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Analyse (MP) - 2e - J.M.Monier

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ANALYSE MP

Cours, méthodes et exercices corrigés

Jean-Marie Monier
Professeur en classe de Spéciales
au lycée La Martinière-Montplaisir à Lyon

5e édition
Maquette intérieure : Lasertex
Couverture : Bruno Loste

© Dunod, Paris, 2007, 2013


© Dunod, Paris, 1995 pour la première édition
ISBN 978-2-10-070189-6
Table des matières

Cours

CHAPITRE 1 Espaces vectoriels normés 3

1.1 Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé 4


1.1.1 Norme, distance associée 4
1.1.2 Boules, sphères 11
1.1.3 Parties bornées d’un evn 13
1.1.4 Voisinages 14
1.1.5 Ouverts, fermés 15
1.1.6 Comparaison de normes 19
1.1.7 Intérieur, adhérence, frontière 26
1.1.8 Distance d’un point à une partie non vide d’un evn 29
1.1.9 Suites dans un evn 31

1.2 Limites, continuité 39


1.2.1 Limites 39
1.2.2 Continuité 42
1.2.3 Continuité uniforme 49
1.2.4 Applications lipschitziennes 49
1.2.5 Applications linéaires continues 52

1.3 Compacité 58
1.3.1 Généralités 58
1.3.2 Cas de la dimension finie 62

1.4 Complétude 66
1.4.1 Suites de Cauchy 66
1.4.2 Parties complètes 68
1.4.3 Supplément : théorème du point fixe 71
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

1.5 Connexité par arcs 72

1.6 Espaces préhilbertiens 76


1.6.1 Produit scalaire 76
1.6.2 Inégalités, normes euclidiennes 79
1.6.3 Orthogonalité 83
1.6.4 Procédé d’orthogonalisation de Schmidt 88
1.6.5 Projection orthogonale sur un sous-espace vectoriel
de dimension finie 90
1.6.6 Norme d’un endomorphisme d’un espace euclidien 95
Problèmes 98
V
Table des matières

CHAPITRE 2 Fonctions vectorielles d’une variable réelle 99

2.1 Généralités 100


2.1.1 Structure de E X 100
2.1.2 Parité 101
2.1.3 Périodicité 102
2.1.4 Applications bornées 103
2.1.5 Limites 105
2.1.6 Continuité par morceaux 106

2.2 Dérivation 109


2.2.1 Dérivée en un point 109
2.2.2 Propriétés algébriques des applications dérivables en un point 110
2.2.3 Application dérivée 112
2.2.4 Dérivées successives 115
2.2.5 Classe d’une application 116
2.2.6 Différentielle 120
2.2.7 Dérivation des fonctions à valeurs matricielles 121

2.3 Intégration sur un segment 122


2.3.1 Intégration des applications en escalier sur un segment 122
2.3.2 Suites d’applications (première étude) 124
2.3.3 Approximation uniforme par des applications en escalier
ou par des applications affines par morceaux et continues 127
2.3.4 Intégration des applications continues par morceaux
sur un segment 129
2.3.5 Sommes de Riemann 135
2.3.6 Intégration et dérivation 136
2.3.7 Inégalité des accroissements finis 139
2.3.8 Changement de variable 142
2.3.9 Intégration par parties 143
2.3.10 Formule de Taylor avec reste intégral 145
2.3.11 Théorème de relèvement 146

2.4 Comparaison locale 148


2.4.1 Prépondérance, domination 148
2.4.2 Équivalence 150
2.4.3 Développements limités vectoriels 151
Problèmes 152

CHAPITRE 3 Intégration sur un intervalle quelconque 153

3.1 Fonctions intégrables à valeurs réelles positives


ou nulles 154
3.1.1 Définition 154
3.1.2 Propriétés algébriques 156
3.1.3 Intégrabilité sur un intervalle semi-ouvert 158

3.2 Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes 165


3.2.1 Généralités 165
3.2.2 Propriétés 167
3.2.3 Intégrabilité sur un intervalle semi-ouvert ou ouvert 173
VI
Table des matières

3.3 Supplément : intégration des relations de comparaison 182


3.3.1 Cas des fonctions intégrables 182
3.3.2 Cas des fonctions non intégrables 183

3.4 Intégrales impropres 184

3.5 Intégrales dépendant d’un paramètre 189


3.5.1 Continuité 189
3.5.2 Dérivation 192
3.5.3 La fonction Ŵ d’Euler 200

3.6 Intégrales doubles 206


3.6.1 Intégrales doubles sur le produit cartésien de deux segments 206
3.6.2 Intégrales doubles sur le produit cartésien de deux intervalles 207
3.6.3 Intégrale sur une partie simple du plan 212
Problème 217

CHAPITRE 4 Séries 219

4.1 Séries à termes dans un evn (1re étude) 220


4.1.1 Généralités 220
4.1.2 Structure algébrique de l’ensemble des séries convergentes 223

4.2 Séries à termes dans R+ 225


4.2.1 Lemme fondamental 226
4.2.2 Théorèmes de comparaison 226
4.2.3 Séries de Riemann 227
4.2.4 Série géométrique 230

4.3 Séries à termes dans un evn (2e étude) 242


4.3.1 CNS de Cauchy 242
4.3.2 Convergence absolue 244
4.3.3 Séries usuelles dans une algèbre de Banach 247
4.3.4 Espaces ℓ1 (K) et ℓ2 (K) 248
4.3.5 Séries alternées 250
4.3.6 Exemples d’utilisation d’un développement asymptotique 252
4.3.7 Comparaison d’une série à un intégrale 255
4.3.8 Étude de la somme d’une série convergente 262
4.3.9 Sommation des relations de comparaison 269
4.3.10 Séries doubles 275
Problèmes 283
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

CHAPITRE 5 Suites et séries d’applications 287

5.1 Suites d’applications 288


5.1.1 Convergences 288
5.1.2 Convergence uniforme et limite 292
5.1.3 Convergence uniforme et continuité 293
5.1.4 Convergence uniforme et intégration sur un segment 296
5.1.5 Convergence uniforme et dérivation 299
5.1.6 Convergence d’une suite d’applications
et intégration sur un intervalle quelconque 301
VII
Table des matières

5.2 Approximation des fonctions d’une variable réelle 307


5.2.1 Approximation par des fonctions en escalier
ou affines par morceaux et continues 307
5.2.2 Approximation par des polynômes 307
5.2.3 Approximation par des polynômes trigonométriques 312

5.3 Séries d’applications 314


5.3.1 Convergences 314
5.3.2 Convergence uniforme et limite 325
5.3.3 Convergence uniforme et continuité 326
5.3.4 Convergence uniforme et intégration sur un segment 330
5.3.5 Convergence uniforme et dérivation 334
5.3.6 Convergence d’une série d’applications
et intégration sur un intervalle quelconque 341
Problèmes 345

CHAPITRE 6 Séries entières 351

6.1 Rayon de convergence 352


6.1.1 Notion de série entière 352
6.1.2 Rayon de convergence et somme d’une série entière 352
6.1.3 Comparaisons de rayons 355
6.1.4 Règle de d’Alembert 356

6.2 Opérations sur les séries entières 367


6.2.1 Structure vectorielle 367
6.2.2 Dérivation 368
6.2.3 Produit de deux séries entières 369

6.3 Convergence 371

6.4 Régularité de la somme d’une série entière 372

6.5 Développements en série entière 376


6.5.1 Généralités 376
6.5.2 Opérations sur les fonctions développables en série entière 378
6.5.3 DSE(0) usuels 381

6.6 Fonctions usuelles d’une variable complexe 395


6.6.1 L’exponentielle complexe 395
6.6.2 Fonctions circulaires directes 398
6.6.3 Fonctions hyperboliques directes 399
Problèmes 402

CHAPITRE 7 Séries de Fourier 403

7.1 Généralités 404


7.1.1 Ensemble CMT 404
7.1.2 Coefficients de Fourier d’un élément de CMT 405
7.1.3 Série de Fourier d’un élément de CMT 409

VIII
Table des matières

7.2 Structure préhilbertienne 412


7.2.1 Espace préhilbertien DT 412
7.2.2 Famille orthonormale (en )n∈Z 414
7.2.3 Le théorème de Parseval 415

7.3 Convergence ponctuelle 419


7.3.1 Convergence normale 419
7.3.2 Le théorème de Dirichlet 420

7.4 Exemples 423


Problèmes 428

CHAPITRE 8 Équations différentielles 431

8.1 Généralités 432


8.1.1 Définitions 432
8.1.2 Remplacement théorique d’une équation différentielle
d’ordre n par une équation différentielle d’ordre 1 433
8.1.3 Équations différentielles autonomes 433

8.2 Le théorème de Cauchy-Lipschitz 435


8.2.1 Théorie 435
8.2.2 Exemples d’utilisation du théorème de Cauchy-Lipschitz 440

8.3 Systèmes différentiels linéaires du premier ordre 450


8.3.1 Généralités 451
8.3.2 Existence et unicité d’une solution du problème de Cauchy
sur tout l’intervalle I 455
8.3.3 Structures de S0 et de S 456
8.3.4 Résolution de (E0 ) 457
8.3.5 Résolution de (E) 458
8.3.6 Systèmes différentiels linéaires du premier ordre
à coefficients constants 462
8.3.7 Systèmes différentiels autonomes linéaires d’ordre 1,
à deux inconnues, à coefficients constants et sans second membre 473

8.4 Équations différentielles linéaires scalaires


du second ordre 478
8.4.1 Généralités 478
8.4.2 Résolution de (E0 ) 480
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

8.4.3 Résolution de (E) 482


8.4.4 Problème des raccords 485
8.4.5 Utilisation de séries entières 487

CHAPITRE 9 Fonctions de plusieurs variables réelles 493

9.1 Dérivées partielles premières 496


9.1.1 Définitions 496
9.1.2 Applications de classe C 1 sur un ouvert 498
9.1.3 Différentielle d’une application de classe C 1 499
9.1.4 Différentiabilité 506
IX
Table des matières

9.1.5 Inégalité des accroissements finis 509


9.1.6 C 1 -difféomorphismes 512
9.1.7 Exemples de résolution d’équations aux dérivées partielles
du premier ordre 515

9.2 Dérivées partielles successives 521


9.2.1 Définition 521
9.2.2 Applications de classe C k sur un ouvert 522
9.2.3 Interversion des dérivations 523
9.2.4 C k-difféomorphismes 527
9.2.5 Exemples de résolution d’équations aux dérivées partielles
d’ordre  2 528

9.3 Extremums des fonctions numériques de plusieurs


variables réelles 533
9.3.1 Définitions 533
9.3.2 Étude à l’ordre 1 534
9.3.3 Étude à l’ordre 2 534
9.3.4 Extremums globaux 540

9.4 Fonctions implicites 543

9.5 Formes différentielles 546


9.5.1 Définition 546
9.5.2 Formes différentielles exactes 546
9.5.3 Formes différentielles fermées 547
Problème 552

Solutions des exercices


Chapitre 1 554
Chapitre 2 574
Chapitre 3 584
Chapitre 4 618
Chapitre 5 648
Chapitre 6 701
Chapitre 7 723
Chapitre 8 738
Chapitre 9 757

Index des notations 777

Index alphabétique 779

X
Préface

Jeune lycéen, j'avais, pour les manuels scolaires, une vénération quasi-religieuse. Que représentaient pour moi ces livres
qu'une main zélée avait soigneusement recouverts en début d'année ? Je ne saurais le dire avec précision : ils conte-
naient, sans doute, la Vérité. A mon sens, par exemple, un théorème ne pouvait être énoncé que dans le scrupuleux res-
pect des termes de l'ouvrage ; approximative, la restitution n'était pas valable. L'utilisation, par les professeurs, des po-
lycopiés (rappels et compléments de cours, énoncés de problèmes ...) n'était pas, alors, habituelle ; je pense, aujourd'hui,
que cela était dû bien plus aux difficultés de reprographie qu'à un non-désir de ces professeurs d'imprimer leur griffe
personnelle par le choix d'exercices originaux. Ils se référaient constamment aux manuels, en suivaient fidèlement la
progression, y puisaient les exercices. Je me souviens, d'ailleurs, d'avoir été troublé quand, en Terminale, mon profes-
seur de Math., que je révérais aussi, se permettait parfois quelques critiques à l'égard d'un ouvrage qu'il nous avait pour-
tant conseillé ! Quant aux auteurs de ces livres, ils restaient énigmatiques : qui étaient ces demi-dieux détenteurs du
Savoir ?
Plus tard, mes rapports d'étudiant avec les manuels didactiques ont, évidemment, évolué, mais je crois avoir, naïvement
sans doute, conservé cette approche faite d'envie et de respect qui m'empêche, par exemple, de porter des annotations
en marge – je ne jouerai pas la farce d'un Pierre de Fermat ! – et cet a priori favorable qui me rendrait difficile la ré-
daction d'une critique objective.
Heureusement, tel n'est pas mon propos aujourd'hui ! Mais j'ai voulu, par ces quelques mots, souligner l'importance ca-
pitale – même dans le subconscient de chacun – de ces livres de cours sur lesquels vous travaillez durant vos études et
qui vous accompagnent toute votre vie.
Aucun professeur, fût-il auteur de manuels, ne songerait à conseiller un livre en remplacement d'un enseignement vi-
vant et vécu. Mais, le cours imprimé, s'il est fidèle à la lettre et à l'esprit du programme d'une classe, peut aider, de façon
très importante, l'étudiant consciencieux. Celui-ci, surtout lorsqu'il est débutant, trouvera la sécurité dont il a besoin dans
un plan clair, précis, rigoureux, dans une présentation particulièrement soignée où les diverses polices de caractères sont
judicieusement alternées, dans la vision d'ensemble des questions dont traite l'ouvrage. Il y recherchera, avec la certi-
tude de les obtenir, telle démonstration qu'il n'a pas bien comprise, tel exemple ou contre-exemple qui l'aidera à mieux
assimiler une notion, la réponse à telle question qu'il n'a pas osé poser sinon à lui-même...
Pour que le livre joue ce rôle d'assistant – certes passif mais constamment disponible – il doit, je pense, être proche des
préoccupations immédiates de l'étudiant, ne pas exiger, pour sa lecture, un savoir qui n'a pas encore été acquis, ne pas
rebuter par l'exposé trop fréquent de notions trop délicates ; mais il doit, cependant, contenir une substance suffisante
pour constituer les solides fondations sur lesquelles s'échafaude la pyramide du savoir scientifique.
On l'imagine, dès lors, aisément : l'écriture d'un tel manuel, à l'intention des étudiants des classes préparatoires ou d'un
premier cycle universitaire, demande, à côté de la nécessaire compétence, des qualités pédagogiques certaines, affinées
par une longue expérience professionnelle dans ces sections, une patience et une minutie rédactionnelles inouïes.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Jean-Marie Monier a eu le courage de se lancer dans ce gigantesque travail et les ouvrages qu'il nous propose aujour-
d'hui – après les recueils d'exercices qui ont eu le succès que l'on sait – montrent qu'il a eu raison : il a, me semble-t il,
pleinement atteint le but qu'il s'était fixé, à savoir rédiger des livres de cours complets à l'usage de tous les étudiants
et pas seulement des polytechniciens en herbe. Les nombreux ouvrages d'approfondissement ou de spécialité seront,
évidemment, lus et savourés plus tard, ... par ceux qui poursuivront. Pour l'instant, il faut, à l'issue de la Terminale,
assimiler complètement les nouvelles notions de base (la continuité, la convergence, le linéaire...) ; le lecteur est guidé,
pas à pas, par une main sûre qui le tient plus fermement dès qu'il y a danger : les mises en garde contre certaines erreurs
sont le fruit de l'observation répétée de celles-ci chez les élèves.
A tout instant, des exercices sont proposés qui vont l'interpeller : il sera heureux de pouvoir, quelques dizaines de pages
plus loin, soit s'assurer que, par une bonne démarche il est parvenu au bon résultat, soit glaner une précieuse indica-
tion pour poursuivre la recherche : le livre forme un tout, efficace et cohérent.
XI
Préface

J'ai dit quel rôle majeur dans la formation d'un jeune esprit scientifique peut jouer un manuel qui lui servira de réfé-
rence pendant longtemps. Sa conception, sa rédaction, sa présentation sont, alors, essentielles : on ne peut que viser à
la perfection !
C'est tout le sens du travail effectué par Jean-Marie Monier avec une compétence, un goût, une constance admirables,
depuis le premier manuscrit jusqu'aux ultimes corrections, dans les moindres détails, avant la version définitive.
Ces ouvrages qui répondent à un réel besoin aujourd'hui, seront, j'en suis persuadé, appréciés par tous ceux à qui ils
s'adressent – par d'autres aussi sans doute – ceux-là mêmes qui, plus tard, diront : « Ma formation mathématique de
base, je l'ai faite sur le MONIER ! ».

H. Durand
Professeur en Mathématiques Spéciales PT*
au lycée La Martinière Monplaisir à Lyon

XII
Avant-propos

Ce Cours de Mathématiques avec exercices corrigés s'adresse aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles
(2e année MP-MP*), aux étudiants du premier cycle universitaire scientifique et aux candidats aux concours de recru-
tement de professeurs.
Le plan en est le suivant :
Analyse MPSI : Analyse en 1re année
Algèbre MPSI : Algèbre en 1re année
Géométrie MPSI : Géométrie en 1re année
Analyse MP : Analyse en 2e année
Algèbre et géométrie MP : Algèbre et géométrie en 2e année.
Cette nouvelle édition répond aux besoins et aux préoccupations des étudiant(e)s.
Une nouvelle maquette, à la convivialité accrue, assure un meilleur accompagnement pédagogique. Le programme
officiel est suivi de près ; les notions ne figurant pas au programme ne sont pas étudiées dans le cours. Des exercices-
types résolus et commentés, incontournables et cependant souvent originaux, aident le lecteur à franchir le passage du
cours aux exercices. Les très nombreux exercices, progressifs et tous résolus, se veulent encore plus accessibles et per-
mettent au lecteur de vérifier sa bonne compréhension du cours.
Des compléments situés à la limite du programme sont traités, en fin de chapitre, sous forme de problèmes corrigés.
J'accueillerai avec reconnaissance les critiques et suggestions que le lecteur voudra bien me faire parvenir aux bons
soins de Dunod, éditeur, 5, rue Laromiguière, 75005 Paris.

Jean-Marie Monier
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

XIII
Pour bien utiliser
La page d’entrée de chapitre
Elle propose une introduction au cours, un
rappel des prérequis et des objectifs, ainsi
qu’un plan du chapitre.

φφ
φ
φ φφ


( ) ∗

∗ ∗ ∗
∗ ∗ ∗
λ
λ ∗ ∗∗

λ
λλ

Le cours λ

λ

Le cours aborde toutes les notions du pro- ( (

gramme de façon structurée afin d’en faciliter (


×
(

la lecture.
La colonne de gauche fournit des remarques
pédagogiques qui accompagnent l’étudiant
dans l’assimilation du cours. Il existe quatre Les pictogrammes dans la marge
types de remarques, chacun étant identifié par Algè
bre Mon
ier

Commentaires pour bien comprendre le cours


un pictogramme.
ni er
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

(reformulation d’un énoncé, explication d’une


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r A lg
n ie
Mo

démonstration…).
tr i e
Géomé

Indication du degré d’importance d’un résultat.

Mise en garde contre des erreurs fréquentes.

Rappel d’hypothèse ou de notation.



Les exercices-types résolus



Régulièrement dans le cours, des exercices-





types résolus permettent d’appliquer ses


connaissances sur un énoncé incontour-
 
nable. La solution est entièrement rédigée

et commentée.


XIV
cet ouvrage
Les méthodes à retenir φ


− − 


φ 

Régulièrement dans le cours,cette rubrique pro-


φ φ
− − 

− −
− 

pose une synthèse des principales méthodes à −

connaître. φ
φ

φ
φ


−−
− −
−−


π − −

π


π


π

Les exercices et problèmes


π

− 

 π

− π
Dans chaque chapitre,à la fin d’une sous-partie,


des énoncés d’exercices sont proposés pour
−α −
−β
−α −
−β
s’entraîner. La difficulté de chaque exercice est
β −

β −

− indiquée sur une échelle de 1 à 4.
A la fin de certains chapitres,des énoncés de pro-
β α π
−α −
α
−β β− α
−α − π




blèmes proposent d’aller plus loin.



α

− π
− β

α · α



Les solutions des exercices et problèmes


α
α

α ∗
 λ
α

Tous les exercices et problèmes sont corrigés. α α ∗















Les solutions sont regroupées en fin d’ouvrage.











− − −

λ λ
 
 
 
λ  
 λ 
λ


α λ
α λ 
λ
 
λ

α λ

XV
Chapitre 3 • Suites numériques

Remerciements

Je tiens ici à exprimer ma gratitude aux nombreux collègues qui ont accepté de réviser des parties du manuscrit ou de
la saisie: Robert AMBLARD, Bruno ARSAC, Chantal AURAY, Henri BAROZ, Alain BERNARD, Isabelle
BIGEARD, Jacques BLANC, Gérard BOURGIN, Gérard-Pierre BOUVIER, Gérard CASSAYRE, Gilles CHAF-
FARD, Jean-Yves CHEVROLAT, Jean-Paul CHRISTIN, Yves COUTAREL, Catherine DONY, Hermin DURAND,
Jean FEYLER, Nicole GAILLARD, Marguerite GAUTHIER, Daniel GENOUD, Christian GIRAUD, Alain GOU-
RET, André GRUZ, André LAFFONT, Jean-Marc LAPIERRE, Jean-Paul MARGIRIER, Annie MICHEL, Rémy
NICOLAÏ, Michel PERNOUD, Jean REY, René ROY, Philippe SAUNOIS, Patrice SCHWARTZ et Gérard SIBERT.
Enfin, je remercie vivement les Éditions Dunod, Gisèle Maïus, Bruno Courtet, Michel Mounic, Nicolas Leroy et
Dominique Decobecq, dont la compétence et la persévérance ont permis la réalisation de ces volumes.

Jean-Marie Monier

XVI
Cours
Espaces vectoriels CHAPITRE 1
normés

Plan Introduction
1.1 Vocabulaire Les notions d’analyse relatives aux suites et fonctions réelles ou complexes
de la topologie qui ont servi de base à l’enseignement de première année vont être généra-
d’un espace lisées au cas d’espaces vectoriels, souvent de dimension finie, munis de
vectoriel normé 4 normes. Une première approche a déjà été faite lors de l’étude élémentaire
Exercices 10, 13, 25, 28, des fonctions de deux variables réelles, Analyse MPSI, ch. 11.
30, 38
Une attention particulière est portée aux espaces préhilbertiens, c’est-à-dire
les espaces vectoriels réels ou complexes munis d’un produit scalaire (et
1.2 Limites, continuité 39
non nécessairement de dimension finie).
Exercices 48, 51, 57

1.3 Compacité 58 Prérequis


Exercices 62, 66 • Les nombres réels (Analyse MPSI, ch. 1)
• Les nombres complexes (Analyse MPSI, ch. 2)
1.4 Complétude 66
• Suites numériques (Analyse MPSI, ch. 3)
Exercices 67, 71 • Espaces vectoriels (Algèbre MPSI, ch. 6)
1.5 Connexité par arcs 72
• Espaces vectoriels (Algèbre MPSI, ch. 6)
• Applications linéaires (Algèbre MPSI, ch. 7).
Exercices 75

1.6 Espaces
Objectifs
préhilbertiens 76 • Généralisation des notions d’analyse relatives aux réels et aux com-
Exercices 82, 88, 95, 98 plexes (convergence de suites, limites, continuité) vues en première
année, au cas des espaces vectoriels normés
Problèmes 98 • Acquisition du vocabulaire topologique : voisinages, parties ouvertes,
parties fermées, intérieur, adhérence, frontière, parties denses, ...
• Mise en évidence d’applications remarquables et fréquemment rencon-
trée : applications continues, uniformément continues, lipschitziennes,
homéomorphismes
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

• Étude spécifique des applications linéaires continues


• Définition et étude de parties remarquables jouant un rôle essentiel :
parties compactes, complètes, connexes par arcs
• Bilan sur les espaces préhilbertiens réels ou complexes.

3
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Dans ce chapitre 1, K désigne R ou C .


Une étude élémentaire a été faite dans Analyse MPSI (ch. 3, 4, 11).
On abrège espace vectoriel en ev.

1.1 Vocabulaire de la topologie


d'un espace vectoriel normé

1.1.1 Norme, distance associée


1) Définition d'une norme, exemples

Définition
On appelle norme sur un K -ev E toute application N : E −→ R telle que :
(i) : positive-homogénéité
(i) ∀ λ ∈ K, ∀ x ∈ E, N (λx) = |λ|N (x)
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

(ii) : non-dégénérescence
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

(ii) ∀ x ∈ E, (N (x) = 0 ⇒ x = 0)
tr i e
Géomé

(iii) : inégalité triangulaire.

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
On rajoute quelquefois : (iii) ∀ (x,y) ∈ E 2 , N (x + y)  N (x) + N (y).
n ie
Mo

(iv) ∀ x ∈ E,N (x)  0 , ce qui est


onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

On appelle espace vectoriel normé (en abrégé evn) tout couple (E,N ) où E est un
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

en fait inutile (cf. ci-dessous).


K -ev et N une norme sur E.

Remarque : Soit (E,N ) un K -evn.


On note 0 le réel nul (ou le complexe nul) 1) En appliquant (i) à λ = 0, on déduit N (0) = 0.
et aussi 0 le vecteur nul.
2) Pour tout x de E , en appliquant (iii) à x on déduit alors :
0 = N (0) = N (x + (−x))  N (x) + N (−x) = N (x) + | − 1|N (x) = 2N (x),
et donc N (x)  0.
La condition N (x)  0 serait donc superflue dans la définition.

Une norme sur E est souvent notée ||.|| : E −→ R , ou encore ||.|| E .


x −→||x||
S'il n'y a pas de risque d'ambigüité, on note E au lieu de (E,N ).

Ces exemples sont fondamentaux. Exemples :


1) Les trois normes usuelles sur Kn (dites aussi normes standard sur Kn ).
Soit n ∈ N∗ . Considérons, pour tout x = (x1 ,. . . ,xn ) de Kn , les réels ||x||1 , ||x||2 , ||x||∞
définis par :
n n
 1
2
2

||x||1 = |xk |, ||x||2 = |xk | , ||x||∞ = Max |xk |.
1k n
k=1 k=1

Vérifions que les applications ||.||1 , ||.||2 , ||.||∞ : Kn −→ R ainsi définies sont des
normes. Les calculs suivants sont valables pour tous x = (x1 ,. . . ,xn ),y = (y1 ,. . . ,yn )
de Kn et λ de K .
n
 n

a) (i) ||λx||1 = |λxk | = |λ| |xk | = |λ| ||x||1
k=1 k=1
n

(ii) ||x||1 = 0 ⇐⇒ |xk | = 0 ⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, |xk | = 0)
k=1

⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, xk = 0) ⇐⇒ x = 0


4
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

n
 n
 n
 n

(iii) ||x + y||1 = |xk + yk |  (|xk | + |yk |) = |xk | + |yk | = ||x||1 + ||y||1 .
k=1 k=1 k=1 k=1

n
 1  n 1 n
 1
2 2 2
|λxk |2 = |λ|2 |xk |2 = |λ| |xk |2 = |λ| ||x||2

b) (i) ||λx||2 =
k=1 k=1 k=1
n
|xk |2 = 0 ⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, |xk |2 = 0) ⇐⇒ x = 0

(ii) ||x||2 = 0 ⇐⇒
k=1
On a vu, dans Algèbre MPSI, que
(iii) L'inégalité ||x + y||2  ||x||2 + ||y||2 est acquise pour K = R d'après l'étude des pro-
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

l’inégalité triangulaire pour || · ||2


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

duits scalaires (cf. Algèbre MPSI, 10.1.2 Th. 2). Nous allons cependant en donner une preu-
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

sur Rn , appelée aussi inégalité de


Minkowski, résultait de l’inégalité de ve élémentaire.
Cauchy et Schwarz pour le produit
scalaire canonique sur Rn . ||x + y||2  ||x||2 + ||y||2 ⇐⇒ ||x + y||22  ||x||22 + 2||x||2 ||y||2 + ||y||22
n 
|xk + yk |2 − |xk |2 − |yk |2  2||x||2 ||y||2

On retrouve ici l'inégalité de Cauchy-

ni er A
lgèb
re Monie
r

⇐⇒
Schwarz dans Kn.
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo er
étr ie Moni
éom

k=1
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

 
n   n 
r Al
gèbr
e Monie
r
L’implication réciproque, de symbole ⇐⇒ Ré x k yk  ||x||2 ||y||2 ⇐ 

x k yk   ||x||2 ||y||2

⇒
ni e
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

,traduit une condition suffisante.


étr ie M
éom

k=1 k=1
G

onier
èbre M
Mo
n ier Alg
 
tr i e
Géomé

|xk |2 |yl |2
 
⇐⇒ xk y k x l yl 
1k,l n 1k,l n

|xk |2 |yl |2 + |xl |2 |yk |2 − xk y k x l yl − xl y l x k yk  0


  
⇐⇒
1k<l n

|xk yl − xl yk |2  0.

⇐⇒
1k<l n

La norme ||.||2 est appelée la norme euclidienne usuelle sur Rn si K = R , la norme her-
mitienne usuelle sur Cn si K = C .
c) (i) ||λx||∞ = Max (|λxk |) = |λ| Max |xk | = |λ| ||x||∞
1k n 1k n

(ii) ||x||∞ = 0 ⇐⇒ Max |xk | = 0


1k n

⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, |xk | = 0) ⇐⇒ x = 0


(iii) ||x + y||∞ = Max |xk + yk |
1k n

 Max (|xk | + |yk |)  Max |xk | + Max |yk |


1k n 1k n 1k n

= ||x||∞ + ||y||∞ .
2) Pour tout n de N∗ et tout p de [1; +∞[, l'application :
||.|| p : Kn −→ R
n 1
p

x = (x1 ,. . . ,xn ) −→ |xk | p
k=1
r
re Monie
lgèb

Kn ,
ni er A

est une norme sur appelée norme de Hölder.


Mo éom é
bre G
r Algè

Cf. exercice 1.1.8 p. 10.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

Les normes ||.||1 et ||.||2 de l'exemple 1) sont des cas particuliers de ||.|| p , p = 1, p = 2 .

Pour tout x = (x1 ,. . . ,xn ) de Kn , on a ||x|| p −→ Max |xk | , ce qui justifie la


r
p∞ 1k n
e Monie
gèbr
r Al

notation ||.||∞.
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè

Cf. exercice 1.1.8 d) p. 10.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
3) Soit X un ensemble non vide ; l'ensemble B(X; K) des applications bornées de X dans K
Cf. Analyse MPSI § 4.1.8 Prop. 3.
bre G
ie r Algè
on

est un K -ev.
M
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

L'application ||.||∞ : B(X; K) −→ R est une norme sur B(X; K) .


f −→Sup | f (x)|
x∈X

5
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Réviser les propriétés de la norme ||.||∞ En effet, pour tous f,g de B(X; K) et tout λ de K :
n ie

dans Analyse MPSI, § 4.1.8.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

||λ f ||∞ = Sup |λ f (x)| = |λ| Sup | f (x)| = |λ| || f ||∞


r Alg

(i)
n ie
Mo

tr i e
Géomé

x∈X x∈X

(ii) || f ||∞ = 0 ⇐⇒ (∀x ∈ X, | f (x)| = 0) ⇐⇒ f = 0


(iii) || f + g||∞ = Sup | f (x) + g(x)|  Sup(| f (x)| + |g(x)|)
x∈X x∈X
 Sup | f (x)| + Sup |g(x)| = || f ||∞ + ||g||∞ .
x∈X x∈X

La norme ||.||∞ sur B(X; K) est appelée norme de la convergence uniforme car
(cf. 5.1.1) une suite ( f n )n converge uniformément vers f sur X si et seulement si :
Il existe N ∈ N tel que, pour tout n  N , f n − f ∈ B(X; K)


|| f n − f ||∞ −→ 0.
n∞

4) Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, et E = C([a; b],K) le K -ev des applications continues
de [a; b] dans K . Considérons, pour toute f de E , les réels || f ||1 , || f ||2 définis par :
b  b  12
2
|| f ||1 = | f |, || f ||2 = |f| .
a a

Vérifions que les applications ||.||1 ,||.||2 : C([a; b],K) −→ R ainsi définies sont des
normes. On a, pour tous f,g de C([a; b],K) et tout λ de K :
b b
a) (i) ||λ f ||1 = |λ f | = |λ| | f | = |λ| || f ||1
a a
b
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
(ii) || f ||1 = 0 ⇐⇒ | f | = 0 ⇐⇒ f = 0 ,
La continuité de f est ici essentielle. a
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

car f est continue


Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r

Cf. Analyse MPSI, § 6.2.5 Cor. 4.


b b
r Algè
n ie
Mo
onier
éom
étr ie M

G

onier
èbre M
r Alg

| f + g| 
n ie

|| f + g||1 (| f | + |g|)
Mo

Géomé
tr i e

(iii) =
a a
b b
= |f|+ |g| = || f ||1 + ||g||1 .
a a

 b  21  b  12  b  12
2 2 2
b) (i) ||λ f ||2 = |λ f | = |λ|2 |f| = |λ| |f| = |λ| || f ||2
a a a

b
(ii) || f ||2 = 0 ⇐⇒ | f |2 = 0 ⇐⇒ f = 0,
a

car f est continue


r
re Monie
lgèb

(iii) L'inégalité || f + g||2  || f ||2 + ||g||2 est conséquence de l'inégalité de Cauchy-


ni er A

La continuité de f est ici essentielle.


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

Schwarz pour les intégrales :


Cf. Analyse MPSI, § 6.2.5 Cor. 4.
r
re Monie
lgèb
er A
Mo
ni

Mo
n ie
r Algè

éom
bre G

étr ie M
éom é

onier
 b 2  b   b 
G

onier
èbre M

2 2
r Alg  
f g f .
n ie
Mo

Géomé
tr i e    | | |g|
a a a
 

5) Plus généralement, avec les notations de 4), pour tout p de [1,+∞[, l'application :
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie

r Algè
bre G
r

éom é
Cf. Analyse MPSI, 6.2.5 Théorème, pour ||.|| p : C([a; b],K) −→ R
le cas réel,et plus loin § 2.3.4 2) th.3 pour
n ie
Mo
onier
étr ie M

 1p
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo
 b
Géomé
tr i e

le cas complexe. p
f −→ |f|
a
r
re Monie
lgèb
ni er A

est une norme, appelée norme de Hölder.


Mo éom é
bre G

Cf. exercice 1.1.9 p. 10.


r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

ni e r Al
gèbr
e Monie
r

Pour toute f de C([a; b],K), || f || p −→ Sup | f (x)|, ce qui justifie ici la notation || f ||∞ .
p∞ x∈[a;b]
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

Cf. exercice 1.1.9 d) p. 10.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

6
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Exercices 1.1.1, 1.1.3 à 1.1.10.


2) Distance associée à une norme
r Al
gèbr
e Monie
r
• La formule
Définition
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier

d(x,y) = ||x − y||


bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

exprime la distance à l’aide de la norme. Soit (E,||.||) un evn ; on appelle distance associée à ||.||l'application d : E 2 −→ R
• La formule définie par : ∀(x,y) ∈ E 2 , d(x,y) = ||x − y||.
||x|| = d(0,x)
exprime la norme à l’aide de la distance. En particulier : ∀x ∈ E, d(0,x) = ||x|| .

Proposition 1
Soient (E,||.||) un evn et d la distance associée à ||.||.
On a :

Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
1) : symétrie 1) ∀(x,y) ∈ E 2 , d(y,x) = d(x,y)
Mo
onier
étr ie M
éom
G

2) ∀(x,y) ∈ E 2 , (d(x,y) = 0 ⇐⇒ x = y)
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

2) : séparation
tr i e
Géomé

3) : inégalité triangulaire 3) ∀(x,y,z) ∈ E 3 , d(x,z)  d(x,y) + d(y,z)


4) : positive homogénéité 4) ∀(x,y) ∈ E 2 , ∀λ ∈ K, d(λx,λy) = |λ|d(x,y)

5) : invariance par translation. 5) ∀(x,y,z) ∈ E 3 , d(x + z,y + z) = d(x,y).

Preuve
1) d(y,x) = ||y − x|| = || − (x − y)|| = ||x − y|| = d(x,y)
2) d(x,y) = 0 ⇐⇒ ||x − y|| = 0 ⇐⇒ x − y = 0 ⇐⇒ x = y
3) d(x,z) = ||x − z|| = ||(x − y) + (y − z)||  ||x − y|| + ||y − z|| = d(x,y) + d(y,z)
4) d(λx,λy) = ||λx − λy|| = ||λ(x − y)|| = |λ| ||x − y|| = |λ|d(x,y)
5) d(x + z,y + z) = ||(x + z) − (y + z)|| = ||x − y|| = d(x,y). 䊏

Remarques :
1) Soit E un ensemble ; on appelle distance sur E toute application d : E 2 −→ R satisfaisant
les conditions 1), 2), 3) précédentes. On appelle espace métrique tout couple (E,d) où E est
un ensemble et d une distance sur E .
2) Si E est un K -ev et d : E 2 −→ R une application satisfaisant les cinq conditions 1), 2), 3),
4), 5) précédentes, alors il existe une norme et une seule ||.|| sur E telle que :
∀(x,y) ∈ E 2 , d(x,y) = ||x − y|| .
r
re Monie
lgèb

Cf. exercice 1.1.2 p. 10.


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

3) Les propriétés 3), 4), 5) peuvent être interprétées graphiquement (pour la norme eucli-
dienne usuelle dans R2 ) :

λy
d (λ
x,λ y
y )
λx
d( y
y, d (x, x+y
, y)

z) y y)
d (x

x
x
0
x z
d(x, z)
0
z x+z

Propriété 3) : Propriété 4) : Propriété 5) :


inégalité triangulaire positive homogénéité invariance par translation

7
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Proposition 2 Inégalité triangulaire renversée


Soient (E,||.||) un evn et d la distance associée à ||.||. On a :

1) ∀(x,y) ∈ E 2 , ||x − y||  ||x|| − ||y||


 

2) ∀(x,y,z) ∈ E 3 , d(x,y)  d(x,z) − d(y,z).


 

Preuve
1) ||x|| = ||(x − y) + y||  ||x − y|| + ||y||, d'où ||x|| − ||y||  ||x − y||.
En échangeant x et y : ||y|| − ||x||  ||y − x|| = ||x − y|| .
 
Ainsi ||x − y||  Max(||x|| − ||y||,||y|| − ||x||) = ||x|| − ||y||.
 
   
2) d(x,y) = ||x − y|| = ||(x − z) − (y − z)||  ||x − z|| − ||y − z|| = d(x,z) − d(y,z). 䊏
   
Exercice 1.1.2.

3) Construction de normes
a) Norme induite sur un sous-ev

Soient (E,||.||) un evn, d la distance associée à ||.||.


Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Une norme sur E induit une norme sur • Pour tout sev F de E, l'application F −→ R est une norme sur F, appelée
x −→||x||
éom é
bre G
r Algè
n ie

tout sev de E .
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

norme induite sur F par || · || (de E), et encore notée || · ||.


tr i e
Géomé

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Il est clair que, pour tout sev de E , la • Pour toute partie X de E, l'application X × X −→ R est appelée distance
(x,y) −→d(x,y)
bre G
r Algè
n ie

distance induite sur F par d est aussi la


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

distance associée à la norme induite induite sur X par d, et encore notée d.


tr i e
Géomé

sur F par || · ||.

b) Normes sur un produit fini de K -evn

n
Soient n ∈ N∗ , (E k ,Nk )1k n des K -evn, E =
n

Ek = E1 × . . . × En .
E k . Considérons pour tout
k=1 k=1
x = (x1 ,. . . ,xn ) de E, les réels ν1 (x),ν2 (x),ν∞ (x) définis par :
Les définitions de v1 ,ν2 ,ν∞ n n
 1
généralisent celles de || · ||1 , || · ||2 , 2
2

|| · ||∞ vues sur Kn (exemple 1) p.4).La ν1 (x) = Nk (xk ), ν2 (x) = (Nk (xk )) , ν∞ (x) = Max Nk (xk ).
1k n
preuve du fait que ce sont des normes est k=1 k=1
analogue à celle de l’exemple 1).
Les applications ν1 ,ν2 ,ν∞ sont des normes sur E, appelées normes standard sur

n
E k associées à N1 ,. . . ,Nn .
k=1

4) Algèbres normées
Rappels d’algèbre générale, cf. Algèbre Rappelons qu'une algèbre (ou K -algèbre) est un K -ev A muni d'une loi interne, notée ici •
MPSI.
ou par l'absence de symbole, telle que :

(i) • est distributive sur + :





x(y + z) = x y + x z

 
∀(x,y,z) ∈ A3 ,

 (y + z)x = yx + zx

2
(ii) ∀λ ∈ K, ∀(x,y) ∈ A , (λx)y = λ(x y) = x(λy).

Si de plus • est commutative (resp. associative, resp. admet un neutre), on dit que A est une K -
algèbre commutative (resp. associative, resp. unitaire).

8
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Définition
Soient A une K -algèbre, N une norme sur le K -ev A.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Si N est compatible avec la multiplication 1) On dit que N est compatible avec la multiplication de A si et seulement si :
de A, alors il existe C ∈ R∗+ tel que :
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

∃ C ∈ R+ , ∀ (x,y) ∈ A2 ,
tr i e
Géomé

∀(x,y) ∈ A2 , N (x y)  C N (x)N (y).


N (x y)  C N (x)N (y) , 2) On dit que N est une norme d'algèbre si et seulement si :
et l’application
∀ (x,y) ∈ A2 , N (x y)  N (x)N (y).
N ′ : A −→ R définie par :

∀x ∈ A, N ′ (x) = C N (x)
On appelle K -algèbre normée tout couple (A,N ) où A est une K -algèbre et N une
norme d'algèbre sur A.
est une norme d’algèbre sur A.

Proposition
Pour tout ensemble non vide X, B(X; K) est une algèbre normée, la troisième loi
étant la multiplication.

Preuve
On sait déjà que B(X; K), || · ||∞ est un evn.
 

re Monie
r
De plus, B(X,K) est une algèbre et :
lgèb
er A

Cf. Analyse MPSI, 4.1.8 Prop. 3.


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
Mo
n ie
onier 2
|| f g||∞  || f ||∞ ||g||∞ .
étr ie M

∀( f,g) ∈ B(X,K) ,
éom


G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Nous verrons plus loin (§ 1.2.5 p. 53) que, si (E,|| · ||) est un K -evn, alors (LC(E),||| · |||) est
une K -algèbre normée.

Les méthodes à retenir

Norme, distance associée


• Pour montrer qu’une application est une norme sur un K -espace vectoriel (ex. 1.1.3 à 1.1.9), revenir à la défi-
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

nition (Déf. p. 4).


• Pour exprimer la distance d associée à une norme N sur E, utiliser :
∀(x,y) ∈ E 2 , d(x,y) = N (x − y),
et, pour exprimer une norme N à partir distance associée d sur E, utiliser :

∀x ∈ E, N (x) = d(0,x) ,
(ex. 1.1.2).
• Pour établir une inégalité faisant intervenir une norme (ex. 1.1.10), on pourra essayer d’appliquer judicieuse-
ment l’inégalité triangulaire.

9
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exercices
1.1.1 Trouver toutes les normes sur le R -espace 1 p 1 q
a) Montrer : ∀ (a,b) ∈ (R+ )2 , a + b . ab 
vectoriel R . p q
n
On note ||.|| p : K −→ R l'application définie par :
1.1.2 Soient E un K -ev, d : E 2 −→ R une application
telle que, pour tout (x,y,z) de E 3 et tout λ de K : n
 1
p
1) d(y,x) = d(x,y) ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ Kn , ||(x1 ,. . . ,xn )|| p = |xk | p ,
2) d(x,y) = 0 ⇐⇒ x = y k=1

3) d(x,z)  d(x,y) + d(y,z) et de même pour ||.||q .


4) d(λx,λy) = |λ|d(x,y) b) Montrer, pour tout (x,y) de (Kn )2 :
5) d(x + z,y + z) = d(x,y) . n
 
 
α)  xk yk   ||x|| p ||y||q (analogue de l'inégalité
 
Montrer qu'il existe une norme unique N sur E telle que :  k=1 
de Cauchy-Schwarz), où (x1 ,. . . ,xn ) = x et
∀ (x,y) ∈ E 2 , d(x,y) = N (x − y).
(y1 ,. . . ,yn ) = y
1.1.3 Soient E un K -ev, N : E −→ R une application β) ||x + y|| p  ||x|| p + ||y|| p .
telle que :
c) En déduire que ||.|| p est une norme sur Kn , appelée
1) ∀ x ∈ E − {0}, N (x) > 0 norme de Hölder.
2) N (0) = 0 d) Montrer, pour tout x de Kn : ||x|| p −→ ||x||∞ ,
p−→+∞
3) ∀ (x,y) ∈ E 2 , ∀λ ∈ K, N (λx + y)  |λ|N (x) + N (y) .
où ||x||∞ = Max |xk | lorsque x = (x1 ,. . . ,xn ).
1k n
Montrer que N est une norme sur E .

1.1.4 Soient E un K -ev, p ∈ N∗ , N1 ,. . . ,N p des normes 1.1.9 Normes de Hölder sur C([a; b],K)
p Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, E = C([a; b],K),
sur E , (α1 ,. . . ,α p ) ∈ R+ − {(0,. . . ,0)}, N : E −→ R
définie par : p
p ∈]1; +∞[, q = .
p−1
p
 1 1
∀x ∈ E, N (x) = αk Nk (x). a) Montrer : ∀(α,β) ∈ (R+ )2 , αβ  α p + β q
k=1 p p
(cf. exercice 1.1.8 a)).
Montrer que N est une norme sur E .
On note ||.|| p : E −→ R l'application définie par :
1.1.5 Soient E = C([0; 1],R), p ∈ N∗ ,  b  1p
( f 1 ,. . . , f p ) ∈ E p , N : R p −→ R l'application définie ∀ f ∈ E, || f || p = p
| f (t)| dt ,
par : a
1 p


p
∀(x1 ,. . . ,x p ) ∈ R , N (x1 ,. . . ,x p ) =

 xk f k (t) dt.
 et de même pour ||.||q .
0  k=1 b) Montrer, pour tout ( f,g) de E 2 :

Déterminer une CNS sur ( f 1 ,. . . , f p ) pour que N soit une  b 
 
norme sur R p . α)  f g   || f || p ||g||q
a

1.1.6 Soient E,F deux K -ev, ||.|| F une norme sur F , β) || f + g|| p  || f || p + ||g|| p .
f ∈ L(E,F), N : E −→ R . c) En déduire que ||.|| p est une norme sur E , appelée
x −→ || f (x)|| F norme de Hölder.
Trouver une CNS sur f pour que N soit une norme sur E . d) Montrer, pour tout f de E : || f || −→ || f ||∞
p−→+∞
1.1.7 Soient n ∈ N∗, a0 . . . ,an ∈ R deux à deux distincts. où || f ||∞ = Sup | f (t)|.
On note : t∈[a;b]
n
N : Rn [X] −→ R , P −→ N (P) = |P(ak )| . 1.1.10 Soient (E,||.||) un evn, (a,b) ∈ (E − {0}) × E,
k=0
f : R −→ R . Montrer que f est convexe (c'est-à-
Montrer que N est une norme sur Rn [X]. t −→ ||ta + b||
dire :
1.1.8 Normes de Hölder sur Kn ∀ (u,v) ∈ R2 , ∀λ ∈ [0; 1],
p f (λu + (1 − λ)v)  λ f (u) + (1 − λ) f (v),
Soient n ∈ N∗ , p ∈]1; +∞[, q =
p−1
1 1 cf. Analyse MPSI, 5.4.1 Déf.)
(donc + = 1 ).
p q
et que : lim f = +∞.
∓∞

10
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

1.1.2 Boules, sphères


Soient (E,||.||) un K -evn et d la distance associée.

Définition
Soient a ∈ E , r ∈ R∗+ ; on définit les parties suivantes de E, appelées respective-
ment boule ouverte, boule fermée, de centre a et de rayon r :
Remarquer l’inégalité stricte pour la boule B(a; r) = {x ∈ E; d(a,x) < r}
ouverte, large pour la boule fermée.
B ′ (a; r) = {x ∈ E; d(a,x)  r}.

On appelle aussi sphère de centre a et de rayon r : S(a; r) = {x ∈ E; d(a,x) = r}.

Remarque : Si E = {0} , alors, pour tous a,b de E et r,s de R∗+ , on a :

 B(a; r) = B(b; s) 
 
 ou
 
a=b
 
 
 B ′ (a; r) = B ′ (b; s) 
r
re Monie

⇐⇒
lgèb
ni er A

Cf. exercice 1.1.11 5) p.13.


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

r =s
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè  
n ier
Mo

Géomé
tr i e  ou 
 
S(a; r) = S(b; s)
 

Ainsi, une boule ouverte (resp. boule fermée, resp. sphère) de E n'a qu'un « centre » et qu'un
« rayon ».
On peut noter B E (a; r)au lieu de B(a; r) pour éviter des confusions, si plusieurs evn inter-
viennent.

Exemples :
Dans R2 , on peut représenter graphiquement les boules fermées de centre O et de rayon 1
pour les trois normes usuelles :

y y
y 1
1 1

O 1 x 1 O 1 x
1 O 1 x

B'. (0; 1)
B'. (0; 1) 2 1 B'. (0; 1)
1 1 ∞
Exercices 1.1.11 à 1.1.13.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Exercice-type résolu

Un exemple de norme sur R2 , tracé de la boule unité fermée

On considère l’application
|x + t y|
N : R2 −→ R, (x,y) −→ N (x,y) = Sup .
t∈R 1 + t2
a) Montrer que N est une norme sur R2 .
b) Déterminer et tracer, dans R2 usuel, la boule fermée B N′ (0 ; 1).

11
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Solution Conseils
a) • Existence Ne pas oublier de montrer d'abord l'exis-
2 tence de N (x,y) pour tout (x,y) ∈ R2 .
Soit (x,y) ∈ R .
Soit t ∈ R.
|x + t y| |x| + |t||y| |x| + |y|
Si |t|  1, alors :    |x| + |y|.
1 + t2 1 + t2 1 + t2
|x + t y| |x| + |t||y| |x| + t 2 |y|
Si |t|  1, alors :    |x| + |y|.
1+t 2 1+t 2 1 + t2

|x + t y|
Ceci montre : ∀ t ∈ R,  |x| + |y|,
1 + t2
|x + t y|
donc l'application t −→ est bornée, d'où l'existence de N (x,y).
1 + t2
• (i) On a, pour tout λ ∈ R et tout (x,y) ∈ R2 :
|λx + tλy| |x + t y|
N λ(x,y) = Sup = |λ| Sup
 
= |λ|N (x,y).
t∈R 1 + t 2
t∈R 1 + t
2

(ii) On a, pour tout (x,y) ∈ R2 :


|x + t y| |x + t y|
N (x,y) = 0 ⇐⇒ Sup = 0 ⇒ ∀ t ∈ R, =0
t∈R 1+t 2 1 + t2
⇒ ∀ t ∈ R, x + t y = 0 ⇒ (x,y) = (0,0). Par exemple, remplacer t par 0 puis rempla-
cer t par 1.
(iii) On a, pour tous (x,y), (x ′ ,y ′ ) ∈ R2 :

(x + x ′ ) + t (y + y ′ )

′ ′ ′ ′
N (x,y) + (x ,y ) = N (x + x ,y + y ) = Sup
 
t∈R 1 + t2
′ ′
|x + t y| |x + t y |
 
 Sup + Inégalité triangulaire dans R .
t∈R 1 + t2 1 + t2

|x + t y| |x ′ + t y ′ |
 Sup + Sup = N (x,y) + N (x ′ ,y ′ ). Propriété de la borne supérieure
t∈R 1+t 2
t∈R 1 + t2 d'une somme de deux fonctions.

On conclut : N est une norme sur R2 .


b) On a, pour tout (x,y) ∈ R2 :

(x,y) ∈ B N′ (0 ; 1) ⇐⇒ N (x,y)  1 Définition de la boule unité fermée


B N′ (0 1).
|x + t y| |x + t y|
⇐⇒ Sup  1 ⇐⇒ ∀ t ∈ R, 1
t∈R 1+t 2 1 + t2

⇐⇒ ∀ t ∈ R, −1 − t 2  x + t y  1 + t 2
 2
t + yt + (1 + x)  0
⇐⇒ ∀ t ∈ R,
t 2 − yt + (1 − x)  0

y 2 − 4(1 + x)  0 y 2  4(x + 1)
 
⇐⇒ ⇐⇒ Propriété des trinômes réels : si un trinôme
(−y)2 − 4(1 − x)  0 y 2  4(−x + 1). réel du second degré garde un signe
constant sur tous les réels, alors son discri-
minant est  0.

12
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Solution Conseils
Les courbes
y C1 : y 2 = 4(x + 1)
2 C2 : y 2 = 4(−x + 1)

sont des paraboles, et elles se coupent aux


deux points (0, 2) et (0, −2).

1 O 1 x

Tracé de B'N (0; 1) (en bleu foncé)

Exercices
1.1.11 Soient (E,|| ||) un evn, (a,b) ∈ E 2 , (r,s) ∈ (R∗+ )2 , 1.1.12 Soient E un K -ev, N1 ,N2 deux normes sur E ,
λ ∈ K − {0}. Montrer : a ∈ E, r ∈ R∗+ ; on suppose B N
′ (a; r)= B ′ (a; r).
1 N2

1) B ′ (a; r) + B ′ (b; s) = B ′ (a + b; r + s) Montrer N1 = N2 .

2) λB ′ (a; r) = B ′ (λa; |λ|r)


1.1.13 Montrer que, dans tout evn, toute boule ouverte
3) B ′ (a; r) ∩ B ′ (b; s) = ∅ ⇐⇒ ||a − b||  r + s (resp. fermée) est convexe.
4) B ′ (a; r) ⊂ B ′ (b; s) ⇐⇒ ||a − b||  s − r
a=b

5) B ′ (a; r) = B ′ (b; s) ⇐⇒
r =s
(on supposera E = {0} pour 4) et pour 5)).

1.1.3 Parties bornées d'un evn


Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.

Définition 1
lgèb
re Monie
r

Si un réel M convient, tout réel plus


Une partie A de E est dite bornée si et seulement si :
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

grand convient aussi.


éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

∃ M ∈ R+ , ∀ (x,y) ∈ A2 , d(x,y)  M.

Proposition 1
Une partie A de E est bornée si et seulement si :
Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é

onier
r

Si un réel C convient, tout réel plus


étr ie M

grand convient aussi.


éom
G

ier
bre Mon

∃ C ∈ R+ , ∀x ∈ A, ||x||  C.
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

13
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Preuve
1) Supposons A bornée ; il existe M ∈ R+ tel que : ∀ (x,y) ∈ A2 , d(x,y)  M.
Si A = ∅, il existe a ∈ A, et on a, pour tout x de A: ||x||  ||x − a|| + ||a||  M + ||a||.
2) Réciproquement, supposons qu'il existe C ∈ R+ tel que : ∀ x ∈ A,||x||  C.
On a alors :
∀(x,y) ∈ A2 , d(x,y) = ||x − y||  ||x|| + ||y||  2C.

Remarque : Une partie A de E est bornée si et seulement s'il existe une boule fermée (ou
une boule ouverte) contenant A.

Définition 2
Soient X un ensemble, f : X −→ E une application ; on dit que f est bornée si et
seulement si f (X) est une partie bornée de E.

Ainsi : f : X −→ E est bornée si et seulement s'il existe C ∈ R+ tel que :


∀x ∈ X, || f (x)||  C .

Définition 3
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Si A est une partie bornée non vide de
E ,l’ensemble {d(x,y);(x,y) ∈ A2 } Soit A une partie bornée et non vide de E.
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

est une partie non vide et majorée de R,


tr i e
Géomé

donc admet une borne supérieure dans On définit le diamètre de A, noté diam (A), par : diam(A) = Sup d(x,y).
R,notée diam (A). (x,y)∈A2
Cependant,on ne définit pas de diamètre
pour ∅ . On peut noter, pour toute partie A non bornée et non vide de E : diam (A) = +∞. Alors, pour
toute partie non vide A de E : A est bornée si et seulement si diam (A) < +∞.

Proposition 2
1) Soient A,B ∈ P(E) telles que A ⊂ B. Si B est bornée, alors A est bornée ; si,
de plus, A = ∅ , alors : diam (A)  diam (B).
n
2) Soient n ∈ N∗ ,A1 ,. . . An des parties bornées de E ; alors :

Ai est bornée.
i=1
3) Toute partie finie de E est bornée.

Preuve
1) Immédiat.
2) Puisque A1 ,. . . ,An sont bornées, il existe C1 ,. . . ,Cn ∈ R+ tels que :
∀i ∈ {1,. . . ,n}, ∀x ∈ Ai , ||x||  Ci .
n n

En notant C = Max Ci , on a alors : ∀x ∈ Ai , ||x||  C, ce qui montre que Ai est bornée.
1i n
i=1 i=1
3) Se déduit de 2) en remarquant que tout singleton est borné. 䊏

1.1.4 Voisinages
Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Autrement dit, un voisinage de a dans Définition 1
E est une partie de E qui contient au
r Algè
n ie
Mo

Soient a ∈ E , V ∈ P(E) ; on dit que V est un voisinage de a (dans E) si et seule-


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

moins une boule ouverte centrée


en a. ment s'il existe r ∈ R∗+ tel que B(a; r) ⊂ V.
On note V E (a) (ou V(a)) l'ensemble des voisinages de a (dans E).

14
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Proposition 1
Soit a ∈ E .
lgèb
re Monie
r
(i) Tout voisinage de a contient a
(i) ∀V ∈ V E (a), a ∈ V
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè

(ii) Toute partie contenant un voisinage


n ier
Mo

tr i e
Géomé

de a est elle-même un voisinage (ii) ∀V ∈ V E (a), ∀W ∈ P(E), (V ⊂ W ⇒ W ∈ V E (a))


de a
n
(iii) L’intersection d’un nombre fini de
(iii) ∀n ∈ N∗ , ∀V1 ,. . . ,Vn ∈ V E (a),

voisinages de a est un voisinage Vi ∈ V E (a).
de a. i=1

Preuve
(i) et (ii) : immédiat.
(iii) Puisque V1 ,. . . ,Vn ∈ V E (a), il existe r1 ,. . . ,rn dans R∗+ tels que :

B(a; ri ) ⊂ Vi .
∀i ∈ {1,. . . ,n},
n
 n
En notant r = Min ri , on a r > 0 et B(a; r) = B(a; ri ) ⊂ Vi . 䊏
1i n
i=1 i=1

Remarques :

1) La propriété (ii) ci-dessus montre que, pour toute famille (Vi )i∈I de voisinage de a, Vi
i∈I
lgèb
re Monie
r
  1 1 est un voisinage de a.
− ; = {0}
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

2) L'intersection d'une famille infinie de voisinages de a, peut ne pas être un voisinage de a,


onier

n n
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

n∈N∗
Mo

tr i e
Géomé

et {0} n’est pas un voisinage de 0 1 1


 
dans R.
comme le montre l'exemple − ; dans R usuel.
n n n∈N∗

Proposition 2

Soit (a,b) ∈ E 2 tel que a = b ; il existe V ∈ V E (a) et W ∈ V E (b) tels que V∩ W = ∅


On dit que tout evn est séparé.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Preuve
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1
a b Il suffit de prendre V = B(a; r),W = B(b; r), où r = d(a,b). 䊏
2

Définition 2 Voisinages d'un point dans une partie


Soient A ∈ P(E), a ∈ A, V ∈ P(A). On dit que V est un voisinage de a dans A si
et seulement s'il existe V1 ∈ V E (a) tel que V = V1 ∩ A .
On note V A (a) l'ensemble des voisinages de a dans A.

Remarque : Soient A ∈ P (E), a ∈ A, V ∈ P (A); V est un voisinage de a dans A si et


seulement si : ∃ r > 0, B(a; r) ∩ A ⊂ V

1.1.5 Ouverts, fermés


Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.
1) Ouverts
Définition
Une partie Ω de E est dite ouverte (dans E) si et seulement si :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Ainsi, Ω est un ouvert de E si et
seulement si Ω est voisinage (dans E )
n ie

∀x ∈ Ω, Ω ∈ V E (x).
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

de chacun de ses points.


tr i e
Géomé

On dit aussi que Ω est un ouvert (de E).

15
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exemple :
Toute boule ouverte de E est un ouvert de E .
r
En effet, pour tout (a,r) de E × R∗+ , et tout x de x
B(a; r), on a : a

B(x; r − d(a,x)) ⊂ B(a; r).

Proposition 1
Remarquer la dissymétrie entre les
propriétés relatives à la réunion (pour une (i) ∅ et E sont des ouverts de E.
famille quelconque) et à l’intersection
(pour une famille finie.) 
(ii) Pour tout ensemble I et toute famille (Ωi )i∈I d'ouverts de E, Ωi est un ouvert
i∈I
de E
n
(iii) Pour tout n de N∗ et tous ouverts Ω1 ,. . . ,Ωn de E,

Ωi est un
i=1
ouvert de E.

Preuve
On se ramène ici aux propriétés des
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

(i) Immédiat.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

voisinages.
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé


(ii) Soit x ∈ Ωi ; il existe i 0 ∈ I tel que x ∈ Ωi0 . Puisque Ωi0 est un ouvert
i∈I

de E,Ωi0 ∈ V E (x) ; comme Ωi0 ⊂ Ωi , on en déduit (cf. 1.1.4 Prop. 1 (ii) p. 15) :
i∈I

Ωi ∈ V E (x).
i∈I

Ceci montre que Ωi est un ouvert de E .
i∈I
n

(iii) Soit x ∈ Ωi ; pour tout i de {1,. . . ,n}, Ωi ∈ V E (x), donc (cf. 1.1.4 Prop. 1 (iii) p. 15) :
i=1
n
 n

Ωi ∈ V E (x). Ceci prouve que Ωi est un ouvert de E . 䊏
i=1 i=1

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Plus généralement, pour tout evn Remarque : L'intersection d'une famille infinie d'ouverts peut ne pas être un ouvert.
E = {0} , tout singleton de E n'est 1 1   1 1
n ie
Mo

éom
étr ie M
onier
 
G

onier
èbre M
r Alg

Par exemple, dans R usuel, pour tout n de N∗ , − ;


n ie

est un ouvert, mais


Mo

Géomé
tr i e

pas ouvert dans E . − ; ,


n n n∈N∗
n n
qui vaut {0} , n'est pas un ouvert de R .

Proposition 2
n
Soient n ∈ N∗ ,(E k ,Nk )1k n des K -evn, E =

E k , ν la norme définie sur E par :


k=1

∀ (x1 ,. . . ,xn ) ∈ E, ν(x1 ,. . . ,xn ) = Max Nk (xk ) .


r
re Monie
lgèb
er A

Cf. 1.1.1. 3) b) p. 8.
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

1k n
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Soit, pour chaque k de {1,. . . ,n},Ωk un ouvert de E k . Alors Ωk est un ouvert


k=1
de E.

16
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Preuve
n

Soit x = (x1 ,. . . ,xn ) ∈ Ωk . Pour chaque k de {1,. . . ,n},xk ∈ Ωk et Ωk est un ouvert de E k ,


k=1
il existe donc rk ∈ R∗+ tel que B Ek (xk ; rk ) ⊂ Ωk . En notant r = Min rk > 0 , on a :
1k n
n

n

n

B E (x; r) = B Ek (xk ; r) ⊂ B Ek (xk ; rk ) ⊂ Ωk .


k=1 k=1 k=1
n

Ainsi, Ωk est un voisinage de chacun de ses points, donc est ouvert. 䊏


k=1

Remarque : Avec les notations de la proposition précédente, il peut exister des ouverts de E

n
Un ouvert de E 1 × E 2 n’est pas qui ne soient pas de la forme Ωk . Par exemple, Ω =] − 1; 0[2 ∪]0; 1[2 est un ouvert
nécessairement le produit cartésien d’un k=1
ouvert de E 1 et d’un ouvert de E 2 .
de R2 et il n'existe pas de couple (Ω1 ,Ω2 ) de parties de R tel que Ω = Ω1 × Ω2 .

2) Fermés

Définition
Rappel de notation :
Une partie F de E est dite fermée (dans E) si et seulement si ∁ E (F) est une partie
∁ E (F) est le complémentaire de F
ouverte de E.
dans E :
∁ E (F) = {x ∈ E ; x ∈/ F} . On dit aussi que F est un fermé (de E).

Exemple :
x
Toute boule fermée de E est un fermé de E .
r
En effet, pour tout (a,r) de E × R∗+ et tout x de
∁ E (B ′ (a; r)) , on a : a
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Ceci montre que
n ie


Mo

∁E
onier

B (a ; r) est ouvert, donc


éom
étr ie M
 
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

B(x; d(a,x) − r) ⊂ ∁ E (B ′ (a; r)).


Mo

tr i e
Géomé

B ′ (a ; r) est fermé.

Proposition 1
Remarquer la dissymétrie des propriétés (i) ∅ et E sont des fermés de E.
relatives à l’intersection (pour une famille
quelconque) et à la réunion (pour une

famille finie).
(ii) Pour tout ensemble I et toute famille (Fi )i∈I de fermés de E, Fi est un
i∈I
fermé de E.
n
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

(iii) Pour tout n de N∗ et tous fermés F1 ,. . . ,Fn de E,



Fi est un fermé de E.
i=1

Preuve
Il suffit de passer aux complémentaires dans la proposition analogue sur les ouverts (cf. 1.1.5 1) Prop. 1
p. 16) . Par exemple, schématiquement, pour la propriété (iii) :

(∀i ∈ {1,. . . ,n},Fi fermé) ⇐⇒ (∀i ∈ {1,. . . ,n},∁ E (Fi ) ouvert)


 n   n  n  
⇒ ∁ E (Fi ) ouvert ⇒ Fi = ∁ E ∁ E (Fi ) fermé .
i=1 i=1 i=1

17
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Remarques :
1) La réunion d'une famille infinie de fermés de E peut ne pas être un fermé de E .

Par exemple, dans R usuel, pour tout x de ]0,1[, {x} est un fermé, mais {x}, qui vaut
Attention : x∈]0;1[
• une partie non ouverte n’est pas ]0; 1[, n'est pas un fermé de R .
nécessairement fermée
2) Une partie de E peut être à la fois ouverte et fermée, par exemple ∅ .
• une partie non fermée n’est pas
nécessairement ouverte. 3) Une partie de E peut n'être ni ouverte ni fermée, par exemple ]0; 1] dans R usuel.

Exemples :

1) Toute sphère est fermée, puisque : S(a; r) = B ′ (a; r) ∩ ∁ E (B(a; r)) .

B ′ (x; r).

2) Tout singleton est fermé, puisque : {x} =
r∈R∗+

3) Toute partie finie est fermée, car réunion d'un nombre fini de singletons.

Proposition 2
n
Soient n ∈ N∗ , (E k ,Nk )1k n des K -evn, E =

E k , ν la norme définie sur E par :


k=1

∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ E, ν(x1 ,. . . ,xn ) = Max Nk (xk )


r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo

Cf. 1.1.1 3) b) p. 8.
éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

1k n
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Soit, pour chaque k de {1,. . . ,n},Fk un fermé de E k . Alors Fk est un fermé


k=1
de E.

Preuve

n  n
∁E Fk = k , où
k=1 k=1
 
Ω1 = ∁ E1 (F1 ) × E 2 × . . . × E n ,. . . ,Ωn = E 1 × . . . × E n−1 × ∁ En (Fn ).
n

D'après 1.1.5 1) Prop. 1 (ii) p. 16, chaque Ωk est un ouvert de E , et donc Ωk aussi ; finalement,
k=1
n

Fk est un fermé de E . 䊏
k=1

Remarque :
Un fermé de E 1 × E 2 n’est pas
nécessairement le produit cartésien d’un Avec les notations de la proposition précédente, il peut exister des fermés de E qui ne soient
n
fermé de E 1 et d’un fermé de E 2 .

pas de la forme Fk . Par exemple, F = {(−1,−1),(1,1)} est un fermé de R2 et il n'existe pas


k=1
de couple (F1 ,F2 ) de parties de R tel que F = F1 × F2 .

3) Ouverts et fermés d'une partie d'un K -evn

Définition
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
On dit aussi que les ouverts (resp.fermés) Soit A ∈ P(E) .
de A sont les traces sur A des ouverts
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

(i) On appelle ouvert de A (ou : ouvert relatif de A) toute partie U de A telle


r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

(resp. fermés) de E .
qu'il existe un ouvert Ω de E tel que U = Ω ∩ A.
(ii) On appelle fermé de A (ou : fermé relatif de A) toute partie G de A telle qu'il
existe un fermé F de E tel que G = F ∩ A.

18
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Pour a ∈ A et r ∈ R∗+ , on note souvent :


B A (a; r) = B E (a; r) ∩ A = {x ∈ A; d(a,x) < r};
définition analogue pour B ′A (a; r),S A (a; r).
Les résultats de 1.1.5 1) et 2) restent valables en y remplaçant l'evn E par une partie A de E .
Mises en garde :
Remarque :
• un ouvert de A n’est pas nécessairement
un ouvert de E . On prendra garde qu'un ouvert de A peut ne pas être un ouvert de E .
• un fermé de A n’est pas nécessairement Par exemple, dans R usuel, [0; 1[ est un ouvert de [0; 1] (car [0; 1[ = ] − 1; 1[∩[0; 1]), mais
un fermé de E . [0; 1[ n'est pas un ouvert de R .

1.1.6 Comparaison de normes


Définition

Bien noter dans cette définition : Soient E un K -ev, N ,N ′ deux normes sur E. On dit queN est équivalente à N ′ , et
• α et β sont strictement positifs on note N ∼ N ′ , si et seulement si :
• α et β ne dépendent pas de x
∃ (α,β) ∈ (R∗+ )2 , ∀x ∈ E, α N (x)  N ′ (x)  β N (x).

Rappel de définition : Proposition 1


une relation est une relation
La relation « est équivalente à » est une relation d'équivalence dans l'ensemble des
d’équivalence si et seulement si elle est
réflexive, symétrique, transitive. normes sur E.

Preuve
1) Réflexivité : évidente.
2) Symétrie :
Si N ∼ N ′ , il existe (α,β) ∈ (R∗+ )2 tel que : ∀x ∈ E, α N (x)  N ′ (x)  β N (x),
1 1
d'où : ∀x ∈ E, N ′ (x)  N (x)  N ′ (x) , et donc N ∼ N ′ .
β α
3) Transitivité :
Si (N ∼ N ′ et N ′ ∼ N ′′ ), il existe (α,β,γ ,δ) ∈ (R∗+ )4 tel que :
α N (x)  N ′ (x)  β N (x)

∀x ∈ E, ,
γ N ′ (x)  N ′′ (x)  δ N ′ (x)

d'où : ∀x ∈ E, αγ N (x)  N ′′ (x)  βδ N (x), et donc N ∼ N ′′ . 䊏

Exemple
Les trois normes usuelles sur Kn (cf. 1.1.1 p. 4) sont équivalentes car, pour tout
x = (x1 ,. . . ,xn ) de Kn :
 n


 Max
 1k n |x k |  |xk |  n Max |xk |
1k n
k=1

n 1

 
2
|xk |2

 Max |xk |   n Max |xk |.


1k n 1k n
k=1

Remarque : Si E = {0} , deux normes N,N ′ sur E sont équivalentes si et seulement si


N (x) N ′ (x)
et sont bornés lorsque x décrit E − {0} . Par contraposition, on en déduit
N ′ (x) N (x)
N ′ (xn )
Méthode pratique pour montrer que que, s'il existe une suite (xn )n∈N d'éléments de E − {0} telle que −→ 0 ou
N (xn ) n∞
deux normes ne sont pas équivalentes.
N ′ (xn )
−→ +∞ , alors N et N ′ ne sont pas équivalentes.
N (xn ) n∞
19
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exemple : y
Les normes ||.||1 et ||.||∞ sur E = C([0; 1],R) ne
r
e Monie
gèbr
r Al

n
n ie
Mo

Cf. § 1.1.1 pp. 5, 6.


éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

sont pas équivalentes car, en notant, pour tout n


Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

de N∗ ,
f n : [0; 1] −→ R fn

n(1 − nx) si x ∈ [0; n1 ]



x −→
0 si x ∈] n1 ; 1]
O 1 1
|| f n ||∞ x
on a = 2n −→ +∞. n
|| f n ||1 n∞

Proposition 2
Soient E un K -evn, N,N ′ deux normes sur E. Les deux propriétés suivantes sont
équivalentes :
(i) ∃ α ∈ R∗+, ∀x ∈ E, N ′ (x)  α N (x)
(ii) Toute suite (xn )n convergeant vers 0 dans (E,N ) converge aussi vers 0 dans
(E,N ′ ).

Preuve
(i) ⇒ (ii) :
Supposons qu'il existe α ∈ R∗+ tel que : ∀x ∈ E, N ′ (x)  α N (x).
Soit (xn )n une suite convergeant vers 0 dans (E,N ), c'est-à-dire telle que N (xn ) −−−→ 0.
n∞

Comme : ∀n ∈ N , 0  N ′ (xn )  α N (xn ), il en résulte N ′ (xn ) −−−→ 0,


n∞

c'est-à-dire que (xn )n converge vers 0 dans (E,N ′ ).


(ii) ⇒ (i) :
   
Montrons la contre-apposée, c'est-à-dire : non(i) ⇒ non(ii) .

Supposons : ∀α ∈ R∗+ , ∃x ∈ E, N ′ (x) > α N (x).


En appliquant cette hypothèse à α = n , pour tout n de N∗ , il existe u n ∈ E tel que :
N ′ (u n ) > n N (u n ).
En particulier : ∀n ∈ N , u n = 0.
re Monie
r
√ 1
Introduction d’un coefficient n .
lgèb
er A

Notons, pour tout n de N∗, xn = √


ni
Mo

un .
éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier

n N (u n )
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1
D'une part : N (xn ) = √ −−−→ 0 , donc (xn )n converge vers 0 dans (E,N ).
n n∞
N ′ (u n ) √
D'autre part, N ′ (xn ) = √ > n,
n N (u n )
donc (xn )n ne converge pas vers 0 dans (E,N ′ ). 䊏

Remarque :
re Monie
r
Autrement dit,deux normes sur E sont
Soient E un K -ev, N,N ′ deux normes sur E , O (resp. O′ ) l’ensemble des ouverts de
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

équivalentes si et seulement si elles


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

définissent les mêmes ouverts. (E,N )(resp. (E,N ′ )) . On a :


tr i e
Géomé

N ∼ N ′ ⇐⇒ O = O′ .
En effet :
1) Supposons N ∼ N ′ ; il existe (α,β) ∈ (R∗+ )2 tel que :

∀x ∈ E, α N (x)  N ′ (x)  β N (x) .

20
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Soient Ω ∈ O, a ∈ Ω ; il existe r ∈ R∗+ tel que B N (a; r) ⊂ Ω.


On a alors B N ′ (a; αr) ⊂ B N (a; r) ⊂ Ω . Ceci montre que Ω est voisinage de chacun de ses
points dans (E,N ′ ), donc Ω ∈ O′ . Ceci prouve O ⊂ O′ .
En échangeant les rôles de N et N ′ on obtient l'autre inclusion, et finalement O = O′ .

2) Réciproquement, supposons O = O′ .
On a : B N (0; 1) ∈ O ⊂ O′ , donc B N (0; 1) ∈ V(E,N ′ ) (0).
Il existe alors ρ ∈ R∗+ tel que B N ′ (0; ρ) ⊂ B N (0; 1).
On a, pour tout x de E − {0} :
 
ρ ρ ρ
N′ x = < ρ ⇒ x ∈ B N ′ (0; ρ) ⊂ B N (0; 1)
2N ′ (x) 2 2N ′ (x)
 
ρ ρ
⇒ N x < 1 ⇒ N (x) < N ′ (x).
2N ′ (x) 2
 ρ 
Ceci prouve qu'il existe α ∈ R∗+ α = tel que : ∀ x ∈ E, α N (x)  N ′ (x).
2
En échangeant les rôles de N et N ′ , on obtient l'existence de β dans R∗+ tel que :

∀x ∈ E, N ′ (x)  β N (x).

Finalement, N et N ′ sont équivalentes.


r
re Monie
lgèb
ni er A

Voir aussi 1.2.5 Prop. 2 p. 53.


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Exercices 1.1.14 à 1.1.19.

Exercice-type résolu 1

Un exemple de deux normes équivalentes

On note E le R -espace vectoriel des applications f : [0 ; 1] −→ R de classe C 1 telles que f (0) = 0.


On note, pour toute f ∈ E :
1 1
N( f ) = | f ′ |, ν( f ) = | f ′ + f |.
0 0

a) Montrer que N et ν sont des normes sur E.


b) Démontrer que les normes N et ν sont équivalentes.

Solution Conseils
Remarquons d'abord que E est bien un R -espace vectoriel.
a) 1) Pour toute f ∈ E, N ( f ) existe car | f ′ | est continue sur le segment [0 ; 1]. S'assurer d'abord de l'existence de N ( f )
pour toute f ∈ E.
(i) On a, pour tout λ ∈ R et toute f ∈ E :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

1 1 1 1
N (λ f ) = ′
|(λ f ) | = ′
|λ f | = ′
|λ|| f | = |λ| | f ′ | = |λ|N ( f ). |λ| est une constante.
0 0 0 0
1
(ii) Soit f ∈ E telle que N ( f ) = 0, c'est-à-dire | f ′ | = 0.
0

Puisque f ′ est continue sur [0 ; 1], il s'ensuit f ′ = 0.


Ainsi, f est constante ; comme de plus f (0) = 0, on conclut f = 0.
(iii) On a, pour toutes f,g ∈ E :
1 1 1
|( f + g)′ | = | f ′ + g′ | 
 ′
N ( f + g) = | f | + |g ′ | = N ( f ) + N (g). Inégalité triangulaire et croissance de l'in-

0 0 0 tégration.

21
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Solution Conseils
On conclut : N est une norme sur E.
2) Pour toute f ∈ E, ν( f ) existe car | f ′ + f | est continue sur le segment [0 ; 1]. S'assurer d'abord de l'existence de ν( f )
pour toute f ∈ E.
(i) On a, pour tout λ ∈ R et toute f ∈ E :
1 1 1
(λ f )′ + (λ f ) = |λ|| f ′ + f | = |λ| | f ′ + f | = |λ|ν( f ).
 
ν(λ f ) = |λ| est une constante.
0 0 0
1
(ii) Soit f ∈ E telle que ν( f ) = 0, c'est-à-dire | f ′ + f | = 0.
0

Puisque f ′ + f est continue sur [0 ; 1], il s'ensuit f ′ + f = 0.


Il existe donc C ∈ R tel que : ∀ x ∈ [0 ; 1], f (x) = C e −x . Résolution d'une équation différentielle
linéaire du premier ordre, sans second
Comme de plus f (0) = 0, on déduit C = 0, puis f = 0. membre et à coefficients constants.
(iii) On a, pour toutes f,g ∈ E :
1 1
( f + g)′ + ( f + g) =
 ′
( f + f ) + (g ′ + g)
  
ν( f + g) =
0 0
1
Inégalité triangulaire et croissance de

 ′
| f + f | + |g ′ + g| = ν( f ) + ν(g).

0 l'intégration.
On conclut : ν est une norme sur E.
b) 1) Soit f ∈ E. On a, pour tout x ∈ [0 ; 1], puisque f (0) = 0 :
 x  x 1
f ′ (t) dt   | f ′ (t)| dt  | f ′ (t)| dt = N ( f ),
 
| f (x)| = 
0 0 0
1
et donc | f |  N ( f ), puis | f |  N ( f ). | f | est une fonction, N ( f ) est une
0 constante.
D'où :
1 1
|f′ + f| 
 ′
ν( f ) = |f |+|f|

0 0
1 1 1

= |f |+ | f | = N( f ) + | f |  2 N ( f ).
0 0 0

2) Soit f ∈ E. Notons g = f ′ + f. On va exprimer f en fonction de g , par


La solution générale de l'équation différentielle sans second membre y ′ + y = 0 résolution d'une équation différentielle
linéaire du premier ordre, avec second
est y : x −→ C e −x , C ∈ R. membre.
Une solution particulière de l'équation différentielle avec second membre
Méthode de variation de la constante, cf.
(E) y ′ + y = g est de la forme y : x −→ C(x) e −x , où C est une fonction incon- Analyse MPSI.
nue, supposée dérivable.
On a :
y ′ + y = g ⇐⇒ ∀ x ∈ [0 ; 1], C ′ (x) e −x = g(x)
x
⇐⇒ ∀ x ∈ [0 ; 1], C ′ (x) = e x g(x) ⇐ ∀ x ∈ [0 ; 1], C(x) = e t g(t) dt. L'implication renversée traduit une condi-
x 0 tion suffisante.
Ainsi, une solution particulière de (E) est y : x −→ e −x e t g(t) dt.
0

Il existe donc C ∈ R tel que :


x
∀ x ∈ [0 ; 1], f (x) = e −x
e t g(t) dt + C e −x .
0

Comme f (0) = 0, on déduit C = 0, et on conclut :


x
∀ x ∈ [0 ; 1], f (x) = e −x e t g(t) dt. Expression de f à l'aide de g .
0

22
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Solution Conseils
On a alors, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
 x  x
| f (x)| = e −x  e t g(t) dt   e −x e t |g(t)| dt
 
0 0
x 1 1 1
et donc : | f (x)|  1 e |g(t)| dt  e |g| = e ν( f ), ν( f ) = |f′ + f| = |g|.
0 0 0 0

| f ′ (x)| = |g(x) − f (x)|  |g(x)| + | f (x)|  |g(x)| + e ν( f ),


puis :
1 1 1
N( f ) = | f ′|  |g| + e ν( f ) = |g| + e ν( f ) = (1 + e )ν( f ).
 
0 0 0

On a obtenu :
1 1
∀ f ∈ E, N ( f )  ν( f )  2 N ( f ), 1+e
et 2 sont des constantes > 0.
1+e
et on conclut : N et ν sont des normes équivalentes.

Exercice-type résolu 2

Un exemple de deux normes non équivalentes

On note E le R -espace vectoriel des applications f : R −→ R continues et bornées. On note, pour toute f ∈ E :

N ( f ) = Sup e −|x| | f (x)| , ν( f ) = Sup (1 − e −|x| )| f (x| .


   
x∈R x∈R

a) Montrer que N et ν sont des normes sur E.


b) Démontrer que les normes N et ν ne sont pas équivalentes.

Solution Conseils
Remarquons d'abord que E est bien un R -espace vectoriel.
a) 1) Pour toute f ∈ E, l'application x −→ e −|x| | f (x)| est bornée sur R , car S'assurer d'abord de l'existence de N ( f )
x −→ e −|x| est bornée et f est bornée, donc N ( f ) existe. pour toute f ∈ E. On a :

(i) On a, pour tout λ ∈ E et toute f ∈ E :


∀x ∈ R, 0 < e−|x|  1.
N (λ f ) = Sup e −|x| |(λ f )(x)| = Sup |λ| e −|x| | f (x)|
    
x∈R x∈R

= |λ| Sup e −|x| | f (x)| = |λ|N ( f ). |λ| est une constante.


 
x∈R
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

(ii) On a, pour toute f ∈ E :


N ( f ) = 0 ⇐⇒ Sup e −|x| | f (x)| = 0 ⇐⇒ ∀ x ∈ R, e −|x| | f (x)| = 0
 
x∈R
e−|x| ne s'annule en aucun réel.
⇐⇒ ∀ x ∈ R, f (x) = 0 ⇐⇒ f = 0.
(iii) On a, pour toutes f,g ∈ E :
Inégalité triangulaire dans R et propriété
N ( f + g) = Sup e −|x| |( f + g)(x)|  Sup e −|x| | f (x)| + |g(x)|
    
de la borne supérieure.
x∈R x∈R

 Sup e −|x| | f (x)| + Sup e −|x| |g(x)| = N ( f ) + N (g).


   
Propriété de la borne supérieure.
x∈R x∈R

On conclut : N est une norme sur E.

23
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Solution Conseils
2) Pour toute f ∈ E, l'application x −→ (1 − e −|x| )| f (x)| est bornée sur R , car S'assurer d'abord de l'existence de ν( f )
x −→ 1 − e −|x| est bornée et f est bornée, donc ν( f ) existe. pour toute f ∈ E. On a :
(i) Comme en 1), on a :
∀x ∈ R, 0  1 − e−|x| < 1.
∀ λ ∈ R, ∀ f ∈ E, ν(λ f ) = |λ|ν( f ).
(ii) Soit f ∈ E telle que ν( f ) = 0.
On a alors :
∀ x ∈ R, (1 − e −|x| )| f (x)| = 0,
d'où : ∀ x ∈ R∗ , f (x) = 0. 1 − e−|x| ne s'annule qu'en 0.

Comme de plus f est continue en 0, on conclut : f = 0.


(iii) Comme en 1), on montre :
∀ g ∈ E, ν( f + g)  ν( f ) + ν(g).
On conclut : ν est une norme sur E.
b) Considérons, pour tout n ∈ N∗:
f n : R −→ R, x −→ f n (x) = e −n|x| .
Il est clair que : ∀ n ∈ N∗ , f n ∈ E. Pour tout n ∈ N∗ , f n est continue et bornée.

Calculons N ( f n ) et ν( f n ) pour tout n ∈ N .
1) On a : Cette borne supérieure est atteinte pour
x = 0.
N ( f n ) = Sup e −|x| e −n|x| = Sup e −(n+1)|x| = 1.
 
x∈R x∈R

2) On a :
ν( f n ) = Sup 1 − e −|x| e −n|x| .
  
x∈R

Comme l'application x ∈ R −→ e −|x| ∈]0 ; 1] est une bijection, on a : Changement de variable, pour la commodité.
ν( f n ) = Sup (1 − t)t n .
 
t∈ ]0 ;1]

Notons ϕn : [0 ; 1] −→ R, t −→ ϕn (t) = (1 − t)t n = t n − t n+1 .


L'application ϕn est dérivable et :

∀ t ∈ [0 ; 1], ϕn′ (t) = nt n−1 − (n + 1)t n = t n−1 n − (n + 1)t .


 

On en déduit le tableau des variations de ϕn :


n
t 0 n+1 1
ϕ'n(t) + 0 –

ϕn(t)
0 0

Il s'ensuit :
n
n n n
  
ν( f n ) = ||ϕn ||∞ = ϕn = 1−
n+1 n+1 n+1
n
1 n 1

=  .
n+1 n+1 n+1
d'où :
N (ϕn )
 n + 1 −→ +∞,
ν(ϕn ) n∞

et on conclut que les normes N et ν ne sont pas équivalentes.

24
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Les méthodes à retenir

Comparaison de normes
• Pour montrer que deux normes N,N ′ sur un K -espace vectoriel E sont équivalentes (ex. 1.1.15, 1.1.17),
lorsque E n’est pas de dimension finie, revenir à la définition (p. 19) ; montrer :

∃ (α,β) ∈ (R∗+ )2 , ∀x ∈ E, α N (x)  N ′ (x)  β N (x).

Dans le cas où E est un espace de fonctions et où N et N ′ font intervenir des intégrales, les inégalités classiques
sur les intégrales pourront s’avérer utiles.
• Pour montrer que deux normes N,N ′ sur un K -espace vectoriel E ne sont pas équivalentes (ex.1.1.14, 1.1.18,
1.1.19), chercher une suite ( f n )n dans E − {0} telle que :

N ′ ( fn ) N ( fn )
−−→ + ∞ ou −−→ + ∞
N ( f n ) n∞ N ′ ( f n ) n∞
cf. § 1.1.6 Rem. pp. 20, 21.

Exercices
1.1.14 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, E = C([a; b],R), a) Déterminer une CNS sur ϕ pour que Nϕ soit une norme.
||.||1 , ||.||2 , ||.||∞ les normes sur E définies par : b) Déterminer une CNS sur ϕ pour que Nϕ et N1 soient des
b normes équivalentes.
|| f ||1 = | f (t)| dt,
a c) Pour (ϕ,ψ) ∈ E 2 , déterminer une CNS sur (ϕ,ψ) pour
 12 que Nϕ et Nψ soient des normes équivalentes.
 b
|| f ||2 = | f (t)|2 dt ,
a 1.1.17 Soient E = C 1 ([0; 1],R), ϕ ∈ E telle que
1
|| f ||∞ = Sup | f (t)| , ϕ = 0. On note N ,Nϕ : E −→ R les applications
t∈[a;b] 0
cf. 1.1.1 1) pp. 5, 6. définies par :
 1
 || f ||1  (b − a) 2 || f ||2 1 1 1
 
| f ′ |, Nϕ ( f ) =  | f ′ |.
 
a) Montrer : ∀ f ∈ E, N ( f ) = | f (0)| + f ϕ  +
1 0 0 0
|| f ||2  (b − a) 2 || f ||∞ .

Démontrer que N et Nϕ sont des normes sur E et qu'elles
b) Démontrer que ||.||1 , ||.||2 , ||.||∞ sont deux à deux non sont équivalentes.
équivalentes.
1.1.18 Soient E l'ensemble des applications
ak Xk ∈ R[X] (où la

1.1.15 On note, pour tout P = f : [0; 1] −→ R de classe C 1 sur [0; 1] et telles que
k ′ : E −→ R les applications définies
somme ne comporte qu'un nombre fini de termes non nuls) : f (0) = 0, N∞ ,N∞
par :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


 1 N∞ ( f ) = Sup | f (t)|, N∞ ( f ) = Sup | f ′ (t)|.
 
N1 (P) = |ak |, N (P) = 1+ |ak |. t∈[0;1] t∈[0;1]
k k
k+1
Montrer que N∞ et N∞ ′ sont des normes sur E , mais

a) Montrer que N1 et N sont des normes sur R[X]. qu'elles ne sont pas équivalentes.

b) Démontrer que N1 et N sont équivalentes. 1.1.19 Soient p ∈ N∗ , E = C p ([0; 1],R), et, pour tout k
de {0,. . . , p}, νk : E −→ R définie par :
1.1.16 Soit E = C([0; 1],R) ; pour chaque ϕ de E , on k−1
note

νk ( f ) = | f (i) (0)| + Sup | f (k) (t)|.
Nϕ : E −→ R i=0 t∈[0;1]
1
f −→ | f ϕ|. Vérifier que ν0 ,. . . ,ν p sont des normes sur E et les com-
0 parer (ici ν0 = ||.||∞ ).

25
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

1.1.7 Intérieur, adhérence, frontière


Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.

Définition 1
Soit A ∈ P (E) .
o
1) On appelle intérieur de A, et on note A, la réunion des parties ouvertes deE
o o 
A est la réunion de tous les ouverts incluses dans A: A =
r
re Monie

Mo

Mo
ni er A

n ie

éom
lgèb

r Algè
bre G

étr ie M
éom é

onier Ω.
G

onier

de E inclus dans A .
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

Ω ouvert de E
Ω⊂A
o
Les éléments de A sont appelées les points intérieurs à A.
2) On appelle adhérence de A, et on note A, l'intersection des parties fermées de E
A est l’intersection de tous les fermés

contenant A : A = F.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

de E contenant A .
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg

F fermé de E
Mo

tr i e
Géomé

F⊃A

Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G

étr ie M
éom é

onier
r
Pour toute partie A de E :
o
Les éléments de A sont appelés les points adhérents à A .
A ⊂ A ⊂ A.
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

3) On appelle frontière de A, et on note Fr(A) la partie de E définie par :


tr i e
Géomé

o o o
Fr(A) = ∁ A (A ) = A − A .
r
re Monie
lgèb
er A

Fr(A) = {x ∈ A ; x ∈
/ A}
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Les éléments de Fr(A) sont appelés les points-frontière de A.

Proposition 1
Pour toute partie A de E :
o
(i) a) ∁ E (A ) = ∁ E (A)
o
b) ∁ E (A) = ∁ E (A)


o
(ii) a) A est le plus grand ouvert de E (au sens de l'inclusion) inclus dans A.
b) A est le plus petit fermé de E (au sens de l'inclusion) contenant A.
o
(iii) a) A est ouverte si et seulement si A = A .
b) A est fermée si et seulement si A = A.
(iv) Fr(A) est un fermé de E.

Preuve
o
 
(i) a) ∁ E (A ) = ∁ E = ∁ E (Ω) = F = ∁ E (A).
  

Ω ouvert de E Ω ouvert de E F fermé de E
Ω⊂A Ω⊂A F⊃∁ E (A)
b) En appliquant a) à ∁ E (A) au lieu de A :
   o   o
∁ E (A) = ∁ E ∁ E ∁ E (A) = ∁ E ∁ E ∁ E (A)
 
= ∁ E (A) .
o
(ii) a) • A est une réunion d'ouverts, donc est un ouvert
o
• A ⊂ A à l'évidence
o
• Soit Ω1 un ouvert de E tel que Ω1 ⊂ A : on a : Ω1 ⊂ Ω =A .

Ω ouvert de E
Ω⊂A
26
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

b) S'obtient à partir de a) en passant aux complémentaires.


(iii) a) Si A est ouverte, alors Ω = A, puisque l'indexation de cette réunion prend en

Ω ouvert deA
Ω⊂A
o
compte A, donc A = A.
o o
• Réciproquement, si A = A, comme A est un ouvert, A est alors un ouvert.
b) S'obtient à partir de a) en passant aux complémentaires.
o o
(iv) Fr(A) = A − A = A ∩ ∁ E (A ) = A ∩ ∁ E (A) est l'intersection de deux fermés. 䊏

Proposition 2

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
(i) : Caractérisation des Soient x ∈ E,A ∈ P(E). On a :
o
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

éléments de A
onier

o
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

(i) x ∈ A ⇐⇒ A ∈ V E (x)
(ii) : Caractérisation des
éléments de A . (ii) x ∈ A ⇐⇒ (∀ V ∈ V E (x),V ∩ A = ∅).

Preuve
o
(i) • Supposons x ∈ A : il existe donc un ouvert Ω de E tel que Ω ⊂ A et x ∈ Ω .
On a alors : Ω ∈ V E (x) et Ω ⊂ A, et donc A ∈ V E (x).
Réciproquement, supposons A ∈ V E (x). Il existe r ∈ R∗+ tel que B(x; r) ⊂ A.
 o o
Alors B(x; r) ⊂ Ω = A , et donc x ∈ A.
Ω ouvert de E
Ω⊂A
o 
(ii) x ∈ A ⇐⇒ x ∈ ∁ E ∁ E (A) ⇐⇒ Non ∃V ∈ V(x), V ⊂ ∁ E (A)
  

V ⊂ ∁ E (A) ⇐⇒ (∀V ∈ V(x), V ∩ A = ∅) .


 
⇐⇒ ∀V ∈ V(x),

Proposition 3
Pour toutes parties A,B de E, on a :
o
o o
(i) A=A (i′ ) A =A
Propriétés utiles pour les exercices de
o o
calcul sur intérieur et adhérence.
(ii) A ⊂ B ⇒ A ⊂ B (ii′ ) A ⊂ B ⇒ A ⊂ B
o o
(iii) A∪B = A∪B (iii′ ) (A ∩ B)o = A ∩ B
Par commodité de notation, (A ∩ B)o
désigne l’intérieur de A ∩ B . o o
(iv) A∩B ⊂ A∩B (iv′ ) (A ∪ B)o ⊃ A ∪ B.

Preuve
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

(i) A est fermée car A est l'intersection d'une famille de fermés.

(ii) Supposons A ⊂ B; B est un fermé contenant B, donc contenant A. Puisque A est


le plus petit fermé de E contenant A, on a donc A ⊂ B.

A⊂ A∪B A⊂ A∪B
 
(iii) • ⇒ ⇒ A ∪ B ⊂ A ∪ B.
B ⊂ A∪B B ⊂ A∪B

• A ∪ B est un fermé de E contenant A ∪ B et A ∪ B est le plus petit fermé de


contenant A ∪ B, donc A ∪ B ⊂ A ∪ B .

A∩B ⊂ A A∩B ⊂ A
 
(iv) • ⇒ ⇒ A ∩ B ⊂ A ∩ B.
A∩B ⊂ B A∩B ⊂ B

27
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Les propriétés (i') à (iv') s'obtiennent en passant aux complémentaires dans les propriétés (i) à (iv) :
par exemple : ∁ E ((A ∩ B)o ) = ∁ E (A ∩ B) = ∁ E (A) ∪ ∁ E (B)
o o o o
= ∁ E (A) ∪ ∁ E (B) = ∁ E (A ) ∪ ∁ E ( B ) = ∁ E (A ∩ B ),
o o
Exercices 1.1.23 à 1.1.30. d'où (A ∩ B)o = A ∩ B .

Remarque :
Dans les formules (iv) et (iv’), il y a
seulement, de manière générale, une
L'inclusion réciproque dans la propriété (iv) (ou (iv')) peut être fausse, comme le montre
inclusion. l'exemple : E = R usuel, A = R∗− ,B = R∗+ , A ∩ B = ∅ = ∅, A ∩ B = R− ∩ R+ = {0} .

Définition 2
Une partie A de E est dite dense dans E si et seulement si A = E.

Exemples :

1) Dans R usuel, Q et ∁R (Q) sont denses dans R (cf. Analyse MPSI, 1.2.3 4) et 5)).

2) Q2 est dense dans R2 .

Plus généralement, si A ⊂ X ⊂ E , on dit que A est dense dans X si et seulement si A ⊃ X .


Exercices 1.1.20 à 1.1.22.

Les méthodes à retenir

Intérieur, adhérence, frontière


• Pour montrer qu’une partie A d’un evn E est dense dans E (ex. 1.1.20, 1.1.22), montrer l’une des propriétés
suivantes :
– A=E
– ∀x ∈ E, ∀V ∈ V E (x), V ∩ A = ∅
– pour tout x ∈ E, il existe une suite (an )n dans A convergeant vers x dans E.
• Pour manipuler adhérence, intérieur, frontière, on essaiera de travailler globalement sur des ensembles (ex.
1.1.21) et on ne se résoudra à faire intervenir les éléments qu’en cas de nécessité (ex. 1.1.16, 1.1.28).
• Lorsqu’il s’agit de déterminer l’intérieur ou l’adhérence d’une partie A d’un evn E (ex. 1.1.29, 1.1.30), le
résultat, souvent simple, pourra d’abord être conjecturé.

Exercices
1.1.20 Soient E un evn, A ∈ P (E); montrer que 1.1.23 Donner un exemple de fermés A,B de R tels que
o o o o
A ∪ ∁ E (A) est dense dans E . A ∪ B, A ∪B,(A ∪ B)o , A ∪ B soient deux à deux distincts.
1.1.21 Soient E une evn, A,B ∈ P (E); on suppose que 1.1.24 Donner un exemple de partie A de R telle que les
A et B sont denses dans E et que A ∩ B = ∅. Montrer : 14 parties suivantes de R soient deux à deux distinctes :
o o o
A = B = ∅. o o o o o o o
 
A,A, A , A , A , A , A ,∁ E (A),∁ E (A),∁ E (A ),∁ E A ,
1.1.22 Soient E un evn, A,B ∈ P (E); on suppose A o
ouvert et A et B denses dans E . o
o
o
Démontrer que A ∩ B est dense dans E . ∁ E A ,∁ E A  ,∁ E A .

28
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

1.1.25 Dans R usuel, on considère 1.1.28 Soient E un evn, A,B deux parties de E telles que
1 1 A ∩ B = ∅. Démontrer :
 
A= ∗
+ n ; (x,n) ∈ R+ × N ∗
x +n 2 . Fr (A ∪ B) = Fr (A) ∪ Fr (B).
o
Calculer A et A.

1.1.26 Soit E un evn. 1.1.29 Soit E = C([0; 1]; R) muni de ||.||∞,


a) α) Montrer, pour tous ouverts U,V de E :
o o o A = { f ∈ E; ∀x ∈ [0; 1], f (x) = 0} .
U ∩V = U ∩V . o
β) En déduire, pour tous fermés F,G de E : Calculer A et A.
o o
(F ∪ G)o = F ∩ G .
1.1.30 Soient c0 le C -ev des suites complexes conver-
b) Déduire, pour toutes parties A,B de E :
geant vers 0, muni de la norme ||.||∞, et A l'ensemble des
o o o

o
o o o o o suites complexes à support fini , c'est-à-dire :
A∩ B =A ∩ B et A ∪ B = A ∪ B.
A = (u n )n∈N ∈ CN ; ∃ N ∈ N,


1.1.27 Soient E le R -ev des applications continues de


∀n ∈ N,(n  N ⇒ u n = 0)} .
[0; +∞[ dans R et F la partie de E formée des applica-
tions uniformément continues de [0; +∞[ dans R . o
o Déterminer A , A, Fr (A).
Montrer F = ∅, E étant muni d'une norme quelconque.

1.1.8 Distance d'un point à une partie non vide


d'un evn
Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.

Définition 1
re Monie
r
L'ensemble {d(x,a); a ∈ A} est une
Soient x ∈ E,A une partie non vide de E ; on appelle distance de x à A le réel, noté
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

partie non vide de R, minorée par 0,


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

donc admet une borne inférieure. d(x,A), défini par :


tr i e
Géomé

d(x,A) = Inf d(x,a).


a∈A

Remarque : Il se peut que d(x,A) ne soit pas « atteinte », c'est-à-dire qu'il n'existe pas d'élé-
ment α de A tel que d(x,A) = d(x,α) ; exemple : dans R usuel, A = [0; 1[, x = 2.

En particulier : Proposition
x ∈ A ⇒ d(x,A) = 0 .
Soient x ∈ E et A une partie non vide de E ; on a : d(x,A) = 0 ⇐⇒ x ∈ A .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Mais la réciproque est fausse.

Preuve
1) Supposons d(x,A) = 0. Soit V ∈ V E (x) ; il existe r ∈ R∗+ tel que B(x; r) ⊂ V, puis, comme
d(x,A) = 0 < r , il existe a ∈ A tel que d(x,a) < r. On a alors : a ∈ B(x; r) ⊂ V et a ∈ A, donc
V ∩ A = ∅. Ceci prouve : ∀V ∈ V E (x),V ∩ A = ∅, et donc (cf. 1.1.7 Prop. 2 p. 27), x ∈ A .

2) Réciproquement, supposons x ∈ A. Soit ε > 0 ; on a : B(x; ε) ∩ A = ∅ (cf. 1.1.7 Prop.2 p. 27).


Il existe donc a ∈ A tel que d(x,a) < ε ; d'où d(x,A)  d(x,a) < ε .
Ainsi : ∀ε > 0, 0  d(x,A) < ε, et donc : d(x,A) = 0. 䊏
Exercices 1.1.31.

29
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

er A
lgèb
re Monie
r
Cette définition est licite car l'ensemble Définition 2
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

{d(a,b); (a,b)∈ A × B} est une Soient A,B deux parties non vides de E ; on appelle distance entre A et B le réel,
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

partie non vide de R, minorée par 0,


donc admet une borne inférieure.
noté d(A,B), défini par : d(A,B) = Inf d(a,b).
(a,b)∈A×B

En particulier, pour tout x de E et toute partie non vide A de E : d(x,A) = d({x},A) .

Remarques :
1) L'application (P (E) − {∅})2 −→ R peut ne pas être une distance (cf. 1.1.1 2) Rem. p. 7) sur
(A,B) −→ d(A,B)
l'ensemble P (E) − {∅} . En effet, il se peut que : d(A,B) = 0 et A = B ; exemple :
dans R usuel, A = R− , B = R+ . De plus, il se peut que : d(A,C) > d(A,B) + d(B,C) ;
exemple : dans R usuel, A =] − ∞; −1], B =] − 2; 2[, C = [1; +∞[ .
Exercices 1.1.32, 1.1.33. 2) Il se peut que : A ∩ B = ∅ et d(A,B) = 0 ; exemple : dans R usuel, A = [−1; 0[ , B =]0; 1].

Les méthodes à retenir

Distance d’un point à une partie non vide d’un evn


• Utiliser essentiellement l’inégalité triangulaire :
∀ (a,b,c) ∈ E, d(a,c)  d(a,b) + d(b,c)
et la définition de la distance d’un point à une partie non vide A de E :

d(x,A) = Inf d(x,a) .


a∈A

• En particulier, avec les notations ci-dessus :


∀a ∈ A, d(x,A)  d(x,a)
et, pour tout réel k  0 :

∀a ∈ A, k  d(x,a) ⇒ k  d(x,A).
 

Exercices
1.1.31 Soient E un evn, A,B deux parties non vides de 1.1.33 Soient E un evn, A,B deux parties non vides de
E , d A : E −→ R , d B de même. E, C, D deux parties de E telles que : A ⊂ C ⊂ A et
x −→ d(x,A)
B ⊂ D ⊂ B . Montrer : d(C,D) = d(A,B).
Montrer : d A = d B ⇐⇒ A = B .

1.1.32 Soient E un evn, A,B deux parties non vides et


bornées de E . Montrer :

diam (A ∪ B)  diam (A) + diam (B) + d(A,B).

30
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

1.1.9 Suites dans un evn


Nous allons généraliser ici certains résultats relatifs aux suites numériques (cf. Analyse MPSI, 3.1).
Soient (E,||.||) un evn, d la distance associée à ||.||.
Une suite dans E est une application de N dans E, souvent notée (u n )n∈N (ou (u n )n 0 , ou (u n )n )
au lieu de u : N −→ E . On appelle aussi suite dans E toute application de {n ∈ N; n  n 0 } dans
n −→u(n)
E, où n 0 ∈ N est fixé ; la plupart des notions étudiées ici ne feront intervenir les u n qu'à « partir
d'un certain rang ».

1) Convergence, divergence

Définition
1) On dit qu'une suite (u n )n∈N dans E converge vers un élément l de E si et seule-
ment si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n  N ⇒ d(u n ,l)  ε).

2) On dit qu'une suite (u n )n∈N dans E converge (dans E) si et seulement s'il existe
l ∈ E tel que (u n )n∈N converge vers l, c'est-à-dire :

∃ l ∈ E, ∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀n ∈ N, (n  N ⇒ d(u n ,l)  ε).

3) On dit qu'une suite (u n )n∈N dans E diverge si et seulement si (u n )n∈N ne conver-


ge pas, c'est-à-dire :
nN

∀ l ∈ E, ∃ ε > 0, ∀ N ∈ N, ∃ n ∈ N, .
d(u n ,l) > ε

Méthode : pour montrer qu’une suite Remarque : (u n )n∈N converge vers l si et seulement si la suite numérique (d(u n ,l))n∈N
(u n )n∈N converge vers l dans E , on converge vers 0.
peut essayer de montrer que la suite
(d(u n − l))n∈N converge vers 0
Proposition 1 Unicité de la limite, si elle existe
dans R.
Si une suite (u n )n∈N dans E converge vers l1 et converge vers l2 , alors l1 = l2 .

Preuve
r
re Monie

Supposons que (u n )n∈N converge vers l1 et converge vers l2 , et que l1 = l2 .


lgèb
ni er A
Mo éom é

Raisonnement par l’absurde.


bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

1
tr i e
Géomé

Notons ε = d(l1 ,l2 ) > 0. Il existe N1 ,N2 ∈ N tels que :


3
∀n ∈ N, (n  N1 ⇒ d(u n ,l1 )  ε)


∀n ∈ N, (n  N2 ⇒ d(u n ,l2 )  ε).

d(u N ,l1 )  ε

En notant N = Max(N1 ,N2 ) , on a : ,
d(u N ,l2 )  ε
d'où d(l1 ,l2 )  d(l1 ,u N ) + d(u N ,l2 )  2ε < d(l1 ,l2 ), contradiction. 䊏

La proposition précédente montre qu'on peut utiliser un symbole fonctionnel : si (u n )n∈N


converge vers l, on dit que l est la limite de (u n )n∈N , et on note l = lim u n (ou l = lim u n )
n∞ n−→+∞
ou u n −→ l (ou u n −→ l) .
n∞ n−→+∞

gèbr
e Monie
r
Autrement dit, on ne change pas la
Remarque : Si deux suites coïncident à partir d'un certain rang, alors elles sont de même
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè

nature d’une suite (convergence,


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

nature, c'est-à-dire que la convergence de l'une entraîne la convergence de l'autre et réci-


n ie
Mo

Géomé
tr i e

divergence) si on modifie ses termes


jusqu’à un indice fixé. proquement.

31
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

ni er A
lgèb
re Monie
r
La convergence d’une suite dans un Proposition 2 Suites à valeurs dans un produit fini d'evn
Mo éom é
bre G
r Algè

produit cartésien d’un nombre fini d’evn


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

N
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

revient à la convergence de chacune des


Soient N ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E N des K -evn, (xn )n∈N une suite dans

suites composantes. Ek,


k=1
N

l∈ E k ; notons, pour chaque n de N, (x1,n ,. . . ,x N ,n ) = xn et (l1 ,. . . ,l N ) = l.


k=1

On a alors :
 
xn −→ l ⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,N }, xk,n −→ lk .
n∞ n∞

Preuve
Il suffit de remarquer : ||xn − l||∞ = Max ||xk,n − lk || . 䊏
1k n

2) Propriétés des suites convergentes

Attention : la réciproque est fausse : Proposition 1


il existe des suites bornées divergentes ;
par exemple, ((−1)n )n∈N dans R Toute suite convergente est bornée.
usuel.

Preuve
Supposons u n −→ l ; il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n  N ⇒ d(u n ,l)  1).
n∞
On a donc, pour tout n de N tel que n  N :
||u n ||  ||u n − l|| + ||l||  1 + ||l||.
En notant M = Max(||u 0 ||,. . . ,||u N ||, 1 + ||l|| ), on conclut : ∀n ∈ N, |u n |  M. 䊏

Proposition 2 Propriétés algébriques des suites convergentes


Soient (u n )n∈N ,(vn )n∈N deux suites dans E, (λn )n∈N une suite dans K ,
l,l ′ ∈ E,λ ∈ K . On a :
1) u n −→ l ⇒ ||u n || −→ ||l||
n∞ n∞
2) u n −→ 0 ⇐⇒ ||u n || −→ 0
n∞ n∞

u n −→ l

3) n∞ ⇒ u n + vn −→ l + l ′
vn −→ l ′ n∞
n∞

λn −→ 0

4) n∞ ⇒ λn vn −→ 0
(vn )n bornée n∞

(λn )n bornée

5) v −→ 0 ⇒ λn vn −→ 0
n n∞
n∞

λn −→ λ

6) n∞ ⇒ λn vn −→ λl ′ .
vn −→ l ′ n∞
n∞

Preuve
 
1) Résulte de : ∀n ∈ N, ||u n || − ||l||  ||u n − l||.
2) Immédiat.

32
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

3) Soit ε > 0 ; il existe N,N ′ ∈ N tels que :


Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie
r

éom é
On peut aussi se ramener à des suites ε
 ∀n ∈ N,(n  N ⇒ ||u n − l||  )
r Algè
bre G

numériques :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

2
Algè
n ier
Mo

(u n + vn ) − (l + l ′ ) 
tr i e
Géomé

.
 ∀n ∈ N,(n  N ′ ⇒ ||v − l ′ ||  ε )
u n − l + vn − l ′  n
2
et appliquer le théorème d’addition et
le théorème d’encadrement vus dans En notant N0 = Max(N,N ′ ) , on a alors :
Analyse MPSI. ε ε
∀n ∈ N, (n  N0 ⇒ ||(u n + vn ) − (l + l ′ )||  ||u n − l|| + ||vn − l ′ ||  + = ε).
2 2
Donc : u n + vn −→ l + l ′ .
n∞

4) Il existe M ∈ R+ tel que : ∀n ∈ N, ||vn ||  M .


 
ε
Soit ε > 0 ; il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, n  N ⇒ |λn |  .
M +1
ε
Alors : ∀n ∈ N, (n  N ⇒ ||λn vn || = |λn | ||vn ||  M  ε), et donc λn vn −→ 0.
M +1 n∞

5) Preuve analogue à celle de 4).

6) Notons, pour tout n de N : αn = λn − λ et wn = vn − l ′ , de sorte que αn −→ 0 et wn −→ 0


n∞ n∞
(cf 3)). On a : ∀n ∈ N, λn vn = (λ + αn )(l ′ + wn ) = λl ′ + λwn + αn vn .
D'après 5) : λwn −→ 0 ; d'après 4) : αn vn −→ 0 .
n∞ n∞

On déduit (cf 3)) : λn vn −→ λl ′ . 䊏


n∞

Proposition 3 Caractérisation de l'adhérence en termes de suites


r
re Monie
lgèb

Caractérisation séquentielle des


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

éléments de l’adhérence.
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Soient x ∈ E,A ∈ P(E). Pour que x ∈ A, il faut et il suffit qu'il existe une suite
d'éléments de A convergeant vers x.

Preuve
1
 
1) Supposons x ∈ A . Pour chaque n de N∗ , B x; ∩ A = ∅ ; il existe donc une suite (an )n∈N∗
n
1
d'éléments de A telle que (∀n ∈ N∗ , d(x,an ) < ) , donc convergeant vers x.
n
2) Réciproquement, supposons qu'il existe une suite (an )n∈N d'éléments de A convergeant vers x, et soit
V ∈ V E (x) . Il existe r > 0 tel que B(x; r) ⊂ V ; puis il existe N ∈ N tel que :
r
∀n ∈ N, (n  N ⇒ d(an ,x)  < r).
2
En particulier : a N +1 ∈ B(x; r) ⊂ V . Ceci montreV ∩ A = ∅.
Ainsi : ∀ V ∈ V E (x),V ∩ A = ∅ , d'où (cf. 1.1.7 Prop. 2 (ii) p. 27) , x ∈ A . 䊏

Corollaire
Une partie A de E est fermée si et seulement si toute suite à termes dans A et conver-
geant dans E converge dans A.

3) Valeurs d'adhérence d'une suite

Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Exemples d’extractrices les plus usitées :
• On appelle extractrice toute application σ : N −→ N strictement croissante.
éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

N → N, N → N , N → N .
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

p →2 p p →2 p+1 p → p2
• Etant donné une suite (u n )n∈N dans E, on appelle suite extraite de (u n )n∈N . toute
suite u σ (n) n∈N où σ est une extractrice.
 

33
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

lgèb
re Monie
r
Remarques :
Preuve immédiate,par récurrence sur n.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

1) Pour toute extractrice σ, on a : σ (n)  n.


onier

∀n ∈ N,
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

2) Si σ,τ sont des extractrices, alors τ ◦ σ est une extractrice.


Donc toute suite extraite d'une suite extraite de (u n )n∈N est elle-même extraite de (u n )n∈N .

Proposition 1
Propriété très utile en pratique. Si une suite (u n )n∈N dans E converge vers un élément l de E, alors toute suite extra-
ite de (u n )n∈N converge aussi vers l.

Preuve
Supposons u n −→ l, et soit σ une extractrice.
n∞

Soit ε > 0. Il existe N ∈ N tel que :

∀n ∈ N, (n  N ⇒ d(u n ,l)  ε).

On a alors : ∀n ∈ N , (n  N ⇒ σ (n)  σ (N )  N ⇒ d(u σ (n) ,l)  ε) ,


et donc u σ (n) −→ l. 䊏
n∞

er A
lgèb
re Monie
r
Si une suite (u n )n admet deux suites Remarque : La contraposée de la Proposition 1 précédente permet de montrer que certaines
suites divergent. Par exemple, dans R usuel ((−1)n )n∈N , diverge, puisque les suites extraites
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

extraites ayant des limites différentes,


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

alors (u n )n diverge.
tr i e
Géomé

formées des termes d'indices pairs et d'indices impairs convergent vers des limites diffé-
rentes, 1 et −1.

Proposition 2
Propriété très utile en pratique. Soient (u n )n∈N une suite dans E, l ∈ E.
Pour que (u n )n∈N converge vers l, il faut et il suffit que (u 2n )n∈N et u 2n+1 n∈N
 

convergent toutes deux vers l.

Preuve
• Un sens résulte de la Prop. 1.
• Réciproquement, supposons u 2n −→ l et u 2n+1 −→ l.
n∞ n∞
Soit ε > 0 ; il existe N1 ,N2 ∈ N tels que :

∀ p ∈ N, ( p  N1 ⇒ d(u 2 p ,l)  ε)

.
∀ p ∈ N, ( p  N2 ⇒ d(u 2 p+1 ,l)  ε)

Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é

onier
r

Tout entier est pair ou impair. Notons N = Max(2N1 ,2N2 + 1) et soit n ∈ N tel que n  N. Il existe p ∈ N tel que n = 2 p ou
étr ie M

n = 2 p + 1.
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Dans le premier cas (n = 2 p), on a 2 p  2N1 , donc p  N1 , d'où d(u n ,l) = d(u 2 p ,l)  ε .
Dans le second cas (n = 2 p + 1) , on a 2 p + 1  2N2 + 1 donc p  N2 , d'où
d(u n ,l) = d(u 2 p+1 ,l)  ε .
Ceci montre : u n −→ l . 䊏
n∞

Définition 2

Soient (u n )n∈N une suite dans E, a ∈ E.


On dit que a est valeur d'adhérence de (u n )n∈N si et seulement s'il existe une extra-
ctrice σ telle que u σ (n) −→ a .
n∞

34
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Remarque :
D'après la Prop. 1, toute suite ayant au moins deux valeurs d'adhérence distinctes est
divergente.

Exercice-type résolu

Un exemple de suite ayant deux limites différentes suivant deux normes

On note E le R -espace vectoriel R[X].


N
an Xn ∈ E par :

a) Montrer que les applications N0 , N1 : E −→ R , définies, pour tout P =
n=0
N  N N
|an | |an |
   

N0 (P) = , N1 (P) =  an  +
n=0
2n n=0 n=1
2n
sont des normes sur E.
b) Montrer :
 n
 X −→
n∞
0 dans (E,N0 )
 Xn −→ 1 dans (E,N1 ).
n∞

Les normes N0 et N1 sont-elles équivalentes ?

Solution Conseils
a) D'abord, il est clair que, pour tout P ∈ E, N0 (P) et N1 (P) existent. Les sommations définissant N0 (P) et
N1 (P) ne portent que sur un nombre fini
N
de termes.
an Xn ∈ E :

1) (i) On a, pour tout λ ∈ R et tout P =
n=0
N N
 |λan |  |an |
N0 (λP) = = |λ| = |λ|N0 (P).
n=0
2n n=0
2n
N
an Xn ∈ E :

(ii) On a, pour tout P =
n=0
N
 |an |
N0 (P) = 0 ⇐⇒ = 0 ⇐⇒ ∀ n ∈ {0,...,N }, an = 0 ⇐⇒ P = 0.
n=0
2n
N N
an Xn , Q = bn Xn ∈ E :
 
(iii) On a, pour tous P = On peut indexer les deux sommations de 0
n=0 n=0 à N, où N est un entier naturel tel que :
N N N  deg (P) et N  deg (Q).
 |an + bn |  |an | + |bn |

© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

N0 (P + Q) =
n=0
2n
n=0
2n
N N
 |an |  |bn |
= + = N0 (P) + N0 (Q).
n=0
2n n=0
2n

On conclut : N0 est une norme sur E.


N
an Xn ∈ E :

2) (i) On a, pour tout λ ∈ R et tout P =
n=0

 N N
|λan |  N N
|an |
       
 
N1 (λP) =  λan  + = |λ|  a n
 + = |λ|N1 (P).
n=0 n=1
2n 
n=0 n=1
2n

35
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Solution Conseils
N
an Xn ∈ E :

(ii) On a, pour tout P =
n=0

 N N
|an |
  

N1 (P) = 0 ⇐⇒  an  + =0
2n
n=0 n=1
N

⇐⇒ an = 0 et ∀ n ∈ {1,...,n}, an = 0
n=0

⇐⇒ ∀ n ∈ {0,...,n}, an = 0 ⇐⇒ P = 0.
N N
an Xn , Q = bn Xn :
 
(iii) On a, pour tous P =
n=0 n=0

 N N
|an + bn |
  

N1 (P + Q) =  (an + bn ) +
n=0 n=1
2n
 N N N
|an |  N
|bn |
   
   
  an  +  bn  + + = N1 (P) + N1 (Q).
n=0 n=0 n=1
2n
n=1
2n

On conclut : N1 est une norme sur E.


1
b) • N0 (Xn ) = −→ 0,donc Xn −→ 0 dans (E,N0 ).
2n n∞ n∞

• Pour n  1 :
1 1
N1 (Xn − 1) = |1 − 1| + = n −→ 0,
2n 2 n∞
donc Xn −→ 1 dans (E,N1 ).
n∞

Si les normes N0 et N1 étaient équivalentes, comme N0 (Xn ) −→ 0, on aurait aussi Raisonnement par l'absurde.
n∞
N1 (Xn ) −→ 0, donc Xn −→ 0 dans (E,N1 ), contradiction avec Xn −→ 1 dans
n∞ n∞ n∞
(E,N1 ). Unicité de la limite.
On conclut que les normes N0 et N1 ne sont pas équivalentes.

4) Exemples de méthodes d'accélération de convergence


Soit (u n )n∈N une suite réelle convergeant vers un réel ℓ.
Supposons que u n − ℓ admette un développement asymptotique de la forme :

u n − ℓ = λk n + O(k ′ n ),

où λ, k, k ′ sont des réels non nuls fixés tels que : |k ′ | < |k| < 1.

Méthode de Richardson
Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r

Remarquer que,puisque k ′ est fixé non


nul :
onier
étr ie M

On a :
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

k O(k n ) = O(k n ) = O(k ′ n ) , u n+1 − ku n (u n+1 − ℓ) − k(u n − ℓ)


−ℓ=
1−k 1−k
O(k ′ n+1 ) = O(k ′ k ′ n ) = O(k ′ n )
 n+1
+ O(k ′ n+1 ) − k λk n + O(k ′ n )
  
λk
= = O(k ′ n ).
1−k

36
1.1 • Vocabulaire de la topologie d’un espace vectoriel normé

Notons, pour tout n ∈ N∗ :

u n+1 − ku n
vn = .
1−k

Alors, (vn )n∈N∗ converge vers ℓ plus rapidement que (u n )n∈N , puisque :
u n − ℓ = λk n + O(k ′ n ), vn − ℓ = O(k ′ n ), |k ′ | < |k| < 1, λ = 0.

Méthode d'Aitken
Souvent, en pratique, on ne connaît pas k exactement.
u n+1 − u n
lgèb
re Monie
r
On va remplacer k , qui n’est pas connu On a, en notant ρn = , pour n  2 :
u n − u n−1
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

exactement, par ρn , qui approche k .


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

λk n+1 −λk n + O(k ′ n ) O(k ′ n )−k O(k ′ n+1 )


ρn − k = −k = n
λk −λk + O(k
n n−1 ′ n−1 ) λk −λk n−1 + O(k ′ n−1 )
 ′n 
O(k ′ n )
 ′n 
k k
= = O = O .
λk n−1 (k −1) + O(k ′ n−1 ) kn k

En particulier : ρn −→ k.
n∞

Considérons donc la suite (wn )n2 , analogue à la suite (vn )n, mais en remplaçant k par ρn :

u n+1 − ρn u n (u n+1 − ℓ) − ρn (u n − ℓ)
wn = −ℓ=
1 − ρn 1 − ρn
 ′ n 
k

n+1 ′n
 n
+ O(k ) − k + O λk + O(k ′ n− )

λk
k
= = O(k ′ n ).
1 − k + o(1)

Alors, la suite (wn )n2 converge vers ℓ plus rapidement que la suite (u n )n .

Exemple : Calcul de valeurs décimales approchées de π


π
Notons, pour tout n ∈ N∗ : u n = 2n sin n . On a : u n −→ π.
2 n∞

Effectuons un développement asymptotique :

1 π 3 1 π 5 1 π 7
        9 
Utilisation du DL 9 (0) ,avec la notation π π
u n = 2n n − + − + O
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

O ,de x −→ sin x lorsque x → 0 : 2 3! 2n 5! 2n 7! 2n 2n


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

x3 x5 x7
sin x = x − + − π3 1 π5 1 π7 1 1
 
3! 5! 7! =π− + − + O .
+ O(x 9 ) . 3! 4n 5! 42n 7! 43n 44n

Considérons les suites de termes généraux u ′n , u ′′n , u ′′′


n définies par la méthode de Richardson
réitérée :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

1
u n+1 − u n 1
u ′n= 4 = u n+1 + (u n+1 − u n ),
1 3
1−
4
1
u ′n+1 − 2 u ′n 1
′′
un = 4 = u ′n+1 + (u ′n+1 − u ′n ),
1 15
1− 2
4
1
u ′′n+1 − 3 u ′′n 1
u ′′′ 4 = u ′′n+1 + (u ′′n+1 − u ′′n ).
n = 1 63
1− 3
4
37
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

On a, avec des valeurs approchées décimales obtenues par la calculatrice (qui fournit
d'ailleurs directement une valeur approchée décimale de π . . ., et qui utilise une telle valeur
approchée décimale de π pour effectuer les calculs suivants . . .) :
π
u 1 = 2sin =2
2
u ′1 ≃ 3,104 569 500
π
u 2 = 22 sin ≃ 2,828 427 125 u ′′1 ≃ 3,141 452 775
22
u ′2 ≃ 3,139 147 570 u ′′′
3 ≃ 3,141 592 577.

π
u 3 = 23 sin ≃ 3,061 467 459 u ′′2 ≃ 3,141 590 393
23
u ′3 ≃ 3,141 437 717
π
u 4 = 24 sin ≃ 3,121 445 152
24

Exercices
1.1.34 Convergence géométrique 1.1.36 Convergence rapide
On considère la suite réelle (u n )n0 définie par u 0 = 0 et : On considère la suite réelle (u n )n0 définie par u 0 = 1 et :
∀ n ∈ N, u n+1 = ln(2 + u n ).
∀ n ∈ N, u n+1 = u 2n e −u n .
a) Montrer que (u n )n0 converge vers un réel ℓ.
a) Montrer : u n −→ 0.
n∞
b) Montrer :
b) Montrer qu'il existe C ∈ ]0 ; 1[ tel que :
1 n n
∀ n ∈ N, |u n − ℓ|  . u n = C 2 e o(2 ) .
2n−1
Ainsi, la convergence de u n vers ℓ est (au moins) géomé- (On pourra utiliser la notion de série, cf. chapitre 4.)
trique.

1.1.35 Convergence lente 1.1.37 Étudier la suite réelle (u n )n1 définie par u 1 ∈ R+
et :
On considère la suite réelle (u n )n0 définie par u 0 = 1 et :
√ 1
∀ n ∈ N, u n+1 = sin u n . ∀ n ∈ N∗ , u n+1 = un + .
n
a) Montrer : u n −→ 0.
n∞
1 1.1.38 Soit (u n )n1 la suite réelle définie par u 1 ∈ R+ et :
b) On note, pour tout n ∈ N : Vn = .
u 2n
un 1
1 ∀ n ∈ N∗ , u n+1 = + 2.
1) Montrer : Vn+1 − Vn −→ . n n
n∞ 3
2) En déduire, en utilisant la moyenne de Césaro ou le a) Montrer : u n −→ 0.
n∞
lemme de l'escalier (Analyse MPSI, P 3.1, ou un théorème
de sommation des relations de comparaison, Analyse MP 1
b) Établir : un ∼ .
§ 4.3.9) : n2
n∞

√ c) Former un développement asymptotique de u n à la pré-


3 1
 
un ∼ √ . cision o 3 lorsque l'entier n tend vers l'infini.
n∞ n n
Ainsi, (u n )n converge lentement vers 0.

38
1.2 • Limites, continuité

1.2 Limites, continuité


1.2.1 Limites
Soient (E,||.|| E ), (F,||.|| F ) deux K -evn, d E (resp. d F ) la distance associée à ||.|| E (resp.||.|| F ).

Définition 1
Rappel de notation : Soient X ∈ P(E), a ∈ X, f : X −→ F, l ∈ F .
X désigne l’adhérence de X dans E .
On dit que f admet l pour limite en a si et seulement si :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ X, (d E (x,a)  η ⇒ d F ( f (x),l)  ε),

ce qui revient à :
Rappel de notation : ∀W ∈ V F (l), ∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W.
V E (a) désigne l’ensemble des
voisinages de a dans E .
On généralise aisément cette définition au cas de l'infini :
• Si f : [a; +∞[−→ F (où a ∈ R ) et l ∈ F, on dit que f admet l pour limite en +∞ si et seu-
lement si :
 
∀ε > 0, ∃A > 0, ∀x ∈ [a; +∞[, x  A ⇒ d F ( f (x),l)  ε .

• Si f : E −→ F et l ∈ F, on dit que f (x) admet l pour limite quand ||x|| E tend vers +∞ si
et seulement si :
 
∀ε > 0, ∃A > 0, ∀x ∈ E, ||x|| E  A ⇒ d F ( f (x),l)  ε .

• Si X ∈ P (E), a ∈ X , f : X −→ R , on dit que f admet +∞ pour limite en a si et seulement si :


 
∀A > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ X, d E (x,a)  η ⇒ f (x)  A .

Définitions analogues pour −∞.

Proposition 1 Unicité de la limite, si elle existe


Si f admet l et l′ pour limites en a, alors l = l ′ .

Preuve
Raisonnons par l'absurde : supposons que f admette l et l ′ pour limites en a, et que l = l ′ . Il existe alors
W ∈ V F (l) et W ′ ∈ V F (l ′ ) tels que W ∩ W ′ = ∅ . Puis il existe V ∈ V E (a) et V ′ ∈ V E (a) tels que :
∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W

.
∀x ∈ X ∩ V ′ , f (x) ∈ W ′

Comme V ∩ V ′ ∈ V E (a) et que a ∈ X , il existe x0 ∈ X tel que x0 ∈ V ∩ V ′ . On a alors


f (x0 ) ∈ W ∩ W ′ = ∅, contradiction. 䊏

La proposition précédente montre qu'on peut utiliser un symbole fonctionnel : si f admet l pour limite en a,
on dit que l est la limite de f en a, et on note l = lim f (x) , ou l = lim f, ou f (x) −→ l, ou f → l.
x→a a x→a a
Attention : la réciproque est fausse ;une
fonction peut être bornée sans être
continue, comme le montre l’exemple
Proposition 2
de la fonction caractéristique de Q
dans R : Si f : X −→ F admet une limite finie en a (a ∈ X ), alors f est bornée au voisinage
χQ : R → R,  de a, c'est-à-dire :
1 si x ∈ Q
x −→ .
0 si x ∈
/Q ∃V ∈ V E (a), ∃C ∈ R+ , ∀x ∈ X ∩ V, || f (x)|| F  C.

39
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Preuve
Il existe V ∈ V E (a) tel que :

∀ x ∈ X, (x ∈ V ⇒ d F ( f (x),l)  1 ⇒ || f (x)|| F  ||l|| F + 1). 䊏

r
re Monie
lgèb
er A

Proposition 3 Utilisation de suites pour traduire une limite de fonction


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Caractérisation séquentielle d’une limite.


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Pour que f : X −→ F admette l pour limite en a(a ∈ X) , il faut et il suffit que : pour
toute suite (u n )n∈N dans X telle que u n −→ a, on a f (u n ) −→ l.
n∞ n∞

Preuve
1) Supposons que f admette l pour limite en a, et soit (u n )n∈N une suite dans X telle que u n −→ a .
n∞
Soit W ∈ V F (l) ; il existe V ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W.
Puis il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n  N ⇒ u n ∈ V ).
On a alors : ∀n ∈ N, (n  N ⇒ u n ∈ X ∩ V ⇒ f (u n ) ∈ W ),
et donc f (u n ) −→ l.
n∞
La contraposée d’une implication 2) Montrons la réciproque par contraposition. Supposons que f n'admette pas l pour limite en a, c'est-à-
p ⇒ q est l’implication dire :
(Non q) ⇒ (Non p) .  
Non ∀W ∈ V F (l), ∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X, (x ∈ V ⇒ f (x) ∈ W ) .

Il existe donc W ∈ V F (l) tel que :


∀V ∈ V E (a), ∃x ∈ X, (x ∈ V et f (x) ∈ W ) .
1
 

Considérons, pour tout n de N ,Vn = B E a; .
n
On a donc : ∀n ∈ N∗ , ∃u n ∈ X, (u n ∈ Vn et f (u n ) ∈ W ) .
On voit alors que la suite (u n )n∈N dans X ainsi construite satisfait :

u n −→ a et f (u n )−→
/ l. 䊏
n∞ n∞

Définition 2 Limite suivant une partie

Soient X,Y ∈ P(E) telles que Y ⊂ X, a ∈ Y , f : X −→ F, l ∈ F.


On dit que f admet l pour limite en a suivant Y si et seulement si la restriction
f |Y de f à Y admet l pour limite en a.
On note alors : f (x) −→ l.
x→a
x∈Y

Un cas particulier fréquent est Y = X − {a}. Si a est un point adhérent à X dans E tel
que a ∈/ X, on dit que f admet l pour limite stricte en a si et seulement si f admet l
pour limite en a suivant X − {a}, c'est-à-dire :

x∈V
 
∀W ∈ V F (l), ∃V ∈ V E (x),∀x ∈ X, ⇒ f (x) ∈ W .
x = a

On note alors f (x) −−−→ l.


x−→a
x=a

40
1.2 • Limites, continuité

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
L’étude de la limite d’une fonction à Proposition 4 Cas des fonctions à valeurs dans un produit d'evn
bre G
r Algè

valeurs dans un produit cartésien d’un


n ie
Mo
onier

n
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

nombre fini de facteurs se ramène à


Soient n ∈ N∗ , E, F1 ,. . . ,Fn des K -evn, X ∈ P(E), a ∈ X, f : X →

celle des fonctions composantes. Fk ,


k=1
n

l = (l1 ,. . . ,ln ) ∈ Fk . Pour chaque k de {1,. . . ,n}, on note f k = prk ◦ f,


k=1
où prk : F −→ Fk est la k ème projection.
(y1 ,...,yn ) −→yk

On a : f −→ l ⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, f k −→ lk ).


a a

Preuve

n
Fk est ici muni de la norme ν définie par : ν(y1 ,. . . ,yn ) = Max Nk (yk ),
1k n
k=1
où Nk est la norme de Fk (cf. 1.1.1 3) b) p. 8).
On a alors, pour tout x = (x1 ,. . . ,xn ) de X et tout ε > 0 :
 
ν( f (x) − l)  ε ⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, Nk ( f k (x) − lk )  ε .

Le résultat s'en déduit aisément. 䊏

Proposition 5 Théorème d'encadrement pour les fonctions à valeurs dans R


Soient X ∈ P(E), a ∈ X, f, g, h : X −→ R, l ∈ R .
Si f et h admettent l pour limite en a ,
 
Résultat important pour la pratique.

∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X ∩ V, f (x)  g(x)  h(x) 
alors g admet l pour limite en a.

Preuve
∀x ∈ X ∩ V1 , | f (x) − l|  ε

Soit ε > 0 ; il existe V1 ,V2 ∈ V E (a) tels que : .
∀x ∈ X ∩ V2 , |h(x) − l|  ε

En notant V3 = V ∩ V1 ∩ V2 ∈ V E (a) , on a :

∀x ∈ X ∩ V3 , l − ε  f (x)  g(x)  h(x)  l + ε,

ce qui prouve : g −→ l . 䊏
a

Proposition 6 Composition des limites


Soient E,F,G trois evn, X ∈ P(E), Y ∈ P(F), a ∈ X, b ∈ Y ,
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
r

éom é
On a ici noté, abusivement : g ◦ f : f : X −→ F, g : Y −→ G telles que f (X) ⊂ Y, l ∈ G.
X −→ G
n ie
Mo

éom
étr ie M
onier

.
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
x −→g( f (x)) 
f admet b pour limite en a 

Si , alors g ◦ f admet l pour limite en a .
g admet l pour limite en b 

Preuve
Soit W ∈ VG (l) . Il existe V ∈ V F (b) tel que : ∀y ∈ Y ∩ V, g(y) ∈ W.
Puis il existe U ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ U, f (x) ∈ V.
On a alors : ∀x ∈ X ∩ U, g( f (x)) ∈ W. 䊏
41
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Proposition 7 Propriétés algébriques des fonctions admettant des limites


Soient X ∈ P(E), a ∈ X, f,g : X −→ F,λ : X −→ K, l, l ′ ∈ F, α ∈ K .
On a :
1) f (x) −→ l ⇒ || f (x)|| F −→ ||l||
x→a x→a
2) f (x) −→ 0 ⇒ || f (x)|| F −→ 0
x→a x→a

f −→ l

3) a ⇒ f + g −→ l + l ′
g −→ l ′ a
a

λ −→ 0

4) a ⇒ λg −→ 0
g bornée au voisinage de a a

λ bornée au voisinage de a

5) g −→ 0 ⇒ λg −→ 0
a
a

λ −→ α

6) a ⇒ λg −→ αl ′ .
g −→ l ′ a
a

Preuve
On peut se ramener aux propriétés algébriques des suites convergentes (1.1.9 2) Prop. 2 p. 32) grâce à la
Prop. 3 de 1.2.1 p. 40. On peut aussi donner un preuve « directe » ; par exemple, pour la propriété 4) :
Par hypothèse, il existe V ∈ V E (a) et M ∈ R+ tels que : ∀ x ∈ X ∩ V, ||g(x)|| F  M.
ε
Soit ε > 0 ; il existe V1 ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ V1 , |λ(x)|  .
M +1
On a alors, en notant V2 = V ∩ V1 ∈ V E (a) :
ε
∀x ∈ X ∩ V2 , ||(λg)(x)|| F = |λ| ||g(x)|| F  M  ε,
M +1
ce qui prouve : λg −→ 0. 䊏
a

1.2.2 Continuité
Soient (E,||.|| E ),(F,||.|| F ) deux K -evn, d E (resp. d F ) la distance associée à ||.|| E
(resp. ||.|| F ).

1) Continuité en un point

Définition
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F, a ∈ X. On dit que f est continue en a si et seule-
ment si :
∀W ∈ V F ( f (a)), ∃V ∈ V E (a), ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ W,

ce qui revient à :

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ X, (d E (x,a)  η ⇒ d F ( f (x), f (a))  ε).

On dit que f est discontinue en a si et seulement si f n'est pas continue en a.

Les cinq propositions suivantes sont immédiates.

42
1.2 • Limites, continuité

Proposition 1
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F, a ∈ X. Pour que f soit continue en a, il faut et il
suffit que f admette f (a) pour limite en a.

Proposition 2
Si f est continue en a, alors f est bornée au voisinage de a.

lgèb
re Monie
r
Proposition 3 Utilisation de suites pour traduire la continuité en un point
Caractérisation séquentielle de la
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

Pour que f : X −→ F soit continue en a (a ∈ X), il faut et il suffit que :


étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

continuité en un point.
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

pour toute suite (u n )n∈N dans X telle que u n −→ a, on a f (u n ) −→ f (a).


n∞ n∞

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
La continuité d’une fonction à valeurs Proposition 4 Cas des fonctions à valeurs dans un produit d'evn
dans un produit cartésien d’un nombre
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

n
n ie
Mo

Géomé
tr i e

fini de facteurs se ramène à celles des


Soient X ∈ P(E), a ∈ X,n ∈ N∗ , F1 ,. . . ,Fn des K -evn, f : X −→

fonctions composantes. Fk ; pour


n

k=1
Ici, Fk est muni de la norme ν chaque k de {1,. . . ,n}, notons f k = prk ◦ f où prk est la k ème projection.
k=1
définie par
On a alors : ( f est continue en a) ⇐⇒ (∀k ∈ {1,. . . ,n}, f k est continue en a).
ν(y1 ,. . . ,yn ) = Max Nk (yk ) ,
1k n

où Nk est la norme sur Fk (cf.1.1.1. 3) b)


p. 8).
Proposition 5 Continuité de la restriction d'une application continue
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F, A ⊂ X, a ∈ A. Si f est continue en a, alors f | A est
r
re Monie
lgèb

Si une fonction est continue,alors toute


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

restriction de cette fonction est continue. continue en a.


n ie
Mo

tr i e
Géomé

2) Continuité sur un ensemble

Définition
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F. On dit que f est continue (ou : continue sur X) si
et seulement si f est continue en tout point de X.

On note C(X,F) (ou C 0 (X,F)) l'ensemble des applications continues de X dans F.

Exemple : Les applications E × E −→ E et K × E −→ E sont continues.


(x,y) −→ x + y (λ,x) −→ λx
Il est clair que, si f : X −→ F est continue sur X, alors, pour toute partie A de X, f | A est
continue sur A.

Proposition
Les implications (ii) ⇒ (i) et Soient X ∈ P(E), f : X −→ F. Les propriétés suivantes sont deux à deux équiva-
(iii) ⇒ (i) ne sont pas au programme.
lentes :
(i) f est continue
(ii) L'image réciproque par f de tout ouvert de F est un ouvert de X
(iii) L'image réciproque par f de tout fermé de F est un fermé de X.

43
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Preuve
(i) ⇒ (ii)
Supposons f continue, et soit Ω un ouvert de F . Montrons que f −1 (Ω) est un ouvert de X en montrant
que f −1 (Ω) est un voisinage de chacun de ses points dans X (cf. 1.1.5 1) Déf. p. 15).
Soit a ∈ f −1 (Ω). Puisque f (a) ∈ Ω et que Ω est un ouvert de F , on a : Ω ∈ V F ( f (a)) .
Comme f est continue en a, il existe V ∈ V E (a) tel que : ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ Ω, c'est-à-dire tel
que : X ∩ V ⊂ f −1 (Ω).
Ceci montre que f −1 (Ω) est un voisinage de a dans X (cf. 1.1.4 Prop. 1 (ii) p. 15).
(ii) ⇒ (i)
Supposons que l'image réciproque par f de tout ouvert de F soit un ouvert de X.
Soient a ∈ X et W ∈ V F ( f (a)). Il existe un ouvert Ω de F tel que f (a) ∈ Ω et Ω ⊂ W.
Par hypothèse, f −1 (Ω) est un ouvert de X, et a ∈ f −1 (Ω) ; donc f −1 (Ω) ∈ V X (a) . Il existe donc
V ∈ V E (a) tel que f −1 (Ω) = X ∩ V . On a alors : ∀x ∈ X ∩ V, f (x) ∈ Ω ⊂ W.
Ceci montre que f est continue en a. Puisque f est continue en tout a de X, f est continue.
(ii) ⇐⇒ (iii)
Immédiat en passant aux complémentaires et en utilisant f −1 (∁ F (Ω)) = ∁ X ( f −1 (Ω)) pour toute par-
tie Ω de F . 䊏

Exemple :
On peut essayer de montrer qu’une
partie est ouverte (resp. fermée) en la {(x,y) ∈ R2 ; x y > 1} est un ouvert de R2 car c'est l'image réciproque de l'ouvert ]0; +∞[
présentant comme image réciproque
d’une partie ouverte (resp. fermée) par de R par l'application continue R2 −→ R .
une application continue. (x,y) −→ x y − 1

Remarque :
L'image directe d'une partie ouverte (resp. fermée) par une application continue peut ne pas
être ouverte (resp. fermée). Exemples :
1) f : R −→ R est continue, Ω = R est ouverte, f (Ω) = {0} n'est pas ouverte
x −→ 0
2) f : R −→ R est continue, A = R est fermée, f (A) = R∗+ n'est pas fermée.
Exercices 1.2.1, 1.2.2, 1.2.4 à 1.2.6. x −→ ex

3) Opérations sur les applications continues

Proposition 1 Composition
Soient E,F,G, trois K -evn, X ∈ P(E),Y ∈ P(F), f : X −→ F,g : Y −→ G telles
Propriété très utile en pratique. que f (X) ⊂ Y ; on note g ◦ f : X −→ G .
x −→g( f (x))
1) Soit a ∈ X.

f est continue en a

Si  alors g ◦ f est continue en a.

g est continue en f (a)  ,
2) Si f est continue (sur X) et si g est continue (sur Y), alors g ◦ f est continue
(sur X).

Preuve
1) Soit W ∈ VG ((g ◦ f )(a)) . Puisque g est continue en f (a), il existe V ∈ V F ( f (a))
tel que : g(Y ∩ V ) ⊂ W. Ensuite, puisque f est continue en a, il existe U ∈ V E (a) tel que
f (X ∩ U ) ⊂ V .
On a alors : (g ◦ f )(X ∩ U ) ⊂ g(Y ∩ V ) ⊂ W,
et donc g ◦ f est continue en a.
2) Appliquer 1) en tout point de X. 䊏

44
1.2 • Limites, continuité

Proposition 2 Propriétés algébriques des fonctions continues


I Soient X ∈ P(E), a ∈ X, f,g : X −→ F, λ : X −→ K. On a :
Propriétés très utiles en pratique.
1) Si f est continue en a, alors X −→ R est continue en a
x −→|| f (x)|| F

2) Si f et g sont continues en a, alors f + g est continue en a


3) Si λ et f sont continues en a, alors λ f est continue en a
1
4) Si λ est continue en a et si λ(a) = 0, alors est continue en a.
λ
II 1) Si f est continue sur X, alors X −→ R est continue sur X
x −→|| f (x)|| F

2) Si f et g sont continues sur X, alors f + g est continue sur X


3) Si λ et f sont continues sur X, alors λ f est continue sur X
1
4) Si λ est continue sur X et si (∀a ∈ X, λ(a) = 0), alors est continue sur X.
λ

Preuve
Se ramener aux propriétés algébriques des fonctions admettant des limites (1.2.1 p. 42) à l'aide de 1.2.2
1) Prop. 1 p. 43. On peut aussi donner des preuves « directes ». 䊏
Exercice 1.2.3.

La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 3

1) Soient n ∈ N∗ ,E 1 ,. . . ,E n des K -evn ; pour chaque k de {1,. . . ,n}, la k ème


projection prk : E 1 × . . . E n −→ E k est continue.
(x1 ,...,xn ) −→xk

2) Toute application polynomiale (à plusieurs indéterminées) à coefficients dans K


est continue.

En particulier, les applications suivantes sont continues : K × Mn, p (K) −→ Mn, p (K),
(λ,A) −→ λA
(Mn, p (K))2 −→ Mn, p (K), Mn, p (K) × M p,q (K) −→ Mn,q (K),
(A,B) −→ A + B (A,B) −→ AB
Mn, p (K) −→ M p,n (K), Mn, p (C) −→ M p,n (C) (où A∗ = tA est la transconjuguée de A),
A −→ A t
A −→ A∗
Mn (K) −→ K, Mn (K) −→ K, GLn (K) −→ Mn (K) .
A −→ tr(A) A −→ det(A) A −→ A−1

Proposition 4
Pour montrer que deux fonctions Soient X ∈ P(E), f,g : X −→ F , A une partie de X.
continues sont égales,il suffit de montrer
qu’elles coïncident sur une partie dense. f et g sont continues sur X 
 
Si A est dense dans X  , alors f = g.

∀a ∈ A, f (a) = g(a)


Preuve
Notons h = f − g . Comme {0} est un fermé de F et que h est continue, h −1 ({0}) est un fermé de X.
De plus, d'après les hypothèses, A ⊂ h −1 ({0}). D'où X = A ⊂ h −1 ({0}), donc h = 0, f = g . 䊏

45
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exercice-type résolu

Un exemple d’application continue

On note E = C([0 ; 1],R), muni de ||.||∞ , et U = f ∈ E ; ∀ x ∈ [0 ; 1], f (x) = 0 .


 

a) Montrer que U est un ouvert de E.


1
b) Démontrer que l'application φ : U −→ E, f −→ est continue.
f

Solution Conseils
Soit f 0 ∈ U. Pour montrer que U est un ouvert de E,
on va montrer que U est voisinage de
Puisque f 0 est continue sur l'intervalle [0 ; 1] et que f 0 ne s'annule en aucun point chacun de ses points
de [0 ; 1], d'après le théorème des valeurs intermédiaires, on a : f 0 > 0 ou f 0 < 0.
Supposons, par exemple, f 0 > 0. Le cas f 0 < 0 se ramène au cas f 0 > 0 en
remplaçant f 0 par − f 0 .
Puisque f 0 est continue sur le segment [0 ; 1], d'après le théorème fondamental, f 0
est bornée et atteint ses bornes.
En particulier, il existe α > 0 tel que :
On peut choisir :
∀ x ∈ [0 ; 1], f 0 (x)  α.
α = Inf f 0 (x) > 0.
α x∈[0;1]
Soit f ∈ E telle que || f − f 0 ||∞ < .
2
On a, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
α α
f (x) = f (x) − f 0 (x) + f 0 (x)  − + α = > 0,
 
2 2
donc f ∈ U.
Ceci montre :
 
α
∀ f ∈ E, || f − f 0 ||∞ < ⇒ f ∈ U .
2
c'est-à-dire :
 
α
B f0 ; ⊂ U.
2

Ainsi, U est voisinage de chacun de ses points, donc U est ouvert.


S'assurer d'abord que φ est correctement
b) Remarquons d'abord que φ est correctement définie, car, pour toute f ∈ U,
définie.
1 1 1
existe et est continue, donc ∈ E.
f f f
Soit f 0 ∈ U.
Comme en a), quitte à remplacer f 0 par − f 0 , on peut supposer qu'il existe α > 0
tel que :
∀ x ∈ [0 ; 1], f 0 (x)  α.

α
Soit f ∈ U telle que || f − f 0 ||∞  .
2
On a alors, pour tout x ∈ [0 ; 1] :

α α Inégalité triangulaire renversée.
| f (x)| =  f (x) − f 0 (x) + f 0 (x)  | f 0 (x)| − | f (x) − f 0 (x)|  α − = ,
  
2 2
d'où, pour tout x ∈ [0 ; 1] :

46
1.2 • Limites, continuité

Solution Conseils
 1 1   1 1  | f (x) − f 0 (x)|
    
 f − f (x) =  f (x) − f (x)  = | f (x)| | f (x)|
  
0 0 0
|| f − f 0 ||∞ 2
 α = 2 || f − f 0 ||∞ ,
α α
2
donc :
2
||φ( f ) − φ( f 0 )||∞  || f − f 0 ||∞ . Passage à la borne supérieure lorsque x
α2 décrit [0; 1].
Il en résulte :
||φ( f ) − φ( f 0 )||∞ −→ 0,
f −→ f 0

donc φ( f ) −→ φ( f 0 ), φ est continue en f 0 .


f −→ f 0

On conclut : φ est continue sur U.

Exercice-type résolu

Un exemple d’application non continue

On note E = C([0 ; 1],R) muni de ||.||1 et ϕ : E −→ E, f −→ f 2 , où f 2 = f · f. Montrer que ϕ n'est pas continue sur E.

Solution Conseils
Considérons, pour tout n ∈ N : Pour montrer que ϕ n'est pas continue sur
√ E, il suffit de montrer que ϕ n'est pas
→ f n (x) = n x n .
f n : [0 ; 1] −→ R, x − continue en au moins un point de E.
On va construire une suite ( f n )n∈N dans E
• Il est clair que : ∀ n ∈ N, f n ∈ E. telle que :
• On a, pour tout n ∈ N : f n −−−→ 0 et f n2 −−−→ 02 = 0.
1 1 √ n∞ n∞
√ n n

|| f n ||1 = | f n (x)| dx = n x dx = ,
0 0 n+1

donc : || f n ||1 −→ 0, f n −→ 0 dans (E,||.||1 ).


© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

n∞ n∞

• On a, pour tout n ∈ N :
1 1
n

2
|| f n2 ||1 = f n (x) dx = nx 2n dx =

,
0 0 2n + 1
1
donc || f n2 ||1 −→ , f n2 −→/ 0. On a ainsi construit une suite ( f n )n∈N dans E telle
n∞ 2 n∞
que :
f n −→ 0 et ϕ( f n ) −→
/ ϕ(0).
n∞ n∞

Ceci montre que ϕ n'est pas continue en 0, et on conclut que ϕ n'est pas continue Par définition, ϕ n'est pas continue sur E si
sur E. et seulement si ϕ n'est pas continue en au
moins un point de E.

47
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Les méthodes à retenir

Limites, continuité
• Pour montrer qu’une partie est ouverte (resp. fermée), on peut essayer de la faire apparaître comme image
réciproque d’une partie ouverte (resp. fermée) par une application continue (ex.1.2.1, 1.2.2, 1.2.4, 1.2.5). Pour
toute partie non vide A de E, l’application x −→ d(x,A) est continue sur E (voir plus loin, § 1.2.4 Prop. 2 p. 50).
• Pour établir qu’une application est continue sur son ensemble de départ, essayer de :
– appliquer les théorèmes généraux relatifs à la composition et aux opérations, § 3) Prop. 2 p. 45 (ex. 1.2.3)
– montrer que l’image réciproque de tout ouvert est un ouvert ou que l’image réciproque de tout fermé est un
fermé (ex. 1.2.6 c))
– revenir à la définition et montrer que l’application est continue en tout point.
– se souvenir que le caractère lipschitzien ou l’uniforme continuité entraînent la continuité.

Exercices
1.2.1 Soient E un evn, A une partie non vide de E . Pour 1.2.5 Soient E le R -ev des applications R −→ R conti-
chaque α de R∗+ , on note Vα (A) = {x ∈ E; d(x,A) < α} . nues et bornées, muni de ||.||∞,
a) Montrer que, pour tout α > 0,Vα (A)est un ouvert de E E − = { f ∈ E; ∀x ∈ R− , f (x) = 0} ,
E + = { f ∈ E; ∀x ∈ R+ , f (x) = 0},

contenant A, et Vα (A) = A.
α>0
C = {c1; c ∈ R} où 1 : R −→ R
b) Représenter graphiquement Vα (A) dans l'exemple : x →1
E = R2 muni de ||.||2 , α = 1 , Montrer que E − ,E + ,C sont des sev fermés de E et :
A = (R × {0}) ∪ ({0} × [−1; 1]) .
E = E − ⊕ E + ⊕ C.
1.2.2 Soient E un evn, A,B deux parties de E telles que :
A ∩ B = A ∩ B = ∅. Montrer qu'il existe deux ouverts 1.2.6 Applications ouvertes
U,V de E tels que : Soient E,F deux evn, X ∈ P (E), f : X −→ F; on dit
A ⊂ U, B ⊂ V, U ∩ V = ∅. que f est ouverte si et seulement si, pour tout ouvert Ω
de X, f (Ω) est un ouvert de F .
1.2.3 Soient E,F,G trois evn, A ⊂ E,B ⊂ F, a) Soient E un evn, a ∈ E; montrer que l'application
A = ∅, B = ∅, f : A −→ G, g : B −→ G ϕ : E −→ R+ est ouverte si E = {0} .
des applications, ϕ : A × B −→ G . x −→ d(a,x)
(x,y) −→ f (x) + g(y)
Montrer que ϕ est continue si et seulement si f et g sont b) Montrer que, si f : X −→ F est ouverte et λ ∈ K∗ ,
continues. alors λ f est ouverte.
c) Soient E,F,G trois evn, X ∈ P (E),
1.2.4 Soient E,F deux evn, f : E −→ F une
Y ∈ P (F), Z ∈ P (G), f : X −→ Y ouverte et surjective,
application, (Ui )i∈I un recouvrement ouvert de E , c'est-à-
g : Y −→ Z ; on suppose g ◦ f continue. Montrer que g
dire une famille (Ui )i∈I d'ouverts de E telle que est continue.

Ui = E . On suppose que, pour tout i de I, la restriction
i∈I
f |Ui de f à Ui est continue. Montrer que f est continue.

48
1.2 • Limites, continuité

1.2.3 Continuité uniforme


Soient (E,||.|| E ),(F,||.|| F ) deux K -evn, d E (resp. d F ) la distance associée à ||.|| E
(resp. ||.|| F ).

Définition
Soient X ∈ P(E), f : X −→ F une application.
Dans la définition de la continuité
uniforme, le η ne doit pas dépendre de
On dit que f est uniformément continue (en abrégé uc) si et seulement si :
x ′ ni de x ′′.
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ )  η ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  ε .
 

La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 1
Si f est uc sur X, alors f est continue sur X.

La réciproque de cette proposition est fausse : une application f peut être continue sur X sans
être uc sur X ; exemple : R −→ R , cf. Analyse MPSI, 4.3.6.
x −→ x 2
Cependant, nous verrons plus loin (théorème de Heine, 1.3.1 p. 61) que, si f : X −→ F est
continue et X compact, alors f est uc sur X.

Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r

La composée de deux applications uc


Proposition 2
Mo
onier
étr ie M
éom

est uc .
G

onier
èbre M
r Alg

f : X −→ F est uc sur X 
n ie
Mo

Géomé
tr i e
 
Si g : Y −→ G est uc sur Y  , alors g ◦ f est uc sur X.

f (X) ⊂ Y


Preuve
Soit ε > 0. Puisque g est uc sur Y , il existe η > 0 tel que :
 
∀(y ′ ,y ′′ ) ∈ Y 2 , d F (y ′ ,y ′′ )  η ⇒ dG (g(y ′ ), g(y ′′ ))  ε .
Puis, comme f est uc sur X, il existe α > 0 tel que :
 
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ )  α ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  η .
On a alors :
 
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ )  α ⇒ dG (g( f (x ′ )), g( f (x ′′ ))))  ε ,
et donc g ◦ f est uc sur X. 䊏

1.2.4 Applications lipschitziennes


Soient (E,||.|| E ), (F,||.|| F ) deux K -evn, d E (resp. d F ) la distance associée à ||.|| E
(resp. ||.|| F ).

Définition

ni er A
lgèb
re Monie
r
Les applications 0-lipschitziennes sont Soient X ∈ P(E), f : X −→ F une application.
Mo éom é
bre G
r Algè

les applications constantes.


n ie
Mo

• 1) Soit k ∈ R+ ; on dit que f est k-lipschitzienne si et seulement si :


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

∀(x1 ,x2 ) ∈ X 2 , d F ( f (x1 ), f (x2 ))  kd E (x1 ,x2 ).


2) On dit que f est lipschitzienne si et seulement s'il existe k ∈ R+ tel que f soit
k-lipschitzienne.
• Une application f : X −→ X est dite contractante si et seulement s'il existe
k ∈ [0; 1[ tel que f soit k-lipschitzienne.

49
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

On note, pour tout k de R+ , Lipk (X,F) l'ensemble des applications k-lipschitziennes de X


dans F ; on note Lip(X,F) l'ensemble des applications lipschitziennes de X dans F :

Exercice 1.2.7. Lip(X,F) = Lipk (X,F).
k∈R+

Proposition 1
f ∈ Lipk (X,F) 
 
1)  ⇒ f + g ∈ Lip ′ (X,F)
Attention : En général, Lipk (X,F) n’est k+k
pas un espace vectoriel.
g ∈ Lipk ′ (X,F) 
λ∈K
 

2)  ⇒ λ f ∈ Lip (X,F)
|λ|k
f ∈ Lipk (X,F) 

 f ∈ Lipk (X,F) 
 
 
3) g ∈ Lipk ′ (Y,G)  ⇒ g ◦ f ∈ Lipkk ′ (X,G).

 
f (X) ⊂ Y
 

Preuve
Pour tout (x1 ,x2 ) de X 2 , on a :
1) ||( f + g)(x1 ) − ( f + g)(x2 )|| F  || f (x1 ) − f (x2 )|| F + ||g(x1 ) − g(x2 )|| F
 (k + k ′ )||x1 − x2 || E
2) ||(λ f )(x1 ) − (λ f )(x2 )|| F = |λ||| f (x1 ) − f (x2 )|| F  |λ|k||x1 − x2 || E
3) ||(g ◦ f )(x1 ) − (g ◦ f )(x2 )||G  k ′ || f (x1 ) − f (x2 )|| F  k ′ k||x1 − x2 || E . 䊏

Remarques :
1) Si X = ∅ , d'après les propriétés 1) et 2) ci-dessus, Lip(X,F) est un K -ev.
2) Si f,g : X −→ K sont lipschitziennes, f g peut ne pas l'être ; exemple :
X = K = R , f,g : R −→ R .
x −→ x

Proposition 2
1) L'application || · || : E −→ R est 1-lipschitzienne.
x −→||x||
2) Pour tout partie non vide A de E, l'application E −→ R est 1-lipschitzienne.
x −→d(x,A)
n
3) Soient n ∈ N∗ , (E k ,Nk )1k n des K -evn, ν la norme définie sur E =

E k par :
k=1

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r

Cf. 1.1.1 3) b) p. 8. ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ E, ν(x1 ,. . . ,xn ) = Max Nk (xk ).


1k n
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Pour tout k de {1,. . . ,n}, prk : E −→ E k est 1-lipschitzienne.


(x1 ,...,xn ) −→xk

Preuve
 
1) On a : ∀(x,y) ∈ E 2 ,  ||x|| − ||y||   ||x − y||.
 

2) Soit (x,y) ∈ E 2 . On a : ∀a ∈ A, d(x,a)  d(x,y) + d(y,a), d'où, en passant aux bornes infé-
rieures lorsque a décrit A :
d(x,A)  d(x,y) + d(y,A),

et donc : d(x,A) − d(y,A)  d(x,y).

50
1.2 • Limites, continuité

En appliquant ce dernier résultat à (y,x) au lieu de (x,y), on a aussi :


d(y,A) − d(x,A)  d(y,x),

et finalement : |d(x,A) − d(y,A)|  d(x,y).


3) On a, pour tous x = (x1 ,. . . ,xn ), y = (y1 ,. . . ,yn ) de E et tout k de {1,. . . ,n} :
 
Nk prk (x) − prk (y) = Nk (xk − yk )  Max Ni (xi − yi ) = ν(x − y). 䊏
1i n

Proposition 3
Toute application lipschitzienne est uc.

Preuve
Supposons f : X −→ F k-lipschitzienne, et soit ε > 0.
ε
En notant η = > 0,
k+1
on a :
 
′ ′′ ε
2
∀(x ,x ) ∈ X , d E (x ′ ,x ′′ ) < η ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  k ε ,
k+1
et donc f est uc sur X. 䊏

Remarque :
La réciproque de la proposition précédente est fausse : une application peut être uc sans être
lipschitzienne ; exemple : f : [0; 1] −→
√ R.
x −→ x
Rappelons (cf. Analyse MPSI, 5.2.2 Prop.) :
Soit I un intervalle de R et f : I −→ R une application dérivable sur I ; alors, f est
Exercice 1.2.8. lipschitzienne si et seulement si f ′ est bornée.

Exercices
1.2.7 On note L le R -ev des applications lipschitziennes 1.2.8 Soient E,F deux evn, X ∈ P (E), B(X,F) l'en-
de [0; 1] dans R , et E 1 = C 1 ([0; 1],R). semble des applications bornées de X dans F , muni de
||.||∞. Pour (a, f ) ∈ X × B(X,F) on appelle oscillation
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

a) Montrer que ||.|| : L −→ R définie par : de f en a, et on note ω( f,a) l'élément de R+ défini par :
| f (x) − f (y)|
∀ f ∈ L, || f || = | f (0)| + Sup ω( f,a) = Inf (diam( f (V ))).
(x,y)∈[0;1]2 |x − y| V ∈V X (a)
x= y

est une norme sur L, et qu'elle n'est pas équivalente à Montrer que, pour tout (a,ε) de X × R∗+ , l'ensemble
||.||∞. { f ∈ B(X,F);ω( f,a)  ε}est fermé dans (B(X,F),
||.||∞ ).
b) Montrer que N : E 1 −→ R définie par :
∀ f ∈ E 1 , N ( f ) = | f (0)| + Sup | f ′ (t)|
t∈[0,1]
est une norme sur E 1 et qu'elle coïncide avec ||.||
(restriction de ||.|| à E 1 ).

51
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

1.2.5 Applications linéaires continues


Soient (E,||.|| E ), (F,||.|| F ) deux K -evn, d E (resp. d F ) la distance associée à ||.|| E
(resp. ||.|| F ) .
Rappelons quelques définitions, notations, et résultats d'algèbre.
Une application f : E → F est dite linéaire (ou : K -linéaire) si et seulement si :
∀λ ∈ K, ∀(x,y) ∈ E 2 , f (λx + y) = λ f (x) + f (y).
On note L(E,F) (ou LK (E,F)) l'ensemble des applications linéaires de E dans F , et L(E)
(ou LK (E)) l'ensemble des endomorphismes de E , c'est-à-dire l'ensemble des applications
linéaires de E dans E .
L(E,F) est un K -ev ; si f ∈ L(E,F) et g ∈ L(F,G) (G étant un K -ev), alors g ◦ f ∈ L(E,G).
L(E) est une K -algèbre (la troisième loi étant la composition).

Théorème Caractérisation de la continuité pour une application linéaire


Ainsi,pour montrer qu’une application
Pour f ∈ L(E,F), les deux propriétés suivantes sont équivalentes :
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G

linéaire f ∈ L(E,F) est continue, il


ie r Algè
M on
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

suffit de prouver l’existence d’un réel


M  0 tel que : (i) f est continue (sur E).
∀x ∈ E,  f (x) F  Mx E . (ii) ∃M ∈ R+ , ∀x ∈ E, || f (x)|| F  M||x|| E .

Preuve
1) Supposons f continue. En particulier, f est continue en 0 ; il existe donc η > 0 tel que :

∀u ∈ E, (||u|| E  η ⇒ || f (u)|| F  1) .
 
η η
Soit x ∈ E − {0} ; comme || x|| E = η, on a || f x || F  1,
||x|| E ||x|| E
1
d'où || f (x)|| F  ||x|| E .
η
1
Ceci montre : ∀x ∈ E, || f (x)|| F  ||x|| E .
η
2) Réciproquement, supposons qu'il existe M ∈ R+ tel que :
∀x ∈ E, || f (x)|| F  M||x|| E .
On a alors :
∀(x1 ,x2 ) ∈ E 2 , || f (x1 ) − f (x2 )|| F = || f (x1 − x2 )|| F  M||x1 − x2 || E .
Ainsi, f est M -lipschitzienne, donc continue. 䊏

Remarque :
Le théorème précédent permet de déduire aisément que, pour f ∈ L(E,F), les propriétés
suivantes sont deux à deux équivalentes :
1) f est continue en 0
2) f est continue (sur E )
3) f est uniformément continue
4) f est lipschitzienne
5) ∃M ∈ R+ ,∀x ∈ E, || f (x)|| F  M||x|| E
6) f est bornée sur la boule unité fermée de E , c'est-à-dire :
∃ M1 ∈ R+ , ∀x ∈ E, (||x|| E  1 ⇒ || f (x)|| F  M1 )

7) f est bornée sur la sphère unité, c'est-à-dire :


∃M2 ∈ R+ , ∀x ∈ E, (||x|| E = 1 ⇒ || f (x)|| F  M2 ).
Exercices 1.2.10 à 1.2.13.

52
1.2 • Limites, continuité

Notation
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Nous verrons plus loin (cf. 1.3.2 Prop. 1
On note : LC(E,F) l'ensemble des applications linéaires continues de E dans F
bre G
r Algè

p. 64) que, si E est de dimension finie,


n ie
Mo


onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

alors toute application linéaire de E


tr i e
Géomé

dans F est continue. • LC(E) l'ensemble des endomorphismes continus de E


• E ′ = LC(E,K) , appelé dual topologique de E.

Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb

r Algè

étr ie M
re Monie

bre G
éom é

onier
r
Cette borne supérieure existe puisque Notation
éom

|| f (x)|| F
 
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

; x ∈ E − {0} est || f (x)|| F


tr i e
Géomé

||x|| E Si E = {0}, on note, pour tout f de LC(E,F) : ||| f ||| = Sup .


une partie majorée de R (cf.théorème x∈E−{0} ||x|| E
précédent) et non vide.

Si E = {0} et f ∈ LC(E,F) , alors f = 0 et on notera donc ||| f ||| = 0 .


Remarque :
|| f (x)|| F
Si E = {0} et f ∈ LC(E,F) , on a : Sup = Sup || f (x)|| F = Sup || f (x)|| F .
Exercices 1.2.14 à 1.2.19. x∈E−{0} ||x|| E ||x|| E 1 ||x|| E =1

Proposition 1
1) ∀ f ∈ LC(E,F), ∀x ∈ E, || f (x)|| F  ||| f ||| ||x|| E

f + g ∈ LC(E,F)

2
2) ∀( f,g) ∈ (LC(E,F)) ,
||| f + g|||  ||| f ||| + |||g|||

λ f ∈ LC(E,F)

3) ∀λ ∈ K, ∀ f ∈ LC(E,F),
|||λ f ||| = |λ| ||| f |||

g ◦ f ∈ LC(E,G)

4) ∀ f ∈ LC(E,F), ∀g ∈ LC(F,G),
|||g ◦ f |||  |||g||| ||| f |||.

Preuve
1) Résulte immédiatement de la définition de ||| f |||.
2) ∀x ∈ E, ||( f + g)(x)|| F  || f (x)|| F + ||g(x)|| F  (||| f ||| + |||g|||)||x|| E .
3) ∀x ∈ E, ||(λ f )(x)|| F = |λ| || f (x)|| F  |λ| ||| f ||| ||x|| E ,
ce qui montre λ f ∈ LC(E,F) et |||λ f |||  |λ| ||| f |||.
1
 
r
re Monie

En appliquant ce résultat au couple ,λ f au lieu de (λ, f ), si λ = 0, on obtient :


lgèb
ni er A

Le cas λ = 0 est d’étude immédiate.


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

λ
onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

1 1
 
||| λ f |||    |||λ f ||| , c'est-à-dire |λ| ||| f |||  |||λ f ||| , et finalement |||λ f ||| = |λ| ||| f ||| .
λ λ
4) ∀x ∈ E, ||(g ◦ f )(x)||G  |||g||| || f (x)|| F  |||g||| ||| f ||| ||x|| E . 䊏
La Proposition précédente montre que :
(LC(E,F),|||.|||) est un K-evn

© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

(LC(E),|||.|||) est une K-algèbre normée(|||Id E ||| = 1 trivialement).


La norme |||.||| sur LC(E,F) est appelée la norme subordonnée aux normes ||.|| E et ||.|| F .
Exercice 1.2.9.
Proposition 2
Soient E un K -ev, N,N ′ deux normes sur E, O (resp. O′ ) l'ensemble des ouverts de
(E,N ) (resp. (E,N ′ )). Les trois propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
(i) N ∼ N′
(ii) Id E : (E,N ) −→ (E,N ′ ) et Id E : (E,N ′ ) −→ (E,N ) sont continues.
(iii) O = O′.
53
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Preuve
(i) ⇐⇒ (ii) :
Puisque Id E ∈ L(E) , on a :
Id E : (E,N ) −→ (E,N ′ ) continue


Id E : (E,N ′ ) −→ (E,N ) continue


  
 ∃M1 ∈ R+ , ∀x ∈ E, N ′ Id E (x)  M1 N (x)
⇐⇒  
 ∃M2 ∈ R+ , ∀x ∈ E, N Id E (x)  M2 N ′ (x)
 
⇐⇒ ∃(α,β) ∈ (R∗+ )2 , ∀x ∈ E, α N (x)  N ′ (x)  β N (x) ,
re Monie
r

On ne peut avoir M1 = 0 1
en prenant α = et β = M1 .
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

M2
étr ie M

ou M2 = 0 que si E = {0} .
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

(i) ⇐⇒ (iii) :
Cf. 1.1.6 Rem. p. 19. 䊏

Proposition 3
Soient E,F,G trois K -evn, B : E × F −→ G une application bilinéaire.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é

Plus généralement, voir P 1.1 p. 98.


lgèbre
n ier A
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

S'il existe k ∈ R+ tel que : ∀(x,y) ∈ E × F , ||B(x,y)||G  k||x|| E ||y|| F , alors


Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
Caractérisation de la continuité pour B est continue.
une application bilinéaire.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

Preuve
Soit (x0 ,y0 ) ∈ E × F. On a, pour tout (x,y) de E × F :
||B(x,y) − B(x0 ,y0 )||G = ||B(x − x0 ,y) + B(x0 ,y − y0 )||G
 ||B(x − x0 ,y)||G + ||B(x0 ,y − y0 )||G
 k||x − x0 || ||y|| + k||x0 || ||y − y0 || −−−−−−−→ 0,
(x,y)→(x0 ,y0 )

ce qui montre que B est continue en (x0 ,y0 ). 䊏

Corollaire
r
re Monie
lgèb
er A

1) Soit E un K -evn. L'application K × E −→ E est continue.


ni
Mo Géom
é

Ces trois applications sont bilinéaires.


lgèbre
n ier A
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

(λ,x) −→λx
2) Soit A une K -algèbre normée. L'application A × A −→ A est continue.
(u,v) −→uv
3) Soit E un K -evn. L'application LC(E) × LC(E) −→ LC(E) est continue.
( f,g) −→g◦ f

Preuve
La Prop. 3 s'applique :
1) ||λx|| = |λ| ||x|| , 2) ||uv||  ||u|| ||v|| , 3) |||g ◦ f |||  |||g||| ||| f ||| . 䊏
Exercices 1.2.20 à 1.2.22.

54
1.2 • Limites, continuité

Exercice-type résolu

Un exemple de calcul de la norme d’une application linéaire continue

On note E = C([0 ; 1],R) muni de ||.||1 , et φ : E −→ E l'application définie par :


x
∀ f ∈ E, ∀ x ∈ [0 ; 1], φ( f )(x) = f (t) dt.
0

Montrer φ ∈ LC(E) et calculer |||φ|||.

Solution Conseils
x
• Il est clair que, pour toute f ∈ E et tout x ∈ [0 ; 1], f (t) dt existe, et, pour toute On vérifie d'abord que, pour toute f ∈ E,
0 φ( f ) existe et φ( f ) ∈ E.
f ∈ E, l'application φ( f ) est continue sur [0 ; 1], car φ( f ) est une primitive de f
sur [0 ; 1].
• Soient λ ∈ R, f,g ∈ E. On a, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
x x x
φ(λ f + g)(x) = (λ f + g)(t) dt = λ f (t) dt + g(t) dt
0 0 0

= λφ( f )(x) + φ(g)(x),

donc :
φ(λ f + g) = λφ( f ) + φ(g),

ce qui montre que φ est linéaire.


• Soit f ∈ E.
On a :
1 1 x
 

|φ( f )(x)| dx = f (t) dt  dx

||φ( f )||1 = 
0 0 0

1  x  1  1 
 | f (t)| dt dx  | f (t)| dt dx
0 0 0 0
1
= || f ||1 dx = || f ||1 .
0

Comme φ est déjà linéaire, ceci montre que φ est linéaire et continue et que
|||φ|||  1.
On essaie de déterminer une suite ( f n )n∈N
• Considérons, pour tout n ∈ N : dans E de façon que :
f n : [0 ; 1] −→ R, t −→ f n (t) = (1 − t)n . ||φ( f n )||1
−→ 1.
|| f n ||1 n∞
Il est clair que : ∀ n ∈ N, f n ∈ E.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

On pourrait aussi envisager, par exemple, la


suite ( f n )n∈N∗ d'applications de [0; 1]
dans R définie par :
1
 1 − nt si 0  t 

n
f n (t) =
1
0 si  t  1.

n

Soit n ∈ N. On a :
1 1
(1 − t)n+1 1

|| f n ||1 = (1 − t)n dt = − = Calcul de || f n ||1 .
0 n+1 0 n+1

55
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Solution Conseils
et, pour tout x ∈ [0 ; 1] :
(1 − t)n+1 x
x
1 (1 − x)n+1
 
φ( f n )(x) = (1 − t)n dt = − = −  0, Calcul de ||φ( f n )||1 , précédé du calcul de
0 n+1 0 n+1 n+1 φ( f n )(x), pour tout x ∈ [0; 1].
donc :
1
1 (1 − x)n+1
 
||φ( f n )||1 = − dx
0 n+1 n+1
1 1 (1 − x)n+2 1
 
= − −
n+1 n+1 n+2 0

1 1 1
= − = .
n + 1 (n + 1)(n + 2) n+2

Ainsi, pour tout n ∈ N, f n = 0 et : On s'assure de f n = 0, pour pouvoir diviser


par || f n ||1 .
||φ( f n )||1 n+1
= −→ 1.
|| f n ||1 n + 2 n∞

Ceci montre |||φ|||  1 et on conclut finalement :

φ ∈ LC(E) et |||φ||| = 1.

Les méthodes à retenir

Applications linéaires continues


• Pour obtenir des inégalités sur des normes d’applications linéaires continues, (ex. 1.2.9), appliquer la défini-
tion de |||.||| (Notation p. 53) ou les formules de la Prop. 1 p. 53.
• Pour montrer qu’une application linéaire f : E −→ F est continue (ex. 1.2.14, 1.2.15, 1.2.17), il suffit de
prouver qu’il existe M ∈ R+ tel que :

∀x ∈ E,  f (x) F  Mx E

cf. Th. p. 52.


Dans de nombreux exemples simples, ||| f ||| sera le réel M obtenu précédemment. Pour l’établir, on essaie :
 f (x) F
– ou bien de montrer qu’il existe x ∈ E − {0} tel que M = (ex. 1.2.14, 1.2.15, 1.2.17)
x E
 f (xn ) F
– ou bien de trouver une suite (xn )n dans E − {0} telle que −−→ M .
xn  E n∞

• Pour montrer qu’une application linéaire f : E −→ F n’est pas continue (ex. 1.2.16), montrer qu’il existe une
 f (xn ) F
suite (xn )n dans E − {0} telle que −−→ + ∞.
xn  E n∞

• Les exercices 1.2.20 et 1.2.21 étudient la topologie des matrices. Pour montrer qu’une partie de
Mn (K) est ouverte (resp. fermée), essayer de la faire apparaître comme image réciproque d’une partie ouverte
(resp. fermée) par une application continue.

56
1.2 • Limites, continuité

Exercices
1.2.9 Soient E un evn, n ∈ N∗ , f 1 ,. . . , f 2n ∈ LC(E) . 1.2.16 Soient E = R[X], T : E −→ E , N : E → R
Montrer : P −→ P ′
définie par : N (0) = 0 et :
||| f 1 ◦ f 2 ◦ . . . ◦ f 2n |||2  ||| f 1 |||·
deg(P)
||| f 1 ◦ f 2 ||| · ||| f 2 ◦ f 3 |||| . . . ||| f 2n−1 ◦ f 2n ||| · ||| f 2n |||.
 |P (n) (0)|
∀P ∈ E, N (P) = .
n=0 n!
1.2.10 Soient E un evn, E ∗ le dual (algébrique) de E ,
a) Montrer que N est une norme sur E .
ϕ ∈ E ∗.
b) T est-elle continue (pour N) ?
a) Démontrer que ϕ est continue si et seulement si Ker(ϕ)
est fermé dans E . 1.2.17 On note E = C([0 ; 1] ; R) muni de ||.||1 , et :
b) En déduire que, si ϕ = 0 , alors ϕ est discontinue si et 1/2 1
seulement si Ker(ϕ) est dense dans E . ϕ : E −→ R, f −→ ϕ( f ) = f − f.
0 1/2

1.2.11 a) Soient E,F deux K -evn, f ∈ LC(E,F). ′


Montrer ϕ ∈ E = LC(E,R) et calculer |||ϕ|||.
α) Montrer que Ker( f ) est un sev fermé de E .
β) Im( f ) est-il un sev fermé de F ? 1.2.18 On note
b) Soient E un K -evn, p un projecteur continu de E (c'est- N : R[X] −→ R, P −→ N (P) = Sup |P(x)|.
x∈[−1 ;1]
à-dire : p ∈ LC(E) et p ◦ p = p) ; montrer que Ker( p) et
Im( p) sont des sev fermés de E . a) Montrer que N est une norme sur R[X].
b) On note, pour tout a ∈ R :
1.2.12 Soient E un evn (E = {0}), ϕ ∈ E ′ − {0},
H = Ker(ϕ). Montrer que les trois propriétés suivantes f a : R[X] −→ R, P −→ P(a).
sont deux à deux équivalentes : 1) Vérifier que, pour tout a ∈ R, f a est linéaire.
(i) ∃ a ∈ E, (||a|| = 1 et |||ϕ||| = |ϕ(a)|) 2) CNS sur a pour que f a soit continue ?
(ii) ∀x ∈ E, ∃ h ∈ H, d(x,H ) = ||x − h||
3) Lorsque f a est linéaire continue, calculer ||| f a |||.
(iii) ∃x ∈ E − H, ∃ h ∈ H, d(x,H ) = ||x − h||.
1.2.19 Soit n ∈ N∗ ; montrer que GLn (K) est ouvert et
1.2.13 Soient E un evn, P ∈ K[X],
dense dans Mn (K) .
Z P = { f ∈ LC(E); P( f ) = 0}.
Montrer que Z P est fermé dans LC(E).
1.2.20 Soit n ∈ N∗ ; on note
1.2.14 Soient E le C -evn des applications bornées de SLn (K) = {A ∈ Mn (K); det(A) = 1} .
[0; 1] dans C , muni de ||.||∞ , ϕ ∈ E ,
Déterminer l'adhérence, l'intérieur, la frontière de SLn (K).
Tϕ : E −→ E . Montrer que Tϕ est linéaire continue et
f −→ f ϕ
calculer |||Tϕ |||. 1.2.21 On note E l'ensemble des matrices diagonalisables
de Mn (K),F l'ensemble des matrices de Mn (K) ayant n
1.2.15 Soient E = C([0; 1],R) muni de ||.||∞, valeurs propres deux à deux distinctes.
T : E −→ E définie par :
f −→ T ( f ) a) On suppose ici K = C . Montrer : F = E = Mn (C).
x
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

∀ f ∈ E, ∀x ∈ [0; 1], (T ( f ))(x) = f. b) Dans le cas K = R et n = 2, a-t-on E = M2 (R)?


0

Montrer que T est linéaire continue, et calculer |||T ||| .

57
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

1.3 Compacité
Soient (E,||.||) un K -evn, d la distance associée à ||.||.

1.3.1 Généralités
Définition 1
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é

Définition séquentielle de la compacité.


bre G
r Algè

Soit X ∈ P(E). On dit que X est une partie compacte (ou : un compact) de E si et seu-
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

lement si toute suite d'éléments de X admet au moins une valeur d'adhérence dans X .

Exemple : Toute partie finie de E est compacte.


r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

∅ est compact.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Exercice 1.3.4.
Proposition 1
Soient (xn )n∈N une suite convergente dans E, l = lim xn .
n∞
Alors {xn ; n ∈ N} ∪ {l} est une partie compacte de E

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
La démonstration de cette propriété à Preuve
partir de la définition séquentielle de la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

Notons X = {xn ; n ∈ N} ∪ {l} ; et soit (u p ) p∈N une suite dans X.


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

compacité est assez malcommode.


1) S'il existe n ∈ N tel que { p ∈ N ; u p = xn } soit infini, alors xn est valeur d'adhérence de (u p ) p∈N,
donc (u p ) p∈N admet au moins une valeur d'adhérence dans X.
2) De même, si { p ∈ N ; u p = l} est infini, (u p ) p∈N admet au moins une valeur d'adhérence dans X.
3) Supposons que { p ∈ N ; u p = l} soit fini et que, pour tout n de N , { p ∈ N ; u p = xn } soit fini.
Puisque { p ∈ N ; u p = l} et { p ∈ N ; u p = x0 } sont finis, il existe p0 ∈ N tel que :

∀ p  p0 , (u p = l et u p = x0 ).

Puisque { p ∈ N ; u p = x1 } est fini, il existe p1 > p0 tel que : ∀ p  p1 , u p = x1 .


En réitérant, on construit une suite ( pk )k∈N d'entiers naturels strictement croissante, telle que :
∀k ∈ N, ∀ p  pk , u p ∈ {l,x0 ,. . . ,xk }.

Ainsi, l'application σ : N −→ N est une extractrice, et :


k −→ pk

∀k ∈ N, ∀ p  σ (k), u p ∈ X − {l,x0 ,. . . ,xk }.

Montrons que u σ (k) k∈N converge vers l.


 

Soit ε > 0. Puisque xn −−−→ l, il existe N ∈ N tel que :


n∞
∀n  N , d(xn ,l)  ε.
Soit k ∈ N tel que k  N . Il existe n ∈ N tel que u σ (k) = xn . Par définition de σ (k) , on a :
u σ (k) ∈ {l,x0 ,. . . ,xk }, donc n  k + 1  N, d'où :
d u σ (k) ,l = d(xn ,l)  ε.
 

On a montré :

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀k ∈ N, k  N ⇒ d(u σ (k) ,l)  ε ,


 

donc u σ (k) k∈N converge vers l.


 

Ainsi, (xn )n∈N admet au moins une valeur d'adhérence dans X, et finalement X est une partie compacte
de E . 䊏

58
1.3 • Compacité

1
 
Exemple : ; n ∈ N∗ ∪ {0} est une partie compacte de R .
n

Proposition 2
Toute partie compacte de E est fermée bornée dans E.

Preuve
Soit X une partie compacte de E .
1) Soit (xn )n∈N une suite dans X, convergeant vers un élément y de E .
Puisque X est compacte, il existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −−−→ x. Mais
n∞
xσ (n) n∈N est extraite de (xn )n∈N qui converge vers y, donc xσ (n) n∈N converge vers y, x = y, et donc
   

y ∈ X.
Ceci montre que X est une partie fermée de E .
2) Raisonnons par l'absurde ; supposons X non bornée, c'est-à-dire :
∀C ∈ R+ , ∃x ∈ X, ||x||  C.
Si ||xn || −−−→ + ∞ , alors (xn )n
En particulier, pour tout n de N , il existe xn ∈ X tel que ||xn ||  n. Alors (xn )n∈N n'a pas de valeur d'ad-
r
e Monie
gèbr
r Al

n∞
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

n’a pas de valeur d’adhérence.


G

ier
bre Mon
Algè
n ier

hérence (ni dans X, ni dans E ), contradiction avec la définition de X compact.


Mo

tr i e
Géomé

Exercice 1.3.3. Ainsi, X est bornée. 䊏

Proposition 3
Soient Y une partie compacte de E et X une partie de Y telle que X soit fermée
dans E. Alors X est une partie compacte de E.

Preuve
Soit (xn )n∈N une suite dans X. Puisque X ⊂ Y et que Y est compacte, il existe une extractrice σ et un
élément y de Y tels que xσ (n) −−−→ y . Mais, comme les xσ (n) sont dans X et que X est fermée dans E ,
n∞
on a : y ∈ X.
Ainsi, toute suite dans X admet au moins une valeur d'adhérence dans X, donc X est compacte. 䊏

Corollaire
ni er A
lgèb
re Monie
r
On remarquera que les conditions X
Soit Y une partie compacte de E. On a, pour toute partie X de Y :
Mo éom é
bre G
r Algè

fermé dans E et X fermé dans Y sont


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

équivalentes, puisque Y est une partie


tr i e
Géomé

fermée de E . X fermée ⇐⇒ X compacte.

re Monie
r
Par une récurrence immédiate, on voit
Proposition 4
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

que le produit cartésien d’un nombre fini


n ie
Mo

Soient E,F deux evn. Pour toutes parties compactes X de E et Y de F, X × Y est une
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

de parties compactes est compact (voir


Prop. ci-après). partie compacte de E × F.

Preuve
Soit (xn ,yn )n∈N une suite dans X × Y .
Puisque X est compact, il existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −−−→ x.
n∞
Ensuite, comme Y est compact, la suite (yσ (n) )n∈N admet au moins une valeur d'adhérence dans Y ; il existe
donc une extractrice τ et un élément y de Y tels que yσ (τ (n)) −−−→ y .
n∞

59
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Comme xσ (n) −−−→ x, la suite extraite (xσ (τ (n)) )n converge aussi vers x, et donc (xσ (τ (n)) ,yσ (τ (n)) )n
n∞
converge vers (x,y).
Ceci montre que toute suite dans X × Y admet au moins une valeur d'adhérence dans X × Y , et donc
X × Y est compacte. 䊏

Exercice 1.3.5.

Proposition 5
Soient X ∈ P(E),F un K -evn, f : X → F une application.
X compact 
 
On a :  ⇒ f (X) compact.
f continue 

Preuve
Soit (yn )n∈N une suite dans f (X) .
Pour chaque n de N , il existe xn ∈ X tel que yn = f (xn ).
Comme X est compacte, il existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −−−→ x.
n∞
Puisque f est continue, yσ (n) = f (xσ (n) ) −−−→ f (x) .
n∞

Ainsi, la suite (yn )n admet f (x) (∈ f (X)) pour valeur d'adhérence, et finalement f (X) est compacte.

Remarque :
L'image réciproque d'une partie compacte par une application continue peut ne pas être
compacte ; exemple : f : R −→ R est continue, {0} est compact, f −1 ({0}) = R n'est pas
x −→0
compact (R n'est pas borné).C

Corollaire
1) Soient X une partie non vide de E et f : X −→ R une application. Si X est compacte
et f continue, alors f est bornée et atteint ses bornes.
Propriété très utile en pratique. 2) Soient X une partie non vide de E, F un K -evn et f : X −→ F une application.
Si X est compacte et f continue, alors || f || : X −→ R est bornée et atteint ses
x −→|| f (x)|| F
bornes.

Preuve
1) f (X) est une partie compacte, donc fermée bornée de R .
2) Appliquer 1) à || f ||, qui est continue sur le compact X. 䊏

Exercices 1.3.1, 1.3.2.

Proposition 6
r Algè
bre Mon
ie r
N
Cf. 1.1.1, 3) b) p. 8.
n ie
Mo éom é

Soient N ∈ N∗ ,E 1 ,. . . ,E N des K -evn ; on munit


r Algè
bre G

E k de la norme ν définie par :


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

k=1
ν(x1 ,. . . ,x N ) = Max ||xk || Ek
1k  N
Soit, pour chaque k de {1,. . . ,N },X k une partie non vide de E k .

N
Alors X k est compact si et seulement si, pour chaque k de {1,. . . ,N }, X k est
k=1
compact.

60
1.3 • Compacité

Preuve
N

N


1) Supposons X k compact. Comme, pour chaque i de {1,. . . ,N },X i = pri X k , et que les
k=1 k=1
projections pri sont continues (cf. 1.2.2 1)) Prop. 4 p. 43), on en conclut que X i est compact (cf. 1.3.1
Prop. 5 p. 60).
2) Réciproque par récurrence sur N, le cas de deux parties ayant été vu (Prop. 4 p. 59). 䊏

Théorème 1 Théorème de Heine


Soient X ∈ P(E), F un K -evn, f : X −→ F une application.
Si X est compacte et si f est continue, alors f est uniformément continue.

Preuve
Supposons X compacte et f continue.
Raisonnons par l'absurde ; supposons f non uniformément continue, c'est-à-dire :
    
non ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ )  η ⇒ d F f (x ′ ), f (x ′′ )  ε .

Il existe donc ε > 0 tel que :


   
∀η > 0, ∃(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , d E (x ′ ,x ′′ )  η et d F f (x ′ ), f (x ′′ ) > ε .

En particulier, pour tout n de N∗ , il existe (xn′ ,xn′′ ) ∈ X 2 tel que :


1  
d E (xn′ ,xn′′ )  et d F f (xn′ ), f (xn′′ ) > ε.
n
Puisque X est compacte, X 2 est compacte (cf. Prop. 4 p. 59), donc la suite (xn′ ,xn′′ )n∈N∗ admet au moins
une valeur d'adhérence dans X 2 . Il existe ainsi une extractrice σ et (x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 tels que :
xσ′ (n) −−−→ x ′ et xσ′′ (n) −−−→ x ′′ .
n∞ n∞
Comme, pour tout n de N∗ :
     
d E (x ,x )  d x ′ ,xσ′ (n) + d xσ′ (n) ,xσ′′ (n) + d xσ′′ (n) ,x ′′ ,
′ ′′

on déduit d E (x ′ ,x ′′ ) = 0 , x ′ = x ′′ .
Mais, puisque f est continue en x ′ et x ′′ :
   
f xσ′ (n) −−−→ f (x ′ ) et f xσ′′ (n) −−−→ f (x ′′ ),
n∞ n∞
   
donc d f (xσ′ (n) ), f (xσ′′ (n) ) −−−→ d f (x ′ ), f (x ′′ ) = 0 , en contradiction avec :
n∞
 
∀n ∈ N∗ , d f (xσ′ (n) ), f (xσ′′ (n) ) > ε. 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Les méthodes à retenir

Compacité : généralités
• Dans un contexte de compacité, pour établir qu’un certain réel est > 0 (ex. 1.3.1) on peut essayer de faire
intervenir une application continue sur un compact et à valeurs dans R∗+ .
• Un raisonnement par l’absurde permet souvent de construire une suite, puis d’appliquer la compacité pour extra-
ire une suite convergente et obtenir une contradiction (ex. 1.3.4, 1.3.5).

61
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exercices
1.3.1 Soient E un evn, A,B deux parties non vides de E ; 1.3.4 Soient E,F deux evn, A une partie de E, f :
on suppose A compacte et A ∩ B = ∅. Montrer : A → F une application, telles que f (A) soit compacte.
d(A,B) > 0. Montrer que, si le graphe G f de f (défini par :
G f = {(x, f (x)); x ∈ A}) est fermé dans A × F, alors f
1.3.2 Soient E,F deux evn, A un compact de E , B un est continue.
compact de F,W un ouvert de E × F tel que
A × B ⊂ W. Démontrer qu'il existe un ouvert U de E et 1.3.5 Soient E,F deux evn, X une partie compacte
un ouvert V de F tels que : de E, f : X → F continue. On suppose qu'il existe
A ⊂ U, B ⊂ V, U × V ⊂ W. α ∈ R∗+ tel que : ∀y ∈ F, diam ( f −1 ({y})) < α
(Utiliser l'exercice 1.3.1). (on convient : diam (∅) = 0).
Montrer qu'il existe ε > 0 tel que, pour toute boule ouver-
1.3.3 Soient E un R -evn distinct de {0} , A une partie te B de rayon  ε, on ait diam( f −1 (B)) < α.
compacte de E .
Montrer :
∀x ∈ A, ∃y ∈ Fr(A), [x; y] ⊂ A,
où [x; y] = {t x + (1 − t)y ; t ∈ [0; 1]}.

1.3.2 Cas de la dimension finie

Lemme
Le théorème 2 ci-après va contenir ce
r
re Monie
lgèb
er A

Soit n ∈ N∗ ; les parties compactes de (Rn ,||.||∞ ) sont les parties


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

résultat.
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

fermées bornées.

Preuve
1) On sait déjà (cf. 1.3.1 Prop. 2 p. 59) que toute partie compacte est fermée bornée.
2) • Montrons d'abord que tout segment de R est compact. Soit (a,b) ∈ R2 tel que a  b, et soit (xn )n
une suite dans [a; b].
D'après le théorème de Bolzano-Weierstrass dans R (Analyse MPSI, 3.3 Th.), la suite réelle bornée (xn )n
admet au moins une suite extraite convergente. Il existe donc une extractrice σ et un élément x de R tels
que xσ ( p) −−−→ x. Comme les xσ ( p) sont dans le fermé [a; b], on déduit x ∈ [a; b].
p∞

Ceci montre que toute suite (x p ) p dans [a; b] admet au moins une valeur d'adhérence dans [a; b], et donc
[a; b] est compact.
• Soit X une partie fermée bornée de Rn . Puisque X est bornée, il existe des réels a1 ,. . . ,an ,b1 ,. . . ,bn

n
tels que X ⊂ [ak ; bk ]. On vient de voir que les [ak ; bk ] sont des compacts de R , donc (cf. 1.3.1 Prop.
k=1
n
[ak ; bk ] est un compact de (Rn ,|| · ||∞ ). Enfin, X étant fermé dans un compact, est lui-

6 p. 60),
k=1
même compact. 䊏
En identifiant Cn 2n
à R , on en déduit le Corollaire suivant.

Le théorème 2 ci-après va contenir ce Corollaire


r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

résultat.
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

Pour tout n de N∗ , les parties compactes de (Cn ,|| · ||∞ ) sont les parties fermées bor-
tr i e
Géomé

Exercices 1.3.6 à 1.3.9. nées.

62
1.3 • Compacité

Théorème 1
Soit E un K -ev de dimension finie.
Propriété utile en pratique.
Toutes les normes sur E sont équivalentes.

Preuve
Le K -ev E admet au moins une base finie B = (e1 ,. . . ,en ) ; notons N∞ : E −→ R .
r
re Monie

Il est clair que N∞ est une norme de E .


lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

n
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e

xi ei −→ Max |xi |
Géomé

1i n
i=1
Soit N une norme sur E ; nous allons montrer N ∼ N∞ .
Notons S = {(x1 ,. . . ,xn ) ∈ Kn ; Max |xi | = 1} , et considérons l'application
1i n

ν: Kn −→ R n
 , où K est muni de la norme usuelle ||.||∞ .
 n

(x1 ,. . . ,xn ) −→ N xi ei
i=1
• ν est continue car lipschitzienne :
∀x = (x1 ,. . . ,xn ) ∈ Kn ,∀y = (y1 ,. . . ,yn ) ∈ Kn ,
 n   n n
 
|ν(x) − ν(y)|  N (xi − yi )ei  |xi − yi |N (ei )  N (ei ) · ||x − y||∞ .
i=1 i=1 i=1
• Puisque la sphère-unité S de (Kn ,||.||∞ )
est compacte (car fermée bornée, cf. Lemme p. 62), la res-
triction de ν à S est bornée et atteint ses bornes ; il existe donc (α,β) ∈ R2 tel que :
α = Inf ν(x), β = Sup ν(x).
x∈S x∈S
Mo
ni er A

n ie
rA
lgèb
re Monie

lgèbre
Géom
é
r
Si α = 0 , comme ν atteint sa borne Comme 0 ∈ S, on a : 0 < α  β.
inférieure α , il existe x ∈ S tel que
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

Ainsi : ∃ (α, β) ∈ (R∗+ )2 , ∀x ∈ S, α  ν(x)  β .


r Alg
n ie
Mo

ν(x) = 0 , d’où 0 = x ∈ S , contra-


tr i e
Géomé

diction. n
1
xi ei , x ′ = (x1 ,. . . ,xn ) ; comme

Soit alors x ∈ E − {0}, x = x ′ ∈ S et que
i=1
||x ′ ||∞
N∞ (x) = ||x ′ ||∞ , on déduit : α N∞ (x)  N (x)  β N∞ (x).
Finalement : N ∼ N∞ . 䊏

Théorème 2
Dans tout K -evn (E,N ) de dimension finie, les parties compactes sont les parties fer-
mées bornées.

Preuve
Soient B = (e1 ,. . . ,en ) une base de E , N∞ : E −→ R .
n
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


xi ei → Max |xi |
1i n
i=1
• On sait déjà (cf. 1.3.1 Prop. 2 p. 59) que toute partie compacte de E est fermée bornée.
• Soit X une partie fermée bornée de E . Puisque N ∼ N∞ ,X est bornée dans (E,N∞ ) et, puisque
Id E : (E,N∞ ) → (E,N ) est continue, X = Id−1 E (X) est fermée dans (E,N∞ ) . D'après le Lemme
p. 62, X est alors une partie compacte de (E,N∞ ) , donc de (E,N ) puisque Id E : (E,N∞ ) → (E,N )
est continue et que X = Id E (X). 䊏

Remarque :
Si E est un K -evn de dimension finie, alors B ′ (0; 1) est compacte (cf. Théorème 2).

63
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Ainsi, si E est de dimension finie, Proposition 1
alors
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

Soient E,F deux K -evn ; si E est de dimension finie, alors toute application linéaire
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

LC(E,F) = L(E,F).
f : E −→ F est continue.

Preuve
Notons N la norme de E , B = (e1 ,. . . ,en ) une base de E, N∞ : E −→ R . D'après le
n
x= xi ei −→ Max |xi |
1in
i=1

Théorème 1 p. 63, il existe M ∈ R+ tel que : ∀x ∈ E, N∞ (x)  M N (x).


n
On a alors, pour tout x = xi ei de E :
i=1
n
 n
 n
 
|| f (x)|| F = || xi f (ei )|| F  |xi | || f (ei )|| F  || f (ei )|| F N∞ (x)  C N (x),
i=1 i=1 i=1
n

où C = M || f (ei )|| F . D'après 1.2.6 Théorème p. 52, on conclut que f est continue. 䊏
Exercice 1.3.10. i=1

Proposition 2 Continuité d'une application multilinéaire en dimension finie

Soient N ∈ N∗ , (E k ,|| · ||k )1k  N des K -evn de dimensions finies, F un K -evn.


N

Toute application multilinéaire ϕ : E k −→ F est continue.


k=1

Preuve
Puisque chaque E k est de dimension finie, || · ||k est équivalente à || · ||∞ dans E k , associée à une base
fixée Bk = (ek,ik )1ik nk de E k ; pour tout k de {1,. . . ,N }, il existe donc αk ∈ R+ tel que :
∀xk ∈ E k , ||xk ||∞  αk ||xk ||k .
N

Puisque ϕ est multilinéaire, on a, pour tout (x1 ,. . . ,x N ) de Ek et en notant


k=1
nk

xk = ξk,ik ek,ik :
i k =1
n1
 nN

ϕ(x1 ,. . . ,x N ) = ... ξ1,i1 . . . ξ N,i N ϕ(e1,i1 ,. . . ,e N,i N ).
i 1 =1 i N =1
 
N

Puisque ϕ(e1,i1 ,. . . ,e N,i N ); (i 1 ,. . . ,i N ) ∈ {1,. . . ,n k } est fini, il existe M ∈ R+ tel que,


k=1

pour tout (i 1 ,. . . ,i N ) de {1,. . . ,n k }, on ait : ϕ(e1,i1 ,. . . ,e N,i N ) F  M.


k=1

Il en résulte :
n1
 nN

ϕ(x1 ,. . . ,x N ) F  M ... |ξ1,i1 | . . . |ξ N,i N |
i 1 =1 i N =1
n1
   nN 
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Cette égalité se voit par développement =M |ξ1,i1 | . . . |ξ N ,i N |
du produit de plusieurs sommes de
n ie
Mo
onier
étr ie M

i 1 =1 i N =1
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

plusieurs termes.  N

N

N


 Mn 1 ||x1 ||∞ . . . n N ||x N ||∞  M nk αk ||xk ||k .


k=1 k=1 k=1

On en déduit la continuité de ϕ en raisonnant comme dans la preuve de la Prop. 3 de 1.2.5 p. 54, ou dans
la solution de P 1.1 p. 572. 䊏

64
1.3 • Compacité

Corollaire
Mo

M
ni

on
er A

ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é

onier
r

Cf. aussi 1.2.2 3) Prop. 3 2) p.45. Pour tout n de N∗ , l'application det : Mn (K) −→ K est continue.
A −→det(A)
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

Exercice-type résolu

Un exemple de partie compacte dans un espace de fonctions

On note E = C([0 ; 1],R) muni de ||.||∞ . Soit f ∈ E fixée. On note, pour tout α ∈ [0 ; 1] :

f α : [0 ; 1] −→ R, x −→ f α (x) = f (αx),

et on note F = { f α ; α ∈ [0 ; 1]}.
Montrer que F est une partie compacte de E.

Solution Conseils
Notons ϕ : [0 ; 1] −→ E, α −→ ϕ( f ) = f α .
On a ainsi, par définition de F : F = ϕ([0 1]). Nous allons montrer que F est compacte en
présentant F comme image directe d'un
compact par une application continue.

On sait que [0 ; 1] est un compact de R. Cf. § 1.3.2 Théorème 2.


Montrons que ϕ est continue.
Soit ε > 0 fixé.
Puisque f est continue sur le segment [0 ; 1], d'après le théorème de Heine, f est Théorème de Heine pour f : [0 ; 1] −→ R
uniformément continue sur [0 ; 1]. Il existe donc η > 0 tel que : continue (cf. Analyse MPSI, § 4.3.6 Th.), ou,
plus généralement, théorème de Heine du
∀ (u,v) ∈ [0 ; 1]2 ,

|u − v|  η ⇒ | f (u) − f (v)|  ε .
 § 1.3.1 de ce volume.

Soit (α,β) ∈ [0 ; 1]2 tel que |α − β|  η.


On a :
∀ x ∈ [0 ; 1], |αx − βx| = |α − β|x  ηx  η,
donc :
∀ x ∈ [0 ; 1], | f (αx) − f (βx)|  ε,
c'est-à-dire :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

∀ x ∈ [0 ; 1], | f α (x) − f β (x)|  ε.


Ceci montre :
||ϕ(α) − ϕ(β)||∞ = || f α − f β ||∞  ε.
On a prouvé :

∀ ε > 0, ∃ η > 0, ∀ (α,β) ∈ [0 ; 1]2 , |α − β|  η ⇒ ||ϕ(α) − ϕ(β)||∞  ε.

Ceci montre que ϕ est uniformément continue sur [0 ; 1], donc continue sur [0 ; 1].
Enfin, comme [0 ; 1] est compact, que ϕ est continue, et que F = ϕ([0 ; 1]), on
conclut : F est une partie compacte de E.

65
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Les méthodes à retenir

Compacité : cas de la dimension finie


• Dans un evn de dimension finie, pour montrer qu’une partie est compacte, il suffit de montrer qu’elle est fer-
mée et bornée (ex. 1.3.6 à 1.3.8).

Exercices
1.3.6 Ensemble de Cantor 1.3.9 a) Soient E,F deux evn tels que E soit de dimen-
1 2 sion finie, f : E −→ F continue telle que, pour toute par-


On note C0 = [0; 1],C1 = C0 − ; ,
3 3 tie bornée B de F , f −1 (B) soit une partie bornée de E .
1 2 7 8 Démontrer que, pour toute partie fermée G de E , f (G) est
    
C2 = C1 − ; ∪ ; , etc., C = Cn. une partie fermée de F .
9 9 9 9 n∈N
◦ b) Application : montrer, pour tout P de K[X] et toute par-
Montrer que C est un compact de R et que C = ∅ .
tie fermée G de K , que P(G) est fermée.
1.3.7 Soient E un evn de dimension finie, K un compact
de E ; montrer qu'il existe un ouvert U de E tel que : 1.3.10 Montrer que, dans un K -evn de dimension finie,
K ⊂ U et U est compact. tout sous-espace vectoriel est fermé.

1.3.8 Soit f : R → R une application bornée telle que le


graphe G f de f (défini par G f = {(x, f (x)); x ∈ R}) soit
fermé. Démontrer que f est continue. (Utiliser l’ex. 1.3.4).

1.4 Complétude
Soient (E,||.||), un K -evn, d la distance associée à ||.||.

1.4.1 Suites de Cauchy


Définition
Une suite (u n )n∈N dans E est dite de Cauchy si et seulement si :

pN
 
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ d(u p ,u q )  ε .
qN

N ne doit pas dépendre de p ni de r. On peut remplacer cette condition par la condition suivante, qui lui est équivalente :

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,r) ∈ N2 , ( p  N ⇒ d(u p+r ,u p )  ε).

Remarques :
1) Si deux normes N,N ′ sur E sont équivalentes, alors les suites de Cauchy de (E,N ) sont les
mêmes que celles de (E,N ′ ).
Exercices 1.4.1, 1.4.2. 2) Toute suite extraite d'une suite de Cauchy est de Cauchy.

66
1.4 • Complétude

Proposition 1
Toute suite de Cauchy dans E est bornée.

Preuve
Soit (u n )n∈N une suite de Cauchy dans E . Il existe N ∈ N tel que :

∀( p,r) ∈ N2 , ( p  N ⇒ d(u p+r ,u p )  1).

En particulier : ∀r ∈ N,d (u N +1+r ,u N +1 )  1, et donc : ∀r ∈ N,||u N +1+r ||  1 + ||u N +1 ||.


En notant M = Max(||u 0 ||,. . . ,||u N ||,||u N +1 || + 1), on a alors : ∀n ∈ N,||u n ||  M ;
(u n )n∈N est bornée. 䊏

La réciproque va être étudiée dans le Proposition 2


§1.4.2 ci-après.
Toute suite convergente dans E est de Cauchy.

Preuve
Soit (u n )n∈N une suite convergeant vers un élément l de E .
ε
Soit ε > 0 ; il existe N ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n  N ⇒ d(u n ,l)  ).
2
Alors :
  ε 
d(u p ,l) 
 pN
 
2 ⇒ d(u ,u )  d(u ,l) + d(l,u )  ε

∀( p,q) ∈ N2 ,  ⇒ p q p q
qN  d(u ,l)  ε

 q
2
et donc (u n )n∈N est de Cauchy dans E . 䊏

Proposition 3 Cas d'un produit fini d'evn


N
Soient N ∈ N∗ ,E 1 ,. . . ,E N des K -evn, P =

E k muni de la norme ν définie par :


k=1
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r

Cf. 1.1.1 3) b) p. 8. ν(x1 ,. . . ,x N ) = Max ||xk || Ek


1k  N
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Soient (u n )n∈N une suite dans P, et, pour chaque n de N , notons


(u 1,n ,. . . ,u N,n ) = u n .
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Pour qu’une suite dans un produit
Pour que (u n )n∈N soit de Cauchy dans P, il faut et il suffit que, pour chaque k de
bre G
r Algè

cartésien soit de Cauchy,il faut et il suffit


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

que chaque suite composante soit de


{1,. . . ,N }, u k,n n∈N soit de Cauchy dans E k .
 
Cauchy.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Preuve
Résulte aisément de : ν(u p − u q ) = Max ||u k, p − u k,q || Ek . 䊏
1k  N

Exercices
1.4.1 Soient (E,||.||) un evn, (u n )n∈N une suite de Cauchy 1.4.2 Soient E,F deux evn, X ∈ P (E), f : X → F une
dans E, σ,τ deux extractrices. Montrer : application telle que, pour toute suite de Cauchy (xn )n∈N
u σ (n) − u τ (n) −→ 0. dans X,( f (xn ))n∈N soit de Cauchy dans F . Montrer que f
n∞ est continue.

67
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

1.4.2 Parties complètes


Définition
On dit qu'une partie A de E est complète si et seulement si toute suite de Cauchy
d'éléments de A converge dans A.
On dit que E est complet si et seulement si E est une partie complète de E.
On appelle espace de Banach tout K -evn complet.
Exercices 1.4.5 à 1.4.7.

Remarque : Si N1 ∼ N2 et si (E,N1 ) est complet, alors (E,N2 ) est complet.

Proposition 1 Cas d'un produit fini d'evn


Un produit fini de parties complètes N∗ ,E
Soient N ∈ 1 ,. . . ,E N des K -evn,pour chaque k de {1,. . . ,N }, Ak une partie
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é
lgèbre
n ier A
Mo
onier
étr ie M
éom

est complet.
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e


N
N
complète de E k ; alors Ak est une partie complète de Ek.
k=1 k=1

Preuve
N

Soit (xn )n∈N une suite de Cauchy dans Ak ; pour chaque n de N , notons (x1,n ,. . . ,x N ,n ) = xn .
k=1
Comme : ∀k ∈ {1,. . . ,N }, ∀( p,q) ∈ N2 , d(xk, p ,xk,q )  ν(x p − xq ), on voit que chaque
(xk,n )n∈N (k ∈ {1,. . . ,N }) est de Cauchy dans Ak , donc converge vers un élément lk de Ak . Alors
xn −→(l1 ,. . . ,l N ) (cf. 1.1.9 1) Prop. 2 p. 32). 䊏
n∞

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
r

éom é
Schématiquement : Proposition 2
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

1) X complète ⇒ X fermée
r Alg
n ie
Mo

1) Toute partie complète X de E est fermée.


tr i e
Géomé

X fermée 

2) X ⊂ Y ⇒ X complète .
2) Soient X,Y deux parties de E telles que X ⊂ Y ; si Y est complète et X fermée,
Y complète
 alors X est complète.

Preuve
1) Soient X une partie complète de E , et (xn )n∈N une suite dans X, convergeant vers un élément l de E .
Puisque (xn )n∈N converge, (xn )n∈N est de Cauchy (cf. 1.4.1 Prop. 2 p. 67) ; comme X est complète,
(xn )n∈N converge dans X.
On a donc l ∈ X. Ceci prouve que X est fermée (dans E ).
2) Soient X,Y deux parties de E telles que X ⊂ Y , Y complète et X fermée (dans E ).
Soit (xn )n∈N une suite de Cauchy dans X. Puisque X ⊂ Y et que Y est complète, (xn )n∈N converge vers
un élément l de Y (donc de E ). Comme X est fermée, on a alors l ∈ X. Finalement, X est complète.䊏

Corollaire
Si E est un espace de Banach, on a, pour toute partie X de E :
X fermée ⇐⇒ X complète.

Proposition 3

Toute partie compacte d'un evn est complète.

68
1.4 • Complétude

Preuve
Soient X une partie compacte de E et (xn )n∈N une suite de Cauchy dans X. Puisque X est compacte, il
existe une extractrice σ et un élément x de X tels que xσ (n) −→ x.Montrons que (xn )n∈N converge
n∞
vers x.
ε
Soit ε > 0 ; il existe N1 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, (n  N1 ⇒ d(xσ (n) ,x)  ),
2
p  N2
 
ε
et il existe N2 ∈ N tel que : ∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ d(x p ,xq )  .
q  N2 2
Il existe N ∈ N tel que : N  N1 et σ (N )  N2 .
On a :
ε ε
∀ p ∈ N,( p  N2 ⇒ d(x p ,x)  d(x p ,xσ (N ) ) + d(xσ (N ) ,x)  + = ε.
2 2

Ceci montre x p −→ x, et finalement X est complète. 䊏


p∞

Remarques :
Résultat utile en pratique. 1) La preuve précédente établit que, si (xn )n∈N est une suite de Cauchy ayant au moins une
valeur d'adhérence x, alors xn −→ x.
n∞
2) La réciproque de la proposition précédente est fausse : une partie complète peut ne pas
être compacte ; exemple : R est complet (cf. Th. 2 ci-après) et non compact.
3) Dans le cas où E est complet, on a :
X compacte ⇒ X fermée ⇒ X complète.

CNS de Cauchy d'existence d'une limite pour une fonction


Théorème 1 à valeurs dans un evn complet
Soient X ∈ P(E), a ∈ X,F un K -evn complet, f : X −→ F une application. Pour
Rappel de notation : que f admette une limite finie en a, il faut et il suffit que :
X désigne l’adhérence de X dans E .  
∀ε > 0, ∃V ∈ V E (a), ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 , (x ′ ,x ′′ ) ∈ V 2 ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  ε

Preuve
1) Supposons que f admette une limite l en a, et soit ε > 0. Il existe V ∈ V E (a) tel que :
ε
∀x ∈ X ∩ V, d F ( f (x),l)  .
2
On a alors :
ε ε
∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ (X ∩ V )2 ,d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  d F ( f (x ′ ),l) + d F (l, f (x ′′ ))  + = ε.
2 2

2) Réciproquement, supposons la condition de Cauchy satisfaite.


a) Puisque a ∈ X , il existe au moins une suite (xn )n∈N dans X convergeant vers a.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

La suite ( f (xn ))n∈N est de Cauchy dans F .


En effet, soit ε > 0 ; il existe V ∈ V E (a) tel que :

∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ (X ∩ V )2 , d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  ε.

Puis, comme xn −→ a, il existe N ∈ N tel que :


n∞

∀n ∈ N, (n  N ⇒ xn ∈ V ).
On a alors :
pN
 
∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ (x p ,xq ) ∈ (X ∩ V )2 ⇒ d F ( f (x p ), f (xq ))  ε .
qN

69
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Puisque ( f (xn ))n∈N est de Cauchy dans F et que F est complet, ( f (xn ))n∈N
Mo
n ie
r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
Ainsi, l est défini comme limite de la converge vers un élément l de F .
n ie

suite ( f (xn ))n∈N où (xn )n∈N est une


Mo
onier
étr ie M

b) Soit (yn )n∈N une suite (quelconque) dans X convergeant vers a, et soit ε > 0.
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

suite fixée convergeant vers a.


tr i e
Géomé

Il existe V ∈ V E (a) tel que : ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ (X ∩ V )2 , d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  ε.


Puisque xn −→ a et yn −→ a, il existe N ∈ N tel que :
n∞ n∞
xn ∈ V
  
∀n ∈ N, n  N ⇒ .
yn ∈ V

On a alors : ∀n ∈ N, (n  N ⇒ d F ( f (xn ), f (yn ))  ε),


ce qui montre d( f (xn ), f (yn )) −→ 0.
n∞
Comme f (xn ) −→ l, on déduit f (yn ) −→ l.
n∞ n∞
Mo
ni er A
lgèb

ier A
re Monie

lgèbre
Géom
r

é
Utilisation de la caractérisation Ainsi, pour toute suite (yn )n∈N dans X convergeant vers a, la suite ( f (yn ))n∈N converge vers l. Ceci
séquentielle de la continuité en un point.
n
Mo
onier

montre (cf. 1.2.1 Prop. 3 p. 40) que f admet l pour limite en a.


étr ie M
éom


G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

Remarque : On montre de façon similaire le résultat suivant.


Soient X ∈ P (R) tel que +∞ ∈ X R (adhérence de X dans la droite numérique achevée R ),
F un K -evn complet, f : X −→ F une application. Pour que f admette une limite finie
en +∞, il faut et il suffit que :
∀ε > 0,∃V ∈ VR (+∞), ∀(x ′ ,x ′′ ) ∈ X 2 ,
 ′ ′′
(x ,x ) ∈ V 2 ⇒ d F ( f (x ′ ), f (x ′′ ))  ε .


Théorème 2
Tout evn de dimension finie est complet.

Preuve
Soient E un K -evn de dimension finie et (u n )n∈N une suite de Cauchy dans E .
D'après 1.4.1 Prop. 1 p. 67, (u n )n est bornée : il existe M ∈ R∗+ tel que :
∀n ∈ N, ||u n ||  M .
Puisque B ′ (0; M)est une partie fermée bornée de l'evn E de dimension finie, d'après 1.3.2 Th. 2 p. 63,
B ′ (0; M) est compacte, donc complète (cf. Prop. 3).
Ainsi, (u n )n converge dans B ′ (0; M), donc dans E , et, finalement, E est complet. 䊏
Exercices 1.4.3, 1.4.4.
Remarques :
1) Il existe des evn complets et qui ne sont pas de dimension finie (cf. ex. 1.4.7 p. 71).
2) Il existe des evn non complets (cf. ex. 1.4.6 p. 71).).

Les méthodes à retenir

Parties complètes
• Pour montrer, dans un evn de dimension finie, qu’une partie est fermée, on peut essayer de montrer qu’elle est
complète cf. §1.4.2 Cor. p. 68 et Th. 2 p. 70 (ex. 1.4.3).
• Pour montrer qu’une partie X d’un evn E est complète, on peut :
– soit montrer que E est complet et que X est fermée dans E
– soit montrer que X est compacte
– soit revenir à la définition, et montrer que toute suite de Cauchy dans X converge vers un élément de X (ex. 1.4.5 b)).
• Pour montrer qu’une partie X d’un evn E n’est pas complète, on peut revenir à la définition : essayer de trouver
une suite (xn )n de Cauchy dans X et qui ne converge pas dans X (ex. 1.4.6 b)).

70
1.4 • Complétude

Exercices
1.4.3 Soient E un evn, F un sev de E ; montrer que, si F b) (E,N ) est-il complet ?
est de dimension finie, alors F est fermé.
1.4.6 On note U = {z ∈ C; |z| = 1} et
1.4.4 Soient E un evn et L = {(x,y) ∈ E 2 ;(x,y) libre}. N : C[X] −→ R l'application définie par :
Montrer que L est ouvert dans E 2. ∀P ∈ C[X], N (P) = Sup |P(z)|.
z∈U
1.4.5 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,E le R -ev des
a) Montrer que N est une norme sur C[X].
applications lipschitziennes de [a; b] dans R .
a) Montrer que N : E −→ R définie par : b) (C[X],N ) est -il complet?
| f (x) − f (y)|
∀ f ∈ E, N ( f ) = || f ||∞ + Sup , 1.4.7 On note ℓ∞ le C -ev des suites (u n )n∈N de CN bor-
(x,y)∈[a;b]2 |x − y|
x= y nées, muni de ||.||∞; montrer que ℓ∞ est un evn complet et
est une norme sur E . n'est pas de dimension finie.

1.4.3 Supplément :
théorème du point fixe

Théorème Théorème du point fixe


Soient F ∈ P(E), f : F −→ F une application.
Si F est complète et si f est contractante, alors f admet un point fixe et un seul, et,
&u = a
0
pour tout a de F, la suite (u n )n∈N définie par ∀n ∈ N,u converge vers
n+1 = f (u n )
le point fixe de f.

Rappelons :
• x est un point fixe de f si et seulement si f (x) = x .
La condition k < 1 est fondamentale. • f est contractante si et seulement s'il existe k ∈ [0; 1[ tel que :

∀(x,y) ∈ F 2 , d( f (x), f (y))  kd(x,y).

Preuve
1) Si x,y sont deux points fixes de f alors : d(x,y) = d( f (x), f (y))  kd(x,y),
d'où d(x,y) = 0, puisque k ∈ [0; 1[. Ainsi, f admet au plus un point fixe.
2) Montrons que (u n )n∈N converge vers un point fixe de f.
• Montrons que (u n )n∈N est de Cauchy dans F . Pour tout n de N :
d(u n ,u n+1 ) = d( f (u n−1 ), f (u n ))  kd(u n−1 ,u n ),

d'où, par récurrence : d(u n ,u n+1 )  k n d(u 0 ,u 1 ).


Puis, pour tout ( p,r) de N × N∗ :
r−1 r−1
k p+i d(u 0 ,u 1 )
 
ni er A
lgèb
re Monie
r
Sommation d’une progression d(u p ,u p+r )  d(u p+i ,u p+i+1 ) 
Mo éom é

i=0 i=0
bre G
r Algè

géométrique.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier

1 − kr
Mo

Géomé
tr i e

d(u 0 ,u 1 )
= kp d(u 0 ,u 1 )  k p .
1−k 1−k

71
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

d(u 0 ,u 1 )
Intervention de la condition Soit ε > 0 ; puisque k p −→ 0, il existe N ∈ N tel que :
1 − k p∞
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier

0  k < 1.
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

d(u 0 ,u 1 )
∀ p ∈ N, ( p  N ⇒ k p  ε).
1−k

On a alors : ∀( p,r) ∈ N × N∗ , ( p  N ⇒ d(u p ,u p+r )  ε),


et donc (u n )n∈N est de Cauchy dans F .
• Puisque F est complet, (u n )n∈N converge vers un élément l de F . Comme f est
continue (car k-lipschitzienne), on déduit f (u n ) −→ f (l).
n∞

Mais d'autre part u n+1 −→ l. Finalement : f (l) = l. 䊏


n∞

kn k
On remarquera les relations d(u n ,l)  d(u 0 ,u 1 ) et d(u n ,l)  d(u n−1 ,u n )
1−k 1−k
(pour n  1 ), utiles en vue du Calcul Numérique.

1.5 Connexité par arcs


Soient (E,|| · ||) un K -evn de dimension finie, d la distance associée à || · ||. L'étude qui suit
peut être aisément généralisée au cas d'un evn quelconque.
On appelle ici arc toute application continue γ : I −→ E où I est un intervalle fermé borné de
R non vide et non réduit à un point.
Au lieu du terme arc, on emploie aussi : chemin, arc continu, chemin continu.
Puisque tout intervalle fermé borné de R non vide et non réduit à un point est homéomorphe à
[0; 1], on peut, dans la définition précédente, remplacer I par [0; 1].

Définition
Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r

Pour tout (a,b) ∈ R2 tel que a < b ,


l’application t −→ a + (b − a)t est
Mo
onier

Une partie A de E est dite connexe par arcs si et seulement si, pour tout (x,y) de
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

un homéomorphisme de [0; 1] sur


tr i e
Géomé

[a; b] . A2 , il existe un arc γ : [a; b] −→ E tel que :


On dit que γ est un arc joignant x et y
γ (a) = x, γ (b) = y

dans A .
∀t ∈ [a; b], γ (t) ∈ A.

γ
y
x
On abrège ici connexe par arcs en : cpa.

Exemple :
Pour toute application continue γ : [0; 1] −→ E, la « courbe » γ ([0; 1]) est une partie cpa
de E .
Par exemple, U (= {z ∈ C; |z| = 1}) est une partie cpa de C , car U = γ ([0; 1]), où
γ : [0; 1] −→ C .
Exercices 1.5.1 à 1.5.4. t −→exp(2iπt)

72
1.5 • Connexité par arcs

Proposition 1
Toute partie convexe de E est connexe par arcs.

Rappelons qu'une partie A d'un K-ev E Preuve


est dite convexe si et seulement si :
Soient A une partie convexe de E et (x,y) ∈ A2 . Puisque A est convexe, pour tout t de [0; 1],
∀(x,y) ∈ A2 , ∀t ∈ [0; 1], t x + (1 − t)y est dans A, et il est clair que l'application γ : [0; 1] −→ A est continue, donc est un
t x + (1 − t)y ∈ A. t −→t x+(1−t)y
arc joignant x et y dans A. 䊏
Ainsi, A est cpa.

Théorème 1
Les parties connexes par arcs de R sont les intervalles.

Preuve
1) Comme tout intervalle de R est une partie convexe de R , d'après la Proposition précédente, tout inter-
valle de R est cpa.
2) Réciproquement, soit A une partie cpa de R .
Soit (x,y) ∈ A2 . Il existe un arc γ : [0; 1] −→ A joignant x et y dans A. D'après le théo-
rème des valeurs intermédiaires (Analyse MPSI, 4.3.3 Th.), γ ([0; 1]) est un intervalle de R . Comme
cet intervalle contient x et y, on a : [x; y] ⊂ γ ([0; 1]) ⊂ A,
et ainsi A est une partie convexe de R , donc est un intervalle. 䊏

Proposition 2
L’image d’une partie cpa par une Soient X ∈ P(E), A ⊂ X, F un K -evn de dimension finie, f : X −→ F une appli-
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

application continue est cpa.


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

cation.
tr i e
Géomé

Si A est connexe par arcs et f continue, alors f (A) est connexe par arcs.

Preuve
 2
Soit (u,v) ∈ f (A) ; il existe (x,y) ∈ A2 tel que u = f (x) et v = f (y) .
Puisque A est cpa, il existe un arc γ : [0; 1] −→ A tel que γ (0) = x et γ (1) = y .
Alors f ◦ γ : [0; 1] −→ f (A) est un arc (car f et γ sont continues, donc f ◦ γ aussi) joi-
 
gnant u et v , puisque u = f (x) = f γ (0) = ( f ◦ γ )(0) et v = ( f ◦ γ )(1) . 䊏

Exemple :
Pour tout intervalle I de R et toute application continue f : I −→ E , la « courbe » f (I ) est
une partie cpa de E .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Par exemple, la parabole {(x,y) ∈ R2 ; y 2 = x} est une partie cpa de R2 , car c'est l'image
de R (qui est cpa) par l'application continue f : R −→ R2 .
y −→(y 2 ,y)

Remarque :
L'image réciproque d'une partie cpa par une application continue peut ne pas être cpa,
comme le montre l'exemple : f : R −→ R2 , B = [1; +∞[×R . Dans cet exemple, B est cpa
y −→(y 2 ,y)
2
(car convexe de R ), mais f −1 (B) n'est pas cpa, puisque f −1 (B) =] − ∞; −1] ∪ [1; +∞[ .

73
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Théorème 2 Théorème des valeurs intermédiaires


Ce théorème généralise le théorème
Mo
ni er Algè
bre Mon

r Algè
bre G
ie

éom é
r

Soient A ∈ P(E) , f : A −→ R une application.


des valeurs intermédiaires vu dans
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e

Analyse MPSI, 4.3.3 Th.


Si A est connexe par arcs et f continue, alors f a la propriété des valeurs intermé-
Géomé

diaires, c'est-à-dire : f atteint tout réel entre deux réels qu'elle atteint déjà.

Preuve
Puisque A est cpa et f continue, f (A) est cpa, et, comme f (A) est une partie cpa de R , f (A) est un
intervalle de R . 䊏
Exercice 1.5.5.

Exercice-type résolu

GLn (C) est connexe par arcs

a) Démontrer que GLn (C) est connexe par arcs.


b) Est-ce que GLn (R) est connexe par arcs ?

Solution Conseils
2
a) Soit (A,B) ∈ GLn (C) .


Considérons les application


f : C −→ Mn (C), z −→ f (z) = (1 − z)A + z B
ϕ : C −→ C, z −→ ϕ(z) = det f (z) .
 

Il est clair que ϕ est une fonction polynomiale de degré  n. De plus, Développement d'un déterminant en fonc-
ϕ(0) = det (A) = 0, donc ϕ n'est pas l'application nulle. Considérons tion de ses termes.

U = ϕ −1 (C − {0}) = z ∈ C ; ϕ(z) = 0 = z ∈ C ; f (z) ∈ GLn (C) .


   

Puisque ϕ est un polynôme autre que le polynôme nul, ϕ −1 ({0}) est un ensemble ϕ est un polynôme de degré  n et
fini. ϕ = 0, donc ϕ −1 ({0}) a au plus n éléments.

Il est clair que U, complémentaire dans le plan C d'un ensemble fini, est connexe En notant {z 1 ,...,z p } = ∁C (U ), et, pour
par arcs. k ∈ {1,..., p}, Uk = ∁C (z k ), on a :
p

•U = Uk
k=1
• chaque Uk est connexe par arcs
• ∀k ∈ {1,..., p}, U1 ∩ Uk = ∅ .
D'après l'exercice 1.5.4 ci-après, U est
connexe par arcs.
Puisque U est connexe par arcs et que f est continue, f (U ) est connexe par arcs. Cf. 1.5.1 Prop. 2.
De plus :
ϕ(0) = det (A) = 0 et ϕ(1) = det (B) = 0,
2
donc (0,1) ∈ U 2 et (A,B) ∈ f (U ) .


Puisque f (U ) est connexe par arcs et que A et B sont dans f (U ), il existe un arc
continu γ joignant A et B dans f (U ).

74
1.5 • Connexité par arcs

Solution Conseils
Comme f (U ) ⊂ GLn (C), l'arc continu γ joint A et B dans GLn (C). On a : ∀z ∈ U, f (z) ∈ GLn (C),
On conclut : GLn (C) est connexe par arcs. donc : f (U ) ⊂ GLn (C).

b) L'application ψ : Mn (R) −→ R, A −→ det (A) est continue et Raisonnement par l'absurde.


 
ψ GLn (R) = R∗ , qui n'est pas connexe par arcs, donc : GLn (R) n'est pas connexe
par arcs.

Les méthodes à retenir

Connexité par arcs


• Pour montrer qu’une partie A d’un evn E est connexe par arcs, on peut :
– utiliser la définition, c’est-à-dire montrer que, tout (x,y) ∈ A2 , il existe un arc (continu) γ : [0; 1] −→ E tel que
γ (0) = x, γ (1) = y, ∀t ∈ [0; 1], γ (t) ∈ A (cf. ex. 1.5.1, 1.5.3, 1.5.4)

– montrer que A est l’image directe d’une partie connexe par arcs par une application continue, cf. Prop. 2 p. 73.

Exercices
1.5.1 Montrer que, dans tout evn, toutes les boules 1.5.4 Soit (Ai )i∈I une famille de parties d'un evn de
ouvertes et toutes les boules fermées sont connexes par dimension finie. On suppose que chaque Ai est connexe
arcs. par arcs et qu'il existe i 0 ∈ I tel que, pour tout i de I,
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


Ai0 ∩ Ai = ∅. Montrer que Ai est connexe par arcs.
1.5.2 Donner un exemple de deux parties A,B de R telles i∈I
que : A est homéomorphe à B , R − A est connexe par
Exemple : (R × Q) ∪ ({0} × R) est connexe par arcs.
arcs, R − B n'est pas connexe par arcs.

1.5.3 Soient E,F deux evn de dimensions finies, 1.5.5 Soient E un evn de dimension finie, A une partie
A ∈ P (E), B ∈ P (F) . Montrer : connexe par arcs de E , f : A −→ {0,1} une application
a) si A et B sont connexes par arcs, alors A × B est continue. Montrer que f est constante. (Ici, {0,1}est muni
connexe par arcs de la distance induite par celle de R ).

b) si A × B est connexe par arcs et A et B non vides, alors


A et B sont connexes par arcs.

75
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

1.6 Espaces préhilbertiens


1.6.1 Produit scalaire
Définition 1
1) Cas réel
Soit E un R-ev ; on appelle produit scalaire sur E toute application
ϕ : E 2 −→ R telle que :
(i) ∀(x,y) ∈ E 2 , ϕ(y,x) = ϕ(x,y) (ϕ est symétrique)

(ii) ∀λ ∈ R, ∀(x,y,y ′ ) ∈ E 3 , ϕ(x,λy + y ′ ) = λϕ(x,y) + ϕ(x,y ′ )

(ϕ est linéaire par rapport à la 2e place.)


(iii) ∀x ∈ E, ϕ(x,x)  0
(iv) ∀x ∈ E, (ϕ(x,x) = 0 ⇐⇒ x = 0).

2) Cas complexe
Soit E un C-ev ; on appelle produit scalaire (ou : produit scalaire hermitien) sur E
toute application ϕ : E 2 −→ C telle que :
Remarquer la conjugaison. (i) ∀(x,y) ∈ E 2 , ϕ(y,x) = ϕ(x,y) (ϕ est à symétrie hermitienne)

(ii) ∀λ ∈ C, ∀(x,y,y ′ ) ∈ E 3 , ϕ(x,λy + y ′ ) = λϕ(x,y) + ϕ(x,y ′ )

(ϕ est linéaire par rapport à la 2e place.)


(iii) ∀x ∈ E, ϕ(x,x) ∈ R+
(iv) ∀x ∈ E, (ϕ(x,x) = 0 ⇐⇒ x = 0).

Remarques :
1) Si ϕ est un produit scalaire sur le R -ev E , alors : ∀λ ∈ R, ∀(x,x ′ ,y) ∈ E 3 ,
ϕ(λx + x ′ ,y) = ϕ(y,λx + x ′ ) = λϕ(y,x) + ϕ(y,x ′ ) = λϕ(x,y) + ϕ(x ′ ,y).

On dit que ϕ est linéaire par rapport à la 1re place. Pour exprimer que ϕ est linéaire par
rapport à la 1re et à la 2e places, on dit que ϕ est bilinéaire.
2) Si ϕ est un produit scalaire sur le C -ev E , alors : ∀λ ∈ C, ∀(x,x ′ ,y) ∈ E 3 ,
Remarquer la conjugaison. ϕ(λx + x ′ ,y) = ϕ(y,λx + x ′ ) = λϕ(y,x) + ϕ(y,x ′ ) = λϕ(x,y) + ϕ(x ′ ,y).

On dit que ϕ est semi-linéaire par rapport à la 1re place.Pour exprimer que ϕ est semi-linéaire
par rapport à la 1re place et linéaire par rapport à la 2e place, on dit que ϕ est sesquilinéaire.
Lorsque ϕ est un produit scalaire, on note souvent (x|y) ou < x,y > ou x • y à la place de
ϕ(x,y).

Définition 2
1) Si ϕ est un produit scalaire sur le R-ev E, l'application φ : E −→ R est
x −→ϕ(x,x)
appelée la forme quadratique associée à ϕ.
2) Si ϕ est un produit scalaire sur le C-ev E, l'application φ : E −→ R est
x −→ϕ(x,x)
appelée la forme hermitienne associée à ϕ.

76
1.6 • Espaces préhilbertiens

er A
lgèb
re Monie
r
Ainsi, une application ϕ : Avec les notations ci-dessus, on exprime :
ni

E 2 −→ R (resp. C) est un produit


Mo éom é
bre G
r Algè

par : φ est positive


n ie

• la condition (iii) ∀x ∈ E, φ(x)  0,


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

scalaire sur E si et seulement si : ϕ est


bilinéaire symétrique (resp.sesquilinéaire • la condition (iv) ∀x ∈ E, (φ(x) = 0 ⇐⇒ x = 0) , par : φ est définie.
à symétrie hermitienne) et la forme
quadratique (resp. hermitienne) φ
associée à ϕ est définie-positive. Définition 3
1) On appelle espace préhilbertien réel (resp. complexe) tout couple (E,ϕ) où E est
un R-ev (resp. C-ev) et ϕ un produit scalaire sur E .
2) On appelle espace euclidien (resp. hermitien) tout espace préhilbertien réel (resp.
complexe) de dimension finie.
Exercice 1.6.1.
Exemples :
1) Produit scalaire usuel sur Kn , n ∈ N∗
n
L'application ϕ : (Kn )2 −→ K définie par : ϕ((x1 ,. . . ,xn ),(y1 ,. . . ,yn )) =

Remarquer la conjugaison sur le premier xk yk
facteur. k=1
est un produit scalaire sur Kn , appelé produit scalaire usuel (ou : canonique) sur Kn .

2) Produit scalaire canonique sur Mn, p (K)


Rappels sur la transconjugaison des Rappels
matrices.
• Mn, p (K) est le K -ev des matrices à n lignes et p colonnes et à coefficients dans K .
• Pour A = (ai j ) 1i n ∈ Mn, p (K), on note A∗ la transconjuguée de A, définie par :
1 j  p

A = A = ai j 1 j  p ∈ M p,n (K).
t
 
1i n

On remarque que, si K = R , alors A∗ = tA, transposée de A.


On montre les formules :

(A + B)∗ = A∗ + B ∗ , (AB)∗ = B ∗ A∗ , (λA)∗ = λA∗ , A∗∗ = A.

• Pour M = (m i j )1i, j n ∈ Mn (K) = Mn,n (K), la trace de M , notée tr(M) , est


 n
Rappels sur la trace des matrices carrées. l'élément de K défini par : tr(M) = m ii .
i=1
On montre les formules :

tr(A + B) = tr(A) + tr(B), tr(λA) = λtr(A), tr(AB) = tr(B A), tr(A∗ ) = tr(A).

Remarquer la transconjugaison sur le Considérons l'application ϕ : (Mn, p (K))2 −→ K .


premier facteur. (A,B) −→ tr(A∗ B)
(i) ϕ(B,A) = tr(B ∗ A) = tr((A∗ B))∗ ) = tr(A∗ B) = ϕ(A,B)

(ii) ϕ(A,λB + B ′ ) = tr(A∗ (λB + B ′ )) = tr(λA∗ B + A∗ B ′ )

= λtr(A∗ B) + tr(A∗ B ′ ) = λϕ(A,B) + ϕ(A,B ′ )

(iii) En notant A = (ai j )i j , on a :


p
n  
|ai j |2 ∈ R+
 
ϕ(A,A) = tr(A∗ A) = ai j ai j =
i=1 j=1 1i n
1 j  p

|ai, j |2 = 0

(iv) De même : ϕ(A,A) = 0 ⇐⇒
i, j

⇐⇒ ∀(i, j) ∈ {1,. . . ,n} × {1,. . . , p}, ai j = 0 ⇐⇒ A = 0.


 

77
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Ce produit scalaire est très usité dans les Ainsi, ϕ est un produit scalaire sur Mn, p (K) , appelée produit scalaire canonique sur
exercices et les problèmes. Mn, p (K)
Le produit scalaire canonique sur Mn,1 (K) ou sur M1,n (K) est, à la notation près, le pro-
duit scalaire usuel sur Kn . Autrement dit, l'exemple 2) généralise l'exemple 1).

3) Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, et E = C([a; b],K) le K -ev des applications continues
Remarquer la conjugaison sur le premier de [a; b] dans K . Considérons l'application ϕ : E 2 −→
' bK .
facteur. ( f,g) −→ a f g
b b b
(i) ϕ(g, f ) = gf = fg = f g = ϕ( f,g)
a a a
b b b
(ii) ϕ( f,λg1 + g2 ) = f (λg1 + g2 ) = λ f g1 + f g2
a a a
= λϕ( f,g1 ) + ϕ( f,g2 )
b b
(iii) ϕ( f, f ) = f f = | f |2 ∈ R+
a a
b
ϕ( f, f ) = 0 ⇐⇒ | f |2 = 0 ⇐⇒ f = 0 , car f est continue
r

(iv)
re Monie

La continuité de f est ici essentielle.


lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

a
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

(cf. Analyse MPSI, 6.2.5 Cor. 4 ).


Ceci montre que ϕ est un produit scalaire sur E .

4) Généralisation de l'exemple 3)
Avec les mêmes notations qu'en 3), soit p ∈ E telle que :
∀x ∈ [a; b], p(x) ∈ R+


{x ∈ [a; b]; p(x) = 0} est fini (ou plus généralement, d’intérieur vide).

L'application ϕ p : E 2 −→
' bK est un produit scalaire sur E . En effet, les conditions (i),
( f,g) −→ a f gp
(ii), (iii) sont clairement satisfaites comme dans l'exemple 3), et, si f ∈ E est telle que
ϕ( f, f ) = 0 , alors | f |2 p = 0, donc f s'annule sur [a; b] sauf peut-être en un nombre fini de
points (les zéros de p), puis f s'annule sur [a; b] par continuité.

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Exemple de produit scalaire sur un 5) Nous verrons (4.3.4 2) p. 249) que l'ensemble ℓ2 des suites (u n )n∈N à éléments dans K
espace de suites.
n ie
Mo

|u n |2 converge est un K -ev et que l'application ϕ : (ℓ2 )2 −→ K ,


onier
étr ie M

telles que la série
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

n 0
+∞
u n vn , est un produit scalaire sur ℓ2 .

définie par ϕ((u n )n∈N ,(vn )n∈N ) =
n=0

Proposition
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Ces formules sont valables lorsque Soient E un K -ev, ϕ un produit scalaire sur E, φ la forme
K = R et lorsque K = C . Dans le
n ie
Mo

quadratique associée à ϕ. On a :
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

cas K = R ,la conjugaison et la notion


de partie réelle s’évanouissent.
1) ∀(n, p) ∈ (N∗ )2 , ∀(λ1 ,. . . ,λn ) ∈ Kn , ∀(µ1 ,. . . ,µ p ) ∈ K p ,

∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ E n , ∀(y1 ,. . . ,y p ) ∈ E p ,

 
n p 
ϕ λi xi , µj yj  = λi µ j ϕ(xi ,y j )
i=1 j=1 1i n
1 j  p

78
1.6 • Espaces préhilbertiens

2) ∀(λ,µ) ∈ K2 , ∀(x,y) ∈ E 2 ,

φ(λx + µy) = |λ|2 φ(x) + 2Ré(λµϕ(x,y)) + |µ|2 φ(y)

3) ∀λ ∈ K, ∀x ∈ E, φ(λx) = |λ|2 φ(x)


4) ∀(x,y) ∈ E 2 , φ(x + y) = φ(x) + 2Ré(ϕ(x,y)) + φ(y)
5) ∀(x,y) ∈ E 2 , φ(x + y) + φ(x − y) = 2(φ(x) + φ(y)).

Preuve
n
  n

Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb

r Algè

étr ie M
re Monie

bre G
éom é

onier
r

Utilisation de la semi-linéarité de ϕ par 1) On voit, par récurrence sur n : ∀Y ∈ E, ϕ λi xi ,Y = λi ϕ(xi ,Y ),


rapport à la première place.
éom
G

onier

i=1 i=1
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

   
n p n
 p
d'où : ϕ  λi xi , µj yj  = λi ϕ xi , µj yj 
i=1 j=1 i=1 j=1
 
n
 p 
Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb

r Algè

étr ie M
re Monie

bre G
éom é

onier
r

Utilisation de la linéarité de ϕ par = λi  µ j ϕ(xi ,y j ) = λi µ j ϕ(xi ,y j ).


rapport à la deuxième place.
éom

i=1 j=1
G

onier

1in
èbre M
r Alg
n ie
Mo

1 j p
tr i e
Géomé

2) Cas particulier de 1).


3) et 4) Cas particuliers de 2).
φ(x + y) = φ(x) + 2Ré(ϕ(x,y)) + φ(y)

5) , puis additionner. 䊏
φ(x − y) = φ(x) − 2Ré(ϕ(x,y)) + φ(y)

Si (E,ϕ) est un espace préhilbertien réel et φ la forme quadratique associée à ϕ , on a, pour tout
(x,y) de E 2 :

1 1
φ(x + y) − φ(x) − φ(y) et ϕ(x,y) = φ(x + y) − φ(x − y) .
 
ϕ(x,y) =
2 4

er A
lgèb
re Monie
r

Ces deux formules, appelées identités de polarisation, montrent que φ détermine entièrement
Pour le cas complexe,voir l'exercice 1.6.1
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

ϕ ; ϕ est appelée la forme polaire de φ.


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

p. 82.
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1.6.2 Inégalités, normes euclidiennes


Théorème 1 Inégalité de Cauchy-Schwarz
Résultat fondamental. Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien, (x,y) ∈ E 2 ; on a :

|ϕ(x,y)|2  ϕ(x,x)ϕ(y,y).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Preuve
1) Cas réel
On a : ∀λ ∈ R, φ(x + λy)  0,
d'où : ∀λ ∈ R, φ(y)λ2 + 2ϕ(x,y)λ + φ(x)  0.

• Si φ(y) = 0 , le trinôme λ → φ(y)λ2 + 2ϕ(x,y)λ + φ(x) est  0 sur R , donc de discriminant


 0 : (ϕ(x,y))2 − φ(x)φ(y)  0.
• Si φ(y) = 0 , alors y = 0 et l'inégalité voulue est évidente.

79
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

2) Cas complexe
On a : ∀λ ∈ C, φ(x + λy)  0,
d'où : ∀λ ∈ C, φ(y)|λ|2 + 2Ré(λϕ(x,y)) + φ(x)  0.
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r

éom é ϕ(x,y)
• Supposons φ(y) = 0 , et appliquons l'inégalité précédente à λ = − :
bre G
r Algè

Choix d’une valeur particulière de λ.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg

φ(y)
Mo

tr i e
Géomé

|ϕ(x,y)|2 |ϕ(x,y)|2
φ(y) − 2 + φ(x)  0,
(φ(y))2 φ(y)
d'où −|ϕ(x,y)|2 + φ(x)φ(y)  0.
• Si φ(y) = 0 , alors y = 0 et l'inégalité voulue est évidente. 䊏

x · y#|  ||#
Remarque : Le théorème précédent généralise l'inégalité |# x || ||#y || bien connue
dans R2 usuel.
Exercice 1.6.2.
Proposition 1 Étude du cas d'égalité dans l'inégalité de Cauchy-Schwarz

Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien, (x,y) ∈ E 2 ; on a :

|ϕ(x,y)|2 = ϕ(x,x)ϕ(y,y) ⇐⇒ (x,y) lié.

Preuve
1) Supposons (x,y) lié ; par exemple, il existe α ∈ K tel que y = αx. On a alors :
|ϕ(x,y)|2 = |ϕ(x,αx)|2 = |αϕ(x,x)|2 = |α|2 (φ(x))2
et ϕ(x,x)ϕ(y,y) = φ(x)φ(αx) = |α|2 (φ(x))2 , d'où l'égalité voulue.
2) Réciproquement, supposons : |ϕ(x,y)|2 = ϕ(x,x)ϕ(y,y) .
• Si y = 0, alors (x,y) est lié.
ϕ(x,y)
ni er A
lgèb
re Monie
r
On réutilise la valeur particulière de λ • Supposons y = 0 (donc φ(y) = 0). En notant λ0 = − , on a, d'après les
Mo

Mo
n ie

éom
r Algè
bre G

étr ie M
éom é

onier

apparue dans la preuve de l’inégalité de


φ(y)
G

onier
èbre M
n ie r Alg

calculs dans la preuve de l'inégalité de Cauchy-Schwarz :


Mo

Cauchy-Schwarz.
tr i e
Géomé

1
φ(x + λ0 y) = (φ(x)φ(y) − |ϕ(x,y)|2 ) = 0,
φ(y)
d'où x + λ0 y = 0, (x,y) est lié. 䊏

Théorème 2 Inégalité de Minkowski


Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien, φ la forme quadratique associée à ϕ ; on a :
1 1 1
∀(x,y) ∈ E 2 , (φ(x + y)) 2  (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 .

Preuve
1 1 1
(φ(x + y)) 2  (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2
1
⇐⇒φ(x + y)  φ(x) + 2(φ(x)φ(y)) 2 + φ(y)
1
⇐⇒Ré(ϕ(x,y)  (φ(x)φ(y)) 2
On a, pour tout (a,b) ∈ R × R+ :  Ré(ϕ(x,y))  0
re Monie
r

lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

G

onier

⇐⇒  ou
èbre M
n ie r Alg

a  0
Mo

Géomé
tr i e
 
 Ré(ϕ(x,y))  0

a  b ⇐⇒  ou


(a  0 et a 2  b2 ) (Ré(ϕ(x,y)))2  φ(x)φ(y).
 

80
1.6 • Espaces préhilbertiens

D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz :

(Ré(ϕ(x,y)))2  |ϕ(x,y)|2  φ(x)φ(y),

ce qui permet de conclure. 䊏

Remarque : L'inégalité de Minkowski généralise l'inégalité triangulaire bien connue


dans R2 :
x + y#||  ||#
||# x || + ||#y ||.

Proposition 2 Étude du cas d'égalité dans l'inégalité de Minkowski


Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien, φ la forme quadratique associée à ϕ ; on a,
pour tout (x,y) de E 2 :
x = 0

1 1 1
(φ(x + y)) 2 = (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 ⇐⇒  ou

(∃ α ∈ R+ , y = αx).


On traduit cette dernière condition par : (x,y) est positivement lié.

Preuve
1) S'il existe α ∈ R+ tel que y = αx, alors :
1 1 1
(φ(x + y)) 2 = (φ((1 + α)x)) 2 = (1 + α)(φ(x)) 2
1 1 1 1
et (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 = (φ(x)) 2 + α(φ(x)) 2 .
1 1 1
2) Réciproquement, supposons : (φ(x + y)) 2 = (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 .
Le cas x = 0 étant d'étude immédiate, supposons x = 0. En reprenant le schéma de calcul dans la preu-
ve de l'inégalité de Minkowski, on a :
Ré(ϕ(x,y))  0

1 1 1
(φ(x + y)) 2 = (φ(x)) 2 + (φ(y)) 2 ⇐⇒
Ré(ϕ(x,y))2 = φ(x)φ(y).

Comme (Ré(ϕ(x,y)))2  |ϕ(x,y)|2  φ(x)φ(y) , on déduit qu'il y a égalité dans l'inégalité de


Cauchy-Schwarz et donc (cf. Prop. 1 p. 80) il existe α ∈ K tel que y = αx.
Ré(αφ(x))  0

On a alors ϕ(x,y) = αφ(x), d'où :
(Ré(αφ(x)))2 = |α|2 (φ(x))2
Ré(α)  0

et donc , ce qui prouve α ∈ R+ . 䊏
(Ré(α))2 = |α|2

Proposition-Définition 3
Attention à ne pas confondre φ(x) et
Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien, φ la forme quadratique associée à ϕ.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

éom
étr ie M
onier

1
G

onier

est une norme sur E, appelée norme euclidienne


èbre M

L'application ||.|| : E −→ R
r Alg

2
n ie
Mo

Géomé
tr i e

φ(x) . On a :
1
 1
2 x −→(φ(x)) 2
||x|| = φ(x) ou encore
associée à ϕ.
φ(x) = ||x||2 .

Preuve
Les conditions ||λx|| = |λ| ||x|| et (||x|| = 0 ⇐⇒ x = 0) sont immédiates ;
l'inégalité triangulaire ||x + y||  ||x|| + ||y|| est l'inégalité de Minkowski. 䊏
Ainsi, tout espace préhilbertien est un evn. La distance associée est alors définie par :
(
d(x,y) = ||x − y|| = φ(x − y).

81
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Remarque : Avec les notations ci-dessus, on a vu (cf. 1.6.1 Prop. 5) p. 79) :

∀(x,y) ∈ E 2 , ||x + y||2 + ||x − y||2 = 2(||x||2 + ||y||2 ).


D C
y
Cette formule est appelée identité (ou : égalité)
du parallélogramme ; si ABC D est un parallélo- x+y
gramme d'un plan affine euclidien, alors :
x y
AC 2 + B D 2 = 2(AB 2 + BC 2 ). A B
x

Il existe des evn ne vérifiant pas l'identité du parallélogramme, donc dont la norme ne peut
pas être associée à un produit scalaire. Par exemple, dans (R2 ,||.||∞ ), en notant x = (1,0),
y = (0,1), on a : ||x + y||2∞ + ||x − y||2∞ = 2 et 2(||x||2∞ + ||y||2∞ ) = 4.

Définition
On appelle espace de Hilbert tout espace préhilbertien complet (pour la norme asso-
ciée au produit scalaire).

Remarques :
1) Tout espace préhilbertien de dimension finie est un espace de Hilbert (cf. 1.4.2 Th. 2 p. 70).
2) Il existe des espaces préhilbertiens non complets.
3) ℓ2 est un espace de Hilbert (cf. P 4.6 p. 285).

Proposition 4
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.

L'application E 2 −→ K est continue.


(x,y) →<x,y>

Preuve
Soient (x,y) ∈ E 2 ,(h,k) ∈ E 2 ; on a :
| < x + h,y + k > − < x,y > | = | < h,y > + < x,k > + < h,k > |
 | < h,y > | + | < x,k > | + | < h,k > |
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Le couple (x,y) est fixé.  ||h|| ||y|| + ||x|| ||k|| + ||h|| ||k|| −→ 0.
Mo

(h,k)−→(0,0) 䊏
onier

Le couple (h,k) tend vers le couple


étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

(0,0) .

Exercices
1.6.1 Identité de polarisation dans le cas complexe 1.6.2 Soient E,(. | .) un espace préhilbertien, (a,b) ∈ (R∗+ )2 ,
 

Soient (E,ϕ) un espace préhilbertien complexe, φ la (u n )n∈N ,(vn )n∈N deux suites dans E telles que :
forme hermitienne associée à ϕ . Montrer : 
 ∀ n ∈ N, ||u n ||  a et ||vn ||  b
 
3
1  (u n | vn ) −→ ab.
∀(x,y) ∈ E 2 , ϕ(x,y) = i−k φ(x + ik y). n∞
4 k=0
Montrer :
Ainsi, φ détermine entièrement ϕ . ||u n || −→ a et ||vn || −→ b.
n∞ n∞

82
1.6 • Espaces préhilbertiens

1.6.3 Orthogonalité
Définition 1
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
Rappel de définition :
un espace préhilbertien est un K-ev 1) Soit (x,y) ∈ E 2 ; on dit que x est orthogonal à y, et on note x⊥y, si et
muni d’un produit scalaire.
seulement si : < x,y > = 0.
2) Soient x ∈ E,A ∈ P(E) ; on dit que x est orthogonal à A, et on note x⊥A, si et
seulement si : ∀a ∈ A, < x,a > = 0.
3) Pour toute A de P(E), on définit l' orthogonal de A, noté A⊥ :

A⊥ = {x ∈ E; ∀a ∈ A, < x,a > = 0}.

4) Une famille (xi )i∈I d'éléments de E est dite orthogonale si et seulement si :

∀(i, j) ∈ I 2 , (i = j ⇒< xi ,x j > = 0).

5) Une famille (xi )i∈I d'éléments de E est dite orthonormale si et seulement si :


(xi )i∈I est orthogonale

.
∀i ∈ I, ||xi || = 1

Proposition 1
Mo
ni

Mo
e

n ie
r Al
gèbr
e Monie

r Algè

étr ie M
bre G
r

éom é

onier
Propriétés générales de l’orthogonalité Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
dans un espace préhilbertien.
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

1) Pour toute partie A de E, A⊥ est un sev de E.


tr i e
Géomé

Rappel de notation : 2) ∀(A,B) ∈ (P(E))2 ,(A ⊂ B ⇒ A⊥ ⊃ B ⊥ ).


P (E) désigne l’ensemble des parties
de E . 3) ∀A ∈ P(E),A⊥ = (Vect(A))⊥ (où Vect(A) est le sev de E engendré par A).
4) ∀A ∈ P(E), A ⊂ A⊥⊥ .
5) E ⊥ = {0}, {0}⊥ = E.
6) ∀A ∈ P(E), A ∩ A⊥ ⊂ {0} .
7) Pour tous sev F,G de E :

(F + G)⊥ = F ⊥ ∩ G ⊥ , (F ∩ G)⊥ ⊃ F ⊥ + G ⊥ .

Preuve
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

1) • (∀a ∈ A,< 0,a > = 0) , donc 0 ∈ A⊥ .


• Si λ ∈ K et (x,y) ∈ (A⊥ )2 , alors :

∀a ∈ A, < λx + y,a > = λ < x,a > + < y,a > = 0, donc λx + y ∈ A⊥ .

2) Supposons A ⊂ B et soit y ∈ B ⊥. On a : ∀b ∈ B, < y,b >= 0,


donc a fortiori : ∀a ∈ A, < y,a > = 0 , d'où y ∈ A⊥ .

3) • A ⊂ Vect(A), donc A⊥ ⊃ (Vect(A))⊥ , cf. 2).


• La propriété est évidente si A = ∅ ; supposons A = ∅. Soit x ∈ A⊥ ; pour tout y de Vect(A), il
n

existe n ∈ N∗ ,λ1 ,. . . ,λn ∈ K, a1 ,. . . ,an ∈ A tels que y = λi ai , d'où :
i=1
83
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

n n

< x,y > = < x, λi ai > = λi < x,ai > = 0,
i=1 i=1

et donc x ∈ (Vect(A))⊥ . On a ainsi montré : A⊥ ⊂ (Vect(A))⊥ .

4) Soit a ∈ A. Comme : ∀x ∈ A⊥ , < a,x > = < x,a > = 0,


on a : a ∈ (A⊥ )⊥ .
5) Evident.

6) Si x ∈ A ∩ A⊥ , alors, en particulier, < x,x > = 0, d'où x = 0.


 ⊥
F ⊂ F +G F ⊃ (F + G)⊥

7) a) • ⇒ F ⊥ ∩ G ⊥ ⊃ (F + G)⊥ .
r

⇒
re Monie

Utilisation de 2).
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

G ⊂ F +G G ⊥ ⊃ (F + G)⊥
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

∀ f ∈ F, < x, f > = 0

• Réciproquement, soit x ∈ F ⊥ ∩ G ⊥ . On a : .
∀g ∈ G, < x,g > = 0
Pour tout h de F + G, il existe ( f,g) ∈ F × G tel que h = f + g , et donc :
< x,h > = < x, f > + < x,g > = 0, d’où x ∈ (F + G)⊥ .
F ∩G ⊂ F (F ∩ G)⊥ ⊃ F ⊥
 
b) ⇒ ⇒ (F ∩ G)⊥ ⊃ F ⊥ + G ⊥ .
r
re Monie

Utilisation de 2). 䊏
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

F ∩G ⊂G (F ∩ G)⊥ ⊃ G ⊥
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Exercice 1.6.3.
Remarques :
1) Il se peut qu'un sev F de E vérifie : F = F ⊥⊥ (cf. exercice 1.6.4 p. 88).
2) Il se peut que deux sev F,G de E vérifient : (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G ⊥ (cf. exercice 1.6.5 p. 88).
3) Si E est de dimension finie, alors dim(F ⊥ ) = dim(E) − dim(F) et on déduit :
• Pour tout sev F de E , F ⊥⊥ = F
• Pour tous sev F,G de E , (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G ⊥ .
r
re Monie
lgèb
ni er A

Cf. Algèbre MPSI, 10.2.1 Cor.3).


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Exercices 1.6.4, 1.6.5.

Proposition 2
Pour toute partie A d'un espace préhilbertien E, A⊥ est un sev fermé de E.

Preuve
Soit (xn )n∈N une suite dans A⊥ , convergeant vers un élément x de E . On a :
∀n ∈ N, ∀a ∈ A, < xn ,a > = 0,

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Échange dans l’ordre des deux d'où : ∀a ∈ A, (∀n ∈ N, < xn ,a > = 0) .
bre G
r Algè

quantificateurs universels.
n ie
Mo
onier

Comme xn −→ x et que l'application E −→ K est continue (cf. 1.6.2 Prop.4 p. 82),


étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

n∞ y −→<y,a>
on déduit < xn ,a > −→ < x,a > , d'où < x,a > = 0, et finalement x ∈ A⊥ . 䊏
n∞

Proposition 3
Propriété utile en pratique. Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien,(xi )i∈I une famille dans E.

(xi )i∈I est orthogonale 

Si  , alors (xi )i∈I est libre.
∀i ∈ I, xi = 0

Preuve
N

Soient N ∈ N∗ , λ1 ,. . . ,λ N ∈ K, i 1 ,. . . ,i N ∈ I deux à deux distincts, tels que λk xik = 0.
k=1

84
1.6 • Espaces préhilbertiens

N N
λk < xi j ,xik > = λ j ||xi j ||2 ,
 
Pour tout j de {1,. . . ,N }, on a : 0 = < xi j , λk xik > =
k=1 k=1
d'où λ j = 0. 䊏

Proposition 4 Théorème de Pythagore


1) Cas réel

Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien réel ; on a : ∀(x,y) ∈ E 2 ,

(x⊥y ⇐⇒ ||x + y||2 = ||x||2 + ||y||2 ⇐⇒ ||x − y||2 = ||x||2 + ||y||2 ).

2) Cas complexe
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien complexe ; on a :

||x + y||2 = ||x||2 + ||y||2


  
Attention :
∀(x,y) ∈ E 2 , x⊥y ⇒ .
dans le cas complexe, il n’y a qu’une ||x − y||2 = ||x||2 + ||y||2
implication.

Preuve
Il suffit de développer ||x + y||2 ou ||x − y||2 (cf. 1.6.1 Prop. 4) p. 79). 䊏

Proposition 5
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien. On a, pour toute famille orthogonale finie
(xi )i∈I de E :
) )2 
) )
xi ) = ||xi ||2 .
) )
)
i∈I i∈I
) )

Preuve
Puisque < xi ,y j > = 0 si i =
 j, on a :
) )2
) )
||xi ||2 .
  
xi ) = < xi ,x j > = < xi ,xi > = 䊏
) )
)
) i∈I ) 2 i∈I i∈I
(i, j)∈I

Proposition-Définition-Notation 6
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien.
1) Soient n ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E n des sev de E. Si les E i (1  i  n) sont deux à deux
orthogonaux, c'est-à-dire si : ∀(i, j) ∈ {1,. . . ,n}2 , (i = j ⇒ E i ⊥ E j ) , alors
n n
la somme E i est directe ; on dit que la somme E i est directe-orthogonale, et
i=1 i=1
n n
*
Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Les 1) et 2) ne différent que par la
notation de l’indexation.
on note ⊥❤Ei pour Ei .
i=1
onier

i=1
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

2) Soit (E i )i∈I une famille finie de sev de E. Si les E i (i ∈ I ) sont deux à deux
 
orthogonaux, alors la somme E i est directe ; on dit que la somme E i est
i∈I i∈I
*
directe-orthogonale, et on note ⊥❤Ei pour Ei .
i∈I i∈I

85
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Preuve
n

1) Soit (x1 ,. . . ,xn ) ∈ E 1 × . . . × E n tel que xi = 0 . Pour tout j de {1,. . . ,n},
i=1
n
 n

on a : < xi ,x j > = 0, c'est-à-dire ||x j ||2 = 0, et donc x j = 0. Ceci montre que E i est directe.
i=1 i=1
2) C'est une traduction de 1).

Définition 2
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Ceci revient à ce que E soit somme Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien. Deux sev F,G de E sont dits supplémen-
directe-orthogonale de F et G.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

taires orthogonaux si et seulement si :


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

F et G sont orthogonaux
&
.
E = F +G

Définition 3
Mo
ni

Mo
e

n ie
r Al
gèbr
e Monie

r Algè
bre G
éom é
r

Puisque p est un projecteur, Ker( p) Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien et p un projecteur de
onier

et Im( p) sont déjà supplémentaires


étr ie M
éom
G

onier
èbre M

E (c'est-à-dire un endomorphisme de E tel que p ◦ p = p). On dit que p est un


n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

dans E.
projecteur orthogonal si et seulement si Ker( p) et Im( p) sont supplémentaires
orthogonaux dans E.

Définition 4
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien et E 1 ,. . . ,E n des
sev de E tels que E soit somme directe-orthogonale de E 1 ,. . . ,E n . On appelle
er A
lgèb
re Monie
r
Avec les notations ci-contre, on a : n
projecteurs orthogonaux associés à la décomposition E = ⊥❤Ei de E en somme
ni
Mo éom é
bre G

n
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

pi = Id E et, pour tout (i, j) de
Mo

tr i e
Géomé

i=1
i=1
{1,. . . ,n}2 tel que i = j , directe-orthogonale les projecteurs pi (1  i  n) sur E i parallèlement
pi ◦ p j = p j ◦ pi = 0 . à ⊥ ❤ E j.
1 j n
j=i

Exercice-type résolu

Étude de sous-espaces orthogonaux dans un espace préhilbertien

Soient E,(. | .) un espace préhilbertien, F,G deux sous-espaces vectoriels de E.


 

On suppose :
E = F ⊕G et F ⊂ G⊥.

a) Démontrer que F et G sont fermés dans E.


b) Établir :
F = G ⊥ et G = F ⊥ .

86
1.6 • Espaces préhilbertiens

Solution Conseils
On va utiliser la caractérisation séquentielle
a) • Soit ( f n )n∈N une suite dans F, convergeant vers un élément x de E.
des fermés.
Puisque E = F ⊕ G, il existe f ∈ F, g ∈ G tels que : x = f + g.
On a :
∀ n ∈ N, f n ∈ F ⊂ G ⊥ ,
donc :
∀ n ∈ N, ( f n | g) = 0.
Comme f n −→ x et que le produit scalaire est continu, on déduit : Cf. § 1.6.3 Prop. 4.
n∞

(x | g) = 0.
Puis :
(g | g) = (x − f | g) = (x | g) − ( f | g) = 0, On a (x | g) = 0 et ( f | g) = 0, car
x ∈ F ⊂ G ⊥ , f ∈ F ⊂ G ⊥ , g ∈ G.
d'où g = 0, puis : x = f + g = f ∈ F.
On conclut :
F est fermé dans E. Utilisation de la caractérisation séquentielle
des fermés.
• Par hypothèse : E = F ⊕ G et F ⊂ G ⊥ ,
donc aussi : E = G ⊕ F et G ⊂ G ⊥⊥ ⊂ F ⊥ . F ⊂ G ⊥ ⇒ F ⊥ ⊃ G ⊥⊥ .
On peut donc appliquer le résultat précédent au couple (G,F) au lieu de (F,G) et Rôles symétriques de F et G.
on conclut : G est fermé dans E .
b) • Soit y ∈ G ⊥ . On a déjà par hypothèse F ⊂ G ⊥ .
On va donc montrer l'autre inclusion :
Puisque E = F ⊕ G, il existe u ∈ F, v ∈ G tels que : y = u + v.
G ⊥ ⊂ F.
On a :
y ∈ G ⊥ et u ∈ F ⊂ G ⊥ ,

donc : v = y − u ∈ G ⊥ . G ⊥ est un sev de E.


Alors : v ∈ G et v ∈ G ⊥ , donc v = 0, puis y = u + v = u ∈ F.
Ceci montre : G ⊥ ⊂ F.
On conclut : F = G ⊥ .
• Par rôles symétriques de F et G, on conclut aussi : G = F ⊥ .

Les méthodes à retenir

Orthogonalité
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

• Pour manipuler des orthogonaux, on essaiera de garder une écriture globale et d’utiliser les propriétés générales
(Prop. 1. p. 83) avant d’envisager de passer aux éléments (ex. 1.6.3 à 1.6.5).
• Dans un espace préhilbertien E,(.|.) , pour montrer une inclusion du genre A ⊂ B ⊥ , il suffit de prouver :
 

∀a ∈ A, ∀b ∈ B, (a|b) = 0
(ex.1.6.5 a)). On remarquera d’ailleurs :

A ⊂ B ⊥ ⇐⇒ B ⊂ A⊥ .
En revanche, prouver une inclusion du genre A⊥ ⊂ B est plus difficile ; on pourra essayer d’utiliser un raisonne-
ment par l’absurde (ex. 1.6.5 a)). Dans un espace euclidien (donc de dimension finie), une argumentation fondée
sur la dimension peut permettre de conclure.
87
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exercices
1.6.3 Soient E un espace préhilbertien, F un sev de E ; 1.6.5 Soient E = C([0 : 1],R) muni du produit scalaire
1
montrer : (F)⊥ = F ⊥ .
( f,g) −→ f g,
0
1
1.6.4 Soient E = C([0 : 1],R) muni du produit scalaire F = { f ∈ E; ∀x ∈ [0 : ], f (x) = 0},
1 2
( f,g) → f g, c ∈]0 : 1[ fixé, 1
G = {g ∈ E; ∀x ∈ [ : 1], g(x) = 0} .
0 2
ϕ: E −→ R . Montrer :
c
f −→ f a) F ⊥ = G et G ⊥ = F
0
b) F ⊥⊥ = F et F ⊕ F ⊥ = E
a) Montrer ϕ ∈ E ′ = LC(E,R) , dual topologique de E ; c) (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G ⊥ .
on note H = Ker(ϕ).
1.6.6 Soient E un espace préhilbertien, f ∈ LC(E) telle
b) Montrer que H est fermé, mais que H ⊥ = {0} .
que ||| f |||  1 : montrer :
c) Montrer : H ⊥⊥ = H.
Ker(e − f ) = (Im(e − f ))⊥ , où e = Id E .

1.6.4 Procédé d'orthogonalisation de Schmidt


Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, (en )n∈N une famille libre dans E , que l'on suppose
dans un premier temps indexée par N . Nous allons construire une famille orthogonale (Vn )n∈N
de vecteurs de E tous = 0 telle que :

∀n ∈ N, Vect(e0 ,. . . ,en ) = Vect(V0 ,. . . ,Vn ).

• Notons V0 = e0 = 0 .
• Cherchons V1 sous la forme : V1 = e1 + λ1,0 V0 , λ1,0 ∈ K à trouver. On a :

V1 ⊥V0 ⇐⇒< V0 ,e1 + λ1,0 V0 > = 0


⇐⇒< V0 ,e1 > +λ1,0 ||V0 ||2 = 0.

Puisque V0 = 0 il existe λ1,0 convenant.

V1 e1 e1 + ⺛ V0

V0 = e0

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
On a bien
e0 ∈ Vect(V0 ,V1 )
r Algè
n ie 
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

Si V1 = 0, alors e1 ∈ KV0 = Ke0 , contradiction avec (e0 ,e1 ) libre ; donc V1 = 0.


r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

e1 ∈ Vect(V0 ,V1 )
Enfin, il est clair que : Vect(e0 ,e1 ) = Vect(V0 ,V1 ).
V0 ∈ Vect(e0 ,e1 )

et • Supposons construits V0 ,. . . ,Vn tels que :
V1 ∈ Vect(e0 ,e1 ) .
(V0 ,. . . ,Vn ) est une famille orthogonale à vecteurs tous = 0

Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Il est plus commode de chercher Vn+1
Vect(e0 ,. . . ,en ) = Vect(V0 ,. . . ,Vn ).
éom é
bre G
r Algè
n ie

sous la forme d’une combinaison linéaire


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

de
tr i e
Géomé

n
V0 . . . ,Vn ,en+1 
plutôt que sous la forme d’une
Cherchons Vn+1 sous la forme : Vn+1 = en+1 + λn+1,k Vk ,
combinaison linéaire de k=0
où λn+1,0 ,. . . λn+1,n ∈ Kn+1 est à trouver.
 
e0 ,. . . ,en ,en+1 .

88
1.6 • Espaces préhilbertiens

On a :
∀i ∈ {0,. . . ,n}, Vn+1 ⊥Vi
n

⇐⇒ ∀i ∈ {0,. . . ,n}, < Vi ,en+1 + λn+1,k Vk > = 0
k=0
n

On a %Vi ,Vk & = 0 si k = i. < Vi ,en+1 > + λn+1,k < Vi ,Vk > = 0
r

⇐⇒ ∀i ∈ {0,. . . ,n},
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
k=0

⇐⇒ ∀i ∈ {0,. . . ,n}, < Vi ,en+1 > +λn+1,i ||Vi ||2 = 0.

Puisque V0 ,. . . ,Vn sont tous = 0, le système d'équations précédent admet une solution et une seule :
< Vi ,en+1 >
∀i ∈ {0,. . . ,n}, λn+1,i = − .
||Vi ||2
Considérons le vecteur Vn+1 ainsi défini.
Par construction, (V0 ,. . . ,Vn+1 ) est une famille orthogonale.
Si Vn+1 = 0, alors :
n

en+1 = − λn+1,k Vk ∈ Vect(V0 ,. . . ,Vn ) = Vect(e0 ,. . . ,en ),
k=0

contradiction avec (e0 ,. . . ,en+1 ) libre. Donc Vn+1 = 0.


er A
lgèb
re Monie
r
n

ni

Vn+1 = en+1 + λn+1,k Vk . Comme Vn+1 ∈ Vect(en+1 ,V0 ,. . . Vn ) et que Vect(V0 ,. . . ,Vn ) = Vect(e0 ,. . . ,en ),
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

k=0
on a : Vn+1 ∈ Vect(e0 ,. . . ,en+1 ), et donc Vect(V0 ,. . . ,Vn+1 ) ⊂ Vect(e0 ,. . . ,en+1 ).
n
De même, en+1 ∈ Vect(V0 ,. . . ,Vn ,Vn+1 ) et Vect(e0 ,. . . ,en ) = Vect(V0 ,. . . Vn ) ,
r
re Monie
lgèb 
ni er A

en+1 = Vn+1 − λn+1,k Vk .


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

k=0
d'où Vect(e0 ,. . . ,en+1 ) ⊂ Vect(V0 ,. . . ,Vn+1 ).
tr i e
Géomé

Finalement : Vect(e0 ,. . . ,en+1 ) = Vect(V0 ,. . . ,Vn+1 ) .


Résumons l'étude :

Théorème 1 Orthogonalisation de Schmidt


Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, (en )n∈N une famille libre dans E.
re Monie
r
Dans ce théorème, il y a unicité de
Il existe une famille (Vn )n∈N dans E telle que :
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

(Vn )n∈N si on rajoute la condition :


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

∀n ∈ N, < Vn ,en > = 1.


tr i e
Géomé

 (Vn )n∈N est orthogonale


∀n ∈ N, Vn = 0

∀n ∈ N, Vect(V0 ,. . . ,Vn ) = Vect(e0 ,. . . ,en ).

En reprenant l'étude précédente pour une famille finie, il est clair que l'on obtient le
résultat suivant :

Théorème 2
r
re Monie

Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, n ∈ N∗ , (e1 ,. . . ,en ) une famille libre
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

Cas d’une famille finie (e1 ,. . . ,en ) .


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

dans E. Il existe (V1 ,. . . ,Vn ) ∈ E n tel que :


tr i e
Géomé

 V1 ,. . . ,Vn sont deux à deux orthogonaux


∀i ∈ {1,. . . ,n}, Vi = 0
∀i ∈ {1,. . . ,n}, Vect(V1 ,. . . ,Vi ) = Vect(e1 ,. . . ,ei ).

Remarque : Comme, dans la construction, Vi se décompose sur ei ,V1 ,. . . ,Vi−1 , la matrice de


passage de (e1 ,. . . ,ei ) à (V1 ,. . . ,Vi ) est triangulaire supérieure à termes diagonaux égaux
à 1.

89
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

1.6.5 Projection orthogonale sur un sous-espace


vectoriel de dimension finie
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, F un sev de dimension finie de E,x ∈ E.
Nous allons montrer qu'il existe un élément et un seul y de F tel que (x − y)⊥F,
puis étudier l'application x −→ y .

0
y
F

Puisque F est de dimension finie, F admet au moins une base (e1 ,. . . ,en )
(où n = dim(F)) .
D'après le procédé d'orthogonalisation de Schmidt (cf. 1.6.4 p. 89) et en normant les vecteurs
obtenus, on voit que F admet au moins une base orthonormale ( f 1 ,. . . , f n ) .
n

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

lgèbre
Géom
é
r
On cherche y par sa décomposition Soit y∈F quelconque, y= yi f i sa décompositon sur ( f 1 ,. . . , f n ) , où
ier A

sur la base ( f 1 ,. . . , f n ) de F .
n
Mo
onier
étr ie M
éom

i=1
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

(y1 ,. . . ,yn ) ∈ Kn .
On a :
(x − y)⊥F
⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, (x − y)⊥ f k
n
⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, < f k ,x − yi f i > = 0
i=1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

lgèbre
Géom
r

é
On a : ⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, < f k ,x > −yk = 0
1 si i = k
rA
n ie 
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

% fi , fk & =
r Alg

.
n ie

⇐⇒ ∀k ∈ {1,. . . ,n}, yk = < f k ,x > .


Mo

tr i e
Géomé

0 si i = k
Résumons l'étude :

Théorème de projection orthogonale sur un sev


Théorème de dimension finie
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, F un sev de dimension finie de E, x ∈ E.
Il existe un élément et un seul y de F tel que (x − y)⊥F ; il s'agit de
 n
y= < f k ,x > f k , où ( f 1 ,. . . , f n ) est n'importe quelle base orthonormale
k=1
de F. Cet élément y est appelé la projection orthogonale de x sur F ou : le pro-
jeté orthogonal de x sur F.

Proposition
Soient (E,< .,. >) un espace préhilbertien, F un sev de dimension finie de E. On
note p F : E −→ E l'application qui, à chaque x de E, associe l'unique élément y de
F tel que (x − y)⊥F.
Alors :
1) p F est un projecteur de E, c'est-à-dire : p F ∈ L(E) et p F ◦ p F = p F

2) Im( p F ) = F et Ker( p F ) = F ⊥

90
1.6 • Espaces préhilbertiens

Rappel de notation : 3) p F est symétrique, c'est-à-dire :


LC(E) est l’ensemble des applications
linéaires et continues de E dans E .
Pour f ∈ LC(E) :
∀(x,x ′ ) ∈ E 2 , < p F (x),x ′ > = < x, p F (x ′ ) >
||| f ||| = Sup || f (x)|| .
||x||1
4) p F ∈ LC(E) et, si F = {0}, ||| p F ||| = 1
5) L'application F −→ R admet une borne inférieure, atteint celle-ci et
f −→ ||x − f ||
l'atteint en p F (x) seulement.
L'application p F est appelé le projecteur orthogonal sur F.

0
pF (x)
F

Preuve
Utilisons les notations du Théorème p. 90.
n
p F (λx + x ′ ) = < f k ,λx + x ′ > f k

1) • ∀λ ∈ K, ∀(x,x ′ ) ∈ E 2 ,
k=1
n n
< f k ,x ′ > f k = λp F (x) + p F (x ′ ).
 
= λ < f k ,x > f k +
k=1 k=1
• Pour tout x de E , p F (x) ∈ F et donc p F ( p F (x)) = p F (x).
2) • (∀z ∈ F, p F (z) = z) , donc F ⊂ Im( p F ).
• (∀x ∈ E, p F (x) ∈ F) , donc Im( p F ) ⊂ F .
• Ker( p F ) = {x ∈ E; p F (x) = 0} = {x ∈ E; x⊥F} = F ⊥ .
n
∀(x,x ′ ) ∈ E 2 , < p F (x),x ′ > = < < f k ,x > f k ,x ′ >

3)
k=1
n n
< f k ,x > < f k ,x ′ > =
 
Remarquer la conjugaison sur le premier = < f k ,x ′ > < f k ,x >
facteur. k=1 k=1

= < p F (x ′ ),x > = < x, p F (x ) > .

4) • Soient x ∈ E, y = p F (x). Comme (x − y)⊥F, en particulier (x − y)⊥y ,


d'où (théorème de Pythagore) : ||x||2 = ||x − y||2 + ||y||2 , et donc ||y||  ||x||.

Ceci prouve : ∀x ∈ E, || p F (x)||  ||x||.


Comme p F ∈ L(E) , il s'ensuit p F ∈ LC(E) et ||| p F |||  1 (cf. 1.2.5 Th. p. 52).
• Si F = {0} , il existe f ∈ F tel que f = 0, et alors p F ( f ) = f , d'où ||| p F |||  1.
5) Soient x ∈ E, f ∈ F. Comme (x − p F (x))⊥( p F (x) − f ) , le théorème de Pythagore
donne :
||x − f ||2 = ||x − p F (x)||2 + || p F (x) − f ||2 .
Ceci montre :
||x − f ||  ||x − p F (x)||


||x − f || = ||x − p F (x)|| ⇐⇒ || p F (x) − f || = 0 ⇐⇒ f = p F (x).


Ainsi, p F (x) est l’élément de F qui est
En particulier, d(x,F) = Inf ||x − f || = ||x − p F (x)|| .
r


re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

à la distance minimale de x .
Mo
onier

f ∈F
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

91
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
On peut même écrire : Corollaire
bre G
r Algè
n ie
Mo

éom
étr ie M
onier

F⊥❤F ⊥ = E .
Pour tout sev F de dimension finie d'un espace préhilbertien E, on a :
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

F ⊕ F ⊥ = E.

Preuve :
Comme p F est un projecteur, on a : E = Im( p F ) ⊕ Ker( p F ) = F ⊕ F ⊥ . 䊏
Exercices 1.6.7, 1.6.8.
Remarque :
Si F n'est pas de dimension finie, on a F ∩ F ⊥ = {0} (cf. 1.6.3 Prop. 1 6) p. 83), mais on peut
avoir F + F ⊥ = E (cf. exercice 1.6.5 p. 88).

Exercice-type résolu

Calcul d’une borne inférieure


1 2
Calculer Inf x 2 − (a + bx) dx.

(a,b)∈R2 0

Solution Conseils
1re méthode : utilisation du théorème de projection orthogonale
Notons E = C([0 ; 1],R) muni du produit scalaire
1
(. | .) : ( f,g) −→ ( f | g) = fg
0

et de la norme associée
 1 1/2
||.|| : f −→ || f || = ( f | f )1/2 = f2 ,
0

et considérons les éléments e0 , e1 , f de E définis, pour tout x ∈ [0 ; 1], par :

e0 (x) = 1, e1 (x) = x, f (x) = x 2 ,


et F = Vect (e0 , e1 ).
Ainsi, E,(. | ) est un espace préhilbertien, f ∈ E et F est un sev de dimension
 

finie de E.
D'après le théorème de la projection orthogonale, en notant g le projeté ortho-
gonal de f sur F, on a :
1
 2 2 2
Inf x − (a + bx) dx = Inf || f − (ae0 + be1 )||2 = d( f,F)

(a,b)∈R2 0 (a,b)∈R2

= || f − g||2 .

Notons g = αe0 + βe1 le projeté orthogonal de f sur F. On va calculer le couple (α,β).


On a :
(e0 | f − g) = 0 (e0 | f ) − α(e0 | e0 ) − β(e0 | e1 ) = 0
 
f − g ⊥ F ⇐⇒ ⇐⇒
(e1 | f − g) = 0 (e1 | f ) − α(e1 | e0 ) − β(e1 | e1 ) = 0
α(e0 | e0 ) + β(e0 | e1 ) = (e0 | f )

Il s'agit d'un système linéaire de deux
⇐⇒ équations à deux inconnues.
α(e1 | e0 ) + β(e1 | e1 ) = (e1 | f ).

92
1.6 • Espaces préhilbertiens

Solution Conseils
On a :
1 1
1

(e0 | e0 ) = dt = 1, (e0 | e1 ) = (e1 | e0 ) = t dt = ,
0 0 2
1
1

(e1 | e1 ) = t 2 dt = ,
0 3
1 1
1 1

(e0 | f ) = t 2 dt = , (e1 | f ) = t 3 dt = .
0 3 0 4
Ainsi :
 1 1
α + 2β = 3 α = −1
 

g = p F ( f ) ⇐⇒ ⇐⇒ 6 Résolution du système, par exemple par
 1α + 1β = 1 combinaisons linéaires.
 
β = 1.

2 3 4 Vérifier la solution.

D'après le théorème de Pythagore, puisque f − g ⊥ g, on a : f


2 2 2 f–g
|| f − g|| = || f || − ||g|| .
On calcule :
1
1

|| f ||2 = t 4 dt = , g 0
0 5
F
||g||2 = ||αe0 + βe1 ||2 = α 2 ||e0 ||2 + 2αβ(e0 | e1 ) + β 2 ||e1 ||2
1 2 1 1 1 1 1 1 7
   
= − ·1+2 − ·1· +1· = − + = .
6 6 2 3 36 6 3 36
D'où :
1 7 1
|| f − g||2 = || f ||2 − ||g||2 = − = .
5 36 180
On conclut :
1
1

2
Inf x 2 − (a + bx) dx = ≃ 0,005 556.

(a,b)∈R2 0 180

2e méthode : Calcul élémentaire


On calcule, pour tout (a,b) ∈ R2 :
1 1
 2 2  4
x − (a + bx) dx = x − 2bx 3 + (b2 − 2a)x 2 + 2abx + a 2 dx

0 0

1 2b b2 − 2a
= − + + ab + a 2
5 4 3
2a b2 b 1
= a 2 + ab − + − +
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

3 3 2 5

b 1 2 b2

b 1 b2 b 1 Mise sous forme canonique vis-à-vis de la
= a+ − − + − + − + variable a, puis de la variable b, ou encore :
2 3 4 3 9 3 2 5 réduction de Gauss d'une forme quadratique.
b 1 2 b2 b 4
 
= a+ − + − +
2 3 12 6 45
b 1 2 1 1
 
= a+ − + (b − 1)2 + .
2 3 12 180
Il en résulte :
1
1

2
Inf x 2 − (a + bx) dx =

(a,b)∈R2 0 180

93
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Solution Conseils
et, de plus, cette borne inférieure est atteinte en un couple (a,b) et un seul, 
b 1

1
a+− =0 a=−
 
1 2 3 ⇐⇒ 6
 
le couple a = − , b = 1 . 
b−1=0

b = 1.
6

3e méthode : extrémum d'une fonction réelle de deux variables réelles


Notons
1 2
F : R2 −→ R, (a,b) −→ F(a,b) = x 2 − (a + bx) dx.

0

On a, pour tout (a,b) ∈ R2 :


2a b2 b 1
F(a,b) = a 2 + ab − + − + . Développement, comme dans la 2e méthode.
3 3 2 5
L'application F est de classe C 1 sur l'ouvert R2 de R2 . Recherche des extrémums d'une fonction
réelle de deux variables réelles, cf. Analyse
Déterminons les points critiques de F. MPSI § 11.5.2 Théorème, ou § 9.3.2 de ce
On a : volume.

′ 2
 Fa (a,b) = 2a + b − 3


∀ (a,b) ∈ R2 ,
 F ′ (a,b) = a + 2b − 1 .


b
3 2
D'où :
 2
Fa′ (a,b)
=0  2a + b − 3 = 0
 

⇐⇒
Fb′ (a,b) = 0  a + 2b − 1 = 0


3 2
a = −1


6a + 3b = 2 Résolution d'un système linéaire de deux
⇐⇒ ⇐⇒ 6 équations à deux inconnues.
6a + 4b = 3 
b = 1.

1
 
Ainsi, F admet un point critique et un seul, − , 1 .
6
1 Changement de variables. L'étude en
Pour (a,b) ∈ R2 , notons h = a + , k = b − 1, d'où : 1
6
 
− , 1 pour les variables (a,b)
1 6
a = − + h, b = 1 + k. se ramène à l'étude en (0,0) pour les
6
variables (h,k).
On a alors :
2 
1 1 (1 + k)2
 
F(a,b) = − + h + − + h (1 + k) +
6 6 3
2 1 1 1
 
− − + h − (1 + k) +
3 6 2 5
2
1 k
= + h 2 + hk +
180 3
1 k 2 k2
 
= + h+ + .
180 2 12
1
Il en résulte F(a,b)  et il y a égalité si et seulement si h = k = 0.
180
On conclut :
1
1

2
Inf x 2 − (a + bx) dx =

.
(a,b)∈R2 0 180

94
1.6 • Espaces préhilbertiens

Les méthodes à retenir

Projection orthogonale sur un sev de dimension finie


• Pour déterminer la projection orthogonale d’un élément x d’un espace préhilbertien E sur un sev F de
dimension finie, on peut :
– soit pressentir ce qu’est F ⊥, et décomposer x en x = y + z où y ∈ F, z ∈ F ⊥ , d’où l’on concluera p F (x) = y
(ex. 1.6.7 et 1.6.8)
– soit chercher une base orthogonale f 1 ,. . . , f n ) de F, et on a alors :

n

p F (x) = < f k ,x > f k
k=1

– soit revenir à la définition.

Exercices
1.6.7 Soient E = M2 (R) muni du produit scalaire cano- 1.6.8 Soient E = M3 (R) muni du produit scalaire cano-
nique, F le sev des matrices antisymétriques,
nique, F = T2,s (R) le sev des matrices triangulaires supé- 0 1 0
 
M = 0 0 1.
a b
 
rieures. Pour A = ∈ E , calculer le projeté 0 0 0
c d
Déterminer le projeté orthogonal de M sur F et calculer la
orthogonal de A sur F . distance de M à F .

1.6.6 Norme d'un endomorphisme d'un espace


euclidien
Soient (E,< .,. >) un espace euclidien (c'est-à-dire préhilbertien réel de dimension finie), || · ||
Rappels d’algèbre bilinéaire et d’algèbre la norme associée à < .,. >.
sesquilinéaire.
Rappelons quelques définitions et résultats d'Algèbre (cf. Algèbre et géométrie MP) :

• Pour tout endomorphisme f de E , il existe un endomorphisme et un seul de E , appelé adjoint


de f et noté f ∗ , tel que :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

∀(x,y) ∈ E 2 , < f (x),y > = < x, f ∗ (y) > .

• On a, pour tout λ de R et tous f,g de L(E) :


(λ f + g)∗ = λ f ∗ + g ∗ , (Id E )∗ = Id E , (g ◦ f )∗ = f ∗ ◦ g ∗ , ( f ∗ )∗ = f.
• Pour tout f de L(E) et toute b.o.n. B de E , on a :
 
MatB ( f ∗ ) = t MatB ( f ) .

• Pour tout f de L(E) :


rg( f ∗ ) = rg( f ), tr( f ∗ ) = tr( f ), det( f ∗ ) = det( f ), SpR ( f ∗ ) = SpR ( f ).
Exercices 1.6.9 à 1.6.11.

95
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

• On dit qu'un endomorphisme f de E est symétrique (ou : auto-adjoint) si et seulement si :


f ∗ = f.
• Un endomorphisme symétrique f de E est dit symétrique positif si et seulement si :
∀x ∈ E, < x, f (x) > 0.
Pour tout endomorphisme symétrique f de E , il existe une b.o.n. de E dans laquelle la matrice
de f est diagonale (réelle).
• Pour qu'un endomorphisme symétrique f de E soit symétrique positif, il faut et il suffit que :
SpR ( f ) ⊂ R+ .
Rappelons aussi (cf. 1.2.5 p. 53 et 1.3.2 Prop. 1 p. 64) :
• Tout endomorphisme de E est continu : L(E) = LC(E).
La norme ||| · ||| sur L(E) est ici la • Pour tout f de L(E) , on note ||| f ||| = Sup || f (x)||.
norme subordonnée à la norme ||x||1
euclidienne || · || sur E .

Proposition 1 Caractérisation variationnelle de ||| f |||


 
∀ f ∈ L(E), ||| f ||| = Sup  < f (x),y > .
||x||1,||y||1

Preuve
1) Soit (x,y) ∈ E 2 tel que ||x||  1 et ||y||  1. D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz :
| < f (x),y > |  || f (x)|| ||y||  ||| f ||| ||x|| ||y||  ||| f |||.

Ceci montre que Sup | < f (x),y > | existe et est  ||| f |||.
||x||1,||y||1

2) Soit x ∈ E tel que ||x||  1.


f (x)
Si f (x) = 0, en notant y = , on a :
|| f (x)||
||x||  1, ||y||  1, | < f (x),y > | = || f (x)||.

Si f (x) = 0, en notant y = 0, on a :
||x||  1, ||y||  1, | < f (x),y > | = 0 = || f (x)||.

Ceci montre que, pour tout x de E tel que ||x||  1, il existe y ∈ E tel que :
||y||  1 et || f (x)||  | < f (x),y > |.

Il en résulte : ||| f |||  Sup | < f (x),y > |. 䊏


||x||1,||y||1

Proposition 2
Par définition, ρ( f ) = Max |λ| .
λ∈SpC ( f )
Pour tout endomorphisme symétrique positif f de E, on a :
Comme f est symétrique positif, on a :
ρ( f ) = Max λ  0 . ||| f ||| = Sup < f (x),x > = ρ( f ),
λ∈SpR ( f )
||x||1

où ρ( f ) désigne le rayon spectral de f.

Preuve
On sait qu'il existe une b.o.n. B = (e1 ,. . . ,en ) de E formée de vecteurs propres de f. Pour chaque k de
{1,. . . ,n}, notons λk la valeur propre de f associée au vecteur propre ek .

96
1.6 • Espaces préhilbertiens

n

Soit x ∈ E tel que ||x||  1, et notons x = xk ek .
k=1
On a :
n n
 1 n
2
λ2 x 2 λk xk2 .
 
Mo
ni

n
er A
lgèb

ier A
re Monie

lgèbre
Géom
é
r
On calcule || f (x)|| et % f (x),x& en f (x) = λk xk ek , || f (x)|| = k k , < f (x),x > =
utilisant la b.o.n. (e1 ,. . . ,en ) .
Mo
onier

k=1 k=1 k=1


étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

n
 1 n 
 2  12 n
 1
2 2
Comme : λ2k xk2  ρ( f ) xk2 = ρ( f ) xk2  ρ( f )
k=1 k=1 k=1
n n n
λk xk2  ρ( f )xk2 = ρ( f ) xk2  ρ( f ),
  
et
k=1 k=1 k=1

on déduit : ||| f |||  ρ( f ) et Sup < f (x),x >  ρ( f ).


||x||1

ni er A
lgèb
re Monie
r
e( f ) = Max |λk | = Max λk , D'autre part, il existe k0 ∈ {1,. . . ,n} tel que ρ( f ) = λk0 , et alors f (ek0 ) = ρ( f )ek0 , d'où
1k n 1k n
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

|| f (ek )|| = ρ( f ) et < f (ek0 ),ek0 > = ρ( f ), et donc :


étr ie M
éom
G

onier
èbre M

car tous les λk sont  0 .


n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

ρ( f )  ||| f ||| et ρ( f )  Sup < f (x),x > . 䊏


||x||1

Proposition 3
1) ∀ f ∈ L(E), ||| f ∗ ||| = ||| f |||.

2) ∀ f ∈ L(E), ||| f ∗ ◦ f ||| = ||| f |||2 .

Preuve
1) D'après la Prop. 1 appliquée à f ∗ puis à f :
   
||| f ∗ ||| = Sup  < f ∗ (x),y >  = Sup  < x, f (y) >  = ||| f |||.
   
||x||1,||y||1 ||x||1,||y||1

2) Il est clair que f ∗ ◦ f est symétrique positif, d'où, en appliquant la Prop. 2 à f ∗ ◦ f :


||| f ∗ ◦ f ||| = Sup < f ∗ ◦ f (x),x >
||x||1
 2
= Sup < f (x), f (x) > = Sup || f (x)|| = ||| f |||2 .
||x||1 ||x||1 䊏

Les méthodes à retenir


© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Norme d’un endomorphisme d’un espace euclidien


• Pour déterminer l’adjoint f ∗ d’un endomorphisme f d’un espace euclidien (E,< .,. >), on peut revenir à la
définition, et transformer < f (x),y > pour (x,y) ∈ E 2 , en une expression du type < x,g(y) > où g ne dépend
pas de x et y, et vérifier que g est linéaire (ex. 1.6.9, 1.6.10).
• Pour tout endomorphisme f d’un espace euclidien (E,< . , . >), et tout x de E, l’égalité :

< x, f ∗ ◦ f (x) > = || f (x)||2

est très utile (ex. 1.6.11).


97
Chapitre 1 • Espaces vectoriels normés

Exercices
1.6.9 Soit n ∈ N∗ . On munit Mn (R) du produit scalaire b) Soit A ∈ Mn (R) ; on note h A : Mn (R) −→ Mn (R) .
M −→tr(M)A
canonique, et on note f : Mn (R) −→ Mn (R) .
A −→t A Déterminer h ∗A.
Quel est l'adjoint f ∗ de f ?

1.6.10 Soit n ∈ N∗ . On munit Mn (R) du produit scalai- 1.6.11 Soient (E,< .,. >) un espace euclidien, f ∈ L(E)
re canonique. tel que f 2 = 0. Montrer :
a) Pour A,B ∈ Mn (R), on note f A : Mn (R) −→ Mn (R) et
M −→AM Ker( f ) ⊂ Im( f ) ⇐⇒ f + f ∗ ∈ GL(E).
g B : Mn (R) −→ Mn (R) .
M −→M B

Déterminer les adjoints f A∗ et g ∗B .

Problèmes
P 1.1 Caractérisation de la continuité pour 2) Soient λ ∈ K , f,g ∈ L(E) admettant des adjoints.
une application multilinéaire Montrer :
a) f + g admet un adjoint et ( f + g)∗ = f ∗ + g ∗
Ce problème P 1.1 étudie une extension du théorème de caractérisation de la
continuité pour les applications linéaires (§ 1.2.5, théorème p. 52) au cas des b) λ f admet un adjoint et (λ f )∗ = λ f ∗
applications multilinéaires. c) g ◦ f admet un adjoint et (g ◦ f )∗ = f ∗ ◦ g ∗
Soient n ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E n ,F des K -evn, d) f ∗ admet un adjoint et ( f ∗ )∗ = f.
ϕ : E 1 × . . . × E n −→ F une application n-linéaire.
3) Soient F un sev de E , f ∈ L(E) admettant un adjoint
Montrer que les deux propriétés suivantes sont équiva- et tel que f (F) ⊂ F . Montrer : f ∗ (F ⊥ ) ⊂ F ⊥ .
lentes :
(i) ϕ est continue 4) Soit f ∈ L(E) admettant un adjoint. Montrer :
∗ ⊥
(ii) ∃M ∈ R+ , ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ E 1 × . . . × E n , (i) Ker( f ) = (Im( f ))
||ϕ(x1 ,. . . ,xn )|| F  M||x1 || E1 · . . . · ||xn || En . (ii) Ker( f ∗ ) = (Im( f ))⊥
(iii) Im( f ) ⊂ (Ker( f ∗ ))⊥
(iv) Im( f ∗ ) ⊂ (Ker( f ))⊥ .
P 1.2 Adjoint d'un endomorphisme d'un espace
préhilbertien Pour un exemple où les inclusions (iii) et (iv) sont strictes,voir P 4.6 4) p. 308.

Ce problème P 1.2 prolonge l’étude de l’adjoint effectuée en dimension finie


5) Soient f,g ∈ L(E) tels que f admette un adjoint et que
(§ 1.6.6 p. 95) au cas de la dimension infinie.
f ∗ ◦ g = 0. Montrer :
Soit (E,< .,. >) un espace préhilbertien. Ker( f + g) = Ker( f ) ∩ Ker(g).
Soit f ∈ L(E) ; on dit que f admet un adjoint si et seu-
lement s'il existe g ∈ L(E) tel que : 6) Soit f ∈ LC(E) tel que f admette un adjoint.
2
Montrer :
∀(x,y) ∈ E , < f (x),y > = < x,g(y) > .
a) f ∗ ∈ LC(E)
1) Montrer que, si un élément f de L(E) admet un adjoint, b) ||| f ∗ ||| = ||| f |||
alors f admet un adjoint et un seul. c) ||| f ∗ ◦ f ||| = ||| f ◦ f ∗ ||| = ||| f |||2 .
On note f ∗ l' adjoint de f, s'il existe.

98
Fonctions CHAPITRE 2
vectorielles d’une
variable réelle
Plan Introduction
2.1 Généralités 100 Dans de nombreux domaines, l’intervention de fonctions à valeurs vecto-
Exercices 101, 103, 105, rielles est nécessaire, et le retour aux fonctions composantes n’est pas tou-
109 jours commode.
C’est pourquoi nous allons étudier continuité, dérivation, intégration sur un
2.2 Dérivation 109 segment, comparaison locale, pour des fonctions à valeurs vectorielles.
Exercices 115 Les intégrales dépendant d’un paramètre seront vues dans le chapitre 3.

2.3 Intégration
sur un segment 122
Exercices 127, 135, 136,
139, 141, 143, 145, 146
Prérequis
• Espaces vectoriels normés (ch. 1)
2.4 Comparaison • Nombres réels, nombres complexes, suites numériques, fonctions
locale 148 réelles ou complexes d’une variable réelle, dérivation, intégration
(Analyse MPSI)
Problèmes 152 • Fonctions usuelles, comparaison locale des fonctions, calculs de primi-
tives.

Objectifs
• Extension aux fonctions à valeurs vectorielles de l’acquis relatif aux
fonctions à valeurs réelles ou complexes d’une variable réelle : limite,
continuité, dérivation, intégration sur un segment, comparaison locale.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

K désigne R ou C.
Le but de ce chapitre 2 est de généraliser aux fonctions d'une variable réelle et à valeurs dans un
evn de dimension finie l'étude des fonctions d'une variable réelle et à valeurs réelles vue dans
Analyse MPSI, chapitres 4 à 9 : limite, continuité, dérivation, intégration, comparaison locale.
Pour X ∈ P (R), la différence essentielle entre l'étude des fonctions de X dans R et celle des
fonctions de X dans E (où E est un evn) réside dans la structure ordonnée de R , qui n'a pas a
priori d'analogue dans E .
Dans tout ce ch. 2, E désigne un K -evn de dimension finie N, dont la norme est notée || · ||. Le
K -ev E peut éventuellement être muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ). Rappelons que toutes les
normes sur E sont équivalentes (1.3.2 Th. 1, p. 63).
99
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

2.1 Généralités
Nous allons ici généraliser ou adapter les définitions et résultats du ch. 4 d’Analyse MPSI (fonc-
tions réelles d'une variable réelle).
Dans § 2.1, X désigne une partie non vide de R (souvent, X sera un intervalle de R ).

2.1.1 Structure de EX
1) K -ev E X
On munit l'ensemble E X des applications de X dans E d'une loi interne notée + et
d'une loi externe notée par l'absence de symbole, définies par :
Définition des lois usuelles sur les
∀ f,g ∈ E X , ∀t ∈ X, ( f + g)(t) = f (t) + g(t)
ni er A
lgèb
re Monie
r

Mo éom é
bre G
r Algè

fonctions
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

∀λ ∈ K, ∀ f ∈ E X , ∀t ∈ X, (λ f )(t) = λ f (t).
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Lorsque E = K , on munit de plus K X d'une seconde loi interne, notée par l'absence de
symbole, définie par :

∀ f,g ∈ K X , ∀t ∈ X, ( f g)(t) = f (t)g(t).


La proposition suivante est immédiate.

Proposition
1) E X est un K -ev
2) K X est une K -algèbre unitaire, associative, commutative.

2) Autres opérations

|| f || désigne ici une fonction. 1) Pour f ∈ E X , on peut noter || f || : X −→ R , au risque d'une confusion avec,
t
−→|| f (t)||
par exemple, || f ||∞ = Sup || f (t)|| si cette borne supérieure existe (cf. 2.1.4 p. 104).
t∈X
Dans les cas particuliers E = R , E = C , on retrouve la notation | f | : X −→ R , où | · |
t
−→ | f (t)|
désigne la valeur absolue ou le module.
1 1
On note plutôt que g −1 afin d’éviter 2) Soit g ∈ K X ; si (∀x ∈ X, g(x) = 0), on note : X −→ K l'application définie par :
g g
une confusion avec, si elle existe, une  
1 1
application réciproque. ∀t ∈ X, (t) = .
g g(t)
f 1
Si de plus f ∈ K X , on note = f .
g g
f désigne ici une fonction. 3) Pour f ∈ C X , on note f : X −→ C .
t
−→ f (t)
On vérifie aisément les formules suivantes, pour tous λ ∈ C , f,g ∈ C X :

f = f, f + g = f + g, λ f = λ f , f g = f g.

( f |g) désigne ici une fonction. 4) Si E est muni d'un produit scalaire (.|.), pour f,g ∈ E X , on note
( f | g) : X −→ K l'application définie par :

∀t ∈ X, ( f | g)(t) = ( f (t) | g(t)).

100
2.1 • Généralités

On vérifie aisément les formules suivantes, pour tous λ ∈ K , f,g,g1 ,g2 ∈ E X :

(g | f ) = ( f | g), ( f | g1 + λg2 ) = ( f | g1 ) + λ( f | g2 ).

f ∧ g désigne ici une fonction. 5) Lorsque E est un espace vectoriel euclidien orienté de dimension 3, pour f,g ∈ E X ,
on note f ∧ g : X −→ E l'application définie par :

∀t ∈ X, ( f ∧ g)(t) = f (t) ∧ g(t).

On vérifie aisément les formules suivantes, pour tous λ ∈ R , f,g,g1 ,g2 ∈ E X :

g ∧ f = − f ∧ g, f ∧ (g1 + λg2 ) = f ∧ g1 + λ f ∧ g2 .

3) Applications composantes
Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) . Pour tout y de E, il
N

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
En confondant E (muni de la base B ) et existe (y1 ,. . . ,y N ) ∈ K N unique tel que y = y j e j . Notons, pour chaque j de
Kn, p j est la j-ème projection.
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

j=1
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

N

{1,. . . ,N }, p j : E −→ K ; on a ainsi : ∀y ∈ E, y= p j (y)e j .
y
−→ y j
j=1
Soit f ∈ E X ; on note, pour chaque j de {1,. . . ,N }, f j = p j ◦ f , et f j est appelée la
j ème application composante (ou : coordonnée) de f dans la base B. On a ainsi :
 ∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f : X −→ K
 j

N

 ∀t ∈ X, f (t) =
 f j (t)e j .
j=1

On se permet quelquefois de noter f = ( f 1 ,. . . , f N ) , ce qui revient à confondre E


(muni de la base B) et K N (muni de la base canonique).
Il est clair que, pour tous λ ∈ K , f,g ∈ E X , j ∈ {1,. . . ,N } :
(λ f ) j = λ f j , ( f + g) j = f j + g j .

Exercice
2.1.1 Trouver toutes les applications f : R −→ C telles que :
∀ t ∈ R, f (1 − t) = 2 f (t) + 3i .

2.1.2 Parité
Nous généralisons ici l'étude du § 4.1.3 d’Analyse MPSI.
Dans tout ce § 2.1.2, X désigne une partie de R symétrique par rapport à 0, c'est-à-dire telle
que : ∀t ∈ X , −t ∈ X .

Définition
Rappel de notation : E X désigne Soit f ∈ E X .
l’ensemble des applications de X dans E .
1) On dit que f est paire si et seulement si : ∀t ∈ X, f (−t) = f (t)
2) On dit que f est impaire si et seulement si : ∀t ∈ X, f (−t) = − f (t).

101
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Remarque : Si E est muni d'une base B , en notant f 1 ,. . . , f N les applications composantes


de f dans B , on a :
f paire ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f j paire)
f impaire ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f j impaire).

Notons PX (resp. I X ) l'ensemble des applications paires (resp. impaires) de X dans E . La pro-
position suivante est immédiate.

Proposition
PX et I X sont des K -sev de E X , supplémentaires dans E X :
E X = PX ⊕ I X .

Pour toute f de E X , on note fˇ : X −→ E .


t
−→ f (−t)
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Si E = R ,la courbe représentative de On a, pour tous λ ∈ K , f,g ∈ E X :
Mo
onier

fˇ est symétrique de celle de f par


étr ie M
éom

fˇˇ = f,
G

onier
èbre M
r Alg

( f + g)ˇ = fˇ + ǧ, (λ f )ˇ = λ fˇ,


n ie
Mo

tr i e
Géomé

rapport à la droite y ′ y ,deuxième axe du


repère. Si, de plus E = K : ( f g)ˇ = fˇǧ .

2.1.3 Périodicité
Nous généralisons ici l'étude du § 4.1.4 d’Analyse MPSI.

Définition
Soit f ∈ E X .
1) Soit T ∈ R∗+ ; on dit que f est T-périodique si et seulement si :

t+T ∈ X
∀t ∈ X, .
f (t + T ) = f (t)
On dit alors que T est une période de f.
2) On dit que f est périodique si et seulement s'il existe T ∈ R∗+ tel que f soit
T-périodique.

Exemples :

1) Soit ω ∈ R∗+ ; l'application R −→ C est -périodique.
t
−→ eiωt ω
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Exemple d’une fonction à valeurs 2) L'application f : R −→ M3 (R) définie par :
matricielles, périodique.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
 
cos t sin t 0
n ie
Mo

tr i e
Géomé

∀t ∈ R, f (t) =  −sin t cos t cos2 t sin t 


 

sin2 t −sin t cos t cos t


est 2π-périodique.

Remarque : Si f est périodique et si T1, T2 sont des périodes de f, alors T1 + T2 est une pério-
de de f.
En particulier, si T est une période de f, alors, pour tout k de N∗ , kT est période de f.
La proposition suivante est immédiate.

Proposition 1
Remarquer que T ne dépend pas de j . Supposons que E soit muni d'une base B.
Soient T ∈ R∗+ , f ∈ E X , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B.
On a :
(f T -périodique) ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f j T -périodique).

102
2.1 • Généralités

Dans cet exemple, la Remarque : Si N  2 et si les applications composantes f 1 ,. . . , f N de f admettent des


√ non-périodicité
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G

de f vient de ce que 2 est irrationnel. périodes T1 ,. . . ,TN respectivement, il se peut que f ne soit pas périodique. Exemple : N = 2 ,
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

f 1 : R −→ R , f 2 : R −→ R √ , f : R −→ R2
tr i e
Géomé

t
−→cos t √ .
t
−→cos (t 2) t
−→(cos t,cos(t 2))

Proposition 2
Soient T ∈ R∗+ et X ∈ P(R) telle que : ∀t ∈ X, t + T ∈ X.
L'ensemble des applications T-périodiques de X dans E est un K -sev de E X . De plus,
si λ : X −→ K et f : X −→ E sont T-périodiques, alors λ f est T-périodique.

Preuve
Les vérifications suivantes sont immédiates :
• 0 : X −→ E est T-périodique
t
−→ 0
• Si f,g : X −→ E sont T-périodiques et si α ∈ K , alors α f + g est T-périodique
• Si λ : X −→ K et f : X −→ E sont T-périodiques, alors λ f est T-périodique. 䊏

Groupe de périodes
Revoir la définition de sous-groupe, Soit f ∈ E R . L'ensemble Pf = {τ ∈ R; ∀t ∈ R, f (t + τ ) = f (t)} est un sous-
cf. Algèbre MPSI § 2.2.2 1). groupe de R :
• 0 ∈ Pf
• ∀(τ1 ,τ2 ) ∈ (Pf )2 , τ1 + τ2 ∈ Pf
• ∀τ ∈ Pf , −τ ∈ Pf
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Généralisation de la notion de période En particulier : ∀τ ∈ Pf , ∀x ∈ R, ∀k ∈ Z , f (x + kτ ) = f (x).
d’une application périodique.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

L'application f est périodique si et seulement si Pf = {0} ; dans ce cas, on appelle


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

période de f tout élément de Pf − {0}. Ainsi, f peut admettre des périodes < 0.
Exemple :

Pour ω ∈ R∗+ fixé, l'application f : R −→ C est périodique et Pf = Z.
t
−→ eiωt ω

Exercice
2.1.2 Soit f : R −→ R une application telle que :

∀ x ∈ R, f (x) = 0
∀ x ∈ R, f (x) = f (x + 1) f (x − 1).
Montrer que f est périodique.

2.1.4 Applications bornées


Nous généralisons ici l'étude du § 4.1.8 d’Analyse MPSI.

Définition
Une application f : X −→ E est dite bornée si et seulement s'il existe M ∈ R+ tel
que :
M ne doit pas dépendre de t . ∀t ∈ X, || f (t)||  M.

Remarques :
1) f est bornée si et seulement si f (X) est une partie bornée de E (cf. 1.1.3 Déf. 2 p. 14).
2) f est bornée si et seulement si || f || : X −→ R est majorée (cf. Analyse MPSI, 4.1.8 Déf.).
t
−→|| f (t)||

103
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Proposition 1
Rappelons que, dans ce chapitre, E Supposons que E soit muni d'une base B. Une application f : X −→ E est bornée si
désigne un K-evn de dimension finie. et seulement si toutes les applications composantes de f dans B sont bornées.

Preuve
1) Supposons que les applications composantes de f dans B = (e1 ,. . . ,e N ), notées f 1 ,. . . , f N , soient
bornées. On a alors :
 
 N N N
   

∀t ∈ X, || f (t)|| =  f j (t)e j 
 | f j (t)| ||e j ||  || f j ||∞ ||e j ||,
 j=1  j=1 j=1

ce qui montre que f est bornée.


2) Réciproquement, supposons f bornée. Puisque toutes les normes sur un K -ev de dimension finie sont
équivalentes (cf. 1.3.2 Th. 1, p. 63), il existe β ∈ R∗+ tel que :
∀y ∈ E, ||y||∞  β||y||,
N

où ||y||∞ = Max |y j | lorsque y = yj ej .
1 j n
j=1

Soit j ∈ {1,. . . ,N } : on a :
∀t ∈ X, | f j (t)|  || f (t)||∞  β|| f (t)||,

ce qui prouve que f j est bornée. 䊏

Notation
Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
Généralisation de la notation || f ||∞ Pour toute application bornée f : X −→ E, on note :
pour f : X −→ R , cf. Analyse MPSI,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

§ 4.1.8 Prop. 3. || f ||∞ = Sup || f (t)||.


tr i e
Géomé

t∈X

Proposition 2
1) Si f,g : X −→ E sont bornées, alors f + g est bornée et :
|| f + g||∞  || f ||∞ + ||g||∞ .

Dans 2),λ est une constante. 2) Si λ ∈ K et si f : X −→ E est bornée, alors λ f est bornée et :
Dans 3), λ est une fonction à valeurs
scalaires. ||λ f ||∞ = |λ| || f ||∞ .

3) Si λ : X −→ K et f : X −→ E sont bornées, alors λ f est bornée et :


||λ f ||∞  ||λ||∞ || f ||∞ .

Preuve
Analogue à celle de 4.1.8 Prop. 2, Analyse MPSI. 䊏

On note B(X; E) l'ensemble des applications bornées de X dans E.


D'après 1) et 2) de la Prop. 2 (et B(X; E) = ∅), on déduit la Prop. 3 suivante.

Proposition 3
L'ensemble B(X; E) des applications bornées de X dans E est un K -sev de E X , et
l'application || · ||∞ : B(X; E) −→ R est une norme sur le K -ev B(X; E).
f
−→|| f ||∞

104
2.1 • Généralités

Lorsque E = K , le 2) de la Prop. 2 et le fait que 1 ∈ B(X; K) permettent de conclure


que (B(X; K),|| · ||∞ ) est une algèbre normée (cf. 1.1.1 4) Déf. p. 9).

Remarque : Soient (E,(. | .)) un espace préhilbertien, || · || la norme associée à (. | .),


f,g ∈ E X bornées. D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz :

|| · || désigne ici la norme associée au ∀t ∈ X, |( f (t) | g(t))|  || f (t)|| ||g(t)||  || f ||∞ ||g||∞ ,
produit scalaire (· | ·) .
on déduit que ( f | g) : X −→ K est bornée et : ||( f | g)||∞  || f ||∞ ||g||∞ .

Exercice
2.1.3 Soit f : [0; +∞[−→ E une application telle que, On suppose qu'il existe A ∈ R+ tel que : ∀x ∈ [0; +∞[,
pour tout x de [0; +∞[, f soit bornée sur [0; x]; on note 1
M : [0; +∞[−→ R l'application définie par : || f (x)||  A + M(x).
2
∀x ∈ [0; +∞[, M(x) = Sup || f (t)||.
t∈[0;x ] Montrer que f est bornée sur [0; +∞[.

2.1.5 Limites
Pour f : X −→ E, la notion de limite de f en a (a ∈ X) a été vue en 1.2.1 p. 39. Il nous reste
à compléter cette étude dans le cas où l'on veut faire tendre la variable (réelle) vers +∞ ou −∞.

Définition
Soient X ∈ P(R) telle qu'il existe α ∈ R tel que [α; +∞[⊂ X, f ∈ E X , l ∈ E. On
dit que f admet l pour limite en +∞ si et seulement si :
∀ε > 0, ∃A > 0, ∀t ∈ X, (t  A ⇒ || f (t) − l||  ε).

Comme dans Analyse MPSI, 4.2, on montre les propositions suivantes.

Proposition 1 Unicité de la limite, si elle existe


Si f admet l et l′ pour limites en a, alors l = l ′ .

On peut alors utiliser une notation fonctionnelle : si f admet l pour limite en a, on note
l = lim f (t), ou l = lim f, ou f (t) −−→ l, ou f −−→ l.
t→a a t→a a

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
La Prop. 2 permet de ramener l'étude Proposition 2
d'une limite de fonction à valeurs
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

f (t) −−→ l ⇐⇒ || f (t) − l|| −−→ 0.


r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

vectorielles ( f ) à celle d'une fonction


à valeurs réelles (|| f − l||) , si on t→a t→a
pressent la valeur de l .
Proposition 3
La réciproque de la Prop. 3 est fausse. Si f admet une limite (finie) en a, alors f est bornée au voisinage de a.

Proposition 4 Utilisation de suites pour traduire une limite de fonction

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Caractérisation séquentielle de Pour que f admette l pour limite en a, il faut et il suffit que :
l’existence d’une limite d’une fonction.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

pour toute suite (u n )n∈N dans X telle que u n −−→ a , on ait f (u n ) −−→ l .
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

n∞ n∞

Remarque : Sous les hypothèses de la Proposition 4, on a : l ∈ f (X).

105
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

CNS de Cauchy d'existence d'une limite pour une fonction à


Théorème valeurs dans un evn de dimension finie
Ce théorème pourra servir à montrer Soient X ∈ P(R), a ∈ X (éventuellement, a = −∞ ou a = +∞), f ∈ E X . Pour
l’existence d’une limite lorsqu’on ne que f admette une limite en a, il faut et il suffit que :
pressent pas la valeur de cette limite.
∀ε > 0, ∃V ∈ V(a), ∀(t ′ ,t ′′ ) ∈ (X ∩ V )2 , || f (t ′ ) − f (t ′′ )||  ε.

Preuve
Cf. 1.4.2 Th. 1 p. 69. 䊏

Proposition 5

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Cette Proposition permet, dans une Supposons que E soit muni d'une base B. Soient f ∈ E X , f 1 ,. . . , f N les applications
recherche de limite de fonction à valeurs composantes de f dans B, l ∈ E, l1 ,. . . ,l N les composantes de l dans B.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

vectorielles,de se ramener à la recherche


de limites de fonctions à valeurs réelles Alors, f admet l pour limite en a si et seulement si, pour tout j de {1,. . . ,N },
ou complexes.
f j admet l j pour limite en a.

Preuve
Puisque toutes les normes sur E sont équivalentes, il existe (α,β) ∈ (R∗+ )2 tel que, pour tout y de E :
α||y||∞  ||y||  β||y||∞ ,
où ||y||∞ = Max |yj | lorsque y = (yj )1 j  N .
1 j  N

On a alors, pour tout t de X :


 N N
  
 || f (t) − l|| = || ( f j (t) − l j )e j ||  β | f j (t) − l j | ||e j ||∞


j=1 j=1

 ∀ j ∈ {1,. . . ,N }, | f j (t) − l j |  || f (t) − l||∞  1 || f (t) − l||,





α

d'où : (|| f (t) − l|| −−−→ 0) ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N } , | f j (t) − l j | −−−→ 0). 䊏


t→a t→a

Proposition 6 Composition des limites

Usage fréquent. Soient X,Y ∈ P(R), a ∈ X , b ∈ Y , l ∈ E, f ∈ R X , g ∈ E Y telles que f (X) ⊂ Y.



f admet b pour limite en a 
Si  , alors g ◦ f admet l pour limite en a.
g admet l pour limite en b

2.1.6 Continuité par morceaux


L'étude des applications continues de X dans E vue en 1.2.2 p. 42 est bien sûr ici valable. Nous
allons la compléter par l'étude des applications continues par morceaux.

Définition 1
Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, et f ∈ E [a;b] . On dit que f est continue par mor-
ceaux sur [a; b] si et seulement s'il existe n ∈ N∗ et (a0 ,. . . ,an ) ∈ [a; b]n+1 tels
que :

Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
Cette condition revient à ce que,  • a = a 0 < . . . < an = b
n ie
r Algè
bre G
éom é

pour chaque i de {0, . . . n − 1},
Mo
onier

• pour tout i de {0,. . . ,n − 1}, la restriction de f à ]ai ; ai+1 [ est continue sur
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e

f |]ai ;ai+1 [ admette un prolonge-


Géomé

 ]ai ; ai+1 [ et admet une limite finie en ai à droite et une limite finie en ai+1
ment continu à [ai ; ai+1 ] . 

à gauche.

106
2.1 • Généralités

Définition 2
Soient I un intervalle de R, f ∈ E I . On dit que f est continue  par morceaux
sur I si et seulement si, pour tout (a,b) de I 2 tel que a < b, f [a;b] est continue par
morceaux sur [a; b].
y
Exemples : 1
1) L'application f : ]0; 1] −→ R définie par : y = f (x)
• Une application continue par morceaux
sur un segment n’admet qu’un nombre

fini de points de discontinuité. 1

 s’il existe n ∈ N tel que
• Mais une application continue par  n
2


morceaux sur un intervalle quelconque f (x) = 1 1 1
peut admettre une infinité de points de x< n 2

 2n+1 2
discontinuité. 


1 si x = 1 1
4
est continue par morceaux sur ]0; 1]. 1
8
g admet une infinité de points de Cependant, l'application g : [0; 1] −→ R défi-
O 1 1 1 1 x
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè

discontinuité.
n ie
Mo

8 4 2
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

f (x) si x ∈]0; 1]
n ie
Mo

tr i e
Géomé

nie par g(x) =


0 si x = 0 ,
obtenue en complétant g par continuité en 0, n'est pas continue par morceaux sur [0; 1].
2) L'application f : R −→ R définie par :

 0 si x ∈ Z




f (x) = 1 s’il existe n ∈ Z tel que 2n < x < 2n + 1





−1 s’il existe n ∈ Z tel que 2n − 1 < x < 2n

est continue par morceaux sur R .

y
y = f (x)

–2 –1 1 2
O x

On montre aisément les deux Propositions suivantes.

Proposition 1
Soit I un intervalle de R.
1) L'ensemble des applications de I dans E continues par morceaux sur I est un
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

K -ev (pour les lois usuelles).


2) Si λ : I −→ K et f : I −→ E sont continues par morceaux, alors λ f est continue
par morceaux.

Proposition 2
Supposons que E soit muni d'une base B.
Soient I un intervalle de R, f ∈ E I , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f
dans B. Pour que f soit continue par morceaux sur I , il faut et il suffit que, pour
chaque j de {1,. . . ,N }, f j soit continue par morceaux sur I .

107
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Exercice-type résolu

Un exemple d’inéquation fonctionnelle

Montrer qu'il n'existe pas d'application f : R −→ R telle que :



∀ x ∈ R, ∀ h ∈ R+ , f (x + h)  f (x) + h.

Solution Conseils
Supposons qu'il existe f convenant. Raisonnement par l'absurde.
Soit n ∈ N .∗

On a :
   
 1 1

 f  f (0) + Application de l'hypothèse à :


 n n

 1 2 n−1
      0, , , ..., .
2 1 1


 n n n

 f  f +
n n n




 ..


 .

   

 n−1 1
 f (1)  f
 + ,
n n
d'où, en additionnant et en télescopant : Télescopage.

1
f (1)  f (0) + n ,
n
c'est-à-dire : √
f (1)  f (0) + n.
En faisant tendre n vers l'infini, on obtient une contradiction.
On conclut qu'il n'existe pas d'application f convenant.

Les méthodes à retenir

Continuité
• Pour étudier une fonction à valeurs dans R2 , on se ramène souvent à l’étude des deux fonctions composantes.
 
t
• Pour la résolution d’équations fonctionnelles faisant intervenir f (t) et f , on pourra essayer, en changeant
2
de fonction inconnue, de se ramener à une équation fonctionnelle plus simple :
 
t
∀t ∈ R, g(t) = g ,
2
puis on pensera à itérer dans cette égalité :
   
t t
g(t) = g = g 2 = ...
2 2
(ex. 2.1.4).

108
2.2 • Dérivation

Exercices
2.1.4 Trouver toutes les applications f : R −→ R2 conti- 2.1.5 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
continue telle que :
nues en 0 et telles que : 
∀t ∈ [a; b], Ré( f (t)) = 0 ⇒ Im( f (t)) = 0 .

f (0) = (−1,1) Montrer qu'il existe m ∈ R∗+ tel que :
∀t ∈ R, f (2t) = ch t · f (t). ∀t ∈ [a; b], | f (t)|  m.

2.2 Dérivation
Dans ce § 2.2, I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point.

2.2.1 Dérivée en un point


Définition 1
Rappelons que, dans ce chapitre, Soient a ∈ I, f ∈ E I . On dit que f est dérivable en a si et seulement si
E désigne un K -ev de dimension finie. 1
lim ( f (a + h) − f (a)) existe (dans E) ; cette limite est alors notée f ′ (a) et appe-
h→0 h
lée dérivée de f en a.

1
Ainsi, sous réserve d’existence : f ′ (a) = lim ( f (a + h) − f (a))
h→0 h

df
On peut aussi noter (D f )(a) , (D1 f )(a), ou (a) au lieu de f ′ (a).
dt
Toute application constante λ : I −→ E est dérivable en tout a de I, et λ′ (a) = 0.
t
−→ λ

Proposition 1

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Cette proposition permet, lors d’une Supposons que E soit muni d'une base B.
étude de dérivation de fonction à valeurs
n ie
Mo
onier
étr ie M

Soient a ∈ I, f ∈ E I , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B. Alors, f


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

vectorielles, de se ramener à des


fonctions à valeurs réelles ou complexes. est dérivable en a si et seulement si, pour chaque j de {1,. . . ,N }, f j est dérivable en
N
a ; de plus, on a alors f ′ (a) = f j′ (a)e j .
j=1

Preuve
Il suffit de remarquer que, pour tout h de I, tel que h = 0 et a + h ∈ I :
N
1  1
( f (a + h) − f (a)) = ( f j (a + h) − f j (a))e j . 䊏
h j=1
h

Remarque :
re Monie
r
N

Plus généralement, soient N ∈ N∗ , E 1 ,. . . ,E N des K -evn de dimensions finies, E =
lgèb

E j,
ni er A

Généralisation de la Prop. 1.
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

j=1
tr i e
Géomé

f : I −→ E une application. Notons, pour chaque j de {1,. . . ,N }, f j : I −→ E j , de façon


que : ∀t ∈ I, f (t) = ( f j (t))1 j  N .
109
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Alors, f est dérivable en a si et seulement si, pour chaque j de {1,. . . ,N }, f j est dérivable
en a ; de plus, on a alors f ′ (a) = ( f j′ (a))1 j  N .

Définition 2
Soient a ∈ I, f ∈ E I .
1) On dit que f est dérivable à droite en a si et seulement si
1
lim ( f (a + h) − f (a)) existe (dans E) ; cette limite est alors notée f d′ (a) et
h→0 h
+

appelée dérivée de f à droite en a.


2) On dit que f est dérivable à gauche en a si et seulement si
1
lim ( f (a + h) − f (a)) existe (dans E) ; cette limite est alors notée f g′ (a) et
h→0 h

appelée dérivée de f à gauche en a.

On dispose d'une Proposition analogue à la Prop. 1 pour des dérivées à droite (resp. à gauche)
en a.
La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 2
o
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
On pourra essayer d’utiliser cette Soient a ∈ I , f ∈ E I .
Proposition lorsque f (x) est donné
ie r Algè
M on
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

Pour que f soit dérivable en a, il faut et il suffit que f soit dérivable à droite et à
Mo

Géomé
tr i e

par deux « formules » distinctes suivant


la position de x par rapport à a. gauche en a et que f g′ (a) = f d′ (a). De plus, sous ces hypothèses, on a alors
f ′ (a) = f g′ (a) = f d′ (a).

Proposition 3
La réciproque est fausse. La fonction Soient a ∈ I, f ∈ E I .
valeur absolue | · | est continue en 0 et
n’est pas dérivable en 0. Si f est dérivable en a, alors f est continue en a.

Preuve
1
f (a + h) = f (a) + h · ( f (a + h) − f (a)) −−−→ f (a),
h h→0
1
puisque ( f (a + h) − f (a)) −−−→ f ′ (a) . 䊏
h h→0

2.2.2 Propriétés algébriques des applications


dérivables en un point
Théorème 1
Ici, α est un scalaire fixé, λ est une Soient a ∈ I, α ∈ K , λ : I −→ K , f,g : I −→ E.
fonction à valeurs scalaires.
On suppose que λ, f,g sont dérivables en a. Alors :
1) f + g est dérivable en a et ( f + g)′ (a) = f ′ (a) + g ′ (a)
2) α f est dérivable en a et (α f )′ (a) = α f ′ (a)
3) λ f est dérivable en a et (λ f )′ (a) = λ′ (a) f (a) + λ(a) f ′ (a)
1
4) Si λ(a) = 0, alors est dérivable en a et
λ
 ′
1 λ′ (a)
(a) = − .
λ (λ(a))2

110
2.2 • Dérivation

Preuve
Analogue à celle du Th.1 de 5.1.2 Analyse MPSI. 䊏

Théorème 2
L’usage a consacré, dans ce contexte, la Soient E,F deux K -evn de dimensions finies, φ ∈ L(E,F) , a ∈ I, f : I −→ E
notation φ( f ) au lieu de φ ◦ f . dérivable en a.
 ′  
L'application φ( f ) : I −→ F est dérivable en a et : φ( f ) (a) = φ f ′ (a) .
t
−→φ( f (t))

Preuve
Pour tout h de R∗ tel que a + h ∈ I :

1  1    
φ( f )(a + h) − φ( f )(a) = φ f (a + h) − φ f (a)
h h
  
1
=φ f (a + h) − f (a) .
h

1 
Puisque f est dérivable en a : f (a + h) − f (a) −−−→ f ′ (a) .
h h→0
Comme φ est linéaire et E de dimension finie, φ est continue sur E (cf. 1.3.2 Prop. 1 p. 65), en particu-
1   
lier en f ′ (a), d'où : φ( f )(a + h) − φ( f )(a) −−−→ φ f ′ (a) . 䊏
h h→0

Théorème 3
L’usage a consacré, dans ce contexte, la Soient E, F, G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G une application
notation B( f,g) au lieu de B ◦ ( f,g),
où ( f,g) est l’application bilinéaire, a ∈ I, f : I −→ E , g : I −→ F dérivables en a . L'application B( f,g) :
t ∈ I
→ ( f,g)(t) = ( f (t),g(t)) . I −→ G est dérivable en a et :
t
−→B( f (t),g(t))

(B( f,g))′ (a) = B( f ′ (a),g(a)) + B( f (a),g ′ (a)).

Preuve
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
On fait apparaître Pour tout h de R∗ tel que a + h ∈ I :
n ie
Mo
onier

1
étr ie M
éom
G

ier
Algè
bre Mon
    
1 1
n ier
Mo

Géomé
tr i e

( f (a + h) − f (a))
 
h B( f,g)(a + h) − B( f,g)(a) = B f (a + h),g(a + h) − B f (a),g(a)
h h
en récupérant un terme dans le calcul.    
1  1 
=B f (a + h) − f (a) ,g(a + h) + B f (a), g(a + h) − g(a) .
h h

Puisque f et g sont dérivables en a :


1  1 
f (a + h) − f (a) −−−→ f ′ (a) et g(a + h) − g(a) −−−→ g ′ (a).
h h→0 h h→0

Comme B est bilinéaire et E et F de dimensions finies, B est continue sur E × F (cf. 1.3.2 Prop. 2
p. 64), en particulier en ( f ′ (a),g(a)) et en ( f (a),g ′ (a)), d'où :

1     
B( f,g)(a + h) − B( f,g)(a) −−−→ B f ′ (a),g(a) + B f (a),g ′ (a) . 䊏
h h→0

Corollaire
1) Si (E,(. | .)) est un espace euclidien ou hermitien et si f,g : I −→ E sont déri-
vables en a, alors ( f | g) : I −→ K est dérivable en a et :
r
t
−→( f (t)|g(t))
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é

( f | g) (a) = ( f ′ (a) | g(a)) + ( f (a) | g ′ (a)).



bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

Dérivée d’un produit scalaire.


étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

111
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

2) En particulier, si (E, (.|.)) est un espace euclidien ou hermitien et si f : I −→ E


est dérivable en a, alors || f ||2 : I −→ R est dérivable en a et :
t
−→|| f (t)||2 =( f (t)| f (t))
(|| f ||2 )′ (a) = 2 Ré( f (a) | f ′ (a)).
r
e Monie
gèbr
r Al
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè

Dérivée du carré d’une norme.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

3) Si E est un espace vectoriel euclidien réel de dimension 3 orienté, et si f,g :


I −→ E sont dérivables en a, alors f ∧ g : I −→ E est dérivable en a et :
t
−→ f (t)∧g(t)
r
re Monie
lgèb

g)′ (a) f ′ (a) ∧ g(a) + f (a) ∧ g ′ (a).


er A

(f ∧
ni
Mo éom é

=
bre G
r Algè

Dérivée d’un produit vectoriel.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Théorème 4 Dérivée d'une composée


Ici, f est à valeurs réelles, g est à valeurs Soient I,J deux intervalles de R, a ∈ I, f ∈ R I, g ∈ E J telles que f (I ) ⊂ J. On note
vectorielles. (abusivement) g ◦ f : I −→ E .
t
−→g( f (t))
Usage fréquent.
Si f est dérivable en a et g dérivable en f (a), alors g ◦ f est dérivable en a et :

(g ◦ f )′ (a) = f ′ (a)g ′ ( f (a)).

Preuve
Analogue à celle du Th. 2 de 5.1.2 d’Analyse MPSI. 䊏

2.2.3 Application dérivée


Définition 1

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Ainsi, Soit f ∈ E I ; on appelle dérivée de f, et on note f ′ , l'application qui, à chaque t de I
tel que f ′ (t) existe, associe f ′ (t).
r Algè
n ie
Mo

Def( f ′ )
onier

= {t ∈ I ; f est dérivable
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e

en t}, et f ′ : Def( f ′ ) −→ E . df
Géomé

t
−→ f ′ (t) Au lieu de f ′ , on peut noter D f, D1 f ou .
dt

Remarque :
Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r

Pour tout t ∈ I, f ′ (t)


existe si et Si E est muni d'une base B , en notant f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B ,
seulement si chacun des f j′ (t) existe,
Mo

on a :
onier
étr ie M
éom

N
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo


j ∈ {1,. . . ,N } .
tr i e
Géomé

Def( f ′ ) = Def( f j′ ).
j=1

Définition 2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Autrement dit, f : I −→ E est On dit qu'une application f : I −→ E est dérivable sur I si et seulement si, pour
dérivable sur I si et seulement si
n ie

tout t de I , f est dérivable en t.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Def( f ′ ) = I .
tr i e
Géomé

Les résultats suivants se déduisent aisément de 2.2.2 p. 110.

Théorème 1
Ici, α est un scalaire fixé, λ est une Soient α ∈ K , λ : I −→ K , f,g : I −→ E. On suppose que λ, f, g sont dérivables
fonction à valeurs scalaires sur I . Alors :
1) f + g est dérivable sur I et ( f + g)′ = f ′ + g ′
2) α f est dérivable sur I et (α f )′ = α f ′
3) λ f est dérivable sur I et (λ f )′ = λ′ f + λ f ′
 ′
1 1 λ′
4) Si (∀a ∈ I, λ(a) = 0), alors : I −→ K est dérivable sur I et = − 2.
λ λ λ

112
2.2 • Dérivation

Théorème 2
L'application φ( f ) n'est autre que Soient E,F deux K -evn de dimensions finies, φ ∈ L(E,F) , f : I −→ E dérivable
φ ◦ f ; la notation φ( f ) est choisie ici sur I .
pour mettre en évidence un parallélisme
entre les Théorèmes 2 et 3. L'application φ( f ) : I −→ F est dérivable sur I et :
t
−→φ( f (t))
(φ( f ))′ = φ( f ′ ).

Théorème 3
Soient E,F,G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G une application
bilinéaire, f : I −→ E , g : I −→ F dérivables sur I .
Alors l'application B( f,g) : I −→ G est dérivable sur I et :
t
−→B( f (t),g(t))
(B( f,g))′ = B( f ′ ,g) + B( f,g ′ ).

Corollaire
1) Si (E,(. | .)) est un espace vectoriel euclidien ou hermitien et si f,g : I −→ E
sont dérivables sur I , alors ( f | g) : I −→ K est dérivable sur I et :
t
−→( f (t)|g(t))
( f | g) = ( f ′ | g) + ( f | g ′ ).

r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é
lgèbre
ier A

Dérivée d’un produit scalaire.


n
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

2) En particulier, si (E,(. | .)) est un espace vectoriel euclidien ou hermitien et si


f : I −→ E est dérivable sur I , alors || f ||2 : I −→ R est dérivable
sur I et : t
−→|| f (t)||2 =( f (t)| f (t))

(|| f ||2 )′ = 2 Ré( f | f ′ ).


r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

Dérivée du carré d’une norme.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

3) Si E est un R-ev euclidien orienté de dimension 3 et si f,g : I −→ E sont déri-


vables sur I , alors f ∧ g : I −→ E est dérivable sur I et :
t
−→ f (t)∧g(t)
r
re Monie

( f ∧ g)′ = f ′ ∧ g + f ∧ g ′ .
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

Dérivée d’un produit vectoriel.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Remarque : Soient (E,(.|.)) un espace euclidien, ||.|| la norme associée à (.|.), e : I −→ E


dérivable sur I.
Si : ∀t ∈ I, ||e(t)|| = 1 ,
alors : ∀t ∈ I, e′ (t) ⊥ e(t).

Théorème 4 Dérivée d'une composée


Soient I,J deux intervalles de R, f ∈ R I , g ∈ E J telles que f (I ) ⊂ J.
Usage fréquent. On note (abusivement) g ◦ f : I −→ E . Si f est dérivable sur I et g dérivable sur
t
−→g( f (t))
J, alors g ◦ f est dérivable sur I et :

(g ◦ f )′ = f ′ · (g ′ ◦ f ).

Caractérisation des applications constantes parmi


o
Théorème 5 les applications continues sur I et dérivables sur I )
o
L’importance de ce théorème apparaîtra Soit f : I −→ E continue sur I et dérivable sur I . Pour que f soit constante, il faut
lors de l’étude des équations différen-
tielles, cf. ch. 8.
et il suffit que :
o
∀t ∈ I , f ′ (t) = 0.

113
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Preuve
Puisque E est de dimension finie, E admet au moins une base B = (e1 ,. . . ,e N ). Les applications com-
o
posantes f j : I −→ K (1  j  N ) de f sont continues sur I et dérivables sur I .
Si K = R , d'après Analyse MPSI, 5.3.1, on a, schématiquement :

( f constante) ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f j constante)


 o 
⇐⇒ ∀ j ∈ {1,. . . ,N }, ∀t ∈ I , f j′ (t) = 0
 o 
⇐⇒ ∀t ∈ I , f ′ (t) = 0 .

Exercices 2.2.1 à 2.2.4.


Si K = C , le résultat voulu et aussi valable, par la considération de Ré( f j ) et Im( f j ) , 1  j  N. 䊏

Exercice-type résolu

Exemple de dérivabilité en deux points

Soit f : R −→ C une application. On note :


f (x) − 4
g : R −→ C, x
−→ g(x) = .
x 2 − 5x + 6

On suppose que f est continue en 2 et en 3, et que :


g(x) −→ 1 et g(x) −→ 2.
x −→ 2 x −→ 3

Montrer que f est dérivable en 2 et en 3, et calculer f (2), f (3), f ′ (2), f ′ (3).

Solution Conseils
• On a, pour tout x ∈ R − {2,3} :

f (x) − 4 = g(x)(x 2 − 5x + 6).

Comme g(x) −→ 1 et g(x) −→ 2, on déduit :


x −→ 2 x −→ 3

f (x) − 4 −→ 0 et f (x) − 4 −→ 0,
x −→ 2 x −→ 3

d'où, puisque f est continue en 2 et en 3 : Puisque f est continue en 2 et en 3, on a :

f (2) = 4 et f (3) = 4. f (x) −→ f (2) et f (x) −→ f (3).


x→2 x→3

• On a :
f (x) − 4
= g(x)(x − 3) −→ −1, On remarque la factorisation :
x −2 x −→ 2
x 2 − 5x + 6 = (x − 2)(x − 3).
donc, par définition, f est dérivable en 2 et f (2) = −1.

De même :
f (x) − 4
= g(x)(x − 2) −→ 2,
x −3 x −→ 3

donc f est dérivable en 3 et f ′ (3) = 2.

114
2.2 • Dérivation

Exercices
2.2.1 Soient I un intervalle de R , f : I −→ C dérivable 2.2.3 Soient n ∈ N∗ , f ∈ L(Rn ), ϕ : R −→ R définie
telle que : ∀t ∈ I, f (t) = 0. par :
Montrer que | f | est croissante si et seulement si ∀t ∈ R, ϕ(t) = det(IdRn + t f ).
Montrer que ϕ est dérivable en 0 et calculer ϕ ′ (0) .
 ′
f
Ré  0.
f
2.2.4 Soit f :] − 1; 1[−→ R2 définie par :
si −1 < t  0

2.2.2 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ E (0,0)

dérivable telle que : f (t) = 1 1 .
 t 2 sin , t 2 cos si 0 < t < 1
t t
∀x ∈ [a; b], || f (x)||2 + || f ′ (x)||2 > 0.
Montrer que f est dérivable sur ] − 1; 1[ et que
Montrer que f n'a qu'un nombre fini de zéros. f ′ (] − 1; 1[) n'est pas connexe par arcs.

2.2.4 Dérivées successives


On convient de noter f (0) = f .

Définition
Soit f ∈ E I . On définit les dérivées successives de f de proche en proche (c'est-à-
dire par récurrence) par, pour tout n de N∗ :
• pour a ∈ I, f (n) (a) est, si elle existe, la dérivée de f (n−1) en a
• f (n) est l'application dérivée de f (n−1) , et l'ensemble de départ de f (n) est l'en-
semble des a de I tels que f (n) (a) existe.
On appelle dérivée n ème de f en a l'élément f (n) (a) de E ; on appelle application
dérivée n ème de f l'application t
−→ f (n) (t), dont l'ensemble de départ est l'en-
semble des t de I tels que f (n) (t) existe.
On dit que f est n fois dérivable sur I si et seulement si f (n) est définie sur I .
On dit que f est indéfiniment dérivable sur I si et seulement si f est n fois dérivable
sur I pour tout n de N∗ .

dn f
Au lieu de f (n) (a), on peut noter (D n f )(a) ou (Dn f )(a) ou (a) ; au lieu de f (n) ,
dt n
dn f
on peut noter D n f ou Dn f ou .
dt n
Proposition
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
r

éom é
Pour l’étude des dérivées successives Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) .
d’une fonction à valeurs vectorielles,on
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

Soient n ∈ N∗ , f ∈ E I ; notons f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

peut se ramener à celles d’applications


à valeurs réelles ou complexes. dans B.
• Soit a ∈ I ; f est n fois dérivable en a si et seulement si, pour chaque j de
{1,. . . ,N }, f j est n fois dérivable en a, et on a alors :
N
 (n)
f (n) (a) = f j (a)e j .
j=1
• f est n fois dérivable sur I si et seulement si, pour chaque j de {1,. . . ,N },
f j est n fois dérivable sur I , et on a alors :
N
 (n)
f (n) = f j ej .
j=1

115
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Théorème 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Opérations algébriques sur les fonctions Soient n ∈ N , α ∈ K , λ : I −→ K , f,g : I −→ E. On suppose que λ, f, g sont n fois
n fois dérivables.
r Algè
n ie

dérivables sur I . Alors :


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1) f + g est n fois dérivable sur I et : ( f + g)(n) = f (n) + g (n)


2) α f est n fois dérivable sur I et : (α f )(n) = α f (n)
1
3) Si (∀t ∈ I,λ(t) = 0), alors est n fois dérivable sur I .
λ
Preuve
Analogue à celle d’Analyse MPSI, 5.1.4 Th. 1), 2), 4). 䊏

Théorème 2
Soient n ∈ N , E,F,G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G une
application bilinéaire, f : I −→ E , g : I −→ F. Si f et g sont n fois dérivables sur
I , alors B( f,g) : I −→ G est n fois dérivable sur I et (formule de Leibniz) :
t
−→B( f (t),g(t))
n
 (n)  k  
B( f,g) = Cn B f (k) ,g (n−k) .
k=0

Preuve
Analogue à celle d’Analyse MPSI, 5.1.4 Th. 3). 䊏

Corollaire
Soit n ∈ N .
1) Soient λ : I −→ K , f : I −→ E n fois dérivables sur I . Alors λ f est n fois déri-
vable sur I et :
n
 k
(λ f )(n) = Cn λ(k) f (n−k) .
k=0
2) Soient (E,(.|.)) un espace euclidien ou hermitien, f,g : I −→ E n fois dérivables
sur I . Alors ( f |g) : I −→ K est n fois dérivable sur I et :
t
−→( f (t)|g(t))
n
 k 
( f |g)(n) = Cn f (k) |g (n−k) .
k=0
3) Soient E un espace euclidien orienté de dimension 3, f,g : I −→ E n fois déri-
vables sur I . Alors f ∧ g : I −→ E est n fois dérivable sur I et :
t
−→ f (t)∧g(t)
n
 k
( f ∧ g)(n) = Cn f (k) ∧ g (n−k) .
k=0

2.2.5 Classe d'une application


1) Notion de classe d’une application

Définition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Lorsqu’une application f : I → E Soit f ∈ E I .
est n fois dérivable sur I, sa dérivée
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

1) Soit n ∈ N ; on dit que f est de classe C n sur I si et seulement si :


G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

n-ième existe sur I ; comme on sera


tr i e
Géomé

souvent conduit à utiliser f (n) , dans 


une intégrale par exemple,on est amené f est n fois dérivable sur I
à supposer que f (n) est continue,ce qui
.
f (n) est continue sur I
justifie la définition ci-contre.

116
2.2 • Dérivation

2) On dit que f est de classe C ∞ sur I si et seulement si f est indéfiniment dérivable


sur I .
Pour n ∈ N ∪ {+∞}, on note C n (I,E) l'ensemble des applications de classe C n de I
dans E.

La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 1
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Pour étudier la classe d’une application Supposons que E soit muni d'une base B. Soient n ∈ N ∪ {+∞}, f ∈ E I , f 1 ,. . . , f N
à valeurs vectorielles,on peut se ramener
n ie

les applications composantes de f dans B. On a :


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

à celles d’applications à valeurs réelles


ou complexes.
f ∈ C n (I,E) ⇐⇒ (∀ j ∈ {1,. . . ,N }, f j ∈ C n (I,K)).

Remarques :
1) f ∈ C 0 (I,E) si et seulement si f est continue sur I.
2) Pour tout (m,n) ∈ (N ∪ {+∞})2 tel que m  n, on a : C m (I,E) ⊃ C n (I,E).

3) C ∞ (I,E) = C n (I,E) .
n∈N
4) Une application f : I −→ E peut être n fois dérivable sur I sans être de classe C n sur I.
Par exemple, f : R −→
 C est dérivable sur R , mais n'est classe C 1 sur R .
t 2 ei/t si t = 0
t
−→
0 si t = 0
5) Nous verrons plus loin (2.3.7 Cor. 2 p. 140) que, sous certaines hypothèses, si f ′ admet une
limite en a, alors f ′ est continue en a.
6) Nous avions vu dans Analyse MPSI que, si f : I −→ R est dérivable, alors f ′ (I ) est un
intervalle de R (« théorème de Darboux », exercice 5.2.11). Mais, si N = dim(E)  2, l'image
f ′ (I ) de l'intervalle I par la dérivée d'une application f : I −→ E dérivable sur I peut ne
pas être une partie connexe par arcs de E (cf. exercice 2.2.4 p. 115).
Le Théorème suivant se déduit aisément de 2.2.4 Th. 1 et Th. 2 p. 116.

Théorème 1
ni er A
lgèb
re Monie
r
Opérations algébriques sur les fonctions Soient n ∈ N ∪ {+∞}, α ∈ K , f,g : I −→ E, λ : I −→ K . On suppose λ, f, g de
de classe C n.
Mo éom é

classe C n sur I . Alors :


bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1) f + g est de classe C n sur I et (si n ∈ N) : ( f + g)(n) = f (n) + g (n)


2) α f est de classe C n sur I et (si n ∈ N ) : (α f )(n) = α f (n)
1
3) Si (∀t ∈ I, λ(t) = 0), alors est de classe C n sur I .
λ
Ainsi, en particulier, C n (I,E) est un K -ev.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Le Théorème suivant se déduit aisément de 2.2.4 Th. 2 p. 116.

Théorème 2
Soient n ∈ N ∪ {+∞}, E,F,G trois K -evn de dimensions finies, B : E × F −→ G
une application bilinaire, f ∈ C n (I,E), g ∈ C n (I,F) .
Alors l'application B( f,g) : I −→ G est de classe C n sur I et (si n ∈ N ) :
t
−→B( f (t),g(t))

n
 (n)  k  
B( f,g) = Cn B f (k) ,g (n−k) .
k=0

117
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Corollaire
Soit n ∈ N ∪ {+∞}.
1) Soient λ : I −→ K de classe C n sur I , f : I −→ E de classe C n sur I . Alors λ f
est de classe C n sur I et (si n ∈ N) :
n
 k
(λ f )(n) = Cn λ(k) f (n−k) .
k=0
2) Soient (E,(.|.)) un espace euclidien ou hermitien, f,g : I −→ E de classe C n sur
I . Alors ( f |g) : I −→ K est de classe C n sur I et (si n ∈ N) :
t
−→( f (t)|g(t))
n
 k
( f |g)n =

Cn f (k) |g (n−k) .
k=0
3) Soient E un espace euclidien orienté de dimension 3, f,g : I −→ E de classe C n
sur I . Alors f ∧ g : I −→ E est de classe C n sur I et (si n ∈ N ) :
t
−→ f (t)∧g(t)
n
 k
( f ∧ g)(n) = Cn f (k) ∧ g (n−k) .
k=0

Théorème 3
Théorème très utile en pratique. Soient n ∈ N ∪ {+∞}, I,J deux intervalles de R, f : I −→ R , g : J −→ E telles
que f (I ) ⊂ J ; on note (abusivement) g ◦ f : I −→ E .
t
−→g( f (t))

Si f et g sont de classe C n , alors g ◦ f est de classe C n sur I .

Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 5.1.5 Th. 2. 䊏

2) C n -difféomorphismes

Définition 2
Soient I,J deux intervalles de R, f : I −→ J, n ∈ N∗ ∪ {+∞}. On dit que f est un
C n -difféomorphisme de I sur J si et seulement si :

f est de classe C n sur I



f est bijective
f −1 est de classe C n sur J .

Théorème 4
Soient I,J deux intervalles de R, f : I −→ J = f (I ) , n ∈ N∗ ∪ {+∞}. Pour que f
soit un C n -difféomorphisme de I sur J, il faut et il suffit que :

f est de classe C n sur I
f ′ > 0 ou f ′ < 0.

Preuve

1) Supposons que f soit un C n -difféomorphisme de I sur J. En particulier, f et f −1 sont de classe C 1 et


( f −1 ◦ f )′ = 1, d'où (( f −1 )′ ◦ f ) f ′ = 1 . Ceci montre que f ′ ne s'annule en aucun point de
l'intervalle I ; comme f ′ est continue, le théorème des valeurs intermédiaires montre : f ′ > 0 ou f ′ < 0.

118
2.2 • Dérivation

2) Réciproquement, supposons f de classe C n sur I et f ′ > 0 (le cas f ′ < 0 s'y ramène en considérant − f).
1
Le Théorème 3 montre que f est bijective, et que f −1 est dérivable sur J et : ( f −1 )′ = ′ .
f ◦ f −1
Cette dernière formule montre que ( f −1 )′ est continue (puisque f ′ et f −1 sont continues). Une récur-
rence immédiate permet alors, à partir de cette même formule, de montrer que, pour tout k ∈ {1,. . . ,n} ,
f −1 est de classe C k sur J. En particulier, f −1 est de classe C n sur J. 䊏

Remarque : D'après le théorème des valeurs intermédiaires, puisque f ′ est continue sur l'in-
tervalle I, la condition ( f ′ > 0 ou f ′ < 0) peut être remplacée par : f ′ ne s'annule en aucun
point.

3) Applications de classe Cn par morceaux

Définition 3
Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ E, n ∈ N ∪ {+∞}. On dit que f est
de classe C n par morceaux sur [a; b] si et seulement s'il existe m ∈ N∗ et
(a0 ,. . . ,am ) ∈ Rm+1 tels que :
 • a = a 0 < . . . < am = b


• pour tout i de {0,. . . ,m − 1}, la restriction f ]a ;a [ admet un
i i+1
prolongement à [ai ; ai+1 ] qui soit de classe C n sur [ai ; ai+1 ].

Dans le cas n = 0, on retrouve la Déf. 1 de 2.1.6 p. 106 (continuité par morceaux sur un segment).

Remarque : Si f est de classe C n par morceaux sur [a; b], alors, pour tout k de {1,. . . ,n}, f (k)
est définie sur [a; b] sauf au plus en un nombre fini de points.

Définition 4
Soient n ∈ N ∪ {+∞}, f ∈ E I . On dit que f est de classe C n par morceaux sur I si
et seulement si, pour tout (a,b) de I 2 tel que a < b, f |[a;b] est de classe C n par mor-
ceaux

La Proposition suivante est immédiate, et généralise 2.1.6 Prop. 2 p. 107.

Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Pour étudier la classe par morceaux Supposons que E soit muni d'une base B.
d’une application à valeurs vectorielles,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier

Soient n ∈ N ∪ {+∞}, f ∈ E I , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B.


èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

on peut se ramener à celle d’applications


à valeurs réelles ou complexes. Pour que f soit de classe C n par morceaux sur I , il faut et il suffit que, pour chaque
j de {1,. . . ,N }, f j soit de classe C n par morceaux sur I .

Exemple :
L'application R −→ C est de classe C ∞ par morceaux sur R .
t
−→ei|t|

Théorème 5
Attention à ne pas confondre :
(i) : f est continue sur I et est de classe Soit f : I −→ E continue sur I et C 1 par morceaux sur I . Alors f est constante si et
C 1 par morceaux sur I et seulement si f ′ = 0 .
(ii) : f est de classe C 1 par morceaux
sur I . Preuve
Par exemple,l’application f : R −→ R
x
→E(x) Il est clair que, si f est constante, alors f ′ = 0.
est de classe C 1 par morceaux sur R,
mais n’est pas continue.
Réciproquement, supposons f ′ = 0.
Dans le théorème ci-contre,la continuité Soit (a,b) ∈ I 2 tel que a < b. Puisque f est continue sur I et C 1 par morceaux sur I, f |[a;b] est conti-
de f est indispensable.
nue sur [a; b] et C 1 par morceaux sur [a; b]. Il existe m ∈ N∗ , (a0 ,. . . ,am ) ∈ Rm+1 tels que :
119
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

• a = a0 < . . . < a m = b
• pour tout i de {0,. . . ,m − 1}, f |]ai ;ai+1 [ admet un prolongement f˜i à [ai ; ai+1 ] qui soit de classe
C 1 sur [ai ; ai+1 ].
Pour chaque i de {0,. . . ,m − 1}, f˜i est continue sur [ai ; ai+1 ], dérivable sur ]ai ; ai+1 [, et, pour tout x
de ]ai ; ai+1 [, f˜′ (x) = f ′ (x) = 0. D'après 2.2.3 Th. 5 p. 113, f˜i est constante sur [ai ; ai+1 ].
i
D'autre part, comme f est continue sur I, on a :
∀i ∈ {0,. . . ,m}, f (ai ) = f˜i (ai ).
Ainsi, f est constante sur [a; a1 ], [a1 ; a2 ], . . ., [am−1 ; b], et donc :
f (a) = f (a1 ) = . . . = f (am−1 ) = f (b).
Finalement, f est constante sur I. 䊏

2.2.6 Différentielle
Définition
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
La différentielle de f en a est donc une Soient a ∈ I, f ∈ E I ; on suppose que f est dérivable en a. On appelle différentiel-
application linéaire.
Mo

le de f en a l'application, notée da f, définie par :


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

da f : R −→ E
h
−→ h f ′ (a).

Il existe une application ε : {h ∈ R; a + h ∈ I } −→ E telle que :


 Pour tout h de R tel que a + h ∈ I , on a f (a + h) = f (a) + (d f )(h) + hε(h)
Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
Autrement dit, f admet un dévelop- a
pement limité à l’ordre 1 en a (cf. plus
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

ε(h) −−−→ 0.
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

loin, § 2.4.3 p. 151).


tr i e
Géomé

h→0

Remarques :
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r
La dérivabilité en a est équivalente à 1) Une application f : I −→ E est dérivable en a si et seulement s'il existe un élément Λ de
E et une application ε : {h ∈ R; a + h ∈ I } −→ E telles que :
éom é
bre G

l’existence d’un DL 1 (a) .


r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

 Pour tout h de R tel que a + h ∈ I , on a f (a + h) = f (a) + hΛ + hε(h)

ε(h) −−−→ 0
h→0

(et alors Λ = f ′ (a)).


2) Ayant noté dt : R −→ R (cf. Analyse MPSI, 5.1.6 Remarque 2)), si f ∈ E I est dérivable en a,
on a : h
−→ h

∀h ∈ R, (da f )(h) = h f ′ (a) = f ′ (a) dt (h),

c'est-à-dire : da f = f ′ (a) dt .
La Proposition suivante est immédiate à partir de 2.2.2 Th. 1 p. 110.

Proposition

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Opérations algébriques sur les Soient a ∈ I , α ∈ K, λ : I −→ K , f,g : I −→ E. Si λ, f, g sont dérivables en a,
alors :
r Algè

différentielles.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

1) da ( f + g) = da f + da g
2) da (α f ) = α da f
3) da (λ f ) = (da λ) f (a) + λ(a)da f
 
1 1
4) da =− da λ si λ(a) = 0.
λ (λ(a))2

120
2.2 • Dérivation

2.2.7 Dérivation des fonctions à valeurs matricielles


Pour (n, p) ∈ (N∗ )2 , le K -ev Mn, p (K) (formé des matrices à n lignes et p colonnes et
à coefficients dans K ) est muni d'une quelconque de ses normes (cf. 1.3.2 Th. 1 p. 63).
Aux résultats des paragraphes précédents s'ajoutent ceux provenant des opérations sur
les matrices : multiplication, inversion, transposition, conjugaison, trace, déterminant.

Proposition
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Opérations algébriques sur les dérivées 1) Si α ∈ K et si A,B : I −→ Mn, p (K) sont dérivables sur I , alors α A + B :
des fonctions à valeurs matricielles.
n ie
Mo
onier
étr ie M

I −→ Mn, p (K) est dérivable sur I et :


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

t
−→α A(t)+B(t)
∀t ∈ I, (α A + B)′ (t) = α A′ (t) + B ′ (t).

2) Si A : I −→ Mn, p (K) et B : I −→ M p,q (K) sont dérivables sur I , alors AB :


I −→ Mn,q (K) est dérivable sur I et :
t
−→A(t)B(t)
∀t ∈ I, (AB)′ (t) = A′ (t)B(t) + A(t)B ′ (t).

3) Si A : I −→ Mn, p (K) est dérivable sur I , alors t A : I −→ M p,n (K) est déri-
t
−→ t (A(t))
vable sur I et : ∀t ∈ I, (tA)′ (t) = t (A′ (t)).

4) Si A : I −→ Mn (K) est dérivable sur I et si (∀t ∈ I, A(t) ∈ GLn (K)) , alors


A−1 : I −→ Mn (K) est dérivable sur I et :
t
−→(A(t))−1

Remarquer l’ordre des facteurs : A−1 , ∀t ∈ I, (A−1 )′ (t) = −A−1 (t)A′ (t)A−1 (t).
A′ , A−1 .
5) Si A : I −→ Mn (K) est dérivable sur I , alors tr(A) : I −→ K est dérivable sur
t
−→tr(A(t))
I et : ∀t ∈ I , (tr(A))′ (t) = tr(A′ (t)) .

6) Si A : I −→ Mn, p (C) est dérivable sur I , alors A : I −→ Mn, p (C) est dérivable
t
−→A(t)
sur I et : ∀t ∈ I, (A)′ (t) = A′ (t).

Preuve
Remarquons d'abord que, si A(t) = (ai j (t)) 1i n , A est dérivable sur I si et seulement si toutes les
1 j  p

ai j : I −→ K sont dérivables sur I, et qu'alors : ∀t ∈ I, A′ (t) = (ai′ j (t)) 1i n .


1 j  p

1) Cf. 2.2.3 Th. 1 p. 112.


2) Cf. 2.2.3 Th. 1 p. 112.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

3) Immédiat.
4) • Pour chaque (i, j) de {1,. . . ,n}2, notons ai j (t) le (i, j)ème élément de A(t), et Ai j (t) le cofacteur
de la (i, j)ème place dans A(t). Par hypothèse : ∀t ∈ I, det(A(t)) = 0, et donc : ∀t ∈ I,
1
(A(t))−1 = t
(com(A(t))) , où com(A(t)) est la comatrice de A(t),
det(A(t))
com(A(t)) = (Ai j (t))1i, j n .
Les applications Ai j et det(A), qui sont des polynômes en les coefficients de A, sont dérivables sur I,
donc A−1 est dérivable sur I.
• ∀t ∈ I, A(t)A−1 (t) = In , d'où en dérivant (cf. 2)) :

∀t ∈ I, A′ (t)A−1 (t) + A(t)(A−1 )′ (t) = 0,


121
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

c'est-à-dire :
∀t ∈ I, (A−1 )′ (t) = −A−1 (t)A′ (t)A−1 (t).
5) Immédiat. Cf. aussi 2.2.3 Th. 2 p. 113.
6) Immédiat. 䊏

2.3 Intégration sur un segment


Il s'agit ici de l'intégration des applications continues par morceaux sur un segment, ce qui géné-
ralise le ch. 6 d’Analyse MPSI.

2.3.1 Intégration des applications en escalier


sur un segment
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
L’intégrale d’une application continue Dans tout ce § 2.3.1, (a,b) désigne un couple de réels tel que a < b.
par morceaux sur un segment sera
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

définie plus loin (§ 2.3.4 1)) par « passage


à la limite » à partir d’intégrales 1) Espace vectoriel des applications en escalier sur un segment
d’applications en escalier, d’où l’étude
préalables de celles-ci. Rappelons (cf. Analyse MPSI, 6.1.1) qu'on appelle subdivision (ou : partage) de [a; b] toute
famille finie (ai )0i n de réels telle que :

a = a0 < a1 < . . . < an−1 < an = b (n  1).

On note ici S l'ensemble des subdivisions de [a; b].

Définition
1) Une application e : [a; b] −→ E est dite en escalier si et seulement s'il existe
s = (a0 ,. . . ,an ) ∈ S et (Λ0 ,. . . ,Λn−1 ) ∈ E n tels que :

∀i ∈ {0,. . . ,n − 1}, ∀t ∈]ai ; ai+1 [, e(t) = Λi .

On note ici E(a,b) l'ensemble des applications en escalier sur [a; b].
2) Étant donné s = (a0 ,. . . ,an ) ∈ S et e ∈ E(a,b), on dit que s est adaptée (ou :
subordonnée) à e si et seulement si, pour tout i de {0,. . . ,n − 1}, la restriction de e
à ]ai ; ai+1 [ est constante.

La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 1

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
On remarquera que l'on obtient Supposons que E soit muni d'une base B.
une subdivision adaptée à f en
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

Soient f ∈ E [a;b] , f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B.


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

« réunissant » des subdivisions adaptées


à f 1 ,. . . , f N .
Pour que f soit en escalier sur [a; b] il faut et il suffit que, pour chaque j de
{1,. . . ,N }, f j soit en escalier sur [a; b].

Proposition 2
E(a,b) est un K -ev pour les lois usuelles.

Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.1.1 Prop. 1. 䊏

122
2.3 • Intégration sur un segment

2) Intégration d'une application en escalier sur un segment

Proposition-Définition 1
Soient e ∈ E(a,b), s = (ai )0i n ∈ S adaptée à e, et, pour chaque i de {0,. . . ,n − 1},
Λi la valeur de e sur ]ai ; ai+1 [ .
n−1

L'élément (ai+1 − ai )Λi de E ne dépend pas de la subdivision s adaptée à e ; cet
i=0
  b
élément s'appelle l'intégrale de e sur [a,b] et est noté e ou e.
[a;b] a

Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.1.2 Prop.-Déf. 䊏
La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
L’intégrale d’une application en escalier Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) . Soient f ∈ E(a,b) ,
se ramène aux intégrales de ses
n ie

f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B. On a :


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

fonctions composantes.
 N  
f = f j ej .
[a;b] j=1 [a;b]

Proposition 3
L'application E(a,b) −→ E est linéaire.
e
−→ [a;b] e

Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.1.2 Prop. 2. 䊏

Proposition 4
Soient (a,b,c) ∈ R3 tel que a < b < c, e ∈ E(a,c) . Les restrictions de e à [a; b]
et à [b; c] sont en escalier et :
  
 
Mo
ni er Algè
bre Mon
ie

éom é
r
Relation de Chasles pour les intégrales e [a;b] +
 e[b;c] = e.
[a;b] [b;c] [a;c]
bre G
r Algè

des fonctions en escalier.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Preuve
Comme dans Anayse MPSI, 6.1.2 Prop. 4. 䊏

Proposition 5
||e|| est ici une fonction. Soient || · || une norme sur E et e ∈ E(a,b). Alors ||e|| : [a; b] −→ R est en esca-
lier sur [a; b] et : t
−→||e(t)||
  
 

 e
 #e#.
[a;b] [a;b]

Preuve
Il existe s = (ai )0i n ∈ S adaptée à e.

123
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Alors ||e|| est constante sur chaque ]ai ; ai+1 [, donc ||e|| est en escalier sur [a; b]. En notant Λi la valeur
de e sur ]ai ; ai+1 [, on a :
   n−1

n−1 
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r

     
e  =  (ai+1 − ai )Λi  a
r Algè
bre G

Utilisation de l’inégalité triangulaire. − || = #e#. 䊏
n ie
Mo
  (a )||Λ
 i=0 i+1 i i
onier
étr ie M
éom


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo
  
Géomé
tr i e

[a;b] i=0 [a;b]

2.3.2 Suites d'applications (première étude)


Nous approfondirons cette étude dans le § 5.1.

Définition 1
Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Pour t ∈ X fixé,on envisage la suite de 1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge simplement vers f (sur X) si et seule-
terme général f n (t).
n ie
Mo

ment si, pour tout t de X, la suite ( f n (t))n∈N converge vers f (t) dans E. On dit aussi
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

que f est la limite simple de ( f n )n∈N .


2) On dit que ( f n )n∈N converge simplement (sur X) si et seulement s'il existe
f ∈ E X telle que ( f n )n∈N converge simplement vers f (sur X).

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Pour l’étude de la convergence simple Supposons que E soit muni d'une base B. En notant, pour chaque n de N et j de
{1,. . . ,N } f n, j la j ème application composante de f n dans B, et ϕ j la j ème application
bre G
r Algè

d’une suite d’applications à valeurs


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

vectorielles, on peut se ramener à des


études de convergence simple pour des composante de f dans B, on a : ( f n )n∈N converge simplement vers f si et seulement si,
suites d’applications à valeurs réelles pour tout j de {1,. . . ,N }, ( f n, j )n∈N converge simplement vers ϕ j .
ou complexes.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo

Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, Y une partie de X, f ∈ E X . On dit


éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

Convergence simple sur une partie.


étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

que ( f n )n∈N converge


 simplement vers f sur Y si et seulement si ( f n Y )n∈N converge

simplement vers f Y , c'est-à-dire : ∀t ∈ Y, f n (t) −−→ f (t).

n∞

Pour ( f n : X −→ E)n∈N donnée, on appelle quelquefois domaine de convergence


simple de ( f n )n∈N l'ensemble des t de X tels que ( f n (t))n∈N converge dans E.

Définition 2
Remarquer l’ordre des quantificateurs Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
devant N et t : N dépend de ε , mais N
ne dépend pas de t . 1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge uniformément vers f (sur X) si et seu-
lement si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀t ∈ X, (n  N ⇒ || f n (t) − f (t)||  ε).

On dit aussi que f est la limite uniforme de ( f n )n∈N .


2) On dit que ( f n )n∈N converge uniformément (sur X) si et seulement s'il existe
f : X −→ E telle que ( f n )n∈N converge uniformément vers f (sur X).

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Pour l’étude de la convergence uniforme Si E est muni d'une base B, en notant f n, j (resp. ϕ j ) la j ème application composante de
d’une suite d’applications à valeurs
n ie

f n (resp. f) dans B, on a : ( f n )n∈N converge uniformément vers f si et seulement si,


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

vectorielles, on peut se ramener à des


études de convergence uniforme pour pour tout j de {1,. . . ,N }, ( f n, j )n∈N converge uniformément vers ϕ j .
des suites d’applications à valeurs réelles
ou complexes. La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 1
Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r

Convergence uniforme Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f, alors ( f n )n∈N converge simplement vers f.
⇒ convergence simple.
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

124
2.3 • Intégration sur un segment

Proposition 2
Méthode pratique pour voir s’il y a Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications et f ∈ E X . Pour que ( f n )n∈N
convergence uniforme, lorqu’il y a déjà converge uniformément vers f, il faut et il suffit que :
convergence simple.

Il existe N1 ∈ N tel que, pour tout n  N1 , f n − f soit bornée
|| f n − f ||∞ −−→ 0.
n∞

Preuve
1) Supposons que ( f n )n∈N converge uniformément vers f.
En particulier, il existe N1 ∈ N tel que :
∀n  N1 , ∀t ∈ X, || f n (t) − f (t)||  1.
Ceci montre que chaque f n (pour n  N1 ) est bornée, et on peut donc considérer
|| f n − f ||∞ = Sup || f n (t) − f (t)||.
t∈X
Soit ε > 0 ; puisque ( f n )n∈N converge uniformément vers f, il existe N ∈ N tel que :
∀n  N, ∀t ∈ X, || f n (t) − f (t)||  ε.

En notant N ′ = Max(N1 ,N ) , on a alors : ∀n  N ′ , || f n − f ||∞  ε.


On a prouvé : ∀ε > 0, ∃N ′ ∈ N , ∀n ∈ N , (n  N ′ ⇒ || f n − f ||∞  ε) ,
c'est-à-dire : || f n − f ||∞ −−−→ 0.
n∞
2) Réciproquement, supposons qu'il existe N1 ∈ N tel que :

pour tout n  N1 , f n − f est bornée
|| f n − f ||∞ −−−→ 0.
n∞

N  N1
Soit ε > 0 ; il existe N ∈ N tel que : .
∀n  N , || f n − f ||∞  ε
On a alors : ∀n ∈ N , ∀t ∈ X , (n  N ⇒ | f n (t) − f (t)|  || f n − f ||∞  ε) .
Ceci montre que ( f n )n∈N converge uniformément vers f. 䊏

Exemples :
e Monie
r
Exemple dans lequel il y a convergence y 1) f n : [0; 1] −→ R .
x −→ x n
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè

simple mais non convergence uniforme.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

1
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

Il est clair que ( f n )n∈N converge simplement


vers f : [0; 1] −→ R
fn 0 si x = 1
x
−→
f 1 si x = 1.
On a facilement : ∀n ∈ N , || f n − f ||∞ = 1

 ∀x ∈ [0; 1], | f n (x) − f (x)|  1
(car | f (x) − f (x)| −−−→ 1 ).
 n −
x−→1

O 1 x On conclut : ( f n )n∈N ne converge pas uni-


formément vers f sur [0; 1].

lgèb
re Monie
r
Exemple dans lequel il y a convergence 2) f n : [0; 1] −→ R .
x
−→ x n (1 − x)
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

uniforme.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

Pour chaque x ∈ [0; 1], ( f n (x))n∈N converge vers 0 (séparer en cas : x ∈ [0; 1[, x = 1) ;
donc ( f n )n∈N converge simplement vers 0 sur [0; 1].
Soit n ∈ N∗ ; f n est dérivable sur [0; 1] et : ∀x ∈ [0; 1], f n′ (x) = x n−1 (n − (n + 1)x) .

125
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

On en déduit les variations de f n :


n
x 0 1
n+1

f n′ (x) + 0 −

f n (x) ր ց
0 0

r
re Monie
lgèb
er A

Exemple de « bosse glissante ».


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

 fn ∞

O n 1 x
n+1
   n
n n 1 1
D'où : || f n ||∞ = f n =  , donc || f n ||∞ −−−→ 0 .
n+1 n+1 n+1 n+1 n∞

On conclut : ( f n )n∈N converge uniformément vers 0 sur [0; 1].

Remarques :
Convergence simple 1) L'exemple 1) précédent montre que la convergence simple n'entraîne pas la convergence
⇒ convergence uniforme. uniforme.
2) Lorsque ( f n : X −→ R)n∈N converge simplement sur X mais pas uniformément sur X, il
est d'usage de déterminer des parties Y de X sur lesquelles il y ait convergence uniforme.
Dans l'exemple 1) précédent, pour chaque a ∈ [0; 1[ , ( f n )n∈N converge uniformément sur
[0; a] vers 0 car :
 
|| f n  ||∞ = ||( f n − f ) ||∞ = Sup | f n (x) − f (x)|
 
[0;a ] [0;a ] x∈[0;a ]

= Sup | f n (x)| = f n (a) −−−→ 0.


x∈[0;a ] n∞

3) Nous verrons dans 5.1.3 que, si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur une partie X de
R et si chaque f n est continue sur X, alors f est continue sur X. Cette propriété peut servir,
par contraposition, pour montrer qu'une suite d'applications, qui converge simplement, ne
Exercices 2.3.1 à 2.3.5. converge pas uniformément (cf. exemple 1) précédent, sur [0; 1]).

Les méthodes à retenir


Suites d’applications
• Pour étudier une suite d’applications (ex. 2.3.1, 2.3.2), on commencera, en général, par la convergence simple,
puis on passera à la convergence uniforme.
• Pour étudier la convergence simple d’une suite d’applications ( f n : I −→ K)n∈N , revenir à la définition : pour
x ∈ I (quelconque, mais fixé), étudier la suite numérique de terme général f n (x). À cet effet, on mobilise ses
connaissances sur les suites numériques (Analyse MPSI ch. 3) et sur la comparaison locale des suites (Analyse
MPSI, ch. 8). Il est fréquent que l’on soit amené à distinguer des cas (suivant x).
• Pour étudier la convergence uniforme d’une suite d’applications ( f n : I −→ K)n∈N , après avoir montré la
convergence simple vers une certaine application f : I −→ K , former f n − f pour n ∈ N fixé, voir si f n − f est
bornée et calculer (à l’aide des variations de | f n − f | si c’est possible) ou évaluer, majorer, minorer || f n − f ||∞ .
D’après le cours, (§ 2.3.2 Prop. 2), la suite ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur I si et seulement si :
|| f n − f ||∞ −−→ 0.
n∞

126
2.3 • Intégration sur un segment

Exercices
2.3.1 Etudier (convergence simple, convergence unifor- 2.3.3 Soient f ∈ RR et, pour tout n de N∗ , f n : R −→ R
me) les suites d'applications suivantes : définie par :
( f (x))3
a) f n : R −→ R , ∀x ∈ R, f n (x) = .
     1
1 1 ( f (x))2 +
f n (x) = n Arctan x + −Arctan x − , n ∈ N∗ n
n n
Montrer que ( f n )n∈N∗ converge uniformément vers f sur R .
n+x
b) f n : R+ −→ R , f n (x) = Arctan ,n∈N 2.3.4 Soient X,Y deux ensembles non vides, f ∈ Y X ,
1 + nx
(gn : Y −→ E)n∈N , g ∈ E Y ; on suppose que (gn )n
c) f n : [0; 1] −→ R , f n (x) = n α (x n (1−x) + x(1−x)n ), converge uniformément vers g sur Y . Montrer que
n ∈ N∗ , α ∈ R fixé. (gn ◦ f )n converge uniformément vers g ◦ f sur X.

2.3.2 a) Montrer que, pour tout n de N∗ , l'application 2.3.5 Soient X une partie compacte non vide de R ,
sin2 2π x ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications convergeant
x
−→  n  admet un prolongement f n conti- uniformément sur X vers une application continue
(x − n) x −
2 f : X −→ E.
nu sur R .
On suppose :
b) Etudier (convergence simple, convergence uniforme) la ∀n ∈ N, f n−1 ({0}) = ∅.
suite ( f n )n∈N∗ . Montrer : f −1 ({0}) = ∅ .

2.3.3 Approximation uniforme par des applications


en escalier ou par des applications affines
par morceaux et continues
Dans ce § 2.3.3, (a,b) désigne un couple de réels tel que a < b.

Théorème
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Approximation uniforme par des Soit f : [a; b] −→ E continue par morceaux.
applications en escalier.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

Il existe une suite (en : [a; b] −→ E)n∈N d'applications en escalier sur [a; b] conver-
n ie
Mo

tr i e
Géomé

geant uniformément vers f sur [a; b].

Preuve
1) Traitons d'abord le cas où f est continue.
Soit n ∈ N fixé.
Puisque f est continue sur le segment [a; b], d'après le théorème de Heine, f est uniformément conti-
nue sur [a; b].
Il existe donc η > 0 tel que :
 
′ ′′ 2 1
∀(t ,t ) ∈ [a; b] , |t ′ − t ′′ |  η ⇒ || f (t ′ ) − f (t ′′ )||  .
n+1
 
b−a b−a
bre Mon
ie r
On remarquera que η et N dépendent Il existe N ∈ N tel que  η (par exemple, N = E + 1 ).
N
r Algè
n ie

η
Mo éom é
bre G
r Algè

de n.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
 
b−a
lgèb
re Monie
r
Construction d’une subdivision de pas Considérons la subdivision « régulière » s = a + k de [a; b], et l'application en esca-
N
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

assez petit.
n ie

0k  N
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

lier en : [a; b] −→ E définie par :


tr i e
Géomé

  
 ∀k ∈ {0,. . . ,N − 1}, ∀t ∈ a + k b − a ; a + (k + 1) b − a ,e (t) = f a + k b − a
 
re Monie
r
Construction d’une application en n
N N N
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G

escalier coïncidant avec f en des points


r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

assez serrés. en (b) = f (b).
tr i e
Géomé

127
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
t est dans l’un des intervalles successifs Pour tout t de [a; b[, il existe k ∈ {0,. . . ,N − 1} tel que :
de la subdivision considérée.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
 
b−a b−a
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

t ∈ a+k ; a + (k + 1)
tr i e
Géomé

,
N N
  
b−a   1 ,

et on a alors : || f (t) − en (t)|| =  f (t) − f a + k  n+1
 N
 
b−a b−a
puisque : 0  t − a + k   η.
N N
1
Ceci montre que, pour tout n de N , f − en est bornée et || f − en ||∞  .
n+1
On a ainsi construit une suite (en )n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant
uniformément vers f sur [a; b].
2) Traitons maintenant le cas général où f est continue par morceaux.
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Autre méthode pour 2) :remarquer qu’il Il existe p ∈ N∗ , (a0 ,. . . ,a p ) ∈ R p+1 tels que :
existe g : [a; b] −→ E continue et
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

 a = a0 < . . . < a p = b
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

e : [a; b] −→ E en escalier telles


que f = g + e ,puis appliquer 1) pour pour tout i de {0,. . . , p − 1}, f |]ai ;ai +1 [ est prolongeable en une application f i
approcher uniformément g sur [a; b] . 
continue sur [ai ; ai+1 ].

D'après 1), pour chaque i de {0,. . . , p − 1}, il existe une suite d'applications (ei,n )n∈N en escalier sur
[ai ; ai+1 ] convergeant uniformément vers f i sur [ai ; ai+1 ].
Pour chaque n de N , notons en : [a; b] −→ E l'application en escalier définie par :

∀i ∈ {0,. . . , p − 1}, ∀t ∈]ai ; ai+1 [, en (t) = ei,n (t)
∀i ∈ {0,. . . , p}, en (ai ) = f (ai ).

On a alors : ∀n ∈ N , || f − en ||∞  Max || f i − ei,n ||∞ , et donc || f − en ||∞ −−−→ 0, c'est-


0i  p−1 n∞
à-dire que (en )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b]. 䊏

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Toute application en escalier sur [a; b] Une application ϕ : [a; b] −→ E est dite affine par morceaux si et seulement s'il
est affine par morceaux sur [a; b] .
n ie

existe s = (a0 ,. . . ,am ) ∈ S telle que, pour chaque i de {0,. . . ,m − 1}, il existe
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

(Ai ,Bi ) ∈ E 2 tel que :


∀t ∈]ai ,ai+1 [, ϕ(t) = t Ai + Bi .

Proposition
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Approximation uniforme par des Soit f : [a; b] −→ E continue.
applications affines par morceaux et
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

Il existe une suite (ϕn : [a; b] −→ E)n∈N d'applications affines par morceaux et
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

continues.
continues convergeant uniformément vers f sur [a; b].

Preuve
Reprenons les notations de 1) dans la Preuve du Théorème précédent, et notons
b−a
ak = a + k , pour k ∈ {0,. . . ,N } .
N
Considérons ϕn : [a; b] −→ E définie de la façon suivante :

 ∀k ∈ {0,. . . ,N − 1}, ∀t ∈ [a ; a [, ϕ (t) = t − ak
 
re Monie
r
Construction de l’application affine par k k+1 n f (ak+1 ) − f (ak ) + f (ak )
ak+1 − ak
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

morceaux et continue coïncidant avec


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

f en a0 ,. . . ,an . ϕn (b) = f (b).


Il est clair que ϕn est affine par morceaux et continue.
Soit t ∈ [a; b[ ; il existe k ∈ {0,. . . ,N − 1} tel que t ∈ [ak ; ak+1 [ , et on a alors :
t − ak
||ϕn (t) − f (t)||  || f (ak+1 ) − f (ak )|| + || f (ak ) − f (t)||
ak+1 − ak
2
 || f (ak+1 ) − f (ak )|| + || f (ak ) − f (t)||  .
n+1
Ceci montre que (ϕn )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b]. 䊏
128
2.3 • Intégration sur un segment

2.3.4 Intégration des applications continues


par morceaux sur un segment
Dans ce § 2.3.4 (sauf 3)), (a,b) désigne un couple de réels tel que a < b.
On note CM l'espace vectoriel des applications [a; b] −→ E continues par morceaux.

1) Intégrale d'une application continue par morceaux sur un segment

Théorème-Définition 1
re Monie
r
 b
Soit f ∈ CM. Pour toutes les suites (en )n∈N d'applications en escalier sur [a; b]
lgèb
ni er A
Mo éom é

f comme limite d’une


bre G

On définit
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e
a  
b
convergeant uniformément vers f sur [a; b], la suite en converge (dans E)

suite d’intégrales en d’applications n∈N
a [a;b]
en escalier.   b
vers une même limite, appelée intégrale de f (sur [a; b]) et notée f ou f ou
[a;b] a
 b
f (t) dt.
a

Preuve
1) D'après 2.3.3 Th. p. 127, il existe une suite (en )n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant
 
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Utilisation de la notion de suite de uniformément vers f. Montrons que la suite en converge dans E . A cet effet, nous allons
[a;b]
r Algè

Cauchy.
n ie

n∈N
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
 
montrer que en est de Cauchy dans E .
[a;b] n∈N
1
Soit ε > 0. Puisque (en )n∈N converge uniformément vers f, il existe N ∈ N tel que :
r
re Monie
lgèb

Le coefficient n’est ici que


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

2(b − a)
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
 
ε
tr i e
Géomé

pour la commodité, en vue des calculs


∀n ∈ N, ∀t ∈ [a; b], n  N ⇒ || f (t) − en (t)||  .
qui suivent. 2(b − a)

Soient ( p,q) ∈ N2 tel que p  N et q  N, et t ∈ [a; b] . On a :


ε
||e p (t) − eq (t)||  ||e p (t) − f (t)|| + || f (t) − eq (t)||  ,
b−a
      
    ε
d'où :  ep − eq 
=
 (e p − eq )
 ||e p − eq ||  = ε.

[a;b] [a;b] [a;b] [a;b] [a;b] b−a
Ceci prouve :
    
2 pN  
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,q) ∈ N , ⇒ 
 ep − eq   ε ,

qN [a;b] [a;b]
 
c'est-à-dire : la suite en est de Cauchy dans E .
[a;b] n∈N
   
Puisque E est de dimension finie, E est complet (cf. 1.4.2 Th. 2 p. 70), donc en converge
r
re Monie

en
lgèb
er A

Mais la limite de
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

[a;b]
onier
èbre M

[a;b]
r Alg

n∈N
n ie

n∈N
Mo

tr i e
Géomé

pourrait, a priori,dépendre du choix de dans E .


la suite (en )n∈N approchant
uniformément f,d’où le point 2) suivant.
2) Montrons que, si deux suites (en )n∈N , (εn )n∈N d'applications en escalier convergeant uniformément
 
vers f, alors : lim en = lim εn .
n∞ [a;b] n∞ [a;b]

1ère méthode :
On a, pour tout n de N :
   
 

 en − εn 
 ||en − εn ||  (b − a)||en − εn ||∞
[a;b] [a;b] [a;b]
 (b − a) (||en − f ||∞ + || f − εn ||∞ ) ,

129
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

   
et donc, puisque les suites en et εn convergent :
[a;b] n∈N [a;b] n∈N
 
lim en = lim εn .
n∞ [a;b] n∞ [a;b]

2ème méthode :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
On mélange les suites (en )n 0 et La suite (u n )n 0 , définie par u n = e n2 si n est pair et u n = ε n−1 si n est impair, converge uniformément
2
bre G
r Algè
n ie

(εn )n 0 en une suite (u n )n 0 .


Mo
onier
étr ie M
éom
     
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

vers f sur [a; b], donc un converge. Comme les suites en et εn


[a;b] n∈N [a;b] n∈N [a;b] n∈N
sont extraites de cette suite convergente, elles convergent vers la même limite. 䊏

La Proposition suivante est immédiate.

Proposition

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
L’étude d’une intégrale de fonction à Supposons que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ) .
valeurs vectorielles se ramène à l’étude
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier

Soient f ∈ CM, f 1 ,. . . , f N les applications composantes de f dans B ; on a alors :


èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

des intégrales des fonctions


composantes.   N  
f = f j ej .
[a;b] j=1 [a;b]

2) Propriétés

Théorème 1
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é

L'application CM −→ E est linéaire.


bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

On dit que l’intégration est linéaire.


étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

f
−→ f
[a;b]

Preuve
Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
On passe à la limite à partir du résultat Soient λ ∈ K , ( f,g) ∈ (CM)2 . Il existe deux suites (en )n∈N , (εn )n∈N d'applications en escalier
sur les applications en escalier.
n ie
Mo

convergeant uniformément vers f,g respectivement.


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

Alors (λen + εn )n∈N est une suite d'applications en escalier convergeant uniformément vers λ f + g car,
pour tout n de N et tout t de [a; b] :
||(λ f + g)(t) − (λen + εn )(t)||  |λ| || f (t) − en (t)|| + ||g(t) − ε(t)||,
et donc : ||(λ f + g) − (λen + εn )||∞  |λ| || f − en ||∞ + ||g − εn ||∞ −−−→ 0 .
n∞
    
On a : (λen + εn ) = λ en + εn −−−→ λ f + g.
[a;b] [a;b] [a;b] n∞ [a;b] [a;b]
  
D'où finalement : (λ f + g) = λ f + g. 䊏
[a;b] [a;b] [a;b]

Proposition 1

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Deux applications continues par Soient f,g : [a; b] −→ E continues par morceaux et coïncidant sauf sur une partie
finie de [a;
 b].
r Algè

morceaux et qui coïncident sauf en un


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

nombre fini de points ont la même 


intégrale. Alors : f = g.
[a;b] [a;b]

Preuve
Puisque f et g coïncident sauf au plus en un nombre fini de points, il existe une subdivision s = (ai )0i n
de [a; b] telle que :
∀t ∈ [a; b] − {ai ; 0  i  n}, f (t) = g(t).

130
2.3 • Intégration sur un segment

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Puisque f et g coïncident sauf sur une L'application e : [a; b) −→ E
partie finie de [a; b] , l’application
n ie

0 si ∀i ∈ {0,. . . ,n − 1}, t ∈]ai ; ai+1 [


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

t
−→
Mo

e = g − f est en escalier et à paliers


tr i e
Géomé

g(ai ) − f (ai ) si ∃i ∈ {0,. . . ,n}, t = ai


nuls, donc d’intégrale nulle. 
est en escalier et à paliers nuls, donc e = 0, d'où :
[a;b]
    
g= ( f + e) = f + e= f. 䊏
[a;b] [a;b] [a;b] [a;b] [a;b]

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Par exemple, pour l’application La Prop. 1 précédente permet d'étendre la définition de l'intégrale au cas d'une application f
f : [−1; 0[ ∪ ]0; 1] −→ R
n ie

définie sur un segment [a; b] privé d'une partie finie de [a; b] (qu'on peut alors inclure dans une
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

définie par :
tr i e
Géomé

 subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de [a; b]) lorsque la restriction de f à chacun des ]ai ; ai+1 [
2 si − 1  x < 0 (0  i  n − 1) est prolongeable en une application f i continue sur [ai ; ai+1 ], en posant :
f (x) = ,
3 si 0 < x  1
  n−1 

on a : f = 5. f = fi .
[−1;1] [a;b] i=0 [ai ;ai+1 ]

Théorème 2
Formule importante. Soit N une norme sur E. On a :
Ce résultat généralise l’inégalité vue en
première année, pour une application
 b   b
f : [a; b] −→ R continue par ∀ f ∈ CM, N f (t) dt  N ( f (t)) dt.
morceaux : a a
 b
  b
 
 f (t) dt   | f (t)| dt .
Preuve

a a

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On se ramène aux applications en Il existe une suite (en : [a; b] −→ E)n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant uniformé-
escalier. ment vers f sur [a; b] (cf. 2.3.3 Th. p. 127).
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

 b  b
D'après 2.3.4 1) Th.-Déf. 1 p. 129 : en −−−→ f.
a n∞ a
D'autre part, (N ◦ en )n∈N est une suite d'applications en escalier sur [a; b], convergeant uniformément
vers N ◦ f sur [a; b] car :
∀n ∈ N, ∀t ∈ [a; b], |(N ◦ en )(t) − (N ◦ f )(t)|  N (en (t) − f n (t))  β||en (t) − f (t)||,
où β > 0 résulte de l'équivalence des normes N et || · || sur E .
Ainsi : ∀n ∈ N , ||N ◦ en − N ◦ f ||∞  β||en − f ||∞ ,
 b  b 
 
d'où : ∀n ∈ N ,  N ◦ en − N ◦ f   β(b − a)||en − f ||∞ ,
a a
 b  b
ce qui montre : N ◦ en −−−→ N ◦ f.
a n∞ a
 b   b
Mais (cf. 2.3.1 2) Prop. 5 p. 123) : ∀n ∈ N, N en  N ◦ en .
a a
 b   b
En passant à la limite quand n tend vers +∞, on déduit : N f  N ◦ f. 䊏
a a

Remarque : Le résultat précédent s'applique en particulier à la norme || · || donnée sur E :


  
 
Rappel de notation : ∀ f ∈ CM,   f 
 || f || .
[a;b] [a;b]
|| f || : [a; b] −→ R .
t
−→|| f (t)||

Corollaire Inégalité de la moyenne


  
 
Formule utile en pratique. ∀ f ∈ CM, 
 f
 || f ||  (b − a) Sup || f (t)||.
[a;b] [a;b] t∈[a;b]

131
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Définition
Soient ( f n )n∈N une suite d'applications continues par morceaux de [a; b] dans E, et
f une application continue par morceaux de [a; b] dans E. On dit que ( f n )n∈N
converge en moyenne vers f si et seulement si :

|| f n − f || −−→ 0.
[a;b] n∞

Proposition 2
Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b], alors ( f n )n∈N converge en
moyenne vers f.

Preuve
Il suffit de remarquer que, pour tout n de N :

|| f n − f ||  (b − a)|| f n − f ||∞ . 䊏
[a;b]


Rappel de notation : Remarque : En notant, pour f ∈ C([a; b],E), || f ||1 = || f ||, on a :
[a;b]
|| f ||∞ = Sup || f (t)|| .
t∈[a;b]
∀ f ∈ C([a; b],E), || f ||1  (b − a)|| f ||∞ .
Exercices 2.3.6 à 2.3.8.

Théorème 3 Inégalité de Cauchy-Schwarz


Si f,g : [a; b] −→ C sont continues par morceaux, alors :
 b 2   b
    b 
f g  | f |2 |g|2 .
 

 a  a a

Preuve
 b  b
Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie

bre G
r

éom é
On considère ici une combinaison Notons β = f g ∈ C, γ = |g|2 ∈ R+ , et considérons h = γ f − βg, qui est continue par
linéaire bien choisie de f et g . Il existe a a
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

d’autres méthodes de démonstration de morceaux sur [a; b]. On a :


l’inégalité de Cauchy et Schwarz.
 b  b   b   b
0 |h|2 = |γ |2 | f |2 − 2Ré γ β f g + |β|2 |g|2
a a a a
 b   b 
= γ2 | f |2 − 2|β|2 γ + |β|2 γ = γ γ | f |2 − |β|2 .
a a

 b
Si γ = 0, il s'ensuit γ | f |2 − |β|2  0, d'où l'inégalité voulue.
a

Si γ = 0, alors, comme |g|2 est continue par morceaux et  0, g est nulle sauf au plus en un nombre fini
 b
de points de [a; b], donc f g aussi, et f g = 0, d'où l'inégalité voulue, trivialement. 䊏
a

Définition 2
Soient ( f n )n∈N une suite d'applications continues par morceaux de [a; b] dans C, et
f une application continue par morceaux de [a; b] dans C. On dit que ( f n )n∈N
converge en moyenne quadratique vers f si et seulement si :

Remarquer la présence du carré du | f n − f |2 −−→ 0.
module à l’intérieur de l’intégrale. [a;b] n∞

132
2.3 • Intégration sur un segment

Proposition 3
Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b], alors ( f n )n∈N converge vers f en
moyenne quadratique.

Preuve
Il suffit de remarquer que, pour tout n de N :

| f n − f |2  (b − a)|| f n − f ||2∞ . 䊏
[a;b]

Proposition 4
Si ( f n )n∈N converge vers f en moyenne quadratique, alors ( f n )n∈N converge vers f en
moyenne.

Preuve
D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz appliquée à | f n − f | et 1 :

 b  b  21  b  12  b  12
2 2
√ 2
∀n ∈ N, | fn − f |  1 | fn − f | = b−a | fn − f | . 䊏
a a a a

3) Relation de Chasles

Proposition 1
Rappelons (cf. Algèbre MPSI, 1.3.1 Soit K un segment inclus dans J = [a; b]. Pour toute application f : J −→ E conti-
Exemple 5)) que χ K est la fonction nue par morceaux sur J, l'application χ K f est continue par morceaux sur J, et :
caractéristique de K :  
χ K : J −→ K .
 f |K = χ K f.
1 si t ∈ K K J
t
−→
0 si t ∈ K

L’application χ K f est le produit de χ K Preuve


et de f. Il existe une suite (en )n∈N d'applications en escalier convergeant uniformément vers f sur J. Il est clair
que (en | K )n∈N est une suite d'applications en escalier sur K convergeant uniformément vers f | K sur K ,
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
L’utilisation de χ K n’est qu’un artifice, que (χ K en )n∈N est une suite d'applications en escalier sur J convergeant uniformément vers χ K f sur J,
au programme mais quasiment inutile.
n ie

car :
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Sup |(χ K f )(t) − (χ K en )(t)|  Sup | f (t) − en (t)| ,


t∈J t∈J

et que, pour tout n de N :  


en | K = χ K en .
K J

Le résultat s'en déduit en faisant tendre n vers l'infini. 䊏

Corollaire

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Relation de Chasles pour le cas où les Soient (a,b,c) ∈ R3 tel que a < b < c, et f : [a; c] −→ E continue par morceaux.
bornes sont dans l’ordre. Alors les restrictions de f à [a; b] et à [b; c] sont continues par morceaux et on a :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

 c  b  c
f = f + f.
a a b

Preuve
Appliquer la Prop. précédente en remarquant :
χ[a;c] = χ[a;b] + χ]b;c] . 䊏

133
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Définition-Notation
 b
• f = 0 si a = b
a
 b  a
• f =− f si a > b et si f : [b; a] −→ E est continue par morceaux.
a b

Proposition 2 Relation de Chasles


Formule importante. Soient (a,b,c) ∈ R3 , f une application à valeurs dans E et continue par morceaux sur
Dans cette formule, les réels a, b, c ne un segment contenant a,b,c. On a :
sont pas nécessairement en ordre
croissant.
 c  b  c
f = f + f.
a a b
Exercices 2.3.9 à 2.3.15.

Les méthodes à retenir


Intégration des applications continues par morceaux sur un segment
• Pour obtenir des inégalités portant sur des intégrales (ex. 2.3.6, 2.3.7), essayer d’appliquer les propriétés rela-
tives à l’ordre :
– si a  b et si f,g : [a; b] −→ R sont continues par morceaux et vérifient f  g, alors :
 b  b
f  g
a a

– si a  b et si f : [a; b] −→ K est continue par morceaux, alors :


  
 b  b
f  |f|
 

 a  a

– si a  b et si f,g : [a; b] −→ K sont continues par morceaux, alors (inégalité de Cauchy et Schwarz) :

 b 2   b
    b 
2 2
f g f .
 
   | | |g|
 a  a a

• Pour trouver une limite d’intégrales (réelles), on peut essayer de majorer, minorer ou encadrer ces intégrales,
en partant souvent d’un encadrement de la fonction à intégrer.
Si l’intervalle d’intégration varie, on pourra introduire un équivalent de la fonction située dans l’intégrale, et étu-
dier la différence des intégrales (ex. 2.3.11).
On peut, dans certains cas, décomposer avec profit l’intervalle d’intégration et procéder à des majorations de
natures différentes sur ces divers intervalles (ex. 2.3.12, 2.3.14,).
Voir aussi, plus globalement, l’utilisation du théorème de convergence dominée (ch. 5).
Un changement de variable permet éventuellement de se ramener à une intégrale dont les bornes sont fixes. Une
intégration par partie permet éventuellement de renforcer la convergence de l’intégrale étudiée, et est souvent utile
pour obtenir un développement asymptotique de l’intégrale.

134
2.3 • Intégration sur un segment

Exercices
 1
 
2.3.6 Soit f : [0; 1] −→ R continue telle que f = 0. 1  1 
0
2.3.10 Déterminer lim √ .
n∞ n ij
On note m = Inf( f ), M = Sup( f ). 1<i< j n
 1
Montrer : f 2  −m M (où f 2 = f f ). 2x
et

0
2.3.11 Déterminer lim+ dt .
x→0 x Arcsin t
2.3.7 Soient f,g : [0; 1] −→ R continues telles que :
 1  1
 π
( f 2 + g2 + 2 f 2 g2 ) = 2 ( f + g) f g, 2
0 0 2.3.12 Déterminer lim+ (sin t)x dt.
x→0 0
f = 0, g = 0.
Montrer f = g = 1. 2.3.13 Soient a ∈ [0; 1[ , f : [0; 1] −→ E continue.
 1
2.3.8 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, n ∈ N∗ , Déterminer lim f (a n t) dt.
n∞ 0
f 1 ,. . . , f n : [a; b] −→ C continues et non toutes nulles.
Montrer qu'il existe u 1 ,. . . ,u n : [a; b] −→ C continues
telles que : 2.3.14 Soient f : [0; 1] −→ C continue et α ∈]1; +∞[ .
 b  n   1
f k (t)u k (t) dt = 1. 1
Déterminer lim+ x α−1 f (t) dt.
a x t
k=1 x→0 α

2.3.9 Soient f : R −→ R uniformément continue, et,


pour tout n de N∗ , f n : R −→ R définie par : 2.3.15 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ E
 x+ 1
n continue par morceaux.
∀x ∈ R, f n (x) = n f.  b
x
Déterminer lim |sin(xt)| f (t) dt.
Montrer que ( f n )n converge uniformément vers f sur R . x→+∞ a

2.3.5 Sommes de Riemann


Dans ce § 2.3.5, (a,b) désigne un couple de réels tel que a < b.

Définition
Soient f : [a; b] −→ E continue, s = (a0 ,. . . ,an ) ∈ S , et, pour chaque i de
{0,. . . ,n − 1}, ξi un élément de [ai ; ai+1 ] . On appelle somme de Riemann associée
n−1

à f, s, (ξi )0i n−1 l'élément (ai+1 − ai ) f (ξi ) de E.
i=0

On montre, comme dans Analyse MPSI, 6.2.7 Théorème, le résultat suivant.

Théorème
Soit f : [a; b] −→ E continue.  b
Les sommes de Riemann relatives à f convergent toutes vers f lorsque le pas de
la subdivision tend vers 0, c'est-à-dire : a

pour tout ε > 0, il existe α > 0 tel que, pour toute subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de
Le pas de la subdivision (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] de pas  α et pour toute famille (ξi )0i n−1 telle que (∀i ∈ {0,. . . ,n − 1},
[a; b] est, par définition : 
 b n−1



Max (ai+1 − ai ) . ξi ∈ [ai ; ai+1 ]), on ait : 

f − (ai+1 − ai ) f (ξi )  ε.

0i n−1
 a 
i=0

135
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

ni er A
lgèb
re Monie
r
Examen du cas particulier où f est Remarque : Comme dans Analyse MPSI, 6.2.7 Rem. 3), on montre que, si f : [a; b] −→ E est
k-lipschitzienne (k ∈ R+ ) , alors, pour toute subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] de pas noté
Mo éom é
bre G
r Algè

k -lipschitzienne.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

p(s) et toute famille (ξi )0i n−1 telle que : ∀i ∈ {0,. . . ,n − 1}, ξi ∈ [ai ; ai+1 ], on a :
 
 b n−1
 
f − (ai+1 − ai ) f (ξi )  k(b − a) p(s) .
 

 a i=0


Corollaire
Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
En pratique, les sommes de Riemann • Soit f : [a; b] −→ E continue. On a :
apparaissent souvent sous cette forme,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

b − a n−1
Géomé
tr i e

associées à des subdivisions à pas     b


constant.
b−a
f a+i −−→ f.
n i=0 n n∞ a

• En particulier, si f : [0; 1] −→ E est continue, alors :


Ne pas oublier le facteur (b − a) devant

1 n−1
le .  i   1
f −−→ f.
n i=0 n n∞ 0

Exemple :
  kπ kπ   2
n−1 cos −sin  1
cos πt
 0 −
1  n n  = −sin πt π .
Exemple d’une fonction à valeurs lim   dt = 
kπ kπ 2
r
re Monie

n∞ n
lgèb

sin πt cos πt
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

matricielles. 0
n ie
Mo

k=0 sin cos 0


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

n n π

Exercices
n   2n
 1  1
2.3.16 Déterminer lim cos √ −1 . 2.3.17 Déterminer lim  .
n∞ n+k n∞ k+1
k=0 k=n k 2 ln
k

2.3.6 Intégration et dérivation


Dans ce § 2.3.6, I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point.

1) Intégrale fonction de la borne d'en haut

Proposition
Soient t0 ∈ I, f : I −→ E continue par morceaux sur I . Notons F : I −→ E l'ap-
plication définie par :
 t
∀t ∈ I, F(t) = f.
t0

Proposition importante. On a :
1) F est continue sur I
2) F est de classe C 1 par morceaux sur I
3) F est dérivable en tout point t1 de I en lequel f est continue, et F ′ (t1 ) = f (t1 )
4) F(t0 ) = 0.

136
2.3 • Intégration sur un segment

Preuve
Analogue à celle d’Analyse MPSI, 6.4.1 Prop. 1 et 2. 䊏

Corollaire 1
Pour tout p de N ∪ {+∞}, si f est de classe C p sur I , alors F : I −→
tE
t
−→ t f
0
(t0 ∈ I fixé) est de classe C p+1 sur I et F ′ = f.

Corollaire 2
Soient I,J deux intervalles de R, u,v : I −→ R de classe C 1 sur I telles que
u(I ) ⊂ J et v(I ) ⊂ J, f : J −→ E continue. Alors l'application ψ : I −→ E définie
par :
 v(t)
Propriété très utile en pratique, pour ∀t ∈ I, ψ(t) = f
étudier des intégrales dépendant d’un u(t)
paramètre aux deux bornes (cf. exer-
cice 2.3.21). est de classe C 1 sur I et :

∀t ∈ I, ψ′ (t) = v ′ (t) f (v(t)) − u ′ (t) f (u(t)).

2) Primitives

Définition
Rappelons que E I est l’ensemble des Soient f,φ ∈ E I . On dit que φ est une primitive de f sur I si et seulement si : φ est
applications de I dans E . dérivable sur I et φ ′ = f.

Théorème
Soit f : I −→ E continue. Alors :
1) Pour tout t0 de I , l'application I −→
 t E est une primitive de f sur I
t
−→ t f
0
2) Pour toute primitive φ0 de f sur I , l'ensemble des primitives de f sur I est
{φ0 + Λ; Λ ∈ E}.

Pour f : I −→ E continue, on note f ou I −→ E l'une quelconque des pri-
mitives de f sur I . x
−→ f (x) dx

Proposition-Notation
Soient (a,b) ∈ I 2 , f : I −→ E continue, φ : I −→ E une primitive de f sur I . On a
 b
alors : f = φ(b) − φ(a).
a
L'élément φ(b)−φ(a) est noté [φ(t)]t=b b
t=a ou [φ(t)]a et appelé variation de φ de a à b.
Exercices 2.3.18 à 2.3.22.
3) Extension de la notion de primitive

Définition
Cette extension pourra intervenir lors Soient f,φ ∈ E I . On dit que φ est une primitive de f sur I si et seulement si φ est
de l’étude des séries de Fourier. Bien continue sur I et, pout tout segment [a; b] inclus dans I , il existe une partie finie A
noter que φ doit être continue sur I .
de [a; b] telle que :
φ est dérivable en tout point de [a; b] − A et, pour tout t de [a; b] − A, φ ′ (t) = f (t).

137
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

On montre aisément les Propositions suivantes.

Proposition
Soit f : I −→ E continue par morceaux. Alors :
1) Pour tout t0 de I , l'application I −→
 t E est une primitive de f sur I .
t
−→ t f
0

2) Pour toute primitive φ0 de f sur I , l'ensemble des primitives de f sur I est l'en-
semble des φ0 + Λ, où Λ est constante sur I .

Proposition-Notation
Soient (a,b) ∈ I 2 , f : I −→ E continue par morceaux, φ : I −→ E une primitive
 b
de f sur I . On a alors : f = φ(b) − φ(a).
a
 t=b  b
L'élément φ(b) − φ(a) de E est noté φ(t) t=a où φ(t) a et appelé variation de φ
de a à b.

Les méthodes à retenir


Intégration et dérivation
• Pour obtenir des inégalités, portant éventuellement sur des intégrales, on pourra remplacer, sous des hypo-
 b
thèses convenables, f (b) − f (a) par f ′ (t) dt (ex. 2.3.18 à 2.3.20).
a
De même, si f est de classe C1 sur [a; b], on pourra, si c’est utile, remplacer f (x) pour x ∈ [a; b] par, par
 x
exemple : f (a) + f ′ (t) dt.
a
• Pour établir des inégalités sur des intégrales faisant intervenir des produits ou des carrés de fonctions (ex.
2.3.20 a)), penser à l’inégalité de Cauchy et Schwarz.
• Pour étudier une fonction du genre :
 v(x)
ψ : x
−→ ψ(x) = f (t) dt,
u(x)

commencer par une étude soigneuse de l’ensemble de définition de ψ, en ne perdant pas de vue que f doit être
continue par morceaux sur l’intervalle joignant u(x) et v(x), et en ne mélangeant pas les rôles de x et de t.
Ensuite, si f est de classe C 0 et u,v de classe C 1 , appliquer le Cor. 2 du § 2.3.6 1) : ψ est de classe C 1 et, pour
tout x :
ψ′ (x) = f (v(x))v ′ (x) − f (u(x))u ′ (x) .

Ceci permet souvent d’obtenir les variations de ψ (ex. 2.3.21).


• Pour calculer certaines intégrales (ex. 2.3.22), il peut être utile de les considérer comme fonctions d’un para-
mètre et appliquer, si possible, le Cor. 2 du § 2.3.6 1).
Voir aussi, plus loin les intégrales dépendant d’un paramètre, § 2.3.12.

138
2.3 • Intégration sur un segment

Exercices
2.3.18 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a  b, (x,y) ∈ R∗ × R , b) En déduire l’inégalité de Carlson :
z = x + iy . Montrer : ∀n ∈ N∗ , ∀(x1 ,. . . ,xn ) ∈ Rn ,
n 4 n n 
1 2 2
  |z|      
 −az
− e−bz   (e−ax − e−bx ).

e
x xk  π 2 xk2 k− xk .
k=1 k=1 k=1
2
2.3.19 Montrer qu'il existe (A,B) ∈ (R+ )2 tel que, pour
2.3.21 Etudier et représenter graphiquement les fonctions
toute f : [0; 1] −→ E de classe C 1 :
 1  1 f suivantes, définies par la donnée de f (x) (x : variable
Sup || f (t)||  A || f ′ (t)|| dt + B || f (t)|| dt. réelle) :
 2x  2x
t∈[0;1] 0 0 dt ch t
a) f (x) = √ b) f (x) = dt
x 3
t +t x t
2.3.20 a) Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b , f :  x2
[a; b] −→ R de classe C 1 , g : [a; b] −→ R continue telle dt
c) f (x) = .
que : ∀t ∈ [a; b] , g(t) > 0. Montrer : x ln t
 2
( f (b))2 − ( f (a))2 2.3.22 Calculer, pour (x,y) ∈ R2 :
 b   b 
( f (t))2  x+2 y
dt
4 ( f ′ (t))2 g(t) dt dt . .
a a g(t) x−2 y ch t + ch x

2.3.7 Inégalité des accroissements finis


Nous étudions ici une généralisation des résultats du § 5.2.2 d’Analyse MPSI.
Remarquons d'abord que, si f : [a; b] −→ E est de classe C 1 sur [a; b], il se peut qu'il n'exis-
te pas d'élément c de ]a; b[ tel que f (b) − f (a) = (b − a) f ′ (c), comme le montre l'exemple :
a = 0, b = π , f : [0; π] −→ C .
t
−→ eit

Théorème Inégalité des accroissements finis


Résultat important. Soient (a,b) ∈ R2 ,
||.|| une norme sur E, f : [a; b] −→ E continue sur [a; b] et de
classe C 1 sur ]a; b[. On suppose qu'il existe λ ∈ R+ tel que :
∀t ∈]a; b[, || f ′ (t)||  λ.

Alors : || f (b) − f (a)||  λ|b − a| .

Preuve
On a, pour tout (α,β) de ]a; b[2 tel que α  β :
 β   β
 ′

|| f (β) − f (α)|| = 
 f (t) dt 
 || f ′ (t)|| dt  λ(β − α).
α α

En faisant tendre α vers a et β vers b (si a  b), on déduit :

|| f (b) − f (a)||  λ|b − a|. 䊏

Corollaire 1
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r

Puisque f ′ est continue sur le compact Soient (a,b) ∈ R2 , || · || une norme sur E, f : [a; b] −→ E de classe C 1 sur [a; b].
[a; b] , f ′ est bornée sur [a; b] ,donc Alors :
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Sup || f ′ (t)|| existe.


tr i e
Géomé

t∈[a;b]
|| f (b) − f (a)||  |b − a| Sup || f ′ (t)||.
t∈[a;b]
Exercices 2.3.23 à 2.3.25.

139
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
On étudie, dans cette remarque, une Remarque : Le résultat précédent est encore valable si f est continue sur [a; b] et C 1 par
morceaux sur [a; b].
éom é
bre G
r Algè

extension du résultat précédent.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

En effet, dans ce cas, il existe n ∈ N∗ et une subdivision s = (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] tels que,
tr i e
Géomé

pour chaque i de {0,. . . ,n − 1}, f |[ai ;ai+1 ] est continue sur [ai ,ai+1 ] et de classe C 1 sur
]ai ; ai+1 [, d'où :
∀i ∈ {0,. . . ,n − 1}, || f (ai+1 ) − f (ai )||  (ai+1 − ai )Supt∈]ai ;ai+1 [ || f ′ (t)||,

puis en sommant :
n−1
 1
 n− 
|| f (b) − f (a)||  || f (ai+1 ) − f (ai )||  (ai+1 − ai ) Sup || f ′ (t)||
i=0 i=0 t∈[a;b]−{a0 ,...,an }

= (b − a) Sup || f ′ (t)||.
t

Corollaire 2
Résultat très important pour la pratique. Soit f : [a; b] −→ E continue sur [a; b] de classe C1 sur ]a; b].
Ce résultat porte aussi le nom de Si f ′ admet une limite finie en a, alors f est C 1 sur [a; b].
« théorème limite de la dérivée ».

Preuve
Notons l = lim f ′ .
a
Soit ε > 0 ; il existe η > 0 tel que :
∀t ∈]a; a + η], || f ′ (t) − l||  ε.
ie r
bre Mon
Algè

L'application g : [a; a + η] −→ E est continue sur [a; a + η], de classe C 1 sur ]a; a + η], d'où,
ni er
Mo éom é
bre G

Utilisation d’une fonction auxiliaire.


r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

t
−→ f (t)−tl
d'après le Théorème précédent :
∀t ∈ [a; a + η], ||g(t) − g(a)||  (t − a)ε.
On a montré :
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀t ∈]a; a + η], || f (t) − f (a) − (t − a)l||  (t − a)ε,
c'est-à-dire :
 
 f (t) − f (a) 
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀t ∈]a; a + η],  − l   ε.
 t −a 

Ainsi, f est dérivable en a et f ′ (a) = l ; finalement, f est de classe C 1 sur [a; b]. 䊏

Une récurrence immédiate permet d'obtenir le résultat suivant.

Corollaire 3
Soient k ∈ N∗, f : [a; b] −→ E continue sur [a; b] et de classe C k sur ]a; b]. Si,
pour tout r de {1,. . . ,k}, f (r) a une limite finie en a, alors f est de classe C k sur
[a; b].

Proposition
Soient I un intervalle de R, f : I −→ E de classe C 1 sur I .
1) Pour que f soit constante, il faut et il suffit que : f ′ = 0 .
Le sens le plus utile de 2) est : 2) Pour que f soit lipschitzienne, il faut et il suffit que f ′ soit bornée sur I ; de plus,
si f ′ est bornée,alors f est lipschitzienne. si f ′ est bornée sur I , alors f est || f ′ ||∞ -lipschitzienne.

Preuve
1) • Il est clair que, si f est constante, alors f ′ = 0.
• Réciproquement, si f ′ = 0, l'inégalité des accroissements finis montre que f est constante.

140
2.3 • Intégration sur un segment

2) • Supposons f lipschitzienne ; il existe k ∈ R+ tel que :


∀(t1 ,t2 ) ∈ I 2 , || f (t1 ) − f (t2 )||  k|t1 − t2 |.
 
 1 
Soit t0 ∈ I ; puisque ∀t ∈ I − {t0 },  ( f (t) − f (t0 ))
  k,
t − t0
on obtient en passant à la limite lorsque t tend vers t0 : || f ′ (t0 )||  k.
• Réciproquement, supposons f ′ bornée sur I ; il existe k ∈ R+ tel que :
∀t ∈ I, || f ′ (t)||  k.
D'après l'inégalité des accroissements finis, on a alors :
∀(t1 ,t2 ) ∈ I 2 , || f (t2 ) − f (t1 )||  |t2 − t1 | Sup || f ′ (t)||  k|t2 − t1 |,
t∈|t1 ;t2 |

et donc f est k-lipschitzienne. 䊏


Exercice 2.3.26.

Les méthodes à retenir


Inégalité des accroissements finis
• Pour obtenir des inégalités portant sur des intégrales (ex. 2.3.23, 2.3.24), essayer d’appliquer les propriétés
relatives à l’ordre (§ 2.3.4) rappelées dans la rubrique « les méthodes à retenir » p. 134, ou appliquer l’inégalité
des accroissements finis.
On remarquera que l’inégalité des accroissements finis pour une fonction à valeurs vectorielles revient à l’inéga-
lité sur intégrales :  β   β
 ′


 f (t)dt 
 || f ′ (t)||dt
α α
cf. § 2.3.7, preuve du théorème.

Exercices
2.3.23 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, et f : 2.3.25 Soient n ∈ N∗ , f 1 : [0; 1] −→ E continue,
[a; b] −→ C continue par morceaux. f 2 ,. . . , f n : [0; 1] −→ E définies par :
a) Montrer, pour tout (x,y) de [a; b]2 :  x


 x  y 

 b ∀k ∈ {1,. . . ,n − 1}, ∀x ∈ [0; 1], f k+1 (x) = f k (t) dt.
(y − a) f − (x − a) f   (b − a)
 | f |. 0

a a a  x
b) Montrer que, s'il existe (x,y) ∈ [a; b]2 tel que On suppose : ∀x ∈ [0; 1], f 1 (x) = f n (t) dt.
  x  y   b 0

(y − a) f − (x − a)

f  = (b − a) | f |, Montrer : f 1 = . . . = f n = 0.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


a a a
et si f est continue sur [a; b], alors f = 0. 2.3.26 Trouver toutes les applications f : R −→ C
telles qu'il existe α ∈]1; +∞[ tel que :
2.3.24 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
1
 b ∀(x,y) ∈ R2 , | f (x) − f (y)|  |x − y|α .
continue par morceaux, µ = f.
b−a a
Montrer : ∀(x,λ) ∈ [a; b] × C,
 x   b
 
 ( f (t) − µ) dt   | f (t) − λ| dt.
 
a a
(Utiliser l'exercice 2.3.25).

141
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

2.3.8 Changement de variable


Proposition
En pratique, lors d’un changement de Soient (α,β) ∈ R2 , ϕ : [α; β] −→ R de classe C 1 sur [α; β], f une application à
variable dans une intégrale,ne pas oublier
valeurs dans E continue sur un intervalle contenant ϕ([α; β]). Alors :
de « changer les bornes ».
 β  ϕ(β)
f (ϕ(t))ϕ ′ (t) dt = f (u) du.
α ϕ(α)

On dit qu'on a effectué le changement de variable u = ϕ(t) .

Preuve
Comme dans Analyse MPSI, 6.4.3 Prop. 䊏

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
On étudie, dans cette remarque, une Remarque : La formule précédente est aussi valable si :
r Algè

extension, d’ailleurs peu utile mais au


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

programme, de la Prop. précédente. ϕ est de classe C 1 sur [α; β] et strictement monotone


f est continue par morceaux sur le segment ϕ([α; β]).

En effet, supposons, par exemple, ϕ strictement croissante, et notons (a0 ,. . . ,an ) une subdi-
vision de [ϕ(α); ϕ(β)] adaptée à f. Chaque ai (0  i  n) admet (exactement) un antécédent
αi par ϕ , et (α0 ,. . . ,αn ) est une subdivision de [α; β].
On peut appliquer la Proposition précédente sur chaque [αi ; αi+1 ] :
 αi+1  ai+1
f (ϕ(t))ϕ ′ (t) dt = f (u) du,
αi ai

d'où le résultat par sommation sur i de 0 à n − 1.

Les méthodes à retenir

Changement de variable
• Pour ramener le calcul d’une intégrale au calcul d’une autre intégrale « plus simple », on peut essayer d’uti-
liser un changement de variable judicieux. Il est, à ce propos, souhaitable de bien connaître les changements de
variables usuels qui conduisent à une intégrale de fraction rationnelle.
• Pour calculer certaines intégrales, dans lesquelles la fonction à intégrer présente, par exemple, des parti-
cularités liées aux bornes, on peut essayer d’utiliser un changement de variable échangeant les bornes
(ex. 2.3.27 b), 2.3.28).
• Pour établir une formule du type G = 0 sur une intervalle, où G fait intervenir des primitives, on peut voir si
G est de classe C 1, calculer G ′ , trouver G ′ = 0 , et calculer G en un point particulier (ex. 2.3.29 a)).

142
2.3 • Intégration sur un segment

Exercices
2.3.27 Calculer les intégrales suivantes : 2.3.29 On note F : ]0; +∞[−→ R l'application définie
 1 par:
1
a) √ √ dx  x
−1 1 − x + 1+x +2 ln(1 + t)
∀x ∈]0; +∞[, F(x) = dt.
 π 1 t
2 cos x
b) I = √ dx et
0 1 + sin x cos x a) Montrer que F est de classe C 1 sur ]0; +∞[ et :
 π
2 sin x
J= √ dx  
1 1
0 1 + sin x cos x ∀x ∈]0; +∞[, F(x) + F = (ln x)2 .
x 2
 2θ
x  π
c) dx, θ ∈ 0; .
0 cos(x − θ) 2 b) En déduire : ∀x ∈]0; +∞[,

2.3.28 a) Soient a ∈ R∗+ , f : [0; a] −→ R∗+ continue.  x ln(x + t) 1


 a
f (t) dt = (ln x)2 + F(x) .
Calculer dt . 1 t 2
0 f (t) + f (a − t)
 π
2 (cos t)sin t
b) Application : calculer dt.
0 (cos t)sin t + (sin t)cos t

2.3.9 Intégration par parties


Proposition Intégration par parties
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Le cas le plus fréquent est celui où u et Soient u : [a; b] −→ K , v : [a; b] −→ E, de classe C 1 sur [a; b] ; on a alors :
v sont à valeurs de K.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

b b
tr i e
Géomé
 
u ′ v = [uv]ab − uv ′ .
a a

Preuve
 b  b  b  b
[uv]ab = (uv)′ = (u ′ v + uv ′ ) = u′v + uv ′ . 䊏
a a a a

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On étudie, dans cette remarque, une Remarque : La formule précédente est valable plus généralement si u,v sont continues sur
extension de la Prop.précédente,parfois
n ie
Mo

[a; b] et de classe C 1 par morceaux sur [a; b].


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

utile pour les séries de Fourier.


Bien noter que u,v sont continues sur En effet, il existe alors une subdivsion (a0 ,. . . ,an ) de [a; b] adaptée à u et à v, et on peut
[a; b] . appliquer la Proposition précédente sur chaque [ai ; ai+1 ] (0  i  n − 1) :
 ai+1  ai+1
a
u ′ v = [uv]ai+1
i
− uv ′ ,
ai ai

d'où le résultat par sommation sur i de 0 à n − 1.


143
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Exercice-type résolu

Une inégalité portant sur des intégrales


Soit f : [0 ; 1] −→ C une application de classe C 1 .
a) Montrer :
 1  x  1
∀ x ∈ [0 ; 1], f (x) = f (t) dt + t f ′ (t) dt + (t − 1) f ′ (t) dt.
0 0 x

b) En déduire :
    1  
f 1  1
 
| f (t)| + | f ′ (t)| dt.
 2  0 2

Solution Conseils
a) On a, par intégration par parties : La présence des produits t f ′ (t) et
 x  x  x
(t − 1) f ′ (t) , à l'intérieur d'intégrales dans
t f ′ (t) dt = [t f (t)]0x − f (t) dt = x f (x) − f (t) dt l'énoncé, incite à effectuer des intégrations
0 0 0 par parties.

et
 1  1  1
(t − 1) f ′ (t) dt = [(t − 1) f (t)]1x − f (t) dt = −(x − 1) f (x)− f (t) dt,
x x x

puis, en additionnant :
 x  1  x  1 
t f ′ (t) dt + (t − 1) f ′ (t) dt = f (x) − f (t) dt + f (t) dt Relation de Chasles.
0 x 0 x
 1
= f (x) − f (t) dt,
0

d'où l'égalité demandée.


1
b) On applique le résultat précédent à x = :
2
     1  1/2  1

f 1 =
   
f (t) dt + t f ′ (t) dt + (t − 1) f ′ (t) dt 
 2   0 0 1/2
 1
  1/2
  1

     
  f (t) dt  +  t f ′ (t) dt  +  (t − 1) f ′ (t) dt  Inégalité triangulaire.
0 0 1/2
 1  1/2  1
 | f (t)| dt + t| f ′ (t)| dt + (1 − t)| f ′ (t)| dt Inégalité sur les intégrales.
0 0 1/2
 1  1/2  1
1 1
 | f (t)| dt + | f ′ (t)| dt + | f ′ (t)| dt On a :
0 2 0 2 1/2  
1 1

 ∀ x ∈ 0; , 0t 
2 2




 1 1
∀x ∈
 ;1 , 0  1 − t  .
2 2
 1  1
1
= | f (t)| dt + | f ′ (t)| dt Relation de Chasles.
0 2 0
 1  
1
= | f (t)| + | f ′ (t)| dt.
0 2

144
2.3 • Intégration sur un segment

Les méthodes à retenir


Intégration par parties
• Pour calculer une intégrale d’une fonction présentée sous forme d’un produit de deux fonctions dont l’une
a une dérivée simple et l’autre une primitive simple, penser à l’intégration par parties (ex. 2.3.32). On y son-
gera, notamment, lorsqu’interviennent des fonctions telles que ln, Arctan, Arcsin… à dérivées algébriques, ou
lorsqu’il s’agit d’établir une relation de récurrence portant sur des intégrales.

Exercices
2.3.30 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, (E,< .,. >) un classe C 1 telle que X ′ = AX , Y : [a; b] −→ Mn,1 (R) de
espace hermitien, f,g : [a; b] −→ E de classe C 1 . classe C 1 telle que AY = 0, Y (a) = Y (b) = 0 .
 b  b
Montrer : < f (t),g ′ (t) > dt Montrer : t
X (t)Y ′ (t) dt = 0 .
a a
 b
= [< f (t),g(t) >]ab − ′
< f (t),g(t) > dt.  1
a 2.3.32 Calculer x(Arctan x)2 dx .
0
2.3.31 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, n ∈ N∗ ,
A ∈ Mn (R) symétrique, X : [a; b] −→ Mn,1 (R) de

2.3.10 Formule de Taylor avec reste intégral


Théorème Formule de Taylor avec reste intégral
La formule de Taylor avec reste intégral, Soient I un intervalle de R, n ∈ N , f : I −→ E de classe C n sur I et de classe C n+1
trés utile en analyse, nécessite un effort par morceaux sur I , (a,b) ∈ I 2 . On a alors :
de mémorisation.
n
(b − a)k b (b − t)n (n+1)
 
f (b) = f (k) (a) + f (t) dt.
k=0
k! a n!

Preuve
Récurrence sur n.
• La propriété a été déjà vue pour n = 0 (cf. p. 138), puisque, si f est continue sur [a; b] et de classe C 1
par morceaux sur [a; b], alors :
 b
f (b) = f (a) + f ′ (t) dt.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

• Supposons-la vraie pour un entier n, et soit f : I −→ E de classe C n+1 sur I et de classe C n+2 par
(b − t)n+1
morceaux sur I. Puisque t
−→ est de classe C 1 sur I et que f (n+1) est continue sur I et de
(n + 1)!
classe C 1 par morceaux sur I, on a, à l'aide d'une intégration par parties (cf. 2.3.9 Remarque p. 143) :
b
b (b − t)n (n+1) (b − t)n+1 (n+1) b (b − t)n+1 (n+2)
  
f (t) dt = − f (t) − − f (t) dt
a n! (n + 1)! a a (n + 1)!
− a)n+1 b (b − t)n+1 (n+2)

(b
= f (n+1) (a) + f (t) dt,
(n + 1)! a (n + 1)!
d'où la propriété au rang n + 1. 䊏
145
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Remarque : En pratique, la formule de Taylor avec reste intégral sera souvent utilisée avec a
fixé et b variable.

Corollaire Inégalité de Taylor-Lagrange


Soient I un intervalle de R, n ∈ N , f : I −→ E de classe C n sur I et C n+1 par mor-
ceaux sur I , (a,b) ∈ I 2 . On a alors :
 
n
  (b − a)k (k)   |b − a|
n+1
 f (b) − f (a)  Sup # f (n+1) (t)#.

 k!
k=0
 (n + 1)! t∈|a;b|

Preuve
  
n b

  (b − a)k (k)   (b − t)n (n+1) 
 f (b) − f (a) =  f (t) dt 
 
 k=0
k!  a n! 

 b
  
  (b − t)n   (b − a)n+1
   n!  dt  Mn+1 = (n + 1)! Mn+1 ,
  
a

en notant Mn+1 = Sup || f (n+1) (t)||, |a; b| désignant le segment joignant les réels a, b.
t∈|a;b| 䊏

Exercice
2.3.33 Soient a ∈ R∗+ , f : [−a; a] −→ E de classe C 2 . Montrer :
1 a2 + t 2
∀t ∈ [−a; a], || f ′ (t)||  || f (a) − f (−a)|| + Sup || f ′′ (u)||.
2a 2a u∈[−a;a ]

2.3.11 Théorème de relèvement


Théorème 1
Les résultats de ce § 2.3.11 ne sont que L'application ε : θ
−→ eiθ est une bijection continue de ] − π; π[ sur U − {−1}, et
rarement utilisés. l'application réciproque de ε est continue sur U − {−1}.

Preuve (pouvant être omise en première lecture)


1) Il est clair que : ∀θ ∈] − π; π[, ε(θ) = eiθ = cos θ + i sin θ ∈ U − {−1} .
2) Soit z ∈ U − {−1}. En notant x = Ré(z), y = Im(z), on a : (x,y) ∈ R2 et x 2 + y 2 = 1.
Il existe donc θ ∈ [−π; π[ (unique) tel que : x = cos θ et y = sin θ .
De plus : θ = −π.
Ainsi, z = eiθ = ε(θ) , ce qui montre la surjectivité de ε.
3) Si (θ1 θ2 ) ∈] − π; π[2 et eiθ1 = eiθ2 , alors θ1 − θ2 ∈ 2πZ, donc θ1 = θ2 , d'où l'injectivité de ε.
4) Puisque cos et sin sont continues sur R, l'application ε : θ
−→ eiθ = cos θ + i sin θ est continue sur
] − π; π[.

146
2.3 • Intégration sur un segment

5) Soit z ∈ U − {−1} ; notons x = Ré(z), y = Im(z).


Il existe θ ∈] − π; π[ unique tel que x = cos θ et y = sin θ , et θ = ε−1 (z) (cf. 2)). Alors x = −1
et :
y sin θ θ
= = tan .
1+x 1 + cos θ 2
θ ! π π  θ y
Comme ∈ − ; , on déduit : = Arctan ,
2 2 2 2 1+x
y
et donc ε−1 (z) = θ = 2 Arctan , ce qui montre que ε−1 est continue sur U − {−1} (comme
1+x
y
composée : z
−→ (x,y)
−→ 2 Arctan , faisant intervenir une fonction de deux variables). 䊏
1+x

Remarque : On a explicité la réciproque de ε ; c'est l'application qui, à tout z = x + iy


y
((x,y) ∈ R2 ) de U − {−1}, associe : ε−1 (z) = 2 Arctan .
1+x
On en déduit : ε−1 (z) −−−→ π et ε−1 (z) −−−→ − π,
z→−1 z→−1
Im(z)>0 Im(z)<0

donc ε−1 n'admet pas de prolongement continu à U .

Théorème de relèvement d'une application


Théorème 2 de classe C n de I dans U, n  1
Soient I un intervalle de R, n ∈ N∗ , f : I −→ U une application de classe C n .
1) Il existe une application ϕ : I −→ R de classe C n telle que :
∀t ∈ I, f (t) = eiϕ(t) .
On dit que ϕ est un relèvement de f.
2) Si ϕ1 ,ϕ2 sont deux relèvements de f, alors il existe k ∈ Z tel que :
ϕ1 − ϕ2 = 2kπ.

Preuve
1) L'application g : I −→ C est continue sur I (puisque f ne s'annule pas et que f est de classe C 1
f ′ (t)
t
−→−i
f (t)
sur I), donc admet au moins une primitive sur I.
Si f est constante égale à −1, la propriété voulue est triviale (ϕ est l'application constante π, par exemple).
Supposons donc f = −1 ; il existe t0 ∈ I tel que f (t0 ) ∈ U − {−1}.
D'après le Th. 2, il existe θ0 ∈] − π; π[ tel que f (t0 ) = eiθ0 .
Considérons la primitive ϕ de g sur I telle que ϕ(t0 ) = θ0 ; autrement dit :
 t
f ′ (u)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

∀t ∈ I, ϕ(t) = θ0 + −i du.
t0 f (u)

Notons H : I −→ C . Puisque f et ϕ sont de classe C 1 sur I, H l'est aussi et :


t
−→ f (t) e−iϕ(t)

∀t ∈ I, H ′ (t) = f ′ (t)e−iϕ(t) + f (t)(−iϕ ′ (t))e−iϕ(t) = ( f ′ (t)−i f (t)ϕ ′ (t))e−iϕ(t) = 0.

Ceci montre que H est constante.


De plus : H (t0 ) = f (t0 )e−iϕ(t0 ) = 1.
Ainsi : H = 1, et donc : ∀t ∈ I, f (t) = eiϕ(t) .
De plus, puisque (∀t ∈ I, | f (t)| = 1), ϕ est à valeurs réelles.

147
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

2) Soient ϕ1 ,ϕ2 : I −→ R de classe C 1 telles que :


∀t ∈ I, f (t) = eiϕ1 (t) = eiϕ2 (t) .
On a alors : ∀t ∈ I, ϕ1 (t) − ϕ2 (t) ∈ 2πZ.
Comme ϕ1 − ϕ2 est continue sur I, l'image (ϕ1 − ϕ2 )(I ) est un intervalle de R (théorème des valeurs
intermédiaires, cf. Analyse MPSI 4.3.3 Th.). Puisque cet intervalle (ϕ1 − ϕ2 )(I ) est inclus dans 2πZ,
on conclut que (ϕ1 − ϕ2 )(I ) est un singleton, c'est-à-dire :
∃k ∈ Z, ϕ1 − ϕ2 = 2kπ .
Avec les notations précédentes, un relèvement de f est ϕ : I −→ R défini par :
 t
f ′ (u)
∀t ∈ I, ϕ(t) = θ0 + −i du.
t0 f (u)
f′
Comme −i est de classe C n−1 , ϕ est de classe C n (intégrale fonction de la borne d'en haut).
f
Enfin, les relèvements de f diffèrent de ϕ par des constantes, donc sont tous de classe C n sur I. 䊏

2.4 Comparaison locale


Ce § 2.4 généralise l'étude effectuée dans Analyse MPSI, ch. 8.
Les fonctions utilisées dans ce § 2.4 sont définies sur un voisinage d'un élément a de R , sur un
ensemble noté V, et à valeurs dans R ou dans un evn de dimension finie, noté E ou F .
Les définitions et résultats s'étendront aisément :
• aux fonctions définies au voisinage de a sauf peut-être en a
• aux suites à valeurs dans E , qui sont des applications de N dans E (∞ jouant ici le rôle de a)
• aux fonctions définies au voisinage à droite de a (ou à gauche de a).

2.4.1 Prépondérance, domination


1) Définitions

Définition 1
Soient f : V −→ E, ϕ : V −→ R .
On dit que f est négligeable devant ϕ (ou : ϕ est prépondérante devant f ;
ou : ϕ l'emporte sur f) au voisinage de a si et seulement s'il existe une application

∀t ∈ V, || f (t)|| = ε(t)ϕ(t)
ε : V −→ R telle que : ε(t) −−→ 0.
t→a

Dans ce cours,nous utilisons la notation On note alors f ≪ϕ ou f (t) ≪ ϕ(t) (notation de Hardy),
a a
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

de Landau :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier

ou f = o(ϕ) ou f (t) = o (ϕ(t)) (notation de Landau).


èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e

f = o(ϕ) .
Géomé

a a t→a

Remarques :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Ainsi, en pratique, pour montrer 1) Si : ∀t ∈ V − {a}, ϕ(t) = 0 ,
r Algè

f = o(ϕ) , on montrera
n ie
Mo

 1 f −−−→ 0
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

a
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1 alors : f = o(ϕ) ⇐⇒ ϕ a .
f −−−→ 0 . a 
ϕ a ϕ(a) = 0 ⇒ f (a) = 0

2) f = o (1) ⇐⇒ lim f = 0 .
a a

148
2.4 • Comparaison locale

Définition 2
Soient f : V −→ E, ϕ : V −→ R .
On dit que f est dominée par ϕ au voisinage de a si et seulement s'il existe une appli-

∀t ∈ V, || f (t)|| = C(t)ϕ(t)
cation C : V −→ R telle que :
C est bornée au voisinage de a.
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Dans ce cours,nous utilisons la notation On note alors f  ϕ ou f (t)  ϕ(t) (notation de Hardy),
de Landau : a t→a
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

f = O (ϕ) . ou f = O (ϕ), ou f (t) = O (ϕ(t)) (notation de Landau).


a
a t→a

Remarques :
1
Mo
n ie
r Algè
bre Mon
ie

éom é
r
Ainsi, en pratique, pour montrer 1) Si : ∀t ∈ V − {a}, ϕ(t) = 0 , alors f = O (ϕ) si et seulement si f est bornée au voi-
a
bre G

1 ϕ
r Algè
n ie

sinage de a.
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier

f = O (ϕ) , on montrera que f est


bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

a ϕ 2) f = O (1) si et seulement si f est bornée au voisinage de a.


bornée au voisinage de a. a

2) Opérations relatives à la prépondérance et à la domination


On note ici :
f,g des fonctions définies au voisinage de a et à valeurs dans un evn de dimension finie ϕ,ψ,u
des fonctions définies au voisinage de a et à valeurs dans R
λ une fonction définie au voisinage de a et à valeurs dans K
α∈K
h une fonction définie au voisinage d'un élément b de R et à valeurs réelles.

Proposition
Les propriétés les plus utiles en pratique 1) f = o(ϕ) ⇒ f = O(ϕ)
sont celles relatives à la notation o, les 
numéros 2, 3, 8,12. f = o(ϕ)
2) ⇒ f + g = o(ϕ)
g = o(ϕ)
3) f = o(ϕ) ⇒ α f = o(ϕ)

f = O(ϕ)
4) ⇒ f + g = O(ϕ)
g = O(ϕ)
5) f = O(ϕ) ⇒ α f = O(ϕ)

λ = O(ϕ)
6) ⇒ λg = O(ϕ ψ)
g = O(ψ)

λ = O(ϕ)
7) ⇒ λg = o(ϕ ψ)
g = o(ψ)

λ = o(ϕ)
8) ⇒ λg = o(ϕ ψ)
g = O(ψ)

λ = o(ϕ)
9) ⇒ λg = o(ϕ ψ)
g = o(ψ)

f = O(ϕ)
10) ⇒ f = O(u)
ϕ = O(u)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


f = o(ϕ)
11) ⇒ f = o(u)
ϕ = O(u)

f = O(ϕ)
12) ⇒ f = o(u)
ϕ = o(u)
 f = o(ϕ)
a
13) ⇒ f ◦ h = o(ϕ ◦ h)
lim h = a b
b

 f = O (ϕ)
a
14) ⇒ f ◦ h = O (ϕ ◦ h).
 lim h = a b
b

149
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

Preuve
Analogue à celle d’ Analyse MPSI, 8.1.2 Prop. 1. 䊏

2.4.2 Equivalence
1) Définition

Définition

Rappel de notations : a ∈ R , V est un Soient f,g : V −→ E . On dit que f est équivalente à g au voisinage de a si et seu-
voisinage de a , E est un evn de lement si :
dimension finie. f − g = o(||g||).
a
On note alors f ∼ g, ou f (t) ∼ g(t).
a t→a

Proposition 1

 f = O (#g#)
a
Attention : la réciproque est fausse, f ∼ g ⇒
a  g = O (# f #).
comme le montre l’exemple des deux a
fonctions constantes f = 1 , g = 2 .

Proposition 2
La relation ∼ est une relation d'équivalence dans l'ensemble des fonctions définies au
a
voisinage de a et à valeurs dans E.

Remarques :
1) Soit l ∈ E − {0} ; on a : f ∼ l ⇐⇒ f −−−→ l .
a a
2) f ∼ 0 si et seulement si f est nulle au voisinage de a.
a

2) Opérations relatives à l'équivalence


On note ici f,g, λ, u (resp. ϕ,ψ, resp. λ,µ) des fonctions définies au voisinage de a et à valeurs
dans E (resp. R , resp. K ) et h une fonction définie au voisinage d'un élément b de R et à valeurs
réelles.

Proposition

λ∼µ
a
1) ⇒ λ f ∼ µg
f ∼g a
a

λ∼µ
2) a ⇒ λn ∼ µn (où λn = λ · λ · . . . λ, n facteurs)
n∈ N∗ a

1
3) Si λ ∼ µ et si, au voisinage de a (sauf peut-être en a), µ(t) = 0, alors et
a λ
1 1 1
sont définies au voisinage de a (sauf peut-être en a) et : ∼
µ λ a µ
f = o(ϕ)

a
4) ⇒ f = o(ψ)
ϕ ∼ψ a
a

f ∼g

a
5) ⇒ f = o(u)
g = o(u) a
a

150
2.4 • Comparaison locale

 f ∼g
a
6) ⇒ f ◦ h ∼ g ◦ h (composition à droite)
lim h = a b
b
7) f = o(||g||) ⇐⇒ f + g ∼ g .
a a

Preuve
Analogue à celle d’ Analyse MPSI, 8.2.2 Prop. 1. 䊏

2.4.3 Développements limités vectoriels


1) Définition

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Généralisation de la notion de polynôme On appelle polynôme vectoriel (à coefficients dans E) toute application P : R → E
telle qu'il existe p ∈ N , A0 ,. . . ,A p ∈ E tels que :
bre G
r Algè

vue en MPSI, Algèbre ch. 5.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

p
∀t ∈ R, P(t) = t k Ak .
k=0
On appelle alors degré de P le plus grand entier k de {0,. . . , p} tel que Ak = 0
(et deg(0) = −∞ ).

Définition
r
re Monie

Soient n ∈ N , f : V −→ E. On dit que f admet un développement limité à l'ordre


lgèb
ni er A
Mo éom é

En pratique,presque toujours : a = 0 .
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

n en a (en abrégé DL n (a) ) si et seulement s'il existe un polynôme vectoriel P tel


tr i e
Géomé


deg(P)  n
que : ∀t ∈ V, f (t) = P(t − a) + o ((t − a)n ) .
t→a

On montre, comme dans Analyse MPSI, 8.3.1 Prop. 1, l'unicité de P, appelé partie
régulière du DL n (a) de f.

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Étudier un DL pour une fonction f On définit de manière analogue la notion de développement limité en +∞, en −∞. Supposons
à valeurs vectorielles revient à étudier
Mo

que E soit muni d'une base B = (e1 ,. . . ,e N ), et notons f 1 ,. . . , f N les applications composantes
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

des DL pour les fonctions composantes


tr i e
Géomé

de f.
de f dans B . Pour que f admette un DL n (a), il faut et il suffit que, pour tout j de {1,. . . ,N }, f j
admette un DL n (a). De plus, dans ce cas, en notant Pj la partie régulière du DL n (a)de f j pour
 N
1  j  N, la partie régulière P du DL n (a) de f est : P = Pj e j .
j=1

2) Le théorème de Taylor-Young

Théorème Théorème de Taylor-Young


Soient n ∈ N , f : V → E. Si f est de classe C n sur V, alors f admet un DL n (a) , de
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

n
 (X − a)k (k)
partie régulière f (a) .
k=0
k!
n
 (t − a)k (k)
Autrement dit : ∀t ∈ V, f (t) = f (a) + o ((t − a)n ).
k=0
k! t→a

Preuve
1re méthode
Adapter la preuve du théorème de Taylor-Young pour les fonctions à valeurs réelles vue dans Analyse
MPSI (8.3.2 Théorème).

151
Chapitre 2 • Fonctions vectorielles d’une variable réelle

2e méthode
Appliquer le théorème de Taylor-Young pour les fonctions à valeurs réelles à chaque application compo-
sante de f dans une base B fixée. 䊏

3) Dérivation et primitivation pour un DL(a)


Comme dans Analyse MPSI, 8.3.3, on montre les deux résultats suivants.

Proposition Primitivation d'un DL(a)


Soient n ∈ N , I un intervalle ouvert de R contenant a, f : I −→ E . Si f est de
classe C 1 sur I et si f ′ admet un DL n (a) de partie régulière notée P, alors f admet
un DL n+1 (a), dont la partie régulière est celle des primitives de P qui vaut f (a)
en a :  t
P + o (t − a)n+1 .
 
Attention : ne pas oublier le terme ∀t ∈ I, f (t) = f (a) +
f (a). a

Corollaire Dérivation d'un DL(a)


Bien noter que, dans les hypothèses, f Soient n ∈ N , I un intervalle ouvert de R contenant a, f : I −→ E . Si f est de clas-
admet un DL n+1 (a) et f ′ admet un se C 1 sur I et si f et f ′ admettent des développements limités d'ordre n + 1 et n res-
DL n (a) .
pectivement au voisinage de a, alors la partie régulière du DL n (a) de f ′ est la déri-
vée de la partie régulière du DL n+1 (a) de f .

Problèmes
P 2.1 Complétude de certains espaces fonctionnels P 2.2 Inégalité des accroissements finis
avec dérivée à droite
Soit (F,||.||) un evn. Ce problème P 2.2 généralise l’inégalité des accroissements finis au cas,plus difficile,
où les fonctions ne sont dérivables qu’à droite.
1) Complétude de B(X; F) 1) Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b , f : [a; b] −→ E ,
Soit X un ensemble non vide. Montrer que, si F est com- g : [a; b] −→ R continues sur [a; b] et admettant en tout
point de ]a; b[ des dérivées à droite telles que :
plet, alors B(X; F) (ensemble des applications bornées
de X dans F , cf. 2.1.4 p. 104) est un evn complet. ∀t ∈]a; b[ , || f d′ (t)||  gd′ (t) .

En particulier, ℓ∞ (= B(N; K)) est un espace de Banach. Soient ε > 0, ϕ : [a; b] −→ R définie par : ∀t ∈ [a; b] ,
ϕ(t) = || f (t) − f (a)|| − (g(t) − g(a)) − ε(t − a) , et
2) Complétude de C B(X,F) X = {t ∈ [a; b] ; ϕ(t)  ε} .
Soient (E,||.||) un evn, X une partie non vide de E , a) Montrer que X admet dans R une borne supérieure, que
C B(X,F) l'ensemble des applications continues bornées l'on notera c.
de X dans F . b) Démontrer c = b (raisonner par l'absurde).
c) En déduire : || f (b) − f (a)||  g(b) − g(a) .
a) Montrer que C B(X,F) est un sev fermé de B(X; F).
2) Une application
b) En déduire que, si F est complet, alors C B(X,F) est un
Déduire que, si f : I −→ E est continue sur un intervalle
evn complet. o
En particulier, si X est une partie compacte non vide de E I, dérivable à droite en tout point de I , et telle que f d′ soit
o
et si F est complet, alors (C(X,F),||.||∞ ) est un evn com- bornée sur I , alors f est M -lipschitzienne, en notant
plet (cf. 1.3.1 Cor. p. 60). M = Supt∈I || f d′ (t)|| .
3) Complétude de LC(E,F) En particulier, si f : I −→ E est continue sur l'intervalle
o o
Soit (E,||.|) un evn. Montrer que, si F est complet, alors I, dérivable à droite en tout point de I , et si (∀t ∈ I ,
(LC(E,F),|||.|||) est un evn complet. f d′ (t) = 0 ), alors f est constante sur I.

152
Intégration CHAPITRE 3
sur un intervalle
quelconque
Plan Introduction
3.1 Fonctions intégrables Dans Analyse MPSI (ch. 6), et dans ce volume Analyse MP (§ 2.3), nous
à valeurs réelles avons défini et étudié l’intégrale d’une application continue par morceaux
positives ou nulles 154 sur un segment de R. Nous allons maintenant envisager le cas d’une appli-
Exercices 164 cation continue par morceaux sur un intervalle quelconque de R, et définir
et étudier la notion d’intégrabilité.
3.2 Fonctions intégrables Nous commençons par le cas des applications à valeurs réelles positives ou
à valeurs réelles nulles (§ 3.1), le cas des applications à valeurs réelles ou complexes s’y
ou complexes 165
ramenant (§ 3.2).
Exercices 173, 180

3.3 Supplément : Prérequis


Intégration
• Notion de borne supérieure dans R (Analyse MPSI, § 1.2)
des relations
de comparaison 182 • Suites réelles monotones (Analyse MPSI, § 3.2)
Exercices 184 • Intégration des fonctions continues par morceaux sur un segment de R
(Analyse MPSI, ch. 6, et Analyse MP, § 2.3)
3.4 Intégrales • Comparaison locale des fonctions (Analyse MPSI, ch. 8, et
impropres 184 Analyse MP, § 2.4)
Exercices 189 • Calculs de primitives (Analyse MPSI, ch. 9)
• Notions sur les fonctions de deux variables réelles (Analyse MPSI,
3.5 Intégrales dépendant ch. 11).
d’un paramètre 189
Exercices 203 Objectifs
• Définition et étude de la notion d’intégrabilité sur un intervalle quel-
3.6 Intégrales doubles 206 conque de R
Exercices 212, 216 • Mise en place des méthodes élémentaires pour étudier l’intégrabilité
d’une application continue par morceaux sur un intervalle semi-ouvert
Problème 217 ou ouvert
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

• Calcul d’intégrales sur un intervalle quelconque


• Étude d’intégrales dépendant d’un paramètre
• Calculs d’intégrales doubles généralisées.

153
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

On note K = R ou C .
On parle ici d’intervalle quelconque,par I désigne, sauf mention contraire, un intervalle non vide ni réduit à un point. Les fonctions envisa-
opposition au cas particulier d’un gées sont, sauf mention contraire, supposées définies et continues par morceaux sur I, et à valeurs
segment, qui fait l’objet du § 2.3. dans K . L'étude est généralisable aux fonctions à valeurs dans un K -evn E de dimension finie.
Rappel de notation (cf. Analyse MPSI, On note CM(I,K) l'ensemble des applications continues par morceaux de I dans K . Il est clair
§ 4.1.2,Déf.3) : que CM(I,K) est, pour les lois usuelles +,· (externe), · (interne), une K -algèbre commutative,
f + :I → R,
associative, unitaire. De plus, si f ∈ CM(I,C), alors f , Ré f, Im f, | f | sont dans CM(I,C), et,
x
→ f + (x) = Sup( f (x),0)
f − :I → R, si f ∈ CM(I,R), alors f + , f − , | f | sont dans CM(I,R).
x
→ f − (x) = Sup(− f (x),0)
On a alors
f = f + − f − et | f | = f + + f −.

3.1 Fonctions intégrables à valeurs réelles


positives ou nulles
3.1.1 Définition
1) Définition de l’intégrabilité pour une fonction à valeurs réelles
positives ou nulles

Définition 1
M ne doit pas dépendre de J . Soit f ∈ CM(I,R) telle que f  0. On dit que f est intégrable (ou : sommable)
sur I si et seulement s'il existe un élément M de R+ tel que, pour tout segment J

Rappel de définition : un segment inclus dans I : f  M.
(de R) est, par définition, un intervalle J
fermé borné [α; β] , où (α,β) ∈ R2 ,
α  β. Remarque : Si I est un segment, I = [α; β], et si f ∈ CM(I,R) est  0 , alors f est intégrable
sur I car, pour tout segment J inclus dans I :
  β
f  f.
J α

Avec les notations précédentes, si f ∈ CM(I,R) est  0 et intégrable sur I, alors l'ensemble

des f (lorsque J décrit l'ensemble des segments inclus dans I) est une partie non vide et
J
majorée de R, donc admet une borne supérieure dans R .
D'où la Définition suivante :

Définition 2
Soit f ∈ CM(I,R) ,  0 et intégrable.
 
On appelle intégrale de f sur I , et on note f, la borne supérieure des f lorsque
I J
J décrit l'ensemble des segments inclus dans I .

Remarques :

1) Avec les hypothèses et notations de la Définition 2 : f  0.
I
lgèb
re Monie
r
Cas particulier d’une fonction continue 2) Si I est un segment [α; β], alors toute application f de CM(I,R),  0 , est intégrable sur I
  β
ni er A
Mo éom é

par morceaux (et  0 ) sur un segment.


bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

et : f = f. De plus, f est alors intégrable sur les quatre intervalles [α; β],
tr i e
Géomé

I α
]α; β], [α; β[, ]α; β[, et les quatre intégrales de f sur ces intervalles sont égales.

154
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles

3) On convient que, si I est un singleton, alors toute application f : I −→ R ,  0 est dite



intégrable sur I et que : f = 0.
I
4) On peut convenir que, si I est vide, l'application vide f : I −→ R est  0 et intégrable sur

I, et que : f = 0.
I

2) Cas où l’intégrale est nulle

Proposition 1
 
 f : I −→ R est continue et  0 

 
L’hypothèse de continuité est ici Si f est intégrable sur I  , alors f = 0.
 
fondamentale ; l’hypothèse « f est  
continue par morceaux » ne suffit pas. 
 
f =0 
I

Preuve
Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie
r

éom é
x0 I Soit x0 ∈ I. Il existe un segment J, non vide et non réduit à un point, tel que x0 ∈ J ⊂ I .
] ]   
bre G

] ]
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

J On a alors : 0  f  f = 0, donc f = 0.
tr i e
Géomé

J I J
D'après Analyse MPSI, 6.2.5 Cor. 4, on déduit : ∀x ∈ J, f (x) = 0,
et en particulier : f (x0 ) = 0.
On a montré : ∀x0 ∈ I, f (x0 ) = 0, c'est-à-dire : f = 0. 䊏

Corollaire
 
 f : I −→ R est continue 

 2 
1) Si f (= f · f ) est intégrable sur I  , alors f = 0.
 

 
 f2 = 0 
I
 
 f : I −→ C est continue 

 
2) Si | f | est intégrable sur I  , alors f = 0.
 

 
 |f| = 0 
I

3) Utilisation d’une suite exhaustive de segments

Proposition 2
Ici, (Jn )n∈N∗ est croissante signifie : Soit f ∈ CM(I,R) ,  0. Les propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
∀n ∈ N∗ , Jn ⊂ Jn+1 .
(i) f est intégrable sur I
(ii) Il existe M ∈ R+ tel que, pour toute suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont

la réunion est égale à I : ∀n ∈ N∗ , f M
Jn
Pour abréger, on peut appeler suite (iii) Il existe M ∈ R+ et une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion
exhaustive de segments de I toute suite 

croissante (Jn )n∈N∗ de segments de I est égale à I tels que : ∀n ∈ N , f  M.
dont la réunion est égale à I . Jn
De plus, si (i), (ii) ou (iii) est satisfaite, on a, pour toute suite croissante (Jn )n∈N∗ de
segments dont la réunion est égale à I :
  
f = Sup f = lim f.
I n∈N∗ Jn n∞ Jn

155
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Preuve
1) (i) ⇒ (ii) :
Supposons f intégrable sur I et soit (Jn )n∈N∗ une suite exhaustive de segments de I.
 
D'après les Définitions 1 et 2, on a : ∀n ∈ N∗ , f  f.
Jn I

Le réel M = f convient.
I
(ii) ⇒ (iii) :
Il suffit de remarquer qu'il existe au moins une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion soit
égale à I, en examinant les types d'intervalles possibles pour I. Par exemple, pour (a,b) ∈ R2 tel que
a<b:
 b−a


]a; b] = a+ ; b , [a; +∞[= [a; a + n].
n∈N∗
n n∈N∗

(iii) ⇒ (i) :
Supposons qu'il existe M ∈ R+ et une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale

à I, tels que : ∀n ∈ N∗ , f  M.
Jn

Soit J = [α; β] un segment inclus dans I. Comme Jn = I, il existe (n 1 ,n 2 ) ∈ (N∗ )2 tel que
n∈N∗
α ∈ Jn 1 et β ∈ Jn 2 . En notant n 0 = Max(n 1 ,n 2 ), puisque (Jn )n∈N∗ est croissante, on a : α ∈ Jn 0 , et
 
β ∈ Jn 0 d'où J = [α; β] ⊂ Jn 0 , puis, comme f  0 : f  f  M.
J Jn 0

Ainsi, pour tout segment J inclus dans I : f  M. Ceci montre que f est intégrable sur I.
J
2) Supposons (i), (ii) ou (iii) satisfaite, et soit (Jn )n∈N∗ une suite croissante de segments dont la réunion
est égale à I.

• La suite réelle f est croissante (puisque (Jn )n∈N∗ est croissante et f  0) , majorée par
Jn n∈N∗

f, donc converge vers un réel noté M0 , et :
I   
Sup f = lim f = M0  f.
n∈N∗ Jn n∞ Jn I

• On a vu, dans la preuve de (iii) ⇒ (i) que, pour tout segment J inclus dans I, il existe n 0 ∈ N∗ tel que
 
J ⊂ Jn 0, et donc f  f  M0 . En passant à la borne supérieure lorsque J décrit l'ensemble des
J Jn 0

segments inclus dans I, on déduit : f  M0 .
I

Finalement : M0 = f. 䊏
I

3.1.2 Propriétés algébriques


1) Addition et loi externe

Proposition 1
Soient λ ∈ R+ , f,g ∈ CM(I,R) et  0.
Si f et g sont intégrables sur I , alors λ f + g est intégrable sur I et :
  
Attention :pour écrire cette égalité,il faut
d’abord s’assurer que f et g sont (λ f + g) = λ f + g.
intégrables sur I . I I I

156
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles

Preuve
• L'application λ f + g est continue par morceaux et  0 .
• Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I. On a :
    
∀n ∈ N∗ , (λ f + g) = λ f + gλ f + g,
Jn Jn Jn I I

donc (cf. 3.1.1 Prop. 2 p. 155), λ f + g est intégrable.


   
De plus, comme f −−−→ f et g −−−→ g, on a :
Jn n∞ I Jn n∞ I
    
(λ f + g) = λ f + g −−−→ λ f + g,
Jn Jn Jn n∞ I I
  
donc : (λ f + g) = λ f + g. 䊏
I I I

2) Théorème de majoration

Proposition 2 Théorème de majoration


Théorème très utile en pratique. Soient f,g ∈ CM(I,R).
  
0 f g 
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G

 , alors f est intégrable sur I et


r Algè

Si f  g.
n ie
Mo
onier

L’intégrabilité de g entraîne celle de f.


étr ie M
éom
G

onier
èbre M

I
r Alg
n ie
Mo

g est intégrable sur


tr i e

I I
Géomé

Preuve
Supposons 0  f  g et g intégrable sur I.
Pour tout segment J inclus dans I :
  
f  g g.
J J I
  
D'après 3.1.1 Définitions 1 et 2, f est intégrable sur I et : f = Sup f  g. 䊏
Exercices 3.1.3. I J J I

3) Intégrabilté sur un sous-intervalle

Définition
On dit aussi que I ′ est un sous intervalle Soient f ∈ CM(I,R) ,  0, I ′ un intervalle tel que I ′ ⊂ I.
de I .
• On dit que f est intégrable sur I ′ si et seulement si la restriction f | I ′ est intégrable
sur I ′ .  

• Si f est intégrable sur I , on note f au lieu de f |I ′ .
I′ I′

Proposition 3
Soient f ∈ CM(I,R) ,  0, I ′ un intervalle tel que I ′ ⊂ I. Si f est intégrable sur I ,
 
alors f est intégrable sur I ′ et : f  f.
I′ I

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Preuve
bre G
r Algè

Supposons f intégrable sur I. Pour tout segment J ′ inclus dans I ′ (donc inclus dans I), on a :
n ie
Mo

J′ ⊂ I′ ⊂ I.
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

 
Mo

tr i e
Géomé

f  f.
J′ I  
Ceci montre (cf. 3.1.1 Déf. 1 et 2) que f est intégrable sur I ′ et : f  f. 䊏
I′ I
157
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Proposition 4
Soient f ∈ CM(I,R) ,  0, a ∈ I.
1) f est intégrable sur I si et seulement si f est intégrable sur ] − ∞; a] ∩ I et sur
I ∩ [a; +∞[.
2) De plus, si f est intégrable sur I , alors :
  
f = f + f.
I ]−∞;a]∩I I ∩[a;+∞[

Preuve
re Monie
r

I ⺢
• Si f est intégrable sur I, alors, d'après la Proposition précédente, f est intégrable sur ] − ∞; a] ∩ I et
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier

a
Mo

Géomé
tr i e

sur I ∩ [a; +∞[.


• Réciproquement, supposons f intégrable sur ] − ∞; a] ∩ I et sur I ∩ [a; +∞[. Il existe une suite

croissante (Jn )n∈N∗ de segments telles que : Jn = I et (∀n ∈ N∗ , a ∈ Jn ).
n∈N∗
Notons, pour n ∈ N∗ : Jn′ =] − ∞; a] ∩ Jn , Jn′′ = Jn ∩ [a; +∞[ . Il est clair que (Jn′ )n∈N∗ et
Jn (Jn′′ )n∈N∗ sont des suites croissantes de segments telles que :
 
J'n Jn′ =] − ∞; a] ∩ I, Jn′′ = I ∩ [a; +∞[.
n∈N∗ n∈N∗
  
J"n 
 f = Sup f = lim f

 n∞
]−∞;a ]∩I n∈N∗ Jn′ Jn′
D'après 3.1.1 Prop. 2 p. 155 :   



 f = Sup f = lim f.
I ∩[a;+∞[ n∈N∗ Jn′′ n∞ Jn′′
Il en résulte, d'après la relation de Chasles (2.3.4 3) Prop. 2 p. 134) :
    
∀n ∈ N∗ , f = f + f  f + f,
Jn Jn′ Jn′′ ]−∞;a ]∩I I ∩[a;+∞[

et donc (3.1.1, Déf. 1 et 2 p. 154), f est intégrable sur I et :


     
f = lim f = lim f + lim f = f + f. 䊏
I n∞ Jn n∞ Jn′ n∞ Jn′′ ]−∞;a ]∩I I ∩[a;+∞[

3.1.3 Intégrabilité sur un intervalle semi-ouvert


1) Étude théorique

r
Proposition 1
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM([a; b[,R),  0. Notons


Mo

On a ainsi : −∞ < a < b


onier

 +∞ .
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

F : [a; b[−→ R l'application définie par :


 X
∀X ∈ [a; b[, F(X) = f.
a
F est une primitive de f sur [a; b[; F Les trois propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
est la primitive de f sur [a; b[ telle que
F(a) = 0 . (i) f est intégrable sur [a; b[
(ii) F est majorée sur [a; b[
(iii) F admet une limite finie en b.
De plus, si l'une de ces trois propriétés est vérifiée, alors :
  X  X
f = Sup f = lim f.
[a;b[ X∈[a;b[ a X→b a
  b  b
L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
[a;b[ a a

158
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles

Preuve
1) (i) ⇒ (ii) :
Supposons f intégrable sur [a; b[. Pour tout X de [a; b[, comme [a; X] est un segment inclus dans
 X   
[a; b[, on a : F(X) = f = f  f, ce qui montre que F est majorée (par f ).
a [a;X ] [a;b[ [a;b[

(ii) ⇒ (iii) :
Supposons F majorée sur [a; b[. Comme F est croissante (puisque f  0) , il en résulte que F admet
une limite finie en b.
(iii) ⇒ (i) :
Supposons que F admette une limite finie L en b. Comme F est croissante (puisque f  0) , on a :
 X
∀X ∈ [a; b[, f = F(X)  L .
a

Soit J un segment inclus dans [a; b[ ; en notant X l'extrémité droite de J, on a :


  X
f  f = F(X)  L.
J a

Ainsi (cf. 3.1.1 Déf. 1 et 2 p. 154), f est intégrable sur [a; b[, et f  L.
[a;b[

2) Enfin, sous l'une des hypothèses (i), (ii), (iii), F admet une limite finie L en b.
 
D'une part : L  f, car : ∀X ∈ [a; b[ , F(X)  f.
[a;b[ [a;b[

D'autre part, on a vu : f  L.
[a;b[

Donc : f = L. 䊏
[a;b[
Exercices 3.1.4, 3.1.5.

Corollaire
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G

Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × R tel que a < b, f ∈ CM(]a; b],R),  0. Notons


r Algè
n ie
Mo

On a ainsi : −∞  a < b < +∞ .


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

F : ]a; b] −→ R l'application définie par :


 b
∀X ∈]a; b], F(X) = f.
X

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On étudie ici l’intégrabilité de f sur Les trois propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
l’intervalle ]a; b] ,ouvert en a. Dans la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier

(i) f est intégrable sur ]a; b]


èbre M
r Alg
n ie
Mo

Proposition 1, l’étude se faisait sur


tr i e
Géomé

[a; b[ , ouvert en b.
(ii) F est majorée sur ]a; b]
(iii) F admet une limite finie en a.
De plus, si l'une de ces trois propriétés est vérifiée, alors :
  b  b
f = Sup f = lim f.
]a;b] X∈]a;b] X X→a X
  b  b
L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
]a;b] a a

Preuve
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Graphiquement, on effectue une Il suffit d'appliquer la Proposition précédente à la fonction [a; b[−→ R si a ∈ R ,
symétrie par rapport à une droite x
−→ f (a+b−x)
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

parallèle à l’axe des ordonnées. à [−b; +∞[−→ R si a = −∞ . 䊏


x
−→ f (−x)

159
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Exemples :
Ces deux exemples sont importants et 1) Pour tout α de R , l'application x
−→ eαx est intégrable sur [0; +∞[ si et seulement si
d’usage fréquent. α < 0 , puisque :
 X 1
(eα X − 1) si α = 0
∀X ∈ [0; +∞[, eαx dx = α .
0
X si α = 0
De plus, pour tout α de R∗− :
 +∞
1 αX 1
eαx dx = lim (e − 1) = .
0 X→+∞ α −α

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On envisage ici x
−→ −lnx ,car pour 2) L'application x
−→ −ln x est intégrable sur ]0; 1], car :
tout x ∈]0; 1] , on a ln x  0 .
n ie


Mo
onier

 1
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e



 ∀X ∈]0; 1], −ln x dx = [x − x ln x]1X = 1 − X + X ln X
X


 1 − X + X ln X −−−→
+
1.
X→0
 1
De plus : −ln x dx = 1.
0
Exercice 3.1.1 d).

2) Exemples de Riemann

Théorème 1 Exemple de Riemann en +∞


1
Les deux exemples de Riemann (Th.1 et Pour tout α de R, x
−→ α est intégrable sur [1; +∞[ si et seulement si α > 1.
Th.2) sont des résultats très importants x
du cours d’analyse,d’usage très fréquent.

Preuve
 X
1
Calculons, pour tout X de [2; +∞[, dx.
xα 1
 X −α+1
X
1 x X −α+1 − 1
• Si α = 1 : dx = = .
1 xα −α + 1 1 −α + 1
X −α+1 − 1 1 1
1) Si α > 1 : −−−→ , donc x
−→ α est intégrable sur [1; +∞[,
−α + 1 X→+∞ α − 1 x
 +∞
1 1
et : dx = .
1 xα α−1
X −α+1 − 1 1
2) Si α < 1 : −−−→ + ∞, donc x
−→ α n'est pas intégrable sur [1; +∞[.
−α + 1 X→+∞ x
 X 1 1
• Si α = 1 : dx = ln X −−−→ + ∞ , donc x
−→ n'est pas intégrable sur [1; +∞[.䊏
1 x X→+∞ x
Exercices 3.1.1 b), c).

Théorème 2 Exemple de Riemann en 0


1
Attention à ne pas confondre les deux Pour tout α de R, x
−→ est intégrable sur ]0; 1] si et seulement si α < 1.
conditions correspondant aux deux xα
exemples de Riemann, en 0, en +∞ .
Preuve
1ère méthode : adapter la preuve du Théorème précédent.
1
2ème méthode : par le changement de variable u = :
x
 1  1
1 X 1
∀X ∈]0; 1], dx = du,
X x α
1 u −α+2

1
et −α+2
du existe si et seulement si −α + 2 > 1, c'est-à-dire α < 1 . 䊏
[1;+∞[ u
160
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles

Exemple :
sin2 x
L'application x
−→ est intégrable sur [1; +∞[ car :
x2
sin2 x 1
• ∀x ∈ [1; +∞[, 0  2
x2 x
1
• x
−→ est intégrable sur [1; +∞[.
x2
Exercice 3.1.1 a).
L'utilisation du changement de variable u = x − a permet de montrer le Corollaire suivant, dont
le résultat généralise celui du Théorème précédent :

Corollaire Exemple de Riemann en a, a ∈ R


1
Pour tout (a,c,α) de R3 tel que a = c, l'application x
−→ est intégrable
|x − a|α
sur ]a; c] (ou [c; a[) si et seulement si α < 1.
Exercice 3.1.2.
3)Théorème d’équivalence

Proposition 2 Théorème d'équivalence


Théorème très utile en pratique. Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f,g ∈ CM([a; b[,R) .
On suppose : f  0, g  0, f ∼ g.
b
Alors : f est intégrable sur [a; b[ si et seulement si g l'est.

Preuve
Puisque f ∼ g , il existe c ∈ [a; b[ tel que :
b
1 1 1
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie

éom é
r

− g(x)  f (x)−g(x)  g(x) . ∀x ∈ [c; b[, | f (x) − g(x)|  g(x),


2
bre G
r Algè
n ie
Mo

2 2
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

1 3
tr i e
Géomé

et donc : ∀x ∈ [c; b[ , g(x)  f (x)  g(x) .


2 2
• Si f est intégrable sur [a; b[, alors f est intégrable sur [c; b[ et, comme :
∀x ∈ [c; b[, 0  g(x)  2 f (x),
g est intégrable sur [c; b[, donc sur [a; b[.
•Si g est intégrable sur [a; b[, alors g est intégrable sur [c; b[, et comme :
3
∀x ∈ [c; b[, 0  f (x)  g(x),
2
f est intégrable sur [c; b[, donc sur [a; b[. 䊏

4) Règles x α f (x)

Proposition 3 Règle « x α f (x) » en +∞


Propriété très utile en pratique, mais ne Soient a ∈ R∗+ , f ∈ CM([a; +∞[,R),  0.
figurant pas explicitement au
programme. En pratique, on détaillera, 1) S'il existe α ∈]1; +∞[ tel que x α f (x) −−−−→ 0, alors f est intégrable sur
x−→+∞
comme dans la Preuve ci-après. [a; +∞[.
2) S'il existe α ∈] − ∞; 1] tel que x α f (x) −−−→ + ∞ , alors f n'est pas
x→+∞
intégrable sur [a; +∞[.

Preuve
1) Il existe c ∈ [a; +∞[ tel que : ∀x ∈ [c; +∞[, 0  x α f (x)  1,
1
d'où : ∀x ∈ [c; +∞[, 0  f (x)  α .
x
161
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

On conclut par le théorème de domination (3.1.2 2) Prop. 2 p. 157) et l'exemple de Riemann en +∞,
puisque α > 1 .
2) Il existe c ∈ [a; +∞[ tel que : ∀x ∈ [c; +∞[, x α f (x)  1,
1
d'où : ∀x ∈ [c; +∞[, f (x)  α .
x
On conclut par la contraposée du théorème de domination et l'exemple de Riemann en +∞, puisque
α  1. 䊏
Exercice 3.1.1 e).
1
Remarque : L'application de la règle « x α f (x)» (en +∞) revient à comparer f (x) et (au

voisinage de +∞), pour un α à choisir convenablement. Certaines fonctions f échappent à
cette comparaison, et la règle « x α f (x)» (en +∞) ne permet pas d'étudier l'intégrabilité de
f sur [a; +∞[. Par exemple, pour f : [2; +∞[−→ R , on a :
1
x
−→ x ln x


 ∀α ∈]1; +∞[, x α f (x) −−−→ + ∞
x→+∞

 ∀α ∈] − ∞; 1], x α f (x) −−−→ 0,
x→+∞

et donc la règle «x α f (x)» ne s'applique pas.


Pour cet exemple, voir ci-après l'exemple de Bertrand.
Proposition 4 Règle «(x − a)α f (x)» en a +
Propriété très utile en pratique. Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, f ∈ CM(]a; b]; R),  0.
1) S'il existe α ∈] − ∞; 1[ tel que (x − a)α f (x) −−→ 0 , alors f est intégrable sur
]a; b]. x→a +

2) S'il existe α ∈ [1; +∞[ tel que (x − a)α f (x) −−→ + ∞, alors f n'est pas inté-
grable sur ]a; b]. x→a +

Preuve
Analogue à celle de la Proposition 3.
1
On peut aussi se ramener à la Proposition 1 par le changement de variable u = . 䊏
x −a
Exemple :
L'application f : x
−→ −ln x est intégrable sur ]0; 1] car f est continue, f  0, et
1
x 2 f (x) −−−→ 0. Cf. aussi Exemple 2) p. 160.
x→0+

5) Exemple de Bertrand en +∞ (hors programme)

L’exemple de Bertrand, bien qu’étant Pour (α,β) ∈ R2 , étudions l'intégrabilité de f α,β : [2; +∞[−→ R définie par :
hors programme, est d’une utilisation 1
bien commode.En pratique,on détaillera ∀x ∈ [2; +∞[, f α,β (x) = α .
comme dans la Preuve ci-contre
x (ln x)β
1+α 1−α
• Si α > 1 , en notant γ = > 1, on a : x γ f α,β (x) = x 2 (ln x)−β −−−→ 0,
2 x→+∞
et donc f α,β est intégrable sur [2; +∞[.
• Si α < 1 , on a : x f α,β (x) = x 1−α (ln x)−β −−−→ + ∞,
x→+∞
et donc f α,β n'est pas intégrable sur [2; +∞[.
• Si α = 1 , effectuons le changement de variable u = ln x :
 X  ln X
1 1
∀X ∈ [2; +∞[, dx = du.
2 x(ln x)β
ln 2 uβ
1
Donc f α,β est intégrable sur [2; +∞[ si et seulement si u
−→ β est intégrable sur [ln 2; +∞[,
u
c'est-à-dire si et seulement si β > 1 .


 α>1
Finalement : f α,β est intégrable sur [2; +∞[ si et seulement si :  ou .
 (α = 1 et β > 1)

162
3.1 • Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles

Exercice-type résolu

Exemple de calcul d'une intégrale sur un intervalle quelconque


 +∞
Arctan x
Existence et calcul de I = dx.
1 x4

Solution Conseils
1) Existence Commencer par s'assurer de l'existence
Arctan x de I.
• L'application f : x
→ est continue sur [1 ; +∞[.
x4
π π
On a f (x) ∼ > 0 et 4 > 1, donc, d'après l'exemple de Riemann en +∞ Arctan x → = 0 donc
x −→ +∞ 2x 4 x→+∞ 2
π
et le théorème d'équivalence pour des fonctions  0, f est intégrable sur [1 ; +∞[. Arctan x ∼ .
x→+∞ 2
Ceci montre que I existe.
2) Calcul La présence du facteur Arctan x, dont la
dérivée est simple, incite à envisager une
Soit X ∈ [1 ; +∞[. On a, par une intégration par parties :
intégration par parties. Celle-ci ne doit
 X −3
X  X −3
Arctan x x x 1 pas être effectuée directement sur
dx = Arctan x − dx [1; +∞[, mais sur [1; X], puis on fait
1 x 4 −3 1 1 −3 1 + x2
tendre X vers +∞.
 X

X −3 1 π 1 1  1
Arctan X + dx.   u′ =
=− + u = Arctan x   1 + x2
3 3 4 3 1 x 3 (1 + x 2 )

 x −3
1 1 v ′ = x −4 
v = .
L'application g : x
−→ est continue sur [1 ; +∞[, g(x) ∼ >0 −3
x 3 (1 + x 2 ) x −→ +∞ x 5
et 5 > 1, donc, d'après l'exemple de Riemann en +∞ et le théorème d'équivalence
pour des fonctions  0, g est intégrable sur [1 ; +∞[. Ceci montre que
 +∞
1
J= dx existe.
1 x (1 + x 2 )
3

π 1
On déduit, en faisant tendre X vers +∞ : I = + J.
12 3
Calculons maintenant J. On a : Changement de variable :
 +∞ 
1 1 +∞ 1 y = x 2 , dy = 2x dx.
J= dx = dy.
1
3
x (1 + x )2 2 1 2
y (1 + y)
1
On décompose la fraction rationnelle en éléments simples réels.
X2 (X + 1)
Il existe a,b,c ∈ R tels que :
1 a b c Méthode de multiplication et remplace-
= 2 + + .
X2 (1 + X) X X 1+X ment, pour calculer a,b,c.
En multipliant par X2 , puis en remplaçant X par 0, on obtient : a = 1.
En multipliant par X + 1 , puis en remplaçant X par −1, on obtient : c = 1.
En multipliant par X, puis en faisant tendre X vers +∞, on obtient b + c = 0,
d'où b = −c = −1.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

On déduit :
1 1 1 1
= 2 − + , Attention à ne pas décomposer cette
X 2 (1 + X) X X X+1 intégrale en somme de trois intégrales
d'où : dont certaines n'existent pas, par

+∞  +∞
1 +∞
1 1 1 1 1 1
J= − + dy = − − ln y + ln (y + 1) exemple dy.
2 y2 y y+1 2 y 1 y
1 1

+∞ On groupe les deux logarithmes, à cause
1 1 1+y 1 1 − ln 2 de leur comportement lorsque y → +∞.
= − + ln = − (−1 + ln 2) = .
2 y y 1 2 2
On conclut :
π 1 − ln 2 π + 2 − 2 ln 2 Contrôle : puisque f  0, on doit avoir
I = + = ≃ 0,312 942...
12 6 12 I  0.
163
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Les méthodes à retenir


Fonctions intégrables à valeurs réelles positives ou nulles
• Pour étudier l’intégrabilité d’une application f : I → R continue par morceaux sur un intervalle I de R (tel
que I ne soit pas un segment) et à valeurs positives ou nulles (ex. 3.1.1), on essaie d’appliquer :
– les théorèmes de comparaison : théorème de domination (§ 3.1.2), Prop.2), théorème d’équivalence (§ 3.1.3
Prop.2)
– la comparaison à l’exemple de Riemann, c’est-à-dire les règles « x α f (x) » en +∞ (§ 3.1.3 Th.1) et
«(x − a)α f (x) » en a + (§ 3.1.3 Th.2 et Cor.).
• Pour montrer l’intégrabilité d’une fonction « abstraite » f, continue par morceaux sur un intervalle I et à
valeurs réelles  0, on pourra :
– soit travailler sur f en essayant d’appliquer le théorème de domination (ex. 3.1.3)
 X
– soit travailler sur des « intégrales partielles » de f, par exemple f si I = [a; +∞[ (ex. 3.1.4).
a
• Pour étudier des sommes de Riemann sur un intervalle qui n’est pas un segment, on pourra envisager l’exer-
cice 3.1.5, qui étend au cas des applications de [0; 1] dans R continues, positives, décroissantes et intégrables, le
théorème sur les sommes de Riemann vu dans le § 2.3.5.

Exercices
3.1.1 Etudier l'intégrabilité des applications suivantes (à 3.1.3 a) Montrer :
valeurs dans R+ ), pour lesquelles on donne f (x) et αβ 2αβ
∀(α,β) ∈ (R∗+ )2 ,  Inf(α,β) 
l'intervalle : α+β α+β
ln (1 + x) b) En déduire que, si f,g : [0; +∞[−→ R sont continues
a) , [1 ; +∞[
 x et > 0 , alors Inf( f,g) est intégrable sur [0; +∞[ si et
3
b) x 3 + 1 − x, [0 ; +∞[ fg
seulement si l'est.
1 1 2 f +g
c) ln 1 + √ + , [1 ; +∞[
x x
3.1.4 Critère d'Ermakoff
d) ( ln x)− ln x , [e ; +∞[ Soient a ∈ R , f : [a; +∞[−→ R continue, telle que
1
e) √ , [0 ; 1[. f  0, g : [a; +∞[−→ R de classe C 1 , telle qu'il existe
1 − x4 λ > 0 tel que : ∀x ∈ [a; +∞[, g(x)  x + λ.
3.1.2 Soit C le C -espace vectoriel des applications a) On suppose qu'il existe k ∈ [0; 1[ tel que :
continues de [−1; 1] dans C . ∀x ∈ [a; +∞[, f (g(x))g ′ (x)  k f (x).
a) Montrer que, pour toute f de C, les applications Montrer que f est intégrable sur [a; +∞[.
| f (t)| | f (t)| b) On suppose qu'il existe k ∈]1; +∞[ tel que :
t
−→ √ et t
−→ √ sont respectivement inté-
1−t 1+t ∀x ∈ [a; +∞[, f (g(x))g ′ (x)  k f (x).
grables sur [−1; 1[ et ] − 1; 1] et que les applications Montrer que f n'est pas intégrable sur [a; +∞[.
 1
| f (t)|
N ,N ′ : C −→ R définies par N( f ) = √ dt , 3.1.5 a) Soit f : ]0; 1] −→ R+ continue, décroissante,
−1 1−t
 1 intégrable sur ]0; 1].
| f (t)| n  1
N ′( f ) = √ dt sont des normes sur C. 1 k
−1 1+t Montrer : lim f = f.
n∞ n n 0
k=1
b) N et N ′ sont-elles équivalentes?
b) Application. Calculer les limites :
c) L'application T : (C,N ) −→ (C,N ) est-elle continue  n1
1 n

f
−→ fˇ (n!) n n
α) lim β) lim 1+ .
(où : ∀t ∈ [−1; 1], fˇ(t) = f (−t)) ?
n∞ n n∞
k=1
k

164
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

3.2 Fonctions intégrables


à valeurs réelles ou complexes
3.2.1 Généralités
1) Définition de l’intégrabilité

Définition 1

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Il est clair que cette Définition prolonge Soit f ∈ CM(I,K). On dit que f est intégrable sur I si et seulement si | f | (qui est
celle de 3.1.1 p. 154. continue par morceaux et  0) est intégrable sur I .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

La lettre L est ici utilisée en l’honneur du On peut noter L1 (I,K) l'ensemble des applications continues par morceaux de I
mathématicien Henri Lebesgue,créateur dans K et intégrables sur I .
de la théorie de la mesure,aboutissement
de la notion d’intégrale.
Remarque : Si I est un segment, alors CM(I,K) = L1 (I,K), cf. 3.1.1 Rem. p. 154.

Exemples :
eix 1
1) f : x
−→ est intégrable sur [1; +∞[, puisque | f | : x
−→ 2 l'est.
x2 x
eix 1
2) g : x
−→ n'est pas intégrable sur [1; +∞[, puisque |g| : x
−→ ne l'est pas.
x x

2) Propriétés

Proposition 1
Soient f ∈ CM(I,K), ϕ ∈ CM(I,R).
Si | f |  ϕ et si ϕ est intégrable sur I , alors f est intégrable sur I .

Preuve
Il suffit d'appliquer le théorème de domination (3.1.2 2) Prop. 2 p. 157). 䊏

Corollaire
 
f ∈ CM(I,K) 

Si I est borné  , alors f est intégrable sur I .

f est bornée

Preuve
L'application constante ϕ : x
−→ || f ||∞ est intégrable (puisque I est borné), et | f |  ϕ. 䊏

Exemple :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


1
L’application f : ]0; 1] → R , x
→ sin est intégrable sur ]0; 1], car ]0; 1] est borné et
f est continue par morceaux et bornée. x

Proposition 2
Soient λ ∈ K , f,g ∈ CM(I,K) .
Si f et g sont intégrables sur I , alors λ f + g est intégrable sur I .

Preuve
Comme |λ f + g|  |λ| | f | + |g| et que | f | et |g| sont intégrables sur I, |λ f + g| est intégrable sur I
(théorème de domination, 3.1.2 2) Prop. 2 p. 157), et donc λ f + g est intégrable sur I. 䊏

165
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Corollaire
Rappelons (cf.Analyse MPSI,4.1.2 Déf.3) L1 (I,K) est un K -ev pour les lois usuelles.
que f + et f − sont les applications de
I dans R définies par :
3) Cas des fonctions à valeurs réelles
∀x ∈ I,
  
 f + (x) = Sup f (x),0 Proposition 3
 
 f − (x) = Sup − f (x),0 Soit f ∈ CM(I,R) ; f est intégrable sur I si et seulement si f + et f − le sont.
et que l'on a : f = f + − f − et
|f| = f+ + f −. Preuve
De plus, f étant continue par morceaux, 1) Si f est intégrable sur I, alors (par définition) | f | l'est ; comme 0  f +  | f | et 0  f −  | f | , le
f + et f − le sont aussi.
théorème de domination (3.1.2 2) Prop. 2 p. 157) montre que f + et f − le sont aussi.
2) Réciproquement, si f + et f − sont intégrables sur I, alors f l'est aussi, puisque f = f + − f − (cf.
Prop. 2). 䊏

Définition-Notation 2
Il est clair que cette Définition prolonge Soit f ∈ CM(I,R) . Si f est intégrable sur I , on appelle intégrale de f sur I , et on

r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

celle de 3.1.1 p. 154.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

note f, le réel :
tr i e
Géomé

I   
f = f+ − f −.
I I I

Si I est un singleton, alors toute application f : I −→ R est intégrable et : f = 0.
I

4) Cas des fonctions à valeurs complexes

Proposition 4
Soit f ∈ CM(I,C) ; f est intégrable sur I si et seulement si Ré f et Im f le sont.

Preuve
Remarquons d'abord que, f étant continue par morceaux, Ré f et Im f le sont aussi.
1) Supposons f intégrable sur I. Comme |Ré f |  | f | et |Im f |  | f |, le théorème de domination
(3.1.2 2) Prop. 2 p. 157) montre que |Ré f | et |Im f | sont intégrables sur I, donc (par définition) Ré f
et Im f sont intégrables sur I.
2) Réciproquement, si Ré f et Im f sont intégrables sur I, comme f = Ré f + i Im f , f est intégrable
sur I (cf. Prop. 2 p. 157).

Définition-Notation 3
re Monie
r
Lorsque I est un segment, I = [a; b] , Soit f ∈ CM(I,C) . Si f est intégrable sur I , on appelle intégrale de f sur I et on

lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

on a
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

  b note f, le complexe : 
tr i e
Géomé

f = f. I
 
I a
f = Ré f + i Im f.
La notion d’intégrale pour une fonction I I I
intégrable
f : I −→ C 
prolonge donc celle d’intégrale d’une Si I est un singleton, alors toute application f : I −→ C est intégrable et : f = 0.
application continue par morceaux sur I
un segment.
Il est clair que cette Définition prolonge Remarque : Si I est un segment, I = [α; β], alors toute application f de CM(I,C) est inté-
  β
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

celle vue auparavant, dans Déf - Not. 2.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

grable sur I et : f = f. De plus, f est alors intégrable sur les quatre intervalles [α; β],
n ie
Mo

tr i e
Géomé

lgèb
re Monie
r
I α
]α; β], [α; β[, ]α; β[ et les quatre intégrales de f sur ces intervalles sont égales.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

Cf. 3.1.1 Rem.2) p. 155.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

166
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

5) Utilisation d’une suite exhaustive de segments

Proposition 5
Soit f ∈ CM(I,C) , intégrable sur I .
Pour toute suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I ,
on a :  
f −−→ f.
Jn n∞ I

Preuve
• Si f est à valeurs réelles :
      
f = ( f + − f −) = f+ − f − −−−→ f+ − f− = f.
Jn Jn Jn Jn n∞ I I I

• Puis, pour f à valeurs complexes :


      
f = (Ré f + i Im f ) = Ré f + i Im f −−−→ Ré f + i Im f = f. 䊏
Jn Jn Jn Jn n∞ I I I

3.2.2 Propriétés
1) Addition et loi externe

Proposition 1 Linéarité de l'intégration


Attention :pour écrire cette égalité,il faut Soient λ ∈ C , f,g ∈ CM(I,C) intégrables sur I . Alors λ f + g est intégrable sur I
d’abord s’assurer que f et g sont et :
intégrables sur I .   
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Ce résultat prolonge celui de 3.1.2 1) (λ f + g) = λ f + g.
I I I
bre G
r Algè

Prop. 1 p. 156.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Preuve
D'après 3.2.1 Prop. 2 p. 165, λ f + g est intégrable sur I. Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de seg-
ments dont la réunion est égale à I. D'après 1) Prop. 5 p. 193 :
 

 (λ f + g) −−−→ (λ f + g)
 n∞
Jn I
   


λ f + g −−−→ λ f + g.
Jn Jn n∞ I I

lgèb
re Monie
r
  
Comme : ∀n ∈ N∗ ,
ni er A

(λ f + g) = λ f + g,
Mo éom é
bre G

Cf. Analyse MPSI, 6.3 Prop. 1.


r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

Jn Jn Jn
  
on en déduit, en passant à la limite quand n tend vers +∞ : (λ f + g) = λ f + g. 䊏
I I I

2) Conjugaison

Proposition 2
Rappelons que, par définition : Soit f ∈ CM(I,C) .
f : I −→ C
1) f est intégrable sur I si et seulement si f l'est.
t
−→ f (t) .  
2) Si f est intégrable sur I , alors f = f.
I I

167
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Preuve :

Ré f int. sur I 
1) (f int. sur I) ⇐⇒ ⇐⇒ ( f int. sur I).
Im f int. sur I
      
2) f = (Ré f − i Im f ) = Ré f − i Im f = Ré f + i Im f = f. 䊏
I I I I I I I

3) Inégalités

Proposition 3 Croissance de l'intégration


 
Dans la Prop. 3, f et g sont à valeurs Soient f,g ∈ CM(I,R), intégrables sur I . Si f  g, alors f  g.
réelles. I I

Preuve
Supposons f et g continues et intégrables sur I et f  g .
Alors g − f  0 et g − f est intégrable sur I (cf. 3.2.1 Prop. 2 p. 165). D'après 3.1.1 Rem. 1) p. 154,
on a :

(g − f )  0.
I
Alors, en utilisant la Proposition 1 :
    
g− f = (g − f )  0, donc f  g. 䊏
I I I I I

Proposition 4
Rappelons que, par définition : Pour toute f ∈ CM(I,C) intégrable sur I :
| f | : I −→ R   
 
t
−→ | f (t)| .
 f   | f |.
 
I I

Preuve
Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I. D'après 3.2.1 Prop. 5
   
p. 167 : f −−−→ f et | f | −−−→ | f |.
Jn n∞ I Jn I
  
ni er A
lgèb
re Monie
r

 
 f  
Mo

Comme : ∀n ∈ N∗ ,
éom é
bre G

| f |,
r Algè
n ie
Mo

Cf. Analyse MPSI, 6.3 Prop. 2.


onier
étr ie M
éom


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Jn Jn
tr i e
Géomé

  
 
on en déduit, en passant à la limite quand n tend vers l'infini :  f   | f |. 䊏
 
I I
Exercices 3.2.1, 3.2.2.

4) Norme N1 et convergence en moyenne

Proposition 5
L'ensemble des applications continues et intégrables sur I , à valeurs dans K , est un

K -ev, et l'application N1 : f
−→ | f | est une norme sur ce K -ev.
I

Preuve

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Ainsi : Notons ici CL1 (I,K) l'ensemble des applications continues et intégrables sur I, à valeurs dans K ; il est
r Algè

clair que CL1 (I,K) est un K -sev de C(I,K) (cf. 3.2.1 Prop. 2 p. 165).
n ie

1
C(I,K) ∩ L1 (I,K) .
Mo
onier
étr ie M

CL (I,K) =
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Revoir la définition d’une norme, § 1.1.1 De plus, l'application N1 : CL1 (I,K) −→ R est une norme sur CL1 (I,K), puisque, pour tout α de K
1) Déf. p.4. f
−→ I | f |
et toutes f,g de CL1 (I,K) :
168
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes
  
1) N1 (λ f ) = |λ f | = |λ| | f | = |λ| | f | = |λ| N1 ( f )
I I I
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r

éom é
bre G

2) N1 ( f ) = 0 ⇐⇒ | f | = 0 ⇐⇒ f = 0
r Algè
n ie
Mo

Cf. 3.1.1 Cor. 2) p. 155.


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

I
tr i e
Géomé

   
3) N1 ( f + g) = | f + g|  (| f | + |g|) = |f|+ |g| = N1 ( f ) + N1 (g) . 䊏
I I I I

Définition 1
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Autrement dit : ( f n )n∈N converge en Soient ( f n )n∈N une suite dans CL1 (I,K), et f ∈ CL1 (I,K) . On dit que ( f n )n∈N
moyenne vers f si et seulement si : converge en moyenne vers f si et seulement si ( f n )n∈N converge vers f pour la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e


| f n − f | −−−→ 0.
norme N1 .
I n∞

5) Norme N2 et convergence en moyenne quadratique

Proposition 6 Inégalité de Cauchy-Schwarz


Soient f,g ∈ CM(I,K) .
Ici, f 2 désigne f · f . Si f 2 et g 2 sont intégrables sur I , alors f g est intégrable sur I et :
 2  2  
  2 2
 f g  | f g|  | f | |g| .
 
I I I I

Preuve
1
L’inégalité usuelle : ∀ (α,β) ∈ (R+ )2 , 1) En développant (| f | − |g|)2  0 , on obtient 0  | f g|  (| f |2 + |g|2 ) . Comme f 2 et g 2 sont
1 2 2
αβ  (α + β 2 ) est utile. 1 2 
2 intégrables sur I, | f | + |g|2 l'est, puis (théorème de domination 3.1.2 2) Prop. 2 p. 157), | f g| l'est,
2
lgèb
re Monie
r
et donc f g aussi.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

2) Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion égale à I. D'après l'inégalité de
n ie
Mo

Cf. 2.3.4 2) Th. 3 p. 132.


onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Cauchy-Schwarz pour les intégrales de fonctions continues par morceaux sur un segment , on a :
  
  2 2 2
∀n ∈ N , ∗  f g  |f| |g| .
Jn Jn Jn

En passant à la limite quand n tend vers l'infini on obtient le résultat voulu. 䊏

Définition 2
Soit f ∈ CM(I,K). On dit que f est de carré intégrable sur I si et seulement si | f |2
est intégrable sur I .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Proposition 7
L'ensemble des applications continues sur I et de carré intégrable sur I , à valeurs

dans K , est un K -ev, et l'application ( f,g) −

→ ( f |g) = f g est un produit sca-
I
 1
2
laire sur ce K -ev. On note N2 la norme associée : N2 ( f ) = | f |2 .
I

Preuve
Notons ici CL2 (I,K) l'ensemble des applications continues sur I et de carré intégrable sur I, à valeurs
dans K .

169
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

 2
D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz, pour tout ( f,g) de CL2 (I,K) , f g est intégrable sur I, donc
  2
l'application ϕ : ( f,g)
−→ ( f |g) = f g est correctement définie de CL2 (I,K) dans K .
I

Revoir la définition d’un produit scalaire On a, pour tout α de K et toutes f,g,h de CL2 (I,K) :
(réel ou complexe) cf. § 1.6.1, Déf. 1.   
• ϕ(g, f ) = g f = fg = f g = ϕ( f,g)
I I I
 
• ϕ( f,αg + h) = f (αg + h) = (α f g + f h)
I I
 
=α fg+ f h = αϕ( f,g) + ϕ( f,h)
I I

• ϕ( f, f ) = | f |2  0
I

• ϕ( f, f ) = 0 ⇐⇒ | f |2 = 0 ⇐⇒ f = 0 , puisque f est continue sur I.
I

Ceci montre que ϕ est un produit scalaire sur CL2 (I,K). 䊏

Définition 3
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Autrement dit : ( f n )n∈N converge en Soient ( f n )n∈N une suite dans CL2 (I,K), f ∈ CL2 (I,K) .
moyenne quadratique vers f si et
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

seulement si :

On dit que ( f n )n∈N converge en moyenne quadratique vers f si et seulement si
2
| f n − f | −−−→ 0. ( f n )n∈N converge vers f pour la norme N2 .
I n∞

Remarques :
1) On a, pour toutes f,g de CL2 (I,K) :
   
 
|( f |g)| =  f g   | f g| = | f g| = N1 ( f g)  N2 ( f )N2 (g).
I I I
er A
lgèb
re Monie
r  2
2) L'application produit scalaire ϕ : ( f,g)
−→ ( f |g) est continue sur CL2 (I,K) .
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

Cf. 1.6.2 Prop. 4 p. 82.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

6) Relation de Chasles

Proposition 8
Soient f ∈ CM(I,K) et I ′ un intervalle tel que I ′ ⊂ I. Si f est intégrable sur I , alors
f est intégrable sur I ′ .

Preuve
Schématiquement, en utilisant 3.1.2 3) Prop. 3 p. 157 :
( f int. sur I ) ⇐⇒ (| f | int. sur I ) ⇒ (| f | int. sur I ′ ) ⇐⇒ ( f int. sur I ′ ). 䊏

Proposition 9
Soient a ∈ I, I ′ =] − ∞; a] ∩ I, I ′′ = I ∩ [a; +∞[ , f ∈ CM(I,K).
1) Pour que f soit intégrable sur I , il faut et il suffit que f soit intégrable sur I ′ et sur
I ′′ .   
2) De plus, si f est intégrable sur I , alors : f = f + f.
I I′ I ′′

Preuve
1) Résulte de la Prop. 8 et de 3.1.2 3) Prop. 4 p. 157.
2) Supposons f intégrable sur I.

170
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

Il existe une suite croissante (Jn )n∈N∗ de segments dont la réunion est égale à I, telle que :
∀n ∈ N∗ , a ∈ Jn .
  
Alors : ∀n ∈ N∗ , f = f + f,
Jn ]−∞;a ]∩Jn Jn ∩[a;+∞[
     
et f −−−→ f, f −−−→ f, f −−−→ f
Jn n∞ I ]−∞;a ]∩Jn n∞ I′ Jn ∩[a;+∞[ n∞ I ′′

(car (] − ∞; a] ∩ Jn )n∈N∗ est une suite croissante de segments dont la réunion est égale à I ′ , et de même
  
pour I ′′ ), d'où : f = f + f. 䊏
I I′ I ′′

Par exemple, si a < c < b, pour que f soit intégrable sur ]a; b[, il faut et il suffit que f soit inté-
] ]
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

grable sur ]a; c] et sur [c; b[, et on a alors :


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

a c b
n ie
Mo

tr i e
Géomé

  
f = f + f.
]a;b[ ]a;c] [c;b[

Remarque : Soit f ∈ CM(I,K) . Si f est intégrable sur I, alors, pour tout intervalle I ′ tel que
I ′ ⊂ I, on a :
 
f = χ I ′ f,
I′ I


1 si x ∈ I ′
où χ I ′ est la fonction caractéristique de I ′ , χ I ′ : I −→ K, x
−→ .
0 si x ∈ I ′

Notation
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
On a ainsi : −∞  a < +∞ et Si f ∈ CM(I,K) est intégrable sur I et si (a,b) ∈ (R ∪ {−∞})× (R ∪ {+∞}) est tel
 b  a
r Algè

−∞ < b  +∞
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

que l'intervalle ouvert joignant a et b est inclus dans I , on note f =− f.


a b

Proposition 10 Relation de Chasles


Formule importante. Si f ∈ CM(I,K) est intégrable sur I , alors, pour tout (a,b,c) de (R)3 tel que les
intervalles ouverts joignant a et b, a et c, b et c, soient inclus dans I :
 c  b  c
Dans cette formule,les éléments a,b,c f = f + f.
ne sont pas nécessairement en ordre a a b
croissant.

Preuve
Exercices 3.2.3 à 3.2.5. Séparer en cas suivant la position relative de a,b,c, et appliquer la Prop. 9 p. 170. 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Exercice-type résolu

Une inégalité portant sur des intégrales

On note E l'ensemble des applications f : [0 ; 1] −→ R continues sur [0 ; 1], de classe C 1 sur ]0 ; 1], telles que f ′ soit intégrable
sur ]0 ; 1] et que f (0) = 0.
Déterminer le plus petit réel C > 0 tel que :
 1  1  1
∀ f ∈ E, f2 C |f| | f ′| .
0 0 0

171
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Solution Conseils
1) Soit f ∈ E. On essaie d'obtenir une constante C véri-
Puisque f est de classe C 1 sur ]0 ; 1], on a, pour tout x ∈ ]0 ; 1] et tout ε ∈ ]0 ; x] : fiant l'inégalité demandée.

 1
f (x) = f (ε) + f ′ (t) dt. Formule fondamentale de l'Analyse, per-
ε mettant d'exprimer f (x) à l'aide d'une
intégrale.
Comme f est continue en 0 et que f ′ est intégrable sur ]0 ; 1], on déduit, pour tout
x ∈ ]0 ; 1], en faisant tendre ε vers 0 :
 x  x
f (x) = f (0) + f ′ (t) dt = f ′ (t) dt. x ∈ ]0 1] est fixé, ε tend vers 0.
0 0

D'où, pour tout x ∈ ]0 ; 1] :


 x   x  1
 
| f (x)| =  f ′ (t) dt   | f ′ (t)| dt  | f ′ (t)| dt,
0 0 0

puis, pour tout x ∈ ]0 ; 1] :


 1
 2
f (x) = | f (x)| | f (x)|  | f (x)| | f ′ (t)| dt. On garde un des deux facteurs | f (x)|.
0

D'où, en intégrant, pour des fonctions continues sur [0 ; 1] :


 1  1  1  1
2 ′ | f ′ (t)| dt est une constante.
f  |f| |f | .
0 0 0 0

Ainsi, la constante C = 1 convient pour l'inégalité demandée.

2) Considérons, pour a ∈ ]0 ; +∞[ : On va montrer qu'il existe des


f ∈ E − {0} telles que
f a : [0 ; 1] −→ R, x
−→ f a (x) = x a .  1
f2
Il est clair que, pour tout a ∈ ]0 ; +∞[ :  1 0  1 soit aussi près de 1
• f a est continue sur [0 ; 1], car a > 0 |f| | f ′|
0 0
• f a est de classe C 1 sur ]0 ; 1] et : ∀ x ∈ ]0 ; 1], f a′ (x) = ax a−1 que l'on veut.
• f a′ est intégrable sur ]0 ; 1], d'après l'exemple de Riemann en 0, car a − 1 > −1
• f a (0) = 0.
Ceci montre : ∀ a ∈ ]0 ; +∞[, f a ∈ E.
On calcule, pour tout a ∈, ]0 ; +∞[ :
 1  1  1  1
1 1
f2 = x 2a dx = , | fa | = x a dx = ,
0 0 2a + 1 0 0 a + 1
 1  1
| f a′ | = ax a−1 dx = 1.
0 0
D'où :
 1
1
f2
0 2a + 1 = a + 1 −→ 1.
 1  1 =
1 2a + 1 a −→ 0+
|f| | f ′| ·1
0 0
a + 1

On conclut que C = 1 est la plus petite constante > 0 convenant. Le résultat de l'exercice revient à :
 1
f2
0
Sup  1  1 = 1.
f ∈E−{0}
|f| | f ′|
0 0

172
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

Exercices
3.2.1 Applications négligeables intégrable surI et || · || p l'application de CL p (I,K) dans R
Une application f : I −→ K est dite négligeable si et définie par :
 f ∈ CM(I,K)  1
p


 ∀ f ∈ CL p (I,K), || f || p = | f (x)| p dx .
seulement si : f est intégrable sur I . I



 |f| = 0 De plus, on note CL∞ (I,K)
l'ensemble des applications
I continues bornées de I dans K et || · ||∞ l'application de
On note ici N (I,K) l'ensemble des applications négli- CL∞ (I,K) dans R définie par :
geables de I dans K . is∀ f ∈ CL∞ (I,K), || f ||∞ = Sup | f (x)|.
a) Montrer que, pour toute f de CM(I,K) , f est négli- x∈I
geable si et seulement si, pour tout segment [a; b] inclus Soit p ∈ [1; +∞]. Montrer que CL p (I,K) est un K -ev,
dans I, f |[a;b] est nulle sauf en un nombre fini de points. que || · || p est une norme sur CL p (I,K), et que, si
b) Montrer que N (I,K) est un idéal de l'algèbre p
p ∈]1; +∞[, on a, en notant q = (de sorte que
CM(I,K) , c'est-à-dire : p−1
 1 1
 N = ∅ + = 1) :
p q
∀α ∈ K, ∀ f,g ∈ N (I,K), α f + g ∈ N (I,K)
 ∀ f ∈ CL p (I,K), ∀g ∈ CLq (I,K),
∀h ∈ CM(I,K), ∀ f ∈ N (I,K), h f ∈ N (I,K).
f g ∈ CL1 (I,K)
c) Soient ( f n )n∈N une suite dans N (I,K), f ∈ CM(I,K)
|| f g||1  || f || p ||g||q .
intégrable sur I, telles que ( f n )n∈N converge en moyenne
vers f sur I. Montrer : f ∈ N (I,K). (Utiliser l'exercice 1.1.9 p. 11).

3.2.2 Intégrabilité d'une fonction non partout définie 3.2.4 Soit f ∈ C(I,K). On note E f = {u ∈]0; 1] ;
1
Soit D une partie de I telle que, pour tout segment J f ∈ CL (I,K)}, cf. exercice 3.2.3.
u

inclus dans I, J ∩ D soit fini, et soit f : I − D −→ K une a) Montrer que E f est un intervalle de R .
application. On dit que f est intégrable sur I si et seule- b) On suppose f = 0 et E f = ∅ . Démontrer que l'appli-
ment s'il existe f 1 ∈ CM(I,K) intégrable sur I et telle que cation ϕ : E f −→ R est convexe.
f 1 | I −D = f. u
−→ln(|| f || 1 )
u
Soit f : I − D −→ K intégrable sur I. Montrer que, pour
c) En déduire que, pour tout ( p,r,s) ∈ [1; +∞]3 tel que
toute f 2 ∈ CM(I,K) , et que f 2 | I −D = f, f 2 est intégrable
  r < p < s, on a :
sur I, et que f2 = f1 . CLr (I,K) ∩ CLs (I,K) ⊂ CL p (I,K).
I I   
Ceci permet de définir f par f = f 2 où f 2 est 3.2.5 Soient p, p′ ∈ [1; +∞] tels que p < p′ . Montrer
I I I que les restrictions de || · || p et || · || p′ à
n'importe quel élément de CM(I,K) prolongeant f . ′
E = CL p (R,K) ∩ CL p (R,K) (cf. exercice 3.2.3) ne sont
Exemple : f : R∗ −→ R est intégrable sur R .
2 pas comparables, c'est-à-dire qu'il existe ( f n )n∈N∗ ,
x
−→ sin2 x
x (gn )n∈N∗ dans E telles que :

3.2.3 Espaces CL p (I,K)  || f n || p −−−→ + ∞ et || f n || p′ −−−→ 0
n∞ n∞
Pour p ∈ [1; +∞[, on note CL p (I,K) l'ensemble des  ||gn || p −−−→ 0 et ||gn || p′ −−−→ + ∞.
applications continues f : I −→ K telles que | f | p soit n∞ n∞
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

3.2.3 Intégrabilité sur un intervalle semi-ouvert


ou ouvert
Proposition 1
Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞} ) tel que a < b, f ∈ CM([a; b[,K) . Notons
F : [a; b[−→ K l'application définie par :
 X
∀X ∈ [a; b[, F(X) = f.
a

173
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Bien noter que cette Prop. 1 ne donne Si f est intégrable sur [a; b[, alors F admet une limite finie en b, et :
qu’une implication :si f est intégrable sur   X
[a; b[ ,alors F admet une limite finie en f = lim f.
b. La Prop. analogue dans le cas des [a;b[ X→b a
applications à valeurs dans R+ (§ 3.1.3
1) Prop. 1 p. 158) fournissait une   b  b
équivalence logique. L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
[a;b[ a a

Preuve
1) Cas où f est à valeurs réelles
On se ramène au cas de fonctions à Supposons f intégrable sur [a; b[ et à valeurs réelles. Alors f + et f − sont intégrables sur [a; b[ et
  
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é

valeurs réelles  0 .
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

f+ − f −.
Algè
n ier

f =
Mo

tr i e
Géomé

[a;b[ [a;b[ [a;b[

D'après 3.1.3 1) Prop. 1 p. 158 :


 X   X 
f + −−−→ f+ et f − −−−→ f −.
a X→b [a;b[ a X→b [a;b[

 X  X  X  X
Comme : ∀X ∈ [a; b[ , F(X) = f = ( f + − f −) = f+ − f −,
a a a a
il en résulte que F admet une limite finie en b et que :
  
lim F(x) = f+ − f− = f.
X→b [a;b[ [a;b[ [a;b[

2) Cas où f est à valeurs complexes


ni e r Al
gèbr
e Monie
r
On se ramène au cas de fonctions à Supposons f : [a; b[−→ C intégrable sur [a; b[. Alors Ré f et Im f sont intégrables sur [a; b[ et :
  
Mo éom é
bre G
r Algè

valeurs réelles, traité ci-dessus en 1).


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

f = Ré f + i Im f.
tr i e
Géomé

[a;b[ [a;b[ [a;b[

 X   X 
D'après 1) (cas réel) : Ré f −−−→ Ré f et Im f −−−→ Im f .
a X→b [a;b[ a X→b [a;b[
 X  X  X  X
Comme : ∀X ∈ [a; b[, F(X) = f = (Ré f + i Im f ) = Ré f + i Im f , il en
a a a a
résulte que F admet une limite finie en b et que :
  
lim F(X) = Ré f + i Im f = f. 䊏
X→b [a;b[ [a;b[ [a;b[
Exercice 3.2.6 a).

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
r

éom é
Ceci revient,avec le vocabulaire du § 3.4 Remarque : Il se peut que F admette une limite finie en b sans que f soit intégrable sur
plus loin, à montrer que l’intégrale
n ie

[a; b[.
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier


èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e
+∞ sin x
impropre dx est semi- sin x
1 x Considérons l'exemple : a = 1, b = +∞, . f (x) =
convergente, c‘est-à-dire convergente x
mais non absolument convergente. • Montrons que f n'est pas intégrable sur [1; +∞[. Soit X ∈ [3; +∞[ . On a :
 X+ π  X
2 |sin x| |cos y|
dx = π π dy,
1+ π2 x [ y=x− 2 ] 1 y+
2
d'où :
 X+ π    X+ π  X  X
2  sin x  2 |sin x| |cos y| |sin x| + |cos x|
2   dx = dx + dy  dx
 x  x π π
π
1+ 2 1+ 2π
1 y+ π
1+ 2 x+
2 2
 X  
sin2 x + cos2 x π  X  π
 π dx = ln x + = ln X + − ln(1 + π),
1+ π2 x+ 2 1+ π2 2
2
 X 
 sin x 
 
donc  x  dx −− −→ + ∞.
X→+∞
1

174
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

Ceci montre que | f | n'est pas intégrable sur [1; +∞[, et donc, par définition, f n'est pas inté-
grable sur [1; +∞[.
• A l'aide d'une intégration par parties, on a, pour tout X de [1; +∞[ :
 X
 X  X
−cos x X cos x cos X cos x
F(X) = f (x)dx = − 2
dx = − + cos 1 − dx.
1 x 1 1 x X 1 x2
cos X
D'une part, − + cos 1 −−−→ cos 1.
X X→+∞
cos x
D'autre part, x
−→ est intégrable sur [1; +∞[ (par le théorème de domination et
x2
 cos x  1
 
l'exemple de Riemann,  2   2 ), donc, d'après la Proposition précédente,
x x
 X 
cos x cos x
dx −−−→ dx.
1 x2 X→+∞ [1;+∞[ x 2

Il en résulte que F admet une limite finie en +∞ :



Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r

cos x
F(X) −−−→ cos 1 − dx.
bre G
r Algè
n ie

Voir aussi plus loin, § 3.4 p. 185.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

x2
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

X→+∞ [1;+∞[

Corollaire
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r
On étudie ici l’intégrabilité de f sur
Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × R tel que a < b, f ∈ CM(]a; b],K) . Notons
éom é
bre G
r Algè

l’intervalle ]a; b] ouvert en a. Dans la


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Proposition 1, l’étude se faisait sur


tr i e
Géomé

[a; b[ , ouvert en b.
F : ]a; b] −→ K l'application définie par :
 b
∀X ∈]a; b], F(X) = f.
X
Si f est intégrable sur ]a; b], alors F admet une limite finie en a, et :
  b
f = lim f.
]a;b] X→a X
  b  b
L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
]a;b] a a

Preuve
Même méthode que pour le Corollaire de la Proposition 1 de 3.1.3 p. 158. 䊏

Proposition 2
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Cas où b ∈ R et où f admet une limite Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a < b, f : [a; b[−→ K continue et admettant une limite
finie en b.
n ie
Mo

finie l en b.
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Alors f est intégrable sur [a; b[ et, en notant  f : [a; b] −→ K le prolongement de f



f (x) si x ∈ [a; b[ 
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

à [a; b] par continuité, défini par 


f (x) =
l si x = b  , on a :
  b
f = 
f.
[a;b[ a

Preuve
• On a, pour tout segment J inclus dans [a; b[ :
   b
|f| = |
f|  |
f |.
J J a

Ceci montre que | f | est intégrable sur [a; b[, donc f aussi.
175
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

• Puisque 
f est continue sur le segment [a; b],  f est bornée, et on a, pour tout X de [a; b[ :
 X  b   X  b   X   b
     
 f − f  = 
 
f − f  = 
 f  
 |
f |  (b − X)|| f ||∞ −−−→ 0,
 X→b
a a a a b X
 X  b
donc : f −−−→ 
f .
a X→b a
  b
D'après Prop. 1 p. 173, on conclut : f = 
f. 䊏
[a;b[ a

Proposition 3
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Cas d’une application définie sur un Soient (a,b) ∈ (R)2 , tel que a < b, f ∈ CM(]a; b[,K).
intervalle ouvert.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè

1) Les trois propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :


n ier
Mo

tr i e
Géomé

(i) f est intégrable sur ]a; b[


(ii) Il existe c ∈]a; b[ tel que f soit intégrable sur ]a; c] et sur [c; b[
(iii) Pour tout c de ]a; b[, f est intégrable sur ]a; c] et sur [c,b[.
2) Si f est intégrable sur ]a; b[, alors, pour tout c de ]a; b[, l'application
 X
F :]a; b[−→ K , définie par F(X) = f, admet des limites finies en a et b, et
 c

on a : f = lim F(X) − lim F(X).


]a;b[ X→b X→a
  b  b
L'intégrale f est alors aussi notée f (ou : f (x) dx).
]a;b[ a a

Preuve
1) Cf. 3.2.2 Prop. 9 p. 170.
  
2) D'après la relation de Chasles : f = f + f.
]a;b[ ]a;c] [c;b[

D'autre part, comme f est intégrable sur ]a; c] et sur [c; b[, on a, d'après la Prop. 1 p. 173 :
 c   X 
F(X) = − f −−−→ − f et F(X) = f −−−→ f.
X X→a ]a;c] c X→b [c;b[

On conclut : f = lim F(X) − lim F(X) . 䊏
]a;b[ X→b X→a

Notation

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
On a ainsi : Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, I un intervalle d'extré-
mités a,b, F : I −→ K une application continue sur I . Si F admet des limites finies
n ie
Mo
onier

−∞  a < b  +∞ .
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

en a et en b, on note :
 x=b  b
F(x) x=a = F(x) a = lim F − lim F.
b a

Ainsi, d'après la Proposition précédente, si f ∈ CM(]a; b[,K) est intégrable sur ]a; b[, alors,
en notant Φ une primitive (continue) de f sur ]a; b[, on a :
 b
f (x) dx = [Φ(x)]ab .
a
Proposition 4
Mo
n ie
r Algè
bre Mon
ie

bre G
éom é
r
On a ainsi : −∞ < a < +∞ et Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) , f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
−∞ < b  +∞ .
r Algè

 
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

g  0
onier
èbre M
r Alg


n ie
Mo

tr i e
Géomé


Si g est intégrable sur [a; b[  , alors f est intégrable sur [a; b[.
 f = O (g) 

b
176
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

Preuve
Puisque f = O (g), il existe c ∈ [a; b[ et M ∈ R+ tels que : ∀x ∈ [c; b[ , | f (x)|  Mg(x).
b
Puisque g est intégrable sur [c; b[, il en résulte que f est intégrable sur [c; b[ (théorème de domination),
et donc f est intégrable sur [a; b[. 䊏

Pratique des calculs d’intégrales sur un Pour calculer une intégrale f , on montre d'abord que f est intégrable sur [a; b[, puis on
intervalle quelconque. [a;b[
 X
Une intégration par parties ne doit pas calcule lim f . Pour ce dernier point, on utilisera le calcul d'intégrales (Analyse MPSI,
être effectuée directement sur des X→b a
intervalles quelconques. ch. 6) ou de primitives (Analyse MPSI, ch. 9). Souvent, interviendront des intégrations par par-
ties ou des changements de variable.

Théorème Changement de variable


Soient I un intervalle de R, J un intervalle de R d'extrémités notées α,β, ϕ : J −→ I
un C 1 -difféomorphisme, f ∈ CM(I,K). Alors, f est intégrable sur I si et seulement
si ( f ◦ ϕ)ϕ ′ est intégrable sur J, et, dans ce cas :
 ϕ(β − )  β
Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
En pratique, on pourra écrire f = ( f ◦ ϕ)ϕ ′ .
directement cette égalité, si l’on sait
Mo
onier
étr ie M
éom

ϕ(α) α
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

qu’au moins un des deux membres


tr i e
Géomé

existe.
Preuve
r
re Monie
lgèb
er A

Rappelons que ϕ : J −→ I est un C 1 -difféomorphisme si et seulement si :


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Cf. Analyse MPSI, 5.3.1 4) Déf. 5.


onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e


 ϕ est de classe C 1 sur J
ϕ est bijective
 −1
ϕ est de classe C 1 sur I ,
r
re Monie
lgèb
er A

et que ϕ : J −→ I est un C 1 -difféomorphisme si et seulement si :


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Cf. Analyse MPSI, 5.3.1 4) Th. 4.


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie


Mo

tr i e
Géomé

 ϕ est de classe C 1 sur J


ϕ(J ) = I
 ′
ϕ > 0 ou ϕ ′ < 0.
Supposons, par exemple, J = [α; β[ et ϕ strictement croissante, donc I = [ϕ(α); ϕ(β − )[ .
 y
1) Supposons f intégrable sur I. L'application y
−→ | f | admet une limite finie quand y tend
ϕ(α)
vers ϕ(β − ). Comme ϕ(x) −−−→ ϕ(β − ), il en résulte que l'application
x→β
ni er A
lgèb
re Monie
r
 x  ϕ(x)
| f ◦ ϕ| |ϕ ′ | =
Mo éom é

x
−→ | f | admet une limite finie quand x tend vers β .
bre G
r Algè
n ie
Mo

Composition de limites.
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

α ϕ(α)

D'après 3.1.3 1) Prop. 1 p. 158, on en déduit que ( f ◦ ϕ)ϕ ′ est intégrable sur J.
2) Réciproquement, supposons que ( f ◦ ϕ)ϕ ′ soit intégrable sur J. L'application
 x
x
−→ | f ◦ ϕ| |ϕ ′ | admet une limite finie quand x tend vers β , donc l'application
α
 ϕ(x)  x
x
−→ |f| = | f ◦ ϕ| |ϕ ′ | aussi.
ϕ(α) α
 y  ϕ(ϕ −1 (y))
Puis, y
−→ |f| = | f | admet aussi une limite finie quand y tend vers ϕ(β − ), par
bre Mon
ie r
ϕ(α) ϕ(α)
r Algè
n ie

composition de limites, et finalement f est intégrable sur [ϕ(α); ϕ(β − )[ .


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Composition de limites.
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

 ϕ(x)  x
3) Sous ces hypothèses, comme, pour tout x de [α; β[ : f = ( f ◦ ϕ)ϕ ′ , et que f est
ϕ(α) α
( f ◦ ϕ)ϕ ′ sont respectivement intégrables sur [ϕ(α); ϕ(β − )[ et [α; β[, on obtient en passant à la limi-
te quand x tend vers β :
 ϕ(β − )  β
f = ( f ◦ ϕ)ϕ ′ . 䊏
Exercices 3.2.6 à 3.2.21. ϕ(α) α

177
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Exercice-type résolu 1

Exemple de calcul d'une intégrale sur un intervalle quelconque, utilisant une particularité
 +∞ √
x ln x
Existence et calcul de I = dx.
0 (x + 1)(x + 2)(2x + 1)

Solution Conseils
1) Existence Commencer par s'assurer de l'existence
Notons de I.

x ln x
f :]0 ; +∞[ −→ R, x
−→ f (x) = .
(x + 1)(x + 2)(2x + 1)
• f est continue sur ]0 ; +∞[.

x ln x
• En 0 : f (x) ∼ −→ 0, donc f est intégrable sur ]0 ; 1]. Prépondérance classique.
x −→ 0 2 x −→ 0

• En +∞ :
5 5
x 2 ln x x 2 ln x ln x
x 2 f (x) = ∼ = √ −→ 0. Prépondérance classique.
(x + 1)(x + 2)(2x + 1) x −→ +∞ 2x 3 2 x x −→ +∞

1
On a donc, au voisinage de +∞ : 0  x 2 f (x)  1, et donc 0  f (x)  .
x2
D'après l'exemple de Riemann en +∞ (2 > 1 ) et le théorème de majoration pour
des fonctions  0, f est intégrable sur [1 ; +∞[.
I existe en tant qu'intégrale sur ]0 + ∞[
On conclut que f est intégrable sur ]0 ; +∞[, donc I existe. d'une fonction intégrable sur ]0 + ∞[.
2) Calcul
1
Par le changement de variable y = , on a : La présence de lnx et des bornes 0 et +∞,
x 1
 qui s'échangent par x
→ , incitent à
1 x
 (− ln y) effectuer le changement de variable
0 y dy 1
I = − 2 y= .
+∞ 1 1 2 y x
+1 +2 +1
y y y
 √
+∞
y ln y
=− dy = −I,
0 (y + 1)(y + 2)(2y + 1)
et on conclut : I = 0.

Exercice-type résolu 2

Exemple de développement asymptotique d'une intégrale dépendant d'un paramètre



+∞
1 + xn 1
Montrer : dx = 2 + O .
0 1 + x n+2 n∞ n2

Solution Conseils
1) Notons, pour n ∈ N : ∗
Commencer par s'assurer de l'existence de
1 + xn l'intégrale.
f n : [0 ; +∞[ −→ R, x −

→ f n (x) = .
1 + x n+2

178
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

Solution Conseils
1
Il est clair que, pour tout n ∈ N, f n est continue sur [0 ; +∞[, et f n (x) , ∼
x2 x −→ +∞
donc, d'après l'exemple de Riemann en +∞ (2 > 1 ) et le théorème d'équivalence
pour des fonctions  0, f n est intégrable sur [0 ; +∞[.
 +∞
1 + xn
On conclut que, pour tout n ∈ N, In = dx existe.
0 1 + x n+2
2) On a, pour tout n ∈ N, In = Jn + K n , où on a noté : Le comportement de x n , pour x ∈ [0 + ∞[
 1  +∞ fixé et n tendant vers l'infini, dépend de la
1 + xn 1 + xn position de x par rapport à 1, d'où l'idée de
Jn = dx, K n = dx.
0 1+x 1 + x n+2 décomposer In à l'aide de la relation de
n+2
1
Chasles, avec le point intermédiaire 1.
1 + xn
Comme, pour tout x ∈ [0 ; 1] fixé, −→ 1, on forme : On forme la différence entre Jn et ce que
1 + x n+2 n∞ l'on conjecture être la limite de Jn lorsque
 1  1 n  n tend vers l'infini.
 1 + xn  x − x n+2 
|Jn − 1| =  dx − 1 dx = 
 dx 
0 1 + x n+2 0 1 + x n+2
 1 n 

x − x n+2 1
n n+2 x n+1 x n+3 1
= dx  (x − x ) dx = − On a :
0 1 + x n+2 0 n+1 n+3 0
x n − x n+2 = x n (1 − x 2 )  0.
1 1 2 1
= − = =O 2 .
n+1 n+3 (n + 1)(n + 3) n

1
Ceci montre : Jn = 1 + O 2 .
n
1 + xn 1
Comme, pour x ∈ [1 ; +∞[ fixé, −→ 2 , on forme : On forme la différence entre K n et ce que
1+x n+2 n∞ x l'on conjecture être la limite de K n lorsque
  +∞    +∞ n
 n tend vers l'infini.
 1   1+x 1 
Kn − dx  =  − 2 dx 
 x 2 1+x n+2 x
1 1
  +∞   +∞
 x2 − 1  x2 − 1
=  dx = dx On a : x ∈ [1 + ∞[, x 2 − 1  0.
(1 + x )x
n+2 2  (1 + x n+2 )x 2
1 1
 +∞ 2  +∞
x −1  −n 
 dx = x − x −n−2 dx On a 1 + x n+2  x n+2 et x 2  1.
1 x n+2
1
−n+1
+∞ De plus, on peut supposer n  2, d'où
x x −n−1
1 1 2 1 l'existence de l'intégrale majorante.
= − = − = 2 =O 2 .
−n + 1 −n − 1 1 n−1 n+1 n −1 n

1
Ceci montre : K n = 1 + O 2 .
n

1
On conclut : In = Jn + K n = 2 + O 2 .
n

Les méthodes à retenir


© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Intégrabilité sur un intervalle semi-ouvert ou ouvert


• Pour l’existence et le calcul d’intégrales (ex. 3.2.6), il est conseillé de commencer par montrer l’existence (par
les méthodes du § 3.1.3 ou celles du § 3.2.3) et ensuite d’effectuer le calcul.
 b
• Pour calculer f (x)dx , où, par exemple, f est intégrable sur [a; b[, on pourra souvent utiliser des intégrales
a
sur des segments ou des primitives ; en notant F une primitive de f sur [a; b[, on a, pour tout X de [a; b[:
 X
f (x)dx = [F(x)]aX = F(X) − F(a),
a
puis on fait tendre X vers b.
179
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Lors de la recherche de lim F(X) , il se peut que l’on ait à étudier des formes indéterminées (ex. 3.2.6).
X→b
Dans ces calculs d’intégrales sur un segment ou ces calculs de primitives, des changements de variable et l’inté-
gration par parties seront souvent utilisés. Il est déconseillé d’effectuer une intégration par parties directement sur
des intégrales sur un intervalle quelconque. On travaillera sur un segment puis on passera à la limite.
• Une fois établie l’existence d’une intégrale, pour effectuer le calcul, il se peut qu’un changement de variable
échangeant les bornes permette un calcul rapide (ex. 3.2.6 d), q) r)).
• Un changement de variable peut, à partir d’une intégrale de fonction continue sur un segment, amener une inté-
grale de fonction intégrable sur un intervalle autre qu’un segment. Ce cas est fréquent lorsqu’on utilise le chan-
x
gement de variable défini par t = tan (ex. 3.2.8).
2
• Pour chercher une limite d’intégrale, on commencera par montrer l’existence des intégrales que l’on veut mani-
puler. Puis on essaiera de majorer, minorer, encadrer, après d’éventuelles transformations sur l’intégrale
(ex. 3.2.13).
• L’étude d’intégrales sur un intervalle quelconque dépendant d’un paramètre est un des sujets les plus fré-
quemment abordés en analyse (ex. 3.2.11 à 3.2.19). D’éventuels changements de variable ou d’éventuelles inté-
grations par parties permettent quelquefois de se ramener à des intégrales plus simples. La recherche de limites
d’intégrales pourra se faire par encadrement, par retour à la définition (en ε) quelquefois, ou par des théorèmes
que l’on verra plus loin (§ 3.5).

Exercices

3.2.6 Existence et calcul des intégrales suivantes (on 1
ln x
l) √ dx
montrera l'intégrabilité, puis on calculera l'intégrale ; 0 x(1 − x)3/2
 b    +∞
1
f (x) dx désigne, si elle existe, f , ou f , ou m) ln(x + 1) − ln x − dx
x +1
a  [a;b] ]a;b] 0
 +∞
f , ou f , suivant l'exemple) : 2 Arctan x − π
n) √ dx
[a;b[ ]a;b[ 0 2 x
 +∞ 4  +∞
x +1 1 − 3x 2 x −1
a) dx o)  Arcsin dx
1 x 3 (x + 1)(x 2 + 1) 0 x(1 − x 2 ) x +1
 +∞  +∞
x4 sin3 x
b) dx p) dx
(x + 1)3/2
5
x2
 0+∞ 0
dx  π  π
c) √ 2 2

1 x 4 x2 + 1 q) sin 2x ln tan x dx et sin 2x ln sin x dx


 π  0π 0
x
d) dx r) x ln sin x dx .
1 + sin x
 0 +∞ 2 0
x + 3x + 3 −x
e) e sin x dx
0 (x + 1)3 3.2.7 Soit f : [0; 1] −→ R définie par :
 +∞ 
dx 1
f (x) = x sin x 2 si x ∈]0; 1]
f)  2
1 x3 x2 − 1
 +∞ 0 si x = 0 .
dx
g) √ Montrer : a) f est dérivable sur [0; 1]
1 (x + 1) x 2 − 1 b) f ′ n'est pas intégrable sur ]0; 1].
 +∞
dx
h) √
0 (x + 1) x 2
3
3.2.8 Pour α ∈ R , existence et calcul éventuel de
 1  π
dx
1−x 1
i) dx, α ∈] − ∞; 0[∪[1; +∞[ .
0 x x −α 0 1 + cos α cos x
 b
dx
j) √ , (a,b) ∈ R2 , 0 < a < b 3.2.9 CNS sur (a,b,c) ∈ R3 pour que
a x (x − a)(b − x) c
 1 x
−→ x(Arctan x)2 − ax − b − soit intégrable sur
ln x x
k) dx
0 (1 − x)
3/2 [1; +∞[ et, dans ce cas, calculer l'intégrale.

180
3.2 • Fonctions intégrables à valeurs réelles ou complexes

3.2.10 Pour (a,b,c,d) ∈ R × R × R∗+ × R∗+ , 3.2.17 Pour x ∈ R∗+ , on note


 π
2 a cos x + b sin x  π
calculer dx. 2 dt
0 c cos x + d sin x I (x) =  ,
0 cos t + x 2 sin2 t
2

3.2.11 Montrer, pour tout x de ] − 1; 1[, que  π


 2 cos t
x
ln(1 − t) J (x) =  dt.
f (x) = − dt existe et : 0 2
sin t + x 2 cos2 t
0 t
 π
x 1 2 2 dt
f (x) + f = − ln(1 − x) . a) Montrer : ∀x ∈ R∗+ , I (x) =  .
x −1 2 0 2
sin t + x 2 cos2 t
 π
2 1 − cos t
3.2.12 Pour n ∈ N − {0,1}, calculer b) Etablir : I (x) − J (x) −−−→ dt = ln 2 .
 +∞ x→0 +
0 sin t
xk
Min dx . c) Calculer J (x) pour x ∈]0; 1[.
0k 2n−2 0 x 2n + 1
d) En déduire : I (x) = −ln x + 2 ln 2 + o (1).
x→0+
3.2.13 Montrer :  √
 π  x 1 + t2
2 cos t 1 +∞ du 3.2.18 Déterminer lim+ √ dt .
a)  dt ∼ + √ x→0 t (x − t)
0 x + sin t
4 4 x−→0 x 0 u4 + 1 0
 x  +∞
dt 1 du 3.2.19 Soient f : R+ −→ R continue de carré intégrable
b) √ ∼ x− 3 √
1 x 2 + t 3 x→+∞
0 u 3 +1 sur [0; +∞[ et g : R+ −→ R définie par :
 π √   x
dx π 2 1
c) lim = f si x =
 0
n∞ 0 1 + sin2 nx 2 g(x) = x 0 .
 π √ 
sin x dx f (0) si x = 0
d) lim = 2
n∞ 0 1 + cos2 nx
 +∞  +∞ −t a) Montrer que g est continue sur R+ .
x e
e) lim x e−t dt = dt . b) Soit (a,b) ∈ R2 tel que 0  a < b.
x→+∞ 1 1 t  b  b
α) Montrer : g 2 = ag 2 (a) − bg 2 (b) + 2 fg.
3.2.14 Soit f : [0; 1] −→ C continue. a a
 1
1 β) En déduire :
Déterminer lim+ x 2
f (t) dt.
x→0 x t  b  b 21  +∞ 12
g 2  ag 2 (a) + 2 g2 f2 , puis :
3.2.15 Etudier et représenter graphiquement les fonc- a a 0
tions suivantes (x : variable réelle) :  12  12  21
 x  b +∞ +∞
1 2
a) f (x) = 1 + t 4 dt g  f2 + ag 2 (a) + f2 .
2
1 t a 0 0
 2x
dt
b) f (x) = √ . c) Montrer que g 2 et f g sont intégrables sur [0; +∞[
x t3 + 1  +∞  +∞
et : g2 = 2 f g.
3.2.16 On note CL2 ([0; +∞[,R) l'ensemble des 0 0

f : [0; +∞[−→ R continues et de carré intégrable sur 3.2.20 Pour tout n ∈ N , soit f n : R −→ R
[0; +∞[ (cf. p. 169). 1
Soit f : [0; +∞[−→ R de classe C 2 telle que f, f ′ , f ′′ définie par : ∀x ∈ R, f n (x) = .
1 + |x − n|
soient dans CL2 ([0; +∞[,R). a) Etudier la suite ( f n )n∈N .
a) Vérifier  +∞
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

b) Calculer, pour tout n de N , ( f n (x))2 dx .


f 2 + f ′′2 − f ′2 = ( f + f ′ + f ′′ )2 − (( f + f ′ )2 )′ . −∞
 +∞ c) Soit g : R −→ R continue et de carré intégrable sur R .
b) Démontrer ( f 2 + f ′′2 − f ′2 )  0 et étudier le cas  +∞
0 Montrer : f n (x)g(x) dx −−−→ 0 .
d'égalité. −∞ n∞

181
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

3.3 Supplément : intégration des relations


de comparaison
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On a ainsi : Dans ce § 3.3, (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) est tel que a < b
Mo
onier

−∞  a < b  +∞ .
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

3.3.1 Cas des fonctions intégrables


Proposition 1
er A
lgèb
re Monie
r
Dans le cas de fonctions intégrables,ce Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).

ni
Mo éom é

 
bre G
r Algè

sont les « restes d’intégrales »


n ie
Mo
onier
étr ie M

 f est intégrable sur [a; b[


éom

g0
G

onier


èbre M
r Alg
n ie

 
Mo

Géomé
tr i e

b b    b
f, g qui interviennent. Si g est intégrable sur [a; b[  , alors  b
x x    f = o g .
f = o(g)  x→b
b x x

lgèb
re Monie
r
Preuve
ni er A
Mo éom é
bre G

On sait déjà que f est intégrable sur [a; b[.


r Algè
n ie

Cf. 3.2.3 Prop. 4 p. 176.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Soit ε > 0. Puisque f = o(g), il existe X ∈ [a; b[ tel que :


b
∀t ∈ [X; b[, | f (t)|  εg(t).
Alors, pour tout x de [X; b[ :
 b   b  b  b
 
 f   |f|  εg = ε g,

x x x x
 b  b
ce qui montre : f = o g . 䊏
x x→b x

Proposition 2
Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
  
 g0 
  f est intégrable sur [a; b[
Si g est intégrable sur [a; b[  , alors  b  b
   f = O g .
f = O (g) 
b x x→b x

Preuve
Même méthode que ci-dessus. 䊏

Proposition 3
Soient f,g ∈ CM([a; b[,R).
  
 g0 
  f est intégrable sur [a; b[
Si g est intégrable sur [a; b[  , alors  b  b
   f ∼ g.
f ∼g  x→b
b x x

Preuve
D'après les hypothèses, f est intégrable sur [a; b[ (théorème d'équivalence, 3.1.3 3) Prop. 2 p. 161).
 b  b  b  b
Puis : f ∼ g ⇐⇒ f − g = (g) ⇒ o ( f − g) = o g ⇐⇒ f ∼ g. 䊏
Exercice 3.3.2. b b x x→b x x x→b x

182
3.3 • Supplément : intégration des relations de comparaison

3.3.2 Cas des fonctions non intégrables


Proposition 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Dans le cas de fonctions non intégrables, Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
 
bre G
r Algè

ce sont les « intégrales partielles »


n ie
Mo
onier
étr ie M

 x
éom

  g0  x
G


onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
x x  
Géomé

f, g qui interviennent. Si g n’est pas intégrable sur [a; b[  , alors f = o g .


a a
  a x→b a
f = o(g) 
b

Preuve
Soit ε > 0. Puisque f = o(g), il existe X ∈ [a; b[ tel que :
b
∀t ∈ [X; b[, | f (t)|  εg(t).
Soit x ∈ [X; b[ ; on a :
 x   X  x  X  x  X  x
 
 f  | f | + |f|  |f|+ε g= (| f | − εg) + ε g.
 
a a X a X a a
 x
Mo
ni er A
lgèb

lgèbre
re Monie

Géom
é
r
Si une fonction est croissante sur [a; b[ Puisque g  0, l'application x
−→ g est croissante sur [a; b[. Comme g  0 et que g n'est pas
a
n ier A
Mo

et n’a pas de limite finie en b,alors cette


onier

 x
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e

fonction tend vers +∞ en b.


Géomé

intégrable sur [a; b[, d'après 3.1.3 1) Prop. 1 p. 158, x


−→ g n'a pas de limite
a
 x
finie en b. Il en résulte : g −−−→ + ∞.
a x→b
 X  x
Comme (| f | − εg) est fixé indépendamment de x et que g −−−→ + ∞, il existe
a a x→b
 X  x
X 1 ∈ [X; b[ tel que : ∀x ∈ [X 1 ; b[, (| f | − εg)  ε g.
a a
 x   x  x  x
 
Ainsi : ∀x ∈ [X 1 ; b[,  f   2ε g, et finalement : f = o g . 䊏
 x→b
a a a a

Proposition 2
Soient f ∈ CM([a; b[,K), g ∈ CM([a; b[,R).
 
 g0   x  x

g n’est pas intégrable sur [a; b[ 
Si
 , alors f = O g .
f = O (g)  a x→b a
b

Preuve
Même méthode que ci-dessus. 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Proposition 3
Soient f,g ∈ CM([a; b[,R) .
   
 g0  x x

Si g n’est pas intégrable sur [a; b[  , alors f ∼ g.
  a x→b a
f ∼g 
b

Preuve
 x  x  x  x
f ∼ g ⇐⇒ f − g = o(g) ⇒ ( f − g) = o g ⇐⇒ f ∼ g. 䊏
Exercices 3.3.1, 3.3.3. b b a x→b a a x→b a

183
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Les méthodes à retenir


Intégration des relations de comparaison
• Pour obtenir des comparaisons (o,O,∼) sur des intégrales partielles ou sur des restes, on peut essayer d’uti-
liser les théorèmes d’intégration des relations de comparaison (ex. 3.3.1 à 3.3.3). Avec les notations des théorèmes
du § 3.3, ne pas oublier de vérifier que la fonction g est à valeurs réelles  0.

Exercices
 x th t 3.3.3 Soit f ∈ CM([0; +∞[,K) . Montrer que, si f
3.3.1 Montrer : √ dt ∼ ln x .
1 t (t + 1) x→+∞ admet une limite finie ℓ en +∞, alors:
 
+∞ dt 1 1 x
3.3.2 Montrer : ∼ . f (t) dt −−−→ ℓ.
x t 2 + e−t x→+∞ x x 0 x→+∞

3.4 Intégrales impropres


1) Cas d’une intégrale impropre à une borne

Définition 1
On a ainsi :
Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é

onier
r

Soient (a,b) ∈ R ×(R ∪{+∞}) tel que a < b , f ∈ CM([a; b[,K) . On dit que l’inté-
−∞ < a < b  +∞ .  →b  →b
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Le lecteur pourra rencontrer la notation grale impropre f (ou : f (x) dx) converge si et seulement si l'appli-
 b  →b a a
f au lieu de f. cation F : [a; b[−→ K admet une limite finie en b ; lorsque c'est le cas, cette limite
a a X
X
−→ a f
 b  b
est notée improprement f (ou : f (x) dx) et appelée intégrale impropre de f
a a
sur [a; b[.

De même, si −∞  a < b < +∞ et f ∈ CM(]a; b],K) , on dit que l'intégrale impropre


 b  b
f (ou : f (x) dx) converge si et seulement si l'application F : ]a; b] −→ K admet une
→a →a b
X
−→ X f
 b
limite finie en a ; lorsque c'est le cas, cette limite est notée improprement f (ou :
a
 b
f (x) dx) et appelée intégrale impropre de f sur ]a; b].
a

Avec ce vocabulaire, la Prop. 1 de 3.2.3 p. 173 se traduit par la Proposition suivante.

Proposition 1
Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM(I,K).
 →b
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Ainsi, l’intégrabilité entraîne la Si f est intégrable sur [a; b[, alors l'intégrale impropre f converge, et l'intégra-
convergence de l’intégrale impropre. a
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

 
r Alg
n ie
Mo

b
tr i e
Géomé

le impropre f est égale à f.


a [a;b[

184
3.4 • Intégrales impropres

Remarque : Il se peut qu'une application f ∈ CM([a; b[,K) ne soit pas intégrable sur [a; b[,
 →b
mais que l'intégrale impropre f converge. Par exemple, on a vu (cf. p. 175) que
a
f : [1; +∞[−→ R n'est pas intégrable sur [1; +∞[, et cependant l'intégrale impropre
x
−→ sinx x
 →+∞ sin x
dx converge (cf. p. 175), puisque l'application F : [1; +∞[−→
 X sin x R
1 x X
−→ dx
1 x
admet une limite finie en +∞ .

Définition 2
Soient (a,b) ∈ R ×(R ∪{+∞}) tel que a < b, f ∈ CM([a; b[,K) . On dit que l'intégra-
 →b  →b
le impropre f (ou : f (x) dx) est semi-convergente si et seulement si :
a a
 →b
f n'est pas intégrable sur [a; b[ et l'intégrale impropre f converge.
a
 b
Définition analogue pour f.
→a

Exemple :  →+∞ sin x


Exemple important. Réviser la preuve, L'intégrale impropre dx est semi-convergente.
§ 3.2.3, Remarque, deuxième point, 1 x
page 175. Remarques :
1) Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM([a; b[,K) . On dit que l'intégrale
 →b  →b
impropre f est absolument convergente si et seulement si | f | est convergente.
a a
 →b
Ces deux points sont importants. • L'intégrale impropre f est absolument convergente si et seulement si f est intégrable
a
sur [a; b[.
 →b
• L'intégrale impropre f est semi-convergente si et seulement si : l'intégrale impropre
a
 →b
f est convergente et non absolument convergente.
a
2) Comme on l'a vu p. 175, une intégration par parties permet souvent de remplacer l'étude
d'une intégrale impropre semi-convergente par celle d'une intégrale de fonction intégrable.
 X  X
sin x cos X cos x
re Monie
r
On intègre ici par parties pour Par exemple : ∀X ∈ [1; +∞[, dx = − + cos 1 − dx,
x X x2
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G

augmenter le degré de x au
r Algè
n ie

1 1
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

dénominateur, afin d’assurer une d'où, chaque terme ayant une limite finie en +∞ :
intégrabilité.  +∞  +∞
sin x cos x
dx = cos 1 − dx,
1 x 1 x2
 →+∞  →+∞
sin x cos x
où l'intégrale dx est semi-convergente et dx absolument
1 x 1 x2
convergente.

Proposition 2 Changement de point de base


Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie

bre G
r

éom é
Le « point de base » est ici la borne d’en- Soient (a,b) ∈ R × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, c ∈ [a; b[ , f ∈ CM([a; b[,K).
 →b  →b
r Algè

bas de l’intégrale, dans le cas d’une


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

intégrale impropre en la borne d’en-


haut. 1) f converge si et seulement si f converge.
a c
 b  c  b
2) Dans ce cas, on a alors : f = f + f.
a a c

185
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Preuve
 X  c  X
On a : ∀X ∈ [a; b[ , f = f + f.
a a c
 X  X
Donc X
−→ f admet une limite finie quand X tend vers b si et seulement si X
−→ f en
a c
admet une, et, si c'est le cas, on a, par passage à la limite quand X tend vers b :
 b  c  b
f = f + f. 䊏
a a c

2) Cas d’une intégrale impropre aux deux bornes


La Proposition précédente permet d'envisager la Définition suivante.

Proposition-Définition 3
Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Intégrale impropre aux deux bornes. Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM(]a; b[,K).
onier
étr ie M

Pour rester dans le cadre du programme,


éom

 →b
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

nous n’envisagerons pas d’intégrale


« impropre en un point intermédiaire On dit que l'intégrale impropre f converge si et seulement s'il existe
entre les bornes ». →a
 c  →b
c ∈]a; b[ tel que les deux intégrales impropres f et f convergent.
→a c
 c  b
Si c'est le cas, l'élément f + f de K ne dépend pas du choix de c dans ]a; b[,
a c
 b
est appelé intégrale impropre de f sur ]a; b[, et noté f.
a

Preuve
 c  →b
• D'après la Prop. 2, s'il existe c ∈]a; b[ tel que les intégrales impropres f et f convergent,
→a c
 d  →b
alors, pour tout d de ]a; b[, les intégrales impropres f et f convergent.
→a d

• Dans ce cas, on a, pour tout (c,d) de ]a; b[2 :


 d  b  c  d  c  b  c  b
f + f = f + f + f + f = f + f. 䊏
a d a c d c a c

 b  →b  →b
On appelle nature d'une intégrale impropre f ou f ou f sa conver-
→a a →a
gence ou sa divergence.

Proposition 3
Soient (a,b) ∈ (R ∪ {−∞}) × (R ∪ {+∞}) tel que a < b, f ∈ CM(]a; b[,K). Si f
 →b  b
est intégrable sur ]a; b[, alors f converge et l'intégrale impropre f est égale
 →a a

à f.
]a;b[

Preuve
 c  →b
Appliquer la Prop. 1 p. 174 aux intégrales f et f, pour c ∈]a; b[ quelconque. 䊏
Exercices 3.4.1 à 3.4.6. →a c

186
3.4 • Intégrales impropres

Exercice-type résolu

Exemple de détermination de la nature d'une intégrale impropre


 →+∞ sin

√x
Déterminer la nature de l'intégrale impropre e x − 1 dx.
→0

Solution Conseils
sin
√x
Notons f :]0 ; +∞[ −→ R, x
−→ f (x) = e x − 1.
L'application f est continue sur ]0 ; +∞[. Il y a deux problèmes : en 0 et en +∞.

Étude en +∞
sin x
Comme √ −→ 0, on peut effectuer un développement asymptotique : Puisque sinx n'est pas de signe fixe au
x x −→ +∞ voisinage de +∞, on peut conjecturer
que f (x) n'est pas non plus de signe fixe
sin x 1 sin 2 x sin 2 x au voisinage de +∞, donc un équivalent
f (x) = √ + +o .
x 2 x x de f (x) ne suffirait pas. On s'oriente donc
vers la recherche d'un développement
asymptotique de f (x) .
Rappel :
u2
eu = 1 + u + + o(u 2 ).
 →+∞
u→0 2!
sin x
• Montrons que l'intégrale impropre √ dx converge. Même méthode que dans le Cours, p. 175.
1 x
On a, pour tout X ∈ [1 ; +∞[, par intégration par parties :
 
 X
X  X  u = √1 1
sin x 1 1 u′ = −
√ dx = √ (− cos x) − − 3/2 (− cos x) dx x 2x 3/2
1 x x 1 1 2x 
v = −cos x.
v ′ = sin x
 X
− cos X 1 cos x
= √ + cos 1 − dx.
X 2 1 x 5/2
cos X
D'une part : √ −→ 0.
X X −→ +∞

cos x
D'autre part, l'application g : x
−→ est continue sur [1 ; +∞[ et :
x 3/2
1
∀ x ∈ [1 ; +∞[, |g(x)|  .
x 3/2
3
D'après l'exemple de Riemann en +∞ ( > 1) et le théorème de majoration pour
2
des fonctions  0, g est intégrable sur [1 ; +∞[.
Ceci montre :
 X  +∞
sin x 1 cos x
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

√ dx −→ cos 1 − dx,
1 x X −→ +∞ 2 1 x 3/2
 →+∞
sin x
donc l'intégrale impropre √ dx converge.
1 x
sin x
• Notons h : [1 ; +∞[ −→ R, x
−→ h(x) = f (x) − √ .
x
On a vu plus haut :

1 sin 2 x sin 2 x 1 sin 2 x L'utilisation d'un équivalent est pertinente,
h(x) = +o ∼ .
2 x x x −→ +∞ 2 x puisque h est de signe fixe au voisinage
de +∞.

187
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Solution Conseils
Par linéarisation :
sin 2 x 1 1 − cos 2x 1 cos 2x
= = − .
x 2 x 2x 2x
Comme plus haut (par utilisation d'une intégration par parties), l'intégrale impropre
 →+∞
cos 2x
dx converge.
1 2x
On a, pour X  1 :
 X  X  X
sin 2 x 1 cos 2x 1 cos 2x
dx = − dx = ln X − dx
1 x 1 2x 2x 2 1 2x  X  +∞
cos2x cos2x
−→ +∞. dx → dx,
X −→ +∞ 1 2x X→+∞ 1 2x
limite finie.
sin 2 x
Ceci montre que x
−→ n'est pas intégrable sur [1 ; +∞[. Par théorème
x
d'équivalence pour des fonctions  0, il en résulte que h n'est pas intégrable sur
 →+∞
[1 ; +∞[, et donc, puisque h  0, l'intégrale impropre h(x) dx diverge.
1
 →+∞  →+∞
Comme f = g + h, que g converge et que h diverge, on conclut : convergente + divergente = divergente
1 1
 →+∞ sin x  →+∞ sin

√ √x
e x − 1 dx diverge, et donc e x − 1 dx diverge.
1 →0

Les méthodes à retenir


Intégrales impropres
• Rappelons que :  →+∞
– si par exemple, f :]0; +∞[−→ C est continue par morceaux, l’intégrale impropre f (x)dx converge si
→0
 1  →+∞
et seulement si les deux intégrales impropres f (x)dx et f (x)dx convergent toutes les deux.
→0 1
 →+∞
– si par exemple, f :]1; +∞[−→ C est continue par morceaux, l’intégrale impropre f (x)dx converge si
1
 X
et seulement si l’intégrale f (x)dx admet une limite finie lorsque X −→ +∞.
1
 →b
• Pour étudier la nature d’une intégrale impropre f (x)dx, commencer par s’assurer que f est continue par
a
morceaux sur [a; b[.
 →b
Si f est à valeurs réelles de signe fixe au voisinage de b , la convergence de f (x)dx équivaut à l’intégrabi-
a
lité de f sur [a; b[, et on est ramené à la rubrique « Les méthodes à retenir » p. 179.
Si f n’est pas réelle de signe fixe au voisinage de b, on essaiera de :
– voir si, par chance, f est intégrable sur [a; b[ (ex. 3.4.1 c))
 →+∞  →+∞
sinx cosx
– se ramener à l’exemple du cours, dx ou dx, α ∈]0; 1] , en utilisant un changement
1 x α
1 xα
de variable (ex. 3.4.1e)) ou un développement asymptotique (ex. 3.4.1 a), d), 3.4.3)
 →+∞
sinx
– utiliser une intégration par parties, comme dans l’exemple dx du cours (ex. 3.4.1 a), 3.4.3, 3.4.5)
1 xα
– de faire intervenir une série (voir plus loin, ch. 4).
188
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

Exercices
 
3.4.1 Déterminer la nature des intégrales impropres sui- +∞ sin t +∞ sin t
3.4.4 Montrer : dt −−−→ dt .
vantes: 0 x +t x→0+ 0 t
 →+∞
1 1
a) √ sin x + dx 3.4.5 Etablir :
→0 x x
  +∞
→+∞ sin x ln x sin t cos x 1
b) √ dx dt = + O .
→0 x2 + 1 x t x x→+∞ x2
 →+∞ √
sin x
c) √ dx 3.4.6 Soit f :]0; 1] −→ C continue telle que
→0 sh x
 →+∞ 
1 i(x+ 1 ) 1
1
d) e x dx
f (t) dt converge.
→0 x t
→0
 →+∞
 1
e) sin(x + ln x) dx .
1 a) Montrer que f converge.
→0
 →+∞ √
ln x b) On note g : [0; 1] −→ C l'application définie par :
3.4.2 Montrer que e− sin x dx converge.  x
1
∀x ∈ [0; 1], g(x) = f.
 2x 0
cos t
3.4.3 Déterminer lim dt .
x→+∞ x t + sin t Montrer que g est dérivable à droite en 0 et que gd′ (0) = 0.

3.5 Intégrales dépendant d’un paramètre


Les résultats de ce § 3.5 sont très Dans ce § 3.5, I désigne un intervalle de R , m ∈ N∗, A une partie de R m , F : A × I −→ K une
importants pour la pratique des exercices application.
et des problèmes portant sur le
Si, pour tout x ∈ A , l’application F(x,·) : I −→ K est continue par morceaux et intégrable
programme de deuxième année. t
−→ F(x,t)
Le lecteur pourra admettre tous les sur I, on peut considérer l’application f : I −→ K définie par :
résultats de ce § 3.5. 
∀ x ∈ A, f (x) = F(x,t) dt.
I
Le but de ce § 3.5 est de dégager des propriétés de f à partir de celles de F.
Dans le § 3.5.2, A désignera un intervalle de R.

3.5.1 Continuité
Définition 1
Bien noter que ϕ(t) ne doit pas On dit qu’une application F : A × I −→ K vérifie l’hypothèse de domination (en
dépendre de x . abrégé : HD) sur A × I si et seulement s’il existe une application ϕ : I −→ R ,
continue par morceaux,  0, intégrable sur I , telle que :
∀ (x,t) ∈ A × I, |F(x,t)|  ϕ(t).

Rappel : un segment est, par définition, Remarque : Si I est un segment et s’il existe C ∈ R+ tel que :
un intervalle fermé borné.
∀ (x,t) ∈ A × I, |F(x,t)|  C,

alors F vérifie l’hypothèse de domination, puisque l’application constante C est intégrable


sur le segment I.

189
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Définition 2
1) On dit que F : A × I −→ K est continue par rapport à la première
variable (x) si et seulement si, pour tout t ∈ I, l’application F(·,t) : A −→ K
est continue sur A. x
−→ F(x,t)

2) On dit que F : A × I −→ K est continue par morceaux par rapport à la


deuxième variable (t) si et seulement si, pour tout x ∈ A, l’application
F(x,·) : I −→ K est continue par morceaux sur I .
t
−→ F(x,t)

Continuité sous le signe
Théorème I

 • F est continue par rapport à la première variable


Si • F est continue par morceaux par rapport à la deuxième variable



• F vérifie l’hypothèse de domination sur A × I,

 • pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I

alors • l’application f : A −→ K est continue sur A.

 x
−→ I F(x,t) dt

Preuve
D’après le théorème de domination (§ 3.2.1 2) Prop.1 p. 165), pour tout x ∈ A , l’application F(x,·) est
intégrable sur I.
Soit x ∈ A fixé.
Soit (an )n∈N une suite dans A telle que an −→ x.
n∞

Notons, pour tout n ∈ N : f n : I −→ K .


t
−→ F(an ,t)
• Pour tout n ∈ N , f n est continue par morceaux sur I.
• La suite ( f n )n∈N converge simplement sur I vers l’application F(x,·) , car, pour tout t ∈ I,
f n (t) = F(an ,t) −→ F(x,t) , du fait que F est continue par rapport à x.
n∞

• L’application F(x,·) est continue par morceaux sur I.


• On a : ∀ n ∈ N, ∀ t ∈ I, |F(an ,t)|  ϕ(t), et ϕ est continue par morceaux,  0, intégrable sur I.
Mo
n ie
r Algè
bre Mon

r Algè
ie

bre G
r

éom é
Nous utilisons, de façon anticipée, le D’après le théorème de convergence dominée (cf. plus loin, § 5.1.6 Théorème p. 326), il en résulte
théorème de convergence dominée qui que, pour tout x ∈ A , F(x,·) est intégrable sur I et que :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

sera vu dans le chapitre 5 ;nous pensons


 
que l’étude des intégrales dépendant
d’un paramètre a sa place dans ce f n (t) dt −→ F(x,·)(t) dt,
I n∞ I
chapitre 3.

c’est-à-dire : f (an ) −→ f (x).


n∞
 
Ainsi, pour toute suite (an )n∈N d’éléments de A convergeant vers un élément x de A, la suite f (an ) n∈N
converge vers f (x) . D’après la caractérisation séquentielle de la continuité, on conclut que f est
continue en x, et finalement, f est continue sur A. 䊏

Exemples :
1) Convolution des fonctions continues et T-périodiques
Soient T ∈ R∗+ , f,g : R −→ C continues et T-périodiques, f ∗ g la convoluée de f et g,
c’est-à-dire l’application de R dans C définie par :
 T
∀ x ∈ R, ( f ∗ g)(x) = f (t)g(x − t) dt.
0

190
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

Puisque l’application R × [0 ; T ] −→ C est continue par rapport à x, continue par


(x,t)
−→ f (t)g(x − t)
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
∀ (x,t) ∈ R × [0; T ] , morceaux (car continue) par rapport à t et vérifie l’hypothèse de domination sur R × [0 ; T ]
en prenant l’application constante || f ||∞ ||g||∞ , le théorème précédent montre que f ∗ g est
Mo
onier
étr ie M

| f (t)g(x − t)|  || f ||∞ ||g||∞ .


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

continue sur R .
r
re Monie
lgèb
ni er A

De plus, f ∗ g est T-périodique, puisque, pour tout x ∈ R :


Mo éom é
bre G
r Algè

Utilisation de la T -péiodicité de g .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

 T  T
( f ∗ g)(x + T ) = f (t)g(x + T − t) dt = f (t)g(x − t) dt = ( f ∗ g)(x).
0 0

2) Convolution sur R

Soient f ∈ CL1 (R,C), g ∈ C(R,C) bornée.


 +∞
Alors l’application h : R −→ C définie par : ∀ x ∈ R, h(x) = f (t)g(x − t) dt est
−∞
définie sur R et continue sur R , puisque l’application F : R × R −→ C est conti-
(x,t)
−→ f (t)g(x − t)
Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
∀ (x,t) ∈ R × R , nue par rapport à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t et vérifie l’hypo-
thèse de domination sur R × R en prenant ϕ : .
onier
étr ie M

| f (t)g(x − t)|  ||g||∞ | f (t)| . R −→ R


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

t
−→ ||g||∞ | f (t)|
tr i e
Géomé

Définition 3
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Si A est une partie de R,on peut,dans On dit qu’une application F : A × I −→ K vérifie l’hypothèse de domination
la Définition 3, remplacer compact par locale (en abrégé : HDL) sur A × I si et seulement si, pour toute partie compacte
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

segment,car tout segment de R est un


tr i e
Géomé

compact de R,et tout compact de R est K incluse dans A il existe une application ϕ K : I −→ R continue par morceaux,
inclus dans un segment de R.  0, intégrable sur I , telle que :
Bien noter que ϕ K (t) ne doit pas ∀ (x,t) ∈ K × I, |F(x,t)|  ϕ K (t).
dépendre de x .

Remarques :
1) Si F vérifie HD, alors F vérifie HDL.
2) Si I est un segment et si F : A × I −→ K est continue (en tant que fonctions de deux
variables réelles), alors F vérifie HDL sur A × I. En effet, pour tout compact K inclus
dans A, F est continue sur le compact K × I, donc bornée sur K × I, et toute application
constante sur I est intégrable sur le segment I.

Extension au cas où l’hypothèse de domination


Proposition est vérifiée sur toute partie compacte incluse dans A

 • F est continue par rapport à la première variable (x)


Si • F est continue par morceaux par rapport à la deuxième variable (t)



• F vérifie l’hypothèse de domination locale sur A × I,

 • pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I

alors • l’application f : A −→ K est continue sur A.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


 x
−→ I F(x,t) dt

Preuve
Soient x ∈ A et (an )n∈N une suite dans A convergeant vers x. D’après 1.3.1 Prop.1 p. 58, la partie
K = {an ; n ∈ N} ∪ {x} est une partie compacte de A.
D’après le Théorème précédent, appliqué à F | K ×I , pour tout x ∈ K, l’application F(x,·) est intégrable
sur I, et l’application K −→ K est continue sur K. Il en résulte que, pour tout x ∈ A , F(x,·)
x
−→ I F(x,t) dt
est intégrable sur I et que f (an ) −→ f (x), ce qui montre que f est continue en x, et finalement f est
n∞
continue sur A. 䊏

191
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Exemple :
 +∞ 2
e −t
Dans cet exemple, l’utilité d’une HDL L’application f : x
−→ dt est continue sur ]0 ; +∞[.
x + |t|
r
e Monie
gèbr
r Al
n ie
Mo éom é
bre G
r Algè
Mo
n ie

éom
étr ie M
onier

apparaît.En effet, F ne vérifie pas HD sur −∞


G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

]0 ; +∞[×R , puisque, pour tout


tr i e
Géomé

En effet, l’application F : ]0 ; +∞[×R −→ R est continue par rapport à la première


t ∈ ]0 ; +∞[ : 2
e −t
(x,t)
−→ x+|t|
e−t 2
Sup |F(x,t)| = , variable (x), continue par morceaux (car continue) par rapport à la deuxième variable (t) et
x∈ ]0 ;+∞[ |t|
vérifie l’hypothèse de domination locale sur ]0 ; +∞[×R , puisque, pour toute partie com-
2
et l’application t
→ e−t
n’est pas pacte K incluse dans ]0 ; +∞[, il existe a > 0 tel que K ⊂ [a ; +∞[ et, en notant
|t|
intégrable sur ]0 ; 1] .
ϕK : R −→ R , ϕ K est continue,  0, intégrable sur R , et :
2
e −t
t
−→ a+|t| = F(a,t)

Exercice 3.5.8. ∀ (x,t) ∈ K × R, |F(x,t)|  ϕ K (t).

3.5.2 Dérivation
On suppose, dans ce § 3.5.2, que A est un intervalle de R .

Dérivation sous le signe
Théorème I

 • pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I






 ∂F
• existe sur A × I, est continue par rapport à la première variable (x)
∂x
Si

 et est continue par morceaux par rapport à la deuxième variable (t)





 ∂F
• vérifie HD sur A × I,
∂x

 ∂F

 • pour tout x ∈ A, ∂ x (x,·) est intégrable sur I

alors

 •f : A −→ K est de classe C 1 sur A et :

 x
−→ I F(x,t) dt

∂F
∀ x ∈ A, f (x) = (x,t) dt.
I ∂x

Preuve
∂F
D’après le théorème de domination, pour tout x ∈ A , est intégrable sur I.
∂x
Notons g : A −→ K l’application définie par :

∂F
∀ x ∈ A, g(x) = (x,t) dt.
I ∂x
Soit x0 ∈ A .
 
Notons A0 = h ∈ R ; x0 + h ∈ A = (−x0 ) + A , qui est un intervalle translaté de A, et
T : A0 × I −→ K l’application définie par :
 
 1 
 h F(x0 + h,t) − F(x0 ,t)
 si h = 0
∀ (h,t) ∈ A0 × I, T (h,t) =

 ∂F
 (x0 ,t) si h = 0.
∂x
Comme, pour tout t ∈ I, F(·,t) est de classe C 1 sur A, on a, pour tout (h,t) ∈ A0 × I, d’après le théo-
x − x0
rème reliant intégrale et dérivée et en utilisant le changement de variable y = :
h
192
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

 x0 +h  1
∂F ∂F
F(x0 + h,t) − F(x0 ,t) = (x,t) dx = h (x0 + hy,t) dy.
x0 ∂x 0 ∂x
Il en résulte :
 1
∂F
∀ (h,t) ∈ A0 × I, T (h,t) = (x0 + hy,t) dy.
0 ∂x
∗ Soit t ∈ I fixé temporairement.
L’application A0 × [0 ; 1] −→ K , est continue par rapport à la première variable (h) et continue
(h,y)
−→ ∂∂Fx (x0 + hy,t)
∂F
par morceaux par rapport à la deuxième variable (y), puisque (·,t) , est supposée continue. De plus,
∂x
cette application A0 × [0 ; 1] −→ K vérifie HDL sur A0 × [0 ; 1] car, pour tout compact K de
(h,y)
−→ ∂∂Fx (x0 + hy,t)
∂F
A0 , la restriction de (·,t), à K est continue sur un compact, donc bornée sur ce compact. Il en résul-
∂x 
te, d’après le théorème de continuité sous le signe , avec HDL, que l’application
[0;1]

∂F
T (·,t) : A0 −→ K, h
−→ T (h,t) = (x0 + hy,t) dy
I ∂x
est continue sur A0 .
∗ D’autre part, il est clair, par la définition de T, que, pour tout h ∈ A0 , T (·,t) est continue par morceaux
sur I.
∗ Par hypothèse, il existe ϕ : I −→ R , continue par morceaux,  0, intégrable sur I telle que :
 
∂F 
∀ (x,t) ∈ A × I,  (x,t)  ϕ(t).
∂x
On a donc, pour tout (h,t) ∈ A0 × I :
   1   1
   1 ∂F  ∂F 
T (h,t) =  (x 0 + hy,t) dy   (x 0 + hy,t) dy  ϕ(t) dy = ϕ(t).
   ∂x 
0 ∂x 0 0

Ceci montre que T vérifie HD sur A0 × I.



D’après le théorème de continuité sous le signe , il en résulte que l’application
I

τ : A0 −→ K , h
−→ τ (h) = T (h,t) dt
I

est continue sur A0 .


En particulier : τ (h) −→ τ (0) .
h −→ 0

Mais, pour tout h ∈ A0 − {0} :



1  1 
τ (h) = F(x0 + h,t) − F(x0 ,t) dt = f (x0 + h) − f (x0 ) ,
I h h
et :
 
∂F
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

τ (0) = T (0,t) dt = (x0 ,t) dt.


I I ∂x
Ceci établit :

1  ∂F
f (x0 + h) − f (x0 ) −→ (x0 ,t) dt = g(x0 ),
h h −→ 0 I ∂x
c’est-à-dire que f est dérivable en x0 et que f ′ (x0 ) = g(x0 ).

∂F
Enfin, d’après le théorème de continuité sous le signe , puisque , est continue par rapport à la pre-
I ∂x
mière variable (x), continue par morceaux par rapport à la deuxième variable (t) et vérifie HD sur A × I,
g est continue sur A.
Finalement, f est de classe C 1 sur A et f ′ = g . 䊏

193
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Exemple :  +∞
e −t sin (xt)
Cet exemple constitue un exercice-type Existence et calcul, pour x ∈ R , de : f (x) = dt.
d’utilisation du 0 t
 théorème de dérivation
sous le signe . e −t sin (xt)
I Notons F : R×]0 ; +∞[ −→ R, (x,t)
−→ F(x,t) = .
t
Pour tout x ∈ R , F(x,·) est intégrable sur ]0 ; +∞[, car : F(x,·) est continue sur ]0 ; +∞[,
F(x,t) −→ x, et, pour t  1, |F(x,t)|  e −t .
t −→ 0

∂F
L’application : (x,t)
−→ e −t cos (xt) est définie sur R×]0 ; +∞[ , continue par
∂x
rapport à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t, et vérifie HD
sur R×]0 ; +∞[ , puisque :
 
∂F 
∀ (x,t) ∈ R×]0 ; +∞[,  (x,t) = e −t | cos (xt)|  e −t ,
∂x

et t
−→ e −t est intégrable sur ]0 ; +∞[.
 +∞
D’après le théorème de dérivation sous le signe , l’application f est de classe C 1
0
sur R et :
 +∞  +∞
∂F
∀ x ∈ R, f (x) = (x,t) dt = e −t cos (xt) dt.
0 ∂x 0

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On peut passer par les nombres Il reste à calculer cette intégrale. On a, pour tout x ∈ R :
complexes, en vue de calculer cette
n ie
Mo
onier

 +∞  +∞ (−1+i x)t
+∞
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

intégrale. e 1 1+ix
e −t e i xt dt = e (−1+i x)t dt = = = ,
0 0 −1 + i x 0 1−ix 1 + x2
d’où :

1+ix 1
f ′ (x) = Ré = .
1 + x2 1 + x2
Puis, en primitivant :
 x  x
1
∀ x ∈ R, f (x) = f (0) + f ′ (t) dt = dt = Arctan x.
0 0 1 + t2
Remarque : Extension aux fonctions de plusieurs variables
La preuve précédente peut aisément être adaptée pour obtenir le résultat plus général sui-
vant :
Soient m ∈ N∗, U un ouvert de Rm , F : U × I −→ K , une application.
(x1 ,...,xm ; t)
−→ F(x1 ,...,xm ; t)
 • pour tout (x ,. . . ,x ) ∈ U,F(x ,. . . ,x ; ·) est intégrable sur I
 1 m 1 m





 ∂F
 • pour chaque i ∈ {1,. . . ,m}
 existe, est continue par rapport à (x1 ,. . . ,xm )
∂ xi
Si
 et continues par morceaux par rapport à la variable t





 n
 • pour chaque i ∈ {1,. . . ,m} ∂ F , vérifie HD sur U × I,

∂xi
 ∂F

 • pour tout x = (x1 ,. . . ,xm ) ∈ U et pour tout i ∈ {1,. . . ,m}, (x1 ,. . . ,xm ; ·)

 ∂ xi



 est intégrable sur I
alors


 • l’application f :
 U −→  K , est de classe C 1

 (x ,. . . ,x ) −

→ F(x ,. . . ,x ; t) d t

 1 m I 1 m

sur I et :

∂f ∂F
∀ i ∈ {1,...,m}, ∀ (x1 ,...,xm ) ∈ U, (x1 ,...,xm ) = (x1 ,...,xm ; t) dt.
∂ xi I ∂ xi

194
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

Une récurrence permet d’obtenir le Corollaire suivant :

Corollaire
Soit n ∈ N∗ .

 • pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I






 ∂F ∂n F
 • F, , . . . , n existent, sont continues par rapport à x
∂x ∂x
Si

 et sont continues par morceaux par rapport à t





 ∂F
 ∂n F
• , . . . , n vérifient HD sur A × I,
∂x ∂x


 ∂F ∂n F

 • pour tout x ∈ A, (x,·), . . . , (x,·), sont intégrables sur I
∂x ∂xn
alors


 • l’application f : A −→ K est de classe C n sur A et :
 x
−→ I F(x,t) dt

∂i F
∀ i ∈ {1,...,n}, ∀ x ∈ A, f (i) (x) = (x,t) dt .
I ∂xi

Extension au cas où l’hypothèse de domination


Proposition est vérifiée sur toute partie compacte incluse dans A

Cette proposition est très utile en  • pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I
pratique, cf. par exemple l’étude de la 



fonction Ŵ d’Euler ci-après. 

 ∂F
• existe sur A × I, est continue par rapport à la première variable (x)
∂x
Si

 et continue par morceaux par rapport à la deuxième variable (t)





 ∂F
• vérifie HDL sur A × I,
∂x

 ∂F

 • pour tout x ∈ A, ∂ x (x,·) est intégrable sur I

alors

 • l’application f : A −→ K est de classe C 1 sur A et :

 x
−→ I F(x,t) dt

∂F
∀ x ∈ A, f ′ (x) = (x,t) dt.
I ∂x

Preuve

Se déduit du théorème de dérivation sous le signe de la même façon que la Prop. du
 I
§ 3.5.1 se déduit du théorème de continuité sous le signe . 䊏
I

Exemple :  π
Méthode fréquemment applicable :
comme Calculer, pour x ∈ ]1 ; +∞[ : ln (x + cos t) dt.
 π 0
f (x) = ln(x + cos t)dt
0 Notons F : (x,t)
−→ ln (x + cos t).
ne paraît pas directement calculable,on
Pour tout x ∈ ]1 ; +∞[, F(x,·) est intégrable sur [0 ; π] , car continue sur ce segment.
va former f ′ (x) à l’aide du théorème de
 π
dérivation sous le signe ,puis calculer ∂F 1
L’application : (x,t)
−→ est définie sur ]1 ; +∞[×[0 ; π], continue par
0 ∂x x + cos t
f ′ (x) , et enfin remonter à f (x) .

195
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

rapport à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t, et vérifie HDL sur
]1 ; +∞[×[0 ; π] car, pour tout (a,b) ∈ ]1 ; +∞[2 tel que a  b , on a :
 
∂F  1 1
∀ (x,t) ∈ [a ; b] × [0 ; π],  (x,t) = 
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
 a et cos t  −1 , donc :
On a : x ∂x x + cos t a−1
x + cos t  a − t > 0 .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

1
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

et l’application constante est intégrable sur le segment [0 ; π] .


tr i e
Géomé

a−1
 π
D’après le théorème de dérivation sous le signe , l’application f :]1 ; +∞[ −→ R défi-
0
nie par :
 π
∀ x ∈ ]1 ; +∞[, f (x) = ln (x + cos t) dt
0

est de classe C 1 sur ]1 ; +∞[ et :


 
π
∂F π
1
∀ x ∈ ]1 ; +∞[, f ′ (x) = (x,t) dt = dt.
0 ∂x 0 x + cos t
t
Le changement de variable u = tan (qui introduit une intégrale sur [0; +∞[) donne :
2
  !"+∞
+∞
du 2 x −1
f ′ (x) = 2 = √ Arctan u
0 (x + 1) + (x − 1)u 2 x2 − 1 x +1
0
π
= √ .
x2 − 1

Il existe donc C ∈ R tel que : f (x) = π ln(x + x 2 − 1) + C.
∀x ∈]1; +∞[,
 π
1
D'autre part : ∀x ∈]1; +∞[, f (x) = π ln x + ln 1 + cos t dt .
0 x

er A
lgèb
re Monie
r
L’obtention de la constante C n’est pas L'application G : [0; 1[×[0; π] −→ R est continue par rapport à y, continuue par morceaux
(y,t)
−→ln(1+y cos t)
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

ici immédiate,car on ne peut remplacer


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

(car continue) par rapport à t , et vérifie HDL sur [0; 1[×[0; π] car, pour tout a ∈ [0; 1[ :
Mo

x par aucune valeur particulièrement


tr i e
Géomé

simple. L’idée est ici de faire tendre x vers


1 ∀ (y,t) ∈ [0; a] × [0; π], | ln (1 + y cos t)|  − ln (1 − a) ,
+∞ , en introduisant y = et en
et l’application constante t
−→ − ln (1 − a) est intégrable sur le segment [0; π], donc,
x 
appliquant le théorème de continuité
 π d’après le théorème de continuité sous le signe avec HDL, l'application g : [0; 1[−→ R
(en 0) sous le signe pour une I
0  π
nouvelle fonction. définie par ∀y ∈ [0; 1[, g(y) = G(y,t) dt est continue.
0

En particulier : lim+ g(y) = g(0) = 0 .


y→0
On a donc :

π 1
f (x) − π ln x = ln 1 + cos t dt −−−→ 0.
0 x x→+∞
Mais :

x+ x2 − 1
f (x) − π ln x = π ln + C −−−→ π ln 2 + C.
x x→+∞
On déduit C = −π ln 2, et finalement :
 π √
x + x2 − 1
∀x ∈]1; +∞[, ln(x + cos t) dt = π ln .
0 2
Corollaire
Soit n ∈ N∗ .

 • pour tout x ∈ A, F(x,·) est intégrable sur I




 ∂F ∂n F
 • F, , ..., n existent, sont continues par rapport à x
Si ∂x ∂x

 et sont continues par morceaux par à rapport t

 nF


• ∂ F ∂
, ..., n vérifient HDL sur A × I,
∂x ∂x
196
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre


 ∂F ∂n F
 • pour tout x ∈ A, ∂ x (x,·), ..., ∂ x n (x,·) sont intégrables sur I

alors
 • l’application f :

 A −→ K est de classe C n sur A et :
 x
−→ I F(x,t) dt
 i
(i) ∂ F
∀ i ∈ {1,...,n}, ∀ x ∈ A, f (x) = i
(x,t) dt .
I ∂x
Exercices 3.5.1 à 3.5.7, 3.5.9 à 3.5.21.

Exercice-type résolu

Exemple d'étude de fonction définie par une intégrale

Etude de fonction et tracé de courbe représentative pour :


 1
ln (x + t)
f (x) = dt.
0 1+t
π2
Pour le tracé, on admettra : f (0) = − ≃ 0,82 , cf. exercice 7.4.6 b).
12

Solution Conseils
1) Ensemble de définition de f
ln (x + t)
• Si x > 0, l'application t
−→ est continue sur le segment [0 ; 1], donc Si x > 0, f (x) est l'intégrale d'une fonction
1+t continue sur un segment.
f (x) existe.
ln t
• Si x = 0, l'application t
−→ est continue sur ]0 ; 1] et
1+t
ln t
∼ ln t < 0, donc, comme t
−→ ln t est intégrable sur ]0 ; 1], par théo-
1+t t −→ 0+
ln t
rème d'équivalence pour des fonctions de signe fixe, t
−→ est intégrable sur Si x = 0, f (x) est l'intégrale d'une fonction
1+t intégrable sur ]0; 1].
]0 ; 1], donc f (x) existe.
ln (x + t) ln(x + t)
• Si x < 0, l'application t
−→ n'est pas définie sur un voisinage à droi- Si x < 0, t
→ n'est pas continue
1+t 1+t
te de 0, donc f (x) n'existe pas. par morceaux sur ]0; 1], donc l'intégrale
envisagée n'existe pas.
On conclut : Déf ( f ) = [0 ; +∞[.
2) Continuité
ln (x + t)
Notons F : [0 ; +∞[×]0 ; 1] −→ R, (x,t)
−→ F(x,t) = . On va essayer d'appliquer
 le théorème de
1+t
• F est continue par rapport à x et continue par morceaux (car continue) par rap- continuité sous le signe .
I
port à t.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

• Soit a ∈ [0 ; +∞[. On a, pour tout (x,t) ∈ [0 ; a]×]0 ; 1] :


| ln (x + t)| 1  
|F(x,t)| =  Max | ln t|, | ln (a + t)| Les signes de ln t et de ln(a + t) ne sont
1+t 1+t pas connus.
| ln t| + | ln (a + t)|
 , noté ϕa (t).
1+t
L'application ϕa est continue par morceaux (car continue) sur ]0 ; 1],  0 et |ln t| = −ln t → +∞,
t→0+
ϕa (t) ∼ + − ln t. Comme t
−→ − ln t est intégrable sur ]0 ; 1], d'après le
t −→ 0 |ln(a + t)| → |ln a|, 1 + t → 1.
t→0+ t→0+
théorème d'équivalence pour des fonctions  0, ϕa est intégrable sur ]0 ; 1].

197
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Solution Conseils
Ceci montre que F vérifie HDL sur [0 ; +∞[×]0 ; 1]. Mais F ne vérifie pas HD sur

[0; +∞[×]0; 1] car, pour tout t ∈ ]0; 1]
D'après le théorème de continuité sous le signe , on conclut : f est continue sur fixé, |F(x,t)| → +∞, donc |F(x,t)| ne
I xl+∞
[0 ; +∞[. peut pas être majoré indépendamment
de x.
3) Dérivabilité
• Pour tout x ∈ [0 ; +∞[, F(x,·) est intégrable sur ]0 ; 1], d'après 1).
On garde la notation F de 2).
• ∂∂ F 1
x : (x,t)
−→ (x + t)(1 + t) existe sur [0 ; +∞[×]0 ; 1], est continue par rap-
port à x, continue par morceaux (car continue) par rapport à t.
• Soit b ∈ ]0 ; +∞[. On a, pour tout (x,t) ∈ [b ; +∞[×]0 ; 1] : ∂F
  ne vérifie pas HD sur [0; +∞[×]0; 1],
∂F  1 1 ∂x
 =
 ∂x (x,t) (x + t)(1 + t)  (b + t)(1 + t) noté ψb (t) ∂F 1
car, pour x = 0 : (0,·) : t

∂x t (1 + t)
et ψb est continue par morceaux (car continue) sur ]0 ; 1],  0 et intégrable sur
n'est pas intégrable sur ]0; 1].
]0 ; 1] car ψb (t) −→ b1 .
t −→ 0 ψb admet une limite finie en 0.
∂F
Ceci montre que vérifie HDL sur ]0 ; +∞[×]0 ; 1].
∂x 
D'après le théorème de dérivation sous le signe , f est de classe C 1 sur ]0 ; +∞[ et :
I
 1  1 
′ ∂F 1
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, f (x) = (x,t) dt = dt. Dérivation sous le signe .
0 ∂x 0 (x + t)(1 + t) I

On va calculer cette intégrale en utilisant une décomposition en éléments simples.


• Cas x = 1
1
Il existe a,b ∈ R tels que : (x + X)(1 a + b .
= x+
+ X) X 1+X
1
En multipliant par a + X puis en remplaçant X par −a, on obtient : a = .
1−x
1
En multipliant par 1 + X puis en remplaçant X par −1, on obtient : b = .
x −1
D'où :
1 1
 1  1
′ 1 − x x − 1 1 1 1
f (x) = + dt = − dt
0 x +t 1+t 1−x 0 x +t 1+t
1  1 1  
= ln (x + t) − ln (1 + t) 0 = ln (x + 1) − ln 2 − ln x .
1−x 1−x
• Cas x = 1 Étude directe pour x = 1 .
On a :  1

1 1 1 1
f ′ (1) = dt = − = .
0 (1 + t)2 1 + t 0 2
On conclut :


 1 1+x
 ln si x ∈ ]0 1[ ∪ ]1 + ∞[
′ 1−x 2x 1 1+x
f (x) = • Si x > 1, alors < 0 et < 1,

 1 1−x 2x
 si x = 1.
2 donc f ′ (x) > 0.
Il en résulte : 1
• Si 0 < x < 1, alors > 0 et
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, f ′ (x) > 0, 1−x
donc, comme de plus f est continue en 0, on conclut que f est strictement crois- 1+x
> 1, donc f ′ (x) > 0.
sante sur [0 ; +∞[. 2x

4) Étude en 0
On a vu que f est continue en 0. De plus :
1 1+x
f ′ (x) = ln −→ +∞, Théorème limite de la dérivée, dans le cas
1−x 2x x −→ 0+
d'une limite infinie.
donc f n'est pas dérivable en 0.

198
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

Solution Conseils
La courbe représentative C de f admet, en le point d'abscisse 0, une demi-tangen-
te parallèle à l'axe des ordonnées.
5) Étude en +∞ Le but est d'obtenir un encadrement de
Soit x ∈ [1 ; +∞[. On a : f (x) utilisable lorsque x → +∞.
ln x ln (x + t) ln (x + 1)
∀ t ∈ ]0 ; 1],   ,
1+t 1+t 1+t
et donc, en intégrant sur [0 ; 1] :
 1  1
1 1
ln x dt  f (x)  ln (x + 1) dt,
0 1 + t 0 1 + t
c'est-à-dire :
ln x ln 2  f (x)  ln (x + 1) ln 2.

1
Comme ln (x + 1) = ln x + ln 1 + ∼ ln x,
x x −→ +∞
on déduit : f (x) ∼ ln 2 ln x.
x −→ +∞

f (x)
En particulier : f (x) −→ +∞ et −→ 0, donc C admet une branche
x −→ +∞ x x −→ +∞
parabolique de direction asymptotique l'axe des abscisses, lorsque x −→ + ∞.
6) Tableau de variations
On consigne les résultats précédents dans le tableau de variations de f :

x 0 1 +∞
1
f '(x) +∞ + +
2
+∞

f (x)
π2

12
7) Concavité
Utilisation
 du théorème de dérivation sous
La même méthode qu'en 3) montre que f est de classe C 2 sur ]0 ; +∞[ et que :
 1 2  1 le signe .
∂ F 1
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, f ′′ (x) = 2
(x,t) dt = − dt < 0, I
0 ∂x 0 (x + t)2 (1 + t)
donc f est concave et C tourne sa concavité vers les y négatifs.

8) Tracé de la courbe représentative C de f


y

y = f (x)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

O x

π2

12

199
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

3.5.3 La fonction Ŵ d'Euler


Proposition-Définition 1
Pour tout x de ]0; +∞[, l'application t
−→ t x−1 e−t est intégrable sur ]0; +∞[.
On appelle fonction Ŵ d'Euler l'application :
 +∞
Ŵ : ]0; +∞[−→ R, x
−→ Ŵ(x) = t x−1 e −t d t
0

Preuve
Notons F : ]0; +∞[×]0; +∞[−→ R .
(x,t)
−→t x−1 e−t
Pour x ∈]0; +∞[ fixé, l'application t
−→ t x−1 e−t est continue sur ]0; +∞[,  0 . De plus :
• F(x,t) ∼ + t x−1 et t
−→ t x−1 est intégrable sur ]0; 1] car x − 1 > −1 , donc F(x,·) est inté-
t→0
grable sur ]0; 1]
• t 2 F(x,t) = t x+1 e −t −−−→ 0, donc F(x,·) est intégrable sur [1; +∞[.
t→+∞
 +∞
Ainsi, F(x,·) est intégrable sur ]0; +∞[ donc Ŵ(x) = t x−1 e −t dt existe. 䊏
0

Proposition 2

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
La fonction Ŵ prolonge la factorielle,au 1) ∀x ∈]0; +∞[ , Ŵ(x + 1) = xŴ(x) 2) ∀n ∈ N, Ŵ(n + 1) = n! .
décalage d’une unité près.
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Preuve
On ne fait pas directement une 1) Soit (ε,T ) ∈]0; 1] × [1; +∞[. On a, par une intégration par parties :
intégration par parties pour des intégrales  T  T  T  T
sur un intervalle quelconque.
t x e−t dt = − t x e−t + xt x−1 e−t dt = ε x e−ε − T x e−T + x t x−1 e−t dt.
ε ε ε ε
On en déduit, en passant aux limites quand ε tend vers 0 et T tend vers +∞ :
 +∞  +∞
Ŵ(x + 1) = t x e−t dt = x t x−1 e−t dt = xŴ(x).
0 0
2) Récurrence sur n :
 +∞  +∞
• Ŵ(1) = e−t dt = − e−t = 1 = 0!
0 0
• Si Ŵ(n + 1) = n! , alors Ŵ(n + 2) = (n + 1)Ŵ(n + 1) = (n + 1) · n! = (n + 1)! . 䊏

Proposition 3
La fonction Ŵ est de classe C ∞ sur ]0; +∞[ et :
 +∞
∀k ∈ N, ∀x ∈]0; +∞[, Ŵ (x) =(k)
(ln t)k t x−1 e−t dt.
0

Preuve
Notons F : ]0; +∞[×]0; +∞[−→ R .
(x,t)
−→t x−1 e−t =e(x−1)lnt e−t

∂F ∂k F
Il est clair que F ,,. . . , k ,. . . existent, sont continues par rapport à la première variable (x) et sont
∂x ∂x
continues par morceaux par rapport à la deuxième variable (t) , et que :
∂k F
∀k ∈ N, ∀(x,t) ∈]0; +∞[×]0; +∞[, (x,t) = ( ln t)k t x−1 e −t .
∂xk
200
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

Soit K une partie compacte incluse dans ]0; +∞[. Il existe (a,b) ∈ R2 tel que :
0<a1b et K ⊂ [a,b] .
Notons pour k ∈ N , ϕ K ,k : ]0; +∞[−→ R l'application définie par :
∀t ∈]0; +∞[, ϕ K ,k (t) = | ln t|k Max(t a−1 , t b−1 )e −t .
Il est clair que, pour tout k de N , ϕ K ,k est continue,  0 , intégrable sur ]0; +∞[, et :
 
 ∂k F 
 
Pour bien voir cette inégalité,séparer en ∀(x,t) ∈ K ×]0; +∞[,  k (x,t)  ϕ K ,k (t).
 ∂x 
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é

deux cas : t  1 , t  1 .
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

∂k F
Ainsi, pour tout k de N , vérifie l'hypothèse de domination locale sur ]0; +∞[×]0; +∞[.
∂xk
Le résultat voulu découle de 3.5.2, Corollaire p. 196. 䊏

Résultat classique :
 √ Proposition 4
+∞ π
−t 2
e dt = ,
0 2 1 √
Ŵ = π.
cf. par exemple exercice 3.5.4 c) p. 203. 2

Preuve
 +∞  +∞
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r

1 1 2 √
t − 2 e −t t =√ 2e −u u = π
éom é
bre G
r Algè

= 䊏
n ie
Mo

éom
étr ie M
onier

Utilisation d’un changement de variable. Ŵ


G

ier

2
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

0 [u= t] 0
Exercices 3.5.22 à 3.5.29.

Exercice-type résolu

Étude de la fonction Ŵ, tracé de la courbe représentative


a) Montrer que Ŵ est convexe sur ]0 ; +∞[.
1
b) Établir : Ŵ(x) ∼ + . Quelle est la limite de Ŵ en 0+ ?
x −→ 0 x
c) Dresser le tableau de variations de Ŵ et montrer : Ŵ(x) −→ +∞.
x −→ +∞

d) Tracer l'allure de la courbe représentative de Ŵ.

Solution Conseils
a) D'après le Cours, Ŵ est de classe C 2 sur ]0 ; +∞[ et : Conséquencedu théorème de dérivation
 +∞
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, Ŵ ′′ (x) = ( ln t)2 t x−1 e −t dt > 0, sous le signe avec HDL.
I
0

donc Ŵ est convexe sur ]0 ; +∞[. La fonction sous l'intégrale est continue,
 0 et n'est pas la fonction nulle, donc l'in-
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

b) On a : tégrale est > 0.


Ŵ(x + 1)
∀ x ∈ ]0 ; +∞[, Ŵ(x) =
. Cf. § 3.5.3 Prop. 2 1).
x
Comme Ŵ est continue sur ]0 ; +∞[, Ŵ est en particulier continue en 1,donc
1
Ŵ(x + 1) −→ + Ŵ(1) = 0! = 1. Il en résulte : Ŵ(x) ∼ + et il s'ensuit :
x −→ 0 x −→ 0 x
Ŵ(x) −→ + +∞.
x −→ 0

c) Puisque Ŵ ′′ > 0, Ŵ ′ est strictement croissante sur ]0 ; +∞[.


Comme Ŵ(1) = 0! = 1 et Ŵ(2) = 1! = 1, que Ŵ est continue sur [1 ; 2] et déri-
vable sur ]1 ; 2[, d'après le théorème de Rolle, il existe α ∈ ]1 ; 2[ tel que Utilisation du théorème de Rolle pour
Ŵ ′ (α) = 0. l'existence de α.

201
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Solution Conseils
Puisque Ŵ ′ est strictement croissante sur ]0 ; +∞[, on en déduit le tableau des
variations de Ŵ.

x 0 α +∞

Γ' (x) – 0 +

+∞ +∞

Γ (x)

d ) On a :
Ŵ(x) (x − 1)Ŵ(x − 1) x −1
= = Ŵ(x − 1) −→ +∞,
x x x x −→ +∞
donc la courbe représentative de Ŵ admet une branche parabolique de direction
asymptotique y ′ y.
y

y = Γ (x)

O 1 2 x

Les méthodes à retenir


Intégrales dépendant d’un paramètre
• Il peut être utile, par un changement de variable, de faire passer le paramètre, situé initialement aux bornes, à l’in-
térieur de l’intégrale (ex. 3.5.7).
• Pour calculer, lorsque c’est possible, une intégrale sur un intervalle quelconque, dépendant d’un para-
mètre : 
f (x) = F(x,t)dt
I
lorsqu’un calcul de primitive ne paraît pas accessible, montrer que les hypothèses du théorème de dérivation sous

le signe sont satisfaites, pour déduire :
I

∂F
f ′ (x) = (x,t)dt
I ∂x

et ensuite calculer f ′ en tout point et f en un point particulier, puis primitiver pour déduire f
(ex. 3.5.1 à 3.5.3, 3.5.11, 3.5.12, 3.5.13 c), 3.5.15, 3.5.17, 3.5.18).
202
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

On peut aussi envisager de former une équation différentielle satisfaite par f (ex. 3.5.9, 3.5.10, 3.5.18, 3.5.21).

• Le théorème de dérivation sous le signe peut permettre d’étudier, sans la « calculer », une fonction défi-
I
nie comme intégrale, sur un intervalle quelconque, dépendant d’un paramètre :

f (x) = F(x,t)dt
I
(ex. 3.5.5, 3.5.15).
• À l’aide de la fonction Ŵ d’Euler, on peut, par des changements de variable, intégrations par parties, dérivations
successives,…, déduire d’autres intégrales (ex. 3.5.22 à 3.5.26). L’étude de la fonction B d’Euler (exercice-
type résolu pp. 201-202) est classique ; B s’exprime à l’aide de Ŵ, et permet ensuite de calculer d’autres intégrales
(ex. 3.5.28, 3.5.29).

Exercices
3.5.1 Calculer, pour x ∈ R − {−1,1}, l'intégrale de 3.5.5 Étudier et représenter graphiquement la fonction f
Poisson d'une variable réelle x définie par :
 π  π

I (x) = ln(1 − 2x cos t + x 2 )dt. f (x) = x + cos t dt.
0 0

3.5.2 a) Calculer, pour x ∈ R∗+ : 3.5.6 Fonction J0 de Bessel


 π Montrer que l'application J0 : R −→ R définie par :
dt
I (x) = . 
0 cos2 t + x sin2 t 1 π
∀x ∈ R , J0 (x) = cos(x sin t) dt
π 0
b) En déduire, pour x ∈ R∗+ , la valeur de
admet dans [0; π] un zéro et un seul, et que celui-ci est dans
 π sin2 t ]0; π[.
J (x) = dt .
0 (cos t + x sin2 t)2
2
3.5.7 Soient I un intervalle de R , x0 ∈ I,
3.5.3 a) Montrer : ∀x ∈] − 1; +∞[, n ∈ N − {0,1}, f : I −→ E de classe C n sur I, telle que
 1 f (x0 ) = 0.
ln(1 + xt)
dt a) Montrer qu'il existe g : I −→ E de classe C n−1 sur I
0 1 + t2 telle que : ∀x ∈ I, f (x) = (x − x0 )g(x).
 x  x
ln 2 π ln(1 + t)
= Arctan x + ln(1 + x 2 ) − dt . (Dans f (x) = f ′ (t) dt , effectuer le changement de
2 8 0 1 + t2 x0
 t − x0
1
ln(1 + t) π ln 2 variable u = ).
b) En déduire : dt = . x − x0
0 1 + t2 8
b) Montrer que, si de plus f ′ ,. . . , f (n) sont bornées sur I,
3.5.4 Soit f : R −→ R définie par : alors g,g ′ ,. . . ,g (n−1) sont bornées sur I et :
 2 2 1
1
e−x (1+t )
∀ p ∈ {0,. . . ,n − 1}, ||g ( p) ||∞  || f ( p+1) ||∞ .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

∀x ∈ R, f (x) = dt. p+1


0 1 + t2

a) Montrer que f est dérivable sur R et : 3.5.8 Importance de l'hypothèse de domination


 x On note A = [0; +∞[ , I = [0; +∞[ , F : A × I −→ R .
2 2 (x,t)
−→xe−xt
∀x ∈ R, f ′ (x) = −2e−x e−t dt. Montrer :
0
 2 1) F est continue par rapport à la première variable (x) et
x 2
b) En déduire que x
−→ f (x) + e−t dt est continue par morceaux par rapport à la deuxième
0 variable (t)
constante.
 +∞ √ 2) Pour tout x de A, F(x,·) est intégrable sur I
2 π
c) Conclure : e−t dt = . 3) f: A −→ R n'est pas continue sur A.
0 2 x
−→ I F(x,t)dt

203
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

 +∞ 2 3.5.15 Étude et représentation graphique de


3.5.9 a) Établir que f : x
−→ e−t ch 2xt dt est
0
f : x
−→ f (x) (x réel) dans les exemples suivants :
 +∞
de classe C 1 sur R et : ∀x ∈ R , f ′ (x) = 2x f (x) . √ 2
 +∞
2

π x2 a) f (x) = 1 + xt e−t dt
b) En déduire : ∀x ∈ R , e−t ch 2xt dt = e . 0
0 2  +∞ 3
−xt 2
 +∞ b) f (x) = e−t dt.
2 √ z2 0
3.5.10 Établir : ∀z ∈ C, e−t ezt dt = πe 4 .
−∞
3.5.16 a) Montrer que, pour tout x de R , l'application
3.5.11 a) Déterminer l'ensemble de définition (dans R ) de Arctan(xt)
 π t
−→ est intégrable sur ]0; +∞[. On note
2 t (1 + t 2 )
f : x
−→ ln(1 + x sin2 t)dt .
0  +∞
Arctan(xt)
b) Montrer que f est de classe C 1 sur ] − 1; +∞[ et : f : R −→ R , f (x) = dt .
0 t (1 + t 2 )
π
∀x ∈] − 1; +∞[, f ′ (x) = √ √ . b) Montrer que f est de classe C 1 sur R et calculer f ′ (x)
2 x + 1(1 + x + 1)
pour x ∈ [0; +∞[ .
c) En déduire : ∀x ∈ [−1; +∞[ , π
√ c) En déduire : ∀x ∈ [0; +∞[ , f (x) = ln(1 + x).
1+ x +1 2
f (x) = π ln .
2 Exprimer f (x) pour x ∈ R .
 +∞
3.5.12 a) Étudier ensemble de définition (dans R ), déri- Arctan t 2
 1 d) En déduire : dt = π ln 2.
t −1 x 0 t
vabilité, dérivée de : f : x
−→ t dt .
0 ln t
3.5.17 Etablir :
b) En déduire :  +∞
 1 ln(1 + x 2 t 2 )
t −1 x x +2 ∀x ∈ R , dt = π ln(1 + |x|).
∀x ∈] − 1; +∞[, t dt = ln . 0 1 + t2
0 ln t x +1
3.5.18 a) Établir, pour tout x de R , l'existence de :
3.5.13 a) Montrer que, pour tout (α,β)de ]0; +∞[2 ,  +∞  +∞
e −αt − e−βt cos(xt) t sin(xt)
t
−→ est intégrable sur ]0; +∞[. f (x) = dt , g(x) = dt ,
t 0 1 + t2 0 1 + t2
 +∞ −αt  +∞  +∞
e − e−βt t sin(xt) cos(xt)
Le but de l'exercice est le calcul de dt h(x) = 2 )2
dt, k(x) = dt .
0 t 0 (1 + t 0 (1 + t 2 )2
par deux méthodes. b) Etablir : ∀x ∈ R , x f (x) = 2h(x) .
b) Soit (ε,T ) ∈]0; +∞[2 tel que ε  T. Montrer : c) Montrer que h est de classe C 1 sur [0; +∞[ et que
 T −αt  βε −u  βT −v h ′ = f − k, puis que que k est de classe C 1 sur [0; +∞[
e − eβt e e
dt = du − dv, et que k ′ = −h.
ε t αε u αT v
 +∞ −αt d) En déduire que f est de classe C 2 sur ]0; +∞[ et que :
e − e−βt
et en déduire : dt = ln β − ln α. ∀ x ∈]0; +∞[, f ′′ (x) = f (x) .
0 t
π −|x|
c) Montrer le résultat ci-dessus en utilisant le théorème de e) Établir : ∀x ∈ R , f (x) = e , puis :
 +∞ 2
dérivation sous le signe . π
∀x ∈ R , g(x) = sgn(x) e−|x| .
0 2
d) A l'aide d'un changement de variable, retrouver le résul-
tat de l'exercice 3.5.12. 3.5.19 a) Montrer que, pour tout x de [0; +∞[, l'intégra-
 →+∞
1 − e−xt
3.5.14 a) Étudier ensemble de définition (dans R ), déri- le impropre sin t dt converge ; on note
 +∞ 2 0 t
1 − e−xt  +∞
vabilité, dérivée de f : x
−→ dt . 1 − e−xt
0 t2 f (x) = sin t dt .
0 t
b) En déduire :
 +∞ 2
b) α) Montrer que f est de classe C 1 sur ]0; +∞[et :
1 − e−xt √ 1
∀x ∈ [0; +∞[ , dt = π x . ∀x ∈]0; +∞[, f ′ (x) = .
0 t2 1 + x2
c) Retrouver le résultat de b) par un changement de β) En déduire qu'il existe C ∈ R tel que : ∀x ∈]0; +∞[,
variable et une intégration par parties. f (x) = Arctan x + C .

204
3.5 • Intégrales dépendant d’un paramètre

 
c) α)On note A : [0; +∞[−→ R l'application définie par : +∞ 1 1 + x2 + 1
 −xt
J (t)e dt=  π + i ln  .
 1 − e−t 0 2 1 + x2 1 + x2 − 1
∀t ∈ [0; +∞[, A(t) = si t = 0 .
 t On a ainsi calculé la transformée de Laplace (cf. P 5.1)
1 si t = 0 de J.
Montrer que A est continue sur [0; +∞[, dérivable sur
]0; +∞[, et que : ∀t ∈]0; +∞[, A′ (t)  0. 3.5.22 Montrer que ln ◦ Ŵ est convexe sur ]0; +∞[.
β) En déduire : ∀x ∈]0; +∞[, 0  f (x) − f (0)  2x .
3.5.23 Montrer :
γ ) Etablir que f est continue en 0 et que C = 0. 
 +∞ +∞
sin t π ∀x ∈]0; +∞[, e−t (t − x)t x−1 ln t dt = Ŵ(x) .
δ) Conclure : dt = .
0 t 2 0
d) En déduire les valeurs des intégrales suivantes :
 +∞ 3.5.24 Montrer :
sin αt  +∞
1) dt , α ∈ R
ext−e dt = Ŵ(x).
t
0 t ∀x ∈]0; +∞[,
 +∞ −∞
1 − cos αt
2) dt , α ∈ R
0 t2 3.5.25 Montrer : ∀a ∈]0; +∞[, ∀m ∈] − 1; +∞[,
 +∞  +∞
t − sin t 1 m+1
3) dt 2
x m e−ax dx = .
0 t3 m+1
Ŵ
2
 +∞ 0 2a 2
sin t 2
4) dt
0 t 3.5.26 Montrer : ∀(α,β) ∈] − 1; +∞[2 ,
 +∞  1
sin at sin bt
5) dt , (a,b) ∈ R2 x α (−ln x)β dx =
Ŵ(β + 1)
.
0 t2 (α + 1)β+1
 +∞ 0
1 − cos at cos bt
6) dt, (a,b) ∈ R2 .
0 t2 3.5.27 Fonction B d'Euler
a) Déterminer l'ensemble des couples ( p,q) de R2 tels que
3.5.20 Soit α ∈]0; +∞[ . l'application t
−→ t p−1 (1 − t)q−1 soit intégrable sur
a) Montrer que, pour tout x de R , l'application ]0; 1[.
t
−→ t α−1 e−t eixt est intégrable sur [0; +∞[. On note B : ]0; +∞[2 −→ R l'application définie par :
 +∞
 1
On note f α (x) = t α−1 e−t eixt dt.
0 ∀( p,q) ∈]0; +∞[2 , B( p,q) = t p−1 (1 − t)q−1 dt.
0
b) Montrer que f α est de classe C 1 sur R et :
2
 +∞ b) Vérifier : ∀( p,q) ∈]0; +∞[ ,
∀x ∈ R, f α′ (x) = i t α e−t eixt dt.  π
2
0
B( p,q) = B(q, p) = 2 sin2 p−1 θcos2q−1 θ dθ .
c) En utilisant une intégration par parties, établir : 0

∀x ∈ R, −(i + x) f α′ (x) = α f α (x), et en déduire : c) α) Pour ( p,x) ∈]0; +∞[×[0; +∞[, on note
α
∀x ∈ R , f α (x) = Γ (α)(x 2
+ 1)− 2 eiα Arctanx . ϕ p (x) = x 2 p−1 e−x .
2

On a ainsi calculé la transformée de Laplace (cf. P 5.1)


Pour a ∈ [0; +∞[, on note
de t
−→ t α−1 eixt .
d) En déduire, pour tout x de R : Da = {(x,y) ∈ [0; +∞[2 ; x 2 + y 2  a 2 } et ∆a = [0; a]2 .
 # Pour (a, p,q) ∈ [0; +∞[×]0; +∞[×]0; +∞[ , on note :
  +∞ −t √
1 + x2 + 1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


 e cos(xt) π 

 √ dt = 

 0 √ Ia = ϕ p (x)ϕq (y) dxdy ,
t 2 2 1 + x2
# Da

  +∞ −t √ 


 e sin(xt) π 1 + x2 − 1

 √ dt = √  . Ja = ϕ p (x)ϕq (y) dxdy .
0 t 2 2 1 + x2 ∆a

1) Montrer : ∀a ∈ [0; +∞[, Ia  Ja  Ia √2 .


3.5.21 On note J : R −→ R l'application définie par :
 π 2) Exprimer Ia et Ja , pour a ∈ [0; +∞[.
∀t ∈ R, J (t) =
2
eit sinu du. β) En déduire :
0
∀( p,q) ∈]0; +∞[ , Ŵ( p + q)B( p,q) = Ŵ( p)Ŵ(q) .
Montrer que, pour tout x de ]0; +∞[, l'application
t
−→ J (t)e−xt est intégrable sur [0; +∞[ et : γ ) Calculer B( p,q) pour ( p,q) ∈ (N∗ )2 .

205
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque


Les exercices 3.5.28 et 3.5.29 utilisent la fonction B 1 (2n)! π
c) Montrer : ∀n ∈ N , Ŵ n + = .
d'Euler (exercice 3.5.27). 2 22n n!

3.5.29 Montrer : ∀( p,q) ∈]0; +∞[2 ,


3.5.28 a) Montrer : 
1
(1 + x)2 p−1 (1 − x)2q−1
2x+1
1 dx = 2 p+q−2 B( p,q) .
∀x ∈]0; +∞[, B(x,x) = 2− B ,x . −1 (1 + x 2 ) p+q
2
b) En déduire : Le lecteur trouvera plus loin (exercices 5.1.38, 5.1.39,

1 1 7.4.12) les formules de Gauss et de Weierstrass, et la for-
∀x ∈]0; +∞[, 22x−1 Ŵ(x)Ŵ x + =Ŵ Ŵ(2x) .
2 2 mule des compléments.

3.6 Intégrales doubles


3.6.1 Intégrales doubles sur le produit cartésien
de deux segments
On admet le résultat suivant.

Proposition-Définition
Soient a,b,c,d ∈ R tels que a  b et c  d, f : [a ; b] × [c ; d] −→ K continue.
Alors :
 d  b   b  d 
f (x,y) dx dy = f (x,y) dy dx .
c a a c

La valeur commune de ces deux intégrales est appelée intégrale (double) de f sur le
 
pavé [a ; b] × [c ; d], et notée f, ou f (x,y) dx dy.
[a ;b]×[c ;d ] [a ;b]×[c ;d ]

Remarques

1) Lorsque f : [a ; b] × [c ; d] −→ R est continue et  0, l’intégrale double f
[a ;b]×[c ;d]
représente, dans un repère orthonormé (O,x yz), le volume de la portion de l’espace com-
prise entre le plan x Oy , la surface d’équation z = f (x,y) et les plans d’équations
x = a, x = b, y = c, y = d.

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Ainsi,dans ce cas doublement particulier 2) Soient u : [a ; b] −→ K, v : [c ; d] −→ K , deux applications continues,
f : [a ; b] × [c ; d] −→ K .
r Algè

(le domaine d’intégration est un pavé et


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

la fonction à intégrer se décompose en (x,y)


−→ u(x)v(y)
tr i e
Géomé

produit de deux fonctions de chacune


des deux variables),l’intégrale double est On a alors :
le produit de deux intégrales simples.   b  d
f (x,y) dx dy = u(x) dx v(y) dy .
[a ;b]×[c ;d] a c

206
3.6 • Intégrales doubles

3.6.2 Intégrales doubles sur le produit cartésien


de deux intervalles
I,I ′ désignent des intervalles quelconques de R , non vides ni réduits à un point.

1) Cas des fonctions à valeurs réelles positives ou nulles

Définition 1
Soit f : I × I ′ −→ R , continue et  0. On dit que f est intégrable sur I × I ′ si
et seulement s’il existe un élément M de R+ tel que, pour tout segment J inclus dans
I et tout segment J ′ inclus dans I ′ :

f  M.
J ×J ′

Exercice 3.6.2.
Avec les notations de la définition précédente, si f : I × I ′ −→ R est continue et  0, alors

l’ensemble des f (lorsque J décrit l’ensemble des segments inclus dans I et J ′ décrit
J ×J ′
l’ensemble des segments inclus dans I ′ ) est une partie non vide et majorée de R , donc admet
une borne supérieure dans R .
D’où la Définition suivante :

Définition 2
Soit f : I × I ′ −→ R , continue,  0, intégrable. On appelle intégrale (double) de f
 
sur I × I ′ , et on note f, la borne supérieure des f lorsque J décrit
I ×I ′ J ×J ′
l’ensemble des segments inclus dans I et J′ décrit l’ensemble des segments inclus
dans I ′ .

Remarques :
1) Avec les hypothèses et notations de la Définition précédente :

f  0.
I ×I ′

2) Si I et I ′
sont des segments, I = [a ; b], I ′ = [c ; d] , alors toute application

f : [a ; b] × [c ; d] −→ R continue et  0 est intégrable et l’intégrale f est égale à
I ×I ′

f définie dans § 3.6.1.
[a ;b]×[c ;d]

3) On convient que, si I ou I ′ est vide ou réduit à un point, alors toute application


© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

f : I × I ′ −→ R ,  0 est intégrable et d’intégrale nulle.


4) Si I et I ′ sont bornés et si f : I × I ′ −→ R est continue,  0 et bornée, alors f est inté-
grable sur I × I ′ , car, pour tout segment J inclus dans I et tout segment J ′ inclus dans I ′ , on

a f  ℓ(J ) ℓ(J ′ )|| f ||∞ , où ℓ(J ) désigne la longueur de J.
J ×J ′

◦ 5) Il est immédiat que, si f : I × I ′ −→ R est continue et  0, alors f est intégrable sur I × I ′


I désigne l’intérieur de I , c’est-à-dire I ◦

privé de ses éventuelles extrémités. Par
◦ si et seulement si f est intégrable sur I × I ′ , et que l’on a alors :
exemple : [a ; b[ =]a ; b[ .  
f = ◦ ◦ f.
I ×I ′ I × I′

La Proposition suivante est immédiate.


207
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Proposition Théorème de majoration


I′
Soient f,g : I × −→ R , continues, positives ou nulles. Si 0  f  g et si g est
intégrable sur I × I ′ , alors f est intégrable sur I × I ′ et :
 
f  g.
I ×I ′ I ×I ′

Nous admettons le théorème suivant.

Théorème
Soit f : I × I ′ −→ R , continue,  0.
f (x,·) est la fonction partielle définie  ′
par :  • pour tout y ∈ I , f (·,y) est intégrable sur I

∀y ∈ I ′ , f (x,·)(y) = f (x,y) . Si 

 • g : y
−→ f (·,y), est intégrable sur I ′
f (·,y) est la fonction partielle définie
par : I
∀x ∈ I, f (·,y)(x) = f (x,y) . ou
 ′
 • pour tout x ∈ I, f (x,·) est intégrable sur I

si 

 • h : x −→ f (x,·) est intégrable sur I,
I′

alors f est intégrable sur I × I ′ et :


      
f = f (x,y) dy dx = f (x,y) dx dy .
I ×I ′ I I′ I′ I

Remarque : Il se peut que f : I × I ′ −→ R soit continue,  0, intégrable et qu’il existe x ∈ I


tel que f (x,·) ne soit pas intégrable sur I ′ , cf. exercice 3.6.1.
Exercice 3.6.1.
2) Cas des fonctions à valeurs réelles ou complexes

Définition 1
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r

Puisque f : I × I ′ → K est Soit f : I × I ′ −→ K continue. On dit que f est intégrable sur I × I ′ si et seule-
ment si | f | est intégrable sur I × I ′ .
n ie

continue, | f | : I × I ′ → R est
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

continue et  0 , et on se ramène
tr i e
Géomé

donc au § 1).
Remarques :
1) Si I et I ′ sont des segments, alors toute application f : I × I ′ −→ K continue est inté-
grable sur I × I ′ .
2) Soit f : I × I ′ −→ K continue. Si I et I ′ sont bornés et si f est bornée, alors f est intégrable
sur I × I ′ .

Proposition 1
Rappelons que f + et f − sont les
applications à valeurs réelles positives Soit f : I × I ′ −→ R continue. L’application f est intégrable sur I × I ′ si et
ou nulles définies, pour tout seulement si f + et f − le sont.
(x,y) ∈ I × I ′ , par :
f + (x,y) = Preuve

f (x,y) si f (x,y)  0
Même méthode que pour la preuve de la Prop.3 du § 3.2.1. 䊏
0 si f (x,y)  0,
f − (x,y) = Définition-Notation 2

0 si f (x,y)  0
Si f : I × I ′ −→ R est intégrable, on appelle intégrale (double) de f sur I × I ′ , et
− f (x,y) si f (x,y)  0, 
et que l’on a : on note f le réel :
I ×I ′
f = f+ − f−   
+
| f | = f + + f −. f = f − f−.
I ×I ′ I ×I ′ I ×I ′

208
3.6 • Intégrales doubles

Proposition 2
Rappelons que les applications Ré ( f ) Soit f : I × I ′ −→ C . L’application f est intégrable sur I × I ′ si et seulement si
et Im ( f ) sont les applications à valeurs Ré ( f ) et Im ( f ) le sont.
réelles définies, pour tout
(x,y) ∈ I × I ′ , par :
Preuve
Ré ( f )(x,y) =
Même méthode que pour la preuve de la Prop.4 du § 3.2.1. 䊏
1 
f (x,y) + f (x,y) ,
2
Définition-Notation 3
Im ( f )(x,y) =
1 
Si f : I × I ′ −→ C est intégrable, on appelle intégrale (double) de f sur I × I ′ , et
f (x,y) − f (x,y) , 
2i
et que l’on a : on note f le complexe :
 I ×I ′
f = Ré ( f ) + i Im ( f )   
f = Ré ( f ) + i Im ( f ) .
f = Ré ( f ) − i Im ( f ). I ×I ′ I ×I ′ I ×I ′

Proposition 3 Linéarité de l’intégration


Soient α ∈ K, f,g : I × I ′ −→ K intégrables sur I × I ′ . Alors α f + g est
intégrable sur I × I ′ et :
  
(α f + g) = α f + g.
I ×I ′ I ×I ′ I ×I ′

Preuve (abrégée)
On montre le résultat lorsque α  0, f  0, g  0, puis on le déduit lorsque α ∈ R et f,g sont à
valeurs réelles, et enfin lorsque α ∈ C et f,g sont à valeurs complexes. 䊏

Proposition 4
Pour toute application f : I × I ′ −→ K intégrable sur I × I ′ , on a :
   
 
 f  |f|.
I ×I ′ I ×I ′

Preuve (abrégée)
On montre le résultat, en utilisant le théorème de majoration, lorsque f est à valeurs réelles, puis lorsque
f est à valeurs complexes. 䊏
Nous admettons le théorème suivant, qui généralise le théorème du § 3.6.2 1).

Théorème 1 Théorème de Fubini


I′
Soit f : I × −→ K continue.
 ′
 • pour tout y ∈ I , f (·,y) est intégrable sur I

Si 
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


 • g : y
−→ | f (·,y)|, est intégrable sur I ′
I
ou
 ′
 • pour tout x ∈ I, f (x,·) est intégrable sur I

si 

 • h : x −→ | f (x,·)| est intégrable sur I,
I′
alors f est intégrable sur I × I ′ et :
      
f = f (x,y) dy dx = f (x,y) dx dy .
I ×I ′ I I′ I′ I

209
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Remarque :
Résultat important,souvent utilisable en Si u : I −→ K et v : I ′ −→ K sont continues et intégrables sur I et I ′ respectivement,
pratique. alors l’application (x,y)
−→ u(x)v(y) est intégrable sur I × I ′ et :
  
u(x)v(y) dx dy = u(x) dx v(y) dy .
I ×I ′ I I′
Exercice 3.6.3.
Nous admettons le théorème suivant.

Théorème 2 Passage en polaires


2
Soit f : R −→ K continue,
g : (θ,ρ) ∈ [−π ; π] × [0 ; +∞[
−→ g(θ,ρ) = f (ρ cos θ,ρ sin θ) .
L’application gρ est le produit de g et ρ . L’application f est intégrable sur R2 si et seulement si l’application gρ est intégrable
sur [−π ; π] × [0 ; +∞[ , et, sous ces conditions, on a :
 
f (x,y) dx dy = g(θ,ρ)ρ dθ dρ .
R2 [−π ;π ]×[0 ;+∞[

 +∞
2
Exemple : Calcul de e −x d x.
0
2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Calcul de l’intégrale de Gauss : L’application x
−→ e −x est continue et intégrable sur R , donc l’application
 √
bre G
r Algè
n ie
Mo

−x 2 −y 2 −x 2 −y 2
onier
étr ie M

+∞
(x,y)
−→ e =e e est intégrable sur R2 et :
éom
G

ier

Mo
n ier
Algè
bre Mon

2 π
e−x dx = .
tr i e
Géomé

0 2   +∞ 2
2 2 2
e −x −y dx dy = e −x dx .
R2 −∞

2
D’après le Théorème 2, il en résulte que l’application (θ,ρ) ∈ [−π ; π] × [0 ; +∞[
−→ e −ρ ρ
est intégrable sur [−π ; π] × [0 ; +∞[ et que :
 
2 2 2
e −x −y dx dy = e −ρ ρ dθ dρ
R2 [−π ;π]×[0 ;+∞[

  +∞
+∞
π
2 1 2
= dθ e −ρ ρ dρ = 2π − e −ρ = π.
−π 0 2 0

 +∞ 2  +∞
−x 2 2 √
On déduit : e dx = π, puis (par positivité) : e −x dx = π, et enfin
−∞ −∞

 +∞ √
2 π
(par parité) : e −x dx = .
0 2
Exercices 3.6.4 à 3.6.9.

210
3.6 • Intégrales doubles

Exercice-type résolu

Exemple de calcul d'une intégrale double sur R2



2 +y 2 )
Existence et calcul, pour (a,b,c) ∈ R2 , de : I = (ax 2 + 2bx y + cy 2 ) e −(x dx dy.
R2

Solution Conseils
1) Existence
2 2
L'application f : (x,y)
−→ (ax 2 + 2bx y + cy 2 ) e −(x +y ) est continue sur R2 . La présence de x 2 + y 2 dans l'énoncé
Considérons l'application g : [−π ; π] × [0 ; +∞[ −→ R définie par : incite à un passage en polaires.
2
g(ρ,θ) = f (ρ cos θ,ρ sin θ) = ρ 2 (a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ) e −ρ .
L'application θ
−→ a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ est intégrable sur Il s'agit d'une application continue sur un
[−π ; π]. segment.
2
L'application ρ
−→ ρ 3 e −ρ est intégrable sur [0 ; +∞[ car, comme
−ρ 2 −ρ 2 −ρ 2 1
ρ 2 (ρ 3 e ) = ρ5e −→ 0, on a, au voisinage de +∞ : 0  ρ 3 e  2,
ρ −→ +∞ ρ
1
et ρ
−→ est intégrable sur [1 ; +∞[.
ρ2
Il en résulte que leur produit, qui est gρ, est intégrable sur [−π ; π] × [0 ; +∞[, Cf. § 3.6.2 Remarque p. 210.
D'après le Théorème 2 du § 3.6.2, on conclut que f est intégrable sur R2 ,donc I Attention à ne pas confondre ρ et gρ.
existe.

2) Calcul
Par passage en coordonnées polaires, comme en 1), on a :

2
I = (a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ)ρ 3 e −ρ dρ = J K ,
[−π ;π]×[0 ;+∞[
où on a noté :
 π  +∞
2
J= (a cos 2 θ + 2b sin θ cos θ + c sin 2 θ) dθ et K = ρ 3 e −ρ dρ.
−π 0
On calcule :

π
1 + cos 2θ 1 − cos 2θ
J= a + b sin 2θ + c dθ Linéarisation.
−π 2 2

π
a+c a−c b
= θ+ sin 2θ − cos 2θ = (a + c)π.
2 4 2 −π

 +∞  +∞
2 1 1 1 1
K = ρ 3 e −ρ dρ = u e −u du = Ŵ(2) = 1! = . Changement de variable u = ρ 2 .
0 2 0 2 2 2
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

a+c
On conclut : I = .
2

Les méthodes à retenir


Intégrales doubles sur un produit cartésien
• Pour montrer qu’une fonction f : I × I ′ −→ R continue,  0, est intégrable, on peut essayer d’appliquer le
théorème de Fubini (ex. 3.6.3).
211
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

• Pour montrer qu’une fonction f : I × I ′ −→ R , continue,  0, n’est pas intégrable, on peut essayer d’appli-

quer la définition (§ 3.6.2 1) Déf. 1), c’est-à-dire montrer que f n’est pas majorée lorsque J et J ′ sont des
J ×J ′
segments variables inclus respectivement dans I et I ′ (ex. 3.6.2).
• Pour calculer une intégrale double, on peut essayer d’appliquer le théorème de Fubini, c’est-à-dire calculer des
intégrales simples emboîtées, ou effectuer un changement de variables approprié (ex. 3.6.5 à 3.6.9). Le passage en
coordonnées polaires est fréquent, surtout lorsqu’apparaît l’expression x 2 + y 2.
• Le théorème de Fubini permet de calculer certaines intégrales simples, via des intégrales doubles. (ex. 3.6.8).

Exercices
3.6.1 Soit 3.6.7 Existence et calcul de :
1 y
f : [0 ; +∞[2 −→ R, (x,y)
−→ .  ln
1 + x 2 (1 + y 2 )2 x dx dy .
[1;+∞[2 (x + y)4
a) Montrer que f est intégrable sur [0 ; +∞[2.
b) Est-ce que f (0,·) est intégrable sur [0 ; +∞[ ?
3.6.8 Soit (a,b) ∈ [0 ; +∞[2 tel que a  b . Calculer

3.6.2 Étudier l’intégrabilité de : x y dx dy , de deux façons et en déduire la
[0;1]×[a;b]
f : R2 −→ R, (x,y)
−→ e −|x y| .  1
xb − xa
valeur de l’intégrale dx.
3.6.3 Étudier l’intégrabilité de : 0 ln x
2 −(x 4 +y 4 )
f : R −→ R, (x,y)
−→ e . 3.6.9 Soit (a,b) ∈ R2 tel que 0 < a < b. On note :
f : [0 ; 1] × [1 ; +∞[ −→ R,
3.6.4 Étudier, pour α ∈ R fixé, l’intégrabilité de :
(x,y)
−→ a e −ax y − b e −bx y .
1
f α :]0 ; 1]2 −→ R, (x,y)
−→ . a) Montrer l’existence des intégrales
(x 2 + y 2 )α
 1  +∞
3.6.5 Existence et calcul, pour (a,b,c) ∈ R3 fixé tel que I = f (x,y) dy dx
0 1
a > 0 et b2 − ac < 0, de : et
  
2 2 +∞ 1
e −(ax +2bx y+cy ) dx dy . J= f (x,y) dx dy
R2
1 0

3.6.6 Existence et calcul, pour α ∈ R fixé, de : et établir que :


 I − J = ln b − ln a .
1
.
2 2 α
[0;+∞[2 (1 + x + y ) b) Est-ce que f est intégrable sur [0 ; 1] × [1 ; +∞[ ?

3.6.3 Intégrale sur une partie simple du plan


Dans cette section 3.6.3, nous reprenons, d’un point de vue un peu différent, l’étude des inté-
grales doubles faite en 1re Année (Analyse MPSI, ch.12).

1) Intégrale sur une partie élémentaire du plan

Définition 1
Une partie D de R2 est dite élémentaire si et seulement s’il existe a,b,c,d ∈ R
(a  b, c  d), ϕ1 ,ϕ2 : [a ; b] −→ R , ψ1 ,ψ2 : [c ; d] −→ R continues tels que :
∀ x ∈ ]a ; b[, ϕ1 (x) < ϕ2 (x)
∀ y ∈ ]c ; d[, ψ1 (y) < ψ2 (y)

212
3.6 • Intégrales doubles

$
ax b
D = (x,y) ∈ R2 ;
ϕ1 (x)  y  ϕ2 (x)
$
2
cyd
D = (x,y) ∈ R ; .
ψ1 (y)  x  ψ2 (y)

y y

y = ϕ2(x)
d
y = ψ1(y)
D D
y = ψ2(y)
c
y = ϕ1(x)
O a b x O x

Proposition 1
Mo
ni e r Al
gèbr
e Monie
r

éom é
Le but de la Proposition 1, admise, est Soient D une partie élémentaire du plan, f : D −→ K continue,

bre G
r Algè

de ramener l’intégrale double d’une


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier

f (x,y) si (x,y) ∈ D
èbre M
r Alg
n ie
Mo

fonction sur une partie élémentaire D


f : R2 −→ K, (x,y)
−→
%
tr i e
Géomé

du plan à une intégrale double sur R2 ,


en prolongeant f en dehors de D par
0 sinon.
la fonction nulle. Alors :
1) pour tout x ∈ R , l’application % f (x,·) est intégrable sur R, et l’application

x
−→ %
f (x,·) est intégrable sur R
R

2) pour tout y ∈ R , l’application % f (·,y) est intégrable sur R, et l’application



y
−→ %f (·,y) est intégrable sur R
R
     
3) %
f (x,y) dx dy = %
f (x,y) dy dx .
R R R R

On appelle intégrale (double) de f sur D, et on note f (x,y) dx dy cette valeur
D
commune :
     d  ϕ2 (x) 
f (x,y) dx dy = %
f (x,y) dx dy = f (x,y) dx dy
D c ϕ1 (x)
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

R R

    b  ψ2 (y) 
= %
f (x,y) dy dx = f (x,y) dy dx.
R R a ψ1 (y)

2) Intégrale sur une partie simple du plan

Définition 2
On appelle partie simple de R2 toute réunion d’une famille finie de parties élémen-
taires de R2 dont les intérieurs sont deux à deux disjoints.

213
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

y y

D1
D1

D2 D2 D3
O x O x

D4
D3

D = D1 ∪ D2 ∪ D3 D = D1 ∪ D2 ∪ D3 ∪ D4
D1, D2, D3, sont élémentaires D1, D2, D3, D4 sont élémentaires
D est simple D est simple

Définition 3

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On admet que cette expression ne Soient D une partie simple du plan, f : D −→ K continue. On définit l’intégrale
dépend pas du choix de la (double) de f sur D :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

décomposition de la partie simple D en  N 


réunion d’un nombre fini de parties
élémentaires Di d’intérieurs deux à
f = f
D i=1 Di
deux disjoints.
où D1 ,...,D N sont des parties élémentaires de R2 , d’intérieurs deux à deux disjoints,
N
telles que D = Di .
i=1

Nous admettons que la Proposition 1 se généralise au cas où D est une partie simple de R2 .

3) Propriétés
Nous admettons la proposition suivante.

Proposition 2 Additivité de l’intégrale


Soient D,D ′ deux parties simples de R2 d’intérieurs disjoints, f : D ∪ D ′ −→ K
continue. Alors, D ∪ D ′ est une partie simple du plan et :
  
f = f + f.
D∪D ′ D D′

Exercices 3.6.10 à 3.6.15.


Nous admettons le théorème suivant.

Théorème Formule de changement de variables


Soient D,∆ deux parties simples de R2 , φ : D −→ ∆ un C 1-difféomorphisme,
f : D −→ K continue. Alors :
 
  
f (x,y) dx dy = f φ(u,v)  Jφ (u,v) du dv ,
D ∆

où Jφ (u,v) désigne le jacobien de φ en (u,v) :


 ∂x ∂x 
 (u,v) (u,v) 

 ∂u ∂v 
Jφ (u,v) =  .
 ∂y ∂y 
 (u,v) (u,v) 
∂u ∂v
214
3.6 • Intégrales doubles

Exemple :

Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
D

  y √
D = (x,y) ∈ R2 ; x  0, 1  x y  9, x  y  4x , f (x,y) = + xy .
x
Effectuons le changement de variables défini par :

y √
u= , v = xy .
x
On a :

  u0
x 0 


 
v  0
1u2
(x,y) ∈ D ⇐⇒ 1  x y  9 ⇐⇒ ⇐⇒
  2
 1  v  9


1  v  3.
x  y  4x  2
1u 4

y √
En notant ∆ = [1 ; 2] × [1 ; 3], l’application ψ : (x,y)
−→ , x y , est un
x

v
C 1 -difféomorphisme de D sur ∆ et la réciproque est ψ−1 : (u,v)
−→ , uv .
u
Le jacobien est donné par :
 ∂x ∂x 
   v 1 
  −  v
 ∂u ∂v   u2 u 
J = =  = −2 .
 ∂y ∂y   v u  u
 
∂u ∂v
D’où :
    2  3  2 2

 v  v2 v v3 3
I = (u +v) −2 du dv = 2 v+ dv du = 2 + du
∆ u 1 1 u 1 2 3u v=1
 2
2
26 26 4 
=2 4+ du = 2 4u + ln u = 6 + 13 ln 2 ≃ 20,014... .
1 3u 3 1 3

En particulier, pour le passage en polaires :


 
f (x,y) dx dy = f (ρ cos θ,ρ sin θ)|ρ| dθ dθ ,
D ∆
où (θ,ρ)
−→ (ρ cos θ,ρ sin θ) est un C 1-difféomorphisme de ∆ sur D.

Exemple :

Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
D

  x y 1 − x 2 − y2
D = (x,y) ∈ R2 ; 0  x, 0  y, x 2 + y 2  1 , f (x,y) = .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

2x 2 + y 2

O 1 x

215
Chapitre 3 • Intégration sur un intervalle quelconque

Passons en polaires :
 π  1

2 ρ 2 cos θ sin θ 1 − ρ 2
I = ρ dρ dθ = J K ,
0 0 ρ 2 (2 cos 2 θ + sin 2 θ)
en notant :
 π  1 
2 cos θ sin θ
J= dθ et K = 1 − ρ 2 ρ dρ .
0 2 cos 2 θ + sin 2 θ 0

2
On a, par le changement de variable u = sin θ :

1 1 du 1 1 ln 2
J= = ln (2 − u) 0 = .
2 0 2−u 2 2

Par le changement de variable v = 1 − ρ 2 :
 1
1
K = v 2 dv = .
0 3
On conclut :
ln 2
I = .
Exercices 3.6.16 à 3.6.18. 6

Exercices
3.6.10 Calculer, pour tout α ∈ [0 ; +∞[ : 3.6.15 Calculer
  
π π
sin y
I (α) = |x − y|α dxdy . I = dy dx .
[0;1]2 0 x y
 
n 3.6.16 Calculer f (x,y) dx dy, où D est l’intérieur
3.6.11 Déterminer lim dx dy.
n∞ [0;1]2 n + x n + yn D
du parallélogramme O ABC ,
3.6.12 Inégalité de Tchébychev
0 2 3 1
Soient a,b ∈ R tels que a  b . O , A , B , C
0 1 4 3
a) Soient f 1 , f 2 : [a ; b] −→ R continues, croissantes. 
Montrer : et f (x,y) = 3x − y e 2y−x .
 b  b  b

f1 f 2  (b − a) f1 f2 .
a a a
3.6.17 Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
D
b) Soient n ∈ N∗ , f 1 ,..., f n : [a ; b] −→ R continues,  0,  2
D = (x,y) ∈ R ;
croissantes. Montrer : 
n  b  b 
n x  0, y  0, 1  x 2 − y 2  9, 2  x y  4
f k  (b − a)n−1 fk . et
k=1 a a k=1
f (x,y) = x 2 + y 2 .
3.6.13 Calculer 
 4  √
4−x
1 3.6.18 Calculer I = f (x,y) dx dy, où :
I = √
 dy dx . D
0 − 4−x 20 + 12y − y 3  
D = (x,y) ∈ R2 ; (x − 1)2 + y 2  1, y  0
3.6.14 Calculer et
 1  1
xy x3
I = √ dx dy . f (x,y) = .
0 y 1 + x4 x 2 + y2

216
Problème

Problème
P 3.1 Convolution des fonctions 3) Établir :
continues à support borné ∀(ϕ,ψ) ∈ K2 ,
 +∞  +∞  +∞
Les fonctions continues à support borné interviennent dans de nombreux
contextes de l’analyse moderne. Ce problème P 3.1 constitue aussi une préparation (ϕ ∗ ψ)(x) d x = ϕ(x) d x ψ(x) d x
−∞ −∞ −∞
aux techniques de la transformation de Fourier, cf. ch.5. .
On note C l'algèbre des applications continues de R 4) Démontrer que ∗ est une loi interne commutative et
dans R . associative dans K .
5) On note θ : R −→ R l'application définie par :
Pour f ∈ C, on appelle support de f l'ensemble 
− 12
{x ∈ R, f (x) = 0} , c'est-à-dire l'adhérence (dans R ) de θ(x) = e
1−x si x ∈] − 1; 1[
l'ensemble des points en lesquels f ne s'annule pas. On note 0 si x ∈] − ∞; −1] ∪ [1; +∞[.
K la partie de C formée des applications continues à sup- Cette application θ intervient fondamentalement dans « la théorie des
port borné. distributions », non abordée dans ce cours.

1) Vérifier que K est un idéal de l'algèbre C, c'est-à-dire : Montrer que θ ∈ K et que θ est de classe C ∞ sur R .

K = ∅ On note, pour n ∈ N∗, ϕn : R −→ R l'application définie


 ∀ϕ,ψ ∈ K, ϕ + ψ ∈ K par : ∀x ∈ R , ϕn (x) = γn θ(nx), où γn est le réel > 0 tel
 +∞

 ∀α ∈ R, ∀ϕ ∈ K, αϕ ∈ K que ϕn (x) d x = 1 .

∀ f ∈ C, ∀ϕ ∈ K, f ϕ ∈ K. −∞

Pour ( f,ϕ) ∈ C × K, on note f ∗ ϕ : R −→ R l'applica- Montrer que, pour toute ϕ de K , (ϕ ∗ ϕn )n∈N∗ converge
tion, appelée convoluée de f et ϕ , définie par : uniformément vers ϕ sur R .
 +∞ Il en résulte facilement que toute application continue
∀x ∈ R, ( f ∗ ϕ)(x) = f (t)ϕ(x − t) d t. f : [a; b] −→ R
−∞
est limite uniforme d’une suite d’applications de classe C ∞ , cf. ch.5.
2) a) Montrer que f ∗ g est correctement définie.
Montrer : α) ∀( f,ϕ) ∈ C × K , f ∗ ϕ ∈ C En déduire que l'ensemble des applications de classe C ∞
β) ∀(ϕ,ψ) ∈ K2 , ϕ ∗ ψ ∈ K. sur R et à support borné est dense dans (K,|| · ||∞ ) .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

217
Séries CHAPITRE 4

Plan Introduction
4.1 Séries à termes Etudier une série, de terme général noté u n , c’est étudier la suite formée par
dans un evn u 0 , u 0 + u 1 , u 0 + u 1 + u 2 ,. . . .
(1re étude) 220
On considère ainsi la suite (Sn )n∈N des sommes partielles de la série
Exercices 223 
u n , définie par :
n 0
4.2 Séries à termes
dans R+ 225 n

Exercices 238
∀n ∈ N, Sn = uk .
k=0
4.3 Séries à termes Il y a dans la notion de série, l’idée d’additionner les termes u 0 , u 1 ,. . .
dans un evn
(2e étude) 242
Exercices 244, 246, Prérequis
252, 254, 262,
• Suites réelles ou complexes (Analyse MPSI, ch. 3)
266, 269, 275, 282
• Fonctions usuelles (Analyse MPSI, ch. 7)
Problèmes 283 • Comparaison locale des fonctions, appliquée au cas des suites (Analyse
MPSI, ch. 8)
• Espaces vectoriels normés (ch. 1) en vue du § 4.3
• Intégration sur un intervalle quelconque (ch. 3) en vue du § 4.3.7.

Objectifs
• Acquisition des notions de convergence ou divergence pour les séries
• Détermination de la nature d’une série
• Calcul « exact », quand c’est possible, de la somme d’une série
convergente
• Extension aux séries doubles.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

219
Chapitre 4 • Séries

K désigne R ou C ; E désigne un K -evn, ||.|| sa norme.

4.1 Séries à termes dans un evn (1re étude)

4.1.1 Généralités
1) Notion de série

Définition 1
On appelle série à termes dans E tout couple ((u n )n∈N ,(Sn )n∈N ) formé d'une suite
(u n )n∈N à termes dans E et de la suite (Sn )n∈N définie par :
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
La considération du couple de suites n

Sn = uk .
Mo
n ie
 
∀n ∈ N,
onier
étr ie M
éom
G

(u n )n∈N ,(Sn )n∈N est un artifice :


onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

k=0
on considère la suite (u n )n∈N , mais on
s’intéresse à la convergence de la suite
(Sn )n∈N . Une série numérique (resp. réelle, resp. complexe) est une série à termes dans K
(resp. R, resp. C).
L'élément u n s'appelle le nème terme (ou : terme général) de la série, et Sn s'appelle
la nème somme partielle de la série.

La série est notée un .
n 0

Le même vocabulaire est utilisé pour une suite (u n )n n 0 d'indice « de départ » n 0 , n 0 ∈ N .

Définition 2

1) On dit que la série u n converge (ou : est convergente) si et seulement si la
n 0
 suite (Sn )n∈N des sommes partielles converge (dans E), et, dans ce cas, la limite de
u n désigne la série, +∞
n 0
 
la suite (Sn )n∈N est appelée somme de la série u n , et notée un .
+∞
n 0 n=0

u n désigne la somme de la série, si
n=0 
celle-ci converge. 2) On dit que la série u n diverge (ou : est divergente) si et seulement si elle ne
n 0
converge pas.
Mo
ni er Algè
bre Mon

r Algè
bre G
ie

éom é
r
Pour montrer que deux séries sont de 3) Deux séries sont dites de même nature si et seulement si elles sont toutes deux
même nature, on peut montrer que la
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

convergentes ou toutes deux divergentes.


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

convergence de l’une équivaut à la


convergence de l’autre,ou bien encore
on peut montrer que la divergence de
l’une équivaut à la divergence de l’autre. Proposition Changement d'indice de départ

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Ainsi,la nature d'une série (convergence Soient u n une série à termes dans E, et n 0 ∈ N .
ou divergence) n'est pas modifiée
n ie
Mo

n 0
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

lorsqu'on change l'indice de départ,


mais la somme (quand il y a
 
convergence) peut être modifiée.
Les séries u n et u n sont de même nature, et, si elles convergent, on a :
  n 0 n n 0
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r

Au lieu de u n ou u n ,on peut


n
bre G
r Algè
n ie

+∞ 0 −1 +∞
Mo
onier
étr ie M
éom

n 0 n n 0
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo  
un = un + un .
tr i e
Géomé

donc noter u n s'il s'agit de n'étudier
n n=0 n=0 n=n 0
que la convergence de la série.

220
4.1 • Séries à termes dans un evn (1re étude)

Preuve
 n
 n
 n
0 −1
1) Si u n converge, alors, comme ∀n  n 0 , uk = uk − uk ,
n 0 k=n 0 k=0 k=0

 +∞
 +∞
 n
0 −1
u n converge, et uk = uk − uk .
n n 0 k=n 0 k=0 k=0

 n
 n
0 −1 n

2) Si u n converge, alors, comme ∀n  n 0 , uk = uk + uk ,
n n 0 k=0 k=0 k=n 0

u n converge. 䊏
n 0
Exercice 4.1.1.

2) Condition nécessaire de convergence d'une série

Proposition

Si la série u n converge, alors u n −→ 0.
n∞
n 0

n

Preuve
r
re Monie
lgèb
ni er A

L’égalité Sn = u k exprime la
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

Géomé
tr i e

k=0 n +∞
somme partielle Sn à l’aide des termes
 
En notant Sn = u k et S = u k , on a :
généraux u k .
k=0 k=0
L’égalité u n = Sn − Sn−1 exprime le
∀n ∈ N∗ , u n = Sn − Sn−1 ,
terme général u n à l’aide des sommes
partielles. et donc u n −→ S − S = 0. 䊏
n∞

(−1)n
 
/ 0, on dit que la série
Lorsque u n −→ u n diverge grossièrement. Par exemple,
n∞ n 0 n 0
diverge grossièrement.

Remarque :

La réciproque de la Prop. précédente est fausse ; il se peut que : u n diverge et u n −→ 0 .
n∞
n 0

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Ces deux exemples illustrent la remarque Exemples :
précédente.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

1) u n = ln (n + 1) − ln n (pour n  1) .
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

 n 
• u k = ln (n + 1) −→ +∞ , donc u n diverge.
n∞
k=1 n 1
 
1
• u n = ln 1 + −→ 0.
n n∞
2) Série harmonique
1 n
 1
La série est appelée série harmonique ; on note souvent Hn =
n 1 n k=1
k

(cf. Analyse MPSI, exercice 3.1.18).


 
ln n
• Pour tout n ∈ N∗ , en notant m = E , on a n  2m , d'où
ln 2
n 2m
On s’intéresse aux sommes partielles
 1  1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r


kk
é
Géom
rA lgèbre

dont l’indice est une puissance de 2.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

k=1 k=1
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

     
1 1 1 1 1 1 1
=1+ + + + + ... + + ... + + . . . +
2 3 4 5 8 2m−1 + 1 2m

221
Chapitre 4 • Séries

1 1 1 1 m
ni er A
lgèb
re Monie
r
Nous retrouverons plus loin la 1+ + 2 · + 4 · + . . . + 2m−1 · m = 1 + −→ m + ∞ ,
2 4 8 2 2 n∞
Mo éom é
bre G
r Algè

divergence de la série harmonique


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e
1
lors de l’étude de l’exemple de 1
n 1
n et donc diverge.
 1 n 1 n
Riemann, ,α ∈ R fixé
n 1
nα 1
• −→ 0 .
(cf. § 4.2.3 Th. p. 228). n n∞
Exercice 4.1.2.

3) Lien suite/série

Proposition
Soit (an )n∈N une suite à termes dans E.
Attention à ne pas confondre ici suite et
série. La suite de terme général an converge si et seulement si la série de terme général
an+1 − an converge.

Preuve
On a, pour tout N ∈ N, par simplification de termes deux par deux :
N

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
On dit qu'il y a télescopage,cf. aussi plus (an+1 − an ) = (a N +1 − a N ) + (a N − a N −1 ) + · · · + (a1 − a0 ) = a N +1 − a0 .
bre G
r Algè

loin, § 4.3.8 1) b). n=0


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

N

1) Si la suite de terme général an converge, an −→ ℓ ∈ E, alors (an+1 − an ) −→ ℓ − a0 ,
n∞ N∞
n=0

donc la série de terme général an+1 − an converge.

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Par définition, une série à éléments 2) Réciproquement, si la série de terme général an+1 − an converge, il existe S ∈ E tel que
dans E converge si et seulement si la
r Algè
n ie

N
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo 
suite des sommes partielles admet une (an+1 − an ) −→ S, et alors a N +1 − a0 −→ S, a N +1 −→ a0 + S, a N −→ a0 + S,
tr i e
Géomé

limite dans E. N∞ N∞ N∞ N∞
n=0
donc la suite de terme général an converge. 䊏

4) Reste d'ordre n d'une série convergente

Définition

La notion de reste d'ordre n n'a de sens Soit u n une série à termes dans E, convergente. Pour chaque n de N, la somme
que si la série considérée converge. n 0
u k (qui converge d'après 2) Prop.) est appelée le nème reste

de la série
k n+1
(ou : reste d'ordre n) de la série et souvent notée Rn :

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r On a ainsi : +∞

r Algè

Rn = uk .
n ie
Mo
onier
+∞
∀n ∈ N,
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

Mo

Géomé
tr i e

∀n ∈ N, u k = Sn + Rn .
k=0 k=n+1

Proposition

Soient u n une série à termes dans E, convergente, et, pour chaque n de N, Rn le
n 0
nème reste. On a alors : Rn −→ 0.
n∞

222
4.1 • Séries à termes dans un evn (1re étude)

Preuve
+∞

En notant S = u k , on a : Rn = S − Sn −→ S − S = 0. 䊏
n∞
k=0

Les méthodes à retenir

Généralités
• Pour étudier la nature d'une série, dans certains exemples simples, en particulier lorsqu'intervient une sépa-
ration en termes d'indices pairs ou d'indices impairs, on peut essayer de se ramener à la définition de la conver-
gence d'une série en formant les sommes partielles (ex. 4.1.1).


Pour montrer qu'une série u n diverge, il suffit, et c'est le cas dans quelques exemples très simples, de mon-
n
trer que la suite (u n )n ne converge pas vers 0 (ex. 4.1.2) ; on dit dans ce cas que la série diverge grossièrement.
• Pour étudier la nature d'une suite (an )n , on peut, si cela paraît plus commode, étudier la nature de la série

(an+1 − an ), puis appliquer le lien suite/série (cf. plus loin, l'exercice-type résolu page 236).
n

Exercices
4.1.1 Soit (u n )n 0 une suite dans E . Montrer que , si

   4.1.2 Montrer que la série sin n diverge.
u 2 p converge et u 2 p+1 diverge, alors un n 0
p0 p0 n 0
diverge.

4.1.2 Structure algébrique de l'ensemble des séries


convergentes
Les séries envisagées dans ce § 4.1.2 sont à termes dans un K -evn E .

Proposition 1
  
En pratique, avant d’écrire cette égalité, Si u n et vn convergent, alors, pour tout λ de K, (u n + λvn ) converge, et :
s’assurer que les séries envisagées sont n 0 n 0 n 0
convergentes.
+∞
 +∞
 +∞

(u n + λvn ) = un + λ vn .
n=0 n=0 n=0

Preuve
Il suffit d'appliquer 1.1.9 2) Prop. 2 p. 32 aux suites des sommes partielles, en remarquant :
Mo
n ie
r Al
gèbr
e Monie

bre G
r

éom é
On écrit l’égalité sur les sommes n
 n
 n

partielles d’indice n,puis on fait tendre
r Algè

uk + λ
n ie
Mo

∀n ∈ N, (u k + λvk ) = vk . 䊏
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

n vers l’infini. k=0 k=0 k=0

223
Chapitre 4 • Séries

Remarque :

D'après la Prop. 1, l'ensemble Λ1 (E) des suites (u n )n 0 à termes dans E telles que un
n 0
converge est un K -ev et l'application Λ1 (E) −→ E est K -linéaire.
+∞

(u n )n 0 −→ un
n=0

On déduit de la Prop. 1 les propriétés suivantes :


  
1) Pour toute série u n et tout λ de K − {0}, les séries u n et λu n sont de même nature.
n 0 n 0 n 0
  
Propriété fréquemment utile dans les 2) Si u n converge et vn diverge, alors (u n + vn ) diverge (raisonner par l'absurde, en
exercices. n 0 n 0 n 0
remarquant : vn = (u n + vn ) − u n ).

Remarque :
 
Si u n et vn divergent, on ne peut pas (sans hypothèse supplémentaire) déduire la
n 0
n 0
nature de (u n + vn ). Par exemple :
n 0
 
• Un exemple de deux séries divergentes ∀n ∈ N, u n = 1    
• : un , vn divergent, (u n + vn ) converge
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

dont la somme est convergente.


ie
on

∀n ∈ N, vn = −1 n 0
M
onier
éom
étr ie M

G

onier

n 0 n 0
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

• Un exemple de deux séries divergentes  


dont la somme est divergente. ∀n ∈ N, u n = 1    
• : un , vn , (u n + vn ) divergent.
∀n ∈ N, vn = 1 n 0

n 0 n 0

Proposition 2
Soient E un K -evn de dimension finie, B = (e1 ,. . . ,em ) une base de E, (u n )n∈N une
suite dans E. Notons, pour chaque n de N, (u n,i )1i m les composantes de u n dans
la base B :
m
∀n ∈ N, u n = u n,i ei .
i=1

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Ainsi, pour l’étude de la convergence Alors u n converge (dans E) si et seulement si, pour chaque i de {1,. . . ,m} ,
d’une série à valeurs vectorielles et pour
n ie
Mo

n 0
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

le calcul de la somme (lorsque cette 


série converge), on peut se ramener à u n,i converge (dans K ), et, dans ce cas, on a :
l’étude des séries composantes, mais n 0
ce n’est pas toujours judicieux.
+∞
 m  +∞
  
un = u n,i ei .
n=0 i=1 n=0

Preuve
n
 
Appliquer 1.1.9 1) Prop. 2 p. 32 à la suite uk des sommes partielles. 䊏
k=0 n 0

Par contraposition : Corollaire


 
u n diverge ⇐⇒ Soit u n une série à termes complexes.
n 0
n 0


 Ré(u n ) diverge On a :
 n 0
  
Ré(u n ) converge
ou

    
 n 0  

 Im(u n ) diverge u n converge ⇐⇒ 
  
u n converge .

 ⇐⇒
n 0
n 0

 Im(u n ) converge n 0
Attention au connecteur logique « ou ». n 0

224
4.2 • Séries à termes dans R+

Preuve
Appliquer la Prop. 2 à C considéré comme un R -ev muni de la base (1,i). 䊏

On a plus généralement le résultat suivant.

Proposition 3

Soient E,F deux K -evn, f ∈ LC(E,F), u n une série à termes dans E.
n 0
 
Si u n converge (dans E), alors f (u n ) converge (dans F) et :
n 0 n 0
+∞
 +∞
 
f (u n ) = f un .
n=0 n=0

Preuve
 
n
 n

Puisque f est linéaire, on a : ∀n ∈ N, f (u k ) = f  u k .
k=0 k=0
   
n
 +∞
 n
 +∞

Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
Toute application linéaire en dimension Comme u k −→ u k et que f est continue, on déduit f  u k  −→ f  u k .
finie est continue, cf. § 1.3.2 Prop. 1. n∞ n∞
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

k=0 k=0
onier

k=0 k=0
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

 
n
 +∞

Ainsi : f (u k ) −→ f  u k . 䊏
n∞
k=0 k=0

Proposition 4
 
Bien noter qu’ici on suppose que les
  Soient un , vn deux séries convergentes à termes réels, telles que :
deux séries un , vn convergent. n 0 n 0
n 0 n 0
∀n ∈ N, u n  vn .

+∞
 +∞

Alors : un  vn .
n=0 n=0

Preuve
n
 n

∀n ∈ N, uk  vk , et passer aux limites lorsque n tend vers l'infini. 䊏
k=0 k=0

Remarque :
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Cas particulier des séries à termes Nous verrons plus loin (4.2.2 Théorème 1) que si (∀n ∈ N, u n  0) , la convergence
n ie
r Algè
 
dans R+ .
Mo
onier

de vn entraîne celle de un .
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

n 0 n 0

4.2 Séries à termes dans R+


Dans ce § 4.2, les séries envisagées sont à termes dans R+ , sauf dans § 4.2.4. On comparera uti-
lement ce § avec le § analogue sur les intégrales sur un intervalle quelconque (§ 3.1 pp. 154-
164).

225
Chapitre 4 • Séries

4.2.1 Lemme fondamental


Lemme
 
Soit u n une série à termes dans R+ . Pour que u n converge, il faut et il suffit
n 0 n 0
n

qu'il existe M ∈ R+ tel que : ∀n ∈ N, u k  M.
k=0

Preuve

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Si une série est à termes réels  0 , la Puisque (∀n ∈ N, u n  0), la suite (Sn )n 0 des sommes partielles de la série u n est croissante. Pour
n ie

suite des sommes partielles est n 0


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

croissante. que (Sn )n 0 converge, il faut et il suffit que (Sn )n 0 soit majorée (cf. Analyse MPSI, 3.2.1).
tr i e
Géomé

Remarques :
 ∀n ∈ N, u  0 
n  n +∞
Pour une série à termes réels  0 ,il n’y  
uk  uk .
r

alors
re Monie

1) Si
lgèb
er A
 ∀n ∈ N,
u n converge  ,
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

a que deux possibilités :


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e
k=0 k=0
• ou bien la série converge n 0

• ou bien la suite des sommes partielles


 ∀n ∈ N, u  0 
n  n

tend vers +∞ . 2) Si  u diverge  ,

alors u k −→ +∞.
n  n∞
k=0
n 0

4.2.2 Théorèmes de comparaison

Théorème 1 Théorème de majoration


 ∀n ∈ N, 0  u  v 
   n n
Soient un , vn deux séries à termes réels. Si  , alors
Théorème très utile en pratique.

vn converge 
n 0 n 0 n 0

u n converge.
n 0

Preuve
n
 n
 +∞

On a : ∀n ∈ N, uk  vk  vk .
k=0 k=0 k=0

D'après le lemme, il s'ensuit que u n converge. 䊏
n 0

Remarques :
r
re Monie
lgèb
er A

1) On peut aisément adapter le Théorème 1 au cas des séries à termes dans R− .


ni
Mo éom é

Cas des séries à termes dans R− .


bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e
  
un  0
Le plus commode nous semble, cependant, lorsque ∀n ∈ N, , d'étudier les séries
vn  0
 
des opposés : −u n , −vn .
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
• Pour montrer qu’une série à termes n 0 n 0
réels  0 converge,on peut essayer de
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

2) Par contraposition du Théorème 1, on obtient :


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

majorer son terme général par le terme


général d’une série convergente.  ∀n ∈ N, 0  u  v 
n n
• Pour montrer qu’une série à termes 
Si  u diverge alors vn diverge.

réels  0 diverge, on peut essayer de ,
n 
minorer son terme général par le terme n 0
n 0
général  0 d’une série divergente.

226
4.2 • Séries à termes dans R+

3) On peut, dans le Théorème 1, remplacer l'hypothèse (∀n ∈ N, 0  u n  vn ) par


l'hypothèse plus faible suivante :

(∃ n 0 ∈ N, ∀n  n 0 , 0  u n  vn ).

Théorème 2
 
Théorème utile en pratique. Soient un , αn deux séries à termes dans R+ .
n 0 n 0
u =
O (αn ) 

 n n∞  
Si   , alors u n converge.
 αn converge 

n 0
n 0

Preuve
Il existe N ∈ N et C ∈ R+ tels que : ∀n  N , 0  u n  Cαn .
   
Comme αn converge, Cαn converge, puis (théorème 1) u n converge, et donc u n converge.
n 0 n N n N n 0

Théorème 3 Théorème d'équivalence


 
Soient un , vn deux séries à termes réels.
Théorème très utile en pratique. n 0 n 0
 
Son utilisation est éventuellement ∀n ∈ N, 0  vn   
combinée avec celle du théorème de Si u n ∼ vn  , alors les deux séries u n et vn sont de même
majoration. n∞ n 0 n 0
nature.

Preuve
Mo

Mo
ni e

n ie
r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
éom é
r
On remarque ainsi que,si u n ∼ vn et
n∞
1) Montrons d'abord : ∃N ∈ N , ∀n  N, u n  0.
onier
étr ie M
éom

si, à partir d’un certain rang, vn  0,


G

Puisque u n ∼ vn , il existe N ∈ N tel que : ∀n  N, |u n − vn |  vn ,


onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

alors,à partir d’un certain rang, u n  0. n∞


et donc : ∀n  N, 0  u n ( 2vn ) .
 
u n = O (vn ) 
2) Puisque u n ∼ vn ⇒ n∞  , le Théorème 2 permet de conclure :
n∞ vn = O (u n ) 
n∞
 
u n converge si et seulement si vn converge. 䊏
n 0 n 0

Remarque :
Attention :le théorème d’équivalence ne L'hypothèse vn  0 est essentielle et on veillera à ne pas appliquer le théorème d'équivalen-
peut être appliqué qu’à des séries à ce à des séries à termes complexes ou à termes réels de signe variable (cf. 4.3.6 Exemple
termes  0 . p. 252).

4.2.3 Séries de Riemann


1) Exemple de Riemann
 1
Soit α ∈ R fixé. Nous allons déterminer la nature de la série , appelée série de Riemann.
n 1 n
α

1  1
Si α  0, alors / 0, donc
−→ diverge (grossièrement).
n n∞
α
n 1 n
α

227
Chapitre 4 • Séries

 1
Si α = 1 , diverge car il s'agit de la série harmonique, cf. 4.1.1 2) Exemple 2) p. 221.
n 1 n
α

 1 1 1 1
Si 0 < α < 1, diverge, car, pour tout n de N∗ , α  > 0 et diverge.
n 1 n n n n 1 n
α

Supposons enfin α > 1 .


Soit N ∈ N tel que N  2 . On a, pour tout n de N tel que n  2 :
 n  
1 1 1 1 1
Intervention d’une intégrale.Voir aussi  dt = − ,
α − 1 (n − 1)α−1
r

nα n−1 t n α−1
re Monie

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
bre G
éom é
α
plus loin, § 4.3.7, comparaison d’une
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

série à une intégrale.


N N    
 1 1  1 1 1 1 1
d'où :  − = 1 −  .
n=2 n
α α − 1 n=2 (n − 1) α−1 n α− 1 α−1 N α− 1 α−1
 1
D'après le lemme fondamental, il en résulte que converge.
n 1 n
α

Résumons l'étude :

Théorème Exemple de Riemann


 1
Théorème très important. Pour tout α ∈ R fixé, converge si et seulement si α > 1.
n 1

2) Règle nα un

Proposition 1 Règle nα un

La règle « n α u n », bien que n’étant pas Soit u n une série à termes dans R+ .
au programme,est d’une utilisation très n 0
commode dans les exercices.En pratique,
on détaillera comme dans la preuve ci-

après.
S'il existe α ∈]1; +∞[ tel que n α u n −−→ 0, alors u n converge.
n∞
n 0

Preuve
1
Il existe N ∈ N∗ tel que : ∀n  N , 0  n α u n  1, soit : ∀n  N, 0  u n  .

 1
Comme converge (car α > 1 ), le théorème de majoration permet de déduire la convergence de
n 1 n
α

un. 䊏
n 0

a
Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é

onier
r

e−(lnn) n’admet pas d’équivalent Exemple :


étr ie M

« plus simple » que lui-même,d’où l’essai


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

a
Nature de la série de terme général u n = e −( ln n) , pour a ∈ R fixé.
tr i e
Géomé

d’application de la règle n α u n.

Pour tout α de R∗+ : n α u n = exp(αln n − (ln n)a ).

• Si a > 1, alors, pour tout α > 0 fixé, αln n − (ln n)a −→ −∞, et donc n α u n −→ 0.
n∞ n∞

2
En particulier, n u n −→ 0, et donc u n converge.
n∞
n 1
 1 
• Si a = 1, alors ∀n ∈ N∗ , un = , donc u n diverge.
n n 1

a 1 
• Si a < 1, alors, pour tout n  3, e−(lnn)  e−lnn = , donc u n diverge.
n n 2

On conclut : la série de terme général u n = e−(lnn)a converge si et seulement si a > 1 .

228
4.2 • Séries à termes dans R+

3) Séries de Bertrand
L'étude des séries de Bertrand, ci-dessous, est hors-programme, mais d'un usage commode.
 1
lgèb
re Monie
r
 2 afin que
L’indexation est notée n Soit (α,β) ∈ R2 . On s'intéresse à la série , appelée série de Bertrand.
n α (ln n)β
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

1
Mo

n 2
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie

le terme général α existe.


Mo

tr i e
Géomé

n (lnn)β 1+α 1 1−α


1) Si α > 1 , en notant γ = , on a : n γ α = n 2 (ln n)−β −−−→ 0,
2 n (ln n)β n∞

et donc (cf. Prop. 1), la série étudiée converge.


1
2) Si α < 1 , comme n = n 1−α (ln n)−β −−−→ + ∞ , il existe un indice à partir duquel
n α (ln n)β n∞
1 1
 , et donc la série étudiée diverge.
n α (ln n)β n
3) Supposons α = 1 .
Nous allons utiliser une comparaison série-intégrale, cf. aussi plus loin, 4.3.7 p. 255.
1
Comme la fonction x −→ décroît au voisinage de +∞ (il suffit d’étudier sa dérivée), il existe
x(ln x)β
N  3 tel que :
 n+1 n  n
1  1 1
re Monie
r
Intervention d’une intégrale,pour le cas ∀n  N , dx   dx.
x(ln x) k(ln k) x(ln x)β
lgèb
Mo
ni er A
éom é
β β
α = 1.
bre G

N N −1
r Algè
n ie
Mo

k=N
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

• Si β > 1 , alors, pour tout n tel que n  N :


n  n  ln n
 1 1 dy
 dx =
k=N
k(ln k)β
N −1 x(ln x) β y=ln x ln(N −1) y
β

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On obtient une majoration des sommes  1−β  1−β
partielles par une constante. − (ln n)1−β
n ie

ln(N − 1) ln(N − 1)
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

=  .
β −1 β −1
 1
D'après le lemme fondamental, il en résulte que converge.
n 2 n(ln n)β
• Si β = 1 , alors, pour tout n tel que n  N :
n  n+1  ln(n+1)
 1 dx dy
lgèb
re Monie
r
On minore les sommes partielles par une  = = ln ln(n + 1) − ln ln N −−−→ + ∞,
ln
er A

kln k x x y
ni
Mo éom é

n∞
bre G
r Algè

expression de limite +∞ .
n ie

N N
Mo

ln
onier
étr ie M

k=N
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

 1
donc diverge.
n 2 n ln n
1 1  1
On compare le cas β < 1 au cas • Si β < 1 , alors, comme  , diverge.
n ln n n 2 n(ln n)β
r

n(ln n)
re Monie

Mo
ni

n
er A

ier A
lgèb

lgèbre
Géom
é
β
β = 1.
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

Résumons l'étude :
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Proposition 2 Exemple de Bertrand


 1
Pour tout (α,β) ∈ R2 fixé, converge si et seulement si :
n 2
n α (ln n)β

α > 1

 ou

(α = 1 et β > 1).


229
Chapitre 4 • Séries

4.2.4 Série géométrique


1) Série géométrique dans K

Définition

r n est appelée série géométrique.



Pour tout r de K , la série
n 0

Théorème

r n converge si et seulement si |r| < 1. De plus,



Soit r ∈ K. La série géométrique
Résultat fondamental,qui sera aussi utilisé
dans l’étude des séries entières (ch. 6).
n 0
si |r| < 1 , alors :
+∞
1
rn =

.
n=0
1−r

Preuve
|r n |  1), donc r n −→ r n diverge grossièrement.

1) Si |r|  1, alors (∀n ∈ N, / 0,
n∞ n 0
n
1 − r n+1 1
rk = r n converge et
 
2) Si |r| < 1, alors : −−−→ , donc
k=0
1−r n∞ 1 − r
n 0
+∞
1
rn =

. 䊏
n=0 1−r

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Calcul du reste d’ordre n d’une série Remarque :
r Algè

géométrique convergente.
n ie
Mo
onier

Soit r ∈ K tel que |r| < 1. Pour tout n de N , on a :


étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Changement d’indice p = k − n − 1, +∞ +∞
r n+1
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é

r k = r n+1 rp =
bre G  
r Algè
n ie

n fixé.
Mo
onier

.
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg

1−r
Mo

tr i e
Géomé

k=n+1 p=0

2) Développement décimal d'un réel positif ou nul

Définition
Cette étude (§ 2) est peu utilisée dans les Soit x ∈ R+ .
exercices.
On appelle développement décimal de x toute suite (dn )n 0 telle que :
 ∀n ∈ N, d ∈ N
 n

 ∀n ∈ N∗ , 0  dn  9
 (1)
+∞
 (2)

x =

 dn 10−n (3)
n=0

et on écrit alors : x = d0 ,d1 d2 . . . dn . . .



On remarquera que la condition (2) assure la convergence de la série dn 10−n .
Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Si ∃n 0  1 , dn0 = 9 , alors : n 0
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
+∞
 +∞
 +∞

0 dn 10−n < 1 . Comme 0  dn 10−n  9 · 10−n  1, on a (sauf si : ∀n  1, dn = 9), d0 = E(x) .
n=1 n=1 n=1

230
4.2 • Séries à termes dans R+

On peut donc se ramener au cas x ∈ [0; 1[.


Nous allons étudier l'existence et l'unicité de (dn )n∈N , pour x ∈ [0; 1[.

Mo
ni

Mo
er A

n ie

éom
lgèb

r Algè

étr ie M
re Monie

bre G
éom é

onier
r

Cf. aussi Analyse MPSI, 3.2.2. 1) Existence


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
 
ni er A
lgèb
re Monie
r
u n et vn sont les approximations Pour tout n de N , notons : u n = 10−n E(10n x) et vn = 10−n E(10n x) + 1 .
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

décimales de x à 10−n près,par défaut


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

 u n  x  vn
tr i e
Géomé

et par excès respectivement. 


On a donc : ∀n ∈ N, 10n u n ∈ N et 10n vn ∈ N


vn − u n = 10−n .

E(10n x)  10n x < E(10n x) + 1


Soit n ∈ N . Comme n+ 1 n+1 n+ 1
,
E(10 x)  10 x < E(10 x) + 1 

10E(10n x)  10n+1 x < E(10 n+1 x) + 1



on a :  .
E(10n+1 x)  10n+1 x < 10 E(10n x) + 1
 
Puisque 10E(10n x), E(10n+1 x) , E(10n+1 x) + 1, 10 E(10n x) + 1 sont entiers, on déduit :
10E(10n x)  E(10n+1 x)
  
  , d'où : u n  u n+1
n+1 n .
E(10 x) + 1  10 E(10 x) + 1  vn+1  vn

Ainsi, (u n )n 0 et (vn )n 0 sont adjacentes, donc convergent vers une même limite l.
n ie
rA lgèb
re Monie
r

Comme de plus (∀n ∈ N, u n  x  vn ) , on obtient l = x , et on conclut :


vn ⺢
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

un x
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

u n −−−→ x et vn −−−→ x.
n∞ n∞

Rappelons que l’on appelle nombres Montrons maintenant que u n+1 (nombre décimal ayant n + 1 chiffres après la virgule) a les
décimaux les nombres de la forme mêmes n premières décimales que u n .
α10−n , (α,n) ∈ Z × N, Soit n ∈ N .
cf. Analyse MPSI, § 3.2.2 2). On a :
• u n  u n+1 , d'où : 10n u n  10n u n+1
 
• u n+1 = 10−(n+1) E(10n+1 x) < 10−n E(10n x) + 1 = u n + 10−n ,

d'où : 10n u n+1 < 10n u n + 1 .


Ainsi : 10n u n  10n u n+1 < 10n u n + 1, et 10n u n ∈ N .
Ceci montre : E(10n u n+1 ) = 10n u n . Comme 10n u n+1 est un nombre décimal n'ayant que
n + 1 chiffres après la virgule, il en résulte que u n et u n+1 ont les mêmes décimales jusqu'au
rang n.

Notons d0 = 0 et, pour n ∈ N∗ , dn la n ème décimale de u n . On a ainsi :


n

∀n ∈ N, u n = d0 ,d1 d2 . . . dn = dk 10−k .
k=0
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

+∞

Ceci montre que x admet au moins un développement décimal : x= dn 10−n .
n=0

2) Etude de l'unicité
Il est clair d'abord qu'il peut ne pas y avoir unicité d'un développement décimal.
1 1
Par exemple : = 0,100...0... et = 0,099...9....
10 10
Soit x ∈ [0; 1[. Supposons que x admette deux développements décimaux distincts :

x = 0,d1 d2 . . . dn . . . et x = 0,e1 e2 . . . en . . . .

231
Chapitre 4 • Séries

L'ensemble {n ∈ N∗ ; dn = en } étant une partie non vide de N , nous pouvons considérer son plus
petit élément, noté N. On a donc :

d N = e N
∀n ∈ N∗ , (n < N ⇒ dn = en ).

Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Rôles symétriques des suites (dn )n 1 On peut supposer, par exemple, e N < d N .
Mo
onier
étr ie M

et (en )n 1 .
éom
G

onier

Mo
n ie r Alg

Géomé
èbre M

tr i e
+∞
 +∞

On a alors : d N 10−N + dn 10−n = e N 10−N + en 10−n ,
n=N +1 n=N +1
+∞

d'où : (d N − e N )10−N = (en − dn )10−n .
n=N +1

D'une part, d N  e N + 1, donc : (d N − e N )10−N  10−N .


D'autre part : ∀n  N + 1 , 0  |en − dn |  9 ,
 
 +∞  +∞
 +∞

−n 
donc :  (en − dn )10   |en − dn |10−n  9 · 10−n = 10−N .

n=N +1  n=N +1 n=N +1

dN − eN = 1
On a alors nécessairement :
∀n  N + 1, en − dn = 9.
Mais, comme les dn et en sont dans {0,. . . ,9}, on déduit : ∀n  N + 1 , (en = 9 et dn = 0).
Ceci montre que x admet exactement deux développements décimaux :

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Mise en évidence du type de nombres x = d0 ,d1 d2 . . . d N 0 . . . 0 . . . et x = d0 ,d1 ,. . . d N −1 e N 9 . . . 9 . . . ,
réels pour lesquels il n’y a pas unicité du
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

développement décimal.
où e N ∈ {0,. . . ,8} et d N = e N + 1.
En particulier, x est décimal.
Réciproquement, il est clair que, si x est décimal, alors x admet au moins deux développements
décimaux, et que ceux-ci sont du genre précédent.
Résumons l'étude :

Proposition
Tout élément x de R+ admet au moins un développement décimal illimité :
+∞  
 ∀n ∈ N, dn ∈ N 
x= dn 10−n , où : ∗
,
∀n ∈ N , 0  dn  9 
n=0

que l'on écrit : x = d0 ,d1 d2 . . . dn . . ..


Si x n'est pas décimal, alors x admet un développement décimal unique.
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Par exemple, le nombre décimal 0,54 Si x est décimal et non nul, alors x admet exactement deux développements
décimaux, du genre :
n ie
Mo

admet les deux développements


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

décimaux suivants :
tr i e
Géomé

0,539 999 . . . et 0,540 000 . . .


x = d0 ,d1 . . . d N −1 d N 0 . . . 0 . . . et x = d0 ,d1 . . . d N −1 e N 9 . . . 9 . . . ,
où e N ∈ {0,. . . ,8} et d N = e N + 1.

L'étude précédente s'adapte facilement en remplaçant 10 par n'importe quel entier  2 .


En particulier :
• en base 2 on obtient le développement dyadique de x,
+∞

x= bn 2−n , où b0 ∈ N et (∀n  1, bn ∈ {0,1})
n=0

232
4.2 • Séries à termes dans R+

• en base 3 on obtient le développement triadique de x,


+∞

x= cn 3−n , où c0 ∈ N et (∀n  1, cn ∈ {0,1,2}), cf. P 4.1 p. 283.
n=0

Les bases 8 et 16 (seize) sont utilisées en Informatique.

3) Règle de d'Alembert

Théorème Règle de d'Alembert


 
 u n+1
La règle de d’Alembert interviendra Soit u n une série à termes réels > 0. On suppose que la suite admet
surtout lors de l’étude des séries n 0
un n 0
entières (ch. 6). une limite finie l dans R+ .

1) Si l < 1, alors u n converge
n 0
Dans le cas l = 1 , on ne peut pas
conclure quant à la nature de la série 
2) Si l > 1, alors u n diverge.

un .
n 0 n 0

Preuve
u n+1 l +1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r

éom é
1) Supposons −→ l < 1 ; notons λ = , de sorte que l < λ < 1.
u n n∞ 2
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

1
étr ie M

l
éom

λ ⺢
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé


Puisque 0 < λ < 1, la série géométrique λn converge.
n 0
u n+1 u n+1
Comme −−−→ l < λ, il existe N ∈ N tel que : ∀n  N,  λ.
un n∞ un
On a alors, pour tout n  N + 1 :
u n u n−1 u N +1
er A
lgèb
re Monie
r
Multiplication d’inégalités de même ...  λn−N ,
u n−1 u n−2 uN
ni
Mo éom é
bre G
r Algè

sens, portant sur des nombres tous


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

 0.
donc, après simplifications :
uN n
u n  u N λn−N = λ .
λN

Comme 0  λ < 1, la série géométrique λn converge, et donc, par le théorème de majoration pour
n 0

des séries à termes dans R+, on conclut que la série u n converge.
n
u n+1 u n+1
lgèb
re Monie
r
Autre méthode pour 2) :il existe λ ∈ R 2) Supposons −→ l > 1. Il existe N ∈ N tel que : ∀n  N,  1.
u n n∞ un
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

tel que 1 < λ < ℓ , et raisonnner


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

comme en 1), pour déduire : / 0.


Ainsi, (u n )n N est croissante. On a alors : ∀n  N, u n  u N > 0 , et donc u n −→
tr i e
Géomé

u n → +∞ n∞
n∞ 
Ainsi, u n diverge grossièrement. 䊏
n 0

Remarques :

1) Appliquer la règle de d'Alembert à une série u n (à termes > 0 ) revient à comparer
n 0

u n à des séries géométriques.
n 0

2) On essaiera d'appliquer la règle de d'Alembert lorsque le terme général u n « contient » des


exponentielles ou des puissances n èmes .

233
Chapitre 4 • Séries

Exemple :
n!
Autre méthode pour cet exemple : Nature de la série de terme général u n = .
nn
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

on a, pour n  2 :
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

1 · 2...n
tr i e

un > 0
Géomé

0  un = • ∀n ∈ N∗ ,
n · n...n n
nn

1·2 2 u n+1 (n + 1)! n
 = 2, • = · =
n·n n un (n + 1)n+1 n! n+1
donc, d’après l’exemple de Riemann  
1 −n
 
1

(2 > 1) et le théorème de majoration = 1+ = exp −n ln 1 + −→ e−1 < 1.
pour des séries à termes  0 , la série
n n n∞
 
u n converge.
On conclut, d'après la règle de d'Alembert : u n converge.
n 1
n 1

Remarques :
 
u n+1 
1) Si n'a pas de limite, il se peut que u n converge ou diverge.
u n n 0 n 0

Exemples :
 
u n+1 
• u n = (2 + (−1)n )2−n . Ici, n'a pas de limite et u n converge.
un n 0 n 0
 
u n+1 
• u n = 2 + (−1)n . Ici, n'a pas de limite et u n diverge.
un n 0 n 0

u n+1 u n+1 
−→ 1 , 2) Si −→ 1, il se peut que u n converge ou diverge.
r

On dit quelquefois que,si


re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

u n n∞ u n n∞
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè

n 0
n ier
Mo

on est dans le « cas douteux » de la


tr i e
Géomé

règle d’Alembert. Ce cas est fréquent en


pratique. Exemples :
1 u
. Ici, n+1 −→ 1 et

• un = u n diverge
n u n n∞ n 1

1 u n+1 
• un = 2
. Ici, −→ 1 et u n converge.
n u n n∞ n 1

Exercice-type résolu 1

Exemples de détermination de la nature d’une série à termes réels  0

Déterminer la nature de la série de terme général :


 n
a) n 2 + n − n
1
b)
(n!)1/n
1 1
c) ln sh √ − ln √
n n
Argsh n
d)
n( ln n)2
n3 − 1
e) Arccos
n3 + 2
n ln n
f)
( ln n)n
 −1
g) C2n5n .

234
4.2 • Séries à termes dans R+

Solution Conseils
Notons u n le terme général proposé. Il est clair que, dans chaque exemple, u n existe
à partir d'un certain rang et que u n  0.
a) On a, pour tout n  1 :
 n  n
 n n 1 Utilisation d'une expression conjuguée,
0  un = n2 + n − n = √  .
n2 + n + n 2 pour transformer l'écriture de u n .
 
1   1 n
Puisque   < 1, la série géométrique
  converge, donc, par théorème de
2 n 1
2
majoration pour des séries à termes réels  0, la série de terme général u n converge.
 1/n
1 1
b) On a, pour tout n  1 : un  =  0. 0  n! = 1 · 2 · · · n  n · n · · · n = n n .
n n n
1
La série de Riemann diverge, donc, par théorème de minoration pour des Utilisation du théorème de majoration, par
n 1
n contraposition.
séries à termes réels  0, la série de terme général u n diverge.
c) On a : 1 Recherche d'un équivalent simple de u n
sh √   lorsque l'entier n tend vers l'infini.
n √ 1
u n = ln = ln n sh √
1 n

n
      
√ 1 1 1 1 1 Rappel :
= ln n √ + √ +o √ = ln 1 + +o
n 6n n n n 6n n x3
sh x = x + + o(x 3 ).
  x→0 6
1 1 1
= +o ∼  0. Rappel :
6n 6n n∞ 6n ln(1 + u) = u + o(u).
u→0
1
La série de Riemann diverge, donc, par théorème d'équivalence pour des
n
n
séries à termes réels  0, la série de terme général u n diverge.
d) On a : Recherche d'un équivalent simple de u n
lorsque l'entier n tend vers l'infini. On
1 1/2
    
 
Argsh n = ln n + n 2 + 1 = ln n + n 1 + 2 commence par chercher un équivalent
n simple de Argsh n.
      
1 1 
1

= ln n + n 1 + O 2 = ln 2n + O La précision O suffit, dans le déve-
n n n2
     1/2
1 1

1
= ln n + ln 2 + ln 1+O 2 = ln n + ln 2 + O 2 ∼ ln n. loppement de 1 + .
n n n∞ n2
1
D'où : u n ∼  0.
n∞ n ln n
1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

D'après l'exemple de Bertrand, la série de terme général diverge, donc, par L'exemple de Bertrand étant, en principe,
n ln n hors programme, il faudrait ici démontrer
théorème d'équivalence pour des séries à termes réels  0, la série de terme géné-  1
ral u n diverge. que la série diverge, par utilisa-
n 2
n ln n
tion d'une comparaison série-intégrale,
e) Comme Arccos x −→ − 0, on a : cf. § 4.2.3 p. 229.
x −→ 1

  √
Arccos x ∼ sin Arccos x = 1 − x2 Recherche d'un équivalent simple de
x −→ 1− √ √
√ √ Arccos x, lorsque x → 1− , cf. aussi Analyse
= 1+x 1−x ∼ 2 1 − x.
x −→ 1 − MPSI, § 8.2.3 3).

235
Chapitre 4 • Séries

Solution Conseils
n3 − 1
D'où, puisque −→ 1− :
n 3 + 2 n∞
  √
√ n3 − 1 √ 3 6 Obtention d'un équivalent simple de u n .
un ∼ 2 1 − 3 = 2 3 ∼  0.
n∞ n +2 n + 2 n∞ n 3/2

3  1
Puisque > 1, la série de Riemann converge, donc, par théorème d'équi-
2 n
n 3/2
valence pour des séries à termes réels  0, la série de terme général u n converge.

f) On a : On ne peut apparemment pas trouver un


n ln n   équivalent simple de u n lorsque l'entier n
2
n2un =n = exp 2 ln n + ( ln n)2 − n ln ln n tend vers l'infini, ni trouver une majoration
ln n)
( n
  ou une minoration efficace. On s'oriente
2 ln n ( ln n)2
= exp n + − ln ln n . donc vers l'utilisation de la règle « n α u n » .
n n
ln n ( ln n)2 Prépondérance classique.
Comme −→ 0 et −→ 0,
n n∞ n n∞
 2

2 ln n ( ln n)
on déduit n + − ln ln n −→ −∞,
n n n∞

puis n 2 u n −→ 0.
n∞

Il existe donc un entier N tel que : ∀ n  N, n 2 u n  1.


1
On a alors : ∀ n  N, 0  u n  .
n2
 1
Puisque 2 > 1 , la série de Riemann converge, donc, par théorème de majo-
n
n2
ration pour des séries à termes réels  0, la série de terme général u n converge.
 −1 (2n)!(3n)! La présence de factorielles invite à essayer
g) On a, pour tout n ∈ N : u n = C2n
5n = > 0, d'où :
la règle de d'Alembert.
(5n)!
u n+1 (2n + 2)!(3n + 3)! (5n)!
= ·
un (5n + 5)! (2n)!(3n)!
(2n + 1)(2n + 2)(3n + 1)(3n + 2)(3n + 3) 22 · 33 Attention à simplifier les factorielles sans
= −→ < 1. erreur.
(5n + 1)(5n + 2)(5n + 3)(5n + 4)(5n + 5) n∞ 55

D'après la règle de d'Alembert, on conclut que la série de terme général u n converge.

Exercice-type résolu 2

Étude d’une suite par intervention d’une série

1
Soit α ∈ ]0 ; +∞[ fixé. On considère la suite (u n )n1 définie par u 1 > 0 et : ∀ n  1, u n+1 = u n + .
nα un
Démontrer que la suite (u n )n1 converge si et seulement si α > 1.

236
4.2 • Séries à termes dans R+

Solution Conseils
Il est clair, par une récurrence immédiate, que, pour tout n  1, u n existe et u n > 0. On dégage d'abord les propriétés simples
1 et immédiates de la suite (u n )n 1 .
Comme u n+1 − u n = > 0, la suite (u n )n1 est croissante.
nα un
1) Supposons que la suite (u n )n1 converge. Notons ℓ = lim u n . Séparation du raisonnement en deux
n∞
implications, puisque l'énoncé demande de
Puisque (u n )n1 est croissante et que u 1 > 0, on a alors, pour tout n  1, prouver une équivalence logique.
0 < u 1  u n  ℓ, donc ℓ > 0.
1 1
D'où : u n+1 − u n = ∼ > 0.
n α u n n∞ n α ℓ

Puisque la suite (u n )n1 converge, la série (u n+1 − u n ) converge, donc, par L'étude de la suite (u n )n1 se ramène à
n 1

l'étude de la série (u n+1 − u n ),d'après
 1 n 1
théorème d'équivalence pour des séries à termes réels  0, la série converge, le lien suite/série, cf. § 4.1.1 3).
n 1
nα ℓ
 1
et donc, d'après l'exemple de Riemann, α > 1. Si α  1, alors la série diverge,
n 1

contradiction.
2) Réciproquement, supposons α > 1.
1 1 On sait que la suite (u n )n1 est croissante
On a, pour tout n  1 : 0  u n+1 − u n =  . et à termes dans R∗+ .
nα u n nα u 1
 1
Puisque α > 1, la série de Riemann converge, donc, par théorème de majo-
n 1

ration pour des séries à termes réels  0, la série de terme général u n+1 − u n
converge.
Il en résulte que la suite (u n )n1 converge. Utilisation du lien suite/série.

Les méthodes à retenir

Séries à termes dans R+


• Pour étudier la nature d’une série

u n à termes dans R+ (ex. 4.2.1, 4.2.2), on pourra essayer de :
n 0
– trouver un équivalent simple de u n , puis appliquer le théorème d’équivalence. Pour obtenir un équivalent de u n ,
il pourra être nécessaire d’effectuer, de façon intermédiaire, des développements asymptotiques (ex. 4.2.1 e),
i), l)…)
– appliquer la règle n α u n , lorsque u n n’admet apparemment pas d’équivalent simple (ex. 4.2.1 d), e),…)
– majorer u n par le terme général d’une série convergente, lorsqu’on conjecture que la série de terme général u n
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

converge (ex. 4.2.1 p’), t’),…)


– minorer u n par le terme général positif ou nul d’une série divergente, lorsqu’on conjecture que la série de terme
général u n diverge (ex. 4.2.1 m), x’),…)
– mélanger l’utilisation d’équivalents et de majorants (ou d’équivalents et de minorants)
– appliquer la règle de d’Alembert, lorsque l’écriture de u n fait intervenir des factorielles ou des exponentielles
(ex. 4.2.1 p’), q’), r’), 4.2.13).


Pour déduire la convergence d’une série vn à termes dans R+ à partir de la convergence d’une série
n 0

u n à termes dans R+ , dans un cadre théorique, on essaie de :
n 0
237
Chapitre 4 • Séries

– comparer, par inégalité, les termes généraux u n et vn (ex. 4.2.3, 4.2.4, 4.2.8)
 
– sinon, comparer, par inégalité, des sommes partielles de vn aux sommes partielles de u n (ex. 4.2.5).
n 0 n 0

• Pour montrer qu’une série



u n à termes dans R+ est convergente, dans un cadre théorique, on peut essayer d’ :
n 0

– appliquer le lemme fondamental (ex. 4.2.6, 4.2.16)


– effectuer une comparaison série-intégrale.

Exercices
4.2.1 Déterminer la nature de la série de terme général : πn + 1 πn + 1
y) tan − 2sin
4n + 2 6n + 1
n2 + n + 1 1 n2 − n
a) ln b) th + ln 2 1 1
n2 + n − 1 n n +1 z) (n + 1) n − n n+1
1 √
1 n+1
n    n
c) √ d) (ln n)− 1
n + (−1)n n a') 1 + − 1+
1
n n+1
e) n −ln (ln n) f) n −ch n 1

  √ π  b') n n2 − 1
− 1+ n1 + 12 − 2sin 1
+n
g) n n h) n 4 
1 n

1
c') cos √ −√
1 1 n e
i) (ln n)−ch n j) (ln n ln ch n)−1
n ln n
 n 2   2 d') √
n ln (n + 1) −n n3 + n − 1
k) l)
n+1 ln n
n2 + n + 1
2 e') Arccos
n + 3 ln n n + 3 (ln n)
   
n2 + n + 3
m) n)
2n + 1 3n + 1  
1 n2 + 1
f') exp − ln
1 n nn
 
2 n
o) 1 − p) 2
ln n 2n 1
g') (ch (ln n) ln (ch n))− 2
2
2n n+1 n−1
q) n h') Arcsin − Arcsin
n2 2n + 1 2n − 1

  3 1
1 −n i') Arccos 3 1 − 2
r) ch n
n
 
 √ −3 2
s) sh 3 ln n j') Arccos Arctan (n 2 )
π
√ √ −√n  n 3
t) n+ 3n 2
k') Arctan (n 2 )
π
√
3
√ √n
u) n+2− 3 n  
2 n2 + 1
l') ln Arctan
1 √
3
√  π n
v) n+1− 3 n
n   
√ √ 4 n
w) n 3 + n + 1 − n 3 + n − 1 m') Arccos Arcsin
π 2n + 1
1 n
   
x) e − 1 + 1 n−1
n n') Arctan n − 2 Arctan
n n

238
4.2 • Séries à termes dans R+

    
o') sin Arctan (n 2 + 1) − sin Arctan (n 2 ) b) exp − (ln n)2 + a , a ∈ R
(n!)3 a
c) n n − 1, a ∈ R
p') 2 n a
nn 
n
d) ,a∈R
(n!)2 n+1
q')  
(2n)! 1 π
e) Arctan 1 + a − , a ∈ R∗+
n2 n 4
r') √ 
n
a
(n − 1)! 
 ln k 
2
nn k=2
s') f) , (a,b) ∈ (R∗+ )2
2n ! (n!)b
 π
2 cos2 x  
g) (ln n)a (n + 1)b − n b ,(a,b) ∈ R∗− × R∗+
t') dx
0 n2 + cos2 x
 1
h) (ln n)a ln n , a ∈ R
n sin x √ √
u') dx √ 3
n
0 1 + ch 2 x i) n+a− n+b , (a,b) ∈ (R∗+ )2
 1 1  1
v')
n 3
(sh x) 2 dx j) (n a + 1) a − n b + 1 b , (a,b) ∈ (R∗+ )2
0   
n
 n+1 dx

1 + k  − 1, a ∈ R∗+
w') √ k) 
na
n+ 12 x4 +x +1 k=1

2n
(ln (n!))a

dx
x') l) , (a,b) ∈ R2
n 1+x
3
2 nb
2n
  a
1 −n

dx
y') 5
m) ch ,a∈R
n x − sin2 x
2 n
 a
1 n
 +∞ dx

z') n) cos ,a∈R
0 (1 + x 2 )n n
 +∞ dx  a
1 n

a'') √ n
o) nsin ,a∈R

0 x + x2 + 1 n
 
p) Arccos (th n)a , a ∈ R
 +∞ n
b'') e−x dx
0  b
4  a
 +∞ dx q) Arctan 1 + −1 ,
c'') π n
x3 − x − 1
n 1 a 1 a
     
 r) Arctan 1+ − Arctan 1− ,
+∞ dx n n
d'')
(x 2 + x + 1)n
 n
−∞ tht
s) n a √ dt, a ∈ R
 +∞ l t (t + 1)
e'') e−nx Arctan x dx
0 (ln (n!))a
t) , (a,b) ∈ R2
1 (n!)b
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

f'') √
n 2 (ln n)2 |sin (nπ 2)| n 
 a

n u) 2 − ek , a ∈ R
 1 k=2
g'')
k=1
(k + n)2 − k 2 √
n
n!
v) p , p ∈ R
h'') (α(n))−α(n) , où α(n) est le nombre de chiffres dans n
l'écriture décimale de n. 1 
 n a
w) n sh k , a ∈ R
ne k=1
4.2.2 Déterminer la nature de la série de terme général :
n
√ √ 1  3
a) n 2 + n + 1 − n 2 + an + b, (a,b) ∈ R2 x) a
k 2 , a ∈ R∗+
n k=1

239
Chapitre 4 • Séries

n   
On suppose qu'il existe α ∈ R tel que :
 k
y) 1 + ln 1 + a − 1, a ∈ R∗+ .  
k=1
n u n+1 α 1
=1− + o .
un n n∞ n
4.2.3 Soient (u n )n 0 une suite à termes dans R+ et, pour 
un Montrer : a) si α > 1 , alors u n converge
tout n de N , vn = . n
1 + u 2n 
  b) si α < 1 , alors u n diverge.
a) Montrer que, si u n converge, alors vn converge. n
n n (Utiliser l'exercice 4.2.8).
b) Montrer que, si u n diverge et si (u n )n est majorée, 
n 4.2.10 Soit u n une série à termes dans R∗+ telle que :

alors vn diverge. n
n
 
u n+1 1 1
=1− + o
 
c) Donner un exemple où u n diverge et vn converge. .
un n n∞ nln n
n n 
 Montrer que u n diverge.
n
4.2.4 Soit un une série convergente à termes dans R+ .
n
4.2.11 Déterminer, pour (a,b) ∈ (R − Z− )2 , la nature de
Montrer que u 2n converge.
n la série de terme général:
a(a + 1) . . . (a + n − 1)
1 1  un = .
4.2.5 Soient ( p,q) ∈ (R∗+ )2
tel que + = 1 , et un b(b + 1) . . . (b + n − 1)
p q n 1
une série convergente à termes dans R+ . (Utiliser l'exercice 4.2.9).

Montrer qu'il existe A ∈ R+ tel que : 4.2.12 Généralisation de l'exercice 4.2.11.


n 1
 p 1 Soient p ∈ N∗ , (a1 ,. . . ,a p ) ∈ (R∗+ ) p ,
∀n ∈ N∗ , u k  An q .
k=1 (r1 ,. . . ,r p ) ∈ R p . Pour (a,n) ∈ R∗+ × N∗ , on note
(Utiliser l'inégalité de Hölder dans Rn , Analyse MPSI, [a]n = a(a + 1) . . . (a + n − 1). Déterminer la nature de
5.4.3 2).) la série de terme général :
p

4.2.6 Soient λ ∈ R∗+ , (u n )n 0 , (an )n 0 deux suites à un = ([ak ]n )rk .
termes dans R∗+ telles que : k=1
(Utiliser les exercices 4.2.9 et 4.2.10).
un an+1 λ
∀n ∈ N, − > .
u n+1 an an 4.2.13 Etudier la nature de la série de terme général :
n
 32
Montrer que u n converge. a) 3n
n 2
ln (n!)
b)
4.2.7 Soit α ∈]1; +∞[ . En remarquant : n!
1 1 α−1 n
 1
− ∼ , retrouver la convergence c) n! sin k
n α−1 (n + 1)α−1 n∞ n α 2
 1  k=1 −1
de la série de Riemann . n
d) C pn , p ∈ N − {0,1} fixé.
n 1 n
α

 
4.2.8 Soient un , vn deux séries à termes dans R∗+
n 0 n 0
4.2.14 Règle de Cauchy
telles qu'il existe N ∈ N tel que : 
Soit u n une série à termes dans R∗+ . On suppose qu'il
u n+1 vn+1 n
∀n  N ,  . 1
un vn existe l ∈ [0; +∞[ tel que : u nn −→ l.
  n∞
Montrer que, si vn converge, alors u n converge. Montrer que :
n n  
 si l < 1, alors u n converge

n 1
4.2.9 Règle de Raabe et Duhamel 
  si l > 1 alors
 u n diverge.
Soit u n une série à termes dans R∗+ . n 1
n

240
4.2 • Séries à termes dans R+

Exemples : 4.2.20 Soient (u n )n 1 une suite à termes dans R+ , et


Déterminer la nature de la série de terme général : (vn )n 1 la suite définie par :
n+1 n n ln n
   
1 u1 + u2 u1 + u2 + . . . + un
a) b) . vn = u1 + + ... + .
2n + 5 (ln n)n n 2 n

Etudier la convergence de vn .
4.2.15 Comparaison des règles de d'Alembert
n
et de Cauchy
 4.2.21 Soit f : R2 −→ R une application continue telle
a) Soit u n une série à termes dans R∗+ telle que
que :
n
u n+1 ∀(λ,x,y) ∈ R3 , f (λx,λy) = λ f (x,y).
−→ l ∈ [0; +∞[.
u n n∞
Soient (xn )n 0 ,(yn )n 0 deux suites réelles telles que
1  
Montrer qu'alors : u nn −→ l. xn2 et yn2 convergent.
n∞
n 0 n 0
Autrement dit, si la règle de d'Alembert s'applique, la règle 
de Cauchy s'applique alors aussi. Montrer que ( f (xn ,yn ))2 converge.
n 0
b) Soit (a,b) ∈ R2 tel que 0 < a < 1 < b; pour n ∈ N∗ , on
note αn = E(ln n) . 4.2.22 Soit (u n )n∈N une suite à termes dans R∗+ , décrois-
Comparer les règles de d'Alembert et de Cauchy pour la sante, telle qu'il existe n 0 ∈ N et k ∈ N − {0,1} tels que :
1
série de terme général u n = a n−αn b 2 αn (αn +1) .

∀ n  n 0 , ku kn  u n . Montrer que u n diverge.
n

4.2.16 Soit u n une série à termes dans R+ telle que:
n 1 4.2.23 Soit f : N∗ −→ N∗ une application injective.
 
n
2n
 1 n  1 
∀n  1, uk  uk . Montrer que  f (k) diverge.
n k=1 (n + 1)!
k=n+1 n 1 k=1

Montrer que u n converge. 4.2.24 a) Montrer que, pour tout n de N∗ , l'équation
n 1
x − ln x − n = 0 , d'inconnue x ∈ [1; +∞[ , admet une
4.2.17 Soit (u n )n 0 une suite srictement croissante à solution unique, notée xn.

termes dans R∗+ , de limite +∞. b) Quelle est, pour α ∈ R fixé, la nature de la série xnα ?
Montrer qu'il existe deux suites (an )n 0 ,(bn )n 0 à termes n 1
dans R∗+ telles que:
 ∀ n  0, b  a u 4.2.25 Soient α ∈ R et (u n )n 0 la suite définie par u 0 = 1
 n n n √

 an converge et : ∀n ∈ N, u n+1 = 3 1 + 3u n − 1.

 n 0
 Etudier la nature de u αn .
bn diverge.

 n 0
n 0
4.2.26 Soient α ∈ R et (u n )n 1 la suite définie par u 1 = 2
4.2.18 Soit (u n )n 1 la suite définie par u 1 = 1 et : cos u n
n et : ∀n ∈ N∗ , u n+1 = .
1   n
∀ n ∈ N∗ , u n+1 = 2 ku k .
n k=1 Etudier la nature de u αn .
n 1
Montrer : u n −→ 0
n∞
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

(on pourra exprimer u n+1 en fonction de n et u n ). 4.2.27 Soient (u n )n 1 une suite à termes dans R+ , et
(vn )n 1 la suite définie par v1 ∈ R+ et :
4.2.19 Soit (u n )n 1 une suite à termes dans R+ , telle que  
 1 
u n converge. ∀n ∈ N∗ , vn+1 = vn + vn2 + u n .
n 2
a) On suppose que (u n )n 1 décroît. 
Montrer que, pour que la série u n converge, il faut et il
α) Démontrer : nu n −→ 0. n
n∞
  un suffit que la suite (vn )n converge. (On pourra étudier les
β) En déduire la nature des séries nu 2n et .
n n 1 − nu n séries de termes généraux:
b) Examiner le cas où (u n )n 1 n'est pas supposée décrois- vn+1 (vn+1 − vn ), 2 2
vn+1 − vn , vn (vn+1 − vn )).
sante.

241
Chapitre 4 • Séries


4.2.28 a) Montrer que, pour tout n de N∗ , il existe un élé- 4.2.32 Soit u n une série convergente à termes
ment u n de R∗+ unique tel que n 0
 1 t +∞

e dans R+ . On note, pour n ∈ N , Rn = uk .
dt = n.
un t  k=n+1

Montrer que nu n converge si et seulement si Rn
b) Montrer : u n −→ 0.
n∞ n 0 n 0
c) On note, pour n ∈ N∗ : vn = n + ln(u n ). converge et que, dans le cas de convergence, ces deux
Etudier (vn )n 1 (on montrera que (vn )n converge et on séries ont la même somme.
exprimera sa limite par une intégrale).
 4.2.33 a) Soit f : [0; +∞[−→ R de classe C 2 . Pour
d) Quelle est la nature de un? n ∈ N , on note :
n
 n  n
un = f (k) − f (t) dt
4.2.29 Soient a ∈ R∗ et (u n )n 1 la suite définie par 0
k=0
u 1 = a et :
1 2
 n
 
1
eu n−1 + f ′′ (t) t − E(t) − dt.
∀n ∈ N∗ , u n+1 = ln . 2 0 2
un
Etablir :
a) Etudier la suite (u n )n 1 .
 n  1 ′ 1
∀ n ∈ N, un = ( f (n) − f ′ (0)) + ( f (n) + f (0)).
b) Montrer que u k converge et calculer sa 8 2
n 1 k=1
+∞
somme.  1
b) Pour α ∈]1. + ∞[, on note ζ(α) =
n=1 n α
4.2.30 Quelle est la nature de la série des extremums (fonction dzêta de Riemann).
locaux de f : ]0; +∞[−→ R ?
2
x −→ sinx x
Déduire de a) :
1 1 1 1 α
∀ α ∈]1; +∞[, +  ζ(α)  + + .
4.2.31 Pour chaque n de N∗ , soit a(n) le nombre de α−1 2 α−1 2 8
zéros de l'écriture de n en base 3.
1
 x a(n) En particulier : ζ(α) ∼ .
Pour quels x de R∗+ la série 3
est-elle convergente ? α−→1+ α−1
n 1 n

4.3 Séries à termes dans un evn (2e étude)


Dans ce § 4.3, les séries envisagées sont à termes dans un K -evn E .

4.3.1 CNS de Cauchy

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r

Définition
Cf. 1.4.2 Déf. p. 68.
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

On appelle espace de Banach tout K -evn complet.


tr i e
Géomé

Un evn de dimension « infinie » peut être


de Banach ou ne pas l'être.
D'après 1.4.2 Théorème 2, p. 70, tout evn de dimension finie est un espace de Banach.

242
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

CNS de Cauchy de convergence d'une série à termes


Théorème dans un espace de Banach

Cette CNS de Cauchy est un outil Une série u n à termes dans un espace de Banach E converge si et seulement si :
théorique difficile à manipuler ; on pourra n 0
en pratique souvent éviter son
intervention.Cependant,nous utiliserons q
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,q) ∈ N2 , (N  p < q ⇒ ||

plus loin la CNS de Cauchy,lors de l’étude u k ||  ε).
de la convergence absolue (4.3.2
k= p+1
Théorème p. 244).

Preuve
Il suffit d'appliquer la CNS de convergence d'une suite à termes dans un espace de Banach à la suite
(Sn )n∈N des sommes partielles, puisque :
q

u k = Sq − Sp . 䊏
k= p+1

Remarque : S'il existe deux suites (αn )n 0 ,(βn )n 0 , à termes dans N , telles que :

ni er A
lgèb
re Monie
r
Cette remarque n’utilise que le sens  βn

/ 0 ,
Mo

u k −→
éom é
bre G
r Algè

trivial de la CNS de Cauchy. ∀n ∈ N, αn  βn , αn −→ ∞, βn −→ ∞,


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg

n∞ n∞
n ie
Mo

Géomé
tr i e

k=αn n∞


alors la série un diverge.
n 0

Exemple :
 sin ( ln n)
Cet exemple illustre la remarque Montrons que diverge.
n
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

précédente.
ie
M on

n 1
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

π 3π
Pour tout n de N∗ , notons αn = E(exp( + 2nπ)) + 1 et βn = E(exp( + 2nπ)) .
4 4
On a bien alors αn  βn , αn −→ ∞, βn −→ ∞, et :
n∞ n∞

1
αn  k  βn βn βn √
sin(ln k) βn − αn + 1
r
re Monie
lgèb

2
ni er A
Mo

Mo
n ie
r Algè
bre G

étr ie M
éom é

onier
 

éom

 
G

ier
bre Mon
Algè
n ier

π
Mo

Géomé
tr i e

⇒ + 2nπ  ln k k=αn
k k=αn
k βn 2
4
3π 3π π
 + 2nπ exp( + 2nπ) − 1 − exp( + 2nπ) π
4 4 4 e2 −1
1  −→ √ π = 0.
⇒ sin(ln k)  √ . √ 3π n∞ 2 e2
2 2 exp( + 2nπ)
4
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Les méthodes à retenir

CNS de Cauchy
βn
• Pour montrer qu’une série
 
u n diverge, on peut envisager de former des sommes u k , où αn −→ +∞ et
n∞
n 0 k=αn
β
n
βn −→ +∞, de façon que u k ne tende pas vers 0 lorsque l’entier n tend vers l’infini (ex. 4.3.1).
n∞
k=αn

243
Chapitre 4 • Séries

Exercice
(−1)E(ln n) cos(ln ln n)
4.3.1 Montrer la divergence des séries de termes généraux : a) , b) .
n ln n

4.3.2 Convergence absolue


Définition

On dit qu'une série u n à termes dans un K -evn E est absolument convergente si
n 0

et seulement si ||u n || converge.
n 0


Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G

étr ie M
éom é

onier
r

L’adverbe « absolument » vient de la En particulier, si E = R ou C , la série u n est absolument convergente si et seulement si la


éom

considération de la valeur absolue. n 0


G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

série |u n | converge.
n 0

Proposition 1
 
Si u n et vn sont absolument convergentes, alors, pour tout λ de K ,
 n 0 n 0
(u n + λvn ) est absolument convergente.
n 0

Preuve
Il suffit de remarquer :
∀ n ∈ N, ||u n + λvn ||  ||u n || + |λ| ||vn ||

et d'appliquer le théorème de majoration pour les séries à termes dans R+ (4.2.2 Théorème 1 p. 226). 䊏

Remarque :
D'après la Prop. 1, l'ensemble ℓ1 (E) des suites (u n )n 0 à termes dans E telles que la série

u n soit absolument convergente est un K -ev, et il est clair que l'application
n 0
ℓ1 (E) −→ R est une norme sur ℓ1 (E) .
+∞

(u n )n 0 −→ ||u n ||
n=0

Théorème
Résultat fondamental : la convergence
 
absolue entraîne la convergence.
Soient E un espace de Banach et u n une série à termes dans E . Si u n est
n 0 n 0
 +∞
 +∞

absolument convergente, alors u n converge et : || u n ||  ||u n ||.
n 0 n=0 n=0

244
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Preuve

Soit ε > 0 fixé ; puisque ||u n || converge, d'après la CNS de Cauchy (4.3.1 Théorème p. 243), il existe
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
Utilisation de la CNS de Cauchy de n 0
convergence d’une série, dans un sens
n ie
Mo

N ∈ N tel que :
er
étr ie Moni
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e

puis dans l’autre.


q
∀( p,q) ∈ N2 ,

(N  p < q ⇒ ||u k ||  ε).
k= p+1

q
 q

Comme || u k ||  ||u k ||, on déduit :
k= p+1 k= p+1
q
∀( p,q) ∈ N2 ,

(N  p < q ⇒ || u k ||  ε),
k= p+1

 n
 n

et donc (CNS de Cauchy), u n converge. De plus : ∀n ∈ N, || u k ||  ||u k || , d'où, en fai-
n 0 k=0 k=0
+∞
 +∞

sant tendre n vers l'infini : || u k ||  ||u k ||. 䊏
k=0 k=0

Remarques :
1) Comme R et C sont complets, le théorème précédent montre que toute série numérique
absolument convergente est convergente.
2) La réciproque du théorème précédent est fausse : il existe des séries convergentes et non
absolument convergentes. Une série convergente et non absolument convergente est dite
 (−1)n
semi-convergente. Voir l'exemple des séries de Riemann alternées , 4.3.5 p. 250.
n 1 n
α

Proposition 2
 
Soient un , vn deux séries à termes dans E.
n 0 n 0
 
 vn est absolument convergente  
Si n 0  , alors u n est absolument convergente.
 u n = O (vn ) 
 n 0
n∞

Preuve

Par hypothèse, il existe A ∈ R+ et N ∈ N tels que : ∀ n  N, ||u n ||  A||vn ||. Comme ||vn ||
n 0

converge, le théorème de majoration pour les séries à termes dans R+ montre que ||u n || converge. 䊏
n 0

Exemple :
 (−1)n √n + sin n
La série est absolument convergente, puisque :
n 1 n2

(−1)n n + sin n
 
1
= O 3
.
n2 n∞ n 2

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r

Dans cet exemple, la série



vn est
Remarque :
bre G
r Algè
n ie
Mo
étr ie M
onier   
n
éom

u n et vn converge et u n = O (vn ),
G

1) Si vn sont deux séries telles que


ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

convergente mais non absolument


tr i e
Géomé

n n n n∞
convergente.  1 (−1)n
on ne peut pas déduire que u n converge. Exemple : u n = , vn = .
n n n

245
Chapitre 4 • Séries

  
2) Si u n et vn sont deux séries telles que vn diverge et u n = o (vn ), on ne peut pas
n∞
n n n
 1 1
déduire que u n converge. Exemple : u n = , vn = .
n n ln n n

Les méthodes à retenir

Convergence absolue
• Pour montrer qu’une série

u n , à termes complexes ou réels de signe variable, converge, on peut envisa-
n 0

ger de montrer que la série u n est absolument convergente (ex. 4.3.2, 4.3.5, 4.3.6).
n 0

Exercices

4.3.2 Déterminer la nature de la série de terme général : 4.3.4 Soit z n une série convergente à termes dans C∗
    n 0
1 1 n −n π
a) (−1)n tan √ − sin √ b) 1 − telle qu'il existe α ∈ [0; [ tel que :
n n ln n 2

 ∀ n ∈ N,|Arg (z n )|  α. Montrer que |z n | converge.
c) sin (π n 4 + 1) n

 
b
n 4.3.5 Déterminer la nature de la série u n , où u 0 ∈ R et :
d) th a + , (a,b) ∈ R∗ × R n 0
n
∀ n ∈ N, (n + 2)3 u n+1 = (n + 1)u n + n .
 ln (n+1)
sinx
e)  dx. 4.3.6 Montrer qu'il existe a ∈ R∗+ tel que :
ln n x3 + x + 1 n 
(−1)k−1

 a
1+ √ ∼ √ .
k n∞ n
k=2
 n
4.3.3 Soit u n une série réelle semi-convergente.  1
n
On utilisera = ln n + γ + o (1),
  k=1
k n∞
Montrer que u+
n et u−n divergent
n n cf. plus loin 4.3.7 2) Exemple p. 259.

x si x  0
(où on note, pour x ∈ R , x + = ,
0 si x < 0 4.3.7 Soit (an )n 1 une suite dans C∗ telle que :

0 si x > 0

x = , ∀ ( p,q) ∈ (N∗ )2 , ( p = q ⇒ |a p − aq |  1).
−x si x  0
 1
Montrer que 3
converge.
cf. Analyse MPSI, Exercice 4.1.3). n 1 |an |

246
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

4.3.3 Séries usuelles dans une algèbre de Banach


Rappel : définition d’une algèbre. Rappelons qu'une algèbre (associative et unitaire) est un ensemble A muni de trois lois notées
+ (interne), · (externe), · (interne) tel que :

 (A,+,·) est un K-ev


 · est distributive sur +



∀λ ∈ K, ∀x,y ∈ A, λ(x y) = (λx)y = x(λy)





 · est associative

· admet un neutre noté e
(les lois ·,· sont souvent notées par l'absence de symbole).
Rappel : définition d’une algèbre normée. L'algèbre A est dite normée lorsqu'elle est munie d'une application || · || : A −→ R telle que :

 || · || est une norme sur le K-ev A

∀(x,y) ∈ A2 , ||x y||  ||x|| ||y||.
Le contexte peut imposer la condition ||e|| = 1.
Soit A une algèbre de Banach, c'est-à-dire une algèbre normée telle que le K -evn A soit com-
plet. On peut, en première lecture, se restreindre au cas où A est de dimension finie.

1) Série géométrique

Il s'agit, pour a ∈ A fixé, de la série a n , où a 0 = e et, pour tout n de N , a n+1 = a n a.
n 0
Supposons ||a|| < 1.

Comme, par une récurrence immédiate : ∀n ∈ N∗ , ||a n ||  ||a||n , la série a n est
n 0
+∞

absolument convergente, donc convergente. Notons S sa somme, S = an .
n=0
On a, pour tout n de N :
n n
 n
 n
 n+1

(e − a) ak = ak − a k+1 = ak − a k = e − a n+1 ,
k=0 k=0 k=0 k=0 k=1
n
 
et, de même : a (e − a) = e − a n+1 .
k
k=0
n

Puisque a −−−→ S, que a n+1 −−−→ 0, et que l'application A2 −→ A est continue,
k
n∞ n∞ (x,y) −→x y
k=0
on obtient, par passage à la limite : (e − a)S = S(e − a) = e .
Résumons l'étude :

Théorème

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
Ce théorème généralise le résultat sur Soit A une algèbre de Banach.
r Algè

la série géométrique complexe,


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom


G

onier
èbre M

a n converge, e − a est
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

cf. § 4.2.4 Théorème. Pour tout a de A tel que ||a|| < 1, la série géométrique
n 0
+∞

inversible dans A, et : a n = (e − a)−1 .
n=0

2) Série exponentielle
 1
Il s'agit, pour a ∈ A fixé, de la série an .
n 0 n!
 1 n  ||a||n  ||a||n
   1
Comme : ∀n ∈ N,  a 
 n!  , et que converge, la série a n est abso-
n! n 0 n! n 0 n!
lument converge, donc convergente.

247
Chapitre 4 • Séries

Théorème-Définition
Soit A une algèbre de Banach.
 1
Pour tout a de A, la série a n converge.
n 0
n!

On appelle exponentielle, et on note exp : A −→ A , l'application définie par :


a −→exp(a)
re Monie
r
Si A = K ,on retrouve l'exponentielle
+∞
lgèb
er A

1 n
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

complexe ou réelle définie


Mo
onier
étr ie M
éom

∀a ∈ A, exp(a) =
G

a .
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

antérieurement.
tr i e
Géomé

n=0
n!

Nous verrons plus loin (exercice 4.3.32 p. 282) que, si a,b ∈ A commutent, alors :
exp(a + b) = exp(a) exp(b) .

4.3.4 Espaces ℓ1 (K) et ℓ2 (K)


1) Espace ℓ1 (K)

Proposition-Définition

L'ensemble ℓ1 (K) des suites (u n )n 0 à éléments dans K , telles que la série



Mo
ni er A
lgèb
re Monie
é
r
S'il n'y pas de risque de confusion entre |u n |
n 0
Géom
lgèbre

K, R, C, on peut noter ℓ1 au lieu de


rA
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

ℓ1 (K) . ℓ1 (K) −→
tr i e
Géomé

soit convergente, est un K -ev, et l'application N1 : R est une norme


(u n )n 0 −→ |u n |
n∈N
sur ce K -ev.

Preuve
• ℓ1 ⊂ KN , et 0 ∈ ℓ1 donc ℓ1 = ∅
• Soient u = (u n )n 0 ∈ ℓ1 , v = (vn )n 0 ∈ ℓ1 .

Alors (u n + vn ) est absolument convergente, donc u + v ∈ ℓ1 , et :
n 0

 +∞
 +∞ 
 
N1 (u + v) = |u n + vn | = |u n + vn |  |u n | + |vn |
n∈N n=0 n=0
+∞
 +∞
  
= |u n | + |vn | = |u n | + |vn | = N1 (u) + N1 (v).
n=0 n=0 n∈N n∈N

• Soient α ∈ K , u = (u n )n 0 ∈ ℓ1 .

Alors αu n est absolument convergente, donc αu ∈ ℓ1 , et :
n 0

 +∞
 +∞

N1 (αu) = |αu n | = |αu n | = |α| |u n | = |α|N1 (u).
n∈N n=0 n=0

+∞

• Si u = (u n )n 0 ∈ ℓ1 vérifie N1 (u) = 0, alors |u n | = 0 , donc
n=0

(∀n ∈ N , u n = 0) , u = 0.
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Cf. aussi 4.3.2 Rem. p. 244.


onier
étr ie M
éom
G

ier


bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

248
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

2) Espace ℓ2 (K)

Proposition-Définition

L'ensemble ℓ2 (K) des suites (u n )n 0 à éléments dans K , telles que la série



|u n |2
re Monie
r
S'il n'y a pas de risque de confusions n 0
Mo
ni er A
lgèb

bre G
éom é

soit convergente, est un K -ev, et l'application (u,v) −→ u n vn est un produit sca-
r Algè

entre K,R,C,on peut noter ℓ2 au lieu


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

de ℓ2 (K) .
tr i e
Géomé

n∈N
laire sur ce K -ev.
On note N2 (ou || · ||2 ) la norme associée :
 1
∀u ∈ ℓ2 (K), |u n |2
2
N2 (u) = .
n∈N

Preuve
• ℓ2 ⊂ KN , et 0 ∈ ℓ2 donc ℓ2 = ∅.

• Pour toutes u = (u n )n 0 ∈ ℓ2 , v = (vn )n 0 ∈ ℓ2 , la série u n vn est absolument convergente car :
n 0

1 
L’inégalité : ∀n ∈ N, |u n vn | = |u n | |vn |  |u n |2 + |vn |2 .
2
∀(α,β) ∈ (R+ )2 ,
1 2 Ceci montre que l'application ϕ : ℓ2 × ℓ2 
−→ K est correctement définie.
αβ  (α + β 2 ) (u,v) −→ u n vn
2
n∈N
est très utile dans des études de
produit scalaire. • Soient u = (u n )n 0 ∈ ℓ2 , v = (vn )n 0 ∈ ℓ2 . On a :
 2
∀n ∈ N, |u n + vn |2  |u n | + |vn | = |u n |2 + 2|u n | |vn | + |vn |2
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
   
 |u n |2 + |u n |2 + |vn |2 + |vn |2 = 2 |u n |2 + |vn |2 ,
bre G
r Algè
n ie

Utilisation de l’inégalité précédente.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

donc : u + v ∈ ℓ2 .
• Il est clair que : ∀α ∈ K , ∀u ∈ ℓ2 , αu ∈ ℓ2 .
 ∀u,v ∈ ℓ2 , ϕ(v,u) = ϕ(u,v)


 ∀α ∈ K, ∀u,v,w ∈ ℓ2 , ϕ(u,αv + w) = αϕ(u,v) + ϕ(u,w)
• Les propriétés :  2
 ∀u ∈ ℓ ,  ϕ(u,u)  0 
 ∀u ∈ ℓ2 , ϕ(u,u) = 0 ⇒ u = 0
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é

Cf. aussi P 4.6 p. 285. sont immédiates.


bre G
r Algè


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Remarque :

On a ℓ1 ⊂ ℓ2 car, si la série |u n | converge, alors u n −−−→ 0, donc, à partir d'un certain rang,
n∞
n 0
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


2 2
|u n |  1, d'où |u n |  |u n |, et donc la série |u n | converge.
n 0

249
Chapitre 4 • Séries

4.3.5 Séries alternées


Les séries envisagées dans ce § 4.3.5 sont à termes réels.

Définition

Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é

onier
r

Les termes sont alternativement  0 On dit qu'une série u n à termes réels est alternée si et seulement si :
et  0 .
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè

n 0
n ier
Mo

tr i e
Géomé

 ∀n ∈ N, u n = (−1)n |u n |

 ou
Mo
ni

Mo
er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r

Il est clair qu'un cas se ramène à l'autre



onier
étr ie M
éom
G

∀n ∈ N, u n = −(−1)n |u n |.
onier
èbre M

en considérant les opposés.


r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e


Théorème Théorème spécial à certaines séries alternées : TSCSA



Soit u n une série à termes réels.
n 0

u n est alternée 


 
 n 0  
Ne pas oublier l’hypothèse de
Si u n −→ 0  , alors
 u n converge.
décroissance.


 n∞  n 0
(|u n |)n∈N décroît


Preuve
Supposons, par exemple : ∀n ∈ N, u n = (−1)n |u n | .
 n
Notons Sn = u k la n ème somme partielle pour n ∈ N . On a, pour tout p de N :
k=0

• S2 p+2 − S2 p = u 2 p+1 + u 2 p+2 = −|u 2 p+1 | + |u 2 p+2 |  0



r
re Monie
lgèb
ni er A

• S2 p+3 − S2 p+1 = u 2 p+2 + u 2 p+3 = |u 2 p+2 | − |u 2 p+3 |  0


Mo éom é

S2p+1 S S2p
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

• S2 p+1 − S2 p = u 2 p+1 −→ 0.
p∞

Ceci montre que les suites (S2 p ) p∈N et (S2 p+1 ) p∈N sont adjacentes (cf. Analyse MPSI, 3.2.2 Définition),
donc convergent et ont la même limite. Il en résulte (cf. Analyse MPSI, 3.3 Prop. 2) que (Sn )n 0 converge,

c'est-à-dire que u n converge. 䊏
n 0

 (−1)n
Exemple à connaître, utile en pratique. Exemple : Série de Riemann alternée, , α ∈ R fixé.
n 1

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
0 1 α (−1)n
] ] 1) Si α  0, alors / 0, donc la série diverge grossièrement.
bre G
r Algè
n ie

−→
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

n α n∞
r Alg
n ie
Mo

absolument
tr i e
Géomé

divergente semi
convergente convergente
 (−1)n  1
Nature de la série 2) Si 0 < α  1, alors n'est pas absolument convergente (car
n 1 nα n 1 n
α
 (−1)n
pour α ∈ R fixé. diverge), mais converge d'après le TSCSA, donc est semi-convergente.
n 1

 (−1)n
3) Si α > 1 , alors est absolument convergente, donc convergente.
n 1 nα

250
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Exercice-type résolu

Exemple de détermination de la nature d’une série par utilisation du TSCSA

(−1)n ln n
Déterminer la nature de la série de terme général u n = .
n

Solution Conseils
ln n 1
Il s'agit d'une série alternée. L'étude de l'absolue convergence ne permet pas de On a : |u n | =  , pour n  3, donc
n n
conclure. la série de terme général u n n'est pas abso-
lument convergente. Ceci ne permet pas
ln n
On a, par prépondérance classique, |u n | = −→ 0. de conclure quant à la convergence de la
n n∞
série de terme général u n .
Pour étudier l'éventuelle décroissance de la suite (|u n |)n , comme la différence La comparaison de |u n+1 | − |u n | à 0 et la
|u n+1 | |u n+1 |
|u n+1 | − |u n | et le rapport ne paraissent pas simples, on va étudier les varia- comparaison de à 1 ne paraissent
|u n | |u n |
tions de la fonction pas simples.
ln x
f : [1 ; +∞[ −→ R, x −→ f (x) = .
x
L'application f est dérivable sur [1 ; +∞[ et, pour tout x ∈ [1 ; +∞[ :
1 − ln x
f ′ (x) = . En particulier : ∀ x  3, f ′ (x)  0, donc f est décroissante
x2
sur [3 ; +∞[.
Il s'ensuit, puisque, pour tout n  3, |u n | = f (n), que la suite (|u n |)n3 est La décroissance de la fonction f sur
décroissante. [3 ; +∞[ entraîne la décroissance de la
 
suite f (n) n 3 .

Ainsi, la série de terme général u n est alternée et la valeur absolue du terme géné- Récapitulation des hypothèses du TSCSA.
ral tend vers 0 en décroissant, à partir de l'indice 3.
 
D'aprés le TSCSA, on conclut que la série u n converge, et donc la série un
n 3 n 1
converge.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Les méthodes à retenir

Séries alternées

• Pour montrer qu’une série u n alternée converge, on peut essayer d’appliquer le TSCSA. Ce sera souvent
n 0
possible lorsque u n contient (−1)n en facteur et que |u n | ne contient pas (−1)n dans son écriture (ex. 4.3.8).

251
Chapitre 4 • Séries

Exercices

4.3.8 Déterminer la nature de la série de terme général : Montrer que u n converge et :
(−1)n n 1
a) √
nnn +∞
 +∞
 1 +∞
 (−1)n +∞
(−1)n
b)
a
(−1)n n −(1+n ) ,a∈R un = 2
+ − 2
.
  n  n=1 n=1 n n=1 n n=1 n
1
c) (−1)n exp −
k
k=1 4.3.10 Soient (an )n 0 une suite réelle décroissante de
n n
(−1)  1 limite 0, et, pour tout n de N , u n = (−1)n an et
d) . n
ln (n!) k=1 k 
Un = uk .
k=0  
4.3.9 Pour n ∈ N∗ on note Montrer que an2 converge si et seulement si u n Un
n n
1 converge.
 si n est le carré d’un entier
n
un =
 (−1)n
sinon.
n

4.3.6 Exemples d'utilisation d'un développement


asymptotique

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On a déjà utilisé des développements Dans de nombreux exemples de recherche de la nature d'une série u n alternée, où |u n |
asymptotiques pour étudier la nature de
n ie
Mo
onier

n 0
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

certaines intégrales impropres


« contient encore (−1)n à l'intérieur », le TSCSA n'est pas applicable, car (|u n |)n 0 peut ne
tr i e
Géomé

(cf. exercice 3.4.1).


pas être décroissante. On peut alors essayer d'utiliser un développement asymptotique de u n
lorsque n tend vers l'infini (dans une échelle à préciser).

 (−1)n
Exemple : Nature de √ .
n 2 n + (−1)n

(−1)n (−1)n (−1)n −1


 
On a : √ n
= √ 1+ √
n + (−1) n n
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Obtention d’un développement (−1)n

(−1)n 1

(−1)n 1
 
1
1 − √ + O( ) = √ − + O
bre G
r Algè

asymptotique du terme général de la


n ie
Mo

éom
étr ie M
onier

= √ .
G

onier

3
èbre M

n n n n n
n ier Alg
Mo

Géomé
tr i e

série,lorsque l’entier n tend vers l’infini,


  n2
1  (−1)n
à la précision O .
n 3/2 • √ est semi-convergente
n n
1
• diverge
n n
  1 
• O est absolument convergente.
3
n n2
On conclut à la divergence de la série proposée.
Ceci montre que le théorème (−1)n (−1)n  (−1)n
Ainsi, dans cet exemple √ n
∼ √ , bien que les deux séries √ et
d’équivalence pour les séries à termes n + (−1) n∞ n n n + (−1)n
dans R+ (4.2.2 Théorème 3  (−1)n
p. 227) n’est pas applicable aux séries à √ soient de natures différentes.
termes réels de signe variable. n n

252
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Si, dans le développement asymptotique, le o ou le O ne porte pas sur le terme général d'une
série absolument convergente, on essaiera de grouper ce o ou O avec un autre terme qui, lui,
soit de signe fixe, en vue d'appliquer le théorème d'équivalence.

(−1)n
Exemple : Nature de .


n 3
ln n + (−1)n

On a :
  
(−1)n (−1)n (−1)n 1
= 1− +o
ln n + (−1)n ln n ln n ln n

  
(−1)n 1 1
= + − + o
ln n ( ln n)2 ( ln n)2
 (−1)n
• est convergente (TSCSA)
n ln n
 
  1 1 1  1
re Monie
r
1 •− + o ∼− <0 et − diverge, donc
Groupement du terme o
lgèb
ni er A

(ln n)2 (ln n)2 n∞ (ln n)2 (ln n)2


Mo Géom
é
lgèbre
n ier A
Mo

(ln n)2
onier
étr ie M

n
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

1   
avec le terme − , qui est de 1 1
(ln n)2 − +o diverge.
signe fixe. n (ln n)2 (ln n)2

Finalement, la série proposée diverge.

Exercice-type résolu

Exemple de détermination de la nature d’une série par utilisation d’un développement asymptotique

n 2 + (−1)n n
Déterminer la nature de la série de terme général u n = ln .
n2 + 2

Solution Conseils
Le terme général u n existe dès que n  2, car alors : n 2 + (−1)n n > 0. On s'assure d'abord de l'existence de u n .
Formons un développement asymptotique de u n lorsque l'entier n tend vers l'infini : Puisque (−1)n n'est pas explicitement en
facteur dans u n , il est préférable de ne pas
(−1)n essayer d'appliquer le TSCSA.
1+ 
(−1)n
 
2

u n = ln n = ln 1 + − ln 1 + 2 Rappels :
2 n n
1+ 2 ln(1 + u) = u + o(u),
n u→0
       
(−1)n 1 1 2 1 (−1)n 5 1 u2
+ o(u 2 ).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

= − 2 +o 2 − + o = − + o . ln(1 + u) = u −
n 2n n n2 n2 n 2n 2 n2 u→0 2
(−1)n Ce résultat sur l'exemple de Riemann alter-
La série de terme général est convergente, d'après l'exemple de Riemann alterné.
n né est lui-même conséquence du TSCSA.
1
La série de terme général 2 est convergente d'après l'exemple de Riemann, 2 > 1.
n
 
1
La série de terme général o 2 est absolument convergente, donc convergente,
n
  
 1  1
puisque, à partir d'un certain rang, o 2   2 . Utilisation du théorème de majoration
n n pour des séries à termes réels  0.
On conclut : la série de terme général u n converge. Addition de trois séries convergentes.

253
Chapitre 4 • Séries

Les méthodes à retenir

Utilisation d’un développement asymptotique


• Pour étudier la nature d’une série u n alternée pour laquelle |u n | contient encore (−1)n dans son écriture,


n 0
ou plus généralement la nature d’une série réelle ou complexe non absolument convergente, on pourra essayer d’utiliser
un développement asymptotique de u n (ex. 4.3.11, 4.3.12).

Exercices

4.3.11 Déterminer la nature de la série de terme général : (−1)n n n
p)
(−1)n ln n
a) √
n + (−1)n (−1)n
q)
(−1)n ln n + (−1)n ln (ln n)
b) 2 1 (−1)n
n3 + (−1)n n 3 r) √
nln n + (−1)n
(−1)n
c) 2 1
 
1 −n

n 3 + n 3 + (−1)n s) (−1)n 1+ − e−1
n
(−1)n
1 n
  
d) √
n + (−1)n n + 1 t) (−1)n 1+ 2 −1
√ √ n
e) (−1)n ( n + 1 − n) 
1

1
√ u) (−1)n (n + 1) n+1 − n n
(−1)n ln(n + n 2 + 1)
f) √
n+2 
ln n


n+1
 v) ln 1 + (−1)n
n
g) (−1) Arcsin n
n2 + 3  
n
(−1)n 1 w) cos πn 2 ln
h) √ cos n−1
n n   
√ 1 x) sin 2π n 2 + (−1)n
i) (−1)n n nsin
n √ −1 

y) sin 1 + (−1)n n
√ 1
nsin √
(−1)n
 
n
j) (−1)n √ z) ln 1 + , a ∈ R∗+
n + (−1)n na

(−1)n n + (−1)n n + a
k) 3 a') ln √ , (a,b) ∈ R2
cos n + n 4 n + (−1)n n + b
(−1)n
 
−tan π4 + n1
l) (−1)n n b') √ a , a ∈ R∗+ .
n + (−1)n
n(n + 2)
m) (−1)n ln
n2 − n + 1
(−1)n 4.3.12 Soit (u n )n 0 la suite définie par u 0 ∈ R+ et :
n)
n − ln n e−u n
∀ n ∈ N, u n+1 = .
(−1)n n+1
o)
(ln n + (−1)n )2 
Quelle est la nature de (−1)n u n ?
n 0

254
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

4.3.7 Comparaison d'une série à une intégrale


1) Etude élémentaire pour une fonction monotone
a) Cas d'une fonction décroissante

Proposition
Soient n 0 ∈ N, f : [n 0 ; +∞[−→ R une application continue par morceaux et
décroissante.
On a, pour tout ( p,q) de N2 tel que n 0  p < q :
 q+1 q  q
Comparaison portant sur la somme d’un
Mo
ni

Mo
er A

n ie

éom
lgèb
re Monie

r Algè
bre G

étr ie M
éom é

onier
r

nombre fini de termes.


f  f (k)  f.
p+1 p
G

ier
bre Mon
Algè

k= p+1
n ier
Mo

tr i e
Géomé

Preuve

r
re Monie
lgèb

L’utilisation d’un schéma facilite


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M

l’obtention de ces inégalités.


r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

y = f (x)

O n0 p+1 q q+1 x

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

bre G
éom é
r
La somme des aires des rectangles en
q
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

couleur correspond à f (k) .


k= p+1 y

y = f (x)

O n0 p p+1 q x

Puisque f décroît, on a :

∀ k  n0, ∀x ∈ [k; k + 1], f (k + 1)  f (x)  f (k),


 k+1
d'où : ∀ k  n 0 , f (k + 1)  f (x) dx  f (k),
k
 k+1  k
ni er A
lgèb
re Monie
r
Lecture de l’encadrement précédent en ou encore : ∀k > n 0 , f  f (k)  f.
k k−1
Mo éom é
bre G
r Algè

vue d’encadrer f (k) .


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e
 q+1 q
  q
En sommant pour k allant de p + 1 à q, on obtient : f  f (k)  f. 䊏
p+1 k= p+1 p

255
Chapitre 4 • Séries

Exemple :
En appliquant la Prop. 1 à f : [1; +∞[−→ R , on obtient en particulier :
x −→ x1
 n+1 n n n 
1  1  1  1
∀n ∈ N∗ ,  et  dx ,
1 x k=1
k k=2
k 1
x

n
 1
d'où : ∀n ∈ N∗ , ln(n + 1)   1 + ln n.
k=1
k
n
 1
On en déduit ainsi (puisque ln(n + 1) ∼ ln n et 1 + ln n ∼ ln n) : ∼ ln n .
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Nous préciserons ce résultat plus loin n∞ n∞
k=1
k n∞
(p. 259), avec la constante d'Euler γ .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Corollaire
tr i e
Géomé

Soient n 0 ∈ N , f : [n 0 ; +∞[−→ R+ continue par morceaux, décroissante.



La série f (n) converge si et seulement si l'application f est intégrable
n n 0
sur [n 0 ; +∞[, et, dans ces conditions, on a :
 +∞ +∞
  +∞
Comparaison portant sur un reste,ce qui
r
re Monie

∀n  n 0 , f  f (k)  f.
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

suppose une convergence.


G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

n+1 k=n+1 n

Preuve
1) Supposons f intégrable sur [n 0 ; +∞[. D'après la Prop. p. 255 :
n  n  +∞
∀n > n 0 , f (k)  f  f,
k=n 0 +1 n0 n0


ce qui montre, d'après le lemme de majoration, que la série f (n) converge.
n n 0
y

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
La somme des aires des rectangles en y = f (x)
bre G

q
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

couleur correspond à f (k) ,ou


k=n+1
+∞

à f (k) .
k=n+1

O n0 n+1 x

y = f (x)

O n0 n n+1 x

256
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

De plus, d'après la Prop. p. 255, pour tout (n,q) tel que n 0  n < q, on a :
 q+1  q  q
f  f (k)  f,
n+1 k=n+1 n

d'où en faisant tendre q vers l'infini (avec n fixé) :


 +∞ +∞
  +∞
f  f (k)  f.
n+1 k=n+1 n

2) Réciproquement, supposons que f (n) converge.
n n 0
D'après la Prop. p. 255 et puisque f  0, on a :
 n+1 n
 +∞

∀n  n 0 , f  f (k)  f (k),
n 0 +1 k=n 0 +1 l=n 0 +1
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo

et donc f est intégrable sur [n 0 ; +∞[.


éom é

Cf. 3.1.3 Prop. 1 p. 158.


bre G
r Algè


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

b) Cas d'une fonction croissante

Proposition
Soient n 0 ∈ N , f : [n 0 ; +∞[−→ R une application continue par morceaux et crois-
sante. On a, pour tout ( p,q) de N2 tel que n 0  p < q :
 q q
  q+1
f  f (k)  f.
p k= p+1 p+1

Preuve
Appliquer la Prop de a), p. 255 à − f .

y = f (x)

O n0 p p+1 q x
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

y = f (x)

O n0 p+1 q q+1 x


257
Chapitre 4 • Séries

Exemple :
En appliquant la Prop. précédente à f : [1; +∞[−→ R , on obtient :
x −→ln x
 n n
  n+1
∀n  2, ln x dx  ln k  ln x dx,
1 k=2 2

n

c'est-à-dire : ∀n  2, nln n − n + 1  ln k  (n + 1)ln (n + 1) − n − 2ln 2 + 1,
k=2
n

d'où : ln k ∼ nln n , c'est-à-dire : ln(n!) ∼ nln n .
r
re Monie

Obtention d’un équivalent simple de la


lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

n∞ n∞
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

somme partielle d’une série divergente.


Algè

k=2
n ier
Mo

tr i e
Géomé

2) Cas d'une fonction décroissante à valeurs dans R+


Soit f : [0; +∞[−→ R continue par morceaux,  0 , décroissante. Notons, pour tout n
de N∗ :
 n
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Nous poursuivons l’étude élémentaire wn = f (t) dt − f (n).
vue en 1) par une étude plus
n ie

n−1
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

approfondie,faisant intervenir le terme


wn. Puisque f est décroissante, on a : ∀n ∈ N∗ , ∀t ∈ [n − 1; n] , f (n)  f (t)  f (n − 1),
 n
d'où : ∀n ∈ N∗ , f (n)  f (t) dt  f (n − 1) ,
n−1
et donc : ∀n ∈ N∗ , 0  wn  f (n − 1) − f (n).

Ceci montre que la série wn est à termes  0 , et que, pour tout N de N∗ :
n 0

N
 N 
 
wn  f (n − 1) − f (n) = f (0) − f (N )  f (0).
n=1 n=1


D'après le lemme fondamental, on conclut que wn converge.
n 0
De plus, pour tout N de N∗ :

N
 N 
 n N
  N N

wn = f (t) dt − f (n) = f (t) dt − f (n).
n=1 n=1 n−1 n=1 0 n=1

ni er A
lgèb
re Monie
r
N
   N 
Puisque la série wn converge, il en résulte que la suite f (t) dt
Mo éom é

Puisque wn a une limite finie


bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

n=1 n 1 0 N ∈N∗
 N 
lorsque N −→ ∞ , f (t)dt a converge si et seulement si la série f (n) converge.
0 n 1
une limite finie si et seulement si
N

 N  
f (n) a une limite finie. • Si f est intégrable sur [0; +∞[, alors f (t) dt −−−→ f , et donc la série f (n)
n=1 0 N∞ [0;+∞[ n 1
converge.
  n 
• Réciproquement, supposons que la série f (n) converge. Alors, la suite f
n 0 0 n∈N
 n
converge, donc est majorée ; il existe M ∈ R+ tel que : ∀n ∈ N , f  M.
0
 
Ainsi, [0; n] est une suite croissante de segments dont la réunion est égale à [0; +∞[ et
n∈N 
telle que : ∀n ∈ N , f  M.
[0;n ]
D'après 3.1.1 2), Prop. 2 p. 155, f est intégrable sur [0; +∞[.
Résumons l'étude.

258
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Théorème
Ce théorème sert surtout pour établir Soit f : [0; +∞[−→ R une application continue par morceaux,  0, décroissante.
l’existence du nombre d’Euler γ , voir ci-  n
dessous. ∗
Notons, pour tout n de N , wn = f (t) dt − f (n) . Alors :
n−1

1) La série wn converge.
n 1

2) f est intégrable sur [0; +∞[ si et seulement si la série f (n) converge.
n 1

3) Si f est intégrable sur [0; +∞[ ou si la série f (n) converge, alors :
n 1
+∞
  +∞

wn = f − f (n).
n=1 [0;+∞[ n=1

Exemple : La constante d'Euler γ


Considérons f : [1; +∞[−→ R , qui est continue,  0 , décroissante.
t −→ 1t
 n
Notons, pour tout n de N − {0,1}, wn = f (t) dt − f (n).
n−1

On a, pour tout n de N − {0,1} :


n  n n n
 dt  1  1
wk = − = 1 + ln n − .
k=2 1 t k=2
k k=1
k


D'autre part, d'après le théorème précédent, la série wn converge.
n 2
 n 
 1
Il en résulte que la suite ln n − admet une limite finie dont l’opposée, notée γ,
k=1
k n 1
est appelée constante d'Euler.

n
 1
Ainsi : = ln n + γ + o (1) .
k=1
k n∞

+∞
  n dt 1 n 1
De plus, comme wn = 1 − γ et que, pour tout n  2, wn = − = ln − ,
n=2 n−1 t n n−1 n
+∞  
 n 1
on déduit : γ =1− ln − ,
n=2 n−1 n
+∞   
 1 1
lgèb
re Monie
r
Expression de γ à l’aide d’une somme ou encore : γ =1− ln 1 + − .
n n+1
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

de série.
onier

n=1
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Une valeur approchée est : γ ≃ 0,577...

A l'heure actuelle (2006), on ne sait pas si γ est un rationnel.

3) Cas d'une fonction à valeurs dans K


Soit f : [0; +∞[−→ K une application de classe C 1 telle que f ′ soit intégrable sur [0; +∞[.

259
Chapitre 4 • Séries

 n
Notons, pour tout n de N∗ , wn = f (t) dt − f (n).
n−1
En utilisant une intégration par parties, on a, pour tout n de N∗ :
 n  n
ni er A
lgèb
re Monie
r
Remarquer l’intervention du facteur wn = (t − n + 1) f (t) − (t − n + 1) f ′ (t) dt − f (n)
n−1
Mo éom é
bre G
r Algè

t − n + 1 , qui s’annule en n − 1 . n−1


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e
 n
=− (t − n + 1) f ′ (t) dt,
n−1
 n  n
d'où : |wn |  (t − n + 1)| f ′ (t)| dt  | f ′ (t)| dt .
n−1 n−1
On en déduit, pour tout n de N∗ :
n
 n 
 k  n 
′ ′
|wk |  | f (t)| dt = | f (t)| dt  | f ′ |.
k=1 k=1 k−1 0 [0;+∞[


Le lemme fondamental permet de conclure que la série wn est absolument convergente.
n 1
n
  n  n
De plus, pour tout n de N∗ : f (k) .
wk = f (t) dt −
k=1 0 k=1
 n 
En particulier, si f est intégrable sur [0; +∞[ , alors f (t) dt −−−→ f,
0 n∞ [0;+∞[
 +∞
  +∞

donc la série f (n) converge, et : wn = f − f (n) .
n 1 n=1 [0;+∞[ n=1
Résumons l'étude :

Théorème

Soit f : [0; +∞[−→ K une application de classe C 1 telle que f ′ soit intégrable sur
 n
[0; +∞[. Notons pour tout n de N∗ , wn = f (t) dt − f (n) . Alors :
n−1

1) La série wn est absolument convergente
n 1

2) Si de plus f est intégrable sur [0; +∞[, alors la série f (n) converge, et :
n 1
+∞
  +∞

wn = f − f (n).
n=1 [0;+∞[ n=1

1
Cependant, comme f ′ : t −→ 4) Formule de Stirling
t
n'est pas intégrable sur [1; +∞[,on ne
L'application f : [1; +∞[−→ R est de classe C 1 sur [1; +∞[.
peut pas appliquer directement le t −→ln t
Théorème de 3).  n
Notons, pour n  2, wn = ln t dt − ln n .
n−1
On a donc, pour tout n  2 :
n
  n n

wk = ln t dt − ln k = n ln n − n + 1 − ln(n!).
k=2 1 k=2
 n 1
On a, comme dans 3), pour tout n  2 : wn = − (t − n + 1) dt,
n−1 t
puis, par une intégration par parties :

260
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

!n  n
L’intégration par parties permet de (t − n + 1)2 1 (t − n + 1)2 1
dt
r
re Monie
lgèb

wn = −
er A


ni
Mo éom é

1
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

2 t n−1 2 t2
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon

n−1
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e
remplacer l’intervention de par celle
t 1 1
 n
1
1 =− − (t − n + 1)2 2 dt.
de , ce qui assure ou renforce une 2n 2 n−1 t
t2
convergence ou une intégrabilité.  n
1
Notons, pour n  2, xn = (t − n + 1)2 2 dt .
n−1 t
 n
1 1 1 1 1
Comme : 0  xn  dt = − = ∼ 2,
n−1 t 2 n − 1 n (n − 1)n n∞ n

la série xn converge.
n 2

On obtient, en utilisant la constante d'Euler γ :


n n
1 1 1
ln(n!) = n ln n − n + 1 + + xk
2 k=2 k 2 k=2
 +∞ 
1 1 
= n ln n − n + ln n + 1+γ + xk + o (1).
2 2 k=2
n∞
 +∞ 
1 
En notant K = 1+γ + xk , on a donc :
2 k=2

1
ln(n!) = n ln n − n + ln n + K + o (1),
2 n∞

√ √
d'où n! = n n e−n ne K +o(1) , c'est-à-dire n! ∼ n n e−n ne K .
n∞
Pour déterminer K, on utilise les intégrales de Wallis :
r
re Monie
lgèb

Cf. Analyse MPSI, 6.4.4 Exemple 1).


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

 π
2
En notant In = sinn x dx, on obtient, pour tout p de N :
0

(2 p)! π (2 p p!)2
I2 p = et I2 p+1 = ,
(2 p p!)2 2 (2 p + 1)!
π π π π
d'où : I2 p I2 p+1 = ∼ et I2 p+1 I2 p+2 = ∼
2(2 p + 1) p∞ 4 p 4( p + 1) p∞ 4 p
π
et donc, facilement : In In+1 ∼ .
n∞ 2n

D'autre part : ∀n ∈ N∗ , In+1  In  In−1 ,


d'où : ∀n ∈ N∗ , In In+1  In2  In In−1 .
π π π
Comme In In+1 ∼ et In−1 In ∼ , on déduit In2 ∼ ,
n∞
 2n n∞ 2n n∞ 2n
π
puis, comme In  0 : In ∼ (formule de Wallis).
n∞ 2n

(2 p)! π (2 p)2 p e−2 p 2 pe K π π
K a été défini plus haut. Mais : I2 p = p 2 ∼ √ = √ ,
(2 p!) 2 p∞ (2 p p p e− p pe K )2 2 2 pe K

d'où : e K = 2π .
On conclut :

Théorème Formule de Stirling


Formule utile pour certains exercices.
 n
n √
n! ∼ 2πn .
n∞ e

261
Chapitre 4 • Séries

Exercices
4.3.13 Déterminer la nature des séries suivantes (on pour- (−1)n (2n)!
e) .
ra utiliser la formule de Stirling) : 4n (n!)2
nn
a)   2
1 n n!
n!en 4.3.14 Déterminer lim 1 + √ .
n∞ n nn n
n a n!en
b) , a∈R
(n + 1)n 4.3.15 Existence et calcul de
(2n)! 1
c) , a ∈ R∗+  →+∞ x− − E(x)
n!a n n n 2 dx .
1 x
(n!)a n bn
d) , (a,b,c) ∈ R3
((2n)!)c

4.3.8 Étude de la somme d'une série convergente


 +∞

Etant donné une série u n supposée convergente, le but de ce § 4.3.8 est de calculer un
n 0 n=0
(si c'est possible), ou de trouver une évaluation asymptotique ou numérique de cette somme.

1) Calcul exact de la somme d'une série


Ce calcul exact sera peu souvent réalisable. On pourra essayer :
• de se ramener à des séries pour lesquelles la somme est connue : série géométrique
cf. a) ci-dessous, séries entières usuelles (cf. ch 6), séries de Fourier (cf. ch 7)
• de mettre le terme général sous une forme permettant, par télescopage, le
calcul des sommes partielles (cf. b) ci-dessous).

a) Série géométrique

z n converge
gèbr
e Monie
r 
Rappelons que, pour tout z de C tel que |z| < 1, la série géométrique
r Al
n ie

Cf. 4.2.4 1) p. 230.


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

n 0
tr i e
Géomé

+∞
1
zn =

et : .
n 0
1−z

b) Séries télescopiques

Supposons que le terme général u n de la série u n (pour laquelle on veut calculer
n 0
la somme) puisse se mettre sous la forme : u n = an+1 − an , où (an )n∈N est une suite
admettant une limite finie connue l. Comme :

n

Travailler d’abord sur une somme ∀ n ∈ N, u k = (a1 − a0 ) + (a2 − a1 ) + . . . + (an+1 − an ) = an+1 − a0 ,
partielle, puis passer à la limite. k=0

+∞

on déduit : u n = l − a0 .
n=0

262
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Exemples :
+∞
 1
Lorsque le terme général de la série est 1) Calcul de .
n(n + 1)
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo Géom
é

une fraction rationnelle en n, on peut


lgèbre
n ier A
Mo

n=1
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

essayer, par exemple, d’utiliser une n


décomposition en éléments simples. 1 1 1  1 1
Comme : ∀ n ∈ N∗ , = − , on a : ∀ n ∈ N∗ , =1− ,
n(n + 1) n n+1 k=1
k(k + 1) n + 1
+∞
 1
et donc = 1.
n=1 n(n + 1)
+∞
 2n
2) Calcul de Arctan .
n=0
n4 + n2 + 2

En remarquant n 4 + n 2 + 2 = 1 + (n 2 + n + 1)(n 2 − n + 1) , on déduit :

Utilisation de la formule 2n (n 2 + n + 1) − (n 2 − n + 1)
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r

Arctan = Arctan
n4 + n2 + 2 1 + (n 2 + n + 1)(n 2 − n + 1)
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

a−b
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Arctan
tr i e
Géomé

1 + ab = Arctan (n 2 + n + 1) − Arctan (n 2 − n + 1)
 
= Arctan a − Arctan b, = Arctan (n + 1)2 − (n + 1) + 1 − Arctan (n 2 − n + 1),
valable, au moins, lorsque a et b sont
dans [0; +∞[. n
 2k π π π
et donc : Arctan = Arctan (n 2 + n + 1) − Arctan 1 −→ − = ,
k=0
k4 + k2 + 2 n∞ 2 4 4
+∞
 2n π
d'où finalement : Arctan = .
n=0 n4 + n2 + 2 4

c) Généralisation des séries télescopiques


Il se peut que u n puisse être écrit comme somme de plusieurs termes (le nombre de
n

termes étant fixé indépendant de n) de telle sorte que, dans u k , après simplifica-
k=0
tions, il soit possible de passer à la limite lorsque n tend vers l'infini.

Exemple :

Convergence et calcul de la somme pour la série u n , où
n 2
u n = (n − 1)α +(n + 1)α − 2n α , α ∈ R fixé.

Mo
ni

Mo
er A

n ie

éom
lgèb

r Algè

étr ie M
re Monie

bre G
éom é

onier
r

Simplification de termes sur trois lignes u 2 = 1α − 2 · 2α + 3α On obtient ainsi :


consécutives.
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

n

u 3 = 2α − 2 · 3α + 4α u k = 1 − 2α − n α + (n + 1)α
k=2
  
u 4 = 3α − 2 · 4α + 5α 1 α
= 1 − 2α + n α 1+ −1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

n
  
.. α 1
. = 1 − 2α + n α +o
n n
 
= 1 − 2α + αn α−1 + o n α−1 .
u n−2 = (n − 3)α − 2(n − 2)α + (n − 1)α
n

u n−1 = (n − 2)α − 2(n − 1)α + n α Ceci montre que u k admet une limite finie
k=2
lorsque n tend vers l’infini si et seulement si
u n = (n − 1)α − 2n α + (n + 1)α α  1.

263
Chapitre 4 • Séries


Finalement, u n converge si et seulement si α  1, et alors :
n 2
1 − 2α si α < 1
+∞
 
un = .
n=2 0 si α = 1

On peut remarquer que l'exemple proposé est aussi celui d'une série télescopique, puisque :
u n = ((n − 1)α − n α ) − (n α − (n + 1)α ).

Exercice-type résolu

Exemple de calcul de la somme d’une série convergente


+∞
 1
Existence et calcul de S = .
n=0
n 3 + 8n 2 + 17n + 10

Solution Conseils
1 Il est clair que, pour tout n ∈ N, u n existe et
Notons, pour tout n ∈ N : u n = . u n > 0.
n + 8n + 17n + 10
3 2

1) Existence
1
On a u n ∼ , donc, d'après l'exemple de Riemann et le théorème d'équivalence
n∞ n3
pour des séries à termes réels  0, la série de terme général u n converge, et donc S
existe.

2) Calcul
Considérons le polynôme Q = X3 + 8X2 + 17X + 10 et la fraction rationnelle On va amener un télescopage, à l'aide
1 d'une décomposition en éléments
F= . simples.
Q
Comme −1 est racine évidente de Q, on peut mettre X + 1 en facteur :
Q = (X + 1)(X2 + 7X + 10).
Le trinôme X2 + 7X + 10 , de discriminant ∆ = 9 > 0 admet deux racines qui sont
−2 et −5.

D'où : Q = (X + 1)(X + 2)(X + 5). Obtention de la décomposition de Q en


produit de facteurs irréductibles.
La décomposition en élements simples de F est donc de la forme :
1 a b c
F= = + + , (a,b,c) ∈ R3 .
(X + 1)(X + 2)(X + 5) X+1 X+2 X+5
1
En multipliant par X + 1 puis en remplaçant X par −1, on obtient : a = .
4
1
En multipliant par X + 2 puis en remplaçant X par −2, on obtient : b = − .
3
1
En multipliant par X + 5 puis en remplaçant X par −5, on obtient : c = .
12
1 1 1 1 1 1 Obtention de la décomposition de F en
On conclut : F= − + .
4 X + 1 3 X + 2 12 X + 5 éléments simples.

264
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Solution Conseils
D'où, pour tout N ∈ N assez grand : On aura besoin plus loin de la condition
N + 1  5 pour que les sommations
N
 1 N
1 1N
1 1 N
1 écrites aient un sens clair.
un = − +
n=0
4 n=0 n + 1 3 n=0 n + 2 12 n=0 n + 5

N +1 N +2 N +5
1 1 1 1 1  1 Changements d'indices :
= − + −→ −→ −→
4 n=1 n 3 n=2 n 12 n=5 n n n + 1, n n + 2, n n + 5.

 N +1   N +1 
1 1 1 1 1  1 1 1 1 1  1 1
= + + + + − + + + + Mise en évidence d'une partie commune à
4 1 2 3 4 n=5 n 3 2 3 4 n=5 n N +2 chacune des trois sommations précé-
N +1
 1
 N +1  dentes, la partie .
1  1 1 1 1 1 n
+ + + + + n=5
12 n=5 n N +2 N +3 N +4 N +5

      N +1
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1  1 1 1 1 1
= 1+ + + − + + + − + − − + = 0.
4 2 3 4 3 2 3 4 4 3 12 n=5 n 3(N + 2) 4 3 12
 
1 1 1 1 1
+ + + + .
12 N +2 N +3 N +4 N +5

On déduit :
N    
 1 1 1 1 1 1 1 1 23
un → 1+ + + − + + = .
n=0
N∞ 4 2 3 4 3 2 3 4 144

23
On conclut : S= ≃ 0,159 722 ... Contrôle de signe : le terme général u n est
144  0, donc S  0.

Les méthodes à retenir

Étude de la somme d’une série



• Pour montrer la convergence et calculer la somme d’une série u n , on pourra :
n 0
– montrer d’abord la convergence par des arguments qualitatifs (utilisation de majoration, équivalent, règle
n

© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

n α u n ,. . . , en travaillant éventuellement sur |u n |), puis calculer les sommes partielles u k et enfin chercher la
k=0
limite de celles-ci lorsque n tend vers l’infini.
– ou bien former directement les sommes partielles et déterminer leur limite lorsque n tend vers l’infini.
 n
• Le calcul des sommes partielles u k est possible, au moins, dans les deux types de séries suivants :
k=0
– séries géométriques (ex. 4.3.17 a) à d))
– séries télescopiques (ex. 4.3.17 e) à v)).
• Nous rencontrerons d’autres calculs de sommes de séries lors de l’étude des séries entières et des séries de Fourier
(ch. 6 et 7).
265
Chapitre 4 • Séries

Exercices
4.3.16 Montrer la convergence et calculer les sommes x
3n sh3

r) , x ∈R
des séries suivantes : 3n
n 0

x n cos n θ et x n sin n θ, (x,θ) ∈] − 1; 1[×R


 
a)  1 x π π
s) tan n , x ∈] − ; [
n 0 n 0 2n 2 2 2
n 0
n
x sh n θ, (x,θ) ∈ R2 tel que
n
 
b) x ch n θ et  
x

n 0 n 0 t) ln 2ch n − 1 , x ∈R
2
|x|e|θ| < 1 n 0
 
 cos nx  sin nx  x x
c) et , x ∈R tel u) ln 4ch2 n − 2ch n − 1 , x ∈ R.
2n cosn x 2n cosn x 2 2
n 1 n 1 n 0
que |2 cos x| > 1
 ch nx  sh nx 4.3.17 Soit (a,b) ∈ (R∗+ )2 . Etudier la convergence et cal-
d) et , x ∈R 
2n chn x 2n chn x culer (lorsqu'elle converge) la somme de la série un
n 1 n 1
n 0
 (ln (n + 1))2 où :
e) ln
u2 p = a p b p

(ln n)(ln (n + 2))
n 2 ∀ p ∈ N, .
√ √ u 2 p+1 = a p b p+1
 1+ n+1−2 n
f)
n 0
2n+1
4.3.18 Montrer, pour tout x de R∗+ :
 1 +∞ 
1 1 1

g) √ 
√ a) + − = ln 2
n 1
n n + 1 + (n + 1) n x + 2n + 1 x + 2n x +n
n=0

 E( n + 1) − E(√n) +∞ 
 1 1 1

h) b) + − = 0.
n (x + 2n + 1)2 (x + 2n)2 (x + n)2
n 1 n=0
 a
i) Arctan , a∈R 1
n 0
1 + a2n + a2n2 4.3.19 Soit x ∈ R∗ − {− ; n ∈ N∗ }. Montrer que la
n
8n
 n
j)

Arctan série converge et calcu-
(x + 1)(2x + 1) . . . (nx + 1)
n 1
n 4 − 2n 2 + 5 n 1
ler sa somme.
 1
k) n
n 0
n!(n 4 + n 2 + 1)  1
4.3.20 Calculer puis
k(k + 2)
 1 k=1
4 n
n
l) a ∈ R∗
 
, 1
sh na sh (n + 1)a lim .
n 1 n∞ 3 k(k + 2)
k=1
 1 ∗
m) , a∈R
ch na ch(n + 1)a
n 0 4.3.21 a) Pour n ∈ N∗ , résoudre l'équation
z − i 2n+1
 
z2
n

 1
z ∈ C tel que |z| = = 1, d'inconnue z ∈ C.
n) n+1
, z+i
n 0 z2 −1
b) En déduire :
 zn n
o) , z ∈ C tel que |z| < 1  kπ n(2n−1)
(1 − z )(1 − z n+1 )
n ∀n ∈ N∗ , cotan2 = .
n 1 2n + 1 3
k=1
 (−1)n
p) cos3 (3n θ), θ ∈R π 1
3n c) Montrer : ∀ u ∈]0; [, cotan2 u < < 1 + cotan2 u.
n 0 2 u2
 1 +∞
 1 π2
q) sin3 (3n θ), θ ∈R d) Conclure : = .
3n n=1
n2 6
n 0

266
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

2) Evaluation du reste d'une série convergente


 +∞

Rappelons que le reste n’existe que
Soient u n une série convergente, Rn = u k le reste d'ordre n. Le but est ici d'obtenir
lorsque la série converge. n 0 k=n+1
un encadrement utile de Rn, ou un équivalent de Rn lorsque n tend vers l'infini.

a) Comparaison série-intégrale
S'il existe n 0 ∈ N et une application f : [n 0 ; +∞[−→ R continue par morceaux et décrois-
sante telle que (∀ n  n 0 , u n = f (n)) , on pourra utiliser la comparaison série-intégrale,
qui donne :
 +∞ +∞
  +∞
∀ n  n0, f  f (k)  f.
n+1 k=n+1 n

Exemple :
1
Soit α ∈]1; +∞[ ; puisque x −→ est continue et décroissante sur [1; +∞[,

on obtient :
 
On obtient, par comparaison série- dx
+∞ +∞ dx
Mo
ni er A
lgèb
re Monie
r

∀ n  1,  Rn  , c’est-à-dire :
n+1 x xα
éom é

Mo
n ie
r Algè
bre G

onier

intégrale, un encadrement du reste ; α


n
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

puis,les encadrants étant ici équivalents


entre eux,on en déduit un équivalent du
reste.
1 1 1
∀ n  1,  Rn  , et donc Rn ∼ .
(α − 1)(n + 1)α−1 (α − 1)n α−1 n∞ (α − 1)n α−1

b) Séries comparables à une série géométrique


Supposons (∀n ∈ N, u n > 0) et qu'il existe λ ∈ [0; 1[ et N ∈ N tels que :
u n+1
∀n  N , 0<  λ.
un

Par multiplication d'inégalités, on déduit : ∀n > N, 0 < u n  λn−N u N ,


+∞
 +∞
 λ−N +1
puis : ∀n  N, 0 < Rn = u k  λ−N u N λk = u N λn .
1−λ
k=n+1 k=n+1
+∞  
 sin n −n
Exemple : Calculer une valeur approchée à 10−6 près de 2+ .
n=1
n

sin n −1
 
1
• Comme 2 + −→ , on cherche, par exemple, un entier N tel que :
n n∞ 2

sin n −1
 
∀n  N , 0< 2+  0,6.
n

1 −1
 
A cet effet, il suffit que 2 −  0,6, c'est-à-dire N  3 .
N
• On a donc, pour tout n  2 :

+∞ 
(0,6)n+1
 +∞
 sin k −k 
ni er A
lgèb
re Monie
r
Comparaison du reste de la série au 0 2+  (0,6)k = = 2,5 · (0,6)n .
k 1 − 0,6
Mo éom é
bre G
r Algè

reste d’une série géométrique.


ie
M on
onier
étr ie M
éom

k=n+1 k=n+1
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

1 1
Ainsi, pour que 0  Rn < · 10−6 , il suffit que 2,5 · (0,6)n < · 10−6 , c'est-à-dire
2 2
n  31.

267
Chapitre 4 • Séries

1
En particulier : 0  R31  · 10−6 .
2
31  
sin k −k 1
≃ 0,809509 à · 10−6 près à la calculette.

• S31 = 2+
k 2
k=1
+∞  
 sin n −n
• On conclut : 2+ ≃ 0,809509 à 10−6 près.
n
n=1

c) Séries relevant du TSCSA



Supposons que u n relève du TSCSA (cf. 4.3.5 p. 250), c'est-à-dire :
n 0

  u est alternée
 n
 n 0

u n −→ 0


 n∞
(|u n |)n∈N décroît.
+∞

On a vu (4.3.5 p. 250) qu'alors, pour tout n de N , la somme S = u k est comprise entre les
k=0
sommes partielles Sn et Sn+1 , d'où : |Rn | = |S − Sn |  |Sn+1 − Sn | = |u n+1 |.

 Rn 

Sn S Sn + 1

 un + 1 

On obtient ainsi la Proposition suivante.

Proposition

Si la série réelle u n relève du TSCSA, alors :
Résultat important. n 0

∀ n ∈ N, |Rn |  |u n+1 |,
Cette Proposition sera aussi utilisée pour
montrer la convergence uniforme de +∞
certaines séries d'applications (voir

§ 5.2.1 Exemple 4)).
où Rn = u k est le reste d'ordre n.
k=n+1

Exemple :
 (−1)n
Soit α ∈ R∗+ fixé. Puisque la série de Riemann alternée relève du TSCSA, on a :

n 1
 
+∞
 
 (−1)k  1
∀n ∈ N,   .
 k α  (n + 1)α
k=n+1

268
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Exercice
4.3.22 Déterminer :   1
 1
+∞
  (−1)k  ln (ln n)
b) lim 
 
+∞ 
1 − 2 ln n n∞  k 
 .
a) lim k=n+1
n∞
k=n+1
k3

4.3.9 Sommation des relations de comparaison


On comparera utilement ce § 4.3.9 avec le § 3.3 sur l'intégration des relations de comparaison,
p. 182.
Dans tout ce § 4.3.9, E désigne un espace de Banach. On peut, en première lecture et confor-
mément au programme, se limiter à E = K .

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Dans le cas des séries convergentes,ce 1) Cas des séries convergentes
sont les restes qui interviennent.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Proposition 1
 
Soient u n une série à termes dans E, vn une série à termes réels.
n 0 n 0

  
 ∀ n ∈ N, vn  0  
 u n converge

  
 n 0
Si vn converge  , alors +∞  +∞ 
n 0   


 u = o (v ) 


 u k = o vk .
n n  n∞
n∞ k=n+1 k=n+1

Preuve
lgèb
re Monie
r
On revient à une définition de limite par Soit ε > 0. Puisque u n = o (vn ), il existe N ∈ N tel que : ∀n  N , ||u n ||  εvn .
n∞
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

les ε .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

D'après le théorème de majoration, u n est absolument convergente, donc convergente (puisque E est
tr i e
Géomé

n>N
complet, cf. 4.3.2 Théorème p. 244) et, pour tout n de N tel que n  N :
 
+∞
   +∞
 +∞
 +∞

u k  
 
 ||u k ||  εvn = ε vn ,
 
k=n+1 k=n+1 k=n+1 k=n+1

+∞
  
+∞ 
ce qui montre : un = o 䊏
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

vn .
n∞
k=n+1 k=n+1

Proposition 2
 
Soient u n une série à termes dans E, vn une série à termes réels.
n 0 n 0

∀ n ∈ N, vn  0 
 
  
 u n converge
  
 n 0
vn converge 

Si n 0 , alors +∞
  +∞
 


u =  
 u k = O vk .
O (vn )

n   n∞
n∞ k=n+1 k=n+1

269
Chapitre 4 • Séries

Preuve
Analogue à celle de la Proposition 1. 䊏

Proposition 3
 
Soient un , vn deux séries à termes réels.
n 0 n 0
  
 ∀ n ∈ N, vn  0  
 u n converge

  
 n 0
Si vn converge  , alors +∞ +∞
 
 n 0

  
 uk ∼ vk .
 u n ∼ vn  
 n∞
n∞ k=n+1 k=n+1

Preuve
+∞
  
+∞ 
Mo
n ie
rA lgèb
re Monie

éom é
r
Application de la Proposition 1 à u n ∼ vn ⇐⇒ u n − vn = o (vn ) ⇒ (u k − vk ) = o vk
  n∞ n∞ n∞
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

(u n − vn ) et vn . k=n+1 k=n+1
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e
Géomé

n 0 n 0 +∞
 +∞
  
+∞ 
⇐⇒ uk − vk = o vk
n∞
k=n+1 k=n+1 k=n+1
+∞
 +∞

⇐⇒ uk ∼ vk . 䊏
n∞
k=n+1 k=n+1

+∞
 1
Exemple : Trouver la partie principale de lorsque n tend vers l'infini.
k=n+1
k2 + sin k
+∞ +∞
 1  1
La Prop. 2 s'applique, d'où ∼ . D'autre part, par comparaison
k 2 + sin k n∞ k 2
k=n+1 k=n+1
+∞ +∞
 1 1  1 1
série-intégrale, on obtient 2
∼ , et, finalement : ∼ .
k=n+1
k n∞ n
k=n+1
k 2 + sin k n∞ n

2) Cas des séries divergentes

Proposition 1
Dans le cas des séries divergentes, ce  
Soient u n une série à termes dans E, vn une série à termes réels.
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè

sont les sommes partielles qui


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

Géomé
tr i e

interviennent. n 0 n 0

∀n ∈ N, vn  0 
 

   n n
vn diverge 
   
Si n 0 , alors uk = o vk .
 n∞
  k=0 k=0
u n = o (vn )
 
n∞

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
r

éom é
Il s’agit, pour l’essentiel, de la même Preuve
méthode que celle utilisée pour étudier
n ie
Mo
onier
étr ie M

Soit ε > 0. Puisque u n = o (vn ), il existe N ∈ N tel que : ∀ n > N, ||u n ||  εvn .
éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

Géomé
tr i e

la moyenne de Césaro,cf.Analyse MPSI n∞


P. 3.1. 
n

N n
   
Soit n ∈ N tel que n > N ; on a :  u k  
 
||u k || + ||u k ||
 
k=0 k=0 k=N +1

N
 n
 N
 n

 ||u k || + ε vk = (||u k || − εvk ) + ε vk .
k=0 k=N +1 k=0 k=0

270
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

N
 n
 
Comme (||u k || − εvk ) est fixé (indépendamment de n) et que ε vk −→ +∞ (puisque vn
n∞
k=0 k=0 n 0
est divergente et à termes dans R+ , il existe N1 ∈ N tel que N1  N et que :
N
 n

∀ n  N1 , (||u k || − εvk )  ε vk .
k=0 k=0
   
n  n
 n
 n

Finalement : ∀ n  N1 , u k   2ε et donc uk = o 
 
 vk , vk . 䊏
  n∞
k=0 k=0 k=0 k=0

Proposition 2
 
Soient un une série à termes dans E, vn une série à
n 0 n 0
termes réels.
∀n ∈ N, vn  0 
 
 
  n n
 
vn diverge 
 
Si n 0 , alors uk = O vk .
 n∞

u =  k=0 k=0
n O (vn ) 
n∞

Preuve
Analogue à celle de la Proposition 1. 䊏

Proposition 3
 
Soient un , vn deux séries à termes réels.
n 0 n 0
 
 ∀n ∈ N, vn  0 

   n n
Si vn diverge 
, alors

uk ∼

vk .
 n  0  n∞

u ∼ v  k=0 k=0
n n 
n∞

Preuve
Analogue à celle de la Prop. 2 de 1) p. 269. 䊏

n 

Exemple : Trouver la partie principale de k + (−1)k lorsque n tend vers l'infini.
k=1

n 
 n √

La Prop. 2 s'applique, d'où : k + (−1)k ∼ k.
n∞
k=1 k=1
n √
lgèb
re Monie
r  2 3
D'autre part, par comparaison série-intégrale, on obtient : k ∼ n 2, et finale-
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè

Cf. 4.3.7 1) Exemple p. 258.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

n∞ 3
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

k=1
tr i e
Géomé

n 
 2 3
ment : k + (−1)k ∼ n 2 .
n∞ 3
k=1

271
Chapitre 4 • Séries

Exercice-type résolu

Exemple d’utilisation des théorèmes de sommation des relations de comparaison


n
 1
On note, pour tout n ∈ N∗ : Sn = e n+k et on se propose de former un développement asymptotique de Sn à la précision
k=1
 
1
o 2 lorsque l'entier n tend vers l'infini.
n

a) 1) Montrer qu'il existe α ∈ ]0 ; +∞[ et C ∈ [0 ; +∞[ tels que :


 
∀ x ∈ [0 ; α], e x − (1 + x)  C x 2 .
n
 1
2) Montrer : −→ ln 2.
k=1
n + k n∞
3) Déduire : Sn = n + ln 2 + o (1).
n∞

b) On note, pour tout n ∈ N∗ : vn = Sn − n − ln 2.


1
1) Montrer : vn − vn−1 ∼ .
n∞ 8n 3
+∞
 1 1
2) Montrer : ∼
3 n∞ 2n 2
.
k=n+1
k
 
1 1
3) Déduire : Sn = n + ln 2 − + o .
16n 2 n2

Solution Conseils
Rappel :
a) 1) On dispose du développement limité en 0 : e x = 1 + x + O(x 2 ).
x2
Par définition de la notation O , il existe α ∈ ]0 ; +∞[ et C ∈ [0 ; +∞[ tels que : ex = 1 + x + + o(x 2 ).
  x→0 2
∀ x ∈ [0 ; α], |O(x 2 )|  C x 2 , d'où : e x − (1 + x)  C x 2 .

2) On a : On reconnaît une somme de Riemann,


cf. Analyse MPSI § 6.2.7.
n n  1 1
 1 1 1 1 " #1
= −→ dx = ln (1 + x) 0 = ln 2. L'application x −→ est continue
n+k n k=1 k n∞ 0 1+x 1+x
k=1 1+ sur le segment [0 ; 1], donc on, peut appli-
n
quer le théorème sur les sommes de
  Riemann.
1
3) Notons N = E + 1 ∈ N∗ .
α Le réel α > 0 a été défini dans a) 1).
On a, pour tout n ∈ N∗ tel que n  N et tout k ∈ {1,...,n} :
1 1 1
0    α, d'où, d'après 1) :
n+k n N
    2
 1
e n+k − 1 + 1 
C 1 C
 2.
 n+k  n+k n

En sommant, pour k allant de 1 à n, on déduit :


  n   n
     
  1 1 1 
 Sn − n + = e n+k − 1 + 

k=1
n + k  
k=1
n + k 

272
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Solution Conseils
n     n
e n+k − 1 + 1 C C C
1 
Inégalité triangulaire.

 
2
=n 2 = .
k=1
 n + k 
k=1
n n n C
ne dépend pas de k.
n
 1 n2
Ceci montre : Sn − n − −→ 0.
k=1
n + k n∞
En utilisant 2), on déduit :
 n  n
 1  1
Sn − n = Sn − n − + −→ 0 + ln 2 = ln 2.
k=1
n+k k=1
n + k n∞

On conclut : Sn = n + ln 2 + o (1). o(1) représente n'importe quelle suite de


n∞
limite 0.
b) 1) On a :
   
vn − vn−1 = Sn − n − ln 2 − Sn−1 − (n − 1) − ln 2

n n−1
 1  1
= Sn − Sn−1 − 1 = e n+k − e n−1+k − 1
k=1 k=1

n n−2
 1  1
e n+k − e n+k − 1 −→ k − 1 dans la
= Changement d'indice k
k=1 k=0 deuxième sommation.
1 1 1
= e 2n−1 + e 2n − e n − 1. Les termes d'indices 1 à n − 2 se simpli-
fient deux par deux.
On forme des développements asymptotiques lorsque l'entier n tend vers l'infini :
 
1 1 1 1 1
e n =1+ + 2 + 3 +o 3 , Rappel :
n 2n 6n n
x2 x3
ex = 1 + x + + + o(x 3 ).
  x→0 2 6
1 1 1 1 1
e 2n = 1 + + 2 + + o ,
2n 8n 48n 3 n3
 
1 1 1 1 1
e 2n−1 = 1 + + + + o
2n − 1 2(2n − 1)2 6(2n − 1)3 (2n − 1)3
 −1  −2    
1 1 1 1 1 1 −3 1
=1+ 1− + 2 1− + 1 − + o
2n 2n 8n 2n 48n 3 2n n3
     
1 1 1 1 1 1 1 Rappel, pour λ ∈ R fixé :
=1+ 1+ + 2 + 2 1+ + + o
2n 2n 4n 8n n 48n 3 n3 λ(λ − 1) 2
(1 + x)λ = 1 + λx + x
      x −→ 0 2
1 1 1 1 1 1 1 1 1
=1+ + + + + + + o + o(x 2 ).
2n 4 8 n2 8 8 48 n 3 n3
 
1 3 13 1
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

=1+ + 2 + +o 3 .
2n 8n 48n 3 n
On obtient :
vn − vn−1
   
1 3 13 1 1 1
= 1+ + 2 + + 1 + + +
2n 8n 48n 3 2n 8n 2 48n 3
     
1 1 1 1 1 1
− 1+ + 2 + 3 −1+o 3 = 3 +o 3 .
n 2n 6n n 8n n
1
On conclut : vn − vn−1 ∼ .
n∞ 8n 3

273
Chapitre 4 • Séries

Solution Conseils
1 Comparaison série/intégrale, cf. § 4.3.7 1) a)
b) L'application f : [0 ; +∞[ −→ R, x −→ f (x) = est décroissante et inté-
x3 Corollaire.
grable sur [1 ; +∞[, donc, pour tout n ∈ N : ∗

 +∞ +∞  +∞
1  1 1
3
dx  3
 3
dx.
n+1 x k=n+1
n n x

On calcule :
 !+∞
+∞
1 x −2 1
dx = = .
n x 3 −2 n 2n 2
 +∞
1 1 1
Comme dx = ∼ , on déduit, d'après l'encadrement : Les deux extrêmes de l'encadrement sont
n+1 x3 2(n + 1)2 n∞ 2n 2 ici équivalents entre eux et équivalents à
+∞
 1 1 1
∼ . .
k 3 n∞ 2n 2 2n 2
k=n+1

1  1
3) Puisque vn − vn−1 ∼ > 0, et que la série est convergente, d'après
n∞ 8n 3 8n 3
n
le théorème de sommation des relations d'équivalence dans le cas des séries Cf. § 4.3.9 1) Proposition 3.
convergentes, on a :
+∞ +∞
  1
(vk − vk−1 ) ∼ .
k=n+1
n∞
k=n+1
8k 3

D'une part, puisque vk −→ 0, on a, pour tout n fixé :


k∞

N

(vk − vk−1 ) = v N − vn −→ −vn , Télescopage.
N∞
k=n+1

+∞

donc (vk − vk−1 ) = −vn .
k=n+1
+∞
 1 1
D'autre part, d'après b) 2) : ∼ .
k=n+1
8k 3 n∞ 16n 2
1
On déduit : vn ∼ − , et on conclut :
n∞ 16n 2
 
1 1 1
 
1
Sn = n + ln 2 + vn = n + ln 2 − + o . vn = − + o .
16n 2 n2 16n 2 n2

Les méthodes à retenir

Sommation des relations de comparaison


• Pour obtenir des comparaisons (o,O,∼) sur des sommes partielles de séries divergentes ou des restes de
séries convergentes, on pourra essayer d’utiliser les théorèmes de sommation des relations de comparaison (ex.
4.3.23 à 4.3.25).
Avec les notations des théorèmes du § 4.3.9, ne pas oublier de vérifier que les vn sont dans R+ .
• Pour obtenir un équivalent simple d’une somme partielle de série divergente ou de reste de série conver-
gente, on peut essayer de faire intervenir une comparaison série-intégrale (ex. 4.3.22 a) p. 269).
274
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Exercices
 n n
4.3.23 Soient u n une série à termes dans R∗+ et, pour  1 2 
Montrer : u k Sk ∼ S (où Sn = u k ).
n 1 n∞ 2 n
n k=1 k=1
 
n ∈ N∗ , Sn = u k . On suppose que u n diverge
k=1 n 4.3.25 Déterminer la partie principale (dans l'échelle des
et u n −→ 0. On note, pour n assez grand, n α, α ∈ R ) quand n tend vers l'infini, de
n∞
n
1  uk  pq
vn = . Montrer : vn −→ 1. un = .
ln Sn Sk n∞ p+q
k=1 1 p,q n


4.3.24 Soient u n une série divergente à termes
n
dans R+ , telle que un −→ 0 .
n∞

4.3.10 Séries doubles


1) Cas des séries doubles à termes dans R+

lgèb
re Monie
r
On peut aussi considérer des suites
Théorème Théorème d'interversion des sommations, cas de R+
ni er A

doubles indexées par (N∗ )2 , par


Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Soit (u p,q )( p,q)∈N2 une suite double, c'est-à-dire une suite indexée par N2 , à termes
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

N × N∗ ,. . .
dans R+ .
 

 • Pour tout p ∈ N, la série u p,q converge


 q 0
Si

   +∞  


 • La série u p,q converge
p0 q=0
 

 • Pour tout q ∈ N, la série u p,q converge

 p0







   +∞  
alors • La série u p,q converge

 q 0 p=0





 +∞
  +∞   +∞   +∞  
• u u



 p,q = p,q .
p=0 q=0 q=0 p=0

Preuve
 
+∞ 
Supposons que, pour tout p ∈ N , la série u p,q converge, et que la série u p,q converge.
q 0 p0 q=0
+∞
 +∞

Par hypothèse, pour tout p ∈ N, Sp
Notons, pour tout p ∈ N , Sp = u p,q et U= Sp .
r
re Monie
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M

existe, et U existe.
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier

q=0 p=0
Mo

tr i e
Géomé

• On a, pour tout q ∈ N : ∀ p ∈ N, 0  u p,q  Sp .



Comme la série Sp converge, par théorème de majoration pour des séries à termes dans R+, la série
p0

u p,q converge.
p0

275
Chapitre 4 • Séries

+∞

Notons, pour tout q ∈ N : Tq = u p,q .
p=0

• On a, pour tout (P,Q) ∈ N2 :


Q 
 P  Q
P  P 
 +∞ P

Mo
ni er A
lgèb

ier A
re Monie

lgèbre
Géom
é
r
Interversion des deux sommations u p,q = u p,q  u p,q = Sp  U .
d’indexation finies toutes les deux.
n
Mo
onier
étr ie M

q=0 p=0 p=0 q=0 p=0 q=0 p=0


éom
G

onier
èbre M
n ier Alg
Mo

tr i e
Géomé

Q

Pour Q ∈ N fixé, en faisant tendre l'entier P vers l'infini, on déduit : Tq  U.
q=0

Ceci montre que les sommes partielles de la série Tq , qui est à termes dans R+, sont majorées par U.
q 0

D'après le lemme fondamental, il en résulte que la série Tq converge et que sa somme, notée V, véri-
q 0
fie : V  U.
n ie
r Algè
bre Mon
ie r
• En appliquant le résultat précédent à la suite double (u q, p )( p,q)∈N2 , on a aussi U  V, d'où finalement
Échange des rôles de p et q.
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

U = V.
G

onier


èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

2) Cas des séries à termes dans K

Théorème Théorème d'interversion des sommations, théorème de Fubini


Soit (u p,q )( p,q)∈N2 une suite double à termes dans K .
 

 • Pour tout p ∈ N, la série u p,q est absolument convergente


 q 0
On ne peut pas remplacer la condition de Si
convergence de la série 
   +∞ 

+∞ 


 • La série |u p,q | est convergente
|u p,q | p0 q=0
q 0 p=0  
par la convergence de la série 
 • Pour tout q ∈ N, la série u p,q est absolument convergente

 p0
  
+∞ 
 


 u p,q  


q 0 p=0


   +∞
 
cf. exercice 4.3.27.



 • La série |u p,q est convergente
|


 q 0 p=0

alors

 +∞   +∞  


 • Les séries u p,q et u p,q sont absolument convergentes



 p0 q=0 q 0 p=0





 +∞
  +∞  +∞  +∞ 
• u p,q = u p,q .



p=0 q=0 q=0 p=0

Preuve

Supposons que, pour tout p ∈ N, la série u p,q est absolument convergente, et que la série
q 0

+∞ 
|u p,q | est convergente.
p0 q=0
 
• On peut appliquer le théorème d'interversion du § 1) à la suite double |u p,q | ( p,q)∈N2 . Il en résulte que,
 
pour tout q ∈ N, la série |u p,q | est convergente, c'est-à-dire que la série u p,q est absolument
p0 p0

+∞ 
convergente, donc convergente, et que la série |u p,q | est convergente.
q 0 p=0

276
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

De plus, puisque :
Utilisation du théorème de majoration
   
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r

  +∞  +∞
pour des séries à termes  ∀ p ∈ N, u
n ie
Mo

p,q   |u p,q |
onier
étr ie M
éom
  
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo
 
 
+∞
tr i e
Géomé

    q=0 q=0


u p,q 

dans R+ , les séries    

p0 q=0
 
  +∞  +∞

 ∀ q ∈ N, u p,q  
  
  |u p,q |,
  +∞   
u p,q  .
 p=0 p=0
et 

q 0 p=0


+∞  
+∞ 
les séries u p,q et u p,q sont absolument convergentes, donc convergentes.
p0 q=0 q 0 p=0

• Soit Q ∈ N.
On a :
 Q  Q
 +∞ +∞ 
+∞     
   +∞  +∞ 
 +∞   +∞ 
+∞ 

 u p,q − u 
p,q  = 
 u p,q − u 
p,q  = 
 u p,q  .

q=0 p=0 p=0 q=0 p=0 q=0 p=0 q=0 p=0 q=Q+1

On peut appliquer le résultat du point précédent à la suite double (u p,q ) p0,q  Q , puis utiliser le théorème
d'interversion dans R+ :
  
 +∞  +∞  +∞  +∞ +∞ 
 +∞

 u p,q

 |u p,q | = |u p,q | .
p=0 q=Q+1 p=0 q=Q+1 q=Q+1 p=0

+∞

Comme la série |u p,q | converge, son reste tend vers 0 :
q 0 p=0

+∞ 
 +∞
|u p,q | −→ 0 .
Q∞
q=Q+1 p=0

Il en résulte :
Q 
 +∞ +∞ 
 +∞
u p,q −→ u p,q ,
Q∞
q=0 p=0 p=0 q=0

et donc :
+∞ 
 +∞ +∞ 
 +∞
u p,q = u p,q . 䊏
q=0 p=0 p=0 q=0

En pratique,le théorème de Fubini peut Exemple :


servir à établir une égalité entre deux
sommes de séries,comme dans l'exemple Montrer, pour tout a ∈ ]0 ; +∞[ :
ci-contre.
+∞
 1 +∞
 (−1)n
  =  .
n=0 ch (2n + 1)a n=0 sh (2n + 1)a

On a, pour tout n ∈ N, en utilisant une série géométrique, dont la valeur absolue de la rai-
son est strictement inférieure à 1 :

1 2 2 e −(2n+1)a
  = (2n+1)a =
Utilisation de : ch (2n + 1)a e +e −(2n+1)a 1 + e −2(2n+1)a
et + e−t
ch t =
2 +∞
  +∞
q 
+∞ = 2 e −(2n+1)a (−1)q e −2(2n+1)a = 2(−1)q e −(2n+1)(2q+1)a .
1 
et de : = (−1)n u n q=0 q=0
1+u n=0
pour |u| < 1 .
Notons, pour tout (n,q) ∈ N2 : u n,q = 2(−1)q e −(2n+1)(2q+1)a .

277
Chapitre 4 • Séries


Pour tout n ∈ N, la série u n,q est absolument convergente, et (série géométrique) :
q 0

+∞
 2 e −(2n+1)a
|u n,q | = ∼ 2 e −(2n+1)a  0 .
q=0
1 − e −2(2n+1)a n∞


Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Mise en place des hypothèses du Comme la série géométrique 2 e −(2n+1)a converge, par théorème d'équivalence pour des
théorème de Fubini.
n ie
Mo

n 0
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

+∞

séries à termes dans R+, la série |u n,q | converge.
n 0 q=0

D'après le théorème de Fubini, on peut intervertir les deux sommations.


Comme, pour tout q ∈ N :
+∞ +∞
2(−1)q e −(2q+1)a (−1)q
2(−1)q e −(2n+1)(2q+1)a =
 
u n,q = =  ,
n=0 n=0
1 − e −2(2q+1)a sh (2q + 1)a

on obtient :
+∞   
 +∞ +∞
 (−1)q
u n,q =  ,
q=0 n=0 q=0 sh (2n + 1)a

et on conclut :
+∞
 1 +∞ 
 +∞ +∞ 
 +∞ +∞
 (−1)q +∞
 (−1)n
 = u n,q = u n,q =  =  .
n=0 ch (2n +1)a n=0 q=0 q=0 n=0 q=0 sh (2q + 1)a n=0 sh (2n + 1)a

3) Produit de Cauchy de deux séries numériques

Définition
 
Le contexte naturel d’utilisation du
Soient un , vn deux séries à termes dans K. On appelle
produit de Cauchy de deux séries est n 0 n 0
  
celui des séries entières, voir ch 6.
produit de Cauchy de u n et vn la série wn définie par :
n 0 n 0 n 0

n
 
∀n ∈ N, wn = u p vn− p = u p vq = u 0 vn + u 1 vn−1 + . . . + u n v0 .
p=0 p+q=n

Théorème
 
Si les séries numériques u n et vn sont absolument convergentes, alors leur
n 0 n 0

série produit de Cauchy wn est absolument convergente, et :
n 0

+∞
 +∞
 +∞
 
wn = un vn .
n=0 n=0 n=0

278
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Preuve
• On a, pour tout N ∈ N :
 N N  
n  
 N 
n 
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Présentation de l’indexation sous une |wn | = 
 u k vn−k

 |u k | |vn−k | = |u p | |vq |
forme plus commode.
n ie
Mo

n=0 n=0 k=0 n=0 k=0 0 p N ,0q  N


onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

Géomé
tr i e
p+q  N

 N
 N
   
+∞  
+∞ 
 |u p | |vq | = |u p | |vq |  |u n | |vn | .
0 p N, 0q  N p=0 q=0 n=0 n=0

q
N
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Dans le schéma, la partie en bleu foncé
correspond à l’indexation 0  p  N,
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

0  q  N , p + q  N, et la partie
tr i e
Géomé

bleue complète correspond à l’indexation


0  p  N, 0  q  N .

O N p


Ceci montre que les sommes partielles de la série |wn |, qui est à termes dans R+, sont majorées.
n 0

D'après le lemme fondamental, la série |wn | est donc convergente.
n 0

Ainsi, la série wn est absolument convergente, donc convergente.
n 0

• On a, pour tout N ∈ N :
 2N N N   2N 
        n N
  N
  


 w n − u n vn
=
  u k vn−k − u n vn


n=0 n=0 n=0 n=0 k=0 n=0 n=0
      
   
=  u p vq − u p vq  =  u p vq 
0 p2N,0q 2N 0 p N, 0q  N N +1 p+q 2N
p+q 2N

 N
 2N
  2N
   N
  
 |u p | |vq |  |u p | |vq | + |u p | |vq | .
N +1 p+q 2N p=0 q=N +1 p=N +1 q=0

lgèb
re Monie
r
Dans le schéma : q
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè

• la partie bleu foncé correspond à


n ier
Mo

tr i e
Géomé

l’indexation :
0  p  N, 0  q  N 2N
• la partie bleu foncé et bleu moyen
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

correspond à l’indexation :
0  p  2N , 0  q  2N ,
p + q  2N
• la partie bleu moyen et bleu clair
correspond à l’indexation : N
(0  p  N , N + 1  q  2N )
ou

(N + 1  p  2N , 0  q  N ) .

O N 2N p

279
Chapitre 4 • Séries

 
Ce dernier membre tend vers 0 lorsque l'entier N tend vers l'infini, puisque les séries |u p | et |vq |
p0 q 0
convergent.
Ceci montre :
2N
 N
 N
  
wn − un vn −→ 0.
N∞
n=0 n=0 n=0

N
 +∞
 N
 +∞

Comme u n −→ u n et vn −→ vn , on déduit :
N∞ N∞
n=0 n=0 n=0 n=0

2N
 
+∞  
+∞ 
wn −→ un vn .
N∞
n=0 n=0 n=0


Puisque la série wn est convergente, on conclut :
n 0
+∞
 
+∞  
+∞ 
wn = un vn . 䊏
n=0 n=0 n=0

Corollaire
Formule fondamentale sur l’exponen-
tielle complexe. ∀(z,z ′ ) ∈ C2 , exp(z + z ′ ) = exp(z)exp(z ′ ).

Preuve
ni er A
lgèb
re Monie
r
 zn
est absolument convergente, et sa somme est notée exp(z).
Mo

Pour tout z de C , la série


éom é
bre G
r Algè

Cf. 4.3.3 2) p. 248.


ie
M on
onier
étr ie M
éom
G

n!
onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

n 0
tr i e
Géomé


Soit (z,z ′ ) ∈ C2 . D'après le théorème précédent, la série-produit wn des séries absolument conver-
n 0
 z n  z ′n
gentes et est absolument convergente et a pour somme exp(z)exp(z ′ ).
n! n!
n 0 n 0
n n
 z k z ′n−k 1  k 1
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

Géom
é
r

Utilisation de la formule binôme de Mais, pour tout n de N : wn = = Cn z k z ′n−k = (z + z ′ )n ,


k! (n − k)! n! n!
lgèbre
n ier A
Mo
onier
étr ie M
éom

Newton. k=0 k=0


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

+∞ +∞
  1
d'où : exp(z)exp(z ′ ) = wn = (z + z ′ )n = exp(z + z ′ ) . 䊏
n!
n=0 n=0

Exercice-type résolu

Exemple de calcul d’une somme de série par utilisation d’une série double
+∞ +∞
 ζ(n)  1
Existence et calcul de , où ζ désigne la fonction dzeta de Riemann : ζ :]1 ; +∞[ −→ R, s −→ ζ(s) = .
n=2
2n p=1
p s

280
4.3 • Séries à termes dans un evn (2e étude)

Solution Conseils
1
Notons, pour tout (n, p) ∈ N2 tel que n  2 et p  1 : u n, p =  0. On introduit une suite double
(2 p)n (u n, p )n2, p1 , de façon que l'expression
  1 n  
 1  proposée dans l'énoncé corresponde à
• Soit p  1 fixé. La série géométrique converge, car   < 1, +∞
2 p 2p

n 2 u n, p .
n 2 p=1
et on a :
1 2
 2   
+∞ 
1 n 1 n
+∞  +∞  
  1 1 1 1 Mise en facteur de dans la somme
u n, p = = = = . 2p
2 p 2 p 2 p (2 p)2 1 2 p(2 p − 1)
n=2 n=2 n=0 1− de la série géométrique.
2p

1 1
• Puisque ∼  0, d'après l'exemple de Riemann (2 > 1 ) et le
2 p(2 p − 1) p∞ 4 p2
 1
théorème d'équivalence pour des séries à termes réels  0, la série
p1
2 p(2 p − 1)
converge.
On a, pour tout N ∈ N∗ :
N N    N N
 1  1 1 1  1 Utilisation d'une décomposition en
= − = −
p=1
2 p(2 p − 1) p=1
2 p − 1 2 p p=1
2 p − 1 p=1
2 p éléments simples.

2N
 N  N 2N N
On présente les indices impairs à partir de
1  1  1  1  1 tous les indices en enlevant les indices
= − − = − .
q=1
q r=1
2r p=1
2 p q=1
q n=1
n pairs.

N
 1 Introduction de la constante d'Euler, cf.
On sait : = ln N + γ + o (1), d'où :
n N∞ 4.3.7 2) Exemple, constante qui d'ailleurs
n=1
disparaîtra ensuite du calcul.
N
 1    
= ln (2N ) + γ + o(1) − ln N + γ + o(1) = ln 2 + o(1),
p=1
2 p(2 p − 1)

N
 1
donc : −→ ln 2.
p=1
2 p(2 p − 1) N ∞

 
+∞ 
Ainsi, pour tout p  1 , la série u n, p converge, et la série u n, p
n 2 p1 n=2
converge et a pour somme ln 2.
D'après le théorème d'interversion des sommations, dans le cas de R+ , on déduit Cf. § 4.3.10 1) Théorème.
  +∞ 
que, pour tout n  2, la série u n, p converge, que la série u n, p
p1 n 2 p=1
+∞  
+∞  +∞  
+∞ 
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

 
converge, et que : u n, p = u n, p = ln 2.
n=2 p=1 p=1 n=2

Enfin, pour tout n  2 :


+∞ +∞ +∞
  1 1  1 1
u n, p = = = n ζ(n).
p=1 p=1
(2 p)n 2 p=1 p
n n 2

On conclut :
+∞
 ζ(n)
= ln 2.
n=2
2n

281
Chapitre 4 • Séries

Les méthodes à retenir

Séries doubles
+∞
• Pour établir qu’une somme de série convergente

α p est égale à une autre somme de série convergente
p=0
+∞

βq , on pourra essayer de faire intervenir une suite double (u p,q )( p,q)∈N2 , de façon que :
q=0
 +∞ +∞
 
∀ p ∈ N, α p = u p,q et ∀q ∈ N, βq = u p,q
q=0 p=0

et voir si on peut appliquer le théorème d’interversion.


+∞
 +∞
 +∞
 +∞
 +∞
 +∞

Ainsi, formellement : αp = u p,q = u p,q = βq
p=0 p=0 q=0 q=0 p=0 q=0

(Exemple p. 277 et ex. 4.3.29, 4.3.30).

Exercices
4.3.26 Trouver un exemple de suite double réelle b) Pour ( p,q) ∈ (N∗ )2 , on note :
(u p,q )( p,q)∈N2 telle que :
1
 
• Pour tout p ∈ N, la série u p,q est absolument conver-  si p = q
q 0
u p,q = p2 − q 2 .

gente 0 si p = q
  
+∞ 
    
+∞  +∞ +∞  +∞
• La série  u p,q  est convergente
  

p0 q=0
Montrer :  u p,q  = −  u p,q  = 0 .
 q=1 p=1 p=1 q=1
• Pour tout q ∈ N, la série u p,q est absolument conver-
p0
gente Pour les exercices 4.3.30 et 4.3.31, on admettra que, pour
+∞ n

+∞   x
• La série u p,q est divergente. tout x de [−1; 1[ : = −ln(1 − x).
n
q 0 p=0 n=1

4.3.27 On considère la fonction ζ de Riemann, définie, +∞


 ζ(n) − 1
+∞
1 4.3.29 Démontrer : = 1 − γ.
 n
pour x ∈]1; +∞[, par ζ(x) = . n=2
px
p=1
Démontrer : +∞
 (−1)n ζ(n)
+∞  +∞  1 4.3.30 Démontrer : = γ.
    n
ζ(n) − 1 = 1 et (−1)n ζ(n) − 1 = . n=2
2
n=2 n=2

4.3.31 Soit A une algèbre (associative et unitaire) de


Banach. Pour x ∈ A , on a défini :
4.3.28 a) Pour q ∈ N∗
fixé, montrer que la série
 1 +∞
 1 n
2 2
converge et calculer sa somme. exp(x) = ex = x (cf. 4.3.3 2) p. 248).
p1 p − q n!
p=q n=0

282
Problèmes

Montrer que, pour tout (x,y) de A2 tel que x y = yx , b) Montrer que le produit de la série semi-convergente
 (−1)n
on a : par elle-même est une série convergente.
n
n 1
ex e y = e y ex = ex+y .
En particulier, pour tout x de A, ex est inversible dans A
et : (ex )−1 = e−x .

4.3.33 Soit u n une série réelle semi-convergente.
n 0
Montrer que, pour tout S de R , il existe une permutation ϕ
4.3.32 a) Montrer que le produit de la série semi- 
 (−1)n de N telle que la série u ϕ(n) converge et ait pour
convergente √ par elle-même est une série diver- n 0
n 1
n somme S.
gente.

Problèmes
P 4.1 Ensemble triadique de Cantor b) En déduire que C n'est pas dénombrable (on utilisera la
non-dénombrabilité de R ).
On note C0 = [0; 1] ,
1 2 3) Démontrer : ∀ p ∈ N − {0,1} , C + . . . + C = [0; p].
!
C1 = C0 − ; , % &' (
3 3 p termes
(On pourra commencer par les cas p = 2, p = 3).
 
1 2 7 8
C2 = C1 − ; ∪ ; ,
9 9 9 9
etc,
P 4.2 Nombres de Liouville
0 1
C0 1) Soient n ∈ N − {0,1} , α ∈ R − Q tel qu'il existe
0 1 2 1 P ∈ Z[X], de degré n, tel que P(α) = 0. Démontrer qu'il
C1 3 3 existe c ∈ R∗+ tel que :
 
0 1 2 1 2 7 8 1  p c
C2 9 9 3 3 9 9 ∀( p,q) ∈ Z × N∗ , α −  > n .
q q
C3
... Ainsi, les nombres algébriques non rationnnels sont mal approchés par les
$ rationnels.
C= Cn , appelé ensemble (triadique) de Cantor.
n∈N 2) Soit (u n )n 1 une suite à termes dans Z , bornée et non
+∞

Autrement dit, C est l’ensemble des nombres de [0; 1] admettant un stationnaire sur 0 ; on note L = u n 10−n ! .
développement triadique ne comportant que des 0 ou 2. n=1

On sait (cf. exercice 1.3.6 p. 66) que C est un compact Dans l’écriture décimale de L, les chiffres non nuls se raréfient.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.


de R et que C = ∅ .
Montrer que L est transcendant, c'est-à-dire qu'il n'existe
1) Montrer que l'application ϕ qui, à tout élément
aucun polynôme P de Z[X] − {0} tel que P(L) = 0. Par
+∞

∗ +∞
a = (an )n 1 de {0,2}N , associe an 3−n est une bijec- 
exemple, 10−n ! est transcendant.
n=1
∗ n=1
tion de {0,2}N sur C .
P 4.3 Probabilité pour que deux entiers  1
2) a) Montrer que l'application f qui, à tout x de C , asso- soient premiers entre eux
+∞

cie an 2−n−1 , où (an )n 1 = ϕ −1 (x), est une surjection Il s’agit dans ce problème P 4.3 de calculer la probabilité pour que deux entiers
qn
n=1  1 soient premiers entre eux, c’est-à-dire ici, la limite de lorsque n tend
n2
de C sur [0; 1]. vers l’infini.

283
Chapitre 4 • Séries

Pour n ∈ N∗ , on note qn le nombre de couples (u,v) de Il est commode,pour la suite de l’étude,d’exclure le cas où Pn tend vers 0 quand
n tend vers l’infini.
(N∗ )2 tels que u  n, v  n, pgcd (u,v) = 1. +∞

1) Montrer Si c'est le cas, cette limite est notée zn .
   n 2    n 2 n=0
2
qn = n − E + E − ..., Analogue à : si une série

u n converge, alors u n tend vers 0 lorsque n tend
p1
p1 p1 < p2
p1 p2
vers l’infini. n 0
où les sommes sont indexées sur les nombres premiers
 2. 
1) a) Montrer que, si un produit infini z n converge,
2) Soit µ : N∗ −→ Z la fonction de Möbius, définie par : n 0
alors z n −→ 1.
 n∞
 µ(1) = 1,
µ( p1 · . . . · pr ) = (−1)r si r ∈ N∗ et p1 ,. . . , pr sont b) Examiner la réciproque de a).

µ(n) = 0 sinon.
On essaie de ramener une étude de produit infini à une étude de série.

premiers et deux à deux distincts,


2) Soit (xn )n∈N une suite à termes dans R∗+ . Montrer que
n    2 
 n le produit infini xn converge si et seulement si la série
a) Montrer, pour tout n de N∗ : qn = µ(k) E .
k=1
k n 0

qn +∞
 µ(k) ln xn converge et que, dans le cas de convergence, on a :
b) En déduire : lim 2 = . n 0
n∞ n
k=1
k2  
+∞
 +∞
Intervention de séries et de familles sommables dans une question d’arithmétique. xn = exp ln xn .
3) a) Soient (ak )k 1 , (bℓ )ℓ1 deux suites à termes com- n=0 n=0
 ak  bℓ
plexes, et α ∈ N , tels que les séries et soit 3) a) Soit (u n )n∈N une suite à termes dans R∗+ . montrer
k α ℓα
k 1 ℓ1

que le produit infini (1 + u n ) converge si et seulement
absolument convergentes.
n 0
+∞ k   +∞  +∞   
a bℓ 1  si la série u n converge.
Montrer : = a b
d dn .
k=1
kα ℓ=1
ℓα n=1
n α d|n n 0

 b) Etudier la nature (convergence ou divergence) des pro-


 1 si n = 1 duits infinis suivants, où α ∈]0; +∞[ est fixé :
b) Etablir : ∀n ∈ N∗ , µ(d) = .
d|n
0 si n = 1
 1
  1


+∞  
+∞  α) 1+ α β) 1− α
µ(k) 1 n n
c) En déduire : = 1. n 1 n 2
k=1
k2 ℓ=1
ℓ2  
1

γ) 1+ .
+∞
1 π2 nln n
 n 2
4) En utilisant 2
= (cf. exercice 4.3.22 p. 266),
n 6
n=1 4) a) Soit (u n )n∈N une suite complexe telle que :
établir que la probabilité pour que deux nombres entiers
6  ∀ n ∈ N, |u | < 1
n
 1 soient premiers entre eux est (cette probabilité
π2

|u n | converge.
qn
étant, par définition ici, lim 2 ). n 0
n∞ n 
Montrer que le produit infini (1 + u n ) converge.
n 0
P 4.4 Produits infinis b) Soient z ∈ C tel que |z| < 1 et (an )n∈N une suite com-
plexe telle que :
Ce problème P 4.4 étudie les produits infinis,analogues multiplicatifs des séries. 
 ∀ n ∈ N, 0 < |an | < 1

Soit (z n )n N une suite dans K − {0}. On dit que le produit  (1 − |an |) converge.
 n 0
infini z n converge si et seulement si la suite (Pn )n 0
n 0 Montrer qu'il existe N ∈ N tel que le produit infini
n
  |an |(an − z)
définie par (∀ n ∈ N, Pn = z k ) admet une limite non converge.
k=0 a (1 − a n z)
n N n
nulle dans K .

284
Problèmes

Deux contrexemples. β ) En déduire que ℓ p est un C -ev et que :

5) a) On considère la suite (u n )n 1 définie par : ∀ (u,v) ∈ (ℓ p )2 , ||u + v|| p  ||u|| p + ||v|| p .

(−1)n−1 b) Montrer que ||.|| p est une norme sur ℓ p .


∀ n ∈ N∗ , √ un =
.
n
  2) Montrer que (ℓ1 ,||.||1 ) et (ℓ∞ ,||.||∞ ) sont des evn.
Vérifier que (1 + u n ) diverge et que u n converge.
n 1 n 1 3) a) Soit ( p1 , p2 ) ∈ [1; +∞]2 tel que p1  p2 .
b) On considère la suite (u n )n 1 définie par : Montrer : ℓ p1 ⊂ ℓ p2 .
ℓ p = ℓ∞ ?
)
 1 + √p b) A-t-on
p∈[1;+∞[
 si n = 2 p, p ∈ N∗
 p
un = c) Montrer que, pour tout u fixé dans ℓ1 :
−√ 1

si n = 2 p + 1, p ∈ N. ||u|| p −→ ||u||∞ .
p−→+∞
p+1

(1 + u n ) converge et que

u n diverge. 4) Démontrer que, pour tout p de [1,+∞], ℓ p est complet.
Vérifier que
n 1 n 1

Analogie avec des séries télescopiques.


P 4.6 L'espace de Hilbert ℓ2
+∞
 n3 − 1 +∞
 n2 + 1 Ce problème P 4.6 propose l’étude élémentaire de l’espace ℓ2 , qui est un
6) Calculer : a) b)  .
n=2
n3 + 1 4
n=1 n + 4
espace de Hilbert, cf. aussi P 4.5, 4) ci-dessus.

On note ℓ2 l'ensemble des suites (u n )n∈N de CN telles que



P 4.5 Espaces ℓp la série |u n |2 converge.
n 0
Ce problème P 4.5 généralise à ℓ p l’étude élémentaire de ℓ1 ou ℓ2 .Cependant, 1) a) Soient (u n )n∈N ∈ ℓ2 , (vn )n∈N ∈ ℓ2 ; montrer que la
dans ℓ p ,on ne peut pas faire intervenir,de manière simple,un produit scalaire. 
série u n vn converge absolument et que :
Notations. n 0
Soit p ∈ [1; +∞[. On note ℓ p l'ensemble des suites com- 
+∞
2 
 +∞
  
+∞ 
|u n |2 |vn |2 .

|u n | p converge ; u n vn  
 
plexes (u n )n∈N telles que la série 
 
n 0 n=0 n=0 n=0
+∞
b) Montrer que l'application < .,. >: ℓ2 × ℓ2 −→ C défi-

pour u = (u n )n∈N ∈ ℓ p , on note ||u|| p = |u n | p .
n=0 nie par :
On note ℓ∞ l'ensemble des suites complexes bornées ;
∀ u = (u n )n∈n ∈ ℓ2 , ∀v = (vn )n∈N ∈ ℓ2 ,
pour u = (u n )n∈N ∈ ℓ∞ , on note ||u||∞ = Sup |u n |. +∞

n∈N
p < u,v > = u n vn
Pour p ∈]1; +∞[ , on note q = ; on a donc n=0
p−1
est un produit scalaire hermitien sur ℓ2 .
1 1
q ∈]1; +∞[ et + = 1 . On note ||.||2 la norme associée, définie par :
p q
On convient : 
+∞ 1
2

si p = 1, alors q = +∞ ∀u = (u n )n∈N ∈ ℓ2 , ||u||2 = |u n |2 .
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

n=0
si p = +∞, alors q = 1.

1) Soit p ∈]1; +∞[. On pourra utiliser ici les résultats de 2) Montrer que ℓ2 est complet. Ainsi, ℓ2 est un espace de
Hilbert.
l'exercice 1.1.8 p. 10.

a) Soient u = (u n )n∈N ∈ ℓ p , v = (vn )n∈N ∈ ℓq . 3) On note, pour tout k de N : ek = (δkn )n∈N ,



α ) Montrer que la série u n vn converge absolument et 
1 si k = n
n 0 où δkn = est le symbole de Kronecker.
  0 si k = n
+∞ 
que :  u n vn   ||u|| p ||v||q .
 

n=0
 ek est la suite dont tous les termes sont nuls,sauf celui de numéro k ,qui est égal
à 1.
Ainsi, si u ∈ ℓ p et v ∈ ℓq , alors la suite de terme général u n vn est dans ℓ1 .

285
Chapitre 4 • Séries

Démontrer, pour tout u = (u n )n∈N de ℓ2 : 2) Théorème d'Abel

• ∀ n ∈ N, u n =< en ,u > Soit (E,||.||) un K -evn complet. Soient (u n )n∈N une suite
+∞
 réelle décroissante de limite 0, et (vn )n∈N une suite dans
• u= < en ,u > en . E , à sommes partielles bornées, c'est-à-dire telle qu'il exis-
n=0 te M ∈ R+ tel que :
4) Un exemple d'endomorphisme f de ℓ2 admettent un    
 q
  
adjoint et tel que Im( f ) = (Ker( f ∗ ))⊥ et Im( f ∗ ) =
 2
∀( p,q) ∈ N , q  p + 1 ⇒ 

M .
vk  

(Ker( f ))⊥ (cf. P 1.4 4) p. 98). k= p+1 

Soit f : ℓ2 −→ ℓ2 défini par :



Démontrer que la série u n vn converge dans E .
  n 0
un
∀u = (u n )n∈N ∈ ℓ2 , f (u) = .
n+1 n∈N
3) Exemples

Montrer : Le résultat de 3) a) est l’application la plus utile du théorème d’Abel.

a) f ∈ LC(ℓ2 ) a) Montrer que, pour tout (t,α) de (R − 2π Z)×]0; +∞[,


 eint
b) f admet un adjoint, et f ∗ = f la série converge.

n 1
c) Im( f ) = (Ker( f ))⊥ .
b) Déterminer la nature de la série de terme général :
P 4.7 Théorème d'Abel
(−1)n cos n
1)
On expose ici la transformation d’Abel,le théorème d’Abel,et quelques exemples n + (−1)n sin n
d’utilisation de celui-ci.
sin n
2) √
1) Transformation d'Abel n− n sin n
Soient (u n )n∈N une suite dans K et (vn )n∈N une suite sin√

(n 2)  
sin(en)
d'éléments d'un K -ev E . Pour tout ( p,q) de N2 tel que 3) (e n − 1) ln 1 + √
q n

q  p + 1, on note σ p,q = vk . Montrer, pour tout  
k= p+1
sin n
4) sin , α ∈]0; +∞[ fixé

( p,q)de N2 tel que q  p + 1 :
q 1
q− (−1)n
 5) , α ∈]0; +∞[ fixé.
u k vk = u q σ p,q + (u k − u k+1 )σ p,k . nα + cos n
k= p+1 k= p+1

286
Suites et séries CHAPITRE 5
d’applications

Plan Introduction
5.1 Suites L’étude des suites et des séries d’applications est au cœur du programme
d’applications 288 d’analyse des classes préparatoires scientifiques. Une première approche de
Exercices 291, 296, la notion de suite d’applications a été faite dans le § 2.3.2 en vue de la
299, 301, 304 construction de l’intégrale d’une application continue par morceaux sur un
segment.
5.2 Approximation Nous étudions d’abord les suites de fonctions (convergence simple, conver-
des fonctions gence uniforme), puis l’approximation d’une fonction continue sur un seg-
d’une variable
ment par des polynômes, et enfin les séries de fonctions (convergence
réelle 307
simple, convergence absolue, convergence uniforme, convergence normale).
Exercices 307, 309
Les théorèmes relatifs à la convergence uniforme permettent d’obtenir des
propriétés de régularité, surtout pour la somme d’une série de fonctions.
5.3 Séries
d’applications 314 On peut par ailleurs déterminer certaines limites d’intégrales grâce au théo-
Exercices 324, 329, rème de convergence dominée.
334, 340, 344

Problèmes 345 Prérequis


• Espaces vectoriels normés (ch. 1)
• Fonctions vectorielles d’une variable réelle (ch. 2), en particulier l’in-
tégration sur un segment
• Intégration sur un intervalle quelconque (ch. 3)
• Séries (ch. 4).

Objectifs
• Mise en place des diverses notions de convergence pour les suites ou les
séries de fonctions
• Énoncé de théorèmes permettant d’obtenir des propriétés de la limite
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

d’une suite de fonctions ou de la somme d’une série de fonctions


• Énoncé de théorèmes permettant de permuter des symboles
  b 
+∞
lim , lim, , , .
x→a n∞ a I
n=0

287
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

Dans tout ce chapitre 5, K désigne R ou C , E désigne un K -evn de dimension finie, dont la


norme est notée ||.||. En première lecture, on pourra se limiter E = R ou C .

5.1 Suites d'applications


5.1.1 Convergences
Pour la commodité du lecteur, nous Dans ce § 5.1.1, X désigne un ensemble non vide.
reprenons ici l'étude faite dans 2.3.2.
Définition 1

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Pour étudier la convergence simple Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
d’une suite d’applications
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge simplement vers f (sur X) si et seule-


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

( f n : X −→ E)n∈N ,on fixe x ∈ E ,


et on étudie la suite ( f n (x))n∈N dans ment si, pour tout x de X, la suite ( f n (x))n∈N converge vers f (x) dans E. On dit aussi
(E,|| · ||) .
que f est la limite simple de ( f n )n∈N.
2) On dit que ( f n )n∈N converge simplement (sur X) si et seulement s'il existe
f ∈ E X telle que ( f n )n∈N converge simplement vers f (sur X).

C.S.
On peut noter f n −−→ f pour exprimer que ( f n )n∈N converge simplement vers f
n∞
(sur X).
Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Définition de la convergence simple Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, Y une partie non vide de X,
f ∈ E Y . On dit que ( f n )n∈N converge simplement vers f sur Y si et seulement si
bre G
r Algè

de la suite d’applications
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

( f n : X −→ E)n∈N sur une partie ( f n |Y )n∈N converge simplement vers f |Y , c'est-à-dire :


de X .

∀x ∈ Y, f n (x) −−→ f (x).


n∞

Pour ( f n : X −→ E)n∈N donnée, on appelle quelquefois ensemble (ou : domaine) de


convergence simple de ( f n )n∈N l'ensemble des x de X tels que ( f n (x))n∈N converge.

Définition 2
Dans la définition de la convergence Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
uniforme, l’entier N ne doit pas
dépendre de x . 1) Soit f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N converge uniformément vers f (sur X) si et seu-
lement si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀x ∈ X, (n  N ⇒ || f n (x) − f (x)||  ε).

On dit aussi que f est la limite uniforme de ( f n )n∈N.


2) On dit que ( f n )n∈N converge uniformément (sur X) si et seulement s'il existe
f ∈ E X telle que ( f n )n∈N converge uniformément vers f (sur X).

C.U.
On peut noter f n −−→ f pour exprimer que ( f n )n∈N converge uniformément vers f
n∞
(sur X).

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Addition et multiplication par une Remarque : On montre facilement :
constante.
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

C.U. 
f n −−−→ f 

n∞ 
 C.U.
C.U. ⇒ λ f n + gn −−−→ λ f + g.
gn −−−→ g 
 n∞
n∞ 

λ∈K

288
5.1 • Suites d’applications

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Définition de la convergence uniforme Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, Y une partie non vide de X,
de la suite d’applications
n ie

f ∈ E Y . On dit que ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur Y si et seulement si


Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

( f n : X −→ E)n∈N sur une partie


de X . ( f n |Y )n∈N converge uniformément vers f, c'est-à-dire :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀x ∈ Y, (n  N ⇒ || f n (x) − f (x)||  ε).
Il est clair que, si Z ⊂ Y ⊂ X et si ( f n )n converge uniformément vers f sur Y, alors
( f n )n converge uniformément vers f sur Z.

Proposition 1
r
re Monie
lgèb

Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f, alors ( f n )n∈N converge simplement vers f.


ni er A
Mo Géom
é
lgèbre

C.U. ⇒ C.S.
n ier A
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

Proposition 2
Proposition très utile en pratique. Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications et f ∈ E X . Pour que ( f n )n∈N
C.S.
Ayant montré f n −→ f , pour étudier converge uniformément vers f sur X, il faut et il suffit que :
n∞
la convergence uniforme de ( f n )n vers il existe N1 ∈ N tel que, pour tout n  N1 , f n − f soit bornée

f, on forme f n − f pour n ∈ N , et on
regarde si || f n − f ||∞ −−→ 0.
n∞
|| f n − f ||∞ −→ 0 .
n∞
Rappelons que, pour ϕ ∈ E X bornée, on note ||ϕ||∞ = Sup ||ϕ(x)||. À ne pas confondre avec
x∈X
l’application ||ϕ|| : X −→ R
x−→||ϕ(x)||

Corollaire
r
re Monie
lgèb
er A

Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications et f ∈ E X . Si ( f n )n∈N converge


ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

Cas des applications bornées.


onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

uniformément vers f sur X et si, pour tout n de N, f n est bornée sur X, alors f est bor-
née sur X.

La Proposition suivante est immédiate.

Proposition 3
Rappelons (cf. 2.1.4 Prop. 3) que Soient ( f n )n∈N une suite d'éléments de B(X; E) et f ∈ B(X; E).
l'ensemble B(X; E) des applications Pour que ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur X, il faut et il suffit que :
bornées de X dans E est un K-ev et que
l'application || f n − f ||∞ −−→ 0.
||.||∞ : B(X; E) −→ R, n∞
définie par
|| f ||∞ = Sup || f (x)|| ,
x∈X
est une norme sur B(X; E).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Exercice-type résolu

Exemple d'étude de convergence d'une suite d'applications

Étudier convergence simple et convergence uniforme pour la suite d'applications ( f n : [0 ; +∞[ −→ R)n∈N définie par :

nx 2 + x 3
∀ n ∈ N, ∀ x ∈ [0 ; +∞[, f n (x) = .
1 + n3 x 4

289
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

Solution Conseils
1) Convergence simple :
Soit x ∈ [0 ; +∞[ fixé.
nx 2 + x 3 nx 2 1
Si x = 0, on a : f n (x) = ∼ = 2 2 −→ 0. Recherche d'un équivalent simple de f n (x)
1 + n 3 x 4 n∞ n 3 x 4 n x n∞ pour x fixé et n tendant vers l'infini.
Si x = 0, on a : f n (x) = 0 −→ 0.
n∞
C.S.
On conclut : f n −→ 0 sur [0 ; +∞[.
n∞

2) Convergence uniforme :
Soit n ∈ N∗ fixé.
Pour x ∈ [0 ; +∞[, séparons l'étude en deux cas selon la position de n 3 x 4 par rap- L'étude des variations de f n , pour n fixé,
port à 1 au vu du dénominateur 1 + n 3 x 4 dans f n (x). paraît compliquée car, après calcul, le signe
1 de f n′ (x), pour x ∈ [0; +∞[, n'apparaît pas
• Si 0  x  3/4 , alors n 3 x 4  1, donc : clairement.
n

1 2 1 3 1 1 nx 2 + x 3
0  f n (x)  nx 2 + x 3  n 3/4 + = 1/2 + 9/4 . On majore la fraction
1 + n3 x 4
en mino-
n n 3/4 n n
1 rant le dénominateur par 1.
• Si x  3/4 , alors :
n
nx 2 + x 3 1 1 1 1 1 1 nx 2 + x 3
0  f n (x)  = 2 2 + 3  + = 1/2 + 9/4 . On majore la fraction en mino-
n3 x 4 n x n x 1 1 n n 1 + n3 x 4
n 2 3/2 n 3 3/4 rant le dénominateur par n 3 x 4 .
Ceci montre : n n
1 1
∀ n ∈ N∗ , ∀ x ∈ [0 ; +∞[, 0  f n (x)  + 9/4 .
n 1/2 n
1 1
Il en résulte que, pour tout n ∈ N∗ , f n est bornée et que || f n ||∞  + 9/4 ,
n 1/2 n
donc || f n ||∞ −→ 0. Utilisation de la caractérisation de la
n∞
convergence uniforme d'une suite
C.U.
On conclut : f n −→ 0 sur [0 ; +∞[. d'applications ( f n )n vers une application f,
n∞
en faisant intervenir || f n − f ||∞ .
Remarquons que, comme, pour l'étude de la convergence uniforme on a formé
|| f n ||∞ , il était préalablement nécessaire d'étudier la convergence simple, afin de
connaître f, ici f = 0, même si, après coup, le résultat sur la convergence unifor-
me contient celui sur la convergence simple.

Les méthodes à retenir

Notions de convergence pour une suite d’applications


• Pour étudier les convergences d’une suite d’applications (ex. 5.1.1), commencer en général par la convergen-
ce simple, puis étudier la convergence uniforme.
• Pour étudier la convergence simple d’une suite d’applications ( f n : X −→ E)n∈N , fixer x ∈ X quelconque,
étudier (par les techniques vues à propos des suites à termes dans un evn) la convergence de la suite ( f n (x))n∈N
dans E, et, si celle-ci converge, déterminer sa limite f (x).
• Pour étudier la convergence uniforme d’une suite d’applications ( f n : X −→ E)n∈N , qui déjà converge sim-
plement vers une certaine application f : X −→ E, voir si, à partir d’un certain rang, f n – f est bornée et, si c’est
le cas, on a :
C.U.
f n −→ f ⇐⇒ || f n − f ||∞ −→ 0 .
n∞ n∞

290
5.1 • Suites d’applications

On essaiera donc de calculer || f n − f ||∞ , souvent en étudiant les variations de | f n − f |, ou d’évaluer


|| f n − f ||∞ .
C.U.
Si on veut montrer f n −→ f et si || f n − f ||∞ ne paraît pas aisément calculable, on essaiera de majorer
n∞
|| f n − f ||∞ par une suite numérique plus simple et de limite 0.
C.U.
Si on veut montrer f n −→
/ f, et si || f n − f ||∞ ne paraît pas calculable, on essaiera souvent de trouver une suite
n∞
/ 0, et on déduira : || f n − f ||∞ −→
(xn )n∈N dans X telle que ( f n − f )(xn )−→ / 0.
n∞ n∞
C.U.
Pour montrer f n −→
/ f, on pourra, parfois, mettre en défaut une propriété qu’aurait transmise à f la convergence
n∞
uniforme de la suite ( f n )n .
C.S. C.U. C.U
• Si f n −→
n∞
f , et si f n −→
/ f, on cherchera éventuellement des parties convenables Y de f n |Y −→ f |Y .
n∞
n∞
C.U.
• Dans un cadre abstrait, pour montrer f n −→
n∞
f sur X (ex. 5.1.2 à 5.1.6, 5.1.9, 5.1.10), évaluer || f n − f ||∞ et
établir || f n − f ||∞ −→ 0.
n∞
C.U.
• Pour montrer f n −→ f sur X, ne revenir à la définition en ε et N (Déf. 2 p. 288) qu’en dernier recours
n∞
(ex. 5.1.7, 5.1.8, 5.1.11).

Exercices
5.1.1 Etudier (convergence simple, convergence unifor- 5.1.2 Soient X,Y deux ensembles non vides, ϕ : X −→ Y
me) les suites d'applications suivantes : une application, ( f n : Y −→ E)n∈N une suite d'applica-
nx tions, f : Y −→ E une application. On suppose :
a) f n : R −→ R , f n (x) =
1 + n2 x 2 C.U. C.U.
f n −−−→ f. Montrer : f n ◦ ϕ −−−→ f ◦ ϕ.
n∞ n∞
nx 3
b) f n : R −→ R , f n (x) =
1 + nx 2 5.1.3 a) Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applica-
1 tions, f : X −→ E une application, F un K -evn,
c) f n : R −→ R , f n (x) =
1 + (x + n)2 C.U.
g : E −→ F une application. On suppose f n −−−→ f et
xn −1 n∞
d) f n : R+ −→ R , f n (x) = g uniformément continue sur E .
xn + 1
C.U.
1 − xn Montrer : g ◦ f n −−−→ g ◦ f.
e) f n : [0; 1] −→ R , f n (x) = n∞
1 + x 2n
b) Le résultat précédent reste-t-il vrai si on remplace l'hy-
x
f) f n : R+ −→ R , f n (x) = ln 1 + pothèse d'uniforme continuité par celle de continuité ?
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

n
x
f n (x) = sin x + 4π 2 n 2 − 5.1.4 a) Soient X,Y deux ensembles non vides,
g) f n : R+ −→ R,
4nπ ( f n : X −→ C)n∈N , (gn : Y −→ C)n∈N deux suites d'ap-
πx plications, f : X −→ C , g : Y −→ C deux applications.
h) f n : [0; 2] −→ R , f n (x) = n(1 − x)n sin
2 On note f ⊗ g : X × Y −→ C , et de même pour f n ⊗ gn .
 2 −nx
(x,y)−→ f (x)g(y)
 nx e

si x = 0 C.U. C.U.
i) f n : R −→ R, f n (x) = (1 − e−x )2 On suppose f n −−−→ f, gn −−−→ g et f et g bornées.
n∞ n∞


0 si x = 0 C.U.
Montrer : f n ⊗ gn −−−→ f ⊗ g .
n n∞
 xk
j) f n : R −→ R , f n (x) = e−x . b) Le résultat précédent reste-t-il vrai si on supprime l'hy-
k! pothèse : f et g bornées ?
k=0

291
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

5.1.5 Soit f ∈ RR ; montrer que la suite Pour chaque n de N∗, on note f n : [0; 1] −→ R .
(gn : R −→ R)n 1 définie par : x −→ n k x n f (x)
Montrer que ( f n )n converge uniformément vers 0 sur
( f (x))2
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, gn (x) =  , [0; 1].
1
( f (x))2 +
n
5.1.10 a) Soient n ∈ N , f : [0; 1] −→ R de classe C n+1 .
converge uniformément vers | f | sur R .
α) Montrer qu'il existe Pn ∈ Rn [X] tel que :
5.1.6 Soit ( f n : X −→ R)n une suite d'applications

convergeant uniformément vers une application f. Montrer k k



∀k ∈ {0,. . . ,n}, Pn = f .
| fn | |f| n n
que converge uniformément vers .
1 + f n2 n 1+ f2 β) Montrer que, pour tout x de [0; 1], il existe cx dans
]0; 1[ tel que :
5.1.7 a) Soient a,b ∈ R tels que a < b,
n


( f n : [a; b] −→ C)n∈N une suite d'applications de classe k f (n+1) (cx )


f (x) − Pn (x) = x− .
C 1 sur [a; b], f : [a; b] −→ C une application continue. k=0
n (n + 1)!
On suppose :
 b) On prend ici : ∀x ∈ [0; 1], f (x) = xe−x .
 f −−C.S.
n −→ f sur [a; b]
n∞ 1
 α) Montrer : ∀n ∈ N , ∀x ∈ [0; 1], | f (x) − Pn (x)|  .
∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, ∀x ∈ [a; b], | f n′ (x)|  M. n!
C.U. C.U.
Démontrer : f n −−−→ f sur [a; b]. β) En déduire : Pn −−−→ f sur [0; 1].
n∞ n∞
b) Le résultat s'étend-il à R au lieu de [a; b]?
5.1.11 Soit f : [0; 1] −→ R continue.
5.1.8 Soient f : R+ −→ C continue telle que Etudier la convergence simple et la convergence uniforme
f (0) = lim f = 0, et (gn : R+ −→ C)n∈N∗ la suite définie de la suite ( f n : [0; 1] −→ R)n∈N , où :
+∞
par :  x

x ∀x ∈ [0; 1], f n (x) = f (t n ) dt.


∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R+ , gn (x) = f (nx) f . 0
n
C.U.
Montrer : gn −−−→ 0 sur R+ . 5.1.12 On note, pour n ∈ N∗ , f n : R −→ R
n∞
x −→ (x + x n )n
5.1.9 Soient k ∈ N , f : [0; 1] −→ R de classe C k+1 sur a) Etudier les convergences simple et uniforme de ( f n )n .
[0; 1] et telle que :  1
2n+1
b) Montrer : f n (x) dx ∼ .
∀i ∈ {0,. . . ,k}, f (i) (1) = 0. 0 n∞ n 2

5.1.2 Convergence uniforme et limite


Dans tout le chapitre, E est un K-evn Dans ce § 5.1.2, X désigne une partie non vide d'un K -evn F de dimension finie. On note X
de dimension finie, dont la norme est l'adhérence de X dans F ; si F = R , X pourra désigner l'adhérence de X dans la droite numé-
notée ||.|| . rique achevée R .

Théorème
Ce théorème, s’il applique, permet de Soient a ∈ X , ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.
permuter lim et lim .  
x→a n∞ • pour tout n de N, f n admet une limite ln en a 
Si ,
• ( f n )n converge uniformément sur X vers une application notée f 
•
 la suite (ln )n converge dans E

alors • f admet une limite en a

 • lim f = lim ln .
a n∞

292
5.1 • Suites d’applications

re Monie
r
Preuve
lgèb
ni er A
Mo

1) Montrons que (ln )n est de Cauchy dans E . Soit ε > 0. Puisque ( f n )n converge uniformément sur
éom é
bre G
r Algè
n ie

Intervention des suites de Cauchy.


Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

X vers f, il existe N ∈ N tel que :


tr i e
Géomé

ε
∀n ∈ N, ∀x ∈ X, n  N ⇒ || f n (x) − f (x)||  .
2

Soit ( p,q) ∈ N2 tel que p  N et q  N. On a :


ε ε
re Monie
r
On intercale f (x) entre f p (x) et ∀x ∈ X, || f p (x) − f q (x)||  || f p (x) − f (x)|| + || f (x) − f q (x)||  + = ε,
2 2
lgèb
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

f q (x) .
Mo
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

d'où, en faisant tendre x vers a : ||l p − lq ||  ε.




pN
Ceci montre : ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀( p,q) ∈ N2 , ⇒ ||l p − lq ||  ε ,
qN
et donc (ln )n est de Cauchy dans E .
2) Puisque E est de dimension finie, donc complet (cf. 1.4.2 Théorème 2), (ln )n converge dans E vers un
élément noté l.
3) Montrons maintenant : f (x) −−−→ l .
x→a
Soit ε > 0. Puisque ( f n )n converge uniformément vers f, il existe N1 ∈ N tel que

ε ε
∀x ∈ X, ∀n ∈ N, n  N1 ⇒ || f n (x) − f (x)|| 
r
re Monie

On choisit ici car on a en vue


lgèb

.
ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie

3
Mo

3
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

d’additionner trois termes.


tr i e
Géomé

ε
Puisque ln −−−→ l, il existe N2 ∈ N tel que : ∀n ∈ N, n  N2 ⇒ ||ln − l||  .
n∞ 3
Notons N ′ = pge(N1 ,N2 ) ; puisque f N ′ −−−→ l N ′ , il existe un voisinage V de a dans F tel que :
a
ε
∀x ∈ X ∩ V, || f N (x) − l N ||  .
′ ′
3
On a alors :
Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Entre f (x) et l , on intercale f N ′ (x) ∀x ∈ X ∩ V, || f (x) − l||  || f (x) − f N ′ (x)|| + || f N ′ (x) − l N ′ || + ||l N ′ − l||
et l N ′ .
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

ε ε ε
 + + = ε.
3 3 3
Ceci montre : f (x) −−−→ l . 䊏
x→a

Remarque : La troisième partie de la conclusion du Théorème peut s'exprimer par :


on permute lim et lim : lim (lim f n (x)) = lim( lim f n (x)) .
x→a n∞ x→a n∞ n∞ x→a

5.1.3 Convergence uniforme et continuité


Dans ce § 5.1.3, X désigne une partie non vide d'un K -evn de dimension finie F .

Théorème
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Soient a ∈ X, ( f n : X −→ E)n une suite d'applications.


 
• pour tout n de N, f n est continue en a 
Si ,
• ( f n )n converge uniformément sur X vers une application notée f 

alors f est continue en a.

Preuve
1ère méthode
Ce théorème est une conséquence directe du théorème de 5.1.2 p. 292, puisque, si f n est continue en a,
alors lim f n = f n (a).
a

293
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

2ème méthode (n'utilisant pas le théorème de 5.1.2 p. 292)


Soit ε > 0. Puisque ( f n )n converge uniformément vers f, il existe N ∈ N tel que :

ε
∀x ∈ X, ∀n ∈ N, n  N ⇒ || f n (x) − f (x)||  .
3

Puisque f N est continue en a, il existe un voisinage V de a dans F tel que :


ε
∀x ∈ X ∩ V, || f N (x) − f N (a)||  .
3
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
r

éom é
L’idée d’intercaler,entre f (x) et f (a) D'où, pour tout x de X ∩ V,
Mo

par exemple,des éléments,tels f N (x)


onier
étr ie M

|| f (x) − f (a)||  || f (x) − f N (x)|| + || f N (x) − f N (a)|| + || f N (a) − f (a)||


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e
Géomé

et f N (a) ici,est souvent utile (ex.5.1.13,


ε ε ε
5.1.14 p. 296).  + + = ε.
3 3 3
Finalement, f est continue en a. 䊏

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r C.S.
Si les f n sont continues,si f n −→ f et
Remarque : Par contraposition, le théorème précédent permet, dans certains exemples, de
montrer la non-convergence uniforme.
bre G
r Algè
n ie

n∞
Mo
onier

étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

Géomé
tr i e

si f n’est pas continue, alors la


convergence de ( f n )n vers f n’est pas Par exemple, f n : [0; 1] −→ R converge simplement sur [0; 1] vers f : [0; 1] −→ R
x−→x n n∈N
uniforme.  
0 si x ∈ [0; 1[ 
définie par f (x) =  , mais ne converge pas uniformément sur [0; 1] car
1 si x = 1 
chaque f n est continue en 1 et f ne l'est pas.

Corollaire 1
ni er A
lgèb
re Monie
r
La limite uniforme d’une suite de Soit ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications.

Mo


éom é
bre G
r Algè

fonctions continues est continue.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

• pour tout n de N, f n est continue sur X 


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

,
tr i e
Géomé

Si 
• ( f n )n∈N converge uniformément sur X vers une application notée f

alors f est continue sur X.

Il arrive souvent qu'il n'y ait pas convergence uniforme sur X, mais qu'il y ait convergence uni-
forme sur certaines parties de X. D'où la définition suivante.

Définition
La convergence locale uniforme sur X Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, f ∈ E X . On dit que ( f n )n∈N
n’entraîne pas la convergence uniforme converge localement uniformément vers f sur X si et seulement si ( f n )n∈N conver-
sur X , comme le montre l’exemple :
ge uniformément vers f sur toute partie compacte de X.
X = [0; 1[,
f n : x −→ x n , n ∈ N .
Rappelons (cf. 1.3.2 Théorème 2) que, puisque F est de dimension finie, les parties compactes
de F sont les parties fermées bornées de F ; et les parties compactes de X sont les parties com-
pactes de F incluses dans X.

Mo
ni er A
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
En particulier, le cas où X est un Corollaire 2
intervalle I de R étant le plus fréquent
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

en pratique, on voit que Soient I un intervalle de R, ( f n : I −→ E)n∈N une suite d'applications.


tr i e
Géomé

( f n : I −→ E)n∈N converge  
localement uniformément sur I si et  • pour tout n de N, f n est continue sur I 

seulement si,pour tout (a,b) de I 2 tel
que a  b , ( f n )n∈N converge
Si • ( f n )n converge localement uniformément sur I , vers une application  ,
 
uniformément vers f sur [a; b] . notée f : I −→ E
Résultat utile en pratique. alors f est continue sur I .

Preuve


D'après le Corollaire 1, pour tout segment [a; b] inclus dans I, la restriction f  est continue sur
[a;b]
[a; b].
294
5.1 • Suites d’applications

Supposons par exemple I =]α; +∞[, α ∈ R (les autres cas d'intervalles se traitent de façon analogue).


Pour tout x0 de I, il existe (a,b) ∈ R2 tel que : α < a < x0 < b. Comme f  est continue en x0
[a;b]
et que [a; b] est un voisinage de x0 dans R , il en résulte que f est continue en x0 . 䊏

Ainsi la convergence locale uniforme peut permettre le transfert de propriétés locales (continui-
té ci-dessus, classe C 1 plus loin, sous certaines conditions, 5.1.5 Cor. 1 p. 300).

Proposition
Rappels de notation : Si X est une partie compacte de F, alors C(X,E) est un sev fermé de B(X; E) muni
• B(X,E) est l’ensemble des appli- de ||.||∞ .
cations bornées de X dans E .
• C(X,E) est l’ensemble des appli-
cations continues de X dans E . Preuve
Puisque X est compact, toute application continue de X dans E est bornée, donc :
C(X,E) ⊂ B(X; E) .

Il est clair ensuite que C(X,E) est un sev de B(X; E).


 
Montrons que C(X,E) est fermé dans B(X; E), ||.||∞ .

Soit ( f n )n∈N une suite d'éléments de C(X,E) convergeant, dans B(X; E), ||.||∞ , vers un élément f
de B(X; E). Puisque || f n − f ||∞ −−−→ 0, d'après 5.1.1 Prop. 3 p. 289, ( f n )n∈N converge uniformé-
n∞
ment vers f sur X. Ensuite, d'après le Théorème précédent, f est continue sur X, donc f ∈ C(X,E). 䊏

Exercice-type résolu

Utilisation du théorème sur convergence uniforme et continuité

Soient I un intervalle de R, ( f n : I −→ R)n∈N une suite d'applications continues sur I et convergeant uniformément sur I vers
une application f, (xn )n∈N une suite dans I convergeant vers un élément ℓ de I. Montrer : f n (xn ) −→ f (ℓ).
n∞

Solution Conseils
On a, pour tout n ∈ N :
 
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

0  | f n (xn ) − f (ℓ)| =  f n (xn ) − f (xn ) + f (xn ) − f (ℓ) On intercale f (xn ).

 | f n (xn ) − f (xn )| + | f (xn ) − f (ℓ)|.


D'une part, puisque ( f n )n converge uniformément vers f, à partir d'un certain rang,
f n − f est bornée, et || f n − f ||∞ −→ 0.
n∞
Comme : | f n (xn ) − f (xn )|  || f n − f ||∞ , il s'ensuit : | f n (xn ) − f (xn )| −→ 0.
n∞
D'autre part, puisque les f n sont continues en ℓ et que ( f n )n converge uniformément Utilisation du théorème sur convergence
vers f, f est continue en ℓ, donc f (xn ) −→ f (ℓ). uniforme et continuité.
n∞
Il en résulte, par addition et par le théorème d'encadrement :
| f n (xn ) − f (ℓ)| −→ 0, et donc : f n (xn ) −→ f (ℓ).
n∞ n∞

295
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

Les méthodes à retenir

Convergence uniforme et continuité, pour une suite d’applications


• Pour montrer qu’une application f, obtenue comme limite d’une suite d’applications, est continue, essayer
d’appliquer le corollaire 2 p. 294 : si les ( f n )n sont continues sur l’intervalle I et si ( f n )n converge uniformément
sur tout segment de I vers une application f : I −→ E, alors f est continue sur I (ex. 5.1.13, en partie).
• Pour montrer qu’une suite d’applications ( f n )n qui converge simplement vers une fonction f ne converge
pas uniformément, on peut essayer d’appliquer le corollaire 1 p. 294, par contraposition : si les f n sont continues
sur l’intervalle I et si la suite ( f n )n converge simplement sur I vers une application f non continue, alors ( f n )n ne
converge pas uniformément vers f sur I (ex. 5.1.16 en partie).

Exercices
5.1.13 Soient ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applica- d) Trouver un exemple de suite ( f n : R −→ R)n∈N
tions continues sur X, convergeant uniformément sur X convergeant simplement sur R vers une application
vers une application f : X −→ E, (u n )n une suite dans X f : R −→ R et telle que ( f n ◦ f n )n∈N ne converge pas
convergeant vers un élément l de X, et σ,τ : N −→ N simplement vers f ◦ f sur R .
deux extractrices. Montrer : f σ (n) (u τ (n) ) −−−→ f (l).
n∞
5.1.15 Généralisation du Corollaire 2 p. 294
5.1.14 Soit ( f n : R −→ R)n∈N une suite d'applications Soient E,F des evn de dimensions finies, X ∈ P (F),
convergeant uniformément sur R vers une application ( f n : X −→ E)n∈N une suite d'applications, f : X −→ E
f : R −→ R .
une application. Montrer que, si ( f n )n∈N converge locale-
a) Montrer que, si f est continue sur R , alors ment uniformément vers f sur X et si les f n sont continues
C.S.
f n ◦ f n −−−→ f ◦ f. sur X, alors f est continue sur X.
n∞
(On pourra utiliser l'exercice 5.1.13).
5.1.16 Etudier les convergences simple et uniforme de
b) Montrer que, si f est uniformément continue sur R ,
( f n )n 1 , où :
C.U.
alors f n ◦ f n −−−→ f ◦ f.
n∞ n
 1
c) Le résultat de b) reste-t-il vrai si on remplace l'hypothè- ∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, f n (x) = (n 2 + k x )− 2 .
se de continuité uniforme de f par la continuité de f ? k=1

5.1.4 Convergence uniforme et intégration


sur un segment
1) Théorème

Théorème
Ce théorème, s’il s’applique, permet de Soient (a,b) ∈ R2 , tel que a  b , et ( f n : [a; b] −→ E)n∈N une suite d'applications.
 b  
permuter et lim . • pour tout n de N, f n est continue sur [a; b] 
n∞ Si ,
• ( f n )n∈N converge uniformément sur [a; b] vers une application notée f 
a

•
 f est continue sur [a; b]

  b



 • la suite fn converge dans E
alors a n∈N

  b  b



• f = lim fn .
a n∞ a

296
5.1 • Suites d’applications

Preuve
La continuité de f est déjà acquise (cf. 5.1.3 Corollaire 1 p. 294).
On a, pour tout n de N :
 b  b   b 
  
  


 f n (x) d x − f (x) d x =
  ( f n (x) − f (x)) d x 
a a a
ni er A
lgèb
re Monie
r
 b
Mo éom é

|| f n (x) − f (x)|| d x
bre G
r Algè
n ie
Mo

éom
étr ie M
onier

Cf. § 2.3.4 2) Th. 2. 


G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

a
tr i e
Géomé

 (b − a) f n − f ∞ .
 b  b
Comme || f n − f ||∞ −−−→ 0, on conclut : f n −−−→ f. 䊏
n∞ a n∞ a

Remarques :
1) La troisième partie de la conclusion du théorème précédent peut s'exprimer ainsi :
 b  b  b

on permute et lim : lim f n (x) dx = lim f n (x) dx .


a n∞ a n∞ n∞ a
2) Il se peut qu'une suite ( f n : [a; b] −→ E)n∈N d'applications continues converge simple-
ment et non uniformément vers une application f : [a; b] −→ E continue et que la suite
 b
 b
fn converge vers f (cf. exercice 5.1.17 p. 299).
a n a
3) Il se peut qu'une suite ( f n : [a; b] −→ E)n∈N d'applications continues converge simple-
 b

ment vers une application f : [a; b] −→ E continue et que la suite fn ne conver-


a n∈N
 b
ge pas vers f (cf. exercice 5.1.18 p. 299).
a
4) Nous verrons plus loin (5.1.6 p. 301) un autre théorème, le théorème de convergence
dominée.

2) Convergence en moyenne, convergence en moyenne quadratique


Rappelons (cf. 2.3.4 2)) les définitions et notations suivantes :
 b
1) • On note, pour f ∈ C([a; b],K) , || f ||1 = | f |.
a
• On dit qu'une suite ( f n )n∈N d'éléments de C([a; b],K) converge en moyenne vers un élément

f de C([a; b],K) si et seulement si | f n − f | −−−→ 0, c'est-à-dire si et seulement si
[a;b] n∞
|| f n − f ||1 −−−→ 0.
n∞
 b
21
1
Ne pas oublier la puissance dans la 2) • On note, pour f ∈ C([a; b],K) , || f ||2 = | f |2 .
2 a
définition de || f ||2 .
• On dit qu'une suite ( f n )n∈N d'éléments de C([a; b],K) converge en moyenne quadratique

vers un élément f de C([a; b],K) si et seulement si | f n − f |2 −−−→ 0 , ce qui équivaut à
[a;b] n∞
|| f n − f ||2 −−−→ 0.
n∞

Proposition

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
On peut ainsi comparer 1) On a, pour toute f de C([a; b],K) :
Mo

√ √
onier
étr ie M

|| · ||1 , || · ||2 , || · ||∞


éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

|| f ||1  b − a || f ||2 , || f ||2  b − a || f ||∞ , || f ||1  (b − a)|| f ||∞ .


tr i e
Géomé

sur C([a; b],K).

2) Soient ( f n )n∈N une suite d'éléments de C([a; b],K) et f ∈ C([a; b],K).

297
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

• Si ( f n )n∈N converge uniformément vers f sur [a; b], alors ( f n )n∈N converge en
moyenne quadratique vers f.
• Si ( f n )n∈N converge en moyenne quadratique vers f, alors ( f n )n∈N converge en
moyenne vers f.

Preuve
1) • En appliquant l'inégalité de Cauchy-Schwarz à 1 (constante) et f :
 b
2  b
 b

|| f ||21 = |1 f |  12 | f |2 = (b − a)|| f ||22 .


a a a
 b
• || f ||22 = | f |2  (b − a) Sup (| f (x)|2 ) = (b − a)|| f ||2∞ .
a x∈[a;b]
 b
• || f ||1 = | f |  (b − a) Sup | f (x)| = (b − a)|| f ||∞ .
a x∈[a;b]
2) D'après 1) :

|| f n − f ||∞ −−−→ 0 ⇒ || f n − f ||2 −−−→ 0
n∞ n∞
. 䊏
|| f n − f ||2 −−−→ 0 ⇒ || f n − f ||1 −−−→ 0
n∞ n∞

Remarques :
r
1
−→ 0,
re Monie

|| f n ||1 =
lgèb

1) La convergence en moyenne quadratique ou la convergence en moyenne n'entraînent pas


ni er A
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo

n + 1 n∞
onier
étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

Géomé
tr i e

la convergence simple, comme le montre l'exemple suivant :


1
|| f n ||2 = √ −→ 0,
2n + 1 n∞ a = 0 , b = 1 , f n : [0; 1] −→ R ,
x−→x n
f n (1) = 1−→
/ 0.
n∞
dans lequel ( f n )n∈N converge en moyenne quadratique et en moyenne vers 0,
cependant que ( f n )n∈N ne converge pas simplement vers 0.
2) Soient f n : ([a; b] −→ K)n∈N une suite d'applications continues et f ∈ C([a; b],K) . Si
 b  b
( f n )n∈N converge en moyenne vers f sur [a; b], alors f n −−−→ f, car, pour tout n de N :
a n∞ a
 b  b   b
 
 fn − f   | f n − f | = || f n − f ||1 .

a a a

re Monie
r
 2π
lgèb

3) La réciproque de la propriété de 2) est fausse, comme le montre l'exemple :


er A

f n = 0 −→ 0
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

n∞
G

ier
bre Mon
Algè
n ier

0
Mo

Géomé
tr i e



a = 0 , b = 2π , f n : [0; 2π] −→ R .
| f n | = 2n−→
/ 0. x−→n sin x n∈N
0 n∞

Les méthodes à retenir

Convergence uniforme et intégration sur un segment,


pour une suite d’applications
 b
• Pour permuter et lim , essayer d’appliquer le théorème du § 5.1.4.
n∞
a
Nous utiliserons souvent ce théorème dans la suite de ce cours (séries entières, séries de Fourier,…). Nous com-
plèterons cette étude plus loin, cf. § 5.1.6.

298
5.1 • Suites d’applications

• Si les applications f n : [a; b] −→ K sont continues et si ( f n )n converge simplement mais non uniformément sur
 b
 b
[a; b] vers une application f, il se peut que la suite fn diverge (ex. 5.1.18), ou converge vers f (ex.
a n a
 b
5.1.17 a)), ou converge vers un élément différent de f (ex. 5.1.17 b)).
a
 b
• Pour étudier une suite d’intégrales f n (x)dx , il n’est pas toujours nécessaire que soit évoquée la convergence
a
(notamment uniforme) de la suite de fonctions ( f n )n , cf. plus loin § 5.1.6.

Exercices
5.1.17 a) Montrer que la suite ( f n : [0; 1] −→ R)n∈N 5.1.18 Montrer que la suite ( f n : [0; 1] −→ R)n 2
définie par : définie par :
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1], f n (x) = nx n (1 − x) ∀n ∈ N − {0,1},
converge simplement et non uniformément, vers 0, et que :   
 1
 1 

 (−1)n n 3 x si x ∈ 0;

 n
f n (x) dx −−−→ 0 . 

 
0 n∞ 2 1 2
f n (x) = (−1)n+1 n 3 x − si x ∈ ;
b) Montrer que la suite (gn : [0; 1] −→ R)n∈N définie 
 n n n

  
par : 
 2

0 si x ∈ ; 1
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1], gn (x) = n 2 x n (1 − x) n
converge simplement et non uniformément, vers 0, et que : converge simplement et non uniformément, vers 0, et que
 1  1

gn (x)dx −→ 1 . f n (x) dx diverge.


0 n∞
0 n 2

5.1.5 Convergence uniforme et dérivation


Dans ce § 5.1.5, I désigne un intervalle de R , non vide et non réduit à un point.

Théorème
Soient (gn : I −→ E)n∈N une suite d'applications, a ∈ I.
 
 • pour tout n de N, gn est continue sur I 

Si • (gn )n∈N converge uniformément sur tout segment de I  ,
 
vers une application notée g
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

•
 g est continue sur I



 en notant, pour n ∈ N, h n : I −→ E la primitive de gn sur I telle

alors que h n (a) = 0, (h n )n∈N converge uniformément sur tout segment



 de I vers une application notée h

• h est la primitive de g sur I telle que h(a) = 0.

Preuve
D'après 5.1.3 Cor. 2 p. 294, g est continue sur I.
Notons h : I −→ E la primitive de g sur I telle que h(a) = 0 , c'est-à-dire h : I −→ xE .
x−→ a
g

299
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

Mo
ni er A
lgèb
re Monie

éom é
r
Si a ∈
/ J , alors a < α ou β < a , et Soit J = [α; β] un segment de I ; on peut supposer a ∈ J. On a, pour tout x de J :
 x   x 
bre G

 x
r Algè

on remplace J par [a; β] ou [α; a]


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

  
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

respectivement.   
tr i e

||h n (x) − h(x)|| =  g g g)
Géomé

n − =
  (gn − 
a a a

 x 
 
  ||gn − g||   |x − a| Sup ||gn (t) − g(t)||
a t∈|a;x|

 (β − α) Sup ||gn (t) − g(t)||,


t∈[α,β ]

et donc : Sup ||h n (x) − h(x)||  (β − α) Sup ||gn (t) − g(t)|| .


x∈J t∈J
Comme (gn )n∈N converge uniformément sur J vers g, Sup ||gn (t) − g(t)|| −−−→ 0 , donc
t∈J n∞
Sup ||h n (x) − h(x)|| −−−→ 0.
x∈J n∞

Ceci montre que (h n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I vers h. 䊏

Corollaire 1
Soit ( f n : I −→ E)n∈N une suite d'applications.
• 
 pour tout n de N, f n est de classe C 1 sur I 

• 
( f n )n∈N converge simplement sur I vers une application notée f 
Résultat utile en pratique. Dans les Si ,
 ′
exercices, le premier point de la  • ( f n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I
 

conclusion est déjà souvent acquis par vers une application notée g
ailleurs.
•
 ( f n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I vers f
alors • f est de classe C 1 sur I

• f ′ = g.

Preuve
Soit a un point quelconque de I (il en existe au moins un) ; notons, pour n ∈ N , gn = f n′ et
h n = f n − f n (a) .
On peut alors appliquer le théorème précédent et déduire : g est continue sur I, (h n )n∈N converge uni-
formément sur tout segment de I vers une application h, et h est la primitive de g sur I telle que
h(a) = 0 .
Il s'ensuit que ( f n )n∈N converge uniformément sur tout segment de I vers h + f (a) , d'où, puisque
C.S.
f n −−−→ f, f = h + f (a), et donc f est de classe C 1 sur I et f ′ = h ′ = g. 䊏
n∞

Une récurrence immédiate (sur k) permet d'obtenir le Corollaire suivant.

Corollaire 2
Soient ( f n : I −→ E)n∈N une suite d'applications, k ∈ N∗.
 
 • pour tout n de N, f n est de classe C k sur I 

 

 (i) 
 • pour tout i de {0,. . . ,k − 1}, ( f n )n∈N converge simplement 

Si sur I vers une application notée ϕi ,

 
 • ( f (k) )
 converge uniformément sur tout segment de I vers une 

 n n∈N 
application notée ϕk 
 (i)

 • pour tout i de {0,. . . ,k − 1}, ( f n )n∈N converge uniformément sur tout

 segment de I vers ϕi
alors

 • ϕ0 est de classe C k sur I

 (i)
• pour tout i de {1,. . . ,k}, ϕ0 = ϕi .

300
5.1 • Suites d’applications

Exercice
 

5.1.19 Montrer que la suite  f n : [−1; 1]−→ R


 , formée d'applications de classe C 1 , converge uniformément vers
1 n∈N∗
x −→ x 2 +
n
une application qui n'est pas de classe C 1 .

5.1.6 Convergence d'une suite d'applications


et intégration sur un intervalle quelconque
o
Dans ce § 5.1.6, I désigne un intervalle de R non vide ni réduit à un point (c'est-à-dire : I = ∅).
Soit ( f n : I −→ K)n∈N une suite d'applications continues convergeant uniformément sur I vers
une application (continue) f : I −→ K .
• Il se peut que les f n soient intégrables sur I et que f ne le soit pas (cf. exercice 5.1.20
p. 304). 

• Il se peut que les f n soient intégrables sur I, que f le soit, mais que la suite fn ne
I n∈N

converge pas vers f (cf. exercice 5.1.21 p. 304).
I
Il nous faut donc renforcer les hypothèses, pour arriver à la conclusion que f soit intégrable sur I
 
et que f n −−−→ f. C'est l'objet du théorème suivant, que nous admettons.
I n∞ I

1) Théorème de convergence dominée

Théorème Théorème de convergence dominée


Théorème très utile en pratique. Soit ( f n : I −→ K)n∈N une suite d'applications.
 
 • pour tout n de N, f n est continue par morceaux sur I 

 
• ( f ) 


 n n∈N converge simplement sur I vers une application notée f 
 
• f est continue par morceaux sur I 
Si ,

 • il existe ϕ : I −→ R, continue par morceaux,  0, intégrable sur I 


 
 telle que : ∀n ∈ N, | f n |  ϕ (hypothèse de domination)

 

•
 pour tout n de N, f n est intégrable sur I

•
f est intégrable sur I
Ce théorème,
 s’il s’applique, permet de alors  


permuter et lim . • f n −−→ f.
I n∞
I n∞ I

Remarque : L'hypothèse de domination ne peut pas être supprimée (cf. exercice 5.1.21
p. 304).

Exemples :
 π
2
On peut aussi obtenir ce résultat 1) Montrer : sin n x dx −−−→ 0.
 π 0 n∞
2  π
en calculant sinn tdt , appelée
0 Le théorème de convergence dominée s'applique ici, avec I = 0; , f n : x −→ sinn x ,
intégrale de Wallis, cf. Analyse MPSI,
2
§ 6.4.4. Exemple 1).   π 
 0 si x ∈ 0; 
2 
f : x −→
 1 si x = π , ϕ = 1 .

2
301
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

 k n e −α
En vue d’utiliser le théorème de 2) Montrer, pour tout α ∈]0; +∞[ fixé : 1−α −−−→ .
convergence dominée,les applications f n k=1
n n∞ 1 − e −α
doivent avoir le même ensemble de
Notons, pour n ∈ N∗ , f n : [1; +∞[−→ R l'application définie par :
départ, d’où la construction des f n ci-

contre.  E(x) n
1−α si 1  x < n + 1
f n (x) = n
E(x) est la partie entière de x . 
0 si x  n + 1.
Alors :
• Pour tout n de N∗, f n est continue par morceaux et intégrable sur [1; +∞[
• ( f n )n 1 converge simplement sur [1; +∞[ vers f : x −→ e−αE(x) car, pour tout x de

E(x) n
[1; +∞[, on a, dès que n  E(x) , f n (x) = 1 − α
n
• f est continue par morceaux sur [1; +∞[
• ϕ = f est continue par morceaux,  0 , intégrable sur I (car, pour x  2,
0  ϕ(x)  e−α(x−1) ), et, pour tout n de N∗, | f n |  ϕ, car, pour n ∈ N∗ et x ∈ [1; n + 1[ :

E(x) n
| f n (x)| = 1 − α  e−αE(x) = ϕ(x),
n
qui résulte de : ∀t ∈] − 1; +∞[, ln(1 + t)  t .
Le théorème de convergence dominée s'applique, donc :
n
 
 k n
1−α = f n −−−→ f.
n [1;+∞[ n∞ [1;+∞[
k=1
  +∞ 
 n+1 +∞

+∞ e−α
Enfin : f = e−αE(x) dx = e−αn dx = e−αn = .
[1;+∞[ 1 1 − e−α
n=1 n n=1

2) Cas de la convergence uniforme sur un intervalle borné

Proposition
Soit ( f n : I −→ K)n∈N une suite d'applications.
• 
 pour tout n de N, f n est continue et intégrable sur I 

L’hypothèse « l’intervalle est borné » est Si • ( f n )n∈N converge uniformément sur I vers une application notée f  ,
essentielle.  
• I est borné

 • f est continue et intégrable sur I
alors
• f n −−→ f.
I n∞ I

Preuve
1) La continuité de f sur I résulte de 5.1.3 Cor. 2 p. 294.
2) Puisque ( f n )n∈N converge uniformément sur I vers f, il existe N ∈ N tel que :
∀x ∈ I, | f N (x) − f (x)|  1,

re Monie
r
d'où : ∀x ∈ I, | f (x)|  1 + | f N (x)|.
lgèb
ni er A
Mo éom é

Comme f N est intégrable sur I et que x −→ 1 est intégrable sur I (car I est borné), il en résulte que f est
bre G
r Algè

L’hypothèse I borné intervient ici.


n ie
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e

intégrable sur I.
Géomé

3) On a, pour tout n de N :
     
   
 fn − f  =  ( f n − f )  | f n − f |  l(I )|| f n − f ||∞ ,
   
I I I I
 
où l(I ) est la longueur de l'intervalle borné I, et donc : f n −−−→ f. 䊏
I n∞ I

302
5.1 • Suites d’applications

Exercice-type résolu

Détermination d'un équivalent d'une intégrale dépendant d'un paramètre entier, par utilisation du théorème
de convergence dominée
 1
f (x)
Soit f : [−1; 1] −→ R continue telle que f (0) = 0. Trouver un équivalent simple de In = dx lorsque l'entier n tend
1 + n2 x 2
vers l'infini. −1

Solution Conseils
D'abord, pour tout n ∈ N , In existe comme intégrale d'une fonction continue sur

On s'assure de l'existence de In pour
un segment. n ∈ N∗ .

t
 n f
1 n
On a, par le changement de variable t = nx : In = Jn , où Jn = dt. On transforme l'écriture de In de manière à
−n 1 + t
n 2
ramener la recherche d'un équivalent (de
In ) à la valeur d'une limite (de Jn ).
Notons, pour n ∈ N∗ : On va essayer d'appliquer le théorème de

convergence dominée. À cet effet, il faut

 t
définir les fonctions sur un même intervalle
 f n

fixe (indépendant de n), d'où l'artifice
f n : R −→ R, t −
 → si −n t n

 1 + t2 consistant à prolonger la fonction

 envisagée, connue sur [−n; n], par 0 en
0 si t < −n ou t > n. dehors de [−n; n].
• Pour tout n ∈ N , f n est continue par morceaux (car continue) sur R.

Mise en place des quatre points de

l'hypothèse du théorème de convergence
t dominée.
f
n n assez grand signifie ici : n  |t|.
• Soit t ∈ R. Pour n assez grand, on a t ∈ [−n; n], donc f n (t) = , et donc,
1 + t2
f (0)
comme f est continue en 0 : f n (t) −→ .
n∞ 1 + t 2

f (0)
Notons g : R −→ R, t −→ g(t) = .
1 + t2
C.S.
On a donc : f n −→ g.
n∞

• g est continue par morceaux (car continue) sur R.




 
f t  D'après le théorème fondamental, f est
 n  || f ||∞
• On a : ∀ n ∈ N∗ , ∀ t ∈ R, | f n (t)| =  , et l'application bornée car f est continue sur le segment
1 + t2 1 + t2 [−1; 1]. On peut donc faire intervenir
|| f ||∞ || f ||∞ .
ϕ : R −→ R, t −→ ϕ(t) = est continue par morceaux (car continue),
1 + t2 || f ||∞ 1
ϕ(t) ∼  0 et t → 2 est
 0 et intégrable sur R. t→±∞ t2 t
intégrable sur ] − ∞; −1] et sur [1; +∞[,
D'après le théorème de convergence dominée :
exemple de Riemann en ±∞, 2 > 1.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

 +∞  +∞
f (0) ! "+∞ π π
Jn −→ g(t) dt = dt = f (0) Arctan t −∞ = π f (0). Arctan t → , Arctan t → − .
n∞ −∞ −∞ 1 + t
2 t→+∞ 2 t→−∞ 2

π f (0) 1
On a donc : Jn = π f (0) + o(1), d'où : In = +o .
n n
π f (0)
Comme f (0) = 0, on conclut : In ∼ . L'énoncé suppose f (0) = 0 de façon à
n∞ n pouvoir exprimer la conclusion à l'aide de
la notion d'équivalent.

303
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

Les méthodes à retenir

Convergence et intégration sur un intervalle quelconque,


pour une suite d’applications
• Les hypothèses du théorème de convergence dominée ne doivent pas être inconsidérément modifiées ; les exer-
cices 5.1.20 à 5.1.22 traitent de divers contrexemples.
• Pour déterminer la limite d’une suite d’intégrales, question importante et fréquente en Analyse, on essaiera
souvent, par un raisonnement approprié, de permuter intégrale et limite.
• Pour déterminer la limite d’une suite d’intégrales, on essaiera d’abord des méthodes élémentaires et, si celles-
ci échouent ou sont malcommodes, on essaiera d’appliquer le théorème de convergence dominée, quelquefois le
théorème sur convergence uniforme et intégration sur un segment (§ 5.1.4 th. p. 296).


Étant donné une suite d’intégrales fn dont on cherche l’éventuelle limite, voir si ( f n )n converge simple-
I n 
ment sur I vers une certaine application f, puis voir si ( f n − f ) −→ 0 par des majorations convenables (ex.
I n∞
 
 
5.1.24 a) à d), h), j)). Il peut être nécessaire de transformer  ( f n − f ) par changement de variable, intégration

I
par parties, relation de Chasles…
• Pour appliquer le théorème de convergence dominée, s’attacher à montrer clairement que les hypothèses sont
réunies (ex. 5.1.24 a) à k), 5.1.25, 5.1.35).

• Pour trouver un équivalent simple d’une intégrale f n dans laquelle, a priori, l’intervalle et la fonction
In
dépendent de n (ex. 5.1.28), essayer par changement de variable, intégration par parties, relation de Chasles, etc,
de se ramener à une recherche de limite d’une suite d’intégrales sur un intervalle fixe.
 π
2
• Le calcul des intégrales de Wallis : In = sin n x dx, n ∈ N , est très utile en analyse ; on a vu (cf. Analyse
0
MPSI, § 6. 4. 4 1)) que, pour tout p ∈ N , on a :
(2 p)! π (2 p p!)2
I2 p = , I2 p+1 = .
(2 p p!)2 2 (2 p + 1)!

π
De plus, on déduit (cf. § 4.3.7) : In ∼ (ex. 5.1.30) et la formule de Stirling :
n∞ 2n

n
n √
n! ∼ 2πn .
n∞ e

Exercices
5.1.20 Donner un exemple d'intervalle I et de suite 5.1.21 Donner un exemple d'intervalle I et de suite
( f n : I −→ R)n∈N∗ telle que : ( f n : I −→ R)n∈N∗ telle que :
• •
 Pour tout n de N∗ , f n est intégrable sur I  Pour tout n de N∗ , f n est intégrable sur I

 


 
 • ( f n )n∈N∗ converge uniformément sur I

 


 • ( f n )n∈N∗ converge uniformément sur I 

vers une application notée f

 vers une application notée f 
 • f est intégrable sur I

 


 
  

 

 • f n −→
/ f.
• f n’est pas intégrable sur I . I n∞ I

304
5.1 • Suites d’applications


5.1.22 Donner trois exemples de suites d'applications de +∞ 1
R dans R , continues, bornées, intégrables et de carrés g) (x 2n + x n + 1)− n dx
0
intégrables, telles que :  x
  +∞ e− n
 N1 ( f n ) −−−→ 0  / 0
N1 (gn )−→ h) dx
  n∞
 n∞  0 1 + x2
/ 0
N2 ( f n )−→ N2 (gn ) −−−→ 0 
 n∞  n∞ +∞ 2

 N∞ ( f n )−→ / 0 
 N∞ (gn )−→/ 0 i) e−x sinn x dx
n∞ n∞ 0

 / 0
N1 (h n )−→  2

 n∞ +∞ ne−x sin x
/ 0
N2 (h n )−→ j) dx
 n∞ 0 1 + n2 x 2

 
N∞ (h n ) −−−→ 0. +∞ sinn x
n∞
k) dx.
−∞ x2
5.1.23 On note CB(R,C) l'ensemble des applications
continues bornées de R dans C , C0 (R,C) l'ensemble des 5.1.25 Etablir : ∀α ∈]0; +∞[ ,
applications continues de R dans C et de limite nulle en  1  1
x n
−∞ et +∞, K(R,C) l'ensemble des applications conti- x α−1 1 − dx −−−→ x α−1 e−x dx .
nues de R dans C nulles en dehors d'un segment (qui 0 n n∞ 0
dépend de l'application).
On munit l'algèbre B(R,C) des applications bornées de R 5.1.26 Soit f : ]0; 1] −→ C continue par morceaux,
 1
dans C de la norme || · ||∞ . f (x)
intégrable sur ]0; 1]. Trouver lim dx.
a) Montrer : n∞ 0 1 + nx
1) CB(R,C) est une sous-algèbre de B(R,C)
2) K(R,C) et C0 (R,C) sont des idéaux de l'algèbre 5.1.27 Soit f : [−1; 1] −→ R continue.
 1  #n
CB(R,C), c'est-à-dire :
  x 2 + ( f (x))2 
Trouver lim cos π  dx .


K(R,C) = ∅ n∞ −1  1 + ( f (x))2 
∀α ∈ C, ∀ f,g ∈ K(R,C), α f + g ∈ K(R,C)


∀ f ∈ K(R,C), ∀ϕ ∈ CB(R,C), f ϕ ∈ K(R,C) 5.1.28 Montrer :
 n
et de même pour C0 (R,C). x n
a) 1+ 1− dx ∼ n
b) Montrer : 0 n n∞
 1+ 1
1) CB(R,C) est fermé dans B(R,C) n √ C
2) C0 (R,C) est fermé dans B(R,C) b) 1 + x n dx ∼ , où C ∈ R∗ est à calculer
1 n∞ n
3) L'adhérence de K(R,C) dans B(R,C) est égale à  +∞ √
dx π 2
C0 (R,C) c) ∼ .
0 (x 4 + 1)(x 2 + a 2 ) a→+∞ 4a 2
4) La boule unité fermée { f ∈ K(R,C); || f ||∞  1} de
K(R,C) n'est pas compacte.
5.1.29 Soient f :]0; +∞[−→ R continue, décroissante,
c) Montrer que K(R,C) est dense dans intégrable sur ]0; 1], et (εn )n∈N une suite à termes dans R+

CL1 (R,C),|| · ||1 . convergeant vers 0.
n

1 k
Trouver lim f εn + .
5.1.24 Déterminer les limites, quand n tend vers +∞, de : n∞ n n
k=1
 π
4
a) tann x dx 5.1.30 a) Montrer : ∀n ∈ N∗ ,
0
 π  √n

 +∞ 1 2 1 t2 n
sin2n+1 x dx = √
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

b) dx 1− dt .
x n + ex 0 n 0 n
0
  √n
 +∞
+∞ xn t2 n 2
c) dx b) Montrer : 1− dt −−−→ e−t dt .
0 x n+2+1 0 n n∞ 0
 c) On rappelle (formule de Wallis, cf. § 4.3.7 4)) :
+∞ xn
d) dx  π 
0 x 2n + 1 2
sin p x dx ∼
π
.
 +∞ 0 p∞ 2 p
1
e) dx, p ∈]0; +∞[ fixé Retrouver ainsi la valeur de l'intégrale de Gauss :
0 (x p + 1)n
 +∞  +∞ √
1 −t 2 π
f) dx e dt = .
0 1 + x 2 + x n e−x 0 2

305
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

5.1.31 a) Soient α ∈ R , ϕ :]0; +∞[−→ R continue par où on a noté


 √
morceaux et telle que x −→ eαx ϕ(x) soit intégrable sur  0 si t  − x
]0; +∞[.

f (x,t) = t x −√xt √
Montrer :  1+ √ e si t > − x .
 n
 +∞ x
αx n
1+ ϕ(x) dx −−−→ eαx ϕ(x) dx. b) α) Montrer : ∀x ∈ [1; +∞[ , ∀t ∈ [0; +∞[,
0 n n∞ 0
0  f (x,t)  (1 + t)e−t .
b) En déduire : √
 n
n β) Montrer : ∀x ∈ [0; +∞[ , ∀t ∈ [− x; 0],
x 1
1) ∀a ∈]1; +∞[, 1+ e−ax dx −−−→ t2
0 n n∞ a − 1 0  f (x,t)  e− 2 .
 n

x n bx 1
x
x √
2) ∀b ∈] − ∞; 1[ , 1− e dx −−−→ c) En déduire : Ŵ(x + 1) ∼ 2π x .
0 n n∞ 1 − b
 n
n x→+∞ e
x
3) ∀c ∈]0; +∞[, 1− x c−1 dx −−−→ Ŵ(c) . Cette formule généralise la formule de Stirling vue dans le

n
0 n n∞
n √
§ 4.3.7 4), n! ∼ 2πn.
n∞ e
5.1.32 a) On note, pour n ∈ N∗ :
 
 1
5.1.35 Formule de Gauss pour la fonction Ŵ
1 x n
In = 1− 1− dx a) Montrer :
0 x n  n

t n x−1

∀x ∈]0; +∞[, 1− t dt −−−→ Ŵ(x).
n x n1 0 n n∞
et Jn = 1− dx .
1 n x b) En déduire la formule de Gauss :
α) Montrer : n x n!
 1  1 −1 ∀x ∈]0; +∞[, Ŵ(x) = lim .
1 − e−x e x n∞ x(x + 1) . . . (x + n)
In −−−→ dx et Jn −−−→ dx .
n∞ 0 x n∞ 0 x
5.1.36 Formule de Weierstrass pour la fonction Ŵ
n
1 Etablir :
β) Montrer : ∀n ∈ N∗ , In − Jn = − ln n.  
k n


k=1 1 x x
 1 1 ∀x ∈]0; +∞[, = xeγ x lim  1+ e− k  .
1 − e−x − e− x Ŵ(x) n∞
k=1
k
b) En déduire : dx = γ,
0 x
γ constante d'Euler. (Utiliser la formule de Gauss, exercice 5.1.35).

5.1.33 a) Soient ϕ :]0; +∞[−→ R continue par mor- 5.1.37 Fonction ψ


ceaux, et ( f n : ]0; +∞[−→ R)n∈N une suite d'applica- On note ψ : ]0; +∞[−→ R l'application définie par :
tions, continues par morceaux, convergeant simplement Ŵ ′ (x)
∀x ∈]0; +∞[, ψ(x) = .
sur ]0; +∞[ vers une application f : ]0; +∞[−→ R . On Ŵ(x)
suppose : a) Démontrer :
 +∞

 • ∀n ∈ N, ∀x ∈]0; +∞[, | f n (x)|  | f (x)| 1 1
 ∀x ∈]0; +∞[, ψ(x) = − − γ + x .
• f est continue par morceaux sur ]0; +∞[ x n(x + n)
n=1


• ϕ f est intégrable sur ]0; +∞[. b) En déduire :
 n  +∞ 1) γ = −Ŵ ′ (1)
Montrer : ϕ(x) f n (x) dx −−−→ ϕ(x) f (x) dx .  +∞
0 n∞ 0 2) e−x ln x dx = −γ.
 +∞ 0
b) En déduire : e−x ln x dx = −γ, (Cf. aussi exercice 5.1.33).
0
γ constante d'Euler. 5.1.38 On note, pour n ∈ N , f n : [0; 1] −→ R .
x−→sin nx
5.1.34 Formule de Stirling pour la fonction Ŵ Montrer qu'aucune suite extraite de ( f n )n∈N ne converge
a) Montrer : simplement sur [0; 1] vers 0 (on pourra considérer

x   1
2
x √
∀x ∈]0; +∞[, Ŵ(x + 1) = x f (x,t) dt, f σ (n) (x) dx pour une extractrice σ).
e R 0

306
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle

5.2 Approximation des fonctions


d'une variable réelle
5.2.1 Approximation par des fonctions en escalier
ou affines par morceaux et continues
Dans ce § 5.2.1, (a,b) désigne un couple de réels tel que a < b.
Rappelons deux théorèmes d'approximation vus dans le § 2.3.3.

Théorème 1
Le théorème de Riemann-Lebesgue Pour toute application f : [a; b] −→ E continue par morceaux, il existe une suite
(exercices 5.2.1 et 5.2.2) est l’application (en : [a; b] −→ E)n∈N d'applications en escalier sur [a; b] convergeant uniformé-
la plus utile de ce théorème.
ment vers f sur [a; b].

Théorème 2
Pour toute application f : [a; b] −→ E continue, il existe une suite
(ϕn : [a; b] −→ E)n∈N d'applications affines par morceaux et continues convergeant
uniformément vers f sur [a; b].

Exercices
5.2.1 Théorème de Riemann-Lebesgue sur un segment 5.2.2 Théorème de Riemann-Lebesgue sur un intervalle
Soit f : [a; b] −→ C continue par morceaux. Soient I un intervalle de R , f : I −→ C continue par
 b morceaux et intégrable sur I.

Montrer : f (t)eixt dt −−−→ 0. Montrer : f (t)eixt dt −−−→ 0.
a x→+∞ x→+∞
I
(Utiliser l'exercice 5.2.1).

5.2.2 Approximation par des polynômes


On admet le théorème suivant.

Théorème 1er théorème de Weierstrass


Pour toute application continue f : [a; b] −→ K , il existe une suite
(Pn : [a; b] −→ K)n∈N de polynômes convergeant uniformément vers f sur [a; b].

Remarques :
1) Le lecteur trouvera trois démonstrations du 1er théorème de Weierstrass, dans les exercices
5.2.21 à 5.2.23 p. 311.
2) Le 1er théorème de Weierstrass peut s'exprimer par : l'ensemble des applications polyno-
miales de [a; b] dans K est dense dans C([a; b]; K) muni de || · ||∞.
Ainsi, une suite d’applications de classe 3) Puisque toute application polynomiale de [a; b] dans K est de classe C ∞, on déduit du
C ∞ peut converger uniformément vers 1er théorème de Weierstrass le résultat suivant :
une application continue mais qui n’est Toute application continue de [a; b] dans K est limite uniforme sur [a; b] d'une suite d'ap-
pas elle-même de classe C ∞ .
plications de classe C ∞ sur [a; b].
307
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

4) La convergence uniforme sur tout segment J d'un intervalle I n'entraîne pas, en général,
la convergence uniforme sur I, même pour une suite de polynômes, cf. exercice 5.2.3.
5) La convergence uniforme sur un segment, [−1; 1] par exemple, ne permet pas de déduire
une convergence uniforme sur un intervalle contenant strictement [−1; 1], cf. exercice 5.2.4.
6) Le premier théorème de Weierstrass peut être interprété en terme de densité, cf. exercice
5.2.15.

Corollaire  b
Ce résultat,qui n’est pas explicitement au Soit f : [a; b] −→ K continue. Si, pour tout n de N, x n f (x) dx = 0 , alors
programme, se rencontre souvent f = 0. a
comme exercice.

Preuve
D'après l'hypothèse et puisque tout polynôme est combinaison linéaire de monômes, on a, pour tout poly-
 b
nôme P : P(x) f (x) dx = 0.
a

D'après le 1er
théorème de Weierstrass, il existe une suite (Pn )n∈N de polynômes convergeant uni-
formément sur [a; b] vers f. On a, pour tout n de N :
 b  b
0 | f (x)|2 dx = f (x) − Pn (x) f (x) dx  (b − a)|| f − Pn ||∞ || f ||∞ .
a a
 b
Comme || f − Pn ||∞ −−−→ 0, on déduit | f (x)|2 dx = 0 , d'où, puisque f est continue sur [a; b],
n∞ a
f = 0. 䊏

Exercice-type résolu

Exemple d'utilisation du premier théorème de Weierstrass



+∞  1

 n

On note E = C([0; 1]; R) et, pour tout a ∈ ]0; 1[ et f ∈ E : Na ( f ) = a  t f (t) dt .
n

n=0 0

Établir que, pour tout a ∈ ]0; 1[, Na est une norme sur E.

Solution Conseils
Soit a ∈ ]0; 1[.
 1

 
• Soit f ∈ E. On a : ∀ n ∈ N, 0  a n  t n f (t) dt   a n || f ||∞ . S'assurer d'abord de l'existence de Na ( f ),
0 c'est-à-dire de la convergence de la série
 intervenant dans l'énoncé.
Puisque |a| < 1, la série géométrique a n converge, donc, par théorème de
n 0
  1

 
majoration pour des séries à termes réels  0, la série a n  t n f (t) dt 
n 0 0

converge, d'où l'existence de Na ( f ).


D'autre part, il est connu que E est un R -espace vectoriel.

308
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle

Solution Conseils
• On a, pour tout ( f,g) ∈ E 2 :

+∞  1    1  1

  +∞ n  
Na ( f + g) = a n  t n ( f + g)(t) dt  = a  t n f (t) dt + t n g(t) dt 
n=0 0 n=0 0 0


+∞   1
  1


   
 a n  t f (t) dt  + 
n
t g(t) dt 
n
Inégalité triangulaire dans R , puis somma-
n=0 0 0 tion de séries convergentes.

+∞  1
   1

  +∞ n  
= a n  t n f (t) dt  + a  t n g(t) dt  = Na ( f ) + Na (g).
n=0 0 n=0 0

• On a, pour tout λ ∈ R et toute f ∈ E :



+∞  1  
+∞  1

   
Na (λ f ) = a n  t n (λ f )(t) dt  = |λ| a n  t n f (t) dt  = |λ|Na ( f ).
n=0 0 n=9 0

• Soit f ∈ E telle que Na ( f ) = 0. On a alors :


 1 

n

∀ n ∈ N, a  t f (t) dt  = 0,
n
Les termes de la série sont tous  0 et leur
0 somme est nulle, donc chaque terme est nul.
 1
donc : ∀ n ∈ N, t n f (t) dt = 0. Par hypothèse, a est supposé non nul.
0

D'après le Corollaire du § 5.2.2, on conclut : f = 0. La démonstration de ce Corollaire, qui est


un exercice classique, utilise le premier
Ceci montre que Na est une norme sur E.
théorème de Weierstrass.

Les méthodes à retenir

Approximation par des polynômes


• Lorsqu’intervient une condition type ∀n ∈ N, deg(Pn )  N, où N est fixé et (Pn )n est une suite de poly-
nômes, penser à utiliser l’équivalence des normes dans le R-espace vectoriel normé de dimension finie R N [X]
(ex. 5.2.7 à 5.2.9).
• Pour obtenir une approximation uniforme par des polynômes satisfaisant une condition supplémentaire,
combiner le premier théorème de Weierstrass et cette condition (ex. 5.2.16 à 5.2.18). S’il s’agit d’approcher f et
f ′ , commencer par approcher f ′ puis appliquer le théorème sur convergence uniforme et intégration (ex. 5.2.18).
• Pour s’entraîner sur la manipulation des polynômes de Bernstein, utilisés dans une démonstration du premier
théorème de Weierstrass, le lecteur dispose d’exercices d’application directe (ex. 5.2.24 à 5.2.28) et d’exercices
nécessitant quelques calculs (ex. 5.2.29 à 5.2.31).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

Exercices
Les exercices 5.2.3 à 5.2.9 n'utilisent pas le théorème de 5.2.4 Donner un exemple de suite (Pn )n∈N de polynômes
Weierstrass. telle que (Pn )n∈N converge uniformément sur [−1; 1] et
5.2.3 Soit (Pn )n∈N une suite de polynômes à coefficients que, pour tout intervalle I contenant strictement [−1; 1],
réels telle que, pour tout segment J de R , (Pn )n∈N conver- (Pn )n∈N ne converge pas uniformément sur I.
ge uniformément vers 0 sur J.
Peut-on affirmer que (Pn )n∈N converge uniformément 5.2.5 Soient I un intervalle de R , P ∈ R[X] tel que
vers 0 sur R ?  X, (Pn )n 1 la suite d'applications de I
P(I ) ⊂ I et P =

309
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

dans R définie par P1 = P et, pour tout n de N∗, 5.2.12 Soient k ∈ N∗ et f : [0; 1] −→ C continue.
Pn+1 = Pn ◦ P . On suppose que (Pn )n 1 converge uni- Montrer qu'il existe une suite (Pn )n∈N de polynômes telle
formément vers une application f : I −→ R . Montrer que que, en notant An = Pn (Xk ) , (An )n∈N converge unifor-
f est constante. mément vers f sur [0; 1].

5.2.6 Montrer que l'application f : ]0; 1] −→ R n'est pas 5.2.13 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
x−→sin x1 continue. Montrer que, si pour tout n de N ,
limite uniforme sur ]0; 1] d'une suite d'applications poly-  b n−
1

nomiales. (x + k) f (x) dx = 0 , alors f = 0.


a k=0
5.2.7 Soit (Pn )n∈N une suite de polynômes à coefficients 
(On convient que : (x + k) = 1).
réels convergeant uniformément vers 0 sur [−1; 0] et telle k∈∅
 1
que ∀n ∈ N, Pn (x) dx = 1 . 5.2.14 Soit f : [0; 1] −→ C continue. Montrer que les
0
propriétés suivantes sont deux à deux équivalentes :
Montrer que la suite deg(Pn ) n'est pas majorée. 1) f = 0
n∈N
 1
5.2.8 Soient k ∈ N , (Pn )n∈N une suite de polynômes à 2) ∀n ∈ N , x n f (x) dx = 0
0
coefficients réels telle que :  1

∀n ∈ N , deg(Pn )  k. 3) ∃N ∈ N , ∀n ∈ N , n  N ⇒ x n f (x) dx = 0
0
 1
Montrer que, s'il existe un segment [a; b] de R , non réduit
4) ∃k ∈ N∗ , ∀n ∈ N , x kn f (x) dx = 0.
à un point, tel que (Pn )n∈N converge uniformément sur 0
[a; b], alors, pour tout segment [c; d] de R , (Pn )n∈N
converge uniformément sur [c; d] vers un polynôme. 5.2.15 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, E = C([a; b],C)
muni de || · ||∞, P l'ensemble des applications polyno-
5.2.9 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, ◦
  miales de [a; b] dans C . Déterminer P , P , Fr(P) (dans E).
Pn : [a; b] −→ C n∈N une suite de polynômes,
f : [a; b] −→ C une application. 5.2.16 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ C
On suppose que (Pn )n∈N converge simplement vers f sur continue, N ∈ N∗ , a1 ,. . . ,a N ∈ [a; b] deux à deux dis-
[a; b] et qu'il existe N ∈ N tel que : tincts. Montrer qu'il existe une suite (Pn )n∈N de poly-
∀n ∈ N, deg(Pn )  N. nômes complexes telle que :

 C.U.
Démontrer que f est un polynôme et que (Pn )n∈N conver- Pn −−−→ f sur [a; b]
ge uniformément vers f sur [a; b]. n∞

∀i ∈ {1,. . . ,N }, ∀n ∈ N, Pn (ai ) = f (ai ).
5.2.10 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,
f : [a; b] −→ R continue, ε > 0. Montrer qu'il existe des 5.2.17 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,
polynômes P,Q à coefficients réels tels que : f : [a; b] −→ R continue.
 Montrer qu'il existe une suite décroissante
P(x)  f (x)  Q(x) (Pn : [a; b] −→ R)n∈N d'applications polynomiales à
∀x ∈ [a; b],
Q(x) − P(x)  ε. coefficients réels convergeant uniformément vers f sur
[a; b].
5.2.11 Soit a ∈]0; +∞[. Pour toute application
f : [−a; a] −→ C , on note fˇ : [−a; a] −→ C , cf. Analyse 5.2.18 Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b,
x−→ f (−x)
MPSI, § 4.1.3. f : [a; b] −→ C de classe C 1 . Montrer qu'il existe une
suite (Pn )n∈N de polynômes complexes telle que :
a) Montrer que, si une suite ( f n : [−a; a] −→ C)n∈N
converge uniformément vers une application C.U. C.U.
Pn −−−→ f et Pn′ −−−→ f ′ .
f : [−a; a] −→ C , alors ( fˇn )n∈N converge uniformément n∞ n∞

vers fˇ . 5.2.19 Un exemple de suite ayant deux limites diffé-


b) Soit f : [−a; a] −→ C continue. Montrer que, si f est rentes pour deux normes
paire (resp. impaire), alors il existe une suite (Pn )n∈N de On note E = R[X], I1 = [−2; −1] , I2 = [1; 2],
polynômes pairs (resp. impairs) convergeant uniformé- N1 : E −→ R , N2 : E −→ R les normes sur E définies
ment vers f sur [−a; a]. par : ∀P ∈ E,

310
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle

N1 (P) = Sup |P(x)| et N2 (P) = Sup |P(x)|. 2) Calculer, pour tout n ∈ N et tout (x,y) ∈ [0; 1]2 les trois
x∈I1 x∈I2
sommes :
Soit (A,B) ∈ E 2 quelconque. Montrer qu'il existe une n

suite (Pn )n∈N dans E telle que : Ckn x k y n−k ,


k=0
 n
 Pn −−−→ A dans (E,N1 ) 
n∞ kCkn x k y n−k ,
 Pn −−−→ B dans (E,N2 ). k=0
n∞ n

k 2 Ckn x k y n−k .
5.2.20 On note (Pn )n∈N la suite d'applications définie k=0
par P0 = 0 et : 3) En déduire, pour tout n ∈ N et tout x ∈ [0; 1] :
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1],

1

n
k 2 k x(1 − x)
Pn+1 (x) = Pn (x) + x − (Pn (x))2 . Ckn x − x (1 − x)n−k = .
2 k=0
n n
a)* Démontrer : 4) Établir :


2 x  

k  k || f ||∞
∀n ∈ N , ∀x ∈ [0; 1], 0  x − Pn (x)  √ . Ckn  f (x) − f x (1 − x)
n−k
 .
2+n x k∈E 2
n 2η2 n
b) En déduire que (Pn )n∈N converge uniformément sur C.U.
√ e) Conclure : Bn ( f ) −→ f sur [0; 1].
[0; 1] vers ρ : x −→ x . n∞

c) Montrer que la suite de polynômes f) Établir le résultat analogue plus généralement sur
(Q n : [−1; 1] −→ R)n∈N définie par : [a; b], (a,b) ∈ R2 , a  b.

∀n ∈ N, ∀t ∈ [−1; 1], Q n (t) = (Pn (|t|))2 5.2.22 Une démonstration du 1er théorème de
Weierstrass
converge uniformément sur [−1; 1] vers ϕ : t −→ |t| .
Soient (a,b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a; b] −→ K conti-
5.2.21 Une démonstration du 1er théorème de nue, ε > 0.
Weierstrass, méthode de Bernstein a) Montrer qu'il existe n ∈ N∗ , une subdivision (xk )0k n
Soit f : [0; 1] −→ K continue. On note, pour tout n ∈ N, de [a; b], et des complexes µk (1  k  n − 1) tels qu'en
Bn ( f ) le polynôme de K[X] défini par : notant gk : [a; b]−→ C , on ait :
n
0 si x  xk
k k x−→
∀ x ∈ [0; 1], Bn ( f )(x) = Ckn f x (1 − x)n−k , x − xk si x > xk
k=0
n  


1
n−  ε

appelé polynôme de Bernstein. ∀x ∈ [a; b],  f (x) − f (a) + µk gk (x)   .
  2
Soit ε > 0 fixé. k=0
a) Montrer qu'il existe η > 0 tel que : b) Avec les notations de a), montrer qu'il existe des poly-

nômes Pk (0  k  n − 1) tels que :
ε
∀ (u,v) ∈ [0; 1]2 , |u −v|  η ⇒ | f (u)− f (v)|  . ε
2 ∀x ∈ [a; b], |gk (x) − Pk (x)|  ,
nM
b)} Montrer, pour tout n ∈ N et tout x ∈ [0; 1] :
n 
 1
n−
    k  k où M = 1 + |µk |. (Utiliser l'exercice 5.2.20 c)).
 f (x)− Bn ( f )(x)  Ckn  f (x)− f x (1−x)n−k .
k=0
n  k=0
c) En déduire que f est limite uniforme sur [a; b]d'une
Soient n ∈ N, x ∈ [0; 1]. On note : suite de polynômes.
   $
 k
E 1 = k ∈ {0,...,n}; x −   η ,
n 5.2.23 Une démonstration du 1er théorème de
   $
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

 k  Weierstrass, méthode de Korovkine



E 2 = k ∈ {0,...,n}; x −  > η .
n On note E = C ([0; 1],R).
c) Montrer : Une application linéaire T : E −→ E est dite positive si et
seulement si :
 

k  k ε
Ckn  f (x) − f x (1 − x)
n−k
 . ∀ f ∈ E, ( f  0 ⇒ T ( f )  0).
k∈E 1
n 2
Pour tout k de N , on note ek : [0; 1] −→ R .
d) 1) Établir : x−→x k
 

k  k Pour tout n de N , on note Bn : E −→ E l'application défi-
Ckn  f (x) − f x (1 − x)
n−k
n nie par : ∀ f ∈ E, ∀x ∈ [0; 1],
k∈E 2

n


2|| f ||∞ n
k 2 k k k k
 Ck
x − x (1 − x)n−k . Bn ( f )(x) = Cn f x (1 − x)n−k .
η2 n
n n
k=0 k=0

311
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

a) Soient f ∈ E , ε ∈ ]0; +∞[ . Montrer qu'il existe 5.2.28 a) Soient f : [0; 1] −→ R , n ∈ N . Montrer que, si
α ∈ ]0; +∞[ tel que : ∀(x,y) ∈ [0; 1]2 , f est majorée (resp. minorée), alors Bn ( f ) est majorée
(resp. minorée) et, pour tout x de [0; 1],
2|| f ||∞
| f (x) − f (y)|  ε + (x − y)2 .
α2 Bn ( f )(x)  Sup f (t) resp. Bn ( f )(x)  Inf f (t) .
t∈[0;1] t∈[0;1]
b) Vérifier que, pour tout n de N , Bn est linéaire positive.
b) Montrer que, si f : [0; 1] −→ C est bornée, alors, pour
c) Montrer : ∀k ∈ {0,1,2}, ||Bn (ek ) − ek ||∞ −−−→ 0 .
n∞ tout n de N , Bn ( f ) est bornée et :
d) En déduire : ∀ f ∈ E , ||Bn ( f ) − f ||∞ −−−→ 0 .
n∞ ||Bn ( f )||∞  || f ||∞ .
Ainsi, f est limite uniforme sur [0; 1] de la suite
(Bn ( f ))n∈N des polynômes de Bernstein de f. 5.2.29 Etablir : ∀ f ∈ K[0;1] , ∀n ∈ N , ∀x ∈ [0; 1],
Les exercices 5.2.24 à 5.2.39 portent sur les polynômes de Bn (| f |2 )(x)  |Bn ( f )(x)|2 .
Bernstein de f, définis, pour f : [0; 1] −→ K , n ∈ N ,
x ∈ [0; 1] par : 5.2.30 Montrer que, si f : [0; 1] −→ R est convexe,
n

 k x k alors :
Bn ( f )(x) = Cn f x (1 − x)n−k
k=0
n ∀n ∈ N, ∀x ∈ [0; 1], Bn ( f )(x)  f (x).
cf. ex. 5.2.21.
5.2.31 a) 1) Montrer, pour tous f ∈ K[0;1] , n ∈ N ,
5.2.24 Montrer : ∀ f ∈ C[0;1] , ∀n ∈ N , x ∈ [0; 1] :
Bn ( f )(0) = f (0) et Bn ( f )(1) = f (1) . (Bn ( f ))′ (x)
1
n−

5.2.25 Montrer : ∀ f ∈ C[0;1] , ∀n ∈ N , k k+1 k


=n Cn−1 f − f x k (1 − x)n−1−k .
n n
Bn ( f ) = Bn ( f ) . k=0
2) En déduire, pour toute f de R[0;1] et tout n de N :
5.2.26 Pour f ∈ K[0;1] , on note f˜ : [0; 1] −→ K . • si f est croissante, alors Bn ( f ) est croissante
x−→ f (1−x)
• si f est décroissante, alors Bn ( f ) est décroissante.
Montrer : ∀ f ∈ K[0;1] , ∀n ∈ N , Bn ( f˜) = B%
n( f ) .
b) 1) Montrer, pour tous f ∈ K[0;1] , n ∈ N , x ∈ [0; 1] :
5.2.27 Soient n ∈ N et Bn : R[0;1] −→ R[0;1] . (Bn ( f ))′′ (x)
f −→Bn ( f )
n−2


a) Montrer que Bn est linéaire. k k +2 k +1 k


= n(n − 1) Cn−2 f −2f + f x k (1 − x)n−k .
n n n
b) Etablir que Bn est positif, c'est-à-dire : k=0

[0;1] 2) En déduire, pour toute f de R[0;1] et tout n de N :


∀f ∈R , f  0 ⇒ Bn ( f )  0 .
• si f est convexe, alors Bn ( f ) est convexe
c) En déduire que Bn est croissante. • si f est concave, alors Bn ( f ) est concave.

5.2.3 Approximation par des polynômes


trigonométriques
Dans ce § 5.2.3, on note T un réel > 0 (qui sera une période des fonctions considérées), et

ω= , appelé pulsation.
T
Définition
On appelle polynôme trigonométrique complexe toute application U : R −→ C
telle qu'il existe N ∈ N et (cn )−N n  N ∈ C2 N +1 tels que :
N

Mo

Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é

onier
r

U (t) = c−N e−iN ωt + . . . ∀t ∈ R, U (t) = cn einωt .


+c N eiN ωt .
étr ie M

n=−N
éom
G

ier
bre Mon
Algè
n ier
Mo

tr i e
Géomé

312
5.2 • Approximation des fonctions d’une variable réelle

Remarque : Avec les notations de la Définition précédente et si N  1 , on a, pour tout t


de R :

−1 N

Mo
ni er A

n ie
lgèb
re Monie

r Algè
bre G
éom é
r
On groupe les termes d’indices < 0 U (t) = cn ( cos nωt + i sin nωt) + c0 + cn ( cos nωt + i sin nωt)
d’une part, et on groupe les termes
Mo
onier
étr ie M

n=−N n=1
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

d’indices > 0 d’autre part.


tr i e
Géomé

N
 N

Mo
n ie
r Algè
bre Mon
ie

bre G
éom é
r
Changement d’indice m = −n dans = c−m ( cos mωt − i sin mωt) + c0 + cn ( cos nωt + i sin nωt)
r Algè

la première sommation.
n ie

m=1 n=1
Mo
onier
étr ie M
éom
G

onier
èbre M
r Alg
n ie
Mo

tr i e

N
Géomé

  
= c0 + (cn + c−n ) cos nωt + i(cn − c−n ) sin nωt .
n=1

Notons, pour tout n de N , an = cn + c−n , bn = i(cn − c−n ) . On a alors, pour tout t de R :


N

a
U (t) = 0 + (an cos nωt + bn sin nωt).
2
n=1

Réciproquement, soient N ∈ N , (an )0n  N ∈ C N +1 , (bn )0n  N ∈ C N +1 tel que b0 = 0, et


notons, pour n ∈ Z tel que −N  n  N :
1

 (an − ibn ) si 0  n  N
cn = 2
 1 (a + ib ) si −N  n  0.

−n −n
2
Nous retrouverons ces notations dans le On a alors, pour tout de R :
chapitre 7, sur les séries de Fourier.
N N
a0  
+ (an cos nωt + bn sin nωt) = cn einωt .
2
n=1 n=−N

Ainsi, un polynôme trigonométrique complexe peut être considéré comme une combinaison
linéaire à coefficients complexes de fonctions t −→ einωt ou comme une combinaison linéai-
re à coefficients complexes de fonctions t −→ cos nωt et de fonctions t −→ sin nωt .


Les familles R −→ C et R −→ R ∪ R −→ R étant libres,


t−→einωt n∈Z t−→cos nωt n∈N t−→sin nωt n∈N∗
on en déduit l'unicité des coefficients d'un polynôme trigonométrique.

Nous admettons le théorème suivant

Théorème 2ème théorème de Weierstrass


Pour toute application f : R −→ C continue et T-périodique, il existe une suite
(Tn )n∈N de polynômes trigonométriques complexes convergeant uniformément vers
f sur R.

Remarques :
1) Le 2ème théorème de Weierstrass peut s'exprimer par : l'ensemble des polynômes trigo-
nométriques complexes (associés à la période T) est dense dans l'ev des applications de R
dans C continues et T-périodiques muni de || · ||∞.
2) Puisque tout polynôme trigonométrique complexe est de classe C ∞, on déduit du 2ème
théorème de Weierstrass le résultat suivant :
Toute application de R dans C continue et T-périodique est limite uniforme sur R d'une
suite d'applications de classe C ∞ et T-périodiques.

Corollaire
Ce résultat,qui n’est pas explicitement au Soit f : R −→ C continue et T-périodique.
programme, se rencontre souvent en  T
exercice.
Si, pour tout n de Z , f (t)e−inωt dt = 0, alors f = 0.
0

313
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

Preuve
D'après l'hypothèse, puisque tout polynôme trigonométrique complexe est combinaison linéaire de fonc-
tions t −→ einωt (n ∈ Z), on a, pour tout polynôme trigonométrique complexe U,
 T  T
U (t) f (t) dt = 0, et donc aussi par conjugaison, U (t) f (t) dt = 0.
0 0
D'après le 2ème théorème de Weierstrass, il existe une suite (Un )n∈N de polynômes trigonométriques
complexes convergeant uniformément sur R vers f. On a, pour tout n de N :
 T  T  T  T  
0 | f (t)|2 d t = | f (t)|2 d t − f (t)U (t)d t = f (t) f (t) − Un (t) d t
0 0 0 0

 T || f ||∞ || f − Un ||∞ .
 T
Comme || f − Un ||∞ −−−→ 0 , on déduit | f (t)|2 dt = 0 , d'où, puisque f est continue sur [0; T ] :
n∞ 0
∀t ∈ [0; T ], f (t) = 0.
Enfin, f étant T-périodique, on conclut : f = 0. 䊏

Nous utiliserons le 2ème théorème de Weierstrass dans l'étude des séries de Fourier, cf. 7.2.3 p. 447.

5.3 Séries d'applications


Définition
On appelle série d'applications tout couple ( f n )n∈N, (Sn )n∈N ) formé d'une suite
d'applications ( f n : X −→ E)n∈N , où X est un ensemble non vide, et de la suite
n
(Sn )n∈N définie par : ∀n ∈ N , Sn = fk .
k=0
 
Le même vocabulaire est utilisé pour

La série d'applications (( f n )n∈N ,(Sn )n∈N ) est notée f n , ou ( f n : X −→ E)
une série f n ,d'indice « de départ » n 0 n 0
n n 0 lorsque l'on veut rappeler les ensembles de départ et d'arrivée des f n .
n 0 , n 0 ∈ N. 
Pour n ∈ N , Sn s'appelle la nème somme partielle de la série f n ..
n 0

5.3.1 Convergences

Soit ( f n : X −→ E) une série d'applications.
n 0

1) Convergence simple

Définition 1

Mo
ni e r Al
gèbr

r Algè
e Monie

bre G
r

éom é
Pour étudier la convergence On dit que f n converge simplement (sur X) si et seulement si la suite (Sn )n 0
simple d’une série d’applications
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

 n 0
G

onier
èbre M
n ie r Alg
Mo

tr i e

( f n : X −→ E) ,on fixe x ∈ E
Géomé

des sommes partielles converge simplement (sur X), c'est-à-dire si et seulement si,
n 0 
et on étudie la nature de la série
 pour chaque x de X, la série f n (x) converge dans E.
f n (x) . n 0
n 0 
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Définition de la convergence simple de

Si Y est une partie de X, on dit que f n converge simplement sur Y si et seule-
n 0
Mo
onier

f n sur une partie de X .


étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè


n ier


Mo

tr i e
Géomé

n
ment si f n Y converge simplement sur Y, c'est-à-dire si et seulement si, pour
n 0

chaque x de Y, f n (x) converge dans E.
n 0
314
5.3 • Séries d’applications


On appelle quelquefois ensemble (ou : domaine) de convergence simple de fn
n 0

l'ensemble des x de X tels que f n (x) converge.
n 0

Définition 2
 
La notion de reste d’ordre n et la notion Soit f n une série d'applications ; on suppose que f n converge simplement sur X.
de somme d’une série d’applications ne n 0 n 0

sont définies que lorsque la série fn
n 0
On appelle, pour chaque n de N, reste d'ordre n l'application Rn : X −→ E définie
+∞

converge simplement.
par : ∀x ∈ X, Rn (x) = f k (x).
k=n+1
 +∞

On appelle somme de la série f n l'application, notée f n , définie de X dans E
n 0 n=0
+∞

+∞

par : ∀x ∈ X, f n (x) = f n (x).
n=0 n=0


Remarque : Avec les notations précédentes, si f n converge simplement, on a :
n 0
+∞

∀n ∈ N, Sn + Rn = fk .
k=0

2) Convergence absolue
On veillera à ne pas confondre Définition 3
l'application || f n || et le réel || f n ||∞ .En 
pratique, E est le plus souvent K et la On dit que f n converge absolument (sur X) si et seulement si, pour chaque x
norme || · || est alors | · | (valeur absolue n 0
 
ou module) ; dans ce cas, fn de X, || f n (x)|| converge (dans R).
n 0
n 0
converge absolument si et seulement si

| f n | converge simplement,où | f n |  
n 0 Remarque : f n converge absolument si et seulement si || f n || converge simplement,
est l'application | f n | : X −→ R . n 0 n 0
x −→ | f n (x)| où on a noté || f n || l'application || f n || : X −→ R .
C'est de là que vient le terme de x −→ || f n (x)||
« convergence absolue ». 
Mo
ni er A

n ie
lgèb

r Algè
re Monie

bre G
éom é
r
Définition de la convergence absolue de

Si Y est une partie de X, on dit que f n converge absolument sur Y si et seulement
n 0
Mo
onier

f n sur une partie de X .


étr ie M
éom
G

ier
bre Mon
Algè


n ier


Mo

tr i e
Géomé

n 0
si f n Y converge absolument (sur Y), c'est-à-dire si et seulement si, pour chaque x
n 0

de Y, || f n (x)|| converge (dans R).
n 0

© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.

On appelle quelquefois ensemble (ou : domaine) de convergence absolue de fn


n 0

l'ensemble des x de X tels que || f n (x)|| converge.
n 0

3) Convergence uniforme

Définition 4

On dit que f n converge uniformément (sur X) si et seulement si la suite (Sn )n 0
n 0
des sommes partielles converge uniformément (sur X).

315
Chapitre 5 • Suites et séries d’applications

 
Remarque : On montre facilement que, si f n et gn convergent uniformément sur X
n n

et si λ ∈ K est fixé, alors (λ f n + gn ) converge uniformément sur X.
n

Définition de la convergence uniforme 


 Si Y est une partie de X, on dit que f n converge uniformément sur Y si et seulement si
r
e Monie
gèbr
e r Al
ni
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier

f n sur une partie de X .


étr ie M

de
éom
G

onier
èbre M

n
n ie r Alg
Mo

 
tr i e
Géomé

n
f n  converge uniformément (sur Y ).
n Y
 
Il est clair que, si f n converge uniformément sur Y et si Z ⊂ Y, alors f n converge uni-
n n
formément sur Z.

Proposition 1

Propriété très utile en pratique. f n converge uniformément sur X si et seulement si :
n 0
 
 la série f n converge simplement sur X
n 0

la suite (Rn )n 0 des restes converge uniformément vers 0 sur X.

Preuve

1) Supposons que f n converge uniformément. Alors (Sn )n 0 converge uniformément, donc simplement.
n 0
En notant S la limite (simple et uniforme) de (Sn )n 0 , on a donc : ∀x ∈ X, Sn (x) −−−→ S(x).
n∞

Comme, pour chaque x de X , Sn (x) est la n ème somme partielle de la série f k (x)
k 0

(à termes dans E ), il s'ensuit que, pour tout x de X, la série f n (x) converge et a pour somme S(x) .
n 0
 +∞

Ainsi, f n converge simplement (sur X) et f n = S.
n 0 n=0
re Monie
r

C.U. C.U. C.U.


Comme Sn −−−→ S, et que (∀n ∈ N, Rn = S − Sn ) , on déduit : Rn −−−→ 0.
lgèb
ni er A

Rn = S− Sn −−−→ S− S = 0 .
Mo éom é
bre G
r Algè
n ie
Mo
onier
étr ie M
éom

n∞ n∞
G

onier

n∞
èbre M
n ie r Alg
Mo


tr i e
Géomé

2) Réciproquement, supposons que f n converge simplement et que (Rn )n 0 converge uniformément


n 0
+∞

vers 0. Notons S = fn .
n=0
lgèb
re Monie
r

C.U. C.U. 
Comme (∀n ∈ N , Sn = S − Rn ), on déduit Sn −−−→ S, et donc f n converge uniformément. 䊏
ni er A