Rapport Recherche
2014
Rapport
Recherche 2014
Sommaire
Prévision numérique du temps 䢇 page 6
Modélisation
Assimilation
Outils et méthodes de valorisation
Étude des processus 䢇 page 16
Compréhension
Focus sur les tempêtes passées
Climat 䢇 page 26
Modélisation du climat et du changement climatique
Prévisions saisonnière et climatique
Diagnostic et détection d’évolution climatique
Chimie, aérosols et qualité de l’air 䢇 page 36
Surfaces continentales 䢇 page 42
Neige 䢇 page 46
Océanographie 䢇 page 50
Techniques, campagnes et produits d’observation 䢇 page 56
Recherche et aéronautique 䢇 page 62
Annexes 䢇 page 65
La recherche occupe une place privi- On y notera notamment les progrès
légiée à Météo-France, à la source de la préparation des nouveaux
des innovations mises en œuvre en systèmes de prévision numérique
matière d’observation, de prévision du temps, adaptés aux nouveaux
numérique du temps et du climat. moyens de calcul de Météo-France.
Elle permet à l’établissement d’amé- Les campagnes de terrain conduites
liorer sans cesse la qualité de ses dans les années précédentes (AMMA,
produits opérationnels et d’ouvrir de HYMEX, etc…) fournissent matière à
nouveaux chantiers pour répondre de nombreuses recherches et per-
aux attentes de la société et des pou- mettent de valider les systèmes de
voirs publics. prévision, notamment la future prévi-
Les objectifs de recherche sont sion d’ensemble AROME. L’étude fine
décrits dans la Stratégie Scientifique des processus microphysiques sous-
2013-2020, avec sept orientations tend l’amélioration de la prévision
structurantes : des phénomènes extrêmes comme la
• poursuivre la convergence entre les grêle ou les cyclones tropicaux. Le
modèles de prévision du temps et du modèle d’échelle fine AROME com-
climat mence à être utilisé pour les projec-
• améliorer la représentation des tions climatiques, ce qui va ouvrir un
processus physiques et des cou- champ nouveau, l’étude de l’impact
plages du changement climatique sur les
• augmenter régulièrement la résolu- épisodes cévenols, en réponse à une
tion de tous les systèmes de prévision question très souvent posée par les
• généraliser l’utilisation des tech- pouvoirs publics. L’amélioration des
niques d’ensembles moyens de mesures occupe égale-
• maîtriser l’utilisation et l’évolution ment une place significative dans nos
des systèmes opérationnels d’obser- travaux.
vation L’année 2014 a aussi été celle de
• évaluer l’impact des activités l’évaluation du GAME, notre principal
humaines sur le climat laboratoire, par le Haut Conseil pour
• explorer la prévisibilité du climat, de l’Evaluation de la Recherche et de
l’horizon infra-saisonnier à décennal. l’Enseignement Supérieur. Cette éva-
Le présent rapport illustre quelques luation indépendante a confirmé la
résultats saillants de l’année 2014. très grande qualité de nos équipes et
4 . Rapport Recherche 2014
© Camille Luxen
leur rôle structurant au niveau natio- loppe aussi des recherches amont sur
nal. J’ai plaisir à reproduire ci-des- les processus météorologiques et cli-
sous l’avis global du HCERES sur matiques pour une grande variété
notre laboratoire : d’échelles d’espace et de temps. Le
« Le GAME joue un rôle très spécifique GAME assure au total une recherche
dans le paysage national. Laboratoire de spectre large, visant à dévelop-
de Météo-France, il doit développer la per une compétence relativement
recherche amont nécessaire aux mis- exhaustive dans le domaine Météo/
sions opérationnelles de prévision. Climat/Qualité de l’air. Il a su en outre
Son rattachement au CNRS, avec un obtenir une reconnaissance interna-
statut d’UMR, correspond par ailleurs tionale forte dans un certain nombre
à un rôle majeur qu’il démontre au de domaines phares, comme détaillé
sein du monde de la recherche acadé- dans l’évaluation par équipe. Le
mique. Le GAME assure de manière GAME est une structure d’excellence.
remarquable cette dualité. Il est un Les personnels du GAME ont par
des contributeurs importants, au ailleurs marqué tout au long de la
niveau international, à l’évolution des visite une adhésion forte aux mis-
outils de modélisation pour la prévi- sions de leur laboratoire et une
sion numérique du temps. Il déve- grande confiance dans sa direction. »
Philippe Bougeault
Directeur du Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM)
et du Groupe d’Etude de l’Atmosphère Météorologique (GAME)
Rapport Recherche 2014 .5
Prévision numérique
du temps
Une importante activité de fond du groupe de prévision numérique consiste à réaliser l’intégration dans un code source unique d’évolutions
proposées par les équipes des services météorologiques européens regroupés dans les consortiums ALADIN et HIRLAM, par les équipes du
CEPMMT ainsi que par ses propres chercheurs et ingénieurs. Cette activité permet de mutualiser des développements, bien que lourde, elle
contribue à permettre à Météo-France de disposer d’un système de prévision numérique au niveau de l’état de l’art avec moins de moyens
que les services analogues. Ces coopérations donnent le contexte de différentes actions du groupe en vue de préparer le moyen et le long
terme. Le CEPMMT a pris l’initiative de réorganisations et de récritures partielles mais importantes du code, auxquelles le groupe contribue
tant sur le plan scientifique que technique. Ainsi, un nouvel algorithme d’assimilation de données, basé sur des ensembles de grande taille,
a fait ses premiers pas. Il est écrit d’une nouvelle manière, en langage objet. Toujours en assimilation de données, une thèse a apporté un
cadre théorique rigoureux aux estimations de covariances d’erreur et à leur localisation dans l’espace, nécessaires à ces nouvelles
approches de l’assimilation. Les tous premiers essais d’un algorithme de cœur dynamique très différent de l’actuel ont eu lieu, pour le cas
où la parallélisation de l’actuel noyau deviendrait insuffisante aux futures résolutions d’AROME. De ce côté, des expériences allant de 500m
jusqu’à 50m de résolution sont en cours sur une zone de montagne, pour identifier les difficultés. Un cadre pour tenter de progresser en
prévision du brouillard, grâce à une résolution 3D très poussée près du sol, a été mis en place.
Du côté des actions de plus court terme, le portage de l’ensemble de la chaîne sur le nouveau calculateur Bull-Intel a abouti en janvier. Ce
portage correspondait à l’abandon de la technologie « vectorielle » des processeurs, une évolution préparée depuis 2010. La bonne perfor-
mance des codes opérationnels dépend désormais de leur capacité à permettre aux calculs de se dérouler en parallèle. Ce portage était
aussi d’une étape en vue de la mise en place de nouvelles versions des différentes applications de prévision numérique du temps. Les arti-
cles qui suivent présentent quelques caractéristiques de ces nouvelles versions, ou bien des exemples des progrès qu’elles permettent.
La fin de l’année 2013 et le début de l’année 2014 ont vu se succéder une série de tempêtes. Tous ces épisodes ont été bien anticipés. Le
chemin parcouru depuis l’hiver 1989-1990, assez semblable, est considérable. Le comportement de la chaîne ARPEGE au cours de cet hiver,
tel que mesuré par différents scores, constitue en soi un résultat qui mérite mention. De façon inédite, le score de référence sur la masse a
progressé (un peu) au cœur de cette période, les nouveaux scores de précipitations aussi, alors qu’une telle situation a, jusqu’ici, donné
une période de mauvaises performances. Cette séquence semble donc valider d’une part la disponibilité d’une quantité inédite d’observa-
tions due à la présence en orbite de trois sondeurs hyper-spectraux infrarouges, tous utilisés par ARPEGE et AROME, d’autre part, près de
huit années de travaux pionniers sur l’association d’un ensemble d’assimilation à l’assimilation variationnelle 4D (4D-Var) de référence.
Modélisation
Préparation de la version 2015 du système de prévision mondial ARPEGE
Une évolution significative du système global tillonnées grâce à la mise en œuvre d’une Cette nouvelle version du système ARPEGE
de prévision ARPEGE est permise par le nou- assimi-lation d’ensemble à 25 membres, améliore les scores des paramètres synop-
veau calculateur de Météo-France, tout en comme le montre un autre article plus loin. tiques, mais également, de manière plus
s’inscrivant dans la priorité donnée aux diffé- L’initialisation, la résolution temporelle de la modeste, les scores de précipitations sur la
rentes versions d’AROME dans la nouvelle fenêtre d’assimilation et le « débiaisage » des France, qui sont un des points forts de ce sys-
répartition du temps de calcul. observations de satellites sont également tème. La figure illustre l’apport de ces évolu-
La résolution horizontale est améliorée, pas- améliorés. tions sur un des épisodes méditerranéens de
sant de 60 à 36 km dans le Pacifique sud et Le nombre d’observations utilisées croît net- fin novembre. La prévision de la nouvelle ver-
de 10 à 7,5 km sur l’Europe de l’Ouest. La tement, avec un doublement de la densité sion, notons-le, a elle aussi été effectuée en
résolution maximale des incréments d’ana- des observations de satellites en entrée de temps réel.
lyse est raffinée de 62 à 50 km. Le découpage l’analyse et l’assimilation de nouvelles obser-
vertical est également plus fin (105 niveaux vations. Pour se limiter à un seul exemple, on 1
au lieu de 70). utilise désormais des canaux de sondage
Les covariances d’erreur de prévision utili- micro-ondes de l’instrument SAPHIR sur
sées dans l’analyse 4D-Var sont mieux échan- Megha-Tropiques.
6 . Rapport Recherche 2014
1
䊴
Précipitations cumulées en 24 h (en mm)
pour la journée du 29 novembre 2014 :
analyse Antilope (au milieu),
prévisions ARPEGE à 72h d'échéance
avec les configurations opérationnelle (en haut)
et par la nouvelle version décrite dans l’article,
prévue pour l’opérationnel début 2015 (en bas).
䊱
Schéma du serveur d’entrées/sorties associé
aux modèles opérationnels de Météo-France en cours
Parallélisation des chaînes de prévision : de fonctionnement sur un calculateur parallèle,
mise en œuvre d’un serveur d’entrées/sorties comptant de nombreux processeurs.
Le nouveau système de calcul intensif utilisé • compactage de ces champs par ces mêmes depuis le mois de juillet 2014. La lecture distri-
par Météo-France depuis 2013 est composé de processeurs ; buée de la même manière est envisageable
deux calculateurs scalaires BULL dotés chacun • écriture des champs compactés dans plu- aussi pour, par exemple, lire les conditions aux
de plusieurs milliers de processeurs scalaires sieurs fichiers (un fichier par processeur dédié limites latérales nécessaires à AROME.
(20 000 cœurs répartis sur 1 000 nœuds). aux E/S).
Dans ces nouvelles conditions, le schéma d’en- Cette approche est indispensable pour attein- 2
trées-sorties (E/S) utilisé par les modèles opé- dre les durées imposées pour réaliser une pré-
rationnels de prévision numérique a évolué vision d’AROME à résolution de 1,3 km.
vers une approche distribuée et asynchrone. Sa mise en œuvre s’est révélée complexe, car
Ce nouveau schéma, appelé "serveur d’en- une donnée jusqu’ici contenue dans un seul
trées-sorties" comprend les étapes suivantes, fichier est désormais dispersée entre plusieurs
illustrées sur la figure : d’entre eux. De nouvelles commandes pour
• récupération des morceaux de champs éta- manipuler ces paquets de fichiers ont aussi été
blis par l’intégration du modèle, puis, pen- créées et elles ont remplacé toutes les com-
dant que cette intégration se poursuit ; mandes habituelles de copie, déplacement et
• reconstitution des champs sur un certain autres partout où celles-ci sont présentes.
nombre de processeurs dédiés distincts de Après un travail important de plusieurs ser-
ceux affectés aux calculs ; vices, ce nouveau dispositif est opérationnel
Rapport Recherche 2014 .7
Les méthodes Le couplage océan-atmosphère entre MERCATOR
stochastiques et AROME pour la prévision des cyclones
pour la modélisation
des processus sous-maille La chaleur contenue dans les couches supé-
rieures de l’océan constitue la principale
ter les phénomènes de sur-intensification cou-
ramment observés dans les systèmes les plus
source d’énergie des cyclones tropicaux intenses et d’améliorer, parfois très sensible-
Actuellement, l’augmentation de la résolution matures. L’évolution de leur intensité est par ment, les prévisions de trajectoires.
des modèles météorologiques repose sur deux conséquent contrainte par le contenu ther- Dans une perspective d’utilisation du modèle
ingrédients essentiels : une meilleure compré- mique superficiel de l’océan qui évolue lui- AROME pour la prévision des cyclones, une
hension et une meilleure modélisation des même fortement au cours du passage d’un configuration AROME-Indien en mode 3Dvar et
phénomènes physiques de méso-échelle (de cyclone. couplage océanique (avec CMO1D) a été mise
quelques dizaines de mètres au kilomètre). Une première étude visant à évaluer l’impact en place. Cette configuration "recherche" est
Les mailles des modèles opérationnels sont du couplage océanique sur la prévision cyclo- utilisée pour évaluer l’apport du couplage sur
pour le moment trop larges pour représenter nique a été menée à partir du modèle ALADIN- les cas de Bejisa (Déc2013-Janv2014) et Hellen
correctement ces phénomènes, qui sont par Réunion. Une collaboration fructueuse avec (Mars-Avril2014). La figure « a » montre l’im-
conséquent dits « sous-maille ». L’ensemble MERCATOR a conduit à la mise en place d’une portance du couplage océanique et du 3Dvar
des processus sous-maille fait l’objet de para- filière d’alimentation temps réel des champs dans le cas de l’analyse du système Bejisa,
métrisations qui varient suivant la résolution océaniques requis par le modèle. La plupart alors que la figure « b » présente les résultats
des modèles. L’idée est de modéliser les pro- des systèmes observés au cours des saisons pour un ensemble de 7 réseaux de prévision.
cessus turbulents sous-maille à l’aide de sys- 2012-2013 et 2013-2014 ont été rejoués en Les sur-intensifications disparaissent dans le
tèmes de particules. activant le couplage océanique 1D disponible cas du couplage océanique.
Les premières expériences ont démontré le via le module SURFEX. Les résultats obtenus
potentiel élevé de cette technique qui donne révèlent que le couplage a un impact significa- 4
accès à la variabilité des processus à l’intérieur tif (et globalement assez positif) sur la prévi-
des mailles d’un modèle. Les particules évo- sion des cyclones. On montre notamment que
luent à des échelles plus fines que celles du le couplage océan-atmosphère permet de limi-
modèle, tout en restant cohérentes, en
moyenne, avec les champs du modèle. A l’ave-
nir, cette technique pourrait permettre de
modéliser l’atmosphère turbulente à fine
échelle sur une aire limitée (autour d’un aéro-
port par exemple), mais également de dévelop-
AROME à résolution de 1,3 km :
per des paramétrisations de la turbulence dernières mises au point
sous-maille plus réalistes et adaptées aux
conditions météorologiques. Le premier semestre de l’année a permis d’ef- produire ces champs, nouveau domaine de
fectuer les derniers réglages de la nouvelle ver- sortie, production plus fréquente de fichiers de
3 sion du modèle AROME, avec sa résolution surface, augmentation de la résolution verti-
horizontale de 1,3 km permise par le nouveau cale de certains champs et enfin quelques nou-
calculateur. La résolution verticale à 90 niveaux veaux champs. Ainsi, par exemple, le taux de
fixée en 2013 présente un niveau le plus bas à dissipation de l’énergie turbulente, pour l’aéro-
5 m et le sommet du modèle est laissé en des- nautique, utile pour estimer le temps de remise
sous de la stratopause. Concernant le noyau en équilibre de l’atmosphère après le passage
dynamique du modèle, des options garantis- d’un avion.
sant la stabilité numérique jusqu’à des pas de Une chaîne AROME-1,3 km fonctionne en
temps de 60 s ont été validées. Une attention temps réel et est évaluée depuis fin juin 2014.
particulière a été portée à la diffusion numé- Les scores ainsi que les études de cas confir-
rique ainsi qu’au schéma d’advection semi- ment une nette amélioration des précipita-
Lagrangien. Ce dernier bénéficie d’une tions, avec comme l’illustre la figure, une
nouvelle formulation qui limite la surestimation diminution du biais positif qui était particuliè-
des courants de densité sous les cellules rement marqué entre 12 et 18 TU (période
convectives. Amener le niveau le plus bas du pendant laquelle a lieu le maximum de précipi-
modèle à 5 m (au lieu de 10 m aujourd’hui) a tations convectives). Le comportement du
permis de simplifier l’interface entre le modèle modèle sur les épisodes Cévenols de cet
de surface SURFEX et l’atmosphère en s’affran- automne est amélioré à l’image de ces scores.
chissant de l’utilisation du module de couche
limite de surface utilisé en opérationnel. En 5
effet, avec un niveau si proche du sol, les occur-
rences de découplage entre l’atmosphère et la
surface conduisant à des températures noc-
turnes trop froides sont très réduites. Un travail
important a aussi été conduit sur les champs
prévus en sortie : nouvelle mécanique pour
8 . Rapport Recherche 2014
䊴
Le modèle en point de grille force le système de particules
sous-maille avec des grandeurs moyennes, notées <V>.
C’est l’étape de descente d’échelle. Les particules évoluent
suivant une dynamique locale
et restituent des grandeurs sous-maille, V’.
䊴
(a) : Vent maximum pour le cyclone Bejisa,
observé (noir) et analysé
par différentes configurations : CEPMMT (rouge),
Arome-Indien en Adaptation dynamique
du CEPMMT (orange), Arome 3Dvar Non couplé (vert)
et Arome 3Dvar Couplé (bleu).
䊴
(b) : Biais (lignes + cercle)
et Ecart-type (pointillés + carré),
par rapport à l’observation, du vent maximum prévu
pour le cyclone Bejisa pour différentes configurations
en fonction des échéances : CEPMMT (rouge),
AROME-Indien Non couplé
en Adaptation dynamique du CEPMMT (orange),
AROME 3Dvar Non couplé (vert),
AROME-Indien couplé en Adaptation dynamique
du CEPMMT (bleu clair)
et AROME 3Dvar Couplé (bleu).
䊴
Biais de la fréquence de dépassement
de seuils des prévisions de précipitations cumulées en 6h
entre le 21 juin et le 2 décembre 2014
pour le seuil de 10 mm/6h en fonction de l’échéance
de prévision à partir de 00TU (AROME opérationnel
(résolution de 2,5 km) en rouge,
nouvel AROME-1,3km en bleu, persistance en vert).
Rapport Recherche 2014 .9
Assimilation
Un cycle d’assimilation Meilleure représentation
de données 3D Var de la dynamique des erreurs de prévision
à fréquence horaire au moyen d’une assimilation d’ensemble
pour AROME de plus grande taille
L’incorporation des observations dans le sys- L’assimilation des observations dans les 12 h TU. On observe en particulier que ces
tème Arome, son assimilation, était jusqu’à modèles de prévision numérique tels portées évoluent de manière sensible en
présent réalisée toutes les 3 heures. Elle peut qu’ARPEGE passe par une bonne description 6 heures sur cette zone, ce qui est lié, entre
maintenant être effectuée avec une période des corrélations spatiales des erreurs de pré- autres choses, au déplacement des zones
horaire. Ceci permet de mieux tirer profit des vision, car celles-ci permettent de spatialiser dépressionnaires.
observations à haute fréquence temporelle : les observations. L’estimation de ces corréla- Des études d’impact indiquent que cette
radars, stations de surface, délai du signal tions repose actuellement sur une assimila- meilleure représentation des corrélations,
GPS reçu au sol et d’autres. Celles-ci sont très tion d’ensemble contenant 6 membres avec l’augmentation de la taille de l’ensem-
informatives aux échelles horizontales (1- perturbés, ainsi que sur une moyenne tempo- ble, permet d’améliorer la qualité des
3 km) résolues par le système. Ainsi, les relle sur les 4 jours les plus récents. Cela per- prévisions. Cette nouvelle version de l’assimi-
observations comprises dans la fenêtre tem- met en effet de disposer au total d’une lation d’ensemble permet aussi de mieux ini-
porelle [H-30 min, H+30 min[ sont combi- centaine de prévisions pour estimer les corré- tialiser les 35 membres de la prévision
nées à une prévision à +1 h issue de lations, qui sont ainsi recalculées une fois par d’ensemble associée au modèle global
l’analyse précédente pour construire l’état du jour. ARPEGE, en lui fournissant 25 perturbations
modèle analysé à l’heure H. Cette analyse Une nouvelle version de l’assimilation d’en- initiales indépendantes.
sert à initialiser une prévision à +1 h qui sera semble ARPEGE a été développée, basée Ces évolutions font partie de la nouvelle ver-
utilisée comme ébauche pour assimiler les notamment sur un ensemble de 25 mem- sion du système ARPEGE qui sera rendue
observations suivantes à l’heure H+1 h, bres, sur une moyenne temporelle des corré- opérationnelle en 2015.
créant ainsi de suite un cycle continu, lations réduite à un jour et demi (au lieu de
horaire, d’assimilation des observations. 4 jours), et sur une mise à jour des corréla- 7
Dans un contexte opérationnel, les prévisions tions toutes les 6 heures (au lieu de 24
longues (jusqu’à +42 h d’échéances) lancées heures).
toutes les 3 h à partir de l’analyse H corres- La figure illustre l’intérêt de la mise à jour
pondante doivent attendre que les condi- plus fréquente des corrélations, au travers
tions latérales fournies par le modèle des variations géographiques des portées
coupleur ARPEGE soient disponibles. Ces pré- horizontales des corrélations, estimées pour
visions sont en mesure de tirer profit de l’in- la journée du 15 novembre 2013 à 06 h TU et
formation analysée aussi à H+1 h. Pour cela,
la prévision lancée avec l’analyse à l’heure H
ajoute les informations de l’analyse de
l’heure H+1 h grâce à un algorithme spécial
de mise à jour progressive (IAU en anglais) : Augmentation de la densité spatiale
l’incrément d’analyse de H+1 h est ajouté par
fraction au cours de l’intégration du modèle
des observations IASI dans les systèmes ALADIN
pendant la période [H+30 min ; H+1 h 30]. pour l’outre-mer
Cette configuration du système AROME-
France permet une amélioration des perfor-
mances du système notamment lors des IASI est un sondeur hyper-spectral infrarouge L'impact sur la qualité des prévisions de
situations météorologiques convectives qui à bord des satellites défilants européen cyclones a été évalué lors des saisons appro-
sont très sensibles aux conditions initiales. Metop-A et Metop-B. Il fournit un sondage priées sur les domaines Réunion et Antilles-
Actuellement en phase de test en parallèle, atmosphérique très précis avec des mesures Guyane. La qualité des prévisions a été
elle devrait devenir opérationnelle début indirectes de profils de températures et d'hu- améliorée, en particulier celle des champs en
2015. midité, à l'intérieur d'un pixel de 12 km au basses couches de vent et d'humidité,
nadir. jusqu'à 24-48 heures d'échéance et ainsi que
6 Après les résultats très positifs de l'assimila- celle du vent en haute troposphère. L’impact
tion à haute densité des données de IASI, est neutre en moyenne sur les prévisions de
dans AROME-France, les efforts se sont por- trajectoire et d'intensité des cyclones. Une
tés sur les quatre domaines ultramarins telle densité d'utilisation des données IASI
couverts par des systèmes ALADIN Outre- ouvre la porte à une assimilation des varia-
Mer (Réunion, Antilles-Guyane, Polynésie, bles nuageuses pour une description réaliste
Nouvelle Calédonie). La densité des observa- des systèmes dans les modèles Outre-Mer.
tions de IASI utilisées dans les 4 assimila-
tions a été accrue de 125 km à 70 km. Afin de 8
permettre un choix pertinent des pixels à
assimiler, tous les pixels sondés par IASI sont
proposés à la sélection, au lieu d'un pixel
sur 8 auparavant. La quantité d'information
venant de IASI utilisée dans ces modèles se
voit multipliée par environ 3,6.
10 . Rapport Recherche 2014
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Schéma logique du nouveau cycle d’assimilation horaire
du système AROME-France (rouge),
et de l’un de ses réseaux de production de l’heure H
avec l’ajout incrémental de l’analyse suivante (magenta)
(valable pour H=00, 06, 12 et 18 UTC)
et du cycle de production du modèle coupleur ARPEGE
(bleu).
7 a b
䊱
Portées horizontales des corrélations d’erreur de prévision du vent vers 300 hPa (9,2 km d’altitude, plages de couleurs, en km), estimées pour le 15 novembre 2013 à 06 h TU (a)
et 12 h TU (b). La portée d’une fonction locale de corrélation est une mesure de son extension spatiale.
䊴
Pression de sommet de nuages
déterminée à partir de IASI,
au cours de la phase de développement
du cyclone Bejisa dans l’Océan Indien,
le 28 décembre 2013 à 06 h TU,
sur le domaine ALADIN-Réunion.
Echelle de couleur en hPa..
Rapport Recherche 2014 . 11
Impact d’une nouvelle Outils et méthodes de valorisation
composante
de perturbation Utilisation des données HyMeX pour la vérification
des conditions initiales des prévisions
dans la prévision
d’ensemble Des observations météorologiques abon- lité, ces données ont permis de mettre au point
dantes sont indispensables pour améliorer les une représentation des incertitudes des condi-
systèmes de prévision numérique du temps, tions de surface dans le modèle, et de mieux
La représentation de l’incertitude à l’instant ini- car elles permettent d’étudier comment les comprendre les interactions entre ces surfaces,
tial est un aspect essentiel d’une prévision innovations, développées dans les systèmes les conditions initiales et latérales.
d’ensemble avec un impact important sur la expérimentaux, influent sur le réalisme de leurs Ces travaux ont permis de développer un sys-
qualité des prévisions à courte échéance. prévisions. Ici, les observations de surface col- tème de prévision d’ensemble de bonne qua-
Deux approches sont couramment utilisées lectées durant la campagne HyMeX ont été uti- lité pour les échéances courtes (environ 1 jour)
pour construire les états initiaux d’une prévi- lisées pour mettre au point le système de sur la France et ses alentours. Les recherches
sion d’ensemble à l’échelle convective sur prévision d’ensemble AROME, qui fournira des continuent pour mieux utiliser les observations
domaine limité : prévisions probabilistes à haute résolution à radar, et pour étudier les phénomènes de pré-
• l’interpolation de perturbations données par partir de 2016. Durant l’automne 2012, ces cipitations intenses sur des périodes couvrant
une prévision d’ensemble globale de plus fai- observations permettent de multiplier par 3 la plusieurs années.
ble résolution. Cette méthode est simple et peu quantité d’informations exploitables sur les
coûteuse mais elle ne permet pas de représen- températures, humidités, vents et précipita- 10
ter l’incertitude initiale dans les échelles tions. Elles sont particulièrement adaptées
fines visées ; pour l’étude des fortes précipitations. Après
• une assimilation d’ensemble. Cette méthode une phase de mise en forme et de contrôle qua-
est plus coûteuse mais elle permet de caracté-
riser l’incertitude initiale à toutes les échelles
résolues par le modèle.
Les essais effectués avec la prévision d’ensem-
ble AROME indiquent un avantage significatif Vers une prévision d’événements extrêmes calibrée
de l’assimilation d’ensemble aux premières
échéances. Ceci confirme la nécessité de repré-
senter l’incertitude à toutes les échelles dès Les systèmes de prévision numérique du Cette calibration s’appuie sur des métriques
l’instant initial. temps présentent des défauts systématiques (ou indices) basées sur les écarts entre la distri-
Dans ce contexte, la possibilité de générer des que la calibration (aussi appelée adaptation bution de probabilité du climat de l’ensemble
perturbations initiales de petite échelle à moin- statistique) corrige en partie. Les modèles sta- et celle de la prévision de l’événement consi-
dre coût a été examinée. La méthode proposée tistiques que l’on met en pratique s’appuient déré en donnant une importance toute parti-
consiste à réaliser des tirages aléatoires de la tous sur un échantillon d’apprentissage. Ces culière aux queues de distribution. Cette
matrice de covariance d’erreur de prévision du derniers se doivent d’être homogènes et de approche améliore la détection des vents
modèle AROME. Cela permet d’obtenir des per- grande taille. Or, en pratique, les constantes extrêmes par la prévision d’ensemble. Autre
turbations dont la structure spatiale est cohé- améliorations apportées aux modèles ne per- résultat, la capacité du système à détecter les
rente avec les équations du modèle, quoique mettent pas de disposer de jeux de données extrêmes se dégrade peu avec l’échéance de
non reliée à la situation météorologique. homogènes de plus d’un an. Cela convient prévision.
Une première évaluation montre que cette pour la correction statistique de paramètres
approche a un impact positif sur les scores pro- reliés à des phénomènes récurrents. Il n’en est 11
babilistes. Cela résulte de la réponse très pas de même en ce qui concerne les extrêmes
courte des perturbations, qui s’organisent rapi- tels, par exemple, les vents forts associés aux
dement en structures cohérentes similaires à plus fortes tempêtes.
celles représentées par une assimilation d’en- Ainsi, dans un premier temps, le climat de la
semble. version actuelle du modèle ARPEGE a été cal-
Cette méthode peut ainsi être une alternative culé. Une version simplifiée de sa prévision
viable avant qu’une assimilation d’ensemble d’ensemble a été construite, le tout en prolon-
ne soit opérationnelle. geant les analyses des 30 années de la ré-ana-
lyse ERA-Interim. Dans un second temps, nous
9 avons testé une calibration très simple de la
prévision probabiliste des vents forts en se
concentrant sur les 50 tempêtes les plus
intenses qui ont traversé la France métropoli-
taine pendant la même période.
12 . Rapport Recherche 2014
a
9
䊴
Dispersion de la prévision d’ensemble AROME à échéance +1 h de la température à 850 hPa,
pour le 8 juin 2014 à 22 h TU. La prévision d’ensemble est initialisée avec :
(a) des perturbations venues de la prévision d’ensemble ARPEGE (PEARP)
interpolées sur la grille AROME,
(b) une assimilation d’ensemble AROME,
et (c) des perturbations aléatoires de la matrice de covariance d’erreur de prévision d’AROME.
Les perturbations aléatoires conduisent rapidement à une dispersion
proche de celle fournie par l’assimilation d’ensemble,
tandis que les perturbations tirées de la PEARP ont besoin de 9 à 12 h,
pour développer des structures de petite échelle réalistes.
b 10
䊱
Réseau d’observation de pluies utilisé pour les études de prévision d’ensemble
durant HyMeX (automne 2012).
11
䊴
Prévision probabiliste
des rafales à 102 h
d’échéance sur le cas
de la tempête
du 27 décembre 1999.
A gauche :
les plages colorées
mesurent l’écart
entre le climat
de l’ensemble
et la prévision
de cet événement.
A droite : les observations
de rafales à 10m
spatialisées observées
les 27 et 28 décembre 1999,
fournies par la Direction
de la Climatologie.
Rapport Recherche 2014 . 13
Projet MISVA : Validation Apport de la grêle
vers des applications des paramétrisations pronostique pour
pour la prévision infrarouge des nuages la prévision d’orages
de glace dans RTTOV
La mousson africaine est ponctuée de L’orage de grêle est un phénomène à la fois
périodes sèches et humides, persistant par- à l’aide de l’A-Train intense et local, qui se joue à des échelles
fois plusieurs jours voire semaines. Leurs sub-kilométriques. Le prévoir constitue un
impacts sur les sociétés sahéliennes sont véritable enjeu, envisageable dès lors que les
souvent dramatiques : une phase sèche peut L’assimilation des radiances nuageuses infra- modèles de prévision numérique atteignent
réduire la sécurité alimentaire de la région, rouge dans les modèles de PNT ne permet pas des résolutions spatiales suffisamment fines.
alors que des pluies particulièrement actuellement de prendre en compte les varia- Le cas d’orage grêligène du 23 juin 2014, qui
intenses et prolongées peuvent conduire à bles nuageuses des modèles. Pour atteindre a produit des inondations subites et d’impor-
des inondations importantes. La compréhen- cet objectif, il est nécessaire au préalable de tants dégâts sur l’ouest toulousain (115 mm
sion et l’amélioration de la prévision de tels valider le modèle de transfert radiatif capable en 2 heures à Colomiers), a été modélisé
évènements sont des enjeux majeurs pour de simuler les radiances infrarouge à partir de avec le modèle Méso-NH à 500 m de résolu-
prévenir et atténuer leurs impacts. paramétrisations des propriétés optiques des tion horizontale, en se focalisant sur la para-
Sur la base de l’amélioration de nos connais- nuages en fonction de ces variables. métrisation de la microphysique des nuages.
sances acquises sur cette variabilité dans le Le CMS participe depuis plusieurs années au L’ajout explicite de l’espèce grêle dans le
cadre du projet international AMMA, nous développement du modèle de transfert radiatif schéma microphysique actuel des modèles
avons développé en collaboration avec le rapide RTTOV pour l’assimilation des radiances Méso-NH/AROME, en plus des autres es-
Sénégal et l’OMP un site web de suivi de la infrarouge et microonde dans les modèles de pèces givrées déjà présentes comme la neige
variabilité intra-saisonnière sur l’Afrique (pro- PNT. Pour les nuages de glace, RTTOV dispose et le grésil, améliore significativement les
jet MISVA : http://misva.sedoo.fr/), fonction- de différentes paramétrisations selon la taille quantités de précipitation au sol, et structure
nant en temps réel durant les 4 mois (juin à et la forme des cristaux. Dernièrement, une une ligne convective plus intense et réaliste
septembre) de la mousson africaine depuis nouvelle paramétrisation unique des proprié- (Figure). La présence de grêle renforce la
2011. Ce site propose des diagnostics des tés optiques des nuages de glace a été intro- dynamique du système convectif dans les
échelles synoptiques à intra-saisonnière et duite. Elle s’appuie sur une base de données basses couches, en augmentant les courants
est aujourd’hui utilisé par les prévisionnistes combinant des formes diverses de cristaux et descendants générés par la fonte de la grêle
africains et de Météo-France. Malgré la très une nouvelle distribution en taille. et l’évaporation des précipitations, ce qui
faible capacité des modèles actuels à prévoir Pour valider cette nouvelle paramétrisation, rend la plage froide sous orage plus intense
les précipitations sur l’Afrique de l’ouest, nous avons comparé des radiances infrarouge et épaisse. La localisation des cellules grêli-
l’utilisation de ces diagnostics basés sur des simulées à partir de profils inversés de contenu gènes et leurs caractéristiques, telles que la
variables plus pertinentes épaisseur équiva- en glace combinant des mesures spatiales des masse de grêle, le nombre de grêlons ou leur
lente du flux de mousson (figure a) ou la instruments actifs de l’A-Train (radar CPR sur énergie cinétique, présentent un bon degré
dynamique barotrope (figure b), permettent CloudSat et Lidar CALIOP sur CALIPSO) à des de réalisme, évalué grâce aux mesures de
d’anticiper l’occurrence des périodes sèches observations « colocalisées » du radiomètre grêlimètres de l’ANELFA. Ces diagnostics,
et humides et les risques d’inondation de infrarouge IIR sur CALIPSO. La figure montre des dont on ne dispose pas avec le schéma
quelques jours à une semaine à l’avance. histogrammes de différence de température de actuel dans AROME, seraient potentiellement
Cette collaboration fructueuse entre cher- brillance entre observations IIR et simulations intéressants pour les professionnels de l’agri-
cheurs et prévisionnistes permet également RTTOV pour les anciennes et la nouvelle para- culture par exemple.
de tester nos théories et de poser de nou- métrisation. La nouvelle paramétrisation est L’étude souligne ainsi l’importance de dispo-
velles questions scientifiques. Elle a permis plus performante avec une distribution plus ser de schémas microphysiques de plus en
d’améliorer les méthodes de prévision et de symétrique, un biais plus proche de zéro et un plus complets dans les modèles de prévision
les illustrer à partir de cas d’étude et ainsi écart-type plus faible. à maille fine comme AROME.
contribuer à l’élaboration du projet interna- Les études entreprises par Météo-France sur
tional Handbook de manuel du prévision- l’assimilation des radiances nuageuses infra- 14
niste ouest africain qui sera publié en 2015. rouge peuvent dès à présent bénéficier de cette
nouvelle paramétrisation.
12
13
14 . Rapport Recherche 2014
a
䊳
Exemple de diagnostics MISVA pour les ondes d’Est
pour le cas d’inondation d’Ouagadougou 2009
(18 h avant l’événement).
(a) : L’épaisseur équivalente du flux de mousson visualise
les poussées de mousson (zones bleues) à l’Est des Thalwegs,
tandis que le vecteur de cisaillement entre 600 et 950 hPa
indique la direction de propagation des systèmes convectifs
et leur degré d’organisation.
(b) : La circulation barotrope permet de détecter les ondes
les plus intenses lorsque la circulation moyennée
dans la couche (950-600 hPa) est fermée,
cyclonique (zones rouges) et intense (isolignes noires d’intensité).
Lorsque les 2 critères a et b sont forts, la situation est propice
à des inondations.
12
Histogrammes des différences de température
de brillance entre observations IIR
et simulations RTTOV pour 26791 profils
de nuage de glace sélectionnés
sur tout le globe pendant deux semaines,
ayant des épaisseurs optiques visibles
comprises entre 0.03 et 4 et dont les pressions
des couches nuageuses sont situées entre 440 et 50 hPa.
Les anciennes paramétrisations sont représentées en vert, b
bleu foncé, violet et bleu clair. La nouvelle paramétrisation
est représentée en rouge. Les moyennes et écart-types a
de chaque distribution sont données en légende.
䊲
13
14
䊳
Taux de précipitation au sol (en mm/h) le 23 juin 2014 à 17:15 TU
(a) : observé par le radar de Toulouse, simulé par Méso-NH avec le schéma microphysique
(b) : sans grêle explicite
et (c) : avec grêle explicite.
Le cercle a un rayon de 50 km autour du radar de Toulouse.
c
Rapport Recherche 2014 . 15
Étude des processus
Les équipes du CNRM-GAME s’investissent fortement dans la compréhension des processus, très en amont des applications. Une meil-
leure connaissance des mécanismes les plus fins qui régissent les phénomènes météorologiques, et leur représentation sans cesse amé-
liorée au sein des outils de modélisation, renforcent constamment la capacité des équipes opérationnelles contribuant à la gestion des
risques ou à l’adaptation aux évolutions climatiques.
Les chercheurs abordent les différents milieux et leurs multiples interactions en s’intéressant tout autant au fonctionnement de la micro-
physique qu’aux structures de grande ampleur. Le lecteur sera sans doute frappé par les échelles abordées, allant depuis l’infime jusqu’à
la planète, et de l’instant éphémère aux tempos de la variabilité du climat.
L’observation, les campagnes de mesure et l’expérimentation nourrissent la connaissance. La modélisation, qui permet d’aborder les plus
fines échelles mais aussi de couvrir la planète toute entière, constitue l’outil d’analyse et de compréhension essentiel. Les modèles numé-
riques sont exploités au maximum de leurs possibilités, comme en témoignent ces approches de "chirurgie numérique" qui permettent
d’entrer dans l’intimité des processus, ou ces expériences de sensibilité sur des reconstructions d’événements passés, qui offrent notam-
ment de puissants arguments pour éclairer nos partenaires et sensibiliser chacun à une nécessaire réduction des vulnérabilités.
En 2014, un éclairage particulier est apporté sur les tempêtes, avec un regard mêlant météorologie dynamique et climatologie. La com-
préhension des mécanismes fondamentaux régissant ces événements à fort impact, tout comme celle des processus climatiques qui en
rythment les enchaînements, guident logiquement ces travaux. La prévision et la prévention des risques en sont la motivation essentielle.
Dans cet esprit, un effort conséquent est apporté par les équipes de Météo-France à la reconstitution des chroniques tempétueuses du
passé, pour mieux nous parler du présent et éclairer le futur.
Enfin, le lecteur pourra retenir la liste des avancées majeures réalisées en mécanique des fluides grâce à la veine hydraulique. Cet équi-
pement de simulation physique a été abondamment exploité depuis sa création pour servir tant la science fondamentale que les applica-
tions pratiques en météorologie. Son arrêt marque une étape et ouvre une nouvelle page pour l’étude des processus !
Compréhension
Impact de la stratosphère sur l’oscillation Nord-Atlantique
La variabilité du vortex stratosphérique mentation originale de « chirurgie numérique » 2
polaire ainsi que celle du jet troposphérique sur le champ de tourbillon potentiel dans la
nord Atlantique sont caractérisées respecti- stratosphère suivie de prévisions nous
vement par différentes phases du Mode stra- apprend que la suppression du vortex polaire
tosphérique Annulaire de l’hémisphère Nord (en fait, la suppression de son tourbillon
(NAM) et de l’Oscillation Nord Atlantique potentiel) facilite la transition vers la phase
(NAO). La phase positive de la NAO est ac- négative de la NAO. Toutefois, ce n’est pas le
compagnée de périodes douces et humides seul mécanisme possible. Une autre série
sur le nord de l’Europe tandis que la phase d’expériences, illustrées par la figure, montre
négative correspond à un jet décalé vers le que l’activité synoptique troposphérique dans
sud amenant plus de précipitations sur le sud le Pacifique joue un rôle important : réduire
de l’Europe. En ce qui concerne les phases du l’amplitude des systèmes synoptiques tropo-
NAM, une phase négative est caractérisée par sphériques, toujours par « chirurgie numé-
une absence de vortex polaire alors qu’une rique » évite la transition autour du 20 janvier.
phase positive du NAM est caractérisée par On explique ce résultat par la manière dont,
un vortex polaire marqué. L’influence de la lors de la phase non-linéaire à la fin de leur 䊱
stratosphère sur la haute troposphère et plus cycle d’évolution, une dépression qui atteint Composite mensuel des cas de télé-connexion Pacifique-Nord
particulièrement du NAM sur les variations l’Atlantique module la NAO à travers la Américaine (PNA) associés à la phase NAO+ (20 mois).
Les plages en couleur représentent l’anomalie de géopotentiel,
des différentes phases de la NAO est un su- manière dont elle redistribue une partie de son
les flèches, un vecteur abstrait, le vecteur E, qui traduit les flux
jet largement débattu depuis une dizaine énergie à son environnement.
d’énergie et de quantité de mouvement des systèmes
d’années. d’échelle synoptique (flèches ; voir l’échelle sous la figure en
Un cas emblématique est la période de janvier- 2 m2.s-2) à 300 hPa (15 km d’altitude environ) pour les mois de
février 2010, marquée par une transition vers novembre à mars entre 1957 et 2002 (ré-analyse ERA-40). Les
la phase négative de la NAO après une très vecteurs E orientés vers l’équateur indiquent que les tour-
longue période de phase positive. Une expéri- billons composant les ondes de Rossby synoptiques sont éti-
rés dans la direction sud-ouest/nord-est, les vecteurs E zonaux
indiquent que les tourbillons sont étirés dans la direction
nord/sud et les vecteurs E orientés vers le pôle indiquent que
les tourbillons sont étirés dans la direction nord-ouest/sud-est.
La couleur des vecteurs indique que leur orientation vers
l’équateur (en rouge) ou le pôle (en bleu) est significative,
avec un seuil de confiance de 70 %.
16 . Rapport Recherche 2014
a 䊴
(a) : Instabilité d'une paire de tourbillons cyclonique et anticyclonique en fluide stratifié-tournant.
L'anticyclone (à droite) est instable vis à vis de perturbations de petite échelle contrairement
au cyclone (à gauche). Les tourbillons sont visualisés par un colorant fluorescent.
(Crédit photo Météo-France/équipe GMEI/SPEA - P. Billant)
䊳
(b) : Carte de trajectoire du cyclone des 20-21-22 mars 1904
autour de l'île de La Réunion.
Document extrait du fonds météorologique
en cours de restauration.
© Archives nationales/Météo-France.
Influence de modes de variabilité de basses fréquences
dans le Pacifique nord-est sur l’oscillation Nord-Atlantique
à travers la propagation en aval d’ondes de Rossby synoptiques
L’Oscillation Nord Atlantique (NAO) caractérise Ce mécanisme dynamique peut expliquer le
la circulation atmosphérique dominante en lien entre la NAO et les modes de variabilité de
hiver sur le bassin Atlantique. La NAO est carac- basse fréquence dans le Pacifique, tels que El
térisée par la latitude du courant-jet sur Niño-Southern Oscillation (ENSO) ou la télé-
l’Atlantique : il est situé à une plus haute lati- connexion Pacifique-Nord Américaine (PNA).
tude lors de la phase positive (NAO+), guidant En effet, l’anomalie atmosphérique de basse
ainsi les tempêtes vers l’Europe de l’ouest. Il se fréquence dans le Pacifique nord associée à Cumuls de précipitations
trouve à une plus basse latitude lors de la ces deux modes de variabilité modifie la propa- le 24 sept. 2012 de 00 UTC à 12 UTC.
phase négative (NAO-), configuration associée gation des ondes de Rossby synoptiques de la Simulations avec initialisation des aérosols
à un temps sec sur l’Europe de l’ouest et même façon (voir figure). par défaut (gauche)
humide sur le bassin méditerranéen. et à partir des analyses MACC (droite),
Comprendre ce qui influence les variations de 3 observations (centre).
la NAO est une question clé pour caractériser et 䊲
prévoir une saison hivernale sur l’Europe.
Un mécanisme a pu être proposé. Il repose sur
3
l’existence d’une anomalie de géopotentiel de
basse fréquence (de grande échelle) dans le
Pacifique nord-est. Celle-ci modifie la propaga-
tion des ondes de Rossby synoptiques au des-
sus de l’Amérique du Nord et en aval,
influençant la NAO via le déferlement de ces
ondes dans l’Atlantique nord. Une anomalie
positive (dorsale) dans le Pacifique réoriente
dans la direction sud-ouest/nord-est les tour-
billons composant ces ondes ce qui favorise la
phase NAO+, alors qu’une anomalie négative
(thalweg) les réoriente dans la direction
nord/sud favorisant la phase NAO-.
Rapport Recherche 2014 . 17
Représentation explicite des interactions aérosols- Rafales de vent
nuages dans le schéma microphysique LIMA convectives au Sahel
Les aérosols atmosphériques jouent un rôle téristiques des nuages et l’effet des aérosols, L’érosion éolienne est un processus à seuil
essentiel dans le développement des sys- LIMA ajoute trois nouvelles variables prono- observé lors des épisodes de vent fort à la
tèmes nuageux, notamment grâce à leur stiques pour les concentrations en nombre surface. Au Sahel, les vents les plus forts cor-
capacité à servir de noyaux de condensation des gouttelettes, des gouttes de pluie et des respondent aux rafales associées aux orages
ou de noyaux glaçogènes, sur lesquels se for- cristaux de glace. et aux lignes de grains (Figure a), et ces phé-
ment respectivement les gouttelettes nua- Pour initialiser les aérosols dans LIMA, une nomènes convectifs sont effectivement res-
geuses ou les cristaux de glace. méthode de couplage aux analyses MACC a ponsables d’une part importante de l’érosion
Le schéma microphysique LIMA a été déve- été mise en place. La figure illustre l’impor- éolienne. La comparaison des vent de sur-
loppé dans Méso-NH pour représenter de tance de cette initialisation réaliste des aéro- face mesurés à plusieurs sites sahéliens avec
manière explicite les interactions aérosols- sols, pour un cas de fortes pluies convectives ceux fournis par des ré-analyses météorolo-
nuages à l’échelle convective. Ainsi, LIMA est observé durant la campagne HyMeX. giques telles ERA-Interim, NCEP-CFSR ou
construit autour d’une représentation pro- LIMA devrait devenir le nouveau schéma MERRA montre que ces dernières ‘ratent’ les
nostique 3D détaillée des aérosols, tenant microphysique de référence à Météo-France rafales convectives qui correspondent à des
compte de la diversité de leurs caractéris- pour les études de processus nuageux et les phénomènes de méso-échelle non résolus et
tiques physico-chimiques (et donc leurs pro- interactions aérosols-nuages. LIMA sera mal pris en compte par les paramétrisations
priétés de nucléation), de leur taille et transféré dans AROME afin d’améliorer la actuelles (Figure a, Largeron et al. 2015). Les
concentration. représentation des nuages dans les prévi- vents des ré-analyses météorologiques, bien
LIMA a été développé dans la continuité du sions du temps. que souvent utilisés comme données d’en-
schéma microphysique ICE3, utilisé dans trée par les modèles d’érosion éolienne, sont
AROME, et représente donc les mêmes 4 donc peu adaptés en zone sahélienne.
classes d’hydrométéores (gouttelettes, pluie, Afin d’améliorer cette situation, nous définis-
petits cristaux, neige, graupel, grêle en sons une paramétrisation de la distribution
option). Afin de mieux représenter les carac- des vents de surface lors des événements
convectifs. Cette paramétrisation s’appuie
notamment sur l’analyse statistique des
vents fournis par les simulations CASCADE
réalisées sur l’Afrique de l’Ouest à résolution
Exploration du profil vertical des propriétés spatiale plus fine, permettant une représen-
microphysiques du brouillard tation explicite de la convection profonde, et
documentant une période de plusieurs
semaines pendant la mousson. La figure b
Pour bien comprendre les interactions entre capteurs fournissant des mesures de granu- montre un exemple de distribution de vitesse
les différents processus mis en jeu au cours lométrie des gouttelettes (Fast-FSSP, CDP et du vent en conditions convectives telle que
du cycle de vie du brouillard (refroidissement Fog Monitor) ainsi que des mesures directes fournie par les simulations CASCADE et resti-
radiatif, turbulence et microphysique) et pour d’eau liquide (PVM-100) et de visibilité tuée par une paramétrisation prenant en
valider les simulations numériques, il est (DF20). compte les taux de précipitation. Nous analy-
nécessaire de mesurer les différents paramè- L’épisode de brouillard de la nuit du 5 au serons ensuite l’influence de quelques varia-
tres sur la verticale. 6 mars 2014 a montré que les propriétés bles supplémentaires (cisaillement de vent,
Un capteur aéroporté CDP (Cloud Droplet microphysiques (eau liquide, concentration indices convectifs), afin de faire évoluer cette
Spectrometer) de Droplet Measurement et diamètres des gouttelettes) suivent des paramétrisation.
Technology (Boulder, CO) a été adapté afin de évolutions bien différentes suivant le niveau
permettre la mesure de la distribution dimen- d’altitude considéré. En particulier ces 5
sionnelle des gouttelettes nuageuses (2 à mesures ont mis en évidence la phase de
50 μm en diamètre) dans toute la couche de croissance quasi-adiabatique des goutte-
brouillard à partir d’un ballon captif. Ce dis- lettes au sommet de la couche du brouillard.
positif a été déployé au cours de l’hiver
2013/2014 lors d’une campagne de mesures 6
à Magescq dans les Landes.
Pour valider les profils mesurés avec le ballon
captif, une tour de surveillance des feux de 䊳
forêts du SDIS 40 a été instrumentée à 3 Vitesse du vent à la surface :
niveaux d’altitude (8, 24 et 42 m) avec des (a) : coupe horizontale durant un orage convectif simulé
avec une Large Eddy Simulation MesoNH
(LES, maille horizontale de 100 m x 100 m) ;
(b) : pour une valeur donnée
de la vitesse moyenne (ligne noire),
comparaison des distributions de vitesse
pour différent taux de pluie (couleurs)
dans les simulations CASCADE (courbes en pointillés)
et avec l’estimation de la paramétrisation
(courbes en trait plein) – on considère
des valeurs moyennes
sur des pavés horizontaux de 70 km x 70 km.
18 . Rapport Recherche 2014
4
䊱
Cumuls de précipitations le 24 sept. 2012 de 00 UTC à 12 UTC.
Simulations avec initialisation des aérosols par défaut (gauche)
5 a
et à partir des analyses MACC (droite), observations (centre).
䊱
Le CDP modifié (haut) et la tethersonde (bas) sous le ballon captif.
Rapport Recherche 2014 . 19
Impact de la micro- La veine hydraulique au cœur
physique nuageuse de la recherche européenne
sur le développement sur les ondes internes topographiques
et le cycle de vie
d’un cyclone tropical Depuis trente ans, l’équipe de la veine
hydraulique du CNRM-GAME réalise des tra-
2008 : visualisations 3D du déferlement
d’ondes de relief avec l’IMFT.
vaux de pointe dans différents domaines tels 2009 : mesures à la fois du champ d’ondes et
L’enjeu face à la menace cyclonique est de que la dispersion de polluant et la cartogra- de la trainée associée sur un relief avec
prévoir à la fois la trajectoire, l’intensité et les phie du vent à fine échelle sur site complexe, University College London.
principales conséquences associées au pas- le sillage de structure en écoulement stratifié, 2011-2012 : expériences sur les différents
sage d’un cyclone sur ou à proximité des ou la turbulence en conditions stables. modes d’interaction d’une dorsale à la base
terres. Si ces dernières années, la prévision de Depuis 2007, l’équipe développe en particu- de la couche de mélange océanique avec
la trajectoire des cyclones a été largement lier des activités de recherche sur les ondes l’OMP/LA.
améliorée, la prévision de leur intensité et des internes générées sur le fond de l’océan par 2013 : expériences sur l’influence des ondes
aléas associés demeure un enjeu scientifique les marées ou à la surface de la terre par le internes dans une couche limite stable avec
majeur. vent. Ces ondes font intervenir des échelles l’université de Wageningen.
L’impact potentiel de la microphysique nua- telles que leur mesure in situ est difficile et 2014 : confirmation de l’existence de bathy-
geuse sur la modélisation des cyclones est que leur représentation explicite dans les métries sans conversion avec le NIOZ, expé-
analysé grâce à des simulations numériques à modèles numériques n’est possible que pour riences sur les marées internes supercritiques
haute résolution d’un cyclone tropical idéalisé des domaines très limités. La simulation phy- sur bathymétrie complexe avec l’université de
avec le modèle de recherche Meso-NH. La sique constitue de ce fait un outil intéressant Stockholm, expériences sur les rotors dans
simulation de référence utilise le schéma pour les étudier, à condition d’être capable une vallée et en aval d’un relief double avec
microphysique ICE3 repris dans le modèle de générer en laboratoire un écoulement stra- les universités d’Innsbruck et de Vienne, le
opérationnel AROME. Il prédit la masse des tifié à grand Reynolds. La veine hydraulique NCAR, et les services météorologiques natio-
particules liquides (eau nuageuse, pluie) et est justement une des seules installations au naux d’Islande et de Croatie.
glacées (cristaux, neige, grésil). Si la phase monde dotée de cette capacité. Les travaux
glace est exclue, le cyclone accélère et est les plus remarquables sont rappelés ci- 8
dévié vers le pôle (Figure a). Si la vitesse de dessous, chacun constituant une première
chute du grésil est diminuée, la pression mini- mondiale.
male au niveau de la mer, marqueur de l’in- 2007 : expériences sur les tourbillons turbu-
tensité du cyclone, est jusqu’à 10 hPa lents pouvant se former en aval d’un relief
supérieure à celle de la simulation de réfé- (rotors) avec l’université de Hanovre.
rence (Figure b). Les hypothèses sur la micro-
physique, en impactant les changements de
phase dans le nuage et donc le bilan de cha-
leur latente, modifient la flottabilité de l’air, et
la circulation radiale puis tangentielle du
cyclone.
Cette étude préliminaire montre l’impact
significatif de la microphysique sur la repré-
sentation numérique des cyclones tropicaux.
Des simulations des cyclones Dumile
(2013) et Bejisa (2014) vont être réalisées
avec un schéma microphysique pronosti-
quant la masse et le nombre des particules
nuageuses, et couplé à un bilan de concentra-
tion en aérosols, source des particules
nuageuses. On pourra ainsi analyser les inter-
actions aérosol-nuage dans les cyclones.
20 . Rapport Recherche 2014
a
䊴
Trajectoire sur 48 heures d’un cyclone tropical
simulé par Meso-NH à 2 km de résolution horizontale
en activant les schémas microphysiques ICE3 (ligne bleue),
ICE3 sans la phase froide (ligne rouge) et ICE3
en diminuant la vitesse de chute du grésil (ligne verte).
䊴
Vue de la grande veine hydraulique stratifiée
du CNRM-GAME.
Rotor (vu de côté, perpendiculairement à l’écoulement)
sous la première crête de l’onde en aval d’une montagne.
La visualisation est obtenue par l’intermédiaire
de particules dans un plan laser vertical.
Le nombre de Reynolds de l’écoulement
est supérieur à 20000.
䊲
Rapport Recherche 2014 . 21
Focus sur les tempêtes passées
Simulations de tempêtes du passé Histoires de tempêtes
par descente d’échelle dynamique réelles ou fictives
à partir d’une ré-analyse Le projet Vimers1 avait pour objectif de mieux
anticiper le risque de submersions marines
Le projet IncREO vise à une meilleure prépara- Deux types de descentes d’échelle ont été en Bretagne. Il vient de se terminer à l’au-
tion et planification des mesures à prendre essayés. Le premier, simple, comprend une tomne 2014 en partenariat avec le SHOM et
en cas de catastrophes naturelles grâce à des interpolation de la ré-analyse suivie d’une le CEREMA.
solutions basées sur l’observation de la prévision avec un modèle plus fin. Les résul- Durant le projet, une analyse météorologique
Terre. tats sur les simulations de surcotes et de d’une douzaine de tempêtes a été réalisée
Dans ce cadre, Météo-France (le CNRM-GAME houle sont ainsi déjà meilleurs que ceux sur la base de documents anciens portant sur
et la Prévision Marine) et les services de obtenus en prenant les ré-analyses brutes la période 1890/1950 (Bulletins Météoro-
météorologie bulgares se sont intéressés aux comme forçage. La seconde procédure com- logiques de l’époque, barogrammes…).
surcotes et aux submersions sur les littoraux bine les informations de plus petite échelle Disponible sous forme d’un rapport d’une
français et bulgares causées par des tem- fournies par la prévision du réseau précédent dizaine de pages par tempête, cette analyse
pêtes historiques. Trente situations ont été et celles de plus grande échelle issues de la décrit très fidèlement la trajectoire et l’inten-
sélectionnées entre 1924 et 2012. ré-analyse interpolée. On constate alors que sité de ces événements qu’il ne faut surtout
Les modèles de surcote et de houle sont les tempêtes les plus creuses et les plus pas oublier.
forcés par des états de l’atmosphère. Pour intenses sont mieux reproduites par la Sur la base d’un échantillon représentatif de
obtenir le meilleur forçage possible, des seconde méthode (voir figure). tempêtes plus récentes (période 1979/
simulations numériques détaillées de ces Ces procédures pourraient être généralisées 2014), nous avons « rejoué » les vagues et les
événements ont été produites en utilisant les à d’autres cas de submersion et de surcotes surcotes marines associées à ces événe-
ré-analyses du CEPMMT. Elles constituent la afin de mieux comprendre ces événements et ments plus connus, en « s’autorisant » à les
meilleure connaissance du temps du siècle ainsi de mieux les prévenir. faire passer au moment de la pleine mer par
passé. Une descente d’échelle reste toutefois vives eaux.
indispensable pour bien représenter les 9 La phase ultime du projet Vimers1 consistait
échelles de la cyclogenèse intense aux lati- à imaginer les conséquences de tempêtes
tudes tempérées. non survenues mais plausibles physique-
ment. Pour les générer, nous avons utilisé
plusieurs simulations extrêmes issues de la
prévision d’ensemble Arpège (PEARP). Dans
certains cas, ces simulations peuvent propo-
Caractérisation des tempêtes historiques ser des tempêtes plus violentes que les tem-
pêtes réellement survenues, avec des
en Métropole trajectoires de la dépression assez diffé-
rentes. Nous avons montré par ce biais, que
pour la situation du 28/02/2010 (Xynthia),
L’action ANTHEMIS coordonnée par la côté). Ce jeu est issu d’un traitement statis- on pouvait obtenir des conditions de vagues
Direction de la Climatologie vise à caractériser tique entre observations anémométriques, et de surcotes encore plus extrêmes, sur cer-
les tempêtes ayant touché la Métropole au paramètres du relief et différents champs du taines portions du littoral breton. Avec la
cours des dernières décennies. Différentes modèle opérationnel AROME, à partir de 2009 même méthode, une situation fictive de
approches méthodologiques complémen- de manière continue mais rejoué en mode vents d’Ouest très violents en Manche per-
taires ont été suivies : observation anémomé- réanalyse évènementielle sur plus de 500 met de générer des vagues et des surcotes
trique, vent géostrophique et réanalyse situations de tempêtes en Métropole depuis extrêmes sur le Golfe de St Malo mais il n’est
atmosphérique. L’objectif final est de mettre à 1980. pas possible à ce stade de leur attribuer une
disposition des diagnostics complets sur ces L’étude a permis de définir et expérimenter durée de retour. Ce sera un des objectifs du
extrêmes climatiques grâce à un site internet des méthodes d’analyse des tempêtes en projet Vimers 2 en cours de montage fin 2014
ouvert au public en 2015. Ce site intégrera terme de critère d’identification, d’extension avec un partenariat élargi.
des pages descriptives sur les tempêtes histo- spatiale, de durée de phénomène et de sévé-
riques des 200 dernières années, la connais- rité. Au final, 146 évènemenents rencontrés 11
sance de la dynamique de ces évènements, au cours des 35 dernières années tels que
leur variabilité climatique, les tendances Lothar et Martin en décembre 1999 ou
observées et les évolutions prévues. Xynthia en 2010 ont été comparés.
En 2014, une étude de caractérisation des La méthode est également applicable en
tempêtes a été menée sur un jeu de données temps réel et permettra en 2015 un gain
original à haute résolution spatio-temporelle important pour la caractérisation à chaud de
sur la France (pas horaire et grille de 2,5 km de ces évènements climatiques extrêmes.
10
22 . Rapport Recherche 2014
9 a b
䊱
10 Pression réduite au niveau de la mer
(surfaces colorées, hPa) obtenue avec la première (a)
et la seconde méthode de descente d’échelle (b)
le 26/12/1999 à 07 h TU.
Les observations (hPa) sont superposées et représentées
par des carrés de couleur.
䊴
Caractérisation des tempêtes majeures en Métropole
sur la période 1980-2013 selon le pourcentage de la surface
du territoire touchée (abscisses), la durée en heures (ordonnées)
et leur sévérité selon l’indice de Lamb (taille des bulles).
En rouge, les 8 tempêtes les plus fortes avec leur date et nom éventuel.
11 䊱
Trajectoire et intensité de la dépression des 8 et 9 janvier 1924, obtenues après expertise de documents ou données météorologiques de l'époque.
Rapport Recherche 2014 . 23
Rejeu de tempêtes Climatologie de l’intensification rapide
passées avec le modèle des cyclones du sud-ouest de l’océan Indien
de surcotes Une étude climatologique a été réalisée en de leur potentiel maximal d’intensification,
lien étroit et privilégié avec les prévision- tandis que davantage de cyclones se com-
La participation de la prévision marine de nistes du CMRS de la Réunion responsables blent rapidement (partie gauche de la distri-
Météo-France au projet Vimers1 a consisté à du suivi cyclonique du sud-ouest de l’océan bution) puisqu’ils sont globalement à des
faire tourner son modèle de surcotes opéra- Indien. L’objet de l’étude est de situer notre latitudes plus sud (océan plus froid), qu’ils
tionnel actuel sur des forçages de vent à bassin sur la scène internationale en lui attri- ont plus de chance de toucher des terres
10 mètres et pression associés à des tem- buant des caractéristiques propres déjà défi- dans notre bassin et sont plus proches de
pêtes passées présélectionnées, forçages nies dans deux autres bassins cycloniques. leur intensité potentielle maximale.
obtenus grâce à des runs du modèle ALADIN, Les 177 systèmes tropicaux analysés sur la On montre aussi que 36,2% de l’ensemble
en descente d’échelle couplée à des ré-ana- période 1999-2014 se répartissent en 3 caté- des systèmes tropicaux (resp. 75,7% des sys-
lyses ERA-INTERIM. gories : 39 dépressions, 64 tempêtes, et 74 tèmes parvenant au stade maximal de
La figure « a » montre les courbes tempo- cyclones (stade maximal atteint par les sys- cyclone) subissent au moins une période
relles de surcote « calculée » par le modèle et tèmes au cours de leur cycle de vie). d’intensification rapide dans leur cycle de
de surcote « observée », à Brest, pour l’évé- L’intensification rapide (IR) peut être définie vie. L’étude a enfin permis de localiser dans
nement tempétueux rejoué du 25 février sur notre bassin comme une variation d’in- le bassin les zones privilégiées d’IR pour
1989. On peut voir que les courbes de sur- tensité strictement supérieure à 13,9 m/s sur chaque catégorie de système (dépression,
cote calculée et observée se ressemblent, le 24 heures, un seuil associé au 95e percentile tempête, cyclone).
modèle surestimant ici néanmoins la surcote de la distribution des changements de
« observée » de 5 à 10 cm (surcote maximale vitesse maximale du vent sur 24 h pour tous 13
calculée de 71 cm, pour 63 cm de pic les systèmes tropicaux évoluant sur mer.
« observé »). Le maximum de surcote de Cette valeur est inférieure au seuil officiel de
pleine mer, aussi bien « observé » que « cal- 15,4 m/s établi sur l’Atlantique Nord par la
culé », voisin de 60 cm, survient le matin du même méthodologie.
25 février (première pleine mer du graphe) et L’histogramme des fréquences des change-
conduit ici à un niveau d’eau maximal de ments d’intensité sur 24 heures est illustré
7.11 m sur l’échelle de marée, c’est-à-dire pour chaque catégorie de système (cf.
0.82 m en-dessous du niveau des Plus Figure). On constate que les tempêtes ont
Hautes Mers Astronomiques locales (PHMA). plus de chance de subir une IR (queue droite
La figure « b » montre le graphe équivalent de la distribution) puisqu’elles sont plus loin
obtenu sur le même événement du 25 février
1989, avec le même forçage de vent et pres-
sion, mais en retardant juste « l’horloge » de
278 heures, de manière à faire coïncider le
maximum de surcote avec la pleine mer de
coefficient 116 du 9 mars 2009. Cette fois la
surcote de pleine mer du 9 mars au soir
(seconde pleine mer du graphe) atteint
68 cm, qui, en coïncidence avec les 7.66 m
de la plein mer de « marée astronomique » de
coefficient 116, conduit à un niveau d’eau
total calculé de 8.34 m sur l’échelle de
marée, excédant donc le niveau PHMA de
0.41 m.
On voit ici comment une même tempête peut
avoir des conséquences extrêmement diffé-
rentes, en terme de submersion, suivant que
son paroxysme (du point de vue de la sur-
cote) survient ou non en phase avec une
pleine mer de fort coefficient, sur les côtes
atlantiques françaises, même dans le cas
d’une surcote certes forte mais non excep-
tionnelle. On a aussi vérifié que, sur cet évé-
nement et dans le cas de Brest, l’interaction
marée/surcote est assez faible, ce qui n’est
pas le cas pour la plupart des sites de
Manche et Mer du Nord par exemple.
12
24 . Rapport Recherche 2014
a
12
䊴
(a) : Graphe temporel de surcote pour Brest
lors de la tempête du 25 février 1989
(comparaison modèle et observation,
la courbe modèle en trait continu rouge,
et avec une courbe de marée du jour représentée
à échelle réduite, en pointillé mauve dessous,
pour localiser le moment des pleines mers et basses mers).
䊴
(b) : Graphe temporel de surcote pour Brest
pour une reconstitution avec la « marée fictive »
du 09 mars 1989, de coefficient 116 décalée de 278 heures,
et les conditions de vent et pression de la tempête
du 25 février 1989 (courbe de la marée fictive « réduite »
en pointillé mauve dessous).
13
䊴
Distribution de fréquence des changements
de la vitesse maximale sur 24 heures
pour chaque catégorie de système
selon leur intensité initiale :
dépressions (Vmax < 17 m/s),
tempêtes (17 m/s ≤ Vmax ≤ 34 m/s),
cyclones (Vmax > 34 m/s),
ou tous systèmes tropicaux confondus.
Rapport Recherche 2014 . 25
Climat
Au cours de l’année 2014, les analyses des simulations climatiques réalisées dans le cadre du projet international CMIP5 se sont poursui-
vies. Cela concerne notamment une étude du rôle respectif des processus physiques et dynamiques sur l’augmentation future de la varia-
bilité inter-journalière et diurne en été et en Europe. Cette année est aussi une année de transition vers les nouvelles configurations des
modèles climatiques qui seront utilisés dans les prochains exercices internationaux. Une première simulation continue de 6 mois sur le sud-
est de la France réalisée avec AROME montre ainsi la capacité de ce modèle à simuler les pluies les plus intenses aux échelles climatiques.
Mais avant l’aboutissement de ces travaux, quelques études se sont aussi focalisées sur la variabilité climatique et la capacité des confi-
gurations existantes des modèles à la simuler, à l’interpréter, voire à la prévoir. C’est notamment le cas pour une étude menée en collabo-
ration avec l’IPSL et récemment publiée, montrant la possibilité de prévoir les variations naturelles de la productivité primaire du
phytoplancton jusqu’à de 2 à 5 ans à l’avance. Une autre étude a permis d’améliorer la représentation des processus de surface liés au cycle
du carbone au-dessus de la forêt amazonienne. Concernant la prévision saisonnière, une étude a exploré l’influence de la taille des ensem-
bles de prévision sur les scores pour différentes variables. Le champ de recherche de la prévision saisonnière s’est d’autre part étendu à la
fois vers les plus petites échelles et, en aval, vers les applications des prévisions, y compris dans un contexte de service climatique.
Les recherches et développement dans le domaine de la climatologie ont porté sur la collecte de données anciennes destinées à alimenter
la reconstruction du climat au cours du 20e siècle préparée par le CEPMMT. Un nouveau jeu de données de températures homogénéisées,
bien plus complet que le précédent, a par ailleurs été produit sur la période de 1950 à 2013. Son analyse permet de conclure à la détection
du réchauffement climatique en France métropolitaine non seulement en moyenne, mais aussi à l’échelle locale sur l’ensemble du territoire.
Dans le domaine de la production climatologique en France, l’application d’une nouvelle méthode d’estimation des extrêmes de précipita-
tions à l’échelle régionale, s’avère supérieure aux méthodes utilisées jusqu’ici.
Modélisation du climat et du changement climatique
Evolution des températures européennes estivales dans la génération CMIP5
des projections climatiques
L’Europe se réchauffe, et cette tendance est incertitudes liées au scénario, au modèle et à la scénario donné, le réchauffement et l’augmen-
particulièrement marquée en été. D’ici 2100, variabilité interne. A noter que, contrairement tation de variabilité sont modulés par la
l’amplitude du réchauffement estival est esti- au réchauffement moyen, l’augmentation de la réponse de la circulation atmosphérique sur
mée entre 0.1 et 8 °C d’après les projections variabilité est spécifique aux étés européens, l’Atlantique Nord, et la réduction de couverture
CMIP5 (Figure). puisqu’elle n’est pas constatée systématique- nuageuse et l’assèchement des sols en Europe.
L’incertitude importante vient d’abord du choix ment dans les autres régions et/ou saisons. Le Les travaux actuels portent sur la mise en évi-
du scénario socio-économique (RCP), puis du réchauffement moyen et, de façon plus margi- dence de liens entre les réponses futures des
choix du modèle de climat, et, dans une moin- nale, l’augmentation de variabilité des tempé- modèles et leur comportement en climat pré-
dre mesure, de la variabilité interne du système ratures contribuent à rendre les vagues de sent, dans un but de contraindre les projec-
que l’on peut apprécier via la réalisation de chaleur plus fréquentes, plus intenses, plus tions par les observations.
simulations d’ensemble. Associée à ce ré- persistantes et plus étendues.
chauffement moyen, les projections futures Réduire les incertitudes associées à ces ten- 2
suggèrent une augmentation des variations (i) dances est donc crucial, notamment pour les
jour à jour et (ii) diurnes des températures esti- études d’impacts. Les recherches menées à
vales européennes, avec là encore de fortes GMGEC ont permis de quantifier comment, à
26 . Rapport Recherche 2014
1
䊱
Coupe temps-altitude de la moyenne zonale
du vent zonal équatorial (5S-5N) Première tentative 3
simulée par ARPEGE-Climat T63
à 91 niveaux verticaux, incluant la paramétrisation des de simulation climatique
ondes de gravité non-orographiques,
et forcé par ERA-Interim. avec AROME
La figure montre la capacité du modèle à simuler
l’Oscillation Quasi-Biennale (QBO).
L’étude des impacts du réchauffement clima-
tique demande une précision spatiale supé-
rieure à celle qu’offrent aujourd’hui les
modèles du GIEC. Avec les modèles ARPEGE à
résolution variable, puis ALADIN, Météo-
France a tenté de répondre à cette demande
depuis le milieu des années 1990. Nous
avons successivement utilisé des résolutions
horizontales de 50 km, 25 km et 12 km à
mesure que les moyens de calcul le permet-
taient. Nous avons ainsi pu décrire avec un
certain succès les caractéristiques du climat
français ou européen et leur évolution possi-
ble dans le cadre d’un réchauffement global.
Cependant ces modèles représentent les
phénomènes de convection, qui produisent
de fortes pluies, par des relations empiriques
plus ou moins complexes qu’on appelle para-
métrisations. Les phénomènes cévenols y
sont représentés très grossièrement (éléva-
tion de la masse d’air par le relief sous la
poussée du flux moyen).
Le modèle AROME, utilisé depuis quelques
années à Météo-France en prévision à court
terme, possède, avec sa résolution de 2,5 km
et ses équations non-hydrostatiques, la capa-
cité à appréhender ce phénomène. La figure
䊴 illustre ceci avec une simulation continue (pas
Moyenne et variabilité des températures européennes une série de prévisions) juillet-décembre
estivales. Gauche : température moyenne. 1994. ALADIN, piloté par la grande échelle
Milieu : variabilité jour à jour. Droite : amplitude diurne. observée sur le bassin méditerranéen, pilote
Pour chaque panel sont tracées les valeurs estimées à son tour AROME sur le Sud-Est de la France. 䊱
sur la période 1979-2008 (observations en jaune, gamme Nous avons retenu les 10 jours les plus plu- Précipitations (mm/jour) moyennes des 10 jours
du modèle CNRM-CM5 en violet, et boîte à moustache vieux, qui, à une exception près, sont les les plus pluvieux de juillet à décembre 1994.
grise pour le multi-modèle CMIP5), et les différences mêmes pour les deux modèles. On voit que si Le critère est la pluie moyenne dans le rectangle rouge.
entre les périodes 2070-2099 et 1979-2008 ALADIN localise grossièrement les zones de A gauche le modèle ALADIN, à droite le modèle AROME.
selon trois scénarios climatiques (boîtes à moustaches précipitation intense, AROME produit des pré-
bleue, verte et rouge pour le multi-modèle CMIP5 cipitations localement plus abondantes. La
en scénario RCP26, RCP45 et RCP85, respectivement,
perspective est de valider ce modèle sur les
avec le modèle CNRM-CM5 en violet). Les changements
20 dernières années, et de simuler un change-
de variabilité sont exprimés en pourcentages par rapport
aux valeurs présentes. La région étudiée, la signification
ment climatique issu du GIEC.
des boîtes à moustaches et le nombre de modèles
utilisés pour chaque ensemble sont indiqués en légende. 3
Rapport Recherche 2014 . 27
Vers une prévision pluriannuelle des fluctuations Représentation
de la production biologique dans le Pacifique des échanges
Équatorial de carbone et d’eau
entre la forêt
Le Pacifique équatorial est l’une des plus À l’aide d’un modèle de climat incluant une
grandes régions de pêche au monde, où plu- représentation simplifiée de l’écosystème amazonienne
sieurs millions de tonnes de poissons sont
capturées chaque année à des fins commer-
marin, nous avons évalué la prévisibilité
potentielle des variations naturelles de la et l’atmosphère
ciales. Ces prises varient fortement d’une NPP dans le Pacifique équatorial observées
année à l’autre, notamment en lien avec les par satellite depuis 1997. Nos résultats mon-
fluctuations climatiques El Niño/La Niña. Lors trent que la capacité de notre modèle à pré- La forêt amazonienne joue un rôle essentiel
des phénomènes La Niña, les eaux pro- voir ces variations atteint 2 à 5 ans, contre dans le système climatique en régulant les
fondes, froides et riches en nutriments, seulement un an pour la température de sur- cycles de l’eau et du carbone à l’échelle de la
remontent à la surface. La production pri- face de l’océan. Même s’il ne s’agit que d’une planète. Elle recycle 25 à 35 % des précipita-
maire du phytoplancton (NPP), base des démonstration conceptuelle réalisée avec un tions qui tombent sur le bassin et contient
chaînes trophiques marines, augmente alors seul modèle, nos résultats ouvrent des pers- 10 % des réserves globales de carbone dans
significativement, ce qui conduit à des stocks pectives jusque-là inexplorées, plaidant pour la végétation. Le biome amazonien absorbe
de poissons importants. A l’inverse, le phé- la mise en place de stratégies de pêche rai- plus de carbone qu’il n’en rejette et constitue
nomène El Niño appauvrit l’océan de surface, sonnée pluriannuelles à partir d’un outil de actuellement un puits de carbone, mais lors
entraînant une diminution drastique de prévision. des deux sécheresses majeures de 2005 et
certains stocks de poissons. Ce stress envi- 2010, ce puits a été fortement réduit. Or, les
ronnemental s’ajoute alors à la pression 4 simulations climatiques réalisées pour le der-
anthropique liée à la pêche. Malgré son nier rapport du GIEC tendent à prévoir pour le
grand intérêt, peu de travaux ont réellement XXIe siècle un allongement et une intensifica-
étudié la possibilité de prévoir les variations tion de la saison sèche, ce qui risque de
pluriannuelles de la NPP, dans la mesure où réduire la capacité de l’écosystème à absor-
l’horizon de prévisibilité des phases El Niño ber du carbone et donc d’amplifier l’effet de
et La Niña est limité à 6 mois/1 an. serre.
Il est donc nécessaire pour un modèle de cli-
mat de représenter correctement les proces-
sus qui interviennent dans les échanges de
carbone et d’eau en Amazonie. Nous avons
évalué le modèle de surface continentale
ISBA_CC du CNRM-GAME en vue de son utili-
sation dans le modèle de climat CNRM-CM6.
La comparaison avec les mesures de cinq
tours de flux du réseau « FLUXNET » et les
résultats de deux expériences d’assèche-
ment artificiel en Amazonie et Guyane fran-
çaise nous ont conduits à modifier la
paramétrisation de l’évapotranspiration, de
la respiration et de la sensibilité de la végéta-
tion au stress hydrique. Le modèle a ensuite
été testé sur tout le bassin en utilisant des
données de débits, des reconstructions
d’évapotranspiration et d’assimilation de car-
bone, ainsi que des observations spatiales
de variations de stocks d’eau et de fluores-
cence chlorophyllienne. Finalement la sensi-
bilité de la paramétrisation d’ISBA_CC au
changement climatique a été explorée avant
une utilisation dans le modèle de climat
CNRM-CM6.
28 . Rapport Recherche 2014
4 䊱
Évaluation des prévisions de 2 à 5 ans pour la productivité primaire (NPP) et la température de surface
de l’océan (SST) sur la période 1998-2008 en terme de corrélation (i.e. où les valeurs positives indiquent
une bonne capacité à prévoir les variations naturelles). Les régions hachurées en vert
montrent les zones de pêche pour une seule espèce de thon sur la période 1991-2011.
Lever de soleil sur la forêt tropicale humide en Guyane française.
Moyennes mensuelles de 2001 à 2004 du flux de chaleur latente (LE) observé (en noir, Goulden
et al., 2004) et simulé par la version de contrôle d'ISBA_CC (rouge) et la version modifiée (vert)
pour le site de Tapajos, km83 (Brésil).
䊲
5
Rapport Recherche 2014 . 29
Prévision saisonnière et climatique
Prévision saisonnière : Descente d’échelle statistique
utilisation pour la prévision saisonnière en Europe
de très grands ensembles
Malgré les progrès constants de la modélisa- Une descente d’échelle simple à résolution
tion, qui profitent également à la représenta- 8km a été développée pour la prévision hydro-
Le caractère probabiliste d’une prévision tion de l’évolution climatique (période passée logique sur la France dans le cadre du projet
météorologique s’accroît au fur et à mesure de et scénarios futurs), les gains mesurés par les EUPORIAS (cf. article EUPORIAS). La Direction
l’échéance. A l’échéance de quelques mois, on scores objectifs pour les prévisions à quelques de la Climatologie, en collaboration avec
ne peut pas se contenter d’une intégration mois d’échéances restent modestes : la prévisi- l’équipe GMME du CNRM, a souhaité tester
unique du modèle, aussi bon soit-il. On bilité saisonnière aux moyennes latitudes est d’autres méthodes, basées sur les régimes de
construit divers « scénarios » supposés équi- en effet limitée. temps. Cette approche vise à exploiter l’infor-
probables et appartenant à une distribution Sur l’Europe, que ce soit en termes de tempéra- mation de grande échelle (ce qui est réellement
probabiliste dont on espère que le temps tures ou de précipitations, les modèles actuels « vu » par le modèle) pour ensuite le traduire en
observé sera une réalisation. La question de la n’apportent finalement qu’une plus-value très impact de fine échelle, connaissant les liens
taille des ensembles, limitée par les ressources limitée par rapport à une information purement statistiques entre la circulation générale et le
de calcul, est une question ouverte. climatologique. Si l’on ajoute à cela une résolu- climat local. Les résultats sur la saison d’hiver
Dans les années 2000 (e.g. projet européen tion faible (de l’ordre de 150 km pour la plupart sont encourageants et ouvrent des perspec-
ENSEMBLES), on considérait que des ensem- des modèles), on comprend les difficultés à tives opérationnelles.
bles de 10 membres étaient un bon compro- développer des applications.
mis. Dans les prévisions en temps réel C’est pourquoi il est nécessaire de développer 7
d’EUROSIP, on en produit 51, mais seulement des descentes d’échelle des prévisions saison-
10 pour les prévisions rétrospectives. La multi- nières. A l’image des adaptations statistiques
plication des processeurs disponibles et la mises en œuvre à courte ou moyenne
capacité d’explorer plus de situations par l’ap- échéance, et des régionalisations des scéna-
plication de perturbations stochastiques nous rios climatiques, leur objectif est de fournir des
ont encouragés à produire, pour les 34 der- données à plus fine résolution, tirant le meil-
nières années, des ensembles de prévisions de leur parti de l’information de grande échelle et
215 membres avec le modèle de Météo-France. cohérentes d’un point de vue climatologique.
En tirant aléatoirement un sous-ensemble
d’une taille donnée, et en répétant l’opération,
on peut estimer ce que nous apporte en termes
de score, mais aussi de précision de score,
l’accroissement de la taille d’un ensemble. La Application à l’agriculture de la prévision saisonnière
figure montre les scores de précipitation tropi-
cale (PT), de géopotentiel 500 hPa sur l’hémi- et évaluation à l’échelle de la France
sphère Nord (ZHN) et d’indice d’oscillation
Nord-Atlantique (NAO). Le comportement est
différent. Les scores de PT sont robustes et se En 2014, un travail de doctorat (Nicolas Canal) En parallèle, des méthodes statistiques de pré-
stabilisent dès 20 membres. Les scores de ZHN en partenariat entre Météo-France et Arvalis- vision basées sur des indicateurs issus du
se stabilisent avec 50 membres et sont assez Institut du Végétal s’est terminé. L’objectif a été modèle de surfaces continentales ISBA-A-gs et
robustes pour pouvoir comparer deux versions d’évaluer comment l’utilisation de la prévision d’observations satellitaires de la végétation ont
du modèle. Les scores de NAO semblent se sta- saisonnière du temps pour forcer un modèle de été évaluées. Le modèle ISBA-A-gs s’est montré
biliser avec 50 membres mais restent très fluc- croissance du blé sur la France permet d’antici- capable de représenter la variabilité interan-
tuants, même avec 100 membres. per l’évolution des variables agro-météorolo- nuelle des productions de céréales et de prai-
giques de cette culture. ries. Le potentiel de prédiction de la fin de leur
6 Les prévisions saisonnières produites pen- cycle de croissance à partir de l’humidité du sol
dant le projet européen ENSEMBLES sur la simulée par le modèle et du LAI satellitaire est
période 1981-2005 ont été utilisées pour ali- généralement plus grand pour les prairies que
menter le modèle de culture Panoramix pour les cultures.
d’Arvalis – Institut du Végétal. Les analyses
ont été conduites sur la prévision des princi- 8
paux stades phénologiques, du bilan hydrique,
et des sommes de température. Il a été montré
qu’un ensemble de scénarios de prévision sai-
sonnière donne de meilleures estimations de
ces variables que l’utilisation d’une méthode
climatologique couramment utilisée en agrono-
mie. Les meilleures prévisions sont générale-
ment obtenues dans le nord de la France. Enfin,
la prévisibilité est rallongée avec une approche
ensembliste de la prévision saisonnière du
temps, par rapport à une approche restreinte à
l’utilisation de la médiane des scénarios four-
nis par le système de prévision.
30 . Rapport Recherche 2014
6
䊱
Prévisions rétrospectives des hivers de 1979 à 2013 : scores de corrélation pour,
de gauche à droite, les précipitations 30°N-30°S (PT),
le géopotentiel 500 hPa 30°N-90°N (ZHN)
et l’indice d’oscillation Nord-Atlantique (NAO).
L’abscisse indique la taille de l’ensemble de prévision.
La courbe noire indique la médiane et les courbes rouges les quantiles 5% et 95%.
Evaluation comparatives des prévisions ensemblistes
de différents stades du cycle de culture du blé réalisées
avec la prévision saisonnière du temps
et une prévision climatologique.
Les prévisions des dépassements de tercile inférieur
et supérieur sont évaluées selon deux types de score
le Brier Skill Score (BSS)
7 et le Receiver Operator Characteristics (ROC).
Un rectangle vert indique que l’utilisation de la prévision
saisonnière donne un meilleur score que l’utilisation
䊱 de la prévision climatologique. Un rectangle orange
Scores de la prévision de température pour Décembre-janvier-février, indique que les différences entre les deux approches
pour le tercile inférieur. En bleu la descente d’échelle est significativement plus ne sont pas significatives. Un rectangle rouge indique
performante que le modèle ARPEGE, en rouge ARPEGE est significativement que l’utilisation de la prévision climatologique
meilleur. En blanc, pas de différence significative. donne un meilleur score.
䊲
8
Rapport Recherche 2014 . 31
Prévision saisonnière Diagnostic
et services climatiques :
le projet EUPORIAS
et détection d’évolution climatique
Un nouveau jeu de référence
La prévision saisonnière est en train de prendre
toute sa place dans le monde des services cli-
pour l’analyse de l’évolution des températures
matiques. En effet, elle apparaît de plus en plus en France depuis les années 1950s
comme la première étape nécessaire à l’adap-
tation aux changements climatiques futurs.
Dans ce contexte, Météo-France participe à Les séries observées ne peuvent pas être direc- sité inégalées. Des séries homogénéisées de
un projet européen entièrement dédié aux tement utilisées pour étudier les évolutions du température sont également disponibles pour
services climatiques : le projet EUPORIAS climat. En effet, les conditions de mesure chan- 3 départements d’Outre-Mer. Le réchauffement
(http://www.euporias.eu), projet qui complète gent au cours du temps, et cela peut provoquer moyen annuel sur la France est d’environ
le projet SPECS lui plutôt tourné vers l’améliora- des ruptures d’homogénéité du même ordre de +0,3°C par décennie sur la période 1959-2009,
tion des modèles de climat. grandeur que le signal climatique : par exem- et s’explique principalement par l’augmenta-
Les principaux objectifs d’EUPORIAS sont : ple, l’amplitude d’une rupture dans une série tion des températures au printemps et en été. Il
• Développer et fournir un système (fiable et de température peut atteindre 1°C, comparable est nettement plus fort que la tendance de
sure) de prévisions d’impacts pour un petit à l’augmentation de la température en France +0.1°C par décennie précédemment établie sur
nombre d’études de cas (soigneusement sélec- au XXe siècle. L’homogénéisation est un traite- tout le XXe siècle, à cause d’une accélération
tionnées). ment statistique qui permet de détecter et de depuis les années 1970.
• Établir et documenter les déficits clés de corriger les biais présents dans les séries de Ces séries homogénéisées seront réguliè-
connaissances et les vulnérabilités des sec- données observées, liés à ces changements, rement réactualisées, afin de proposer un
teurs importants (ex : eau, énergie, santé, pour ne conserver que le signal climatique. diagnostic à jour. Un premier jeu de séries
transport, agriculture, tourisme), ainsi que les En 2013, Météo-France a terminé l’homogénéi- homogénéisées de précipitations sera égale-
besoins d’utilisateurs spécifiques dans ces sation d’un premier jeu complet de séries men- ment disponible fin 2014.
secteurs. suelles homogénéisées de températures,
• Développer un protocole de connaissance depuis les années 50 jusqu’à nos jours. 228 10
partagée nécessaire à la promotion de l’utilisa- séries de température minimale et 251 séries
tion des ces nouveaux produits (y compris l’uti- de température maximale couvrent tout le terri-
lisation des incertitudes). toire métropolitain avec une qualité et une den-
• Établir et documenter la valeur marchande
actuelle des services climatiques en Europe.
Dans ce cadre, Météo-France s’intéresse plus
particulièrement au secteur de la ressource en
eau ainsi qu’à celui de l’énergie sur le territoire
Estimation du changement climatique
métropolitain. Nous poursuivons donc les à l’échelle locale
développements entrepris autour de la prévi-
sion saisonnière hydrologique en travaillant en
collaboration avec des utilisateurs volontaires Le jeu de séries homogénéisées de tempéra- Les résultats obtenus suggèrent que la tempé-
pour nous accompagner sur le projet. Outre ture présenté dans l’article précédent constitue rature moyenne en France a augmenté d’envi-
EDF, partenaire incontournable, nous travaille- un outil précieux pour quantifier le réchauffe- ron 1,5°C +/- 0.5°C entre 1959 et 2009. Ce
rons avec des agences de bassin représentant ment observé au cours des dernières décen- résultat peut également être interprété d’un
différents enjeux, telles que l’établissement nies, à l’échelle locale. point de vue de détection du changement cli-
Public Seine Grands Lacs (bassin de la Seine) et Différentes techniques statistiques peuvent matique. Dans la mesure où l’intervalle de
le SMEAG (bassin Adour-Garonne). être envisagées pour estimer de combien la confiance estimé n’inclut pas la valeur zéro,
Nous avons développé des produits spéci- température moyenne s’est élevée, et l’incerti- les observations sont incompatibles avec la
fiques basés sur les prévisions de débit des tude associée. Une méthode simple et cou- variabilité interne seule, et on peut véritable-
rivières correspondantes. Un travail sur la cali- ramment utilisée consiste à ajuster aux ment parler de changement climatique. Les
bration des prévisions, en regard des données observations une tendance linéaire, et à assi- figures montrent que ce résultat reste vrai
utilisés par nos utilisateurs dans leurs proces- miler la variabilité interne à un bruit blanc en pour chacune des séries de température, indi-
sus de décision, a été réalisé avec en conclu- temps. Les travaux menés pour évaluer la perti- quant que le réchauffement est désormais
sion le choix d’une correction quantile/ nence de cette approche montrent que, pour détectable à l’échelle locale, sur tout le terri-
quantile. Enfin, un protocole particulier et origi- cette variable et cette période de temps, l’utili- toire métropolitain.
nal leur a été proposé pour évaluer l’impact de sation d’une tendance linéaire est raisonnable.
l’utilisation des informations préparées sur En revanche, différents indices suggèrent que 11
leurs processus de décision. Il s’agit d’un proto- la variabilité climatique présente une certaine
cole de type Placebo comprenant la fourniture mémoire, même si elle est limitée. La prise en
de 2 jeux de prévisions, l’un correspondant aux compte de cette propriété élargit les intervalles
prévisions saisonnières et l’autre au Placebo. de confiance d’environ 20%.
Ces données seront testées en « aveugle » par
nos utilisateurs, si possible sur la longueur du
« hindcats » fourni (30 années).
L’ensemble de ce travail devrait déboucher sur
l’évaluation de l’utilité de ces informations et,
au-delà, sur la mise en opérationnel de cette
chaîne de prévision, très attendue dans le
milieu de la ressource en eau mais aussi dans
celui de l’énergie ou encore de l’agriculture, et
des services climatiques associés.
9
32 . Rapport Recherche 2014
䊴
Exemple de prévision
de débit mensuel (en m3/S)
à la station de Gournay
sur la Marne.
En jaune, la climatologie 1979-2007
des débits observés,
en bleu la prévision pour la saison
d'étiage 2007. Les boites
et le trait gras représentent
respectivement l'écart interquartile
et la médiane, les moustaches
correspondent aux min/max.
10 䊱
Augmentation (en °C, échelle de gauche)
et tendance (en °C par décennie, échelle de droite)
de température moyenne calculées à partir des séries
homogénéisées sur la période 1959-2009.
Les cercles noirs indiquent les tendances significatives.
b
11 䊱
Borne inférieure (a) et supérieure (b) des intervalles
de confiance à 95% associés à la carte précédente :
augmentation de la température moyenne (en °C,
échelle de gauche) et tendance (en °C par décennie,
échelle de droite) calculées à partir des séries
homogénéisées sur la période 1959-2009.
Rapport Recherche 2014 . 33
Estimation des valeurs La recherche des observations météorologiques
pluviométriques en altitude pour le projet ERA-CLIM 2
extrêmes à partir de
méthodes régionales Météo-France est impliqué, depuis 2011, radiosondages depuis 1937 (pression, tem-
dans le projet international ERA-CLIM1 , pour- pérature, humidité). Pour ERA-CLIM 2, les sta-
suivi de 2014 à 2016 sous le nom ERA-CLIM tions françaises des régions polaires et
Météo-France assure une production climato- 2. Ce projet, coordonné par le CEPMMT2, vise tropicales, particulièrement recherchées pour
logique de l’estimation des pluies extrêmes à reconstruire les évolutions de l’atmosphère leur position géographique, seront ciblées.
sur l’ensemble des postes de Métropole et tout au long du XXe siècle et à produire un Météo-France y a relevé vingt-deux longues
Outre-Mer pour des pas de temps allant de ensemble de ré-analyses utilisant un modèle séries de vents en altitude, réparties entre les
6 minutes à 10 jours. La méthode utilisée couplé océan-atmosphère. territoires d’outre-mer (depuis 1936) et les
jusqu’à présent s’appuie sur les lois issues de L’engagement de l’établissement dans ce pro- terres australes (depuis 1950). Fin 2014,
la théorie des valeurs extrêmes (Coles, 2001) jet porte sur un méticuleux travail de 1,4 million d’observations de vent en altitude
appliquées aux séries locales sélectionnées recherche, d’inventaire, de numérisation et de ont déjà été insérées dans la base de don-
selon des critères de longueur de séries et de saisie de données d’observations en altitude nées climatologiques de Météo-France.
qualité. antérieures à 1957, inscrit dans le cadre de Une fois numérisées, saisies, contrôlées et
Le projet ANR ExtraFlo d’inter-comparaison l’action Data Rescue. La contribution appor- qualifiées, ces séries de données en altitude
des méthodes d’estimation des valeurs tée par la France se révèle essentielle de par seront utilisées par les systèmes d’assimila-
extrêmes de pluie et débit, a démontré la l’importance et la richesse des archives clima- tion des modèles de ré-analyse du XXe siècle.
supériorité des approches régionales sur les tologiques disponibles pour la métropole,
approches purement locales, en termes de l’outre-mer et les anciennes colonies. 13
justesse et de robustesse. Une première recherche pour la métropole a
Dans le cadre d’un partenariat de recherche, permis de sélectionner quinze longues séries
la Direction de la Climatologie a engagé le por- d’observations de vents en altitude (direc-
tage de la méthode régionale d’estimation tion, vitesse) depuis 1920 et cinq séries de
des extrêmes pluviométriques développée au
pas de temps journalier par le laboratoire
d’Hydro-Sciences Montpellier (Luc Neppel et
Julie Carreau) ainsi que le développement de
son extension aux pas de temps infra quoti-
diens.
L’approche régionale vise à enrichir les obser-
vations d’un site donné, avec l’ensemble des
séries disponibles dans un rayon de l’ordre de
50 km, satisfaisant différents tests d’homogé-
néité. L’échantillon régional indépendant sur
lequel sont calculées les durées de retour est
constitué par tous les épisodes pluvieux de ce
voisinage, normalisés par un « index-value »
propre à leur station d’appartenance. Cette
méthode a été appliquée en 2014 dans le
cadre d’un stage Master sur le territoire du
Grand Lyon et sur une partie des Cévennes.
Les méthodes régionales ont l’avantage de
réduire la variabilité d’échantillonnage en aug-
mentant la taille des observations. Elles amé-
liorent également la fiabilité des quantiles
obtenus en élargissant le domaine spatial.
12
34 . Rapport Recherche 2014
12
䊳
Distribution des fréquences « régionale GEV »,
« locale GEV » et pluies extrêmes observées
en 15MN à la station d’Orange.
䊱
13
Lancer de radiosondage à Mururoa
dans les années 1980.
Tableau d’observations en altitude
à Bora Bora de janvier 1954.
䊳
Rapport Recherche 2014 . 35
Chimie, aérosols
et qualité de l’air
L’année 2014 a été marquée par les travaux de mise en place opérationnelle, à la direction de la production de Météo-France, de la chaîne de
prévision d’ensemble de la qualité de l’air sur l’Europe développée au CNRM dans le cadre du projet MACC. Cette année, des progrès impor-
tants ont aussi été réalisés dans la prise en compte des aérosols, à la fois dans le modèle de prévision de la qualité de l’air, et dans les
modèles utilisés pour les études de variabilité climatique aux échelles globales et régionales. Concernant le modèle de chimie-transport
MOCAGE, un nouveau cycle chimique a été introduit afin d’étudier l’effet des halogènes volcaniques à l’échelle globale, testé sur le cas d’une
éruption de l’Etna. D’autres développements, permettant la prise en compte des aérosols inorganiques secondaires et leurs rétroactions sur
la chimie gazeuse, ont été introduits dans ce modèle.
Concernant les modèles globaux et régionaux de climat, un schéma d’aérosols pronostiques a été introduit montrant la capacité des deux
modèles à reproduire les principales structures spatio-temporelles des épaisseurs optiques des aérosols. Sur le volet des observations, un
élément marquant est la restitution des épaisseurs optiques des aérosols sur de longues périodes grâce au traitement des données du satel-
lite géostationnaire MSG. Par ailleurs, une campagne aéroportée nommée CHemCallnt a été réalisée, permettant une inter-comparaison
d’instruments de mesures chimiques embarquées avec les équipements correspondants installées en surface.
Modélisation atmosphérique 3D des halogènes d'origine volcanique
L’impact des espèces halogénées sur la chimie
atmosphérique reste une source d’incertitude 2
importante, en particulier sur le cycle de a
l’ozone stratosphérique. Les volcans peuvent
contribuer au bilan de ces espèces, mais les
processus d’évolution des concentrations des
différentes espèces d’origine volcanique
demeurent encore mal connus. Des halides
(HCl et HBr) sont directement émis par les vol-
cans, mais, en raison de leur forte solubilité, ils
peuvent être rapidement éliminés de l’atmo-
sphère par la pluie. A contrario, le monoxyde de
brome (BrO), moins soluble, peut être détecté
dans les panaches volcaniques puis transporté
sur de longues distances. b
Dans l’objectif d’étudier l’effet des halogènes
volcaniques à l’échelle globale, le modèle
numérique global 3D MOCAGE a été adapté
pour représenter le cycle chimique produisant
BrO. C’est une avancée importante puisque la
plupart des précédentes études de ce type ont
été réalisées à des échelles seulement locales
à l’aide de modèles 1D. Pour le cas de l’érup-
tion de l’Etna du 10 mai 2008, MOCAGE modé-
lise de façon réaliste un panache de SO2 et de
BrO. La localisation du panache du 11 mai
2008 est légèrement déplacée vers l’ouest à
cause d’incertitudes sur la hauteur du panache c
(cf. figure). Cette première étude a montré l’im-
portance des informations de l’émission
comme le profil vertical du panache, la compo-
sition gazeuse et les quantités émises. Les
simulations avec une résolution régionale ou
globale donnent des quantités de BrO qui sont
très proches. À partir de cette première analyse,
la prochaine étape sera une étude sur une
longue période de temps de l’influence de l’en-
semble des halogènes volcaniques dans l’at-
mosphère.
2
36 . Rapport Recherche 2014
1
䊴
Deux simulations, TRANS et REF ont été réalisées
avec le modèle régional du système climatique CNRM-RCSM
sur le domaine méditerranéen, respectivement avec
et sans évolution temporelle des épaisseurs optiques des aérosols
sur la période 1982-2012. La figure montre une évaluation
des tendances de température de surface de la mer en °C
décennie-1 sur la période, moyennées sur différents domaines
(MED = mer méditerranée, WES = ouest du bassin,
EAS = est du bassin, ADR = mer Adriatique, et AEG = mer Egée)
pour les observations (REY pour la ré-analyse de Reynolds et al.,
la ré-analyse ERA-Interim du CEPMMT, et le jeux de données HadSST
du Hadley Center) et pour les simulations REF et TRANS.
Les aérosols pronostiques dans les modèles de climat du CNRM
Le 5ème rapport du GIEC a souligné l’impor- différents capteurs satellitaires (cf. figure), à du soufre qui génère des aérosols sulfatés. Ces
tance des aérosols au sein du système clima- des climatologies de référence, ainsi qu’aux travaux de modélisation, qui se poursuivront
tique, et les incertitudes encore liées à leur observations du réseau de stations sol AERO- par une évaluation des effets radiatifs des aéro-
modélisation. Dans ce contexte, un schéma NET. sols pronostiques sur le climat global, entrent
d’aérosols pronostiques a été introduit dans les Cette évaluation montre la capacité des deux dans le cadre de la préparation du modèle au
modèles global et régional de climat du CNRM, modèles à reproduire les principales structures prochain exercice du GIEC.
les aérosols étant jusqu’ici prescrits à l’aide de spatio-temporelles de l’épaisseur optique des
climatologies mensuelles d’épaisseur optique. aérosols. Les quelques défauts identifiés 3
Ce schéma, dérivé de celui utilisé dans le seront corrigés en améliorant la représentation
modèle de prévision numérique du temps du des émissions de sels marins, ainsi que le cycle
CEPMMT, décrit les évolutions physiques (émis-
sions, arrachement dynamique des aérosols
naturels, transport, dépôts sec et humide, sédi-
mentation) des principaux aérosols troposphé-
riques (carbone suie, matière organique,
sulfates, poussières désertiques, et sels
marins). L’évaluation de ce schéma a été
menée parallèlement aux échelles globale et
régionale (sur un large bassin méditerranéen),
en s’appuyant sur des simulations climatiques
réalisées respectivement avec CNRM-CM et
CNRM-RCSM, qui partagent le même code
informatique. Les épaisseurs optiques simu-
lées ont été comparées à celles observées par
䊴
Carte représentant la contribution du panache volcanique
3 䊱
du Mont Etna le 11 mai 2008 vers 9h00 UTC environ. 1ère ligne : épaisseur optique totale des aérosols, en JJA (2003-2012) pour les données
(a) : Observations de SO2 par le satellite GOME2. satellitaires MODIS Aqua, la simulation CNRM-CM, et leur différence relative.
Ce sont des colonnes obliques. 2ème ligne : épaisseur optique totale des aérosols (2003-2012) pour la simulation
(b) : Panache volcanique de SO2 modélisé par MOCAGE, CNRM-RCSM, et les instruments satellitaires MODIS et MISR.
en utilisant une résolution régionale (0.5°× 0.5°) et
obtenu en faisant la différence entre une simulation avec
éruption et une autre sans éruption. Ce sont des colonnes
troposphériques. (c) : Similaire à (b) mais pour BrO.
Rapport Recherche 2014 . 37
Introduction des aérosols inorganiques secondaires Télédétection
dans MOCAGE : vers une meilleure modélisation des aérosols
des épisodes de pollution aux particules en France par le satellite
géostationnaire MSG
Les aérosols, particules en suspension dans La figure représente les concentrations
l’air, jouent un rôle important dans un grand moyennes des aérosols inorganiques secon-
nombre de domaines: réduction de la visibi- daires simulées en Europe pour l’année 2010 Un nouveau produit d’épaisseur optique des
lité, influence sur la météorologie et le climat à l’aide du modèle MOCAGE. Les sulfates sont aérosols (AOD) est distribué en temps réel à la
ou encore impact sanitaire. Les aérosols inor- essentiellement présents sur l’Europe de l’est communauté scientifique par le centre ICARE
ganiques secondaires sont formés dans l’at- alors que les nitrates surtout au niveau du de production et de diffusion de données. Le
mosphère à partir des précurseurs gazeux que Benelux et de la vallée du Po. Les ammoniums produit AERUS-GEO (Aerosol and surface
sont le dioxyde de soufre, l’ammoniac et les sont présents en quantité plus faibles et équi- albEdo Retrieval Using a directional Splitting
oxydes d’azotes. Ces aérosols sont composés valentes sur l’ensemble du continent. method – application to GEOstationary data)
de sulfates, nitrates et ammoniums. Ils jouent Ces développements seront utilisés d’une utilise les observations du satellite géosta-
un rôle important, puisqu’ils contribuent en part, dans le cadre des prévisions opération- tionnaire Meteosat Seconde Generation
moyenne à 30% de la masse totale des aéro- nelles de qualité de l’air effectuées à Météo- (MSG) couvrant l’Europe, l’Afrique, une partie
sols dont la taille est inférieure à 2.5 microns, France sur la France et l’Europe et d’autre part, de l’Asie et de l’Amérique du Sud. La méthode
appelés PM2.5. pour réaliser des études, notamment concer- de restitution exploite l’information direction-
Le modèle MOCAGE développé au CNRM est nant le bilan des aérosols dans la zone médi- nelle contenue dans les séries de 96 observa-
un modèle de chimie-transport notamment terranéenne. tions que délivre par jour MSG sur le disque
utilisé pour réaliser quotidiennement des pré- planétaire pour en déduire une estimation
visions de qualité de l’air dans le cadre de la 4 journalière d’AOD. Les performances de ce
plateforme Prev’Air. Récemment des dévelop- produit sont similaires à celles des produits
pements permettant la prise en compte de ces satellitaires AOD les plus connus : MODIS DT
aérosols inorganiques secondaires et leurs (Dark Target), MODIS DB (Dark Blue) ou MISR.
rétroactions sur la chimie gazeuse ont été Il est important de signaler qu’AERUS-GEO
introduits dans MOCAGE. Cela permet d’enri- fournit plus de 10 fois plus d’estimations
chir la représentation des aérosols dans d’AOD que MISR (2 à 3 fois plus que MODIS DT
MOCAGE. et DB), ce qui devrait permettre de fournir de
meilleures estimations d’AOD sur de longues
périodes temporelles. La figure montre des
performances satisfaisantes du produit AOD
proposé quelque soit le type de surface,
contrairement aux produits AOD dérivés de
MODIS.
5
38 . Rapport Recherche 2014
4
䊴
Moyenne annuelle de l’année 2010 des concentrations
en aérosols inorganiques secondaires
et leurs différents composants (sulfate, nitrate et ammonium)
modélisées à l’aide du modèle de chimie transport MOCAGE
sur l’Europe.
䊴
AOD moyenne du 1er Décembre 2012 au 30 Novembre 2013 :
AERUS-GEO (en haut à gauche), MISR (en haut à droite),
MODIS DT (en bas à gauche), et MODIS DB (en bas à droite).
Rapport Recherche 2014 . 39
Transition vers CHemCalInt : Campagne de calibration
la phase opérationnelle et d’inter-comparaison de l’instrumentation
du projet MACC aéroportée de chimie en phase gazeuse
de la communauté nationale
Le projet MACC, volet atmosphère du pro-
gramme européen COPERNICUS, a pour objec-
tif la surveillance et la prévision de la qualité L’exploration de la composition chimique de développés par des laboratoires (ex. MONA
de l’air, à l’échelle du globe et de l’Europe. l’atmosphère par les moyens aéroportés reste pour la mesure de NO, NO2 et NOy, MOZART
Depuis 2010, Météo France est responsable aujourd’hui incontournable car elle permet pour la mesure de CO et d’ozone et SPIRIT
d’une prévision d’ensemble multi-modèles de une description des gradients horizontaux et pour la mesure de CO et NO2) ou sont des ana-
qualité de l’air sur l’Europe et de la mise à dis- verticaux des concentrations des polluants lyseurs commerciaux reconnus ou en tests
position des résultats, au public, sous forme mais reste complexe à cause des conditions (ex. SARA, PICARRO). Ils ont pu être inter-com-
de cartes et données brutes. L’enjeu, cette d’opération extrêmes. parés également avec des équipements ins-
année, était de préparer le passage opération- Afin de pouvoir s’assurer de la cohérence des tallés dans les observatoires de mesure de
nel de cette chaîne de production. mesures et de leur performance une campagne surface survolés.
Quatre jalons principaux marquent cette tran- aéroportée nommée ChemCalInt a été réalisée La communauté scientifique dispose ainsi
sition vers une phase opérationnelle. La mise en mai 2014 avec l’ATR exploité par SAFIRE et la d’un ensemble d’analyseurs aéroportés cohé-
en production de la filière MOCAGE-MACC en participation de nombreux laboratoires fran- rents qui sera un atout majeur pour les futures
mode prévision, forcée par les champs météo- çais (LISA/IPSL, LA, LaMP, LiPhy, LPC2E, LSCE, campagnes.
rologiques du modèle du Centre Européen Mines Douai). A son bord, un dispositif instru-
(IFS) a été effective en juillet 2014. La chaîne mental combinant différentes techniques de 7
d’analyse sera, elle, opérationnelle en décem- mesures optiques, spectroscopiques et de chi-
bre 2014. D’ici la fin de l’année, les différentes miluminescence des principaux photo-oxy-
tâches liées à la récupération des résultats des dants atmosphériques (ozone, CO, NO, NO2,
modèles partenaires, au calcul de l’ensemble NOy) et gaz à effet de serre (CH4, CO2, H2O) ont
et à la fabrication des produits graphiques été installés. Ces équipements ont été soient
seront progressivement passées en mode pré-
opérationnel. Enfin, un important travail est en
cours de réalisation pour la conception du por-
tail d’accès à ces résultats. L’IHM du site de
visualisation a été développé et une démons-
tration en a été faite en septembre lors d’une
évaluation du projet. En ce qui concerne le site
de téléchargement, la définition des métadon-
nées a été finalisée en conformité ISO 19115
(Normes Inspire) et son architecture se base
sur une instance OpenWis.
Sur la base des briques qui se mettent en
place de manière pré-opérationnelle, Météo-
France démontre ainsi sa capacité à accueillir
cette production et pourra se positionner sur la
problématique Atmosphère dans le cadre des
appels d’offre COPERNICUS à venir.
40 . Rapport Recherche 2014
6
䊴
Pages d’accueil du site de visualisation
et du site de téléchargement des données mis en place
dans le cadre du projet MACC.
7 䊱
Le dispositif expérimental à bord de l’ATR.
(Crédit Estelle Tanniou)
䊴
L’ATR42 vu du CRA de Lannemezan
durant un vol d’inter-comparaison
entre l’instrumentation embarquée de l’avion
et l’instrumentation sol.
b Crédit Solène Derrien (LA)
Rapport Recherche 2014 . 41
Surfaces continentales
Dans le domaine de la modélisation des surfaces continentales, l’année 2014 a été consacrée à préparer une nouvelle version de la plateforme de
modélisation des surfaces continentales SURFEX intégrant des avancées scientifiques du modèle de surfaces naturelles ISBA sur la représentation
du sol, de la neige et une meilleure représentation du bilan d’énergie à l’interface sols (nu ou enneigé)-végétation-atmosphère, ainsi que la repré-
sentation de nouveaux processus dans le modèle de ville TEB, avec la prise en compte de l’irrigation et des panneaux solaires par exemple. Cette
version devrait être publiée courant 2015 sous licence libre Cecill C.
La plateforme de modélisation SURFEX est utilisée couplée aux modèles de prévision numérique du temps et de climat de Météo-France, mais aussi
en mode forcé par des analyses ou prévisions météorologiques à la surface. Ainsi, en 2014, dans le cadre du projet européen EURO4M, des simu-
lations SURFEX sur l’Europe forcées par la ré-analyse régionale MESCAN ont été produites sur une période 3 ans. Cet effort sera poursuivi dans le
projet suite UERA afin de produire une ré-analyse des surfaces continentales sur une longue période. SURFEX, et en particulier le modèle hydrolo-
gique ISBA-TOP dédié aux crues rapides des bassins méditerranéens, est aussi utilisé pour évaluer avec le SCHAPI des ensembles de précipitations
prévues par le modèle AROME, en préparation de la mise en opérationnel de la prévision d’ensemble AROME.
Dans le domaine de l’utilisation et de l’élaboration de produits satellitaires pour caractériser les surfaces continentales, de nouveaux algorithmes
de produits albédo et rayonnement ont été conçus, notamment pour tirer parti du nouveau satellite PROBA-V (en remplacement de SPOT-VGT) et
des futurs satellites Sentinel (Figure).
Ré-analyse des propriétés Le projet CHROME :
de surface à échelle fine une prévision d’ensemble hydrologique
sur l’Europe pour une meilleure anticipation des crues rapides
de 2007 à 2010.
Projet EURO4M Le projet CHROME vise à améliorer la Vigilance
Crue et la prévision hydrologique en contexte
à l’ensemble et que la moyenne de l’ensemble
est particulièrement performante. L’évaluation
méditerranéen sur trois bassins cévenols de l’intérêt opérationnel du système de prévi-
Un nombre croissant d’utilisateurs a besoin de connexes : le Gardon, l’Ardèche et la Cèze (500 sion ainsi conçu a été réalisée par le Service de
connaître l’évolution des variables de surface à 2000 km²). Prévision des Crues Grand Delta qui a montré
(sol et paramètres de surface) à échelle fine Il est mené conjointement par le SCHAPI et l’apport des prévisions CHROME tant pour la
(inférieure à 10 km) sur de longues périodes Météo-France et s’appuie sur 4 modèles hydro- Vigilance Crues que pour la production de pré-
(plusieurs décennies). Le projet européen logiques distribués forcés par un ensemble de visions quantitatives des débits.
EURO4M s’inscrit dans l’effort général pour la précipitations AROME. L’expérimentation temps réel a été relancée
constitution de telles séries de données. Les scénarios de précipitations sont générés début octobre 2014, permettant de produire
Météo-France a travaillé en collaboration avec selon une méthode de perturbation en loca- des simulations pour les crues de ce mois.
le service météorologique suédois pour déve- lisation et intensité établie par l’équipe Une évaluation complémentaire sera établie en
lopper un nouveau système d’analyse des GMME/MICADO du CNRM. 2015 en confrontant la prévision d’ensemble
conditions météorologiques près de la sur- La chaîne hydrométéorologique produit un hydrologique avec les débits observés de crues
face à partir du savoir-faire développé dans ensemble de prévision de débits horaires passées.
les deux services depuis de nombreuses jusqu’à 30 heures d’échéance.
années. Météo-France a validé ce système sur En 2013, la modélisation temps réel a été mise 3
la France, puis l’a mis en œuvre à l’échelle de en place et des visualisations graphiques multi-
l’Europe pour produire toutes les données modèles ont été développées.
nécessaires pour alimenter le modèle de sur- En 2014, l’intérêt de l’approche multi-modèle
face SURFEX : température, vent, humidité pour la représentation des incertitudes hydro-
près de la surface, rayonnements solaire et logiques a été vérifié sur 13 épisodes rejoués à
infrarouge incidents, précipitations. SURFEX a partir des pluies observées (ANTILOPE). Le
pu produire de nombreux champs de surface bilan de cette analyse montre que chaque
(température, humidité du sol, couverture nei- modèle hydrologique apporte de l’information
geuse, ...) sur l’Europe à la résolution de
5.5 km de 2007 à 2010 (figure). Les données
ont été validées par comparaison avec des
observations de hauteur de neige et des flux
en différentes stations.
L’objectif pour les années à venir est de pour-
suivre cette activité de ré-analyse en produi-
sant des champs sur 50 ans (c’est l’objet du
projet européen UERRA), d’améliorer la qua-
lité et le nombre de paramètres produits et de
se préparer à contribuer aux initiatives future
du programme européen COPERNICUS dans
ce domaine.
2
42 . Rapport Recherche 2014
1
䊴
Albédos spectraux
directionnel-hémisphériques
PROBA-V à la résolution 300M
générés par la chaîne
de développement.
Il s’agit d’un produit
de synthèse à 20 jours
pour la date du 21 mai 2014
et l’heure de passage
du satellitaire polaire.
2 Densité de débit et de précipitations –
Résultats issus de la simulation en temps réel
pour le 10 octobre 2014
sur le Gardon à Anduze.
䊲
3
䊱
Durée de l’enneigement (en jours), simulée par SURFEX
pour l’hiver 2009/2010 (nombre de jours
où la hauteur simulée est supérieure ou égale à 5 cm.
Rapport Recherche 2014 . 43
Evaluation de l’amélioration des schémas explicites Impact du
multicouches de sol et de neige dans SURFEX changement climatique
sur les agrosystèmes
La modélisation réaliste du manteau neigeux et La validation a été effectuée sur la Sibérie où il
des transferts d’énergie dans le continuum existe un vaste jeu de donnée de hauteur de et les forêts
neige-sol aux hautes latitudes de l’hémisphère neige (186 stations) et de températures dans le
Nord est importante pour la prévision saison- sol (119 stations) sur zones dépourvues de La construction de stratégies d’adaptation de
nière et les projections climatiques. Il est donc végétation. 3 simulations forcées par les ré- l’agriculture au changement climatique dépend
apparu crucial d’améliorer les schémas de sol analyses ERA-interim ont été effectuées sur la de la connaissance des impacts et des incerti-
(DF : sol DiFfusion) et de neige (ES : Explicit période 1979-1993. Les résultats montrent tudes qui leurs sont associées. Dans le cadre
Snow) présents au sein du modèle de surface que la physique du manteau neigeux est de du projet ANR ORACLE, le CNRM a réalisé des
continentale SURFEX du CNRM et d’évaluer leur première importance pour simuler des tempé- simulations de 150 ans (1950-2100) sur la
capacité à modéliser ces processus. Pour le sol, ratures de sol réalistes en hiver alors que la France de la biomasse de divers types de végé-
une discrétisation utilisant 14 couches sur une bonne représentation des températures esti- tation (céréales à paille, prairies, forêts de feuil-
profondeur de 12 m a été adoptée. Les proprié- vales est liée à la prise en compte du carbone lus et de résineux) et du contenu en eau du sol
tés hydrodynamiques et thermiques du sol ont organique du sol. Ces nouveaux schémas associé à chacun des types de végétation.
été affinées grâce à la prise en compte de la seront bientôt évalués dans le modèle de cli- Treize simulations climatiques du 4e rapport
quantité de carbone organique présent dans le mat du CNRM. d’évaluation du GIEC, régionalisées à une réso-
sol (SOC : Soil Organique Carbone). Pour la lution spatiale de 8 km par 8 km, ont été utili-
neige, une discrétisation utilisant 12 couches a 4 sées pour piloter le modèle du système
été préférée à l’ancienne version n’utilisant que sol-plante ISBA-A-gs, sur 191 points de grille
3 couches. La représentation de certains pro- représentatifs des régions agricoles et fores-
cessus clefs du manteau neigeux comme sa tières françaises. Des méthodes statistiques
viscosité, son tassement due au vent, son age ont été employées pour quantifier l’impact du
et son albédo sur les spectres visible et proche changement climatique et l’accord entre
infrarouge ont été améliorés en important et modèles climatiques sur cet impact, entre le
simplifiant des paramétrisations issues du futur proche (FP) (2020-2049), le futur lointain
schéma de neige très détaillé Crocus du CEN. (FL) (2070-2099), et une période de référence
passée (1970-1999).
Partout en France, la durée des périodes de
sécheresse augmente et la durée des périodes
de conditions humides baisse (jusqu’à + ou -
30 j/an en FP). Pour tous les types de végéta-
tion, le début du cycle végétatif et la date du
maximum annuel de LAI sont plus précoces.
Par contre, de fortes disparités régionales
apparaissent pour la phase de sénescence (par
exemple plus précoce dans l’ouest et le sud
pour les feuillus et plus tardive dans l’est),
aussi bien en FP qu’en FL. La durée du cycle est
souvent plus incertaine en FL qu’en FP à cause
de différences entre modèles de climats. Ces
simulations seront étendues à la zone Euro-
Méditerranée et couplées avec un modèle
hydrologique. Les nouvelles simulations du
GIEC seront utilisées pour compléter ce travail.
44 . Rapport Recherche 2014
4
䊴
Distribution spatiale des stations sibériennes de mesures
de hauteur de neige (cercle cyan)
et de températures du sol (triangles de couleur orange),
et comparaison des cycles saisonniers climatologiques observés et simulés.
Les cycles saisonniers journaliers pour la neige et mensuels
pour les températures sont obtenus en moyennant toutes les stations
sur la période 1979-1993. Les températures sont observées à 4 horizons
de sol différents (-20, -80, -160 et -320 cm).
Les observations (Obs) sont représentées en noir,
l’ancienne version du modèle (DF-ES-OLD) en bleu,
la nouvelle version (DF-ES-NEW) en vert, et la prise en compte du carbone
organique présent dans le sol (DF-ES-NEW-SOC) en rouge.
Différences de dates de fin de cycle pour les forêts de feuillus
simulées par ISBA-A-gs, (à gauche) en futur proche et (à droite)
en futur lointain. La taille des symboles est proportionnelle au nombre
de modèles climatiques induisant un impact significatif.
Les triangles indiquent qu’au moins un modèle de climat
génère un impact différent des autres.
䊲
5
Rapport Recherche 2014 . 45
Neige
La recherche sur le manteau neigeux et les avalanches couvre plusieurs thématiques scientifiques, telles que les interactions neige-atmosphère,
l’étude des propriétés physiques de la neige et la télédétection du manteau neigeux, pour lesquelles les contributions de ce chapitre montrent
quelques uns des progrès accomplis cette année.
Les premières simulations du manteau neigeux à haute résolution alimentées par AROME ont été réalisées, montrant notamment leur apport pour
caractériser la variabilité spatiale du manteau neigeux. Une première étude de prévisions d’ensemble du risque d’avalanche basée sur les prévi-
sions d’ensemble ARPEGE (PEARP) a démontré la supériorité de cette approche par rapport à un calcul déterministe, pour des échéances atteignant
4 jours. Les travaux menés ces dernières années sur l’exploitation des images MODIS pour caractériser les propriétés de surface du manteau nei-
geux ont trouvé une application originale au travers de la mise en évidence de l’assombrissement du Groenland, lié à la pollution de la neige de
surface par des aérosols atmosphériques.
Des travaux innovants ont aussi été menés sur le lien entre micro- et macro-échelles concernant les propriétés du manteau neigeux : des techniques
d’homogénéisation ont été appliquées au transport de chaleur et de masse au sein du manteau neigeux, ouvrant la voie à l’amélioration des para-
métrisations des modèles de neige utilisés pour la prévision du risque d’avalanche et la simulation des interactions neige-atmosphère. Durant cette
année, un effort important a été accompli pour porter en opérationnel la chaîne SAFRAN-SURFEX-MEPRA, dont les résultats sont utilisés par les
nivologues de Météo-France depuis fin 2014. Enfin, on notera la participation du CEN au projet international d’intercomparaison des mesures des
précipitations solides SPICE piloté par l’OMM.
1
Homogénéisation du transport de chaleur et de masse dans la neige sèche :
de la description microscopique à la description macroscopique
des phénomènes impliqués
Une fois déposée au sol, la neige forme un échelle (conduction de la chaleur, diffusion L’approche multi-échelle utilisée ouvre de
milieu poreux complexe, principalement de la vapeur, convection forcée et change- nouvelles perspectives pour la modélisation
constitué d’air et de glace et dont la micro- ments de phase). Le modèle macroscopique du manteau neigeux puisqu’elle permet d’ob-
structure ne cesse d’évoluer sous l’effet des résultant est décrit par deux équations de dif- tenir la description macroscopique d’une
sollicitations physiques imposées par son fusion couplées, faisant chacune intervenir couche de neige homogène, à partir de la
environnement. Ces évolutions micro- un terme source qui découle du changement physique et de la structure de la neige
structurelles de la neige impactent fortement de phase à l’échelle des pores. La précision connues à micro-échelle.
l’évolution temporelle de ses propriétés et la robustesse du modèle ont été illustrées
macroscopiques et doivent être prises en par des simulations numériques en 2D. En 2
compte pour une bonne modélisation du outre, cette approche permet de calculer les
manteau neigeux. propriétés effectives associées (tenseurs de
Nous avons ainsi mené une étude théorique conductivité thermique, de diffusion…) à
basée sur la méthode d’homogénéisation par partir de microstructures 3D obtenues
développements asymptotiques à échelles par tomographie. La dérivation du modèle
multiples afin d’obtenir une description macroscopique a de plus confirmé que le
macroscopique du transport de chaleur et de coefficient effectif de diffusion de la vapeur
vapeur dans la neige sèche à partir des phé- n’est pas amplifié dans la neige par rapport à
nomènes physiques intervenant à micro- celui dans l’air.
䊳
Schéma de principe de l’approche utilisée :
la description macroscopique et les propriétés effectives
sont obtenues à partir des lois physiques et de la morpholo-
gie de la neige, connues à micro-échelle.
(a) et (b) Description physique du transport de chaleur et de
masse à micro et macro-échelle.
(c) Image tomographique d’un échantillon de neige.
(d) Estimations numériques de la diffusion effective
de la vapeur à partir d’images tomographiques.
L’extrémité verticale des formes en « T » ainsi que les barres
horizontales représentent les composantes verticales
et horizontales du tenseur de diffusion normalisé.
Les résultats obtenus montrent une nette dépendance
à la masse volumique ainsi qu’une anisotropie marquée
pour certains types de neige. L’ensemble de l’étude
a été réalisée en collaboration avec le laboratoire 3SR.
46 . Rapport Recherche 2014
1
䊱
Site de mesures du Col de Porte (à 1320 m dans le massif de la Chartreuse).
Sont mentionnés les différents capteurs mesurant les précipitations, parmi lesquels figurent
ceux spécifiquement installés pour SPICE (pluviomètres GEONOR 3 capteurs).
a b
c d
2
Rapport Recherche 2014 . 47
Prévision d’ensemble Contribution de la présence d’impuretés
de l’enneigement dans la neige à l’assombrissement du Groenland
et du risque d’avalanche depuis 2009
La prévision du risque d’avalanche résulte L’énergie solaire absorbée par la neige que l’assombrissement est alors lié à la pré-
d’une analyse des conditions d’enneigement, dépend de sa "blancheur" - ou albédo -, qui sence croissante d’impuretés dans la neige.
des prévisions météorologiques pour les jours dépend essentiellement de ses propriétés Les images satellites révèlent par ailleurs des
à venir, et de leur impact combiné sur l’état physiques (regroupées communément sous impuretés "colorées" et non noires comme le
futur du manteau neigeux. La chaîne de le terme « taille de grain ») et de la quantité carbone suie, ce qui indique qu’elles pour-
modèles numériques S2M fournit opération- d’impuretés. raient être constituées de poussières miné-
nellement aux prévisionnistes de Météo-France L’analyse de données récoltées par des satel- rales transportées par le vent depuis des
une estimation objective de l’état passé, pré- lites observant la surface du Groenland a mis zones déneigées de plus en plus précoce-
sent et futur du manteau neigeux incluant sa en évidence que, depuis 2009, la neige de ment.
stabilité mécanique. surface était moins blanche qu’auparavant, Des résultats de modélisation numérique
Les prévisions météorologiques en entrée de tant au printemps que l’été. De précédents révèlent que cet assombrissement printanier
S2M proviennent uniquement du modèle de travaux ont montré que l’assombrissement a pu contribuer à la récente accélération de la
prévision numérique du temps ARPEGE jusqu’à estival représente un maillon d’une "boucle fonte du Groenland. L’augmentation possible
2 jours d’échéance. L’incertitude inhérente à la de rétroaction positive" du système clima- du dépôt d’impuretés dans le futur doit donc
prévision météorologique n’est donc pas prise tique : sous l’effet du réchauffement clima- être prise en compte dans les projections
en compte alors que la forte sensibilité du man- tique, la température de la neige de surface climatiques de l’évolution de l’état du
teau neigeux aux conditions météorologiques augmente, ce qui entraîne un grossissement Groenland et de son effet sur l’élévation du
et de nombreux effets de seuils rendent très des grains de neige. Ce grossissement induit niveau des mers.
difficile la prévision de son évolution. Un tout une diminution de l’albédo et donc une aug- Ces travaux ont été soutenus par les projets
premier système de prévision numérique d’en- mentation de l’absorption de l’énergie solaire ANR Jeune Chercheur MONISNOW, ANR NEEM
semble de l’enneigement et du risque d’ava- par la surface qui amplifie le réchauffement. et EU FP7 COMBINE.
lanches a donc été mis en place utilisant La nouveauté des travaux menés au CNRM-
en entrée de S2M les 35 membres de la pré- GAME (CEN et GMGEC), en collaboration avec 4
vision d’ensemble ARPEGE jusqu’à 4 jours le LGGE, concerne le printemps : cette étude
d’échéance. (Dumont et al., Nature Geosci. 2014) a montré
Les premières évaluations ont été réalisées sur
les Alpes pour l’hiver 2013-2014. Le comporte-
ment du système a également été analysé sur
des événements extrêmes au cours de l’excep-
tionnel hiver 2012-2013 dans les Pyrénées.
Les résultats obtenus montrent que la prise en
Vers une nouvelle chaîne de simulation
compte de l’incertitude de la prévision météo- du manteau neigeux, AROME-SURFEX/Crocus
rologique améliore significativement la
performance et l’utilité de la chaîne de modé-
lisation à toutes échéances, et que la prévi- L’évolution des paramètres physiques et sur l’ensemble des Alpes françaises. Les
sibilité du manteau neigeux avec cette mécaniques du manteau neigeux est gouver- résultats obtenus ont été comparés aux
approche ensembliste reste bonne jusqu’à née par les conditions météorologiques. Il est mesures de hauteur de neige et à une simula-
4 jours d’échéance. Cela autorise, dans un donc primordial de bien prendre en compte la tion utilisant un forçage atmosphérique issu
futur proche, à construire des indicateurs variabilité spatiale de ces conditions en zone des ré-analyses SAFRAN (Fig.). L’utilisation
probabilistes du risque d’avalanches simulé de montagne, pour prévoir les conditions d’AROME permet de mieux représenter la
en support aux activités de prévision opéra- nivologiques et le risque d’avalanche. variabilité intra-massif de l’enneigement,
tionnelle. Actuellement, le système d’analyse et de pré- notamment pour les massifs frontaliers. En
vision SAFRAN fournit les variables météorolo- revanche, la chaîne AROME-SURFEX/Crocus
3 giques nécessaires au modèle de manteau tend à surestimer les hauteurs de neige dans
neigeux SURFEX/Crocus, sur des massifs cli- les Alpes du Nord.
matologiquement homogènes (800 km² en La chaîne AROME-SURFEX/Crocus bénéficiera
moyenne), par pas d’altitude de 300m. Cette de l’arrivée des prévisions d’AROME à 1,3 km
représentation conceptuelle du relief limite la de résolution dès début 2015. L’application
capacité du système actuel à reproduire la de méthodes de descente d’échelle adaptées
variabilité spatiale des conditions nivolo- au relief à ces prévisions permettra de simuler
giques. Les prévisions météorologiques du l’enneigement alpin à une résolution sous-
modèle AROME offrent une alternative à kilométrique.
SAFRAN. Ces prévisions ont été jugées de
bonne qualité en zones alpines pour alimen- 5
ter SURFEX/Crocus. Ainsi, des simulations de
l’enneigement ont été réalisées pour 5 sai-
sons nivologiques (d’août 2009 à juillet
2014) à une résolution horizontale de 2,5 km
48 . Rapport Recherche 2014
a
䊴
Prévision du système de prévision d’ensemble PEARP-S2M
du 13/01/2013 à 06 heures jusqu’à 4 jours d’échéances
en termes d’indice de risque naturel (IRN) d’avalanches
à l’échelle du massif (indice variant de 0 à 8).
Les cartes des Pyrénées (a) fournissent des prévisions
de probabilité de dépassement du seuil 3 pour l’IRN
pour les échéances J+1, J+2, J+3 et J+4. De fortes
probabilités d’événement avalancheux sévère sont prévues
pour plusieurs massifs français à partir de J+3.
De nombreuses grosses avalanches se sont en effet
produites ce jour là entraînant des coupures de route
et d’importants dégâts.
3
䊳
La figure (b) détaille ces prévisions pour le massif du Couserans
avec l’évolution prévue des probabilités de dépassement pour différents seuils
(haut) et le panache des 35 membres de la prévision en termes d’IRN (bas).
Le nombre de membres de prévision au-dessus d’un certain seuil
explique les probabilités calculées. La dispersion entre membres augmente
avec l’échéance comme dans tout système de prévision d’ensemble.
Le tireté noir représente la prévision déterministe et le trait plein noir est la
référence (IRN ré-analysé a posteriori).
b
4
䊴
Évolution de l’albédo vue par les satellites depuis 2003
pour les points élevés (supérieurs à 2000 m d’altitude)
de la calotte groenlandaise. Depuis 2008-2009,
on observe une baisse de l’albédo. Au cours de l’été,
celle-ci est attribuée au grossissement des grains
et à l’élévation de température. Au printemps,
ces travaux ont montré qu’elle est également due
à une plus forte concentration en impuretés absorbantes
dans la neige de surface.
5
a b
䊳
(a) Hauteur de neige (cm)
simulée par la chaîne AROME-
SURFEX/Crocus le 11/02/2013
et (b) différence de hauteur
de neige (cm) entre AROME-
SURFEX/Crocus et SAFRAN-
SURFEX/Crocus le 11/02/2013.
Rapport Recherche 2014 . 49
Océanographie
Les activités d’observation en mer pour les besoins de Météo France et de la communauté scientifique (soutien à la recherche, participation au pro-
gramme inter-organismes CORIOLIS) sont pérennes pour le Centre de Météorologie Marine (CMM). A ce titre le CMM entretient trois bouées
ancrées, plus deux en coopération avec le UK MetOffice. Il gère et diffuse les informations de près de 150 bouées dérivantes dont une centaine dans
l’Atlantique Nord pour le compte d’E-SURFMAR (service opérationnel d’EUMETNET), les autres dans l’Atlantique Tropical et l’Océan Indien.
Une partie des activités de recherche est dédiée à l’amélioration de l’observation en mer pour la météorologie, via le développement instrumental
ou logiciel, et la participation à des programmes scientifiques nationaux ou internationaux.
Les activités de recherche sur les interactions océan-atmosphère concernent l’influence de l’océan sur la couche limite atmosphérique (en particu-
lier l’influence des états de mer sur les flux turbulents) et l’amélioration de la paramétrisation de ces flux turbulents dans les modèles de prévision
numérique du temps (PNT).
Cette année 2014 a été marquée par l’analyse et le contrôle des données HyMeX et spécialement celles des capteurs supplémentaires installés à
l’occasion sur les bouées ancrées méditerranéennes. L’étude de l’impact de l’état de mer sur la simulation d’un événement précipitant intense à
l’aide de simulations à échelle fine Méso NH utilise notamment ces données dans le cadre d’une thèse en cours au CMM.
Impact des vagues Impact de l'état de mer sur la simulation
sur les flux turbulents d'un événement précipitant intense (HyMeX, POI16a)
dans les observations
in situ HyMeX La simulation d’un événement précipitant
intense (EPI) survenu pendant la POI 16a de
lée en fonction de l’âge des vagues, obtenu
grâce aux sorties des analyses du modèle de
HyMeX à l’aide du modèle haute-résolution vagues de Météo-France (MF-WAM) pour la
Pendant la SOP1 d’HyMeX, plusieurs sessions non hydrostatique MesoNH a été prétexte à période de la simulation. La comparaison du
de mesures intensives en mer ont été effec- une étude de sensibilité sur l’impact des flux de quantité de mouvement à la surface
tuées, avec des observations simultanées des vagues sur les flux turbulents. Les vagues, à tra- (figure, le 26/20/2012 à 14 h TU) montre clai-
flux turbulents à l’interface air-mer et des condi- vers la rugosité de surface de l’océan, ont un rement l’impact des vagues sur l’écoulement
tions de mer. Les mesures haute-fréquences impact sur la tension de vent et donc sur les en basses couches qui remonte depuis le nord-
des flux ont été traitées par les méthodes flux turbulents atmosphériques dans les ouest de la Sardaigne vers les côtes du sud-est
d’eddy-covariance (la plus directe) et inertio- basses couches (quantité de mouvement, cha- de la France, et qui correspond aux systèmes
dissipative à l’aide d’un logiciel développé par leur sensible et latente). Il est donc probable convectifs qui ont alimenté l’EPI. Une augmen-
l’IPSL et le MIO-IRPHE. Ce traitement intègre de qu’elles aient un impact sur le champ de vent, tation de 100% du flux de quantité de mouve-
nombreuses corrections et contrôles qualité, et et sur la chronologie des écoulements en ment entraîne ici un ralentissement du vent de
donne accès aux flux de quantité de mouve- basses couches résultant en un EPI. surface de 30% environ.
ment, de chaleur sensible et de chaleur latente, L’étude de cas de la POI 16a qui est bien docu-
qui sont tous les trois proportionnels à la ten- mentée dans le cadre de HyMeX (nombreuses 3
sion de vent. Cette tension de vent est une fonc- observations in situ, plusieurs rejeux) et qui a
tion directe de la rugosité de surface de résulté en plus de 100 mm de cumul de préci-
l’océan, z0, exprimée en mètres, et bien sûr de pitations et 2 morts dans la région de Toulon,
la vitesse du vent. Elle correspond au frotte- s’intéresse à cette question. L’événement est
ment du vent sur la surface, donc au transfert simulé sur une période de 36h, avec une réso-
d’énergie vers la mer qui est à l’origine de la for- lution horizontale de 2.5 km et une configura-
mation des vagues, et au ralentissement du tion identique sauf pour ce qui est de la prise
vent qui en résulte. en compte de l’influence des vagues sur les flux
Plusieurs études sur des jeux de données in turbulents. Dans un premier cas (NOWAV), les
situ, et sur des mesures effectuées en labora- vagues ne sont pas prises en compte. Dans le
toire dans les années 1990, ont montré que second (WAM), la rugosité de surface est calcu-
pour un vent donné, cette rugosité de surface
dépendait assez directement de l’âge des
vagues. Ces observations ont été confirmées
par des modèles physiques. L’âge des vagues
est un paramètre traduisant l’état de dévelop-
pement de la mer du vent et s’exprime comme
le rapport de la vitesse des vagues sur la ten-
sion de vent. Plus les vagues sont rapides par
rapport au vent, plus l’âge des vagues est
élevé. A vent égal, la rugosité de la surface est
plus forte pour une mer jeune (également
qualifiée de plus pentue) que pour une mer
âgée, et c’est bien ce qui est observé sur les
obser-vations de cette campagne HyMeX en
Méditerranée.
2
50 . Rapport Recherche 2014
䊴
Positions et trajectoires des bouées sur
l’Atlantique Nord pour le mois d’août 2014.
䊴
Rugosité adimensionnée de la surface de la mer (s est l’écart type de la hauteur des vagues)
en fonction de l’inverse de l’âge des vagues u*/cp. Les observations correspondant à une mer
du vent pure sont figurées en bleu, celles correspondant à une mer intermédiaire
(incluant de la houle) en noir.
䊳
Comparaison du flux de quantité de mouvement (N m-2)
simulé le 26/10/2014 à 14h TU lors de la POI 16a d’HyMeX,
sans impact de vagues (NOWAV, en haut)
et avec l’impact des vagues de l’analyse du modèle MF-WAM (WAM, en bas).
Rapport Recherche 2014 . 51
Utiliser les courants HYCOM3D Une nouvelle version
pour calculer les dérives en mer du modèle de vagues
Depuis 2012, le service de prévision marine de du signal océanique d’HYCOM pour calculer la Le modèle de vagues de Météo-France,
Météo-France et le SHOM travaillent en parte- dérive. La stratégie de validation est de repro- MFWAM, est une déclinaison du code WAM,
nariat sur l’amélioration de la simulation des duire des trajectoires de bouées dérivantes comme pour le Centre Européen de Prévision,
dérives en milieu marin. Ainsi, le modèle de mises à l’eau dans le Golfe de Gascogne (cam- et utilise depuis quelques années une phy-
dérive MOTHY opéré par les prévisionnistes du pagnes MOUTON 2012 du SHOM). sique développée en collaboration avec
CNP a été interfacé avec les courants prévus Les diagnostics Lagrangiens montrent que les l’IFREMER et le SHOM.
par les maquettes opérationnelles du SHOM courants totaux HYCOM donnent des résultats Le 23 avril 2014, les modèles globaux
(modèle HYCOM). encourageants pour les prévisions des dérives, MFWAM ont été les premiers à assimiler en
MOTHY modélise les courants de surface en notamment pour celles soumises aux courants opérationnel les hauteurs de vagues fournies
réponse au vent, à la pression et aux courants de marée. Un biais relatif aux courants levés par les trois altimètres actuellement en vol :
de marée. Deux solutions ont alors été rete- par le vent est néanmoins mis en évidence, ce Jason-2, Saral et Cryosat-2. Cela permet ainsi
nues. Le premier mode (mode 1) utilise les cou- qui suggère des réglages à investiguer très pro- au modèle MFWAM d’apparaître comme l’un
rants océaniques modélisés par HYCOM chainement. des plus précis dans l’inter-comparaison
comme un courant de « background » à rajou- mensuelle de modèles de vagues globaux
ter à MOTHY. Ceci permet de prendre compte la 4 opérationnels des centres météorologiques,
circulation permanente, ainsi que la signature réalisée par la JCOMM (cf. Figure). En novem-
de processus supplémentaires internes à bre 2014, une nouvelle version du modèle
l’océan (comme par ex. la turbulence 3D, ce MFWAM a été installée sur la chaîne opéra-
que ne représente pas MOTHY). Le second tionnelle, tirant partie des développements
mode (mode 2) utilise directement l’intégralité menés dans le cadre du projet européen
MyWave. Les changements ont porté sur une
bathymétrie améliorée, un meilleur mas-
quage des îles, un nouveau schéma de pro-
pagation, une amélioration de la physique et
Étude de la couche de mélange océanique un ajustement des interactions non-linéaires.
pendant les SOPs HyMeX La validation du nouveau modèle MFWAM
avec les données altimétriques a montré une
amélioration globale de l’écart type norma-
Les interactions air-mer jouent un rôle majeur évidence le rôle important de la dynamique et lisé de la hauteur significative des vagues de
pendant les évènements météorologiques la stratification verticale locales sur les ten- 5%. Cette nouvelle version a aussi permis de
intenses qui touchent fréquemment la région dances de la couche de mélange. La SOP2, en réduire le fort biais sur la hauteur significative
méditerranéenne. La couche de mélange océa- hiver 2013, est caractérisée par la formation des vagues dans l’hémisphère Sud et d’amé-
nique, en contact direct avec l’atmosphère, a d’eau dense dans le golfe du Lion, fortement liorer la tension du vent en surface.
des réponses de petite échelle, rapides et contrainte par les épisodes de vent fort. Le Dès l’an prochain, ce modèle MFWAM servira
intenses sous ces évènements. Les deux cam- modèle est capable de représenter la convec- pour forcer des modèles côtiers, aptes à
pagnes (SOPs) du programme HyMeX consti- tion océanique profonde qui transporte les reproduire la physique complexe des vagues,
tuent un jeu de données sans précédent eaux les plus denses (≥29.11 kg/m3) au fond et en eau très peu profonde.
permettant d’évaluer des simulations océa- vers le Sud-Est, notamment grâce à des struc-
niques à méso-échelle en Méditerranée occi- tures fines (de taille ≤50 km, Figure b). 6
dentale. Prochainement, l’utilisation du système couplé
Forcé en surface par les prévisions à haute- AROME-NEMO sur la Méditerranée occidentale
résolution et à courte échéance (0-24 h) du (WMED) permettra de représenter, d’identifier
système AROME-WMED, le modèle NEMO- et de mieux comprendre les processus couplés
WMED36 (~2.5 km de résolution) permet de en jeu pendant les évènements intenses.
représenter les structures océaniques fines et
leurs variations rapides. Pendant la SOP1, à 5
l’automne 2012, l’alternance entre évaporation
et précipitations intenses en mer contraint for-
tement la salinité, la stratification et donc la
profondeur de la couche de mélange (Figure a).
La simulation océanique permet de compren-
dre les processus en jeu dans la réponse océa-
nique. Elle a notamment permis de mettre en
52 . Rapport Recherche 2014
4
䊴
Ensemble de trajectoires prévues
par les modèles comparé
à la trajectoire réelle d’une bouée
de l’expérience. Les trajectoires
simulées sont en couleur,
celle observée est en noire.
La trajectoire de la bouée démarre
par une étoile
et une nouvelle simulation
de dérive d’une durée
de trois jours est lancée
chaque jour en suivant
son parcours.
a
5 b
䊱
Simulation NEMO-WMED36 : (a) Vent à 10m (m/s) et précipitations (mm/h) dans le forçage AROME-WMED pendant la SOP1 à 4.7°E-42.1°N (haut) et évolution simulée du profil en
salinité (couleur, psu) et de la profondeur de couche de mélange (MLD, contour noir, m) (bas). (b) Profondeur de l’isopycne =29.11kg/m3 (IsoD, m) le 15 Mars 2013. « C » indique la
zone de convection profonde. Les tourbillons de « nouvelle » eau dense sont marqués par des ellipses.
䊴
Ecart type normalisé de la hauteur significative des vagues (en %)
de différents modèles de vagues globaux, en comparaison aux observations de bouées,
pour les mois de juillet à septembre 2014, selon l’échéance de prévision des modèles.
Le modèle MFWAM est indiqué par MTF (Météo France) et ses résultats apparaissent
en tireté mauve à côté de ceux des autres services météorologiques
(CEP, MetOffice, FNMOC, NCEP, DWD...), selon l’inter-comparaison de la JCOMM (OMM/COI).
Rapport Recherche 2014 . 53
Modélisation des vagues par vent fort La prévision d’ensemble
de surcotes
Les vagues générées par des tempêtes ou des des données altimétriques permettant de corri-
cyclones peuvent provoquer des dégâts consi- ger ces erreurs du modèle de vagues est donc
dérables sur les côtes. Le cas du cyclone Bejisa capital pendant la saison cyclonique (voir éga- Estimer au mieux la variabilité des niveaux
au début du mois de janvier 2014 a fait l’objet lement figure b). d’eaux est devenu un enjeu important pour la
de plusieurs bulletins d’alerte rouge sur le phé- Le mois de janvier de cette année a été très VVS (Vigilance Vague Submersion) mise en
nomène de vagues/submersion. Ce cyclone a intense en termes d’activités de tempêtes place depuis octobre 2011, suite à la tempête
connu une intensification rapide et explosive générant de fortes vagues sur les côtes atlan- Xynthia. C’est dans le cadre du projet HOMO-
avec des vents passant en 24 heures de 32 à tiques françaises. Plusieurs alertes de vigilance NIM (Historique, Observation, MOdélisation
95 nœuds (du 29 au 30 décembre 2013). La vagues/submersion ont été émises. Le modèle des NIveaux Marins), qui a pour objectif
trajectoire du cyclone Bejisa est passée à de vagues MFWAM a bien prévu les paramètres d’améliorer les capacités de prévision des
l’ouest de l’île de la Réunion générant des de vagues pour ces évènements. La figure c submersions marines, qu’une prévision d’en-
vagues de hauteur supérieure à 10 mètres (voir montre la bonne concordance des hauteurs semble de surcotes a été développée.
figure a). Les vents en surface de l’océan calcu- significatives des vagues du modèle MFWAM et Pour y parvenir, les paramètres vent et pres-
lés par le modèle atmosphérique ALADIN- de la bouée de Météo-France Brittany. sion de la Prévision d’Ensemble ARPege
Réunion ont été sous-estimés. Par conséquent, (PEARP, constituée de 35 scénarios) vont ser-
le modèle de vagues MFWAM a prévu des hau- 7 vir comme forçage atmosphérique à un
teurs significatives des vagues légèrement plus modèle de surcote. Les sorties des simula-
faibles que celles fournies par l’altimètre SARAL tions concernent une cinquantaine de sites
de passage dans la zone du cyclone, comme en Atlantique et Méditerranée.
l’illustre la figure b. L’apport de l’assimilation Une Interface Homme Machine permet de
visualiser les résultats en chacun de ces sites
sous forme de séries temporelles (cf. Figure),
mais aussi sous la forme de carte de risque
de dépassement de la PHMA (niveau de hau-
teur d’eau des plus hautes mers astrono-
miques, calculé en chaque site) en donnant
les valeurs du quartile supérieur de la hau-
teur d’eau simulée.
Ce nouvel outil devrait permettre au prévi-
sionniste de se faire une idée de l’incertitude
sur la surcote prévue en analysant la disper-
sion des valeurs de surcote selon les diffé-
rents scénarios de la prévision d’ensemble.
Plusieurs études ont été menées : comparai-
son du nouveau modèle de surcote
HYCOM2D à l’ancien modèle de Météo-
France, choix du forçage atmosphérique
(PEARP vs EPS du CEPMMT), et comparaison
avec les résultats issus du modèle détermi-
niste. Une évaluation statistique de la PE de
surcotes est en cours afin entre autres de
mieux évaluer le biais sur certains sites. La
mise en opérationnel de cet outil est prévue
en 2015.
54 . Rapport Recherche 2014
a b
7
䊱
(a) : Carte des hauteurs de vagues produites
par le nouveau modèle MFWAM le 4 janvier 2014
à 3 :00. La trace du satellite SARAL est indiquée
avec des carrés.
(b) : Variation de la hauteur significative des vagues
le long de la trace de SARAL le 4 janvier 2014 à 3:00 (UTC).
Les courbes rouge, bleue et noir indiquent
respectivement les hauteurs significatives des vagues
de l’altimètre SARAL, du nouveau modèle MFWAM
avec et sans assimilation.
䊴
(c) : Série temporelle de la hauteur significative
des vagues pendant le mois de Janvier 2014.
Les courbes bleue, rouge et noir indiquent
respectivement les hauteurs de vagues
de la bouée Brittany et du modèle MFWAM
avec et sans assimilation des données altimétriques.
䊳
Graphe temporel de prévision d’ensemble de surcote
pour Le Conquet lors de la tempête Petra du 4 février 2014.
Utilisation de la PEARP comme forçage et de l’ancien modèle
de surcote de Météo France (MF). L’observation de la surcote
est indiquée par la courbe en trait continu rouge,
alors que la PE de surcotes est affichée sous la forme
de boîtes à moustache.
NB : la boîte à moustache permet de représenter une distribution
de valeurs sous forme simplifiée avec la médiane (trait gras noir),
une boîte bleu s’étendant du quartile 0.25 au quartile 0.75,
et des moustaches qui s’étendent par défaut jusqu’à la valeur
distante d’au maximum 1.5 fois la distance interquartile, les valeurs
restantes dites « anormales » sont représentées par un cercle.
Rapport Recherche 2014 . 55
Techniques, campagnes
et produits d’observation
L’année 2014 a été très chargée pour l’Unité Mixte de Service SAFIRE. Opérant des avions de recherche en environnement pour Météo-
France, le CNRS et le CNES, elle a participé à plusieurs campagnes de mesure dans le cadre du grand programme scientifique CHARMEX,
et volé de nombreuses heures pour le compte du programme HAIC qui vise à améliorer la sécurité aérienne et qui impliquait les grands
acteurs de l’aviation que sont l’EASA, la FAA, Boeing et Airbus.
Des améliorations ont été apportées à l’exploitation des données opérationnelles. La présence de deux radars météorologiques à La
Réunion a été mise à profit par la mise au point d’une technique de restitution de champs tridimensionnels de réflectivité adaptée aux
spécificités locales. Un travail a été conduit pour étendre l’analyse horaire CARIBOU des conditions de basse visibilité au domaine mari-
time intéressant la Marine.
De nouvelles techniques de mesure expérimentales ont été mises au point. Une nacelle de mesure de la turbulence sous ballon a été vali-
dée. Elle devrait devenir un outil de référence pour l’étude de la turbulence atmosphérique. Le système de double ballon libre permettant
la récupération des charges utiles a été exploité pour valider un capteur innovant de chimie atmosphérique développé par le laboratoire
GSMA de Reims.
Les techniques de mesure expérimentale prennent leur sens au sein des programmes de recherche. L’année 2014 aura été l’occasion de
réaliser à Toulouse le troisième et dernier volet du programme EUREQUA sur la qualité environnementale des quartiers urbains. Avec une
importante participation des sociologues, EUREQUA possède un caractère multidisciplinaire très marqué. Une étude exploitant des don-
nées spatiales a par ailleurs été conduite dans le cadre du programme TROPICO sur l’impact de la convection sur la variabilité de la vapeur
d’eau dans la basse stratosphère.
HAIC/High IWC : Etude des cristaux de glace en haute altitude
pour améliorer la sécurité aéronautique
Depuis les années 1990, on observe que des Après plus de 70 heures de vols, l’analyse
incidents de réacteurs d’avion et des anoma- des mesures permettra de mieux comprendre
lies dans les mesures de vitesse aérodyna- les phénomènes de formation de cristaux de
miques et de température se produisent à glace et ainsi d’améliorer la détection et l’évi-
haute altitude et basse température, et n’ont tement des zones où se produisent ces phé-
pas pour cause le givrage classique déjà pris nomènes. Néanmoins, d’autres heures de
en compte dans le cadre des règles de certifi- vols sont planifiées l’an prochain pour contri- Trajectoire du Falcon 20 lors d’un vol scientifique
cation des avions. L’étude approfondie des buer à l’évolution des standards de certifica- à l’ouest de Darwin, Australie
propriétés des cristaux de glace et des gout- tion des avions et de leurs équipements. (vol effectué le 23/01/2014).
telettes d’eau surfondues dans l’atmosphère (Source NASA LARC par INSU)
s’avère ainsi de première importance pour la 2 䊲
sécurité aéronautique. Les projets HAIC &
High IWC, financés par l’Union Européenne,
l’EASA & la FAA et coordonnés par Airbus et la
NASA ont comme objectifs de contribuer à la
révision des normes aéronautiques de défini-
tion de l’atmosphère à haute altitude, d’étu-
dier les propriétés des zones à fort contenu
en glace des nuages convectifs et de contri-
buer aux développements technologiques
d’instruments de détection et d’évitement de
ces zones dangereuses.
Ainsi, de janvier à mars 2014, une campagne
expérimentale aéroportée basée à Darwin
(Nord de l’Australie) a impliqué le Falcon 20
exploité par SAFIRE, avec l’expertise des
laboratoires français LaMP/OPGC et LAT-
MOS/IPSL. Le Falcon 20 était équipé de
radars 95GHz qui permettait d’étudier les
propriétés des zones à fort contenu en glace
des nuages convectifs et de nombreuses
sondes in situ innovantes qui permettait
d’étudier les processus microphysiques qui
se produisent dans ces zones.
2
56 . Rapport Recherche 2014
1
䊱
Dispositif instrumental déployé pendant 3 ans au Cap Corse (jusqu’à juillet 2014)
dans le cadre du programme CHARMEX-MISTRALS.
GLAM : Une campagne a
pour mesurer
le gradient zonal
de constituants chimiques
au-dessus de la mer
Méditerranée
Dans le cadre du vaste chantier CHARMEX-MIS-
TRALS, le projet GLAM (Gradient in Longitude of
Atmospheric constituents above the
Mediterranean basin) vise à décrire finement la
répartition des polluants au-dessus de la
Méditerranée d’est en ouest, y-compris vertica-
lement. SAFIRE a mis à disposition du projet
son Falcon 20 pour 5 jours de mesures entre
Francazal et Larnaka (Chypre) en alternant les
mesures sur le trajet à des altitudes comprises 䊱
3 b
entre 4 000 m et 12 000 m, et des sondages (a) : Le Falcon 20 décolle
verticaux descendant jusqu’moins de 100 m « long » car particulièrement
au-dessus de la mer. Du 6 au 10 août 2014, un rempli pour cette mission
équipage de 7 personnes a donc accompli plus atypique. (Crédit SAFIRE/
de 24 heures de vol scientifique, en 8 trajets. J.-C. Canonici)
Cette expérience constitue pour SAFIRE une
première très originale puisqu’elle s’est dérou-
lée sans le soutien d’une base-appui pour l’ins-
trumentation scientifique ou le traitement des
données. Au-delà du bon déroulement des
mesures effectuées, ses enseignements sont
donc très précieux pour affiner l’offre de ser-
vices répondant à une éventuelle demande du
même type. 䊱
(b) : Briefing matinal avant le grand départ. (Crédit SAFIRE/J.-C. Canonici)
3
Rapport Recherche 2014 . 57
Les campagnes Mesures de profils de gaz à effet de serre
de mesures EUREQUA à haute résolution sous ballons libres légers
Le projet EUREQUA pose la question de la Le CNRM collabore avec le GSMA à la mise au Une campagne a été réalisée dans la région
définition et de l’évaluation de la qualité envi- point de méthodes de mesures de concentra- de Reims durant l’automne 2014 avec 17
ronnementale des quartiers. La démarche tion de gaz à effet de serre entre la surface et vols, tous réalisés avec succès, et avec un
adoptée repose sur le croisement de données la troposphère. Le GSMA a développé un nou- seul instrument. 12 vols dépassaient 7 km
observables caractérisant l’environnement veau senseur compact, léger et précis, appelé d’altitude. Cette campagne a permis de qua-
physique et des perceptions des habitants de AMULSE « Atmospheric Measurements by lifier l’instrument AMULSE à ces altitudes, de
leur cadre de vie. Ultra Light SpEtrometer », afin de mesurer les préciser la chaîne de vol et les méthodes de
Une phase clef du projet est l’étape expéri- gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, récupération. A terme, l’ensemble permettra
mentale, basée sur 3 campagnes de terrain méthane …). Cet instrument est embarqué la réalisation de sondages réguliers et fré-
menées à Marseille, Paris et Toulouse. En par- sous deux ballons libres légers du CNRM : le quents pour des études de processus ou des
ticulier, le quartier d’étude toulousain est la premier est porteur de la charge et est séparé validations de satellites.
zone Borlongue-Papus-Tabar, enclavée entre a une altitude prédéfinie ou par une com-
la route de Seysses et le périphérique et sou- mande, le second ralentit la chute de l’instru- 5
mise à de fortes nuisances sonores et de pol- mentation, une fois le premier ballon séparé.
lution atmosphérique. De janvier à juin 2014, L’instrumentation est récupérée sur le terrain
des mesures météorologiques (température, par un suivi GPS réalisé avec une radiosonde
vent, humidité) ont été collectées en continu commerciale. La prévision de trajectoire du
pour caractériser la variabilité spatiale et vol est réalisée à partir d’un profil de vent
temporelle du microclimat. Les scientifiques (mesuré ou prévu par les modèles AROME et
ont aussi arpentés les rues durant 3 jours ARPEGE) et permet de régler la zone de chute
successifs, en janvier, avril et juin, pour effec- et de pré-positionner l’équipe de récupération
tuer des mesures mobiles de microclimat, de l’instrumentation.
qualité de l’air et acoustique (Figure a). Enfin,
lors de parcours commentés, les habitants
ont répondu (simultanément aux mesures) à
un questionnaire portant sur leur ressenti en
termes de confort sonore et thermique et de
Extension du produit CARIBOU
qualité de l’air. Dans notre discipline, les pre- au domaine maritime
miers croisements montrent que les indivi-
dus perçoivent, au sein du quartier, des
variations de température ressentie en adé- CARIBOU fournit une analyse horaire du risque de brume ou brouillard ont été ajustés
quation avec la mesure (Figure b). Mais la risque d’occurrence de brume ou brouillard, afin de fournir les meilleurs scores possibles.
question plus globale du confort climatique spatialisée sur la France métropolitaine. Enfin, les seuils d’humidité déterminant les
reste très subjective. L’algorithme de décision, qui combine la niveaux de risque (faible, moyen, fort) ont été
Ce jeu de données devrait permettre d’établir classification nuageuse MSG, la lame d’eau affinés pour ce nouveau domaine.
une évaluation multicritère de la qualité envi- PANTHERE et les analyses horaires VARPACK Une phase d’évaluation par les utilisateurs
ronnementale. Elle pourra alors être appli- de l’humidité et de la force du vent, a été est actuellement en cours afin de décider du
quée à des scénarios de requalification des validé sur terre. Une évaluation de la version passage ou non en opérationnel de la nou-
quartiers, étudiés grâce à la modélisation opérationnelle de CARIBOU menée en colla- velle version de CARIBOU, adaptée au
numérique. A terme, un guide de bonnes pra- boration avec la Marine, a montré que le pro- domaine maritime.
tiques sera rédigé à destination des aména- duit était moins performant sur mer et qu’une
geurs urbains. adaptation de l’algorithme sur ce domaine 6
était donc nécessaire.
4 La base de données recueillies durant l’expé-
rimentation a permis d’étudier l’apport de
chaque paramètre d’entrée sur le domaine
maritime. Il s’est avéré que les lames d’eau
PANTHERE n’amélioraient pas les scores
obtenus, elles ne sont donc pas utilisées sur
mer. En revanche, la recherche de paramètres
supplémentaires a montré que la différence
entre la température du point de rosée et la
température de surface de la mer, couplée à
la classification nuageuse permettait d’amé-
liorer et de pallier les manques de cette der-
nière. D’autres variables telles que la
tendance horaire de chaque paramètre ont
été étudiées sans toutefois se révéler déter-
minantes. Les seuils appliqués sur les para-
mètres d’entrée permettant d’exclure tout
58 . Rapport Recherche 2014
䊴
a
(a) : Gauche : Exemple de mesures mobiles collectées
sur le quartier toulousain
(ici l’anomalie de température, le 18 juin 2014 à 9h).
Droite : photos des enquêtés (en haut)
et des systèmes de mesures (en bas).
䊳
Différence par rapport à la moyenne des températures ressenties évaluées
par les enquêtés en chaque point d’arrêt du parcours (en haut)
et les indices de confort thermique calculés à partir des mesures mobiles
enregistrées simultanément (en bas). Résultats pour les parcours commentés estivaux de 10 h, 16 h,
et 19 h heure locale effectués à Toulouse.
b
䊱
5
(a) : Préparation d’un vol AMULSE. Photo Lilian Joly (GSMA).
b
䊱
(b) : Profils de dioxyde de carbone
et de température mesurés pendant 4 vols consécutifs
le 1er Octobre 2014 à Saint Hilaire le Grand (51).
䊴
Comparaison de la version opérationnelle de CARIBOU (a) à la version adaptée
sur le domaine maritime (b), le 9/10/2012 à 21 UTC.
Les observations pointées sur les côtes bretonnes montrent l’occurrence de brume
voire de brouillard : la version opérationnelle indique un risque nul sur mer
b alors que la version adaptée détecte un risque allant de faible à fort.
Rapport Recherche 2014 . 59
Bilan de la Vapeur d’Eau Mesure de la turbulence Exploitation
à la Tropopause sous ballon captif de la donnée radar
Tropicale pour l’étude
Au sein de l’atmosphère, la couche limite des cyclones tropicaux :
La haute troposphère-basse stratosphère tro-
picale (TTL, Tropical Tropopause Layer en
atmosphérique (CLA) nécessite une surveil-
lance permanente car c’est la couche qui la chaîne R2-3D
anglais) est une région clé de l’atmosphère subit prioritairement l’influence des activités
où la vapeur d’eau (H2O) injectée de la tropo- anthropiques. Ce sont les processus turbu-
sphère vers la stratosphère influe sur l’équili- lents de la CLA qui sont principalement res- R2-3D, (Radar Réunion – 3 Dimensions) est
bre radiatif de la Terre donc le climat. ponsables des transferts de matière et une chaîne de traitement des données de
Dans le cadre de l’ANR TRO-pico visant à étu- d’énergie entre la surface et l’atmosphère. réflectivité des deux radars météorologiques
dier le bilan de la vapeur d’eau H2O dans la C’est dans ce contexte que l’observation sur de Météo-France à la Réunion (radar du
TTL à différente échelles (du local au global), la verticale des paramètres turbulents pré- Colorado au nord de l’île, et radar de Piton
une étude (Carminati et al., 2014) s’est prin- sente un intérêt. La sonde présentée sur la Villers au centre-est de l’île).
cipalement focalisée sur le rôle de la convec- figure « a » a été construite afin de mesurer, R2-3D, mis au point par la Cellule de
tion profonde sur la variabilité de H2O dans la sous ballon captif, les paramètres thermody- Recherche Cyclonique de Météo-France,
TTL à l’échelle tropicale à partir de mesures namiques à très haute fréquence (10Hz) pour effectue de manière automatique le désarchi-
spatiales. Les observations de H2O, nuage de les premières centaines de mètres de l’atmo- vage des données depuis la BDM (Base de
glace et température produites par l’instru- sphère. Cette sonde développée par l’équipe Données Météorologique) et le traitement
ment spatial Microwave Limb Sounder (MLS), GMEI/4M est un outil innovant et complé- des fichiers en créant une mosaïque des don-
à bord de la plateforme Aura, ont été analy- mentaire aux mesures sur mât et/ou sur nées des 2 radars, visualisable en trois
sées entre 2005 et 2012 dans les tropiques avions de recherche lors de campagne de dimensions via un logiciel web interactif.
ainsi que sur des régions plus restreintes de mesure dédiée à la CLA. Les données 3D sont calculées sur une région
l’Amérique du Sud, l’Afrique, etc. Une Pendant la campagne expérimentale du projet de 400 km de côté, haute de 15 km, par pas
approche consistant à analyser la différence BLLAST (Boundary LayerLate Afternoon and horizontal de 1 km et vertical de 500 m. La
entre les mesures diurnes et nocturnes a per- Sunset Transition) cette sonde a été mise en méthode de calcul utilise les tours d’antenne
mis de mettre en évidence les effets de la œuvre. Trois ans après la campagne de mesure, réels comme base d’une interpolation parti-
convection continentale comparée à la les données de cette sonde ont contribué à culière qui combine une interpolation par la
convection océanique (Figure a), ainsi que trois volets du projet : (i) étudier l’évolution en méthode de Cressman et une interpolation
l’influence de l’hémisphère et de la saison. fin d’après-midi de la structure turbulente de la verticale particulièrement bien adaptée aux
Les résultats démontrent que la convection CLA, (ii) évaluer les modèles numériques de phénomènes convectifs et aux cyclones tropi-
continentale est en grande partie à l’origine prévision du temps et (iii) valider la mesure de caux. La qualité relative de ce calcul, qui est
de la variabilité de H2O dans la TTL grâce à la turbulence par lidar Doppler. La figure « b » évaluée toutes les heures, est mesurée par
l’injection de cristaux de glace qui, suite à illustre le second thème de recherche avec la des méthodes de comparaison d’images et
leur sublimation, hydrate cette région de l’at- représentation de l’évolution temporelle d’un de reconnaissances de formes.
mosphère. Ce phénomène est observé de la paramètre caractéristique de la turbulence, Au final, l’image 3D est vectorisée sur chacun
haute troposphère jusqu’à la basse strato- l’énergie cinétique turbulente (TKE) à 4 alti- des niveaux horizontaux dans un format géo-
sphère au plus fort de la saison convective et tudes différentes obtenue avec les diverses graphique léger et universel (GeoJSON) et est
de manière plus marquée dans l’hémisphère observations (haut) et simulée (bas) par le archivée dans une base de données PostGis
Sud (Figure b). L’analyse se porte désormais modèle numérique de prévision du temps permettant l’exploitation de la donnée par
sur des régions plus restreintes de AROME pour 2 journées consécutives. d’autres outils et SIG standards. A court et
l’Amérique du Sud (Amazonie vs. sud du Les projets d’évolution de cette sonde por- moyen termes, cet outil sera appliqué aux
Brésil) en utilisant mesures spatiales, cam- tent principalement sur l’estimation du profil sorties des modèles Méso-NH et AROME, afin
pagne de lâchers de ballons, sorties de de l’énergie cinétique turbulente en continu de pouvoir rapidement et facilement visuali-
modèles et assimilation. et sur l’ajout de nouveau capteur afin de ser les champs de vent, de précipitation ou
mesurer à une fréquence similaire l’humidité. de pression.
7
8 9
(a) : Coupe verticale de réflectivité radar R2-3D
à travers l’œil du cyclone BEJISA (2 jan 2014).
(b) : Image web interactive 3D pendant le passage
du cyclone BEJISA (limitée aux réflectivités
supérieures à 35 dbZ).
䊲
60 . Rapport Recherche 2014
䊴
a
(a) : Représentation schématique du cycle diurne de la convection dans la haute
troposphère au-dessus des continents (courbe noire)
et au-dessus des océans (courbe grise) et du cycle diurne de H2O
dans la haute troposphère au-dessus des continents (courbe rouge)
et au-dessus des océans (courbe bleue). Les traits en pointillés verts représentent
l’échantillonnage en heure locale des mesures de l’instrument spatial MLS.
(b) : (gauche, de haut en bas)
Différence en moyenne relative entre des mesures H2O de l’instrument spatial MLS
de jour (13h30 heure locale) et de nuit (01h30 heure locale) pour décembre,
janvier et février sur 8 ans (2005-2012) dans la bande de latitude 25°N-25°S à 56,
100 et 177 hPa. Les contours de température à 192 K (ligne noire)
et 195 K (ligne noire pointillée) sont représentés à 100 hPa.
(Bas)
7 Identique à la Figure de gauche mais pour juin, juillet et août.
Les huit boîtes noires à 56 hPa représentent les huit domaines d’étude;
b
à savoir, le nord et le sud de l’Amérique tropicale, l’Afrique,
le continent maritime et de l’ouest du Pacifique.
8 a
䊴
(a) : La sonde
de turbulence
construite autour
d’un anémomètre
sonique et
d’un capteur couplé
de mouvement
inertiel/GPS.
(b) : Evolution
temporelle
de l’énergie cinétique
turbulente
(en [m2s-2]) observée
(haut) et simulée (bas)
au cours
de deux journées de
la campagne BLLAST
pour 4 altitudes
différentes.
䊲
b
9
Rapport Recherche 2014 . 61
Recherche et aéronautique
Des avions de recherche pour la météorologie, la recherche météorologique pour les
avions.
L’avion instrumenté pour la recherche est un système d’exploration unique pour échan-
tillonner l’atmosphère in-situ, suivre les phénomènes météorologiques lors de leur
déplacement et analyser leur évolution. Météo-France, en partenariat avec le CNRS et le
CNES, opère 3 avions instrumentés dans le cadre de l’Unité Mixte SAFIRE. Depuis 2000,
Météo-France coordonne aussi le réseau européen EUFAR des avions de recherche sur
l’environnement et après 13 ans de financement européen, la Commission attend que le
consortium constitue une structure pérenne pour ce réseau d’infrastructures de
recherche.
Météo-France participe aussi activement à la définition des nouveaux services météoro-
logiques dans le cadre du volet R&D SESAR, initiative du Ciel Unique Européen. Après 1 䊱
avoir collecté les exigences des utilisateurs aéronautiques, nous sommes entrés dans
Des avions de recherche pour la météorologie,
une phase de démonstration pour mesurer l’acceptabilité des nouveaux services et les la recherche météorologique pour les avions.
affiner pour aborder la phase de validation qui précède leur déploiement.
Vers une structure juridique pérenne pour EUFAR Contributions
de Météo-France
EUFAR, projet et réseau européen d’infra-
structures de recherche aéroportée pour l’en-
minima son autonomie financière partielle,
est un objectif clé. au programme SESAR
vironnement, a vocation à faciliter l’accès aux L’examen des différentes formes juridiques
infrastructures les mieux adaptées aux possibles penche en faveur de l’établisse-
besoins des scientifiques en Europe. EUFAR ment d’une association internationale sans Outre l’harmonisation des services météorolo-
soutient les scientifiques, les forme, facilite but lucratif (AISBL) de droit belge. Une telle giques à l’aviation avec nos collègues alle-
l’échange d’expertises et vise à harmoniser structure juridique, couplée à “l’Open mands du DWD et anglais de l’UKMO, qui
les pratiques de recherche. Access”- partage des ressources favorisant la constitue le cœur de notre contribution au pro-
Depuis sa création en 2000, EUFAR a évolué mobilité du personnel à travers l’Europe envi- gramme SESAR, nous avons testé en situation
en activité, taille et budget. Après 3 contrats sagé dès 2016 -, élargirait considérablement deux services novateurs et exploré avec les uti-
successifs portés financièrement par la les cibles utilisateurs tout en mobilisant des lisateurs les modalités de leur application.
Commission Européenne, celle-ci finance ressources supplémentaires. En effet, cela Le premier concerne la prise en compte de l’in-
l’actuel EUFAR2 à hauteur de 6 M€. Grâce aux scellerait la position d’EUFAR comme le por- certitude de la prévision météorologique dans
12 opérateurs du consortium EUFAR2, consti- tail clé pour la recherche aéroportée en les systèmes d’aide à la décision en utilisant
tué en totalité de 24 partenaires, ce sont 18 Europe. des prévisions d’ensemble pour palier la
avions de recherche et 3 instruments de télé- grande variabilité spatio-temporelle de cette
détection mis à disposition des scientifiques 2 incertitude, en particulier lors de situations per-
à échelle transnationale. La coordination du turbées. Ces travaux ont été conduits dans le
projet EUFAR était, jusqu’à ce jour et ce cadre projet IMET (SESAR-recherche amont) en
depuis le premier contrat, intégralement collaboration avec le NLR pour la composante
confiée au CNRM. EUFAR2 est aujourd’hui co- sol et un projet de validation SESAR avec l’in-
coordonné avec le MET Office. dustriel SABRE, qui développe les prédicteurs
A ce stade du projet, la constitution d’une de trajectoire pour les compagnies aériennes.
structure juridique pérenne pour EUFAR, per- Le second traite de l’information sur le risque
mettant d’assurer la continuité du projet et a de convection pour lequel la composante verti-
cale (sommet des nuages) est un prérequis
pour les pilotes et contrôleurs. Dans le cadre du
projet TOPMET, un nouveau service couvrant
l’observation de la convection (ASPOC3D) en
support à la décision tactique a été testé et,
dans cette année fortement perturbée par la
convection, les cas d’étude ont été nombreux.
Ils ont permis de mieux définir les modalités
d’utilisation de cette information, qui sera élar-
gie dans le cadre du projet TOPLINK en 2015 à
la planification à court terme avec des services
de prévision immédiate de la convection pour
le gestionnaire du trafic au sol.
62 . Rapport Recherche 2014
a
䊴
(a) : Instrumentation dans l’avion de recherche BAe-146,
opéré par FAAM (Royaume-Uni), disponible pour l’accès
transnational dans le cadre d’EUFAR2.
(b) : Jean-Louis Brenguier, fondateur du réseau EUFAR
et ancien coordinateur des projets EUFAR,
à côté d’un instrument embarqué sur l’ATR-42,
avion de recherche opéré par SAFIRE.
䊲
2
b
䊳
Information météo (ASPOC 3D)
couplée à la trajectoire d’un avion
et à de l’information ATM
(Air Traffic Management) -
Interface visuelle du pilote.
Crédit photo ©TOPMET 2014
Rapport Recherche 2014 . 63
Les yeux dans le ciel : Des services météo
les drones de nouvelle génération pour optimiser
pour la recherche la trajectoire des avions
atmosphérique
Météo-France étudie, depuis novembre Le nouveau programme de démonstration
L‘évolution des drones et de leurs systèmes de 2013, avec ses partenaires européens, l’utili- TOPLINK, prendra le relais en 2015, impliquant
vol autonome ouvre de nombreuses possibili- sation d’une nouvelle génération de services un panel plus large de partenaires institution-
tés en sciences atmosphériques. météo dédiés à l’aviation. Grâce à ces nou- nels et industriels : Thales, Airbus, Aéroport de
Depuis 2012, le projet VOLTIGE œuvre à l’étude veaux services météorologiques, les pilotes, Paris, DSNA, Croatia Control, Austro Control, Air
du brouillard par une flotte de 3 drones ultralé- les régulateurs de vols et les contrôleurs France, Brussels Airlines, Air Corsica, Météo-
gers (<2kg). Lors de cette collaboration avec aériens partageront la même vision du temps France, Finnish Meteorological Institute et
l’ENAC (développement avions et système de présent et des phénomènes météorologiques DWD. L’observation sera complétée par une
navigation autonome) et l’ENM (implication susceptibles de perturber le vol (orages, prévision immédiate ensembliste du risque
des étudiants), le CNRM a développé les sys- convections, givrage, turbulences, vents…) et convection sur un horizon de 3 h et de nou-
tèmes de mesures et d’acquisition des paramè- de son évolution à court et moyen terme avec veaux systèmes de communication par satellite
tres atmosphériques. Les campagnes de tests des prévisions ensemblistes jusqu’à un hori- entre le sol et les avions seront déployés, ren-
réalisées dans les Landes (hélistation de zon de 24 h (taux de rafraichissement de dant possible le transfert d’information météo-
l’EALAT) et à Lannemezan (CRA – OMP/LA) 5 min pendant les 3 premières heures, et de rologique actualisée pendant le vol pour une
étaient les étapes préalables à la campagne 1 h au-delà). Tous pourront ainsi mieux antici- meilleure prévision des temps de vols et des
finale de mesures en situation de brouillard per les risques météorologiques, les contour- heures d’arrivée, un renforcement de la sécu-
prévue dans les Landes à l’automne 2015. ner et optimiser leur trajectoire, du décollage rité et une amélioration du confort de l’équi-
En parallèle, le projet RTRA STAE Skyscanner à l’atterrissage. page et des passagers.
prévoit l’utilisation d’une flotte de drones pour De nouveaux services d’observation ont été
« scanner » un nuage. Dans cette collaboration testés dans des conditions réelles de vol en 5
avec l’ENAC et Sup’ Aéro, le CNRM a pour rôle juillet et en août 2014 dans le cadre du pro-
de définir les besoins en mesures de nuage. gramme européen SESAR, pilier technolo-
Les partenaires auront à charge de lever les ver- gique du Ciel Unique Européen, et de son
rous technologiques pour permettre à des projet de démonstration TOPMET. Des experts
drones de réaliser ces mesures. de 4 pays ont collaboré au projet : Thales
Le dernier projet impliquant des drones est le (coordinateur du projet), Brussels Airlines, la
projet européen BACCHUS pour l’étude des DSNA et trois membres d’EUMETNET EIG :
interactions nuages aérosols dans les proces- Météo-France, DWD et MET Office. Les tests
sus de changement climatiques. Le CNRM a ont permis de valider de nouveaux process
pour cela instrumenté des drones ultralégers de prise de décision, de sélectionner les don-
équipés pour des mesures météorologiques nées météorologiques les plus pertinentes et
(thermodynamique, rayonnement) et aérosols d’évaluer les bénéfices de tels services dans
(comptage). Deux campagnes de mesures sont un contexte opérationnel.
prévues en 2015. Application pilote TOPMET.
La souplesse d’utilisation des drones et le fai- 䊲
ble coût matériel des modèles de moins de 2 kg
en font par ailleurs un outil pédagogique inno-
vant et permet d’impliquer les étudiants à des
projets de recherche par le biais de l’instrumen-
tation.
4 䊱 5
L’atterrissage du drone
lors d’un vol dans un brouillard.
64 . Rapport Recherche 2014
Annexes
Liste des publications scientifiques 2014
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70 . Rapport Recherche 2014
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Rapport Recherche 2014 . 71
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Habilitations à diriger des recherches soutenues en 2014
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Habilitations à diriger des recherches soutenues en 2014 hors CNRM
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recherche et l’opérationnel. Habilitation à Diriger
des Recherches de l’Université de La Réunion, Saint
Denis.
72 . Rapport Recherche 2014
Glossaire
Organismes et Laboratoires
Organismes OMP Observatoire Midi-Pyrénées
RTRA-STAE Réseau Thématique de Recherche Avancée –
ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie Sciences et Technologies pour l'Aéronautique et l'Espace
AIEA Agence Internationale de l’Energie Atomique SCHAPI Service Central d’Hydrométéorologie
ANELFA Association Nationale d’Etude et d’Appui à la Prévision des Inondations
et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques SHOM Service Hydrographique et Océanographique de la Marine
ANR Agence Nationale de la Recherche SMHI Swedish Meteorological and Hydrological Institute
BEC Bureau d'Etudes et de Consultance UKMO United Kingdom Meteorological Office
CDM Centre Départemental de la Météorologie VAAC Volcanic Ash Advisory Centre
CDMA Cellule de développement Météo-Air
CEH Centre for Ecology and Hydrology
CEMAGREF CEntre national du Machinisme Agricole, du Génie Rural, Laboratoires ou unités de recherche/développement
des Eaux et Forêts (Institut national de Recherche en Sciences
et Technologies pour l'Environnement et l'Agriculture) 3SR Laboratoire Sols – Solides – Structures – Rhéologie,
CEN Centre d'Etudes de la Neige UJF Grenoble/CNRS/Grenoble INP
CEPMMT Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques CEREA Centre d'Enseignement
à Moyen Terme et de Recherche en Environnement Atmosphérique
CERFACS Centre Européen de Recherche CESBIO Centre d'Etudes Spatiales de la BIOsphère
et de Formation Avancée en Calcul Scientifique CNRM Centre National de Recherches Météorologiques
CMM Centre de Météorologie Marine CNRM-GAME Groupe d'études de l'Atmosphère MEtéorologique
CMRS Centre Météorologique Régional Spécialisé CNRS Centre National de Recherches Scientifiques
CMS Centre de Météorologie Spatiale CRA Centre de Recherches Atmosphériques
CNES Centre National d’Études Spatiales DSO Direction des Systèmes d’Observation (Météo-France)
CNP Centre National de Prévision GAME Groupe d'Etude de l'Atmosphère Météorologique
DGA Délégation générale pour l'armement GSMA Groupe de spectrométrie moléculaire et atmosphérique,
DGPR Direction Générale de la Prévention des Risques UMR 7331 CNRS Université de Reims Champagne Ardennes
EALAT Ecole de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre IFSTTAR Institut Français des Sciences et Technologies des Transports,
EASA European Aviation Safety Agency, de l’Aménagement et des Réseaux
Agence Européenne de la Sécurité Aérienne IGN Institut Géographique National
EEA Agence Environnementale Européenne IPSL Institut Pierre Simon Laplace
ENAC Ecole Nationale de l'Aviation Civile LaMP Laboratoire de Météorologie Physique
ENM Ecole Nationale de la Météorologie LATMOS Laboratoire ATmosphères, Milieux, Observations Spatiales
ESA European Space Agency LAVUE Laboratoire Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement
ETNA Division Ecoulements Torrentiels, LCP Laboratoire Chimie et Procédés
Neige et Avalanches du CEMAGREF LEGI Laboratoire des écoulements physiques et industriels
EUFAR EUropean Facility for Airborne Research in Environmental LGGE Laboratoire de Glaciologie
and Geo-sciences et de Géophysique de l’Environnement
EUMETNET EUropean METeorological NETwork LHSV Laboratoire d'Hydraulique Saint-Venant
EUMETSAT Organisation européenne pour l´exploitation LIRIS Laboratoire d'InfoRmatique en Image
de satellites météorologiques et Systèmes d'information
FAA Federal Aviation Agency, Agence US de la Sécurité Aérienne LISST Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires
FAAM Facility for Airborne Atmospheric Measurements LMD Laboratoire de Météorologie Dynamique
(United Kingdom) LOCEAN Laboratoire d'Océanographie et du Climat :
ICARE International Conference on Airborne Research Expérimentations et Approches Numériques
for the Environment LPCEE Laboratoire de Physique et Chimie de l'Environnement
IFREMER Institut Francais de Recherche pour l'Exploitation de la MER et de l'Espace
INERIS Institut National de l'Environnement et des RISques LPED Laboratoire Population Environnement Développement
INRIA Institut National de Recherche en Informatique LRA Laboratoire de Recherche en Architecture
et en Automatique LSCE Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement
INSU Institut National des Sciences de l'Univers SAFIRE Service des Avions Français Instrumentés
IPEV Institut Paul Emile Victor pour la Recherche en Environnement
IRD Institut de Recherche pour le Développement
IRSTEA Institut national de Recherche en Sciences et Technologies
pour l'Environnement et l'Agriculture Programmes et projets nationaux et internationaux
(anciennement CEMAGREF)
JMA Japan Meteorological Agency BACCHUS Impact of Biogenic versus Anthropogenic emissions on Clouds
MEDDTL Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, and Climate: towards a Holistic UnderStanding
des Transports et du Logement BAMED BAlloons in the MEDiterranean
MERCATOR-OCEAN Société Civile Française d'océanographie opérationnelle CHFP Climate Historical Forecasting Project
MetOffice United Kingdom Meteorological Office CHROME Couplage Hydrométéorologique RégiOnal Multi-Ensemble
MPI Max Planck Institut CIDEX Calibration and Icing Detection EXperiment
NASA National Aeronautics and Space Administration CMIP Coupled Model Intercomparaison Project
NCAR National Center for Atmospheric Research COPERNICUS European Earth observation system
NEC Nippon Electric Company http://www.copernicus.eu/
NOAA National Ocean and Atmosphere Administration pages-principales/services/climate-change/
OACI Organisation de l’Aviation Civile Internationale CYPRIM projet Cyclogénèse et précipitations intenses
OMM Organisation Météorologique Mondiale dans la zone méditerranéenne
Rapport Recherche 2014 . 73
ERA-CLIM European Reanalysis of Global Climate Observations CANARI Code d’Analyse Nécessaire à ARPEGE pour ses Rejets
ESURFMAR Eumetnet SURFace MARine programme et son Initialisation
EUREQUA Evaluation mUltidisciplinaire CAPE Convective Available Potential Energy
et Requalification Environnementale des QUArtiers, CAPRICORNE CAractéristiques PRIncipales de la COuveRture NuageusE
projet financé par l’Agence Nationale pour la Recherche, CARIBOU Cartographie de l'Analyse du RIsque de Brume et de brOUillard
ANR-2011-VILD-006. Partenaires : GAME, IFSTTAR, CEREA, CAROLS Combined Airborne Radio-instruments for Ocean
LISST, LAVUE, LPED. and Land Studies
EURO4M European reanalysis and observations for monitoring Cb Cumulonimbus
http://www.euro4m.eu/ CFMIP Cloud Feedback Intercomparison Project
GHRSST International Group for High Resolution SST CFOSAT Chinese-French SATellite
GLOSCAL GLobal Ocean Surface salinity CALibration and validation ChArMEx Chemistry-Aerosol Mediterranean Experiment
HOMONIM Historique Observation MOdélisation des Niveaux Marins CISMF Centre Inter-armées de Soutien Météorologique aux Forces
HyMeX Hydrological cYcle in the Mediterranean EXperiment CLAS Couches Limites Atmosphériques Stables
IncREO Increasing Resilience through Earth Observation CMC Cellule Météorologique de Crise
LEFE programme national « Les Enveloppes Fluides CNRM-CM5 Version 5 du Modèle de Climat du CNRM
et l'Environnement » CNRM-RCSM Regional Climate System Model
MACC Monitoring Atmospheric Composition and Climate COP Contrat d’Objectifs et de Performances
METOP METeorological Operational Polar satellites COPAL COmmunity heavy-PAyload Long endurance instrumented
PNRA Programma Nazionale di Recerche in Antartide aircraft for tropospheric research in environmental
QUANTIFY Programme QUANTIFYing the climate impact of global and geo-sciences
and European transport systems CPR Cloud Profiling Radar
RHYTMME Risques HYdro-météorologiques en Territoires de Montagnes CrIS Cross-track Infra-Red Sounder
et MEditerranéens CROCUS Modèle de simulation numérique du manteau neigeux
SCAMPEI Scénarios Climatiques Adaptés aux Montagnes : Phénomènes développé par Météo-France.
extrêmes, Enneigement et Incertitudes – projet de l'ANR DCT Diffraction Contrast Tomography
coordonné par le CNRM DEM Discrete Element Method
SMOS Soil Moisture and Ocean Salinity DMT Dropplet Measurement Technologies
Suomi-NPP Programme américain de satellites météorologiques DP Direction de la Production
en orbite polaire DPrévi Direction de la Prévision
THORPEX THe Observing system Research and Predictability EXperiment DSI Direction des Systèmes d’Information (Météo-France)
UERRA Uncertainties in Ensembles of Regional Re-Analyses DSNA Direction des Services de la Navigation Aérienne
USAP United States Antarctic Program ECMWF European Centre for Medium-range Weather Forecasts
VOLTIGE Vecteur d’Observation de La Troposphère pour l’Investigation ECOCLIMAP Base de données de paramètres de surface
et la Gestion de l’Environnement EGEE Etude du golfe de GuinEE
WCRP World Climate Research Programme ENVISAT ENVIronmental SATellite
ERA European Re-Analysis
ESRF European Synchrotron Radiation Facility
EUCLIPSE European Union Cloud Intercomparison,
Campagnes expérimentales Process Study & Evaluation
FAB Fonctionnal Aerospace Block
AMMA Analyses Multidisciplinaires de la Mousson Africaine
FABEC Functional Airspace Block Europe Central
CORDEX COordinated Regional climate Downscaling EXperiment
FAR Fausse AleRte
EUREQUA Evaluation mUltidisciplinaire
FSO Forecast Sensitivity to Observations
et Requalification Environnemental des QUArtiers
GELATO Global Experimental Leads and ice for ATmosphere and Ocean
HAIC High Altitude and Ice Crystals (www.haic.eu )
GEV Loi généralisée des valeurs extrêmes
MEGAPOLI Megacities : Emissions, urban, regional and Global
GIEC Groupe Intergouvernemental d'experts
Atmospheric POLlution and climate effects,
sur l'Evolution du Climat
and Integrated tools for assessment and mitigation
GMAP Groupe de Modélisation et d’Assimilation pour la Prévision
SMOSREX Surface MOnitoring of the Soil Reservoir EXperiment
GMEI Groupe de Météorologie Expérimentale et Instrumentale
GMES Global Monitoring for Environment and Security
GPP Gross Primary Production
Autres sigles, abréviations ou acronymes GPS Global Positionning System
High IWC High Ice Water Content
AIRS Sondeur Infrarouge avancé HIRLAM HIgh Resolution Limited Area Model
ALADIN Aire Limitée Adaptation Dynamique HISCRTM HIgh Spectral resolution Cloudy-sky Radiative Transfer Model
et développement InterNational HSS Measurement of improvement of the forecast
AMSR Advanced Microwave Scanning Radiometer HYCOM HYbrid Coordinate Ocean Model
AMSU Advanced Microwave Sounding Unit IAGOS In-service Aircraft for Global Observing System
AMSU-A Advanced Microwave Sounding Unit-A IASI Interféromètre Atmosphérique de Sondage Infrarouge
AMSU-B Advanced Microwave Sounding Unit-B IAU Incremental analysis update, mise à jour incrémentale
ANASYG ANAlyse Synoptique Graphique par une analyse
ANTILOPE ANalyse par spaTIaLisation hOraire des PrEcipitations IFS Integrated Forecasting System
ARAMIS Application Radar A la Météorologie Infra-Synoptique IIR Infrared Imaging Radiometer
ARGO Array for Real time Geostrophic Oceanography ISBA Interaction Sol-Biosphère-Atmosphère
AROME Application de la Recherche à l'Opérationnel à Méso-Échelle ISBA-A-gs Modèle Interactions Sol-Biosphère-Atmosphère,
AROME-COMB AROME - COMBinaison avec représentation de la photosynthèse
AROME-PERTOBS AROME (OBServations PERTurbées aléatoirement) et de la croissance de la végétation
AROME-WMED Configuration AROME sur la Méditerranée occidentale ISBA - ES Modèle numérique du CNRM représentant l'évolution du sol
ARPEGE Action de Recherche Petite Échelle Grande Échelle en surface (végétation incluse) et en profondeur,
AS Adaptations Statistiques mettant particulièrement l'accent sur l'évolution
ASAR Advanced Synthetic Arperture Radar de la couverture de neige
ASCAT Advanced SCATterometer ISFC Indice de Segmentation de la Composante de Fourier
ASTEX Atlantic Stratocumulus Transition EXperiment ISIS Algorithme de suivi automatique des systèmes identifiés
ATM Air Traffic Management - Contrôle du trafic aérien à partir de l'imagerie infra-rouge de Météosat
ATMS Advanced Technology Microwave Sounder LAI Leaf Area Index (indice foliaire)
AVHRR Advanced Very High Resolution Radiometer Land-SAF LAND Satellite Application Facilities
BAS British Antarctic Survey LCCS Land Cover Classification System
BPCL Ballon Pressurisé de Couche Limite LES Large Eddy Simulation model
CALIOP Cloud-Aerosol Lidar with Orthogonal Polarization LISA LIdar SAtellite
CALIPSO Cloud-Aerosol Lidar and Infrared Pathfinder MEDUP MEDiterranean intense events : Uncertainties and Propagation
Satellite Observations on environment
74 . Rapport Recherche 2014
Megha-Tropiques Satellite fanco-indien dédié à l'étude du cycle de l'eau pour la Recherche en Environnement :
et des échanges d'énergie dans la zone tropicale "Les GLACIers, un Observatoire du CLIMat".
MEPRA Modèle Expert de Prévision du Risque d'Avalanche SOP Special Observing Period
(modélisation) SPIRIT SPectromètre Infra-Rouge In situ Toute altitude
MERSEA Marine EnviRonment and Security for the European Area SSMI/S Special Sounder Microwave Imager/Sounder
MESCAN Combinaison de MESAN (nom du système suédois) SURFEX code de SURFace EXternalisé
et de CANARI SVP Surface Velocity Program
MESO-NH Modèle à MESO-échelle Non Hydrostatisque SWI Soil Wetness Index
MFWAM Météo-France WAve Model SWIM Surface Wave Investigation and Monitoring
MHS Microwave Humidity Sounder SYMPOSIUM SYstème Météorologique de Prévision Orienté Services,
MISR Multi-angle Imaging SpectroRadiometer Intéressant des Usagers Multiples – découpage du territoire
MNPCA Microphysique des Nuages métropolitain en 615 zones « climatiquement » homogènes,
et de Physico-Chimie de l'Atmosphère dont la taille varie de 10 à 30 km
MOCAGE MOdélisation de la Chimie Atmosphérique de Grande Echelle TCU Towering Cumulus
(modélisation) TEB Town Energy Budget
MODCOU MODèle hydrologique COUplé surface-souterrain. TRIP Total Runoff Integrating Pathways
MODIS MODerate-resolution Imaging Spectro-radiometer (instrument) TSM Températures de Surface de la Mer
MoMa Méthodes Mathématiques pour le couplage modèles UHF Ultra-Haute Fréquence
et données dans les systèmes non-linéaires stochastiques UNIBAS Modèle de précipitations
à grand nombre de degrés de liberté VARPACK Current tool for diagnostic analysis in Meteo-France
MOTHY Modèle Océanique de Transport d'HYdrocarbure VHF Very High Frequency
MRR Micro Rain Radars WWLLN World Wide Lightning Location Network
MSG Météosat Seconde Génération
NAO North Atlantic Oscillation
NEMO Nucleus for European Modelling of Ocean
NEMO-WMED36 Configuration de NEMO sur la Méditerranée occidentale
NSF Norges StandardiseringsForbund
OPIC Objets pour la Prévision Immédiate de la Convection
ORACLE Opportunités et Risques pour les Agro-ecosystèmes
et les forêts en réponse aux changements CLimatiquE,
socio-économiques et politiques en France
ORCHIDEE ORganizing Carbon and Hydrology in Dynamic EcosystEms
OSCAT OCEANSAT-2 Scatterometer
OSTIA Operational Sea surface Temperature sea Ice Analysis
OTICE Organisation du Traité d’Interdiction Complète
des Essais nucléaires
PALM Projet d’Assimilation par Logiciel Multi-méthodes
PEARP Prévision d'Ensemble ARPège
PI Prévision Immédiate
PN Prévision Numérique
PNT Prévision Numérique du Temps
POD PrObabilité de Détection
POI Période d'Observation Intensive
PRESYG PREvision Synoptique Graphique
Prev'Air Plateforme nationale de la qualité de l’air
PREVIBOSS PREvisibilité à courte échéance de la variabilité de la VIsibilité
dans le cycle de vie du Brouillard,
à partir de données d’Observation Sol et Satellite.
Prévi-Prob Projet sur les prévisions probabilistes
PSI Pollutant Standard Index
PSR Plan Submersions Rapides
PVM Particulate Volume Monitor
PVs Tourbillon potentiel de l’air humide
RADOME Réseau d’Acquisition de Données d’Observations
Météorologiques Etendu
RCP8.5 8.5 W/m² Representative Concentration Pathway
corresponding to a 8.5 W/m² radiative forcing at the end
of the 21st century compared to preindustrial climate
RHI Range Height Indicator (coupe verticale)
ROC Relative Operating Characteristic curve
RTTOV Radiative Transfer for TOVS
SAF NWP Satellite Application Facility for Numerical Weather Prediction
SAF OSI Satellite Application Facility for Ocean and Sea Ice
SAFRAN Système d’Analyse Fournissant des Renseignements
Atmosphériques pour la Neige
SAPHIR Sondeur Atmosphérique du Profil d’Humidité Intertropicale
par Radiométrie
SARA Spectroscopy by Amplified Resonant Absorption
SATOB Satellite Observation
SCM Single-Column Model
SESAR Single European Sky ATM Research
SEVIRI Spinning Enhanced Visible and Infra-Red Imager
SFRI Système Français de Recherche et d'Innovation
S2M SAFRAN - SURFEX/ISBA-Crocus – MEPRA
SIM SAFRAN ISBA MODCOU
SIRTA Site Instrumental de Recherche
par Télédétection Atmosphérique
SMOSMANIA Soil Moisture Observing System – Meteorological Automatic
Network Integrated Application
SMT Système Mondial de Télécommunications
SOERE/GLACIOCLIM Système d’Observation et d’Expérimentation sur le long terme
Rapport Recherche 2014 . 75
Organigramme du Centre National
de Recherches Météorologiques
A la date du : 31.12.2014
Directeur : Philippe Bougeault
Directeur adjoint - Toulouse : Marc Pontaud
Directeur adjoint scientifique - Toulouse : Philippe Dandin
Directeur adjoint - Saint-Mandé : Jacques Parent de Chatelet
SAFIRE : Service des Avions Français Instrumentés pour la Recherche en Environnement
CENTRE D'AVIATION MÉTÉOROLOGIQUE CAM - Toulouse
Chef de division : Jean-Christophe Canonici
CENTRE D'ÉTUDES DE LA NEIGE CEN - Grenoble
Chef de division : Pierre Etchevers
CENTRE DE MÉTÉOROLOGIE MARINE CMM - Brest
Chef de division : Jean Rolland
GROUPE DE MODÉLISATION POUR L'ASSIMILATION ET LA PRÉVISION GMAP - Toulouse
Chef de division : Alain Joly
GROUPE DE MÉTÉOROLOGIE EXPERIMENTALE ET INSTRUMENTALE GMEI - Toulouse
Chef de division : Alain Dabas
GROUPE DE MÉTÉOROLOGIE DE GRANDE ÉCHELLE ET CLIMAT GMGEC - Toulouse
Chef de division : Serge Planton
GROUPE DE MÉTÉOROLOGIE DE MOYENNE ÉCHELLE GMME - Toulouse
Nota : Chef de division : Véronique Ducrocq
Le GAME est l’Unité Mixte
de Recherche entre Météo-France
et le CNRS. Les unités sur fond
bleu foncé sont entièrement RÉSEAU D'ÉTUDES ET DE TRANSFERT INTERNE DES CONNAISSANCES RETIC - Toulouse
incluses dans le GAME,
celles sur fond bleu clair Chef de division : Dominique Giard
sont partiellement incluses
dans le GAME.
SAFIRE est une unité mixte de SERVICES COMMUNS SC - Toulouse
service entre Météo-France, le
CNRS et le CNES.
Responsable : Marc Pontaud
76 . Rapport Recherche 2014
Météo-France
73, avenue de Paris
94165 Saint-Mandé Cedex
Tél. : +33 (0) 1 77 94 77 94
Fax : + 33 (0) 1 77 94 70 05
www.meteofrance.com
Centre National
de Recherches Météorologiques
Groupe d’étude
de l’Atmosphère Météorologique
42, avenue Gaspard Coriolis
31057 Toulouse Cedex 1 France
Tél. : +33 (0) 5 61 07 93 70
Fax : + 33 (0) 5 60 07 96 00
http://www.cnrm-game.fr
Mail : [email protected]
Création DIRCOM/CGN
Météo-France est certifié ISO 9001
par Bureau Veritas Certification
© Météo-France 2015
Dépôt légal mai 2015
ISSN : 2116-438X