Fantastique
Pour les articles homonymes, voir
Cinéma fantastique et Art fantastique.
Goya, Le Sommeil de la raison produit des
monstres.
Le fantastique est un registre
littéraire qui se caractérise par
l’intrusion du surnaturel dans le cadre
réaliste d'un récit. Selon le théoricien
de la littérature Tzvetan Todorov (voir
son essai Introduction à la littérature
fantastique), le fantastique se
distingue du merveilleux par
l'hésitation qu'il produit entre le
surnaturel et le naturel, le possible ou
l'impossible et parfois entre le logique
et l'illogique. Le merveilleux, au
contraire, fait appel au surnaturel
dans lequel, une fois acceptés les
présupposés d'un monde magique,
les choses se déroulent de manière
presque normale et familière. Le
fantastique peut être utilisé au sein
des divers genres : policier, science-
fiction, horreur, contes, romances,
aventures ou encore merveilleux lui-
même. Cette définition plaçant le
fantastique à la frontière de l'étrange
et du merveilleux est généralement
acceptée, mais a fait l'objet de
nombreuses controverses, telle que
celle menée par Stanislas Lem[1].
Le héros fantastique a presque
systématiquement une réaction de
refus, de rejet ou de peur face aux
événements surnaturels qui
surviennent. Le fantastique est très
souvent lié à une atmosphère
particulière, une sorte de crispation
due à la rencontre de l’impossible. La
peur est souvent présente, que ce soit
chez le héros ou dans une volonté de
l’auteur de provoquer l’angoisse chez
le lecteur ; néanmoins ce n’est pas
une condition sine qua non du
fantastique.
Le fantastique en littérature ne doit
donc pas être confondu avec le
merveilleux (où le surnaturel est posé
et accepté d'emblée), avec la science-
fiction (qui est rationnelle) ou avec
l'horreur, bien que ces genres
puissent s'y combiner. Le cinéma
fantastique ne doit pas être confondu
avec le cinéma du genre "fantasy"
l’équivalent du merveilleux dans le
monde du cinéma.
Registres apparentés
Le fantastique est souvent considéré
comme très proche de la science-
fiction. Néanmoins, d'importantes
différences les distinguent : la
science-fiction ne relève pas du
surnaturel et se veut rationnelle.
Ainsi, La Machine à explorer le temps,
de H. G. Wells, est un roman de
science-fiction car le héros voyage
dans le temps grâce à une machine
conçue à cet effet, autrement dit
grâce à un procédé technologique,
certes inconnu dans l'état actuel des
connaissances humaines, mais qui,
étant présenté comme technologique,
ne peut être qualifié de surnaturel.
En français, une erreur fréquente
consiste à appeler « fantastiques »
tous les textes appartenant au genre
anglo-saxon de la fantasy, comme
ceux de J. R. R. Tolkien, alors qu’ils
appartiennent en réalité au domaine
du merveilleux. Cette erreur est due à
l’absence de terme approprié
permettant de nommer la fantasy en
français [réf. nécessaire]. Le fantastique
est également apparenté au réalisme
magique, genre propre à la littérature
latino-américaine et fondé sur
l'insertion d'éléments surnaturels
dans un récit réaliste. Mais les faits
surnaturels y sont considérés comme
normaux, ce qui fait du réalisme
magique une branche du merveilleux
et non du fantastique.
Tzvetan Todorov arrive donc à une
définition du fantastique comme
étant entre l'étrange, c'est-à-dire un
réel dont on pousse les limites à bout,
comme dans la Chute de la Maison
Usher d'Edgar Allan Poe, dans
laquelle on peut adopter une analyse
rationnelle, et le merveilleux, où les
éléments surnaturels sont considérés
comme normaux : le fantastique est
cet entre-deux, ce moment où l'esprit
hésite encore entre une explication
rationnelle et irrationnelle. Il ajoute
comme condition dernière à
l'apparition du fantastique un univers
ou un contexte réaliste : il faut que le
décor soit perçu comme naturel pour
pouvoir y introduire les marques du
surnaturel, et donc l'hésitation qui
mène au fantastique.
Histoire
Origines
Caspar David Friedrich.
Roman gothique
Article détaillé : Roman gothique.
La véritable source du genre
fantastique est le roman gothique
anglais de la fin de 1785. Outre
l'apparition des thèmes propres au
fantastique, (les fantômes, le Diable,
les vampires) ces romans
caractérisés par une atmosphère
d'horreur plus prononcée introduisent
l'ambiguïté caractéristique du genre.
Parmi les œuvres les plus
représentatives, citons Le Chateau
d'Otrante d'Horace Walpole, Le Moine
de Matthew Gregory Lewis (1796),
Les mystères d'Udolphe d'Ann
Radcliffe (1794), Caleb Williams de
William Godwin (1794), Zofloya, ou le
Maure de Charlotte Dacre (1806) et
Melmoth, l'homme errant de Charles
Robert Maturin (1821).
Romantisme frénétique
Article détaillé : Romantisme
frénétique.
Pétrus Borel.
La découverte des gothiques anglais
donne lieu en France à une profusion
d'œuvres dites « frénétiques » (On
parle aussi de « roman noir »). Encore
très marquées par le merveilleux, ces
œuvres introduisent dans le roman
français le goût pour l'horreur et le
macabre. William Beckford était
anglais, et pourtant c'est le français
qu'il a choisi pour écrire Vathek
(1786), romans de tendance
frénétique. Il situe l'action en Orient,
et donne au roman l'aspect d'un conte
oriental qui rappelle Les Mille et Une
Nuits. L'histoire est celle de la
descente aux enfers d'un calife ayant
cherché à obtenir des pouvoirs
surnaturels en concluant un pacte
avec le Diable. L'autre grand roman
frénétique est Le Manuscrit trouvé à
Saragosse du polonais Jean Potocki,
écrit lui aussi en français. Se
présentant sous la forme d'un
assemblage de récits indépendants,
imbriqués les uns dans les autres
selon le principe du roman gigogne,
avec quelques personnages
récurrents, il propose une grande
diversité de types de récits : le roman
noir, le roman picaresque, le conte, le
récits philosophique, etc. Cependant,
le surnaturel est omniprésent dans le
roman.
Après ces deux œuvres imposantes,
le roman frénétique atteint son
apogée avec les « petits
romantiques ». Pétrus Borel, dans
Champavert, contes immoraux (1833)
et surtout dans Madame de Putiphar
(1839), est encore plus provoquant
que les anglo-saxons, en particulier
dans sa complaisance pour l'horrible.
La cruauté des récits de Champavert
annonce Auguste de Villiers de L'Isle-
Adam. De plus, Borel a écrit un
véritable récit fantastique, Gottfried
Wolfgang (1843). Parmi les œuvres
marquantes du gothique français, il
faut aussi évoquer des romans qui,
ayant été écrits dans le but de
parodier les récits de Lewis et
Radcliffe, sont devenus
d'authentiques romans noirs. Dans ce
registre, le critique littéraire Jules
Janin a notamment écrit L'âne mort et
la femme guillotinée (1829). De même,
Les mémoires du Diable de Frédéric
Soulié utilise tous les ressorts du
roman gothique, et ne cache pas sa
dette envers le Marquis de Sade.
L'autre précurseur de la littérature
fantastique est le français Jacques
Cazotte dont le court roman, Le Diable
amoureux (1772), est considéré
comme le premier récit fantastique de
langue française. Il relate l'histoire
d'un jeune homme, Alvare, qui tente
de convoquer le Diable. Celui-ci lui
apparaît sous les traits de la
charmante Biondetta. Teinté
d'influences ésotériques, ce roman
aura une influence directe sur Charles
Nodier et ses successeurs français.
Naissance du véritable
fantastique
E.T.A. Hoffmann.
C'est en Allemagne au début du XIXe
que naît la littérature fantastique
proprement dite, avec Adelbert von
Chamisso (Peter Schlemilh) puis
Achim von Arnim et E.T.A. Hoffmann
(Fantaisies à la manière de Callot,
Contes nocturnes). Le fantastique de
Hoffmann se caractérise par
l'exaltation, le chaos, et la frénésie. Le
roman Les Élixirs du Diable, qui
revendique la filiation du Moine de
Lewis, accumule de façon souvent
incohérente les épisodes de natures
très différentes : histoire d'amour,
méditations esthétiques ou politiques,
aventures picaresques, épopée
familiale, extases mystiques, etc. Le
thème de la folie et de la solitude est
central dans l'œuvre de Hoffmann
comme dans celle de Chamisso.
Hoffmann a eu une influence
universelle et pratiquement continue
sur le genre. Ses contes forment un
véritable répertoire du fantastique,
décliné par la suite par d'autres
auteurs et dans d'autres arts (opéra,
ballet, cinéma).
En langue française
Théophile Gautier.
Essor du fantastique en
France
Dès les années 1830, les contes
d'Hoffmann sont traduits en français
par Loève-Veimars et rencontrent un
succès spectaculaire. Après Le Diable
amoureux de Jacques Cazotte, Nodier
est l'un des premiers écrivains
français à écrire des contes
fantastiques. Pourtant, il ne voit dans
ce genre qu'une manière nouvelle
d'écrire des récits merveilleux[2] ; le
fantastique lui est prétexte au rêve et
à la fantaisie. Il écrit d'ailleurs une
étude sur le fantastique (voir section
bibliographie), qui montre que pour
Nodier la frontière entre merveilleux
et fantastique est assez floue.
Peuplés de fantômes, de vampires et
de morts-vivants, ses textes
possèdent cependant ce qui
caractérise le fantastique :
l'ambiguïté, l'incertitude, l'inquiétude.
Ses contes les plus connus sont La
Fée aux miettes (1832), Smarra ou les
démons de la nuit (1821) et Trilby ou le
lutin d'argail (1822).
Puis plusieurs des plus grands de la
littérature française s'y essayent.
Honoré de Balzac, auteur d'une
dizaine de contes et de trois romans
fantastiques, a été lui aussi influencé
par Hoffmann[3]. Outre L'Élixir de
longue vie (1830) et Melmoth réconcilié
(1835), sa principale œuvre
fantastique est le roman La Peau de
chagrin (1831), dont le personnage
principal a conclu un pacte avec le
Diable : il achète une peau de chagrin
qui a le pouvoir d'exaucer tous ses
souhaits mais qui, symbolisant sa vie,
se réduit à chaque fois qu'il y a
recours. Malgré la composante
fantastique, ce roman est inscrit dans
le réalisme : Balzac utilise à la
description pour peindre les lieux de
Paris ; il fait intervenir la psychologie
et la situation sociale de ses
personnages. Mais dans l'ensemble,
l'œuvre fantastique de Balzac n'est
pas conçue comme une finalité. Tout
du moins, Balzac ne cherche pas à
effrayer ou à surprendre le lecteur, et
ne fait pas intervenir de quelconques
vampires ou loups-garous. Il s'agit
plutôt d'une œuvre de réflexion,
inscrite dans le cadre de la Comédie
humaine. À travers la puissance
allégorique des personnages et des
situations, Balzac écrit avant tout des
contes philosophiques.
Guy de Maupassant.
Grand admirateur de Hoffmann,
Théophile Gautier est un auteur
incontournable de la littérature
fantastique. Habités par la fantaisie
et le désir d'évasion, ses contes sont
parmi les plus aboutis sur le plan de
la technique du récit. Gautier brille à
tenir le lecteur dans le doute tout au
long de ses histoires, et à le
surprendre au moment de la chute. Il
est l'auteur de quelques chefs-
d'œuvre que l'on retrouve
régulièrement dans les anthologies
dédiées au fantastique, tels La
Cafetière (1831) et La Morte
amoureuse (1836). Prosper Mérimée
n'a écrit qu'un nombre très restreint
d'œuvres fantastiques (quelques
nouvelles tout au plus), mais celles-ci
sont d'une grande qualité. La Vénus
d'Ille (1837), en particulier, est l'une
des plus célèbres nouvelles du genre,
mais Lokis et Vision de Charles XI
comptent aussi parmi ses réussites
dans le genre. Mérimée a également
traduit La Dame de pique de
Pouchkine, et a publié une étude sur
Nicolas Gogol, le maître du
fantastique russe. Après avoir écrit
des textes fantastiques sous
l'influence du romantisme allemand
de Goethe et d'Hoffmann[4], Gérard de
Nerval a écrit un ouvrage majeur,
Aurélia (1855), dans un style plus
poétique et personnel. Il a également
rédigé un autre texte dans un style
similaire, La Pandora (1854).
Guy de Maupassant est à l'évidence
l'un des plus grands auteurs de
littérature fantastique. Son œuvre est
marquée par le réalisme, genre dans
lequel il a bâti sa renommée ; elle est
fortement ancrée dans le quotidien[5].
Ses thèmes récurrents sont la peur,
l'angoisse et surtout la folie, dans
laquelle il va d'ailleurs sombrer peu
avant sa mort. On les retrouve dans
son chef-d'œuvre, Le Horla (1887).
Sous forme de journal intime, le
narrateur relate ses angoisses dues à
la présence d'un être invisible.
L'hésitation repose sur la folie
possible du narrateur. Le mélange de
réalisme et de fantastique est
souvent, chez Maupassant, porté par
la folie de l'un des acteurs et introduit
ainsi sa vision déformée du monde
dans le réel[6]. Le Horla, mot inventé
par Maupassant, signifie fort
probablement « Hors de là », ce qui
sous entend que cet être invisible
vient d’un autre monde. Il existe deux
versions du Horla par le même auteur:
la deuxième version se termine sur la
vision du personnage principal
interné en hôpital psychiatrique.
Symbolisme et fantastique fin
de siècle
Villiers de L'Isle-Adam.
La fin du XIXe siècle voit l'essor de la
littérature dite « décadente », dont les
thèmes de prédilection sont la
cruauté, le vice et la perversité. Dans
le sillage d'œuvres telles que À
rebours de Joris-Karl Huysmans ou
Les Diaboliques de Jules Barbey
d'Aurevilly, le fantastique n'est plus
une finalité, mais un moyen
permettant de faire passer une
provocation, une dénonciation ou une
volonté esthétique. Il n'y a donc plus
durant cette période d'« écrivains
fantastiques », mais de nombreux
auteurs qui ont écrit quelques textes
fantastiques. Le conte se fait plus
maniéré, les descriptions se font
riches, l'exotisme et l'érotisme
deviennent des éléments importants.
Enfin, le conte fantastique est une
occasion de faire de la critique
sociale, souvent dirigée contre le
matérialisme bourgeois, par exemple
dans les Contes cruels de Villiers de
L'Isle-Adam. Par ailleurs, les
symbolistes décadents ont largement
recours au fantastique dans leurs
contes ; celui-ci n'est alors pas très
éloigné de la fable et de l'allégorie[7].
Léon Bloy a écrit deux recueils de
contes, Sueurs de sang (1893) et
Histoires désobligeantes (1894). Ses
récits, même s'ils ne sont pas tous
fantastiques, relèvent de l'étrange ou
du surnaturel. Rédigeant dans un
style incendiaire, Bloy a la volonté de
choquer ses lecteurs par la cruauté
de ses histoires. Un autre écrivain qui
a fait de tout ce qui est cruel, malsain
ou sordide sa source d'inspiration
favorite est Jean Lorrain, auteur
notamment de Monsieur de Phocas,
l'une des œuvres phares de la
littérature fin de siècle. Ses nombreux
contes fantastiques sont répartis
dans plusieurs recueils, dont le
meilleur est certainement Histoires de
masques (1900).
L'auteur symboliste Marcel Schwob,
guère insensible à l'atmosphère
délétère des œuvres décadentes, est
parvenu à concilier cette esthétique
avec la veine du fantastique. Utilisant
notamment le registre merveilleux et
le pouvoir de l'allégorie, il est l'auteur
de deux recueils de contes, Cœur
Double (1891) et Le Roi au masque d'or
(1892). Il convient aussi de retenir le
recueil Histoires magiques (1894) d'un
autre symboliste, Rémy de Gourmont,
dans lequel l'influence de Villiers de
L'Isle-Adam est indéniable, et qui est
le seul de son auteur à contenir des
contes fantastiques.
Henri de Régnier a écrit en 1919 un
recueil de trois nouvelles fantastiques
d'importance, Histoires incertaines[8],
dont l'esthétique est directement
influencée par la littérature fin de
siècle.
Fantastique belge
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Le développement d'une littérature
fantastique particulière en Belgique
au XXe siècle est une chose curieuse
mais indiscutable. Il est d'autant plus
important de l'évoquer, que le
fantastique joue un rôle central dans
la littérature belge en général. Le
fantastique belge naît du symbolisme
et du réalisme à la fin du XIXe[9]. Le
symbolisme crée une atmosphère
propice à l'intrusion du surnaturel,
que ce soit par l'allégorie, la féerie, ou
son caractère allusif. L'œuvre
majeure de ce courant est Bruges-la-
Morte de Georges Rodenbach (1892).
À côté du symbolisme, se développe
un courant réaliste et rustique, dont le
principal représentant est Georges
Eekhoud. Marquée par un réalisme de
l'outrance et de l'hyperbole[10], son
œuvre laisse apparaître un recueil
majeur, Cycles patibulaires (1892)
Deux écrivains ont contribué à
apporter au fantastique belge sa
maturité : Franz Hellens et Jean
Ray[11]. Le premier, alternant entre
symbolisme et réalisme, s'est illustré
dans un genre que l'on qualifie
parfois de « réalisme magique ». Ses
ouvrages principaux sont Nocturnal
(1919) et Les réalités fantastiques
(1923). Le second est certainement le
plus connu de tous [réf. nécessaire]. Jean
Ray est un réel novateur de la
littérature du surnaturel au XXe siècle.
Il a la particularité d'avoir considéré le
genre fantastique comme une totalité,
et s'y est consacré de manière
exclusive. Il est l'auteur d'un
fantastique débridé dont la plus
grande réussite est Malpertuis (1943).
Enfin, Michel de Ghelderode, en
marge de son imposante œuvre
théâtrale, a également écrit Sortilèges
(1945), un recueil de nouvelles
fantastiques qui constitue un des
joyaux du genre[12].
Angleterre victorienne
Oscar Wilde.
L'Angleterre victorienne n'a suscité
que peu d'auteurs fantastiques à
proprement parler, les subtiles
ambiguïtés propres au genre ne
trouvant guère d'écho dans la
tradition littéraire anglaise. Ainsi des
nouvelles de Thomas de Quincey, qui
s'inscrivent plus nettement dans la
tradition du roman gothique que dans
celle du fantastique. L'Irlandais
Sheridan Le Fanu est l'auteur de
Carmilla (1871), un roman gothique
dont l'originalité réside dans le
personnage de la femme vampire
homosexuelle. Il a inspiré le célèbre
Dracula de son compatriote Bram
Stoker (1897), chef-d'œuvre
incontesté des histoires de vampires.
Oscar Wilde écrit également l'un des
plus célèbres romans fantastiques
anglo-saxons, Le Portrait de Dorian
Gray (1891), dans lequel le
personnage principal voit son portrait
vieillir et prendre chaque marque de
ses vices, tandis que lui possède la
jeunesse éternelle et se livre à tous
les excès. Wilde développe dans ce
texte sa réflexion sur l'esthétisme et
met en scène le conflit entre les
déchéances physique et morale. La
sensualité et l'homosexualité
parcourent également l'ouvrage en
filigrane. Dépassant largement le
cadre du fantastique, ce roman a
exercé une forte influence sur la
littérature française, en particulier sur
les écrivains décadents[13]. Par
ailleurs, Oscar Wilde a écrit une
parodie d'histoire de fantômes, Le
Fantôme de Canterville (1887).
D'autres écrivains de grande
renommée ont signé quelques textes
fantastiques, que ce soit Robert Louis
Stevenson (Markheim, Olalla) ou bien
Rudyard Kipling. L'écrivain anglo-
américain Henry James a
régulièrement abordé le fantastique
au cours de sa carrière littéraire, et
plus précisément les histoires de
fantômes[14]. Le plus abouti de ses
textes est Le Tour d'écrou (1898), une
référence dans l'art de l'hésitation
entre explication rationnelle et
irrationnelle. Le style allusif de James
amène le lecteur à douter de chacun
des protagonistes tour à tour, de
sorte que la vérité ultime sur cette
histoire n'est pas révélée à la fin du
récit ; ce choix est laissé au lecteur.
Ce livre est aussi remarquable pour le
caractère fantomatique de ses
personnages[15].
Cette période vit aussi la naissance
de nouveaux genres de littérature
populaire : le roman policier avec
Wilkie Collins, la science-fiction avec
H. G. Wells et Mary Shelley ou la
fantasy avec William Morris et George
MacDonald.
Fantastique américain
Edgar Allan Poe.
À sa naissance au début du
e
XIX siècle, la littérature américaine est
fortement marquée par le roman
gothique anglais et le fantastique.
Nathaniel Hawthorne, puis
Washington Irving et surtout Edgar
Allan Poe imposent aussi la nouvelle
et le conte comme formes
d'expression privilégiées. Poe joue
aussi un rôle particulier en élaborant
une théorie esthétique personnelle.
Enfin, il fait aussi partie des pionniers
de la science-fiction et du roman
policier. Washington Irving, l'un des
premiers grands écrivains
américains, a écrit de nombreux
contes qui se rapprochent plus de la
légende que du récit surnaturel à
proprement parler. Il se caractérise
par son réalisme, ainsi que par le ton
ironique qu'il emploie. Son recueil le
plus connu est le Sketch Book (1819),
qui contient le conte Rip Van Winckle,
l'une des deux premières œuvres
fantastiques américaines vraiment
originales, avec Peter Rugh, le disparu
de William Austin (1824)[16].
Nathaniel Hawthorne a rédigé
quelques textes faisant appel au
surnaturel[17]. Ils sont marqués par
l'oppression dans une Amérique
puritaine, et ont pour thème récurrent
la malédiction, en référence aux
légendes de sorcellerie. Quoique le
fantastique occupe peu de place dans
son œuvre abondante, Francis Marion
Crawford est l'auteur d'un recueil de
grande qualité dans le genre,
Wandering Ghosts[18] (1891). Tout en
s'inspirant de cette tradition, H. P.
Lovecraft lui donne un tour particulier,
plus proche de l'horreur. Lovecraft
inspirera de nombreux auteurs au
e
XX siècle, notamment Stephen King.
Fantastique russe
Récits populaires
C'est Alexandre Pouchkine qui
introduisit le genre fantastique en
Russie avec la célèbre nouvelle la
Dame de pique (1834). À partir de
cette date le fantastique devint un
genre de prédilection de la littérature
russe, trouvant ses thèmes dans les
contes et légendes populaires.
Apparaît alors un fantastique proche
du merveilleux, dans des œuvres
telles que La famille du Vourdalak
d'Alexis Konstantinovitch Tolstoï,
L'effroyable vengeance de Nicolas
Gogol, caractère propre dans des
œuvres réalistes marquées par une
inquiétude profonde, faisant preuve
d'une plus grande sincérité que les
bijoux littéraires issus de la « mode »
du fantastique, en France
notamment[19]. C'est le cas du
Manteau de Gogol et de L'Aigle blanc
de Nikolaï Leskov. On retrouvera ce
réalisme bien plus tard dans le roman
de Andreï Biély, Petersbourg et dans
Un démon de petite envergure de Fédor
Sologoub.
Grotesque
Encouragé par Pouchkine, Nicolas
Gogol publie des contes fantastiques
dont les plus célèbres sont Le Nez et
le Journal d'un fou, publiées dans le
recueil des nouvelles de Pétersbourg.
Ces récits introduisent un
changement de nature assez profond
par rapport à la tradition fantastique.
La peur y joue un rôle négligeable ; en
revanche l'absurde et le grotesque
deviennent un élément essentiel. Ce
style nouveau fera des émules en
Russie même : Le Double, un des
premiers romans de Dostoïevski, est
directement inspiré de l'œuvre de
Gogol.
En langue allemande des
années 1890–1930
Gustav Meyrink.
Le début du XXe siècle est marqué par
l'essor dans les pays germanophones
d'un fantastique sombre et
pessimiste. Les œuvres qui
paraissent durant cette période
deviennent des sources d'inspiration
du cinéma expressionniste qui se
développe alors en Allemagne.
Gustav Meyrink (1868-1932) est l'un
des plus grands écrivains
fantastiques de cette période. Grand
amateur de sciences occultes, il
distille dans ses romans des thèses
occultistes dans le but d'initier ses
lecteurs. Son roman le plus célèbre,
Le Golem (1915), est placé sous le
signe de la Kabbale. Il peint le tableau
d'une humanité dégradée et
misérable dans le quartier juif de
Prague. Son autre roman fantastique
majeur est La Nuit de Walpurgis
(1917). Il a pour thème la violence et
la folie collective, et fait écho à la
boucherie de la Première Guerre
mondiale.
Plus controversé, Hanns Heinz Ewers
est l'auteur d'une œuvre abondante
qui, si elle lorgne plus souvent sur
l'étrange que sur le fantastique, reste
largement dans le domaine du
surnaturel. Avec un penchant
prononcé pour le macabre, le sang, et
un érotisme malsain, ses ouvrages se
veulent provocateurs et ont souvent
été jugés immoraux. Ewers est
surtout connu pour son roman
Mandragore. Il est l'auteur d'un autre
roman significatif, L'Apprenti-sorcier
(1909), ainsi que de nombreuses
nouvelles, dont la plus connue est
L'Araignée (1907).
L'écrivain et dessinateur autrichien
Alfred Kubin a publié en 1909 un
unique roman fantastique, L'Autre
Côté, où l'on retrouve l'atmosphère
cauchemardesque de ses dessins. Ce
roman, dans lequel le rêve et la réalité
forment un écheveau inextricable, est
considéré par Peter Assman, le
principal biographe de Kubin, comme
« un pas essentiel pour le
développement de la littérature
fantastique européenne »[20].
D'autres œuvres fantastiques
importantes sont écrites durant cette
période, notamment Le marquis de
Bolibar de Leo Perutz et Le baron
Bagge d'Alexander Lernet-Holenia.
C'est également à cette époque que
Franz Kafka rédige La métamorphose,
que l'on considère parfois comme
une nouvelle fantastique.
Jorge Luis Borges
Entre 1920 et 1960, la ville de Buenos
Aires est le centre d'une intense
activité littéraire et culturelle. C'est
aussi un lieu de refuge pendant les
années de guerre pour des écrivains
européens liés à la littérature
fantastique tels que Witold
Gombrowicz et Roger Caillois. En
1931 se crée la revue Sur (Le Sud)
sous la direction de Victoria Ocampo.
Parmi ses collaborateurs se trouvent
Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy
Casares, et Silvina Ocampo, sœur de
Victoria et épouse de Bioy Casares.
Cette revue devient le lieu d'un
nouveau regard sur la littérature
fantastique, porté par l'érudition et le
goût du pastiche. Borges déclare
ainsi que « l'érudition est la forme
moderne du fantastique ». Ce
fantastique que l'on pourrait qualifier
de post-moderne cherche ses thèmes
aussi bien dans l'histoire littéraire que
dans la philosophie et la théologie,
tout en conservant un caractère
angoissant ou effrayant. De nouveaux
thèmes sont explorés : les voyages à
travers le temps, les mondes
parallèles, les vies parallèles...
Aspects
Détail de L'Enfer de Jérôme Bosch.
Peur
La lecture de textes fantastiques
provoque souvent mais non
nécessairement – un sentiment de
peur ou d'angoisse. Sigmund Freud
explique ce sentiment par
l'inquiétante étrangeté propre à la
littérature fantastique. Le terme
allemand utilisé par Freud est
unheimlich qui signifie « non-familier »
mais aussi « non-caché » et qui peut
se traduire par « effrayant ». Ainsi, le
propre du fantastique serait de
révéler des choses habituellement
cachées, des choses que nous ne
voulons pas voir : le sang, les
cadavres, la nuit. Lovecraft l'avait
parfaitement compris, puisqu'il
écrivait dans Épouvante et Surnaturel
en littérature : "La plus vieille et la plus
forte émotion de l’humanité est la
peur ; et la forme de peur la plus
ancienne et la plus forte est celle de
l’inconnu." A ses yeux, le fantastique
doit provoquer la peur afin de générer
une catharsis chez le lecteur.
Mal
Les manifestations du surnaturel
dans la littérature fantastique sont
généralement néfastes : pas de place
pour les anges, les bonnes fées ou les
bons génies. Le fantastique fait la
part belle au Mal et à ses
incarnations. C'est aussi une
littérature de la souffrance, de la folie,
de l'échec. En ce sens, elle marque
une rupture profonde avec
l'optimisme du siècle des Lumières.
Cet aspect trouvera un écho au
e
XX siècle chez les surréalistes.
Sexualité
Le Cauchemar, Johann Heinrich Füssli.
Le Cauchemar, Johann Heinrich Füssli.
La psychanalyse interprète volontiers
le genre fantastique comme
l'expression de désirs sexuels
inavouables. Il est relativement facile
en effet d'associer à chacun des
thèmes du fantastique une forme de
sexualité anormale : ainsi, la
sorcellerie équivaut à la
nymphomanie, le vampirisme au
sado-masochisme etc. [réf. nécessaire]
Toutefois cet aspect concerne plutôt
le surnaturel en général que le
fantastique. De plus, comme tous les
symboles, les thèmes du fantastique
peuvent recevoir des interprétations
différentes suivant le contexte. Ainsi
le symbole du Double peut signifier
l'isolement d'un individu qui n'a plus
de contact avec le monde extérieur.
Par ailleurs, la sexualité intervient
explicitement et non plus
symboliquement dans de nombreux
récits fantastiques. Un désir
amoureux très violent est souvent la
cause qui amène le héros à basculer
dans un univers fantastique (par
exemple la Chevelure de Maupassant
ou encore Le diable amoureux de
Jacques Cazotte).
Censure
Le fantastique a souvent été utilisé
par des auteurs pour contourner la
censure. Les romantiques allemands
ont ainsi pu glisser des critiques
politiques sous les dehors de la
fiction. Parfois le simple fait d'adopter
le genre fantastique vaut
revendication de l'autonomie de la
littérature contre ceux qui veulent
l'asservir : ainsi des auteurs russes
dissidents à l'époque du réalisme
socialiste.
De même, on tolérera plus facilement
des idées choquantes si elles sont
présentées comme l'œuvre de la folie
ou du Diable : scènes scabreuses du
fantastique fin de siècle français,
phobie raciste et misanthrope chez H.
P. Lovecraft, etc. il ne faut non plus
oublier le macabre.
Littérature de
l'interprétation
Le texte fantastique est par nature
ambigu et demande à être interprété
correctement. Les auteurs ont donc
souvent recours à des techniques
narratives qui conditionnent le
lecteur. Les textes courts (contes et
nouvelles) qui permettent de
maintenir la tension dramatique sont
privilégiés. Il est souvent fait appel à
un narrateur, parfois redoublé d'un
second narrateur qui introduit le récit
et le met à distance. Le lecteur du
texte fantastique se retrouve face à
un choix paradoxal : soit il fait
confiance au narrateur et accepte la
version « surnaturelle », et alors le
texte devient évidemment une fiction ;
soit il préfère une explication
« rationnelle » qui ramène le texte
dans le champ du réalisme, mais
alors il doit mettre en doute la
crédibilité du narrateur.
On peut aussi envisager le
fantastique comme l'interprétation
littérale de figures métaphoriques.
Ainsi le cafard de la Métamorphose de
Kafka est à la fois une métaphore de
l'individu insignifiant et un véritable
insecte. Le fantastique amène donc à
s'interroger sur ce qu'est un texte
littéraire et sur son rapport à la
réalité. Dans At Swim-Two-Birds par
exemple, Flann O'Brien imagine ainsi
un auteur aux prises avec ses
personnages qui refusent de lui obéir,
un thème que développera dans son
propre monde également Marcel
Aymé.
Notes et références
1. (en)Todorov's Fantastic Theory of
Literature , 1974.
2. Voir le chapitre Nodier et Balzac : une
première synthèse, p. 58, in Jean-
Baptiste Baronian, Panorama de la
littérature fantastique de langue
française, éditions de La Table Ronde,
2007.
3. Voir l'article sur E.T.A Hoffmann, ici.
4. les nouvelles La Main de gloire et Le
Diable vert.
5. Voir p. 111 de Jean-Baptiste
5. Voir p. 111 de Jean-Baptiste
Baronian, Panorama de la littérature
fantastique de langue française.
6. Voir p. 94-95 de François Thirion, De
l'objet-piège à la liberté de l'imaginaire:
Essai sur les mondes de papier.
7. Voir le chapitre symbolisme, allégorie
et fantastique, p. 136, in Jean-Baptiste
Baronian, Panorama de la littérature
fantastique de langue française.
8. Ce recueil contient en particulier la
nouvelle L'entrevue.
9. Cf. p. 6 de Jean-Baptiste Baronian, Un
fantastique de réaction, préface à
l'anthologie La Belgique fantastique,
éditions Marabout, 1975.
éditions Marabout, 1975.
10. Cf. p. 7 de Jean-Baptiste Baronian,
Un fantastique de réaction, préface à
l'anthologie La Belgique fantastique,
éditions Marabout, 1975,.
11. Jean-Baptiste Baronian, op. cit.,
p. 225
12. Jean-Baptiste Baronian, op. cit.,
p. 240
13. Cf. Jean-Baptiste Baronian, op. cit.,
p. 129.
14. Cf. Jacques Finné, présentation de
Henry James dans l'anthologie
L'Amérique fantastique, éditions
Marabout, 1973, p. 173.
15. Cf. Edmond Jaloux, préface au Tour
d'écrou, collection Marabout
Fantastique no 412.
16. Cf. Jacques Finné, L'Amérique
fantastique, p. 37.
17. Ses récits fantastiques ont été
rassemblés dans le recueil La vieille fille
blanche et autres contes fantastiques
aux éditions Marabout, 1973.
18. Ce recueil a été publié en français
sous le nom Car la vie est dans le sang,
d'après le titre de l'une des meilleures
nouvelles qu'il contient, aux éditions
Neo.
19. Cf. Jean-Pierre Bours, Ce que dit la
bouche d'ombre, préface à l'anthologie
La Russie fantastique, Marabout, 1975.
La Russie fantastique, Marabout, 1975.
20. Peter Assman, Alfred Kubin 1877-
1959, 1995.
Voir aussi
Bibliographie
Jean-Baptiste Baronian, Panorama
de la littérature fantastique de langue
française, Stock, 1978.
Roger Bozzetto, L’Obscur objet d’un
savoir, fantastique et science-fiction,
deux littératures de l’imaginaire, Aix-
Marseille, Université de Provence,
1992.
Marcel Brion, Art fantastique, Albin
Michel, 1989.
Pierre Brunel et Juliette Vion-Dury
(dir.), Dictionnaire des mythes du
fantastique, Limoges, PULIM, 2003,
297 p., (ISBN 2-84287-276-2),
présentation en ligne .
Roger Caillois, De la féerie à la
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Anthologie du fantastique, Gallimard,
1966.
Pierre-Georges Castex, Le conte
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Éric Lysøe :
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Préface et notes du Voyage à
Visbecq, roman fantastique de
1794 écrit par un auteur
anonyme belge, Anacharsis,
2007 [1] .
Joël Malrieu, Le Fantastique,
Hachette, Paris, 1992.
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1982.
Mario Praz :
Le Pacte avec le serpent, 3
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1989, 1990, 1991.
La Chair, la Mort et le Diable : Le
romantisme noir, Gallimard/Tel,
1998.
Anne Richter, Le Fantastique
féminin, un art sauvage, essai, L'Âge
d'Homme, Lausanne, 2011.
Anne Richter, Le Fantastique
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Highsmith, anthologie, Complexe,
Bruxelles, 1995.
Jean-Luc Steinmetz, La littérature
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Tzvetan Todorov, Introduction à la
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Louis Vax :
La séduction de l'étrange. Étude
sur la littérature fantastique,
Presses Universitaires de
France, 1964.
L'art et la littérature fantastique,
Presses Universitaires de
France, 1960.
Sous la direction de Valérie Tritter,
L'encyclopédie du fantastique,
Éditions Ellipses, 2010.
Jad Hatem, La Genèse du monde
fantastique en littérature, Bucarest,
Zeta Books, 2008.
François Thirion, De l'objet-piège à la
liberté de l'imaginaire, CSIPP, 2012.
(en), Noël Carroll, The Philosophy of
Horror, or Paradoxes of the Heart,
Routledge, 1990.
Articles connexes
Art fantastique
Cinéma fantastique
Liste d'auteurs fantastiques, et
leurs œuvres principales
Marabout Fantastique, la plus
imposante collection qui fut jamais
consacrée entièrement à la
littérature fantastique
Roman gothique, précurseur du
fantastique
Liens externes
La reprise du Fantastique en
Argentine au XXe siècle et ses
sources au XIXe siècle en France -
La Clé des Langues, site ENS de
Lyon - DGESCO
Dossier sur la littérature
Fantastique sur le site de Clio et
Calliope
Approche et définition du
fantastique et de la science-fiction
cinématographiques par le
théoricien du cinéma Jean-
François Tarnowski, dans la revue
Positif
Jean-Louis Backès, « Le mot
"fantastique" » , sur le site de la
Bibliothèque comparatiste
(en) Todorov's fantastic theory of
literature , article de l'écrivain
polonais Stanislas Lem concernant
la définition proposée par T.
Todorov du genre fantastique.
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