Durée des saisons et équinoxes
Durée des saisons et équinoxes
JOSSE Eva
SCHALLER Victor
VILLENEUVE Amandine
1
Table des matières
RESUME :....................................................................................................................3
INTRODUCTION :.....................................................................................................4
CONCLUSION : .......................................................................................................25
2
RESUME :
A quoi correspondent les saisons astronomiques ? Comment mesurer précisément leur
durée ? Pourquoi les quatre saisons n'ont-elles pas la même durée ? Ce sont les trois questions
principales que nous nous sommes posées. Pour répondre à la première, il faut tout d'abord
comprendre ce que sont les équinoxes et les solstices. Ces positions particulières de la Terre sur son
orbite sont caractérisées par la position du Soleil par rapport à l'équateur terrestre, c'est-à-dire par la
valeur de la déclinaison δ du Soleil (angle entre la direction du Soleil et le plan de l'équateur
terrestre) : les équinoxes correspondent au moment où le Soleil est dans le plan équatorial (la
déclinaison est nulle) ; les solstices correspondent au moment où le Soleil est au plus haut ou au
plus bas par rapport à l'équateur (la déclinaison est maximale ou minimale). Les saisons sont alors
données par le temps mis par la Terre pour passer d'un équinoxe à un solstice ou d'un solstice à un
équinoxe (le printemps est par exemple l'intervalle de temps entre l'équinoxe de printemps et le
solstice d'été).
Déterminer la durée des saisons demande donc de connaître la date précises des solstices et
des équinoxes et donc de trouver les moments où la déclinaison est minimale, nulle ou maximale.
Pour cela, nous avons mesuré la hauteur du Soleil dans le Ciel au midi solaire (lorsque le Soleil
culmine, dans la direction du sud), grâce à un instrument particulier : le sextant. Cet instrument est
plutôt utilisé par les marins mais il est également possible de l'utiliser sur terre en ayant recours au
reflet du Soleil sur une bassine d'eau. Les mesures régulières de la hauteur du Soleil à midi nous ont
permis d'en déduire la déclinaison du Soleil et en interpolant entre nos mesures nous avons pu
déterminer, pour l'année 2012, le moment de l'équinoxe de printemps, celui du solstice d'été et celui
de l'équinoxe d'automne. Nous avons obtenu une durée du printemps de 92,6 jours et une durée de
l'été de 93,6 jours en bon accord avec les valeurs données par les astronomes (printemps de 92,7
jours et été de 93,6 jours).
Nous avons ensuite voulu déterminer le moment du solstice d'hiver, non à partir
d'observations, mais en utilisant un calcul. Le modèle de l'orbite elliptique de Kepler nous a
cependant paru trop compliqué et nous nous sommes inspirés du modèle imaginé par les savants
Grecs pendant l'Antiquité. Nous avons supposé que la Terre tourne uniformément sur un cercle mais
que le Soleil est légèrement décalé par rapport au centre du cercle. Par un effet de perspective, les
quatre saisons ne sont alors pas égales. Grâce à une construction graphique, nous avons pu
déterminer la position du solstice d'hiver et calculer la durée des deux dernières saisons : l'automne
dure 90,0 jours et l'hiver 89,3 jours. Encore une fois l'accord avec les durées données par les
astronomes est bon (automne de 89,9 jours et hiver de 89,0 jours).
3
INTRODUCTION :
Dans le langage courant, lorsqu'on parle des saisons, on sous-entend les saisons climatiques.
C'est-à-dire une période de l'année caractérisée par une certaine constance des températures. Dans
nos régions tempérées, l'année est découpée en quatre saisons, chacune marquée par des conditions
météorologiques particulières : dans l’hémisphère nord, l'hiver correspond à une baisse des
températures, au contraire de l'été par exemple. Mais plus on se rapproche de l'équateur, plus les
différences entre les saisons climatiques sont peu marquées. Dans les régions équatoriales, il n'y en
a plus que deux, définies non plus par rapport à la température mais par rapport à la pluviométrie :
la saison sèche et celle des pluies.
En astronomie, les saisons reçoivent une définition plus précise. Elles correspondent à des
intervalles de temps qui séparent des positions particulières de la Terre sur son orbite, positions qui
sont appelées les équinoxes ou les solstices. Les saisons climatiques sont bien sûr liées aux saisons
astronomiques : la chaleur reçue par la Terre dépend de l'angle sous lequel arrive les rayons du
Soleil et cet angle dépend de la position de la Terre sur son orbite. En été (dans nos régions), le
Soleil grimpe haut dans le Ciel, les rayons solaires tombent presque verticalement. Il faut plus
chaud qu'en hiver, lorsque le Soleil reste bas sur l'horizon et que ses rayons arrivent fortement
inclinés.
Dans notre travail, nous nous intéressons uniquement aux saisons astronomiques. Un point
qui nous a intrigué est que les saisons n'ont pas des durées égales : l'été et le printemps sont plus
longs que l'automne et que l'hiver. Nous avons voulu nous-mêmes mesurer la durée des saisons et
comprendre pourquoi elles n'étaient pas égales.
On sait aujourd'hui que la course du Soleil dans le Ciel est un mouvement apparent, reflet
des mouvements réels de la Terre : la rotation propre de notre planète sur elle-même en une journée
explique la succession des jours et des nuits et sa révolution autour du Soleil en une année explique
la succession des saisons. C'est l'interprétation héliocentrique, défendue la première fois par Nicolas
Copernic en 1543.
a) Le mouvement journalier
Au cours de la journée, le Soleil décrit une trajectoire circulaire dans le Ciel (Figure 1). Il se
lève du côté de l'est, monte graduellement jusqu'à un point culminant où il indique la direction du
sud, puis redescend pour se coucher du côté de l'ouest. La nuit, c'est au tour des étoiles d'effectuer
des mouvements similaires et de tourner dans le Ciel d'est en ouest (Figure 3). Une seule étoile reste
immobile : l'étoile Polaire, qui indique la direction du nord. Toutes les autres décrivent des arcs de
cercle autour d'elle, d'autant plus grands qu'elles en sont éloignées. Celles qui en sont les plus
proches restent constamment au-dessus de l'horizon : elles ne se couchent jamais et restent visibles
tant qu'elles ne sont pas noyées dans la lumière solaire ; on les appelle les étoiles circumpolaires.
4
Axe de la rotation Zénith
apparente Axe de la rotation Zénith
apparente
ste
étoile polaire
céle
te s
céle
Orion
te
Est
Voû
te
Est
Voû
Nord Sud
Nord Sud
horizon
Ouest horizon
Ouest
Au fil de l'année, la trajectoire que le Soleil effectue chaque jour dans le Ciel évolue : le
Soleil monte plus ou moins haut dans le ciel ; il se lève et se couche à des endroits différents et le
jour dure plus ou moins longtemps. La trajectoire du Soleil dans le Ciel change donc chaque jour
mais toutes ses trajectoires sont parallèles entre elles et perpendiculaires à l'axe de rotation de la
Terre.
Zénith
Axe de la rotation solstice d'été
apparente
équinoxes
te s
céle
solstice d'hiver
te
Est
Voû
te
l es
cé
ur
Nord Sud
te
ua
éq
horizon
Ouest
Figure : Trajectoires du Soleil au cours de l'année.
Le jour des équinoxes de printemps et d'automne, le Soleil décrit l'équateur céleste. Ce sont
les seuls deux jours de l'année où le Soleil se lève exactement à l'est et se couche exactement à
l'ouest et où le jour et la nuit ont des durées égales de 12h. Le jour du solstice d'été, le Soleil atteint
sa plus grande hauteur dans le ciel ; il se lève au nord-est et se couche au nord-ouest. Le jour du
solstice d'hiver, c'est le moment où le Soleil reste le plus bas. Il se lève au sud-est et se couche au
5
sud-ouest.
Ce qui change au cours de l'année, c'est donc uniquement la position du Soleil par rapport
à l'équateur céleste (c'est-à-dire la déclinaison du Soleil, voir plus loin). De l'équinoxe de
printemps à l'équinoxe d'automne en passant par le solstice d'été, le Soleil est au dessus de
l'équateur ; le reste de l'année, il est en dessous.
La Terre tourne autour du Soleil en une année et son plan de révolution définit le plan de
l'écliptique. L'élément déterminant est que l'axe de rotation de la Terre sur elle-même, qui reste
toujours parallèle à lui-même, n'est pas perpendiculaire au plan de l'écliptique mais est incliné par
rapport à cette perpendiculaire d'un angle appelé obliquité de l'écliptique et égale à ε = 23,43°.
Soleil
Solstice d'hiver
Solstice d'été
Equinoxe d'automne
Figure : L'orbite de la Terre autour du Soleil définit le plan de l'écliptique. Au solstice d'été, le pôle
nord est éclairé alors que le pôle sud reste constamment dans l'ombre. C'est le contraire en hiver. ε
est l'obliquité de l'écliptique.
6
vert
Axe de rotation
ic
ale
izon
hor
hor
izon
i cale
vert 20°
é qu
ateu
r 67°
Solstice d'été
Solstice d'hiver
Figure : Les figures sont réalisées pour un point de 46° de latitude nord (Annemasse). Le jour du
solstice d'été, le Soleil a sa plus grande déclinaison. A midi, il atteint sa plus grande hauteur dans
le Ciel. Le jour du solstice d'hiver, le Soleil a sa plus petite déclinaison. A midi, il atteint sa plus
petite hauteur dans le Ciel.
7
Pôle Nord
méridien du lieu
méridien de
Greenwich M
φ
λ
équateu
r
Terre
Les coordonnées géographiques de notre lycée, où auront lieu les observations sont les
suivantes (nous les avons trouvées sur le site géoportail de l'IGN : http://www.geoportail.gouv.fr) :
– Latitude : 46° 10' 56" (environ 46,2°)
– Longitude : 6° 14' 52" (environ 6,25°)
Sur la figure suivante, on voit que la latitude d'un lieu, qui est l'angle entre la verticale et
l'équateur, est aussi égale à la hauteur du pôle sur l'horizon.
étoile polaire étoile polaire
Zénith du lieu
Pôle nord φ
équateur φ
ho
O
ri
zo
n
Terre
Lorsqu'on regarde le ciel dans la direction du nord, l'angle entre la direction de l'étoile
polaire et l'horizontale est égale à la latitude du lieu.
8
a) Mesure de la déclinaison du Soleil lors du passage au méridien
Lorsque le Soleil passe au méridien du lieu, il peut être repéré par sa hauteur h au dessus de
l'horizon et par sa déclinaison δ au dessus de l'équateur :
– Sa hauteur h au-dessus de l'horizon : angle entre la direction du Soleil et le plan horizontal.
h est comprise entre 0° (le Soleil est dans l'horizon, au moment de son lever et de son
coucher) et 90° (le Soleil est au zénith du lieu, ce qui n'arrive jamais pour nos latitudes).
– Sa déclinaison δ au-dessus de l'équateur céleste : angle entre la direction du Soleil et le plan
équatorial. δ varie de -23,43° à +23,43°.
Z
P
r
en
ateu
ridi
u
éq
mé
δ
90°
φ h 90°-φ horizon
Figure : Passage du Soleil au méridien (le Soleil est au dessus de l'équateur, nous sommes au
printemps ou en été). P est l'étoile polaire, Z le zénith. L'angle entre la direction de l'étoile polaire
et l'horizon est égal à la latitude du lieu.
Le sextant est un instrument qui a été inventé au XVIII e siècle, par John Hadley, un
mathématicien anglais et Thomas Godfrey, un inventeur américain, spécialement pour observé la
hauteur des astres dans le ciel, c'est-à-dire l'angle entre leur direction et l'horizon. Il avait pour but
de permettre aux navigateurs de se situer sur les mers en déterminant la latitude du navire. Jusqu'à
l'invention du GPS, il avait donc une grande importance pour le marin.
h
horizon M
M : miroir mobile, attaché à l'alidade
A B
C alidade
limbe
9
Figure : Le miroir m et la lunette sont fixes. Le miroir M tourne autour d'un axe au moyen de
l'alidade. On déplace celle-ci à l'aide d'un micromètre de façon à viser à la fois dans la lunette
directement l'horizon et indirectement l'astre après double réflexion sur les miroirs M et m.
En principe, un sextant s'utilise en mer. L'appareil étant tenu à la main, l'observateur dirige la
lunette sur l'horizon (surface de l'océan), qu'il aperçoit à travers le miroir m semi-réfléchissant. En
même temps, il manœuvre l'alidade MC de façon à apercevoir, par double réflexion sur M et sur la
partie réfléchissante de m, l'astre dont il veut mesurer la hauteur (Soleil, Lune, étoiles).
Lorsque la coïncidence des deux images est réalisée, c'est-à-dire lorsque l'on voit dans la
lunette à la fois l'horizon et l'astre observé, il suffit de lire sur le limbe AB l'angle h cherché. Pour
éviter la multiplication par 2, le limbe AB (qui correspond à un angle de 60°) est divisé en 120
parties égales que l'on numérote comme si c'étaient des degrés.
Grand
miroir
Petit
miroir
lunette
Alidade
Filtres colorés
Vernier
limbe
La Haute Savoie n'étant pas à proximité de l'océan (!), on ne peut pas viser la surface de
l'océan pour avoir l'horizon. L'astuce consiste à utiliser le reflet du Soleil dans un étang ou dans un
petit bac rempli d'eau. En plaçant notre œil dans la lunette, on vise le reflet du Soleil dans l'eau, puis
on bouge l'alidade du sextant jusqu'à apercevoir l'image du Soleil par double réflexion sur les deux
miroirs. Cette opération est délicate car le sextant doit être tenu parfaitement verticalement pour
10
pouvoir apercevoir simultanément les deux images du Soleil. Il est plus facile d'utiliser l'étang que
le petit bac d'eau pour faire cette première recherche.
Mais le moindre souffle de vent fait bouger la surface de l'étang, ce qui ne permet pas une
mesure précise. On utilise alors le petit bac d'eau car il est possible de protéger celui-ci par des
vitres en verre pour éviter la perturbation due au vent. La vis micrométrique permet de juxtaposer
très précisément les deux images du Soleil. L'angle mesuré est le double de la hauteur du Soleil.
Mesure de 2
fois la
hauteur du
Soleil
Figure : le reflet du Soleil sur un étang ou sur une petite bassine d'eau permet de mesurer deux fois
la hauteur du Soleil.
11
c) A quel moment le Soleil passe au méridien (au sud) ?
On a besoin de mesurer la hauteur du Soleil lorsqu'il passe au méridien. Encore faut-il savoir
quand à lieu ce moment. On essaie d'abord par un calcul puis par des observations.
• Par un calcul
équateur
Rotation
Terre A
Pôle λ Rayons solaires
nord G
Nous travaillons en Temps Universel, sans tenir compte de l'ajout de 1 heure en hiver et de 2
heures en été. Nous partons du principe que le Soleil passe au méridien de Greenwich (midi solaire)
à 12h pile.
Comme la Terre tourne d'ouest en est et que Annemasse est située à l'est de Greenwich, le
midi solaire est survenu plus tôt à Annemasse qu'à Greenwich. La différence de temps Δt est égale à
la durée mise par la Terre pour tourner de l'angle λ (longitude d'Annemasse = 6,248°).
Le midi solaire à Annemasse survient donc à 11h35min. Notre calcul cependant n'est pas
exact. En vérifiant l'heure du midi solaire sur le site de l'IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et
de Calcul des Ephémérides : http://www.imcce.fr/langues/fr/), nous avons eu la surprise de voir que
l'heure du midi solaire change en fonction du moment de l'année, avec un décalage de ±16min par
rapport à notre calcul. Celui-ci ne donne donc que l'heure moyenne du midi solaire.
La course du Soleil dans le Ciel est symétrique par rapport au point le plus haut. Si on a
l'horaire pour lequel le Soleil atteint une certaine hauteur dans le Ciel lorsqu'il monte et l'horaire
lorsqu'il atteint la même hauteur lorsqu'il descend, le midi solaire est le milieu des deux horaires. Si
12
on fait plusieurs fois la même manipulation, on peut faire la moyenne de nos résultats et donc
minimiser les erreurs.
Nos observations :
– On regarde si la montre utilisée est à l'heure : la nôtre, le jour des mesures retarde de 1min4s
par rapport à l'heure de l'horloge parlante.
– On commence environ 2 h avant le midi solaire (d'après le calcul précédent) puis on note
l'horaire tous les degrés puis plus finement lors de la montée et lors de la descente.
– Pour faire une mesure, on règle le sextant sur une hauteur donnée et on attend que le Soleil,
grâce à son mouvement naturel (lorsqu'il monte ou lorsqu'il descend), atteigne cette hauteur.
– Plus on se rapproche du midi solaire, plus le Soleil monte ou descend lentement, donc plus il
est difficile d'être précis dans l'horaire : au début, on se trompe au plus d'une trentaine de
seconde puis à la fin (au moment où le Soleil est proche de sa hauteur maximale), l'erreur
peut atteindre 1min30s.
Tableau des mesures (c'est le double de la hauteur du Soleil qui est mesuré)
13
Hauteur du Soleil au cours de la journée du 3 octobre
40,0
39,0
38,0
hauteur (en °)
37,0
36,0
35,0
34,0
11,00 11,50 12,00 12,50 13,00 13,50 14,00 14,50 15,00 15,50
temps (en h)
Résultat : si on prend la moyenne des 9 premières mesures (les plus précises), on obtient
pour le midi solaire 13h22min32s. Si on ajoute le retard de la montre, on obtient : 13h23min36s.
Sur le site de l'IMCCE, on trouve un midi solaire pour le 3 octobre à Annemasse de 13h23min56s.
On est donc à 20s près, c'est compatible avec les erreurs que l'on peut faire sur chaque mesure.
Conclusions :
– Trouver l'heure exacte du midi solaire est difficile.
– Mais trouver la hauteur maximale atteinte par le Soleil est plus facile (et c'est ce qui nous
préoccupe!) : on a une période de 12 minutes environ pour faire et refaire la mesure
pendant laquelle la hauteur du Soleil varie peu, voire très peu.
– En revanche, lorsque nous faisons les trois la même mesure (au moment où la hauteur
du Soleil reste stable), nous n'obtenons pas exactement le même résultat : il y a un
écart d'environ 2' entre nous : ce sera la limite de notre précision.
Un rayon lumineux ne se propage en ligne droite que dans les milieux homogènes. Au
contraire, lorsqu'il passe d'un milieu d'indice plus élevé à un milieu d'indice moins élevé, il est dévié
et s'éloigne de la perpendiculaire à la surface qui sépare les deux milieux.
L'atmosphère n'est pas un milieu homogène. Au fur et à mesure que l'on s'élève, la pression
et la température de l'air baissent. L'indice des différentes couches de l'atmosphère change et est de
plus en plus faible au fur et à mesure que l'altitude augmente. Un rayon lumineux qui traverse
l'atmosphère ne se propage pas en ligne droite mais suit une ligne courbe : c'est la réfraction
atmosphérique qui perturbe les mesures des hauteurs.
14
Position
apparente
Position
vraie
Limite de l'atmosphère
réfraction
hmesurée
hvraie horizon
A
Figure : La réfraction atmosphérique dévie les rayons lumineux et fausse les mesures
La réfraction relève toujours les objets visées (ainsi lorsqu'on observe un coucher de Soleil,
celui-ci est en réalité déjà couché). La hauteur vraie est donc plus petite que la hauteur mesurée :
h vrai =h mesurée−réfraction
L'angle de réfraction (en minute d'arc) peut être calculé par une formule simplifiée :
réfraction≈1 '×cotan ( h)
La réfraction dépend donc de la hauteur des objets. Elle est nulle lorsque l'astre est au zénith
(les rayons arrivent perpendiculairement à l'atmosphère, ils ne sont pas déviés). Elle est maximale
lorsque l'astre est dans l'horizon (au moment où le Soleil se lève ou se couche). Dans le tableau ci-
dessous, nous donnons quelques valeurs de la réfraction (en minutes d'arc) en fonction de la hauteur
de l'astre observé (en degré).
La réfraction est de l'ordre de la minute d'arc. Elle a donc une valeur similaire aux erreurs
que nous faisons dans nos mesures : nous devons en tenir compte.
15
Comme nous l'avons dit, pour déterminer la durée des saisons il faut pouvoir déterminer le
moment précis des solstices et des équinoxes.
• Équinoxe de printemps
Nos observations :
– On sait que l'équinoxe de printemps a lieu chaque année aux alentours du 21 mars. Une
dizaine de jours avant cette date, on commence à mesurer la hauteur du Soleil lors de son
passage au méridien (midi solaire). On effectue la mesure chaque fois que le temps le
permet ! Par chance, le printemps 2012 a été assez beau. On poursuit jusqu'à une dizaine de
jours après l'équinoxe prévu.
– La hauteur observée du Soleil est donnée par la mesure du sextant divisé par 2.
– On corrige nos mesures de la réfraction atmosphérique.
– La connaissance de la hauteur h du Soleil permet de calculer la déclinaison δ du Soleil au
moment du midi solaire grâce à la formule : δ=h+ φ −90 (φ est la latitude de notre
lycée). On passe des déclinaisons négatives (avant l'équinoxe) aux déclinaisons positives
(après l'équinoxe).
Le tableau de mesure:
Les heures du passage au méridien sont données en temps universel (temps de la montre
moins 1 h, puisque nous sommes à l'heure d'hiver).
Comparaison avec les valeurs théoriques de l'IMCCE : le site internet de l'IMCCE permet
de calculer les valeurs théoriques de la hauteur du Soleil. Nos mesures sont relativement bonnes
(l'erreur ne dépasse pas 2,3' = 0,04°). De plus, l'erreur va toujours dans le même sens : nos mesures
sont toujours un peu trop faible. A-t-on toujours fait la même erreur dans nos mesures ? Plus
certainement, le sextant devait être mal étalonné.
16
Date h corrigée IMCCE erreur
jour ° ° ' '
4_mars 37,595 37 38 2,3
6_mars 38,383 38 25 2,0
12_mars 40,739 40 46 1,7
13_mars 41,125 41 9 1,5
20_mars 43,891 43 55 1,5
21_mars 44,302 44 19 0,9
24_mars 45,500 45 30 0,0
27_mars 46,655 46 41 1,7
Détermination de l'équinoxe :
Bien entendu, il n'y a aucune raison pour que l'équinoxe se produise exactement au midi
solaire (moment de nos mesures). Il peut survenir à un autre moment de la journée ou même la nuit,
lorsque aucune observation n'est possible. Pour identifier le moment précis de l'équinoxe, il faut
donc interpoler entre les mesures réalisées. Nous traçons donc la courbe donnant la variation de la
déclinaison en fonction du temps.
– Une des difficultés rencontrées concerne l'axe du temps. Nous décidons que le 29 février
2012 à 0h correspond à notre t = 0 jours. Ainsi le 1 er mars 0h donne le temps 1,0 jours et le 4
mars 11h 47min donne le temps 4,49 (la partie entière de chaque temps correspond au
numéro du jour dans le mois). Les heures et les minutes sont converties en jours.
– Nous modélisons la courbe par une droite dont l'équation est donnée par le logiciel.
4,00
f(x) = 0,3946x - 8,0016
2,00
déclinaison (°)
0,00
0,00 5,00 10,00 15,00 20,00 25,00 30,00
-2,00
-4,00
-6,00
-8,00
temps (jours)
8,0016
L'équinoxe a lieu lorsque δ(t )=0 , soit t= =20,28 jours .
0,3946
17
du 20 mars 5h 31min.
Une erreur systématique de 1' sur les hauteurs mesurées occasionne donc une erreur de 1 h
sur la détermination de l'équinoxe. Comme nous avons vu que vos mesures sont précises à environ
2', notre détermination de l'équinoxe est au mieux à 2h près.
• Équinoxe d'automne
Malheureusement le temps a été beaucoup moins clément que pour l'équinoxe de printemps.
En particulier, les jours qui ont suivi le 21 septembre ont été mauvais, ne permettant pas
d'observations. Les heures indiqués sont en temps universel (temps de la montre moins 2 h, puisque
nous sommes à l'heure d'été)
Le tableau de mesure
On passe cette fois des déclinaisons positives aux déclinaisons négatives. Lorsque l'on
compare nos mesures aux valeurs théoriques de l'IMCCE, on voit que nos observations sont un peu
moins bonnes (l'erreur atteint 3,5'). Mais encore une fois toutes les erreurs sont dans le même sens,
ce qui laisse penser à un mauvais réglage du sextant.
Détermination de l'équinoxe
Pour l'axe des temps, nous décidons que t = 0 jours correspond au 31 août 0h.
18
Déclinaison du soleil à l'équinoxe d'automne
4,00
f(x) = -0,3882x + 8,7277
3,00
2,00
déclinaison (en °)
1,00
0,00
10 15 20 25 30 35
-1,00
-2,00
-3,00
-4,00
-5,00
temps (en jours)
8,7277
L'équinoxe a lieu lorsque δ(t )=0 , soit t= =22,48 jours
0,3882
19
Date heure TU temps Mesures « h » obs. « Déclinaison »
jour jours h min jours ° ' '' ° °
30_mai -1 11 32 -0,52 60 14 0 60,233 16,416
5_juin 5 11 32 5,48 60 58 30 60,975 17,157
9_juin 9 11 31 9,48 61 20 20 61,339 17,521
14_juin 14 11 31 14,48 61 40 30 61,675 17,857
17_juin 17 11 31 17,48 61 46 0 61,767 17,949
21_juin 21 11 32 21,48 61 49 0 61,817 17,999
23_juin 23 11 32 23,48 61 47 30 61,792 17,974
27_juin 27 11 32 27,48 61 40 0 61,667 17,849
28_juin 28 11 32 28,48 61 38 0 61,633 17,816
30_juin 30 11 33 30,48 61 29 0 61,483 17,666
2_juillet 32 11 33 32,48 61 21 30 61,358 17,541
3_juillet 33 11 33 33,48 61 16 30 61,275 17,457
4_juillet 34 11 33 34,48 61 10 20 61,172 17,354
1
Le milieu de ces deux dates est : t=14,48+ (27,48−14,48)=20,98 j soit le 20
2
juin 23h 31min.
On peut donc obtenir une première détermination du solstice avec uniquement deux
mesures. Mais pour pouvoir effectuer une moyenne, il aurait fallu faire encore plus
d'observation pour pouvoir disposer de davantage de couples de valeurs égales.
20
3. Récapitulatif des résultats :
– Printemps : entre le 20 mars 6h43min et le 20 juin 22h 19min, il s'écoule : 92,64 jours.
– Été : entre le 20 juin 22h 19min et le 22 sept. 11h 31min, il s'écoule : 93,55 jours
L'été est donc un petit peu plus long que le printemps. Mais surtout lorsque l'on fait la
somme du printemps et de l'été, on obtient une durée de 186,2 jours. Donc l'automne et l'hiver
couvrent 179,1 jours, ce qui veut dire que ces deux saisons sont bien plus courtes que le printemps
ou l'été (il y a une différence de plus de 7 jours).
Ce résultat est déconcertant. Pour aller d'un équinoxe à un solstice et d'un solstice à un
équinoxe, la Terre doit immanquablement tourner de 90° autour du Soleil. On pourrait donc
s'attendre à ce que les 4 saisons soient égales à un quart d'année soit 91,3 jours environ. Si les quatre
saisons n'ont pas des durées égales alors cela implique nécessairement que la Terre ne tourne pas
avec une vitesse uniforme autour du Soleil : parfois elle se déplace plus vite (automne et hiver) et
parfois plus lentement (printemps et été) par rapport à une valeur moyenne. Expliquer pourquoi les
saisons ne sont pas égales demande donc d'expliquer pourquoi la Terre a une vitesse variable autour
21
du Soleil.
Au début du XVIIe siècle, en utilisant des observations très précises de Tycho Brahé, Kepler
découvre ses fameuses lois :
– Les planètes ne décrivent pas des cercles autour du Soleil mais des ellipses : le Soleil est l'un
des foyers de l'ellipse. Le Soleil n'est donc pas au centre des trajectoires mais il est
légèrement excentré par rapport à celui-ci.
– Les planètes n'ont pas un mouvement uniforme mais le rayon qui joint la planète au Soleil
balaie des aires égales en des durées égales : la planète se déplace donc d'autant plus
rapidement qu'elle est proche du Soleil. C'est ce mouvement non uniforme qui explique pour
le cas de la Terre l'inégalité des saisons.
– Si a est le demi-grand de l'orbite de la planète et T sa période de révolution autour du Soleil,
le rapport a3/T2 est une constante pour l'ensemble des planètes du système solaire.
P A
F
b
E
Périhélie Aphélie
S O a S
B
a)
b) D
C
Figure : Les deux premières lois de Kepler : a) La planète P décrit une orbite elliptique, de demi-
grand axe a et de demi-petit axe b. Le Soleil S occupe l'un des foyers de l'ellipse. La Terre est au
périhélie lorsqu'elle est au plus proche du Soleil et à l'aphélie lorsqu'elle est au plus loin. b) La loi
des aires : le rayon vecteur liant la planète au Soleil balaie des aires égales en des temps égaux.
a) Présentation du modèle
La première idée est de supposer que la Terre tourne uniformément sur un cercle et que le
Soleil coïncide avec le centre de celui-ci. Dans ce cas, toutes les saisons ont la même durée, qui
22
correspond à un quart d'année. Ce modèle ne peut donc pas correspondre aux observations.
Solstice d'été
Aphélie
Solstice d'été
T
T
O
Équinoxe Équinoxe de Équinoxe S Équinoxe de
d'automne S printemps d'automne printemps
Périhélie
a) b) Solstice
Solstice d'hiver d'hiver
Puisque le modèle précédent ne peut pas fonctionner, il faut le faire évoluer. Les Grecs de
l'Antiquité (Hipparque en particulier, au IIe siècle av. J.-C.) ont une idée ingénieuse, que nous
reprenons (en supposant bien sûr que c'est la Terre qui est en mouvement et non le Soleil). La Terre
continue d'avoir un mouvement uniforme sur un cercle mais le Soleil n'occupe plus le centre du
cercle, il est excentré par rapport à celui-ci.
Le mouvement de la Terre est uniforme par rapport au centre du cercle mais il n'est plus
uniforme par rapport au Soleil. C'est-à-dire qu'en des temps égaux, la Terre trace des arcs égaux sur
son orbite circulaire mais vu depuis le Soleil, ces arcs égaux correspondent à des déplacements
angulaires inégaux. Par rapport au Soleil, le déplacement de la Terre est donc tantôt plus rapide,
tantôt plus lent qu'une vitesse moyenne. C'est ce qui va pourvoir expliquer la différence des saisons.
Aphélie
O
S
Périhélie
Figure : Vu depuis O, la Terre parcourt des arcs égaux en des temps égaux (arcs noirs). Mais vu
depuis le Soleil, ces arcs ne correspondent pas à des angles égaux : la Terre semble se déplacer
plus vite lorsqu'elle est proche du périhélie et plus lentement lorsqu'elle est proche de l'aphélie.
23
b) Comment trouver la position du Soleil à l'intérieur de cercle ? Une méthode
graphique.
Pour construire le modèle, il faut pouvoir placer le Soleil à l'intérieur de l'orbite circulaire de
la Terre et ce uniquement à partir de trois données :
– la durée du printemps est de 92,64 j.
– La durée de l'été est de 93,55 j.
– La durée de l'année (durée entre deux équinoxes de printemps successifs) est de 365,25 J.
• Première étape : placer l'équinoxe de printemps, le solstice d'été et l'équinoxe d'automne sur
le cercle.
– On place l'équinoxe de printemps à un endroit arbitraire du cercle : ce sera notre point de
référence.
– Comme la Terre se déplace à une vitesse uniforme par rapport au centre du cercle et qu'elle
effectue 360° en 365,25 jours, on peut convertir la durée des saisons en degrés "vu depuis le
centre du cercle" :
92,64×360
* Le printemps dure 92,64 j, ce qui fait un angle de =91,3 ° . Cet angle
365,25
est mesuré depuis O. On peut donc placer le solstice d'été à partir de l'équinoxe de
printemps.
* L'été dure 93,55 j, ce qui fait un angle de 92,2°. On peut donc placer l'équinoxe
d'automne à partir du solstice d'été.
92,2° 92,2°
91,3° 91,3°
O O
Équinoxe Équinoxe de Équinoxe Équinoxe de
d'automne printemps d'automne S printemps
90°
a) b) Solstice d'hiver
• Deuxième étape : Connaissant la position du solstice d'été et des deux équinoxes, il faut
trouver la position du Soleil. Pour cela, on utilise la règle suivante : pour passer d'un solstice
à un équinoxe, la Terre tourne de 90° par rapport au Soleil (vu depuis le Soleil, entre un
24
solstice et un équinoxe, la Terre a tourné de 90°.
– Entre les 2 équinoxes, la Terre aura donc tourné de 180° par rapport au Soleil. Le Soleil se
trouve donc forcément sur la droite rejoignant les 2 équinoxes.
– On trace alors la perpendiculaire à cette droite passant par le solstice d'été : l'intersection
donne la position du Soleil et le prolongement de la perpendiculaire donne la position du
solstice d'hiver.
On peut réaliser la figure précédente sur une grande feuille et mesurer l'angle (depuis le
centre O du cercle) entre l'équinoxe d'automne et le solstice d'hiver. Mais la construction graphique
ne permet pas une grande précision. Il faut passer par un calcul, en s'aidant de la figure suivante.
Solstice d'été
αe αp
O
i i
Equinoxe αa
Equinoxe de
d'automne T printemps
Solstice d'hiver
Les angles αp et αe sont connus. Ils valent : α p=91,3 ° et α e=92,2° . On cherche αa.
α p+ α e
Autour du point O : i+ 180 ° + i=α p + αe donc i= −90° =1,75 ° .
2
Puisque l'équinoxe d'automne a lieu le 22 sept. 11h 31min et que l'automne dure 90,0 j, le
solstice d'hiver survient le 21 décembre 11h 31 min. D'après l'IMCCE, la date est le 21 décembre
11h 11min.
25
Le modèle permet donc de trouver la date du solstice d'hiver d'une manière satisfaisante. Il
donne une bonne première approximation du mouvement de la Terre autour du Soleil.
CONCLUSION :
Déterminer la durée des saisons et comprendre pourquoi les quatre saisons n'ont pas la
même durée n'est pas une mince affaire ! Il nous a d'abord fallu définir le bon critère pour délimiter
les saisons : il s'agit de la déclinaison du Soleil, angle entre la direction du Soleil et le plan de
l'équateur. Ensuite trouver un moyen de mesurer cette déclinaison du Soleil. Cela a été possible
uniquement à midi, lorsque le Soleil est au plus haut dans le Ciel, grâce à l'utilisation d'un sextant.
Nous avons dû apprendre à nous en servir, trouver comment réaliser des mesures sur terre (et non
en mer), nous perfectionner pour faire des mesures les plus précises possibles. Et surtout observer la
hauteur du Soleil tout au long de l'année, autour des équinoxes et des solstices, sans perde patience
parce qu'un nuage rendait une observation impossible ! Mais les équinoxe ou les solstice n'ont
aucune raison de survenir exactement à midi (au moment de nos mesures), il a donc fallu interpoler
entre nos mesures. L'opération était facile aux équinoxes car la déclinaison varie linéairement mais
plus délicate au moment du solstice d'été, où la déclinaison atteint un maximum et ne varie pas
beaucoup d'un jour sur l'autre. La récompense a été de voir que nos mesures permettaient de trouver
des durées du printemps et de l'été relativement bonnes !
Ensuite nous avons voulu trouver le moment du solstice d'hiver par un calcul.
Malheureusement, le modèle elliptique de Kepler est compliqué et les calculs difficiles. Alors nous
nous sommes inspirés de savants ayant vécus plus de deux milles ans avant nous. En supposant que
la Terre tourne uniformément sur un cercle et que le Soleil est légèrement décalé par rapport au
centre du cercle, nous avons pu construire un premier modèle expliquant l'inégalité des saisons et
permettant de calculer la date du solstice d'hiver, avec un accord toujours aussi satisfaisant.
26