0% ont trouvé ce document utile (1 vote)
655 vues62 pages

Valorisation énergétique des agro-ressources

Le document décrit la valorisation énergétique des agro-ressources. Il contient des informations sur la définition de la biomasse, les techniques de valorisation comme la valorisation biochimique et thermochimique, et les applications de la valorisation des agro-ressources.

Transféré par

Aliou Thiao
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (1 vote)
655 vues62 pages

Valorisation énergétique des agro-ressources

Le document décrit la valorisation énergétique des agro-ressources. Il contient des informations sur la définition de la biomasse, les techniques de valorisation comme la valorisation biochimique et thermochimique, et les applications de la valorisation des agro-ressources.

Transféré par

Aliou Thiao
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Dr DIEDHIOU

ansoumanediedhiou@[Link]
Formations
28 Avril Docteur en : Mécanique et Énergétique à l’Université Assane Seck de
2017 Ziguinchor (Sénégal) et Génie de Procédés Industriels et
développement durable à l’Université de Technologie de Compiègne
(France)
Master 2 en Physique des Matériaux : Université Assane Seck de
2010-2011 Sénégal
Ziguinchor(UASZ)

2008-2009 Licence en Physique : Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) Sénégal

2007-2008 Licence 1 en MPCI : Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) Sénégal


Master 2
Domaine : Sciences et Technologies
Mention : Sciences des Matériaux
2021 Spécialité : Ingénierie des Matériaux
Option : Physique des Matériaux
Parcours: Physique des Matériaux

PHM5330

Valorisation énergétique des agro-ressources

Dr DIEDHIOU
Introduction

I- Définition de la biomasse

II-Techniques de valorisation des agro-


ressources

Plan II.1-Valorisation biochimique

II.2-Valorisation thermochimique

III-Applications de la valorisation des Agro-


Ressources

Conclusions
Récupération de l’énergie des agro-ressources
Contextes

Nos jours
Impact sur l’environnement

Augmentation de la concentration
des gaz à effet de serre

1970
Changement climatique actuel

Comment faire pour réduire cette augmentation de la concentration des gaz à effet de serre?
Introduction
Les agro-ressources sont considérées comme l’une
des plus importantes sources d’énergies
renouvelables dans le monde. Elle représentait à elle
seule environ 13 % des ressources de la
consommation énergétique mondiale en 2012 (IEA,
2014). On désigne par biomasse l’ensemble des
matières organiques accessibles sur une base
renouvelable et durable. Cependant, la valorisation
énergétique de la biomasse peut se faire sous
diverses formes.
Elle peut être utilisée pour produire de la chaleur, de
l’électricité ou encore des biocarburants gazeux et liquides
comme vecteur énergétique au sens large (méthane de
synthèse, méthanol, DME…). Elle constitue l’une des
sources importantes choisie par les pays développés, pour
limiter la dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz
naturel, charbon) et lutter contre le réchauffement
climatique (réduction des émissions de CO2) (ADEME,
2013).
Il existe de nombreuse technique d’exploitation de la biomasse,
mais toutefois on rencontre de nombreuses variations, en raison
de l’existence de différentes technologies de conversion, du type
de matière première, des aléas géographiques, de la différence
des propriétés physico-chimiques.
Cependant, lorsqu’on cherche à déterminer la disponibilité de la
biomasse énergétique dans un pays ou une région, il est
important de tenir compte des contraintes écologiques,
économiques, sanitaire, et technologiques. Ce n’est qu’alors que
toute la biomasse potentiellement disponible peut assumer le
concept de réserve pour la valorisation énergétique.
I- Définition de la biomasse
⮚ Le terme de biomasse a été inventé vers 1975 pour définir
les matériaux qui peuvent être utilisés comme combustible.

L’article 29 de la loi 2005-781 du code de l’énergie en France: définit


la biomasse comme « la fraction biodégradable des produits, déchets et
résidus provenant de l'agriculture, y compris les substances végétales et
animales, de la sylviculture et des industries connexes ainsi que la
fraction biodégradable des déchets industriels et ménagers ».
⮚ Avant, la biomasse et l’énergie solaire représentent les seules
sources d’énergie utilisées sans norme par l’homme pendant la
majeure partie de l’histoire de l’humanité.
 Le concept de biomasse inclut toutes les matières d’origine végétale
ou animale, les matières issues de la transformation naturelle ou
artificielle.

 Actuellement, le terme
biomasse est accepté pour
désigner le groupe de produits
 Les combustibles fossiles et
énergétiques et de matières
les produits organiques qui
premières de type
en sont dérivés sont exclus
renouvelable issus de la
de ce concept, même s’ils
matière organique formée par
avaient aussi une origine
voie biologique.
biologique dans l’Antiquité.
En général, nous distinguons trois types de biomasse, en fonction de leur teneur en
humidité, selon le type d’utilisation et en fonction de la composition chimique :

❖ Selon la teneur en humidité ❖ Selon sa composition chimique.


✔ La biomasse sèche, ✔ La biomasse ligno-cellulosique
✔ La biomasse humide, ✔ La biomasse à glucide, riche en substances glucidiques

Les Sources de biomasse

Déchets ménagers 11
La biomasse est une réserve d'énergie considérable née de l’action du
soleil grâce à la photosynthèse. Elle existe sous forme de carbone
organique. Sa valorisation se fait par des procédés spécifiques selon le
type de constituant.

La biomasse n'est considérée comme une source d'énergie renouvelable


que si sa régénération est au moins égale à sa consommation.
12
Limites de la biomasse pour une utilisation énergétique
Une des principales limites de l’utilisation de la biomasse comme source d’énergie: est très
probablement son hétérogénéité : diversité des approvisionnements, hétérogénéité en qualité
(composition chimique, teneur en humidité) mais aussi hétérogénéité morphologique (dispersion
en classe de taille de forme, etc.).

Ses formes irrégulières et une distribution de taille de particules très hétérogènes compliquent
les systèmes d’alimentation des procédés thermochimiques et limite les phénomènes de
transfert.

Cette dispersions géographique joue un rôle primordial sur le résultats obtenu de la conversion
énergétique.

Ces différents produits de biomasse génèrent une grande quantité, qui peuvent être utilisés
énergétiquement grâce aux technologies existantes.
13
I.1- Caractérisation des agro-ressources

Les agro-ressources sont poreuses, et sont composées de particules,


peuvent avoir des formes et tailles différentes (géométriquement
différentes). Elles présentent des caractéristiques physiques et chimiques
spécifiques, qui influent gravement les résultats de la conversion
énergétique de l’échantillon. Il nécessite alors de faire une étude des
principales caractéristiques physique, et chimique des particules de la
biomasse.
14
Composition biochimique de la biomasse
La biomasse ligno-cellulosique est composée de la lignine, d’hémicellulose et
de la cellulose. Ces polymères constituent la fraction organique de la
biomasse végétale obtenue à partir des réactions de photosynthèse permettant
de produire des hydrates de carbone qui forment sa structure.
16
Composition chimique de la biomasse
Pour pouvoir déterminer le potentiel énergétique d’un combustible, par
conséquent, pouvoir évaluer s’il est utilisé à pleine capacité, il faut
d’abord connaitre ses caractéristiques chimiques, et thermiques
fondamentales: composition élémentaire, composition immédiate et son
pouvoir calorifique.

Selon, le procédure adoptée pour effectuer les quantifications, différents


résultats peuvent être obtenus à la fin. Pour harmoniser, plusieurs norme
standard ont été adopté: ASTM D 3172-73 et ASTM D 3176-84
17
Bases de la décompositions de la biomasse
La composition d’un échantillon de biomasse est souvent exprimée sur différentes bases
en fonction de la technique de traitement de la matière première. Les bases exprimant la
composition de la biomasse sont souvent effectuées sur quatre étapes d’analyses.

18
19
20
21
CPG** Composition des produits de gaz
22
Caractérisation physico-mécanique
Forme et taille

Avantage

23
La teneur d’humidité est définie comme la masse d’eau contenue dans la biomasse.

Elle peut être exprimer à la fois sur la base humide et sur la base sèche, alors il est
nécessaire d’exprimer dans la présentation des résultats, sur quelle base le travail a été
effectué.

24
La masse volumique de la biomasse est divisée en masse volumique réelle et masse volumique
apparente.

𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒃𝒊𝒐𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆
ρ= 𝒌𝒈/𝒎𝟑
𝒗𝒐𝒍𝒖𝒎𝒆 𝒐𝒄𝒄𝒖𝒑é 𝒑𝒂𝒓 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒃𝒊𝒐𝒎𝒂𝒔𝒔𝒔𝒆
Ce concept de masse volumique spécifique ne s’applique pas aux déchet car dans ce cas, il y a
plusieurs pièces de même matériau qui occupent le volume. Cependant, le concept de masse
volumique apparente est plus approprié.
25
Masse volumique spécifique apparente
La masse volumique spécifique apparente est définie comme la masse totale de biomasse stockée
dans ce volume, divisée par la valeur de ce volume.

𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒃𝒊𝒐𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒆𝒏 𝒗𝒓𝒂𝒄


ρ= 𝒌𝒈/𝒎𝟑
𝒗𝒐𝒍𝒖𝒎𝒆 𝒐𝒄𝒄𝒖𝒑é 𝒑𝒂𝒓 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒃𝒊𝒐𝒎𝒂𝒔𝒔𝒔𝒆

La masse de la biomasse en vrac est la masse de la quantité de biomasse placée au hasard jusqu’à
ce qu’elle remplisse le volume.

 La masse volumique apparente sera toujours inferieure à celle spécifique, car les fragments
empilés laissent des espaces vides entre eux réduisant ainsi la masse contenue dans le volume.
 La valeur de la masse volumique apparente augmente avec la réduction de la taille des
particules du résidu (cas de la balle de riz).

26
Densité
Comme pour les masses volumiques, il y a aussi la densité spécifique pour la matière continue et
la densité apparente pour la matière fragmentée.

La densité spécifique est sans dimension, elle est définie comme le rapport entre la masse
volumique spécifique de la biomasse que divise celle spécifique de l’eau (ρ𝐻2𝑂 ) à l’état standard
(20°C et 100kPa, soit ρ𝐻2𝑂 =1000kg/m3.
ρ
𝑑=
ρ𝐻2𝑂
La densité apparente est définie de la même manière, mais en utilisant la masse volumique
apparente de la c’est-à-dire :

ρ
𝑑𝑎𝑝 =
ρ𝑎𝑝
Définition: du pouvoir calorifique
Le pouvoir calorifique, qu’on nomme aussi « chaleur de
combustion », définit la quantité d’énergie générée par la
combustion d’un combustible. Plus sa puissance sera élevée, plus
elle générera de chaleur. Les combustibles concernés se
retrouvent dans tous les états :
 gazeux, comme les gaz de synthèse, l’unité est
Mégajoule/Normo-mètre cube ;
 liquides, comme le fioul domestique utilisé pour les chaudières
dont l’unité est en MJ/kg;
 solides, comme le biomasse (en char, en bûches, en granulés
ou en briquettes).
Pour exprimer cette transformation, on utilise plusieurs valeurs.
Calcul du PCS et PCI

Exercice TD
Biomasse pour la conversion biochimique

Toute matière organique biodégradable peut être utilisée


comme substrat pour le traitement biochimique. Toutefois,
pour des raisons économiques et techniques, certaines
matières sont préférables à d’autres comme intrants.

L’un des principaux attraits de la technologie du biogaz est


sa capacité à produire du biogaz à partir des déchets
organiques abondants et librement disponibles.
Biomasses pour la valorisation biochimique

déchets ménagers,
industriels, boues de
traitement des eaux,
animaux

Prétraitement

Bio-méthanisation

Biogaz prétraitement, la gaine


d'hémicellulose/lignine qui
entoure la cellulose dans la
matière végétale est
perturbée
Ordures biodégradables

33
Quelques recommandations pour les conversions Biochimiques

Si les matières végétales telles que les sources de biomasse


agricole similaires doivent être utilisées, il convient d’opter pour
un système d’alimentation par lots ou discontinu plutôt que pour
une alimentation continue ou semi-continue. Les autres critères de
sélection et/ou de modification des modèles sont: condition du sol
et de la nappe phréatique.
Production de gaz de divers types d’excrément
En plus des déchets animaux et humains, les matières végétales peuvent
également être utilisées pour produire du biogaz. Puisque, les
différentes matières organiques ont des caractéristiques biochimiques
différentes, leur potentiel de production de gaz varie également. Deux
ou plusieurs de ces matières peuvent être utilisées ensemble à condition
que certaines exigences de base pour la production de gaz des
méthanogènes soient respectées.

Rapport C/N : Le rapport entre la quantité de carbone et d'azote


présente dans les matières organiques est exprimée en termes de
rapport carbone/azote (C/N).
Un rapport C/N compris entre 20 et 30 est considérée comme
optimale pour la digestion anaérobie. Si le rapport C/N est
très élevé, l'azote sera consommé rapidement par les
méthanogènes pour satisfaire leurs besoins en protéines et ne
sera plus réactif sur le reste de la teneur en carbone du
matériau. Par conséquent, la production de gaz sera faible.
En revanche, si le rapport C/N est très faible, l'azote sera
libéré et accumulé dans la forme d'ammoniac (NH4), le NH4
augmentera la valeur du pH du contenu du digesteur.
Si le fumier est trop dilué, les particules solides se déposent
dans le digesteur et si celui-ci est trop épais, les particules
gênèrent un flux de gaz dans la partie inférieure du
digesteur.
Il y a également un risque plus élevé de formation d'écume
au sommet de la couche de boue.
Dans les deux cas, la production de gaz sera moins
qu'optimale.
En outre, la plupart des usines de biogaz sont conçues pour
une teneur totale en solides d'environ 8 %.
Matières volatiles

Le potentiel de production de biogaz des différentes matières


organiques peut également être calculé sur la base de leur teneur en
matières volatiles. Plus la teneur en matières volatiles est élevée dans
une unité de volume de biomasse sèche, plus la production de gaz est
importante. (ref. Sathianathan).
Principaux composants de la biomasse
– la lignine ne peut pas être fermentée en éthanol. Seules les
fractions cellulosiques et hémicellulosiques sont des sources
potentielles de sucres fermentescibles, respectivement
l’hexoses (glucose) et le pentoses ;
– les trois polymères constitutifs de la matière ligno-
cellulosique forment une matrice rigide qu’il est nécessaire
de prétraiter pour rendre la cellulose et l’hémicellulose
accessibles à l’hydrolyse.
II- Techniques de valorisation des agro-ressources

L'utilisation énergétique de cette matière première est possible grâce à des


procédés de transformation thermochimique ou biochimique.
La voie biochimique fait appel à l'utilisation des enzymes et/ou de micro-
organismes dans des conditions de température et de pression favorables aux
bactéries. On distingue : la méthanisation, la fermentation alcoolique et
l’extraction d’huile végétale.
Cependant, la voie thermochimique s'effectue avec des conditions de
température et d'atmosphère bien définies. On a pour cette voie de conversion: la
carbonisation, la combustion, et la gazéification.
II.1- biochimique de la biomasse

La conversion biochimique de la biomasse est un processus naturel


de décomposition par action des bactéries. Mais elle peut être
contrôlée de façon à obtenir un combustible facilement exploitable.
Deux filières de conversion biochimique de la biomasse sont
particulièrement intéressantes :
La bio-méthanisation pour la production du biogaz,
La fermentation alcoolique pour la production de bio-carburant.
a-Bio-méthanisation ou digestion anaérobie de la biomasse
La bio-méthanisation ou digestion anaérobie, elle consiste en la biodégradation de
matières organiques (déchets ménagers ou industriels, boues de traitement des eaux,
produits agricoles) en absence d’air, sous l’action des communautés microbiennes,
conduisant à la production d’un gaz appelé biogaz:
-composé de méthane (CH4),
-gaz carbonique (CO2),

Combustion (utilisation directe)

agriculture

Figure : schéma simplifié de la bio-méthanisation


Ce n’est pas une nouvelle technique.
Pourquoi la méthanisation revient-elle au gout
du jour?
- Progrès technique et standardisation des
matériels qui améliorent la rentabilité
(cogénérations…)
- Hausse des tarifs d’achat de l’électricité,
- Renchérissement des énergies fossiles (donc
baisse du coût du biogaz)
Avantage environnementaux et stratégiques:
- Amélioration des condition de vie (la santé
avant toute chose)
Processus de méthanisation:

On identifie trois étapes distinctes au cours du processus de méthanisation de la


biomasse :
 Hydrolyse et acidogénèse : les macromolécules complexes comme les
protéines et les lipides se transforment en éléments plus simples comme des
acides aminés et des acides gras.
 Acétogénèse : des micro-organismes (bactéries) transforment les éléments
obtenus par acidogénèse en acide acétique.
 Méthanogénèse : l'acide acétique subit une nouvelle transformation pour
devenir du méthane et du gaz carbonique.
Au terme de ce processus complexe, il ne reste plus que le digestat, qui peut
être directement valorisé ou stocké.
Attention : il ne faut pas confondre méthanisation et méthanation. Le second
procédé vise à la production de méthane seul.
Figure: Processus de méthanisation de la biomasse
Principaux facteurs physico-chimiques
Les principaux facteurs physico-chimiques qui affectent le procédé de digestion
anaérobique sont : le pH, la température et le potentiel d'oxydoréduction.
Le pH optimum de la digestion anaérobique se situe autour de la neutralité. Il est le
résultat du pH optimum de chaque population bactérienne : celui des bactéries
acidifiantes se situe entre 5,5 et 6. Les acétogènes préfèrent un pH proche de la neutralité
tandis que les méthanogènes ont une activité maximale dans une gamme de pH comprise
entre 6 et 8. Toutefois, la méthanisation peut se produire dans des milieux légèrement
acides ou alcalins.
L'activité de l’ensemble de l’étape méthanogène est étroitement liée à la température.
Ainsi, deux plages de températures optimales peuvent être définies : la zone mésophile
(autour de 35 °C) et la zone thermophile (entre 55-60 °C) avec une décroissance de
l'activité de part et d'autre de ces températures.
Le potentiel d’oxydoréduction représente l'état de réduction du système, il affecte
l'activité des bactéries méthanogènes. Ces bactéries exigent en effet, outre l'absence
d'oxygène, un potentiel d'oxydoréduction inférieur à 330 mV pour initier leur croissance.
Bio-digesteur
Le bio-digesteur est une représentation physique, communément appelée usine de
biogaz. Il est également connu sous le nom de bioréacteur ou de réacteur anaérobie.
La principale fonction de cette structure est de fournir un état anaérobie à l'intérieur
de celle-ci. Elle peut être faite de divers matériaux de construction et avoir
différentes formes et dimensions (6, 8, 10, 12, 14, 16 et 18 m3).
Un digesteur « domestique », destiné à traiter les déchets ménagers d’une famille,
pourra faire moins 1 à 10 mètre cube.
i. La chambre d’alimentation : c’est la partie où se fait le mélange d’intrants organiques et
d’eau (le mélange peut se faire à l’intérieur ou à l’extérieur du bassin d’entrée). Ce mélange
passe à travers le tuyau d’entrée jusqu’au digesteur.
ii. Digesteur : c’est la partie où se font le dépôt et la fermentation des matières organiques. Au
sein de du mélange constitué de matières organiques et d’eau, une suite de réactions sera
déclencher et produit du gaz à travers le processus dit de digestion anaérobie. Cette réaction
sera en fonction de la stabilité thermique et du pH.
iii. Dôme : c’est là où le gaz est stocké une fois produit appelé aussi détenteur du gaz. Ainsi, ce
gaz stocké sous le détenteur à gaz est récupéré par un tuyau PVC situé sur la partie supérieure
du dôme et ce tuyau sera directement relié aux appareils placés à l’intérieur de la maison
(cuisine, chambre) que sont le réchaud et la lampe à gaz.
iv. Regard de sortie ou bassin de sortie : cette partie permet de stocker les substrats
méthanisés, et parfois aussi une partie du biogaz produit dans le digesteur.
v. Chambre de compost : elle sert à stocker les déchets refoulés (digestat) depuis la chambre de
sortie.
vi. Tuyau de sortie du biogaz : qui permet d’extraire le gaz entreposé sous le dôme jusqu’à la
cuisine.
En outre, le temps de rétention est en fonction de la température et le type de déchet employé.
Les différentes réalisations des bio-digesteurs industriels

Le digesteur est une cuve dont la taille et l’apparence varient beaucoup selon l’usage qui
en est fait. Une tour de méthanisation industrielle dépassera facilement 5 000 m3. Dans
une exploitation agricole ou domestique, une taille de quelques dizaines de m3 sera la
plus fréquente.
Alimenter un digesteur

On peut alimenter le
digesteur une fois / jour à
une fois / semaine. En
fonction des matières, on
fait un mélange entre la
matière et du liquide.
Dilution et cohérence des apports
Bon nombre de déchets organiques peuvent produire du biogaz. Il faut
seulement garantir les conditions favorables à leur digestion. Ainsi, il est
conseillé d’alimenter le digesteur par des déchets facilement biodégradables
tels que :
 les excréments d’animaux ;
 la fraction organique des ordures ménagères ;
 les eaux usées domestiques.
Pour le bon déroulement du processus de digestion des déchets animaux, il faut
respecter les normes de mélange c’est-à-dire la quantité de bouse utilisée doit être égale
à la même quantité d’eau pour alimenter le biodigesteur (rapport 1:1).
Par exemple pour un digesteur de 10 m3, le chargement nécessaire est de 80 à 100 kg de bouses
de vache pour 80 à 100 litres d’eau.
En effet, si la bouse est trop sèche, elle ne coulera pas dans le digesteur ;
si elle est trop diluée la production du biogaz va diminuer rapidement.
Utilisation locale du biogaz pour la cuisine
Le biogaz brûle dans l'oxygène pour donner du dioxyde de carbone et de l'eau et le
contenu énergétique du méthane est libéré.

Mélange biogaz-air pour une combustion complète pour une bio-ressource de biogaz contienne
60 % de méthane et que l'air contienne 21 % d'oxygène et 79% d’azote,
1
• alors α = = 1,67 volume de CH4 nécessaire pour la combustion complète
0,60
2
• β= = 9,52 volumes d‘O2 nécessaire pour la combustion complète,
0,21
β 9,52
• ou un volume de biogaz nécessitera δ= = =5,70 de volumes d'air,
α 1,67
1 1
• ou encore l’indice de mélange η= = = 0,149 ou 14,9 % de biogaz dans l'air (besoin
1+δ 1+5,70
stœchiométrique en air).
Le biogaz brûle dans une gamme étroite de mélanges allant de 9 à 17 pour cent (%) de biogaz
dans l'air.
Commentaires :

 Si la flamme est "trop riche", c'est-à-dire si elle contient trop de combustible, elle brûlera mal
et incomplètement, produisant du monoxyde de carbone, qui est un poison (gaz à effet de
serre).
 Par conséquent, la conception des appareils doit viser à maximiser la conversion du méthane
afin de minimiser le dégagement de méthane non brûlé et de produits de combustion
incomplète.
Les poêles fonctionnent généralement avec un léger excès d'air pour éviter le risque que la
flamme ne devienne riche.

Biogaz pour une utilisation industrielle

PCI  30,0CO   25,7H 2   85,4CH 4   151,3Cn H m  4,2 MJ / Nm 3


 1000

54
En milieu industriel
Fermentation alcoolique de la biomasse

La fermentation alcoolique relève du même principe sauf que les


substrats sont à haute teneur en glucides, l’objectif de la
transformation étant la fermentation de ces sucres pour la
production d’alcools, principalement l’éthanol et ses dérivés. Les
alcools issus de la fermentation sont souvent utilisés comme
combustibles liquides dans les véhicules à moteurs.
Méthodes physiques : broyage, broyage, cisaillement et explosion de
vapeur (pour produire certains composés inhibiteurs)
Méthodes chimiques : traitement à l'acide (pour la neutralisation du pH
et la récupération des produits chimiques), traitement aux alcalis (pour
l'ajustement du pH et le recyclage des produits chimiques), et traitement
aux solvants organiques (l'élimination et le recyclage)
Méthode biologique : traitement enzymatique de la cellulose (long),
Hydrolyis, L'hydrolyse acide utilise un acide dilué à température et à
pression élevées.
Le procédé comprend typiquement les étapes suivantes:
Prétraitement de la biomasse (tel que explosion à la vapeur,
traitement à l'acide, SODA…)
dans lequel l'hémicellulose est dégradée en sucres solubles C5 et
C6.
Hydrolyse enzymatique de la cellulose conduisant à la
formation de glucose.
Fermentation du glucose et des sucres C5, conduisant à
l'éthanol.
Distillation de l'éthanol.
Parmi les sociétés actives dans le développement de l'éthanol
cellulosique par hydrolyse enzymatique, on peut citer Iogen
(partenaire de Shell) au Canada, Inbicon (filiale de Dong Energy)
au Danemark et Verenium (partenaire de BP) aux Etats-Unis,
Danisco (Danemark) et Novozymes (Danemark) étant les grands
fournisseurs d'enzymes.
II.2-Valorisation thermochimique

La conversion de la biomasse par voie sèche regroupe plusieurs procédés


basés sur la dégradation des molécules sous l’effet de la chaleur en
présence ou non d’un réactif (vapeur d’eau, CO2, O2 ou le mélange de ces
agent oxydant). On distingue trois procédés de conversion
thermochimique : la combustion, la pyrolyse et la gazéification. Chacune
de ces trois techniques de conversion énergétique de la biomasse opère à
travers une succession d’opérations (séchage, dégradation thermique sans
ou en présence d’oxygène).

Vous aimerez peut-être aussi