Fraude Fiscale au Maroc: Causes et Solutions
Fraude Fiscale au Maroc: Causes et Solutions
1
Je souligne la nécessité d'appliquer strictement les exigences du deuxième
paragraphe du chapitre I de la Constitution, qui prévoit la corrélation entre la
responsabilité et la reddition des comptes. Il est temps d'activer pleinement ce
Principe. "
Discours de Sa Majesté le Roi à l'occasion du 18e anniversaire du jour du Trône
2
Dédicaces
3
Remerciements
Merci Dieu
Avant toute personne nous tenons à remercier Mme Dounia KARIMI pour nous avoir accordé l’honneur de
nous encadrer et de nous accompagner tout au long de la préparation de ce mémoire en nous faisant
bénéficier de ses innombrables conseils, de son temps précieux et de son apport inestimable. Merci pour votre
patience, présence et soutien.
Au terme de ce travail, nous adressons nos sincères remerciements également à monsieur le professeur
Abedarrahim FARACHA, pour ses conseils précieux, sa disponibilité, ses commentaires qui sont
particulièrement intéressants et enrichissants ainsi que ses remarques judicieuses pour la réalisation de ce
travail.
Nos remerciements vont également à Mme Leila ELGNAOUI de nous avoir donné l’honneur d’assister parmi
les membres du jury et d’évaluer notre travail.
Nous exprimons aussi nos précieux sentiments de gratitude et de reconnaissance à tous ceux qui nous ont
enseigné, notamment les cadres enseignants de la faculté Hassan II, des sciences économiques, juridiques et
sociales de Casablanca.
Nul mot ne peut suffire, pour remercier nos familles, pour leur soutien, et leur encouragement. Nos parents,
nos frères et sœurs, ce travail vous est dédié.
Un spécial remerciement à tous nos amis pour l’intérêt et le soutien qu’ils nous ont généreusement accordés et
à tous ceux qui de près ou de loin, d’une façon ou d’une autre, ont participé à notre réussite.
Nous tenons à exprimer notre gratitude aux camarades et amis pour les échanges et partages d'expérience, les
remarques et les suggestions pertinentes, ainsi que pour le climat fraternel qui a régné tout au long de la
préparation de ce modeste mémoire.
4
SOMMAIRE
5
INTRODUCTION GENERALE
L’impôt est au centre des rapports qui lient une société à l’Etat qui la gouverne. L’impôt est en effet
un fait social intimement lié à l’évolution des sociétés et notamment à celle de leurs institutions,
politiques, juridiques, économiques.
L’impôt, contribution aux charges de l’Etat a comme particularités principales le caractère obligatoire
et l’absence de contrepartie directe. La logique de l’imposition implique donc une notion de
contrainte puisque l’impôt est prélevé par voie d’autorité par l’administration. De même le
contribuable ne peut-il prendre connaissance précise de l’utilisation fais de ces fonds. La tentation
est alors grande de se soustraire au paiement des sommes dues, reportant ainsi la charge de
l’imposition sur les autres contribuables. Si les impôts ne constituent plus aujourd’hui le seul
prélèvement à caractère obligatoire nous avons cependant limité notre étude à l’imposition
proprement dite, et plus particulièrement à celle des particuliers, excluant par-là même du champ de
notre analyse le problème des fraudes sociales, ou de celle des entreprises.
La problématique de la fraude fiscale est, à l’image du phénomène, complexe. Elle apparaît comme
une limite au pouvoir d’imposer et implique dès lors la confrontation des contribuables et de l’Etat.
En contrariant la collecte des ressources étatiques elle constitue un sujet d’inquiétude pour les
gouvernements. Cette inquiétude est de plusieurs ordres. Elle revêt d’abord une dimension
purement financière car la fraude génère une perte de ressources fiscales. Néanmoins, si la fraude
grève les capacités des gouvernements à faire face à leurs dépenses, elle contraint aussi la
répartition équitable du fardeau du financement public entre les contribuables en accroissant la
charge de ceux qui demeurent honnêtes. En somme, la fraude contrarie à la fois l’efficacité et
l’équité de la collecte des ressources publiques. Enfin, elle traduit également les lacunes du contrôle
qu’exercent les pouvoirs publics sur les agents privés et témoigne de la méconnaissance des causes
et des schémas par lesquels les contribuables éludent l’impôt. Dès lors, afin de restaurer l’efficacité
de la collecte il devient nécessaire de s’interroger sur les causes de la fraude fiscale et la nature du
problème sous-jacent.
Afin d’apporter des réponses à ces divers points il paraît dans un premier temps nécessaire de cerner
les spécificités du délit de fraude fiscale. Celles-ci découlent essentiellement de l’agent à l’encontre
duquel s’opère ce délit : l’Etat. La première particularité de ce crime est alors de s’exercer à
l’encontre d’un acteur qui dispose du pouvoir de décision en matière fiscale. Ainsi, l’Etat fixe-t-il les
règles fiscales, déterminant par-là même, tant la structure que le niveau de l’imposition. Mais il est
également l’organisateur de la perception des sommes dues, l'instigateur du contrôle, ainsi que celui
6
qui fixe les sanctions applicables lors de la détection de l’acte de fraude. Il dispose donc du pouvoir et
des ressources nécessaires pour lutter contre l’offense faite à son encontre. Ainsi, établit-il une
administration fiscale chargée de recouvrer l’impôt et de contrôler l’exactitude des montants
acquittés.
Deux points centraux doivent être détachés de ces considérations. Premièrement la fraude fiscale,
transgression de la loi fiscale, ne peut être analysée indépendamment des procédures de contrôle
établies pour s’assurer de la sincérité des déclarations, ou recouvrer les sommes dues. Ceci justifie
que nous insistions sur l’interaction des deux parties au problème, contribuables et administration
fiscale, et que nous parlions de face à face fiscal. La forme de la fraude, tributaire de la technique
d’imposition mais aussi des risques encourus, au alors toutes les chances de se révéler évolutive,
impliquant en parallèle une adaptation des mesures instaurées pour la contraindre. Deuxièmement,
le face à face fiscal ne peut exclure le rapport des contribuables aux décideurs. En effet, le
gouvernement, disposant du pouvoir de décision fiscale, a également la possibilité d’adapter la
structure fiscale afin de limiter la fraude des agents et de restituer de la légitimité au prélèvement.
Néanmoins, Il est nécessaire de prendre en compte la nature duale du contribuable puisque ce
dernier est également un électeur. Alors, du fait des objectifs politiques des gouvernants,
notamment la contrainte de réélection, le contribuable est susceptible d’influencer la décision fiscale
et d’orienter la modification de la structure fiscale. C’est donc de cette interaction que découlera la
réalité de l’imposition. Dès lors, c’est au regard de ce face à face fiscal et en prenant en considération
les interactions entre les différents acteurs que nous pourrons apporter un éclaircissement sur les
causes de la fraude fiscale. La littérature économique sur le sujet nous permettra alors
progressivement d’analyser la complexité de la décision de fraude et d’en éclaircir la nature. Tel est
l’objet de ce travail, le face à face Etat-contribuables compris comme l’opposition d’acteurs qui
soumis à des contraintes propres mais poursuivant des objectifs contraires vont développer des
stratégies antagonistes, chacun contrecarrant pas à pas les efforts de l’autre. De cette opposition
découlera en premier lieu à l’adaptation de la procédure répressive puis, en second lieu, l’évolution
de la structure fiscale.
Les groupes sociaux ont toujours été confrontés au lancinant problème des dépenses à effectuer
pour la survie et la continuité du groupe.
Pour fonctionner toute société a besoin d’avoir des ressources susceptibles de couvrir les besoins
collectifs.
7
Par ailleurs, parmi les moyens d’avoir financier de l’Etat, nous avons les dépenses publiques et les
ressources publiques. Dans ces dernières nous retrouvons les ressources définitives, celles de
trésorerie et celles extraordinaires.
Mais nous attirons toute notre attention aux ressources définitives parce qu’elles comprennent les
ressources fiscales.
Comme l’impôt est la principale source de revenu dans un Etat, on part de l’idée que seule l’autorité
politique peut satisfaire la demande de biens publics comme la sécurité publique et la défense
nationale, extension du concept de tout ce que l’on appelle aujourd’hui « services publics ». L’Etat
produit les biens publics demandés par ses membres. Le coût de cette production détermine le
niveau nécessaire des prélèvements obligatoires : tous profitant des biens publics, tous doivent
contribuer à leur financement.
Si l’Etat cherche à lever des impôts maximum sans égard à la demande de biens publics, s’il exploite
les contribuables au profit d’une minorité qui reçoit plus qu’elle ne paie, alors les contribuables se
réfugient dans : La fraude fiscale.
A cet effet, il faut souligner qu’aux inégalités mises en place par la loi fiscale s’ajoutent les inégalités
découlant des conditions d’application de la législation fiscale. Certains impôts peuvent être plus
facilement fraudés que d’autres, et les moyens de prévention et de contrôle sont très inégalement
efficaces. Il en résulte que les différentes catégories sociales et professionnelles ne sont pas dans une
situation identique à l’égard de la fraude fiscale et ceci résulte assez souvent de choix politiques
délibérés.
Les salariés sont facilement contrôlés à, partir des déclarations faites par les employeurs.
Par contre de nombreuses professions libérales, commerciales et industrielles disposent de
nombreuses possibilités de soustraire une partie de leurs activités à l’impôt et les mesures
nécessaires pour leur contrôle ne sont délibérément pas mises en place.
Mais les interrogations que nous nous posons sont celles de savoir pourquoi le gouvernement, le
législateur ne fournissent pas assez d’effort pour lutter contre la fraude fiscale au Maroc ?
Comment le Maroc peut –il se développer s’il ne met pas d’effort pour lutter pour ce manque à
gagner qui est la fraude fiscale ? Il y’a-t-il un contrôle efficace au Maroc pour la lutte contre la
fraude fiscale ?
8
INTERET DU SUJET :
Tous les pays aussi bien ceux en voie de développement que ceux industrialisés aspirent au
développement, ce dernier est un idéal et en tant que tel, il est comme une limite asymptotique. On
le poursuit sans jamais s’assurer de l’avoir atteint une fois pour toute.
Cependant, au moment où l’Etat a besoin de recettes pour assurer ce développement et mener à
bien son devoir de satisfaction du besoin collectif, des personnes aussi bien morales que physiques
font tout pour échapper au paiement de l’impôt.
C’est ainsi que ce travail présente un intérêt pratique en ce sens qu’il apporte certaines informations
sur les causes qui poussent le contribuable à éluder l’impôt, aussi sur les procédés utilisés pour
frauder, et sur les conséquences de la fraude fiscale qui font que l’effort pourtant attendu au
développement du Maroc, peut n’être qu’une illusion.
Il constituera en quelque sorte un cri d’alarme qui pourra nous amener à cogiter sur les méthodes les
plus adéquates pour combattre ce fléau social et économique qu’est la fraude fiscale.
METHODOLOGIE :
La méthodologie adoptée pour l’élaboration du présent travail s’articule autour des axes ci-après :
1. Choix du sujet de la recherche avec présentation de la cible, à savoir la détermination des
causes et conséquences et moyens de lutte la fraude fiscale ;
2. Recueil des informations nécessaires à partir des ouvrages et rapports ;
3. Développement stratégique du travail à déterminer :
Distinction entre la fraude et l’évasion fiscale ;
Détermination des causes et procédés de la fraude fiscale ;
Détermination des conséquences de la fraude ;
Définir les moyens de lutte contre la fraude fiscale.
Par conséquent, ce travail sera scindé en deux axes de recherche :
La première partie présentera une approche d’ensemble sur la fraude fiscale, en faisant la distinction
entre deux phénomènes qui prêtent souvent à confusion l’évasion et la fraude fiscale et en
déterminant les diverses causes de cette dernière. De même que les conséquences de la fraude
fiscale aussi bien sur le plan social que sur le plan économique.
La deuxième partie viendra logiquement étudier les moyens dont dispose l’Etat pour lutter contre la
fraude fiscale.
9
Pour enrichir ce travail, Un questionnaire en est fait pour voir la réaction de plusieurs parties en
matière de la fraude fiscale au Maroc.
Cette enquête a une double dimension : enquête de fréquentation et enquête de satisfaction.
L’objectif est donc de mieux connaître les opinions des agents qui exercent différents professions, et
de pouvoir déterminer les niveaux de satisfaction par catégories.
Comme illustré ci-dessus, La population mère est constituée des fiduciaires (35,40%), des étudiants
(29,20%), des experts comptables membre d’OEC (6,20%), Chefs d’entreprises (7,70%), des Fiscalistes
(4,60%) et les agents et cadres de l’administration fiscale (3,10%). Les professions restantes
constituent (1%) pour chacune de cette population.
10
Première Partie :
Fraude Fiscale : Définition –
Causes – Procèdes
11
INTRODUCTION :
La fiscalité est le processus par lequel les pouvoirs publics s'assurent des fonds prélevés par voie
obligatoire afin de financer les dépenses publiques. Les impôts sont prélevés directement sur les
personnes physiques ou sur des personnes morales ou indirectement sur des transactions, sur des
biens corporels ou prestations de services. Ce caractère obligatoire de la fiscalité engendre une
réaction de défense chez le contribuable qui cherche à éviter le prélèvement que le fisc prétend
opérer sur son patrimoine, ou au moins à en réduire l'ampleur. Cette réaction qui est communément
appelée le phénomène de fuite devant l'impôt comprend l'évasion fiscale et la fraude fiscale.
Par conséquent, nous envisagerons d’étudier dans ce premier chapitre :
Les termes désignant la fraude fiscale sont imprécis, cela provient de leur diversité. Si l’on parle en
effet de fraude, on parle aussi de fraude légale ou légitime, de fraude illégale, d’évasion
internationale, d’évasion légale, d’évasion illégale, de paradis fiscaux ou de refuge, d’abus de droit de
fuite devant l’impôt , de libre choix de la voie la moins imposée ou encore de sous- estimation fiscale
, de fraude à la loi ou d’économie souterraine . Devant cette ambigüité de la notion de fraude fiscale
nous allons essayer de son approcher juridiquement.
12
Paragraphe 1 : Définition de la fraude fiscale
Autour de la fraude fiscale gravite tout un kaléidoscope d’images et de mots qui rend très difficile la
compréhension du phénomène. Le législateur marocain touché également par la confusion
terminologique du phénomène n’a pas expressément définis la fraude fiscale. Dans le titre premier «
sanctions en matière d’assiette » du Code Général des Impôts Marocain, les seuls actes réprimés
fiscalement sont :
- Le défaut ou retard dans les dépôts des déclarations du résultat fiscal, des plus-values, du revenu
global, des profits immobiliers, du chiffre d’affaire, des actes et des conventions ;
- L’abstention de communication des documents ;
- La rectification, l’omission, l’insuffisance ou la minoration de la base imposable, une nuance est
néanmoins introduite à ce niveau, elle entraîne l’application d’une majoration de 100 % au lieu de 15
% des droits correspondants au bénéfice de l’exercice lorsque la mauvaise foi du contribuable est
établie ;
- La complicité de fraude, en effet l’article 187 " Sanctions pour fraude ou complicité de fraude " du
Code Général des Impôts stipule que : " Une amende égale à 100 % du montant de l’impôt éludé est
applicable à toute personne ayant " participé aux manœuvres destinées à éluder le paiement de
l’impôt, assisté ou conseillé le contribuable dans l’exécution desdites manœuvres, indépendamment
de l’action disciplinaire si elle exerce une fonction publique " , il est à signaler que la répression
prévue par cet article concerne le complice à la fraude fiscale et non pas le contribuable fraudeur.
En droit comparé, plus précisément en droit français la fraude fiscale est défini par l’article 1741 du
Code Général des Impôts qui dispose que : " quiconque s’est frauduleusement soustrait ou tenté de
se soustraire frauduleusement à l’établissement ou au paiement total ou partiel de l’impôt, soit qu’il
ait volontairement omis de faire sa déclaration dans les délais prescrits, soit qu’il ait volontairement
dissimulé une partie des sommes sujettes à l’impôt, soit qu’il ait organisé son insolvabilité ou mis
obstacle par d’autres manœuvres au recouvrement de l’impôt , soit en agissant de toute autre
manœuvre frauduleuse . "
13
En droit général, la qualification possible de la fraude fiscale fut fondée sur trois éléments à savoir
l’élément légal, l’élément matériel et l’élément intentionnel.
a - L’ELEMENT LEGAL :
La fraude fiscale est acte de mauvaise foi qui s’exerce à l’encontre d’un objet en l’occurrence la loi, et
n’existe que s‘il y’a une règle obligatoire à laquelle on tente de se soustraire.
La loi constitue donc l’élément légal. L’élément légal est une nécessité évidente. Le principe de la
légalité des incriminations offre au contribuable une garantie contre les abus toujours possibles de
l’Etat, puisque la répression n’est possible que sur la base d’un texte législatif d’incrimination.
En droit marocain, bien que le législateur marocain n’invoque pas expressément la fraude fiscale,
nous pouvons dire que les articles 186 et 187 du Code Général des Impôts marocain constituent
l’élément légal.
Par contre, en droit français l’élément légal est prévu fiscalement et pénalement. La fraude fiscale en
droit français fait l’objet d’une double répression, l’article 1729 du Code Général des Impôts réprime
la fraude fiscale par des majorations fiscales. Au contraire, l’article 1741 institue une répression
pénale. Face à cette dualité de textes et de sanctions en droit français, la question s’est posée de
savoir si la notion de fraude fiscale avait une unité. N’y’a-t-il pas deux notions de fraude fiscale ?
L’une pénale et l’autre fiscale ?
La doctrine française se prononce le plus souvent pour l’unité, les articles 1729 et 1741 du Code
Général des Impôts réprimeraient le même délit de fraude fiscale.
b - L’ELEMENT MATERIEL :
La fraude ne doit pas être latente, pour être condamnable il faut qu’un fait extérieur la révèle :
l’élément matériel. Ainsi les deux principales manifestations de la fraude fiscale sont l’omission ou
l’action.
- La fraude pour omission est très fréquente, surtout en matière de
TVA. Elle représente en moyenne près de 50% des chefs de redressement après vérification par
l’administration fiscale. Elle peut prendre deux formes : l’omission de déclaration ou l’omission d’un
élément d’assiette.
1) L’omission de déclaration est constitutive du délit de fraude fiscale si volontairement, elle permet
de se soustraire au paiement de l’impôt.
2) L’omission d’un élément d’assiette est très courante. Surtout en matière de droits
d’enregistrement où l’on parle « d’insuffisance d’évaluation ».
14
- En général, la fraude par action conduit à des dissimulations en matière imposable. Cette
dissimulation peut être matérielle ou juridique.
1) La dissimulation matérielle porte notamment sur les bénéfices. Elle est obtenue directement par la
minoration de recettes ou de stocks et indirectement par la majoration des charges.
2) La dissimulation juridique par acte déguisé se ramène à l’abus de droit (3). Les parties s’entendent
pour cacher la véritable nature du contrat. Cependant, les manifestations de l’élément matériel
peuvent tenir de la simple tentative, l’article 1741 du Code Général des Impôts français sanctionne
«Quiconque s’est frauduleusement soustrait ou a tenté de se soustraire frauduleusement à
l’établissement au paiement … des impôts ». Autrement dit, la tentative de fraude est punissable.
Cette extension pose d’ailleurs un problème de frontière. Entre les actes préparatoires à un délit, le
commencement d’exécution et la consommation de ce délit, où se situe en effet la tentative ?
La jurisprudence considère que la tentative à la fraude se situe avant la date de souscription de la
déclaration fiscale, passé ce délai, pour la Cour de Cassation, le délit de fraude fiscale est consommé.
Souvent, le problème de la définition de la tentative est facilité dans la mesure où des actes qui
préparent la fraude sont déjà érigés en délits distincts. Ainsi l’article 1743 -1° du Code Général des
Impôts Français punit de peines pénales « quiconque a sciemment omis de passer …..des écritures ou
a passé des écritures inexactes aux livres comptables. »
Les manipulations comptables sont donc sanctionnées indépendamment de la répression de la
tentative de fraude.
c - L’ELEMENT INTENTIONNEL :
Enfin, la fraude fiscale suppose un acte intentionnel de la part du contribuable, traduisant sa volonté
de contourner de manière délibérée et intentionnelle la loi, afin d’éluder le paiement de l’impôt.
Pour reprendre une définition utilisée par le Conseil Européen des Impôts en 1977, " il y’a fraude dés
lors qu’il s’agit d’un comportement délictuel délibéré ".
Malgré la définition précisée en sus, l’élément intentionnel reste l’élément le plus délicat de la fraude
fiscale. Il divise la doctrine, et le droit positif n’est pas définitivement fixé.
1) L’analyse doctrinale :
Le droit pénal général distingue, les infractions matérielles, des infractions intentionnelles. L’analyse
vaut pour le délit de fraude fiscale qui fait l’objet de deux appréciations différentes : objective et
subjective.
- L’approche objective du délit de fraude fiscale conduit à se désintéresser de son caractère
intentionnel, l’élément matériel suffirait.
15
Dés lors qu’une norme fiscale a été violée peu importe l’intention, de même que le fait de démontrer
l’intention frauduleuse est en pratique très délicat.
- L’approche subjective, elle exige du contribuable qui fraude une double connaissance. Il doit savoir
au moment de l’acte qu’il contrevient à la loi fiscale, mais il doit vouloir en plus ce résultat et que son
acte ait été commis librement sans contrainte : la fraude fiscale devient là une volonté consciente de
commettre le fait prohibé par la loi.
2) Les solutions du droit positif :
En droit positif la thèse subjective s’est imposée à condition que les autorités concernées en cas de
fraude fiscale apportent la preuve du caractère intentionnel de la soustraction au paiement des
impôts.
L’élément intentionnel doit être montré par tous les modes de preuve susceptibles de former
l’intime conviction du juge, que l’infraction a été commise intentionnellement, c'est-à-dire dans le
dessein de se soustraire à l’impôt.
En dépit de la multitude des approches tendant à définir la fraude fiscale celle-ci demeure ambiguë,
et prête à confusion avec divers termes dont l’évasion fiscale.
16
- Soit plus simplement, le contribuable s’abstient d’accomplir l’activité, l’opération ou l’acte taxable.
- Soit enfin, la fraude légale se produit par la manipulation des failles du système fiscal ce qui permet
au contribuable de se soustraire à certaines obligations en matière d’impôt sans contrevenir à la loi.
Elle se ramène à l’habilité fiscale ou au choix de la voie la moins imposée.
Les divergences entre la fraude fiscale et l’évasion fiscale seront analysées à partir des éléments
suivants :
- L’acte : Il s’agit d’évasion fiscale lorsqu’intentionnellement, le contribuable utilise d’une manière
abusive les lacunes du dispositif fiscal national, et l’existence de systèmes fiscaux variables selon les
différents pays. Quant à la fraude fiscale, elle suppose un comportement intentionnel consistant à
dissimuler une partie des recettes ou à majorer les charges.
17
- La légalité : Sur un plan juridique la légalité de l’acte constitue un critère de séparation : la fraude
est illégale car elle constitue une transgression des dispositions fiscales, alors que l’évasion fiscale est
aux regards de la législation comme n’enfreignant pas la loi, elle est donc légale autant qu’habile.
- La sanction : c’est la notion d’infraction qui sépare, en droit, la fraude et l’évasion fiscale.
La qualité d’infraction ne s’applique qu’à la fraude fiscale qui est susceptible de sanctions soit
fiscales, soit pénales. Alors que l’évasion fiscale ne fait pas l’objet de répression.
Donc, évasion et fraude fiscales se confondent : l’évasion serait une variante de la fraude, puisque
chercher à éluder l’impôt par quelque moyen que ce soit revient à frauder.
Dans la pratique, les contribuables qui s’offrent le luxe de frauder le fisc par le canal de l’évasion
fiscale sont peu nombreux, vu que cette pratique nécessite des contribuables bien informés
juridiquement et fiscalement ou du moins qui ont les moyens de se payer les services des cabinets de
conseil dans ce but.
En conclusion, dans la suite de notre développement, nous retiendrons uniquement la notion de la
fraude fiscale, étant entendu que comme soulignée plus haut l’évasion fiscale ne constitue qu’une
variante de la première.
18
« Le secteur informel oblige t'il certaines entreprises « citoyennes » à frauder pour survivre à la
concurrence déloyale ? » est la question qui a été posé dans notre questionnaire visant à connaitre
l’effet de l’économie souterraine sur le système fiscale marocain. On a aboutit aux résultats
suivantes :
- 82,80% des personnes ont dit que le secteur informel est la cause principale qui encourage
les entreprises à frauder pour survivre à la concurrence déloyale. Ils disent que l’Etat recours
à augmenter l’impôt pour générer ces recettes au lieu de mettre fin à ce phénomène.
- 17,20% pensent que l’existence de l’économie souterraine n’a aucun effet sur la pression
fiscale parce que l’Etat génère des recettes importantes dans d’autres secteurs comme le
secteur bancaire, l’industrie…
CONCLUSION :
Dans un pays en développement comme le Maroc, qui compterait parmi ses objectifs, la lutte contre
la fraude fiscale, une des premières actions à entreprendre serait la connaissance approfondie du
problème de sorte que toute manifestation pourrait être saisie isolément, identifiée comme telle, et
faire l'objet de sanction appropriée. Cette situation est à rechercher en premier lieu au niveau des
fondements de tout système fiscal, à savoir ses bases législatives et réglementaires, dont les
caractéristiques doivent être la clarté, la précision et l'efficacité.
19
CHAPITRE II : LA DIMENTION ET DIFFERENTES CAUSES DE LA
FRAUDE FISCALE :
La présente section sera consacrée à une série de réflexions relatives à l'importance de la fraude
fiscale au Maroc, chiffres à l'appui. Cette étude sera complété par une comparaison entre les masses
constatées au Maroc, et celles oui ressortent dans d'autres pays. L'importance d'une telle démarche
réside dans l'appréhension du phénomène sous un angle relatif. Pour compléter le résultat de cette
approche, nous essayerons dans un premier stade d’étudier les relations qui existeraient entre la
notion de pression fiscale et le degré de fraude fiscale, plus précisément, nous nous interrogerons
sur le point suivent exista t-il une corrélation entre l'ampleur de la fraude et le niveau de la fraude
fiscale consenti par les contribuables ?
La pression fiscale est faible dans la plupart des pays en voie de développement.
Telle est la constatation du concile économique et sociale sur la pression fiscale dans quelque pays
en voie de développement. Mais si la relation entre les recettes fiscales et le P.I.B, est relativement
faible, ce rapport est davantage très bas, si en prend en prend en considération uniquement les
impôts directs. La fraude fiscale est-elle la cause de cette performance négative, ou s'agirait-il du
contraire ?
Comme il a été dit précédemment, le taux de la pression fiscal est obtenu en rapportant les recettes
fiscales d'une année sur l'agrégat produit intérieur brut (P.I.B.) pour donner une idée brève et
relative de la faiblesse interne, nous reproduirons un tableau qui compare le taux de la pression
fiscale entre le Maroc et quelque pays1.
1
Rapport du conseil Economique et Social : Le système fiscal marocain : développement économique et cohésion sociale,
2012, P64.
20
A titre de comparaison, les recettes fiscales rapportées au PIB pour les pays analysés se présentent
comme suit :
En effet, pour certains, la pression fiscale dans les pays en développement n'est pas aussi faible
qu'on le croit, si on se place dans un angle purement absolu. A un niveau de revenu par tête
correspond une pression fiscale égale. La faiblesse de la pression fiscale n'est tirée qu'à partir d'une
analyse comparative entre les taux des pays avancés et ceux des pays en développement.
21
A ce niveau d'acception de ce concept on est enclin à se demander : "Que les pays à faible revenu
prélevant relativement moins d'impôts que les pays à fort revenu sur les habitants, est-ce tellement
étonnant ? En fait oui, car il apparait que ce n'est pas le degré de développement d'un pays qui
détermine sa capacité à lever des impôts, mais plutôt, sa volonté d'extraction fiscale et l'ampleur de
la fraude qu'il tolère ou subit.
Comme on peut le relever à travers le tableau ci-dessus l'évolution de ce taux se fait dans le sens
d'une augmentation. Mais en fait, connaissant la structure fiscale des pays en voie de
développement, il est évident que la situation actuelle de la pression fiscale et les projections sur
l'avenir se feront d'une manière désarticulée.
D'où la nécessité d'adopter un autre critère de mesure de la pression fiscale en faisant appel
uniquement aux recettes au titre des impôts directs.
Certains auteurs pensent que les causes essentielles de la fraude fiscale sont d’ordre psychologique,
alors que le système fiscal et l’environnement économique de l’impôt ne sont que des facteurs
aggravants. Pour d’autres, les causes du phénomène sont intrinsèquement liées au système fiscal lui-
même, et en particulier à la technique fiscale et au niveau élevé de la pression fiscale. Pour ce qui
nous concerne, nous estimons que tous ces facteurs se combinent pour donner à ce fléau toute son
ampleur. Nous allons essayer, dans le cadre de ce chapitre, de présenter les principales causes de la
fraude selon la classification suivante :
22
Le niveau de la pression fiscale ;
La conjoncture économique.
2- LA PRESSION FISCALE :
La pression fiscale peur être déterminée en rapportant les recettes fiscales totales au revenu global
du pays (le PIB). Elle reste d’une très grande utilisation pour expliquer les phénomènes fiscaux. À ce
niveau, on constate qu’il y a une certaine tendance consensuelle chez les auteurs, qui pensent qu’un
niveau excessif du prélèvement fiscal constitue une véritable cause de la fraude fiscale. Ainsi, selon
A. LAFFER, un économiste du courant de l’offre, « une pression fiscale élevée alourdit les coûts de
l’entreprise et par conséquent décourage l’entreprise à se développer et l’oblige à frauder », comme
il ressort de la courbe suivante :
- Lorsque la pression fiscale dans l’économie augmente, les recettes fiscales croissent jusqu’à un
certain point puis baissent, le point «M» ne peut être dépassé.
- Ainsi un taux d’imposition proche de 100% ne permettra qu’une recette fiscale «N», équivalente à
celle que dégage un taux très faible donné par le point «L». Nous concluons donc, que le taux
d’imposition optimum n’est donc pas nécessairement le taux le plus élevé possible, mais c’est celui
qui ne provoque pas le refus du contribuable, son évasion, sa fraude et son découragement. Il se
situe au point « m » du graphique.
23
En définitive, compte tenu de l’existence d’une étroite relation entre l’intensité de prélèvement fiscal
et l’ampleur de la soustraction fiscale d’une part, et l’importance de la pression fiscale au Maroc
d’autre part, nous estimons que cette dernière constitue l’une des causes les plus incitatrice à la
délinquance fiscale ; Cela est particulièrement vrai en périodes économiques difficiles.
La pression fiscale s’est allégée à 21% contre 21,5% en 2014 et une moyenne de 22,5% entre 2009 et
[Link] BAM abonde ainsi dans le même sens que la Banque mondiale et le cabinet d’expertise
américain Price water house Coopers (PwC). Dans leur classement «Paying Taxes 2016», ils montrent,
en effet, que le Maroc a grignoté 4 places pour occuper le 62eme rang mondial (sur 189 économies),
après avoir gagné 12 autres dans le classement de l’année précédente. Le taux d'imposition total
moyen est de 49,1% pour le Maroc, principalement constitué de l'impôt sur les bénéfices (25,4%) et
l'impôt sur le travail (22,3%), selon ce classement.
À noter que PwC évalue le niveau d’allègement des systèmes fiscaux sur la base de trois critères : la
pression fiscale totale effectivement supportée par les entreprises (l’ensemble des impôts et taxes
payés par une entreprise exprimé en % du bénéfice avant imposition), le temps nécessaire aux
entreprises pour satisfaire à toutes les demandes en matière fiscale et le nombre de paiements à
réaliser. Le Maroc a pu remonter dans ce classement grâce notamment aux améliorations de son
système de paiement électronique des impôts qui devra, d’ailleurs, connaitre de nouvelles
réalisations l’année prochaine. Le paiement en ligne permet aux entreprises, selon le rapport,
d’économiser 21 heures sur le temps nécessaire pour s’acquitter de leurs obligations fiscales. Il
rappelle qu’en 2013, le paiement des taxes nécessitait en moyenne 232 heures par an à une
entreprise marocaine, contre seulement 211 heures par an en 2015. Pour l'Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE), la pression fiscale reste élevée au Maroc.
Sur la période 2000-2014, la hausse a avoisiné ou dépassé les 4,5 points de pourcentage, au même
titre qu’en Afrique du Sud, au Rwanda et en Tunisie, d’après un rapport de l’OCDE.
La Tunisie présente le niveau d’imposition le plus élevé en Afrique en 2014, avec 31,3%, suivie du
Maroc (28,5%), selon l'Organisation. Les impôts sur la consommation contribuent au total à hauteur
de 35 à 40% environ et les cotisations de sécurité sociale représentent 20 à 28% au Maroc comme en
Tunisie, toujours selon l’OCDE. Concernant justement la répartition de cette pression fiscale, des
2
Le Matin, 03 Aout 2016, La pression fiscale s’allège mais reste lourde.
24
économistes marocains considèrent que ce sont les salariés et les consommateurs moyens qui la
subissent le plus dans le pays. À noter également que 2% des entreprises seulement paient 80%
l’impôt sur les sociétés au Maroc.
Cela nous pousse à dire que la pression fiscale constitue un handicape pour le développement de
l’économie marocain et contribue ainsi à la croissance du secteur informelle et de la fraude fiscale.
3- LA CONJONCTURE ECONOMIQUE :
3
« La fraude fiscale »p. 25.
25
l’inflation ". Donc, il est certainement difficile pour les entreprises en difficulté, d’accomplir
scrupuleusement leurs devoirs fiscaux. Cependant, une conjoncture économique difficile ou encore
une pression fiscale élevée, n’explique que partiellement ce fléau, notamment pour les entreprises
qui cherchent à survivre. En effet, d’autres causes sont encore déterminantes dans ce sens.
La réaction du contribuable au prélèvement fiscal, qui s’effectue sur son revenu, se traduit dans les
faits par un recours à des agissements légaux et illégaux, visant à éluder l’impôt. Ce sentiment est
étroitement lié à l’impôt et son intensité varie chez les contribuables en fonction de leurs jugements
sur l’utilisation des recettes fiscales par les pouvoirs publics.
L’impôt est un prélèvement obligatoire : l’impôt est désagréable. Il est ressenti avant tout comme
une contrainte. En effet, il est mal vu ; cette perception de l’impôt par l’entrepreneur est largement
justifiée par cette panoplie d’obligations qu’il engendre. Ainsi, l’entreprise doit tenir une
compatibilité régulière qui justifie ses recettes et ses dépenses, déclarer ses revenus, verser une
portion importante de ses recettes au trésor, tout ceci dans des délais de rigueur, sous peine de
pénalités, d’amendes et de majoration de retard.
Autrement dit, la comptabilité doit être tenue par l’entreprise concernée loin de toute tentative de
fraude et suivant les dispositions comptables en vigueur.
En conséquence, les contribuables, notamment les « non» ou les « mal » informés et qui constituent
une grande majorité au Maroc, éprouvent un sentiment répulsif à l’égard de l’impôt. De ce fait, ils
considèrent la fraude fiscale comme une « véritable défense légitime ».
26
Pour cela, on a posé la question suivante « Pensez-vous que le citoyen Marocain dispose d’une
bonne culture de transparence fiscale ? » dont le résultat est comme suit :
12,5% disent que le citoyen marocain dispose d’une bonne culture de transparence fiscale dont
87,50% ont dit le contraire à cause d’un pourcentage élevé de l’analphabétisme aussi l’absence de
la sensibilisation des citoyens.
L’impôt est un prélèvement pécuniaire : Au Maroc, comme au reste du monde, l’argent occupe une
place primordiale dans le cadre des rapports sociaux. Et du fait que l’impôt touche le contribuable
dans son argent, il le touche au plus profond de lui-même ce qui pousse, certainement, de nombreux
contribuables à se soustraire à leurs obligations fiscales.
L’impôt est sans contre partie bien déterminée : Le sentiment répulsif de l’impôt qui résulte de son
caractère contraignant et pécuniaire, se trouve aggravé par l’absence d’une contrepartie bien
déterminée. En effet, le contribuable a presque toujours l’impression qu’il ne reçoit rien ou reçoit
moins de ce qu’il doit recevoir en contrepartie de son effort contributif, parce que les recettes
fiscales sont utilisées pour rendre des services latents et non apparents. Ainsi le contribuable tend-il
à éluder l’impôt.
En effet, l’entrepreneur qui met scrupuleusement une fraction de son revenu à la disposition de
pouvoirs publics, assure plus ou moins le suivi de l’utilisation de ses fonds. Ainsi, un gouvernement
27
« Prodigue » qui mène un train de vie fastueux, injuste dans ses choix budgétaires, ne peut et ne doit
plaider pour une lutte contre la fraude fiscale.
Dans le même sens, la CGEM (la Confédération Générale des Entreprises Marocaines) constate que
l’administration vit au-dessus de ses moyens et prône plus d’efficacité et de rationalisation des
dépenses publiques et estime que l’Etat devrait faire un effort de réduction de son train de vie.
Le système fiscal marocain repose essentiellement sur le système déclaratif, c'est-à-dire que ce sont
les contribuables qui doivent déclarer leurs revenus et bénéfices. Or, la contrepartie normale de
cette manière de faire est de vérifier si la déclaration est faite, encore en temps convenable et si elle
est sincère. Justement, c’est la mission de l’administration fiscale qui doit encore assurer le
recouvrement des impôts établis. Alors, si l’administration fiscale ne remplit pas ses fonctions, le
contribuable n’hésite pas à se livrer à la fraude fiscale. Du fait de la faiblesse de l’appareil
administratif d’exécution et de contrôle, la fraude fiscale au Maroc prend des proportions
insoupçonnables ". Cette défaillance de l’action administrative est due, à notre sens, à deux
principaux facteurs : la sous administration et la mal-administration de l’impôt.
a) La sous-administration de l’impôt :
On entend par sous-administration de l’impôt, toutes les insuffisances humaines et matérielles dont
souffre le fisc et qui se répercutent sur l’exécution de l’essentiel des travaux qui lui sont confiés.
- Les insuffisances humaines : D’après le rapport d’activité, la Direction Générale des Impôts,
l’administration la plus concerné par le fléau de la fraude fiscale, soufre d’un manque de personnel
par rapport aux multiples fonctions qu’elle doit remplir. Ce manque est beaucoup apprécié au niveau
des brigades de vérification dont le nombre de vérificateurs est dérisoire par rapport aux nombres de
contribuables susceptibles d’être vérifiés.
28
- Les insuffisances matérielles: L’administration fiscale souffre d’une insuffisance en équipements
remarquable. Cela se manifeste au niveau des locaux, du mobilier et matériel de bureau, des voitures
de service, des fournitures de bureau… etc., surtout dans les services extérieurs. Cette insuffisance
matérielle influe sans doute sur l’efficacité de l’administration quant à la lutte contre les manœuvres
des contribuables malintentionnés.
b) La « mal Administration »
La « mal Administration » peut à la fois être analysée comme une cause et une résultante. Mais on
insistera ici sur cette notion en tant que conséquence. De nombreux auteurs sont unanimes que la
mal Administration serait le fait de deux fléaux qui dévastent les administrations fiscales des pays en
développement il s’agirait de l’incompétence des agents et de la corruption.
L'attribution de fonction de responsabilité au sein des administrations fiscales dans les pays du
Tiers Monde, obéit souvent à des critères subjectifs et à des jugements partiaux. En ce sens qu'il est
évident qu'au sein de ces pays, l'incompétence n'est pas perçue comme une tare conjoncturelle due
au niveau de développement, mais plutôt comme une option délibérée.
-d'une part, il est établi que plus les agents du fisc sont compétents, plus les entrées fiscales sont
importantes ;
- La deuxième cause de la mal administration fiscale dans les pays en développement, est la
corruption, il apparait intéressant de se pencher sur les facteurs qui l'engendrent.
29
En effet, d'après les Nations Unies les causes de la corruption dans les Administrations de Tiers-
Monde sont au nombre de cinq :
- le parasitisme familial ;
- un traitement insuffisant,
- Le traitement insuffisant d'abord apparaît comme étant une cause qui légitime en quelque
sorte, la corruption surtout dans l'administration fiscale des pays en développement on se
rapporte à cette citation :
- Le second élément a trait donc au climat social des pays en développement où la pratique de
la corruption revêt une caractéristique particulière.
En effet, La réalité voudrait que tout fonctionnaire qui rend service à une tierce personne soit en
droit de réclamer une rémunération, le service rendu doit être considéré comme une faveur, qui
appelle forcément une contrepartie.
Dès lors, une société où les critères de relations entre l'Administration et l'Administré se basent sur
de pareilles réalités, constitue inéluctablement un champ où la corruption se développe s'accepte et
s'enracine. Ceci est d'autant, plus vrai, qu'aucune volonté de punir les agents corrompus n'est
manifestée ; en conséquence, la corruption n'est plus le fait d'une catégorie déterminée de
fonctionnaires, mais elle touche pratiquement toute la hiérarchie.
"La corruption est démocratique, parce quelle s'étend du ministre jusqu'au planton"
30
c) Insuffisances du dispositif législatif et réglementaire :
Il va sans dire que toute tare ou lacune des dispositions régissant un domaine quelconque sont
rapidement exploitées par les administrés mal intentionnés, et ce pour échapper partiellement ou
totalement a l'application des principes et règles apportes par les dites dispositions.
Il y a lieu de signaler que le cadre dans lequel se déroulent beaucoup d'activités économiques n’est
pas défini clairement, celui-ci se caractérise par des pratiques nuisibles. En se sens beaucoup de
transactions commerciales s'effectuent sans laisser de traces, Cette dernière pratique rend
pratiquement impossible tout travail de recoupement. On relève ainsi les points suivants :
a) Multiplicité de L’impôt :
Ce point tient beaucoup plus aux défaillances du système fiscal lui-même. En effet, devant la
multitude des impôts et le caractère élevé des taux d'imposition, le contribuable à la sensation d'être
écrase, par le nombre de cédules et le caractère irritant de l'impôt se fait sentir amplement. Ces
facteurs incitent théoriquement à la fraude fiscale.
On constate actuellement que la notion de signes extérieurs de richesses est existante. En fait la
fraude fiscale est évidente quand on voit qu'il n'y a aucune commune mesure entre les revenus et
bénéfices déclarés au fisc, et les dépenses effectuées par le même contribuable.
Le train de vie devait être pris comme indice du niveau des revenus, afin d'éviter les écarts
flagrants entre les revenus déclarés et les revenus réels.
Afin de déterminer au mieux leurs assiettes Imposables, les redevables relevant de cette
catégorie sont tenus par la réglementation d'observer certaines règles dont le but est de constituer
des moyens de recoupements pour vérifier au besoin l’exactitude de leurs revenus.
31
En outre, l’organisation de certaines professions libérales en des groupements de plus en plus
importants (ordre des Avocats, ordre des médecins...) met ces derniers dans une position assez forte
face à l’Administration fiscale.
A partir du moment où ces redevables refusent de mettre en œuvre des moyens à même de
renseigner sur l'importance de leurs ressources, il s'en suit que le régime du forfait auquel ils sont
assujettis ne reflète plus la réalité de leurs revenus, donc l'Administration reste désarmée devant
cette catégorie, de redevables, qui comme il a été montré précédemment, détient les records en
matière de fraude fiscale dans les pays en développement et particulièrement au Maroc.
D’après les résultats de notre questionnaire, on a dégagé que 69,40% des personnes disent que le
régime du forfait d’impôt est incitatif à la fraude fiscale. Plusieurs contribuables cherchent à frauder
ou à maximiser les charges pour diminuer la base imposable.
Face à cette panoplie de causes engendrant la fraude fiscale, et ces insuffisances, tenant à
plusieurs aspects qui facilitent l’élargissement de la dimension du phénomène on se demande quelle
a été la position des pouvoirs publics durant des années.
Il est évident que chaque année qui passe, ce phénomène prive le trésor d'une partie
importante de ses ressources. Ceci est suffisant pour amener les responsables à se pencher
sérieusement sur ce problème afin d’en délimiter les causes, et ensuite mettre en œuvre une action
pour l'enrayer ne serait-ce que partiellement. Pour étayer ce problème nous mettons l'accent sur
deux facteurs :
32
Dans la gestion des finances publiques, les responsables ont accordé beaucoup plus d'attention
à la cote dépenses qu'à l'aspect recettes. On s'en rend compte aisément à partir de l'arsenal de
contrôles qui jalonnent les pros sus de toute dépenses publiques.
En revanche, les recettes publiques de toutes natures n'ont jusqu'à ces derniers temps fait
l'objet d’une attitude plus active et scientifique. Ainsi, pour faire face a l'accroissement du volume
des dépenses publiques, les recettes ont été "amenées" à suivre le rythme par le biais de moyen peu
convaincants.
Ainsi la création de nouveaux impôts, ou l'augmentation tatillonne des taux ou barèmes relatifs
aux impôts et taxes ont été les principales "techniques" avec lesquelles les responsables ont établi un
lien entre l'évolution de ces deux masses.
Il va sans dire que le côté recettes publiques doit obéir à des règles rationnelles de prévision. Les
recettes publiques en tant que masse gagneraient à être considérées dans leur globalité. Parmi les
actions à mettre en œuvre la lutte contre la fraude fiscale ou plutôt l'élimination des facteurs
encourageant la fraude.
Une cohésion doit établir forcement entre les étapes clés qui marquent le circuit des recettes. On
notera qu'une prévision rationnelle, conjuguée avec la volonté d'enrayer la fraude; et complétée par
une campagne de recouvrement donneraient des résultats satisfaisants.
Donc, Recettes publiques ou dépenses publiques, quelque soit la priorité, les deux options
convergent vers le même objectif d'économie et d'efficacité dans la gestion des finances publiques.
Seulement, il y a lieu de souligner que l'action à porter au niveau de la fraude fiscale, dépasse de par
ses objectifs, le caractère matériel de l'opération, pour tenter d'instaurer un certain équilibre entre le
remboursement et la justice fiscale.
Pour conclure ce chapitre, on a traité la question de classement par ordre d’importance les facteurs
de la fraude fiscale au Maroc, comme illustré dans l’histogramme ci-dessous :
33
Nous constatons que les facteurs culturels et socio-économiques sont deux facteurs responsables de
la fraude fiscale par le manque d’éthique dont la fraude, la non-transparence et la corruption sont
devenus des choses que nous vivons chaque jour. Donc, parallèlement à la pression fiscale, nous
nous trouvons qu’aussi des facteurs culturels ont un grand impact sur la favorisation de la fraude
fiscale au Maroc.
34
CHAPITRE IV : LES PROCEDES DE LA FRAUDE FISCALE ET SES
CONSEQUENCES.
Après avoir étudié les diverses causes de la fraude fiscale tant celles imputables au contribuable que
celles qui ne le sont pas, le prochain but recherché est d’exposer les procédés de la fraude fiscale
constatés lors des vérifications des comptabilités. Pour en déterminer ultérieurement les
conséquences.
Le résultat fiscal de chaque exercice comptable est déterminé d’après l’excédent des produits
d’exploitation, profits et gains provenant des opérations de toute nature effectuées par la société ou
l’entreprise individuelle imposée selon le régime de la comptabilité, sur les charges engagées ou
supportées pour les besoins de l’exploitation.
Pour les sociétés et les entreprises individuelles, la fraude fiscale prend la forme dans la grande
majorité des cas :
a- De minoration de produits :
Le compte ventes et recettes, constitue le poste pour lequel les dissimulations sont les plus
fréquentes dans les redressements du résultat fiscal de l’entreprise.
Ce type de fraude est plus facile à réaliser chez les prestataires de services que chez les industriels. Il
est plus pratiqué par les entreprises individuelles que pour les sociétés de capitaux.
Ainsi, les principales irrégularités observées lors du contrôle du poste chiffre d’affaires concernent
tout particulièrement :
1) La dissimulation des recettes au moyen de vente sans facture assortie le plus souvent d’une
minoration corrélative des achats afin d’éviter une réduction apparente du pourcentage du bénéfice
brut qui constitue un clignotant pouvant attirer l’attention du vérificateur. En effet, la vente sans
35
facture, procédé courant dans les transactions commerciales entre les petites entreprises, traduit
généralement une situation d’accord ou de connivence entre l’acheteur et le vendeur.
Cependant, dans le cas où l’acheteur réclame une pièce justificative, le commerçant lui délivre une
pièce détachée d’un facturier spécial ou sur un carnet à « bons » ;
2) L’imputation irrégulière des produits de vente en espèces dans le compte courant d’associés. Le
procédé de fraude réside dans le fait de détourner des recettes de leur compte de produits ;
3) L’atténuation des ventes par des réfactions irrégulières sous forme de remise et d’avoirs fictifs.
36
Dans ce cadre la fraude est possible dans la mesure où le contrôle des déductions est opéré sur la
base de documents comptables en l’occurrence la facture et non sur les opérations réelles.
Cette forme de dissimulation des achats a pour but une minoration corrélative des ventes.
Elle permet de rétablir un coefficient de bénéfice brut apparemment normal malgré la dissimulation
d’une fraction des recettes. Par ce procédé, la comptabilité évite de présenter des écarts
disproportionnés entre les achats et les ventes afin de paraître régulière en la forme.
Cette fraude se manifeste sous différentes formes :
- Des omissions répétées de comptabilisation de factures régulièrement établies par le fournisseur ;
- Le règlement des achats au comptant sans facture, c’est une pratique qui ne rencontre aucune
difficulté ni opposition en raison de l’intérêt commun des deux parties. Une situation idéale pour le
vendeur désintéressé qui n’accorde aucune importance à l’identité de son acheteur des lors que le
paiement est effectué en liquide et que la marchandise est livrée.
La mention de « comptant », tenant lieu de nom, assure l’anonymat total qui correspond au désir du
partenaire. Pour donner à l’opération plus de garantie l’espèce sera préférée au chèque ou à tout
autre moyen de paiement. Il n’est pas fait usage des bons de commandes ou de livraison afin
d’écarter toute éventualité de preuve pouvant établir l’existence d’opérations clandestines.
- Les achats comptabilisés en frais généraux : imputation comptable irrégulière qui peut être utilisée
à des fins frauduleuses ;
- Les achats en détail et non comptabilisé.
Les stocks, constitués par l’ensemble des matières premières entrant dans le processus de
production des produits finis destinés à la commercialisation, et les travaux en cours sont pris en
Compte dans la détermination du résultat comptable de l’entreprise. Les irrégularités commises sur
ces deux postes comptables ont pour but de minorer le résultat fiscal.
1) Les fraudes sur les stocks :
Abstraction faite des erreurs matérielles, fréquentes et difficilement évitables, les stocks sont sources
de falsifications volontaires, conduisant soit à une majoration, soit à une diminution de la valeur
réelle du stock à la clôture de l’exercice.
37
La majoration de la valeur du stock permet de faire apparaître un pourcentage de bénéfice brut
normal alors que des recettes minorées l’auraient fait apparaître anormalement faible, l’exercice
suivant.
Le redevable peut enregistrer ses recettes réelles pour ne pas être amené à une nouvelle majoration
du stock.
La diminution de la valeur du stock entraîne la diminution des résultats d’exploitation, mais elle ne
peut être que limitée, car le stock ne peut être indéfiniment réduit et inefficace à long terme car se
répercutant d’une manière inverse sur les résultats de l’exercice suivant.
La diminution de la valeur du stock cache des ventes sans factures. Parfois il peut s’expliquer, en
totalité ou en partie, selon l’importance de la minoration, par du vol ou des prélèvements en nature.
2) La minoration frauduleuse des travaux en cours :
La fraude sur les travaux en cours est un procédé généralement utilisé par les entreprises des travaux
publics et du bâtiment en l’occurrence les entreprises de plomberie, de menuiserie, climatisation,
bâtiment, peinture etc.
Du fait que les travaux en cours figurent à l’actif du bilan pour leur coût au jour de l’inventaire,
l’entreprise pourrait avoir intérêt à minorer le montant de ses travaux en cours pour diminuer son
bénéfice. Cette minoration peut revêtir deux formes :
- La minoration quantitative :
A ce niveau, la fraude prend la forme d’une omission ou suppression totale, à l’inventaire, d’un ou
plusieurs chantiers en cours, dans un but de dissimulation de la recette correspondante ou pour
échapper à la taxation dans le cadre de la livraison à soi même.
-La minoration évaluative :
Le procédé de fraude réside dans l’évaluation à un montant inférieur au prix de revient réel par
minoration d’un ou plusieurs éléments constitutifs de ce prix de revient (Matières premières,
matériaux, main d’œuvre etc. …)
Pour la détermination du bénéfice imposable, les dépenses, admises en déduction, sont celles qui
sont exposées dans l’intérêt de l’exploitation de l’entreprise et qui remplissent les deux conditions
suivantes :
1) Les frais et charges doivent correspondre à des paiements réels ou des compensations entre les
membres d’un groupe de sociétés adjudicataires d’un même marché et appuyés de pièces
justificatives ;
38
2) Ils doivent être rattachés à l’exercice au cours duquel ils ont été engagés.
La prise en compte, à titre de frais généraux, de dépenses fictives ou non liées à l’exploitation
constitue un moyen commode et courant dont les entreprises pour réduire le résultat fiscal. En
effet, l’imprécision sur la nature de ces frais déductibles offre aux contribuables une large marge
d’action. A ce titre les procédés sont extrêmement nombreux et variés.
On peut citer, la majoration d’achat ou de charges :
- A l’aide de factures fictives, ou de factures ou de relevés faisant double emploi ;
- Par l’inscription de postes pour lesquels il n’existe aucune pièce justificative ;
- Par le paiement des salaires et honoraires ou exagérés ;
- Enregistrer dans les comptes d’achats ou les comptes de frais, des dépenses ne concernent pas
l’entreprise, mais qui profitent directement ou indirectement aux propriétaires ou aux actionnaires
de celle –ci.
Les redressements opérés sur les comptes de charges concernent tout particulièrement :
- Les honoraires, commissions, redevances ou indemnités versés à des tiers ou à des dirigeants et
actionnaires de la société et qui ne correspondent pas à un travail effectif ;
- La comptabilisation des frais de mission, de réception et de voyage personnels ou familiaux en tant
que charges d’exploitation ;
- Des immobilisations comptabilisées dans le compte des frais généraux.
Généralement, au niveau des entreprises individuelles et en particulier des professions libérales, il
est fréquent de relever lors du contrôle des comptabilités des situations où il n’est pas fait de
distinction entre les dépenses personnelles et les charges liées à l’exploitation.
En définitive, les postes de frais généraux sont source d’irrégularités, d’anomalies voire même de
manœuvres frauduleuses.
3) Les fraudes sur les comptes du bilan
Le bilan, état représentatif de la situation patrimoniale de l’entreprise à une date donnée, décrit :
- Au passif, l’origine juridique des ressources de l’entreprise ;
- A l’actif, leur destination économique ou emploi.
De ce fait, toute anomalie ou irrégularité frauduleuse portant sur les composantes du bilan affecte le
résultat net et par voie de conséquence le bénéfice imposable.
A ce titre, les minorations du bénéfice imposable par les manipulations les plus fréquentes des
comptes du bilan concernant généralement la diminution de l’actif et l’augmentation de certains
comptes du passif. On citera à titre d’exemple, les anomalies et les irrégularités à caractère
frauduleux suivantes qui sont relevés lors des vérifications de comptabilités des entreprises.
39
a- Les anomalies et irrégularités de l’actif
L’application de taux d’amortissement plus élevés que ceux admis par nature de biens immobilisés et
par l’usage et la pratique de l’activité ou la profession concernée ;
1) L’inscription dans l’actif des immobilisations fictives, ce qui donne lieu à la constitution de
dotations aux amortissements déductibles du résultat fiscal ;
2) pas aux conditions légales de déductibilité ; le plus souvent, la constitution de ce type de
provisions est la résultante de l’encaissement de ventes en noir encaissées par les dirigeants de
l’entreprise ;
3) L’octroi de prêts aux actionnaires qui dissimulent en fait des actions frauduleuses sous forme de
distribution de bénéfices occultes.
b- Les anomalies et irrégularités du passif
Les anomalies et irrégularités qui pourraient être qualifiées de fraude et qui concernent, tout
particulièrement, les provisions et les comptes courants d’associés sont les suivantes :
1) Dans beaucoup de cas, les provisions pour pertes et charges comme les provisions Pour
dépréciation, sont rejetées par le vérificateur parce que considérées comme non justifiées, sans
objet, détournées de leur objet ou ne satisfaisant pas aux diverses conditions exigées. Cette situation
résulte souvent du fait que ces conditions soulèvent des problèmes divergents d’interprétation.
D’autant plus que les provisions constituent un élément important du cash – flow des entreprises et
peuvent servir de moyen pour diminuer le résultat fiscal en constituant des réserves occultes.
2) Comptes courants des associés, dettes et autres créanciers. Ces postes constituent souvent une
source fréquente de fraude sous la forme de dissimulation du chiffre d’affaires et de recettes et de
distributions faites aux actionnaires et dirigeants sous la forme de libéralités qu’ils reversent en
partie ou en totalité à l’entreprise sous forme d’apports en comptes – courants.
En conséquence les différentes formes de fraude pouvant être pratiquées au niveau de ce compte,
ont pour but de diminuer le résultat fiscal par le biais de la diminution du résultat net du bilan.
Elles consistent à gonfler artificiellement les éléments du débit (pertes sur exercices antérieurs,
pertes exceptionnelles…) et à réduire ceux du crédit (Profits sur exercices antérieurs, profits
exceptionnels …).
4) Les fraudes en matière des droits d’enregistrement
La fraude en matière d’enregistrement, revête des formes variées qui peuvent être classées en deux
catégories :
- La non présentation des actes ou non déclaration des mutations
40
- La minoration des bases de l’impôt : omission dans les déclarations de succession, dissimulation du
véritable caractère des conventions et la dissimulation de prix.
La dissimulation de prix est une fraude consistant à minorer, dans les actes et déclarations présentés
à la formalité de l’enregistrement, les prix ou les soultes exprimées par rapport aux sommes
réellement convenues.
Cette intention de fraude distingue la dissimulation de l’insuffisance de prix.
Dans le cas d’insuffisance de prix, le contribuable n’a pas une intention de frauder dans la mesure où
l’opération immobilière a été bien réalisée au prix stipulé par le contrat de vente. A ce titre,
l’administration fiscale, tout en remettant pas en cause le caractère sincère de la convention,
considère que le prix est inférieur à la valeur de référence dans le périmètre où l’opération a été
réalisée.
En fait, dans la pratique, et devant la difficulté de prouver la dissimulation, l’administration se limite,
dans la régularisation de la situation fiscale, d’évoquer l’insuffisance de prix.
Ce procédé de fraude par dissimulation consiste pour l’acheteur à verser en espèce une partie du
prix de vente au vendeur et à n’inscrire dans le contrat de vente que la différence.
Pratiquement, la quasi – totalité des entreprises individuelles de promotion immobilière dont les
programmes de réalisation sont effectués par autofinancement, fraudent par dissimulation d’une
partie du prix de la vente avec l’accord de l’acheteur.
Ce procédé de fraude a pour incidence :
- La minoration du résultat fiscal et du montant de la TVA acquitté en faveur du vendeur ;
- La minoration du prix d’achat se traduisant par une réduction des droits d’enregistrement pour
l’acheteur.
5) Autres formes de fraude
a- La simulation
L’indication inexacte dans un acte de donation entre vifs ou d’inventaire après décès du lien ou de
Degré de parenté entre donateur et le donataire ou entre le défunt et ses héritiers ou légataires.
41
SECTION II : LES CONSEQUENCES DE LA FRAUDE FISCALE
La fraude fiscale constitue un facteur de dysfonctionnement des structures économiques et un
blocage sérieux à l’amélioration des ressources de l’Etat alors que les exigences, en termes de
dépenses publiques pèsent lourdement sur les moyens de financement de l’Etat.
C’est au niveau des conséquences qu’on s’aperçoit aisément des effets nocifs de la fuite devant
l’impôt. On distingue des effets qui se manifestent immédiatement et d’autres sont font observer
ultérieurement.
1) Les effets immédiats de la fraude fiscale
Parmi les effets immédiats de la fraude fiscale, on retiendra les effets sur les recettes fiscales, et les
effets sur la justice fiscale.
a- Le rendement de l’impôt :
Il est clair que la principale conséquence de la fraude fiscale est le manque à gagner pour le trésor
public ; l’importance de ce manque varie proportionnellement à celle de la fraude fiscale dans un
pays donné.
Dés lors, quand on sait à quel niveau stupéfiant se situe la dimension de la fraude fiscale dans les
pays en voie de développement, on n’a pas du mal à imaginer l’ampleur de l’hémorragie causée aux
finances publiques au sein de ces pays. Pour illustrer ce fait, on se réfère au cas de la Colombie, « où
une augmentation de la pression fiscale de 2%, permettait d’augmenter de 50% les dépenses de
l’Etat affectées au développement économique ».
Signalons que la pression fiscale dans ce pays atteint à peine 12% du produit national brut.
On s’aperçoit que les gouvernements des pays en voie de développement, où l’ampleur de la fraude
est grande, sont incapables d’augmenter le niveau des investissements publics par leurs propres
ressources : leur développement économique et social s’en trouve compromis.
Comme palliatif à cette situation, les responsables en matière de fiscalité, sont amenés pour assurer
un niveau de recettes fiscales à augmenter les taux des impôts existants compte tenu de la fraude ce
Qui aggrave davantage la situation : « l’incitation à la fraude est d’autant plus grande que ces taux
sont plus élevés ».
On remarque à quel point, la fraude fiscale contribue de manière sensible à contraindre les pays du
Tiers – Monde à dépendre de plus en plus des moyens de financement extérieurs.
42
b-La justice fiscale :
Bien avant les effets de la fraude, tout impôt comporte un élément d’injustice.
L’introduction du phénomène de la fraude fiscale ne fait qu’accentuer l’injustice, en ce sens que les
contribuables qui ne fraudent pas supportent une charge fiscale plus lourde puisqu’ils doivent
compenser pour ceux qui s’adonnent à la fraude.
L’injustice fiscale est également ressentie par les contribuables dont l’impôt est prélevé à la source et
qui n’ont aucune possibilité de l’éluder, il s’agit essentiellement des salariés. Certains fiscalistes
expliquent la situation de ces contribuables par la faiblesse des taux d’imposition pour cette
catégorie de contribuables.
La tendance à accentuer l’injustice fiscale entre catégories de contribuables est davantage prononcée
par les dispositions que sont amenés à prendre les responsables fiscaux.
Ces dispositions, comme on l’a vu plus haut ont pour but d’assurer un volume donné aux recettes
fiscales compte tenu de l’existence de la fraude ; ces dispositions aboutissent généralement à créer
un cercle vicieux.
A ce niveau, on est enclin à faire une remarque : la fraude fiscale est – elle en fin de compte une
cause ou une conséquence de l’injustice fiscale ? La ligne de démarcation n’est pas facile à tracer, dés
lors il faudrait savoir sur quel critère repose le principe de la justice fiscale dans un système
déterminé.
La réponse à cette question a suscité tellement de controverses parmi les auteurs par la multitude
des critères invoqués par chacun d’eux.
« Estimez-vous que le système fiscal Marocain est équitable ? » est une question posée pour
plusieurs parties pour voir leurs réactions qui est comme suit :
43
25,4% des personnes interrogé pensent que le système fiscal marocain est équitable tandis que
76,2% pensent que le système fiscal marocain n’est pas équitable parce qu’ils pensent qui il ya des
sociétés qui ne payent pas de l’impôt « Les bons contribuables payent pour les mauvais »
2) Les effets différés de la fraude fiscale
Les effets différés de la fraude fiscale ont trait à l’impôt en tant qu’instrument de politique,
économique et sociale, et en tant que facteur agissant sur des structures économiques ou sociales.
a- La concurrence économique
Dans une économie de marché, la fraude fiscale porte atteinte au libre jeu de la concurrence. En
effet, les entreprises qui s’adonnent à la fraude fiscale mènent une concurrence déloyale à celles qui
ne fraudent pas. En faussant les conditions de la concurrence loyale, la fraude « permet la survie non
Pas des plus aptes, des plus utiles à la collectivité, des mieux équipés et des mieux organisés, mais
des plus fraudeurs ».
Ceci est vrai dans la mesure où toutes les entreprises appartenant à un même secteur, et ayant des
dimensions semblables ne s’adonnent pas toutes à la fraude.
Or généralement, lorsqu’il existe au sein d’un secteur une manie de frauder celle –ci est
Généralement pratiquée par toutes les entreprises.
Par ailleurs, et ceci est d’autant plus vrai au sein des pays en voie de développement, la fraude fiscale
constitue un facteur d’improductivité.
[Link] cite à ce propos : «les possibilités de fraude ont pour premier effet de détourner l’activité
de certains individus ou de certaines entreprises de l’orienter vers des travaux inutiles à la
collectivité».
Ainsi on remarque souvent le « déplacement » vers les secteurs où le gain est réputé plus facile et
plus rapide de la part des investissements des pays envoie de développement, ces facilités découlent
surtout des possibilités de fraude qu’offrent certaines activités.
Les distorsions causées par la fraude fiscale ne sont pas propres uniquement au domaine
économique, des répercussions aussi graves sont ressenties au niveau social.
La résistance à l’impôt est un comportement humain qui découle du sentiment naturel et inné de
vouloir protéger jalousement son patrimoine contre toute forme de spoliation, que tout citoyen
essaie de combattre par un sentiment de civisme fiscal et partant un devoir fiscal envers la patrie.
Cependant, chez bon nombre de citoyens il n’a y’a pas de devoir fiscal, il n’y’a que des obligations
fiscales de simple portée juridique édictées par une administration oppressante et tentaculaire, dont
44
le souci majeur est de renflouer les caisses de l’Etat, par les contributions fiscales du contribuable qui
selon lui n’en reçoit aucune contrepartie.
Ceci sape chez le contribuable le principe du : « donnez à l’Etat et l’Etat vous le rendra ».
A ce niveau il est plus difficile de savoir si ce manque de rigueur morale fiscale est la cause (cause
psychologique) ou la conséquence de la fraude fiscale. En effet, les premiers contribuables à
entreprendre des actes frauduleux, couronnés de succès avec l’assurance d’une impunité, s’offrent
en exemple, aux autres contribuables. La voie est alors facile à la prolifération du phénomène : « la
fraude appelle à la fraude ». Bien plus, il n’est pas étonnant de constater le renversement des choses,
la morale veut maintenant que tout contribuable soit un fraudeur.
C’est au niveau moral que toutes les répercussions de la fraude se manifestent avec plus d’acuité. En
effet, c’est à ce niveau que les conséquences sont les plus graves car bien plus que des « pertes » en
Ressources publiques, un acte frauduleux, entraîne un autre acte, et constitue de ce fait le premier
maillon d’un processus difficile à contenir.
45
Deuxième partie :
Les Moyens De Lutte Contre La
Fraude Fiscale
46
CHAPITRE 1 : LES PREALABLES A LA LUTTE CONTRE LA
FRAUDE FISCALE
La lutte contre la fraude fiscale repose sur l’existence d’un certain nombre d’éléments dont le but est
d'éliminer ou de contrecarrer les facteurs engendrant la fraude fiscale, ces éléments constituent le
fondement des relations saines et de collaboration entre le contribuable et l’administration fiscale.
Elles consistent principalement en un environnement social favorable et un cadre légal adéquat.
D’après notre étude nous avons posé la question suivant : « Comment jugez-vous le système fiscal
Marocain ? »
Le résultat était comme suit :
-14,1% pensent que le système fiscal marocain est simple ;
-39,1% pensent qu’il est moyennement contraignant ;
- 42,2 de la population ciblé pensent que c’est un problème de complexité du système fiscale.
C’est pour cela que La fiscalité marocaine, par le biais de la pratique fiscale, rends à vouloir
standardiser le traitement par impôts. Elle s'en retrouve en déphasage vis à vis de la réalité
économique à plusieurs niveaux. Il y a lieux de tendre vers le développement d'une fiscalité
sectorielle, qui définisse chaque activité. En même temps, le niveau de spécialisation des
vérificateurs de la DGI doit être implémenté.
47
1) ACTION SUR LE CONTRIBUABLE : L’ACQUIESCEMENT FISCAL
L’impôt relève du domaine de la loi. « Tous supportent en fonction de leurs facultés contributives, les
charges publiques, que seule la loi peut, dans les formes prévues par la présente constitution, créer
et répartir ».
Ainsi la loi fiscale autorisée, par un vote parlementaire s’impose au fisc comme elle s’impose au
contribuable. L’administration fiscale ne peut opérer que les prélèvements autorisés par le
parlement lors du vote annuel de la loi des finances. Or, en définitive, la loi fiscale marocaine est
surtout l’œuvre de l’exécutif qui dispose d’un vaste pouvoir réglementaire en matière financière.
En effet l’accroissement des compétences fiscales de l’administration a entraîné par ailleurs le déclin
des compétences parlementaires en matière fiscale.
Il en découle que déjà l’émanation de l’impôt est à elle-même source de résistance à la fiscalité alors
que l’initiative fiscale doit en définitive rester entre les mains du parlement en sa qualité de
représentant légitime de tous les contribuables.
En conséquence, la notion d’acquiescement fiscal du contribuable devrait être érigée comme objectif
à atteindre par l’administration fiscale.
Une des premières actions à faire dans ce sens, consiste à montrer à la grande masse des
contribuables que les recettes fiscales seront utilisées à bon escient, et les pousser, ainsi à prendre
conscience que par l’accomplissement de leurs obligations fiscales ils vont permettre à l’Etat de
financer de grands projets d’intérêt général et de créer des emplois pour résorber le chômage.
C’est à partir de l’opinion qu’ils se feront sur les réalisations faites sur la base de ces recettes fiscales
que les contribuables adhéreront spontanément et consciencieusement à l’impôt.
Une vaste opération de sensibilisation de la société civile aux problèmes d’intérêt général et plus
particulièrement aux conséquences graves de la dérobade du citoyen devant le paiement de l’impôt
sera certainement d’une grande efficacité pour réduire la masse des contribuables fraudeurs. Il
faudrait que « tous, fonctionnaires et contribuables, soient animés par l’esprit de sauvegarde des
intérêts de l’Etat et des administrés qui doit présider à toute action fiscale ».
Cette mesure se ferait par le biais d’une ressuscitation de la morale fiscale, qui condamnerait donc
toute fuite devant l’impôt.
Il faut ainsi lutter contre l’idée dominante que l’administration se situe au dessus des individus et que
le contribuable se trouve cantonné dans une situation de subordination par rapport au fisc qui lui
impose ses règles et ses choix d’où une envie cachée de révolte.
48
Au-delà des opérations ponctuelles de sensibilisation, il s’avère utile d’axer le travail sur l’éducation
du contribuable en vue de lui faire prendre conscience de l’importance de la chose publique. Ce
travail qui doit viser toute les couches de la population, devrait être mené en collaboration avec les
instances représentatives des citoyens tels que les partis politiques, les syndicats, les organisations
non gouvernementales (ONG), les communes etc. L’éducation civique des masses est un travail de
longue haleine qui requiert la participation de toutes les forces vives de la nation.
Ainsi développer le sens civique chez le contribuable et lui rendre confiance dans le système est
certainement la meilleure gageure pour recueillir l’acceptation de la fiscalité en dépit des contraintes
psychologiques et financières.
Le sentiment frustrant que l’argent comme disait Sacha Guitry « est une chose qui vous frôle un
instant les doigts avant de finir dans la caisse du percepteur » doit être acceptée quand on est sûr de
la destination des sommes collectées.
Enfin et surtout il faut user de tous les moyens pour moraliser le contribuable et lui faire admettre
que frauder c’est voler et qu’en se soustrayant à l’obligation fiscale c’est comme s’il puisait
directement dans les caisses publiques et qu’il se soustrait ainsi à « l’honorable obligation de
contribuer aux charges publiques »
Bien plus, dans le cas d’une attitude favorable à l’impôt, l’administration fiscale, s’efforcerait de
maintenir cette attitude en essayant de nouer des relations avec les contribuables.
Le contribuable incarnera le rôle d’un contrôleur à l’égard de l’administration fiscale en tant qu’unité
de conception et d’application de la fiscalité.
L’administration fiscale gagnerait donc à avoir en face d’elle un contribuable qui collabore par ses
orientations critiques du système fiscal qui lui est appliqué.
A côté de ces dispositions à caractère permanent, l’administration doit opérer certaines mesures
complémentaires.
Dans cette égard nous avons posé une question concernant la politique la plus efficace à adopter par
l’administration fiscale pour un bon acquiescement fiscale, en fin de compte nous avons dégagé un
résultat de :
-11,1% : pensent qu’il faudra adopter une politique qui visant à donner la possibilité aux
contribuables signaler les contribuables fraudeurs ;
-42,9% : pensent que la politique de communication visant à sensibiliser la population sur les
conséquences de la fraude fiscale pour l’ensemble de la société est la plus efficace ;
49
-46% : des personnes pensent que la politique de communication visant à sensibiliser les individus
sur les conséquences qu’ils pourraient subir en cas de fraude qui serait détectée (aperçus sur les
sanctions de la fraude.
Donc il faut sensibiliser les gens de l'importance de collecte des impôts et avoir une culture fiscale.
« Le comportement des contribuables connaît des changements, plus informés et moins soumis, les
citoyens deviennent plus exigeants mais aussi plus conscients.»
De la nécessité d’être traités par l’administration entant que partenaire qui, à travers le paiement de
ses propres charges fiscales contribue dans une certaine mesure aux charges plus globales de l’Etat.
Au Maroc, « les relations administration – administrés animent tout un discours réformateur mais
sans actions concrètes au moment même où l’administration est critiquée par les différentes
courants d’opinions. »
En effet, il n’existe à notre connaissance aucun texte législatif ou réglementaire qui définit ces
relations. De temps en temps des circulaires viennent inviter, timidement, les administrations fiscales
à améliorer l’accueil réservé au public.
Dans d’autres pays par contre, des efforts louables ont été opérés dans le sens de l’ouverture de
l’administration sur son environnement social et économique.
50
Cette ouverture est indispensable pour permettre à l’administration d’être à l’écoute de l’usager et
de pouvoir tenir compte de sa réaction avant de prendre les décisions qui le concernent.
Un rapport de la Banque Mondial sur le fonctionnement de l’Administration au
Maroc en fait également un constat négatif. Il lui reproche son hermétisme et sa torpeur.
Il préconise alors un certain nombre de mesures dont la plus intéressante à ce propos, est celle
relative à la création d’un système de recueils périodiques de l’opinion des usagers.
En effet l’Administration fiscale marocaine a besoin d’une réforme en profondeur au niveau des
méthodes de travail et au niveau des comportements.
51
2) Assainissement et transparence :
Pour être efficace dans la lutte contre la fraude fiscale l’administration fiscale doit devenir une
« Maison de verre ». Elle est tenue pour y arriver de commencer par un véritable assainissement de
sa gestion et de ses procédés.
En effet, certaines pratiques ont longtemps terni l’image de l’administration du fisc et ont en quelque
sorte contribué à la prolifération du phénomène de la fraude fiscale. Les fraudeurs ont dans ce
contexte, longtemps bénéficié impunément du laxisme de l’administration fiscale et de son
incapacité à faire respecter la loi.
Le phénomène de la fraude fiscale, est étroitement lié à l’absence d’intégrité morale de certains
agents du fisc qui trouvent dans ce domaine, un moyen facile d’enrichissement au détriment de
l’intérêt de l’Etat. Cependant cela a démontré qu’il est important d’entreprendre d’une politique
d’assainissement de longue envergure où les maitres mots seraient la transparence, la rationalité et
l’efficacité pour assurer la relance économique.
b- Respect des garanties accordées aux contribuables :
Le système fiscal marocain comme celui de tous les pays démocratiques offre aux citoyens un
ensemble très développé de garanties et de voies de recours. Leur observation par l’administration
est de nature à instaurer un climat de confiance. Le contribuable qui se rend compte en effet que ses
Démarches sont prises au sérieux par l’administration fiscale cherchera mieux à accepter l’impôt et
cherchera moins à l’éluder.
Le contribuable invite l’administration à rectifier soit des erreurs matérielles soit à tenir compte de
nouveaux éléments intervenus en cours d’année. Le droit de réclamation n’est pas toutefois
systématique. Cette procédure ne peut être engagée qu’à la suite d’une imposition d’office ou
lorsque le pouvoir devant la commission d’arbitrage n’est plus possible. Le succès d’une telle
démarche dépend de l’attitude de l’administration à reconnaître, lorsque c’est le cas « qu’elle s’est
trompée et de procéder alors aux dégrèvements ou restitution d’office afin de réparer rapidement et
sans formalisme, les erreurs ou les oublis commis au détriment des contribuables.
Elle est tenue également de motiver en droit et en fait sa position et d’ouvrir un dialogue avec le
contribuable. Ce dialogue peut se poursuivre dans le cadre des voies de recours qui lui sont ouvertes
devant la commission locale de taxation dans un délai de 30 Jours à partir de la deuxième notification
du redressement.
52
La décision de la commission locale peut être à son tour contestée auprès de la commission
nationale de recours fiscal. Lorsque la décision de la commission nationale ne lui donne pas
satisfaction, le contribuable peut saisir dans un délai de 60 jours à partir de la notification de cette
Décision. Ce recours qui peut être introduit auprès des Tribunaux administratifs n’est par contre
accordé à l’administration que dans le cas ou il est estimé que la commission nationale a statué sur
les questions de droit.
Par ailleurs l’administration ne doit pas exagérer l’exercice de son droit de communication et
l’étendre à une période déjà vérifiée ni notifier de nouveaux rappels ni enfin rehausser ceux opérés
lors du premier contrôle.
En cas de vérification d’une comptabilité régulière, l’administration ne peut reconstituer le chiffre
d’affaire que si elle arrive à prouver elle-même que le chiffre déclaré est insuffisant. Elle doit enfin
veiller au respect des prescriptions.
Le droit de visite tel qu’il est prévu par la législation fiscale douanière est assorti, également, d’un
certain nombre de garanties. Il ne peut s’exercer en définitive qu’après accord de l’occupant des
lieux et pendant les heures légales (entre 5 h du matin et 21 h)
En égard à ce qui précède, il semblerait que la fraude fiscale n’est pas chose aisée, loin s’en faut, Le
mal est tellement enraciné que son ablation requiert des efforts considérables pour agir sur ses
causes profondes qui sont à la fois d’ordre psychologique, économique et social. Cependant et à
l’instar de toutes les maladies, le meilleur moyen de le combattre reste la prévention.
53
- La simplification du système fiscal
Tout système fiscal dit avoir comme première caractéristique, la simplicité, celle –ci facilite la
compréhension et partant l’acceptation de l’impôt par une grande masse des contribuables.
Cependant, le système fiscal marocain, pris comme exemple, souffre d’une grande faiblesse qui est
sa complexité due à la multiplicité des impôts et taxes perçues soit au profit de l’Etat, soit au profit
des collectivités locales. Cet état de fait se fait ressentir au niveau du rendement.
Dés lors qu’il y’a une variété de modes d’assiettes et de liquidation dont profite les contribuables
malhonnêtes, la conséquence est l’instauration d’une injustice fiscale qui peut déclencher à son tour
un effet de multiplication et d’amplification de la fraude.
Ce graphe viennent pour confirmé la réponse précédent concernant la les axes les plus important
pour la réforme fiscale donc il ya :
-33,3% : pensent qu’il faudra une sensibilisation des contribuables à leur devoir citoyen
d’acquittement de l’impôt ;
- 42,4% : pensent que l’administration fiscale abus dans son rôle d’imposition par la complexité de la
législation fiscale.
- 18,20% : Pensent qu’il faudra un Etat fort.
Pour simplifier le système fiscale, selon d’autres personnes, il ya aussi d’autre solution qui sont
valable à savoir :
-supprimer la corruption ;
-le non détournement des fonds et le contrôle de la cours des comptes ;
- la vraie démocratie.
54
Pour conclure ce chapitre, nous avons demandez aux personnes objet de ce questionnaire de
Classer ces solutions de lutte contre la fraude fiscale au Maroc par ordre de priorité (Du plus
important "priorité 1" au moins important "priorité 6")
La première lecture de ce graphe, permet de déduire d'un pourcentage important disent que la
réforme fiscale est une chose primordiale pour trouvé des solutions contre ce fléau, alors que en
deuxième lieu de celles-ci voient que la réforme de contrôle fiscal efficace aussi diminuée la gravité
de cette phénomène.
55
CHAPITRE 2 : LA PREVENTION DE LA FRAUDE FISCALE
Le système fiscal marocain est un système essentiellement déclaratif qui implique que le
contribuable (personne physique ou personne morale) est maître d’établir sa propre base imposable.
La déclaration est destinée à porter à la connaissance de l’administration fiscale l’existence de la
matière imposable, son montant et tous éléments nécessaires à la taxation.
Un tel système requiert une grande maturité et un sens civique développé ainsi qu’une parfaite
connaissance de la législation fiscale. Par ailleurs il incite le contribuable peu scrupuleux à éluder
l’impôt.
En effet tout un chacun va chercher à réduire sa base imposable à fin de payer moins d’impôt. Ainsi
conçu, ce système serait parfait pour le contribuable si la loi n’avait pas toutefois , conféré à
l’administration fiscale un large pouvoir de contrôle et de vérification suffisamment structuré pour
dissuader les fraudeurs éventuels d‘ignorer leurs obligations fiscales .
Ces moyens qui tendent à prévenir la fuite devant l’impôt, peuvent constituer lorsqu’ils sont
appliqués, des garde-fous dissuasifs à la prolifération de la fraude fiscale.
1) LE CONTROLE FISCAL
La particularité des systèmes fiscaux synthétiques réside dans le fait que le contribuable déclare ses
revenus, calcul les droits dus et verse spontanément le montant de l’impôt.
A priori les déclarations souscrites par les contribuables sont présumées sincères. Cependant,
l’administration fiscale se réserve le droit de contrôler leur caractère probant.
A ce titre, les règles de procédure du contrôle fiscal concernent :
- Les modalités du droit de communication, les dispositions régissant le droit à la vérification et le
droit de visite ;
- Les redressements.
56
a -Droit de communication :
Il permet à l’administration fiscale de prendre connaissance sur place (siège de l’entreprise) des
documents nécessaires à la détermination de l’assiette, au contrôle et au recouvrement des sommes
dues par le contribuable.
Le droit de communication concerne le contribuable, objet du contrôle mais il peut afin de
confronter les informations dont dispose l’administration fiscale, s’exercer également à l’égard des
tiers non concernés par la vérification mais qui se trouvent être en relation avec le contribuable
vérifié.
Les documents qui sont susceptibles d’être réclamés à une entreprise dans le cadre de l’exercice du
droit de communication sont tous les documents comptables, les recettes et les dépenses, les
rapports moraux et financiers remis aux actionnaires peuvent être une source d’information
importante à cet égard.
Les entités soumises au droit de communication ne peuvent opposer le secret professionnel aux
agents des impôts habilités à cet effet.
En ce qui concerne les professions libérales dont l’exercice implique le respect du secret
Professionnel (avocat, notaire, comptable, conseillers juridiques), le droit de communication ne peut
porter sur une communication globale des dossiers des clients ; en d’autres termes, le droit de
Communication ne peut porter que sur des renseignements précis ou des documents pré-identifiés
ayant une relation avec les activités imposables des clients.
Ce droit de communication ne s’exerce pas inopinément mais il est obligatoirement précédé d’un
« Avis de passage » sous forme de demande écrite adressée à l’intéressé par lettre recommandée
avec accusé de réception.
b- Les formes du contrôle fiscal :
Le contrôle fiscal peut prendre deux formes communément connues, à savoir : le contrôle sur pièces
et le contrôle sur place. Afin de bien comprendre la différence entre les deux, il est utile d’apporter
un éclaircissement à ces deux notions.
Le premier acte de contrôle fiscal effectué par les agents des services d’assiette de l’administration,
pour s’assurer de la sincérité des déclarations des contribuables, est constitué par des travaux
élémentaires, regroupés sous l’appellation de contrôle sur pièces.
57
Le contrôle sur pièces est essentiellement un travail de bureau qui consiste d’une part, à s’assurer
que toutes les obligations déclaratives ont été remplies par les contribuables, dans les formes et
délais prévus par la loi. Et d’autre part, que les déclarations souscrites ne comportent pas d’erreurs
ou incohérences.
Ainsi, au cours de l’examen d’une déclaration, l’attention de l’inspecteur est portée en premier lieu
sur les pièces justificatives des versements des paiements pour s’assurer que le versement global
effectué par le contribuable correspond bien au montant de l’impôt exigible d’après les résultats
déclarés.
L’inspecteur se penchera ensuite sur les divers documents joints à la déclaration.
En effet, au cours du contrôle sur pièces, il n’est pas rare de trouver des erreurs de bonne foi, ou
d’interprétation erronée de la loi. Mais à côté de ces erreurs qui conservent un caractère matériel,
l’inspecteur peut détecter de véritables fraudes.
A la suite de la vérification de la déclaration effectuée depuis son bureau, et lorsque les rectifications
portent sur des erreurs de calcul apparentes, l’inspecteur d’assiette invite le contribuable à souscrire
une déclaration rectificative ou le cas échéant, proposer le dossier fiscal en vérification de
comptabilité dans le cadre du contrôle externe.
Le contribuable peut être soumis également à un contrôle plus approfondi. Il s’agit en l’occurrence
de la vérification de la régularité de la comptabilité que le contribuable est obligé d’organiser de part
la loi.
Cette technique ne peut s’exercer que dans les cas où les impositions sont établies à partir de
documents comptables (par exemple le cas de l’IS). Le vérificateur, cherchera à y déceler des
éléments de comparaison avec la déclaration afin de s’assurer de leur exactitude ou pas. L’agent du
fisc ne peut exercer sa vérification qui doit obligatoirement se dérouler sur le lieu d’exploitation, qu’à
l’expiration d’un délai de 15 jours après l’envoi d’un avis de vérification. « Cette obligation d’exercer
la vérification sur place est très importante car elle doit permettre au vérificateur et au contribuable
de dialoguer ».
La vérification peut donner lieu à un rejet pur et simple de la comptabilité qui s’avère entachée
d’erreurs, omissions ou inexactitude graves et répétées pouvant résulter d’une intention délibérée
de frauder, soit à une régularisation des écritures lorsque la vérification ne fait ressortir que des
irrégularités sans gravité ( absence de pièces justificatives ) .
58
La législation en vigueur précise les conditions et les modalités de la tenue par les commerçants
(personnes physiques et morales) de leur propre comptabilité.
Cette obligation est probablement animée par des visées fiscales. Elle tend en définitive à faciliter
tout contrôle fiscal éventuel.
Outre la comptabilité, la vérification peut porter sur tous les actes de gestion pour en déceler les plus
anormaux tels que les déficits de caisse importants et répétés conduisant à dégager un solde de
caisse créditeur, les prélèvements en nature non comptabilisés, etc.
Dés lors qu’une comptabilité ne présente pas un caractère probant, l’administration procédera aux
rectifications nécessaires afin de reconstituer de manière extracomptable toute ou partie de la base
imposable. La méthode de calcul de la base imposable n’est pas fixée par la réglementation en
vigueur. Par conséquent, l’agent du fisc « dispose d’une liberté de manœuvre pour utiliser la
méthode la plus appropriée selon les circonstances du contribuable vérifié ».
EXAMEN DE L’ENSEMBLE DE LA SITUATION FISCALE DU CONTRIBUABLE :
Il s’agit en définitive d’un contrôle plus large qui permet aux agents du fisc d’apprécier les
déclarations souscrites par le contribuable assujettis à l’IR ou à l’IS en tenant compte de sa situation
patrimoniale d’ensemble. Il tend en effet à vérifier la cohérence entre les revenus déclarés et le train
de vie du contribuable en procédant à un recoupement du revenu déclaré avec certaines dépenses.
Cet examen peut intervenir à la suite d’un contrôle sur pièces ou d’une vérification de comptabilité.
2) LA MENACE DE REDRESSEMENT
Les opérations de contrôle fiscal donnent souvent lieu à des redressements destinés à corriger les
erreurs ou les insuffisances des déclarations souscrites par les contribuables. Ces compléments
d’impôts sont réclamés selon des procédures particulières mais qui garantissent aux contribuables le
bénéfice d’un débat contradictoire permettant la négociation et même la contestation des
Redressements qui lui sont réclamés, soit par la voie d’échange d’écrits, soit par les voies de recours
contentieux.
Il y’a lieu d’observer que ces deux procédures basées sur un certain dialogue entre les parties
concernées ne s’appliquent que dans le cas ou le contribuable se soumet à toutes les exigences
requises (respect des délais, présentation des pièces comptables etc.…).
Par contre l’administration hausse le ton quand elle se retrouve face à un contribuable insoumis qui
refuse de montrer ses documents comptables ou qui se dérobe purement et simplement au contrôle
fiscal. Agissements condamnables car porteurs d’une intention manifeste d’éluder l’impôt.
59
L’administration procède alors et unilatéralement à la taxation d’office en faisant de toute procédure
contradictoire mais en veillant à tenir compte de certains paramètres (capacité de Production,
effectif du personnel, importance des immobilisations etc.…..) Pour procéder au redressement
envisagé.
Il convient de noter à cet égard que la connaissance du nombre des redressements décidés chaque
année par l’administration du fisc aurait pu nous aider à chiffrer, approximativement la fraude
fiscale.
Malheureusement, une telle perspective est difficile à entreprendre face au mutisme de
l’administration fiscale et à l’impossibilité d’accéder à cette information qui, ne fait l’objet, de
surcroît, d’aucun travail d’analyse et de recoupement par les services concernés.
La Direction des impôts est contrainte d’effectuer un nombre de vérification par un effectif d’agents
affectés à cette tâche. Or il s’avère que le nombre de dossiers à vérifier est grand et que les agents
du contrôle sont en nombre réduit d’où la nécessité d’opérer un choix en donnant la priorité à
60
certains dossiers qui présentent le plus les symptômes de la fraude, c’est pourquoi la rationalité du
choix des dossiers se pose.
Cette rationalisation doit passer par la proposition en priorité à la vérification des sociétés
déficitaires. Au Maroc un grand nombre des sociétés déclarent depuis longtemps des déficits sans
être contrôlées. Ces sociétés ne sont déficitaires que fiscalement, la réalité est autre en témoigne le
standing de vie de leurs dirigeants : les moyens ne manquent pas de faire échapper les profits à
l’impôt (voir les divers procédés de la fraude fiscale).
La rationalisation des choix à vérifier doit être accompagnée par une amélioration des méthodes de
sélection des dossiers et des techniques de contrôle.
En effet, les méthodes de sélection permettent de choisir les dossiers les plus intéressants et les plus
rentables du point de vue de redressements.
L’utilisation à cette fin de l’approche financière axée sur le calcul des ratios et des moyennes peut
être fructueuse. Elle offre des possibilités énormes pour les choix des déclarations à proposer à la
vérification. En effet, l’analyse financière des données issues des déclarations déposées par les
contribuables et une interprétation minutieuse des différents postes permettent sans conteste de
donner une idée précise sur la structure financière des contribuables et de leurs gestions.
Cette méthode l’avantage de permettre de tracer l’évolution de l’activité de l’entreprise ou du
contribuable (personne physique) et de déceler les difficultés qu’ils rencontrent.
Elle permet en outre de faire une comparaison significative de cette entreprise avec les entreprises
similaires en grandeur ou située dans le même secteur d’activité.
Dans ce cadre, une moyenne doit être définie par l’administration des impôts pour déterminer les
entreprises qui se situent au dessous de la normale et qui doivent être vérifiées.
Cette méthode permet par conséquent à l’administration de vérifier les sociétés qui sont mal gérées
ou qui déclarent un bénéfice critiquable, car il est insensé que les sociétés qui sont bien gérées et qui
contribuent largement aux charges de l’état sont celles qui sont sélectionnées pour la vérification.
La tâche du vérificateur est délicate. Elle nécessite à la fois du temps pour la recherche de
l’information et l’investigation pour détecter les foyers de la fraude et des efforts pour pouvoir faire
de bons redressements sans léser ni les intérêts du Trésor public ni ceux des contribuables vérifiés.
Dans ce cadre, l’agent du contrôle doit avoir les outils de travail nécessaires lui facilitant la tâche.
Parmi ces outils, l’édition des monographies élaborées par la Direction des impôts .C’est dans ce sens
61
que la création d’un service chargé de procéder à des études sectorielles et de confectionner des
monographies par type d’activité est nécessaire.
Ces études permettent ainsi au vérificateur d’avoir une idée précise sur les activités de l’entreprise à
vérifier. Ses problèmes, son marché, ses clients et ses fournisseurs, ses procédés de fabrication, les
types de machines à utiliser et éventuellement leur prix. L’utilisation de ces machines, les matières
premières utilisées et les produits ou articles fabriqués.
Le service pourra établir des taux de marge brute par secteur d’activité ou par branche, ce qui
permet de procéder à des comparaisons fondées sur des données réelles pour l’appréciation des
entreprises.
Ces renseignements sont précieux pour le vérificateur car ils lui permettent d’être en position de
force vis-à-vis du contribuable, à contrario. L’absence de ceux-ci fait perdre à l’Etat des recettes
fiscales qui lui reviennent de plein droit.
L’amélioration du rendement des services de contrôle ne peut être obtenue que grâce au
renforcement des moyens humains et matériels de l’administration des impôts.
La collecte des informations et leur traitement est un élément important pour lutter contre la fraude
fiscale. Cet objectif peut réussir par l’intensification de l’informatisation des services fiscaux et
l’assurance de leur liaison avec le service central des impôts afin que tous les renseignements et
informations relatifs à un contribuable puissent être facilement retrouvés et utilisés à des fins de
rendement de l’impôt.
Cette informatisation doit concerner surtout les services de recoupement qui ont un rôle de premier
plan pour fournir aux services de gestion de l’impôt les informations nécessaires sur le territoire
national. Ce service doit être relié à toutes les sous direction régionales afin d’obtenir les
renseignements, de les regrouper et de transmettre des nouveaux recoupements dans un temps
record.
L’agent du contrôle peut réaliser des redressements importants s’il arrive à obtenir ce genre de
recoupements sur les achats et les ventes des contribuables ou sur l’origine de leurs revenus.
Ainsi, à titre d’exemple les directions qui peuvent être d’une grande utilité pour fournir des
informations sur les contribuables sont l’Administration des douanes et des impôts indirects et la
Trésorerie générale du Royaume.
62
En effet, les douanes peuvent fournir des renseignements de grande utilité à l’administration des
impôts aussi bien en ce qui concerne les importations et les exportations des marchandises qu’au
niveau du train de vie des contribuables : fichiers des bateaux, registre des entrées et sorties des
Navires dans les ports, importations et exportations d’œuvres d’art ou d’antiquité, infractions à la
législation des changes etc.…
Les agents des impôts sont des fonctionnaires de l’Etat. Ils sont régis par le statut de la fonction
publique quant à leur grade, leur promotion, et leur rémunération.
Or, ils devraient en fait avoir un statut particulier vu qu’ils exercent un métier à risque dont la
technicité est élevée et qui exige du temps, de la patience et de la formation personnelle continue
(auto-formation). De même ils méritent de bénéficier d’avantages particuliers et des rémunérations.
Les inspecteurs vérificateurs ont certes des diplômes de l’université ou des grandes écoles. Mais ceci
parait à nos yeux insuffisant pour exercer le métier de vérificateur sans avoir une formation en la
matière et ceci pour plusieurs raisons :
- Tout d’abord, la fiscalité est une matière complexe et les lois fiscales utilisent des langages difficiles
à comprendre même par les plus initiés ;
- Ensuite, la comptabilité est une technique difficile ayant des règles qui exigent une formation et
surtout un recyclage périodique ;
- En dernier lieu, le vérificateur commence à faire face à une nouvelle donnée à savoir l’existence de
la comptabilité sur des supports magnétiques qu’il est contraint de contrôler d’où son besoin d’une
formation poussée en informatique ;
Pour ces raisons, la formation des agents de contrôle s’avère une nécessité, elle peut revêtir la
nature de recyclage, de séminaires, ou même des cours théoriques et pratiques dés leur
recrutement.
En France ; les nouvelles recrues, ayant une licence en droit ou en économie, regagnent dés leur
recrutement l’Ecole Nationale des Impôts pour suivre des études avancées en Droit, Fiscalité,
Comptabilité et Informatique pendant une année. Au Maroc, cette formation doit constituer à la fois
un complément aux disciplines déjà acquises par le nouvel inspecteur et un supplément pour lui
enseigner les techniques fiscales, les méthodes d’assiette, de contentieux, et de la vérification, les
comportements et la déontologie du métier.
63
Parmi les disciplines que la formation devrait comprendre, on peut citer :
1) Le Droit commercial
2) Le Droit des sociétés
3) La gestion financière des entreprises
4) La fiscalité marocaine
5) La comptabilité générale et analytique
6) Les mathématiques financières
7) L’Informatique de gestion
Ces études devraient insister sur le côté pratique en sensibilisant les nouvelles recrues à réfléchir sur
les problèmes qu’ils auront à rencontrer et à confronter et d’en trouver les solutions. De même ils
devraient suivre des séances de perfectionnement afin d’être au courant des différentes infractions
que les entreprises commettent fréquemment dans les domaines de la comptabilité et de la fiscalité.
Une organisation de la formation continue à l’attention des anciens agents des impôts en général et
des vérificateurs en particulier devrait également être programmée sérieusement afin de leur
permettre d’être au courant des nouvelles dispositions fiscales sans pour autant perturber le travail
des services.
La motivation des agents du contrôle fiscal peut avoir deux objectifs d’importance égale. D’un côté,
l’incitation de ces agents à travailler plus et à réaliser des redressements significatifs au moment où
le Trésor du royaume passe par des moments difficiles et d’un autre côté de les aider à se former ou
leur assurer une formation comme préalablement précisé, pour avoir une compétence meilleure afin
de faire face aux experts comptables employés par les contribuables pour dresser leurs comptes et
établir leurs déclarations.
A ce niveau nous avons demandez aux personnes objet de ce questionnaire de donnez leurs avis sur
le rôle de l’expert comptable face à la fraude fiscale dans l’entreprise car son rôle va beaucoup plus
loin que l'établissement des comptes de l'entreprise : C'est un véritable partenaire du dirigeant qui
fournira des conseils en matière juridique, fiscale, sociale, comptable voir même patrimoniale.
Les résultats étaient comme suit :
-17,2% : croient que c’est un rôle citoyen et éducatif : sensibiliser les différents acteurs et dirigeant
de l’entreprise au risque de fraude et ses conséquences ;
-35,9% : estiment que c’est un rôle curatif : détecter dans le cadre de sa mission les éventuelles
fraudes et en informer la hiérarchie au niveau approprié ;
64
-45,3% : pensent que c’est un rôle préventif : détection des failles du système de contrôle interne et
des risques de fraude.
En effet , il est à souligner que le rendement des services de vérification dépend incontestablement
de la rigueur des agents du contrôle et de leur habilité à démasquer la fraude fiscale cachée d’une
part et d’autre part de l’importance des moyens mises à leur disposition par les pouvoirs publics.
Ainsi, la motivation des agents des impôts devrait revêtir trois éléments importants :
- D’une part, les agents des impôts devraient avoir un statut particulier ;
- D’autre part, ils ne doivent pas être lésés par les décideurs quant à leur avancement, leur
promotion et leur indemnisation ;
- En dernier lieu, ces agents devraient réfléchir pour constituer un syndicat national des impôts sans
couleur politique ayant pour préoccupation essentielle de défendre les intérêts de ses adhérents.
Les inspecteurs vérificateurs méritent une attention plus particulière en raison du rôle qu’ils jouent
dans la collecte de fonds pour le Trésor public. Ces agents méritent au moins d’être remboursés pour
Les frais de déplacement ou leur accorder des indemnités en ce sens, vu que le vérificateur est obligé
de se déplacer pour chercher les informations et faire son travail dans les sièges des sociétés qui se
trouvent dans la plupart des cas à l’extrémité des villes.
Il est nécessaire également de veiller à l’amélioration des conditions matérielles du travail qui doit
concerner à la fois le lieu où travaille le vérificateur à son bureau ou à la société.
En effet, celui-ci passe plus de temps au siège de l’entreprise qu’il contrôle qu’à son bureau. C’est
pourquoi la loi doit exiger de celle-ci de lui réserver un local respectueux airé et bien éclairé.
Certaines sociétés adoptent à l’égard de l’agent des impôts une attitude non compréhensible en lui
offrant à titre d’exemple un local sombre, sale profitant du silence des textes de loi à ce sujet.
65
c - Rationalisation de la gestion des ressources matérielles :
La disponibilité des moyens matériels est un élément crucial de la réussite de toute stratégie fiscale
et à la bonne entreprise des services de vérification.
Ainsi pour assurer un bon rendement et une motivation des services fiscaux, les décideurs doivent
mettre à la disposition de la Direction des Impôts :
- Des locaux bien construits à usage de bureaux et non des appartements à usage d’habitation afin
d’améliorer les conditions du travail des agents des impôts et l’image de marque de l’administration ;
- Des moyens de transport des agents du fisc en général et des vérificateurs en particulier car ceux-ci
effectuent des opérations de recensement, de contrôle sur place, et d’investigations dans des
régions lointaines que même les moyens de transport public n’atteignent pas.
A cette égard nous avons demandez aux personnes objet de ce questionnaire de
Classer ces solutions de lutte contre la fraude fiscale au Maroc par ordre de priorité (Du plus
important «priorité 1" au moins important "priorité 6")
La première lecture de ce graphe, permet de déduire d'un pourcentage important disent que la
réforme fiscale est une chose primordiale pour trouvé des solutions contre ce fléau, alors que en
deuxième lieu de celles-ci voient que la réforme de contrôle fiscal efficace aussi diminuée la gravité
de cette phénomène, il ya aussi d’autres solutions par exemple :
-lutter contre la corruption ;
- Montrer aux ménages comment étrennes rationnel ;
66
CHAPITRE 3 : LA REPRESSION DE LA FRAUDE FISCALE ET
L’INTEGRATION DU SYSTEME DE TELEDECLARATION
Ce chapitre nous amène à poser la question suivante, dans quelle mesure la législation fiscale
marocaine est- elle ferme dans la répression de la fraude fiscale ?
Pour pouvoir répondre nous exposerons les différentes sanctions fiscales et civiles prévues par la
législation marocaine, ce qui nous permettra après de juger de leur force dissuasive et de leur
capacité à radier un mal dont la réputation est d’être suffisamment enraciné dans la société pour en
être extirper par la seule dissuasion.
67
– En cas de dépôt d’une déclaration rectificative hors délai, donnant lieu au paiement de droits
complémentaires.
Le maintien de l’application de la majoration de 15% dans le cas de dépôt des déclarations, des actes
et conventions, après ledit délai de trente jours ; l’augmentation de la majoration de 15% à 20%,
dans le cas d’imposition d’office pour défaut de dépôt de déclaration, déclaration incomplète ou
insuffisante ;l’instauration d’une amende de 500 DH lorsque les éléments manquants ou discordants
n’ont pas d’incidence sur la base de l’impôt ou sur son recouvrement, en harmonisation avec la
même sanction prévue en matière d’IR à l’article 202, afin de dissuader les contribuables à produire
des déclarations erronées.
Il y a lieu de préciser que l’article 202 du CGI a été abrogé par la loi de finances pour l’année
budgétaire 2016 en raison des dispositions introduites dans l’article 184 du CGI relatives à l’amende
de 500 DH précitée.
La loi de finances pour l’année budgétaire 2016 a modifié les dispositions jusqu’alors codifiées à
l’article 185 du CGI. Désormais, les personnes qui ne respectent pas l’obligation de communiquer à
l’Administration les documents et renseignements demandés :
«Sont sanctionnées par une astreinte journalière de cinq cents dirhams, dans la limite de cinquante
mille dirhams, les personnes qui ne communiquent pas les informations demandées dans le délai et
les conditions prévus à l’article 214-I ci-dessous.»
Le texte précise que cette astreinte journalière est émise par voie de rôle, d’état de produit ou
d’ordre de recettes.
Pour mémoire, la précédente version de l’article 185 du CGI renvoyait aux sanctions prévues à
l’article 191-I du CGI (i.e. 2 000 DH d’amende et 100 DH d’astreinte par jour de retard dans la limite
de 1000 DH).
La loi de finances pour l’année budgétaire 2016 a modifié les dispositions de la loi fiscale codifiées à
l’article 186 du CGI pour introduire les mesures suivantes :
-l’augmentation de la majoration de 15% à 30%, en cas de rectification de la base imposable, lorsque
les défaillants sont des collecteurs d’impôt, en l’occurrence les contribuables soumis à la taxe sur la
valeur ajoutée et à l’obligation de retenue à la source visée aux articles 110, 111, 116, 117 et 156 à
160 du CGI ;
68
-l’augmentation de la majoration de 15% à 20%, en cas de rectification de la base imposable, pour les
autres contribuables.
Par ailleurs, dans un souci de clarification, il a été également précisé dans l’article 186 précité que les
cas pouvant être considérés comme de mauvaise foi, pour l’application de la majoration de 100%,
sont ceux constatés suite à l’usage de manœuvres visées à l’article 192-I du CGI, à savoir :
la délivrance ou production de factures fictives ;
la production d’écritures comptables fausses ou fictives ;
la vente sans factures de manière répétitive ;
la soustraction ou destruction de pièces comptables légalement exigibles ;
la dissimulation de tout ou partie de l’actif de la société ou augmentation frauduleuse de son
passif en vue d’organiser son insolvabilité.
4) Sanctions pour paiement tardif des impôts, droits et taxes
Jusqu’à présent, les dispositions de la loi fiscale codifiées à l’article 208 du CGI déterminaient les
sanctions de recouvrement en :
-une pénalité de 10% ; et des majorations (une majoration de 5% pour le premier mois de retard et
de 0,50% par mois ou fraction de mois supplémentaire).
S’agissant de la pénalité précitée, la loi de finances pour l’année budgétaire 2016 a introduit les
modifications suivantes :
- La réduction de la pénalité de recouvrement de 10% à 5%, si le paiement des droits dus est
effectué avec un délai de retard ne dépassant pas trente jours ;l’augmentation de ladite pénalité
de 10% à 20%, pour les collecteurs d’impôt défaillants, en cas de défaut de versement ou de
versement hors délai du montant de la taxe sur la valeur ajoutée due ou des droits retenus à la
source, visés aux articles 110, 111, 116, 117 et 156 à 160 du CGI.
Cette dernière mesure concerne le défaut ou retard de versements des impôts et taxes suivants:
la TVA ;
la retenue à la source au titre des salaires et des pensions ;
la retenue à la source sur les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés ;
la retenue à la source au titre des produits bruts versés aux non-résidents ;
la retenue à la source au titre des honoraires versés par les cliniques aux médecins non
soumis à la taxe professionnelle.
S’agissant des majorations précitées, la loi de finances pour l’année budgétaire 2016 a introduit les
modifications suivantes :
69
« Par dérogation aux dispositions ci-dessus, les majorations prévues au présent article ne
s’appliquent pas pour la période située au-delà des douze mois écoulés entre la date de
l’introduction du recours du contribuable, soit devant la commission locale de taxation prévue à
l’article 225 ci-dessous, soit devant la commission nationale de recours fiscal prévue à l’article 226 ci-
dessous et celle de la mise en recouvrement du rôle ou de l’état de produit comportant le
complément d’impôt exigible ».
Pour mémoire, le délai susvisé de douze mois était jusqu’à présent de trente-six mois.
Enfin, il y a lieu d’indiquer que le dernier paragraphe de l’article 208-III du CGI, relatif à la taxe
spéciale annuelle sur les véhicules automobiles, qui disposait que tout défaut d’apposition de la
vignette sur le pare-brise constaté par procès-verbal est passible d’une amende de 100 DH, est
supprimé.
La loi de finances pour l’année budgétaire 2016 a complété le CGI par les articles 187 bis et 208 bis
afin d’instaurer une sanction spécifique en cas de non-respect des obligations de télé déclaration et
de télépaiement.
Ces nouveaux articles du CGI sont rédigés comme suit :
-Article 187 bis. – Sanctions pour infraction aux dispositions relatives à la télé déclaration
« Une majoration de 1% est applicable sur les droits dus ou qui auraient été dus en l’absence
d’exonération, en cas de non-respect des obligations de télé déclaration prévues à l’article 155 ci-
dessus.
-Le montant de la majoration précitée ne peut être inférieur à mille dirhams.
-La majoration visée ci-dessus est recouvrée par voie de rôle sans procédure ».
-Article 208 bis. – Sanctions pour infraction aux dispositions relatives au télépaiement
« Une majoration de 1% est applicable sur les droits dus ou qui auraient été dus en l’absence
d’exonération, en cas de non-respect des obligations de télépaiement prévues à l’article 169 ci-
dessus.
-Le montant de la majoration précitée ne peut être inférieur à mille dirhams.
-La majoration visée ci-dessus est recouvrée par voie de rôle sans procédure ».
B) LES SANCTIONS ADMINISTRATIVES :
A côté des sanctions pécuniaires, le législateur devrait instituer des sanctions administratives, il s’agit
des mesures strictes obligeant indirectement les contribuables de s’acquitter de leurs dettes fiscales
pour bénéficier de certains avantages accordés par l’Etat.
70
Les exemples sont nombreux, on peut se contenter de citer quelques uns tels que le bénéfice de
certains services publics, l’acquisition de certaines autorisations des pouvoirs publiques (l’exercice du
commerce, l’acquisition d’un passeport, départ à l’étranger etc.…)
C) LA PENALISATION DE LA FRAUDE FISCALE :
A côté des sanctions prévues contre la fraude fiscale, il est nécessaire de réviser les procédures et les
délais du recours fiscal pour obliger les contribuables à respecter les lois fiscales en vigueur.
D) ASSOUPLISSEMENT DES PROCEDURES :
Le contrôle fiscal débouche dans la majorité des cas, sur des redressements que le contribuable doit
verser au trésor public et sur la base desquels sont calculés les majorations et les pénalités de retard.
Pour sauvegarder les intérêts des contribuables et les prévenir contre les abus de l’Administration, la
loi a institué les procédures de recours devant les commissions locales et nationales, puis devant les
tribunaux en dernier lieu.
Or, ces procédures sont longues et peuvent durer des années. Une telle situation a des effets
négatifs au niveau :
- Des caisses de l’Etat car une fois la procédure terminée, l’argent remboursé par le contribuable
peut, sous l’effet de l’inflation être dévalué même si on applique les pénalités et les majorations de
retard.
- De l’agent vérificateur, car avec le temps celui-ci oublie les détails du dossier vérifié qui a la charge
de défendre devant les commissions sachant qu’il n’a pas que ce dossier et qu’entre temps il a été
chargé de vérifier d’autre sociétés.
D’où la nécessité de réactiver les commissions que ce soit les commissions locales de taxation ou la
commission nationale du recours fiscal afin de redonner à ces institutions l’importance assignée par
le législateur, car il est insoutenable de voir un dossier trainé pendant plusieurs années entre ces
deux juridictions alors qu’il suffit de trois séances ou quatre au maximum pour arrêter une décision
définitive. Il faut se rappeler sans cesse que c’est l’argent du Trésor qui est en jeu.
E) LA COMPLICITE :
71
F) LES SANCTIONS CIVILES :
Les sanctions civiles concernent essentiellement les privilèges accordés à l’administration victime de
manœuvres frauduleuses, de se faire dédommager des torts qui lui sont causés. Entrent dans cette
catégorie notamment, le droit de préemption de l’administration.
Le droit de préemption est à rapprocher des sanctions fiscales précitées, il concerne plus
particulièrement les infractions aux droits d’enregistrement. Ces droits relèvent essentiellement de
la fiscalité personnelle car ils frappent les mutations de la fortune des particuliers, soit entre vifs
(vente, location des biens immeubles etc.…) soit à cause de mort (succession, legs). C’est pourquoi le
principe admis est que les droits perçus soient calculés sur la base des prix et des valeurs fixés par les
contractuels et contenus dans les textes des contrats. Ils doivent en effet correspondre au prix du
marché en fonction de l’offre et de la demande et relater en principe la valeur réelle des biens, objet
de la transaction.
Or, cette concordance entre les montants des prix déclarés et l’argent réellement perçu n’a lieu que
rarement. En effet les contractuels tendent souvent à minimiser les prix déclarés afin de réduire
l’assiette et par conséquent éluder le paiement de ces droits d’enregistrements et de timbre. Il est en
effet communément admis que la fraude fiscale des droits d’enregistrements est très répandue en
raison du caractère quelque peu particulier des transactions qui sont soumises à ce prélèvement, «
d’aucuns sont convaincus que la matière d’enregistrement est la plus sujette aux dissimulations et
dérobades des contribuables »
En application du Plan Maroc numérique 2013 et dans la continuité de l’amélioration des relations
entre les entreprises marocaines et les administrations publiques, le ministère de l’Économie et des
finances, en concertation avec la Direction générale des impôts a sorti un nouveau mode de
déclaration et paiement en ligne : la télé déclaration et le télépaiement.
72
A cet effet, la DGI a mis en place un système baptisé « Simpl » ou Services des impôts en ligne
permettant, en plus de la télé déclaration fiscale, de procéder au télépaiement des impôts IS, IR et
TVA.
Les services télé déclaration et télépaiement fiscaux permettent aux contribuables adhérents de
s’acquitter de leurs obligations légales en matière d’Impôts IS, IR et TVA, en déposant leurs
déclarations sous format XML et en payant leur dû, directement sur le site web de la DGI.
Du dépôt fiscal. Les certificats d’authenticité, précédemment délivrés par la DGI ou Barid Al Maghrib,
peuvent être utilisés en complément à ces actions de sécurisation des dépôts fiscaux.
A) Télépaiement :
Au cours de l'année 2016, le nombre d'adhérents aux télés services SIMPL a enregistré une
importante augmentation s'élevant à 232 025 adhérents contre 8199 adhérents en 2015.
Cette hausse s'est traduite par une recette globale d'un montant de 81 931 MDhs, représentant 79%
des recettes spontanées contre 64% en 2015, soit une progression de +15%
73
1) La télé déclaration et le contrôle fiscale :
Le droit de contrôle dévolu à l'administration fiscale, corollaire du système déclaratif, est l'un des
principaux garantis de l'équité devant l'impôt et du civisme fiscal.
Les objectifs stratégiques de la DGI en matière de contrôle s'articulent autour des axes suivants :
-Développer la conformité volontaire ;
-Renforcer la lutte contre les différentes formes de fraude tout en assurant une meilleure couverture
du tissu fiscal ;
- Assurer l'égalité devant l'impôt, condition du civisme fiscal et chantier essentiel pour préserver la
cohésion sociale et l'efficacité économique.
Par ailleurs, il est à rappeler qu'afin d'améliorer les performances du contrôle et d'accroître son
efficacité, plusieurs dispositions fiscales relatives au contrôle fiscal ont été introduites au niveau de la
Loi de finances pour l'année 2016. De même, plusieurs actions ont été entreprises au niveau
opérationnel afin de mieux cibler la fraude au cours des années 2015 et 2016.
Ces actions ont permis d'améliorer les performances du contrôle fiscal, dont Les réalisations au titre
de l'année 2016, sont notamment appréciées au travers les indicateurs de performance suivants :
• Le nombre de dossiers vérifiés et la durée moyenne de vérification ;
• Les droits recouvrés ;
• Les droits émis suite à vérification ;
• Le rythme d'apurement des dossiers par les commissions de recours (CLT et CNRF).
74
2) Nombre de dossiers vérifiés sur place :
Au titre de l'année 2016 le nombre de dossiers vérifiés a enregistré une augmentation de l'ordre de
50% par rapport à 2015.
Le nombre de dossiers vérifié en 2016 est constitué de :
-1411 dossiers ayant fait l'objet de vérifications générales de comptabilités (augmentation de 1,3%
par rapport à 2015);
-1847 dossiers ayant été soumis au contrôle ponctuel (augmentation de 138% par rapport à 2015).
La ventilation de ces contrôles entre les personnes morales et les personnes physiques se présente
comme suit :
-2805 contrôles concernent les personnes morales (soit 86% du total des contribuables vérifiés en
2016);
- 453 contrôles concernent les personnes physiques (soit 14% du total des contribuables vérifiés en
2016).
Les mesures législatives relatives à l'aménagement des durées de vérification et de notification ainsi
que les mesures opérationnelles entreprises ont eu pour effet de réduire la durée de présence des
vérificateurs sur place.
Le graphique ci après retrace les durées moyennes en jours ouvrables constatées au cours des trois
dernières années.
75
4) Droits recouvrés suite à contrôle sur place
Le contrôle sur place a généré des recettes de l'ordre de 6,2 milliards de dirhams, en augmentation
de 42% par rapport à l'année 2015. Les droits émis afférents aux contrôles sur place au titre de 2016
ont connu une augmentation de 35% par rapport à l'année 2015. Ces droits sont constitués
principalement des droits afférents aux accords conclus avec les contribuables.
Commissions Locales de Taxation (CLT) Le nombre des dossiers examinés par les commissions locales
de taxation (CLT) a augmenté de 30% entre 2015 et 2016 en passant de 2110 à 2753 dossiers. Cette
augmentation témoigne de l'accélération du rythme d'apurement des affaires devant les CLT
principalement au niveau des affaires de vérification de comptabilité (101%).
Commission Nationale du Recours Fiscal (CNRF)
En ce qui concerne les dossiers traités par la commission nationale du recours fiscal (CNRF), le
nombre de recours formulés auprès de cette instance est passé de 495 en 2015 à 718 en 2016 soit
une augmentation de l'ordre de 45%. Cette tendance est expliquée par l'impact en cascade créé par
la croissance du nombre des dossiers traités et notifiées par les CLT.
Répartition des recours formulés devant la CNRF en 2016
Les recours formulés devant la CNRF sont composés de :
• 45% d'affaires de vérification de comptabilité ;
• 55% d'affaires de fiscalité immobilière.
Evolution des recours formulés et ceux rendues au niveau de la CNRF
Le nombre de dossiers examinés par la CNRF et dont les décisions sont notifiées aux parties, a
enregistré une baisse de l'ordre de 7% au cours de l'année 2016 par rapport à l'année 2015. Cette
situation est due notamment à la diminution du nombre des membres fonctionnaires détachés
auprès de ladite commission suite aux départs à la retraite. Etant précisé que de nouveaux membres
ont prix leur fonction au mois de septembre 2016.
Etat du stock des dossiers en instance auprès de la CNRF:
Le stock des instances à la CNRF à la fin de l'année 2016 s'élève à 652 dossiers contre 380 dossiers à
la fin de l'année 2015, soit une augmentation de 72%.
76
- Peut-on dire que la télé déclaration a-t-il aidée à minimiser la fraude fiscale au
Maroc?
L'une des causes de la fraude ou de l'évasion fiscale est l'affaiblissement du sens du devoir fiscal,
C’est un fait bien connu que, pour un grand nombre de citoyens, la conscience fiscale est moins
rigoureuse que la conscience morale. Donc pour remédier à ce mouvement de la fuite devant
l'impôt, il est nécessaire de prévoir les moyens adéquats pour développer et promouvoir le civisme
fiscal chez les citoyens.
Outre que l'amélioration de la qualité du service et la simplification des procédures par les nouvelles
technologies d'information et de communications (voir détail dans les paragraphes précédents),
L’administration fiscale devrait exploiter aussi les NTIC pour médiatiser un slogan fiscal significatif. La
plupart des pays, comme en Mexique qu'illustre les affiches et les publicités par le slogan « Payer ses
impôts, c'est participer ». Même constat en France pour sa compagne de la modernisation de
l'administration fiscale « Pour vous faciliter l’impôt ».
La représentation de la DGI sur Internet se concrétise par le portail récemment publié sur le web, il
s'agit d'un ensemble d'espaces documentaires et informationnels avec un ensemble des e-services
des télés déclarations et télépaiements.
C’est pour cela que la majorité de la population objet ce questionnaire croient que oui, et
effectivement le rôle de la télé déclaration et un rôle majeur pour participer a la diminution du
gravité de la fraude fiscale au Maroc.
77
Pour donner une conclusion à ce chapitre qui traite deux axes primordiaux qui sont la répression de
la fraude fiscale et le système de télé déclaration, il nous apparait d’une part qu’il faut adopter une
stratégie répressive adéquate pour enrayer radicalement le fléau de fraude fiscale. Par ailleurs, on a
posé la question suivante « L'introduction de la télé déclaration au système fiscale marocain a-t-il
aidée à minimiser la fraude fiscale au Maroc? » et on a aboutit que :
La majorité (73,80%) de la population ciblée dit qu’effectivement ce système est vers une
participation efficace à minimiser la fraude fiscale.
78
CONCLUSION GENERALE
Nous pouvons avancer que l'étude de la fraude fiscale, à travers ce travail, nous a permis de mettre
en évidence certaines réalités :
Tout d'abord, les causes sous-jacentes à Ce phénomène sont diverses, multiples et complexes.
Elles peuvent être liées au contribuable, à l'administration fiscale, au système fiscal ou encore à
l'environnement général de l'impôt.
En réalité, elles vont des plus subjectives au plus objectives.
En suite, l'étude de Ce phénomène nous a permis de tirer au Claire ses manifestations
sociologiques et techniques;
Après avoir, lister ses causes et manifestations, les pouvoirs publics doivent envisager une lutte
urgente contre ce phénomène, Il n'y a pas de meilleur œuvre de transformation en profondeur de la
société marocaine que d'amener tous les marocains à payer à correctement leurs impôts.
A ce propos, nous estimons qu'il est impératif d'agir sur l'organe chargé, justement de lutter contre la
délinquance fiscale. Cet organe n'est autre que l'administration fiscale. Cette action doit être menée
dans le sens d'une réorganisation plus efficace, un renforcement sur le plan humain (aussi bien en
quantité qu’en qualité) et celui matériel (notamment le système d’information) et une amélioration
de la qualité de ses travaux surtout ceux concernés directement par ce fléau (travaux de contrôle).
Somme toute, l'étude de tel thème exige la constitution de toute une unité de réflexion disposant
des moyens nécessaires, pour faire des enquêtes pratiques, à fin que son travail soit plus concluant.
79
BIBLIOGRAPHIE/ WEBOGRAPHIE
80