Établir Une Proposition: Au Patrimoine Mondial
Thèmes abordés
Établir Une Proposition: Au Patrimoine Mondial
Thèmes abordés
Patrimoine mondial M a n u e l d e r é f é r e n c e
ÉTABLIR UNE PROPOSITION
D’INSCRIPTION
AU PATRIMOINE MONDIAL
7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP France
Tél : 33 (0)1 45 68 18 76
Fax : 33 (0)1 45 68 55 70
Courriel : wh-info@[Link]
[Link] 9 789230 010300 conseil international des monuments et des sites
PM_MR_IBPM Couv-2011_PM 01/12/11 13:17 Page2
Les désignations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent
n’impliquent de la part de l’UNESCO, de l’ICCROM, de l’ICOMOS et de l’UICN aucune prise de position
quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé
de leurs frontières ou limites.
Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’ICCROM, l’ICOMOS, l’UICN et les autres organisations
partenaires déclinent toute responsabilité concernant d’éventuelles erreurs ou omissions dans la
traduction en d’autres langues de la version originale en langue anglaise du présent document, ou
d’éventuelles erreurs dans les données initiales analysées dans le ledit document.
Ce manuel est une réédition. La première version, Édition 2010, faisait référence à la version
des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial (2008).
Le présent manuel est basé sur la nouvelle version des Orientations (2011).
ICCROM
Via di San Michele 13
I-00153 Rome
Italy
Tél : +39 06 585-531
Fax : +39 06 585-53349
Courriel : iccrom@[Link]
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ICOMOS
49-51, rue de la Fédération
75015 Paris
France
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Fax : +33 (0)1 45 66 06 22
Courriel : secretariat@[Link]
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UICN
Rue Mauverney 28
1196 Gland
Switzerland
Tél : +41 (22) 999-0000
Fax : +41 (22) 999-0002
Courriel : worldheritage@[Link]
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Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France
Tél : +33 (0)1 45 68 18 76
Fax : +33 (0)1 45 68 55 70
Courriel : wh-info@[Link]
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ISBN 978-92-3-001030-0
La série est publiée conjointement par les Organisations consultatives désignées par la
Convention du patrimoine mondial (ICCROM, ICOMOS et UICN) et le Centre du patrimoine
mondial de l’UNESCO, qui assure les fonctions de secrétariat de la Convention. À sa 30e ses-
sion (Vilnius, Lituanie, juillet 2006), le Comité du patrimoine mondial a approuvé cette initia-
tive et demandé aux Organisations consultatives et au Centre du patrimoine mondial
d’entreprendre d’élaborer et de publier un certain nombre de manuels de référence sur des
thèmes particuliers. À ses 31e (2007) et 32e (2008) sessions, le Comité a adopté un plan de
publication et arrêté une liste de titres prioritaires.
Les manuels de référence sont conçus pour donner des indications précises sur la mise en
œuvre de la Convention aux États parties, aux autorités responsables de la protection du
patrimoine, aux autorités locales, aux gestionnaires des sites et aux communautés locales
ayant des liens avec les sites du patrimoine mondial, ainsi qu’aux autres parties concernées
par le processus d’identification et de préservation de ces sites. Ils visent à les informer et à
les aider afin que la Liste du patrimoine mondial soit représentative et crédible et que les Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Les manuels se veulent des outils accessibles destinés à renforcer les capacités et à faire mieux
connaître la Convention du patrimoine mondial. Ils peuvent être utilisés indépendamment, à
des fins d’auto-apprentissage, ou comme matériel de formation dans le cadre d’ateliers, en
complément des éléments de base concernant l’interprétation des dispositions de la
Convention elle-même et des Orientations relatives à la mise en œuvre de cette dernière.
Les titres de cette série sont publiés sous la forme de documents au format PDF qui peuvent
être consultés en ligne et téléchargés gratuitement.
1
Avant-propos
Ta b l e d e s m a t i è r e s
➤ L’analyse détaillée de tous les dossiers d’inscription des biens inscrits sur la Liste du
patrimoine mondial menée à la fin des années 1990 a révélé une situation qui aurait
pu mettre en péril la crédibilité de la Convention. Des éléments aussi essentiels que
les limites du bien inscrit étaient souvent inconnus ou imprécis. Les inscriptions
étaient généralement constituées de quelques pages contenant des données assez
générales. Avec une documentation aussi limitée, la protection et la gestion mêmes
du bien inscrit auraient pu être compromises.
Ces points faibles justifiaient un meilleur processus d’inscription. En 1999, une véri-
fication du caractère complet des dossiers d’inscription fut entamée. Jusqu’alors, les
inscriptions étaient automatiquement transmises aux Organisations consultatives
sans vérification préalable de leur contenu par le Secrétariat. En conséquence, un
grand nombre de dossiers d’inscription de biens inscrits entre 1978 et 1998 sont
globalement insuffisants en termes de conservation.
Lorsqu’une version révisée des Orientations est entrée en vigueur en 2005, le Comité
du patrimoine mondial a avalisé la vérification du caractère complet de chaque
dossier ainsi qu’un nouveau formulaire d’inscription plus détaillé et annoté. Depuis
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
1999, l’amélioration générale de la qualité des informations contenues dans les dos-
siers a renforcé de façon significative le processus d’inscription au patrimoine mon-
dial. Cela a permis en outre de mettre en œuvre la Convention de façon encore plus
précise, notamment en développant et en facilitant le suivi de l’état de conservation
des biens inscrits.
Avec des informations requises de plus en plus exhaustives, la préparation des ins-
criptions est devenue un processus important mais plutôt complexe qui requiert une
compréhension claire des diverses exigences. La participation des populations locales
dans ce processus d’inscription est également essentielle afin de leur permettre de
partager la responsabilité de l’entretien du bien avec l’État partie et doit être
fortement encouragée.
Ce manuel de référence a été réalisé avec les besoins expliqués ci-dessus à l’esprit,
grâce à l’aide précieuse des Organisations consultatives et de nombre d’experts de
terrain. Nous espérons qu’il se révélera un outil précieux, complément utile aux
Orientations pour la préparation de dossiers d’inscription réussis, afin d’aider à
protéger le patrimoine mondial.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Kishore Rao
Directeur, Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
3
Liste des auteurs
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Directeur de publication
Duncan Marshall
➤
Réviseurs/Autres collaborateurs
Alessandro Balsamo Tilman Jaeger
Gwenaëlle Bourdin Luba Janikova
Kristal Buckley Qiong Lu
Angel Cabeza Zhou Lv
Claudine Déom Webber Ndoro
Regina Durighello Christophe Rivet
Phyllis Ellin Michael Turner
Nicolas Faucherre Gamini Wijesuriya
Zhan Guo
Nous remercions également les personnes ci-après pour leur contribution à de précédents projets de
manuels de référence sur les propositions d’inscription de sites naturels et culturels, dont le présent
manuel constitue la synthèse :
Réviseurs Conception
Alessandro Balsamo, Centre du patrimoine mondial Bénédicte Selfslagh, ICOMOS
Guy Debonnet, Centre du patrimoine mondial
Marc Patry, Centre du patrimoine mondial Collaborateurs
Kishore Rao, Centre du patrimoine mondial Gwenaëlle Bourdin, ICOMOS
Mechtild Rössler, Centre du patrimoine mondial Michel Cotte, ICOMOS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Introduction 8
Présentation et cadre général du manuel
Coopération entre les États parties
À qui s’adresse le Manuel de référence ?
2 Le travail de préparation 54
2.1 Les informations existantes concernant le bien
2.2 Constitution d’une équipe
2.3 Participation des groupes locaux et des autres parties prenantes
2.4 Suggestions concernant les grandes étapes de l’établissement d’une proposition
d’inscription
Bibliographie 136
Il se fonde sur la version des Orientations datée de août 2011, dont il se veut le
complément. Quiconque a des responsabilités dans l’établissement d’une proposition
d’inscription doit se procurer un exemplaire de la version la plus récente des
➤ Orientations et se familiariser avec son contenu.
En particulier, le manuel vise à aider les États parties à mettre en œuvre la Convention
du patrimoine mondial et à les guider et à les informer de telle façon que la Liste du
patrimoine mondial soit crédible et regroupe des biens présentant une valeur uni-
verselle exceptionnelle et convenablement gérés. Selon les vœux du Comité du
patrimoine mondial et des États parties, le présent manuel tente d’assister ces der-
niers pendant les toutes premières étapes du travail de recherche – en amont de la
présentation d’une proposition d’inscription en vue de son examen officiel. En tant
qu’organisations appelées à prendre part à cet examen, l’UICN et l’ICOMOS ne peu-
vent pas intervenir directement dans l’élaboration d’une proposition d’inscription
particulière. On compte toutefois que ce manuel aidera les États parties à examiner
attentivement les implications de la décision de présenter une proposition d’inscrip-
tion sur la Liste du patrimoine mondial, et les mesures à prendre pour faire en sorte
que cet effort soit utile pour la conservation du bien comme pour le bien-être des
communautés locales et des autres parties prenantes.
Trop de propositions doivent être élaborées dans des délais irréalistes. Il faut compter
au moins un an pour mettre en place les mécanismes d’appui appropriés et rassem-
bler la documentation, et un an encore pour rédiger le texte de la proposition et
consulter les parties prenantes. Le processus peut être beaucoup plus long lorsque
des recherches sont nécessaires, que des mesures doivent être prises pour assurer la
protection du bien, et qu’il faut mettre en place et documenter de nouveaux méca-
nismes de gestion. Si l’on veut que la proposition aboutisse à l’inscription du bien
sur la Liste du patrimoine mondial, et permette ainsi sa conservation et sa mise en
valeur à long terme, il importe de se ménager des délais raisonnables. Trop souvent,
des propositions d’inscription établies à la hâte voient leur examen différé ou ren-
voyé, ce qui n’est satisfaisant ni pour les États parties, ni pour le Comité du patri-
moine mondial et ses Organisations consultatives. Des engagements politiques
imposent parfois des délais irréalistes, et le résultat est un dossier de proposition
d’inscription mal conçu, qui ne peut être examiné en l’état.
6
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le présent manuel rassemble les connaissances actuelles et les ressources disponibles
propres à aider les États parties à établir leurs propositions d’inscription. Il appelle
l’attention sur les dispositions des Orientations qui ont trait aux propositions d’ins-
cription sur la Liste du patrimoine mondial en s’efforçant de les expliquer dans des
termes simples. Il contient des recommandations additionnelles claires sur la manière
générale d’aborder la présentation d’une proposition d’inscription, sur le travail de
préparation qui est nécessaire avant que la décision de proposer l’inscription d’un
bien soit prise, et sur les éléments essentiels à inclure dans le dossier, mais ne prétend
pas couvrir tous les aspects d’un tel dossier. Il se concentre surtout sur les aspects qui, ➤
selon l’expérience des Organisations consultatives, ne sont souvent pas traités de
manière suffisamment approfondie.
L’UICN et l’ICOMOS espèrent que les conseils prodigués dans ce manuel se révéleront
utiles, et accueilleront avec intérêt toute suggestion tendant à en améliorer le
contenu.
ICOMOS et UICN
7
Introduction
Ta b l e d e s m a t i è r e s
NOTRE C ONSEIL
Il existe de nombreuses similitudes, mais aussi d’importantes différences dans la ma-
nière de préparer une proposition d’inscription selon qu’elle porte sur un bien culturel
Commencez par lire ou sur un bien naturel. C’est pourquoi plusieurs sections du présent Manuel de réfé-
les Orientations. rence concernent spécifiquement l’une ou l’autre catégorie de biens. Il y a lieu de noter
que la distinction officielle que l’on établissait autrefois entre critères « culturels » et
critères « naturels » n’existe plus.
Le manuel s’attache à :
• souligner la nécessité de comprendre le mécanisme des propositions d’inscription sur
la Liste du patrimoine mondial ;
• mettre en relief et expliquer en termes simples les principaux concepts du patrimoine
mondial ;
8
Ta b l e d e s m a t i è r e s
• montrer le rôle important de l’équipe chargée d’établir la proposition d’inscription ;
• faire mieux comprendre l’ampleur du travail que nécessite l’établissement d’une pro-
position d’inscription ;
• donner des informations et des conseils sur la manière d’appréhender le bien ;
• formuler des recommandations concernant la préparation d’un dossier de proposition
d’inscription qui contribuent à éclairer les Orientations.
Le manuel conseille aussi les États parties qui souhaitent proposer l’extension d’un bien
déjà inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, toute extension d’une certaine ampleur
étant considérée comme une nouvelle proposition d’inscription.
➤
Coopération entre les États parties
La Convention du patrimoine mondial vise expressément à promouvoir la coopération
internationale aux fins de la réalisation de ses objectifs. Le processus d’établissement
d’une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial offre de multiples
occasions de mettre en œuvre une telle coopération, sous la forme notamment :
• de l’assistance technique et financière apportée par un État partie à un autre État
partie ;
• de l’élaboration de propositions d’inscription transfrontalières ou transnationales ;
• de recherches en vue de procéder à une analyse comparative sur des bases solides ;
• de la participation à un examen des propositions d’inscription par les pairs d’autres
pays avant leur présentation officielle.
Les propositions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial ne doivent pas être
considérées comme une concurrence entre États parties, car ce serait contraire à l’esprit
même de la Convention du patrimoine mondial.
9
1 Présentation générale du patrimoine mondial
1.1 S’informer
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Introduction
L’établissement d’une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial peut être
pour les personnes qui en sont chargées une expérience des plus gratifiantes et une source
de grande satisfaction. Cet exercice offre une chance :
• de connaître et présenter un bien à la communauté internationale ;
NOTRE C ONSEIL • d’examiner d’un œil critique les aspects d’un bien réputés de valeur et leur relation avec
Soyez bien préparés des thèmes naturels et culturels universels – en vue de le situer dans le contexte général de
et bien organisés afin l’histoire naturelle, de l’histoire humaine, de la culture et du développement ;
➤ d’établir un dossier • de comparer le bien à d’autres biens potentiellement similaires du monde entier ;
solide. • de vérifier, éprouver et améliorer la validité des mesures de protection, de conservation et
de gestion du bien, y compris la protection de son cadre ;
• de mobiliser et soutenir les communautés et les parties prenantes aux fins de la protection,
de la conservation et de la gestion du bien ;
• de reconnaître les divers intérêts, parfois conflictuels, qui s’attachent à un bien, et de
rechercher les moyens de les servir au mieux.
Établir une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial est une entreprise qui
demande du temps et des efforts. Il faut compter en général au moins deux ans de travail –
parfois beaucoup plus. Être bien préparé et bien organisé permet de procéder aussi vite et
aussi aisément que possible. À l’inverse, l’absence de préparation entraîne bien souvent un
surcroît de temps et d’efforts.
La nature du bien dont l’inscription est proposée entre également en jeu. Ainsi, le processus
sera beaucoup moins complexe et beaucoup moins long s’il s’agit d’un monument ou site
culturel qui a déjà fait l’objet de recherches poussées que si la proposition porte sur un vaste
site naturel se prêtant à de multiples utilisations, une ville historique, un paysage culturel ou
une route culturelle. Dans ces derniers cas, les parties intéressées sont en général beaucoup
plus nombreuses elles aussi, ce qui accroît la complexité du système ou plan de gestion. Par
ailleurs, lorsque l’on ne dispose pas déjà d’une étude thématique adéquate pour situer le
bien dans son contexte, il peut être nécessaire d’y consacrer beaucoup de temps.
La valeur universelle exceptionnelle du bien doit être la considération première dans toute
proposition d’inscription. Celle-ci ne doit pas être motivée principalement par des perspectives
de développement économique.
10
Présentation générale du patrimoine mondial 1
ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Canal du Midi (France) – Ce bien a été
inscrit sur la Liste en 1996 au terme d’un
travail de préparation qui a duré deux
ans. Ces délais relativement courts ne
sont pas un mince succès compte tenu de
la longueur du canal (360 km) et du
grand nombre de collectivités qui
avaient leur mot à dire. Les principaux
© UNESCO
facteurs qui y ont contribué sont les
suivants :
• un comité de pilotage et un comité
scientifique efficaces ont été rapidement constitués ; ➤
• les membres de ces comités étaient bien préparés, sur le plan intellectuel et pratique, et à même
d’établir le dossier ;
• les diverses collectivités concernées ont appuyé le projet sans réserve ;
• des dispositions ont été rapidement prises concernant le financement du processus ;
• le projet a bénéficié du soutien total et efficace des antennes locales des ministères nationaux ;
• un coordonnateur efficace a été nommé et accepté par les multiples parties prenantes ;
• il existait déjà au départ une bonne documentation de base ;
• tout le monde a bien compris que l’établissement de la proposition d’inscription était un exercice intel-
lectuel visant à l’excellence, et non une tâche bureaucratique se résumant à remplir un formulaire ;
• les divers organismes gouvernementaux ont travaillé de concert avec le souci d’assurer le succès de la
proposition.
Une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial n’est aussi que le point de
départ d’une entreprise de bien plus longue haleine. En cas de succès, l’inscription fait obli-
gation à l’État partie d’assurer en permanence la protection, la conservation et la gestion du
bien afin d’en préserver perpétuellement la valeur universelle exceptionnelle. En ce sens, la
proposition d’inscription n’est que le premier pas d’un très long voyage dont le but est d’amé-
liorer les procédures de conservation à tous les niveaux.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Pour bien se préparer, il importe en tout premier lieu de se familiariser avec le système du Lisez avec attention
patrimoine mondial et ses procédures, ainsi qu’avec les autres éléments concernant spécifi- les documents qui vous
quement le bien dont on souhaite proposer l’inscription. sont recommandés
avant de vous lancer
Voici une liste de documents de référence qu’il convient de lire attentivement. Beaucoup sont dans l’établissement
disponibles sur l’Internet ou, sous forme imprimée, auprès des organisations compétentes, de la proposition
dont on trouvera les coordonnées à la fin du présent manuel. d’inscription.
11
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Principaux documents
de référence sur Observations
Ta b l e d e s m a t i è r e s
le patrimoine mondial
Généralités
Décisions et comptes rendus Les décisions adoptées par le Comité du patrimoine mondial à ses dernières
analytiques des dernières sessions et les comptes rendus analytiques de ses travaux sont une impor-
sessions du Comité du tante source d’information et permettent de connaître les vues du Comité.
patrimoine mondial
Document disponible à l’adresse suivante :
• [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)
Liste du patrimoine mondial La Liste du patrimoine mondial recense les biens inscrits par le Comité du
patrimoine mondial en raison de leur valeur universelle exceptionnelle.
C’est une source utile, car certains des biens qui y figurent pourraient être
comparables à celui dont on souhaite proposer l’inscription. En pareil cas,
il conviendra d’en tenir compte aux fins de l’analyse comparative qui doit
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Listes indicatives des autres Ces listes recensent les biens qui pourraient présenter une valeur du point
États parties de vue du patrimoine mondial. Elles sont d’un grand intérêt car il peut y
figurer des biens situés dans d’autres pays qui sont comparables aux biens
dont l’inscription est envisagée. En pareil cas, on en tiendra également
compte aux fins de l’analyse comparative qui doit figurer dans le dossier.
12
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Principaux documents
de référence sur Observations
Ta b l e d e s m a t i è r e s
le patrimoine mondial
Études thématiques Les études thématiques, lorsqu’elles existent, sont une très importante source
d’information propre à faciliter l’établissement d’une proposition d’inscrip-
tion. Une étude thématique en rapport avec le bien considéré sera d’un pré-
cieux secours pour l’analyse comparative qui doit figurer dans le dossier.
Certains États parties ont réalisé eux-mêmes une étude thématique lors de
l’établissement d’un dossier de proposition d’inscription.
Les études thématiques concernant des biens culturels qui sont disponibles
auprès de l’ICOMOS peuvent être consultées à l’adresse suivante :
[Link]/studies/
Les études thématiques concernant des biens culturels qui sont disponibles
auprès de l’UICN peuvent être consultées à l’adresse suivante : [Link] ➤
Rapport de la réunion d’ex- Ce rapport contient d’utiles informations d’ordre général, ainsi que des
perts sur la Stratégie globale conclusions et recommandations concernant le concept de valeur universelle
pour le patrimoine mondial exceptionnelle.
naturel et culturel, 25-29
mars 1998, Amsterdam, Il est disponible en anglais à l’adresse suivante :
Pays-Bas (Centre du patri- [Link]
moine mondial de l’UNESCO
en association avec le
Gouvernement néerlandais)
Patrimoine naturel
Valeur universelle exception- Ce recueil établi par l’UICN passe en revue les décisions relatives aux sites
nelle – Normes pour le naturels déjà adoptées par le Comité du patrimoine mondial. Il s’agit d’un
patrimoine mondial naturel – recueil des documents et décisions pertinents conçu comme un guide
Recueil sur les critères d’ins- indiquant clairement les précédents en ce qui concerne l’interprétation et
cription des biens naturels l’application des commentaires relatifs au concept de valeur universelle aux
sur la Liste du patrimoine fins de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.
mondial (UICN, 2008)
Le recueil est disponible à l’adresse suivante : Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
[Link]
Patrimoine culturel
La Liste du patrimoine Cette étude de l’ICOMOS concernant les biens culturels inscrits sur la Liste du
mondial : Combler les patrimoine mondial et sur les Listes indicatives avait pour objet de contribuer
lacunes – un plan d’action à l’élaboration de la Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial,
pour le futur (ICOMOS, représentative, équilibrée et crédible. L’ICOMOS poursuit ce travail en exami-
2005) nant la représentativité de la Liste du point de vue typologique, régional,
chronologique et thématique. Il s’agit notamment de déterminer quelles sont
les catégories de biens sous-représentées.
La lecture de cette étude aidera à mener à bien l’analyse comparative qui doit
figurer dans le dossier. De manière générale, les chances de succès sont plus
grandes pour les catégories sous-représentées que pour celles qui sont bien
représentées ou surreprésentées.
Document disponible à l’adresse suivante :
• [Link]
(page en anglais)
• [Link]
(page en français)
13
1 Présentation générale du patrimoine mondial
le patrimoine mondial
Outstanding Universal Value: Ce rapport établi par l’ICOMOS examine les décisions passées du Comité du
Compendium on Standards patrimoine mondial en ce qui concerne les biens culturels. Il s’agit d’un recueil
for the Inscription of Cultural des documents et décisions pertinents conçu sous la forme d’un guide indi-
Properties to the World Heri- quant clairement les précédents en ce qui concerne l’interprétation et l’appli-
tage List (ICOMOS, 2008) cation des commentaires relatifs au concept de valeur universelle aux fins de
proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du
patrimoine mondial en péril.
Bibliographies thématiques Nombre de ces bibliographies ont trait aux biens culturels, notamment celles
et régionales établies par le qui ont pour thèmes :
Centre de documentation • Les biens du patrimoine moderne (XIXe et XXe siècle) inscrits sur la Liste du
de l’ICOMOS. patrimoine mondial
• Les sites d’art rupestre du patrimoine mondial
• Les paysages culturels du patrimoine mondial
• Les sites urbains du patrimoine mondial
• Les sites d’hominidés du patrimoine mondial
• Le patrimoine mondial en Afrique
• Le patrimoine mondial en Asie et dans le Pacifique
• Le patrimoine mondial en Amérique latine et aux Caraïbes
• Le patrimoine mondial dans les États arabes
• Le patrimoine industriel et technique inscrit sur la Liste du patrimoine
mondial
Charte internationale sur la La Charte est l'une des bases du texte d'orientation concernant la conserva-
conservation et la restaura- tion des biens du patrimoine culturel.
tion des monuments et des
sites (Charte de Venise, Texte disponible à l’adresse suivante :
1964) (ICOMOS, 1965) • [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Il est très utile de se familiariser quelque peu avec les travaux du Comité du patrimoine mon-
dial. Cela exige notamment une bonne connaissance de la Convention du patrimoine mondial
et des Orientations. Comme il a été dit plus haut, on étudiera aussi avec profit les décisions
et les comptes rendus des dernières sessions du Comité.
NOTRE C ONSEIL
Il serait en outre fort avisé d’envoyer un représentant de l’équipe chargée d’établir la propo-
Envoyez un représen- sition d’inscription assister, au sein de la délégation nationale, aux réunions du Comité du
tant de l’équipe patrimoine mondial. Cela lui permettra de se faire une très bonne idée de ses travaux, et en
chargée de la proposi- particulier de ses délibérations concernant les propositions d’inscription et la question de
tion d’inscription assister l’état de conservation.
aux réunions du
Comité du patrimoine.
14
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
En quelques mots : La Convention du patrimoine mondial est un traité international conclu
entre les États membres de l’Organisation des Nations Unies. Elle vise à identifier, protéger,
conserver, mettre en valeur et transmettre aux générations futures le patrimoine culturel et
naturel présentant une valeur universelle exceptionnelle. Les biens susceptibles d’être inscrits
sur la Liste du patrimoine mondial sont sélectionnés selon des règles et des critères précis,
définis dans les Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention.
La Convention énonce les obligations des États parties s’agissant d’identifier les sites poten-
tiels et de contribuer à leur protection et à leur préservation. En ratifiant la Convention,
chaque pays s’engage non seulement à conserver les sites du patrimoine mondial situés sur
son territoire, mais encore à protéger son patrimoine national. Les États parties sont encoura-
gés à intégrer la protection du patrimoine culturel et naturel dans des programmes de planifi-
➤
cation régionale, à instituer sur leurs sites des services dotés de personnel, à entreprendre des
recherches scientifiques et techniques sur les méthodes de conservation, et à adopter des
mesures visant à assigner une fonction à ce patrimoine dans la vie collective.
Elle précise comment le Fonds du patrimoine mondial doit être utilisé et géré et à quelles
conditions une assistance financière internationale peut être fournie.
La Convention fait obligation aux États parties de présenter au Comité du patrimoine mondial
des rapports périodiques sur l’état de conservation de leurs biens inscrits sur la Liste du patri-
moine mondial. Ces rapports sont indispensables au Comité pour s’acquitter de sa tâche, car
ils lui permettent d’évaluer l’état des sites, de décider de l’éventuelle nécessité de programmes
spéciaux et de régler les problèmes récurrents.
Elle encourage aussi les États parties à renforcer l’intérêt que le public porte aux biens du
patrimoine mondial et à améliorer la protection de ces biens par des programmes d’éducation
et d’information.
15
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Des règles et critères régissant l’inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial ont été
élaborés en vue d’évaluer les biens et de guider les États parties dans leurs efforts de protec-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
tion et de gestion. Pour être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, il faut qu’un bien soit
reconnu par le Comité du patrimoine mondial comme ayant une valeur universelle exception-
nelle. Le Comité détermine sur la base d’un modèle de proposition d’inscription si un bien
satisfait aux conditions fixées par la Convention, et en particulier s’il a une valeur universelle
exceptionnelle. Les Orientations précisent les principaux critères appliqués par le Comité du
patrimoine mondial pour déterminer si un bien a une valeur universelle exceptionnelle :
• le Comité considère qu’un bien a une valeur universelle exceptionnelle si ce bien répond au
moins à l’un des critères s’appliquant aux biens du patrimoine mondial (paragraphe 77 des
Orientations).
• Pour être considéré d’une valeur universelle exceptionnelle, un bien doit également répon-
dre aux conditions d’intégrité et/ou d’authenticité et doit bénéficier d’un système adapté de
➤ protection et de gestion en assurant la sauvegarde (paragraphe 78).
Lorsqu’un bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial est menacé par des dangers graves et
spécifiques, le Comité détermine s’il y a lieu de l’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en
péril. Lorsque la valeur universelle exceptionnelle du bien qui a justifié son inscription sur la
Liste du patrimoine mondial est détruite, le Comité détermine s’il y a lieu de rayer le bien de la
Liste. L’état actuel de la Liste du patrimoine mondial et de la Liste du patrimoine mondial en
péril peut être consulté sur le site Web du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
([Link]).
La Convention est administrée par le Comité du patrimoine mondial, lequel est chargé de
décider s’il convient ou non d’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial tout bien qui a fait
l’objet d’une proposition d’inscription. Le Comité est assisté dans sa tâche par un secrétariat,
le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, et par trois Organisations consultatives recon-
nues – l’ICCROM (Centre international d’études pour la conservation et la restauration des
biens culturels), l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites) et l’UICN (Union
mondiale pour la nature).
L’UICN est l’Organisation consultative responsable de l’évaluation des sites proposés pour ins-
cription au titre de leur valeur naturelle, tandis que l’ICOMOS est responsable de l’évaluation
des sites proposés pour inscription au titre de leur valeur culturelle.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Même si les Orientations relatives à la Convention appellent à établir une Liste du patrimoine
mondial représentative, équilibrée et crédible, il n’a jamais été entendu que la Liste devrait
viser à une représentativité totale de l’ensemble des multiples écosystèmes et habitats de la
planète, ni de l’ensemble du patrimoine culturel mondial, tâche qui incombe aux autres
régimes et instruments de protection des zones et des sites existant aux niveaux national,
régional ou international.
Il importe à cet égard de bien comprendre les relations entre les biens du patrimoine
mondial et les autres types de zones ou sites protégés. Le schéma ci-après, élaboré par le
PNUE-CMAP et l’UICN pour ce qui concerne le patrimoine naturel, illustre ces relations du
double point de vue du nombre total de sites et du degré d’application du critère de la valeur
universelle exceptionnelle comme critère premier pour décider des zones protégées qu’il y a
lieu d’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial. Il met également en relief l’importance de
toutes les zones naturelles protégées pour la conservation des écosystèmes, des paysages et
16
Présentation générale du patrimoine mondial 1
des espèces, compte tenu de la nécessité que tous les éléments naturels de la planète soient
pleinement représentés.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Comme indiqué dans le schéma, il existe toute une série d’autres labels intergouvernementaux
(sites Ramsar, réserves de biosphère, géoparcs) et régionaux conçus pour renforcer la protec-
tion d’un certain nombre de zones naturelles classées, mais le statut de bien du patrimoine
mondial ne peut être accordé qu’aux biens pouvant satisfaire au critère de la valeur universelle
exceptionnelle tel qu’il est défini dans les Orientations. Un point essentiel que les États
parties doivent avoir à l’esprit aux tout premiers stades de l’évaluation des sites pouvant être
considérés comme des biens du patrimoine mondial est qu’ils se doivent d’étudier aussi
d’autres options en envisageant, de manière aussi intégrée et coordonnée que possible,
l’arsenal complet des instruments internationaux, régionaux et nationaux en vigueur propres
à assurer la reconnaissance, la préservation et la conservation de leurs zones protégées et de
leur patrimoine national.
➤
Patrimoine
mondial Valeur universelle exceptionnelle
Nombre
Autres mécanismes Valeur universelle dans le monde
Caractéristique internationaux exceptionnelle virtuelle décroissant
déterminante : (listes indicatives, analyses des lacunes, etc.) Reconnaissance
(p. ex. sites Ramsar,
di es
exceptionnelle. croissante
e m ts p
ou en série proposés
rim s
franchir la barre s'ils (p. ex. Natura 2000, ASEAN Heritage Parks) Représentativité
n d ion
des critères du
nv in
d’habitats et d’espèces.
tit rop
d'intégrité et
au s p
d'authenticité
e
Sit
Sites sous-nationaux Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
(p. ex. parcs régionaux, réserves de province ou de district)
Relations entre les sites du patrimoine mondial et les autres types d’aires protégées
du point de vue du poids relatif des critères clés de valeur universelle exceptionnelle
et de représentativité
• la gestion efficace des biens inscrits afin de protéger, conserver et gérer leur valeur univer-
selle exceptionnelle.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le schéma ci-dessous récapitule la procédure d’inscription, ainsi que les différentes respon-
sabilités de l’État partie et du Comité du patrimoine mondial.
Après inscription,
Le bien fait l’objet le bien bénéficie
Le bien est inscrit d’une proposition de mesures
sur la Liste d’inscription de gestion et de suivi
indicative sur la Liste visant à protéger
➤ de l’État partie du patrimoine sa valeur
mondial universelle
exceptionnelle
Seuls les pays qui ont signé la Convention du patrimoine mondial peuvent présenter, pour
examen, des propositions d’inscription de biens situés sur leur territoire. Voici, présentés suc-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Liste indicative
Le première mesure que doit prendre un pays est de procéder à un « inventaire » des sites
importants situés dans les limites de ses frontières qui peuvent être considérés comme ayant
une valeur universelle exceptionnelle en tant que patrimoine culturel et/ou naturel et sont
susceptibles de ce fait d’être inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (voir section II.C des
Orientations). Cet « inventaire », appelé Liste indicative, recense les biens dont un État partie
pourrait décider de proposer l’inscription au cours des cinq à dix années à venir. Les Listes
indicatives ne sont pas supposées recenser de manière exhaustive tous les biens dont l’ins-
cription pourrait être envisagée. Elles peuvent être actualisées à tout moment, et les États
parties sont encouragés à présenter une liste révisée tous les dix ans au moins.
Un modèle de formulaire pour la soumission d’une Liste indicative figure dans les Orientations,
incluant le format spécial aux biens en série transnationaux ou transfrontaliers.
Les États parties doivent soumettre une Liste indicative au Centre du patrimoine mondial, un
an au moins avant la soumission de toute proposition d’inscription.
18
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
scription sur la Liste du patrimoine mondial que si le bien considéré figure déjà sur la Liste
indicative de l’État partie.
• Les Listes indicatives permettent aux parties prenantes, telles que les autorités fédérales,
nationales, régionales et locales, les propriétaires et/ou gestionnaires des biens, les commu-
nautés locales, le secteur privé et les ONG, notamment les comités et représentants locaux
de l’ICOMOS et de l’UICN, d’engager des consultations préliminaires au sujet des biens
susceptibles d’obtenir le statut de site du patrimoine mondial, de collaborer et de conclure
un accord. Les parties prenantes pourront utilement être associées dans ce cadre à une ou
plusieurs études préliminaires.
• Les Listes indicatives aident les États parties à entreprendre ces études préliminaires en vue
de déterminer quels sont les éléments du patrimoine naturel ou culturel qui pourraient
présenter un intérêt pour le reste du monde. ➤
• Elles les aident à déterminer les besoins en matière de gestion et les mesures à prendre pour
assurer la protection des biens, en faisant appel si nécessaire à des experts du patrimoine
naturel et culturel.
• Elles sont d’utiles outils de planification pour les États parties, le Comité du patrimoine mon-
dial, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, qui peuvent ainsi
savoir quels sites pourraient à l’avenir faire l’objet d’une proposition d’inscription.
• Elles sont d’un précieux secours au moment de procéder à l’analyse comparative que
nécessite l’établissement d’une proposition d’inscription.
Une fois la Liste indicative établie, l’État partie peut sélectionner des biens et planifier les
dates auxquelles il soumettra les différents dossiers de proposition d’inscription. Le Centre
du patrimoine mondial offre conseils et assistance pour l’établissement du dossier, qui doit
être aussi détaillé que possible, et s’assure qu’il contient tous les documents et cartes néces-
saires. Lorsque le dossier est prêt, le Centre du patrimoine mondial le transmet aux Organi-
sations consultatives compétentes pour évaluation.
Les critères de sélection Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Pour être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, un site doit avoir une valeur universelle
exceptionnelle, satisfaire à un au moins des dix critères qui ont été établis à cette fin, ainsi
qu’à des conditions pertinentes d’intégrité et d’authenticité, et à des conditions de protection
et de gestion.
Ces critères sont expliqués dans les Orientations devant guider la mise en œuvre de la
Convention du patrimoine mondial qui, en dehors du texte de la Convention, sont le principal
instrument de travail concernant le patrimoine mondial. Ils sont également présentés de
manière plus détaillée dans la section 1.3 (p.36-46).
Les critères sont périodiquement révisés par le Comité de façon à tenir compte de l’évolution
du concept même de patrimoine mondial.
Les États parties doivent avoir à l’esprit les décisions prises par le Comité du patrimoine mon-
dial ayant pour effet de limiter le nombre de propositions d’inscription qu’il leur est possible
19
1 Présentation générale du patrimoine mondial
de soumettre, ainsi que le nombre de propositions que le Comité peut examiner au cours
d’une même session.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le calendrier
Les Orientations présentent un calendrier détaillé pour la soumission et l’évaluation des pro-
positions d’inscription, lequel est contraignant pour les États parties et les Organisations
consultatives (paragraphe 168). Les principales échéances doivent être absolument respectées
et ne sont pas négociables.
➤
Les Organisations consultatives
Un bien proposé pour inscription peut faire l’objet d’une évaluation indépendante par l’une
des deux Organisations consultatives mandatées par la Convention – l’ICOMOS (Conseil in-
ternational des monuments et des sites) pour les biens culturels et l’UICN (Union mondiale
pour la nature) pour les biens naturels – ou l’une et l’autre de celles-ci. La troisième Organi-
sation consultative est l’ICCROM (Centre international d’études pour la conservation et la
restauration des biens culturels), une organisation intergouvernementale qui donne au
Comité des conseils spécialisés en ce qui concerne la conservation et le suivi des sites culturels,
et les activités de formation et de renforcement des capacités.
Après qu’un bien proposé pour inscription a été évalué, il appartient au Comité du patrimoine
mondial de prendre la décision finale concernant son inscription. Le Comité se réunit une fois
par an pour décider quels sont les biens qui seront inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.
Le Comité peut aussi renvoyer une proposition d’inscription ou en différer l’examen et deman-
der à l’État partie concerné un complément d’information.
Le Centre du patrimoine mondial est, au sein de l’UNESCO, le point focal et l’organe de coor-
dination pour toutes les questions se rapportant au patrimoine mondial.
Le Centre assiste les États parties tout au long de la préparation d’un dossier d’inscription :
il fournit des exemples de dossiers d’inscription réussis, de dispositions législatives et de ges-
tion, aide à l’identification de cartes appropriées, donne des conseils spécifiques pour l’ins-
cription de différents types de biens, tels que des paysages culturels, des villes, des canaux,
des itinéraires culturels ou encore des inscriptions de biens en série ou transfrontaliers.
20
Présentation générale du patrimoine mondial 1
La présente section expose en les illustrant par des exemples concrets les principaux concepts
Ta b l e d e s m a t i è r e s
relatifs au patrimoine mondial, y compris les définitions, les critères et les différents types de
biens.
PATRIMOINE CULTUREL
• les sites : œuvres de l’homme ou œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, ainsi Indiquez clairement
que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exception- la catégorie à laquelle
nelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique (article appartient l’élément
premier). du patrimoine culturel
proposé pour
Certains biens peuvent répondre à plusieurs de ces définitions (par exemple être à la fois un inscription.
monument et un ensemble).
Ces définitions datent de 1972 et les concepts ont été développés depuis. Néanmoins, la dé-
finition se prête à une interprétation très large qui embrasse les formes diverses du patrimoine
culturel.
Les Orientations contiennent des définitions additionnelles concernant les paysages culturels,
les villes et centres-ville historiques, les canaux du patrimoine et les routes du patrimoine
(Annexe 3). Les paysages culturels seront également traités de façon plus détaillée à la section
suivante.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Les quelques exemples de biens inscrits qui sont présentés ci-dessous donnent une idée des
diverses formes que revêt le patrimoine mondial (le texte de ces définitions et les clichés pho-
tographiques proviennent du site Web du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO).
21
1 Présentation générale du patrimoine mondial
© UNESCO
siècles et sa culture spirituelle et matérielle.
© Fiona Starr
Son architecture est remarquable par
l’association d’éléments de plusieurs
cultures réunies durant de nombreux
siècles. Lijiang possède également un système d’alimentation en eau extrêmement complexe
et ingénieux qui est encore en parfait état de marche.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le Mémorial de la Paix d’Hiroshima, ou Dôme de
Genbaku, fut le seul bâtiment à rester debout à
proximité du lieu où explosa la première bombe
atomique, le 6 août 1945. Il a été préservé tel
qu’il était juste après le bombardement grâce à
© UNESCO
de nombreux efforts, dont ceux des habitants
d’Hiroshima. Symbole austère et saisissant de la
force la plus destructrice que l’homme ait jamais
créée, il incarne en même temps l’espoir de la paix sur terre et de la destruction définitive de
toutes les armes nucléaires.
➤
Jardin botanique (Orto botanico),
Padoue (Italie)
© UNESCO
d’eau. Par la suite, des éléments nouveaux ont été
ajoutés, à la fois architecturaux (entrées monu-
mentales et balustrades) et pratiques (installation
de pompage et serres). Il continue, comme par le passé, à inspirer la recherche scientifique.
PATRIMOINE NATUREL
Les quelques exemples de biens inscrits présentés ci-dessous donnent une idée des diverses
formes que revêt le patrimoine naturel.
© M&G Therin-Weise
de l’inlandsis groenlandais atteint la mer.
Sermeq Kujalleq est l’un des glaciers les
plus rapides (19 m par jour) et les plus
actifs du monde. Son vêlage annuel de
plus de 35 km3, soit 10 % de toute la
glace de vêlage (les icebergs) du Groen-
➤ land, dépasse celui de tous les autres glaciers du monde en dehors de l’Antarctique. Étudié
depuis plus de 250 ans, le site a permis d’enrichir notre compréhension du changement
climatique et de la glaciologie de la calotte glaciaire. L’immense couche de glace associée au
fracas impressionnant d’une coulée de glace rapide vêlant dans un fjord couvert d’icebergs
crée un phénomène naturel spectaculaire et grandiose.
par son épaisseur et sa richesse, ainsi que le registre fossilifère le plus complet des formes de
vie terrestres de cette époque. On y trouve des restes et des traces des premiers animaux et
des forêts tropicales humides dans lesquelles ils vivaient, conservés in situ, intacts et non per-
turbés. Les 14,7 km de falaises maritimes, de microfalaises, de plates-formes rocheuses et
de plages du site regroupent les vestiges de trois écosystèmes : une baie estuarienne, une
forêt tropicale humide en plaine inondable et une plaine alluviale boisée sujette aux incendies
et comportant des mares d’eau douce. Le site offre l’ensemble le plus complet de fossiles de
ces trois types d’écosystème, soit 96 genres et 148 espèces de fossiles ainsi que 20 groupes
d’empreintes. II est répertorié en raison des échantillons spectaculaires qu’il renferme et qui
représentent les principales étapes de l’histoire de la Terre.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
rares sites au monde où a été confirmée
la présence de l’odontospide féroce, un
requin des profondeurs. De l’avis général,
© UNESCO/Yves Lefèvre
ce milieu sous-marin est l’un des sites de
plongée les plus remarquables du monde
du fait de la beauté naturelle extraordi-
naire de ses murs abrupts et de ses
grottes. De plus, ces eaux profondes abri-
tent de larges populations de grands pré-
dateurs et d’espèces pélagiques (on a par exemple relevé la présence de bancs de plus de
200 requins-marteaux et de plus de 1000 requins soyeux, requins-baleines et thons) qui, dans
ce milieu non perturbé, conservent des comportements naturels. ➤
© UNESCO/J. Thorsell/IUCN
espèces de mollusques, un spectacle
d’une variété et d’une beauté extraordi-
naires et d’un haut intérêt scientifique.
C’est aussi l’habitat d’espèces menacées
d’extinction, comme le dugong et la
grande tortue verte.
BIENS MIXTES
Les biens mixtes sont définis dans les Orientations comme les biens répondant à une partie
ou à l’ensemble des définitions du patrimoine culturel et naturel qui figurent aux articles pre-
mier et 2 de la Convention (paragraphe 46).
© B. Doucin/[Link]é
compte de superbes temples et palais
et des places publiques auxquelles on
accède par des rampes. Des vestiges
d’habitations sont disséminés dans la
campagne avoisinante.
➤
Tassili n’Ajjer (Algérie)
© UNESCO/Bousquet
climat, les migrations de la faune et l’évo-
lution de la vie humaine aux confins du
Sahara. Le panorama de formations géo-
logiques présente un intérêt exceptionnel
avec ses « forêts de rochers » de grès
érodé.
MONUMENTS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la section
relative au patrimoine culturel. Voici quelques exemples de biens culturels inscrits sur la Liste
en tant que monuments.
26
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
raire de marbre blanc édifié entre 1631 et 1648
à Agra sur l’ordre de l’empereur moghol Shah
© E. de Gracia Camara
Jahan pour perpétuer le souvenir de son épouse
favorite, le Taj Mahal, joyau le plus parfait de
l’art musulman en Inde, est l’un des chefs-
d’œuvre universellement admirés du patrimoine
de l’humanité.
ENSEMBLES
La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut, dans la section ➤
relative au patrimoine culturel. Une définition des ensembles urbains figure également dans
le texte des Orientations au sujet des villes et centres-ville historiques (Annexe 3). Voici
quelques exemples de biens inscrits sur la Liste en tant qu’ensembles.
ples mégalithiques, chacun témoignant d’un Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
développement distinct. À Gozo, les deux
temples de Ggantija sont remarquables pour
leurs réalisations gigantesques de l’âge de
bronze. Dans l’île de Malte, les temples de
Hagar Qin, Mnajdra et Tarxien sont des chefs-
d’œuvre architecturaux uniques étant donné
les ressources très limitées dont disposaient
leurs constructeurs. Les ensembles de Ta’Hagrat
et de Skorba témoignent de la façon dont la
tradition des temples s’est perpétuée à Malte.
SITES
La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la section
sur le patrimoine culturel. Les Orientations contiennent également des indications concernant
certains types de biens (Annexe 3). Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste en
tant que sites.
27
1 Présentation générale du patrimoine mondial
© E. de Gracia Camara
de Palmyre unirent aux Ier et IIe
siècles les techniques gréco-ro-
maines aux traditions locales et
➤ aux influences de la Perse.
Taxila (Pakistan)
Site archéologique. Du très ancien tumulus néolithique de Saraikala aux remparts de Sirkap,
datant du IIe siècle av. J.-C., et à la ville de Sirsukh, du Ier siècle apr. J.-C., Taxila illustre les
étapes du développement urbain d’une ville de l’Indus soumise tour à tour aux influences de
la Perse, du monde hellénique et de l’Asie centrale, et qui, du VIe siècle av. J.-C. au IIe siècle
de l’ère chrétienne, fut le siège d’une université bouddhique florissante.
© UNESCO / F. Bandarin
PAYSAGES CULTURELS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Les paysages culturels sont définis dans les Orientations comme étant les biens culturels qui
représentent les « œuvres conjuguées de l’homme et de la nature » mentionnées à l’article
premier de la Convention (paragraphe 47).
Aucun des critères du patrimoine mondial ne s’applique exclusivement aux paysages culturels
et l’on peut admettre le recours à l’un quelconque des critères culturels pour justifier de la
valeur universelle exceptionnelle d’un paysage culturel.
De nombreux biens relèvent de plus d’une de ces catégories, qui peuvent donc se chevaucher.
28
Présentation générale du patrimoine mondial 1
L’ICOMOS a établi une bibliographie thématique sur les paysages culturels du patrimoine
mondial que l’on peut consulter à l’adresse suivante :
[Link]
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Voici quelques exemples des trois types de paysages culturels.
© UNESCO / R. Engelhardt
conception hindoue des rapports entre la nature et
l’homme, il a été façonné selon un axe joignant le som-
met de la montagne et les rives du fleuve dans un en-
trelacs géométrique de temples, de sanctuaires et
d’ouvrages hydrauliques s’étendant sur quelque 10 km.
Le site comprend aussi deux villes anciennes, construites
sur les rives du Mékong et la montagne de Phou Kao, l’ensemble représentant un processus
d’aménagement s’échelonnant sur plus de mille ans, du Ve au XVe siècle, associé surtout à
l’Empire khmer.
un paysage d’une grande beauté où se lit l’harmonie Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
conquise et préservée entre l’homme et l’environnement.
29
1 Présentation générale du patrimoine mondial
La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la sous-
section sur le patrimoine naturel. Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste.
Volcans du Kamchatka
(Fédération de Russie)
La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la section
sur le patrimoine naturel. Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste.
30
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
La réserve de faune à okapis occupe environ un
cinquième de la forêt d’Ituri au nord-est du pays.
Le bassin du fleuve Congo, dont la réserve et la
forêt font partie, est un des plus grands systèmes
de drainage d’Afrique. La réserve de faune abrite
© Eric Loddé
des espèces menacées de primates et d’oiseaux et
environ 5 000 okapis, sur les 30 000 vivant à l’état
sauvage. La réserve possède également des sites
panoramiques exceptionnels, dont les chutes sur l’Ituri et l’Epulu. Elle est habitée par des
populations nomades traditionnelles de Mbuti et de chasseurs Efe.
➤
Lagons de Nouvelle-Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés (France)
© Emmanuel Legros
d’une beauté extraordinaire. On y trouve une di-
versité exceptionnelle d’espèces de coraux et de
poissons, ainsi qu’un continuum d’habitats al-
lant des mangroves aux herbiers et caractérisé
par une panoplie de structures récifales parmi
les plus diversifiées de la planète. Les lagons et récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie abritent
des écosystèmes intacts peuplés d’une biodiversité marine exceptionnelle, composée de po-
pulations saines de grands prédateurs et d’un nombre considérable de différents poissons
de grande taille. Ils offrent un habitat pour plusieurs espèces marines emblématiques ou en
danger, comme les tortues, les baleines ou les dugongs, ces derniers constituant la troisième
population mondiale.
La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la sous-
section sur le patrimoine naturel. Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste.
© B. Doucin/[Link]é
plupart des îles sont inhabitées et non per-
turbées par l’homme. Aux valeurs esthé-
tiques exceptionnelles de ce site s’ajoute son
➤ grand intérêt sur le plan biologique.
Cette définition s’entend à la lumière des critères qui régissent l’inscription sur la Liste du
patrimoine mondial. Ces critères sont examinés plus loin.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Pour être réputé de valeur universelle exceptionnelle, un bien doit aussi satisfaire aux condi-
tions d’intégrité et/ou d’authenticité et faire l’objet d’un système de protection et de gestion
de nature à assurer sa sauvegarde (paragraphe 78, voir aussi les sections sur l’intégrité et
l’authenticité dans la partie 3, p.64-70).
Depuis 2007, le Comité du patrimoine mondial adopte une déclaration de valeur universelle
exceptionnelle pour chaque bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, et un mécanisme
a été mis en place en vue de l’établissement de telles déclarations pour les nombreux biens
inscrits avant que cette pratique ne soit instituée. Les déclarations occupent maintenant une
place centrale dans les travaux du Comité ; elles récapitulent les raisons pour lesquelles le
bien inscrit est jugé être de valeur universelle exceptionnelle, et satisfaire aux critères et aux
prescriptions en matière d’authenticité, d’intégrité, de protection et de gestion.
32
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Une fois adoptée par le Comité du patrimoine mondial, elle sert aussi de référence pour :
• le suivi par l’État partie et le gestionnaire du bien ;
• les rapports périodiques ;
• les rapports de suivi réactif et les rapports sur l’état de conservation ;
• l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
• l’éventuelle radiation d’un bien de la Liste du patrimoine mondial.
Comme il a été dit plus haut, la valeur universelle exceptionnelle correspond à un degré
particulier dans l’importance que revêt un bien du point de vue culturel et/ou naturel. Il y a
d’autres degrés, comme la valeur en tant que patrimoine local ou national. Les termes valeur
ou importance utilisés dans le présent manuel doivent se comprendre selon le contexte – il
s’agira souvent de valeur universelle exceptionnelle, mais parfois aussi d’autres degrés d’im-
portance, tels que celui de patrimoine national ou local.
ATTRIBUTS OU CARACTÉRISTIQUES
Les attributs sont les aspects d’un bien auxquels s’attache ou qui présentent une valeur uni-
verselle exceptionnelle. Les attributs peuvent être matériels ou immatériels. Les Orientations
énumèrent divers attributs pouvant conférer au bien une valeur universelle exceptionnelle :
• forme et conception ;
• matériaux et substance ;
• usage et fonction ;
• traditions, techniques et systèmes de gestion ;
• situation et cadre ; Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• langue, et autres formes de patrimoine immatériel ;
• esprit et impression (paragraphe 82).
Cette liste est indicative. Les attributs d’un bien qui seront mis en avant doivent impérative-
ment découler de la déclaration de valeur universelle et de la justification des critères
invoqués.
Il importe de définir les attributs d’un bien, parce qu’ils sont essentiels pour en apprécier l’au-
thenticité et l’intégrité, et que les mesures de protection, de conservation et de gestion en
découlent.
ZONE TAMPON
Une zone tampon est une aire ou une série d’aires extérieure au bien du patrimoine mondial
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Même si les zones tampons ne sont pas considérées comme faisant partie du bien inscrit,
leurs limites et les mesures de gestion dont elles font l’objet doivent être évaluées, approuvées
et dûment consignées lors de la proposition faite par l’État partie.
Une fois définies, les zones sont considérées comme faisant partie intégrante des lieux dont
l’État partie s’engage à assurer la protection, la conservation et la gestion. Les fonctions de
la zone tampon doivent correspondre au type et au niveau de protection, de conservation et
➤ de gestion que nécessitent les attributs qui confèrent une valeur universelle exceptionnelle
au bien du patrimoine mondial.
ANALYSE COMPARATIVE
BIEN
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Le bien est l’aire terrestre ou maritime qui présente une valeur universelle exceptionnelle.
L’expression « zone centrale » (core zone) a été autrefois utilisée pour désigner le bien. Elle est
aujourd’hui obsolète et ne doit plus être employée. On parlera dans tous les cas de « bien ».
CADRE
La Déclaration de Xi’an sur la conservation du contexte des constructions, des sites et des
secteurs patrimoniaux adoptée par l’ICOMOS (2005) note ce qui suit :
34
Présentation générale du patrimoine mondial 1
« Le contexte d’une construction, d’un site ou d’un secteur patrimonial se définit comme
étant l’environnement immédiat ou distant qui participe ou contribue à sa singularité.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
« Au-delà des aspects physiques et visuels, le contexte comprend l’interaction avec
l’environnement naturel, les pratiques sociales ou spirituelles passées ou actuelles, les cou-
tumes, le savoir traditionnel, l’usage, les activités et d’autres formes ou expressions tenant
du patrimoine culturel immatériel qui ont créé et façonnent l’espace ainsi que le milieu
culturel, social et économique actuel et dynamique. »
Le concept de cadre et les règles s’y rapportant sont examinés plus avant à la section 3 (p.90-91).
Certains biens mixtes combinent de manière interdépendante des éléments qui leur confèrent une
valeur naturelle et des éléments qui leur confèrent une valeur culturelle. Dans d’autres cas, ces élé-
ments ne sont pas interdépendants mais coexistent simplement en un même lieu géographique.
Biens mixtes
ils répondent à au moins
un critère culturel
et un critère naturel.
Biens naturels
les biens appartenant
à cet ensemble
satisfont à un Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
ou plusieurs
des seuls critères
naturels (vii à x). Biens
Biens mixtes
naturels
Biens
culturels
Paysages
culturels Biens culturels
les biens appartenant
à cet ensemble satisfont
à un ou plusieurs
des seuls critères
culturels (i à vi).
35
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Les Orientations énumèrent dix critères régissant l’inscription sur la Liste du patrimoine mon-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
NOTRE C ONSEIL dial (paragraphe 77). Les critères (i) à (vi) se rapportent aux biens culturels, et leur application
est évaluée par l’ICOMOS, et les critères (vii) à (x) restants ont trait aux biens culturels, leur
Ne retenez que
application étant évaluée par l’UICN. De nombreux biens ne satisfont qu’à des critères de
les critères pertinents
l’une ou l’autre série, tandis que les biens mixtes satisfont à des critères de l’une et l’autre
prouvant que le bien
séries. Les propositions d’inscription de biens mixtes sont évaluées à la fois par l’UICN et par
présente une valeur
l’ICOMOS.
universelle
exceptionnelle.
Voici quelques exemples de biens satisfaisant aux différents critères (textes et illustrations
proviennent du site Web du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO).
➤
Critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie créatif humain
Le caractère unique d’un bien ne suffit pas, en soi, pour justifier l’inscription. Le bien doit
être considéré par rapport à un contexte culturel et historique plus vaste, et sa valeur appré-
ciée à la lumière de ce contexte.
La Liste du patrimoine mondial recense des biens, et non des personnes. Le critère (i), par
exemple, s’applique aux chefs-d’œuvre du génie créatif humain. La Liste du patrimoine mon-
dial n’inclut pas les créateurs de génie, mais elle peut inclure leurs chefs-d’œuvre. De même,
elle n’inclut pas l’ensemble des œuvres d’un créateur de génie, mais peut inclure le chef-
d’œuvre ou la série de chefs-d’œuvre considérée comme un tout qui présente une valeur
universelle exceptionnelle.
communauté peut apparaître comme un véritable chef-d’œuvre, même si elle n’a peut-être
été conçue que dans un but fonctionnel. Des bâtiments industriels sont également considérés
comme des témoignages d’une créativité transcendant les préoccupations fonctionnelles et
utilitaires pour atteindre au génie.
EX EM PL E
Opéra de Sydney (Australie)
s’avance dans le port de Sydney, cet édifice exerce depuis sa construction une grande in-
fluence sur le monde de l’architecture. L’Opéra de Sydney se compose de trois groupes de
« coquilles » voûtées et entrelacées qui abritent les deux principaux lieux de représentation
Ta b l e d e s m a t i è r e s
et un restaurant. Les « coquilles » disposées sur une vaste plate-forme sont entourées de ter-
rasses qui servent de promenades piétonnes. En 1957, la décision prise par un jury interna-
tional de confier la réalisation de l’Opéra de Sydney à l’architecte danois Jørn Utzon a marqué
la volonté d’adopter une démarche radicalement nouvelle en matière de construction.
Critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période
donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architec-
ture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou
de la création de paysages
L’élément important de ce critère est l’« échange d’influences ». L’évaluation faite par ➤
l’ICOMOS vise à déterminer si les éléments physiques d’un bien qui présentent de l’intérêt
du point de vue de l’architecture, de la technologie, des arts monumentaux, de la planification
des villes ou de la création de paysages peuvent être considérés comme témoignant d’un
échange d’idées, ce qui peut s’interpréter de différentes façons :
• le bien peut être la concrétisation d’une idée ou d’un concept importé d’une autre région
ou aire et qui a ensuite influencé les créateurs de la région d’origine, de la région d’adoption
ou d’autres créateurs ;
• le bien peut aussi avoir suscité lui-même l’échange d’influences en devenant une source
d’inspiration dans d’autres régions ;
• enfin, l’échange d’idées peut s’être opéré dans les deux sens, le bien représentant une sorte
de fusion culturelle ou d’adaptation locale qui apparaît emblématique à certains égards.
Dans tous les cas, l’échange d’idées ou d’influences doit avoir provoqué une réponse que
l’on puisse qualifier d’exceptionnelle du fait de l’empreinte qu’elle a laissée à l’époque ou
plus tard dans les esprits ou sur la société.
Pour nombre de biens, les influences ou échanges se manifestent par la diffusion concrète
d’idées phares dans l’histoire de l’art, de l’architecture et de l’urbanisme ou dans l’histoire
de la technologie, dont témoignent les attributs du bien.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Les échanges au sein des sociétés et cultures et entre elles étant monnaie courante, le critère
veut que l’influence sur la culture ainsi fécondée et les valeurs transmises soient considérables.
L’apport d’un trait culturel mineur, ou d’une valeur dont l’influence a été minime n’est pas
jugé suffisant.
De plus, les valeurs ou influences transmises doivent transparaître de quelque façon dans le
bien proposé pour inscription et ses attributs. Un échange d’influences dont le bien ne porte
pas la marque ne peut justifier son inscription.
Il n’est généralement pas approprié d’invoquer ce critère à l’appui d’une proposition concer-
nant un exemple bien préservé d’un certain type de bien, pour lequel il vaut mieux invoquer
d’autres critères.
EXEMPLE
Samarkand – carrefour de cultures (Ouzbékistan)
© M & G Therin-Weise
Bien également inscrit en vertu des critères (i)
et (iv).
Contrairement au critère (ii), ce critère a trait aux processus, c’est-à-dire aux traditions cultu-
relles qui, généralement au fil d’une longue période de temps, ont modelé le style de vie ou
la civilisation propre à une région géoculturelle. Ces traditions peuvent être encore vivaces
ou s’être atrophiées, auquel cas le bien en est le vestige. Il peut s’agir de méthodes de
construction, d’aménagement de l’espace, ou d’organisation urbaine. Les traditions peuvent
aussi être immatérielles, mais avec des résultats matériels, comme l’art rupestre qui peut être
le reflet d’idées ou de traits culturels.
Les mots importants sont « témoignage exceptionnel ». Le bien doit être, de manière mani-
feste, le témoignage d’une tradition culturelle ou d’une civilisation.
Une civilisation doit en principe avoir perduré pendant une longue période de temps, pré-
senter un caractère organisé ou des traits unificateurs et être commune à un groupe assez
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
important. Les sociétés relativement éphémères, les groupes sans caractère organisé ni traits
unificateurs marqués, ou encore très restreints, ne sont pas nécessairement considérés comme
représentant une civilisation.
EX EM PL E
Centre historique de Macao (Chine)
Critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble ar-
chitectural ou technologique ou de paysage illustrant une période ou des périodes
significative(s) de l’histoire humaine
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Ce critère considère le caractère exceptionnel du bien proposé pour inscription du point de
vue typologique en tant qu’illustration d’une ou de plusieurs périodes significatives de
l’histoire.
En essence, le bien doit de quelque façon présenter un lien avec un ou des moments décisifs
de l’histoire humaine ou une ou plusieurs périodes de cette histoire. Il doit être le fruit de ce
ou ces moments ou de cette ou ces périodes significatives de l’histoire humaine, ou en porter
la marque. Le moment historique doit être réputé avoir une importance exceptionnelle, tout
comme ses répercussions. La période peut appartenir à l’histoire politique ou économique,
ou encore à l’histoire artistique ou scientifique, et doit avoir exercé une influence durable.
➤
Le bien doit être l’illustration exceptionnelle d’une période significative de l’histoire humaine.
Cette période devra être considérée par rapport au contexte régional et mondial et y occuper
une place de choix. Il ne suffit pas qu’une période ait de l’importance dans l’histoire d’un
seul pays si elle n’a pas eu de répercussions considérables pour toute une région ou pour
l’ensemble du monde. L’élément temporel entre aussi en compte. La période doit être définie
par rapport à l’histoire d’une culture et de ses cycles de continuité et de changement. Une
période artificiellement délimitée (comme « le XVIIIe siècle ») ne constitue pas un cadre sa-
tisfaisant. Pour être significative, la période doit avoir son importance propre et s’inscrire dans
un contexte culturel.
Il convient donc d’utiliser le critère en relation avec des « prototypes » remarquables ou des
exemples fortement représentatifs d’un type de bien particulier.
Il n’est pas censé encourager ni autoriser l’inscription d’un exemple de chaque type d’édifice,
d’ensemble ou de paysage dans le monde, quand bien même cet exemple serait exceptionnel.
L’ICOMOS a réalisé un certain nombre d’études sur des types de bien tels que chemins de fer,
canaux, art rupestre et ponts, afin de permettre une évaluation objective de certains types de
bien proposés pour inscription (voir [Link] On consultera aussi avec
profit la série de bibliographies par thèmes et régions établies par le Centre de documentation Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
de l’ICOMOS ([Link]
EXEMPLE
Canal Rideau (Canada)
Les mots importants sont « utilisation du territoire ». Pour être considéré comme traditionnel,
l’exemple d’établissement ou d’utilisation du territoire doit couvrir une période raisonnable-
ment longue.
L’ICOMOS a élaboré un certain nombre d’études thématiques mondiales, par exemple sur
les paysages viticoles, ainsi que des études thématiques régionales, en vue de fournir des
éléments d’appréciation objectifs pour certains types d’établissements de paysages (voir
[Link]
EX EM PL E
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Le site de 34 658 ha s’étend du pied du volcan Tequila jusqu’au canyon du Rio Grande. Il
comprend de vastes paysages d’agaves bleus, façonnés par la culture de cette plante qui est
utilisée depuis le XVIe siècle pour produire la tequila et depuis au moins 2 000 ans pour fa-
briquer des boissons fermentées et des textiles. On trouve dans ce paysage des distilleries en
activité qui reflètent l’essor de la consommation internationale de tequila aux XIX e et XXe
siècles. Aujourd’hui, la culture de l’agave
est considérée comme un élément intrin-
sèque de l’identité nationale mexicaine.
La zone englobe un paysage vivant et
exploité de champs d’agaves bleus et
© Nonimation File/ Carlo Tomas
façonné la zone de Tequila de 200 à 900 apr. J.-C., notamment à travers la création de ter-
rasses pour l’agriculture, d’habitations, de temples, de tertres cérémoniels et de terrains de
jeu de balle.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
L’ensemble de champs, de distilleries, d’haciendas et de villes qui composent le paysage
est un exemple exceptionnel d’établissement humain et d’exploitation du sol de type tra-
ditionnel, représentatif d’une culture propre à Tequila.
La plupart des critères impliquent différentes sortes d’associations immatérielles avec des
éléments divers – événements historiques, dirigeants politiques, guerres et conflits,
conceptions de l’urbanisme ou innovations structurelles, mais ils ont trait aux effets
concrets de ces associations. Ce critère-là, en revanche, concerne des associations qui,
sans avoir nécessairement d’effets concrets sur le bien lui-même, se manifestent néan-
moins de manière claire et directe. Une montagne ou un paysage peut, par exemple,
avoir été un lieu sacré ou une source d’inspiration pour des peintres, des artistes ou des
musiciens, ou encore être associé à tel ou tel événement revêtant lui-même une impor-
tance exceptionnelle.
Pour justifier l’invocation de ce critère, il faut, tout d’abord, se référer à des événements,
des traditions, des idées, des croyances ou des œuvres littéraires ou artistiques dont on
établit la valeur universelle exceptionnelle, puis mettre en évidence leur association di-
recte ou matérielle avec le bien.
Du fait que la Convention du patrimoine mondial porte sur des biens, le critère ne peut
être invoqué que si des aspects physiques du bien ont une valeur universelle exception-
nelle, si le bien satisfait à au moins un autre critère, et s’il peut être protégé en vertu
d’attributs reconnus qui lui confèrent une valeur universelle exceptionnelle. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
On ne peut inscrire sur la Liste du patrimoine mondial des événements, des traditions,
des idées, des croyances ou des œuvres artistiques ou littéraires, mais on peut y inscrire
des biens qui leur sont directement ou matériellement associés. Ainsi, une religion, ou
un mouvement, qui a une valeur universelle exceptionnelle et est directement ou maté-
riellement symbolisée par un bien peut justifier son inscription. Toutefois, la Liste ne peut
pas inclure tous les temples, sanctuaires ou églises des grandes religions du monde. Le
bien doit être un exemple exceptionnel d’une telle association directe ou matérielle.
De plus, un lien avec le berceau ou le foyer principal d’une religion particulière est consi-
déré comme ayant plus de poids qu’une association avec un lieu utilisé pour propager
cette foi dans un contexte particulier.
Il convient de noter que, même s’il existe quelques exceptions, les Orientations indi-
quent clairement que le critère doit être invoqué conjointement avec d’autres plutôt
qu’isolément.
41
1 Présentation générale du patrimoine mondial
EX EM PL E
Arc géodésique de Struve (Bélarus, Estonie,
Fédération de Russie, Finlande, Lettonie, Lituanie,
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Critère (vii) : représenter des phénomènes naturels remarquables ou des aires d’une
beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles
Ce critère met en avant deux concepts distincts. Le premier, celui de « phénomènes naturels
remarquables » (la version anglaise dit « superlatifs »), se prête souvent à une appréciation
et des mesures objectives (par exemple le canyon le plus profond, le plus haut sommet, le
plus vaste ensemble de grottes, la chute d’eau la plus haute, etc.).
En outre, ce critère veut, par sa nature, que le bien proposé pour inscription appartienne à
un type commun à d’autres sites comparables, dont la distribution se déploie à l’échelle mon-
diale, plutôt que régionale, de sorte qu’il implique le recours à des normes de même ampleur
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
en matière de justification. L’élément esthétique a donc une application distincte des facteurs
pris en considération dans le cas de paysages culturels. L’évaluation de cet aspect se fonde
sur une comparaison avec des biens dont le Comité a déjà approuvé l’inscription en vertu de
ce critère et, dans la mesure du possible, s’appuie aussi sur une comparaison d’indicateurs
mesurables de l’intérêt paysager. La comparaison avec des biens déjà inscrits au titre du critère
considéré, et la pratique antérieure du Comité du patrimoine mondial et de l’UICN concer-
nant l’utilisation de ce critère sont d’autres éléments d’appréciation importants.
L’UICN prévoit de développer plus avant son travail thématique destiné à guider l’application
de ce critère et d’en présenter les résultats au Comité du patrimoine mondial en 2012. L’UICN
a noté aussi que l’application du critère (vii) était en principe examinée à la lumière d’un autre
critère « naturel ».
EX EM PL E
Réserve de biosphère du papillon monarque (Mexique)
La réserve de biosphère du papillon monarque est située dans une chaîne de montagnes à
environ 100 km au nord-ouest de Mexico. Sur ces 56 259 ha, chaque automne, des millions,
voire un milliard, de papillons provenant des vastes espaces nord-américains s’amoncellent
42
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
collectif. Au printemps, ces papillons
reprennent une migration de 8 mois, vers
l’est du Canada avant de revenir au
Mexique. Durant cette période, quatre
générations successives naîtront et mour-
ront. Nous ignorons encore aujourd’hui
comment ils parviennent à retrouver leur
chemin vers le site d’hivernage.
Critère (viii) : être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de
l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques ➤
en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomor-
phiques ou physiographiques ayant une grande signification
Ce critère appelle une évaluation au niveau mondial, du fait de la distribution des éléments
géomorphologiques à l’échelle du globe et du point de vue nécessaire pour embrasser les
4,6 milliards d’années de l’histoire de la planète, ainsi que l’évolution de sa géographie. Sont
pris en considération les biens associés à des découvertes qui ont radicalement transformé
notre compréhension de l’histoire de la planète et de ses processus géologiques, plutôt que
des éléments couvrant un champ peu étendu et extrêmement spécialisés. Certaines propo-
sitions d’inscription d’éléments géologiques faisant appel à des connaissances spécialisées,
l’UICN prend conseil auprès d’experts en la matière. Le critère fait intervenir quatre aspects
des processus naturels, distincts mais étroitement liés, qui relèvent de la géologie et de la
géomorphologie, à savoir :
relictuels, les systèmes volcaniques éteints et les reliefs karstiques. Ces éléments sont parfois
considérés en relation avec l’application du critère (vii), eu égard aux qualités esthétiques
de certains reliefs spectaculaires.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Liste de contrôle établie par l’UICN pour l’évaluation des sites fossilifères
1. Le site contient-il des fossiles qui couvrent une période étendue du temps géologique ?
C’est-à-dire : quelle est la largeur de la fenêtre géologique ?
2. Le site contient-il des spécimens d’un nombre limité d’espèces ou des assemblages
biologiques complets ? C’est-à-dire : quelle est la richesse du site en diversité des espèces ?
➤
3. Dans quelle mesure le site est-il unique du point de vue des spécimens fossiles de cette
époque géologique particulière ? C’est-à-dire : est-ce le type de localité à étudier ou
existe-t-il des régions semblables pouvant lui être substituées ?
4. Y a-t-il, ailleurs, des sites comparables qui contribuent à la connaissance de l’« histoire »
complète de cette fraction du temps et de l’espace ? C’est-à-dire : la désignation d’un
seul site est-elle suffisante ou faut-il considérer une désignation en série ?
5. Ce site est-il le seul endroit ou l’endroit le plus important où des progrès scientifiques
majeurs ont été (ou sont) faits qui contribuent fortement à la connaissance de la vie sur
terre ?
9. Dans quel état de conservation se trouvent les spécimens contenus dans le site ?
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
10. Les fossiles permettent-ils de comprendre l’état de conservation de taxons et/ou commu-
nautés contemporains ? C’est-à-dire : dans quelle mesure le site permet-il de comprendre
les conséquences pour la faune et la flore modernes, de l’évolution de la situation dans le
temps ?
L’UICN a entrepris une étude thématique mondiale sur le patrimoine mondial géologique
(Dingwall, Weighell et Badman, 2005) qui contient de plus amples indications concernant le
critère considéré, et permet de mieux apprécier la portée de la Liste du patrimoine mondial
à travers la présentation de treize groupes thématiques de biens géologiques différents.
44
Présentation générale du patrimoine mondial 1
EXEMPLE
Wadi Al-Hitan (La vallée des Baleines) (Égypte)
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Wadi Al-Hitan, la vallée des Baleines, dans le désert
occidental de l’Égypte, contient des restes fossiles
inestimables du plus ancien, et maintenant éteint,
ordre des baleines archaeoceti. Ces fossiles repré-
sentent l’une des étapes les plus importantes de
l’évolution : les débuts de la baleine en tant que
EXEMPLE Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Forêts humides de l’Atsinanana
(Madagascar)
© The Wildlife Conservation Society /
45
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Critère (x) : contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus impor-
tants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où sur-
vivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Il existe un certain nombre d’outils qui facilitent l’évaluation relative à ce critère, parmi lesquels
la Liste rouge de l’UICN, le répertoire des « centres de diversité végétale », celui des « zones
de conservation des espèces ornithologiques importantes », les « points névralgiques de la
biodiversité » de Conservation International, et le répertoire « Global 200 Ecoregions for
Saving Life on Earth » du WWF. La bibliographie figurant à la fin du présent manuel contient
une liste de documents de référence qui sont régulièrement consultés à cet égard.
On trouvera de plus amples informations sur l’application de ces systèmes de classification mon-
➤ diaux dans le document de synthèse présenté à la Réunion spéciale d’experts de la Convention du
patrimoine mondial sur le thème « Le concept de valeur universelle exceptionnelle », Kazan, 2005
(UICN), disponible à l’adresse suivante : [Link]/downloads/kazan_abs_french.pdf
EX EM PL E
Archipel de Socotra (Yémen)
En général, les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial occupent une aire unique,
située à l’intérieur des frontières d’un seul État partie. Cette aire peut être vaste, comme c’est
le cas de certains paysages tels que le paysage culturel de Champassak, comprenant Vat
Phou et les villes anciennes qui lui sont associées, sur le territoire de la République démocra-
NOTRE C ONSEIL tique populaire lao (39 000 ha). Elle peut aussi être très restreinte, comme le Mémorial de la
Paix d’Hiroshima (Dôme de Genbaku) au Japon (0,4 ha). Les sites peuvent par ailleurs être
Indiquez clairement
naturels, culturels ou mixtes.
quel est le type de
bien faisant l’objet
En outre, on distingue un certain nombre de types de biens spéciaux :
de la proposition
• biens transfrontaliers ;
d’inscription.
• biens en série ;
• biens en série transnationaux (paragraphes 134 à 139 des Orientations).
Ces types de biens spéciaux sont examinés ci-après. Dans tous les cas, il importe de bien
saisir et d’expliquer clairement la logique à laquelle obéit la sélection des éléments considérés
46
Présentation générale du patrimoine mondial 1
comme faisant partie du bien proposé pour inscription (voir section 3, p.80-83). On se référera
utilement au document sur les biens en série intitulé Nominations and Management of Serial
Natural World Heritage Properties – Present Situation, Challenges and Opportunities (Engels,
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Ohnesorge et Burmester, 2009).
BIENS TRANSFRONTALIERS
Ces biens occupent une aire terrestre ou maritime continue qui s’étend par-dessus les fron-
tières de deux États parties contigus ou plus.
Les biens transfrontaliers offrent entre autres avantages la possibilité de regrouper en un en-
semble unique tous les biens et attributs qui présentent une valeur universelle exceptionnelle,
quelles que soient les frontières politiques en vigueur. Ils donnent ainsi un exemple de
coopération internationale et pacifique en faveur d’un patrimoine partagé par plusieurs pays ➤
et encouragent une telle coopération.
De plus, les éléments situés de part et d’autre d’une frontière peuvent ne pas être dans un
état de conservation identique, ce qui va compliquer la gestion future de l’ensemble du bien.
EXEMPLES
Parc de Muskau /
.
Parc Muzakowski
(Allemagne et Pologne)
Ce parc paysager de 559,90 ha, Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
situé de part et d’autre de la
Neisse et de la frontière germano-
polonaise, a été créé par le prince
Hermann von Pückler-Muskau
© Jaroslaw Wnorowski
47
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Ta b l e d e s m a t i è r e s
POLOGNE
ALLEMAGNE
Identification du bien
1:25 000
Zone proposée pour
inclusion sur la Liste du
patrimoine mondial de
l’UNESCO
Zone tampon
--- Frontière commune
--- Frontière d’état
Pologne/Allemagne
BIENS EN SÉRIE
Les biens en série sont un ensemble d’éléments ou aires individuels ou distincts qui ne se re-
groupent pas à l’intérieur d’un périmètre unique. Ces éléments peuvent être très proches ou
géographiquement distants les uns des autres, mais ils se situent tous sur le territoire d’un
même pays. Les biens en série transnationaux sont examinés plus loin.
Les biens en série peuvent inclure deux ou plusieurs éléments constitutifs connectés par des
liens clairement définis :
a) Les éléments constitutifs devraient refléter les liens culturels, sociaux ou fonctionnels à travers
le temps, qui fournissent, là où c’est pertinent de le faire, une connectivité de paysage, éco-
logique, évolutionnaire ou d’habitat.
48
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
ceptionnelle résultante devrait être facilement compréhensible et communiquée.
c) Systématiquement, et dans le but d’éviter une fragmentation excessive des éléments consti-
tutifs, le processus d’inscription du bien, incluant la sélection des éléments constitutifs, devrait
prendre pleinement en considération la gestion dans son ensemble et la cohérence du bien.
et à condition que la série dans son ensemble – et non nécessairement ses différentes parties
– ait une valeur universelle exceptionnelle (paragraphe 137 des Orientations).
Dans certains cas, les éléments ou aires distincts peuvent se situer au cœur d’une même zone
tampon.
Le concept de bien en série peut éviter la tentation de définir un périmètre unique englobant
la totalité des éléments, et renfermant de ce fait de vastes étendues dépourvues de tout attribut ➤
d’une valeur universelle exceptionnelle.
Cette approche peut compliquer la proposition d’inscription en raison du nombre d’aires dis-
tinctes à prendre en considération, chacune d’elles devant être traitée dans le dossier. De plus,
la protection, la conservation et la gestion acquièrent une complexité accrue du fait que chaque
élément peut nécessiter des mécanismes différents, même si tous se situent sur le territoire
d’un même pays. Pour lever ces difficultés, les Orientations notent qu’il est essentiel de coor-
donner la gestion des différents éléments.
Il serait malavisé d’opter dans certains cas pour la formule du bien en série de façon à enfermer
les éléments dans des limites excessivement restrictives. Comme on l’a noté ailleurs, le tracé
de ces limites et l’application du principe du bien en série doivent être dictés par les valeurs,
l’authenticité et l’intégrité.
EXEMPLES
Ces quatre églises, situées dans les villes de Manille, Santa Maria, Paoay et Miag, et dont la
première fut construite dès la fin du XVIe siècle par les Espagnols, sont représentatives d’un style Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
unique en son genre où le baroque européen a été réinterprété par les artisans philippins et
chinois.
© OUR PLACE – The World Heritage Collection
49
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Source : ArtPostAsia
Pte Ltd © 2005.
Carte issue de la
publication : Living
Landscapes and
Cultural Landmarks –
World Heritage Sites in
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
the Philippines.
50
Présentation générale du patrimoine mondial 1
Ta b l e d e s m a t i è r e s
➤
Source : Département de
l’environnement, de l’eau,
du patrimoine et des arts.
Gouvernement australien.
BIENS EN SÉRIE/TRANSNATIONAUX
Les biens en série transnationaux constituent un cas particulier, où les éléments se situent
sur le territoire de plusieurs pays.
De tels biens présentent les mêmes avantages et les mêmes difficultés que les biens trans-
frontaliers et les biens en série.
EXEMPLE
Ces quatre grands groupes de cercles mégalithiques constituent une concentration extraor-
dinaire – plus de 1 000 monuments – sur une bande de 100 km de large qui longe sur
350 km le fleuve Gambie. Les quatre groupes, Sine Ngayène, Wanar, Wassu et Kerbatch,
51
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Collection
qui s’est constitué sur plus de 1 500 ans
et témoignent d’une société prospère,
pérenne et hautement organisée.
➤
SÉNÉGAL
SÉNÉGAL
GAMBIE
Fédération de
RUSSIE
MONGOLIE
Le schéma ci-dessous illustre les différences théoriques entre ces divers types de biens.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Biens transfrontaliers /
Biens nationaux – transnationaux –
un seul pays (A) deux pays ou plus (A, B et C)
➤
A
C
B
B
Série d’éléments liés entre eux,
chacun situé entièrement
dans un seul pays.
A C
B
Biens en série pouvant comprendre des
éléments situés dans des pays n’ayant
pas de frontière commune. De tels cas
sont rares, et ne concernent en l’état
actuel de la Liste que des biens culturels
(par exemple Arc géodésique de Struve
et Frontières de l’Empire romain). Dans
l’exemple ci-dessus, des éléments sont
présents dans les pays B et C, mais non
dans le pays A.
53
2 Le travail de préparation
Pour aboutir, une proposition d’inscription doit être préparée avec soin. La présente partie
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Comme on l’a noté dans l’introduction du présent manuel, il y a de multiples façons de bien pré-
parer une proposition d’inscription, et l’on ne saurait proposer des « recettes » ni recommander
une méthode de travail plutôt qu’une autre. Néanmoins, les États parties trouveront ici des principes
de base et des indications susceptibles de les guider dans le choix d’une méthode appropriée.
➤
Il importe de déterminer quelles sont les informations pertinentes déjà disponibles qui aide-
ront à établir la proposition d’inscription.
Quel que soit le bien, il est presque toujours nécessaire de regrouper toute la documentation
existante, laquelle est souvent éparpillée en de nombreux lieux différents. Dans le cas de
biens culturels, cette documentation comprendra les traditions orales, les résultats archéolo-
giques publiés, l’historique des mesures de conservation, les données touristiques, les régle-
mentations en matière de planification, etc. La plupart des biens nécessitent des recherches,
soit parce qu’il n’en pas été fait auparavant, soit parce que celles qui l’ont été sont incom-
plètes ou doivent être mises à jour.
Avant d’établir la proposition d’inscription, il est utile de rassembler les informations dont on
dispose et de déterminer si un travail supplémentaire est nécessaire en ce qui concerne :
• les recherches – celles qui ont déjà été faites et présentent une utilité sont-elles adéquates
ou faut-il en mener d’autres pour préciser les aspects qui font la valeur du bien et bien
comprendre le contexte mondial et culturel dans lequel s’inscrivent l’histoire et les attributs
du bien ?
• les inventaires – de quels inventaires du bien dispose-t-on et est-il nécessaire de les com-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Il est arrivé que le Comité du patrimoine mondial renvoie ou diffère des propositions d’ins-
cription qui n’étaient pas étayées par des recherches suffisantes.
L’équipe responsable
Les parties prenantes liées au bien sont généralement une importante source d’information
et de conseils. Il est le plus souvent utile, au moment de constituer une équipe, de commencer
par dresser la liste des principales parties prenantes. Pourraient y figurer ou y être représentés
Ta b l e d e s m a t i è r e s
le propriétaire ou gestionnaire du site, l’État partie, les organismes nationaux chargés du pa-
trimoine, les collectivités locales, les autres organismes publics, les communautés locales, les
groupes autochtones, les universités, les chercheurs et enseignants, les entreprises locales,
les opérateurs touristiques, les organisations non gouvernementales et les associations d’usa-
gers (pêcheurs, usagers des forêts, utilisateurs d’équipements et services de loisir, chercheurs,
etc.). Les comités nationaux de l’ICOMOS peuvent être également d’une aide précieuse dans
le cas de biens culturels. Les différents collaborateurs doivent représenter les divers aspects
qui font la valeur du bien et, dans l’idéal, avoir une bonne compréhension de l’intérêt inter-
national du bien. Parties prenantes et experts doivent faire partie de l’équipe responsable, y
être représentés, ou à tout le moins avoir un accès direct aux travaux de l’équipe et pouvoir
y contribuer. La composition de l’équipe doit pouvoir évoluer pour tenir compte des nouveaux
intérêts qui pourraient se faire jour. ➤
Il est essentiel de faire participer les groupes locaux au processus de proposition d’inscription
afin de leur permettre de partager avec l’État partie la responsabilité de veiller sur le bien,
d’assurer que le savoir local est proprement utilisé, et enfin, d’assurer que la situation locale
par rapport aux problèmes de perception et d’utilisation des ressources est comprise. De
même, on doit impérativement s’assurer la participation des autorités à tous les niveaux.
En général, il est indispensable de désigner un chef de projet unique, qui puisse assumer la
responsabilité de l’ensemble du processus de proposition d’inscription, y compris l’établisse-
ment du document final.
L’équipe peut jouer un rôle important de bien des façons, notamment en mobilisant des ap-
puis aux niveaux local, national et international en vue de la proposition d’inscription et de
la protection, de la conservation et de la gestion à long terme du bien.
On aura avantage dans certains cas à charger une équipe restreinte de l’établissement de la
proposition proprement dite, et de la faire assister dans sa tâche par un groupe plus large de
spécialistes. En général, une équipe est efficace quand elle est bien dirigée, solidement consti-
tuée et dotée d’un plan de travail clair et réaliste, prévoyant un certain nombre d’étapes clés.
Chaque membre de l’équipe pourrait se voir confier un rôle bien précis (par exemple, spé- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
cialiste d’un domaine particulier, représentant d’une communauté, responsable de la mise
au point rédactionnelle, etc.).
Dans bien des cas, la proposition d’inscription est pour ces personnes la toute première oc-
casion de travailler ensemble. Cela est vrai pour tous les types de biens naturels et culturels
– y compris les parcs nationaux, les zones urbaines, les paysages culturels, le patrimoine ar-
chéologique ou les monuments. Pour établir la proposition d’inscription, il faut considérer le
bien sous de nombreux points de vue différents – science, histoire, archéologie, paysage,
conservation, gestion, équipements sociaux, tourisme, planification, entreprises, développe-
ment et réglementation. Si l’on veut que la proposition d’inscription prenne correctement
en compte toutes ces dimensions, il est utile de nouer un dialogue avec les diverses parties
pouvant représenter ces points de vue.
On ne saurait trop insister sur la nécessité d’adopter un plan de travail réaliste – une propo-
sition d’inscription élaborée à la hâte risque de laisser à désirer et de se heurter à un plus
grand nombre de difficultés au moment de l’évaluation.
• La capacité :
– de rassembler et comprendre les informations concernant le bien proposé pour inscription et
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• Du fait des langues de travail imposées par la Convention, il peut être nécessaire de re-
courir aux services d’un traducteur techniquement qualifié pour s’assurer de la qualité et
de l’exactitude des informations et arguments présentés dans la proposition d’inscription.
• L’équipe restreinte doit réunir les compétences requises en matière de gestion, de planifica-
tion, d’exécution et de mise en valeur de manière à assurer une bonne articulation entre la
proposition d’inscription et la gestion du bien, conformément au plan ou système de gestion
indiqué dans la proposition d’inscription.
56
Le travail de préparation 2
Les ressources
Des ressources et aides financières adéquates seront nécessaires pour assurer le bon fonc-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
tionnement de l’équipe responsable et du processus de proposition d’inscription. Dès
le début, il convient d’évaluer ces besoins et d’identifier et de confirmer des sources de
financement.
Il est probable que ces sources seront principalement des mécanismes institués par l’État par-
tie, mais les pays admis à en bénéficier pourront peut-être obtenir aussi une aide du Fonds
du patrimoine mondial si le bien remplit les conditions requises (voir [Link]/fr/fonds
ou [Link]/en/funding). Un nombre croissant d’organisations à vocation régionale
telles que le Fonds africain du patrimoine mondial ([Link]) et le Pacific World Heri-
tage Fund (en cours de constitution) offrent aussi de telles possibilités. Le Fonds africain du
patrimoine mondial peut aider à financer l’établissement d’une proposition d’inscription et
fournir des informations et un appui technique. On peut aussi faire appel à des organismes ➤
promouvant des intérêts particuliers, voire obtenir un parrainage.
Dans certains cas, des ONG peuvent être d’un grand secours sur le plan du financement
comme des compétences requises.
La préservation à long terme des biens du patrimoine mondial est assurée lorsque leur pro-
tection bénéficie du soutien réel de mécanismes sociaux et gouvernementaux plus larges. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
L’établissement de la proposition d’inscription est le moment de définir et mettre sur pied de
tels mécanismes, s’ils n’existent pas déjà. L’un de ces mécanismes pourrait être la création
d’une équipe chargée en permanence de la protection, de la conservation et de la gestion
du site.
Une telle participation est indispensable pour de multiples raisons, mais notamment parce
qu’il importe de susciter une vision commune du bien proposé pour inscription et un senti-
ment de responsabilité partagée concernant sa préservation future. Il ne peut y avoir de
véritable gestion intégrée si les parties prenantes n’y sont pas activement associées.
57
2 Le travail de préparation
Assurer une telle participation doit être une priorité dès le début du processus et tout au long
de l’établissement de la proposition d’inscription. Cette participation doit se poursuivre par
la suite, dans le cadre de la gestion permanente du bien.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Pour bon nombre de biens, il peut être très utile d’aborder la proposition d’inscription comme
un processus comprenant au moins deux étapes, se situant un certain temps après l’établis-
sement d’une Liste indicative. La première étape consiste à :
• déterminer la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien ;
• s’assurer au moyen d’une analyse comparative que cette appréciation est justifiée ;
➤ • faire en sorte que le bien fasse l’objet de mesures de protection, de conservation et de ges-
tion appropriées.
Une fois cette étape achevée, il est alors possible d’entreprendre la rédaction du dossier de
proposition d’inscription. Cette deuxième étape comprend les tâches décrites dans la partie 4
ci-après.
Même entrepris comme un projet d’un seul tenant, il est souvent préférable de concevoir le
travail comme comportant deux phases. Si l’on tente de rédiger la proposition d’inscription
avant d’avoir déterminé la valeur universelle exceptionnelle virtuelle, on risque d’accorder
trop d’importance aux aspects descriptifs et historiques et pas assez à ce qui doit être la ques-
tion centrale : qu’est-ce qui confère au bien une valeur universelle exceptionnelle virtuelle et
comment se propose-t-on de la préserver.
Procéder en deux étapes peut avoir un autre avantage : celui d’étaler en conséquence les
besoins financiers.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
58
3 Définition et analyse du bien
Il est essentiel d’avoir une parfaite connaissance du bien pour établir un dossier qui puisse
Ta b l e d e s m a t i è r e s
aboutir. On trouvera dans la présente partie des conseils sur la manière d’acquérir cette
connaissance, s’agissant en particulier des aspects qui jouent un rôle central dans la propo-
sition d’inscription.
Connaître le bien
Comme on l’a noté dans la section 2.1, il est utile, préalablement à l’établissement de la pro-
position d’inscription, de rassembler l’information et la documentation existantes et de dé- ➤
terminer s’il convient d’entreprendre un travail supplémentaire en ce qui concerne :
• les recherches – celles dont le bien a déjà fait l’objet sont-elles suffisantes ou faut-il les
pousser plus avant ?
• les inventaires – quels inventaires du bien existe-t-il et y a-t-il lieu de les compléter ou de
les actualiser ?
• la documentation – concernant les différentes catégories d’information demandées dans
le formulaire de proposition d’inscription, de quelles données dispose-t-on déjà et présen-
tent-elles des lacunes ?
• les relations avec les parties prenantes – qui doit être associé à l’établissement du dossier,
et notamment qui vit à proximité du bien ou a un lien direct avec lui ? Dans quel contexte
social, économique et politique le bien s’inscrit-il ?
L’objet essentiel du dossier de proposition d’inscription est d’apporter la preuve que le bien
peut être considéré comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. Dans l’idéal, cela est
fait au moment de l’inscription du bien sur la Liste indicative (voir le chapitre II.C des Orienta-
tions). Toutefois, un travail plus poussé est souvent effectué au moment d’entreprendre l’éta-
blissement de la proposition d’inscription. Ce travail détaillé peut être résumé comme suit :
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
La valeur universelle exceptionnelle est ce qui fait que le bien est considéré comme important
et digne de la reconnaissance que constitue l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.
C’est un concept qui sous-tend l’ensemble de la Convention du patrimoine mondial.
Il s’agit de la valeur reconnue par le Comité du patrimoine mondial eu égard à l’intérêt inter-
national qui s’attache à un bien – et non pas de la valeur nationale ou locale de ce bien.
59
3 Définition et analyse du bien
Il est essentiel de bien connaître et de bien comprendre le bien et sa situation pour déterminer
les attributs qui pourraient lui conférer une valeur universelle exceptionnelle.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
NOTRE C ONSEIL
De fait, tant que la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien n’a pas été établie et
justifiée, il est impossible de développer bon nombre des autres aspects de la proposition
Il faut impérativement d’inscription, comme :
avoir une vision claire • les limites du bien, à définir en fonction de l’étendue des attributs pouvant conférer à celui-
de la valeur universelle ci une valeur universelle exceptionnelle ;
exceptionnelle. • les mesures précises qui seront prises pour assurer la protection, la conservation, la gestion
et la mise en valeur ou promotion de ces attributs.
Identifier et définir les valeurs nécessite à la fois des connaissances et de la méthode. Il est
souvent utile de planifier préalablement ce travail pour mettre autant que possible en évi-
➤ dence toutes les valeurs du bien, en vue de déterminer celles qui pourraient être citées à l’ap-
pui d’une proposition d’inscription.
Une fois les valeurs ainsi définies, il convient pour finir de les présenter dans un texte relati-
vement court qui pourrait être inclus dans la déclaration de valeur universelle exceptionnelle
aux fins de la proposition d’inscription (la déclaration sera examinée séparément plus loin).
Ce texte doit être une brève synthèse, qu’il n’est pas nécessaire de découper en plusieurs
sections, comprenant :
• une présentation du bien et de ses éléments, qui en offre une sorte de « photographie »
aux lecteurs qui ne le connaissent pas, et informe sur sa nature et, s’agissant plus particu-
lièrement des biens culturels, sa signification et les « histoires » qui lui sont associées ;
• un exposé des raisons pour lesquelles le bien pourrait être considéré comme ayant une
valeur universelle exceptionnelle ;
• un résumé des attributs qui pourraient conférer au bien une valeur universelle exceptionnelle.
À l’issue du processus, ce court paragraphe pourra être utilisé par l’UNESCO sur le site du
Centre du patrimoine mondial si le bien a été inscrit sur la Liste, pour permettre aux inter-
nautes de découvrir le bien et d’en comprendre l’importance.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Divers cadres de recherche pourront être élaborés afin de faciliter la compréhension des élé-
NOTRE C ONSEIL ments qui confèrent une valeur au bien. Seraient particulièrement utiles dans le cas de biens
culturels les cadres thématiques, chronologiques et régionaux ou typologiques précisant ceux
Les faits ne remplacent
qui figurent dans le document intitulé La Liste du patrimoine mondial : Combler les lacunes
pas de solides
– un plan d’action pour le futur (ICOMOS, 2005). En ce qui concerne les biens naturels, voir
arguments.
The World Heritage List: Guidance and Future Priorities for Identifying Natural Heritage of
Potential Outstanding Universal Value (UICN, 2006). Des recherches qui, par exemple, mon-
treraient que tel thème auquel le bien est fortement lié est universel seraient d’un grand se-
cours pour explorer les valeurs du bien.
Pour déterminer la signification et la valeur relative d’un bien culturel, il convient de com-
mencer par identifier le thème auquel il se rattache, puis de l’évaluer du double point de vue
chronologique et régional et, enfin, de décider du groupe typologique dont il sera fait état
dans la proposition d’inscription – monument, ensemble d’édifices ou site.
60
Définition et analyse du bien 3
Ta b l e d e s m a t i è r e s
• la difficulté de trouver le juste équilibre dans l’exposé de la signification du bien (ou, dans
le cas d’un bien culturel, de son « histoire ») en adoptant un point de vue ni trop général,
et donc trop vague (en se référant, par exemple, à l’histoire ou à la mémoire d’un mouve-
ment d’émancipation), ni trop étroit (en mettant en avant un hôpital ou un château d’un
certain type, une forme particulière de phénomène géologique ou la valeur que celui-ci
présente pour une espèce donnée) ;
• la tendance à affirmer la valeur universelle exceptionnelle en dressant une liste de qualités
que réunit le bien, sans faire ressortir une quelconque signification générale ;
• l’erreur consistant à justifier la proposition d’inscription par le seul intérêt national ou ré-
gional (et, par exemple, la signification et le symbolisme qui s’attachent au bien) ;
• l’utilisation, pour vanter les mérites du bien, de formules générales telles que « carrefour
des cultures » ou « site unique », sans aucune justification détaillée des raisons pour les- ➤
quelles le bien satisfait à un ou plusieurs critères relatifs au patrimoine mondial. Un caractère
unique n’est pas nécessairement synonyme de valeur universelle exceptionnelle ;
• l’idée erronée selon laquelle produire des preuves d’associations d’un bien culturel avec
toutes les époques depuis l’âge de la pierre jusqu’à nos jours revient à démontrer que ce
bien a une valeur universelle exceptionnelle ;
• l’absence d’analyse comparative utilisant un cadre mondial et géoculturel approprié.
ÉTUDE DE CAS
© UNESCO / F. Bandarin
Critère (iii) : Les bâtiments de Robben Island
témoignent de manière éloquente des
heures sombres de son histoire.
La gestion de l’île est une tâche complexe car il faut préserver de multiples couches de mémoire du fait
des nombreuses affectations du site au fil du temps :
• lieu de repos pour les marins hollandais ;
• sanatorium et lazaret pour les lépreux et les malades chroniques au XIXe siècle ;
• centre de détention de certains dirigeants de l’ère précoloniale pendant les guerres frontalière et d’occupation ;
• site militaire pendant la Seconde Guerre mondiale ;
• prison sous le régime de l’apartheid à partir des années 1960.
Les biens du patrimoine mondial sont des lieux qui présentent une valeur universelle
exceptionnelle.
La valeur culturelle peut être associée, dans l’espace comme dans le temps, à des éléments
immatériels tels que l’organisation sociale, les besoins économiques ou le contexte poli-
tique. Elle peut être liée à des faits célèbres, à de grandes figures ou à des œuvres artis-
tiques, littéraires, scientifiques ou musicales majeures. Mais la Convention du patrimoine
mondial a trait à des biens – ce sont des biens qui sont inscrits sur la Liste, et non des idées
ou des personnes en tant que telles, si grande ait été leur influence sur le monde. Les biens
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
inscrits doivent posséder des attributs qui leur confèrent manifestement une valeur univer-
selle exceptionnelle.
Une fois examiné ce que pourrait être la valeur universelle exceptionnelle virtuelle d’un bien
naturel ou culturel, il est essentiel d’en examiner les attributs – plus communément appelés
« caractéristiques » pour les biens naturels – qui pourraient lui conférer une telle valeur, et
de donner à comprendre cette valeur.
Ces attributs seront au centre des mesures de protection et de gestion et des dispositifs ins-
titutionnels, et leur configuration déterminera les limites du bien.
Les attributs peuvent être des traits ou ensembles de traits physiques, mais aussi des processus
associés à un bien qui influent sur ses qualités physiques, comme les processus naturels ou
agricoles, les formes d’organisation sociale ou les pratiques culturelles qui ont façonné un
paysage caractéristique. Les biens naturels peuvent se distinguer par certaines formes de pay-
sage, des aires d’habitat, des aspects liés à la qualité de l’environnement (milieu vierge, par-
faitement préservé), l’échelle et le caractère naturel des habitats, ou la taille et la viabilité
d’espèces sauvages.
62
Définition et analyse du bien 3
Une méthode utile, s’agissant de biens complexes ou de biens, en particulier culturels, qui
présentent de multiples attributs organisés selon des strates complexes, consiste à situer sur
une carte les attributs majeurs et les valeurs qu’ils confèrent au bien. Cela peut aider à com-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
prendre les relations entre les différents attributs, mais aussi à mettre en évidence les conflits
ou problèmes de gestion, et c’est un moyen essentiel de délimiter l’étendue du bien.
En cas d’extension d’un bien, on procède à l’examen des attributs mis en avant lors de la
proposition d’inscription initiale en cherchant à déterminer comment les attributs de l’exten-
sion proposée pourraient les mettre en valeur, les enrichir, les compléter ou les amplifier, tout
en présentant la même valeur universelle exceptionnelle.
➤
Démontrer la valeur universelle exceptionnelle virtuelle d’un bien implique que l’on établisse
qu’il satisfait à un ou plusieurs critères du patrimoine mondial (les critères sont énumérés à NOTRE CONSEIL
Pour qu’un bien soit inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, il suffit qu’il satisfasse à un
seul critère (même si le Comité du patrimoine mondial estime préférable que le critère (vi)
soit invoqué conjointement à d’autres critères). Il n’est nullement nécessaire ni avantageux
de tenter de mettre en avant un nombre aussi grand que possible de critères pour obtenir
l’inscription d’un bien si ces arguments ne sont pas solidement étayés par des recherches et
une documentation portant sur des valeurs et des attributs spécifiques. Inclure des critères
dont l’application est mal établie ne fait pas avancer une proposition d’inscription. De plus,
l’invocation de multiples critères peut avoir des incidences sur le volume des recherches né-
cessaires pour établir les mérites du bien, sur l’analyse comparative et sur d’autres aspects
de la proposition d’inscription.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Le texte ne doit pas se contenter d’affirmer que le bien satisfait aux critères retenus : il doit
expliquer pourquoi cette affirmation est justifiée pour chacun d’eux. Il doit aussi préciser
quels sont les attributs ou caractéristiques qui sont censés conférer au bien une valeur uni-
verselle exceptionnelle virtuelle.
S’agissant du critère (ii), par exemple, il faut éviter de dire que le bien témoigne d’un im-
portant échange d’influences sans expliquer de quel échange il s’agit ni de quelle manière il
se manifeste dans les attributs.
De même pour le critère (iii), il convient d’expliquer en détail pourquoi le bien apporte un
témoignage unique ou exceptionnel et de citer les attributs qui incarnent ce témoignage.
Toute justification doit préciser non seulement si des idées ont joué un rôle important (sous
la forme d’un échange d’influences ou d’un témoignage exceptionnel, par exemple), mais
aussi si le bien possède des attributs qui reflètent ces idées et s’il est possible d’une certaine
façon d’apprécier ou de découvrir ces idées et comment.
S’agissant du critère (vii), il convient d’établir par des éléments de preuve clairs et une ana-
lyse intellectuelle rigoureuse la beauté naturelle et l’importance esthétique exceptionnelles.
63
3 Définition et analyse du bien
Il ne suffit pas d’affirmer que le bien possède une beauté naturelle et exceptionnelle et de
joindre des photographies attrayantes.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le critère (ix) exige que le bien soit « un exemple éminemment représentatif de processus
écologiques et biologiques en cours », et cela doit être démontré par rapport au contexte
scientifique ou thématique mondial. Le contexte doit par conséquent être clairement décrit,
et les raisons pour lesquelles le bien constitue un exemple éminemment représentatif être
exposées en détail.
Dans le cas d’une extension, l’examen des critères s’articule aux critères invoqués lors de la
proposition d’inscription initiale et vise à déterminer si ceux-ci s’appliquent encore. Il faut jus-
tifier des mêmes critères que ceux en vertu desquels le bien initialement proposé a été inscrit.
Si l’extension est limitée, il suffit que l’aire proposée amplifie certains des attributs du bien
➤ initial et non la totalité d’entre eux ; on pourra admettre que les critères initiaux demeurent
pertinents dans la mesure où la distribution globale des attributs demeure suffisante. Des at-
tributs différents ou nouveaux pourront être mentionnés dans la proposition d’inscription
mais ils doivent correspondre aux mêmes valeurs que celles dont a été reconnu le caractère
exceptionnel. Une extension ne doit pas en principe ajouter de nouvelles valeurs au bien qui
a fait l’objet de la proposition initiale. Toutefois, un État partie peut saisir l’occasion offerte
par la proposition d’extension pour présenter, pour examen, de nouveaux critères s’appliquant
à la fois au bien initial et à son extension. En pareil cas, le dossier doit porter sur la totalité
du bien et justifier l’invocation de tout nouveau critère.
Évaluation de l’authenticité
Deux des autres prescriptions importantes mentionnées dans les Orientations ont trait à l’au-
thenticité et à l’intégrité du bien proposé pour inscription. L’authenticité est une condition
qui ne s’applique qu’aux biens culturels et aux aspects culturels des biens « mixtes ».
L’authenticité concerne le lien entre les attributs et la valeur universelle exceptionnelle vir-
tuelle. Ce lien doit être véritable de façon que les attributs expriment pleinement la valeur
du bien.
aux sources d’information concernant ces valeurs » (Document de Nara sur l’authenticité,
UNESCO, Centre du patrimoine mondial, 1994, p.94).
Les Orientations notent que « on peut estimer que les biens satisfont aux conditions d’authen-
ticité si leurs valeurs culturelles (telles que reconnues dans les critères de la proposition d’ins-
cription) sont exprimées de manière véridique et crédible à travers une variété d’attributs »
(paragraphe 82).
Les Orientations suggèrent de considérer comme présentant ou exprimant une valeur uni-
verselle exceptionnelle les types d’attributs suivants :
• forme et conception ;
• matériaux et substance ;
• usage et fonction ;
• traditions, techniques et systèmes de gestion ;
• situation et cadre ;
• langue et autres formes de patrimoine immatériel ;
• esprit et impression.
64
Définition et analyse du bien 3
ÉTUDE DE CAS
Voici un exemple de ces attributs en ce qui concerne les Tombes des rois du Buganda à Kasubi
(Ouganda)
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Forme et conception
Matériaux et substance
Usage et fonction
Usage religieux – c’est un haut lieu spirituel pour les Baganda et le centre religieux le plus actif du
royaume – les pratiques et rituels culurels/religieux.
Gestion traditionnelle – le site demeure géré de manière traditionnelle, selon un complexe système
de responsabilités. Traditions – les pratiques et rituels culurels/religieux.
Situation et cadre
Situation d’origine et survivance du cadre rural – y compris dans la partie agricole du site, cultivée encore
de nos jours selon des méthodes traditionnelles.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Usage religieux – c’est un haut lieu spirituel pour les Baganda et le centre religieux le plus actif du
royaume où, notamment, le Kabaka et ses représentants accomplissent des rites importants liés à la
culture du Buganda. Un tel usage implique des pratiques et rituels culurels/religieux.
Esprit et impression
Les éléments construits et naturels du site des tombes de Kasubi sont empreints de valeurs historiques,
traditionnelles et spirituelles.
Les attributs physiques, tels que les édifices et les plans, et les attributs immatériels, tels que les processus
culturels, se combinent les uns aux autres. En 2010, un édifice – le plus important architecturellement –
des vastes 26 hectares des tombes de Kasubi a été endommagé par un incendie. Des engagements ont été
pris afin de reconstruire ledit édifice.
65
3 Définition et analyse du bien
Pour chaque bien, il convient de considérer avec quel degré de « véracité » les attributs mis
en avant présentent ou expriment la valeur universelle exceptionnelle virtuelle. Dans le cas,
par exemple, d’une aire urbaine, il pourrait être approprié d’examiner les constructions, les
Ta b l e d e s m a t i è r e s
plans d’organisation spatiale, ainsi que les traditions et les formes d’organisation socio-
économiques et environnementales des communautés qui habitent aujourd’hui le site, et qui
lui permettent d’exprimer sa valeur.
L’authenticité donne donc la mesure de la capacité des attributs d’exprimer la valeur univer-
selle exceptionnelle virtuelle. Elle peut être compromise si les attributs sont fragiles – les com-
munautés dépérissent, les édifices s’écroulent, les traditions disparaissent, etc.
Pour établir l’authenticité d’un bien, il importe de montrer comment ses attributs en font
ressortir la valeur universelle exceptionnelle virtuelle avec véracité (de manière crédible, véri-
tablement) (Orientations, paragraphes 79-86).
Le tableau ci-après donne des exemples des questions auxquelles l’évaluation doit tenter de
répondre. On n’utilisera pas les attributs et questions qui y sont mentionnés sans avoir exa-
miné d’un œil critique la valeur universelle exceptionnelle virtuelle et les attributs du bien
proposé pour inscription. Se servir du tableau sans discernement, comme s’il s’appliquait
automatiquement, pourrait nuire au succès de la proposition d’inscription.
Forme et conception • La forme ou la conception ont-elles changé et, si oui, dans quelle mesure ?
Il est à noter que les changements peuvent parfois contribuer à la valeur.
• La forme ou la conception sont-elles exactes à tous égards ?
66
Définition et analyse du bien 3
•••
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Matériaux et substance • Les matériaux, le tissu ou la substance ont-ils changé ou été remplacés ?
Si oui, dans quelle mesure ?
• A-t-il été procédé à des réparations au moyen de matériaux traditionnels
propres à la culture ?
Traditions, techniques et • Qui est concerné par les traditions, les techniques ou les systèmes de
systèmes de gestion gestion ? ➤
• Quel est le degré de solidité des mécanismes sociaux sur lesquels reposent
les traditions, les techniques ou les systèmes de gestion ?
• Les traditions, les techniques ou les systèmes de gestion ont-ils changé ou
sont-ils en train de changer, et pourquoi ?
• La force des traditions, des techniques ou des systèmes de gestion a-t-elle
changé, et pourquoi ?
• A-t-il été procédé à des réparations au moyen de matériaux traditionnels
propres à la culture ?
Situation et cadre • La situation ou le cadre a-t-il changé et, si oui, pourquoi et dans quelle
mesure ?
Langue et autres formes • Qui sont les locuteurs de la langue ou les gardiens, conservateurs ou prati-
de patrimoine immatériel ciens du patrimoine immatériel ?
• La langue ou les autres formes de patrimoine immatériel subsistent-elles ou
ont-elles subi des modifications, et pourquoi ?
• L’utilisation ou pratique de la langue ou des autres formes de patrimoine
immatériel a-t-elle décliné, et pourquoi ?
• Quel est le degré de solidité des mécanismes sociaux sur lesquels reposent
la langue ou les autres formes de patrimoine immatériel ? Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• Quel est le degré de viabilité de la population qui utilise ou pratique la
langue ou les autres formes de patrimoine mondial ? Quels sont les facteurs
qui menacent cette viabilité ?
Il n’est pas nécessaire dans la proposition d’inscription de prendre en considération les attri-
buts dénués de pertinence pour ce qui est de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du
bien.
67
3 Définition et analyse du bien
ÉTUDE DE CAS
68
Définition et analyse du bien 3
Évaluation de l’intégrité
Tous les biens, culturels ou naturels, doivent répondre aux conditions d’intégrité.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
L’intégrité est une appréciation du caractère complet et intact des attributs qui expriment la
valeur universelle exceptionnelle. Il est donc nécessaire de bien comprendre ce qui fait la va-
leur universelle exceptionnelle virtuelle du bien pour pouvoir évaluer son intégrité.
Les Orientations précisent, dans le paragraphe 88, qu’il est nécessaire d’examiner :
« dans quelle mesure le bien :
a) possède tous les éléments [attributs] nécessaires pour exprimer sa valeur universelle
exceptionnelle
b) est d’une taille suffisante pour permettre une représentation complète des caractéris-
tiques et processus qui transmettent l’importance de ce bien
c) subit des effets négatifs liés au développement et/ou au manque d’entretien ». ➤
Les mots essentiels sont « caractère complet et intact » et « absence de menaces ». On peut
les définir comme suit :
• « Caractère complet » signifie que le bien possède tous les attributs nécessaires.
• « Caractère intact » signifie que tous les attributs nécessaires sont encore présents – aucun
n’a été perdu ni sérieusement endommagé, ni ne s’est dégradé.
• « Absence de menaces » signifie qu’aucun des attributs n’est menacé par le développe-
ment, les dégradations ou la négligence.
Les Orientations contiennent des indications précises liées aux critères du patrimoine mondial
qu’il importe de bien comprendre (paragraphes 89-95).
Voici des exemples des questions qu’il est bon de se poser au moment d’évaluer l’intégrité :
• les principaux attributs et caractéristiques du bien qui pourraient posséder une valeur uni-
verselle exceptionnelle sont-ils complets ou intacts ?
• le bien possède-t-il tous les éléments nécessaires pour exprimer sa valeur universelle ex-
ceptionnelle virtuelle ?
• le bien est-il de taille suffisante pour que soit représenté l’ensemble des caractéristiques et
processus qui lui confèrent son importance ?
• les principaux attributs et caractéristiques du bien sont-ils bien conservés et en bon état ?
• dans le cas de paysages culturels, de villes historiques ou d’autres biens culturels vivants,
les processus, relations et fonctions dynamiques dont dépend leur caractère distinctif sub-
sistent-ils et sont-ils encore solides ?
• dans le cas de biens naturels, les processus, relations et fonctions dynamiques dont dépend
leur caractère distinctif (formes de paysage, habitats, par exemple) subsistent-ils, sont-ils
encore solides et reconnus à une échelle en rapport avec leur fonctionnement ?
69
3 Définition et analyse du bien
• le bien a-t-il subi les effets négatifs du développement, de la négligence ou de tout autre
processus de dégradation ?
• les éventuels processus à l’origine de dégradations sont-ils maîtrisés ?
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Plusieurs de ces questions sont liées aux limites du bien. Si les éléments nécessaires ne sont
pas présents à l’intérieur de ces limites, ou si le bien n’est pas d’une taille suffisante, il convient
de réexaminer les limites de manière à corriger ces problèmes. S’il peut sembler pratique de
définir les limites en fonction d’arrangements administratifs ou de droits de propriété, cela
NOTRE C ONSEIL
n’est pas toujours approprié au regard de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle. La
commodité du point de vue administratif ne doit pas être la considération première au mo-
Gardez à l’esprit que ment d’établir les limites du bien proposé pour inscription.
l’intégrité et l’authen-
ticité sont deux On pourrait faire valoir qu’un bien représentatif d’un paysage, habitat, système géologique
aspects différents de ou système culturel plus vaste répond aux conditions d’intégrité. Il importe toutefois de mon-
➤
la valeur universelle trer que les limites qui distinguent le bien proposé de l’aire plus vaste ont un fondement lo-
exceptionnelle d’un gique et que le bien présente une valeur universelle exceptionnelle virtuelle distincte par
bien. rapport à cette aire plus vaste.
Dans le cas de certains biens comprenant des paysages, des valeurs ou des processus com-
plexes, on pourrait éventuellement cartographier les attributs porteurs d’une valeur univer-
selle exceptionnelle virtuelle pour faire apparaître le tracé logique des limites. C’est une bonne
façon d’établir l’intégrité en montrant que les limites du bien englobent bien l’ensemble de
ses valeurs.
Qu’il s’agisse de biens naturels ou culturels, l’utilisation humaine est acceptable et compatible
avec l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial dès lors qu’elle est durable et ne com-
promet pas les valeurs du bien. Il importe que le document de proposition d’inscription dé-
crive sans complaisance l’état du bien, et indique honnêtement et franchement toutes les
aires affectées par l’activité humaine ou d’autres facteurs.
Il peut se faire que, des éléments étant géographiquement séparés et distants les uns des
autres, il ne soit pas approprié de délimiter une aire très vaste. En pareil cas, mieux vaut pro-
poser l’inscription d’un bien en série.
Analyse comparative
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
L’analyse comparative a pour objet de déterminer en premier lieu si le bien proposé pour ins-
cription entre dans le champ de la Liste du patrimoine mondial, et ensuite de démontrer qu’il
n’existe pas dans la même aire géoculturelle (pour les biens culturels) ou dans l’ensemble du
monde (pour les biens naturels) de biens comparables possédant les mêmes valeurs et dont
l’inscription pourrait être proposée à l’avenir. L’aire géoculturelle se définit à l’échelon régional
ou mondial selon les valeurs exprimées par le bien.
L’analyse doit commencer par l’énoncé des différents attributs et caractéristiques liés à la va-
leur universelle exceptionnelle virtuelle sur lesquels va porter la comparaison. En d’autres
termes, qu’est-ce qui fait l’importance spécifique du bien et comment cette spécificité se ma-
nifeste-t-elle ?
Des comparaisons doivent être faites avec les biens incarnant les mêmes valeurs que le bien
proposé pour inscription, et situés dans une aire géoculturelle donnée (pour les biens culturels)
ou en tous points du globe (pour les biens naturels). Il convient donc de définir clairement
les valeurs et, dans le cas de biens culturels, de déterminer le cadre géoculturel en fonction
de ces valeurs. Dans certains cas, le cadre géoculturel sera le monde entier.
70
Définition et analyse du bien 3
Pour ce qui concerne les biens naturels, l’analyse comparative doit s’effectuer à l’échelle de
la planète, et porter donc sur les biens similaires qui existent dans d’autres régions du monde,
et non pas uniquement ceux qui sont présents dans la même région que le bien proposé.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
C’est ainsi qu’un environnement désertique africain devra être comparé, non pas seulement
aux déserts situés dans d’autres parties du continent, mais à tous les autres déserts existant
dans le monde.
La première chose à faire est de vérifier si cette combinaison particulière de valeurs et d’at-
tributs est déjà représentée sur la Liste du patrimoine mondial. Il faut à cet effet comparer le
bien proposé pour inscription à d’autres biens similaires déjà inscrits. À l’issue de cet exercice,
une conclusion doit être tirée.
Lorsque l’on procède à des comparaisons avec les biens du patrimoine mondial existants,
il importe de noter que des changements ont été apportés au fil du temps aux critères
s’appliquant à ces biens. Jusqu’en 2005, on distinguait deux listes de critères applicables
respectivement aux biens culturels (critères i à vi) et aux biens naturels (critères vii à x). Depuis
l’adoption en 2005 de la version révisée des Orientations, il n’existe plus qu’une liste unique
de dix critères. Le tableau ci-après indique les relations entre l’ancienne numérotation et la
nouvelle.
Orientations après 2005 (i) (ii) (iii) (iv) (v) (vi) (viii) (ix) (vii) (x)
Il est à noter que l’ordre relatif des quatre anciens critères s’appliquant aux biens naturels
a changé dans la nouvelle liste, et que l’ancien critère (iii) relatif aux biens naturels précède
les autres critères relatifs à ces biens (critères i, ii et iv) dans les Orientations actuellement
en vigueur. De plus, la formulation exacte des critères a été modifiée au fil du temps, les
amendements les plus importants ayant été adoptés en 1992. Il importe de garder cela à
l’esprit lorsque l’on procède à des comparaisons entre des biens inscrits avant et après cette
date.
Il peut arriver que la Liste du patrimoine mondial ne comporte aucun bien qui puisse être
comparé avec le bien proposé pour inscription. Toutefois, l’analyse comparative n’a pas pour
objet de démontrer que le bien est unique, mais qu’il existe des raisons particulièrement
fortes d’affirmer qu’il présente une valeur universelle exceptionnelle dans un contexte donné.
Il s’agit ensuite de déterminer si, à l’avenir, d’autres biens similaires appartenant à la même
région géoculturelle ou, le cas échéant, situés dans d’autres parties du monde, pourraient
71
3 Définition et analyse du bien
faire l’objet d’une proposition d’inscription. Le bien proposé doit être comparé aux autres
exemples connus du point de vue des valeurs et attributs qui ont été retenus. Là encore, il
convient de présenter les conclusions de cette comparaison et d’indiquer pourquoi, s’il existe
Ta b l e d e s m a t i è r e s
d’autres biens similaires, le bien proposé devrait être considéré comme le plus exemplaire ou
représentatif, et si d’autres biens pourraient à l’avenir lui être adjoints dans le cadre d’une
proposition d’inscription de bien en série.
Les comparaisons d’ordre typologique ou ne portant que sur des éléments du bien et d’autres
biens ne sont pas jugées pertinentes à moins qu’elles n’aient un rapport direct avec les valeurs
mises en avant.
Au terme de l’analyse comparative, il doit être possible de situer le bien proposé par rapport
aux biens déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, et par rapport à l’ensemble des
biens similaires présents dans l’aire géoculturelle considérée (pour les biens culturels) ou dans
le reste du monde (pour les biens naturels). L’analyse doit montrer que le bien proposé aurait
sa place sur la Liste et qu’il n’existe aucun autre bien similaire susceptible de faire l’objet
d’une proposition d’inscription.
• la Base de données mondiale sur les aires protégées ([Link]), pour les biens
naturels ;
• les inventaires établis par d’autres organisations spécialisées (telles que DoCoMoMo ou le
TICCIH) ;
• d’autres rapports de recherche et publications, ou les avis des experts internationaux
compétents.
La section 1.1 supra donne les adresses des pages Web de nombre de ces sources.
Les experts nationaux et internationaux spécialisés dans des domaines en rapport avec le
bien sont une autre précieuse source d’information. Outre les meilleurs experts nationaux, il
peut être très utile de faire appel à des experts internationaux pour établir ou évaluer l’analyse
comparative aux fins de la proposition d’inscription. Mieux vaut que cette analyse intervienne
aussi tôt que possible dans le processus ; elle pourrait en principe être utilement effectuée
pour chacun des sites figurant sur la Liste indicative des États parties à la Convention, ce qui
permettrait de déterminer plus facilement quels sont ceux qu’il convient de proposer en prio-
rité pour inscription.
72
Définition et analyse du bien 3
Ta b l e d e s m a t i è r e s
comparative
Dans certains cas, s’agissant en particulier des biens naturels, il est préférable de confier la
réalisation de l’analyse comparative à un groupe d’experts. Voici comment procéder :
1. Le bien qui doit faire l’objet d’une nouvelle proposition d’inscription doit faire l’objet d’une
classification claire selon :
• le thème, le contexte géoculturel et les provinces biogéographiques qu’il représente. Cette
classification doit se fonder sur les catégories ressortant de l’analyse de la Liste du patri-
moine mondial et des Listes indicatives réalisée par l’UICN et l’ICOMOS, par exemple zones
humides terrestres, déserts, zones marines et côtières, art rupestre, ponts, paysages
culturels, etc. ;
➤
• les critères relatifs au patrimoine mondial spécifiques qui seront utilisés comme cadre de
l’analyse comparative à l’échelle de l’aire géoculturelle (pour les biens culturels) ou de l’en-
semble du monde (pour les biens naturels) qui sera ensuite réalisée.
2. En fonction de la classification du bien proposé pour inscription, l’État partie devrait consti-
tuer un groupe d’experts, composé de spécialistes des thèmes, contextes géoculturels et
provinces géobiographiques représentés par le bien. Les experts seront choisis parmi les
spécialistes nationaux, assistés dans toute la mesure du possible par des experts internatio-
naux de façon que l’analyse tout entière conserve une optique mondiale. Les Organisations
consultatives peuvent conseiller les États parties qui en font la demande au sujet des ex-
perts internationaux. Le groupe doit comprendre des experts qui participeront à la détermi-
nation et à l’approbation initiales des valeurs du bien, mais aussi, si possible, des spécialistes
capables d’apporter un point de vue international extérieur au pays et à la région concer-
nés. À défaut de participer aux réunions, ils peuvent être consultés par courriel ou par
correspondance.
3. Le groupe d’experts devra désigner un large éventail de biens pour servir de base à l’ana-
lyse comparative. Une liste des principales sources d’information utiles à cette fin est
proposée plus haut.
4. Le groupe d’experts doit alors réunir le plus d’informations possible – tant quantitatives que Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
qualitatives – sur le bien proposé et sur les biens similaires qui feront l’objet de l’analyse
comparative, afin de déterminer comment le bien proposé se classe par rapport aux
autres. La collecte des informations et l’analyse comparative doivent prendre pour point de
départ les critères au titre desquels la proposition d’inscription devrait être présentée. Il
n’est pas nécessaire que l’analyse comparative fasse l’objet d’un long document descriptif
dès lors qu’y sont clairement indiquées les sources sur lesquelles elle s’appuie. Ses conclu-
sions pourraient être présentées sous la forme d’un tableau récapitulatif. Les Orientations
précisent qu’il convient que l’analyse comparative examine l’état de conservation relatif de
différents biens. Les biens qui sont d’une importance comparable, mais en mauvais état, ou
qui ne bénéficient pas de mesures de protection et de gestion efficaces peuvent être consi-
dérés comme pouvant moins prétendre à une valeur universelle exceptionnelle qu’un bien
en bon état et dont la protection et la gestion répondent à des normes excellentes.
73
3 Définition et analyse du bien
NOTRE C ONSEIL
Comme indiqué précédemment, divers cadres de recherche, y compris les cadres théma-
tiques, chronologiques par région et typologiques, peuvent aider à comprendre les valeurs
Faites relire l’analyse du bien. Ces cadres de recherche doivent être appliqués aussi aux biens comparables.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Si l’accès à l’information provenant d’autres pays qui est nécessaire à l’évaluation comparative
se heurte au problème des langues, il faut trouver une solution. Il n’est pas acceptable d’un
➤ point de vue intellectuel ou seulement pratique d’écarter un ensemble d’informations hau-
tement pertinent pour cette seule raison.
Elle doit déboucher sur des conclusions. Une analyse approfondie et objective contribue gran-
dement au succès de la proposition d’inscription. À l’issue de l’analyse comparative, on peut
être amené à faire trois constats différents :
• le bien se classe au-dessus de biens similaires et peut combler une lacune importante dans
la Liste du patrimoine mondial – l’État partie doit poursuivre son processus de proposition
d’inscription ;
• le bien se classe au-dessous de biens similaires et ne comble aucune lacune dans la Liste
du patrimoine mondial – l’État partie souhaitera peut-être reconsidérer attentivement sa
proposition d’inscription ;
• le bien se classe au même rang sur le plan de l’importance que des biens similaires. Ce peut
être aussi le signe que sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle est mal établie ou qu’il
est difficile de trancher à son sujet. S’il n’existe qu’un petit nombre d’autres biens qui se si-
tuent en haut du classement, cela peut signifier qu’il y aurait lieu d’envisager la possibilité
d’élargir le concept représenté par le bien ou de rattacher celui-ci à d’autres biens dans le
cadre d’une proposition d’inscription portant sur un bien en série ou un bien transnational.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Dans le cas d’une extension, on doit être particulièrement attentif à l’analyse comparative
qui figurait dans le dossier de proposition d’inscription initial – et examiner l’extension par
rapport au bien initialement proposé et la manière dont les valeurs de ce dernier s’articulent
à l’extension envisagée.
En conclusion, voici quelques grands principes qu’il faut avoir à l’esprit au moment de pro-
céder à une analyse comparative :
• l’analyse doit être aussi rigoureuse et objective que possible, et adopter une très grande
hauteur de vue, en faisant abstraction des considérations de fierté nationale qui risqueraient
d’en fausser la visée (avec des formules telles que « ce bien est le plus beau fleuron du
patrimoine national ») ;
• elle doit s’appuyer sur les meilleures données scientifiques disponibles aux niveaux tant na-
tional qu’international. Les rapports de gestion et autres rapports et documents non publiés
peuvent être utilisés dès lors que le dossier contient pour référence des copies des articles
et études ;
• les études thématiques existantes doivent être mentionnées, mais comme bases d’une analyse
plus poussée. Les études thématiques pertinentes ne peuvent être passées sous silence ;
• les évaluations mondiales des priorités en matière de conservation des biens naturels sont
très utiles et peuvent livrer de précieux renseignements sur l’importance de tel ou tel bien
74
Définition et analyse du bien 3
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Il est recommandé d’appuyer d’abord l’analyse comparative sur les évaluations mondiales
pouvant aider à déterminer dans quelle mesure le bien est unique dans le monde ;
• une fois établi un avant-projet d’analyse comparative, il est fortement recommandé de le
faire lire par des experts nationaux et internationaux éminents pour recueillir leurs obser-
vations et d’éventuels compléments d’information, et pour qu’ils en vérifient les conclu-
sions. Les Organisations consultatives peuvent indiquer aux États parties qui en font la
demande les noms de spécialistes de premier plan susceptibles de formuler des avis perti-
nents ou de vérifier le travail accompli. L’établissement de l’avant-projet doit être une étape
clé du processus de proposition d’inscription.
L’analyse comparative est souvent un maillon faible du dossier, qui compromet le succès de
la proposition d’inscription. Voici quelques erreurs à éviter : ➤
• manque d’objectivité ;
• efforts insuffisants pour rechercher des biens comparables en dehors de l’aire géoculturelle
concernée (pour les biens culturels) ou dans le reste du monde (biens naturels) ;
• utilisation de la Liste du patrimoine mondial et des Listes indicatives comme seule source
d’information concernant les biens comparables ;
• comparaison du bien proposé avec des biens d’importance manifestement moindre en vue
d’en accroître l’importance apparente ;
• comparaison du bien proposé avec des biens inscrits sur la Liste mais totalement différents ;
• analyse axée sur des aspects moins importants du bien ou sur des attributs dénués de per-
tinence, plutôt que sur la valeur universelle exceptionnelle virtuelle et les attributs s’y rap-
portant expressément.
Une recherche thématique peut faciliter considérablement l’analyse comparative. On trouvera les
références de plusieurs études thématiques à la section 1.1 du présent manuel.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Outre les études thématiques réalisées par l’ICOMOS, l’État partie peut entreprendre une analyse théma-
tique approfondie et plus détaillée qu’il n’est d’usage pour étayer plus particulièrement la proposition
d’inscription d’un bien particulier. Quelques exemples :
• une étude thématique sur le pastoralisme dans le bassin méditerranéen a été réalisée par la France à la
suite d’ateliers auxquels ont participé d’autres pays ;
• une étude thématique détaillée – les Sacri Monti du Piémont et de Lombardie (Italie) – été réalisée au
moment de l’inscription de ce bien ;
• la proposition d’inscription de Liverpool – Port marchand (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du
Nord) comprenait une analyse comparative qui constituait une véritable étude thématique (voir ci-après) ;
• la proposition d’inscription du Paysage culturel du
Morne (Maurice) comportait également une analyse
thématique sur la résistance à l’esclavage ;
• la proposition d’inscription concernant la Ville
© UNESCO / Jasmina Sopova
75
3 Définition et analyse du bien
« Il n’existe dans le reste du monde aucun autre grand port aussi exclusivement voué aux échanges com-
merciaux et qui symbolise la puissance, l’ambition et le pouvoir de l’Empire britannique ou de tout autre
empire mieux que Liverpool. Les ports inscrits sur la Liste du patrimoine mondial sont en général plus an-
ciens que Liverpool et ont une histoire plus longue que la sienne, mais aucun n’incarne les valeurs et l’im-
portance historique qui caractérisent le paysage urbain de Liverpool. Comme aux XVIIIe et XIXe siècles et
au début du XXe siècle, Liverpool continue à se distinguer de tous les autres ports comparables. En parti-
culier par le degré de conservation de son infrastructure portuaire et de son paysage historique urbain. »
76
Définition et analyse du bien 3
Ta b l e d e s m a t i è r e s
solide et rigoureuse longtemps avant l’établissement du dossier de proposition d’inscription
proprement dit. La difficulté d’élaborer une déclaration claire et convaincante peut être le
signe que le bien n’est pas un bon candidat à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial
et qu’il y a lieu de reconsidérer la proposition envisagée.
L’analyse qui précède des divers éléments du processus d’établissement d’une proposition
d’inscription a pour objet d’aider à parvenir au point où il est possible de confirmer les critères
du patrimoine mondial pertinents et de préparer la déclaration de valeur universelle excep-
tionnelle. En résumé :
• la valeur universelle exceptionnelle virtuelle doit avoir été définie, et les caractéristiques et
NOTRE CONSEIL
Une fois ces informations réunies, on vérifiera que les critères proposés conviennent toujours
au bien, en s’assurant, là encore, que les arguments mis en avant pour les invoquer sont
solides et étayés par des données convaincantes.
Cette information sera également utilisée pour rédiger une déclaration de valeur universelle
exceptionnelle. La rédaction de ce texte pourra amener à reconsidérer certains des critères à
utiliser. Cela doit être accepté comme un aspect normal du travail de mise au point progres-
sive que nécessite l’établissement de la proposition d’inscription.
77
3 Définition et analyse du bien
Les déclarations établies rétrospectivement pour des biens inscrits avant 2007 appellent des
recommandations légèrement différentes. Les éléments relatifs à l’intégrité et à l’authenticité
doivent refléter la situation telle qu’elle était à la date de l’inscription, si de telles informations
Ta b l e d e s m a t i è r e s
La rédaction de la déclaration de valeur universelle exceptionnelle est l’une des tâches les
plus difficiles et les plus importantes, et la qualité de la proposition d’inscription en dépend.
Il convient donc de lui apporter le plus grand soin. Ce doit être :
• une description convaincante de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle qui précise les
mesures de protection, de conservation, de gestion et de suivi qui seront prises à l’avenir.
NOTRE C ONSEIL La déclaration doit permettre aux décideurs, aux responsables politiques et au grand public
de comprendre la valeur et les attributs du bien ;
Relisez et révisez le • la présentation la plus convaincante possible de la valeur du bien, et une description des
projet de déclaration attributs à travers lesquels cette valeur s’exprime ;
de valeur universelle
➤
• une solide justification du choix des critères ;
exceptionnelle tout au • un texte concis, suffisant pour informer des caractéristiques les plus importantes du bien ;
long du processus. • un texte écrit pour intéresser un large éventail de lecteurs, qui évite si possible le jargon et
les termes spécialisés.
Une fois la déclaration rédigée, il convient de consulter les parties prenantes et les experts
compétents pour recueillir leurs observations. L’objectif est de susciter un accord aussi large
que possible. Il peut être nécessaire à cet effet de prendre le temps de consultations.
Dans le cas de nouvelles propositions d’inscription portant sur un bien en série, la déclaration
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
doit obéir à toutes les règles qui viennent d’être énoncées pour le bien dans son ensemble.
Il convient de présenter un résumé des données concernant le bien tout entier là où cela est
possible, plutôt que de fournir des données essentiellement identiques pour chacun des élé-
ments de la série. Néanmoins, il peut aussi être justifié de relever les exceptions ou de men-
tionner des informations importantes concernant spécifiquement un seul élément ou un petit
nombre d’entre eux.
Lorsqu’il est proposé d’ajouter un élément à un bien en série déjà inscrit, il se peut que la
déclaration de valeur universelle exceptionnelle existante s’applique déjà à cet ajout et qu’il
ne soit pas besoin de la modifier ou qu’une modification mineure suffise pour rendre compte
de l’élément additionnel. Lorsqu’une modification mineure s’impose ou s’il n’existe pas de
déclaration antérieure, il convient de réviser ou d’établir la déclaration conformément aux
prescriptions du Comité du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et les Or-
ganisations consultatives ont également élaboré des guides sur l’établissement des déclara-
tions de valeur universelle exceptionnelle rétrospectives. Dans l’un et l’autre cas, la déclaration
doit faire état des nouveaux attributs importants, mais non de valeurs nouvelles. Les valeurs
doivent être les mêmes que celles qui ont été précédemment approuvées par le Comité du
patrimoine mondial. Si l’on souhaite proposer des valeurs nouvelles ou différentes, il convient
d’établir une nouvelle proposition d’inscription (paragraphe 166).
78
Définition et analyse du bien 3
Dans le cas d’une extension apportée à un bien déjà inscrit, on peut soit réviser la déclaration
de valeur universelle exceptionnelle existante pour tenir compte de nouveaux attributs im-
portants – mais non de valeurs nouvelles –, soit établir une nouvelle déclaration portant sur
Ta b l e d e s m a t i è r e s
l’ensemble du bien.
ÉTUDE DE CAS
Critère (iii) : Le Domaine du chef Roi Mata est un paysage culturel vivant qui témoigne de la manière dont
les chefs tirent leur autorité de leurs prédécesseurs et, en particulier, de la manière dont le tabu qui
frappe d’interdit la résidence et le lieu de sépulture du Roi a été observé depuis 400 ans et continue de
façonner le paysage local et les pratiques sociales locales.
Critère (v) : Le Domaine du chef Roi Mata est un exemple éminent d’un paysage représentatif des sys-
tèmes de chefferie du Pacifique et des rapports que les populations du Pacifique ont entretenus au cours
des siècles avec leur environnement, dans le respect des vestiges matériels des trois sites majeurs associés Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
au Roi Mata, et dans le respect de l’héritage spirituel et moral de ses réformes sociales.
Critère (vi) : Pour de nombreux habitants du Vanuatu contemporain, le Domaine du chef Roi Mata
demeure un emblème du pouvoir présent dans le paysage et respecté dans la vie quotidienne.
L’authenticité du Domaine du chef Roi Mata réside dans l’association durable du paysage aux traditions
orales du Roi Mata, la continuité des systèmes de chefferie et le respect coutumier des vestiges matériels
de sa vie dont témoigne le tabu qui continue de frapper ces lieux.
La protection juridique des aires proposées pour inscription et leurs zones tampons est adéquate. Le sys-
tème de gestion d’ensemble du bien est adéquat, combinant la gestion traditionnelle à travers le système
de chefferie et les interdits du tabu et les mesures législatives prises par le gouvernement pour assurer la
protection du site. La communauté locale et les services de l’administration publique sont associés au sys-
tème de gestion. L’intégrité du site est ainsi maintenue.
•••
79
3 Définition et analyse du bien
Critère (viii) : Jeju possède une valeur propre du fait que c’est l’un des rares grands volcans boucliers de la
planète, formé au-dessus d’un point chaud sur une plaque continentale stationnaire. Le site se distingue
par le réseau de tunnels de lave du Geomunoreum, la série la plus impressionnante et la plus importante
au monde de grottes de lave protégées, et comprend un ensemble spectaculaire de concrétions secon-
daires carbonatées (stalactites et autres décorations), d’une abondance et d’une diversité inconnues ail-
leurs dans une grotte de lave. Le cône de tuf de Seongsan Ilchulbong présente des exemples exceptionnels
de ses caractéristiques structurelles et sédimentologiques qui en font un site de classe mondiale pour la
connaissance des éruptions volcaniques du type surtseyen.
Le bien est bien géré et dispose de ressources financières suffisantes. Le plan d’aménagement couvre la
période 2006-2010 et les ressources nécessaires à son application sont disponibles. Les principaux pro-
blèmes de gestion consistent à éviter les impacts agricoles éventuels sur le milieu souterrain et à gérer le
grand nombre de visiteurs dans le bien. Il serait possible d’étendre les limites du bien pour y inclure
d’autres importants réseaux de tunnels de lave et autres formations volcaniques de Jeju.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Les propositions d’inscription d’un bien en série portent sur deux éléments séparés ou plus
qui présentent ensemble une valeur universelle exceptionnelle virtuelle (voir les définitions à
la section 1.3).
Dans de pareils cas, la valeur universelle exceptionnelle virtuelle de la série d’éléments est un
aspect fondamental et doit être établie. De plus, le choix des éléments doit obéir à une lo-
gique manifeste, fondée sur la valeur universelle exceptionnelle et sur les attributs et carac-
téristiques de ces éléments. L’analyse comparative doit justifier ce choix et démontrer que la
série tout entière présente une valeur universelle exceptionnelle virtuelle.
Les éléments qui ne sont pas solidement ou clairement liés à la valeur universelle exception-
nelle virtuelle du bien proposé pour inscription doivent être exclus.
80
Définition et analyse du bien 3
En principe, tous les éléments d’une éventuelle proposition d’inscription en série doivent
figurer dans le dossier, même si celui-ci ne porte dans un premier temps que sur un seul ou
quelques-uns d’entre eux. Les Orientations autorisent l’inscription initiale d’une partie seule-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
ment des éléments d’une série, les éléments restants étant ajoutés ultérieurement (para-
graphes 137-139). Il convient alors de préciser et de décrire clairement les autres éléments
envisagés.
Il doit être indiqué si les éléments séparés de la série sont fonctionnellement liés et s’il existe
un cadre de gestion global s’appliquant à tous.
Un principe important s’agissant des propositions d’inscription en série veut qu’elles soient
examinées au regard du même ensemble de critères et de prescriptions en matière d’intégrité,
d’authenticité et de gestion que les autres. Elles doivent elles aussi se fonder sur une analyse
comparative à l’échelle de l’aire géoculturelle ou de l’ensemble du monde.
➤
Un autre principe important est que toute proposition d’inscription concernant un bien en
série se traduit par une seule inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Un site en série
est donc inscrit comme un bien unique, et est traité en conséquence. Si les valeurs d’une
partie d’un bien en série sont menacées au point qu’est proposé son inscription sur la Liste
du patrimoine mondial en péril, le bien est inscrit en totalité sur cette liste. Cela s’applique à
tous les biens en série, que le bien se trouve sur le territoire d’un seul pays ou qu’il s’agisse
de biens transnationaux.
Site en série – Melaka et George Town, villes historiques du détroit de Malacca (Malaisie)
•••
81
3 Définition et analyse du bien
•••
ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s
•••
ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s
➤
La région du Karst de Chine du Sud s’étend sur une superficie d’un demi-million de kilomètres carrés, prin-
cipalement dans les provinces du Yunnan, du Guizhou et du Guangxi. C’est l’un des plus spectaculaires
exemples de paysages de karst humide tropical et
subtropical. Les forêts de pierre de Shilin sont consi-
dérées comme des phénomènes naturels extraordi-
naires et de véritables références contenant une
plus large variété de pinacles et une plus grande di-
versité de formes et de couleurs changeantes que
d’autres paysages karstiques. Le karst à pitons et à
tourelles de Libo, lui aussi considéré comme le site
de référence dans le monde pour ce type de karst,
offre un paysage très particulier et d’une grande
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
beauté. Le karst de Wulong a été inscrit pour ses
dolines géantes, ses ponts naturels et ses cavernes.
Bien inscrit au titre des critères (vii) et (viii).
Zone centrale
© UNESCO / Jim Thorsell
(bien)
Zone tampon
83
3 Définition et analyse du bien
Les limites qu’il est proposé d’adopter pour le bien doivent contenir tous les attributs et
caractéristiques qui lui confèrent une valeur universelle exceptionnelle virtuelle. Des limites
incluant des aires sans rapport avec cette valeur seraient inappropriées. À l’inverse, il ne
conviendrait pas non plus qu’elles excluent des aires comprenant des attributs ou des carac-
téristiques qui transmettent la valeur universelle exceptionnelle virtuelle.
Il importe de garder à l’esprit que les biens proposés pour inscription doivent satisfaire à toute
une série de conditions :
• avoir une valeur universelle exceptionnelle ;
NOTRE C ONSEIL • répondre aux prescriptions en matière d’authenticité et d’intégrité ;
➤ Les limites doivent • être protégés et bien gérés.
contenir tous les
éléments qui Tous ces facteurs ont des incidences sur la délimitation du bien.
confèrent au bien
sa valeur universelle La cartographie des attributs et caractéristiques suggérée à la section 3 (p.62) offre un utile
exceptionnelle. point de départ pour la définition de limites appropriées.
S’agissant des biens culturels, lorsque l’objet de la proposition d’inscription comprend un certain
nombre d’éléments importants, comme les édifices d’une ville historique, mieux vaut parfois
proposer l’inscription d’une aire ou d’une zone unique les englobant tous, plutôt que plusieurs
éléments isolés. Comme toujours, il importe que le tracé des limites soit logique, et dans de
pareils cas, il peut apparaître tout à fait justifié de proposer l’inscription d’un site unique.
Dans certains cas, des éléments ou zones importants du point de vue de la conservation
peuvent être géographiquement distincts et éloignés les uns des autres, de sorte qu’il ne
convient pas de délimiter une seule aire de vaste étendue. Une proposition d’inscription en
série peut être alors mieux appropriée.
Il arrive qu’une partie du bien ne soit pas protégée ou bien gérée. Si cette partie correspond
à un élément nécessaire ou essentiel du bien, la proposition d’inscription n’aboutira que si
des mesures adéquates sont prises pour y remédier. Il peut être alors nécessaire de suspendre
l’établissement de la proposition d’inscription jusqu’à ce qu’une solution ait été négociée ou
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
La définition des limites implique des efforts de gestion et de prévention des conflits, auxquels
les parties prenantes doivent être associées. C’est une décision essentielle concernant l’utili-
sation des sols qui a des incidences sur la protection, la conservation et la gestion du bien,
et qui constitue donc une étape très importante sur le plan de la participation des parties
prenantes et de la communication.
Le choix des limites doit obéir à une logique ou des raisons précises, qui doivent être indiquées
dans la partie du dossier relative à l’intégrité du bien.
En résumé :
• les limites du bien doivent contenir les attributs nécessaires pour que le bien réponde aux
conditions d’intégrité, c’est-à-dire présente un ensemble complet et intact d’attributs ex-
primant la valeur universelle exceptionnelle virtuelle ;
• les limites du bien doivent être logiques et justifiables eu égard aux attributs identifiés
comme exprimant la valeur du bien ;
• elles doivent être clairement définies, en relation avec la protection juridique et la gestion
du bien ;
84
Définition et analyse du bien 3
• il importe que les limites soient facilement reconnaissables si l’on veut qu’elles facilitent la
gestion du bien. Dans bien des cas, le tracé épousera la configuration des lieux, et parfois
du relief. Il peut aussi être pratique de se fonder sur des éléments construits par l’homme
Ta b l e d e s m a t i è r e s
comme les routes, qui jouent souvent un rôle essentiel pour la gestion du bien. Toutefois,
il convient alors de s’assurer avec un soin particulier que l’aire ainsi délimitée répond aux
conditions d’intégrité ;
• il est essentiel de réaliser une carte de bonne qualité indiquant les limites du bien ;
• il est également indispensable de mener l’établissement des limites (y compris les plans de
zonage) du bien proposé pour inscription de pair avec la définition des priorités de gestion
et la mobilisation efficace des parties prenantes, cela pour articuler solidement ce processus
à l’élaboration des mesures de protection, de conservation et de gestion.
ÉTUDE DE CAS
Délimitation
➤
Ensembles monumentaux Renaissance de Úbeda et Baeza (Espagne)
Ce bien a été proposé pour inscription en tant qu’éléments de deux villes historiques. Pour finir, il a été
circonscrit au palais de style Renaissance dans les deux localités. La justification a été modifiée pour indi-
quer que ces ensembles illustraient l’introduction de l’architecture civile et des idées de la Renaissance en
Espagne, qui ont ensuite été transplantées en Amérique latine dans le cadre d’accords architecturaux.
Halle du Centenaire de Wroclaw (Pologne) Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
La proposition d’inscription avait à l’origine pour objet la seule halle du
Centenaire. Mais à la suite d’une mission de l’ICOMOS, il a été convenu que la zone d’exposition qui avait
été conçue en même temps que la halle devrait être comprise dans le site. La zone tampon a été elle aussi
élargie pour assurer une meilleure protection de cet ensemble.
• • • Le résultat est un bien qui inclut les zones les plus importantes de paysage
ÉTUDE DE CAS
➤
Les zones tampons
Tout bien du patrimoine mondial nécessite des mesures de protection et de gestion s’appli-
quant à des activités qui lui sont extérieures, y compris celles qui ont pour cadre ses abords
immédiats. Pour répondre à ces besoins en matière de protection, de conservation et de ges-
tion, on délimite souvent une zone tampon. Toutefois, ce n’est pas toujours une nécessité,
et comme indiqué dans les Orientations, il existe aussi des moyens juridiques, réglementaires
et autres de protéger le bien de menaces plus générales (paragraphe 104). On peut par exemple
reconnaître le statut du bien dans les plans d’occupation des sols ou les règlements relatifs à
leur mise en valeur, ou assurer la liaison entre aires protégées. Les pays disposent de différents
mécanismes juridiques à cet effet.
Il importe de bien comprendre que la zone tampon ne fait pas partie du bien du patrimoine
mondial mais a pour objet d’en faciliter la protection, la conservation et la gestion. En pro-
tégeant les abords immédiats d’un bien, la zone tampon peut ainsi contribuer à en préserver
l’authenticité et l’intégrité. Il arrive par exemple qu’un temple soit dans l’alignement d’une
montagne s’élevant à une certaine distance, et que l’étendue les séparant se situe en partie
dans la zone tampon.
Même si les zones tampons n’ont pas de valeur universelle exceptionnelle, elles sont consi-
dérées comme ayant des liens essentiels avec la protection, la conservation et la gestion des
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
biens proposés pour inscription. Il convient d’inclure tous les attributs ou caractéristiques qui
participent à la justification de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle dans les limites
du bien proposé et de ne pas suggérer que certains se situent dans la zone tampon.
Bien que la zone tampon soit distincte du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, ses li-
mites doivent être officiellement consignées au moment de l’inscription du bien, ou lorsque le
Comité du patrimoine mondial approuve des modifications. La zone tampon fait partie inté-
grante des engagements de l’État partie concernant la protection, la conservation et la gestion
du bien. Le système de gestion global du bien doit donc l’inclure, et la manière dont les res-
ponsables de la gestion du bien sont également habilités à contribuer à la gestion des activités
dans toutes les zones tampons et à influer sur ces activités doit être clairement précisée.
La définition de la zone tampon peut être une importante occasion d’associer les parties
prenantes à l’étude du bien et au travail à long terme de protection, de conservation et de
gestion.
La zone tampon peut être une aire neutre qui ne présente aucune des caractéristiques liées
au bien proposé pour inscription. Mais ce peut être aussi une aire qui comporte des caracté-
ristiques physiques ou autres (par exemple, économiques, juridiques, fonctionnelles, visuelles
86
Définition et analyse du bien 3
Ta b l e d e s m a t i è r e s
protection des systèmes naturels plus généraux dont dépend le bien (comme l’aire de captage
d’un cours d’eau), ou être liée à la gestion de pressions en rapport avec l’afflux de visiteurs
ou une utilisation industrielle (si elle inclut par exemple les routes adjacentes et les aires de
stationnement aux abords du bien).
Par conséquent, les caractéristiques et valeurs de la zone tampon ne sont pas prises en
compte dans l’évaluation de la valeur universelle exceptionnelle, mais peuvent être utiles
pour déterminer si le bien proposé pour inscription répond aux prescriptions en matière d’in-
tégrité, d’authenticité, de protection et de gestion.
Les éléments pouvant influer sur la délimitation de la zone tampon sont notamment les
suivants :
• les caractéristiques de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle ;
• les prescriptions en matière de gestion du bien ;
• la nature des menaces ou impacts connus ou prévisibles ;
• les perspectives visuelles importantes vers ou depuis le bien ;
NOTRE CONSEIL
Si la zone tampon de biens culturels est fréquemment déterminée sur la base de l’effet visuel,
son choix peut aussi répondre à d’autres considérations ou d’autres facteurs (par exemple
l’effet acoustique ou l’hydrologie).
Comme celle du bien, la délimitation de la zone tampon doit obéir à une logique ou à des
raisons explicites, en rapport avec la protection, la conservation et la gestion des valeurs du Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
bien. Cette logique doit être exposée dans la partie du dossier relative au classement de pro-
tection. La relation entre la fonction, l’étendue, la protection, la conservation et la gestion
de la zone tampon et celles du bien doit être indiquée clairement. La protection, la conser-
vation et la gestion de la zone tampon et celles du bien doivent former un tout intégré.
Lorsque des organismes différents sont responsables à ces égards de la zone tampon et du
bien lui-même, il convient de préciser leurs obligations respectives et les mécanismes de
coordination.
Même si le concept de zone tampon a pour finalité la protection des biens du patrimoine
mondial, laquelle peut imposer des restrictions, une zone tampon bien conçue peut aussi être
source d’importants avantages pour les communautés et autres groupes locaux, de manière
compatible avec la protection, la conservation et la gestion des valeurs, et favoriser aussi l’uti-
lisation durable des ressources. Elle peut contenir des terres agricoles ou être le cadre d’activités
en rapport avec le tourisme telles que la restauration et l’hôtellerie qui sont gérées par la com-
munauté locale. La proposition d’inscription doit mettre cet aspect en relief.
De plus, la zone tampon peut jouer un rôle important dans les échanges sociaux, culturels et
économiques qui sont indispensables à la survie du bien et de ses valeurs. Les mesures
de protection, de conservation et de gestion doivent être conçues avec soin de façon à
87
3 Définition et analyse du bien
reconnaître et promouvoir ces processus utiles au bien. De même, la zone tampon ne doit
pas isoler le bien de son contexte social, culturel et économique traditionnel plus qu’il n’est
raisonnable, ni se transformer en une sorte de « musée » ou d’aire touristique.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Voici quelques étapes de l’établissement d’une zone tampon, dont l’ordre peut varier :
• tenir compte de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien, de son intégrité et de
ses caractéristiques pour définir les questions extérieures à ces aspects et leurs relations
avec eux ;
• examiner aussi les potentialités de la zone afin d’établir une protection, une conservation,
une gestion et des bénéfices par le biais d’une utilisation durable dans la zone tampon plus
efficaces ;
• réfléchir aux dispositions juridiques que nécessite la mise en œuvre de la zone tampon –
législation nationale, lois ou réglementations locales, etc. ;
➤ • veiller à la mise en œuvre des mesures et mécanismes liés aux fonctions de la zone tampon ;
• délimiter la zone tampon sur la base de ces analyses et considérations, et avec un égard
particulier pour la valeur universelle exceptionnelle du bien face à des menaces externes
(dans le cas d’un bien en série, il peut y avoir besoin de plusieurs zones tampons pour dif-
férentes parties du bien).
Les zones tampons se révèlent efficaces lorsque le concept figure déjà dans la législation re-
lative au territoire sur lequel se situe le bien. Aussi est-il souhaitable que les États parties pren-
nent des mesures pour reconnaître le concept de zone tampon dans leur législation, si ce
n’est pas déjà le cas.
Même si les zones tampons sont un moyen important d’offrir une protection additionnelle
aux abords immédiats du bien faisant l’objet d’une proposition d’inscription, d’autres méca-
nismes peuvent être nécessaires pour assurer la protection du cadre distant. Des synergies
sont également possibles avec d’autres instruments de conservation, comme d’autres conven-
tions, programmes et initiatives offrant des formes de protection différentes et complémen-
taires du patrimoine.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Lorsque l’élément qui confère au bien sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle se situe
sous terre, on est en présence d’un cas particulier, dans lequel une zone tampon peut n’être
pas nécessaire.
Zones tampons
ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s
locales, notamment le passé préhispanique du Mexique.
L’ensemble incarne des valeurs sociales et culturelles de
portée universelle. Reconnu dans le monde entier, ce
campus est l’un des grands symboles de la modernité en
Amérique latine.
La zone tampon ne borde le bien que sur deux côtés. Elle a été ainsi
délimitée pour protéger le système hydrographique du bien en Zone tampon
amont et les vestiges archéologiques qu’il renferme. Zone centrale (bien)
89
3 Définition et analyse du bien
Le cadre distant
Outre le bien et sa zone tampon, il peut être très important, de prendre en considération
Ta b l e d e s m a t i è r e s
une zone se situant au-delà, soit ce que nous appelons le cadre distant. Dans certains cas,
celui-ci peut être important pour les caractéristiques visuelles du bien ou ses attributs.
Comme on l’a dit plus haut, le cadre distant peut aussi contribuer de manière essentielle à
la protection de l’authenticité et de l’intégrité du bien.
Parmi les exemples de faits nouveaux ou de changements pouvant survenir dans ce cadre
distant et avoir des incidences négatives sur la valeur universelle exceptionnelle virtuelle d’un
bien figure la construction d’éléments nuisant à la visibilité tels que des bâtiments élevés
ou un champ d’éoliennes. Même situés à une distance considérable du bien, ces éléments
➤ risquent d’altérer la relation perçue entre le bien et son environnement.
Dans certains cas, le cadre distant et la zone tampon peuvent se confondre ; dans d’autres
cas, le premier sera beaucoup plus vaste. Des indications doivent être fournies concernant la
logique qui a présidé à la définition du cadre distant, encore que les Orientations n’énoncent
aucune prescription formelle à cet égard.
L’étendue du cadre distant devra être indiquée sur une ou plusieurs cartes dans le dossier de
proposition d’inscription, et être commentée dans la partie descriptive de ce dossier.
ÉTUDE DE CAS
Les experts ont examiné la situation générale de la vieille ville et de la ville nouvelle d’Édimbourg du point
de vue de leur état de conservation dans le contexte urbain, de leur intégrité et de leur authenticité. Ils
ont aussi étudié l’incidence des projets de construction, y compris la construction de tours, sur la valeur
universelle exceptionnelle du site, c’est-à-dire sur les qualités exceptionnelles qui avaient justifié l’inscrip-
tion du bien sur la Liste du patrimoine mondial.
De concert avec des représentants des autorités, institutions, organisations et autres parties prenantes
nationales et locales, les experts ont réfléchi aux mesures à prendre pour protéger le paysage de l’aire
90
Définition et analyse du bien 3
ÉTUDE DE CAS
urbaine historique. Outre Caltongate, ils ont examiné les incidences des avant-projets concernant le port
de Leith, le St James Centre, et d’autres projets sur le site même. La mission a également discuté des possi-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
bilités d’améliorer le système de conservation et de gestion.
Le site du patrimoine mondial a été classé eu égard au statut d’Édimbourg comme capitale de l’Écosse
depuis le XVe siècle. Le Comité du patrimoine mondial a reconnu deux aires distinctes : la vieille ville,
dominée par une forteresse médiévale, et la ville nouvelle, de style néo classique, dont l’essor à partir du
XVIIIe siècle a exercé une profonde influence sur l’urbanisme européen. La juxtaposition harmonieuse de
ces deux aires historiques contrastées, comptant chacune de nombreux édifices remarquables, est ce qui
fait le cachet propre de la ville et lui confère une valeur universelle exceptionnelle.
Les menaces ou pressions qui risquent d’affecter la valeur universelle exceptionnelle virtuelle
du bien proposé pour inscription sont un aspect important dont il faut tenir compte lors de
l’évaluation. Les Orientations citent quatre facteurs – le développement, les contraintes liées
à l’environnement, les catastrophes naturelles et les contraintes dues aux visiteurs ou au tou-
risme. Par conséquent, les renseignements communiqués concernant l’état de conservation
du bien doivent être réalistes, confirmés par des données factuelles, et ni exagérés ni en deçà
de la réalité. Si, par exemple, on affirme que le bien est en bon état, cela doit être réellement
le cas, et l’on ne doit pas passer sous silence ni minimiser les menaces sérieuses. De plus, la
tendance générale est un élément d’appréciation essentiel – état bon et qui s’améliore est
complètement différent de état bon mais qui se dégrade. L’une des tâches principales de la
mission d’évaluation sur le site du bien proposé pour inscription est de vérifier s’il existe des
menaces et de les signaler, et de s’assurer que certaines n’ont pas été passées sous silence.
Les renseignements concernant les menaces ne doivent porter que sur celles que l’on peut
raisonnablement prédire ou redouter pour un bien donné, ou qui ont déjà été mentionnées.
Il n’y a pas lieu par exemple de faire état de risques très peu probables.
Néanmoins, il importe de donner des informations franches et exactes sur de telles menaces.
Le Centre du patrimoine mondial se trouve de plus en plus souvent confronté à des biens
que l’on déclare peu après leur inscription exposés à des menaces qui n’avaient pas été men- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
tionnées lors de la proposition d’inscription. C’est pourquoi il est souhaitable de le tenir in-
formé de tout nouveau projet de construction ou de tout autre changement intervenant
pendant le processus d’évaluation.
La protection
Les biens proposés pour inscription doivent être convenablement protégés par des disposi-
tions juridiques et/ou coutumières. L’idéal est qu’ils bénéficient de la meilleure protection
possible dans une juridiction et un contexte donnés, ce qui parfois implique des mesures lé-
gislatives ou autres prises à de multiples niveaux.
Les protections juridiques et coutumières ne sont pas des mécanismes s’excluant mutuelle-
ment, mais peuvent souvent concourir avec succès à établir plusieurs niveaux de protection.
Dans bien des cas, un dispositif juridique est nécessaire pour appuyer de manière appropriée
la protection fondée sur la coutume, en particulier lorsque des menaces existent.
Toute proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial d’un bien ne bénéficiant
pas d’une protection satisfaisante sera rejetée.
91
3 Définition et analyse du bien
Il est essentiel de définir clairement les attributs matériels et immatériels qui concrétisent la
valeur universelle exceptionnelle virtuelle pour assurer convenablement la protection, la
conservation et la gestion du bien, puisque ce sont eux qu’il faut protéger pour préserver
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le dispositif de protection doit s’appliquer à la fois au bien lui-même et à la zone tampon, même
si les mesures peuvent différer selon les zones. La protection de la valeur du bien ne doit pas
s’opérer au détriment de quelconques biens du patrimoine présents dans la zone tampon.
Il convient de protéger et de gérer également les qualités visuelles importantes du cadre distant.
Il importe de s’assurer dès les tout premiers stades de l’établissement de la proposition d’ins-
cription qu’un dispositif de protection adéquat est en place. En effet, l’élaboration d’un tel
dispositif (par exemple la préparation d’une nouvelle loi) peut prendre beaucoup de temps
et retarder considérablement l’ensemble du processus.
ÉTUDE DE CAS
La spectaculaire structure pyramidale de 17 mètres du tombeau des Askia, édifiée par Askia Mohamed,
Empereur du Songhaï, en 1495 dans sa capitale Gao, témoigne de la puissance et de la richesse de l’empire
qui s’épanouit aux XVe et XVIe siècles grâce au contrôle du commerce transsaharien, notamment du sel et
de l’or. C’est aussi un superbe exemple de la tradition d’édifices monumentaux en argile caractéristique du
Sahel d’Afrique de l’Ouest. L’ensemble, y compris la tombe pyramidale, les deux mosquées à toit plat, le
cimetière de la mosquée et l’espace des assemblées en plein air, fut édifié lorsque Gao devint la capitale
de l’Empire songhaï et après qu’Askia Mohamed eut fait de l’islam la religion officielle de l’Empire à son
retour de La Mecque.
© Direction Nationale du Patrimoine Culturel
92
Définition et analyse du bien 3
ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Rennell Est est situé dans le tiers méridional de Rennell,
île la plus australe de l’archipel des Salomon. Rennell est
le plus grand atoll corallien surélevé du monde avec ses
86 km de long et 15 km de large. Le site couvre environ
37 000 ha et un secteur marin s’étendant jusqu’à trois
milles nautiques. Une des caractéristiques principales de
l’île est le lac Tegano, ancien lagon de l’atoll et plus grand
lac du Pacifique insulaire (15 500 ha). Il est saumâtre et
© UNESCO / S. A. Tabbasum
contient de nombreuses îles calcaires accidentées peuplées
d’espèces endémiques. Rennell est essentiellement cou-
verte de forêts denses dont la canopée atteint 20 m de
hauteur en moyenne. Avec des conditions climatiques mar- ➤
quées par des cyclones fréquents, le site est un véritable
laboratoire naturel pour l’étude scientifique. C’est la
coutume qui en régit la propriété et la gestion.
La gestion
La gestion d’un bien du patrimoine mondial doit être axée principalement sur les attributs et
les caractéristiques qui sont liés à la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien ou vé-
hiculent cette valeur. L’objectif est de faire en sorte que la valeur, l’authenticité et l’intégrité
du bien soient préservées à l’avenir grâce à une bonne gestion des attributs. Par conséquent,
la déclaration de valeur universelle exceptionnelle constitue en la matière un outil de référence
essentiel.
Il convient également que la valeur universelle exceptionnelle du bien soit gérée selon une
approche holistique, qui doit s’appliquer aussi aux besoins en matière de conservation du
bien dans son ensemble et pour ce qui concerne la totalité de ses valeurs.
Il faudrait démontrer que le bien proposé pour inscription fait l’objet d’un plan de gestion
adéquat ou d’un système de gestion documenté qui en précise les mécanismes. À défaut, il
est important de fixer des délais réalistes pour leur élaboration, ce qui peut avoir des inci- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Il pourrait être difficile de faire aboutir l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial d’un bien NOTRE CONSEIL
pour lequel il n’existe pas de mécanisme de gestion satisfaisant au moment de la proposition. Le plan ou système
de gestion doit être
Les Orientations contiennent une disposition indiquant que l’inscription pourrait être approu- effectif.
vée en l’absence d’un plan de gestion ou d’un système documenté totalement mis en place
(paragraphe 115). Cependant, ceci n’est pas souhaitable. L’existence d’un tel plan ou système
déjà opérationnel accroît considérablement les chances de succès.
Il n’y a pas de préférence particulière entre plan et système de gestion, et les deux peuvent
coexister dans certains cas. L’important est que le plan ou système soit adéquat et efficace.
La notion de plan de gestion est par exemple étrangère à certaines cultures, qui n’en ont gé-
néralement aucune expérience, de sorte que l’efficacité de tels plans apparaîtrait très incer-
taine. Il peut fort bien exister néanmoins un système adéquat qui permette de gérer
convenablement le bien proposé pour inscription. Dans d’autres cultures où ces mécanismes
sont bien établis, il doit y avoir un plan de gestion.
93
3 Définition et analyse du bien
La gestion du bien doit obéir à une vision réaliste de son devenir à moyen et à long terme, y
compris des changements et des difficultés qui pourraient résulter de l’inscription sur la Liste
du patrimoine mondial. Ces changements et ces difficultés peuvent être considérables.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Plans et systèmes documentés doivent être présentés comme des dispositions déjà testées et
éprouvées, plutôt que comme des projets « sur le papier » à mettre en œuvre ultérieurement.
Les renseignements communiqués dans des parties essentielles du dossier de proposition
d’inscription (comme celles qui ont trait à l’état de conservation et au suivi) doivent être étroi-
tement liés aux données et programmes figurant dans tout plan de gestion du bien.
Un mécanisme pour entreprendre des études d’impact pour les changements proposés, les
développements ou les interventions est essentiel à tout plan ou système de gestion.
La gestion du bien repose parfois sur plusieurs plans ou systèmes documentés. Il importe alors
➤ de montrer que ces divers plans et systèmes constituent un ensemble de mesures intégrées ou
complémentaires permettant de préserver efficacement la valeur universelle exceptionnelle
virtuelle. Il est fréquent que la gestion du bien, celle de la zone tampon ou un cadre plus large
soient du ressort d’organismes différents, ou fassent intervenir plusieurs administrations locales.
La gestion du tourisme est souvent une question majeure pour les biens du patrimoine mon-
dial étant donné le vif intérêt que suscite leur visite, le nombre potentiellement considérable
de visiteurs et la nécessité d’informer le public au sujet du bien, ainsi que des aménagements
destinés à les accueillir. Les effets de l’inscription du bien sur le nombre de visiteurs varient
selon des cas et doivent être anticipés. La proposition d’inscription doit comprendre des me-
sures de gestion du tourisme compatibles avec la protection, la conservation et la gestion de
la valeur universelle exceptionnelle virtuelle et propices à la réalisation de ces objectifs. Dans
bien des cas, il est établi un plan de gestion du tourisme distinct, qui s’articule au plan ou
système de gestion générale du bien. Ce plan doit être effectivement appliqué.
S’agissant des biens naturels, l’UICN a élaboré un Manuel de référence sur les plans de ges-
tion des biens du patrimoine mondial qui leur est spécialement consacré (UICN, 2008). Il est
prévu que le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et les Organisations consultatives
publient un manuel similaire concernant les biens culturels.
Il faut du temps pour établir des plans ou une documentation appropriée, et pour faire la
preuve de leur efficacité avant la présentation de la proposition d’inscription. Mener à bien
ce travail peut retarder considérablement le processus. Il est préférable pour assurer la conser-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
vation à long terme du bien, et dans l’intérêt des propriétaires du bien et de toutes les parties
prenantes, de prendre toutes les dispositions relatives à la gestion avant que la proposition
ne soit présentée.
94
Définition et analyse du bien 3
Ta b l e d e s m a t i è r e s
• le plan ou système pourra-t-il s’appuyer sur des ressources adéquates, dans l’immédiat et
à l’avenir ?
• le plan ou système est-il assorti d’un mécanisme approprié de renforcement des capacités ?
• Il y a-t-il des ressources financières et un plan d’activités adéquats afin de répondre aux
besoins en cours et futurs du bien ?
• le fonctionnement effectif du plan ou système est-il décrit en toute transparence ?
• le plan de gestion prévoit-il des mesures de prévention des risques ?
• le dispositif de gestion est-il pleinement intégré aux mesures de protection du bien ?
Dans ce contexte, les parties prenantes pourront comprendre la population locale, les groupes au-
tochtones, les propriétaires et gestionnaires du bien, les autorités de différents niveaux, les intérêts
commerciaux, y compris les organismes touristiques, et les organisations non gouvernementales. ➤
Dans le cas d’une proposition d’inscription d’un bien en série ou d’un bien transfrontalier ou
multinational, il convient de s’assurer en priorité que chacun des éléments bénéficie de me-
sures de protection et de gestion adéquates et efficaces. À cela doit s’ajouter un système de
gestion de l’ensemble du bien qui assure la communication et la coordination entre toutes
les parties responsables en ce qui concerne au moins :
• l’harmonisation des mesures de gestion des différents éléments de façon qu’elles répondent
à un ensemble commun d’objectifs s’agissant de la préservation de la valeur universelle
exceptionnelle virtuelle ;
• l’identification des menaces pesant sur le bien et des mesures de prévention qui s’imposent ;
• la coordination du suivi et de l’établissement des rapports, pour ce qui est, en particulier,
des prescriptions de la Convention du patrimoine mondial.
Le système de gestion d’un bien en série ou d’un bien transfrontalier ou transnational doit
prévoir l’examen régulier et le renforcement si possible des mécanismes de coordination de
façon à en accroître la cohésion et l’efficacité pour le bénéfice du bien du patrimoine mondial
et répondre aux changements qui en affectent les éléments.
La manière dont sera assurée la gestion coordonnée des différents éléments doit apparaître
clairement, en particulier s’il y a plusieurs gestionnaires et systèmes de gestion. Cette gestion
coordonnée doit être effective.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Il est inutile de créer un organisme expressément chargé de la gestion du bien lorsque les plans
ou systèmes de gestion fonctionnent de manière satisfaisante. Si toutefois ils ne sont pas adéquats,
de nouveaux mécanismes spécifiques peuvent être nécessaires, mais ils devront être effectifs.
© UNESCO/Alexis N. Vorontzoff
Le Gouvernement français a approuvé en 1994 un plan directeur décennal pour la planification et la ges-
tion cohérentes du Val de Loire (Plan Loire Grandeur Nature). Ce plan assure la protection de l’environne-
ment et le développement économique sur ce territoire. Il est mis en œuvre en étroite collaboration avec
les organismes et institutions compétents – les collectivités territoriales, les organismes économiques et les
associations. De plus, conformément à une recommandation formulée lors de l’évaluation du bien, un
comité de gestion, au sein duquel sont représentés le gouvernement et les institutions intéressées, a été
établi et chargé de superviser la gestion de l’aire protégée.
95
3 Définition et analyse du bien
Outre sa finalité comme moyen d’obtenir l’inscription d’un bien sur la Liste du patrimoine
mondial, le dossier de proposition d’inscription peut aussi contribuer à la gestion permanente
de ce bien. En effet :
• il contient des informations sur l’état du bien et une série d’engagements concernant la pro-
tection, la gestion et le suivi du bien ;
• le statut de bien du patrimoine mondial peut modifier positivement la situation du bien,
et la proposition d’inscription doit en prévoir correctement les incidences, qu’il s’agisse, par
exemple, de l’augmentation du nombre de visiteurs ou des pressions accrues liées au
tourisme à la suite de l’inscription éventuelle ;
• la proposition d’inscription, notamment les arrangements qui y sont décrits en matière de
➤ gestion, sera attentivement examinée durant le processus d’évaluation. Il pourra être pro-
posé des changements à apporter au bien et à sa gestion, lesquels devront être négociés et
convenus par l’État partie et les diverses parties prenantes ;
• l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial peut être pour les parties prenantes une puis-
sante incitation à participer à la gestion et à la protection du bien, en particulier si l’on peut
leur faire valoir d’éventuels avantages. À l’inverse, certaines parties prenantes se sentiront
peut-être menacées, et il faudra tenir dûment compte de leurs vues et de leurs préoccupa-
tions pendant l’établissement de la proposition d’inscription ;
• la proposition d’inscription contiendra de solides données de référence au regard desquelles
il sera possible de mesurer l’état de conservation du bien dans les années à venir.
Le suivi
Toute bonne gestion implique que l’on surveille en permanence une série de facteurs essen-
tiels qui renseigneront sur la situation actuelle du bien, son état de conservation et son devenir
probable. Les activités de suivi livrent au gestionnaire du bien de précieuses informations,
qui vont montrer par exemple que les mesures de protection, de conservation et de gestion
portent leurs fruits ou que des changements sont nécessaires. Le suivi d’un bien du patrimoine
mondial se concentre sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, y compris son intégrité,
sa protection et sa gestion, ainsi que son authenticité s’il s’agit d’un bien culturel. Là encore,
la déclaration de valeur universelle exceptionnelle est un outil de référence essentiel.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Le dossier de proposition d’inscription doit mentionner les indicateurs clés qui seront utilisés
pour mesurer et évaluer toute une série de facteurs, y compris l’état de conservation du bien.
Ces indicateurs doivent être en rapport avec les attributs qui confèrent au bien sa valeur uni-
verselle exceptionnelle, de telle sorte que ces attributs fassent l’objet de mesures de protec-
tion, de conservation et de gestion propres à assurer la préservation de cette valeur.
Le suivi doit être effectué à intervalles réguliers, selon un calendrier adapté à la nature du
bien. Sa périodicité dépendra de la solidité ou fragilité des attributs et de leur relative
permanence.
Un point important est de savoir qui est chargé du suivi, car cela aura des incidences sur la
96
Définition et analyse du bien 3
crédibilité réelle ou apparente de ses conclusions. En général, les résultats du suivi seront
plus crédibles s’il est mené de manière transparente par des experts indépendants.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
On consultera avec profit la publication intitulée Monitoring World Heritage, Cahiers du
patrimoine mondial, n° 10 (Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et ICCROM, 2004).
En ce qui concerne les sites naturels, une série d’outils sur l’efficacité des mesures de gestion
peuvent aider à mettre en œuvre le processus de suivi. Voir en particulier Trousse à outils :
Amélioration de notre patrimoine – Évaluer l’efficacité de la gestion des sites naturels du
patrimoine mondial, Cahiers du patrimoine mondial, n° 23 (UNESCO, Hockings, James, Stolton,
Dudley, Mathur, Makombo, Courrau et Parrish, 2008). D’autres outils plus simples sont éga-
lement utiles. L’UICN peut fournir, sur demande, de plus amples indications à leur sujet.
Après lecture d’un dossier, consultez aussi l’évaluation réalisée par la ou les organisation(s)
consultative(s), qui contient d’importantes indications sur la qualité de ce dossier, ses points Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
forts et ses faiblesses éventuelles. Vous trouverez également ces évaluations dans les pages
Web susmentionnées.
Outre ces documents, il est possible d’obtenir auprès des États parties d’utiles informations
sur la manière dont ils ont procédé pour préparer leur proposition d’inscription. Vous pouvez
aussi consulter avec profit les États parties à l’origine d’une récente proposition d’inscription
qui a abouti.
97
4 Rédaction et établissement du dossier
de proposition d’inscription
Une fois que l’on a rédigé la déclaration de valeur universelle exceptionnelle, défini des limites
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Il est essentiel que la proposition d’inscription soit claire et cohérente en ce qui concerne son
➤
objet et les informations, les arguments et les conclusions qui y sont présentés. Recruter un
expert en qualité de consultant pour rédiger la proposition peut sembler être le moyen le
plus rapide et le plus simple d’obtenir l’inscription. Cette façon de procéder peut donner de
bons résultats si l’expert a une bonne connaissance du patrimoine mondial et du bien, mais
cela n’est pas indispensable pour établir un bon dossier.
Pour quantité de biens, l’expérience d’agents locaux travaillant de concert, guidés peut-être
dans une certaine mesure par des spécialistes extérieurs, pourra se révéler fort bénéfique à
long terme. En particulier, ils acquerront ainsi une solide connaissance des valeurs du bien,
des besoins, des contraintes et des opportunités qui lui sont liés, et assureront la continuité
des mesures de protection, de conservation et de gestion du bien après que celui-ci aura été
examiné pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial. C’est à l’évidence un atout de
disposer d’une équipe locale qui connaît parfaitement les valeurs d’un bien inscrit sur la Liste,
ainsi que les besoins futurs en matière de conservation, de protection et de gestion.
La proposition d’inscription doit être rédigée dans une langue claire et parfaitement maîtrisée
en anglais ou en français. Lorsque l’équipe ou la personne chargée d’établir le dossier ne
maîtrise pas suffisamment l’une de ces deux langues, il sera sans doute plus prudent qu’elle
rédige la proposition d’inscription dans sa langue maternelle, puis fasse traduire le texte final
en bon français ou anglais par un professionnel. Une mauvaise traduction peut être une
source de malentendus et de difficultés lors de l’examen du dossier.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Il peut être fort utile d’établir un glossaire des termes spécialisés dans la langue locale afin
d’éviter toute confusion.
Établir une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial consiste essentielle-
ment à remplir le formulaire prévu à cet effet. Il s’agit d’un document officiel, qui doit être
soumis à l’UNESCO par l’État partie concerné, ou par deux États parties ou plus dans le cas
d’une proposition d’inscription portant sur un bien transnational.
Le dossier de proposition d’inscription a pour objet premier d’indiquer aussi clairement que
possible :
• en quoi consiste le bien et comment il est documenté ;
• pourquoi il est présumé avoir une valeur universelle exceptionnelle ;
• son état de conservation et les facteurs qui l’affectent ;
• comment seront assurés sa protection, sa conservation, sa gestion, sa mise en valeur et
son suivi pour ce qui concerne sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle.
98
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
C’est sur la base de ce dossier que le bien sera évalué en vue de son éventuelle inscription
sur la Liste du patrimoine mondial, selon ce que décidera ensuite le Comité du patrimoine NOTRE CONSEIL
Ta b l e d e s m a t i è r e s
de la proposition
Les différentes phases de l’établissement d’une proposition d’inscription d’inscription doivent
avoir trait à la valeur
L’ordre dans lequel on établit la proposition d’inscription est important. Il est essentiel de le universelle
respecter, tout en comprenant bien que c’est un processus de retouches successives, impli- exceptionnelle.
quant une communication et un engagement continus avec les parties prenantes :
• mener à bien les recherches de fond nécessaires ;
• travailler à l’analyse comparative ;
• préparer la déclaration de valeur universelle exceptionnelle, y compris en ce qui concerne
les critères, l’authenticité et l’intégrité ;
• déterminer les attributs pertinents ;
• définir des limites appropriées ; ➤
• rédiger la description du bien ;
• rédiger son historique ;
• remplir les parties restantes du formulaire de proposition d’inscription.
L’ordre du modèle de présentation imposé par les Orientations pour les dossiers de proposi-
tion d’inscription n’est pas nécessairement le plus logique, et peut aboutir à des dossiers ex-
cessivement bavards dans lesquels la justification de la valeur universelle exceptionnelle
virtuelle et la démonstration concernant les critères sont les parties les moins satisfaisantes.
99
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
Certaines sections du dossier sont beaucoup plus faciles à établir que d’autres, et ce sont
souvent celles qui retiennent le plus l’attention. C’est ainsi que la description du bien et son
historique sont longuement traités parce que ces informations sont faciles à réunir et simples
Ta b l e d e s m a t i è r e s
à exposer. Or, bien souvent, ces parties ne font pas suffisamment le lien avec la valeur uni-
verselle exceptionnelle virtuelle, peut-être parce qu’elles ont été établies avant l’identification
des valeurs. Il est essentiel de procéder par retouches successives. Par exemple, les recherches
historiques peuvent fort bien être menées avant l’identification des valeurs, mais il peut être
ensuite nécessaire de revoir la partie historique pour mieux l’articuler aux valeurs.
Comme on l’a souligné plus haut, il est recommandé de déterminer en premier lieu la valeur
universelle exceptionnelle virtuelle, puis de rédiger les parties restantes pour les articuler
précisément aux valeurs. La description doit indiquer quels sont les attributs physiques qui
confèrent au bien sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle, et l’historique expliquer
➤ comment le bien a acquis ces attributs et les valeurs qu’ils véhiculent.
Le résumé analytique
La première partie de tout dossier de proposition d’inscription est le résumé analytique. C’est
un élément clé qui présente les données essentielles.
Une fois les tâches décrites dans la partie 3 ci-dessus menées à bien, au moins dans une me-
sure raisonnable, utilisez les informations ainsi réunies pour rédiger un projet de résumé ana-
lytique. Il est recommandé de faire cela au tout début du processus d’établissement
proprement dit du dossier, de manière à énoncer très clairement les principaux points que
l’on entend faire valoir. Cela aidera à concentrer étroitement le travail sur les aspects réelle-
ment importants.
À mesure que ce travail avance, on pourra réviser le résumé analytique à la lumière d’infor-
mations ou de conclusions nouvelles. Cela aussi aidera à se concentrer sur l’essentiel.
Les renseignements présentés dans le résumé analytique doivent correspondre à ceux qui
figurent dans le corps même de la proposition d’inscription.
Le travail de préparation doit se concentrer sur le contenu et non sur la recherche d’effets
coûteux ou luxueux. Néanmoins, une présentation soignée peut aider le lecteur à examiner NOTRE CONSEIL
rapidement le dossier, en naviguant facilement d’une section à l’autre. Il n’est pas nécessaire
Ta b l e d e s m a t i è r e s
que le dossier
Pour que le dossier reste d’une lecture aussi aisée que possible, il est conseillé de présenter soit volumineux
les données détaillées dans des annexes, de manière que le texte principal fasse ressortir les ou luxueusement
éléments principaux, sans que ceux-ci soient occultés par un trop grand luxe de détails. Des présenté.
renvois aux annexes pourront figurer dans le texte principal. Toutefois, celui-ci doit apporter
des réponses concises et précises et ne pas se contenter d’inviter le lecteur à se reporter aux
annexes. Les annexes devront également être conçues avec soin et ne contenir que des don-
nées clairement en rapport avec la proposition d’inscription. Il ne sert à rien de les surcharger
d’informations superflues et mieux vaut n’y faire figurer que les données essentielles néces-
saires pour étayer les renseignements succincts présentés dans le texte principal. Un trop
grand nombre d’annexes risque de compliquer la tâche des évaluateurs et de nuire à la clarté
des arguments relatifs à la valeur universelle exceptionnelle virtuelle. ➤
Les personnes qui rédigent le dossier doivent toujours garder à l’esprit les messages clés qu’il
s’agit de faire passer : en quoi consiste le bien, pourquoi considère-t-on qu’il a une valeur
universelle exceptionnelle, et comment se propose-t-on d’assurer la conservation, la protec-
tion, la gestion et la bonne présentation de celle-ci. Elles veilleront ainsi à ce que ces messages
clés ne soient pas noyés dans une masse d’informations accessoires.
• Les documents doivent être clairement imprimés et bien organisés, au format imposé. En
cas de doute, préférez une mise en page simple et lisible et limitez le nombre de polices.
• Utilisez chaque fois que possible des photographies et des schémas pour illustrer le bien et
les questions qui lui sont liées – choisissez des illustrations et photographies qui apportent
des indications claires concernant le bien et ses valeurs, son intégrité et les questions de
gestion.
• Choisissez une série d’images illustrant la totalité des aspects du bien, en évitant si possible
toute redondance.
• Les documents doivent être rédigés en anglais ou en français. Il est conseillé de faire relire
le projet final par une personne ayant une excellente maîtrise de la langue utilisée afin de
s’assurer que le texte est parfaitement clair et intelligible.
• Le formulaire de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, d’une nature
très technique, ne se prête pas à des publications susceptibles d’être largement diffusées
ou d’intéresser le public. Il est donc recommandé de préparer parallèlement une documen-
tation plus accessible au public qui sera utilisée après l’inscription.
101
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
• Rappelez-vous que le plus important, c’est la qualité des arguments avancés à l’appui de
la proposition d’inscription et non la présentation de celle-ci. Des arguments faibles pré-
sentés joliment ne suffisent pas à convaincre.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Documents électroniques
• Toutes les propositions d’inscription doivent être disponibles sous forme électronique,
annexes comprises.
• La version électronique doit être produite à partir du fichier qui a servi à obtenir le docu-
ment imprimé, de manière que le format et la numérotation des pages soient identiques.
Le contenu doit être lui aussi identique.
• Il est recommandé de fournir des fichiers aux formats Microsoft Word et Adobe PDF.
• Au cours du processus d’examen par les Organisations consultatives, le dossier est en gé-
néral lu par de nombreux experts. Il faut donc que chacun d’eux dispose d’une copie,
souvent sous forme électronique. Par conséquent, la résolution des documents électro-
niques doit être suffisante pour permettre aux experts d’examiner le détail d’images telles
que cartes et photographies. En cas d’hésitation, choisissez la résolution la plus élevée,
en particulier pour les cartes et les reproductions de documents historiques.
• Cela étant, pensez à la taille du fichier, et évitez en particulier les fichiers images exces-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
102
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Annexes
• Le document principal devrait permettre à lui seul d’exposer les arguments en faveur de
Ta b l e d e s m a t i è r e s
l’inscription et de satisfaire à toutes les prescriptions majeures en ce qui concerne l’intégrité,
l’authenticité, la protection et la gestion du bien. Les informations complémentaires peuvent
être utilement regroupées dans des annexes. Il ne faut toutefois recourir à des annexes
qu’avec discernement, en veillant à ce que le document principal présente tous les éléments
essentiels et soit clair et de bonne qualité. Les renseignements essentiels ne devront pas
figurer dans des annexes mais dans le document principal.
• Il faut éviter si possible les très grosses annexes contenant toutes sortes de justificatifs. Il
est recommandé de ne retenir que les informations qui complètent utilement celles qui
sont déjà exposées de façon succincte dans la proposition d’inscription. Évitez d’ajouter
des documents aux annexes dans le seul but d’être exhaustif.
• La proposition d’inscription doit signaler expressément les pièces pertinentes figurant dans
les annexes. Il est en général difficile aux Organisations consultatives de transmettre aux ➤
personnes chargées de l’examen et de l’évaluation du dossier de grandes quantités de
pièces annexes. C’est pourquoi les références des informations essentielles doivent être
toujours directement signalées dans le document principal. On ne peut pas attendre des
Organisations consultatives qu’elles retrouvent elles-mêmes de telles informations si celles-
ci sont profondément enfouies dans de grosses annexes.
• Les annexes doivent elles aussi être soumises sous forme électronique.
Cartes
• La qualité et la clarté des cartes présentées dans le dossier laissent souvent à désirer sur le
plan de l’utilité de ces documents pour la bonne compréhension du bien. Les prescriptions
relatives aux cartes sont examinées plus loin dans la section consacrée au modèle de pro-
position d’inscription.
• Les deux exemples de carte reproduits ci-après aident à comprendre les éléments qui sont
requis pour un bien culturel et pour un bien naturel.
103
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
protégées, afin d’éviter toute confusion. La légende doit reprendre la terminologie des
Orientations – ne pas utiliser des termes tels que « Zone » ou « Aire protégée », « Quartier
historique », etc.
Ta b l e d e s m a t i è r e s
vi. Les cartes et plans qui sont présentés, ainsi que leur légende, doivent être en anglais ou
en français.
EX EM PL ES D E CA RTES
Emplacement du bien
proposé dans la ville de
Bigstadt
Coordonnées du point
central du bien proposé
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
pour inscription :
45° 27’ 09’’ N - 18° 07’ 51” O
LÉGENDE
Bien proposé
pour inscription
Zone tampon
104
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
de lave de Jeju (République de Corée), qui est un
cas de bien naturel en série. La carte topogra-
phique comporte un quadrillage indiquant les
coordonnées, une échelle graduée, une légende
claire et le tracé, pas trop épais et néanmoins
lisible, des limites proposées. Point très important,
les éléments topographiques (routes, cours d’eau,
montagnes, villages, etc.) sont tous visibles et re-
connaissables sur la carte. Les limites doivent tou-
jours être tracées, et les zones proposées ne pas
être recouvertes de couleurs uniformes qui mas-
queraient le détail des éléments topographiques ➤
présents sur la carte.
Le réseau de tunnels
de lave du Geomunoreum
et sa zone tampon
Note : Ces exemples de cartes sont présentés à une taille réduite pour les besoins du présent
manuel. Dans les dossiers de proposition d’inscription, il convient de les reproduire à une
taille suffisante pour permettre d’en bien comprendre les détails.
Rédiger une proposition d’inscription prend souvent plus de temps qu’on ne le prévoyait.
Certes, il est compréhensible que, une fois la décision prise de présenter une proposition
d’inscription, toutes les personnes associées à son élaboration souhaitent la mener à terme
NOTRE CONSEIL
Il convient de se ménager une marge de temps raisonnable pour pouvoir faire face aux dif-
ficultés imprévues.
105
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
Il convient de s’efforcer d’envoyer toutes les informations en une seule fois, plutôt que suc-
cessivement. Il est certes possible de soumettre des pièces supplémentaires postérieurement
au dossier, mais seulement en réponse à d’éventuelles demandes des Organisations consul-
Ta b l e d e s m a t i è r e s
NOTRE C ONSEIL
Il est aussi souhaitable que les propositions d’inscription ne soient pas envoyées au dernier
moment, juste avant l’expiration des délais prescrits. Ces délais sont impératifs. Les proposi-
Ne vous hâtez pas de tions d’inscription peuvent être soumises à n’importe quel moment avant la date du dernier
soumettre une propo- délai.
sition d’inscription
avant que le dossier Les Orientations prévoient que les États parties peuvent soumettre, à leur discrétion, des pro-
ne soit prêt. jets de proposition d’inscription au Centre du patrimoine mondial pour commentaires au
sujet du caractère complet du dossier avant le 30 septembre de chaque année (paragraphe
➤ 127). Les États parties ont ainsi la très utile possibilité de faire vérifier les différents aspects
d’une proposition d’inscription avant sa soumission définitive. Cette étape doit figurer dans
tout plan de travail bien conçu. Il convient toutefois de noter que le Centre du patrimoine
mondial n’intervient qu’à titre consultatif et que ses commentaires ne portent que sur l’état
complet ou non du dossier. Le Centre ne se prononce pas sur la force des arguments relatifs
à la valeur universelle exceptionnelle virtuelle, qui relève de la seule appréciation de l’UICN
et/ou de l’ICOMOS une fois que la proposition d’inscription, jugée complète, a été acceptée.
Il importe de noter que le Comité du patrimoine mondial n’examinera que les propositions
d’inscription considérées comme complètes dans les délais prescrits pour leur présentation.
Par conséquent, ne sont transmis à l’UICN et/ou à l’ICOMOS que les dossiers complets. Les
propositions d’inscription incomplètes sont renvoyées à l’État partie sans plus ample examen
NOTRE
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
C ONSEIL et doivent être complétées et soumises une nouvelle fois. Elles seront alors réexaminées au
moins un an plus tard. Le paragraphe 132 et l’Annexe 5 des Orientations indiquent les condi-
Lisez attentivement
tions qui doivent être réunies pour qu’une proposition d’inscription soit considérée comme
les notes explicatives
complète.
ainsi que les
recommandations
La présente section du manuel reproduit le modèle de proposition d’inscription sur la Liste
additionnelles.
du patrimoine mondial en vigueur, accompagné de conseils et recommandations additionnels
concernant les sections les plus importantes.
106
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Résumé analytique
Ces informations, à fournir par l’État partie, seront mises à jour par le Secrétariat à la suite
Ta b l e d e s m a t i è r e s
de la décision du Comité du patrimoine mondial, puis renvoyées à l’État partie en confirmant
la raison d’être de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial.
État partie
Nom du bien
Coordonnées Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
géographiques
à la seconde près
107
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
108
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Des cartes, topographiques et autres,
plus détaillées seront incluses dans d’au-
tres sections du document de proposition
d’inscription.
Projet de déclaration de Selon le paragraphe 155, la déclaration • Cette déclaration doit être identique à ➤
valeur universelle excep- de valeur universelle exceptionnelle doit celle qui figurera à la section 3.3 du
tionnelle (le texte doit se composer de : document de proposition d’inscription.
préciser ce qui est considéré a. Synthèse • La déclaration doit être concise et suffi-
être la valeur universelle b. Justification des critères sante afin d’exprimer l’information sur
exceptionnelle incarnée par c. Déclaration d’intégrité (pour tous les les caractéristiques les plus importantes
le bien proposé pour inscrip- biens) du bien. Plus de détails peuvent être
tion, 1 à 2 pages environ) d. Déclaration d’authenticité pour les fournis dans les sections 3.1.a-3.1.e.
biens proposés au titre des critères
(i) à (vi)
e. Mesures de protection et de gestion
requises
109
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
1. Identification du bien Avec la section 2, c’est la section la plus • Cette section du document de proposi-
importante de la proposition d’inscrip- tion d’inscription donne des informa-
tion. Il faut préciser clairement au tions factuelles sur le lieu où se situe le
Comité où le bien est situé et comment bien. Elle doit être courte et concise. Il
il est défini géographiquement. Dans le convient de prêter une attention parti-
cas de propositions d’inscription en série, culière aux cartes destinées à y figurer.
➤ insérer un tableau montrant le nom de
l’élément constitutif, de la région (si elle
est différente pour les différents
éléments), les coordonnées, la zone
centrale et la zone tampon. D’autres ru-
briques peuvent également être ajoutées
(références de pages ou numéros de
cartes, etc.) pour différencier les diffé-
rents éléments.
1.c Nom du bien C’est le nom officiel du bien qui va • Le nom donné au bien doit faire réfé-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
110
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
commune (p. ex. Aires protégées des
trois fleuves parallèles au Yunnan, Patri-
moine des forêts tropicales ombrophiles
de Sumatra, Parcs des montagnes
Rocheuses canadiennes).
• Dans le cas d’un bien transfrontalier
ou transnational, le nom doit être
approuvé par les deux pays concernés,
par exemple Bassin d’Ubs Nuur (Fédéra-
tion de Russie et Mongolie), ou Haute
Côte / Archipel de Kvarken (Suède et
Finlande).
• Il est préférable de ne pas utiliser les ➤
noms de multiples éléments séparés,
mais de choisir plutôt un nom qui
évoque les valeurs du bien tout entier.
001
002
003
Etc.
111
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
1.e Cartes et plans indi- Annexer à la proposition d’inscription et • Les cartes et plans (ou dessins) requis
quant les limites du bien énumérer ci-dessous avec échelles et dans le cas de biens du patrimoine
proposé pour inscription dates : culturel dépendent du type de bien et
et celles de la zone (i) Un exemplaire original d’une carte to- de son histoire, et doivent illustrer
tampon pographique montrant le bien proposé d’une manière ou d’une autre des
pour inscription, à la plus grande échelle aspects de la valeur universelle excep-
possible présentant la totalité du bien. tionnelle virtuelle.
Les limites du bien proposé et de la zone • L’échelle, le niveau de détail et la réso-
tampon doivent être clairement indi- lution des cartes et plans doivent être
quées. Sur cette carte, ou sur une autre suffisants pour faire apparaître les rela-
carte jointe, doivent également figurer tions entre les limites du bien et ses
➤ un enregistrement des limites des zones caractéristiques, et permettre de com-
de protection juridique spéciale dont bé- prendre aisément son contexte.
néficie le bien. De nombreuses cartes • Les cartes stylisées ne portant que des
peuvent être nécessaires pour les propo- informations schématiques ne convien-
sitions d’inscription en série. Les cartes nent pas. Les cartes topographiques à
fournies doivent être d’une échelle à la grande échelle ou les plans cadastraux
plus grande echelle disponible et la (pour les biens culturels) sont en
mieux adaptée pour permettre l’identifi- général la meilleure solution, même
cation des éléments topographiques tels si des annotations doivent leur être
que les établissements humains adja- superposées.
cents, les bâtiments, les routes, etc., afin • Lorsque des caractéristiques du bien
d’autoriser une évaluation claire de l’im- sont indiquées sur les cartes ou plans
pact de tout développement proposé au ou dans le texte, elles doivent être dési-
sein de la zone, à proximité, ou à sa gnées de la même façon, à moins que
limite. l’on n’emploie un code pour permettre
des renvois entre la carte ou le plan et
La plus grande rigueur est requise le texte. Autrement dit, les caractéris-
concernant l’épaisseur des lignes de tiques signalées sur les cartes ou les
délimitation sur les cartes, des lignes de plans doivent l’être sous le même nom
délimitation épaisses pouvant rendre la que celui qui est utilisé dans le texte.
limite effective du bien ambiguë. Cartes ou plans doivent être libellés en
anglais ou en français.
Les cartes peuvent être obtenues aux • Il est recommandé d’inclure une carte
adresses indiquées à l’adresse Internet situant le lieu dans le pays (au format
suivante : A4 ou « lettre » maximum).
[Link] • De plus, il est recommandé de présen-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
112
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
forme de vecteurs, préparée à la plus • Il est très important de rédiger avec
grande échelle possible. L’État partie est beaucoup de soin la légende de la carte
invité à contacter le Secrétariat pour plus indiquant les limites du bien. La lé-
d’informations sur cette gende doit désigner le bien proposé
option. pour inscription et (le cas échéant) sa
zone tampon conformément à la termi-
ii) Une carte de situation montrant l’em- nologie des Orientations. Ces limites
placement du bien à l’intérieur de l’État doivent être indiquées clairement et ne
partie. pas risquer par exemple d’être confon-
dues avec d’autres traits sur la carte.
(iii) Des plans et des cartes personnali- • Dans le cas de certains biens en série, il
sées du bien montrant des caractéris- convient d’inclure un plan de localisa-
tiques particulières sont utiles et peuvent tion de l’ensemble des éléments, ainsi ➤
également être joints. que des plans distincts permettant de
situer chacun d’eux dans son environ-
Pour faciliter la reproduction et la pré- nement. Si le bien en série ne peut pas
sentation aux Organisations consulta- être correctement représenté en entier
tives et au Comité du patrimoine sur une page A4, il faut utiliser plu-
mondial, inclure si possible au texte de la sieurs cartes de ce format, soit : (i) une
proposition d’inscription une réduction carte montrant le bien dans sa totalité,
au format A4 (ou « lettre ») et un fichier la situation de chaque élément et les
image numérisé des principales cartes. distances qui les séparent, et (ii) une ou
plusieurs cartes montrant séparément
Lorsque aucune zone tampon n’est pro- chaque élément et sa zone tampon.
posée, la proposition d’inscription doit • S’il s’agit d’un bien en série national ou
inclure une déclaration indiquant pour- transnational, il convient de fournir
quoi une zone tampon n’est pas néces- pour chaque élément une carte topo-
saire pour la bonne protection du bien graphique originale qui en indique clai-
proposé pour inscription. rement les limites.
• Dans le cas d’une proposition d’inscrip-
tion ayant pour objet une extension
d’un bien existant, il est utile de joindre
une carte permettant de comparer la
délimitation initiale du bien et celle qui
est proposée.
• On peut faire figurer dans d’autres
sections, mais non celle qui concerne
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
l’identification, des cartes visant à illus-
trer des valeurs, des caractéristiques ou
des questions particulières, notamment :
– Une carte géologique – pour les biens
proposés pour inscription au titre du
critère (viii) ;
– Une carte de la végétation – pour les
biens proposés pour inscription au
titre des critères (ix) et (x) ;
– Une carte de distribution des espèces
– pour les biens proposés pour ins-
cription au titre des critères (ix) et (x) ;
– Une carte des équipements ou projets
d’équipement (routes et construction
de routes, barrages, chantiers futurs,
etc.) ;
– Une carte des accès au site –
montrant les principales routes à l’in-
térieur et à proximité du site.
• Les cartes de base au format A4 indi-
quant la situation et les limites du bien
devront figurer dans le document
113
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
2.a Description du bien Cette section doit commencer par une • La description doit être axée sur les
description du bien proposé au moment aspects liés à la valeur universelle ex-
de la proposition d’inscription. Elle doit ceptionnelle virtuelle du bien, et offrir
mentionner toutes les caractéristiques un aperçu général de ce dernier.
importantes du bien.
114
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Dans le cas d’un bien naturel, le compte • Elle doit suffire pour permettre de com-
rendu doit mentionner les attributs phy- prendre quels sont les éléments qui pré-
siques importants, la géologie, les habi- sentent une valeur universelle
tats, les espèces et l’importance des exceptionnelle virtuelle et leurs caracté-
populations et autres caractéristiques et ristiques importantes.
processus écologiques significatifs. Des • Une description longue et exhaustive
listes d’espèces doivent être fournies de tous les aspects du bien n’est pas
lorsque cela est réalisable et la présence nécessaire.
d’espèces menacées ou endémiques doit • Si la description est complexe et très
être soulignée. L’importance et les mé- longue, il peut être souhaitable de la ré-
thodes d’exploitation des ressources na- sumer, et de joindre sa version détaillée
turelles doivent être décrites. dans une annexe.
• La description doit porter sur le bien ➤
Dans le cas de paysages culturels, il est proposé pour inscription dont les limites
nécessaire de fournir une description de ont été définies dans la section précé-
tous les points mentionnés ci-dessus. Il dente. Il est possible de décrire des élé-
faut accorder une attention particulière à ments extérieurs au bien, mais mieux
l’interaction de l’Homme et de la nature. vaut présenter cette description séparé-
ment (par exemple sous un sous-titre
Il faut décrire la totalité du bien proposé tel que « Description des éléments exté-
pour inscription identifié à la section 1 rieurs au bien »).
(« Identification du bien »). Dans le cas • Le cas échéant, le cadre distant du bien
de propositions d’inscription en série (au-delà de la zone tampon) doit être
(voir les paragraphes 137-140 des traité dans cette section. Voir plus haut
Orientations), chacun des éléments la section 3.1. (p.90-91).
constitutifs doit être décrit séparément.
2.b Historique et Décrire comment le bien est parvenu à • Tout comme la description, l’historique
développement sa forme et à son état présents et les doit se concentrer sur les aspects inté-
changements significatifs qu’il a subis, ressant la valeur universelle exception-
y compris l’historique récent de la nelle virtuelle du bien, et sur les
conservation. éléments permettant de situer ce der-
nier dans son contexte historique.
Cela doit inclure un compte rendu des • Un historique long et exhaustif de tout
phases de construction dans le cas de ce qui touche au bien est inutile. De
monuments, de sites, de bâtiments ou telles informations peuvent être incluses
d’ensembles de bâtiments. Lorsqu’il y a dans une annexe si nécessaire, ou être Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
eu des modifications importantes, des simplement citées dans les références.
démolitions ou des reconstructions de- • Il peut être important de situer l’histo-
puis l’achèvement général, elles doivent rique du bien dans le contexte de l’his-
également être décrites. toire mondiale, auquel cas il faut
donner quelques informations, mais
Dans le cas d’un bien naturel, le compte celles-ci peuvent être résumées, plutôt
rendu doit relater les événements significa- que longuement détaillées.
tifs de l’histoire ou de la préhistoire qui ont • Il est en général très important d’assor-
affecté l’évolution du bien et décrire son tir l’historique de références, les argu-
interaction avec l’humanité. Cela inclut les ments avancés pouvant s’appuyer sur
changements d’utilisation du bien et de des sources qu’il convient de citer cor-
ses ressources naturelles pour la chasse, la rectement et qui puissent être vérifiées.
pêche ou l’agriculture, ou les modifications • S’agissant d’un bien qui a évolué au fil
causées par les changements climatiques, du temps, il est souvent très utile d’in-
les inondations, les tremblements de terre clure des diagrammes indiquant les dif-
ou autres causes naturelles. férentes étapes de son développement.
Dans le cas, par exemple, d’une ville
Ces informations seront également comprenant des édifices de différentes
requises dans le cas des paysages cultu- époques, il est bon que des illustrations
rels, où il faut traiter de tous les aspects montrent à quelle période appartient
de l’histoire de l’activité humaine dans chacun de ceux qui sont mentionnés
l’aire considérée. dans le texte.
115
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
3. Justification de La justification doit être établie sous les Dans les sections 3.1.a-3.1.e ci-dessous,
l’inscription1 sections suivantes. le texte doit comporter une information
détaillée afin de soutenir le texte fourni
➤ Cette section doit préciser au Comité dans le projet de déclaration de valeur
pourquoi le bien est considéré universelle exceptionnelle.
comme étant de « valeur universelle
exceptionnelle ».
3.1.b Critères selon Voir le paragraphe 77 des Orientations. • Voir plus haut la section 3.1. (p.63-64)
lesquels l’inscription est • Les justifications données pour chaque
proposée (et justification Donner une justification séparée pour critère seront utiles pour rédiger la
de l’inscription selon ces chaque critère cité. déclaration de valeur universelle excep-
critères) tionnelle examinée ci-dessous.
Décrire brièvement comment le bien • La justification consiste précisément à
répond aux critères selon lesquels il est expliquer pourquoi le bien répond à tel
proposé pour inscription (si nécessaire, se ou tel critère.
référer aux sections « description » et • Le texte doit comporter une informa-
« analyse comparative » de la proposition tion détaillée afin de soutenir le texte
Ta b l e d e s m a t i è r e s
d’inscription, mais ne pas reproduire le fourni dans le projet de déclaration de
texte de ces sections). Pour chaque critère, valeur universelle exceptionnelle.
décrire les attributs pertinents.
3.1.c Déclaration La déclaration d’intégrité doit démontrer • Voir la section 3.1. (p.64-70) ci-dessus.
d’intégrité que le bien répond aux conditions • Le texte doit comporter une informa-
d’intégrité énoncées au chapitre II D tion détaillée afin de soutenir le texte
des Orientations, qui décrivent ces fourni dans le projet de déclaration de
conditions plus en détail. valeur universelle exceptionnelle.
3.1.d Déclaration La déclaration d’authenticité doit démon- • Voir la section 3.1. (p.64-70) ci-dessus.
d’authenticité (pour les trer que le bien répond aux conditions • Le texte doit comporter une informa-
propositions d’inscription d’authenticité énoncées au chapitre II D tion détaillée afin de soutenir le texte
sous les critères (i) à (vi)) des Orientations, qui décrivent ces condi- fourni dans le projet de déclaration de
tions plus en détail. valeur universelle exceptionnelle.
117
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
• usage et fonction ;
• traditions, techniques et systèmes de
gestion ;
• situation et cadre ;
• langue et autres formes de patrimoine
immatériel ;
• esprit et impression ; et
• autres facteurs internes et externes.
3.1.e Mesures de Cette section doit définir comment les exi- • Le texte doit comporter une informa-
protection et de gestion gences de protection et de gestion seront tion détaillée afin de soutenir le texte
➤ requises remplies, de manière à s’assurer que la va- fourni dans le projet de déclaration de
leur universelle exceptionnelle du bien soit valeur universelle exceptionnelle.
garantie à travers le temps. Elle doit in-
clure à la fois des détails relatifs au cadre
général de protection et de gestion, et
des détails relatifs à l’identification des
attentes spécifiques à la protection du
bien à long terme.
118
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
gestion traiteront ces fragilités et ces
dangers et atténueront tout changement
néfaste.
3.3 Intégrité et/ou Une déclaration de valeur universelle ex- • Voir la section 3.1. (p.77-80) ci-dessus.
authenticité ceptionnelle est une déclaration officielle
adoptée par le Comité du patrimoine
mondial au moment de l’inscription du
bien sur la Liste du patrimoine mondial. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Lorsque le Comité du patrimoine mon-
dial accepte d’inscrire un bien sur la Liste
du patrimoine mondial, il accepte égale-
ment une déclaration de valeur univer-
selle exceptionnelle qui stipule pourquoi
le bien est considéré comme ayant une
valeur universelle exceptionnelle, com-
ment il satisfait les critères pertinents, les
conditions d’intégrité et (pour les biens
culturels) d’authenticité, et comment il
répond aux exigences de protection et
de gestion afin de conserver la valeur
universelle exceptionnelle à long terme.
Les déclarations de valeur universelle ex-
ceptionnelle doivent être concises et
sont énoncées dans un format standard.
Elles devraient aider à sensibiliser à la
valeur du bien, à guider l’évaluation de
son état de conservation, et à informer
au sujet de sa protection et de sa ges-
tion. Une fois adoptée par le Comité,
la déclaration de valeur universelle
119
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
4. État de conservation du
bien et facteurs affectant
le bien
4.a État actuel de Les informations présentées dans cette • Les renseignements concernant l’état
conservation section constituent les données de base de conservation du bien doivent être
nécessaires pour suivre l’état de conser- réalistes et ne pas enjoliver ni minimiser
vation du bien proposé pour inscription la réalité. N’oubliez pas que la mission
dans le futur. Il faut fournir des informa- d’évaluation se rendra sur les lieux et
tions dans cette section sur l’état maté- vérifiera ces aspects.
riel du bien, toutes les menaces qui • Il faut s’assurer que les mesures visant à
pèsent sur la valeur universelle excep- protéger l’état du bien préservent non
tionnelle du bien et les mesures de seulement ses caractéristiques, mais
conservation prises sur place (voir aussi les processus dynamiques qui
paragraphe 132). contribuent à son évolution, de manière
à maintenir l’intégrité de tous les attri-
Par exemple, dans une ville ou une zone buts pertinents.
historique, il faut indiquer les bâtiments, • Lorsque l’état de conservation demande
monuments ou autres constructions né- des explications complexes, des dia-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
cessitant des travaux de réparations im- grammes ou des cartes ou plans anno-
portants ou mineurs, ainsi que l’étendue tés peuvent les éclairer utilement. Dans
et la durée de tous les grands projets de une ville, par exemple, l’état de conser-
réparations récents ou prévus. vation peut varier considérablement
d’un édifice à l’autre. De même, des
Dans le cas d’un bien naturel, il faut cartes ou plans annotés peuvent être le
fournir des informations sur les ten- meilleur moyen de donner à compren-
dances manifestées par les différentes dre l’étendue d’une menace.
espèces ou l’intégrité des écosystèmes. • Cette section porte sur la situation ac-
Cela est important car le dossier de pro- tuelle du bien. Les menaces potentielles
position d’inscription sera utilisé les ou futures seront traitées à la section
années suivantes dans un but de compa- 4.b.
raison, afin de dépister les changements
survenus dans l’état du bien.
120
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
4.b Facteurs affectant le Cette section doit fournir des informa- • Soyez particulièrement attentif à la note
bien tions sur tous les facteurs susceptibles explicative qui indique que tous les fac-
d’affecter la valeur universelle exception- teurs ne sont pas pertinents pour tous
nelle d’un bien ou de menacer un bien. les biens. Signalez simplement ceux qui
Elle doit aussi décrire toutes les difficul- ne le sont pas sans plus de détails.
tés qui peuvent être rencontrées pour • Cette section a trait aux menaces po-
traiter ces problèmes. Tous les facteurs tentielles ou futures qui pèsent sur la
suggérés dans cette section ne concer- valeur universelle exceptionnelle du
nent pas tous les biens. Ce sont des indi- bien. Les menaces actuelles doivent être
cations destinées à aider l’État partie à traitées à la section 4.a.
identifier les facteurs applicables à • Seules doivent être mentionnées les
chaque bien précis. menaces que l’on peut raisonnable-
ment prédire ou prévoir pour un bien ➤
particulier, ou qui ont précédemment
été évoquées.
• Néanmoins, il convient de fournir des
indications franches et exactes au sujet
de telles menaces.
(ii) Contraintes liées Énumérer et résumer les principales • Ne mentionnez que les sources de
à l’environnement sources de détérioration de l’environne- détérioration avérées et ayant un
(par ex. pollution, ment affectant le tissu bâti, la flore et la impact majeur.
changements climatiques, faune.
désertification)
121
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
(iii) Catastrophes Détailler les catastrophes qui représen- • Indiquez la fréquence estimée de ces
naturelles et planification tent une menace prévisible pour le bien, catastrophes et de l’échelle probable de
préalable (tremblements et les mesures prises pour dresser des leur impact.
de terre, inondations, plans d’urgence contre ces menaces, • Le dispositif de prévention des risques
incendies, etc.) que ce soit par des mesures de protec- doit être adapté à la fréquence et à
tion matérielle ou de la formation de l’ampleur de l’impact et être doté de
personnel. ressources en conséquence.
• Ce dispositif doit porter sur la prépara-
tion aux catastrophes, ainsi que sur les
mesures d’intervention pendant et
après la catastrophe.
➤ • L’information requise doit être résumée
avec des références à d’autres docu-
ments (plans d’intervention d’urgence
en cas de catastrophe, p. ex.).
(iv) Visite responsable Fournir un état de la fréquentation du • La méthode utilisée pour déterminer
des sites du patrimoine bien (notamment : données de base la capacité d’accueil doit être décrite
mondial disponibles ; caractéristiques d’utilisa- succinctement.
tion, y compris concentrations d’activi- • Il convient de préciser sur quelles
tés dans certaines parties du bien ; et données se fondent les prévisions du
prévisions d’autres activités). nombre futur de visiteurs.
• Il est demandé de fournir une estima-
Enoncer les prévisions de fréquentation tion réaliste du nombre futur de visi-
faisant suite à l’inscription ou à d’autres teurs, compte tenu en particulier de
facteurs. l’impact de l’inscription du bien. Celle-ci
se traduit souvent par une augmenta-
Définir la capacité d’accueil du site et tion du nombre de visiteurs.
comment sa gestion pourrait être amé- • Des éléments doivent être présentés ou
liorée pour accueillir le nombre actuel cités en référence à l’appui des conclu-
ou prévu de visiteurs et résister sans sions concernant la capacité d’accueillir
effets négatifs à la pression du sans effets préjudiciables le nombre ac-
développement. tuel ou projeté de visiteurs. Une simple
affirmation n’est pas suffisante. S’agis-
Etudier les formes possibles de détério- sant des chiffres actuels, peut-on se
ration du bien dues à la surfréquenta- référer à une étude d’impact ?
tion et au comportement des visiteurs, y • Le bien fait-il l’objet d’un plan de ges-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
compris celles qui affectent ses attributs tion des visiteurs ou du tourisme ?
immatériels. Celui-ci est-il adéquat et efficace ?
• Concernant les conditions d’accueil
souhaitées pour les visiteurs et les tou-
ristes, il faut traiter des messages, des
techniques, de la qualité de l’accueil, et
des aménagements disponibles. Cette
information devrait normalement figu-
rer dans un plan de gestion des visiteurs
ou du tourisme. On pourra inclure dans
le dossier un résumé des points essen-
tiels de ce plan, et joindre ce dernier
dans une annexe.
• Le nombre de visiteurs ou de touristes
doit correspondre au dernier chiffre
annuel.
• Lorsqu’un bien ne comprend pas
plusieurs aires ou zones, indiquer sim-
plement le nombre de visiteurs ou de
touristes pour l’ensemble du bien.
122
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
(v) Nombre d’habitants Donner les meilleures statistiques ou
dans le périmètre du bien, évaluations disponibles sur le nombre
dans la zone tampon d’habitants vivant dans le périmètre du
bien proposé pour inscription et de toute
Estimation de la popula- zone tampon. Indiquer l’année de cette
tion dans : estimation ou de ce recensement.
La zone tampon :
________________________ ➤
Total : __________________
Année : ________________
5. Protection et gestion Cette rubrique de la proposition d’ins- • Voir la section 3.1. (p.91-96)
du bien cription est destinée à donner une • Il est essentiel que les biens du patri-
image claire des mesures législatives, moine mondial bénéficient d’une pro-
réglementaires, contractuelles, de pla- tection efficace, et la proposition
nification, institutionnelles et/ou tradi- d’inscription doit indiquer quelles sont
tionnelles (voir le paragraphe 132 des les mesures prévues et mises en œuvre
Orientations) et du plan de gestion (ou à cet effet sur le terrain.
d’un autre système de gestion) (para- • Un plan ou système détaillé de gestion
graphes108 à 118 des Orientations) en doit exister au moment de la proposi-
place pour protéger et gérer le bien, tion d’inscription.
comme l’exige la Convention du patri- • Les principes d’une gestion durable du
moine mondial. Elle doit traiter des as- tourisme sont exposés dans Managing
pects de politique générale, du statut Tourism at World Heritage Sites: a Prac-
juridique et des mesures de protection, tical Manual for World Heritage Site
ainsi que des aspects pratiques de Managers, World Heritage Manuals 1
l’administration et de la gestion (Arthur Pedersen, 2002).
quotidiennes.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
5.a Droit de propriété Indiquer les principales catégories de • Dans le cas de biens complexes, le
propriété foncière (notamment propriété mieux est sans doute de présenter cette
de l’État, de la province, privée, commu- information sous la forme d’un tableau,
nautaire, traditionnelle, coutumière, non complété par une carte ou plan annoté.
gouvernementale, etc.).
5.b Classement de Énumérer le statut législatif, réglemen- • Dans le cas de biens complexes, une
protection taire, contractuel, de planification, carte ou plan annoté complétera utile-
institutionnel et/ou traditionnel corres- ment cette énumération.
pondant au bien. Par exemple, parc
national ou provincial ; monument histo- • Les raisons auxquelles obéit la délimita-
rique, aire protégée selon la législation tion de la zone tampon doivent être
nationale ou la coutume ; ou autres indiquées dans cette section.
classements.
123
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
5.c Moyens d’application Décrire comment fonctionne effective- • La protection réellement assurée peut
des mesures de ment la protection assurée par le statut différer considérablement de la protec-
protection législatif, réglementaire, contractuel, de tion théoriquement disponible. Il est
planification, institutionnel et/ou tradi- indispensable de fournir des renseigne-
tionnel du bien indiqué à la section 5.b. ments sur la situation réelle.
• Il convient de citer aussi les références
des données étayant vos affirmations.
5.d Plans actuels concer- Énumérer les plans approuvés qui ont • Il faut indiquer l’état de mise en œuvre
nant la municipalité et la été adoptés avec la date et l’institution des plans, et donner une appréciation
région où est situé le bien responsable de leur rédaction. Les dispo- de leur efficacité.
➤ proposé (par exemple, sitions applicables devront être résumées • Il doit également être précisé si ces
plan régional ou local, dans cette section. Un exemplaire du plans sont compatibles avec les mesures
plan de conservation, plan devra être inclus en pièce jointe de protection, de conservation et de
plan de développement comme indiqué à la section 7.b. gestion du bien.
touristique) • Indiquez la portée géographique ou
Si les plans n’existent que dans une autre des plans (le plan représente-t-il
langue autre que le français ou l’anglais, par exemple le bien dans sa totalité ou
un résumé analytique dégageant les seulement en partie ?).
points essentiels devra être fourni, en
français ou en anglais.
5.e Plan de gestion Comme il est noté au paragraphe 132 • Voir la section 3.1. (p.93-96).
du bien ou système de des Orientations, un plan de gestion (ou • Il faut donner des preuves de l’efficacité
gestion un autre système de gestion) approprié du plan ou système de gestion, et ne
est essentiel et doit être fourni dans la pas se contenter d’affirmer ou de
proposition d’inscription. Des assurances donner des assurances.
de la mise en œuvre effective du plan de • Le plan ou système de gestion doit
gestion ou d’un autre système de ges- avoir pour objet premier la protection et
tion sont également attendues. Les la conservation de la valeur universelle
principes du développement durable exceptionnelle.
devraient être intégrés au système de • Le plan ou système de gestion doit tenir
gestion. compte de la situation concrète du
bien, et en particulier des questions et
Un exemplaire du plan de gestion ou de problèmes qui se posent.
la documentation sur l’autre système de • Dans le cas d’un bien en série ou trans-
gestion doit être joint en annexe à la national, ou d’un bien complexe faisant
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
124
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
5.f Sources et niveaux de Indiquer les sources et le niveau de
financement financement disponibles pour le bien sur
une base annuelle. Il est également pos-
sible de donner une estimation du carac-
tère adéquat ou non des ressources
disponibles, en précisant en particulier
tous les manques ou insuffisances ou
tous les domaines où une assistance
pourrait être nécessaire.
5.g Sources de compé- Indiquer les compétences spécialisées et • Il convient d’indiquer les compétences
tences spécialisées et de la formation qui sont disponibles pour le spécialisées et les formations qui exis-
formation en techniques bien par le biais des autorités nationales tent déjà, outre celles qui pourraient ➤
de conservation et de ou d’autres organisations. devenir disponibles.
gestion • Ces compétences spécialisées et ces
formations peuvent être disponibles
auprès de l’organisme responsable de
la gestion du bien, ainsi que d’autres
organisations.
• Une appréciation doit être donnée
concernant l’utilité des compétences
spécialisées et des formations et leur
capacité de répondre aux besoins spéci-
fiques du bien.
5.h Aménagements et Cette section doit décrire les services in- • Une appréciation doit être donnée
infrastructures pour les clusifs à la disposition des visiteurs sur le concernant l’utilité des aménagements
visiteurs site et démontrer qu’ils sont appropriés et leur capacité de répondre aux
par rapport aux exigences de protection besoins spécifiques du bien.
et de gestion du bien. Elle doit illustrer • Indiquer les éventuels conflits entre ces
comment ces services fourniront une aménagements et la protection et la
mise en valeur réelle et inclusive du bien conservation du bien.
pour répondre aux besoins des visiteurs,
notamment en matière d’accès sécurisé
et approprié au site. La section doit pren-
dre en considération les services destinés
aux visiteurs qui pourront inclure une in- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
terprétation/explication (pancartes, sen-
tiers, notices ou publications, guides); un
musée/exposition consacré(e) au bien,
un centre d'accueil ou d'interprétation
pour les visiteurs; et/ou la possibilité
d’utiliser des technologies numériques et
des services (hébergement pour la nuit;
service de restauration; parking pour les
voitures; toilettes; service de recherche et
de secours), etc.
5.i Politique et pro- Cette section se réfère aux articles 4 et 5 • Il n’est demandé qu’un simple résumé.
grammes concernant de la Convention relatifs à la mise en va- • Ces politiques et programmes pour-
la mise en valeur et leur et à la transmission du patrimoine raient être intégrés dans un plan de
la promotion du bien culturel et naturel aux générations mise en valeur ou tout autre plan
futures. Les États parties sont incités à similaire.
fournir des informations sur la politique • Il importe de donner des indications sur
et les programmes concernant la mise en les ressources allouées aux programmes
valeur et la promotion du bien proposé et sur l’efficacité des politiques et des
pour inscription. programmes.
125
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
5.j Niveau de qualifica- Indiquer les compétences et qualifica- • Le personnel est-il assez nombreux ?
tion des employés (secteur tions disponibles, nécessaires à la bonne • Les compétences et la formation sont-
professionnel, technique, gestion du bien, y compris en matière de elles adaptées eu égard à la valeur du
➤ d'entretien) fréquentation et les besoins futurs liés à bien ?
la formation.
6.a Indicateurs clés Énumérer sous forme de tableau les indi- • Les indicateurs doivent se rapporter à la
pour mesurer l’état de cateurs clés choisis pour mesurer l’état valeur universelle exceptionnelle vir-
conservation de conservation de l’ensemble du bien tuelle du bien et non à un paramètre
(voir la section 4.a ci-dessus). Indiquer mesurable quelconque.
la périodicité de l’examen de ces indica-
teurs et le lieu où se trouvent les
dossiers. Les indicateurs peuvent être
représentatifs d’un aspect important du
bien et se référer d’aussi près que possi-
ble à la déclaration de valeur universelle
exceptionnelle (voir la section 2.b
ci-dessus). Dans la mesure du possible,
ils peuvent être exprimés en chiffres et,
lorsque cela n’est pas possible, être
présentés de manière à pouvoir être
répétés, en prenant par exemple une
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
126
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Indicateur Périodicité Emplacement
des dossiers
6.c Résultats des précé- Énumérer, en les résumant brièvement, • Si des problèmes ont été notés ou si
dents exercices de soumis- les précédents rapports sur l’état de l’état de conservation laissait à désirer,
sion de rapports conservation du bien et fournir des ex- exposez brièvement la situation actuelle
traits et des références de ce qui a été ou les mesures correctives prises.
publié à ce sujet (par exemple, des rap- • Si des problèmes subsistent ou si l’état
ports soumis conformément à des de conservation laisse toujours à désirer,
accords internationaux comme Ramsar cela doit être signalée dans la section
ou le MAB). 4 ci-dessus.
7.a Inventaire des images Les États parties doivent fournir suffi- • Les images doivent présenter les élé-
photographiques/ samment d’images récentes (photogra- ments conférant au bien sa valeur uni-
audiovisuelles et le phies, diapositives, et si possible des verselle exceptionnelle, ainsi que le
formulaire d’autorisation images numériques, des films/vidéos, des contexte du bien.
de reproduction photographies aériennes), pour donner
une bonne image générale du bien. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
127
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
128
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4
Ta b l e d e s m a t i è r e s
7.d Adresse où sont Donner le nom et l’adresse des institu-
conservés l’inventaire, tions où sont déposés les dossiers d’in-
les dossiers et les archives ventaires (bâtiments, monuments,
espèces de flore ou de faune).
129
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription
Relecture et révision
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Une fois la proposition d’inscription achevée, il est bon de procéder à un certain nombre de
vérifications pour s’assurer que le produit final est satisfaisant :
• relire et, si nécessaire, réviser le résumé analytique de façon qu’il soit en tout point conforme
au texte principal ;
• relire l’ensemble de la proposition d’inscription pour vérifier que tous les points essentiels
y figurent et sont exposés avec clarté ;
• faire éditer la proposition d’inscription en vue d’en améliorer la cohérence et le style, en
NOTRE C ONSEIL particulier si des parties ont été rédigées par différents auteurs. S’assurer toutefois que des
contenus importants n’ont pas disparu ni été déformés ;
Faites relire
➤
la proposition
• faire relire le projet de proposition d’inscription par des spécialistes, notamment par une
d’inscription par
personne n’ayant pas de lien particulier avec le bien, ainsi que par une personne qui ignore
des pairs.
tout du pays et de son patrimoine. Corriger tous les problèmes qui ont pu être signalés lors
de ces examens ;
• vérifier que la proposition d’inscription est complète conformément au paragraphe 132
des Orientations.
Si la proposition d’inscription a pour objet un bien en série, il peut être nécessaire d’y faire
figurer une quantité considérable d’informations, celles-ci se trouvant multipliées par le
nombre d’éléments que compte la série (par exemple, description de chaque élément).
Des informations trop abondantes peuvent en rendre la lecture difficile ou en gêner la
compréhension.
La grande difficulté est de trouver le juste équilibre de façon à inclure les informations essen-
tielles concernant chaque élément.
Une solution consiste à ne présenter qu’un résumé dans le corps du texte, avec des renvois
à des annexes contenant des renseignements plus détaillés.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
130
5 La procédure d’évaluation
5.1 Généralités
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Lorsque le dossier de proposition d’inscription a été soumis, en autant d’exemplaires que
prescrit, il est procédé à son évaluation.
En premier lieu, le Centre du patrimoine mondial vérifie que le dossier est complet. S’il consi-
dère que ce n’est pas le cas, le dossier ne sera pas transmis aux Organisations consultatives
pour évaluation, et devra être complété, puis soumis une nouvelle fois, l’année suivante ou
plus tard.
Après avoir mené à bien cette évaluation, mais préalablement à l’examen de la proposition
d’inscription par le Comité du patrimoine mondial, les Organisations consultatives peuvent
adresser des questions ou une demande d’information à l’État partie avant le 31 janvier de
l’année au cours de laquelle la proposition doit être examinée par le Comité (paragraphe 149).
Ces informations doivent être envoyées au plus tard le 28 février pour être prises en consi-
dération par les Organisations consultatives. Les Orientations excluent formellement que
celles-ci examinent toute information envoyée après cette date.
Les États parties peuvent aussi envoyer une lettre au Président du Comité, avant la session
du Comité, pour signaler d’éventuelles erreurs factuelles dans l’évaluation des Organisations
consultatives (paragraphe 150).
Il est important que les États parties informent le Centre du patrimoine mondial de tout fait
nouveau intéressant le bien qui surviendrait au cours de l’évaluation. De telles informations Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Le Comité du patrimoine mondial décide s’il y a lieu ou non d’inscrire le bien. Le Comité
prend cette décision à la lumière d’une recommandation de l’Organisation ou des Organisa-
tions consultative(s) compétente(s).
Pour mener à bien l’évaluation technique des propositions d’inscription, l’UICN s’appuie sur
les Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention. La procédure couvre une
période d’un an, depuis la réception des propositions d’inscription par l’UICN en avril jusqu’à
la présentation du rapport d’évaluation au Centre du patrimoine mondial en mai de l’année
suivante. Elle comprend les étapes suivantes :
1. Collecte des données. Une fiche descriptive normalisée est établie à l’aide du document
de proposition d’inscription, de la base mondiale de données sur les aires protégées et de
tout autre document de référence disponible.
131
5 La procédure d’évaluation
2. Expertises extérieures. La proposition d’inscription est communiquée à des experts qui ont
une bonne connaissance du bien ou de ses valeurs naturelles, y compris des membres de
la WCPA, à d’autres commissions de spécialistes et réseaux scientifiques de l’UICN ou à
Ta b l e d e s m a t i è r e s
des ONG travaillant dans la région (en général, 100 à 150 réviseurs externes y contribuent
chaque année).
3. Inspection sur le terrain. Une mission à laquelle participent un ou plusieurs experts appar-
tenant à l’UICN ou indépendants est organisée en vue d’évaluer le bien proposé pour ins-
cription sur le site et de discuter de la proposition avec les autorités nationales et locales
compétentes, les communautés locales, les ONG et autres parties prenantes. Cette mission
se déroule en général entre mai et novembre. Dans le cas de biens mixtes et de certains
paysages culturels, la mission est entreprise conjointement avec l’ICOMOS.
Il convient de noter que l’UICN s’efforce d’établir un dialogue avec l’État partie et de le
maintenir tout au long de la procédure d’évaluation afin d’offrir à celui-ci toute opportunité
de fournir toutes les informations nécessaires et de clarifier les questions ou problèmes
qui pourraient surgir. À cet effet, l’UICN peut demander un complément d’information à
l’État partie à trois occasions, à savoir :
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• Avant l’inspection sur le terrain – L’UICN envoie à l’État partie, en la personne en général
du responsable de l’organisation de la mission dans le pays hôte, une note d’information,
où sont le plus souvent soulevées des questions précises dont il conviendra de discuter
pendant la mission. L’État partie peut ainsi s’y préparer dans de bonnes conditions.
• Immédiatement après l’inspection sur le terrain – Sur la base des discussions qui ont eu
lieu pendant la mission, l’UICN peut envoyer une lettre officielle demandant des infor-
mations supplémentaires avant que sa Commission du patrimoine mondial se réunisse
en décembre, de façon que celle-ci dispose de tous les éléments nécessaires pour
formuler une recommandation concernant la proposition d’inscription.
• Après la réunion de la Commission du patrimoine mondial de l’UICN – Si la Commission
constate que des questions n’ont pas encore reçu de réponses ou que de nouveaux
points nécessitent des éclaircissements, une lettre finale est adressée à l’État partie pour
lui demander un complément d’information dans des délais spécifiés. Ces délais doivent
être strictement respectés pour que l’UICN puisse achever son examen.
Note : Si les renseignements fournis par l’État partie dans la proposition d’inscription et
pendant la mission sont satisfaisants, l’UICN ne demande pas de complément d’information.
Les informations supplémentaires sont censées apporter des réponses à des questions ou sur
132
La procédure d’évaluation 5
Ta b l e d e s m a t i è r e s
L’évaluation technique des biens proposés pour inscription utilise le concept de provinces
biogéographiques du monde d’Udvardy aux fins de la comparer avec d’autres biens similaires.
Cette méthode permet des comparaisons plus objectives entre biens naturels et offre un
moyen pratique de déterminer des similitudes à travers le monde. Dans le même temps, les
biens du patrimoine mondial sont censés posséder des caractéristiques spéciales, des parti-
cularités sur le plan des habitats, de la faune et de la flore qui peuvent aussi être comparées
par rapport à un biome plus vaste. Il importe de souligner que le concept de province bio-
géographique n’est utilisé que comme base de comparaison et que son utilisation ne signifie
pas que les biens du patrimoine mondial doivent être sélectionnés en fonction de ce seul
critère. D’autres systèmes d’établissement de priorités mondial tels que les « points névral-
giques de la biodiversité de Conservation International », les « écorégions » définies par le
Fonds mondial pour la nature (WWF), les « zones de conservation des espèces ornithologiques ➤
endémiques » de Birdlife International, les « centres de diversité végétale » définis par
l’UICN et WWF et la « classification des habitats » de l’UICN/SSC, ainsi que l’étude de
l’UICN/PNUE-CMSC Review of the World Heritage Network (2004) pour déterminer quels
sont les biens d’importance mondiale. Le principe directeur est que ne sont considérés comme
biens du patrimoine mondial que ceux qui ont une valeur universelle exceptionnelle.
Enfin, le processus d’évaluation est facilité par la vingtaine d’ouvrages de référence sur les
zones protégées du monde publiée par l’UICN, le PNUE-CMSC et plusieurs autres éditeurs.
Citons notamment : (1) les études des réseaux d’aires protégées en Afrique, en Asie et en
Océanie ; (2) le répertoire en quatre volumes des zones protégées du monde ; (3) la collection
Global Biodiversity Atlas en six volumes ; (4) les trois volumes de Centres of Plant Diversity ;
(5) le répertoire en trois volumes des mondial des récifs coralliens du monde ; et (6) la synthèse
en quatre volumes A Global Representative System of Marine Protected Areas. L’ensemble
de ces documents donne une vision générale à l’échelle des systèmes qui permet de comparer
l’importance de la conservation des aires protégées à travers le monde.
133
5 La procédure d’évaluation
Lors de son évaluation des propositions d’inscription de biens culturels, l’ICOMOS (le
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Conseil international des monuments et des sites) est guidé par les Orientations (voir le
paragraphe 148).
Le processus d’évaluation (voir la figure ci-après) implique une consultation de toutes les
compétences spécialisées que représentent les membres de l’ICOMOS et ses Comités natio-
naux et internationaux, ainsi que les nombreux autres réseaux de spécialistes avec qui
l’ICOMOS établit des liens. Des membres sont aussi envoyés en missions d’experts pour ef-
fectuer des évaluations confidentielles sur place. Cette consultation très large débouche sur
la formulation de recommandations détaillées qui sont soumises au Comité du patrimoine
mondial lors de ses réunions annuelles.
➤
Choix des experts
Il existe une procédure annuelle clairement définie pour la proposition d’inscription de biens
sur la Liste du patrimoine mondial. Après vérification du caractère complet des propositions
d’inscription reçues par le Secrétariat et les Organisations consultatives, les dossiers sont
transmis à l’ICOMOS où ils sont traités par son secrétariat chargé du patrimoine mondial. La
première décision à prendre est de choisir les experts à consulter. Ceux-ci se répartissent en
deux groupes distincts. D’abord, ceux qui peuvent se prononcer sur la « valeur universelle
exceptionnelle » du bien proposé pour inscription. Il s’agit là essentiellement d’un travail de
recherche documentaire pour universitaires spécialisés. Cela peut parfois nécessiter le recours
à des personnes extérieures à l’ICOMOS lorsque l’on ne peut trouver les compétences requises
parmi ses membres : c’est le cas, par exemple, des propositions d’inscription occasionnelles
de sites fossilifères d’hominidés, qui exigent les services de paléontologues.
Le second groupe est celui des experts qui ont l’expérience pratique de la gestion et de la
conservation de certains biens (y compris du point de vue de l’authenticité) et auxquels on
demande d’effectuer des missions sur les sites. Pour choisir ces spécialistes, l’ICOMOS exploite
pleinement son potentiel de contacts. Il sollicite l’avis de comités scientifiques internationaux
et de certains de leurs membres, de même que celui des organismes spécialisés avec lesquels
il a des accords de partenariat, notamment le Comité international pour la conservation du
patrimoine industriel (TICCIH), la Fédération internationale des architectes paysagistes (IFLA)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Pour choisir les experts qui seront envoyés en mission d’évaluation sur les sites, l’ICOMOS a
pour politique de faire appel, dans la mesure du possible, à une personne de la région où se
trouve le bien proposé. On demande aux experts d’avoir l’expérience de la gestion et de la
conservation du patrimoine : il n’est pas nécessaire qu’ils soient de grands spécialistes uni-
versitaires du type de bien concerné, mais ils doivent être capables de parler d’égal à égal
avec les gestionnaires de biens et de donner une appréciation fondée des plans de gestion,
des pratiques de conservation, de la gestion des visiteurs, etc. Des informations détaillées
leur sont communiquées, notamment des copies de pièces utiles du dossier. Les dates et le
programme de leur visite sont convenus avec les États parties auxquels il est demandé une
certaine discrétion vis-à-vis des médias à propos de ces missions d’évaluation effectuées par
l’ICOMOS. Les experts de l’ICOMOS adressent confidentiellement au Comité exécutif leurs
rapports sur les aspects pratiques des biens concernés, toute publicité prématurée risquant
de causer de l’embarras à l’ICOMOS et au Comité du patrimoine mondial.
134
La procédure d’évaluation 5
Les deux rapports (évaluation culturelle et compte rendu de mission sur site) qui résultent de
Ta b l e d e s m a t i è r e s
ces consultations sont adressés au secrétariat de l’ICOMOS à Paris, qui rédige sur cette base
un avant-projet d’évaluation. Celui-ci contient une description et un historique succincts du
bien, un résumé sur les moyens législatifs de protection, la gestion et l’état de conservation
du bien, des commentaires sur ces aspects et des recommandations à l’intention du Comité
du patrimoine mondial. Ces avant-projets d’évaluation sont ensuite présentés à la Commis-
sion du patrimoine mondial de l’ICOMOS, qui se réunit pendant deux ou trois jours pour les
étudier. La commission est composée de membres du Comité exécutif, venant de diverses
parties du monde et possédant de nombreuses compétences ainsi qu’une vaste expérience.
Aux membres du Comité exécutif s’ajoutent des experts de certaines catégories de patrimoine
figurant sur la liste annuelle de propositions d’inscription mais dont la spécialité n’est pas re-
présentée au sein du Comité. Selon les caractéristiques des propositions d’inscription reçues,
l’ICOMOS peut aussi inviter des représentants du TICCIH et de DoCoMoMo à participer aux ➤
travaux de la Commission.
Conseillers de l’ICOMOS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Compte rendu
Évaluations culturelles
des missions d’experts sur site
135
Bibliographie
Généralités
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• Report of the working group on application of the World Heritage Convention to islands
of the Southern Ocean (1992).
• Future directions for natural World Heritage sites in East and Southeast Asia. Filling the
Biome Gaps: a thematic approach to achieving Biodiversity conservation through World
Heritage, Les Molloy (2000).
• Potential natural World Heritage sites in Europe, Lars-Erik Esping (1998). ➤
• A Global Representative System of Marine Protected Areas, World Bank/UICN. 4 vol. (1995).
• Équipe spéciale pour établir un inventaire mondial des sites fossilifères (1991).
• Patrimoine mondial nordique – Propositions de nouveaux domaines pour la Liste du
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• Identification de biens du patrimoine mondial dans le Pacifique (1999).
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• Identification de biens du patrimoine mondial dans le Pacifique (1999).
• Atelier régional sur la proposition d’inscription de sites du patrimoine mondial,
Mozambique (2000).
• Séminaire sur le patrimoine naturel des Caraïbes, Suriname (2000).
• Réunion en Asie centrale (2000).
• Sites karstiques d’Asie orientale et du Sud-Est (2001).
• Réunions de l’Arc alpin (2000-2001).
• Sites tropicaux marins et côtiers (Atelier Viet Nam, 2002).
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WWF et UICN (1994). Centres of Plant Diversity: A Guide and Strategy for their
Conservation – Volume 1. 3 volumes. Cambridge, IUCN Publications Unit.
140
Informations sur les organes responsables
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Nom et adresse Brève présentation Responsabilités
au titre de la Convention
ICOMOS L’ICOMOS (Conseil international des mo- Le rôle spécifique de l’ICOMOS en ce qui
49-51, rue de la Fédération numents et des sites) est une organisation concerne la Convention comprend les
75015 Paris non gouvernementale dont le siège se tâches suivantes :
France trouve à Paris (France). Créé en 1965, il a • évaluer les biens proposés pour inscrip-
Tél : +33 (0)1 45 67 67 70 pour mission de promouvoir l’application tion sur la Liste du patrimoine mondial,
Fax : +33 (0)1 45 66 06 22 des théories, méthodes et techniques • assurer le suivi de l’état de conservation
Courriel : scientifiques à la conservation du patri- des biens du patrimoine culturel mondial,
secretariat@[Link] moine architectural et archéologique. Son • examiner les demandes d’assistance inter-
[Link] travail se fonde sur les principes énoncés nationale présentées par les États parties,
dans la Charte internationale de 1964 sur • apporter sa contribution et son soutien
la conservation et la restauration des mo- aux activités de renforcement des
numents et des sites (Charte de Venise). capacités.
UICN L’UICN (Union mondiale pour la nature) a Le rôle spécifique de l’UICN en ce qui
Rue Mauverney 28 été fondée en 1948 et rassemble des gou- concerne la Convention comprend les
CH-1196 Gland vernements nationaux, des organisations tâches suivantes :
Switzerland non gouvernementales et des scientifiques • évaluer les biens proposés pour inscrip-
Tél : +41 (22) 999-0000 dans le cadre d’un partenariat mondial. tion sur la Liste du patrimoine mondial,
Fax : +41 (22) 999-0002 Sa mission est d’inciter, encourager et • assurer le suivi de l’état de conservation Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Courriel : aider les sociétés du monde entier à pré- des biens du patrimoine naturel mondial,
worldheritage@[Link] server l’intégrité et la diversité de la nature • examiner les demandes d’assistance inter-
htt://[Link] et à veiller au caractère équitable et écolo- nationale présentées par les États parties,
giquement viable de toute utilisation des • apporter sa contribution et son soutien
ressources naturelles. L’UICN a son siège aux activités de renforcement des
à Gland (Suisse). capacités.
Centre du patrimoine Créé en 1992, le Centre du patrimoine mondial est au sein de l’UNESCO le point
mondial de l’UNESCO focal et le mécanisme de coordination pour toutes les questions en rapport avec le
7, place de Fontenoy patrimoine mondial. Assurant la gestion courante de la Convention, le Centre orga-
75352 Paris 07 SP nise l’assistance internationale au titre du Fonds du patrimoine mondial, et coor-
France donne l’établissement de rapports sur l’état de conservation des sites ainsi que les
Tel: +33 (0)1 45 68 18 76 interventions d’urgence lorsqu’un site est menacé. Le Centre organise aussi des sémi-
Fax: +33 (0)1 45 68 55 70 naires techniques et des ateliers, tient à jour la Liste du patrimoine mondial et la base
Courriel : de données du patrimoine mondial ; élabore des matériels didactiques conçus pour
wh-info@[Link] sensibiliser les jeunes aux besoins de la préservation du patrimoine, et tient le public
[Link] informé des questions relatives au patrimoine mondial.
141
PM_MR_IBPM Couv-2011_PM 01/12/11 13:17 Page1
Patrimoine mondial M a n u e l d e r é f é r e n c e
ÉTABLIR UNE PROPOSITION
D’INSCRIPTION
AU PATRIMOINE MONDIAL
7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP France
Tél : 33 (0)1 45 68 18 76
Fax : 33 (0)1 45 68 55 70
Courriel : wh-info@[Link]
[Link] 9 789230 010300 conseil international des monuments et des sites
La proposition d'inscription doit démontrer que le bien satisfait à un ou plusieurs critères du patrimoine mondial, illustrant clairement la valeur universelle exceptionnelle de celui-ci . Le bien doit répondre aux conditions d'intégrité et, le cas échéant, d'authenticité, et être soutenu par des mesures de protection et de gestion adéquates pour sa préservation . Il est également essentiel de fournir une justification solide pour chaque critère invoqué, en expliquant pourquoi chaque critère est pertinent et en quoi le bien remplit ces critères . Une analyse comparative à l'échelle mondiale doit être réalisée pour contextualiser la valeur du bien par rapport à d'autres biens similaires . Une déclaration détaillée de la valeur universelle exceptionnelle doit aussi être préparée, résumant les attributs qui sous-tendent cette valeur .
Mener une analyse comparative mondiale dans le processus de proposition d'inscription est crucial pour déterminer la valeur universelle exceptionnelle d'un bien par rapport à d'autres biens similaires. Cela permet d'évaluer la place réelle du bien dans la Liste du patrimoine mondial et d'identifier d'éventuelles lacunes ou sur-représentations dans cette liste . Une analyse comparative rigoureuse aide à justifier la distinction d'un bien et à s'assurer que le bien proposé apporte une contribution unique et exemplaire en termes de valeurs patrimoniales spécifiques qui ne sont pas déjà suffisamment représentées . Elle doit être réalisée avec objectivité et s'appuyer sur les meilleures données scientifiques disponibles . L'analyse comparative permet également d'éviter de surestimer un bien par rapport à d'autres, et de démontrer pourquoi il se distinguerait sur une scène mondiale, renforçant ainsi la crédibilité et le succès de la proposition .
Les experts indépendants et les organisations partenaires jouent un rôle essentiel dans l'évaluation des propositions d'inscription au patrimoine mondial. L'ICOMOS et l'UICN, en tant qu'organisations consultatives, sont chargées de mener les évaluations des propositions pour les biens culturels et naturels respectivement, en s'appuyant sur des experts internes et externes pour garantir une évaluation technique complète . Les experts indépendants conçoivent et conduisent des missions sur site pour vérifier l'authenticité et l'intégrité des biens proposés, en apportant une évaluation pratique de la gestion et des pratiques de conservation . Ils participent à des consultations préliminaires et utilisent un large éventail de contacts pour inclure des experts ayant une expérience pertinente . Les organisations partenaires comme l'ICCROM fournissent des conseils spécialisés en conservation et renforcement des capacités, contribuant ainsi à la préparation de décisions éclairées pour le Comité du patrimoine mondial . Ces organisations peuvent aussi solliciter des informations additionnelles auprès des États parties avant la décision finale du Comité, avec une date limite stricte ."}
La coopération internationale et les comités spécialisés optimisent la Liste du patrimoine mondial en fournissant assistance technique et financière et en facilitant des propositions transfrontalières pour une évaluation collaborative des sites. Le Comité du patrimoine mondial, assisté par l'ICCROM, l'ICOMOS et l'UICN, joue un rôle crucial en assurant la crédibilité de cette liste et en offrant des conseils pour la gestion et la protection des sites . Les Organisations consultatives participent aux évaluations qui déterminent si un bien répond aux critères de valeur universelle exceptionnelle, renforçant ainsi la rigueur et la représentativité de la liste . De plus, les manuels de référence et les ateliers de formation élaborés par ces organisations aident à renforcer les capacités des États parties et à améliorer la gestion des sites inscrits .
Comprendre la définition des biens et leur valeur universelle exceptionnelle est essentiel lors de la préparation d'une proposition d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial car c'est l'élément central qui justifie l'inscription d'un bien. La valeur universelle exceptionnelle transcende les frontières nationales, soulignant une importance incommensurable pour l'humanité, tant au présent qu'à l'avenir . Elle guide l'élaboration de la proposition et permet de déterminer si un bien répond aux critères de la Liste . De plus, une déclaration de valeur universelle exceptionnelle clairement établie est cruciale car elle synthétise les raisons de l'inscription, justifie les critères culturels et naturels et assure la protection et la gestion nécessaire du bien . Ce concept oriente non seulement le processus de préparation mais également la gestion, la conservation et la mise en valeur des biens .
Les décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial influencent la préparation des nouvelles propositions d'inscription de plusieurs façons. En premier lieu, il est crucial de se familiariser avec les travaux antérieurs du Comité, y compris ses décisions et comptes rendus, pour comprendre les critères d'évaluation et les priorités actuelles en matière de patrimoine mondial . Le Comité effectue des révisions périodiques des critères de sélection, et les dossiers des nouvelles propositions doivent refléter les catégories sous-représentées pour augmenter leurs chances de succès . De plus, il est essentiel d'assister aux réunions du Comité pour obtenir des insights sur la préparation et les attentes en termes de proposition . Les listes indicatives, qui déterminent quels biens pourraient être proposés à l'avenir, doivent tenir compte des catégories identifiées comme sous-représentées dans les décisions antérieures du Comité . Enfin, les dossiers doivent être conformes au modèle officiel approuvé par le Comité et respecter tous les critères pour pouvoir être considérés pour inscription . Ainsi, la connaissance des décisions passées et de l'évolution des critères guide les États dans la présentation de nouvelles propositions qui ont une plus grande chance de réussite.
La procédure recommandée pour définir les limites géographiques d'un bien proposé pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial implique de s'assurer que ces limites reposent sur un fondement logique, reflétant ainsi la valeur universelle exceptionnelle du bien concerné. Il est crucial que les limites ne soient pas uniquement basées sur des considérations administratives ou de propriété, mais qu'elles démontrent l'intégrité du bien en incluant tous ses attributs qui incarnent cette valeur. En cas de biens comprenant des paysages ou des systèmes complexes, les limites doivent être cartographiées de manière à montrer qu'elles englobent bien l'ensemble des valeurs du bien . Il est possible d'adopter une approche série pour des éléments géographiquement distants, en veillant à ce que chaque élément intégré dans une série possède cette valeur universelle exceptionnelle . Lors de l'établissement des limites, il faut aussi prendre en compte les utilisations humaines, à condition qu'elles soient durables et compatibles avec les valeurs du bien . Les cartes fournies doivent inclure une légende claire et des coordonnées précises afin d'assurer une compréhension claire des délimitations proposées .
L'authenticité et l'intégrité d'un bien sont cruciales pour sa reconnaissance comme patrimoine mondial car elles garantissent que le bien exprime véritablement sa valeur universelle exceptionnelle. L'authenticité vérifie que les attributs du bien transmettent cette valeur de manière véridique et crédible, à travers des aspects tels que sa forme, ses matériaux, ses traditions et son cadre . L'intégrité évalue si le bien est complet et intact, possédant tous les éléments nécessaires pour représenter pleinement ses caractéristiques et processus importants, sans être menacé par le développement ou la négligence . Sans ces conditions, un bien ne peut pas être considéré comme universellement exceptionnel .
Les cartes géographiques sont essentielles dans les propositions d'inscription des biens naturels car elles permettent une identification précise et une compréhension claire des limites et caractéristiques du bien. Les cartes topographiques à grande échelle, adaptées aux caractéristiques spécifiques des biens, sont préférées pour représenter les éléments topographiques et éviter toute ambiguïté. Il est crucial que les cartes soient claires, incluant la délimitation des zones tampons et permettant l'évaluation des développements adjacents au bien . De plus, les cartes doivent être géoréférencées et inclure des informations telles que l'échelle, l'orientation et les coordonnées pour faciliter l'intégration dans des systèmes d'information géographique (SIG), ce qui enrichit l'analyse et la présentation du dossier .
Éviter d'adopter un point de vue trop général ou trop étroit lors de l'exposé de la signification du bien, qui pourrait sembler vague ou trop spécifique . Éviter également d'affirmer la valeur universelle exceptionnelle en dressant simplement une liste de qualités sans signification générale . Ne pas justifier la valeur universelle exceptionnelle uniquement par l'intérêt national ou régional . Éviter d'utiliser des formules générales sans justification détaillée, comme "carrefour des cultures" ou "site unique" . Ne pas supposer que les associations culturelles à travers les âges prouvent automatiquement la valeur universelle exceptionnelle . Assurer une analyse comparative appropriée à l'échelle mondiale et géoculturelle, et ne pas négliger de consulter la population locale pour comprendre les valeurs locales .