ORGANISATIONS JUDICIAIRES
RCA
ORGANISATION JUDICIAIRE DE LA REPUBLIQUE
CENTRAFRICAINE
Par
M. Arsène SENDE
Magistrat, Secrétaire Général de la Commission nationale OHADA
sendears@[Link]
SOMMAIRE
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 3
I. LA COUR CONSTITUTIONNELLE .................................................................................... 3
A. Organisation ...................................................................................................................... 3
B. Attributions ........................................................................................................................ 3
II. LA HAUTE COUR DE JUSTICE ........................................................................................ 4
A. Composition ...................................................................................................................... 4
B. Attributions ........................................................................................................................ 4
III. LE CONSEIL D’ETAT ........................................................................................................ 5
A. Organisation ...................................................................................................................... 5
B. Attributions ........................................................................................................................ 5
IV. LA COUR DES COMPTES ................................................................................................ 6
A. Organisation ...................................................................................................................... 6
B. Attributions ........................................................................................................................ 6
V. LA COUR DE CASSATION ................................................................................................ 7
A. Organisation ...................................................................................................................... 7
B. Attributions ........................................................................................................................ 8
VI. LE TRIBUNAL DES CONFLITS ....................................................................................... 8
A. Organisation ...................................................................................................................... 9
B. Attributions ........................................................................................................................ 9
VII. LES COURS D’APPEL ..................................................................................................... 9
A. Organisation .................................................................................................................... 10
B. Compétence ..................................................................................................................... 11
VIII. LES COURS CRIMINELLES ........................................................................................ 11
A. Composition .................................................................................................................... 11
B. Attributions ...................................................................................................................... 12
IX. LES TRIBUNAUX DE GRANDE INSTANCE ............................................................... 12
A. Composition .................................................................................................................... 12
B. Attributions ...................................................................................................................... 12
X. LES TRIBUNAUX POUR ENFANTS ............................................................................... 13
A. Composition .................................................................................................................... 13
B. Attributions ...................................................................................................................... 13
XI. LES TRIBUNAUX DE COMMERCE .............................................................................. 14
A. Composition .................................................................................................................... 14
B. Attributions ...................................................................................................................... 14
XII. LES TRIBUNAUX DU TRAVAIL ................................................................................. 15
A. Composition .................................................................................................................... 15
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B. Attributions ...................................................................................................................... 15
XIII. LES TRIBUNAUX D’INSTANCE ................................................................................ 16
XIV. LES TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS ....................................................................... 16
A. Composition .................................................................................................................... 17
B. Attributions ...................................................................................................................... 17
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ORGANISATIONS JUDICIAIRES
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INTRODUCTION
Aux termes de l’article 78 du titre VII de la Constitution intitulé du pouvoir judiciaire,
« la Justice constitue un pouvoir indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Elle
est rendue sur le territoire de la République Centrafricaine au nom du peuple centrafricain
par la Cour de Cassation, le Conseil d’Etat, la Cour des comptes, le Tribunal des conflits, les
Cours et Tribunaux ».
Cependant, le titre VI de la Constitution est consacré à la Cour Constitutionnelle alors
que le titre VIII traite de la Haute Cour de Justice.
I. LA COUR CONSTITUTIONNELLE
Prévue par le titre VI de la Constitution, son organisation et fonctionnement sont régis
par la loi n° 05.014 du 29 Décembre 2005.
A. Organisation
La Cour Constitutionnelle comprend neuf (9) membres dont au moins trois femmes
qui portent le titre de Conseiller. La durée du mandat des Conseillers est de sept (7) ans, non
renouvelable.
Les membres de la Cour Constitutionnelle sont désignés comme suit :
- Deux (2) Magistrats dont une (1) femme élus par leurs pairs
- Un (1) Avocat élu par ses pairs
- Deux (2) Professeurs de Droit élus par leurs pairs
- Deux (2) membres dont une femme nommés par le Président de la République
- Deux (2) membres dont une femme nommés par le Président de l’Assemblée
Nationale.
Ils élisent en leur sein, un Président et un Vice-président. L’élection est entérinée par
un Décret du Président de la République.
Les Conseillers doivent avoir au moins dix (ans) d’expérience professionnelle.
Les neufs membres de la Cour Constitutionnelle se renouvellent intégralement.
Les anciens Présidents de la République sont membres d’honneurs de la Cour
Constitutionnelle avec voix consultative.
B. Attributions
La Cour Constitutionnelle est chargée de :
- Veiller à la régularité des consultations électorales, examiner et en proclamer les
résultats ;
- Veiller à la régularité des opérations de référendum et en proclamer les résultats ;
- Trancher tout contentieux électoral ;
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- Trancher les conflits de compétence entre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif
et les collectivités territoriales ;
- Juger de la constitutionnalité des lois ordinaires et organiques, promulguées ou en
instance de promulgation ainsi que le Règlement intérieur de l’Assemblée
Nationale ;
- Juger les exceptions d’inconstitutionnalité des lois soulevées par toute personne
s’estimant lésée soit directement soit par la procédure de l’exception
d’inconstitutionnalité invoquée devant une juridiction dans une affaire qui la
concerne.
En outre, les projets et propositions de lois constitutionnelles sont déférés pour avis à
la Cour Constitutionnelle par le Président de la République ou le Président de l’Assemblée
Nationale avant d’être soumis au référendum ou au vote de l’Assemblée nationale.
II. LA HAUTE COUR DE JUSTICE
Prévue par le titre VIII de la Constitution, son organisation et fonctionnement sont
régis par la loi n° 09.010 du 3 août 2009.
A. Composition
La Haute Cour de Justice se compose de douze (12) Juges dont six (6) magistrats et de
six (6) députés élus au scrutin secret par leurs pairs. Le Président de la Haute Cour de Justice
est élu parmi les magistrats, le Vice Président parmi les députés.
Le Ministère Public près la Haute Cour de Justice est représenté par un Procureur
Général assisté d’un Avocat Général tous deux magistrats, nommés par Décret du Président
de la République.
L’instruction de l’affaire est assurée par deux Juges d’instruction de l’ordre judiciaire
nommés par Décret.
Le Greffier en Chef, le Secrétaire en Chef de Parquet, les Greffiers et Secrétaires de
parquet sont nommés par Décret sur proposition du Ministre de la Justice.
B. Attributions
A la demande du Ministère public ou de l’Assemblée Nationale à la majorité des deux
tiers (2/3) des membres qui la composent, le Président de la République défère devant la
Haute Cour de Justice, les Ministres et les Députés susceptibles d’être poursuivis pour haute
trahison.
Les coauteurs et complices sont déférés devant la même juridiction.
Le Président de la République des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions
qu’en cas de haute trahison. La demande de mise en accusation n’est recevable que si elle
recueille la signature de cinquante pour cent (50%) des membres qui composent l’Assemblée
Nationale.
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Il ne peut être mise en accusation que par l’Assemblée Nationale statuant à la majorité
des deux tiers (2/3) des députés qui la composent et au scrutin secret.
Sont notamment considérés comme crimes de haute trahison :
- La violation du serment ;
- Les homicides politiques ;
- L’affairisme ;
- Toute action contraire aux intérêts supérieurs de la nation.
III. LE CONSEIL D’ETAT
La loi n° 95.0012 du 23 Décembre 1995 fixe l’organisation et le fonctionnement du
Conseil d’Etat.
A. Organisation
Le conseil d’Etat est unique pour tout le pays. Il a son siège à Bangui et comprend
deux sections :
- La section du contentieux composée de deux sous-sections (Administration
générale et Finances-Travaux publics
- Et la section administrative
Le Conseil d’Etat se compose de onze juges dont :
- Un Président ;
- Deux Présidents de Sections ;
- Deux Présidents de Sous-Sections ;
- Six Conseillers d’Etat, Maîtres des Requêtes et Auditeurs.
Le greffe du Conseil d’Etat est dirigé par un Greffier en Chef. Celui-ci est assisté de
Greffiers et de Secrétaires. Ils sont nommés par arrêté du Ministre de la Justice.
Les formations du Conseil d’Etat sont : L’assemblée plénière, la section du
contentieux et la section administrative.
L’assemblée plénière du contentieux comprend : le Président du Conseil d’Etat, les
Présidents de section et les Présidents de sous sections.
La section du contentieux comprend : un Président de section, deux Présidents de
sous-section et trois Conseillers d’Etat, Maîtres des requêtes ou Auditeurs.
La section administrative comprend : un Président de section, trois Conseillers d’Etat,
Maîtres des requêtes et Auditeurs.
B. Attributions
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Le Conseil d’Etat est juge en premier et dernier ressort des recours en annulation
contre les actes réglementaires pris par le Président de la République et des recours de plein
contentieux contre les actes réglementaires de cette même autorité.
Le Conseil d’Etat est aussi juge d’appel des décisions rendues par les tribunaux
administratifs.
Il est enfin juge de cassation des décisions administratives statuant en dernier ressort,
notamment les décisions de la Cour des Comptes, des organismes professionnels à caractère
disciplinaire à l’exception des décisions de l’ordre des Avocats.
En dehors de ces attributions, le Conseil d’Etat a aussi des attributions consultatives. Il
donne des avis sur les projets ou propositions des lois ou décrets qui lui sont soumis par le
Président de la République ou le Président de l’Assemblée Nationale.
Il a en outre la faculté d’attirer l’attention du Président de la République ou du
Président de l’Assemblée Nationale sur les réformes d’ordre législatif ou règlementaire qui
intègrent leur compétence.
IV. LA COUR DES COMPTES
La loi n° 96.001 du 3 Janvier 1996 détermine l’organisation et le fonctionnement de la
Cour des Comptes.
La Cour des Comptes a son siège à Bangui.
A. Organisation
Elle est placée sous l’autorité d’un Premier Président et est composée de trois
chambres. Chaque chambre est composée de six Juges dont un président de chambre.
Le parquet général comprend un Procureur Général et trois Avocats Généraux.
La cour siège :
- En audience solennelle à laquelle assistent tous les magistrats en robe de
cérémonie pour l’ouverture de l’année judiciaire, la réception de nouveaux
membres de la cour des comptes et pour la lecture de la déclaration générale de
conformité ;
- En chambre de conseil, comprenant le Premier Président, les Présidents de
Chambres et conseillers pour les discussions et les délibérations ;
- En chambres réunies, composées du Premier Président, des Présidents de
chambres, d’un conseiller par chambre désigné par le Premier président pour
examiner les questions de droit sur lesquelles elles rendent des avis ou statuent sur
les affaires renvoyées par le Conseil d’Etat après cassation ;
- En chambre pour la formation de jugement ;
- En Conférence des Présidents et du Procureur Général, pour délibérer sur les
questions relatives à l’administration et à la gestion de la cour.
B. Attributions
La cour des comptes est compétente pour :
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- Juger les comptes des comptables publics ;
- Vérifier la régularité des comptes de l’Etat ;
- Déclarer et apurer la gestion de fait ;
- Vérifier et juger les comptes des collectivités territoriales, des organismes publics
et parapublics dont elle se saisit ou dont elle est saisie par le Président de la
République ou par l’Assemblée nationale ;
- Contrôler les comptes des entreprises de toute nature, des associations, des
groupements bénéficiant des subventions de l’Etat, ainsi que ceux des partis
politiques.
Elle est composée de trois chambres :
- La première chambre est chargée de la vérification de la comptabilité de l’Etat et
celle de la commune de Bangui
- La deuxième chambre est chargée de la vérification de la comptabilité des
établissements publics à caractère industriel et commercial et des offices publics
- La troisième chambre est chargée de la vérification de la comptabilité de
l’Assemblée Nationale, du Conseil Economique et social, des Chambres
Consulaires, des Partis Politiques et Collectivités Territoriales autres que celle de
Bangui.
V. LA COUR DE CASSATION
Juridiction suprême de l’ordre judiciaire, la loi n° 95.0011 du 23 Décembre 1995
définit l’organisation et les attributions de la Cour de Cassation
A. Organisation
Aux termes de l’article 2 de la Loi précitée, la Cour de Cassation comprend :
- La Chambre Criminelle,
- La Chambre Civile et Commerciale,
- La Chambre Sociale.
La Cour de Cassation se compose d’un premier président, de trois présidents de
Chambre et de neuf Conseillers.
Le Ministère public comprend un Procureur Général, un premier Avocat Général et
trois Avocats généraux.
Le Greffe de la Cour de Cassation est dirigé par un Greffier en chef. Il est assisté de
Greffiers.
Le Secrétariat du Parquet est dirigé par un Secrétaire en Chef. Il est assisté de
Secrétaires de Parquet.
Les formations de jugement de la Cour de Cassation sont :
- l’assemblée plénière,
- les chambres.
L’assemblée plénière comprend :
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- le premier président,
- les présidents de chambres,
- et un conseiller par chambre désigné par le Premier Président.
La formation de jugement des Chambres comprend trois magistrats.
L’administration et la discipline de la Cour de Cassation sont assurées par le premier
Président et le Procureur Général près ladite Cour.
Le Premier Président gère les crédits de fonctionnements de la Cour. Il peut réunir les
membres de la Cour de Cassation en Assemblée Générale pour délibérer sur toutes les
questions intéressant l’ensemble de la Cour.
B. Attributions
Unique sur l’ensemble du territoire, la Cour de Cassation veille à la légalité de
l’interprétation judiciaire et par suite à l’unité de la jurisprudence.
La Cour de Cassation se prononce sur les pourvois en cassation dirigés contre les
arrêts et jugements rendus en dernier ressort par les juridictions de l’ordre judiciaire pour
incompétence ou violation de la Loi.
Elle se prononce en outre sur :
- Les demandes en révision,
- Les règlements de juge,
- Les demandes de renvoi d’une juridiction à une autre pour cause de suspicion
légitime ou de sûreté publique.
- Les contrariétés de jugements ou arrêts rendus en dernier ressort entre les mêmes
parties sur les mêmes moyens entre différentes juridictions.
- Les demandes de prises à parties contre une Cour d’Appel, une Cour Criminelle ou
une juridiction entière.
La Cour de Cassation se prononce également sur les recours formés sans condition de
délai par le Procureur Général près la Cour de Cassation, dans l’intérêt de la loi, soit d’office,
soit à la demande du Ministre de la justice. Dans ce cas, la décision de la Cour de Cassation
n’aura aucun effet entre les parties.
Le Premier Président de la Cour de Cassation et le Procureur Général peuvent
procéder par eux-mêmes ou par un magistrat par eux désigné à l’inspection de toute
juridiction de l’ordre judiciaire de la République.
VI. LE TRIBUNAL DES CONFLITS
La loi n° 96.009 du 13 Janvier 1996 fixe son organisation et son fonctionnement.
Le Tribunal des Conflits est une juridiction non permanente, chargée de régler les
conflits de compétence entre la juridiction judiciaire et la juridiction administrative.
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A. Organisation
Le Tribunal des Conflits est une juridiction paritaire. Les deux ordres de juridictions y
sont représentés sur une base égalitaire par l’intermédiaire des Juges du Conseil d’Etat et de la
Cour de Cassation. Il comprend six juges titulaires élus pour trois ans par leurs pairs dont :
- Trois Conseillers d’Etat
- Trois Conseillers à la Cour de Cassation.
Il comprend en outre deux juges suppléants à raison d’un Conseiller d’Etat et d’un
Conseiller à la Cour de Cassation.
Le Ministère public est représenté auprès du Tribunal des Conflits par deux
Commissaires du Gouvernement choisis, l’un parmi les Maîtres des requêtes au Conseil
d’Etat et l’autre, parmi les Avocats Généraux à la Cour de Cassation et nommés par décret du
Président de la République.
Les juges titulaires du Tribunal des Conflits élisent au scrutin secret, un Président et
un Vice Président alternativement dans l’un ou l’autre ordre de juridiction.
Les juges au Tribunal des Conflits sont rééligibles.
Le secrétariat du Tribunal des conflits est assuré par le secrétariat du Conseil d’Etat .
B. Attributions
Il est chargé de trancher entre les deux ordres de juridictions, les conflits de
compétence, à savoir :
- Conflit négatif
- Conflit positif
En outre, il est compétent pour connaître des conflits nés de contrariété de décisions au
fond rendues par les deux ordres de juridiction. Il connaît aussi des questions de compétence
qui lui sont renvoyées par les juridictions administratives et judiciaires.
VII. LES COURS D’APPEL
Les cours d’appels sont régis par la loi n° 95.0010 du 22 Décembre 1995 portant
organisation judiciaire en République Centrafricaine.
Il en existe 3 depuis le 14 janvier 2000 alors qu’avant cette date, il n’existait qu’une
seule cour d’appel pour toute la République située à Bangui.
La Cour d’Appel est une juridiction collégiale, composée exclusivement de magistrats
de carrière, qu’on appelle des Conseillers et à la tête de chaque Chambre, il y a un président et
au dessus d’eux, il y a le premier président.
Le Décret n° 00.013 du 14 Janvier 2000, fixe le siège, le ressort et la composition des
Cours d’Appel.
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Ainsi sont fixés comme ci-dessous, les ressorts de ces trois cours d’appels :
Cour d’appel de Bangui :
- Commune de Bangui ;
- Préfecture de l’Ombella Mpoko ;
- Préfecture de la Lobaye ;
- Préfecture de la Kémo ;
- Préfecture de l’Ouham ;
- Préfecture de la Nana Gribizi ;
- Préfecture de Bamingui Bangoran ;
Cour d’appel de Bambari :
- Préfecture de la Ouaka ;
- Préfecture de la Haute Kotto ;
- Préfecture de la Basse Kotto ;
- Préfecture du Mbomou ;
- Préfecture du Haut Mbomou ;
- Préfecture de la Vakaga ;
Cour d’appel de Bouar :
- Préfecture de la Nana-Mambéré ;
- Préfecture de l’Ouham Péndé ;
- Préfecture de la Mambéré Kadéï ;
- Préfecture de la Sangha Mbaéré.
A. Organisation
Aux termes de l’article 9 de la Loi n°95.010 du 22 Décembre 1995 sur l’organisation
judiciaire, les Cours d’Appel comprennent quatre Chambres :
- La Chambre Civile et Commerciale,
- La Chambre Sociale,
- La Chambre Correctionnelle,
- La Chambre d’accusation.
Les magistrats du siège des cours d’appel sont : Le Premier Président, les Présidents
de Chambre et les conseillers.
Ils sont assistés de Greffier en Chef et de greffiers.
Le ministère public y est représenté par un Procureur Général, un premier Avocat Général et
des Avocats Généraux.
Ils sont assistés de Secrétaires en Chef et de secrétaires de Parquet.
Les Chambres siègent séparément en audience ordinaire publique, avec trois
magistrats dont le président.
Plus rarement, elles peuvent se réunir en Chambre du Conseil. Il arrive enfin que la
Cour d’Appel siège en audience solennelle ou en assemblée générale. Dans ce dernier cas,
elle exerce des fonctions administratives (service intérieur) ou juridictionnelles (appel des
décisions du Conseil de l’ordre).
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Les Présidents des cours d’appel président les audiences solennelles et les audiences
de renvoi après cassation. Ils président les assemblées générales ainsi que les autres audiences
en cas de nécessité.
B. Compétence
La compétence territoriale de la Cour d’Appel ne prête pas à difficulté. Elle suppose
simplement que la décision frappée d’appel ait été rendue en première instance par une
juridiction située dans le ressort de la Cour d’Appel et qui était elle-même territorialement
compétente.
C’est une règle d’ordre public. La Cour ne peut être compétente pour connaître en
appel d’un litige jugé au premier degré par une juridiction extérieure à son ressort (sauf renvoi
après cassation).
En ce qui concerne la compétence d’attribution, l’article 22 de la Loi sur l’organisation
judiciaire dispose que «les Cours d’Appel connaissent en toutes matières, de l’appel des
jugements rendus en premier ressort par les tribunaux de grande instance, les tribunaux
pour enfants, les tribunaux de commerce, les tribunaux du travail et les tribunaux
d’instance.
Elles sont également juges des décisions des présidents des tribunaux de grande
instance, des présidents des tribunaux du travail et des juges d’instruction, sous réserve des
pouvoirs des présidents desdites Cours ».
Les arrêts en toutes matières rendus par les cours d’appels peuvent faire l’objet d’un
pourvoi en cassation.
La Cour d’appel reçoit le serment des magistrats, des avocats, des notaires et des
experts judiciaires.
VIII. LES COURS CRIMINELLES
Les sièges et les ressorts des cours criminelles sont les mêmes que ceux des cours
d’appels.
A. Composition
La cour criminelle est composée :
- Du Président de la Cour d’appel ou d’un magistrat du siège désigné par lui,
Président
- De deux Magistrats du siège assesseurs, tirés au sort par le Président de la Cour
d’Appel au cours d’une assemblée générale.
- De six jurés tirés au sort.
La Cour criminelle se complète par le Procureur Général ou un Magistrat du parquet et est
assisté par un greffier.
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B. Attributions
La cour criminelle connaît dans le ressort de la cour d’appel de tous les crimes non
réservés par la loi à des juridictions d’exception.
Il est organisé dans le ressort de la cour d’appel une session ordinaire chaque semestre.
Les dates des sessions de la cour criminelle sont fixées par décision du Ministre de la Justice,
après délibération de l’assemblée générale de la cour d’appel.
IX. LES TRIBUNAUX DE GRANDE INSTANCE
Les tribunaux de grande instance sont institués par décret pris en conseil des Ministres.
Il en est crée un ou plusieurs par préfectures.
Les tribunaux de grande instance se subdivisent en tribunaux de grande instance de
1 , 2 et 3ème classe suivant l’activité du ressort.
ère ème
A. Composition
Les tribunaux de grande instance de 1ère classe comprennent un Président, un ou
plusieurs Vice président, un ou plusieurs juges d’instruction dont un doyen des juges.
Le Ministère public comprend un Procureur de la République et un ou plusieurs
substituts.
Les tribunaux de grande instance de 3ème classe comprennent un Président et un Juge
d’instruction.
Le Ministère public comprend un Procureur de la république et un substitut.
Les magistrats du siège sont assistés de greffiers en chef et de greffiers. Les magistrats
du Ministère public sont assistés de secrétaire en chef et de secrétaire de parquet.
B. Attributions
Les tribunaux de grande instance connaissent, en premier ressort, de tout délit commis
dans leur ressort. Ils connaissent également en premier ressort, des contraventions commises
dans la sous-préfecture de leur siège.
Les tribunaux de grande instance connaissent en premier ressort de toutes demandes
en matière civile.
L’action publique est exercée par le Procureur de la république et ses substituts.
Les jugements sont rendus dans les tribunaux de grande instance de 1ère classe par un
seul magistrat du siège. Toutefois, lorsque lesdits tribunaux sont saisis sur ordonnance de
renvoi ou par assignation, les jugements sont rendus par trois magistrats du siège.
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X. LES TRIBUNAUX POUR ENFANTS
Les tribunaux pour enfants sont régis par la loi n° 02.011 du 25 Juillet 2002. Ils sont
crées par Décret. En dehors du tribunal pour enfants de Bangui, six (6) autres tribunaux pour
enfants ont été crées par le Décret n° 01.245 du 19 Septembre 2001. Il s’agit des tribunaux
pour enfants de Bossangoa et Kaga Bandoro dans le ressort de la Cour d’appel de Bangui, des
tribunaux pour enfants de Bambari et de Bangassou dans le ressort de la cour d’appel de
Bambari et les tribunaux pour enfants de Bouar et Berbérati dans le ressort de la cour d’appel
de Bouar.
A. Composition
Le tribunal pour enfants est composé de juge des enfants, Président et de deux
assesseurs.
Le juge des enfants est choisi, compte tenu de l’intérêt qu’il porte aux questions de
l’enfance et de ses aptitudes, parmi les juges du ressort de la cour d’appel où siège le tribunal
pour enfants.
Les assesseurs titulaires et leurs suppléants sont nommés pour deux ans renouvelables
par arrêté du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux sur proposition du Ministre des Affaires
Sociales. Ils sont choisis parmi les personnes de l’un et l’autre sexe, âgées de plus de 25 ans,
de nationalité centrafricaine et s’étant signalées par l’intérêt qu’elles portent aux questions de
l’enfance et jouissant d’une bonne moralité.
Au siège de chaque tribunal pour enfants, un ou plusieurs juges d’instruction désignés
par le Président de la Cour d’appel et un ou plusieurs magistrats du parquet, désignés par le
Procureur Général, sont spécialement chargés des affaires concernant les mineurs.
Les fonctions du Ministère public sont assurées par un magistrat du Ministère public
du ressort du tribunal pour enfants.
Le greffe du tribunal pour enfants est placé sous l’autorité de son Président et est
dirigé par un Greffier en chef assisté de greffiers et de secrétaires.
Aux termes de l’article 266 du code de procédure pénale, la cour criminelle des
mineurs se réunit au siège de la cour criminelle et au courant de celle-ci. Il est composé d’un
Président désigné et remplacé dans les conditions prévues pour le Président de la Cour
criminelle de deux assesseurs pris, sauf impossibilité, parmi les juges des enfants du ressort et
complétée par le jury criminel.
Le greffier de la cour criminelle exerce les fonctions de greffier de la cour criminelle
des mineurs.
B. Attributions
Le tribunal pour enfants connaît des délits et des contraventions commis par les
mineurs.
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Lorsque la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation d’un mineur sont
compromises, le juge des enfants peut être saisi dans les conditions prévues par le code de la
famille.
XI. LES TRIBUNAUX DE COMMERCE
L’organisation et le fonctionnement des tribunaux de commerce sont fixés par la loi n°
06.003 du 10 Mars 2006.
A. Composition
Aux termes de l’article 2 de la loi précité, le tribunal de commerce est composé de :
- Un juge professionnel qui exerce les fonctions de Président ;
- Un ou plusieurs juges professionnels, qui exercent les fonctions de Vice-
Président ;
- Quatre juges consulaires élus par leurs pairs pour un mandat de trois ans
renouvelable.
La formation de jugement est d’un juge professionnel, Président et de deux juges
consulaires.
Le greffe du tribunal de commerce est dirigé par un greffier en chef. Il est assisté de
greffiers et de secrétaires. Ils sont nommés par arrêté du Ministre de la Justice, garde des
Sceaux.
Le Procureur de la République près le tribunal de grande instance dans le ressort
duquel se trouve le siège du tribunal de commerce exerce le ministère public devant cette
juridiction.
B. Attributions
Les tribunaux de commerce connaissent :
- Des contestations relatives aux engagements et transactions entre négociants,
marchands et banquiers ;
- Des contestations entre associés pour raison d’une société de commerce ;
- De celles relatives aux actes de commerce entre toutes personnes ;
- Du contentieux des sociétés en difficulté ;
- De la procédure simplifiée de recouvrement en matière commerciale.
Ils sont également compétents pour connaître des recours en annulation contre les
sentences arbitrales.
Toutefois, les parties peuvent au moment où elles contractent, convenir de soumettre à
des arbitres les contestations ci-dessus énumérées, lorsqu’elles viendront à se produire.
Le Président du tribunal de commerce est compétent pour connaître :
- des procédures d’injonction de payer et toutes les contestations y relatives ;
- des incidents d’exécution des décisions du tribunal et les sentences arbitrales
définitives ;
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- des référés en matière commerciale.
Ses pouvoirs juridictionnels l’autorisent à rendre des ordonnances sur requêtes et à
ordonner toutes mesures relavant de sa compétence.
XII. LES TRIBUNAUX DU TRAVAIL
Aux termes du Décret n°01.246 du 19 Septembre 2001, il existe 16 tribunaux du
travail en République Centrafricaine au siège de chaque Préfecture, dont la compétence
s’étend à toute la préfecture à l’exception du tribunal du travail de Bangui, situé dans la
Préfecture de l’Ombella M’poko abritant le tribunal du travail ayant compétence sur toute
l’étendue du territoire de la Préfecture alors que le Chef lieu de l’Ombella M’poko est Bimbo
où siège un tribunal de grande instance.
A. Composition
Aux termes de l’article 357 du code du travail, le tribunal du travail est composé de :
- Un Président, magistrat nommé par décret sur proposition du Ministre en charge de
la justice ;
- Deux assesseurs employeurs et deux assesseurs travailleurs titulaires et d’un
nombre égal d’assesseurs suppléants parmi ceux figurant sur les listes établies et
présentées par des organisations syndicales les plus représentatives. Le président
désigne pour chaque affaire, les assesseurs employeurs et travailleurs appartenant à
la catégorie intéressée.
Les assesseurs et leurs suppléants sont nommés par arrêté conjoint du Ministre en
charge du travail et du Ministre en charge de la Justice sur proposition du Président du
tribunal, en collaboration avec l’Inspecteur du Travail et des Lois Sociales.
Le mandat des assesseurs titulaires ou suppléants est de deux ans renouvelables.
B. Attributions
Les tribunaux du travail connaissent :
- des différends individuels pouvant s’élever entre les travailleurs et les employeurs
à l’occasion du contrat de travail,
- des conditions d’hygiène et de sécurité,
- des accidents de travail et maladies professionnelles,
- du régime de sécurité sociale.
Ils sont compétents pour se prononcer sur tous les différends individuels relatifs au
contrat d’apprentissage, aux conventions collectives, accords collectifs d’établissement ou
arrêtés en tenant lieu. Leur compétence s’étend aux différends nés entre travailleurs à
l’occasion du travail.
Leur compétence s’étend aussi aux actions récursoires des entrepreneurs contre les
tâcherons.
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ORGANISATIONS JUDICIAIRES
RCA
Les articles 370 et suivants du code du travail ont prévu l’arbitrage ainsi que la
procédure pour les différends collectifs non réglés par la conciliation. Cet arbitrage est assuré
par un conseil d’arbitrage composé de :
- Président, un magistrat de la Cour d’appel désigné par le Président de la cour
d’appel
- Membres, deux assesseurs employeurs et deux assesseurs travailleurs n’ayant
aucun intérêt dans le conflit et nommés parmi les assesseurs des tribunaux du
travail par décision du Président de la cour d’appel.
XIII. LES TRIBUNAUX D’INSTANCE
Les tribunaux d’instance sont institués par décret pris en Conseil des Ministres.
Les tribunaux d’instance connaissent en premier ressort de toutes actions civiles et
commerciales purement personnelles et mobilières jusqu’à 100.000 francs.
Ils connaissent de tous incidents ou difficultés de procédure d’exécution et de toutes
voies d’exécution lorsque l’objet du litige entre dans leur compétence et ne dépasse pas
100.000 francs.
Ils connaissent également à l’égard de toutes personnes, de toutes difficultés entre
bailleurs et locataires lorsque les locations verbales ou écrites n’excèdent pas 100.000 francs
par mois.
Ils connaissent en matière pénale, en premier ressort, de tous les faits qualifiés
contravention de police commis dans l’étendue de leur ressort.
Les présidents des tribunaux d’instance se saisissent d’office des infractions de leur
compétence commises dans leur ressort. Ils peuvent également se saisir par voie de flagrant
délit, des contraventions de la cinquième catégorie.
Toutefois, le Procureur de la République près le tribunal de rattachement a le droit de
citer les prévenus devant eux.
Le procureur de la République peut, lorsqu’il le juge utile, requérir en personne ou par ses
substituts, aux audiences des tribunaux d’instance de son ressort.
Les jugements sont rendus par un juge unique.
XIV. LES TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS
La loi n° 96.018 du 13 Janvier 1993 porte organisation et fonctionnement des
tribunaux administratifs en République Centrafricaine.
Les sièges et ressorts des tribunaux administratifs sont fixés par Décret pris en Conseil
des Ministres. Actuellement, il n’existe qu’un seul tribunal administratif situé à Bangui et qui
a une compétence nationale.
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ORGANISATIONS JUDICIAIRES
RCA
A. Composition
Aux termes de l’article 2 de la loi susvisée, chaque tribunal administratif est composé
de cinq juges dont un Président.
Auprès de chaque tribunal administratif est nommé un Commissaire du
Gouvernement.
Exceptionnellement, le tribunal administratif de Bangui est composé de sept juges
dont un Président.
Le Commissaire du Gouvernement près le tribunal administratif de Bangui est assisté
d’un Commissaire Adjoint du Gouvernement.
La formation de jugement est de trois juges.
Le greffe des tribunaux administratifs est dirigé par un greffier en chef assisté de
greffiers.
Le secrétariat placé sous l’autorité du Commissaire du Gouvernement est dirigé par un
secrétaire en chef assisté de secrétaires.
B. Attributions
Aux termes de l’article 5 de la loi visée ci-dessus, le tribunal administratif, juge de
droit commun du contentieux administratif, est compétent en premier ressort en matière de :
- Recours en annulation formés contre tous les actes administratifs à l’exception des
actes règlementaires pris par le Président de la République ;
- Recours de plein contentieux contre tous les actes administratifs à l’exception des
actes règlementaires pris par le Président de la République ;
- Recours en interprétation ;
- Recours en répression contre les atteintes portées à l’intégrité physique du domaine
public.
Ils statuent sur les décisions des organismes administratifs à caractère juridictionnel.
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