TRIBUS, FONCTIONS MESURABLES
NICOLAS PÉTRÉLIS
1. Tribu
On considère Ω un ensemble (par ex. N, Z, Q, Rd , {1, 3, 5, 7, 11} etc...) et on note P(Ω)
l’ensemble des parties de cet ensemble. On considère à présent A ⊂ P(Ω) un sous ensemble
de partie de Ω.
Definition 1.1. A est une tribu de Ω si les trois conditions suivantes sont vérifiées.
(1) Ω ∈ A.
(2) A est stable par passage au complémentaire, i.e., si A ∈ A alors Ac := Ω \ A ∈ A.
(3) A est stable par réunion dénombrable, i.e., si (Ai )i∈N est une famille d’éléments de
A, alors ∪i∈N Ai ∈ A.
Remark 1.2. Les trois conditions impliquent nécessairement qu’une tribu contient ∅ et
qu’une tribu est stable par intersection dénombrable.
Donnons quelques exemples classiques de tribu. La plus petite tribu d’un ensemble Ω est
{∅, Ω}. Elle est appelée tribu triviale de Ω. Il est facile de vérifier également que la plus
grosse tribu de Ω est P(Ω). Une intersection quelconque de tribu de Ω est une tribu de Ω,
i.e., si (Aj )j∈J est une famille quelconque de tribu de Ω alors
\
Aj est une tribu de Ω.
j∈J
En revanche, une union de tribu n’est à priori pas une tribu.
Remark 1.3. On emploie le terme d’événement pour désigner un élément d’une tribu.
Definition 1.4. Soit E ⊂ P(Ω). On appelle tribu engendrée par E (notée σ(E)), la plus
petite tribu sur Ω qui contient E. Dès lors, σ(E) est aussi l’intersection de toutes les tribus
de Ω contenant E, i.e.,
\
σ(E) = A. (1.1)
A tribu de Ω : E⊂A
Donnons plusieurs exemples de tribu engendrée, par ordre croissant de complexité.
• Soit a ∈ Ω, alors σ({a}) = {∅, {a}, {a}c , Ω}.
• Si Ω est dénombrable, σ {a}, a ∈ Ω = P(Ω).
Date: September 9, 2016.
1
2 NICOLAS PÉTRÉLIS
• Si (Ei )i∈N est une partition de Ω, i.e., Ω = ∪i∈N Ei et Ei ∩ Ej = ∅ si i 6= j alors
n[ o
σ({Ei , i ∈ N}) = Ei , T ⊂ N .
i∈T
• Soit (Ω, d) un espace métrique, la tribu Borélienne de (Ω, d) est la tribu engendrée
par les ouverts de Ω (pour la distance d). On la note Bor(Ω).
Tribu Borélienne. Une tribu particulièrement importante pour nous sera la tribu Borélienne
de R notée Bor(R) (où implicitement la distance choisie est associée à une norme quel-
conque sur R). Bor(R) est donc la tribu de R engendrée par les ouverts de R. Cependant,
un résultat classique de topologie sur R nous indique que tout ouvert de R peut s’écrire
comme réunion dénombrable d’intervalles ouverts de R. On en conclut que
Bor(R) = σ( ]a, b[, a, b ∈ R et a < b).
Tribu image réciproque. Il nous sera souvent utile par la suite de considérer l’image
réciproque d’une tribu par une fonction. Il se trouve qu’une telle image réciproque est alors
une tribu de l’espace de départ. Ainsi si f : Ω1 → Ω2 et que (Ω2 , A2 ) est une espace
mesurable on a
f −1 (A2 ) := {f −1 (B), B ∈ A2 }
qui est une tribu de Ω1 . On peut observer également que si A2 = σ(E2 ) où E2 est un système
de partie de A2 , alors
f −1 (A2 ) = σ(f −1 (E2 )) := σ({f −1 (B), B ∈ E2 }). (1.2)
Definition 1.5. Soient (Ω1 , A1 ), . . . , (Ωd , Ad ) d espaces mesurables, on appelle tribu pro-
duit de A1 , . . . , Ad la tribu sur Ω1 × · · · × Ωd engendrée par
n o
A1 × · · · × Ad : (Ai )di=1 ∈ A1 × · · · × Ad .
Cette tribu produit est notée di=1 Ai .
N
Exemple 1.6. Comme exemple de tribu produit, on peut considérer Bor(Rd ) avec d ∈ N.
De même que tout ouvert de R est réunion dénombrable d’intervalles ouverts de R, tout
ouvert de Rd est réunion dénombrable de pavé de Rd de la forme ]a1 , b1 [× · · · ×]ad , bd [. Dès
lors on peut affirmer que
Q N
d
Bor(Rd ) = σ i=1 ]ai , bi [, a i < bi ∈ R ⊂ di=1 Bor(R).
L’inclusion di=1 Bor(R) ⊂ Bor(Rd ) sera prouvée plus tard.
N
Definition 1.7. Soit Ω un ensemble et A une tribu de Ω, on appelle sous tribu de A toute
tribu de Ω incluse dans A. De la même manière, si E1 ⊂ E2 ⊂ P(Ω) alors σ(E1 ) est une
sous tribu de σ(E2 ).
Il est évident que toute tribu d’un ensemble Ω est une sous tribu de P(Ω).
Definition 1.8. soit (Ω, A) un ensemble et une tribusur cette ensemble. Soit B ⊂ Ω,
on appelle trace de A sur B la tribu de B définie par B ∩ A, A ∈ A} = AB . Soit E un
ensemble de partie (où système de partie) qui génère A. Alors, EB = {B ∩ A, A ∈ E} est
un système de partie de B qui génère AB .
TRIBUS, FONCTIONS MESURABLES 3
Exemple 1.9. soit I est un intervalle quelconque de R alors Bor(R)I = Bor(I) puisque
Bor(R)I = σ {O : O ouvert de R } I
= σ {O ∩ I : O ouvert de R }
= σ {O : O ouvert de I }
= Bor(I).
Remark 1.10. Il sera souvent nécessaire de considérer des fonctions prenant éventuellement
des valeurs infinie. Pour cela on définit R̄ = R ∪ {−∞, ∞}. On définit alors
Bor(R̄) = σ Bor(R) ∪ {−∞} ∪ {∞} (1.3)
= σ [a, b], a ≤ b ∈ R̄
où par convention [a, ∞] = [a, ∞[ ∪ {∞}. On définit aussi des règles de calcul sur R̄, i.e.,
a + ∞ = ∞ si a ∈ R ∪ {∞} (1.4)
a + (−∞) = −∞ si a ∈ R ∪ {−∞}
0 · ∞ = 0 · (−∞) = 0
(−∞) + ∞ = indéterminée (1.5)
On peut prouver également que la trace de Bor (R̄) sur R est Bor (R), i.e.,
Bor (R̄)R = Bor (R).
2. Mesurabilité
On appelle espace mesurable la donnée d’un ensemble Ω et d’une tribu A de cet
ensemble (Ω, A).
Definition 2.1. Soient (Ω1 , A1 ) et (Ω2 , A2 ) deux espaces mesurables et f : Ω1 → Ω2 . La
fonction f est dite mesurable ssi
f −1 (A2 ) := {f −1 (B), B ∈ A2 } ⊂ A1 .
2.1. Comment prouver la mesurabilité d’une fonction? Dans la suite du cours nous
allons définir une notion très générale d’intégrale, qui généralisera à la fois les sommes
de séries absolument convergentes et les intégrales de Riemann. Cependant, de la même
manière qu’on ne peut pas intégrer n’importe quelle fonction au sens de Riemann, on ne
pourra pas intégrer n’importe quelle fonction au sens de cette nouvelle intégrale. Ainsi
les fonctions devront satisfaire quelques conditions minimales pour pouvoir être intégrées.
L’une de ces conditions est d’être mesurable. Il est donc important d’avoir des outils, des
critères pour prouver qu’une fonction est mesurable.
Première méthode. On peut utiliser directement la définition de la mesurabilité, com-
binée avec l’égalité (1.2) qui concerne la tribu image réciproque. Ainsi, si (Ω1 , A1 ) et
(Ω2 , A2 ) sont deux espaces mesurables, si E2 est un système de partie de Ω2 qui engendre
A2 (i.e., A2 = σ(E2 )) alors f : Ω1 → Ω2 est mesurable ssi
f −1 (E) ∈ A1 pour tout E ∈ E2 .
4 NICOLAS PÉTRÉLIS
C’est par exemple très utile pour prouver la mesurabilité d’une fonction à valeurs dans
(R, Bor(R)) puisque
Bor(R) = σ({ouverts de R}) = σ ]a, b[, a < b ∈ R = σ [a, b], a < b ∈ R (2.1)
= σ [a, b[, a < b ∈ R = σ ]a, b], a < b ∈ R
= σ ] − ∞, b[, b ∈ R = σ ] − ∞, b], b ∈ R
= σ ]a, ∞[, a ∈ R = σ [a, ∞[, a ∈ R .
Ainsi si f : (Ω, A) → (R, Bor(R)) on obtient sa mesurabilité en prouvant par exemple que
f −1 ([a, ∞[) ∈ A, pour tout a ∈ R.
Deuxième méthode. On peut prouver la mesurabilité d’une fonction en l’écrivant comme
composée de fonctions plus simples dont on sait qu’elles sont mesurables. Ainsi, on utilisera
les deux règles de compositions suivantes.
(1) La composée de fonctions mesurables est mesurable.
Soit f : (Ω1 , A1 ) → (Ω2 , A2 ) et g : (Ω2 , A2 ) → (Ω3 , A3 ) deux fonctions mesurables,
alors g o f : (Ω1 , A1 ) → (Ω3 , A3 ) est mesurable.
(2) Une fonction dont les coordonnées sont mesurables est mesurable.
Soit f, g : (Ω, A) → (R, Bor(R)) mesurables alors
(Ω, A) → (R2 , Bor(R2 ))
ω → (f (ω), g(ω))
est mesurable.
Nous donnons à présent une liste de fonctions simples classiquement mesurables que l’on
peut utiliser en combinaison avec les règles de composition (a) et (b) ci-dessus pour prouver
qu’une fonction est mesurable.
(1) Les fonctions indicatrices d’événements sont mesurables.
Soit (Ω, A) un espace mesurable, et A ∈ P(Ω) alors l’indicatrice de A définie par
1A : (Ω, A) → (R, Bor(R))
ω → 1A (ω)
est mesurable ssi A ∈ A.
(2) Les fonctions continues sont mesurables.
Soient (Ω, d1 ) et (Ω2 , d2 ) deux espace métriques que l’on considère comme des espaces
mesurables munis de leur tribus Borélienne respectives. Si f : (Ω1 , d1 ) → (Ω2 , d2 ) est
continue alors elle est mesurable.
En conséquence, avec les règles de composition on obtient
• Les fonctions coordonnées sont mesurables.
Soit d ∈ N et i ∈ {1, . . . , d} alors
Πi : (Rd , Bor(Rd )) → (R, Bor(R))
(x1 , . . . , xd ) → xi
est mesurable.
TRIBUS, FONCTIONS MESURABLES 5
• Une combinaison linéaire de fonctions mesurables est mesurable.
Soient f, g : (Ω, A) → (R, Bor(R)) mesurables et λ ∈ R alors λf + g est
mesurable.
• Le produit de fonctions mesurables est mesurable
Soient f, g : (Ω, A) → (R, Bor(R)) mesurables alors f × g est mesurable.
• Le max et le min de fonctions mesurables sont mesurables.
Soient f, g : (Ω, A) → (R, Bor(R)) mesurables alors min{f, g} et max{f, g} sont
mesurables.
(3) Le sup, l’inf , la lim sup et la lim inf d’une suite de fonctions mesurables sont
mesurables.
Soit (fn )∞
n=1 une suite de fonctions mesurables de (Ω, A) → (R̄, Bor(R̄)). Alors les
fonctions
(Ω, A) → (R̄, Bor(R̄))
ω → sup{fn (ω), n ∈ N},
ω → inf{fn (ω), n ∈ N},
ω → lim sup fn (ω),
n→∞
ω → lim inf fn (ω),
n→∞
sont mesurables.
(4) La limite simple d’une suite de fonctions mesurables est mesurable.
Soit (fn )∞
n=1 une suite de fonctions mesurables de (Ω, A) → (R̄, Bor(R̄)) telle que
∀ω ∈ Ω la suite (fn (ω))n∈N converge dans R̄. Alors
(Ω, A) → (R̄, Bor(R̄))
ω → lim fn (ω)
n→∞
est mesurable.
(5) Une fonction croissante est mesurable
Soit I un intervalle quelconque de R et f : I → R une fonction croissante. Alors f
est mesurable en tant que fonction de (I, Bor(I)) 7→ (R, Bor(R)).
(6) Fonction définie par morceaux
Soit (Ω, A) et (F, G) deux ensemble munis de tribus. On considère (Ai )i∈I ∈ AI une
famille au plus dénombrable de A qui forme une partition de Ω. De plus, pour tout
i ∈ I on considère gi : (Ai , AAi ) 7→ (F, G) une fonction mesurable. Dès lors la fonction
f définie par
f (w) = gi ∀w ∈ Ai , ∀i ∈ I
est mesurable en tant que fonction de (Ω, A) 7→ (F, G).
Exemple 2.2. Ainsi la fonction
1
x 7→ log(x) 1]0,1] (x) + e− x 1[−4,−2] (x) + max{x2 , 5x + 8} 1[4,∞[ (x)
est mesurable de (R, Bor(R)) dans (R, Bor(R)).
6 NICOLAS PÉTRÉLIS
Remark 2.3. La mesurabilité des applications coordonnées Πi , i ∈ {1, . . . , d} nous donne
la deuxième inclusion de l’exemple 1.6, i.e., di=1 Bor(R) ⊂ Bor(Rd ).
N
3. Mesure
Definition 3.1. Soit (Ω, A) un espace mesurable. On appelle mesure toute application
µ : A → R̄+ telle que
• µ(∅) = 0,
• Soit (Ai )i∈I une famille au plus dénombrable d’évènements de A, 2 à 2 disjoints, i.e.,
Ai ∩ Aj = ∅ for i 6= j ∈ I. Alors
S P
µ i∈I A i = i∈I µ(Ai ).
Remark 3.2. La donnée d’une ensemble Ω, d’une tribu sur A et d’une mesure µ nous
donne un espace mesuré (Ω, A, µ).
Exemple 3.3. Masse de Dirac, Jeux de dé, Mesure de Comptage, mesure de Lebesgue.
Plusieures règles de calcul sont utiles lorsque l’on manipule des mesures:
(1) Si A1 ⊂ A2 (A1 , A2 ∈ A) alors µ(A1 ) ≤ µ(A2 ).
(2) Si (Ai )i∈I est une famille au plus dénombrable d’évènements de A alors
S P
µ i∈I Ai ≤ i∈I µ(Ai ).
(3) Si (Ai )i∈N est une suite croissante d’événement pour l’inclusion alors
S
lim µ(Ai ) = µ i∈N Ai .
i→∞
(4) Si (Ai )i∈N est une suite décroissante d’événement pour l’inclusion et si ∃i0 ∈ N tel
que µ(Ai0 ) < ∞ alors T
lim µ(Ai ) = µ i∈N Ai .
i→∞
Remark 3.4. Une somme au plus dénombrable de mesures sur un même espace mesurable
(Ω, A) est encore une mesure sur (Ω, A). C’est le cas pour le jeux de dé ou la mesure de
comptage en tant que somme de masse de Dirac.
Definition 3.5. Soit (Ω, A, µ) un espace mesuré. La mesure µ est σ-finie sur (Ω, A) si il
existe (Ai )∞
i=1 une suite croissante pour l’inclusion d’événement de A telle que µ(Ai ) <
∞, ∀i ∈ N et ∪i∈N Ai = Ω.
Exemple 3.6. Les masses de Dirac, mesures de comptage sur un ensemble au plus dénombrable,
mesures de Lebesgue ou encore toutes les mesures finies sont σ-finies.
Definition 3.7. Soient (Ωi , Ai , µi )ki=1 des espaces mesurés avec des mesures µi qui sont
toutes σ-finies. On considère l’ensemble Ω := ki=1 Ωi et sa tribu produit A :=
Q N
Ai . Il
existe une unique mesure µ sur A qui vérifie
k
Y
µ(A1 × · · · × Ak ) = µi (Ai ), pour tout (Ai )ki=1 ∈ A1 × · · · × Ak . (3.1)
i=1
Nk
Cette mesure est appelée mesure produit des (µi )ki=1 et est notée i=1 µi .
TRIBUS, FONCTIONS MESURABLES 7
Le théorème suivant nous permet de prouver que deux mesures sont égales en vérifiant
simplement qu’elles coincident sur une sous famille de parties de la tribu.
Definition 3.8. Soit (Ω, A) un espace mesurable et E un système de parties de A. On dit
que E est un Π-système générateur de A si A = σ(E) et si E est stable par intersection
finie, i.e., si A, B ∈ E alors A ∩ B ∈ E.
Theorem 3.9. Soit (Ω, A) un espace mesurable et µ, ν deux mesures sur (Ω, A). Soit E
un Π-système générateur de A.
(1) si µ(Ω) = ν(Ω) < ∞ et si µ et ν coincident sur E alors µ = ν.
(2) si µ et ν sont σ-finie, si elles coincident sur E et S
si il existe une suite croissante pour
l’inclusion (Ai )i∈N d’événements de E telle que i∈N Ai = Ω et µ(Ai ) < ∞ ∀i ∈ N
alors µ = ν.
Remark 3.10. Du Théorème 3.9, on déduit l’unicité de la mesure produit et de la mesure
de Lebesgue sur Rd pour d ∈ N.
Definition 3.11. Soit (Ω, A, µ) mesuré.
• Un ensemble B ⊂ Ω (pas nécessairement mesurable) est négligeable si ∃A ∈ A tel
que B ⊂ A et µ(A) = 0.
• soit P une propriété sur Ω, i.e., P : Ω → {0, 1}. On dit que P est vérifiée µ-p.p.
(µ-presque partout) si {ω ∈ Ω : P(ω) = 0} est négligeable.
P10
Exemple 3.12. L’événement {11, 17, 23} dans (N, P(N), i=1 δi ) et la propriété ”La fonc-
tion 1Q est nulle λ-p.p”.
Definition 3.13. Soient (Ω1 , A1 , µ) un espace mesuré et (Ω2 , A2 ) un espace mesurable.
Soit f : (Ω1 , A1 ) → (Ω2 , A2 ) mesurable. Alors, on note µf la mesure image de µ par f
définie par µf (B) = µ(f −1 (B)) ∀B ∈ A2 .
Exemple 3.14. Avec la mesure de Lebesgue λ sur R et la fonction f : R → R telle que
f (x) = 2x. Alors à l’aide du Théorème 3.9 on prouve que λf = 21 λ.
Laboratoire de Mathématiques Jean Leray UMR 6629, Université de Nantes, 2 Rue de la
Houssinière, BP 92208, F-44322 Nantes Cedex 03, France
E-mail address: [Link]@[Link]