Feuilletage
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MANUEL
D’EXPLOITATION
FERROVIAIRE
Certifications professionnelles – Formation continue
IUT – Écoles d'ingénieurs
© Dunod 2018
11, rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN 978-2-10-077306-0
obscures… Ce n’est que des années plus tard que je pus définitivement saisir la logique
de principes finalement fort simples et remplis de bon sens.
Cet ouvrage est donc né d’un triple constat :
–– l’absolue nécessité d’aider les jeunes qui rejoignent le secteur ferroviaire à réussir
leur intégration en démystifiant l’exploitation ferroviaire, matière empirique dont la
compréhension n’est pas toujours aisée ;
–– la nécessité de guider efficacement les apprenants confrontés à un programme délicat
à assimiler et à des exigences de résultats élevées (le tout lors d’une formation d’inté-
gration assez courte où les échecs et les démissions ne sont pas rares) ;
–– l’absence de tout manuel de cours leur permettant, s’ils en éprouvent le besoin, de
compléter l’enseignement des formateurs.
III
IV
Remerciements
L’auteur remercie toute l’équipe des Éditions Dunod pour le soin apporté à la réalisation
de cet ouvrage, notamment Guillaume Clapeau, mon éditeur, pour le suivi méticuleux
du projet ; Aurélie Cauvin pour ses conseils avisés ; ainsi que Jean-Baptiste Gugès, le
directeur éditorial, pour sa confiance.
Pierre Sablier
Directeur Opérations et Circulation de SNCF Réseau
Directeur de l’Institut de l’exploitation ferroviaire
VI
vrages ferroviaires ou de métiers déjà publiés, vient faire profiter les jeunes générations
de son expérience et de sa passion pour ce mode ferroviaire qui nous est si cher et qui
fait partie intégrante de notre vie.
Jean-Paul Balensi2
1. La sécurité du transport, Collection « L’exploitation technique du chemin de fer », par André Lemonnier,
Éditions Léon Eyrolles, 1947.
2. Jean-Paul Balensi a fait des études d’Ingénieur Arts et Métiers. Fils de cheminot, entré à la SNCF comme
cadre Transport, il a exercé au cours de sa carrière des fonctions d’encadrement opérationnel dans les domaines
de l’exploitation, de la traction et de la maintenance du matériel roulant. Il a également dirigé le service de veille
opérationnelle sécurité au sein du gestionnaire d’infrastructure délégué. Enfin, il est intervenu sur de nombreux
projets ferroviaires en France et dans le monde au sein de sociétés d’ingénierie.
VII
Introduction 1
Partie 1
Les équipements de base du
système ferroviaire 7
3. Les autorails 16
1. Notions élémentaires 27
2. L’appareil d’aiguillage 28
des gares 31
3. Garages et dépassements 41
IX
Partie 2
Les spécificités des lignes
à traction électrique 53
Partie 3
La gestion opérationnelle des
circulations ferroviaires 73
9 L’organisation du trafic 75
2. Plan de transport 76
1. La mission du COGC 88
2. Le régulateur 89
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
Partie 4
Les principes fondamentaux
de sécurité ferroviaire 93
3. Comment y répondre ? 96
XI
2. Les risques liés à la traversée des voies dans les gares 106
Partie 5
La signalisation ferroviaire
fixe et embarquée 121
XII
Partie 6
Les différentes technologies
de postes d’aiguillage 145
XIII
Partie 7
La sûreté du système ferroviaire 171
Glossaire 220
Bibliographie 222
Index 224
XIV
manœuvre dans les gares ou de dépannage en ligne, gestion opérationnelle des cir-
culations, maintenance…).
–– La technologie appliquée au système ferroviaire : ces systèmes actuellement en
service (pour certains forts anciens), sont originaux et nécessitent, pour bien com-
prendre leur fonction et leur utilité, un bref retour historique (ce sera le cas à la
fin de chaque chapitre). Ils font voisiner systèmes mécaniques, électriques, électro-
niques et informatiques (commande et contrôle des signaux, des aiguilles, contrôle
de vitesse…).
–– Les moyens mis en œuvre pour garantir la sécurité : ils constituent le triptyque
Hommes-Installations-Procédures. Les hommes (et les femmes) sont les opérateurs
sécurité (du conducteur de train à l’aiguilleur) qui font circuler les trains en utilisant
des installations et en mettant en œuvre des procédures ; les installations sont les équi-
pements de sécurité servant à pallier automatiquement les risques ferroviaires (la prise
en écharpe comme le rattrapage de deux trains, le nez à nez de deux trains circulant sur
une même voie et la collision entre un véhicule routier et un train) et à s’opposer aux
erreurs humaines ; les procédures écrites de sécurité (celles, notamment, exposées dans
le Règlement sécurité de l’exploitation – RSE) étant prévues pour pallier les risques fer-
roviaires identifiés et non pris en charge par les installations de sécurité (signal, block,
enclenchement… ou, s’il en existe un, lorsque celui-ci est en dérangement).
–– La recherche de la qualité : en exploitation ferroviaire, la qualité revêt deux aspects,
la sécurité et la régularité. Les deux principes étant sous-jacents et faillibles, il faut
donc en permanence chercher la perfection ou, du moins, tendre vers le zéro défaut en
mettant en œuvre le retour d’expérience, la diffusion des bonnes pratiques, la mise en
œuvre de méthodes plus scientifiques comme le Lean et la prise en compte des idées
venues du terrain (notamment les idées des opérateurs de production).
et l’état du rail (composant de la signalisation, nous le verrons plus loin) peut en être
la cause. Aller plus vite (si la visibilité est bonne, en ligne droite par exemple) serait
prendre le risque de dérailler si le train circule sur un rail déformé (par la chaleur) ou
cassé (par le gel).
À noter
Vous allez découvrir (et devoir assimiler) bien sûr de très nombreux autres termes (ou
définitions) car l’exploitation ferroviaire et, principalement, son volet sécurité, possèdent
un vocabulaire propre (décrivant certaines installations ou pratiques de sécurité), avec
lesquels il faudra rapidement vous familiariser. Certains, comme : canton, enclenche-
ment, détresse, retour à la gare en arrière, secours par l’avant ou transit souple
sont très curieux… et anciens. Tous ces termes, et bien d’autres, vous seront présentés
au fil du cours.
Tableau I.1
La sécurité ferroviaire
Usage d’un drapeau rouge Pouvoir obtenir l’arrêt Éviter une collision avec un
d’urgence d’un train en autre train ou un objet sur la
agitant le drapeau voie
Figure I.1
À priori aucun, et pourtant, nous allons le découvrir ensemble, les similitudes sont
nombreuses. Après les avoir constatées et assimilées, vous aurez d’excellentes bases
pour découvrir et comprendre les chapitres qui suivront. Découvrons ces analogies
dans le tableau I.2.
Tableau I.2
Route Ferroviaire
Les véhicules circulent sur le réseau routier Les trains circulent sur le réseau ferroviaire
national national (RFN)
Celui-ci est divisé en voirie urbaine, en routes Le RFN est divisé en gares, en lignes
nationales et en autoroutes classiques et en lignes à grande vitesse (LGV)
Il existe des cartes et des guides du réseau Le RFN est découpé en lignes et sections
routier de ligne décrites dans un fascicule de
renseignements techniques (RT)
Les routes sont divisées en points Les voies ferrées sont divisées en PK
kilométriques (PK)
Les autoroutes possèdent des bretelles de Les LGV possèdent des raccordements avec
sortie vers les routes nationales les lignes classiques
Les routes et les autoroutes possèdent des Les lignes de chemin de fer ont également
bifurcations des bifurcations
Les routes nationales traversent des villes Les lignes classiques traversent des gares
Les villes ont des carrefours routiers Les gares ont des croisements
Les véhicules circulent dans un sens Les trains circulent dans un sens obligatoire
obligatoire et il existe des sens interdits (à gauche)
Il existe une distance de sécurité à respecter Il doit également exister une distance de
entre deux véhicules sécurité entre deux trains (espacement)
Le transport routier de voyageurs est Les trains ont des horaires de circulation et de
« horairisé » et possède des arrêts (bus, passage dans chaque gare ou point d’arrêt
autocars)
Les camions chargent les marchandises chez Les marchandises sont chargées sur des EP
le client (embranchements particuliers)
Dans chacune des parties qui vont suivre, les questions que vous vous posez sûrement
seront traitées de façon simple et précise. Cette approche originale séduira les appre-
nants par sa façon de rendre claires et concrètes des notions parfois complexes.
Entrons maintenant dans le vif du sujet en commençant par les équipements de base
du système ferroviaire…
Les équipements
de base du
système ferroviaire
A près les routes et les canaux, la France a confié la construction de ses che-
mins de fer aux ingénieurs des Ponts et Chaussées, grand corps d’État créé en
1747. Sous-couche, drainage, calcul des tracés… les « Ponts », qui avaient mené
à bien la construction des routes (facilitant ainsi la circulation des carrosses et des
diligences sur les routes pavées) ainsi que celles des canaux dédiés au transport des
marchandises sur des péniches) vont se voir confier un nouveau challenge : celui de
concevoir une infrastructure spécialisée permettant la circulation des trains. Elle
sera composée de bâtiments (gares, dépôts, ateliers…), d’ouvrages d’art (ponts,
viaducs, tunnels…), de passages à niveau, d’installations de traction électrique
(sous-stations, feeders, caténaires…) ainsi que d’équipements fixes nécessaires à la
circulation des trains :
–– la plate-forme sur laquelle sera posée la voie ferrée (rails, traverses, ballast) ;
–– les appareils de voie (branchements, croisements et traversées-jonction) qui per-
mettront aux trains de changer de voie ou de bifurquer sur une autre ligne ;
–– les équipements de signalisation ferroviaire fixes ou en cabine (panneaux lumi-
neux, signaux mécaniques, tableaux indicateurs de vitesse…) qui donneront des
instructions aux conducteurs ;
–– les systèmes de communication (radio sol-train, télécommunications…) permet-
tant aux exploitants (hommes chargés de superviser la circulation ferroviaire) de
communiquer avec les roulants (les conducteurs de train).
Ce qu’il faut savoir faire Savoir à quoi servent les différents engins circulant sur les
voies d’une gare
Décrire la position donnée par un appareil de voie
Avoir compris le principe du sens normal de circulation
Comprendre comment faire circuler un train à contre-sens
Expliquer les différentes fonctions des signaux
Une fois ce thème correctement acquis et maîtrisé, vous devez être capable de
décrire, de façon synthétique et avec des mots simples, le système ferroviaire
devant une assistance ignorant tout de son mode de fonctionnement.
Pour vous qui débutez, le train c’est bien sûr le TGV ou le train Corail Intercités qui
vous emmène en week-end ou en vacances, le RER si vous habitez en Île-de-France, le
TER si vous habitez en région.
Le train, c’est aussi celui de marchandises de Fret-SNCF transportant, par exemple,
des automobiles. Vous pouvez même apercevoir des trains remorqués par des loco-
motives aux couleurs d’autres EF (Entreprises ferroviaires) comme ECR (Euro Cargo
Rail), CIFFCO-Eurotunnel, Europorte, Colas, puisque le trafic des marchandises est
libre depuis 2006.
À noter
La libéralisation du transport
Autrefois titulaire du monopole ferroviaire, la SNCF a vu naître une nouvelle ère
avec la libéralisation du transport des marchandises qui s’est déroulée en deux
étapes (le trafic international en 2003, puis le trafic intérieur en 2006). La libéra-
lisation du transport intérieur des voyageurs est prévue pour 2019 (alors que celle
du transport international l’est depuis 2009, et que celle du RER francilien le sera
à l’horizon 2039).
Devant l’extrême variété des convois pouvant donc aujourd’hui circuler sur le RFN
(Réseau ferré national), nous parlerons donc de circulation ferroviaire, définition beau-
coup plus large permettant de regrouper sous le même vocable à peu près tous les types
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
de convois que vous pourrez voir circuler sur des rails de chemin de fer :
–– Une rame de voitures (destinées au transport des voyageurs) ou de wagons (destinés
au transport des marchandises) tractée par un engin moteur (une locomotive ou un
locotracteur) ;
–– une rame automotrice (par exemple une rame TGV ou de RER) ;
–– un autorail (engin qui assure sa propre propulsion) ;
–– les engins spécialisés de mesure et de contrôle de la voie (appartenant à SNCF-
Réseau ou à des entreprises spécialisées) ;
–– les trains de travaux (utilisés pour entretenir l’infrastructure).
Figure 1.1
À noter
La robustesse du matériel roulant
Contrairement au parc automobile, le matériel roulant ferroviaire – de par sa
robustesse – a une durée de vie que l’on peut qualifier de longue (40 ans au mini-
mum). Généralement, son retrait du service (réforme puis ferraillage ou revente à
un réseau étranger) n’est pas motivé par une défaillance technique mais par une
obsolescence des équipements internes devenus inadaptés aux standards commer-
ciaux du moment.
Depuis 1980, il n’y a plus aucune commande. Le parc de voitures Corail repasse
régulièrement en atelier pour y être remis au goût du jour et nous revient sous la forme
de voitures Lunéa, Téoz, TER ou Intercités.
Concernant les wagons de marchandises, il en existe de nombreux modèles, souvent
adaptés au type de marchandises transportées (automobiles, containers…) (Fig. 1.2).
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À noter
L’attelage et l’intercirculation
Les voitures-voyageurs sont reliées entre elles, puis à la locomotive à l’aide d’un
attelage.
Ce dernier est réalisé par un accrocheur/coupeur qui descend sur la voie et pénètre
dans l’espace très réduit situé entre les tampons de la locomotive et ceux de la
première voiture du train.
Dans un premier temps, il réalise l’attelage mécanique à vis qui permettra à
la locomotive de tracter l’ensemble du convoi (à l’aide d’une lourde pièce de
métal très résistante qu’il devra soulever, positionner sur un crochet d’attelage
et serrer).
Ensuite, il raccorde deux conduites d’air comprimé à la voiture : la CG (conduite
générale) pour le freinage et la CP (conduite principale) pour la fermeture auto-
matique des portes du convoi.
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