Analyse (MP) - 2e - J.M.Monier
Analyse (MP) - 2e - J.M.Monier
Jean-Marie Monier
Professeur en classe de Spéciales
au lycée La Martinière-Montplaisir à Lyon
5e édition
Maquette intérieure : Lasertex
Couverture : Bruno Loste
Cours
1.3 Compacité 58
1.3.1 Généralités 58
1.3.2 Cas de la dimension finie 62
1.4 Complétude 66
1.4.1 Suites de Cauchy 66
1.4.2 Parties complètes 68
1.4.3 Supplément : théorème du point fixe 71
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
VIII
Table des matières
X
Préface
Jeune lycéen, j'avais, pour les manuels scolaires, une vénération quasi-religieuse. Que représentaient pour moi ces livres
qu'une main zélée avait soigneusement recouverts en début d'année ? Je ne saurais le dire avec précision : ils conte-
naient, sans doute, la Vérité. A mon sens, par exemple, un théorème ne pouvait être énoncé que dans le scrupuleux res-
pect des termes de l'ouvrage ; approximative, la restitution n'était pas valable. L'utilisation, par les professeurs, des po-
lycopiés (rappels et compléments de cours, énoncés de problèmes ...) n'était pas, alors, habituelle ; je pense, aujourd'hui,
que cela était dû bien plus aux difficultés de reprographie qu'à un non-désir de ces professeurs d'imprimer leur griffe
personnelle par le choix d'exercices originaux. Ils se référaient constamment aux manuels, en suivaient fidèlement la
progression, y puisaient les exercices. Je me souviens, d'ailleurs, d'avoir été troublé quand, en Terminale, mon profes-
seur de Math., que je révérais aussi, se permettait parfois quelques critiques à l'égard d'un ouvrage qu'il nous avait pour-
tant conseillé ! Quant aux auteurs de ces livres, ils restaient énigmatiques : qui étaient ces demi-dieux détenteurs du
Savoir ?
Plus tard, mes rapports d'étudiant avec les manuels didactiques ont, évidemment, évolué, mais je crois avoir, naïvement
sans doute, conservé cette approche faite d'envie et de respect qui m'empêche, par exemple, de porter des annotations
en marge – je ne jouerai pas la farce d'un Pierre de Fermat ! – et cet a priori favorable qui me rendrait difficile la ré-
daction d'une critique objective.
Heureusement, tel n'est pas mon propos aujourd'hui ! Mais j'ai voulu, par ces quelques mots, souligner l'importance ca-
pitale – même dans le subconscient de chacun – de ces livres de cours sur lesquels vous travaillez durant vos études et
qui vous accompagnent toute votre vie.
Aucun professeur, fût-il auteur de manuels, ne songerait à conseiller un livre en remplacement d'un enseignement vi-
vant et vécu. Mais, le cours imprimé, s'il est fidèle à la lettre et à l'esprit du programme d'une classe, peut aider, de façon
très importante, l'étudiant consciencieux. Celui-ci, surtout lorsqu'il est débutant, trouvera la sécurité dont il a besoin dans
un plan clair, précis, rigoureux, dans une présentation particulièrement soignée où les diverses polices de caractères sont
judicieusement alternées, dans la vision d'ensemble des questions dont traite l'ouvrage. Il y recherchera, avec la certi-
tude de les obtenir, telle démonstration qu'il n'a pas bien comprise, tel exemple ou contre-exemple qui l'aidera à mieux
assimiler une notion, la réponse à telle question qu'il n'a pas osé poser sinon à lui-même...
Pour que le livre joue ce rôle d'assistant – certes passif mais constamment disponible – il doit, je pense, être proche des
préoccupations immédiates de l'étudiant, ne pas exiger, pour sa lecture, un savoir qui n'a pas encore été acquis, ne pas
rebuter par l'exposé trop fréquent de notions trop délicates ; mais il doit, cependant, contenir une substance suffisante
pour constituer les solides fondations sur lesquelles s'échafaude la pyramide du savoir scientifique.
On l'imagine, dès lors, aisément : l'écriture d'un tel manuel, à l'intention des étudiants des classes préparatoires ou d'un
premier cycle universitaire, demande, à côté de la nécessaire compétence, des qualités pédagogiques certaines, affinées
par une longue expérience professionnelle dans ces sections, une patience et une minutie rédactionnelles inouïes.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Jean-Marie Monier a eu le courage de se lancer dans ce gigantesque travail et les ouvrages qu'il nous propose aujour-
d'hui – après les recueils d'exercices qui ont eu le succès que l'on sait – montrent qu'il a eu raison : il a, me semble-t il,
pleinement atteint le but qu'il s'était fixé, à savoir rédiger des livres de cours complets à l'usage de tous les étudiants
et pas seulement des polytechniciens en herbe. Les nombreux ouvrages d'approfondissement ou de spécialité seront,
évidemment, lus et savourés plus tard, ... par ceux qui poursuivront. Pour l'instant, il faut, à l'issue de la Terminale,
assimiler complètement les nouvelles notions de base (la continuité, la convergence, le linéaire...) ; le lecteur est guidé,
pas à pas, par une main sûre qui le tient plus fermement dès qu'il y a danger : les mises en garde contre certaines erreurs
sont le fruit de l'observation répétée de celles-ci chez les élèves.
A tout instant, des exercices sont proposés qui vont l'interpeller : il sera heureux de pouvoir, quelques dizaines de pages
plus loin, soit s'assurer que, par une bonne démarche il est parvenu au bon résultat, soit glaner une précieuse indica-
tion pour poursuivre la recherche : le livre forme un tout, efficace et cohérent.
XI
Préface
J'ai dit quel rôle majeur dans la formation d'un jeune esprit scientifique peut jouer un manuel qui lui servira de réfé-
rence pendant longtemps. Sa conception, sa rédaction, sa présentation sont, alors, essentielles : on ne peut que viser à
la perfection !
C'est tout le sens du travail effectué par Jean-Marie Monier avec une compétence, un goût, une constance admirables,
depuis le premier manuscrit jusqu'aux ultimes corrections, dans les moindres détails, avant la version définitive.
Ces ouvrages qui répondent à un réel besoin aujourd'hui, seront, j'en suis persuadé, appréciés par tous ceux à qui ils
s'adressent – par d'autres aussi sans doute – ceux-là mêmes qui, plus tard, diront : « Ma formation mathématique de
base, je l'ai faite sur le MONIER ! ».
H. Durand
Professeur en Mathématiques Spéciales PT*
au lycée La Martinière Monplaisir à Lyon
XII
Avant-propos
Ce Cours de Mathématiques avec exercices corrigés s'adresse aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles
(2e année MP-MP*), aux étudiants du premier cycle universitaire scientifique et aux candidats aux concours de recru-
tement de professeurs.
Le plan en est le suivant :
Analyse MPSI : Analyse en 1re année
Algèbre MPSI : Algèbre en 1re année
Géométrie MPSI : Géométrie en 1re année
Analyse MP : Analyse en 2e année
Algèbre et géométrie MP : Algèbre et géométrie en 2e année.
Cette nouvelle édition répond aux besoins et aux préoccupations des étudiant(e)s.
Une nouvelle maquette, à la convivialité accrue, assure un meilleur accompagnement pédagogique. Le programme
officiel est suivi de près ; les notions ne figurant pas au programme ne sont pas étudiées dans le cours. Des exercices-
types résolus et commentés, incontournables et cependant souvent originaux, aident le lecteur à franchir le passage du
cours aux exercices. Les très nombreux exercices, progressifs et tous résolus, se veulent encore plus accessibles et per-
mettent au lecteur de vérifier sa bonne compréhension du cours.
Des compléments situés à la limite du programme sont traités, en fin de chapitre, sous forme de problèmes corrigés.
J'accueillerai avec reconnaissance les critiques et suggestions que le lecteur voudra bien me faire parvenir aux bons
soins de Dunod, éditeur, 5, rue Laromiguière, 75005 Paris.
Jean-Marie Monier
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
XIII
Pour bien utiliser
La page d’entrée de chapitre
Elle propose une introduction au cours, un
rappel des prérequis et des objectifs, ainsi
qu’un plan du chapitre.
φφ
φ
φ φφ
∗
( ) ∗
∗ ∗ ∗
∗ ∗ ∗
λ
λ ∗ ∗∗
λ
λλ
Le cours λ
∗
λ
la lecture.
La colonne de gauche fournit des remarques
pédagogiques qui accompagnent l’étudiant
dans l’assimilation du cours. Il existe quatre Les pictogrammes dans la marge
types de remarques, chacun étant identifié par Algè
bre Mon
ier
onier
èbre M
r A lg
n ie
Mo
démonstration…).
tr i e
Géomé
Les exercices-types résolus
XIV
cet ouvrage
Les méthodes à retenir φ
−
− −
−
−
φ
connaître. φ
φ
φ
φ
−
−−
− −
−−
−
−
π − −
π
−
−
π
−
π
−
−
π
− π
Dans chaque chapitre,à la fin d’une sous-partie,
−
−
des énoncés d’exercices sont proposés pour
−α −
−β
−α −
−β
s’entraîner. La difficulté de chaque exercice est
β −
−
β −
−
− indiquée sur une échelle de 1 à 4.
A la fin de certains chapitres,des énoncés de pro-
β α π
−α −
α
−β β− α
−α − π
−
−
−
blèmes proposent d’aller plus loin.
−
−
−
α
− π
− β
α · α
∗
α ∗
λ
α
−
−
−
−
− − −
λ λ
λ
λ
λ
α λ
α λ
λ
λ
α λ
XV
Chapitre 3 • Suites numériques
Remerciements
Je tiens ici à exprimer ma gratitude aux nombreux collègues qui ont accepté de réviser des parties du manuscrit ou de
la saisie: Robert AMBLARD, Bruno ARSAC, Chantal AURAY, Henri BAROZ, Alain BERNARD, Isabelle
BIGEARD, Jacques BLANC, Gérard BOURGIN, Gérard-Pierre BOUVIER, Gérard CASSAYRE, Gilles CHAF-
FARD, Jean-Yves CHEVROLAT, Jean-Paul CHRISTIN, Yves COUTAREL, Catherine DONY, Hermin DURAND,
Jean FEYLER, Nicole GAILLARD, Marguerite GAUTHIER, Daniel GENOUD, Christian GIRAUD, Alain GOU-
RET, André GRUZ, André LAFFONT, Jean-Marc LAPIERRE, Jean-Paul MARGIRIER, Annie MICHEL, Rémy
NICOLAÏ, Michel PERNOUD, Jean REY, René ROY, Philippe SAUNOIS, Patrice SCHWARTZ et Gérard SIBERT.
Enfin, je remercie vivement les Éditions Dunod, Gisèle Maïus, Bruno Courtet, Michel Mounic, Nicolas Leroy et
Dominique Decobecq, dont la compétence et la persévérance ont permis la réalisation de ces volumes.
Jean-Marie Monier
XVI
Cours
Espaces vectoriels CHAPITRE 1
normés
Plan Introduction
1.1 Vocabulaire Les notions d’analyse relatives aux suites et fonctions réelles ou complexes
de la topologie qui ont servi de base à l’enseignement de première année vont être généra-
d’un espace lisées au cas d’espaces vectoriels, souvent de dimension finie, munis de
vectoriel normé 4 normes. Une première approche a déjà été faite lors de l’étude élémentaire
Exercices 10, 13, 25, 28, des fonctions de deux variables réelles, Analyse MPSI, ch. 11.
30, 38
Une attention particulière est portée aux espaces préhilbertiens, c’est-à-dire
les espaces vectoriels réels ou complexes munis d’un produit scalaire (et
1.2 Limites, continuité 39
non nécessairement de dimension finie).
Exercices 48, 51, 57
1.6 Espaces
Objectifs
préhilbertiens 76 • Généralisation des notions d’analyse relatives aux réels et aux com-
Exercices 82, 88, 95, 98 plexes (convergence de suites, limites, continuité) vues en première
année, au cas des espaces vectoriels normés
Problèmes 98 • Acquisition du vocabulaire topologique : voisinages, parties ouvertes,
parties fermées, intérieur, adhérence, frontière, parties denses, ...
• Mise en évidence d’applications remarquables et fréquemment rencon-
trée : applications continues, uniformément continues, lipschitziennes,
homéomorphismes
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
3
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Définition
On appelle norme sur un K -ev E toute application N : E −→ R telle que :
(i) : positive-homogénéité
(i) ∀ λ ∈ K, ∀ x ∈ E, N (λx) = |λ|N (x)
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
(ii) : non-dégénérescence
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
(ii) ∀ x ∈ E, (N (x) = 0 ⇒ x = 0)
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
On rajoute quelquefois : (iii) ∀ (x,y) ∈ E 2 , N (x + y) N (x) + N (y).
n ie
Mo
ier
bre Mon
On appelle espace vectoriel normé (en abrégé evn) tout couple (E,N ) où E est un
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Vérifions que les applications ||.||1 , ||.||2 , ||.||∞ : Kn −→ R ainsi définies sont des
normes. Les calculs suivants sont valables pour tous x = (x1 ,. . . ,xn ),y = (y1 ,. . . ,yn )
de Kn et λ de K .
n
n
a) (i) ||λx||1 = |λxk | = |λ| |xk | = |λ| ||x||1
k=1 k=1
n
(ii) ||x||1 = 0 ⇐⇒ |xk | = 0 ⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, |xk | = 0)
k=1
n
n
n
n
(iii) ||x + y||1 = |xk + yk | (|xk | + |yk |) = |xk | + |yk | = ||x||1 + ||y||1 .
k=1 k=1 k=1 k=1
n
1 n 1 n
1
2 2 2
|λxk |2 = |λ|2 |xk |2 = |λ| |xk |2 = |λ| ||x||2
b) (i) ||λx||2 =
k=1 k=1 k=1
n
|xk |2 = 0 ⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, |xk |2 = 0) ⇐⇒ x = 0
(ii) ||x||2 = 0 ⇐⇒
k=1
On a vu, dans Algèbre MPSI, que
(iii) L'inégalité ||x + y||2 ||x||2 + ||y||2 est acquise pour K = R d'après l'étude des pro-
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
duits scalaires (cf. Algèbre MPSI, 10.1.2 Th. 2). Nous allons cependant en donner une preu-
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
⇐⇒
Schwarz dans Kn.
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo er
étr ie Moni
éom
k=1
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
n n
r Al
gèbr
e Monie
r
L’implication réciproque, de symbole ⇐⇒ Ré x k yk ||x||2 ||y||2 ⇐
x k yk ||x||2 ||y||2
⇒
ni e
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
k=1 k=1
G
onier
èbre M
Mo
n ier Alg
tr i e
Géomé
|xk |2 |yl |2
⇐⇒ xk y k x l yl
1k,l n 1k,l n
|xk yl − xl yk |2 0.
⇐⇒
1k<l n
La norme ||.||2 est appelée la norme euclidienne usuelle sur Rn si K = R , la norme her-
mitienne usuelle sur Cn si K = C .
c) (i) ||λx||∞ = Max (|λxk |) = |λ| Max |xk | = |λ| ||x||∞
1k n 1k n
= ||x||∞ + ||y||∞ .
2) Pour tout n de N∗ et tout p de [1; +∞[, l'application :
||.|| p : Kn −→ R
n 1
p
x = (x1 ,. . . ,xn ) −→ |xk | p
k=1
r
re Monie
lgèb
Kn ,
ni er A
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
Les normes ||.||1 et ||.||2 de l'exemple 1) sont des cas particuliers de ||.|| p , p = 1, p = 2 .
notation ||.||∞.
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
3) Soit X un ensemble non vide ; l'ensemble B(X; K) des applications bornées de X dans K
Cf. Analyse MPSI § 4.1.8 Prop. 3.
bre G
ie r Algè
on
est un K -ev.
M
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
5
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Réviser les propriétés de la norme ||.||∞ En effet, pour tous f,g de B(X; K) et tout λ de K :
n ie
onier
èbre M
(i)
n ie
Mo
tr i e
Géomé
x∈X x∈X
La norme ||.||∞ sur B(X; K) est appelée norme de la convergence uniforme car
(cf. 5.1.1) une suite ( f n )n converge uniformément vers f sur X si et seulement si :
Il existe N ∈ N tel que, pour tout n N , f n − f ∈ B(X; K)
|| f n − f ||∞ −→ 0.
n∞
4) Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, et E = C([a; b],K) le K -ev des applications continues
de [a; b] dans K . Considérons, pour toute f de E , les réels || f ||1 , || f ||2 définis par :
b b 12
2
|| f ||1 = | f |, || f ||2 = |f| .
a a
Vérifions que les applications ||.||1 ,||.||2 : C([a; b],K) −→ R ainsi définies sont des
normes. On a, pour tous f,g de C([a; b],K) et tout λ de K :
b b
a) (i) ||λ f ||1 = |λ f | = |λ| | f | = |λ| || f ||1
a a
b
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
(ii) || f ||1 = 0 ⇐⇒ | f | = 0 ⇐⇒ f = 0 ,
La continuité de f est ici essentielle. a
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
bre G
éom é
r
onier
èbre M
r Alg
| f + g|
n ie
|| f + g||1 (| f | + |g|)
Mo
Géomé
tr i e
(iii) =
a a
b b
= |f|+ |g| = || f ||1 + ||g||1 .
a a
b 21 b 12 b 12
2 2 2
b) (i) ||λ f ||2 = |λ f | = |λ|2 |f| = |λ| |f| = |λ| || f ||2
a a a
b
(ii) || f ||2 = 0 ⇐⇒ | f |2 = 0 ⇐⇒ f = 0,
a
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Mo
n ie
r Algè
éom
bre G
étr ie M
éom é
onier
b 2 b b
G
onier
èbre M
2 2
r Alg
f g f .
n ie
Mo
Géomé
tr i e | | |g|
a a a
5) Plus généralement, avec les notations de 4), pour tout p de [1,+∞[, l'application :
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r Algè
bre G
r
éom é
Cf. Analyse MPSI, 6.2.5 Théorème, pour ||.|| p : C([a; b],K) −→ R
le cas réel,et plus loin § 2.3.4 2) th.3 pour
n ie
Mo
onier
étr ie M
1p
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
b
Géomé
tr i e
le cas complexe. p
f −→ |f|
a
r
re Monie
lgèb
ni er A
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
ni e r Al
gèbr
e Monie
r
Pour toute f de C([a; b],K), || f || p −→ Sup | f (x)|, ce qui justifie ici la notation || f ||∞ .
p∞ x∈[a;b]
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
6
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
ier
tr i e
Géomé
exprime la distance à l’aide de la norme. Soit (E,||.||) un evn ; on appelle distance associée à ||.||l'application d : E 2 −→ R
• La formule définie par : ∀(x,y) ∈ E 2 , d(x,y) = ||x − y||.
||x|| = d(0,x)
exprime la norme à l’aide de la distance. En particulier : ∀x ∈ E, d(0,x) = ||x|| .
Proposition 1
Soient (E,||.||) un evn et d la distance associée à ||.||.
On a :
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
1) : symétrie 1) ∀(x,y) ∈ E 2 , d(y,x) = d(x,y)
Mo
onier
étr ie M
éom
G
2) ∀(x,y) ∈ E 2 , (d(x,y) = 0 ⇐⇒ x = y)
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
2) : séparation
tr i e
Géomé
Preuve
1) d(y,x) = ||y − x|| = || − (x − y)|| = ||x − y|| = d(x,y)
2) d(x,y) = 0 ⇐⇒ ||x − y|| = 0 ⇐⇒ x − y = 0 ⇐⇒ x = y
3) d(x,z) = ||x − z|| = ||(x − y) + (y − z)|| ||x − y|| + ||y − z|| = d(x,y) + d(y,z)
4) d(λx,λy) = ||λx − λy|| = ||λ(x − y)|| = |λ| ||x − y|| = |λ|d(x,y)
5) d(x + z,y + z) = ||(x + z) − (y + z)|| = ||x − y|| = d(x,y). 䊏
Remarques :
1) Soit E un ensemble ; on appelle distance sur E toute application d : E 2 −→ R satisfaisant
les conditions 1), 2), 3) précédentes. On appelle espace métrique tout couple (E,d) où E est
un ensemble et d une distance sur E .
2) Si E est un K -ev et d : E 2 −→ R une application satisfaisant les cinq conditions 1), 2), 3),
4), 5) précédentes, alors il existe une norme et une seule ||.|| sur E telle que :
∀(x,y) ∈ E 2 , d(x,y) = ||x − y|| .
r
re Monie
lgèb
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
3) Les propriétés 3), 4), 5) peuvent être interprétées graphiquement (pour la norme eucli-
dienne usuelle dans R2 ) :
λy
d (λ
x,λ y
y )
λx
d( y
y, d (x, x+y
, y)
z) y y)
d (x
x
x
0
x z
d(x, z)
0
z x+z
7
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Preuve
1) ||x|| = ||(x − y) + y|| ||x − y|| + ||y||, d'où ||x|| − ||y|| ||x − y||.
En échangeant x et y : ||y|| − ||x|| ||y − x|| = ||x − y|| .
Ainsi ||x − y|| Max(||x|| − ||y||,||y|| − ||x||) = ||x|| − ||y||.
2) d(x,y) = ||x − y|| = ||(x − z) − (y − z)|| ||x − z|| − ||y − z|| = d(x,z) − d(y,z). 䊏
Exercice 1.1.2.
3) Construction de normes
a) Norme induite sur un sous-ev
tout sev de E .
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Il est clair que, pour tout sev de E , la • Pour toute partie X de E, l'application X × X −→ R est appelée distance
(x,y)−→d(x,y)
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
n
Soient n ∈ N∗ , (E k ,Nk )1k n des K -evn, E =
n
Ek = E1 × . . . × En .
E k . Considérons pour tout
k=1 k=1
x = (x1 ,. . . ,xn ) de E, les réels ν1 (x),ν2 (x),ν∞ (x) définis par :
Les définitions de v1 ,ν2 ,ν∞ n n
1
généralisent celles de || · ||1 , || · ||2 , 2
2
|| · ||∞ vues sur Kn (exemple 1) p.4).La ν1 (x) = Nk (xk ), ν2 (x) = (Nk (xk )) , ν∞ (x) = Max Nk (xk ).
1k n
preuve du fait que ce sont des normes est k=1 k=1
analogue à celle de l’exemple 1).
Les applications ν1 ,ν2 ,ν∞ sont des normes sur E, appelées normes standard sur
n
E k associées à N1 ,. . . ,Nn .
k=1
4) Algèbres normées
Rappels d’algèbre générale, cf. Algèbre Rappelons qu'une algèbre (ou K -algèbre) est un K -ev A muni d'une loi interne, notée ici •
MPSI.
ou par l'absence de symbole, telle que :
Si de plus • est commutative (resp. associative, resp. admet un neutre), on dit que A est une K -
algèbre commutative (resp. associative, resp. unitaire).
8
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Définition
Soient A une K -algèbre, N une norme sur le K -ev A.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Si N est compatible avec la multiplication 1) On dit que N est compatible avec la multiplication de A si et seulement si :
de A, alors il existe C ∈ R∗+ tel que :
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
∃ C ∈ R+ , ∀ (x,y) ∈ A2 ,
tr i e
Géomé
∀x ∈ A, N ′ (x) = C N (x)
On appelle K -algèbre normée tout couple (A,N ) où A est une K -algèbre et N une
norme d'algèbre sur A.
est une norme d’algèbre sur A.
Proposition
Pour tout ensemble non vide X, B(X; K) est une algèbre normée, la troisième loi
étant la multiplication.
Preuve
On sait déjà que B(X; K), || · ||∞ est un evn.
re Monie
r
De plus, B(X,K) est une algèbre et :
lgèb
er A
∀( f,g) ∈ B(X,K) ,
éom
䊏
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Nous verrons plus loin (§ 1.2.5 p. 53) que, si (E,|| · ||) est un K -evn, alors (LC(E),||| · |||) est
une K -algèbre normée.
∀x ∈ E, N (x) = d(0,x) ,
(ex. 1.1.2).
• Pour établir une inégalité faisant intervenir une norme (ex. 1.1.10), on pourra essayer d’appliquer judicieuse-
ment l’inégalité triangulaire.
9
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Exercices
1.1.1 Trouver toutes les normes sur le R -espace 1 p 1 q
a) Montrer : ∀ (a,b) ∈ (R+ )2 , a + b . ab
vectoriel R . p q
n
On note ||.|| p : K −→ R l'application définie par :
1.1.2 Soient E un K -ev, d : E 2 −→ R une application
telle que, pour tout (x,y,z) de E 3 et tout λ de K : n
1
p
1) d(y,x) = d(x,y) ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ Kn , ||(x1 ,. . . ,xn )|| p = |xk | p ,
2) d(x,y) = 0 ⇐⇒ x = y k=1
1.1.4 Soient E un K -ev, p ∈ N∗ , N1 ,. . . ,N p des normes 1.1.9 Normes de Hölder sur C([a; b],K)
p Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, E = C([a; b],K),
sur E , (α1 ,. . . ,α p ) ∈ R+ − {(0,. . . ,0)}, N : E −→ R
définie par : p
p ∈]1; +∞[, q = .
p−1
p
1 1
∀x ∈ E, N (x) = αk Nk (x). a) Montrer : ∀(α,β) ∈ (R+ )2 , αβ α p + β q
k=1 p p
(cf. exercice 1.1.8 a)).
Montrer que N est une norme sur E .
On note ||.|| p : E −→ R l'application définie par :
1.1.5 Soient E = C([0; 1],R), p ∈ N∗ , b 1p
( f 1 ,. . . , f p ) ∈ E p , N : R p −→ R l'application définie ∀ f ∈ E, || f || p = p
| f (t)| dt ,
par : a
1 p
p
∀(x1 ,. . . ,x p ) ∈ R , N (x1 ,. . . ,x p ) =
xk f k (t) dt.
et de même pour ||.||q .
0 k=1 b) Montrer, pour tout ( f,g) de E 2 :
Déterminer une CNS sur ( f 1 ,. . . , f p ) pour que N soit une b
norme sur R p . α) f g || f || p ||g||q
a
1.1.6 Soient E,F deux K -ev, ||.|| F une norme sur F , β) || f + g|| p || f || p + ||g|| p .
f ∈ L(E,F), N : E −→ R . c) En déduire que ||.|| p est une norme sur E , appelée
x −→ || f (x)|| F norme de Hölder.
Trouver une CNS sur f pour que N soit une norme sur E . d) Montrer, pour tout f de E : || f || −→ || f ||∞
p−→+∞
1.1.7 Soient n ∈ N∗, a0 . . . ,an ∈ R deux à deux distincts. où || f ||∞ = Sup | f (t)|.
On note : t∈[a;b]
n
N : Rn [X] −→ R , P −→ N (P) = |P(ak )| . 1.1.10 Soient (E,||.||) un evn, (a,b) ∈ (E − {0}) × E,
k=0
f : R −→ R . Montrer que f est convexe (c'est-à-
Montrer que N est une norme sur Rn [X]. t −→ ||ta + b||
dire :
1.1.8 Normes de Hölder sur Kn ∀ (u,v) ∈ R2 , ∀λ ∈ [0; 1],
p f (λu + (1 − λ)v) λ f (u) + (1 − λ) f (v),
Soient n ∈ N∗ , p ∈]1; +∞[, q =
p−1
1 1 cf. Analyse MPSI, 5.4.1 Déf.)
(donc + = 1 ).
p q
et que : lim f = +∞.
∓∞
10
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Définition
Soient a ∈ E , r ∈ R∗+ ; on définit les parties suivantes de E, appelées respective-
ment boule ouverte, boule fermée, de centre a et de rayon r :
Remarquer l’inégalité stricte pour la boule B(a; r) = {x ∈ E; d(a,x) < r}
ouverte, large pour la boule fermée.
B ′ (a; r) = {x ∈ E; d(a,x) r}.
B(a; r) = B(b; s)
ou
a=b
B ′ (a; r) = B ′ (b; s)
r
re Monie
⇐⇒
lgèb
ni er A
r =s
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e ou
S(a; r) = S(b; s)
Ainsi, une boule ouverte (resp. boule fermée, resp. sphère) de E n'a qu'un « centre » et qu'un
« rayon ».
On peut noter B E (a; r)au lieu de B(a; r) pour éviter des confusions, si plusieurs evn inter-
viennent.
Exemples :
Dans R2 , on peut représenter graphiquement les boules fermées de centre O et de rayon 1
pour les trois normes usuelles :
y y
y 1
1 1
O 1 x 1 O 1 x
1 O 1 x
B'. (0; 1)
B'. (0; 1) 2 1 B'. (0; 1)
1 1 ∞
Exercices 1.1.11 à 1.1.13.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Exercice-type résolu
On considère l’application
|x + t y|
N : R2 −→ R, (x,y) −→ N (x,y) = Sup .
t∈R 1 + t2
a) Montrer que N est une norme sur R2 .
b) Déterminer et tracer, dans R2 usuel, la boule fermée B N′ (0 ; 1).
11
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Solution Conseils
a) • Existence Ne pas oublier de montrer d'abord l'exis-
2 tence de N (x,y) pour tout (x,y) ∈ R2 .
Soit (x,y) ∈ R .
Soit t ∈ R.
|x + t y| |x| + |t||y| |x| + |y|
Si |t| 1, alors : |x| + |y|.
1 + t2 1 + t2 1 + t2
|x + t y| |x| + |t||y| |x| + t 2 |y|
Si |t| 1, alors : |x| + |y|.
1+t 2 1+t 2 1 + t2
|x + t y|
Ceci montre : ∀ t ∈ R, |x| + |y|,
1 + t2
|x + t y|
donc l'application t −→ est bornée, d'où l'existence de N (x,y).
1 + t2
• (i) On a, pour tout λ ∈ R et tout (x,y) ∈ R2 :
|λx + tλy| |x + t y|
N λ(x,y) = Sup = |λ| Sup
= |λ|N (x,y).
t∈R 1 + t 2
t∈R 1 + t
2
|x + t y| |x ′ + t y ′ |
Sup + Sup = N (x,y) + N (x ′ ,y ′ ). Propriété de la borne supérieure
t∈R 1+t 2
t∈R 1 + t2 d'une somme de deux fonctions.
⇐⇒ ∀ t ∈ R, −1 − t 2 x + t y 1 + t 2
2
t + yt + (1 + x) 0
⇐⇒ ∀ t ∈ R,
t 2 − yt + (1 − x) 0
y 2 − 4(1 + x) 0 y 2 4(x + 1)
⇐⇒ ⇐⇒ Propriété des trinômes réels : si un trinôme
(−y)2 − 4(1 − x) 0 y 2 4(−x + 1). réel du second degré garde un signe
constant sur tous les réels, alors son discri-
minant est 0.
12
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Solution Conseils
Les courbes
y C1 : y 2 = 4(x + 1)
2 C2 : y 2 = 4(−x + 1)
1 O 1 x
Exercices
1.1.11 Soient (E,|| ||) un evn, (a,b) ∈ E 2 , (r,s) ∈ (R∗+ )2 , 1.1.12 Soient E un K -ev, N1 ,N2 deux normes sur E ,
λ ∈ K − {0}. Montrer : a ∈ E, r ∈ R∗+ ; on suppose B N
′ (a; r)= B ′ (a; r).
1 N2
Définition 1
lgèb
re Monie
r
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
∃ M ∈ R+ , ∀ (x,y) ∈ A2 , d(x,y) M.
Proposition 1
Une partie A de E est bornée si et seulement si :
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
onier
r
ier
bre Mon
∃ C ∈ R+ , ∀x ∈ A, ||x|| C.
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
13
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Preuve
1) Supposons A bornée ; il existe M ∈ R+ tel que : ∀ (x,y) ∈ A2 , d(x,y) M.
Si A = ∅, il existe a ∈ A, et on a, pour tout x de A: ||x|| ||x − a|| + ||a|| M + ||a||.
2) Réciproquement, supposons qu'il existe C ∈ R+ tel que : ∀ x ∈ A,||x|| C.
On a alors :
∀(x,y) ∈ A2 , d(x,y) = ||x − y|| ||x|| + ||y|| 2C.
Remarque : Une partie A de E est bornée si et seulement s'il existe une boule fermée (ou
une boule ouverte) contenant A.
Définition 2
Soient X un ensemble, f : X −→ E une application ; on dit que f est bornée si et
seulement si f (X) est une partie bornée de E.
Définition 3
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Si A est une partie bornée non vide de
E ,l’ensemble {d(x,y);(x,y) ∈ A2 } Soit A une partie bornée et non vide de E.
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
donc admet une borne supérieure dans On définit le diamètre de A, noté diam (A), par : diam(A) = Sup d(x,y).
R,notée diam (A). (x,y)∈A2
Cependant,on ne définit pas de diamètre
pour ∅ . On peut noter, pour toute partie A non bornée et non vide de E : diam (A) = +∞. Alors, pour
toute partie non vide A de E : A est bornée si et seulement si diam (A) < +∞.
Proposition 2
1) Soient A,B ∈ P(E) telles que A ⊂ B. Si B est bornée, alors A est bornée ; si,
de plus, A = ∅ , alors : diam (A) diam (B).
n
2) Soient n ∈ N∗ ,A1 ,. . . An des parties bornées de E ; alors :
Ai est bornée.
i=1
3) Toute partie finie de E est bornée.
Preuve
1) Immédiat.
2) Puisque A1 ,. . . ,An sont bornées, il existe C1 ,. . . ,Cn ∈ R+ tels que :
∀i ∈ {1,. . . ,n}, ∀x ∈ Ai , ||x|| Ci .
n n
En notant C = Max Ci , on a alors : ∀x ∈ Ai , ||x|| C, ce qui montre que Ai est bornée.
1i n
i=1 i=1
3) Se déduit de 2) en remarquant que tout singleton est borné. 䊏
1.1.4 Voisinages
Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Autrement dit, un voisinage de a dans Définition 1
E est une partie de E qui contient au
r Algè
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
14
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Proposition 1
Soit a ∈ E .
lgèb
re Monie
r
(i) Tout voisinage de a contient a
(i) ∀V ∈ V E (a), a ∈ V
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
tr i e
Géomé
Preuve
(i) et (ii) : immédiat.
(iii) Puisque V1 ,. . . ,Vn ∈ V E (a), il existe r1 ,. . . ,rn dans R∗+ tels que :
B(a; ri ) ⊂ Vi .
∀i ∈ {1,. . . ,n},
n
n
En notant r = Min ri , on a r > 0 et B(a; r) = B(a; ri ) ⊂ Vi . 䊏
1i n
i=1 i=1
Remarques :
1) La propriété (ii) ci-dessus montre que, pour toute famille (Vi )i∈I de voisinage de a, Vi
i∈I
lgèb
re Monie
r
1 1 est un voisinage de a.
− ; = {0}
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
n n
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
n∈N∗
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 2
Preuve
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
1
a b Il suffit de prendre V = B(a; r),W = B(b; r), où r = d(a,b). 䊏
2
r Algè
bre G
éom é
r
Ainsi, Ω est un ouvert de E si et
seulement si Ω est voisinage (dans E )
n ie
∀x ∈ Ω, Ω ∈ V E (x).
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
15
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Exemple :
Toute boule ouverte de E est un ouvert de E .
r
En effet, pour tout (a,r) de E × R∗+ , et tout x de x
B(a; r), on a : a
Proposition 1
Remarquer la dissymétrie entre les
propriétés relatives à la réunion (pour une (i) ∅ et E sont des ouverts de E.
famille quelconque) et à l’intersection
(pour une famille finie.)
(ii) Pour tout ensemble I et toute famille (Ωi )i∈I d'ouverts de E, Ωi est un ouvert
i∈I
de E
n
(iii) Pour tout n de N∗ et tous ouverts Ω1 ,. . . ,Ωn de E,
Ωi est un
i=1
ouvert de E.
Preuve
On se ramène ici aux propriétés des
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
(i) Immédiat.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
voisinages.
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
(ii) Soit x ∈ Ωi ; il existe i 0 ∈ I tel que x ∈ Ωi0 . Puisque Ωi0 est un ouvert
i∈I
de E,Ωi0 ∈ V E (x) ; comme Ωi0 ⊂ Ωi , on en déduit (cf. 1.1.4 Prop. 1 (ii) p. 15) :
i∈I
Ωi ∈ V E (x).
i∈I
Ceci montre que Ωi est un ouvert de E .
i∈I
n
(iii) Soit x ∈ Ωi ; pour tout i de {1,. . . ,n}, Ωi ∈ V E (x), donc (cf. 1.1.4 Prop. 1 (iii) p. 15) :
i=1
n
n
Ωi ∈ V E (x). Ceci prouve que Ωi est un ouvert de E . 䊏
i=1 i=1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Plus généralement, pour tout evn Remarque : L'intersection d'une famille infinie d'ouverts peut ne pas être un ouvert.
E = {0} , tout singleton de E n'est 1 1 1 1
n ie
Mo
éom
étr ie M
onier
G
onier
èbre M
r Alg
Géomé
tr i e
Proposition 2
n
Soient n ∈ N∗ ,(E k ,Nk )1k n des K -evn, E =
Cf. 1.1.1. 3) b) p. 8.
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
1k n
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
16
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Preuve
n
Remarque : Avec les notations de la proposition précédente, il peut exister des ouverts de E
n
Un ouvert de E 1 × E 2 n’est pas qui ne soient pas de la forme Ωk . Par exemple, Ω =] − 1; 0[2 ∪]0; 1[2 est un ouvert
nécessairement le produit cartésien d’un k=1
ouvert de E 1 et d’un ouvert de E 2 .
de R2 et il n'existe pas de couple (Ω1 ,Ω2 ) de parties de R tel que Ω = Ω1 × Ω2 .
2) Fermés
Définition
Rappel de notation :
Une partie F de E est dite fermée (dans E) si et seulement si ∁ E (F) est une partie
∁ E (F) est le complémentaire de F
ouverte de E.
dans E :
∁ E (F) = {x ∈ E ; x ∈/ F} . On dit aussi que F est un fermé (de E).
Exemple :
x
Toute boule fermée de E est un fermé de E .
r
En effet, pour tout (a,r) de E × R∗+ et tout x de
∁ E (B ′ (a; r)) , on a : a
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Ceci montre que
n ie
′
Mo
∁E
onier
onier
èbre M
r Alg
n ie
tr i e
Géomé
B ′ (a ; r) est fermé.
Proposition 1
Remarquer la dissymétrie des propriétés (i) ∅ et E sont des fermés de E.
relatives à l’intersection (pour une famille
quelconque) et à la réunion (pour une
famille finie).
(ii) Pour tout ensemble I et toute famille (Fi )i∈I de fermés de E, Fi est un
i∈I
fermé de E.
n
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Preuve
Il suffit de passer aux complémentaires dans la proposition analogue sur les ouverts (cf. 1.1.5 1) Prop. 1
p. 16) . Par exemple, schématiquement, pour la propriété (iii) :
Remarques :
1) La réunion d'une famille infinie de fermés de E peut ne pas être un fermé de E .
Par exemple, dans R usuel, pour tout x de ]0,1[, {x} est un fermé, mais {x}, qui vaut
Attention : x∈]0;1[
• une partie non ouverte n’est pas ]0; 1[, n'est pas un fermé de R .
nécessairement fermée
2) Une partie de E peut être à la fois ouverte et fermée, par exemple ∅ .
• une partie non fermée n’est pas
nécessairement ouverte. 3) Une partie de E peut n'être ni ouverte ni fermée, par exemple ]0; 1] dans R usuel.
Exemples :
B ′ (x; r).
2) Tout singleton est fermé, puisque : {x} =
r∈R∗+
3) Toute partie finie est fermée, car réunion d'un nombre fini de singletons.
Proposition 2
n
Soient n ∈ N∗ , (E k ,Nk )1k n des K -evn, E =
Cf. 1.1.1 3) b) p. 8.
éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
1k n
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
n n
∁E Fk = k , où
k=1 k=1
Ω1 = ∁ E1 (F1 ) × E 2 × . . . × E n ,. . . ,Ωn = E 1 × . . . × E n−1 × ∁ En (Fn ).
n
D'après 1.1.5 1) Prop. 1 (ii) p. 16, chaque Ωk est un ouvert de E , et donc Ωk aussi ; finalement,
k=1
n
Fk est un fermé de E . 䊏
k=1
Remarque :
Un fermé de E 1 × E 2 n’est pas
nécessairement le produit cartésien d’un Avec les notations de la proposition précédente, il peut exister des fermés de E qui ne soient
n
fermé de E 1 et d’un fermé de E 2 .
Définition
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
On dit aussi que les ouverts (resp.fermés) Soit A ∈ P(E) .
de A sont les traces sur A des ouverts
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
Géomé
tr i e
(resp. fermés) de E .
qu'il existe un ouvert Ω de E tel que U = Ω ∩ A.
(ii) On appelle fermé de A (ou : fermé relatif de A) toute partie G de A telle qu'il
existe un fermé F de E tel que G = F ∩ A.
18
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Bien noter dans cette définition : Soient E un K -ev, N ,N ′ deux normes sur E. On dit queN est équivalente à N ′ , et
• α et β sont strictement positifs on note N ∼ N ′ , si et seulement si :
• α et β ne dépendent pas de x
∃ (α,β) ∈ (R∗+ )2 , ∀x ∈ E, α N (x) N ′ (x) β N (x).
Preuve
1) Réflexivité : évidente.
2) Symétrie :
Si N ∼ N ′ , il existe (α,β) ∈ (R∗+ )2 tel que : ∀x ∈ E, α N (x) N ′ (x) β N (x),
1 1
d'où : ∀x ∈ E, N ′ (x) N (x) N ′ (x) , et donc N ∼ N ′ .
β α
3) Transitivité :
Si (N ∼ N ′ et N ′ ∼ N ′′ ), il existe (α,β,γ ,δ) ∈ (R∗+ )4 tel que :
α N (x) N ′ (x) β N (x)
∀x ∈ E, ,
γ N ′ (x) N ′′ (x) δ N ′ (x)
Exemple
Les trois normes usuelles sur Kn (cf. 1.1.1 p. 4) sont équivalentes car, pour tout
x = (x1 ,. . . ,xn ) de Kn :
n
Max
1k n |x k | |xk | n Max |xk |
1k n
k=1
n 1
√
2
|xk |2
Max |xk | n Max |xk |.
1k n 1k n
k=1
Exemple : y
Les normes ||.||1 et ||.||∞ sur E = C([0; 1],R) ne
r
e Monie
gèbr
r Al
n
n ie
Mo
ier
bre Mon
tr i e
Géomé
de N∗ ,
f n : [0; 1] −→ R fn
Proposition 2
Soient E un K -evn, N,N ′ deux normes sur E. Les deux propriétés suivantes sont
équivalentes :
(i) ∃ α ∈ R∗+, ∀x ∈ E, N ′ (x) α N (x)
(ii) Toute suite (xn )n convergeant vers 0 dans (E,N ) converge aussi vers 0 dans
(E,N ′ ).
Preuve
(i) ⇒ (ii) :
Supposons qu'il existe α ∈ R∗+ tel que : ∀x ∈ E, N ′ (x) α N (x).
Soit (xn )n une suite convergeant vers 0 dans (E,N ), c'est-à-dire telle que N (xn ) −−−→ 0.
n∞
un .
éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
n N (u n )
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
1
D'une part : N (xn ) = √ −−−→ 0 , donc (xn )n converge vers 0 dans (E,N ).
n n∞
N ′ (u n ) √
D'autre part, N ′ (xn ) = √ > n,
n N (u n )
donc (xn )n ne converge pas vers 0 dans (E,N ′ ). 䊏
Remarque :
re Monie
r
Autrement dit,deux normes sur E sont
Soient E un K -ev, N,N ′ deux normes sur E , O (resp. O′ ) l’ensemble des ouverts de
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
N ∼ N ′ ⇐⇒ O = O′ .
En effet :
1) Supposons N ∼ N ′ ; il existe (α,β) ∈ (R∗+ )2 tel que :
20
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
2) Réciproquement, supposons O = O′ .
On a : B N (0; 1) ∈ O ⊂ O′ , donc B N (0; 1) ∈ V(E,N ′ ) (0).
Il existe alors ρ ∈ R∗+ tel que B N ′ (0; ρ) ⊂ B N (0; 1).
On a, pour tout x de E − {0} :
ρ ρ ρ
N′ x = < ρ ⇒ x ∈ B N ′ (0; ρ) ⊂ B N (0; 1)
2N ′ (x) 2 2N ′ (x)
ρ ρ
⇒ N x < 1 ⇒ N (x) < N ′ (x).
2N ′ (x) 2
ρ
Ceci prouve qu'il existe α ∈ R∗+ α = tel que : ∀ x ∈ E, α N (x) N ′ (x).
2
En échangeant les rôles de N et N ′ , on obtient l'existence de β dans R∗+ tel que :
∀x ∈ E, N ′ (x) β N (x).
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Exercice-type résolu 1
Solution Conseils
Remarquons d'abord que E est bien un R -espace vectoriel.
a) 1) Pour toute f ∈ E, N ( f ) existe car | f ′ | est continue sur le segment [0 ; 1]. S'assurer d'abord de l'existence de N ( f )
pour toute f ∈ E.
(i) On a, pour tout λ ∈ R et toute f ∈ E :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
1 1 1 1
N (λ f ) = ′
|(λ f ) | = ′
|λ f | = ′
|λ|| f | = |λ| | f ′ | = |λ|N ( f ). |λ| est une constante.
0 0 0 0
1
(ii) Soit f ∈ E telle que N ( f ) = 0, c'est-à-dire | f ′ | = 0.
0
21
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Solution Conseils
On conclut : N est une norme sur E.
2) Pour toute f ∈ E, ν( f ) existe car | f ′ + f | est continue sur le segment [0 ; 1]. S'assurer d'abord de l'existence de ν( f )
pour toute f ∈ E.
(i) On a, pour tout λ ∈ R et toute f ∈ E :
1 1 1
(λ f )′ + (λ f ) = |λ|| f ′ + f | = |λ| | f ′ + f | = |λ|ν( f ).
ν(λ f ) = |λ| est une constante.
0 0 0
1
(ii) Soit f ∈ E telle que ν( f ) = 0, c'est-à-dire | f ′ + f | = 0.
0
22
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Solution Conseils
On a alors, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
x x
| f (x)| = e −x e t g(t) dt e −x e t |g(t)| dt
0 0
x 1 1 1
et donc : | f (x)| 1 e |g(t)| dt e |g| = e ν( f ), ν( f ) = |f′ + f| = |g|.
0 0 0 0
On a obtenu :
1 1
∀ f ∈ E, N ( f ) ν( f ) 2 N ( f ), 1+e
et 2 sont des constantes > 0.
1+e
et on conclut : N et ν sont des normes équivalentes.
Exercice-type résolu 2
On note E le R -espace vectoriel des applications f : R −→ R continues et bornées. On note, pour toute f ∈ E :
Solution Conseils
Remarquons d'abord que E est bien un R -espace vectoriel.
a) 1) Pour toute f ∈ E, l'application x −→ e −|x| | f (x)| est bornée sur R , car S'assurer d'abord de l'existence de N ( f )
x −→ e −|x| est bornée et f est bornée, donc N ( f ) existe. pour toute f ∈ E. On a :
23
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Solution Conseils
2) Pour toute f ∈ E, l'application x −→ (1 − e −|x| )| f (x)| est bornée sur R , car S'assurer d'abord de l'existence de ν( f )
x −→ 1 − e −|x| est bornée et f est bornée, donc ν( f ) existe. pour toute f ∈ E. On a :
(i) Comme en 1), on a :
∀x ∈ R, 0 1 − e−|x| < 1.
∀ λ ∈ R, ∀ f ∈ E, ν(λ f ) = |λ|ν( f ).
(ii) Soit f ∈ E telle que ν( f ) = 0.
On a alors :
∀ x ∈ R, (1 − e −|x| )| f (x)| = 0,
d'où : ∀ x ∈ R∗ , f (x) = 0. 1 − e−|x| ne s'annule qu'en 0.
2) On a :
ν( f n ) = Sup 1 − e −|x| e −n|x| .
x∈R
Comme l'application x ∈ R −→ e −|x| ∈]0 ; 1] est une bijection, on a : Changement de variable, pour la commodité.
ν( f n ) = Sup (1 − t)t n .
t∈ ]0 ;1]
ϕn(t)
0 0
Il s'ensuit :
n
n n n
ν( f n ) = ||ϕn ||∞ = ϕn = 1−
n+1 n+1 n+1
n
1 n 1
= .
n+1 n+1 n+1
d'où :
N (ϕn )
n + 1 −→ +∞,
ν(ϕn ) n∞
24
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Comparaison de normes
• Pour montrer que deux normes N,N ′ sur un K -espace vectoriel E sont équivalentes (ex. 1.1.15, 1.1.17),
lorsque E n’est pas de dimension finie, revenir à la définition (p. 19) ; montrer :
Dans le cas où E est un espace de fonctions et où N et N ′ font intervenir des intégrales, les inégalités classiques
sur les intégrales pourront s’avérer utiles.
• Pour montrer que deux normes N,N ′ sur un K -espace vectoriel E ne sont pas équivalentes (ex.1.1.14, 1.1.18,
1.1.19), chercher une suite ( f n )n dans E − {0} telle que :
N ′ ( fn ) N ( fn )
−−→ + ∞ ou −−→ + ∞
N ( f n ) n∞ N ′ ( f n ) n∞
cf. § 1.1.6 Rem. pp. 20, 21.
Exercices
1.1.14 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, E = C([a; b],R), a) Déterminer une CNS sur ϕ pour que Nϕ soit une norme.
||.||1 , ||.||2 , ||.||∞ les normes sur E définies par : b) Déterminer une CNS sur ϕ pour que Nϕ et N1 soient des
b normes équivalentes.
|| f ||1 = | f (t)| dt,
a c) Pour (ϕ,ψ) ∈ E 2 , déterminer une CNS sur (ϕ,ψ) pour
12 que Nϕ et Nψ soient des normes équivalentes.
b
|| f ||2 = | f (t)|2 dt ,
a 1.1.17 Soient E = C 1 ([0; 1],R), ϕ ∈ E telle que
1
|| f ||∞ = Sup | f (t)| , ϕ = 0. On note N ,Nϕ : E −→ R les applications
t∈[a;b] 0
cf. 1.1.1 1) pp. 5, 6. définies par :
1
|| f ||1 (b − a) 2 || f ||2 1 1 1
| f ′ |, Nϕ ( f ) = | f ′ |.
a) Montrer : ∀ f ∈ E, N ( f ) = | f (0)| + f ϕ +
1 0 0 0
|| f ||2 (b − a) 2 || f ||∞ .
Démontrer que N et Nϕ sont des normes sur E et qu'elles
b) Démontrer que ||.||1 , ||.||2 , ||.||∞ sont deux à deux non sont équivalentes.
équivalentes.
1.1.18 Soient E l'ensemble des applications
ak Xk ∈ R[X] (où la
1.1.15 On note, pour tout P = f : [0; 1] −→ R de classe C 1 sur [0; 1] et telles que
k ′ : E −→ R les applications définies
somme ne comporte qu'un nombre fini de termes non nuls) : f (0) = 0, N∞ ,N∞
par :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
′
1 N∞ ( f ) = Sup | f (t)|, N∞ ( f ) = Sup | f ′ (t)|.
N1 (P) = |ak |, N (P) = 1+ |ak |. t∈[0;1] t∈[0;1]
k k
k+1
Montrer que N∞ et N∞ ′ sont des normes sur E , mais
a) Montrer que N1 et N sont des normes sur R[X]. qu'elles ne sont pas équivalentes.
b) Démontrer que N1 et N sont équivalentes. 1.1.19 Soient p ∈ N∗ , E = C p ([0; 1],R), et, pour tout k
de {0,. . . , p}, νk : E −→ R définie par :
1.1.16 Soit E = C([0; 1],R) ; pour chaque ϕ de E , on k−1
note
νk ( f ) = | f (i) (0)| + Sup | f (k) (t)|.
Nϕ : E −→ R i=0 t∈[0;1]
1
f −→ | f ϕ|. Vérifier que ν0 ,. . . ,ν p sont des normes sur E et les com-
0 parer (ici ν0 = ||.||∞ ).
25
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Définition 1
Soit A ∈ P (E) .
o
1) On appelle intérieur de A, et on note A, la réunion des parties ouvertes deE
o o
A est la réunion de tous les ouverts incluses dans A: A =
r
re Monie
Mo
Mo
ni er A
n ie
éom
lgèb
r Algè
bre G
étr ie M
éom é
onier Ω.
G
onier
de E inclus dans A .
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Ω ouvert de E
Ω⊂A
o
Les éléments de A sont appelées les points intérieurs à A.
2) On appelle adhérence de A, et on note A, l'intersection des parties fermées de E
A est l’intersection de tous les fermés
contenant A : A = F.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
de E contenant A .
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
F fermé de E
Mo
tr i e
Géomé
F⊃A
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
étr ie M
éom é
onier
r
Pour toute partie A de E :
o
Les éléments de A sont appelés les points adhérents à A .
A ⊂ A ⊂ A.
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
o o o
Fr(A) = ∁ A (A ) = A − A .
r
re Monie
lgèb
er A
Fr(A) = {x ∈ A ; x ∈
/ A}
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 1
Pour toute partie A de E :
o
(i) a) ∁ E (A ) = ∁ E (A)
o
b) ∁ E (A) = ∁ E (A)
o
(ii) a) A est le plus grand ouvert de E (au sens de l'inclusion) inclus dans A.
b) A est le plus petit fermé de E (au sens de l'inclusion) contenant A.
o
(iii) a) A est ouverte si et seulement si A = A .
b) A est fermée si et seulement si A = A.
(iv) Fr(A) est un fermé de E.
Preuve
o
(i) a) ∁ E (A ) = ∁ E = ∁ E (Ω) = F = ∁ E (A).
Ω
Ω ouvert de E Ω ouvert de E F fermé de E
Ω⊂A Ω⊂A F⊃∁ E (A)
b) En appliquant a) à ∁ E (A) au lieu de A :
o o
∁ E (A) = ∁ E ∁ E ∁ E (A) = ∁ E ∁ E ∁ E (A)
= ∁ E (A) .
o
(ii) a) • A est une réunion d'ouverts, donc est un ouvert
o
• A ⊂ A à l'évidence
o
• Soit Ω1 un ouvert de E tel que Ω1 ⊂ A : on a : Ω1 ⊂ Ω =A .
Ω ouvert de E
Ω⊂A
26
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
(i) : Caractérisation des Soient x ∈ E,A ∈ P(E). On a :
o
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
éléments de A
onier
o
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
(i) x ∈ A ⇐⇒ A ∈ V E (x)
(ii) : Caractérisation des
éléments de A . (ii) x ∈ A ⇐⇒ (∀ V ∈ V E (x),V ∩ A = ∅).
Preuve
o
(i) • Supposons x ∈ A : il existe donc un ouvert Ω de E tel que Ω ⊂ A et x ∈ Ω .
On a alors : Ω ∈ V E (x) et Ω ⊂ A, et donc A ∈ V E (x).
Réciproquement, supposons A ∈ V E (x). Il existe r ∈ R∗+ tel que B(x; r) ⊂ A.
o o
Alors B(x; r) ⊂ Ω = A , et donc x ∈ A.
Ω ouvert de E
Ω⊂A
o
(ii) x ∈ A ⇐⇒ x ∈ ∁ E ∁ E (A) ⇐⇒ Non ∃V ∈ V(x), V ⊂ ∁ E (A)
Proposition 3
Pour toutes parties A,B de E, on a :
o
o o
(i) A=A (i′ ) A =A
Propriétés utiles pour les exercices de
o o
calcul sur intérieur et adhérence.
(ii) A ⊂ B ⇒ A ⊂ B (ii′ ) A ⊂ B ⇒ A ⊂ B
o o
(iii) A∪B = A∪B (iii′ ) (A ∩ B)o = A ∩ B
Par commodité de notation, (A ∩ B)o
désigne l’intérieur de A ∩ B . o o
(iv) A∩B ⊂ A∩B (iv′ ) (A ∪ B)o ⊃ A ∪ B.
Preuve
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
A⊂ A∪B A⊂ A∪B
(iii) • ⇒ ⇒ A ∪ B ⊂ A ∪ B.
B ⊂ A∪B B ⊂ A∪B
A∩B ⊂ A A∩B ⊂ A
(iv) • ⇒ ⇒ A ∩ B ⊂ A ∩ B.
A∩B ⊂ B A∩B ⊂ B
27
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Les propriétés (i') à (iv') s'obtiennent en passant aux complémentaires dans les propriétés (i) à (iv) :
par exemple : ∁ E ((A ∩ B)o ) = ∁ E (A ∩ B) = ∁ E (A) ∪ ∁ E (B)
o o o o
= ∁ E (A) ∪ ∁ E (B) = ∁ E (A ) ∪ ∁ E ( B ) = ∁ E (A ∩ B ),
o o
Exercices 1.1.23 à 1.1.30. d'où (A ∩ B)o = A ∩ B .
Remarque :
Dans les formules (iv) et (iv’), il y a
seulement, de manière générale, une
L'inclusion réciproque dans la propriété (iv) (ou (iv')) peut être fausse, comme le montre
inclusion. l'exemple : E = R usuel, A = R∗− ,B = R∗+ , A ∩ B = ∅ = ∅, A ∩ B = R− ∩ R+ = {0} .
Définition 2
Une partie A de E est dite dense dans E si et seulement si A = E.
Exemples :
1) Dans R usuel, Q et ∁R (Q) sont denses dans R (cf. Analyse MPSI, 1.2.3 4) et 5)).
Exercices
1.1.20 Soient E un evn, A ∈ P (E); montrer que 1.1.23 Donner un exemple de fermés A,B de R tels que
o o o o
A ∪ ∁ E (A) est dense dans E . A ∪ B, A ∪B,(A ∪ B)o , A ∪ B soient deux à deux distincts.
1.1.21 Soient E une evn, A,B ∈ P (E); on suppose que 1.1.24 Donner un exemple de partie A de R telle que les
A et B sont denses dans E et que A ∩ B = ∅. Montrer : 14 parties suivantes de R soient deux à deux distinctes :
o o o
A = B = ∅. o o o o o o o
A,A, A , A , A , A , A ,∁ E (A),∁ E (A),∁ E (A ),∁ E A ,
1.1.22 Soient E un evn, A,B ∈ P (E); on suppose A o
ouvert et A et B denses dans E . o
o
o
Démontrer que A ∩ B est dense dans E . ∁ E A ,∁ E A ,∁ E A .
28
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
1.1.25 Dans R usuel, on considère 1.1.28 Soient E un evn, A,B deux parties de E telles que
1 1 A ∩ B = ∅. Démontrer :
A= ∗
+ n ; (x,n) ∈ R+ × N ∗
x +n 2 . Fr (A ∪ B) = Fr (A) ∪ Fr (B).
o
Calculer A et A.
Définition 1
re Monie
r
L'ensemble {d(x,a); a ∈ A} est une
Soient x ∈ E,A une partie non vide de E ; on appelle distance de x à A le réel, noté
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Remarque : Il se peut que d(x,A) ne soit pas « atteinte », c'est-à-dire qu'il n'existe pas d'élé-
ment α de A tel que d(x,A) = d(x,α) ; exemple : dans R usuel, A = [0; 1[, x = 2.
En particulier : Proposition
x ∈ A ⇒ d(x,A) = 0 .
Soient x ∈ E et A une partie non vide de E ; on a : d(x,A) = 0 ⇐⇒ x ∈ A .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Preuve
1) Supposons d(x,A) = 0. Soit V ∈ V E (x) ; il existe r ∈ R∗+ tel que B(x; r) ⊂ V, puis, comme
d(x,A) = 0 < r , il existe a ∈ A tel que d(x,a) < r. On a alors : a ∈ B(x; r) ⊂ V et a ∈ A, donc
V ∩ A = ∅. Ceci prouve : ∀V ∈ V E (x),V ∩ A = ∅, et donc (cf. 1.1.7 Prop. 2 p. 27), x ∈ A .
29
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
er A
lgèb
re Monie
r
Cette définition est licite car l'ensemble Définition 2
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
{d(a,b); (a,b)∈ A × B} est une Soient A,B deux parties non vides de E ; on appelle distance entre A et B le réel,
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Remarques :
1) L'application (P (E) − {∅})2 −→ R peut ne pas être une distance (cf. 1.1.1 2) Rem. p. 7) sur
(A,B) −→ d(A,B)
l'ensemble P (E) − {∅} . En effet, il se peut que : d(A,B) = 0 et A = B ; exemple :
dans R usuel, A = R− , B = R+ . De plus, il se peut que : d(A,C) > d(A,B) + d(B,C) ;
exemple : dans R usuel, A =] − ∞; −1], B =] − 2; 2[, C = [1; +∞[ .
Exercices 1.1.32, 1.1.33. 2) Il se peut que : A ∩ B = ∅ et d(A,B) = 0 ; exemple : dans R usuel, A = [−1; 0[ , B =]0; 1].
∀a ∈ A, k d(x,a) ⇒ k d(x,A).
Exercices
1.1.31 Soient E un evn, A,B deux parties non vides de 1.1.33 Soient E un evn, A,B deux parties non vides de
E , d A : E −→ R , d B de même. E, C, D deux parties de E telles que : A ⊂ C ⊂ A et
x −→ d(x,A)
B ⊂ D ⊂ B . Montrer : d(C,D) = d(A,B).
Montrer : d A = d B ⇐⇒ A = B .
30
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
1) Convergence, divergence
Définition
1) On dit qu'une suite (u n )n∈N dans E converge vers un élément l de E si et seule-
ment si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n N ⇒ d(u n ,l) ε).
2) On dit qu'une suite (u n )n∈N dans E converge (dans E) si et seulement s'il existe
l ∈ E tel que (u n )n∈N converge vers l, c'est-à-dire :
Méthode : pour montrer qu’une suite Remarque : (u n )n∈N converge vers l si et seulement si la suite numérique (d(u n ,l))n∈N
(u n )n∈N converge vers l dans E , on converge vers 0.
peut essayer de montrer que la suite
(d(u n − l))n∈N converge vers 0
Proposition 1 Unicité de la limite, si elle existe
dans R.
Si une suite (u n )n∈N dans E converge vers l1 et converge vers l2 , alors l1 = l2 .
Preuve
r
re Monie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
1
tr i e
Géomé
d(u N ,l1 ) ε
En notant N = Max(N1 ,N2 ) , on a : ,
d(u N ,l2 ) ε
d'où d(l1 ,l2 ) d(l1 ,u N ) + d(u N ,l2 ) 2ε < d(l1 ,l2 ), contradiction. 䊏
gèbr
e Monie
r
Autrement dit, on ne change pas la
Remarque : Si deux suites coïncident à partir d'un certain rang, alors elles sont de même
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
Géomé
tr i e
31
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
ni er A
lgèb
re Monie
r
La convergence d’une suite dans un Proposition 2 Suites à valeurs dans un produit fini d'evn
Mo éom é
bre G
r Algè
N
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
On a alors :
xn −→ l ⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,N }, xk,n −→ lk .
n∞ n∞
Preuve
Il suffit de remarquer : ||xn − l||∞ = Max ||xk,n − lk || . 䊏
1k n
Preuve
Supposons u n −→ l ; il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n N ⇒ d(u n ,l) 1).
n∞
On a donc, pour tout n de N tel que n N :
||u n || ||u n − l|| + ||l|| 1 + ||l||.
En notant M = Max(||u 0 ||,. . . ,||u N ||, 1 + ||l|| ), on conclut : ∀n ∈ N, |u n | M. 䊏
u n −→ l
3) n∞ ⇒ u n + vn −→ l + l ′
vn −→ l ′ n∞
n∞
λn −→ 0
4) n∞ ⇒ λn vn −→ 0
(vn )n bornée n∞
(λn )n bornée
5) v −→ 0 ⇒ λn vn −→ 0
n n∞
n∞
λn −→ λ
6) n∞ ⇒ λn vn −→ λl ′ .
vn −→ l ′ n∞
n∞
Preuve
1) Résulte de : ∀n ∈ N, ||u n || − ||l|| ||u n − l||.
2) Immédiat.
32
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
éom é
On peut aussi se ramener à des suites ε
∀n ∈ N,(n N ⇒ ||u n − l|| )
r Algè
bre G
numériques :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
2
Algè
n ier
Mo
(u n + vn ) − (l + l ′ )
tr i e
Géomé
.
∀n ∈ N,(n N ′ ⇒ ||v − l ′ || ε )
u n − l + vn − l ′ n
2
et appliquer le théorème d’addition et
le théorème d’encadrement vus dans En notant N0 = Max(N,N ′ ) , on a alors :
Analyse MPSI. ε ε
∀n ∈ N, (n N0 ⇒ ||(u n + vn ) − (l + l ′ )|| ||u n − l|| + ||vn − l ′ || + = ε).
2 2
Donc : u n + vn −→ l + l ′ .
n∞
onier
èbre M
r Alg
éléments de l’adhérence.
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Soient x ∈ E,A ∈ P(E). Pour que x ∈ A, il faut et il suffit qu'il existe une suite
d'éléments de A convergeant vers x.
Preuve
1
1) Supposons x ∈ A . Pour chaque n de N∗ , B x; ∩ A = ∅ ; il existe donc une suite (an )n∈N∗
n
1
d'éléments de A telle que (∀n ∈ N∗ , d(x,an ) < ) , donc convergeant vers x.
n
2) Réciproquement, supposons qu'il existe une suite (an )n∈N d'éléments de A convergeant vers x, et soit
V ∈ V E (x) . Il existe r > 0 tel que B(x; r) ⊂ V ; puis il existe N ∈ N tel que :
r
∀n ∈ N, (n N ⇒ d(an ,x) < r).
2
En particulier : a N +1 ∈ B(x; r) ⊂ V . Ceci montreV ∩ A = ∅.
Ainsi : ∀ V ∈ V E (x),V ∩ A = ∅ , d'où (cf. 1.1.7 Prop. 2 (ii) p. 27) , x ∈ A . 䊏
Corollaire
Une partie A de E est fermée si et seulement si toute suite à termes dans A et conver-
geant dans E converge dans A.
Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Exemples d’extractrices les plus usitées :
• On appelle extractrice toute application σ : N −→ N strictement croissante.
éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
N → N, N → N , N → N .
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
p→2 p p→2 p+1 p→ p2
• Etant donné une suite (u n )n∈N dans E, on appelle suite extraite de (u n )n∈N . toute
suite u σ (n) n∈N où σ est une extractrice.
33
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
lgèb
re Monie
r
Remarques :
Preuve immédiate,par récurrence sur n.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
∀n ∈ N,
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 1
Propriété très utile en pratique. Si une suite (u n )n∈N dans E converge vers un élément l de E, alors toute suite extra-
ite de (u n )n∈N converge aussi vers l.
Preuve
Supposons u n −→ l, et soit σ une extractrice.
n∞
er A
lgèb
re Monie
r
Si une suite (u n )n admet deux suites Remarque : La contraposée de la Proposition 1 précédente permet de montrer que certaines
suites divergent. Par exemple, dans R usuel ((−1)n )n∈N , diverge, puisque les suites extraites
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
alors (u n )n diverge.
tr i e
Géomé
formées des termes d'indices pairs et d'indices impairs convergent vers des limites diffé-
rentes, 1 et −1.
Proposition 2
Propriété très utile en pratique. Soient (u n )n∈N une suite dans E, l ∈ E.
Pour que (u n )n∈N converge vers l, il faut et il suffit que (u 2n )n∈N et u 2n+1 n∈N
Preuve
• Un sens résulte de la Prop. 1.
• Réciproquement, supposons u 2n −→ l et u 2n+1 −→ l.
n∞ n∞
Soit ε > 0 ; il existe N1 ,N2 ∈ N tels que :
∀ p ∈ N, ( p N1 ⇒ d(u 2 p ,l) ε)
.
∀ p ∈ N, ( p N2 ⇒ d(u 2 p+1 ,l) ε)
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
onier
r
Tout entier est pair ou impair. Notons N = Max(2N1 ,2N2 + 1) et soit n ∈ N tel que n N. Il existe p ∈ N tel que n = 2 p ou
étr ie M
n = 2 p + 1.
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Dans le premier cas (n = 2 p), on a 2 p 2N1 , donc p N1 , d'où d(u n ,l) = d(u 2 p ,l) ε .
Dans le second cas (n = 2 p + 1) , on a 2 p + 1 2N2 + 1 donc p N2 , d'où
d(u n ,l) = d(u 2 p+1 ,l) ε .
Ceci montre : u n −→ l . 䊏
n∞
Définition 2
34
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
Remarque :
D'après la Prop. 1, toute suite ayant au moins deux valeurs d'adhérence distinctes est
divergente.
Exercice-type résolu
Solution Conseils
a) D'abord, il est clair que, pour tout P ∈ E, N0 (P) et N1 (P) existent. Les sommations définissant N0 (P) et
N1 (P) ne portent que sur un nombre fini
N
de termes.
an Xn ∈ E :
1) (i) On a, pour tout λ ∈ R et tout P =
n=0
N N
|λan | |an |
N0 (λP) = = |λ| = |λ|N0 (P).
n=0
2n n=0
2n
N
an Xn ∈ E :
(ii) On a, pour tout P =
n=0
N
|an |
N0 (P) = 0 ⇐⇒ = 0 ⇐⇒ ∀ n ∈ {0,...,N }, an = 0 ⇐⇒ P = 0.
n=0
2n
N N
an Xn , Q = bn Xn ∈ E :
(iii) On a, pour tous P = On peut indexer les deux sommations de 0
n=0 n=0 à N, où N est un entier naturel tel que :
N N N deg (P) et N deg (Q).
|an + bn | |an | + |bn |
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
N0 (P + Q) =
n=0
2n
n=0
2n
N N
|an | |bn |
= + = N0 (P) + N0 (Q).
n=0
2n n=0
2n
N N
|λan | N N
|an |
N1 (λP) = λan + = |λ| a n
+ = |λ|N1 (P).
n=0 n=1
2n
n=0 n=1
2n
35
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Solution Conseils
N
an Xn ∈ E :
(ii) On a, pour tout P =
n=0
N N
|an |
N1 (P) = 0 ⇐⇒ an + =0
2n
n=0 n=1
N
⇐⇒ an = 0 et ∀ n ∈ {1,...,n}, an = 0
n=0
⇐⇒ ∀ n ∈ {0,...,n}, an = 0 ⇐⇒ P = 0.
N N
an Xn , Q = bn Xn :
(iii) On a, pour tous P =
n=0 n=0
N N
|an + bn |
N1 (P + Q) = (an + bn ) +
n=0 n=1
2n
N N N
|an | N
|bn |
an + bn + + = N1 (P) + N1 (Q).
n=0 n=0 n=1
2n
n=1
2n
• Pour n 1 :
1 1
N1 (Xn − 1) = |1 − 1| + = n −→ 0,
2n 2 n∞
donc Xn −→ 1 dans (E,N1 ).
n∞
Si les normes N0 et N1 étaient équivalentes, comme N0 (Xn ) −→ 0, on aurait aussi Raisonnement par l'absurde.
n∞
N1 (Xn ) −→ 0, donc Xn −→ 0 dans (E,N1 ), contradiction avec Xn −→ 1 dans
n∞ n∞ n∞
(E,N1 ). Unicité de la limite.
On conclut que les normes N0 et N1 ne sont pas équivalentes.
u n − ℓ = λk n + O(k ′ n ),
où λ, k, k ′ sont des réels non nuls fixés tels que : |k ′ | < |k| < 1.
Méthode de Richardson
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On a :
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
36
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé
u n+1 − ku n
vn = .
1−k
Alors, (vn )n∈N∗ converge vers ℓ plus rapidement que (u n )n∈N , puisque :
u n − ℓ = λk n + O(k ′ n ), vn − ℓ = O(k ′ n ), |k ′ | < |k| < 1, λ = 0.
Méthode d'Aitken
Souvent, en pratique, on ne connaît pas k exactement.
u n+1 − u n
lgèb
re Monie
r
On va remplacer k , qui n’est pas connu On a, en notant ρn = , pour n 2 :
u n − u n−1
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
En particulier : ρn −→ k.
n∞
Considérons donc la suite (wn )n2 , analogue à la suite (vn )n, mais en remplaçant k par ρn :
u n+1 − ρn u n (u n+1 − ℓ) − ρn (u n − ℓ)
wn = −ℓ=
1 − ρn 1 − ρn
′ n
k
n+1 ′n
n
+ O(k ) − k + O λk + O(k ′ n− )
λk
k
= = O(k ′ n ).
1 − k + o(1)
Alors, la suite (wn )n2 converge vers ℓ plus rapidement que la suite (u n )n .
1 π 3 1 π 5 1 π 7
9
Utilisation du DL 9 (0) ,avec la notation π π
u n = 2n n − + − + O
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
x3 x5 x7
sin x = x − + − π3 1 π5 1 π7 1 1
3! 5! 7! =π− + − + O .
+ O(x 9 ) . 3! 4n 5! 42n 7! 43n 44n
1
u n+1 − u n 1
u ′n= 4 = u n+1 + (u n+1 − u n ),
1 3
1−
4
1
u ′n+1 − 2 u ′n 1
′′
un = 4 = u ′n+1 + (u ′n+1 − u ′n ),
1 15
1− 2
4
1
u ′′n+1 − 3 u ′′n 1
u ′′′ 4 = u ′′n+1 + (u ′′n+1 − u ′′n ).
n = 1 63
1− 3
4
37
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
On a, avec des valeurs approchées décimales obtenues par la calculatrice (qui fournit
d'ailleurs directement une valeur approchée décimale de π . . ., et qui utilise une telle valeur
approchée décimale de π pour effectuer les calculs suivants . . .) :
π
u 1 = 2sin =2
2
u ′1 ≃ 3,104 569 500
π
u 2 = 22 sin ≃ 2,828 427 125 u ′′1 ≃ 3,141 452 775
22
u ′2 ≃ 3,139 147 570 u ′′′
3 ≃ 3,141 592 577.
π
u 3 = 23 sin ≃ 3,061 467 459 u ′′2 ≃ 3,141 590 393
23
u ′3 ≃ 3,141 437 717
π
u 4 = 24 sin ≃ 3,121 445 152
24
Exercices
1.1.34 Convergence géométrique 1.1.36 Convergence rapide
On considère la suite réelle (u n )n0 définie par u 0 = 0 et : On considère la suite réelle (u n )n0 définie par u 0 = 1 et :
∀ n ∈ N, u n+1 = ln(2 + u n ).
∀ n ∈ N, u n+1 = u 2n e −u n .
a) Montrer que (u n )n0 converge vers un réel ℓ.
a) Montrer : u n −→ 0.
n∞
b) Montrer :
b) Montrer qu'il existe C ∈ ]0 ; 1[ tel que :
1 n n
∀ n ∈ N, |u n − ℓ| . u n = C 2 e o(2 ) .
2n−1
Ainsi, la convergence de u n vers ℓ est (au moins) géomé- (On pourra utiliser la notion de série, cf. chapitre 4.)
trique.
1.1.35 Convergence lente 1.1.37 Étudier la suite réelle (u n )n1 définie par u 1 ∈ R+
et :
On considère la suite réelle (u n )n0 définie par u 0 = 1 et :
√ 1
∀ n ∈ N, u n+1 = sin u n . ∀ n ∈ N∗ , u n+1 = un + .
n
a) Montrer : u n −→ 0.
n∞
1 1.1.38 Soit (u n )n1 la suite réelle définie par u 1 ∈ R+ et :
b) On note, pour tout n ∈ N : Vn = .
u 2n
un 1
1 ∀ n ∈ N∗ , u n+1 = + 2.
1) Montrer : Vn+1 − Vn −→ . n n
n∞ 3
2) En déduire, en utilisant la moyenne de Césaro ou le a) Montrer : u n −→ 0.
n∞
lemme de l'escalier (Analyse MPSI, P 3.1, ou un théorème
de sommation des relations de comparaison, Analyse MP 1
b) Établir : un ∼ .
§ 4.3.9) : n2
n∞
38
1.2 • Limites, continuité
Définition 1
Rappel de notation : Soient X ∈ P(E), a ∈ X, f : X −→ F, l ∈ F .
X désigne l’adhérence de X dans E .
On dit que f admet l pour limite en a si et seulement si :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ X, (d E (x,a) η ⇒ d F ( f (x),l) ε),
ce qui revient à :
Rappel de notation : ∀W ∈ V F (l), ∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W.
V E (a) désigne l’ensemble des
voisinages de a dans E .
On généralise aisément cette définition au cas de l'infini :
• Si f : [a; +∞[−→ F (où a ∈ R ) et l ∈ F, on dit que f admet l pour limite en +∞ si et seu-
lement si :
∀ε > 0, ∃A > 0, ∀x ∈ [a; +∞[, x A ⇒ d F ( f (x),l) ε .
• Si f : E −→ F et l ∈ F, on dit que f (x) admet l pour limite quand ||x|| E tend vers +∞ si
et seulement si :
∀ε > 0, ∃A > 0, ∀x ∈ E, ||x|| E A ⇒ d F ( f (x),l) ε .
Preuve
Raisonnons par l'absurde : supposons que f admette l et l ′ pour limites en a, et que l = l ′ . Il existe alors
W ∈ V F (l) et W ′ ∈ V F (l ′ ) tels que W ∩ W ′ = ∅ . Puis il existe V ∈ V E (a) et V ′ ∈ V E (a) tels que :
∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W
.
∀x ∈ X ∩ V ′ , f (x) ∈ W ′
La proposition précédente montre qu'on peut utiliser un symbole fonctionnel : si f admet l pour limite en a,
on dit que l est la limite de f en a, et on note l = lim f (x) , ou l = lim f, ou f (x) −→ l, ou f → l.
x→a a x→a a
Attention : la réciproque est fausse ;une
fonction peut être bornée sans être
continue, comme le montre l’exemple
Proposition 2
de la fonction caractéristique de Q
dans R : Si f : X −→ F admet une limite finie en a (a ∈ X ), alors f est bornée au voisinage
χQ : R → R, de a, c'est-à-dire :
1 si x ∈ Q
x −→ .
0 si x ∈
/Q ∃V ∈ V E (a), ∃C ∈ R+ , ∀x ∈ X ∩ V, || f (x)|| F C.
39
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Preuve
Il existe V ∈ V E (a) tel que :
r
re Monie
lgèb
er A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Pour que f : X −→ F admette l pour limite en a(a ∈ X) , il faut et il suffit que : pour
toute suite (u n )n∈N dans X telle que u n −→ a, on a f (u n ) −→ l.
n∞ n∞
Preuve
1) Supposons que f admette l pour limite en a, et soit (u n )n∈N une suite dans X telle que u n −→ a .
n∞
Soit W ∈ V F (l) ; il existe V ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W.
Puis il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n N ⇒ u n ∈ V ).
On a alors : ∀n ∈ N, (n N ⇒ u n ∈ X ∩ V ⇒ f (u n ) ∈ W ),
et donc f (u n ) −→ l.
n∞
La contraposée d’une implication 2) Montrons la réciproque par contraposition. Supposons que f n'admette pas l pour limite en a, c'est-à-
p ⇒ q est l’implication dire :
(Non q) ⇒ (Non p) .
Non ∀W ∈ V F (l), ∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X, (x ∈ V ⇒ f (x) ∈ W ) .
u n −→ a et f (u n )−→
/ l. 䊏
n∞ n∞
Un cas particulier fréquent est Y = X − {a}. Si a est un point adhérent à X dans E tel
que a ∈/ X, on dit que f admet l pour limite stricte en a si et seulement si f admet l
pour limite en a suivant X − {a}, c'est-à-dire :
x∈V
∀W ∈ V F (l), ∃V ∈ V E (x),∀x ∈ X, ⇒ f (x) ∈ W .
x = a
40
1.2 • Limites, continuité
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
L’étude de la limite d’une fonction à Proposition 4 Cas des fonctions à valeurs dans un produit d'evn
bre G
r Algè
n
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
n
Fk est ici muni de la norme ν définie par : ν(y1 ,. . . ,yn ) = Max Nk (yk ),
1k n
k=1
où Nk est la norme de Fk (cf. 1.1.1 3) b) p. 8).
On a alors, pour tout x = (x1 ,. . . ,xn ) de X et tout ε > 0 :
ν( f (x) − l) ε ⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, Nk ( f k (x) − lk ) ε .
Preuve
∀x ∈ X ∩ V1 , | f (x) − l| ε
Soit ε > 0 ; il existe V1 ,V2 ∈ V E (a) tels que : .
∀x ∈ X ∩ V2 , |h(x) − l| ε
En notant V3 = V ∩ V1 ∩ V2 ∈ V E (a) , on a :
ce qui prouve : g −→ l . 䊏
a
r Algè
bre G
r
éom é
On a ici noté, abusivement : g ◦ f : f : X −→ F, g : Y −→ G telles que f (X) ⊂ Y, l ∈ G.
X −→ G
n ie
Mo
éom
étr ie M
onier
.
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
x−→g( f (x))
f admet b pour limite en a
Si , alors g ◦ f admet l pour limite en a .
g admet l pour limite en b
Preuve
Soit W ∈ VG (l) . Il existe V ∈ V F (b) tel que : ∀y ∈ Y ∩ V, g(y) ∈ W.
Puis il existe U ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ U, f (x) ∈ V.
On a alors : ∀x ∈ X ∩ U, g( f (x)) ∈ W. 䊏
41
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
f −→ l
3) a ⇒ f + g −→ l + l ′
g −→ l ′ a
a
λ −→ 0
4) a ⇒ λg −→ 0
g bornée au voisinage de a a
λ bornée au voisinage de a
5) g −→ 0 ⇒ λg −→ 0
a
a
λ −→ α
6) a ⇒ λg −→ αl ′ .
g −→ l ′ a
a
Preuve
On peut se ramener aux propriétés algébriques des suites convergentes (1.1.9 2) Prop. 2 p. 32) grâce à la
Prop. 3 de 1.2.1 p. 40. On peut aussi donner un preuve « directe » ; par exemple, pour la propriété 4) :
Par hypothèse, il existe V ∈ V E (a) et M ∈ R+ tels que : ∀ x ∈ X ∩ V, ||g(x)|| F M.
ε
Soit ε > 0 ; il existe V1 ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ V1 , |λ(x)| .
M +1
On a alors, en notant V2 = V ∩ V1 ∈ V E (a) :
ε
∀x ∈ X ∩ V2 , ||(λg)(x)|| F = |λ| ||g(x)|| F M ε,
M +1
ce qui prouve : λg −→ 0. 䊏
a
1.2.2 Continuité
Soient (E,||.|| E ),(F,||.|| F ) deux K -evn, d E (resp. d F ) la distance associée à ||.|| E
(resp. ||.|| F ).
1) Continuité en un point
Définition
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F, a ∈ X. On dit que f est continue en a si et seule-
ment si :
∀W ∈ V F ( f (a)), ∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W,
ce qui revient à :
42
1.2 • Limites, continuité
Proposition 1
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F, a ∈ X. Pour que f soit continue en a, il faut et il
suffit que f admette f (a) pour limite en a.
Proposition 2
Si f est continue en a, alors f est bornée au voisinage de a.
lgèb
re Monie
r
Proposition 3 Utilisation de suites pour traduire la continuité en un point
Caractérisation séquentielle de la
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
ier
bre Mon
continuité en un point.
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
La continuité d’une fonction à valeurs Proposition 4 Cas des fonctions à valeurs dans un produit d'evn
dans un produit cartésien d’un nombre
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n
n ie
Mo
Géomé
tr i e
onier
èbre M
r Alg
tr i e
Géomé
Définition
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F. On dit que f est continue (ou : continue sur X) si
et seulement si f est continue en tout point de X.
Proposition
Les implications (ii) ⇒ (i) et Soient X ∈ P(E), f : X −→ F. Les propriétés suivantes sont deux à deux équiva-
(iii) ⇒ (i) ne sont pas au programme.
lentes :
(i) f est continue
(ii) L'image réciproque par f de tout ouvert de F est un ouvert de X
(iii) L'image réciproque par f de tout fermé de F est un fermé de X.
43
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Preuve
(i) ⇒ (ii)
Supposons f continue, et soit Ω un ouvert de F . Montrons que f −1 (Ω) est un ouvert de X en montrant
que f −1 (Ω) est un voisinage de chacun de ses points dans X (cf. 1.1.5 1) Déf. p. 15).
Soit a ∈ f −1 (Ω). Puisque f (a) ∈ Ω et que Ω est un ouvert de F , on a : Ω ∈ V F ( f (a)) .
Comme f est continue en a, il existe V ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ Ω, c'est-à-dire tel
que : X ∩ V ⊂ f −1 (Ω).
Ceci montre que f −1 (Ω) est un voisinage de a dans X (cf. 1.1.4 Prop. 1 (ii) p. 15).
(ii) ⇒ (i)
Supposons que l'image réciproque par f de tout ouvert de F soit un ouvert de X.
Soient a ∈ X et W ∈ V F ( f (a)). Il existe un ouvert Ω de F tel que f (a) ∈ Ω et Ω ⊂ W.
Par hypothèse, f −1 (Ω) est un ouvert de X, et a ∈ f −1 (Ω) ; donc f −1 (Ω) ∈ V X (a) . Il existe donc
V ∈ V E (a) tel que f −1 (Ω) = X ∩ V . On a alors : ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ Ω ⊂ W.
Ceci montre que f est continue en a. Puisque f est continue en tout a de X, f est continue.
(ii) ⇐⇒ (iii)
Immédiat en passant aux complémentaires et en utilisant f −1 (∁ F (Ω)) = ∁ X ( f −1 (Ω)) pour toute par-
tie Ω de F . 䊏
Exemple :
On peut essayer de montrer qu’une
partie est ouverte (resp. fermée) en la {(x,y) ∈ R2 ; x y > 1} est un ouvert de R2 car c'est l'image réciproque de l'ouvert ]0; +∞[
présentant comme image réciproque
d’une partie ouverte (resp. fermée) par de R par l'application continue R2 −→ R .
une application continue. (x,y) −→ x y − 1
Remarque :
L'image directe d'une partie ouverte (resp. fermée) par une application continue peut ne pas
être ouverte (resp. fermée). Exemples :
1) f : R −→ R est continue, Ω = R est ouverte, f (Ω) = {0} n'est pas ouverte
x −→ 0
2) f : R −→ R est continue, A = R est fermée, f (A) = R∗+ n'est pas fermée.
Exercices 1.2.1, 1.2.2, 1.2.4 à 1.2.6. x −→ ex
Proposition 1 Composition
Soient E,F,G, trois K -evn, X ∈ P(E),Y ∈ P(F), f : X −→ F,g : Y −→ G telles
Propriété très utile en pratique. que f (X) ⊂ Y ; on note g ◦ f : X −→ G .
x−→g( f (x))
1) Soit a ∈ X.
f est continue en a
Si alors g ◦ f est continue en a.
g est continue en f (a) ,
2) Si f est continue (sur X) et si g est continue (sur Y), alors g ◦ f est continue
(sur X).
Preuve
1) Soit W ∈ VG ((g ◦ f )(a)) . Puisque g est continue en f (a), il existe V ∈ V F ( f (a))
tel que : g(Y ∩ V ) ⊂ W. Ensuite, puisque f est continue en a, il existe U ∈ V E (a) tel que
f (X ∩ U ) ⊂ V .
On a alors : (g ◦ f )(X ∩ U ) ⊂ g(Y ∩ V ) ⊂ W,
et donc g ◦ f est continue en a.
2) Appliquer 1) en tout point de X. 䊏
44
1.2 • Limites, continuité
Preuve
Se ramener aux propriétés algébriques des fonctions admettant des limites (1.2.1 p. 42) à l'aide de 1.2.2
1) Prop. 1 p. 43. On peut aussi donner des preuves « directes ». 䊏
Exercice 1.2.3.
Proposition 3
En particulier, les applications suivantes sont continues : K × Mn, p (K) −→ Mn, p (K),
(λ,A) −→ λA
(Mn, p (K))2 −→ Mn, p (K), Mn, p (K) × M p,q (K) −→ Mn,q (K),
(A,B) −→ A + B (A,B) −→ AB
Mn, p (K) −→ M p,n (K), Mn, p (C) −→ M p,n (C) (où A∗ = tA est la transconjuguée de A),
A −→ A t
A −→ A∗
Mn (K) −→ K, Mn (K) −→ K, GLn (K) −→ Mn (K) .
A −→ tr(A) A −→ det(A) A −→ A−1
Proposition 4
Pour montrer que deux fonctions Soient X ∈ P(E), f,g : X −→ F , A une partie de X.
continues sont égales,il suffit de montrer
qu’elles coïncident sur une partie dense. f et g sont continues sur X
Si A est dense dans X , alors f = g.
∀a ∈ A, f (a) = g(a)
Preuve
Notons h = f − g . Comme {0} est un fermé de F et que h est continue, h −1 ({0}) est un fermé de X.
De plus, d'après les hypothèses, A ⊂ h −1 ({0}). D'où X = A ⊂ h −1 ({0}), donc h = 0, f = g . 䊏
45
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Exercice-type résolu
Solution Conseils
Soit f 0 ∈ U. Pour montrer que U est un ouvert de E,
on va montrer que U est voisinage de
Puisque f 0 est continue sur l'intervalle [0 ; 1] et que f 0 ne s'annule en aucun point chacun de ses points
de [0 ; 1], d'après le théorème des valeurs intermédiaires, on a : f 0 > 0 ou f 0 < 0.
Supposons, par exemple, f 0 > 0. Le cas f 0 < 0 se ramène au cas f 0 > 0 en
remplaçant f 0 par − f 0 .
Puisque f 0 est continue sur le segment [0 ; 1], d'après le théorème fondamental, f 0
est bornée et atteint ses bornes.
En particulier, il existe α > 0 tel que :
On peut choisir :
∀ x ∈ [0 ; 1], f 0 (x) α.
α = Inf f 0 (x) > 0.
α x∈[0;1]
Soit f ∈ E telle que || f − f 0 ||∞ < .
2
On a, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
α α
f (x) = f (x) − f 0 (x) + f 0 (x) − + α = > 0,
2 2
donc f ∈ U.
Ceci montre :
α
∀ f ∈ E, || f − f 0 ||∞ < ⇒ f ∈ U .
2
c'est-à-dire :
α
B f0 ; ⊂ U.
2
α
Soit f ∈ U telle que || f − f 0 ||∞ .
2
On a alors, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
α α Inégalité triangulaire renversée.
| f (x)| = f (x) − f 0 (x) + f 0 (x) | f 0 (x)| − | f (x) − f 0 (x)| α − = ,
2 2
d'où, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
46
1.2 • Limites, continuité
Solution Conseils
1 1 1 1 | f (x) − f 0 (x)|
f − f (x) = f (x) − f (x) = | f (x)| | f (x)|
0 0 0
|| f − f 0 ||∞ 2
α = 2 || f − f 0 ||∞ ,
α α
2
donc :
2
||φ( f ) − φ( f 0 )||∞ || f − f 0 ||∞ . Passage à la borne supérieure lorsque x
α2 décrit [0; 1].
Il en résulte :
||φ( f ) − φ( f 0 )||∞ −→ 0,
f −→ f 0
Exercice-type résolu
On note E = C([0 ; 1],R) muni de ||.||1 et ϕ : E −→ E, f −→ f 2 , où f 2 = f · f. Montrer que ϕ n'est pas continue sur E.
Solution Conseils
Considérons, pour tout n ∈ N : Pour montrer que ϕ n'est pas continue sur
√ E, il suffit de montrer que ϕ n'est pas
→ f n (x) = n x n .
f n : [0 ; 1] −→ R, x − continue en au moins un point de E.
On va construire une suite ( f n )n∈N dans E
• Il est clair que : ∀ n ∈ N, f n ∈ E. telle que :
• On a, pour tout n ∈ N : f n −−−→ 0 et f n2 −−−→ 02 = 0.
1 1 √ n∞ n∞
√ n n
|| f n ||1 = | f n (x)| dx = n x dx = ,
0 0 n+1
n∞ n∞
• On a, pour tout n ∈ N :
1 1
n
2
|| f n2 ||1 = f n (x) dx = nx 2n dx =
,
0 0 2n + 1
1
donc || f n2 ||1 −→ , f n2 −→/ 0. On a ainsi construit une suite ( f n )n∈N dans E telle
n∞ 2 n∞
que :
f n −→ 0 et ϕ( f n ) −→
/ ϕ(0).
n∞ n∞
Ceci montre que ϕ n'est pas continue en 0, et on conclut que ϕ n'est pas continue Par définition, ϕ n'est pas continue sur E si
sur E. et seulement si ϕ n'est pas continue en au
moins un point de E.
47
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Limites, continuité
• Pour montrer qu’une partie est ouverte (resp. fermée), on peut essayer de la faire apparaître comme image
réciproque d’une partie ouverte (resp. fermée) par une application continue (ex.1.2.1, 1.2.2, 1.2.4, 1.2.5). Pour
toute partie non vide A de E, l’application x −→ d(x,A) est continue sur E (voir plus loin, § 1.2.4 Prop. 2 p. 50).
• Pour établir qu’une application est continue sur son ensemble de départ, essayer de :
– appliquer les théorèmes généraux relatifs à la composition et aux opérations, § 3) Prop. 2 p. 45 (ex. 1.2.3)
– montrer que l’image réciproque de tout ouvert est un ouvert ou que l’image réciproque de tout fermé est un
fermé (ex. 1.2.6 c))
– revenir à la définition et montrer que l’application est continue en tout point.
– se souvenir que le caractère lipschitzien ou l’uniforme continuité entraînent la continuité.
Exercices
1.2.1 Soient E un evn, A une partie non vide de E . Pour 1.2.5 Soient E le R -ev des applications R −→ R conti-
chaque α de R∗+ , on note Vα (A) = {x ∈ E; d(x,A) < α} . nues et bornées, muni de ||.||∞,
a) Montrer que, pour tout α > 0,Vα (A)est un ouvert de E E − = { f ∈ E; ∀x ∈ R− , f (x) = 0} ,
E + = { f ∈ E; ∀x ∈ R+ , f (x) = 0},
contenant A, et Vα (A) = A.
α>0
C = {c1; c ∈ R} où 1 : R −→ R
b) Représenter graphiquement Vα (A) dans l'exemple : x→1
E = R2 muni de ||.||2 , α = 1 , Montrer que E − ,E + ,C sont des sev fermés de E et :
A = (R × {0}) ∪ ({0} × [−1; 1]) .
E = E − ⊕ E + ⊕ C.
1.2.2 Soient E un evn, A,B deux parties de E telles que :
A ∩ B = A ∩ B = ∅. Montrer qu'il existe deux ouverts 1.2.6 Applications ouvertes
U,V de E tels que : Soient E,F deux evn, X ∈ P (E), f : X −→ F; on dit
A ⊂ U, B ⊂ V, U ∩ V = ∅. que f est ouverte si et seulement si, pour tout ouvert Ω
de X, f (Ω) est un ouvert de F .
1.2.3 Soient E,F,G trois evn, A ⊂ E,B ⊂ F, a) Soient E un evn, a ∈ E; montrer que l'application
A = ∅, B = ∅, f : A −→ G, g : B −→ G ϕ : E −→ R+ est ouverte si E = {0} .
des applications, ϕ : A × B −→ G . x −→ d(a,x)
(x,y) −→ f (x) + g(y)
Montrer que ϕ est continue si et seulement si f et g sont b) Montrer que, si f : X −→ F est ouverte et λ ∈ K∗ ,
continues. alors λ f est ouverte.
c) Soient E,F,G trois evn, X ∈ P (E),
1.2.4 Soient E,F deux evn, f : E −→ F une
Y ∈ P (F), Z ∈ P (G), f : X −→ Y ouverte et surjective,
application, (Ui )i∈I un recouvrement ouvert de E , c'est-à-
g : Y −→ Z ; on suppose g ◦ f continue. Montrer que g
dire une famille (Ui )i∈I d'ouverts de E telle que est continue.
Ui = E . On suppose que, pour tout i de I, la restriction
i∈I
f |Ui de f à Ui est continue. Montrer que f est continue.
48
1.2 • Limites, continuité
Définition
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F une application.
Dans la définition de la continuité
uniforme, le η ne doit pas dépendre de
On dit que f est uniformément continue (en abrégé uc) si et seulement si :
x ′ ni de x ′′.
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ ) η ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ )) ε .
Proposition 1
Si f est uc sur X, alors f est continue sur X.
La réciproque de cette proposition est fausse : une application f peut être continue sur X sans
être uc sur X ; exemple : R −→ R , cf. Analyse MPSI, 4.3.6.
x −→ x 2
Cependant, nous verrons plus loin (théorème de Heine, 1.3.1 p. 61) que, si f : X −→ F est
continue et X compact, alors f est uc sur X.
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
est uc .
G
onier
èbre M
r Alg
f : X −→ F est uc sur X
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Si g : Y −→ G est uc sur Y , alors g ◦ f est uc sur X.
f (X) ⊂ Y
Preuve
Soit ε > 0. Puisque g est uc sur Y , il existe η > 0 tel que :
∀(y ′ ,y ′′ ) ∈ Y 2 , d F (y ′ ,y ′′ ) η ⇒ dG (g(y ′ ), g(y ′′ )) ε .
Puis, comme f est uc sur X, il existe α > 0 tel que :
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ ) α ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ )) η .
On a alors :
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ ) α ⇒ dG (g( f (x ′ )), g( f (x ′′ )))) ε ,
et donc g ◦ f est uc sur X. 䊏
Définition
ni er A
lgèb
re Monie
r
Les applications 0-lipschitziennes sont Soient X ∈ P(E), f : X −→ F une application.
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
49
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Proposition 1
f ∈ Lipk (X,F)
1) ⇒ f + g ∈ Lip ′ (X,F)
Attention : En général, Lipk (X,F) n’est k+k
pas un espace vectoriel.
g ∈ Lipk ′ (X,F)
λ∈K
2) ⇒ λ f ∈ Lip (X,F)
|λ|k
f ∈ Lipk (X,F)
f ∈ Lipk (X,F)
3) g ∈ Lipk ′ (Y,G) ⇒ g ◦ f ∈ Lipkk ′ (X,G).
f (X) ⊂ Y
Preuve
Pour tout (x1 ,x2 ) de X 2 , on a :
1) ||( f + g)(x1 ) − ( f + g)(x2 )|| F || f (x1 ) − f (x2 )|| F + ||g(x1 ) − g(x2 )|| F
(k + k ′ )||x1 − x2 || E
2) ||(λ f )(x1 ) − (λ f )(x2 )|| F = |λ||| f (x1 ) − f (x2 )|| F |λ|k||x1 − x2 || E
3) ||(g ◦ f )(x1 ) − (g ◦ f )(x2 )||G k ′ || f (x1 ) − f (x2 )|| F k ′ k||x1 − x2 || E . 䊏
Remarques :
1) Si X = ∅ , d'après les propriétés 1) et 2) ci-dessus, Lip(X,F) est un K -ev.
2) Si f,g : X −→ K sont lipschitziennes, f g peut ne pas l'être ; exemple :
X = K = R , f,g : R −→ R .
x −→ x
Proposition 2
1) L'application || · || : E −→ R est 1-lipschitzienne.
x−→||x||
2) Pour tout partie non vide A de E, l'application E −→ R est 1-lipschitzienne.
x−→d(x,A)
n
3) Soient n ∈ N∗ , (E k ,Nk )1k n des K -evn, ν la norme définie sur E =
E k par :
k=1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
1) On a : ∀(x,y) ∈ E 2 , ||x|| − ||y|| ||x − y||.
2) Soit (x,y) ∈ E 2 . On a : ∀a ∈ A, d(x,a) d(x,y) + d(y,a), d'où, en passant aux bornes infé-
rieures lorsque a décrit A :
d(x,A) d(x,y) + d(y,A),
50
1.2 • Limites, continuité
Proposition 3
Toute application lipschitzienne est uc.
Preuve
Supposons f : X −→ F k-lipschitzienne, et soit ε > 0.
ε
En notant η = > 0,
k+1
on a :
′ ′′ ε
2
∀(x ,x ) ∈ X , d E (x ′ ,x ′′ ) < η ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ )) k ε ,
k+1
et donc f est uc sur X. 䊏
Remarque :
La réciproque de la proposition précédente est fausse : une application peut être uc sans être
lipschitzienne ; exemple : f : [0; 1] −→
√ R.
x −→ x
Rappelons (cf. Analyse MPSI, 5.2.2 Prop.) :
Soit I un intervalle de R et f : I −→ R une application dérivable sur I ; alors, f est
Exercice 1.2.8. lipschitzienne si et seulement si f ′ est bornée.
Exercices
1.2.7 On note L le R -ev des applications lipschitziennes 1.2.8 Soient E,F deux evn, X ∈ P (E), B(X,F) l'en-
de [0; 1] dans R , et E 1 = C 1 ([0; 1],R). semble des applications bornées de X dans F , muni de
||.||∞. Pour (a, f ) ∈ X × B(X,F) on appelle oscillation
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
a) Montrer que ||.|| : L −→ R définie par : de f en a, et on note ω( f,a) l'élément de R+ défini par :
| f (x) − f (y)|
∀ f ∈ L, || f || = | f (0)| + Sup ω( f,a) = Inf (diam( f (V ))).
(x,y)∈[0;1]2 |x − y| V ∈V X (a)
x= y
est une norme sur L, et qu'elle n'est pas équivalente à Montrer que, pour tout (a,ε) de X × R∗+ , l'ensemble
||.||∞. { f ∈ B(X,F);ω( f,a) ε}est fermé dans (B(X,F),
||.||∞ ).
b) Montrer que N : E 1 −→ R définie par :
∀ f ∈ E 1 , N ( f ) = | f (0)| + Sup | f ′ (t)|
t∈[0,1]
est une norme sur E 1 et qu'elle coïncide avec ||.||
(restriction de ||.|| à E 1 ).
51
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
1) Supposons f continue. En particulier, f est continue en 0 ; il existe donc η > 0 tel que :
∀u ∈ E, (||u|| E η ⇒ || f (u)|| F 1) .
η η
Soit x ∈ E − {0} ; comme || x|| E = η, on a || f x || F 1,
||x|| E ||x|| E
1
d'où || f (x)|| F ||x|| E .
η
1
Ceci montre : ∀x ∈ E, || f (x)|| F ||x|| E .
η
2) Réciproquement, supposons qu'il existe M ∈ R+ tel que :
∀x ∈ E, || f (x)|| F M||x|| E .
On a alors :
∀(x1 ,x2 ) ∈ E 2 , || f (x1 ) − f (x2 )|| F = || f (x1 − x2 )|| F M||x1 − x2 || E .
Ainsi, f est M -lipschitzienne, donc continue. 䊏
Remarque :
Le théorème précédent permet de déduire aisément que, pour f ∈ L(E,F), les propriétés
suivantes sont deux à deux équivalentes :
1) f est continue en 0
2) f est continue (sur E )
3) f est uniformément continue
4) f est lipschitzienne
5) ∃M ∈ R+ ,∀x ∈ E, || f (x)|| F M||x|| E
6) f est bornée sur la boule unité fermée de E , c'est-à-dire :
∃ M1 ∈ R+ , ∀x ∈ E, (||x|| E 1 ⇒ || f (x)|| F M1 )
52
1.2 • Limites, continuité
Notation
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Nous verrons plus loin (cf. 1.3.2 Prop. 1
On note : LC(E,F) l'ensemble des applications linéaires continues de E dans F
bre G
r Algè
•
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
r Algè
étr ie M
re Monie
bre G
éom é
onier
r
Cette borne supérieure existe puisque Notation
éom
|| f (x)|| F
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Proposition 1
1) ∀ f ∈ LC(E,F), ∀x ∈ E, || f (x)|| F ||| f ||| ||x|| E
f + g ∈ LC(E,F)
2
2) ∀( f,g) ∈ (LC(E,F)) ,
||| f + g||| ||| f ||| + |||g|||
λ f ∈ LC(E,F)
3) ∀λ ∈ K, ∀ f ∈ LC(E,F),
|||λ f ||| = |λ| ||| f |||
g ◦ f ∈ LC(E,G)
4) ∀ f ∈ LC(E,F), ∀g ∈ LC(F,G),
|||g ◦ f ||| |||g||| ||| f |||.
Preuve
1) Résulte immédiatement de la définition de ||| f |||.
2) ∀x ∈ E, ||( f + g)(x)|| F || f (x)|| F + ||g(x)|| F (||| f ||| + |||g|||)||x|| E .
3) ∀x ∈ E, ||(λ f )(x)|| F = |λ| || f (x)|| F |λ| ||| f ||| ||x|| E ,
ce qui montre λ f ∈ LC(E,F) et |||λ f ||| |λ| ||| f |||.
1
r
re Monie
λ
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
1 1
||| λ f ||| |||λ f ||| , c'est-à-dire |λ| ||| f ||| |||λ f ||| , et finalement |||λ f ||| = |λ| ||| f ||| .
λ λ
4) ∀x ∈ E, ||(g ◦ f )(x)||G |||g||| || f (x)|| F |||g||| ||| f ||| ||x|| E . 䊏
La Proposition précédente montre que :
(LC(E,F),|||.|||) est un K-evn
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Preuve
(i) ⇐⇒ (ii) :
Puisque Id E ∈ L(E) , on a :
Id E : (E,N ) −→ (E,N ′ ) continue
On ne peut avoir M1 = 0 1
en prenant α = et β = M1 .
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
M2
étr ie M
ou M2 = 0 que si E = {0} .
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
(i) ⇐⇒ (iii) :
Cf. 1.1.6 Rem. p. 19. 䊏
Proposition 3
Soient E,F,G trois K -evn, B : E × F −→ G une application bilinéaire.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
Caractérisation de la continuité pour B est continue.
une application bilinéaire.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
Soit (x0 ,y0 ) ∈ E × F. On a, pour tout (x,y) de E × F :
||B(x,y) − B(x0 ,y0 )||G = ||B(x − x0 ,y) + B(x0 ,y − y0 )||G
||B(x − x0 ,y)||G + ||B(x0 ,y − y0 )||G
k||x − x0 || ||y|| + k||x0 || ||y − y0 || −−−−−−−→ 0,
(x,y)→(x0 ,y0 )
Corollaire
r
re Monie
lgèb
er A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
(λ,x)−→λx
2) Soit A une K -algèbre normée. L'application A × A −→ A est continue.
(u,v)−→uv
3) Soit E un K -evn. L'application LC(E) × LC(E) −→ LC(E) est continue.
( f,g)−→g◦ f
Preuve
La Prop. 3 s'applique :
1) ||λx|| = |λ| ||x|| , 2) ||uv|| ||u|| ||v|| , 3) |||g ◦ f ||| |||g||| ||| f ||| . 䊏
Exercices 1.2.20 à 1.2.22.
54
1.2 • Limites, continuité
Exercice-type résolu
Solution Conseils
x
• Il est clair que, pour toute f ∈ E et tout x ∈ [0 ; 1], f (t) dt existe, et, pour toute On vérifie d'abord que, pour toute f ∈ E,
0 φ( f ) existe et φ( f ) ∈ E.
f ∈ E, l'application φ( f ) est continue sur [0 ; 1], car φ( f ) est une primitive de f
sur [0 ; 1].
• Soient λ ∈ R, f,g ∈ E. On a, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
x x x
φ(λ f + g)(x) = (λ f + g)(t) dt = λ f (t) dt + g(t) dt
0 0 0
donc :
φ(λ f + g) = λφ( f ) + φ(g),
Comme φ est déjà linéaire, ceci montre que φ est linéaire et continue et que
|||φ||| 1.
On essaie de déterminer une suite ( f n )n∈N
• Considérons, pour tout n ∈ N : dans E de façon que :
f n : [0 ; 1] −→ R, t −→ f n (t) = (1 − t)n . ||φ( f n )||1
−→ 1.
|| f n ||1 n∞
Il est clair que : ∀ n ∈ N, f n ∈ E.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Soit n ∈ N. On a :
1 1
(1 − t)n+1 1
|| f n ||1 = (1 − t)n dt = − = Calcul de || f n ||1 .
0 n+1 0 n+1
55
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Solution Conseils
et, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
(1 − t)n+1 x
x
1 (1 − x)n+1
φ( f n )(x) = (1 − t)n dt = − = − 0, Calcul de ||φ( f n )||1 , précédé du calcul de
0 n+1 0 n+1 n+1 φ( f n )(x), pour tout x ∈ [0; 1].
donc :
1
1 (1 − x)n+1
||φ( f n )||1 = − dx
0 n+1 n+1
1 1 (1 − x)n+2 1
= − −
n+1 n+1 n+2 0
1 1 1
= − = .
n + 1 (n + 1)(n + 2) n+2
φ ∈ LC(E) et |||φ||| = 1.
∀x ∈ E, f (x) F Mx E
• Pour montrer qu’une application linéaire f : E −→ F n’est pas continue (ex. 1.2.16), montrer qu’il existe une
f (xn ) F
suite (xn )n dans E − {0} telle que −−→ + ∞.
xn E n∞
• Les exercices 1.2.20 et 1.2.21 étudient la topologie des matrices. Pour montrer qu’une partie de
Mn (K) est ouverte (resp. fermée), essayer de la faire apparaître comme image réciproque d’une partie ouverte
(resp. fermée) par une application continue.
56
1.2 • Limites, continuité
Exercices
1.2.9 Soient E un evn, n ∈ N∗ , f 1 ,. . . , f 2n ∈ LC(E) . 1.2.16 Soient E = R[X], T : E −→ E , N : E → R
Montrer : P −→ P ′
définie par : N (0) = 0 et :
||| f 1 ◦ f 2 ◦ . . . ◦ f 2n |||2 ||| f 1 |||·
deg(P)
||| f 1 ◦ f 2 ||| · ||| f 2 ◦ f 3 |||| . . . ||| f 2n−1 ◦ f 2n ||| · ||| f 2n |||.
|P (n) (0)|
∀P ∈ E, N (P) = .
n=0 n!
1.2.10 Soient E un evn, E ∗ le dual (algébrique) de E ,
a) Montrer que N est une norme sur E .
ϕ ∈ E ∗.
b) T est-elle continue (pour N) ?
a) Démontrer que ϕ est continue si et seulement si Ker(ϕ)
est fermé dans E . 1.2.17 On note E = C([0 ; 1] ; R) muni de ||.||1 , et :
b) En déduire que, si ϕ = 0 , alors ϕ est discontinue si et 1/2 1
seulement si Ker(ϕ) est dense dans E . ϕ : E −→ R, f −→ ϕ( f ) = f − f.
0 1/2
57
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
1.3 Compacité
Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.
1.3.1 Généralités
Définition 1
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
Soit X ∈ P(E). On dit que X est une partie compacte (ou : un compact) de E si et seu-
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
lement si toute suite d'éléments de X admet au moins une valeur d'adhérence dans X .
∅ est compact.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Exercice 1.3.4.
Proposition 1
Soient (xn )n∈N une suite convergente dans E, l = lim xn .
n∞
Alors {xn ; n ∈ N} ∪ {l} est une partie compacte de E
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
La démonstration de cette propriété à Preuve
partir de la définition séquentielle de la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
∀ p p0 , (u p = l et u p = x0 ).
On a montré :
Ainsi, (xn )n∈N admet au moins une valeur d'adhérence dans X, et finalement X est une partie compacte
de E . 䊏
58
1.3 • Compacité
1
Exemple : ; n ∈ N∗ ∪ {0} est une partie compacte de R .
n
Proposition 2
Toute partie compacte de E est fermée bornée dans E.
Preuve
Soit X une partie compacte de E .
1) Soit (xn )n∈N une suite dans X, convergeant vers un élément y de E .
Puisque X est compacte, il existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −−−→ x. Mais
n∞
xσ (n) n∈N est extraite de (xn )n∈N qui converge vers y, donc xσ (n) n∈N converge vers y, x = y, et donc
y ∈ X.
Ceci montre que X est une partie fermée de E .
2) Raisonnons par l'absurde ; supposons X non bornée, c'est-à-dire :
∀C ∈ R+ , ∃x ∈ X, ||x|| C.
Si ||xn || −−−→ + ∞ , alors (xn )n
En particulier, pour tout n de N , il existe xn ∈ X tel que ||xn || n. Alors (xn )n∈N n'a pas de valeur d'ad-
r
e Monie
gèbr
r Al
n∞
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
ier
bre Mon
Algè
n ier
tr i e
Géomé
Proposition 3
Soient Y une partie compacte de E et X une partie de Y telle que X soit fermée
dans E. Alors X est une partie compacte de E.
Preuve
Soit (xn )n∈N une suite dans X. Puisque X ⊂ Y et que Y est compacte, il existe une extractrice σ et un
élément y de Y tels que xσ (n) −−−→ y . Mais, comme les xσ (n) sont dans X et que X est fermée dans E ,
n∞
on a : y ∈ X.
Ainsi, toute suite dans X admet au moins une valeur d'adhérence dans X, donc X est compacte. 䊏
Corollaire
ni er A
lgèb
re Monie
r
On remarquera que les conditions X
Soit Y une partie compacte de E. On a, pour toute partie X de Y :
Mo éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
re Monie
r
Par une récurrence immédiate, on voit
Proposition 4
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
Soient E,F deux evn. Pour toutes parties compactes X de E et Y de F, X × Y est une
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
Soit (xn ,yn )n∈N une suite dans X × Y .
Puisque X est compact, il existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −−−→ x.
n∞
Ensuite, comme Y est compact, la suite (yσ (n) )n∈N admet au moins une valeur d'adhérence dans Y ; il existe
donc une extractrice τ et un élément y de Y tels que yσ (τ (n)) −−−→ y .
n∞
59
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Comme xσ (n) −−−→ x, la suite extraite (xσ (τ (n)) )n converge aussi vers x, et donc (xσ (τ (n)) ,yσ (τ (n)) )n
n∞
converge vers (x,y).
Ceci montre que toute suite dans X × Y admet au moins une valeur d'adhérence dans X × Y , et donc
X × Y est compacte. 䊏
Exercice 1.3.5.
Proposition 5
Soient X ∈ P(E),F un K -evn, f : X → F une application.
X compact
On a : ⇒ f (X) compact.
f continue
Preuve
Soit (yn )n∈N une suite dans f (X) .
Pour chaque n de N , il existe xn ∈ X tel que yn = f (xn ).
Comme X est compacte, il existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −−−→ x.
n∞
Puisque f est continue, yσ (n) = f (xσ (n) ) −−−→ f (x) .
n∞
Ainsi, la suite (yn )n admet f (x) (∈ f (X)) pour valeur d'adhérence, et finalement f (X) est compacte.
䊏
Remarque :
L'image réciproque d'une partie compacte par une application continue peut ne pas être
compacte ; exemple : f : R −→ R est continue, {0} est compact, f −1 ({0}) = R n'est pas
x−→0
compact (R n'est pas borné).C
Corollaire
1) Soient X une partie non vide de E et f : X −→ R une application. Si X est compacte
et f continue, alors f est bornée et atteint ses bornes.
Propriété très utile en pratique. 2) Soient X une partie non vide de E, F un K -evn et f : X −→ F une application.
Si X est compacte et f continue, alors || f || : X −→ R est bornée et atteint ses
x−→|| f (x)|| F
bornes.
Preuve
1) f (X) est une partie compacte, donc fermée bornée de R .
2) Appliquer 1) à || f ||, qui est continue sur le compact X. 䊏
Proposition 6
r Algè
bre Mon
ie r
N
Cf. 1.1.1, 3) b) p. 8.
n ie
Mo éom é
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
k=1
ν(x1 ,. . . ,x N ) = Max ||xk || Ek
1k N
Soit, pour chaque k de {1,. . . ,N },X k une partie non vide de E k .
N
Alors X k est compact si et seulement si, pour chaque k de {1,. . . ,N }, X k est
k=1
compact.
60
1.3 • Compacité
Preuve
N
N
1) Supposons X k compact. Comme, pour chaque i de {1,. . . ,N },X i = pri X k , et que les
k=1 k=1
projections pri sont continues (cf. 1.2.2 1)) Prop. 4 p. 43), on en conclut que X i est compact (cf. 1.3.1
Prop. 5 p. 60).
2) Réciproque par récurrence sur N, le cas de deux parties ayant été vu (Prop. 4 p. 59). 䊏
Preuve
Supposons X compacte et f continue.
Raisonnons par l'absurde ; supposons f non uniformément continue, c'est-à-dire :
non ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ ) η ⇒ d F f (x ′ ), f (x ′′ ) ε .
on déduit d E (x ′ ,x ′′ ) = 0 , x ′ = x ′′ .
Mais, puisque f est continue en x ′ et x ′′ :
f xσ′ (n) −−−→ f (x ′ ) et f xσ′′ (n) −−−→ f (x ′′ ),
n∞ n∞
donc d f (xσ′ (n) ), f (xσ′′ (n) ) −−−→ d f (x ′ ), f (x ′′ ) = 0 , en contradiction avec :
n∞
∀n ∈ N∗ , d f (xσ′ (n) ), f (xσ′′ (n) ) > ε. 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Compacité : généralités
• Dans un contexte de compacité, pour établir qu’un certain réel est > 0 (ex. 1.3.1) on peut essayer de faire
intervenir une application continue sur un compact et à valeurs dans R∗+ .
• Un raisonnement par l’absurde permet souvent de construire une suite, puis d’appliquer la compacité pour extra-
ire une suite convergente et obtenir une contradiction (ex. 1.3.4, 1.3.5).
61
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Exercices
1.3.1 Soient E un evn, A,B deux parties non vides de E ; 1.3.4 Soient E,F deux evn, A une partie de E, f :
on suppose A compacte et A ∩ B = ∅. Montrer : A → F une application, telles que f (A) soit compacte.
d(A,B) > 0. Montrer que, si le graphe G f de f (défini par :
G f = {(x, f (x)); x ∈ A}) est fermé dans A × F, alors f
1.3.2 Soient E,F deux evn, A un compact de E , B un est continue.
compact de F,W un ouvert de E × F tel que
A × B ⊂ W. Démontrer qu'il existe un ouvert U de E et 1.3.5 Soient E,F deux evn, X une partie compacte
un ouvert V de F tels que : de E, f : X → F continue. On suppose qu'il existe
A ⊂ U, B ⊂ V, U × V ⊂ W. α ∈ R∗+ tel que : ∀y ∈ F, diam ( f −1 ({y})) < α
(Utiliser l'exercice 1.3.1). (on convient : diam (∅) = 0).
Montrer qu'il existe ε > 0 tel que, pour toute boule ouver-
1.3.3 Soient E un R -evn distinct de {0} , A une partie te B de rayon ε, on ait diam( f −1 (B)) < α.
compacte de E .
Montrer :
∀x ∈ A, ∃y ∈ Fr(A), [x; y] ⊂ A,
où [x; y] = {t x + (1 − t)y ; t ∈ [0; 1]}.
Lemme
Le théorème 2 ci-après va contenir ce
r
re Monie
lgèb
er A
résultat.
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
fermées bornées.
Preuve
1) On sait déjà (cf. 1.3.1 Prop. 2 p. 59) que toute partie compacte est fermée bornée.
2) • Montrons d'abord que tout segment de R est compact. Soit (a,b) ∈ R2 tel que a b, et soit (xn )n
une suite dans [a; b].
D'après le théorème de Bolzano-Weierstrass dans R (Analyse MPSI, 3.3 Th.), la suite réelle bornée (xn )n
admet au moins une suite extraite convergente. Il existe donc une extractrice σ et un élément x de R tels
que xσ ( p) −−−→ x. Comme les xσ ( p) sont dans le fermé [a; b], on déduit x ∈ [a; b].
p∞
Ceci montre que toute suite (x p ) p dans [a; b] admet au moins une valeur d'adhérence dans [a; b], et donc
[a; b] est compact.
• Soit X une partie fermée bornée de Rn . Puisque X est bornée, il existe des réels a1 ,. . . ,an ,b1 ,. . . ,bn
n
tels que X ⊂ [ak ; bk ]. On vient de voir que les [ak ; bk ] sont des compacts de R , donc (cf. 1.3.1 Prop.
k=1
n
[ak ; bk ] est un compact de (Rn ,|| · ||∞ ). Enfin, X étant fermé dans un compact, est lui-
6 p. 60),
k=1
même compact. 䊏
En identifiant Cn 2n
à R , on en déduit le Corollaire suivant.
résultat.
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
Pour tout n de N∗ , les parties compactes de (Cn ,|| · ||∞ ) sont les parties fermées bor-
tr i e
Géomé
62
1.3 • Compacité
Théorème 1
Soit E un K -ev de dimension finie.
Propriété utile en pratique.
Toutes les normes sur E sont équivalentes.
Preuve
Le K -ev E admet au moins une base finie B = (e1 ,. . . ,en ) ; notons N∞ : E −→ R .
r
re Monie
n
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
xi ei −→ Max |xi |
Géomé
1i n
i=1
Soit N une norme sur E ; nous allons montrer N ∼ N∞ .
Notons S = {(x1 ,. . . ,xn ) ∈ Kn ; Max |xi | = 1} , et considérons l'application
1i n
ν: Kn −→ R n
, où K est muni de la norme usuelle ||.||∞ .
n
(x1 ,. . . ,xn ) −→ N xi ei
i=1
• ν est continue car lipschitzienne :
∀x = (x1 ,. . . ,xn ) ∈ Kn ,∀y = (y1 ,. . . ,yn ) ∈ Kn ,
n n n
|ν(x) − ν(y)| N (xi − yi )ei |xi − yi |N (ei ) N (ei ) · ||x − y||∞ .
i=1 i=1 i=1
• Puisque la sphère-unité S de (Kn ,||.||∞ )
est compacte (car fermée bornée, cf. Lemme p. 62), la res-
triction de ν à S est bornée et atteint ses bornes ; il existe donc (α,β) ∈ R2 tel que :
α = Inf ν(x), β = Sup ν(x).
x∈S x∈S
Mo
ni er A
n ie
rA
lgèb
re Monie
lgèbre
Géom
é
r
Si α = 0 , comme ν atteint sa borne Comme 0 ∈ S, on a : 0 < α β.
inférieure α , il existe x ∈ S tel que
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
diction. n
1
xi ei , x ′ = (x1 ,. . . ,xn ) ; comme
Soit alors x ∈ E − {0}, x = x ′ ∈ S et que
i=1
||x ′ ||∞
N∞ (x) = ||x ′ ||∞ , on déduit : α N∞ (x) N (x) β N∞ (x).
Finalement : N ∼ N∞ . 䊏
Théorème 2
Dans tout K -evn (E,N ) de dimension finie, les parties compactes sont les parties fer-
mées bornées.
Preuve
Soient B = (e1 ,. . . ,en ) une base de E , N∞ : E −→ R .
n
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
xi ei → Max |xi |
1i n
i=1
• On sait déjà (cf. 1.3.1 Prop. 2 p. 59) que toute partie compacte de E est fermée bornée.
• Soit X une partie fermée bornée de E . Puisque N ∼ N∞ ,X est bornée dans (E,N∞ ) et, puisque
Id E : (E,N∞ ) → (E,N ) est continue, X = Id−1 E (X) est fermée dans (E,N∞ ) . D'après le Lemme
p. 62, X est alors une partie compacte de (E,N∞ ) , donc de (E,N ) puisque Id E : (E,N∞ ) → (E,N )
est continue et que X = Id E (X). 䊏
Remarque :
Si E est un K -evn de dimension finie, alors B ′ (0; 1) est compacte (cf. Théorème 2).
63
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Ainsi, si E est de dimension finie, Proposition 1
alors
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
Soient E,F deux K -evn ; si E est de dimension finie, alors toute application linéaire
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
LC(E,F) = L(E,F).
f : E −→ F est continue.
Preuve
Notons N la norme de E , B = (e1 ,. . . ,en ) une base de E, N∞ : E −→ R . D'après le
n
x= xi ei −→ Max |xi |
1in
i=1
Preuve
Puisque chaque E k est de dimension finie, || · ||k est équivalente à || · ||∞ dans E k , associée à une base
fixée Bk = (ek,ik )1ik nk de E k ; pour tout k de {1,. . . ,N }, il existe donc αk ∈ R+ tel que :
∀xk ∈ E k , ||xk ||∞ αk ||xk ||k .
N
Il en résulte :
n1
nN
ϕ(x1 ,. . . ,x N ) F M ... |ξ1,i1 | . . . |ξ N,i N |
i 1 =1 i N =1
n1
nN
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Cette égalité se voit par développement =M |ξ1,i1 | . . . |ξ N ,i N |
du produit de plusieurs sommes de
n ie
Mo
onier
étr ie M
i 1 =1 i N =1
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
plusieurs termes. N
N
N
On en déduit la continuité de ϕ en raisonnant comme dans la preuve de la Prop. 3 de 1.2.5 p. 54, ou dans
la solution de P 1.1 p. 572. 䊏
64
1.3 • Compacité
Corollaire
Mo
M
ni
on
er A
ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
onier
r
Cf. aussi 1.2.2 3) Prop. 3 2) p.45. Pour tout n de N∗ , l'application det : Mn (K) −→ K est continue.
A−→det(A)
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
Exercice-type résolu
On note E = C([0 ; 1],R) muni de ||.||∞ . Soit f ∈ E fixée. On note, pour tout α ∈ [0 ; 1] :
f α : [0 ; 1] −→ R, x −→ f α (x) = f (αx),
et on note F = { f α ; α ∈ [0 ; 1]}.
Montrer que F est une partie compacte de E.
Solution Conseils
Notons ϕ : [0 ; 1] −→ E, α −→ ϕ( f ) = f α .
On a ainsi, par définition de F : F = ϕ([0 1]). Nous allons montrer que F est compacte en
présentant F comme image directe d'un
compact par une application continue.
Ceci montre que ϕ est uniformément continue sur [0 ; 1], donc continue sur [0 ; 1].
Enfin, comme [0 ; 1] est compact, que ϕ est continue, et que F = ϕ([0 ; 1]), on
conclut : F est une partie compacte de E.
65
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Exercices
1.3.6 Ensemble de Cantor 1.3.9 a) Soient E,F deux evn tels que E soit de dimen-
1 2 sion finie, f : E −→ F continue telle que, pour toute par-
On note C0 = [0; 1],C1 = C0 − ; ,
3 3 tie bornée B de F , f −1 (B) soit une partie bornée de E .
1 2 7 8 Démontrer que, pour toute partie fermée G de E , f (G) est
C2 = C1 − ; ∪ ; , etc., C = Cn. une partie fermée de F .
9 9 9 9 n∈N
◦ b) Application : montrer, pour tout P de K[X] et toute par-
Montrer que C est un compact de R et que C = ∅ .
tie fermée G de K , que P(G) est fermée.
1.3.7 Soient E un evn de dimension finie, K un compact
de E ; montrer qu'il existe un ouvert U de E tel que : 1.3.10 Montrer que, dans un K -evn de dimension finie,
K ⊂ U et U est compact. tout sous-espace vectoriel est fermé.
1.4 Complétude
Soient (E,||.||), un K -evn, d la distance associée à ||.||.
pN
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ d(u p ,u q ) ε .
qN
N ne doit pas dépendre de p ni de r. On peut remplacer cette condition par la condition suivante, qui lui est équivalente :
Remarques :
1) Si deux normes N,N ′ sur E sont équivalentes, alors les suites de Cauchy de (E,N ) sont les
mêmes que celles de (E,N ′ ).
Exercices 1.4.1, 1.4.2. 2) Toute suite extraite d'une suite de Cauchy est de Cauchy.
66
1.4 • Complétude
Proposition 1
Toute suite de Cauchy dans E est bornée.
Preuve
Soit (u n )n∈N une suite de Cauchy dans E . Il existe N ∈ N tel que :
Preuve
Soit (u n )n∈N une suite convergeant vers un élément l de E .
ε
Soit ε > 0 ; il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n N ⇒ d(u n ,l) ).
2
Alors :
ε
d(u p ,l)
pN
2 ⇒ d(u ,u ) d(u ,l) + d(l,u ) ε
∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ p q p q
qN d(u ,l) ε
q
2
et donc (u n )n∈N est de Cauchy dans E . 䊏
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
éom é
r
Pour qu’une suite dans un produit
Pour que (u n )n∈N soit de Cauchy dans P, il faut et il suffit que, pour chaque k de
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
Résulte aisément de : ν(u p − u q ) = Max ||u k, p − u k,q || Ek . 䊏
1k N
Exercices
1.4.1 Soient (E,||.||) un evn, (u n )n∈N une suite de Cauchy 1.4.2 Soient E,F deux evn, X ∈ P (E), f : X → F une
dans E, σ,τ deux extractrices. Montrer : application telle que, pour toute suite de Cauchy (xn )n∈N
u σ (n) − u τ (n) −→ 0. dans X,( f (xn ))n∈N soit de Cauchy dans F . Montrer que f
n∞ est continue.
67
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
est complet.
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
N
N
complète de E k ; alors Ak est une partie complète de Ek.
k=1 k=1
Preuve
N
Soit (xn )n∈N une suite de Cauchy dans Ak ; pour chaque n de N , notons (x1,n ,. . . ,x N ,n ) = xn .
k=1
Comme : ∀k ∈ {1,. . . ,N }, ∀( p,q) ∈ N2 , d(xk, p ,xk,q ) ν(x p − xq ), on voit que chaque
(xk,n )n∈N (k ∈ {1,. . . ,N }) est de Cauchy dans Ak , donc converge vers un élément lk de Ak . Alors
xn −→(l1 ,. . . ,l N ) (cf. 1.1.9 1) Prop. 2 p. 32). 䊏
n∞
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
r
éom é
Schématiquement : Proposition 2
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
1) X complète ⇒ X fermée
r Alg
n ie
Mo
X fermée
2) X ⊂ Y ⇒ X complète .
2) Soient X,Y deux parties de E telles que X ⊂ Y ; si Y est complète et X fermée,
Y complète
alors X est complète.
Preuve
1) Soient X une partie complète de E , et (xn )n∈N une suite dans X, convergeant vers un élément l de E .
Puisque (xn )n∈N converge, (xn )n∈N est de Cauchy (cf. 1.4.1 Prop. 2 p. 67) ; comme X est complète,
(xn )n∈N converge dans X.
On a donc l ∈ X. Ceci prouve que X est fermée (dans E ).
2) Soient X,Y deux parties de E telles que X ⊂ Y , Y complète et X fermée (dans E ).
Soit (xn )n∈N une suite de Cauchy dans X. Puisque X ⊂ Y et que Y est complète, (xn )n∈N converge vers
un élément l de Y (donc de E ). Comme X est fermée, on a alors l ∈ X. Finalement, X est complète.䊏
Corollaire
Si E est un espace de Banach, on a, pour toute partie X de E :
X fermée ⇐⇒ X complète.
Proposition 3
68
1.4 • Complétude
Preuve
Soient X une partie compacte de E et (xn )n∈N une suite de Cauchy dans X. Puisque X est compacte, il
existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −→ x.Montrons que (xn )n∈N converge
n∞
vers x.
ε
Soit ε > 0 ; il existe N1 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n N1 ⇒ d(xσ (n) ,x) ),
2
p N2
ε
et il existe N2 ∈ N tel que : ∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ d(x p ,xq ) .
q N2 2
Il existe N ∈ N tel que : N N1 et σ (N ) N2 .
On a :
ε ε
∀ p ∈ N,( p N2 ⇒ d(x p ,x) d(x p ,xσ (N ) ) + d(xσ (N ) ,x) + = ε.
2 2
Remarques :
Résultat utile en pratique. 1) La preuve précédente établit que, si (xn )n∈N est une suite de Cauchy ayant au moins une
valeur d'adhérence x, alors xn −→ x.
n∞
2) La réciproque de la proposition précédente est fausse : une partie complète peut ne pas
être compacte ; exemple : R est complet (cf. Th. 2 ci-après) et non compact.
3) Dans le cas où E est complet, on a :
X compacte ⇒ X fermée ⇒ X complète.
Preuve
1) Supposons que f admette une limite l en a, et soit ε > 0. Il existe V ∈ V E (a) tel que :
ε
∀x ∈ X ∩ V, d F ( f (x),l) .
2
On a alors :
ε ε
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ (X ∩ V )2 ,d F ( f (x ′ ), f (x ′′ )) d F ( f (x ′ ),l) + d F (l, f (x ′′ )) + = ε.
2 2
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ (X ∩ V )2 , d F ( f (x ′ ), f (x ′′ )) ε.
∀n ∈ N, (n N ⇒ xn ∈ V ).
On a alors :
pN
∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ (x p ,xq ) ∈ (X ∩ V )2 ⇒ d F ( f (x p ), f (xq )) ε .
qN
69
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Puisque ( f (xn ))n∈N est de Cauchy dans F et que F est complet, ( f (xn ))n∈N
Mo
n ie
r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
Ainsi, l est défini comme limite de la converge vers un élément l de F .
n ie
b) Soit (yn )n∈N une suite (quelconque) dans X convergeant vers a, et soit ε > 0.
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
ier A
re Monie
lgèbre
Géom
r
é
Utilisation de la caractérisation Ainsi, pour toute suite (yn )n∈N dans X convergeant vers a, la suite ( f (yn ))n∈N converge vers l. Ceci
séquentielle de la continuité en un point.
n
Mo
onier
䊏
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
Théorème 2
Tout evn de dimension finie est complet.
Preuve
Soient E un K -evn de dimension finie et (u n )n∈N une suite de Cauchy dans E .
D'après 1.4.1 Prop. 1 p. 67, (u n )n est bornée : il existe M ∈ R∗+ tel que :
∀n ∈ N, ||u n || M .
Puisque B ′ (0; M)est une partie fermée bornée de l'evn E de dimension finie, d'après 1.3.2 Th. 2 p. 63,
B ′ (0; M) est compacte, donc complète (cf. Prop. 3).
Ainsi, (u n )n converge dans B ′ (0; M), donc dans E , et, finalement, E est complet. 䊏
Exercices 1.4.3, 1.4.4.
Remarques :
1) Il existe des evn complets et qui ne sont pas de dimension finie (cf. ex. 1.4.7 p. 71).
2) Il existe des evn non complets (cf. ex. 1.4.6 p. 71).).
Parties complètes
• Pour montrer, dans un evn de dimension finie, qu’une partie est fermée, on peut essayer de montrer qu’elle est
complète cf. §1.4.2 Cor. p. 68 et Th. 2 p. 70 (ex. 1.4.3).
• Pour montrer qu’une partie X d’un evn E est complète, on peut :
– soit montrer que E est complet et que X est fermée dans E
– soit montrer que X est compacte
– soit revenir à la définition, et montrer que toute suite de Cauchy dans X converge vers un élément de X (ex. 1.4.5 b)).
• Pour montrer qu’une partie X d’un evn E n’est pas complète, on peut revenir à la définition : essayer de trouver
une suite (xn )n de Cauchy dans X et qui ne converge pas dans X (ex. 1.4.6 b)).
70
1.4 • Complétude
Exercices
1.4.3 Soient E un evn, F un sev de E ; montrer que, si F b) (E,N ) est-il complet ?
est de dimension finie, alors F est fermé.
1.4.6 On note U = {z ∈ C; |z| = 1} et
1.4.4 Soient E un evn et L = {(x,y) ∈ E 2 ;(x,y) libre}. N : C[X] −→ R l'application définie par :
Montrer que L est ouvert dans E 2. ∀P ∈ C[X], N (P) = Sup |P(z)|.
z∈U
1.4.5 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,E le R -ev des
a) Montrer que N est une norme sur C[X].
applications lipschitziennes de [a; b] dans R .
a) Montrer que N : E −→ R définie par : b) (C[X],N ) est -il complet?
| f (x) − f (y)|
∀ f ∈ E, N ( f ) = || f ||∞ + Sup , 1.4.7 On note ℓ∞ le C -ev des suites (u n )n∈N de CN bor-
(x,y)∈[a;b]2 |x − y|
x= y nées, muni de ||.||∞; montrer que ℓ∞ est un evn complet et
est une norme sur E . n'est pas de dimension finie.
1.4.3 Supplément :
théorème du point fixe
Rappelons :
• x est un point fixe de f si et seulement si f (x) = x .
La condition k < 1 est fondamentale. • f est contractante si et seulement s'il existe k ∈ [0; 1[ tel que :
Preuve
1) Si x,y sont deux points fixes de f alors : d(x,y) = d( f (x), f (y)) kd(x,y),
d'où d(x,y) = 0, puisque k ∈ [0; 1[. Ainsi, f admet au plus un point fixe.
2) Montrons que (u n )n∈N converge vers un point fixe de f.
• Montrons que (u n )n∈N est de Cauchy dans F . Pour tout n de N :
d(u n ,u n+1 ) = d( f (u n−1 ), f (u n )) kd(u n−1 ,u n ),
i=0 i=0
bre G
r Algè
géométrique.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
1 − kr
Mo
Géomé
tr i e
d(u 0 ,u 1 )
= kp d(u 0 ,u 1 ) k p .
1−k 1−k
71
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
d(u 0 ,u 1 )
Intervention de la condition Soit ε > 0 ; puisque k p −→ 0, il existe N ∈ N tel que :
1 − k p∞
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
0 k < 1.
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
d(u 0 ,u 1 )
∀ p ∈ N, ( p N ⇒ k p ε).
1−k
kn k
On remarquera les relations d(u n ,l) d(u 0 ,u 1 ) et d(u n ,l) d(u n−1 ,u n )
1−k 1−k
(pour n 1 ), utiles en vue du Calcul Numérique.
Définition
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Une partie A de E est dite connexe par arcs si et seulement si, pour tout (x,y) de
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
γ
y
x
On abrège ici connexe par arcs en : cpa.
Exemple :
Pour toute application continue γ : [0; 1] −→ E, la « courbe » γ ([0; 1]) est une partie cpa
de E .
Par exemple, U (= {z ∈ C; |z| = 1}) est une partie cpa de C , car U = γ ([0; 1]), où
γ : [0; 1] −→ C .
Exercices 1.5.1 à 1.5.4. t−→exp(2iπt)
72
1.5 • Connexité par arcs
Proposition 1
Toute partie convexe de E est connexe par arcs.
Théorème 1
Les parties connexes par arcs de R sont les intervalles.
Preuve
1) Comme tout intervalle de R est une partie convexe de R , d'après la Proposition précédente, tout inter-
valle de R est cpa.
2) Réciproquement, soit A une partie cpa de R .
Soit (x,y) ∈ A2 . Il existe un arc γ : [0; 1] −→ A joignant x et y dans A. D'après le théo-
rème des valeurs intermédiaires (Analyse MPSI, 4.3.3 Th.), γ ([0; 1]) est un intervalle de R . Comme
cet intervalle contient x et y, on a : [x; y] ⊂ γ ([0; 1]) ⊂ A,
et ainsi A est une partie convexe de R , donc est un intervalle. 䊏
Proposition 2
L’image d’une partie cpa par une Soient X ∈ P(E), A ⊂ X, F un K -evn de dimension finie, f : X −→ F une appli-
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
cation.
tr i e
Géomé
Si A est connexe par arcs et f continue, alors f (A) est connexe par arcs.
Preuve
2
Soit (u,v) ∈ f (A) ; il existe (x,y) ∈ A2 tel que u = f (x) et v = f (y) .
Puisque A est cpa, il existe un arc γ : [0; 1] −→ A tel que γ (0) = x et γ (1) = y .
Alors f ◦ γ : [0; 1] −→ f (A) est un arc (car f et γ sont continues, donc f ◦ γ aussi) joi-
gnant u et v , puisque u = f (x) = f γ (0) = ( f ◦ γ )(0) et v = ( f ◦ γ )(1) . 䊏
Exemple :
Pour tout intervalle I de R et toute application continue f : I −→ E , la « courbe » f (I ) est
une partie cpa de E .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Par exemple, la parabole {(x,y) ∈ R2 ; y 2 = x} est une partie cpa de R2 , car c'est l'image
de R (qui est cpa) par l'application continue f : R −→ R2 .
y−→(y 2 ,y)
Remarque :
L'image réciproque d'une partie cpa par une application continue peut ne pas être cpa,
comme le montre l'exemple : f : R −→ R2 , B = [1; +∞[×R . Dans cet exemple, B est cpa
y−→(y 2 ,y)
2
(car convexe de R ), mais f −1 (B) n'est pas cpa, puisque f −1 (B) =] − ∞; −1] ∪ [1; +∞[ .
73
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
r Algè
bre G
ie
éom é
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
diaires, c'est-à-dire : f atteint tout réel entre deux réels qu'elle atteint déjà.
Preuve
Puisque A est cpa et f continue, f (A) est cpa, et, comme f (A) est une partie cpa de R , f (A) est un
intervalle de R . 䊏
Exercice 1.5.5.
Exercice-type résolu
Solution Conseils
2
a) Soit (A,B) ∈ GLn (C) .
Il est clair que ϕ est une fonction polynomiale de degré n. De plus, Développement d'un déterminant en fonc-
ϕ(0) = det (A) = 0, donc ϕ n'est pas l'application nulle. Considérons tion de ses termes.
Puisque ϕ est un polynôme autre que le polynôme nul, ϕ −1 ({0}) est un ensemble ϕ est un polynôme de degré n et
fini. ϕ = 0, donc ϕ −1 ({0}) a au plus n éléments.
Il est clair que U, complémentaire dans le plan C d'un ensemble fini, est connexe En notant {z 1 ,...,z p } = ∁C (U ), et, pour
par arcs. k ∈ {1,..., p}, Uk = ∁C (z k ), on a :
p
•U = Uk
k=1
• chaque Uk est connexe par arcs
• ∀k ∈ {1,..., p}, U1 ∩ Uk = ∅ .
D'après l'exercice 1.5.4 ci-après, U est
connexe par arcs.
Puisque U est connexe par arcs et que f est continue, f (U ) est connexe par arcs. Cf. 1.5.1 Prop. 2.
De plus :
ϕ(0) = det (A) = 0 et ϕ(1) = det (B) = 0,
2
donc (0,1) ∈ U 2 et (A,B) ∈ f (U ) .
Puisque f (U ) est connexe par arcs et que A et B sont dans f (U ), il existe un arc
continu γ joignant A et B dans f (U ).
74
1.5 • Connexité par arcs
Solution Conseils
Comme f (U ) ⊂ GLn (C), l'arc continu γ joint A et B dans GLn (C). On a : ∀z ∈ U, f (z) ∈ GLn (C),
On conclut : GLn (C) est connexe par arcs. donc : f (U ) ⊂ GLn (C).
– montrer que A est l’image directe d’une partie connexe par arcs par une application continue, cf. Prop. 2 p. 73.
Exercices
1.5.1 Montrer que, dans tout evn, toutes les boules 1.5.4 Soit (Ai )i∈I une famille de parties d'un evn de
ouvertes et toutes les boules fermées sont connexes par dimension finie. On suppose que chaque Ai est connexe
arcs. par arcs et qu'il existe i 0 ∈ I tel que, pour tout i de I,
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Ai0 ∩ Ai = ∅. Montrer que Ai est connexe par arcs.
1.5.2 Donner un exemple de deux parties A,B de R telles i∈I
que : A est homéomorphe à B , R − A est connexe par
Exemple : (R × Q) ∪ ({0} × R) est connexe par arcs.
arcs, R − B n'est pas connexe par arcs.
1.5.3 Soient E,F deux evn de dimensions finies, 1.5.5 Soient E un evn de dimension finie, A une partie
A ∈ P (E), B ∈ P (F) . Montrer : connexe par arcs de E , f : A −→ {0,1} une application
a) si A et B sont connexes par arcs, alors A × B est continue. Montrer que f est constante. (Ici, {0,1}est muni
connexe par arcs de la distance induite par celle de R ).
75
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
2) Cas complexe
Soit E un C-ev ; on appelle produit scalaire (ou : produit scalaire hermitien) sur E
toute application ϕ : E 2 −→ C telle que :
Remarquer la conjugaison. (i) ∀(x,y) ∈ E 2 , ϕ(y,x) = ϕ(x,y) (ϕ est à symétrie hermitienne)
Remarques :
1) Si ϕ est un produit scalaire sur le R -ev E , alors : ∀λ ∈ R, ∀(x,x ′ ,y) ∈ E 3 ,
ϕ(λx + x ′ ,y) = ϕ(y,λx + x ′ ) = λϕ(y,x) + ϕ(y,x ′ ) = λϕ(x,y) + ϕ(x ′ ,y).
On dit que ϕ est linéaire par rapport à la 1re place. Pour exprimer que ϕ est linéaire par
rapport à la 1re et à la 2e places, on dit que ϕ est bilinéaire.
2) Si ϕ est un produit scalaire sur le C -ev E , alors : ∀λ ∈ C, ∀(x,x ′ ,y) ∈ E 3 ,
Remarquer la conjugaison. ϕ(λx + x ′ ,y) = ϕ(y,λx + x ′ ) = λϕ(y,x) + ϕ(y,x ′ ) = λϕ(x,y) + ϕ(x ′ ,y).
On dit que ϕ est semi-linéaire par rapport à la 1re place.Pour exprimer que ϕ est semi-linéaire
par rapport à la 1re place et linéaire par rapport à la 2e place, on dit que ϕ est sesquilinéaire.
Lorsque ϕ est un produit scalaire, on note souvent (x|y) ou < x,y > ou x • y à la place de
ϕ(x,y).
Définition 2
1) Si ϕ est un produit scalaire sur le R-ev E, l'application φ : E −→ R est
x−→ϕ(x,x)
appelée la forme quadratique associée à ϕ.
2) Si ϕ est un produit scalaire sur le C-ev E, l'application φ : E −→ R est
x−→ϕ(x,x)
appelée la forme hermitienne associée à ϕ.
76
1.6 • Espaces préhilbertiens
er A
lgèb
re Monie
r
Ainsi, une application ϕ : Avec les notations ci-dessus, on exprime :
ni
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
tr(A + B) = tr(A) + tr(B), tr(λA) = λtr(A), tr(AB) = tr(B A), tr(A∗ ) = tr(A).
|ai, j |2 = 0
(iv) De même : ϕ(A,A) = 0 ⇐⇒
i, j
77
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Ce produit scalaire est très usité dans les Ainsi, ϕ est un produit scalaire sur Mn, p (K) , appelée produit scalaire canonique sur
exercices et les problèmes. Mn, p (K)
Le produit scalaire canonique sur Mn,1 (K) ou sur M1,n (K) est, à la notation près, le pro-
duit scalaire usuel sur Kn . Autrement dit, l'exemple 2) généralise l'exemple 1).
3) Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, et E = C([a; b],K) le K -ev des applications continues
Remarquer la conjugaison sur le premier de [a; b] dans K . Considérons l'application ϕ : E 2 −→
' bK .
facteur. ( f,g)−→ a f g
b b b
(i) ϕ(g, f ) = gf = fg = f g = ϕ( f,g)
a a a
b b b
(ii) ϕ( f,λg1 + g2 ) = f (λg1 + g2 ) = λ f g1 + f g2
a a a
= λϕ( f,g1 ) + ϕ( f,g2 )
b b
(iii) ϕ( f, f ) = f f = | f |2 ∈ R+
a a
b
ϕ( f, f ) = 0 ⇐⇒ | f |2 = 0 ⇐⇒ f = 0 , car f est continue
r
(iv)
re Monie
onier
èbre M
a
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
4) Généralisation de l'exemple 3)
Avec les mêmes notations qu'en 3), soit p ∈ E telle que :
∀x ∈ [a; b], p(x) ∈ R+
{x ∈ [a; b]; p(x) = 0} est fini (ou plus généralement, d’intérieur vide).
L'application ϕ p : E 2 −→
' bK est un produit scalaire sur E . En effet, les conditions (i),
( f,g)−→ a f gp
(ii), (iii) sont clairement satisfaites comme dans l'exemple 3), et, si f ∈ E est telle que
ϕ( f, f ) = 0 , alors | f |2 p = 0, donc f s'annule sur [a; b] sauf peut-être en un nombre fini de
points (les zéros de p), puis f s'annule sur [a; b] par continuité.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Exemple de produit scalaire sur un 5) Nous verrons (4.3.4 2) p. 249) que l'ensemble ℓ2 des suites (u n )n∈N à éléments dans K
espace de suites.
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
n 0
+∞
u n vn , est un produit scalaire sur ℓ2 .
définie par ϕ((u n )n∈N ,(vn )n∈N ) =
n=0
Proposition
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Ces formules sont valables lorsque Soient E un K -ev, ϕ un produit scalaire sur E, φ la forme
K = R et lorsque K = C . Dans le
n ie
Mo
quadratique associée à ϕ. On a :
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
n p
ϕ λi xi , µj yj = λi µ j ϕ(xi ,y j )
i=1 j=1 1i n
1 j p
78
1.6 • Espaces préhilbertiens
2) ∀(λ,µ) ∈ K2 , ∀(x,y) ∈ E 2 ,
Preuve
n
n
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
r Algè
étr ie M
re Monie
bre G
éom é
onier
r
onier
i=1 i=1
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
n p n
p
d'où : ϕ λi xi , µj yj = λi ϕ xi , µj yj
i=1 j=1 i=1 j=1
n
p
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
r Algè
étr ie M
re Monie
bre G
éom é
onier
r
i=1 j=1
G
onier
1in
èbre M
r Alg
n ie
Mo
1 j p
tr i e
Géomé
Si (E,ϕ) est un espace préhilbertien réel et φ la forme quadratique associée à ϕ , on a, pour tout
(x,y) de E 2 :
1 1
φ(x + y) − φ(x) − φ(y) et ϕ(x,y) = φ(x + y) − φ(x − y) .
ϕ(x,y) =
2 4
er A
lgèb
re Monie
r
Ces deux formules, appelées identités de polarisation, montrent que φ détermine entièrement
Pour le cas complexe,voir l'exercice 1.6.1
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
p. 82.
n ie
Mo
tr i e
Géomé
|ϕ(x,y)|2 ϕ(x,x)ϕ(y,y).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Preuve
1) Cas réel
On a : ∀λ ∈ R, φ(x + λy) 0,
d'où : ∀λ ∈ R, φ(y)λ2 + 2ϕ(x,y)λ + φ(x) 0.
79
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
2) Cas complexe
On a : ∀λ ∈ C, φ(x + λy) 0,
d'où : ∀λ ∈ C, φ(y)|λ|2 + 2Ré(λϕ(x,y)) + φ(x) 0.
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r
éom é ϕ(x,y)
• Supposons φ(y) = 0 , et appliquons l'inégalité précédente à λ = − :
bre G
r Algè
onier
èbre M
n ie r Alg
φ(y)
Mo
tr i e
Géomé
|ϕ(x,y)|2 |ϕ(x,y)|2
φ(y) − 2 + φ(x) 0,
(φ(y))2 φ(y)
d'où −|ϕ(x,y)|2 + φ(x)φ(y) 0.
• Si φ(y) = 0 , alors y = 0 et l'inégalité voulue est évidente. 䊏
x · y#| ||#
Remarque : Le théorème précédent généralise l'inégalité |# x || ||#y || bien connue
dans R2 usuel.
Exercice 1.6.2.
Proposition 1 Étude du cas d'égalité dans l'inégalité de Cauchy-Schwarz
Preuve
1) Supposons (x,y) lié ; par exemple, il existe α ∈ K tel que y = αx. On a alors :
|ϕ(x,y)|2 = |ϕ(x,αx)|2 = |αϕ(x,x)|2 = |α|2 (φ(x))2
et ϕ(x,x)ϕ(y,y) = φ(x)φ(αx) = |α|2 (φ(x))2 , d'où l'égalité voulue.
2) Réciproquement, supposons : |ϕ(x,y)|2 = ϕ(x,x)ϕ(y,y) .
• Si y = 0, alors (x,y) est lié.
ϕ(x,y)
ni er A
lgèb
re Monie
r
On réutilise la valeur particulière de λ • Supposons y = 0 (donc φ(y) = 0). En notant λ0 = − , on a, d'après les
Mo
Mo
n ie
éom
r Algè
bre G
étr ie M
éom é
onier
onier
èbre M
n ie r Alg
Cauchy-Schwarz.
tr i e
Géomé
1
φ(x + λ0 y) = (φ(x)φ(y) − |ϕ(x,y)|2 ) = 0,
φ(y)
d'où x + λ0 y = 0, (x,y) est lié. 䊏
Preuve
1 1 1
(φ(x + y)) 2 (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2
1
⇐⇒φ(x + y) φ(x) + 2(φ(x)φ(y)) 2 + φ(y)
1
⇐⇒Ré(ϕ(x,y) (φ(x)φ(y)) 2
On a, pour tout (a,b) ∈ R × R+ : Ré(ϕ(x,y)) 0
re Monie
r
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
⇐⇒ ou
èbre M
n ie r Alg
a 0
Mo
Géomé
tr i e
Ré(ϕ(x,y)) 0
a b ⇐⇒ ou
(a 0 et a 2 b2 ) (Ré(ϕ(x,y)))2 φ(x)φ(y).
80
1.6 • Espaces préhilbertiens
Preuve
1) S'il existe α ∈ R+ tel que y = αx, alors :
1 1 1
(φ(x + y)) 2 = (φ((1 + α)x)) 2 = (1 + α)(φ(x)) 2
1 1 1 1
et (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 = (φ(x)) 2 + α(φ(x)) 2 .
1 1 1
2) Réciproquement, supposons : (φ(x + y)) 2 = (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 .
Le cas x = 0 étant d'étude immédiate, supposons x = 0. En reprenant le schéma de calcul dans la preu-
ve de l'inégalité de Minkowski, on a :
Ré(ϕ(x,y)) 0
1 1 1
(φ(x + y)) 2 = (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 ⇐⇒
Ré(ϕ(x,y))2 = φ(x)φ(y).
Proposition-Définition 3
Attention à ne pas confondre φ(x) et
Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien, φ la forme quadratique associée à ϕ.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
éom
étr ie M
onier
1
G
onier
L'application ||.|| : E −→ R
r Alg
2
n ie
Mo
Géomé
tr i e
φ(x) . On a :
1
1
2 x−→(φ(x)) 2
||x|| = φ(x) ou encore
associée à ϕ.
φ(x) = ||x||2 .
Preuve
Les conditions ||λx|| = |λ| ||x|| et (||x|| = 0 ⇐⇒ x = 0) sont immédiates ;
l'inégalité triangulaire ||x + y|| ||x|| + ||y|| est l'inégalité de Minkowski. 䊏
Ainsi, tout espace préhilbertien est un evn. La distance associée est alors définie par :
(
d(x,y) = ||x − y|| = φ(x − y).
81
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Il existe des evn ne vérifiant pas l'identité du parallélogramme, donc dont la norme ne peut
pas être associée à un produit scalaire. Par exemple, dans (R2 ,||.||∞ ), en notant x = (1,0),
y = (0,1), on a : ||x + y||2∞ + ||x − y||2∞ = 2 et 2(||x||2∞ + ||y||2∞ ) = 4.
Définition
On appelle espace de Hilbert tout espace préhilbertien complet (pour la norme asso-
ciée au produit scalaire).
Remarques :
1) Tout espace préhilbertien de dimension finie est un espace de Hilbert (cf. 1.4.2 Th. 2 p. 70).
2) Il existe des espaces préhilbertiens non complets.
3) ℓ2 est un espace de Hilbert (cf. P 4.6 p. 285).
Proposition 4
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
Preuve
Soient (x,y) ∈ E 2 ,(h,k) ∈ E 2 ; on a :
| < x + h,y + k > − < x,y > | = | < h,y > + < x,k > + < h,k > |
| < h,y > | + | < x,k > | + | < h,k > |
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Le couple (x,y) est fixé. ||h|| ||y|| + ||x|| ||k|| + ||h|| ||k|| −→ 0.
Mo
(h,k)−→(0,0) 䊏
onier
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
(0,0) .
Exercices
1.6.1 Identité de polarisation dans le cas complexe 1.6.2 Soient E,(. | .) un espace préhilbertien, (a,b) ∈ (R∗+ )2 ,
Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien complexe, φ la (u n )n∈N ,(vn )n∈N deux suites dans E telles que :
forme hermitienne associée à ϕ . Montrer :
∀ n ∈ N, ||u n || a et ||vn || b
3
1 (u n | vn ) −→ ab.
∀(x,y) ∈ E 2 , ϕ(x,y) = i−k φ(x + ik y). n∞
4 k=0
Montrer :
Ainsi, φ détermine entièrement ϕ . ||u n || −→ a et ||vn || −→ b.
n∞ n∞
82
1.6 • Espaces préhilbertiens
1.6.3 Orthogonalité
Définition 1
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
Rappel de définition :
un espace préhilbertien est un K-ev 1) Soit (x,y) ∈ E 2 ; on dit que x est orthogonal à y, et on note x⊥y, si et
muni d’un produit scalaire.
seulement si : < x,y > = 0.
2) Soient x ∈ E,A ∈ P(E) ; on dit que x est orthogonal à A, et on note x⊥A, si et
seulement si : ∀a ∈ A, < x,a > = 0.
3) Pour toute A de P(E), on définit l' orthogonal de A, noté A⊥ :
Proposition 1
Mo
ni
Mo
e
n ie
r Al
gèbr
e Monie
r Algè
étr ie M
bre G
r
éom é
onier
Propriétés générales de l’orthogonalité Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
dans un espace préhilbertien.
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
(F + G)⊥ = F ⊥ ∩ G ⊥ , (F ∩ G)⊥ ⊃ F ⊥ + G ⊥ .
Preuve
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
∀a ∈ A, < λx + y,a > = λ < x,a > + < y,a > = 0, donc λx + y ∈ A⊥ .
n n
< x,y > = < x, λi ai > = λi < x,ai > = 0,
i=1 i=1
⇒
re Monie
Utilisation de 2).
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
G ⊂ F +G G ⊥ ⊃ (F + G)⊥
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
∀ f ∈ F, < x, f > = 0
• Réciproquement, soit x ∈ F ⊥ ∩ G ⊥ . On a : .
∀g ∈ G, < x,g > = 0
Pour tout h de F + G, il existe ( f,g) ∈ F × G tel que h = f + g , et donc :
< x,h > = < x, f > + < x,g > = 0, d’où x ∈ (F + G)⊥ .
F ∩G ⊂ F (F ∩ G)⊥ ⊃ F ⊥
b) ⇒ ⇒ (F ∩ G)⊥ ⊃ F ⊥ + G ⊥ .
r
re Monie
Utilisation de 2). 䊏
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
F ∩G ⊂G (F ∩ G)⊥ ⊃ G ⊥
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Exercice 1.6.3.
Remarques :
1) Il se peut qu'un sev F de E vérifie : F = F ⊥⊥ (cf. exercice 1.6.4 p. 88).
2) Il se peut que deux sev F,G de E vérifient : (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G ⊥ (cf. exercice 1.6.5 p. 88).
3) Si E est de dimension finie, alors dim(F ⊥ ) = dim(E) − dim(F) et on déduit :
• Pour tout sev F de E , F ⊥⊥ = F
• Pour tous sev F,G de E , (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G ⊥ .
r
re Monie
lgèb
ni er A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 2
Pour toute partie A d'un espace préhilbertien E, A⊥ est un sev fermé de E.
Preuve
Soit (xn )n∈N une suite dans A⊥ , convergeant vers un élément x de E . On a :
∀n ∈ N, ∀a ∈ A, < xn ,a > = 0,
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Échange dans l’ordre des deux d'où : ∀a ∈ A, (∀n ∈ N, < xn ,a > = 0) .
bre G
r Algè
quantificateurs universels.
n ie
Mo
onier
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
n∞ y−→<y,a>
on déduit < xn ,a > −→ < x,a > , d'où < x,a > = 0, et finalement x ∈ A⊥ . 䊏
n∞
Proposition 3
Propriété utile en pratique. Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien,(xi )i∈I une famille dans E.
(xi )i∈I est orthogonale
Si , alors (xi )i∈I est libre.
∀i ∈ I, xi = 0
Preuve
N
Soient N ∈ N∗ , λ1 ,. . . ,λ N ∈ K, i 1 ,. . . ,i N ∈ I deux à deux distincts, tels que λk xik = 0.
k=1
84
1.6 • Espaces préhilbertiens
N N
λk < xi j ,xik > = λ j ||xi j ||2 ,
Pour tout j de {1,. . . ,N }, on a : 0 = < xi j , λk xik > =
k=1 k=1
d'où λ j = 0. 䊏
2) Cas complexe
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien complexe ; on a :
Preuve
Il suffit de développer ||x + y||2 ou ||x − y||2 (cf. 1.6.1 Prop. 4) p. 79). 䊏
Proposition 5
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien. On a, pour toute famille orthogonale finie
(xi )i∈I de E :
) )2
) )
xi ) = ||xi ||2 .
) )
)
i∈I i∈I
) )
Preuve
Puisque < xi ,y j > = 0 si i =
j, on a :
) )2
) )
||xi ||2 .
xi ) = < xi ,x j > = < xi ,xi > = 䊏
) )
)
) i∈I ) 2 i∈I i∈I
(i, j)∈I
Proposition-Définition-Notation 6
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
1) Soient n ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E n des sev de E. Si les E i (1 i n) sont deux à deux
orthogonaux, c'est-à-dire si : ∀(i, j) ∈ {1,. . . ,n}2 , (i = j ⇒ E i ⊥ E j ) , alors
n n
la somme E i est directe ; on dit que la somme E i est directe-orthogonale, et
i=1 i=1
n n
*
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Les 1) et 2) ne différent que par la
notation de l’indexation.
on note ⊥❤Ei pour Ei .
i=1
onier
i=1
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
2) Soit (E i )i∈I une famille finie de sev de E. Si les E i (i ∈ I ) sont deux à deux
orthogonaux, alors la somme E i est directe ; on dit que la somme E i est
i∈I i∈I
*
directe-orthogonale, et on note ⊥❤Ei pour Ei .
i∈I i∈I
85
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Preuve
n
1) Soit (x1 ,. . . ,xn ) ∈ E 1 × . . . × E n tel que xi = 0 . Pour tout j de {1,. . . ,n},
i=1
n
n
on a : < xi ,x j > = 0, c'est-à-dire ||x j ||2 = 0, et donc x j = 0. Ceci montre que E i est directe.
i=1 i=1
2) C'est une traduction de 1).
Définition 2
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Ceci revient à ce que E soit somme Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien. Deux sev F,G de E sont dits supplémen-
directe-orthogonale de F et G.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
F et G sont orthogonaux
&
.
E = F +G
Définition 3
Mo
ni
Mo
e
n ie
r Al
gèbr
e Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Puisque p est un projecteur, Ker( p) Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien et p un projecteur de
onier
onier
èbre M
tr i e
Géomé
dans E.
projecteur orthogonal si et seulement si Ker( p) et Im( p) sont supplémentaires
orthogonaux dans E.
Définition 4
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien et E 1 ,. . . ,E n des
sev de E tels que E soit somme directe-orthogonale de E 1 ,. . . ,E n . On appelle
er A
lgèb
re Monie
r
Avec les notations ci-contre, on a : n
projecteurs orthogonaux associés à la décomposition E = ⊥❤Ei de E en somme
ni
Mo éom é
bre G
n
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
pi = Id E et, pour tout (i, j) de
Mo
tr i e
Géomé
i=1
i=1
{1,. . . ,n}2 tel que i = j , directe-orthogonale les projecteurs pi (1 i n) sur E i parallèlement
pi ◦ p j = p j ◦ pi = 0 . à ⊥ ❤ E j.
1 j n
j=i
Exercice-type résolu
On suppose :
E = F ⊕G et F ⊂ G⊥.
86
1.6 • Espaces préhilbertiens
Solution Conseils
On va utiliser la caractérisation séquentielle
a) • Soit ( f n )n∈N une suite dans F, convergeant vers un élément x de E.
des fermés.
Puisque E = F ⊕ G, il existe f ∈ F, g ∈ G tels que : x = f + g.
On a :
∀ n ∈ N, f n ∈ F ⊂ G ⊥ ,
donc :
∀ n ∈ N, ( f n | g) = 0.
Comme f n −→ x et que le produit scalaire est continu, on déduit : Cf. § 1.6.3 Prop. 4.
n∞
(x | g) = 0.
Puis :
(g | g) = (x − f | g) = (x | g) − ( f | g) = 0, On a (x | g) = 0 et ( f | g) = 0, car
x ∈ F ⊂ G ⊥ , f ∈ F ⊂ G ⊥ , g ∈ G.
d'où g = 0, puis : x = f + g = f ∈ F.
On conclut :
F est fermé dans E. Utilisation de la caractérisation séquentielle
des fermés.
• Par hypothèse : E = F ⊕ G et F ⊂ G ⊥ ,
donc aussi : E = G ⊕ F et G ⊂ G ⊥⊥ ⊂ F ⊥ . F ⊂ G ⊥ ⇒ F ⊥ ⊃ G ⊥⊥ .
On peut donc appliquer le résultat précédent au couple (G,F) au lieu de (F,G) et Rôles symétriques de F et G.
on conclut : G est fermé dans E .
b) • Soit y ∈ G ⊥ . On a déjà par hypothèse F ⊂ G ⊥ .
On va donc montrer l'autre inclusion :
Puisque E = F ⊕ G, il existe u ∈ F, v ∈ G tels que : y = u + v.
G ⊥ ⊂ F.
On a :
y ∈ G ⊥ et u ∈ F ⊂ G ⊥ ,
Orthogonalité
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
• Pour manipuler des orthogonaux, on essaiera de garder une écriture globale et d’utiliser les propriétés générales
(Prop. 1. p. 83) avant d’envisager de passer aux éléments (ex. 1.6.3 à 1.6.5).
• Dans un espace préhilbertien E,(.|.) , pour montrer une inclusion du genre A ⊂ B ⊥ , il suffit de prouver :
∀a ∈ A, ∀b ∈ B, (a|b) = 0
(ex.1.6.5 a)). On remarquera d’ailleurs :
A ⊂ B ⊥ ⇐⇒ B ⊂ A⊥ .
En revanche, prouver une inclusion du genre A⊥ ⊂ B est plus difficile ; on pourra essayer d’utiliser un raisonne-
ment par l’absurde (ex. 1.6.5 a)). Dans un espace euclidien (donc de dimension finie), une argumentation fondée
sur la dimension peut permettre de conclure.
87
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Exercices
1.6.3 Soient E un espace préhilbertien, F un sev de E ; 1.6.5 Soient E = C([0 : 1],R) muni du produit scalaire
1
montrer : (F)⊥ = F ⊥ .
( f,g) −→ f g,
0
1
1.6.4 Soient E = C([0 : 1],R) muni du produit scalaire F = { f ∈ E; ∀x ∈ [0 : ], f (x) = 0},
1 2
( f,g) → f g, c ∈]0 : 1[ fixé, 1
G = {g ∈ E; ∀x ∈ [ : 1], g(x) = 0} .
0 2
ϕ: E −→ R . Montrer :
c
f −→ f a) F ⊥ = G et G ⊥ = F
0
b) F ⊥⊥ = F et F ⊕ F ⊥ = E
a) Montrer ϕ ∈ E ′ = LC(E,R) , dual topologique de E ; c) (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G ⊥ .
on note H = Ker(ϕ).
1.6.6 Soient E un espace préhilbertien, f ∈ LC(E) telle
b) Montrer que H est fermé, mais que H ⊥ = {0} .
que ||| f ||| 1 : montrer :
c) Montrer : H ⊥⊥ = H.
Ker(e − f ) = (Im(e − f ))⊥ , où e = Id E .
• Notons V0 = e0 = 0 .
• Cherchons V1 sous la forme : V1 = e1 + λ1,0 V0 , λ1,0 ∈ K à trouver. On a :
V1 e1 e1 + ⺛ V0
V0 = e0
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
On a bien
e0 ∈ Vect(V0 ,V1 )
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
tr i e
Géomé
e1 ∈ Vect(V0 ,V1 )
Enfin, il est clair que : Vect(e0 ,e1 ) = Vect(V0 ,V1 ).
V0 ∈ Vect(e0 ,e1 )
et • Supposons construits V0 ,. . . ,Vn tels que :
V1 ∈ Vect(e0 ,e1 ) .
(V0 ,. . . ,Vn ) est une famille orthogonale à vecteurs tous = 0
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Il est plus commode de chercher Vn+1
Vect(e0 ,. . . ,en ) = Vect(V0 ,. . . ,Vn ).
éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
de
tr i e
Géomé
n
V0 . . . ,Vn ,en+1
plutôt que sous la forme d’une
Cherchons Vn+1 sous la forme : Vn+1 = en+1 + λn+1,k Vk ,
combinaison linéaire de k=0
où λn+1,0 ,. . . λn+1,n ∈ Kn+1 est à trouver.
e0 ,. . . ,en ,en+1 .
88
1.6 • Espaces préhilbertiens
On a :
∀i ∈ {0,. . . ,n}, Vn+1 ⊥Vi
n
⇐⇒ ∀i ∈ {0,. . . ,n}, < Vi ,en+1 + λn+1,k Vk > = 0
k=0
n
On a %Vi ,Vk & = 0 si k = i. < Vi ,en+1 > + λn+1,k < Vi ,Vk > = 0
r
⇐⇒ ∀i ∈ {0,. . . ,n},
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
k=0
Puisque V0 ,. . . ,Vn sont tous = 0, le système d'équations précédent admet une solution et une seule :
< Vi ,en+1 >
∀i ∈ {0,. . . ,n}, λn+1,i = − .
||Vi ||2
Considérons le vecteur Vn+1 ainsi défini.
Par construction, (V0 ,. . . ,Vn+1 ) est une famille orthogonale.
Si Vn+1 = 0, alors :
n
en+1 = − λn+1,k Vk ∈ Vect(V0 ,. . . ,Vn ) = Vect(e0 ,. . . ,en ),
k=0
Vn+1 = en+1 + λn+1,k Vk . Comme Vn+1 ∈ Vect(en+1 ,V0 ,. . . Vn ) et que Vect(V0 ,. . . ,Vn ) = Vect(e0 ,. . . ,en ),
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
k=0
on a : Vn+1 ∈ Vect(e0 ,. . . ,en+1 ), et donc Vect(V0 ,. . . ,Vn+1 ) ⊂ Vect(e0 ,. . . ,en+1 ).
n
De même, en+1 ∈ Vect(V0 ,. . . ,Vn ,Vn+1 ) et Vect(e0 ,. . . ,en ) = Vect(V0 ,. . . Vn ) ,
r
re Monie
lgèb
ni er A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
k=0
d'où Vect(e0 ,. . . ,en+1 ) ⊂ Vect(V0 ,. . . ,Vn+1 ).
tr i e
Géomé
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
∀n ∈ N, Vn = 0
∀n ∈ N, Vect(V0 ,. . . ,Vn ) = Vect(e0 ,. . . ,en ).
En reprenant l'étude précédente pour une famille finie, il est clair que l'on obtient le
résultat suivant :
Théorème 2
r
re Monie
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, n ∈ N∗ , (e1 ,. . . ,en ) une famille libre
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
∀i ∈ {1,. . . ,n}, Vi = 0
∀i ∈ {1,. . . ,n}, Vect(V1 ,. . . ,Vi ) = Vect(e1 ,. . . ,ei ).
89
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
0
y
F
Puisque F est de dimension finie, F admet au moins une base (e1 ,. . . ,en )
(où n = dim(F)) .
D'après le procédé d'orthogonalisation de Schmidt (cf. 1.6.4 p. 89) et en normant les vecteurs
obtenus, on voit que F admet au moins une base orthonormale ( f 1 ,. . . , f n ) .
n
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
lgèbre
Géom
é
r
On cherche y par sa décomposition Soit y∈F quelconque, y= yi f i sa décompositon sur ( f 1 ,. . . , f n ) , où
ier A
sur la base ( f 1 ,. . . , f n ) de F .
n
Mo
onier
étr ie M
éom
i=1
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
(y1 ,. . . ,yn ) ∈ Kn .
On a :
(x − y)⊥F
⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, (x − y)⊥ f k
n
⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, < f k ,x − yi f i > = 0
i=1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
lgèbre
Géom
r
é
On a : ⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, < f k ,x > −yk = 0
1 si i = k
rA
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
% fi , fk & =
r Alg
.
n ie
tr i e
Géomé
0 si i = k
Résumons l'étude :
Proposition
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, F un sev de dimension finie de E. On
note p F : E −→ E l'application qui, à chaque x de E, associe l'unique élément y de
F tel que (x − y)⊥F.
Alors :
1) p F est un projecteur de E, c'est-à-dire : p F ∈ L(E) et p F ◦ p F = p F
2) Im( p F ) = F et Ker( p F ) = F ⊥
90
1.6 • Espaces préhilbertiens
0
pF (x)
F
Preuve
Utilisons les notations du Théorème p. 90.
n
p F (λx + x ′ ) = < f k ,λx + x ′ > f k
1) • ∀λ ∈ K, ∀(x,x ′ ) ∈ E 2 ,
k=1
n n
< f k ,x ′ > f k = λp F (x) + p F (x ′ ).
= λ < f k ,x > f k +
k=1 k=1
• Pour tout x de E , p F (x) ∈ F et donc p F ( p F (x)) = p F (x).
2) • (∀z ∈ F, p F (z) = z) , donc F ⊂ Im( p F ).
• (∀x ∈ E, p F (x) ∈ F) , donc Im( p F ) ⊂ F .
• Ker( p F ) = {x ∈ E; p F (x) = 0} = {x ∈ E; x⊥F} = F ⊥ .
n
∀(x,x ′ ) ∈ E 2 , < p F (x),x ′ > = < < f k ,x > f k ,x ′ >
3)
k=1
n n
< f k ,x > < f k ,x ′ > =
Remarquer la conjugaison sur le premier = < f k ,x ′ > < f k ,x >
facteur. k=1 k=1
′
= < p F (x ′ ),x > = < x, p F (x ) > .
䊏
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
à la distance minimale de x .
Mo
onier
f ∈F
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
91
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
On peut même écrire : Corollaire
bre G
r Algè
n ie
Mo
éom
étr ie M
onier
F⊥❤F ⊥ = E .
Pour tout sev F de dimension finie d'un espace préhilbertien E, on a :
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
F ⊕ F ⊥ = E.
Preuve :
Comme p F est un projecteur, on a : E = Im( p F ) ⊕ Ker( p F ) = F ⊕ F ⊥ . 䊏
Exercices 1.6.7, 1.6.8.
Remarque :
Si F n'est pas de dimension finie, on a F ∩ F ⊥ = {0} (cf. 1.6.3 Prop. 1 6) p. 83), mais on peut
avoir F + F ⊥ = E (cf. exercice 1.6.5 p. 88).
Exercice-type résolu
Solution Conseils
1re méthode : utilisation du théorème de projection orthogonale
Notons E = C([0 ; 1],R) muni du produit scalaire
1
(. | .) : ( f,g) −→ ( f | g) = fg
0
et de la norme associée
1 1/2
||.|| : f −→ || f || = ( f | f )1/2 = f2 ,
0
finie de E.
D'après le théorème de la projection orthogonale, en notant g le projeté ortho-
gonal de f sur F, on a :
1
2 2 2
Inf x − (a + bx) dx = Inf || f − (ae0 + be1 )||2 = d( f,F)
(a,b)∈R2 0 (a,b)∈R2
= || f − g||2 .
92
1.6 • Espaces préhilbertiens
Solution Conseils
On a :
1 1
1
(e0 | e0 ) = dt = 1, (e0 | e1 ) = (e1 | e0 ) = t dt = ,
0 0 2
1
1
(e1 | e1 ) = t 2 dt = ,
0 3
1 1
1 1
(e0 | f ) = t 2 dt = , (e1 | f ) = t 3 dt = .
0 3 0 4
Ainsi :
1 1
α + 2β = 3 α = −1
g = p F ( f ) ⇐⇒ ⇐⇒ 6 Résolution du système, par exemple par
1α + 1β = 1 combinaisons linéaires.
β = 1.
2 3 4 Vérifier la solution.
1 2b b2 − 2a
= − + + ab + a 2
5 4 3
2a b2 b 1
= a 2 + ab − + − +
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
3 3 2 5
b 1 2 b2
b 1 b2 b 1 Mise sous forme canonique vis-à-vis de la
= a+ − − + − + − + variable a, puis de la variable b, ou encore :
2 3 4 3 9 3 2 5 réduction de Gauss d'une forme quadratique.
b 1 2 b2 b 4
= a+ − + − +
2 3 12 6 45
b 1 2 1 1
= a+ − + (b − 1)2 + .
2 3 12 180
Il en résulte :
1
1
2
Inf x 2 − (a + bx) dx =
(a,b)∈R2 0 180
93
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Solution Conseils
et, de plus, cette borne inférieure est atteinte en un couple (a,b) et un seul,
b 1
1
a+− =0 a=−
1 2 3 ⇐⇒ 6
le couple a = − , b = 1 .
b−1=0
b = 1.
6
1
Ainsi, F admet un point critique et un seul, − , 1 .
6
1 Changement de variables. L'étude en
Pour (a,b) ∈ R2 , notons h = a + , k = b − 1, d'où : 1
6
− , 1 pour les variables (a,b)
1 6
a = − + h, b = 1 + k. se ramène à l'étude en (0,0) pour les
6
variables (h,k).
On a alors :
2
1 1 (1 + k)2
F(a,b) = − + h + − + h (1 + k) +
6 6 3
2 1 1 1
− − + h − (1 + k) +
3 6 2 5
2
1 k
= + h 2 + hk +
180 3
1 k 2 k2
= + h+ + .
180 2 12
1
Il en résulte F(a,b) et il y a égalité si et seulement si h = k = 0.
180
On conclut :
1
1
2
Inf x 2 − (a + bx) dx =
.
(a,b)∈R2 0 180
94
1.6 • Espaces préhilbertiens
n
p F (x) = < f k ,x > f k
k=1
Exercices
1.6.7 Soient E = M2 (R) muni du produit scalaire cano- 1.6.8 Soient E = M3 (R) muni du produit scalaire cano-
nique, F le sev des matrices antisymétriques,
nique, F = T2,s (R) le sev des matrices triangulaires supé- 0 1 0
M = 0 0 1.
a b
rieures. Pour A = ∈ E , calculer le projeté 0 0 0
c d
Déterminer le projeté orthogonal de M sur F et calculer la
orthogonal de A sur F . distance de M à F .
95
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés
Preuve
1) Soit (x,y) ∈ E 2 tel que ||x|| 1 et ||y|| 1. D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz :
| < f (x),y > | || f (x)|| ||y|| ||| f ||| ||x|| ||y|| ||| f |||.
Ceci montre que Sup | < f (x),y > | existe et est ||| f |||.
||x||1,||y||1
Si f (x) = 0, en notant y = 0, on a :
||x|| 1, ||y|| 1, | < f (x),y > | = 0 = || f (x)||.
Ceci montre que, pour tout x de E tel que ||x|| 1, il existe y ∈ E tel que :
||y|| 1 et || f (x)|| | < f (x),y > |.
Proposition 2
Par définition, ρ( f ) = Max |λ| .
λ∈SpC ( f )
Pour tout endomorphisme symétrique positif f de E, on a :
Comme f est symétrique positif, on a :
ρ( f ) = Max λ 0 . ||| f ||| = Sup < f (x),x > = ρ( f ),
λ∈SpR ( f )
||x||1
Preuve
On sait qu'il existe une b.o.n. B = (e1 ,. . . ,en ) de E formée de vecteurs propres de f. Pour chaque k de
{1,. . . ,n}, notons λk la valeur propre de f associée au vecteur propre ek .
96
1.6 • Espaces préhilbertiens
n
Soit x ∈ E tel que ||x|| 1, et notons x = xk ek .
k=1
On a :
n n
1 n
2
λ2 x 2 λk xk2 .
Mo
ni
n
er A
lgèb
ier A
re Monie
lgèbre
Géom
é
r
On calcule || f (x)|| et % f (x),x& en f (x) = λk xk ek , || f (x)|| = k k , < f (x),x > =
utilisant la b.o.n. (e1 ,. . . ,en ) .
Mo
onier
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
n
1 n
2 12 n
1
2 2
Comme : λ2k xk2 ρ( f ) xk2 = ρ( f ) xk2 ρ( f )
k=1 k=1 k=1
n n n
λk xk2 ρ( f )xk2 = ρ( f ) xk2 ρ( f ),
et
k=1 k=1 k=1
ni er A
lgèb
re Monie
r
e( f ) = Max |λk | = Max λk , D'autre part, il existe k0 ∈ {1,. . . ,n} tel que ρ( f ) = λk0 , et alors f (ek0 ) = ρ( f )ek0 , d'où
1k n 1k n
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
onier
èbre M
tr i e
Géomé
Proposition 3
1) ∀ f ∈ L(E), ||| f ∗ ||| = ||| f |||.
Preuve
1) D'après la Prop. 1 appliquée à f ∗ puis à f :
||| f ∗ ||| = Sup < f ∗ (x),y > = Sup < x, f (y) > = ||| f |||.
||x||1,||y||1 ||x||1,||y||1
Exercices
1.6.9 Soit n ∈ N∗ . On munit Mn (R) du produit scalaire b) Soit A ∈ Mn (R) ; on note h A : Mn (R) −→ Mn (R) .
M−→tr(M)A
canonique, et on note f : Mn (R) −→ Mn (R) .
A−→t A Déterminer h ∗A.
Quel est l'adjoint f ∗ de f ?
1.6.10 Soit n ∈ N∗ . On munit Mn (R) du produit scalai- 1.6.11 Soient (E,< .,. >) un espace euclidien, f ∈ L(E)
re canonique. tel que f 2 = 0. Montrer :
a) Pour A,B ∈ Mn (R), on note f A : Mn (R) −→ Mn (R) et
M−→AM Ker( f ) ⊂ Im( f ) ⇐⇒ f + f ∗ ∈ GL(E).
g B : Mn (R) −→ Mn (R) .
M−→M B
Problèmes
P 1.1 Caractérisation de la continuité pour 2) Soient λ ∈ K , f,g ∈ L(E) admettant des adjoints.
une application multilinéaire Montrer :
a) f + g admet un adjoint et ( f + g)∗ = f ∗ + g ∗
Ce problème P 1.1 étudie une extension du théorème de caractérisation de la
continuité pour les applications linéaires (§ 1.2.5, théorème p. 52) au cas des b) λ f admet un adjoint et (λ f )∗ = λ f ∗
applications multilinéaires. c) g ◦ f admet un adjoint et (g ◦ f )∗ = f ∗ ◦ g ∗
Soient n ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E n ,F des K -evn, d) f ∗ admet un adjoint et ( f ∗ )∗ = f.
ϕ : E 1 × . . . × E n −→ F une application n-linéaire.
3) Soient F un sev de E , f ∈ L(E) admettant un adjoint
Montrer que les deux propriétés suivantes sont équiva- et tel que f (F) ⊂ F . Montrer : f ∗ (F ⊥ ) ⊂ F ⊥ .
lentes :
(i) ϕ est continue 4) Soit f ∈ L(E) admettant un adjoint. Montrer :
∗ ⊥
(ii) ∃M ∈ R+ , ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ E 1 × . . . × E n , (i) Ker( f ) = (Im( f ))
||ϕ(x1 ,. . . ,xn )|| F M||x1 || E1 · . . . · ||xn || En . (ii) Ker( f ∗ ) = (Im( f ))⊥
(iii) Im( f ) ⊂ (Ker( f ∗ ))⊥
(iv) Im( f ∗ ) ⊂ (Ker( f ))⊥ .
P 1.2 Adjoint d'un endomorphisme d'un espace
préhilbertien Pour un exemple où les inclusions (iii) et (iv) sont strictes,voir P 4.6 4) p. 308.
98
Fonctions CHAPITRE 2
vectorielles d’une
variable réelle
Plan Introduction
2.1 Généralités 100 Dans de nombreux domaines, l’intervention de fonctions à valeurs vecto-
Exercices 101, 103, 105, rielles est nécessaire, et le retour aux fonctions composantes n’est pas tou-
109 jours commode.
C’est pourquoi nous allons étudier continuité, dérivation, intégration sur un
2.2 Dérivation 109 segment, comparaison locale, pour des fonctions à valeurs vectorielles.
Exercices 115 Les intégrales dépendant d’un paramètre seront vues dans le chapitre 3.
2.3 Intégration
sur un segment 122
Exercices 127, 135, 136,
139, 141, 143, 145, 146
Prérequis
• Espaces vectoriels normés (ch. 1)
2.4 Comparaison • Nombres réels, nombres complexes, suites numériques, fonctions
locale 148 réelles ou complexes d’une variable réelle, dérivation, intégration
(Analyse MPSI)
Problèmes 152 • Fonctions usuelles, comparaison locale des fonctions, calculs de primi-
tives.
Objectifs
• Extension aux fonctions à valeurs vectorielles de l’acquis relatif aux
fonctions à valeurs réelles ou complexes d’une variable réelle : limite,
continuité, dérivation, intégration sur un segment, comparaison locale.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
K désigne R ou C.
Le but de ce chapitre 2 est de généraliser aux fonctions d'une variable réelle et à valeurs dans un
evn de dimension finie l'étude des fonctions d'une variable réelle et à valeurs réelles vue dans
Analyse MPSI, chapitres 4 à 9 : limite, continuité, dérivation, intégration, comparaison locale.
Pour X ∈ P (R), la différence essentielle entre l'étude des fonctions de X dans R et celle des
fonctions de X dans E (où E est un evn) réside dans la structure ordonnée de R , qui n'a pas a
priori d'analogue dans E .
Dans tout ce ch. 2, E désigne un K -evn de dimension finie N, dont la norme est notée || · ||. Le
K -ev E peut éventuellement être muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ). Rappelons que toutes les
normes sur E sont équivalentes (1.3.2 Th. 1, p. 63).
99
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
2.1 Généralités
Nous allons ici généraliser ou adapter les définitions et résultats du ch. 4 d’Analyse MPSI (fonc-
tions réelles d'une variable réelle).
Dans § 2.1, X désigne une partie non vide de R (souvent, X sera un intervalle de R ).
2.1.1 Structure de EX
1) K -ev E X
On munit l'ensemble E X des applications de X dans E d'une loi interne notée + et
d'une loi externe notée par l'absence de symbole, définies par :
Définition des lois usuelles sur les
∀ f,g ∈ E X , ∀t ∈ X, ( f + g)(t) = f (t) + g(t)
ni er A
lgèb
re Monie
r
Mo éom é
bre G
r Algè
fonctions
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
∀λ ∈ K, ∀ f ∈ E X , ∀t ∈ X, (λ f )(t) = λ f (t).
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Lorsque E = K , on munit de plus K X d'une seconde loi interne, notée par l'absence de
symbole, définie par :
Proposition
1) E X est un K -ev
2) K X est une K -algèbre unitaire, associative, commutative.
2) Autres opérations
|| f || désigne ici une fonction. 1) Pour f ∈ E X , on peut noter || f || : X −→ R , au risque d'une confusion avec,
t
−→|| f (t)||
par exemple, || f ||∞ = Sup || f (t)|| si cette borne supérieure existe (cf. 2.1.4 p. 104).
t∈X
Dans les cas particuliers E = R , E = C , on retrouve la notation | f | : X −→ R , où | · |
t
−→ | f (t)|
désigne la valeur absolue ou le module.
1 1
On note plutôt que g −1 afin d’éviter 2) Soit g ∈ K X ; si (∀x ∈ X, g(x) = 0), on note : X −→ K l'application définie par :
g g
une confusion avec, si elle existe, une
1 1
application réciproque. ∀t ∈ X, (t) = .
g g(t)
f 1
Si de plus f ∈ K X , on note = f .
g g
f désigne ici une fonction. 3) Pour f ∈ C X , on note f : X −→ C .
t
−→ f (t)
On vérifie aisément les formules suivantes, pour tous λ ∈ C , f,g ∈ C X :
f = f, f + g = f + g, λ f = λ f , f g = f g.
( f |g) désigne ici une fonction. 4) Si E est muni d'un produit scalaire (.|.), pour f,g ∈ E X , on note
( f | g) : X −→ K l'application définie par :
100
2.1 • Généralités
(g | f ) = ( f | g), ( f | g1 + λg2 ) = ( f | g1 ) + λ( f | g2 ).
f ∧ g désigne ici une fonction. 5) Lorsque E est un espace vectoriel euclidien orienté de dimension 3, pour f,g ∈ E X ,
on note f ∧ g : X −→ E l'application définie par :
g ∧ f = − f ∧ g, f ∧ (g1 + λg2 ) = f ∧ g1 + λ f ∧ g2 .
3) Applications composantes
Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) . Pour tout y de E, il
N
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
En confondant E (muni de la base B ) et existe (y1 ,. . . ,y N ) ∈ K N unique tel que y = y j e j . Notons, pour chaque j de
Kn, p j est la j-ème projection.
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
j=1
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
N
{1,. . . ,N }, p j : E −→ K ; on a ainsi : ∀y ∈ E, y= p j (y)e j .
y
−→ y j
j=1
Soit f ∈ E X ; on note, pour chaque j de {1,. . . ,N }, f j = p j ◦ f , et f j est appelée la
j ème application composante (ou : coordonnée) de f dans la base B. On a ainsi :
∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f : X −→ K
j
N
∀t ∈ X, f (t) =
f j (t)e j .
j=1
Exercice
2.1.1 Trouver toutes les applications f : R −→ C telles que :
∀ t ∈ R, f (1 − t) = 2 f (t) + 3i .
2.1.2 Parité
Nous généralisons ici l'étude du § 4.1.3 d’Analyse MPSI.
Dans tout ce § 2.1.2, X désigne une partie de R symétrique par rapport à 0, c'est-à-dire telle
que : ∀t ∈ X , −t ∈ X .
Définition
Rappel de notation : E X désigne Soit f ∈ E X .
l’ensemble des applications de X dans E .
1) On dit que f est paire si et seulement si : ∀t ∈ X, f (−t) = f (t)
2) On dit que f est impaire si et seulement si : ∀t ∈ X, f (−t) = − f (t).
101
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Notons PX (resp. I X ) l'ensemble des applications paires (resp. impaires) de X dans E . La pro-
position suivante est immédiate.
Proposition
PX et I X sont des K -sev de E X , supplémentaires dans E X :
E X = PX ⊕ I X .
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Si E = R ,la courbe représentative de On a, pour tous λ ∈ K , f,g ∈ E X :
Mo
onier
fˇˇ = f,
G
onier
èbre M
r Alg
tr i e
Géomé
2.1.3 Périodicité
Nous généralisons ici l'étude du § 4.1.4 d’Analyse MPSI.
Définition
Soit f ∈ E X .
1) Soit T ∈ R∗+ ; on dit que f est T-périodique si et seulement si :
t+T ∈ X
∀t ∈ X, .
f (t + T ) = f (t)
On dit alors que T est une période de f.
2) On dit que f est périodique si et seulement s'il existe T ∈ R∗+ tel que f soit
T-périodique.
Exemples :
2π
1) Soit ω ∈ R∗+ ; l'application R −→ C est -périodique.
t
−→ eiωt ω
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Exemple d’une fonction à valeurs 2) L'application f : R −→ M3 (R) définie par :
matricielles, périodique.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
cos t sin t 0
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Remarque : Si f est périodique et si T1, T2 sont des périodes de f, alors T1 + T2 est une pério-
de de f.
En particulier, si T est une période de f, alors, pour tout k de N∗ , kT est période de f.
La proposition suivante est immédiate.
Proposition 1
Remarquer que T ne dépend pas de j . Supposons que E soit muni d'une base B.
Soient T ∈ R∗+ , f ∈ E X , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B.
On a :
(f T -périodique) ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f j T -périodique).
102
2.1 • Généralités
de f vient de ce que 2 est irrationnel. périodes T1 ,. . . ,TN respectivement, il se peut que f ne soit pas périodique. Exemple : N = 2 ,
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
f 1 : R −→ R , f 2 : R −→ R √ , f : R −→ R2
tr i e
Géomé
t
−→cos t √ .
t
−→cos (t 2) t
−→(cos t,cos(t 2))
Proposition 2
Soient T ∈ R∗+ et X ∈ P(R) telle que : ∀t ∈ X, t + T ∈ X.
L'ensemble des applications T-périodiques de X dans E est un K -sev de E X . De plus,
si λ : X −→ K et f : X −→ E sont T-périodiques, alors λ f est T-périodique.
Preuve
Les vérifications suivantes sont immédiates :
• 0 : X −→ E est T-périodique
t
−→ 0
• Si f,g : X −→ E sont T-périodiques et si α ∈ K , alors α f + g est T-périodique
• Si λ : X −→ K et f : X −→ E sont T-périodiques, alors λ f est T-périodique. 䊏
Groupe de périodes
Revoir la définition de sous-groupe, Soit f ∈ E R . L'ensemble Pf = {τ ∈ R; ∀t ∈ R, f (t + τ ) = f (t)} est un sous-
cf. Algèbre MPSI § 2.2.2 1). groupe de R :
• 0 ∈ Pf
• ∀(τ1 ,τ2 ) ∈ (Pf )2 , τ1 + τ2 ∈ Pf
• ∀τ ∈ Pf , −τ ∈ Pf
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Généralisation de la notion de période En particulier : ∀τ ∈ Pf , ∀x ∈ R, ∀k ∈ Z , f (x + kτ ) = f (x).
d’une application périodique.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
période de f tout élément de Pf − {0}. Ainsi, f peut admettre des périodes < 0.
Exemple :
2π
Pour ω ∈ R∗+ fixé, l'application f : R −→ C est périodique et Pf = Z.
t
−→ eiωt ω
Exercice
2.1.2 Soit f : R −→ R une application telle que :
∀ x ∈ R, f (x) = 0
∀ x ∈ R, f (x) = f (x + 1) f (x − 1).
Montrer que f est périodique.
Définition
Une application f : X −→ E est dite bornée si et seulement s'il existe M ∈ R+ tel
que :
M ne doit pas dépendre de t . ∀t ∈ X, || f (t)|| M.
Remarques :
1) f est bornée si et seulement si f (X) est une partie bornée de E (cf. 1.1.3 Déf. 2 p. 14).
2) f est bornée si et seulement si || f || : X −→ R est majorée (cf. Analyse MPSI, 4.1.8 Déf.).
t
−→|| f (t)||
103
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Proposition 1
Rappelons que, dans ce chapitre, E Supposons que E soit muni d'une base B. Une application f : X −→ E est bornée si
désigne un K-evn de dimension finie. et seulement si toutes les applications composantes de f dans B sont bornées.
Preuve
1) Supposons que les applications composantes de f dans B = (e1 ,. . . ,e N ), notées f 1 ,. . . , f N , soient
bornées. On a alors :
N N N
∀t ∈ X, || f (t)|| = f j (t)e j
| f j (t)| ||e j || || f j ||∞ ||e j ||,
j=1 j=1 j=1
Soit j ∈ {1,. . . ,N } : on a :
∀t ∈ X, | f j (t)| || f (t)||∞ β|| f (t)||,
Notation
Mo
ni e r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
Généralisation de la notation || f ||∞ Pour toute application bornée f : X −→ E, on note :
pour f : X −→ R , cf. Analyse MPSI,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
t∈X
Proposition 2
1) Si f,g : X −→ E sont bornées, alors f + g est bornée et :
|| f + g||∞ || f ||∞ + ||g||∞ .
Dans 2),λ est une constante. 2) Si λ ∈ K et si f : X −→ E est bornée, alors λ f est bornée et :
Dans 3), λ est une fonction à valeurs
scalaires. ||λ f ||∞ = |λ| || f ||∞ .
Preuve
Analogue à celle de 4.1.8 Prop. 2, Analyse MPSI. 䊏
Proposition 3
L'ensemble B(X; E) des applications bornées de X dans E est un K -sev de E X , et
l'application || · ||∞ : B(X; E) −→ R est une norme sur le K -ev B(X; E).
f
−→|| f ||∞
104
2.1 • Généralités
|| · || désigne ici la norme associée au ∀t ∈ X, |( f (t) | g(t))| || f (t)|| ||g(t)|| || f ||∞ ||g||∞ ,
produit scalaire (· | ·) .
on déduit que ( f | g) : X −→ K est bornée et : ||( f | g)||∞ || f ||∞ ||g||∞ .
Exercice
2.1.3 Soit f : [0; +∞[−→ E une application telle que, On suppose qu'il existe A ∈ R+ tel que : ∀x ∈ [0; +∞[,
pour tout x de [0; +∞[, f soit bornée sur [0; x]; on note 1
M : [0; +∞[−→ R l'application définie par : || f (x)|| A + M(x).
2
∀x ∈ [0; +∞[, M(x) = Sup || f (t)||.
t∈[0;x ] Montrer que f est bornée sur [0; +∞[.
2.1.5 Limites
Pour f : X −→ E, la notion de limite de f en a (a ∈ X) a été vue en 1.2.1 p. 39. Il nous reste
à compléter cette étude dans le cas où l'on veut faire tendre la variable (réelle) vers +∞ ou −∞.
Définition
Soient X ∈ P(R) telle qu'il existe α ∈ R tel que [α; +∞[⊂ X, f ∈ E X , l ∈ E. On
dit que f admet l pour limite en +∞ si et seulement si :
∀ε > 0, ∃A > 0, ∀t ∈ X, (t A ⇒ || f (t) − l|| ε).
On peut alors utiliser une notation fonctionnelle : si f admet l pour limite en a, on note
l = lim f (t), ou l = lim f, ou f (t) −−→ l, ou f −−→ l.
t→a a t→a a
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
La Prop. 2 permet de ramener l'étude Proposition 2
d'une limite de fonction à valeurs
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
Géomé
tr i e
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Caractérisation séquentielle de Pour que f admette l pour limite en a, il faut et il suffit que :
l’existence d’une limite d’une fonction.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
pour toute suite (u n )n∈N dans X telle que u n −−→ a , on ait f (u n ) −−→ l .
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
n∞ n∞
105
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Preuve
Cf. 1.4.2 Th. 1 p. 69. 䊏
Proposition 5
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Cette Proposition permet, dans une Supposons que E soit muni d'une base B. Soient f ∈ E X , f 1 ,. . . , f N les applications
recherche de limite de fonction à valeurs composantes de f dans B, l ∈ E, l1 ,. . . ,l N les composantes de l dans B.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
Puisque toutes les normes sur E sont équivalentes, il existe (α,β) ∈ (R∗+ )2 tel que, pour tout y de E :
α||y||∞ ||y|| β||y||∞ ,
où ||y||∞ = Max |yj | lorsque y = (yj )1 j N .
1 j N
Définition 1
Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, et f ∈ E [a;b] . On dit que f est continue par mor-
ceaux sur [a; b] si et seulement s'il existe n ∈ N∗ et (a0 ,. . . ,an ) ∈ [a; b]n+1 tels
que :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Cette condition revient à ce que, • a = a 0 < . . . < an = b
n ie
r Algè
bre G
éom é
pour chaque i de {0, . . . n − 1},
Mo
onier
• pour tout i de {0,. . . ,n − 1}, la restriction de f à ]ai ; ai+1 [ est continue sur
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
]ai ; ai+1 [ et admet une limite finie en ai à droite et une limite finie en ai+1
ment continu à [ai ; ai+1 ] .
à gauche.
106
2.1 • Généralités
Définition 2
Soient I un intervalle de R, f ∈ E I . On dit que f est continue par morceaux
sur I si et seulement si, pour tout (a,b) de I 2 tel que a < b, f [a;b] est continue par
morceaux sur [a; b].
y
Exemples : 1
1) L'application f : ]0; 1] −→ R définie par : y = f (x)
• Une application continue par morceaux
sur un segment n’admet qu’un nombre
fini de points de discontinuité. 1
s’il existe n ∈ N tel que
• Mais une application continue par n
2
morceaux sur un intervalle quelconque f (x) = 1 1 1
peut admettre une infinité de points de x< n 2
2n+1 2
discontinuité.
1 si x = 1 1
4
est continue par morceaux sur ]0; 1]. 1
8
g admet une infinité de points de Cependant, l'application g : [0; 1] −→ R défi-
O 1 1 1 1 x
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
discontinuité.
n ie
Mo
8 4 2
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
f (x) si x ∈]0; 1]
n ie
Mo
tr i e
Géomé
y
y = f (x)
–2 –1 1 2
O x
Proposition 1
Soit I un intervalle de R.
1) L'ensemble des applications de I dans E continues par morceaux sur I est un
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Proposition 2
Supposons que E soit muni d'une base B.
Soient I un intervalle de R, f ∈ E I , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f
dans B. Pour que f soit continue par morceaux sur I , il faut et il suffit que, pour
chaque j de {1,. . . ,N }, f j soit continue par morceaux sur I .
107
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Exercice-type résolu
Solution Conseils
Supposons qu'il existe f convenant. Raisonnement par l'absurde.
Soit n ∈ N .∗
On a :
1 1
f f (0) + Application de l'hypothèse à :
n n
1 2 n−1
0, , , ..., .
2 1 1
n n n
f f +
n n n
..
.
n−1 1
f (1) f
+ ,
n n
d'où, en additionnant et en télescopant : Télescopage.
1
f (1) f (0) + n ,
n
c'est-à-dire : √
f (1) f (0) + n.
En faisant tendre n vers l'infini, on obtient une contradiction.
On conclut qu'il n'existe pas d'application f convenant.
Continuité
• Pour étudier une fonction à valeurs dans R2 , on se ramène souvent à l’étude des deux fonctions composantes.
t
• Pour la résolution d’équations fonctionnelles faisant intervenir f (t) et f , on pourra essayer, en changeant
2
de fonction inconnue, de se ramener à une équation fonctionnelle plus simple :
t
∀t ∈ R, g(t) = g ,
2
puis on pensera à itérer dans cette égalité :
t t
g(t) = g = g 2 = ...
2 2
(ex. 2.1.4).
108
2.2 • Dérivation
Exercices
2.1.4 Trouver toutes les applications f : R −→ R2 conti- 2.1.5 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
continue telle que :
nues en 0 et telles que :
∀t ∈ [a; b], Ré( f (t)) = 0 ⇒ Im( f (t)) = 0 .
f (0) = (−1,1) Montrer qu'il existe m ∈ R∗+ tel que :
∀t ∈ R, f (2t) = ch t · f (t). ∀t ∈ [a; b], | f (t)| m.
2.2 Dérivation
Dans ce § 2.2, I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point.
1
Ainsi, sous réserve d’existence : f ′ (a) = lim ( f (a + h) − f (a))
h→0 h
df
On peut aussi noter (D f )(a) , (D1 f )(a), ou (a) au lieu de f ′ (a).
dt
Toute application constante λ : I −→ E est dérivable en tout a de I, et λ′ (a) = 0.
t
−→ λ
Proposition 1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Cette proposition permet, lors d’une Supposons que E soit muni d'une base B.
étude de dérivation de fonction à valeurs
n ie
Mo
onier
étr ie M
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
Il suffit de remarquer que, pour tout h de I, tel que h = 0 et a + h ∈ I :
N
1 1
( f (a + h) − f (a)) = ( f j (a + h) − f j (a))e j . 䊏
h j=1
h
Remarque :
re Monie
r
N
Plus généralement, soient N ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E N des K -evn de dimensions finies, E =
lgèb
E j,
ni er A
Généralisation de la Prop. 1.
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
j=1
tr i e
Géomé
Alors, f est dérivable en a si et seulement si, pour chaque j de {1,. . . ,N }, f j est dérivable
en a ; de plus, on a alors f ′ (a) = ( f j′ (a))1 j N .
Définition 2
Soient a ∈ I, f ∈ E I .
1) On dit que f est dérivable à droite en a si et seulement si
1
lim ( f (a + h) − f (a)) existe (dans E) ; cette limite est alors notée f d′ (a) et
h→0 h
+
On dispose d'une Proposition analogue à la Prop. 1 pour des dérivées à droite (resp. à gauche)
en a.
La Proposition suivante est immédiate.
Proposition 2
o
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
On pourra essayer d’utiliser cette Soient a ∈ I , f ∈ E I .
Proposition lorsque f (x) est donné
ie r Algè
M on
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Pour que f soit dérivable en a, il faut et il suffit que f soit dérivable à droite et à
Mo
Géomé
tr i e
Proposition 3
La réciproque est fausse. La fonction Soient a ∈ I, f ∈ E I .
valeur absolue | · | est continue en 0 et
n’est pas dérivable en 0. Si f est dérivable en a, alors f est continue en a.
Preuve
1
f (a + h) = f (a) + h · ( f (a + h) − f (a)) −−−→ f (a),
h h→0
1
puisque ( f (a + h) − f (a)) −−−→ f ′ (a) . 䊏
h h→0
110
2.2 • Dérivation
Preuve
Analogue à celle du Th.1 de 5.1.2 Analyse MPSI. 䊏
Théorème 2
L’usage a consacré, dans ce contexte, la Soient E,F deux K -evn de dimensions finies, φ ∈ L(E,F) , a ∈ I, f : I −→ E
notation φ( f ) au lieu de φ ◦ f . dérivable en a.
′
L'application φ( f ) : I −→ F est dérivable en a et : φ( f ) (a) = φ f ′ (a) .
t
−→φ( f (t))
Preuve
Pour tout h de R∗ tel que a + h ∈ I :
1 1
φ( f )(a + h) − φ( f )(a) = φ f (a + h) − φ f (a)
h h
1
=φ f (a + h) − f (a) .
h
1
Puisque f est dérivable en a : f (a + h) − f (a) −−−→ f ′ (a) .
h h→0
Comme φ est linéaire et E de dimension finie, φ est continue sur E (cf. 1.3.2 Prop. 1 p. 65), en particu-
1
lier en f ′ (a), d'où : φ( f )(a + h) − φ( f )(a) −−−→ φ f ′ (a) . 䊏
h h→0
Théorème 3
L’usage a consacré, dans ce contexte, la Soient E, F, G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G une application
notation B( f,g) au lieu de B ◦ ( f,g),
où ( f,g) est l’application bilinéaire, a ∈ I, f : I −→ E , g : I −→ F dérivables en a . L'application B( f,g) :
t ∈ I
→ ( f,g)(t) = ( f (t),g(t)) . I −→ G est dérivable en a et :
t
−→B( f (t),g(t))
Preuve
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
On fait apparaître Pour tout h de R∗ tel que a + h ∈ I :
n ie
Mo
onier
1
étr ie M
éom
G
ier
Algè
bre Mon
1 1
n ier
Mo
Géomé
tr i e
( f (a + h) − f (a))
h B( f,g)(a + h) − B( f,g)(a) = B f (a + h),g(a + h) − B f (a),g(a)
h h
en récupérant un terme dans le calcul.
1 1
=B f (a + h) − f (a) ,g(a + h) + B f (a), g(a + h) − g(a) .
h h
Comme B est bilinéaire et E et F de dimensions finies, B est continue sur E × F (cf. 1.3.2 Prop. 2
p. 64), en particulier en ( f ′ (a),g(a)) et en ( f (a),g ′ (a)), d'où :
1
B( f,g)(a + h) − B( f,g)(a) −−−→ B f ′ (a),g(a) + B f (a),g ′ (a) . 䊏
h h→0
Corollaire
1) Si (E,(. | .)) est un espace euclidien ou hermitien et si f,g : I −→ E sont déri-
vables en a, alors ( f | g) : I −→ K est dérivable en a et :
r
t
−→( f (t)|g(t))
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
111
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
(f ∧
ni
Mo éom é
=
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
Analogue à celle du Th. 2 de 5.1.2 d’Analyse MPSI. 䊏
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Ainsi, Soit f ∈ E I ; on appelle dérivée de f, et on note f ′ , l'application qui, à chaque t de I
tel que f ′ (t) existe, associe f ′ (t).
r Algè
n ie
Mo
Def( f ′ )
onier
= {t ∈ I ; f est dérivable
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
en t}, et f ′ : Def( f ′ ) −→ E . df
Géomé
t
−→ f ′ (t) Au lieu de f ′ , on peut noter D f, D1 f ou .
dt
Remarque :
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
on a :
onier
étr ie M
éom
N
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
j ∈ {1,. . . ,N } .
tr i e
Géomé
Def( f ′ ) = Def( f j′ ).
j=1
Définition 2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Autrement dit, f : I −→ E est On dit qu'une application f : I −→ E est dérivable sur I si et seulement si, pour
dérivable sur I si et seulement si
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Def( f ′ ) = I .
tr i e
Géomé
Théorème 1
Ici, α est un scalaire fixé, λ est une Soient α ∈ K , λ : I −→ K , f,g : I −→ E. On suppose que λ, f, g sont dérivables
fonction à valeurs scalaires sur I . Alors :
1) f + g est dérivable sur I et ( f + g)′ = f ′ + g ′
2) α f est dérivable sur I et (α f )′ = α f ′
3) λ f est dérivable sur I et (λ f )′ = λ′ f + λ f ′
′
1 1 λ′
4) Si (∀a ∈ I, λ(a) = 0), alors : I −→ K est dérivable sur I et = − 2.
λ λ λ
112
2.2 • Dérivation
Théorème 2
L'application φ( f ) n'est autre que Soient E,F deux K -evn de dimensions finies, φ ∈ L(E,F) , f : I −→ E dérivable
φ ◦ f ; la notation φ( f ) est choisie ici sur I .
pour mettre en évidence un parallélisme
entre les Théorèmes 2 et 3. L'application φ( f ) : I −→ F est dérivable sur I et :
t
−→φ( f (t))
(φ( f ))′ = φ( f ′ ).
Théorème 3
Soient E,F,G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G une application
bilinéaire, f : I −→ E , g : I −→ F dérivables sur I .
Alors l'application B( f,g) : I −→ G est dérivable sur I et :
t
−→B( f (t),g(t))
(B( f,g))′ = B( f ′ ,g) + B( f,g ′ ).
Corollaire
1) Si (E,(. | .)) est un espace vectoriel euclidien ou hermitien et si f,g : I −→ E
sont dérivables sur I , alors ( f | g) : I −→ K est dérivable sur I et :
t
−→( f (t)|g(t))
( f | g) = ( f ′ | g) + ( f | g ′ ).
′
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é
lgèbre
ier A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
( f ∧ g)′ = f ′ ∧ g + f ∧ g ′ .
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
(g ◦ f )′ = f ′ · (g ′ ◦ f ).
113
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Preuve
Puisque E est de dimension finie, E admet au moins une base B = (e1 ,. . . ,e N ). Les applications com-
o
posantes f j : I −→ K (1 j N ) de f sont continues sur I et dérivables sur I .
Si K = R , d'après Analyse MPSI, 5.3.1, on a, schématiquement :
Exercice-type résolu
Solution Conseils
• On a, pour tout x ∈ R − {2,3} :
f (x) − 4 −→ 0 et f (x) − 4 −→ 0,
x −→ 2 x −→ 3
• On a :
f (x) − 4
= g(x)(x − 3) −→ −1, On remarque la factorisation :
x −2 x −→ 2
x 2 − 5x + 6 = (x − 2)(x − 3).
donc, par définition, f est dérivable en 2 et f (2) = −1.
′
De même :
f (x) − 4
= g(x)(x − 2) −→ 2,
x −3 x −→ 3
114
2.2 • Dérivation
Exercices
2.2.1 Soient I un intervalle de R , f : I −→ C dérivable 2.2.3 Soient n ∈ N∗ , f ∈ L(Rn ), ϕ : R −→ R définie
telle que : ∀t ∈ I, f (t) = 0. par :
Montrer que | f | est croissante si et seulement si ∀t ∈ R, ϕ(t) = det(IdRn + t f ).
Montrer que ϕ est dérivable en 0 et calculer ϕ ′ (0) .
′
f
Ré 0.
f
2.2.4 Soit f :] − 1; 1[−→ R2 définie par :
si −1 < t 0
2.2.2 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ E (0,0)
dérivable telle que : f (t) = 1 1 .
t 2 sin , t 2 cos si 0 < t < 1
t t
∀x ∈ [a; b], || f (x)||2 + || f ′ (x)||2 > 0.
Montrer que f est dérivable sur ] − 1; 1[ et que
Montrer que f n'a qu'un nombre fini de zéros. f ′ (] − 1; 1[) n'est pas connexe par arcs.
Définition
Soit f ∈ E I . On définit les dérivées successives de f de proche en proche (c'est-à-
dire par récurrence) par, pour tout n de N∗ :
• pour a ∈ I, f (n) (a) est, si elle existe, la dérivée de f (n−1) en a
• f (n) est l'application dérivée de f (n−1) , et l'ensemble de départ de f (n) est l'en-
semble des a de I tels que f (n) (a) existe.
On appelle dérivée n ème de f en a l'élément f (n) (a) de E ; on appelle application
dérivée n ème de f l'application t
−→ f (n) (t), dont l'ensemble de départ est l'en-
semble des t de I tels que f (n) (t) existe.
On dit que f est n fois dérivable sur I si et seulement si f (n) est définie sur I .
On dit que f est indéfiniment dérivable sur I si et seulement si f est n fois dérivable
sur I pour tout n de N∗ .
dn f
Au lieu de f (n) (a), on peut noter (D n f )(a) ou (Dn f )(a) ou (a) ; au lieu de f (n) ,
dt n
dn f
on peut noter D n f ou Dn f ou .
dt n
Proposition
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
r
éom é
Pour l’étude des dérivées successives Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) .
d’une fonction à valeurs vectorielles,on
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
115
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Théorème 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Opérations algébriques sur les fonctions Soient n ∈ N , α ∈ K , λ : I −→ K , f,g : I −→ E. On suppose que λ, f, g sont n fois
n fois dérivables.
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Théorème 2
Soient n ∈ N , E,F,G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G une
application bilinéaire, f : I −→ E , g : I −→ F. Si f et g sont n fois dérivables sur
I , alors B( f,g) : I −→ G est n fois dérivable sur I et (formule de Leibniz) :
t
−→B( f (t),g(t))
n
(n) k
B( f,g) = Cn B f (k) ,g (n−k) .
k=0
Preuve
Analogue à celle d’Analyse MPSI, 5.1.4 Th. 3). 䊏
Corollaire
Soit n ∈ N .
1) Soient λ : I −→ K , f : I −→ E n fois dérivables sur I . Alors λ f est n fois déri-
vable sur I et :
n
k
(λ f )(n) = Cn λ(k) f (n−k) .
k=0
2) Soient (E,(.|.)) un espace euclidien ou hermitien, f,g : I −→ E n fois dérivables
sur I . Alors ( f |g) : I −→ K est n fois dérivable sur I et :
t
−→( f (t)|g(t))
n
k
( f |g)(n) = Cn f (k) |g (n−k) .
k=0
3) Soient E un espace euclidien orienté de dimension 3, f,g : I −→ E n fois déri-
vables sur I . Alors f ∧ g : I −→ E est n fois dérivable sur I et :
t
−→ f (t)∧g(t)
n
k
( f ∧ g)(n) = Cn f (k) ∧ g (n−k) .
k=0
Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Lorsqu’une application f : I → E Soit f ∈ E I .
est n fois dérivable sur I, sa dérivée
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
116
2.2 • Dérivation
Proposition 1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Pour étudier la classe d’une application Supposons que E soit muni d'une base B. Soient n ∈ N ∪ {+∞}, f ∈ E I , f 1 ,. . . , f N
à valeurs vectorielles,on peut se ramener
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Remarques :
1) f ∈ C 0 (I,E) si et seulement si f est continue sur I.
2) Pour tout (m,n) ∈ (N ∪ {+∞})2 tel que m n, on a : C m (I,E) ⊃ C n (I,E).
3) C ∞ (I,E) = C n (I,E) .
n∈N
4) Une application f : I −→ E peut être n fois dérivable sur I sans être de classe C n sur I.
Par exemple, f : R −→
C est dérivable sur R , mais n'est classe C 1 sur R .
t 2 ei/t si t = 0
t
−→
0 si t = 0
5) Nous verrons plus loin (2.3.7 Cor. 2 p. 140) que, sous certaines hypothèses, si f ′ admet une
limite en a, alors f ′ est continue en a.
6) Nous avions vu dans Analyse MPSI que, si f : I −→ R est dérivable, alors f ′ (I ) est un
intervalle de R (« théorème de Darboux », exercice 5.2.11). Mais, si N = dim(E) 2, l'image
f ′ (I ) de l'intervalle I par la dérivée d'une application f : I −→ E dérivable sur I peut ne
pas être une partie connexe par arcs de E (cf. exercice 2.2.4 p. 115).
Le Théorème suivant se déduit aisément de 2.2.4 Th. 1 et Th. 2 p. 116.
Théorème 1
ni er A
lgèb
re Monie
r
Opérations algébriques sur les fonctions Soient n ∈ N ∪ {+∞}, α ∈ K , f,g : I −→ E, λ : I −→ K . On suppose λ, f, g de
de classe C n.
Mo éom é
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Théorème 2
Soient n ∈ N ∪ {+∞}, E,F,G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G
une application bilinaire, f ∈ C n (I,E), g ∈ C n (I,F) .
Alors l'application B( f,g) : I −→ G est de classe C n sur I et (si n ∈ N ) :
t
−→B( f (t),g(t))
n
(n) k
B( f,g) = Cn B f (k) ,g (n−k) .
k=0
117
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Corollaire
Soit n ∈ N ∪ {+∞}.
1) Soient λ : I −→ K de classe C n sur I , f : I −→ E de classe C n sur I . Alors λ f
est de classe C n sur I et (si n ∈ N) :
n
k
(λ f )(n) = Cn λ(k) f (n−k) .
k=0
2) Soient (E,(.|.)) un espace euclidien ou hermitien, f,g : I −→ E de classe C n sur
I . Alors ( f |g) : I −→ K est de classe C n sur I et (si n ∈ N) :
t
−→( f (t)|g(t))
n
k
( f |g)n =
Cn f (k) |g (n−k) .
k=0
3) Soient E un espace euclidien orienté de dimension 3, f,g : I −→ E de classe C n
sur I . Alors f ∧ g : I −→ E est de classe C n sur I et (si n ∈ N ) :
t
−→ f (t)∧g(t)
n
k
( f ∧ g)(n) = Cn f (k) ∧ g (n−k) .
k=0
Théorème 3
Théorème très utile en pratique. Soient n ∈ N ∪ {+∞}, I,J deux intervalles de R, f : I −→ R , g : J −→ E telles
que f (I ) ⊂ J ; on note (abusivement) g ◦ f : I −→ E .
t
−→g( f (t))
Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 5.1.5 Th. 2. 䊏
2) C n -difféomorphismes
Définition 2
Soient I,J deux intervalles de R, f : I −→ J, n ∈ N∗ ∪ {+∞}. On dit que f est un
C n -difféomorphisme de I sur J si et seulement si :
Théorème 4
Soient I,J deux intervalles de R, f : I −→ J = f (I ) , n ∈ N∗ ∪ {+∞}. Pour que f
soit un C n -difféomorphisme de I sur J, il faut et il suffit que :
f est de classe C n sur I
f ′ > 0 ou f ′ < 0.
Preuve
118
2.2 • Dérivation
2) Réciproquement, supposons f de classe C n sur I et f ′ > 0 (le cas f ′ < 0 s'y ramène en considérant − f).
1
Le Théorème 3 montre que f est bijective, et que f −1 est dérivable sur J et : ( f −1 )′ = ′ .
f ◦ f −1
Cette dernière formule montre que ( f −1 )′ est continue (puisque f ′ et f −1 sont continues). Une récur-
rence immédiate permet alors, à partir de cette même formule, de montrer que, pour tout k ∈ {1,. . . ,n} ,
f −1 est de classe C k sur J. En particulier, f −1 est de classe C n sur J. 䊏
Remarque : D'après le théorème des valeurs intermédiaires, puisque f ′ est continue sur l'in-
tervalle I, la condition ( f ′ > 0 ou f ′ < 0) peut être remplacée par : f ′ ne s'annule en aucun
point.
Définition 3
Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ E, n ∈ N ∪ {+∞}. On dit que f est
de classe C n par morceaux sur [a; b] si et seulement s'il existe m ∈ N∗ et
(a0 ,. . . ,am ) ∈ Rm+1 tels que :
• a = a 0 < . . . < am = b
• pour tout i de {0,. . . ,m − 1}, la restriction f ]a ;a [ admet un
i i+1
prolongement à [ai ; ai+1 ] qui soit de classe C n sur [ai ; ai+1 ].
Dans le cas n = 0, on retrouve la Déf. 1 de 2.1.6 p. 106 (continuité par morceaux sur un segment).
Remarque : Si f est de classe C n par morceaux sur [a; b], alors, pour tout k de {1,. . . ,n}, f (k)
est définie sur [a; b] sauf au plus en un nombre fini de points.
Définition 4
Soient n ∈ N ∪ {+∞}, f ∈ E I . On dit que f est de classe C n par morceaux sur I si
et seulement si, pour tout (a,b) de I 2 tel que a < b, f |[a;b] est de classe C n par mor-
ceaux
Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Pour étudier la classe par morceaux Supposons que E soit muni d'une base B.
d’une application à valeurs vectorielles,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
Géomé
tr i e
Exemple :
L'application R −→ C est de classe C ∞ par morceaux sur R .
t
−→ei|t|
Théorème 5
Attention à ne pas confondre :
(i) : f est continue sur I et est de classe Soit f : I −→ E continue sur I et C 1 par morceaux sur I . Alors f est constante si et
C 1 par morceaux sur I et seulement si f ′ = 0 .
(ii) : f est de classe C 1 par morceaux
sur I . Preuve
Par exemple,l’application f : R −→ R
x
→E(x) Il est clair que, si f est constante, alors f ′ = 0.
est de classe C 1 par morceaux sur R,
mais n’est pas continue.
Réciproquement, supposons f ′ = 0.
Dans le théorème ci-contre,la continuité Soit (a,b) ∈ I 2 tel que a < b. Puisque f est continue sur I et C 1 par morceaux sur I, f |[a;b] est conti-
de f est indispensable.
nue sur [a; b] et C 1 par morceaux sur [a; b]. Il existe m ∈ N∗ , (a0 ,. . . ,am ) ∈ Rm+1 tels que :
119
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
• a = a0 < . . . < a m = b
• pour tout i de {0,. . . ,m − 1}, f |]ai ;ai+1 [ admet un prolongement f˜i à [ai ; ai+1 ] qui soit de classe
C 1 sur [ai ; ai+1 ].
Pour chaque i de {0,. . . ,m − 1}, f˜i est continue sur [ai ; ai+1 ], dérivable sur ]ai ; ai+1 [, et, pour tout x
de ]ai ; ai+1 [, f˜′ (x) = f ′ (x) = 0. D'après 2.2.3 Th. 5 p. 113, f˜i est constante sur [ai ; ai+1 ].
i
D'autre part, comme f est continue sur I, on a :
∀i ∈ {0,. . . ,m}, f (ai ) = f˜i (ai ).
Ainsi, f est constante sur [a; a1 ], [a1 ; a2 ], . . ., [am−1 ; b], et donc :
f (a) = f (a1 ) = . . . = f (am−1 ) = f (b).
Finalement, f est constante sur I. 䊏
2.2.6 Différentielle
Définition
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
La différentielle de f en a est donc une Soient a ∈ I, f ∈ E I ; on suppose que f est dérivable en a. On appelle différentiel-
application linéaire.
Mo
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
da f : R −→ E
h
−→ h f ′ (a).
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
Autrement dit, f admet un dévelop- a
pement limité à l’ordre 1 en a (cf. plus
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
ε(h) −−−→ 0.
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
h→0
Remarques :
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r
La dérivabilité en a est équivalente à 1) Une application f : I −→ E est dérivable en a si et seulement s'il existe un élément Λ de
E et une application ε : {h ∈ R; a + h ∈ I } −→ E telles que :
éom é
bre G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
ε(h) −−−→ 0
h→0
c'est-à-dire : da f = f ′ (a) dt .
La Proposition suivante est immédiate à partir de 2.2.2 Th. 1 p. 110.
Proposition
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Opérations algébriques sur les Soient a ∈ I , α ∈ K, λ : I −→ K , f,g : I −→ E. Si λ, f, g sont dérivables en a,
alors :
r Algè
différentielles.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
1) da ( f + g) = da f + da g
2) da (α f ) = α da f
3) da (λ f ) = (da λ) f (a) + λ(a)da f
1 1
4) da =− da λ si λ(a) = 0.
λ (λ(a))2
120
2.2 • Dérivation
Proposition
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Opérations algébriques sur les dérivées 1) Si α ∈ K et si A,B : I −→ Mn, p (K) sont dérivables sur I , alors α A + B :
des fonctions à valeurs matricielles.
n ie
Mo
onier
étr ie M
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
t
−→α A(t)+B(t)
∀t ∈ I, (α A + B)′ (t) = α A′ (t) + B ′ (t).
3) Si A : I −→ Mn, p (K) est dérivable sur I , alors t A : I −→ M p,n (K) est déri-
t
−→ t (A(t))
vable sur I et : ∀t ∈ I, (tA)′ (t) = t (A′ (t)).
Remarquer l’ordre des facteurs : A−1 , ∀t ∈ I, (A−1 )′ (t) = −A−1 (t)A′ (t)A−1 (t).
A′ , A−1 .
5) Si A : I −→ Mn (K) est dérivable sur I , alors tr(A) : I −→ K est dérivable sur
t
−→tr(A(t))
I et : ∀t ∈ I , (tr(A))′ (t) = tr(A′ (t)) .
6) Si A : I −→ Mn, p (C) est dérivable sur I , alors A : I −→ Mn, p (C) est dérivable
t
−→A(t)
sur I et : ∀t ∈ I, (A)′ (t) = A′ (t).
Preuve
Remarquons d'abord que, si A(t) = (ai j (t)) 1i n , A est dérivable sur I si et seulement si toutes les
1 j p
3) Immédiat.
4) • Pour chaque (i, j) de {1,. . . ,n}2, notons ai j (t) le (i, j)ème élément de A(t), et Ai j (t) le cofacteur
de la (i, j)ème place dans A(t). Par hypothèse : ∀t ∈ I, det(A(t)) = 0, et donc : ∀t ∈ I,
1
(A(t))−1 = t
(com(A(t))) , où com(A(t)) est la comatrice de A(t),
det(A(t))
com(A(t)) = (Ai j (t))1i, j n .
Les applications Ai j et det(A), qui sont des polynômes en les coefficients de A, sont dérivables sur I,
donc A−1 est dérivable sur I.
• ∀t ∈ I, A(t)A−1 (t) = In , d'où en dérivant (cf. 2)) :
c'est-à-dire :
∀t ∈ I, (A−1 )′ (t) = −A−1 (t)A′ (t)A−1 (t).
5) Immédiat. Cf. aussi 2.2.3 Th. 2 p. 113.
6) Immédiat. 䊏
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
L’intégrale d’une application continue Dans tout ce § 2.3.1, (a,b) désigne un couple de réels tel que a < b.
par morceaux sur un segment sera
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Définition
1) Une application e : [a; b] −→ E est dite en escalier si et seulement s'il existe
s = (a0 ,. . . ,an ) ∈ S et (Λ0 ,. . . ,Λn−1 ) ∈ E n tels que :
On note ici E(a,b) l'ensemble des applications en escalier sur [a; b].
2) Étant donné s = (a0 ,. . . ,an ) ∈ S et e ∈ E(a,b), on dit que s est adaptée (ou :
subordonnée) à e si et seulement si, pour tout i de {0,. . . ,n − 1}, la restriction de e
à ]ai ; ai+1 [ est constante.
Proposition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
On remarquera que l'on obtient Supposons que E soit muni d'une base B.
une subdivision adaptée à f en
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Proposition 2
E(a,b) est un K -ev pour les lois usuelles.
Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.1.1 Prop. 1. 䊏
122
2.3 • Intégration sur un segment
Proposition-Définition 1
Soient e ∈ E(a,b), s = (ai )0i n ∈ S adaptée à e, et, pour chaque i de {0,. . . ,n − 1},
Λi la valeur de e sur ]ai ; ai+1 [ .
n−1
L'élément (ai+1 − ai )Λi de E ne dépend pas de la subdivision s adaptée à e ; cet
i=0
b
élément s'appelle l'intégrale de e sur [a,b] et est noté e ou e.
[a;b] a
Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.1.2 Prop.-Déf. 䊏
La Proposition suivante est immédiate.
Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
L’intégrale d’une application en escalier Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) . Soient f ∈ E(a,b) ,
se ramène aux intégrales de ses
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
fonctions composantes.
N
f = f j ej .
[a;b] j=1 [a;b]
Proposition 3
L'application E(a,b) −→ E est linéaire.
e
−→ [a;b] e
Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.1.2 Prop. 2. 䊏
Proposition 4
Soient (a,b,c) ∈ R3 tel que a < b < c, e ∈ E(a,c) . Les restrictions de e à [a; b]
et à [b; c] sont en escalier et :
Mo
ni er Algè
bre Mon
ie
éom é
r
Relation de Chasles pour les intégrales e [a;b] +
e[b;c] = e.
[a;b] [b;c] [a;c]
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
Comme dans Anayse MPSI, 6.1.2 Prop. 4. 䊏
Proposition 5
||e|| est ici une fonction. Soient || · || une norme sur E et e ∈ E(a,b). Alors ||e|| : [a; b] −→ R est en esca-
lier sur [a; b] et : t
−→||e(t)||
e
#e#.
[a;b] [a;b]
Preuve
Il existe s = (ai )0i n ∈ S adaptée à e.
123
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Alors ||e|| est constante sur chaque ]ai ; ai+1 [, donc ||e|| est en escalier sur [a; b]. En notant Λi la valeur
de e sur ]ai ; ai+1 [, on a :
n−1
n−1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
e = (ai+1 − ai )Λi a
r Algè
bre G
Utilisation de l’inégalité triangulaire. − || = #e#. 䊏
n ie
Mo
(a )||Λ
i=0 i+1 i i
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Définition 1
Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Pour t ∈ X fixé,on envisage la suite de 1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge simplement vers f (sur X) si et seule-
terme général f n (t).
n ie
Mo
ment si, pour tout t de X, la suite ( f n (t))n∈N converge vers f (t) dans E. On dit aussi
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Pour l’étude de la convergence simple Supposons que E soit muni d'une base B. En notant, pour chaque n de N et j de
{1,. . . ,N } f n, j la j ème application composante de f n dans B, et ϕ j la j ème application
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Définition 2
Remarquer l’ordre des quantificateurs Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
devant N et t : N dépend de ε , mais N
ne dépend pas de t . 1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge uniformément vers f (sur X) si et seu-
lement si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀t ∈ X, (n N ⇒ || f n (t) − f (t)|| ε).
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Pour l’étude de la convergence uniforme Si E est muni d'une base B, en notant f n, j (resp. ϕ j ) la j ème application composante de
d’une suite d’applications à valeurs
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Proposition 1
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Convergence uniforme Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f, alors ( f n )n∈N converge simplement vers f.
⇒ convergence simple.
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
124
2.3 • Intégration sur un segment
Proposition 2
Méthode pratique pour voir s’il y a Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications et f ∈ E X . Pour que ( f n )n∈N
convergence uniforme, lorqu’il y a déjà converge uniformément vers f, il faut et il suffit que :
convergence simple.
Il existe N1 ∈ N tel que, pour tout n N1 , f n − f soit bornée
|| f n − f ||∞ −−→ 0.
n∞
Preuve
1) Supposons que ( f n )n∈N converge uniformément vers f.
En particulier, il existe N1 ∈ N tel que :
∀n N1 , ∀t ∈ X, || f n (t) − f (t)|| 1.
Ceci montre que chaque f n (pour n N1 ) est bornée, et on peut donc considérer
|| f n − f ||∞ = Sup || f n (t) − f (t)||.
t∈X
Soit ε > 0 ; puisque ( f n )n∈N converge uniformément vers f, il existe N ∈ N tel que :
∀n N, ∀t ∈ X, || f n (t) − f (t)|| ε.
Exemples :
e Monie
r
Exemple dans lequel il y a convergence y 1) f n : [0; 1] −→ R .
x −→ x n
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
1
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
lgèb
re Monie
r
Exemple dans lequel il y a convergence 2) f n : [0; 1] −→ R .
x
−→ x n (1 − x)
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
uniforme.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
Pour chaque x ∈ [0; 1], ( f n (x))n∈N converge vers 0 (séparer en cas : x ∈ [0; 1[, x = 1) ;
donc ( f n )n∈N converge simplement vers 0 sur [0; 1].
Soit n ∈ N∗ ; f n est dérivable sur [0; 1] et : ∀x ∈ [0; 1], f n′ (x) = x n−1 (n − (n + 1)x) .
125
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
f n′ (x) + 0 −
f n (x) ր ց
0 0
r
re Monie
lgèb
er A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
fn ∞
O n 1 x
n+1
n
n n 1 1
D'où : || f n ||∞ = f n = , donc || f n ||∞ −−−→ 0 .
n+1 n+1 n+1 n+1 n∞
Remarques :
Convergence simple 1) L'exemple 1) précédent montre que la convergence simple n'entraîne pas la convergence
⇒ convergence uniforme. uniforme.
2) Lorsque ( f n : X −→ R)n∈N converge simplement sur X mais pas uniformément sur X, il
est d'usage de déterminer des parties Y de X sur lesquelles il y ait convergence uniforme.
Dans l'exemple 1) précédent, pour chaque a ∈ [0; 1[ , ( f n )n∈N converge uniformément sur
[0; a] vers 0 car :
|| f n ||∞ = ||( f n − f ) ||∞ = Sup | f n (x) − f (x)|
[0;a ] [0;a ] x∈[0;a ]
3) Nous verrons dans 5.1.3 que, si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur une partie X de
R et si chaque f n est continue sur X, alors f est continue sur X. Cette propriété peut servir,
par contraposition, pour montrer qu'une suite d'applications, qui converge simplement, ne
Exercices 2.3.1 à 2.3.5. converge pas uniformément (cf. exemple 1) précédent, sur [0; 1]).
126
2.3 • Intégration sur un segment
Exercices
2.3.1 Etudier (convergence simple, convergence unifor- 2.3.3 Soient f ∈ RR et, pour tout n de N∗ , f n : R −→ R
me) les suites d'applications suivantes : définie par :
( f (x))3
a) f n : R −→ R , ∀x ∈ R, f n (x) = .
1
1 1 ( f (x))2 +
f n (x) = n Arctan x + −Arctan x − , n ∈ N∗ n
n n
Montrer que ( f n )n∈N∗ converge uniformément vers f sur R .
n+x
b) f n : R+ −→ R , f n (x) = Arctan ,n∈N 2.3.4 Soient X,Y deux ensembles non vides, f ∈ Y X ,
1 + nx
(gn : Y −→ E)n∈N , g ∈ E Y ; on suppose que (gn )n
c) f n : [0; 1] −→ R , f n (x) = n α (x n (1−x) + x(1−x)n ), converge uniformément vers g sur Y . Montrer que
n ∈ N∗ , α ∈ R fixé. (gn ◦ f )n converge uniformément vers g ◦ f sur X.
2.3.2 a) Montrer que, pour tout n de N∗ , l'application 2.3.5 Soient X une partie compacte non vide de R ,
sin2 2π x ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications convergeant
x
−→ n admet un prolongement f n conti- uniformément sur X vers une application continue
(x − n) x −
2 f : X −→ E.
nu sur R .
On suppose :
b) Etudier (convergence simple, convergence uniforme) la ∀n ∈ N, f n−1 ({0}) = ∅.
suite ( f n )n∈N∗ . Montrer : f −1 ({0}) = ∅ .
Théorème
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Approximation uniforme par des Soit f : [a; b] −→ E continue par morceaux.
applications en escalier.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
Il existe une suite (en : [a; b] −→ E)n∈N d'applications en escalier sur [a; b] conver-
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
1) Traitons d'abord le cas où f est continue.
Soit n ∈ N fixé.
Puisque f est continue sur le segment [a; b], d'après le théorème de Heine, f est uniformément conti-
nue sur [a; b].
Il existe donc η > 0 tel que :
′ ′′ 2 1
∀(t ,t ) ∈ [a; b] , |t ′ − t ′′ | η ⇒ || f (t ′ ) − f (t ′′ )|| .
n+1
b−a b−a
bre Mon
ie r
On remarquera que η et N dépendent Il existe N ∈ N tel que η (par exemple, N = E + 1 ).
N
r Algè
n ie
η
Mo éom é
bre G
r Algè
de n.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
b−a
lgèb
re Monie
r
Construction d’une subdivision de pas Considérons la subdivision « régulière » s = a + k de [a; b], et l'application en esca-
N
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
assez petit.
n ie
0k N
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
∀k ∈ {0,. . . ,N − 1}, ∀t ∈ a + k b − a ; a + (k + 1) b − a ,e (t) = f a + k b − a
re Monie
r
Construction d’une application en n
N N N
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
assez serrés. en (b) = f (b).
tr i e
Géomé
127
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
t est dans l’un des intervalles successifs Pour tout t de [a; b[, il existe k ∈ {0,. . . ,N − 1} tel que :
de la subdivision considérée.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
b−a b−a
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
t ∈ a+k ; a + (k + 1)
tr i e
Géomé
,
N N
b−a 1 ,
et on a alors : || f (t) − en (t)|| = f (t) − f a + k n+1
N
b−a b−a
puisque : 0 t − a + k η.
N N
1
Ceci montre que, pour tout n de N , f − en est bornée et || f − en ||∞ .
n+1
On a ainsi construit une suite (en )n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant
uniformément vers f sur [a; b].
2) Traitons maintenant le cas général où f est continue par morceaux.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Autre méthode pour 2) :remarquer qu’il Il existe p ∈ N∗ , (a0 ,. . . ,a p ) ∈ R p+1 tels que :
existe g : [a; b] −→ E continue et
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
a = a0 < . . . < a p = b
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
D'après 1), pour chaque i de {0,. . . , p − 1}, il existe une suite d'applications (ei,n )n∈N en escalier sur
[ai ; ai+1 ] convergeant uniformément vers f i sur [ai ; ai+1 ].
Pour chaque n de N , notons en : [a; b] −→ E l'application en escalier définie par :
∀i ∈ {0,. . . , p − 1}, ∀t ∈]ai ; ai+1 [, en (t) = ei,n (t)
∀i ∈ {0,. . . , p}, en (ai ) = f (ai ).
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Toute application en escalier sur [a; b] Une application ϕ : [a; b] −→ E est dite affine par morceaux si et seulement s'il
est affine par morceaux sur [a; b] .
n ie
existe s = (a0 ,. . . ,am ) ∈ S telle que, pour chaque i de {0,. . . ,m − 1}, il existe
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Approximation uniforme par des Soit f : [a; b] −→ E continue.
applications affines par morceaux et
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
Il existe une suite (ϕn : [a; b] −→ E)n∈N d'applications affines par morceaux et
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
continues.
continues convergeant uniformément vers f sur [a; b].
Preuve
Reprenons les notations de 1) dans la Preuve du Théorème précédent, et notons
b−a
ak = a + k , pour k ∈ {0,. . . ,N } .
N
Considérons ϕn : [a; b] −→ E définie de la façon suivante :
∀k ∈ {0,. . . ,N − 1}, ∀t ∈ [a ; a [, ϕ (t) = t − ak
re Monie
r
Construction de l’application affine par k k+1 n f (ak+1 ) − f (ak ) + f (ak )
ak+1 − ak
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Théorème-Définition 1
re Monie
r
b
Soit f ∈ CM. Pour toutes les suites (en )n∈N d'applications en escalier sur [a; b]
lgèb
ni er A
Mo éom é
On définit
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
a
b
convergeant uniformément vers f sur [a; b], la suite en converge (dans E)
suite d’intégrales en d’applications n∈N
a [a;b]
en escalier. b
vers une même limite, appelée intégrale de f (sur [a; b]) et notée f ou f ou
[a;b] a
b
f (t) dt.
a
Preuve
1) D'après 2.3.3 Th. p. 127, il existe une suite (en )n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Utilisation de la notion de suite de uniformément vers f. Montrons que la suite en converge dans E . A cet effet, nous allons
[a;b]
r Algè
Cauchy.
n ie
n∈N
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
montrer que en est de Cauchy dans E .
[a;b] n∈N
1
Soit ε > 0. Puisque (en )n∈N converge uniformément vers f, il existe N ∈ N tel que :
r
re Monie
lgèb
2(b − a)
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
ε
tr i e
Géomé
en
lgèb
er A
Mais la limite de
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
[a;b]
onier
èbre M
[a;b]
r Alg
n∈N
n ie
n∈N
Mo
tr i e
Géomé
1ère méthode :
On a, pour tout n de N :
en − εn
||en − εn || (b − a)||en − εn ||∞
[a;b] [a;b] [a;b]
(b − a) (||en − f ||∞ + || f − εn ||∞ ) ,
129
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
et donc, puisque les suites en et εn convergent :
[a;b] n∈N [a;b] n∈N
lim en = lim εn .
n∞ [a;b] n∞ [a;b]
2ème méthode :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
On mélange les suites (en )n 0 et La suite (u n )n 0 , définie par u n = e n2 si n est pair et u n = ε n−1 si n est impair, converge uniformément
2
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
Proposition
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
L’étude d’une intégrale de fonction à Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) .
valeurs vectorielles se ramène à l’étude
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
Géomé
tr i e
2) Propriétés
Théorème 1
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
f
−→ f
[a;b]
Preuve
Mo
ni e r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
On passe à la limite à partir du résultat Soient λ ∈ K , ( f,g) ∈ (CM)2 . Il existe deux suites (en )n∈N , (εn )n∈N d'applications en escalier
sur les applications en escalier.
n ie
Mo
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
Alors (λen + εn )n∈N est une suite d'applications en escalier convergeant uniformément vers λ f + g car,
pour tout n de N et tout t de [a; b] :
||(λ f + g)(t) − (λen + εn )(t)|| |λ| || f (t) − en (t)|| + ||g(t) − ε(t)||,
et donc : ||(λ f + g) − (λen + εn )||∞ |λ| || f − en ||∞ + ||g − εn ||∞ −−−→ 0 .
n∞
On a : (λen + εn ) = λ en + εn −−−→ λ f + g.
[a;b] [a;b] [a;b] n∞ [a;b] [a;b]
D'où finalement : (λ f + g) = λ f + g. 䊏
[a;b] [a;b] [a;b]
Proposition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Deux applications continues par Soient f,g : [a; b] −→ E continues par morceaux et coïncidant sauf sur une partie
finie de [a;
b].
r Algè
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
Puisque f et g coïncident sauf au plus en un nombre fini de points, il existe une subdivision s = (ai )0i n
de [a; b] telle que :
∀t ∈ [a; b] − {ai ; 0 i n}, f (t) = g(t).
130
2.3 • Intégration sur un segment
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Puisque f et g coïncident sauf sur une L'application e : [a; b) −→ E
partie finie de [a; b] , l’application
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
t
−→
Mo
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Par exemple, pour l’application La Prop. 1 précédente permet d'étendre la définition de l'intégrale au cas d'une application f
f : [−1; 0[ ∪ ]0; 1] −→ R
n ie
définie sur un segment [a; b] privé d'une partie finie de [a; b] (qu'on peut alors inclure dans une
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
définie par :
tr i e
Géomé
subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de [a; b]) lorsque la restriction de f à chacun des ]ai ; ai+1 [
2 si − 1 x < 0 (0 i n − 1) est prolongeable en une application f i continue sur [ai ; ai+1 ], en posant :
f (x) = ,
3 si 0 < x 1
n−1
on a : f = 5. f = fi .
[−1;1] [a;b] i=0 [ai ;ai+1 ]
Théorème 2
Formule importante. Soit N une norme sur E. On a :
Ce résultat généralise l’inégalité vue en
première année, pour une application
b b
f : [a; b] −→ R continue par ∀ f ∈ CM, N f (t) dt N ( f (t)) dt.
morceaux : a a
b
b
f (t) dt | f (t)| dt .
Preuve
a a
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On se ramène aux applications en Il existe une suite (en : [a; b] −→ E)n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant uniformé-
escalier. ment vers f sur [a; b] (cf. 2.3.3 Th. p. 127).
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
b b
D'après 2.3.4 1) Th.-Déf. 1 p. 129 : en −−−→ f.
a n∞ a
D'autre part, (N ◦ en )n∈N est une suite d'applications en escalier sur [a; b], convergeant uniformément
vers N ◦ f sur [a; b] car :
∀n ∈ N, ∀t ∈ [a; b], |(N ◦ en )(t) − (N ◦ f )(t)| N (en (t) − f n (t)) β||en (t) − f (t)||,
où β > 0 résulte de l'équivalence des normes N et || · || sur E .
Ainsi : ∀n ∈ N , ||N ◦ en − N ◦ f ||∞ β||en − f ||∞ ,
b b
d'où : ∀n ∈ N , N ◦ en − N ◦ f β(b − a)||en − f ||∞ ,
a a
b b
ce qui montre : N ◦ en −−−→ N ◦ f.
a n∞ a
b b
Mais (cf. 2.3.1 2) Prop. 5 p. 123) : ∀n ∈ N, N en N ◦ en .
a a
b b
En passant à la limite quand n tend vers +∞, on déduit : N f N ◦ f. 䊏
a a
131
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Définition
Soient ( f n )n∈N une suite d'applications continues par morceaux de [a; b] dans E, et
f une application continue par morceaux de [a; b] dans E. On dit que ( f n )n∈N
converge en moyenne vers f si et seulement si :
|| f n − f || −−→ 0.
[a;b] n∞
Proposition 2
Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b], alors ( f n )n∈N converge en
moyenne vers f.
Preuve
Il suffit de remarquer que, pour tout n de N :
|| f n − f || (b − a)|| f n − f ||∞ . 䊏
[a;b]
Rappel de notation : Remarque : En notant, pour f ∈ C([a; b],E), || f ||1 = || f ||, on a :
[a;b]
|| f ||∞ = Sup || f (t)|| .
t∈[a;b]
∀ f ∈ C([a; b],E), || f ||1 (b − a)|| f ||∞ .
Exercices 2.3.6 à 2.3.8.
Preuve
b b
Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie
bre G
r
éom é
On considère ici une combinaison Notons β = f g ∈ C, γ = |g|2 ∈ R+ , et considérons h = γ f − βg, qui est continue par
linéaire bien choisie de f et g . Il existe a a
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
b
Si γ = 0, il s'ensuit γ | f |2 − |β|2 0, d'où l'inégalité voulue.
a
Si γ = 0, alors, comme |g|2 est continue par morceaux et 0, g est nulle sauf au plus en un nombre fini
b
de points de [a; b], donc f g aussi, et f g = 0, d'où l'inégalité voulue, trivialement. 䊏
a
Définition 2
Soient ( f n )n∈N une suite d'applications continues par morceaux de [a; b] dans C, et
f une application continue par morceaux de [a; b] dans C. On dit que ( f n )n∈N
converge en moyenne quadratique vers f si et seulement si :
Remarquer la présence du carré du | f n − f |2 −−→ 0.
module à l’intérieur de l’intégrale. [a;b] n∞
132
2.3 • Intégration sur un segment
Proposition 3
Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b], alors ( f n )n∈N converge vers f en
moyenne quadratique.
Preuve
Il suffit de remarquer que, pour tout n de N :
| f n − f |2 (b − a)|| f n − f ||2∞ . 䊏
[a;b]
Proposition 4
Si ( f n )n∈N converge vers f en moyenne quadratique, alors ( f n )n∈N converge vers f en
moyenne.
Preuve
D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz appliquée à | f n − f | et 1 :
b b 21 b 12 b 12
2 2
√ 2
∀n ∈ N, | fn − f | 1 | fn − f | = b−a | fn − f | . 䊏
a a a a
3) Relation de Chasles
Proposition 1
Rappelons (cf. Algèbre MPSI, 1.3.1 Soit K un segment inclus dans J = [a; b]. Pour toute application f : J −→ E conti-
Exemple 5)) que χ K est la fonction nue par morceaux sur J, l'application χ K f est continue par morceaux sur J, et :
caractéristique de K :
χ K : J −→ K .
f |K = χ K f.
1 si t ∈ K K J
t
−→
0 si t ∈ K
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
L’utilisation de χ K n’est qu’un artifice, que (χ K en )n∈N est une suite d'applications en escalier sur J convergeant uniformément vers χ K f sur J,
au programme mais quasiment inutile.
n ie
car :
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Corollaire
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Relation de Chasles pour le cas où les Soient (a,b,c) ∈ R3 tel que a < b < c, et f : [a; c] −→ E continue par morceaux.
bornes sont dans l’ordre. Alors les restrictions de f à [a; b] et à [b; c] sont continues par morceaux et on a :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
c b c
f = f + f.
a a b
Preuve
Appliquer la Prop. précédente en remarquant :
χ[a;c] = χ[a;b] + χ]b;c] . 䊏
133
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Définition-Notation
b
• f = 0 si a = b
a
b a
• f =− f si a > b et si f : [b; a] −→ E est continue par morceaux.
a b
– si a b et si f,g : [a; b] −→ K sont continues par morceaux, alors (inégalité de Cauchy et Schwarz) :
b 2 b
b
2 2
f g f .
| | |g|
a a a
• Pour trouver une limite d’intégrales (réelles), on peut essayer de majorer, minorer ou encadrer ces intégrales,
en partant souvent d’un encadrement de la fonction à intégrer.
Si l’intervalle d’intégration varie, on pourra introduire un équivalent de la fonction située dans l’intégrale, et étu-
dier la différence des intégrales (ex. 2.3.11).
On peut, dans certains cas, décomposer avec profit l’intervalle d’intégration et procéder à des majorations de
natures différentes sur ces divers intervalles (ex. 2.3.12, 2.3.14,).
Voir aussi, plus globalement, l’utilisation du théorème de convergence dominée (ch. 5).
Un changement de variable permet éventuellement de se ramener à une intégrale dont les bornes sont fixes. Une
intégration par partie permet éventuellement de renforcer la convergence de l’intégrale étudiée, et est souvent utile
pour obtenir un développement asymptotique de l’intégrale.
134
2.3 • Intégration sur un segment
Exercices
1
2.3.6 Soit f : [0; 1] −→ R continue telle que f = 0. 1 1
0
2.3.10 Déterminer lim √ .
n∞ n ij
On note m = Inf( f ), M = Sup( f ). 1<i< j n
1
Montrer : f 2 −m M (où f 2 = f f ). 2x
et
0
2.3.11 Déterminer lim+ dt .
x→0 x Arcsin t
2.3.7 Soient f,g : [0; 1] −→ R continues telles que :
1 1
π
( f 2 + g2 + 2 f 2 g2 ) = 2 ( f + g) f g, 2
0 0 2.3.12 Déterminer lim+ (sin t)x dt.
x→0 0
f = 0, g = 0.
Montrer f = g = 1. 2.3.13 Soient a ∈ [0; 1[ , f : [0; 1] −→ E continue.
1
2.3.8 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, n ∈ N∗ , Déterminer lim f (a n t) dt.
n∞ 0
f 1 ,. . . , f n : [a; b] −→ C continues et non toutes nulles.
Montrer qu'il existe u 1 ,. . . ,u n : [a; b] −→ C continues
telles que : 2.3.14 Soient f : [0; 1] −→ C continue et α ∈]1; +∞[ .
b n 1
f k (t)u k (t) dt = 1. 1
Déterminer lim+ x α−1 f (t) dt.
a x t
k=1 x→0 α
Définition
Soient f : [a; b] −→ E continue, s = (a0 ,. . . ,an ) ∈ S , et, pour chaque i de
{0,. . . ,n − 1}, ξi un élément de [ai ; ai+1 ] . On appelle somme de Riemann associée
n−1
à f, s, (ξi )0i n−1 l'élément (ai+1 − ai ) f (ξi ) de E.
i=0
Théorème
Soit f : [a; b] −→ E continue. b
Les sommes de Riemann relatives à f convergent toutes vers f lorsque le pas de
la subdivision tend vers 0, c'est-à-dire : a
pour tout ε > 0, il existe α > 0 tel que, pour toute subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de
Le pas de la subdivision (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] de pas α et pour toute famille (ξi )0i n−1 telle que (∀i ∈ {0,. . . ,n − 1},
[a; b] est, par définition :
b n−1
Max (ai+1 − ai ) . ξi ∈ [ai ; ai+1 ]), on ait :
f − (ai+1 − ai ) f (ξi ) ε.
0i n−1
a
i=0
135
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
ni er A
lgèb
re Monie
r
Examen du cas particulier où f est Remarque : Comme dans Analyse MPSI, 6.2.7 Rem. 3), on montre que, si f : [a; b] −→ E est
k-lipschitzienne (k ∈ R+ ) , alors, pour toute subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] de pas noté
Mo éom é
bre G
r Algè
k -lipschitzienne.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
p(s) et toute famille (ξi )0i n−1 telle que : ∀i ∈ {0,. . . ,n − 1}, ξi ∈ [ai ; ai+1 ], on a :
b n−1
f − (ai+1 − ai ) f (ξi ) k(b − a) p(s) .
a i=0
Corollaire
Mo
ni e r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
En pratique, les sommes de Riemann • Soit f : [a; b] −→ E continue. On a :
apparaissent souvent sous cette forme,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
b − a n−1
Géomé
tr i e
Exemple :
kπ kπ 2
n−1 cos −sin 1
cos πt
0 −
1 n n = −sin πt π .
Exemple d’une fonction à valeurs lim dt =
kπ kπ 2
r
re Monie
n∞ n
lgèb
sin πt cos πt
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
matricielles. 0
n ie
Mo
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
n n π
Exercices
n 2n
1 1
2.3.16 Déterminer lim cos √ −1 . 2.3.17 Déterminer lim .
n∞ n+k n∞ k+1
k=0 k=n k 2 ln
k
Proposition
Soient t0 ∈ I, f : I −→ E continue par morceaux sur I . Notons F : I −→ E l'ap-
plication définie par :
t
∀t ∈ I, F(t) = f.
t0
Proposition importante. On a :
1) F est continue sur I
2) F est de classe C 1 par morceaux sur I
3) F est dérivable en tout point t1 de I en lequel f est continue, et F ′ (t1 ) = f (t1 )
4) F(t0 ) = 0.
136
2.3 • Intégration sur un segment
Preuve
Analogue à celle d’Analyse MPSI, 6.4.1 Prop. 1 et 2. 䊏
Corollaire 1
Pour tout p de N ∪ {+∞}, si f est de classe C p sur I , alors F : I −→
tE
t
−→ t f
0
(t0 ∈ I fixé) est de classe C p+1 sur I et F ′ = f.
Corollaire 2
Soient I,J deux intervalles de R, u,v : I −→ R de classe C 1 sur I telles que
u(I ) ⊂ J et v(I ) ⊂ J, f : J −→ E continue. Alors l'application ψ : I −→ E définie
par :
v(t)
Propriété très utile en pratique, pour ∀t ∈ I, ψ(t) = f
étudier des intégrales dépendant d’un u(t)
paramètre aux deux bornes (cf. exer-
cice 2.3.21). est de classe C 1 sur I et :
2) Primitives
Définition
Rappelons que E I est l’ensemble des Soient f,φ ∈ E I . On dit que φ est une primitive de f sur I si et seulement si : φ est
applications de I dans E . dérivable sur I et φ ′ = f.
Théorème
Soit f : I −→ E continue. Alors :
1) Pour tout t0 de I , l'application I −→
t E est une primitive de f sur I
t
−→ t f
0
2) Pour toute primitive φ0 de f sur I , l'ensemble des primitives de f sur I est
{φ0 + Λ; Λ ∈ E}.
Pour f : I −→ E continue, on note f ou I −→ E l'une quelconque des pri-
mitives de f sur I . x
−→ f (x) dx
Proposition-Notation
Soient (a,b) ∈ I 2 , f : I −→ E continue, φ : I −→ E une primitive de f sur I . On a
b
alors : f = φ(b) − φ(a).
a
L'élément φ(b)−φ(a) est noté [φ(t)]t=b b
t=a ou [φ(t)]a et appelé variation de φ de a à b.
Exercices 2.3.18 à 2.3.22.
3) Extension de la notion de primitive
Définition
Cette extension pourra intervenir lors Soient f,φ ∈ E I . On dit que φ est une primitive de f sur I si et seulement si φ est
de l’étude des séries de Fourier. Bien continue sur I et, pout tout segment [a; b] inclus dans I , il existe une partie finie A
noter que φ doit être continue sur I .
de [a; b] telle que :
φ est dérivable en tout point de [a; b] − A et, pour tout t de [a; b] − A, φ ′ (t) = f (t).
137
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Proposition
Soit f : I −→ E continue par morceaux. Alors :
1) Pour tout t0 de I , l'application I −→
t E est une primitive de f sur I .
t
−→ t f
0
2) Pour toute primitive φ0 de f sur I , l'ensemble des primitives de f sur I est l'en-
semble des φ0 + Λ, où Λ est constante sur I .
Proposition-Notation
Soient (a,b) ∈ I 2 , f : I −→ E continue par morceaux, φ : I −→ E une primitive
b
de f sur I . On a alors : f = φ(b) − φ(a).
a
t=b b
L'élément φ(b) − φ(a) de E est noté φ(t) t=a où φ(t) a et appelé variation de φ
de a à b.
commencer par une étude soigneuse de l’ensemble de définition de ψ, en ne perdant pas de vue que f doit être
continue par morceaux sur l’intervalle joignant u(x) et v(x), et en ne mélangeant pas les rôles de x et de t.
Ensuite, si f est de classe C 0 et u,v de classe C 1 , appliquer le Cor. 2 du § 2.3.6 1) : ψ est de classe C 1 et, pour
tout x :
ψ′ (x) = f (v(x))v ′ (x) − f (u(x))u ′ (x) .
138
2.3 • Intégration sur un segment
Exercices
2.3.18 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a b, (x,y) ∈ R∗ × R , b) En déduire l’inégalité de Carlson :
z = x + iy . Montrer : ∀n ∈ N∗ , ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ Rn ,
n 4 n n
1 2 2
|z|
−az
− e−bz (e−ax − e−bx ).
e
x xk π 2 xk2 k− xk .
k=1 k=1 k=1
2
2.3.19 Montrer qu'il existe (A,B) ∈ (R+ )2 tel que, pour
2.3.21 Etudier et représenter graphiquement les fonctions
toute f : [0; 1] −→ E de classe C 1 :
1 1 f suivantes, définies par la donnée de f (x) (x : variable
Sup || f (t)|| A || f ′ (t)|| dt + B || f (t)|| dt. réelle) :
2x 2x
t∈[0;1] 0 0 dt ch t
a) f (x) = √ b) f (x) = dt
x 3
t +t x t
2.3.20 a) Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b , f : x2
[a; b] −→ R de classe C 1 , g : [a; b] −→ R continue telle dt
c) f (x) = .
que : ∀t ∈ [a; b] , g(t) > 0. Montrer : x ln t
2
( f (b))2 − ( f (a))2 2.3.22 Calculer, pour (x,y) ∈ R2 :
b b
( f (t))2 x+2 y
dt
4 ( f ′ (t))2 g(t) dt dt . .
a a g(t) x−2 y ch t + ch x
Preuve
On a, pour tout (α,β) de ]a; b[2 tel que α β :
β β
′
|| f (β) − f (α)|| =
f (t) dt
|| f ′ (t)|| dt λ(β − α).
α α
Corollaire 1
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Puisque f ′ est continue sur le compact Soient (a,b) ∈ R2 , || · || une norme sur E, f : [a; b] −→ E de classe C 1 sur [a; b].
[a; b] , f ′ est bornée sur [a; b] ,donc Alors :
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
t∈[a;b]
|| f (b) − f (a)|| |b − a| Sup || f ′ (t)||.
t∈[a;b]
Exercices 2.3.23 à 2.3.25.
139
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
On étudie, dans cette remarque, une Remarque : Le résultat précédent est encore valable si f est continue sur [a; b] et C 1 par
morceaux sur [a; b].
éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
En effet, dans ce cas, il existe n ∈ N∗ et une subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] tels que,
tr i e
Géomé
pour chaque i de {0,. . . ,n − 1}, f |[ai ;ai+1 ] est continue sur [ai ,ai+1 ] et de classe C 1 sur
]ai ; ai+1 [, d'où :
∀i ∈ {0,. . . ,n − 1}, || f (ai+1 ) − f (ai )|| (ai+1 − ai )Supt∈]ai ;ai+1 [ || f ′ (t)||,
puis en sommant :
n−1
1
n−
|| f (b) − f (a)|| || f (ai+1 ) − f (ai )|| (ai+1 − ai ) Sup || f ′ (t)||
i=0 i=0 t∈[a;b]−{a0 ,...,an }
= (b − a) Sup || f ′ (t)||.
t
Corollaire 2
Résultat très important pour la pratique. Soit f : [a; b] −→ E continue sur [a; b] de classe C1 sur ]a; b].
Ce résultat porte aussi le nom de Si f ′ admet une limite finie en a, alors f est C 1 sur [a; b].
« théorème limite de la dérivée ».
Preuve
Notons l = lim f ′ .
a
Soit ε > 0 ; il existe η > 0 tel que :
∀t ∈]a; a + η], || f ′ (t) − l|| ε.
ie r
bre Mon
Algè
L'application g : [a; a + η] −→ E est continue sur [a; a + η], de classe C 1 sur ]a; a + η], d'où,
ni er
Mo éom é
bre G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
t
−→ f (t)−tl
d'après le Théorème précédent :
∀t ∈ [a; a + η], ||g(t) − g(a)|| (t − a)ε.
On a montré :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀t ∈]a; a + η], || f (t) − f (a) − (t − a)l|| (t − a)ε,
c'est-à-dire :
f (t) − f (a)
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀t ∈]a; a + η], − l ε.
t −a
Ainsi, f est dérivable en a et f ′ (a) = l ; finalement, f est de classe C 1 sur [a; b]. 䊏
Corollaire 3
Soient k ∈ N∗, f : [a; b] −→ E continue sur [a; b] et de classe C k sur ]a; b]. Si,
pour tout r de {1,. . . ,k}, f (r) a une limite finie en a, alors f est de classe C k sur
[a; b].
Proposition
Soient I un intervalle de R, f : I −→ E de classe C 1 sur I .
1) Pour que f soit constante, il faut et il suffit que : f ′ = 0 .
Le sens le plus utile de 2) est : 2) Pour que f soit lipschitzienne, il faut et il suffit que f ′ soit bornée sur I ; de plus,
si f ′ est bornée,alors f est lipschitzienne. si f ′ est bornée sur I , alors f est || f ′ ||∞ -lipschitzienne.
Preuve
1) • Il est clair que, si f est constante, alors f ′ = 0.
• Réciproquement, si f ′ = 0, l'inégalité des accroissements finis montre que f est constante.
140
2.3 • Intégration sur un segment
Exercices
2.3.23 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, et f : 2.3.25 Soient n ∈ N∗ , f 1 : [0; 1] −→ E continue,
[a; b] −→ C continue par morceaux. f 2 ,. . . , f n : [0; 1] −→ E définies par :
a) Montrer, pour tout (x,y) de [a; b]2 : x
x y
b ∀k ∈ {1,. . . ,n − 1}, ∀x ∈ [0; 1], f k+1 (x) = f k (t) dt.
(y − a) f − (x − a) f (b − a)
| f |. 0
a a a x
b) Montrer que, s'il existe (x,y) ∈ [a; b]2 tel que On suppose : ∀x ∈ [0; 1], f 1 (x) = f n (t) dt.
x y b 0
(y − a) f − (x − a)
f = (b − a) | f |, Montrer : f 1 = . . . = f n = 0.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
a a a
et si f est continue sur [a; b], alors f = 0. 2.3.26 Trouver toutes les applications f : R −→ C
telles qu'il existe α ∈]1; +∞[ tel que :
2.3.24 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
1
b ∀(x,y) ∈ R2 , | f (x) − f (y)| |x − y|α .
continue par morceaux, µ = f.
b−a a
Montrer : ∀(x,λ) ∈ [a; b] × C,
x b
( f (t) − µ) dt | f (t) − λ| dt.
a a
(Utiliser l'exercice 2.3.25).
141
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.4.3 Prop. 䊏
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
On étudie, dans cette remarque, une Remarque : La formule précédente est aussi valable si :
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
En effet, supposons, par exemple, ϕ strictement croissante, et notons (a0 ,. . . ,an ) une subdi-
vision de [ϕ(α); ϕ(β)] adaptée à f. Chaque ai (0 i n) admet (exactement) un antécédent
αi par ϕ , et (α0 ,. . . ,αn ) est une subdivision de [α; β].
On peut appliquer la Proposition précédente sur chaque [αi ; αi+1 ] :
αi+1 ai+1
f (ϕ(t))ϕ ′ (t) dt = f (u) du,
αi ai
Changement de variable
• Pour ramener le calcul d’une intégrale au calcul d’une autre intégrale « plus simple », on peut essayer d’uti-
liser un changement de variable judicieux. Il est, à ce propos, souhaitable de bien connaître les changements de
variables usuels qui conduisent à une intégrale de fraction rationnelle.
• Pour calculer certaines intégrales, dans lesquelles la fonction à intégrer présente, par exemple, des parti-
cularités liées aux bornes, on peut essayer d’utiliser un changement de variable échangeant les bornes
(ex. 2.3.27 b), 2.3.28).
• Pour établir une formule du type G = 0 sur une intervalle, où G fait intervenir des primitives, on peut voir si
G est de classe C 1, calculer G ′ , trouver G ′ = 0 , et calculer G en un point particulier (ex. 2.3.29 a)).
142
2.3 • Intégration sur un segment
Exercices
2.3.27 Calculer les intégrales suivantes : 2.3.29 On note F : ]0; +∞[−→ R l'application définie
1 par:
1
a) √ √ dx x
−1 1 − x + 1+x +2 ln(1 + t)
∀x ∈]0; +∞[, F(x) = dt.
π 1 t
2 cos x
b) I = √ dx et
0 1 + sin x cos x a) Montrer que F est de classe C 1 sur ]0; +∞[ et :
π
2 sin x
J= √ dx
1 1
0 1 + sin x cos x ∀x ∈]0; +∞[, F(x) + F = (ln x)2 .
x 2
2θ
x π
c) dx, θ ∈ 0; .
0 cos(x − θ) 2 b) En déduire : ∀x ∈]0; +∞[,
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Le cas le plus fréquent est celui où u et Soient u : [a; b] −→ K , v : [a; b] −→ E, de classe C 1 sur [a; b] ; on a alors :
v sont à valeurs de K.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
b b
tr i e
Géomé
u ′ v = [uv]ab − uv ′ .
a a
Preuve
b b b b
[uv]ab = (uv)′ = (u ′ v + uv ′ ) = u′v + uv ′ . 䊏
a a a a
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On étudie, dans cette remarque, une Remarque : La formule précédente est valable plus généralement si u,v sont continues sur
extension de la Prop.précédente,parfois
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Exercice-type résolu
b) En déduire :
1
f 1 1
| f (t)| + | f ′ (t)| dt.
2 0 2
Solution Conseils
a) On a, par intégration par parties : La présence des produits t f ′ (t) et
x x x
(t − 1) f ′ (t) , à l'intérieur d'intégrales dans
t f ′ (t) dt = [t f (t)]0x − f (t) dt = x f (x) − f (t) dt l'énoncé, incite à effectuer des intégrations
0 0 0 par parties.
et
1 1 1
(t − 1) f ′ (t) dt = [(t − 1) f (t)]1x − f (t) dt = −(x − 1) f (x)− f (t) dt,
x x x
puis, en additionnant :
x 1 x 1
t f ′ (t) dt + (t − 1) f ′ (t) dt = f (x) − f (t) dt + f (t) dt Relation de Chasles.
0 x 0 x
1
= f (x) − f (t) dt,
0
144
2.3 • Intégration sur un segment
Exercices
2.3.30 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, (E,< .,. >) un classe C 1 telle que X ′ = AX , Y : [a; b] −→ Mn,1 (R) de
espace hermitien, f,g : [a; b] −→ E de classe C 1 . classe C 1 telle que AY = 0, Y (a) = Y (b) = 0 .
b b
Montrer : < f (t),g ′ (t) > dt Montrer : t
X (t)Y ′ (t) dt = 0 .
a a
b
= [< f (t),g(t) >]ab − ′
< f (t),g(t) > dt. 1
a 2.3.32 Calculer x(Arctan x)2 dx .
0
2.3.31 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, n ∈ N∗ ,
A ∈ Mn (R) symétrique, X : [a; b] −→ Mn,1 (R) de
Preuve
Récurrence sur n.
• La propriété a été déjà vue pour n = 0 (cf. p. 138), puisque, si f est continue sur [a; b] et de classe C 1
par morceaux sur [a; b], alors :
b
f (b) = f (a) + f ′ (t) dt.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
• Supposons-la vraie pour un entier n, et soit f : I −→ E de classe C n+1 sur I et de classe C n+2 par
(b − t)n+1
morceaux sur I. Puisque t
−→ est de classe C 1 sur I et que f (n+1) est continue sur I et de
(n + 1)!
classe C 1 par morceaux sur I, on a, à l'aide d'une intégration par parties (cf. 2.3.9 Remarque p. 143) :
b
b (b − t)n (n+1) (b − t)n+1 (n+1) b (b − t)n+1 (n+2)
f (t) dt = − f (t) − − f (t) dt
a n! (n + 1)! a a (n + 1)!
− a)n+1 b (b − t)n+1 (n+2)
(b
= f (n+1) (a) + f (t) dt,
(n + 1)! a (n + 1)!
d'où la propriété au rang n + 1. 䊏
145
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Remarque : En pratique, la formule de Taylor avec reste intégral sera souvent utilisée avec a
fixé et b variable.
Preuve
n b
(b − a)k (k) (b − t)n (n+1)
f (b) − f (a) = f (t) dt
k=0
k! a n!
b
(b − t)n (b − a)n+1
n! dt Mn+1 = (n + 1)! Mn+1 ,
a
en notant Mn+1 = Sup || f (n+1) (t)||, |a; b| désignant le segment joignant les réels a, b.
t∈|a;b| 䊏
Exercice
2.3.33 Soient a ∈ R∗+ , f : [−a; a] −→ E de classe C 2 . Montrer :
1 a2 + t 2
∀t ∈ [−a; a], || f ′ (t)|| || f (a) − f (−a)|| + Sup || f ′′ (u)||.
2a 2a u∈[−a;a ]
146
2.3 • Intégration sur un segment
Preuve
1) L'application g : I −→ C est continue sur I (puisque f ne s'annule pas et que f est de classe C 1
f ′ (t)
t
−→−i
f (t)
sur I), donc admet au moins une primitive sur I.
Si f est constante égale à −1, la propriété voulue est triviale (ϕ est l'application constante π, par exemple).
Supposons donc f = −1 ; il existe t0 ∈ I tel que f (t0 ) ∈ U − {−1}.
D'après le Th. 2, il existe θ0 ∈] − π; π[ tel que f (t0 ) = eiθ0 .
Considérons la primitive ϕ de g sur I telle que ϕ(t0 ) = θ0 ; autrement dit :
t
f ′ (u)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
∀t ∈ I, ϕ(t) = θ0 + −i du.
t0 f (u)
147
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Définition 1
Soient f : V −→ E, ϕ : V −→ R .
On dit que f est négligeable devant ϕ (ou : ϕ est prépondérante devant f ;
ou : ϕ l'emporte sur f) au voisinage de a si et seulement s'il existe une application
∀t ∈ V, || f (t)|| = ε(t)ϕ(t)
ε : V −→ R telle que : ε(t) −−→ 0.
t→a
Dans ce cours,nous utilisons la notation On note alors f ≪ϕ ou f (t) ≪ ϕ(t) (notation de Hardy),
a a
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
de Landau :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
tr i e
f = o(ϕ) .
Géomé
a a t→a
Remarques :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Ainsi, en pratique, pour montrer 1) Si : ∀t ∈ V − {a}, ϕ(t) = 0 ,
r Algè
f = o(ϕ) , on montrera
n ie
Mo
1 f −−−→ 0
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
a
n ie
Mo
tr i e
Géomé
1 alors : f = o(ϕ) ⇐⇒ ϕ a .
f −−−→ 0 . a
ϕ a ϕ(a) = 0 ⇒ f (a) = 0
2) f = o (1) ⇐⇒ lim f = 0 .
a a
148
2.4 • Comparaison locale
Définition 2
Soient f : V −→ E, ϕ : V −→ R .
On dit que f est dominée par ϕ au voisinage de a si et seulement s'il existe une appli-
∀t ∈ V, || f (t)|| = C(t)ϕ(t)
cation C : V −→ R telle que :
C est bornée au voisinage de a.
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Dans ce cours,nous utilisons la notation On note alors f ϕ ou f (t) ϕ(t) (notation de Hardy),
de Landau : a t→a
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Remarques :
1
Mo
n ie
r Algè
bre Mon
ie
éom é
r
Ainsi, en pratique, pour montrer 1) Si : ∀t ∈ V − {a}, ϕ(t) = 0 , alors f = O (ϕ) si et seulement si f est bornée au voi-
a
bre G
1 ϕ
r Algè
n ie
sinage de a.
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
tr i e
Géomé
Proposition
Les propriétés les plus utiles en pratique 1) f = o(ϕ) ⇒ f = O(ϕ)
sont celles relatives à la notation o, les
numéros 2, 3, 8,12. f = o(ϕ)
2) ⇒ f + g = o(ϕ)
g = o(ϕ)
3) f = o(ϕ) ⇒ α f = o(ϕ)
f = O(ϕ)
4) ⇒ f + g = O(ϕ)
g = O(ϕ)
5) f = O(ϕ) ⇒ α f = O(ϕ)
λ = O(ϕ)
6) ⇒ λg = O(ϕ ψ)
g = O(ψ)
λ = O(ϕ)
7) ⇒ λg = o(ϕ ψ)
g = o(ψ)
λ = o(ϕ)
8) ⇒ λg = o(ϕ ψ)
g = O(ψ)
λ = o(ϕ)
9) ⇒ λg = o(ϕ ψ)
g = o(ψ)
f = O(ϕ)
10) ⇒ f = O(u)
ϕ = O(u)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
f = o(ϕ)
11) ⇒ f = o(u)
ϕ = O(u)
f = O(ϕ)
12) ⇒ f = o(u)
ϕ = o(u)
f = o(ϕ)
a
13) ⇒ f ◦ h = o(ϕ ◦ h)
lim h = a b
b
f = O (ϕ)
a
14) ⇒ f ◦ h = O (ϕ ◦ h).
lim h = a b
b
149
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
Preuve
Analogue à celle d’ Analyse MPSI, 8.1.2 Prop. 1. 䊏
2.4.2 Equivalence
1) Définition
Définition
Rappel de notations : a ∈ R , V est un Soient f,g : V −→ E . On dit que f est équivalente à g au voisinage de a si et seu-
voisinage de a , E est un evn de lement si :
dimension finie. f − g = o(||g||).
a
On note alors f ∼ g, ou f (t) ∼ g(t).
a t→a
Proposition 1
f = O (#g#)
a
Attention : la réciproque est fausse, f ∼ g ⇒
a g = O (# f #).
comme le montre l’exemple des deux a
fonctions constantes f = 1 , g = 2 .
Proposition 2
La relation ∼ est une relation d'équivalence dans l'ensemble des fonctions définies au
a
voisinage de a et à valeurs dans E.
Remarques :
1) Soit l ∈ E − {0} ; on a : f ∼ l ⇐⇒ f −−−→ l .
a a
2) f ∼ 0 si et seulement si f est nulle au voisinage de a.
a
Proposition
λ∼µ
a
1) ⇒ λ f ∼ µg
f ∼g a
a
λ∼µ
2) a ⇒ λn ∼ µn (où λn = λ · λ · . . . λ, n facteurs)
n∈ N∗ a
1
3) Si λ ∼ µ et si, au voisinage de a (sauf peut-être en a), µ(t) = 0, alors et
a λ
1 1 1
sont définies au voisinage de a (sauf peut-être en a) et : ∼
µ λ a µ
f = o(ϕ)
a
4) ⇒ f = o(ψ)
ϕ ∼ψ a
a
f ∼g
a
5) ⇒ f = o(u)
g = o(u) a
a
150
2.4 • Comparaison locale
f ∼g
a
6) ⇒ f ◦ h ∼ g ◦ h (composition à droite)
lim h = a b
b
7) f = o(||g||) ⇐⇒ f + g ∼ g .
a a
Preuve
Analogue à celle d’ Analyse MPSI, 8.2.2 Prop. 1. 䊏
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Généralisation de la notion de polynôme On appelle polynôme vectoriel (à coefficients dans E) toute application P : R → E
telle qu'il existe p ∈ N , A0 ,. . . ,A p ∈ E tels que :
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
p
∀t ∈ R, P(t) = t k Ak .
k=0
On appelle alors degré de P le plus grand entier k de {0,. . . , p} tel que Ak = 0
(et deg(0) = −∞ ).
Définition
r
re Monie
En pratique,presque toujours : a = 0 .
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
deg(P) n
que : ∀t ∈ V, f (t) = P(t − a) + o ((t − a)n ) .
t→a
On montre, comme dans Analyse MPSI, 8.3.1 Prop. 1, l'unicité de P, appelé partie
régulière du DL n (a) de f.
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Étudier un DL pour une fonction f On définit de manière analogue la notion de développement limité en +∞, en −∞. Supposons
à valeurs vectorielles revient à étudier
Mo
que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ), et notons f 1 ,. . . , f N les applications composantes
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
de f.
de f dans B . Pour que f admette un DL n (a), il faut et il suffit que, pour tout j de {1,. . . ,N }, f j
admette un DL n (a). De plus, dans ce cas, en notant Pj la partie régulière du DL n (a)de f j pour
N
1 j N, la partie régulière P du DL n (a) de f est : P = Pj e j .
j=1
2) Le théorème de Taylor-Young
n
(X − a)k (k)
partie régulière f (a) .
k=0
k!
n
(t − a)k (k)
Autrement dit : ∀t ∈ V, f (t) = f (a) + o ((t − a)n ).
k=0
k! t→a
Preuve
1re méthode
Adapter la preuve du théorème de Taylor-Young pour les fonctions à valeurs réelles vue dans Analyse
MPSI (8.3.2 Théorème).
151
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle
2e méthode
Appliquer le théorème de Taylor-Young pour les fonctions à valeurs réelles à chaque application compo-
sante de f dans une base B fixée. 䊏
Problèmes
P 2.1 Complétude de certains espaces fonctionnels P 2.2 Inégalité des accroissements finis
avec dérivée à droite
Soit (F,||.||) un evn. Ce problème P 2.2 généralise l’inégalité des accroissements finis au cas,plus difficile,
où les fonctions ne sont dérivables qu’à droite.
1) Complétude de B(X; F) 1) Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b , f : [a; b] −→ E ,
Soit X un ensemble non vide. Montrer que, si F est com- g : [a; b] −→ R continues sur [a; b] et admettant en tout
point de ]a; b[ des dérivées à droite telles que :
plet, alors B(X; F) (ensemble des applications bornées
de X dans F , cf. 2.1.4 p. 104) est un evn complet. ∀t ∈]a; b[ , || f d′ (t)|| gd′ (t) .
En particulier, ℓ∞ (= B(N; K)) est un espace de Banach. Soient ε > 0, ϕ : [a; b] −→ R définie par : ∀t ∈ [a; b] ,
ϕ(t) = || f (t) − f (a)|| − (g(t) − g(a)) − ε(t − a) , et
2) Complétude de C B(X,F) X = {t ∈ [a; b] ; ϕ(t) ε} .
Soient (E,||.||) un evn, X une partie non vide de E , a) Montrer que X admet dans R une borne supérieure, que
C B(X,F) l'ensemble des applications continues bornées l'on notera c.
de X dans F . b) Démontrer c = b (raisonner par l'absurde).
c) En déduire : || f (b) − f (a)|| g(b) − g(a) .
a) Montrer que C B(X,F) est un sev fermé de B(X; F).
2) Une application
b) En déduire que, si F est complet, alors C B(X,F) est un
Déduire que, si f : I −→ E est continue sur un intervalle
evn complet. o
En particulier, si X est une partie compacte non vide de E I, dérivable à droite en tout point de I , et telle que f d′ soit
o
et si F est complet, alors (C(X,F),||.||∞ ) est un evn com- bornée sur I , alors f est M -lipschitzienne, en notant
plet (cf. 1.3.1 Cor. p. 60). M = Supt∈I || f d′ (t)|| .
3) Complétude de LC(E,F) En particulier, si f : I −→ E est continue sur l'intervalle
o o
Soit (E,||.|) un evn. Montrer que, si F est complet, alors I, dérivable à droite en tout point de I , et si (∀t ∈ I ,
(LC(E,F),|||.|||) est un evn complet. f d′ (t) = 0 ), alors f est constante sur I.
152
Intégration CHAPITRE 3
sur un intervalle
quelconque
Plan Introduction
3.1 Fonctions intégrables Dans Analyse MPSI (ch. 6), et dans ce volume Analyse MP (§ 2.3), nous
à valeurs réelles avons défini et étudié l’intégrale d’une application continue par morceaux
positives ou nulles 154 sur un segment de R. Nous allons maintenant envisager le cas d’une appli-
Exercices 164 cation continue par morceaux sur un intervalle quelconque de R, et définir
et étudier la notion d’intégrabilité.
3.2 Fonctions intégrables Nous commençons par le cas des applications à valeurs réelles positives ou
à valeurs réelles nulles (§ 3.1), le cas des applications à valeurs réelles ou complexes s’y
ou complexes 165
ramenant (§ 3.2).
Exercices 173, 180
153
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
On note K = R ou C .
On parle ici d’intervalle quelconque,par I désigne, sauf mention contraire, un intervalle non vide ni réduit à un point. Les fonctions envisa-
opposition au cas particulier d’un gées sont, sauf mention contraire, supposées définies et continues par morceaux sur I, et à valeurs
segment, qui fait l’objet du § 2.3. dans K . L'étude est généralisable aux fonctions à valeurs dans un K -evn E de dimension finie.
Rappel de notation (cf. Analyse MPSI, On note CM(I,K) l'ensemble des applications continues par morceaux de I dans K . Il est clair
§ 4.1.2,Déf.3) : que CM(I,K) est, pour les lois usuelles +,· (externe), · (interne), une K -algèbre commutative,
f + :I → R,
associative, unitaire. De plus, si f ∈ CM(I,C), alors f , Ré f, Im f, | f | sont dans CM(I,C), et,
x
→ f + (x) = Sup( f (x),0)
f − :I → R, si f ∈ CM(I,R), alors f + , f − , | f | sont dans CM(I,R).
x
→ f − (x) = Sup(− f (x),0)
On a alors
f = f + − f − et | f | = f + + f −.
Définition 1
M ne doit pas dépendre de J . Soit f ∈ CM(I,R) telle que f 0. On dit que f est intégrable (ou : sommable)
sur I si et seulement s'il existe un élément M de R+ tel que, pour tout segment J
Rappel de définition : un segment inclus dans I : f M.
(de R) est, par définition, un intervalle J
fermé borné [α; β] , où (α,β) ∈ R2 ,
α β. Remarque : Si I est un segment, I = [α; β], et si f ∈ CM(I,R) est 0 , alors f est intégrable
sur I car, pour tout segment J inclus dans I :
β
f f.
J α
Avec les notations précédentes, si f ∈ CM(I,R) est 0 et intégrable sur I, alors l'ensemble
des f (lorsque J décrit l'ensemble des segments inclus dans I) est une partie non vide et
J
majorée de R, donc admet une borne supérieure dans R .
D'où la Définition suivante :
Définition 2
Soit f ∈ CM(I,R) , 0 et intégrable.
On appelle intégrale de f sur I , et on note f, la borne supérieure des f lorsque
I J
J décrit l'ensemble des segments inclus dans I .
Remarques :
1) Avec les hypothèses et notations de la Définition 2 : f 0.
I
lgèb
re Monie
r
Cas particulier d’une fonction continue 2) Si I est un segment [α; β], alors toute application f de CM(I,R), 0 , est intégrable sur I
β
ni er A
Mo éom é
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
et : f = f. De plus, f est alors intégrable sur les quatre intervalles [α; β],
tr i e
Géomé
I α
]α; β], [α; β[, ]α; β[, et les quatre intégrales de f sur ces intervalles sont égales.
154
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles
Proposition 1
f : I −→ R est continue et 0
L’hypothèse de continuité est ici Si f est intégrable sur I , alors f = 0.
fondamentale ; l’hypothèse « f est
continue par morceaux » ne suffit pas.
f =0
I
Preuve
Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie
r
éom é
x0 I Soit x0 ∈ I. Il existe un segment J, non vide et non réduit à un point, tel que x0 ∈ J ⊂ I .
] ]
bre G
] ]
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
J On a alors : 0 f f = 0, donc f = 0.
tr i e
Géomé
J I J
D'après Analyse MPSI, 6.2.5 Cor. 4, on déduit : ∀x ∈ J, f (x) = 0,
et en particulier : f (x0 ) = 0.
On a montré : ∀x0 ∈ I, f (x0 ) = 0, c'est-à-dire : f = 0. 䊏
Corollaire
f : I −→ R est continue
2
1) Si f (= f · f ) est intégrable sur I , alors f = 0.
f2 = 0
I
f : I −→ C est continue
2) Si | f | est intégrable sur I , alors f = 0.
|f| = 0
I
Proposition 2
Ici, (Jn )n∈N∗ est croissante signifie : Soit f ∈ CM(I,R) , 0. Les propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
∀n ∈ N∗ , Jn ⊂ Jn+1 .
(i) f est intégrable sur I
(ii) Il existe M ∈ R+ tel que, pour toute suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont
la réunion est égale à I : ∀n ∈ N∗ , f M
Jn
Pour abréger, on peut appeler suite (iii) Il existe M ∈ R+ et une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion
exhaustive de segments de I toute suite
∗
croissante (Jn )n∈N∗ de segments de I est égale à I tels que : ∀n ∈ N , f M.
dont la réunion est égale à I . Jn
De plus, si (i), (ii) ou (iii) est satisfaite, on a, pour toute suite croissante (Jn )n∈N∗ de
segments dont la réunion est égale à I :
f = Sup f = lim f.
I n∈N∗ Jn n∞ Jn
155
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Preuve
1) (i) ⇒ (ii) :
Supposons f intégrable sur I et soit (Jn )n∈N∗ une suite exhaustive de segments de I.
D'après les Définitions 1 et 2, on a : ∀n ∈ N∗ , f f.
Jn I
Le réel M = f convient.
I
(ii) ⇒ (iii) :
Il suffit de remarquer qu'il existe au moins une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion soit
égale à I, en examinant les types d'intervalles possibles pour I. Par exemple, pour (a,b) ∈ R2 tel que
a<b:
b−a
]a; b] = a+ ; b , [a; +∞[= [a; a + n].
n∈N∗
n n∈N∗
(iii) ⇒ (i) :
Supposons qu'il existe M ∈ R+ et une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale
à I, tels que : ∀n ∈ N∗ , f M.
Jn
Soit J = [α; β] un segment inclus dans I. Comme Jn = I, il existe (n 1 ,n 2 ) ∈ (N∗ )2 tel que
n∈N∗
α ∈ Jn 1 et β ∈ Jn 2 . En notant n 0 = Max(n 1 ,n 2 ), puisque (Jn )n∈N∗ est croissante, on a : α ∈ Jn 0 , et
β ∈ Jn 0 d'où J = [α; β] ⊂ Jn 0 , puis, comme f 0 : f f M.
J Jn 0
Ainsi, pour tout segment J inclus dans I : f M. Ceci montre que f est intégrable sur I.
J
2) Supposons (i), (ii) ou (iii) satisfaite, et soit (Jn )n∈N∗ une suite croissante de segments dont la réunion
est égale à I.
• La suite réelle f est croissante (puisque (Jn )n∈N∗ est croissante et f 0) , majorée par
Jn n∈N∗
f, donc converge vers un réel noté M0 , et :
I
Sup f = lim f = M0 f.
n∈N∗ Jn n∞ Jn I
• On a vu, dans la preuve de (iii) ⇒ (i) que, pour tout segment J inclus dans I, il existe n 0 ∈ N∗ tel que
J ⊂ Jn 0, et donc f f M0 . En passant à la borne supérieure lorsque J décrit l'ensemble des
J Jn 0
segments inclus dans I, on déduit : f M0 .
I
Finalement : M0 = f. 䊏
I
Proposition 1
Soient λ ∈ R+ , f,g ∈ CM(I,R) et 0.
Si f et g sont intégrables sur I , alors λ f + g est intégrable sur I et :
Attention :pour écrire cette égalité,il faut
d’abord s’assurer que f et g sont (λ f + g) = λ f + g.
intégrables sur I . I I I
156
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles
Preuve
• L'application λ f + g est continue par morceaux et 0 .
• Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I. On a :
∀n ∈ N∗ , (λ f + g) = λ f + gλ f + g,
Jn Jn Jn I I
2) Théorème de majoration
Si f g.
n ie
Mo
onier
onier
èbre M
I
r Alg
n ie
Mo
I I
Géomé
Preuve
Supposons 0 f g et g intégrable sur I.
Pour tout segment J inclus dans I :
f g g.
J J I
D'après 3.1.1 Définitions 1 et 2, f est intégrable sur I et : f = Sup f g. 䊏
Exercices 3.1.3. I J J I
Définition
On dit aussi que I ′ est un sous intervalle Soient f ∈ CM(I,R) , 0, I ′ un intervalle tel que I ′ ⊂ I.
de I .
• On dit que f est intégrable sur I ′ si et seulement si la restriction f | I ′ est intégrable
sur I ′ .
′
• Si f est intégrable sur I , on note f au lieu de f |I ′ .
I′ I′
Proposition 3
Soient f ∈ CM(I,R) , 0, I ′ un intervalle tel que I ′ ⊂ I. Si f est intégrable sur I ,
alors f est intégrable sur I ′ et : f f.
I′ I
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Preuve
bre G
r Algè
Supposons f intégrable sur I. Pour tout segment J ′ inclus dans I ′ (donc inclus dans I), on a :
n ie
Mo
J′ ⊂ I′ ⊂ I.
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
f f.
J′ I
Ceci montre (cf. 3.1.1 Déf. 1 et 2) que f est intégrable sur I ′ et : f f. 䊏
I′ I
157
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Proposition 4
Soient f ∈ CM(I,R) , 0, a ∈ I.
1) f est intégrable sur I si et seulement si f est intégrable sur ] − ∞; a] ∩ I et sur
I ∩ [a; +∞[.
2) De plus, si f est intégrable sur I , alors :
f = f + f.
I ]−∞;a]∩I I ∩[a;+∞[
Preuve
re Monie
r
I ⺢
• Si f est intégrable sur I, alors, d'après la Proposition précédente, f est intégrable sur ] − ∞; a] ∩ I et
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
a
Mo
Géomé
tr i e
r
Proposition 1
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
+∞ .
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
158
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles
Preuve
1) (i) ⇒ (ii) :
Supposons f intégrable sur [a; b[. Pour tout X de [a; b[, comme [a; X] est un segment inclus dans
X
[a; b[, on a : F(X) = f = f f, ce qui montre que F est majorée (par f ).
a [a;X ] [a;b[ [a;b[
(ii) ⇒ (iii) :
Supposons F majorée sur [a; b[. Comme F est croissante (puisque f 0) , il en résulte que F admet
une limite finie en b.
(iii) ⇒ (i) :
Supposons que F admette une limite finie L en b. Comme F est croissante (puisque f 0) , on a :
X
∀X ∈ [a; b[, f = F(X) L .
a
2) Enfin, sous l'une des hypothèses (i), (ii), (iii), F admet une limite finie L en b.
D'une part : L f, car : ∀X ∈ [a; b[ , F(X) f.
[a;b[ [a;b[
D'autre part, on a vu : f L.
[a;b[
Donc : f = L. 䊏
[a;b[
Exercices 3.1.4, 3.1.5.
Corollaire
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On étudie ici l’intégrabilité de f sur Les trois propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
l’intervalle ]a; b] ,ouvert en a. Dans la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
[a; b[ , ouvert en b.
(ii) F est majorée sur ]a; b]
(iii) F admet une limite finie en a.
De plus, si l'une de ces trois propriétés est vérifiée, alors :
b b
f = Sup f = lim f.
]a;b] X∈]a;b] X X→a X
b b
L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
]a;b] a a
Preuve
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Graphiquement, on effectue une Il suffit d'appliquer la Proposition précédente à la fonction [a; b[−→ R si a ∈ R ,
symétrie par rapport à une droite x
−→ f (a+b−x)
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
159
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Exemples :
Ces deux exemples sont importants et 1) Pour tout α de R , l'application x
−→ eαx est intégrable sur [0; +∞[ si et seulement si
d’usage fréquent. α < 0 , puisque :
X 1
(eα X − 1) si α = 0
∀X ∈ [0; +∞[, eαx dx = α .
0
X si α = 0
De plus, pour tout α de R∗− :
+∞
1 αX 1
eαx dx = lim (e − 1) = .
0 X→+∞ α −α
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On envisage ici x
−→ −lnx ,car pour 2) L'application x
−→ −ln x est intégrable sur ]0; 1], car :
tout x ∈]0; 1] , on a ln x 0 .
n ie
Mo
onier
1
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
∀X ∈]0; 1], −ln x dx = [x − x ln x]1X = 1 − X + X ln X
X
1 − X + X ln X −−−→
+
1.
X→0
1
De plus : −ln x dx = 1.
0
Exercice 3.1.1 d).
2) Exemples de Riemann
Preuve
X
1
Calculons, pour tout X de [2; +∞[, dx.
xα 1
X −α+1
X
1 x X −α+1 − 1
• Si α = 1 : dx = = .
1 xα −α + 1 1 −α + 1
X −α+1 − 1 1 1
1) Si α > 1 : −−−→ , donc x
−→ α est intégrable sur [1; +∞[,
−α + 1 X→+∞ α − 1 x
+∞
1 1
et : dx = .
1 xα α−1
X −α+1 − 1 1
2) Si α < 1 : −−−→ + ∞, donc x
−→ α n'est pas intégrable sur [1; +∞[.
−α + 1 X→+∞ x
X 1 1
• Si α = 1 : dx = ln X −−−→ + ∞ , donc x
−→ n'est pas intégrable sur [1; +∞[.䊏
1 x X→+∞ x
Exercices 3.1.1 b), c).
Exemple :
sin2 x
L'application x
−→ est intégrable sur [1; +∞[ car :
x2
sin2 x 1
• ∀x ∈ [1; +∞[, 0 2
x2 x
1
• x
−→ est intégrable sur [1; +∞[.
x2
Exercice 3.1.1 a).
L'utilisation du changement de variable u = x − a permet de montrer le Corollaire suivant, dont
le résultat généralise celui du Théorème précédent :
Preuve
Puisque f ∼ g , il existe c ∈ [a; b[ tel que :
b
1 1 1
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
éom é
r
2 2
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
1 3
tr i e
Géomé
4) Règles x α f (x)
Preuve
1) Il existe c ∈ [a; +∞[ tel que : ∀x ∈ [c; +∞[, 0 x α f (x) 1,
1
d'où : ∀x ∈ [c; +∞[, 0 f (x) α .
x
161
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
On conclut par le théorème de domination (3.1.2 2) Prop. 2 p. 157) et l'exemple de Riemann en +∞,
puisque α > 1 .
2) Il existe c ∈ [a; +∞[ tel que : ∀x ∈ [c; +∞[, x α f (x) 1,
1
d'où : ∀x ∈ [c; +∞[, f (x) α .
x
On conclut par la contraposée du théorème de domination et l'exemple de Riemann en +∞, puisque
α 1. 䊏
Exercice 3.1.1 e).
1
Remarque : L'application de la règle « x α f (x)» (en +∞) revient à comparer f (x) et (au
xα
voisinage de +∞), pour un α à choisir convenablement. Certaines fonctions f échappent à
cette comparaison, et la règle « x α f (x)» (en +∞) ne permet pas d'étudier l'intégrabilité de
f sur [a; +∞[. Par exemple, pour f : [2; +∞[−→ R , on a :
1
x
−→ x ln x
∀α ∈]1; +∞[, x α f (x) −−−→ + ∞
x→+∞
∀α ∈] − ∞; 1], x α f (x) −−−→ 0,
x→+∞
2) S'il existe α ∈ [1; +∞[ tel que (x − a)α f (x) −−→ + ∞, alors f n'est pas inté-
grable sur ]a; b]. x→a +
Preuve
Analogue à celle de la Proposition 3.
1
On peut aussi se ramener à la Proposition 1 par le changement de variable u = . 䊏
x −a
Exemple :
L'application f : x
−→ −ln x est intégrable sur ]0; 1] car f est continue, f 0, et
1
x 2 f (x) −−−→ 0. Cf. aussi Exemple 2) p. 160.
x→0+
L’exemple de Bertrand, bien qu’étant Pour (α,β) ∈ R2 , étudions l'intégrabilité de f α,β : [2; +∞[−→ R définie par :
hors programme, est d’une utilisation 1
bien commode.En pratique,on détaillera ∀x ∈ [2; +∞[, f α,β (x) = α .
comme dans la Preuve ci-contre
x (ln x)β
1+α 1−α
• Si α > 1 , en notant γ = > 1, on a : x γ f α,β (x) = x 2 (ln x)−β −−−→ 0,
2 x→+∞
et donc f α,β est intégrable sur [2; +∞[.
• Si α < 1 , on a : x f α,β (x) = x 1−α (ln x)−β −−−→ + ∞,
x→+∞
et donc f α,β n'est pas intégrable sur [2; +∞[.
• Si α = 1 , effectuons le changement de variable u = ln x :
X ln X
1 1
∀X ∈ [2; +∞[, dx = du.
2 x(ln x)β
ln 2 uβ
1
Donc f α,β est intégrable sur [2; +∞[ si et seulement si u
−→ β est intégrable sur [ln 2; +∞[,
u
c'est-à-dire si et seulement si β > 1 .
α>1
Finalement : f α,β est intégrable sur [2; +∞[ si et seulement si : ou .
(α = 1 et β > 1)
162
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles
Exercice-type résolu
Solution Conseils
1) Existence Commencer par s'assurer de l'existence
Arctan x de I.
• L'application f : x
→ est continue sur [1 ; +∞[.
x4
π π
On a f (x) ∼ > 0 et 4 > 1, donc, d'après l'exemple de Riemann en +∞ Arctan x → = 0 donc
x −→ +∞ 2x 4 x→+∞ 2
π
et le théorème d'équivalence pour des fonctions 0, f est intégrable sur [1 ; +∞[. Arctan x ∼ .
x→+∞ 2
Ceci montre que I existe.
2) Calcul La présence du facteur Arctan x, dont la
dérivée est simple, incite à envisager une
Soit X ∈ [1 ; +∞[. On a, par une intégration par parties :
intégration par parties. Celle-ci ne doit
X −3
X X −3
Arctan x x x 1 pas être effectuée directement sur
dx = Arctan x − dx [1; +∞[, mais sur [1; X], puis on fait
1 x 4 −3 1 1 −3 1 + x2
tendre X vers +∞.
X
X −3 1 π 1 1 1
Arctan X + dx. u′ =
=− + u = Arctan x 1 + x2
3 3 4 3 1 x 3 (1 + x 2 )
x −3
1 1 v ′ = x −4
v = .
L'application g : x
−→ est continue sur [1 ; +∞[, g(x) ∼ >0 −3
x 3 (1 + x 2 ) x −→ +∞ x 5
et 5 > 1, donc, d'après l'exemple de Riemann en +∞ et le théorème d'équivalence
pour des fonctions 0, g est intégrable sur [1 ; +∞[. Ceci montre que
+∞
1
J= dx existe.
1 x (1 + x 2 )
3
π 1
On déduit, en faisant tendre X vers +∞ : I = + J.
12 3
Calculons maintenant J. On a : Changement de variable :
+∞
1 1 +∞ 1 y = x 2 , dy = 2x dx.
J= dx = dy.
1
3
x (1 + x )2 2 1 2
y (1 + y)
1
On décompose la fraction rationnelle en éléments simples réels.
X2 (X + 1)
Il existe a,b,c ∈ R tels que :
1 a b c Méthode de multiplication et remplace-
= 2 + + .
X2 (1 + X) X X 1+X ment, pour calculer a,b,c.
En multipliant par X2 , puis en remplaçant X par 0, on obtient : a = 1.
En multipliant par X + 1 , puis en remplaçant X par −1, on obtient : c = 1.
En multipliant par X, puis en faisant tendre X vers +∞, on obtient b + c = 0,
d'où b = −c = −1.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
On déduit :
1 1 1 1
= 2 − + , Attention à ne pas décomposer cette
X 2 (1 + X) X X X+1 intégrale en somme de trois intégrales
d'où : dont certaines n'existent pas, par
+∞ +∞
1 +∞
1 1 1 1 1 1
J= − + dy = − − ln y + ln (y + 1) exemple dy.
2 y2 y y+1 2 y 1 y
1 1
+∞ On groupe les deux logarithmes, à cause
1 1 1+y 1 1 − ln 2 de leur comportement lorsque y → +∞.
= − + ln = − (−1 + ln 2) = .
2 y y 1 2 2
On conclut :
π 1 − ln 2 π + 2 − 2 ln 2 Contrôle : puisque f 0, on doit avoir
I = + = ≃ 0,312 942...
12 6 12 I 0.
163
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Exercices
3.1.1 Etudier l'intégrabilité des applications suivantes (à 3.1.3 a) Montrer :
valeurs dans R+ ), pour lesquelles on donne f (x) et αβ 2αβ
∀(α,β) ∈ (R∗+ )2 , Inf(α,β)
l'intervalle : α+β α+β
ln (1 + x) b) En déduire que, si f,g : [0; +∞[−→ R sont continues
a) , [1 ; +∞[
x et > 0 , alors Inf( f,g) est intégrable sur [0; +∞[ si et
3
b) x 3 + 1 − x, [0 ; +∞[ fg
seulement si l'est.
1 1 2 f +g
c) ln 1 + √ + , [1 ; +∞[
x x
3.1.4 Critère d'Ermakoff
d) ( ln x)− ln x , [e ; +∞[ Soient a ∈ R , f : [a; +∞[−→ R continue, telle que
1
e) √ , [0 ; 1[. f 0, g : [a; +∞[−→ R de classe C 1 , telle qu'il existe
1 − x4 λ > 0 tel que : ∀x ∈ [a; +∞[, g(x) x + λ.
3.1.2 Soit C le C -espace vectoriel des applications a) On suppose qu'il existe k ∈ [0; 1[ tel que :
continues de [−1; 1] dans C . ∀x ∈ [a; +∞[, f (g(x))g ′ (x) k f (x).
a) Montrer que, pour toute f de C, les applications Montrer que f est intégrable sur [a; +∞[.
| f (t)| | f (t)| b) On suppose qu'il existe k ∈]1; +∞[ tel que :
t
−→ √ et t
−→ √ sont respectivement inté-
1−t 1+t ∀x ∈ [a; +∞[, f (g(x))g ′ (x) k f (x).
grables sur [−1; 1[ et ] − 1; 1] et que les applications Montrer que f n'est pas intégrable sur [a; +∞[.
1
| f (t)|
N ,N ′ : C −→ R définies par N( f ) = √ dt , 3.1.5 a) Soit f : ]0; 1] −→ R+ continue, décroissante,
−1 1−t
1 intégrable sur ]0; 1].
| f (t)| n 1
N ′( f ) = √ dt sont des normes sur C. 1 k
−1 1+t Montrer : lim f = f.
n∞ n n 0
k=1
b) N et N ′ sont-elles équivalentes?
b) Application. Calculer les limites :
c) L'application T : (C,N ) −→ (C,N ) est-elle continue n1
1 n
f
−→ fˇ (n!) n n
α) lim β) lim 1+ .
(où : ∀t ∈ [−1; 1], fˇ(t) = f (−t)) ?
n∞ n n∞
k=1
k
164
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Il est clair que cette Définition prolonge Soit f ∈ CM(I,K). On dit que f est intégrable sur I si et seulement si | f | (qui est
celle de 3.1.1 p. 154. continue par morceaux et 0) est intégrable sur I .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
La lettre L est ici utilisée en l’honneur du On peut noter L1 (I,K) l'ensemble des applications continues par morceaux de I
mathématicien Henri Lebesgue,créateur dans K et intégrables sur I .
de la théorie de la mesure,aboutissement
de la notion d’intégrale.
Remarque : Si I est un segment, alors CM(I,K) = L1 (I,K), cf. 3.1.1 Rem. p. 154.
Exemples :
eix 1
1) f : x
−→ est intégrable sur [1; +∞[, puisque | f | : x
−→ 2 l'est.
x2 x
eix 1
2) g : x
−→ n'est pas intégrable sur [1; +∞[, puisque |g| : x
−→ ne l'est pas.
x x
2) Propriétés
Proposition 1
Soient f ∈ CM(I,K), ϕ ∈ CM(I,R).
Si | f | ϕ et si ϕ est intégrable sur I , alors f est intégrable sur I .
Preuve
Il suffit d'appliquer le théorème de domination (3.1.2 2) Prop. 2 p. 157). 䊏
Corollaire
f ∈ CM(I,K)
Si I est borné , alors f est intégrable sur I .
f est bornée
Preuve
L'application constante ϕ : x
−→ || f ||∞ est intégrable (puisque I est borné), et | f | ϕ. 䊏
Exemple :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
1
L’application f : ]0; 1] → R , x
→ sin est intégrable sur ]0; 1], car ]0; 1] est borné et
f est continue par morceaux et bornée. x
Proposition 2
Soient λ ∈ K , f,g ∈ CM(I,K) .
Si f et g sont intégrables sur I , alors λ f + g est intégrable sur I .
Preuve
Comme |λ f + g| |λ| | f | + |g| et que | f | et |g| sont intégrables sur I, |λ f + g| est intégrable sur I
(théorème de domination, 3.1.2 2) Prop. 2 p. 157), et donc λ f + g est intégrable sur I. 䊏
165
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Corollaire
Rappelons (cf.Analyse MPSI,4.1.2 Déf.3) L1 (I,K) est un K -ev pour les lois usuelles.
que f + et f − sont les applications de
I dans R définies par :
3) Cas des fonctions à valeurs réelles
∀x ∈ I,
f + (x) = Sup f (x),0 Proposition 3
f − (x) = Sup − f (x),0 Soit f ∈ CM(I,R) ; f est intégrable sur I si et seulement si f + et f − le sont.
et que l'on a : f = f + − f − et
|f| = f+ + f −. Preuve
De plus, f étant continue par morceaux, 1) Si f est intégrable sur I, alors (par définition) | f | l'est ; comme 0 f + | f | et 0 f − | f | , le
f + et f − le sont aussi.
théorème de domination (3.1.2 2) Prop. 2 p. 157) montre que f + et f − le sont aussi.
2) Réciproquement, si f + et f − sont intégrables sur I, alors f l'est aussi, puisque f = f + − f − (cf.
Prop. 2). 䊏
Définition-Notation 2
Il est clair que cette Définition prolonge Soit f ∈ CM(I,R) . Si f est intégrable sur I , on appelle intégrale de f sur I , et on
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
note f, le réel :
tr i e
Géomé
I
f = f+ − f −.
I I I
Si I est un singleton, alors toute application f : I −→ R est intégrable et : f = 0.
I
Proposition 4
Soit f ∈ CM(I,C) ; f est intégrable sur I si et seulement si Ré f et Im f le sont.
Preuve
Remarquons d'abord que, f étant continue par morceaux, Ré f et Im f le sont aussi.
1) Supposons f intégrable sur I. Comme |Ré f | | f | et |Im f | | f |, le théorème de domination
(3.1.2 2) Prop. 2 p. 157) montre que |Ré f | et |Im f | sont intégrables sur I, donc (par définition) Ré f
et Im f sont intégrables sur I.
2) Réciproquement, si Ré f et Im f sont intégrables sur I, comme f = Ré f + i Im f , f est intégrable
sur I (cf. Prop. 2 p. 157).
Définition-Notation 3
re Monie
r
Lorsque I est un segment, I = [a; b] , Soit f ∈ CM(I,C) . Si f est intégrable sur I , on appelle intégrale de f sur I et on
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
on a
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
b note f, le complexe :
tr i e
Géomé
f = f. I
I a
f = Ré f + i Im f.
La notion d’intégrale pour une fonction I I I
intégrable
f : I −→ C
prolonge donc celle d’intégrale d’une Si I est un singleton, alors toute application f : I −→ C est intégrable et : f = 0.
application continue par morceaux sur I
un segment.
Il est clair que cette Définition prolonge Remarque : Si I est un segment, I = [α; β], alors toute application f de CM(I,C) est inté-
β
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
grable sur I et : f = f. De plus, f est alors intégrable sur les quatre intervalles [α; β],
n ie
Mo
tr i e
Géomé
lgèb
re Monie
r
I α
]α; β], [α; β[, ]α; β[ et les quatre intégrales de f sur ces intervalles sont égales.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
166
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Proposition 5
Soit f ∈ CM(I,C) , intégrable sur I .
Pour toute suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I ,
on a :
f −−→ f.
Jn n∞ I
Preuve
• Si f est à valeurs réelles :
f = ( f + − f −) = f+ − f − −−−→ f+ − f− = f.
Jn Jn Jn Jn n∞ I I I
3.2.2 Propriétés
1) Addition et loi externe
éom é
r
Ce résultat prolonge celui de 3.1.2 1) (λ f + g) = λ f + g.
I I I
bre G
r Algè
Prop. 1 p. 156.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
D'après 3.2.1 Prop. 2 p. 165, λ f + g est intégrable sur I. Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de seg-
ments dont la réunion est égale à I. D'après 1) Prop. 5 p. 193 :
(λ f + g) −−−→ (λ f + g)
n∞
Jn I
λ f + g −−−→ λ f + g.
Jn Jn n∞ I I
lgèb
re Monie
r
Comme : ∀n ∈ N∗ ,
ni er A
(λ f + g) = λ f + g,
Mo éom é
bre G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Jn Jn Jn
on en déduit, en passant à la limite quand n tend vers +∞ : (λ f + g) = λ f + g. 䊏
I I I
2) Conjugaison
Proposition 2
Rappelons que, par définition : Soit f ∈ CM(I,C) .
f : I −→ C
1) f est intégrable sur I si et seulement si f l'est.
t
−→ f (t) .
2) Si f est intégrable sur I , alors f = f.
I I
167
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Preuve :
Ré f int. sur I
1) (f int. sur I) ⇐⇒ ⇐⇒ ( f int. sur I).
Im f int. sur I
2) f = (Ré f − i Im f ) = Ré f − i Im f = Ré f + i Im f = f. 䊏
I I I I I I I
3) Inégalités
Preuve
Supposons f et g continues et intégrables sur I et f g .
Alors g − f 0 et g − f est intégrable sur I (cf. 3.2.1 Prop. 2 p. 165). D'après 3.1.1 Rem. 1) p. 154,
on a :
(g − f ) 0.
I
Alors, en utilisant la Proposition 1 :
g− f = (g − f ) 0, donc f g. 䊏
I I I I I
Proposition 4
Rappelons que, par définition : Pour toute f ∈ CM(I,C) intégrable sur I :
| f | : I −→ R
t
−→ | f (t)| .
f | f |.
I I
Preuve
Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I. D'après 3.2.1 Prop. 5
p. 167 : f −−−→ f et | f | −−−→ | f |.
Jn n∞ I Jn I
ni er A
lgèb
re Monie
r
f
Mo
Comme : ∀n ∈ N∗ ,
éom é
bre G
| f |,
r Algè
n ie
Mo
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Jn Jn
tr i e
Géomé
on en déduit, en passant à la limite quand n tend vers l'infini : f | f |. 䊏
I I
Exercices 3.2.1, 3.2.2.
Proposition 5
L'ensemble des applications continues et intégrables sur I , à valeurs dans K , est un
K -ev, et l'application N1 : f
−→ | f | est une norme sur ce K -ev.
I
Preuve
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Ainsi : Notons ici CL1 (I,K) l'ensemble des applications continues et intégrables sur I, à valeurs dans K ; il est
r Algè
clair que CL1 (I,K) est un K -sev de C(I,K) (cf. 3.2.1 Prop. 2 p. 165).
n ie
1
C(I,K) ∩ L1 (I,K) .
Mo
onier
étr ie M
CL (I,K) =
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Revoir la définition d’une norme, § 1.1.1 De plus, l'application N1 : CL1 (I,K) −→ R est une norme sur CL1 (I,K), puisque, pour tout α de K
1) Déf. p.4. f
−→ I | f |
et toutes f,g de CL1 (I,K) :
168
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
1) N1 (λ f ) = |λ f | = |λ| | f | = |λ| | f | = |λ| N1 ( f )
I I I
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r
éom é
bre G
2) N1 ( f ) = 0 ⇐⇒ | f | = 0 ⇐⇒ f = 0
r Algè
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
I
tr i e
Géomé
3) N1 ( f + g) = | f + g| (| f | + |g|) = |f|+ |g| = N1 ( f ) + N1 (g) . 䊏
I I I I
Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Autrement dit : ( f n )n∈N converge en Soient ( f n )n∈N une suite dans CL1 (I,K), et f ∈ CL1 (I,K) . On dit que ( f n )n∈N
moyenne vers f si et seulement si : converge en moyenne vers f si et seulement si ( f n )n∈N converge vers f pour la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
| f n − f | −−−→ 0.
norme N1 .
I n∞
Preuve
1
L’inégalité usuelle : ∀ (α,β) ∈ (R+ )2 , 1) En développant (| f | − |g|)2 0 , on obtient 0 | f g| (| f |2 + |g|2 ) . Comme f 2 et g 2 sont
1 2 2
αβ (α + β 2 ) est utile. 1 2
2 intégrables sur I, | f | + |g|2 l'est, puis (théorème de domination 3.1.2 2) Prop. 2 p. 157), | f g| l'est,
2
lgèb
re Monie
r
et donc f g aussi.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
2) Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion égale à I. D'après l'inégalité de
n ie
Mo
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Cauchy-Schwarz pour les intégrales de fonctions continues par morceaux sur un segment , on a :
2 2 2
∀n ∈ N , ∗ f g |f| |g| .
Jn Jn Jn
Définition 2
Soit f ∈ CM(I,K). On dit que f est de carré intégrable sur I si et seulement si | f |2
est intégrable sur I .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Proposition 7
L'ensemble des applications continues sur I et de carré intégrable sur I , à valeurs
dans K , est un K -ev, et l'application ( f,g) −
→ ( f |g) = f g est un produit sca-
I
1
2
laire sur ce K -ev. On note N2 la norme associée : N2 ( f ) = | f |2 .
I
Preuve
Notons ici CL2 (I,K) l'ensemble des applications continues sur I et de carré intégrable sur I, à valeurs
dans K .
169
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
2
D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz, pour tout ( f,g) de CL2 (I,K) , f g est intégrable sur I, donc
2
l'application ϕ : ( f,g)
−→ ( f |g) = f g est correctement définie de CL2 (I,K) dans K .
I
Revoir la définition d’un produit scalaire On a, pour tout α de K et toutes f,g,h de CL2 (I,K) :
(réel ou complexe) cf. § 1.6.1, Déf. 1.
• ϕ(g, f ) = g f = fg = f g = ϕ( f,g)
I I I
• ϕ( f,αg + h) = f (αg + h) = (α f g + f h)
I I
=α fg+ f h = αϕ( f,g) + ϕ( f,h)
I I
• ϕ( f, f ) = | f |2 0
I
• ϕ( f, f ) = 0 ⇐⇒ | f |2 = 0 ⇐⇒ f = 0 , puisque f est continue sur I.
I
Définition 3
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Autrement dit : ( f n )n∈N converge en Soient ( f n )n∈N une suite dans CL2 (I,K), f ∈ CL2 (I,K) .
moyenne quadratique vers f si et
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
seulement si :
On dit que ( f n )n∈N converge en moyenne quadratique vers f si et seulement si
2
| f n − f | −−−→ 0. ( f n )n∈N converge vers f pour la norme N2 .
I n∞
Remarques :
1) On a, pour toutes f,g de CL2 (I,K) :
|( f |g)| = f g | f g| = | f g| = N1 ( f g) N2 ( f )N2 (g).
I I I
er A
lgèb
re Monie
r 2
2) L'application produit scalaire ϕ : ( f,g)
−→ ( f |g) est continue sur CL2 (I,K) .
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
6) Relation de Chasles
Proposition 8
Soient f ∈ CM(I,K) et I ′ un intervalle tel que I ′ ⊂ I. Si f est intégrable sur I , alors
f est intégrable sur I ′ .
Preuve
Schématiquement, en utilisant 3.1.2 3) Prop. 3 p. 157 :
( f int. sur I ) ⇐⇒ (| f | int. sur I ) ⇒ (| f | int. sur I ′ ) ⇐⇒ ( f int. sur I ′ ). 䊏
Proposition 9
Soient a ∈ I, I ′ =] − ∞; a] ∩ I, I ′′ = I ∩ [a; +∞[ , f ∈ CM(I,K).
1) Pour que f soit intégrable sur I , il faut et il suffit que f soit intégrable sur I ′ et sur
I ′′ .
2) De plus, si f est intégrable sur I , alors : f = f + f.
I I′ I ′′
Preuve
1) Résulte de la Prop. 8 et de 3.1.2 3) Prop. 4 p. 157.
2) Supposons f intégrable sur I.
170
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I, telle que :
∀n ∈ N∗ , a ∈ Jn .
Alors : ∀n ∈ N∗ , f = f + f,
Jn ]−∞;a ]∩Jn Jn ∩[a;+∞[
et f −−−→ f, f −−−→ f, f −−−→ f
Jn n∞ I ]−∞;a ]∩Jn n∞ I′ Jn ∩[a;+∞[ n∞ I ′′
(car (] − ∞; a] ∩ Jn )n∈N∗ est une suite croissante de segments dont la réunion est égale à I ′ , et de même
pour I ′′ ), d'où : f = f + f. 䊏
I I′ I ′′
Par exemple, si a < c < b, pour que f soit intégrable sur ]a; b[, il faut et il suffit que f soit inté-
] ]
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
a c b
n ie
Mo
tr i e
Géomé
f = f + f.
]a;b[ ]a;c] [c;b[
Remarque : Soit f ∈ CM(I,K) . Si f est intégrable sur I, alors, pour tout intervalle I ′ tel que
I ′ ⊂ I, on a :
f = χ I ′ f,
I′ I
1 si x ∈ I ′
où χ I ′ est la fonction caractéristique de I ′ , χ I ′ : I −→ K, x
−→ .
0 si x ∈ I ′
Notation
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
On a ainsi : −∞ a < +∞ et Si f ∈ CM(I,K) est intégrable sur I et si (a,b) ∈ (R ∪ {−∞})× (R ∪ {+∞}) est tel
b a
r Algè
−∞ < b +∞
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
Exercices 3.2.3 à 3.2.5. Séparer en cas suivant la position relative de a,b,c, et appliquer la Prop. 9 p. 170. 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Exercice-type résolu
On note E l'ensemble des applications f : [0 ; 1] −→ R continues sur [0 ; 1], de classe C 1 sur ]0 ; 1], telles que f ′ soit intégrable
sur ]0 ; 1] et que f (0) = 0.
Déterminer le plus petit réel C > 0 tel que :
1 1 1
∀ f ∈ E, f2 C |f| | f ′| .
0 0 0
171
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Solution Conseils
1) Soit f ∈ E. On essaie d'obtenir une constante C véri-
Puisque f est de classe C 1 sur ]0 ; 1], on a, pour tout x ∈ ]0 ; 1] et tout ε ∈ ]0 ; x] : fiant l'inégalité demandée.
1
f (x) = f (ε) + f ′ (t) dt. Formule fondamentale de l'Analyse, per-
ε mettant d'exprimer f (x) à l'aide d'une
intégrale.
Comme f est continue en 0 et que f ′ est intégrable sur ]0 ; 1], on déduit, pour tout
x ∈ ]0 ; 1], en faisant tendre ε vers 0 :
x x
f (x) = f (0) + f ′ (t) dt = f ′ (t) dt. x ∈ ]0 1] est fixé, ε tend vers 0.
0 0
On conclut que C = 1 est la plus petite constante > 0 convenant. Le résultat de l'exercice revient à :
1
f2
0
Sup 1 1 = 1.
f ∈E−{0}
|f| | f ′|
0 0
172
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Exercices
3.2.1 Applications négligeables intégrable surI et || · || p l'application de CL p (I,K) dans R
Une application f : I −→ K est dite négligeable si et définie par :
f ∈ CM(I,K) 1
p
∀ f ∈ CL p (I,K), || f || p = | f (x)| p dx .
seulement si : f est intégrable sur I . I
|f| = 0 De plus, on note CL∞ (I,K)
l'ensemble des applications
I continues bornées de I dans K et || · ||∞ l'application de
On note ici N (I,K) l'ensemble des applications négli- CL∞ (I,K) dans R définie par :
geables de I dans K . is∀ f ∈ CL∞ (I,K), || f ||∞ = Sup | f (x)|.
a) Montrer que, pour toute f de CM(I,K) , f est négli- x∈I
geable si et seulement si, pour tout segment [a; b] inclus Soit p ∈ [1; +∞]. Montrer que CL p (I,K) est un K -ev,
dans I, f |[a;b] est nulle sauf en un nombre fini de points. que || · || p est une norme sur CL p (I,K), et que, si
b) Montrer que N (I,K) est un idéal de l'algèbre p
p ∈]1; +∞[, on a, en notant q = (de sorte que
CM(I,K) , c'est-à-dire : p−1
1 1
N = ∅ + = 1) :
p q
∀α ∈ K, ∀ f,g ∈ N (I,K), α f + g ∈ N (I,K)
∀ f ∈ CL p (I,K), ∀g ∈ CLq (I,K),
∀h ∈ CM(I,K), ∀ f ∈ N (I,K), h f ∈ N (I,K).
f g ∈ CL1 (I,K)
c) Soient ( f n )n∈N une suite dans N (I,K), f ∈ CM(I,K)
|| f g||1 || f || p ||g||q .
intégrable sur I, telles que ( f n )n∈N converge en moyenne
vers f sur I. Montrer : f ∈ N (I,K). (Utiliser l'exercice 1.1.9 p. 11).
3.2.2 Intégrabilité d'une fonction non partout définie 3.2.4 Soit f ∈ C(I,K). On note E f = {u ∈]0; 1] ;
1
Soit D une partie de I telle que, pour tout segment J f ∈ CL (I,K)}, cf. exercice 3.2.3.
u
inclus dans I, J ∩ D soit fini, et soit f : I − D −→ K une a) Montrer que E f est un intervalle de R .
application. On dit que f est intégrable sur I si et seule- b) On suppose f = 0 et E f = ∅ . Démontrer que l'appli-
ment s'il existe f 1 ∈ CM(I,K) intégrable sur I et telle que cation ϕ : E f −→ R est convexe.
f 1 | I −D = f. u
−→ln(|| f || 1 )
u
Soit f : I − D −→ K intégrable sur I. Montrer que, pour
c) En déduire que, pour tout ( p,r,s) ∈ [1; +∞]3 tel que
toute f 2 ∈ CM(I,K) , et que f 2 | I −D = f, f 2 est intégrable
r < p < s, on a :
sur I, et que f2 = f1 . CLr (I,K) ∩ CLs (I,K) ⊂ CL p (I,K).
I I
Ceci permet de définir f par f = f 2 où f 2 est 3.2.5 Soient p, p′ ∈ [1; +∞] tels que p < p′ . Montrer
I I I que les restrictions de || · || p et || · || p′ à
n'importe quel élément de CM(I,K) prolongeant f . ′
E = CL p (R,K) ∩ CL p (R,K) (cf. exercice 3.2.3) ne sont
Exemple : f : R∗ −→ R est intégrable sur R .
2 pas comparables, c'est-à-dire qu'il existe ( f n )n∈N∗ ,
x
−→ sin2 x
x (gn )n∈N∗ dans E telles que :
3.2.3 Espaces CL p (I,K) || f n || p −−−→ + ∞ et || f n || p′ −−−→ 0
n∞ n∞
Pour p ∈ [1; +∞[, on note CL p (I,K) l'ensemble des ||gn || p −−−→ 0 et ||gn || p′ −−−→ + ∞.
applications continues f : I −→ K telles que | f | p soit n∞ n∞
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
173
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Bien noter que cette Prop. 1 ne donne Si f est intégrable sur [a; b[, alors F admet une limite finie en b, et :
qu’une implication :si f est intégrable sur X
[a; b[ ,alors F admet une limite finie en f = lim f.
b. La Prop. analogue dans le cas des [a;b[ X→b a
applications à valeurs dans R+ (§ 3.1.3
1) Prop. 1 p. 158) fournissait une b b
équivalence logique. L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
[a;b[ a a
Preuve
1) Cas où f est à valeurs réelles
On se ramène au cas de fonctions à Supposons f intégrable sur [a; b[ et à valeurs réelles. Alors f + et f − sont intégrables sur [a; b[ et
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
valeurs réelles 0 .
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
f+ − f −.
Algè
n ier
f =
Mo
tr i e
Géomé
X X X X
Comme : ∀X ∈ [a; b[ , F(X) = f = ( f + − f −) = f+ − f −,
a a a a
il en résulte que F admet une limite finie en b et que :
lim F(x) = f+ − f− = f.
X→b [a;b[ [a;b[ [a;b[
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
f = Ré f + i Im f.
tr i e
Géomé
X X
D'après 1) (cas réel) : Ré f −−−→ Ré f et Im f −−−→ Im f .
a X→b [a;b[ a X→b [a;b[
X X X X
Comme : ∀X ∈ [a; b[, F(X) = f = (Ré f + i Im f ) = Ré f + i Im f , il en
a a a a
résulte que F admet une limite finie en b et que :
lim F(X) = Ré f + i Im f = f. 䊏
X→b [a;b[ [a;b[ [a;b[
Exercice 3.2.6 a).
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
r
éom é
Ceci revient,avec le vocabulaire du § 3.4 Remarque : Il se peut que F admette une limite finie en b sans que f soit intégrable sur
plus loin, à montrer que l’intégrale
n ie
[a; b[.
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
+∞ sin x
impropre dx est semi- sin x
1 x Considérons l'exemple : a = 1, b = +∞, . f (x) =
convergente, c‘est-à-dire convergente x
mais non absolument convergente. • Montrons que f n'est pas intégrable sur [1; +∞[. Soit X ∈ [3; +∞[ . On a :
X+ π X
2 |sin x| |cos y|
dx = π π dy,
1+ π2 x [ y=x− 2 ] 1 y+
2
d'où :
X+ π X+ π X X
2 sin x 2 |sin x| |cos y| |sin x| + |cos x|
2 dx = dx + dy dx
x x π π
π
1+ 2 1+ 2π
1 y+ π
1+ 2 x+
2 2
X
sin2 x + cos2 x π X π
π dx = ln x + = ln X + − ln(1 + π),
1+ π2 x+ 2 1+ π2 2
2
X
sin x
donc x dx −− −→ + ∞.
X→+∞
1
174
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Ceci montre que | f | n'est pas intégrable sur [1; +∞[, et donc, par définition, f n'est pas inté-
grable sur [1; +∞[.
• A l'aide d'une intégration par parties, on a, pour tout X de [1; +∞[ :
X
X X
−cos x X cos x cos X cos x
F(X) = f (x)dx = − 2
dx = − + cos 1 − dx.
1 x 1 1 x X 1 x2
cos X
D'une part, − + cos 1 −−−→ cos 1.
X X→+∞
cos x
D'autre part, x
−→ est intégrable sur [1; +∞[ (par le théorème de domination et
x2
cos x 1
l'exemple de Riemann, 2 2 ), donc, d'après la Proposition précédente,
x x
X
cos x cos x
dx −−−→ dx.
1 x2 X→+∞ [1;+∞[ x 2
éom é
r
cos x
F(X) −−−→ cos 1 − dx.
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
x2
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
X→+∞ [1;+∞[
Corollaire
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
On étudie ici l’intégrabilité de f sur
Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × R tel que a < b, f ∈ CM(]a; b],K) . Notons
éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
[a; b[ , ouvert en b.
F : ]a; b] −→ K l'application définie par :
b
∀X ∈]a; b], F(X) = f.
X
Si f est intégrable sur ]a; b], alors F admet une limite finie en a, et :
b
f = lim f.
]a;b] X→a X
b b
L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
]a;b] a a
Preuve
Même méthode que pour le Corollaire de la Proposition 1 de 3.1.3 p. 158. 䊏
Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Cas où b ∈ R et où f admet une limite Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, f : [a; b[−→ K continue et admettant une limite
finie en b.
n ie
Mo
finie l en b.
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
• On a, pour tout segment J inclus dans [a; b[ :
b
|f| = |
f| |
f |.
J J a
Ceci montre que | f | est intégrable sur [a; b[, donc f aussi.
175
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
• Puisque
f est continue sur le segment [a; b], f est bornée, et on a, pour tout X de [a; b[ :
X b X b X b
f − f =
f − f =
f
|
f | (b − X)|| f ||∞ −−−→ 0,
X→b
a a a a b X
X b
donc : f −−−→
f .
a X→b a
b
D'après Prop. 1 p. 173, on conclut : f =
f. 䊏
[a;b[ a
Proposition 3
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Cas d’une application définie sur un Soient (a,b) ∈ (R)2 , tel que a < b, f ∈ CM(]a; b[,K).
intervalle ouvert.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
tr i e
Géomé
Preuve
1) Cf. 3.2.2 Prop. 9 p. 170.
2) D'après la relation de Chasles : f = f + f.
]a;b[ ]a;c] [c;b[
D'autre part, comme f est intégrable sur ]a; c] et sur [c; b[, on a, d'après la Prop. 1 p. 173 :
c X
F(X) = − f −−−→ − f et F(X) = f −−−→ f.
X X→a ]a;c] c X→b [c;b[
On conclut : f = lim F(X) − lim F(X) . 䊏
]a;b[ X→b X→a
Notation
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
On a ainsi : Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, I un intervalle d'extré-
mités a,b, F : I −→ K une application continue sur I . Si F admet des limites finies
n ie
Mo
onier
−∞ a < b +∞ .
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
en a et en b, on note :
x=b b
F(x) x=a = F(x) a = lim F − lim F.
b a
Ainsi, d'après la Proposition précédente, si f ∈ CM(]a; b[,K) est intégrable sur ]a; b[, alors,
en notant Φ une primitive (continue) de f sur ]a; b[, on a :
b
f (x) dx = [Φ(x)]ab .
a
Proposition 4
Mo
n ie
r Algè
bre Mon
ie
bre G
éom é
r
On a ainsi : −∞ < a < +∞ et Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) , f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
−∞ < b +∞ .
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
g 0
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Si g est intégrable sur [a; b[ , alors f est intégrable sur [a; b[.
f = O (g)
b
176
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Preuve
Puisque f = O (g), il existe c ∈ [a; b[ et M ∈ R+ tels que : ∀x ∈ [c; b[ , | f (x)| Mg(x).
b
Puisque g est intégrable sur [c; b[, il en résulte que f est intégrable sur [c; b[ (théorème de domination),
et donc f est intégrable sur [a; b[. 䊏
Pratique des calculs d’intégrales sur un Pour calculer une intégrale f , on montre d'abord que f est intégrable sur [a; b[, puis on
intervalle quelconque. [a;b[
X
Une intégration par parties ne doit pas calcule lim f . Pour ce dernier point, on utilisera le calcul d'intégrales (Analyse MPSI,
être effectuée directement sur des X→b a
intervalles quelconques. ch. 6) ou de primitives (Analyse MPSI, ch. 9). Souvent, interviendront des intégrations par par-
ties ou des changements de variable.
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
En pratique, on pourra écrire f = ( f ◦ ϕ)ϕ ′ .
directement cette égalité, si l’on sait
Mo
onier
étr ie M
éom
ϕ(α) α
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
existe.
Preuve
r
re Monie
lgèb
er A
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
ϕ est de classe C 1 sur J
ϕ est bijective
−1
ϕ est de classe C 1 sur I ,
r
re Monie
lgèb
er A
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
x
−→ | f | admet une limite finie quand x tend vers β .
bre G
r Algè
n ie
Mo
Composition de limites.
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
α ϕ(α)
D'après 3.1.3 1) Prop. 1 p. 158, on en déduit que ( f ◦ ϕ)ϕ ′ est intégrable sur J.
2) Réciproquement, supposons que ( f ◦ ϕ)ϕ ′ soit intégrable sur J. L'application
x
x
−→ | f ◦ ϕ| |ϕ ′ | admet une limite finie quand x tend vers β , donc l'application
α
ϕ(x) x
x
−→ |f| = | f ◦ ϕ| |ϕ ′ | aussi.
ϕ(α) α
y ϕ(ϕ −1 (y))
Puis, y
−→ |f| = | f | admet aussi une limite finie quand y tend vers ϕ(β − ), par
bre Mon
ie r
ϕ(α) ϕ(α)
r Algè
n ie
Composition de limites.
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
ϕ(x) x
3) Sous ces hypothèses, comme, pour tout x de [α; β[ : f = ( f ◦ ϕ)ϕ ′ , et que f est
ϕ(α) α
( f ◦ ϕ)ϕ ′ sont respectivement intégrables sur [ϕ(α); ϕ(β − )[ et [α; β[, on obtient en passant à la limi-
te quand x tend vers β :
ϕ(β − ) β
f = ( f ◦ ϕ)ϕ ′ . 䊏
Exercices 3.2.6 à 3.2.21. ϕ(α) α
177
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Exercice-type résolu 1
Exemple de calcul d'une intégrale sur un intervalle quelconque, utilisant une particularité
+∞ √
x ln x
Existence et calcul de I = dx.
0 (x + 1)(x + 2)(2x + 1)
Solution Conseils
1) Existence Commencer par s'assurer de l'existence
Notons de I.
√
x ln x
f :]0 ; +∞[ −→ R, x
−→ f (x) = .
(x + 1)(x + 2)(2x + 1)
• f est continue sur ]0 ; +∞[.
√
x ln x
• En 0 : f (x) ∼ −→ 0, donc f est intégrable sur ]0 ; 1]. Prépondérance classique.
x −→ 0 2 x −→ 0
• En +∞ :
5 5
x 2 ln x x 2 ln x ln x
x 2 f (x) = ∼ = √ −→ 0. Prépondérance classique.
(x + 1)(x + 2)(2x + 1) x −→ +∞ 2x 3 2 x x −→ +∞
1
On a donc, au voisinage de +∞ : 0 x 2 f (x) 1, et donc 0 f (x) .
x2
D'après l'exemple de Riemann en +∞ (2 > 1 ) et le théorème de majoration pour
des fonctions 0, f est intégrable sur [1 ; +∞[.
I existe en tant qu'intégrale sur ]0 + ∞[
On conclut que f est intégrable sur ]0 ; +∞[, donc I existe. d'une fonction intégrable sur ]0 + ∞[.
2) Calcul
1
Par le changement de variable y = , on a : La présence de lnx et des bornes 0 et +∞,
x 1
qui s'échangent par x
→ , incitent à
1 x
(− ln y) effectuer le changement de variable
0 y dy 1
I = − 2 y= .
+∞ 1 1 2 y x
+1 +2 +1
y y y
√
+∞
y ln y
=− dy = −I,
0 (y + 1)(y + 2)(2y + 1)
et on conclut : I = 0.
Exercice-type résolu 2
Solution Conseils
1) Notons, pour n ∈ N : ∗
Commencer par s'assurer de l'existence de
1 + xn l'intégrale.
f n : [0 ; +∞[ −→ R, x −
→ f n (x) = .
1 + x n+2
178
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
Solution Conseils
1
Il est clair que, pour tout n ∈ N, f n est continue sur [0 ; +∞[, et f n (x) , ∼
x2 x −→ +∞
donc, d'après l'exemple de Riemann en +∞ (2 > 1 ) et le théorème d'équivalence
pour des fonctions 0, f n est intégrable sur [0 ; +∞[.
+∞
1 + xn
On conclut que, pour tout n ∈ N, In = dx existe.
0 1 + x n+2
2) On a, pour tout n ∈ N, In = Jn + K n , où on a noté : Le comportement de x n , pour x ∈ [0 + ∞[
1 +∞ fixé et n tendant vers l'infini, dépend de la
1 + xn 1 + xn position de x par rapport à 1, d'où l'idée de
Jn = dx, K n = dx.
0 1+x 1 + x n+2 décomposer In à l'aide de la relation de
n+2
1
Chasles, avec le point intermédiaire 1.
1 + xn
Comme, pour tout x ∈ [0 ; 1] fixé, −→ 1, on forme : On forme la différence entre Jn et ce que
1 + x n+2 n∞ l'on conjecture être la limite de Jn lorsque
1 1 n n tend vers l'infini.
1 + xn x − x n+2
|Jn − 1| = dx − 1 dx =
dx
0 1 + x n+2 0 1 + x n+2
1 n
x − x n+2 1
n n+2 x n+1 x n+3 1
= dx (x − x ) dx = − On a :
0 1 + x n+2 0 n+1 n+3 0
x n − x n+2 = x n (1 − x 2 ) 0.
1 1 2 1
= − = =O 2 .
n+1 n+3 (n + 1)(n + 3) n
1
Ceci montre : Jn = 1 + O 2 .
n
1 + xn 1
Comme, pour x ∈ [1 ; +∞[ fixé, −→ 2 , on forme : On forme la différence entre K n et ce que
1+x n+2 n∞ x l'on conjecture être la limite de K n lorsque
+∞ +∞ n
n tend vers l'infini.
1 1+x 1
Kn − dx = − 2 dx
x 2 1+x n+2 x
1 1
+∞ +∞
x2 − 1 x2 − 1
= dx = dx On a : x ∈ [1 + ∞[, x 2 − 1 0.
(1 + x )x
n+2 2 (1 + x n+2 )x 2
1 1
+∞ 2 +∞
x −1 −n
dx = x − x −n−2 dx On a 1 + x n+2 x n+2 et x 2 1.
1 x n+2
1
−n+1
+∞ De plus, on peut supposer n 2, d'où
x x −n−1
1 1 2 1 l'existence de l'intégrale majorante.
= − = − = 2 =O 2 .
−n + 1 −n − 1 1 n−1 n+1 n −1 n
1
Ceci montre : K n = 1 + O 2 .
n
1
On conclut : In = Jn + K n = 2 + O 2 .
n
Lors de la recherche de lim F(X) , il se peut que l’on ait à étudier des formes indéterminées (ex. 3.2.6).
X→b
Dans ces calculs d’intégrales sur un segment ou ces calculs de primitives, des changements de variable et l’inté-
gration par parties seront souvent utilisés. Il est déconseillé d’effectuer une intégration par parties directement sur
des intégrales sur un intervalle quelconque. On travaillera sur un segment puis on passera à la limite.
• Une fois établie l’existence d’une intégrale, pour effectuer le calcul, il se peut qu’un changement de variable
échangeant les bornes permette un calcul rapide (ex. 3.2.6 d), q) r)).
• Un changement de variable peut, à partir d’une intégrale de fonction continue sur un segment, amener une inté-
grale de fonction intégrable sur un intervalle autre qu’un segment. Ce cas est fréquent lorsqu’on utilise le chan-
x
gement de variable défini par t = tan (ex. 3.2.8).
2
• Pour chercher une limite d’intégrale, on commencera par montrer l’existence des intégrales que l’on veut mani-
puler. Puis on essaiera de majorer, minorer, encadrer, après d’éventuelles transformations sur l’intégrale
(ex. 3.2.13).
• L’étude d’intégrales sur un intervalle quelconque dépendant d’un paramètre est un des sujets les plus fré-
quemment abordés en analyse (ex. 3.2.11 à 3.2.19). D’éventuels changements de variable ou d’éventuelles inté-
grations par parties permettent quelquefois de se ramener à des intégrales plus simples. La recherche de limites
d’intégrales pourra se faire par encadrement, par retour à la définition (en ε) quelquefois, ou par des théorèmes
que l’on verra plus loin (§ 3.5).
Exercices
3.2.6 Existence et calcul des intégrales suivantes (on 1
ln x
l) √ dx
montrera l'intégrabilité, puis on calculera l'intégrale ; 0 x(1 − x)3/2
b +∞
1
f (x) dx désigne, si elle existe, f , ou f , ou m) ln(x + 1) − ln x − dx
x +1
a [a;b] ]a;b] 0
+∞
f , ou f , suivant l'exemple) : 2 Arctan x − π
n) √ dx
[a;b[ ]a;b[ 0 2 x
+∞ 4 +∞
x +1 1 − 3x 2 x −1
a) dx o) Arcsin dx
1 x 3 (x + 1)(x 2 + 1) 0 x(1 − x 2 ) x +1
+∞ +∞
x4 sin3 x
b) dx p) dx
(x + 1)3/2
5
x2
0+∞ 0
dx π π
c) √ 2 2
180
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
f : [0; +∞[−→ R continues et de carré intégrable sur 3.2.20 Pour tout n ∈ N , soit f n : R −→ R
[0; +∞[ (cf. p. 169). 1
Soit f : [0; +∞[−→ R de classe C 2 telle que f, f ′ , f ′′ définie par : ∀x ∈ R, f n (x) = .
1 + |x − n|
soient dans CL2 ([0; +∞[,R). a) Etudier la suite ( f n )n∈N .
a) Vérifier +∞
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
181
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On a ainsi : Dans ce § 3.3, (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) est tel que a < b
Mo
onier
−∞ a < b +∞ .
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
bre G
r Algè
g0
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
b b b
f, g qui interviennent. Si g est intégrable sur [a; b[ , alors b
x x f = o g .
f = o(g) x→b
b x x
lgèb
re Monie
r
Preuve
ni er A
Mo éom é
bre G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 2
Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
g0
f est intégrable sur [a; b[
Si g est intégrable sur [a; b[ , alors b b
f = O g .
f = O (g)
b x x→b x
Preuve
Même méthode que ci-dessus. 䊏
Proposition 3
Soient f,g ∈ CM([a; b[,R).
g0
f est intégrable sur [a; b[
Si g est intégrable sur [a; b[ , alors b b
f ∼ g.
f ∼g x→b
b x x
Preuve
D'après les hypothèses, f est intégrable sur [a; b[ (théorème d'équivalence, 3.1.3 3) Prop. 2 p. 161).
b b b b
Puis : f ∼ g ⇐⇒ f − g = (g) ⇒ o ( f − g) = o g ⇐⇒ f ∼ g. 䊏
Exercice 3.3.2. b b x x→b x x x→b x
182
3.3 • Supplément : intégration des relations de comparaison
éom é
r
Dans le cas de fonctions non intégrables, Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
bre G
r Algè
x
éom
g0 x
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
x x
Géomé
Preuve
Soit ε > 0. Puisque f = o(g), il existe X ∈ [a; b[ tel que :
b
∀t ∈ [X; b[, | f (t)| εg(t).
Soit x ∈ [X; b[ ; on a :
x X x X x X x
f | f | + |f| |f|+ε g= (| f | − εg) + ε g.
a a X a X a a
x
Mo
ni er A
lgèb
lgèbre
re Monie
Géom
é
r
Si une fonction est croissante sur [a; b[ Puisque g 0, l'application x
−→ g est croissante sur [a; b[. Comme g 0 et que g n'est pas
a
n ier A
Mo
x
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Proposition 2
Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
g0 x x
g n’est pas intégrable sur [a; b[
Si
, alors f = O g .
f = O (g) a x→b a
b
Preuve
Même méthode que ci-dessus. 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Proposition 3
Soient f,g ∈ CM([a; b[,R) .
g0 x x
Si g n’est pas intégrable sur [a; b[ , alors f ∼ g.
a x→b a
f ∼g
b
Preuve
x x x x
f ∼ g ⇐⇒ f − g = o(g) ⇒ ( f − g) = o g ⇐⇒ f ∼ g. 䊏
Exercices 3.3.1, 3.3.3. b b a x→b a a x→b a
183
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Exercices
x th t 3.3.3 Soit f ∈ CM([0; +∞[,K) . Montrer que, si f
3.3.1 Montrer : √ dt ∼ ln x .
1 t (t + 1) x→+∞ admet une limite finie ℓ en +∞, alors:
+∞ dt 1 1 x
3.3.2 Montrer : ∼ . f (t) dt −−−→ ℓ.
x t 2 + e−t x→+∞ x x 0 x→+∞
Définition 1
On a ainsi :
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
onier
r
Soient (a,b) ∈ R ×(R ∪{+∞}) tel que a < b , f ∈ CM([a; b[,K) . On dit que l’inté-
−∞ < a < b +∞ . →b →b
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Le lecteur pourra rencontrer la notation grale impropre f (ou : f (x) dx) converge si et seulement si l'appli-
b →b a a
f au lieu de f. cation F : [a; b[−→ K admet une limite finie en b ; lorsque c'est le cas, cette limite
a a X
X
−→ a f
b b
est notée improprement f (ou : f (x) dx) et appelée intégrale impropre de f
a a
sur [a; b[.
Proposition 1
Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM(I,K).
→b
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Ainsi, l’intégrabilité entraîne la Si f est intégrable sur [a; b[, alors l'intégrale impropre f converge, et l'intégra-
convergence de l’intégrale impropre. a
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
b
tr i e
Géomé
184
3.4 • Intégrales impropres
Remarque : Il se peut qu'une application f ∈ CM([a; b[,K) ne soit pas intégrable sur [a; b[,
→b
mais que l'intégrale impropre f converge. Par exemple, on a vu (cf. p. 175) que
a
f : [1; +∞[−→ R n'est pas intégrable sur [1; +∞[, et cependant l'intégrale impropre
x
−→ sinx x
→+∞ sin x
dx converge (cf. p. 175), puisque l'application F : [1; +∞[−→
X sin x R
1 x X
−→ dx
1 x
admet une limite finie en +∞ .
Définition 2
Soient (a,b) ∈ R ×(R ∪{+∞}) tel que a < b, f ∈ CM([a; b[,K) . On dit que l'intégra-
→b →b
le impropre f (ou : f (x) dx) est semi-convergente si et seulement si :
a a
→b
f n'est pas intégrable sur [a; b[ et l'intégrale impropre f converge.
a
b
Définition analogue pour f.
→a
augmenter le degré de x au
r Algè
n ie
1 1
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
dénominateur, afin d’assurer une d'où, chaque terme ayant une limite finie en +∞ :
intégrabilité. +∞ +∞
sin x cos x
dx = cos 1 − dx,
1 x 1 x2
→+∞ →+∞
sin x cos x
où l'intégrale dx est semi-convergente et dx absolument
1 x 1 x2
convergente.
bre G
r
éom é
Le « point de base » est ici la borne d’en- Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, c ∈ [a; b[ , f ∈ CM([a; b[,K).
→b →b
r Algè
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
185
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Preuve
X c X
On a : ∀X ∈ [a; b[ , f = f + f.
a a c
X X
Donc X
−→ f admet une limite finie quand X tend vers b si et seulement si X
−→ f en
a c
admet une, et, si c'est le cas, on a, par passage à la limite quand X tend vers b :
b c b
f = f + f. 䊏
a a c
Proposition-Définition 3
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Intégrale impropre aux deux bornes. Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM(]a; b[,K).
onier
étr ie M
→b
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
c →b
• D'après la Prop. 2, s'il existe c ∈]a; b[ tel que les intégrales impropres f et f convergent,
→a c
d →b
alors, pour tout d de ]a; b[, les intégrales impropres f et f convergent.
→a d
b →b →b
On appelle nature d'une intégrale impropre f ou f ou f sa conver-
→a a →a
gence ou sa divergence.
Proposition 3
Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM(]a; b[,K). Si f
→b b
est intégrable sur ]a; b[, alors f converge et l'intégrale impropre f est égale
→a a
à f.
]a;b[
Preuve
c →b
Appliquer la Prop. 1 p. 174 aux intégrales f et f, pour c ∈]a; b[ quelconque. 䊏
Exercices 3.4.1 à 3.4.6. →a c
186
3.4 • Intégrales impropres
Exercice-type résolu
Solution Conseils
sin
√x
Notons f :]0 ; +∞[ −→ R, x
−→ f (x) = e x − 1.
L'application f est continue sur ]0 ; +∞[. Il y a deux problèmes : en 0 et en +∞.
Étude en +∞
sin x
Comme √ −→ 0, on peut effectuer un développement asymptotique : Puisque sinx n'est pas de signe fixe au
x x −→ +∞ voisinage de +∞, on peut conjecturer
que f (x) n'est pas non plus de signe fixe
sin x 1 sin 2 x sin 2 x au voisinage de +∞, donc un équivalent
f (x) = √ + +o .
x 2 x x de f (x) ne suffirait pas. On s'oriente donc
vers la recherche d'un développement
asymptotique de f (x) .
Rappel :
u2
eu = 1 + u + + o(u 2 ).
→+∞
u→0 2!
sin x
• Montrons que l'intégrale impropre √ dx converge. Même méthode que dans le Cours, p. 175.
1 x
On a, pour tout X ∈ [1 ; +∞[, par intégration par parties :
X
X X u = √1 1
sin x 1 1 u′ = −
√ dx = √ (− cos x) − − 3/2 (− cos x) dx x 2x 3/2
1 x x 1 1 2x
v = −cos x.
v ′ = sin x
X
− cos X 1 cos x
= √ + cos 1 − dx.
X 2 1 x 5/2
cos X
D'une part : √ −→ 0.
X X −→ +∞
cos x
D'autre part, l'application g : x
−→ est continue sur [1 ; +∞[ et :
x 3/2
1
∀ x ∈ [1 ; +∞[, |g(x)| .
x 3/2
3
D'après l'exemple de Riemann en +∞ ( > 1) et le théorème de majoration pour
2
des fonctions 0, g est intégrable sur [1 ; +∞[.
Ceci montre :
X +∞
sin x 1 cos x
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
√ dx −→ cos 1 − dx,
1 x X −→ +∞ 2 1 x 3/2
→+∞
sin x
donc l'intégrale impropre √ dx converge.
1 x
sin x
• Notons h : [1 ; +∞[ −→ R, x
−→ h(x) = f (x) − √ .
x
On a vu plus haut :
1 sin 2 x sin 2 x 1 sin 2 x L'utilisation d'un équivalent est pertinente,
h(x) = +o ∼ .
2 x x x −→ +∞ 2 x puisque h est de signe fixe au voisinage
de +∞.
187
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Solution Conseils
Par linéarisation :
sin 2 x 1 1 − cos 2x 1 cos 2x
= = − .
x 2 x 2x 2x
Comme plus haut (par utilisation d'une intégration par parties), l'intégrale impropre
→+∞
cos 2x
dx converge.
1 2x
On a, pour X 1 :
X X X
sin 2 x 1 cos 2x 1 cos 2x
dx = − dx = ln X − dx
1 x 1 2x 2x 2 1 2x X +∞
cos2x cos2x
−→ +∞. dx → dx,
X −→ +∞ 1 2x X→+∞ 1 2x
limite finie.
sin 2 x
Ceci montre que x
−→ n'est pas intégrable sur [1 ; +∞[. Par théorème
x
d'équivalence pour des fonctions 0, il en résulte que h n'est pas intégrable sur
→+∞
[1 ; +∞[, et donc, puisque h 0, l'intégrale impropre h(x) dx diverge.
1
→+∞ →+∞
Comme f = g + h, que g converge et que h diverge, on conclut : convergente + divergente = divergente
1 1
→+∞ sin x →+∞ sin
√ √x
e x − 1 dx diverge, et donc e x − 1 dx diverge.
1 →0
Exercices
3.4.1 Déterminer la nature des intégrales impropres sui- +∞ sin t +∞ sin t
3.4.4 Montrer : dt −−−→ dt .
vantes: 0 x +t x→0+ 0 t
→+∞
1 1
a) √ sin x + dx 3.4.5 Etablir :
→0 x x
+∞
→+∞ sin x ln x sin t cos x 1
b) √ dx dt = + O .
→0 x2 + 1 x t x x→+∞ x2
→+∞ √
sin x
c) √ dx 3.4.6 Soit f :]0; 1] −→ C continue telle que
→0 sh x
→+∞
1 i(x+ 1 ) 1
1
d) e x dx
f (t) dt converge.
→0 x t
→0
→+∞
1
e) sin(x + ln x) dx .
1 a) Montrer que f converge.
→0
→+∞ √
ln x b) On note g : [0; 1] −→ C l'application définie par :
3.4.2 Montrer que e− sin x dx converge. x
1
∀x ∈ [0; 1], g(x) = f.
2x 0
cos t
3.4.3 Déterminer lim dt .
x→+∞ x t + sin t Montrer que g est dérivable à droite en 0 et que gd′ (0) = 0.
3.5.1 Continuité
Définition 1
Bien noter que ϕ(t) ne doit pas On dit qu’une application F : A × I −→ K vérifie l’hypothèse de domination (en
dépendre de x . abrégé : HD) sur A × I si et seulement s’il existe une application ϕ : I −→ R ,
continue par morceaux, 0, intégrable sur I , telle que :
∀ (x,t) ∈ A × I, |F(x,t)| ϕ(t).
Rappel : un segment est, par définition, Remarque : Si I est un segment et s’il existe C ∈ R+ tel que :
un intervalle fermé borné.
∀ (x,t) ∈ A × I, |F(x,t)| C,
189
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Définition 2
1) On dit que F : A × I −→ K est continue par rapport à la première
variable (x) si et seulement si, pour tout t ∈ I, l’application F(·,t) : A −→ K
est continue sur A. x
−→ F(x,t)
Preuve
D’après le théorème de domination (§ 3.2.1 2) Prop.1 p. 165), pour tout x ∈ A , l’application F(x,·) est
intégrable sur I.
Soit x ∈ A fixé.
Soit (an )n∈N une suite dans A telle que an −→ x.
n∞
r Algè
ie
bre G
r
éom é
Nous utilisons, de façon anticipée, le D’après le théorème de convergence dominée (cf. plus loin, § 5.1.6 Théorème p. 326), il en résulte
théorème de convergence dominée qui que, pour tout x ∈ A , F(x,·) est intégrable sur I et que :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Exemples :
1) Convolution des fonctions continues et T-périodiques
Soient T ∈ R∗+ , f,g : R −→ C continues et T-périodiques, f ∗ g la convoluée de f et g,
c’est-à-dire l’application de R dans C définie par :
T
∀ x ∈ R, ( f ∗ g)(x) = f (t)g(x − t) dt.
0
190
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
∀ (x,t) ∈ R × [0; T ] , morceaux (car continue) par rapport à t et vérifie l’hypothèse de domination sur R × [0 ; T ]
en prenant l’application constante || f ||∞ ||g||∞ , le théorème précédent montre que f ∗ g est
Mo
onier
étr ie M
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
continue sur R .
r
re Monie
lgèb
ni er A
Utilisation de la T -péiodicité de g .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
T T
( f ∗ g)(x + T ) = f (t)g(x + T − t) dt = f (t)g(x − t) dt = ( f ∗ g)(x).
0 0
2) Convolution sur R
Mo
er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
∀ (x,t) ∈ R × R , nue par rapport à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t et vérifie l’hypo-
thèse de domination sur R × R en prenant ϕ : .
onier
étr ie M
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
t
−→ ||g||∞ | f (t)|
tr i e
Géomé
Définition 3
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Si A est une partie de R,on peut,dans On dit qu’une application F : A × I −→ K vérifie l’hypothèse de domination
la Définition 3, remplacer compact par locale (en abrégé : HDL) sur A × I si et seulement si, pour toute partie compacte
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
compact de R,et tout compact de R est K incluse dans A il existe une application ϕ K : I −→ R continue par morceaux,
inclus dans un segment de R. 0, intégrable sur I , telle que :
Bien noter que ϕ K (t) ne doit pas ∀ (x,t) ∈ K × I, |F(x,t)| ϕ K (t).
dépendre de x .
Remarques :
1) Si F vérifie HD, alors F vérifie HDL.
2) Si I est un segment et si F : A × I −→ K est continue (en tant que fonctions de deux
variables réelles), alors F vérifie HDL sur A × I. En effet, pour tout compact K inclus
dans A, F est continue sur le compact K × I, donc bornée sur K × I, et toute application
constante sur I est intégrable sur le segment I.
x
−→ I F(x,t) dt
Preuve
Soient x ∈ A et (an )n∈N une suite dans A convergeant vers x. D’après 1.3.1 Prop.1 p. 58, la partie
K = {an ; n ∈ N} ∪ {x} est une partie compacte de A.
D’après le Théorème précédent, appliqué à F | K ×I , pour tout x ∈ K, l’application F(x,·) est intégrable
sur I, et l’application K −→ K est continue sur K. Il en résulte que, pour tout x ∈ A , F(x,·)
x
−→ I F(x,t) dt
est intégrable sur I et que f (an ) −→ f (x), ce qui montre que f est continue en x, et finalement f est
n∞
continue sur A. 䊏
191
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Exemple :
+∞ 2
e −t
Dans cet exemple, l’utilité d’une HDL L’application f : x
−→ dt est continue sur ]0 ; +∞[.
x + |t|
r
e Monie
gèbr
r Al
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè
Mo
n ie
éom
étr ie M
onier
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
3.5.2 Dérivation
On suppose, dans ce § 3.5.2, que A est un intervalle de R .
Dérivation sous le signe
Théorème I
• pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I
∂F
• existe sur A × I, est continue par rapport à la première variable (x)
∂x
Si
et est continue par morceaux par rapport à la deuxième variable (t)
∂F
• vérifie HD sur A × I,
∂x
∂F
• pour tout x ∈ A, ∂ x (x,·) est intégrable sur I
alors
•f : A −→ K est de classe C 1 sur A et :
x
−→ I F(x,t) dt
∂F
∀ x ∈ A, f (x) = (x,t) dt.
I ∂x
Preuve
∂F
D’après le théorème de domination, pour tout x ∈ A , est intégrable sur I.
∂x
Notons g : A −→ K l’application définie par :
∂F
∀ x ∈ A, g(x) = (x,t) dt.
I ∂x
Soit x0 ∈ A .
Notons A0 = h ∈ R ; x0 + h ∈ A = (−x0 ) + A , qui est un intervalle translaté de A, et
T : A0 × I −→ K l’application définie par :
1
h F(x0 + h,t) − F(x0 ,t)
si h = 0
∀ (h,t) ∈ A0 × I, T (h,t) =
∂F
(x0 ,t) si h = 0.
∂x
Comme, pour tout t ∈ I, F(·,t) est de classe C 1 sur A, on a, pour tout (h,t) ∈ A0 × I, d’après le théo-
x − x0
rème reliant intégrale et dérivée et en utilisant le changement de variable y = :
h
192
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
x0 +h 1
∂F ∂F
F(x0 + h,t) − F(x0 ,t) = (x,t) dx = h (x0 + hy,t) dy.
x0 ∂x 0 ∂x
Il en résulte :
1
∂F
∀ (h,t) ∈ A0 × I, T (h,t) = (x0 + hy,t) dy.
0 ∂x
∗ Soit t ∈ I fixé temporairement.
L’application A0 × [0 ; 1] −→ K , est continue par rapport à la première variable (h) et continue
(h,y)
−→ ∂∂Fx (x0 + hy,t)
∂F
par morceaux par rapport à la deuxième variable (y), puisque (·,t) , est supposée continue. De plus,
∂x
cette application A0 × [0 ; 1] −→ K vérifie HDL sur A0 × [0 ; 1] car, pour tout compact K de
(h,y)
−→ ∂∂Fx (x0 + hy,t)
∂F
A0 , la restriction de (·,t), à K est continue sur un compact, donc bornée sur ce compact. Il en résul-
∂x
te, d’après le théorème de continuité sous le signe , avec HDL, que l’application
[0;1]
∂F
T (·,t) : A0 −→ K, h
−→ T (h,t) = (x0 + hy,t) dy
I ∂x
est continue sur A0 .
∗ D’autre part, il est clair, par la définition de T, que, pour tout h ∈ A0 , T (·,t) est continue par morceaux
sur I.
∗ Par hypothèse, il existe ϕ : I −→ R , continue par morceaux, 0, intégrable sur I telle que :
∂F
∀ (x,t) ∈ A × I, (x,t) ϕ(t).
∂x
On a donc, pour tout (h,t) ∈ A0 × I :
1 1
1 ∂F ∂F
T (h,t) = (x 0 + hy,t) dy (x 0 + hy,t) dy ϕ(t) dy = ϕ(t).
∂x
0 ∂x 0 0
193
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Exemple : +∞
e −t sin (xt)
Cet exemple constitue un exercice-type Existence et calcul, pour x ∈ R , de : f (x) = dt.
d’utilisation du 0 t
théorème de dérivation
sous le signe . e −t sin (xt)
I Notons F : R×]0 ; +∞[ −→ R, (x,t)
−→ F(x,t) = .
t
Pour tout x ∈ R , F(x,·) est intégrable sur ]0 ; +∞[, car : F(x,·) est continue sur ]0 ; +∞[,
F(x,t) −→ x, et, pour t 1, |F(x,t)| e −t .
t −→ 0
∂F
L’application : (x,t)
−→ e −t cos (xt) est définie sur R×]0 ; +∞[ , continue par
∂x
rapport à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t, et vérifie HD
sur R×]0 ; +∞[ , puisque :
∂F
∀ (x,t) ∈ R×]0 ; +∞[, (x,t) = e −t | cos (xt)| e −t ,
∂x
et t
−→ e −t est intégrable sur ]0 ; +∞[.
+∞
D’après le théorème de dérivation sous le signe , l’application f est de classe C 1
0
sur R et :
+∞ +∞
∂F
∀ x ∈ R, f (x) = (x,t) dt = e −t cos (xt) dt.
0 ∂x 0
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On peut passer par les nombres Il reste à calculer cette intégrale. On a, pour tout x ∈ R :
complexes, en vue de calculer cette
n ie
Mo
onier
+∞ +∞ (−1+i x)t
+∞
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
intégrale. e 1 1+ix
e −t e i xt dt = e (−1+i x)t dt = = = ,
0 0 −1 + i x 0 1−ix 1 + x2
d’où :
1+ix 1
f ′ (x) = Ré = .
1 + x2 1 + x2
Puis, en primitivant :
x x
1
∀ x ∈ R, f (x) = f (0) + f ′ (t) dt = dt = Arctan x.
0 0 1 + t2
Remarque : Extension aux fonctions de plusieurs variables
La preuve précédente peut aisément être adaptée pour obtenir le résultat plus général sui-
vant :
Soient m ∈ N∗, U un ouvert de Rm , F : U × I −→ K , une application.
(x1 ,...,xm ; t)
−→ F(x1 ,...,xm ; t)
• pour tout (x ,. . . ,x ) ∈ U,F(x ,. . . ,x ; ·) est intégrable sur I
1 m 1 m
∂F
• pour chaque i ∈ {1,. . . ,m}
existe, est continue par rapport à (x1 ,. . . ,xm )
∂ xi
Si
et continues par morceaux par rapport à la variable t
n
• pour chaque i ∈ {1,. . . ,m} ∂ F , vérifie HD sur U × I,
∂xi
∂F
• pour tout x = (x1 ,. . . ,xm ) ∈ U et pour tout i ∈ {1,. . . ,m}, (x1 ,. . . ,xm ; ·)
∂ xi
est intégrable sur I
alors
• l’application f :
U −→ K , est de classe C 1
(x ,. . . ,x ) −
→ F(x ,. . . ,x ; t) d t
1 m I 1 m
sur I et :
∂f ∂F
∀ i ∈ {1,...,m}, ∀ (x1 ,...,xm ) ∈ U, (x1 ,...,xm ) = (x1 ,...,xm ; t) dt.
∂ xi I ∂ xi
194
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
Corollaire
Soit n ∈ N∗ .
• pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I
∂F ∂n F
• F, , . . . , n existent, sont continues par rapport à x
∂x ∂x
Si
et sont continues par morceaux par rapport à t
∂F
∂n F
• , . . . , n vérifient HD sur A × I,
∂x ∂x
∂F ∂n F
• pour tout x ∈ A, (x,·), . . . , (x,·), sont intégrables sur I
∂x ∂xn
alors
• l’application f : A −→ K est de classe C n sur A et :
x
−→ I F(x,t) dt
∂i F
∀ i ∈ {1,...,n}, ∀ x ∈ A, f (i) (x) = (x,t) dt .
I ∂xi
Preuve
Se déduit du théorème de dérivation sous le signe de la même façon que la Prop. du
I
§ 3.5.1 se déduit du théorème de continuité sous le signe . 䊏
I
Exemple : π
Méthode fréquemment applicable :
comme Calculer, pour x ∈ ]1 ; +∞[ : ln (x + cos t) dt.
π 0
f (x) = ln(x + cos t)dt
0 Notons F : (x,t)
−→ ln (x + cos t).
ne paraît pas directement calculable,on
Pour tout x ∈ ]1 ; +∞[, F(x,·) est intégrable sur [0 ; π] , car continue sur ce segment.
va former f ′ (x) à l’aide du théorème de
π
dérivation sous le signe ,puis calculer ∂F 1
L’application : (x,t)
−→ est définie sur ]1 ; +∞[×[0 ; π], continue par
0 ∂x x + cos t
f ′ (x) , et enfin remonter à f (x) .
195
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
rapport à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t, et vérifie HDL sur
]1 ; +∞[×[0 ; π] car, pour tout (a,b) ∈ ]1 ; +∞[2 tel que a b , on a :
∂F 1 1
∀ (x,t) ∈ [a ; b] × [0 ; π], (x,t) =
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
a et cos t −1 , donc :
On a : x ∂x x + cos t a−1
x + cos t a − t > 0 .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
1
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
a−1
π
D’après le théorème de dérivation sous le signe , l’application f :]1 ; +∞[ −→ R défi-
0
nie par :
π
∀ x ∈ ]1 ; +∞[, f (x) = ln (x + cos t) dt
0
er A
lgèb
re Monie
r
L’obtention de la constante C n’est pas L'application G : [0; 1[×[0; π] −→ R est continue par rapport à y, continuue par morceaux
(y,t)
−→ln(1+y cos t)
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
(car continue) par rapport à t , et vérifie HDL sur [0; 1[×[0; π] car, pour tout a ∈ [0; 1[ :
Mo
Exercice-type résolu
Solution Conseils
1) Ensemble de définition de f
ln (x + t)
• Si x > 0, l'application t
−→ est continue sur le segment [0 ; 1], donc Si x > 0, f (x) est l'intégrale d'une fonction
1+t continue sur un segment.
f (x) existe.
ln t
• Si x = 0, l'application t
−→ est continue sur ]0 ; 1] et
1+t
ln t
∼ ln t < 0, donc, comme t
−→ ln t est intégrable sur ]0 ; 1], par théo-
1+t t −→ 0+
ln t
rème d'équivalence pour des fonctions de signe fixe, t
−→ est intégrable sur Si x = 0, f (x) est l'intégrale d'une fonction
1+t intégrable sur ]0; 1].
]0 ; 1], donc f (x) existe.
ln (x + t) ln(x + t)
• Si x < 0, l'application t
−→ n'est pas définie sur un voisinage à droi- Si x < 0, t
→ n'est pas continue
1+t 1+t
te de 0, donc f (x) n'existe pas. par morceaux sur ]0; 1], donc l'intégrale
envisagée n'existe pas.
On conclut : Déf ( f ) = [0 ; +∞[.
2) Continuité
ln (x + t)
Notons F : [0 ; +∞[×]0 ; 1] −→ R, (x,t)
−→ F(x,t) = . On va essayer d'appliquer
le théorème de
1+t
• F est continue par rapport à x et continue par morceaux (car continue) par rap- continuité sous le signe .
I
port à t.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
197
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Solution Conseils
Ceci montre que F vérifie HDL sur [0 ; +∞[×]0 ; 1]. Mais F ne vérifie pas HD sur
[0; +∞[×]0; 1] car, pour tout t ∈ ]0; 1]
D'après le théorème de continuité sous le signe , on conclut : f est continue sur fixé, |F(x,t)| → +∞, donc |F(x,t)| ne
I xl+∞
[0 ; +∞[. peut pas être majoré indépendamment
de x.
3) Dérivabilité
• Pour tout x ∈ [0 ; +∞[, F(x,·) est intégrable sur ]0 ; 1], d'après 1).
On garde la notation F de 2).
• ∂∂ F 1
x : (x,t)
−→ (x + t)(1 + t) existe sur [0 ; +∞[×]0 ; 1], est continue par rap-
port à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t.
• Soit b ∈ ]0 ; +∞[. On a, pour tout (x,t) ∈ [b ; +∞[×]0 ; 1] : ∂F
ne vérifie pas HD sur [0; +∞[×]0; 1],
∂F 1 1 ∂x
=
∂x (x,t) (x + t)(1 + t) (b + t)(1 + t) noté ψb (t) ∂F 1
car, pour x = 0 : (0,·) : t
→
∂x t (1 + t)
et ψb est continue par morceaux (car continue) sur ]0 ; 1], 0 et intégrable sur
n'est pas intégrable sur ]0; 1].
]0 ; 1] car ψb (t) −→ b1 .
t −→ 0 ψb admet une limite finie en 0.
∂F
Ceci montre que vérifie HDL sur ]0 ; +∞[×]0 ; 1].
∂x
D'après le théorème de dérivation sous le signe , f est de classe C 1 sur ]0 ; +∞[ et :
I
1 1
′ ∂F 1
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, f (x) = (x,t) dt = dt. Dérivation sous le signe .
0 ∂x 0 (x + t)(1 + t) I
1 1 1 1
f ′ (1) = dt = − = .
0 (1 + t)2 1 + t 0 2
On conclut :
1 1+x
ln si x ∈ ]0 1[ ∪ ]1 + ∞[
′ 1−x 2x 1 1+x
f (x) = • Si x > 1, alors < 0 et < 1,
1 1−x 2x
si x = 1.
2 donc f ′ (x) > 0.
Il en résulte : 1
• Si 0 < x < 1, alors > 0 et
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, f ′ (x) > 0, 1−x
donc, comme de plus f est continue en 0, on conclut que f est strictement crois- 1+x
> 1, donc f ′ (x) > 0.
sante sur [0 ; +∞[. 2x
4) Étude en 0
On a vu que f est continue en 0. De plus :
1 1+x
f ′ (x) = ln −→ +∞, Théorème limite de la dérivée, dans le cas
1−x 2x x −→ 0+
d'une limite infinie.
donc f n'est pas dérivable en 0.
198
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
Solution Conseils
La courbe représentative C de f admet, en le point d'abscisse 0, une demi-tangen-
te parallèle à l'axe des ordonnées.
5) Étude en +∞ Le but est d'obtenir un encadrement de
Soit x ∈ [1 ; +∞[. On a : f (x) utilisable lorsque x → +∞.
ln x ln (x + t) ln (x + 1)
∀ t ∈ ]0 ; 1], ,
1+t 1+t 1+t
et donc, en intégrant sur [0 ; 1] :
1 1
1 1
ln x dt f (x) ln (x + 1) dt,
0 1 + t 0 1 + t
c'est-à-dire :
ln x ln 2 f (x) ln (x + 1) ln 2.
1
Comme ln (x + 1) = ln x + ln 1 + ∼ ln x,
x x −→ +∞
on déduit : f (x) ∼ ln 2 ln x.
x −→ +∞
f (x)
En particulier : f (x) −→ +∞ et −→ 0, donc C admet une branche
x −→ +∞ x x −→ +∞
parabolique de direction asymptotique l'axe des abscisses, lorsque x −→ + ∞.
6) Tableau de variations
On consigne les résultats précédents dans le tableau de variations de f :
x 0 1 +∞
1
f '(x) +∞ + +
2
+∞
f (x)
π2
–
12
7) Concavité
Utilisation
du théorème de dérivation sous
La même méthode qu'en 3) montre que f est de classe C 2 sur ]0 ; +∞[ et que :
1 2 1 le signe .
∂ F 1
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, f ′′ (x) = 2
(x,t) dt = − dt < 0, I
0 ∂x 0 (x + t)2 (1 + t)
donc f est concave et C tourne sa concavité vers les y négatifs.
y = f (x)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
O x
π2
–
12
199
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Preuve
Notons F : ]0; +∞[×]0; +∞[−→ R .
(x,t)
−→t x−1 e−t
Pour x ∈]0; +∞[ fixé, l'application t
−→ t x−1 e−t est continue sur ]0; +∞[, 0 . De plus :
• F(x,t) ∼ + t x−1 et t
−→ t x−1 est intégrable sur ]0; 1] car x − 1 > −1 , donc F(x,·) est inté-
t→0
grable sur ]0; 1]
• t 2 F(x,t) = t x+1 e −t −−−→ 0, donc F(x,·) est intégrable sur [1; +∞[.
t→+∞
+∞
Ainsi, F(x,·) est intégrable sur ]0; +∞[ donc Ŵ(x) = t x−1 e −t dt existe. 䊏
0
Proposition 2
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
La fonction Ŵ prolonge la factorielle,au 1) ∀x ∈]0; +∞[ , Ŵ(x + 1) = xŴ(x) 2) ∀n ∈ N, Ŵ(n + 1) = n! .
décalage d’une unité près.
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
On ne fait pas directement une 1) Soit (ε,T ) ∈]0; 1] × [1; +∞[. On a, par une intégration par parties :
intégration par parties pour des intégrales T T T T
sur un intervalle quelconque.
t x e−t dt = − t x e−t + xt x−1 e−t dt = ε x e−ε − T x e−T + x t x−1 e−t dt.
ε ε ε ε
On en déduit, en passant aux limites quand ε tend vers 0 et T tend vers +∞ :
+∞ +∞
Ŵ(x + 1) = t x e−t dt = x t x−1 e−t dt = xŴ(x).
0 0
2) Récurrence sur n :
+∞ +∞
• Ŵ(1) = e−t dt = − e−t = 1 = 0!
0 0
• Si Ŵ(n + 1) = n! , alors Ŵ(n + 2) = (n + 1)Ŵ(n + 1) = (n + 1) · n! = (n + 1)! . 䊏
Proposition 3
La fonction Ŵ est de classe C ∞ sur ]0; +∞[ et :
+∞
∀k ∈ N, ∀x ∈]0; +∞[, Ŵ (x) =(k)
(ln t)k t x−1 e−t dt.
0
Preuve
Notons F : ]0; +∞[×]0; +∞[−→ R .
(x,t)
−→t x−1 e−t =e(x−1)lnt e−t
∂F ∂k F
Il est clair que F ,,. . . , k ,. . . existent, sont continues par rapport à la première variable (x) et sont
∂x ∂x
continues par morceaux par rapport à la deuxième variable (t) , et que :
∂k F
∀k ∈ N, ∀(x,t) ∈]0; +∞[×]0; +∞[, (x,t) = ( ln t)k t x−1 e −t .
∂xk
200
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
Soit K une partie compacte incluse dans ]0; +∞[. Il existe (a,b) ∈ R2 tel que :
0<a1b et K ⊂ [a,b] .
Notons pour k ∈ N , ϕ K ,k : ]0; +∞[−→ R l'application définie par :
∀t ∈]0; +∞[, ϕ K ,k (t) = | ln t|k Max(t a−1 , t b−1 )e −t .
Il est clair que, pour tout k de N , ϕ K ,k est continue, 0 , intégrable sur ]0; +∞[, et :
∂k F
Pour bien voir cette inégalité,séparer en ∀(x,t) ∈ K ×]0; +∞[, k (x,t) ϕ K ,k (t).
∂x
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
deux cas : t 1 , t 1 .
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
∂k F
Ainsi, pour tout k de N , vérifie l'hypothèse de domination locale sur ]0; +∞[×]0; +∞[.
∂xk
Le résultat voulu découle de 3.5.2, Corollaire p. 196. 䊏
Résultat classique :
√ Proposition 4
+∞ π
−t 2
e dt = ,
0 2 1 √
Ŵ = π.
cf. par exemple exercice 3.5.4 c) p. 203. 2
Preuve
+∞ +∞
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
1 1 2 √
t − 2 e −t t =√ 2e −u u = π
éom é
bre G
r Algè
= 䊏
n ie
Mo
éom
étr ie M
onier
ier
2
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
0 [u= t] 0
Exercices 3.5.22 à 3.5.29.
Exercice-type résolu
Solution Conseils
a) D'après le Cours, Ŵ est de classe C 2 sur ]0 ; +∞[ et : Conséquencedu théorème de dérivation
+∞
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, Ŵ ′′ (x) = ( ln t)2 t x−1 e −t dt > 0, sous le signe avec HDL.
I
0
donc Ŵ est convexe sur ]0 ; +∞[. La fonction sous l'intégrale est continue,
0 et n'est pas la fonction nulle, donc l'in-
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
201
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Solution Conseils
Puisque Ŵ ′ est strictement croissante sur ]0 ; +∞[, on en déduit le tableau des
variations de Ŵ.
x 0 α +∞
Γ' (x) – 0 +
+∞ +∞
Γ (x)
d ) On a :
Ŵ(x) (x − 1)Ŵ(x − 1) x −1
= = Ŵ(x − 1) −→ +∞,
x x x x −→ +∞
donc la courbe représentative de Ŵ admet une branche parabolique de direction
asymptotique y ′ y.
y
y = Γ (x)
O 1 2 x
et ensuite calculer f ′ en tout point et f en un point particulier, puis primitiver pour déduire f
(ex. 3.5.1 à 3.5.3, 3.5.11, 3.5.12, 3.5.13 c), 3.5.15, 3.5.17, 3.5.18).
202
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
On peut aussi envisager de former une équation différentielle satisfaite par f (ex. 3.5.9, 3.5.10, 3.5.18, 3.5.21).
• Le théorème de dérivation sous le signe peut permettre d’étudier, sans la « calculer », une fonction défi-
I
nie comme intégrale, sur un intervalle quelconque, dépendant d’un paramètre :
f (x) = F(x,t)dt
I
(ex. 3.5.5, 3.5.15).
• À l’aide de la fonction Ŵ d’Euler, on peut, par des changements de variable, intégrations par parties, dérivations
successives,…, déduire d’autres intégrales (ex. 3.5.22 à 3.5.26). L’étude de la fonction B d’Euler (exercice-
type résolu pp. 201-202) est classique ; B s’exprime à l’aide de Ŵ, et permet ensuite de calculer d’autres intégrales
(ex. 3.5.28, 3.5.29).
Exercices
3.5.1 Calculer, pour x ∈ R − {−1,1}, l'intégrale de 3.5.5 Étudier et représenter graphiquement la fonction f
Poisson d'une variable réelle x définie par :
π π
√
I (x) = ln(1 − 2x cos t + x 2 )dt. f (x) = x + cos t dt.
0 0
203
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
204
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre
c) α)On note A : [0; +∞[−→ R l'application définie par : +∞ 1 1 + x2 + 1
−xt
J (t)e dt= π + i ln .
1 − e−t 0 2 1 + x2 1 + x2 − 1
∀t ∈ [0; +∞[, A(t) = si t = 0 .
t On a ainsi calculé la transformée de Laplace (cf. P 5.1)
1 si t = 0 de J.
Montrer que A est continue sur [0; +∞[, dérivable sur
]0; +∞[, et que : ∀t ∈]0; +∞[, A′ (t) 0. 3.5.22 Montrer que ln ◦ Ŵ est convexe sur ]0; +∞[.
β) En déduire : ∀x ∈]0; +∞[, 0 f (x) − f (0) 2x .
3.5.23 Montrer :
γ ) Etablir que f est continue en 0 et que C = 0.
+∞ +∞
sin t π ∀x ∈]0; +∞[, e−t (t − x)t x−1 ln t dt = Ŵ(x) .
δ) Conclure : dt = .
0 t 2 0
d) En déduire les valeurs des intégrales suivantes :
+∞ 3.5.24 Montrer :
sin αt +∞
1) dt , α ∈ R
ext−e dt = Ŵ(x).
t
0 t ∀x ∈]0; +∞[,
+∞ −∞
1 − cos αt
2) dt , α ∈ R
0 t2 3.5.25 Montrer : ∀a ∈]0; +∞[, ∀m ∈] − 1; +∞[,
+∞ +∞
t − sin t 1 m+1
3) dt 2
x m e−ax dx = .
0 t3 m+1
Ŵ
2
+∞ 0 2a 2
sin t 2
4) dt
0 t 3.5.26 Montrer : ∀(α,β) ∈] − 1; +∞[2 ,
+∞ 1
sin at sin bt
5) dt , (a,b) ∈ R2 x α (−ln x)β dx =
Ŵ(β + 1)
.
0 t2 (α + 1)β+1
+∞ 0
1 − cos at cos bt
6) dt, (a,b) ∈ R2 .
0 t2 3.5.27 Fonction B d'Euler
a) Déterminer l'ensemble des couples ( p,q) de R2 tels que
3.5.20 Soit α ∈]0; +∞[ . l'application t
−→ t p−1 (1 − t)q−1 soit intégrable sur
a) Montrer que, pour tout x de R , l'application ]0; 1[.
t
−→ t α−1 e−t eixt est intégrable sur [0; +∞[. On note B : ]0; +∞[2 −→ R l'application définie par :
+∞
1
On note f α (x) = t α−1 e−t eixt dt.
0 ∀( p,q) ∈]0; +∞[2 , B( p,q) = t p−1 (1 − t)q−1 dt.
0
b) Montrer que f α est de classe C 1 sur R et :
2
+∞ b) Vérifier : ∀( p,q) ∈]0; +∞[ ,
∀x ∈ R, f α′ (x) = i t α e−t eixt dt. π
2
0
B( p,q) = B(q, p) = 2 sin2 p−1 θcos2q−1 θ dθ .
c) En utilisant une intégration par parties, établir : 0
∀x ∈ R, −(i + x) f α′ (x) = α f α (x), et en déduire : c) α) Pour ( p,x) ∈]0; +∞[×[0; +∞[, on note
α
∀x ∈ R , f α (x) = Γ (α)(x 2
+ 1)− 2 eiα Arctanx . ϕ p (x) = x 2 p−1 e−x .
2
e cos(xt) π
√ dt =
0 √ Ia = ϕ p (x)ϕq (y) dxdy ,
t 2 2 1 + x2
# Da
+∞ −t √
e sin(xt) π 1 + x2 − 1
√ dt = √ . Ja = ϕ p (x)ϕq (y) dxdy .
0 t 2 2 1 + x2 ∆a
205
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
√
Les exercices 3.5.28 et 3.5.29 utilisent la fonction B 1 (2n)! π
c) Montrer : ∀n ∈ N , Ŵ n + = .
d'Euler (exercice 3.5.27). 2 22n n!
Proposition-Définition
Soient a,b,c,d ∈ R tels que a b et c d, f : [a ; b] × [c ; d] −→ K continue.
Alors :
d b b d
f (x,y) dx dy = f (x,y) dy dx .
c a a c
La valeur commune de ces deux intégrales est appelée intégrale (double) de f sur le
pavé [a ; b] × [c ; d], et notée f, ou f (x,y) dx dy.
[a ;b]×[c ;d ] [a ;b]×[c ;d ]
Remarques
1) Lorsque f : [a ; b] × [c ; d] −→ R est continue et 0, l’intégrale double f
[a ;b]×[c ;d]
représente, dans un repère orthonormé (O,x yz), le volume de la portion de l’espace com-
prise entre le plan x Oy , la surface d’équation z = f (x,y) et les plans d’équations
x = a, x = b, y = c, y = d.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Ainsi,dans ce cas doublement particulier 2) Soient u : [a ; b] −→ K, v : [c ; d] −→ K , deux applications continues,
f : [a ; b] × [c ; d] −→ K .
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
206
3.6 • Intégrales doubles
Définition 1
Soit f : I × I ′ −→ R , continue et 0. On dit que f est intégrable sur I × I ′ si
et seulement s’il existe un élément M de R+ tel que, pour tout segment J inclus dans
I et tout segment J ′ inclus dans I ′ :
f M.
J ×J ′
Exercice 3.6.2.
Avec les notations de la définition précédente, si f : I × I ′ −→ R est continue et 0, alors
l’ensemble des f (lorsque J décrit l’ensemble des segments inclus dans I et J ′ décrit
J ×J ′
l’ensemble des segments inclus dans I ′ ) est une partie non vide et majorée de R , donc admet
une borne supérieure dans R .
D’où la Définition suivante :
Définition 2
Soit f : I × I ′ −→ R , continue, 0, intégrable. On appelle intégrale (double) de f
sur I × I ′ , et on note f, la borne supérieure des f lorsque J décrit
I ×I ′ J ×J ′
l’ensemble des segments inclus dans I et J′ décrit l’ensemble des segments inclus
dans I ′ .
Remarques :
1) Avec les hypothèses et notations de la Définition précédente :
f 0.
I ×I ′
2) Si I et I ′
sont des segments, I = [a ; b], I ′ = [c ; d] , alors toute application
f : [a ; b] × [c ; d] −→ R continue et 0 est intégrable et l’intégrale f est égale à
I ×I ′
f définie dans § 3.6.1.
[a ;b]×[c ;d]
Théorème
Soit f : I × I ′ −→ R , continue, 0.
f (x,·) est la fonction partielle définie ′
par : • pour tout y ∈ I , f (·,y) est intégrable sur I
∀y ∈ I ′ , f (x,·)(y) = f (x,y) . Si
• g : y
−→ f (·,y), est intégrable sur I ′
f (·,y) est la fonction partielle définie
par : I
∀x ∈ I, f (·,y)(x) = f (x,y) . ou
′
• pour tout x ∈ I, f (x,·) est intégrable sur I
si
• h : x −→ f (x,·) est intégrable sur I,
I′
Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Puisque f : I × I ′ → K est Soit f : I × I ′ −→ K continue. On dit que f est intégrable sur I × I ′ si et seule-
ment si | f | est intégrable sur I × I ′ .
n ie
continue, | f | : I × I ′ → R est
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
continue et 0 , et on se ramène
tr i e
Géomé
donc au § 1).
Remarques :
1) Si I et I ′ sont des segments, alors toute application f : I × I ′ −→ K continue est inté-
grable sur I × I ′ .
2) Soit f : I × I ′ −→ K continue. Si I et I ′ sont bornés et si f est bornée, alors f est intégrable
sur I × I ′ .
Proposition 1
Rappelons que f + et f − sont les
applications à valeurs réelles positives Soit f : I × I ′ −→ R continue. L’application f est intégrable sur I × I ′ si et
ou nulles définies, pour tout seulement si f + et f − le sont.
(x,y) ∈ I × I ′ , par :
f + (x,y) = Preuve
f (x,y) si f (x,y) 0
Même méthode que pour la preuve de la Prop.3 du § 3.2.1. 䊏
0 si f (x,y) 0,
f − (x,y) = Définition-Notation 2
0 si f (x,y) 0
Si f : I × I ′ −→ R est intégrable, on appelle intégrale (double) de f sur I × I ′ , et
− f (x,y) si f (x,y) 0,
et que l’on a : on note f le réel :
I ×I ′
f = f+ − f−
+
| f | = f + + f −. f = f − f−.
I ×I ′ I ×I ′ I ×I ′
208
3.6 • Intégrales doubles
Proposition 2
Rappelons que les applications Ré ( f ) Soit f : I × I ′ −→ C . L’application f est intégrable sur I × I ′ si et seulement si
et Im ( f ) sont les applications à valeurs Ré ( f ) et Im ( f ) le sont.
réelles définies, pour tout
(x,y) ∈ I × I ′ , par :
Preuve
Ré ( f )(x,y) =
Même méthode que pour la preuve de la Prop.4 du § 3.2.1. 䊏
1
f (x,y) + f (x,y) ,
2
Définition-Notation 3
Im ( f )(x,y) =
1
Si f : I × I ′ −→ C est intégrable, on appelle intégrale (double) de f sur I × I ′ , et
f (x,y) − f (x,y) ,
2i
et que l’on a : on note f le complexe :
I ×I ′
f = Ré ( f ) + i Im ( f )
f = Ré ( f ) + i Im ( f ) .
f = Ré ( f ) − i Im ( f ). I ×I ′ I ×I ′ I ×I ′
Preuve (abrégée)
On montre le résultat lorsque α 0, f 0, g 0, puis on le déduit lorsque α ∈ R et f,g sont à
valeurs réelles, et enfin lorsque α ∈ C et f,g sont à valeurs complexes. 䊏
Proposition 4
Pour toute application f : I × I ′ −→ K intégrable sur I × I ′ , on a :
f |f|.
I ×I ′ I ×I ′
Preuve (abrégée)
On montre le résultat, en utilisant le théorème de majoration, lorsque f est à valeurs réelles, puis lorsque
f est à valeurs complexes. 䊏
Nous admettons le théorème suivant, qui généralise le théorème du § 3.6.2 1).
• g : y
−→ | f (·,y)|, est intégrable sur I ′
I
ou
′
• pour tout x ∈ I, f (x,·) est intégrable sur I
si
• h : x −→ | f (x,·)| est intégrable sur I,
I′
alors f est intégrable sur I × I ′ et :
f = f (x,y) dy dx = f (x,y) dx dy .
I ×I ′ I I′ I′ I
209
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Remarque :
Résultat important,souvent utilisable en Si u : I −→ K et v : I ′ −→ K sont continues et intégrables sur I et I ′ respectivement,
pratique. alors l’application (x,y)
−→ u(x)v(y) est intégrable sur I × I ′ et :
u(x)v(y) dx dy = u(x) dx v(y) dy .
I ×I ′ I I′
Exercice 3.6.3.
Nous admettons le théorème suivant.
+∞
2
Exemple : Calcul de e −x d x.
0
2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Calcul de l’intégrale de Gauss : L’application x
−→ e −x est continue et intégrable sur R , donc l’application
√
bre G
r Algè
n ie
Mo
−x 2 −y 2 −x 2 −y 2
onier
étr ie M
+∞
(x,y)
−→ e =e e est intégrable sur R2 et :
éom
G
ier
Mo
n ier
Algè
bre Mon
2 π
e−x dx = .
tr i e
Géomé
0 2 +∞ 2
2 2 2
e −x −y dx dy = e −x dx .
R2 −∞
2
D’après le Théorème 2, il en résulte que l’application (θ,ρ) ∈ [−π ; π] × [0 ; +∞[
−→ e −ρ ρ
est intégrable sur [−π ; π] × [0 ; +∞[ et que :
2 2 2
e −x −y dx dy = e −ρ ρ dθ dρ
R2 [−π ;π]×[0 ;+∞[
+∞
+∞
π
2 1 2
= dθ e −ρ ρ dρ = 2π − e −ρ = π.
−π 0 2 0
+∞ 2 +∞
−x 2 2 √
On déduit : e dx = π, puis (par positivité) : e −x dx = π, et enfin
−∞ −∞
+∞ √
2 π
(par parité) : e −x dx = .
0 2
Exercices 3.6.4 à 3.6.9.
210
3.6 • Intégrales doubles
Exercice-type résolu
Solution Conseils
1) Existence
2 2
L'application f : (x,y)
−→ (ax 2 + 2bx y + cy 2 ) e −(x +y ) est continue sur R2 . La présence de x 2 + y 2 dans l'énoncé
Considérons l'application g : [−π ; π] × [0 ; +∞[ −→ R définie par : incite à un passage en polaires.
2
g(ρ,θ) = f (ρ cos θ,ρ sin θ) = ρ 2 (a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ) e −ρ .
L'application θ
−→ a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ est intégrable sur Il s'agit d'une application continue sur un
[−π ; π]. segment.
2
L'application ρ
−→ ρ 3 e −ρ est intégrable sur [0 ; +∞[ car, comme
−ρ 2 −ρ 2 −ρ 2 1
ρ 2 (ρ 3 e ) = ρ5e −→ 0, on a, au voisinage de +∞ : 0 ρ 3 e 2,
ρ −→ +∞ ρ
1
et ρ
−→ est intégrable sur [1 ; +∞[.
ρ2
Il en résulte que leur produit, qui est gρ, est intégrable sur [−π ; π] × [0 ; +∞[, Cf. § 3.6.2 Remarque p. 210.
D'après le Théorème 2 du § 3.6.2, on conclut que f est intégrable sur R2 ,donc I Attention à ne pas confondre ρ et gρ.
existe.
2) Calcul
Par passage en coordonnées polaires, comme en 1), on a :
2
I = (a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ)ρ 3 e −ρ dρ = J K ,
[−π ;π]×[0 ;+∞[
où on a noté :
π +∞
2
J= (a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ) dθ et K = ρ 3 e −ρ dρ.
−π 0
On calcule :
π
1 + cos 2θ 1 − cos 2θ
J= a + b sin 2θ + c dθ Linéarisation.
−π 2 2
π
a+c a−c b
= θ+ sin 2θ − cos 2θ = (a + c)π.
2 4 2 −π
+∞ +∞
2 1 1 1 1
K = ρ 3 e −ρ dρ = u e −u du = Ŵ(2) = 1! = . Changement de variable u = ρ 2 .
0 2 0 2 2 2
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
a+c
On conclut : I = .
2
• Pour montrer qu’une fonction f : I × I ′ −→ R , continue, 0, n’est pas intégrable, on peut essayer d’appli-
quer la définition (§ 3.6.2 1) Déf. 1), c’est-à-dire montrer que f n’est pas majorée lorsque J et J ′ sont des
J ×J ′
segments variables inclus respectivement dans I et I ′ (ex. 3.6.2).
• Pour calculer une intégrale double, on peut essayer d’appliquer le théorème de Fubini, c’est-à-dire calculer des
intégrales simples emboîtées, ou effectuer un changement de variables approprié (ex. 3.6.5 à 3.6.9). Le passage en
coordonnées polaires est fréquent, surtout lorsqu’apparaît l’expression x 2 + y 2.
• Le théorème de Fubini permet de calculer certaines intégrales simples, via des intégrales doubles. (ex. 3.6.8).
Exercices
3.6.1 Soit 3.6.7 Existence et calcul de :
1 y
f : [0 ; +∞[2 −→ R, (x,y)
−→ . ln
1 + x 2 (1 + y 2 )2 x dx dy .
[1;+∞[2 (x + y)4
a) Montrer que f est intégrable sur [0 ; +∞[2.
b) Est-ce que f (0,·) est intégrable sur [0 ; +∞[ ?
3.6.8 Soit (a,b) ∈ [0 ; +∞[2 tel que a b . Calculer
3.6.2 Étudier l’intégrabilité de : x y dx dy , de deux façons et en déduire la
[0;1]×[a;b]
f : R2 −→ R, (x,y)
−→ e −|x y| . 1
xb − xa
valeur de l’intégrale dx.
3.6.3 Étudier l’intégrabilité de : 0 ln x
2 −(x 4 +y 4 )
f : R −→ R, (x,y)
−→ e . 3.6.9 Soit (a,b) ∈ R2 tel que 0 < a < b. On note :
f : [0 ; 1] × [1 ; +∞[ −→ R,
3.6.4 Étudier, pour α ∈ R fixé, l’intégrabilité de :
(x,y)
−→ a e −ax y − b e −bx y .
1
f α :]0 ; 1]2 −→ R, (x,y)
−→ . a) Montrer l’existence des intégrales
(x 2 + y 2 )α
1 +∞
3.6.5 Existence et calcul, pour (a,b,c) ∈ R3 fixé tel que I = f (x,y) dy dx
0 1
a > 0 et b2 − ac < 0, de : et
2 2 +∞ 1
e −(ax +2bx y+cy ) dx dy . J= f (x,y) dx dy
R2
1 0
Définition 1
Une partie D de R2 est dite élémentaire si et seulement s’il existe a,b,c,d ∈ R
(a b, c d), ϕ1 ,ϕ2 : [a ; b] −→ R , ψ1 ,ψ2 : [c ; d] −→ R continues tels que :
∀ x ∈ ]a ; b[, ϕ1 (x) < ϕ2 (x)
∀ y ∈ ]c ; d[, ψ1 (y) < ψ2 (y)
212
3.6 • Intégrales doubles
$
ax b
D = (x,y) ∈ R2 ;
ϕ1 (x) y ϕ2 (x)
$
2
cyd
D = (x,y) ∈ R ; .
ψ1 (y) x ψ2 (y)
y y
y = ϕ2(x)
d
y = ψ1(y)
D D
y = ψ2(y)
c
y = ϕ1(x)
O a b x O x
Proposition 1
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r
éom é
Le but de la Proposition 1, admise, est Soient D une partie élémentaire du plan, f : D −→ K continue,
bre G
r Algè
onier
f (x,y) si (x,y) ∈ D
èbre M
r Alg
n ie
Mo
R R
b ψ2 (y)
= %
f (x,y) dy dx = f (x,y) dy dx.
R R a ψ1 (y)
Définition 2
On appelle partie simple de R2 toute réunion d’une famille finie de parties élémen-
taires de R2 dont les intérieurs sont deux à deux disjoints.
213
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
y y
D1
D1
D2 D2 D3
O x O x
D4
D3
D = D1 ∪ D2 ∪ D3 D = D1 ∪ D2 ∪ D3 ∪ D4
D1, D2, D3, sont élémentaires D1, D2, D3, D4 sont élémentaires
D est simple D est simple
Définition 3
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On admet que cette expression ne Soient D une partie simple du plan, f : D −→ K continue. On définit l’intégrale
dépend pas du choix de la (double) de f sur D :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Nous admettons que la Proposition 1 se généralise au cas où D est une partie simple de R2 .
3) Propriétés
Nous admettons la proposition suivante.
Exemple :
Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
D
y √
D = (x,y) ∈ R2 ; x 0, 1 x y 9, x y 4x , f (x,y) = + xy .
x
Effectuons le changement de variables défini par :
y √
u= , v = xy .
x
On a :
u0
x 0
v 0
1u2
(x,y) ∈ D ⇐⇒ 1 x y 9 ⇐⇒ ⇐⇒
2
1 v 9
1 v 3.
x y 4x 2
1u 4
y √
En notant ∆ = [1 ; 2] × [1 ; 3], l’application ψ : (x,y)
−→ , x y , est un
x
v
C 1 -difféomorphisme de D sur ∆ et la réciproque est ψ−1 : (u,v)
−→ , uv .
u
Le jacobien est donné par :
∂x ∂x
v 1
− v
∂u ∂v u2 u
J = = = −2 .
∂y ∂y v u u
∂u ∂v
D’où :
2 3 2 2
v v2 v v3 3
I = (u +v) −2 du dv = 2 v+ dv du = 2 + du
∆ u 1 1 u 1 2 3u v=1
2
2
26 26 4
=2 4+ du = 2 4u + ln u = 6 + 13 ln 2 ≃ 20,014... .
1 3u 3 1 3
Exemple :
Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
D
x y 1 − x 2 − y2
D = (x,y) ∈ R2 ; 0 x, 0 y, x 2 + y 2 1 , f (x,y) = .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
2x 2 + y 2
O 1 x
215
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque
Passons en polaires :
π 1
2 ρ 2 cos θ sin θ 1 − ρ 2
I = ρ dρ dθ = J K ,
0 0 ρ 2 (2 cos 2 θ + sin 2 θ)
en notant :
π 1
2 cos θ sin θ
J= dθ et K = 1 − ρ 2 ρ dρ .
0 2 cos 2 θ + sin 2 θ 0
2
On a, par le changement de variable u = sin θ :
1 1 du 1 1 ln 2
J= = ln (2 − u) 0 = .
2 0 2−u 2 2
Par le changement de variable v = 1 − ρ 2 :
1
1
K = v 2 dv = .
0 3
On conclut :
ln 2
I = .
Exercices 3.6.16 à 3.6.18. 6
Exercices
3.6.10 Calculer, pour tout α ∈ [0 ; +∞[ : 3.6.15 Calculer
π π
sin y
I (α) = |x − y|α dxdy . I = dy dx .
[0;1]2 0 x y
n 3.6.16 Calculer f (x,y) dx dy, où D est l’intérieur
3.6.11 Déterminer lim dx dy.
n∞ [0;1]2 n + x n + yn D
du parallélogramme O ABC ,
3.6.12 Inégalité de Tchébychev
0 2 3 1
Soient a,b ∈ R tels que a b . O , A , B , C
0 1 4 3
a) Soient f 1 , f 2 : [a ; b] −→ R continues, croissantes.
Montrer : et f (x,y) = 3x − y e 2y−x .
b b b
f1 f 2 (b − a) f1 f2 .
a a a
3.6.17 Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
D
b) Soient n ∈ N∗ , f 1 ,..., f n : [a ; b] −→ R continues, 0, 2
D = (x,y) ∈ R ;
croissantes. Montrer :
n b b
n x 0, y 0, 1 x 2 − y 2 9, 2 x y 4
f k (b − a)n−1 fk . et
k=1 a a k=1
f (x,y) = x 2 + y 2 .
3.6.13 Calculer
4 √
4−x
1 3.6.18 Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
I = √
dy dx . D
0 − 4−x 20 + 12y − y 3
D = (x,y) ∈ R2 ; (x − 1)2 + y 2 1, y 0
3.6.14 Calculer et
1 1
xy x3
I = √ dx dy . f (x,y) = .
0 y 1 + x4 x 2 + y2
216
Problème
Problème
P 3.1 Convolution des fonctions 3) Établir :
continues à support borné ∀(ϕ,ψ) ∈ K2 ,
+∞ +∞ +∞
Les fonctions continues à support borné interviennent dans de nombreux
contextes de l’analyse moderne. Ce problème P 3.1 constitue aussi une préparation (ϕ ∗ ψ)(x) d x = ϕ(x) d x ψ(x) d x
−∞ −∞ −∞
aux techniques de la transformation de Fourier, cf. ch.5. .
On note C l'algèbre des applications continues de R 4) Démontrer que ∗ est une loi interne commutative et
dans R . associative dans K .
5) On note θ : R −→ R l'application définie par :
Pour f ∈ C, on appelle support de f l'ensemble
− 12
{x ∈ R, f (x) = 0} , c'est-à-dire l'adhérence (dans R ) de θ(x) = e
1−x si x ∈] − 1; 1[
l'ensemble des points en lesquels f ne s'annule pas. On note 0 si x ∈] − ∞; −1] ∪ [1; +∞[.
K la partie de C formée des applications continues à sup- Cette application θ intervient fondamentalement dans « la théorie des
port borné. distributions », non abordée dans ce cours.
1) Vérifier que K est un idéal de l'algèbre C, c'est-à-dire : Montrer que θ ∈ K et que θ est de classe C ∞ sur R .
K = ∅ On note, pour n ∈ N∗, ϕn : R −→ R l'application définie
∀ϕ,ψ ∈ K, ϕ + ψ ∈ K par : ∀x ∈ R , ϕn (x) = γn θ(nx), où γn est le réel > 0 tel
+∞
∀α ∈ R, ∀ϕ ∈ K, αϕ ∈ K que ϕn (x) d x = 1 .
∀ f ∈ C, ∀ϕ ∈ K, f ϕ ∈ K. −∞
Pour ( f,ϕ) ∈ C × K, on note f ∗ ϕ : R −→ R l'applica- Montrer que, pour toute ϕ de K , (ϕ ∗ ϕn )n∈N∗ converge
tion, appelée convoluée de f et ϕ , définie par : uniformément vers ϕ sur R .
+∞ Il en résulte facilement que toute application continue
∀x ∈ R, ( f ∗ ϕ)(x) = f (t)ϕ(x − t) d t. f : [a; b] −→ R
−∞
est limite uniforme d’une suite d’applications de classe C ∞ , cf. ch.5.
2) a) Montrer que f ∗ g est correctement définie.
Montrer : α) ∀( f,ϕ) ∈ C × K , f ∗ ϕ ∈ C En déduire que l'ensemble des applications de classe C ∞
β) ∀(ϕ,ψ) ∈ K2 , ϕ ∗ ψ ∈ K. sur R et à support borné est dense dans (K,|| · ||∞ ) .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
217
Séries CHAPITRE 4
Plan Introduction
4.1 Séries à termes Etudier une série, de terme général noté u n , c’est étudier la suite formée par
dans un evn u 0 , u 0 + u 1 , u 0 + u 1 + u 2 ,. . . .
(1re étude) 220
On considère ainsi la suite (Sn )n∈N des sommes partielles de la série
Exercices 223
u n , définie par :
n 0
4.2 Séries à termes
dans R+ 225 n
Exercices 238
∀n ∈ N, Sn = uk .
k=0
4.3 Séries à termes Il y a dans la notion de série, l’idée d’additionner les termes u 0 , u 1 ,. . .
dans un evn
(2e étude) 242
Exercices 244, 246, Prérequis
252, 254, 262,
• Suites réelles ou complexes (Analyse MPSI, ch. 3)
266, 269, 275, 282
• Fonctions usuelles (Analyse MPSI, ch. 7)
Problèmes 283 • Comparaison locale des fonctions, appliquée au cas des suites (Analyse
MPSI, ch. 8)
• Espaces vectoriels normés (ch. 1) en vue du § 4.3
• Intégration sur un intervalle quelconque (ch. 3) en vue du § 4.3.7.
Objectifs
• Acquisition des notions de convergence ou divergence pour les séries
• Détermination de la nature d’une série
• Calcul « exact », quand c’est possible, de la somme d’une série
convergente
• Extension aux séries doubles.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
219
Chapitre 4 • Séries
4.1.1 Généralités
1) Notion de série
Définition 1
On appelle série à termes dans E tout couple ((u n )n∈N ,(Sn )n∈N ) formé d'une suite
(u n )n∈N à termes dans E et de la suite (Sn )n∈N définie par :
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
La considération du couple de suites n
Sn = uk .
Mo
n ie
∀n ∈ N,
onier
étr ie M
éom
G
tr i e
Géomé
k=0
on considère la suite (u n )n∈N , mais on
s’intéresse à la convergence de la suite
(Sn )n∈N . Une série numérique (resp. réelle, resp. complexe) est une série à termes dans K
(resp. R, resp. C).
L'élément u n s'appelle le nème terme (ou : terme général) de la série, et Sn s'appelle
la nème somme partielle de la série.
La série est notée un .
n 0
Définition 2
1) On dit que la série u n converge (ou : est convergente) si et seulement si la
n 0
suite (Sn )n∈N des sommes partielles converge (dans E), et, dans ce cas, la limite de
u n désigne la série, +∞
n 0
la suite (Sn )n∈N est appelée somme de la série u n , et notée un .
+∞
n 0 n=0
u n désigne la somme de la série, si
n=0
celle-ci converge. 2) On dit que la série u n diverge (ou : est divergente) si et seulement si elle ne
n 0
converge pas.
Mo
ni er Algè
bre Mon
r Algè
bre G
ie
éom é
r
Pour montrer que deux séries sont de 3) Deux séries sont dites de même nature si et seulement si elles sont toutes deux
même nature, on peut montrer que la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
r Algè
bre G
éom é
r
Ainsi,la nature d'une série (convergence Soient u n une série à termes dans E, et n 0 ∈ N .
ou divergence) n'est pas modifiée
n ie
Mo
n 0
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
éom é
r
+∞ 0 −1 +∞
Mo
onier
étr ie M
éom
n 0 n n 0
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
un = un + un .
tr i e
Géomé
donc noter u n s'il s'agit de n'étudier
n n=0 n=0 n=n 0
que la convergence de la série.
220
4.1 • Séries à termes dans un evn (1re étude)
Preuve
n
n
n
0 −1
1) Si u n converge, alors, comme ∀n n 0 , uk = uk − uk ,
n 0 k=n 0 k=0 k=0
+∞
+∞
n
0 −1
u n converge, et uk = uk − uk .
n n 0 k=n 0 k=0 k=0
n
n
0 −1 n
2) Si u n converge, alors, comme ∀n n 0 , uk = uk + uk ,
n n 0 k=0 k=0 k=n 0
u n converge. 䊏
n 0
Exercice 4.1.1.
Proposition
Si la série u n converge, alors u n −→ 0.
n∞
n 0
n
Preuve
r
re Monie
lgèb
ni er A
L’égalité Sn = u k exprime la
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
Géomé
tr i e
k=0 n +∞
somme partielle Sn à l’aide des termes
En notant Sn = u k et S = u k , on a :
généraux u k .
k=0 k=0
L’égalité u n = Sn − Sn−1 exprime le
∀n ∈ N∗ , u n = Sn − Sn−1 ,
terme général u n à l’aide des sommes
partielles. et donc u n −→ S − S = 0. 䊏
n∞
(−1)n
/ 0, on dit que la série
Lorsque u n −→ u n diverge grossièrement. Par exemple,
n∞ n 0 n 0
diverge grossièrement.
Remarque :
La réciproque de la Prop. précédente est fausse ; il se peut que : u n diverge et u n −→ 0 .
n∞
n 0
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Ces deux exemples illustrent la remarque Exemples :
précédente.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
1) u n = ln (n + 1) − ln n (pour n 1) .
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
n
• u k = ln (n + 1) −→ +∞ , donc u n diverge.
n∞
k=1 n 1
1
• u n = ln 1 + −→ 0.
n n∞
2) Série harmonique
1 n
1
La série est appelée série harmonique ; on note souvent Hn =
n 1 n k=1
k
kk
é
Géom
rA lgèbre
k=1 k=1
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
1 1 1 1 1 1 1
=1+ + + + + ... + + ... + + . . . +
2 3 4 5 8 2m−1 + 1 2m
221
Chapitre 4 • Séries
1 1 1 1 m
ni er A
lgèb
re Monie
r
Nous retrouverons plus loin la 1+ + 2 · + 4 · + . . . + 2m−1 · m = 1 + −→ m + ∞ ,
2 4 8 2 2 n∞
Mo éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
1
lors de l’étude de l’exemple de 1
n 1
n et donc diverge.
1 n 1 n
Riemann, ,α ∈ R fixé
n 1
nα 1
• −→ 0 .
(cf. § 4.2.3 Th. p. 228). n n∞
Exercice 4.1.2.
3) Lien suite/série
Proposition
Soit (an )n∈N une suite à termes dans E.
Attention à ne pas confondre ici suite et
série. La suite de terme général an converge si et seulement si la série de terme général
an+1 − an converge.
Preuve
On a, pour tout N ∈ N, par simplification de termes deux par deux :
N
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
On dit qu'il y a télescopage,cf. aussi plus (an+1 − an ) = (a N +1 − a N ) + (a N − a N −1 ) + · · · + (a1 − a0 ) = a N +1 − a0 .
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
N
1) Si la suite de terme général an converge, an −→ ℓ ∈ E, alors (an+1 − an ) −→ ℓ − a0 ,
n∞ N∞
n=0
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Par définition, une série à éléments 2) Réciproquement, si la série de terme général an+1 − an converge, il existe S ∈ E tel que
dans E converge si et seulement si la
r Algè
n ie
N
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
suite des sommes partielles admet une (an+1 − an ) −→ S, et alors a N +1 − a0 −→ S, a N +1 −→ a0 + S, a N −→ a0 + S,
tr i e
Géomé
limite dans E. N∞ N∞ N∞ N∞
n=0
donc la suite de terme général an converge. 䊏
Définition
La notion de reste d'ordre n n'a de sens Soit u n une série à termes dans E, convergente. Pour chaque n de N, la somme
que si la série considérée converge. n 0
u k (qui converge d'après 2) Prop.) est appelée le nème reste
de la série
k n+1
(ou : reste d'ordre n) de la série et souvent notée Rn :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r On a ainsi : +∞
r Algè
Rn = uk .
n ie
Mo
onier
+∞
∀n ∈ N,
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
∀n ∈ N, u k = Sn + Rn .
k=0 k=n+1
Proposition
Soient u n une série à termes dans E, convergente, et, pour chaque n de N, Rn le
n 0
nème reste. On a alors : Rn −→ 0.
n∞
222
4.1 • Séries à termes dans un evn (1re étude)
Preuve
+∞
En notant S = u k , on a : Rn = S − Sn −→ S − S = 0. 䊏
n∞
k=0
Généralités
• Pour étudier la nature d'une série, dans certains exemples simples, en particulier lorsqu'intervient une sépa-
ration en termes d'indices pairs ou d'indices impairs, on peut essayer de se ramener à la définition de la conver-
gence d'une série en formant les sommes partielles (ex. 4.1.1).
•
Pour montrer qu'une série u n diverge, il suffit, et c'est le cas dans quelques exemples très simples, de mon-
n
trer que la suite (u n )n ne converge pas vers 0 (ex. 4.1.2) ; on dit dans ce cas que la série diverge grossièrement.
• Pour étudier la nature d'une suite (an )n , on peut, si cela paraît plus commode, étudier la nature de la série
(an+1 − an ), puis appliquer le lien suite/série (cf. plus loin, l'exercice-type résolu page 236).
n
Exercices
4.1.1 Soit (u n )n 0 une suite dans E . Montrer que , si
4.1.2 Montrer que la série sin n diverge.
u 2 p converge et u 2 p+1 diverge, alors un n 0
p0 p0 n 0
diverge.
Proposition 1
En pratique, avant d’écrire cette égalité, Si u n et vn convergent, alors, pour tout λ de K, (u n + λvn ) converge, et :
s’assurer que les séries envisagées sont n 0 n 0 n 0
convergentes.
+∞
+∞
+∞
(u n + λvn ) = un + λ vn .
n=0 n=0 n=0
Preuve
Il suffit d'appliquer 1.1.9 2) Prop. 2 p. 32 aux suites des sommes partielles, en remarquant :
Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie
bre G
r
éom é
On écrit l’égalité sur les sommes n
n
n
partielles d’indice n,puis on fait tendre
r Algè
uk + λ
n ie
Mo
∀n ∈ N, (u k + λvk ) = vk . 䊏
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
223
Chapitre 4 • Séries
Remarque :
D'après la Prop. 1, l'ensemble Λ1 (E) des suites (u n )n 0 à termes dans E telles que un
n 0
converge est un K -ev et l'application Λ1 (E) −→ E est K -linéaire.
+∞
(u n )n 0 −→ un
n=0
Remarque :
Si u n et vn divergent, on ne peut pas (sans hypothèse supplémentaire) déduire la
n 0
n 0
nature de (u n + vn ). Par exemple :
n 0
• Un exemple de deux séries divergentes ∀n ∈ N, u n = 1
• : un , vn divergent, (u n + vn ) converge
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
∀n ∈ N, vn = −1 n 0
M
onier
éom
étr ie M
G
onier
n 0 n 0
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 2
Soient E un K -evn de dimension finie, B = (e1 ,. . . ,em ) une base de E, (u n )n∈N une
suite dans E. Notons, pour chaque n de N, (u n,i )1i m les composantes de u n dans
la base B :
m
∀n ∈ N, u n = u n,i ei .
i=1
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Ainsi, pour l’étude de la convergence Alors u n converge (dans E) si et seulement si, pour chaque i de {1,. . . ,m} ,
d’une série à valeurs vectorielles et pour
n ie
Mo
n 0
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Preuve
n
Appliquer 1.1.9 1) Prop. 2 p. 32 à la suite uk des sommes partielles. 䊏
k=0 n 0
224
4.2 • Séries à termes dans R+
Preuve
Appliquer la Prop. 2 à C considéré comme un R -ev muni de la base (1,i). 䊏
Proposition 3
Soient E,F deux K -evn, f ∈ LC(E,F), u n une série à termes dans E.
n 0
Si u n converge (dans E), alors f (u n ) converge (dans F) et :
n 0 n 0
+∞
+∞
f (u n ) = f un .
n=0 n=0
Preuve
n
n
Puisque f est linéaire, on a : ∀n ∈ N, f (u k ) = f u k .
k=0 k=0
n
+∞
n
+∞
Mo
ni e r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
Toute application linéaire en dimension Comme u k −→ u k et que f est continue, on déduit f u k −→ f u k .
finie est continue, cf. § 1.3.2 Prop. 1. n∞ n∞
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
k=0 k=0
onier
k=0 k=0
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
n
+∞
Ainsi : f (u k ) −→ f u k . 䊏
n∞
k=0 k=0
Proposition 4
Bien noter qu’ici on suppose que les
Soient un , vn deux séries convergentes à termes réels, telles que :
deux séries un , vn convergent. n 0 n 0
n 0 n 0
∀n ∈ N, u n vn .
+∞
+∞
Alors : un vn .
n=0 n=0
Preuve
n
n
∀n ∈ N, uk vk , et passer aux limites lorsque n tend vers l'infini. 䊏
k=0 k=0
Remarque :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Cas particulier des séries à termes Nous verrons plus loin (4.2.2 Théorème 1) que si (∀n ∈ N, u n 0) , la convergence
n ie
r Algè
dans R+ .
Mo
onier
de vn entraîne celle de un .
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
n 0 n 0
225
Chapitre 4 • Séries
Preuve
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Si une série est à termes réels 0 , la Puisque (∀n ∈ N, u n 0), la suite (Sn )n 0 des sommes partielles de la série u n est croissante. Pour
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
croissante. que (Sn )n 0 converge, il faut et il suffit que (Sn )n 0 soit majorée (cf. Analyse MPSI, 3.2.1).
tr i e
Géomé
Remarques :
∀n ∈ N, u 0
n n +∞
Pour une série à termes réels 0 ,il n’y
uk uk .
r
alors
re Monie
1) Si
lgèb
er A
∀n ∈ N,
u n converge ,
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
k=0 k=0
• ou bien la série converge n 0
Preuve
n
n
+∞
On a : ∀n ∈ N, uk vk vk .
k=0 k=0 k=0
D'après le lemme, il s'ensuit que u n converge. 䊏
n 0
Remarques :
r
re Monie
lgèb
er A
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
un 0
Le plus commode nous semble, cependant, lorsque ∀n ∈ N, , d'étudier les séries
vn 0
des opposés : −u n , −vn .
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
• Pour montrer qu’une série à termes n 0 n 0
réels 0 converge,on peut essayer de
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
226
4.2 • Séries à termes dans R+
(∃ n 0 ∈ N, ∀n n 0 , 0 u n vn ).
Théorème 2
Théorème utile en pratique. Soient un , αn deux séries à termes dans R+ .
n 0 n 0
u =
O (αn )
n n∞
Si , alors u n converge.
αn converge
n 0
n 0
Preuve
Il existe N ∈ N et C ∈ R+ tels que : ∀n N , 0 u n Cαn .
Comme αn converge, Cαn converge, puis (théorème 1) u n converge, et donc u n converge.
n 0 n N n N n 0
䊏
Preuve
Mo
Mo
ni e
n ie
r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
éom é
r
On remarque ainsi que,si u n ∼ vn et
n∞
1) Montrons d'abord : ∃N ∈ N , ∀n N, u n 0.
onier
étr ie M
éom
tr i e
Géomé
Remarque :
Attention :le théorème d’équivalence ne L'hypothèse vn 0 est essentielle et on veillera à ne pas appliquer le théorème d'équivalen-
peut être appliqué qu’à des séries à ce à des séries à termes complexes ou à termes réels de signe variable (cf. 4.3.6 Exemple
termes 0 . p. 252).
1 1
Si α 0, alors / 0, donc
−→ diverge (grossièrement).
n n∞
α
n 1 n
α
227
Chapitre 4 • Séries
1
Si α = 1 , diverge car il s'agit de la série harmonique, cf. 4.1.1 2) Exemple 2) p. 221.
n 1 n
α
1 1 1 1
Si 0 < α < 1, diverge, car, pour tout n de N∗ , α > 0 et diverge.
n 1 n n n n 1 n
α
nα n−1 t n α−1
re Monie
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
bre G
éom é
α
plus loin, § 4.3.7, comparaison d’une
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Résumons l'étude :
2) Règle nα un
Proposition 1 Règle nα un
La règle « n α u n », bien que n’étant pas Soit u n une série à termes dans R+ .
au programme,est d’une utilisation très n 0
commode dans les exercices.En pratique,
on détaillera comme dans la preuve ci-
après.
S'il existe α ∈]1; +∞[ tel que n α u n −−→ 0, alors u n converge.
n∞
n 0
Preuve
1
Il existe N ∈ N∗ tel que : ∀n N , 0 n α u n 1, soit : ∀n N, 0 u n .
nα
1
Comme converge (car α > 1 ), le théorème de majoration permet de déduire la convergence de
n 1 n
α
un. 䊏
n 0
a
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
onier
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
a
Nature de la série de terme général u n = e −( ln n) , pour a ∈ R fixé.
tr i e
Géomé
d’application de la règle n α u n.
• Si a > 1, alors, pour tout α > 0 fixé, αln n − (ln n)a −→ −∞, et donc n α u n −→ 0.
n∞ n∞
2
En particulier, n u n −→ 0, et donc u n converge.
n∞
n 1
1
• Si a = 1, alors ∀n ∈ N∗ , un = , donc u n diverge.
n n 1
a 1
• Si a < 1, alors, pour tout n 3, e−(lnn) e−lnn = , donc u n diverge.
n n 2
228
4.2 • Séries à termes dans R+
3) Séries de Bertrand
L'étude des séries de Bertrand, ci-dessous, est hors-programme, mais d'un usage commode.
1
lgèb
re Monie
r
2 afin que
L’indexation est notée n Soit (α,β) ∈ R2 . On s'intéresse à la série , appelée série de Bertrand.
n α (ln n)β
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
1
Mo
n 2
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
tr i e
Géomé
N N −1
r Algè
n ie
Mo
k=N
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On obtient une majoration des sommes 1−β 1−β
partielles par une constante. − (ln n)1−β
n ie
ln(N − 1) ln(N − 1)
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
= .
β −1 β −1
1
D'après le lemme fondamental, il en résulte que converge.
n 2 n(ln n)β
• Si β = 1 , alors, pour tout n tel que n N :
n n+1 ln(n+1)
1 dx dy
lgèb
re Monie
r
On minore les sommes partielles par une = = ln ln(n + 1) − ln ln N −−−→ + ∞,
ln
er A
kln k x x y
ni
Mo éom é
n∞
bre G
r Algè
expression de limite +∞ .
n ie
N N
Mo
ln
onier
étr ie M
k=N
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
1
donc diverge.
n 2 n ln n
1 1 1
On compare le cas β < 1 au cas • Si β < 1 , alors, comme , diverge.
n ln n n 2 n(ln n)β
r
n(ln n)
re Monie
Mo
ni
n
er A
ier A
lgèb
lgèbre
Géom
é
β
β = 1.
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
Résumons l'étude :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
α > 1
ou
(α = 1 et β > 1).
229
Chapitre 4 • Séries
Définition
Théorème
Preuve
|r n | 1), donc r n −→ r n diverge grossièrement.
1) Si |r| 1, alors (∀n ∈ N, / 0,
n∞ n 0
n
1 − r n+1 1
rk = r n converge et
2) Si |r| < 1, alors : −−−→ , donc
k=0
1−r n∞ 1 − r
n 0
+∞
1
rn =
. 䊏
n=0 1−r
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Calcul du reste d’ordre n d’une série Remarque :
r Algè
géométrique convergente.
n ie
Mo
onier
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Changement d’indice p = k − n − 1, +∞ +∞
r n+1
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
r k = r n+1 rp =
bre G
r Algè
n ie
n fixé.
Mo
onier
.
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
1−r
Mo
tr i e
Géomé
k=n+1 p=0
Définition
Cette étude (§ 2) est peu utilisée dans les Soit x ∈ R+ .
exercices.
On appelle développement décimal de x toute suite (dn )n 0 telle que :
∀n ∈ N, d ∈ N
n
∀n ∈ N∗ , 0 dn 9
(1)
+∞
(2)
x =
dn 10−n (3)
n=0
Mo
er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Si ∃n 0 1 , dn0 = 9 , alors : n 0
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
+∞
+∞
+∞
0 dn 10−n < 1 . Comme 0 dn 10−n 9 · 10−n 1, on a (sauf si : ∀n 1, dn = 9), d0 = E(x) .
n=1 n=1 n=1
230
4.2 • Séries à termes dans R+
Mo
ni
Mo
er A
n ie
éom
lgèb
r Algè
étr ie M
re Monie
bre G
éom é
onier
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
ni er A
lgèb
re Monie
r
u n et vn sont les approximations Pour tout n de N , notons : u n = 10−n E(10n x) et vn = 10−n E(10n x) + 1 .
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
u n x vn
tr i e
Géomé
Ainsi, (u n )n 0 et (vn )n 0 sont adjacentes, donc convergent vers une même limite l.
n ie
rA lgèb
re Monie
r
un x
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
u n −−−→ x et vn −−−→ x.
n∞ n∞
Rappelons que l’on appelle nombres Montrons maintenant que u n+1 (nombre décimal ayant n + 1 chiffres après la virgule) a les
décimaux les nombres de la forme mêmes n premières décimales que u n .
α10−n , (α,n) ∈ Z × N, Soit n ∈ N .
cf. Analyse MPSI, § 3.2.2 2). On a :
• u n u n+1 , d'où : 10n u n 10n u n+1
• u n+1 = 10−(n+1) E(10n+1 x) < 10−n E(10n x) + 1 = u n + 10−n ,
+∞
Ceci montre que x admet au moins un développement décimal : x= dn 10−n .
n=0
2) Etude de l'unicité
Il est clair d'abord qu'il peut ne pas y avoir unicité d'un développement décimal.
1 1
Par exemple : = 0,100...0... et = 0,099...9....
10 10
Soit x ∈ [0; 1[. Supposons que x admette deux développements décimaux distincts :
x = 0,d1 d2 . . . dn . . . et x = 0,e1 e2 . . . en . . . .
231
Chapitre 4 • Séries
L'ensemble {n ∈ N∗ ; dn = en } étant une partie non vide de N , nous pouvons considérer son plus
petit élément, noté N. On a donc :
d N = e N
∀n ∈ N∗ , (n < N ⇒ dn = en ).
Mo
ni er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Rôles symétriques des suites (dn )n 1 On peut supposer, par exemple, e N < d N .
Mo
onier
étr ie M
et (en )n 1 .
éom
G
onier
Mo
n ie r Alg
Géomé
èbre M
tr i e
+∞
+∞
On a alors : d N 10−N + dn 10−n = e N 10−N + en 10−n ,
n=N +1 n=N +1
+∞
d'où : (d N − e N )10−N = (en − dn )10−n .
n=N +1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Mise en évidence du type de nombres x = d0 ,d1 d2 . . . d N 0 . . . 0 . . . et x = d0 ,d1 ,. . . d N −1 e N 9 . . . 9 . . . ,
réels pour lesquels il n’y a pas unicité du
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
développement décimal.
où e N ∈ {0,. . . ,8} et d N = e N + 1.
En particulier, x est décimal.
Réciproquement, il est clair que, si x est décimal, alors x admet au moins deux développements
décimaux, et que ceux-ci sont du genre précédent.
Résumons l'étude :
Proposition
Tout élément x de R+ admet au moins un développement décimal illimité :
+∞
∀n ∈ N, dn ∈ N
x= dn 10−n , où : ∗
,
∀n ∈ N , 0 dn 9
n=0
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Par exemple, le nombre décimal 0,54 Si x est décimal et non nul, alors x admet exactement deux développements
décimaux, du genre :
n ie
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
décimaux suivants :
tr i e
Géomé
232
4.2 • Séries à termes dans R+
3) Règle de d'Alembert
Preuve
u n+1 l +1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
éom é
1) Supposons −→ l < 1 ; notons λ = , de sorte que l < λ < 1.
u n n∞ 2
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
1
étr ie M
l
éom
λ ⺢
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Puisque 0 < λ < 1, la série géométrique λn converge.
n 0
u n+1 u n+1
Comme −−−→ l < λ, il existe N ∈ N tel que : ∀n N, λ.
un n∞ un
On a alors, pour tout n N + 1 :
u n u n−1 u N +1
er A
lgèb
re Monie
r
Multiplication d’inégalités de même ... λn−N ,
u n−1 u n−2 uN
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
0.
donc, après simplifications :
uN n
u n u N λn−N = λ .
λN
Comme 0 λ < 1, la série géométrique λn converge, et donc, par le théorème de majoration pour
n 0
des séries à termes dans R+, on conclut que la série u n converge.
n
u n+1 u n+1
lgèb
re Monie
r
Autre méthode pour 2) :il existe λ ∈ R 2) Supposons −→ l > 1. Il existe N ∈ N tel que : ∀n N, 1.
u n n∞ un
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
u n → +∞ n∞
n∞
Ainsi, u n diverge grossièrement. 䊏
n 0
Remarques :
1) Appliquer la règle de d'Alembert à une série u n (à termes > 0 ) revient à comparer
n 0
u n à des séries géométriques.
n 0
233
Chapitre 4 • Séries
Exemple :
n!
Autre méthode pour cet exemple : Nature de la série de terme général u n = .
nn
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
on a, pour n 2 :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
1 · 2...n
tr i e
un > 0
Géomé
0 un = • ∀n ∈ N∗ ,
n · n...n n
nn
1·2 2 u n+1 (n + 1)! n
= 2, • = · =
n·n n un (n + 1)n+1 n! n+1
donc, d’après l’exemple de Riemann
1 −n
1
(2 > 1) et le théorème de majoration = 1+ = exp −n ln 1 + −→ e−1 < 1.
pour des séries à termes 0 , la série
n n n∞
u n converge.
On conclut, d'après la règle de d'Alembert : u n converge.
n 1
n 1
Remarques :
u n+1
1) Si n'a pas de limite, il se peut que u n converge ou diverge.
u n n 0 n 0
Exemples :
u n+1
• u n = (2 + (−1)n )2−n . Ici, n'a pas de limite et u n converge.
un n 0 n 0
u n+1
• u n = 2 + (−1)n . Ici, n'a pas de limite et u n diverge.
un n 0 n 0
u n+1 u n+1
−→ 1 , 2) Si −→ 1, il se peut que u n converge ou diverge.
r
u n n∞ u n n∞
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n 0
n ier
Mo
1 u n+1
• un = 2
. Ici, −→ 1 et u n converge.
n u n n∞ n 1
Exercice-type résolu 1
234
4.2 • Séries à termes dans R+
Solution Conseils
Notons u n le terme général proposé. Il est clair que, dans chaque exemple, u n existe
à partir d'un certain rang et que u n 0.
a) On a, pour tout n 1 :
n n
n n 1 Utilisation d'une expression conjuguée,
0 un = n2 + n − n = √ .
n2 + n + n 2 pour transformer l'écriture de u n .
1 1 n
Puisque < 1, la série géométrique
converge, donc, par théorème de
2 n 1
2
majoration pour des séries à termes réels 0, la série de terme général u n converge.
1/n
1 1
b) On a, pour tout n 1 : un = 0. 0 n! = 1 · 2 · · · n n · n · · · n = n n .
n n n
1
La série de Riemann diverge, donc, par théorème de minoration pour des Utilisation du théorème de majoration, par
n 1
n contraposition.
séries à termes réels 0, la série de terme général u n diverge.
c) On a : 1 Recherche d'un équivalent simple de u n
sh √ lorsque l'entier n tend vers l'infini.
n √ 1
u n = ln = ln n sh √
1 n
√
n
√ 1 1 1 1 1 Rappel :
= ln n √ + √ +o √ = ln 1 + +o
n 6n n n n 6n n x3
sh x = x + + o(x 3 ).
x→0 6
1 1 1
= +o ∼ 0. Rappel :
6n 6n n∞ 6n ln(1 + u) = u + o(u).
u→0
1
La série de Riemann diverge, donc, par théorème d'équivalence pour des
n
n
séries à termes réels 0, la série de terme général u n diverge.
d) On a : Recherche d'un équivalent simple de u n
lorsque l'entier n tend vers l'infini. On
1 1/2
Argsh n = ln n + n 2 + 1 = ln n + n 1 + 2 commence par chercher un équivalent
n simple de Argsh n.
1 1
1
= ln n + n 1 + O 2 = ln 2n + O La précision O suffit, dans le déve-
n n n2
1/2
1 1
1
= ln n + ln 2 + ln 1+O 2 = ln n + ln 2 + O 2 ∼ ln n. loppement de 1 + .
n n n∞ n2
1
D'où : u n ∼ 0.
n∞ n ln n
1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
D'après l'exemple de Bertrand, la série de terme général diverge, donc, par L'exemple de Bertrand étant, en principe,
n ln n hors programme, il faudrait ici démontrer
théorème d'équivalence pour des séries à termes réels 0, la série de terme géné- 1
ral u n diverge. que la série diverge, par utilisa-
n 2
n ln n
tion d'une comparaison série-intégrale,
e) Comme Arccos x −→ − 0, on a : cf. § 4.2.3 p. 229.
x −→ 1
√
Arccos x ∼ sin Arccos x = 1 − x2 Recherche d'un équivalent simple de
x −→ 1− √ √
√ √ Arccos x, lorsque x → 1− , cf. aussi Analyse
= 1+x 1−x ∼ 2 1 − x.
x −→ 1 − MPSI, § 8.2.3 3).
235
Chapitre 4 • Séries
Solution Conseils
n3 − 1
D'où, puisque −→ 1− :
n 3 + 2 n∞
√
√ n3 − 1 √ 3 6 Obtention d'un équivalent simple de u n .
un ∼ 2 1 − 3 = 2 3 ∼ 0.
n∞ n +2 n + 2 n∞ n 3/2
3 1
Puisque > 1, la série de Riemann converge, donc, par théorème d'équi-
2 n
n 3/2
valence pour des séries à termes réels 0, la série de terme général u n converge.
puis n 2 u n −→ 0.
n∞
Exercice-type résolu 2
1
Soit α ∈ ]0 ; +∞[ fixé. On considère la suite (u n )n1 définie par u 1 > 0 et : ∀ n 1, u n+1 = u n + .
nα un
Démontrer que la suite (u n )n1 converge si et seulement si α > 1.
236
4.2 • Séries à termes dans R+
Solution Conseils
Il est clair, par une récurrence immédiate, que, pour tout n 1, u n existe et u n > 0. On dégage d'abord les propriétés simples
1 et immédiates de la suite (u n )n 1 .
Comme u n+1 − u n = > 0, la suite (u n )n1 est croissante.
nα un
1) Supposons que la suite (u n )n1 converge. Notons ℓ = lim u n . Séparation du raisonnement en deux
n∞
implications, puisque l'énoncé demande de
Puisque (u n )n1 est croissante et que u 1 > 0, on a alors, pour tout n 1, prouver une équivalence logique.
0 < u 1 u n ℓ, donc ℓ > 0.
1 1
D'où : u n+1 − u n = ∼ > 0.
n α u n n∞ n α ℓ
Puisque la suite (u n )n1 converge, la série (u n+1 − u n ) converge, donc, par L'étude de la suite (u n )n1 se ramène à
n 1
l'étude de la série (u n+1 − u n ),d'après
1 n 1
théorème d'équivalence pour des séries à termes réels 0, la série converge, le lien suite/série, cf. § 4.1.1 3).
n 1
nα ℓ
1
et donc, d'après l'exemple de Riemann, α > 1. Si α 1, alors la série diverge,
n 1
nα
contradiction.
2) Réciproquement, supposons α > 1.
1 1 On sait que la suite (u n )n1 est croissante
On a, pour tout n 1 : 0 u n+1 − u n = . et à termes dans R∗+ .
nα u n nα u 1
1
Puisque α > 1, la série de Riemann converge, donc, par théorème de majo-
n 1
nα
ration pour des séries à termes réels 0, la série de terme général u n+1 − u n
converge.
Il en résulte que la suite (u n )n1 converge. Utilisation du lien suite/série.
– comparer, par inégalité, les termes généraux u n et vn (ex. 4.2.3, 4.2.4, 4.2.8)
– sinon, comparer, par inégalité, des sommes partielles de vn aux sommes partielles de u n (ex. 4.2.5).
n 0 n 0
Exercices
4.2.1 Déterminer la nature de la série de terme général : πn + 1 πn + 1
y) tan − 2sin
4n + 2 6n + 1
n2 + n + 1 1 n2 − n
a) ln b) th + ln 2 1 1
n2 + n − 1 n n +1 z) (n + 1) n − n n+1
1 √
1 n+1
n n
c) √ d) (ln n)− 1
n + (−1)n n a') 1 + − 1+
1
n n+1
e) n −ln (ln n) f) n −ch n 1
√ π b') n n2 − 1
− 1+ n1 + 12 − 2sin 1
+n
g) n n h) n 4
1 n
1
c') cos √ −√
1 1 n e
i) (ln n)−ch n j) (ln n ln ch n)−1
n ln n
n 2 2 d') √
n ln (n + 1) −n n3 + n − 1
k) l)
n+1 ln n
n2 + n + 1
2 e') Arccos
n + 3 ln n n + 3 (ln n)
n2 + n + 3
m) n)
2n + 1 3n + 1
1 n2 + 1
f') exp − ln
1 n nn
2 n
o) 1 − p) 2
ln n 2n 1
g') (ch (ln n) ln (ch n))− 2
2
2n n+1 n−1
q) n h') Arcsin − Arcsin
n2 2n + 1 2n − 1
3 1
1 −n i') Arccos 3 1 − 2
r) ch n
n
√ −3 2
s) sh 3 ln n j') Arccos Arctan (n 2 )
π
√ √ −√n n 3
t) n+ 3n 2
k') Arctan (n 2 )
π
√
3
√ √n
u) n+2− 3 n
2 n2 + 1
l') ln Arctan
1 √
3
√ π n
v) n+1− 3 n
n
√ √ 4 n
w) n 3 + n + 1 − n 3 + n − 1 m') Arccos Arcsin
π 2n + 1
1 n
x) e − 1 + 1 n−1
n n') Arctan n − 2 Arctan
n n
238
4.2 • Séries à termes dans R+
o') sin Arctan (n 2 + 1) − sin Arctan (n 2 ) b) exp − (ln n)2 + a , a ∈ R
(n!)3 a
c) n n − 1, a ∈ R
p') 2 n a
nn
n
d) ,a∈R
(n!)2 n+1
q')
(2n)! 1 π
e) Arctan 1 + a − , a ∈ R∗+
n2 n 4
r') √
n
a
(n − 1)!
ln k
2
nn k=2
s') f) , (a,b) ∈ (R∗+ )2
2n ! (n!)b
π
2 cos2 x
g) (ln n)a (n + 1)b − n b ,(a,b) ∈ R∗− × R∗+
t') dx
0 n2 + cos2 x
1
h) (ln n)a ln n , a ∈ R
n sin x √ √
u') dx √ 3
n
0 1 + ch 2 x i) n+a− n+b , (a,b) ∈ (R∗+ )2
1 1 1
v')
n 3
(sh x) 2 dx j) (n a + 1) a − n b + 1 b , (a,b) ∈ (R∗+ )2
0
n
n+1 dx
1 + k − 1, a ∈ R∗+
w') √ k)
na
n+ 12 x4 +x +1 k=1
2n
(ln (n!))a
dx
x') l) , (a,b) ∈ R2
n 1+x
3
2 nb
2n
a
1 −n
dx
y') 5
m) ch ,a∈R
n x − sin2 x
2 n
a
1 n
+∞ dx
z') n) cos ,a∈R
0 (1 + x 2 )n n
+∞ dx a
1 n
a'') √ n
o) nsin ,a∈R
0 x + x2 + 1 n
p) Arccos (th n)a , a ∈ R
+∞ n
b'') e−x dx
0 b
4 a
+∞ dx q) Arctan 1 + −1 ,
c'') π n
x3 − x − 1
n 1 a 1 a
r) Arctan 1+ − Arctan 1− ,
+∞ dx n n
d'')
(x 2 + x + 1)n
n
−∞ tht
s) n a √ dt, a ∈ R
+∞ l t (t + 1)
e'') e−nx Arctan x dx
0 (ln (n!))a
t) , (a,b) ∈ R2
1 (n!)b
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
f'') √
n 2 (ln n)2 |sin (nπ 2)| n
a
n u) 2 − ek , a ∈ R
1 k=2
g'')
k=1
(k + n)2 − k 2 √
n
n!
v) p , p ∈ R
h'') (α(n))−α(n) , où α(n) est le nombre de chiffres dans n
l'écriture décimale de n. 1
n a
w) n sh k , a ∈ R
ne k=1
4.2.2 Déterminer la nature de la série de terme général :
n
√ √ 1 3
a) n 2 + n + 1 − n 2 + an + b, (a,b) ∈ R2 x) a
k 2 , a ∈ R∗+
n k=1
239
Chapitre 4 • Séries
n
On suppose qu'il existe α ∈ R tel que :
k
y) 1 + ln 1 + a − 1, a ∈ R∗+ .
k=1
n u n+1 α 1
=1− + o .
un n n∞ n
4.2.3 Soient (u n )n 0 une suite à termes dans R+ et, pour
un Montrer : a) si α > 1 , alors u n converge
tout n de N , vn = . n
1 + u 2n
b) si α < 1 , alors u n diverge.
a) Montrer que, si u n converge, alors vn converge. n
n n (Utiliser l'exercice 4.2.8).
b) Montrer que, si u n diverge et si (u n )n est majorée,
n 4.2.10 Soit u n une série à termes dans R∗+ telle que :
alors vn diverge. n
n
u n+1 1 1
=1− + o
c) Donner un exemple où u n diverge et vn converge. .
un n n∞ nln n
n n
Montrer que u n diverge.
n
4.2.4 Soit un une série convergente à termes dans R+ .
n
4.2.11 Déterminer, pour (a,b) ∈ (R − Z− )2 , la nature de
Montrer que u 2n converge.
n la série de terme général:
a(a + 1) . . . (a + n − 1)
1 1 un = .
4.2.5 Soient ( p,q) ∈ (R∗+ )2
tel que + = 1 , et un b(b + 1) . . . (b + n − 1)
p q n 1
une série convergente à termes dans R+ . (Utiliser l'exercice 4.2.9).
4.2.8 Soient un , vn deux séries à termes dans R∗+
n 0 n 0
4.2.14 Règle de Cauchy
telles qu'il existe N ∈ N tel que :
Soit u n une série à termes dans R∗+ . On suppose qu'il
u n+1 vn+1 n
∀n N , . 1
un vn existe l ∈ [0; +∞[ tel que : u nn −→ l.
n∞
Montrer que, si vn converge, alors u n converge. Montrer que :
n n
si l < 1, alors u n converge
n 1
4.2.9 Règle de Raabe et Duhamel
si l > 1 alors
u n diverge.
Soit u n une série à termes dans R∗+ . n 1
n
240
4.2 • Séries à termes dans R+
(on pourra exprimer u n+1 en fonction de n et u n ). 4.2.27 Soient (u n )n 1 une suite à termes dans R+ , et
(vn )n 1 la suite définie par v1 ∈ R+ et :
4.2.19 Soit (u n )n 1 une suite à termes dans R+ , telle que
1
u n converge. ∀n ∈ N∗ , vn+1 = vn + vn2 + u n .
n 2
a) On suppose que (u n )n 1 décroît.
Montrer que, pour que la série u n converge, il faut et il
α) Démontrer : nu n −→ 0. n
n∞
un suffit que la suite (vn )n converge. (On pourra étudier les
β) En déduire la nature des séries nu 2n et .
n n 1 − nu n séries de termes généraux:
b) Examiner le cas où (u n )n 1 n'est pas supposée décrois- vn+1 (vn+1 − vn ), 2 2
vn+1 − vn , vn (vn+1 − vn )).
sante.
241
Chapitre 4 • Séries
4.2.28 a) Montrer que, pour tout n de N∗ , il existe un élé- 4.2.32 Soit u n une série convergente à termes
ment u n de R∗+ unique tel que n 0
1 t +∞
e dans R+ . On note, pour n ∈ N , Rn = uk .
dt = n.
un t k=n+1
Montrer que nu n converge si et seulement si Rn
b) Montrer : u n −→ 0.
n∞ n 0 n 0
c) On note, pour n ∈ N∗ : vn = n + ln(u n ). converge et que, dans le cas de convergence, ces deux
Etudier (vn )n 1 (on montrera que (vn )n converge et on séries ont la même somme.
exprimera sa limite par une intégrale).
4.2.33 a) Soit f : [0; +∞[−→ R de classe C 2 . Pour
d) Quelle est la nature de un? n ∈ N , on note :
n
n n
un = f (k) − f (t) dt
4.2.29 Soient a ∈ R∗ et (u n )n 1 la suite définie par 0
k=0
u 1 = a et :
1 2
n
1
eu n−1 + f ′′ (t) t − E(t) − dt.
∀n ∈ N∗ , u n+1 = ln . 2 0 2
un
Etablir :
a) Etudier la suite (u n )n 1 .
n 1 ′ 1
∀ n ∈ N, un = ( f (n) − f ′ (0)) + ( f (n) + f (0)).
b) Montrer que u k converge et calculer sa 8 2
n 1 k=1
+∞
somme. 1
b) Pour α ∈]1. + ∞[, on note ζ(α) =
n=1 n α
4.2.30 Quelle est la nature de la série des extremums (fonction dzêta de Riemann).
locaux de f : ]0; +∞[−→ R ?
2
x−→ sinx x
Déduire de a) :
1 1 1 1 α
∀ α ∈]1; +∞[, + ζ(α) + + .
4.2.31 Pour chaque n de N∗ , soit a(n) le nombre de α−1 2 α−1 2 8
zéros de l'écriture de n en base 3.
1
x a(n) En particulier : ζ(α) ∼ .
Pour quels x de R∗+ la série 3
est-elle convergente ? α−→1+ α−1
n 1 n
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Définition
Cf. 1.4.2 Déf. p. 68.
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
242
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Preuve
Il suffit d'appliquer la CNS de convergence d'une suite à termes dans un espace de Banach à la suite
(Sn )n∈N des sommes partielles, puisque :
q
u k = Sq − Sp . 䊏
k= p+1
Remarque : S'il existe deux suites (αn )n 0 ,(βn )n 0 , à termes dans N , telles que :
ni er A
lgèb
re Monie
r
Cette remarque n’utilise que le sens βn
/ 0 ,
Mo
u k −→
éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n∞ n∞
n ie
Mo
Géomé
tr i e
k=αn n∞
alors la série un diverge.
n 0
Exemple :
sin ( ln n)
Cet exemple illustre la remarque Montrons que diverge.
n
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
précédente.
ie
M on
n 1
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
π 3π
Pour tout n de N∗ , notons αn = E(exp( + 2nπ)) + 1 et βn = E(exp( + 2nπ)) .
4 4
On a bien alors αn βn , αn −→ ∞, βn −→ ∞, et :
n∞ n∞
1
αn k βn βn βn √
sin(ln k) βn − αn + 1
r
re Monie
lgèb
2
ni er A
Mo
Mo
n ie
r Algè
bre G
étr ie M
éom é
onier
√
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
π
Mo
Géomé
tr i e
⇒ + 2nπ ln k k=αn
k k=αn
k βn 2
4
3π 3π π
+ 2nπ exp( + 2nπ) − 1 − exp( + 2nπ) π
4 4 4 e2 −1
1 −→ √ π = 0.
⇒ sin(ln k) √ . √ 3π n∞ 2 e2
2 2 exp( + 2nπ)
4
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
CNS de Cauchy
βn
• Pour montrer qu’une série
u n diverge, on peut envisager de former des sommes u k , où αn −→ +∞ et
n∞
n 0 k=αn
β
n
βn −→ +∞, de façon que u k ne tende pas vers 0 lorsque l’entier n tend vers l’infini (ex. 4.3.1).
n∞
k=αn
243
Chapitre 4 • Séries
Exercice
(−1)E(ln n) cos(ln ln n)
4.3.1 Montrer la divergence des séries de termes généraux : a) , b) .
n ln n
Mo
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
étr ie M
éom é
onier
r
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
série |u n | converge.
n 0
Proposition 1
Si u n et vn sont absolument convergentes, alors, pour tout λ de K ,
n 0 n 0
(u n + λvn ) est absolument convergente.
n 0
Preuve
Il suffit de remarquer :
∀ n ∈ N, ||u n + λvn || ||u n || + |λ| ||vn ||
et d'appliquer le théorème de majoration pour les séries à termes dans R+ (4.2.2 Théorème 1 p. 226). 䊏
Remarque :
D'après la Prop. 1, l'ensemble ℓ1 (E) des suites (u n )n 0 à termes dans E telles que la série
u n soit absolument convergente est un K -ev, et il est clair que l'application
n 0
ℓ1 (E) −→ R est une norme sur ℓ1 (E) .
+∞
(u n )n 0 −→ ||u n ||
n=0
Théorème
Résultat fondamental : la convergence
absolue entraîne la convergence.
Soient E un espace de Banach et u n une série à termes dans E . Si u n est
n 0 n 0
+∞
+∞
absolument convergente, alors u n converge et : || u n || ||u n ||.
n 0 n=0 n=0
244
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Preuve
Soit ε > 0 fixé ; puisque ||u n || converge, d'après la CNS de Cauchy (4.3.1 Théorème p. 243), il existe
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
Utilisation de la CNS de Cauchy de n 0
convergence d’une série, dans un sens
n ie
Mo
N ∈ N tel que :
er
étr ie Moni
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
q
q
Comme || u k || ||u k ||, on déduit :
k= p+1 k= p+1
q
∀( p,q) ∈ N2 ,
(N p < q ⇒ || u k || ε),
k= p+1
n
n
et donc (CNS de Cauchy), u n converge. De plus : ∀n ∈ N, || u k || ||u k || , d'où, en fai-
n 0 k=0 k=0
+∞
+∞
sant tendre n vers l'infini : || u k || ||u k ||. 䊏
k=0 k=0
Remarques :
1) Comme R et C sont complets, le théorème précédent montre que toute série numérique
absolument convergente est convergente.
2) La réciproque du théorème précédent est fausse : il existe des séries convergentes et non
absolument convergentes. Une série convergente et non absolument convergente est dite
(−1)n
semi-convergente. Voir l'exemple des séries de Riemann alternées , 4.3.5 p. 250.
n 1 n
α
Proposition 2
Soient un , vn deux séries à termes dans E.
n 0 n 0
vn est absolument convergente
Si n 0 , alors u n est absolument convergente.
u n = O (vn )
n 0
n∞
Preuve
Par hypothèse, il existe A ∈ R+ et N ∈ N tels que : ∀ n N, ||u n || A||vn ||. Comme ||vn ||
n 0
converge, le théorème de majoration pour les séries à termes dans R+ montre que ||u n || converge. 䊏
n 0
Exemple :
(−1)n √n + sin n
La série est absolument convergente, puisque :
n 1 n2
√
(−1)n n + sin n
1
= O 3
.
n2 n∞ n 2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
u n et vn converge et u n = O (vn ),
G
n n n n∞
convergente. 1 (−1)n
on ne peut pas déduire que u n converge. Exemple : u n = , vn = .
n n n
245
Chapitre 4 • Séries
2) Si u n et vn sont deux séries telles que vn diverge et u n = o (vn ), on ne peut pas
n∞
n n n
1 1
déduire que u n converge. Exemple : u n = , vn = .
n n ln n n
Convergence absolue
• Pour montrer qu’une série
u n , à termes complexes ou réels de signe variable, converge, on peut envisa-
n 0
ger de montrer que la série u n est absolument convergente (ex. 4.3.2, 4.3.5, 4.3.6).
n 0
Exercices
4.3.2 Déterminer la nature de la série de terme général : 4.3.4 Soit z n une série convergente à termes dans C∗
n 0
1 1 n −n π
a) (−1)n tan √ − sin √ b) 1 − telle qu'il existe α ∈ [0; [ tel que :
n n ln n 2
∀ n ∈ N,|Arg (z n )| α. Montrer que |z n | converge.
c) sin (π n 4 + 1) n
b
n 4.3.5 Déterminer la nature de la série u n , où u 0 ∈ R et :
d) th a + , (a,b) ∈ R∗ × R n 0
n
∀ n ∈ N, (n + 2)3 u n+1 = (n + 1)u n + n .
ln (n+1)
sinx
e) dx. 4.3.6 Montrer qu'il existe a ∈ R∗+ tel que :
ln n x3 + x + 1 n
(−1)k−1
a
1+ √ ∼ √ .
k n∞ n
k=2
n
4.3.3 Soit u n une série réelle semi-convergente. 1
n
On utilisera = ln n + γ + o (1),
k=1
k n∞
Montrer que u+
n et u−n divergent
n n cf. plus loin 4.3.7 2) Exemple p. 259.
x si x 0
(où on note, pour x ∈ R , x + = ,
0 si x < 0 4.3.7 Soit (an )n 1 une suite dans C∗ telle que :
0 si x > 0
−
x = , ∀ ( p,q) ∈ (N∗ )2 , ( p = q ⇒ |a p − aq | 1).
−x si x 0
1
Montrer que 3
converge.
cf. Analyse MPSI, Exercice 4.1.3). n 1 |an |
246
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
1) Série géométrique
Il s'agit, pour a ∈ A fixé, de la série a n , où a 0 = e et, pour tout n de N , a n+1 = a n a.
n 0
Supposons ||a|| < 1.
Comme, par une récurrence immédiate : ∀n ∈ N∗ , ||a n || ||a||n , la série a n est
n 0
+∞
absolument convergente, donc convergente. Notons S sa somme, S = an .
n=0
On a, pour tout n de N :
n n
n
n
n+1
(e − a) ak = ak − a k+1 = ak − a k = e − a n+1 ,
k=0 k=0 k=0 k=0 k=1
n
et, de même : a (e − a) = e − a n+1 .
k
k=0
n
Puisque a −−−→ S, que a n+1 −−−→ 0, et que l'application A2 −→ A est continue,
k
n∞ n∞ (x,y)−→x y
k=0
on obtient, par passage à la limite : (e − a)S = S(e − a) = e .
Résumons l'étude :
Théorème
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
Ce théorème généralise le résultat sur Soit A une algèbre de Banach.
r Algè
G
onier
èbre M
a n converge, e − a est
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
cf. § 4.2.4 Théorème. Pour tout a de A tel que ||a|| < 1, la série géométrique
n 0
+∞
inversible dans A, et : a n = (e − a)−1 .
n=0
2) Série exponentielle
1
Il s'agit, pour a ∈ A fixé, de la série an .
n 0 n!
1 n ||a||n ||a||n
1
Comme : ∀n ∈ N, a
n! , et que converge, la série a n est abso-
n! n 0 n! n 0 n!
lument converge, donc convergente.
247
Chapitre 4 • Séries
Théorème-Définition
Soit A une algèbre de Banach.
1
Pour tout a de A, la série a n converge.
n 0
n!
1 n
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
a .
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
antérieurement.
tr i e
Géomé
n=0
n!
Nous verrons plus loin (exercice 4.3.32 p. 282) que, si a,b ∈ A commutent, alors :
exp(a + b) = exp(a) exp(b) .
Proposition-Définition
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
ℓ1 (K) . ℓ1 (K) −→
tr i e
Géomé
Preuve
• ℓ1 ⊂ KN , et 0 ∈ ℓ1 donc ℓ1 = ∅
• Soient u = (u n )n 0 ∈ ℓ1 , v = (vn )n 0 ∈ ℓ1 .
Alors (u n + vn ) est absolument convergente, donc u + v ∈ ℓ1 , et :
n 0
+∞
+∞
N1 (u + v) = |u n + vn | = |u n + vn | |u n | + |vn |
n∈N n=0 n=0
+∞
+∞
= |u n | + |vn | = |u n | + |vn | = N1 (u) + N1 (v).
n=0 n=0 n∈N n∈N
• Soient α ∈ K , u = (u n )n 0 ∈ ℓ1 .
Alors αu n est absolument convergente, donc αu ∈ ℓ1 , et :
n 0
+∞
+∞
N1 (αu) = |αu n | = |αu n | = |α| |u n | = |α|N1 (u).
n∈N n=0 n=0
+∞
• Si u = (u n )n 0 ∈ ℓ1 vérifie N1 (u) = 0, alors |u n | = 0 , donc
n=0
(∀n ∈ N , u n = 0) , u = 0.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
ier
䊏
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
248
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
2) Espace ℓ2 (K)
Proposition-Définition
bre G
éom é
soit convergente, est un K -ev, et l'application (u,v) −→ u n vn est un produit sca-
r Algè
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
de ℓ2 (K) .
tr i e
Géomé
n∈N
laire sur ce K -ev.
On note N2 (ou || · ||2 ) la norme associée :
1
∀u ∈ ℓ2 (K), |u n |2
2
N2 (u) = .
n∈N
Preuve
• ℓ2 ⊂ KN , et 0 ∈ ℓ2 donc ℓ2 = ∅.
• Pour toutes u = (u n )n 0 ∈ ℓ2 , v = (vn )n 0 ∈ ℓ2 , la série u n vn est absolument convergente car :
n 0
1
L’inégalité : ∀n ∈ N, |u n vn | = |u n | |vn | |u n |2 + |vn |2 .
2
∀(α,β) ∈ (R+ )2 ,
1 2 Ceci montre que l'application ϕ : ℓ2 × ℓ2
−→ K est correctement définie.
αβ (α + β 2 ) (u,v)−→ u n vn
2
n∈N
est très utile dans des études de
produit scalaire. • Soient u = (u n )n 0 ∈ ℓ2 , v = (vn )n 0 ∈ ℓ2 . On a :
2
∀n ∈ N, |u n + vn |2 |u n | + |vn | = |u n |2 + 2|u n | |vn | + |vn |2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
|u n |2 + |u n |2 + |vn |2 + |vn |2 = 2 |u n |2 + |vn |2 ,
bre G
r Algè
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
donc : u + v ∈ ℓ2 .
• Il est clair que : ∀α ∈ K , ∀u ∈ ℓ2 , αu ∈ ℓ2 .
∀u,v ∈ ℓ2 , ϕ(v,u) = ϕ(u,v)
∀α ∈ K, ∀u,v,w ∈ ℓ2 , ϕ(u,αv + w) = αϕ(u,v) + ϕ(u,w)
• Les propriétés : 2
∀u ∈ ℓ , ϕ(u,u) 0
∀u ∈ ℓ2 , ϕ(u,u) = 0 ⇒ u = 0
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
䊏
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Remarque :
On a ℓ1 ⊂ ℓ2 car, si la série |u n | converge, alors u n −−−→ 0, donc, à partir d'un certain rang,
n∞
n 0
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
2 2
|u n | 1, d'où |u n | |u n |, et donc la série |u n | converge.
n 0
249
Chapitre 4 • Séries
Définition
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
onier
r
Les termes sont alternativement 0 On dit qu'une série u n à termes réels est alternée si et seulement si :
et 0 .
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n 0
n ier
Mo
tr i e
Géomé
∀n ∈ N, u n = (−1)n |u n |
ou
Mo
ni
Mo
er A
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
∀n ∈ N, u n = −(−1)n |u n |.
onier
èbre M
Géomé
tr i e
Preuve
Supposons, par exemple : ∀n ∈ N, u n = (−1)n |u n | .
n
Notons Sn = u k la n ème somme partielle pour n ∈ N . On a, pour tout p de N :
k=0
S2p+1 S S2p
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
• S2 p+1 − S2 p = u 2 p+1 −→ 0.
p∞
Ceci montre que les suites (S2 p ) p∈N et (S2 p+1 ) p∈N sont adjacentes (cf. Analyse MPSI, 3.2.2 Définition),
donc convergent et ont la même limite. Il en résulte (cf. Analyse MPSI, 3.3 Prop. 2) que (Sn )n 0 converge,
c'est-à-dire que u n converge. 䊏
n 0
(−1)n
Exemple à connaître, utile en pratique. Exemple : Série de Riemann alternée, , α ∈ R fixé.
n 1
nα
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
0 1 α (−1)n
] ] 1) Si α 0, alors / 0, donc la série diverge grossièrement.
bre G
r Algè
n ie
−→
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n α n∞
r Alg
n ie
Mo
absolument
tr i e
Géomé
divergente semi
convergente convergente
(−1)n 1
Nature de la série 2) Si 0 < α 1, alors n'est pas absolument convergente (car
n 1 nα n 1 n
α
(−1)n
pour α ∈ R fixé. diverge), mais converge d'après le TSCSA, donc est semi-convergente.
n 1
nα
(−1)n
3) Si α > 1 , alors est absolument convergente, donc convergente.
n 1 nα
250
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Exercice-type résolu
(−1)n ln n
Déterminer la nature de la série de terme général u n = .
n
Solution Conseils
ln n 1
Il s'agit d'une série alternée. L'étude de l'absolue convergence ne permet pas de On a : |u n | = , pour n 3, donc
n n
conclure. la série de terme général u n n'est pas abso-
lument convergente. Ceci ne permet pas
ln n
On a, par prépondérance classique, |u n | = −→ 0. de conclure quant à la convergence de la
n n∞
série de terme général u n .
Pour étudier l'éventuelle décroissance de la suite (|u n |)n , comme la différence La comparaison de |u n+1 | − |u n | à 0 et la
|u n+1 | |u n+1 |
|u n+1 | − |u n | et le rapport ne paraissent pas simples, on va étudier les varia- comparaison de à 1 ne paraissent
|u n | |u n |
tions de la fonction pas simples.
ln x
f : [1 ; +∞[ −→ R, x −→ f (x) = .
x
L'application f est dérivable sur [1 ; +∞[ et, pour tout x ∈ [1 ; +∞[ :
1 − ln x
f ′ (x) = . En particulier : ∀ x 3, f ′ (x) 0, donc f est décroissante
x2
sur [3 ; +∞[.
Il s'ensuit, puisque, pour tout n 3, |u n | = f (n), que la suite (|u n |)n3 est La décroissance de la fonction f sur
décroissante. [3 ; +∞[ entraîne la décroissance de la
suite f (n) n 3 .
Ainsi, la série de terme général u n est alternée et la valeur absolue du terme géné- Récapitulation des hypothèses du TSCSA.
ral tend vers 0 en décroissant, à partir de l'indice 3.
D'aprés le TSCSA, on conclut que la série u n converge, et donc la série un
n 3 n 1
converge.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Séries alternées
• Pour montrer qu’une série u n alternée converge, on peut essayer d’appliquer le TSCSA. Ce sera souvent
n 0
possible lorsque u n contient (−1)n en facteur et que |u n | ne contient pas (−1)n dans son écriture (ex. 4.3.8).
251
Chapitre 4 • Séries
Exercices
4.3.8 Déterminer la nature de la série de terme général : Montrer que u n converge et :
(−1)n n 1
a) √
nnn +∞
+∞
1 +∞
(−1)n +∞
(−1)n
b)
a
(−1)n n −(1+n ) ,a∈R un = 2
+ − 2
.
n n=1 n=1 n n=1 n n=1 n
1
c) (−1)n exp −
k
k=1 4.3.10 Soient (an )n 0 une suite réelle décroissante de
n n
(−1) 1 limite 0, et, pour tout n de N , u n = (−1)n an et
d) . n
ln (n!) k=1 k
Un = uk .
k=0
4.3.9 Pour n ∈ N∗ on note Montrer que an2 converge si et seulement si u n Un
n n
1 converge.
si n est le carré d’un entier
n
un =
(−1)n
sinon.
n
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On a déjà utilisé des développements Dans de nombreux exemples de recherche de la nature d'une série u n alternée, où |u n |
asymptotiques pour étudier la nature de
n ie
Mo
onier
n 0
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
(−1)n
Exemple : Nature de √ .
n 2 n + (−1)n
éom é
r
Obtention d’un développement (−1)n
(−1)n 1
(−1)n 1
1
1 − √ + O( ) = √ − + O
bre G
r Algè
éom
étr ie M
onier
= √ .
G
onier
3
èbre M
n n n n n
n ier Alg
Mo
Géomé
tr i e
252
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Si, dans le développement asymptotique, le o ou le O ne porte pas sur le terme général d'une
série absolument convergente, on essaiera de grouper ce o ou O avec un autre terme qui, lui,
soit de signe fixe, en vue d'appliquer le théorème d'équivalence.
(−1)n
Exemple : Nature de .
n 3
ln n + (−1)n
On a :
(−1)n (−1)n (−1)n 1
= 1− +o
ln n + (−1)n ln n ln n ln n
(−1)n 1 1
= + − + o
ln n ( ln n)2 ( ln n)2
(−1)n
• est convergente (TSCSA)
n ln n
1 1 1 1
re Monie
r
1 •− + o ∼− <0 et − diverge, donc
Groupement du terme o
lgèb
ni er A
(ln n)2
onier
étr ie M
n
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
1
avec le terme − , qui est de 1 1
(ln n)2 − +o diverge.
signe fixe. n (ln n)2 (ln n)2
Exercice-type résolu
Exemple de détermination de la nature d’une série par utilisation d’un développement asymptotique
n 2 + (−1)n n
Déterminer la nature de la série de terme général u n = ln .
n2 + 2
Solution Conseils
Le terme général u n existe dès que n 2, car alors : n 2 + (−1)n n > 0. On s'assure d'abord de l'existence de u n .
Formons un développement asymptotique de u n lorsque l'entier n tend vers l'infini : Puisque (−1)n n'est pas explicitement en
facteur dans u n , il est préférable de ne pas
(−1)n essayer d'appliquer le TSCSA.
1+
(−1)n
2
u n = ln n = ln 1 + − ln 1 + 2 Rappels :
2 n n
1+ 2 ln(1 + u) = u + o(u),
n u→0
(−1)n 1 1 2 1 (−1)n 5 1 u2
+ o(u 2 ).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
= − 2 +o 2 − + o = − + o . ln(1 + u) = u −
n 2n n n2 n2 n 2n 2 n2 u→0 2
(−1)n Ce résultat sur l'exemple de Riemann alter-
La série de terme général est convergente, d'après l'exemple de Riemann alterné.
n né est lui-même conséquence du TSCSA.
1
La série de terme général 2 est convergente d'après l'exemple de Riemann, 2 > 1.
n
1
La série de terme général o 2 est absolument convergente, donc convergente,
n
1 1
puisque, à partir d'un certain rang, o 2 2 . Utilisation du théorème de majoration
n n pour des séries à termes réels 0.
On conclut : la série de terme général u n converge. Addition de trois séries convergentes.
253
Chapitre 4 • Séries
n 0
ou plus généralement la nature d’une série réelle ou complexe non absolument convergente, on pourra essayer d’utiliser
un développement asymptotique de u n (ex. 4.3.11, 4.3.12).
Exercices
√
4.3.11 Déterminer la nature de la série de terme général : (−1)n n n
p)
(−1)n ln n
a) √
n + (−1)n (−1)n
q)
(−1)n ln n + (−1)n ln (ln n)
b) 2 1 (−1)n
n3 + (−1)n n 3 r) √
nln n + (−1)n
(−1)n
c) 2 1
1 −n
n 3 + n 3 + (−1)n s) (−1)n 1+ − e−1
n
(−1)n
1 n
d) √
n + (−1)n n + 1 t) (−1)n 1+ 2 −1
√ √ n
e) (−1)n ( n + 1 − n)
1
1
√ u) (−1)n (n + 1) n+1 − n n
(−1)n ln(n + n 2 + 1)
f) √
n+2
ln n
n+1
v) ln 1 + (−1)n
n
g) (−1) Arcsin n
n2 + 3
n
(−1)n 1 w) cos πn 2 ln
h) √ cos n−1
n n
√ 1 x) sin 2π n 2 + (−1)n
i) (−1)n n nsin
n √ −1
y) sin 1 + (−1)n n
√ 1
nsin √
(−1)n
n
j) (−1)n √ z) ln 1 + , a ∈ R∗+
n + (−1)n na
√
(−1)n n + (−1)n n + a
k) 3 a') ln √ , (a,b) ∈ R2
cos n + n 4 n + (−1)n n + b
(−1)n
−tan π4 + n1
l) (−1)n n b') √ a , a ∈ R∗+ .
n + (−1)n
n(n + 2)
m) (−1)n ln
n2 − n + 1
(−1)n 4.3.12 Soit (u n )n 0 la suite définie par u 0 ∈ R+ et :
n)
n − ln n e−u n
∀ n ∈ N, u n+1 = .
(−1)n n+1
o)
(ln n + (−1)n )2
Quelle est la nature de (−1)n u n ?
n 0
254
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Proposition
Soient n 0 ∈ N, f : [n 0 ; +∞[−→ R une application continue par morceaux et
décroissante.
On a, pour tout ( p,q) de N2 tel que n 0 p < q :
q+1 q q
Comparaison portant sur la somme d’un
Mo
ni
Mo
er A
n ie
éom
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
étr ie M
éom é
onier
r
ier
bre Mon
Algè
k= p+1
n ier
Mo
tr i e
Géomé
Preuve
r
re Monie
lgèb
onier
èbre M
tr i e
Géomé
y = f (x)
O n0 p+1 q q+1 x
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
bre G
éom é
r
La somme des aires des rectangles en
q
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
y = f (x)
O n0 p p+1 q x
Puisque f décroît, on a :
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
q+1 q
q
En sommant pour k allant de p + 1 à q, on obtient : f f (k) f. 䊏
p+1 k= p+1 p
255
Chapitre 4 • Séries
Exemple :
En appliquant la Prop. 1 à f : [1; +∞[−→ R , on obtient en particulier :
x−→ x1
n+1 n n n
1 1 1 1
∀n ∈ N∗ , et dx ,
1 x k=1
k k=2
k 1
x
n
1
d'où : ∀n ∈ N∗ , ln(n + 1) 1 + ln n.
k=1
k
n
1
On en déduit ainsi (puisque ln(n + 1) ∼ ln n et 1 + ln n ∼ ln n) : ∼ ln n .
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Nous préciserons ce résultat plus loin n∞ n∞
k=1
k n∞
(p. 259), avec la constante d'Euler γ .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Corollaire
tr i e
Géomé
∀n n 0 , f f (k) f.
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
n+1 k=n+1 n
Preuve
1) Supposons f intégrable sur [n 0 ; +∞[. D'après la Prop. p. 255 :
n n +∞
∀n > n 0 , f (k) f f,
k=n 0 +1 n0 n0
ce qui montre, d'après le lemme de majoration, que la série f (n) converge.
n n 0
y
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
La somme des aires des rectangles en y = f (x)
bre G
q
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
O n0 n+1 x
y = f (x)
O n0 n n+1 x
256
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
De plus, d'après la Prop. p. 255, pour tout (n,q) tel que n 0 n < q, on a :
q+1 q q
f f (k) f,
n+1 k=n+1 n
䊏
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition
Soient n 0 ∈ N , f : [n 0 ; +∞[−→ R une application continue par morceaux et crois-
sante. On a, pour tout ( p,q) de N2 tel que n 0 p < q :
q q
q+1
f f (k) f.
p k= p+1 p+1
Preuve
Appliquer la Prop de a), p. 255 à − f .
y = f (x)
O n0 p p+1 q x
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
y = f (x)
O n0 p+1 q q+1 x
䊏
257
Chapitre 4 • Séries
Exemple :
En appliquant la Prop. précédente à f : [1; +∞[−→ R , on obtient :
x−→ln x
n n
n+1
∀n 2, ln x dx ln k ln x dx,
1 k=2 2
n
c'est-à-dire : ∀n 2, nln n − n + 1 ln k (n + 1)ln (n + 1) − n − 2ln 2 + 1,
k=2
n
d'où : ln k ∼ nln n , c'est-à-dire : ln(n!) ∼ nln n .
r
re Monie
n∞ n∞
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
k=2
n ier
Mo
tr i e
Géomé
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Nous poursuivons l’étude élémentaire wn = f (t) dt − f (n).
vue en 1) par une étude plus
n ie
n−1
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
N
N
wn f (n − 1) − f (n) = f (0) − f (N ) f (0).
n=1 n=1
D'après le lemme fondamental, on conclut que wn converge.
n 0
De plus, pour tout N de N∗ :
N
N
n N
N N
wn = f (t) dt − f (n) = f (t) dt − f (n).
n=1 n=1 n−1 n=1 0 n=1
ni er A
lgèb
re Monie
r
N
N
Puisque la série wn converge, il en résulte que la suite f (t) dt
Mo éom é
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
n=1 n 1 0 N ∈N∗
N
lorsque N −→ ∞ , f (t)dt a converge si et seulement si la série f (n) converge.
0 n 1
une limite finie si et seulement si
N
N
f (n) a une limite finie. • Si f est intégrable sur [0; +∞[, alors f (t) dt −−−→ f , et donc la série f (n)
n=1 0 N∞ [0;+∞[ n 1
converge.
n
• Réciproquement, supposons que la série f (n) converge. Alors, la suite f
n 0 0 n∈N
n
converge, donc est majorée ; il existe M ∈ R+ tel que : ∀n ∈ N , f M.
0
Ainsi, [0; n] est une suite croissante de segments dont la réunion est égale à [0; +∞[ et
n∈N
telle que : ∀n ∈ N , f M.
[0;n ]
D'après 3.1.1 2), Prop. 2 p. 155, f est intégrable sur [0; +∞[.
Résumons l'étude.
258
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Théorème
Ce théorème sert surtout pour établir Soit f : [0; +∞[−→ R une application continue par morceaux, 0, décroissante.
l’existence du nombre d’Euler γ , voir ci- n
dessous. ∗
Notons, pour tout n de N , wn = f (t) dt − f (n) . Alors :
n−1
1) La série wn converge.
n 1
2) f est intégrable sur [0; +∞[ si et seulement si la série f (n) converge.
n 1
3) Si f est intégrable sur [0; +∞[ ou si la série f (n) converge, alors :
n 1
+∞
+∞
wn = f − f (n).
n=1 [0;+∞[ n=1
D'autre part, d'après le théorème précédent, la série wn converge.
n 2
n
1
Il en résulte que la suite ln n − admet une limite finie dont l’opposée, notée γ,
k=1
k n 1
est appelée constante d'Euler.
n
1
Ainsi : = ln n + γ + o (1) .
k=1
k n∞
+∞
n dt 1 n 1
De plus, comme wn = 1 − γ et que, pour tout n 2, wn = − = ln − ,
n=2 n−1 t n n−1 n
+∞
n 1
on déduit : γ =1− ln − ,
n=2 n−1 n
+∞
1 1
lgèb
re Monie
r
Expression de γ à l’aide d’une somme ou encore : γ =1− ln 1 + − .
n n+1
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
de série.
onier
n=1
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
259
Chapitre 4 • Séries
n
Notons, pour tout n de N∗ , wn = f (t) dt − f (n).
n−1
En utilisant une intégration par parties, on a, pour tout n de N∗ :
n n
ni er A
lgèb
re Monie
r
Remarquer l’intervention du facteur wn = (t − n + 1) f (t) − (t − n + 1) f ′ (t) dt − f (n)
n−1
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
n
=− (t − n + 1) f ′ (t) dt,
n−1
n n
d'où : |wn | (t − n + 1)| f ′ (t)| dt | f ′ (t)| dt .
n−1 n−1
On en déduit, pour tout n de N∗ :
n
n
k n
′ ′
|wk | | f (t)| dt = | f (t)| dt | f ′ |.
k=1 k=1 k−1 0 [0;+∞[
Le lemme fondamental permet de conclure que la série wn est absolument convergente.
n 1
n
n n
De plus, pour tout n de N∗ : f (k) .
wk = f (t) dt −
k=1 0 k=1
n
En particulier, si f est intégrable sur [0; +∞[ , alors f (t) dt −−−→ f,
0 n∞ [0;+∞[
+∞
+∞
donc la série f (n) converge, et : wn = f − f (n) .
n 1 n=1 [0;+∞[ n=1
Résumons l'étude :
Théorème
Soit f : [0; +∞[−→ K une application de classe C 1 telle que f ′ soit intégrable sur
n
[0; +∞[. Notons pour tout n de N∗ , wn = f (t) dt − f (n) . Alors :
n−1
1) La série wn est absolument convergente
n 1
2) Si de plus f est intégrable sur [0; +∞[, alors la série f (n) converge, et :
n 1
+∞
+∞
wn = f − f (n).
n=1 [0;+∞[ n=1
1
Cependant, comme f ′ : t −→ 4) Formule de Stirling
t
n'est pas intégrable sur [1; +∞[,on ne
L'application f : [1; +∞[−→ R est de classe C 1 sur [1; +∞[.
peut pas appliquer directement le t−→ln t
Théorème de 3). n
Notons, pour n 2, wn = ln t dt − ln n .
n−1
On a donc, pour tout n 2 :
n
n n
wk = ln t dt − ln k = n ln n − n + 1 − ln(n!).
k=2 1 k=2
n 1
On a, comme dans 3), pour tout n 2 : wn = − (t − n + 1) dt,
n−1 t
puis, par une intégration par parties :
260
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
!n n
L’intégration par parties permet de (t − n + 1)2 1 (t − n + 1)2 1
dt
r
re Monie
lgèb
wn = −
er A
−
ni
Mo éom é
1
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
2 t n−1 2 t2
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
n−1
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
remplacer l’intervention de par celle
t 1 1
n
1
1 =− − (t − n + 1)2 2 dt.
de , ce qui assure ou renforce une 2n 2 n−1 t
t2
convergence ou une intégrabilité. n
1
Notons, pour n 2, xn = (t − n + 1)2 2 dt .
n−1 t
n
1 1 1 1 1
Comme : 0 xn dt = − = ∼ 2,
n−1 t 2 n − 1 n (n − 1)n n∞ n
la série xn converge.
n 2
1
ln(n!) = n ln n − n + ln n + K + o (1),
2 n∞
√ √
d'où n! = n n e−n ne K +o(1) , c'est-à-dire n! ∼ n n e−n ne K .
n∞
Pour déterminer K, on utilise les intégrales de Wallis :
r
re Monie
lgèb
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
π
2
En notant In = sinn x dx, on obtient, pour tout p de N :
0
(2 p)! π (2 p p!)2
I2 p = et I2 p+1 = ,
(2 p p!)2 2 (2 p + 1)!
π π π π
d'où : I2 p I2 p+1 = ∼ et I2 p+1 I2 p+2 = ∼
2(2 p + 1) p∞ 4 p 4( p + 1) p∞ 4 p
π
et donc, facilement : In In+1 ∼ .
n∞ 2n
261
Chapitre 4 • Séries
Exercices
4.3.13 Déterminer la nature des séries suivantes (on pour- (−1)n (2n)!
e) .
ra utiliser la formule de Stirling) : 4n (n!)2
nn
a) 2
1 n n!
n!en 4.3.14 Déterminer lim 1 + √ .
n∞ n nn n
n a n!en
b) , a∈R
(n + 1)n 4.3.15 Existence et calcul de
(2n)! 1
c) , a ∈ R∗+ →+∞ x− − E(x)
n!a n n n 2 dx .
1 x
(n!)a n bn
d) , (a,b,c) ∈ R3
((2n)!)c
a) Série géométrique
z n converge
gèbr
e Monie
r
Rappelons que, pour tout z de C tel que |z| < 1, la série géométrique
r Al
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
n 0
tr i e
Géomé
+∞
1
zn =
et : .
n 0
1−z
b) Séries télescopiques
Supposons que le terme général u n de la série u n (pour laquelle on veut calculer
n 0
la somme) puisse se mettre sous la forme : u n = an+1 − an , où (an )n∈N est une suite
admettant une limite finie connue l. Comme :
n
Travailler d’abord sur une somme ∀ n ∈ N, u k = (a1 − a0 ) + (a2 − a1 ) + . . . + (an+1 − an ) = an+1 − a0 ,
partielle, puis passer à la limite. k=0
+∞
on déduit : u n = l − a0 .
n=0
262
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Exemples :
+∞
1
Lorsque le terme général de la série est 1) Calcul de .
n(n + 1)
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é
n=1
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
Utilisation de la formule 2n (n 2 + n + 1) − (n 2 − n + 1)
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Arctan = Arctan
n4 + n2 + 2 1 + (n 2 + n + 1)(n 2 − n + 1)
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
a−b
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Arctan
tr i e
Géomé
1 + ab = Arctan (n 2 + n + 1) − Arctan (n 2 − n + 1)
= Arctan a − Arctan b, = Arctan (n + 1)2 − (n + 1) + 1 − Arctan (n 2 − n + 1),
valable, au moins, lorsque a et b sont
dans [0; +∞[. n
2k π π π
et donc : Arctan = Arctan (n 2 + n + 1) − Arctan 1 −→ − = ,
k=0
k4 + k2 + 2 n∞ 2 4 4
+∞
2n π
d'où finalement : Arctan = .
n=0 n4 + n2 + 2 4
Exemple :
Convergence et calcul de la somme pour la série u n , où
n 2
u n = (n − 1)α +(n + 1)α − 2n α , α ∈ R fixé.
Mo
ni
Mo
er A
n ie
éom
lgèb
r Algè
étr ie M
re Monie
bre G
éom é
onier
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
n
u 3 = 2α − 2 · 3α + 4α u k = 1 − 2α − n α + (n + 1)α
k=2
u 4 = 3α − 2 · 4α + 5α 1 α
= 1 − 2α + n α 1+ −1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
n
.. α 1
. = 1 − 2α + n α +o
n n
= 1 − 2α + αn α−1 + o n α−1 .
u n−2 = (n − 3)α − 2(n − 2)α + (n − 1)α
n
u n−1 = (n − 2)α − 2(n − 1)α + n α Ceci montre que u k admet une limite finie
k=2
lorsque n tend vers l’infini si et seulement si
u n = (n − 1)α − 2n α + (n + 1)α α 1.
263
Chapitre 4 • Séries
Finalement, u n converge si et seulement si α 1, et alors :
n 2
1 − 2α si α < 1
+∞
un = .
n=2 0 si α = 1
On peut remarquer que l'exemple proposé est aussi celui d'une série télescopique, puisque :
u n = ((n − 1)α − n α ) − (n α − (n + 1)α ).
Exercice-type résolu
Solution Conseils
1 Il est clair que, pour tout n ∈ N, u n existe et
Notons, pour tout n ∈ N : u n = . u n > 0.
n + 8n + 17n + 10
3 2
1) Existence
1
On a u n ∼ , donc, d'après l'exemple de Riemann et le théorème d'équivalence
n∞ n3
pour des séries à termes réels 0, la série de terme général u n converge, et donc S
existe.
2) Calcul
Considérons le polynôme Q = X3 + 8X2 + 17X + 10 et la fraction rationnelle On va amener un télescopage, à l'aide
1 d'une décomposition en éléments
F= . simples.
Q
Comme −1 est racine évidente de Q, on peut mettre X + 1 en facteur :
Q = (X + 1)(X2 + 7X + 10).
Le trinôme X2 + 7X + 10 , de discriminant ∆ = 9 > 0 admet deux racines qui sont
−2 et −5.
264
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Solution Conseils
D'où, pour tout N ∈ N assez grand : On aura besoin plus loin de la condition
N + 1 5 pour que les sommations
N
1 N
1 1N
1 1 N
1 écrites aient un sens clair.
un = − +
n=0
4 n=0 n + 1 3 n=0 n + 2 12 n=0 n + 5
N +1 N +2 N +5
1 1 1 1 1 1 Changements d'indices :
= − + −→ −→ −→
4 n=1 n 3 n=2 n 12 n=5 n n n + 1, n n + 2, n n + 5.
N +1 N +1
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= + + + + − + + + + Mise en évidence d'une partie commune à
4 1 2 3 4 n=5 n 3 2 3 4 n=5 n N +2 chacune des trois sommations précé-
N +1
1
N +1 dentes, la partie .
1 1 1 1 1 1 n
+ + + + + n=5
12 n=5 n N +2 N +3 N +4 N +5
N +1
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= 1+ + + − + + + − + − − + = 0.
4 2 3 4 3 2 3 4 4 3 12 n=5 n 3(N + 2) 4 3 12
1 1 1 1 1
+ + + + .
12 N +2 N +3 N +4 N +5
On déduit :
N
1 1 1 1 1 1 1 1 23
un → 1+ + + − + + = .
n=0
N∞ 4 2 3 4 3 2 3 4 144
23
On conclut : S= ≃ 0,159 722 ... Contrôle de signe : le terme général u n est
144 0, donc S 0.
n α u n ,. . . , en travaillant éventuellement sur |u n |), puis calculer les sommes partielles u k et enfin chercher la
k=0
limite de celles-ci lorsque n tend vers l’infini.
– ou bien former directement les sommes partielles et déterminer leur limite lorsque n tend vers l’infini.
n
• Le calcul des sommes partielles u k est possible, au moins, dans les deux types de séries suivants :
k=0
– séries géométriques (ex. 4.3.17 a) à d))
– séries télescopiques (ex. 4.3.17 e) à v)).
• Nous rencontrerons d’autres calculs de sommes de séries lors de l’étude des séries entières et des séries de Fourier
(ch. 6 et 7).
265
Chapitre 4 • Séries
Exercices
4.3.16 Montrer la convergence et calculer les sommes x
3n sh3
r) , x ∈R
des séries suivantes : 3n
n 0
266
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
a) Comparaison série-intégrale
S'il existe n 0 ∈ N et une application f : [n 0 ; +∞[−→ R continue par morceaux et décrois-
sante telle que (∀ n n 0 , u n = f (n)) , on pourra utiliser la comparaison série-intégrale,
qui donne :
+∞ +∞
+∞
∀ n n0, f f (k) f.
n+1 k=n+1 n
Exemple :
1
Soit α ∈]1; +∞[ ; puisque x −→ est continue et décroissante sur [1; +∞[,
xα
on obtient :
On obtient, par comparaison série- dx
+∞ +∞ dx
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
∀ n 1, Rn , c’est-à-dire :
n+1 x xα
éom é
Mo
n ie
r Algè
bre G
onier
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
sin n −1
1
• Comme 2 + −→ , on cherche, par exemple, un entier N tel que :
n n∞ 2
sin n −1
∀n N , 0< 2+ 0,6.
n
1 −1
A cet effet, il suffit que 2 − 0,6, c'est-à-dire N 3 .
N
• On a donc, pour tout n 2 :
+∞
(0,6)n+1
+∞
sin k −k
ni er A
lgèb
re Monie
r
Comparaison du reste de la série au 0 2+ (0,6)k = = 2,5 · (0,6)n .
k 1 − 0,6
Mo éom é
bre G
r Algè
k=n+1 k=n+1
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
1 1
Ainsi, pour que 0 Rn < · 10−6 , il suffit que 2,5 · (0,6)n < · 10−6 , c'est-à-dire
2 2
n 31.
267
Chapitre 4 • Séries
1
En particulier : 0 R31 · 10−6 .
2
31
sin k −k 1
≃ 0,809509 à · 10−6 près à la calculette.
• S31 = 2+
k 2
k=1
+∞
sin n −n
• On conclut : 2+ ≃ 0,809509 à 10−6 près.
n
n=1
u est alternée
n
n 0
u n −→ 0
n∞
(|u n |)n∈N décroît.
+∞
On a vu (4.3.5 p. 250) qu'alors, pour tout n de N , la somme S = u k est comprise entre les
k=0
sommes partielles Sn et Sn+1 , d'où : |Rn | = |S − Sn | |Sn+1 − Sn | = |u n+1 |.
Rn
Sn S Sn + 1
⺢
un + 1
Proposition
Si la série réelle u n relève du TSCSA, alors :
Résultat important. n 0
∀ n ∈ N, |Rn | |u n+1 |,
Cette Proposition sera aussi utilisée pour
montrer la convergence uniforme de +∞
certaines séries d'applications (voir
§ 5.2.1 Exemple 4)).
où Rn = u k est le reste d'ordre n.
k=n+1
Exemple :
(−1)n
Soit α ∈ R∗+ fixé. Puisque la série de Riemann alternée relève du TSCSA, on a :
nα
n 1
+∞
(−1)k 1
∀n ∈ N, .
k α (n + 1)α
k=n+1
268
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Exercice
4.3.22 Déterminer : 1
1
+∞
(−1)k ln (ln n)
b) lim
+∞
1 − 2 ln n n∞ k
.
a) lim k=n+1
n∞
k=n+1
k3
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Dans le cas des séries convergentes,ce 1) Cas des séries convergentes
sont les restes qui interviennent.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 1
Soient u n une série à termes dans E, vn une série à termes réels.
n 0 n 0
∀ n ∈ N, vn 0
u n converge
n 0
Si vn converge , alors +∞ +∞
n 0
u = o (v )
u k = o vk .
n n n∞
n∞ k=n+1 k=n+1
Preuve
lgèb
re Monie
r
On revient à une définition de limite par Soit ε > 0. Puisque u n = o (vn ), il existe N ∈ N tel que : ∀n N , ||u n || εvn .
n∞
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
les ε .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
D'après le théorème de majoration, u n est absolument convergente, donc convergente (puisque E est
tr i e
Géomé
n>N
complet, cf. 4.3.2 Théorème p. 244) et, pour tout n de N tel que n N :
+∞
+∞
+∞
+∞
u k
||u k || εvn = ε vn ,
k=n+1 k=n+1 k=n+1 k=n+1
+∞
+∞
ce qui montre : un = o 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
vn .
n∞
k=n+1 k=n+1
Proposition 2
Soient u n une série à termes dans E, vn une série à termes réels.
n 0 n 0
∀ n ∈ N, vn 0
u n converge
n 0
vn converge
Si n 0 , alors +∞
+∞
u =
u k = O vk .
O (vn )
n n∞
n∞ k=n+1 k=n+1
269
Chapitre 4 • Séries
Preuve
Analogue à celle de la Proposition 1. 䊏
Proposition 3
Soient un , vn deux séries à termes réels.
n 0 n 0
∀ n ∈ N, vn 0
u n converge
n 0
Si vn converge , alors +∞ +∞
n 0
uk ∼ vk .
u n ∼ vn
n∞
n∞ k=n+1 k=n+1
Preuve
+∞
+∞
Mo
n ie
rA lgèb
re Monie
éom é
r
Application de la Proposition 1 à u n ∼ vn ⇐⇒ u n − vn = o (vn ) ⇒ (u k − vk ) = o vk
n∞ n∞ n∞
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
(u n − vn ) et vn . k=n+1 k=n+1
éom
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
n 0 n 0 +∞
+∞
+∞
⇐⇒ uk − vk = o vk
n∞
k=n+1 k=n+1 k=n+1
+∞
+∞
⇐⇒ uk ∼ vk . 䊏
n∞
k=n+1 k=n+1
+∞
1
Exemple : Trouver la partie principale de lorsque n tend vers l'infini.
k=n+1
k2 + sin k
+∞ +∞
1 1
La Prop. 2 s'applique, d'où ∼ . D'autre part, par comparaison
k 2 + sin k n∞ k 2
k=n+1 k=n+1
+∞ +∞
1 1 1 1
série-intégrale, on obtient 2
∼ , et, finalement : ∼ .
k=n+1
k n∞ n
k=n+1
k 2 + sin k n∞ n
Proposition 1
Dans le cas des séries divergentes, ce
Soient u n une série à termes dans E, vn une série à termes réels.
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
Géomé
tr i e
interviennent. n 0 n 0
∀n ∈ N, vn 0
n n
vn diverge
Si n 0 , alors uk = o vk .
n∞
k=0 k=0
u n = o (vn )
n∞
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
r
éom é
Il s’agit, pour l’essentiel, de la même Preuve
méthode que celle utilisée pour étudier
n ie
Mo
onier
étr ie M
Soit ε > 0. Puisque u n = o (vn ), il existe N ∈ N tel que : ∀ n > N, ||u n || εvn .
éom
G
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
Géomé
tr i e
N
n
N
n
||u k || + ε vk = (||u k || − εvk ) + ε vk .
k=0 k=N +1 k=0 k=0
270
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
N
n
Comme (||u k || − εvk ) est fixé (indépendamment de n) et que ε vk −→ +∞ (puisque vn
n∞
k=0 k=0 n 0
est divergente et à termes dans R+ , il existe N1 ∈ N tel que N1 N et que :
N
n
∀ n N1 , (||u k || − εvk ) ε vk .
k=0 k=0
n n
n
n
Finalement : ∀ n N1 , u k 2ε et donc uk = o
vk , vk . 䊏
n∞
k=0 k=0 k=0 k=0
Proposition 2
Soient un une série à termes dans E, vn une série à
n 0 n 0
termes réels.
∀n ∈ N, vn 0
n n
vn diverge
Si n 0 , alors uk = O vk .
n∞
u = k=0 k=0
n O (vn )
n∞
Preuve
Analogue à celle de la Proposition 1. 䊏
Proposition 3
Soient un , vn deux séries à termes réels.
n 0 n 0
∀n ∈ N, vn 0
n n
Si vn diverge
, alors
uk ∼
vk .
n 0 n∞
u ∼ v k=0 k=0
n n
n∞
Preuve
Analogue à celle de la Prop. 2 de 1) p. 269. 䊏
n
Exemple : Trouver la partie principale de k + (−1)k lorsque n tend vers l'infini.
k=1
n
n √
La Prop. 2 s'applique, d'où : k + (−1)k ∼ k.
n∞
k=1 k=1
n √
lgèb
re Monie
r 2 3
D'autre part, par comparaison série-intégrale, on obtient : k ∼ n 2, et finale-
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n∞ 3
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
k=1
tr i e
Géomé
n
2 3
ment : k + (−1)k ∼ n 2 .
n∞ 3
k=1
271
Chapitre 4 • Séries
Exercice-type résolu
Solution Conseils
Rappel :
a) 1) On dispose du développement limité en 0 : e x = 1 + x + O(x 2 ).
x2
Par définition de la notation O , il existe α ∈ ]0 ; +∞[ et C ∈ [0 ; +∞[ tels que : ex = 1 + x + + o(x 2 ).
x→0 2
∀ x ∈ [0 ; α], |O(x 2 )| C x 2 , d'où : e x − (1 + x) C x 2 .
272
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Solution Conseils
n n
e n+k − 1 + 1 C C C
1
Inégalité triangulaire.
2
=n 2 = .
k=1
n + k
k=1
n n n C
ne dépend pas de k.
n
1 n2
Ceci montre : Sn − n − −→ 0.
k=1
n + k n∞
En utilisant 2), on déduit :
n n
1 1
Sn − n = Sn − n − + −→ 0 + ln 2 = ln 2.
k=1
n+k k=1
n + k n∞
n n−1
1 1
= Sn − Sn−1 − 1 = e n+k − e n−1+k − 1
k=1 k=1
n n−2
1 1
e n+k − e n+k − 1 −→ k − 1 dans la
= Changement d'indice k
k=1 k=0 deuxième sommation.
1 1 1
= e 2n−1 + e 2n − e n − 1. Les termes d'indices 1 à n − 2 se simpli-
fient deux par deux.
On forme des développements asymptotiques lorsque l'entier n tend vers l'infini :
1 1 1 1 1
e n =1+ + 2 + 3 +o 3 , Rappel :
n 2n 6n n
x2 x3
ex = 1 + x + + + o(x 3 ).
x→0 2 6
1 1 1 1 1
e 2n = 1 + + 2 + + o ,
2n 8n 48n 3 n3
1 1 1 1 1
e 2n−1 = 1 + + + + o
2n − 1 2(2n − 1)2 6(2n − 1)3 (2n − 1)3
−1 −2
1 1 1 1 1 1 −3 1
=1+ 1− + 2 1− + 1 − + o
2n 2n 8n 2n 48n 3 2n n3
1 1 1 1 1 1 1 Rappel, pour λ ∈ R fixé :
=1+ 1+ + 2 + 2 1+ + + o
2n 2n 4n 8n n 48n 3 n3 λ(λ − 1) 2
(1 + x)λ = 1 + λx + x
x −→ 0 2
1 1 1 1 1 1 1 1 1
=1+ + + + + + + o + o(x 2 ).
2n 4 8 n2 8 8 48 n 3 n3
1 3 13 1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
=1+ + 2 + +o 3 .
2n 8n 48n 3 n
On obtient :
vn − vn−1
1 3 13 1 1 1
= 1+ + 2 + + 1 + + +
2n 8n 48n 3 2n 8n 2 48n 3
1 1 1 1 1 1
− 1+ + 2 + 3 −1+o 3 = 3 +o 3 .
n 2n 6n n 8n n
1
On conclut : vn − vn−1 ∼ .
n∞ 8n 3
273
Chapitre 4 • Séries
Solution Conseils
1 Comparaison série/intégrale, cf. § 4.3.7 1) a)
b) L'application f : [0 ; +∞[ −→ R, x −→ f (x) = est décroissante et inté-
x3 Corollaire.
grable sur [1 ; +∞[, donc, pour tout n ∈ N : ∗
+∞ +∞ +∞
1 1 1
3
dx 3
3
dx.
n+1 x k=n+1
n n x
On calcule :
!+∞
+∞
1 x −2 1
dx = = .
n x 3 −2 n 2n 2
+∞
1 1 1
Comme dx = ∼ , on déduit, d'après l'encadrement : Les deux extrêmes de l'encadrement sont
n+1 x3 2(n + 1)2 n∞ 2n 2 ici équivalents entre eux et équivalents à
+∞
1 1 1
∼ . .
k 3 n∞ 2n 2 2n 2
k=n+1
1 1
3) Puisque vn − vn−1 ∼ > 0, et que la série est convergente, d'après
n∞ 8n 3 8n 3
n
le théorème de sommation des relations d'équivalence dans le cas des séries Cf. § 4.3.9 1) Proposition 3.
convergentes, on a :
+∞ +∞
1
(vk − vk−1 ) ∼ .
k=n+1
n∞
k=n+1
8k 3
N
(vk − vk−1 ) = v N − vn −→ −vn , Télescopage.
N∞
k=n+1
+∞
donc (vk − vk−1 ) = −vn .
k=n+1
+∞
1 1
D'autre part, d'après b) 2) : ∼ .
k=n+1
8k 3 n∞ 16n 2
1
On déduit : vn ∼ − , et on conclut :
n∞ 16n 2
1 1 1
1
Sn = n + ln 2 + vn = n + ln 2 − + o . vn = − + o .
16n 2 n2 16n 2 n2
Exercices
n n
4.3.23 Soient u n une série à termes dans R∗+ et, pour 1 2
Montrer : u k Sk ∼ S (où Sn = u k ).
n 1 n∞ 2 n
n k=1 k=1
n ∈ N∗ , Sn = u k . On suppose que u n diverge
k=1 n 4.3.25 Déterminer la partie principale (dans l'échelle des
et u n −→ 0. On note, pour n assez grand, n α, α ∈ R ) quand n tend vers l'infini, de
n∞
n
1 uk pq
vn = . Montrer : vn −→ 1. un = .
ln Sn Sk n∞ p+q
k=1 1 p,q n
4.3.24 Soient u n une série divergente à termes
n
dans R+ , telle que un −→ 0 .
n∞
lgèb
re Monie
r
On peut aussi considérer des suites
Théorème Théorème d'interversion des sommations, cas de R+
ni er A
Soit (u p,q )( p,q)∈N2 une suite double, c'est-à-dire une suite indexée par N2 , à termes
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
N × N∗ ,. . .
dans R+ .
• Pour tout p ∈ N, la série u p,q converge
q 0
Si
+∞
• La série u p,q converge
p0 q=0
• Pour tout q ∈ N, la série u p,q converge
p0
+∞
alors • La série u p,q converge
q 0 p=0
+∞
+∞ +∞ +∞
• u u
p,q = p,q .
p=0 q=0 q=0 p=0
Preuve
+∞
Supposons que, pour tout p ∈ N , la série u p,q converge, et que la série u p,q converge.
q 0 p0 q=0
+∞
+∞
Par hypothèse, pour tout p ∈ N, Sp
Notons, pour tout p ∈ N , Sp = u p,q et U= Sp .
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
existe, et U existe.
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
q=0 p=0
Mo
tr i e
Géomé
275
Chapitre 4 • Séries
+∞
Notons, pour tout q ∈ N : Tq = u p,q .
p=0
ier A
re Monie
lgèbre
Géom
é
r
Interversion des deux sommations u p,q = u p,q u p,q = Sp U .
d’indexation finies toutes les deux.
n
Mo
onier
étr ie M
onier
èbre M
n ier Alg
Mo
tr i e
Géomé
Q
Pour Q ∈ N fixé, en faisant tendre l'entier P vers l'infini, on déduit : Tq U.
q=0
Ceci montre que les sommes partielles de la série Tq , qui est à termes dans R+, sont majorées par U.
q 0
D'après le lemme fondamental, il en résulte que la série Tq converge et que sa somme, notée V, véri-
q 0
fie : V U.
n ie
r Algè
bre Mon
ie r
• En appliquant le résultat précédent à la suite double (u q, p )( p,q)∈N2 , on a aussi U V, d'où finalement
Échange des rôles de p et q.
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
U = V.
G
onier
䊏
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
alors
+∞ +∞
• Les séries u p,q et u p,q sont absolument convergentes
p0 q=0 q 0 p=0
+∞
+∞ +∞ +∞
• u p,q = u p,q .
p=0 q=0 q=0 p=0
Preuve
Supposons que, pour tout p ∈ N, la série u p,q est absolument convergente, et que la série
q 0
+∞
|u p,q | est convergente.
p0 q=0
• On peut appliquer le théorème d'interversion du § 1) à la suite double |u p,q | ( p,q)∈N2 . Il en résulte que,
pour tout q ∈ N, la série |u p,q | est convergente, c'est-à-dire que la série u p,q est absolument
p0 p0
+∞
convergente, donc convergente, et que la série |u p,q | est convergente.
q 0 p=0
276
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
De plus, puisque :
Utilisation du théorème de majoration
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
+∞ +∞
pour des séries à termes ∀ p ∈ N, u
n ie
Mo
p,q |u p,q |
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
+∞
tr i e
Géomé
∀ q ∈ N, u p,q
|u p,q |,
+∞
u p,q .
p=0 p=0
et
q 0 p=0
+∞
+∞
les séries u p,q et u p,q sont absolument convergentes, donc convergentes.
p0 q=0 q 0 p=0
• Soit Q ∈ N.
On a :
Q Q
+∞ +∞
+∞
+∞ +∞
+∞ +∞
+∞
u p,q − u
p,q =
u p,q − u
p,q =
u p,q .
q=0 p=0 p=0 q=0 p=0 q=0 p=0 q=0 p=0 q=Q+1
On peut appliquer le résultat du point précédent à la suite double (u p,q ) p0,q Q , puis utiliser le théorème
d'interversion dans R+ :
+∞ +∞ +∞ +∞ +∞
+∞
u p,q
|u p,q | = |u p,q | .
p=0 q=Q+1 p=0 q=Q+1 q=Q+1 p=0
+∞
Comme la série |u p,q | converge, son reste tend vers 0 :
q 0 p=0
+∞
+∞
|u p,q | −→ 0 .
Q∞
q=Q+1 p=0
Il en résulte :
Q
+∞ +∞
+∞
u p,q −→ u p,q ,
Q∞
q=0 p=0 p=0 q=0
et donc :
+∞
+∞ +∞
+∞
u p,q = u p,q . 䊏
q=0 p=0 p=0 q=0
On a, pour tout n ∈ N, en utilisant une série géométrique, dont la valeur absolue de la rai-
son est strictement inférieure à 1 :
1 2 2 e −(2n+1)a
= (2n+1)a =
Utilisation de : ch (2n + 1)a e +e −(2n+1)a 1 + e −2(2n+1)a
et + e−t
ch t =
2 +∞
+∞
q
+∞ = 2 e −(2n+1)a (−1)q e −2(2n+1)a = 2(−1)q e −(2n+1)(2q+1)a .
1
et de : = (−1)n u n q=0 q=0
1+u n=0
pour |u| < 1 .
Notons, pour tout (n,q) ∈ N2 : u n,q = 2(−1)q e −(2n+1)(2q+1)a .
277
Chapitre 4 • Séries
Pour tout n ∈ N, la série u n,q est absolument convergente, et (série géométrique) :
q 0
+∞
2 e −(2n+1)a
|u n,q | = ∼ 2 e −(2n+1)a 0 .
q=0
1 − e −2(2n+1)a n∞
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Mise en place des hypothèses du Comme la série géométrique 2 e −(2n+1)a converge, par théorème d'équivalence pour des
théorème de Fubini.
n ie
Mo
n 0
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
+∞
séries à termes dans R+, la série |u n,q | converge.
n 0 q=0
on obtient :
+∞
+∞ +∞
(−1)q
u n,q = ,
q=0 n=0 q=0 sh (2n + 1)a
et on conclut :
+∞
1 +∞
+∞ +∞
+∞ +∞
(−1)q +∞
(−1)n
= u n,q = u n,q = = .
n=0 ch (2n +1)a n=0 q=0 q=0 n=0 q=0 sh (2q + 1)a n=0 sh (2n + 1)a
Définition
Le contexte naturel d’utilisation du
Soient un , vn deux séries à termes dans K. On appelle
produit de Cauchy de deux séries est n 0 n 0
celui des séries entières, voir ch 6.
produit de Cauchy de u n et vn la série wn définie par :
n 0 n 0 n 0
n
∀n ∈ N, wn = u p vn− p = u p vq = u 0 vn + u 1 vn−1 + . . . + u n v0 .
p=0 p+q=n
Théorème
Si les séries numériques u n et vn sont absolument convergentes, alors leur
n 0 n 0
série produit de Cauchy wn est absolument convergente, et :
n 0
+∞
+∞
+∞
wn = un vn .
n=0 n=0 n=0
278
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Preuve
• On a, pour tout N ∈ N :
N N
n
N
n
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Présentation de l’indexation sous une |wn | =
u k vn−k
|u k | |vn−k | = |u p | |vq |
forme plus commode.
n ie
Mo
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
Géomé
tr i e
p+q N
N
N
+∞
+∞
|u p | |vq | = |u p | |vq | |u n | |vn | .
0 p N, 0q N p=0 q=0 n=0 n=0
q
N
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Dans le schéma, la partie en bleu foncé
correspond à l’indexation 0 p N,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
0 q N , p + q N, et la partie
tr i e
Géomé
O N p
Ceci montre que les sommes partielles de la série |wn |, qui est à termes dans R+, sont majorées.
n 0
D'après le lemme fondamental, la série |wn | est donc convergente.
n 0
Ainsi, la série wn est absolument convergente, donc convergente.
n 0
• On a, pour tout N ∈ N :
2N N N 2N
n N
N
w n − u n vn
=
u k vn−k − u n vn
n=0 n=0 n=0 n=0 k=0 n=0 n=0
= u p vq − u p vq = u p vq
0 p2N,0q 2N 0 p N, 0q N N +1 p+q 2N
p+q 2N
N
2N
2N
N
|u p | |vq | |u p | |vq | + |u p | |vq | .
N +1 p+q 2N p=0 q=N +1 p=N +1 q=0
lgèb
re Monie
r
Dans le schéma : q
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
tr i e
Géomé
l’indexation :
0 p N, 0 q N 2N
• la partie bleu foncé et bleu moyen
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
correspond à l’indexation :
0 p 2N , 0 q 2N ,
p + q 2N
• la partie bleu moyen et bleu clair
correspond à l’indexation : N
(0 p N , N + 1 q 2N )
ou
(N + 1 p 2N , 0 q N ) .
O N 2N p
279
Chapitre 4 • Séries
Ce dernier membre tend vers 0 lorsque l'entier N tend vers l'infini, puisque les séries |u p | et |vq |
p0 q 0
convergent.
Ceci montre :
2N
N
N
wn − un vn −→ 0.
N∞
n=0 n=0 n=0
N
+∞
N
+∞
Comme u n −→ u n et vn −→ vn , on déduit :
N∞ N∞
n=0 n=0 n=0 n=0
2N
+∞
+∞
wn −→ un vn .
N∞
n=0 n=0 n=0
Puisque la série wn est convergente, on conclut :
n 0
+∞
+∞
+∞
wn = un vn . 䊏
n=0 n=0 n=0
Corollaire
Formule fondamentale sur l’exponen-
tielle complexe. ∀(z,z ′ ) ∈ C2 , exp(z + z ′ ) = exp(z)exp(z ′ ).
Preuve
ni er A
lgèb
re Monie
r
zn
est absolument convergente, et sa somme est notée exp(z).
Mo
n!
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
n 0
tr i e
Géomé
Soit (z,z ′ ) ∈ C2 . D'après le théorème précédent, la série-produit wn des séries absolument conver-
n 0
z n z ′n
gentes et est absolument convergente et a pour somme exp(z)exp(z ′ ).
n! n!
n 0 n 0
n n
z k z ′n−k 1 k 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
Géom
é
r
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
+∞ +∞
1
d'où : exp(z)exp(z ′ ) = wn = (z + z ′ )n = exp(z + z ′ ) . 䊏
n!
n=0 n=0
Exercice-type résolu
Exemple de calcul d’une somme de série par utilisation d’une série double
+∞ +∞
ζ(n) 1
Existence et calcul de , où ζ désigne la fonction dzeta de Riemann : ζ :]1 ; +∞[ −→ R, s −→ ζ(s) = .
n=2
2n p=1
p s
280
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)
Solution Conseils
1
Notons, pour tout (n, p) ∈ N2 tel que n 2 et p 1 : u n, p = 0. On introduit une suite double
(2 p)n (u n, p )n2, p1 , de façon que l'expression
1 n
1 proposée dans l'énoncé corresponde à
• Soit p 1 fixé. La série géométrique converge, car < 1, +∞
2 p 2p
n 2 u n, p .
n 2 p=1
et on a :
1 2
2
+∞
1 n 1 n
+∞ +∞
1 1 1 1 Mise en facteur de dans la somme
u n, p = = = = . 2p
2 p 2 p 2 p (2 p)2 1 2 p(2 p − 1)
n=2 n=2 n=0 1− de la série géométrique.
2p
1 1
• Puisque ∼ 0, d'après l'exemple de Riemann (2 > 1 ) et le
2 p(2 p − 1) p∞ 4 p2
1
théorème d'équivalence pour des séries à termes réels 0, la série
p1
2 p(2 p − 1)
converge.
On a, pour tout N ∈ N∗ :
N N N N
1 1 1 1 1 Utilisation d'une décomposition en
= − = −
p=1
2 p(2 p − 1) p=1
2 p − 1 2 p p=1
2 p − 1 p=1
2 p éléments simples.
2N
N N 2N N
On présente les indices impairs à partir de
1 1 1 1 1 tous les indices en enlevant les indices
= − − = − .
q=1
q r=1
2r p=1
2 p q=1
q n=1
n pairs.
N
1 Introduction de la constante d'Euler, cf.
On sait : = ln N + γ + o (1), d'où :
n N∞ 4.3.7 2) Exemple, constante qui d'ailleurs
n=1
disparaîtra ensuite du calcul.
N
1
= ln (2N ) + γ + o(1) − ln N + γ + o(1) = ln 2 + o(1),
p=1
2 p(2 p − 1)
N
1
donc : −→ ln 2.
p=1
2 p(2 p − 1) N ∞
+∞
Ainsi, pour tout p 1 , la série u n, p converge, et la série u n, p
n 2 p1 n=2
converge et a pour somme ln 2.
D'après le théorème d'interversion des sommations, dans le cas de R+ , on déduit Cf. § 4.3.10 1) Théorème.
+∞
que, pour tout n 2, la série u n, p converge, que la série u n, p
p1 n 2 p=1
+∞
+∞ +∞
+∞
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
converge, et que : u n, p = u n, p = ln 2.
n=2 p=1 p=1 n=2
On conclut :
+∞
ζ(n)
= ln 2.
n=2
2n
281
Chapitre 4 • Séries
Séries doubles
+∞
• Pour établir qu’une somme de série convergente
α p est égale à une autre somme de série convergente
p=0
+∞
βq , on pourra essayer de faire intervenir une suite double (u p,q )( p,q)∈N2 , de façon que :
q=0
+∞ +∞
∀ p ∈ N, α p = u p,q et ∀q ∈ N, βq = u p,q
q=0 p=0
Exercices
4.3.26 Trouver un exemple de suite double réelle b) Pour ( p,q) ∈ (N∗ )2 , on note :
(u p,q )( p,q)∈N2 telle que :
1
• Pour tout p ∈ N, la série u p,q est absolument conver- si p = q
q 0
u p,q = p2 − q 2 .
gente 0 si p = q
+∞
+∞ +∞ +∞ +∞
• La série u p,q est convergente
p0 q=0
Montrer : u p,q = − u p,q = 0 .
q=1 p=1 p=1 q=1
• Pour tout q ∈ N, la série u p,q est absolument conver-
p0
gente Pour les exercices 4.3.30 et 4.3.31, on admettra que, pour
+∞ n
+∞ x
• La série u p,q est divergente. tout x de [−1; 1[ : = −ln(1 − x).
n
q 0 p=0 n=1
282
Problèmes
Montrer que, pour tout (x,y) de A2 tel que x y = yx , b) Montrer que le produit de la série semi-convergente
(−1)n
on a : par elle-même est une série convergente.
n
n 1
ex e y = e y ex = ex+y .
En particulier, pour tout x de A, ex est inversible dans A
et : (ex )−1 = e−x .
4.3.33 Soit u n une série réelle semi-convergente.
n 0
Montrer que, pour tout S de R , il existe une permutation ϕ
4.3.32 a) Montrer que le produit de la série semi-
(−1)n de N telle que la série u ϕ(n) converge et ait pour
convergente √ par elle-même est une série diver- n 0
n 1
n somme S.
gente.
Problèmes
P 4.1 Ensemble triadique de Cantor b) En déduire que C n'est pas dénombrable (on utilisera la
non-dénombrabilité de R ).
On note C0 = [0; 1] ,
1 2 3) Démontrer : ∀ p ∈ N − {0,1} , C + . . . + C = [0; p].
!
C1 = C0 − ; , % &' (
3 3 p termes
(On pourra commencer par les cas p = 2, p = 3).
1 2 7 8
C2 = C1 − ; ∪ ; ,
9 9 9 9
etc,
P 4.2 Nombres de Liouville
0 1
C0 1) Soient n ∈ N − {0,1} , α ∈ R − Q tel qu'il existe
0 1 2 1 P ∈ Z[X], de degré n, tel que P(α) = 0. Démontrer qu'il
C1 3 3 existe c ∈ R∗+ tel que :
0 1 2 1 2 7 8 1 p c
C2 9 9 3 3 9 9 ∀( p,q) ∈ Z × N∗ , α − > n .
q q
C3
... Ainsi, les nombres algébriques non rationnnels sont mal approchés par les
$ rationnels.
C= Cn , appelé ensemble (triadique) de Cantor.
n∈N 2) Soit (u n )n 1 une suite à termes dans Z , bornée et non
+∞
Autrement dit, C est l’ensemble des nombres de [0; 1] admettant un stationnaire sur 0 ; on note L = u n 10−n ! .
développement triadique ne comportant que des 0 ou 2. n=1
On sait (cf. exercice 1.3.6 p. 66) que C est un compact Dans l’écriture décimale de L, les chiffres non nuls se raréfient.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
◦
de R et que C = ∅ .
Montrer que L est transcendant, c'est-à-dire qu'il n'existe
1) Montrer que l'application ϕ qui, à tout élément
aucun polynôme P de Z[X] − {0} tel que P(L) = 0. Par
+∞
∗ +∞
a = (an )n 1 de {0,2}N , associe an 3−n est une bijec-
exemple, 10−n ! est transcendant.
n=1
∗ n=1
tion de {0,2}N sur C .
P 4.3 Probabilité pour que deux entiers 1
2) a) Montrer que l'application f qui, à tout x de C , asso- soient premiers entre eux
+∞
cie an 2−n−1 , où (an )n 1 = ϕ −1 (x), est une surjection Il s’agit dans ce problème P 4.3 de calculer la probabilité pour que deux entiers
qn
n=1 1 soient premiers entre eux, c’est-à-dire ici, la limite de lorsque n tend
n2
de C sur [0; 1]. vers l’infini.
283
Chapitre 4 • Séries
Pour n ∈ N∗ , on note qn le nombre de couples (u,v) de Il est commode,pour la suite de l’étude,d’exclure le cas où Pn tend vers 0 quand
n tend vers l’infini.
(N∗ )2 tels que u n, v n, pgcd (u,v) = 1. +∞
1) Montrer Si c'est le cas, cette limite est notée zn .
n 2 n 2 n=0
2
qn = n − E + E − ..., Analogue à : si une série
u n converge, alors u n tend vers 0 lorsque n tend
p1
p1 p1 < p2
p1 p2
vers l’infini. n 0
où les sommes sont indexées sur les nombres premiers
2.
1) a) Montrer que, si un produit infini z n converge,
2) Soit µ : N∗ −→ Z la fonction de Möbius, définie par : n 0
alors z n −→ 1.
n∞
µ(1) = 1,
µ( p1 · . . . · pr ) = (−1)r si r ∈ N∗ et p1 ,. . . , pr sont b) Examiner la réciproque de a).
µ(n) = 0 sinon.
On essaie de ramener une étude de produit infini à une étude de série.
284
Problèmes
n=0
si p = +∞, alors q = 1.
1) Soit p ∈]1; +∞[. On pourra utiliser ici les résultats de 2) Montrer que ℓ2 est complet. Ainsi, ℓ2 est un espace de
Hilbert.
l'exercice 1.1.8 p. 10.
285
Chapitre 4 • Séries
• ∀ n ∈ N, u n =< en ,u > Soit (E,||.||) un K -evn complet. Soient (u n )n∈N une suite
+∞
réelle décroissante de limite 0, et (vn )n∈N une suite dans
• u= < en ,u > en . E , à sommes partielles bornées, c'est-à-dire telle qu'il exis-
n=0 te M ∈ R+ tel que :
4) Un exemple d'endomorphisme f de ℓ2 admettent un
q
adjoint et tel que Im( f ) = (Ker( f ∗ ))⊥ et Im( f ∗ ) =
2
∀( p,q) ∈ N , q p + 1 ⇒
M .
vk
(Ker( f ))⊥ (cf. P 1.4 4) p. 98). k= p+1
286
Suites et séries CHAPITRE 5
d’applications
Plan Introduction
5.1 Suites L’étude des suites et des séries d’applications est au cœur du programme
d’applications 288 d’analyse des classes préparatoires scientifiques. Une première approche de
Exercices 291, 296, la notion de suite d’applications a été faite dans le § 2.3.2 en vue de la
299, 301, 304 construction de l’intégrale d’une application continue par morceaux sur un
segment.
5.2 Approximation Nous étudions d’abord les suites de fonctions (convergence simple, conver-
des fonctions gence uniforme), puis l’approximation d’une fonction continue sur un seg-
d’une variable
ment par des polynômes, et enfin les séries de fonctions (convergence
réelle 307
simple, convergence absolue, convergence uniforme, convergence normale).
Exercices 307, 309
Les théorèmes relatifs à la convergence uniforme permettent d’obtenir des
propriétés de régularité, surtout pour la somme d’une série de fonctions.
5.3 Séries
d’applications 314 On peut par ailleurs déterminer certaines limites d’intégrales grâce au théo-
Exercices 324, 329, rème de convergence dominée.
334, 340, 344
Objectifs
• Mise en place des diverses notions de convergence pour les suites ou les
séries de fonctions
• Énoncé de théorèmes permettant d’obtenir des propriétés de la limite
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
287
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Pour étudier la convergence simple Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
d’une suite d’applications
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
C.S.
On peut noter f n −−→ f pour exprimer que ( f n )n∈N converge simplement vers f
n∞
(sur X).
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Définition de la convergence simple Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, Y une partie non vide de X,
f ∈ E Y . On dit que ( f n )n∈N converge simplement vers f sur Y si et seulement si
bre G
r Algè
de la suite d’applications
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Définition 2
Dans la définition de la convergence Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
uniforme, l’entier N ne doit pas
dépendre de x . 1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge uniformément vers f (sur X) si et seu-
lement si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀x ∈ X, (n N ⇒ || f n (x) − f (x)|| ε).
C.U.
On peut noter f n −−→ f pour exprimer que ( f n )n∈N converge uniformément vers f
n∞
(sur X).
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Addition et multiplication par une Remarque : On montre facilement :
constante.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
C.U.
f n −−−→ f
n∞
C.U.
C.U. ⇒ λ f n + gn −−−→ λ f + g.
gn −−−→ g
n∞
n∞
λ∈K
288
5.1 • Suites d’applications
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Définition de la convergence uniforme Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, Y une partie non vide de X,
de la suite d’applications
n ie
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Proposition 1
r
re Monie
lgèb
C.U. ⇒ C.S.
n ier A
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Proposition 2
Proposition très utile en pratique. Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications et f ∈ E X . Pour que ( f n )n∈N
C.S.
Ayant montré f n −→ f , pour étudier converge uniformément vers f sur X, il faut et il suffit que :
n∞
la convergence uniforme de ( f n )n vers il existe N1 ∈ N tel que, pour tout n N1 , f n − f soit bornée
f, on forme f n − f pour n ∈ N , et on
regarde si || f n − f ||∞ −−→ 0.
n∞
|| f n − f ||∞ −→ 0 .
n∞
Rappelons que, pour ϕ ∈ E X bornée, on note ||ϕ||∞ = Sup ||ϕ(x)||. À ne pas confondre avec
x∈X
l’application ||ϕ|| : X −→ R
x−→||ϕ(x)||
Corollaire
r
re Monie
lgèb
er A
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
uniformément vers f sur X et si, pour tout n de N, f n est bornée sur X, alors f est bor-
née sur X.
Proposition 3
Rappelons (cf. 2.1.4 Prop. 3) que Soient ( f n )n∈N une suite d'éléments de B(X; E) et f ∈ B(X; E).
l'ensemble B(X; E) des applications Pour que ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur X, il faut et il suffit que :
bornées de X dans E est un K-ev et que
l'application || f n − f ||∞ −−→ 0.
||.||∞ : B(X; E) −→ R, n∞
définie par
|| f ||∞ = Sup || f (x)|| ,
x∈X
est une norme sur B(X; E).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Exercice-type résolu
Étudier convergence simple et convergence uniforme pour la suite d'applications ( f n : [0 ; +∞[ −→ R)n∈N définie par :
nx 2 + x 3
∀ n ∈ N, ∀ x ∈ [0 ; +∞[, f n (x) = .
1 + n3 x 4
289
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Solution Conseils
1) Convergence simple :
Soit x ∈ [0 ; +∞[ fixé.
nx 2 + x 3 nx 2 1
Si x = 0, on a : f n (x) = ∼ = 2 2 −→ 0. Recherche d'un équivalent simple de f n (x)
1 + n 3 x 4 n∞ n 3 x 4 n x n∞ pour x fixé et n tendant vers l'infini.
Si x = 0, on a : f n (x) = 0 −→ 0.
n∞
C.S.
On conclut : f n −→ 0 sur [0 ; +∞[.
n∞
2) Convergence uniforme :
Soit n ∈ N∗ fixé.
Pour x ∈ [0 ; +∞[, séparons l'étude en deux cas selon la position de n 3 x 4 par rap- L'étude des variations de f n , pour n fixé,
port à 1 au vu du dénominateur 1 + n 3 x 4 dans f n (x). paraît compliquée car, après calcul, le signe
1 de f n′ (x), pour x ∈ [0; +∞[, n'apparaît pas
• Si 0 x 3/4 , alors n 3 x 4 1, donc : clairement.
n
1 2 1 3 1 1 nx 2 + x 3
0 f n (x) nx 2 + x 3 n 3/4 + = 1/2 + 9/4 . On majore la fraction
1 + n3 x 4
en mino-
n n 3/4 n n
1 rant le dénominateur par 1.
• Si x 3/4 , alors :
n
nx 2 + x 3 1 1 1 1 1 1 nx 2 + x 3
0 f n (x) = 2 2 + 3 + = 1/2 + 9/4 . On majore la fraction en mino-
n3 x 4 n x n x 1 1 n n 1 + n3 x 4
n 2 3/2 n 3 3/4 rant le dénominateur par n 3 x 4 .
Ceci montre : n n
1 1
∀ n ∈ N∗ , ∀ x ∈ [0 ; +∞[, 0 f n (x) + 9/4 .
n 1/2 n
1 1
Il en résulte que, pour tout n ∈ N∗ , f n est bornée et que || f n ||∞ + 9/4 ,
n 1/2 n
donc || f n ||∞ −→ 0. Utilisation de la caractérisation de la
n∞
convergence uniforme d'une suite
C.U.
On conclut : f n −→ 0 sur [0 ; +∞[. d'applications ( f n )n vers une application f,
n∞
en faisant intervenir || f n − f ||∞ .
Remarquons que, comme, pour l'étude de la convergence uniforme on a formé
|| f n ||∞ , il était préalablement nécessaire d'étudier la convergence simple, afin de
connaître f, ici f = 0, même si, après coup, le résultat sur la convergence unifor-
me contient celui sur la convergence simple.
290
5.1 • Suites d’applications
Exercices
5.1.1 Etudier (convergence simple, convergence unifor- 5.1.2 Soient X,Y deux ensembles non vides, ϕ : X −→ Y
me) les suites d'applications suivantes : une application, ( f n : Y −→ E)n∈N une suite d'applica-
nx tions, f : Y −→ E une application. On suppose :
a) f n : R −→ R , f n (x) =
1 + n2 x 2 C.U. C.U.
f n −−−→ f. Montrer : f n ◦ ϕ −−−→ f ◦ ϕ.
n∞ n∞
nx 3
b) f n : R −→ R , f n (x) =
1 + nx 2 5.1.3 a) Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applica-
1 tions, f : X −→ E une application, F un K -evn,
c) f n : R −→ R , f n (x) =
1 + (x + n)2 C.U.
g : E −→ F une application. On suppose f n −−−→ f et
xn −1 n∞
d) f n : R+ −→ R , f n (x) = g uniformément continue sur E .
xn + 1
C.U.
1 − xn Montrer : g ◦ f n −−−→ g ◦ f.
e) f n : [0; 1] −→ R , f n (x) = n∞
1 + x 2n
b) Le résultat précédent reste-t-il vrai si on remplace l'hy-
x
f) f n : R+ −→ R , f n (x) = ln 1 + pothèse d'uniforme continuité par celle de continuité ?
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
n
x
f n (x) = sin x + 4π 2 n 2 − 5.1.4 a) Soient X,Y deux ensembles non vides,
g) f n : R+ −→ R,
4nπ ( f n : X −→ C)n∈N , (gn : Y −→ C)n∈N deux suites d'ap-
πx plications, f : X −→ C , g : Y −→ C deux applications.
h) f n : [0; 2] −→ R , f n (x) = n(1 − x)n sin
2 On note f ⊗ g : X × Y −→ C , et de même pour f n ⊗ gn .
2 −nx
(x,y)−→ f (x)g(y)
nx e
si x = 0 C.U. C.U.
i) f n : R −→ R, f n (x) = (1 − e−x )2 On suppose f n −−−→ f, gn −−−→ g et f et g bornées.
n∞ n∞
0 si x = 0 C.U.
Montrer : f n ⊗ gn −−−→ f ⊗ g .
n n∞
xk
j) f n : R −→ R , f n (x) = e−x . b) Le résultat précédent reste-t-il vrai si on supprime l'hy-
k! pothèse : f et g bornées ?
k=0
291
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
5.1.5 Soit f ∈ RR ; montrer que la suite Pour chaque n de N∗, on note f n : [0; 1] −→ R .
(gn : R −→ R)n 1 définie par : x −→ n k x n f (x)
Montrer que ( f n )n converge uniformément vers 0 sur
( f (x))2
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, gn (x) = , [0; 1].
1
( f (x))2 +
n
5.1.10 a) Soient n ∈ N , f : [0; 1] −→ R de classe C n+1 .
converge uniformément vers | f | sur R .
α) Montrer qu'il existe Pn ∈ Rn [X] tel que :
5.1.6 Soit ( f n : X −→ R)n une suite d'applications
Théorème
Ce théorème, s’il applique, permet de Soient a ∈ X , ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
permuter lim et lim .
x→a n∞ • pour tout n de N, f n admet une limite ln en a
Si ,
• ( f n )n converge uniformément sur X vers une application notée f
•
la suite (ln )n converge dans E
alors • f admet une limite en a
• lim f = lim ln .
a n∞
292
5.1 • Suites d’applications
re Monie
r
Preuve
lgèb
ni er A
Mo
1) Montrons que (ln )n est de Cauchy dans E . Soit ε > 0. Puisque ( f n )n converge uniformément sur
éom é
bre G
r Algè
n ie
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
ε
∀n ∈ N, ∀x ∈ X, n N ⇒ || f n (x) − f (x)|| .
2
f q (x) .
Mo
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
pN
Ceci montre : ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ ||l p − lq || ε ,
qN
et donc (ln )n est de Cauchy dans E .
2) Puisque E est de dimension finie, donc complet (cf. 1.4.2 Théorème 2), (ln )n converge dans E vers un
élément noté l.
3) Montrons maintenant : f (x) −−−→ l .
x→a
Soit ε > 0. Puisque ( f n )n converge uniformément vers f, il existe N1 ∈ N tel que
ε ε
∀x ∈ X, ∀n ∈ N, n N1 ⇒ || f n (x) − f (x)||
r
re Monie
.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
3
Mo
3
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
ε
Puisque ln −−−→ l, il existe N2 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, n N2 ⇒ ||ln − l|| .
n∞ 3
Notons N ′ = pge(N1 ,N2 ) ; puisque f N ′ −−−→ l N ′ , il existe un voisinage V de a dans F tel que :
a
ε
∀x ∈ X ∩ V, || f N (x) − l N || .
′ ′
3
On a alors :
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Entre f (x) et l , on intercale f N ′ (x) ∀x ∈ X ∩ V, || f (x) − l|| || f (x) − f N ′ (x)|| + || f N ′ (x) − l N ′ || + ||l N ′ − l||
et l N ′ .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
ε ε ε
+ + = ε.
3 3 3
Ceci montre : f (x) −−−→ l . 䊏
x→a
Théorème
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Preuve
1ère méthode
Ce théorème est une conséquence directe du théorème de 5.1.2 p. 292, puisque, si f n est continue en a,
alors lim f n = f n (a).
a
293
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
ε
∀x ∈ X, ∀n ∈ N, n N ⇒ || f n (x) − f (x)|| .
3
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
r
éom é
L’idée d’intercaler,entre f (x) et f (a) D'où, pour tout x de X ∩ V,
Mo
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
Géomé
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r C.S.
Si les f n sont continues,si f n −→ f et
Remarque : Par contraposition, le théorème précédent permet, dans certains exemples, de
montrer la non-convergence uniforme.
bre G
r Algè
n ie
n∞
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
Géomé
tr i e
Corollaire 1
ni er A
lgèb
re Monie
r
La limite uniforme d’une suite de Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
Mo
éom é
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
,
tr i e
Géomé
Si
• ( f n )n∈N converge uniformément sur X vers une application notée f
Il arrive souvent qu'il n'y ait pas convergence uniforme sur X, mais qu'il y ait convergence uni-
forme sur certaines parties de X. D'où la définition suivante.
Définition
La convergence locale uniforme sur X Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N
n’entraîne pas la convergence uniforme converge localement uniformément vers f sur X si et seulement si ( f n )n∈N conver-
sur X , comme le montre l’exemple :
ge uniformément vers f sur toute partie compacte de X.
X = [0; 1[,
f n : x −→ x n , n ∈ N .
Rappelons (cf. 1.3.2 Théorème 2) que, puisque F est de dimension finie, les parties compactes
de F sont les parties fermées bornées de F ; et les parties compactes de X sont les parties com-
pactes de F incluses dans X.
Mo
ni er A
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
En particulier, le cas où X est un Corollaire 2
intervalle I de R étant le plus fréquent
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
( f n : I −→ E)n∈N converge
localement uniformément sur I si et • pour tout n de N, f n est continue sur I
seulement si,pour tout (a,b) de I 2 tel
que a b , ( f n )n∈N converge
Si • ( f n )n converge localement uniformément sur I , vers une application ,
uniformément vers f sur [a; b] . notée f : I −→ E
Résultat utile en pratique. alors f est continue sur I .
Preuve
D'après le Corollaire 1, pour tout segment [a; b] inclus dans I, la restriction f est continue sur
[a;b]
[a; b].
294
5.1 • Suites d’applications
Supposons par exemple I =]α; +∞[, α ∈ R (les autres cas d'intervalles se traitent de façon analogue).
Pour tout x0 de I, il existe (a,b) ∈ R2 tel que : α < a < x0 < b. Comme f est continue en x0
[a;b]
et que [a; b] est un voisinage de x0 dans R , il en résulte que f est continue en x0 . 䊏
Ainsi la convergence locale uniforme peut permettre le transfert de propriétés locales (continui-
té ci-dessus, classe C 1 plus loin, sous certaines conditions, 5.1.5 Cor. 1 p. 300).
Proposition
Rappels de notation : Si X est une partie compacte de F, alors C(X,E) est un sev fermé de B(X; E) muni
• B(X,E) est l’ensemble des appli- de ||.||∞ .
cations bornées de X dans E .
• C(X,E) est l’ensemble des appli-
cations continues de X dans E . Preuve
Puisque X est compact, toute application continue de X dans E est bornée, donc :
C(X,E) ⊂ B(X; E) .
Exercice-type résolu
Soient I un intervalle de R, ( f n : I −→ R)n∈N une suite d'applications continues sur I et convergeant uniformément sur I vers
une application f, (xn )n∈N une suite dans I convergeant vers un élément ℓ de I. Montrer : f n (xn ) −→ f (ℓ).
n∞
Solution Conseils
On a, pour tout n ∈ N :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
295
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Exercices
5.1.13 Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applica- d) Trouver un exemple de suite ( f n : R −→ R)n∈N
tions continues sur X, convergeant uniformément sur X convergeant simplement sur R vers une application
vers une application f : X −→ E, (u n )n une suite dans X f : R −→ R et telle que ( f n ◦ f n )n∈N ne converge pas
convergeant vers un élément l de X, et σ,τ : N −→ N simplement vers f ◦ f sur R .
deux extractrices. Montrer : f σ (n) (u τ (n) ) −−−→ f (l).
n∞
5.1.15 Généralisation du Corollaire 2 p. 294
5.1.14 Soit ( f n : R −→ R)n∈N une suite d'applications Soient E,F des evn de dimensions finies, X ∈ P (F),
convergeant uniformément sur R vers une application ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, f : X −→ E
f : R −→ R .
une application. Montrer que, si ( f n )n∈N converge locale-
a) Montrer que, si f est continue sur R , alors ment uniformément vers f sur X et si les f n sont continues
C.S.
f n ◦ f n −−−→ f ◦ f. sur X, alors f est continue sur X.
n∞
(On pourra utiliser l'exercice 5.1.13).
5.1.16 Etudier les convergences simple et uniforme de
b) Montrer que, si f est uniformément continue sur R ,
( f n )n 1 , où :
C.U.
alors f n ◦ f n −−−→ f ◦ f.
n∞ n
1
c) Le résultat de b) reste-t-il vrai si on remplace l'hypothè- ∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, f n (x) = (n 2 + k x )− 2 .
se de continuité uniforme de f par la continuité de f ? k=1
Théorème
Ce théorème, s’il s’applique, permet de Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a b , et ( f n : [a; b] −→ E)n∈N une suite d'applications.
b
permuter et lim . • pour tout n de N, f n est continue sur [a; b]
n∞ Si ,
• ( f n )n∈N converge uniformément sur [a; b] vers une application notée f
a
•
f est continue sur [a; b]
b
• la suite fn converge dans E
alors a n∈N
b b
• f = lim fn .
a n∞ a
296
5.1 • Suites d’applications
Preuve
La continuité de f est déjà acquise (cf. 5.1.3 Corollaire 1 p. 294).
On a, pour tout n de N :
b b b
f n (x) d x − f (x) d x =
( f n (x) − f (x)) d x
a a a
ni er A
lgèb
re Monie
r
b
Mo éom é
|| f n (x) − f (x)|| d x
bre G
r Algè
n ie
Mo
éom
étr ie M
onier
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
a
tr i e
Géomé
(b − a) f n − f ∞ .
b b
Comme || f n − f ||∞ −−−→ 0, on conclut : f n −−−→ f. 䊏
n∞ a n∞ a
Remarques :
1) La troisième partie de la conclusion du théorème précédent peut s'exprimer ainsi :
b b b
Proposition
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
On peut ainsi comparer 1) On a, pour toute f de C([a; b],K) :
Mo
√ √
onier
étr ie M
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
297
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
• Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b], alors ( f n )n∈N converge en
moyenne quadratique vers f.
• Si ( f n )n∈N converge en moyenne quadratique vers f, alors ( f n )n∈N converge en
moyenne vers f.
Preuve
1) • En appliquant l'inégalité de Cauchy-Schwarz à 1 (constante) et f :
b
2 b
b
Remarques :
r
1
−→ 0,
re Monie
|| f n ||1 =
lgèb
n + 1 n∞
onier
étr ie M
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
Géomé
tr i e
re Monie
r
2π
lgèb
f n = 0 −→ 0
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
n∞
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
0
Mo
Géomé
tr i e
2π
a = 0 , b = 2π , f n : [0; 2π] −→ R .
| f n | = 2n−→
/ 0. x−→n sin x n∈N
0 n∞
298
5.1 • Suites d’applications
• Si les applications f n : [a; b] −→ K sont continues et si ( f n )n converge simplement mais non uniformément sur
b
b
[a; b] vers une application f, il se peut que la suite fn diverge (ex. 5.1.18), ou converge vers f (ex.
a n a
b
5.1.17 a)), ou converge vers un élément différent de f (ex. 5.1.17 b)).
a
b
• Pour étudier une suite d’intégrales f n (x)dx , il n’est pas toujours nécessaire que soit évoquée la convergence
a
(notamment uniforme) de la suite de fonctions ( f n )n , cf. plus loin § 5.1.6.
Exercices
5.1.17 a) Montrer que la suite ( f n : [0; 1] −→ R)n∈N 5.1.18 Montrer que la suite ( f n : [0; 1] −→ R)n 2
définie par : définie par :
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1], f n (x) = nx n (1 − x) ∀n ∈ N − {0,1},
converge simplement et non uniformément, vers 0, et que :
1
1
(−1)n n 3 x si x ∈ 0;
n
f n (x) dx −−−→ 0 .
0 n∞ 2 1 2
f n (x) = (−1)n+1 n 3 x − si x ∈ ;
b) Montrer que la suite (gn : [0; 1] −→ R)n∈N définie
n n n
par :
2
0 si x ∈ ; 1
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1], gn (x) = n 2 x n (1 − x) n
converge simplement et non uniformément, vers 0, et que : converge simplement et non uniformément, vers 0, et que
1 1
Théorème
Soient (gn : I −→ E)n∈N une suite d'applications, a ∈ I.
• pour tout n de N, gn est continue sur I
Si • (gn )n∈N converge uniformément sur tout segment de I ,
vers une application notée g
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
•
g est continue sur I
en notant, pour n ∈ N, h n : I −→ E la primitive de gn sur I telle
•
alors que h n (a) = 0, (h n )n∈N converge uniformément sur tout segment
de I vers une application notée h
• h est la primitive de g sur I telle que h(a) = 0.
Preuve
D'après 5.1.3 Cor. 2 p. 294, g est continue sur I.
Notons h : I −→ E la primitive de g sur I telle que h(a) = 0 , c'est-à-dire h : I −→ xE .
x−→ a
g
299
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
éom é
r
Si a ∈
/ J , alors a < α ou β < a , et Soit J = [α; β] un segment de I ; on peut supposer a ∈ J. On a, pour tout x de J :
x x
bre G
x
r Algè
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
respectivement.
tr i e
||h n (x) − h(x)|| = g g g)
Géomé
n − =
(gn −
a a a
x
||gn − g|| |x − a| Sup ||gn (t) − g(t)||
a t∈|a;x|
Ceci montre que (h n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I vers h. 䊏
Corollaire 1
Soit ( f n : I −→ E)n∈N une suite d'applications.
•
pour tout n de N, f n est de classe C 1 sur I
•
( f n )n∈N converge simplement sur I vers une application notée f
Résultat utile en pratique. Dans les Si ,
′
exercices, le premier point de la • ( f n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I
conclusion est déjà souvent acquis par vers une application notée g
ailleurs.
•
( f n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I vers f
alors • f est de classe C 1 sur I
• f ′ = g.
Preuve
Soit a un point quelconque de I (il en existe au moins un) ; notons, pour n ∈ N , gn = f n′ et
h n = f n − f n (a) .
On peut alors appliquer le théorème précédent et déduire : g est continue sur I, (h n )n∈N converge uni-
formément sur tout segment de I vers une application h, et h est la primitive de g sur I telle que
h(a) = 0 .
Il s'ensuit que ( f n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I vers h + f (a) , d'où, puisque
C.S.
f n −−−→ f, f = h + f (a), et donc f est de classe C 1 sur I et f ′ = h ′ = g. 䊏
n∞
Corollaire 2
Soient ( f n : I −→ E)n∈N une suite d'applications, k ∈ N∗.
• pour tout n de N, f n est de classe C k sur I
(i)
• pour tout i de {0,. . . ,k − 1}, ( f n )n∈N converge simplement
Si sur I vers une application notée ϕi ,
• ( f (k) )
converge uniformément sur tout segment de I vers une
n n∈N
application notée ϕk
(i)
• pour tout i de {0,. . . ,k − 1}, ( f n )n∈N converge uniformément sur tout
segment de I vers ϕi
alors
• ϕ0 est de classe C k sur I
(i)
• pour tout i de {1,. . . ,k}, ϕ0 = ϕi .
300
5.1 • Suites d’applications
Exercice
• Il se peut que les f n soient intégrables sur I, que f le soit, mais que la suite fn ne
I n∈N
converge pas vers f (cf. exercice 5.1.21 p. 304).
I
Il nous faut donc renforcer les hypothèses, pour arriver à la conclusion que f soit intégrable sur I
et que f n −−−→ f. C'est l'objet du théorème suivant, que nous admettons.
I n∞ I
Remarque : L'hypothèse de domination ne peut pas être supprimée (cf. exercice 5.1.21
p. 304).
Exemples :
π
2
On peut aussi obtenir ce résultat 1) Montrer : sin n x dx −−−→ 0.
π 0 n∞
2 π
en calculant sinn tdt , appelée
0 Le théorème de convergence dominée s'applique ici, avec I = 0; , f n : x −→ sinn x ,
intégrale de Wallis, cf. Analyse MPSI,
2
§ 6.4.4. Exemple 1). π
0 si x ∈ 0;
2
f : x −→
1 si x = π , ϕ = 1 .
2
301
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
k n e −α
En vue d’utiliser le théorème de 2) Montrer, pour tout α ∈]0; +∞[ fixé : 1−α −−−→ .
convergence dominée,les applications f n k=1
n n∞ 1 − e −α
doivent avoir le même ensemble de
Notons, pour n ∈ N∗ , f n : [1; +∞[−→ R l'application définie par :
départ, d’où la construction des f n ci-
contre. E(x) n
1−α si 1 x < n + 1
f n (x) = n
E(x) est la partie entière de x .
0 si x n + 1.
Alors :
• Pour tout n de N∗, f n est continue par morceaux et intégrable sur [1; +∞[
• ( f n )n 1 converge simplement sur [1; +∞[ vers f : x −→ e−αE(x) car, pour tout x de
E(x) n
[1; +∞[, on a, dès que n E(x) , f n (x) = 1 − α
n
• f est continue par morceaux sur [1; +∞[
• ϕ = f est continue par morceaux, 0 , intégrable sur I (car, pour x 2,
0 ϕ(x) e−α(x−1) ), et, pour tout n de N∗, | f n | ϕ, car, pour n ∈ N∗ et x ∈ [1; n + 1[ :
E(x) n
| f n (x)| = 1 − α e−αE(x) = ϕ(x),
n
qui résulte de : ∀t ∈] − 1; +∞[, ln(1 + t) t .
Le théorème de convergence dominée s'applique, donc :
n
k n
1−α = f n −−−→ f.
n [1;+∞[ n∞ [1;+∞[
k=1
+∞
n+1 +∞
+∞ e−α
Enfin : f = e−αE(x) dx = e−αn dx = e−αn = .
[1;+∞[ 1 1 − e−α
n=1 n n=1
Proposition
Soit ( f n : I −→ K)n∈N une suite d'applications.
•
pour tout n de N, f n est continue et intégrable sur I
L’hypothèse « l’intervalle est borné » est Si • ( f n )n∈N converge uniformément sur I vers une application notée f ,
essentielle.
• I est borné
• f est continue et intégrable sur I
alors
• f n −−→ f.
I n∞ I
Preuve
1) La continuité de f sur I résulte de 5.1.3 Cor. 2 p. 294.
2) Puisque ( f n )n∈N converge uniformément sur I vers f, il existe N ∈ N tel que :
∀x ∈ I, | f N (x) − f (x)| 1,
re Monie
r
d'où : ∀x ∈ I, | f (x)| 1 + | f N (x)|.
lgèb
ni er A
Mo éom é
Comme f N est intégrable sur I et que x −→ 1 est intégrable sur I (car I est borné), il en résulte que f est
bre G
r Algè
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
intégrable sur I.
Géomé
3) On a, pour tout n de N :
fn − f = ( f n − f ) | f n − f | l(I )|| f n − f ||∞ ,
I I I I
où l(I ) est la longueur de l'intervalle borné I, et donc : f n −−−→ f. 䊏
I n∞ I
302
5.1 • Suites d’applications
Exercice-type résolu
Détermination d'un équivalent d'une intégrale dépendant d'un paramètre entier, par utilisation du théorème
de convergence dominée
1
f (x)
Soit f : [−1; 1] −→ R continue telle que f (0) = 0. Trouver un équivalent simple de In = dx lorsque l'entier n tend
1 + n2 x 2
vers l'infini. −1
Solution Conseils
D'abord, pour tout n ∈ N , In existe comme intégrale d'une fonction continue sur
∗
On s'assure de l'existence de In pour
un segment. n ∈ N∗ .
t
n f
1 n
On a, par le changement de variable t = nx : In = Jn , où Jn = dt. On transforme l'écriture de In de manière à
−n 1 + t
n 2
ramener la recherche d'un équivalent (de
In ) à la valeur d'une limite (de Jn ).
Notons, pour n ∈ N∗ : On va essayer d'appliquer le théorème de
convergence dominée. À cet effet, il faut
t
définir les fonctions sur un même intervalle
f n
fixe (indépendant de n), d'où l'artifice
f n : R −→ R, t −
→ si −n t n
1 + t2 consistant à prolonger la fonction
envisagée, connue sur [−n; n], par 0 en
0 si t < −n ou t > n. dehors de [−n; n].
• Pour tout n ∈ N , f n est continue par morceaux (car continue) sur R.
∗
Mise en place des quatre points de
l'hypothèse du théorème de convergence
t dominée.
f
n n assez grand signifie ici : n |t|.
• Soit t ∈ R. Pour n assez grand, on a t ∈ [−n; n], donc f n (t) = , et donc,
1 + t2
f (0)
comme f est continue en 0 : f n (t) −→ .
n∞ 1 + t 2
f (0)
Notons g : R −→ R, t −→ g(t) = .
1 + t2
C.S.
On a donc : f n −→ g.
n∞
+∞ +∞
f (0) ! "+∞ π π
Jn −→ g(t) dt = dt = f (0) Arctan t −∞ = π f (0). Arctan t → , Arctan t → − .
n∞ −∞ −∞ 1 + t
2 t→+∞ 2 t→−∞ 2
π f (0) 1
On a donc : Jn = π f (0) + o(1), d'où : In = +o .
n n
π f (0)
Comme f (0) = 0, on conclut : In ∼ . L'énoncé suppose f (0) = 0 de façon à
n∞ n pouvoir exprimer la conclusion à l'aide de
la notion d'équivalent.
303
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Étant donné une suite d’intégrales fn dont on cherche l’éventuelle limite, voir si ( f n )n converge simple-
I n
ment sur I vers une certaine application f, puis voir si ( f n − f ) −→ 0 par des majorations convenables (ex.
I n∞
5.1.24 a) à d), h), j)). Il peut être nécessaire de transformer ( f n − f ) par changement de variable, intégration
I
par parties, relation de Chasles…
• Pour appliquer le théorème de convergence dominée, s’attacher à montrer clairement que les hypothèses sont
réunies (ex. 5.1.24 a) à k), 5.1.25, 5.1.35).
• Pour trouver un équivalent simple d’une intégrale f n dans laquelle, a priori, l’intervalle et la fonction
In
dépendent de n (ex. 5.1.28), essayer par changement de variable, intégration par parties, relation de Chasles, etc,
de se ramener à une recherche de limite d’une suite d’intégrales sur un intervalle fixe.
π
2
• Le calcul des intégrales de Wallis : In = sin n x dx, n ∈ N , est très utile en analyse ; on a vu (cf. Analyse
0
MPSI, § 6. 4. 4 1)) que, pour tout p ∈ N , on a :
(2 p)! π (2 p p!)2
I2 p = , I2 p+1 = .
(2 p p!)2 2 (2 p + 1)!
π
De plus, on déduit (cf. § 4.3.7) : In ∼ (ex. 5.1.30) et la formule de Stirling :
n∞ 2n
n
n √
n! ∼ 2πn .
n∞ e
Exercices
5.1.20 Donner un exemple d'intervalle I et de suite 5.1.21 Donner un exemple d'intervalle I et de suite
( f n : I −→ R)n∈N∗ telle que : ( f n : I −→ R)n∈N∗ telle que :
• •
Pour tout n de N∗ , f n est intégrable sur I Pour tout n de N∗ , f n est intégrable sur I
• ( f n )n∈N∗ converge uniformément sur I
• ( f n )n∈N∗ converge uniformément sur I
vers une application notée f
vers une application notée f
• f est intégrable sur I
• f n −→
/ f.
• f n’est pas intégrable sur I . I n∞ I
304
5.1 • Suites d’applications
5.1.22 Donner trois exemples de suites d'applications de +∞ 1
R dans R , continues, bornées, intégrables et de carrés g) (x 2n + x n + 1)− n dx
0
intégrables, telles que : x
+∞ e− n
N1 ( f n ) −−−→ 0 / 0
N1 (gn )−→ h) dx
n∞
n∞ 0 1 + x2
/ 0
N2 ( f n )−→ N2 (gn ) −−−→ 0
n∞ n∞ +∞ 2
N∞ ( f n )−→ / 0
N∞ (gn )−→/ 0 i) e−x sinn x dx
n∞ n∞ 0
/ 0
N1 (h n )−→ 2
n∞ +∞ ne−x sin x
/ 0
N2 (h n )−→ j) dx
n∞ 0 1 + n2 x 2
N∞ (h n ) −−−→ 0. +∞ sinn x
n∞
k) dx.
−∞ x2
5.1.23 On note CB(R,C) l'ensemble des applications
continues bornées de R dans C , C0 (R,C) l'ensemble des 5.1.25 Etablir : ∀α ∈]0; +∞[ ,
applications continues de R dans C et de limite nulle en 1 1
x n
−∞ et +∞, K(R,C) l'ensemble des applications conti- x α−1 1 − dx −−−→ x α−1 e−x dx .
nues de R dans C nulles en dehors d'un segment (qui 0 n n∞ 0
dépend de l'application).
On munit l'algèbre B(R,C) des applications bornées de R 5.1.26 Soit f : ]0; 1] −→ C continue par morceaux,
1
dans C de la norme || · ||∞ . f (x)
intégrable sur ]0; 1]. Trouver lim dx.
a) Montrer : n∞ 0 1 + nx
1) CB(R,C) est une sous-algèbre de B(R,C)
2) K(R,C) et C0 (R,C) sont des idéaux de l'algèbre 5.1.27 Soit f : [−1; 1] −→ R continue.
1 #n
CB(R,C), c'est-à-dire :
x 2 + ( f (x))2
Trouver lim cos π dx .
K(R,C) = ∅ n∞ −1 1 + ( f (x))2
∀α ∈ C, ∀ f,g ∈ K(R,C), α f + g ∈ K(R,C)
∀ f ∈ K(R,C), ∀ϕ ∈ CB(R,C), f ϕ ∈ K(R,C) 5.1.28 Montrer :
n
et de même pour C0 (R,C). x n
a) 1+ 1− dx ∼ n
b) Montrer : 0 n n∞
1+ 1
1) CB(R,C) est fermé dans B(R,C) n √ C
2) C0 (R,C) est fermé dans B(R,C) b) 1 + x n dx ∼ , où C ∈ R∗ est à calculer
1 n∞ n
3) L'adhérence de K(R,C) dans B(R,C) est égale à +∞ √
dx π 2
C0 (R,C) c) ∼ .
0 (x 4 + 1)(x 2 + a 2 ) a→+∞ 4a 2
4) La boule unité fermée { f ∈ K(R,C); || f ||∞ 1} de
K(R,C) n'est pas compacte.
5.1.29 Soient f :]0; +∞[−→ R continue, décroissante,
c) Montrer que K(R,C) est dense dans intégrable sur ]0; 1], et (εn )n∈N une suite à termes dans R+
CL1 (R,C),|| · ||1 . convergeant vers 0.
n
1 k
Trouver lim f εn + .
5.1.24 Déterminer les limites, quand n tend vers +∞, de : n∞ n n
k=1
π
4
a) tann x dx 5.1.30 a) Montrer : ∀n ∈ N∗ ,
0
π √n
+∞ 1 2 1 t2 n
sin2n+1 x dx = √
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
b) dx 1− dt .
x n + ex 0 n 0 n
0
√n
+∞
+∞ xn t2 n 2
c) dx b) Montrer : 1− dt −−−→ e−t dt .
0 x n+2+1 0 n n∞ 0
c) On rappelle (formule de Wallis, cf. § 4.3.7 4)) :
+∞ xn
d) dx π
0 x 2n + 1 2
sin p x dx ∼
π
.
+∞ 0 p∞ 2 p
1
e) dx, p ∈]0; +∞[ fixé Retrouver ainsi la valeur de l'intégrale de Gauss :
0 (x p + 1)n
+∞ +∞ √
1 −t 2 π
f) dx e dt = .
0 1 + x 2 + x n e−x 0 2
305
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
f (x,t) = t x −√xt √
Montrer : 1+ √ e si t > − x .
n
+∞ x
αx n
1+ ϕ(x) dx −−−→ eαx ϕ(x) dx. b) α) Montrer : ∀x ∈ [1; +∞[ , ∀t ∈ [0; +∞[,
0 n n∞ 0
0 f (x,t) (1 + t)e−t .
b) En déduire : √
n
n β) Montrer : ∀x ∈ [0; +∞[ , ∀t ∈ [− x; 0],
x 1
1) ∀a ∈]1; +∞[, 1+ e−ax dx −−−→ t2
0 n n∞ a − 1 0 f (x,t) e− 2 .
n
x n bx 1
x
x √
2) ∀b ∈] − ∞; 1[ , 1− e dx −−−→ c) En déduire : Ŵ(x + 1) ∼ 2π x .
0 n n∞ 1 − b
n
n x→+∞ e
x
3) ∀c ∈]0; +∞[, 1− x c−1 dx −−−→ Ŵ(c) . Cette formule généralise la formule de Stirling vue dans le
n
0 n n∞
n √
§ 4.3.7 4), n! ∼ 2πn.
n∞ e
5.1.32 a) On note, pour n ∈ N∗ :
1
5.1.35 Formule de Gauss pour la fonction Ŵ
1 x n
In = 1− 1− dx a) Montrer :
0 x n n
t n x−1
∀x ∈]0; +∞[, 1− t dt −−−→ Ŵ(x).
n x n1 0 n n∞
et Jn = 1− dx .
1 n x b) En déduire la formule de Gauss :
α) Montrer : n x n!
1 1 −1 ∀x ∈]0; +∞[, Ŵ(x) = lim .
1 − e−x e x n∞ x(x + 1) . . . (x + n)
In −−−→ dx et Jn −−−→ dx .
n∞ 0 x n∞ 0 x
5.1.36 Formule de Weierstrass pour la fonction Ŵ
n
1 Etablir :
β) Montrer : ∀n ∈ N∗ , In − Jn = − ln n.
k n
k=1 1 x x
1 1 ∀x ∈]0; +∞[, = xeγ x lim 1+ e− k .
1 − e−x − e− x Ŵ(x) n∞
k=1
k
b) En déduire : dx = γ,
0 x
γ constante d'Euler. (Utiliser la formule de Gauss, exercice 5.1.35).
306
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle
Théorème 1
Le théorème de Riemann-Lebesgue Pour toute application f : [a; b] −→ E continue par morceaux, il existe une suite
(exercices 5.2.1 et 5.2.2) est l’application (en : [a; b] −→ E)n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant uniformé-
la plus utile de ce théorème.
ment vers f sur [a; b].
Théorème 2
Pour toute application f : [a; b] −→ E continue, il existe une suite
(ϕn : [a; b] −→ E)n∈N d'applications affines par morceaux et continues convergeant
uniformément vers f sur [a; b].
Exercices
5.2.1 Théorème de Riemann-Lebesgue sur un segment 5.2.2 Théorème de Riemann-Lebesgue sur un intervalle
Soit f : [a; b] −→ C continue par morceaux. Soient I un intervalle de R , f : I −→ C continue par
b morceaux et intégrable sur I.
Montrer : f (t)eixt dt −−−→ 0. Montrer : f (t)eixt dt −−−→ 0.
a x→+∞ x→+∞
I
(Utiliser l'exercice 5.2.1).
Remarques :
1) Le lecteur trouvera trois démonstrations du 1er théorème de Weierstrass, dans les exercices
5.2.21 à 5.2.23 p. 311.
2) Le 1er théorème de Weierstrass peut s'exprimer par : l'ensemble des applications polyno-
miales de [a; b] dans K est dense dans C([a; b]; K) muni de || · ||∞.
Ainsi, une suite d’applications de classe 3) Puisque toute application polynomiale de [a; b] dans K est de classe C ∞, on déduit du
C ∞ peut converger uniformément vers 1er théorème de Weierstrass le résultat suivant :
une application continue mais qui n’est Toute application continue de [a; b] dans K est limite uniforme sur [a; b] d'une suite d'ap-
pas elle-même de classe C ∞ .
plications de classe C ∞ sur [a; b].
307
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
4) La convergence uniforme sur tout segment J d'un intervalle I n'entraîne pas, en général,
la convergence uniforme sur I, même pour une suite de polynômes, cf. exercice 5.2.3.
5) La convergence uniforme sur un segment, [−1; 1] par exemple, ne permet pas de déduire
une convergence uniforme sur un intervalle contenant strictement [−1; 1], cf. exercice 5.2.4.
6) Le premier théorème de Weierstrass peut être interprété en terme de densité, cf. exercice
5.2.15.
Corollaire b
Ce résultat,qui n’est pas explicitement au Soit f : [a; b] −→ K continue. Si, pour tout n de N, x n f (x) dx = 0 , alors
programme, se rencontre souvent f = 0. a
comme exercice.
Preuve
D'après l'hypothèse et puisque tout polynôme est combinaison linéaire de monômes, on a, pour tout poly-
b
nôme P : P(x) f (x) dx = 0.
a
D'après le 1er
théorème de Weierstrass, il existe une suite (Pn )n∈N de polynômes convergeant uni-
formément sur [a; b] vers f. On a, pour tout n de N :
b b
0 | f (x)|2 dx = f (x) − Pn (x) f (x) dx (b − a)|| f − Pn ||∞ || f ||∞ .
a a
b
Comme || f − Pn ||∞ −−−→ 0, on déduit | f (x)|2 dx = 0 , d'où, puisque f est continue sur [a; b],
n∞ a
f = 0. 䊏
Exercice-type résolu
n=0 0
Établir que, pour tout a ∈ ]0; 1[, Na est une norme sur E.
Solution Conseils
Soit a ∈ ]0; 1[.
1
• Soit f ∈ E. On a : ∀ n ∈ N, 0 a n t n f (t) dt a n || f ||∞ . S'assurer d'abord de l'existence de Na ( f ),
0 c'est-à-dire de la convergence de la série
intervenant dans l'énoncé.
Puisque |a| < 1, la série géométrique a n converge, donc, par théorème de
n 0
1
majoration pour des séries à termes réels 0, la série a n t n f (t) dt
n 0 0
308
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle
Solution Conseils
• On a, pour tout ( f,g) ∈ E 2 :
+∞ 1 1 1
+∞ n
Na ( f + g) = a n t n ( f + g)(t) dt = a t n f (t) dt + t n g(t) dt
n=0 0 n=0 0 0
+∞ 1
1
a n t f (t) dt +
n
t g(t) dt
n
Inégalité triangulaire dans R , puis somma-
n=0 0 0 tion de séries convergentes.
+∞ 1
1
+∞ n
= a n t n f (t) dt + a t n g(t) dt = Na ( f ) + Na (g).
n=0 0 n=0 0
Exercices
Les exercices 5.2.3 à 5.2.9 n'utilisent pas le théorème de 5.2.4 Donner un exemple de suite (Pn )n∈N de polynômes
Weierstrass. telle que (Pn )n∈N converge uniformément sur [−1; 1] et
5.2.3 Soit (Pn )n∈N une suite de polynômes à coefficients que, pour tout intervalle I contenant strictement [−1; 1],
réels telle que, pour tout segment J de R , (Pn )n∈N conver- (Pn )n∈N ne converge pas uniformément sur I.
ge uniformément vers 0 sur J.
Peut-on affirmer que (Pn )n∈N converge uniformément 5.2.5 Soient I un intervalle de R , P ∈ R[X] tel que
vers 0 sur R ? X, (Pn )n 1 la suite d'applications de I
P(I ) ⊂ I et P =
309
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
dans R définie par P1 = P et, pour tout n de N∗, 5.2.12 Soient k ∈ N∗ et f : [0; 1] −→ C continue.
Pn+1 = Pn ◦ P . On suppose que (Pn )n 1 converge uni- Montrer qu'il existe une suite (Pn )n∈N de polynômes telle
formément vers une application f : I −→ R . Montrer que que, en notant An = Pn (Xk ) , (An )n∈N converge unifor-
f est constante. mément vers f sur [0; 1].
5.2.6 Montrer que l'application f : ]0; 1] −→ R n'est pas 5.2.13 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
x−→sin x1 continue. Montrer que, si pour tout n de N ,
limite uniforme sur ]0; 1] d'une suite d'applications poly- b n−
1
∀n ∈ N , deg(Pn ) k. 3) ∃N ∈ N , ∀n ∈ N , n N ⇒ x n f (x) dx = 0
0
1
Montrer que, s'il existe un segment [a; b] de R , non réduit
4) ∃k ∈ N∗ , ∀n ∈ N , x kn f (x) dx = 0.
à un point, tel que (Pn )n∈N converge uniformément sur 0
[a; b], alors, pour tout segment [c; d] de R , (Pn )n∈N
converge uniformément sur [c; d] vers un polynôme. 5.2.15 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, E = C([a; b],C)
muni de || · ||∞, P l'ensemble des applications polyno-
5.2.9 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, ◦
miales de [a; b] dans C . Déterminer P , P , Fr(P) (dans E).
Pn : [a; b] −→ C n∈N une suite de polynômes,
f : [a; b] −→ C une application. 5.2.16 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
On suppose que (Pn )n∈N converge simplement vers f sur continue, N ∈ N∗ , a1 ,. . . ,a N ∈ [a; b] deux à deux dis-
[a; b] et qu'il existe N ∈ N tel que : tincts. Montrer qu'il existe une suite (Pn )n∈N de poly-
∀n ∈ N, deg(Pn ) N. nômes complexes telle que :
C.U.
Démontrer que f est un polynôme et que (Pn )n∈N conver- Pn −−−→ f sur [a; b]
ge uniformément vers f sur [a; b]. n∞
∀i ∈ {1,. . . ,N }, ∀n ∈ N, Pn (ai ) = f (ai ).
5.2.10 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,
f : [a; b] −→ R continue, ε > 0. Montrer qu'il existe des 5.2.17 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,
polynômes P,Q à coefficients réels tels que : f : [a; b] −→ R continue.
Montrer qu'il existe une suite décroissante
P(x) f (x) Q(x) (Pn : [a; b] −→ R)n∈N d'applications polynomiales à
∀x ∈ [a; b],
Q(x) − P(x) ε. coefficients réels convergeant uniformément vers f sur
[a; b].
5.2.11 Soit a ∈]0; +∞[. Pour toute application
f : [−a; a] −→ C , on note fˇ : [−a; a] −→ C , cf. Analyse 5.2.18 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,
x−→ f (−x)
MPSI, § 4.1.3. f : [a; b] −→ C de classe C 1 . Montrer qu'il existe une
suite (Pn )n∈N de polynômes complexes telle que :
a) Montrer que, si une suite ( f n : [−a; a] −→ C)n∈N
converge uniformément vers une application C.U. C.U.
Pn −−−→ f et Pn′ −−−→ f ′ .
f : [−a; a] −→ C , alors ( fˇn )n∈N converge uniformément n∞ n∞
310
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle
N1 (P) = Sup |P(x)| et N2 (P) = Sup |P(x)|. 2) Calculer, pour tout n ∈ N et tout (x,y) ∈ [0; 1]2 les trois
x∈I1 x∈I2
sommes :
Soit (A,B) ∈ E 2 quelconque. Montrer qu'il existe une n
1
n
k 2 k x(1 − x)
Pn+1 (x) = Pn (x) + x − (Pn (x))2 . Ckn x − x (1 − x)n−k = .
2 k=0
n n
a)* Démontrer : 4) Établir :
√
√
2 x
k k || f ||∞
∀n ∈ N , ∀x ∈ [0; 1], 0 x − Pn (x) √ . Ckn f (x) − f x (1 − x)
n−k
.
2+n x k∈E 2
n 2η2 n
b) En déduire que (Pn )n∈N converge uniformément sur C.U.
√ e) Conclure : Bn ( f ) −→ f sur [0; 1].
[0; 1] vers ρ : x −→ x . n∞
c) Montrer que la suite de polynômes f) Établir le résultat analogue plus généralement sur
(Q n : [−1; 1] −→ R)n∈N définie par : [a; b], (a,b) ∈ R2 , a b.
∀n ∈ N, ∀t ∈ [−1; 1], Q n (t) = (Pn (|t|))2 5.2.22 Une démonstration du 1er théorème de
Weierstrass
converge uniformément sur [−1; 1] vers ϕ : t −→ |t| .
Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ K conti-
5.2.21 Une démonstration du 1er théorème de nue, ε > 0.
Weierstrass, méthode de Bernstein a) Montrer qu'il existe n ∈ N∗ , une subdivision (xk )0k n
Soit f : [0; 1] −→ K continue. On note, pour tout n ∈ N, de [a; b], et des complexes µk (1 k n − 1) tels qu'en
Bn ( f ) le polynôme de K[X] défini par : notant gk : [a; b]−→ C , on ait :
n
0 si x xk
k k x−→
∀ x ∈ [0; 1], Bn ( f )(x) = Ckn f x (1 − x)n−k , x − xk si x > xk
k=0
n
1
n− ε
appelé polynôme de Bernstein. ∀x ∈ [a; b], f (x) − f (a) + µk gk (x) .
2
Soit ε > 0 fixé. k=0
a) Montrer qu'il existe η > 0 tel que : b) Avec les notations de a), montrer qu'il existe des poly-
nômes Pk (0 k n − 1) tels que :
ε
∀ (u,v) ∈ [0; 1]2 , |u −v| η ⇒ | f (u)− f (v)| . ε
2 ∀x ∈ [a; b], |gk (x) − Pk (x)| ,
nM
b)} Montrer, pour tout n ∈ N et tout x ∈ [0; 1] :
n
1
n−
k k où M = 1 + |µk |. (Utiliser l'exercice 5.2.20 c)).
f (x)− Bn ( f )(x) Ckn f (x)− f x (1−x)n−k .
k=0
n k=0
c) En déduire que f est limite uniforme sur [a; b]d'une
Soient n ∈ N, x ∈ [0; 1]. On note : suite de polynômes.
$
k
E 1 = k ∈ {0,...,n}; x − η ,
n 5.2.23 Une démonstration du 1er théorème de
$
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
2|| f ||∞ n
k 2 k k k k
Ck
x − x (1 − x)n−k . Bn ( f )(x) = Cn f x (1 − x)n−k .
η2 n
n n
k=0 k=0
311
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
a) Soient f ∈ E , ε ∈ ]0; +∞[ . Montrer qu'il existe 5.2.28 a) Soient f : [0; 1] −→ R , n ∈ N . Montrer que, si
α ∈ ]0; +∞[ tel que : ∀(x,y) ∈ [0; 1]2 , f est majorée (resp. minorée), alors Bn ( f ) est majorée
(resp. minorée) et, pour tout x de [0; 1],
2|| f ||∞
| f (x) − f (y)| ε + (x − y)2 .
α2 Bn ( f )(x) Sup f (t) resp. Bn ( f )(x) Inf f (t) .
t∈[0;1] t∈[0;1]
b) Vérifier que, pour tout n de N , Bn est linéaire positive.
b) Montrer que, si f : [0; 1] −→ C est bornée, alors, pour
c) Montrer : ∀k ∈ {0,1,2}, ||Bn (ek ) − ek ||∞ −−−→ 0 .
n∞ tout n de N , Bn ( f ) est bornée et :
d) En déduire : ∀ f ∈ E , ||Bn ( f ) − f ||∞ −−−→ 0 .
n∞ ||Bn ( f )||∞ || f ||∞ .
Ainsi, f est limite uniforme sur [0; 1] de la suite
(Bn ( f ))n∈N des polynômes de Bernstein de f. 5.2.29 Etablir : ∀ f ∈ K[0;1] , ∀n ∈ N , ∀x ∈ [0; 1],
Les exercices 5.2.24 à 5.2.39 portent sur les polynômes de Bn (| f |2 )(x) |Bn ( f )(x)|2 .
Bernstein de f, définis, pour f : [0; 1] −→ K , n ∈ N ,
x ∈ [0; 1] par : 5.2.30 Montrer que, si f : [0; 1] −→ R est convexe,
n
k x k alors :
Bn ( f )(x) = Cn f x (1 − x)n−k
k=0
n ∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1], Bn ( f )(x) f (x).
cf. ex. 5.2.21.
5.2.31 a) 1) Montrer, pour tous f ∈ K[0;1] , n ∈ N ,
5.2.24 Montrer : ∀ f ∈ C[0;1] , ∀n ∈ N , x ∈ [0; 1] :
Bn ( f )(0) = f (0) et Bn ( f )(1) = f (1) . (Bn ( f ))′ (x)
1
n−
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
onier
r
n=−N
éom
G
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
312
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle
n ie
lgèb
re Monie
r Algè
bre G
éom é
r
On groupe les termes d’indices < 0 U (t) = cn ( cos nωt + i sin nωt) + c0 + cn ( cos nωt + i sin nωt)
d’une part, et on groupe les termes
Mo
onier
étr ie M
n=−N n=1
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
N
N
Mo
n ie
r Algè
bre Mon
ie
bre G
éom é
r
Changement d’indice m = −n dans = c−m ( cos mωt − i sin mωt) + c0 + cn ( cos nωt + i sin nωt)
r Algè
la première sommation.
n ie
m=1 n=1
Mo
onier
étr ie M
éom
G
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
tr i e
N
Géomé
= c0 + (cn + c−n ) cos nωt + i(cn − c−n ) sin nωt .
n=1
Ainsi, un polynôme trigonométrique complexe peut être considéré comme une combinaison
linéaire à coefficients complexes de fonctions t −→ einωt ou comme une combinaison linéai-
re à coefficients complexes de fonctions t −→ cos nωt et de fonctions t −→ sin nωt .
Remarques :
1) Le 2ème théorème de Weierstrass peut s'exprimer par : l'ensemble des polynômes trigo-
nométriques complexes (associés à la période T) est dense dans l'ev des applications de R
dans C continues et T-périodiques muni de || · ||∞.
2) Puisque tout polynôme trigonométrique complexe est de classe C ∞, on déduit du 2ème
théorème de Weierstrass le résultat suivant :
Toute application de R dans C continue et T-périodique est limite uniforme sur R d'une
suite d'applications de classe C ∞ et T-périodiques.
Corollaire
Ce résultat,qui n’est pas explicitement au Soit f : R −→ C continue et T-périodique.
programme, se rencontre souvent en T
exercice.
Si, pour tout n de Z , f (t)e−inωt dt = 0, alors f = 0.
0
313
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Preuve
D'après l'hypothèse, puisque tout polynôme trigonométrique complexe est combinaison linéaire de fonc-
tions t −→ einωt (n ∈ Z), on a, pour tout polynôme trigonométrique complexe U,
T T
U (t) f (t) dt = 0, et donc aussi par conjugaison, U (t) f (t) dt = 0.
0 0
D'après le 2ème théorème de Weierstrass, il existe une suite (Un )n∈N de polynômes trigonométriques
complexes convergeant uniformément sur R vers f. On a, pour tout n de N :
T T T T
0 | f (t)|2 d t = | f (t)|2 d t − f (t)U (t)d t = f (t) f (t) − Un (t) d t
0 0 0 0
T || f ||∞ || f − Un ||∞ .
T
Comme || f − Un ||∞ −−−→ 0 , on déduit | f (t)|2 dt = 0 , d'où, puisque f est continue sur [0; T ] :
n∞ 0
∀t ∈ [0; T ], f (t) = 0.
Enfin, f étant T-périodique, on conclut : f = 0. 䊏
Nous utiliserons le 2ème théorème de Weierstrass dans l'étude des séries de Fourier, cf. 7.2.3 p. 447.
5.3.1 Convergences
Soit ( f n : X −→ E) une série d'applications.
n 0
1) Convergence simple
Définition 1
Mo
ni e r Al
gèbr
r Algè
e Monie
bre G
r
éom é
Pour étudier la convergence On dit que f n converge simplement (sur X) si et seulement si la suite (Sn )n 0
simple d’une série d’applications
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
n 0
G
onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
( f n : X −→ E) ,on fixe x ∈ E
Géomé
des sommes partielles converge simplement (sur X), c'est-à-dire si et seulement si,
n 0
et on étudie la nature de la série
pour chaque x de X, la série f n (x) converge dans E.
f n (x) . n 0
n 0
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Définition de la convergence simple de
Si Y est une partie de X, on dit que f n converge simplement sur Y si et seule-
n 0
Mo
onier
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
n
ment si f n Y converge simplement sur Y, c'est-à-dire si et seulement si, pour
n 0
chaque x de Y, f n (x) converge dans E.
n 0
314
5.3 • Séries d’applications
On appelle quelquefois ensemble (ou : domaine) de convergence simple de fn
n 0
l'ensemble des x de X tels que f n (x) converge.
n 0
Définition 2
La notion de reste d’ordre n et la notion Soit f n une série d'applications ; on suppose que f n converge simplement sur X.
de somme d’une série d’applications ne n 0 n 0
sont définies que lorsque la série fn
n 0
On appelle, pour chaque n de N, reste d'ordre n l'application Rn : X −→ E définie
+∞
converge simplement.
par : ∀x ∈ X, Rn (x) = f k (x).
k=n+1
+∞
On appelle somme de la série f n l'application, notée f n , définie de X dans E
n 0 n=0
+∞
+∞
par : ∀x ∈ X, f n (x) = f n (x).
n=0 n=0
Remarque : Avec les notations précédentes, si f n converge simplement, on a :
n 0
+∞
∀n ∈ N, Sn + Rn = fk .
k=0
2) Convergence absolue
On veillera à ne pas confondre Définition 3
l'application || f n || et le réel || f n ||∞ .En
pratique, E est le plus souvent K et la On dit que f n converge absolument (sur X) si et seulement si, pour chaque x
norme || · || est alors | · | (valeur absolue n 0
ou module) ; dans ce cas, fn de X, || f n (x)|| converge (dans R).
n 0
n 0
converge absolument si et seulement si
| f n | converge simplement,où | f n |
n 0 Remarque : f n converge absolument si et seulement si || f n || converge simplement,
est l'application | f n | : X −→ R . n 0 n 0
x −→ | f n (x)| où on a noté || f n || l'application || f n || : X −→ R .
C'est de là que vient le terme de x −→ || f n (x)||
« convergence absolue ».
Mo
ni er A
n ie
lgèb
r Algè
re Monie
bre G
éom é
r
Définition de la convergence absolue de
Si Y est une partie de X, on dit que f n converge absolument sur Y si et seulement
n 0
Mo
onier
ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
tr i e
Géomé
n 0
si f n Y converge absolument (sur Y), c'est-à-dire si et seulement si, pour chaque x
n 0
de Y, || f n (x)|| converge (dans R).
n 0
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
3) Convergence uniforme
Définition 4
On dit que f n converge uniformément (sur X) si et seulement si la suite (Sn )n 0
n 0
des sommes partielles converge uniformément (sur X).
315
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications
Remarque : On montre facilement que, si f n et gn convergent uniformément sur X
n n
et si λ ∈ K est fixé, alors (λ f n + gn ) converge uniformément sur X.
n
de
éom
G
onier
èbre M
n
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
n
f n converge uniformément (sur Y ).
n Y
Il est clair que, si f n converge uniformément sur Y et si Z ⊂ Y, alors f n converge uni-
n n
formément sur Z.
Proposition 1
Propriété très utile en pratique. f n converge uniformément sur X si et seulement si :
n 0
la série f n converge simplement sur X
n 0
la suite (Rn )n 0 des restes converge uniformément vers 0 sur X.
Preuve
1) Supposons que f n converge uniformément. Alors (Sn )n 0 converge uniformément, donc simplement.
n 0
En notant S la limite (simple et uniforme) de (Sn )n 0 , on a donc : ∀x ∈ X, Sn (x) −−−→ S(x).
n∞
Comme, pour chaque x de X , Sn (x) est la n ème somme partielle de la série f k (x)
k 0
(à termes dans E ), il s'ensuit que, pour tout x de X, la série f n (x) converge et a pour somme S(x) .
n 0
+∞
Ainsi, f n converge simplement (sur X) et f n = S.
n 0 n=0
re Monie
r
Rn = S− Sn −−−→ S− S = 0 .
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
n∞ n∞
G
onier
n∞
èbre M
n ie r Alg
Mo
tr i e
Géomé
C.U. C.U.
Comme (∀n ∈ N , Sn = S − Rn ), on déduit Sn −−−→ S, et donc f n converge uniformément. 䊏
ni er A