Vieillissement Thermique des Isolants PVC et PELX en Automobile
Vieillissement Thermique des Isolants PVC et PELX en Automobile
2017-ENAM-0009
Doctorat ParisTech
THÈSE
pour obtenir le grade de docteur délivré par
Tetiana SALIVON
le 31 mars 2017
Jury
Mme. Isabelle ROYAUD, Professeur, Institut Jean Lamour, Université de Lorraine Rapporteur T
M. Lionel FLANDIN, Professeur, LEPMI, Université Savoie Mont Blanc Rapporteur
Mme. Florence DELOR JESTIN, Maître de Conférences, HDR, SIGMA Clermont Examinateur H
M. Jean-François CHAILAN, Professeur, MAPIEM, Université du Sud Toulon-Var Président
M. Xavier COLIN, Professeur, PIMM, Arts et Métiers ParisTech Examinateur È
M. Raphaël COMTE, Team Leader, Solutions Numériques Modélisations, Groupe PSA Examinateur
S
E
iii
Sommaire
Introduction générale 1
Chapitre 1 : Bibliographie 5
1.1 Présentation du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Faisceaux électriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Méthodes d’essais utilisées par PSA . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Méthodes de modélisation du vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.2 Modélisation par une approche empirique . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.3 Modélisation par une approche multi-échelle . . . . . . . . . . . . 20
1.4 Description de l’approche multi-échelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.2 Vieillissement thermo-oxydatif des polyoléfines . . . . . . . . . . 23
1.4.3 Vieillissement thermique du PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
1.4.4 Conséquences du vieillissement aux échelles supérieures . . . . . 63
1.5 Phénomènes de polarisation dans un polymère . . . . . . . . . . . . . . . 70
1.5.1 Différents types de polarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
1.5.2 Polarisation d’un matériau diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . 75
1.5.3 Constante diélectrique d’un mélange de plusieurs phases . . . . 78
1.5.4 Relation avec la spectrométrie diélectrique . . . . . . . . . . . . . 80
1.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
v
Sommaire
vi
Sommaire
Annexes 263
A.1 Classes thermiques des câbles électriques dans un véhicule . . . . . . . . 263
A.2 Vieillissement et impact sur les propriétés diélectriques . . . . . . . . . . 264
A.2.1 PE et PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264
A.2.2 Plastifiants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264
A.2.3 Constante diélectrique du mélange de plusieurs phases . . . . . . 265
A.3 Cas de plusieurs espèces polaires dans un polymère . . . . . . . . . . . . 267
A.4 Évolution des spectres IR-TF au cours du vieillissement thermique . . . 268
A.4.1 PVC T2 sans âme métallique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 268
A.4.2 PVC T3 sans âme métallique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
A.4.3 PELX T3 sans âme métallique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
A.4.4 PELX T4 sans âme métallique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 272
A.5 Modélisation du vieillissement thermique du PVC T2 . . . . . . . . . . . 273
A.6 Modélisation du vieillissement thermique du PVC T3 . . . . . . . . . . . 276
vii
Sommaire
viii
Liste des figures
ix
Liste des figures
x
Liste des figures
1.37 (a) Mécanisme de propagation de fissures dans une couche oxydée [36].
(b) Observation au MEB de la surface du LDPE après 1200h de vieillisse-
ment dans une enceinte climatique QUV selon les conditions proposées
par la norme ASTM G53-96 [112]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
1.38 Évolution du facteur de pertes diélectriques (a) [113] et de la permittivité
relative (b) pendant le vieillissement thermique du PELX dans l’air à
différentes températures (sous tension de 2kV à une fréquence de 50Hz)
[114]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
1.39 (a) Évolution de l’allongement à la rupture du PVC plastifié par le DnDP
au cours du vieillissement thermique à 85◦ C, 95◦ C, 105◦ C, 110◦ C, 120◦ C
dans des étuves ventilées. (b) Variation du facteur de pertes diélec-
triques avec la quantité résiduelle de plastifiant DnDP [116]. . . . . . . . 69
1.40 Évolution module d’Young du PVC plastifié par un mélange de DiDP et
DEHP au cours de son vieillissement thermique à 110◦ C (◦) et 120◦ C (•)
dans des étuves ventilées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
1.41 (a) Schématisation de l’évolution de l’indice de jaunissement du PVC
[97] au cours d’une transformation chimique; (b) Décoloration du PVC
plastifié par le DOP et stabilisé par un mélange de stéarates de Zn/Ca
[119] au cours de son vieillissement thermique dans l’air à 175◦ C. (c) Dé-
coloration du PVC plastifié par le DEHP au cours de son vieillissement
thermique dans l’air à 200◦ C (le temps de vieillissement est renseigné en
minutes au-dessus de chaque échantillon). . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
1.42 Contribution des différents types de polarisation à la partie réelle et
imaginaire de la constante diélectrique complexe en fonction de la fré-
quence du champ électromagnétique [121] (issu des références [122] et
[123]). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
1.43 Répartition des inclusions dans une matrice polymère dans le cas d’un
circuit électrique de condensateurs plans branchés en série (a) ou en par-
allèle (b) ou de particules isolées (c) [122]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
1.44 Comparaison des spectres diélectrique (à 100kHz) et mécanique (à 1kHz)
de différents types de PE [134] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
1.45 Décalage en température du spectre diélectrique du PVC en fonction de
taux de plastifiant [135]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
2.1 Fils électriques à isolation PELX de classe T3 (à gauche) et T4 (à droite). . 91
2.2 Chromatogrammes GPC des produits d’extraction du DnDP modèle et
du PVC T2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
2.3 Chromatogrammes GPC des produits d’extraction du TiDTM et du PVC
T3 modèle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
2.4 Formule développée du DnDP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
2.5 Formule développée du TiDTM. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
2.6 (a) Chromatogrammes GPC des produits d’extraction des PELX T3 et
T4 et des antioxydants modèle; (b) Zoom autour des pics d’élution des
antioxydants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
2.7 Formule développée de l’Irganox 1010 (pentaerythritol tetrakis(3-(3,5-
di-tert-butyl-4-hydroxyphenyl)propianate). . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
xi
Liste des figures
xii
Liste des figures
2.30 Variation de ε0 avec l’épaisseur des films de PEHD pur non recouverts
et recouverts de laque d’argent en fonction de la force de compression
appliquée. Valeurs moyennes determinées pour un large domaine de
fréquence (typiquement entre 102 et 106 Hz) à température ambiante avec
des plateaux de 25mm de diamètre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
2.31 Déformation d’un film de PEHD pur en fonction de la force de compres-
sion appliquée entre les plateaux de 25mm de diamètre. . . . . . . . . . . 130
2.32 Déformation d’un film de laque d’argent en fonction de la force de com-
pression appliquée entre les plateaux de 25mm de diamètre. . . . . . . . 130
2.33 Récapitulatif de toutes les mesures de ε0 faites sur des films de PEHD pur
entre 102 et 106 Hz à température ambiante avec des plateaux de 25mm
de diamètre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
2.34 Comparaison des résultats des mesures diélectriques réalisées sur les
films de PEHD pur entre 102 et 106 Hz à température ambiante avec des
plateaux de 7mm et 25mm de diamètre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
2.35 Résultats des mesures diélectriques réalisées sur des films de PVC pur
entre 102 et 106 Hz à température ambiante avec des plateaux de 7mm
de diamètre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
2.36 Propriétés diélectriques du PVC T2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
2.37 Propriétés diélectriques du PVC T3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
2.38 Propriétés diélectriques du PELX T3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
2.39 Propriétés diélectriques du PELX T4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
3.1 Formule developpée du didécyl phtalate. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
3.2 Formule developpée du triisodécyl trimellitate. . . . . . . . . . . . . . . . 141
3.3 Thermogramme DSC du DnDP (sens exo vers le haut). . . . . . . . . . . 142
3.4 Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T2 sans âme
métallique dans l’air entre 100 et 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
3.5 Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T3 sans âme
métallique dans l’air entre 125 et 175◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
3.6 Perte de masse du PVC T2 sous azote à 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . 145
3.7 Perte de masse du PVC T3 sous azote à 175◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . 145
3.8 Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T2 avec et
sans âme métallique dans l’air entre 100 et 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . 147
3.9 Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T3 avec et
sans âme métallique dans l’air entre 125 et 175◦ C. . . . . . . . . . . . . . 147
3.10 Décoloration du PVC T2 lors de son vieillissement thermique à 135◦ C
dans l’air. Les échantillons de 1 à 5 ont subi 0h, 191h, 314h, 418h et 836h
de vieillissement respectivement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
3.11 Spectres IR-TF du PVC T2 vieilli dans l’air à 100◦ C (a), 125◦ C (b) et 150◦ C
(c) aux différents temps d’exposition indiqués. . . . . . . . . . . . . . . . 151
3.12 Cinétique de disparition du DnDP lors du vieillissement thermique du
PVC T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
3.13 Diagramme d’Arrhenius du coefficient d’évaporation du DnDP du PVC
T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
3.14 Diagramme d’Arrhenius de la durée de disparition du DnDP du PVC
T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
xiii
Liste des figures
xiv
Liste des figures
xv
Liste des figures
xvi
Liste des figures
xvii
Liste des figures
xviii
Liste des figures
xix
Liste des figures
xx
Liste des tableaux
xxi
Liste des tableaux
2.13 TIO à 200◦ C et 220◦ C sous oxygène pur des PVC T2 et T3. . . . . . . . . 113
2.14 Détermination des taux de cendres par ATG sous oxygène pur et sous
azote pur pour l’ensemble des matériaux industriels. . . . . . . . . . . . 114
2.15 Allongement à la rupture pour deux types de géométrie d’éprouvette de
PVC T2 et PELX T3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
2.16 Module d’Young et allongement à la rupture des matériaux industriels. . 118
3.1 Propriétés physiques des deux plastifiants étudiés (DnDP et TiDTM) et
de plastifiants relativement proches de la même famille (DiDP et TOTM) :
températures de transition vitreuse Tg et de cristallisation Tc , masse mo-
laire M et masse volumique ρ [61]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
3.2 Facteurs pré-exponentiels (D0 et β 0 ) et énergies d’activation (EaD et Ea β )
des coefficients de diffusion et d’évaporation des deux plastifiants étudiés
(DnDP et TiDTM) et de plastifiants relativement proches de la même
famille (DiDP et TOTM), * D0 dépend de la température [71]. . . . . . . . 142
3.3 Durée de disparition du DnDP du PVC T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C. 152
3.4 Temps d’induction de la deshydrochloruration du PVC T2 dans l’air en-
tre 100 et 150◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
3.5 Température de transition vitreuse des deux PVC industriels. Compara-
ison avec les ordres de grandeur rapportés dans la littérature pour les
PVC pur et plastifié par des phtalates [60]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
3.6 Coefficients d’évaporation du DnDP du PVC T2 déterminés avec les
modèles homogène (β) et hétérogène (β h ). . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
3.7 Temps d’induction de la deshydrochloruration du PVC T3 dans l’air en-
tre 125 et 175◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
3.8 Valeurs des coefficients d’évaporation (β h ) et de diffusion (D p ) du TiDTM
du PVC T3 déterminées avec le modèle hétérogène. . . . . . . . . . . . . 185
3.9 Temps de fragilisation du PVC T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C. . . . . . 198
3.10 Temps de fragilisation du PVC T3 dans l’air entre 125 et 175◦ C. . . . . . 200
4.1 Rappel des valeurs de TIO des PELX industriels à 200 et 240◦ C. Com-
paraison avec les valeurs données dans la littérature pour un PE stabil-
isé. (* - valeurs déterminées dans cette étude). . . . . . . . . . . . . . . . 211
4.2 Temps de consommation totale des antioxydants dans les PELX T3 et T4
dans l’air entre 125 et 200◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
4.3 Comparaison du temps d’induction à l’oxydation tind et du temps de
consommation totale des antioxydants t AO pour le PELX T3 dans l’air
entre 125 et 200◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
4.4 Temps d’induction à l’oxydation tind et temps de consommation totale
des antioxydants t AO dans le PELX T4 dans l’air entre 150 et 200◦ C. . . 224
4.5 Temps de fragilisation t f ri et t f r50 du PELX T3 dans l’air entre 125 et
200◦ C. Comparaison avec le temps d’induction à l’oxydation tind et le
temps de consommation totale des antioxydants t AO . . . . . . . . . . . . 231
4.6 Temps de fragilisation t f r50 , temps d’induction à l’oxydation tind et temps
de consommation totale des antioxydants t AO du PELX T4 dans l’air en-
tre 150 et 200◦ C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
xxii
Liste des tableaux
xxiii
Liste des tableaux
xxiv
Introduction générale
Les câbles électriques sont les "veines" d’un véhicule... Cette métaphore montre
l’importance du système de la distribution d’électricité pour les véhicules automo-
biles. La fonction des câbles est de répartir l’énergie entre les organes électriques et
électroniques. En terme de masse, la part totale des faisceaux électriques varie en-
tre 40 et 50% sur un véhicule, leur longueur atteint en moyenne 2km [1]. Ce dernier
paramètre croît de manière exponentielle depuis 1920. Cette tendance s’explique par la
forte augmentation de la quantité des organes électriques et électroniques. La princi-
pale raison est le progrès, l’apparition et le développement des nouvelles technologies
(comme la voiture électrique, la voiture connectée, la conduite autonome, etc.), ce qui
implique l’apparition des nouveaux organes ou options. Les actionneurs mécaniques
sont également remplacés par leurs équivalents électroniques offrant ainsi une con-
ception adaptative et une plus grande précision de commande. La concurrence du
marché automobile pousse les constructeurs à améliorer leur offre pour rendre les pro-
duits plus attractifs au consommateurs (confort de la conduite et de l’utilisation du
véhicule). Enfin, les restrictions normatives (écologiques ou de sécurité), qui peuvent
être différentes suivant le pays de commercialisation du véhicule, peuvent demander
l’apparition de nouveaux organes.
Cet analyse montre l’importance de l’architecture électrique automobile, de com-
plexité croissante et par conséquent de son dimensionnement. Dans le domaine auto-
mobile, le centre de recherche et développement dimensionne les faisceaux électriques
au plus juste en raison d’enjeux économiques. En effet, le dimensionnement résulte
d’une réduction de la masse de matériaux nécessaires pour la fabrication des faisceaux
électriques dans le but d’abaisser les coûts de production d’un véhicule. La réduction
de la masse totale du véhicule améliore également l’empreinte carbone des produits
1
Introduction générale
2
Introduction générale
En terme de durabilité, la partie la plus vulnérable d’un câble électrique est l’isolant.
La quasi-totalité des matériaux d’isolation électrique utilisés dans l’automobile étant
des polymères, l’étude du vieillissement des câbles se ramène à celle du vieillisse-
ment des polymères. Cette thèse s’est focalisée sur le vieillissement thermique des
deux matériaux d’isolation les plus utilisés : le Polyéthylène (PE) et le Polychlorure de
Vinyle (PVC, Poly(vinyl chloride) en anglais). Depuis sa découverte, le Polyéthylène
est devenu le polymère dont le vieillissement thermique a été le plus étudié jusqu’à
aujourd’hui. Il est réticulé (PELX) et protégé par des antioxydants pour pouvoir être
utilisé à haute température. Malgré son coût de fabrication intéressant, l’utilisation
du PVC a longtemps été freinée en raison de son état vitreux à température ambiante.
Son utilisation massive dans l’industrie est devenue possible grâce à la découverte du
phénomène de plastification. Le vieillissement thermique du PVC plastifié a égale-
ment été beaucoup étudié, la plupart des auteurs s’accordant sur le fait que son princi-
pal mécanisme de dégradation est la perte physique du plastifiant. Le PVC est instable
thermiquement et un éventail de questions restent sans réponse encore aujourd’hui
notamment celles sur les mécanismes d’amorçage et la propagation de la réaction de
deshydrochloruration.
Les extrapolations basées sur les lois de vieillissement établies empiriquement peu-
vent conduire à des inexactitudes graves concernant le comportement des matériaux
à basse température. C’est pourquoi une approche à la fois multi-échelle et multi-
technique accordant un rôle central à la cinétique chimique a été développée au lab-
oratoire PIMM. Plusieurs thèses de doctorat réalisées au laboratoire ont démontré la
3
Introduction générale
validité de cette approche pour de nombreux polymères exposés dans des environ-
nements agressifs divers et variés. Cette approche consiste à analyser et modéliser
les modifications structurales aux échelles caractéristiques pertinentes. Des relations
structure-propriété sont utilisées pour établir un lien entre les différentes échelles. Le
modèle cinétique est dérivé des mécanismes physico-chimiques identifiés à l’échelle
moléculaire et est interfacé avec les relations structure-propriété.
Ce manuscrit de thèse est constitué de quatre chapitres. L’introduction générale
est suivie d’un premier chapitre sur l’état de l’art. Les matériaux et le protocole ex-
périmental sont décrits dans le deuxième chapitre avant d’exposer les résultats de la
thèse. En raison de la nature très différente des mécanismes de dégradation physiques
et chimiques du PVC et du PELX, la présentation et l’analyse des résultats expérimen-
taux sont divisées en deux chapitres quasiment indépendants, dédiés respectivement
au vieillissement thermique des gaines d’isolation en PVC et en PELX. Les points en
commun entre ces deux derniers chapitres sont l’application industrielle et la recherche
d’un critère de fin de vie du matériau et la prédiction de la durée de vie du câble. En fin
de chaque chapitre, des modèles cinétiques de prédiction du vieillissement thermique
des isolants sont proposés. La conclusion générale fait le bilan des résultats de cette
thèse et dresse les perspectives de recherche qui découlent de ces résultats.
4
Chapitre 1
Bibliographie
Sommaire
1.1 Présentation du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Faisceaux électriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
[Link] Courbes de dérating . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
[Link] Courbes d’overloading . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.2 Méthodes d’essais utilisées par PSA . . . . . . . . . . . . . . . . 13
[Link] Vieillissement thermique de courte durée . . . . . . . 14
[Link] Vieillissement thermique de longue durée . . . . . . . 14
[Link] Vieillissement de surcharge thermique . . . . . . . . . 15
[Link] Résistance à la traction de l’isolant . . . . . . . . . . . 15
[Link] Tenue à l’enroulement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
[Link] Rigidité diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3 Méthodes de modélisation du vieillissement . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.2 Modélisation par une approche empirique . . . . . . . . . . . . 18
1.3.3 Modélisation par une approche multi-échelle . . . . . . . . . . . 20
1.4 Description de l’approche multi-échelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4.2 Vieillissement thermo-oxydatif des polyoléfines . . . . . . . . . 23
[Link] Schéma mécanistique "standard" d’oxydation . . . . . 23
[Link].1 Amorçage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
[Link].2 Propagation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
[Link].3 Terminaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
[Link] Contrôle par la diffusion d’oxygène . . . . . . . . . . . 29
[Link] Cinétique de vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . 31
[Link].1 État stationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
[Link].2 Constantes de vitesse . . . . . . . . . . . . . . 35
5
[Link] Produits d’oxydation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
[Link] Stabilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
[Link].1 Transport des adjuvants . . . . . . . . . . . . 39
1.4.3 Vieillissement thermique du PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
[Link] Effets dus à la présence du plastifiant . . . . . . . . . . 43
[Link].1 Differents types de plastifiant . . . . . . . . . 43
[Link].2 Théories pour expliquer la plastification . . . 44
[Link].3 Température de transition vitreuse . . . . . . 46
[Link].4 Perte du plastifiant . . . . . . . . . . . . . . . 48
[Link] Deshydrochloruration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
[Link].1 Instabilités du PVC . . . . . . . . . . . . . . . 51
[Link].2 Propagation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
[Link].3 Terminaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
[Link].4 Effet de l’oxygène . . . . . . . . . . . . . . . . 56
[Link].5 Effet catalytique d’HCl . . . . . . . . . . . . . 56
[Link] Oxydation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
[Link] Stabilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
[Link] Compétition entre vieillissement chimique et vieillisse-
ment physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
1.4.4 Conséquences du vieillissement aux échelles supérieures . . . . 63
[Link] Échelle macromoléculaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
[Link].1 Conséquences des coupures de chaîne . . . . 64
[Link] Échelle macroscopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
[Link].1 PELX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
[Link].2 PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
1.5 Phénomènes de polarisation dans un polymère . . . . . . . . . . . . . 70
1.5.1 Différents types de polarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
[Link] Polarisation électronique . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
[Link] Polarisation atomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
[Link] Polarisation d’orientation (polarisation de Debye) . . 73
[Link] Polarisation d’interface . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
1.5.2 Polarisation d’un matériau diélectrique . . . . . . . . . . . . . . 75
[Link] Polarisation molaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
1.5.3 Constante diélectrique d’un mélange de plusieurs phases . . . 78
1.5.4 Relation avec la spectrométrie diélectrique . . . . . . . . . . . . 80
[Link] Évolution lors du vieillissement . . . . . . . . . . . . . 82
[Link] Influence du plastifiant . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
1.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
1.1. Présentation du chapitre
7
Chapitre 1 : Bibliographie
Dans le domaine automobile, les facteurs de vieillissement les plus importants des
câbles électriques sont : la température, l’oxygène et l’humidité de l’air, mais aussi la
présence d’éléments métalliques (conducteur en cuivre).
1.2.1 Dimensionnement
8
1.2. Faisceaux électriques
du prix des métaux s’explique par de nombreux facteurs : coût réel de l’extraction,
du transport et de la transformation de la matière première, inflation et hausse du
coût de l’énergie, pénurie des matières premières, etc. Afin d’éviter un surcoût tout
en maitrisant des pertes d’énergie par voie thermique, l’enjeu consiste à réduire la sec-
tion du conducteur et à dimensionner le faisceau au plus juste. Bien entendu, ceci doit
être fait en respectant les normes et les niveaux de sécurité. Cette réduction de section
permettrait également un allégement du véhicule, une baisse de la consommation en
carburant et une baisse de l’émission de CO2.
Cependant, la diminution de section ne peut pas être infinie. Elle est limitée par
les contraintes de sécurité : plus on diminue la section, plus le câble chauffe par ef-
fet Joule, ce qui va accélérer le vieillissement de l’isolant et, à terme, augmenter les
risques de court-circuit (voir plus loin). En effet, la puissance P dégagée lors du pas-
sage d’un courant constant d’intensité I est inversement proportionnelle à la section S
du conducteur :
L
P = ρ I2, (1.1)
S
où L est la longueur du conducteur et ρ est sa résistance linéïque.
9
Chapitre 1 : Bibliographie
l’indice thermique du fil (la définition est donnée plus loin) est grand. Ainsi, la prise
en compte de tous ces facteurs rend la tache de dimensionnement très compliquée.
Le vieillissement de l’isolant en polymère est une des limitations principales de la
durée de vie d’un câble, voici pourquoi le problème de vieillissement de l’isolant doit
être considéré dès le dimensionnement du câble. D’une manière générale, l’isolant
en polymère protège le conducteur de l’impact mécanique, physique et chimique de
l’environnement ainsi que des interactions électriques. L’isolant vieillit au cours du
temps, s’oxyde en présence à l’air et cette oxydation peut être catalysée par les métaux
et accélérée par l’élévation de la température. L’oxydation génère des endommage-
ments (fissures et craquelures) qui conduisent à la rupture de l’intégrité de l’isolant.
Le fait d’avoir mis le cuivre à nu cause :
◦ pour les tensions les plus élevées, un risque d’arc électrique entre le fil et les
autres composants métalliques du véhicule (par exemple, la carcasse).
10
1.2. Faisceaux électriques
La classe thermique du conducteur est définie selon les procédures décrites dans
les normes [4]. La tenue d’un conducteur est vérifiée par les essais imposés par la
norme ISO 6722 [5] qui sont décrits en détails au paragraphe 1.2.2. La manière dont
les courbes de dérating ont été obtenues garantit que les fils respecteront les exigences
des normes. Ces courbes décrivent les surcharges des fils lors de situations prévues
par l’utilisation fonctionnelle.
Cependant, l’approche de dérating peut amener à un surdimensionnement. En
effet, selon la norme ISO 6722, un fil de classe T2 doit être soumis à un vieillissement
thermique à une température de 100◦ C pendant 3000h. Or, cette température extrême
correspond à une situation de surcharge vue de manière occasionnelle par un câble au
11
Chapitre 1 : Bibliographie
Figure 1.5 – Phénomène d’inertie thermique du câble. Plus le courant est important,
plus la durée d’attente de claquage du fusible est courte.
12
1.2. Faisceaux électriques
Figure 1.6 – Courbes d’overloading [3] pour des courants de surcharge différents.
Il faut souligner que, dans le cas d’une situation dysfonctionnelle, c’est seulement
la sécurité du système qui est exigée. On ne sait pas comment le polymère se dégrade
pendant ces périodes de surcharge, ni quelles sont les conséquences de cette dégrada-
tion sur la durée de vie du système. La deuxième question qui se pose, du point de vue
du dimensionnement, est la suivante : est-il possible d’utiliser l’inertie thermique du fil
pendant une courte durée pour autoriser des dépassements de température au-delà de
la classe thermique de l’isolant? L’étude sur le vieillissement thermique de l’isolant en
polymère permettra de répondre à ces deux questions qui restent encore en suspens.
Avant d’être utilisés dans un véhicule, les faisceaux électriques sont soumis aux
tests de fiabilité. En France, ces tests sont imposés par les normes internationales et
plus particulièrement, par la norme ISO 6722 [5]. D’après cette norme, des tests de
vieillissement de courte et de longue durée doivent être effectués.
13
Chapitre 1 : Bibliographie
Pour l’essai de longue durée, les échantillons sont vieillis suivant le même protocole
que pour l’essai précédent [Link], à la différence que maintenant la température de
vieillissement est Tind et que la durée de vieillissement est de 3000h (Tab.1.1). Dans ce
14
1.2. Faisceaux électriques
cas, l’enroulement est effectué à température ambiante, c’est-à-dire à (23 ± 2)◦ C. Les
fils fissurés après enroulement (conducteur en cuivre mis à nu) sont soumis au test
de rigidité diélectrique décrit au paragraphe [Link]. Les fils qui ne subissent pas un
claquage sont considérés aptes à l’emploi.
Pour l’essai de longue durée, les échantillons sont vieillis suivant le même protocole
que l’essai précédent [Link] à la différence que maintenant la température du four est
Tind + 50◦ C et que la durée de vieillissement est de 6h (Tab.1.1). Après enroulement, le
conducteur ne doit pas être visible. Aucun claquage ne doit avoir lieu lors du test de
rigidité diélectrique.
Tableau 1.2 – Critère normatif de fin de vie des câbles automobile, basé sur leur al-
longement à la rupture.
Le but de cet essai est de mesurer la tenue de l’isolant à l’enroulement à basse tem-
pérature. Deux échantillons de 600mm de longueur sont prélevés, fixés sur un man-
drin rotatif et portent à chaque extrémité une masse P. Les échantillons sont placés
verticalement et mis avec le mandrin dans une chambre climatique à −40◦ C pendant
4h. A l’issue de ce conditionnement, le mandrin est actionné afin de décrire trois spires
jointives. Le différentes paramètres de ce test sont résumés au Tab.1.3.
15
Chapitre 1 : Bibliographie
Tableau 1.3 – Paramètres du test de tenue à l’enroulement, Dext est le diamètre extérieur
du fil.
Figure 1.7 – Schéma de montage pour le test de rigidité diélectrique [5]. 1 - tension
d’essai (1kV), 2 - récipient non-conducteur, 3 - électrode, 4 - échantillon, 5 - solution
saline.
16
1.3. Méthodes de modélisation du vieillissement
1.3.1 Généralités
Le vieillissement est défini comme une évolution lente et irréversible d’une ou plu-
sieurs propriétés du matériau résultant de la modification de sa structure, de sa mor-
phologie ou de sa composition [8]. Le terme "lent" signifie que l’échelle de temps du
vieillissement est supérieure aux durées d’échantillonnage des méthodes d’analyse.
Pour des raisons économiques, il est nécessaire de recourir à des essais de vieillisse-
ment accéléré.
Étant un processus indésirable, le vieillissement a comme conséquence la perte
des propriétés d’usage du polymère. Pour l’application d’isolation électrique, les pro-
priétés mécaniques du matériau sont importantes car elles assurent l’intégrité de l’iso-
lant lors du fonctionnement du fil, mais les propriétés diélectriques sont également
importantes car l’âme du fil doit rester isolée de l’environnement extérieur. C’est
pourquoi les critères de fin de vie industriels se basent sur ces deux propriétés.
Suivant la nature du mécanisme de dégradation, on distingue deux types de vieil-
lissement : le vieillissement chimique et le vieillissement physique.
17
Chapitre 1 : Bibliographie
La méthode la plus couramment utilisée pour prédire la durée de vie d’un matériau
est basée sur l’utilisation de la loi d’Arrhenius. Autrement dit, on suppose que la
loi générale qui régit la cinétique de vieillissement obéit à la loi d’Arrhenius. D’une
part, cette hypothèse sous-entend que le processus chimique ou physique responsable
du vieillissement est comparable à une réaction élémentaire. Ainsi, l’évolution de la
concentration du produit de dégradation formé par cette réaction donne directement
accès à la cinétique du vieillissement. D’autre part, cette hypothèse sous-entend que
cette concentration est liée à une propriété d’utilisation et donc, qu’un critère de fin
de vie peut être défini sur cette base. En d’autres termes, si la concentration dépasse
une valeur critique, le matériau n’est plus apte à l’emploi. Généralement, le critère de
fin de vie est choisi en fonction de la propriété fonctionnelle du matériau. Souvent,
la propriété mécanique est prise comme telle, notamment 50% de l’allongement à la
rupture. Ainsi, la durée de vie du matériau obéit à une loi d’Arrhenius. Elle s’écrit :
Ea
tvie = tvie0 exp , (1.2)
RT
18
1.3. Méthodes de modélisation du vieillissement
où tvie est la durée de vie du matériau selon le critère choisi, tvie0 est le facteur pré-
exponentiel, Ea l’énergie d’activation d’un processus régissant le vieillissement, T la
température en K et R la constante universelle des gaz parfaits.
19
Chapitre 1 : Bibliographie
20
1.3. Méthodes de modélisation du vieillissement
21
Chapitre 1 : Bibliographie
proche multi-échelle établit une relation plus fine entre la chimie du vieillissement
et l’évolution de la propriété recherchée. Les évolutions à l’échelle macroscopique
peuvent être reliées aux évolutions aux échelles inférieures (morphologique, macro-
moléculaire et moléculaire) grâce aux relations structure-propriété [8], [16].
1.4.1 Introduction
22
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Polymère P· (A)
P · + O2 PO2· (II)
Il existe une grande variété de schémas mécanistiques qui ont été dérivés de ce
schéma standard et qui ont conservé les réactions (II) et (III) comme point commun.
Ces différents schémas ont été utilisés pour décrire des vieillissements dans des con-
ditions environnementales diverses et variées et ont souvent fait l’objet d’hypothèses
simplificatrices.
[Link].1 Amorçage
23
Chapitre 1 : Bibliographie
infectant chloré de l’eau potable, noté X) peut être également à l’origine des premiers
radicaux :
Irradiation ou X
Polymère P·.
Dans ce cas, la réaction qui se produit est à vitesse constante. C’est notamment le cas
en radio-oxydation [19], [20].
POOH PO · + · OH
OH · + PH P · + H2O
PO · + PH P OH + P ·
PO · P· + P O + s
PO · + PH P OH + P ·
PO · P· + P O + s
24
1.4. Description de l’approche multi-échelle
k1u
[ POOH ] = [ POOH ]c = .
k1b
25
Chapitre 1 : Bibliographie
Qox ti
t [POOH]0
ti
26
1.4. Description de l’approche multi-échelle
27
Chapitre 1 : Bibliographie
PO · + PH P OH + P ·
PO · P· + P O + s
dont la réaction bilan serait analogue en apparence à celle d’une décomposition bi-
moléculaire :
Au contact du cuivre, la réaction (Im) pourrait donc intervenir. C’est par exemple
le cas pour les gaines d’isolation des câbles électriques. De plus, les ions de cuivre
pourraient migrer dans une fine couche superficielle de la matrice polymère située à
l’interface entre la gaine isolante et le conducteur métallique et ainsi, se répandre par
diffusion sous l’action de la chaleur.
[Link].2 Propagation
P · + O2 PO2· (II)
28
1.4. Description de l’approche multi-échelle
[Link].3 Terminaison
La terminaison implique l’ensemble des réactions possibles entre les deux radicaux
P et PO2 . Elle se compose donc de trois réactions bimoléculaires :
P· + P· P P (IV)
P · + PO2· P O O P (V)
Cependant, il a été montré que les radicaux peroxy peuvent conduire, par le biais
d’un intermédiaire instable, à la formation d’une paire de radicaux alkoxy dans une
cage. Dans les références [19] et [29], les auteurs citent plusieurs chemins réactionnels
possibles conduisant à une terminaison : le couplage et la dismutation [30], mais aussi
une combinaison non-terminante : la diffusion hors de la cage conduisant à l’amorçage
d’une nouvelle chaîne d’oxydation. Au final, la réaction (VI) peut être détaillée comme
suit :
Ainsi, pour la terminaison, la mobilité moléculaire est un facteur limitant car, aux
faibles concentrations de radicaux, la probabilité de rencontre des radicaux est faible.
Quand la diffusion est suffisamment rapide pour pouvoir être négligée, la con-
centration d’oxygène dans le polymère est uniforme et l’oxygène est consommé de
manière homogène dans toute l’épaisseur du matériau. Dans le cas contraire, la vitesse
de consommation locale de l’oxygène dépend de la concentration d’oxygène à l’instant
t au point d’espace x dans le matériau. Dans ce cas la diffusion doit être prise en
29
Chapitre 1 : Bibliographie
Boss et Chien [31] ont observé pour le PP que le temps d’induction à l’oxyda-
tion dépend de l’épaisseur de l’échantillon et de la pression partielle d’oxygène dans
l’environnement. Il existe une concentration critique Cc et une pression critique pc
d’oxygène pour lesquelles la vitesse d’oxydation devient indépendante de la concen-
tration en oxygène [32] : par exemple pc ' 0, 02MPa pour le PE [33]. Les auteurs
démontrent l’existence d’une telle transition en utilisant l’approche cinétique. Il ex-
iste donc deux régimes : aux faibles concentrations d’oxygène (C < Cc ), la vitesse
d’oxydation varie linéairement avec la concentration (cinétique du premier ordre). En
revanche, aux fortes concentrations d’oxygène (C > Cc ) la vitesse d’oxydation est con-
stante (cinétique d’ordre zéro). Dans les deux cas, l’épaisseur maximale de la couche
oxydée (TOL - thickness of oxydized layer) s’écrit sous la forme générale suivante :
1/2
k
TOL ∼ ν ,
D
L’ordre de grandeur du coefficient de diffusion d’oxygène est de 10−7 − 10−5 cm2 s−1
pour les élastomères et les polymères semi-cristallins à phase amorphe caoutchou-
tique à température ambiante. Ce coefficient dépend de la température selon une loi
30
1.4. Description de l’approche multi-échelle
∂C
= D∆(∇C ) − r (C ),
∂t
P · + O2 PO2· (II)
Un modèle cinétique peut être dérivé de ce schéma (I)-(VI) selon les règles clas-
siques de la cinétique chimique. On obtient ainsi un système non-linéaire de cinq équa-
31
Chapitre 1 : Bibliographie
d [O2 ] ∂2 [O2 ]
= − k2 [O2 ] [ P · ] + k6 [ PO2· ]2 + DO2 (1.3)
dt ∂x2
·
d [P ]
=2k1u [ POOH ] + k1b [ POOH ]2 − k2 [O2 ] [ P · ] + (1.4)
dt
+ k3 [ PO2· ] [ PH ] − 2k4 [ P · ]2 − k5 [ P · ] [ PO2· ]
d [ PO2· ]
=k1b [ POOH ]2 + k2 [O2 ] [ P · ] − k3 [ PO2· ] [ PH ] − (1.5)
dt
k5 [ P · ] [ PO2· ] − 2k6 [ PO2· ]2
d [ POOH ]
= − k1u [ POOH ] − 2k1b [ POOH ]2 + k3 [ PO2· ] [ PH ] (1.6)
dt
d [ PH ]
= − ξ 1u k1u [ POOH ] − ξ 1b k1b [ POOH ]2 − k3 [ PO2· ] [ PH ] (1.7)
dt
◦ Unicité du site réactif. Pour le PE, cette hypothèse est vérifiée car le polymère ne
comporte qu’un seul type de liaison C H.
◦ Faible taux de conversion. Elle postule que [PH] conste et permet d’éliminer du
schéma cinétique, l’équation correspondant à l’évolution du substrat.
32
1.4. Description de l’approche multi-échelle
s’annulent pour toutes les espèces chimiques. Des solutions analytiques avec
cette hypothèse sont décrites dans les références [23], [38], [39], [40]. Cependant,
même si ces résultats permettent d’expliquer de nombreux cas de vieillissement,
la validité de cette hypothèse est souvent contestée notamment dans les cas des
vieillissement thermique et vieillissement photochimique [25].
◦ Longue chaîne cinétique. Cette hypothèse suppose que chaque acte d’amorçage
est suivi par plusieurs actes de propagation (i.e. d’incorporation d’oxygène). Son
domaine de validité a été analysé dans la référence [38].
33
Chapitre 1 : Bibliographie
dX
= γ4 k4 [ P · ]2 + γ5 k5 [ P · ] [ PO2· ] + γ6 k6 [ PO2· ]2 (1.8)
dt
dS
= γ1 k1u [ POOH ] + γ1 k1b [ POOH ]2 , (1.9)
dt
k3 [ PH ] 1 k2 k6
[P ] = avec β= (1.10)
2k5 1 + (2/3) βC k5 k3 [ PH ]
k3 [ PH ] βC
[PO2 ] = (1.11)
k6 1 + βC
34
1.4. Description de l’approche multi-échelle
k3 [ PH ] βC
[ POOH ] = , (1.12)
2(k1b k6 )1/2 1 + βC
où C est la concentration en oxygène.
Par contre, si la terminaison (VI) est négligée, on est en défaut d’oxygène et ces
expressions s’écrivent de la manière suivante :
k2 C 2k2 k5
[P ] = avec α=
k4 1 + αC k4 k3 [ PH ]
2k22 C2
[PO2 ] =
k4 k3 [ PH ] 1 + 2αC
k2 βC
[ POOH ] = . (1.13)
(k1b k4 )1/2 (1 + αC )1/2
De la même manière, on peut trouver les concentrations stationnaires pour le cas
de l’amorçage exclusivement unimoléculaire.
A partir des ces différentes expressions, on peut calculer la vitesse d’oxydation :
35
Chapitre 1 : Bibliographie
ment de leur stabilité thermique. D’une manière générale, elle est largement inférieure
à l’unité.
La constante de vitesse de la propagation k2 est très rapide et presque indépendante
de la structure chimique du polymère. Elle est de l’ordre de 108 Lmols−1 . En revanche,
la constante de propagation k3 est intermédiaire à k1 et k2 . Korcek et Chenier [42] ont
trouvé que le logarithme de cette constante est une fonction linéaire de l’énergie de
dissociation de la liaison C H. Autrement dit, plus la liaison C H est labile, plus k3
est élevée.
Enfin, le constante de terminaison k6 est inférieure ou égale à k2 . Sa valeur dépend
essentiellement de la réactivité des radicaux PO2 . Elle varie dans l’ordre suivant [38] :
36
1.4. Description de l’approche multi-échelle
[Link] Stabilisation
◦ les piégeurs des radicaux alkyles : amines à encombrement stérique (les HALS);
37
Chapitre 1 : Bibliographie
sont capables de complexer les ions métalliques et donc de les empêcher de cata-
lyser la décomposition des POOH.
POO + AH POOH + A
L’antioxydant est consommé lors de cette réaction. La fonction chimique ainsi que
le mécanisme d’action d’un antioxydant phénolique sont présentés sur la Fig.1.14.
L’action des amines aromatiques secondaires est semblable à celle des phénols en-
OH O
+ POO + POOH
P P
O O O
CH P0 P P OOP
Figure 1.14 – Mécanisme simplifié de stabilisation par un antioxydant phénolique.
38
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Leur efficacité est une fonction croissante de leur concentration, comme illustré sur
la Fig.1.15. La période d’induction du PE à 80◦ C dans l’air augmente de manière signi-
ficative avec la fraction massique d’Irgafos 168, un phosphite organique couramment
utilisé dans l’industrie [53] :
0.25
0.20
[PE=O] (mol l )
-1
0.15
0.10
0.05
0.00
0 1000 2000 3000 4000
time (h)
Figure 1.15 – Accumulation des carbonyles dans la matrice PE non-stabilisée (), sta-
bilisée par 0, 1 (), 0, 2 (), 0, 3 (N) et 0, 4w/w% (•) de Irgafos 168 dans l’air à 80◦ C
[53].
39
Chapitre 1 : Bibliographie
peuvent également stabiliser les polymères par des phénomènes physiques, par exem-
ple : absorption des rayons UV ou quenching des états excités. En général, les an-
tioxydants sont des molécules de petite taille (masse molaire M ' 1000gmol), rela-
tivement polaires, qui peuvent facilement s’échapper de la matrice polymère apolaire
dans laquelle ils ont été incorporés. Le temps de disparition de l’antioxydant est de
l’ordre de grandeur de la durée de vie du polymère [55]. En d’autres termes, la dégra-
dation du polymère est très rapide dès que la totalité des antioxydants a été perdue
physiquement et consommée par la réaction chimique, et le critère de fin de vie est
rapidement atteint [56]. Il est donc primordial de connaître la cinétique de disparition
des antioxydants.
∂[ AO] ∂2 [ AO]
=D , (1.16)
∂t ∂x2
∂[ AO]
= − β[ AO] (1.17)
∂t
avec β le coefficient d’évaporation. Quand la perte d’antioxydant est dominée par la
diffusion (équation (1.16)), le terme diffusif engendre un profil de concentration de
l’adjuvant dans l’épaisseur du matériau. En revanche, lorsque la perte d’antioxydant
est contrôlée par l’évaporation (équation (1.17)), la concentration est uniforme dans
toute l’épaisseur du matériau. La différence entre ces deux types de profils est illustrée
par la Fig.1.16.
40
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Concentration
Concentration
t =0 t =0
t t
0 Épaisseur L 0 Épaisseur L
Figure 1.16 – Profils de concentration d’un adjuvant avant et après vieillissement pour
une cinétique de perte gouvernée par l’évaporation (à gauche) et la diffusion (à droite)
[47].
∂[ AO] ∂2 [ AO]
=D − β[ AO].
∂t ∂x2
Le premier modèle appliqué aux adjuvants des polyoléfines à été proposé par Cal-
vert et Billingham [56]. D’après ces auteurs, les paramètres régissant la disparition
d’un adjuvant dans les polyoléfines sont : la solubilité de l’adjuvant, sa volatilité (co-
efficient d’évaporation par unité de surface) H, et coefficient le diffusion D dans le
polymère. Pour une plaque semi-infinie d’épaisseur L, ils ont proposé un critère per-
mettant de distinguer les régimes contrôlés par l’évaporation et la diffusion :
HL2
0, 6 < < 10,
D
HL2
0, 3 < < 15. (1.18)
D
Signalons que dans leur article, Calvert et Billingham envisagent la possibilité d’une
évaporation accompagnée par une précipitation de l’antioxydant sur la surface du
41
Chapitre 1 : Bibliographie
42
1.4. Description de l’approche multi-échelle
La température de transition vitreuse du PVC pur est située entre 75 et 85◦ C [60].
Cette propriété thermique correspond à la transition de l’état vitreux à l’état caoutchou-
tique. La PVC est donc rigide à température ambiante dans l’environnement habituel
de l’homme et fragile. Les plastifiants ont vocation à rendre le polymère souple à tem-
pérature ambiante.
g
Phtalate Symbole R = R0 Tg , ◦ C M, mol Tf , ◦C
ditridecyl DTDP (CH2)12 CH3 −75 530,8 -37
diisotridecyl DIUP (CH2)11 (CH3)2 - 530,8 -
di-n-dodecyl DDDP (CH2)11 CH3 −84 502,7 -
diundecyl DUP (CH2)10 CH3 - 474,7 -9
diisoundecyl DiUP (CH2)9 (CH3)2 - 474,7 -
di-n-decyl DnDP (CH2)9 CH3 −70 446,7 -
diisodecyl DiDP (CH2)8 (CH3)2 −76 446,7 -46
di-n-octyl DnOP (CH2)7 CH3 −72, −86 390,5 -25
diisooctyl DiOP (CH2)6 (CH3)2 - 390,5 -46
dietylxehyl DEHP (CH2)2( C2H5) (CH2)3 CH3 - 390,5 -40
di-n-hexyl DHP (CH2)5 CH3 −96 334,45 -27
diisohexyl DIHxP (CH2)4 (CH3)2 - 334,45 -
di-n-butyl DBP (CH2)3 CH3 −90 278,34 -35
diisobutyl DiBP (CH2)2 (CH3)2 - 278,34 -58
diethyl DEP CH2 CH3 −90 222,24 -40
dimethyl DMP CH3 −77 194,18 5,5
43
Chapitre 1 : Bibliographie
Figure 1.17 – Influence de longueur des branches (R) du phtalate sur certaines pro-
priétés thermiques : Perte physique du phtalate après 24h de vieillissement du PVC
à 87◦ C (a) , température de fragilisation du PVC plastifié par 50 phr de phtalate (b),
point de solidification du phtalate (c), [61].
44
1.4. Description de l’approche multi-échelle
R0
O
O
R
O
Figure 1.18 – Formule générale du phtalate. R et R0 sont des chaînes hydrocarbonées.
O O
R R”
O O
O
O
R0
Figure 1.19 – Formule générale du trimellitate. R, R0 et R” sont des chaînes hydrocar-
bonées.
Théorie de gel. Cette théorie suggère que la structure initiale du polymère est
maintenue par le biais d’un réseau physique tridimensionnel formé par les enche-
vêtrements des chaînes macromoléculaires. Le PVC plastifié est constitué de deux
phases : le plastifiant se trouve dans un état d’équilibre dynamique dit de solution-
dissolution, tandis que la matrice polymère se trouve dans un état d’équilibre dy-
namique dit enchevêtré-désenchevêtré. Ainsi, le plastifiant dissout vient détruire des
enchevêtrements.
La théorie des volumes libres. D’après cette théorie, les molécules de plastifiant
s’intercalent dans le volume libre entre les chaînes macromoléculaires. Rappelons que
le volume libre est le volume inoccupé par les chaînes macromoléculaires. A l’état vit-
reux, il n’y a pas de mobilité moléculaire limitée car la compacité des macromolécules
est telle que le volume libre est négligeable. Par contre, à l’état caoutchoutique, le
volume libre devient important et confère donc aux macromolécules une certaine mo-
45
Chapitre 1 : Bibliographie
bilité. Cette théorie explique bien la diminution de Tg avec l’ajout de plastifiant. En ef-
fet, les molécules de plastifiant augmentent le volume libre entre les macromolécules,
ainsi le module élastique du polymère diminue, alors que son allongement à la rup-
ture augmente. D’après cette théorie, les plastifiants de plus faible Tg augmenteraient
la flexibilité du polymère.
( β l − β g ) Tg ∼ 0, 11 ± 0, 02.
f = f Tg + (αl − α g )( T − Tg ) (1.19)
◦ La loi de Fox :
1 w w
= 1 + 2,
Tg Tg1 Tg2
46
1.4. Description de l’approche multi-échelle
◦ L’équation de Gordon-Couchman :
w2 ∆C p2 lnTg2 + w1 ∆C p1 lnTg1
lnTg = ,
w2 ∆C p2 + w1 ∆C p1
◦ L’équation basée sur la théorie des volumes libres (1.19) peut être réécrite ainsi :
avec φ2 la fraction volumique du plastifiant et ∆α1 = α1,l − α1,g , ∆α2 = α2,l − α2,g .
En supposant que la règle de Simha-Boyer : Tg × α = constante est vérifiée, cette
équation se simplifie en :
1 1 1 1
= + − φ2 . (1.20)
Tg Tg1 Tg2 Tg1
47
Chapitre 1 : Bibliographie
observé pour toutes les fractions massiques de plastifiant étudiées, avec un effet plus
prononcé aux plus fortes fractions massiques (Fig.1.20).
Figure 1.20 – Thermogramme DSC du PVC plastifié par 150 phr de dioctyl phtalate,
pour une vitesse de chauffe 40◦ C/min sous azote (sens exo vers le bas) [70].
Comme pour le autres adjuvants (voir paragraphe sur les antioxydants), la mi-
gration du plastifiant dans la matrice polymère implique deux phénomènes avec des
régimes cinétiques différents : la diffusion du plastifiant obéissant à la loi de Fick (1.16)
et la traversée de l’interface matériau-environnement, quand le plastifiant quitte le
polymère par évaporation (1.17) ou exsudation. La perte de plastifiant par évapora-
tion a lieu à toute température, même en-dessous du point d’ébullition du plastifiant
pur. Cependant, les deux phénomènes sont en compétition et ainsi, plusieurs possibil-
ités ont été observées par les différents auteurs.
Ainsi, Audouin et al. [71] ont mis en évidence deux régimes cinétiques distincts,
obéissant chacun à une loi d’Arrhenius, de part et d’autre d’une température critique
T = 87◦ C. Ce résultat a été obtenu pour le système PVC-DnDP en supposant que la
perte de masse du matériau correspond à la perte de plastifiant. Cette rupture de pente
s’expliquerait par le fait que l’évaporation du plastifiant serait le processus prédomi-
nant à basse température, alors que la diffusion prédominerait à haute température.
Dans les références [72] et [73] s’intéressant à des plastifiants de masses molaires et
donc de tailles différentes, les auteurs affirment qu’entre 120 et 150◦ C, la perte globale
du plastifiant est contrôlée par l’évaporation car elle obéit à une cinétique du 1er ordre.
Les plastifiants de plus grande taille et les plus ramifiés s’évaporent plus lentement. Ils
48
1.4. Description de l’approche multi-échelle
400
380
360
340
320
Tg , K
300
280
260
Tg cal. équation volume libre simplifiée
240
Tg (exp.)
220
200
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Durée du vieillissement (h)
sont donc caractérisés par une plus forte énergie d’activation d’évaporation. Cepen-
dant, ces interprétations ne se basent que sur des évolutions de faible amplitude du
comportement des PVC étudiés.
Dans la référence [74], la diffusion du plastifiant DEHP prédomine au-dessus de
120◦ C. Ainsi, en-dessous de cette température, les conditions au bord (évaporation)
contrôlent la perte de plastifiant. Comme la perte de plastifiant à la surface du matériau
est égale à celle d’un film de plastifiant pur à l’état liquide, comme déjà observé pour
d’autres plastifiants dans d’autres publications [73], ces auteurs concluent qu’il se forme
une couche de plastifiant pur (par exsudation) à la surface de l’échantillon.
L’augmentation de la température de transition vitreuse due au départ de plastifi-
ant DiDP a été observée expérimentalement et modélisée par l’équation (1.20) dans la
référence [49]. Pour ce système, la perte de plastifiant est dominée par l’évaporation.
Bien que la loi (1.20) n’arrive pas à décrire de manière satisfaisante la microstructure
initiale de ce type de matériau, elle rend compte de manière satisfaisante de l’allure
générale de l’augmentation de la température de transition vitreuse au cours du temps
(Fig.1.21).
Demir et al. [75] ont essayé d’étudier l’influence de la masse molaire du plastifi-
ant, c’est-à-dire de sa taille, sur sa diffusion. Rappelons que, en première approxima-
tion, la masse molaire représente la taille de la molécule. Ils ont trouvé que le facteur
pré-exponentiel et l’énergie d’activation du coefficient de diffusion sont inversement
49
Chapitre 1 : Bibliographie
proportionnels à la masse molaire du plastifiant. Ils ont ainsi établi la relation de com-
pensation présentée sur la Fig.1.22. Ainsi, plus les molécules sont grandes, plus elles
se déplacent difficilement dans la matrice polymère.
A titre d’exemple, les paramètres d’Arrhenius des coefficients de diffusion D et
d’évaporation β de plastifiants de grande taille sont donnés au Tab.1.7.
[Link] Deshydrochloruration
∆
(CH2CHCl)n (CH CH)n + nHCl. (VIII)
50
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Une fois commencée, cette réaction se propage par élimination séquentielle de mo-
lécules de HCl (élimination en zip) [78], [79]. A basse température, il est générale-
ment admis qu’il s’agit d’une réaction radicalaire. Ainsi, cette réaction peut être soit
catalysée soit inhibée par l’oxydation suivant la valeur de la pression partielle d’oxy-
gène. En effet, en défaut d’oxygène, les radicaux peroxy formés lors de l’oxydation
attaquent le polymère pour former des hydroperoxydes et créer de nouveaux sites rad-
icalaires susceptibles d’initier la deshydrochloruration. Cependant, quand l’oxygène
est en excès, il va s’additionner rapidement sur ces sites radicalaires et ainsi, former de
nouveaux radicaux peroxy qui vont empêcher la deshydrochloruration de se produire.
D’autres types de réaction de deshydrochloruration ont été proposés dans la lit-
térature (de type ionique et moléculaire). Quel que soit le type de réaction considéré,
la deshydrochloruration comporte trois étapes : un amorçage, une propagation avec
formation des longues séquences de doubles liaisons conjuguées, et une terminaison.
Beaucoup d’auteurs se sont interrogés sur les premiers actes d’amorçage de la deshy-
drochloruration sans parvenir à un consensus. En revanche, ils sont tombés d’accord
sur le fait que ces actes impliqueraient des défauts structuraux (ou instabilités struc-
turales) de la chaîne polymère. Ces défauts seraient majoritairement créés lors de la
polymérisation du polymère [80]. Il s’agirait d’atomes de chlore labile [81]. D’après
Geddes [82], l’unité monomère ’idéale’ (CHCl CH2)n du PVC serait stable en-
dessous de 200◦ C. La deshydrochloruration s’amorcerait donc au niveau de liaisons
labiles qui déstabiliseraient les unités monomère voisines et ainsi, permettraient la
propagation de la réaction radicalaire le long de la chaîne polymère. Les sites réact-
ifs possibles sont :
CH2 CHCl
CH2 CCl CH2 ;
51
Chapitre 1 : Bibliographie
référence [80] :
CH2 H H Cl CH2 H
◦ La présence des produits d’oxydation [80], [89], par exemple le groupe carbonyle
en α d’un chlorure allylique. Ce groupe résulte de l’oxydation rapide d’un méthy-
lène allylique. Cependant, cette hypothèse a été rejetée par de nombreux auteurs.
◦ Des coupures de chaîne mécano-chimiques [80], par exemple sous l’action d’une
contrainte de cisaillement pendant un procédé de mise en forme;
[Link].2 Propagation
52
1.4. Description de l’approche multi-échelle
-Cl
Cl
Figure 1.23 – Mécanisme radicalaire de deshydrochloruration [86].
53
Chapitre 1 : Bibliographie
Cl−
-HCl
CH CH CHCl CH2 CH CH C+ H CH2
Cl−
h i h i
-HCl
CH2 CH2 CHCl CH2 CH2 CH2 C+ H CH2
2 2
h i
CH2 CH2 CHCl CH2 etc.
3
(a)
⊕δ ‡ CH CH + HCl
CH CH CH C H
δ
H Cl H Cl
(b)
Figure 1.24 – Mécanisme ionique de deshydrochloruration.
CH -H CH CH
CH C CH + HCl
H H
Cl Cl
(a)
CH -HCl CH
CH CH
H
Cl
(b)
Figure 1.25 – Mécanisme de deshydrochloration (a) radicalaire ou (b) moléculaire [90].
[Link].3 Terminaison
La réaction de terminaison est une réaction qui arrête la croissance des séquences
polyène. Certains auteurs ignorent complètement l’existence de réactions de termi-
naison dans le schéma mécanistique de deshydrochloruration du PVC. En revanche,
Wypych [69] cite plusieurs possibilités de terminaison par :
54
1.4. Description de l’approche multi-échelle
CH -H CH CH
CH C CH + HCl
H H
Cl Cl
CH -HCl CH
CH CH
H
Cl
H Cl
CH CH CH CH +HCl
CHCl
CH CHCH2 CHCl
H
H Cl
CHCl
CH CH + HCl
◦ réaction de Diels-Alder;
◦ cyclisation;
◦ réticulation;
◦ oxydation.
55
Chapitre 1 : Bibliographie
56
1.4. Description de l’approche multi-échelle
57
Chapitre 1 : Bibliographie
Figure 1.29 – Effet de l’épaisseur des films de PVC sur la vitesse de la deshydrochloru-
ration : poudre (1), films d’épaisseur 0, 20mm (2), 0, 35mm (3) et 0, 90mm (4) [82].
58
1.4. Description de l’approche multi-échelle
[Link] Oxydation
[Link] Stabilisation
59
Chapitre 1 : Bibliographie
◦ Organoétains
◦ Savons métalliques
Ces stabilisants peuvent également être utilisés en combinaison avec des co-stabilisants
organiques ou non-organiques pour améliorer l’efficacité de la stabilisation.
Les savons métalliques stabilisent le PVC selon le mécanisme décrit par Frye et
Horst [98]. Leur action dépend du type de métal associé. À titre d’exemple, les savons
à base de Ca captent facilement les molécules HCl (Fig.1.32), alors que ceux à base de
Zn, en plus, substituent les chlores labiles, en particulier les chlorures allyliques. Les
60
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Figure 1.33 – Effet synergique entre les actions des carboxylates de Zn et de Ca.
61
Chapitre 1 : Bibliographie
3
Superposition of
Absorbance at 350 nm
2.5 DEHP and TOTM
data
2
1.5
0.5
0
1 10 100
Time/min
Dans la référence [77], les vitesses de dégradation chimique du PVC plastifié par
le DEHP et le TOTM ont été comparées (Fig.1.34). Les auteurs ont trouvé les mêmes
vitesses pour ces deux plastifiants et donc, les mêmes lois d’Arrhenius.
Les produits de dégradation du PVC pourraient affecter le plastifiant [61]. Les plas-
tifiants contenant les groupements ester sont potentiellement vulnérables à l’action
d’HCl. Ils peuvent subir une hydrolyse en présence de cet acide. Cependant, aucun
mécanisme de dégradation n’a encore été proposé à notre connaissance.
62
1.4. Description de l’approche multi-échelle
(a)
(b)
Figure 1.35 – Représentation schématique des actes de coupure (a) et de soudure (b) de
chaîne [8].
63
Chapitre 1 : Bibliographie
1 1
− = S − X, (1.21)
Mn Mn 0
1 1 S
− = − 2X, (1.22)
MW MW0 2
Dans le cas d’un polymère tridimensionnel, la relation ci-dessous établit le lien en-
tre les concentrations de coupures de chaîne S et d’actes de réticulation X et la con-
centration en chaînes élastiquement actives (c’est-à-dire les segments de chaîne entre
nœuds de réticulation) [103] :
ν − ν0 = 2X − ψS, (1.23)
Les coupures de chaîne vont impacter les températures de changement d’état phy-
sique du polymère, à commencer par la température de transition vitreuse. Dans le
cas du polymère linéaire, la relation de Fox-Flory [104] permet d’établir un lien entre
la masse molaire moyenne et la Tg :
k FF
Tg = Tg∞ −
Mn
64
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Tg − Tg0 = −k FF (S − X ) , (1.25)
Tgl
Tg = 2
, (1.26)
1− f K DM Fν
1 1 2K F
− = − DM (ν − ν0 ) (1.27)
Tg Tg0 f Tgl
1 1 2K F
− = − DM (ψS − 2X ). (1.28)
Tg Tg0 f Tgl
0
Tf
2σe
lc = , (1.29)
ρc ∆H 0f T 0f − T f
65
Chapitre 1 : Bibliographie
où lc est l’épaisseur des lamelles cristallines, σe est l’énergie de surface du cristal, ρc est
la densité de la phase cristalline, ∆H 0f est l’enthalpie de fusion du cristal (c’est-à-dire
du polymère 100% cristallin), T 0f est la température de fusion du cristal parfait.
Gedde et al. [107] ont observé une augmentation de la taille des cristaux dans
le polyéthylène réticulé (PELX) qui serait due à des coupures des chaîne. Dans la
référence [108], l’épaississement des lamelles par chimicristallisation est proposé pour
expliquer la fragilisation précoce des polyoléfines à des taux de conversion relative-
ment faibles du processus d’oxydation. Une valeur critique de l’espace interlamellaire
de la F = 6 − 7nm a été trouvée pour le PE.
1400
90°C
1200 80°C
0.025
chain scissions
Strain at break (%)
1000
Concentration (mol/kg)
0.01
400
0.005 200
0 0
0 5 10 15 20 70 80 90 100 110 120
t (days) MW (kg/mol)
66
1.4. Description de l’approche multi-échelle
Beaucoup d’études ont été consacrées au vieillissement électrique sous haute ten-
sion d’isolants en polymère de différentes compositions, mais très peu à leur vieillisse-
ment thermique. Or, la température est le facteur-clé dans le cas du dimensionnement
d’un câble électrique basse tension dans un véhicule. Force est de constater qu’il existe
peu de données sur l’évolution des propriétés diélectriques des isolants en polymère,
en particulier sur la constante diélectrique ou le facteur des pertes diélectriques, en
environnement automobile.
[Link].1 PELX
67
Chapitre 1 : Bibliographie
(b)
(a)
Figure 1.37 – (a) Mécanisme de propagation de fissures dans une couche oxydée [36].
(b) Observation au MEB de la surface du LDPE après 1200h de vieillissement dans une
enceinte climatique QUV selon les conditions proposées par la norme ASTM G53-96
[112].
(a)
(b)
Figure 1.38 – Évolution du facteur de pertes diélectriques (a) [113] et de la permittiv-
ité relative (b) pendant le vieillissement thermique du PELX dans l’air à différentes
températures (sous tension de 2kV à une fréquence de 50Hz) [114].
[Link].2 PVC
68
1.4. Description de l’approche multi-échelle
la rupture (Fig.1.39 (a)) qui, d’après les auteurs, coïncide avec le moment où le PVC
devient vitreux. En parallèle, ils ont trouvé que le facteur de pertes diélectriques tan δ
diminue avec la fraction massique de plastifiant DnDP (Fig.1.39 (b)).
(a) (b)
Figure 1.39 – (a) Évolution de l’allongement à la rupture du PVC plastifié par le DnDP
au cours du vieillissement thermique à 85◦ C, 95◦ C, 105◦ C, 110◦ C, 120◦ C dans des
étuves ventilées. (b) Variation du facteur de pertes diélectriques avec la quantité
résiduelle de plastifiant DnDP [116].
Djidjelli et al. [117] ont observé le même type de comportement de tan δ pour un
PVC modèle plastifié par différentes fractions massiques de mélanges de DOP et DiDP.
Linde et Gedde [118] ont observé le même type de comportement de l’allongement
à la rupture pour un PVC industriel plastifié par un mélange de DiDP et DEHP. Ils
ont aussi trouvé que le module d’Young E du PVC augmente linéairement avec le
logarithme du temps (Fig. 1.40) jusqu’à atteindre la valeur du module d’Young du
PVC vitreux qui est de l’ordre de 2GPa [60]. Dans cette étude, les auteurs supposent
que la perte du plastifiant par évaporation est le principal mécanisme responsable de
ce comportement.
Cependant, Ekelund et al. [120] ont trouvé que l’évolution des propriétés mé-
caniques l’isolant et la gaine en PVC d’un câble électrique de centrale nucléaire n’est
pas causée par le même mécanisme physico-chimique. Pour la gaine, ils ont trouvé
le même type d’évolution de comportement mécanique décrit dans les paragraphes
précédents et causé par la perte du plastifiant. En revanche, bien que le plastifiant
ne quitte pas l’isolant, ils ont quand même observé une diminution de l’allongement
69
Chapitre 1 : Bibliographie
Figure 1.40 – Évolution module d’Young du PVC plastifié par un mélange de DiDP
et DEHP au cours de son vieillissement thermique à 110◦ C (◦) et 120◦ C (•) dans des
étuves ventilées.
70
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
(a) (b)
(c)
71
Chapitre 1 : Bibliographie
Figure 1.42 – Contribution des différents types de polarisation à la partie réelle et imag-
inaire de la constante diélectrique complexe en fonction de la fréquence du champ
électromagnétique [121] (issu des références [122] et [123]).
72
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
Elle résulte d’un déplacement du nuage électronique des atomes, ce qui engen-
dre un dipôle induit. Cette polarisation apparaît à très haute fréquence puisque les
électrons ne subissent quasiment pas de relaxation et répondent à la sollicitation élec-
tromagnétique quasi-instantanément (le temps caractéristique du phénomène est de
l’ordre de 10−15 s) en raison de leur grande mobilité (Fig.1.42). La polarisation élec-
tronique Pe s’écrit de façon suivante :
Pe = Nαe E (1.30)
où N est le nombre des atomes par unité de volume (concentration), αe est la polaris-
abilité électronique, E est le vecteur du champ électrique appliqué. Cette grandeur est
souvent indépendante de la fréquence jusqu’au domaine infrarouge.
Ce type de polarisation existe pour les matières qui contiennent des dipôles perma-
nents. En absence d’un champ externe, le dipôle résultant est nul car leur orientation
est distribuée de manière aléatoire dans le matériau. Soumis au champ, les dipôles
s’alignent préférentiellement dans la direction du champ, ainsi il apparaît un moment
dipolaire supplémentaire.
73
Chapitre 1 : Bibliographie
La facilité d’alignement des groupements polaires est très affectée par leur mobil-
ité. La mobilité des dipôles permanents, à son tour, est affectée par la viscosité et donc
par la température. C’est une des raisons pour laquelle ε varie avec la température,
surtout pour les fréquences de sollicitation où la polarisation de Debye devient impor-
tante, c’est-à-dire en dessous de 103 Hz (Fig.1.42). La polarisation d’orientation confère
aux matériaux une valeur relativement élevée de la permittivité relative ε r , des pertes
diélectriques élevées et une forte dépendance de la constante diélectrique avec la tem-
pérature. Pour ce type de polarisation Pd :
Pd = Nαd E
µ2
αd = ,
3k B T
74
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
µ2
P = N αe + α a + E = N hpi. (1.32)
3k B T
P= ∑ Ni hpi i, (1.33)
i
D ≡ ε 0 E + P,
P = ε 0 χE, (1.34)
75
Chapitre 1 : Bibliographie
avec :
ε = ε 0 (1 + χ ) . (1.36)
Ei = E L − E P , (1.37)
avec E L la composante du champ local induit par les molécules voisines, et EP la com-
posante moyenne du champ induit par la polarisation de toutes les molécules dans
leur ensemble et caractérisé par la polarisation P [126]. Le champ total Etot "vu" par la
molécule est la somme du champ extérieur appliqué et du champ interne supplémen-
taire Ei :
Etot = E + Ei . (1.38)
76
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
de la sphère est :
3 3 p P
Z
3
EP = Ed x= − =−
4πR3 r<R 4πR3 3ε 0 3ε 0
p
Z
E(x)dx = .
r<R 3ε 0
Elle est valable pour n’importe quelle distribution de densité de charges à l’intérieur
de la sphère dont le dipôle résultant est p. Sa démonstration à l’aide du développe-
ment multipolaire peut être trouvée, par exemple, dans la monographie [127]. Ainsi,
le champ interne "vu" par la molécule est :
1
Ei = P + EL . (1.39)
3ε 0
Par symétrie on peut considérer que les effets individuels s’annulent au centre de la
sphère. E L est donc nul.
h pi i = ε 0 α ( E + Ei ) . (1.40)
Dans la limite de l’hypothèse du champ appliqué faible faite auparavant, nous pou-
vons considérer α indépendant du champ électrique E. En substituant les équations
(1.40) et (1.39) dans (1.33), nous obtenons :
P
P = Nα ε 0 E + .
3
77
Chapitre 1 : Bibliographie
Cette relation, en combinaison avec (1.34) et (1.36) nous amène à l’équation suivante :
ε/ε 0 − 1 Nα
= 0 (1.41)
ε/ε 0 + 2 3
dite de Clausius [124] et Mossotti [125]. Dans cette relation la grandeur ε r = ε/ε 0
de la permittivité relative apparaît naturellement. ε r est définie comme la permit-
tivité absolue ε (relation (1.35)) normalisée sur la permittivité du vide ε 0 ' 8, 85 ×
1012 A2 s4 kg−1 m−3 . La relation (1.41) est valable pour les substances raréfiées, en l’oc-
currence, les gaz. Pour les liquides et les solides, elle est vérifiée approximativement.
PV = ε1/2
r Mn (1.43)
n2 ≡ ε r . (1.44)
78
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
les milieux hétérogènes. En effet, le plastifiant est partiellement dissout dans la matrice
PVC, et la partie non dissoute est répartie de manière homogène dans la matrice pour
constituer un mélange biphasique avec le PVC. De même, les charges minérales sont
dispersées dans la matrice sous forme d’inclusions sphériques ou même parfois ac-
uléiformes (voir plus loin les images MEB des Fig.2.9(a) et Fig.2.9(b) respectivement).
Ainsi, dans cette partie plusieurs lois seront proposées pour calculer ε eff suivant le type
de matériau [128], [129], [130], [131], [132].
ε eff,p = ε m φm + ε pl φ pl , (1.45)
Dans le cas d’un circuit de condensateurs plans branchés en série (Fig.1.43(a)), nous
avons :
ε m ε pl
ε eff,s = . (1.46)
ε pl φm + ε m φ pl
La valeur de ε pour une situation intermédiaire (c) se situe entre ε eff,p , qui est la maxi-
male possible, et ε eff,s , qui est la valeur minimale possible.
a b c
Figure 1.43 – Répartition des inclusions dans une matrice polymère dans le cas d’un
circuit électrique de condensateurs plans branchés en série (a) ou en parallèle (b) ou de
particules isolées (c) [122].
79
Chapitre 1 : Bibliographie
Dans le cas d’une concentration très faible de charges, la permittivité effective obéit
à l’équation : !
3φ f (ε f − ε m )
ε eff = ε m 1+ .
2ε m + ε f
80
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
81
Chapitre 1 : Bibliographie
pour le HDPE que le LDPE en spectrométrie diélectrique. Le pic β est associé à la tran-
sition vitreuse caractéristique de la phase amorphe, alors que le pic γ est associé à des
mouvements localisés dans la phase amorphe. L’intensité des pics est proportionnelle
à la concentration des dipôles responsables de la transition considérée.
La position, la largeur et l’amplitude des pics dépendent de plusieurs paramètres.
À titre d’exemple, pour tan δ, ces paramètres sont : l’indice de polydispersité (c’est-à-
dire la longueur de la distribution des masses molaires), le taux de cristallinité, la taille
des spherolites (qui affecte les courants de conduction), le degré de branchement, le
taux de réticulation, [122], le champ appliqué, la pression [129].
Tableau 1.8 – Contribution des groupes fonctionnels à la polarité molaire [35] telle
qu’elle est définie dans les équations (1.42) et (1.43).
Le présence de plastifiant dans la matrice PVC favorise les mouvements des seg-
ments de chaîne [135]. Ainsi, sa disparition va affecter la mobilité moléculaire et donc,
82
1.5. Phénomènes de polarisation dans un polymère
83
Chapitre 1 : Bibliographie
1.6 Conclusion
"Les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables".
Dans les chapitres suivants, après avoir décrit les matériaux d’étude et les tech-
niques de caractérisation, nous allons nous intéresser à l’évolution des propriétés phy-
sico-chimiques, mécaniques et diélectriques du PELX et du PVC utilisés comme isolants
de câble électrique. Tout d’abord, nous allons identifier les mécanismes impliqués dans
le vieillissement thermique de ces deux matériaux. Ensuite, nous dériverons de ces mé-
canismes un modèle cinétique pour prédire les comportements à long terme du PELX
et du PVC. Nous tenterons de valider ces modèles à partir des données expérimentales
84
1.6. Conclusion
85
Chapitre 1 : Bibliographie
86
Chapitre 2
Matériaux et méthodes de
caractérisation
Sommaire
2.1 Présentation du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
2.2 Caractéristiques initiales des matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
2.3 Déformulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
2.3.1 Nature du plastifiant du PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
2.3.2 Nature de l’antioxydant du PELX . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
2.3.3 Nature des charges minérales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
[Link] Isolants en PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
[Link] Isolants en PELX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
2.4 Suivi du vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
2.4.1 Conditions de vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
2.4.2 Spectrométrie infrarouge à transformée de Fourier (IR-TF) . . . 101
[Link] Isolants en PELX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
[Link] Isolants en PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
2.4.3 Calorimétrie différentielle à balayage (DSC) . . . . . . . . . . . 109
[Link] En mode dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
[Link].1 Isolants en PELX . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
[Link].2 Isolants en PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
[Link] En mode isotherme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
[Link].1 Isolants en PELX . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
[Link].2 Isolants en PVC . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
2.4.4 Analyse thermogravimétrique (ATG) . . . . . . . . . . . . . . . 113
[Link] En mode dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
[Link] En mode isotherme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
2.4.5 Traction uniaxiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
[Link] Échantillons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
87
[Link] Effet de vitesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
2.4.6 Spectroscopie diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
[Link] Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
[Link] Tenseur de permittivité diélectrique sous sa forme com-
plexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
[Link] Pertes diélectriques d’un polymère . . . . . . . . . . . 122
[Link].1 Composantes de la constante diélectrique . . 125
[Link] Choix des conditions opératoires . . . . . . . . . . . . 126
[Link].1 Effet de l’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . 127
[Link].2 Qualité du contact échantillon-électrode . . . 127
[Link].3 Effet non souhaité de la laque d’argent . . . . 128
[Link].4 Effet du diamètre des échantillons . . . . . . 129
[Link].5 Mesures sur les matériaux industriels . . . . 132
2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
2.1. Présentation du chapitre
89
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
PELX T3 T4
Stabilisé oui oui
Taux massique de charges minérales, % 34,7 39,9
Point de fusion T f usion ,◦ C 123 122
Taux de cristallinité χc , % 8 9
Pigments rose vert et jaune
◦
TIO à 220 C, min 68 152
TIO à 240◦ C, min 270 540
90
2.3. Déformulation
PVC T2 T3
Plastifié oui oui
Taux massique de plastifiant, % 26 51
Taux massique total de charges, % 26 25
Taux massique de charges minérales, % 12 10
Taux massique de charges carbonées, % 14 15
Température de transition vitreuse Tg ,◦ C 47 43
Pigments violet noir
TIO à 200◦ C, min 100 193
TIO à 220◦ C, min - 46
Tableau 2.2 – Principales caractéristiques initiales des deux PVC plastifiés étudiés.
2.3 Déformulation
Avant d’étudier le vieillissement, les quatre matériaux d’isolation ont été soumis
à une série d’expériences physico-chimiques pour connaitre leur composition chim-
ique exacte. Les différentes techniques expérimentales utilisées sont décrites dans les
paragraphes qui suivent.
91
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Le PVC étant soluble dans le THF, les échantillons ont étés préparés comme suit.
Un morceau de PVC a été dissout dans le THF pour atteindre la concentration de
40mg/mL nécessaire pour la détection du plastifiant par GPC, sachant que le taux
massique de plastifiant dans les deux PVC étudiés varie entre 25 et 51%. Ensuite, un
volume de 0, 2mL de solution (PVC+THF) a été prélevé, dilué dans 2mL de THF et fil-
tré avant d’être injecté dans le circuit de la GPC. Les échantillons de plastifiant étalon
étaient issus d’une solution composée de 3mg de phtalate dans 4mL de THF. Les ré-
sultats obtenus pour les deux PVC industriels ont été comparés avec ceux des étalons.
Les résultats sont présentés sur les Fig.2.2 et Fig.2.3. Les essais ont montré que
le plastifiant utilisé pour le PVC T2 est un diester de l’acide phtalique dont les deux
chaînes carbonées contiennent 9 atomes de carbone : le di-n-decyl phtalate (DnDP)
(Fig.2.4). Sur le chromatogramme GPC, le premier pic obtenu autour de 17, 1min cor-
respond au temps d’élution de la matrice PVC, il est commun aux deux polymères
industriels PVC T2 et PVC T3. Le second pic situé autour de 26, 4min correspond au
plastifant DnDP.
98
PVC T2
Intensité à 410 nm, u. .a.
78 DnDP
THF
58
38
18
-2
13 15 17 19 21 23 25 27
Temps, min
92
2.3. Déformulation
60 9,5
Intensité à 410 nm, u. .a.
PVC T3
50 TiDTM 7,5
40
5,5
30
3,5
20
10 1,5
0 -0,5
13 15 17 19 21 23 25 27
Temps, min
O
O
O
O
Figure 2.4 – Formule développée du DnDP
O O
O O
O
O
93
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
va être utilisé à plus haute température que celui de classe thermique T2, son isolation
doit contenir un plastifiant plus volumineux (en l’occurrence TiDTM) pour minimiser
l’impact de ces deux processus et ainsi, améliorer sensiblement sa stabilité thermique.
Les charges minérales sont incorporées à la matrice polymère pour améliorer ses
propriétés mécaniques [136], mais aussi pour ajuster les propriétés rhéologiques ou
encore réduire le coût de fabrication. La Microscopie Électronique à Balayage (MEB)
permet d’observer les charges minérales, mais aussi d’identifier leur composition chi-
mique quand elle est couplée avec la microanalyse EDX. Cette technique donne des
images de très haute résolution et nécessite une surface d’analyse parfaitement polie.
Les échantillons ont été préparés comme décrit ci-dessous. Les conducteurs en
94
2.3. Déformulation
40
35 Irganox 1010
30 Irganox PS 802 fl
25
410 nm
XLPE T3
20
15 XLPE T4
10
5
0
17 19 21 23 25 27
Temps, min
(a)
40
Irganox 1010
Irganox PS 802 fl
30
XLPE T3
XLPE T4
410 nm
20
10
0
23,5 24 24,5 25 25,5 26 26,5 27
Temps, min
(b)
Figure 2.6 – (a) Chromatogrammes GPC des produits d’extraction des PELX T3 et T4
et des antioxydants modèle; (b) Zoom autour des pics d’élution des antioxydants.
cuivre ont été retirés des gaines d’isolation en polymère. Les isolants ont été enrobés à
froid dans une résine KM-V avant d’être polis à l’aide d’une machine MECAPOL P 320
en utilisant des papiers diamantés de densité de grains croissante de 400 à 2400 grains
95
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
O S O
O O
Figure 2.8 – Formule developpée de l’Irganox PS 802 fl (dioctadecyl 3,3’-thiodipropi-
onate).
par inch2 . Avant observation, les échantillons ont été métallisés pour rendre leur sur-
face conductrice, permettre l’évacuation des électrons et ainsi, éviter l’accumulation de
charges électriques sur leur surface (effet néfaste pour l’image). La métallisation a été
réalisée par dépôt d’une fine couche d’or à l’aide d’un plasma d’arc sous vide.
L’analyse elle-même a été effectuée sur un dispositif HITACHI 4800. Un faisceau
d’électrons accélérés par la tension réglée en fonction de la nature chimique de la ma-
trice polymère à analyser est envoyé sur la surface de l’échantillon. Les électrons inter-
agissent avec la matière, ce qui produit un spectre de diffusion analysé par plusieurs
capteurs. Le spectre des électrons secondaires donne la topologie de la surface de
l’échantillon par imagerie (Fig.2.9 ou Fig.2.10(a)). Cette dernière image est remar-
quable : la résine d’enrobage a remplacé les brins de cuivre qui ont été retirés avant
l’observation. L’interface entre la résine d’enrobage et l’isolant apparait comme une
succession d’arcs de cercle de 0, 2mm de diamètre sur lesquels on peut clairement dis-
tinguer la rugosité de la surface de l’isolant. Ainsi, contrairement à ce que l’on aurait
pu supposer, l’interface isolant-cuivre est loin d’être parfaitement lisse.
Figure 2.9 – Image MEB faite à partir du spectre des électrons secondaires. Observation
de la surface intérieure d’un isolant PVC.
96
2.3. Déformulation
(a) (b)
Figure 2.10 – Exemple d’image MEB d’un isolant PELX obtenu à partir du spectre des
électrons secondaires (a). Exemple d’image MEB d’un isolant PVC obtenu à partir du
spectre des électrons retrodiffusés (b). Les agglomerats de charges sont parfaitement
visibles dans les deux cas.
Pour chaque type d’isolant (PELX et PVC), la nature des charges minérales est don-
née dans les deux paragraphes qui suivent.
97
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
sur la surface externe de l’isolant où elle est relativement bien dispersée dans la
matrice polymère;
Figure 2.12 – Spectres IR-TF des charges du PVC T2 (en vert) et de la calcite [137] (en
rouge).
98
2.4. Suivi du vieillissement
Tableau 2.3 – Nombre d’onde (en cm−1 ) des bandes d’absorption des spectres IR-TF
des PVC T2 et T3 et leur attribution d’après les références [138] et [139].
Tableau 2.4 – Nombre d’onde (en cm−1 ) des bandes d’absorption IR des charges des
spectres IR-TF des PELX T3 et T4 et leur attribution d’après les références [141] et [142].
99
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Figure 2.13 – Spectres IR-TF du PELX T3 (en bleu) et du talc [140] (en rouge).
Pour chaque polymère étudié, une quatrième température a été choisie pour aug-
menter le nombre de points de comparaison entre des classes thermiques différentes,
mais aussi pour déterminer avec une plus grande précision la dépendance en tempéra-
ture de son comportement à long terme. Cette quatrième température est indiquée en
gras au Tab.2.5.
100
2.4. Suivi du vieillissement
Des portions de câble électrique (avec et sans âme conductrice) d’environ 20cm de
long ont été vieillies dans l’air dans des étuves ventilées régulées en température avec
une précision de ±2◦ C.
Polymère
PVC T2 100 125 135 150
PVC T3 125 135 150 175
PELX T3 125 150 175 200
PELX T4 150 160 175 200
La spectrométrie IR-TF se base sur le phénomène de résonance entre les états vibra-
tionnels des molécules et le rayonnement infrarouge incident, permettant ainsi d’iden-
tifier la nature de leurs différents groupements chimiques.
Les mesures ont été réalisées avec un spectromètre IR-TF PerkinElmer Frontier
ayant une résolution spectrale de 4cm−1 . Chaque spectre a été obtenu après une
acquisition de 32 scans pour minimiser autant que possible le bruit de fond. Dans
cette étude, les échantillons industriels ont une épaisseur importante (∼ 0, 3mm pour
les isolants PVC et ∼ 0, 6mm pour les isolants PELX). De plus, ils sont opaques et
chargés. Pour cette raison, ils ont été analysés en mode réflexion totale atténuée (ATR,
Attenuated Total Reflectance en anglais). Dans ce cas, l’échantillon est mis en con-
tact avec un cristal à fort indice de réfraction en Séléniure de Zinc (ZnSe). La lumière
IR reste confiné dans la lamelle de cristal où il subit des multiples réflexions et ne
pénètre que dans une très fine couche superficielle de l’échantillon. Chaque péné-
tration du rayon dans l’échantillon conduit à une diminution de l’intensité du rayon
incident pour les longueurs d’onde dites de résonance. L’image d’interférence résolue
en temps provenant de l’échantillon est obtenue à l’aide d’un interféromètre intégré et
est traduite en une distribution spectrale des intensités par une transformée de Fourier.
Ainsi, le spectre IR-TF à la sortie peut être enregistré.
La loi de Beer-Lambert, qui décrit l’atténuation du faisceau monochromatique dans
101
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Les spectres IR-TF des PELX T3 et T4 sont comparés à celui du PE pur sur la
Fig.2.14(a)-(c). Pour les deux matériaux industriels, les spectres en provenance de la
surface intérieure sont différents de ceux réalisés sur la surface extérieure. Cette dif-
férence peut être expliquée par la présence de colorants ou encore de retardateurs de
flamme. En effet, la surface du câble dénudé est blanche côté intérieur, mais rose (PELX
T3) ou verte (PELX T4) côté extérieur (Fig.2.1).
Les bandes d’absorption IR de la matrice PE peuvent être identifiées sur les spectres
IR-TF des deux matériaux. Leur attribution est donnée dans le Tab.2.6.
L’oxydation thermique du PE se manifeste par l’apparition d’une grande variété
des produits d’oxydation, notamment des produits carbonyles dans la région 1850 −
1690cm−1 (Tab.2.7).
102
2.4. Suivi du vieillissement
6
Absorbance
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
(a) Nombre d’onde, cm
0.06
intérieur
Densité optique
extérieur
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
(b) Nombre d’onde, cm
0.06
intérieur
Densité optique
extérieur
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
(c) Nombre d’onde, cm
Figure 2.14 – (a) Spectre IR-TF en mode transmission du PE pur. Spectres IR-TF en
mode ATR des surfaces intérieure et extérieure des gaines d’isolation en : (b) PELX T3,
(c) PELX T4.
Pour les deux PELX étudiés, l’apparition de ces produits d’oxydation est masquée
par la présence initiale d’une bande d’absorption IR intense à 1731cm−1 qui est at-
tribuée aux pigments (Fig.2.14(b) et (c)). En effet, on ne détecte que les croissances
des bandes à 1773cm−1 et 1714cm−1 sur le spectre IR-TF (Fig.2.15). D’autre part, les
103
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Tableau 2.6 – Nombre d’onde et attribution des bandes d’absorption IR du PE pur [143]
retrouvés dans les PELX industriels T3 et T4.
Tableau 2.7 – Bandes d’absorption IR des produits d’oxydation et des doubles liaisons
ainsi que leur coefficient d’extinction molaire [149].
pigments transforment les acides carboxyliques (qui sont une variété de produits car-
bonyles) en carboxylates dont la bande d’absorption est flagrante à 1578cm−1 . Ce pro-
cessus a été évoqué dans le chapitre bibliographique. Il s’agit des réactions (VII.a)-
(VII.c). Pour calculer la concentration des carboxylates à partir de la relation (2.49), la
bande d’absorption à 1018cm−1 a été choisie comme bande de référence. Elle est as-
signée à la vibration d’élongation de la liaison O Si O du talc (Tab.2.4). La constante
K définie expérimentalement vaut :
104
2.4. Suivi du vieillissement
La valeur du coefficient d’extinction molaire des carboxylates a été trouvée dans les
références [150] et [151] :
Figure 2.15 – Région IR-TF des carbonyles du PELX T3 vieilli à 200◦ C dans l’air.
Les spectres IR-TF des PVC T2 et T3 sont donnés sur les Fig.2.16(b) et (c). Ils conti-
ennent les bandes d’absorption IR de plusieurs phases présentes dans le polymère: la
matrice, le plastifiant et les charges minérales. Tout d’abord, nous retrouvons les ban-
des d’absorption du PVC pur, ce qui confirme la nature de la matrice (Tab.2.8). Certains
pics du PVC pur ne sont pas visibles sur les spectres IR-TF des PVC industriels, car ils
se chevauchent avec les pics des autres phases. Contrairement aux PELX, les deux PVC
ont exactement les mêmes spectres IR-TF sur les surfaces intérieure et extérieure. C’est
pourquoi, seule leur surface extérieure sera analysée par la suite dans cette étude.
La nature du plastifiant des deux PVC est également confirmée par spectrométrie
IR-TF (Fig.2.17). Les bandes du plastifiant apparaissant sur les spectres IR-TF ont été
identifiées au Tab.2.9.
L’évolution typique du spectre IR-TF d’un PVC plastifié au cours de son vieil-
lissement thermique est donnée sur la Fig.2.18. Le plastifiant disparaît progressive-
105
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
5
Absorbance
1
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
(a)
0.06
extérieur
Densité optique
intérieur
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
(b)
0.06
extérieur
Densité optique
intérieur
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
(c)
Figure 2.16 – Spectres IR-TF du PVC pur en mode transmission (a) et des PVC T2 (b)
et T3 (c) en mode ATR.
106
2.4. Suivi du vieillissement
0.08
Densité optique
0.06
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
(a)
0.08
Densité optique
0.06
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
(b)
Figure 2.17 – Spectres IR-TF du plastifiant du PVC T2 - DnDP (a) et du PVC T3 - TiDTM
(b).
0.06
vierge
Densité optique
vieilli
0.04
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
Figure 2.18 – Spectres IR-TF du PVC T2 avant et après 120h de vieillissement dans l’air
à 150◦ C.
107
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Tableau 2.8 – Nombre d’onde et attribution des bandes d’absorption IR du PVC pur
[143], [152], [153] retrouvées dans les PVC industriels T2 et T3.
108
2.4. Suivi du vieillissement
d’absorption à 874cm−1 été choisie comme bande de référence. Elle est assignée à la vi-
bration de déformation hors plan de la liaison C O C de la calcite. Pour le coefficient
d’extinction molaire du groupe ester les valeurs suivantes ont été utilisées [156] :
Les essais ont été effectués pour tous les matériaux sur le calorimètre Q10 de la
société TA Instruments. Le principe de cette méthode d’analyse est le suivant. Une
capsule hermétique sertie contenant un échantillon de polymère de masse comprise
entre 5 et 10 mg et une capsule vide de référence sont posées sur des thermocou-
ples. Le four contenant les deux capsules et les thermocouples est balayé avec un
débit d’azote de 50mL/min et est chauffé progressivement de −80◦ C à 250◦ C avec une
vitesse de 10◦ C/min. Le choix d’une atmosphère inerte permet d’éviter l’oxydation de
l’échantillon pendant le test. La différence des flux de chaleur nécessaire pour main-
109
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Le PELX ayant été réticulé à l’état fondu, il présente un bas taux de cristallinité et
une large distribution de taille des lamelles cristallines (Fig.2.19). L’aire sous le pic de
fusion correspond à l’enthalpie de fusion ∆H f , c’est-à-dire à la quantité de chaleur par
gramme de matière nécessaire pour faire fondre le polymère. Divisée par l’enthalpie
de fusion du cristal, ∆H 0f = 289J/g [111], elle donne accès au taux de cristallinité :
∆H f
χc = . (2.50)
∆H 0f
Polymère T f χc
PELX T3 123 23
PELX T4 122 13
Figure 2.19 – Thermogramme DSC du PELX industriel T3 (sens endo vers le haut).
110
2.4. Suivi du vieillissement
111
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Le principe de ce mode est le même que pour le mode précédent : la différence des
flux de chaleur entre la capsule de référence et celle contenant le matériau est mesurée
à l’aide de thermocouples. Cependant, dans ce cas, le gaz utilisé pour les essais est
l’oxygène pur. Il permet de mesurer de temps d’induction à l’oxydation (noté TIO),
c’est-à-dire la durée d’attente pour pouvoir visualiser la phase d’auto-accélération de
l’oxydation. Dans ce cas, la coupelle en aluminium n’est pas sertie afin de laisser libre
accès à l’oxygène jusqu’à l’échantillon. Le préchauffage de cavité de la DSC jusqu’à la
température d’analyse est réalisé sous azote pour éviter une oxydation intempestive
de l’échantillon. Une fois l’équilibre thermique atteint, l’oxygène est introduit dans le
four et la différence des flux de chaleur est enregistrée au cours du temps. Le TIO est
pris au ’onset’ du pic de dégradation du matériau.
La température d’essai à été choisie à 240◦ C (au lieu de 200◦ C ou 220◦ C conseillés
dans les normes) pour les deux PELX pour raccourcir la durée des essais et ainsi, per-
mettre une répétition des essais au laboratoire. Le TIO est de 4, 5h pour le PELX T3
et 9h pour le PELX T4 (Tab.2.12). Comme le TIO est un indicateur de l’efficacité du
système de stabilisation, on peut en déduire que les deux PELX étudiés sont conven-
ablement protégés contre l’oxydation.
La relation entre la concentration en antioxydants et le TIO est linéaire [157], [158]
si le système de stabilisation ne contient qu’un seul type d’antioxydant, par exemple
un (ou plusieurs) phénol(s) encombré(s). Dans ce cas, le TIO peut être une mesure de
la concentration résiduelle en antioxydants :
TIOT = k T [ AO] ,
où k T est une constante qui dépend du système de stabilisation utilisé et suit une loi
d’Arrhénius.
Dans cette étude, la mesure du TIO a été retenue pour suivre la disparition de
l’antioxydant au cours du vieillissement thermique des deux PELX industriels car les
112
2.4. Suivi du vieillissement
Tableau 2.12 – TIO à 240◦ C sous oxygène pur des PELX T3 et T4.
Les deux PVC industriels possèdent aussi à l’état vierge une période d’induction à
l’oxydation qui est probablement la conséquence de leur stabilisation (Tab.2.13).
Tableau 2.13 – TIO à 200◦ C et 220◦ C sous oxygène pur des PVC T2 et T3.
113
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Tableau 2.14 – Détermination des taux de cendres par ATG sous oxygène pur et sous
azote pur pour l’ensemble des matériaux industriels.
Le taux massique de plastifiant a également été déterminé par ATG en mode iso-
therme à 150◦ C sous atmosphère inerte. En effet, sous azote, la matrice PVC ne s’oxyde
pas. De plus, à 150◦ C la deshydrochloruration est négligeable devant la perte physique
du plastifiant. La perte de masse est donc principalement due au départ du plastifi-
ant et donne ainsi accès au taux massique de plastifiant dans l’échantillon (Fig.2.21).
Cette méthode a révélé un taux massique de plastifiant compris entre 22 et 28% pour
le PVC T2. Une valeur comparable de 16% a été obtenue par la société Rescoll avec
une autre méthode : l’extraction Soxhlet du plastifiant du PVC en utilisant l’éthanol
comme solvant.
0.9
masse, %
26%
0.8
0.7
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000
temps, min
Figure 2.21 – Courbe cinétique de perte de masse du PVC T2 sous azote à 150◦ C.
114
2.4. Suivi du vieillissement
Comme mentionné dans le paragraphe [Link], les propriétés mécaniques sont es-
sentielles pour la qualification des câbles électriques aussi bien avant qu’après le vieil-
lissement. Le test d’enroulement à froid de la norme ISO 6722 [5] est difficile à réaliser
en laboratoire. Comme remplacement, la technique de la traction uniaxiale a été choisie.
Cette technique possède plusieurs avantages par rapport à l’enroulement à froid qui ne
donne qu’une réponse binaire sur l’emploi d’un matériau : apte ou non apte à l’emploi.
En effet, la traction uniaxiale permet aussi de mesurer l’évolution des propriétés mé-
caniques pendant le vieillissement, en particulier du module d’Young E et de l’allon-
gement à la rupture A R . Dans cette thèse, ces deux grandeurs ont été déterminées
expérimentalement de la manière suivante :
σ ( e2 ) − σ ( e1 )
E= (2.51)
e2 − e1
L R − L0
AR = , (2.52)
L0
115
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
[Link] Échantillons
Les essais mécaniques ont porté sur des échantillons en forme d’haltère qui ont été
découpés directement sur la gaine d’isolation après son ouverture et déroulement à
l’aide d’un importe-pièce. Leurs dimensions sont données sur la Fig.2.22. Pour rappel,
l’épaisseur des isolants PVC et PELX est de 300 ± 30µm et 560 ± 30µm respectivement.
Des essais ont été également réalisés sur des échantillons tubulaires sans âme conduc-
trice. Une comparaison des résultats obtenus pour ces deux types d’éprouvette est
donnée dans le Tab.2.15. Nous voyons que l’allongement à rupture de l’échantillon
tubulaire est supérieur, de plus de 100% pour la vitesse d’essai la plus élevée et de plus
de 20% pour la vitesse d’essai la plus faible par rapport à celui de l’échantillon en forme
haltère. Par conséquent, la forme haltère a été retenue pour la suite de cette étude car
elle représente le mieux les propriétés mécaniques locales du matériau et offre l’essai
de traction le plus précis et le plus facile a réaliser.
116
2.4. Suivi du vieillissement
Un exemple de courbes de traction obtenues pour les PVC T2 et PELX T4 est donné
sur la Fig.2.23. Nous pouvons constater que le domaine de déformation plastique de
ces deux isolants est limité.
10
10
Stress, MPa
Stress, MPa
5 5
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100
(a) Strain (b) Strain
Des notes internes PSA préconisent de faire les essais de traction sur les polymères
avec une vitesse de 500mm/min. Cependant, cette dernière est élevée par rapport aux
vitesses usuelles utilisées pour mesurer les propriétés en traction des polymères en
laboratoire et recommandées par les normes nationales (NF) et internationales (ISO).
De plus, pendant le vieillissement, les propriétés mécaniques des échantillons peuvent
chuter brutalement, il est donc préférable de choisir des conditions d’essai beaucoup
moins sévères pour pouvoir suivre cette évolution.
Afin de trouver la vitesse d’essai optimale, sept vitesses de traverse variant entre 5
et 500mm/min ont été testées pour l’échantillon en forme d’haltère. L’allongement à
la rupture et le module d’Young ont été calculés à partir de la courbe de traction et des
équations (2.51) et (2.52). L’ensemble des valeurs est récapitulé sur la Fig.2.24 pour le
PVC T2 et sur la Fig.2.25 pour le PELX T3. D’après ces mesures, la vitesse optimale de
l’essai de traction est comprise entre 5 et 20mm/min. Dans ces conditions d’essai, les
propriétés en traction des quatre matériaux étudiés sont données au Tab.2.16.
117
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
150
200
100
150
E, MPa
A ,%
R
50 100
50
0
0
1 2 1 2
10 10 10 10
Vitesse, mm/min Vitesse, mm/min
80
200
60 150
E, MPa
A ,%
R
40 100
20 50
0 0
1 2 1 2
10 10 10 10
Vitesse, mm/min Vitesse, mm/min
Polymère AR , % E, MPa
PVC T2 196 ± 8 60 ± 22
PVC T3 195 ± 22 60 ± 27
PELX T3 180 ± 20 53 ± 6
PELX T4 81 ± 18 51 ± 4
118
2.4. Suivi du vieillissement
Rhéomètre
Electromètre
Plateaux
isolants
(a)
(b)
Figure 2.26 – (a) Électrodes de l’électromètre Agilent 4284 connectées par des câbles
éléctriques aux plateaux du rhéometre. (b) Plateaux en céramique pour l’isolation é-
lectrique.
119
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
120
2.4. Suivi du vieillissement
E∗ = E0 exp (iωt),
∂E∗
= iωE∗ . (2.54)
∂t
Si ε̄¯ a est constante dans le temps, l’équation de Maxwell-Ampère pour le milieu diélec-
trique s’écrit :
∂D∗ ∂E∗
∇ × H∗ = = ε̄¯ a .
∂t ∂t
L’équation de Maxwell-Ampère pour le milieu conducteur contient un membre sup-
plémentaire qui correspond au courant des électrons libres j∗ :
dans laquelle l’équation (2.54) et la loi d’Ohm j∗ = σ̄¯ E∗ ont été utilisées. Ainsi, pour
un milieu diélectrique, l’équation de Maxwell-Ampère devient :
∂E∗ ∂E∗
∗ i
∇×H = ε̄¯ a − σ̄¯ ¯
= ε̄ gen . (2.56)
ω ∂t ∂t
ε̄¯ gen = ε̄¯ a − σ̄¯ ωi est le tenseur généralisé de permittivité diélectrique complexe avec
sa partie imaginaire engendrée par le comportement conductif du milieu. Cette ap-
proche peut être utilisée aussi bien pour les milieux conducteurs possédant des pro-
priétés diélectriques (comme les plasmas) que pour les milieux diélectriques ayant une
faible conductivité (comme les polymères d’isolation) et pour les diélectriques réels en
général.
Dans les milieux homogènes et isotropes, les notations tensorielles peuvent être
abandonnées, la permittivité diélectrique est considérée comme un scalaire. Le tenseur
de la permittivité relative serait par défaut ε∗ =
ε gen
ε0 , où ε 0 = 8, 85pF/m est la permit-
tivité du vide. Ainsi:
ε∗ = ε0 − iε00 ,
121
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
avec ε0 = ε a 00
ε0 , ε = σ
ωε 0 . Le fait que la permittivité diélectrique soit complexe ε∗ = ε0 − iε00
avec une partie imaginaire négative, indique que le vecteur D∗ oscille avec un certain
retard de phase −δ par rapport à E∗ . De plus, −δ serait aussi l’angle de phase de ε∗
complexe. Ce retard est dû à l’inertie du phénomène de polarisation sous l’action d’un
champ électromagnétique.
Dans les références [159] et [160], il est démontré que la différence de phase entre
les vecteurs E∗ et D∗ cause une perte d’énergie sous forme de chaleur, proportionnelle
à la tangente de l’angle de déphasage tan(−δ) = − tan δ. Ce paramètre caractérise les
pertes diélectriques. Par définition, la tangente des pertes diélectriques s’écrit :
ε00
tan δ = . (2.57)
ε0
U ∗ = |U |eiωt .
Posons la phase de la tension comme égale à 0. Dans cette approche, les autres gran-
deurs complexes variant dans le temps sont l’intensité de courant I ∗ , le champ élec-
122
2.4. Suivi du vieillissement
I ∗ = | I |ei(ωt−ψ( I,U ))
E∗ = | E|ei(ωt−ψ(E,U ))
D ∗ = | D |ei(ωt−ψ( D,U )) ,
d
E=− ϕ
dx
ϕ1 − ϕ2 U
E= = . (2.59)
d d
Ainsi, d’après l’équation (2.59), et puisque d = constante, le vecteur du champ élec-
trique E∗ est en phase avec le vecteur de tension U ∗ , donc ψ( E, U ) = 0. Par conséquent,
comme la phase est additive :
ψ( D, U ) = ψ( D, E) = −δ, (2.60)
123
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
car dans un diélectrique, le E∗ est en avance de phase δ par rapport à D ∗ (voir équa-
tion (2.57) du paragraphe précédent). En absence de champ magnétique, l’équation de
Maxwell-Ampère (2.55) devient :
∂D ∗
j∗ = − . (2.61)
∂t
I∗
j∗ = ,
S
I∗ ∂D ∗
=− ,
S ∂t
| I | i(ωt−ψ( I,U ))
= −iω | D |ei(ωt−ψ( D,U )) = ω | D |ei(ωt−ψ( D,U )− 2 ) .
π
e
S
π π
−θ = −ψ( I, U ) = −ψ( D, U ) − = δ−
2 2
π
θ= − δ.
2
Le facteur des pertes diélectriques tan δ défini plus haut dans l’équation (2.57) est in-
versement proportionnel à la tangente de l’angle de déphasage θ entre I ∗ et U ∗ :
1
tan δ = .
tan θ
124
2.4. Suivi du vieillissement
U ∗ = I ∗ Z∗ . (2.62)
1 1 1 1
∗
= + = + iωC,
Z ZR ZC R
R R − iωCR2
Z∗ = = .
1 + iωCR 1 + (ωCR)2
Il vient φ = θ, ce qui permet d’exprimer le facteur des pertes diélectriques à partir des
grandeurs caractéristiques du circuit électrique équivalent :
Im( Z ∗ )
tan θ = = ωCR
Re( Z ∗ )
1
tan δ = .
ωCR
D = ρS (2.63)
Q
avec ρS la densité de charges surfacique telle que ρs = S et S = πR2 la surface de
l’armature. Ainsi, l’équation (2.53) peut être réécrite :
D = ε 0 εE. (2.64)
125
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Q Q
C= ⇒U= (2.65)
U C
En égalisant les équation (2.63) et (2.64) et en introduisant les équations (2.65) et (2.59)
dans cette égalité, il vient :
Q Q
ε0ε =
dC S
Si on revient à la définition de la constante diélectrique d’un condensateur, on obtient :
Cd
ε0 =
ε0S . (2.66)
Cd
ε00 = ε0 tan δ = tan δ . (2.67)
ε0S
126
2.4. Suivi du vieillissement
2.5
2
ε0
1.5
PE pur
0.5
0 500 1000 1500 2000
Epaisseur, µm
Figure 2.29 – Variation de ε0 en fonction de l’épaisseur des films de PEHD pur. Mesures
effectuées à température ambiante à une fréquence de 1kHz avec des plateaux de
25mm de diamètre.
La qualité du contact entre l’échantillon et les plateaux a une influence directe sur
les mesures diélectriques. En effet, entre l’échantillon et l’électrode, de l’air peut rester
piégé, ce qui introduit une capacitance supplémentaire dans le circuit électrique équiv-
alent (Fig.2.27). Or, celle-ci n’est pas prise en compte dans les équations mathéma-
tiques utilisées dans le logiciel de l’appareil, elle est donc à éviter. A ce propos, rap-
pelons que l’état de la surface intérieure des échantillons industriels est très accidentée,
comme vu sur la Fig.2.9, et favorise donc l’emprisonnement d’air entre l’échantillon et
l’électrode. De plus, rappelons que les échantillons sont prélevés directement sur des
127
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
fils électriques. Ils possèdent donc une courbure naturelle due à la forme cylindrique
du câble qui doit aussi être supprimée pour assurer le meilleur contact possible entre
l’échantillon et l’électrode.
Cette difficulté peut être contournée de deux manières. D’un côté, l’application
d’une force minimale de compression permet d’écraser la surface de l’échantillon et
de réduire sa rugosité, de supprimer sa courbure, mais aussi de chasser l’air entre
l’échantillon et l’électrode. D’un autre côté, le dépôt d’une substance contenant des
éléments métalliques sur la surface de l’échantillon, permet de colmater toutes les as-
pérités, mais aussi de rendre la surface conductrice. L’efficacité de ces deux solutions
a été explorée dans les paragraphes qui suivent. Dans le cas présent (Fig.2.30), trois
niveaux de force de compression ont été testés (F ' 100g, 750g et 1100g) sur des films
de PEHD non recouverts et recouverts par une laque d’argent Agar Silver Paint G3691.
L’ensemble des résultats est regroupé sur la Fig.2.30.
Bien qu’elle améliore le contact, la laque d’argent peut avoir des inconvénients. En
effet, le dispositif de mesure diélectrique est très sensible à la distance entre électrodes
(ce qui a déjà été constaté sur la Fig.2.29). Cette distance est notée d dans les expressions
(2.66) et (2.67) de ε0 et de ε00 respectivement. Or, l’électromètre Agilent 4284 utilise ce
type de formules pour estimer les ordres de grandeur de ε0 et ε00 . Par conséquent, toute
imprécision sur la valeur de d va conduire à des inexactitudes graves sur les valeurs
de ε0 et ε00 .
En bouchant les aspérités de surface des échantillons industriels, la laque d’argent
réduit aussi la distance d entre les électrodes, et cette réduction d’épaisseur est ir-
régulière sur tout le diamètre de l’échantillon. De plus, comme la laque n’est pas
un matériau incompressible la réduction de d va également dépendre de la force de
compression appliquée (voir Fig.2.31 et Fig.2.32).
De plus, l’ensemble des mesures diélectriques réalisées ne montre aucun écart entre
les films de PEHD non recouverts et recouverts de laque aux incertitudes de mesure
près (voir Fig.2.33). Son utilisation ne paraît donc pas indispensable. C’est pourquoi,
dorénavant toutes les mesures diélectriques seront réalisées sur des échantillons non
128
2.4. Suivi du vieillissement
2.5
2
F=100g
1.5
ε, F=100g laque
1
0.5
0 500 1000 1500
Epaisseur, µm
2.5
2
F=1100g
1.5
ε,
F=1100g laque
1
0.5
0 500 1000 1500
Epaisseur, µm
Figure 2.30 – Variation de ε0 avec l’épaisseur des films de PEHD pur non recouverts et
recouverts de laque d’argent en fonction de la force de compression appliquée. Valeurs
moyennes determinées pour un large domaine de fréquence (typiquement entre 102 et
106 Hz) à température ambiante avec des plateaux de 25mm de diamètre.
129
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
1600
1200
Force, g
800
400
0
280 330 380 430 480
Épaisseur, µm
Figure 2.31 – Déformation d’un film de PEHD pur en fonction de la force de compres-
sion appliquée entre les plateaux de 25mm de diamètre.
60
50
40
Froce, g
30
20
10
0
0 50 100 150
Gap, µm
Figure 2.32 – Déformation d’un film de laque d’argent en fonction de la force de com-
pression appliquée entre les plateaux de 25mm de diamètre.
Figure 2.33 – Récapitulatif de toutes les mesures de ε0 faites sur des films de PEHD pur
entre 102 et 106 Hz à température ambiante avec des plateaux de 25mm de diamètre.
130
2.4. Suivi du vieillissement
25mm utilisés dans les paragraphes précédents. Bien entendu, il a été vérifié que cette
nouvelle taille de plateaux donne des résultats conformes avec les mesures réalisées
précédemment (Fig.2.34).
Figure 2.34 – Comparaison des résultats des mesures diélectriques réalisées sur les
films de PEHD pur entre 102 et 106 Hz à température ambiante avec des plateaux de
7mm et 25mm de diamètre.
On constate que les valeurs de ε0 obtenues avec des plateaux de 7mm de diamètre
sont très proches de celles rapportées dans la littérature (ε0 = 2, 3) pour le PE pur [35]
pour des épaisseurs d’échantillon comprises entre 400 et 600µm. Ce résultat valide le
choix de ces électrodes.
Le même type d’essai a été réalisé sur des films de PVC pur (non plastifié) de dif-
férentes épaisseurs (Fig.2.35) avec des plateaux de 7mm de diamètre. On constate que
le domaine d’épaisseur compris entre 400 et 700µm donne accès à une valeur de ε0
proche de celle rapportée dans la littérature (ε0 = 3, 3) pour le PVC pur [35]. On con-
firme ainsi la pertinence du choix de ces électrodes.
4
ε,
0
0 500 1000
Epaisseur, µm
Figure 2.35 – Résultats des mesures diélectriques réalisées sur des films de PVC pur
entre 102 et 106 Hz à température ambiante avec des plateaux de 7mm de diamètre.
131
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
Le protocole de mesures diélectrique mis au point et validé sur les matériaux purs
a ensuite été appliqué aux formulations industrielles. On rappelle que la tension si-
nusoïdale présente une amplitude de U0 = 12V et une fréquence variant entre 102
et 106 Hz. Le diamètre des électrodes à été choisi à D = 7mm en raison de la faible
section des câble électriques. Les caractéristiques diélectriques des isolants industriels
en PVC T2 et T3 et en PELX T3 et T4 ont été mesurées. Elles sont rapportées sur les
Fig.2.36, Fig.2.37, Fig2.38 et Fig.2.39 respectivement. Les intervalles de variation de ces
propriétés pour des fréquences comprises entre 102 et 106 Hz sont donnés juste derrière
chaque figure.
4
ε,
0
2 4 6
10 10 10
Frequence, Hz
ε0PVCT2 ' 2, 8 − 3, 3
2
ε,
0
2 4 6
10 10 10
Frequence, Hz
ε0PVCT3 ' 2, 3 − 2, 8
132
2.4. Suivi du vieillissement
4
ε,
0
2 4 6
10 10 10
Frequence, Hz
ε0PELXT3 ' 3, 8 − 5, 8
4
ε,
0
2 4 6
10 10 10
Frequence, Hz
ε0PELXT4 ' 3, 8 − 4, 5
Les valeurs de ε0 déterminées pour tous les matériaux industriels sont supérieures
à celles vues précédemment pour les matrices polymère pures. Cette perte d’isolation
est due à la présence de nombreux adjuvants : charges minérales, plastifiants, etc.,
comme montré dans l’annexe A.2 de ce manuscrit. Concernant les valeurs de tan δ,
la littérature rapporte des ordres de grandeur de 0, 0001 pour le PE pur [161], [162] et
[163] et de 0, 08 − 0, 12 pour le PVC pur [116], [117], [164]. Des valeurs aussi faibles
s’expliquent par l’absence de relaxation diélectrique dans le domaine de fréquences
exploré.
133
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
2.5 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté les quatre matériaux industriels (deux gaines
d’isolation en PELX et deux autres en PVC) qui seront étudiés dans ce manuscrit.
Nous avons détaillé leur formulation. Une attention particulière a été accordée aux
essais mécaniques et diélectriques destinés à suivre les conséquences du vieillissement
thermique sur les propriétés fonctionnelles. Des relations structure-propriété ont été
proposées pour pouvoir, par la suite, établir un lien entre l’évolution de la structure du
matériau et l’évolution de ses propriétés diélectriques. Nous avons également présenté
les différentes méthodes d’analyse de la microstructure des matériaux. Ainsi, dans le
chapitre suivant, cette approche multi-échelle sera déployée pour analyser la durabilité
des isolants en PVC par :
◦ DSC (augmentation de la Tg ) ;
◦ Pertes de masse ;
◦ Spectroscopie diélectrique ;
De même, cette approche sera déployée pour analyser la durabilité des isolants en
PELX par :
◦ Spectroscopie diélectrique.
134
2.5. Conclusion
Rappelons ici que, bien qu’élevées, les températures de vieillissement choisies ne cor-
respondent pas à un vieillissement accéléré, mais à l’environnement thermique d’une
pièce industrielle en service.
L’ensemble de ces résultats expérimentaux serviront aussi à valider les modèles
cinétiques qui seront développées pour prédire l’impact thermique de conducteurs en
cuivre (perte par effet Joule) sur les gaines d’isolation en PVC et en PELX en environ-
nement automobile.
135
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes de caractérisation
136
Chapitre 3
Vieillissement du PVC
Sommaire
3.1 Présentation du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
3.2 Rappel des caractéristiques des isolants industriels . . . . . . . . . . 141
3.3 Analyse gravimétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
3.3.1 Échantillons sans âme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
3.3.2 Échantillons avec âme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
3.4 Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2 . . . 148
3.4.1 Spectrométrie IR-TF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
[Link] Perte du plastifiant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
[Link] Deshydrochloruration du PVC . . . . . . . . . . . . . . 153
3.4.2 DSC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
3.4.3 Modélisation cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
[Link] Simulation des modifications structurales aux échelles
moléculaire et macromoléculaire . . . . . . . . . . . . 158
[Link] Prédiction des conséquences à l’échelle macroscopique 166
3.5 Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3 . . . . 170
3.5.1 Spectrométrie IR-TF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
[Link] Perte du plastifiant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
[Link] Deshydrochloruration du PVC . . . . . . . . . . . . . . 173
3.5.2 DSC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
3.5.3 Modélisation cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
[Link] Équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
[Link] Résultats de modélisation . . . . . . . . . . . . . . . . 182
[Link] Critique des paramètres du modèle . . . . . . . . . . . 185
[Link] Conséquences à l’échelle macroscopique . . . . . . . . 188
[Link] Imagerie de surface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
3.6 Effet du cuivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
3.7 Traction uni-axiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
3.7.1 Isolant en PVC T2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
137
3.7.2 Isolant en PVC T3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
3.8 Spectroscopie diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
3.8.1 Isolant en PVC T2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
3.8.2 Isolant en PVC T3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
3.9 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
3.1. Présentation du chapitre
Dans le chapitre précédent, nous avons présenté les quatre matériaux industriels à
étudier et nous avons déterminé leur composition et leurs propriétés initiales à l’aide
de différentes méthodes d’analyse. Les deux chapitres suivant décrivent le vieillisse-
ment thermique de ces matériaux au travers de l’évolution de leurs propriétés physico-
chimiques, mécaniques et diélectriques et proposent des outils de modélisation ciné-
tique de leur durabilité.
Ce premier chapitre est dédié au PVC. Tout d’abord, nous allons suivre l’évolution
du comportement des deux isolants en PVC T2 et T3 à l’aide de six techniques d’analyse
complémentaires : par gravimétrie et spectrométrie IR-TF à l’échelle moléculaire; par
calorimétrie différentielle à balayage (DSC) à l’échelle macromoléculaire; par micro-
scopie électronique à balayage (MEB) à l’échelle microscopique et par traction uni-
axiale et spectroscopie diélectrique à l’échelle macroscopique. Pour des raisons pra-
tiques évidentes, l’ensemble de ces vieillissements et de ces caractérisations sera réalisé
sur des gaines d’isolation après avoir retiré l’âme conductrice en cuivre. Cependant,
quelques essais seront réalisés sur des gaines d’isolation avec âme pour vérifier que
l’on retrouve bien le même type de comportement, c’est-à-dire que le cuivre n’influence
pas (ou peu) la durabilité des matériaux d’isolation.
Ensuite, nous chercherons à construire un modèle cinétique permettant de décrire
l’ensemble des données expérimentales collectées. Dans le chapitre bibliographique,
nous avons vu que le vieillissement thermique du PVC peut impliquer plusieurs mé-
canismes : perte physique du plastifiant, mais aussi deshydrochloruration et oxyda-
tion de la matrice PVC (voir paragraphes [Link], [Link], [Link] respectivement). Pour
pouvoir établir les bases du modèle cinétique, nous devons d’abord déterminer les
mécanismes prédominant dans les conditions d’utilisation des câbles électriques en
environnement automobile, c’est-à-dire les mécanismes responsables de l’évolution
des propriétés d’usage des matériaux. Après avoir dérivé le modèle cinétique de
ces mécanismes, nous vérifierons qu’il est capable de prédire de manière satisfaisante
l’évolution de la composition chimique des matériaux industriels, mais aussi les con-
séquences de ces changements aux échelles supérieures, à savoir macromoléculaire et
139
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
macroscopique.
En raison de la grande différence de taille (masse molaire) et de géométrie (nombre
des branches hydrocarbonées) des deux principaux types de plastifiant utilisés dans
les matériaux industriels, deux régimes cinétiques distincts de perte physique sont à
considérer : la perte contrôlée par l’évaporation et la perte contrôlée par la diffusion.
Les paramètres caractérisant cette perte physique dans le modèle cinétique (coefficients
d’évaporation et de diffusion) seront déterminés en utilisant le modèle comme une
méthode inverse pour simuler eu mieux l’ensemble des données expérimentales. Le
sens physique de ces paramètres sera ensuite discuté. En particulier, nous vérifierons
qu’ils suivent bien une loi d’Arrhenius dans le domaine de températures d’utilisation
des PVC T2 et T3.
140
3.2. Rappel des caractéristiques des isolants industriels
O O
O O
O
O
La littérature sur les plastifiants de type phtalate est abondante. On trouve de nom-
breux renseignements sur leur formule chimique, leur masse molaire (c’est-à-dire leur
taille), leur densité, leur géométrie (nombre des branches hydrocarbonées), leurs tem-
pératures de changement d’état physique (transition vitreuse, cristallisation, fusion,
évaporation, etc.), mais aussi sur leurs coefficients de perte physique. Les principales
caractéristiques du DnDP sont rapportées dans les Tab.3.1 et Tab.3.2. Y sont également
données les caractéristiques d’un phtalate de formule chimique très proche, sauf en
Tableau 3.1 – Propriétés physiques des deux plastifiants étudiés (DnDP et TiDTM) et de
plastifiants relativement proches de la même famille (DiDP et TOTM) : températures
de transition vitreuse Tg et de cristallisation Tc , masse molaire M et masse volumique
ρ [61].
141
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Tous ces plastifiants possèdent une Tg et une T f (point de fusion) largement in-
férieures à la température ambiante. Ainsi, seule l’évaporation de ces molécules pourra
avoir lieu au-dessus de la température ambiante. A titre d’exemple, le thermogramme
DSC du DnDP est présenté sur la Fig.3.3. Le point de fusion de ce plastifiant se situe
vers 7, 8◦ C.
142
3.3. Analyse gravimétrique
Plusieurs masses initiales de gaines d’isolation ont été considérées pour explorer
l’effet de la taille de l’échantillon (c’est-à-dire de la longueur de la portion de câble)
sur la cinétique de perte physique du plastifiant. Les résultats de ces essais pour le
matériau PVC T2 sont regroupés sur la Fig.3.4. Comme attendu, on observe une perte
de masse très rapide quasi-linéaire au tout début du vieillissement qui est suivie d’un
auto-ralentissement progressif jusqu’à l’obtention d’une perte de masse maximale de
l’ordre de 51%. On suppose que la perte de masse cesse lorsque tout le plastifiant
DnDP a quitté le PVC.
Comme attendu, la taille de l’échantillon n’a pas d’impact sur la cinétique de la
perte de masse du PVC T2. En effet, comme la longueur des gaines d’isolation (typ-
iquement entre 5mm et 3cm) est largement supérieure à leur épaisseur (l ∼ 300µm), la
perte physique du plastifiant s’effectue principalement suivant la direction radiale.
Les résultats des essais pour le PVC T3 sont regroupés sur la Fig.3.5. On remarque
que ce matériau présente un comportement particulier : la courbe de perte de masse
peut être décomposée en deux étapes successives avec des vitesses maximales de perte
différentes et se terminant par des paliers bien distincts. La première étape conduit à
environ 10% de perte de masse du matériau alors que la seconde conduit à environ
39% de perte de masse supplémentaire. A l’issue de ces deux étapes, on suppose que
la totalité du plastifiant TiDTM a quitté le PVC.
Généralement, l’interprétation des essais de perte de masse du PVC plastifié dans
l’air est une tache compliquée car plusieurs mécanismes de dégradation peuvent avoir
lieu simultanément, et contribuer ainsi à la perte de masse. En effet, en plus de la
perte de plastifiant, la deshydrochloruration et l’oxydation de la matrice PVC peu-
vent se produire (voir paragraphes [Link], [Link], [Link] respectivement). Pour éval-
uer l’ampleur de ces deux réactions chimiques, des essais gravimétriques ont aussi
été réalisés sous azote pour les deux PVC industriels (Fig.3.6 et Fig.3.7). Dans le cas
du PVC T3, on retrouve sous azote exactement la même allure de perte de masse et
143
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
100°C 125°C
1 1 58,52 mg
83,41mg
0,9 0,9 103,04 mg
186,7 mg
0,8 0,8
m/m0
m/m0
0,7 0,7
0,6 0,6
0,4 0,4
0 2000 4000 6000 8000 10000 0 1000 2000 3000 4000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
135°C 150°C
1 1
104,80 mg 134,86 mg
0,9 228,51 mg 0,9 207,09 mg
94,31 mg
0,8 0,8
m/m0
m/m0
0,7 0,7
0,6 0,6
0,5 0,5
0,4 0,4
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Temps de vieillissement, h temps de vieillissement, h
Figure 3.4 – Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T2 sans âme
métallique dans l’air entre 100 et 150◦ C.
125°C 135°C
1
1 103,23 mg
0,9
0,9
0,8
0,8
m/m0
m/m0
0,7 0,7
78,26 mg
0,6 0,6
109,06 mg
187,25 mg
0,5 0,5
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
150°C 175°C
1 1
36,15 mg 72,26 mg
63,39 mg
0,9 69,62 mg 0,9
76,20 mg
0,8 186,82 mg 0,8
m/m0
m/m0
0,7 0,7
0,6 0,6
0,5 0,5
0 200 400 600 800 1000 0 50 100 150 200 250
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Figure 3.5 – Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T3 sans âme
métallique dans l’air entre 125 et 175◦ C.
144
3.3. Analyse gravimétrique
150°C
1
5 mg (azote)
0,8
m/m0
0,6
0,4
0 50 100 150 200 250
Temps de vieillissement, h
175°C
1
5 mg (azote)
0,8
m/m0
0,6
0,4
0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h
pratiquement la même perte de masse maximale sous azote et dans l’air (55% et 51%
respectivement). Dans les deux cas, on retrouve bien l’ordre de grandeur du taux mas-
sique initial du plastifiant TiDTM dans le PVC T3 (49%). On en déduit donc que pour
ce matériau, la deshydrochloruration et l’oxydation sont négligeables et ne contribuent
pas (ou peu) à la perte de masse.
En revanche, dans le cas du PVC T2, bien que l’on retrouve sous azote la même
allure de perte de masse que dans l’air, la perte de masse maximale sous azote est env-
iron deux fois plus faible que dans l’air (26% contre 51%). Rappelons que le taux mas-
sique initial de plastifiant DnDP dans le PVC T2 est de l’ordre de 26%. On en déduit
donc qu’une ou plusieurs réactions chimiques se produisent en parallèle de la perte
physique du plastifiant. Comme le plateau final est conservé sur la courbe de perte de
masse, on opterait plutôt pour la réaction de deshydrochloruration qui s’arrête lorsque
toutes les liaisons C Cl labiles ont été décomposées et lorsque toutes les séquences
145
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
polyène stables ont été formées. Si on prend en compte le taux de charges (26%) dans
la matrice PVC T2, un rapide calcul montre que les 25% de perte de masse supplémen-
taires dans l’air pourrait correspondre au départ de 0, 89mol d’HCl par mole d’unité
monomère de PVC, c’est-à-dire que la concentration maximale des doubles liaisons
formées dans la matrice PVC devrait être de 20molL−1 . En revanche, dans le cas d’une
oxydation prédominante, il est difficile d’imaginer que la perte de masse s’arrête aussi
brutalement en raison du caractère fortement auto-accéléré (en boucle fermée) de cette
réaction [22]. Par contre, il est important de noter que la deshydrochloruration du
PVC T2 se produit exclusivement dans l’air et non sous azote. Cela signifie, qu’il est
nécessaire d’oxyder légèrement la matrice PVC pour amorcer sa deshydrochlorura-
tion. Ainsi, comme déjà proposé par Starnes [80] et Minsker et al. [89], l’oxydation
conduirait à la formation d’espèces oxydées jouant probablement le rôle d’irrégularités
structurales. A ce stade des investigations on suppose que l’absence de dégradation
chimique dans le PVC T3 serait due à une stabilisation plus efficace contre l’oxydation
(et probablement aussi contre la deshydrochloruration). En effet, rappelons que le TIO
à 200◦ C du PVC T3 est pratiquement le double de celui du PVC T2 (193min contre
100min). Bien entendu, l’existence de réactions d’oxydation et de deshydrochlorura-
tion dans le PVC T2 devra être confirmée par analyse IR-TF au paragraphe 3.4.1.
Le même type d’essais gravimétriques a été effectué sur des échantillons de câble
avec âme métallique pour voir si la présence du cuivre pouvait modifier la cinétique
de dégradation de l’isolant PVC.
Pour le PVC T2, on observe une très légère différence de perte de masse des échan-
tillons vieillis avec et sans âme (Fig.3.8). La perte de masse maximale des échantil-
lons sans âme est au maximum 5% plus grande que celle des échantillons avec âme.
Cependant, cet écart maximal reste dans la barre d’erreur observée précédemment
pour déterminer le taux de plastifiant dans les différents échantillons de PVC T3. Il
est donc difficile d’en tirer une conclusion sur une éventuelle gêne de l’évaporation du
plastifiant ou un éventuel blocage des réactions de dégradation chimique au niveau
de la surface interne de la gaine PVC. Nous pouvons en conclure que la présence du
146
3.3. Analyse gravimétrique
m/m0
0,9 805,89 mg avec âme
391 0,7
0,85
388 0,6
135°C 150°C
1 104,8 mg 1
94,31 mg
228,51 mg 134,86 mg
0,9 0,9
104,15 mg 207,09 mg
451,17 mg avec âme 0,8 409,36 mg avec âme
0,8 1001,48 mg avec âme 585,85 mg avec âme
m/m0
m/m0
0,7 918,12 mg avec âme
0,7
0,6
0,6 0,5
0,5 0,4
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Temps de vieillissement, h temps de vieillissement, h
Figure 3.8 – Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T2 avec et sans
âme métallique dans l’air entre 100 et 150◦ C.
125°C 135°C
1 103,23 mg
1 495,66 mg avec âme
0,9
0,9
0,8
0,8
78,26 mg
m/m0
m/m0
109,06 mg
0,7 0,7
187,25 mg
383,26 mg avec âme
0,6 0,6
533,7 mg avec âme
898,01 mg avec âme
0,5 0,5
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
36,15 mg
150°C 63,39 mg 175°C
1 69,62 mg
1
76,20 mg 72,26 mg
186,82 mg
0,9 0,9
181,28 mg avec âme
352,83 mg avec âme
0,8 866,18 mg avec âme 0,8
m/m0
m/m0
0,7 0,7
0,6 0,6
0,5 0,5
0 200 400 600 800 1000 0 50 100 150 200 250
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Figure 3.9 – Perte de masse des gaines de différentes longueurs en PVC T3 avec et sans
âme métallique dans l’air entre 125 et 175◦ C.
147
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
148
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
mier paragraphe est uniquement dédié aux résultats obtenus pour le PVC T2.
Pour les deux PVC étudiés, nous constatons la diminution rapide au cours du
temps d’exposition de l’intensité des bandes d’absorption IR correspondant aux groupes
caractéristiques du plastifiant de type phtalate pour le PVC T2 (Fig.3.11 (a) et (b)) et
trimellitate pour le PVC T3. Toutes ces bandes ont déjà été attribuées dans le para-
graphe 2.4.2 (Tab.2.8). Ces résultats confirment que la perte physique du plastifiant a
bien lieu.
Les spectres IR-TF mettent également en évidence une faible deshydrochloruration
de la matrice PVC en raison de l’apparition d’une large bande d’absorption IR mais
peu intense attribuée aux doubles liaisons C C dans la région comprise entre 1600
et 1650cm−1 . Ce résultat n’est pas surprenant compte tenu des hautes températures
de vieillissement choisies. En effet, Fish et Bacaloglu [92] ont trouvé que la deshy-
drochloruration du PVC devenait significative à partir de 150◦ C sous azote. Le même
résultat avait été observé par Inès Mkacher dans sa thèse de doctorat [49].
La formation de polyènes conjuguées de longueur croissante a pour conséquence
un changement progressif de la couleur de la surface des câbles (Fig.3.10).
149
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
plastifiant DnDP centrée vers 1720cm−1 . Cependant, la faible intensité de cette bande
carbonyle nous permet de conclure que la concentration en produits d’oxydation est
très faible, puisque les coefficients d’extinction molaire correspondants sont eux très
forts (Tab.2.7). Par conséquent, l’oxydation du PVC T2 sera négligée dans la suite de
cette étude.
En résumé, les deux principaux mécanismes de dégradation qui se produisent dans
la même échelle de temps que la perte de masse pour le PVC T2 sont : la perte physique
du plastifiant et la deshydrochloruration du PVC. Nous allons maintenant déterminer,
à l’aide de la loi de Beer-Lambert, les concentrations des différentes espèces chimiques
impliquées dans les mécanismes de dégradation mentionnés pour déterminer leur pré-
dominance relative.
150
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
On vérifie bien que β DnDP obéit à une loi d’Arrhenius entre 100 et 150◦ C. Dans ce
PVC T2 100°C
0.06
0000h
1935h
Densité optique
0.04 6403h
7846h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
Nombre d’onde, cm−1
(a)
(b)
PVC T2 150°C
0.06
000h
044h
Densité optique
0.04 096h
119h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
Nombre d’onde, cm−1
(c)
Figure 3.11 – Spectres IR-TF du PVC T2 vieilli dans l’air à 100◦ C (a), 125◦ C (b) et 150◦ C
(c) aux différents temps d’exposition indiqués.
151
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Nous constatons aussi que la durée nécessaire pour que la totalité du plastifiant
quitte le PVC est une fonction décroissante de température. Les valeurs de cette durée,
déterminées entre 100 et 150◦ C, sont données au Tab.3.3.
Température, °C tev , h
100 11330 (extrapolé)
125 800
135 420
150 150
Tableau 3.3 – Durée de disparition du DnDP du PVC T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C.
Ces valeurs ont été portées sur le graphe d’Arrhenius de la Fig.3.14. On vérifie bien
100°C 125°C
0,8 1719 cm-1 0,8 1123 cm-1
0,7 1273 cm-1 0,7 1072 cm-1
1123 cm-1 774 cm-1
0,6 1072 cm-1 0,6
[DnDP], mol L-1
135°C 150°C
0,8 1123 cm-1 0,8 1123 cm-1
0,7 1072 cm-1 0,7 1072 cm-1
741 cm-1 742 cm-1
0,6 0,6
[DnDP], mol L-1
[DnDP], mol L-1
0,5 0,5
0,4 0,4
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0 0
0 100 200 300 400 500 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
152
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
PVC T2
-13
2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 2,6 2,65 2,7
-14
-16
-17
que tev obéit à une loi d’Arrhenius entre 100 et 150◦ C. Dans ce domaine de tempéra-
tures, ses paramètres d’Arrhenius sont :
PVC T2
10
8
ln(tev), h
6
y = 13,729x - 27,584
5
R² = 0,9918
4
2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 2,6 2,65 2,7
1000/T, K-1
La bande d’absorption IR entre 1600 et 1650cm−1 a été choisie pour suivre l’accu-
mulation des doubles liaisons dans la matrice PVC selon la procédure décrite dans le
153
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
100°C 125°C
3 3
1650 cm-1 1655 cm-1
[-C=C-], mol L-1
1 1
0 0
0 2000 4000 6000 8000 0 100 200 300 400 500 600
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
135°C 150°C
1650 conc mol l-1
3 3
1657 cm-1 1657 cm-1
2 2
y = 0,0103x - 0,3449
R² = 0,7649
1 1
0 0
0 100 200 300 400 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Température, °C tind , h
100 3600
125 520
135 270
150 54
154
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
perte de masse est exclusivement due à la perte physique du plastifiant DnDP (Fig.3.6).
Le temps d’induction et la vitesse maximale de deshydrochloruration obéissent à
une loi d’Arrhenius (Fig.3.16(a)) dont les paramètres sont :
PVC T2 PVC T2
9
2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 2,6 2,65 2,7
-12
8
ln(vHCl), mol L-1 s-1
7
ln(tindHCl), h
-14
6
5 -16
4 y = 12,875x - 26,207
y = -15,124x + 23,613
R² = 0,9837
R² = 0,898
3 -18
1000/T, K-1
2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 2,6 2,65 2,7
1000/T, K-1
(a) (b)
3.4.2 DSC
155
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Figure 3.17 – Exemple de thermogrammes DSC du PVC T2 après 0h, 265h et 314h de
vieillissement thermique dans l’air à 135◦ C (sens exo vers le haut).
Polymère Type Tg , ◦ C
PVC T2 47
T3 43
pur 75/85
plastifié −50/ − 10
Tableau 3.5 – Température de transition vitreuse des deux PVC industriels. Compara-
ison avec les ordres de grandeur rapportés dans la littérature pour les PVC pur et
plastifié par des phtalates [60].
156
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
150°C 125°C
90
75
80
70 65
Tg, °C
Tg, °C
60
55
50
45
40
30 35
0 50 100 150 200 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
135°C
100°C
90
75
80
70 65
Tg, °C
Tg, °C
60
55
50
45
40
30 35
0 100 200 300 400 500 600 0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps de vieillissement, h
Temps de vieillissement, h
A long terme, un pic endothermique de relaxation structurale apparaît sur les ther-
mogrammes DSC du PVC T2 vieilli. Sur la Fig.3.19, on notera que ce pic endother-
mique se superpose exactement avec la zone de transition vitreuse jusqu’au terme de
la période d’induction, puis peut se situer juste au-dessous de cette zone dès que la Tg
commence à augmenter brutalement. A ce stade de l’étude, ce type de comportement
reste inexpliqué.
157
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
PVC T2 PVC T2
0.2 0.2
426h54 à 125°C 501h08 à 125°C
0.1
0
0
Flux de chaleur, mW/g
−0.2
−0.4
−0.3
−0.6
−0.4
−0.8 −0.5
−0.6
−1
−0.7
−1.2 −0.8
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Température, °C Température, °C
(a) (b)
Figure 3.19 – Thermogrammes DSC du PVC T2 après 426h (a) et 501h (b) de vieil-
lissement thermique dans l’air à 125◦ C. Mise en évidence d’un pic endothermique de
relaxation structurale (sens exo vers le haut).
Dans le cas d’une répartition homogène du plastifiant dans la matrice PVC, la so-
158
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
Concentration
0 t
∆m M
= Plast [ Plast]0 exp(− βt),
m0 ρ0
159
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
0.8
[Plast] (mol/l)
0.6
0.4
0.2
0
0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h
La théorie simplifiée des volumes libres est couramment choisie pour déterminer la
température de transition vitreuse initiale Tg d’un PVC plastifié. Cette loi est rappelée
ci-dessous : !
1 1 1 1
= + − φ plast , (3.75)
Tg TgPVCpur TgPlast TgPVCpur
160
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
PVC pur [35]. Dans ce cas, l’application numérique de la relation précédente donne :
Ces valeurs sont bien trop basses par rapport aux valeurs expérimentales (3.73) et
(3.74). Pourtant, ces valeurs théoriques (3.76) et (3.77) sont confirmées par les valeurs
expérimentales rapportées dans la référence [167] et regroupées sur la Fig.3.22. Nous
voyons clairement que la Tg initiale mesurée pour notre matériau industriel diverge
fortement de la droite expérimentale déterminée par Mauritz et al. [167].
161
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
80
60
Tg, °C
40
20
0
0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h
maximale TgPVCpur . Pour expliquer cet apparent désaccord entre les analyses réalisées
à l’échelle moléculaire et celles réalisées à l’échelle macromoléculaire, nous avons fait
l’hypothèse d’une distribution hétérogène du plastifiant dans la matrice PVC. En effet,
tout adjuvant introduit dans une matrice polymère présente un seuil de solubilité. Or,
rappelons que les plastifiants sont introduits en très fortes concentrations dans la ma-
trice PVC pour diminuer autant que possible sa Tg , il est donc licite d’imaginer qu’au-
dessus d’une certaine concentration critique (correspondant au seuil de solubilité), une
partie du plastifiant se trouve sous une forme non-dissoute (probablement nodules
de plastifiant pur dans une matrice PVC plastifiée). Le seuil de solubilité dépend de
l’affinité du plastifiant vis-à-vis du PVC (en particulier de leurs paramètres de solubil-
ité respectifs), mais aussi probablement des conditions de mise en œuvre (température,
vitesse de cisaillement, etc.).
Dans ce cas, le matériau est composé de deux phases : une phase PVC contenant
le plastifiant bien dissout avec une concentration [Sol ] et une phase de plastifiant non-
dissout de concentration [ Insol ] dispersée sous une forme de nodules dans la première
phase (Fig.3.24(b)). Ainsi, c’est la somme de ces deux concentrations qui est observée
par spectrométrie IR-TF et constitue la concentration totale en plastifiant [ Plast] :
De plus, c’est exclusivement la concentration en plastifiant dissout [Sol ] qui est respon-
162
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
(a) (b)
Figure 3.24 – Représentation schématique d’une répartition homogène (a) et hétérogè-
ne (b) de plastifiant dans une matrice PVC.
Les processus décrits ci-dessus s’expriment par les équations différentielles suiv-
163
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
d [ Plast]
= − β h [Sol ] (3.79)
dt
d [Sol ] d [ Insol ]
= − β h [Sol ] − (3.80)
dt dt
d [ Insol ] [ Insol ]
= − β [Sol ] , (3.81)
dt [ Insol ] + e h
Tableau 3.6 – Coefficients d’évaporation du DnDP du PVC T2 déterminés avec les mod-
èles homogène (β) et hétérogène (β h ).
164
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
0.8
0.3
[Plast] (mol/l)
[Sol] (mol/l)
0.6
0.2
0.4
0.1
0.2
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Plastifiant non−dissout
0.5
0.4
[Insol] (mol/l)
0.3
0.2
0.1
0
0 50 100 150
Temps de vieillissement, h
Température de transition vitreuse Pertes de masse
90 0
80
(m−mo)/mo (g/g)
−0.1
70
Tg, °C
−0.2
60
−0.3
50
40 −0.4
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
mais déterminées avec le modèle homogène, qui est uniquement constitué des deux
équations (3.72) et (3.75). On remarque que l’écart entre ces deux jeux de valeurs est
très faible.
Ces deux coefficients d’évaporation obéissent à une loi d’Arrhénius (Fig.3.26). Les
165
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Ea = 96kJmol−1 . (3.83)
PVC T2
-11
0,0023 0,0024 0,0025 0,0026 0,0027
-12
-13
ln(βh,DnDP), s-1
-14
-15
-16
-17 hétérogène
homogène
-18
1000/T, K-1
Le modèle cinétique donne accès à la valeur initiale de la fraction molaire (ou mas-
sique) de plastifiant non-dissout. Elle est de :
[ Insol ]0
f insol0 = × 100% ' 60%.
[ Insol ]0 + [Sol ]0
Le but final de cette étude était de relier les modifications structurales (aux échelles
moléculaire et macromoléculaire) aux propriétés macroscopiques du matériau afin de
prédire leur évolution à l’aide du modèle cinétique.
La comparaison entre les évolutions physico-chimiques et l’évolution des propriétés
mécaniques, en particulier à la rupture, a permis de mettre en évidence une corréla-
tion. Sur la Fig.3.28, il apparait clairement que l’allongement à la rupture A R chute en
166
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
0 t
même temps que la concentration de la phase non-dissoute [ Insol ], ces deux grandeurs
s’annulant simultanément, aux incertitudes de mesure près. Ainsi, contrairement aux
études précédentes de la littérature, c’est bien la concentration de plastifiant non-dissout
qu’il faut choisir pour établir le critère de fin de vie du PVC T2, et non pas la concen-
tration du plastifiant dissout. Ici encore, ce résultat s’explique probablement par le fait
que la matrice PVC n’est pas suffisamment plastifiée pour adopter un comportement
ductile. En effet, la valeur initiale de son allongement à la rupture A R est de l’ordre de
170% pour un taux massique de plastifiant réellement dissout de 11, 2%, contre 200 à
Plastifiant non−dissout
0.5
0.4 150°C
[Insol] (mol/l)
250
0.3
200
0.2 150
AR, %
100
0.1
50
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
167
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
500% lorsque la matrice PVC a été correctement plastifiée par environ 25% massique
de plastifiant. Dans ce dernier cas, elle est très justement qualifiée de souple dans
la littérature [60]. Ici, ce sont les nodules de plastifiant non-dissout qui confèrent un
comportement semi-ductile à la matrice PVC, on peut donc parler d’effet composite.
168
3.4. Perte du plastifiant contrôlée par l’évaporation - Cas du PVC T2
crostructure lui permettent d’absorber les chocs sans s’endommager dans un domaine
169
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Comme pour le PVC T2, nous observons, pour le PVC T3, une diminution de l’in-
tensité des bandes d’absorption IR correspondant au trimellitate (Fig.3.32). Toutes ces
bandes ont déjà été attribuées dans le paragraphe 2.4.2 (Tab.2.8). Ces résultats confir-
ment la perte physique du plastifiant.
Comme pour le PVC T2, on observe une deshydrochloruration du PVC T3. En effet,
les spectres IR-TF montrent l’apparition d’une large et intense bande d’absorption IR
170
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
Figure 3.32 – Spectres IR-TF du PVC T3 vieilli dans l’air à 175◦ C aux différents temps
d’exposition indiqués.
attribuée aux doubles liaisons C C dans la région comprise entre 1600 et 1650cm−1 .
Le produit de dégradation principal se situe à 1657cm−1 , ce qui indique que les faibles
longueurs de conjugaison sont majoritaires.
Comme pour le PVC T2, on détecte aussi la formation d’un produit d’oxydation à
1697cm−1 lorsque presque la totalité du plastifiant TiDTM a quitté la matrice PVC. Ce
produit apparait après 138h de vieillissement dans l’air à 175◦ C sur la Fig.3.32. Il s’agit
d’un produit carbonyle.
Enfin, aux forts taux de conversion de l’oxydation, on observe l’apparition d’une
bande d’absorption IR supplémentaire à 1550cm−1 pour le PVC T3, qui n’a pas été
observée pour le PVC T2. Cette bande apparait clairement après 138h de vieillissement
dans l’air à 175◦ C sur la Fig.3.32. Elle pourrait être attribuée à des sels métalliques
(carboxylates) issus de la transformation totale ou partielle des acides carboxyliques
par des charges minérales sous différentes formes (oxydes, hydroxydes ou carbonates)
ou par des stabilisants contre la deshydrochloruration initialement présents dans la
formulation de la matrice PVC.
Comme pour le PVC T3, nous avons suivi l’évolution de plusieurs bandes d’absorp-
tion IR pour déterminer la diminution de concentration du plastifiant dans la matrice
171
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
PVC. Rappelons que la procédure est décrite dans le paragraphe 2.4.2. Ces bandes
correspondent aux différents modes de vibration de la fonction ester du trimellitate
(Tab.2.8). Les concentrations calculées pour toutes ces bandes sont comparées sur la
Fig.3.33 dans le cas du vieillissement thermique dans l’air à 125◦ C. Pour un temps de
vieillissement donné, les valeurs des concentrations se situent toutes dans un intervalle
de confiance de ±20% (c’est-à-dire dans un intervalle deux fois plus large que pour le
PVC T2). Cette augmentation peut être expliquée par la mauvaise connaissance les co-
efficients d’extinction molaire utilisés pour déterminer la concentration en plastifiant,
puisque ces coefficients ont été déterminés pour les phtalates et non pour les trimelli-
tates. Comme pour le PVC T2, après cette vérification, nous avons choisi de ne suivre
que l’évolution des bandes IR les plus intenses situées à 1123, 1072 et 774cm−1 car
elles ne superposent pas avec les bandes IR du PVC. L’évolution de la concentration
en trimellitate déterminée à partir de ces trois bandes IR dans l’air à 135, 150 et 175◦ C
est également montrée sur la Fig.3.33.
125°C 135°C
1,4 1,4
1,2 1,2
1
[TiDTM], mol L-1
1
[TiDTM], mol L-1
0,8 0,8
0,6 1719 cm-1 0,6
1273 cm-1
0,4 1123 cm-1 0,4 1123 cm-1
1072 cm-1 1072 cm-1
0,2 0,2
774 cm-1 774 cm-1
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
150°C 175°C
1,4 1,4 1123 cm-1
1,2 1,2 1072 cm-1
774 cm-1
1
[TiDTM], mol L-1
1
[TiDTM], mol L-1
0,8 0,8
0,6 0,6
0,4 1123 cm-1 0,4
0,2 1072 cm-1 0,2
774 cm-1
0 0
0 200 400 600 800 0 50 100 150 200 250
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
172
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
Comme pour le PVC T2, la bande d’absorption IR à 1657cm−1 a été choisie pour
suivre l’accumulation des doubles liaisons dans la matrice PVC selon la procédure
décrite dans le paragraphe 2.4.2 (Fig.3.34). La deshydrochloruration du PVC T3 dans
l’air entre 125 et 175◦ C est observée après une période d’induction dont la durée est
donnée au Tab.3.7. Au terme de cette période d’induction, la deshydrochloruration
s’auto-accélère brutalement pour atteindre une vitesse maximale.
125°C 135°C
5 5
4 4
[-C=C-], mol L-1
3 3
2 2
1 1
1597 cm-1 1597 cm-1
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
150°C 175°C
5 5
4 4
[-C=C-], mol L-1
[-C=C-], mol L-1
3 3
2 2
1 1
1597 cm-1 1597 cm-1
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 50 100 150
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
173
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Température, °C tind , h
125 3200
135 2000
150 450
175 75
PVC T3 PVC T3
9 -10
2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55
8
ln(vHCl), mol L-1 s-1
ln(tindHCl), h
-12
7
6
-14
5 y = 13,858x - 26,594 y = -14,572x + 21,898
R² = 0,9907 R² = 0,9918
4
-16
2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 1000/T, K-1
1000/T, K-1
(a) (b)
174
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
-10
2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 2,8
-12
y = -15,124x + 23,613
ln(VHCl), mol L-1 s-1
R² = 0,898
-14
y = -14,572x + 21,898
R² = 0,9918
-16
PVC T2
PVC T3
-18
1000/T, K-1
175
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
8
y = 13,858x - 26,594
7 R² = 0,9907
ln(tindHCl), h
y = 12,875x - 26,207
6 R² = 0,9837
4 PVC T2
PVC T3
3
2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 2,8
1000/T, K-1
3.5.2 DSC
Comme le PVC T2, le PVC T3 possède une température de transition vitreuse ini-
tiale plus haute que celle prédite par la théorie des volumes libres (Tab.3.5). Un exem-
ple de thermogrammes DSC mesurés après vieillissement thermique du PVC T3 dans
l’air à 175◦ C est donné sur la Fig.3.38.
Figure 3.38 – Exemple de thermogrammes DSC du PVC T3 après 0h, 72h et 127h de
vieillissement thermique dans l’air à 175◦ C (sens exo vers le haut).
176
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
de Tg suivie d’une brutale augmentation jusqu’à une valeur maximale comprise en-
tre 70 et 85◦ C. Comme pour le PVC T2, cette marche intervient après une période
d’induction qui est du même ordre de grandeur que celle de la deshydrochloruration
(tind ). Ici aussi, on peut en déduire que l’évolution de Tg est presque exclusivement liée
à la perte physique du plastifiant. Cette hypothèse est encore une fois vérifiée par le
fait que la valeur finale de Tg est du même ordre de grandeur que la Tg du PVC pur
(c’est-à-dire du PVC non plastifié).
175°C 150°C
80 80
70 70
Tg, °C
Tg, °C
60 60
50 50
40 40
0 50 100 150 200 250 300 350 0 200 400 600 800 1000
Temps de veillissement, h Temps de vieillissement, h
135°C 125°C
80 90
70 80
70
Tg, °C
Tg, °C
60
60
50
50
40 40
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
177
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
(a) (b)
Figure 3.40 – Thermogrammes DSC du PVC T3 après (a) 454h et (b) 3755h de vieillisse-
ment thermique dans l’air à 125◦ C (sens exo vers le haut). Mise en évidence de deux
transitions vitreuses successives.
Comme pour le PVC T2, on observe l’apparition d’un pic endothermique carac-
téristique d’une relaxation structurale sur les thermogrammes DSC du PVC T3 vieilli
à long terme. Cependant, contrairement au PVC T2, ce pic reste toujours situé dans la
zone de transition vitreuse (Fig.3.41).
178
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
179
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
faut donc prendre en compte sa diffusion à travers l’épaisseur du PVC T3 pour qu’il
puisse migrer jusqu’à la surface extérieure et ensuite s’évaporer. Les coefficients de
diffusion D p et d’évaporation β h correspondants doivent être plus faibles que ceux du
DnDP. L’influence de la ramification et de la taille du plastifiant a été étudiée dans la
référence [75]. Rappelons que les trimellitates ont été jusqu’à présent très peu étudiés.
A notre connaissance, les données expérimentales ou théoriques concernant leur dif-
fusion ou leur évaporation ne sont pas accessibles. C’est donc le modèle cinétique
que nous allons développer qui permettra d’accéder à ces paramètres en décrivant
le plus fidèlement possible l’ensemble des données expérimentales déterminées dans
cette étude. Le seul critère de validité de ces paramètres sera qu’ils doivent être in-
férieurs de quelques ordres de grandeur à ceux déterminés précédemment pour le
PVC T2.
Ainsi, dans le cas du PVC T3, comme la perte physique du plastifiant est contrôlée
par la diffusion, la concentration de plastifiant ne va pas diminuer avec la même vitesse
dans toute l’épaisseur de l’échantillon. Un tel scénario est schématisé sur la Fig.3.42.
Dès que la concentration locale en plastifiant devient inférieure à une valeur cri-
tique (à déterminer avec le modèle cinétique), le matériau devient vitreux. Sur la
Fig.3.42, la vitrification progressive des couches superficielles de l’échantillon a été
représentée par des zones bleues.
180
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
Rappelons que, dans le cas d’une répartition hétérogène du plastifiant dans la ma-
trice PVC, le matériau et composé de deux phases : une phase de plastifiant non-
dissout de concentration [ Insol ] dispersée sous forme de nodules dans une phase PVC
contenant le plastifiant bien dissout avec une concentration [Sol ] (Fig.3.24(b)). Ainsi, la
concentration totale en plastifiant [ Plast] mesurée par spectrométrie IR-TF s’écrit :
De plus, rappelons que c’est le plastifiant dissout dans la matrice PVC qui diffuse et
s’évapore pendant l’exposition. Cependant, la phase dissoute est quasi-instantanément
réalimentée par la phase non-dissoute. Ainsi, tant qu’il reste du plastifiant sous forme
non-dissoute, la concentration de la phase dissoute [Sol ] ne varie pas, ce qui permet
d’expliquer que la Tg reste constante pendant une période d’induction. En revanche, la
taille des nodules de plastifiant pur diminue avec le temps jusqu’à ce que la concentra-
tion de la phase non-dissoute [ Insol ] s’épuise complètement. Dès que [ Insol ] s’annule,
la phase dissoute ne peut plus être réalimentée et s’épuise à son tour conduisant ainsi
à l’augmentation de Tg . C’est parce que la concentration [Sol ] est très faible que sa dis-
parition est très rapide et donc que la Tg augmente brutalement (sur un intervalle de
temps extrêmement court) jusqu’à une valeur maximale caractéristique du PVC pur
(c’est-à-dire non-plastifié).
181
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
sout dans la matrice PVC est décrite par la seconde loi de Fick :
x ∈ (0, L) :
d [ Plast] d2
= − D p 2 [Sol ] (3.85)
dt dx
d [Sol ] d2 [ Insol ] d2
= − D p 2 [Sol ] − D p 2 [Sol ] (3.86)
dt dx [ Insol ] + e dx
d [ Insol ] [ Insol ] d2
= − D p 2 [Sol ] , (3.87)
dt [ Insol ] + e dx
Ces équations ont été discrétisées en espace afin d’être résolues simultanément en
espace et en temps par le module ODE23s du logiciel Matlab et ainsi, accéder aux solu-
tions locales [ Plast] = f 1 ( x, t), [ Insol ] = f 2 ( x, t) et [Sol ] = f 3 ( x, t). Les concentrations
moyennes ont été calculées en intégrant et en normalisant ces concentrations locales
sur toute l’épaisseur de l’échantillon.
A titre d’exemple, les solutions obtenues à 175◦ C dans l’air sont présentées sur les
Fig.3.43 et Fig.3.44. Rappelons que l’évolution de Tg à été calculée à partir de l’équation
(3.75). Comme pour le PVC T2, sur la Fig.3.43, nous constatons que la concentration
locale dissoute [Sol ] est maintenue constante au début du vieillissement et diminue
lorsque la concentration locale non-dissoute [ Insol ] s’annule. Ce scénario est plus vi-
sible en surface des échantillons (pour x = 0, L). Dès lors localement, la Tg augmente
brutalement pour atteindre la valeur de Tg du PVC pur. Sur la Fig.3.44, ce scénario
est en partie masqué par le fait que l’on s’intéresse maintenant aux valeurs moyen-
nées sur toute l’épaisseur de l’échantillon et non plus aux valeurs locales. Le contrôle
182
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
(a)
(b)
Figure 3.43 – Modélisation des profils de plastifiant TiDTM lors du vieiillissement ther-
mique à 175◦ C du PVC T3. Profils des concentration (a) non-dissoute [ Insol ] et (b)
dissoute [Sol ].
183
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
0.15
Tg, K
340
0.1
330
0.05
320
0
0 50 100 150 0 50 100 150
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Plastifiant non dissout
1
0.8
[Insol] (mol/l)
0.6
0.4
0.2
0
0 50 100 150
Temps de vieillissement, h
Concentration totale en plastifiant Pertes de masse
1.5 0
(m−mo)/mo, g/g
−0.2
[Plast], mol/L
−0.4
0.5
−0.6
0 −0.8
0 50 100 150 0 50 100 150
Temps de vieillissement, h temps de vieillissement, h
184
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
aux données disponibles dans la littérature pour des plastifiants de type phtalate de
masses molaires différentes. Cette comparaison (Fig.3.46 et Fig.3.45) montre que les
185
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
β à 100°C
-8
5,6 5,8 6 6,2 6,4 6,6
-10
Djouani 2014
-12 Kovacic 2002
Phtalates de C6 à C9
ln(β), s-1
-14
-16
DnDP TiDTM
-18
-20
ln(M), g mol-1
D à 100°C
-5
2,45 2,5 2,55 2,6 2,65 2,7 2,75 2,8 2,85
-6
Storey 1989
-7 Storey 1991
ln(D), cm² s-1
-8
Phtalates de C6 à C9
-9
-10
-11
-12 TiDTM
-13
ln(M), g mol-1
Figure 3.46 – Coefficients de diffusion à 100◦ C des plastifiants de type phtalate en fonc-
tion de leur masse molaire [172], [76]. Comparaison avec la valeur de D p du TiDTM
trouvée dans cette étude.
Les valeurs des β h et D p déterminées pour le TiDTM entre 125 et 175◦ C (Tab.3.8) ont
été portées dans un diagramme d’Arrhénius (Fig.3.47). Ces deux coefficients obéissent
186
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
-10 -28
2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55
-11 -29
y = -14,213x + 20,502
-12 R² = 0,9735 -30
ln(Dp), m² s-2
ln(βh), s-1
y = -18,019x + 11,944
-13 -31 R² = 0,9934
-14 -32
-15 -33
-16 -34
1000/T, K-1 1000/T, K-1
(a) (b)
Figure 3.47 – Diagramme d’Arrhenius des coefficients d’évaporation β h (a) et de diffu-
sion D p (b) du TiDTM du PVC T3 entre 125 et 175◦ C.
Le modèle cinétique donne accès à la valeur initiale de la fraction molaire (ou mas-
sique) de plastifiant non-dissout. Elle est de :
[ Insol ]0
f insol0 = × 100% ' 80%.
[ Insol ]0 + [Sol ]0
187
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
188
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
0.8
[Insol] (mol/l)
200
0.6
AR, %
0.4 100
0.2
0
0 0 50 100
0 50 100 150
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
0.6 200
[Insol] (mol/l)
150
AR, %
0.4
100
0.2 50
0
0
0 200 400 600 800 1000 0 500 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
189
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Malheureusement, les nodules de plastifiant n’ont pas pu être détectés. Il est prob-
able que ceux-ci se trouvent à l’état liquide à la température ambiante, c’est-à-dire sous
forme de "gouttelettes". Une congélation des échantillons et l’observation à froid aurait
peut être permis de les révéler.
Sur la première série d’images MEB (Fig.3.51), réalisées tout juste avant la phase
d’autoaccélération des pertes de masse, nous n’observons aucun endommagement ou
défaut de surface (à part la présence des charges minérales).
En revanche, au début de la phase d’autoaccélération, la matrice PVC est déjà frag-
ile. En effet, on observe une longue fissure traversant toute l’épaisseur de la gaine
d’isolation (voir Fig.3.52(a)). La surface de cet échantillon est devenue rugueuse. D’aut-
res fissures ou cavités peuvent être observées (voir Fig.3.52(b) et Fig.3.52(c)), mais elles
sont plutôt rares.
(a) (b)
Figure 3.51 – Examen au MEB de la surface du PVC T3 après 3375h de vieillissement
dans l’air à 125◦ C, c’est-à-dire juste avant la phase d’accélération des pertes de masse.
La surface de l’échantillon est parfaitement lisse.
190
3.5. Perte du plastifiant contrôlée par la diffusion - Cas du PVC T3
(a)
(b) (c)
Figure 3.52 – Examen au MEB de la surface du PVC T3 après 613h de vieillissement
dans l’air à 150◦ C, au début de la phase d’autoaccélération des pertes de masse. (a) Vue
d’une longue fissure et de la rugosité de surface; (b) d’une fissure profonde entourée
de fissures superficielles; (c) d’une fissure superficielle.
191
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
(a)
(b)
(c) (d)
Figure 3.53 – Examen au MEB de la surface du PVC T3 après 2662h de vieillissement
dans l’air à 135◦ C, en fin de la phase d’autoaccélération des pertes de masse. La surface
de l’échantillon présente de nobreuses fissures (a) et (b) et porosités (c) et (d).
192
3.6. Effet du cuivre
Des vieillissements complémentaires ont donc été réalisés sur des gaines avec âme
métallique pour mettre en évidence l’effet éventuel du cuivre. Les résultats obtenus
sont présentés sur les Fig.3.56-3.58. Ces figures comparent les évolutions structurales
en présence et en absence de cuivre dans l’air entre 100 et 135◦ C des PVC T2 et T3.
Pour le PVC T2, la perte de plastifiant semble être légèrement plus rapide en pré-
sence qu’en absence de l’âme métallique (Fig.3.54). En revanche, la cinétique de deshy-
drochloruration ne change pas (Fig.3.55). De même, on n’observe pas de différence
d’évolution de Tg (Fig.3.56). Cela signifie que l’âme métallique n’a pas (ou peu) d’im-
135°C 125°C
0,7 0,7 1123 cm-1
1123 cm-1 1123 cm-1 avec âme
0,6 0,6
1123 cm-1 avec âme
0,5 0,5
[DnDP], mol L-1
0,4 0,4
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0 0
0 100 200 300 400 500 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
100°C
0,7
1123 cm-1
0,6 1123 cm-1 avec ame
0,5
[DnDP], mol L-1
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps de vieillissement, h
193
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
135°C 125°C
3 3
1657 cm-1 1655 cm-1
1567 cm-1 avec âme 1655 cm-1 avec âme
[-C=C-], mol L-1
1 1
0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 0 100 200 300 400 500 600
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
100°C
3
1650 cm-1
1650 cm-1 avec âme
[-C=C-], mol L-1
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps de vieillissement, h
125°C 135°C
90 90 sans âme
sans âme
avec âme
80 avec âme 80
70 70
Tg, °C
Tg, °C
60 60
50 50
40 40
30 30
0 200 400 600 800 1000 0 100 200 300 400 500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
100°C
90
sans âme
80 avec âme
70
Tg, °C
60
50
40
30
0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps de vieillissement, h
194
3.6. Effet du cuivre
Tous ces résultats montrent que l’âme métallique n’a pas (ou peu) d’impact sur le
vieillissement thermique de la matrice PVC. Ainsi, les analyses et modélisations ciné-
tiques réalisées dans les paragraphes précédents sur les gaines sans âme métallique
peuvent être généralisées sans aucune crainte aux câbles électriques complets.
125°C 135°C
1,4 1,4
1123 cm-1 1123 cm-1
1,2 1123 cm-1 avec âme 1,2 1123 cm-1 avec ame
[TiDTM], mol L-1
[TiDTM], mol L-1
1 1
0,8 0,8
0,6 0,6
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
125°C 135°C
5 5 1611 cm-1
1611 cm-1
1611 cm-1 avec âme 1611 cm-1 avec âme
4 4
[-C=C-], mol L-1
3 3
2 2
1 1
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
195
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
30
000h00
111h04
25
281h29
454h48
20 625h45
Charge, N
15
10
0
0 5 10 15 20 25 30
Déplacement, mm
196
3.7. Traction uni-axiale
150°C 150°C
250 1400
1200
200
1000
150
E, MPa
800
AR, %
100 600
400
50
200
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
135°C 135°C
250 1400
1200
200
1000
150 800
E, MPa
AR, %
100 600
400
50
200
0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 0 100 200 300 400 500 600 700
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
125°C 125°C
250 1400
1200
200
1000
150 800
E, MPa
AR, %
100 600
400
50
200
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
100°C 100°C
250 1400
1200
200
1000
150
E, MPa
800
AR, %
100 600
400
50
200
0 0
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
197
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Température, °C t f r, h
100 6500 (extrapolé)
125 200
135 455
150 45
Tableau 3.9 – Temps de fragilisation du PVC T2 dans l’air entre 100 et 150◦ C.
PVC T2
10
y = 14,628x - 30,601
8 R² = 0,8821
ln(tfr), h
2
2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55 2,6 2,65 2,7
1000/T, K-1
198
3.7. Traction uni-axiale
175°C 175°C
300 600
250 500
200 400
E, MPa
AR, %
150 300
100 200
50 100
0 0
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
150°C 150°C
250 800
200
600
150
E, MPa
AR, %
400
100
200
50
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
135°C 135°C
250 600
200 500
400
150
E, MPa
AR, %
300
100
200
50 100
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
125°C 125°C
250 600
200 500
400
150
E, MPa
AR, %
300
100
200
50 100
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
199
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Température, °C t f r, h
125 7500 (extrapolé)
135 2700
150 510
175 60
Tableau 3.10 – Temps de fragilisation du PVC T3 dans l’air entre 125 et 175◦ C.
PVC T3
10
y = 17,348x - 34,673
R² = 0,9988
8
ln(tfrag), h
4
2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 2,45 2,5 2,55
1000/T, K-1
suit :
[ Insol ]
Ar = 50% ⇔ [ Insol ] f r = ⇒ t = t f r. (3.90)
2
200
3.8. Spectroscopie diélectrique
150°C
4
3,5
3
2,5
2
ε'
1,5
1
0,5
0
0 20 40 60 80 100
Temps de vieillissment, h
135°C 135°C
3,5 0,05
3
0,04
2,5
2 0,03
tan δ
ε'
1,5 0,02
1
0,01
0,5
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissment, h Temps de vieillissment, h
125°C 125°C
3,5 0,05
3
0,04
2,5
2 0,03
tan δ
ε'
1,5 0,02
1
0,01
0,5
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Temps de vieillissment, h Temps de vieillissmenet, h
100°C 100°C
4 0,05
3,5
0,04
3
2,5 0,03
tan δ
2
ε'
1,5 0,02
1
0,01
0,5
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de vieillissment, h Temps de vieillissment, h
201
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
Nous avons obtenu le même type de résultats pour le PVC T3. La constante diélec-
trique ε0 évolue peu alors que la tangente de pertes diélectriques tan δ diminue con-
sidérablement au cours de l’exposition (Fig3.65). La seule différence serait une légère
augmentation du facteur de pertes diélectriques tan δ au tout début de l’exposition
thermique.
150°C 150°C
3 0,1
2,5 0,08
2
0,06
tan δ
1,5
ε'
0,04
1
0,5 0,02
0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps de vieillissment, h Temps de vieillissment, h
135°C 135°C
3 0,05
2,5 0,04
2
0,03
tan δ
1,5
ε'
0,02
1
0,5 0,01
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
Temps de vieillissment, h Temps de vieillissment, h
202
3.9. Conclusion
3.9 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté les résultats des essais de vieillissement ther-
mique de deux gaines d’isolation en PVC. Ces matériaux sont issus de l’industrie et
possèdent une formulation complexe. Leur différence majeure est la nature du plas-
tifiant. A haute température, plusieurs mécanismes de vieillissement peuvent avoir
lieu simultanément. Ainsi, plusieurs techniques de diagnostic ont été déployées pour
découpler ces différents mécanismes et définir le mécanisme prédominant. Il s’agit de
la gravimétrie, de la spectroscopie IR-TF et de la DSC.
L’analyse des résultats expérimentaux a indiqué que la perte physique du plas-
tifiant est le principal mécanisme de dégradation de ces deux matériaux. Pour le
PVC T2, dont la formulation est plus répandue dans l’industrie (PVC + DnDP), les
essais ont révélé une apparente contradiction entre les données de vieillissement à
l’échelle moléculaire (perte de masse, concentration en plastifiant [ Plast]) et macro-
moléculaire (température de transition vitreuse Tg ). Alors que la concentration du
plastifiant diminue progressivement comme dans le cas d’une évaporation ’classique’,
la Tg reste à peu près constante avant d’augmenter brutalement pour finalement at-
teindre la valeur du PVC pur.
Comme la théorie des volumes libres ne permettait pas de prédire une valeur ini-
tiale aussi élevée de Tg , nous avons fait l’hypothèse d’une distribution hétérogène du
plastifiant dans la matrice PVC. Nous avons supposé que le PVC T2 est composé de
deux phases : une phase PVC contenant le plastifiant bien dissout en une phase de
plastifiant non-dissout dispersée sous forme de nodules dans la première.
Le même type de comportement a été observé pour le PVC T3 (PVC + TiDTM).
Cependant, l’évolution à l’échelle moléculaire (perte de masse, diminution de la con-
centration en plastifiant [ Plast]) se déroule non plus en une seule, mais en deux étapes
successives. L’existence de cette seconde étape ne peut pas être expliquée par la deshyd-
rochloruration. Cette dernière a été écartée car son taux d’avancement reste faible à
l’issue de la perte de masse. De même, la deshydrochloruration ne peut pas expliquer
des pertes de masse aussi importantes (de l’ordre de 40 à 45%).
Le vieillissement thermique conduisant à l’apparition d’une seconde Tg , nous avons
203
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
fait l’hypothèse d’un contrôle de la perte physique du plastifiant TiDTM par sa diffu-
sion. Cette hypothèse peut être appuyée en considérant la taille (environ 1,3 fois plus
lourd) et la structure (une branche hydrocarbonée supplémentaire) du TiDTM par rap-
port à celles du DnDP.
Ainsi, nous avons proposé un modèle cinétique basé sur ces hypothèses pour con-
cilier l’ensemble des résultats expérimentaux. Ce modèle confirme que la dissolu-
tion du plastifiant dans la matrice PVC est insuffisante au regard des fractions mas-
siques de plastifiant employées, ce qui conduit à la formation de nodules de plastifiant
non-dissout. Ces nodules servent de réservoir et compensent quasi-instantanément la
perte physique du plastifiant dissout dans la matrice PVC au cours de son vieillisse-
ment thermique. Les différences de comportement observées entre les PVC T2 et T3
s’expliquent simplement par le fait que la perte physique du DnDP est contrôlée par
son évaporation, alors que celle du TiDTM est contrôlée par sa diffusion. Ainsi, la perte
de plastifiant a conduit au développement de profils de plastifiant dans l’épaisseur des
gaines en PVC T3. La vitrification des couches superficielles ralentit la diffusion du
TiDTM dans ces couches mais aussi piège une faible quantité de plastifiant au cœur de
l’échantillon.
204
3.9. Conclusion
205
Chapitre 3 : Vieillissement du PVC
206
Chapitre 4
Vieillissement du PELX
Sommaire
4.1 Présentation du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
4.2 Analyse DSC : mesure de TIO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
4.2.1 Évolution lors du vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
4.3 Spectrométrie infrarouge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
4.3.1 Isolant en PELX T3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
4.3.2 Isolant en PELX T4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
4.3.3 Comparaison des deux classes thermiques . . . . . . . . . . . . 224
4.4 Effet du cuivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
4.4.1 Analyse DSC : mesure de TIO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
4.4.2 Spectrométrie infrarouge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
4.5 Traction uniaxiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
4.5.1 Isolant en PELX T3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
4.5.2 Isolant en PELX T4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
4.6 Spectroscopie diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
4.7 Modélisation cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
4.7.1 Stabilisation par l’antioxydant phénolique . . . . . . . . . . . . 236
4.7.2 Stabilisation par le mélange d’antioxydants phénolique et soufré 239
[Link] Analyse des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240
[Link] Proposition de modèle cinétique . . . . . . . . . . . . . 244
[Link] Validation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
4.8 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253
207
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
208
4.1. Présentation du chapitre
209
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Les valeurs de TIO des deux PELX industriels sont beaucoup plus fortes que celles
habituellement rapportées pour un PE stabilisé par l’Irganox 1010 dans le littérature
(Tab.4.1). De plus, on constate que le TIO du PELX T4 initial est approximativement
deux fois plus grand que le TIO du PELX T3 initial. Si les deux PELX industriels
contiennent la même concentration initiale en Irganox 1010, alors la différence en-
tre ces deux temps d’induction permet d’accéder à l’efficacité de la stabilisation par
l’antioxydant soufré ou a un éventuel effet de synergie.
où TIO pur est la valeur de TIO du polymère pur (sans antioxydant) qui est presque
nulle quand T > 200◦ C, et k T est une constante de proportionnalité qui dépend à la fois
de la nature de l’antioxydant et de la température d’essai T. Nous aurions pu estimer
à l’aide de cette formule la concentration initiale en Irganox 1010 dans le PELX T3. En
210
4.2. Analyse DSC : mesure de TIO
Tableau 4.1 – Rappel des valeurs de TIO des PELX industriels à 200 et 240◦ C. Com-
paraison avec les valeurs données dans la littérature pour un PE stabilisé.
(* - valeurs déterminées dans cette étude).
211
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
petite masse molaire que l’Irganox 1010 (mais en moindre quantité). Il pourrait s’agir
d’un autre antioxydant encore non-identifié à ce jour (par exemple, un phosphite or-
ganique).
Dans le cas où le matériau contiendrait plusieurs types d’antioxydants, la formule
(4.93) ne serait plus valable, car le mélange d’antioxydants pourrait manifester des ef-
fets synergiques ou antagonistes. En général, les valeurs de TIO ne sont pas additives.
Un terme de couplage entre les mécanismes d’action des différents types d’antioxydant
doit être considéré, en plus des effets stabilisants respectifs de chaque molécule prise
séparément.
200°C
10
Flux de chaleur, mW
00h
24h
48h
5 69h
0
0 20 40 60 80
Temps sous O2, min
Figure 4.1 – Thermogrammes DSC à 240◦ C sous oxygène pur du PELX T3 après 0h,
24h, 48h et 69h de vieillissement thermique dans l’air à 200◦ C (sens exo vers le haut).
212
4.2. Analyse DSC : mesure de TIO
125°C 150°C
80 80
60 60
TIO à 240°C, min
20 20
0 0
0 2000 4000 6000 8000 10000 0 500 1000 1500 2000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C 200°C
80 80
60 60
TIO à 240°C, min
20 20
0 0
0 50 100 150 200 250 300 0 20 40 60 80
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
1.8E-02 0,0012
DSC
Concentration en Irganox 1010 (mol.L-1)
1.6E-02 0.5IRG-140°C
0,001 spectroscopie UV
1.4E-02 0.5IRG-160°C
1.2E-02 0.5IRG-150°C 0,0008
[AH] (mol.l-1)
1.0E-02
0,0006
8.0E-03
6.0E-03 0,0004
4.0E-03
0,0002
2.0E-03
0.0E+00 0
0 10 20 Temps (h) 30 40 50
0 20 40 60 80 100 120
Temps (jours)
(a) (b)
Figure 4.3 – (a) Disparition des fonctions phénoliques de l’antioxydant dans un EPDM
stabilisé par 0, 5% en masse d’Irganox 1010 lors de son vieillissement thermique dans
l’air entre 140 et 160◦ C. Données issues de mesures de TIO [50]. (b) Disparition de
l’antioxydant dans le PE stabilisé par 0, 125% en masse d’Irganox 1010 lors de son vieil-
lissement thermique dans l’air à 80◦ C. Comparaison des données issues des mesures
de TIO et de spectrométrie UV [149].
talement pour finalement ralentir à très long terme. Cette allure de courbe s’explique
par le fait que la concentration en hydroperoxydes (et donc en radicaux) est main-
tenue à un niveau très faible tant que l’efficacité de la stabilisation est maximale, en
particulier tant que la concentration en antioxydant reste supérieure à une valeur cri-
213
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
tique [ AO]c . Cependant, l’antioxydant est consommé lentement par les réactions de
stabilisation pour empêcher l’oxydation. Dès que sa concentration devient inférieure
à la valeur critique [ AO]c , l’efficacité de la stabilisation n’est plus maximale, la con-
centration en hydroperoxydes augmente lentement et provoque à son tour une auto-
accélération brutale de la consommation de l’antioxydant.
Pour le PELX T3, en revanche, nous observons une brusque diminution du TIO dès
la mise en température de l’échantillon, ce qui indique que la consommation chimique
de l’antioxydant démarre quasi-instantanément. Les fortes températures d’exposition
pourraient être la cause de ce comportement. En effet, la cinétique de consommation
chimique de l’antioxydant étant thermo-activée, on peut imaginer que la concentration
en antioxydant va rapidement devenir inférieure à la valeur critique [ AO]c , suppri-
mant ainsi le plateau initial apparent des courbes de TIO.
Pour le PELX T4, on observe une rapide diminution du TIO dès le début de l’ex-
position (Fig.4.4), cependant la consommation des antioxydants se produit en deux
étapes successives. Comme la seconde étape est similaire à celle du PELX T3 (Fig.4.5),
214
4.2. Analyse DSC : mesure de TIO
Figure 4.5 – Comparaison des évolutions du TIO des PELX T3 et T4 lors de leur vieil-
lissement thermique dans l’aire entre 150 et 200◦ C.
on peut soupçonner qu’elle implique aussi la disparition de l’Irganox 1010, ce qui sera
vérifié ultérieurement. On peut donc se poser la question suivante : est-ce que la pre-
mière étape correspond à la consommation totale du second antioxydant, l’Irganox PS
802 fl, dont le rôle est effectivement de bloquer l’amorçage du processus d’oxydation?
Cela amène à une seconde question : en jouant le rôle de "fusible", l’antioxydant soufré
protège-t-il complètement l’antioxydant phénolique pendant la première étape? On
peut enfin se poser une dernière question : existe-il un effet synergique ou antagoniste
entre les mécanismes d’action de ces deux antioxydants? Nous allons tenter de répon-
dre à ces différentes questions par la suite. La vitesse de disparition des antioxydants
dans ces deux étapes est une fonction croissante de la température. Il en résulte que le
temps de transition entre ces deux étapes est une fonction décroissante de la tempéra-
ture.
Les valeurs du temps t AO nécessaire pour consommer totalement le (ou les) an-
tioxydant(s) dans les PELX T3 et T4 dans l’air entre 125 et 200◦ C sont données dans
le Tab.4.2. Ce temps obéit à une loi d’Arrhenius (Fig.4.6) dont les valeurs du facteur
215
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Tableau 4.2 – Temps de consommation totale des antioxydants dans les PELX T3 et T4
dans l’air entre 125 et 200◦ C.
Ea AO
PELX T3
' −102kJmol−1
t0 AO ' 5, 1 × 10−10 min
PELX T4
Ea AO
PELX T4
' −102kJmol−1 .
On trouve des paramètres d’Arrhenius comparables pour les deux PELX industriels :
les énergies d’activations sont identiques, seuls les facteurs pré-exponentiels différent
d’un facteur 1, 9. Ainsi, il semblerait que l’ajout d’un antioxydant soufré dans le PELX
T4 ne modifie pratiquement pas la cinétique globale de consommation des antioxy-
dants (par rapport au PELX T3), mais ne fait que décaler la droite d’Arrhenius de t AO
(et par conséquent de la durée de vie) vers les plus hautes températures (c’est-à-dire
vers la gauche). Contrairement au PVC, ce décalage n’est que de 3◦ C, c’est-à-dire large-
10
PELX T3
PELX T4
9
8
ln(tAO), h
y = 12,296x - 21,458
7 R² = 0,9981 y = 12,171x - 21,505
R² = 0,996
6
4
2 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6
1000/T, K-1
216
4.3. Spectrométrie infrarouge
A titre d’exemple, le spectre IR-TF initial du PELX T3 et son évolution dans l’air
à 150◦ C sont donnés sur la Fig.4.7. Plusieurs produits d’oxydation sont détectés. La
bande d’absorption IR associée à la vibration d’élongation asymétrique des carboxy-
lates se situe à 1595cm−1 . L’intensité de cette bande augmente progressivement. Nous
remarquons également une croissance de la bande d’absorption IR à 1412cm−1 qui
pourrait aussi être associée aux carboxylates, notamment à leur vibration d’élongation
symétrique d’après les références [174], [175].
Ces groupements sont formés par réaction des acides carboxyliques avec des ions
métalliques dans la matrice PELX selon le mécanisme (VII.a)-(VII.c) décrit au para-
graphe [Link]. Signalons qu’un autre produit de type carbonyle apparaît à 1711cm−1 .
Il pourrait aussi bien s’agir d’acides carboxyliques résiduels (1710cm−1 ) que de cétones
saturées (1718cm−1 ). Enfin, l’épaulement à 1777cm−1 est attribué à des anhydrides non
cycliques [174].
217
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Les groupes esters de l’Irganox 1010, qui sont souvent utilisés pour suivre sa ciné-
tique de disparition par perte physique, ne sont malheureusement pas visibles sur les
spectres IR-TF des deux PELX industriels car leur bande d’absorption est masquée par
une bande à 1733cm−1 de forte intensité appartenant à un additif, probablement un
pigment.
Ainsi, pour suivre l’oxydation de la matrice PELX, nous allons choisir les carboxy-
lates (Fig.4.8). Leur cinétique d’accumulation dans l’air entre 125 et 200◦ C est présen-
tée sur la Fig.4.9. Comme attendu, ces courbes ont une période d’induction notée tind .
Au terme de cette période, l’oxydation s’auto-accélère brutalement pour atteindre sa
vitesse maximale. Les valeurs de tind ont été déterminées dans l’air entre 125 et 150◦ C.
Elles sont comparées au valeurs de t AO au Tab.4.3.
On constate que les valeurs de tind et t AO sont presque égales quelle que soit la
température de vieillissement. Ainsi, la phase d’autoaccélération se produit immédi-
Température, °C t AO , h tind , h
125 8100 8000
150 1500 1600
175 330 360
200 60 60
218
4.3. Spectrométrie infrarouge
1,2
125°C 150°C
1,2
Concentration, mol/L
0,8 0,8
0,6 0,6
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
0 2000 4000 6000 8000 10000 0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C
1,2
1595 cm-1
1
Concentration, mol/L
0,8
0,6
0,4
0,2
0
0 100 200 300 400 500 600
Temps de vieillissement, h
150°C
80 1
TIO
1595 cm-1
[Carboxylates], mol L-1
0,8
60
TIO à 240°C, min
0,6
40
0,4
20
0,2
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h
219
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
PELX T3
9
ln(tind), h
6
y = 12,963x - 23,399
5 R² = 0,9828
3
2 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6
1000/T, K-1
PELX T3
-11
2 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6
-12
y = -11,754x + 12,332
-13
ln(vox), mol L-1 s-1
R² = 0,9853
-14
-15
-16
-17
-18
1000/T, K-1
220
4.3. Spectrométrie infrarouge
0,15
150°C
0,1
A/A1017
0,05
0
0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h
0,15
175°C 0,15
200°C
0,1 0,1
A/A1017
A/A1017
0,05 0,05
0 0
0 100 200 300 400 500 600 0 20 40 60 80 100
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
A titre d’exemple, le spectre IR-TF initial du PELX T4 et son évolution dans l’air
à 150◦ C sont présentés sur la Fig.4.14. Cette figure est à comparer avec la Fig.4.7 du
PELX T3 vieilli dans les mêmes conditions d’exposition. Nous constatons l’apparition
de carboxylates dont la bande d’absorption correspondante est située à 1595cm−1 .
La Fig.4.15 contient toutes les courbes cinétiques décrivant l’apparition des car-
boxylates dans l’air entre 150 et 200◦ C. Comme pour le PELX T3, il est possible de
définir un temps d’induction tind et une vitesse maximale apparente d’oxydation vox
221
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
160°C
0,6
1585 cm-1
0,5
Concentration, mol/L
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h
175°C 200°C
0,6 0,6
1585 cm-1 1595 cm-1
0,5 0,5
Concentration, mol/L
Concentration, mol/L
0,4 0,4
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 20 40 60 80 100 120 140
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
à partir des courbes cinétiques de cette figure. Ces deux grandeurs obéissent à une
loi d’Arrhenius entre 100 et 200◦ C comme le montre la Fig.4.16. Leurs paramètres
222
4.3. Spectrométrie infrarouge
PELX T4 PELX T4
9
-13
8 2,1 2,15 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4
7 -14
6 y = -11,857x + 11,251
-15 R² = 0,9903
5
y = 13,86x - 24,955
4 -16
R² = 0,9982
3
2,1 2,15 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 -17
1000/T, K-1 1000/T, K-1
(a) (b)
150°C 150°C
80 1 160 TIO 1
TIO
1595 cm-1
1595 cm-1
[Carboxylates], mol L-1
[Carboxylates], mol L-1
0,8 0,8
60 120
TIO à 240°C, min
TIO à 240°C, min
0,6 0,6
40 80
0,4 0,4
20 40
0,2 0,2
0 0 0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
223
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Comme pour le PELX T3, l’oxydation s’auto-accélère brutalement une fois que la to-
talité des antioxydants a été consommée. En effet, le temps t AO est du même ordre
de grandeur que le temps d’induction tind (voir Tab.4.4 et Fig.4.17). De plus, en terme
d’oxydation, le PELX T4 a le même comportement que le PELX T3 : les paramètres
d’Arrhenius de la vitesse maximale apparente d’oxydation vox sont aussi pratique-
ment identiques pour ces deux matériaux. Cependant, il semblerait que la matrice
PELX T3 soit légèrement plus oxydable que la matrice PELX T4 puisque son facteur
pré-exponentiel v0,ox est supérieur (d’un facteur 3) de celui du PELX T4 (voir équa-
tions (4.96)-(4.97) et (4.100)-(4.101)).
Enfin, comme pour le PELX T3, le temps d’induction tind du PELX T4 est du même
ordre de grandeur que le temps de consommation totale des antioxydants t AO quelle
que soit la température d’exposition (Tab.4.4 et Fig.4.17).
Température, °C t AO , h tind , h
150 1900 2500
160 1080 1080
175 420 430
200 90 75
224
4.4. Effet du cuivre
9
PELX T4 y = 13,86x - 24,955
8 PELX T3 R² = 0,9982
ln(tind), h
6
5
y = 12,963x - 23,399
4 R² = 0,9828
3
2 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6
1000/T, K-1
Nous pouvons en conclure que les deux matrices PELX (T3 et T4) ne différent qu’au
niveau de leur système de stabilisation.
-11
2 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6
-12
PELX T4
-13 y = -11,754x + 12,332 PELX T3
ln(vox), mol L-1 s-1
R² = 0,9853
-14
-15
-18
1000/T, K-1
225
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
qui suivent.
Pour le PELX T3, qui n’est stabilisé que par un seul type d’antioxydant : l’Irganox
1010, on observe clairement une accélération de la consommation chimique de l’anti-
oxydant en présence de cuivre (Fig.4.20). En effet, le temps nécessaire pour consommer
la totalité de l’antioxydant se réduit de moitié en présence de cuivre : il passe de ∼
8000h à ∼ 4000h.
125°C
80 sans âme
avec âme
60
TIO à 240°C, min
40
20
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Temps de vieillissement, h
En revanche, pour le PELX T4, qui est stabilisé par un mélange de deux antioxy-
dants : l’Irganox 1010 et l’Irganox PS 802 fl, le TIO suit la même évolution en présence et
en absence de cuivre (Fig.4.21). Pour ce second matériau, l’action des ions métalliques
de cuivre peut être négligée. Ainsi, en service le vieillissement thermique du PELX T4
peut être décrit à l’aide du modèle cinétique qui a été établi pour la gaine d’isolation
sans âme métallique.
Les données de spectrométrie IR-TF confirment les résultats des essais de TIO pour
le PELX T3. En effet, en présence de cuivre, l’oxydation de la matrice PELX démarre
beaucoup plus tôt puisqu’il n’y a plus de période d’induction, les produits apparais-
sent dès le début de l’exposition (Fig.4.22).
226
4.4. Effet du cuivre
150°C 160°C
160 sans âme 160 sans âme
avec âme avec âme
120 120
80 80
40 40
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 500 1000 1500 2000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
A/A1017
0,6
0,2
0,4
0,1
0,2
0 0
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600
Temps de vieillisement, h Temps de vieillissement, h
Pour le PELX T4, nous nous attendons à ce que l’action de cuivre soit négligeable
conformément aux mesures de TIO. Mais les spectres IR-TF, recueillis au niveau de la
surface intérieure de la gaine vieillie au contact du cuivre, indiquent que certains pro-
duits d’oxydation, comme le carboxylates à 1595cm−1 et les anhydrides à 1778cm−1 ,
s’accumulent en plus grande quantité dans la matrice PELX T4 (Fig.4.23). Cette dif-
férence pourrait provenir du fait que l’essai de TIO analyse tout le volume alors que la
spectrométrie IR-TF en mode ATR ne sonde que la surface. Or, l’oxydation se produit
essentiellement en surface, ses effets sont donc exacerbés en spectrométrie IR-TF. Mal-
gré ces différences de comportement, l’effet du cuivre sera ignoré dans la suite de cette
étude.
227
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
A/A1018
A/A1018
0,6 0,2
0,4
0,1
0,2
0
0 0 20 40 60 80 100 120 140
0 20 40 60 80 100 120 140
Temps de vieillissement, h
Temps de vieillissement, h
Les deux PELX industriels ont étés caractérisés par traction uniaxiale après vieil-
lissement thermique dans l’air afin de déterminer leur durée de vie et en déduire un
critère de fin de vie.
Les résultats obtenus montrent une différence considérable entre les PELX T3 et
T4 en terme d’évolution de l’allongement à la rupture A R au cours du vieillissement
thermique (Fig.4.24 et Fig.4.27). Cette différence est analysée en détail dans les deux
paragraphes qui suivent.
228
4.5. Traction uniaxiale
125°C 125°C
250 200
200
150
150
E, MPa
AR, %
100
100
50 50
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
150°C 150°C
250 200
200
150
150
E, MPa
AR, %
100
100
50 50
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C 175°C
250 200
200
150
150
E, MPa
AR, %
100
100
50 50
0 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
200°C 200°C
250 500
200 400
150 300
E, MPa
AR, %
100 200
50 100
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Ce critère donne accès aux valeurs du temps de fragilisation t f r50 dans l’air entre 125 et
200◦ C du PELX T3 récapitulées au Tab.4.5. On remarque aussi que le temps de transi-
tion entre ces deux étapes t f ri correspond à la durée de la période d’induction du vieil-
lissement thermique. Ce résultat n’est pas très surprenant car on sait que l’oxydation
229
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Les valeurs de t f ri déterminées dans l’air entre 125 et 200◦ C pour le PELX T3 sont
récapitulées au Tab.4.5 où elles sont comparées à celles de t AO et tind . Les temps t f ri et
t f r50 suivent une loi d’Arrhenius dont les paramètres sont donnés dans les équations
suivantes :
Ea f r
50
' −110kJmol−1 (4.105)
230
4.5. Traction uniaxiale
T, °C t AO , h tind , h t f ri , h t f r50 , h
125 8100 8000 - -
150 1500 1600 1600 2100
175 330 360 340 420
200 60 60 50 75
Tableau 4.5 – Temps de fragilisation t f ri et t f r50 du PELX T3 dans l’air entre 125 et 200◦ C.
Comparaison avec le temps d’induction à l’oxydation tind et le temps de consommation
totale des antioxydants t AO .
Par la suite, cette relation sera utilisée pour prédire la durée de vie du matériau à
partir de la valeur de t AO . Le paragraphe 4.7.1 détaille le modèle cinétique permettant
de calculer t AO .
PELX T3
9
7
ln(t), h
5 tfr,i
tfr,50
4 tind
tAO
3
2,1 2,2 2,3 2,4 2,5
1000/T, K-1
231
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Dans le cas du PELX T4, la première étape est presque totalement absente : l’allongement
à la rupture A R diminue progressivement dès le début de l’exposition thermique (Fig.4.27
150°C 150°C
100 400
320
75
240
E, MPa
A, %
50
160
25
80
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de vieillissement, h
Temps de vieillissement, h
160°C 160°C
100 400
75 300
E, MPa
A, %
50 200
25 100
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C 175°C
100 400
320
75
240
E, MPa
A, %
50
160
25
80
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
200°C
500
400
300
E, MPa
200
100
0
0 50 100 150 200 250
Temps de vieillissement, h
232
4.5. Traction uniaxiale
et Fig.4.28). Comme pour PELX T3, le module élastique augmente dans l’air à 200◦ C
pendant toute la durée d’exposition. En revanche, à plus basse température cette évo-
lution est beaucoup plus modérée (Fig.4.27).
Ici, seul le critère de fin de vie conventionnel t f r50 peut être défini. Les valeurs de
t f r50 déterminées dans l’air entre 150 et 200◦ C pour le PELX T4 sont regroupées au
Tab.4.6. Ce temps t f r50 suit une loi d’Arrhenius (Fig.4.29) avec les paramètres suivants :
Dans le cas du PELX T4, nous allons essayer d’appliquer la même approche de
prédiction de la durée de vie que pour le PELX T3 (paragraphe 4.5.1).
Le Tab.4.6 récapitule les valeurs de t f r50 , t AO et tind mesurées pour le PELX T4 dans
l’air entre 150 et 200◦ C. La comparaison de ces données montre que les relations (4.103)
et (4.108) sont toujours vérifiées. En effet, nous avons :
233
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Tableau 4.6 – Temps de fragilisation t f r50 , temps d’induction à l’oxydation tind et temps
de consommation totale des antioxydants t AO du PELX T4 dans l’air entre 150 et 200◦ C.
avec t AO ' tind . Comme pour le PELX T3, cette relation sera utilisée pour prédire la
durée de vie du matériau à partir de la valeur de t AO . Le paragraphe 4.7.2 décrit le
modèle cinétique permettant de calculer t AO .
PELX T4
9
7
ln(t), h
5
tfr,50
4 tind
tAO
3
2,1 2,15 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4
1000/T, K-1
234
4.6. Spectroscopie diélectrique
125°C 150°C
5 5
4 4
3 3
ε'
ε'
2 2
1 1
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C 200°C
5 5
4 4
3 3
ε'
ε'
2 2
1 1
0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
125°C 150°C
0,01 0,01
0,008 0,008
0,006 0,006
tanδ
tanδ
0,004 0,004
0,002 0,002
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 500 1000 1500 2000 2500
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C 200°C
0,01 0,01
0,008 0,008
0,006 0,006
tanδ
tanδ
0,004 0,004
0,002 0,002
0 0
0 200 400 600 800 0 50 100 150 200
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
235
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
236
4.7. Modélisation cinétique
d [ AH ]
− = k AH [ AH ] [POO ] . (4.111)
dt
237
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
où TIO0 est la valeur initiale du TIO du PELX T3. Il est clair que lim TIO = 0. Pour
t→+∞
le PE sans antioxydant, la valeur initiale de TIO à 240◦ C est égale à 0, 5min. L’on définit
donc le temps de disparition de l’antioxydant t AO comme la durée nécessaire pour que
le TIO atteigne la valeur limite du PE sans antioxydant, soit :
Il vient donc :
1 0, 5min
t AO = − ln (4.114)
K AH TIO0
125°C 150°C
80 experience 80 experience
experience
modèle
modèle
60 60
TIO à 240°C, min
TIO à 240°C, min
40 40
20 20
0 0
0 2000 4000 6000 8000 10000 0 500 1000 1500 2000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
175°C 200°C
80 80 expépience
experience
modèle
modèle
60 60
TIO à 240°C, min
40 40
20 20
0 0
0 50 100 150 200 250 300 350 0 20 40 60 80 100
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
238
4.7. Modélisation cinétique
Ea K
AH
' 102kJmol−1 . (4.116)
PELX T3
-3
2,1 2,2 2,3 2,4 2,5
-4
-5 y = -12,276x + 22,675
ln(KAH), s-1
R² = 0,9971
-6
-7
-8
-9
1000/T, K-1
239
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Nous avons vu que le TIO du PELX T3 diminue en une seule étape au cours de son
vieillissement thermique dans l’air (Fig.4.2). Nous avons vu qu’une loi simplifiée de
forme exponentielle (4.113) permet de simuler cette évolution de manière satisfaisante.
On retrouve cette même évolution pour le PELX T4, mais en seconde et dernière étape
(Fig.4.34). Cette seconde étape est précédée par une première étape dont la vitesse de
décroissance du TIO est beaucoup plus lente. Comme déjà annoncé dans la partie ex-
périmentale, il semblerait que la consommation des deux antioxydants dans la matrice
PELX T4 se déroule en deux étapes successives :
Figure 4.34 – Comparaison de l’évolution du TIO des PELX T3 et T4 lors de leur vieil-
lissement thermique dans l’air à 200◦ C.
240
4.7. Modélisation cinétique
Si cette hypothèse de scénario est vraie, le temps de transition entre ces deux étapes
t D (Fig.4.35) correspondrait au temps de consommation totale de l’antioxydant soufré.
Les valeurs de t D déterminées dans l’air entre 150 et 200◦ C pour le PELX T4 sont réca-
pitulées dans le Tab.4.7.
Figure 4.35 – Temps de transition t D entre les deux étapes de consommation des an-
tioxydants lors du vieillissement thermique dans l’air entre 150 et 200◦ C du PELX T4.
Température, °C tD , h t AH , h t AO , h
150 1300 600 1900
160 770 310 1080
175 240 180 420
200 48 42 90
241
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
Nous remarquons également que la valeur de TIO à ce temps t D est à peu près iden-
tique pour toutes les températures d’exposition étudiées et est égale à environ 70min,
ce qui confirme l’hypothèse de la consommation d’une quantité fixe d’antioxydant
(soufré) par une réaction chimique.
PELX T4
8
6
ln(tD), h
y = 12,68x - 22,696
5
R² = 0,9974
3
2,1 2,15 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4
1000/T, K-1
t AO = t D + t AH (4.119)
c’est-à-dire que :
t AH = t AO − t D , (4.120)
242
4.7. Modélisation cinétique
dessous :
Ea AO ' −102kJmol−1
Ea AH ' −86kJmol−1 .
Figure 4.37 – Définition des temps de consommation totale des antioxydants soufré t D
et phénolique t AH sur les courbes cinétiques d’évolution du TIO lors de vieillissement
thermique du PELX T4 dans l’air à 200◦ C.
PELX T4
8
7 y = 12,296x - 21,458
R² = 0,9981
6
ln(t), h
243
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
150°C 175°C
160 PELX T3 160 PELX T3
PELX T4 PELX T4
120 120
80 80
40 40
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 100 200 300 400 500 600
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
244
4.7. Modélisation cinétique
Il est important de rappeler que cette valeur est quasiment identique à la valeur initiale
du TIO du PELX T3, qui est de 68min (équation (4.92)) :
TIO0 AH ≡ 68min.
Une première condition à satisfaire pour définir la fonction TIO(t) sera donc :
Rappelons que L’Irganox PS 802 fl (Fig.2.8) est un antioxydant soufré qui réduit les
hydroperoxydes POOH :
Ainsi, l’action stabilisante de cet antioxydant peut être résumée de la manière suiv-
ante. Le schéma standard d’oxydation est amorcé par une concentration initiale en hy-
droperoxydes [ POOH ]0 . Cependant cette concentration en hydroperoxydes est forte-
ment diminuée par l’action de l’antioxydant soufré. Les concentrations résultantes en
radicaux ROO et R sont maintenues à un niveau très bas. Cela prévient et retarde
l’auto-accélération brutale de la réaction d’oxydation, mais aussi limite considérable-
ment l’action stabilisante de l’antioxydant phénolique qui est maintenu à une concen-
tration quasiment constante [AH]0 . Ainsi, l’antioxydant soufré D, protège l’antioxydant
245
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
d [D]
− = k D [ D ] [ POOH ] . (4.125)
dt
[ D ] = [ D ]0 exp (−K D t) ,
TIO [D]
= .
TIO0 [ D ]0
Il en résulte que l’évolution de TIO au cours de la première étape suit aussi une loi
exponentielle :
TIOD (t) = TIO0D exp (−K D t) . (4.126)
Or, la contribution à la valeur de TIO de la première phase TIO1 (t) provient non
seulement de la présence de l’antioxydant D donnant la contribution TIOD (t), mais
également de la présence de AH qui, n’est pas consommé lors de cette première étape
246
4.7. Modélisation cinétique
Cependant, il apparait clairement, sur les courbes cinétiques de TIO du PELX T4,
que la fin de la première étape n’est pas correctement décrite par l’équation (4.127),
qui prédit un ralentissement plus important de la vitesse de diminution de TIO (c’est-
à-dire de la vitesse de consommation de l’antioxydant D) que l’expérience (Fig.4.40).
Autrement dit, la consommation finale de l’antioxydant D est plus rapide que prévue
par l’équation (4.127).
247
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
l’antioxydant phénolique AH qui est consommé à son tour, le modèle cinétique est le
même que celui du PELX T3 (voir les équations (4.110) et (4.113)). Ce modèle s’écrit :
c’est-à-dire que la valeur initiale de TIO du PELX T4 est inférieure à la somme des
contributions élémentaires des deux antioxydants considérés séparément :
On serait donc en présence d’un effet antagoniste. Cet effet pourrait être expliqué par le
mécanisme d’action de l’antioxydant phénolique. En effet, il est probable qu’une faible
concentration en antioxydant phénolique soit tout de même consommée au cours de
la première étape créant ainsi une concentration supplémentaire en hydropéroxydes,
qui va donc accélérer la consommation de l’antioxydant soufré :
Cette petite quantité d’antioxydant soufré est probablement consommée très vite par
les hydroperoxydes qui peuvent être produits lors de la réaction de stabilisation par
AH.
Au final, l’expression du TIO du PELX T4 s’écrit :
248
4.7. Modélisation cinétique
Cette équation sera utilisée pour prédire l’évolution de TIO au cours du vieillissement
thermique du PELX T4.
Les résultats des simulations par l’équation (4.131) des courbes cinétiques d’évolu-
tion du TIO au cours du vieillissement thermique du PELX T4 sont présentés sur la
Fig.4.41. On constate une bonne adéquation entre la théorie et l’expérience.
Les deux paramètres du modèle qui ont été ajustés à l’aide des données expéri-
mentales, aux quatre températures de vieillissement étudiées sont : K D et K AH . Ces
deux constantes de vitesse apparentes obéissent à une loi d’Arrhenius (Fig.4.42) dont
les paramètres d’Arrhenius sont :
Ea K
AH
' 95kJmol−1 .
L’expression de TIO(t), telle que définie par (4.131) n’est pas inversible en raison
de la présence de la fonction de Heaviside θ (t). En revanche, il est possible d’inverser
la relation de TIO2 (t) (4.129) pour accéder à la valeur de t AH :
249
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
150°C
160 expérience
TIO D
TIO AH
120
40
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps de vieillissement, h
160°C
160 expérience
TIO D
TIO AH
120
TIO à 240°C, min
80
40
0
0 500 1000 1500
Temps de vieillissement, h
175°C
160 expérience
TIO D
TIO AH
120
TIO à 240°C, min
80
40
0
0 100 200 300 400 500 600
Temps de vieillissement, h
200°C
160 expérience
TIO D
TIO AH
120
TIO à 240°C, min
80
40
0
0 50 100 150
Temps de vieillissement, h
Figure 4.41 – Courbes cinétiques d’évolution du TIO du PELX T4 lors de son vieil-
lissement thermique dans l’air entre 150 et 200◦ C. Comparaison entre la théorie (ligne
continue) et l’expérience (triangles).
250
4.7. Modélisation cinétique
PELX T4 PELX T4
-4 -2
2,1 2,15 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4 2,1 2,15 2,2 2,25 2,3 2,35 2,4
-5 -3
y = -11,573x + 19,977
ln(rAH), s-1
ln(rD), s-1
-7 -5
-8 -6
1000/T, K-1 1000/T, K-1
(a) (b)
Figure 4.42 – Diagramme d’Arrhenius des constantes de vitesse K D et K AH du PELX
T4 entre 150 et 175◦ C.
d’où :
1 0, 5min
t AH = − ln . (4.134)
K AH TIO0 AH
De même, et est possible d’inverser la relation de TIO1 (t) pour accélérer à la valeur de
tD :
d’où :
1 0, 5min + TIOant
tD = − ln .
KD TIO0D
Au final, la valeur de t AO est la somme de t AH et t D , soit :
1 0, 5min 1 0, 5min + TIOant
t AO = − ln − ln . (4.135)
K AH TIO0 AH KD TIO0D
251
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
252
4.8. Conclusion
4.8 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons suivi le vieillissement thermique dans l’air de deux
matrices PELX avec des compositions en antioxydants différentes à l’aide de quatre
techniques analytiques complémentaires : la spectrométrie IR-TF, la mesure du TIO, la
traction uniaxiale et la spectroscopie diélectrique. Les résultats des échantillons vieillis
avec et sans conducteur de cuivre ont été comparés. Nous avons conclu que la présence
de l’âme métallique ne modifie pas la cinétique de consommation des antioxydants
pour la matrice PELX protégée contre l’oxydation par un mélange de phénol encom-
bré et de sulfure organique. Cette conclusion est en cohérence avec l’état de l’art. En
revanche, les ions de cuivre influencent la cinétique de thermo-oxydation. En effet,
la décomposition des hydroperoxydes est catalysée par la présence de cuivre. En re-
vanche, pour la matrice PELX protégée par le phénol seul, il semblerait que le cuivre ait
un effet sur la cinétique de consommation de l’antioxydant. Cette hypothèse devrait
être confirmée par une campagne d’analyses complémentaires.
Nous avons proposé un modèle cinétique simple pour décrire la consommation
des antioxydants. Ce modèle ne prend pas en compte la perte physique (par diffusion
et/ou évaporation) des antioxydants. Les simulations ont été confrontées aux don-
nées expérimentales, ce qui a permis de vérifier la validité du modèle. Les différents
paramètres du modèle ont aussi pu être identifiés. Le modèle a mis en évidence un
léger effet antagoniste entre les mécanismes d’action des deux antioxydants. En ef-
fet, la valeur initiale du TIO du PELX T4 est inférieure à la somme des contributions
élémentaires des deux antioxydants considérés séparément.
Les résultats des essais macroscopiques ont été discutés compte tenu des acquis
du modèle. Comme attendu, le PE perd ses propriétés mécaniques probablement en
raison d’un processus prédominant de coupures de chaîne qui survient au terme de la
période d’induction, c’est-à-dire après consommation totale des antioxydants. La ciné-
tique de coupures de chaîne étant thermo-activée, la durée de vie des gaines d’isolation
en PELX est significativement réduite par une élévation de la température.
En revanche, la spectroscopie diélectrique n’a pas révélé de changements impor-
tants de la constante diélectrique ε0 alors que, dans la même échelle de temps, l’al-
253
Chapitre 4 : Vieillissement du PELX
254
Conclusion générale
L’objectif de cette thèse était multiple. D’une part, il s’agissait de mieux compren-
dre les mécanismes de vieillissement thermique des gaines d’isolation des câbles élec-
triques automobile en PVC et PELX en conditions réelles d’utilisation. D’autre part,
il s’agissait de dériver de ces mécanismes un modèle cinétique de vieillissement ther-
mique pouvant être utilisé par l’industrie automobile, notamment lors de la concep-
tion et du dimensionnement des faisceaux électriques. Dans la première partie, nous
avons étudié le vieillissement thermique de deux gaines d’isolation en PVC de com-
positions différentes. Trois mécanismes de vieillissement ont été considérés : la perte
physique du plastifiant, la deshydrochloruration et l’oxydation. Les analyses physico-
chimiques ont permis de conclure que la perte physique du plastifiant était de loin
le mécanisme de dégradation prédominant. Le modèle hétérogène que nous avons
proposé permet de restituer l’évolution des grandeurs physiques pertinentes à dif-
férentes échelles structurales du matériau : la concentration en plastifiant et la perte
de masse du matériau à l’échelle microscopique, la température de transition vitreuse
Tg à l’échelle macromoléculaire, et l’allongement à la rupture A R et à l’échelle macro-
scopique. Dans ce modèle, le matériau est constitué de deux phases :
◦ une phase de matrice PVC faiblement plastifiée qui est donc caractérisée par une
température de transition vitreuse Tg plus haute que souhaité;
◦ une phase du plastifiant pur dispersée dans la matrice PVC sous forme de nod-
ules, qui assure les propriétés mécaniques demandées au matériau (A R ).
255
Conclusion générale
Nous avons également étudié l’influence possible de l’âme métallique lors du vieil-
lissement thermique des gaines d’isolation en PVC. Les données expérimentales ont
révélé que le cuivre ne modifie pas (ou peu) la cinétique de vieillissement thermique.
Par spectroscopie diélectrique, nous avons observé que la constante diélectrique ε0 et
la tangente des pertes diélectriques tan δ diminuent au cours du vieillissement ther-
mique du PVC. Il s’agit d’une conséquence directe de la perte physique du plastifiant
car cette molécule facilite la mobilité électronique et par conséquent, les phénomènes
de polarisation. L’accumulation des polyènes est beaucoup trop lente pour pouvoir
compenser la diminution de ces deux grandeurs diélectriques.
256
Conclusion générale
Dans la deuxième partie, nous nous sommes focalisés sur le vieillissement ther-
mique de deux gaines d’isolation en PELX de compositions différentes. Les princi-
paux mécanismes de dégradation pour ces deux matériaux sont la consommation de
l’antioxydant suivie de la réaction d’oxydation de la matrice PELX. Nous avons mon-
tré que la fragilisation de la matrice PELX (pour A R = 50%) intervient au terme de
la période d’induction, c’est-à-dire quand la totalité des antioxydants a été consom-
mée. Ainsi, la modélisation cinétique du vieillissement thermique revient à la mod-
élisation cinétique de la consommation des antioxydants. Dans le cas de la matrice
PELX stabilisée par l’antioxydant phénolique seul, nous avons développé un mod-
èle cinétique basé sur l’approche théorique de Buchachenko et al. [176]. Ce modèle
part de l’hypothèse que tous les radicaux peroxyles formés lors de l’étape de prop-
agation se terminent en réagissant avec l’antioxydant phénolique. Dans le cas de la
matrice PELX stabilisée par un mélange d’antioxydants soufré et phénolique, nous
avons ajouté dans ce modèle le rôle de "fusible" joué par l’antioxydant soufré, c’est-à-
dire que ce dernier empêche l’amorçage de l’oxydation en réduisant les hydroperox-
ydes et protège aussi l’antioxydant phénolique au début du vieillissement thermique.
Une fois que ce dernier est entièrement consommé, l’antioxydant phénolique com-
mence alors à réagir avec les radicaux peroxyles créés lors de l’étape de propaga-
tion de l’oxydation de la même manière que dans le modèle établi pour l’antioxydant
phénolique seul. Ce modèle prédit fidèlement la cinétique de consommation des an-
tioxydants dans les deux matrices PELX étudiées. Un léger effet antagoniste entre les
actions des deux antioxydants a été constaté. A l’aide des données expérimentales
mesurées aux différentes échelles structurales (par spectrométrie IR-TF, DSC et trac-
tion uniaxiale), nous avons déterminé trois temps équivalents caractérisant la durée de
la période d’induction : le temps de consommation totale des antioxydants (t AO ), le
temps d’induction à l’oxydation (tind ) et le temps de début de fragilisation (t f ri ). Nous
avons également montré qu’il existe une corrélation simple entre la durée de la période
d’induction et le temps de fragilisation (t f r50 ) des gaines d’isolation en PELX. Ainsi, le
modèle cinétique permet non seulement de calculer la durée de consommation totale
des antioxydants, mais aussi la durée de vie des gaines d’isolation en PELX.
257
Conclusion générale
Comme pour le PVC, nous avons exploré l’effet possible de l’âme métallique lors
du vieillissement thermique des gaines d’isolation en PELX. Nous avons trouvé que le
cuivre ne modifie probablement pas (ou peu) la cinétique de vieillissement thermique.
Pour les deux types de matériaux (PVC et PELX), nous avons recherché un in-
dicateur de vieillissement pertinent pour caractériser le potentiel de vie restant du
matériau. Il s’agit de la concentration de la phase non-dissoute du plastifiant [ Insol ]
pour le PVC, et de la concentration des antioxydants (exprimée au travers du TIO)
pour le PELX.
Malgré ces résultats prometteurs, obtenus grâce aux outils de prédiction du vieil-
lissement thermique développés lors de cette thèse, certaines questions sont restées en
suspens, ouvrant ainsi la voie à des perspectives de recherche. Tout d’abord, le modèle
de perte physique du plastifiant prédit la présence de nodules de plastifiant pur dans
une matrice PVC faiblement plastifiée. Or, leur détection à température ambiante par
imagerie MEB s’est révélée impossible. En réalisant l’imagerie à froid en particulier, en
dessous de la température de transition vitreuse du plastifiant, nous aurions probable-
ment pu les observer. L’imagerie AFM pourrait également être utile à cet effet.
258
Conclusion générale
Deux questions relatives à la perte de masse des gaines en PVC restent en suspens,
car elles dépassent le cadre de cette thèse. Par quel mécanisme la deshydrochloruration
contribue-t-elle de façon aussi significative à la perte de masse du PVC T3? Comment
l’oxygène accélère-t-il la deshydrochloruration?
Le dernier axe de perspectives qui s’ouvre est sur les propriétés diélectriques et
leur évolution lors du vieillissement thermique. Nous avons vu que pour deux types
de matériaux (PVC et PELX), le vieillissement thermique influence de manière plus
significative les propriétés mécaniques que les propriétés diélectriques. Néanmoins,
il est possible de trouver une relation structure-propriété pour les paramètres diélec-
triques qui prédit l’évolution de ε0 causée par l’apparition des espèces oxydées polaires
(A.140). La validité de cette relation pourrait être d’abord testée sur la matrice PELX
car les différents produits d’oxydation formés pendant son vieillissement thermique
(hydroxyles et carbonyles) sont relativement bien identifiés maintenant. Avec la con-
naissance de l’évolution de la concentration de ces produits d’oxydation, la prédiction
259
Conclusion générale
260
Communications et publications
PE
[Link], [Link], [Link]. Physico-chemical modeling of insulating materi-
als used in automotive harness: Taking into account of ageing while sizing. Advances
Automotive Cabling 2014, 24-26 juin 2014, Sindelfingen, Allemagne.
[Link], [Link], [Link]. Ageing of PVC cable insulators used in automotive in-
dustry. Heterogeneos modeling of the physical loss of plasticizer. Polymer Degradation
and Discussion Group (PDDG) 2015, 30 août – 3 septembre 2015, Stockholm, Suède.
[Link], [Link], [Link]. Degradation of XLPE and PVC cable insulators. 2015
IEEE Conference on Electrical Insulation and Dielectric Phenomena (CEIDP), 2015, p.656-
659, DOI: 10.1109/CEIDP.2015.7352022.
261
Annexes
263
Annexes
A.2.1 PE et PVC
ε PEP ' 2, 20
LL
ε PEP ' 2, 16
V
ε PVCP ' 3, 28
LL
Ces valeurs sont en bon accord avec les valeurs expérimentales ε PE ' 2, 25 − 2, 35 et
ε PVC ' 2, 8 − 3, 3 rapportées dans la littérature [35], [179], [126], [159].
A.2.2 Plastifiants
La même approche peut être adoptée pour les plastifiants DnDP et TiDTM des PVC
T2 et T3 respectivement. Pour ces deux molécules organiques, l’utilisation des valeurs
du Tab.A.2 et l’application des formules (1.42) et (1.43) donne :
ε DnDPP ' 2, 52
LL
ε DnDPP ' 2, 64
V
ε TiDTMP ' 2, 47
LL
264
A.2. Vieillissement et impact sur les propriétés diélectriques
ε = n2
Cette valeur est proche des deux valeurs de ε DnDP et ε TiDTM calculées précédemment.
Nous avons vu qu’il existe un grand nombre de lois pour prédire la constante
diélectrique d’un milieu effectif ε eff constitué de plusieurs phases connaissant leur pro-
Tableau A.3 – Valeurs de ε eff calculées avec les lois ε eff,s et ε eff,p , (PPVC pour PVC plas-
tifié).
265
Annexes
priétés respectives. Nous avons choisi d’utiliser, parmi les relations (1.45)-(1.47) pro-
posées dans la partie bibliographique, les deux lois les plus simples (1.46) et (1.45) car
les autres nécessitent la connaissance de paramètres supplémentaires dont les valeurs
ne sont pas à notre disposition. Les deux matrices PELX sont composées de deux
phases : la matrice polymère et les charges minérales (talc). En revanche, les deux
matrices PVC contiennent trois phases : la matrice, le plastifiant et les charges. Pour
calculer le ε eff pour ces dernières, il faut d’abord calculer ε eff du PVC plastifié avant
d’ajouter la contribution des charges minérales. La comparaison des valeurs théoriques
266
A.3. Cas de plusieurs espèces polaires dans un polymère
P= ∑ Ni αi Eli , (A.137)
i
P = ε 0 E ( ε − 1). (A.138)
εi − 1 Ni αi
= 0 , (A.139)
εi + 2 3ε 0
Ni ε i − 1
ε s = 1 + 3Σi . (A.140)
Ni0 ε i + 2
Cette formule est valable pour un mélange homogène composé de plusieurs espèces i
à condition que toutes les espèces ’voient’ le même champ local Eli (équation (1.37)), ε s
ε −1
est la constante diélectrique résultante. Le terme i peut également être exprimé à
εi + 2
l’aide de l’équation (1.42).
267
Annexes
PVC T2 100°C
0.06
0000h
1935h
Densité optique
0.04 6403h
7846h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
PVC T2 125°C
0.06
000h
211h
Densité optique
0.04 426h
501h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
PVC T2 135°C
0.06
000h
189h
Densité optique
0.04 351h
526h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
268
A.4. Évolution des spectres IR-TF au cours du vieillissement thermique
PVC T2 150°C
0.06
000h
044h
Densité optique
0.04 096h
119h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
PVC T3 125°C
0.06
0000h
1741h
Densité optique
0.04 3715h
5105h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
PVC T3 135°C
0.06
0000h
1340h
Densité optique
0.04 2346h
3410h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
269
Annexes
PVC T3 150°C
0.06
000h
320h
Densité optique
0.04 561h
725h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
PVC T3 175°C
0.06
000h
066h
Densité optique
0.04 091h
115h
138h
0.02
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
PELX T3 125°C
0.05
0000h
0.04 4084h
Densité optique
6182h
0.03 8098h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
270
A.4. Évolution des spectres IR-TF au cours du vieillissement thermique
150°C
0.05
0000h
0.04 1503h
Densité optique
1912h
0.03 2352h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
175°C
0.05
000h
0.04 306h
Densité optique
408h
0.03 549h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
200°C
0.05
00h
0.04 33h
Densité optique
77h
0.03 82h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
271
Annexes
150°C
0.05
0000h
Densité optique
0.04 1565h
0.03 1976h
4511h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
175°C
0.05
000h
0.04 483h
Densité optique
642h
0.03 807h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
200°C
0.05
00h
0.04 24h
Densité optique
43h
0.03 61h
0.02
0.01
0
4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000
−1
Nombre d’onde, cm
272
A.5. Modélisation du vieillissement thermique du PVC T2
0.8
0.3
[Plast] (mol/l)
[Sol] (mol/l)
0.6
0.2
0.4
0.1
0.2
0 0
0 2000 4000 6000 0 2000 4000 6000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Température de transition vitreuse Plastifiant non−dissout
90 0.5
80 0.4
[Insol] (mol/l)
70 0.3
Tg, °C
60 0.2
50 0.1
40 0
0 2000 4000 6000 0 2000 4000 6000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
273
Annexes
0.8
0.3
[Plast] (mol/l)
[Sol] (mol/l)
0.6
0.2
0.4
0.1
0.2
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Température de transition vitreuse Plastifiant non−dissout
90 0.5
80 0.4
[Insol] (mol/l)
70 0.3
Tg, °C
60 0.2
50 0.1
40 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
274
A.5. Modélisation du vieillissement thermique du PVC T2
0.8
0.3
[Plast] (mol/l)
[Sol] (mol/l)
0.6
0.2
0.4
0.1
0.2
0 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Température de transition vitreuse Plastifiant non−dissout
90 0.5
80 0.4
[Insol] (mol/l)
70 0.3
Tg, °C
60 0.2
50 0.1
40 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
275
Annexes
0.16
Tg, K
340
0.14
0.12 330
0.1 320
0.08
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Plastifiant non dissout
0.8
0.6
[Insol] (mol/l)
0.4
0.2
0
0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h
Concentration totale en plastifiant Pertes de masse
1.5 0
−0.1
(m−mo)/mo, g/g
[Plast], mol/L
1
−0.2
−0.3
0.5
−0.4
0 −0.5
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps de vieillissement, h temps de vieillissement, h
276
A.6. Modélisation du vieillissement thermique du PVC T3
(a)
(b)
Figure A.6 – Modélisation des profils de plastifiant TiDTM lors du vieillissement ther-
mique à 150◦ C du PVC T3. Profils des concentrations (a) non-dissoute [ Insol ] et (b)
dissoute [Sol ].
277
Annexes
0.15 350
[Sol] (mol/l)
Tg, K
340
0.1
330
0.05
320
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Plastifiant non dissout
0.8
0.6
[Insol] (mol/l)
0.4
0.2
0
0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de vieillissement, h
Concentration totale en plastifiant Pertes de masse
1 0
0.8 −0.1
(m−mo)/mo, g/g
[Plast], mol/L
0.6 −0.2
0.4 −0.3
0.2 −0.4
0 −0.5
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 2000 4000 6000
Temps de vieillissement, h temps de vieillissement, h
278
A.6. Modélisation du vieillissement thermique du PVC T3
(a)
(b)
Figure A.8 – Modélisation des profils de plastifiant TiDTM lors du vieillissement ther-
mique à 135◦ C du PVC T3. Profils des concentrations (a) non-dissoute [ Insol ] et (b)
dissoute [Sol ].
279
Annexes
0.215 350
[Sol] (mol/l)
Tg, K
340
0.21
330
0.205
320
0.2
0 2000 4000 6000 0 2000 4000 6000
Temps de vieillissement, h Temps de vieillissement, h
Plastifiant non dissout
0.8
0.7
[Insol] (mol/l)
0.6
0.5
0.4
0 2000 4000 6000
Temps de vieillissement, h
Concentration totale en plastifiant Pertes de masse
1 0
0.8
(m−mo)/mo, g/g
−0.1
[Plast], mol/L
0.6
−0.2
0.4
−0.3
0.2
0 −0.4
0 2000 4000 6000 0 2000 4000 6000
Temps de vieillissement, h temps de vieillissement, h
280
A.6. Modélisation du vieillissement thermique du PVC T3
(a)
(b)
Figure A.10 – Modélisation des profils de plastifiant TiDTM lors du vieillissement ther-
mique à 125◦ C du PVC T3. Profils des concentrations (a) non-dissoute [ Insol ] et (b)
dissoute [Sol ].
281
Annexes
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