MEMOIRE EN VUE DE L’OBTENTION DU VISA IFRS
THEME : IFRS ET ANALYSE FINANCIERE :
Impact des normes IFRS sur
l’analyse financière
Session Août 2010
IMPETRANT
Joël MABUDU
Expert-Comptable Diplômé
Cabinet GOBAL.EXPERT
SOMMAIRE
LISTE DES ABREVATIONS ET ACRONYMES UTILISES ................................................ II
NOTE DE SYNTHESE .......................................................................................................... III
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................ 1
PREMIERE PARTIE : INCIDENCES DES NORMES IFRS SUR LES ETATS
FINANCIERS ANNUELS....................................................................................... 5
Section 1: CADRE CONCEPTUEL ET ETATS FINANCIERS IFRS ...................................... 5
Section 2: PRESENTATION DES ETATS FINANCIERS IFRS ............................................. 7
Section 3: L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR LA PRESENTATION DES ETATS
FINANCIERS .......................................................................................................... 11
DEUXIEME PARTIE : L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR L’ANALYSE
FINANCIERE ........................................................................................................ 14
Section 1: DEMARCHE ET OUTILS D’ANALYSE FINANCIERE ................................... 14
Section 2: L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR L’ANALYSE FINANCIERE ........... 18
Section 3: METHODOLOGIE D’ANALYSE FINANCIERE SELON LES NORMES IFRS 27
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 44
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 46
TABLE DES MATIERES ........................................................................................................ 47
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE I
LISTE DES ABREVATIONS ET ACRONYMES UTILISES
ANC : Autorité des Normes Comptables
CNC: Conseil National de la Comptabilité
DMS : Durée Moyen de Stockage
DRC : Délai de Règlement Clients
DRF : Délai de Règlement fournisseurs
FASB : Financial Accounting Standards Board
IAS: International Accounting Standard
IASB : International Accounting Standards Board
IFRIC : International Financial Reporting Interpretations Committee
IFRS: International Financial Reporting Standard
SIC : Standing Interpretations Committee
SWOT : Strengths Weaknesses Opportunities Threats
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE II
NOTE DE SYNTHESE
La crise financière a souligné le rôle essentiel des normes comptables internationales
dans l’information des investisseurs.
En effet, l'application des nomes IFRS affecte les systèmes d'information et de production
comptable, les états financiers rendent désormais une information financière différente. Cette
information est prédictive et comparative et n'a plus besoin d'être retraitée comme par le
passé.
L'absence de retraitement et d'hypothèses à effectuer sur les pratiques comptables et sur les
projections de croissance à venir des entreprises arrange bien la communauté financière dans
son ensemble et en particulier les analystes financiers. L’objectif principal du métier
d’analyste financier est de fournir une indication ou une recommandation précise sur la valeur
d'une entreprise. Cette responsabilité relève désormais de l'entreprise puisque les perspectives
d'avenir sont intégrées dans les choix comptables en normes IFRS :
évaluation à la juste valeur de certains postes d'actif et de passif,
regroupement des unités génératrices de trésorerie, recours aux flux de trésorerie
actualisés.
etc.
Les analystes financiers vont devoir alors apprécier la qualité de l'information financière à
travers la communication. La communication devient ainsi un enjeu fondamental pour
l'analyse financiere.
Notre étude nous a permis de montrer :
l’incidence de l’application des normes IFRS sur la présentation des états financiers,
l’impact des normes IFRS sur l’analyse financière.
Enfin, nous avons présenté une méthodologie d’analyse financière conforme aux normes
IFRS et une battérie d’indicateurs et de ratios intégrant les particularités du référentiel
international.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE III
INTRODUCTION GENERALE
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 2
INTRODUCTION GENERALE
L’analyse financière peut être définie comme un ensemble de méthodes d’analyses et d’outils
permettant de formuler un jugement sur les différents aspects de la situation financière
actuelle et future d’une entreprise.
L'analyse financière repose sur un ensemble de techniques ayant pour but d'établir un
diagnostic sur la situation financière de l'entreprise. Il s'agit d'interpréter les comptes de
synthèse que sont le bilan et le compte de résultat. Ces documents construits sur la base de
principes comptables ne fournissent pas toujours une information reflétant la réalité
économique. Pour aboutir à un diagnostic pertinent, le retraitement de certains postes et la
réintégration de certains éléments son nécessaires. L'analyse financière doit permettre de
porter un jugement sur l'équilibre financier, sur la rentabilité et sur l'autonomie financière
de l'entreprise. L'interprétation du compte de résultat sera présentée au travers du calcul des
soldes intermédiaires puis de la capacité d'autofinancement. L'équilibre financier sera vérifié
par la construction d'un bilan fonctionnel et la solvabilité par un bilan financier. Quelques
ratios nécessaires à l'analyse seront ensuite exposés. L'analyse dynamique sera ensuite
évoquée au travers de la présentation de tableaux de flux. L’analyse doit être adaptée en
fonction de la nature, la taille et le secteur d'activité de l'entreprise concernée.
L’impact des normes IFRS sur l’analyse financière résulte avant tout des choix opérés dans le
cadre conceptuel du référentiel international, à savoir la théorie de l’agence et celle des parties
prenantes avec pour préférence, la production d’une information financière orientée vers les
besoins de l’investisseur.
Cette vision économique de la présentation de l’information financière offerte par
l’application des normes comptables n’est pas neutre sur l’analyse financière qui va se trouver
affectée pour différentes raisons :
une présentation des états financiers différente ;
une évaluation économique des actifs et passifs conduisant à l’utilisation de techniques
financières comme l’actualisation des cash flows futurs ;
l’absence de retraitements préalables à l’analyse des états financiers car ils sont censés
procurer d’emblée une vision économique de l’entreprise ;
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 2
une volatilité accrue du résultat mais également de la structure financière en raison de
l’évaluation à la juste valeur de certains éléments ;
une modification des indicateurs financiers.
Pour ces différentes raisons, il est impérieux de s’interroger sur l’impact de l’application du
nouveau référentiel IFRS sur les outils et la méthodogie d’analyse financière.
L’objectif de notre étude est de montrer l’impact des normes IFRS sur l’analyse financière.
Pour ce faire, nous allons articuler nos développements autour de deux axes essentiels qui
sont :
les incidences des normes IFRS sur les états financiers annuels,
l’influence des normes IFRS sur l’analyse financière.
Toutefois force est de signaler que l’analyse de l’impact des normes IFRS sur l’analyse
financière va se limiter dans nos développements à une application des IFRS en période de
croisière ; ce qui exclu donc les problèmes liés à la première adoption des normes comptables
internationales (IFRS 1).
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PREMIERE PARTIE :
INCIDENCES DES NORMES IFRS SUR
LES ETATS FINANCIERS ANNUELS
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PREMIERE PARTIE : INCIDENCES DES NORMES IFRS SUR LES ETATS
FINANCIERS ANNUELS
Section 1: CADRE CONCEPTUEL ET ETATS FINANCIERS IFRS
3.2. Définition du cadre conceptuel
Les normes IAS/IFRS et leurs interprétations par I'IFRIC s'inscrivent au sein d'un cadre
préalable dénommé « cadre conceptuel » il constitue ainsi un préambule à la préparation et à
la présentation des états financiers qui, à ce jour, prend appui sur trente-sept normes (la trente
neuvième norme IFRS 9 Instruments Financiers est en cours de rédaction). Depuis octobre
2004, le FASB et I'IASB travaillent sur un projet de développement d'un cadre conceptuel
commun. Ce projet, décomposé en 8 phases, est toujours en cours de discussion.
3.3. Contenu du cadre conceptuel
Le cadre conceptuel de I'IASB approuvé en avril 1989 (conceptual framework) est un système
cohérent d’objectifs et de principes fondamentaux liés entre eux, qui à pour objet de donner
une représentation utile de l'entreprise.
Le cadre conceptuel de I'IASB :
indique à qui s'adressent les états financiers et précise leur contenu
précise quels sont leurs objectifs ;
donne la liste des principes comptables à respecter
donne des définitions ;
fixe des règles de comptabilisation ;
fixe des règles d'évaluation;
traite du concept de capital et de maintien du capital.
Contrairement au système comptable OHADA et au Plan Comptable Français (PCG), il n'est
pas prévu de plan de comptes, ni de modèles de présentation des états financiers.
3.4. Cadre conceptuel et théories implicites de base des IFRS
3.4.1. La théorie de l’agence appliquée à la firme
Selon Jensen et Meckling, la théorie de l’agence est fondée sur deux postulats essentiels, les
intérêts divergents des co-contractants et l’asymétrie d’information. L’asymétrie
d’information entre agent et principal constitue le second postulat essentiel de la théorie de
l’agence. Le mandataire disposant de plus d’informations que son mandant, le contrat les liant
est nécessairement incomplet. Le principal est dans l’incapacité de contrôler parfaitement et
sans coût l’action de l’agent. Le principal et l’agent n’ayant pas toujours des intérêts
convergents, cet état de fait peut générer des conflits, dits conflits d’agence entre les deux
parties. Dans le cas de la firme managériale, il peut exister des conflits d’agence entre
dirigeants et actionnaires, ces derniers cherchant à maximiser leurs profits tandis que les
dirigeants tentent de maximiser leur propre utilité, même si c’est au détriment de leurs
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mandataires. Les dirigeants peuvent par exemple choisir une méthode comptable ayant pour
effet une augmentation fictive des bénéfices sur lesquels est calculée leur rémunération et
diminuent ainsi la richesse des actionnaires. Le principal doit alors contrôler l’activité de
l’agent, ce qui entraîne des coûts d’agence.
3.4.2. La théorie des parties prenantes
La théorie des parties prenantes (« Stakeholder theory ») stipule qu’une organisation doit
rendre des comptes à tous ceux avec qui elle entretient des relations, contractuelles ou non.
La définition du concept de partie prenante la plus couramment admise est proposée par
Freeman (1984) :
« Tout groupe ou individu pouvant affecter ou être affecté par l’atteinte des objectifs de
l’organisation ». De nombreux travaux de recherche sur la publication d’informations
sociétales par les entreprises s’inscrivent dans le cadre de la théorie des parties prenantes.
Selon Colasse (2006), «si l'on s'en tient aux seules relations contractuelles, la théorie des
parties prenantes n'est qu'un élargissement de la théorie de l'agence. Par contre, si l'on prend
également en considération les relations non contractuelles, elle s'en écarte beaucoup et
augmente considérablement les responsabilités de l'entreprise à l'égard de son
environnement».
3.4.3. Un cadre conceptuel inscrit dans le cadre théorique de l’agence
Le cadre conceptuel a pour objet de définir les objectifs et les caractéristiques de
l’information financière produites par une entité pour différents utilisateurs. Sa rédaction
suppose donc l’acceptation de postulats quant aux relations liant ces différents acteurs. Le
cadre conceptuel de l’IASB ne cite cependant explicitement aucune théorie de l’entreprise.
Sa lecture suggère cependant qu’il s’inscrit plutôt dans la perspective de la théorie de l’agence
ainsi que le constatent plusieurs auteurs (Colasse, 2006, 2009 ; Hoarau et Teller, 2007).
Le choix explicite des investisseurs comme destinataires privilégiés.
Colasse (2006) remarque qu’« il existe une multitude de théories de l'entreprise mais on ne
trouve trace dans le cadre conceptuel de l'IASB que de deux d'entre elles : la théorie de
l'agence et la théorie des parties prenantes, cette dernière pouvant être interprétée comme un
élargissement de la théorie de l'agence».
A la lecture du cadre conceptuel actuel ou futur, il apparaît clairement que l’IASB envisage
l’information financière sous l’angle de la théorie de l’agence. Les normes et révisions de
normes produites depuis plusieurs années semblent confirmer ce choix théorique.
En définitive, on peut retenir que l’IASB a opté pour la production d’une information
financière capable de réduire l’assymétrie d’information et par conséquent les coûts d’agence
entre les agents (les dirigeants) et les principaux (les actionnaires mais aussi les créanciers).
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Section 2: PRESENTATION DES ETATS FINANCIERS IFRS
4.2. Présentation des états financiers IFRS
Pour être conformes aux IFRS, les états financiers doivent :
Contenir une mention explicite et sans réserve de conformité aux normes,
Respecter intégralement les exigences de chaque norme (IAS et IFRS) et de chaque
interprétation (SIC et IFRIC) applicable.
De façon exceptionnelle, il est possible de ne pas appliquer une norme qui ne donnerait pas
une image fidèle, à condition que celle–ci ne soit pas en contradiction avec une autre norme.
IAS 1 décrit les hypothèses de base d'élaboration des états financiers qui sont:
Continuité d'exploitation,
comptabilité d'engagement,
matérialité et regroupement des éléments,
non-compensation,
fréquence de l'information financière,
information comparative,
permanence des méthodes de présentation.
4.3. Contenu des états financiers IFRS
Pour une bonne information, un jeu complet d'états financiers comprend cinq documents
un état de la situation financière (ou bilan) ;
un état du résultat global;
un état de variation des capitaux propres ;
un tableau des flux de trésorerie ;
une annexe.
Le cadre conceptuel encourage la présentation d'un rapport de gestion décrivant et expliquant
les principales caractéristiques de la performance financière et de la situation financière de
I'entreprise, ainsi que les principales incertitudes auxquelles celle-ci est confrontée.
Il encourage également la présentation d'états supplémentaires comprenant, s'ils sont
significatifs, un rapport environnemental et des informations sur la valeur ajoutée.
4.3.4. Le bilan
La norme IAS 1 propose « état de la situation financière » comme terminologie, mais autorise
toute autre dénomination. Elle n'impose pas de présentation formelle du bilan. Cependant, le
bilan doit être présenté en distinguant actifs et passifs courants et non courants. Certains
postes doivent obligatoirement figurer au bilan.
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Les informations figurant obligatoirement au bilan
A titre indicatif les informations suivantes doivent être présentées sur une ligne distincte au
bilan :
les immobilisations incorporelles ;
les immobilisations corporelles ;
les immobilisations financières ;
les actifs destinés à être vendus dans les 12 mois ;
les immeubles de placement
les stocks;
les créances
la trésorerie et les équivalents de trésorerie ;
les dettes fournisseurs ;
les dettes financières portant intérêts ;
les provisions ;
les actifs et passifs d'impôt ;
le capital émis et les réserves ;
les intérêts minoritaires.
On constate que le résultat de l’exercice n'apparait pas obligatoirement sur une ligne distincte.
Certaines informations, non mentionnées ici, doivent apparaitre soit au bilan, soit en annexe.
4.3.5. Le compte de résultat et l’état du résultat global
A compter du 1 er janvier 2009, les entreprises doivent publier deux niveaux de
résultat, le résultat net et le résultat global (compréhensive income). La norme IAS 1 prévoit
deux options de présentation: un seul état financier, nommé « état de résultat global », ou
deux états financiers, le compte de résultat et l'état de résultat global. Le compte de résultat
peut être présenté en classant les charges par nature ou par destination.
Distinction entre composantes du résultat net et autres composantes du résultat global
Plusieurs normes du référentiel lFRS prévoient que certains produits et charges soient
comptabilisés directement en capitaux propres, c'est-à-dire ne transitent pas par le résultat.
Ces produits et charges constituent les autres composantes du résultat global (ou les gains et
pertes comptabilisés directement en capitaux propres selon la terminologie proposée par
I'ANC en France), ce qui signifie qu'ils ne font pas partie du résultat net mais entrent dans le
résultat global. Il s'agit des éléments suivants :
les variations des écarts de réévaluation d'actifs corporels et incorporels (IAS16)
les pertes et les gains actuariels sur engagements de retraite (IAS 19)
les pertes et les gains lies à la conversion des états financiers libellés en devises (IAS
21)
les pertes et les gains liés à la réévaluation des actifs financiers disponibles à la vente
(IAS 39) ;
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Les pertes et les gains liés aux opérations de couverture de flux de trésorerie (IAS 39), les
autres produits et charges sont considérés comme des composantes de résultat net.
Postes à présenter obligatoirement dans l'état de résultat global ou dans le compte de
résultat
Les éléments suivants doivent obligatoirement apparaitre sur une ligne du compte de résultat :
les produits des activités ordinaires ;
les charges financières ;
la quote-part dans le résultat net des entreprises consolidées par mise en équivalence ;
la charge d'impôt sur le résultat ;
le résultat des activités cédées (au cours de l‘exercice) ou en voie de l’être ;
le résultat de l'exercice ;
chacune des composantes du résultat global précitées ;
le résultat global ;
les intérêts minoritaires dans le résultat ;
les intérêts minoritaires dans le résultat global.
L'entreprise ne doit pas faire apparaitre de charges ou de produits exceptionnels.
4.3.6. Le tableau de flux de trésorerie
Le tableau de flux de trésorerie est obligatoire et fait partie intégrante des états financiers
décrits par IAS 1. Son contenu est normalisé par la norme IAS 7. Ce document est très
apprécié des dirigeants, analystes financiers et actionnaires, car il synthétise les entrées et les
sorties d'argent, durant un exercice. Par ce tableau, il est facile de comprendre quelles ont été
les ressources et comment elles ont été employées.
La présentation du tableau de flux de trésorerie
Les flux de trésorerie et des équivalents de trésorerie sont classés en :
(1) Flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles
(2) Flux de trésorerie liés aux opérations d'investissement
(3) Flux de trésorerie liés aux opérations de financement
= Variation (augmentation ou diminution) de la trésorerie = (1) + (2) + (3)
4.3.7. L’état de variation des capitaux propres
Dans le référentiel IFRS, l’état de variation des capitaux propres est le quatrième tableau
obligatoire avec le bilan, I'état du résultat global, I'état de flux de trésorerie.
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L'information sur la variation des capitaux propres
Contenu du tableau de variation des capitaux propres
IAS I demande que soient mentionnés séparément à titre indicatif les montants suivants :
les montants attribuables aux propriétaires de la société mère, qui doivent être ventilés
entre les réserves et les autres éléments du résultat global ;
les montants attribuables aux intérêts minoritaires ;
le résultat global.
4.3.8. L’annexe
Dans le référentiel IFRS, l’annexe est le cinquième élément obligatoire.
Absence de norme propre à l'annexe
Il n'existe pas de norme propre à I'annexe. L'annexe est, en effet, traitée dans chacune des
normes IAS/IFRS et des interprétations, sans faire I'objet d'une norme spécifique.
Contenu de l'annexe
Dans l'annexe se trouvent :
la description des bases d'évaluation utilisées pour l’établissement des états financiers
et chacune des méthodes comptables spécifiques (coûts d'emprunts dans les actifs,
contrats de construction, contrats de location, frais de développement...) ;
la description des informations imposées par les normes comptables internationales
qui ne sont pas présentées par ailleurs dans les états financiers. Des tableaux détaillés
des postes du bilan sont présentés comme l’état des créances et des dettes, les impôts
différés, la segmentation sectorielle ;
des informations supplémentaires qui ne sont pas présentées dans le corps des états
financiers, mais qui sont nécessaires à une image fidèle. Il s'agit, par exemple, des
engagements hors bilan.
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Section 3: L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR LA PRESENTATION DES
ETATS FINANCIERS
5.2. Introduction du concept de la juste valeur
La juste valeur « est le montant pour lequel un actif pourrait être échangé ou un passif éteint,
entre des parties biens informées et consentantes dans le cadre d’une transaction effectuée
dans des conditions de concurrences normales ».
La juste valeur entraîne des variations de valeurs principalement des actifs et aussi de certains
passifs plus fréquentes et potentiellement plus fortes qu’avant. Ces variations entraînent une
volatilité accrue des capitaux propres,
Si la juste valeur offre une vision plus économique, elle a des incidences sur la lecture des
états financiers:
la présentation du bilan à la juste valeur accroît la déconnexion de l'information
financière avec la gestion de l'entreprise. Le bilan est présenté dans une perspective de
court terme inadaptée aux besoins de la gestion;
le compte de résultat est moins lisible car les ajustements de valeur au compte de
résultat se mêlent avec les éléments de la performance opérationnelle;
la volatilité du résultat et des capitaux propres augmente;
en conséquence, la comparaison historique de certains ratios est rendue plus difficile.
Les normes IFRS modifient la répartition des tâches entre les analystes financiers et les
personnes établissant les comptes. Jusqu'à présent, les personnes établissant les comptes
utilisaient un ensemble de règles en sachant qu'elles exprimaient imparfaitement la réalité
économique de l’entreprise. De leur côté, les analystes effectuaient des retraitements
comptables à partir de l'information financière pour apprécier la situation globale de
l'entreprise. Désormais, les personnes établissant les comptes s’engagent sur la valeur des
principaux actifs sous la responsabilité des dirigeants et le contrôle des auditeurs.
5.3. Application du principe de la prééminence financière sur l’apparence juridique
Ce principe majeur dans les normes internationales peut s'avérer délicat à mettre en œuvre. La
détermination du périmètre de consolidation en est un exemple. La consolidation des
entreprises sur lesquelles l'entreprise consolidante exerce directement ou indirectement un
contrôle est obligatoire et ceci sans que l'entreprise consolidante soit nécessairement
actionnaire de l'entreprise consolidée. Dans une telle hypothèse, l’analyse financière des
comptes consolidés doit tenir compte de ces spécificités afin d’éviter d’aboutir à des
conclusions non pertinentes.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 11
5.4. Une valorisation plus difficile des actifs
La difficulté est d'apprécier chaque année et pour chaque actif les avantages économiques
futurs générés par cet actif. La mise en œuvre de la mesure des pertes de valeur repose sur un
chiffrage fondé sur des prévisions de chiffre d'affaires, de rentabilité, l'appréciation d'un taux
de rentabilité attendu par les investisseurs ... On peut aisément imaginer les débats entre
direction financière, auditeurs et analystes sur la fixation de ces différents paramètres.
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DEUXIEME PARTIE :
L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR
L’ANALYSE FINANCIERE
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DEUXIEME PARTIE : L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR L’ANALYSE
FINANCIERE
Section 1: DEMARCHE ET OUTILS D’ANALYSE FINANCIERE
1.1. Démarche
La démarche de l’analyse financière est essentiellement logique et repose sur la collecte, le
traitement et l’interprétation d’informations nombreuses et de nature diverses. Dans le cadre
d’une approche globale de l’entreprise, l’analyste met en œuvre des méthodes et des outils
permettant de procéder à une étude rigoureuse des informations économiques, stratégiques,
comptables, financière et sociales, afin de formuler un jugement sur les différents aspects de
la situation financière actuelle.
1.2.1. Le contexte et les objectifs de l'analyse financière
L'analyse ou le diagnostic financier consiste fondamentalement en un jugement porté sur les différents
aspects de la situation économique et financière d'une entreprise ou d'un groupe dont les traits
caractéristiques auront été préalablement décrits et analysés. Ce diagnostic a pour objectif principal de
déterminer les forces et les faiblesses ainsi que les marges de manœuvre de l'entreprise étudiée en
matière de croissance, de rentabilité, de risques et de liquidités.
1.2.2. La prise de connaissance des caractéristiques de l'entreprise et de ses secteurs
d'activité
La prise de connaissance de l'entreprise est essentiellement descriptive et doit permettre à l’analyste de
comprendre l’environnement, les activités, l'organisation et les risques de l'entreprise.
1.2.3. La collecte et les sources d'informations
Les données comptables et financières forment un matériau de base du diagnostic financier. Mais elles
ne constituent pas les seules informations utiles. Différents types d'informations font l'objet de
collecte: les informations sur l'environnement et les informations spécifiques sur l'entreprise
permettant d'appréhender les choix stratégiques, comprendre les activités et les secteurs sous leurs
différents aspects (marketing, production, technologie) et apprécier les performances et les risques de
l'entreprise en termes économique, financier et social.
Ces informations sont plus ou moins accessibles selon leur degré de confidentialité...
1.2.4. La compréhension et les retraitements de l'information comptable
L’analyse financière est fondamentalement un art d'interprétation des informations financières
fournies en grandes majorité par les états financiers. Celles-ci représentent le socle de base de
l’analyse financière mais elles ne peuvent toutefois être utilisées directement sans retraitement au
préalable.
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1.2. Les outils d’analyse financière
L'information comptable et financière corrigée des distorsions qui l’empêchent de donner une
représentation économique réaliste va servir de support à l’analyse financière.
Le travail de l’analyste consistera principalement à « faire parler les chiffres », même si l’information
utile au diagnostic ne se réduit pas à des mesures quantitatives.
1.2.1. Les tableaux synthétiques et grilles d'analyse
Les grilles d'analyse sont des tableaux ou états synthétiques permettant de dégager à partir des
données financières des variables caractéristiques et d'établir entre elles des relations significatives
ainsi que des comparaisons normatives ou chronologiques.
1.2.2. La méthode des ratios
Dans une perspective d'étude analytique et comparative de l’équilibre financier, des performances et
des risques de l'entreprise, la méthode des ratios fournit des indications utiles au diagnostic. Elle doit
toutefois être utilisée avec discernement.
Un ratio est le rapport de deux grandeurs exprimé sous la forme d'un quotient ou d'un pourcentage. La
dimension d'un ratio dépend par définition de celles des deux grandeurs qui le composent. Le plus
souvent les deux grandeurs mises en rapport représentent soit des données de stocks, c'est-à-dire des
quantités physiques ou monétaires exprimées à une date donnée, soit des données de flux.
1.2.3. L'apport des outils d'aide au diagnostic stratégique
Dans une perspective globale, l'analyse financière est étroitement liée à l'analyse stratégique.
Celle-ci permet à l’analyste de mieux comprendre les activités, les choix stratégiques et plus
généralement les déterminants de la croissance, des performances et des risques. L'analyse stratégique
permet également d'identifier les risques inhérents spécifiques à chaque activité et portefeuille
d'activités.
Le diagnostic stratégique oscille entre la vision externe de l'entreprise et sa vision interne.
Ces deux visions sont complémentaires et interdépendantes, la première a pour objet de déceler dans
l'environnement les menaces et les opportunités, la seconde de repérer les forces et les faiblesses de
l’entreprise.
Sa démarche est structurée par les outils qu'il mobilise. Une des méthodes les plus anciennes et la plus
diffusée est le modèle SWOT.
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L’analyse selon le modèle SWOT
L'analyse SWOT (Strengths – Weaknesses – Opportunities –Threats) ou AFOM (Atouts – Faiblesses –
Opportunités – Menaces) est un outil d'analyse stratégique. Il combine l'étude des forces et des
faiblesses d'une organisation, d’un territoire, d’un secteur, etc. avec celle des opportunités et des
menaces de son environnement, afin d'aider à la définition d'une stratégie de développement.
Logique de l'analyse SWOT
Positif Négatif
Interne Forces Faiblesses
Externe Opportunités Menaces
Le but de l’analyse est de prendre en compte dans la stratégie, à la fois les facteurs internes et
externes, en maximisant les potentiels des forces et des opportunités et en minimisant les effets des
faiblesses et des menaces.
La plupart du temps cette analyse est conduite sous la forme de réunions rassemblant des personnes
concernées par la stratégie ou des experts.
1.2.4. La méthode des scores et les fonctions discriminantes
La combinaison et la recherche de ratios les plus significatifs sont à la base de l’analyse statistique dite
discriminante utilisée dans l'analyse financière appliquée au risque de défaillance. L'analyse
discriminante consiste, à l’aide de deux échantillons d'entreprises (entreprises normales et entreprises
défaillantes), à sélectionner les ratios statistiquement les plus significatifs, et à chercher la
combinaison linéaire de ratios qui permet le mieux de discriminer les entreprises saines des entreprises
défaillantes.
Cette combinaison linéaire de ratios significatifs est une fonction discriminante dont la valeur est
appelée score. II existe de nombreux modèles de prévision de défaillance fondes sur cette méthode.
1.2.5. Les systèmes experts
Parmi les techniques de l’intelligence artificielle, les systèmes experts sont devenus partie intégrante
des outils du diagnostic financier.
Un système expert est un logiciel informatique qui a pour objet de reproduire le comportement de
résolution des problèmes de l’expert en s'appuyant sur une modélisation de ces connaissances. On
distingue généralement les systèmes experts à base de règles, dits de première génération, et les
systèmes experts à base d'objet.
Les deux principaux apports des systèmes experts de diagnostic financier sont le traitement
automatique des données qualitatives et la flexibilité de l’outil offerte notamment par la séparation
entre les connaissances et le raisonnement. Quant aux limites, elles dépendent d'abord de la capacité
des utilisateurs à résister à la fascination de l’outil et a développer une attitude critique sur la validité
des connaissances utilisées.
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1.2.6. La notation financière
La notation est une opinion indépendante et publique émise par des agences spécialisées sur la qualité
de crédit d'un émetteur et/ou d'une dette. Elle a pour objet d'évaluer la capacité des entités à faire face
à leurs engagements financiers.
1.2.7. La notation sociale
Les analystes financiers commencent à intégrer dans leur approche les aspects environnementaux et
sociaux ou sociétaux dans le cadre de leurs travaux habituels. Ainsi, ils utilisent dans leur évaluation
des performances et des risques des données extra-financières publiées par les entreprises et/ou
produites par les agences de notation sociale, en particulier en matière de gouvernance d'entreprises et
de responsabilités sociale et sociétale.
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Section 2: L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR L’ANALYSE FINANCIERE
2.1. Une vision économique et financière de l’information
Dans le référentiel IFRS, le résultat est présenté comme la différence entre les capitaux de
clôture et d’ouverture, hors transactions avec les actionnaires. Dans un système comptable
fondé sur le coût historique, le résultat est le reflet quasi exclusif de l’activité (produits et
charges). La recherche d’une valorisation plus économique entraîne une volatilité accrue de la
valeur des actifs et des passifs et donc des capitaux propres (exemple : valorisation des
instruments financiers à la juste valeur).On s’achemine vers une mesure de la performance
élargie incluant la dimension opérationnelle (produits et charges) et la valorisation des
éléments du patrimoine.
2.2. Absence de soldes intermédiaires de gestion détaillés au compte de résultat
L’absence de soldes intermédiaires de gestion détaillés au compte de résultat conduit les
analystes à exploiter davantage le tableau de flux, à l'instar des analystes anglo-saxons. Les
produits et charges sans contrepartie monétaire sont éliminés pour le calcul de la marge brute
d'autofinancement, ce qui facilite l'évaluation de la solvabilité. Le flux de trésorerie de
l'activité est toutefois une donnée globale qui ne fait pas l'objet de résultats intermédiaires.
Les analystes sont donc invités à passer d'une analyse détaillée des marges à une analyse
globale du flux de trésorerie générés par l'activité.
Le tableau de flux constitue un outil synthétique d'analyse financière, donnant une vision de
l'ensemble des événements ayant affecté le groupe au cours de la période. Son principal
avantage est de retracer de véritables flux de trésorerie, indépendants des conventions
comptables.
2.3. Absence de standardisation des états financiers
Principe
Les normes IFRS n’ont pas imposé un format de présentation des états financiers. Cette
liberté dans la présentation des états financiers, conduit à des choix délicats. La direction de
l'entreprise devra notamment s'interroger sur la pertinence des soldes intermédiaires du
compte de résultat (marge brute, frais d'administration, frais commerciaux par exemple) et sur
les modalités de répartition des charges indirectes dans une présentation du compte de résultat
par fonctions.
Impact sur l’analyse financière
Par ailleurs, l’absence d’un format unique de présentation des états financiers oblige
l’analyste financier à procéder à des adaptations des modèles d’analyse financière à chaque
cas étudié.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 18
2.4. Mesure de la performance par segment opérationnel IFRS 8
Principe
La norme IFRS 8 impose aux groupes cotés de présenter une information sectorielle
extrêmement détaillée exploitable tout au long de l'analyse.
Impact sur l’analyse financière
Cette information permet à l'analyste financier, d'analyser l'évolution de l'activité, de la
profitabilité, des capitaux investis et des investissements par segment opérationnel et zone
géographique.
2.5. Incidences des normes IAS 11 et IAS 18 contrat de construction/produits des
activités ordinaires
Principe
En IFRS, la reconnaissance des produits s’appuie sur la notion de transfert de risque alors que
les règles françaises et celles de l’OHADA sont plus attachées à la notion de transfert de
propriété.
Cette divergence peut conduire à prendre en comptabilité des dates d’enregistrement
différentes selon les deux référentiels.
Impact sur l’analyse financière
De ce fait, les normes IAS 11 et IAS 18 ont une incidence sur le chiffre d’affaires de
l’entreprise et donc sur les indicateurs d’analyse d’activité.
Le chiffre d’affaires est non seulement le premier poste du compte de résultat, mais aussi un
indicateur clé dans la communication financière, c’est le chiffre que regardent en premier les
analystes et investisseurs, les prêteurs et autres parties prenantes lorsqu’il s’agit d’apprécier la
situation et les perspectives d’une entreprise. C’est de plus un critère d’évaluation de la
performance.
2.6. Incidences de la norme IAS 17 location financement
Principe
L’intégration à l’actif et en dette des biens pris dans le cadre des contrats de location
financière évite les retraitements à opérer en analyse financière.
Impact sur l’analyse financière
La norme IAS 17 permet donc de donner une vision plus économique du patrimoine de
l’entreprise en matérialisant d’une part le poids réel de l’outil de production et d’autre part le
niveau réel d’endettement de la firme.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 19
2.7. Incidences de la norme IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et
informations à fournir sur l’aide publique
Principe
La norme IAS 20 prescrit les principes de comptabilisation des subventions publiques et les
informations à fournir relatives à d’autres formes d’aide publique.
Les subventions peuvent être présentées différemment selon leur nature.
Subvention Liée à des actifs Liée au résultat
Produits différés au bilan et
2 méthodes possibles Produit du compte de résultat
immobilisation brute à l’actif
(pas de traitement de
Immobilisation nette de déduite des charges qu’elle
référence)
subvention à l’actif compense
Impact sur l’analyse financière
La comptabilisation en produits différés et non en capitaux propres des subventions
d’investissements reçus à un impact sur le montant des capitaux propres de la firme et donc
les ratios afférents. Cette norme facilite la comparaison et l’analyse sectorielle des entreprises.
Dans le cas des banques, cette comptabilisation aura une incidence sur le ratio Mc Donough.
Par ailleurs la comptabilisation en immobilisation nette de subvention à l’actif, ne permet pas
de mesurer le poids effectif de l’outil de production de l’entreprise.
2.8. Incidences de la norme IAS 21 effets des variations des cours des monnaies
étrangères
Principe
La norme IAS 21 impose une comptabilisation des écarts de conversion traduisant des pertes
ou des gains latents directement en compte de résultat.
Impact sur l’analyse financière
Ce qui a pour incidence de majorer ou de minorer le résultat de l’exercice.
2.9. Incidences de la norme IAS 23 coût d’endettement
Principe
L’Objet de la norme IAS 23 est la prescription du traitement comptable des coûts
d’endettement. La norme IAS 23 impose l’incorporation des coûts d’emprunt au coût de
certains actifs quand ils sont directement attribuables à leur acquisition, construction ou
production.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 20
Impact sur l’analyse financière
Cette norme a une incidence sur la valeur des actifs à retenir au bilan et par conséquent sur les
ratios d’analyse financière.
2.10. Incidences des normes IAS 32/39
Principe
La norme IAS 32 a pour objectif :
de présenter les définitions des différentes catégories d’instruments financiers et de
clarifier la classification en dettes ou capitaux propres des dits instruments ;
de préciser les conditions selon lesquelles les instruments financiers sont portés au
bilan.
La norme IAS 39 a pour objectif :
de présenter les méthodes de comptabilisation (et de décomptabilisation) des
différentes formes d’instruments financiers ;
d’analyser les méthodes d’évaluation des différentes formes d’instruments financiers ;
d’exposer les méthodes spécifiques de comptabilisation des instruments financiers dits
de couverture.
Les instruments financiers sont classés en quatre catégories pour les actifs financiers (prêts et
créances, actifs détenus jusqu’à l’échéance, actifs à la juste valeur par le biais du compte
résultat, actifs disponibles à la vente) et en deux pour les passifs financiers (passifs financiers
à la juste valeur par le biais du compte résultat, les autres passifs financiers).
Impact sur l’analyse financière
Le développement des marchés financiers, leur complexification croissante et les risque qu’ils
génèrent (en particulier les instruments dérivés) ont conduit l’IASB à rendre obligatoire :
Leur inscription au bilan (leur mention et notes annexes et tant qu’engagements
données ou reçus étant considérée insuffisante)
Leur évaluation à leur juste valeur dans certains cas.
Ces obligations ont pour vocation de contraindre les entreprises à effectuer un suivi régulier
de ces instruments et de fournir aux lecteurs des états financiers une information précise sur
les risques encourus par l’entité.
2.11. Incidences de la norme IAS 36 dépréciation des actifs
Principe
Une entreprise doit apprécier, à chaque date de clôture, s’il existe un quelconque indice
(interne ou externe) montrant qu’un actif a pu perdre de la valeur.
Dans l’affirmation, l’entreprise doit estimer la valeur recouvrable de l’actif.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 21
La valeur recouvrable est définie comme étant le montant le plus élevé entre la juste valeur
nette des frais de cession de l’actif et sa valeur d’utilité (valeur actuelle des flux de trésorerie
générés par l’actif).
Perte de valeur = valeur comptable – valeur recouvrable
Pour le goodwill et les immobilisations incorporelles à durée de vie indéfinie, l’entité doit
pratiquer annuellement le test de dépréciation (test impairment) indépendamment de tout
indice de perte de valeur.
Impact sur l’analyse financière
Ce principe nécessite la mise en place d'une procédure de surveillance et de dépréciation de la
valeur des actifs définie par la norme IAS 36. La méthode de calcul de la dépréciation conduit
à intégrer des prévisions d'activité dans la comptabilité et par conséquent influt sur la valeur
des actifs inscrits au bilan.
2.12. Apport du tableau de flux de trésorerie
Les flux de trésorerie et des équivalents de trésorerie sont classés en :
(1) Flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles
(2) Flux de trésorerie liés aux opérations d'investissement
(3) Flux de trésorerie liés aux opérations de financement
= Variation (augmentation ou diminution) de la trésorerie = (1) + (2) + (3)
2.12.1. L’évaluation du flux de trésorerie opérationnel
Ce flux mesure la trésorerie générée par l'activité. La survie de l'entreprise repose sur sa
capacité à générer un excédent de trésorerie par son exploitation. Cet excédent permet de
rembourser les emprunts, de payer des dividendes et d'autofinancer, au moins en partie, les
investissements. La capacité à générer durablement un excédent de trésorerie d'exploitation
constitue également un élément essentiel pour déterminer la valeur de l'entreprise. L'évolution
de ce flux repose sur trois variables essentielles de la gestion financière: la croissance de
l'activité, l'évolution de la profitabilité, et la gestion du besoin en fonds de roulement. Pour
être pertinente, l'analyse du flux de trésorerie opérationnel nécessite par conséquent les
données complémentaires suivantes:
le pourcentage de progression des ventes sur la période d'analyse;
le résultat consolidé, exprimé en pourcentage des ventes;
les délais d'écoulement des postes du besoin en fonds de roulement ou l'évolution du
BFR rapportée à l'évolution du chiffre d'affaires.
2.12.2. L’évaluation de l'effort d'investissement
Le flux de trésorerie de l'investissement montre l'importance de l'investissement sur la période
d'analyse. Il permet d'en définir les caractéristiques:
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 22
Les dépenses d'investissement sont-elles régulières ou cycliques?
Sont-elles le reflet de la stratégie du groupe: croissance, diversification ... ?
le groupe privilégie-t-il un développement interne (investissements en matériel et
outillage) ou une croissance externe (dépenses d'investissement apparaissant en
incidence des variations de périmètre) ;
il peut aussi se comparer aux immobilisations brutes en début d'année pour mesurer
leur degré de renouvellement sur la période.
Il permet également l'analyse des flux de cession d'immobilisations ou d'entités:
quelle est l'importance des cessions comparativement aux flux d'investissements?
peut-on les relier à la stratégie du groupe: stratégie de recentrage, volonté de
désendettement?
sont-ils réguliers ou exceptionnels?
2.12.3. L’évaluation de la rentabilité des investissements
La comparaison des flux de trésorerie opérationnels et d'investissement permet d'évaluer la
rentabilité des investissements dans la durée. En effet, un investissement n'est rentable que s'il
génère sur sa durée de vie un excédent de trésorerie supérieur à la dépense initiale. Si
l’entreprise est dans une phase de croissance de l'investissement, le flux de trésorerie
opérationnel doit nécessairement augmenter sur les exercices futurs. L’entreprise est alors
dans une dynamique positive, la croissance du flux de trésorerie opérationnel assurera le
remboursement des emprunts, le paiement de dividendes et l'autofinancement d'une partie des
nouveaux investissements.
2.12.4. L’évaluation de la politique financière
Le flux de trésorerie du financement est tout d'abord la conséquence des flux opérationnels et
d'investissement. Si l'activité ne parvient pas à « autofinancer » l'ensemble des
investissements, l’entreprise doit trouver des ressources externes.
Il détaille les flux entre le groupe et les deux catégories d'apporteurs de fonds, les actionnaires
et les prêteurs (banques ou marchés financiers) et permet donc de répondre aux questions
suivantes:
Le flux de trésorerie opérationnel est il suffisant pour assurer le remboursement des
emprunts à long et moyen terme ? Dans quelle mesure le groupe a-t-il autofinancé ses
investissements (utilisation du flux de trésorerie opérationnel) ?
le groupe a-t-il fait appel aux actionnaires de la société mère pour un apport en capital?
A-t-il au contraire utilisé une partie du flux de trésorerie opérationnel pour racheter
une partie de ses actions en bourse?
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 23
a-t-il versé des dividendes, si oui, pour quel pourcentage du résultat consolidé?
Dividendes versés par la société mère
=%
Résultat consolidé, part du groupe N - l
le groupe a-t-il fait appel aux actionnaires minoritaires pour financer les entités
intégrées globalement? Leur a-t-il versé un dividende?
dans quelle proportion a-t-il eu recours aux emprunts à LMT pour financer les
nouveaux investissements?
2.13. Apport de la norme IAS 24 parties liées
Principe
L’objectif de la norme IAS 24 est de s’assurer que les états financiers d’une entreprise
fournissent les informations nécessaires relatives à l’impact sur la situation financière et les
résultats, de l’existence de parties liées et de transactions et soldes avec ces parties.
Impact sur l’analyse financière
C’est donc une norme très utile à l’analyste financier qui a toujours besoin d’informations
plus détaillées pour procéder à une analyse plus pertinente de la situation financière de la
firme.
2.14. Apport de la norme IAS 33 Résultat par Action
Principe
La norme IAS 33 prescrit les principes de détermination et de présentation du résultat par
action afin d’améliorer les comparaisons de la performance entre différentes entreprises pour
une période donnée, ou pour une même entreprise entre périodes de reporting différentes.
La norme IAS 33 s’applique aux entreprises dont les actions ordinaires ou les actions
ordinaires potentielles sont cotées ou en voie de l’être sur des marchés organisés.
Impact sur l’analyse financière
Le résultat par action est l’une des mesures de performances les plus suivies par les
investisseurs notamment, lorsque l'entreprise est cotée sur le marché financier. C’est le chiffre
clé le plus consulté par les utilisateurs des états financiers, et notamment les actionnaires et les
analystes financiers, qui le considèrent en tant qu'un indicateur essentiel pour apprécier la
santé financière de l'entreprise. En outre, le résultat par action est le plus généralement utilisé
pour déterminer le price earnings ratio (PER) qui constitue une des références majeures des
marchés financiers dans le processus d'évaluation des actions et/ou d'une entreprise.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 24
2.15. Apport de la norme IAS 34 information financière intermédiaire
Principe
La norme IAS 34 information financière intermédiaire définit la période intermédiaire comme
une période de rapport financier d’une durée égale à celle de l’exercice. Elle définit également
le rapport financier intermédiaire comme un rapport financier comprenant un jeu complet
d’états financiers.
Impact sur l’analyse financière
Une information financière rapide et fiable permet aux investisseurs, aux créanciers et autres
destinataires de mieux appréhender la capacité de l’entreprise à générer des bénéfices et des
flux de trésorerie ainsi que sa situation financière et sa liquidité.
Cette information financière est généralement publiée de façon semestrielle ou trimestrielle.
C’est donc un outil de premier choix permettant de faire un diagnostic flash de la situation
économique et financière de l’entreprise à partir d’informations financières provenant d’états
financiers fiables.
2.16. Apport de la norme IFRS 5 actifs non courants détenus en vue de la vente et
activités abandonnées
Principe
La norme IFRS 5 précise la comptabilisation des actifs non courants destinés à être cédés,
ainsi que la présentation et les informations à fournir sur les abandons d’activités.
Cette norme impose la présentation séparée au bilan :
des actifs non courants et des passifs faisant partie d’un groupe d’actifs destinés à être
cédés distinctement des autres actifs ;
des passifs faisant partie d’un groupe d’actifs destinés à être cédés distinctement des
autres passifs ;
Impact sur l’analyse financière
La présentation séparée au bilan des actifs non courants et des passifs faisant partie d’un
groupe d’actifs destinés à être cédés distinctement des autres actifs permet à l’analyste
financier de mesurer la pertinence de la politique de récentrage amorcée par le staff
managérial de la firme.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 25
2.17. Apport de la norme IFRS 7 instruments financiers
Principe
L’IFRS 7 regroupe toutes les informations à fournir relatives aux instruments financiers.
L’objectif de cette information est de permettre aux utilisateurs des états financiers d’évaluer :
l’importance des instruments financiers au regard de la situation financière et de la
performance financière de l’entité ;
la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers auxquels
l’entité est exposée au cours de l’exercice et à la date de clôture, ainsi que la façon
dont l’entité gère ces risques.
Impact sur l’analyse financière
C’est donc une norme qui apporte des informations indispensables à l’analyse des risques
liées aux activités financières.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 26
Section 3: METHODOLOGIE D’ANALYSE FINANCIERE SELON LES
NORMES IFRS
3.1. Méthodologie générale d’analyse financière selon les normes IFRS
Pour réaliser une analyse financière, il est nécessaire d'utiliser une méthodologie.
Cette méthodologie est propre à chaque analyste financier et tient compte des spécificités de
l’entreprise et du secteur d’activité.
Mais trois points, indissociables les uns des autres, doivent être examinés au moins :
l'environnement et la stratégie ;
le modèle de croissance et les perspectives futures;
les états financiers.
Dans le cadre de notre étude, nous allons présenter d’une part la méthodologie générale
d’analyse financière en intégrant les spécificités liées aux normes IFRS, et d’autre part une
approche spécifique aux comptes consolidés des groupes.
La méthodologie générale d’analyse financière selon les normes IFRS que nous allons
présenter est séquencée en trois phases :
première étape : Prise de connaissance de la société ou du groupe,
deuxième étape : Évolutions sur la période d'analyse en terme de :
Activité,
Profitabilité,
Structure,
Rentabilité,
Risque.
troisième étape : synthèse du diagnostic et recommandations
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 27
APPROCHE GENERALE
Identification des secteurs d'activité et zones
géographiques figurant dans l'information
1ère étape : Prise de connaissance de la sectorielle (IFRS 8).
société ou du groupe Pour les groupes, analyse du périmètre de
consolidation: liste des sociétés, pourcentage
d'intérêt ou de contrôle. Les évolutions du
périmètre de consolidation renseignent elles
sur la stratégie par croissance externe du
groupe?
Activité
Localisation des évolutions de chiffre d’affaires,
Explication les évolutions du chiffre d’affaires,
Mettre les évolutions du chiffre d’affaires en
perspective.
Profitabilité
Une analyse économique,
2ème étape : Évolutions sur la période Identification des causes de perte de profitabilité,
d'analyse en terme de : Diversité des indicateurs de profitabilité et de flux.
Activité Structure
L’analyse de la structure par le bilan liquidité,
Profitabilité L’analyse de la structure par le bilan fonctionnel,
L’endettement net,
Structure
Les ratios utilisés pour l’analyse du bilan.
Rentabilité
Risque Rentabilité
La rentabilité économique,
La rentabilité financière.
3ème étape : synthèse du diagnostic et
recommandations
Risque
Recenssement des conclusions partielles Détermination et cartographie des nouveaux risques
dégagées (fréquences et impacts financiers)
Enoncé des points forts et des points faibles Risque économique (sensibilité du résultat
stratégique s et financier de l’entreprise d’exploitation ou opérationnel aux variations du chiffre
Niveau et cartographie des risques d’affaires)
Enoncé de recommandations de décisions à Risque financier (solvabilité et insuffisance de liquidité
prendre par ordre de priorité et d’urgence à cours terme
Notation financière et son évolution par catégorie de
dettes financières
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 28
3.2.1. Prise de connaissance de la société ou du groupe
Quelle est l’organisation de l'entreprise (forme juridique, taille, composition de
l'actionnariat et des organes de gestion et de direction, organigramme fonctionnel et
décisionnel)?
Identification des secteurs d'activité et zones géographiques figurant dans l'information
sectorielle (IFRS 8).
Pour les groupes, analyse du périmètre de consolidation: liste des sociétés, pourcentage
d'intérêt ou de contrôle. Les évolutions du périmètre de consolidation renseignent elles sur
la stratégie par croissance externe du groupe?
L'information comptable est-elle cohérente et homogène dans le temps?
3.2.2. Évolutions sur la période d'analyse
Il s’agit de mesurer sur la période d’analyse, l’évolution des indicateurs d’activité, de
profitabilité, de structure, de rentabilité et de risque.
3.1.2.1. L’analyse de l’activité
Pourcentage d'évolution du chiffre d'affaires consolidé sur la période.
Sur quels secteurs d'activité, zones géographiques, catégories de produits et de clients
le chiffre d'affaires s'est il développé? Si possible, comparer la croissance du chiffre
d'affaires de chaque secteur à celui de son marché.
Quelle est l'évolution des indicateurs d'activité, de la structure du chiffre d'affaires et
du portefeuille d'activités de l'entreprise?
Impact de chaque source de variations du chiffre d'affaires: prix, volume, effet mix-
produit
3.1.2.2. L’analyse de la profitabilité
Analyse des marges, en pourcentage du chiffre d'affaires.
Détecter un éventuel effet ciseau ou effet point mort.
La présentation des charges regroupées par fonctions permet de mesurer l'évolution de
la performance par fonctions.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 29
3.1.2.3. L’analyse de la structure
Investissements: L’entreprise a-t-elle investi sur la période? (analyser le flux de
trésorerie de l'investissement) ;
Financement à long et moyen terme:
Comment les investissements ont-ils été financés?
Les bénéfices réalisés sur la période d'analyse ont-ils contribué à renforcer les capitaux
propres?
Quel pourcentage du bénéfice est il mit en réserve?
L’entreprise n'est elle pas trop endettée à long et moyen terme ?
Gestion du besoin en fonds de roulement:
Délais d'écoulement des postes du BFR : clients, stocks, fournisseurs.
Financement des actifs d'exploitation:
Une part suffisante des actifs d'exploitation est elle financée par des ressources stables?
Equilibre financier
Quel est l'équilibre financier de l'entreprise à une date donnée et quelle est son évolution au
cours des cinq dernières années?
3.1.2.4. L’analyse de la rentabilité
L'analyse de rentabilité constitue une synthèse de la profitabilité et de la structure.
L'analyse financière distingue la rentabilité économique et financière.
Rentabilité économique
Concerne la rentabilité des capitaux investis par l'entreprise dans son activité.
Résultat opérationnel Résultat opérationnel Chiffre d'affaires
= x
Immobilisations + BFR Chiffre d'affaires Immobilisations + BFR
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 30
Rentabilité financière
Elle mesure la rentabilité des capitaux propres apportés par les actionnaires à l'entreprise.
Résultat net
Capitaux propres
3.1.2.5. L’analyse des risques
Détermination et cartographie des principaux risques (fréquence et impact financier) :
Risques liés à l'environnement économique et financier de l'entreprise et de ses
activités, risques environnementaux et sociétaux,
Risques opérationnels et risques sociaux liés au style de management à la
qualité de la politique sociale, au non-respect des réglementations sociales, etc.
Risque économique:
Sensibilité du résultat d'exploitation ou opérationnel aux variations du chiffre
d'affaires (analyse des déterminants à court terme et à long terme),
Sensibilité de la trésorerie d'exploitation aux modifications d'activité, de la
profitabilité économique et aux fluctuations du besoin en fonds de roulement
d'exploitation ou opérationnel.
Risque financier (solvabilité et insuffisance de liquidité à court terme).
Notation financière et son évolution par catégorie de dettes financières, influence des
principaux déterminants de la notation (risque sectoriel, positionnement concurrentiel,
politique financière, rentabilité des capitaux employés, couverture de l'endettement par
la génération de flux financiers d'exploitation, flexibilité financière).
3.2.3. Synthèse du diagnostic et recommandations
Recensement des conclusions partielles dégagées.
Enoncé des points forts et des points faibles stratégiques et financiers de l'entreprise. Il
mettra en évidence la compatibilité ou non des objectifs de croissance et rentabilité
avec la liquidité de l'entreprise, et les déséquilibres financiers pouvant en résulter.
Niveau et cartographie des risques.
Enoncé de recommandations de décisions à prendre par ordre de priorité et d'urgence.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 31
3.2. Méthodologie d’analyse financière des groupes cotés selon les normes IFRS
Les méthodologies ne sont pas différentes entre l'analyse financière des comptes individuels
et celle portant sur les comptes consolidés (analyse financière d'un groupe), mais il existe tout
de même des points particuliers qui concernent l'analyse d'un groupe coté. Parmi ces
divergences, on peut citer 1'influence des marchés financiers, les variations du périmètre de
consolidation, les flux intra-groupe et la valorisation de prix internes, 1'incidence de la
fiscalité, les impacts du change, etc.
Nous allons résumer cette méthodologie à travers le schéma ci-après :
Analyse stratégique
Marchés financiers Impact sur Référentiel comptable
Analyse financière
Analyse des éléments financiers Analyse des éléments extra-financiers
Analyse du périmètre et de la
structure du Groupe Les pratiques de gouvernance
Analyse des secteurs d'activités La gestion des ressources humaines
Analyse des flux de trésorerie La gestion de l'environnement
Analyse de la formation des
résultats et de la performance
Analyse de la rentabilité
Analyse de la structure financière
Analyse du risque
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 32
3.3.1. Etude de la structure financière des groupes
3.3.2.1. La vision liquidité du bilan
Actifs non courants Capitaux propres
Immobilisations corporelles Capital émis
Immeuble de placement Autres réserves
Goodwill Bénéfices non distribués
Autres immobilisations incorporelles Montants comptabilisés directement en
Actifs non courants biologiques capitaux propres relatives à des actifs
Participations dans les entreprises non courants destinés à être cédés
associées (mise en équivalence) Intérêts minoritaires
Titres disponibles à la vente et autres
actifs financiers
Actifs non courants
Actifs courants Fond de Emprunts à long terme Fonds de
Stocks roulement Impôts différés roulement
liquidité liquidité
Actifs courants biologiques Provisions à long terme
créances clients Passifs courants
Autres actifs courants
Trésorerie et équivalents Fournisseurs et autres créditeurs
Actifs classés en actifs non courants Emprunts à court terme
destinés à être cédés Partie courante des emprunts à long
terme
Impôts exigibles
Provisions à court terme
Passifs directement associés à des actifs
classés en actifs non courants destinés à
être cédés
NB : Il est à noter que ce modèle ne comporte pas de rubrique « résultat de l’exercice ». Ce
dernier peut être intégré dans la rubrique « bénéfice non distribués » ou faire l’objet d’une
rubrique spécifique.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 33
3.3.2.2. Le calcul de l'endettement net
On a:
Endettement net = Endettement brut - Trésorerie
Le coût de l'endettement peut être mesure ainsi :
Produits d'intérêts générés
par la trésorerie (ou les
Charges produits d'intérêts générés
d'intérêts par des placements dans
générées par des SICAV au des FCP
l'endettement monétaires)
financier brut
Coûts de l’endettement
financier net
3.3.2. Analyse de la rentabilité des groupes
3.2.2.1. Le Return On Capital Employed (ROCE)
Il mesure la rentabilité et l’efficacité des investissements en capital nécessaires à l'activité
d'une femme (équivalent de la rentabilité économique).
La rentabilité des capitaux employés est définie par:
ROCE = (EBITDA ou résultat opérationnel)/Capitaux employés
3.2.2.2. Le Return on Invested capital (ROIC)
Il permet de mesurer la performance d'une firme ou d'une unité de production. La base de calcul est
généralement la suivante :
EBITDA ou EBE
ROIC =
Capitaux investis
3.2.2.3. Le Return On Assets (ROA)
Il mesure la rentabilité de la totalité des actifs :
Résultat net du groupe hors intérêts minoritaires
ROA =
Total des actifs
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 34
3.2.2.4. Le Return on Investment (ROI)
Il mesure la rentabilité d'un investissement :
Gains de l'investissement - Coût de l'investissement
ROI =
Coût de l'investissement
3.2.2.5. Le Return on Equity (ROE)
Il mesure la rentabilité des capitaux propres (rentabilité financière).
Au niveau d'un groupe, deux cas peuvent être distingués :
Avec prise en compte
des intérêts minoritaires résultat net de l'ensemble consolidé
ROE =
(optique orientée IFRS) capitaux propres du groupe + intérêts minoritaires
Sans prise en compte des
intérêts minoritaires résultat net part du groupe
ROE =
(optique orientée PCG) capitaux propres du groupe
3.3. Battérie d’indicateurs et de ratios conformes aux états financiers IFRS
3.3.1. Indicateurs financiers
Les sociétés qui établissent des états financiers en normes IFRS publient généralement les
indicateurs suivants :
Les indicateurs d’activités
Les indicateurs de flux
Les indicateurs financiers
Les indicateurs de création de valeur
Les indicateurs de marché ou de valeur boursière
LES INDICATEURS D’ACTIVITES
C’est le terme financier le plus employé par les dirigeants des
groupes cotés lors de toute communication écrite ou orale. Il
représente le revenu de l’exploitation avant la prise en charges
financières, des impôts, des amortissements et des provisions.
Ebitda (Earnings before
interest, taxes, depreciation Il correspond approximativement à l’EBE (Excédent Brut de
& amortization) d’Exploitation), qui est le surplus économique dégagé par
l’exploitant, indépendamment de toutes politiques
d’amortissement et de financement.
C’est la continuité de l’EBITDA auquel on enlève les
amortissements et les provisions. C’est un indicateur beaucoup
Ebit (Earnings before moins prisé en matière de communication financière car il est
interest, taxes) soumis à des diligences en matière de normalisation comptable.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 35
LES INDICATEURS D’ACTIVITES
Résultat de base par action
Résultat de l’exercice attribuable aux
actionnaires ordinaires de l’entité mère
Résultat de après déduction des dividendes
base par = préférentiels
action Nombre moyen pondéré d’actions
ordinaires en circulation au cours de
Le résultat par action l’exercice
(Earning per share)
Le nombre moyen pondéré d’actions ordinaires en circulation
au cours de la période et pendant toutes les périodes présentées
doit être ajusté pour tenir compte d’événements, autre que la
conversion d’actions ordinaires potentielles, qui ont changé le
nombre d’actions originaires en circulation sans changement
correspondant des ressources (émissions d’actions
gratuites…).
Résultat dilué par action
Résultat de l’exercice attribuable aux
actionnaires ordinaires de l’entité mère
Résultat ajusté des effets de toutes les actions
dilué par ordinaires potentielles dilutives
action =
Nombre moyen pondéré d’actions
ordinaires en circulation au cours de
l’exercice ajusté des effets de toutes les
actions ordinaires potentielles dilutives
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 36
LES INDICATEURS DE FLUX
Cette mesure correspond au résultat net auquel on rajoute les
Le flux de trésorerie dotations nettes aux amortissements et provisions sur actifs
d’exploitation immobilisés, on retire la part des plus ou moins values de
(cash flow from opérating cession d’actifs et on enlève les variations du bien en fonds
activities) de roulement.
Cet indicateur correspond au flux de trésorerie générés par
l’actif économique, après impôts, charges financières et
Le flux de trésorerie disponible investissements. Les flux sont ensuite répartis entre les
(free cash flow) apporteurs de ressources financières, c'est-à-dire les
actionnaires et les créanciers.
Résultat d’exploitation
-impôts
+Dotations aux amortissements et provisions
+Variation du besoin en Fonds de roulement
-Investissements de la période
= flux de trésorerie disponible
LES INDICATEURS FINANCIERS
Ce ratio mesure le résultat opérationnel généré par les actifs
employés. Il porte également le nom de rentabilité
ROA (Return On Assets, la économique.
rentabilité des actifs) ROA = (EBIT - impôts) / actif économique
avec,
actif économique: c'est le total des immobilisations nettes
figurant au bilan auquel on rajoute le besoin en fonds de
roulement.
ROE (return on equity, la C'est l'indicateur de rentabilité financière qui revient aux
rentabilité des fonds actionnaires.
propres) ROE = Revenu net part du groupe / capitaux propres
Cet indicateur ne tient pas compte en principe de la situation
des actionnaires minoritaires.
ROCE (return on capital Cet indicateur fondamental permet de mesurer la capacité
employed, la rentabilité des actifs économiques à dégager un résultat opérationnel. Il
des capitaux engagés) ou est mesuré à un moment donné et il varie en fonction de
le l'évolution du résultat d'exploitation et de l'amortissement du
capital employé.
ROI (return on investments, le ROCE = Résultat d'exploitation corrigé / capitaux engagés
retour sur investissement)
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 37
LES INDICATEURS DE CREATION DE VALEUR
C'est la rente ou le sur-profit dégagé au cours de l'année. Il y a
création de valeur si la rentabilité économique produite par les
capitaux investis est supérieure au coût des capitaux investis.
EVA= Résultat d’exploitation net d’impôt – capitaux investis
EV A (Economie Value Added,
x Coût moyen pondéré du capital.
la valeur ajoutée
EVA = Rentabilité des capitaux engagés - Coût des capitaux
économique)
engagés
EVA = (ROCE - CMPC) x CE
avec,
ROCE, la rentabilité des capitaux engagés, calcu1ée après
impôts; CMPC, le coût moyen pondéré du capital;
CE, les capitaux engagés.
Cette mesure de création de valeur intègre les notions de
résultats, de capitaux employés, de risque, de trésorerie,
CFROI (cash flow return on d'inflation et de durée de vie. Elle est plus fortement corrélée
investment, le retour aux marchés financiers que l'EVA même si elle a été moins
des flux de trésorerie popularisée.
sur l'investissement) CFROI = Flux de trésorerie des activités opérationnelles /
capitaux engagés
Certaines entreprises remplacent la notion de flux de trésorerie
d'exploitation par la notion d'EBITDA.
LES INDICATEURS DE MARCHE OU DE VALEUR BOURSIERE
TSR (Total Shareholder Le TSR est le taux qui égalise d'une part, le prix d'achat d'une
Return, la action et d'autre part, les flux correspondants aux dividendes
rentabilité totale reçus pendant la période d'investissement, plus le prix de revente
pour l'actionnaire) de cette action.
Cette mesure représente la valorisation des ressources apportées
par les actionnaires et les créanciers comparées à celles
enregistrées dans les comptes de l’entreprise.
MV A = (Capitalisation boursière + Valeur de marché de la dette)
- Actif économique
MVA (Market Value avec:
Added, la valeur la capitalisation boursière: cours de l'action multiplié par le
ajoutée de marché) nombre d'actions émis;
la valeur de marché de la dette: c'est la valeur des flux financiers
actualisés au taux du marché des différentes catégories de dettes;
l'actif économique: total des immobilisations nettes + besoin en
fonds de roulement;
La MVA peut être interprétée également comme la valeur
actualisée des EVA futures anticipées par le marché boursier.
n
EVA
MVA= +VTn
∑
t=1 (1+CMPC) n
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 38
LES INDICATEURS DE MARCHE OU DE VALEUR BOURSIERE
Il représente le nombre de période où le bénéfice net est
incorporé dans le cours boursier. Il peut être calculé sur les
périodes passées mais il est utilisé surtout pour estimer les
PER (price Earning Ratio, le cours boursiers à venir. Plus le montant de l'indicateur s'élève,
coefficient de capitalisation plus le cours de l'action devient cher et inversement. Il se prête
du résultat) aisément à des comparaisons entre entreprises de mêmes
secteurs d'activité.
PER = cours boursier / BPA
avec,
BPA : bénéfice par action
3.3.2. L’analyse par les ratios
Les ratios à utiliser peuvent être classés en deux grands groupes :
Les ratios causatifs (ratios-causes) qui concourent à expliquer les ratios consécutifs
Les ratios consécutifs qui permettent de mesurer la rentabilité.
3.3.2.1. Les différents ratios causatifs
Les ratios causatifs peuvent être divisés en trois grandes catégories :
Les ratios liés du fonds de roulement et à la trésorerie,
Les ratios liés de la structure financière,
Les ratios liés à l'activité.
3.3.2.1.1. Les ratios liés au fonds de roulement et à la trésorerie
Cette première catégorie de ratios traite du fonds de roulement et de la trésorerie. Une règle
d'orthodoxie financière chère à l'approche financière est celle de l'équilibre financier
minimum, c'est-à-dire un fonds de roulement positif qui couvre entièrement le besoin en fonds
de roulement. Le fonds de roulement est un indicateur de l'équilibre financier pour une
entreprise ainsi qu'une marge de sécurité (ou partie incompressible) sur les actifs courants, qui
varie en fonction du secteur d'activité de l’entreprise ;
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 39
Numéro Formules Commentaires
Fonds de roulement IAS/IFRS = Par définition, le fonds de roulement couvre une
partie des actifs courants et représente également un
Capitaux propres
certain volant de chiffre d'affaires (ou produits des
R01 + Passifs non-courants activités ordinaires) de l'entreprise.
– Actifs non- Courant
Fonds de roulement Le ratio R02 est la définition du fonds de roulement
en termes de marge de sécurité.
R02 actifs courants
R03. Selon la norme IAS 18, les produits des
Fonds de roulement activités ordinaires sont des entrées brutes
X 360 d'avantages économiques au cours de l'exercice
Produits des activités ordinaires
R03 dans le cadre des activités ordinaires lorsque ces
entrées conduisent à des augmentations des
capitaux propres.
Trésorerie = Par ailleurs, le CNC (Conseil National de la
Comptabilité), devenu Autorité des Normes
trésorerie brute
Comptables (ANC), appelle trésorerie brute, la
R04 – concours bancaires et soldes créditeurs de somme de la trésorerie et équivalents de trésorerie
banque et de plus, la trésorerie nette est la différence entre
cette trésorerie brute et les découverts bancaires
suivant les conditions définies dans la norme IAS 7.
Actifs courant -stocks et encours Les valeurs mobilières de placement sont traitées
comme des actifs détenus à des fins de transaction.
passifs courants
Elles sont inscrites au bilan consolidé à leur juste
R05 valeur, les variations de juste valeur étant
enregistrées directement sur la ligne « Produits de
trésorerie et d'équivalents de trésorerie » du compte
de résultat.
3.3.2.1.2. Les ratios liés de la structure financière
Cette deuxième catégorie de ratios traite de la structure financière. Les conditions de
réalisation de l'équilibre financier de l'entreprise sont étroitement liées d'une part, à l'importance
des ressources stables (capitaux propres + passifs non courants) par rapport aux emplois stables (actifs
non courants) et d'autre part, à celle des capitaux propres par rapport aux capitaux empruntés.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 40
Numéro Formules Commentaires
Ce ratio R 06 dit d'autonomie financière voire d'endettement
Capitaux propres permet d'examiner la structure financière du passif, il met en
valeur le degré de dépendance ou d'indépendance de
Passifs non-courants et courants
l’entreprise vis-à-vis des tiers ; un rapport élevé indique que
R06 l’entreprise est peu dépendant de ces tiers et quelle dispose
Ou
d’une importante capacité d’endettement.
Passifs non-courants et courants
(RatioCapitaux propres
d’endettement net ou gearing)
Ce deuxième ratio dit de capacité d'endettement à plus de
Capitaux propres
douze mois mesure la structure des ressources permanentes
Capitaux propres +passifs non-courants (capitaux propres + passifs non courants) pour les
entreprises.
R07
Ce ratio est parfois qualifié de capacité de remboursement
des passifs non courants puisque ces derniers s'effectuent
Passifs non-courants avec le surplus monétaire net de l’entreprise. Ce ratio répond
à la question suivante : combien d'années faut-il pour se
R08 Capacité d’autofinancement libérer de ses dettes financières non courantes à
autofinancement « constant » ? Il ne doit pas être supérieur à
quatre ans et les prêteurs estiment qu'au-delà de cinq ans,
l'entreprise est trop endettée à plus de douze mois.
Ce ratio dit de structure financière de l'actif mesure le poids
Actifs non-courants des éléments durables ou actifs non courants dans le
patrimoine, on parle aussi d'intensité capitalistique. Il est
Actifs généralement important (plus de 40 %) pour les groupes
R09 industriels et plus faible (moins de 20 %) pour les groupes
commerciaux) ; ce ratio reflète souvent la technologie du
secteur.
Le ratio d'obsolescence ou bien le taux d'amortissement (où
Amortissements cumulés sont exclus du dénominateur les terrains sauf ceux de
gisement et les immobilisations en-cours), marque le degré
Valeur brute des immobilisations d'obsolescence, la productivité des actifs non courants... En
corporelles principe, un ratio satisfaisant ne doit pas être supérieur à
50% et un taux élevé ou croissant depuis plusieurs années
R10
indique des équipements vieillis ou vieillissants à renouveler
impérativement.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 41
3.3.2.1.3. Les ratios liés à l'activité
Cette troisième catégorie de ratios traite de l'activité.
Numéro Formules Commentaires
Produits des activités ordinaires (N) Premier ratio d'activité, la variation (apparente) des
R11 - produits des activités ordinaires ou chiffre d'affaires
Produits des activités ordinaires (N-1) (R11) est un indicateur important et les écarts peuvent
Produits des activités ordinaires (N-1) être dûs à une variation du prix de vente unitaire ; à
une variation des quantités ; voir in changement de
périmètre de consolidation pour le cas des groupes.
Délai de règlement des clients (DRC) = Le ratio R 12 de délai de règlement des clients «DRC»
R12 ou de durée moyenne de crédit accordé, dépend de
plusieurs facteurs: valeur unitaire des produits et
marchandises vendus, durée de vie du produit, rythme
Clients et comptes rattachés
de croissance et taux de concentration du secteur.
X 360
Produits des activités ordinaires TTC
Délai de règlement aux fournisseurs (DRF) =
Le ratio R13 de délai de règlement aux fournisseurs «
Fournisseurs et comptes rattachés DRF » ou de durée moyenne de crédit obtenu en jours
X 360 (hypothèse d'un taux de TVA déductible de 10 %),
Produits des activités ordinaires TTC
R13 dépend de trois facteurs:
valeur unitaire des matières premières ou des
marchandises achetées, rythme de croissance et taux
de concentration du secteur.
Enfin, le crédit interentreprises est défini par la relation
suivante : il faut que le délai-clients DRC soit inférieur
au délai fournisseurs DRF sinon de graves problèmes
de trésorerie et de rentabilité financière sont à
envisager.
Remarque : le crédit interentreprises est défini par la
relation suivante :
il faut que le délai-clients (DRC) soit inférieur au
délai-fournisseurs (DRF) sinon de graves problèmes
de trésorerie et de rentabilité financière sont à
envisager.
Durée Moyenne de Stockage DMS=
Le ratio DMS détermine la durée moyenne de stockage
R14 Stock des produits et marchandises des produits des marchandises susceptibles d'être
X 360 vendus.
Coût des stocks
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 42
3.3.2.2. Les différents ratios consécutifs
Numéro Formules Commentaires
Ce ratio dit de rentabilité opérationnelle ou économique traduit
Résultat opérationnel
la capacité de l’entreprise à vendre avec profit, un produit et/ou
Produit des activités ordinaires
R15 une marchandise sur un marché donné, indépendamment de
toute politique de financement et d'impôt sur les bénéfices.
L'autofinancement est un indicateur important de rentabilité
Autofinancement
financière en valeur absolue et la marge brute d'autofinance
Investissement industriel et financier
R16 ment peut être aperçue dans le tableau des flux de trésorerie.
On rapporte souvent l'autofinancement aux investissements pour
obtenir le « taux d'autofinancement » qui doit être tendu vers
100 %
Le ratio R17 est couramment utilisé par la profession bancaire
Coût de l’endettement financier brut
notamment pour juger du poids relatif du coût de l'endettement
Produit des activités ordinaires
R17 financier: c'est à la fois un ratio d'endettement financier (un
rapport élevé confirme un taux d'endettement défavorable) et un
ratio de rentabilité financière (à partir d'un certain niveau, le coût
de l'endettement financier brut est tel que la rentabilité financière
devient faible voire inexistante).
(1)
Rentabilité financière= Le ratio de rentabilité financière encore appelé Return On
Profitabilité Equity (ROE = Net Income/Book Value of Equity).
R18 x Activité La rentabilité des capitaux propres peut se décomposer en trois
x Solvabilité ratios :
ratio de profitabilité
taux de rotation de l’actif économique
ratio de solvabilité
Profitabilité Rotation de l’actif économique Solvabilité
(1)
Résultat net Produits des activités ordinaires Actif économique
x x
Produits des activités ordinaires Actif économique capitaux propres
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 43
CONCLUSION
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 44
CONCLUSION GENERALE
Au-delà des implications strictement comptables, le passage aux IFRS est porteur de
modifications méthodologiques dans le travail des analystes financiers avec des effets
bénéfiques mais également des défis nouveaux pour la qualité du diagnostic formulé.
Les apports du nouveau langage comptable en matière d’analyse financière portent
notamment sur une information comptable plus rigoureuse, plus transparente et plus détaillée.
En outre, l’intégration dans les comptes d’une série d’éléments d’appréciation du risque de
crédit de l’entreprise (entités ad hoc, produits dérivés, avantages sociaux, valeurs de marché
de certains actifs,...) est de nature à alléger le travail préparatoire de l’analyste financier en
rendant inutiles certains retraitements opérés et en en précisant d’autres.
Toutefois, l’introduction de la juste valeur comme convention préférentielle d’évaluation et,
de manière plus particulière, l’usage croissant des techniques d’actualisation et des modèles
mathématiques d’évaluation nécessitent la formulation d’hypothèses et la réalisation
d’arbitrages de la part des comptables.
Tout cela requiert donc une plus grande vigilance de la part des analystes financiers.
L’existence d’une divergence des points de départ (effets des options de première adoption)
et, plus généralement, l’existence d’options lourdes au sein du référentiel (options de juste
valeur et options de présentation notamment) nuisent à la comparabilité et, par ce biais,
rendent plus difficiles le travail de l’analyste.
Enfin et surtout, l’absence de standardisation en matière de présentation des états financiers
complique sensiblement la récupération de l’information et risque d’entraîner des déperditions
voire des erreurs préjudiciables à une bonne analyse.
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 45
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES
ANNE LE MANH, CATHERINE MAILLET, Le meilleur des normes comptables internationales
IAS/IFRS 4ème édition, Edition Sup’FOUCHER, Mars 2010
CHRISTIAN HOARAU, Analyse et évaluation financières des entreprises et des groupes,
Vuibert, 2008
ODILE BARBE, LAURENT DIDELOT, Maitriser les IFRS, 4e édition Groupe Revue Fiduciaire.
ORDRE DES EXPERTS-COMPTABLES, LES IFRS EN SUBSTANCE un sérieux résumé,
Finharmony Conseil & formation, mai 2010
ROBERT OBERT, Le petit IFRS 2009/10. Dunod.
PASCAL BARNETO, Normes IAS/IFRS, Dunod, 2004
REVUE
La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 224-225 —Contrôle/Finance
SITE INTERNET
www.iasb.org
www.focusifrs.com
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 46
TABLE DES MATIERES
LISTE DES ABREVATIONS ET ACRONYMES UTILISES .................................................II
NOTE DE SYNTHESE .......................................................................................................... III
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................ 1
PREMIERE PARTIE : INCIDENCES DES NORMES IFRS SUR LES ETATS
FINANCIERS ANNUELS ...................................................................................... 5
Section 1: CADRE CONCEPTUEL ET ETATS FINANCIERS IFRS ...................................... 5
3.2. Définition du cadre conceptuel .................................................................................. 5
3.3. Contenu du cadre conceptuel ..................................................................................... 5
3.4. Cadre conceptuel et théories implicites de base des IFRS ......................................... 5
3.4.1. La théorie de l’agence appliquée à la firme ............................................................... 5
3.4.2. La théorie des parties prenantes ................................................................................. 6
3.4.3. Un cadre conceptuel inscrit dans le cadre théorique de l’agence .............................. 6
Section 2: PRESENTATION DES ETATS FINANCIERS IFRS ............................................. 7
4.2. Présentation des états financiers IFRS ....................................................................... 7
4.3. Contenu des états financiers IFRS ............................................................................. 7
4.3.4. Le bilan ...................................................................................................................... 7
4.3.5. Le compte de résultat et l’état du résultat global ....................................................... 8
4.3.6. Le tableau de flux de trésorerie .................................................................................. 9
4.3.7. L’état de variation des capitaux propres .................................................................... 9
4.3.8. L’annexe .................................................................................................................. 10
Section 3: L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR LA PRESENTATION DES ETATS
FINANCIERS .......................................................................................................... 11
5.2. Introduction du concept de la juste valeur ............................................................... 11
5.3. Application du principe de la prééminence financière sur l’apparence juridique ... 11
5.4. Une valorisation plus difficile des actifs.................................................................. 12
DEUXIEME PARTIE : L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR L’ANALYSE
FINANCIERE ........................................................................................................ 14
Section 1: DEMARCHE ET OUTILS D’ANALYSE FINANCIERE ................................... 14
1.1. Démarche ................................................................................................................. 14
1.2.1. Le contexte et les objectifs de l'analyse financière .................................................. 14
1.2.2. La prise de connaissance des caractéristiques de l'entreprise et de ses secteurs
d'activité ................................................................................................................... 14
1.2.3. La collecte et les sources d'informations ................................................................. 14
1.2.4. La compréhension et les retraitements de l'information comptable ........................ 14
1.2. Les outils d’analyse financière................................................................................. 15
1.2.1. Les tableaux synthétiques et grilles d'analyse.......................................................... 15
1.2.2. La méthode des ratios .............................................................................................. 15
1.2.3. L'apport des outils d'aide au diagnostic stratégique ................................................. 15
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 47
1.2.4. La méthode des scores et les fonctions discriminantes ............................................ 16
1.2.5. Les systèmes experts ................................................................................................ 16
1.2.6. La notation financière .............................................................................................. 17
1.2.7. La notation sociale ................................................................................................... 17
Section 2: L’INFLUENCE DES NORMES IFRS SUR L’ANALYSE FINANCIERE ........... 18
2.1. Une vision économique et financière de l’information............................................ 18
2.2. Absence de soldes intermédiaires de gestion détaillés au compte de résultat ......... 18
2.3. Absence de standardisation des états financiers ...................................................... 18
2.4. Mesure de la performance par segment opérationnel IFRS 8 .................................. 19
2.5. Incidences des normes IAS 11 et IAS 18 contrat de construction/produits des
activités ordinaires ................................................................................................... 19
2.6. Incidences de la norme IAS 17 location financement ............................................. 19
2.7. Incidences de la norme IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et
informations à fournir sur l’aide publique ............................................................... 20
2.8. Incidences de la norme IAS 21 effets des variations des cours des monnaies
étrangères ................................................................................................................. 20
2.9. Incidences de la norme IAS 23 coût d’endettement ................................................ 20
2.10. Incidences des normes IAS 32/39 ............................................................................ 21
2.11. Incidences de la norme IAS 36 dépréciation des actifs ........................................... 21
2.12. Apport du tableau de flux de trésorerie ................................................................... 22
2.12.1. L’évaluation du flux de trésorerie opérationnel ....................................................... 22
2.12.2. L’évaluation de l'effort d'investissement ................................................................. 22
2.12.3. L’évaluation de la rentabilité des investissements ................................................... 23
2.12.4. L’évaluation de la politique financière ................................................................... 23
2.13. Apport de la norme IAS 24 parties liées .................................................................. 24
2.14. Apport de la norme IAS 33 Résultat par Action ...................................................... 24
2.15. Apport de la norme IAS 34 information financière intermédiaire........................... 25
2.16. Apport de la norme IFRS 5 actifs non courants détenus en vue de la vente et
activités abandonnées .............................................................................................. 25
2.17. Apport de la norme IFRS 7 instruments financiers ................................................. 26
Section 3: METHODOLOGIE D’ANALYSE FINANCIERE SELON LES NORMES IFRS 27
3.1. Méthodologie générale d’analyse financière selon les normes IFRS ...................... 27
3.2.1. Prise de connaissance de la société ou du groupe .................................................... 29
3.2.2. Évolutions sur la période d'analyse .......................................................................... 29
3.1.2.1. L’analyse de l’activité .............................................................................................. 29
3.1.2.2. L’analyse de la profitabilité ..................................................................................... 29
3.1.2.3. L’analyse de la structure .......................................................................................... 30
3.1.2.4. L’analyse de la rentabilité ........................................................................................ 30
3.1.2.5. L’analyse des risques ............................................................................................... 31
3.2.3. Synthèse du diagnostic et recommandations ........................................................... 31
3.2. Méthodologie d’analyse financière des groupes cotés selon les normes IFRS ...... 32
3.3.1. Etude de la structure financière des groupes............................................................ 33
3.3.2.1. La vision liquidité du bilan ...................................................................................... 33
3.3.2.2. Le calcul de l'endettement net .................................................................................. 34
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 48
3.3.2. Analyse de la rentabilité des groupes ...................................................................... 34
3.2.2.1. Le Return On Capital Employed (ROCE) ............................................................... 34
3.2.2.2. Le Return on Invested capital (ROIC) ..................................................................... 34
3.2.2.3. Le Return On Assets (ROA) .................................................................................... 34
3.2.2.4. Le Return on Investment (ROI) ............................................................................... 35
3.2.2.5. Le Return on Equity (ROE) ..................................................................................... 35
3.3. Battérie d’indicateurs et de ratios conformes aux états financiers IFRS ................. 35
3.3.1. Indicateurs financiers ............................................................................................... 35
3.3.2. L’analyse par les ratios ............................................................................................ 39
3.3.2.1. Les différents ratios causatifs................................................................................... 39
3.3.2.2. Les différents ratios consécutifs .............................................................................. 43
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 44
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 46
TABLE DES MATIERES........................................................................................................ 47
Joël MABUDU IFRS ET ANALYSE FINANCIERE Page 49