tridimensionnel de la préparation est particu- des bords périphériques,
lièrement bien contrôlable par le praticien. Les études - inlays et onlays avec des préparations réduites (« Table
ont montré qu’en fonction du type de préparation choisi, Tops ») : au minimum 1 mm de céramique (fig. 8).
8 9 10 11
KI
Ces valeurs d’épaisseur minimale pour les inlays-onlays
sont nettement inférieures aux recommandations émises
AN ER
pour toutes les autres vitrocéramiques (1,5-2 mm). De
plus, ces indications comportent une certaine marge de
sécurité, le fabricant se disculpant ainsi en cas de frac-
ture d’artifices plus fins, raisonnablement réalisables.
H
om
C’est le cas des compléments de surface occlusale avec
C
I
préparation (« Table Tops ») ou sans préparation (« Repo-
ch J D EN
sition onlays »), pour lesquels une épaisseur minimale de
l.c
0,3 mm est envisageable (34), même si des réserves
12a
liées au faible recul clinique à ce jour doivent être émises.
iB
IL
ai
Dans ces secteurs et dans la mesure où la céramique
est essentiellement soumise à des forces de pression, b
J
gm
le non-respect des épaisseurs minimales ne conduit pas
rk
Contrairement aux restaurations métalliques scellées, la Fig. 11 - Espacement suffisant par rapport aux dents contiguës.
divergence occlusale des parois latérales doit être de 6 Fig. 12 - Nouveaux inserts soniques pour les cavités mésiales (SFM7)
à 10 ° (fig. 9), voire davantage. Les limites externes des et distales (FD7, Komet France) respectivement pour prémolaire et
préparations doivent être nettes et orthogonales à la sur- molaire (à gauche) permettant la préparation du plancher des boîtes sans
face dentaire pour éviter une finesse excessive des bords endommager la dent adjacente (deuxième à partir de la gauche) (a, b).
de céramique (fig. 10). Les contacts occlusaux ne doivent Ces inserts permettent la préparation des parois axiales vestibulaires
pas se situer au niveau des limites de la préparation, ni et linguales de boîtes proximales (c, d) en respectant les principes
heurter un pan résiduel susceptible de se fracturer lors de d’une « préparation contrôlée ».
la fonction masticatrice.
Un espacement suffisant par rapport aux dents contiguës
doit exister, aussi bien dans le sens vestibulo-lingual que leur géométrie et de la taille des instruments rotatifs. Pour
dans le sens occluso-apical (fig. 11). L’absence de contact ces zones, le recours à des inserts soniques de forme
permet d’obtenir une empreinte de qualité, de séparer les adaptée (avec une face non travaillante et une angulation
dies sur le modèle de travail et de faciliter l’élimination des latérale idéale) permet la préparation idéale des parois
excès lors du collage. axiales et horizontales des boîtes (fig. 12a-d).
Les boites proximales constituent des zones difficilement Les lacunes volumineuses et les surplombs risquant de
accessibles au contrôle visuel du praticien en raison de se fracturer doivent être préférentiellement reconstitués
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 309-317 313
Thérapeutiques de la dent pulpée
13 14 15
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restauration adhésive (droite).
Fig. 14 - A gauche, schéma
AN ER
d’une surpréparation :
il n’est pas utile de préparer
des rainures, des escaliers
ou des boites rétentives pour
H
om
une couronne partielle collée.
C
A droite, préparation correcte
I
16 17
ch J D EN
avec des formes douces :
l.c
les cuspides et les dépressions
sont arrondies. en particulier au niveau des sillons occlusaux, zones solli-
iB
IL
ai
Fig. 15 - A gauche : préparation incorrecte. A droite : préparation citées par les forces occlusales (36) (fig. 15).
correcte. La zone des sillons vestibulaires et palatins est également réduite Une transition homogène de la teinte, de la dent vers la
J
gm
régulièrement. restauration, peut être obtenue en réalisant un petit congé
rk
Gérer la temporisation
nc
ki
après l’excavation carieuse à l’aide d’une restauration saire si un système de CFAO est mis en œuvre : le risque
be
adhésive directe (fig. 13). Il n’est pas souhaitable de les de contamination et de détérioration de la dent est ainsi
combler lors de la mise en place de l’artifice à l’aide du évité (37). Si les restaurations indirectes sont confection-
composite de collage. En effet, le facteur C (facteur de nées au laboratoire, la réalisation d’éléments provisoires
configuration) particulièrement défavorable en raison du fiables est indispensable. Dans la plupart des cas il s’agit
en
volume reconstitué, pourrait être à l’origine de microfê- de mettre en place un matériau photopolymérisable dédié
lures et de complications postopératoires. à cet usage (par exemple Revotek LC®, GC ou Luxatemp
.b
Onlays céramiques et couronnes partielles inlay ®, DMG) ou de réaliser par isomoulage une restaura-
Ils se différencient selon le nombre de cuspides recou- tion provisoire en résine temporaire acrylique.
dr
vertes : si l’ensemble de la face occlusale de la dent est Les préparations réalisées selon les principes décrits ne
recouvert, le terme de couronne partielle, ou « overlay », présentant que peu, voire pas de formes rétentives, la
est utilisé. rétention des éléments provisoires est difficile. Le scel-
Grâce aux techniques adhésives, les épaulements et les lement à l’aide de ciment polycarboxylate (Durelon, 3M
rainures peuvent être abandonnés (fig. 14, à gauche). Espe) complété par deux petites extensions vestibulaire
Théoriquement, une surface occlusale totalement et linguale de composite flow, sous la limite de prépara-
recouverte constitue une option durable si la technique tion, est une solution temporaire qui a fait ses preuves
adhésive est correctement mise en œuvre. Le risque de (fig. 18, 19) (38).
mauvais positionnement de l’artifice est évité en réduisant
et en simplifiant globalement l’anatomie occlusale de la Réussir son collage
préparation (fig. 14, à droite). Après dépose des éléments provisoires, un nettoyage
Il peut parfois s’avérer judicieux de préparer une ou plu- méticuleux des surfaces préparées s’impose, afin d’élimi-
sieurs petites dépressions à l’aide d’une fraise boule, ner toutes les contaminations pouvant nuire à l’adhésion.
voire une petite boîte occlusale, qui ont aussi l’avantage L’air-abrasion à l’aide de particules d’alumine est la plus
d’améliorer la rétention de l’obturation provisoire. efficace. Une surface propre, rugueuse, facilement mouil-
Enfin, les cuspides fragiles sont réduites d’au moins 1 mm lable est obtenue. La surface des obturations comblant
et l’épaisseur minimale de céramique doit être respectée, les contre-dépouilles est également réactivée grâce à
18 19
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cette abrasion. Le séchage s’effectue ensuite à l’aide d’un Fig. 18, 19 - Restaurations provisoires avec des éléments de rétention
en
spray d’air exempt d’eau et d’huile. complémentaires en composite flow (de couleur blanche afin de mieux
Après réglages des points de contact et validation esthé- les repérer et les éliminer après la temporisation et avant le collage).
.b
tique, l’intrados de la céramique est mordancé pendant 20 Fig. 20 - Mordançage initial sous digue de l’émail pendant 15 secondes
secondes à l’acide fluorhydrique à 5 %. Il est primordial puis 10 à 15 secondes supplémentaires correspondant au mordançage
dr
KI
les excès de composite avec des microbrossettes avant céramique sont à la fois dépendants du choix initial du
sa prise. Lors de la polymérisation finale, la puissance matériau céramique, mais aussi du respect de la procé-
AN ER
maximale de la lampe à polymériser est utilisée (au moins dure clinique lors de leur réalisation. Au-delà d’une indi-
800 MW/cm2 ou plus), à distance afin d’éviter tout risque cation bien posée, le respect des règles de préparation et
de surchauffe de la dent. Une exposition suffisamment du protocole de collage est indispensable à la pérennité
H
longue de toutes les faces est déterminante pour les de la restauration.
om
C
I
ch J D EN
l.c
ABSTRACT
AUTO ÉVALUATION
iB
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CERAMIC INLAYS AND ONLAYS: SUCCESS
ai
CRITERIA 1. Les fractures d’inlay en céramique sont liées
J
gm
Ceramic inlays and onlays are the restorations of choice for uniquement au matériau.
rk
lateral sectors. Strict adherence to their areas of indication, the 2. Les préparations mécaniques rétentives sont
choice of materials, the preparation form for the material, and the indispensables pour améliorer la rétention des
he
This article firstly presents all the factors on which the therapeutic
nc
success of this type of restoration depends. Ceramics are brittle du type de céramique.
ki
materials and fracture is the most common cause of failure, whether 4. Le taux de succès des inlays en céramique est
the ceramic is reinforced or not. The latest ceramics, based on
er
be
opérateur-dépendant.
H
RESUMEN
INCRUSTACIONES INLAY Y ONLAY EN
dr
RÉFÉRENCES
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iB
IL
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J
gm
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dr
Correspondance :
Jan Hajtó
Ästhetische Zahnheilkinde München
Briennerstrass 7 Réponses
80333 München, Deutschland 1. Faux ; 2. Faux ; 3. Vrai ; 4. Vrai
Email : hajto@[Link]
Nouvelles perspectives
dans le traitement de l’usure :
les “Table Tops”
KI
S. KOUBI, G. GUREL, P. MARGOSSIAN, R. MASSIHI, H. TASSERY
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RÉSUMÉ SUME
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L’usure dentaire est devenue un des sujets de préoccupations importants chez les
I
jeunes patients. Les techniques adhésives repoussent les limites traditionnelles de
ch J D EN
la dentisterie fonctionnelle. En effet, le beau devient compatible avec la biologie.
l.c
Les traitements modernes de l’usure font appel aux restaurations partielles col-
lées et permettent de bénéficier de leurs avantages esthétiques et biologiques. Une
iB
IL
nouvelle approche de préparations contrôlées associées à une architecture cavi-
ai
taire simplifiée, où la préservation des crêtes marginales devient une priorité, sera
J
table top jusqu’alors destinées aux facettes vestibulaires sont utilisées dans les
secteurs postérieurs.
he
Stefen Koubi
MCU-PH IMPLICATION CLINIQUE SUME
AD
nc
Université Aix Marseille Le traitement de l’usure bénéficie aujourd’hui de tous les instruments éprouvés
ki
Departement odontotologie pour les facettes, à savoir des préparations contrôlées à partir d’un projet esthé-
tique et fonctionnelle, des restaurations pelliculaires et une approche biologique
er
be
conservatrice et restauratrice
H
minimaliste.
Pratique privée
L
Galip Gurel
Visiting Professor
en
MCU-PH types érosifs. C’est la conjonction de cette en vue de recréer l’esthétique et la fonc-
Universite Aix Marseille érosion avec l’attrition physiologique qui tion de ces patients avec le risque à court
Departement Prothèse Fixée entraînent une accélération du processus et moyen terme d’assister à des fractures
Pratique privée de destruction dentaire, l’ensemble pouvant des matériaux cosmétiques utilisés ou de la
être associé à des comportements para- dent elle-même).
Richard Massihi fonctionnels qui peuvent venir aggraver Le challenge que les praticiens ont entre-
Chirugien Dentiste l’usure en question (1). Une prise en charge pris de relever depuis quelques années est
Pratique privée dans une approche médicalisée globale est de taille : il faut impérativement reporter le
incontournable afin de traiter les différentes plus tard possible les traitements invasifs
Hervé Tassery étiologies. afin d’éviter d’entamer le capital tissulaire
PU-PH de nos patients à moyen et long terme.
Université d’Aix-Marseille ÉTAT DES CONNAISSANCES Ce type de raisonnement, est valable pour
Département d’odontologie les jeunes patients, mais également pour
conservatrice et restauratrice
ACTUELLES les patients plus âgés.
Université de Montpellier 1 Jusqu’il y a encore quelques années, ces À la fin des années 2000, de nouvelles
Laboratoire de biologie jeunes patients « bénéficiaient » de pers- perspectives furent proposées, modifiant
et nano-science LBN 4203 pectives de traitements sombres (gout- de manière significative notre approche
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 319-330 319
Thérapeutiques de la dent pulpée
« classique » peu conservatrice du traitement des lésions d’usures sévères avec une instabilité de l’occlusion la
d’usure (2-7). relation centrée doit être utilisée.
Concernant l’usure, plusieurs classifications ont été pro- C’est donc par confort pour le praticien et par nécessité
posées mais la plus pertinente permet d’adapter la nature biologique que l’on souhaite recréer la nouvelle anatomie
et le design des restaurations à la perte tissulaire obser- occlusale.
vée ; cette dernière appelée ACE par ses auteurs (8),
devient un outil clinique pour le praticien afin de corréler le
niveau de destruction tissulaire (important, moyen, faible)
APPROCHE SIMPLIFIÉE
à un type de restauration spécifique dans une approche L’objectif de cet article est de proposer une simplification
prévisible et reproductible. des techniques de reconstructions adhésives actuelles
Ainsi, les concepts de traitements innovants faisant appel en faisant appel à des outils pédagogiques éprouvés tout
aux dernières avancées dans le domaine de l’adhésion en gardant la philosophie ultra-conservatrice.
KI
et des biomatériaux (procédé de fabrication CAD CAM Une fois le « wax-up » réalisé par le laboratoire, plusieurs
à base de bloc de céramique ou nanocéramique, céra- questions se posent :
AN ER
mique pressée, permettent d’optimiser les performances - comment transférer le wax-up de manière fiable dans
mécaniques et esthétiques des restaurations. En effet, la bouche ?
l’avènement de cette dentisterie adhésive a profondé- - comment connaître la profondeur idéale de nos prépara-
H
ment bouleversé le mode de pensée du praticien : la dent tions dans les régions postérieures ?
om
C
et la préservation tissulaire deviennent le centre de nos - quelle forme doit-on donner à nos préparations ?
I
préoccupations en lieu et place de la nécessité d’adapter Pour répondre à ces questions et pour présenter notre
ch J D EN
celles-ci au cahier des charges des matériaux. La biologie nouvelle approche thérapeutique, nous allons nous
l.c
devient enfin le pilier essentiel de cette nouvelle ère (9). appuyer sur l’exemple clinique suivant.
Si l’on doit résumer, de manière succincte, les propo-
iB
IL
ai
sitions thérapeutiques de ces dernières années, il est
important de noter que tous les auteurs ont été soucieux
CAS CLINIQUE
J
gm
d’associer esthétique, biologie et fonction. Si la finalité est Un patient de 38 ans se présente à la consultation pour un
rk
la même, des différences existent en ce qui concerne les problème esthétique concernant son sourire dont il n’est
techniques de mise en œuvre. pas satisfait (« dents peu visibles lors du sourire ») (fig. 1
he
Si dans la plupart des cas une augmentation de la dimen- touche à ses dents ou très peu et refuse de « recourir
er
sion verticale est réalisée, c’est beaucoup plus par souci à des couronnes exigeant des préparations coronaires
be
En effet, chez la majorité des patients présentant une doléances esthétiques (fig. 3).
usure marquée, il est rare de noter une dysharmonie L’examen occlusal en position statique et dynamique,
.b
faciale, en raison d’une égression compensatrice des montre une fonction canine très présente au niveau de
process alvéolaires supports des dents usées. la 13 due à une palatoposition de celle-ci accentuant
dr
Chez les patients qui présentent une perte de la DVO en l’altération de son bord libre. Au niveau du secteur antéro-
raison d’un bruxisme excentré agressif, l’usure des dents inférieur, une malposition de la 31 est notée.
peut ne concerner que certains secteurs, mais les déci- L’observation de la ligne du sourire au niveau du secteur
sions thérapeutiques doivent toutes inclure la reconstruc- postérieur gauche supérieur montre une discontinuité au
tion coronaire de l’ensemble des dents; aucune approche niveau des bords libres entre 25 et 26 (fig. 4).
segmentaire n’étant acceptable (10). Cette nouvelle DVO Les faces occlusales montrent la présence de petites
est établie directement en bouche de manière empirique « cuvettes » au niveau des sommets cuspidiens patho-
à l’aide d’un JIG en résine placé entre les arcades au gnomoniques de lésions érosives débutantes (fig. 5).
niveau antérieur qui permettra de créer les conditions L’intégrité structurelle des dents postérieures demeure
de reconstruction des dents postérieures en générant un cependant correcte. Les molaires antagonistes sont pour
espace interocclusal suffisant. la plupart restaurées quant à elles par des couronnes en
Une approche plus simple consiste à recréer, à main céramique.
levée, l’anatomie disparue à l’aide de composite direct, Un questionnaire orienté sur les habitudes alimentaires
puis de vérifier l’espace créé. a été adressé au patient par courrier en préalable à sa
Un enregistrement de cette nouvelle DVO est alors réa- visite : il s’avère que c’est un gros buveur de sodas mais
lisé. Le schéma occlusal type OIM est celui sélectionné qui ne présente pas de troubles gastriques (aucun reflux
lors d’usure initiale ou assez modérée. Dans les cas
1 2
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gastro-oesophagien). De plus, sa parafonction n’a jamais
été prise en charge auparavant.
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Afin de se placer dans les conditions idéales, un traite-
ment orthodontique est proposé au patient afin d’aligner
J
gm
parfaitement les deux arcades. Cette option est refusée
rk
5
nc
rieure.
be
tion par le patient (11, 12, 13). Fig. 3 - Vues intrabuccales latérales. La 23 présente une usure marquée
Préalablement à tout diagnostic et proposition théra- due à une occlusion inversée.
.b
disposer sur le modèle de travail initial sur lequel le wax- Fig. 5 - Vue des faces occlusales usées avec les spots typiques des lésions
up va être effectué, des deux repères les plus importants érosives.
du visage que sont, la ligne bipupillaire et l’axe médian du
visage. Pour cela un dispositif du nom de Ditramax est
utilisé (14, 15, 16). Ainsi les possibilités d’erreurs lors de
la construction de la nouvelle ligne du sourire sont qua- ment de cette nouvelle DVO créée pour le rétablissement
siment nulles. Des retouches importantes en bouche, au d’une morphologie naturelle à l’aide d’un silicone d’enre-
stade du mock-up sont toujours désagréables pour le pra- gistrement. Celui-ci sera précieux pour le positionnement
ticien et le patient et sont donc réduites à leur plus simple des deux arcades sur l’articulateur en vue de la réalisa-
expression grâce à ce type d’enregistrement. tion des wax-up maxillaire et mandibulaire dans le nouvel
Comme décrit précédemment, des cales en résine sont espace occlusal recréé. Des empreintes à l’alginate sont
réalisées dans la bouche du patient, de chaque côté au réalisées afin de procéder à la réalisation d’un wax-up
niveau des zones postérieures, afin de permettre d’éva- recréant l’anatomie idéale des dents postérieures et la
luer successivement la hauteur disponible et nécessaire morphologie idéale des dents antérieures à partir d’une
pour recréer une ligne du sourire idéale notamment au simple règle de 3, issue du nombre d’or : le coefficient
niveau des pointes canines. Une fois ces butées occlu- classique de 0,85 est appliqué afin de retrouver la lon-
sales réalisées il est important de procéder à l’enregistre- gueur de la dent à partir de la largeur existante. Il faut
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 319-330 321
Thérapeutiques de la dent pulpée
6 7
KI
afin de recréer la convexité de la ligne du sourire.
Fig. 8 - Vue occlusale en présence du guide en silicone afin
AN ER
de matérialiser l’espace existant entre la situation initiale
et le volume final. Avant les préparations, il existe déjà un espace
ce qui réduira encore le coût biologique de nos préparations.
H
8
Fig. 9 - Mock-up en place au niveau de la face vestibulaire
om
et des faces occlusales à l’aide du Luxatemp Star.
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Fig. 10 - Intégration esthétique du nouveau sourire.
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Dans les secteurs postérieurs, il est donc proposé de Fig. 11 - Préparations contrôlées à travers le mock-up afin de préparer
J
gm
solidariser les secteurs molaire et prémolaire pour une exactement le volume nécessaire selon la technique de Gurel.
rk
meilleure stabilisation. C’est pourquoi un mordançage Fig. 12 - Dépose préparée du mock-up. L’état de surface des dents
et l’application d’un adhésif (Optibond FL® Kerr) sur les sous-jacentes révèle la quasi-absence de marques de préparations.
he
la même technique.
nc
doit être conçue à l’aide d’un silicone putty dur (Zher- Fig. 14 - Vue de la pénétration de la fraise boule de 1 mm à travers
la résine afin de respecter le cahier des charges mécaniques
er
l’avantage de ne reposer que sur les dents (friction sur les sert de guide de préparation. Les préparations sont ici
faces vestibulaires et palatines) au lieu de s’appuyer sur ultrapelliculaires car le volume final est additif (fig. 11, 12).
dr
KI
temps la solution de choix pour remplir ce cahier des
charges ; ne répondant plus aux impératifs biologiques
AN ER
modernes cette solution est aujourd’hui rarement retenue.
Les overlays en céramique ou en composite de laboratoire
ont été proposés ces dernières années et présentaient
om
16
C limites périphériques très simples et bien au-dessus de
I
la JEC des marges habituelles. Cependant, ces derniers
ch J D EN
présentaient et continuent de présenter un inconvénient
l.c
majeur à savoir, la destruction des crêtes proximales afin
d’assurer l’assise mécanique et de respecter les recom-
iB
IL
ai
mandations des fabricants (fig. 15, 16). Des épaisseurs
importantes de réduction de l’ordre de 1 à 1,5 mm étaient
J
gm
requises. Malgré le strict respect de ces dernières il a été
rk
maquillage de surface.
Fig. 16 - Illustration d’un overlay avec la fragilité mécanique des - une diminution des épaisseurs de réduction en raison
zones proximales. d’une moindre sollicitation des restaurations (absence de
Fig. 17 - Illustration des table tab qui présentent un avantage tension au niveau proximal).
mécanique et biologique en préservant les crêtes marginales. En effet, de par la persistance de l’architecture proximale,
les crêtes continuent de jouer pleinement leur rôle méca-
Fig. 18 - Vue finale des préparations a minima au niveau antérieur.
nique. Les restaurations ultrafines à distance des crêtes
se retrouvent donc à travailler uniquement en compres-
sion ce qui est très bien toléré par les deux familles de
Cependant, si la destruction tissulaire est étendue aux matériaux (composite ou céramique) (fig. 17, 18).
cuspides porteuses d’occlusion la pièce prothétique Les formes de ces préparations ultraconservatrices
devra intégrer l’anatomie cuspidienne complète sans que peuvent se caractériser de la manière suivante :
cela nécessite forcément de préparation. - délimitation d’un rectangle dans la face occlusale à l’aide
Ainsi, le clinicien dispose de l’information la plus pré- d’une fraise boule bague verte (coffret Komet LD0717) et
cieuse afin d’éviter toute surpréparation. rouge entre les fossettes proximales à 1 mm sous les
Lors de la réalisation de ces rainures, il est important de sommets cuspidiens en fonction du délabrement et à
ne pas empiéter sur les régions proximales afin d’optimi- 1 mm du point de contact.
ser les préparations sur le plan biologique.
19 20
KI
Dans tous les cas, la préparation devra toujours être à
distance des sommets cuspidiens (1 mm en retrait) ou les
AN ER
englober. Les limites doivent être à distance des impacts
occlusaux afin d’assurer la pérennité du joint. L’utilisation
d’une fraise boule, bague verte et rouge, semble être une
solution intéressante pour réaliser un angle net cavosu-
H
om
perficiel de 90° pour la pérennité du joint. Les concepts
C
I
de préparation type « prepless » doivent être évités en
ch J D EN
raison de la nature de la ligne de finition entre la surface
l.c
occlusale de la dent et la restauration. Le biseau ainsi
créé n’aurait pas pour vocation d’assurer la résistance
iB
IL
ai
mécanique nécessaire face aux impacts et aux charges
occlusales (chiping, délitement, coloration). Il est donc
J
gm
impératif de réaliser une trace nette : 21
rk
de préservation tissulaire optimale, deux préparations invasivité, la préservation des crêtes proximales.
distinctes sont réalisées : l’une, sur la face occlusale en Fig. 21 - Vue diagonale afin de visualiser la combinaison de préparation
suivant le périmètre décrit précédemment et l’autre, sur la a minima au niveau occlusal et au niveau vestibulaire. Deux pièces
face vestibulaire afin de recevoir deux restaurations pelli- distinctes seront collées sur la dent.
en
La séquence de traitement
Même si dans ce cas une seule arcade a été réhabili-
dr
22 23
KI
en avant l’importance de la précision
des limites pour la pérennité du joint.
AN ER
Fig. 23 - Restaurations en disilicate
de lithium ([Link] Press Impulse )
maquillées sans stratification afin
de simplifier la procédure et
H
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C
optimiser les propriétés mécaniques.
I
Fig. 24 - Vue d’un onlay en [Link]
ch J D EN
dont le but est de restituer la cuspide
l.c
mésiovestibulaire pour harmoniser 24
la ligne du sourire.
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Reprenant les mêmes outils utilisés lors de la réalisation adhésif mais précédé de l’étape de mordançage et d’ap-
du mock-up, à savoir une clé en silicone, une résine fluide plication de primer afin d’obtenir une solide couche de
AD
nc
rieur que postérieur, il est important de préserver l’aspect Les restaurations sont réalisées, dans le cas présenté,
monobloc des provisoires solidarisées entre elles, en en disilicate de lithium ([Link] Press, Ivoclar) en raison
particulier au niveau postérieur car elles sont très fines. de leur aptitude au collage, de leur pouvoir mimétique et
Cependant, si elles venaient à casser dans l’attente de de leur simplicité de mise en œuvre (fig. 22, 23, 24). Elles
en
la pose des pièces définitives, les cales d’occlusion en sont très légèrement sous-calibrées.
résine permettraient de les remplacer instantanément). Il faut noter que la nature du matériau à adopter pour res-
.b
Généralement, afin d’éviter la fracture de ces dernières taurer une arcade dépend du matériau ou du tissu dentaire
lors de leur retrait pour la mise en place du scellement présent au niveau de l’arcade antagoniste : on utilisera du
dr
provisoire, il est aujourd’hui proposé d’appliquer sur les composite ou des nanocéramiques si on se trouve face à
préparations séchées de l’adhésif sans mordançage pré- de l’émail (leurs coefficients d’usure étant proches) et de la
alable puis de le photopolymériser. Des adhésifs forte- céramique si l’on se trouve face à de la céramique.
ment chargés sont préconisés (Optibond FL, Kerr).
Les provisoires, une fois en place ne sont plus désinsé- Mise en place des restaurations
rées et le praticien peut procéder, directement en bouche, Le collage des restaurations représente la pierre angulaire
aux finitions des limites à l’aide d’une fraise flamme de de la pérennité des restaurations, mais aussi demeure la
faible granulométrie - bague rouge - dont l’action sur la bête noire de nombreux praticiens inquiets suite à des
résine bis gma n’est plus à démontrer. Cette approche échecs antérieurs (technique de collage, champ opéra-
simplifiée ne présente pas de danger sur le plan biolo- toire, choix de l’adhésif, choix de la pâte de collage, décol-
gique en raison de la faible épaisseur des préparations lement, sensibilités postopératoires…).
(amélaire le plus souvent). Il est important de souligner
que la bonne préparation des clés en silicone (coupées à Essayage des restaurations
la limite cervicale et rebasées au silicone light) facilite le • Mécanique : l’ajustage et la précision d’adaptation sont
clivage quasi parfait des excès au niveau cervical. Dans capitaux pour assurer la longévité de la restauration.
le cas de préparations dentinaires, il sera recommandé • Esthétique : cette étape concerne les restaurations anté-
de réaliser le scellement dentinaire immédiat préconisé rieures en raison de l’impact esthétique. Pour cela, les
25
KI
AN ER
H
om
C
Fig. 25 - Vue d’une dent préparée
I
et microsablée après la mise en place
ch J D EN
de la digue individuelle.
l.c
Fig. 26 - Vue finale des secteurs 1.
26
iB
IL
ai
J
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pâtes d’essais à base de glycérine (try in,), permettent La finesse des restaurations partielles antérieures tradi-
he
de simuler la colorimétrie finale de la restauration en tionnelles (0,5 mm) doit orienter le praticien le plus sou-
place et offrent la possibilité au praticien de sélectionner vent vers des pâtes à forte luminosité afin d’assurer un
AD
nc
la teinte (Variolink II® Ivoclar Vivadent, Vitique® veneer, soutien optique. En effet, le recours à des masses trans-
ki
DMG, Nexus®, Kerr) ou la luminosité et la fluorescence parentes peut s’avérer catastrophique avec un effet final
er
(Variolink® veneer Ivoclar, Enamel Plus® HRi flow Dentin, grisâtre. C’est pourquoi, des pâtes à forte luminosité sont
be
gralement sur la puissance du collage. C’est pour- - finesse des digues actuelles (Dermadam, Ultradent) qui
quoi les systèmes adhésifs avec un mordançage ne trouble pas l’insertion complète de la restauration au
préalable doivent être retenus car ils présentent les niveau proximal,
valeurs d’adhésion les plus élevées (All Bond ACE - concentration uniquement sur la dent à traiter et non sur
TE® Bisico, adhésif de 4e génération avec mordançage les éléments périphériques (salive, joue, langue, rouleau
préalable) (fig. 16). de coton..),
- possibilité de microsabler les restaurations afin d’optimi-
La pâte de collage ser le collage (et d’éviter au patient la nocivité de l’inhala-
Il est préférable aujourd’hui de faire appel à des pâtes de tion de l’oxyde d’alumine),
collage photopolymérisables exclusivement pour des rai- - élimination des excès de pâte de collage plus aisée
sons d’esthétique, de facilité de manipulation et de meil- (fig. 25).
leure stabilité optique dans le temps (contrairement aux
pâtes chémopolymérisables). Le collage proprement dit
Certains auteurs préconisent l’utilisation d’un composite Une fois le champ opératoire mis en place (utiliser un fil
de restauration ; il est important de noter que la viscosité dentaire pour que la digue qui a été placée sous l’ailette
de ces matériaux nous oblige à les réchauffer préalable- du crampon, puisse franchir le point de contact), la dent
ment afin de les fluidifier (Calset). est microsablée - oxyde d’alumine entre 30 et 50 microns -
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 319-330 327
Thérapeutiques de la dent pulpée
27
KI
et biologique des restaurations.
Fig. 30 - Vue finale de face. 28
AN ER
Fig. 31 - Comparaison des lignes du sourire
avant et après traitement.
Fig. 32 - Vue du visage finale.
om
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31 32
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cela élimine l’adhésif qui a permis le collage des provi- matériau de collage à l’abri de l’oxygène présent dans l’air
soires, puis mordancée à l’acide orthophosphorique à ne se justifie que lorsqu’aucune retouche n’est à effectuer
37 %. ce qui n’est pas le cas en raison de l’élimination des excès
Les étapes d’application du primer et de l’adhésif sont de colle). Après dépose du champ opératoire, concernant
alors réalisées : 40 secondes suivies par un séchage de les facettes vestibulaires, la finition au niveau cervical est
surface - étape répétée plusieurs fois afin d’optimiser les réalisée à l’aide d’une lame de bistouri n° 12 en traction
interfaces et une photopolymérisation d’une durée d’envi- afin de ne pas altérer le glacé de surface de la céramique.
ron 1 minute ensuite. Les vérifications de l’occlusion se font en position statique
La pièce est préparée à l’acide fluorhydrique (20 secondes), et dynamique afin d’assurer la bonne intégration fonction-
rincée puis silanée et finalement recouverte d’adhésif non nelle de la réhabilitation. Concernant les facettes occlu-
photopolymérisé. Le composite de collage est ensuite mis sales, un polissage mécanique est réalisé au niveau des
en place dans l’intrados de la facette et des Tables Tops. marges à l’aide de fraises de faible granulométrie puis à
On procède à l’élimination des excès de composite puis l’aide de pointes siliconées.
l’insolation est réalisée pendant 40 secondes sur chaque La combinaison « restauration-matériau de collage-
face à très haute intensité (supérieure à 100 MW/cm2, dent » constitue un « néomatériau composite » d’une
lampe Bluephase 20i, Ivoclar Vivadent) (l’Oxyguard visant résistance égale à celle d’une dent (fig. 26, 27, 28, 29,
à permettre la totale polymérisation de la 1re couche du 30, 31, 32).
CONCLUSION
Le praticien fait face aujourd’hui à la difficulté d’oublier les Mots clés
règles strictes des préparations pour prothèse conjointe Facette occlusale, projet esthétique en
pour rentrer dans un nouveau monde, celui du collage, bouche, pépraration controlée, usure
où la préservation tissulaire devient le cœur de ses pré-
occupations (21). Key words
Le traitement de l’usure chez des patients de plus en plus Table top, mock-up, simplified preparation,
jeunes représente un challenge important à relever. En dental wear
raison des limites toujours repoussées par les perfor-
mances atteintes par les matériaux actuels, il devient pos-
sible de réhabiliter les patients avec un coût biologique
très faible. Cette équation délicate entre biologie, esthé-
KI
tique et fonction peut être posée.
Ce type d’approche minimaliste a pour but d’aller dans le
AN ER
ABSTRACT
sens d’une simplification des procédures pour le praticien
et de lui offrir un cadre de travail précis afin de rendre ce
NEW PERSPECTIVES ON THE TREATMENT OF
type de prise en charge reproductible et prévisible.
WEAR: THE TABLE TOPS
H
Tooth wear has become a topic of major concern in young patients.
Adhesive techniques extend the traditional boundaries of functional
om
Remerciements
C dentistry. Beauty becomes compatible with biology. Modern
treatments for wear call for bonded partial restorations and offer
I
L’auteur remercie particulièrement Gérald Ubassy pour
ch J D EN
son travail exceptionnel qui permet de repousser toujours aesthetic and biological benefits. A new approach, using limited
cavity preparation associated with simplified design, in which
l.c
les limites. Son professionnalisme, sa curiosité ainsi que marginal ridge preservation is a priority, is presented. These new
ses qualités humaines doivent être soulignés. ultra-thin (sometimes called “table-top”) restorations, previously
iB
IL
ai
Cet article associe aussi le groupe Style Italiano pour sa intended for buccal facets, are available in posterior segments.
volonté de promouvoir la qualité à la simplicité.
J
gm
rk
RESUMEN
NUEVAS PERSPECTIVAS EN EL TRATAMIENTO
he
ki
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clinical comparison of internal
iB
IL
6 Dietschi D, Argente A. A com- S, Couderc G, Mariani P. Use of 79-85.
ai
prehensive and conservative joint disorders in patients presen- the Ditramax system to commu-
approach for the restoration ting disk-attachment pain: preva- nicate aesthetic specifications to
J
gm
lence, characterization, and seve-
rk
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AD
nc
Réponses
ki
1. a, b, c ; 2. c ; 3. b
er
be
H
en
.b
dr
Correspondance :
Stefen Koubi
51 rue de la Palud
13001 Marseille
Email : koubi-dent@[Link]
La « Biomimétique » :
un concept contemporain
au cœur de la dentisterie adhésive
KI
G. TIRLET, P. BAZOS
AN ER
RÉSUMÉ SUME
Grâce à la sophistication des techniques adhésives et aux développements des
H
matériaux composites et céramiques, il est possible aujourd’hui de reproduire une
correspondance biomimétique entre des matériaux de substitution esthétique et le
om
C
substrat anatomique d’une dent naturelle. Dans le cadre de la dentisterie contem-
I
poraine, le concept “Biomimétique” ou “Bioémulation”, qui trouve son origine dans
ch J D EN
l’étude histo anatomique des tissus naturels de la dent est un véritable synonyme
l.c
d’intégration naturelle des biomatériaux mimant ou émulant au plus proche le com-
portement physiologique de la dent naturelle. Ce concept permet d’associer deux
iB
IL
ai
paramètres fondamentaux au cœur des thérapeutiques actuelles : la préservation
tissulaire et l’adhésion. Les restaurations adhésives en céramique représentent
J
gm
dans le secteur antérieur les ambassadrices de cette dentisterie Biomimétique.
rk
ki
la quasi disparition des tenons et ancrages corono radiculaires ainsi que la sup-
pression des couronnes unitaires de “première intention”, en replaçant ainsi leurs
er
be
D
en
Gil Tirlet
MCU-PH
.b
Université Paris Descartes ans le cadre de la dentisterie couronne unitaire (1, 2). En dehors de cette
Responsable de la Consultation contemporaine, le change- indication spécifique, la réalisation d’une
dr
De plus, l’allongement de la durée de vie de nos conci- Rigide mais cassant, l’émail ne subit que peu de déforma-
toyens (en moyenne un trimestre par année) impose tions lorsqu’il transmet les charges mécaniques à la den-
un nombre de réinterventions sur les restaurations plus tine sous-jacente. La clé des propriétés exceptionnelles
important dans le temps. Cette donnée nécessite donc de l’émail réside dans son organisation tridimensionnelle
plus que jamais la conservation optimale des tissus lors unique consistant en de très longs cordons d’apatite
des premières interventions cliniques sur la dent afin de carbonatée arrangés en faisceaux directionnels. L’appa-
rendre possibles et plus aisées toutes les réinterventions rition de la résistance à la propagation des fissures est
futures (3). attribuée en grande partie à une combinaison de méca-
Ce changement de paradigme et cette démarche cli- nismes incluant le pontage, la bifurcation et la courbure
nique s’inscrivent dans un concept contemporain appelé des fissures, induits par l’entrecroisement des prismes
concept « Biomimétique » ou « Bioémulation » décrit par dans les profondeurs de l’émail (8).
Magne et Belser en 2003 (7, 8) et qui trouve son origine La microstructure de la dentine coronaire quant à elle
KI
dans l’étude histo-anatomique des tissus naturels de la apparaît comme composée de fibres collagène minérali-
dent. Idéalement, la dent et le biomatériau de restauration sées, la dentine intertubulaire étant la matrice, et la den-
AN ER
devraient constituer, au sens biologique et optique, une tine de la lumière des tubules, associés à leurs manchons
véritable « unité fonctionnelle », qui aurait la capacité de de dentine péri-tubulaire, formant le cylindre fibreux
supporter les charges biomécaniques auxquelles elle est de renforcement (8). La dentine réunit des propriétés
soumise dans son environnement.
H d’un matériau à la fois plastique et élastique qui varient
om
C
L’objectif de cet article est d’en dessiner les principales significativement d’une région à l’autre. La formation de
I
caractéristiques et de les illustrer dans le cadre exigeant ligaments pontant les fissures constitue le mécanisme
ch J D EN
des réhabilitations unitaires du secteur antérieur. primordial de protection contre la propagation des fêlures
l.c
observée dans le noyau de dentine hydratée (7, 8).
LE CONCEPT « BIOMIMÉTIQUE » Ainsi, la surface amélaire procure à la dent la résistance
iB
IL
ai
nécessaire directement soumise aux contraintes masti-
OU DE « BIOÉMULATION » catoires et aux charges occlusales. Alors que la surface
J
gm
Dans le domaine scientifique, la biomimétique implique dentinaire, marquée par ses reliefs concaves et aiguisés,
rk
la reproduction ou la copie d’un modèle ou d’une réfé- procure un support stable à la couche amélaire (fig. 1a)
rence (7, 8). Plus précisément, la notion de biomimétique (8).
he
consiste à reproduire et imiter artificiellement les procé- Ces deux tissus sont associés et unis par une zone
dés de la nature dans les organismes vivants. On peut lui d’une richesse anatomique incroyable que l’on appelle la
AD
nc
associer aussi le terme de bioémulation qui correspond Jonction amélo dentinaire (JAD). La JAD est capable par
ki
à la reproduction de la nature par imitation biomimétique l’intermédiaire de gros faisceaux de fibres de collagène
er
Dans le cadre de la dentisterie contemporaine, le concept l’émail par déformation plastique (7, 8, 9, 10, 11).
« biomimétique » est un véritable synonyme d’intégra- Un intérêt considérable a été porté à cette interconnexion
tion naturelle des biomatériaux : c’est-à-dire tout à la fois entre la couche interne d’émail aprismatique, la JAD, et
biologique, biomécanique, fonctionnelle et esthétique, la couche externe de dentine appelée « manteau denti-
en
mimant au plus proche le comportement physiologique de naire », d’environ 150 μm d’épaisseur et synthétisée dans
la dent naturelle (7, 8). Grâce à la sophistication des tech- les premières phases de la dentinogenèse. Cette exten-
.b
niques adhésives et aux développements des matériaux sion du complexe amélo-dentinaire (CAD) a été décrite
céramique, il semble donc possible aujourd’hui de tendre histologiquement, et considérée comme une interphase
dr
à reproduire une correspondance biomimétique entre des fonctionnelle progressive entre deux tissus de compor-
matériaux de substitution esthétique et le substrat anato- tements biomécaniques très différents définissant ainsi
mique d’une dent naturelle (7, 8). une zone locale de relaxation limitant la propagation des
La biomimétique associe ainsi deux paramètres fonda- fissures. La réduction de la minéralisation et de la densité,
mentaux au cœur des thérapeutiques actuelles : la pré- à la fois de l’émail et de la dentine, à l’approche de cette
servation tissulaire et l’adhésion. jonction participe aussi à ce phénomène (7, 8, 9, 10, 11,
12) (fig. 1b).
Le modèle de référence : Ainsi, cette JAD par son rôle d’amortisseur et d’absorbeur
la dent naturelle de contraintes est un modèle de référence aux systèmes
adhésifs et polymères de collage utilisés pour renforcer
Les dents naturelles sont sur le plan physiologique la l’intégrité biomécanique de la couronne dentaire (7, 8). La
résultante d’une subtile association entre l’émail, convexe, JAD se comporte alors comme une zone fonctionnelle de
rigide et cassant, et la dentine, véritable noyau d’hydrata- relaxation des contraintes qui devra être préservée, autant
tion concave résilient et flexible. D’un point de vue de la que possible, durant les procédures de restauration.
fonction, la dentine n’est rien si elle n’est pas recouverte L’analogie de la couche hybride, créée sur la dentine
de sa coque d’émail (7, 8). lors de l’assemblage adhésif constitué de ses longs tags
de résine, avec la constitution naturelle de la JAD est
1a
KI
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b c
om
C
Fig. 1 -
I
a) Sur cette première prémolaire en vue vestibulo-linguale, on observe
ch J D EN
clairement la coque d’émail convexe et le noyau de dentine concave
l.c
troublante. Cette couche hybride pourrait avoir un com-
obtenu après dissolution de l’émail (remerciements document
portement voisin à celui de la JAD d’un point de vue de photographique : Dr Panaghiotos Bazos).
iB
IL
ai
l’absorption de l’énergie en tête des fissures provenant de b) Coupes VL d’une première molaire maxillaire préalablement immergée
l’émail qui serait amortie au niveau de cette interphase dans de l’eau distillée et photographiée sur fond noir. Le même spécimen
J
gm
fonctionnelle (CAD). L’effet serait de stopper la propaga- vu en transmission par illumination en polarisation croisée. On peut
rk
tion des fissures au niveau de la dentine et d’éviter ainsi ainsi sur ces 3 vues apprécier l’épaisseur différentielle de l’émail
des fractures coronaires multiples (7, 8). (de la zone cervicale au bord incisif) et de de la dentine ainsi que la zone
he
et optique des résines composite et des céramiques c) Présence de fêlures longitudinales et horizontales sur ces deux incisives
ki
conserver cette coque naturelle rigide et surtout ne pas saire à l’équilibre biomécanique de la couronne dentaire.
détruire l’interphase fonctionnelle de la JAD. L’élimination
dr
La rigidité optimale de la céramique dans les sections Ainsi et de manière incontournable, le changement de
fines, l’adéquation de son module d’élasticité avec celui de paradigme s’opère par le passage progressif des restau-
l’émail, son excellente aptitude au mordançage, sa biocom- rations périphériques au profit des restaurations partielles
patibilité avec les tissus parodontaux ainsi que l’excellent (15). Ces dernières peuvent prendre la forme d’inlays,
continuum du matériau avec les tissus amélaires après onlays, overlays, veneerlays dans le secteur postérieur
collage lui confère les capacités d’un véritable « émail (articles de Jan Hajto et al., et de Stefen Koubi dans ce
de substitution ». On gardera cependant à l’esprit qu’une même numéro) et facettes, hemifacettes ou chips dans le
attention particulière devra être portée, lors de chaque secteur antérieur (article d’Olivier Etienne dans ce même
indication de restaurations adhésives en céramique, à la numéro).
conservation maximale de l’émail naturel (importance du Dans le cadre de cet article, nous nous intéressons uni-
projet esthétique, des masques de prévisualisation et des quement aux restaurations adhésives en céramique
préparations guidées par les masques) (25). dans le secteur antérieur.
KI
Par ailleurs, le vieillissement est synonyme de diminution Aujourd’hui, dans notre approche clinique, la stratifica-
de l’épaisseur d’émail et donc synonyme d’une certaine tion des composites antérieurs laisse souvent la place
AN ER
augmentation de la flexibilité de la dent par diminution de aux Restaurations Adhésives en Céramique dans les
sa rigidité. La restitution de l’épaisseur de l’émail repré- cas de perte de substance coronaire étendue, le plus
sente par conséquent une démarche esthétique et bio- souvent chez l’adulte jeune ou dans les situations où
H
mécanique combinées. Le collage et la céramique ont la l’exigence esthétique est élevée. En effet, le module
om
C
faculté d’inverser les manifestations du vieillissement des d’élasticité des composites ne les autorise pas, sous
I
dents (7). Le choix du matériau de restauration s’avère l’effet des contraintes mécaniques et plus particulière-
ch J D EN
donc essentiel ; la céramique (feldspathique ou vitrocéra- ment en flexion, à résister aux diverses sollicitations de la
l.c
mique) est incontestablement le matériau de choix. région antérieure. On soulignera également les variations
dimensionnelles d’origine thermique des composites ainsi
iB
IL
COMPROMIS ENTRE IMPÉRATIFS
ai
que leur absorption hydrique secondaire qui les rend plus
vulnérables dans le temps (15, 16). De plus, les compo-
MÉCANIQUES ET PRÉSERVATION
J
gm
sites nécessitent une maintenance clinique soigneuse et
rk
3. En effet, ce ratio semble avoir une grande importance on leur associe généralement une longévité clinique
ki
en raison de la contraction de polymérisation du compo- assez exceptionnelle (17, 18, 19) qui les place incontes-
er
site de collage d’une part et, d’autre part des différentiels tablement comme la thérapeutique ambassadrice de la
be
de coefficient d’expansion thermique entre les deux maté- dentisterie biomimétique contemporaine.
riaux. Ainsi, pour une épaisseur moyenne du joint de colle En particulier dans le respect du Gradient Thérapeutique,
de 100 μm, l’épaisseur idéale de la facette devrait être au le praticien doit déployer toutes les possibilités théra-
minimum de 300 μm. Un ratio inférieur au seuil critique de peutiques actuelles afin de ne traiter que la ou les dents
en
3 aura des répercussions plus importantes en termes de causales en rapport avec les demandes biomimétiques
taux d’échecs de la restauration (fissurations et cracks au ciblées des patients. Aujourd’hui, la mutilation de dents
.b
sein la RAC) (7). La céramique feldspathique semble être saines, là ou une thérapeutique plus conservatrice peut
pour autant plus sujette au respect de ce ratio. être menée, ne trouve absolument aucune justification ni
dr
KI
Fig. 4 - Vue de la 2 3
préparation pour recevoir
AN ER
une « demi-RAC» après
mise en place du champ
opératoire. La finition
et l’ultrafinition
H
om
des marges et des parois
C
de la préparation doivent
I
ch J D EN
laisser des contours
l.c
arrondis sans angle vif
qui risqueraient
iB
de mettre en tension
IL
ai
la céramique. La technique
de traitement immédiat
J
gm
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de la dentine (IDS)
est menée dans ce
he
4 5
l’étanchétité au niveau
AD
dentinaire et augmenter
nc
ki
significativement
les valeurs d’adhérence
er
be
au moment du collage
H
de la restauration.
Fig. 5 - Vue de l’hemi-
facette ou demi-RAC
en
en céramique
feldspathique avant
le traitement des surfaces
.b
et du collage (Laboratoire
Esthetic Oral).
dr
Le patient refuse tout temps orthodontique de levée de Fig. 6 - Vue finale à 1 semaine de l’intégration biomimétique après
la supracclusion ayant déjà subi un traitement à l’adoles- assemblage de la restauration (demi-RAC). Seule, la perte de substance
cence. occasionnée par l’ancienne restauration en composite a été remplacée
La quantité de tissus naturels sains s’avère importante laissant ainsi une grande quantité d’émail non recouverte, ce qui confère
de près des 2/3 de la hauteur coronaire. Ce support ainsi à la dent un excellent comportement biomécanique en rapport avec
représente donc un substrat idéal pour le collage d’une une augmentation limitée de sa fléxiblité (Laboratoire Esthetic Oral).
restauration adhésive partielle en céramique que nous
limiterons ici à la seule perte de substance coronaire.
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 331-343 335
Traitement de la dent pulpée
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9 10
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dr
Fig. 7 - Situation clinique initiale. La 21 est colorée suite à la dépulpation de cette dent. On apprécie sur cette vue vestibulaire
l’importante quantité de tissus sur les 2/3 de la hauteur coronaire. Le choix thérapeutique ne concerne dans cette situation que
la réhabilitation biologique, biomécanique et esthétique de la 21 à l’origine de la demande esthétique du patient. Il s’agit donc ici
d’un cas d’intégration biomimétique unitaire.
Fig. 8 - Cliché radiographique rétroalvéolaire initial attestant de la bonne qualité du traitement endodontique ainsi que de
l’absence de toute parodontite apicale.
Fig. 9 - La restauration en composite est transfixée par un tenon en acier inox, vestige d’une dentisterie régit par des concepts
essentiellement mécanistes.
Fig. 10 - Vue clinique de la 21 sous champ opératoire individuel. On constate la très bonne valeur résiduelle des tissus
coronaires. Aucun tenon n’est nécessaire dans cette situation compte tenu d’un effet « ferrule » très important procuré par la
conservation des tissus résiduels et donc de ce fait très favorable à un collage. Après sablage, mordançage et mise en place du
système adhésif, un composite micro hybride flow placé au fond de la chambre pulpaire précède le placement d’un composite de
restauration en teinte UD2 (Enamel HRi, Mycerium). L’effet « ferrule » sera à lui seul garant de la résistance biomécanique de
la dent restaurée (22, 23).
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fiable.
b) Vue de la préparation avant collage laissant
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sur 12, 11, 21 et 22. Aucun tenon n’est nécessaire dans ce cas compte tenu
de l’importance des tissus résiduels. Un collage au niveau des chambres
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collage. Seul l’émail est exposé et la préparation une fois encore a été
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CONCLUSION
Le concept « biomimétique » ou « bioémulation » basé
sur une analyse histo anatomique fine des tissus natu-
rels permet de guider le praticien dans le choix des bio-
matériaux de restauration tant sur le plan biomécanique
que sur le plan optique. Il représente un de ses princi-
paux challenges au quotidien face au remplacement d’an- Mots clés
ciennes restaurations, à l’élimination de lésions carieuses Biomimétique, bioémulation, restaurations
ou à la compensation de pertes de substances consécu- adhésives partielles, céramique, collage.
tives à un trauma ou à des phénomènes d’érosion/usure.
Le choix des restaurations adhésives partielles en céra- Key words
mique permet de mimer les propriétés biologiques, esthé- Biomimetics, bioemulation, bonded partial
tiques, biomécaniques et fonctionnelles de l’émail. Ces restorations, ceramic, bonding.
restaurations adhésives en céramique sont devenues
Réalités Cliniques 2013. Vol. 24, n°4 : pp. 331-343 341
Traitement de la dent pulpée
en quelques années les véritables ambassadrices de la unitaire la seule garante du maintien à terme de la dent
dentisterie contemporaine alliant, la préservation tissu- restaurée sur l’arcade (1). De ce fait, la couronne périphé-
laire, l’adhésion, le comportement biomécanique et la rique ne devrait donc légitimement, comme c’est déjà le
longévité clinique à l’esthétique. L’indication de ce type cas dans certaines universités comme l’école de Méde-
de restauration intéresse aussi bien les dents vitales que cine Dentaire de Genève, être indiquée, enseignée et
les dents non vitales (a délabrement coronaire compatible réalisée que dans le cadre strict de la seule réintervention
bien entendu). Leurs champs d’indication sont vastes et prothétique ou lorsque les supports dentaires restant (sur
dépassent aisément celui des « simples facettes » de la dents pulpées ou dépulpées) ne sont pas suffisants pour
fin des années 80 dont la terminologie semble obsoles- un collage de qualité (1).
cente et réductrice aujourd’hui. L’application clinique des nouveaux principes biomi-
La conservation tissulaire spécifique des restaurations métiques doit donc permettre la forte diminution des
adhésives demeure donc en comparaison à la couronne dommages pulpaires et dépulpations excessives, la dis-
KI
parition des tenons et ancrages coronoradiculaires ainsi
que la supression des couronnes unitaires de première
AN ER
intention.
La « trinité dentaire » comme définie par Pascal Magne et
constituée par l’émail, la dentine et la jonction améloden-
H
ABSTRACT
tinaire reste le modèle biologique naturel de référence.
“BIOMIMETIC DENTISTRY:” A CONTEMPORARY
om
C L’ensemble céramique/résine composite/adhésifs amélo-
CONCEPT AT THE HEART OF ADHESIVE
I
dentinaires constitue l’« unité de biomémulation » de ces
DENTISTRY
ch J D EN
tissus. La dentisterie adhésive reste évidemment la pierre
Sophisticated adhesive techniques and developments in composite
l.c
and ceramic materials now allow exact correspondence between angulaire de ce concept (21).
substitute biomimetic aesthetic materials and the anatomical
iB
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substrate of a natural tooth. In contemporary dentistry, the concept
of “Biomimetic” or “Bio-emulation,” originating in the histological
J
AUTO ÉVALUATION
RESUMEN 1. La bioémulation trouve son origine :
en
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