2021/2022 Tunnels et ouvrages souterraines
Chapitre I
Définition : Les ouvrages souterrains sont destinés à créer une liaison entre deux points en vue d’instaurer les
possibilités de transport ou de communication par l’élimination des obstacles topographiques qui les séparent.
D’une manière générale, les ouvrages souterrains peuvent être divisés en quatre groupes :
1- Les mines : c’est les plus anciennes réalisées dans le but d’extraire les minerais, et de ce fait elles se
trouvent généralement à des profondeurs allant jusqu’à plusieurs centaines de mètres au-dessous de la surface
du terrain.
2- Les tunnels : c’est des vides à caractère définitif réalisés sans l’excavation des couches supérieures. Ils sont
créés dans le but de permettre la circulation ou le transport, les tunnels sont implantés indifféremment aussi
bien en grande profondeur (tunnel de base), que plus près de la surface (tunnel de métros).
3- Les abris antiaériens : construits pour y loger des personnes, y déposer des matériaux afin de les protéger
des bombardements aériens en temps de guerres. Pour des considérations économiques, on utilise
généralement les couloirs de carrières abandonnées ou les cavernes naturelles.
4- Garages et parkings souterrains : sont réalisés surtout dans les grandes villes pour gagner de l’espace et
faciliter la circulation.
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Figure 01 coupe souterraine qui décrit les ouvrages souterraines comme tunnel et parking dans un milieu
urbain
I.1 CLASSIFICATION DES TUNNELS
La classification des tunnels se fait en fonction de leur destination, leur position et leur situation géologique.
On peut distinguer les deux groupes principaux : les tunnels de communication et les tunnels ou galeries de
transport.
A) Les tunnels de communication
1- Les tunnels ferroviaires : ils peuvent traverser les montagnes ou passer sous les cours d’eau ou sous les
villes.
2- Les tunnels de chemin de fer métropolitains (métro) : peuvent être sous la chaussée ou à une grande
profondeur.
Les principales caractéristiques des tunnels de métro qui les distinguent des autres tunnels sont :
- Sécurité supérieure de la circulation ;
- Etanchéité absolue ;
- Ventilation et propreté impeccable.
3- Les tunnels routiers : on distingue trois groupes
- Les tunnels d’autoroute et les tunnels de routes principales ;
- Les tunnels de liaison construits à l’intérieur des grandes villes ;
- Les tunnels passant sous les cours d’eau ou tunnels sub-fluviaux.
4- Les tunnels pour piétons : ils peuvent se trouver dans l’intersection d’important artères ou le franchissement
de larges cours d’eau, ils sont démunis de rampes, les piétons doivent alors emprunter des ascenseurs installées
dans des puits.
5- Les tunnels de navigation : ce moyen de communication fut le premier à être exploité par l’homme afin de
raccorder entre eux les divers cours navigables. Ils demandent de grandes sections et une étanchéité
impeccable (revêtement imperméable).
B) Tunnels servant au transport
1- Les galeries des aménagements hydroélectriques : la circulation de l’eau peut s’effectuer sous le seul effet
de la gravitation, comme elle peut être sous pression.
2- Les galeries d’adduction d’eau : destinés à amener l’eau potable des sources aux réservoirs urbains.
3- Les tunnels des services publics : servent à la pose, au contrôle et à l’entretien des différentes conduites des
câbles électriques, téléphoniques, etc. Les liaisons avec l’extérieur se font par des puits.
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4- Les tunnels de canalisation pour égouts : destinés à l’évacuation des eaux usées des villes, l’étanchéité doit
être importante.
I.2 ETUDES GEOLOGIQUES ET GEOTECHNIQUES
Elles visent à connaître la nature et les caractéristiques des différents terrains dans la zone du tracé projeté et
celles des tracés variantes possibles. Elle consiste à faire des (Tableau I.1):
- examens préliminaires des documents existants ;
- sondages dans la zone entourant l’axe du tunnel ;
- exécution des puits et des galeries de reconnaissance permettant de faire des essais in-situ. Ces ouvrages
peuvent être placés de façon à être utilisés pendant la construction de l’ouvrage ou comme ventilation ou poste
d’épuisement une fois l’ouvrage principal fini.
En général les compagnes de reconnaissances démarrent au début de l’étude d’avant-projet sommaire (APS)
pour se terminer au début de l’étude d’avant-projet détaillé (APD).
Cela permet d’utiliser les premiers résultats des levés de terrain, de la géophysique, des sondages ou galerie de
reconnaissances pour cerner les options essentielles du projet lors des études de l’avant-projet sommaire
(APS).
Figure 02 coupe géologique montre la position de la tracé du tunnel de deux tubes (dans la couche de sol de
couleur bleu).
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1.3 Importance des ouvrages souterrains
Les ouvrages souterrains constituent la solution la mieux adaptée à la création de nouvelles infrastructures
en zone urbaine et au franchissement des zones montagneuses. En zone urbaine, le sous-sol devient une
alternative quasi incontournable aux problèmes d’occupation et d’encombrement de surface. La
réalisation des travaux en souterrain permet de s’affranchir des obstacles, d’utiliser au maximum l’espace
souterrain quasi illimité et de libérer la surface au sol.
1.4 Les problèmes majeurs liés à la construction des ouvrages souterrains sont :
✓ La stabilité de terrain pendant les travaux notamment au front de taille
✓ Le choix de type de soutènement et de revêtement à mettre en œuvre pour assurer la tenue des
parois à court terme, puis à long terme
✓ La maîtrise des mouvements engendrés en surface par le creusement particulier lorsque l’ouvrage est
construit à une faible profondeur ou à proximité d’autre structures (en site urbain)
✓ Maîtrise les problèmes hydrauliques (présence d’une nappe phréatique).
1.5 Tunnel :
c’est un ouvrage souterrain linéaire ouvert à la circulation, le plus souvent ferroviaire ou routière. Le
mot galerie est employé de préférence pour les ouvrages hydrauliques (adductions d'eau, égouts).
1.5 1 Définition géométrique d’un tunnel
Dans un projet de tunnel, l’un des premiers choix à effectuer est celui de ses caractéristiques
géométriques (tracé en plan, profil en long et profil en travers) qui aident à l’implantation de l’ouvrage
a .Tracé en plan
Tracé en plan représente la projection, a une échelle réduite, du tunnel sur un plan horizontal .ilcaractérise
par une succession de courbes et d'alignements droits séparés par des raccordements progressifs ou des
raccordements circulaires.
b. Profil en long.
Le profil en long est une coupe verticale passant par l’axe du tunnel, développée et représentée sur un
plan à une certaine échelle. Il précise les longueurs (en abscisse) et les hauteurs (en ordonnée). Il précise
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les longueurs et les valeurs des pentes ou des rampes, ainsi que les rayons courbure des sommets de côtes
et des points bas aux raccordements La déclivité maximale doit rester, autant que possible, telle qu’elle
permette de maintenir la capacité de service de la route : jusqu’à 4 à 6 % dans les tunnels urbains de
courte longueur, mais seulement 2 à 3 % sauf exception sur les longs tunnels autoroutiers .On
recommande de ne pas descendre au-dessous d’une pente de 0,25 % pour éviter la stagnation des eaux de
ruissellement.
c. Profil en travers :
Le profil en travers est une coupe transversale perpendiculaire à l’axe du tunnel Il précise, pour une
position donnée, la forme géométrique de la section du tunnel (circulaire, rectangulaire.) ainsi que les
largeurs des voies routable, trottoirs, largeur de bande d’arrêt d’urgence et tous les détails qui peuvent être
existent.
- Tunnel à section circulaire
La section utile d’un tunnel ferroviaire dépend de plusieurs facteurs et, en premier lieu, du gabarit du
matériel roulant appelé à circuler sur la ligne. Un autre facteur intervient sur les lignes où doivent circuler
des trains à grande vitesse, c’est la notion du volume minimal d’air à réserver autour du gabarit
1.6 Facteurs influençant la conception des tunnels
L’opération de la conception d’un tunnel souvent est régit par plusieurs facteurs on peut citer :
- La destination de l’ouvrage (circulation, stockage,….)
- La nature des terrains à traverser (sol ou massif rocheux) et sa sensibilité aux déformations
- La présence de la nappe d’eau
- la direction de discontinuité par rapport l’orientation du tunnel te tels que caniveaux, avaloirs …etc.
1.6.1 Description d'un tunnel
Lorsque l’on creuse un tunnel, on parle d’ L'excavation. Lors de l’excavation, le terrain se déforme à
deux endroits (dû aux pressions exercées) :
- Au front de taille, on parle d’extrusion.
- En parois, on parle de convergence.
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Figure 03 Coupe transversale et longitudinale d'un tunnel au voisinage du front de taille
Front de taille : est une surface plane dont le contour forme le profil du tunnel
Voûte : Paroi supérieure cintré du tunnel appuyant sur les piédroits.
Clé de voûte: section de la voûte située dans son plan de symétrie.
Piédroits : parties verticales de la section transversale du tunnel, comprises entre la voûte et le
sol de fondation de l'ouvrage.
Radier : partie inférieure du tunnel située entre les deux piédroits, Le radier peut être constitué
par une dalle ou un arc en béton.
Vocabulaire utilisé en ouvrages souterrains
Auscultation : instrumentation et mesure de grandeurs physiques permettant de comprendre et de
maîtriser d’une part le comportement de l’ouvrage, d’autre part son incidence sur l’environnement
(terrain, tunnel, ouvrages voisins).
Blindage : enfilage de plaques métalliques ou de planches en bois entre les cintres de soutènement. Le
blindage sert souvent de coffrage perdu lorsqu’il est accompagné d’un remplissage béton, il a également
un rôle structurel de maintien.
Bouclier : système de protection et de soutènement d’un tunnelier constitué le plus souvent d’un tube
métallique épais à peu près du diamètre de la section excavée.
Calotte : partie supérieure d’un tunnel dans une excavation par demi-sections (section supérieure).
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Cintre : profilé métallique normalisé (IPE, HEA, HEB...) cintré selon la géométrie du tunnel et qui sert à
soutenir le terrain.
Confinement : application d’une pression sur les parois d’un tunnel, par le biais d’un soutènement
principalement, dans le but de limiter les convergences et le déconfinement du terrain.
Convergence : rétrécissement diamétral d’une section de tunnel.
Débourrage : venue d’eau et/ou de matériaux meubles violente et inattendue suite à l’excavation du front
de taille.
Dé-confinement : réorganisation des contraintes autour du tunnel, de part et d’autre du front de
taille. On dit que le terrain est entièrement déconfiné lorsqu’il a atteint son équilibre final.
Décousu : zone de terrain proche du front de taille non soutenue.
Exhaure : évacuation des eaux qui s’infiltrent naturellement dans le tunnel ou qui sont utilisées pour les
besoins du chantier.
Front de taille : zone où l’excavation se réalise, fin provisoire du tunnel en creusement. Souvent le terme
désigne la paroi verticale de terrain.
Fontis : cloche formée par l’effondrement des terrains de proche en proche verticalement. Dans le pire
des cas les fontis peuvent se propager jusqu’en surface.
Injection : terme générique désignant les techniques de substitution et de comblement des vides
dans les terrains par un coulis durcissant. Les injections ont deux utilités : augmenter la résistance et/ou
étancher.
Marinage : évacuation des marins issus de l’excavation.
Marins : déblais formés par l’excavation d’un pas d’avancement.
Pas d’avancement : longueur de terrain excavée en une seule phase.
Plan de tir : plan du front de taille où figurent les trous de forage, les différents retards et microretards de
détonateurs, les lignes de tir pour les tirs séquentiels ainsi que les quantités d’explosifs utilisées.
Rameau : galerie reliant deux ouvrages souterrains.
Stross : partie inférieure d’un tunnel dans une excavation par demi-sections (section inférieure).
Tunnelier : machine pleine section destinée à réaliser des tunnels, pouvant aller du creusement à la pose
du revêtement final. On parle aussi de TBM (Tunnel Boring Machine).
Volée : pas d’avancement d’un tunnel creusé à l’explosif. La volée correspond à la longueur de forage des
trous pour les explosifs.
Voussoir : écaille de béton armé préfabriquée. Plusieurs voussoirs forment un anneau, et plusieurs
anneaux forment le revêtement de certains tunnels.