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Carte géomorphologique de Nabeul 2018

Le document présente une carte géomorphologique et morphodynamique de la région de Nabeul en Tunisie, mettant en lumière la topographie faible et les dépôts quaternaires variés. Il décrit également l'impact des eaux courantes et de la mer sur la morphologie actuelle, ainsi que les effets des aménagements humains sur le littoral. Enfin, il souligne les enjeux d'érosion et de protection côtière dans cette zone.

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Le document présente une carte géomorphologique et morphodynamique de la région de Nabeul en Tunisie, mettant en lumière la topographie faible et les dépôts quaternaires variés. Il décrit également l'impact des eaux courantes et de la mer sur la morphologie actuelle, ainsi que les effets des aménagements humains sur le littoral. Enfin, il souligne les enjeux d'érosion et de protection côtière dans cette zone.

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REPUBLIQUE TUNISIENNE

MINISTERE DES AFFAIRES LOCALES


OBSERVATOIRE DU LITTORAL ET DE L'ENVIRONNEMENT

CARTE GEOMORPHOLOGIQUE ET MORPHODYNAMIQUE

Feuille N° 30

NABEUL

Tunis 2018
SOMMAIRE

INTRODUCTION ............................................................................................. 2
I- LE CADRE MORPHOSTRUCTURAL ...................................................... 2
1- Une topographie faible .................................................................................. 2
2- Des formes et dépôts quaternaires assez variés .......................................... 3
a- Les formes et dépôts liés à la mer ............................................................ 3
b- Les formes et dépôts liés aux eaux courantes .......................................... 5
II- MORPHOLOGIE ET MORPHODYNAMIQUE ACTUELLES ........... 5
1- L’activité des eaux courantes ....................................................................... 5
2- L’action de la mer .......................................................................................... 7
Références bibliographiques ........................................................................... 11

Liste des Figures

Figure 1:Le cordon littoral tyrrhénien : vue d’ensemble entre Korba et Oued Chiba (photo,
A. Oueslati, 2016).................................................................................................................. 4
Figure 2:Le cordon littoral tyrrhénien : vue de près dans une carrière abandonnée près de
Korba montrant le matériel sommital fin et interprétée comme la partie liée à l’action du
vent (photo, A. Oueslati, 2016). ............................................................................................ 4
Figure 3:L’arrière-pays de Nabeul : lieu d’une érosion hydrique importante dans les
formations sableuses, gréseuses et argileuses du Pliocène (photo, A. Oueslati, 2015). ....... 6
Figure 4:La morphologie et la dynamique naturelles des berges des ouedssont de plus en
plus masquées par des ouvrages de lutte contre l’érosion et les inondations (photo dans la
ville de Nabeul) (photo, A. Oueslati, 2016). ......................................................................... 6
Figure 5:Berges à l’état naturel et berges maçonnées : au contact de la ville avec son
arrière-pays rural (photo, A. Oueslati, 2017). ....................................................................... 7
Figure 6:Travaux de protection à la hauteur de l’hôtel Lido (photo, A. Oueslati, 2016). .. 10
Figure 7:L’état de la plage de l’hôtel Riyad (photo, A. Oueslati, 2016). ........................... 10

1
INTRODUCTION
La carte de Nabeul couvre un terrain très peu étendu. Elle
renferme cependant des éléments intéressants pour la
compréhension de l’évolution au cours du Quaternaire
supérieur, notamment depuis le dernier interglaciaire. Le front
de mer a fait l’objet de nombreux aménagements et offre
l’occasion pour la compréhension de l’impact de ces derniers sur
la dynamique du rivage et du système côtier dans son ensemble.
I- LE CADRE MORPHOSTRUCTURAL

1- Une topographie faible


La partie cartographiée de la feuille de Nabeul montre une topographie
faible et peu variée. Les altitudes sont la plupart du temps inférieures à
30m, valeur qui n’est dépassée que dans quelques secteurs périphériques
où apparait, mais très ponctuellement, la courbe de niveau de 50m. En
fait, il est possible de dégager une zonation dans laquelle se succèdent,
de la mer en direction de l’intérieur des terres, deux domaines : un
domaine de plaine et un domaine de bas plateaux. La transition est
assurée par un talus relativement bien marqué dans la morphologie
malgré son faible commandement, souvent inférieur à une vingtaine de
mètres. Ce talus doit sa place dans le paysage grâce surtout à sa pente
forte qui contraste avec la platitude des deux domaines, précités, qu’il
sépare.
Une telle faiblesse de la topographie n’a pas favorisé la mise en place
d’un réseau hydrographique local important. Mais le terrain est traversé
par des organismes d’un réseau hydrographique indéniable qui prend
naissance dans des reliefs du type petits jbels de l’arrière-pays.

2
2- Des formes et dépôts quaternaires assez variés
Les affleurements géologiques antérieurs au Quaternaire sont très rares.
Ils correspondent à des grès fossilifères attribués au Pliocène et se
limitent à un espace relativement très peu étendu au niveau de
Maamoura et Beni Khiar. Ailleurs, il s’agit partout de formes et de
dépôts hérités du Quaternaire supérieur et de l’Holocène qu’on peut
classer, en fonction de leur origine, dans deux catégories ; les uns sont
en rapport avec les variations du niveau de la mer, les autres sont liés
aux eaux courantes.
a- Les formes et dépôts liés à la mer
Il s’agit principalement du cordon littoral fossile de la formation Rejiche
tyrrhénienne qu’on suit de façon quasi continue au Nord de Maamoura
(Oueslati, 1994). Comme ailleurs, sur une grande partie de la façade
orientale de la péninsule du Cap Bon, il se caractérise par sa proximité
de la côte actuelle (fig. 1) ainsi que par son matériel de grès oolithique et
par sa faune marine qui associe des coquilles de Stombus bubonius
(Grosse, 1969 ; Oueslati et al., 1982 ; Paskoff et Sanlaville, 1983). Sa
partie supérieure se distingue par son faciès plus fin et son matériel
homométrique. Elle est interprétée comme la partie éolienne du cordon
(fig. 2). Dans les secteurs septentrionaux, surtout à la hauteur de la ville
de Korba, ce cordon est éventré par plusieurs carrières dont certaines ont
été envahies par les espaces bâtis.
Vers le Sud, la morphologie de cordon disparait mais le matériel marin
est signalé dans certains oueds où on le retrouve sous les formations
alluviales plus récentes, de la plaine. On n’a pas pu le suivre jusqu’au
talus qui marque le contact avec le domaine de plateaux. Mais parce
qu’il se trouve dans le prolongement du cordon littoral fossile, ce talus
parait correspondre à une falaise morte de même âge.

3
Figure 1:Le cordon littoral tyrrhénien : vue d’ensemble entre Korba et
Oued Chiba (photo, A. Oueslati, 2016).

Figure 2:Le cordon littoral tyrrhénien : vue de près dans une carrière
abandonnée près de Korba montrant le matériel sommital fin et
interprétée comme la partie liée à l’action du vent (photo, A. Oueslati,
2016).

4
b- Les formes et dépôts liés aux eaux courantes
Ces formes et dépôts diffèrent selon qu’on est dans la plaine ou dans le
domaine de plateaux. Ici, ils correspondent généralement à la frange aval
d’un paysage de glacis formé au pied des reliefs de l’arrière-pays situés
en dehors de l’aire cartographiée. L’existence, à leur surface, d’une
croûte calcaire de faciès variés (feuilletée, pulvérulente ou en dalle
saumon) mais souvent épaisse de quelques décimètres a permis de les
considérer comme d’âge quaternaire moyen (Grosse, 1969). Cet âge
s’appuie aussi sur le fait que ces formes se trouvent en arrière et à une
altitude plus haute que les formes et dépôts marins du dernier
interglaciaire cités plus haut. En fait, ils se trouvent aussi dans le
prolongement de surfaces d’aplanissement, situées en dehors de la carte,
dont la marge aval a été retouchée par des niveaux marins plus anciens
que celui du dernier interglaciaire (Oueslati, 1994 ; Balescu et al., 2015).
Quant à la plaine, elle est occupée par des alluvions holocènes qui
passent à un modelé de basse terrasse le long des oueds.

II- MORPHOLOGIE ET MORPHODYNAMIQUE


ACTUELLES
Les modelés et dynamiques actuels sont l’œuvre des aux eaux courantes
et surtout de la mer.

1- L’activité des eaux courantes


Les eaux courantes jouent un rôle important dans la dynamique actuelle
de l’arrière-pays (fig. 3). Mais dans le terrain cartographié, bas et
touchant uniquement à la partie aval des cours d’eau, leurs effets
géomorphologiques sont peu artificiellement masqués.
De fait, de tels effets se limitent le plus souvent à un sapement des
berges taillées dans les alluvions de la plaine.

5
Mais plusieurs berges, surtout celles des oueds atteints par les espaces
bâtis, ont perdu leur cachet naturel suite à différents travaux
(canalisations, murs, levées en terre, plantations, …) visant leur fixation
ou entrepris dans le cadre de la protection contre les inondations (fig. 4
et 5).

Figure 3:L’arrière-pays de Nabeul : lieu d’une érosion hydrique


importante dans les formations sableuses, gréseuses et argileuses du
Pliocène (photo, A. Oueslati, 2015).

Figure 4:La morphologie et la dynamique naturelles des berges des


ouedssont de plus en plus masquées par des ouvrages de lutte contre
l’érosion et les inondations (photo dans la ville de Nabeul) (photo, A.
Oueslati, 2016).

6
Figure 5:Berges à l’état naturel et berges maçonnées : au contact de la
ville avec son arrière-pays rural (photo, A. Oueslati, 2017).

2- L’action de la mer
A part de petits segments de côtes rocheuses basses façonnées dans les
grès pliocènes des environs de Maamoura et de Beni Khiar, il s’agit
partout de rivages sableux. Ces derniers correspondent à des plages dont
le modelé, la place dans le paysage géomorphologique et les
caractéristiques de leur évolution récente varient sensiblement d’un
secteur à l’autre. Il est néanmoins possible de distinguer deux principaux
types de situations qui correspondent en gros à deux secteurs.
Le premier secteur s’étend au Nord de Maamoura.

7
Ses plages sont relativement étendues et sont bordées par une dune
bordière peu haute (2 à 3m) mais parfois large de plusieurs décamètres
et généralement bien marquée dans le paysage. Ceci, elle le doit surtout
à sa position et aux caractéristiques des terres qui la bordent. Car,
comme c’est le cas dans une grande partie de la façade orientale de la
péninsule du Cap Bon, cette plage et sa dune barrent des sebkhas
allongées parallèlement à la mer avec laquelle elles communiquant
occasionnellement pour se transformer en lagunes.
Les rivages de ce secteur bénéficient aussi des apports d’un réseau
hydrographique fait d’organismes relativement petits mais dont le
bassin-versant a une géologie parfois largement sableuse et soumise à
une érosion importante. La plage profite également de la dérive littorale
en provenance des rivages sableux situés plus au Nord. Enfin, la côte est
encore largement à l’abri des espaces bâtis. Le seul secteur où ces
derniers ce sont densifiées au bord de la mer, aux dépens de la plage ou
de sa dune, appartient à la ville de Korba. Les dérèglements causés par
de tels aménagements ont déjà obligé de recourir à des travaux pour
reconstituer la dune par la méthode des ganivelles.
Le deuxième secteur s’étend au Sud du port de pêche de Beni Khiar. Les
plages reçoivent les cours d’eau les plus importants (Oued El Kbir et
Oued Sohil) dont la partie amont à une géologie qui accorde une place
une importante aux formations sableuses. Elles ont parfois une largeur
supérieure à une vingtaine de mètres et sont localement relayées par une
dune bordière assez bien conservée. Mais la tendance qui domine est
celle de l’érosion et du recul du rivage. La fragilité de cette côte se
manifeste le plus à l’occasion des tempêtes. Son explication se trouve
surtout dans la densification des constructions en dur sur le front de mer.
Les formes de dégradation les plus avancées ont été constatées dans le
dans la partie orientale de la côte de la ville de Nabeul. La situation a
déjà imposé le recours à des travaux de protection par mur de
soutènement, enrochement ou brise-lames (fig. 6). Mais ceci semble
avoir accentué le problème.

8
Le brise-lames et les tombolos formés à leur abri s’opposent au transit
sédimentaire en rapport avec la dérive littorale principale dirigée vers le
Sud.
Les manifestations de l’évolution régressive se voient le mieux à la
hauteur de l’hôtel Riyadh (fig. 7). L’examen d’images de différentes
dates le montre clairement. La mesure du recul est donnée aussi par des
murs construits le long des berges d’un oued qui se jette dans cette côte
à la limite nord de l’hôtel. Au départ, situé sur la plage, l’extrémité de
ces murs est aujourd’hui en mer, à plus de 45m du rivage. De l’autre
côté du même hôtel, le mur externe d’un terrain de tennis était, en 2002,
devancé par une plage large d’une trentaine de mètres. Depuis, cette
dernière a été érodée et les vagues ont détruit le mur et amputé ce terrain
d’une partie de sa superficie.

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Figure 6:Travaux de protection à la hauteur de l’hôtel Lido (photo, A.
Oueslati, 2016).

Figure 7:L’état de la plage de l’hôtel Riyad (photo, A. Oueslati, 2016).


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Références bibliographiques

 Balescu S., Mejri H. et Oueslati A., (2015)- Datation IRSL des


dépôts lagunaires pléistocènes de la côte orientale de la Tunisie ;
Rev. Médit., 125 ; p. 27-39
 Grosse M. (1969)- Recherches géomorphologiques dans la péninsule
du Cap Bon ; Presses Universitaires de France ; 358 pages
 Oueslati A., Paskoff R., et Sanlaville P., (1982)- Le Tyrrhénien de
Tunisie : proposition d'une chronologie ; Bull. Soc. Géol. Fr. ; 7,
XXIV, 2, p. 173-178.
 Oueslati A., (2004)- Littoral et aménagement en Tunisie ; ORBIS ;
2004 ; 534p.
 Paskoff R. et Sanlaville P. (1983)- Les côtes de la Tunisie ; variations
du niveau marin depuis le Tyrrhénien ; Maison Orient Médit.; 192p.

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Coupe synthétique
1-substratum pliocène (grès, sables et argiles) ; 2-partie externe d’un domaine de plateau à surface souvent
couverte par une croûte calcaire : domaine d’aplanissements et glacis d’âge quaternaire moyen à ancien ; 3-
cordon littoral tyrrhénien (distance variable par rapport au talus qui marque la limite du domaine de plateau) ;
4-plaine holocène alluviale ; 4b-épandages alluviaux holocènes au pied des ruptures de pente qui accidentent le
domaine de plateau ; 5-cordon littoral actuel ; 6-sebkhas-lagunes ; 7-la mer.

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