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Fonctions Usuelles Cours 2

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Chapitre 5

Fonctions usuelles

Sommaire
I Fonctions circulaires - Inversions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
1) Fonctions circulaires : rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2) Inversion des fonctions circulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
II Fonctions logarithme et exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
1) Logarithme népérien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2) La fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
III Fonctions puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
1) Puissance quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2) Croissance comparée de ces fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
IV Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2) Trigonométrie hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

I FONCTIONS CIRCULAIRES - INVERSIONS

1) Fonctions circulaires : rappels


Le plan P est muni d’un repère orthonormé direct (O, → −
u ,→

v ). Soit x un réel, et M(x) le point du cercle

− −−→
trigonométrique tel que ( u , OM ) = x (mod 2π) alors les coordonnées de M(x) sont (cos(x), sin(x)), lorsque
x ∈ R \ π2 + kπ | k ∈ Z , on pose tan(x) = cos(x)
sin(x)
© ª
.

M tan(x)
sin(x)

x
0
O A
0 cos(x)

_
Remarque 5.1 – Le réel x représente également la longueur de l’arc de cercle AM avec A(1, 0), le cercle étant
orienté dans le sens direct.
Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, cos2 (x) + sin2 (x) = 1.
– Les fonctions sinus et cosinus sont 2π-périodiques définies continues dérivables sur R, à valeurs dans
[−1; 1], et on a sin0 = cos et cos0 = − sin.

MPSI3 (2018-19) LYCÉE M ONTAIGNE – 44 – ©Fradin Patrick –


Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 5 : Fonctions usuelles

– La fonction tangente est π-périodique, définie continue dérivable sur R \ { π2 + kπ | k ∈ Z} et on a


tan0 (x) = 1 + tan2 (x) = cos12 (x) .
– Les fonctions sinus et tangente sont impaires alors que la fonction cosinus est paire.

À retenir
Si u est une fonction dérivable alors sin(u) et cos(u) sont dérivables avec les formules :
[sin(u)]0 = u 0 cos(u) et [cos(u)]0 = −u 0 sin(u)
Si de plus la fonction cos(u)) ne s’annule pas, alors la fonction tan(u) est dérivable et :
0
[tan(u)]0 = u 0 (1 + tan2 (u)) = cosu2 (u)

1
4
C sin
0 3
−π − π2 0 π π 2
2

−1 1
0 C tan
− π2 0
π
2
1 −1
C cos
−2
0
−3
−π − π2 0 π π
2
−4
−1
−5

– On a les relations sin(π + x) = − sin(x) et cos(π + x) = − cos(x).


π π π π
x 0 6 4 3 2
p p
1 2 3
sin(x) 0 2 2 2 1
– On a les valeurs remarquables : p p ,
3 2 1
cos(x) 1 2 2 2 0
p
tan(x) 0 p1 1 3
3
comme sin(π − x) = sin(x) et cos(π − x) = − cos(x), on peut compléter le tableau avec les valeurs
2π 3π 5π
3 , 4 , 6 et π, la parité permet ensuite d’avoir un tableau de −π à π.
– Formules d’addition : ∀x, y ∈ R on a :
• cos(x + y) = cos(x) cos(y) − sin(x) sin(y). En particulier, cos(2x) = 2 cos2 (x) − 1 = 1 − 2 sin2 (x).
• sin(x + y) = sin(x) cos(y) + cos(x) sin(y). En particilier, sin(2x) = 2 sin(x) cos(x).
tan(x)+tan(y) 2 tan(x)
• tan(x + y) = 1−tan(x) tan(y) . En particulier, tan(2x) = 1−tan 2 (x) .

1−u 2
• En posant u = tan( x2 ), on a sin(x) = 2u
1+u 2
et cos(x) = 1+u 2
.

FExercice 5.1
x2
1/ Montrer que ∀x ∈ R, | sin(x)| 6 |x|, 0 6 1 − cos(x) 6 2 .
2/ Montrer que ∀x ∈] − π2 ; π2 [, | tan(x)| > |x|.

2) Inversion des fonctions circulaires


La fonction arcsin
La fonction f : [− π2 ; π2 ] → [−1 ; 1] définie par f (x) = sin(x) est continue et strictement croissante sur I =
[− 2 ; 2 ], elle réalise donc une bijection entre I et f (I) = J = [sin(− π2 ) ; sin( π2 )] = [−1 ; 1]. La bijection réciproque
π π

est notée f −1 = arcsin [arcsinus], elle est définie par :


arcsin : [−1; 1] → [− π2 ; π2 ] .
½ π π
y ∈ [− 2 ; 2 ]
x 7→ arcsin(x) = y tel que
sin(y) = x
ZExemple : arcsin(−1) = − π2 , arcsin(1) = π2 , arcsin(0) = 0, arcsin( 12 ) = π6 , . . .
La fonction f étant strictement croissante et continue sur I, la fonction f −1 = arcsin est strictement
croissante et continue sur [−1; 1] ; f est dérivable sur I et sa dérivée s’annule en − π2 et π2 , mais pas sur

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Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 5 : Fonctions usuelles

l’intervalle ouvert, la réciproque est donc dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas en −1 ni en 1 [tangente verticale en
ces points], on a la formule suivante :
1 1
∀x ∈] − 1; 1[, arcsin0 (x) = =p .
cos(arcsin(x)) 1 − x2
p
Car : cos2 (arcsin(x)) + sin2 (arcsin(x)) = 1, c’est à dire cos2 (arcsin(x)) + x 2p
= 1 d’où cos(arcsin(x)) = ± 1 − x 2 ,
mais ce cosinus est positif car arcsin(x) ∈ [− π2 ; π2 ], donc cos(arcsin(x)) = 1 − x 2 .

À retenir
Si u est une fonction dérivable à valeurs dans ] − 1; 1[ alors la fonction arcsin(u) est dérivable et :
0
[arcsin(u)]0 = p u 2
1−u

C arcsin
π
2

1 C sin

x −1 0 +1
+ π2 − π2 −1 0
arcsin 0 1 π
0 2
− π2

−1

− π2

Propriétés :
– ∀x ∈ [−1; 1], sin(arcsin(x)) = x.
– ∀x ∈ [− π2 ; π2 ], arcsin(sin(x)) = x.
– ∀x ∈ [−1; 1], arcsin(−x) = − arcsin(x)
p [fonction impaire].
– ∀x ∈ [−1; 1], cos(arcsin(x)) = 1 − x 2 .
– ∀x ∈ [−π; π], arcsin(cos(x)) = π2 − |x|.

Attention !
La fonction f : x 7→ arcsin(sin(x)) n’est pas l’identité, elle est 2π- périodique et impaire, il suffit donc l’étudier
sur [0; π], mais elle vérifie f (π − x) = f (x), la droite x = π2 est donc un axe de symétrie et l’étude se réduit à [0; π2 ],
intervalle sur lequel f (x) = x.

La fonction arccos
La fonction f : [0; π] → [−1; 1] définie par f (x) = cos(x), est continue et strictement décroissante, elle
définit donc une bijection entre [0; π] et f ([0; π]) = [ f (π); f (0)] = [−1; 1]. Par définition, la bijection réciproque
est notée f −1 = arccos [arccosinus], elle est définie par :

arccos : [−1; 1] → [0; π] .


y ∈ [0; π]
½
x 7→ arccos(x) = y tel que
cos(y) = x

ZExemple : arccos(−1) = π, arccos(1) = 0, arccos(0) = π2 , arccos(− 12 ) = 2π


3 , ...
La fonction f étant strictement décroissante et continue sur I = [0; π], la fonction f −1 = arccos est
strictement décroissante et continue sur [−1; 1] ; f est dérivable sur I et sa dérivée s’annule en 0 et et π, mais
pas sur l’intervalle ouvert, la réciproque est donc dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas en −1 ni en 1 [tangente
verticale en ces points], on a la formule suivante :
−1 −1
∀x ∈] − 1; 1[, arccos0 (x) = =p .
sin(arccos(x)) 1 − x2
p
Car : sin2 (arccos(x)) + cos2 (arccos(x)) = 1, c’est à dire sin2 (arccos(x))p
+ x 2 = 1 d’où sin(arccos(x)) = ± 1 − x 2 ,
mais ce sinus est positif car arccos(x) ∈ [0 ; π], donc sin(arccos(x)) = 1 − x 2 .

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Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 5 : Fonctions usuelles

À retenir
Si u est une fonction dérivable à valeurs dans ] − 1; 1[ alors la focntion arccos(u) est dérivable et :
0
[arccos(u)]0 = p−u 2
1−u

C arccos
π

x −1 0 +1 π
2
π
π 1
arccos 2
0 π
0 2 π
−1 0 1

−1
C cos

Propriétés :
– ∀x ∈ [−1; 1], cos(arccos(x)) = x.
– ∀x ∈ [0; π], arccos(cos(x)) = x.p
– ∀x ∈ [−1; 1], sin(arccos(x)) = 1 − x 2 .
– ∀x ∈ [−1; 1], arccos(x) + arcsin(x) = π2 .
– ∀x ∈ [−1; 1], arccos(−x) = π − arccos(x).

Attention !
La fonction f : x 7→ arccos(cos(x)) n’est pas l’identité, elle est 2π- périodique et paire, il suffit donc l’étudier sur
[0; π] intervalle sur lequel f (x) = x.

La fonction arctan
La fonction f : ] − π2 ; π2 [→ R définie par f (x) = tan(x), est continue et strictement croissante, elle réalise
donc une bijection entre ] − π2 ; π2 [ et f (] − π2 ; π2 [) = R. Par définition, la bijection réciproque est notée f −1 =
arctan [arctangente], elle est définie par :

arctan : R → ] − π2 ; π2 [ .
y ∈] − π2 ; π2 [
½
x 7→ arctan(x) = y tel que
tan(y) = x

p
ZExemple : arctan(0) = 0, arctan(1) = π4 , arctan( 3) = π3 , . . .
La fonction f étant strictement croissante et continue sur I =] − π2 ; π2 [, la fonction f −1 = arctan est
strictement croissante et continue sur R ; f est dérivable sur I et sa dérivée ne s’annule pas sur I, la réciproque
est donc dérivable sur R, et on a la formule suivante :

1 1
∀x ∈ R, arctan0 (x) = = .
1 + tan2 (arctan(x)) 1 + x 2

À retenir
Si u désigne un fonction dérivable, alors la fonction arctan(u) est dérivable et :
u0
[arctan(u)]0 = 1+u 2

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Fonctions logarithme et exponentielle Chapitre 5 : Fonctions usuelles
C tan

π
x −∞ 0 +∞ 2
π C arctan
2 0
arctan 0 − π2 0
π
2
− π2

− π2

Propriétés :
– ∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
– ∀x ∈] − π2 ; π2 [, arctan(tan(x)) = x.
– ∀x ∈ R, arctan(−x) = − arctan(x).
– ∀x ∈ R∗+ , arctan(x) + arctan( x1 ) = π2 .
³ ´
– ∀x ∈ R, arctan(x) = arcsin p x 2 .
1+x
– ∀x ∈ R, arctan(x) = Arg(1 + i x).

II FONCTIONS LOGARITHME ET EXPONENTIELLE

1) Logarithme népérien
1
La fonction x 7→ x est continue sur ]0 ; +∞[, elle admet une unique primitive qui s’annule en 1.

Définition 5.1
L’unique primitive de la fonction x 7→ x1 sur ]0 ; +∞[ qui s’annule en 1 est appelée logarithme népérien
Rx
et notée ln. On a donc ∀x > 0, ln(x) = 1 dtt .

1
Cette fonction est donc dérivable sur I]0 ; +∞[ et ln0 (x) = , elle est donc strictement croissante sur I.
x
Soit y > 0, la fonction f : x 7→ ln(x y) et dérivable sur I et f 0 (x) = y x1y = x1 , on en déduit que f (x) = ln(x) + c
où c est une constante, on a ln(y) = f (1) = ln(1) + c = c, par conséquent on obtient :

Théorème 5.1 (Propriété fondamentale du logarithme)


∀x, y > 0, ln(x y) = ln(x) + ln(y).

Conséquences :
u0
– Si u est une fonction dérivable qui ne s’annule pas, alors [ln(|u|)]0 = u.
– ∀x, y ∈ R∗ , ln(|x y|) = ln(|x|) + ln(|y|).
– ∀x, y ∈ R∗ , ln(| xy |) = ln(|x|) − ln(|y|).
– ∀n ∈ Z∗ , ∀x ∈ R∗ , ln(|x n |) = n ln(|x|).

Théorème 5.2 (Limites du logarithme népérien)


ln(x) ln(x)
lim ln(x) = +∞; lim+ ln(x) = −∞; lim = 0; lim+ x ln(x) = 0; lim = 1.
x→+∞ x→0 x→+∞ x x→0 x→1 x −1

Preuve : ∀n ∈ N, ln(2n ) = n ln(2) or ln(2) > 0, donc la suite (ln(2n )) tend vers +∞ ce qui prouve que la fonction ln n’est
pas majorée, par conséquent elle tend +∞.
En posant X = x1 on a lim X = +∞ donc lim ln(x) = lim − ln(X) = −∞.
x→0+ x→0+ X→+∞
lim ln(x) 0
= ln (1) = 1.
x→1 x−1
p Rx dt p
Pour t > 1 on a t 6 t et donc pour x > 1 on a 0 6 ln(x) 6 1 p = 2[ x − 1], le théorème des gendarmes entraîne
t
ln(x)
lim x = 0. 
x→+∞

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Fonctions logarithme et exponentielle Chapitre 5 : Fonctions usuelles

Courbe représentative :

1
C ln
x 0 1 +∞ 0
ln0 + + 0 1 2 3 4
+∞
−1
ln 0
−∞
−2

−3

Théorème 5.3 (Inégalité de convexité)


∀x > 0, ln(x) 6 x − 1.

Preuve : Il suffit d’étudier la fonction f : x 7→ ln(x) − x + 1. 

2) La fonction exponentielle
La fonction ln est strictement croissante sur I = ]0 ; +∞[, elle définit donc une bijection de I sur J = Im(ln),
comme elle est continue on a Im(ln) = ]lim ln ; lim ln[ = R.
0 +∞

Définition 5.2
La réciproque est appelée fonction exponentielle et notée exp, elle est définie par :

exp : R → ]0 ; +∞[ .
x 7→ exp(x) = y tel que y > 0 et ln(y) = x

Propriétés :
– La fonction exp est strictement croissante sur R et continue, de plus exp(0) = 1.
– La fonction ln est dérivable sur ]0 ; +∞[ et sa dérivée ne s’annule pas, donc la fonction exp est dérivable
1
sur R et exp0 (x) = 0 = exp(x) .
ln (exp(x))
– Dans un repère orthonormé, la courbe de la fonction exp et celle de la fonction ln sont symétriques
par rapport à la première bissectrice.

4 C exp

1 C ln

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

−2

−3

−4

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Fonctions puissances Chapitre 5 : Fonctions usuelles

Soient x, y ∈ R, notons X = exp(x) et Y = exp(y) alors X et Y sont dans ]0 ; +∞[ on peut donc écrire
ln(XY) = ln(X) + ln(Y) ce qui donne x + y = ln(XY), par conséquent exp(x + y) = XY = exp(x) exp(y), on peut
donc énoncer :

Théorème 5.4 (Propriété fondamentale de l’exponentielle)


∀x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp(y).
1
Il en découle en particulier que exp(−x) = exp(x) .

Notation : On déduit de ce théorème que pour tout entier n ∈ Z et pour tout réel x on a exp(nx) = [exp(x)]n .
En particulier on a pour x = 1, exp(n) = [exp(1)]n . On pose alors e = exp(1) , d’où exp(n) = e n . On convient
alors d’écrire pour tout réel x :
exp(x) = e x .
Les propriétés s’écrivent alors :
– e x+y = e x × e y .
– e 0 = 1, e −x = e1x , ∀n ∈ Z, e nx = [e x ]n .
– Si u désigne une fonction dérivable alors [e u ]0 = u 0 × eu .
– ∀x ∈ R, e x > x + 1.
Preuve : Soit X = e x , on sait que ln(X) 6 X − 1 ce qui donne l’inégalité. 

Théorème 5.5 (Limites de la fonction exponentielle)


ex ex − 1
lim e x = 0, lim e x = +∞, lim = +∞, lim = 1.
x→−∞ x→+∞ x→+∞ x x→0 x

Preuve : La fonction exp est continue et strictement croissante sur R donc Im(exp) = ]lim exp ; lim exp[ = ]0 ; +∞[. Soit
−∞ +∞
ex X e x −1
X = e x alors lim = lim = +∞. lim = exp0 (0) = 1. 
x→+∞ x X→+∞ ln(X) x→0 x

Remarque 5.2 – Il en découle que lim x e−x = 0.


x→+∞

III FONCTIONS PUISSANCES

Les puissances entières sont supposées connues.

1) Puissance quelconque

Définition 5.3
Si α est un réel et si x > 0 alors on pose x α = e α ln(x) .

Cela définit une fonction f α continue et dérivable sur ]0 ; +∞[ avec la formule : [x α ]0 = αx α−1 .
Il en découle que si u est une fonction dérivable à valeurs strictement positives, alors la fonction u α est
dérivable et :
¡ α ¢0
u = α × u 0 × u α−1

si α > 0
½
0
On a lim f α (x) = . Dans le premier cas on pose 0α = 0, dans le second cas il y a une
x→0 +∞ si α < 0
asymptote verticale.
si α > 1
½
x α −0 0
(α−1) ln(x)
Lorsque α > 0 : =e −−−→ , lorsque α > 1 on a une tangente horizontale
x x→0 +∞ si 0 < α < 1
et lorsque α < 1 on a une tangente verticale.

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Fonctions puissances Chapitre 5 : Fonctions usuelles

α<0

4 α>1 α=1

2
0<α<1

−1 0 1 2 3 4

−1

Cas particuliers (avec x > 0) :


¢n
a) Lorsque α = n ∈ Z, on retrouve bien les puissances entières car exp(n ln(x)) = exp(ln(x)) = x n .
¡

b) Lorsque α = n1 avec n ∈ N∗ : soit y = x α , on a y n = exp( nn ln(x)) = x, comme y est positif, on dit que y
p
est la racine n e de x. Notation pour x > 0 : x 1/n = n x.
p p
c) Lorsque α = ∈ Q avec p ∈ Z et q ∈ N∗ : soit y = x α , on a y q = exp(q q ln(x)) = x p , comme y est positif,
q
p
y est la racine q e de x p . Autrement dit, pour x > 0, x p/q = x p .
q

Théorème 5.6 (Propriétés)


Avec x, y > 0 et α, β ∈ R :
– ln(x α ) = α ln(x).

– x α × x β = x α+β , et donc x −α = 1
x α , et x β = x α−β .
– (x α )β = x αβ .
– (x y)α = x α × y α .
1
– Pour α non nul, y = x α ⇐⇒ x = y α .

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

FExercice 5.2
1/ Soient u et v deux fonctions dérivables avec u > 0, calculer la dérivée de la fonction x 7→ u(x)v(x) .
¢x
2/ Calculer lim 1 + x1 .
¡
x→+∞

2) Croissance comparée de ces fonctions


Comparaison des puissances : si α < β alors x α est négligeable devant x β au voisinage de +∞ et x β est
négligeable devant x α au voisinage de 0, c’est à dire :

xα xβ
lim = 0 et lim+ =0
x→+∞ xβ x→0 xα

Comparaison des puissances et des logarithmes : si α et β sont des réels strictement positifs, alors [ln(x)]α
est négligeable devant x β au voisinage de +∞ et | ln(x)|α est négligeable devant x1β au voisinage de 0, c’est à
dire :
[ln(x)]α
lim = 0 et lim+ x β | ln(x)|α = 0
x→+∞ xβ x→0

ln(u) α
µα ¶ ³ ´α ³ ´α β
[ln(x)]α β α ln(u)
Preuve : xβ
= u = β u avec u = x α , ce qui donne la première limite. La deuxième en découle avec
le changement de variable u = x1 . 

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Fonctions hyperboliques Chapitre 5 : Fonctions usuelles

Comparaison des puissances et des exponentielles : si α est un réel et si β > 0, alors x α est négligeable
devant e βx au voisinage de +∞, c’est à dire :

lim x α e −βx = 0 .
x→+∞

[ln(u)]α
Preuve : Lorsque α 6 0 il n’y a rien à démontrer. Lorsque α > 0, u = e x −−−−−→ +∞ et on a x α e −βx = uβ
−−−−−→ 0. 
x→+∞ u→+∞

β
FExercice 5.3 Comparer x α et e x au voisinage de +∞ avec α et β strictement positifs.

IV FONCTIONS HYPERBOLIQUES

1) Définition

Définition 5.4
e x +e −x e x −e −x
Pour x ∈ R, on pose ch(x) = 2 [cosinus hyperbolique], sh(x) = 2 [sinus hyperbolique] et
sh(x) e x −e −x
th(x) = ch(x) = e x +e −x [tangente hyperbolique].

Le cosinus hyperbolique : la fonction ch est paire, définie continue dérivable sur R et ch0 (x) = sh(x), on en
déduit le tableau de variation et la courbe :

4
C ch
x −∞ 0 +∞ 3
+∞ +∞
ch 2
1
1

−3 −2 −1 0 1 2
Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, ch(x) > 1.
– lim ch(x)
x = +∞ et lim
ch(x)
x = 12 .
x→+∞ x→+∞ e
Le sinus hyperbolique : la fonction sh est impaire, définie continue dérivable sur R et sh0 (x) = ch(x), on en
déduit le tableau de variation et la courbe :

5
4
3 C sh
2
x −∞ 0 +∞
1
+∞ 0
sh 0 −3 −2 −1 0−1 1 2
−∞
−2
−3
−4
−5
−6

Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, ch(x) > 1.
– lim ch(x)
x = +∞ et lim
ch(x)
x = 12 .
x→+∞ x→+∞ e
x
– ∀x ∈ R, ch(x) + sh(x) = e et ch(x) − sh(x) = e −x .

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Solution des exercices Chapitre 5 : Fonctions usuelles

– ∀x > 0, x < sh(x) < ch(x).


– lim sh(x)
x = +∞ et lim
sh(x)
x = 12 .
x→+∞ x→+∞ e
La tangente hyperbolique : la fonction th est impaire, définie continue dérivable sur R et

ch2 (x) − sh2 (x) 1


th0 (x) = 2
= 1 − th2 (x) = 2
ch (x) ch (x)
d’où les variations et la courbe :

C th
x −∞ 0 +∞
+1
th 0 −3 −2 −1 0 1 2
−1

−1

Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, −1 < th(x) < 1.
– ∀x > 0, th(x) < x.

2) Trigonométrie hyperbolique
– ∀x ∈ R, ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
– Formules d’addition : ∀x, y ∈ R on a :
• ch(x + y) = ch(x) ch(y) + sh(x) sh(y).
• sh(x + y) = sh(x) ch(y) + ch(x) sh(y).
th(x)+th(y)
• th(x + y) = 1+th(x)th(y) .
ch(2x) = 2 ch2 (x) − 1 = 1 + 2 sh2 (x)
En particulier : sh(2x) = 2 sh(x) ch(x) .
th(2x) = 2th(x)
2
1+th (x)
x+y x−y
– Transformations de somme en produit : ∀x, y ∈ R, en posant p = 2 et q = 2 , on a x = p + q et
y = p − q, on obtient :
x+y x−y
• ch(x) + ch(y) = 2 ch( 2 ) ch( 2 ).
x+y x−y
• ch(x) − ch(y) = 2 sh( 2 ) sh( 2 ).
x+y x−y
• sh(x) + sh(y) = 2 sh( 2 ) ch( 2 ).
sh(x+y)
• th(x) + th(y) = ch(x) ch(y) .

V SOLUTION DES EXERCICES

Solution 5.1
1/ Il suffit de le démontrer pour x positif en étudiant la fonction x 7→ x − sin(x), puis on intègre de 0 à x ce qui donne la
deuxième inégalité.
2/ On étudie x 7→ x − tan(x) sur [0 ; π2 [. Pour x ∈ ]− π2 ; 0], on applique l’inégalité précédente à −x.

Solution 5.2
1/ Comme l’exposant varie, on passe à la forme exponentielle : u v = e v ln(u) , d’où la dérivée : [u v ]0 = [v ln(u)]0 e v ln(u) =
0
v 0 ln(u)u v + v uu u v = v 0 ln(u)u v + vu 0 u v−1 .
¢x 1 ln(1+X)
2/ Comme l’exposant varie, on passe à la forme exponentielle : 1 + x1 = e x ln(1+ x ) = e X avec X = x1 −−−−−→ 0, or on
¡
x→+∞
ln(1+X)
sait que lim X = 1, et donc la limite cherchée vaut e 1 = e (par continuité de l’exponentielle).
X→0

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Solution des exercices Chapitre 5 : Fonctions usuelles
β
Solution 5.3 Il faut étudier la limite du quotient, c’et à dire la limite en +∞ de x α e −x .
β
On pose X = x β −−−−−→ +∞, on a alors x = X 1/β et x α e −x = X α/β e −X −−−−−→ 0 d’après les croissances comparées.
x→+∞ X→+∞

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