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Cours

Ce document présente un support de cours détaillé sur le programme d'Analyse 3 destiné aux étudiants de licence. Le document contient cinq chapitres traitant des séries numériques, des suites et séries de fonctions, des séries entières, des séries de Fourier et des intégrales généralisées.
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Support de cours d’analyse 3 avec exercices corrigés

Book · July 2020

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1 author:

Yassine Benia
University of Benyoucef Benkhedda (Alger 1)
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Support de Cours d'Analyse 3 avec Exercices Corrigés View project

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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET
POPULAIRE
MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE
LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Université d’Alger 1

Faculté des sciences


Département de mathématiques et informatique

Support de Cours d’Analyse 3 avec Exercices


Corrigés

Yassine Ahmed BENIA

Alger, septembre 2019


TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos 5

1 Séries numériques 7
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Définitions et propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Condition nécessaire de convergence . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.3 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.4 Reste de rang n d’une série convergente . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Séries à termes réels positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4.1 Série de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.2 Série de Bertrand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.5 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.5.1 Règle d’Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.5.2 Convergence absolue et semi convergence . . . . . . . . . . . . 23
1.6 Séries à termes réels de signe quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.6.1 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES

1.6.2 Critère de d’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25


1.6.3 Règles générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.6.4 Méthode de développement limité . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.7 Produit de des séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.8 Récapitulatif des techniques de convergence . . . . . . . . . . . . . . 29
1.9 Exercices sur le chapitre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.10 Corrigé des exercices sur le chapitre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

2 Suites et séries de fonctions 49


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2 Suites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2.1 Convergence simple d’une suite de fonctions . . . . . . . . . . 49
2.2.2 Convergence uniforme d’une suite de fonctions . . . . . . . . . 53
2.2.3 Interprétation graphique de la convergence uniforme . . . . . . 55
2.3 Propriétés des suites de fonctions uniformément convergente . . . . . 56
2.4 Séries de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.4.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.4.2 Convergence simple d’une série de fonctions . . . . . . . . . . 60
2.4.3 Convergence absolue d’une série de fonctions . . . . . . . . . . 61
2.4.4 Convergence uniforme d’une série de fonctions . . . . . . . . . 62
2.4.5 Convergence normale d’une série de fonctions . . . . . . . . . 64
2.5 Propriétés des séries de fonctions uniformément convergente . . . . . 66
2.6 Sommaire pour l’étude d’une série de fonctions . . . . . . . . . . . . . 67
2.7 Exercices sur le chapitre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

3 Séries entières 90
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.2 Séries entières réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
3.2.1 Rayon de convergence d’une série entière . . . . . . . . . . . . 93

[email protected]
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES

3.2.2 Détermination du rayon de convergence . . . . . . . . . . . . . 95


3.3 Opérations sur les séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.3.1 Somme de deux séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.3.2 Produit de deux séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
3.4 Propriétés analytiques des séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . 98
3.5 Développement en série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.6 Quelques applications des séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.6.1 Déterminer la somme d’une série entière . . . . . . . . . . . . 104
3.6.2 Résoudre une équation différentielle à l’aide des séries entières 107
3.6.3 Démontrer qu’une fonction est de classe C ∞ . . . . . . . . . . 108
3.7 Exercices sur le chapitre 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

4 Les séries de Fourier 127


4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
4.2 Séries trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
4.3 Série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
4.3.1 Série de Fourier d’une fonction périodique de période 2L . . . 132
4.3.2 Série de Fourier d’une fonction non périodique . . . . . . . . . 134
4.3.3 Égalité de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
4.4 Applications des séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
4.4.1 Calcul de somme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
4.4.2 Résolution d’équation différentielles . . . . . . . . . . . . . . . 137
4.5 Exercices sur le chapitre 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140

5 Intégrales généralisées 148


5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
5.2 Intégrales généralisées (impropres) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
5.2.1 Propriétés et définitions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . 149

[email protected]
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES

5.2.2 Calcul pratique des intégrales généralisées . . . . . . . . . . . 153


5.2.3 Intégrale généralisée d’une fonction positive . . . . . . . . . . 161
5.2.4 Intégrale généralisée d’une fonction de signe quelconque . . . . 168
5.3 Fonctions définies par une intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
5.3.1 Propriétés d’une fonction définie par une intégrale généralisée 174
5.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
5.4.1 Fonction Gamma d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
5.4.2 Fonction Bêta d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
5.5 Exercices sur le chapitre 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178

Bibliographie 187

[email protected]
INTRODUCTION

Ce polycopié est un cours détaillé sur le programme officiel du module d’Analyse


3, destiné principalement aux étudiants en deuxième année licence mathématiques
dans le cadre du système L.M.D., mais peut éventuellement être utile pour les étu-
diants en deuxième année licence mathématiques appliquées, sciences techniques,
informatique, et les étudiants qui sont en deuxième année au écoles préparatoires.
Le niveau mathématique requis est celui de la première année Licence : limites,
continuité, dérivation, développements limités, suites réelles et complexes, intégrales,
fonctions spéciales, équations différentielles ordinaires.
Le contenu de cette matière est la base de toute introduction à l’analyse ma-
thématique. Elle donne aux étudiants les connaissances nécessaires concernant les
convergences simples et uniformes des suites et séries de fonctions, le développement
des fonctions en séries entières et séries de Fourier.
À la fin de chaque chapitre se trouve une sélection d’exercices types avec corrigés,
rédigés de manière progressive et détaillée pour permettre à l’étudiant de se fami-
liariser avec les nouvelles notions et de contrôler l’assimilation correcte des points
essentiels.
On introduit dans le premier chapitre, le concept de série numérique. Cette notion
permet l’étude du phénomène de sommation infini discrète, permet également la

5
Introduction

définition de nouvelles fonctions, et sert de fondement aux théories essentielles des


séries entières et séries de Fourier qui vont être présentés dans les chapitres qui
suivent, l’objectif de ce chapitre est de savoir étudier la nature d’une série numérique,
et effectuer un calcul de somme.
Dans le chapitre deux, on présente les notions de convergence simple et uniforme,
l’interprétation graphique de la convergence uniforme, le Critère de Cauchy pour la
convergence uniforme, et on donne les propriétés des suites et séries de fonctions
uniformément convergentes.
Le chapitre qui suit est consacré à l’étude des série entières, et a comme objectif,
calculer un rayon de convergence, établir un développement en série entière des
fonctions usuelles et chercher la somme de séries numériques et les solutions de
quelques équations différentielles ordinaires.
Le chapitre 5 est sur la théorie des séries de Fourier, on commence par donner
la notion de séries trigonométriques, puis les séries de Fourier des fonctions paires
ou impaires dans divers formes d’intervalles ainsi que les règles de convergences, la
formule de Parseval et quelques applications.
Le dernier chapitre est consacré aux intégrales généralisées et les fonctions défi-
nies par une intégrale.

[email protected]
CHAPITRE 1

SÉRIES NUMÉRIQUES

1.1 Introduction
Le procédé qui consiste à additionner infiniment de quantités différentes à partir
d’une quantité initiale apparait dans plusieurs disciplines : physique, informatique,
statistique, finances . . . etc.
L’idée de base d’une telle sommation infinie discrète donnant une valeur finie a
été considérée paradoxale pour les mathématiciens pendants plusieurs siècles, jusqu’à
l’introduction de l’idée de limite et la tentative de donner à celle-ci une définition
rigoureuse. Depuis les séries infinies n’ont cessé d’attirer l’attention des mathémati-
ciens et ont pu achever un grand développement.
Dans tout ce chapitre K désigne l’ensemble des nombres réels R ou complexes C.

Objectifs du chapitre

• Savoir étudier la nature d’une série numérique.

• Effectuer un calcul de somme.

7
1.2 Généralités Chapitre 1

1.2 Généralités

1.2.1 Définitions et propriétés élémentaires


1.1 Définition
Soit (un )n∈N une suite numérique, et soit (Sn )n∈N une suite définie comme
suit
n
X
Sn = u0 + u1 + · · · + un = uk .
k=0

1) On appelle série numérique de terme général un le couple des suites


((un )n∈N , (Sn )n∈N ).

2) La suite (Sn )n∈N est dite suite des sommes partielles de rang n de la
+∞
P
série un .
n=0

+∞
P
Notation 1.1. La série numérique est notée par u0 + u1 + · · · + un + · · · ou un
P n=0
ou un .
n∈N

1.2 Définition
P
La série un est dite convergente si et seulement si la suite des sommes
n∈N
partielles (Sn )n∈N est convergente. Dans ce cas la limite S = lim Sn est
n→+∞
P
appelée somme de la série un .
n∈N
On écrit
+∞
X
S= un = lim Sn .
n→+∞
n=0

Une série est dite divergente si elle n’est pas convergente.

Remarque 1.1.
Étudier la nature d’une série revient à déterminer sa nature si elle converge ou
diverge ensuite calculer sa somme en cas de convergence.

Exemple 1.1.

an , avec a ∈ R.
P
Étudions la convergence de la série géométrique
n=0

[email protected]
1.2 Généralités Chapitre 1

La suite des sommes partielles associée à cette série géométrique est donnée par
 1 − an
 , a 6= 1,
Sn = 1−a
n + 1 a = 1.

+∞
an diverge.
P
1) Si a = 1, lim Sn = lim n + 1 = +∞ donc la série
n→+∞ n→+∞ n=0
n
1−a +∞
P n
2) Si a > 1, lim Sn = lim = +∞ alors la série a diverge.
n→+∞ n→+∞ 1 − a n=0
+∞
P n
3) Si a 6 −1, la limite de Sn n’existe pas et donc la série a diverge.
n=0
n
1−a 1 +∞
P n
4) Si −1 < a < 1, lim Sn = lim = et donc a converge et
n→+∞ n→+∞ 1 − a 1−a n=0
1
S= .
1−a
Exemple 1.2.

P 1 1
Soit la série . Posons un = pour tout n > 1,
n=1 n(n + 1) n(n + 1)
1 1 1
= − ,
n(n + 1) n n+1

donc
n
P
Sn = uk
k=0
Pn 1
=
k=0 k(k
 + 1) 
Pn 1 1
= −
k=0
 k  k+1     
1 1 1 1 1 1 1
= 1− + − + − + ··· + −
2 2 3 3 4 n n+1
1
= 1− .
n+1
et  
1
lim Sn = lim 1 − =1
n→+∞ n→+∞ n+1
la suite des sommes partielles (Sn )n∈N est convergente vers 1. Par conséquent la
P∞ 1
série est convergente, et sa somme S = 1.
n=1 n(n + 1)

[email protected]
1.2 Généralités Chapitre 1

Exemple 1.3.

   
P n+2 n+2
Soit la série ln . Posons un = ln pour tout n ∈ N,
n=1 n+1 n+1
n
P
Sn = uk
k=0
Pn k+2
= ln
k=0 (k + 1)
Pn
= (ln k + 2 − ln k + 1)
k=0

= (ln(2) − ln(1)) + (ln(2) − ln(3)) + · · · + (ln(n + 2) − ln(n + 1))


= ln(n + 2),

donc
lim Sn = lim ln(n + 2) = +∞,
n→+∞ n→+∞

P n+2
(Sn )n∈N est divergente, d’où la divergence de la série ln .
n=1 n+1
Remarque 1.2.
Si un = an+1 − an on trouve que Sn = an+1 − a0 , alors la série de terme général un
converger si et seulement si la suite (an )n∈N converge.

Exercice 1.1.
Déterminer la nature des séries suivantes en calculons leurs sommes
∞ ∞
X n(n + 2) X 1
ln , .
n=1
(n + 1)2 n=1
n(n + 1)(n + 2)

On vient de voir qu’une fois la suite des sommes partielles associée est explicitée
alors on peut déduire la nature de la série qui est de même que la suite des sommes
partielles, mais trouver l’expression analytique exacte de celle-ci, n’est pas toujours
∞ 1
P
facile, par exemple la série . Pour remédier à ce problème, il a fallu concevoir
n=1 n
d’autres critères qui nous permettent de déterminer la nature d’une série numérique
sans trouver l’expression analytique de la suite des sommes partielles qui lui est
associée.

[email protected]
1.2 Généralités Chapitre 1

1.2.2 Condition nécessaire de convergence


1.1 Proposition
P
Soit un une série convergente, alors lim un = 0. La réciproque est fausse.
n∈N n→+∞

Démonstration.
P
Supposons que la série un converge alors (Sn )n∈N sa suite des sommes partielles
n∈N
associée est convergente. De plus, pour tout entier n > 1,

Sn − Sn−1 = u0 + u1 + · · · + un − (u0 + u1 + · · · + un−1 ) = un ,

alors
lim un = lim Sn − lim Sn−1 = 0.
n→+∞ n→+∞ n→+∞
 
P n+2
L’implication inverse est fausse. En effet, reprenons l’exemple 2.1, la série ln
n+1
est divergente, bien que son terme général tend vers 0.

Remarque 1.3.
P
Par contraposition, si lim un 6= 0 alors la série un diverge.
n→+∞ n∈N

Exemple 1.4.

P 1
Soit la série sin(e n )
n=1
On a
1
lim un = lim sin(e n ) = sin(1) 6= 0.
n→+∞ n→+∞

La condition nécessaire de convergence n’est pas vérifiée alors la série est divergente.

1.2.3 Critère de Cauchy


1.2 Proposition
P
La série un converge si et seulement si la suite (Sn )n∈N est de Cauchy, i.e
n∈N

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀p, q ∈ N, q > p > N ; |Sq − Sp | < ε,

[email protected]
1.2 Généralités Chapitre 1

ou q
X
∀ε > 0n ∃N ∈ N, ∀p, q ∈ N, q > p > N ; uk < ε.


k=p+1

Démonstration.
P
Soit un une série convergente, (Sn )n∈N la suite des sommes partielles associée
n∈N
est convergente par conséquent c’est une suite de Cauchy, puis la proposition est
démontrer.

Exemple 1.5.
P∞ 1
Pour montrer que la série harmonique est divergente, il suffit de montrer que
n=1 n
la suite des sommes partielles qui lui est associée (Sn )n∈N n’est pas de Cauchy.
n 1
P
En effet, Sn = , pour p = 2n et q = n, on trouve que
k=1 k

|Sp − Sq | = |S2n − Sn |

1 1 1
= + + ··· +
n+1 n+2 2n
1 1
> + ··· +
2n 2n
n
=
2n
1
= .
2
1
Il suffit ainsi de choisir ε = , pour que (Sn )n∈N ne soit pas de Cauchy.
2

1.2.4 Reste de rang n d’une série convergente


1.3 Définition

P
Si la série un converge, on appelle reste de rang n :
n=0


X
Rn = uk .
k=n+1

[email protected]
1.3 Séries à termes réels positifs Chapitre 1

1.3 Proposition

P
Soit un une série convergente alors la suite Rn est convergente et on a
n=0

lim Rn = 0 et Sn + Rn = S.
n→∞

Démonstration.

P
La série un est convergente, on a donc
n=0


X n
X ∞
X
uk = uk + uk .
k=0 k=0 k=n+1

Soit Sn + Rn = S alors Rn = S − Sn et

lim Rn = S − lim Sn = S − S = 0.
n→∞ n→∞

1.3 Séries à termes réels positifs


1.4 Définition
P
Une série un réelle est dite à termes positifs si pour tout n ∈ N, un > 0.
n∈N

1.1 Lemme (convergence par majoration des sommes partielles)


P
Une série à termes positifs un converge si et seulement la suite des sommes
n∈N
partielles (Sn )n∈N est majorée.

Démonstration.
P
• Si un converge alors (Sn )n∈N et convergente (par définition).
n∈N
• Soit (Sn )n∈N une suite majorée, comme la série est à termes positifs alors elle
est croissante et donc convergente.

[email protected]
1.3 Séries à termes réels positifs Chapitre 1

Exemple 1.6.
P∞ 1 1 Pn 1
Soit la série 2
. Pour tout n > 1, > 0. Vérifions que S n = est majorée.
n=0 n n2 k=1 k
2
1 1 1 1
Comme 2 < = − pour tout k > 2, alors
k k(k + 1) k−1 k
n  
X 1 1
Sn < 1 + −
k=2
k−1 k
     
1 1 1 1 1
=1+ 1− + − + ··· + −
2 2 3 n−1 n
1
=2−
n
< 2,

P∞ 1
(Sn )n∈N est majorée, ce qui implique que 2
est convergente.
n=0 n

1.1 Théorème (Règle de comparaison)


P P
Soient un et vn deux séries à termes positifs telles que, pour tout n ∈ N,
n∈N n∈N
0 6 un 6 vn . Alors
P P
1− Si vn converge alors un converge.
P P
2− Si un diverge alors vn diverge.

Démonstration.
n
P n
P
1− Posons : Sn = uk et Tn = vk .
k=0 k=0
Comme pour tout n ∈ N, 0 6 un 6 vn alors Sn 6 Tn , pour tout n ∈ N.

P
vn converge ⇒ Tn converge ⇒ Tn est bornée (majorée) ⇒ Sn est majorée.
n=0

P
D’après le Lemme 1.3 un converge.
n=0
P∞ ∞
P
2− Par contraposition : si un diverge alors vn diverge.
n=0 n=0

Remarque 1.4.

[email protected]
1.3 Séries à termes réels positifs Chapitre 1


P ∞
P
1. Si un et vn sont à termes négatifs, alors il suffit d’étudier les séries
n=0 n=0

P P∞
− un et − vn .
n=0 n=0
2. Dans le théorème de comparaison, on peut remplacer l’hypothèse ∀n ∈ N, un 6
vn par l’hypothèse : ∃n0 ∈ N; ∀n > n0 ; un 6 vn .

Exemple 1.7.
sin2 n
Soit la série de terme général un = n pour tout n ∈ N? .
2 + ln n
un > 0 pour tout n ∈ N? , on peut appliquer la règle de comparaison.
Comme sin2 n est majorée par 1, et ln n > 1 pour tout n ∈ N? ,
 n
1 1
un 6 n 6 .
2 + ln n 2

 n
P 1
est une série géométrique convergente, d’après la règle de comparaison
n=1 2
P∞
un est convergente.
n=1

1.2 Théorème (Règle d’équivalence)


P P
Soient un et vn deux séries à termes positifs telles que, lorsque n → +∞,
n∈N n∈N
+∞ un P P
un ∼ vn ( lim = 1). Alors un et vn ont la même nature.
n→+∞ vn n∈N n∈N

Démonstration.
un
Soit lim = 1 donc
n→+∞ vn

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; (1 − ε)vn 6 un 6 (1 + ε)vn ,

P
Grâce a la règle de comparaison et les inégalités précédentes on trouve que un et
P n∈N
vn ont la même nature.
n∈N

Exemple 1.8.
1 + an
Soit la série de terme général un = pour tout n ∈ N et a > 0.
5n + 3n

[email protected]
1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale Chapitre 1

a) Si 0 < a < 1, lim an = 0, donc


n→+∞

+∞ 1 +∞ 1
un ∼ ∼ n
5n +3 n 5

 n
P 1
est une série géométrique convergente, et d’après la règle d’équiva-
n=0 5

P sin2 n
lence n
.
n=1 2 + ln n
b) Si a > 1, lim an = +∞, alors
n→+∞

+∞ an +∞ an
un ∼ ∼ n,
5n + 3n 5
P∞  a n
si a > 5 la série géométrique diverge, et par la règle d’équivalence
n=0 5
P∞ 1 + an P∞  a n

n n
diverge, et si a < 5 la série géométrique converge, et
n=0 5 + 3 n=0 5
∞ 1 + an
P
donc n n
converge.
n=0 5 + 3

1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale


1.3 Théorème
Soient n0 ∈ N et f : [n0 , +∞[−→ R+ une fonction continue et décroissante,

P
posons un = f (n) pour tout n > n0 . La série un converge si et seulement
n=0
Z∞
si f (x) dx converge, et on a
n0

Z∞ ∞
X Z∞
f (x) dx 6 un 6 f (n0 ) + f (x) dx.
n0 n=n0 n0

Démonstration.
Soit k ∈ N avec k > n0 , f est décroissante sur [n0 , +∞[, et pour tout x ∈ [k, k + 1],

f (k + 1) 6 f (x) 6 f (k),

[email protected]
1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale Chapitre 1

en intégrant par rapport à x de k à k + 1, on obtient


Zk+1 Zk+1 Zk+1
f (k + 1) dx 6 f (x) dx 6 f (k) dx,
k k k

d’où
Zk+1
f (k + 1) 6 f (x) dx 6 f (k),
k
en sommant de n0 à n, et en utilisant le fait que un = f (n) pour tout n > n0 , on
obtient
n k+1
n Z n
X X X
uk+1 6 f (x) dx 6 uk ,
k=n0 k=n0 k k=n0

d’où
n+1
X Zn n
X
uk 6 f (x) dx 6 uk ,
k=n0 +1 n0 k=n0

en déduit que
Zn
Sn+1 − Sn0 6 f (x) dx 6 Sn − Sn0 −1 .
n0
Z∞
1− Si f (t) dt converge,
n0

Zn Z∞
Sn+1 6 f (x) dx + Sn0 6 f (t) dt + Sn0 = M.
n0 n0

où M est une constante positive.


P
La suite (Sn∈N ) est donc majorée et comme un est une série à termes
Pn∈N
positifs alors d’après le Lemme 1.3, la série un converge.
n∈N

P
2− Supposons maintenant que la série un est convergente de somme S,
n=0

Z+∞
f (x) dx 6 S
n0

Z+∞
ainsi f (x) dx converge.
n0

[email protected]
1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale Chapitre 1

1.4.1 Série de Riemann


1.5 Définition
P 1
On appelle série de Riemann la série où α ∈ R.

1.4 Proposition
La série de Riemann converge si et seulement si α > 1, c’est-à-dire
P 1
? Si α > 1 la série converge.

P 1
? Si α 6 1 la série diverge.

Démonstration.
1
1) Si α < 0, un = = n−α , et lim un = +∞.
nα n→+∞

2) Si α 6 0, lim un 6= 0, la condition nécessaire de convergence n’est pas


n→+∞
P 1
vérifiée et donc est divergente.

1
3) Si α > 0, la fonction f (x) = α est positive et décroissante sur [1, +∞[.
x
P 1
D’après le théorème précédent, la série de Riemann converge si et

Z+∞
1
seulement si l’intégrale dx converge. Or

1
  
Zn Zn 1 1
−1 si α 6= 1
 n 
1 1 
1−α nα−1
f (x) dx = α
dx = =
x (1 − α)xα−1 1

 ln n si α = 1
1 1

alors
Zn
 1
 si α > 1,
lim f (x) dx = 1−α
n→+∞
+∞ si α 6 1.

1
P
La série un converge si 0 < α 6 1 et diverge si α > 1.
n∈N

[email protected]
1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale Chapitre 1

Exercice 1.2. Étudier la nature des séries suivantes


∞ ∞ √ ∞ √ √
X n X n X n−1− n
, √ , .
n=0
n3 + 1 n=0
n2 + n n=0
n

1.5 Proposition (Règle de Riemann)



P
Soit un une série réelle à termes positifs.
n=0
1. Supposons qu’il existe α > 1 tel que lim nα un = 0, alors la série
n→+∞
P∞
un converge.
n=0

P
2. Si lim nun = +∞, alors la série un diverge.
n→+∞ n=0

Démonstration.

1. On a lim nα un = 0 donc
n→+∞

ε ε
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; − α
6 un 6 α .
n n

P
Grâce a la règle de comparaison un est convergente.
n=0
2. Pour le deuxième point de la proposition, on le montre aussi en utilisant la
définition de la limite et la règle de comparaison.

Exemple 1.9.

P 1
1) Soit la série ln n
, on a
n=1 (ln n)

1 n2
lim n2 = lim
n→+∞ (ln n)ln n n→+∞ eln(ln n)ln n
n2
= lim ln n(ln ln n)
n→+∞ e
n2
= lim ln ln n
n→+∞ n

= lim n2−ln ln n
n→+∞

= 0.

[email protected]
1.4 Comparaison d’une série avec une intégrale Chapitre 1


P 1
D’après la règle de Riemann la série ln n
est convergente.
n=2 (ln n)

P 1
2) Soit la série 2
,
n=1 (ln n)

1
lim n = +∞.
n→+∞ (ln n)2

P 1
D’après la règle de Riemann la série 2
est divergente.
n=2 (ln n)

1.4.2 Série de Bertrand


1.6 Définition
1
où (α, β) ∈ R2 .
P
On appelle série de Bertrand la série
nα (ln n)β

1.6 Proposition
P 1
1. Si α > 1, converge pour tout β ∈ R.
nα (ln n)β
P 1
2. Si α < 1, diverge pour tout β ∈ R.
nα (ln n)β
P 1
3. Si α = 1, converge si et seulement si β > 1.
n(ln n)β

Démonstration.
α+1 α+1
1. Si α > 1 alors > 1, posons γ = , on trouve que
2 2
α+1 1 (ln n)−β
lim nγ un = lim n 2 = lim = 0, ∀β ∈ R,
n→+∞ n→+∞ nα (ln n)β n→+∞ n α−12

P 1
en utilisant la règle de Riemann, la série converge si α > 1 pour
nα (ln n)β
tout β ∈ R.

2. Si α < 1, nous avons


n1−α
lim nun = lim = +∞,
n→+∞ n→+∞ (ln n)β

P 1
et d’après la règle de Riemann la série diverge si α < 1 pour
nα (ln n)β
tout β ∈ R.

[email protected]
1.5 Séries alternées Chapitre 1

1
3. Si α = 1, un = , on utilise comparaison avec une intégrale.
n(ln n)β
1
Considérons la fonction f : [2, +∞[−→ R+ définie par f (x) = . f
x(ln x)β
est positive de plus elle est décroissante et continue, en posant x = ln t, on
obtient
ZA Zln A
dx dt
= ,
x(ln x)β tβ
2 ln 2

donc
ZA Zln A
dx dt
lim = lim .
A→+∞ x(ln x)β A→+∞ tβ
2 ln 2

Z+∞
dt
L’intégrale de Riemann existe si et seulement si β > 1, par conséquent

ln 2
Z+∞
dx
existe si et seulement si β > 1.
x(ln x)β
2
P 1
D’après le Théorème 1.4, la série converge si et seulement si β > 1.
n(ln n)β

1.5 Séries alternées

1.5.1 Règle d’Abel


1.4 Théorème (Théorème de sommation d’Abel)
Soit (an )n∈N une suite à termes positifs décroissante et tend vers 0 et soit (bn )
une suite numérique telle que

Xn
∃M > 0, bk 6 M, ∀n ∈ N. (1.1)


k=0
P
alors la série an bn converge.
n∈N

Démonstration.

[email protected]
1.5 Séries alternées Chapitre 1

L’idée de la démonstration est d’effectuer un changement dans la sommation. Pour


tout n > 0, posons Bn = b0 + b1 + · · · + bn . Par hypothèse, la suite (Bn∈N ) est bornée.
P
Nous écrivons les sommes partielles de la série an bn sous la forme suivante
n∈N

Sn = a0 b0 + a1 b1 + · · · + an−1 bn−1 + an bn

= a0 B0 + a1 (B1 − B0 ) + · · · + an−1 (Bn−1 Bn−2 ) + an (Bn − Bn−1 )

= B0 (a0 − a1 ) + B1 (a1 − a2 ) + · · · + Bn−1 (an−1 − an ) + Bn an .


P
Nous allons montrer que la série Bn (an − an+1 ) est absolument convergente,
n∈N

|Bn (an − an+1 )| = |Bn |(an − an+1 )

6 M (an − an+1 ),

car (an∈N ) est une suite de réels positifs, décroissante et |Bn | est borné par M. Or

M (a0 − a1 ) + · · · + M (an − an+1 ) = M (a0 − an+1 ),

qui tend vers M a0 puisque an tend vers 0.


P
La série M (an − an+1 ) converge, et d’après le critère de comparaison la série
P n∈N
|Bn (an − an+1 )| est convergente . On déduit que la suite (Sn )n∈N est convergente,
n∈N P
d’où la convergence de la série an b n .
n∈N

Exemple 1.10.
P∞ sin n 1
Soit la série . Posons an = et bn = sin n.
n=1 n n
(an )n∈N est une suite à termes positifs décroissante et tend vers 0, et eik = cos k +
i sin k donc
n
X n
X Xn
ik
e = cos k + i sin k,
k=1 k=1 k=1

d’autre part
n ei − ei(n+1)
X
ik 2
e = |1 − ei | .
6

1 − e i
k=1
P∞ sin n
Alors d’après la règle d’Abel est une série convergente.
n=1 n

[email protected]
1.5 Séries alternées Chapitre 1

1.7 Définition
P
On dit qu’une série à termes réels un est alternée si
n∈N

∀n ∈ N, un = (−1)n an ou un = (−1)n+1 an avec an > 0.

1.5 Théorème (de Leibniz)


Si la suite (an )n∈N est positive, décroissante et elle tend vers 0, la série
(−1)n an converge.
P
n∈N

Démonstration.

Supposons
que (an )n∈N est une suite positive, décroissante vers 0. Soit bn = (−1)n ,
Pn
(−1)n bn converge.
P
bk 6 1, et d’après le théorème de sommation d’Abel

k=0 n∈N

1.5.2 Convergence absolue et semi convergence


1.8 Définition
P
1) On dit qu’une série un est absolument convergente si et seulement
P n∈N
si la série |un | est convergente.
n∈N
P
2) On dit qu’une série un est semi convergente si elle est convergente
n∈N
sans qu’elle soit absolument convergente.

1.6 Théorème
Toute série absolument convergente est convergente.

Démonstration.
P P
Soit un une série absolument convergente, donc la série |un | converge d’après
n∈N n∈N
le critère de Cauchy de convergence des séries, et on a
q
X
∀ε > 0, ∃N ∈ N ∀p, q ∈ N, q > p > N ; |uk | < ε.


k=p+1

comme q
X q
X
uk 6 |uk |,



k=p+1 k=p+1

[email protected]
1.6 Séries à termes réels de signe quelconque Chapitre 1

alors q
X
∀ε > 0, ∃N ∈ N ∀p, q ∈ N, q > p > N ; uk < ε,


k=p+1
P
d’où la convergence le la série un .
n∈N

Remarque 1.5.

1. La réciproque du théorème précédent est fausse, on peut prendre comme contre


P (−1)n
+∞
exemple la série .
n=1 n
2. L’intérêt fondamental du Théorème 1.5.2 est que l’on peut appliquer les pro-
P
priétés des séries à termes positifs, à la série |un | qui est à termes positifs.

1.6 Séries à termes réels de signe quelconque

1.6.1 Critère de Cauchy


1.7 Théorème
Soit (un )n∈N une suite de nombre réels ou complexe, supposons que
p
lim n |un | = l, alors
n→+∞
P
1. Si l < 1 la série un converge absolument.
n∈N
P
2. Si l > 1 la série un diverge.
n∈N
3. Si l = 1 on ne peut rien conclure.

Démonstration.
p
On a lim n |un | = l, alors
n→+∞
p
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; | n |un | − l| 6 ε,

d’où
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; (l − ε)n 6 |un | 6 (l + ε)n .

1. Supposons que l < 1 et prenons ε ∈]0, 1 − l[, l + ε < 1, et on a un 6 (l + ε)n


P
pour tout n > n0 . Par conséquent la série |un | converge.
n∈N

[email protected]
1.6 Séries à termes réels de signe quelconque Chapitre 1

2. Supposons que l > 1 et prenons ε = l − 1, on a donc un > 1 pour tout n > n0 .


P
Donc la série un diverge.
n∈N

Exemple 1.11.  n
1
Soit a > 0, considérons la série de terme général un = a+ .
P n
un est une série à termes positifs, et on a
n∈N
 
p 1
lim n |un | = lim
a+ = a.
n→+∞ n→+∞ n
P P
Si a < 1, la série un converge et si a > 1, un diverge et pour le cas a = 1 on
n∈N n∈N
peut montrer que la condition nécessaire de convergence n’est pas vérifiée.

1.6.2 Critère de d’Alembert


1.8 Théorème
Soit (u
n )n∈N
une suite de nombre réels ou complexe, supposons que
un+1
lim = l,
n→+∞ un
P
1. Si l < 1, un converge absolument.
n∈N
P
2. Si l > 1, un diverge.
n∈N
3. Si l = 1 on ne peut rien conclure.

Démonstration.
un+1
Supposons que lim = l, alors
n→+∞ un
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; (l − ε)n |u0 | 6 |un | 6 (l + ε)n |u0 |

(l + ε)n est une série géométrique


P
1. Soit l < 1 et ε ∈]0, 1 − l[, alors l + ε < 1,
n∈N
convergente, et on a un 6 (l + ε)n |u0 | pour tout n > n0 . Par conséquent la
P
série |un | converge.
n∈N
2. Supposons que l > 1 et prenons ε = l − 1, on a donc un > 1 pour tout n > n0 .
P
Par conséquent la série un diverge.
n∈N

[email protected]
1.6 Séries à termes réels de signe quelconque Chapitre 1

Remarque 1.6.

1. Si l = +∞ ou l = 0 on peut appliquer les règles de Cauchy et de d’Alembert.



un+1 p
2. Si lim = l alors lim n |un | = l.
n→+∞ un n→+∞

Exemple 1.12.

P nn
Soit la série un de terme général un = ,
n=0 n!
n+1
 n
un+1 (n + 1) n! 1 1
n ln(1+ n ),
lim = lim
n
= lim 1 + = lim e
n→+∞ un n→+∞ (n + 1)! n n→+∞ n n→+∞

 
1 +∞ 1
comme ln 1 + ∼ ,
n n

un+1
lim = lim en· n1 = e > 1.
n→+∞ un n→+∞

D’après la règle de d’Alembert la série est divergente.

1.6.3 Règles générales


P P
Soient un et vn deux séries numériques.
n∈N n∈N
P P P
1. Si un et vn convergent alors (un + vn ) converge.
n∈N n∈N n∈N
P P
2. Si un converge alors pour tout α ∈ R, αun converge.
n∈N n∈N
P P P
3. Si un converge et vn diverge alors (un + vn ) diverge.
n∈N n∈N n∈N
P P
4. Si un et vn divergent alors on peut rien dire sur la nature de la série
Pn∈N n∈N
(un + vn ).
n∈N

Remarque 1.7.

1) Les deux premières propriétés de linéarité (sommation et produit par un sca-


laire) confèrent à l’ensemble des séries numériques convergentes la structure
algébrique d’un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel de toutes les séries
numériques.

[email protected]
1.6 Séries à termes réels de signe quelconque Chapitre 1

2) L’ensemble des séries numériques divergentes n’est pas un sous-espace vec-


toriel de l’espace vectoriel de toutes les séries numériques, car la somme de
deux séries divergentes n’est pas toujours une série divergente, sauf si elles
sont de même signe.

Exemple 1.13.
+∞
P1 +∞
P1 +∞
P1
1) La série somme − = 0 est convergente bien que les séries ,
n=1 n n=0 n n=1 n
+∞
P1
− sont divergentes.
n=1 n
+∞
P1 1 +∞
P 1 +∞ P 1
2) La série + est divergente, mais les séries , sont
n=1 n n+1 n=1 n n=1 n + 1
divergentes.

1.6.4 Méthode de développement limité

C’est une technique qu’on applique sur quelques séries à terme quelconques pour
lesquelles les critères précédents ne s’appliquent pas. Il suffit d’utiliser un dévelop-
pement asymptotique du terme général.

Exemple 1.14.
P∞ (−1)n 1
Soit la série √ n
, la suite √ n’est pas décroissante et donc on
n=0 n + (−1) n + (−1)n
ne peut pas appliquer le théorème de Leibniz. On a
(−1)n (−1)n 1
√ = √ × ,
n + (−1)n n (−1)n
1+ √
n
(−1)n
et √ tend vers 0 lorsque n tend vers +∞, dans ce cas on peut utilisé le déve-
n
1
loppement limité de la fonction au voisinage de 0 à l’ordre 1,
1+x
(−1)n (−1)n 1
√ = √ ×
n + (−1) n n (−1)n
1+ √
n
n
(−1)n
  
(−1) 1
= √ 1− √ +o
n n n
n
 
(−1) 1 1
= √ − +o √ .
n n n n

[email protected]
1.7 Produit des séries Chapitre 1

P (−1)n
√ est une série alternée convergente, et on a
n
 
1 1 +∞ 1
+o ∼ ,
n n n
P1
la série est une série divergente, et d’après le critère d’équivalence de séries
n  
P1 1 P
à termes positifs +o est divergente. un est divergente comme somme
n n n∈N
d’une série convergente et une autre divergente.

Remarque 1.8.
En utilisant le développement limité, il faut développer à un ordre suffisamment élevé
pour obtenir un reste absolument convergent.

1.7 Produit de des séries


1.9 Définition

P ∞
P ∞
P
On appelle série produit des séries un et vn , la série wn dont le terme
n=0 n=0 n=0
général est donné par
n
X
∀n ∈ N, wn = uk vn−k ,
k=0

alors
w0 = u0 v0
w1 = u0 v1 + u1 v0
..
.
wn = u0 vn + u1 vn−1 + · · · + un v0 .

[email protected]
1.8 Récapitulatif des techniques de convergence Chapitre 1

1.9 Théorème

P ∞
P
Soit un une série absolument convergente et vn une série convergente,
n=0 n=0

P
alors la série produit wn est convergente. De plus sa somme est donnée par
n=0

∞ ∞
! ∞
!
X X X
wn = un vn .
n=0 n=0 n=0

Remarque 1.9.
Dans le Théorème ??, si les deux séries sont semi-convergentes, la série produit n’est
pas nécessairement convergente.

Exemple 1.15.
(−1)n P
Soit un = √ , la série un est semi-convergente. Pour vn = un , on a
n n∈N
wn = u1 vn + u2 vn−1 + · · · + uk vn−k+1 + · · · + un vn
(−1)n+1 (−1)n+1 (−1)n+1 (−1)n+1
= √ +√ √ + ··· + √ √ + ··· + √ .
n 2 n−1 k n−k+1 n
√ √
Or k n − k + 1 6 n pour tout k = 1, · · · , n, donc

1 1
√ √ > , ∀k = 1, · · · , n
k n−k+1 n

1 P
d’où |wn | > n · = 1, ainsi lim |wn | =
6 0, et donc la série wn diverge.
n n→+∞ n∈N

1.8 Récapitulatif des techniques de convergence


Pratiquement le schéma ci-dessus rassemble et résume les résultats de conver-
gence de ce chapitre, comme souvent en mathématique, ces résultats ne permettent
pas de conclure dans tous les cas.

[email protected]
1.9 Exercices Chapitre 1

P 
Nature de un
n∈N



 non
 
Est ce que lim un = 0 ? −→ la série diverge 

n→+∞


↓ oui
  
P oui
un est-elle géomètrique ? −→ convergence des séries géométriques 

n∈N


↓ non
  oui
 
S est déterminable 
n
−→ convergence ou divergence par définition 

↓ non
  
P oui
un est-elle à termes positifs ? −→ règles de comparaison, d’équivalence.. etc 

n∈N


↓ non
 P 
Nature de |un |
 

P  P 
oui
|un | converge ? −→ un converge
  n∈N


↓ non
  oui
 
Est ce que un = εn bn ? 

−→ appliquer le lemme d’Abel 

↓ non
 
On se débrouille ! 

fin
Schéma récapitulatif des techniques de convergence

1.9 Exercices sur le chapitre 1


Exercice 1.
Déterminer la nature des séries numériques suivantes en trouvant les suites des

[email protected]
1.9 Exercices Chapitre 1

sommes partielles associées.


P 3n
 
P 1 P 1
1. , 2. n−2
, 3. arctan 2
,
n>1 n(n + 1)(n + 2) n>1 7 n>1 n + n + 1
P n2 − 2 P n3

P 1
4. , 5. , 6. ln 1 − 2 .
n>1 n! n>1 n! n>2 n
Exercice 2.
Déterminer la nature des séries suivantes
 n
1 1 2
5n sin
P P P
1. cos( ), 2. p , 3. ,
n>1 n n>1 n(n + 1) n>0 9
n
P√ √

3
P (n) P 1
4. n2 + 2n − n2 − 1, 5. , 6. e− 1+ ,
n>1 n>1 (2n) n>1 n
P √ n
7. ( n n − 1) .
n>1

Exercice 3.
Soit a > 0, déterminer la nature des séries suivantes
an P √
 
P P  a n n a
1. 2 n
, 2. ( n a − 1) , 3. 1+ − e .
n>1 (1 + a)(1 + a) ...(1 + a) n>1 n>1 n n+1
Exercice 4.
Déterminer la nature des séries suivantes
P n! P 1
2 .n!.n−n ,
P n
1. 2. n
, 3. ln n
,
n>1 n>0 2 n>1 3
n2
n2 + 1

P 1 P x n P
4. ln n
, 5. 1 + , x > 0, 6. ,
n>2 (ln n) n>1 n n>1 n2 + n + 1
 n2
P n
7. .
n>1 n+1
Exercice 5.
Déterminer la nature des séries suivantes
(−1)n
 
P n 1 P
1. (−1) sin , , 2. sin ,
n>1 n n>1 n2
P (−1)n P (−1)n
3. n
, 4. p , α > 0.
n>2 ln(n + (−1) ) n>2 nα + (−1)n
Exercice 6.
P P
Soient un et vn deux séries á termes positifs convergentes.
n∈N n∈N
Montrer que les séries suivantes sont aussi convergentes
X X√ X un vn
max(un , vn ), un vn et .
n∈N n∈N n∈N
un + vn

[email protected]
1.9 Exercices Chapitre 1

Exercice 7.

1. L’inégalité suivante est-elle vérifier ?


Z k+1
2
ln (k) 6 ln2 (t) dt 6 ln2 (k + 1) 1 6 k ∈ N; t ∈ [1, +∞[.
k

2. Par une intégration par parties calculer


Z x
ln2 (t) dt.
1

3. Donner un équivalent de
n
X
Sn = ln2 (k), quand n −→ +∞.
k=1

1
4. La série de terme général est-elle convergente ?.
Sn
Exercice 8.
Établir une comparaison avec des intégrales
n √ √ n
+∞ +∞ +∞
k ∼ 32 n n, 1
P P
1. 2. ln(n!) ∼ n ln n, 3. k
∼ ln n,
k=1 k=1
n n ln k 2
P 1 +∞ P +∞ (ln n)
4. ∼ ln(ln n), 5. ∼ .
k=1 k ln k k=1 k 2
Exercice 9.
P
Soit un une série à termes positifs convergeant vers S.
n>1
1P n P
1. On pose vn = uk , quelle est la nature de la série vn ?
n k=1 n>1
1 Pn P
2. On pose wn = kuk , calculer wn en fonction de S.
n(n + 1) k=1 n>1
 
a1 + ... + an
Indic. si lim an existe alors lim = lim an .
n→+∞ n→+∞ n n→+∞

Exercice 10.
ln n
, vn = (−1)n un , Sn =
P P
Pour n > 1, on pose un = uk et Tn = vk .
n 16k6n 16k6n
P P
1. Préciser la nature des séries un et vn .
n>1 n>1

[email protected]
1.9 Exercices Chapitre 1

2. Donner un équivalent de Sn au voisinage de +∞.


1
3. Montrer que S2n − Sn = ln 2. ln n + .(ln 2)2 + o(1) au voisinage de +∞.
2
4. Calculer S2n + T2n .
P
5. En déduire vn .
n>1

Exercice 11.
Déterminer la nature de la série de terme général
√ √ √
1 + 2 + ··· + n
un = (avec α ∈ R).

Exercice 12. (Intégrales de Wallis / Formule de Stirling)
π
Z2
1) Pour tout n ∈ N, on pose Wn = cosn t dt.
0
π
Z2
a) Montrer que pour tout n ∈ N, Wn = sinn t dt.
0
b) Montrer que pour tout n ∈ N, Wn > 0.

c) À l’aide d’une intégration par parties, montrer que, pour tout n ∈ N,


nWn = (n − 1)Wn−2 .
π
d) Montrer que pour tout n > 2, nWn Wn−1 = .
2
n−1 Wn
e) Montrer que pour tout n > 2, 6 6 1, puis déduire que
r n W n−1
+∞ π
Wn ∼ .
2n
2) On considère la suite (un )n∈N définie, pour n > 1, par
n!en
un = √
nn n
et la suite (vn )n∈N définie, pour n > 2, par

vn = ln un − ln un−1 .

a) Exprimer vn en fonction de n et donner un développement limité à l’ordre


1
2 en de la suite (vn )n∈N .
n
[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

P
b) En déduire que la série vn est convergente. Montrer alors que les suites
(ln un )n∈N et (un )n∈N convergent, et donc il existe un réel K > 0 tel que
 n n √
+∞
n! ∼ K n.
e
c) En utilisant cet équivalent, calculer un équivalent simple de la suite (W2p )p∈N .

En déduire que K = 2π et donc
+∞ √
n! ∼ nn .e−n 2πn.

1.10 Corrigé des exercices sur le chapitre 1


Corrigé de l’exercice 1

1) Pour tout k ∈ N? , on a
 
1 1 (k + 2) − k 1 1 1
= = − = ak −ak+1 ,
k(k + 1)(k + 2) 2 k(k + 1)(k + 2) 2 k(k + 1) (k + 1)(k + 2)
1
où ak = , alors
k(k + 1)
 
1 1 1 1
Sn = (a1 − an+1 ) = − .
2 2 2 (n + 1)(n + 2)
1 P 1
alors lim Sn = , donc la série converge et sa somme
n→∞ 4 n>1 n(n + 1)(n + 2)
1
S= .
4
2) Soit (un )n∈N une suite géométrique de raison q différente de 1, alors pour tout
n ∈ N et tout p ∈ N tels que n > p, on a
n
X 1 − q n−p+1
uk = up
k=p=0
1−q

donc
n n  k
X 3k 2
X 3
= 7
k=1
7k−2 k=1
7
n
7 1 − 37
=
3 1 − 37


[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

147 P 3n
alors lim Sn = , donc la série n−2
converge et a pour somme la valeur
n→∞ 4 n>1 7
147
.
4
3) Sachant que

tan α − tan β π π
tan(α − β) = , ∀α, β ∈] − , [,
1 + tan α tan β 2 2

en prenant α = arctan a et β = arctan b, on obtient

a−b
arctan a − arctan b = arctan , ∀a, b ∈ R.
1 + ab

Pour a = k + 1, b = k, on déduit que


 
1
arctan = arctan(k + 1) − arctan(k)
k(k + 1)(k + 2)
= ak+1 − ak ,

où ak = arctan(k).
Alors, pour tout k ∈ N? on a
n  
X 1
arctan = arctan(n + 1) − arctan(1)
k=1
k2 + k + 1
π
= arctan(n + 1) − .
4
 
π P 1
comme lim arctan(n + 1) = , la série arctan converge et
n→∞ 2 n>1 n2 + n + 1
π
sa somme S = .
4
P 1
4) En utilisant le fait que e = , n2 = n(n − 1) + n et n! = n(n − 1)!, on
n>0 n!
obtient
X n2 − 2 X n(n − 1) X 1 X1
= + −2
n>0
n! n>2
n! n>1
(n − 1)! n>0
n!

= e + e − 2e

= 0.

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

1
P
5) Comme e = n!
et n! = n(n − 1)!,
n>0

X n3 X n2
=
n>1
n! n>1
(n − 1)!
X n2 − 1 + 1
=
n>1
(n − 1)!
X (n − 1)(n + 1) X 1
= +
n>1
(n − 1)! n>1
(n − 1)!
X (n + 1) X 1
= +
n>2
(n − 2)! n>0
n!
X (n − 2 + 3)
= +e
n>2
(n − 2)!
X 1 X 3
= + +e
n>3
(n − 3)! n>2
(n − 2)!

= 5e.

6) La suite des sommes partielles associée est


n  
X 1
Sn = ln 1 − 2
k=2
k
n
k2 − 1
X  
= ln
k=2
k2
n
X
= ((ln(k + 1) − ln k) − (ln k − ln(k − 1)))
k=2
n
X
= ak+1 − ak
k=2

où ak = ln k − ln(k − 1), alors

n+1
Sn = an+1 − a2 = ln(n + 1) − ln n − ln 2 = − ln 2,
n
 
1P
lim Sn = − ln 2, donc la série ln 1 − 2 et sa somme est S = − ln 2.
n→∞ n>1 n

Corrigé de l’exercice 2

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

1) On a
1
lim cos = 1 6= 0.
n→∞ n
La condition nécessaire de convergence n’est pas vérifiée, la série est diver-
gente.

2) Comme
1 1 +∞ 1
p =q ∼ ,
n(n + 1) n2 (1 + n1 ) n

P1
est une série de Riemann (α = 1) divergente, et d’après le critère d’équi-
n
P 1
valence de séries à termes positifs la série p est divergente.
n>1 n(n + 1)
 n
2
3) On a lim = 0 et le développement limité de sin au voisinage de 0 à
n→∞ 9  n
2
l’ordre 1 est sin x = x + o(x), en prenant x = , on obtient
9
 n  n
2 +∞ 2
sin ∼ ,
9 9

donc  n  n
n 2 +∞ 10
5 sin ∼ .
9 9
P 10 n
 
10
Puisque 1 < , la série géométrique diverge, par le critère d’équi-
9 9  n
2
valence de séries à termes positifs (pour tout n > 1, 0 6 6 1,
 n  n 9
2 P n 2
sin > 0 ) la série 5 sin est divergente.
9 n>0 9
4) On a

√ √
r r
3 3 2 1
n2 + 2n − n2 − 1 = n2 (1 + ) − n2 (1 − 2 )
n n
2
= n3 − n
 
1
=n 1 − 1
n3
+∞
∼ −n,

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

ainsi

3
√ +∞
− n2 + 2n + n2 − 1 ∼ n.
P
La série n est divergente, et par le critère d’équivalence de séries à termes
P√ 3

positifs la série− n2 + 2n− n2 − 1 est divergente et donc la série donnée
P√ 3

n2 + 2n − n2 − 1 est aussi divergente.
(n) en − e−n +∞ en
5) = 2n ∼ 2n = e−n .
(2n) e − e−2n e
∞ 1
e−n est une série géométrique convergente (la raison < 1), et d’après la
P
n=0 e
P (n)
règle d’équivalence de séries à termes positifs, la série est convergente.
n>1 (2n)

x2
6) Au voisinage de 0 on a ln(1 + x) = x − + o(x2 ),
2
 n
1
un = e − 1 +
n
1
= e − en ln(1+ n )
+∞ 1 1
∼ e − en( n − 2n2 )
1
= e − e1− 2n

en utilisant cette fois-ci le développement limité de la fonction exponentielle


au voisinage de 0 à l’ordre 1 on trouve
 
+∞ 1 e
un ∼ e − e 1 − =
2n 2n
P e
est une série de Riemann (α = 1) divergente, et d’après le critère
2n P
d’équivalence de séries à termes positifs la série un est divergente.
n∈N
7) On applique la règle de Cauchy. En utilisant le développement limité de la
fonction exponentielle à l’ordre 1, on trouve
p
n
√ ln n ln n
lim |un | = lim n n − 1 = lim e n − 1 = lim = 0 < 1.
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞ n

La série est convergente.

Corrigé de l’exercice 3

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

1) Comme a > 0, (1 + a)(1 + a)2 ...(1 + a)n−1 > 1 d’où


n
an

a
< .
(1 + a)(1 + a)2 ...(1 + a)n 1+a
 n
a P a
Puisque 0 < < 1, la série géométrique converge, et par le
1+a 1+a
P an
critère de comparaison de séries à termes positifs la série 2 n
n>1 (1 + a)(1 + a) ...(1 + a)
est convergente.

2) Le développement limité de la fonction exponentielle au voisinage de 0 à


0 ln a
l’ordre 1 donne ex ∼ 1 + x, en prenant x = , on obtient
n
√ ln a +∞ ln a ln a
n
a−1=e n −1 ∼ 1+ −1= .
n n
P ln a
est une série de Riemann (α = 1) divergente, et d’après le critère
n P √
d’équivalence de séries à termes positifs la série ( n a − 1) est divergente.
n>1
 
a n n a
3) Posons wn = 1 + − e .
n n + 1
 a n +∞ n a
On a lim 1 + = ea , wn ∼ ea − e .
n→∞ n a
n +a 1
+∞ e +∞ e
Il s’ensuit que wn ∼ puis wn ∼ .
a
n+1 n
Pe P
est une série divergente, et d’après la règle d’équivalence wn est
n>0 n n>0
divergente.

Corrigé de l’exercice 4

1) Pour tout n ∈ N, on a un = 2n .n!.n−n > 0. Utilisant la règle de d’Alembert


un+1 2n+1 .(n + 1)!.(n + 1)−n−1 2
lim = lim n −n
= < 1,
n→+∞ un n→+∞ 2 .n!.n e
2n .n!.n−n est convergente.
P
la série
n>0
n!
2) Posons un = . On a
2n
un+1 n+1
= −→ +∞.
un 2 n→+∞
P n!
D’après le critère de d’Alembert, la série n
est divergente.
n>0 2

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

3) On a
1 1 1 1 1
= = = = .
3ln n eln 3ln n eln n ln 3 eln nln 3 nln 3
P 1 P 1
Mais ln 3 > 1, alors ln n
= est une série de Riemann (α = ln 3)
3 nln 3
convergente.

4) Pour tout n > 1

1 1 1 1 1
un = ln n
= ln(ln n)ln n = ln n ln(ln n) = ln nln(ln n) = ln(ln n) .
(ln n) e e e n

Appliquant la règle de Riemann

n2 1
lim n2 un = lim = lim = 0,
n→+∞ n→+∞ nln(ln n) n→+∞ eln n(ln ln n−2)

P 1
la série ln n
est convergente.
n>1 (ln n)
x
5) On a ln(1 + z) = z + o(z) au voisinage de 0, en prenant z = qui tend vers
n
0 lorsque n tend vers +∞, on obtient
 x n x n
lim 1+ = lim eln(1+ n )
n→∞ n n→∞
x
= lim en ln(1+ n )
n→∞
x
n
= lim e n
n→∞

= ex .

La condition nécessaire de convergence n’est pas vérifiée, la série est diver-


gente.

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

6) On applique la règle de Cauchy


n
n2 + 1

p
lim n |un | = lim
n→+∞ n→+∞ n2 + n + 1
 n
n
= lim 1 − 2
n→+∞ n +n+1
n !
n ln 1−
= lim e n2 + n + 1
n→+∞
n
−n·
= lim e n2 +n+1
n→+∞

= e−1 .
n2
n2 + 1

0 n P
où on a utilisé le fait ln(1+z) ∼ z avec z = − 2 , la série
n +n+1 n>1 n2 + n + 1
est convergente.

7) On a
n
2 ln( n+1 )
un = en
1
2 ln(1+ n )
= e−n
2 1 1 1
= e−n ( n − 2n2 +o( n2 ))
1
= e−n+ 2 +o(1)
+∞
∼ e1/2 e−n .

Par comparaison à une série géométrique convergente, la série de terme gé-


néral un converge.

Corrigé de l’exercice 5
1
1) Il s’agit d’une série alternée. Posons an = sin .
n
1 π
Pour tout n ∈ N, 0 < 6 alors an est positive et tend vers 0, et on a
n 2
1 1 1 1
n<n+1⇒ < ⇒ sin < sin ⇒ an+1 < an
n+1 n n+1 n
car la fonction sin est positive et décroissante sur [0, π2 ], et d’après le théorème
1
(−1)n sin est convergente.
P
de Leibniz la série
n>1 n

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

2) On effectuée un développement limité de la fonction sin au voisinage de 0 à


l’ordre 1, on obtient

(−1)n (−1)n
 
1
sin = +o .
n2 n2 n2
P (−1)n
La série alternée est convergente d’après le théorème de Leibniz, et
n2
comme  
o 1 6 1 ,

n2 n2
 
P 1
la série o est absolument convergente d’après le critère de compa-
n2
(−1)n
 
P
raison de séries à termes positifs, on conclut que la série sin est
n>1 n2
convergente comme somme de deux séries convergentes.
1
3) Les développements limités des fonctions ln(1 + x) et au voisinage de
1+x
0 à l’ordre 1 s’écrivent

ln(1 + x) = x + o(x),
1
= 1 − x + o(x),
1+x
ainsi

(−1)n (−1)n
= n
ln(n + (−1)n ) ln n + ln(1 + (−1)
n
)
n
(−1)
=  
(−1)n (−1)n
ln n + n + o n

(−1)n 1
=  
ln n 1 + (−1) + o (−1)n
n

n ln n n ln n
n n
(−1)n (−1)n
   
(−1) (−1)
= 1− +o +o
ln n n ln n n ln n n ln n
n
 
(−1) 1 1
= − + o
ln n n(ln n)2 n(ln n)2
P (−1)n P 1
La série alternée est convergente d’après le théorème de Leibniz,
ln n n(ln n)2
P  1 
est une série de Bertrand (α = 1 et β = 2) convergente et la série o n(ln n)2

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

est absolument convergente d’après le critère de comparaison de séries à


P (−1)n
termes positifs, on conclut que la série n
est convergente
n>0 ln(n + (−1) )
comme somme de séries convergentes.

4) On a
(−1)n
|un | = q
α n
n 2 1 + (−1)

+∞1 P 1
ainsi |un | ∼ α et α est une série de Riemann convergente si et seule-
n2 n2
P
ment si α > 2, la série un est absolument convergente et donc convergente
n∈N
si α > 2.
Pour le cas 0 < α 6 2, on utilise le développement limité de la fonction
(1 + x)a en 0, avec a = − 12 ,
− 12
(−1)n (−1)n

un = α 1+
n2 nα
n
1 (−1)n (−1)n
  
(−1)
= α 1− +o
n2 2 nα nα
(−1)n (−1)n
 
1
= α − 3α + o 3
n2 2n 2 n2α
P (−1)n
Pour tout α > 0, la série alternée α est convergente d’après le théo-
n2
rème de Leibniz, de plus

(−1)n
 
1 +∞ 1
3
α
+o 3
α
∼ 3 .
2n 2 n 2 2n 2 α
3 2 P 1
? Si α > 1 (donc α > ), la série 3 converge, et d’après le critère
2 3 2n 2 α
(−1)n
 
P 1
d’équivalence de séries à termes positifs, 3 +o 3 converge,
P 2n 2 α n2α
un est convergente comme somme de deux séries convergentes.
n∈N
3 2 P 1
? Si α < 1 (donc 0 < α < ) la série 3 est divergente, et d’après
2 3 2n 2
α
(−1)n
 
P 1 P
le critère d’équivalence, 3
α
+ o 3
α
diverge, un est divergente
2n 2 n2 n∈N
comme somme d’une série convergente et une autre divergente.

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

Corrigé de l’exercice 6
Pour tout a et b de R+ , on a

max(a, b) 6 a + b
√ a+b
et comme 2ab 6 a2 + b2 alors ab 6 . un > 0 et bn > 0 pour tout n ∈ N, on
2
obtient les majoration suivantes

√ un + vn
max(un , vn ) 6 un + vn , un vn 6 ,
2

et
un vn un vn
6 = un .
un + vn vn
Par comparaison de séries à termes positifs, on peut conclure.

Corrigé de l’exercice 7

1. La fonction x 7→ ln2 (x) est croissante sur [1, ∞[, Pour k > 1,

k 6 t 6 k + 1 =⇒ ln2 (k) 6 ln2 (t) 6 ln2 (k + 1)


Z k+1
2
=⇒ ln (k) 6 ln2 (t) dt 6 ln2 (k + 1).
k

2. En utilisant une intégration par partie, pour u0 (t) = 1 et v(t) = ln2 (t) on
trouve Z x
ln2 (t) dt = x ln2 (x) − 2x ln(x) + 2x − 2.
1

3. On a Z k+1
2
ln (k) 6 ln2 (t) dt 6 ln2 (k + 1),
k

en sommant ces inégalités de k = 1 jusqu’à k = n, on trouve


Z n+1
Sn 6 ln2 (t) dt 6 Vn+1 − ln2 (1),
1

ce qui s’ecrit encore


Z n Z n+1
2
ln (t) dt 6 Sn 6 ln2 (t) dt,
1 1

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

ainsi,

n ln2 (n)−2n ln(n)+2n−2 6 Sn 6 (n+1) ln2 (n+1)−2(n+1) ln(n+1)+2(n+1)−2,

donc
+∞
Sn ∼ n ln2 (n),

et
1 +∞ 1
∼ ,
Sn ∞ n ln2 (n)
P 1 1
4. Comme la série 2 est convergente, la série de terme général est
n ln (n) Sn
convergente.

Corrigé de l’exercice 8

1) On va d’abord déterminer un équivalent du numérateur par encadrement à



une intégrale. En effet, la fonction x 7→ x est croissante sur [0, +∞[, donc
pour tout k ∈ R, on a
Z k √ √ Z k+1 √
xdx 6 k 6 xdx.
k−1 k

On somme ces inégalités pour k allant de 1 à n pour trouver


Z n Z n+1
√ √
xdx 6 vn 6 xdx,
0 1


√ √ √
vn = 1 + 2 + · · · + n.

On calcule les intégrales, et on déduit que

+∞ 2 3
vn ∼ n2 .
3

2) On se ramène à une somme en remarquant que


n
X
ln(n!) = ln(k)
k=1

[email protected]
1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

Puisque la fonction ln est croissante, on a pour tout k > 2,


Z k Z k+1
ln(t)dt 6 ln(k) 6 ln(t)dt.
k−1 k

On somme cette inégalité pour k allant de 2 à n, remarquant que ln(1) = 0,


on trouve Z n Z n+1
ln(t)dt 6 ln(n!) 6 ln(t)dt.
1 2

Une primitive de ln x étant donnée par x ln x − x, on trouve que

n ln n − n + 1 6 ln(n!) 6 (n + 1) ln(n + 1) − (n + 1) − 2 ln 2 + 2.

+∞
On divise par n ln n pour prouver que ln(n!) ∼ n ln n. La seule chose non
évidente à vérifier est que

(n + 1) ln(n + 1)
→ 1.
n ln n n→+∞

Pour cela, on écrit


1 1
 
(n + 1) ln(n + 1) n ln(n + 1) + ln(n + 1) ln(n) + ln 1 + n
ln n + ln 1 + n
= = + .
n ln n n ln n ln n n ln n

Suivant les mêmes étapes on obtient les autres équivalences.

Corrigé de l’exercice 9
Pn P
1. Soit Sn = kuk , comme un converge vers S,
k=1 n>1

lim Sn = S,
n→∞

ainsi
+∞ S
vn ∼ .
n
PS
est une série de Riemann divergente, et d’après le critère d’équivalence
n P
de séries à termes positifs la série vn est divergente.
n∈N

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

2. On a
n X
1 X
wn = k.uk
n(n + 1) k=1
  X
1 1
= − k.uk
n n + 1 16k6n
n n
1X 1 XX
= kuk − kuk
n k=1 n + 1 k=1
n n+1
1X 1 X
= kuk − kuk + un+1
n k=1 n + 1 k=1

1P n
Posons an = kuk , wn s’écrit
n k=1

wn = an − an+1 + un+1 .

P
On peut maintenant trouver la suite des sommes partielle de la série wn
qu’on note Tn .
n
X
Tn = wk
k=1
n
X n
X
= (ak − ak+1 ) + uk+1
k=1 k=1
n+1
X
= a1 − an+1 + uk
k=2
n+1 n+1
1 X X
= u1 − kuk + uk
n + 1 k=1 k=2
n+1
1 X
= Sn+1 − kuk .
n + 1 k=1

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

1 n+1
P
Calculons kuk , on a
n + 1 k=1
n+1
P
k.uk = u1 + 2u2 + 3u3 + · · · + (n + 1)un+1
k=1

= u1 + u2 + u3 + ··· + un+1 → Sn+1


+ u2 + u3 + ··· + un+1 → Sn+1 − S1
+ u3 + ··· + un+1 → Sn+1 − S2
... ..
.
+ un+1 → Sn+1 − Sn

ainsi
n+1
P
k.uk = (n + 1)Sn+1 − S1 − S2 · · · − Sn .
k=1

On déduit alors que


n+1
1 X S1 + S2 + · · · + Sn
k.uk = Sn+1 −
n + 1 k=1 n+1

revenant maintenant a l’expression de Tn


S1 + S2 + · · · + Sn
Tn =
n+1
grâce à l’indications on trouve que
S1 + S2 + · · · + Sn
lim Tn = lim = lim Sn = S.
n→∞ n→∞ n+1 n→∞

Corrigé de l’exercice 10
P 1
1. −1
est une série de Bertrand (α = 1 et β = −1) divergente. On
n>1 n(ln n)
n ln k 2
P +∞ (ln n)
peut aussi utiliser ∼ (voir l’exercice 5), la suite des sommes
k=1 k 2
(ln n)2
partielles est divergente car lim = +∞.
n→∞ 2
ln n
vn est une série alternée. On a vn = (−1)n un avec un =
P
, la suite
n∈N n
(un )n∈N est positive et tend vers 0, pour montrer qu’elle est décroissante, on
considère la fonction f :]1, ∞[−→ R définie par
ln x
f (x) = .
x
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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

Comme
1 − ln x
f 0 (x) = 6 0, ∀x ∈ [e, +∞[.
x2
P
(un )n∈N est décroissante à partir d’un certain rang, on conclut que vn est
n∈N
une série convergente d’après le théorème de Leibniz.

2. D’après l’exercice 5,
n
X ln k +∞ (ln n)2
∼ .
k=1
k 2
+∞ (ln n)2
3. Comme Sn ∼ 2
,

+∞(ln 2 + ln n)2 (ln 2)2 (ln n)2


S2n ∼ = + + ln 2 ln n
2 2 2

ainsi
+∞ (ln 2)2
S2n − Sn ∼ + ln 2 ln n.
2
4. Calculons S2n + T2n .
2n
X 2n
X
S2n + T2n = uk + (−1)k uk
k=2 k=2
X2n
= (1 + (−1)k )uk
k=2
Xn
=2 u2k
k=2
n
X ln(2k)
=2
k=2
2k
n n
X ln 2 X ln(k)
= +
k=2
k k=2
k
n
X 1
= ln 2 + Sn
k=2
k

ainsi
S2n + T2n = Sn + ln 2 ln n + o(1).

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

P
5. Comme la série vn est convergente alors sa somme est lim T2n , et d’après
n∈N n→∞
les questions 3. et 4.,

(ln 2)2 (ln 2)2


 
lim T2n = lim ln 2 ln n − − ln 2 ln n =−
n→∞ n→∞ 2 2

Corrigé de l’exercice 11
D’après l’exercice 8,
+∞ 2 √ −α 2 1
un ∼ n nn = .
3 3 nα− 23
1 3
est une série de Riemann elle est convergente si et seulement si nα− 2 >
P
α− 23
n P
1, et d’après le critère d’équivalence de séries à termes positifs la série un est
5
convergente si et seulement si α − 23 > 1 (donc α > ).
2

Corrigé de l’exercice 12

Z π
2
1) Pour tout n ∈ N, on pose Wn = cosn t dt.
0
π
a) Soit n > 0, posons t = − u, alors cos(t) = cos( π2 − u) = sin(u) et
2
dt = − du.
Z π Z 0 Z π
2 2
n n
Wn = cos t dt = − sin u du = sinn u du
π
0 2
0

b) Pour tout n ∈ N et pour tout t ∈ [0, π/2], cosn t > 0. Donc par croissance
de l’intégrale, Wn > 0.
Supposons que Wn = 0. Puisque t 7→ cosn t est continue, alors cosn t = 0
pour tout t ∈ [0, π/2], ce qui est absurde. Ainsi, Wn > 0 pour tout n ∈ N.

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

c) Soit n > 2, une intégration par parties donne


Z π
2
Wn = cosn t dt
0
Z π
2
= cos t cosn−1 t dt
0
Z π
n−1
 π2 2
sin t −(n − 1)(sin t cosn−2 t) dt
 
= sin t cos t 0 −
0
Z π
2
= (n − 1) sin2 t cosn−2 t dt
0
Z π
2
= (n − 1) (1 − cos2 t) cosn−2 t dt
0

= (n − 1)Wn−2 − (n − 1)Wn .

Ainsi, pour tout entier n > 2, nWn = (n − 1)Wn−2 .

d) Posons, pour tout n > 1, un = nWn Wn−1 , d’après la question précédente,


pour tout n > 2,

un = nWn Wn−1 = (n − 1)Wn−2 Wn−1 = (n − 1)Wn−1 Wn−2 = un−1

π
La suite (un )n est donc constante et de premier terme u1 = W0 W1 = ,
π 2
par conséquent, un = nWn Wn−1 = u1 = .
2
 π
e) Pour tout t ∈ 0, 2 ,
0 6 cos t 6 1,

donc pour tout n > 0, cosn t > 0 et

0 6 cosn+1 t 6 cosn t

En intégrant cet encadrement, il vient Wn+1 6 Wn , et (Wn )n∈N est dé-


croissante.
Soit n > 2. D’après la question précédente, nWn = (n − 1)Wn−2 , puisque
(Wn )n∈N est décroissante,

n−1 n−1
Wn−1 6 Wn−2 = Wn 6 Wn−1
n n
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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

n−1 Wn
Puisque Wn > 0, pour tout n > 1, 6 6 1.
n Wn−1
π 1 2
On a nWn Wn−1 = pour tout n > 1, alors = nWn , en déduit
2 Wn−1 π
que
n−1 2
6 nWn2 6 1,
n π
2 +∞ π
et lim nWn2 = 1, Wn2 ∼ 2n
et comme Wn > 0,
n→+∞ π
r
+∞ π
Wn ∼ .
2n
2) a) Pour tout n ∈ N∗ ,
√ √ n+ 21
(n + 1)!en+1 nn n nn n

un+1 n
= √ = √ e= e,
un (n + 1)n+1 n + 1 n!en (n + 1)n n + 1 n+1
donc
 n+ 1
un+1 n 2
= e.
un n+1
 
un
D’autre part, pour tout n > 2, vn = ln ,
un−1
 n− 12 !
n−1
vn = ln e
n
   
1 1
= n− ln 1 − +1
2 n
   
1 1
= n− ln 1 − +1
2 n
2
Le développement de ln(1 − u) à l’ordre 3 en 0 est ln(1 − u) = −u − u2 −
u3
3
+ o(u3 ),
   
1 1
vn = n − ln 1 − +1
2 n
   
1 1 1 1 1
= n− − − 2 − 3 +o +1
2 n 2n 3n n3
 
1 1 1 1 1
= −1 − − 2+ + 2 +1+o
2n 3n 2n 4n n2
 
1 1
=− 2
+o
12n n2

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

1 1 P 1
+∞
b) D’après la question précédente, |vn | ∼ , est une série de Rie-
12 n2 n2 P
mann convergente, et par la règle d’équivalence la série vn est absolu-
ment convergente donc convergente.
P
La série vn est télescopique,
n
X n
X
vk = (ln uk − ln uk−1 ) = ln un − ln u1 = ln un − 1.
k=2 k=2

donc (ln un )n converge vers l ∈ R, et par continuité de la fonction expo-


nentielle, la suite un = eln(un ) converge vers K = el > 0.
+∞
Comme K > 0, et lim un = K peut s’écrire un ∼ K,
n→+∞

n!en +∞
un = √ ∼ K,
nn n

ainsi
 n n √
+∞
n! ∼ K n.
e
c) Montrons tout d’abord que la propriété

(2p)! π
(p) : W2p =
(2p p!)2 2

est vraie pour tout p > 0.


π 0! π
? On a W0 = = 0 2 , donc (0) est vraie.
2 (2 0!) 2
(2p)! π
? Supposons que (p) vraie, W2p = p 2 . Alors
(2 p!) 2

W2(p+1) = W2p+2
2p + 1
= W2p
2p + 2
2p + 1 (2p)! π
=
2p + 2 (2p p!)2 2
(2p + 2)(2p + 1) (2p)! π
=
(2(p + 1))2 (2p p!)2 2
(2(p + 1))!
= p+1
(2 (p + 1)!)2

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1.9 Solutions des exercices Chapitre 1

Donc (p + 1) est vraie.


(2p)! π
Pour tout p > 0, W2p = .
(2p p!)2 2
π 1
D’après la question précédente, pour tout p > 0, W2p+1 = ,
2 (2p + 1)W2p
et
π 1 (2p p!)2 2 (2p p!)2
W2p+1 = × × =
2 2p + 1 (2p)! π (2p + 1)!
a) On a,
+∞ √ +∞ p
p! ∼ Kpp e−p p(2p)! ∼ K2p2p e−2p 2p

Ainsi

(2p)! π
W2p =
(2p p!)2 2
2p −2p

+∞ K(2p) e 2p π
∼ p p −p
√ 2
(2 Kp e p) 2

K 22p p2p+1/2 e−2p π 2
= 2 2p 2p+1 −2p
K 2 p e 2
√ r
2π π
=
K 4p
√ r
+∞
r
π
r
π +∞ 2π π √
mais d’après 1)e), W2p ∼ , donc ∼ , et K = 2π.
4p 4p K 4p
En conclusion,
 n n √
+∞
n! ∼ 2πn.
e
C’est ce qu’on appelle la formule de Stirling.

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CHAPITRE 2

SUITES ET SÉRIES DE FONCTIONS

2.1 Introduction
Dans ce chapitre on présente les notions de convergence simple et uniforme,
l’interprétation graphique de la convergence uniforme, le Critère de Cauchy pour la
convergence uniforme, et on donne les propriétés des suites et séries de fonctions
uniformément convergentes.

Objectifs du chapitre

• Maitriser les différents types de convergences d’une suite ou d’une série de


fonctions.

• Étudier la stabilité des propriétés de ces fonctions par passage à la limite.

2.2 Suites de fonctions

2.2.1 Convergence simple d’une suite de fonctions


2.1 Définition
Soit E une partie de R. On appelle une suite de fonction sur E dans K, la

49
2.2 Suites de fonctions Chapitre 2

donnée d’une famille de fonctions (fn )n∈N telle que

fn : E → K
x 7→ fn (x).

2.2 Définition
Ont dit que la suite de fonctions (fn )n∈N converge simplement sur D ⊂ E
vers une fonctions f si pour tout x de D

lim fn (x) = f (x),


n→∞

c’est à dire

∀x ∈ D, ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; |fn (x) − f (x)| < ε.

L’ensemble des points x ∈ D tels que la suite numérique (fn (x))n∈N converge
est appelé domaine de convergence simple, noté

D = {x ∈ E/(fn (x))n converge} .

On appelle la fonction f (x) = lim fn (x) la limite simple de la suite de fonc-


n→∞
tions (fn )n∈N .

2.1 Proposition
Si la limite simple d’une suite de fonctions existe alors elle est unique.

Démonstration.
Ceci est une conséquence immédiate de l’unicité de la limite d’une suite de nombres
réels.

Exemple 2.1.
1. Soit (fn )n∈N une suite de fonction définie par

fn : [0, 1] → R
x 7→ xn

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2.2 Suites de fonctions Chapitre 2

pour tout n ∈ N.

f (x)
f2 (x) = x2
1 f10 (x) = x10
f20 (x) = x20

x
1

Figure 3.1. Graphes des fonctions f2 , f10 et f20 .

Soit x ∈ [0, 1] fixé, on a



 0 si x ∈ [0, 1[,
lim fn (x) = lim xn =
n→∞ n→∞  1 si x = 1.

Alors (fn )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction f définie par

 0 si x ∈ [0, 1[,
f (x) =
 1 si x = 1.

2. Soit (gn )n∈N une suite de fonction définie par

gn : R → R
x2n
x →
7
1 + x2n
pour tout n ∈ N.

g(x)
g5
1
g1
0.5
x
−2 −1 1 2

Figure 3.2. Graphes des fonctions g1 et g5 .

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2.2 Suites de fonctions Chapitre 2

Pour tout x ∈ R, 


 +∞ si |x| > 1,

lim x2n = 1 si x = ±1,
n→∞ 

si |x| < 1,

 0

on déduit que 


 1 si |x| > 1,
1

lim gn (x) = si x = ±1,
n→∞ 

 2
 0 si |x| < 1.

La suite de fonctions (gn )n∈N converge simplement sur R vers la fonction g


définie par 


 1 si |x| > 1,
1

g(x) = si x = ±1,
 2


 0 si |x| < 1.

3. Soit (hn )n∈N une suite de fonction définie par

hn : [0, 1] → R
x 7→ xn + (1 − x)n

pour tout n ∈ N.

h(x)
h10 h2

0.5

x
0.5 1

Figure 3.3. Graphes des fonctions h2 et h10 .

[email protected]
2.2 Suites de fonctions Chapitre 2

Pour tout x ∈]0, 1[, 1 − x appartient à ]0, 1[, les suites numériques xn et
(1 − x)n tendent vers 0, on déduit que



 1 si x = 0,

lim hn (x) = h(x) = 0 si x ∈]0, 1[
n→∞ 


 1 si x = 1,

(hn )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction h.

2.2.2 Convergence uniforme d’une suite de fonctions


2.3 Définition
Ont dit que la suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers f sur D
si
lim sup |fn (x) − f (x)| = 0.
n→∞ x∈D

c’est à dire

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; ∀x ∈ D, |fn (x) − f (x)| < ε.

On dit que f est la limite uniforme de la suite de fonctions (fn )n∈N .

Remarque 2.1.
Dans la définition de la convergence simple n0 dépend de x et ε mais pour la conver-
gence uniforme il dépend uniquement de ε

2.1 Théorème
Si la suite de fonction (fn )n∈N converge uniformément vers f sur D,alors elle
converge simplement vers f sur D.

Démonstration.
Soit (fn )n∈N une suite de fonction uniformément convergente vers f sur D,

lim sup|fn (x) − f (x)| = 0


n→∞x∈D

[email protected]
2.2 Suites de fonctions Chapitre 2

ainsi
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; sup|fn (x) − f (x)| < ε,
x∈D

d’autre part
∀x ∈ D, |fn (x) − f (x)| 6 sup |fn (x) − f (x)|
x∈D

on déduit alors que

∀x ∈ D, ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; |fn (x) − f (x)| < ε,

donc (fn )n∈N converge simplement vers f .

Remarque 2.2.
La réciproque du théorème précédent est fausse.

Exemple 2.2.
Soit (fn )n∈N une suite de fonctions définie par

fn (x) = xn , x ∈ [0, 1].

(fn )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction



 0, x ∈ [0, 1[,
f (x) =
 1, x = 1.

mais
sup |fn (x) − f (x)| = sup xn = 1 9 0
x∈[0,1] x∈[0,1] n→∞

(fn )n∈N ne converge pas uniformément vers la fonction f sur [0, 1].

Cependant, si pour tout réel a ∈]0, 1[ on restreint les fonctions fn sur le segment
[0, a] ⊂ [0, 1[, on trouve que

sup |fn (x) − f (x)| = sup xn = an −→ 0.


x∈[0,a] x∈[0,a] n→∞

La suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers la fonction nulle sur [0, a]

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2.2 Suites de fonctions Chapitre 2

2.2.3 Interprétation graphique de la convergence uniforme

Si l’on trace les courbes représentatives des fonctions f − ε et f + ε. Dire que


la suite(fn )n∈N converge uniformément vers f revient à dire qu’à partir d’un certain
rang la courbe de fn est comprise entre les deux autres.

2.2 Théorème (Critère de Cauchy de la convergence uniforme)


Soit (fn )n∈N une suite de fonction définie sur D ⊂ R dans K. (fn )n∈N est
uniformément convergente sur D si et seulement si

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀p > q > n0 ; ∀x ∈ D, |fp (x) − fq (x)| < ε.

Démonstration.
Supposons que (fn )n∈N converge uniformément sur D vers f . Alors pour tout ε > 0
il existe n0 ∈ N tel que pour tout n > n0 , on ait

ε
sup |fn (x) − f (x)| < .
x∈D 2

Ainsi, pour tout p > q > n0 et tout x ∈ D, par l’inégalité triangulaire on obtient

ε ε
|fp (x) − fq (x)| 6 |fp (x) − f (x)| + |fq (x) − f (x)| < + = ε,
2 2

d’où
sup |fp (x) − fq (x)| < ε.
x∈D

[email protected]
2.3 Propriétés de la convergence uniforme des suites de fonctions Chapitre 2

Réciproquement, supposons que pour tout ε > 0, il existe n0 ∈ N tel que pour tout
p > q > n0 , on a
sup |fp (x) − fq (x)| < ε.
x∈D

Pour tout x ∈ D fixé

|fp (x) − fq (x)| < ε, ∀p > q > n0 ,

en laissant q → ∞ dans l’inégalité précédente, on obtient

∀p > n0 , |f (x)p − f (x)| < ε

où x ∈ D et n0 est indépendant de x,

∀n > n0 , sup |fn (x) − f (x)| < ε,


x∈D

ainsi (fn )n∈N converge uniformément vers f sur D.

Remarque 2.3.
Le critère de Cauchy nous permet d’étudier la convergence uniforme sans savoir la
limite.

2.3 Propriétés des suites de fonctions uniformément


convergente
Dans cette partie, nous allons donner les conditions suffisantes sous lesquelles la
fonction limite f conserve certaines propriétés des fonctions fn .
2.3 Théorème (continuité)
Soit (fn )n∈N une suite de fonctions définie sur D ⊂ R continue et unifor-
mément convergente vers la fonction f sur D, alors f est continue sur D.

[email protected]
2.3 Propriétés de la convergence uniforme des suites de fonctions Chapitre 2

Démonstration.
Soit (fn )n∈N une suite uniformément convergente sur D vers f ,

ε
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; ∀x ∈ D, |fn (x) − f (x)| < (2.1)
3

en particulier, on a
ε
∀x ∈ D, |fn0 (x) − f (x)| < . (2.2)
3
Comme fn0 est continue en x0 , il existe δ > 0 tel que pour tout x ∈ D avec
|x − x0 | 6 δ,
ε
|fn0 (x) − fn0 (x0 )| < .
3
Soit x ∈ D avec |x − x0 | 6 δ, moyennant (2.1) et (2.2) on trouve

ε ε ε
|f (x)−f (x0 )| 6 |f (x)−fn0 (x)|+|fn0 (x)−fn0 (x0 )|+|fn0 (x0 )−f (x0 )| < + + =ε
3 3 3

f est continue en x0 .

Remarque 2.4.
Si la suite de fonctions (fn )n∈N est continue sur D et sa limite f n’est pas continue
sur D alors (fn )n∈N ne converge pas uniformément sur D.

Exemple 2.3.
La suite (hn )n∈N de l’Exemple 2.1 ne converge pas uniformément vers h puisque les
fonctions hn sont toutes continues sur [0, 1] et h n’est pas continue sur [0, 1].

2.4 Théorème (intégration)


Soit (fn )n∈N une suite de fonctions définie sur E ⊂ R à valeur dans R
intégrable et uniformément convergente vers f . Alors, pour tout compact
[a, b] ⊂ E
Zb Zb Zb
lim fn (x) dx = lim fn (x) dx = f (x) dx.
n→∞ n→∞
a a a

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2.3 Propriétés de la convergence uniforme des suites de fonctions Chapitre 2

Démonstration.
Puisque la suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers la fonction f sur
[a, b], donc pour tout ε > 0 il existe n0 ∈ N tel que pour tout entier n > n0
ε
|fn (x) − f (x)| 6 sup |fn (x) − f (x)| < ,
x∈[b,a] b−a
en intégrant sur [a, b], on obtient l’inégalité suivante
b
Z Zb Zb

fn (x) dx − f (x) dx 6 |fn (x) − f (x)| dx 6 ε.


a a a

ce qui achève la démonstration.

2.5 Théorème (dérivation)


Soit (fn )n∈N une suite de fonction telle que fn : [a, b] → R, supposons que

1. fn est de classe C 1 sur [a, b].

2. (fn0 )n∈N converge uniformément sur [a, b].

3. Il existe x0 ∈ [a, b] tel que la suite numérique (fn (x0 ))n∈N converge.

Alors

1. La suite (fn )n∈N converge uniformément sur [a, b].

2. La limite de fn est de classe C 1 sur [a, b].


 0
3. lim fn0 = lim fn = f 0 (x).
n→∞ n→∞

Démonstration.
On va développer la preuve du théorème en trois étapes élémentaires
1. Soit x ∈ [a, b], on a
Zx
fn (x) = fn (x0 ) + fn0 (t) dt.
x0

Nous allons montrer que (fn )n∈N converge uniformément sur [a, b] vers la
fonction f définie par
Zx
f (x) = l + g(t) dt,
x0

[email protected]
2.3 Propriétés de la convergence uniforme des suites de fonctions Chapitre 2

où l = lim fn (x0 ).
n→∞
Pour tout x ∈ [a, b], on a
Zx Zx
fn (x) − f (x) = fn (x0 ) − l + fn0 (t) dt − g(t) dt,
x0 x0

alors
Zx
|fn (x) − f (x)| 6 |fn (x0 ) − l| + |fn0 (x) − g(t)| dt,
x0

Comme (fn0 )n∈N converge uniformément vers la fonction g sur [a, b] et (fn (x0 ))n∈N
converge vers une limite noté l, on déduit que

ε
∀x ∈ [a, b], ∀ε > 0; ∃n1 ∈ N, ∀n > n1 ; |fn (x) − f (x)| < ,
2(b − a)
ε
∀ε > 0; ∃n2 ∈ N, ∀n > n2 ; |fn (x0 ) − l| < .
2

Pour tout x ∈ [a, b] et pour tout ε > 0 il existe n0 = max(n1 , n2 ) tel que pour
tout n > n0 , on obtient

ε ε|x − x0 |
|fn (x) − f (x)| 6 + ,
2 2(b − a)

(fn )n∈N converge uniformément sur [a, b] vers la fonction f .


Zx
2. On a f (x) = l + g(t) dt, comme fn0 est continue et converge uniformément
x0
sur [a, b] vers g, et d’après le théorème de continuité g est continue sur [a, b],
mais f 0 (x) = g(x) alors f 0 est continue sur [a, b], et f est de classe C 1 sur
[a, b].

3. Pour tout x ∈ [a, b], f 0 (x) = g(x), lim fn (x) = f (x) et lim fn0 (x) = g(x),
n→∞ n→∞
 0
lim fn0 = lim fn .
n→∞ n→∞

[email protected]
2.4 Séries de fonctions Chapitre 2

2.6 Théorème (de Dini)


Soit (fn )n∈N une suite de fonctions continue et simplement convergente vers f
sur D. Si la suite (fn )n∈N est croissante (fn 6 fn+1 , ∀n ∈ N), la convergence
est uniforme.

2.4 Séries de fonctions

2.4.1 Définitions et propriétés

De facon analogue aux séries, les séries de fonctions sont définies à partir des
suites de fonctions.
2.4 Définition
Soient E une partie de R et fn : E −→ R une suite de fonctions.

1. Pour tout n ∈ N on définit la somme partielle des (n + 1)-premiers


termes de la suite (fn )n∈N par l’expression
n
X
Sn (x) = f0 (x) + f1 (x) + · · · + fn (x) = fk (x), ∀x ∈ E.
k=0

On appelle cette somme suite des sommes partielles.

2. On appelle série de fonctions de terme général fn le couple des suites


de fonctions ((fn )n∈N , (Sn )n∈N ).

P
La série de fonctions est notée par f1 + f2 + ... + fn + ... ou fn .
n=1

2.4.2 Convergence simple d’une série de fonctions


2.5 Définition
P
On dit que la série de fonctions fn converge simplement sur D si la suite
n∈N
(Sn )n∈N converge simplement sur D.

[email protected]
2.4 Séries de fonctions Chapitre 2

On appelle l’ensemble D = {x ∈ E/(Sn (x))n converge} domaine de convergence


P
simple de la série fn .
P
On suppose que la série fn converge simplement sur D. On note, pour x ∈ D,
S(x) la limite lim Sn (x) de sorte que
n→∞


X
S(x) = lim Sn (x) = fn (x), ∀x ∈ D.
n→∞
n=0
P
La fonction S, définie sur D, est appelée la somme de la série fn . On appelle,
pour chaque n ∈ N, reste d’ordre n la fonction Rn : D −→ R définie par :

X
∀x ∈ D, Rn (x) fk (x).
k=n+1

Pour tout n ∈ N, Sn + Rn = S.

2.4.3 Convergence absolue d’une série de fonctions


2.6 Définition
P
On dit que la série fn converge absolument sur D si pour chaque x ∈ D,
n∈N P
la série à termes positifs |fn (x)| converge.
n∈N

P P
Autrement dit, la série fn converge absolument sur D si et seulement si |fn |
n∈N n∈N
converge simplement sur D.

Exemple 2.4.
P sin(nx)
La série √ converge simplement sur R.
n>1 n n
En effet, pour tout x de R fixé,

sin(nx) 1
√ 6 √
n n n n

P 1 1
√ = 3 est une série de Riemann convergente, et d’après le critère de
n>1 n n n2
P sin(nx) P sin(nx)
comparaison la série √ converge simplement sur R et donc √
n n
n>1 n>1 n n
est absolument convergente sur R.

[email protected]
2.4 Séries de fonctions Chapitre 2

2.2 Proposition
Toute série de fonctions absolument convergente sur D est simplement conver-
gente sur D.

Démonstration.
P
Soit fn une série de fonctions absolument convergente sur D, pour tout x de D la
n∈N
P P P
série |fn (x)| converge et donc fn (x) converge, ainsi fn converge simplement
n∈N n∈N n∈N
sur D.

Remarque 2.5.
La réciproque du théorème précédent est fausse.
P (−1)n xn
Exemple 2.5. est simplement convergente sur R mais elle n’est pas
n∈N n
absolument convergente.

2.4.4 Convergence uniforme d’une série de fonctions


2.7 Définition
P
On dit que la série de fonctions fn est uniformément convergente sur D si
n∈N
la suite de fonctions (Sn )n∈N converge uniformément sur D, alors


X
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; ∀x ∈ D fk (x) < ε.


k=n+1

P
En d’autres termes, pour montrer la convergence uniforme de la série fn sur
n∈N
D, il faut d’abord vérifier la convergence simple de la suite de fonctions (Sn )n∈N , on
note S la somme, puis vérifier que le reste converge uniformément vers 0,

lim sup|Sn − S| = lim sup|Rn (x)| = 0.


n→+∞x∈D n→+∞x∈D

Remarque 2.6.
pour que le reste Rn (x), avec x ∈ D ait un sens il faut d’abord vérifier la convergence
simple sur D.

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2.4 Séries de fonctions Chapitre 2

2.3 Proposition
P
Si la série de fonctions fn converge uniformément sur D, alors la suite de
n∈N
fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers 0 sur D.

Exercice 2.1.

1) Démontrer cette proposition.



x
P
2) Montrer, à l’aide de la proposition, que la série de fonctions 2
converge
n=1 x + n
simplement sur [0, +∞[ mais qu’elle ne converge pas uniformément sur [0, +∞[.

2.4 Proposition
P
Soit an (x)bn (x) une série de fonctions définies sur D telle que
n∈N
1. Pour tout x ∈ D la suite (an (x))n∈N soit décroissante

2. La suite de fonctions (an (x))n∈N converge uniformément sur D vers la


fonction nulle.

Pn
3. Il existe M > 0 tel que pour tout n ∈ N on ait sup bn (x) 6 M .

x∈D k=0
P
Alors la série de fonctions an (x)bn (x) converge uniformément sur D.
n∈N

2.5 Proposition
Soit (fn )n∈N une suite de fonctions positives, définies sur D, telle que

1− La suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers 0.

2− Pour tout x ∈ D la suite numérique (fn (x))n∈N décroit, c’est-à-dire


fn+1 (x) 6 fn (x) pour tout n ∈ N.

(−1)n fn (x) converge uniformément sur D.


P
Alors la série de fonctions
n∈N

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2.4 Séries de fonctions Chapitre 2

2.4.5 Convergence normale d’une série de fonctions


2.8 Définition
P
On dit que la série fn converge normalement sur D s’il existe n0 ∈ N
n∈N
telle que pour tout n > n0 la fonction fn soit bornée et la série numérique
P
kfn k∞ converge, où
n>n0
kfn k∞ = sup|fn (x)|.
x∈D

Exemple 2.6.

1. On considère la série de fonctions


X
xn , ∀x ∈ [0, 1].
n>0

Comme fn (x) = xn est le terme général d’une suite géométrique de raison x


on peut trouver la suite des sommes partielles

n+1
Xn  1−x

si x ∈ [0, 1[,
Sn (x) = xk (x) = 1−x
k=0  n+1

si x = 1.

Pour x ∈ [0, 1] fixé, on a


1
 si x ∈ [0, 1[,
lim Sn (x) = 1−x
n→∞
+∞ si x = 1.

xn converge simplement sur [0, 1[ vers la fonction S définie par


P
La série
n>0

1
S(x) = , ∀x ∈ [0, 1[
1−x

Notons que le reste d’ordre n > 1

xn+1
Sn (x) − S(x) = − , ∀x ∈ [0, 1[
1−x

xn
P
n’est pas borné sur l’intervalle [0, 1[, on déduit que la série de fonctions
n>0
ne converge pas uniformément sur l’intervalle [0, 1[. Cependant, si pour tout

[email protected]
2.5 Propriétés de la convergence uniforme des séries de fonctions Chapitre 2

réel a ∈]0, 1[ on restreint les fonctions fn (x) sur le segment [0, a] ⊂ [0, 1[,

sup xn = an ,
x∈[0,a]
n
P
la série de fonctions x converge normalement, et donc uniformément sur
n>0
[0, a] vers la fonction S.
2. Soit la série de fonctions
X 1
, ∀x ∈ R.
n>0
n2 + x2
1
Posons gn (x) = , pour tout x ∈ R,
n2 + x2
1
0 < gn (x) 6 2 , ∀n ∈ N?
n
1 P 1
sup|gn (x)| 6 2 pour tout n ∈ N? , et 2
est une série de Riemann conver-
x∈R n n>0 n
P 1
gente alors d’après le théorème de Weierstrass la série de fonctions 2 2
n>0 n + x
converge normalement sur R.
3. Soit la série de fonctions
X 1
2 x2
, ∀x ∈ R.
n>0
1 + n
1
Posons hn (x) = , pour tout x ∈ R? fixé,
1 + n 2 x2
1
0 < hn (x) 6 2 2 , ∀n ∈ N? .
xn
P 1
Comme suphn (x) = 1, la série de fonctions 2 2
ne converge pas nor-
x∈R n>0 1 + n x
malement sur R? .
Si pour tout réel a > 0 on restreint la suite de fonctions hn sur ]−∞, −a[∪]a, ∞[,
on trouve que
1
sup hn (x) = .
x∈]−∞,−a[∪]a,∞[ 1 + a2 n 2
P 1
ce qui implique que la série de fonctions 2 2
converge normalement
n>0 1 + n x
sur ] − ∞, −a[∪]a, ∞[ pour tout a > 0.
1 − xn+1 1
S = lim Sn = lim = .
n→∞ n→ ∞ 1 − x 1−x

[email protected]
2.5 Propriétés de la convergence uniforme des séries de fonctions Chapitre 2

2.5 Propriétés des séries de fonctions uniformément


convergente
À l’aide des propriétés de la convergence uniforme pour les suites de fonctions,
on obtient des propriétés similaires pour les séries de fonctions, que nous énoncerons
sans démonstration. Il suffit d’appliquer les Théorèmes 2.3, 2.3 et 2.3 à la suite de
fonctions des sommes partielles.
2.7 Théorème (continuité)
P
Soit fn une série de fonctions uniformément convergente sur [a, b] ⊂ R
n∈N
si les fonctions fn sont continue en x0 ∈ [a, b], la somme de la série S est
continue en x0 , c-à-d

X ∞
X ∞
X
lim fn (x) = lim fn (x) = f (x0 ).
x→x0 x→x0
n=0 n=0 n=0

2.8 Théorème (intégration)


P
Soit fn une série de fonctions uniformément convergente sur [a, b], si les
n∈N
fonctions fn sont intégrable sur [a, b], la somme S de la série est intégrable et
on a Z b ∞
Z bX ∞ Z
X b
S(x)dx = fn (x)dx = fn (x)dx.
a a n=0 n=0 a

2.9 Théorème (dérivation)


fn une série de fonctions de terme général fn de classe C 1 sur [a, b] ⊂ R
P
Soit
n∈N
telle que
P
1) Il existe x0 de [a, b] tel que fn (x0 ) converge.
n∈N
P 0
2) fn converge uniformément sur [a, b].
n∈N
alors
P
1) La série fn converge simplement sur [a, b].
n∈N

[email protected]
2.7 Exercices Chapitre 2

fn est de classe C 1 sur [a, b] et on a


P
2) La somme S =
n∈N

!0
0
X X 0
∀x ∈ [a, b], S (x) = fn (x) = fn (x).
n∈N n∈N

2.6 Sommaire pour l’étude d’une série de fonctions


Pour étudier, sur un exemple donné, les convergences d’une série de fonctions
P
fn (x), on peut proposer le plan suivant, qu’il sera parfois nécessaire de compléter :
n∈N

2.7 Exercices sur le chapitre 2


Exercice 13.
Soit I un intervalle de R, (fn )n∈N est une suite de fonctions définie sur I à valeur

[email protected]
2.7 Exercices Chapitre 2

dans R et f : I −→ R une fonction. Montrer que :

1. Si (fn )n∈N est croissante sur I et converge simplement vers f sur I, alors f
est croissante.

2. Si (fn )n∈N est bornée sur I et converge uniformément vers f sur I, alors f est
bornée.

3. Si (fn )n∈N est uniformément continue sur I et uniformément convergente vers


f sur I, alors f est uniformément continue.

Exercice 14.
Étudier la convergence simple et uniforme des suites de fonctions suivantes
nx x
1. fn (x) = 2 2
, x ∈ R, 2. g n (x) = 2 2
, x ∈ R+ ,
1 + n .x n +x
n
3. hn (x) = x(1 − x) , x ∈ [0, 1] , 4. kn (x) = (1 − |x|)n , x ∈ ]−1, 1[ .
Exercice 15.
On considère la suite de fonctions (fn )n∈N définie sur [0, 1] par

fn (x) = arctan(nx).

Étudier la convergence uniforme de cette suite sur les intervalles [0, 1], ]0, 1] et [a, 1]
où a ∈]0, 1[.
d d
Exercice 16. Contre exemple lim (fn ) 6= ( lim fn ).
n→+∞ dx dx n→+∞
Soit la suite de fonctions définie par
x
fn (x) = , x ∈ [0, 1], n ∈ N.
1 + n 2 x2
1. Montrer que (fn )n∈N converge uniformément vers une fonction f sur R.

2. Montrer qu’on a f 0 (x) = lim fn0 (x) partout sauf en x = 0. Que peut on
n→+∞
déduire ?
Z Z
Exercice 17. Contre exemple lim fn 6= ( lim fn ).
n→+∞ n→+∞
Soit la suite de fonctions définie sur [0, +∞[ par
 1 si x ∈ [0, n] ,

fn (x) = n
 0 si x > n.

[email protected]
2.7 Exercices Chapitre 2

1. Montrer que (fn )n∈N converge uniformément sur [0, +∞[.


Z+∞ Z+∞
2. Calculer lim fn et lim fn . Que peut on déduire ?
n→+∞ n→+∞
0 0

Exercice 18.
On considère la suite de fonctions sur R+ définie par

 1− x
  n
si x ∈ [0, n] ,
fn (x) = n
 0 si x > n.
Z ∞
2
−x
Montrer que (fn )n∈N converge uniformément vers f (x) = e . En déduire e−x dx.
0

Exercice 19.
Étudier la convergence simple, absolue, normale et uniforme des séries de fonctions
suivantes :
1
x(1 − x)n , x ∈ [0, 1] ,
P P
1. 2. 3 2
, x ∈ ]0, +∞[ ,
n>1 n>1 n + n x
x P xn
, x ∈ R+ , , x ∈ R+ ,
P
3. 4. n
n>1 (1 + nx)(1 + (n + 1)x) n>1 1 + x
P x2
5. 3 3
, x ∈ R+ .
n>1 n + x

Exercice 20.
P xn sin(nx)
Soit S(x) = .
n>1 n
1) Montrer que S ∈ C 1 (]−1, 1[).

2) Calculer S 0 (x) et déduire S(x).

Exercice 21.
P √
Pour tout x > 0, on pose S(x) = exp(−x n). Trouver un équivalent simple à
n>0
S(x) en 0+ .

Exercice 22.
P arctan(nx)
Soit S(x) = un (x) où un (x) = . Étudier la fonction S(x) : domaine de
n>1 n2
définition, parité, limites, continuité, dérivabilité (vérifier que S n’est pas dérivable
en 0), allure du graphe.

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

Exercice 23.
Pour x > 0, on pose
+∞
X (−1)n
S(x) = ,
n=1
n + ln(1 + nx)
1. Justifier que S est définie et continue sur ]0, +∞[.

2. Déterminer la limite de S en +∞.

3. Etablir que S est de classe C 1 sur ]0, +∞[ et déterminer S 0 .

Exercice 24.
Soit la série de fonctions définie par
X x
, x ∈ R+ .
n>1
n2 + x2

1) Étudier la convergence simple de la série sur R+ .

2) Étudier la convergence normale de la série sur R+ , puis sur [0, a] avec a > 0.
x
sur R+ .
P
Déduire la continuité de la fonction S(x) = 2 2
n>1 n + x
x
(−1)n 2 sur R+ .
P
3) Étudier la convergence uniforme de la série
n>1 n + x2

2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2


Corrigé de l’exercice 13

1) Supposons que (fn )n∈N est croissante sur I, alors

∀x, y ∈ I, x > y ⇒ fn (x) > fn (y), ∀n ∈ N.

Comme (fn )n∈N converge simplement vers f sur I,

lim fn (x) = f (x), et lim fn (y) = f (y),


n→∞ n→∞

ainsi
∀x, y ∈ I, x > y ⇒ lim fn (x) = f (x) > lim fn (y) = f (y).
n→∞ n→∞

La fonction f est croissante sur I.

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

2) Supposons que (fn )n∈N est bornée sur I et converge uniformément vers f sur
I,
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; ∀x ∈ I, |fn (x) − f (x)| < ε,

et
∃M > 0, ∀x ∈ I; |fn (x)| 6 M, ∀n ∈ N.

On déduit que pour tout x ∈ I, on a

|f (x)| = |f (x) − fn (x) + fn (x)| 6 |f (x) − fn (x)| + |fn (x)| 6 ε + M.

La fonction f est bornée.

3) Supposons que (fn )n∈N est uniformément continue et uniformément conver-


gente vers la fonction f sur I,

ε
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 ; ∀x ∈ I, |fn (x) − f (x)| < ,
3

et

ε
∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀x, y ∈ I, |x − y| 6 δ; |fn (x) − fn (y)| < ,
3

Montrons la continuité uniforme de la fonction f . Soit ε > 0, pour tout


x, y ∈ I tels que |x − y| 6 δ, on a

|f (x) − f (y)| 6 |f (x) − fn (x) + fn (x) − fn (y) + fn (y) − f (y)|

6 |f (x) − fn (x)| + |fn (x)fn (y)| + |fn (y) − f (y)|


ε ε ε
6 + +
3 3 3
6 ε.

f est uniformément continue sur I.

Corrigé de l’exercice 14

1) a) Convergence simple.
Soit x ∈ R fixé, on a

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

? Si x = 0, pour tout n ∈ N, fn (x) = 0 et donc lim fn (x) = 0.


n→+∞
1
? Si x 6= 0, lim fn (x) = lim = 0.
n→+∞ n→+∞ nx

La suite de fonctions (fn )n∈N converge simplement vers la fonction nulle


sur R.

b) Convergence uniforme.  
∗1 1
Méthode 1 : On remarque que pour tout n ∈ N , fn = , sup|fn (x)| >
n 2 x∈R
1
. On déduit que sup|fn (x)| ne tend pas vers 0 quand n tend vers +∞,
2 x∈R
cela montre que la suite de fonctions (fn )n∈N ne converge pas uniformé-
ment vers la fonction nulle sur R.
Méthode 2 : On étudie la fonction fn sur R+ (fn étant impaire) dans le
but de déterminer sup|fn (x) − f (x)| = sup|fn (x)|.
x∈R x∈R
Soit n ∈ N∗ , la fonction fn est dérivable sur R+ ,
(1 + n2 x2 ) − x(n2 x) n(1 − n2 x2 )
fn0 (x) = n = ,
(1 + n2 x)2 (1 + n2 x)2
la fonction fn est croissante sur 0, n1 , décroissante sur n1 , +∞ et positive
   

sur R+ ,  
1 1
sup|fn (x) − 0| = fn = ,
x∈R n 2
qui ne tend pas vers 0 quand n tend vers l’infini.

2) a) Convergence simple.
Soit x ∈ R+ fixé,
x
lim gn (x) = lim = 0,
n→+∞ n→+∞ n2 + x2
la suite de fonctions (gn )n∈N converge simplement vers la fonction nulle
sur R+ .

b) Convergence uniforme.
gn est dérivable sur R+ et pour tout réel positif x
n2 − x2
gn0 (x) = .
(n2 + x2 )2

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

Le tableau de variations de gn sur R+ , s’écrit


x 0 n +∞

gn0 (x) + 0 −

1
gn (x) 2n
0 0

gn0 (x) > 0 si et seulement si x < n, par conséquent


1
sup |gn (x)| = sup gn (x) = gn (n) = → 0.
x∈R+ x∈R+ 2n n→+∞

La suite de fonctions(gn )n∈N converge uniformément vers la fonction nulle


sur R+ .

3) a) Convergence simple.
Soit x ∈ R fixé,
? Si x = 0, pour tout n ∈ N, hn (0) = 0 et donc lim hn (0) = 0.
n→+∞

? Si x = 1, pour tout n ∈ N, hn (1) = 0 et donc lim hn (1) = 0.


n→+∞

? Si x ∈]0, 1[, 0 < 1 − x < 1, et lim (1 − x)n = 0, on déduit que


n→+∞
lim hn (x) = 0.
n→+∞

La suite de fonctions (hn )n∈N converge simplement vers la fonction nulle


sur [0, 1].

b) Convergence uniforme.
On étudie les variations de la fonction hn sur R+ afin de déterminer
sup|hn (x) − f (x)| = sup|hn (x)|.
x∈R x∈R
Soit n ∈ N∗ , hn est dérivable et pour tout x de [0, 1]

h0n (x) = (1 − x)n − nx(1 − x)n−1 = (1 − x)n−1 (1 − x(1 + n)).

1
   1 
La fonction hn est croissante sur 0, 1+n , décroissante sur 1+n , 1 et
positive sur [0, 1],
   n
1 1 1
sup|hn (x) − 0| = hn = 1− → 0.
x∈R 1+n 1+n 1+n n→+∞

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

(hn )n∈N converge uniformément vers la fonction nulle sur [0, 1].

4) a) Convergence simple.
Soit x ∈ R fixé, on a
? Si x = 0, pour tout n ∈ N, kn (0) = 1 et donc lim kn (0) = 1.
n→+∞

? Si x ∈] − 1, 0[∪]0, 1[, 1 − |x| < 1, ainsi lim kn (x) = lim (1 − |x|)n = 0.


n→+∞ n→+∞
(kn )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction k définie par

 0, x ∈] − 1, 0[∪]0, 1[,
k(x) =
 1, x = 0.

b) Convergence uniforme.
Chaque fonction kn est continue sur ] − 1, 1[,et la limite simple n’est pas
continue sur ]−1, 1[, d’après le théorème de continuité, (kn )n∈N ne converge
pas uniformément sur ] − 1, 1[.

Corrigé de l’exercice 15

1) Étude de la convergence uniforme sur l’intervalle [0, 1].


? Si x = 0, pour tout n ∈ N, fn (0) = 0 et donc lim fn (0) = 0.
n→+∞
π
? Si x ∈]0, 1], lim fn (x) = lim arctan(nx) = .
n→+∞ n→+∞ 2
(fn )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction f définie par
 π , x ∈]0, 1],

f (x) = 2
 0, x = 0.

Chaque fonction fn est continue sur [0, 1], et la limite simple f n’est pas
continue sur cet intervalle, on conclut par le théorème de continuité que la
convergence de la suite de fonctions n’est pas uniformément convergente sur
[0, 1].

2) Étude de la convergence uniforme sur l’intervalle ]0, 1].


Les fonctions fn et la fonction f sont continues sur ]0, 1], mais
π π
sup |fn (x) − f (x)| = sup arctan(nx) − = .

x∈]0,1] x∈]0,1] 2 2
La convergence de la suite (fn )n∈N n’est pas uniforme sur ]0, 1]

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

3) Étude de la convergence uniforme sur le segment [a, 1] avec a ∈]0, 1[.


Posons
π
ϕn (x) = |fn (x) − f (x)| = − arctan(nx).
2
Pour tout n ∈ N, la fonction ϕn est dérivable sur R et on a

n
ϕ0n (x) = − 6 0, ∀x ∈ R,
1 + n 2 x2

dϕn est décroissante sur R, on déduit que

π
sup |fn (x) − f (x)| = − arctan(ax) → 0.
x∈[a,1] 2 n→+∞

(fn )n∈N converge uniformément sur [a, 1].

Corrigé de l’exercice 16

1. Montrons que (fn )n∈N converge uniformément vers une fonction f sur R.

? Si x = 0, pour tout n ∈ N, fn (0) = 0 et donc lim fn (0) = 0.


n→+∞

? Si x ∈]0, 1],
x 1
lim fn (x) = lim = lim = 0.
n→+∞ n→+∞ n2 x2 n→+∞ n2 x

(fn )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction nulle.


Pour tout n ∈ N, fn est dérivable sur [0, 1] et on a

1 − n 2 x2
fn0 (x) = ,
(1 + n2 x2 )2

le tableau de variations de fn sur R+ , s’écrit


1
x 0 1
n
fn0 (x) + 0 −

1
fn (x) 2n 1
0 1 + n2

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

on déduit que
 
1 2
sup |fn (x) − f (x)| = fn = → 0.
x∈[0,1] n n n→+∞

(fn )n∈N converge uniformément sur [0, 1] vers une fonction f qui est dérivable
avec f 0 = 0.

2. Étudions la convergence uniforme de la suite de fonctions dérivée fn0 (x) =


1 − n 2 x2
.
(1 + n2 x2 )2
? Si x = 0, pour tout n ∈ N, fn0 (0) = 1 et donc lim fn (0) = 1.
n→+∞

? Si x ∈]0, 1], on a
−n2 x2
lim fn (x) = lim = 0.
n→+∞ n→+∞ n4 x4

(fn0 )n∈N converge simplement sur [0, 1] vers la fonction g définie par

 0, x ∈]0, 1],
g(x) =
 1, x = 0.

Bien évidemment, f 0 6= g.
L’intérêt de cet exercice est donc de mettre en valeur l’importance des hypo-
thèses dans le théorème de dérivabilité de la limite.

Corrigé de l’exercice 17

1. Montrons que (fn )n∈N converge uniformément vers f sur R+ .


1
Soit x ∈ R+ , il existe n0 ∈ N tel que pour tout n > n0 > x, fn (x) = alors
n
1
lim fn (x) = lim = 0.
n→+∞ n→+∞ n

(fn )n∈N convergence simplement vers la fonction nulle sur R+ .


Étudions maintenant la convergence uniforme,
1
sup |fn (x) − f (x)| = → 0.
x∈R+ n n→+∞

(fn )n∈N convergence uniformément sur R+ .

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

1. On a
Z+∞ Zn
1
lim fn (x) dx = lim dx = lim 1 = 1,
n→+∞ n→+∞ n n→+∞
0 0
et
Z+∞ Za Za
lim fn (x) dx = lim lim fn (x) dx = lim 0 dx = 0,
n→+∞ a→+∞ n→+∞ a→+∞
0 0 0

on remarque que
Z+∞ Z+∞
lim fn (x) dx 6= lim fn (x) dx.
n→+∞ n→+∞
0 0

En fait, on ne peut pas appliquer le théorème d’intégration pour intervertir


la limite et l’intégrale sur un intervalle non bornée.

Corrigé de l’exercice 18
Montrons que (fn )n∈N converge uniformément sur R vers f .
 x n
Soit x ∈ R+ , il existe n0 ∈ N tel que pour tout n > n0 > x, fn (x) = 1 − ,
n
 x n
lim fn (x) = lim 1 − = e−x .
n→+∞ n→+∞ n

(fn )n∈N converge simplement sur R+ vers la fonction e−x .


Posons

 e−x − 1 − x
  n
si x ∈ [0, n],
gn (x) = f (x) − fn (x) = n
 e−x si x > n,

et déterminons la borne supérieure de la fonction |gn | sur [0, +∞[. Pour tout n ∈ N,
gn est dérivable sur R+ et on a

 1− x
  n−1
0
− e−x si x ∈ [0, n],
gn (x) = f (x) − fn (x) = n
 −e−x si x > n.

. La fonction gn est définie et continue sur R+ .

− Pour x > n, 0 < gn (x) 6 e−n , et lim gn (x) = 0.


n→+∞

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

x
− Pour x ∈ [0, n], gn (x) = e−x − en ln(1− n ) , et d’après le théorème des accroisse-
i  x h
ments finis, il existe c ∈ n ln 1 − , −x telle que
n
x
  x 
|en ln(1− n ) − e−x | = ec n ln 1 − +x
n 
2
x2
  
c x
= e −x − +o − +x
2n 2n
 2  2 
c x x
=e − +o −
2n 2n
On distingue deux cas

? Si x ∈ [0, 4 n],
e−x
2  2   2
x x 6e x 1
c
c
|gn (x)| = e − + o − 6 √ 6 √ → 0.
2n 2n 2n n n n→+∞

? Si x ∈ [ 4 n, n],
2  2   2
√ √
c x x −4n x 4
= ne− n → 0,

|gn (x)| = e − + o − 6e
2n 2n 2n n→+∞

on déduit que
sup |fn (x) − f (x)| → 0,
x∈R+ n→+∞

(fn )n∈N converge uniformément vers la fonction e−x sur R+ .


Soit Z +∞
2
I= e−x dx
0

Z+∞ Z n n
∗ 2 x2
Pour n ∈ N , posons In = fn (x ) dx, alors In = 1− dx.
n
0 0
Montrons que In tend vers I quand n tend vers +∞,

Zn Z+∞
2
2 2
|I − In | 6 |f (x ) − fn (x )| dx + e−x dx

0 n
Z+∞
√ 1 2
6 n× + e−x dx
ne √
n
Z+∞
1 2
= √ + e−x dx.
e n √
n

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

cette dernière expression tend vers 0 quand n tend vers +∞ et donc lim In = I.
n→+∞

Calculons maintenant la limite de In . Soit n ∈ N , en effectuant les changements de

variables x = u n puis u = cos v, on obtient

Z n n
x2
In = 1− dx
n
0
Z1

= n (1 − u2 )n du
0
Zπ/2

= n sin2n+1 v dv
0

= nW2n+1
r
+∞ π
où Wn est la n-ème intégrale de Wallis (voir l’exercice 12). On sait que Wn ∼
2n
et donc

√ π π
r
+∞ +∞
In ∼ n× ∼ .
2(2n + 1) 2

π
Finalement, In tend vers quand n tend vers +∞ et donc
2
Z +∞ √
−x2 π
e dx = .
0 2

Corrigé de l’exercice 19

1) Posons un (x) = x(1 − x)n .


? Si x = 0 ou x = 1, alors un (x) = 0 et donc S(x) = 0.

? Si x ∈]0, 1[ on obtient
+∞
X x
S(x) = x (1 − x)n = = 1.
n=0
1 − (1 − x)
P
un (x) est une série simplement convergente sur [0, 1], et comme sa somme
S n’est pas continue sur [0, 1] donc elle n’est pas uniformément convergente
sur cette intervalle.

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

1
2) Posons un (x) = .
n + n 3 x3
Convergence simple et absolue.
Soit x ∈]0, +∞[ fixé, on a
+∞ 1
un (x) ∼ > 0,
n 3 x2
+∞
P 1
est une série de Riemann convergente, et d’après le critère d’équiva-
n=1 x2 n 3
+∞
P
lence la série un (x) converge pour tout x ∈]0, +∞[, et donc elle converge
n=0
+∞
P
simplement sur ]0, +∞[, et comme |un (x)| = un (x), un (x) est absolument
n=0
convergente sur ]0, +∞[.
Convergence normale.
Soit n ∈ N∗ , la fonction un est décroissante et positive sur ]0, +∞[,
1
sup |un (x)| = un (0) = .
x∈]0,+∞[ n
P1
Puisque la série numérique est divergente alors la série de fonctions
n
+∞
P
un (x) n’est pas normalement convergente sur ]0, +∞[.
n=1
Soit a > 0, pour n ∈ N∗ , la fonction un est décroissante et positive sur [a, +∞[
et donc
1 +∞ 1
sup |un (x)| = un (a) = 3 3
∼ 3 3.
x∈[a,+∞[ n+n a na
P
La série numérique sup |un (x)| converge, alors la série de fonctions
x∈[a,+∞[
P
un (x) converge normalement et donc uniformément sur [a, +∞[.
Convergence uniforme sur ]0, +∞[.
P
On sait que un (x) converge uniformément sur I si et seulement si Rn
+∞
P
converge uniformément vers 0 sur I, telle que Rn (x) = uk (x) pour tout
k=n
x ∈ D.
On a
+∞
3/2
X 1
sup Rn (x) > Rn (n )= = +∞
x∈]0,+∞[ k=n
k+1
donc la série n’est pas uniformément convergente sur ]0, +∞[.

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

3) Soit
1 1
un (x) = − ,
1 + nx 1 − (n + 1)x
1
posons an (x) = , un (x) = an (x) − an+1 (x) il s’ensuit que
1 + nx
n
X 1
Sn (x) = un (x) = a0 (x) − an+1 (x) = 1 − .
k=0
1 − (n + 1)x

Convergence simple et uniforme.


Soit x ∈ R+ fixé, on a

 0 si x = 0,
lim Sn (x) =
n→+∞  1 si x > 0,

et pour tout x ∈ R+ , |un (x)| = un (x), alors


P
un (x) converge absolument
sur R+ , comme sa somme S n’est pas continue sur R+ donc elle n’est pas
uniformément convergente sur R+ .
xn
4) Posons un (x) = ,
1 + xn



 0 si x ∈ [0, 1[,

lim xn = 1 si x = 1,
n→+∞ 

 +∞ si x ∈ [1, +∞[,

donc 


 0 si x ∈ [0, 1[,
1

lim un (x) = si x = 1,
n→+∞ 

 2
 1 si x ∈ [1, +∞[.
P
Pour x ∈ [1, +∞[ fixé, la série numérique un (x) est divergente alors la
P
série de fonctions un (x) ne converge pas absolument, uniformément et
normalement sur [0, +∞[.

5) Pour x ∈ R+ fixé,
x2 +∞ x
2
un (x) = ∼ .
n 3 + x3 n3

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

P x2
3
est une série de Riemann convergente, et par la règle de d’équivalence
n>1 n
P x2
la série 3 3
converge pour tout x ∈ R+ . Ainsi, la série de fonctions
n>1 n + x
P x2
3 + x3
converge simplement sur R+ , et comme |un (x)| = un (x) sur R+ ,
n>1 n
elle est absolument convergente sur R+ .
Convergence normale.
Pour tout n ∈ N, un est dérivable sur R+ et on a

2x(n3 + x3 ) − 3x4 x(2n3 − x3 )


u0n (x) = =
(n3 + x3 )2 (n3 + x3 )2

donc √

3
3
4
sup |un (x)| = un ( 2n) = .
x∈[0,+∞[ 3n
P
La série numérique sup |un (x)| est divergente, la série de fonctions
x∈[0,+∞[
+∞
P
un (x) n’est pas normalement convergente sur [0, +∞[.
n=1

Corrigé de l’exercice 20
xn sin(nx)
1. Posons un (x) = .
n
Soit x ∈] − 1, 1[,
|un (x)| 6 |x|n , ∀n ∈ N.
+∞
|x|n est une série géométrique convergente pour tout x ∈] − 1, 1[ et donc
P
n=1
+∞
P
la série un (x) est absolument convergente et donc simplement convergente
n=1
sur ]-1,1[.
Soit a ∈]0, 1[. Pour tout n > 1, un est de classe C 1 sur [−a, a] et on a

u0n (x) = xn−1 sin(nx) + xn cos(nx).

Pour tout x ∈ [−a, a]

|u0n (x)| 6 an−1 + an 6 2an−1 , n ∈ N∗ .

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

+∞ +∞
2an−1 converge, alors la série de fonctions u0n (x) est
P P
La série numérique
n=1 n=1
normalement et donc uniformément convergente sur [−a, a].
En résumé,

1) La série de fonctions de terme général (fn )n∈N , converge simplement vers


f sur [−a, a]

2) Chaque fonction fn , est de classe C 1 sur [−a, a].

3) La série de fonctions de terme général fn0 converge uniformément sur


[−a, a].

D’après le théorème de dérivation, S est de classe C 1 sur [−a, a] pour tout


réel a de ]0, 1[ et donc sur ] − 1, 1[ et sa dérivée s’obtient comme suit
!0 +∞
X xn . sin(nx) X
0
S (x) = = (xn−1 sin(nx) + xn cos(nx)).
n>1
n n=1

2. Calculons S 0 (x).
Soit x ∈] − 1, 1[,
+∞
X
S 0 (x) = (xn−1 sin(nx) + xn cos(nx))
n=1
+∞
! +∞
!
X X
= Im xn−1 einx + Re xn einx
n=1 n=1
eix xeix
   
= Im + Re
1 − xeix 1 − xeix
e (1 − xe−ix ) xe (1 − xe−ix )
 ix   ix 
= Im + Re
x2 − 2x cos x + 1 x2 − 2x cos x + 1
sin x + x cos x − x2
= 2 ,
x − 2x cos x + 1

D’autre part, pour tout x ∈] − 1, 1[,


 0
x sin x (sin x + x cos x)(1 − x cos x) − x sin x(− cos x + x sin x)
=
1 − x cos x (1 − x cos x)2
sin x + x cos x − x2
= .
(1 − x cos x)2

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

et donc
0
sin x + x cos x − x2
 
x sin x 1
arctan = × 2
1 − x cos x (1 − x cos x)2

x sin x
1+
1 − x cos x
sin x + x cos x − x2
=
(1 − x cos x)2 + x2 sin2 x
sin x + x cos x − x2
= 2
x − 2x cos x + 1
= S 0 (x).

Finalement, pour x ∈] − 1, 1[,


Z x
S(x) = S(0) + S 0 (t) dt
0

ainsi
   
x sin x x sin x
S(x) = arctan − arctan(0) = arctan .
1 − x cos x 1 − x cos x

Pour tout x ∈] − 1, 1[
+∞ n  
X x sin(nx) x sin x
S(x) = = arctan .
n=1
n 1 − x cos x

Corrigé de l’exercice 21
Soit x ∈]0, +∞[,

lim n2 e−x n
= 0,
n→+∞

e−x n
P
d’après la règle de Riemann, la série converge simplement ]0, +∞[. Ainsi,
n>0
S est bien définie sur ]0, +∞[.

Soit x ∈]0, +∞[, la fonction t 7→ e−x t
est décroissante sur [0, +∞[, pour tout
k ∈ N? , on a Z k+1 √ √
Z k √
−x t −x k
e dt 6 e 6 e−x t
dt.
k k−1

En sommant ces inégalités, on obtient


Z +∞ √
Z +∞ √
−x t
e dt 6 f (x) 6 1 + e−x t
dt, ∀x ∈]0, +∞[.
0 0

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

√ u2 2u
Soit x ∈]0, +∞[, en posant u = x t donc t = 2 et dt = 2 du, on obtient
x x
Z +∞ √ 2 +∞ −u
Z
−x t 2  1 2
e dt = 2 ue du = 2 −(u + 1)e−u 0 = 2 ,
0 x 0 x x

alors
2 2
6 S(x) 6 1 + , ∀x ∈]0, +∞[,
x2 x2
S(x)
d’où lim+ = 1, il s’ensuit que
x→0 2
x2
+∞
X √ 0+ 2
e−x n ∼ 2 .
n=0
x

Corrigé de l’exercice 22

1) Domaine de définition.
Soit x ∈ R fixé, on a

arctan(nx)
|un (x)| =
6 π .
n 2 2n2

P π P
La série numérique converge, la série un (x) converge absolument
2n2
et donc simplement sur R et donc S est définie sur R.

2) Étude de la parité.
Pour tout x ∈ R,
+∞ +∞
X arctan(−nx) X arctan(nx)
S(−x) = =− = −S(x).
n=1
n2 n=1
n2

S est impaire.

3) Étude de la convergence normale.


Pour tout x ∈ R , on a

π
|un (x)| 6 , ∀n ∈ N? ,
2n2

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

ainsi,
π
sup|un (x)| 6 , ∀n ∈ N? .
x∈R 2n2
P π P
La série numérique , n > 1 converge, alors la série de fonctions un
2n2
converge normalement et donc uniformément sur R.

4) Étude de la limite de S en +∞.


P
Puisque la série de fonctions un converge uniformément vers S sur R et
n>1
que chaque fonction un a une limite réelle quand x tend vers +∞ à savoir
π
`n = , le théorème d’interversion des limites permet d’affirmer que S a
2n2
une limite réelle en +∞ et que
+∞ +∞
X πX 1 π3
lim S(x) = `n = = .
x→+∞
n=1
2 n=1 n2 12

Ainsi
π3
lim S(x) = − .
x→−∞ 12
5) Étude de la continuité.
P
Chaque fonction un est continue sur R et la série de fonctions un converge
n>1
uniformément vers S sur R, d’après le théorème de continuité la fonction S
est continue sur R .

6) Étude de la dérivation.
Soit a > 0, pour tout n > 1, un est de classe C 1 sur [a, +∞[, et on a
n 1
u0n (x) = = , ∀n ∈ N? .
n2 (1 + n2 x2 ) n(1 + n2 x2 )
alors
1 +∞ 1
sup |u0n (x)| = u0n (a) = 2 2
∼ 2 3,
x∈[a,+∞[ n(1 + n a ) an
P 1 P 0
la série numérique 2 2
converge, la série de fonctions un converge
n>1 n(1 + n a ) n>1
normalement et donc uniformément sur [a, +∞[.
En résumé,
P
• La série de fonctions un converge simplement vers S sur [a, +∞[.
n>1

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

• Chaque fonction un est de classe C 1 sur [a, +∞[,


P 0
• La série de fonctions un converge uniformément sur [a, +∞[.
n>1
D’après le théorème de dérivation, S est de classe C 1 sur [a, +∞[ pour tout
a > 0, donc S est de classe C 1 sur ]0, +∞[ et sa dérivée s’obtient comme suit
+∞
0
X 1
S (x) = .
n=1
n(1 + n2 x2 )

La fonction S 0 est décroissante sur ]0, +∞[, pour x > 0 et n ∈ N∗ , on a


N
0
X 1
S (x) >
n=1
n(1 + n2 x2 )

et lorsque x tend vers 0, on obtient


N
X 1
lim+ S 0 (x) > .
x→0
n=1
n

Cette inégalité étant vraie pour tout entier naturel non nul N , alors quand
N tend vers +∞ on obtient
+∞
0
X 1
lim S (x) > = +∞,
x→0+
n=1
n

d’où
lim S 0 (x) = +∞.
x→0+

En résumé, S est de classe C 0 sur [0, +∞[, de classe C 1 sur ]0, +∞[ et S 0 (x)
tend vers +∞ quand x tend vers 0 par valeurs supérieures. D’après un corol-
laire du théorème des accroissements finis, on sait que S n’est pas dérivable
en 0 à droite et que sa courbe représentative admet [Oy) pour demi-tangente
en (0, 0). Puisque S est impaire, S n’est pas dérivable en 0 et sa courbe
représentative admet (Oy) pour tangente en (0, 0).

Corrigé de l’exercice 23
(−1)n 1
1. Posons un (x) = = an (x).bn (x), où an (x) = et
n + ln(1 + nx) n + ln(1 + nx)
bn (x) = (−1)n .

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

Pour x fixé, (an (x))n est positive, décroissante et lim sup |an (x)| =
n→+∞x∈]0,+∞[

1 +∞
= 0. de plus (−1)n 6 1. Alors d’après le théorème de Leibniz, la
P
lim
n→+∞ n n=1
+∞
P (−1)n
série de fonctions converge uniformément sur ]0, +∞[ et
n=1 n + ln(1 + nx)
comme un est continue sur ]0, +∞[ pour tout n ∈ N∗ , d’après le théorème de
continuité, la fonction S est continue sur ]0, +∞[.

2. Déterminons la limite de S en +∞.


P
un (x) converge uniformément sur ]0, +∞[ et S est continue, alors
+∞
X
lim S(x) = lim un (x)
x→+∞ x→+∞
n=1
+∞
X
= lim un (x)
x→+∞
n=1
+∞
X (−1)n
= lim
x→+∞ n + ln(1 + nx)
n=1

= 0.

3. Montrons que S est de classe C 1 sur ]0, +∞[.


On a un ∈ C 1 (]0, +∞[) pour tout n > 1. Posons u0n (x) = αn (x)βn (x) avec
n
αn (x) = et βn (x) = (−1)n+1 .
(1 + nx) (n + ln (1 + nx))2
(αn (x))n est positive, décroissante et

1
lim sup |αn (x)| = lim = 0.
n→+∞x∈]0,+∞[ n→+∞ n

+∞
u0n (x) est uniformément convergente sur
P
D’après le théorème de Leibniz
n=1
+∞
P
]0, +∞[, et comme un (x) converge simplement sur ]0, +∞[, alors d’après
n=1
le théorème de dérivation S ∈ C 1 (]0 + ∞[) et on a
+∞
0
X (−1)n+1 n
∀x ∈]0, +∞[, S (x) = .
n=1
(1 + nx) [n + ln(1 + nx)]2

Corrigé de l’exercice 24

[email protected]
2.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 2 Chapitre 2

1) Étudions la convergence simple de la série sur R+ .


Pour tout x ∈]0, +∞[ fixé, on a

x +∞ x
un (x) = ∼ 2.
n2 +x 2 n
P x
2
est une série de Riemann convergente, et par la règle de comparaison
n>1 n
P x P x
la série 2 2
converge. Donc, la série de fonctions 2 2
converge
n>1 n + x n>1 n + x
simplement sur R+ .

2) Étudions la convergence normale de la série sur R+ , puis sur [0, a] avec a > 0.
Soit x ∈ R+ ,
1
sup |un (x)| = ,
x∈R+ 2n
P 1 x
ne converge pas normalement sur R+ .
P
diverge donc la série 2 2
n>1 2n n>1 n + x
Pour x ∈ [0, a] avec a > 0,

a
sup |un (x)| = .
x∈[0,a] n2 + a2
P a P
La série converge, la série numérique sup |un (x)| converge et
n>1 n2
+a 2
n>1x∈[0,a]
P x
donc la série 2 2
converge normalement sur [0, a].
n>1 n + x

P
La série de fonctions un converge uniformément sur [0, a] et chaque fonction
un est continue sur [0, a]. D’après le théorème de continuité la fonction S est
continue sur [0, a], comme c’est vrai pour tout a > 0, elle est continue sur
R+ .
x
(−1)n sur R+ .
P
3) Étudions la convergence uniforme de la série
n>1 + x 2 n2
Pour x ∈ R+ fixé, (an (x))n est positive, décroissante et lim sup|an (x)| = 0,
n→+∞ x>0
+∞
(−1)n un (x)
P
Alors d’après le théorème de Leibniz, la série de fonctions
n=1
converge uniformément sur R+ .

[email protected]
CHAPITRE 3

SÉRIES ENTIÈRES

3.1 Introduction
Les série entières sont des séries de fonctions de terme générale an xn où (an )n∈N
est une suite numérique, elles peuvent être considérées comme un polynôme avec un
nombre infini de termes. Habituellement, une série entière donnée converge (c’est-à-
dire qu’elle approche une somme finie) pour toutes les valeurs de x dans un certain
intervalle autour de zéro, en particulier lorsque la valeur absolue de x est inférieure
à un nombre positif R, appelé rayon de convergence. En dehors de cet intervalle, la
série diverge, alors que la série peut converger ou diverger lorsque la valeur absolue
de x soit égale à R.
Dans ce chapitre on présente les séries entières, leurs propriétés et quelques ap-
plications.

Objectifs du chapitre

• Calculer un rayon de convergence.

• Établir un développement en série entière des fonctions usuelles.

• Rechercher la somme de certaines séries numériques et les solutions d’équations


différentielles ordinaires.

90
3.2 Séries entières Chapitre 3

3.2 Séries entières réels


3.1 Définition
On appelle série entière toute série de fonctions dont le terme général est de la
forme un (x) = an xn , où (an )n désigne une suite réelle ou complexe et x ∈ R.
Comme pour les séries de fonctions, on cherche l’ensemble :
( )
X
D = x ∈ R; an xn converge
n

qu’on appelle domaine de convergence de la série entière.

Exemple 3.1.
P xn
+∞ xn
1− Soit . Posons un (x) = et appliquons le critère de d’Alembert
n=0 n! n!

un+1 (x)
lim = lim x = 0.
n→+∞ un (x) n→+∞ n + 1
La série entière est absolument convergente pour tout x ∈ R donc D = R.
P xn
+∞ xn
2− Soit 2
. Posons un (x) = ,
n=0 n n2
n2

un+1 (x)
lim = lim

2
x = |x|.
n→+∞ un (x) n→+∞ (n + 1)

Si |x| < 1, la série est absolument convergente et si |x| > 1 la série diverge.
1 P xn
+∞
Pour le cas où |x| = 1, on a |un (x)| = 2 . La série 2
est absolument
n n=0 n
convergente sur [−1, 1], alors D = [−1, 1].
+∞
n!xn converge si et seulement si x = 0 car
P
3−
n=0

un+1 (x)
lim = lim |(n + 1)x| .
n→+∞ un (x) n→+∞

donc D = {0}.
P xn
+∞ xn
4− Soit . Posons un (x) = ,
n=0 n n

un+1 (x) n
lim = lim x = |x|.
n→+∞ un (x) n→+∞ n + 1

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3.2 Séries entières Chapitre 3

Si |x| < 1, la série est absolument convergente et si |x| > 1 la série diverge.
Pour le cas où |x| = 1,
1 +∞P1
? si x = 1, un (1) = , est la série harmonique, elle est divergente,
n n=0 n
(−1)n +∞P (−1)n
? si x = −1, un (−1) = . est une série alternée convergente.
n n=0 n
Alors D = [−1, 1[.

3.1 Lemme (Lemme d’Abel)


an xn une série entière. On suppose qu’il existe x0 ∈ R tel que la suite
P
Soit
n∈N
(an xn0 )n soit bornée. Alors :

an xn est absolument convergente pour |x| < |x0 |.


P
1− La série
n∈N
an xn est normalement convergente pour |x| < r pour tout
P
2− La série
n∈N
0 < r < |x0 |.

Démonstration.
Comme (an xn0 )n est bornée, il existe M > 0 tel que

∀n ∈ N, |an x0 |n 6 M.

1− Pour tout x de ] − |x0 |, |x0 |[


n
n n
nx n x
n
x
|an x | = an x0 n = |an x0 | 6 M

x0 x0 x0
n
x P x
comme |x| < |x0 | alors < 1, la série géométrique est conver-
x 0
x0
n
an x n
P P
gente, donc |an x | converge pour tout x de ] − |x0 |, |x0 |[ et donc
est absolument convergente sur ] − |x0 |, |x0 |[.

2− Soient 0 < r < |x0 | et |x| < r


n
n n
n
n x n
x r
|an x | = an x0 n = |an x0 | 6 M .
x0 x0 x0
n
P r
an x n
P
Comme M est une série numérique convergente, la série entière
x0 n∈N
est normalement convergente pour tout |x| < r avec 0 < r < |x0 |

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3.2 Séries entières Chapitre 3

3.2.1 Rayon de convergence d’une série entière

Pour les séries entières, la notion de convergence prend une forme assez simple.
3.1 Théorème
an xn une série entière, alors il existe un unique nombre réel R > 0
P
Soit
n∈N
(éventuellement infini) tel que

an xn converge absolument sur ] − R, R[.


P
1−
n∈N
an xn diverge si |x| > R.
P
2−
n∈N

Démonstration.
Soit I = {r ∈ R+ ; an xn converge}. I 6= ∅ car 0 ∈ I.
P
n∈N
On distinguera trois cas : I = {0}, I = R+ et {0} ⊂ I ⊂ R+

1− I = {0}. On pose R = 0.
Soit x ∈ R∗ alors |x| > 0 et par suite x ∈ |an xn | diverge.
P
/ I et la série
n∈N

2− I = R+ . On pose R = +∞. Prouvons que an xn est absolument conver-


P
n∈N
gente pour tout x ∈ R.
|an |rn pour tout r > 0.
P
La série converge
n∈N
Soit x ∈ R∗ , il existe r > 0 tel que |x| < r. Ceci implique |an xn | 6 |an |rn et
an xn converge absolument.
P
d’après le critère de comparaison la série
n∈N
+ +
3− {0} ⊂ I ⊂ R , I 6= {0} et I 6= R
a) I est majoré. En effet, soit r ∈ R∗ \ I et supposons que r n’est pas un
majorant de I. Il existe alors r1 ∈ I tel que r < r1 . D’après la définition de
an r1n est convergente ainsi que an rn (car |an |rn < |an |r1n )
P P
I, la série
n∈N n∈N
et donc r ∈ I ce qui est en contradiction avec l’hypothèse r ∈ R∗ \ I. I est
alors un ensemble non vide et majoré donc admet une borne supérieure
R = supI.
r∈I
an xn converge absolument pour
P
Pour conclure, on doit prouver que
n∈N
tout x, |x| < R et diverge pour tout x, |x| > R.

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3.2 Séries entières Chapitre 3

b) Soit x ∈ R tel que |x| < R. Il existe ρ ∈ I tel que |x| < ρ < R. Comme
|an |ρn converge, |an ||xn | converge en vertu du théorème de
P P
la série
n∈N n∈N
an xn est alors absolument convergente.
P
comparaison.
n∈N
/ I et donc la série |an xn |
P
c) Soit x ∈ R, |x| > R. Ceci implique que |x| ∈
n∈N
diverge.
an xn diverge. Pour cela, on raisonne par l’absurde. Si
P
Montrons que
n∈N
an xn converge, d’après le lemme d’Abel, la série an xn1 est absolu-
P P
n∈N n∈N
ment convergente pour tout x1 ∈ R, vérifiantR < |x1 | < |x| et donc
|x1 | ∈ I. On a alors nécessairement |x1 | 6 R = supI et ceci est en contra-
r∈I
diction avec l’hypothèse R < |x1 | < |x|.

3.2 Définition
Le nombre R = sup {|x|; x ∈ D} tel que 0 6 R 6 +∞ est appelé rayon de
an x n .
P
convergence de la série
n∈N

Remarque 3.1.
an xn est caractérisé par
P
Le rayon de convergence de la série
n∈N
n
P
1− |x| < R alors an x est absolument convergente.
n∈N
an xn diverge si |x| > R.
P
2−
n∈N
3− |x| = R est le cas douteux où on ne peut rien dire sur la nature de la série.

4− Pour tout r ∈ R+ tel que r < R, la série an xn est normalement (donc


P
n∈N
absolument et uniformément) convergente sur [−r, r].

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3.2 Séries entières Chapitre 3

3.2.2 Détermination du rayon de convergence


3.1 Proposition (Règle d’Hadamard)
an xn une série entière. Le rayon de convergence R est donné par la
P
Soit
n∈N
relation 
1
, 0 < ρ < +∞


ρ



R= 0, ρ = +∞



 +∞,

ρ=0
p
où ρ = lim sup n
|an |.
n→∞

Démonstration.
p p
On remarque que lim sup n
|an xn | = |x| lim sup n |an |
n→∞ n→∞
On obtient le résultat demandé en utilisant le critère de Cauchy pour la convergence
des séries numériques.

3.2 Proposition (Règle de d’Alembert)


an xn une série entière an 6= 0 pour tout n de N où R est son rayon de
P
Soit
n∈N
convergence, alors
an
R = lim
n→∞ an+1

Démonstration.
n
un+1 an+1 an+1
Posons un = an x , alors = |x|, on pose l = lim .
un an n→∞ an

an
? Si l = 0, R = lim = +∞.
n→∞ an+1

? Si l = +∞, R = 0.

an |x|
? Si l = +∞, R = lim = .
n→∞ an+1 l

Exemple 3.2.

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3.3 Opérations sur les séries entières Chapitre 3

P xn
+∞ 1
1− . On a an (x) = , en utilisant le critère de d’Alembert,
n=0 n! n!

an
R = lim = lim (n + 1)! = +∞.
n→+∞ an+1 n→+∞ n!
Le rayon de convergence est R = +∞, la série est absolument convergente
pour tout x ∈ R.
P xn
+∞
2− 2
. On a
n=0 n
(n + 1)2

an
lim = lim
= 1,
n→+∞ an+1 n→+∞ n2
le rayon de convergence est R = 1. La série est absolument convergente si
|x| < 1, et divergente si |x| > 1.
P xn
+∞
3− n
. Le critère de Cauchy donne :
n=0 2
r
n 1 1
lim n
= < 1,
n→+∞ 2 2
le rayon de convergence est R = 2. La série est absolument convergente si
|x| < 2, et divergente si |x| > 2.

Remarque 3.2. Soient ϕ une application de N dans N, afin de déterminer la nature


+∞
an xϕ(n) , on calcule la limite suivante
P
de la série entière
n=0

an+1 xϕ(n+1)

an+1 ϕ(n+1)−ϕ(n)
l = lim = lim x .
n→+∞ an xϕ (n) n→+∞ an
ensuite, on cherche le domaine de x où l < 1, R est donc égale au sup {l ∈ R+ ∪ {∞}}.

Exemple 3.3.
+∞
3n x2n+5 . Dans ce cas ϕ(n) = 2n + 5,
P
Trouvons le rayon de convergence de la série
n=0
on a n+1 2n+7
3 x
l = lim n 2n+5 = 3|x|2 .
n→+∞ 3 x

3
la série converge si 3|x|2 < 1 donc |x| < , en déduit que le rayon de convergence
√ 3 √
3 3
est R = . La série est absolument convergente pour tout |x| < et divergente
√3 3
3
si |x| >
3
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3.3 Opérations sur les séries entières Chapitre 3

3.3 Opérations sur les séries entières

3.3.1 Somme de deux séries entières


3.3 Définition
an xn et bn xn deux séries entières, R et R0 sont leurs rayon de
P P
Soient
n∈N n∈N
(an +bn )xn
P
convergence respectivement. Alors la somme des deux séries est
n∈N
00
de rayon de convergence R .

3.2 Théorème
an xn et bn xn deux séries entières, R et R0 sont leurs rayon de
P P
Soient
n∈N n∈N
convergence respectivement.

1. Si R 6= R0 alors le rayon de convergence de la série (an + bn )xn est


P
n∈N
00
R = min(R, R0 ).
0
(an + bn )xn est
P
2. Si R = R alors le rayon de convergence de la série
n∈N
00
R > R.

Démonstration.
0
1. Supposons que R < R
0
an xn et bn xn sont absolument conver-
P P
a) Si R > |x| alors R > |x| donc
n∈N n∈N
gentes.
Comme
|(an + bn )xn | 6 |an bn | + |bn xn |
0
(an + bn )xn converge absolument pour tout |x| < R =
P
donc la série
n∈N
0
min(R, R ).
0
b) Pour R < |x| on disting deux cas
0
an xn converge absolument et la série
P
? Si R < |x| < R, la série
P n∈N
bn xn diverge, donc (an + bn )xn diverge.
P
n∈N n∈N

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3.4 Propriétés analytiques des séries entières Chapitre 3

0
an xn et bn xn divergent, alors la série
P P
? Si R < R < |x|, les séries
n∈N n∈N
(an + bn )xn diverge.
P
n∈N
(an + bn )xn converge, d’après le lemme
P
Raisonnons par l’absurde,
n∈N
(an + bn )xn converge pour tout x0 de R, tel que
P
d’Abel la série
n∈N
0
|x0 | < |x| et en particulier pour x0 vérifiant R < |x0 | < R < |x|. D’où
la contradiction.
0
(an + bn )xn converge absolument si
P
2. Si R = R , c’est claire que la série
n∈N
0 0 00
|x| < R = R. De plus R = R 6 R .

Exemple 3.4.
+∞
P n − 2n n
+∞
P1
Soient S(x) = x et T (x) = n
x Les deux séries ont pour rayon de
n=0 n=0 2
+∞
P 1 n
convergence R = 1, mais la série somme (S + T )(x) = n
x , a pour rayon de
n=0 2
convergence R00 = 2.

3.3.2 Produit de deux séries entières


3.3 Théorème
an xn et bn xn deux séries entières, R et R0 sont leurs rayon
P P
Soient
n∈N n∈N
an xn et
P
de convergence respectivement. Alors le produit des deux séries
n∈N
bn xn est une série définie comme suit
P
n∈N

n
!
X X
ak bn−k xn
n>0 k=0

00 0
de rayon de convergence R > min(R, R ).

3.4 Propriétés analytiques des séries entières


Cette section étudie les propriétés de continuité, de dérivabilité et d’intégrabilité
de la fonction somme des séries entières.

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3.4 Propriétés analytiques des séries entières Chapitre 3

3.4 Théorème (Continuité d’une série entière)


an xn de rayon de convergence R tel que R 6= 0, alors S(x) =
P
Soit la série
n∈N
an xn est continue sur ] − R, R[.
P
n∈N

Démonstration.
Soit 0 < r < R, pour tout n ∈ N les fonctions un (x) = an xn sont continues sur [−r, r]
et puisque la convergence est normale donc uniforme sur [−r, r], S est continue dans
[−r, r] pour tout r, 0 < r < R donc continue sur ] − R, R[.

3.5 Théorème (Dérivée d’une série entière)


an xn de rayon de convergence R tel que R 6= 0, alors la
P
Soit la série
n∈N P
fonction S(x) = an xn est dérivable sur ] − R, R[ et on a
n∈N

+∞
X
0
S (x) = nan xn−1 .
n=1

Démonstration.
n
ak x k ,
P
Soient les fonctions Sn :] − R, R[−→ R définies par Sn (x) =
k=1
an xn convergence sim-
P
1) lim Sn (x) = S(x) pour tout x ∈] − R, R[, la série
n→∞ n∈N
plement sur ] − R, R[.
n
2) Chaque fonction fn est dérivable et on a Sn0 (x) = kak xk−1 .
P
k=1
+∞
nan xn−1 est R car
P
3) Le rayon de convergence de la série
n=1

(n + 1)an+1 an+1
lim = lim = 1.
n→+∞ nan n→+∞ an R

La suite (Sn0 )n∈N est uniformément convergente sur [−r, r], d’après le théorème
de dérivation S est dérivable et on a
+∞
X
0
S (x) = lim Sn0 (x) = nan xn−1 , ∀x ∈ [r, r], ∀r ∈]0, R[.
n→∞
n=1

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3.4 Propriétés analytiques des séries entières Chapitre 3

Donc
+∞
X
0
S (x) = lim Sn0 (x) = nan xn−1 , ∀x ∈] − R, R[.
n→∞
n=1

3.6 Théorème
an xn de rayon de convergence R alors f ∈ C ∞ (]−R, R[)
P
Soit la série f (x) =
n∈N
et on a
+∞ n
X f (0)
∀x ∈] − R, R[, f (x) = xn .
n=1
n!

Démonstration.
an xn par application du théorème précédent on a
P
En effet, si f (x) =
n∈N

+∞
X
0
f (x) = nan xn−1 .
n=1

et par récurrence, la dérivée d’ordre k est donnée par


+∞
X
(k)
S (x) = n(n − 1)(n − 2) · · · (n − k + 1)an xn−k .
n=1

f (k) (0)
De cette expression, il résulte que f (k) (0) = ak k!, c’est-à-dire que ak = .
k!

3.7 Théorème (Primitive d’une série entière)


an xn une série entière de rayon de convergence R et soit S :]−R, R[7→
P
Soit
n∈N
+∞
an xn . On considère F :] − R, R[7→ R la
P
R la fonction définie par S(x) =
n=0
+∞ an n+1
x . Alors F 0 (x) = S(x) pour tout
P
fonction définie par F (x) =
n=0 n + 1
x ∈] − R, R[.

Démonstration.
an n+1 +∞
P an+1 n + 1
Le rayon de convergence de la série entière x est R car lim =
n=1 n + 1 n→∞ n + 2 an
an+1
lim
= 1 . D’après le théorème d’intégration on conclut que F 0 = S.
n→∞ an R

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3.5 Développement en série entière Chapitre 3

Remarque 3.3.
+∞
an xn , avec an ∈ R et x ∈] − R, R[, alors
P
Si S(x) =
n=0

Zx Zx +∞
! +∞ Zx +∞ +∞
X X X an n+1 X an−1 n
S(t) dt = an tn dt = an n
t dt = x = x ,
n=0 n=0 n=0
n+1 n=1
n
0 0 0

pour tout x ∈] − R, R[.

3.5 Développement en série entière


3.4 Définition
Une fonction f est développable en série entière au voisinage de 0 sur ] − a, a[

an xn de
P
au a est un réel strictement positif, s’il existe une série entière
n=0
rayon de convergence R > a.

3.3 Proposition

an xn sur ] − a, a[ alors f est
P
Si f est égale à la somme d’une série entière
n=0
de classe C ∞ sur ] − a, a[ et ∀n ∈ N, f (n) (0) = an n!.

Démonstration. Le premier point découle directement des propriétés des séries en-
tières. Quand au deuxième,

f (x) = a0 + a1 x + · · · + an−1 xn−1 + an xn + an+1 xn+1 + · · · ,

alors
(n) (n)
f (n) (x) = a0 + a1 x + · · · + an−1 xn−1 + an xn + an+1 xn+1 + · · · ,

= 0 + (an n! + (n + 1)n · · · 2an+1 x + · · · ) ,

ainsi f (n) (0) = an n!.

+∞
X
∀x ∈ ] − a, a[, f (x) = an x n .
n=0

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3.5 Développement en série entière Chapitre 3

3.8 Théorème
Soit une fonction de classe C ∞ sur [−a, a]. Supposons qu’il existe une
constante M telle que

∀n ∈ N, ∀x ∈ [−a, a], f (n) (x) 6 M.

P f (n) (0)
+∞
alors la série xn est uniformément convergente sur [−a, a] et on a
n=0 n!
+∞
Pf (n)
(0) n
f (x) = x pour tout x ∈ [−a, a].
n=0 n!

Démonstration.
Par hypothèse, il existe M > 0 tel que pour tout k ∈ N et pour tout x ∈ [−a, a] on
a f (k) (x) 6 M .
Le développement de Taylor de f au voisinage de 0 à l’ordre n donne
n
X f (k) (0) f (n+1) (θx) n+1
f (x) = xk + x , avec 0 < θ < 1.
k=0
k! (n + 1)!

f (n+1) (θx) n+1


Pour démontrer le théorème, il suffit de prouver que lim x = 0.
n→∞ (n + 1)!
En effet
x ∈ [−a, a] ⇒ |x| < r ⇒ |θx| < r ⇒ |f (n+1) (θx)| 6 M.
(n+1)
M rn+1 n+1

f (θx) n+1
et donc x 6 x .
(n + 1)! (n + 1)!
M rn+1
Or la série de terme général un = est convergente car
(n + 1)!

un+1 r
lim = lim = 0,
n→+∞ un n→+∞ n + 1

f (n+1) (θx) n+1 P f (n) (0) n


+∞
et par suite lim x = 0 ce qui donne f (x) = x .
n→+∞ (n + 1)! n=0 n!
Exemple 3.5. 1− La fonction exponentielle
Cette fonction est de classe C ∞ sur R, et on a ∀n ∈ N, f (n) (x) = ex , pour
tout a ∈ [0, +∞[,

sup f (n) (x) 6 ea
x∈[−a,a]

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3.5 Développement en série entière Chapitre 3

alors
+∞ n
x
X x
∀x ∈ [−a, a], e = .
n=0
n!
et comme a est quelconque alors
+∞
x x x2 X xn
∀x ∈ R, e = 1 + + + ··· = .
1! 2! n=0
n!

2− On peut aussi établir que pour tout x ∈ R


+∞
ex − e−x X x2n+1
sinh(x) = = ,
2 n=0
(2n + 1)!
+∞
ex + exp(−x) X x2n
cosh(x) = = ,
2 n=0
(2n)!
+∞
X x2n+1
sin x = (−1)n
n=0
(2n + 1)!
+∞
X x2n
cos x = (−1)n .
n=0
(2n)!

3− Soit f la fonction définie sur ]−1, +∞[ par f (x) = ln(1+x), et soit a ∈]0, 1[.
f est de classe C ∞ sur [−a, a], et on a

1 (−1)n
f 0 (x) = , f (n) (x) = ,
1−x (1 − x)n+1

ainsi
1
sup f (n) (x) =
x∈[−a,a] (1 − a)n
mais
1
lim = +∞,
n→+∞ (1 − a)n

les dérivées de f ne sont pas uniformément bornée sur [−a, a]. Cependant
on peut développer cette fonction car cette condition est suffisante mais non
nécessaire.Pour cela, on développe f 0 (x)
+∞
1 X
= xn , ∀x ∈ [−a, a],
1 − x n=0

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3.6 Quelques applications des séries entières Chapitre 3

alors
+∞
0 1 X
f (x) = = (−1)n xn , , ∀x ∈ [−a, a],
1 + x n=0
en déduit alors que
+∞
X xn+1
n
ln(1 + x) = (−1) , ∀x ∈ [−a, a].
n=0
(n + 1)

Remarque 3.4.

1. On obtient le développement des fonctions sin(x), cos(x), sinh(x), cosh(x)


à partir du développement de la fonction ex .
1
2. On obtient le développement de en calculant la somme de la série géo-
1−x
P n 1
métrique x , et pour obtenir le développement de de la fonction en
1+x
remplace x par (−x).
1
3. On obtient le développement de ln(1 + x) à partir du développement de
1+x
0 1
car (ln(1 + x)) = .
1+x
4. Le développement arctan(1 + x) on l’obtient à partir du développement de
1 0 1
2
car (arctan(x)) =
1+x 1 + x2

3.6 Quelques applications des séries entières

3.6.1 Déterminer la somme d’une série entière

Pour exprimer la somme d’une série entière à l’aide des fonctions classiques, on
se ramène toujours aux développements en série entière usuels. Pour cela, on peut
utiliser plusieurs astuces :
P p(x) n
1. Pour une série entière du type x , on exprime p(x) dans la base
n!
X, X(X − 1), X(X − 1)(X − 2), ... afin de se ramener à la série de l’ex-
ponentielle.
+∞
F (n)xn où F est une fraction rationnelle,
P
2. Pour une série entière du type
n=0
on décompose F en éléments simples.

[email protected]
3.6 Quelques applications des séries entières Chapitre 3

1
3. S’il y a des multiplies de n ou par rapport aux séries classiques, on
x+1
pense à intégrer ou à dériver

Exemple 3.6.
P n3 n
Calculons la somme de la série entière x
n!
n3
Posons an = n!
. On a

an+1 1 (n + 1)3 n→+∞


= −→ 0
an n + 1 n3

Par le critère de d’Alembert, le rayon de convergence de cette série est égal à +∞,

n3 = n(n − 1)(n − 2) + 3n(n − 1) + n.

La dérivée de ex est ex ,
+∞ +∞
X n(n − 1)(n − 2) n 3
X n(n − 1)(n − 2)
x =x xn−3 = x3 ex ,
n=0
n! n=3
n!

de la meme manière, on trouve que


+∞
X n(n − 1)
xn = x2 e x ,
n=2
n!

et
+∞
X n
xn = xex ,
n=0
n!
alors
+∞ 3
X n
xn = (x3 + 3x2 + x)ex ,
n=0
n!
il résulte que
+∞ 3
X n
= 5ex .
n=0
n!

Exemple 3.7.
+∞
P x2n
Calculons la somme de la série entière .
n=0 2n + 1
x2n un+1 n→+∞ 2
Posons un = , −→ x , si |x| < 1 la série converge, et si |x| > 1 la
2n + 1 un
série diverge, donc R = 1.

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3.6 Quelques applications des séries entières Chapitre 3

Pour x ∈] − 1, 1[, on note S(x) la somme de la série entière. Donc S est dérivable
sur ] − 1, 1[ et on a
+∞ 1 1
0 X 1
(xS(x)) = x2n = = 2
+ 2

n=0
1 − x2 1−x 1+x

en intégrant par rapport à x sur ] − 1, 1[, on trouve


 
1 1+x
xS(x) = ln
2 1−x
donc  
1 1+x
S(x) = ln
2x 1−x
Exemple 3.8.
x2n
+∞
P
Calculons la somme de la série entière 2
n=0 4n − 1
En utilisant la règle de d’Alembert on trouve que R = 1, d’autre part
 
1 1 1 1
= − .
4n2 − 1 2 2n − 1 2n + 1
+∞
P x2n P∞ x2n
Posons f (x) = et g(x) = .
n=0 2n + 1 n>0 2n − 1
D’après l’exemple précédent, pour x 6= 0
 
1 1+x
f (x) = ln ,
2x 1−x
pour la somme g,
+∞
X x2 x2(n−1)
g(x) = −1 +
n=1
2(n − 1) + 1

X x2n
2
= −1 + x
n>0
2n + 1

= −1 + x2 f (x),

donc
+∞
X x2n 1 1
2
= g(x) − f (x)
n=2
4n − 1 2 2
1 x2 − 1
 
1+x
=− + ln .
2 4x 1−x

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3.6 Quelques applications des séries entières Chapitre 3

3.6.2 Résoudre une équation différentielle à l’aide des séries


entières

Pour résoudre une équation différentielle à l’aide des séries entières :


+∞
an xn , déve-
P
1. On commence par supposer qu’il existe une solution f (x) =
n=0
loppable en série entière.

2. On introduit cette solution dans l’équation, en dérivant terme à terme pour


exprimer f 0 (x).

bn x n ,
P
3. Par des changements d’indice, on se ramène à une écriture du type
n∈N
où la suite (bn )n∈N s’écrit en fonction de la suite (an )n∈N .

4. Par unicité des coefficients d’une série entière, on sait que bn = 0.

5. Cela doit permettre de trouver la suite (an )n∈N en fonction de certains para-
mètres.

an xn a un rayon de conver-
P
6. Réciproquement, on vérifie que la série entière
n∈N
gence non nul et qu’elle est solution de l’équation différentielle.
00 0
Exemple 3.9. Considérons l’équation différentielle y + xy + y = 1, et cherchons
0
une solution unique telle que y(0) = y (0) = 0.
+∞
an x n .
P
Soit R > 0, le rayon de convergence de la série
n=0
Posons
+∞
X
∀x ∈ ] − R, R[, f (x) = an x n ,
n=0

pour tout x de ] − R, R[, on a


+∞
X +∞
X
0 n−1
xf (x) = x nan x = nan xn ,
n=1 n=0

+∞ +∞
00
X X
f (x) = n(n − 1)an xn−2 = (n + 2)(n + 1)an+2 xn .
n=2 n=0
en remplacant dans l’équation différentielle, on trouve que
+∞
00
X
0
f (x) + xf (x) + f (x) = bn x n .
n=0

[email protected]
3.7 Exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

telle que
bn = (n + 2)(n + 1)an+2 + (n + 1)an

mais
00
f + xf 0 + f = 1

de l’unicité du développement en série entière, pour tout n > 1, on a b0 = 1, bn = 0


il résulte que
1 −an
a2 = (1 − a0 ), an+2 = ,
2 xn+2
pour tout n > 1.

3.6.3 Démontrer qu’une fonction est de classe C ∞

Pour démontrer qu’une fonction est de classe C ∞ au voisinage de 0, il suffit de


démontrer qu’elle est développable en série entière en 0.

Exemple 3.10. Soit f : R −→ R une fonction définie par

 sin(x) , x 6= 0

f (x) = x
1, x = 0

pour x 6= 0, en utilisant le développement en série entière de la fonction sin , on


obtient
+∞
X x2n
f (x) = (−1)n .
n=0
(2n + 1)!
On remarque que f (0) = 1.
f admet un développement en série entière, de rayon de convergence +∞ alors f
est de classe C ∞ .

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3.7 Exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

3.7 Exercices sur le chapitre 3


Exercice 25. Déterminer le rayon de convergence des séries entières suivantes :
n2
(−1)n
+∞ +∞ +∞

1 P (2n)!
√ xn , n
xn ,
P P
1. 2. 2
x , 3. 1+
n=1 n n=1 (n!) n=1 n
P 2n + n2 n
+∞ +∞
P n 3n +∞
P n2
4. n 2
x , 5. x3n , 6. nx .
n=1 3 + n n=1 (3n)! n=1

Exercice 26. Calculer les sommes des séries entières après avoir préciser leur rayon
et domaine de convergence :
+∞(−1)n 3n+1 +∞
Pn −1 n +∞
P sin nα
xn ,
P
1. x , 2. x , 3.
n=0 3n + 1 n=1 n! n=0 n!
+∞
P ch n 2n +∞
sin2 n cos nxn .
P
4. x , 5.
n=1 n! n=0

Exercice 27. Pour les séries entières suivantes, donner le rayon de convergence et
exprimer leur somme en termes de fonctions usuelles :
+∞
Pn +2 n +∞
P (n + 1)(n − 2) n P (−1)n+1
+∞
1. x , 2. x , 3. x2n ,
n=0 n + 1 n=0 n! n=1 2n n!
P x2n
+∞ P n3
+∞ +∞
xn , (−1)n+1 nx2n+1 ,
P
4. , 5. 6.
n=0 2n + 1 n=0 n! n=0
P x2n
+∞
7. 2
. .
n=0 4n − 1

+∞
an xn de rayon de convergence
P
Exercice 28. Soit S la somme de la série entière
n=0
R > 0. Démontrer que S est paire si et seulement si, pour tout k ∈ N, a2k+1 = 0.

Exercice 29. Déterminer le développement en série entière au voisinage de 0 des


fonctions suivantes :
 
1−x
1.x 7−→ cos x ch x, 2.x 7−→ ln ,
1+x
x
e
3. ln(a + x) avec a > 0, 4. ,
1−x
5. ln(1 + x − 2x2 ), 6.(4 + x2 )−3/2 .

Exercice 30.
+∞
P (−1)n n
On considère la série entière f (x) = x .
n=2 n(n − 1)

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

1) Déterminer le domaine de définition de f .

2) Démontrer que f est continue sur son domaine de définition.

3) Exprimer f 0 , puis f , à l’aide de fonctions usuelles sur l’intervalle ] − 1, 1[.


P (−1)n
+∞
4) Déduire des questions précédentes la valeur de .
n=2 n(n − 1)

Exercice 31. Soit f l’application définie sur ] − 1, 1[ par f (x) = cos(α arcsin x),
α ∈ R.

1) vérifier que f est solution de l’équation différentielle

00
(1 − x2 )y − xy 0 (x) + αy(x) = 0, y(0) = 1, y 0 (0) = 0.

2) Donner le développement en série entière de f en 0.

Exercice 32.
Montrer que les fonctions suivantes sont de classe C ∞ :

1) f (x) = sin(x)/x si x 6= 0, f (0) = 1.


√ √
2) g(x) = ch( x) si x > 0 et g(x) = cos( −x) si x < 0.
1 1
3) h(x) = − si x ∈] − π, 0[∪]0, π[, h(0) = 0.
sin x x

3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3


Corrigé de l’exercice 25
1
1) Posons an = √ . d’après la règle de d’Alembert
n
r
an n+1
R = lim = lim = 1.
n→+∞ an+1 n→+∞ n

[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

(2n)!
2) Posons an = . On a
(n!)2

(2n)!

an
= (n!)2
an+1 (2(n + 1))!
((n + 1)!)2
(n + 1)!(n + 1)!(2n)!
=
(2n + 2)!n!n!
(n + 1)n!(n + 1)n!(2n)!
=
(2n + 2)(2n + 1)(2n)!n!n!
(n + 1)(n + 1) n→+∞ 1
= −→ .
(2n + 2)(2n + 1) 4
1
D’après la règle de d’Alembert, le rayon de convergence est R = .
4
3) On applique la règle de Cauchy,

 2 ! n1 
n n
n
(−1)n

√ (−1) n→+∞
n
an = 1+ = 1+ −→ e,
n n

1
donc R = .
e
4) On a
+∞ 2n
an ∼ ,
3n
alors
an +∞ 3n+1 2n

3
an+1 ∼ 2n+1 3n = 2

3
ainsi, d’près la règle de d’Alembert R = .
2
n3n 3n
5) Posons un (x) = x ,
(3n)!
un+1 (x) (n + 1)3n+3 (3n)! 3

un (x) = (3n + 3)! n3 n |x|

(n + 1)3n+3
= |x|3
(3n + 3)(3n + 2)(3n + 1)n3n
3n
(n + 1)2

1
= 3n
1+ |x|3
3(3n + 2)(3n + 1)n n

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

comme
 3n
1 1
lim 1 + = lim e3n ln(1+ n )
n→+∞ n n→+∞
1 1
= lim e3n( n +o( n ))
n→+∞

= lim e(3+o(1))
n→+∞

= e3 .

alors
un+1 (x) e3

lim = |z|.
n→+∞ un (x) 27
puis
e3 3 27 9
|z| = 1 ⇔ |z|3 = 3 ⇔ |z| = .
27 e e
9
R= .
e
6) On remarque que si |x| < 1,

2
lim ln(nxn ) = −∞,
n→+∞

donc
2
lim nxn = 0,
n→+∞

et si |x| = 1,
2
lim nxn lim n = +∞.
n→+∞ n→+∞

Le rayon de convergence est donc égale à 1.

Corrigé de l’exercice 26

1) Par la règle de d’Alembert, on trouve R = 1, le domaine de converge D


contient l’intervalle ]−1, 1[, et afin de le préciser on doit étudier la convergence
de la série pour |x| = 1.
? Pour x = −1,

(−1)4n+1 1 +∞ 1
un (−1) = =− ∼ −
3n + 1 3n + 1 3

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

1P1
− est une série de Riemann divergente, d’après le critère d’équivalence
3 nP
la série un (−1) est divergente.
? Pour x = 1, on a
(−1)n
un (1) = .
3n + 1
P (−1)n
est une série alternée convergente, d’après le critère d’équivalence
3n +P1
la série un (−1) est divergente.
Le domaine de convergence D =] − 1, 1].
Soit x ∈] − 1, 1], posons
+∞
X (−1)n
S(x) = x3n+1 ,
n=0
3n + 1
alors
+∞ +∞
0
X
n 3n
X 1
S (x) = (−1) x = (−x3 )n = .
n=0 n=0
1 + x3
Comme S(0) = 0,
Zx Zx
0 1
S(x) = S (t) dt = dt.
1 + t3
0 0

Afin de déterminer la somme S(x), il suffit de calculer la dernière intégrale.


On a
1 + t3 = (1 + t)(1 − t + t3 ).

On décompose en éléments simples la fonction rationnelle.


1 1 βt + γ
= +
1 + t3 1 + t 1 − t + t2
α(1 − t + t2 ) + (βt + γ)(1 + t)
=
(1 + t)(1 − t + t2 )
(α + β)t2 + (β + γ − α)t + α + γ
=
1 + t3
par identification, on trouve
1
  
 α + β = 0,  −3α = −1,

 α= ,

 
 
 3
1
  
β + γ − α = 0, ⇒ β = −α, ⇒ β=− ,
   3
 γ = 2.
  

 α + γ = 1.  γ = 1 − α.
 

3
[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

Donc
Zx Zx Zx
1 1 1 1 2−t
dt = dt + dt
1 + t3 3 1+t 3 t2 − t + 1
0 0 0
Zx Zx
1 1 2t − 1 1 1
= [ln(1 + t)]x0 − 2
dt + dt
3 6 t −t+1 2 t2 −t+1
0 0
Zx
1 1 1 1
= ln(1 + x) − ln(x2 − x + 1) + dt
3 6 2 t2 − t + 1
0
√  
1 1 2 3 2x − 1
= ln(1 + x) − ln(x − x + 1) + arctan √ .
3 6 6 3

n−1
2) Posons an = .
n!

= lim n! (n + 1)! n − 1 = lim (n − 1)(n + 1) = +∞,
an
R = lim

n→+∞ an+1 n→+∞ n − 1 n n! n→+∞ n

Le domaine de convergence D = R.
Soit x ∈ R, On a
+∞
X n−1
S(x) = xn
n=1
n!
+∞ +∞
X n n X xn
= x −
n=1
n! n=1
n!
+∞ +∞
X xn X xn
= −
n=1
(n − 1)! n=1 n!
+∞
" +∞ #
X xn−1 X xn
=x − +1−1
n=1
(n − 1)! n=1
n!
+∞ n
" +∞ #
X x X xn
=x − −1
n=0
n! n=0
n!

x
P xn
+∞
comme e = ,
n=0 n!
S(x) = xex − ex + 1.

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

3) Par la règle de d’Alembert, on trouve que R = +∞, D = R.


On a
einα = cos nα + sin nα.
+∞
P sin nα
Afin de calculer la somme de la série xn , on calcul tout d’abord la
n=0 n!
P einα
+∞
somme de la série xn ,
n=0 n!
+∞ inα +∞ n
X e n
X (eiα x)
x = ,
n=0
n! n=0
n!

P zn
+∞
comme ez = , alors
n=0 n!

+∞ inα
X e iα
xn = exe
n=0
n!

= ex cos α eix sin α

= ex cos α cos(x sin α) + iex cos α sin(x sin α),

mais
+∞ inα +∞ +∞
X e X cos nα X sin nα n
xn = xn + i x ,
n=0
n! n=0
n! n=0
n!
ainsi
+∞
X sin nα
xn = ex cos α sin(x sin α).
n=0
n!

4) On a
en + e−n
ch n = ,
2

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

alors
+∞ +∞
1 X en 2n 1 X e−n 2n
S(x) = x + x
2 n=1 n! 2 n=1 n!
+∞ +∞
1 X (ex2 )n 1 X (e−1 x2 )n
= +
2 n=1 n! 2 n=1 n!
" +∞ # " +∞ #
1 X (ex2 )n 1 X (e−1 x2 )n
= −1 + −1
2 n=0 n! 2 n=0 n!
1 h ex2 i 1 h −1 2 i
= e −1 + ee x − 1
2 2
1 ex2 1 e−1 x2
= e + e − 1.
2 2

ein + e−in P xn
+∞
5) En utilisant le fait que cos n = et ex = , on obtient
2 n=0 n!

+∞
X
S(x) = sin2 n cos nxn
n=0
+∞
X
= (1 − cos2 n) cos nxn
n=0
+∞
X +∞
X
n
= cos nx − cos3 nxn
n=0 n=0
+∞ +∞  in 3
X in e + e−in n X e + e−in
x − xn
n=0
2 n=0
2
+∞ +∞ +∞
1 X i n 1 X −i n 1 X 3i n
= (e x) + (e x) − (e x)
2 n=0 2 n=0 8 n=0
+∞ +∞ +∞
3 X i n 3 X −i n 1 X −3i n
− (e x) − (e x) − (e x)
8 n=0 8 n=0 8 n=0
 
1 1 1 1 1
= + − −
8 1 − xei 1 − xe−i 1 − xe3i 1 − xe−3i

Corrigé de l’exercice 27
n+2
1. Posons an = , en utilisant la règle de d’Alembert, en trouve R = 1. On
n+1
a
n+2 1
=1+ ,
n+1 n+1

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

donc
+∞ +∞ +∞
X n+2 n
X
n
X 1
x = x + xn
n=0
n + 1 n=0 n=0
n + 1
+∞
1 1 X xn+1
= +
1 − x x n=0 n + 1
1 ln(1 − x)
= − .
1−x x
1
2. Posons an = √ . d’après la règle de d’Alembert
n

an
R = lim = 1,
n→+∞ an+1

On a
(n + 1)(n − 2) = n2 − n − 2 = n(n − 1) − 2,

donc
+∞ +∞ +∞
X (n + 1)(n − 2) X n(n − 1) X 1 n
xn = xn − 2 x
n=0
n! n=0
n! n=0
n!
+∞
X 1
= xn − 2ex
n=2
(n − 2)!
+∞
X 1
= x2 xn − 2ex
n=0
n!

= (x2 − 2)ex .

4. Par la règle de d’Alembert, on prouve facilement que le rayon de convergence


vaut +∞, et
+∞
X (−1)n+1
S(x) = x2n
n=1
2n n!
 2 n
+∞ −x
X 2
=−
n=1
n!
2
− x2
=1−e .

[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

x2n
5. Posons un = . On a un+1 /un → x2 . Ainsi, si |x| < 1, et si |x| > 1 la
2n + 1
série est diverge, alors R = 1. S est dérivable sur ] − 1, 1[, et
+∞  
0
X
2n 1 1 1 1
(xS) (x) = x = = + .
n=0
1 − x2 2 1−x 1+x

Par intégration, on en déduit que


 
1 1+x
xS(x) = ln , ∀x ∈] − 1, 1[,
2 1−x

alors, pour tout x 6= 0,


 
1 1+x
S(x) = ln .
2x 1−x

De plus, S(0) = 1.
n3
6. Posons an = ,
n!
an n3 n→+∞
= (n + 1) × −→ +∞.
an+1 (n + 1)3

Par le critère de d’Alembert, le rayon de convergence de la série est égal à


+∞. Pour la sommer, on a
+∞ +∞
X n(n − 1)(n − 2) n 3
X n(n − 1)(n − 2)
x =x xn−3 = x3 ex .
n=0
n! n=0
n!

De même,
+∞ +∞
X n(n − 1) X n
xn = x2 ex et xn = xex ,
n=0
n! n=0
n!
ainsi
+∞ 3
X n
xn = (x3 + 3x2 + x)ex .
n=0
n!

1
7. Par la règle de d’Alembert, on trouve que R = 1. On pose f (x) = , on
1+x
a pour tout x ∈] − 1, 1[,
+∞
X
f (x) = (−1)n xn ,
n=0

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

en dérivant,
+∞
x 0
X
− 2
= xf (x) = (−1)n nxn ,
(1 + x) n=0
donc
+∞
x2 x3
X  
n+1 2n+1
(−1) nx =x× = .
n=0
(1 + x2 )2 (1 + x2 )2
8. A l’aide de la règle de d’Alembert, on montre que le rayon de convergence de
la série entière est égale à 1. On décompose ensuite en éléments simples la
fraction rationnelle. On trouve
 
1 1 1 1
2
= − .
4n − 1 2 2n − 1 2n + 1
+∞
P x2n P x2n
+∞
Posons f (x) = et g(x) = on sait que pour x 6= 0, on a
n=0 2n + 1 n=0 2n − 1
 
1 1+x
f (x) = ln .
2x 1−x
On se ramène à ce cas pour g, en remarquant que
+∞
X x2 x2(n−1)
g(x) = −1 +
n=1
2(n − 1) + 1
+∞
X
2 x2n
= −1 + x
n=0
2n + 1

= −1 + x2 f (x).

Alors pour tout x ∈] − 1, 0[∪]0, 1[,


1 x2 − 1
 
1+x
S(x) = − + ln .
2 4x 1−x
avec S(0) = −1.

Corrigé de l’exercice 28
Supposons d’abord que a2k+1 = 0 pour tout k ∈ N, S est paire comme somme d’une
série de fonctions paires. Réciproquement, supposons que S est paire, et posons
T (x) = S(−x). Pour tout x ∈] − R, R[,
+∞
X
T (−x) = (−1)n an xn .
n=0

[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

De plus, puisque S est paire, T et S coïncident sur ] − R, R[. Donc pour tout entier
n ∈ N, on a an = (−1)n an , ainsi an = 0 si n est impaire.

Corrigé de l’exercice 29

1) La fonction x 7−→ cos x ch x est développable en série entière sur R en tant que
produit de fonctions développables en série entière sur R. Pour tout x ∈ R,

ex + e−x eix + e−ix


ch x = , cos x = ,
2 2

alors

1 (1+i)x
+ e(1−i)x + e(−1+i)x + e(−1−i)x .

cos x ch x = e
4

En utilisant le développement en série entière de ez , on obtient


+∞
αx
X (αx)n
e =
n=0
n!

[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

et
+∞
1X xn
cos x ch x = [(1 + i)n + (1 − i)n + (−1 + i)n + (−1 − i)n ]
4 n=0 n!
+∞
1 X h√ i π n √ −i π n √ 3iπ n √ − 3iπ n i xn
= 2e 4 + 2e 4 + 2e 4 + 2e 4
4 n=0 n!
+∞
1 X √ n h nπ nπ nπ nπ
= 2 cos + i sin + cos − i sin
4 n=0 4 4 4 4
  n
3nπ 3nπ 3nπ 3nπ x
+ cos + i sin + cos − i sin
4 4 4 4 n!
+∞
3nπ xn
 
X n nπ
= 2 2 −2 2 cos + 2 cos
n=0
4 4 n!
+∞
X n nπ nπ xn
= 2 2 −2 cos cos
n=0
2 4 n!
+∞
X kπ x2k
= 2k−2 (−1)k cos
k=0
2 (2k)!
+∞
X x4l
= 22l−2 cos lπ
l=0
(4l)!
+∞
X x4n
= 22n−2 (−1)n .
n=0
(4n)!

P xn
+∞
2) Pour tout x ∈] − 1, 1[, on a ln(1 − x) = , alors
n=1 n
 
1−x
ln = ln(1 − x) − ln(1 + x)
1+x
+∞ n +∞
X x X (−x)n
= −
n=1
n n=1
n
+∞
X xn
= (1 − (−1)n )
n=1
n
+∞ 2k
X x
=2 .
k=1
2k

3) On factorise par a :

ln(x + a) = ln a(1 + x/a) = ln(a) + ln(1 + x/a).

[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

x
Pour < 1, soit |x| < a, on en déduit

a
+∞
X (−1)n+1 xn
ln(x + a) = ln(a) + .
n=1
nan

4) On réalise le produit de Cauchy des deux séries :


+∞ n +∞
x
X x 1 X
e = et = xn .
n=0
n! 1 − x n=0

La deuxième série ayant pour rayon de convergence 1, on en déduit que pour


|x| < 1,
+∞ n
ex X X 1
= an xn avec an = .
1 − x n=0 k=0
k!
La série converge pour |x| < 1 (règle du produit de Cauchy), et comme
an > 1, le rayon de convergence de la série obtenue est exactement égal à 1
+∞
an xn diverge car son terme général ne tend
P
puisque, pour |x| > 1, la série
n=1
pas vers zéro.

5) On a 1 + x − 2x2 = (1 − x)(1 + 2x) donc la fonction est définie sur I =] − 12 , 1[,


et sur cet intervalle, elle s’écrit

ln(1 + x − 2x2 ) = ln(1 − x) + ln(1 + 2x).

En utilisant le développement en série entière de ln(1 + x), on obtient


+∞ n
X x
ln(1 − x) = − , ∀x ∈] − 1, 1[,
n=1
n

donc
+∞
X (2x)n 1 1
ln(1 + 2x) = (−1)n−1 , ∀x ∈] − , [,
n=1
n 2 2
En sommant, on trouve que
+∞
2
X (−1)n−1 2n − 1
ln(1 + x − 2x ) = xn .
n=1
n

1
La série obtenue est de rayon de convergence .
2
[email protected]
3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

6) On factorise par 4 pour se ramener à (1 + t)α . On a donc


−3/2
x2

2 −3/2 1
(4 + x ) = 1+ .
8 4
La fonction u 7→ (1 + u)−3/2 est développable en série entière sur ] − 1, 1[,
+∞
X 3.5.7. . . . .(2n + 1) n
(1 + u)−3/2 = 1 + (−1)n u , ∀u ∈] − 1, 1[.
n=1
2.4.6. . . . .2n

x2
Il en résulte que pour tout x tel que ∈] − 1, 1[, on a
4
−3/2 +∞
x2 3.5.7. . . . .(2n + 1) x2n
 X
1+ =1+ (−1)n n
.
4 n=1
2.4.6. . . . .2n 4
La série entière obtenue a pour rayon de convergence 2.

Corrigé de l’exercice 30

1) Le rayon de convergence de la série entière est 1. De plus, puisque


(−1)n

C
n(n − 1) 6 n2

on a aussi convergence en 1 et −1. L’intervalle de convergence est donc [−1, 1].

2) Pour tout x ∈ [−1, 1],


(−1)n xn

C
n(n − 1) 6 n2 ,
∀n > 2

PC P (−1)n n
est convergente, alors la série x est normalement conver-
n2 n(n − 1)
(−1)n n
gente sur [−1, 1]. Chaque fonction x est continue sur [−1, 1], on en
n(n − 1)
déduit la continuité de f sur [−1, 1].

3) f est dérivable sur ] − 1, 1[ et on a


+∞
X (−1)n
f 0 (x) = xn−1 = ln(1 + x).
n=2
n−1

Par intégration, pour tout x ∈] − 1, 1[, on a

f (x) = (1 + x) ln(1 + x) − x + C,

et C = f (0) = 0.

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

4) L’égalité précédente est, a priori, vraie sur ] − 1, 1[, mais puisque f et (1 +


x) ln(1 + x) − x sont continues en 1, elle est aussi vraie en 1. On en déduit
+∞
X (−1)n
= f (1) = 2 ln(2) − 1.
n=1
n(n − 1)

Corrigé de l’exercice 31

1) On a

f (x) = cos(α arcsin x)


−α
f 0 (x) = √ sin(α arcsin x)
1 − x2
−α2 αx
f 00 (x) = 2
cos(α arcsin x) − √ sin(α arcsin x).
1−x 1 − x2 (1 − x2 )
En remplacant ces dérivées dans l’équation, on trouve

(1 − x2 )f 00 (x) − xf 0 (x) + α2 f (x) = 0, f (0) = 1, f 0 (0) = 0

2) On suppose qu’il existe une solution développable en série entière y(x) =


+∞ +∞
an xn sur ] − R, R[ vérifiant y(0) = 1 et y 0 (0) = 0, y 0 (x) = (n + 1)an+1 xn
P P
n=0 n=0
+∞
et y 00 (x) (n + 1)(n + 2)an+2 xn ,
P
n=0

+∞
X
(n + 1)(n + 2)an+2 + (−n(n − 1) − n + α2 )an tn .

n=0

Par unicité du développement en série entière, on obtient, pour tout n ∈ N,

(n + 1)(n + 2)an+2 = (n2 − α2 )an .

Puisque a0 = 1 (car y(0) = 1) et a1 = y 0 (0) = 0, on en déduit que a2k+1 = 0


pour tout k ∈ N et que
(−4)k α  α  α  α 
a2k = kp + 1 − k + 2 ... +k−1 .
(2k)! 2 2 2 2
Réciproquement, par la règle de d’Alembert, la série entière
X (−4)n α  α  α  α 
−n+1 − n + 2 ... + n − 1 x2n
n>0
(2n)! 2 2 2 2

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

a un rayon de convergence égal à 1, solution de l’équation différentielle avec


les conditions initiales voulues.
L’équation différentielle (1 − x2 )y 00 (x) − xy 0 (x) + α2 y(x) = 0 est une équation
différentielle linéaire du second ordre, et 1 − x2 6= 0 sur ] − 1, 1[. Il existe donc
une unique solution à cette équation définie sur ]−1, 1[ et vérifiant y(0) = 1 et
y 0 (0) = 0. f et la série entière trouvée à la question précédente conviennent.
On en déduit qu’elles sont égales. Autrement dit, f est développable en série
entière, et
X (−4)p α  α  α  α 
f (x) = −p+1 − p + 2 ... + p − 1 x2p .
p>0
(2p)! 2 2 2 2

Corrigé de l’exercice 32

1) Pour x 6= 0, on a, d’après le développement en série entière de sin,


+∞
X x2n
f (x) = (−1)n .
n=0
(2n + 1)!

Cette égalité est encore vraie en 0, puisque les deux membres sont alors égaux
à 1. Ainsi, f coïncide sur R avec une série entière de rayon de convergence
+∞. f est donc de classe C ∞ .

2) Pour x > 0, on a
+∞ √ 2n +∞
X ( x) X xn
g(x) = = .
n=0
(2n)! n=0
(2n)!
Pour x < 0, on a :
+∞ √ 2n +∞ n n +∞
X
n ( −x)
X
n (−1) x
X xn
g(x) = (−1) = (−1) = .
n=0
(2n)! n=0
(2n)! n=0
(2n)!

+∞
P xn
Ainsi, g coïncide sur R avec la série entière : elle est donc de classe
n=0 (2n)!
C ∞.

3) Pour x 6= 0, on a
x − sin x
h(x) = .
x sin x

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3.8 Corrigé des exercices sur le chapitre 3 Chapitre 3

On développe en série entière le numérateur et le dénominateur, en mettant


en facteur le premier terme. On trouve
∞ x2n−1
x2 × (−1)n+1
P
n=1 (2n + 1)!
h(x) = .
2
P∞
n
x2n
x (−1)
n=0 (2n + 1)!

P n+1 x2n−1 P∞
n x2n
Posant u(x) = (−1) et v(x) = (−1) , on voit que
n=1 (2n + 1)! n=0 (2n + 1)!
u(x)
pour x 6= 0, h(x) = . Or, u et v sont de classe C ∞ (ce sont des sommes
v(x)
u(0)
de série entière), v ne s’annule pas en 0, et de plus = 0 = h(0). Ainsi, h
v(0)
définit bien une fonction de classe C ∞ au voisinage de 0 comme quotient de
deux fonctions de classe C ∞ dont le dénominateur ne s’annule pas en 0.

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CHAPITRE 4

LES SÉRIES DE FOURIER

4.1 Introduction
Dans ce chapitre on présente la théorie des séries de Fourier, on commence par
donner la notion de séries trigonométriques, puis les séries de Fourier des fonctions
paires ou impaires données dans divers formes d’intervalles ainsi que les règles de
convergences, la formule de parseval et quelques applications.

Objectifs du chapitre

• Voir et comprendre comment une fonction périodique peut se décomposer en


somme de fonctions sinusoïdales que l’on calculera.

• Établir un développement en série de Fourier, rechercher la somme de certaines


séries numériques et les solutions d’équations différentielles partielles.

4.2 Séries trigonométriques


4.1 Définition
Une fonction f : [a, b] −→ R est dite continue (resp. de classe C k ) par mor-
ceaux sur [a, b] s’il existe une subdivision a = a0 < a1 < · · · < an = b et des
fonctions fi continues (resp. de classe C k ) sur [ai , ai+1 ] telles que f soit égale
à fi sur l’intervalle ouvert ]ai , ai+1 [, pour i = 1, · · · , n.

127
Séries trigonométriques Chapitre 4

4.2 Définition
Soit T un nombre réel. Une fonction f définie sur un ensemble D ⊂ R dans
R est dite périodique de période T ∈ R (ou T -périodique) si,

∀x ∈ D, x + T ∈ D et f (x + T ) = f (x).

Exemple 4.1.
cos ωt, sin ωt et exp(iωt) sont des fonctions périodiques de période T

sin (ω(t + T )) = sin ωt

car ωT = 2π.

Remarque 4.1.

1. Si f est une fonction 2π-périodique sur R, alors la fonction g définie par


 

g(x) = f x
T

est T -périodique. On peut par cette remarque ramener l’étude des fonctions
T -périodiques à celles des fonctions 2π-périodiques.

2. On notera que si f est périodique de période T elle l’est aussi de période 2T ,


3T , . . . ou −T , −2T , . . . .

4.3 Définition
Soient (an )n∈N et (bn )n∈N deux suites de nombres réels. On appelle série tri-
gonométrique, toute série de fonctions de la forme
+∞
a0 X
+ (an cos(nx) + bn sin(nx)) . (4.1)
2 n=1

Les nombres a0 , an , bn , n ∈ N? sont appelées coefficients de cette série.

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Séries trigonométriques Chapitre 4

4.1 Proposition
P P
Si les séries numériques an et bn convergent absolument, alors la série
n∈N n∈N
trigonométrique (4.1) converge normalement sur R. En outre, sa somme est
une fonction continue sur R.

Exemple 4.2.
P cos nx P sin nx
Les séries 2
et 2
, convergent normalement sur R.
n∈N n n∈N n

Série trigonométrique associée à une série entière

Soit
+∞
X
f (z) = an z n .
n=0
une série entière de rayon de convergence R > 0. Posons

z = reix = r(cos x + i sin x), 0 < r < R, x ∈ R.

On a z n = rn einx = rn (cos(nx) + i sin(nx)) et


+∞
X +∞
X
n inx
f (z) = an r e = an rn (cos(nx) + i sin(nx)).
n=0 n=0

Cette série converge normalement sur R en vertu du critère de Weierstrass puisque


|an rn (cos(nx) + i sin(nx))| 6 |an |rn et |an |rn converge car d’après le critère de
P
n∈N
Cauchy, on a
p p r
lim sup n |an |rn = rlim sup n |an | = < 1.
n→+∞ n→+∞ R
Si la fonction f est à valeurs réelles, an et bn sont nécessairement réels. On a
+∞
X +∞
X
inx
Ref (re )= an rn cos(nx), Imf (re inx
)= an rn sin(nx)
n=0 n=0

4.3 Série de Fourier


Soit f une fonction définie sur R dans R, périodique de période 2π et localement
intégrable.

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Séries trigonométriques Chapitre 4

4.4 Définition (Série de Fourier sur [0, 2π])


On appelle série de Fourier de f , la série trigonométrique définie par

a0 X
+ an cos(nx) + bn sin(nx),
2π n=1

avec
Z2π Z2π
1 1
an = f (x) cos(nx)dx, bn = f (x) sin(nx)dx, n ∈ N,
π π
0 0

Les coefficients an et bn sont appelés coefficients de Fourier de la fonction f .

Supposons que la série trigonométrique converge en x dans D et posons



X
f (x) = (an cos(nx) + bn sin(nx))) . (4.2)
n=0

En multipliant les deux membres de l’équation (4.2) par cos(px), et en intégrant sur
l’intervalle [0, 2π], on trouve
Z2π ∞
X Z2π ∞
X Z2π
f (x) cos(px)dx = an cos(px) cos(nx)dx + bn cos(px) sin(nx)dx
0 n=0 0 n=0 0

en utilisant les relations suivantes



Z2π  0, p 6= n,
cos(px) cos(nx)dx =
 π, p = n,
0

et
Z2π
cos(px) sin(nx)dx = 0, ∀n ∈ N
0
on trouve que
Z2π
f (x) cos(px)dx = πap .
0
alors, pour tout n ∈ N
Z2π
1
an = f (x) cos(x)dx, p > 0.
π
0

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Séries trigonométriques Chapitre 4

suivant les même étapes, en remplacant cos(px) par sin(px), moyennant



Z2π  0, p 6= n
sin(px) sin(nx)dx =
 π, p = n
0

on trouve que
Z2π
f (x) sin(px)dx = πbp ,
0

et donc, pour tout n ∈ N

Z2π
1
bn = f (x) sin(nx)dx.
π
0

Remarque 4.2.

1. Si la fonction f n’est pas donnée explicitement sur [0, 2π], mais sur l’intervalle
[−π, π], dans ce cas le calcul des coefficients de Fourier de f s’effectue sur
l’intervalle [−π, π],
Zπ Zπ
1 1
an = f (x) cos(nx)dx, bn = f (x) sin(nx)dx, n ∈ N,
π π
−π −π


2
2. Si la fonction f est paire, an = f (x) cos(nx)dx et bn = 0 pour tout n ∈ N.
π
0

2
3. Si la fonction f est impaire, an = 0 et bn = f (x) sin(nx)dx pour tout
π
0
n ∈ N..

Exemple 4.3.
Soit f une fonction périodique de période 2π définie par

 1, x ∈] − π2 , π2 [,
f (x) =
 0, x ∈] − π, − π [∪] π , π[,
2 2

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Séries trigonométriques Chapitre 4

La fonction étant paire, ses coefficients de Fourier sont donnés par

bn = 0, a0 = 1,

π
Zπ Z2
2 2 2 sin nπ
an = f (x) cos(nx)dx = cos(nx)dx = 2
, n ∈ N∗ .
π π π n
0 0

La série de Fourier associée à la fonction f est

1 2X1 nπ
+ sin cos(nx).
2 π n∈N∗ n 2

Remarque 4.3.
Si l’intervalle d’intégration est [θ, θ+π] alors les coefficients de Fourier de la fonction
f , s’écrit
θ+π
Z θ+π
Z
1 1
an = f (x) cos(nx)dx, bn = f (x) sin(nx)dx, ∀n ∈ N,
π π
θ θ

où θ ∈ R.

4.3.1 Série de Fourier d’une fonction périodique de période


2L

Soit f une fonction 2L-périodique. Pour la développer en série de Fourier sur


Lt
l’intervalle [−L, L] faisons le changement de variable x = . La fonction g(t) =
  π
Lt
f sera une fonction 2π-périodique, sont développement en série de Fourier est
π
  ∞
L a0 X
g(t) = f = + (an cos (nt) + bn sin (nt)) ,
πt 2 n=1

où, pour tout n ∈ N


Zπ     Zπ  
1 L Lt 1 Lt
an = f cos n dt, bn = f sin(nt) dt,
π πt π π π
−π −π

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Séries trigonométriques Chapitre 4

L π π
en utilisant le changement de variable x = , alors t = x et dt = dx, pour tout
πt L L
n de N on trouve
ZL ZL
1  nπx  1  nπx 
an = f (x) cos dx, bn = f (x) sin dt,
L L L L
−L −L

La série de Fourier associée à f est



a0 X   nπ   nπ 
+ an cos x + bn sin x .
2 n=0
L L

Exemple 4.4. Développons en séries de Fourier la fonction 2-périodique f définie


par f (x) = |x| sur l’intervalle [−1, 1].
Comme cette fonction est paire, on a bn = 0,
Z1
2
a0 = x dx = 1,
1
0

et pour tout n ∈ N?
Z1
2
an = x cos(nπx) dx
1
0

alors 
 a2n = 0,

−4
 a2n+1 =
 ,
π 2 (2n+ 1)2
en déduit que La série de Fourier associée à f est
+∞
1 4 X cos((2n + 1)πx)
− 2 .
2 π n=1 (2n + 1)2

Deux questions se posent, la série de Fourier associée à f est-elle convergente ?


En cas de convergence, peut-on dire que la série converge vers f ?
4.1 Théorème (de Dirichlet)
Soit f : R −→ R une fonction périodique de période T = 2π satisfaisant aux
conditions suivantes (appelées conditions de Dirichlet),

1) En tout point x0 les limites de f à droite et à gauche de x0 existent et

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Séries trigonométriques Chapitre 4

les discontinuité de f sont en nombre fini dans tout intervalle fini.

2) f admet en tout point une dérivée à droite et une dérivée à gauche.


Alors la série de Fourier associée à f est convergente et on a

a0 X   nπ   nπ 
+ an cos x + bn sin x
2 n=0
L L

 f (x), si f est continue en x
= + −
 f (x ) + f (x ) , si f est discontinue en x,
2
De plus la convergence est uniforme sur tout intervalle où la fonction f est
continue.

f (x+ ) et f (x− ) représentent respectivement les limites à droite et à gauche de f


au point x.

4.3.2 Série de Fourier d’une fonction non périodique

Soit f une fonction non périodique définie sur [a, b]. On définit la série de Fourier
associer à f on le prolongent à une fonction g périodique de période T = b − a, telle
que g(x) = f (x), x ∈]a, b[.
Alors la série de Fourier de f s’écrit
X 
2πn
 
2πn

a0 + an cos x + bn sin
n>1
T T

avec
Zb   Zb  
2 2πnx 2 2πnx
an = f (x) cos dx, bn = f (x) sin dx, ∀n ∈ N.
T T T T
a a

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Séries trigonométriques Chapitre 4

4.3.3 Égalité de Parseval


4.2 Théorème

Soit f une fonction développable en série de Fourier et de période T = ,
ω
alors on a

Zω +∞
ω 2 a2 X 2
(f (x)) dx = 0 + an + b2n

π 2 n=1
0

Remarque 4.4. Si f est de période 2π, alors

Z2π +∞
1 2 a2 X 2
(f (x)) dx = 0 + an + b2n

π 2 n=1
0

4.4 Applications des séries de Fourier

4.4.1 Calcul de somme

L’application du théoème de Dirichlet et l’égalité de Parseval, présentés précé-


demment, permet de calculer quelques sommes de série numériques, par exemple :
? La formule de00 bale00 qu’il a démontré 00 Euler00 .

π2 1 1 1 X 1
= 2 + 2 + 2 + ... = ,
6 1 2 3 n2

π2 1 n+1 1
X 1
= 1 − 2 + .... + (−1) 2
+ ... = (−1)n+1 2 ,
12 2 n n=1
n

π2 1 1 1 X 1
= 2 + 2 + 2 + ... = .
8 1 3 5 n=0
(2n + 1)2

? La formule de Leibniz
X (−1)n ∞
π 1 1 1
= 1 − + − + ... = ,
4 3 5 7 n=0
2n + 1
∞ ∞  2
π−1 X sin(x) X sin(x)
= = .
2 n=1
n n=1
n

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Exemple 4.5.
Soit f une fonction périodique de période 2π définie par

 1, x ∈]0, π[
f (x) =
 −1, x ∈] − π, 0[

comme f est une fonction paire alors pour tout n de N, an = 0, et ona



Zπ  0, n = 2k,
2 2 n

bn = sin(nx) dx = (1 − (−1) ) = 4
π nπ  , n = 2k + 1,
(2k + 1)π

0

La fonction f est de classe C 1 par morceaux et 2π-périodique, alors d’après le Théo-


rème de Dirichlet, on a en particulier en tout point x où f est continue


4 X sin(2n + 1)x  1, x ∈]0, π[
f (x) = =
π n=0 2n + 1  0, x = 0 ou x = π

π
Pour x = ,
2
4 X sin (2n + 1) π2

π 4 X (−1)n
f( ) = 1 = =
2 π 2n + 1 π 2n + 1

il en résulte que
X (−1)n 1 1 1 π
= 1 − + − + ... = ,
2n + 1 3 5 7 4
par l’égalité de Parseval, on trouve
Zπ ∞
2 2
X 16 1
f (x) dx = 1 =
π n=0
π2 (2n + 1)2
0

alors

X 1 π2
=
n=0
(2n + 1)2 8
P∞ 1
S= 2
est une série convergente, en séparant les termes d’ordre paire et impaire
n=1 n
on trouve
∞ ∞
X 1 X 1
S= 2
+ , (4.3)
n=1
(2n) n=1
(2n + 1)2

[email protected]
Séries trigonométriques Chapitre 4

mais
∞ ∞ ∞
X 1 X 1 1X 1 S
2
= 2
= 2
= ,
n=1
(2n) n=1
4n 4 n=1 n 4
en remplacant dans (4.3) on trouve

S X 1
S= + ,
4 n=0 (2n + 1)2

alors
3S X 1 π2
= = ,
4 (2n + 1)2 8
ainsi

X 1 π2
S= 2
= .
n=1
n 6

4.4.2 Résolution d’équation différentielles

Comme les séries entière, les séries de Fourier peut être utiliser pour chercher des
solutions pour quelques équations aux dérivées partielles. La méthode de séparation
des variables pour les équations aux dérivées partielles repose sur la recherche de
solution sous forme d’un produit de fonctions d’une seul variable. Lorsqu’on applique
cette méthode, on trouve que ces fonctions sont solutions d’équations différentielles
ordinaires.
Considérons le problème des Cordes vibrantes suivant
 2
∂ u ∂ 2u
 2 (x, t) = (x, t), x ∈]0, 1[, t > 0,


 ∂t

 ∂x2
u(0, t) = u(1, t) = 0, t > 0,

u(x, 0) = f (x), ∂u (x, 0) = g(x), x ∈]0, 1[.



∂t
On cherche des solutions sous la forme X(x)T (t) vérifiant les conditions aux initiales
et les conditions aux limites du problème.
En utilisant le principe de superposition on trouve

X
u(x, t) = sin(nπx) (an cos(nπt) + bn sin(nπt)) ,
n=1

[email protected]
Séries trigonométriques Chapitre 4

on obtient les coefficients an et bn en moyennant les séries de Fourier.


On peut aussi trouver des solutions pour les problème de la chaleur et des ondes en
utilisant les série de Fourier.

Exemple 4.6.
On considère le problème suivant

∂ 2u ∂ 2u
(t, x) = (t, x), x ∈]0, 2π[, t > 0,


 2 2



 ∂t ∂x

u(0, t) = u(2π, t) = 0,

3x
u(x, 0) = 2 sin


2



∂u x


= 3 sin



∂t 2
en utilisant la méthode de séparation des variables, on trouve
∞  
X nx nt nt
u(x, t) = sin an cos + bn sin .
n=1
2 2 2

3x
comme u(x, 0) = 2 sin ,
2

3x X nx
2 sin = an sin
2 n=1
2

rappelons que 
Z2π  π, n = m
sin nx sin mx dx =
0
6 m
 0, n =

alors
Z2π
1 3x nx
an = 2 sin sin dx
π 2 2
0
 2, n = 3
=
 0, n 6= 3.

D’autre part, la dérivée de la solution u par rapport à t, donne


∞  
∂u X nx nan nt nbn nr
(x, t) = sin − sin + cos
∂t n=1
2 2 2 2 2

[email protected]
4.5 Exercices sur le chapitre 4 Chapitre 3

x
comme u(x, 0) = 3 sin , en déduit que
2

x X nbn nx
3 sin = sin
2 n=1
2 2

ainsi
Z2π
1 x nx
bn = 3 sin sin dx
πn 2 2
 0
 3, n = 1
=
 0, n 6= 1

en remplacant an et bn dans la formule de u, on obtient la solution du problème

x t 3x 3t
u(x, t) = 3 sin sin + 3 sin sin .
2 2 2 2

4.5 Exercices sur le chapitre 4


Exercice 33.
Soit f une fonction 2π−périodique, définie par

 x, x ∈ [0, π[,
f (x) =
 0, x ∈ [−π, 0[,

1) Déterminer les coefficients de Fourier an et bn associés à f et donner la série


de Fourier associée à f .

2) En déduire les sommes


∞ ∞
X 1 X 1
, .
n=0
(2n + 1)2 n=1
n2

Exercice 34. Soit f une fonction 2π−périodique, définie pour x ∈ [0, 2π[ par f (x) =
x2 .

1) Déterminer la série de Fourier de f .

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

2) Calculer
+∞ +∞
X 1 X 1
, .
n=1
n2 n=1
n4

Exercice 35.

1) Déterminer les coefficients de Fourier an et bn la série de Fourier de la fonction


2π−périodique définie sur [−π, π] par f (x) = |x|.

2) Déduire la valeur des sommes suivantes


+∞ +∞
X 1 X 1
, .
n=0
(2n + 1)2 n=0
(2n + 1)4

Exercice 36. Soit f une fonction périodique de période 2, définie par f (x) = x − x3
pour tout x ∈] − 1, 1].

1) Déterminer les coefficients de Fourier de f .


P (−1)n
+∞
2) En déduire la somme de la série 3
.
n=0 (2n + 1)

Exercice 37.
P
1) Soit un (x) une série de fonctions uniformément convergente sur un inter-
n∈N
valle I. Montrer que les fonctions un sont toutes bornées sur I pour n assez
grand, et que kun k∞ tend vers 0 lorsque n tend vers +∞.

2) Soit I un intervalle fermé de longueur au moins égale à π, et a, b deux réels



quelconques. Montrer que sup|a cos x + b sin x| sur I est a2 + b2 .
x∈I

3) Soit I = [α, β] un intervalle fermé de longueur strictement positive. On sup-


+∞
P 
pose que la série de fonctions an cos(nx) + bn sin(nx) converge unifor-
n=0
mément sur I. Montrer que lim an = lim bn = 0.
n→+∞ n→+∞

4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4


Corrigé de l’exercice 33

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

1) La fonction f n’est ni paire, ni impaire, alors les coefficients de Fourier sont


Zπ Zπ
1 1
an = f (x) cos(nx) dx, bn = f (x) sin(nx) dx, n ∈ N.
π π
−π −π

On a
Zπ Zπ
1 1 π
a0 = f (x) dx = x dx =
π π 2
−π 0
?
Pour tout n ∈ N ,

1
an = f (x) cos(nx) dx
π
−π

1
= x cos(nx) dx
π
0
 π Zπ
1 1 1
= x sin(nx) − sin(nx) dx
π n 0 nπ
0

1
=− sin(nx) dx

0
1
=− 2
[cos(nx)]π0

1
= 2 ((−1)n − 1) ,

et

1
bn = f (x) sin(nx) dx
π
−π

1
= x sin(nx) dx
π
0
 π Zπ
1 1 1
= − x cos(nx) + cos(nx) dx
π n 0 nπ
0
1
=− [x cos(nx)]π0

(−1)n+1
= .
n

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

La série de Fourier associée à f est donc


+∞
((−1)n − 1) (−1)n+1
 
π X
+ cos(nx) + sin(nx)
4 n=1 n2 π n

2) La fonction f étant de classe C 1 par morceaux et 2π-périodique, alors d’aprés


le Théorème de Dirichlet, on a en particulier en tout point x où f est continue
+∞
((−1)n − 1) (−1)n+1
 
π X
f (x) = + cos(nx) + sin(nx) .
4 n=1 n2 π n

La fonction f est continue en 0, alors


+∞
π X ((−1)n − 1)
f (0) = +
4 n=1 n2 π
+∞
π 2X 1
= −
4 π n=1 (2n + 1)2

mais f (0) = 0, alors


+∞
X 1 π2
2
= .
n=1
(2n + 1) 8
D’autre part
∞ ∞ ∞
X 1 X 1 X 1
2
= 2
+
n=1
n n=1
(2n) n=1
(2n + 1)2
∞ ∞
X 1 X 1
= +
n=1
4n2 n=1 (2n + 1)2

alors
∞ ∞
3X 1 X 1 π2
= = ,
4 n=1 n2 n=1
(2n + 1)2 8
ainsi

X 1 π2
= .
n=1
n2 6

Corrigé de l’exercice 34

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

1) On remarque que f , alors pour tout n ∈ N, bn = 0 et

Z2π
1
an = x2 cos(nx)dx
π
0
2π Z2π
1 x2 sin nx

2
= − x sin(nx)dx
π n 0 πn
0
 2π Z2π
2 x cos(nx) 2
= − 2 cos(nx)dx
nπ n 0 πn
0
4
= [π cos(nπ)]
πn2
4
= 2 (−1)n ,
n

et
Z2π
1 2π 2
a0 = x2 dx = .
π 3
0

La série de Fourier associée à f est



π2 X cos(nx)
+ 4 (−1)n 2
.
3 n
n

2) f est C 1 par morceaux, d’après le Théorème de Dirichlet, la série de Fourier


de f converge simplement vers f sur R

1 + −
 π2 X cos(nx)
f (x ) + f (x ) = + 4 (−1)n .
2 3 n
n2

Pour x = 0, on a

π2 X (−1)n
f (0) = 0 = +4 .
3 n
n2
dons

X (−1)n π2
=− .
n
n2 12
De même pour x = π,
∞ ∞
2 π2 X (−1)n
n π2 X1
f (π) = π = +4 2
(−1) = + 4 2
.
3 n
n 3 n
n

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

Ainsi
+∞
X 1 π2
= .
n=1
n2 6
La dernière somme se calcule en appliquant le théorème de Parseval,
Z 2π  2 2 +∞ 
1 X 16 16π 2

1 4 4π
x dx = + + 2 .
2π 0 3 2 n=1 n4 n
Z2π
1 16π 4
En utilisant le fait que x4 dx = , moyennant le calcul précédent,
2π 5
0
en déduit que
+∞
X 1 π4
= .
n=1
n4 90
Corrigé de l’exercice 35

1) La fonction f est paire, donc pour tout n ∈ N, bn = 0,



1 π
a0 = x dx =
π 2
0

en utilisant le fait que la fonction x 7→ |x| cos(nx) est paire, on obtient



1
an = f (x) cos(nx) dx
π
−π

1
= |x| cos(nx) dx
π
0

2
= x cos(nx) dx
π
0
par une intégration par partie,
 π Zπ
2 1 2
an = x sin(nx) − sin(nx) dx
π n 0 nπ
0

2
=− sin(nx) dx

0
1
= − 2 [cos(nx)]π0

2
= 2 ((−1)n − 1) ,

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

−4
car cos(nπ) = (−1)n . donc on a a2n = 0, et a2n+1 = , pour tout
π(2n + 1)2
n ∈ N?
La série de Fourier associée à f est
+∞
π 4 X cos((2n + 1)x)
− .
2 π n=0 (2n + 1)2

2) f est continue et C 1 par morceaux sur R, par le théorème de Dirichlet f est


somme de sa série de Fourier pour tout x de [−π, π[,
+∞
π 4 X cos((2n + 1)x)
f (x) = |x| = − .
2 π n=0 (2n + 1)2

En particulier, pour x = 0,
+∞
X 1 π2
= .
n=0
(2n + 1)2 8

Par l’égalité de Parseval :


Zπ +∞
1 2 π 2 1 16 X 1
x dx = + × 2× .
2π 4 2 π n=0
(2n + 1)4
−π

d’où
+∞
X 1 π4
4
= .
n=0
(2n + 1) 96

Corrigé de l’exercice 36

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

1) La fonction f est impaire, alors pour tout n ∈ N, an = 0 et


Z1
bn = f (x) sin(nπx) dx
−1
Z1
=2 f (x) sin(nπx) dx
0
Z1
2
=− (3x2 − 1) cos(nπx) dx
πn
0
Z1
12
= x sin(nπx) dx
π 2 n2
0
 1 Z1
12 x cos(nπx) 12
= 2 2 − + 2 3 cos(nπx) dx
π n πn 0 π n
0
n+1
(−1) 12
= .
π 3 n3
2) La fonction f est continue et C 1 par morceaux, alors en tout réel x, f est
1
somme de sa série de Fourier. En particulier, en , on a
2
+∞
12(−1)n+1
  X
3 1  nπ 
=f = sin .
8 2 n=0
π 3 n3 2
 nπ   nπ   π
sin est nul si n est pair, et si n = 2k+1, alors sin = sin nπ + =
2 2 2
(−1)n .
On en déduit que
+∞
3 X (−1)n 12
=
8 n=0 π 3 (2n + 1)3
d’où
+∞
X (−1)n π3
3
= .
n=0
(2n + 1) 32
Corrigé de l’exercice 37

1) Puisque un = +∞
P P+∞
k=n uk − k=n+1 uk , alors par le critère de Cauchy uniforme

on en déduit que pour tout n > N et tout x ∈ I,

|un (x)| 6 2ε.

[email protected]
4.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 4 Chapitre 4

Ceci prouve à la fois que un est bornée sur I pour n assez grand, et aussi que
(kun k∞ ) tend vers 0.

2) On a

 
a b
a cos(x) + b sin(x) = a2 + b2 √ cos(x) + √ sin(x) .
a2 + b 2 a2 + b2
a b
Posons u = √ et v = √ . Alors u et v sont deux réels tels que
2
a +b 2 a + b2
2
u2 + v 2 = 1. Il existe donc θ ∈ R tel que u = cos(θ) et v = sin(θ). Alors pour
tout x ∈ I

|a cos(x) + b sin(x)| = a2 + b2 cos(θ) cos(x) + sin(θ) sin(x)

= a2 + b2 cos(x − θ) .

3) On utilise les deux questions précédentes : On sait que |an cos(nx)+bn sin(nx)|
tend vers 0. De plus, soit In = nI = [nα, nβ]. Alors

sup|an cos(nx) + bn sin(nx)| = sup |an cos(y) + bn sin(y)|.


x∈I y∈In

Or, pour n assez grand, In est de longueur au moins π et donc


p
sup |an cos(nx) + bn sin(nx)| = a2n + b2n .
x∈I

Combinant les deux propriétés, on trouve que


p
lim a2n + b2n = 0 =⇒ lim a2n + b2n = 0
n→+∞ n→+∞

Ceci implique que lim a2n = lim b2n = 0 - on peut justifier cela par le
n→+∞ n→+∞
théorème des gendarmes,

0 6 a2n 6 a2n + b2n .

Prenant la racine carrée, on conclut que lim an = lim bn = 0.


n→+∞ n→+∞

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CHAPITRE 5

INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES

5.1 Introduction
Jusqu’à présent, nous avons considéré l’intégration de fonctions continues sur un
intervalle fermé et borné. Dans ce chapitre, nous présentons une généralisation de
la définition de l’intégrale des fonctions pas nécessairement continue sur intervalles
non bornées, par exemple
π
Z+∞ Z1 Z+∞ Z2
sin x
e−x dx, ln x dx, dx, tan x dx, · · ·
x
0 0 −∞ 0

Ces intégrales sont appelées intégrale généralisée ou bien d’intégrale impropre.

Objectifs du chapitre

• Apprendre à étudier la convergence d’intégrales dont une borne est infinie ou


encore avec au moins une borne où la fonction n’est pas définie et a une limite
infinie.

• Calculer une intégrale généralisée.

148
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.2 Intégrales généralisées (impropres)

5.2.1 Propriétés et définitions élémentaires


5.1 Définition
Une fonction f : I ⊂ R −→ R est dite localement intégrable sur I, si elle est
intégrable sur tout intervalle compact de I.

5.2 Définition
Soit f une fonction définie sur [a, b[ à valeurs dans R ou C (−∞ < a < b 6
+∞), localement intégrable sur [a, b[, on lui associe la fonction F définie sur
[a, b[ et à valeurs dans R ou C par
Zx
∀x ∈ [a, b[, F (x) = f (t) dt.
a

On dit que l’intégrale de f sur [a, b[ a un sens ou est convergente si et seule-


ment si la limite de F (x) lorsque x tend vers b existe. Dans le cas contraire
(la limite n’existe pas) on dit que l’intégrale de f sur [a, b[ n’a pas de sens ou
est divergente.
Zb
On appelle cette limite l’intégrale généralisé de f sur [a, b[, noté f (t) dt
a
telle que
Zb
limF (x) = f (t) dt.
x→b
a

Exemple 5.1.
Z1
dt 1
1) L’intégrale est généralisé, la fonction t 7→ n’est pas définie en
1−t 1−t
0
1.

[email protected]
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Soit x ∈ [0, 1[,


Z x
dt
= − [ln(1 − t)]x0
0 1−t
= ln(1) − ln(1 − x)

= − ln(1 − x) → +∞.
n→+∞

Z1
dt
L’intégrale est divergente.
1−t
0
R +∞ dt
2) Soit l’intégrale généralisé 1
(en +∞), pour tout x ∈ [1; +∞[, on a
t2
Z x
dt 1
2
=1− → 1,
1 t x n→+∞
Z+∞
dt
donc converge.
t2
1

5.3 Définition
Soit f une fonction définie sur [a, b[ à valeurs dans R ou C (−∞ 6 a < b <
+∞), localement intégrable sur [a, b[, on lui associe la fonction F définie sur
]a, b] et à valeurs dans R ou C par

Zb
∀x ∈]a, b], F (x) = f (t) dt
x

On dit que l’intégrale de f sur ]a, b] a un sens ou est convergente si et seule-


ment si la limite de F (x) lorsque x tend vers a existe. Dans le cas contraire
(la limite n’existe pas) on dit que l’intégrale de f sur ]a, b] n’a pas de sens ou
est divergente.
Zb
On appelle cette limite l’intégrale généralisé de f sur ]a, b], noté f (t) dt
a
telle que
Zb
lim F (x) = f (t) dt.
x→a
a

[email protected]
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Exemple 5.2.
Z1
1) Etudions l’intégrale généralisée ln t dt.
0
Pour tout x ∈]0, 1], une intégration par partie donne

Z1 Z1
ln t dt = [t ln t]1x − dt
x x

= [t ln t − t]1x

= ln(1) − 1 − (x ln x − x)

comme lim x ln x = 0, alors


x→0

Z1
lim ln t dt = −1.
x→0
x

Z1
L’intégrale ln t dt converge et on a
0

Z1
ln t dt = −1.
0

Z0
2) Soit l’intégrale généralisée et dt. Pour tout x ∈] − ∞, 0]
−∞

Z0
 0
et dt = et x = 1 − ex → 1,
x→−∞
x

Z0
alors l’intégrale et dt est convergente, et sa valeur est 1.
−∞

[email protected]
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.4 Définition
Soit f une fonction définie sur ]a, b[ à valeurs dans R ou C (−∞ 6 a < b 6
+∞), localement intégrable sur ]a, b[. On dit que l’intégrale de f sur ]a, b[ est
convergente, s’il existe c ∈]a, b[, tel que les intégrales de f sur ]a, c] et [c, b[
Zc Zb
convergent, on appelle f (t) dt + f (t) dt l’intégrale généralisée de f sur
a c
]a, b[, noté
Zb Zc Zb
f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt
a a c

Remarque 5.1.

1) On pratique, pour étudier une intégrale généralisée sur ]a, b[, on choisit une
valeur c de ]a, b[. La valeur de l’intégrale est indépendante de c.
Zc Zb
2) Pour c ∈]a, b[, si f (t) dt diverge alors f (t) dt diverge.
a a

Exemple 5.3.
Z1
dt
, est une intégrale généralisée en 0 et 1
t − t2
0
Zc
dt
Soit c ∈]0, 1[, étudions la nature de . On a
t(1 − t)
0

1 1 1
= + ,
t(1 − t) t 1−t

alors pour tout x ∈]0, c],


Zc Zc  
dt 1 1
= + dt
t(1 − t) t 1−t
x x

= [ln t − ln(1 − t)]cx

= ln c − ln (1 − c) − (ln(x) − ln(1 − x)) → +∞


x→0

[email protected]
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Zc Z1
dt dt
est divergente, alors est aussi divergente.
t(1 − t) t(1 − t)
0 0

Dans ce qui suit on considère les intégrales généralisées en b.

5.2.2 Calcul pratique des intégrales généralisées


5.1 Proposition (intégration par parties)
Soient u et v deux fonctions définies sur [a, b[ à valeurs dans R ou C (−∞ <
a 6 b 6 +∞), de classe C 1 sur [a, b[, tels que la limite de uv en b existe. Les
intégrales
Zb Zb
0
u (t)v(t) dt, u(t)v 0 (t) dt
a a

sont de même nature, et on a

Zb Zb
0
u (t)v(t) dt = lim(u(t)v(t)) − u(a)g(a) − u(t)v 0 (t) dt
t→b
a a

Démonstration. On a
Zb Zb
0
u (t)v(t) dt = [u(t)v(t)]ba − u(t)v 0 (t) dt.
a a

comme l’intégrale est généralisée en b, alors pour tout x ∈ [a, b[

Zb Zx
u0 (t)v(t) dt = lim u0 (t)v(t) dt
x→b
a a

[email protected]
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

d’où
 
Zb Zx
u0 (t)v(t) dt = lim [u(t)v(t) dt]xa − u(t)v 0 (t) dt ,
x→b
a a
 
Zx
= lim u(t)v(t) − u(a)v(a) − u(t)v 0 (t) dt ,
x→b
a
Zx
= lim(u(t)v(t)) − u(a)v(a) − lim u(t)v 0 (t) dt,
x→b x→b
a
Zb
= lim(u(t)v(t)) − u(a)v(a) − u(t)v 0 (t) dt.
x→b
a

Zb Zx
0
comme la limite de uv en b existe, les intégrales u (t)v(t) dt et u(t)v 0 (t) dt sont
a a
de meme nature.

Exemple 5.4.
Z+∞
Calculons la somme de l’intégrale te−t dt.
0
La fonction t 7−→ te−t est continue sur [0, +∞[. Utilisant l’intégration par partie,
on pose u(t) = t et v 0 (t) = e−t , alors
Zx Zx
te−t dt = −[te−t ]x0 − −e−t
0 0

= −xe−x − [e−t ]x0 ,

= −xe−x − e−x + 1,

ainsi
Zx
lim te−t dt = 1.
x→+∞
0

Z+∞ Z+∞
−t
L’intégrale te dt est convergente et te−t dt = 1 .
0 0

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.2 Proposition (changement de variable)


Soit f : [a, b[→ R une fonction continue sur [a, b[ (−∞ < a < b 6 +∞), et
ϕ : [α, β[→ [a, b[ une fonction de classe C 1 et monotone sur [α, β[ (−∞ <
α < β 6 +∞), tels que ϕ(α) = a et lim ϕ(x) = b. Alors les intégrales
x→β

Zβ Zb
f (ϕ(x)) ϕ0 (x)dx et f (t) dt
α a

sont de même nature, et en cas de convergence,

Zβ Zb
f (ϕ(x)) ϕ0 (x)dx = f (t) dt.
α a

Démonstration.
Soient x ∈ [a, b[ et y ∈ [α, β[, posons
Zx Zy
F (x) = f (t) dt et G(y) = f (ϕ(x))ϕ0 (x)dx,
a a

et montons que
F (ϕ(y)) = G(y).

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

On a
ϕ(y)
Z
F (ϕ(y)) = f (t) dt
a
ϕ(y)
Z
= f (t) dt
ϕ(α)

= F (ϕ(y)) − F (ϕ(α))
Zy
= (F ◦ G)0 (u)du
α
Zy
= F 0 (ϕ(x))ϕ0 (u)du
0
Zy
= f (ϕ(x))ϕ0 (u)du
α

= G(y).
Zb Zx
Supposons que f (t) dt converge, donc lim f (t) dt = l,
x→b
a a

Zy ϕ(y)
Z
0
f (ϕ(u))ϕ (u)du = F (ϕ(y)) = f (t) dt
α a

Comme limy→β ϕ(y) = b, en déduit que

ϕ(y)
Z Zb
lim f (t) dt = f (t) dt = l.
y→β
a a
Zy
L’intégrale f (ϕ(u))ϕ0 (u)du converge.
α
Zy
Inversement, supposons que f (ϕ(u))ϕ0 (u)du converge, alors
α
Zy
lim f (ϕ(u))ϕ0 (u)du = l.
y→β
α

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

ϕ est continue et monotone sur [α, β[, donc bijective et on a


−1 (x)
ϕZ
Zx
f (t) dt = G(ϕ−1 (x)) = f (ϕ(u)) ϕ0 (u) du
a α

d’où
Zx Zβ
lim f (t) dt = f (ϕ(u)) ϕ0 (u) du = l,
x→b
a α

Zb
donc f (t) dt converge.
a
Finalement en passant à la limite lorsque y tend vers β dans F (ϕ(y)) = G(y), on
obtient l’égalité
Zβ Zb
0
f (ϕ(x)) ϕ (x)dx = f (t) dt
α a

Exemple 5.5.
Z+∞
dt
Étudions la nature de l’intégrale .
t ln t
2
En utilisant le changement de variable t = eu , dt = eu du (ϕ est de classe C 1 et
Z+∞ Z+∞
dt du
strictement monotone sur [ln 2, +∞[), on trouve que les intégrales et
t ln t u
2 ln 2
Z+∞ Z+∞
du dt
ont la même nature, et comme est divergente, alors est divergente.
u t lnt
ln 2 2

5.3 Proposition
Soient f et g deux fonctions [a, b[ définies sur [a, b[ à valeurs dans R ou
Zb
C, localement intégrables sur [a, b[, si les intégrales généralisées f (t) dt et
a
Zb Zb
g(t) dt convergent, alors pour tout λ ∈ R l’intégrale généralisée (f +
a a

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

λg)(t) dt converge et on

Zb Zb Zb
(f + λg)(t) dt = f (t) dt + λ g(t) dt
a a a

Démonstration.
Soit x ∈ [a, b[,
 x 
Zb Z
(f (t) + λg(t))(t) dt = lim  (f + λg)(t) dt
x→b
a
 ax 
Z Zx
= lim  f (t) dt + λ g(t) dt
x→b
a a
Zx Zx
= lim f (t) dt + lim λ g(t) dt
x→b x→b
a a
Zb Zb
= f (t) dt + λ g(t) dt
a a

Remarque 5.2.
Zb Zb Zb
Si l’intégrale f (t) dt converge et l’intégrale g(t) dt diverge, alors (f + g)(t) dt
a a a
diverge.
Zb
Car si on suppose que l’intégrale (f + g)(t) dt converge, d’après la proposition
a
précédente
Zb Zb Zb
(f + g)(t) dt − f (t) dt = g(t) dt
a a a
Zb
converge, contradiction avec le fait que g(t) dt diverge.
a

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.4 Proposition
Soit α ∈ R
Z1
1
1) L’intégrale dt converge si et seulement si α < 1.

0
Z+∞
1
2) dt converge si et seulement si α > 1.

1

Démonstration.

1) Soit x ∈]0, 1], on a

Z1
 1 1
1  [t1−α ]x si α 6= 1,
dt = 1−α
tα 
[ln t]1x si α = 1,
x
 1
 (1 − x1−α ) ; α 6= 1,
= 1−α
− ln x si α = 1,

comme lim ln x = −∞, alors


x→0

 0 si 1 − α > 0,
lim x1−α = lim e(1−α) ln x =
x→0 x→0  +∞ si 1 − α < 0.

Z1
1
lim dt existe si et seulement si 1 − α > 0, donc si et seulement si α < 1,
x→0 tα
x
Z1
1
ainsi dt est convergente si et seulement si α < 1.

0
2) Pour tout x ∈ [1, +∞[,

Zx
 1 x
1  [t1−α ]1 si α 6= 1,
dt = 1−α
tα 
[ln t]x1 si α = 1,
1
 1
 (−1 + x1−α ) si α 6= 1,
= 1−α
ln x si α = 1.

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Or, 
 0 ; 1−α<0
lim x1−α = lim e(1−α) ln x =
x→0 x→0  +∞ si 1 − α > 0.

Zx
1
lim dt existe si et seulement si 1 − α < 0, donc si et seulement si α > 1,
x→0 tα
1
Z+∞
1
ainsi dt est convergente si et seulement si α > 1.

1

Remarque 5.3.
Z+∞
1
L’intégrale dt est divergente car

0

Z+∞ Z1 Z+∞
1 1 1
dt = dt + dt
tα tα tα
0 0 1

Z1 Z+∞
1 1
où dt converge pour α < 1 et dt converge pour α > 1.
tα tα
0 1

Zb
On vient de voir qu’une fois la primitive associée a l’intégrale généralisée f (t) dt
a
est explicitée alors on peut déduire la nature de cette intégrale, il suffit de calculer
une limite de la primitive, mais malheureusement trouver l’expression de celle-ci,
2 sin t
n’est pas toujours facile, par exemple le cas de la fonction t 7−→ et ou t 7−→ .
t
Comme pour les série numérique, il faut concevoir d’autres critères qui nous per-
mettent de déterminer la nature d’une intégrale généralisée.

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.2.3 Intégrale généralisée d’une fonction positive


5.1 Théorème (majoration)
Soit f une fonction définie sur [a, b[ (−∞ < a < b 6 +∞) à valeurs dans R+
Zx
et localement intégrable sur [a, b[. Alors la fonction F (x) = f (t) dt définie
a
Zb
sur [a, b[ est croissante et l’intégrale f (t) dt converge si et seulement si la
a
fonction F est majorée. De plus, on a

Zb
∀x ∈ [a, b[, F (x) 6 f (t) dt.
a

Démonstration.
Zx
La fonction f étant positive sur [a, b[ alors F (x) = f (t) dt est croissante [a, b[, car
a
pour tout x ∈ [a, b[, F 0 (x) = f (x) > 0.
Soit l’ensemble
F = {F (x), x ∈ [a, b[}.

F est non vide et admet une borné supérieur M . Montrer que

lim F (x) = M.
x→b

Comme M est une borné supérieur de F,

∀x ∈ [a, b[, F (x) 6 M, et ∀ε > 0, ∃x0 ∈ [a, b[ ; F (x0 ) > M − ε

mais F est croissante,

∀ x ∈ [x0 , b[; M − ε < F (x0 ) < F (x) 6 M 6 M + ε,

ainsi
∀ x ∈ [x0 , b[; |F (x) − M | < ε,

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

d’où
lim F (x) = M.
x→b

Zb
Pour la réciproque, supposons par l’absurde que f (t) dt converge, et que F
a
n’est pas bornée.
Comme F est croissante, alors lim F (x) = +∞, d’autre part
x→+∞

Zx
lim F (x) = lim f (t) dt = +∞
x→b x→b
a

Zb
f (t) dt diverge, ce qui est absurde, ainsi F est bornée.
a

5.2 Théorème (de comparaison)


Soient f et g deux fonctions définies sur [a, b[ à valeurs réelles et localement
intégrables sur [a, b[ où −∞ < a < b 6 +∞, supposons que pour tout
t ∈ [a, b[, 0 6 f (t) 6 g(t).
Zb Zb
1) Si l’intégrale g(t) dt converge, alors l’intégrale f (t) dt converge.
a a
Zb Zb
2) Si l’intégrale f (t) dt diverge, alors l’intégrale f (t) dt diverge.
a a

Démonstration.

1) Posons
Zx Zx
G(x) = g(t) dt et F (x) f (t) dt, ∀x ∈ [a, b[.
a a

Comme pour tout t ∈ [a, b[ 0 6 f (t) 6 g(t), et F , G sont croissantes sur


[a, b[,t on a
∀x ∈ [a, b[, 0 6 F (x) 6 G(x)

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Donc, si G est majorée, F l’est également, d’après le théorème de majoration


Zb
f (t) dt converge.
a
2) Est la contraposée de 1).

5.3 Théorème (d’équivalence)


Soient f et g deux fonctions définies sur [a, b[ à valeurs réelles et localement
intégrables sur [a, b[ (−∞ < a < b 6 +∞), supposons f ∼ g au voisinage de
Zb Zb
b, alors les intégrales f (t) dt et g(t) dt sont de même nature.
a a

Démonstration.
Comme f ∼ g au voisinage de b, il existe une fonction ε définie sur un voisinage
[α, b[ de b vérifiant

∀t ∈ [α, b[, f (t)ε(t) = g(t) et limε(t) = 1


t→b

1
Donc il existe β ∈ [α, b[ tel que 6 ε(t) 6 2 ainsi
2
f (t)
∀t ∈ [β, b[, 6 f (t)ε(t) = g(t) 6 2f (t)
2
Zb Zb Zb
Alors, si l’intégrale f (t) dt converge, l’intégrale f (t) dt converge donc 2f (t) dt
a β β
Z b Zb
converge, et d’après le théorème de comparaison f (t) dt converge, g(t) dt converge
β a
aussi.
Zb Zb Zb
1
Si g(t) dt diverge, g(t) dt diverge donc l’intégrale g(t) dt diverge, d’où la
2
a β β
Zb Zb Zb
divergence de f (t) dt et de f (t) dt. Par conséquent les intégrales f (t) dt et
β a a

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Zb
g(t) dt sont de même nature.
a
Exemple 5.6.
Z+∞ 2
sin t
1) dt est une intégrale généralisée convergente, en effet, pour tout t ∈
t2 + 1
1
R?+ ,
sin2 t 1
6 .
t2 + 1 t2
Z+∞
dt
est une intégrale de Riemann convergente, alors d’après le critère de
t2
1
Z+∞
sin2 t
comparaisons dt est convergente.
t2 + 1
1
Z1
e−t
2) Étudions la nature de l’intégrale généralisée dt.
t
0
e−t 0
La fonction t 7−→ est positive et continue sur ]0, 1], et on a e−t ∼ 1, donc
t
e−t 0 1
∼ .
t t
Z1 1
Z −t
dt e
diverge, alors dt est divergente d’après le critère d’équivalence.
t t
0 0

5.1 Corollaire
Soient f : [a, +∞[−→ R+ une fonction localement intégrable, et a > 0,
Z+∞
α
1) Si lim t f (t) = 0 alors f (t) dt converge pour tout α > 1.
t→+∞
a
Z+∞
α
2) Si lim t f (t) = +∞ alors f (t) dt diverge pour tout α 6 1.
t→+∞
a

Démonstration.
On utilise la définition de la limite et le théorème de comparaison avec l’intégrale
de Riemann.

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Les intégrales de Bertrand sont des intégrales généralisées de la forme


Z
dt
tα (ln t)β
Le théorème suivant donne une condition nécessaire et suffisante de convergence de
ces intégrales.
5.4 Théorème (Intégrale de Bertrand)
Soient (α, β) ∈ R2
Z+∞
dt
1) L’intégrale converge ⇐⇒ (α > 1) ou (α = 1 et β >
tα ((ln t)β
2
1)
1
Z2
dt
2) L’intégrale converge ⇐⇒ (α > 1) ou (α = 1 et β > 1).
tα |lnt|β
0
Z1
dt
2) L’intégrale converge ⇐⇒ β < 1
tα |lnt|β
1
2

Démonstration.

1) Soient α > 1 et β ∈ R, prenons γ ∈]1; α[,


1 1
lim tγ = lim α−γ =0
t → +∞ tα (ln t)β t → +∞ t (ln t)β
Z+∞
dt
d’après le corollaire précédent converge.
tα (ln t)β
2
Soient α < 1 et β ∈ R,
1 t1−α
lim t = lim = +∞,
t → +∞ tα (ln t)β t → +∞ (ln t)β

Z+∞
dt
Alors l’intégrale diverge.
tα (ln t)β
2
Si α = 1, en utilise le changement de variable t = eu , on obtient
Z+∞ Z+∞
dt du
=
t (ln t)β
α uβ
2 ln 2

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Z+∞ Z+∞
du dt
converge si et seulement si β > 1, alors converge si et
uβ tα (ln t)β
ln 2 2
seulement si β > 1.

1
2) En utilisant le changement de variable t = , on obtient
u
1
Z2 Z2 Z+∞

 
dt −du du
= = .
t | ln t |β
α | − ln u |β u2 u2−α (ln u)β
0 +∞ 2

Z+∞
du
D’après 1) converge si et seulement si 2−α > 1 ou 2−α = 1
u2−α (ln(u))β
2
et β > 1, donc si et seulement si α < 1 ou si β > 1 et α = 1. Or
1
Z2
dt
converge ⇐⇒ (α < 1) ou (α = 1 et β > 1).
tα ( ln t )β
0

3) Le développement limité de la fonction ln(x + 1) au voisinage de 0 est

ln(1 + x) = x + o(x),

alors au voisinage de 1, on a

ln t = ln(1 + t − 1) = t − 1 + ◦(t − 1),

en déduit que
1 1 1

tα | ln t |β | t − 1 |β
en posons t = u + 1, on trouve
1
Z0 Z2
du du
= .
| u |β uβ
− 12 0

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

1 1
Z1 Z2 Z2
dt du du
et sont de meme nature, comme converge si et
tα | ln t |β uβ uβ
1 0 0
2
Z1
dt
seulement si β < 1, alors l’intégrale converge si et seulement si
tα | ln t |β
1
2
β<1.

Exemple 5.7.
Z+∞
t ln t
Etudions la nature de l’intégrale dt, α ∈ R.
(1 + t2 )α
0
Au voisinage de 0, on a
t ln t 0
2 α
∼ t ln t.
(1 + t )
Z1
L’intégrale t ln t dt converge, en effet une intégration par partie donne
0

Z1 1 Z1
t2

1
t ln t dt = − ln t − t dt
2 x 2
x x
 2 1
x2 1 t
=− ln x −
2 2 2 x
x2 1 1 1
=− ln x − + x2 → −
2 4 4 x→0 4
Z1 Z1
t ln t
t ln t dt converge, donc dt est aussi convergente.
(1 + t2 )α
0 0
En +∞, on a
t ln t +∞ t ln t ln t
2 α
∼ 2α = 2α−1 .
(1 + t ) t t
Z+∞
ln t
est une intégrale de Bertrand convergente si et seulement si 2α − 1 > 1,
t2α−1
1
Z+∞
t ln t
donc si et seulement si α > 1, alors dt converge si et seulement si
(1 + t2 )α
1
α > 1.

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.2.4 Intégrale généralisée d’une fonction de signe quelconque


5.5 Définition (convergence absolue)
Soit f une fonction localement intégrable sur [a, b[. On dit que l’intégrale
Zb
généralisée f (t) dt converge absolument (ou absolument convergente) si
a
Zb
|f (t)| dt converge.
a

5.5 Proposition
Toute intégrale généralisée absolument convergente est convergente.
En revanche, la réciproque est fausse.

Exemple 5.8.
Z+∞
cos(t)
Soit l’intégrale généralisée dt, pour tout t ∈ [1, +∞[ on a
t2
1

cos(t) 1
t2 6 t2

Z+∞ Z+∞
dt cos(t)
converge, alors dt est absolument convergente et donc convergente.
t2 t2
1 1

5.6 Définition
Soit f une fonction localement intégrable sur [a, b[. On dit que l’intégrale
Zb Zb Zb
généralisée f (t) dt est semi convergente si |f (t)| dt diverge et f (t) dt
a a a
converge.

Exemple 5.9.
Z+∞
sin t
L’intégrale dt est semi convergente.
t
1

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

par une intégration par parties, on obtient


Zx Zx  
sin t t t 1
dt = 2 sin cos dt
t 2 2 t
1 1
Zx  0
2 t 1
= sin ( ) dt
2 t
1
x Zx
sin2 ( 2t ) sin2 ( 2t )

= + dt
t 1 t2
1
Zx
sin2 ( x2 ) sin2 ( 12 ) sin2 ( 2t )
= − + dt
t2 t2 t2
1

alors
Z+∞ Z+∞
sin t sin2 ( 21 ) sin2 ( 2t )
dt = − + dt
t t2 t2
1 1

Z+∞ Z+∞
sin2 ( 2t ) sin t
comme dt converge, dt converge.
t2 t
1 1
D’autre part, pour tout t ∈ [1, +∞[

| sin t| | sin t|2 1 − cos(2t)


> = .
t t 2t

Or, par une intégration par partie


Z+∞ Z+∞
cos(2t) sin 2 sin(2t)
dt = dt.
2t 4 4t2
1 1

Z+∞ Z+∞
cos(2t) 1
ainsi dt est convergente et dt est une intégrale de Riemann diver-
2t 2t
1 1
Z+∞
sin t
gente, d’où la divergence de l’intégrale dt.
t
1

[email protected]
5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

5.5 Théorème (critère de Cauchy)


Soit f une fonction localement intégrable sur [a, b[ (−∞ < a < b 6 +∞),
Zb
l’intégrale f (t) dt est convergente si et seulement si
a
y
Z

∀ε > 0, ∃α ∈ [a, b[, ∀x, y ∈ [α, b[; f (t) dt < ε.


x

Démonstration.
Zb Zx
Supposons que l’intégrale f (t) dt converge, et posons F (x) = f (t) dt, alors
a a
limF (x) = l,
x→b
ε
∃α ∈ [a, b[, ∀x ∈ [α, b[; |F (x) − l| < ,
2
pour tout x, y ∈ [α, b[
y
Z

f (t) dt = |F (y) − l + l − F (x)|


x

6 |F (y) − l| + |l − F (x)|
ε ε
6 +
2 2

Pour l’implication inverse (Exercice à faire)

5.6 Théorème (critère d’Abel)


Soient f et g deux fonctions définies localement intégrables sur [a, b[ telles
que

1) f décroissante sur [a, b[ et limf (t) = 0.


x→b
y
Z

2) ∃M > 0 tel que ∀x, y ∈ [a, b[ on ait g(t) dt 6 M.


x

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

Zb
Alors f (t)g(t) dt converge.
a

Démonstration.
Soit G : [a, b[→ R une fonction définie par
Zx
G(x) = g(t) dt.
a

Zb
D’après le critère de Cauchy, afin de montrer que l’intégrale f (t)g(t) dt converge,
a
il suffit de montrer que
y
Z

∀ε > 0, ∃α ∈ [a, b[, ∀x, y ∈ [α, b[; f (t)g(t) dt < ε.


x

Soient x, y ∈ [α, b[, une intégration par partie donne


Zy Zy
f (t)g(t) dt = [f (t)G(t)]yx − f 0 (t)G(t) dt
x x
Zy
= f (y)G(y) − f (x)G(x) − f 0 (t)G(t) dt.
x

ainsi y
Z Zy
f (t)g(t) dt 6 |f (x)||G(x)| + |f (y)||G(y)| + |f 0 (t)||G(t)| dt.



x x

On a y
Z

g(t) dt 6 M, ∀x, y ∈ [α, b[


x

alors t
Z

|G(t)| = g(u) du 6 M,


a

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5.2 Intégrales généralisées (impropres) Chapitre 5

en déduit que
y
Zy
 
Z
f (t)g(t) dt 6 M |f (x)| + |f (y)| + |f 0 (t)| dt ,



x x

comme f est décroissante et limf (t) = 0, alors f est positive, f 0 (t) 6 0, donc
t→b

∀t ∈ [x, y[, |f 0 (t)| = −f 0 (t)

Alors
Zy
| f (t)g(t) dt| 6 M (f (x) + f (y) − f (y) + f (x)) = 2M f (x).
x

ainsi limf (t) = 0, donc


t→b

ε
∃α ∈ [a, b[, ∀x ∈ [α, b[; f (x) < ,
2M

puis y
Z
ε
∀x, y ∈ [a, b[, f (t)g(t) dt 6 2M = ε.
2M
x

Zb
f (t)g(t) dt converge.
a

Exemple 5.10.
Z+∞
sin t
Soit dt avec α ∈ R∗+ .

1
Z+∞
sin t
1) Si α > 1, dt converge car pour tout t ∈ [1, +∞[

1

sin t 1
tα 6 tα .

1
2) Si 0 < α 6 1 , les fonctions t 7→ et g : t 7→ sin(t) sont continue sur [1, +∞[

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5.3 Fonctions définies par une intégrale Chapitre 5

et donc localement intégrable, et pour tout x, y ∈ [1; +∞[, on a


y y
Z Z

g(t) dt = sin t dt


x x

= |cos(x) − cos(y)|

6 |cos(x)| + |cos(y)|

6 2.

Z+∞
sin(t)
D’après le critère d’Abel dt est convergente.

1

5.3 Fonctions définies par une intégrale


Soit I un intervalle ouvert de R. On considère un intervalle semi-ouvert J = [a, b[
telle que −∞ < a < b 6 +∞, et une fonction de deux variables

f : I × J ⊂ R2 → R
(x, t) 7→ f (x, t).

Zb
On suppose que limf (x, t) = ∞, ainsi l’intégrale f (t) dt est une intégrale gé-
x→b
a
néralisée dépendant du paramètre x. Donc le premier problème posé est celui de
la convergence d’une famille d’intégrales généralisées : on est amené à déterminer
Zb
l’ensemble des valeurs de x pour lesquels f (x, t) dt converge, dit ensemble de
a
définition de la fonction
Zb
F (x) = f (x, t) dt
a

Zb
Si pour tout x ∈ J, f (x, t) dt converge, on dit que F est une fonction définie par
a
une intégrale généralisée. Le but de cette partie est l’étude de la continuité et de la
dérivabilité de cette fonction.

[email protected]
5.4 Applications Chapitre 5

5.3.1 Propriétés d’une fonction définie par une intégrale gé-


néralisée
5.7 Théorème (de continuité )
Soit f : I × [a, b[⊂ R2 → R ( −∞ < a < b 6 +∞), une fonction continue .
On suppose qu’il existe une fonction g : [a, b[→ R telle que
Zb
1) L’intégrale g(t) dt converge.
a
2) ∀(x, t) ∈ I × [a, b[, |f (x, t)| 6 g(t).
Zb
Alors la fonction F (x) = f (x, t) dt est continue sur I, et pour tout x0 ∈ I
a
on a
Zb Zb Zb
lim F (x) = lim f (x, t) dt = lim f (x, t) dt = f (x0 , t) dt.
x→x0 x→x0 x→x0
a a a

5.8 Théorème (de dérivation)


Soit f : I × [a, b[⊂ R2 → R ( −∞ < a < b 6 +∞), une fonction continue
. On suppose que la dérivée partielle de f par rapport à x existe et que
∂f
: I × [a, b[⊂ R2 → R est continue. On suppose qu’il existe des fonctions
∂x
g, h : [a, b[→ R telles que
Zb Zb
1) Les intégrales généralisées g(t) dt et h(t) dt convergent.
a a
2) ∀(x, t) ∈ I × [a, b[, |f (x, t)| 6 g(t).

∂f
3) ∀(x, t) ∈ I × [a, b[, f (x, t) 6 h(t).
∂x
Zb
Alors la fonction F (x) = f (x, t) dt est de classe C 1 sur I, et on a
a
 
Zb Zb
0 ∂  ∂f
F (x) = f (x, t) dt = (x, t) dt.
∂x ∂x
a a

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5.4 Applications Chapitre 5

5.4 Applications

5.4.1 Fonction Gamma d’Euler

On appelle fonction Γ d’Euler l’application

Γ :]0, +∞[ → R
Z+∞
x →
7 Γ(x) = tx−t e−t dt.
0

Z+∞
L’intégrale tx−t e−t dt converge pour tout x strictement positif, en effet
0

Z+∞ Z1 Z+∞
x−t −t x−t −t
t e dt = t e dt = tx−t e−t dt.
0 0 1

Z+∞
L’intégrale tx−t e−t dt est convergente car pour tout x ∈ [1, +∞[, lim t2 tx−1 e−t =
n→+∞
1
0.
pour tout x ∈]0, 1[
0 1
tx−1 e−t ∼ tx−1 =
t1−x
Z1
1
L’intégrale dt est convergente car 1−x < 1, d’où la convergence de l’intégrale
t1−x
0
Z1
tx−t e−t dt.
0

5.1 Propriété
Pour tout x ∈]0, +∞[ et n ∈ N,
Z+∞
1) Γ(x + 1) = xΓ(x). En particulier Γ(2) = 1Γ(1) = e−t dt = 1.
0
2) Γ(x + n + 1) = x(x + 1) · · · (x + n − 1)Γ(x).
3) Γ(n) = n!.
 √
4) Γ 21 = π.

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5.4 Applications Chapitre 5

1
 (2n)! √
5) Γ n + 2
= π.
2( 2n)n!
Z+∞
6) Γ(n)
(x) = e−t (ln t)n tx−1 dt.
0
x x
 √
7) Γ(x + 1) = e
2πx(1 + ε(x)) avec lim ε(x) = 0 (Formule de Stir-
x→+∞
ling)

5.4.2 Fonction Bêta d’Euler

La fonction bêta d’Euler est définit par


1
Z2 Z1
p−1 q−1
β(p, q) = u (1 − u) du + up−1 (1 − u)q−1 du.
0 1
2

où p et q sont des réels strictement positifs.


Au voisinage de 0,
0 1
up−1 (1 − u)q−1 ∼ ,
up−1
1
Z2
up−1 (1 − u)q−1 du converge pour p > 0.
0
Au voisinage de 1,
1 1
up−1 (1 − u)q−1 ∼ ,
(1 − u)q−1
Z1
up−1 (1 − u)q−1 du converge pour q > 0.
1
2
Ainsi β(p, q) converge si p > 0 et q > 0.
5.2 Propriété
Pour tout p, q > 0

1) β(p, q) = β(q, p).


Γ(p)Γ(q)
2) β(p, q) = .
Γ(p + q)

[email protected]
5.5 Exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

Z+∞
up−1
3) β(p, q) = du.
(1 + u)p+q
0
π
4) Si p ∈
/ Z, β(p, 1 − p) = Γ(p)Γ(1 − p) = .
sin(πx)

5.5 Exercices sur le chapitre 5


Exercice 38. Calculer les intégrales généralisées suivantes
π
Z+∞ Z+∞ √ Z2
− t
1 e cos 2t
1. dt, 2. √ dt, 3. √ dt,
(1 + et )(1 + e−t ) t sin 2t
0 1 0
Z+∞ Z+∞ Z+∞
dt arctan t ln t
4. , a > 0, b > 0, 5. dt, 6. dt,
t(t + b) 1 + t2 t2
a 0 1

Exercice 39. Étudier la nature des intégrales suivantes


Z1 Z+∞ Z+∞
2
1. ln t dt, 2. sin t dt, 3. e−t dt,
0 −∞ 0
Z+∞ Z+∞ Z1
1 √ 2 √
 
 sin t + cos t 2 1
4. t + t + 1 − t2 − t + 1 dt, 5. √ dt, 6. cos dt,
t t3 + 2 t
1 0 0
Z+∞ Z+∞ Z+∞ √
ln t 1 − cos t te− t
7. 2
dt, 8. dt, 9. dt.
t +1 t2 1 + t2
0 0 0

Exercice 40. Étudier, suivant les valeurs de α ∈ R, la convergence des intégrales


généralisées suivantes
Z+∞ Z+∞
dt t − sin t
, dt.
tα tα
0 0

Z1
tx−1
Exercice 41. On pose f (x) = dt.
1+t
0
1) Déterminer le domaine de définition de f .

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

2) Montrer que f est continue sur son domaine de définition.

3) Calculer f (x) + f (x + 1) pour tout x > 0.

4) En déduire un équivalent de f en 0.

5) Déterminer la limite de f en +∞.

Exercice 42. On pose, pour x ∈ R,


Z+∞
sin(xt) −t
F (x) = e dt.
t
0

1) Justifier que F est bien définie sur R.

2) Justifier que F est C 1 et donner une expression de F 0 (x) pour tout x ∈ R.

3) Calculer F 0 (x).

4) En déduire une expression simplifiée de F (x).

5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5


Corrigé de l’exercice 38

1) on a
1 et
=
(1 + et )(1 + e−t ) (1 + et )2
u0 1
Cette expression est de la forme et admet comme primitive − ,
(1 + u)2 1+u
Zx  x
1 −1 1 1 1
lim t −t
dt = lim t
= − lim x
= .
x→+∞ (1 + e )(1 + e ) x→+∞ 1 + e
0 2 x→+∞ 1 + e 2
0

2) Comme la primitive de la fonction u0 eu est eu , alors


Z+∞ √ Zx √
e− t e− t h √ ix
− t

√ dt = lim √ dt = lim −2e = 2e− 1− lim 2e− x = 2e− 1.
t x→+∞ t x→+∞ 1 x→+∞
1 1

3) On a
π
Z2 h√ i π2 √
cos 2t
√ dt = sin 2t = limπ sin 2t = 0.
sin 2t 0 t→ 2
0

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

4) En décomposant la fraction, on obtient


 
1 1 1 1
= − ,
t(t + b) b t t+b

alors
Z+∞ Zx
dt dt
= lim
t(t + b) t→+∞ t(t + b)
a a
  x
1 t
= lim ln
x→+∞ b t+b a
 
1 a x
= − lim
b a + b t→+∞ x + b
a
=
b(a + b)

1
5) Comme arctan t a pour dérivée , et la primitive de la fonction u0 u est
1 + t2
u2
, alors
2
Z+∞ Zx x
(arctan t)2 (arctan x)2 π2

arctan t2t arctan t2t
dt = lim dt = lim = lim = .
1 + t2 x→+∞ 1 + t2 x→+∞ 2 0
x→+∞ 2 8
0 0

6) En intégrant par parties, on trouve


Z Z
ln t ln t dt ln t 1
2
dt = − + 2
=− −
t t t t t

alors
Z+∞ Zx  x  
ln t ln t ln t 1 ln x 1
dt = lim dt = − lim + = 1− lim + = 1.
t2 x→+∞ t2 x→+∞ t t 1 x→+∞ x x
1 1

Corrigé de l’exercice 39

1) La fonction t 7→ ln t est localement intégrable sur ]0, 1] car elle est continue
sur ]0, 1], le problème de convergence est en 0. Posons

Z1
F (x) = ln t dt
x

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

alors
Z1
F (x) = ln t dt = [t ln t − t]1x = −x ln x + x − 1
x

ainsi
lim F (x) = −1
x→0

Z1
F admet une limite finie, alors ln t dt converge et sa valeur est −1.
0
2) On a
Z+∞ Z+∞ Z0
sin t dt = sin t dt + sin t dt,
−∞ 0 −∞

et
Zx
F (x) = sin t dt = 1 − cos(x)
0

Z+∞
La limite de F lorsque x tend vers +∞ n’existe pas, alors l’intégrale sin t dt
0
Z+∞
diverge, d’où la divergence de l’intégrale sin t dt.
−∞
−t2
3) t 7→ e est localement intégrable sur [0, +∞[ car elle est continue sur
[0, +∞[. Le problème de convergence de l’intégrale est au voisinage de +∞.
On a
2
lim t2 e−t = 0.
x→+∞

Z+∞ Z+∞
dt 2
Ainsi, puisque converge, il en est de même de e−t dt.
t2
1 0
1 √2 √ 
4) L’application t 7→ t + t + 1 − t2 − t + 1 est continue et positive sur
t

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

[1, +∞[, en utilisant l’expression conjugué, on trouve


1 √ 2 √  1 (t2 + t + 1) − (t2 − t + 1)
t + t + 1 − t2 − t + 1 = √ √
t t t2 + t + 1 + t2 − t + 1
2
=√ √
t2 + t + 1 + t2 − t + 1
+∞ 2

2t
1
=
t
Z+∞
1
dt est une intégrale de Riemann divergente, et d’après le critère d’équi-
t
0
Z+∞ √ √
1 
valence pour des fonctions positives t2 + t + 1 − t2 − t + 1 dt est
t
1
divergente.

5) Pour tout t ∈ [1, +∞[, on a



sin t + cos t
√ 6 √ 2 2
6 3
t3 + 2 t3 + 2 t2
Z+∞
1
3 dt est une intégrale de Riemann convergente, et d’après le critère de
t2
0
Z+∞
sin t + cos t
comparaison pour des fonctions positives √ dt est convergente.
t3 + 2
0
1
2

6) La fonction t 7→ cos t
est continue sur ]0, 1]. On a
 
2 1
cos 6 1.
t
Z1 Z1
1
1 dt converge, on en déduit que cos2 ( ) dt est absolument convergente
t
0 0
et donc convergente.
ln t
7) La fonction t 7→ 2 est continue sur ]0, +∞[. On a
t +1
Z+∞ Z1 Z+∞
ln t ln t ln t
2
dt = 2
dt + dt.
t +1 t +1 t2+1
0 0 1

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

En 0,
ln t 0
∼ ln t
t2 +1
Z+∞
ln t dt est convergente (voir l’exercice 1. 1)), et d’après le critère d’équiva-
0
Z1
ln t
lence pour des fonction à signe constant, l’intégrale dt est conver-
t2 + 1
0
gente.
En +∞, on a
ln t ln t
lim t3/2 = lim √ = 0.
t→+∞ t2 + 1 t→+∞ t
Z+∞
ln t
Ainsi, par comparaison à une intégrale de Riemann convergente, dt
t2+1
1
Z+∞
ln t
est convergente. En résumé, dt converge.
t2 +1
0
1 − cos t
8) La fonction t 7→ est continue sur ]0, +∞[. On a
t2
Z+∞ Z1 Z+∞
ln t 1 − cos t 1 − cos t
2
dt = dt + dt.
t +1 t2 t2
0 0 1

En 0,
1 − cos t 0 1

t2 2
Z1
1
dt est convergente, et d’après le critère d’équivalence pour des fonctions
2
0
Z1
1 − cos t
positives, l’intégrale dt est convergente.
t2
0
En +∞, on a
1 − cos t
6 2
t2 t2
Z+∞
1 − cos t
Ainsi, par comparaison à une intégrale de Riemann convergente, dt
t2
1

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

Z+∞
1 − cos t
est convergente. En résumé, dt converge.
t2
0

− t
te
9) La fonction t 7→ est continue sur [0, +∞[. De plus, au voisinage de
1 + t2
+∞, on a √
te− t
2

− t
lim t × = lim te =0
t→+∞ 1 + t2 t→+∞
Z+∞ √
te− t
Alors l’intégrale dt est convergente.
1 + t2
0

Corrigé de l’exercice 40

1) On a
Z+∞ Z1 Z+∞
dt dt dt
= +
tα tα tα
0 0 1

Z1 Z+∞
dt dt
converge si et seulement si α < 1 et converge si et seulement si
tα tα
0 1
Z+∞
dt
α > 1, on en déduit que l’intégrale n’est pas convergente.

0
t − sin t
2) La fonction t 7→ est continue sur ]0, +∞[. On a

Z+∞ Z1 Z+∞
t − sin t t − sin t t − sin t
dt = dt + dt
tα tα tα
0 0 1

En +∞,
t − sin t +∞ 1
∼ α−1
tα t
Z+∞ Z+∞
1 t − sin t
dt converge si et seulement si α > 2, donc dt converge si
tα−1 tα
1 1
et seulement si α > 2.
Au voisinage de 0, en utilisant le développement limité de la fonction t 7→ sin t,
on obtient
t3
t − sin t = t − t + + o(t3 )
6
[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

alors
t − sin t 0 1
∼ α−3
tα 6t
Z1
1
dt converge si et seulement si α − 3 < 1, donc si et seulement si
6tα−3
0
Z1
1
α < 4, alors dt converge si et seulement si α < 4.
tα−1
0
Z+∞
1
En résumé dt est convergente si et seulement si α ∈]2, 4[.
tα−1
0

Corrigé de l’exercice 41
tx−1
1) La fonction t 7→ est continue sur ]0, 1]. Au voisinage de 0,
1+t
tx−1 0 x−1 1
∼t = 1−x ,
1+t t
Z1
1
dt est une intégrale de Riemann convergente si et seulement si 1−x <
t1−x
0
1, donc si et seulement si x > 0, et d’aptrés le critère d’équivalence pour des
Z1 x−1
t
fonctions positive dt converge si et seulement si x > 0. Le domaine
1+t
0
de définition de f est donc ]0, +∞[.

2) On va applique le théorème de continuité sur le segment [a, b] ⊂]0, +∞[.


tx−1
L’application (x, t) 7→ est continue sur [a, b]×]0, 1[. De plus, pour tout
1+t
x ∈ [a, b] et t ∈]0, 1[, on a a − 1 6 x − 1 donc e(x−1) ln t 6 e(a−1) ln t , ainsi

tx−1 ta−1
06 6 = g(t).
1+t 1+t
Z1
g(t) dt converge, et d’après le théorème de continuité des intégrales à pa-
0
ramètres f est continue [a, b] avec a, b quelconque de ]0, +∞[, alors elle est
continue sur ]0, +∞[.

[email protected]
5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

3) Pour tout x > 0, on a


Z1 Z1  x 1
tx−1 + tx x−1 1 +t t 1
f (x) + f (x + 1) = dt = t dt = = .
1+t 1+t x 0 x
0 0

4) Comme f est continue sur ]0, +∞[, alors


1
f (x) − f (x + 1)
lim 1 = lim x 1 = 1 − lim xf (x + 1) = 1
x→0 x→0 x→0
x x

0 1
alors f (x) ∼
x
5) On a
Z1
1
0 6 f (x) 6 tx−1 dt =
x
0
puis lim f (x) = 0.
x→+∞

Corrigé de l’exercice 42

1) Si x ∈ R, alors
0
sin(xt) ∼ xt,
sin(xt) −t
alors lim e = 0, et donc la fonction se prolonge par continuité en
n→+∞ t
sin(xt) −t
0. Ainsi, la fonction t 7→ e est continue sur [0, +∞[ et on a pour
t
t > 1,
sin(xt) −t −t
t e 6e .

Z+∞ Z+∞
sin(xt) −t
e−t dt est convergente, alors d’après le critère de comparaison e dt
t
0 0
est convergente.
sin(xt) −t ∂f
2) Posons, pour x ∈ R et t > 0, f (x, t) = t
e . Alors, ∂x
est définie sur
R×]0, +∞[ et
∂f
(x, t) = cos(xt)e−t .
∂x
C’est donc une fonction continue sur R×]0, +∞[. De plus, pour tout x ∈ R
et tout t ∈]0, +∞[,
∂f
(x, t) 6 e−t ,

∂x

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5.6 Corrigé des exercices sur le chapitre 5 Chapitre 5

Z+∞
e−t dt est convergente. On en déduit, par le théorème de dérivation des
0
intégrales à paramètres, que F est de classe C 1 sur R et
Z+∞
F 0 (x) = cos(xt)e−t dt.
0

3) On peut calculer cette dernière intégrale en écrivant cos(xt) comme Re(eixt ).


On a donc
 +∞ 
Z
F 0 (x) = Re e  e(ix−1)t dt
0
 
1
= Re e
1 − ix
1
= .
1 + x2

4) En intégrant F 0 entre 0 et x, on trouve que

F (x) − F (0) = arctan(x) − arctan(0)

alors
F (x) = arctan(x).

[email protected]
BIBLIOGRAPHIE

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[2] M Aassila, 400 Exercices corrigés d’analyse avec rappels de cours, ellipses, paris,
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[3] K. Allab, Éléments d’analyse, Tome 1 et 2., O.P.U, 2007.

[4] Y. Bougrouv, S. Nikolsk, Cours de mathématiques supérieures, Tome 1., Mir,


Moscou, 1983.

[5] J-M. Monier, Analyse 2, Cours et 600 exercices corrigés, DUNOD, paris, 1994.

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[7] J. Lelong-Ferrand et J. M. Arnaudiès, Cours de mathématiques tome 2, Dunod,


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[8] J. Rivaud, Analyse, Séries, équations différentielles-Exercices avec solutions, Vui-


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[9] C. Servien, Séries numériques, suites et séries de fonctions, Intégrales, Ellipses,


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