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Établir Une Proposition: Au Patrimoine Mondial

Transféré par

Emmanuel Yao
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Thèmes abordés

  • soutien technique,
  • sensibilisation du public,
  • impact du changement climatiqu…,
  • formation,
  • protection des ressources natu…,
  • planification,
  • ressources en ligne,
  • éducation au patrimoine,
  • consultation publique,
  • UICN
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PM_MR_IBPM Couv-2011_PM 01/12/11 13:17 Page1

Patrimoine mondial Manuel de référence


DEUXIÈME ÉDITION, 2011

Patrimoine mondial M a n u e l d e r é f é r e n c e
ÉTABLIR UNE PROPOSITION
D’INSCRIPTION
AU PATRIMOINE MONDIAL

ÉTABLIR UNE PROPOSITION D’INSCRIPTION AU PATRIMOINE MONDIAL

Pour tout renseignement :


Centre du patrimoine mondial
UNESCO

7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP France
Tél : 33 (0)1 45 68 18 76
Fax : 33 (0)1 45 68 55 70
Courriel : wh-info@[Link]
[Link] 9 789230 010300 conseil international des monuments et des sites
PM_MR_IBPM Couv-2011_PM 01/12/11 13:17 Page2

Titre original : Preparing World Heritage Nominations (Second edition, 2011)


Publié en novembre 2011 par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Les désignations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent
n’impliquent de la part de l’UNESCO, de l’ICCROM, de l’ICOMOS et de l’UICN aucune prise de position
quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé
de leurs frontières ou limites.

Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’ICCROM, l’ICOMOS, l’UICN et les autres organisations
partenaires déclinent toute responsabilité concernant d’éventuelles erreurs ou omissions dans la
traduction en d’autres langues de la version originale en langue anglaise du présent document, ou
d’éventuelles erreurs dans les données initiales analysées dans le ledit document.

Ce manuel est une réédition. La première version, Édition 2010, faisait référence à la version
des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial (2008).
Le présent manuel est basé sur la nouvelle version des Orientations (2011).

L’utilisation et la reproduction gratuites et à but non lucratif de ce manuel sont encouragées.


La source d’origine doit toujours être citée.

ICCROM
Via di San Michele 13
I-00153 Rome
Italy
Tél : +39 06 585-531
Fax : +39 06 585-53349
Courriel : iccrom@[Link]
[Link]
ICOMOS
49-51, rue de la Fédération
75015 Paris
France
Tél : +33 (0)1 45 67 67 70
Fax : +33 (0)1 45 66 06 22
Courriel : secretariat@[Link]
[Link]
UICN
Rue Mauverney 28
1196 Gland
Switzerland
Tél : +41 (22) 999-0000
Fax : +41 (22) 999-0002
Courriel : worldheritage@[Link]
[Link]
Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France
Tél : +33 (0)1 45 68 18 76
Fax : +33 (0)1 45 68 55 70
Courriel : wh-info@[Link]
[Link]

© UNESCO / ICCROM / ICOMOS / UICN, 2011 Avec le soutien de l’Irlande


Tous droits réservés.

ISBN 978-92-3-001030-0

Photo de couverture : uKhahlamba / Parc du Drakensberg, Afrique du Sud


© OUR PLACE – The World Heritage Collection • [Link]
Conception graphique : RectoVerso
Patrimoine mondial

La série de Manuels de référence sur le patrimoine mondial

Depuis l’adoption de la Convention du patrimoine mondial en 1972, la Liste du patrimoine


mondial n’a cessé de s’enrichir. Aussi est-il devenu indispensable de guider les États parties
dans la mise en œuvre de la Convention. Diverses réunions d’experts, ainsi que l’examen des
rapports périodiques, ont mis en lumière la nécessité de mieux centrer les activités de forma-
tion et de renforcement des capacités sur les domaines particuliers où les États parties et les
gestionnaires des sites du patrimoine mondial ont besoin d’un soutien accru. L’élaboration
de la présente série de Manuels de référence sur le patrimoine mondial répond à ce besoin.

La série est publiée conjointement par les Organisations consultatives désignées par la
Convention du patrimoine mondial (ICCROM, ICOMOS et UICN) et le Centre du patrimoine
mondial de l’UNESCO, qui assure les fonctions de secrétariat de la Convention. À sa 30e ses-
sion (Vilnius, Lituanie, juillet 2006), le Comité du patrimoine mondial a approuvé cette initia-
tive et demandé aux Organisations consultatives et au Centre du patrimoine mondial
d’entreprendre d’élaborer et de publier un certain nombre de manuels de référence sur des
thèmes particuliers. À ses 31e (2007) et 32e (2008) sessions, le Comité a adopté un plan de
publication et arrêté une liste de titres prioritaires.

Un Conseil éditorial composé de membres des trois Organisations consultatives et du Centre


du patrimoine mondial se réunit à intervalles réguliers pour prendre des décisions sur différents
aspects de l’élaboration et de la publication de ces manuels. Pour chacun d’entre eux, la coor-
dination des travaux est confiée, selon son thème, à l’une des Organisations consultatives ou
au Centre du patrimoine mondial, ce dernier étant responsable de la production finale.

Les manuels de référence sont conçus pour donner des indications précises sur la mise en
œuvre de la Convention aux États parties, aux autorités responsables de la protection du
patrimoine, aux autorités locales, aux gestionnaires des sites et aux communautés locales
ayant des liens avec les sites du patrimoine mondial, ainsi qu’aux autres parties concernées
par le processus d’identification et de préservation de ces sites. Ils visent à les informer et à
les aider afin que la Liste du patrimoine mondial soit représentative et crédible et que les Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

biens inscrits soient convenablement protégés et gérés de manière efficace.

Les manuels se veulent des outils accessibles destinés à renforcer les capacités et à faire mieux
connaître la Convention du patrimoine mondial. Ils peuvent être utilisés indépendamment, à
des fins d’auto-apprentissage, ou comme matériel de formation dans le cadre d’ateliers, en
complément des éléments de base concernant l’interprétation des dispositions de la
Convention elle-même et des Orientations relatives à la mise en œuvre de cette dernière.

Les titres de cette série sont publiés sous la forme de documents au format PDF qui peuvent
être consultés en ligne et téléchargés gratuitement.

Liste des titres :


Gérer les risques de catastrophes pour le patrimoine mondial (juin 2010)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial
Gestion du patrimoine mondial culturel
Gestion du patrimoine mondial naturel

1
Avant-propos
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Dans un monde en constant changement, où des défis de conservation apparaissent


tous les jours, la capacité d’adaptation est l’un des principaux atouts de la Convention
du patrimoine mondial. Le texte de la Convention est par essence immuable mais ses
Orientations, dispositions permettant la mise en œuvre des principes de la Convention,
permettent l’intégration et l’évolution de nouveaux concepts et procédés. La dernière
mise à jour des Orientations (août 2011) intègre non seulement ces nouveaux concepts
mais reflète également notre expérience collective croissante.

➤ L’analyse détaillée de tous les dossiers d’inscription des biens inscrits sur la Liste du
patrimoine mondial menée à la fin des années 1990 a révélé une situation qui aurait
pu mettre en péril la crédibilité de la Convention. Des éléments aussi essentiels que
les limites du bien inscrit étaient souvent inconnus ou imprécis. Les inscriptions
étaient généralement constituées de quelques pages contenant des données assez
générales. Avec une documentation aussi limitée, la protection et la gestion mêmes
du bien inscrit auraient pu être compromises.

Ces points faibles justifiaient un meilleur processus d’inscription. En 1999, une véri-
fication du caractère complet des dossiers d’inscription fut entamée. Jusqu’alors, les
inscriptions étaient automatiquement transmises aux Organisations consultatives
sans vérification préalable de leur contenu par le Secrétariat. En conséquence, un
grand nombre de dossiers d’inscription de biens inscrits entre 1978 et 1998 sont
globalement insuffisants en termes de conservation.

Lorsqu’une version révisée des Orientations est entrée en vigueur en 2005, le Comité
du patrimoine mondial a avalisé la vérification du caractère complet de chaque
dossier ainsi qu’un nouveau formulaire d’inscription plus détaillé et annoté. Depuis
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

1999, l’amélioration générale de la qualité des informations contenues dans les dos-
siers a renforcé de façon significative le processus d’inscription au patrimoine mon-
dial. Cela a permis en outre de mettre en œuvre la Convention de façon encore plus
précise, notamment en développant et en facilitant le suivi de l’état de conservation
des biens inscrits.

Avec des informations requises de plus en plus exhaustives, la préparation des ins-
criptions est devenue un processus important mais plutôt complexe qui requiert une
compréhension claire des diverses exigences. La participation des populations locales
dans ce processus d’inscription est également essentielle afin de leur permettre de
partager la responsabilité de l’entretien du bien avec l’État partie et doit être
fortement encouragée.

Le dossier d’inscription ainsi que l’évaluation des Organisations consultatives consti-


tuent les documents de base soumis à l’étude du Comité pour l’inscription d’un bien
sur la Liste du patrimoine mondial. Ce document pourrait s’apparenter à un accord
entre l’État partie concerné et la communauté internationale, accord par lequel le
2
Ta b l e d e s m a t i è r e s
premier s’engage à protéger et gérer un bien identifié pendant que la seconde
s’engage à fournir soutien et assistance. Comme pour tout accord, le dossier d’ins-
cription doit être précis, instructif et complet. Dans le cas contraire, l’application
dudit accord et la mise en œuvre efficace de la Convention du patrimoine mondial
s’avéreraient extrêmement difficiles. C’est pourquoi, il est d’une grande importance
de fournir aux États parties un manuel sur la préparation des dossiers d’inscription,
sous la forme d’un guide accessible, et contenant des informations détaillées sur les
différentes étapes du processus.

En conséquence de la reconnaissance accordée au patrimoine mondial, il y a un
intérêt et une motivation grandissants, au-delà de la recherche de l’inscription sur la
Liste du patrimoine mondial. Ainsi, alors que la faisabilité des nouvelles procédures
comme les « processus en amont » est en ce moment même testée, la valeur de ce
manuel est évidente si l’on regarde l’intérêt croissant des États parties développant
des dossiers d’inscription qui présentent de nouvelles justifications de valeur univer-
selle exceptionnelle, et l’émergence incessante de nouveaux thèmes dans le but de
soutenir les inscriptions. Des explications complémentaires et des conseils pratiques
sont nécessaires compte tenu de la complexité des biens inscrits ; complexité
évidente, par exemple, dans le nombre croissant d’inscriptions de biens en série trans-
nationaux et certains même transcontinentaux.

Ce manuel de référence a été réalisé avec les besoins expliqués ci-dessus à l’esprit,
grâce à l’aide précieuse des Organisations consultatives et de nombre d’experts de
terrain. Nous espérons qu’il se révélera un outil précieux, complément utile aux
Orientations pour la préparation de dossiers d’inscription réussis, afin d’aider à
protéger le patrimoine mondial.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Kishore Rao
Directeur, Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO

3
Liste des auteurs
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Directeur de publication
Duncan Marshall

Auteurs pour l’UICN Auteurs pour l’ICOMOS


Tim Badman Duncan Marshall
Bastian Bomhard Susan Denyer
Pedro Rosabal
Paul Dingwall


Réviseurs/Autres collaborateurs
Alessandro Balsamo Tilman Jaeger
Gwenaëlle Bourdin Luba Janikova
Kristal Buckley Qiong Lu
Angel Cabeza Zhou Lv
Claudine Déom Webber Ndoro
Regina Durighello Christophe Rivet
Phyllis Ellin Michael Turner
Nicolas Faucherre Gamini Wijesuriya
Zhan Guo

Nous remercions également les personnes ci-après pour leur contribution à de précédents projets de
manuels de référence sur les propositions d’inscription de sites naturels et culturels, dont le présent
manuel constitue la synthèse :

Biens naturels Biens culturels

Réviseurs Conception
Alessandro Balsamo, Centre du patrimoine mondial Bénédicte Selfslagh, ICOMOS
Guy Debonnet, Centre du patrimoine mondial
Marc Patry, Centre du patrimoine mondial Collaborateurs
Kishore Rao, Centre du patrimoine mondial Gwenaëlle Bourdin, ICOMOS
Mechtild Rössler, Centre du patrimoine mondial Michel Cotte, ICOMOS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Peter Stott, Ancien Centre du patrimoine mondial Regina Durighello, ICOMOS


Jukka Jokilehto, ICOMOS
Joe King, ICCROM
Gamini Wijesuriya, ICCROM Réviseurs
Tarek Abdulhawa, UICN Alessandro Balsamo, Centre du patrimoine mondial
Delwyn Dupuis, UICN Mechtild Rössler, Centre du patrimoine mondial
Elery Hamilton-Smith, UICN Anne Lemaistre, Centre du patrimoine mondial
Kari Lahti, UICN
Josephine Langley, UICN Kristal Buckley, ICOMOS
Georgina Peard, UICN Alfredo Conti, ICOMOS
Pedro Rosabal, UICN Susan Denyer, ICOMOS
David Sheppard, UICN Nobuko Inaba, ICOMOS
Kumiko Yoneda, UICN Jukka Jokilehto, ICOMOS
Edward Matenga, ICOMOS
Jim Barborak, WCPA Bénédicte Selfslagh, ICOMOS
Stephanie Eissing, WCPA
Vinod Mathur, WCPA

Coordination au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO


Vesna Vujicic-Lugassy
Laura Frank
4
Ta b l e d e s m a t i è re s

Avant-propos de Kishore Rao, 2


Directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO

Liste des auteurs 4

Préface d’ICOMOS et UICN 6

Introduction 8
Présentation et cadre général du manuel
Coopération entre les États parties
À qui s’adresse le Manuel de référence ?

1 Présentation générale du patrimoine mondial 10


1.1 S’informer
1.2 Aperçu du processus de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial
1.3 Illustration des concepts du patrimoine mondial

2 Le travail de préparation 54
2.1 Les informations existantes concernant le bien
2.2 Constitution d’une équipe
2.3 Participation des groupes locaux et des autres parties prenantes
2.4 Suggestions concernant les grandes étapes de l’établissement d’une proposition
d’inscription

3 Définition et analyse du bien 59


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
3.1 Définition du bien : valeur universelle exceptionnelle virtuelle, attributs et limites
géographiques
3.2 Recommandations supplémentaires

4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 98


4.1 Recommandations générales
4.2 Modèle de présentation des propositions d’inscription
4.3 Quelques recommandations supplémentaires

5 La procédure d’évaluation 131


5.1 Généralités
5.2 La procédure d’évaluation par l’UICN
5.3 La procédure d’évaluation par l’ICOMOS

Bibliographie 136

Informations sur les organes responsables 141


5
Préface
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Le manuel intitulé Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial a été


élaboré par l’ICOMOS et l’UICN et contient des indications additionnelles sur la
manière de préparer les propositions d’inscription de sites naturels, culturels ou
mixtes sur la Liste du patrimoine mondial.

Il se fonde sur la version des Orientations datée de août 2011, dont il se veut le
complément. Quiconque a des responsabilités dans l’établissement d’une proposition
d’inscription doit se procurer un exemplaire de la version la plus récente des
➤ Orientations et se familiariser avec son contenu.

En particulier, le manuel vise à aider les États parties à mettre en œuvre la Convention
du patrimoine mondial et à les guider et à les informer de telle façon que la Liste du
patrimoine mondial soit crédible et regroupe des biens présentant une valeur uni-
verselle exceptionnelle et convenablement gérés. Selon les vœux du Comité du
patrimoine mondial et des États parties, le présent manuel tente d’assister ces der-
niers pendant les toutes premières étapes du travail de recherche – en amont de la
présentation d’une proposition d’inscription en vue de son examen officiel. En tant
qu’organisations appelées à prendre part à cet examen, l’UICN et l’ICOMOS ne peu-
vent pas intervenir directement dans l’élaboration d’une proposition d’inscription
particulière. On compte toutefois que ce manuel aidera les États parties à examiner
attentivement les implications de la décision de présenter une proposition d’inscrip-
tion sur la Liste du patrimoine mondial, et les mesures à prendre pour faire en sorte
que cet effort soit utile pour la conservation du bien comme pour le bien-être des
communautés locales et des autres parties prenantes.

La précipitation est le principal obstacle au succès d’une proposition d’inscription.


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Trop de propositions doivent être élaborées dans des délais irréalistes. Il faut compter
au moins un an pour mettre en place les mécanismes d’appui appropriés et rassem-
bler la documentation, et un an encore pour rédiger le texte de la proposition et
consulter les parties prenantes. Le processus peut être beaucoup plus long lorsque
des recherches sont nécessaires, que des mesures doivent être prises pour assurer la
protection du bien, et qu’il faut mettre en place et documenter de nouveaux méca-
nismes de gestion. Si l’on veut que la proposition aboutisse à l’inscription du bien
sur la Liste du patrimoine mondial, et permette ainsi sa conservation et sa mise en
valeur à long terme, il importe de se ménager des délais raisonnables. Trop souvent,
des propositions d’inscription établies à la hâte voient leur examen différé ou ren-
voyé, ce qui n’est satisfaisant ni pour les États parties, ni pour le Comité du patri-
moine mondial et ses Organisations consultatives. Des engagements politiques
imposent parfois des délais irréalistes, et le résultat est un dossier de proposition
d’inscription mal conçu, qui ne peut être examiné en l’état.

6
Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le présent manuel rassemble les connaissances actuelles et les ressources disponibles
propres à aider les États parties à établir leurs propositions d’inscription. Il appelle
l’attention sur les dispositions des Orientations qui ont trait aux propositions d’ins-
cription sur la Liste du patrimoine mondial en s’efforçant de les expliquer dans des
termes simples. Il contient des recommandations additionnelles claires sur la manière
générale d’aborder la présentation d’une proposition d’inscription, sur le travail de
préparation qui est nécessaire avant que la décision de proposer l’inscription d’un
bien soit prise, et sur les éléments essentiels à inclure dans le dossier, mais ne prétend
pas couvrir tous les aspects d’un tel dossier. Il se concentre surtout sur les aspects qui, ➤
selon l’expérience des Organisations consultatives, ne sont souvent pas traités de
manière suffisamment approfondie.

Cette publication est financée par le Fonds du patrimoine mondial et le Département


de l’environnement, du patrimoine et du gouvernement local d’Irlande. Le finance-
ment et le soutien volontaire de l’ICOMOS, de l’UICN et de leurs réseaux sont gran-
dement reconnus.

L’UICN et l’ICOMOS espèrent que les conseils prodigués dans ce manuel se révéleront
utiles, et accueilleront avec intérêt toute suggestion tendant à en améliorer le
contenu.

ICOMOS et UICN

Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

7
Introduction
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Présentation et cadre général du manuel


Le présent Manuel de référence a pour objet d’aider les États parties à présenter des
propositions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de bonne qualité.

La Convention sur le patrimoine mondial et les Orientations devant guider la mise en


œuvre de la Convention du patrimoine mondial (dont la dernière version date de août
2011) sont des documents essentiels, que l’on peut trouver sur le site Web du Centre du
patrimoine mondial. Les Orientations contiennent des indications indispensables pour
comprendre le mécanisme de la Convention du patrimoine mondial. Le manuel doit être
utilisé en complément de leur dernière version en date (les Orientations sont périodi-
quement révisées par le Comité du patrimoine mondial). Il importe d’en prendre

connaissance avant d’entreprendre la lecture du présent manuel, et de les consulter


attentivement tout au long du travail de préparation de la proposition d’inscription.

Des indications faisant autorité sur l’application et les prescriptions de la Convention


du patrimoine mondial figurent dans le texte même de la Convention et dans les Orien-
tations. Le présent manuel ne remplace d’aucune manière les Orientations mais vise à
les éclairer par des explications additionnelles. Dans tous les cas, la Convention et les
Orientations demeurent les sources premières. Le texte de la Convention du patrimoine
mondial (en anglais, arabe, chinois, espagnol, français, hébreu, portugais et russe), et
celui des Orientations (en anglais et français) sont disponibles auprès du Centre du
patrimoine mondial de l’UNESCO et sur son site Web [Link]

Préparer une proposition d’inscription peut se faire de nombreuses façons différentes.


La diversité des structures et cultures administratives transparaît inévitablement dans
les propositions. Il ne saurait être question de donner des « recettes » ou de recom-
mander une méthode de travail préférable. Il y a bien des manières de procéder. Néan-
moins, les Organisations consultatives pensent qu’une bonne proposition d’inscription
doit respecter un petit nombre de principes fondamentaux si l’on veut que les biens
proposés soient les plus appropriés, qu’ils soient présentés aussi efficacement que pos-
sible, et que le processus de la proposition d’inscription lui-même contribue à la pro-
tection, à la conservation et à la bonne gestion du patrimoine naturel et culturel.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

NOTRE C ONSEIL
Il existe de nombreuses similitudes, mais aussi d’importantes différences dans la ma-
nière de préparer une proposition d’inscription selon qu’elle porte sur un bien culturel
Commencez par lire ou sur un bien naturel. C’est pourquoi plusieurs sections du présent Manuel de réfé-
les Orientations. rence concernent spécifiquement l’une ou l’autre catégorie de biens. Il y a lieu de noter
que la distinction officielle que l’on établissait autrefois entre critères « culturels » et
critères « naturels » n’existe plus.

Un concept essentiel qui sous-tend la Convention du patrimoine mondial est celui de


valeur universelle exceptionnelle. Ce concept est la pierre de touche qui valide tous les
biens inscrits sur la Liste. Une proposition d’inscription a pour objet fondamental de
dire en quoi consiste tel ou tel bien, pourquoi il présente une valeur universelle excep-
tionnelle et comment cette valeur sera pérennisée, protégée, conservée, gérée, suivie
et portée à la connaissance du public.

Le manuel s’attache à :
• souligner la nécessité de comprendre le mécanisme des propositions d’inscription sur
la Liste du patrimoine mondial ;
• mettre en relief et expliquer en termes simples les principaux concepts du patrimoine
mondial ;

8
Ta b l e d e s m a t i è r e s
• montrer le rôle important de l’équipe chargée d’établir la proposition d’inscription ;
• faire mieux comprendre l’ampleur du travail que nécessite l’établissement d’une pro-
position d’inscription ;
• donner des informations et des conseils sur la manière d’appréhender le bien ;
• formuler des recommandations concernant la préparation d’un dossier de proposition
d’inscription qui contribuent à éclairer les Orientations.

Le manuel conseille aussi les États parties qui souhaitent proposer l’extension d’un bien
déjà inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, toute extension d’une certaine ampleur
étant considérée comme une nouvelle proposition d’inscription.

Coopération entre les États parties
La Convention du patrimoine mondial vise expressément à promouvoir la coopération
internationale aux fins de la réalisation de ses objectifs. Le processus d’établissement
d’une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial offre de multiples
occasions de mettre en œuvre une telle coopération, sous la forme notamment :
• de l’assistance technique et financière apportée par un État partie à un autre État
partie ;
• de l’élaboration de propositions d’inscription transfrontalières ou transnationales ;
• de recherches en vue de procéder à une analyse comparative sur des bases solides ;
• de la participation à un examen des propositions d’inscription par les pairs d’autres
pays avant leur présentation officielle.

Les propositions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial ne doivent pas être
considérées comme une concurrence entre États parties, car ce serait contraire à l’esprit
même de la Convention du patrimoine mondial.

À qui s’adresse le Manuel de référence ?


Le présent Manuel de référence s’adresse principalement à tous les organismes ou in-
dividus qui sont appelés à prendre part à l’établissement de propositions d’inscription
de biens sur la Liste du patrimoine mondial. Il peut aussi se révéler utile pour l’élabo-
ration des Listes indicatives, et pour d’autres activités de recensement du patrimoine.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

En outre, le manuel pourra être utilement consulté par :


• les États parties, y compris aux niveaux fédéral et national ;
• les organismes responsables de la protection du patrimoine et des zones protégées ;
• les organisations non gouvernementales (ONG) ;
• les autorités locales ;
• les communautés locales ;
• les institutions ;
• les responsables d’ateliers ou de stages de formation sur l’établissement des proposi-
tions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial ;
• toute personne concernée.

Le manuel est un outil conçu pour :


• l’auto-apprentissage ;
• des ateliers de formation ;
• l’information et l’éducation.

9
1 Présentation générale du patrimoine mondial

1.1 S’informer
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Introduction

L’établissement d’une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial peut être
pour les personnes qui en sont chargées une expérience des plus gratifiantes et une source
de grande satisfaction. Cet exercice offre une chance :
• de connaître et présenter un bien à la communauté internationale ;
NOTRE C ONSEIL • d’examiner d’un œil critique les aspects d’un bien réputés de valeur et leur relation avec
Soyez bien préparés des thèmes naturels et culturels universels – en vue de le situer dans le contexte général de
et bien organisés afin l’histoire naturelle, de l’histoire humaine, de la culture et du développement ;
➤ d’établir un dossier • de comparer le bien à d’autres biens potentiellement similaires du monde entier ;
solide. • de vérifier, éprouver et améliorer la validité des mesures de protection, de conservation et
de gestion du bien, y compris la protection de son cadre ;
• de mobiliser et soutenir les communautés et les parties prenantes aux fins de la protection,
de la conservation et de la gestion du bien ;
• de reconnaître les divers intérêts, parfois conflictuels, qui s’attachent à un bien, et de
rechercher les moyens de les servir au mieux.

Le label du patrimoine mondial présente un certain nombre d’avantages, notamment :


• offrir à l’État partie et à la communauté locale la possibilité de célébrer leur bien comme
l’un des sites naturels et culturels les plus précieux de la planète ;
• faire du bien l’emblème par excellence du système national de classement des zones et
sites protégés, et amener ainsi la communauté à mieux prendre conscience de son patri-
moine et à se soucier davantage de sa protection ;
• susciter l’intérêt de la communauté internationale pour le patrimoine mondial, qui a souvent
pour effet d’encourager la coopération internationale et les efforts conjoints en faveur de
la protection du bien ;
• aider à mobiliser les financements et les appuis, y compris le soutien des donateurs et du
Fonds du patrimoine mondial ;
• faire connaître des techniques et des méthodes de protection, de conservation et de gestion
susceptibles d’être appliquées au patrimoine national et local.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Établir une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial est une entreprise qui
demande du temps et des efforts. Il faut compter en général au moins deux ans de travail –
parfois beaucoup plus. Être bien préparé et bien organisé permet de procéder aussi vite et
aussi aisément que possible. À l’inverse, l’absence de préparation entraîne bien souvent un
surcroît de temps et d’efforts.

La nature du bien dont l’inscription est proposée entre également en jeu. Ainsi, le processus
sera beaucoup moins complexe et beaucoup moins long s’il s’agit d’un monument ou site
culturel qui a déjà fait l’objet de recherches poussées que si la proposition porte sur un vaste
site naturel se prêtant à de multiples utilisations, une ville historique, un paysage culturel ou
une route culturelle. Dans ces derniers cas, les parties intéressées sont en général beaucoup
plus nombreuses elles aussi, ce qui accroît la complexité du système ou plan de gestion. Par
ailleurs, lorsque l’on ne dispose pas déjà d’une étude thématique adéquate pour situer le
bien dans son contexte, il peut être nécessaire d’y consacrer beaucoup de temps.

La valeur universelle exceptionnelle du bien doit être la considération première dans toute
proposition d’inscription. Celle-ci ne doit pas être motivée principalement par des perspectives
de développement économique.

10
Présentation générale du patrimoine mondial 1
ÉTUDE DE CAS

Temps nécessaire pour établir une


proposition d’inscription

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Canal du Midi (France) – Ce bien a été
inscrit sur la Liste en 1996 au terme d’un
travail de préparation qui a duré deux
ans. Ces délais relativement courts ne
sont pas un mince succès compte tenu de
la longueur du canal (360 km) et du
grand nombre de collectivités qui
avaient leur mot à dire. Les principaux

© UNESCO
facteurs qui y ont contribué sont les
suivants :
• un comité de pilotage et un comité
scientifique efficaces ont été rapidement constitués ; ➤
• les membres de ces comités étaient bien préparés, sur le plan intellectuel et pratique, et à même
d’établir le dossier ;
• les diverses collectivités concernées ont appuyé le projet sans réserve ;
• des dispositions ont été rapidement prises concernant le financement du processus ;
• le projet a bénéficié du soutien total et efficace des antennes locales des ministères nationaux ;
• un coordonnateur efficace a été nommé et accepté par les multiples parties prenantes ;
• il existait déjà au départ une bonne documentation de base ;
• tout le monde a bien compris que l’établissement de la proposition d’inscription était un exercice intel-
lectuel visant à l’excellence, et non une tâche bureaucratique se résumant à remplir un formulaire ;
• les divers organismes gouvernementaux ont travaillé de concert avec le souci d’assurer le succès de la
proposition.

Une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial n’est aussi que le point de
départ d’une entreprise de bien plus longue haleine. En cas de succès, l’inscription fait obli-
gation à l’État partie d’assurer en permanence la protection, la conservation et la gestion du
bien afin d’en préserver perpétuellement la valeur universelle exceptionnelle. En ce sens, la
proposition d’inscription n’est que le premier pas d’un très long voyage dont le but est d’amé-
liorer les procédures de conservation à tous les niveaux.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Se familiariser avec le patrimoine mondial – les documents essentiels


NOTRE CONSEIL

Pour bien se préparer, il importe en tout premier lieu de se familiariser avec le système du Lisez avec attention
patrimoine mondial et ses procédures, ainsi qu’avec les autres éléments concernant spécifi- les documents qui vous
quement le bien dont on souhaite proposer l’inscription. sont recommandés
avant de vous lancer
Voici une liste de documents de référence qu’il convient de lire attentivement. Beaucoup sont dans l’établissement
disponibles sur l’Internet ou, sous forme imprimée, auprès des organisations compétentes, de la proposition
dont on trouvera les coordonnées à la fin du présent manuel. d’inscription.

La bibliographie figurant à la fin du volume contient de nombreuses autres références utiles.

11
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Principaux documents
de référence sur Observations
Ta b l e d e s m a t i è r e s

le patrimoine mondial

Généralités

Convention du patrimoine La Convention énonce le cadre général du régime de protection du patri-


mondial (titre officiel : moine. Elle définit les concepts et institue les structures organisationnelles et
Convention concernant la les procédures – y compris en ce qui concerne les propositions d’inscription.
protection du patrimoine
mondial, culturel et naturel, Texte disponible en anglais, arabe, chinois, espagnol, français, hébreu, portu-
1972) gais et russe à l’adresse suivante :
• [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)

Orientations devant guider Les Orientations regroupent les grandes directives concernant la mise en
la mise en œuvre de la œuvre de la Convention du patrimoine mondial. Elles précisent les procédures
Convention du patrimoine à suivre pour les principaux processus, notamment le processus de proposi-
mondial (WHC.11/01, tion d’inscription.
août 2011)
Les Orientations contiennent aussi une bibliographie indiquant les documents
dont la lecture est recommandée. Il convient de les étudier eux aussi avec
soin, car certains, selon les cas, se révéleront particulièrement utiles.

• [Link] (page en anglais)


• [Link] (page en français)

Décisions et comptes rendus Les décisions adoptées par le Comité du patrimoine mondial à ses dernières
analytiques des dernières sessions et les comptes rendus analytiques de ses travaux sont une impor-
sessions du Comité du tante source d’information et permettent de connaître les vues du Comité.
patrimoine mondial
Document disponible à l’adresse suivante :
• [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)

Liste du patrimoine mondial La Liste du patrimoine mondial recense les biens inscrits par le Comité du
patrimoine mondial en raison de leur valeur universelle exceptionnelle.
C’est une source utile, car certains des biens qui y figurent pourraient être
comparables à celui dont on souhaite proposer l’inscription. En pareil cas,
il conviendra d’en tenir compte aux fins de l’analyse comparative qui doit
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

figurer dans le dossier.

Document disponible à l’adresse suivante :


• [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)

Listes indicatives des autres Ces listes recensent les biens qui pourraient présenter une valeur du point
États parties de vue du patrimoine mondial. Elles sont d’un grand intérêt car il peut y
figurer des biens situés dans d’autres pays qui sont comparables aux biens
dont l’inscription est envisagée. En pareil cas, on en tiendra également
compte aux fins de l’analyse comparative qui doit figurer dans le dossier.

Document disponible à l’adresse suivante :


• [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)

12
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Principaux documents
de référence sur Observations

Ta b l e d e s m a t i è r e s
le patrimoine mondial

Études thématiques Les études thématiques, lorsqu’elles existent, sont une très importante source
d’information propre à faciliter l’établissement d’une proposition d’inscrip-
tion. Une étude thématique en rapport avec le bien considéré sera d’un pré-
cieux secours pour l’analyse comparative qui doit figurer dans le dossier.

Certains États parties ont réalisé eux-mêmes une étude thématique lors de
l’établissement d’un dossier de proposition d’inscription.
Les études thématiques concernant des biens culturels qui sont disponibles
auprès de l’ICOMOS peuvent être consultées à l’adresse suivante :
[Link]/studies/

Les études thématiques concernant des biens culturels qui sont disponibles
auprès de l’UICN peuvent être consultées à l’adresse suivante : [Link] ➤

Il convient de vérifier l’existence éventuelle d’autres études thématiques en


rapport avec le bien dont on envisage l’inscription.

Rapport de la réunion d’ex- Ce rapport contient d’utiles informations d’ordre général, ainsi que des
perts sur la Stratégie globale conclusions et recommandations concernant le concept de valeur universelle
pour le patrimoine mondial exceptionnelle.
naturel et culturel, 25-29
mars 1998, Amsterdam, Il est disponible en anglais à l’adresse suivante :
Pays-Bas (Centre du patri- [Link]
moine mondial de l’UNESCO
en association avec le
Gouvernement néerlandais)

Patrimoine naturel

Valeur universelle exception- Ce recueil établi par l’UICN passe en revue les décisions relatives aux sites
nelle – Normes pour le naturels déjà adoptées par le Comité du patrimoine mondial. Il s’agit d’un
patrimoine mondial naturel – recueil des documents et décisions pertinents conçu comme un guide
Recueil sur les critères d’ins- indiquant clairement les précédents en ce qui concerne l’interprétation et
cription des biens naturels l’application des commentaires relatifs au concept de valeur universelle aux
sur la Liste du patrimoine fins de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.
mondial (UICN, 2008)
Le recueil est disponible à l’adresse suivante : Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
[Link]

Patrimoine culturel

La Liste du patrimoine Cette étude de l’ICOMOS concernant les biens culturels inscrits sur la Liste du
mondial : Combler les patrimoine mondial et sur les Listes indicatives avait pour objet de contribuer
lacunes – un plan d’action à l’élaboration de la Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial,
pour le futur (ICOMOS, représentative, équilibrée et crédible. L’ICOMOS poursuit ce travail en exami-
2005) nant la représentativité de la Liste du point de vue typologique, régional,
chronologique et thématique. Il s’agit notamment de déterminer quelles sont
les catégories de biens sous-représentées.
La lecture de cette étude aidera à mener à bien l’analyse comparative qui doit
figurer dans le dossier. De manière générale, les chances de succès sont plus
grandes pour les catégories sous-représentées que pour celles qui sont bien
représentées ou surreprésentées.
Document disponible à l’adresse suivante :
• [Link]
(page en anglais)
• [Link]
(page en français)

13
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Principaux documents Observations


de référence sur
Ta b l e d e s m a t i è r e s

le patrimoine mondial

Outstanding Universal Value: Ce rapport établi par l’ICOMOS examine les décisions passées du Comité du
Compendium on Standards patrimoine mondial en ce qui concerne les biens culturels. Il s’agit d’un recueil
for the Inscription of Cultural des documents et décisions pertinents conçu sous la forme d’un guide indi-
Properties to the World Heri- quant clairement les précédents en ce qui concerne l’interprétation et l’appli-
tage List (ICOMOS, 2008) cation des commentaires relatifs au concept de valeur universelle aux fins de
proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du
patrimoine mondial en péril.

Le recueil est disponible à l’adresse suivante :


[Link]
➤ (voir WHC-08 /[Link] /9)

Bibliographies thématiques Nombre de ces bibliographies ont trait aux biens culturels, notamment celles
et régionales établies par le qui ont pour thèmes :
Centre de documentation • Les biens du patrimoine moderne (XIXe et XXe siècle) inscrits sur la Liste du
de l’ICOMOS. patrimoine mondial
• Les sites d’art rupestre du patrimoine mondial
• Les paysages culturels du patrimoine mondial
• Les sites urbains du patrimoine mondial
• Les sites d’hominidés du patrimoine mondial
• Le patrimoine mondial en Afrique
• Le patrimoine mondial en Asie et dans le Pacifique
• Le patrimoine mondial en Amérique latine et aux Caraïbes
• Le patrimoine mondial dans les États arabes
• Le patrimoine industriel et technique inscrit sur la Liste du patrimoine
mondial

Bibliographies disponibles à l’adresse suivante :


[Link]

Charte internationale sur la La Charte est l'une des bases du texte d'orientation concernant la conserva-
conservation et la restaura- tion des biens du patrimoine culturel.
tion des monuments et des
sites (Charte de Venise, Texte disponible à l’adresse suivante :
1964) (ICOMOS, 1965) • [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Se familiariser avec le patrimoine mondial – les travaux du Comité du


patrimoine mondial

Il est très utile de se familiariser quelque peu avec les travaux du Comité du patrimoine mon-
dial. Cela exige notamment une bonne connaissance de la Convention du patrimoine mondial
et des Orientations. Comme il a été dit plus haut, on étudiera aussi avec profit les décisions
et les comptes rendus des dernières sessions du Comité.

NOTRE C ONSEIL
Il serait en outre fort avisé d’envoyer un représentant de l’équipe chargée d’établir la propo-
Envoyez un représen- sition d’inscription assister, au sein de la délégation nationale, aux réunions du Comité du
tant de l’équipe patrimoine mondial. Cela lui permettra de se faire une très bonne idée de ses travaux, et en
chargée de la proposi- particulier de ses délibérations concernant les propositions d’inscription et la question de
tion d’inscription assister l’état de conservation.
aux réunions du
Comité du patrimoine.

14
Présentation générale du patrimoine mondial 1

La Convention du patrimoine mondial : aperçu général

Ta b l e d e s m a t i è r e s
En quelques mots : La Convention du patrimoine mondial est un traité international conclu
entre les États membres de l’Organisation des Nations Unies. Elle vise à identifier, protéger,
conserver, mettre en valeur et transmettre aux générations futures le patrimoine culturel et
naturel présentant une valeur universelle exceptionnelle. Les biens susceptibles d’être inscrits
sur la Liste du patrimoine mondial sont sélectionnés selon des règles et des critères précis,
définis dans les Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention.

La Convention énonce les obligations des États parties s’agissant d’identifier les sites poten-
tiels et de contribuer à leur protection et à leur préservation. En ratifiant la Convention,
chaque pays s’engage non seulement à conserver les sites du patrimoine mondial situés sur
son territoire, mais encore à protéger son patrimoine national. Les États parties sont encoura-
gés à intégrer la protection du patrimoine culturel et naturel dans des programmes de planifi-

cation régionale, à instituer sur leurs sites des services dotés de personnel, à entreprendre des
recherches scientifiques et techniques sur les méthodes de conservation, et à adopter des
mesures visant à assigner une fonction à ce patrimoine dans la vie collective.

Elle précise comment le Fonds du patrimoine mondial doit être utilisé et géré et à quelles
conditions une assistance financière internationale peut être fournie.

La Convention fait obligation aux États parties de présenter au Comité du patrimoine mondial
des rapports périodiques sur l’état de conservation de leurs biens inscrits sur la Liste du patri-
moine mondial. Ces rapports sont indispensables au Comité pour s’acquitter de sa tâche, car
ils lui permettent d’évaluer l’état des sites, de décider de l’éventuelle nécessité de programmes
spéciaux et de régler les problèmes récurrents.

Elle encourage aussi les États parties à renforcer l’intérêt que le public porte aux biens du
patrimoine mondial et à améliorer la protection de ces biens par des programmes d’éducation
et d’information.

La Convention du patrimoine mondial est fondée sur la reconnaissance du patrimoine culturel


et naturel en tant que richesse inestimable et irremplaçable, pour chaque nation, mais aussi
pour l’humanité tout entière. La perte qui résulterait de la détérioration ou de la disparition de
l’un quelconque de ces biens particulièrement précieux représenterait un appauvrissement du Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

patrimoine de toutes les nations du monde. Certains éléments de ce patrimoine peuvent, en


raison de leurs qualités hors du commun, être considérés comme présentant une valeur
universelle exceptionnelle et dignes de ce fait d’être spécialement protégés contre les périls
croissants qui pèsent sur eux.

Afin d’assurer, dans toute la mesure du possible, l’identification, la protection, la conservation


et la mise en valeur appropriées du patrimoine mondial, les États membres de l’UNESCO ont
adopté, en 1972, la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et
naturel, communément appelée Convention du patrimoine mondial. La Convention a établi le
Comité du patrimoine mondial et le Fonds du patrimoine mondial, qui fonctionnent tous deux
depuis 1976. Le Comité du patrimoine mondial a élaboré les Orientations devant guider la
mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial qui constituent le guide officiel en la
matière et qu’il révise selon que de besoin. Pour s’acquitter de la mission que lui assigne la
Convention s’agissant d’identifier, de protéger, de conserver, de mettre en valeur et de trans-
mettre aux générations futures le patrimoine culturel et naturel de valeur universelle excep-
tionnelle, le Comité tient une liste des biens ayant satisfait aux critères énoncés par la
Convention. Cette liste s’appelle la Liste du patrimoine mondial.

15
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Des règles et critères régissant l’inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial ont été
élaborés en vue d’évaluer les biens et de guider les États parties dans leurs efforts de protec-
Ta b l e d e s m a t i è r e s

tion et de gestion. Pour être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, il faut qu’un bien soit
reconnu par le Comité du patrimoine mondial comme ayant une valeur universelle exception-
nelle. Le Comité détermine sur la base d’un modèle de proposition d’inscription si un bien
satisfait aux conditions fixées par la Convention, et en particulier s’il a une valeur universelle
exceptionnelle. Les Orientations précisent les principaux critères appliqués par le Comité du
patrimoine mondial pour déterminer si un bien a une valeur universelle exceptionnelle :
• le Comité considère qu’un bien a une valeur universelle exceptionnelle si ce bien répond au
moins à l’un des critères s’appliquant aux biens du patrimoine mondial (paragraphe 77 des
Orientations).
• Pour être considéré d’une valeur universelle exceptionnelle, un bien doit également répon-
dre aux conditions d’intégrité et/ou d’authenticité et doit bénéficier d’un système adapté de
➤ protection et de gestion en assurant la sauvegarde (paragraphe 78).

Lorsqu’un bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial est menacé par des dangers graves et
spécifiques, le Comité détermine s’il y a lieu de l’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en
péril. Lorsque la valeur universelle exceptionnelle du bien qui a justifié son inscription sur la
Liste du patrimoine mondial est détruite, le Comité détermine s’il y a lieu de rayer le bien de la
Liste. L’état actuel de la Liste du patrimoine mondial et de la Liste du patrimoine mondial en
péril peut être consulté sur le site Web du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO
([Link]).

La Convention est administrée par le Comité du patrimoine mondial, lequel est chargé de
décider s’il convient ou non d’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial tout bien qui a fait
l’objet d’une proposition d’inscription. Le Comité est assisté dans sa tâche par un secrétariat,
le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, et par trois Organisations consultatives recon-
nues – l’ICCROM (Centre international d’études pour la conservation et la restauration des
biens culturels), l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites) et l’UICN (Union
mondiale pour la nature).

L’UICN est l’Organisation consultative responsable de l’évaluation des sites proposés pour ins-
cription au titre de leur valeur naturelle, tandis que l’ICOMOS est responsable de l’évaluation
des sites proposés pour inscription au titre de leur valeur culturelle.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

La Convention du patrimoine mondial et les autres instruments en matière de


conservation

Même si les Orientations relatives à la Convention appellent à établir une Liste du patrimoine
mondial représentative, équilibrée et crédible, il n’a jamais été entendu que la Liste devrait
viser à une représentativité totale de l’ensemble des multiples écosystèmes et habitats de la
planète, ni de l’ensemble du patrimoine culturel mondial, tâche qui incombe aux autres
régimes et instruments de protection des zones et des sites existant aux niveaux national,
régional ou international.

Il importe à cet égard de bien comprendre les relations entre les biens du patrimoine
mondial et les autres types de zones ou sites protégés. Le schéma ci-après, élaboré par le
PNUE-CMAP et l’UICN pour ce qui concerne le patrimoine naturel, illustre ces relations du
double point de vue du nombre total de sites et du degré d’application du critère de la valeur
universelle exceptionnelle comme critère premier pour décider des zones protégées qu’il y a
lieu d’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial. Il met également en relief l’importance de
toutes les zones naturelles protégées pour la conservation des écosystèmes, des paysages et

16
Présentation générale du patrimoine mondial 1

des espèces, compte tenu de la nécessité que tous les éléments naturels de la planète soient
pleinement représentés.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Comme indiqué dans le schéma, il existe toute une série d’autres labels intergouvernementaux
(sites Ramsar, réserves de biosphère, géoparcs) et régionaux conçus pour renforcer la protec-
tion d’un certain nombre de zones naturelles classées, mais le statut de bien du patrimoine
mondial ne peut être accordé qu’aux biens pouvant satisfaire au critère de la valeur universelle
exceptionnelle tel qu’il est défini dans les Orientations. Un point essentiel que les États
parties doivent avoir à l’esprit aux tout premiers stades de l’évaluation des sites pouvant être
considérés comme des biens du patrimoine mondial est qu’ils se doivent d’étudier aussi
d’autres options en envisageant, de manière aussi intégrée et coordonnée que possible,
l’arsenal complet des instruments internationaux, régionaux et nationaux en vigueur propres
à assurer la reconnaissance, la préservation et la conservation de leurs zones protégées et de
leur patrimoine national.

L’éventail des instruments internationaux et régionaux existants en ce qui concerne la conser-


vation des biens culturels est certes plus restreint, mais les principes énoncés restent de ma-
nière générale les mêmes.

Patrimoine
mondial Valeur universelle exceptionnelle
Nombre
Autres mécanismes Valeur universelle dans le monde
Caractéristique internationaux exceptionnelle virtuelle décroissant
déterminante : (listes indicatives, analyses des lacunes, etc.) Reconnaissance
(p. ex. sites Ramsar,
di es

Valeur universelle internationale


on arti

réserves de biosphère, géoparcs)


al

exceptionnelle. croissante
e m ts p

Les sites individuels


oin Éta

ou en série proposés
rim s

Sites et réseaux régionaux


at r le

pour inscription peuvent Caractéristique dominante :


u p pa

franchir la barre s'ils (p. ex. Natura 2000, ASEAN Heritage Parks) Représentativité
n d ion

satisfont à un systèmes efficaces de gestion


tio ipt

ou plusieurs des aires protégées et


en scr

des critères du
nv in

des réseaux écologiques


Co ur

patrimoine mondial, Sites sous-régionaux assurant la conservation


la po

à des conditions d’écosystèmes, de paysages,


de és

pertinentes (p. ex. aires protégées transnationales, parcs pour la paix)


re os

d’habitats et d’espèces.
tit rop

d'intégrité et
au s p

d'authenticité
e
Sit

et à des Systèmes nationaux de sites ou aires protégés


conditions
de protection (p. ex. parcs nationaux, réserves naturelles, réserves privées, monuments,
et de gestion. classement par des ONG telles que IBA, réseaux écologiques)

Sites sous-nationaux Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
(p. ex. parcs régionaux, réserves de province ou de district)

Relations entre les sites du patrimoine mondial et les autres types d’aires protégées
du point de vue du poids relatif des critères clés de valeur universelle exceptionnelle
et de représentativité

Source : Adaptation du schéma figurant dans Magin et Chape (2004).

1.2 Aperçu du processus de proposition d’inscription sur la Liste du


patrimoine mondial

Les processus de proposition d’inscription et d’inscription de biens sur la Liste du patrimoine


mondial sont au cœur du dispositif de la Convention du patrimoine mondial et des respon-
sabilités des États parties à cet instrument. Ces responsabilités sont triples :
• l’établissement de Listes indicatives ;
• l’établissement de propositions d’inscription ;
17
1 Présentation générale du patrimoine mondial

• la gestion efficace des biens inscrits afin de protéger, conserver et gérer leur valeur univer-
selle exceptionnelle.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Le schéma ci-dessous récapitule la procédure d’inscription, ainsi que les différentes respon-
sabilités de l’État partie et du Comité du patrimoine mondial.

Après inscription,
Le bien fait l’objet le bien bénéficie
Le bien est inscrit d’une proposition de mesures
sur la Liste d’inscription de gestion et de suivi
indicative sur la Liste visant à protéger
➤ de l’État partie du patrimoine sa valeur
mondial universelle
exceptionnelle

L’État partie décide Le Comité L’État partie


des biens inscrits du patrimoine a la responsabilité
L’État partie sur sa Liste indicative mondial décide d’assurer la protection
décide des biens qu’il entend, d’inscrire ou non continue et la gestion
à inscrire au moment qu’il juge le bien sur la Liste efficace du bien
sur sa Liste opportun, proposer du patrimoine conformément
indicative pour inscription mondial après aux prescriptions
sur la Liste évaluation par de la Convention
du patrimoine l’UICN du patrimoine
mondial et/ou l’ICOMOS mondial

Schéma récapitulatif des différentes étapes du processus de proposition d’inscription


et des principales responsabilités de l’État partie et du Comité du patrimoine mondial
de l’UNESCO

Seuls les pays qui ont signé la Convention du patrimoine mondial peuvent présenter, pour
examen, des propositions d’inscription de biens situés sur leur territoire. Voici, présentés suc-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

cinctement, les principaux éléments de la procédure d’inscription.

Liste indicative

Le première mesure que doit prendre un pays est de procéder à un « inventaire » des sites
importants situés dans les limites de ses frontières qui peuvent être considérés comme ayant
une valeur universelle exceptionnelle en tant que patrimoine culturel et/ou naturel et sont
susceptibles de ce fait d’être inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (voir section II.C des
Orientations). Cet « inventaire », appelé Liste indicative, recense les biens dont un État partie
pourrait décider de proposer l’inscription au cours des cinq à dix années à venir. Les Listes
indicatives ne sont pas supposées recenser de manière exhaustive tous les biens dont l’ins-
cription pourrait être envisagée. Elles peuvent être actualisées à tout moment, et les États
parties sont encouragés à présenter une liste révisée tous les dix ans au moins.

Un modèle de formulaire pour la soumission d’une Liste indicative figure dans les Orientations,
incluant le format spécial aux biens en série transnationaux ou transfrontaliers.

Les États parties doivent soumettre une Liste indicative au Centre du patrimoine mondial, un
an au moins avant la soumission de toute proposition d’inscription.
18
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Pourquoi est-il important d’établir une Liste indicative ?

• Le Comité du patrimoine mondial ne peut prendre en considération une proposition d’in-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
scription sur la Liste du patrimoine mondial que si le bien considéré figure déjà sur la Liste
indicative de l’État partie.
• Les Listes indicatives permettent aux parties prenantes, telles que les autorités fédérales,
nationales, régionales et locales, les propriétaires et/ou gestionnaires des biens, les commu-
nautés locales, le secteur privé et les ONG, notamment les comités et représentants locaux
de l’ICOMOS et de l’UICN, d’engager des consultations préliminaires au sujet des biens
susceptibles d’obtenir le statut de site du patrimoine mondial, de collaborer et de conclure
un accord. Les parties prenantes pourront utilement être associées dans ce cadre à une ou
plusieurs études préliminaires.
• Les Listes indicatives aident les États parties à entreprendre ces études préliminaires en vue
de déterminer quels sont les éléments du patrimoine naturel ou culturel qui pourraient
présenter un intérêt pour le reste du monde. ➤
• Elles les aident à déterminer les besoins en matière de gestion et les mesures à prendre pour
assurer la protection des biens, en faisant appel si nécessaire à des experts du patrimoine
naturel et culturel.
• Elles sont d’utiles outils de planification pour les États parties, le Comité du patrimoine mon-
dial, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, qui peuvent ainsi
savoir quels sites pourraient à l’avenir faire l’objet d’une proposition d’inscription.
• Elles sont d’un précieux secours au moment de procéder à l’analyse comparative que
nécessite l’établissement d’une proposition d’inscription.

Le dossier de proposition d’inscription

Une fois la Liste indicative établie, l’État partie peut sélectionner des biens et planifier les
dates auxquelles il soumettra les différents dossiers de proposition d’inscription. Le Centre
du patrimoine mondial offre conseils et assistance pour l’établissement du dossier, qui doit
être aussi détaillé que possible, et s’assure qu’il contient tous les documents et cartes néces-
saires. Lorsque le dossier est prêt, le Centre du patrimoine mondial le transmet aux Organi-
sations consultatives compétentes pour évaluation.

Les critères de sélection Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Pour être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, un site doit avoir une valeur universelle
exceptionnelle, satisfaire à un au moins des dix critères qui ont été établis à cette fin, ainsi
qu’à des conditions pertinentes d’intégrité et d’authenticité, et à des conditions de protection
et de gestion.

Ces critères sont expliqués dans les Orientations devant guider la mise en œuvre de la
Convention du patrimoine mondial qui, en dehors du texte de la Convention, sont le principal
instrument de travail concernant le patrimoine mondial. Ils sont également présentés de
manière plus détaillée dans la section 1.3 (p.36-46).

Les critères sont périodiquement révisés par le Comité de façon à tenir compte de l’évolution
du concept même de patrimoine mondial.

Limitation du nombre de propositions d’inscription pouvant être


soumises et évaluées

Les États parties doivent avoir à l’esprit les décisions prises par le Comité du patrimoine mon-
dial ayant pour effet de limiter le nombre de propositions d’inscription qu’il leur est possible

19
1 Présentation générale du patrimoine mondial

de soumettre, ainsi que le nombre de propositions que le Comité peut examiner au cours
d’une même session.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Un objectif prioritaire du Comité est d’assurer à un degré raisonnable l’équilibre numérique


souhaitable entre sites du patrimoine culturel et sites du patrimoine naturel sur la Liste du
patrimoine mondial.

Le calendrier

Les Orientations présentent un calendrier détaillé pour la soumission et l’évaluation des pro-
positions d’inscription, lequel est contraignant pour les États parties et les Organisations
consultatives (paragraphe 168). Les principales échéances doivent être absolument respectées
et ne sont pas négociables.

Les Organisations consultatives

Un bien proposé pour inscription peut faire l’objet d’une évaluation indépendante par l’une
des deux Organisations consultatives mandatées par la Convention – l’ICOMOS (Conseil in-
ternational des monuments et des sites) pour les biens culturels et l’UICN (Union mondiale
pour la nature) pour les biens naturels – ou l’une et l’autre de celles-ci. La troisième Organi-
sation consultative est l’ICCROM (Centre international d’études pour la conservation et la
restauration des biens culturels), une organisation intergouvernementale qui donne au
Comité des conseils spécialisés en ce qui concerne la conservation et le suivi des sites culturels,
et les activités de formation et de renforcement des capacités.

Le Comité du patrimoine mondial

Après qu’un bien proposé pour inscription a été évalué, il appartient au Comité du patrimoine
mondial de prendre la décision finale concernant son inscription. Le Comité se réunit une fois
par an pour décider quels sont les biens qui seront inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.
Le Comité peut aussi renvoyer une proposition d’inscription ou en différer l’examen et deman-
der à l’État partie concerné un complément d’information.

Le Centre du patrimoine mondial


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Le Centre du patrimoine mondial est, au sein de l’UNESCO, le point focal et l’organe de coor-
dination pour toutes les questions se rapportant au patrimoine mondial.

Le Centre assiste les États parties tout au long de la préparation d’un dossier d’inscription :
il fournit des exemples de dossiers d’inscription réussis, de dispositions législatives et de ges-
tion, aide à l’identification de cartes appropriées, donne des conseils spécifiques pour l’ins-
cription de différents types de biens, tels que des paysages culturels, des villes, des canaux,
des itinéraires culturels ou encore des inscriptions de biens en série ou transfrontaliers.

En coopération avec les Organisations consultatives et d’autres institutions, le Centre organise


des ateliers spécifiques sur des questions liées à la préparation des dossiers d’inscription. Le
Centre fournit également des commentaires et des conseils quand les États parties soumet-
tent des avant-projets de dossiers d’inscription, il tient à jour la Liste du patrimoine mondial
et la base de données documentaires. Le Centre vérifie qu’un dossier est complet, et, si tel
est le cas, le dossier est transmis aux Organisations consultatives. Cependant, si un dossier
est considéré comme incomplet, le Centre conseille l’État partie pour le compléter.

20
Présentation générale du patrimoine mondial 1

1.3 Illustration des concepts du patrimoine mondial

La présente section expose en les illustrant par des exemples concrets les principaux concepts

Ta b l e d e s m a t i è r e s
relatifs au patrimoine mondial, y compris les définitions, les critères et les différents types de
biens.

Définitions – patrimoine culturel et naturel, et biens mixtes

PATRIMOINE CULTUREL

La Convention du patrimoine mondial définit le patrimoine culturel comme suit :


• les monuments : œuvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, élé-
ments ou structures de caractère archéologique, inscriptions, grottes et groupes d’éléments,
qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la

science ;
• les ensembles : groupes de constructions isolées ou réunies, qui, en raison de leur archi-
tecture, de leur unité, ou de leur intégration dans le paysage, ont une valeur universelle
exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ;
NOTRE CONSEIL

• les sites : œuvres de l’homme ou œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, ainsi Indiquez clairement
que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exception- la catégorie à laquelle
nelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique (article appartient l’élément
premier). du patrimoine culturel
proposé pour
Certains biens peuvent répondre à plusieurs de ces définitions (par exemple être à la fois un inscription.
monument et un ensemble).

Ces définitions datent de 1972 et les concepts ont été développés depuis. Néanmoins, la dé-
finition se prête à une interprétation très large qui embrasse les formes diverses du patrimoine
culturel.

Les Orientations contiennent des définitions additionnelles concernant les paysages culturels,
les villes et centres-ville historiques, les canaux du patrimoine et les routes du patrimoine
(Annexe 3). Les paysages culturels seront également traités de façon plus détaillée à la section
suivante.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Les quelques exemples de biens inscrits qui sont présentés ci-dessous donnent une idée des
diverses formes que revêt le patrimoine mondial (le texte de ces définitions et les clichés pho-
tographiques proviennent du site Web du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO).

Minaret et vestiges archéologiques de Djam


(Afghanistan)

Haut de 65m, le minaret de Djam est une construc-


tion gracieuse et élancée datant du XIIe siècle. Recou-
vert d’une décoration complexe en briques et portant
une inscription de tuiles bleues au sommet, il est re-
marquable par la qualité de son architecture et de ses
© UNESCO / Mario Santana

motifs décoratifs, qui représentent l’apogée d’une


tradition artistique propre à cette région. Son impact
est renforcé par un environnement spectaculaire :
une vallée profonde qui s’ouvre entre d’imposantes
montagnes au cœur de la province du Ghor.

21
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Paysage culturel de Sukur (Nigéria)

Le paysage culturel de Sukur – avec le pa-


Ta b l e d e s m a t i è r e s

lais du Hidi (chef) sur une colline dominant


les villages en contrebas, ses champs en
terrasses et leurs symboles sacrés, ainsi
que les vestiges omniprésents de l’an-
cienne industrie florissante du fer – reflète
fidèlement la société qui l’a créé il y a des

© UNESCO
siècles et sa culture spirituelle et matérielle.

Vieille ville de Lijiang (Chine)



Ensemble (groupe de constructions).
La vieille ville de Lijiang, harmonieu-
sement adaptée à la topographie ir-
régulière de ce site commercial et
stratégique clé, a conservé un pay-
sage urbain historique de grande
qualité et éminemment authentique.

© Fiona Starr
Son architecture est remarquable par
l’association d’éléments de plusieurs
cultures réunies durant de nombreux
siècles. Lijiang possède également un système d’alimentation en eau extrêmement complexe
et ingénieux qui est encore en parfait état de marche.

Complexe industriel de la mine de charbon


de Zollverein à Essen (Allemagne)

Le complexe industriel de Zollverein, dans le Land de Rhé-


nanie-du-Nord-Westphalie, comprend les installations
complètes d’un site historique d’extraction de charbon
et plusieurs édifices du XXe siècle d’une valeur architec-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

turale inestimable. Il constitue une preuve matérielle ex-


© Heike Oevermann

ceptionnelle de l’essor et du déclin de cette industrie


fondamentale au cours des 150 dernières années.

Cueva de las Manos, Río Pinturas (Argentine)

Monument/ouvrage et site de peintures monumentales. La Cueva de las Manos, Río Pinturas,


renferme un ensemble exceptionnel d’art rupestre exécuté il y a de cela 13 000 à 9 500 ans.
Elle doit son nom (grotte aux mains) aux impres-
sions de mains – comme au pochoir – réalisées sur
ses parois, mais comprend aussi de nombreuses re-
présentations d’animaux, notamment de guanacos
(Lama guanicœ) qui sont toujours présents dans
cette région, ainsi que des scènes de chasse. Les
auteurs de ces peintures pourraient avoir été les an-
cêtres des communautés historiques de chasseurs-
© UNESCO

cueilleurs de Patagonie rencontrées par les colons


européens au XIXe siècle.
22
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Mémorial de la paix d’Hiroshima (Dôme de


Genbaku) (Japon)

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Le Mémorial de la Paix d’Hiroshima, ou Dôme de
Genbaku, fut le seul bâtiment à rester debout à
proximité du lieu où explosa la première bombe
atomique, le 6 août 1945. Il a été préservé tel
qu’il était juste après le bombardement grâce à

© UNESCO
de nombreux efforts, dont ceux des habitants
d’Hiroshima. Symbole austère et saisissant de la
force la plus destructrice que l’homme ait jamais
créée, il incarne en même temps l’espoir de la paix sur terre et de la destruction définitive de
toutes les armes nucléaires.


Jardin botanique (Orto botanico),
Padoue (Italie)

Site/œuvre de l’homme. Le premier jardin bota-


nique du monde a été créé à Padoue en 1545. Il
a conservé son plan d’origine – un jardin clos cir-
culaire, symbolisant le monde, entouré d’un ruban

© UNESCO
d’eau. Par la suite, des éléments nouveaux ont été
ajoutés, à la fois architecturaux (entrées monu-
mentales et balustrades) et pratiques (installation
de pompage et serres). Il continue, comme par le passé, à inspirer la recherche scientifique.

PATRIMOINE NATUREL

La Convention du patrimoine mondial définit le patrimoine naturel comme suit :


• les monuments naturels constitués par des formations physiques et biologiques ou par des
groupes de telles formations qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue
esthétique ou scientifique ;
• les formations géologiques et physiographiques, et les zones strictement délimitées consti- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
tuant l’habitat d’espèces animales et végétales menacées, qui ont une valeur universelle
exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation ;
• les sites naturels ou les zones naturelles strictement délimitées, qui ont une valeur universelle
exceptionnelle du point de vue de la science, de la conservation ou de la beauté naturelle
(article 2).

Les quelques exemples de biens inscrits présentés ci-dessous donnent une idée des diverses
formes que revêt le patrimoine naturel.

Parc national de Sagarmatha (Népal)

Dans un paysage de montagnes grandioses où


culmine le plus haut sommet du monde, l’Everest
© UNESCO/J.M. Gassend

(8 848 m), de glaciers et de vallées profondes, le


parc abrite des espèces rares, comme le léopard
des neiges et le petit panda. La présence des
Sherpas, qui y ont développé une culture origi-
nale, ajoute à l’intérêt du site.
23
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Fjord glacé d’Ilulissat (Danemark)

Situé sur la côte ouest du Groenland, à


Ta b l e d e s m a t i è r e s

250 km au nord du cercle arctique, le


fjord glacé d’Ilulissat est l’embouchure
maritime de Sermeq Kujalleq, un des
rares glaciers à travers lesquels la glace

© M&G Therin-Weise
de l’inlandsis groenlandais atteint la mer.
Sermeq Kujalleq est l’un des glaciers les
plus rapides (19 m par jour) et les plus
actifs du monde. Son vêlage annuel de
plus de 35 km3, soit 10 % de toute la
glace de vêlage (les icebergs) du Groen-
➤ land, dépasse celui de tous les autres glaciers du monde en dehors de l’Antarctique. Étudié
depuis plus de 250 ans, le site a permis d’enrichir notre compréhension du changement
climatique et de la glaciologie de la calotte glaciaire. L’immense couche de glace associée au
fracas impressionnant d’une coulée de glace rapide vêlant dans un fjord couvert d’icebergs
crée un phénomène naturel spectaculaire et grandiose.

Falaises fossilifères de Joggins


(Canada)

Les falaises fossilifères de Joggins consti-


tuent un site paléontologique de 689

© N.S. Dept. of Tourism, Culture


hectares, situé le long de la côte de la

and Heritage/ Walley Hayes


Nouvelle-Écosse (dans l’est du Canada).
On le surnomme le « Galápagos du car-
bonifère » en raison de la profusion de
fossiles qu’on y trouve et qui remontent
à cette période géologique (datant de
354 à 290 millions d’années). Les roches
du site sont considérées comme des
exemples types de cette période de l’histoire de la Terre ; elles constituent le vestige de la
strate pennsylvanienne (vieille de 318 à 303 millions d’années) le plus important au monde
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

par son épaisseur et sa richesse, ainsi que le registre fossilifère le plus complet des formes de
vie terrestres de cette époque. On y trouve des restes et des traces des premiers animaux et
des forêts tropicales humides dans lesquelles ils vivaient, conservés in situ, intacts et non per-
turbés. Les 14,7 km de falaises maritimes, de microfalaises, de plates-formes rocheuses et
de plages du site regroupent les vestiges de trois écosystèmes : une baie estuarienne, une
forêt tropicale humide en plaine inondable et une plaine alluviale boisée sujette aux incendies
et comportant des mares d’eau douce. Le site offre l’ensemble le plus complet de fossiles de
ces trois types d’écosystème, soit 96 genres et 148 espèces de fossiles ainsi que 20 groupes
d’empreintes. II est répertorié en raison des échantillons spectaculaires qu’il renferme et qui
représentent les principales étapes de l’histoire de la Terre.

Sanctuaire de faune et de flore de Malpelo (Colombie)

Ce sanctuaire se situe à près de 500 km de la côte colombienne et comprend l’île de Malpelo


(350 ha) ainsi que la zone marine environnante (857 150 ha). Ce vaste parc marin, qui est
aussi la plus grande zone où la pêche est interdite dans le Pacifique tropical oriental, constitue
un habitat d’une importance critique pour un certain nombre d’espèces marines menacées
sur le plan mondial. C’est aussi une source majeure de nutriments et une zone importante
24
Présentation générale du patrimoine mondial 1

d’agrégation de la biodiversité marine.


On y trouve en particulier des requins,
mérous géants et voiliers, et c’est l’un des

Ta b l e d e s m a t i è r e s
rares sites au monde où a été confirmée
la présence de l’odontospide féroce, un
requin des profondeurs. De l’avis général,

© UNESCO/Yves Lefèvre
ce milieu sous-marin est l’un des sites de
plongée les plus remarquables du monde
du fait de la beauté naturelle extraordi-
naire de ses murs abrupts et de ses
grottes. De plus, ces eaux profondes abri-
tent de larges populations de grands pré-
dateurs et d’espèces pélagiques (on a par exemple relevé la présence de bancs de plus de
200 requins-marteaux et de plus de 1000 requins soyeux, requins-baleines et thons) qui, dans
ce milieu non perturbé, conservent des comportements naturels. ➤

La Grande Barrière (Australie)

Au nord-est de la côte australienne, le


plus grand ensemble corallien du monde
offre, avec ses 400 espèces de coraux, ses
1 500 espèces de poissons et ses 4 000

© UNESCO/J. Thorsell/IUCN
espèces de mollusques, un spectacle
d’une variété et d’une beauté extraordi-
naires et d’un haut intérêt scientifique.
C’est aussi l’habitat d’espèces menacées
d’extinction, comme le dugong et la
grande tortue verte.

Parc national des Virunga (République démocratique du Congo)

S’étendant sur 790 000 ha, le parc des


Virunga présente une diversité d’habitats Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
incomparable, allant des marécages et
des steppes jusqu’aux neiges éternelles
du Rwenzori, à plus de 5 000 m d’alti-
© UNESCO/Ian Redmond

tude, en passant par les plaines de lave


et les savanes sur les pentes des volcans.
Quelque 20 000 hippopotames fréquen-
tent ses rivières, le gorille de montagne y
trouve refuge, et des oiseaux en prove-
nance de Sibérie viennent y passer l’hiver.

BIENS MIXTES

Les biens mixtes sont définis dans les Orientations comme les biens répondant à une partie
ou à l’ensemble des définitions du patrimoine culturel et naturel qui figurent aux articles pre-
mier et 2 de la Convention (paragraphe 46).

Voici quelques exemples de biens mixtes inscrits sur la Liste.


25
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Parc national de Tikal (Guatemala)

Au cœur de la jungle, dans une végéta-


Ta b l e d e s m a t i è r e s

tion luxuriante, Tikal est l’un des sites


majeurs de la civilisation maya qui fut ha-
bité du VIe siècle av. J.-C. au Xe siècle de
l’ère chrétienne. Son centre cérémoniel

© B. Doucin/[Link]é
compte de superbes temples et palais
et des places publiques auxquelles on
accède par des rampes. Des vestiges
d’habitations sont disséminés dans la
campagne avoisinante.


Tassili n’Ajjer (Algérie)

Cet étrange paysage lunaire de grand


intérêt géologique abrite l’un des plus
importants ensembles d’art rupestre
préhistorique du monde. Plus de 15 000
dessins et gravures permettent d’y suivre,
depuis 6000 av. J.-C. jusqu’aux premiers
siècles de notre ère, les changements du

© UNESCO/Bousquet
climat, les migrations de la faune et l’évo-
lution de la vie humaine aux confins du
Sahara. Le panorama de formations géo-
logiques présente un intérêt exceptionnel
avec ses « forêts de rochers » de grès
érodé.

Définitions du patrimoine culturel

MONUMENTS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la section
relative au patrimoine culturel. Voici quelques exemples de biens culturels inscrits sur la Liste
en tant que monuments.

Statue de la Liberté (États-Unis d’Amérique)

Ouvrage de sculpture monumental. Exécutée à Paris


par le sculpteur français Bartholdi avec la collabora-
tion de Gustave Eiffel pour la charpente métallique,
© UNESCO / Graciela Gonzalez Brigas

la statue colossale de la Liberté éclairant le monde fut


offerte par la France pour le centenaire de l’indépen-
dance des États-Unis. Inaugurée en 1886, elle a ac-
cueilli depuis lors à l’entrée du port de New York des
millions d’immigrants venus peupler les États-Unis.

26
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Le Taj Mahal (Inde)

Œuvre architecturale. Immense mausolée funé-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
raire de marbre blanc édifié entre 1631 et 1648
à Agra sur l’ordre de l’empereur moghol Shah

© E. de Gracia Camara
Jahan pour perpétuer le souvenir de son épouse
favorite, le Taj Mahal, joyau le plus parfait de
l’art musulman en Inde, est l’un des chefs-
d’œuvre universellement admirés du patrimoine
de l’humanité.

ENSEMBLES

La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut, dans la section ➤
relative au patrimoine culturel. Une définition des ensembles urbains figure également dans
le texte des Orientations au sujet des villes et centres-ville historiques (Annexe 3). Voici
quelques exemples de biens inscrits sur la Liste en tant qu’ensembles.

Ksar d’Aït-Ben-Haddou (Maroc)

Ensemble de bâtiments de terre entourés de


murailles, le ksar est un type d’habitat tradition-
© UNESCO / Mario Santana
nel présaharien. Les maisons se regroupent à
l’intérieur de ses murs défensifs renforcés par
des tours d’angle. Aït-Ben-Haddou, situé dans
la province de Ouarzazate, est un exemple frap-
pant de l’architecture du Sud marocain.

Temples mégalithiques de Malte (Malte)

Les îles de Malte et de Gozo abritent sept tem-


© UNESCO / Margarita Gonzalez Lombardo

ples mégalithiques, chacun témoignant d’un Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
développement distinct. À Gozo, les deux
temples de Ggantija sont remarquables pour
leurs réalisations gigantesques de l’âge de
bronze. Dans l’île de Malte, les temples de
Hagar Qin, Mnajdra et Tarxien sont des chefs-
d’œuvre architecturaux uniques étant donné
les ressources très limitées dont disposaient
leurs constructeurs. Les ensembles de Ta’Hagrat
et de Skorba témoignent de la façon dont la
tradition des temples s’est perpétuée à Malte.

SITES

La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la section
sur le patrimoine culturel. Les Orientations contiennent également des indications concernant
certains types de biens (Annexe 3). Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste en
tant que sites.

27
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Site de Palmyre (République arabe syrienne)

Site archéologique. Oasis du


Ta b l e d e s m a t i è r e s

désert de Syrie au nord-est de


Damas, Palmyre abrite les ruines
monumentales d’une grande ville
qui fut l’un des plus importants
foyers culturels du monde an-
tique. Au carrefour de plusieurs
civilisations, l’art et l’architecture

© E. de Gracia Camara
de Palmyre unirent aux Ier et IIe
siècles les techniques gréco-ro-
maines aux traditions locales et
➤ aux influences de la Perse.

Taxila (Pakistan)

Site archéologique. Du très ancien tumulus néolithique de Saraikala aux remparts de Sirkap,
datant du IIe siècle av. J.-C., et à la ville de Sirsukh, du Ier siècle apr. J.-C., Taxila illustre les
étapes du développement urbain d’une ville de l’Indus soumise tour à tour aux influences de
la Perse, du monde hellénique et de l’Asie centrale, et qui, du VIe siècle av. J.-C. au IIe siècle
de l’ère chrétienne, fut le siège d’une université bouddhique florissante.

© UNESCO / F. Bandarin

PAYSAGES CULTURELS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Les paysages culturels sont définis dans les Orientations comme étant les biens culturels qui
représentent les « œuvres conjuguées de l’homme et de la nature » mentionnées à l’article
premier de la Convention (paragraphe 47).

Aucun des critères du patrimoine mondial ne s’applique exclusivement aux paysages culturels
et l’on peut admettre le recours à l’un quelconque des critères culturels pour justifier de la
valeur universelle exceptionnelle d’un paysage culturel.

On distingue trois grands types de paysages culturels :


• les paysages conçus et créés intentionnellement par l’homme ;
• les paysages essentiellement évolutifs ;
• les paysages culturels associatifs (voir l’Annexe 3 des Orientations).

De nombreux biens relèvent de plus d’une de ces catégories, qui peuvent donc se chevaucher.

C’est là un aspect de la Convention qui continue d’évoluer, et où les concepts ne cessent de


s’affiner, de même que les méthodes de gestion, etc.

28
Présentation générale du patrimoine mondial 1

L’ICOMOS a établi une bibliographie thématique sur les paysages culturels du patrimoine
mondial que l’on peut consulter à l’adresse suivante :
[Link]

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Voici quelques exemples des trois types de paysages culturels.

Un paysage conçu par l’homme : Vat Phou et


les anciens établissements associés du paysage
culturel de Champassak (République démocratique
populaire lao)

Le paysage culturel de Champassak, y compris l’ensemble


du temple de Vat Phou, représente une zone de
paysage planifiée remontant à plus de mille ans et ➤
remarquablement bien conservée. Afin d’exprimer la

© UNESCO / R. Engelhardt
conception hindoue des rapports entre la nature et
l’homme, il a été façonné selon un axe joignant le som-
met de la montagne et les rives du fleuve dans un en-
trelacs géométrique de temples, de sanctuaires et
d’ouvrages hydrauliques s’étendant sur quelque 10 km.
Le site comprend aussi deux villes anciennes, construites
sur les rives du Mékong et la montagne de Phou Kao, l’ensemble représentant un processus
d’aménagement s’échelonnant sur plus de mille ans, du Ve au XVe siècle, associé surtout à
l’Empire khmer.

Un paysage essentiellement évolutif : Rizières en


terrasses des cordillères des Philippines (Philippines)

Depuis 2 000 ans, les rizières d’altitude des Ifugao


épousent les courbes des montagnes. Fruit d’un savoir-
faire transmis de génération en génération, des tradi-
tions sacrées et d’un équilibre social délicat, elles créent
© UNESCO / Feng Jing

un paysage d’une grande beauté où se lit l’harmonie Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
conquise et préservée entre l’homme et l’environnement.

Un paysage culturel associatif :


Parc national d’Uluru-Kata Tjuta (Australie)

Ce parc, qui s’appelait autrefois parc national


d’Uluru (Ayers Rock – Mont Olga), présente
des formations géologiques spectaculaires qui
dominent la vaste plaine sableuse du centre de
l’Australie. L’immense monolithe d’Uluru et
les dômes rocheux de Kata Tjuta, à l’ouest
d’Uluru, font partie intégrante du système de
croyances traditionnelles de l’une des plus
© Emmanuel Pivard

anciennes sociétés humaines du monde.


Les propriétaires traditionnels d’Uluru -Kata
Tjuta appartiennent au peuple aborigène des
Anangu.

29
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Définitions du patrimoine naturel


Ta b l e d e s m a t i è r e s

MONUMENTS NATURELS CONSTITUÉS PAR DES FORMATIONS PHYSIQUES


ET BIOLOGIQUES OU PAR DES GROUPES DE TELLES FORMATIONS

La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la sous-
section sur le patrimoine naturel. Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste.

Karst de Chine du Sud (Chine)

La région du Karst de Chine du Sud s’étend


➤ sur une superficie d’un demi-million de ki-
lomètres carrés principalement dans les

© UNESCO / Jim Thorsell


provinces du Yunnan, du Guizhou et du
Guangxi. C’est l’un des plus spectaculaires
exemples de paysages de karst humide tro-
pical et subtropical. Les forêts de pierre de
Shilin sont considérées comme des phéno-
mènes naturels extraordinaires et de vérita-
bles références mondiales contenant une
plus large variété de formes de pinacles, et une plus grande diversité de formes et de couleurs
changeantes que d’autres paysages karstiques. Le karst à pitons et à tourelles de Libo, lui
aussi considéré comme le site de référence mondial pour ce type de karst, offre un paysage
très particulier et d’une grande beauté. Le karst de Wulong a été inscrit pour ses dolines
géantes, ses ponts naturels et cavernes.

Volcans du Kamchatka
(Fédération de Russie)

C’est l’une des régions volcaniques les plus excep-


tionnelles du monde, avec une forte densité de
volcans actifs et une grande variété de types et de
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

caractéristiques volcaniques associés. Les six sites


aujourd’hui inclus regroupent la plupart des ca-
ractéristiques volcaniques de la péninsule du
© UNESCO / Guy Debonnet

Kamchatka. L’interaction du volcanisme avec les


glaciers actifs forme un paysage dynamique d’une
grande beauté. Le site abrite de très nombreuses
espèces, dont la plus grande diversité connue de
salmonidés, et des concentrations remarquables
de loutres de mer, d’ours bruns et d’aigles marins
de Stellar.

FORMATIONS GÉOLOGIQUES ET PHYSIOGRAPHIQUES ET ZONES


STRICTEMENT DÉLIMITÉES CONSTITUANT L’HABITAT D’ESPÈCES ANIMALES
ET VÉGÉTALES MENACÉES

La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la section
sur le patrimoine naturel. Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste.

30
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Réserve de faune à okapis


(République démocratique du Congo)

Ta b l e d e s m a t i è r e s
La réserve de faune à okapis occupe environ un
cinquième de la forêt d’Ituri au nord-est du pays.
Le bassin du fleuve Congo, dont la réserve et la
forêt font partie, est un des plus grands systèmes
de drainage d’Afrique. La réserve de faune abrite

© Eric Loddé
des espèces menacées de primates et d’oiseaux et
environ 5 000 okapis, sur les 30 000 vivant à l’état
sauvage. La réserve possède également des sites
panoramiques exceptionnels, dont les chutes sur l’Ituri et l’Epulu. Elle est habitée par des
populations nomades traditionnelles de Mbuti et de chasseurs Efe.


Lagons de Nouvelle-Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés (France)

Ce bien en série est composé de six zones ma-


rines représentant l’ensemble de la diversité des
récifs et écosystèmes associés de cet archipel
français du Pacifique Sud, un des trois systèmes
récifaux les plus vastes du monde. Ces sites sont

© Emmanuel Legros
d’une beauté extraordinaire. On y trouve une di-
versité exceptionnelle d’espèces de coraux et de
poissons, ainsi qu’un continuum d’habitats al-
lant des mangroves aux herbiers et caractérisé
par une panoplie de structures récifales parmi
les plus diversifiées de la planète. Les lagons et récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie abritent
des écosystèmes intacts peuplés d’une biodiversité marine exceptionnelle, composée de po-
pulations saines de grands prédateurs et d’un nombre considérable de différents poissons
de grande taille. Ils offrent un habitat pour plusieurs espèces marines emblématiques ou en
danger, comme les tortues, les baleines ou les dugongs, ces derniers constituant la troisième
population mondiale.

Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

SITES NATURELS OU ZONES NATURELLES STRICTEMENT DÉLIMITÉES,


QUI ONT UNE VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE DU POINT DE VUE
DE LA SCIENCE, DE LA CONSERVATION OU DE LA BEAUTÉ NATURELLE

La définition figurant dans le texte de la Convention est reproduite plus haut dans la sous-
section sur le patrimoine naturel. Voici quelques exemples de biens inscrits sur la Liste.

Parc national du Grand Canyon


(États-Unis d’Amérique)

Sculpté par le Colorado, le Grand Canyon,


de près de 1 500 m de profondeur, est la
gorge la plus spectaculaire du monde. Situé
© David Geldhof

dans l’Arizona, il traverse le parc national du


Grand Canyon. Ses strates horizontales re-
tracent une histoire géologique s’étendant
sur 2 milliards d’années. On y trouve aussi
31
1 Présentation générale du patrimoine mondial

les vestiges préhistoriques d’une adaptation humaine à un environnement particulièrement


rude.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Baie d’Ha Long (Viet Nam)

La baie d’Ha-Long, dans le golfe du Tonkin,


compte environ 1 600 îles et îlots qui créent
un paysage marin spectaculaire de piliers de
calcaire. En raison du relief vertigineux, la

© B. Doucin/[Link]é
plupart des îles sont inhabitées et non per-
turbées par l’homme. Aux valeurs esthé-
tiques exceptionnelles de ce site s’ajoute son
➤ grand intérêt sur le plan biologique.

Glossaire des concepts clés

VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE

La Convention du patrimoine mondial a pour objet la reconnaissance des sites « de valeur


universelle exceptionnelle » qui sont le patrimoine de l’humanité tout entière, et qu’il importe
de protéger et de transmettre aux générations futures en raison de leur intérêt pour l’en-
semble de l’espèce humaine.

Les Orientations définissent l’expression « valeur universelle exceptionnelle » comme dési-


gnant une importance culturelle et/ou naturelle tellement exceptionnelle qu’elle transcende
les frontières nationales et qu’elle présente le même caractère inestimable pour les généra-
tions actuelles et futures de l’ensemble de l’humanité (paragraphe 49).

Cette définition s’entend à la lumière des critères qui régissent l’inscription sur la Liste du
patrimoine mondial. Ces critères sont examinés plus loin.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Pour être réputé de valeur universelle exceptionnelle, un bien doit aussi satisfaire aux condi-
tions d’intégrité et/ou d’authenticité et faire l’objet d’un système de protection et de gestion
de nature à assurer sa sauvegarde (paragraphe 78, voir aussi les sections sur l’intégrité et
l’authenticité dans la partie 3, p.64-70).

La valeur universelle exceptionnelle est :


• l’élément principal du dossier de proposition d’inscription ;
• ce sur quoi porte l’évaluation ;
• ce qui motive l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial ;
• ce qui nécessite des mesures de protection, de conservation et de gestion.

Depuis 2007, le Comité du patrimoine mondial adopte une déclaration de valeur universelle
exceptionnelle pour chaque bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, et un mécanisme
a été mis en place en vue de l’établissement de telles déclarations pour les nombreux biens
inscrits avant que cette pratique ne soit instituée. Les déclarations occupent maintenant une
place centrale dans les travaux du Comité ; elles récapitulent les raisons pour lesquelles le
bien inscrit est jugé être de valeur universelle exceptionnelle, et satisfaire aux critères et aux
prescriptions en matière d’authenticité, d’intégrité, de protection et de gestion.

32
Présentation générale du patrimoine mondial 1

La déclaration de valeur universelle exceptionnelle préside au traitement dont bénéficiera


désormais le bien.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Une fois adoptée par le Comité du patrimoine mondial, elle sert aussi de référence pour :
• le suivi par l’État partie et le gestionnaire du bien ;
• les rapports périodiques ;
• les rapports de suivi réactif et les rapports sur l’état de conservation ;
• l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
• l’éventuelle radiation d’un bien de la Liste du patrimoine mondial.

Des thèmes et cadres thématiques permettent de mieux comprendre le concept de valeur


universelle exceptionnelle. Voir les analyses figurant dans le Rapport de la réunion d’experts
sur la Stratégie globale pour le patrimoine mondial naturel et culturel, 25-29 mars 1998,
Amsterdam, Pays-Bas (Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, en association avec le
Gouvernement des Pays-Bas) et dans La Liste du patrimoine mondial : Combler les lacunes – ➤
un plan d’action pour le futur (ICOMOS, 2005).

Comme il a été dit plus haut, la valeur universelle exceptionnelle correspond à un degré
particulier dans l’importance que revêt un bien du point de vue culturel et/ou naturel. Il y a
d’autres degrés, comme la valeur en tant que patrimoine local ou national. Les termes valeur
ou importance utilisés dans le présent manuel doivent se comprendre selon le contexte – il
s’agira souvent de valeur universelle exceptionnelle, mais parfois aussi d’autres degrés d’im-
portance, tels que celui de patrimoine national ou local.

ATTRIBUTS OU CARACTÉRISTIQUES

Les attributs sont les aspects d’un bien auxquels s’attache ou qui présentent une valeur uni-
verselle exceptionnelle. Les attributs peuvent être matériels ou immatériels. Les Orientations
énumèrent divers attributs pouvant conférer au bien une valeur universelle exceptionnelle :
• forme et conception ;
• matériaux et substance ;
• usage et fonction ;
• traditions, techniques et systèmes de gestion ;
• situation et cadre ; Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• langue, et autres formes de patrimoine immatériel ;
• esprit et impression (paragraphe 82).

Cette liste est indicative. Les attributs d’un bien qui seront mis en avant doivent impérative-
ment découler de la déclaration de valeur universelle et de la justification des critères
invoqués.

Il importe de définir les attributs d’un bien, parce qu’ils sont essentiels pour en apprécier l’au-
thenticité et l’intégrité, et que les mesures de protection, de conservation et de gestion en
découlent.

Dans le cas de biens naturels, on parle plus communément de « caractéristiques », même si


l’on emploie aussi parfois le mot « attributs ». En voici quelques exemples :
• importance sur le plan visuel ou esthétique ;
• étendue du site physique ou de l’habitat naturel ;
• caractère intact des processus physiques ou écologiques ;
• caractère naturel et intact des systèmes naturels ;
• viabilité des populations d’espèces rares ;
• rareté.
33
1 Présentation générale du patrimoine mondial

ZONE TAMPON

Une zone tampon est une aire ou une série d’aires extérieure au bien du patrimoine mondial
Ta b l e d e s m a t i è r e s

et adjacente à ses limites qui contribue à la protection, à la conservation, à la gestion, à l’in-


tégrité, à l’authenticité et au caractère durable de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Même si les zones tampons ne sont pas considérées comme faisant partie du bien inscrit,
leurs limites et les mesures de gestion dont elles font l’objet doivent être évaluées, approuvées
et dûment consignées lors de la proposition faite par l’État partie.

Une fois définies, les zones sont considérées comme faisant partie intégrante des lieux dont
l’État partie s’engage à assurer la protection, la conservation et la gestion. Les fonctions de
la zone tampon doivent correspondre au type et au niveau de protection, de conservation et
➤ de gestion que nécessitent les attributs qui confèrent une valeur universelle exceptionnelle
au bien du patrimoine mondial.

On trouvera quelques exemples de zones tampons à la section 3 (p.88-89) ci-après, où sont


indiquées les règles à respecter pour définir de telles zones. On pourra se reporter avec profit
au rapport de la réunion d’experts sur le patrimoine mondial et les zones tampons tenue à
Davos (Suisse) du 11 au 14 mars 2008 : Patrimoine mondial et zones tampons, Cahiers du
patrimoine mondial, n° 25 (Martin et Piatti, 2009).

ANALYSE COMPARATIVE

L’analyse comparative a pour objet de faire ressortir l’importance, tant nationale


qu’internationale, du bien proposé pour inscription. À cet effet, elle examine d’autres
biens comparables, qu’ils soient ou non inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, en in-
diquant les similitudes qui existent entre eux et les raisons pour lesquelles le bien proposé
se distingue tout particulièrement.

L’analyse comparative est examinée de manière plus détaillée à la section 3 (p.70-76).

BIEN
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Le bien est l’aire terrestre ou maritime qui présente une valeur universelle exceptionnelle.

L’expression « zone centrale » (core zone) a été autrefois utilisée pour désigner le bien. Elle est
aujourd’hui obsolète et ne doit plus être employée. On parlera dans tous les cas de « bien ».

CADRE

Lorsque le cadre est un aspect ou un élément intrinsèque de la valeur universelle exception-


nelle d’un bien, il fait partie du bien inscrit ou, dans certains cas, comme vue environnante,
de la zone tampon. S’il peut aider à évaluer la valeur universelle exceptionnelle sans y parti-
ciper, il est souhaitable de l’intégrer dans la zone tampon ou de le protéger de quelque autre
façon.

La Déclaration de Xi’an sur la conservation du contexte des constructions, des sites et des
secteurs patrimoniaux adoptée par l’ICOMOS (2005) note ce qui suit :

34
Présentation générale du patrimoine mondial 1

« Le contexte d’une construction, d’un site ou d’un secteur patrimonial se définit comme
étant l’environnement immédiat ou distant qui participe ou contribue à sa singularité.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
« Au-delà des aspects physiques et visuels, le contexte comprend l’interaction avec
l’environnement naturel, les pratiques sociales ou spirituelles passées ou actuelles, les cou-
tumes, le savoir traditionnel, l’usage, les activités et d’autres formes ou expressions tenant
du patrimoine culturel immatériel qui ont créé et façonnent l’espace ainsi que le milieu
culturel, social et économique actuel et dynamique. »

Le concept de cadre et les règles s’y rapportant sont examinés plus avant à la section 3 (p.90-91).

Relations entre biens naturels, biens culturels et biens mixtes, et cas


particulier des paysages culturels

Il importe de bien distinguer biens mixtes et paysages culturels. Les biens mixtes sont inscrits
au titre d’au moins un des critères (i) à (vi) et d’au moins un des critères (vii) à (x), parce qu’ils
répondent de manière indépendante à l’une et l’autre séries de critères. La valeur universelle
exceptionnelle des paysages culturels ne résulte pas de leurs qualités culturelles ou naturelles
considérées isolément mais des relations entre culture et nature. Les paysages culturels sont
désignés comme tels selon des critères « culturels ». Beaucoup présentent une valeur sur le
plan naturel, mais non généralement à un degré tel qu’elle justifierait leur inscription selon
les critères « naturels ». Si c’est le cas, le bien est inscrit comme site mixte et paysage culturel.
La figure ci-dessous résume schématiquement ces différentes relations.

Certains biens mixtes combinent de manière interdépendante des éléments qui leur confèrent une
valeur naturelle et des éléments qui leur confèrent une valeur culturelle. Dans d’autres cas, ces élé-
ments ne sont pas interdépendants mais coexistent simplement en un même lieu géographique.

Biens mixtes
ils répondent à au moins
un critère culturel
et un critère naturel.
Biens naturels
les biens appartenant
à cet ensemble
satisfont à un Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
ou plusieurs
des seuls critères
naturels (vii à x). Biens
Biens mixtes
naturels
Biens
culturels
Paysages
culturels Biens culturels
les biens appartenant
à cet ensemble satisfont
à un ou plusieurs
des seuls critères
culturels (i à vi).

Certains paysages culturels Les paysages culturels


peuvent être également sont inscrits au titre
des sites mixtes. des critères culturels,
Ils sont considérés comme en ce qu’ils représentent
paysages culturels en vertu l’œuvre combinée de
des critères culturels, l’homme et de la nature.
mais les éléments qui leur
confèrent une valeur
en tant que biens naturels
suffisent aussi à répondre
à l’un des critères naturels.

35
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Les critères du patrimoine mondial

Les Orientations énumèrent dix critères régissant l’inscription sur la Liste du patrimoine mon-
Ta b l e d e s m a t i è r e s

NOTRE C ONSEIL dial (paragraphe 77). Les critères (i) à (vi) se rapportent aux biens culturels, et leur application
est évaluée par l’ICOMOS, et les critères (vii) à (x) restants ont trait aux biens culturels, leur
Ne retenez que
application étant évaluée par l’UICN. De nombreux biens ne satisfont qu’à des critères de
les critères pertinents
l’une ou l’autre série, tandis que les biens mixtes satisfont à des critères de l’une et l’autre
prouvant que le bien
séries. Les propositions d’inscription de biens mixtes sont évaluées à la fois par l’UICN et par
présente une valeur
l’ICOMOS.
universelle
exceptionnelle.
Voici quelques exemples de biens satisfaisant aux différents critères (textes et illustrations
proviennent du site Web du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO).


Critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie créatif humain

En d’autres termes, ce critère s’applique à un exemple exceptionnel (qui marque l’apogée


ou a fait date) d’un style propre à une culture, du fait :
• de son très grand intérêt intellectuel ou symbolique ;
• de sa perfection sur le plan artistique, technique ou technologique.

Le caractère unique d’un bien ne suffit pas, en soi, pour justifier l’inscription. Le bien doit
être considéré par rapport à un contexte culturel et historique plus vaste, et sa valeur appré-
ciée à la lumière de ce contexte.

La Liste du patrimoine mondial recense des biens, et non des personnes. Le critère (i), par
exemple, s’applique aux chefs-d’œuvre du génie créatif humain. La Liste du patrimoine mon-
dial n’inclut pas les créateurs de génie, mais elle peut inclure leurs chefs-d’œuvre. De même,
elle n’inclut pas l’ensemble des œuvres d’un créateur de génie, mais peut inclure le chef-
d’œuvre ou la série de chefs-d’œuvre considérée comme un tout qui présente une valeur
universelle exceptionnelle.

Il existe des chefs-d’œuvre dont on ne connaît pas l’architecte ou le concepteur. Certains


monuments préhistoriques sont devenus par exemple des symboles de la créativité et du raf-
finement technique des peuples de la préhistoire ; dans d’autres cas, l’œuvre collective d’une
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

communauté peut apparaître comme un véritable chef-d’œuvre, même si elle n’a peut-être
été conçue que dans un but fonctionnel. Des bâtiments industriels sont également considérés
comme des témoignages d’une créativité transcendant les préoccupations fonctionnelles et
utilitaires pour atteindre au génie.

EX EM PL E
Opéra de Sydney (Australie)

Inauguré en 1973, l’Opéra de


Sydney fait partie des œuvres ar-
chitecturales majeures du XXe
siècle. Il associe divers courants
innovants tant du point de vue
de la forme architecturale que
de la conception structurelle.
© Emmanuel Pivard

Sculpture urbaine magnifique


soigneusement intégrée dans un
remarquable paysage côtier, à
la pointe d’une péninsule qui
36
Présentation générale du patrimoine mondial 1

s’avance dans le port de Sydney, cet édifice exerce depuis sa construction une grande in-
fluence sur le monde de l’architecture. L’Opéra de Sydney se compose de trois groupes de
« coquilles » voûtées et entrelacées qui abritent les deux principaux lieux de représentation

Ta b l e d e s m a t i è r e s
et un restaurant. Les « coquilles » disposées sur une vaste plate-forme sont entourées de ter-
rasses qui servent de promenades piétonnes. En 1957, la décision prise par un jury interna-
tional de confier la réalisation de l’Opéra de Sydney à l’architecte danois Jørn Utzon a marqué
la volonté d’adopter une démarche radicalement nouvelle en matière de construction.

Critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période
donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architec-
ture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou
de la création de paysages

L’élément important de ce critère est l’« échange d’influences ». L’évaluation faite par ➤
l’ICOMOS vise à déterminer si les éléments physiques d’un bien qui présentent de l’intérêt
du point de vue de l’architecture, de la technologie, des arts monumentaux, de la planification
des villes ou de la création de paysages peuvent être considérés comme témoignant d’un
échange d’idées, ce qui peut s’interpréter de différentes façons :
• le bien peut être la concrétisation d’une idée ou d’un concept importé d’une autre région
ou aire et qui a ensuite influencé les créateurs de la région d’origine, de la région d’adoption
ou d’autres créateurs ;
• le bien peut aussi avoir suscité lui-même l’échange d’influences en devenant une source
d’inspiration dans d’autres régions ;
• enfin, l’échange d’idées peut s’être opéré dans les deux sens, le bien représentant une sorte
de fusion culturelle ou d’adaptation locale qui apparaît emblématique à certains égards.

Dans tous les cas, l’échange d’idées ou d’influences doit avoir provoqué une réponse que
l’on puisse qualifier d’exceptionnelle du fait de l’empreinte qu’elle a laissée à l’époque ou
plus tard dans les esprits ou sur la société.

Pour nombre de biens, les influences ou échanges se manifestent par la diffusion concrète
d’idées phares dans l’histoire de l’art, de l’architecture et de l’urbanisme ou dans l’histoire
de la technologie, dont témoignent les attributs du bien.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Les échanges au sein des sociétés et cultures et entre elles étant monnaie courante, le critère
veut que l’influence sur la culture ainsi fécondée et les valeurs transmises soient considérables.
L’apport d’un trait culturel mineur, ou d’une valeur dont l’influence a été minime n’est pas
jugé suffisant.

De plus, les valeurs ou influences transmises doivent transparaître de quelque façon dans le
bien proposé pour inscription et ses attributs. Un échange d’influences dont le bien ne porte
pas la marque ne peut justifier son inscription.

Il n’est généralement pas approprié d’invoquer ce critère à l’appui d’une proposition concer-
nant un exemple bien préservé d’un certain type de bien, pour lequel il vaut mieux invoquer
d’autres critères.

EXEMPLE
Samarkand – carrefour de cultures (Ouzbékistan)

La ville historique de Samarkand représente un carrefour et un lieu de synthèse des cultures


du monde entier. Fondée au VIIe siècle avant l’ère chrétienne sous le nom d’Afrasyab,
Samarkand connut son apogée à l’époque timouride, du XIVe au XVe siècle. Les principaux
37
1 Présentation générale du patrimoine mondial

monuments, qui comprennent la mosquée


et les médersas du Registan, ont influé sur le
développement de l’architecture islamique
Ta b l e d e s m a t i è r e s

dans toute la région, depuis la Méditerranée


jusqu’au sous-continent indien.

© M & G Therin-Weise
Bien également inscrit en vertu des critères (i)
et (iv).

➤ Critère (iii) : apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une


tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue

Contrairement au critère (ii), ce critère a trait aux processus, c’est-à-dire aux traditions cultu-
relles qui, généralement au fil d’une longue période de temps, ont modelé le style de vie ou
la civilisation propre à une région géoculturelle. Ces traditions peuvent être encore vivaces
ou s’être atrophiées, auquel cas le bien en est le vestige. Il peut s’agir de méthodes de
construction, d’aménagement de l’espace, ou d’organisation urbaine. Les traditions peuvent
aussi être immatérielles, mais avec des résultats matériels, comme l’art rupestre qui peut être
le reflet d’idées ou de traits culturels.

Les mots importants sont « témoignage exceptionnel ». Le bien doit être, de manière mani-
feste, le témoignage d’une tradition culturelle ou d’une civilisation.

La tradition culturelle ou civilisation doit s’apprécier du point de vue de sa valeur universelle


exceptionnelle. Elle doit incarner « des idées de caractère universel, communes à toutes les
cultures humaines ou les intéressant toutes » (Réunion d’experts du patrimoine mondial,
Amsterdam, 1998). En d’autres termes, la tradition culturelle ou civilisation ne doit pas se
manifester exclusivement à travers des idées qui n’étaient importantes qu’à ses propres yeux.

Une civilisation doit en principe avoir perduré pendant une longue période de temps, pré-
senter un caractère organisé ou des traits unificateurs et être commune à un groupe assez
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

important. Les sociétés relativement éphémères, les groupes sans caractère organisé ni traits
unificateurs marqués, ou encore très restreints, ne sont pas nécessairement considérés comme
représentant une civilisation.

EX EM PL E
Centre historique de Macao (Chine)

Macao est un témoignage unique de la pre-


mière et de la plus durable des rencontres entre
l’Occident et la Chine. Du XVIe siècle au XXe siè-
cle, elle a été le point de convergence des mar-
chands et des missionnaires et le foyer de
différents domaines de connaissance. Le mé-
© Serge Dos Santos

lange des différentes cultures qui caractérise le


centre historique de Macao est le fruit de cette
rencontre.

Bien également inscrit en vertu des critères (ii),


(iv) et (vi).
38
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble ar-
chitectural ou technologique ou de paysage illustrant une période ou des périodes
significative(s) de l’histoire humaine

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Ce critère considère le caractère exceptionnel du bien proposé pour inscription du point de
vue typologique en tant qu’illustration d’une ou de plusieurs périodes significatives de
l’histoire.

En essence, le bien doit de quelque façon présenter un lien avec un ou des moments décisifs
de l’histoire humaine ou une ou plusieurs périodes de cette histoire. Il doit être le fruit de ce
ou ces moments ou de cette ou ces périodes significatives de l’histoire humaine, ou en porter
la marque. Le moment historique doit être réputé avoir une importance exceptionnelle, tout
comme ses répercussions. La période peut appartenir à l’histoire politique ou économique,
ou encore à l’histoire artistique ou scientifique, et doit avoir exercé une influence durable.

Le bien doit être l’illustration exceptionnelle d’une période significative de l’histoire humaine.
Cette période devra être considérée par rapport au contexte régional et mondial et y occuper
une place de choix. Il ne suffit pas qu’une période ait de l’importance dans l’histoire d’un
seul pays si elle n’a pas eu de répercussions considérables pour toute une région ou pour
l’ensemble du monde. L’élément temporel entre aussi en compte. La période doit être définie
par rapport à l’histoire d’une culture et de ses cycles de continuité et de changement. Une
période artificiellement délimitée (comme « le XVIIIe siècle ») ne constitue pas un cadre sa-
tisfaisant. Pour être significative, la période doit avoir son importance propre et s’inscrire dans
un contexte culturel.

Il convient donc d’utiliser le critère en relation avec des « prototypes » remarquables ou des
exemples fortement représentatifs d’un type de bien particulier.

Il n’est pas censé encourager ni autoriser l’inscription d’un exemple de chaque type d’édifice,
d’ensemble ou de paysage dans le monde, quand bien même cet exemple serait exceptionnel.

L’ICOMOS a réalisé un certain nombre d’études sur des types de bien tels que chemins de fer,
canaux, art rupestre et ponts, afin de permettre une évaluation objective de certains types de
bien proposés pour inscription (voir [Link] On consultera aussi avec
profit la série de bibliographies par thèmes et régions établies par le Centre de documentation Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
de l’ICOMOS ([Link]

EXEMPLE
Canal Rideau (Canada)

Le canal Rideau est un exemple remar-


quable et bien préservé d’un vaste sys-
tème de navigation, qui a été utilisé à des
fins militaires à une époque importante
© UNESCO/Khaled Hamada

de l’histoire humaine – marquée par la


lutte pour le contrôle de la partie septen-
trionale du continent américain.

Le bien proposé pour inscription com-


prend tous les éléments principaux du
canal d’origine, ainsi que des modifica-
tions pertinentes apportées ultérieurement au lit du cours d’eau, aux barrages, aux ponts,
aux fortifications, aux postes d’éclusage, et aux ressources archéologiques qui leur sont liées.
Le plan originel du canal ainsi que la configuration des chenaux sont restés intacts. Depuis
39
1 Présentation générale du patrimoine mondial

sa construction, le canal Rideau a rempli sans interruption la fonction dynamique de voie


navigable qui lui avait été assignée à l’origine. La plupart de ses portes d’écluse et de ses
vannes d’arrêt sont encore actionnées par des treuils manuels.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Bien inscrit également au titre du critère (i).

Critère (v) : être un exemple éminent d’établissement humain traditionnel, de l’uti-


lisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d’une culture
(ou de cultures), ou de l’interaction humaine avec l’environnement, spécialement
quand celui-ci est devenu vulnérable sous l’effet d’une mutation irréversible

Les établissements traditionnels peuvent être urbains ou ruraux. L’élément déterminant de


➤ ce critère est que le bien doit être représentatif d’une culture (ou de cultures) particulière(s),
et ce d’une manière par certains égards exceptionnelle. On pense parfois que l’accent est
mis sur l’effet d’une mutation irréversible, un bien qui risque d’être affecté par une telle mu-
tation acquérant de ce fait une valeur exceptionnelle. Ce n’est pas exact. La vulnérabilité
peut être liée à la raréfaction d’un type d’établissement ou d’une utilisation du territoire au-
trefois très répandu, et dont il ne subsiste peut-être plus aujourd’hui qu’un unique exemple.

Les mots importants sont « utilisation du territoire ». Pour être considéré comme traditionnel,
l’exemple d’établissement ou d’utilisation du territoire doit couvrir une période raisonnable-
ment longue.

L’exemple d’établissement ou d’utilisation doit aussi être exceptionnellement représentatif


d’une culture ou de l’interaction humaine avec l’environnement. En d’autres termes, il doit
avoir joué un rôle important dans la vie culturelle, ou l’interaction humaine doit présenter
un intérêt universel.

L’ICOMOS a élaboré un certain nombre d’études thématiques mondiales, par exemple sur
les paysages viticoles, ainsi que des études thématiques régionales, en vue de fournir des
éléments d’appréciation objectifs pour certains types d’établissements de paysages (voir
[Link]

EX EM PL E
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Paysage d’agaves et anciennes installations industrielles de Tequila (Mexique)

Le site de 34 658 ha s’étend du pied du volcan Tequila jusqu’au canyon du Rio Grande. Il
comprend de vastes paysages d’agaves bleus, façonnés par la culture de cette plante qui est
utilisée depuis le XVIe siècle pour produire la tequila et depuis au moins 2 000 ans pour fa-
briquer des boissons fermentées et des textiles. On trouve dans ce paysage des distilleries en
activité qui reflètent l’essor de la consommation internationale de tequila aux XIX e et XXe
siècles. Aujourd’hui, la culture de l’agave
est considérée comme un élément intrin-
sèque de l’identité nationale mexicaine.
La zone englobe un paysage vivant et
exploité de champs d’agaves bleus et
© Nonimation File/ Carlo Tomas

les peuplements urbains de Tequila,


El Arenal et Amatitan, abritant de
grandes distilleries où le cœur de l’agave
(l’« ananas ») est fermenté et distillé. La
zone comprend également des sites
archéologiques qui contiennent des té-
moignages de la culture teuchitlan qui a
40
Présentation générale du patrimoine mondial 1

façonné la zone de Tequila de 200 à 900 apr. J.-C., notamment à travers la création de ter-
rasses pour l’agriculture, d’habitations, de temples, de tertres cérémoniels et de terrains de
jeu de balle.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
L’ensemble de champs, de distilleries, d’haciendas et de villes qui composent le paysage
est un exemple exceptionnel d’établissement humain et d’exploitation du sol de type tra-
ditionnel, représentatif d’une culture propre à Tequila.

Bien également inscrit au titre des critères (ii), (iv) et (vi).

Critère (vi) : être directement ou matériellement associé à des événements ou


des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et lit-
téraires ayant une signification universelle exceptionnelle (le Comité considère
que ce critère doit de préférence être utilisé conjointement avec d’autres critères) ➤

La plupart des critères impliquent différentes sortes d’associations immatérielles avec des
éléments divers – événements historiques, dirigeants politiques, guerres et conflits,
conceptions de l’urbanisme ou innovations structurelles, mais ils ont trait aux effets
concrets de ces associations. Ce critère-là, en revanche, concerne des associations qui,
sans avoir nécessairement d’effets concrets sur le bien lui-même, se manifestent néan-
moins de manière claire et directe. Une montagne ou un paysage peut, par exemple,
avoir été un lieu sacré ou une source d’inspiration pour des peintres, des artistes ou des
musiciens, ou encore être associé à tel ou tel événement revêtant lui-même une impor-
tance exceptionnelle.

Pour justifier l’invocation de ce critère, il faut, tout d’abord, se référer à des événements,
des traditions, des idées, des croyances ou des œuvres littéraires ou artistiques dont on
établit la valeur universelle exceptionnelle, puis mettre en évidence leur association di-
recte ou matérielle avec le bien.

Du fait que la Convention du patrimoine mondial porte sur des biens, le critère ne peut
être invoqué que si des aspects physiques du bien ont une valeur universelle exception-
nelle, si le bien satisfait à au moins un autre critère, et s’il peut être protégé en vertu
d’attributs reconnus qui lui confèrent une valeur universelle exceptionnelle. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

On ne peut inscrire sur la Liste du patrimoine mondial des événements, des traditions,
des idées, des croyances ou des œuvres artistiques ou littéraires, mais on peut y inscrire
des biens qui leur sont directement ou matériellement associés. Ainsi, une religion, ou
un mouvement, qui a une valeur universelle exceptionnelle et est directement ou maté-
riellement symbolisée par un bien peut justifier son inscription. Toutefois, la Liste ne peut
pas inclure tous les temples, sanctuaires ou églises des grandes religions du monde. Le
bien doit être un exemple exceptionnel d’une telle association directe ou matérielle.

De plus, un lien avec le berceau ou le foyer principal d’une religion particulière est consi-
déré comme ayant plus de poids qu’une association avec un lieu utilisé pour propager
cette foi dans un contexte particulier.

Il convient de noter que, même s’il existe quelques exceptions, les Orientations indi-
quent clairement que le critère doit être invoqué conjointement avec d’autres plutôt
qu’isolément.

41
1 Présentation générale du patrimoine mondial

EX EM PL E
Arc géodésique de Struve (Bélarus, Estonie,
Fédération de Russie, Finlande, Lettonie, Lituanie,
Ta b l e d e s m a t i è r e s

République de Moldova, Norvège, Suède et Ukraine)

La mesure de cet arc, et ses résultats, est directement


associée aux questionnements de l’homme sur la forme

© UNESCO / Vesna Vujicic-Lugassy


et la taille de la Terre. Elle est liée à la théorie d’Isaac
Newton selon laquelle la planète n’était pas parfaite-
ment sphérique.

Bien également inscrit en vertu des critères (ii) et (iii).

Critère (vii) : représenter des phénomènes naturels remarquables ou des aires d’une
beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles

Ce critère met en avant deux concepts distincts. Le premier, celui de « phénomènes naturels
remarquables » (la version anglaise dit « superlatifs »), se prête souvent à une appréciation
et des mesures objectives (par exemple le canyon le plus profond, le plus haut sommet, le
plus vaste ensemble de grottes, la chute d’eau la plus haute, etc.).

Le deuxième concept, celui de « beauté naturelle et importance esthétique exceptionnelles »,


est plus difficile à apprécier. Le critère s’applique à des biens naturels considérés comme pos-
sédant ces qualités à un degré exceptionnel. S’agissant de sites naturels, les concepts de
beauté et d’importance esthétique donnent lieu à de nombreuses interprétations de caractère
intellectuel. Aucune n’est recommandée, et il est essentiel de se référer à une ou plusieurs
interprétations reconnues. On ne peut se contenter d’affirmer ces qualités sans présenter de
solides arguments à l’appui. Ce critère ne doit pas être confondu avec le critère culturel utilisé
pour reconnaître les qualités esthétiques des biens et des paysages culturels.

En outre, ce critère veut, par sa nature, que le bien proposé pour inscription appartienne à
un type commun à d’autres sites comparables, dont la distribution se déploie à l’échelle mon-
diale, plutôt que régionale, de sorte qu’il implique le recours à des normes de même ampleur
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

en matière de justification. L’élément esthétique a donc une application distincte des facteurs
pris en considération dans le cas de paysages culturels. L’évaluation de cet aspect se fonde
sur une comparaison avec des biens dont le Comité a déjà approuvé l’inscription en vertu de
ce critère et, dans la mesure du possible, s’appuie aussi sur une comparaison d’indicateurs
mesurables de l’intérêt paysager. La comparaison avec des biens déjà inscrits au titre du critère
considéré, et la pratique antérieure du Comité du patrimoine mondial et de l’UICN concer-
nant l’utilisation de ce critère sont d’autres éléments d’appréciation importants.

L’UICN prévoit de développer plus avant son travail thématique destiné à guider l’application
de ce critère et d’en présenter les résultats au Comité du patrimoine mondial en 2012. L’UICN
a noté aussi que l’application du critère (vii) était en principe examinée à la lumière d’un autre
critère « naturel ».

EX EM PL E
Réserve de biosphère du papillon monarque (Mexique)

La réserve de biosphère du papillon monarque est située dans une chaîne de montagnes à
environ 100 km au nord-ouest de Mexico. Sur ces 56 259 ha, chaque automne, des millions,
voire un milliard, de papillons provenant des vastes espaces nord-américains s’amoncellent
42
Présentation générale du patrimoine mondial 1

sur de petites parcelles forestières de la


réserve, colorant les arbres en orange et
faisant ployer les branches sous leur poids

© Nomination File/ Carlos Gottfried

Ta b l e d e s m a t i è r e s
collectif. Au printemps, ces papillons
reprennent une migration de 8 mois, vers
l’est du Canada avant de revenir au
Mexique. Durant cette période, quatre
générations successives naîtront et mour-
ront. Nous ignorons encore aujourd’hui
comment ils parviennent à retrouver leur
chemin vers le site d’hivernage.

Critère (viii) : être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de
l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques ➤
en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomor-
phiques ou physiographiques ayant une grande signification

Ce critère appelle une évaluation au niveau mondial, du fait de la distribution des éléments
géomorphologiques à l’échelle du globe et du point de vue nécessaire pour embrasser les
4,6 milliards d’années de l’histoire de la planète, ainsi que l’évolution de sa géographie. Sont
pris en considération les biens associés à des découvertes qui ont radicalement transformé
notre compréhension de l’histoire de la planète et de ses processus géologiques, plutôt que
des éléments couvrant un champ peu étendu et extrêmement spécialisés. Certaines propo-
sitions d’inscription d’éléments géologiques faisant appel à des connaissances spécialisées,
l’UICN prend conseil auprès d’experts en la matière. Le critère fait intervenir quatre aspects
des processus naturels, distincts mais étroitement liés, qui relèvent de la géologie et de la
géomorphologie, à savoir :

• L’histoire de la terre : Cette sous-catégorie d’éléments géologiques comprend les traces


de phénomènes qui témoignent d’événements importants dans l’évolution passée de la
planète, comme la dynamique de l’écorce terrestre, l’orogenèse et la formation tectonique
des plaques, la dérive des continents et la formation de zones de fracture (rifts), les impacts
de météorites et les changements du climat dans le passé géologique. Les biens relevant
de cette catégorie dont on pourrait envisager l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
sont en principe associés à des découvertes majeures qui ont contribué à notre compré-
hension générale des processus et des formes terrestres sur la base de séquences stratigra-
phiques ou d’associations de roches, plutôt que d’ensembles de fossiles.

• Le témoignage de la vie : Cette sous-catégorie comprend les sites paléontologiques


(fossilifères). L’UICN a établi la liste de contrôle (voir encadré) en vue de l’évaluation des
propositions d’inscription de tels sites.

• Les processus géologiques significatifs en cours dans le développement des formes


terrestres : Les sites géomorphologiques témoignent de processus géologiques en cours
et de leurs relations avec des formes terrestres et des paysages (physiographie). Ce sous-
ensemble des éléments visés par le critère (viii) comprend les processus géomorphologiques
actifs tels que ceux qui sont en rapport avec les glaciers, les montagnes, les déserts, les vol-
cans en activité, les cours d’eau et les deltas, les îles et les côtes.

• Les éléments géomorphiques ou physiographiques significatifs : Ce sous-ensemble


comprend les formes terrestres qui sont le produit de processus actifs, et est étroitement
lié à la prise en compte des processus énumérés plus haut. En relèvent aussi les éléments
résultant de périodes d’activité antérieures ou prolongées, tels que les reliefs glaciaires
43
1 Présentation générale du patrimoine mondial

relictuels, les systèmes volcaniques éteints et les reliefs karstiques. Ces éléments sont parfois
considérés en relation avec l’application du critère (vii), eu égard aux qualités esthétiques
de certains reliefs spectaculaires.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Liste de contrôle établie par l’UICN pour l’évaluation des sites fossilifères

1. Le site contient-il des fossiles qui couvrent une période étendue du temps géologique ?
C’est-à-dire : quelle est la largeur de la fenêtre géologique ?

2. Le site contient-il des spécimens d’un nombre limité d’espèces ou des assemblages
biologiques complets ? C’est-à-dire : quelle est la richesse du site en diversité des espèces ?


3. Dans quelle mesure le site est-il unique du point de vue des spécimens fossiles de cette
époque géologique particulière ? C’est-à-dire : est-ce le type de localité à étudier ou
existe-t-il des régions semblables pouvant lui être substituées ?

4. Y a-t-il, ailleurs, des sites comparables qui contribuent à la connaissance de l’« histoire »
complète de cette fraction du temps et de l’espace ? C’est-à-dire : la désignation d’un
seul site est-elle suffisante ou faut-il considérer une désignation en série ?

5. Ce site est-il le seul endroit ou l’endroit le plus important où des progrès scientifiques
majeurs ont été (ou sont) faits qui contribuent fortement à la connaissance de la vie sur
terre ?

6. Quelle probabilité y a-t-il de faire de nouvelles découvertes dans ce site ?

7. Dans quelle mesure ce site suscite-t-il l’intérêt international ?

8. D’autres caractéristiques naturelles importantes (paysage, topographie, végétation)


sont-elles associées au site ? Existe-t-il dans les environs des processus géologiques ou
biologiques en rapport avec le site fossilifère ?

9. Dans quel état de conservation se trouvent les spécimens contenus dans le site ?
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

10. Les fossiles permettent-ils de comprendre l’état de conservation de taxons et/ou commu-
nautés contemporains ? C’est-à-dire : dans quelle mesure le site permet-il de comprendre
les conséquences pour la faune et la flore modernes, de l’évolution de la situation dans le
temps ?

Source : UICN, 1996.

L’UICN a entrepris une étude thématique mondiale sur le patrimoine mondial géologique
(Dingwall, Weighell et Badman, 2005) qui contient de plus amples indications concernant le
critère considéré, et permet de mieux apprécier la portée de la Liste du patrimoine mondial
à travers la présentation de treize groupes thématiques de biens géologiques différents.

44
Présentation générale du patrimoine mondial 1

EXEMPLE
Wadi Al-Hitan (La vallée des Baleines) (Égypte)

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Wadi Al-Hitan, la vallée des Baleines, dans le désert
occidental de l’Égypte, contient des restes fossiles
inestimables du plus ancien, et maintenant éteint,
ordre des baleines archaeoceti. Ces fossiles repré-
sentent l’une des étapes les plus importantes de
l’évolution : les débuts de la baleine en tant que

© UNESCO / Véronique Dauge


mammifère marin après avoir été mammifère
terrestre. C’est le plus grand site au monde témoi-
gnant de cette époque de l’évolution. Il montre
très clairement l’aspect et la vie de ces baleines
pendant leur transition. Le nombre, la concentra-
tion et la qualité de ces fossiles sont uniques, tout ➤
comme leur accessibilité et leur présence dans un
paysage attrayant et protégé. Les fossiles d’Al-Hitan montrent des jeunes archéocètes, dans
les dernières étapes de la perte de leurs membres postérieurs. D’autres fossiles présents sur
le site permettent la reconstruction de l’environnement et des conditions écologiques de
cette époque.

Critère (ix) : être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques


et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et
communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins

L’évaluation relative à ce critère repose sur la connaissance et la compréhension scientifiques


des écosystèmes terrestres et des processus écologiques et biologiques associés à leur dyna-
mique. Pour pouvoir la conduire de manière objective, l’UICN et ses partenaires ont réalisé un
certain nombre d’études thématiques, portant par exemple sur les forêts, les marais, les zones
marines et côtières, les montagnes, les petits écosystèmes insulaires et les forêts boréales. Ces
études, qui ont servi de guide pour les évaluations, sont disponibles à l’adresse suivante :
[Link]

EXEMPLE Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Forêts humides de l’Atsinanana
(Madagascar)
© The Wildlife Conservation Society /

Les forêts humides de l’Atsinanana com-


prennent six parcs nationaux répartis le
long des marges orientales de l’île. Ces fo-
rêts anciennes sont très importantes pour
le maintien des processus écologiques né-
Rusell Thorstron

cessaires à la survie de la biodiversité


unique de Madagascar. Celle-ci reflète
l’histoire géologique de l’île : en raison de
sa séparation des autres masses terrestres
il y a plus de 60 millions d’années, Madagascar abrite une flore et une faune qui ont évolué
isolément. Inscrites pour leur importance tant pour les processus écologiques que biologiques,
les forêts humides le sont également pour leur biodiversité et les espèces menacées qu’elles
hébergent, notamment pour les primates et les lémuriens.

Bien également inscrit au titre du critère (x).

45
1 Présentation générale du patrimoine mondial

Critère (x) : contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus impor-
tants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où sur-
vivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point
Ta b l e d e s m a t i è r e s

de vue de la science ou de la conservation

Il existe un certain nombre d’outils qui facilitent l’évaluation relative à ce critère, parmi lesquels
la Liste rouge de l’UICN, le répertoire des « centres de diversité végétale », celui des « zones
de conservation des espèces ornithologiques importantes », les « points névralgiques de la
biodiversité » de Conservation International, et le répertoire « Global 200 Ecoregions for
Saving Life on Earth » du WWF. La bibliographie figurant à la fin du présent manuel contient
une liste de documents de référence qui sont régulièrement consultés à cet égard.

On trouvera de plus amples informations sur l’application de ces systèmes de classification mon-
➤ diaux dans le document de synthèse présenté à la Réunion spéciale d’experts de la Convention du
patrimoine mondial sur le thème « Le concept de valeur universelle exceptionnelle », Kazan, 2005
(UICN), disponible à l’adresse suivante : [Link]/downloads/kazan_abs_french.pdf

EX EM PL E
Archipel de Socotra (Yémen)

L’archipel de Socotra, situé dans le


nord-ouest de l’océan Indien, près du

© Nomination File/ Mario Caruso


golfe d’Aden, s’étend sur 250 km. Il
comprend quatre îles et deux îlots ro-
cheux qui semblent prolonger la Corne
de l’Afrique. Il est exceptionnel par sa
grande diversité de plantes et son taux
d’endémisme : 37% des 825 espèces
de plantes présentes, 90% des espèces
de reptiles et 95% des espèces d’escar-
gots terrestres ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde. En ce qui concerne les oiseaux,
le site héberge des populations importantes sur le plan mondial (192 espèces dont 44 se re-
produisent dans les îles et 85 sont des migrateurs réguliers) dont quelques espèces menacées.
La vie marine de Socotra est aussi très diverse, avec 253 espèces de coraux bâtisseurs de récifs,
730 espèces de poissons côtiers et 300 espèces de crabes, homards et crevettes.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Biens en série et biens transfrontaliers

En général, les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial occupent une aire unique,
située à l’intérieur des frontières d’un seul État partie. Cette aire peut être vaste, comme c’est
le cas de certains paysages tels que le paysage culturel de Champassak, comprenant Vat
Phou et les villes anciennes qui lui sont associées, sur le territoire de la République démocra-
NOTRE C ONSEIL tique populaire lao (39 000 ha). Elle peut aussi être très restreinte, comme le Mémorial de la
Paix d’Hiroshima (Dôme de Genbaku) au Japon (0,4 ha). Les sites peuvent par ailleurs être
Indiquez clairement
naturels, culturels ou mixtes.
quel est le type de
bien faisant l’objet
En outre, on distingue un certain nombre de types de biens spéciaux :
de la proposition
• biens transfrontaliers ;
d’inscription.
• biens en série ;
• biens en série transnationaux (paragraphes 134 à 139 des Orientations).

Ces types de biens spéciaux sont examinés ci-après. Dans tous les cas, il importe de bien
saisir et d’expliquer clairement la logique à laquelle obéit la sélection des éléments considérés
46
Présentation générale du patrimoine mondial 1

comme faisant partie du bien proposé pour inscription (voir section 3, p.80-83). On se référera
utilement au document sur les biens en série intitulé Nominations and Management of Serial
Natural World Heritage Properties – Present Situation, Challenges and Opportunities (Engels,

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Ohnesorge et Burmester, 2009).

BIENS TRANSFRONTALIERS

Ces biens occupent une aire terrestre ou maritime continue qui s’étend par-dessus les fron-
tières de deux États parties contigus ou plus.

Les biens transfrontaliers offrent entre autres avantages la possibilité de regrouper en un en-
semble unique tous les biens et attributs qui présentent une valeur universelle exceptionnelle,
quelles que soient les frontières politiques en vigueur. Ils donnent ainsi un exemple de
coopération internationale et pacifique en faveur d’un patrimoine partagé par plusieurs pays ➤
et encouragent une telle coopération.

L’établissement d’une proposition d’inscription et la mise en œuvre d’un dispositif permanent


de protection et de gestion exigent parfois un surcroît d’efforts du fait de la nécessité de
coordonner les dispositifs institutionnels de différents pays. Les mécanismes de protection et
de gestion et les ressources pouvant être mobilisées pour gérer, mettre en valeur et conserver
le site peuvent différer d’un pays à l’autre. Pour résoudre ces questions, il est recommandé
dans les Orientations de créer un comité de gestion mixte ou un organe consultatif similaire
chargé de la gestion du bien.

De plus, les éléments situés de part et d’autre d’une frontière peuvent ne pas être dans un
état de conservation identique, ce qui va compliquer la gestion future de l’ensemble du bien.

EXEMPLES

Parc de Muskau /
.
Parc Muzakowski
(Allemagne et Pologne)

Ce parc paysager de 559,90 ha, Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
situé de part et d’autre de la
Neisse et de la frontière germano-
polonaise, a été créé par le prince
Hermann von Pückler-Muskau
© Jaroslaw Wnorowski

entre 1815 et 1844. S’inscrivant


harmonieusement dans le paysage
agricole environnant, ce parc a
inauguré de nouvelles conceptions
paysagères et influencé le dévelop-
pement de l’architecture paysa-
gère en Europe et en Amérique. Conçu comme un « tableau de verdure », il ne cherchait
pas à évoquer un paysage classique, une image de l’Éden ou quelque perfection perdue,
mais exploitait la flore locale pour exalter les qualités intrinsèques du paysage existant. Ce
paysage intégré se prolonge jusqu’à la ville de Muskau, avec des zones de verdure constituant
des parcs urbains qui encadraient les zones urbanisées. La ville devenait ainsi une des com-
posantes d’un paysage utopique. Le site comprend également un château reconstruit, des
ponts et un arboretum.

47
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Ta b l e d e s m a t i è r e s

POLOGNE

ALLEMAGNE

Identification du bien
1:25 000
Zone proposée pour
inclusion sur la Liste du
patrimoine mondial de
l’UNESCO
Zone tampon
--- Frontière commune
--- Frontière d’état
Pologne/Allemagne

Topographische Karte – Source :


4450 Bad Muskau – 1999 Dossier d’inscription.

Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria


(Zambie et Zimbabwe)

Elles figurent parmi les chutes d’eau les


plus spectaculaires du monde. Le Zam-
bèze, large de plus de 2 km à cet en-
droit, s’engouffre avec fracas dans une
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

© UNESCO / Nana Thiam

série de gorges de basalte, provoquant


une brume irisée visible à plus de 20 km
de distance.

BIENS EN SÉRIE

Les biens en série sont un ensemble d’éléments ou aires individuels ou distincts qui ne se re-
groupent pas à l’intérieur d’un périmètre unique. Ces éléments peuvent être très proches ou
géographiquement distants les uns des autres, mais ils se situent tous sur le territoire d’un
même pays. Les biens en série transnationaux sont examinés plus loin.

Les biens en série peuvent inclure deux ou plusieurs éléments constitutifs connectés par des
liens clairement définis :
a) Les éléments constitutifs devraient refléter les liens culturels, sociaux ou fonctionnels à travers
le temps, qui fournissent, là où c’est pertinent de le faire, une connectivité de paysage, éco-
logique, évolutionnaire ou d’habitat.

48
Présentation générale du patrimoine mondial 1

b) Chaque élément constitutif devrait contribuer à la valeur universelle exceptionnelle du bien


dans son ensemble d’une manière substantielle, scientifique, facilement définie et perceptible
et pourrait inclure, entre autres choses, des attributs immatériels. La valeur universelle ex-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
ceptionnelle résultante devrait être facilement compréhensible et communiquée.
c) Systématiquement, et dans le but d’éviter une fragmentation excessive des éléments consti-
tutifs, le processus d’inscription du bien, incluant la sélection des éléments constitutifs, devrait
prendre pleinement en considération la gestion dans son ensemble et la cohérence du bien.
et à condition que la série dans son ensemble – et non nécessairement ses différentes parties
– ait une valeur universelle exceptionnelle (paragraphe 137 des Orientations).

Dans certains cas, les éléments ou aires distincts peuvent se situer au cœur d’une même zone
tampon.

Le concept de bien en série peut éviter la tentation de définir un périmètre unique englobant
la totalité des éléments, et renfermant de ce fait de vastes étendues dépourvues de tout attribut ➤
d’une valeur universelle exceptionnelle.

Cette approche peut compliquer la proposition d’inscription en raison du nombre d’aires dis-
tinctes à prendre en considération, chacune d’elles devant être traitée dans le dossier. De plus,
la protection, la conservation et la gestion acquièrent une complexité accrue du fait que chaque
élément peut nécessiter des mécanismes différents, même si tous se situent sur le territoire
d’un même pays. Pour lever ces difficultés, les Orientations notent qu’il est essentiel de coor-
donner la gestion des différents éléments.

Il serait malavisé d’opter dans certains cas pour la formule du bien en série de façon à enfermer
les éléments dans des limites excessivement restrictives. Comme on l’a noté ailleurs, le tracé
de ces limites et l’application du principe du bien en série doivent être dictés par les valeurs,
l’authenticité et l’intégrité.

EXEMPLES

Églises baroques des Philippines (Philippines)

Ces quatre églises, situées dans les villes de Manille, Santa Maria, Paoay et Miag, et dont la
première fut construite dès la fin du XVIe siècle par les Espagnols, sont représentatives d’un style Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
unique en son genre où le baroque européen a été réinterprété par les artisans philippins et
chinois.
© OUR PLACE – The World Heritage Collection

49
1 Présentation générale du patrimoine mondial
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Source : ArtPostAsia
Pte Ltd © 2005.
Carte issue de la
publication : Living
Landscapes and
Cultural Landmarks –
World Heritage Sites in
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

the Philippines.

Sites fossilifères de mammifères


(Riversleigh / Naracoorte) (Australie)

Riversleigh et Naracoorte, respectivement au


nord et au sud de l’Australie-Méridionale,
comptent parmi les dix sites fossilifères les
plus importants du monde. Ces sites illustrent
© UNESCO

admirablement les étapes clés de l’histoire de


la Terre, et notamment l’évolution de la vie, en
particulier celle des mammifères du milieu à la
fin du tertiaire en Australie (Riversleigh), et
constituent un témoignage exceptionnel de l’évolution des vertébrés terrestres au cours de
170 000 dernières années (Naracoorte), et d’importants processus géologiques en cours.

50
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Ta b l e d e s m a t i è r e s

Source : Département de
l’environnement, de l’eau,
du patrimoine et des arts.
Gouvernement australien.

Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

BIENS EN SÉRIE/TRANSNATIONAUX

Les biens en série transnationaux constituent un cas particulier, où les éléments se situent
sur le territoire de plusieurs pays.

De tels biens présentent les mêmes avantages et les mêmes difficultés que les biens trans-
frontaliers et les biens en série.

EXEMPLE

Cercles mégalithiques de Sénégambie (Gambie et Sénégal)

Ces quatre grands groupes de cercles mégalithiques constituent une concentration extraor-
dinaire – plus de 1 000 monuments – sur une bande de 100 km de large qui longe sur
350 km le fleuve Gambie. Les quatre groupes, Sine Ngayène, Wanar, Wassu et Kerbatch,
51
1 Présentation générale du patrimoine mondial

rassemblent 93 cercles et de nombreux


tumuli et monticules funéraires, dont cer-

© OUR PLACE – The World Heritage


tains ont été fouillés et ont révélé un ma-
Ta b l e d e s m a t i è r e s

tériel archéologique que l’on peut dater


entre le IIIe siècle av. J.-C et le XVIe siècle
de notre ère. Les cercles de pierres de laté-
rite soigneusement taillées et leurs tumuli
associés présentent un vaste paysage sacré

Collection
qui s’est constitué sur plus de 1 500 ans
et témoignent d’une société prospère,
pérenne et hautement organisée.


SÉNÉGAL

SÉNÉGAL
GAMBIE

Source : Dossier d’inscription.

Bassin d’Ubs Nuur (Fédération de Russie et


Mongolie)

Le bassin d’Ubs Nuur, qui s’étend sur une vaste


surface (1 068 853 ha), est le bassin fermé le
plus septentrional d’Asie centrale. Il tire son
nom de l’Ubs Nuur, un grand lac peu profond © M. Khulan

et très salé, qui joue un rôle important dans la


vie des oiseaux migrateurs, tant aquatiques que
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

marins. Le site, divisé en douze aires protégées,


comprend une vaste gamme d’écosystèmes qui représentent les principaux biomes de l’Eurasie
orientale. L’écosystème steppique entretient une riche diversité d’oiseaux et le désert un certain
nombre de gerbilles, gerboises et putois marbrés rares. Les montagnes sont d’importants refuges
pour le léopard des neiges (une espèce menacée), l’argali et le bouquetin d’Asie.

Fédération de
RUSSIE

MONGOLIE

Source : Dossier d’inscription.


52
Présentation générale du patrimoine mondial 1

Le schéma ci-dessous illustre les différences théoriques entre ces divers types de biens.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Biens transfrontaliers /
Biens nationaux – transnationaux –
un seul pays (A) deux pays ou plus (A, B et C)

Aire Bien national Bien transfrontalier


unique
A A


A

C
B

Aires Bien en série national Bien en série transnational


multiples : (différentes configurations possibles)
biens
en série A A

B
Série d’éléments liés entre eux,
chacun situé entièrement
dans un seul pays.

Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Série d’éléments liés entre eux,


certains à cheval sur deux pays ou plus.

A C

B
Biens en série pouvant comprendre des
éléments situés dans des pays n’ayant
pas de frontière commune. De tels cas
sont rares, et ne concernent en l’état
actuel de la Liste que des biens culturels
(par exemple Arc géodésique de Struve
et Frontières de l’Empire romain). Dans
l’exemple ci-dessus, des éléments sont
présents dans les pays B et C, mais non
dans le pays A.

53
2 Le travail de préparation

Pour aboutir, une proposition d’inscription doit être préparée avec soin. La présente partie
Ta b l e d e s m a t i è r e s

apporte des éclaircissements sur :


• les informations existantes concernant le bien qui faciliteront l’établissement de la propo-
sition d’inscription, et les recherches plus poussées qui sont nécessaires ;
• la constitution de l’équipe responsable et les ressources à mettre à sa disposition ;
• l’établissement d’un calendrier et les principales étapes.

Comme on l’a noté dans l’introduction du présent manuel, il y a de multiples façons de bien pré-
parer une proposition d’inscription, et l’on ne saurait proposer des « recettes » ni recommander
une méthode de travail plutôt qu’une autre. Néanmoins, les États parties trouveront ici des principes
de base et des indications susceptibles de les guider dans le choix d’une méthode appropriée.

2.1 Les informations existantes concernant le bien

Il importe de déterminer quelles sont les informations pertinentes déjà disponibles qui aide-
ront à établir la proposition d’inscription.

Quel que soit le bien, il est presque toujours nécessaire de regrouper toute la documentation
existante, laquelle est souvent éparpillée en de nombreux lieux différents. Dans le cas de
biens culturels, cette documentation comprendra les traditions orales, les résultats archéolo-
giques publiés, l’historique des mesures de conservation, les données touristiques, les régle-
mentations en matière de planification, etc. La plupart des biens nécessitent des recherches,
soit parce qu’il n’en pas été fait auparavant, soit parce que celles qui l’ont été sont incom-
plètes ou doivent être mises à jour.

Avant d’établir la proposition d’inscription, il est utile de rassembler les informations dont on
dispose et de déterminer si un travail supplémentaire est nécessaire en ce qui concerne :
• les recherches – celles qui ont déjà été faites et présentent une utilité sont-elles adéquates
ou faut-il en mener d’autres pour préciser les aspects qui font la valeur du bien et bien
comprendre le contexte mondial et culturel dans lequel s’inscrivent l’histoire et les attributs
du bien ?
• les inventaires – de quels inventaires du bien dispose-t-on et est-il nécessaire de les com-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

pléter ou de les actualiser ?


• la documentation – concernant les multiples renseignements demandés sur le formulaire
de proposition d’inscription – quels sont les documents existants et que manque-t-il éven-
tuellement pour établir un dossier complet ?
• les relations avec les parties prenantes – quelles sont les personnes qu’il convient d’associer
à la proposition d’inscription, notamment celles qui vivent à proximité du bien ou ont un
lien direct avec lui ? Dans quel contexte social, économique et politique le bien s’inscrit-il ?

Il est arrivé que le Comité du patrimoine mondial renvoie ou diffère des propositions d’ins-
cription qui n’étaient pas étayées par des recherches suffisantes.

2.2 Constitution d’une équipe

L’équipe responsable

L’établissement d’une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial nécessite


en général un travail d’équipe du fait de la complexité de la tâche, de la diversité des princi-
pales parties intéressées et des multiples compétences qui sont nécessaires.
54
Le travail de préparation 2

Les parties prenantes liées au bien sont généralement une importante source d’information
et de conseils. Il est le plus souvent utile, au moment de constituer une équipe, de commencer
par dresser la liste des principales parties prenantes. Pourraient y figurer ou y être représentés

Ta b l e d e s m a t i è r e s
le propriétaire ou gestionnaire du site, l’État partie, les organismes nationaux chargés du pa-
trimoine, les collectivités locales, les autres organismes publics, les communautés locales, les
groupes autochtones, les universités, les chercheurs et enseignants, les entreprises locales,
les opérateurs touristiques, les organisations non gouvernementales et les associations d’usa-
gers (pêcheurs, usagers des forêts, utilisateurs d’équipements et services de loisir, chercheurs,
etc.). Les comités nationaux de l’ICOMOS peuvent être également d’une aide précieuse dans
le cas de biens culturels. Les différents collaborateurs doivent représenter les divers aspects
qui font la valeur du bien et, dans l’idéal, avoir une bonne compréhension de l’intérêt inter-
national du bien. Parties prenantes et experts doivent faire partie de l’équipe responsable, y
être représentés, ou à tout le moins avoir un accès direct aux travaux de l’équipe et pouvoir
y contribuer. La composition de l’équipe doit pouvoir évoluer pour tenir compte des nouveaux
intérêts qui pourraient se faire jour. ➤

Il est essentiel de faire participer les groupes locaux au processus de proposition d’inscription
afin de leur permettre de partager avec l’État partie la responsabilité de veiller sur le bien,
d’assurer que le savoir local est proprement utilisé, et enfin, d’assurer que la situation locale
par rapport aux problèmes de perception et d’utilisation des ressources est comprise. De
même, on doit impérativement s’assurer la participation des autorités à tous les niveaux.

En général, il est indispensable de désigner un chef de projet unique, qui puisse assumer la
responsabilité de l’ensemble du processus de proposition d’inscription, y compris l’établisse-
ment du document final.

L’équipe peut jouer un rôle important de bien des façons, notamment en mobilisant des ap-
puis aux niveaux local, national et international en vue de la proposition d’inscription et de
la protection, de la conservation et de la gestion à long terme du bien.

On aura avantage dans certains cas à charger une équipe restreinte de l’établissement de la
proposition proprement dite, et de la faire assister dans sa tâche par un groupe plus large de
spécialistes. En général, une équipe est efficace quand elle est bien dirigée, solidement consti-
tuée et dotée d’un plan de travail clair et réaliste, prévoyant un certain nombre d’étapes clés.
Chaque membre de l’équipe pourrait se voir confier un rôle bien précis (par exemple, spé- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
cialiste d’un domaine particulier, représentant d’une communauté, responsable de la mise
au point rédactionnelle, etc.).

Il peut être utile de désigner au sein de l’équipe un noyau de spécialistes techniques ou


scientifiques qui sera chargé d’établir la déclaration de valeur universelle exceptionnelle. Un
exemple du fonctionnement d’un tel groupe est présenté à la section 3 (p.70-76).

Dans bien des cas, la proposition d’inscription est pour ces personnes la toute première oc-
casion de travailler ensemble. Cela est vrai pour tous les types de biens naturels et culturels
– y compris les parcs nationaux, les zones urbaines, les paysages culturels, le patrimoine ar-
chéologique ou les monuments. Pour établir la proposition d’inscription, il faut considérer le
bien sous de nombreux points de vue différents – science, histoire, archéologie, paysage,
conservation, gestion, équipements sociaux, tourisme, planification, entreprises, développe-
ment et réglementation. Si l’on veut que la proposition d’inscription prenne correctement
en compte toutes ces dimensions, il est utile de nouer un dialogue avec les diverses parties
pouvant représenter ces points de vue.

Il n’y a pas de solution idéale concernant la composition de l’équipe ou les méthodes de


travail. Il existe néanmoins de nombreux exemples qu’on pourra étudier avec profit.
55
2 Le travail de préparation

En résumé, voici nos principales recommandations concernant la constitution d’une équipe :


• la liste des principaux appuis ou parties prenantes (propriétaire ou gestionnaire du site, État
partie, organismes nationaux chargés du patrimoine, collectivités locales, communautés
Ta b l e d e s m a t i è r e s

locales, groupes autochtones, opérateurs touristiques, universités, experts, etc.) ;


• vérifier que le choix de savoir et d’expertise dans l’équipe reflète les divers éléments confé-
rant de la valeur au bien, et que cette équipe ait si possible une bonne compréhension de
l’intérêt international de celui-ci et qu’elle dispose de réseaux pour consulter un éventail
plus large de spécialistes ;
• ne pas hésiter à modifier la composition de l’équipe dans l’éventualité où de nouveaux in-
térêts se feraient jour ; mieux vaut néanmoins que la rédaction du dossier reste confiée à
la même personne ;
• envisager de charger un petit noyau de la proposition d’inscription proprement dite, qui
sera assisté par un groupe de spécialistes plus large ;
➤ • veiller à ce que l’équipe ait une direction clairement définie, comprenne les personnes
requises, ait une mission claire et un plan de travail réaliste prévoyant un certain nombre
d’étapes clés.

On ne saurait trop insister sur la nécessité d’adopter un plan de travail réaliste – une propo-
sition d’inscription élaborée à la hâte risque de laisser à désirer et de se heurter à un plus
grand nombre de difficultés au moment de l’évaluation.

Liste de vérification : les compétences importantes que doivent posséder


les membres de l’équipe

• Une bonne connaissance de la Convention du patrimoine mondial et des Orientations, et la


capacité d’en interpréter les éléments.

• La capacité de rechercher et comprendre l’information relative à d’autres biens inscrits sur la


Liste du patrimoine mondial qui ont des valeurs comparables, et de tirer de justes enseigne-
ments des rapports et décisions déjà adoptés par le Comité du patrimoine mondial et les
Organisations consultatives.

• La capacité :
– de rassembler et comprendre les informations concernant le bien proposé pour inscription et
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

ses valeurs, y compris les données scientifiques ;


– de gérer les différentes contributions des scientifiques, des experts et des partenaires locaux ;
– de rechercher à l’échelle mondiale, comprendre et évaluer les données relatives aux autres
biens ayant des valeurs comparables ;
– de dégager les éléments réellement significatifs au moment de définir les valeurs essentielles
du bien ;
– d’exposer ses conclusions de manière concise et précise, et de présenter des données claires
à l’appui ;
– de vérifier les analyses du bien et des valeurs dont il est crédité afin de s’assurer que les
déclarations présentées sont exactes et solidement étayées.

• Du fait des langues de travail imposées par la Convention, il peut être nécessaire de re-
courir aux services d’un traducteur techniquement qualifié pour s’assurer de la qualité et
de l’exactitude des informations et arguments présentés dans la proposition d’inscription.

• L’équipe restreinte doit réunir les compétences requises en matière de gestion, de planifica-
tion, d’exécution et de mise en valeur de manière à assurer une bonne articulation entre la
proposition d’inscription et la gestion du bien, conformément au plan ou système de gestion
indiqué dans la proposition d’inscription.

56
Le travail de préparation 2

Les ressources

Des ressources et aides financières adéquates seront nécessaires pour assurer le bon fonc-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
tionnement de l’équipe responsable et du processus de proposition d’inscription. Dès
le début, il convient d’évaluer ces besoins et d’identifier et de confirmer des sources de
financement.

Il est probable que ces sources seront principalement des mécanismes institués par l’État par-
tie, mais les pays admis à en bénéficier pourront peut-être obtenir aussi une aide du Fonds
du patrimoine mondial si le bien remplit les conditions requises (voir [Link]/fr/fonds
ou [Link]/en/funding). Un nombre croissant d’organisations à vocation régionale
telles que le Fonds africain du patrimoine mondial ([Link]) et le Pacific World Heri-
tage Fund (en cours de constitution) offrent aussi de telles possibilités. Le Fonds africain du
patrimoine mondial peut aider à financer l’établissement d’une proposition d’inscription et
fournir des informations et un appui technique. On peut aussi faire appel à des organismes ➤
promouvant des intérêts particuliers, voire obtenir un parrainage.

Dans certains cas, des ONG peuvent être d’un grand secours sur le plan du financement
comme des compétences requises.

Un autre point important auquel il faut réfléchir lors de l’établissement de la proposition


d’inscription est celui des ressources régulières qui seront disponibles pour financer durable-
ment la protection, la conservation et la gestion du bien.

Rôle possible de l’équipe après l’inscription du bien

La présentation d’une proposition d’inscription et l’inscription du bien ne marquent pas la


fin du processus. Certes, le présent manuel traite de l’établissement des propositions d’ins-
cription, mais il est bon de réfléchir au rôle que l’équipe constituée à cette fin pourrait jouer
à plus long terme dans la protection, la conservation, la gestion et le suivi du bien. Cette
équipe, éventuellement remaniée, pourrait, de manière permanente, prendre une part im-
portante à ces activités.

La préservation à long terme des biens du patrimoine mondial est assurée lorsque leur pro-
tection bénéficie du soutien réel de mécanismes sociaux et gouvernementaux plus larges. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
L’établissement de la proposition d’inscription est le moment de définir et mettre sur pied de
tels mécanismes, s’ils n’existent pas déjà. L’un de ces mécanismes pourrait être la création
d’une équipe chargée en permanence de la protection, de la conservation et de la gestion
du site.

2.3 Participation des groupes locaux et des autres parties prenantes

Les Orientations insistent à plusieurs reprises sur la nécessité d’encourager la participation


des groupes locaux et des autres parties prenantes concernées de manière générale par le
patrimoine mondial, et mentionnent expressément cette participation à propos des proposi-
tions d’inscription. Ces partenaires peuvent comprendre les propriétaires du bien, les ges-
tionnaires du site, les autorités locales et régionales, les communautés locales, les ONG et
toute autre partie intéressée.

Une telle participation est indispensable pour de multiples raisons, mais notamment parce
qu’il importe de susciter une vision commune du bien proposé pour inscription et un senti-
ment de responsabilité partagée concernant sa préservation future. Il ne peut y avoir de
véritable gestion intégrée si les parties prenantes n’y sont pas activement associées.
57
2 Le travail de préparation

Assurer une telle participation doit être une priorité dès le début du processus et tout au long
de l’établissement de la proposition d’inscription. Cette participation doit se poursuivre par
la suite, dans le cadre de la gestion permanente du bien.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

2.4 Suggestions concernant les grandes étapes de l’établissement


d’une proposition d’inscription

Pour bon nombre de biens, il peut être très utile d’aborder la proposition d’inscription comme
un processus comprenant au moins deux étapes, se situant un certain temps après l’établis-
sement d’une Liste indicative. La première étape consiste à :
• déterminer la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien ;
• s’assurer au moyen d’une analyse comparative que cette appréciation est justifiée ;
➤ • faire en sorte que le bien fasse l’objet de mesures de protection, de conservation et de ges-
tion appropriées.

Lors de la première étape, il convient en principe de constituer l’équipe responsable et de


mener à bien toutes les tâches décrites dans la partie 3 ci-après.

Une fois cette étape achevée, il est alors possible d’entreprendre la rédaction du dossier de
proposition d’inscription. Cette deuxième étape comprend les tâches décrites dans la partie 4
ci-après.

Même entrepris comme un projet d’un seul tenant, il est souvent préférable de concevoir le
travail comme comportant deux phases. Si l’on tente de rédiger la proposition d’inscription
avant d’avoir déterminé la valeur universelle exceptionnelle virtuelle, on risque d’accorder
trop d’importance aux aspects descriptifs et historiques et pas assez à ce qui doit être la ques-
tion centrale : qu’est-ce qui confère au bien une valeur universelle exceptionnelle virtuelle et
comment se propose-t-on de la préserver.

Procéder en deux étapes peut avoir un autre avantage : celui d’étaler en conséquence les
besoins financiers.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

58
3 Définition et analyse du bien

Il est essentiel d’avoir une parfaite connaissance du bien pour établir un dossier qui puisse

Ta b l e d e s m a t i è r e s
aboutir. On trouvera dans la présente partie des conseils sur la manière d’acquérir cette
connaissance, s’agissant en particulier des aspects qui jouent un rôle central dans la propo-
sition d’inscription.

3.1 Définition du bien : valeur universelle exceptionnelle virtuelle,


attributs et limites géographiques

Connaître le bien

Comme on l’a noté dans la section 2.1, il est utile, préalablement à l’établissement de la pro-
position d’inscription, de rassembler l’information et la documentation existantes et de dé- ➤
terminer s’il convient d’entreprendre un travail supplémentaire en ce qui concerne :
• les recherches – celles dont le bien a déjà fait l’objet sont-elles suffisantes ou faut-il les
pousser plus avant ?
• les inventaires – quels inventaires du bien existe-t-il et y a-t-il lieu de les compléter ou de
les actualiser ?
• la documentation – concernant les différentes catégories d’information demandées dans
le formulaire de proposition d’inscription, de quelles données dispose-t-on déjà et présen-
tent-elles des lacunes ?
• les relations avec les parties prenantes – qui doit être associé à l’établissement du dossier,
et notamment qui vit à proximité du bien ou a un lien direct avec lui ? Dans quel contexte
social, économique et politique le bien s’inscrit-il ?

Déterminer et définir la valeur universelle exceptionnelle virtuelle

L’objet essentiel du dossier de proposition d’inscription est d’apporter la preuve que le bien
peut être considéré comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. Dans l’idéal, cela est
fait au moment de l’inscription du bien sur la Liste indicative (voir le chapitre II.C des Orienta-
tions). Toutefois, un travail plus poussé est souvent effectué au moment d’entreprendre l’éta-
blissement de la proposition d’inscription. Ce travail détaillé peut être résumé comme suit :
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Analyse comparative Validation des critères


Analyse des valeurs à l’échelle du globe sur lesquels reposera
du bien et des visant à évaluer les la proposition
critères du valeurs du bien par d’inscription et
patrimoine mondial rapport à d’autres rédaction de la
pouvant biens comparables déclaration de valeur
s’appliquer à lui inscrits ou non sur universelle exception-
la Liste du patrimoine nelle mondiale
mondial

La valeur universelle exceptionnelle est ce qui fait que le bien est considéré comme important
et digne de la reconnaissance que constitue l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.
C’est un concept qui sous-tend l’ensemble de la Convention du patrimoine mondial.

Il s’agit de la valeur reconnue par le Comité du patrimoine mondial eu égard à l’intérêt inter-
national qui s’attache à un bien – et non pas de la valeur nationale ou locale de ce bien.
59
3 Définition et analyse du bien

Il est essentiel de bien connaître et de bien comprendre le bien et sa situation pour déterminer
les attributs qui pourraient lui conférer une valeur universelle exceptionnelle.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

NOTRE C ONSEIL
De fait, tant que la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien n’a pas été établie et
justifiée, il est impossible de développer bon nombre des autres aspects de la proposition
Il faut impérativement d’inscription, comme :
avoir une vision claire • les limites du bien, à définir en fonction de l’étendue des attributs pouvant conférer à celui-
de la valeur universelle ci une valeur universelle exceptionnelle ;
exceptionnelle. • les mesures précises qui seront prises pour assurer la protection, la conservation, la gestion
et la mise en valeur ou promotion de ces attributs.

Identifier et définir les valeurs nécessite à la fois des connaissances et de la méthode. Il est
souvent utile de planifier préalablement ce travail pour mettre autant que possible en évi-
➤ dence toutes les valeurs du bien, en vue de déterminer celles qui pourraient être citées à l’ap-
pui d’une proposition d’inscription.

Une fois les valeurs ainsi définies, il convient pour finir de les présenter dans un texte relati-
vement court qui pourrait être inclus dans la déclaration de valeur universelle exceptionnelle
aux fins de la proposition d’inscription (la déclaration sera examinée séparément plus loin).
Ce texte doit être une brève synthèse, qu’il n’est pas nécessaire de découper en plusieurs
sections, comprenant :
• une présentation du bien et de ses éléments, qui en offre une sorte de « photographie »
aux lecteurs qui ne le connaissent pas, et informe sur sa nature et, s’agissant plus particu-
lièrement des biens culturels, sa signification et les « histoires » qui lui sont associées ;
• un exposé des raisons pour lesquelles le bien pourrait être considéré comme ayant une
valeur universelle exceptionnelle ;
• un résumé des attributs qui pourraient conférer au bien une valeur universelle exceptionnelle.

Il s’agit donc d’un condensé de l’argumentation présentée à l’appui de la proposition


d’inscription.

À l’issue du processus, ce court paragraphe pourra être utilisé par l’UNESCO sur le site du
Centre du patrimoine mondial si le bien a été inscrit sur la Liste, pour permettre aux inter-
nautes de découvrir le bien et d’en comprendre l’importance.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Divers cadres de recherche pourront être élaborés afin de faciliter la compréhension des élé-
NOTRE C ONSEIL ments qui confèrent une valeur au bien. Seraient particulièrement utiles dans le cas de biens
culturels les cadres thématiques, chronologiques et régionaux ou typologiques précisant ceux
Les faits ne remplacent
qui figurent dans le document intitulé La Liste du patrimoine mondial : Combler les lacunes
pas de solides
– un plan d’action pour le futur (ICOMOS, 2005). En ce qui concerne les biens naturels, voir
arguments.
The World Heritage List: Guidance and Future Priorities for Identifying Natural Heritage of
Potential Outstanding Universal Value (UICN, 2006). Des recherches qui, par exemple, mon-
treraient que tel thème auquel le bien est fortement lié est universel seraient d’un grand se-
cours pour explorer les valeurs du bien.

Pour déterminer la signification et la valeur relative d’un bien culturel, il convient de com-
mencer par identifier le thème auquel il se rattache, puis de l’évaluer du double point de vue
chronologique et régional et, enfin, de décider du groupe typologique dont il sera fait état
dans la proposition d’inscription – monument, ensemble d’édifices ou site.

L’examen de la valeur universelle exceptionnelle comprend, outre l’évaluation des valeurs


culturelles, des vérifications concernant l’intégrité et l’authenticité, ainsi que la protection et
la gestion du bien. Ces autres facteurs sont examinés séparément plus loin.

60
Définition et analyse du bien 3

L’incapacité d’établir de façon convaincante la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du


bien est l’une des principales raisons de l’échec de certaines propositions d’inscription.
Quelques écueils parmi les plus courants :

Ta b l e d e s m a t i è r e s
• la difficulté de trouver le juste équilibre dans l’exposé de la signification du bien (ou, dans
le cas d’un bien culturel, de son « histoire ») en adoptant un point de vue ni trop général,
et donc trop vague (en se référant, par exemple, à l’histoire ou à la mémoire d’un mouve-
ment d’émancipation), ni trop étroit (en mettant en avant un hôpital ou un château d’un
certain type, une forme particulière de phénomène géologique ou la valeur que celui-ci
présente pour une espèce donnée) ;
• la tendance à affirmer la valeur universelle exceptionnelle en dressant une liste de qualités
que réunit le bien, sans faire ressortir une quelconque signification générale ;
• l’erreur consistant à justifier la proposition d’inscription par le seul intérêt national ou ré-
gional (et, par exemple, la signification et le symbolisme qui s’attachent au bien) ;
• l’utilisation, pour vanter les mérites du bien, de formules générales telles que « carrefour
des cultures » ou « site unique », sans aucune justification détaillée des raisons pour les- ➤
quelles le bien satisfait à un ou plusieurs critères relatifs au patrimoine mondial. Un caractère
unique n’est pas nécessairement synonyme de valeur universelle exceptionnelle ;
• l’idée erronée selon laquelle produire des preuves d’associations d’un bien culturel avec
toutes les époques depuis l’âge de la pierre jusqu’à nos jours revient à démontrer que ce
bien a une valeur universelle exceptionnelle ;
• l’absence d’analyse comparative utilisant un cadre mondial et géoculturel approprié.

VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE

Le bien répond Le bien répond Le bien satisfait


à un aux conditions aux
ou plusieurs d’intégrité prescriptions
des critères (et, le cas en matière
relatifs échéant, de protection
au patrimoine d’authenticité) et de gestion Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
mondial

Illustration des trois piliers de la valeur universelle exceptionnelle


telle que définie par la Convention du patrimoine mondial.
Le bien doit satisfaire à l’ensemble de ces conditions
pour être jugé présenter une valeur universelle exceptionnelle.

La valeur universelle exceptionnelle virtuelle est au cœur de la proposition d’inscription, mais


les biens ont aussi, invariablement, des valeurs locales et nationales. Il importe de bien com-
prendre aussi ces valeurs se situant à d’autres niveaux. Elles font toutes partie de la richesse
culturelle et naturelle du bien, et tout dispositif de préservation doit avoir pour objectif leur
protection, leur conservation et leur gestion intégrées. Pour comprendre les valeurs locales,
il faut consulter la population, et en particulier les éventuels groupes autochtones. La popu-
lation locale est une source d’information essentielle en ce qui concerne ces valeurs. On se
référera utilement à la publication intitulée L’union des valeurs universelles et locales –
la gestion d’un avenir durable pour le patrimoine mondial, Cahiers du patrimoine mondial,
n° 13 (de Merode, Smeets et Westrik, 2004).
61
3 Définition et analyse du bien

ÉTUDE DE CAS

Les différents niveaux de valeurs


culturelles
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Robben Island (Afrique du Sud)

Le site de Robben Island a été inscrit sur la


Liste du patrimoine mondial au titre des
critères suivants :

© UNESCO / F. Bandarin
Critère (iii) : Les bâtiments de Robben Island
témoignent de manière éloquente des
heures sombres de son histoire.

➤ Critère (vi) : Robben Island et ses bâtiments


carcéraux symbolisent le triomphe de l’esprit humain, de la liberté et de la démocratie sur l’oppression.

La gestion de l’île est une tâche complexe car il faut préserver de multiples couches de mémoire du fait
des nombreuses affectations du site au fil du temps :
• lieu de repos pour les marins hollandais ;
• sanatorium et lazaret pour les lépreux et les malades chroniques au XIXe siècle ;
• centre de détention de certains dirigeants de l’ère précoloniale pendant les guerres frontalière et d’occupation ;
• site militaire pendant la Seconde Guerre mondiale ;
• prison sous le régime de l’apartheid à partir des années 1960.

Définition des attributs et caractéristiques

Les biens du patrimoine mondial sont des lieux qui présentent une valeur universelle
exceptionnelle.

La valeur culturelle peut être associée, dans l’espace comme dans le temps, à des éléments
immatériels tels que l’organisation sociale, les besoins économiques ou le contexte poli-
tique. Elle peut être liée à des faits célèbres, à de grandes figures ou à des œuvres artis-
tiques, littéraires, scientifiques ou musicales majeures. Mais la Convention du patrimoine
mondial a trait à des biens – ce sont des biens qui sont inscrits sur la Liste, et non des idées
ou des personnes en tant que telles, si grande ait été leur influence sur le monde. Les biens
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

inscrits doivent posséder des attributs qui leur confèrent manifestement une valeur univer-
selle exceptionnelle.

Une fois examiné ce que pourrait être la valeur universelle exceptionnelle virtuelle d’un bien
naturel ou culturel, il est essentiel d’en examiner les attributs – plus communément appelés
« caractéristiques » pour les biens naturels – qui pourraient lui conférer une telle valeur, et
de donner à comprendre cette valeur.

Ces attributs seront au centre des mesures de protection et de gestion et des dispositifs ins-
titutionnels, et leur configuration déterminera les limites du bien.

Les attributs peuvent être des traits ou ensembles de traits physiques, mais aussi des processus
associés à un bien qui influent sur ses qualités physiques, comme les processus naturels ou
agricoles, les formes d’organisation sociale ou les pratiques culturelles qui ont façonné un
paysage caractéristique. Les biens naturels peuvent se distinguer par certaines formes de pay-
sage, des aires d’habitat, des aspects liés à la qualité de l’environnement (milieu vierge, par-
faitement préservé), l’échelle et le caractère naturel des habitats, ou la taille et la viabilité
d’espèces sauvages.

62
Définition et analyse du bien 3

Une méthode utile, s’agissant de biens complexes ou de biens, en particulier culturels, qui
présentent de multiples attributs organisés selon des strates complexes, consiste à situer sur
une carte les attributs majeurs et les valeurs qu’ils confèrent au bien. Cela peut aider à com-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
prendre les relations entre les différents attributs, mais aussi à mettre en évidence les conflits
ou problèmes de gestion, et c’est un moyen essentiel de délimiter l’étendue du bien.

En cas d’extension d’un bien, on procède à l’examen des attributs mis en avant lors de la
proposition d’inscription initiale en cherchant à déterminer comment les attributs de l’exten-
sion proposée pourraient les mettre en valeur, les enrichir, les compléter ou les amplifier, tout
en présentant la même valeur universelle exceptionnelle.

Vérification de la valeur universelle exceptionnelle à la lumière des critères


du patrimoine mondial et identification de ceux qui s’appliquent au bien


Démontrer la valeur universelle exceptionnelle virtuelle d’un bien implique que l’on établisse
qu’il satisfait à un ou plusieurs critères du patrimoine mondial (les critères sont énumérés à NOTRE CONSEIL

la section 1.3 du présent manuel). N’invoquez que les


critères dont l’applica-
Il doit exister un lien clair et logique entre la déclaration de valeur universelle exceptionnelle tion peut être solide-
et les critères retenus. Si ce lien n’apparaît pas clairement, ce peut être le signe que les cri- ment établie.
tères retenus ne conviennent pas au bien et que leur choix doit être reconsidéré. Le choix
de critères peu pertinents peut faire obstacle à l’évaluation positive d’un bien et à son ins-
cription effective.

Pour qu’un bien soit inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, il suffit qu’il satisfasse à un
seul critère (même si le Comité du patrimoine mondial estime préférable que le critère (vi)
soit invoqué conjointement à d’autres critères). Il n’est nullement nécessaire ni avantageux
de tenter de mettre en avant un nombre aussi grand que possible de critères pour obtenir
l’inscription d’un bien si ces arguments ne sont pas solidement étayés par des recherches et
une documentation portant sur des valeurs et des attributs spécifiques. Inclure des critères
dont l’application est mal établie ne fait pas avancer une proposition d’inscription. De plus,
l’invocation de multiples critères peut avoir des incidences sur le volume des recherches né-
cessaires pour établir les mérites du bien, sur l’analyse comparative et sur d’autres aspects
de la proposition d’inscription.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Le texte ne doit pas se contenter d’affirmer que le bien satisfait aux critères retenus : il doit
expliquer pourquoi cette affirmation est justifiée pour chacun d’eux. Il doit aussi préciser
quels sont les attributs ou caractéristiques qui sont censés conférer au bien une valeur uni-
verselle exceptionnelle virtuelle.

S’agissant du critère (ii), par exemple, il faut éviter de dire que le bien témoigne d’un im-
portant échange d’influences sans expliquer de quel échange il s’agit ni de quelle manière il
se manifeste dans les attributs.

De même pour le critère (iii), il convient d’expliquer en détail pourquoi le bien apporte un
témoignage unique ou exceptionnel et de citer les attributs qui incarnent ce témoignage.

Toute justification doit préciser non seulement si des idées ont joué un rôle important (sous
la forme d’un échange d’influences ou d’un témoignage exceptionnel, par exemple), mais
aussi si le bien possède des attributs qui reflètent ces idées et s’il est possible d’une certaine
façon d’apprécier ou de découvrir ces idées et comment.

S’agissant du critère (vii), il convient d’établir par des éléments de preuve clairs et une ana-
lyse intellectuelle rigoureuse la beauté naturelle et l’importance esthétique exceptionnelles.
63
3 Définition et analyse du bien

Il ne suffit pas d’affirmer que le bien possède une beauté naturelle et exceptionnelle et de
joindre des photographies attrayantes.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Le critère (ix) exige que le bien soit « un exemple éminemment représentatif de processus
écologiques et biologiques en cours », et cela doit être démontré par rapport au contexte
scientifique ou thématique mondial. Le contexte doit par conséquent être clairement décrit,
et les raisons pour lesquelles le bien constitue un exemple éminemment représentatif être
exposées en détail.

Dans le cas d’une extension, l’examen des critères s’articule aux critères invoqués lors de la
proposition d’inscription initiale et vise à déterminer si ceux-ci s’appliquent encore. Il faut jus-
tifier des mêmes critères que ceux en vertu desquels le bien initialement proposé a été inscrit.
Si l’extension est limitée, il suffit que l’aire proposée amplifie certains des attributs du bien
➤ initial et non la totalité d’entre eux ; on pourra admettre que les critères initiaux demeurent
pertinents dans la mesure où la distribution globale des attributs demeure suffisante. Des at-
tributs différents ou nouveaux pourront être mentionnés dans la proposition d’inscription
mais ils doivent correspondre aux mêmes valeurs que celles dont a été reconnu le caractère
exceptionnel. Une extension ne doit pas en principe ajouter de nouvelles valeurs au bien qui
a fait l’objet de la proposition initiale. Toutefois, un État partie peut saisir l’occasion offerte
par la proposition d’extension pour présenter, pour examen, de nouveaux critères s’appliquant
à la fois au bien initial et à son extension. En pareil cas, le dossier doit porter sur la totalité
du bien et justifier l’invocation de tout nouveau critère.

Évaluation de l’authenticité

Deux des autres prescriptions importantes mentionnées dans les Orientations ont trait à l’au-
thenticité et à l’intégrité du bien proposé pour inscription. L’authenticité est une condition
qui ne s’applique qu’aux biens culturels et aux aspects culturels des biens « mixtes ».

L’authenticité concerne le lien entre les attributs et la valeur universelle exceptionnelle vir-
tuelle. Ce lien doit être véritable de façon que les attributs expriment pleinement la valeur
du bien.

La réunion de Nara en 1994 a clairement montré la voie : « Notre capacité de comprendre


ces valeurs dépend, en partie, du degré de crédibilité et de véracité que l’on peut attribuer
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

aux sources d’information concernant ces valeurs » (Document de Nara sur l’authenticité,
UNESCO, Centre du patrimoine mondial, 1994, p.94).

Les Orientations notent que « on peut estimer que les biens satisfont aux conditions d’authen-
ticité si leurs valeurs culturelles (telles que reconnues dans les critères de la proposition d’ins-
cription) sont exprimées de manière véridique et crédible à travers une variété d’attributs »
(paragraphe 82).

Les Orientations suggèrent de considérer comme présentant ou exprimant une valeur uni-
verselle exceptionnelle les types d’attributs suivants :
• forme et conception ;
• matériaux et substance ;
• usage et fonction ;
• traditions, techniques et systèmes de gestion ;
• situation et cadre ;
• langue et autres formes de patrimoine immatériel ;
• esprit et impression.

64
Définition et analyse du bien 3
ÉTUDE DE CAS

Voici un exemple de ces attributs en ce qui concerne les Tombes des rois du Buganda à Kasubi
(Ouganda)

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Forme et conception

Organisation spatiale du site des tombes de


Kasubi – représentant le meilleur exemple

© UNESCO / Lazare Eloundou


connu d’un palais ou ensemble architectural
baganda.

Matériaux et substance

Les quatre tombes royales situées dans le ➤


Muzibu Azaala Mpanga, le principal édifice, et
les matériaux utilisés – bois, chaume, roseaux,
clayonnage et torchis.

Usage et fonction

Usage religieux – c’est un haut lieu spirituel pour les Baganda et le centre religieux le plus actif du
royaume – les pratiques et rituels culurels/religieux.

Traditions, techniques et systèmes de gestion

Gestion traditionnelle – le site demeure géré de manière traditionnelle, selon un complexe système
de responsabilités. Traditions – les pratiques et rituels culurels/religieux.

Situation et cadre

Situation d’origine et survivance du cadre rural – y compris dans la partie agricole du site, cultivée encore
de nos jours selon des méthodes traditionnelles.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Langue et autres formes de patrimoine immatériel

Usage religieux – c’est un haut lieu spirituel pour les Baganda et le centre religieux le plus actif du
royaume où, notamment, le Kabaka et ses représentants accomplissent des rites importants liés à la
culture du Buganda. Un tel usage implique des pratiques et rituels culurels/religieux.

Esprit et impression

Les éléments construits et naturels du site des tombes de Kasubi sont empreints de valeurs historiques,
traditionnelles et spirituelles.

Les attributs physiques, tels que les édifices et les plans, et les attributs immatériels, tels que les processus
culturels, se combinent les uns aux autres. En 2010, un édifice – le plus important architecturellement –
des vastes 26 hectares des tombes de Kasubi a été endommagé par un incendie. Des engagements ont été
pris afin de reconstruire ledit édifice.

65
3 Définition et analyse du bien

Pour chaque bien, il convient de considérer avec quel degré de « véracité » les attributs mis
en avant présentent ou expriment la valeur universelle exceptionnelle virtuelle. Dans le cas,
par exemple, d’une aire urbaine, il pourrait être approprié d’examiner les constructions, les
Ta b l e d e s m a t i è r e s

plans d’organisation spatiale, ainsi que les traditions et les formes d’organisation socio-
économiques et environnementales des communautés qui habitent aujourd’hui le site, et qui
lui permettent d’exprimer sa valeur.

L’authenticité donne donc la mesure de la capacité des attributs d’exprimer la valeur univer-
selle exceptionnelle virtuelle. Elle peut être compromise si les attributs sont fragiles – les com-
munautés dépérissent, les édifices s’écroulent, les traditions disparaissent, etc.

S’agissant de sites archéologiques, l’authenticité s’apprécie en fonction de la véracité avec


laquelle les vestiges témoignent de ce qu’ils représentent. Dans bien des cas, une restauration
➤ hasardeuse peut avoir un effet négatif en compromettant l’authenticité. De même, s’il peut
être justifié dans certains cas de reconstruire les parties manquantes d’édifices ou de struc-
tures, cela risque de nuire à leur véracité.

Pour établir l’authenticité d’un bien, il importe de montrer comment ses attributs en font
ressortir la valeur universelle exceptionnelle virtuelle avec véracité (de manière crédible, véri-
tablement) (Orientations, paragraphes 79-86).

Le tableau ci-après donne des exemples des questions auxquelles l’évaluation doit tenter de
répondre. On n’utilisera pas les attributs et questions qui y sont mentionnés sans avoir exa-
miné d’un œil critique la valeur universelle exceptionnelle virtuelle et les attributs du bien
proposé pour inscription. Se servir du tableau sans discernement, comme s’il s’appliquait
automatiquement, pourrait nuire au succès de la proposition d’inscription.

Attribut Exemples de questions auxquelles l’évaluation doit répondre

Tous attributs • L’authenticité s’appréciant à la lumière du contexte culturel auquel le bien


appartient, quel est ce contexte culturel ?
• L’attribut exprime-t-il de manière crédible et véritable la valeur universelle
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

exceptionnelle virtuelle du bien ?


• Les attributs donnent-ils de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle une
image crédible et honnête qui permet d’apprécier cette valeur ?
• À quel degré la valeur est-elle présente dans les attributs ou exprimée par
eux ?
• Quelles étaient les caractéristiques originelles du patrimoine culturel que
représente le bien et comment ont-elles évolué au fil du temps ?
• Les changements subis par les attributs ont-ils altéré la capacité de com-
prendre la valeur du bien ?
• Le bien a-t-il été reconstruit à un degré quelconque ? Dans l’affirmative,
l’a-t-il été à la lumière d’une documentation complète et détaillée ? La re-
construction a-t-elle fait intervenir de simples hypothèses ? Il est à noter que
la reconstruction peut parfois contribuer à la valeur.

Forme et conception • La forme ou la conception ont-elles changé et, si oui, dans quelle mesure ?
Il est à noter que les changements peuvent parfois contribuer à la valeur.
• La forme ou la conception sont-elles exactes à tous égards ?

66
Définition et analyse du bien 3

•••

Attribut Exemples de questions auxquelles l’évaluation doit répondre

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Matériaux et substance • Les matériaux, le tissu ou la substance ont-ils changé ou été remplacés ?
Si oui, dans quelle mesure ?
• A-t-il été procédé à des réparations au moyen de matériaux traditionnels
propres à la culture ?

Usage et fonction • Qui est concerné par l’usage ou la fonction ?


• L’usage ou la fonction subsistent-ils ou ont-ils changé, et pourquoi ?
• L’intensité de l’usage ou de la fonction a-t-elle changé ?
• Quel est le degré de solidité des mécanismes sociaux sur lesquels reposent
l’usage ou la fonction ?

Traditions, techniques et • Qui est concerné par les traditions, les techniques ou les systèmes de
systèmes de gestion gestion ? ➤
• Quel est le degré de solidité des mécanismes sociaux sur lesquels reposent
les traditions, les techniques ou les systèmes de gestion ?
• Les traditions, les techniques ou les systèmes de gestion ont-ils changé ou
sont-ils en train de changer, et pourquoi ?
• La force des traditions, des techniques ou des systèmes de gestion a-t-elle
changé, et pourquoi ?
• A-t-il été procédé à des réparations au moyen de matériaux traditionnels
propres à la culture ?

Situation et cadre • La situation ou le cadre a-t-il changé et, si oui, pourquoi et dans quelle
mesure ?

Note : L’évaluation de ces attributs nécessite une bonne compréhension des


limites du bien et de son cadre, ou aura des incidences directes sur la défini-
tion de ces limites.

Langue et autres formes • Qui sont les locuteurs de la langue ou les gardiens, conservateurs ou prati-
de patrimoine immatériel ciens du patrimoine immatériel ?
• La langue ou les autres formes de patrimoine immatériel subsistent-elles ou
ont-elles subi des modifications, et pourquoi ?
• L’utilisation ou pratique de la langue ou des autres formes de patrimoine
immatériel a-t-elle décliné, et pourquoi ?
• Quel est le degré de solidité des mécanismes sociaux sur lesquels reposent
la langue ou les autres formes de patrimoine immatériel ? Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• Quel est le degré de viabilité de la population qui utilise ou pratique la
langue ou les autres formes de patrimoine mondial ? Quels sont les facteurs
qui menacent cette viabilité ?

Esprit et impression • Qui perpétue l’esprit ou l’impression ?


• L’esprit ou l’impression subsistent-ils, et pourquoi ?
• L’appréciation de l’esprit ou de l’impression a-t-elle décliné ?
• Quel est le degré de solidité des mécanismes sociaux sur lesquels repose
l’appréciation de l’esprit ou de l’impression ?
• Quel est le degré de viabilité de la population qui apprécie l’esprit ou
l’impression ?

Il n’est pas nécessaire dans la proposition d’inscription de prendre en considération les attri-
buts dénués de pertinence pour ce qui est de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du
bien.

67
3 Définition et analyse du bien

ÉTUDE DE CAS

Authenticité et intégrité des biens culturels


Ta b l e d e s m a t i è r e s

Systèmes d’irrigation aflaj d’Oman (Oman)

Cet ensemble de systèmes d’irrigation aflaj est repré-


sentatif des quelque 3 000 systèmes d’irrigation en-
core en activité à Oman. Ces ouvrages techniques
anciens témoignent d’une longue tradition d’utilisa-
tion durable des ressources en eau pour la culture du
palmier et d’autres produits sur des terres déser-
tiques d’une extrême aridité. Ils reflètent la dépen-
dance totale des communautés d’autrefois à l’égard
de l’irrigation et d’un système ancestral de gestion et
➤ de partage de l’eau équitable et efficace, fondé sur
la solidarité et des valeurs communes.

La proposition d’inscription initiale ne portait que


sur une partie seulement de chaque système aflaj :

© UNESCO / Véronique Dauge


la section comprise entre le puits d’alimentation et
la shari’a. Les parties du système situées dans les
établissements et apportant aux habitants l’eau
nécessaire pour cuisiner, faire leurs ablutions et culti-
ver la terre ont été ajoutées au bien, qui ainsi reflète
aujourd’hui le système aflaj dans son intégrité.

Monuments historiques de l’ancienne Nara (Japon)

Les divers éléments du bien présentent un très haut


degré d’authenticité. Les principes de conservation
mis en œuvre par le Japon assurent un remplacement
des parties architecturales endommagées ou dégra-
dées respectant les matériaux et techniques utilisés
par les bâtisseurs de l’ouvrage originel.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Le site du Palais de Nara a fait l’objet de certains tra-


vaux de reconstruction in situ. Le souci de perpétuer
l’architecture japonaise traditionnelle et le volume
considérable de données qu’ont livré les fouilles ar-
chéologiques assurent une très grande authenticité
des édifices reconstruits, ainsi que de la conception
et des matériaux.
© UNESCO / G. Boccardi

La reconstitution des jardins a obéi aux mêmes prin-


cipes. La seule parte du site où l’on peut considérer
qu’est intervenue une part d’incertitude est celle du
Suzaku (portail sud). Pour l’essentiel, les éléments de
construction et de décoration s’inspirent des données
archéologiques et de l’examen d’édifices de la même
période ayant survécu sur d’autres sites.

68
Définition et analyse du bien 3

Évaluation de l’intégrité

Tous les biens, culturels ou naturels, doivent répondre aux conditions d’intégrité.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
L’intégrité est une appréciation du caractère complet et intact des attributs qui expriment la
valeur universelle exceptionnelle. Il est donc nécessaire de bien comprendre ce qui fait la va-
leur universelle exceptionnelle virtuelle du bien pour pouvoir évaluer son intégrité.

Les Orientations précisent, dans le paragraphe 88, qu’il est nécessaire d’examiner :
« dans quelle mesure le bien :
a) possède tous les éléments [attributs] nécessaires pour exprimer sa valeur universelle
exceptionnelle
b) est d’une taille suffisante pour permettre une représentation complète des caractéris-
tiques et processus qui transmettent l’importance de ce bien
c) subit des effets négatifs liés au développement et/ou au manque d’entretien ». ➤

Les mots essentiels sont « caractère complet et intact » et « absence de menaces ». On peut
les définir comme suit :
• « Caractère complet » signifie que le bien possède tous les attributs nécessaires.
• « Caractère intact » signifie que tous les attributs nécessaires sont encore présents – aucun
n’a été perdu ni sérieusement endommagé, ni ne s’est dégradé.
• « Absence de menaces » signifie qu’aucun des attributs n’est menacé par le développe-
ment, les dégradations ou la négligence.

Les Orientations contiennent des indications précises liées aux critères du patrimoine mondial
qu’il importe de bien comprendre (paragraphes 89-95).

La déclaration d’intégrité doit préciser sous quelles formes l’ensemble de caractéristiques, de


processus et/ou d’attributs qui transmettent la valeur universelle exceptionnelle virtuelle sont
présents dans les limites du bien, et établir qu’aucune partie importante du bien n’a perdu
sa valeur ou n’est dénuée d’attributs ou caractéristiques pertinents, que le bien est dans un
état de conservation satisfaisant et que ses valeurs ne sont pas menacées. Le choix de l’aire
faisant l’objet de la proposition d’inscription doit toujours se fonder sur des bases logiques
et scientifiques.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Il est inutile d’indiquer dans une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial
quel est l’état de conservation des aspects du bien qui ne sont pas liés à sa valeur universelle
exceptionnelle virtuelle. On doit éviter de même de faire intervenir d’autres notions d’intégrité
sans rapport avec le patrimoine mondial ou les valeurs considérées.

Voici des exemples des questions qu’il est bon de se poser au moment d’évaluer l’intégrité :
• les principaux attributs et caractéristiques du bien qui pourraient posséder une valeur uni-
verselle exceptionnelle sont-ils complets ou intacts ?
• le bien possède-t-il tous les éléments nécessaires pour exprimer sa valeur universelle ex-
ceptionnelle virtuelle ?
• le bien est-il de taille suffisante pour que soit représenté l’ensemble des caractéristiques et
processus qui lui confèrent son importance ?
• les principaux attributs et caractéristiques du bien sont-ils bien conservés et en bon état ?
• dans le cas de paysages culturels, de villes historiques ou d’autres biens culturels vivants,
les processus, relations et fonctions dynamiques dont dépend leur caractère distinctif sub-
sistent-ils et sont-ils encore solides ?
• dans le cas de biens naturels, les processus, relations et fonctions dynamiques dont dépend
leur caractère distinctif (formes de paysage, habitats, par exemple) subsistent-ils, sont-ils
encore solides et reconnus à une échelle en rapport avec leur fonctionnement ?
69
3 Définition et analyse du bien

• le bien a-t-il subi les effets négatifs du développement, de la négligence ou de tout autre
processus de dégradation ?
• les éventuels processus à l’origine de dégradations sont-ils maîtrisés ?
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Plusieurs de ces questions sont liées aux limites du bien. Si les éléments nécessaires ne sont
pas présents à l’intérieur de ces limites, ou si le bien n’est pas d’une taille suffisante, il convient
de réexaminer les limites de manière à corriger ces problèmes. S’il peut sembler pratique de
définir les limites en fonction d’arrangements administratifs ou de droits de propriété, cela

NOTRE C ONSEIL
n’est pas toujours approprié au regard de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle. La
commodité du point de vue administratif ne doit pas être la considération première au mo-
Gardez à l’esprit que ment d’établir les limites du bien proposé pour inscription.
l’intégrité et l’authen-
ticité sont deux On pourrait faire valoir qu’un bien représentatif d’un paysage, habitat, système géologique
aspects différents de ou système culturel plus vaste répond aux conditions d’intégrité. Il importe toutefois de mon-

la valeur universelle trer que les limites qui distinguent le bien proposé de l’aire plus vaste ont un fondement lo-
exceptionnelle d’un gique et que le bien présente une valeur universelle exceptionnelle virtuelle distincte par
bien. rapport à cette aire plus vaste.

Dans le cas de certains biens comprenant des paysages, des valeurs ou des processus com-
plexes, on pourrait éventuellement cartographier les attributs porteurs d’une valeur univer-
selle exceptionnelle virtuelle pour faire apparaître le tracé logique des limites. C’est une bonne
façon d’établir l’intégrité en montrant que les limites du bien englobent bien l’ensemble de
ses valeurs.

Qu’il s’agisse de biens naturels ou culturels, l’utilisation humaine est acceptable et compatible
avec l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial dès lors qu’elle est durable et ne com-
promet pas les valeurs du bien. Il importe que le document de proposition d’inscription dé-
crive sans complaisance l’état du bien, et indique honnêtement et franchement toutes les
aires affectées par l’activité humaine ou d’autres facteurs.

Il peut se faire que, des éléments étant géographiquement séparés et distants les uns des
autres, il ne soit pas approprié de délimiter une aire très vaste. En pareil cas, mieux vaut pro-
poser l’inscription d’un bien en série.

Analyse comparative
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

L’analyse comparative a pour objet de déterminer en premier lieu si le bien proposé pour ins-
cription entre dans le champ de la Liste du patrimoine mondial, et ensuite de démontrer qu’il
n’existe pas dans la même aire géoculturelle (pour les biens culturels) ou dans l’ensemble du
monde (pour les biens naturels) de biens comparables possédant les mêmes valeurs et dont
l’inscription pourrait être proposée à l’avenir. L’aire géoculturelle se définit à l’échelon régional
ou mondial selon les valeurs exprimées par le bien.

L’analyse doit commencer par l’énoncé des différents attributs et caractéristiques liés à la va-
leur universelle exceptionnelle virtuelle sur lesquels va porter la comparaison. En d’autres
termes, qu’est-ce qui fait l’importance spécifique du bien et comment cette spécificité se ma-
nifeste-t-elle ?

Des comparaisons doivent être faites avec les biens incarnant les mêmes valeurs que le bien
proposé pour inscription, et situés dans une aire géoculturelle donnée (pour les biens culturels)
ou en tous points du globe (pour les biens naturels). Il convient donc de définir clairement
les valeurs et, dans le cas de biens culturels, de déterminer le cadre géoculturel en fonction
de ces valeurs. Dans certains cas, le cadre géoculturel sera le monde entier.

70
Définition et analyse du bien 3

Pour ce qui concerne les biens naturels, l’analyse comparative doit s’effectuer à l’échelle de
la planète, et porter donc sur les biens similaires qui existent dans d’autres régions du monde,
et non pas uniquement ceux qui sont présents dans la même région que le bien proposé.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
C’est ainsi qu’un environnement désertique africain devra être comparé, non pas seulement
aux déserts situés dans d’autres parties du continent, mais à tous les autres déserts existant
dans le monde.

S’agissant d’une proposition relative à un bien en série, l’analyse comparative de l’ensemble


du bien obéit aux mêmes principes que pour un bien unique. Il convient de comparer la
valeur universelle exceptionnelle virtuelle et les caractéristiques et attributs correspondants
du bien tout entier, c’est-à-dire de la série, à d’autres biens afin de démontrer, tout d’abord,
que le bien aurait sa place sur la Liste du patrimoine mondial et, deuxièmement, qu’aucun
autre bien en série similaire n’est susceptible de faire l’objet d’une proposition d’inscription.
L’analyse comparative comporte toutefois un second volet, qui porte sur le choix des élé-
ments. La proposition d’inscription doit expliquer les raisons auxquelles répond ce choix, en ➤
comparant les éléments retenus à d’autres éléments similaires et en justifiant ce choix.

La première chose à faire est de vérifier si cette combinaison particulière de valeurs et d’at-
tributs est déjà représentée sur la Liste du patrimoine mondial. Il faut à cet effet comparer le
bien proposé pour inscription à d’autres biens similaires déjà inscrits. À l’issue de cet exercice,
une conclusion doit être tirée.

Modifications apportées au fil du temps aux critères relatifs au patrimoine mondial

Lorsque l’on procède à des comparaisons avec les biens du patrimoine mondial existants,
il importe de noter que des changements ont été apportés au fil du temps aux critères
s’appliquant à ces biens. Jusqu’en 2005, on distinguait deux listes de critères applicables
respectivement aux biens culturels (critères i à vi) et aux biens naturels (critères vii à x). Depuis
l’adoption en 2005 de la version révisée des Orientations, il n’existe plus qu’une liste unique
de dix critères. Le tableau ci-après indique les relations entre l’ancienne numérotation et la
nouvelle.

Critères « culturels » Critères « naturels »


Orientations avant 2005 (i) (ii) (iii) (iv) (v) (vi) (i) (ii) (iii) (iv) Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Orientations après 2005 (i) (ii) (iii) (iv) (v) (vi) (viii) (ix) (vii) (x)

Il est à noter que l’ordre relatif des quatre anciens critères s’appliquant aux biens naturels
a changé dans la nouvelle liste, et que l’ancien critère (iii) relatif aux biens naturels précède
les autres critères relatifs à ces biens (critères i, ii et iv) dans les Orientations actuellement
en vigueur. De plus, la formulation exacte des critères a été modifiée au fil du temps, les
amendements les plus importants ayant été adoptés en 1992. Il importe de garder cela à
l’esprit lorsque l’on procède à des comparaisons entre des biens inscrits avant et après cette
date.

Il peut arriver que la Liste du patrimoine mondial ne comporte aucun bien qui puisse être
comparé avec le bien proposé pour inscription. Toutefois, l’analyse comparative n’a pas pour
objet de démontrer que le bien est unique, mais qu’il existe des raisons particulièrement
fortes d’affirmer qu’il présente une valeur universelle exceptionnelle dans un contexte donné.

Il s’agit ensuite de déterminer si, à l’avenir, d’autres biens similaires appartenant à la même
région géoculturelle ou, le cas échéant, situés dans d’autres parties du monde, pourraient
71
3 Définition et analyse du bien

faire l’objet d’une proposition d’inscription. Le bien proposé doit être comparé aux autres
exemples connus du point de vue des valeurs et attributs qui ont été retenus. Là encore, il
convient de présenter les conclusions de cette comparaison et d’indiquer pourquoi, s’il existe
Ta b l e d e s m a t i è r e s

d’autres biens similaires, le bien proposé devrait être considéré comme le plus exemplaire ou
représentatif, et si d’autres biens pourraient à l’avenir lui être adjoints dans le cadre d’une
proposition d’inscription de bien en série.

Les comparaisons d’ordre typologique ou ne portant que sur des éléments du bien et d’autres
biens ne sont pas jugées pertinentes à moins qu’elles n’aient un rapport direct avec les valeurs
mises en avant.

L’authenticité et l’intégrité sont des aspects importants de l’analyse comparative. Certains


des biens comparables pourraient présenter un plus ou moins grand degré d’authenticité et
➤ d’intégrité que d’autres, ce qui aura une incidence sur la valeur universelle exceptionnelle
virtuelle.

Au terme de l’analyse comparative, il doit être possible de situer le bien proposé par rapport
aux biens déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, et par rapport à l’ensemble des
biens similaires présents dans l’aire géoculturelle considérée (pour les biens culturels) ou dans
le reste du monde (pour les biens naturels). L’analyse doit montrer que le bien proposé aurait
sa place sur la Liste et qu’il n’existe aucun autre bien similaire susceptible de faire l’objet
d’une proposition d’inscription.

On trouvera des informations concernant les biens comparables dans :


• la Liste du patrimoine mondial ;
• les dossiers de proposition d’inscription, les évaluations des Organisations consultatives et
les décisions passées du Comité du patrimoine mondial concernant les biens comparables
déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial ;
• les renseignements concernant les biens dont l’inscription n’a pas été recommandée, qui
sont utiles pour connaître le seuil à partir duquel l’importance du bien est jugée suffisante
pour qu’on lui reconnaisse une valeur universelle exceptionnelle ;
• les Listes indicatives du pays qui présente la proposition et d’autres pays ;
• le document de l’ICOMOS intitulé La Liste du patrimoine mondial : Combler les lacunes –
un plan d’action pour le futur (2005), pour les biens culturels ;
• les études thématiques de l’UICN et de l’ICOMOS ;
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

• la Base de données mondiale sur les aires protégées ([Link]), pour les biens
naturels ;
• les inventaires établis par d’autres organisations spécialisées (telles que DoCoMoMo ou le
TICCIH) ;
• d’autres rapports de recherche et publications, ou les avis des experts internationaux
compétents.

La section 1.1 supra donne les adresses des pages Web de nombre de ces sources.

Les experts nationaux et internationaux spécialisés dans des domaines en rapport avec le
bien sont une autre précieuse source d’information. Outre les meilleurs experts nationaux, il
peut être très utile de faire appel à des experts internationaux pour établir ou évaluer l’analyse
comparative aux fins de la proposition d’inscription. Mieux vaut que cette analyse intervienne
aussi tôt que possible dans le processus ; elle pourrait en principe être utilement effectuée
pour chacun des sites figurant sur la Liste indicative des États parties à la Convention, ce qui
permettrait de déterminer plus facilement quels sont ceux qu’il convient de proposer en prio-
rité pour inscription.

72
Définition et analyse du bien 3

Exemple de recours à un groupe d’experts en vue de l’analyse

Ta b l e d e s m a t i è r e s
comparative

Dans certains cas, s’agissant en particulier des biens naturels, il est préférable de confier la
réalisation de l’analyse comparative à un groupe d’experts. Voici comment procéder :

1. Le bien qui doit faire l’objet d’une nouvelle proposition d’inscription doit faire l’objet d’une
classification claire selon :
• le thème, le contexte géoculturel et les provinces biogéographiques qu’il représente. Cette
classification doit se fonder sur les catégories ressortant de l’analyse de la Liste du patri-
moine mondial et des Listes indicatives réalisée par l’UICN et l’ICOMOS, par exemple zones
humides terrestres, déserts, zones marines et côtières, art rupestre, ponts, paysages
culturels, etc. ;

• les critères relatifs au patrimoine mondial spécifiques qui seront utilisés comme cadre de
l’analyse comparative à l’échelle de l’aire géoculturelle (pour les biens culturels) ou de l’en-
semble du monde (pour les biens naturels) qui sera ensuite réalisée.

2. En fonction de la classification du bien proposé pour inscription, l’État partie devrait consti-
tuer un groupe d’experts, composé de spécialistes des thèmes, contextes géoculturels et
provinces géobiographiques représentés par le bien. Les experts seront choisis parmi les
spécialistes nationaux, assistés dans toute la mesure du possible par des experts internatio-
naux de façon que l’analyse tout entière conserve une optique mondiale. Les Organisations
consultatives peuvent conseiller les États parties qui en font la demande au sujet des ex-
perts internationaux. Le groupe doit comprendre des experts qui participeront à la détermi-
nation et à l’approbation initiales des valeurs du bien, mais aussi, si possible, des spécialistes
capables d’apporter un point de vue international extérieur au pays et à la région concer-
nés. À défaut de participer aux réunions, ils peuvent être consultés par courriel ou par
correspondance.

3. Le groupe d’experts devra désigner un large éventail de biens pour servir de base à l’ana-
lyse comparative. Une liste des principales sources d’information utiles à cette fin est
proposée plus haut.

4. Le groupe d’experts doit alors réunir le plus d’informations possible – tant quantitatives que Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

qualitatives – sur le bien proposé et sur les biens similaires qui feront l’objet de l’analyse
comparative, afin de déterminer comment le bien proposé se classe par rapport aux
autres. La collecte des informations et l’analyse comparative doivent prendre pour point de
départ les critères au titre desquels la proposition d’inscription devrait être présentée. Il
n’est pas nécessaire que l’analyse comparative fasse l’objet d’un long document descriptif
dès lors qu’y sont clairement indiquées les sources sur lesquelles elle s’appuie. Ses conclu-
sions pourraient être présentées sous la forme d’un tableau récapitulatif. Les Orientations
précisent qu’il convient que l’analyse comparative examine l’état de conservation relatif de
différents biens. Les biens qui sont d’une importance comparable, mais en mauvais état, ou
qui ne bénéficient pas de mesures de protection et de gestion efficaces peuvent être consi-
dérés comme pouvant moins prétendre à une valeur universelle exceptionnelle qu’un bien
en bon état et dont la protection et la gestion répondent à des normes excellentes.

5. Le groupe d’experts devra établir le texte définitif de l’analyse comparative à la lumière de


ses recherches et de ses discussions, y compris ses conclusions concernant le bien proposé
(voir aussi les observations ci-après concernant les conclusions).

73
3 Définition et analyse du bien

NOTRE C ONSEIL
Comme indiqué précédemment, divers cadres de recherche, y compris les cadres théma-
tiques, chronologiques par région et typologiques, peuvent aider à comprendre les valeurs
Faites relire l’analyse du bien. Ces cadres de recherche doivent être appliqués aussi aux biens comparables.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

par d’autres experts


internationaux. Dans certains cas, il n’existe pas d’informations ou d’études sur lesquelles appuyer l’analyse
comparative, ou bien l’information est insuffisante. On peut alors entreprendre les recherches
nécessaires pour réunir l’information manquante, ou inviter d’autres experts ou organismes
réputés et compétents à accomplir ce travail. Mieux vaut souvent que ces experts ou orga-
nismes ne prennent pas part à la proposition d’inscription et jouissent d’une bonne réputation
internationale. Cela entraînera peut-être des dépenses supplémentaires.

Si l’accès à l’information provenant d’autres pays qui est nécessaire à l’évaluation comparative
se heurte au problème des langues, il faut trouver une solution. Il n’est pas acceptable d’un
➤ point de vue intellectuel ou seulement pratique d’écarter un ensemble d’informations hau-
tement pertinent pour cette seule raison.

L’analyse comparative joue un rôle essentiel dans la compréhension de la valeur universelle


exceptionnelle virtuelle d’un bien et facilite la définition de cette valeur.

Elle doit déboucher sur des conclusions. Une analyse approfondie et objective contribue gran-
dement au succès de la proposition d’inscription. À l’issue de l’analyse comparative, on peut
être amené à faire trois constats différents :
• le bien se classe au-dessus de biens similaires et peut combler une lacune importante dans
la Liste du patrimoine mondial – l’État partie doit poursuivre son processus de proposition
d’inscription ;
• le bien se classe au-dessous de biens similaires et ne comble aucune lacune dans la Liste
du patrimoine mondial – l’État partie souhaitera peut-être reconsidérer attentivement sa
proposition d’inscription ;
• le bien se classe au même rang sur le plan de l’importance que des biens similaires. Ce peut
être aussi le signe que sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle est mal établie ou qu’il
est difficile de trancher à son sujet. S’il n’existe qu’un petit nombre d’autres biens qui se si-
tuent en haut du classement, cela peut signifier qu’il y aurait lieu d’envisager la possibilité
d’élargir le concept représenté par le bien ou de rattacher celui-ci à d’autres biens dans le
cadre d’une proposition d’inscription portant sur un bien en série ou un bien transnational.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Dans le cas d’une extension, on doit être particulièrement attentif à l’analyse comparative
qui figurait dans le dossier de proposition d’inscription initial – et examiner l’extension par
rapport au bien initialement proposé et la manière dont les valeurs de ce dernier s’articulent
à l’extension envisagée.

En conclusion, voici quelques grands principes qu’il faut avoir à l’esprit au moment de pro-
céder à une analyse comparative :
• l’analyse doit être aussi rigoureuse et objective que possible, et adopter une très grande
hauteur de vue, en faisant abstraction des considérations de fierté nationale qui risqueraient
d’en fausser la visée (avec des formules telles que « ce bien est le plus beau fleuron du
patrimoine national ») ;
• elle doit s’appuyer sur les meilleures données scientifiques disponibles aux niveaux tant na-
tional qu’international. Les rapports de gestion et autres rapports et documents non publiés
peuvent être utilisés dès lors que le dossier contient pour référence des copies des articles
et études ;
• les études thématiques existantes doivent être mentionnées, mais comme bases d’une analyse
plus poussée. Les études thématiques pertinentes ne peuvent être passées sous silence ;
• les évaluations mondiales des priorités en matière de conservation des biens naturels sont
très utiles et peuvent livrer de précieux renseignements sur l’importance de tel ou tel bien
74
Définition et analyse du bien 3

(voir, par exemple, les « points névralgiques de la biodiversité » de Conservation Interna-


tional ou les « 200 Ecorégions » du WWF). Toutefois, elles n’ont pas été spécialement éta-
blies pour permettre de trancher la question de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Il est recommandé d’appuyer d’abord l’analyse comparative sur les évaluations mondiales
pouvant aider à déterminer dans quelle mesure le bien est unique dans le monde ;
• une fois établi un avant-projet d’analyse comparative, il est fortement recommandé de le
faire lire par des experts nationaux et internationaux éminents pour recueillir leurs obser-
vations et d’éventuels compléments d’information, et pour qu’ils en vérifient les conclu-
sions. Les Organisations consultatives peuvent indiquer aux États parties qui en font la
demande les noms de spécialistes de premier plan susceptibles de formuler des avis perti-
nents ou de vérifier le travail accompli. L’établissement de l’avant-projet doit être une étape
clé du processus de proposition d’inscription.

L’analyse comparative est souvent un maillon faible du dossier, qui compromet le succès de
la proposition d’inscription. Voici quelques erreurs à éviter : ➤
• manque d’objectivité ;
• efforts insuffisants pour rechercher des biens comparables en dehors de l’aire géoculturelle
concernée (pour les biens culturels) ou dans le reste du monde (biens naturels) ;
• utilisation de la Liste du patrimoine mondial et des Listes indicatives comme seule source
d’information concernant les biens comparables ;
• comparaison du bien proposé avec des biens d’importance manifestement moindre en vue
d’en accroître l’importance apparente ;
• comparaison du bien proposé avec des biens inscrits sur la Liste mais totalement différents ;
• analyse axée sur des aspects moins importants du bien ou sur des attributs dénués de per-
tinence, plutôt que sur la valeur universelle exceptionnelle virtuelle et les attributs s’y rap-
portant expressément.

Si les conclusions de l’analyse comparative n’apparaissent pas solides et convaincantes, il


convient de reconsidérer le projet de proposition d’inscription.
ÉTUDE DE CAS

Préparation d’une analyse thématique détaillée par un État partie

Une recherche thématique peut faciliter considérablement l’analyse comparative. On trouvera les
références de plusieurs études thématiques à la section 1.1 du présent manuel.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Outre les études thématiques réalisées par l’ICOMOS, l’État partie peut entreprendre une analyse théma-
tique approfondie et plus détaillée qu’il n’est d’usage pour étayer plus particulièrement la proposition
d’inscription d’un bien particulier. Quelques exemples :
• une étude thématique sur le pastoralisme dans le bassin méditerranéen a été réalisée par la France à la
suite d’ateliers auxquels ont participé d’autres pays ;
• une étude thématique détaillée – les Sacri Monti du Piémont et de Lombardie (Italie) – été réalisée au
moment de l’inscription de ce bien ;
• la proposition d’inscription de Liverpool – Port marchand (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du
Nord) comprenait une analyse comparative qui constituait une véritable étude thématique (voir ci-après) ;
• la proposition d’inscription du Paysage culturel du
Morne (Maurice) comportait également une analyse
thématique sur la résistance à l’esclavage ;
• la proposition d’inscription concernant la Ville
© UNESCO / Jasmina Sopova

protégée de San Miguel et le sanctuaire de Jesús


Nazareno de Atotonilco (Mexique) comprenait une
analyse comparative qui constituait une véritable
étude thématique sur les villes coloniales d’Amérique
du Sud et des Caraïbes et proposait un cadre régional
pertinent.

75
3 Définition et analyse du bien

© OUR PLACE – The World Heritage Collection


ÉTUDE DE CAS

Une analyse comparative


Ta b l e d e s m a t i è r e s

Liverpool – Port marchand (Royaume-Uni de


Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord)

L’analyse comparative à laquelle ce bien a donné


lieu est un bon exemple pour plusieurs raisons :
• elle présente le thème important au regard du-
quel le bien doit être évalué, c’est-à-dire en tant
que port de l’Empire britannique, ainsi que
comme port d’émigration depuis l’Europe ;
• elle commence par établir une comparaison avec
d’autres ports du Royaume-Uni et examine les attributs en rapport avec la valeur universelle exception-
➤ nelle virtuelle, tels que la taille, le tonnage, la nature et la périodicité des départs et des activités por-
tuaires et l’infrastructure, ainsi que les relations économiques avec la ville d’accueil. Les questions
d’authenticité et d’intégrité sont un aspect important de ces comparaisons ;
• pour établir les mérites de Liverpool, elle examine des ports comparables d’Europe et d’autres ports em-
blématiques, du point de vue de leur valeur universelle exceptionnelle virtuelle, ainsi que des questions
d’intégrité et d’authenticité ;
• elle examine les sites du patrimoine mondial existants, y compris ceux qui ont été expressément inscrits
en tant que ports et ceux qui sont décrits incidemment comme des ports, en s’intéressant là encore aux
aspects pertinents pour la valeur universelle exceptionnelle.

La conclusion présentée dans le dossier est la suivante :

« Il n’existe dans le reste du monde aucun autre grand port aussi exclusivement voué aux échanges com-
merciaux et qui symbolise la puissance, l’ambition et le pouvoir de l’Empire britannique ou de tout autre
empire mieux que Liverpool. Les ports inscrits sur la Liste du patrimoine mondial sont en général plus an-
ciens que Liverpool et ont une histoire plus longue que la sienne, mais aucun n’incarne les valeurs et l’im-
portance historique qui caractérisent le paysage urbain de Liverpool. Comme aux XVIIIe et XIXe siècles et
au début du XXe siècle, Liverpool continue à se distinguer de tous les autres ports comparables. En parti-
culier par le degré de conservation de son infrastructure portuaire et de son paysage historique urbain. »

Parc national de Miguasha (Canada)

L’analyse comparative dont a fait l’objet le Parc


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

national de Miguasha (Canada), site fossilifère du


dévonien, est la plus détaillée qui ait été réalisée
à ce jour au sujet de biens naturels présentant un
intérêt géologique. L’UICN considère la méthode
scientifique novatrice utilisée à cet effet comme
© Neumeier

exemplaire, et digne d’être plus largement utilisée,


avec les adaptations nécessaires, pour l’évaluation
des sites naturels. Cette méthode comprend les
trois étapes suivantes :
• des critères d’évaluation – les critères ont été définis sur la base de la liste de vérification en 10 points
élaborée par l’UICN pour l’évaluation des sites fossilifères du paléolithique, ainsi que des neuf critères
recommandés par Wells (1996) pour déterminer si un site fossilifère réunit les conditions requises pour
être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.
• Sélection des sites majeurs qu’il convient d’examiner – à l’issue de recherches bibliographiques et de la
consultation d’experts, un ensemble de 61 sites fossilifères de vertébrés du dévonien ont été sélectionnés
dans le monde entier. Leur nombre a été ramené à 15 par élimination de tous les sites qui ne satisfai-
saient pas à un au moins des cinq critères retenus concernant les gisements de fossiles.
• Évaluation sur la base d’une notation – la conformité aux critères des 15 sites retenus a ensuite été exa-
minée au moyen d’un système de notation consistant à attribuer à chacun d’eux soit une note subjec-
tive, soit une note objective fondée sur le nombre réel de restes fossiles.

76
Définition et analyse du bien 3

Rédaction de la déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Il est fortement recommandé d’établir une déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Ta b l e d e s m a t i è r e s
solide et rigoureuse longtemps avant l’établissement du dossier de proposition d’inscription
proprement dit. La difficulté d’élaborer une déclaration claire et convaincante peut être le
signe que le bien n’est pas un bon candidat à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial
et qu’il y a lieu de reconsidérer la proposition envisagée.

L’analyse qui précède des divers éléments du processus d’établissement d’une proposition
d’inscription a pour objet d’aider à parvenir au point où il est possible de confirmer les critères
du patrimoine mondial pertinents et de préparer la déclaration de valeur universelle excep-
tionnelle. En résumé :
• la valeur universelle exceptionnelle virtuelle doit avoir été définie, et les caractéristiques et
NOTRE CONSEIL

attributs qui la transmettent être identifiés ; Il convient de rédiger


• des critères appropriés doivent avoir été sélectionnés à la lumière de la valeur universelle un projet de déclara- ➤
exceptionnelle virtuelle ainsi définie ; tion de valeur uni-
• le cas échéant, une réponse devra avoir été apportée à la question de savoir si l’on doit verselle exceptionnelle
proposer l’inscription d’un bien en série, et le choix des éléments avoir été justifié sur la clair avant d’entre-
base de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle ; prendre d’établir
• l’authenticité et l’intégrité devront avoir été évaluées et explicitées ; la proposition
• une analyse comparative approfondie et objective devra avoir été menée à bien. d’inscription.

Une fois ces informations réunies, on vérifiera que les critères proposés conviennent toujours
au bien, en s’assurant, là encore, que les arguments mis en avant pour les invoquer sont
solides et étayés par des données convaincantes.

Cette information sera également utilisée pour rédiger une déclaration de valeur universelle
exceptionnelle. La rédaction de ce texte pourra amener à reconsidérer certains des critères à
utiliser. Cela doit être accepté comme un aspect normal du travail de mise au point progres-
sive que nécessite l’établissement de la proposition d’inscription.

La déclaration de valeur universelle exceptionnelle doit comprendre les éléments suivants


(ne pas dépasser au total la longueur de deux pages au format A4, voir annexe 10 des
Orientations) :
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
• Une brève synthèse
– Résumé des données factuelles (nature et contexte géographique et historique du bien, en 150
mots maximum) ;
– Récapitulation des qualités (valeurs et attributs) (150 mots maximum) ;
• Les critères (valeurs et attributs qui les expriment et raisons qui expliquent pourquoi l’invocation
de chacun des critères proposés se justifie, en 200 mots maximum pour chaque critère) ;
• Des informations sur l’intégrité (tous types de site) à la date de la rédaction ou de l’inscription (ce
qui permet d’affirmer que les attributs ou caractéristiques qui transmettent la valeur universelle ex-
ceptionnelle virtuelle sont tous présents à l’intérieur des limites du bien, en 200 mots maximum) ;
• Des indications sur l’authenticité du bien, s’il s’agit d’un bien culturel, à la date de la rédaction ou
de l’inscription (les attributs qui expriment la valeur universelle exceptionnelle virtuelle reflètent-ils
la valeur du bien avec véracité, en 200 mots maximum) ;
• L’exposé des mesures de gestion et de protection nécessaires pour préserver la valeur universelle
exceptionnelle virtuelle (les systèmes et plans envisagés sont-ils suffisamment solides pour assurer
la protection et la gestion du bien d’une manière qui préserve la valeur universelle exceptionnelle)
(on reviendra plus loin sur la protection et la gestion) ;
– Cadre général (200 mots maximum) ;
– Résultats spécifiques escomptés à long terme – principales questions nécessitant une attention
durable (par exemple, protection contre des menaces majeures, mobilisation durable des moyens
matériels et financiers, soutien durable de la communauté, en 150 mots maximum).

77
3 Définition et analyse du bien

Les déclarations établies rétrospectivement pour des biens inscrits avant 2007 appellent des
recommandations légèrement différentes. Les éléments relatifs à l’intégrité et à l’authenticité
doivent refléter la situation telle qu’elle était à la date de l’inscription, si de telles informations
Ta b l e d e s m a t i è r e s

sont encore disponibles.

La rédaction de la déclaration de valeur universelle exceptionnelle est l’une des tâches les
plus difficiles et les plus importantes, et la qualité de la proposition d’inscription en dépend.
Il convient donc de lui apporter le plus grand soin. Ce doit être :
• une description convaincante de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle qui précise les
mesures de protection, de conservation, de gestion et de suivi qui seront prises à l’avenir.
NOTRE C ONSEIL La déclaration doit permettre aux décideurs, aux responsables politiques et au grand public
de comprendre la valeur et les attributs du bien ;
Relisez et révisez le • la présentation la plus convaincante possible de la valeur du bien, et une description des
projet de déclaration attributs à travers lesquels cette valeur s’exprime ;
de valeur universelle

• une solide justification du choix des critères ;
exceptionnelle tout au • un texte concis, suffisant pour informer des caractéristiques les plus importantes du bien ;
long du processus. • un texte écrit pour intéresser un large éventail de lecteurs, qui évite si possible le jargon et
les termes spécialisés.

L’établissement de la déclaration de valeur universelle exceptionnelle permettra aussi à toutes


les parties associées au processus de proposition d’inscription d’acquérir une vision commune
de la valeur potentielle du bien. La déclaration sous-tend en outre tous les autres éléments
du dossier – description, justification, conservation, protection, gestion et suivi.

Une fois la déclaration rédigée, il convient de consulter les parties prenantes et les experts
compétents pour recueillir leurs observations. L’objectif est de susciter un accord aussi large
que possible. Il peut être nécessaire à cet effet de prendre le temps de consultations.

Même si le texte de la déclaration peut être raisonnablement considéré comme définitif à ce


stade, à l’exception des parties relatives aux mesures de protection et de gestion, les tâches
suivantes et de nouvelles consultations peuvent conduire à d’utiles révisions. Cela est tout à
fait normal et doit être accepté comme faisant partie de l’élaboration d’une déclaration
solidement étayée.

Dans le cas de nouvelles propositions d’inscription portant sur un bien en série, la déclaration
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

doit obéir à toutes les règles qui viennent d’être énoncées pour le bien dans son ensemble.
Il convient de présenter un résumé des données concernant le bien tout entier là où cela est
possible, plutôt que de fournir des données essentiellement identiques pour chacun des élé-
ments de la série. Néanmoins, il peut aussi être justifié de relever les exceptions ou de men-
tionner des informations importantes concernant spécifiquement un seul élément ou un petit
nombre d’entre eux.

Lorsqu’il est proposé d’ajouter un élément à un bien en série déjà inscrit, il se peut que la
déclaration de valeur universelle exceptionnelle existante s’applique déjà à cet ajout et qu’il
ne soit pas besoin de la modifier ou qu’une modification mineure suffise pour rendre compte
de l’élément additionnel. Lorsqu’une modification mineure s’impose ou s’il n’existe pas de
déclaration antérieure, il convient de réviser ou d’établir la déclaration conformément aux
prescriptions du Comité du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et les Or-
ganisations consultatives ont également élaboré des guides sur l’établissement des déclara-
tions de valeur universelle exceptionnelle rétrospectives. Dans l’un et l’autre cas, la déclaration
doit faire état des nouveaux attributs importants, mais non de valeurs nouvelles. Les valeurs
doivent être les mêmes que celles qui ont été précédemment approuvées par le Comité du
patrimoine mondial. Si l’on souhaite proposer des valeurs nouvelles ou différentes, il convient
d’établir une nouvelle proposition d’inscription (paragraphe 166).
78
Définition et analyse du bien 3

Dans le cas d’une extension apportée à un bien déjà inscrit, on peut soit réviser la déclaration
de valeur universelle exceptionnelle existante pour tenir compte de nouveaux attributs im-
portants – mais non de valeurs nouvelles –, soit établir une nouvelle déclaration portant sur

Ta b l e d e s m a t i è r e s
l’ensemble du bien.
ÉTUDE DE CAS

La déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Domaine du chef Roi Mata (Vanuatu)

© Vanuatu National Cultural Council / Chris Ballard


Le paysage culturel vivant du Domaine
du chef Roi Mata, à Vanuatu, a une
valeur universelle exceptionnelle en tant
qu’exemple éminent d’un paysage
représentatif des systèmes de chefferie ➤
du Pacifique. En témoignent les rapports
que la population a entretenus au cours
des siècles avec son environnement, dans
le respect des vestiges matériels associés
au Roi Mata et l’inspiration qu’elle
trouve dans l’héritage spirituel et moral
de ses réformes sociales. Le paysage
illustre la survivance des systèmes de
chefferie du Pacifique et le respect pour cette forme d’autorité à travers les interdits du tabu en usage
concernant la résidence et la sépulture du Roi Mata, observés depuis plus de 400 ans, et qui ont forgé
le paysage et les pratiques sociales locales. Le paysage immortalise les hauts faits du Roi Mata qui repré-
sente encore pour beaucoup d’habitants du Vanuatu contemporain une source vivante de pouvoir et
d’inspiration.

Critère (iii) : Le Domaine du chef Roi Mata est un paysage culturel vivant qui témoigne de la manière dont
les chefs tirent leur autorité de leurs prédécesseurs et, en particulier, de la manière dont le tabu qui
frappe d’interdit la résidence et le lieu de sépulture du Roi a été observé depuis 400 ans et continue de
façonner le paysage local et les pratiques sociales locales.

Critère (v) : Le Domaine du chef Roi Mata est un exemple éminent d’un paysage représentatif des sys-
tèmes de chefferie du Pacifique et des rapports que les populations du Pacifique ont entretenus au cours
des siècles avec leur environnement, dans le respect des vestiges matériels des trois sites majeurs associés Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
au Roi Mata, et dans le respect de l’héritage spirituel et moral de ses réformes sociales.

Critère (vi) : Pour de nombreux habitants du Vanuatu contemporain, le Domaine du chef Roi Mata
demeure un emblème du pouvoir présent dans le paysage et respecté dans la vie quotidienne.

L’authenticité du Domaine du chef Roi Mata réside dans l’association durable du paysage aux traditions
orales du Roi Mata, la continuité des systèmes de chefferie et le respect coutumier des vestiges matériels
de sa vie dont témoigne le tabu qui continue de frapper ces lieux.

La protection juridique des aires proposées pour inscription et leurs zones tampons est adéquate. Le sys-
tème de gestion d’ensemble du bien est adéquat, combinant la gestion traditionnelle à travers le système
de chefferie et les interdits du tabu et les mesures législatives prises par le gouvernement pour assurer la
protection du site. La communauté locale et les services de l’administration publique sont associés au sys-
tème de gestion. L’intégrité du site est ainsi maintenue.

•••

79
3 Définition et analyse du bien

• • • Île volcanique et tunnels de lave de Jeju (République de Corée)


ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s

L’île volcanique et les tunnels de lave de


Jeju constituent un bien en série cohérent
qui compte trois éléments. La qualité iné-
galée du réseau de tunnels de lave du
volcan Geomunoreum et la présence de
formations volcaniques diverses et
accessibles dans les deux autres éléments

© IUCN / Paul Dingwall


apportent une contribution originale et
importante à la connaissance du volca-
nisme mondial.

➤ Critère (vii) : Le réseau de tunnels de lave


du Geomunoreum, considéré comme le
plus bel exemple dans le monde d’un tel système de grottes, produit une impression visuelle extraordi-
naire, même sur les personnes auxquelles ces phénomènes sont familiers. Les concrétions de carbone
multicolores qui ornent les voûtes et les sols, et les parois de lave sombre partiellement recouvertes de
fresques de carbone composent un spectacle unique. Le cône de tuf de Seongsan Ilchulbong, tableau
saisissant d’une forteresse dressant ses murailles hors de l’océan, le mont Halla et son jeu de textures et de
couleurs changeant au gré des saisons, les chutes d’eau, les formations rocheuses aux formes variées, les
falaises en colonnades et le sommet imposant ajoutent encore à la magie et à la force esthétique du lieu.

Critère (viii) : Jeju possède une valeur propre du fait que c’est l’un des rares grands volcans boucliers de la
planète, formé au-dessus d’un point chaud sur une plaque continentale stationnaire. Le site se distingue
par le réseau de tunnels de lave du Geomunoreum, la série la plus impressionnante et la plus importante
au monde de grottes de lave protégées, et comprend un ensemble spectaculaire de concrétions secon-
daires carbonatées (stalactites et autres décorations), d’une abondance et d’une diversité inconnues ail-
leurs dans une grotte de lave. Le cône de tuf de Seongsan Ilchulbong présente des exemples exceptionnels
de ses caractéristiques structurelles et sédimentologiques qui en font un site de classe mondiale pour la
connaissance des éruptions volcaniques du type surtseyen.

Le bien est bien géré et dispose de ressources financières suffisantes. Le plan d’aménagement couvre la
période 2006-2010 et les ressources nécessaires à son application sont disponibles. Les principaux pro-
blèmes de gestion consistent à éviter les impacts agricoles éventuels sur le milieu souterrain et à gérer le
grand nombre de visiteurs dans le bien. Il serait possible d’étendre les limites du bien pour y inclure
d’autres importants réseaux de tunnels de lave et autres formations volcaniques de Jeju.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Propositions d’inscription d’un bien en série

Les propositions d’inscription d’un bien en série portent sur deux éléments séparés ou plus
qui présentent ensemble une valeur universelle exceptionnelle virtuelle (voir les définitions à
la section 1.3).

Dans de pareils cas, la valeur universelle exceptionnelle virtuelle de la série d’éléments est un
aspect fondamental et doit être établie. De plus, le choix des éléments doit obéir à une lo-
gique manifeste, fondée sur la valeur universelle exceptionnelle et sur les attributs et carac-
téristiques de ces éléments. L’analyse comparative doit justifier ce choix et démontrer que la
série tout entière présente une valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

Les éléments qui ne sont pas solidement ou clairement liés à la valeur universelle exception-
nelle virtuelle du bien proposé pour inscription doivent être exclus.

80
Définition et analyse du bien 3

En principe, tous les éléments d’une éventuelle proposition d’inscription en série doivent
figurer dans le dossier, même si celui-ci ne porte dans un premier temps que sur un seul ou
quelques-uns d’entre eux. Les Orientations autorisent l’inscription initiale d’une partie seule-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
ment des éléments d’une série, les éléments restants étant ajoutés ultérieurement (para-
graphes 137-139). Il convient alors de préciser et de décrire clairement les autres éléments
envisagés.

Il doit être indiqué si les éléments séparés de la série sont fonctionnellement liés et s’il existe
un cadre de gestion global s’appliquant à tous.

Un principe important s’agissant des propositions d’inscription en série veut qu’elles soient
examinées au regard du même ensemble de critères et de prescriptions en matière d’intégrité,
d’authenticité et de gestion que les autres. Elles doivent elles aussi se fonder sur une analyse
comparative à l’échelle de l’aire géoculturelle ou de l’ensemble du monde.

Un autre principe important est que toute proposition d’inscription concernant un bien en
série se traduit par une seule inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Un site en série
est donc inscrit comme un bien unique, et est traité en conséquence. Si les valeurs d’une
partie d’un bien en série sont menacées au point qu’est proposé son inscription sur la Liste
du patrimoine mondial en péril, le bien est inscrit en totalité sur cette liste. Cela s’applique à
tous les biens en série, que le bien se trouve sur le territoire d’un seul pays ou qu’il s’agisse
de biens transnationaux.

Le document intitulé Nominations and Management of Serial Natural World Heritage


Properties – Present Situation, Challenges and Opportunities (Engels, Ohnesorge et Burmester,
2009) contient d’utiles indications sur les biens en série.
ÉTUDE DE CAS

Site en série – Melaka et George Town, villes historiques du détroit de Malacca (Malaisie)

Les villes historiques


Melaka et George Town
sont le produit de 500 ans
de contacts commerciaux et
© OUR PLACE – The World Heritage Collection

Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011


culturels entre l’Orient et
l’Occident dans le détroit
de Malacca. De multiples
influences asiatiques et eu-
ropéennes ont apporté aux
villes une identité multicul-
turelle unique, qui se mani-
feste par un patrimoine
matériel et immatériel.
Avec ses édifices gouverne-
mentaux, ses églises, ses
places et sa forteresse,
Melaka témoigne des premières phases de son histoire qui a commencé sous le sultanat malais au
XVe siècle et des périodes portugaise et néerlandaise inaugurées au début du XVIe siècle. Les édifices
résidentiels et commerciaux de George Town illustrent la période britannique à partir de la fin du
XVIIIe siècle. Les deux villes représentent une culture architecturale unique et un paysage urbain sans
pareil en Asie orientale et en Asie du Sud-Est. Bien inscrit au titre des critères (ii), (iii) et (iv).

•••

81
3 Définition et analyse du bien

•••
ÉTUDE DE CAS
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Villes historiques du détroit de Malacca Villes historiques du détroit de Malacca

Source : Dossier d’inscription.


ÉTUDE DE CAS

Cités du modernisme de Berlin (Allemagne)


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Le bien comprend six ensembles de loge-


ments qui témoignent de la politique de
l’habitat innovante mise en œuvre de
1910 à 1933, en particulier durant la
© Winfried Brenne Architekten, Berlin

République de Weimar, lorsque la ville


de Berlin était à l’avant-garde sur le plan
social, politique et culturel. Ces cités
constituent un exemple exceptionnel de
l’évolution des logements sociaux qui a
contribué à améliorer l’habitat et les
conditions de vie des personnes à faibles
revenus, grâce à des approches novatri-
ces en matière d’urbanisme, d’architec-
ture et de conception des jardins. Le site
offre des exemples remarquables de nouveaux types urbains et architecturaux avec des solutions inédites
en matière de design et des innovations techniques et esthétiques. Bruno Taut, Martin Wagner et Walter
Gropius ont été parmi les principaux architectes de ces projets qui ont exercé une influence considérable
sur le développement de l’habitat partout dans le monde. Bien inscrit au titre des critères (ii) et (iv).
•••
82
Définition et analyse du bien 3

•••
ÉTUDE DE CAS

Ta b l e d e s m a t i è r e s

Source : Dossier d’inscription.


ÉTUDE DE CAS

Site en série – Karst de Chine du Sud (Chine)

La région du Karst de Chine du Sud s’étend sur une superficie d’un demi-million de kilomètres carrés, prin-
cipalement dans les provinces du Yunnan, du Guizhou et du Guangxi. C’est l’un des plus spectaculaires
exemples de paysages de karst humide tropical et
subtropical. Les forêts de pierre de Shilin sont consi-
dérées comme des phénomènes naturels extraordi-
naires et de véritables références contenant une
plus large variété de pinacles et une plus grande di-
versité de formes et de couleurs changeantes que
d’autres paysages karstiques. Le karst à pitons et à
tourelles de Libo, lui aussi considéré comme le site
de référence dans le monde pour ce type de karst,
offre un paysage très particulier et d’une grande
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
beauté. Le karst de Wulong a été inscrit pour ses
dolines géantes, ses ponts naturels et ses cavernes.
Bien inscrit au titre des critères (vii) et (viii).

La carte ci-contre ne présente qu’une partie de ce


bien en série.

Zone centrale
© UNESCO / Jim Thorsell

(bien)

Zone tampon

Source : Dossier d’inscription.

83
3 Définition et analyse du bien

Établissement de limites appropriées englobant les éléments auxquels


est attribuée une valeur universelle exceptionnelle
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Les limites qu’il est proposé d’adopter pour le bien doivent contenir tous les attributs et
caractéristiques qui lui confèrent une valeur universelle exceptionnelle virtuelle. Des limites
incluant des aires sans rapport avec cette valeur seraient inappropriées. À l’inverse, il ne
conviendrait pas non plus qu’elles excluent des aires comprenant des attributs ou des carac-
téristiques qui transmettent la valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

Il importe de garder à l’esprit que les biens proposés pour inscription doivent satisfaire à toute
une série de conditions :
• avoir une valeur universelle exceptionnelle ;
NOTRE C ONSEIL • répondre aux prescriptions en matière d’authenticité et d’intégrité ;
➤ Les limites doivent • être protégés et bien gérés.
contenir tous les
éléments qui Tous ces facteurs ont des incidences sur la délimitation du bien.
confèrent au bien
sa valeur universelle La cartographie des attributs et caractéristiques suggérée à la section 3 (p.62) offre un utile
exceptionnelle. point de départ pour la définition de limites appropriées.

S’agissant des biens culturels, lorsque l’objet de la proposition d’inscription comprend un certain
nombre d’éléments importants, comme les édifices d’une ville historique, mieux vaut parfois
proposer l’inscription d’une aire ou d’une zone unique les englobant tous, plutôt que plusieurs
éléments isolés. Comme toujours, il importe que le tracé des limites soit logique, et dans de
pareils cas, il peut apparaître tout à fait justifié de proposer l’inscription d’un site unique.

Dans certains cas, des éléments ou zones importants du point de vue de la conservation
peuvent être géographiquement distincts et éloignés les uns des autres, de sorte qu’il ne
convient pas de délimiter une seule aire de vaste étendue. Une proposition d’inscription en
série peut être alors mieux appropriée.

Il arrive qu’une partie du bien ne soit pas protégée ou bien gérée. Si cette partie correspond
à un élément nécessaire ou essentiel du bien, la proposition d’inscription n’aboutira que si
des mesures adéquates sont prises pour y remédier. Il peut être alors nécessaire de suspendre
l’établissement de la proposition d’inscription jusqu’à ce qu’une solution ait été négociée ou
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

trouvée par d’autres moyens.

La définition des limites implique des efforts de gestion et de prévention des conflits, auxquels
les parties prenantes doivent être associées. C’est une décision essentielle concernant l’utili-
sation des sols qui a des incidences sur la protection, la conservation et la gestion du bien,
et qui constitue donc une étape très importante sur le plan de la participation des parties
prenantes et de la communication.

Le choix des limites doit obéir à une logique ou des raisons précises, qui doivent être indiquées
dans la partie du dossier relative à l’intégrité du bien.

En résumé :
• les limites du bien doivent contenir les attributs nécessaires pour que le bien réponde aux
conditions d’intégrité, c’est-à-dire présente un ensemble complet et intact d’attributs ex-
primant la valeur universelle exceptionnelle virtuelle ;
• les limites du bien doivent être logiques et justifiables eu égard aux attributs identifiés
comme exprimant la valeur du bien ;
• elles doivent être clairement définies, en relation avec la protection juridique et la gestion
du bien ;
84
Définition et analyse du bien 3

• il importe que les limites soient facilement reconnaissables si l’on veut qu’elles facilitent la
gestion du bien. Dans bien des cas, le tracé épousera la configuration des lieux, et parfois
du relief. Il peut aussi être pratique de se fonder sur des éléments construits par l’homme

Ta b l e d e s m a t i è r e s
comme les routes, qui jouent souvent un rôle essentiel pour la gestion du bien. Toutefois,
il convient alors de s’assurer avec un soin particulier que l’aire ainsi délimitée répond aux
conditions d’intégrité ;
• il est essentiel de réaliser une carte de bonne qualité indiquant les limites du bien ;
• il est également indispensable de mener l’établissement des limites (y compris les plans de
zonage) du bien proposé pour inscription de pair avec la définition des priorités de gestion
et la mobilisation efficace des parties prenantes, cela pour articuler solidement ce processus
à l’élaboration des mesures de protection, de conservation et de gestion.
ÉTUDE DE CAS

Délimitation

Ensembles monumentaux Renaissance de Úbeda et Baeza (Espagne)
Ce bien a été proposé pour inscription en tant qu’éléments de deux villes historiques. Pour finir, il a été
circonscrit au palais de style Renaissance dans les deux localités. La justification a été modifiée pour indi-
quer que ces ensembles illustraient l’introduction de l’architecture civile et des idées de la Renaissance en
Espagne, qui ont ensuite été transplantées en Amérique latine dans le cadre d’accords architecturaux.

Centre historique de Macao (Chine)


La proposition d’inscription initiale ne portait que sur douze édifices,
laissant de côté certains exemples remarquables, les auteurs pensant qu’il

© Serge Dos Santos


était préférable de ne pas retenir un trop grand nombre d’exemples.
Heureusement, la rue principale avait raisonnablement conservé son
intégrité. Il a donc été possible de redéfinir le bien, pour y inclure la
rue et les principales places, ainsi que les édifices pertinents.

Bam et son paysage culturel (Iran, République islamique d’)


La proposition initiale d’inscription d’un bien en série se limitait essen-
tiellement à la Citadelle et à quelques édifices en ruine. À l’issue de © UNESCO / Alain Brunet

consultations, elle a changé de catégorie, et le bien a été classé comme


paysage culturel. En effet, on avait pris conscience de la très grande im-
portance du système de gestion de l’eau et du mode de vie de l’oasis.

Halle du Centenaire de Wroclaw (Pologne) Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
La proposition d’inscription avait à l’origine pour objet la seule halle du
Centenaire. Mais à la suite d’une mission de l’ICOMOS, il a été convenu que la zone d’exposition qui avait
été conçue en même temps que la halle devrait être comprise dans le site. La zone tampon a été elle aussi
élargie pour assurer une meilleure protection de cet ensemble.

Soltaniyeh (Iran, République islamique d’)


La proposition initiale comprenait le mausolée, le village traditionnel qui l’entoure et plusieurs monu-
ments religieux ou funéraires mineurs. À l’issue de l’évaluation, la délimitation du bien a été revue pour
ne plus englober que le mausolée et les vestiges archéologiques de la petite citadelle. Le reste du village
et les monuments ont été inclus dans la zone tampon. Le site est entouré par une aire paysagère protégée
coïncidant avec les prairies qui avaient jadis contribué à inciter les Mongols ilkhanides à établir leur
capitale à cet endroit.

Pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion (France)


L’inscription originelle incluait une série de zones établies mais
n’incluait pas les régions les plus importantes en végétation
© Hervé Douris

endémique de l’environnement de l’île. Une inscription révisée


a établi la frontière afin de relier le Parc national nouvelle-
ment créé en même temps que la disposition d’une zone tam-
pon efficace afin d’inclure les zones d’implantation attenantes.
•••
85
3 Définition et analyse du bien

• • • Le résultat est un bien qui inclut les zones les plus importantes de paysage
ÉTUDE DE CAS

naturel de l’île et qui est clairement lié à la protection et à la gestion


Ta b l e d e s m a t i è r e s

établies, et de ce fait, assurant une préservation efficace.

© Dell’Agnola – Provincia di Belluno


Les Dolomites (Italie)
L’inscription initiale des Dolomites comprenait une inscription en série de
27 éléments. Cette inscription a été différée et il a été conseillé à l’État
partie de recentrer l’inscription en diminuant le nombre d’éléments afin de
faire ressortir le paysage et les valeurs esthétiques de la zone à une échelle
paysagère. Une série révisée incluant 9 éléments a été préparée, soutenue
par une analyse comparative claire. Le bien fut inscrit sur la Liste du patri-
moine mondial en 2009.


Les zones tampons

Tout bien du patrimoine mondial nécessite des mesures de protection et de gestion s’appli-
quant à des activités qui lui sont extérieures, y compris celles qui ont pour cadre ses abords
immédiats. Pour répondre à ces besoins en matière de protection, de conservation et de ges-
tion, on délimite souvent une zone tampon. Toutefois, ce n’est pas toujours une nécessité,
et comme indiqué dans les Orientations, il existe aussi des moyens juridiques, réglementaires
et autres de protéger le bien de menaces plus générales (paragraphe 104). On peut par exemple
reconnaître le statut du bien dans les plans d’occupation des sols ou les règlements relatifs à
leur mise en valeur, ou assurer la liaison entre aires protégées. Les pays disposent de différents
mécanismes juridiques à cet effet.

Il importe de bien comprendre que la zone tampon ne fait pas partie du bien du patrimoine
mondial mais a pour objet d’en faciliter la protection, la conservation et la gestion. En pro-
tégeant les abords immédiats d’un bien, la zone tampon peut ainsi contribuer à en préserver
l’authenticité et l’intégrité. Il arrive par exemple qu’un temple soit dans l’alignement d’une
montagne s’élevant à une certaine distance, et que l’étendue les séparant se situe en partie
dans la zone tampon.

Même si les zones tampons n’ont pas de valeur universelle exceptionnelle, elles sont consi-
dérées comme ayant des liens essentiels avec la protection, la conservation et la gestion des
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

biens proposés pour inscription. Il convient d’inclure tous les attributs ou caractéristiques qui
participent à la justification de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle dans les limites
du bien proposé et de ne pas suggérer que certains se situent dans la zone tampon.

Bien que la zone tampon soit distincte du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, ses li-
mites doivent être officiellement consignées au moment de l’inscription du bien, ou lorsque le
Comité du patrimoine mondial approuve des modifications. La zone tampon fait partie inté-
grante des engagements de l’État partie concernant la protection, la conservation et la gestion
du bien. Le système de gestion global du bien doit donc l’inclure, et la manière dont les res-
ponsables de la gestion du bien sont également habilités à contribuer à la gestion des activités
dans toutes les zones tampons et à influer sur ces activités doit être clairement précisée.

La définition de la zone tampon peut être une importante occasion d’associer les parties
prenantes à l’étude du bien et au travail à long terme de protection, de conservation et de
gestion.

La zone tampon peut être une aire neutre qui ne présente aucune des caractéristiques liées
au bien proposé pour inscription. Mais ce peut être aussi une aire qui comporte des caracté-
ristiques physiques ou autres (par exemple, économiques, juridiques, fonctionnelles, visuelles
86
Définition et analyse du bien 3

ou environnementales) qui confortent celles du bien lui-même. Elle peut déterminer


l’approche physique du bien et jouer un rôle important dans la définition des perspectives
visuelles vers ou depuis l’aire proposée pour inscription. Elle peut participer notamment à la

Ta b l e d e s m a t i è r e s
protection des systèmes naturels plus généraux dont dépend le bien (comme l’aire de captage
d’un cours d’eau), ou être liée à la gestion de pressions en rapport avec l’afflux de visiteurs
ou une utilisation industrielle (si elle inclut par exemple les routes adjacentes et les aires de
stationnement aux abords du bien).

Par conséquent, les caractéristiques et valeurs de la zone tampon ne sont pas prises en
compte dans l’évaluation de la valeur universelle exceptionnelle, mais peuvent être utiles
pour déterminer si le bien proposé pour inscription répond aux prescriptions en matière d’in-
tégrité, d’authenticité, de protection et de gestion.

Il convient de se demander si on a une bonne compréhension du cadre immédiat du bien et


si on peut le définir aisément, ou si cela nécessite un travail supplémentaire. ➤

Les éléments pouvant influer sur la délimitation de la zone tampon sont notamment les
suivants :
• les caractéristiques de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle ;
• les prescriptions en matière de gestion du bien ;
• la nature des menaces ou impacts connus ou prévisibles ;
• les perspectives visuelles importantes vers ou depuis le bien ;
NOTRE CONSEIL

Une zone tampon


• la nature présente de la zone tampon envisagée ;
qui n’est pas protégée
• la propriété, l’utilisation des ressources, la gestion et la protection (y compris par la législa-
ni officiellement
tion) dans la zone tampon envisagée.
reconnue n’est
d’aucune utilité.
La zone tampon peut impliquer tout un éventail de fonctions, d’utilisations ou d’activités dif-
férentes de celles qui ont pour cadre le bien lui-même.

Si la zone tampon de biens culturels est fréquemment déterminée sur la base de l’effet visuel,
son choix peut aussi répondre à d’autres considérations ou d’autres facteurs (par exemple
l’effet acoustique ou l’hydrologie).

Comme celle du bien, la délimitation de la zone tampon doit obéir à une logique ou à des
raisons explicites, en rapport avec la protection, la conservation et la gestion des valeurs du Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
bien. Cette logique doit être exposée dans la partie du dossier relative au classement de pro-
tection. La relation entre la fonction, l’étendue, la protection, la conservation et la gestion
de la zone tampon et celles du bien doit être indiquée clairement. La protection, la conser-
vation et la gestion de la zone tampon et celles du bien doivent former un tout intégré.
Lorsque des organismes différents sont responsables à ces égards de la zone tampon et du
bien lui-même, il convient de préciser leurs obligations respectives et les mécanismes de
coordination.

Même si le concept de zone tampon a pour finalité la protection des biens du patrimoine
mondial, laquelle peut imposer des restrictions, une zone tampon bien conçue peut aussi être
source d’importants avantages pour les communautés et autres groupes locaux, de manière
compatible avec la protection, la conservation et la gestion des valeurs, et favoriser aussi l’uti-
lisation durable des ressources. Elle peut contenir des terres agricoles ou être le cadre d’activités
en rapport avec le tourisme telles que la restauration et l’hôtellerie qui sont gérées par la com-
munauté locale. La proposition d’inscription doit mettre cet aspect en relief.

De plus, la zone tampon peut jouer un rôle important dans les échanges sociaux, culturels et
économiques qui sont indispensables à la survie du bien et de ses valeurs. Les mesures
de protection, de conservation et de gestion doivent être conçues avec soin de façon à
87
3 Définition et analyse du bien

reconnaître et promouvoir ces processus utiles au bien. De même, la zone tampon ne doit
pas isoler le bien de son contexte social, culturel et économique traditionnel plus qu’il n’est
raisonnable, ni se transformer en une sorte de « musée » ou d’aire touristique.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Voici quelques étapes de l’établissement d’une zone tampon, dont l’ordre peut varier :
• tenir compte de la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien, de son intégrité et de
ses caractéristiques pour définir les questions extérieures à ces aspects et leurs relations
avec eux ;
• examiner aussi les potentialités de la zone afin d’établir une protection, une conservation,
une gestion et des bénéfices par le biais d’une utilisation durable dans la zone tampon plus
efficaces ;
• réfléchir aux dispositions juridiques que nécessite la mise en œuvre de la zone tampon –
législation nationale, lois ou réglementations locales, etc. ;
➤ • veiller à la mise en œuvre des mesures et mécanismes liés aux fonctions de la zone tampon ;
• délimiter la zone tampon sur la base de ces analyses et considérations, et avec un égard
particulier pour la valeur universelle exceptionnelle du bien face à des menaces externes
(dans le cas d’un bien en série, il peut y avoir besoin de plusieurs zones tampons pour dif-
férentes parties du bien).

Si la zone tampon ne bénéficie pas encore de mesures de protection, le temps nécessaire


pour les mettre en place peut avoir des incidences sur le calendrier d’établissement de la pro-
position d’inscription et la date de sa présentation. Ces mesures doivent être opérationnelles
avant la présentation de la proposition d’inscription.

Les zones tampons se révèlent efficaces lorsque le concept figure déjà dans la législation re-
lative au territoire sur lequel se situe le bien. Aussi est-il souhaitable que les États parties pren-
nent des mesures pour reconnaître le concept de zone tampon dans leur législation, si ce
n’est pas déjà le cas.

Même si les zones tampons sont un moyen important d’offrir une protection additionnelle
aux abords immédiats du bien faisant l’objet d’une proposition d’inscription, d’autres méca-
nismes peuvent être nécessaires pour assurer la protection du cadre distant. Des synergies
sont également possibles avec d’autres instruments de conservation, comme d’autres conven-
tions, programmes et initiatives offrant des formes de protection différentes et complémen-
taires du patrimoine.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Lorsque l’élément qui confère au bien sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle se situe
sous terre, on est en présence d’un cas particulier, dans lequel une zone tampon peut n’être
pas nécessaire.

Zones tampons
ÉTUDE DE CAS

Campus central de la cité universitaire


de l’Universidad Nacional Autónoma de Mexico
(UNAM) (Mexique)
© UNESCO / A. Sandoval-Ruiz

Le campus, qui est constitué d’un ensemble de bâti-


ments, d’équipements sportifs et d’espaces ouverts
dans la zone méridionale de Mexico, a été construit
entre 1949 et 1952. Plus de 60 architectes, ingénieurs
et artistes ont travaillé au projet. Superbe exemple
du modernisme du XXe siècle, le campus illustre
l’intégration de l’urbanisme, de l’architecture, de
•••
88
Définition et analyse du bien 3

• • • l’ingénierie, de l’architecture paysagère et des beaux-arts,


ÉTUDE DE CAS

et leur association avec des références aux traditions

Ta b l e d e s m a t i è r e s
locales, notamment le passé préhispanique du Mexique.
L’ensemble incarne des valeurs sociales et culturelles de
portée universelle. Reconnu dans le monde entier, ce
campus est l’un des grands symboles de la modernité en
Amérique latine.

Dans le cas de ce bien, la zone tampon a été revue de


façon à assurer une meilleure protection du cadre distant
de cet ensemble.

Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura


(Chili) ➤

La délimitation initiale de la zone tampon a été jugée


trop schématique, et il a été demandé de la redéfinir Zone centrale (bien)
pour tenir compte du paysage dans lequel s’inscrit le Zone tampon
bien.

Mont Huangshan (Chine)


Source : Dossier d’inscription.
La zone tampon du mont Huangshan sert à protéger le
bien et à ralentir voire éviter les impacts extérieurs sur le
site par le biais de plusieurs moyens tels que : passage
migratoire aménagé pour la faune, limitation de certaines
utilisations de terres qui pourraient créer des impacts,
infrastructure touristique et soutien en gestion de lieux
panoramiques additionnels hors du bien du patrimoine
mondial dans le but de réduire les pressions sur ce dernier.
© UNESCO / Giovanni Boccardi

Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (République


arabe syrienne)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Dans le cas de la Forteresse de Saladin, la zone tampon a
été élargie à l’ensemble de la vallée pour tenir compte de
l’intérêt archéologique potentiel et de la décision de mé-
nager un accès par téléphérique.

Île de St Kilda (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du


Nord)

C’est la mer elle-même qui protège le patrimoine matériel des îles,


de sorte qu’il n’a pas été jugé nécessaire de définir formellement une
zone tampon.

Ancien site agricole de Kuk (Papouasie - Nouvelle-Guinée)

La zone tampon ne borde le bien que sur deux côtés. Elle a été ainsi
délimitée pour protéger le système hydrographique du bien en Zone tampon
amont et les vestiges archéologiques qu’il renferme. Zone centrale (bien)

Source : Dossier d’inscription.

89
3 Définition et analyse du bien

Le cadre distant

Outre le bien et sa zone tampon, il peut être très important, de prendre en considération
Ta b l e d e s m a t i è r e s

une zone se situant au-delà, soit ce que nous appelons le cadre distant. Dans certains cas,
celui-ci peut être important pour les caractéristiques visuelles du bien ou ses attributs.

Comme on l’a dit plus haut, le cadre distant peut aussi contribuer de manière essentielle à
la protection de l’authenticité et de l’intégrité du bien.

Parmi les exemples de faits nouveaux ou de changements pouvant survenir dans ce cadre
distant et avoir des incidences négatives sur la valeur universelle exceptionnelle virtuelle d’un
bien figure la construction d’éléments nuisant à la visibilité tels que des bâtiments élevés
ou un champ d’éoliennes. Même situés à une distance considérable du bien, ces éléments
➤ risquent d’altérer la relation perçue entre le bien et son environnement.

Dans certains cas, le cadre distant et la zone tampon peuvent se confondre ; dans d’autres
cas, le premier sera beaucoup plus vaste. Des indications doivent être fournies concernant la
logique qui a présidé à la définition du cadre distant, encore que les Orientations n’énoncent
aucune prescription formelle à cet égard.

On se reportera utilement sur cette question à la Déclaration de Xi’an sur la conservation du


contexte des constructions, des sites et des secteurs patrimoniaux (ICOMOS, 2005).

L’étendue du cadre distant devra être indiquée sur une ou plusieurs cartes dans le dossier de
proposition d’inscription, et être commentée dans la partie descriptive de ce dossier.
ÉTUDE DE CAS

Questions relatives au cadre


d’un bien

Mission de suivi réactif UNESCO-ICOMOS


concernant la Vieille ville et Nouvelle ville
d’Édimbourg (Royaume-Uni de Grande-
Bretagne et d’Irlande du Nord)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Des experts du Centre du patrimoine mon-


dial et de l’ICOMOS ont effectué en 2008
© UNESCO / F. Bandarin

une mission de suivi réactif visant à exami-


ner des projets de construction susceptibles
d’affecter la vieille ville et la ville nouvelle
d’Édimbourg (Royaume-Uni), bien inscrit
sur la Liste du patrimoine mondial en 1995.

Entreprise à la demande du Comité du


patrimoine mondial, la mission a porté plus particulièrement sur le projet de construction de Caltongate.

Les experts ont examiné la situation générale de la vieille ville et de la ville nouvelle d’Édimbourg du point
de vue de leur état de conservation dans le contexte urbain, de leur intégrité et de leur authenticité. Ils
ont aussi étudié l’incidence des projets de construction, y compris la construction de tours, sur la valeur
universelle exceptionnelle du site, c’est-à-dire sur les qualités exceptionnelles qui avaient justifié l’inscrip-
tion du bien sur la Liste du patrimoine mondial.

De concert avec des représentants des autorités, institutions, organisations et autres parties prenantes
nationales et locales, les experts ont réfléchi aux mesures à prendre pour protéger le paysage de l’aire

90
Définition et analyse du bien 3
ÉTUDE DE CAS

urbaine historique. Outre Caltongate, ils ont examiné les incidences des avant-projets concernant le port
de Leith, le St James Centre, et d’autres projets sur le site même. La mission a également discuté des possi-

Ta b l e d e s m a t i è r e s
bilités d’améliorer le système de conservation et de gestion.

Le site du patrimoine mondial a été classé eu égard au statut d’Édimbourg comme capitale de l’Écosse
depuis le XVe siècle. Le Comité du patrimoine mondial a reconnu deux aires distinctes : la vieille ville,
dominée par une forteresse médiévale, et la ville nouvelle, de style néo classique, dont l’essor à partir du
XVIIIe siècle a exercé une profonde influence sur l’urbanisme européen. La juxtaposition harmonieuse de
ces deux aires historiques contrastées, comptant chacune de nombreux édifices remarquables, est ce qui
fait le cachet propre de la ville et lui confère une valeur universelle exceptionnelle.

État de conservation présent – menaces ou pressions


Les menaces ou pressions qui risquent d’affecter la valeur universelle exceptionnelle virtuelle
du bien proposé pour inscription sont un aspect important dont il faut tenir compte lors de
l’évaluation. Les Orientations citent quatre facteurs – le développement, les contraintes liées
à l’environnement, les catastrophes naturelles et les contraintes dues aux visiteurs ou au tou-
risme. Par conséquent, les renseignements communiqués concernant l’état de conservation
du bien doivent être réalistes, confirmés par des données factuelles, et ni exagérés ni en deçà
de la réalité. Si, par exemple, on affirme que le bien est en bon état, cela doit être réellement
le cas, et l’on ne doit pas passer sous silence ni minimiser les menaces sérieuses. De plus, la
tendance générale est un élément d’appréciation essentiel – état bon et qui s’améliore est
complètement différent de état bon mais qui se dégrade. L’une des tâches principales de la
mission d’évaluation sur le site du bien proposé pour inscription est de vérifier s’il existe des
menaces et de les signaler, et de s’assurer que certaines n’ont pas été passées sous silence.

Les renseignements concernant les menaces ne doivent porter que sur celles que l’on peut
raisonnablement prédire ou redouter pour un bien donné, ou qui ont déjà été mentionnées.
Il n’y a pas lieu par exemple de faire état de risques très peu probables.

Néanmoins, il importe de donner des informations franches et exactes sur de telles menaces.
Le Centre du patrimoine mondial se trouve de plus en plus souvent confronté à des biens
que l’on déclare peu après leur inscription exposés à des menaces qui n’avaient pas été men- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

tionnées lors de la proposition d’inscription. C’est pourquoi il est souhaitable de le tenir in-
formé de tout nouveau projet de construction ou de tout autre changement intervenant
pendant le processus d’évaluation.

La protection

Les biens proposés pour inscription doivent être convenablement protégés par des disposi-
tions juridiques et/ou coutumières. L’idéal est qu’ils bénéficient de la meilleure protection
possible dans une juridiction et un contexte donnés, ce qui parfois implique des mesures lé-
gislatives ou autres prises à de multiples niveaux.

Les protections juridiques et coutumières ne sont pas des mécanismes s’excluant mutuelle-
ment, mais peuvent souvent concourir avec succès à établir plusieurs niveaux de protection.
Dans bien des cas, un dispositif juridique est nécessaire pour appuyer de manière appropriée
la protection fondée sur la coutume, en particulier lorsque des menaces existent.

Toute proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial d’un bien ne bénéficiant
pas d’une protection satisfaisante sera rejetée.

91
3 Définition et analyse du bien

Il est essentiel de définir clairement les attributs matériels et immatériels qui concrétisent la
valeur universelle exceptionnelle virtuelle pour assurer convenablement la protection, la
conservation et la gestion du bien, puisque ce sont eux qu’il faut protéger pour préserver
Ta b l e d e s m a t i è r e s

cette valeur (voir section 7.c du modèle de proposition d’inscription).

Quelques questions qu’il y a lieu de se poser :


• le dispositif de protection permettra-t-il de préserver ou de renforcer la valeur universelle
exceptionnelle virtuelle ?
• est-ce un dispositif à long terme ?
• dans le cas d’une protection coutumière, celle-ci repose-t-elle sur des mécanismes com-
munautaires solides ?
• la protection est-elle assurée à tous les niveaux nécessaires (coutumier, local, régional,
national, etc.) ?
➤ NOTRE C ONSEIL • le bien est-il protégé contre des constructions ou changements qui pourraient compromettre
ses valeurs, son intégrité ou son authenticité ?
La protection doit être
• la protection est-elle mise en œuvre de manière efficace ?
efficace.
• le dispositif de protection est-il examiné/suivi périodiquement de façon à en vérifier
l’efficacité ?
• la protection est-elle pleinement intégrée avec une conservation et une gestion d’ensemble ?

Le dispositif de protection doit s’appliquer à la fois au bien lui-même et à la zone tampon, même
si les mesures peuvent différer selon les zones. La protection de la valeur du bien ne doit pas
s’opérer au détriment de quelconques biens du patrimoine présents dans la zone tampon.

Il convient de protéger et de gérer également les qualités visuelles importantes du cadre distant.

Il importe de s’assurer dès les tout premiers stades de l’établissement de la proposition d’ins-
cription qu’un dispositif de protection adéquat est en place. En effet, l’élaboration d’un tel
dispositif (par exemple la préparation d’une nouvelle loi) peut prendre beaucoup de temps
et retarder considérablement l’ensemble du processus.
ÉTUDE DE CAS

Protection traditionnelle d’un bien culturel – Tombeau des Askia (Mali)


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

La spectaculaire structure pyramidale de 17 mètres du tombeau des Askia, édifiée par Askia Mohamed,
Empereur du Songhaï, en 1495 dans sa capitale Gao, témoigne de la puissance et de la richesse de l’empire
qui s’épanouit aux XVe et XVIe siècles grâce au contrôle du commerce transsaharien, notamment du sel et
de l’or. C’est aussi un superbe exemple de la tradition d’édifices monumentaux en argile caractéristique du
Sahel d’Afrique de l’Ouest. L’ensemble, y compris la tombe pyramidale, les deux mosquées à toit plat, le
cimetière de la mosquée et l’espace des assemblées en plein air, fut édifié lorsque Gao devint la capitale
de l’Empire songhaï et après qu’Askia Mohamed eut fait de l’islam la religion officielle de l’Empire à son
retour de La Mecque.
© Direction Nationale du Patrimoine Culturel

Le site bénéficie d’une forme de protection tradi-


tionnelle. Sa gestion est supervisée par une asso-
ciation créée par le préfet de Gao en 2002.
Celle-ci se compose de représentants de toutes les
du Mali / Thierry Joffroy

principales parties prenantes, y compris l’Imam, le


Muezzin, et les représentants de l’Agence régio-
nale pour les arts et la culture de Gao et des com-
missions régionales et locales pour la sauvegarde
du patrimoine culturel. L’association n’a pas de
fonctions statutaires mais jouit d’une forte auto-
rité morale du fait de la participation de l’Imam et du Chef du Songhaï.

92
Définition et analyse du bien 3
ÉTUDE DE CAS

Protection traditionnelle d’un bien naturel – Rennell Est


(Îles Salomon)

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Rennell Est est situé dans le tiers méridional de Rennell,
île la plus australe de l’archipel des Salomon. Rennell est
le plus grand atoll corallien surélevé du monde avec ses
86 km de long et 15 km de large. Le site couvre environ
37 000 ha et un secteur marin s’étendant jusqu’à trois
milles nautiques. Une des caractéristiques principales de
l’île est le lac Tegano, ancien lagon de l’atoll et plus grand
lac du Pacifique insulaire (15 500 ha). Il est saumâtre et

© UNESCO / S. A. Tabbasum
contient de nombreuses îles calcaires accidentées peuplées
d’espèces endémiques. Rennell est essentiellement cou-
verte de forêts denses dont la canopée atteint 20 m de
hauteur en moyenne. Avec des conditions climatiques mar- ➤
quées par des cyclones fréquents, le site est un véritable
laboratoire naturel pour l’étude scientifique. C’est la
coutume qui en régit la propriété et la gestion.

La gestion

La gestion d’un bien du patrimoine mondial doit être axée principalement sur les attributs et
les caractéristiques qui sont liés à la valeur universelle exceptionnelle virtuelle du bien ou vé-
hiculent cette valeur. L’objectif est de faire en sorte que la valeur, l’authenticité et l’intégrité
du bien soient préservées à l’avenir grâce à une bonne gestion des attributs. Par conséquent,
la déclaration de valeur universelle exceptionnelle constitue en la matière un outil de référence
essentiel.

Il convient également que la valeur universelle exceptionnelle du bien soit gérée selon une
approche holistique, qui doit s’appliquer aussi aux besoins en matière de conservation du
bien dans son ensemble et pour ce qui concerne la totalité de ses valeurs.

Il faudrait démontrer que le bien proposé pour inscription fait l’objet d’un plan de gestion
adéquat ou d’un système de gestion documenté qui en précise les mécanismes. À défaut, il
est important de fixer des délais réalistes pour leur élaboration, ce qui peut avoir des inci- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

dences sur le calendrier de la proposition d’inscription. Des mécanismes de gestion appropriés


devraient également exister pour la zone tampon et le cadre distant du bien.

Il pourrait être difficile de faire aboutir l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial d’un bien NOTRE CONSEIL

pour lequel il n’existe pas de mécanisme de gestion satisfaisant au moment de la proposition. Le plan ou système
de gestion doit être
Les Orientations contiennent une disposition indiquant que l’inscription pourrait être approu- effectif.
vée en l’absence d’un plan de gestion ou d’un système documenté totalement mis en place
(paragraphe 115). Cependant, ceci n’est pas souhaitable. L’existence d’un tel plan ou système
déjà opérationnel accroît considérablement les chances de succès.

Il n’y a pas de préférence particulière entre plan et système de gestion, et les deux peuvent
coexister dans certains cas. L’important est que le plan ou système soit adéquat et efficace.
La notion de plan de gestion est par exemple étrangère à certaines cultures, qui n’en ont gé-
néralement aucune expérience, de sorte que l’efficacité de tels plans apparaîtrait très incer-
taine. Il peut fort bien exister néanmoins un système adéquat qui permette de gérer
convenablement le bien proposé pour inscription. Dans d’autres cultures où ces mécanismes
sont bien établis, il doit y avoir un plan de gestion.

93
3 Définition et analyse du bien

La gestion du bien doit obéir à une vision réaliste de son devenir à moyen et à long terme, y
compris des changements et des difficultés qui pourraient résulter de l’inscription sur la Liste
du patrimoine mondial. Ces changements et ces difficultés peuvent être considérables.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Plans et systèmes documentés doivent être présentés comme des dispositions déjà testées et
éprouvées, plutôt que comme des projets « sur le papier » à mettre en œuvre ultérieurement.
Les renseignements communiqués dans des parties essentielles du dossier de proposition
d’inscription (comme celles qui ont trait à l’état de conservation et au suivi) doivent être étroi-
tement liés aux données et programmes figurant dans tout plan de gestion du bien.

Un mécanisme pour entreprendre des études d’impact pour les changements proposés, les
développements ou les interventions est essentiel à tout plan ou système de gestion.

La gestion du bien repose parfois sur plusieurs plans ou systèmes documentés. Il importe alors
➤ de montrer que ces divers plans et systèmes constituent un ensemble de mesures intégrées ou
complémentaires permettant de préserver efficacement la valeur universelle exceptionnelle
virtuelle. Il est fréquent que la gestion du bien, celle de la zone tampon ou un cadre plus large
soient du ressort d’organismes différents, ou fassent intervenir plusieurs administrations locales.

La gestion du tourisme est souvent une question majeure pour les biens du patrimoine mon-
dial étant donné le vif intérêt que suscite leur visite, le nombre potentiellement considérable
de visiteurs et la nécessité d’informer le public au sujet du bien, ainsi que des aménagements
destinés à les accueillir. Les effets de l’inscription du bien sur le nombre de visiteurs varient
selon des cas et doivent être anticipés. La proposition d’inscription doit comprendre des me-
sures de gestion du tourisme compatibles avec la protection, la conservation et la gestion de
la valeur universelle exceptionnelle virtuelle et propices à la réalisation de ces objectifs. Dans
bien des cas, il est établi un plan de gestion du tourisme distinct, qui s’articule au plan ou
système de gestion générale du bien. Ce plan doit être effectivement appliqué.

S’agissant des biens naturels, l’UICN a élaboré un Manuel de référence sur les plans de ges-
tion des biens du patrimoine mondial qui leur est spécialement consacré (UICN, 2008). Il est
prévu que le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et les Organisations consultatives
publient un manuel similaire concernant les biens culturels.

Il faut du temps pour établir des plans ou une documentation appropriée, et pour faire la
preuve de leur efficacité avant la présentation de la proposition d’inscription. Mener à bien
ce travail peut retarder considérablement le processus. Il est préférable pour assurer la conser-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

vation à long terme du bien, et dans l’intérêt des propriétaires du bien et de toutes les parties
prenantes, de prendre toutes les dispositions relatives à la gestion avant que la proposition
ne soit présentée.

Quelques-unes des questions qu’il convient de se poser :


• le plan ou système de gestion précise-t-il comment les mesures de protection et de conser-
vation aideront à préserver la valeur universelle exceptionnelle virtuelle ?
• le plan ou système de gestion permet-il dans la pratique d’obtenir sur le terrain des résultats
effectifs en matière de conservation ?
• en cas de plans ou systèmes multiples, ceux-ci assurent-ils de manière intégrée ou complé-
mentaire les résultats effectifs voulus ?
• le plan ou système de gestion a-t-il priorité sur d’autres types de plans ou de systèmes
(plans de promotion du tourisme, de développement ou de soutien de l’économie régio-
nale, par exemple) ?
• les parties prenantes partagent-elles une vision commune du bien ?
• le plan ou système de gestion du plan comporte-t-il un cycle complet – planification, mise
en œuvre, suivi, évaluation et retour d’information ?
• les impacts sur les tendances, les changements et les interventions proposées, sont-ils
contrôlés et évalués ?

94
Définition et analyse du bien 3

• les principes du développement durable sont-ils intégrés dans la gestion?


• le plan ou système de gestion prévoit-il la participation des parties prenantes, en particulier
les propriétaires et gestionnaires du bien, et bénéficie-t-il d’un soutien solide ?

Ta b l e d e s m a t i è r e s
• le plan ou système pourra-t-il s’appuyer sur des ressources adéquates, dans l’immédiat et
à l’avenir ?
• le plan ou système est-il assorti d’un mécanisme approprié de renforcement des capacités ?
• Il y a-t-il des ressources financières et un plan d’activités adéquats afin de répondre aux
besoins en cours et futurs du bien ?
• le fonctionnement effectif du plan ou système est-il décrit en toute transparence ?
• le plan de gestion prévoit-il des mesures de prévention des risques ?
• le dispositif de gestion est-il pleinement intégré aux mesures de protection du bien ?

Dans ce contexte, les parties prenantes pourront comprendre la population locale, les groupes au-
tochtones, les propriétaires et gestionnaires du bien, les autorités de différents niveaux, les intérêts
commerciaux, y compris les organismes touristiques, et les organisations non gouvernementales. ➤

Dans le cas d’une proposition d’inscription d’un bien en série ou d’un bien transfrontalier ou
multinational, il convient de s’assurer en priorité que chacun des éléments bénéficie de me-
sures de protection et de gestion adéquates et efficaces. À cela doit s’ajouter un système de
gestion de l’ensemble du bien qui assure la communication et la coordination entre toutes
les parties responsables en ce qui concerne au moins :
• l’harmonisation des mesures de gestion des différents éléments de façon qu’elles répondent
à un ensemble commun d’objectifs s’agissant de la préservation de la valeur universelle
exceptionnelle virtuelle ;
• l’identification des menaces pesant sur le bien et des mesures de prévention qui s’imposent ;
• la coordination du suivi et de l’établissement des rapports, pour ce qui est, en particulier,
des prescriptions de la Convention du patrimoine mondial.

Le système de gestion d’un bien en série ou d’un bien transfrontalier ou transnational doit
prévoir l’examen régulier et le renforcement si possible des mécanismes de coordination de
façon à en accroître la cohésion et l’efficacité pour le bénéfice du bien du patrimoine mondial
et répondre aux changements qui en affectent les éléments.

La manière dont sera assurée la gestion coordonnée des différents éléments doit apparaître
clairement, en particulier s’il y a plusieurs gestionnaires et systèmes de gestion. Cette gestion
coordonnée doit être effective.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Il est inutile de créer un organisme expressément chargé de la gestion du bien lorsque les plans
ou systèmes de gestion fonctionnent de manière satisfaisante. Si toutefois ils ne sont pas adéquats,
de nouveaux mécanismes spécifiques peuvent être nécessaires, mais ils devront être effectifs.
© UNESCO/Alexis N. Vorontzoff

Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes (France)


ÉTUDE DE CAS

Le Val de Loire est un paysage culturel exceptionnel d’une grande


beauté, comprenant des villes et villages historiques, de grands
monuments architecturaux – les châteaux – et des terres cultivées,
façonnées par des siècles d’interaction entre les populations et
leur environnement physique, dont la Loire elle-même.

Le Gouvernement français a approuvé en 1994 un plan directeur décennal pour la planification et la ges-
tion cohérentes du Val de Loire (Plan Loire Grandeur Nature). Ce plan assure la protection de l’environne-
ment et le développement économique sur ce territoire. Il est mis en œuvre en étroite collaboration avec
les organismes et institutions compétents – les collectivités territoriales, les organismes économiques et les
associations. De plus, conformément à une recommandation formulée lors de l’évaluation du bien, un
comité de gestion, au sein duquel sont représentés le gouvernement et les institutions intéressées, a été
établi et chargé de superviser la gestion de l’aire protégée.

95
3 Définition et analyse du bien

Le dossier de proposition d’inscription, outil de gestion du bien


Ta b l e d e s m a t i è r e s

Outre sa finalité comme moyen d’obtenir l’inscription d’un bien sur la Liste du patrimoine
mondial, le dossier de proposition d’inscription peut aussi contribuer à la gestion permanente
de ce bien. En effet :
• il contient des informations sur l’état du bien et une série d’engagements concernant la pro-
tection, la gestion et le suivi du bien ;
• le statut de bien du patrimoine mondial peut modifier positivement la situation du bien,
et la proposition d’inscription doit en prévoir correctement les incidences, qu’il s’agisse, par
exemple, de l’augmentation du nombre de visiteurs ou des pressions accrues liées au
tourisme à la suite de l’inscription éventuelle ;
• la proposition d’inscription, notamment les arrangements qui y sont décrits en matière de
➤ gestion, sera attentivement examinée durant le processus d’évaluation. Il pourra être pro-
posé des changements à apporter au bien et à sa gestion, lesquels devront être négociés et
convenus par l’État partie et les diverses parties prenantes ;
• l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial peut être pour les parties prenantes une puis-
sante incitation à participer à la gestion et à la protection du bien, en particulier si l’on peut
leur faire valoir d’éventuels avantages. À l’inverse, certaines parties prenantes se sentiront
peut-être menacées, et il faudra tenir dûment compte de leurs vues et de leurs préoccupa-
tions pendant l’établissement de la proposition d’inscription ;
• la proposition d’inscription contiendra de solides données de référence au regard desquelles
il sera possible de mesurer l’état de conservation du bien dans les années à venir.

Le suivi

Toute bonne gestion implique que l’on surveille en permanence une série de facteurs essen-
tiels qui renseigneront sur la situation actuelle du bien, son état de conservation et son devenir
probable. Les activités de suivi livrent au gestionnaire du bien de précieuses informations,
qui vont montrer par exemple que les mesures de protection, de conservation et de gestion
portent leurs fruits ou que des changements sont nécessaires. Le suivi d’un bien du patrimoine
mondial se concentre sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, y compris son intégrité,
sa protection et sa gestion, ainsi que son authenticité s’il s’agit d’un bien culturel. Là encore,
la déclaration de valeur universelle exceptionnelle est un outil de référence essentiel.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Le suivi est un aspect de la proposition d’inscription qui laisse souvent à désirer.

Le régime de la Convention du patrimoine mondial prévoit aussi un système de soumission


de rapports périodiques officiels en vertu duquel les biens inscrits doivent faire l’objet d’un
rapport de suivi tous les six ans (voir le chapitre V des Orientations). L’existence d’un méca-
nisme de suivi bien développé facilitera l’établissement des rapports de suivi.

Le dossier de proposition d’inscription doit mentionner les indicateurs clés qui seront utilisés
pour mesurer et évaluer toute une série de facteurs, y compris l’état de conservation du bien.
Ces indicateurs doivent être en rapport avec les attributs qui confèrent au bien sa valeur uni-
verselle exceptionnelle, de telle sorte que ces attributs fassent l’objet de mesures de protec-
tion, de conservation et de gestion propres à assurer la préservation de cette valeur.

Le suivi doit être effectué à intervalles réguliers, selon un calendrier adapté à la nature du
bien. Sa périodicité dépendra de la solidité ou fragilité des attributs et de leur relative
permanence.
Un point important est de savoir qui est chargé du suivi, car cela aura des incidences sur la

96
Définition et analyse du bien 3

crédibilité réelle ou apparente de ses conclusions. En général, les résultats du suivi seront
plus crédibles s’il est mené de manière transparente par des experts indépendants.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
On consultera avec profit la publication intitulée Monitoring World Heritage, Cahiers du
patrimoine mondial, n° 10 (Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et ICCROM, 2004).

En ce qui concerne les sites naturels, une série d’outils sur l’efficacité des mesures de gestion
peuvent aider à mettre en œuvre le processus de suivi. Voir en particulier Trousse à outils :
Amélioration de notre patrimoine – Évaluer l’efficacité de la gestion des sites naturels du
patrimoine mondial, Cahiers du patrimoine mondial, n° 23 (UNESCO, Hockings, James, Stolton,
Dudley, Mathur, Makombo, Courrau et Parrish, 2008). D’autres outils plus simples sont éga-
lement utiles. L’UICN peut fournir, sur demande, de plus amples indications à leur sujet.

3.2 Recommandations supplémentaires ➤

Étudiez les dossiers et processus de proposition d’inscription qui ont


abouti

Il peut être utile, au moment d’entreprendre l’établissement d’une proposition d’inscription,


d’étudier des exemples de dossiers qui ont abouti. Mieux vaut sans doute s’intéresser aux
dossiers les plus récents, car les règles et les conditions exigées ont évolué au fil du temps.
On prêtera aussi attention aux cas de biens présentant certaines similitudes avec le bien dont NOTRE CONSEIL
on souhaite obtenir l’inscription. L’exemple d’autres
dossiers et processus
Les dossiers relatifs à des biens directement comparables devront être examinés avec le plus de proposition
grand soin dans le cadre de l’analyse comparative (voir la section 3, p.70-76). d’inscription
peut être utile.
À l’heure actuelle, les dossiers des biens inscrits depuis 1998 peuvent être consultés aux
adresses suivantes :
• [Link] (page en anglais)
• [Link] (page en français)

Après lecture d’un dossier, consultez aussi l’évaluation réalisée par la ou les organisation(s)
consultative(s), qui contient d’importantes indications sur la qualité de ce dossier, ses points Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
forts et ses faiblesses éventuelles. Vous trouverez également ces évaluations dans les pages
Web susmentionnées.

Outre ces documents, il est possible d’obtenir auprès des États parties d’utiles informations
sur la manière dont ils ont procédé pour préparer leur proposition d’inscription. Vous pouvez
aussi consulter avec profit les États parties à l’origine d’une récente proposition d’inscription
qui a abouti.

Il importe de souligner que de tels exemples de propositions d’inscription ou de processus


couronnés de succès ne doivent pas être considérés sans discernement comme des modèles
à suivre en tout point. Chaque proposition d’inscription et chaque État partie est un cas
particulier auquel correspondent un dossier et un processus uniques, que l’on ne peut pas
copier.

97
4 Rédaction et établissement du dossier
de proposition d’inscription

Une fois que l’on a rédigé la déclaration de valeur universelle exceptionnelle, défini des limites
Ta b l e d e s m a t i è r e s

pertinentes et justifiables, mis en place des mesures de protection, de conservation et de ges-


tion, et obtenu le soutien des principales parties prenantes pour la préparation de la propo-
sition d’inscription, la deuxième étape consiste à établir le dossier.

4.1 Recommandations générales

Qui doit rédiger la proposition d’inscription

Il est essentiel que la proposition d’inscription soit claire et cohérente en ce qui concerne son

objet et les informations, les arguments et les conclusions qui y sont présentés. Recruter un
expert en qualité de consultant pour rédiger la proposition peut sembler être le moyen le
plus rapide et le plus simple d’obtenir l’inscription. Cette façon de procéder peut donner de
bons résultats si l’expert a une bonne connaissance du patrimoine mondial et du bien, mais
cela n’est pas indispensable pour établir un bon dossier.

Pour quantité de biens, l’expérience d’agents locaux travaillant de concert, guidés peut-être
dans une certaine mesure par des spécialistes extérieurs, pourra se révéler fort bénéfique à
long terme. En particulier, ils acquerront ainsi une solide connaissance des valeurs du bien,
des besoins, des contraintes et des opportunités qui lui sont liés, et assureront la continuité
des mesures de protection, de conservation et de gestion du bien après que celui-ci aura été
examiné pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial. C’est à l’évidence un atout de
disposer d’une équipe locale qui connaît parfaitement les valeurs d’un bien inscrit sur la Liste,
ainsi que les besoins futurs en matière de conservation, de protection et de gestion.

La proposition d’inscription doit être rédigée dans une langue claire et parfaitement maîtrisée
en anglais ou en français. Lorsque l’équipe ou la personne chargée d’établir le dossier ne
maîtrise pas suffisamment l’une de ces deux langues, il sera sans doute plus prudent qu’elle
rédige la proposition d’inscription dans sa langue maternelle, puis fasse traduire le texte final
en bon français ou anglais par un professionnel. Une mauvaise traduction peut être une
source de malentendus et de difficultés lors de l’examen du dossier.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Il peut être fort utile d’établir un glossaire des termes spécialisés dans la langue locale afin
d’éviter toute confusion.

Objet de la proposition d’inscription

Établir une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial consiste essentielle-
ment à remplir le formulaire prévu à cet effet. Il s’agit d’un document officiel, qui doit être
soumis à l’UNESCO par l’État partie concerné, ou par deux États parties ou plus dans le cas
d’une proposition d’inscription portant sur un bien transnational.

Le dossier de proposition d’inscription a pour objet premier d’indiquer aussi clairement que
possible :
• en quoi consiste le bien et comment il est documenté ;
• pourquoi il est présumé avoir une valeur universelle exceptionnelle ;
• son état de conservation et les facteurs qui l’affectent ;
• comment seront assurés sa protection, sa conservation, sa gestion, sa mise en valeur et
son suivi pour ce qui concerne sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

98
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

C’est sur la base de ce dossier que le bien sera évalué en vue de son éventuelle inscription
sur la Liste du patrimoine mondial, selon ce que décidera ensuite le Comité du patrimoine NOTRE CONSEIL

mondial. Toutes les sections

Ta b l e d e s m a t i è r e s
de la proposition
Les différentes phases de l’établissement d’une proposition d’inscription d’inscription doivent
avoir trait à la valeur
L’ordre dans lequel on établit la proposition d’inscription est important. Il est essentiel de le universelle
respecter, tout en comprenant bien que c’est un processus de retouches successives, impli- exceptionnelle.
quant une communication et un engagement continus avec les parties prenantes :
• mener à bien les recherches de fond nécessaires ;
• travailler à l’analyse comparative ;
• préparer la déclaration de valeur universelle exceptionnelle, y compris en ce qui concerne
les critères, l’authenticité et l’intégrité ;
• déterminer les attributs pertinents ;
• définir des limites appropriées ; ➤
• rédiger la description du bien ;
• rédiger son historique ;
• remplir les parties restantes du formulaire de proposition d’inscription.

L’ordre du modèle de présentation imposé par les Orientations pour les dossiers de proposi-
tion d’inscription n’est pas nécessairement le plus logique, et peut aboutir à des dossiers ex-
cessivement bavards dans lesquels la justification de la valeur universelle exceptionnelle
virtuelle et la démonstration concernant les critères sont les parties les moins satisfaisantes.

Tableau récapitulatif des différentes étapes suggérées pour l’établissement


d’une proposition d’inscription

Mener à bien les recherches de fond nécessaires

Procéder à l’analyse comparative

Établir le projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle


et déterminer les critères pertinents
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Évaluer l’authenticité et l’intégrité

Déterminer les attributs pertinents

Définir les limites appropriées

Rédiger la description du bien

Rédiger l’historique du bien

Compléter les parties restantes du dossier

99
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Certaines sections du dossier sont beaucoup plus faciles à établir que d’autres, et ce sont
souvent celles qui retiennent le plus l’attention. C’est ainsi que la description du bien et son
historique sont longuement traités parce que ces informations sont faciles à réunir et simples
Ta b l e d e s m a t i è r e s

à exposer. Or, bien souvent, ces parties ne font pas suffisamment le lien avec la valeur uni-
verselle exceptionnelle virtuelle, peut-être parce qu’elles ont été établies avant l’identification
des valeurs. Il est essentiel de procéder par retouches successives. Par exemple, les recherches
historiques peuvent fort bien être menées avant l’identification des valeurs, mais il peut être
ensuite nécessaire de revoir la partie historique pour mieux l’articuler aux valeurs.

Comme on l’a souligné plus haut, il est recommandé de déterminer en premier lieu la valeur
universelle exceptionnelle virtuelle, puis de rédiger les parties restantes pour les articuler
précisément aux valeurs. La description doit indiquer quels sont les attributs physiques qui
confèrent au bien sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle, et l’historique expliquer
➤ comment le bien a acquis ces attributs et les valeurs qu’ils véhiculent.

Le résumé analytique

La première partie de tout dossier de proposition d’inscription est le résumé analytique. C’est
un élément clé qui présente les données essentielles.

Une fois les tâches décrites dans la partie 3 ci-dessus menées à bien, au moins dans une me-
sure raisonnable, utilisez les informations ainsi réunies pour rédiger un projet de résumé ana-
lytique. Il est recommandé de faire cela au tout début du processus d’établissement
proprement dit du dossier, de manière à énoncer très clairement les principaux points que
l’on entend faire valoir. Cela aidera à concentrer étroitement le travail sur les aspects réelle-
ment importants.

À mesure que ce travail avance, on pourra réviser le résumé analytique à la lumière d’infor-
mations ou de conclusions nouvelles. Cela aussi aidera à se concentrer sur l’essentiel.

Les renseignements présentés dans le résumé analytique doivent correspondre à ceux qui
figurent dans le corps même de la proposition d’inscription.

Présentation du dossier de proposition d’inscription


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

La proposition d’inscription doit :


• définir clairement les limites du bien qui sont proposées ;
• décrire le bien ;
• en présenter l’historique ;
• faire la preuve de son importance et des raisons pour lesquelles on lui attribue une valeur
universelle exceptionnelle virtuelle ;
• montrer en quoi il satisfait à un ou plusieurs critères ;
• indiquer son état de conservation et la manière dont il est documenté et suivi ;
• préciser comment la protection juridique et la gestion des attributs qui lui confèrent sa
valeur universelle exceptionnelle virtuelle assureront la préservation à long terme de cette
valeur, et qui prendra part à ce processus ;
• dire comment cette valeur sera présentée ou expliquée aux visiteurs et autres personnes
intéressées.

La longueur et la complexité d’un dossier de proposition d’inscription ne signifient pas néces-


sairement qu’il remplit ses objectifs en proportion. Il faut pour cela que le dossier se concentre
sur l’essentiel, sans être pour autant extrêmement long, ce qui produit souvent l’effet contraire.
Point n’est besoin non plus de lui donner un aspect somptueux, en soignant tout particuliè-
rement la mise en pages, les illustrations et l’impression. Pareil raffinement est inutile.
100
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Le travail de préparation doit se concentrer sur le contenu et non sur la recherche d’effets
coûteux ou luxueux. Néanmoins, une présentation soignée peut aider le lecteur à examiner NOTRE CONSEIL

rapidement le dossier, en naviguant facilement d’une section à l’autre. Il n’est pas nécessaire

Ta b l e d e s m a t i è r e s
que le dossier
Pour que le dossier reste d’une lecture aussi aisée que possible, il est conseillé de présenter soit volumineux
les données détaillées dans des annexes, de manière que le texte principal fasse ressortir les ou luxueusement
éléments principaux, sans que ceux-ci soient occultés par un trop grand luxe de détails. Des présenté.
renvois aux annexes pourront figurer dans le texte principal. Toutefois, celui-ci doit apporter
des réponses concises et précises et ne pas se contenter d’inviter le lecteur à se reporter aux
annexes. Les annexes devront également être conçues avec soin et ne contenir que des don-
nées clairement en rapport avec la proposition d’inscription. Il ne sert à rien de les surcharger
d’informations superflues et mieux vaut n’y faire figurer que les données essentielles néces-
saires pour étayer les renseignements succincts présentés dans le texte principal. Un trop
grand nombre d’annexes risque de compliquer la tâche des évaluateurs et de nuire à la clarté
des arguments relatifs à la valeur universelle exceptionnelle virtuelle. ➤

Les personnes qui rédigent le dossier doivent toujours garder à l’esprit les messages clés qu’il
s’agit de faire passer : en quoi consiste le bien, pourquoi considère-t-on qu’il a une valeur
universelle exceptionnelle, et comment se propose-t-on d’assurer la conservation, la protec-
tion, la gestion et la bonne présentation de celle-ci. Elles veilleront ainsi à ce que ces messages
clés ne soient pas noyés dans une masse d’informations accessoires.

Les Orientations précisent le nombre d’exemplaires de la proposition d’inscription qu’il est


demandé de fournir selon le type de bien (voir paragraphe 132.10). Dans tous les cas, les
exemplaires sur papier et le texte électronique doivent être identiques, même si l’une des co-
pies est réputée être l’original. Un exemplaire est conservé par le Centre du patrimoine mon-
dial et les autres sont distribués aux Organisations consultatives pour évaluation. Il importe
donc que tous les exemplaires contiennent exactement les mêmes informations. Notez aussi
les prescriptions relatives aux formats qui figurent dans les Orientations (paragraphe 132).

L’achèvement et la signature officielle de la proposition d’inscription devraient donner lieu à


une cérémonie publique et ne pas être traités comme une simple formalité.

Voici quelques recommandations supplémentaires.


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Documents imprimés

• Les documents doivent être clairement imprimés et bien organisés, au format imposé. En
cas de doute, préférez une mise en page simple et lisible et limitez le nombre de polices.
• Utilisez chaque fois que possible des photographies et des schémas pour illustrer le bien et
les questions qui lui sont liées – choisissez des illustrations et photographies qui apportent
des indications claires concernant le bien et ses valeurs, son intégrité et les questions de
gestion.
• Choisissez une série d’images illustrant la totalité des aspects du bien, en évitant si possible
toute redondance.
• Les documents doivent être rédigés en anglais ou en français. Il est conseillé de faire relire
le projet final par une personne ayant une excellente maîtrise de la langue utilisée afin de
s’assurer que le texte est parfaitement clair et intelligible.
• Le formulaire de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, d’une nature
très technique, ne se prête pas à des publications susceptibles d’être largement diffusées
ou d’intéresser le public. Il est donc recommandé de préparer parallèlement une documen-
tation plus accessible au public qui sera utilisée après l’inscription.

101
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

• Rappelez-vous que le plus important, c’est la qualité des arguments avancés à l’appui de
la proposition d’inscription et non la présentation de celle-ci. Des arguments faibles pré-
sentés joliment ne suffisent pas à convaincre.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

• Certaines propositions d’inscription sont présentées dans un coffret raffiné spécialement


conçu à cet effet. En dehors du côté pratique de la chose, c’est la qualité du contenu qui
importe, non pas celle du contenant.
• Imprimez les documents du dossier en un nombre d’exemplaires suffisant compte tenu des
besoins des parties prenantes concernées.
• Ces documents doivent être portés à la connaissance des partenaires locaux et convena-
blement diffusés auprès d’eux, et ils doivent rester accessibles. Il serait judicieux de distribuer
aux parties prenantes concernées des exemplaires gratuits ou d’un prix qui ne soit pas pour
elles prohibitif.
• Offrir un exemplaire gratuit de la proposition d’inscription est une bonne façon de remercier
➤ les personnes qui ont contribué à sa réalisation.
• Le tirage des documents varie en général de moins d’une centaine à plusieurs milliers. Selon
les besoins des partenaires et des autres parties intéressées, il peut être sage d’attendre
que le Comité du patrimoine mondial ait rendu sa décision avant de les faire imprimer en
grandes quantités en vue d’une large distribution. Néanmoins, il sera nécessaire de disposer
de quelques exemplaires au moins dès leur mise au point définitive.

Documents électroniques

• Toutes les propositions d’inscription doivent être disponibles sous forme électronique,
annexes comprises.
• La version électronique doit être produite à partir du fichier qui a servi à obtenir le docu-
ment imprimé, de manière que le format et la numérotation des pages soient identiques.
Le contenu doit être lui aussi identique.
• Il est recommandé de fournir des fichiers aux formats Microsoft Word et Adobe PDF.
• Au cours du processus d’examen par les Organisations consultatives, le dossier est en gé-
néral lu par de nombreux experts. Il faut donc que chacun d’eux dispose d’une copie,
souvent sous forme électronique. Par conséquent, la résolution des documents électro-
niques doit être suffisante pour permettre aux experts d’examiner le détail d’images telles
que cartes et photographies. En cas d’hésitation, choisissez la résolution la plus élevée,
en particulier pour les cartes et les reproductions de documents historiques.
• Cela étant, pensez à la taille du fichier, et évitez en particulier les fichiers images exces-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

sivement volumineux. Étalonnez les images en fonction de la résolution du document –


les images de grande taille ou de très grande qualité ne sont généralement pas néces-
saires dans des documents au format A4. Réduisez aussi la taille globale du fichier à l’aide
de l’option disponible lors de la production de la version PDF. Les images qui doivent
conserver une très haute résolution peuvent être jointes en annexe dans un fichier séparé.
Dans le cas de très gros fichiers, il est conseillé aussi de fournir une version ne contenant
que le texte et une seconde contenant le texte et les images. La version ne contenant
que le texte doit être accompagnée de fichiers séparés pour les images (y compris les
cartes).
• Évitez les polices inhabituelles à moins qu’il ne soit possible de les incorporer dans le
document. De telles polices risquent de ne pas être reconnues par d’autres ordinateurs.
• Ce serait une bonne idée que de créer un site Web pour permettre la consultation d’une
version électronique de la proposition d’inscription.
• Toutes les pièces accessoires susceptibles d’étayer le dossier devront être jointes sur
CD-ROM.

102
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Annexes

• Le document principal devrait permettre à lui seul d’exposer les arguments en faveur de

Ta b l e d e s m a t i è r e s
l’inscription et de satisfaire à toutes les prescriptions majeures en ce qui concerne l’intégrité,
l’authenticité, la protection et la gestion du bien. Les informations complémentaires peuvent
être utilement regroupées dans des annexes. Il ne faut toutefois recourir à des annexes
qu’avec discernement, en veillant à ce que le document principal présente tous les éléments
essentiels et soit clair et de bonne qualité. Les renseignements essentiels ne devront pas
figurer dans des annexes mais dans le document principal.
• Il faut éviter si possible les très grosses annexes contenant toutes sortes de justificatifs. Il
est recommandé de ne retenir que les informations qui complètent utilement celles qui
sont déjà exposées de façon succincte dans la proposition d’inscription. Évitez d’ajouter
des documents aux annexes dans le seul but d’être exhaustif.
• La proposition d’inscription doit signaler expressément les pièces pertinentes figurant dans
les annexes. Il est en général difficile aux Organisations consultatives de transmettre aux ➤
personnes chargées de l’examen et de l’évaluation du dossier de grandes quantités de
pièces annexes. C’est pourquoi les références des informations essentielles doivent être
toujours directement signalées dans le document principal. On ne peut pas attendre des
Organisations consultatives qu’elles retrouvent elles-mêmes de telles informations si celles-
ci sont profondément enfouies dans de grosses annexes.
• Les annexes doivent elles aussi être soumises sous forme électronique.

Cartes

• La qualité et la clarté des cartes présentées dans le dossier laissent souvent à désirer sur le
plan de l’utilité de ces documents pour la bonne compréhension du bien. Les prescriptions
relatives aux cartes sont examinées plus loin dans la section consacrée au modèle de pro-
position d’inscription.
• Les deux exemples de carte reproduits ci-après aident à comprendre les éléments qui sont
requis pour un bien culturel et pour un bien naturel.

Les problèmes liés à l’identification, notamment cartographique, du bien sont le défaut le


plus fréquent des dossiers jugés incomplets, et il est très utile de noter les six grandes condi-
tions à respecter pour présenter des cartes adéquates :
i. Il convient de choisir le type de carte le mieux adapté à la catégorie de bien qu’il s’agit de Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
représenter – cartes topographiques pour les biens de vastes dimensions ou plans cadas-
traux pour les biens de moindre étendue.
ii. Le tracé des limites proposées doit être aussi fin que possible tout en restant bien visible.
Des couleurs ne doivent pas être superposées aux éléments topographiques, et des traits
fins apparaissant clairement sont préférables pour délimiter les zones. La ou les cartes prin-
cipales du bien ne doivent porter que les seuls tracés délimitant le bien proposé pour ins-
cription et (le cas échéant) sa zone tampon.
iii. Les coordonnées doivent être indiquées sur la carte par un quadrillage ou une série de
points de repère.
iv. Il est important de choisir la meilleure échelle. Les cartes topographiques au 1/50 000 sont
généralement les mieux adaptées pour représenter les biens naturels et les paysages
culturels, et il n’est pas gênant d’utiliser plusieurs cartes pour couvrir la totalité du bien.
Pour les autres biens culturels, les plans cadastraux constituent habituellement la meilleure
option. Dans le cas d’un monument isolé, l’échelle ne doit pas être inférieure à 1/2 000.
De plus, toutes les cartes doivent comporter une échelle graduée.
v. La carte doit avoir une légende claire indiquant uniquement le tracé des limites du bien
proposé pour inscription et (le cas échéant) de sa zone tampon (voir le point ii ci-dessus).
La carte principale du bien ne doit porter aucune indication concernant d’autres aires

103
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

protégées, afin d’éviter toute confusion. La légende doit reprendre la terminologie des
Orientations – ne pas utiliser des termes tels que « Zone » ou « Aire protégée », « Quartier
historique », etc.
Ta b l e d e s m a t i è r e s

vi. Les cartes et plans qui sont présentés, ainsi que leur légende, doivent être en anglais ou
en français.

EX EM PL ES D E CA RTES

Exemple d’une carte relative à un bien culturel


Cet exemple fictif a trait à l’un des types de biens culturels les plus courants, dont les limites
traversent une zone urbaine. La carte montre clairement le bien proposé pour inscription et
sa zone tampon. Aucun autre tracé n’indique d’autres zones protégées, ce qui pourrait être
➤ une source de confusion. L’échelle de la carte (plan cadastral), ainsi que l’épaisseur appropriée
des tracés (plus épais, ils perdraient en précision) assurent le niveau de détail requis pour
permettre de déterminer si tel ou tel élément (bâtiment, bloc, rue, etc.) se situe à l’intérieur
ou à l’extérieur des limites proposées. De même, la présence d’une échelle graduée et d’une
légende claire utilisant la terminologie (« bien proposé pour inscription », « zone tampon »)
et les dénominations appropriées (les dénominations doivent être les mêmes que celles qui
figurent dans le texte de la proposition d’inscription) donnent une vision claire des limites
proposées. Enfin, si un quadrillage n’est pas nécessaire dans le cas de plans cadastraux, il est
indispensable sur tous les autres types de cartes topographiques.

Emplacement du bien
proposé dans la ville de
Bigstadt

Coordonnées du point
central du bien proposé
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

pour inscription :
45° 27’ 09’’ N - 18° 07’ 51” O

LÉGENDE

Bien proposé
pour inscription

Zone tampon

Source : Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO.

104
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Exemple d’une carte relative à un bien


naturel
Cet exemple a trait à l’île volcanique et aux tunnels

Ta b l e d e s m a t i è r e s
de lave de Jeju (République de Corée), qui est un
cas de bien naturel en série. La carte topogra-
phique comporte un quadrillage indiquant les
coordonnées, une échelle graduée, une légende
claire et le tracé, pas trop épais et néanmoins
lisible, des limites proposées. Point très important,
les éléments topographiques (routes, cours d’eau,
montagnes, villages, etc.) sont tous visibles et re-
connaissables sur la carte. Les limites doivent tou-
jours être tracées, et les zones proposées ne pas
être recouvertes de couleurs uniformes qui mas-
queraient le détail des éléments topographiques ➤
présents sur la carte.

Le réseau de tunnels
de lave du Geomunoreum
et sa zone tampon

Source : Administration du patrimoine culturel,


République de Corée.

Note : Ces exemples de cartes sont présentés à une taille réduite pour les besoins du présent
manuel. Dans les dossiers de proposition d’inscription, il convient de les reproduire à une
taille suffisante pour permettre d’en bien comprendre les détails.

Calendrier d’établissement et de soumission de la proposition


d’inscription

Rédiger une proposition d’inscription prend souvent plus de temps qu’on ne le prévoyait.
Certes, il est compréhensible que, une fois la décision prise de présenter une proposition
d’inscription, toutes les personnes associées à son élaboration souhaitent la mener à terme
NOTRE CONSEIL

Assurez-vous que vos


aussi vite que possible, mais le calendrier doit néanmoins être réaliste. Comme indiqué plus Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
prévisions concernant
haut, il importe de prévoir le temps nécessaire pour le travail de préparation qui précède la
le temps nécessaire
rédaction. Au stade de la rédaction, il faut aussi du temps pour mener les consultations qui
pour établir la
s’imposent, procéder à des vérifications et rassembler les cartes et illustrations appropriées.
proposition d’inscrip-
tion sont réalistes.
Tenez compte du fait que mettre en place un dispositif de protection, de conservation et de
gestion adéquat nécessite du temps supplémentaire. De même, les informations que requiert
l’analyse comparative sont souvent difficiles à réunir, s’agissant en particulier des biens com-
parables situés dans d’autres pays, et cela aussi peut prendre plus de temps que prévu.

Il convient de se ménager une marge de temps raisonnable pour pouvoir faire face aux dif-
ficultés imprévues.

Les Organisations consultatives notent fréquemment que des propositions d’inscription


semblent avoir été établies dans la précipitation, et soumises sans que tous les détails en
aient été parfaitement réglés. C’est une des raisons les plus fréquentes qui conduisent
l’ICOMOS et l’UICN à recommander qu’une proposition d’inscription soit différée ou renvoyée
à l’État partie pour complément d’information. En pareil cas, la hâte avec laquelle la propo-
sition est présentée a en réalité pour effet de retarder l’inscription du bien.

105
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Il convient de s’efforcer d’envoyer toutes les informations en une seule fois, plutôt que suc-
cessivement. Il est certes possible de soumettre des pièces supplémentaires postérieurement
au dossier, mais seulement en réponse à d’éventuelles demandes des Organisations consul-
Ta b l e d e s m a t i è r e s

tatives ou en raison de circonstances imprévues ou occasionnelles.

NOTRE C ONSEIL
Il est aussi souhaitable que les propositions d’inscription ne soient pas envoyées au dernier
moment, juste avant l’expiration des délais prescrits. Ces délais sont impératifs. Les proposi-
Ne vous hâtez pas de tions d’inscription peuvent être soumises à n’importe quel moment avant la date du dernier
soumettre une propo- délai.
sition d’inscription
avant que le dossier Les Orientations prévoient que les États parties peuvent soumettre, à leur discrétion, des pro-
ne soit prêt. jets de proposition d’inscription au Centre du patrimoine mondial pour commentaires au
sujet du caractère complet du dossier avant le 30 septembre de chaque année (paragraphe
➤ 127). Les États parties ont ainsi la très utile possibilité de faire vérifier les différents aspects
d’une proposition d’inscription avant sa soumission définitive. Cette étape doit figurer dans
tout plan de travail bien conçu. Il convient toutefois de noter que le Centre du patrimoine
mondial n’intervient qu’à titre consultatif et que ses commentaires ne portent que sur l’état
complet ou non du dossier. Le Centre ne se prononce pas sur la force des arguments relatifs
à la valeur universelle exceptionnelle virtuelle, qui relève de la seule appréciation de l’UICN
et/ou de l’ICOMOS une fois que la proposition d’inscription, jugée complète, a été acceptée.

4.2 Modèle de présentation des propositions d’inscription

Le Comité du patrimoine mondial a approuvé un modèle de présentation officiel pour les


propositions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, auquel il faut toujours se confor-
mer, dans sa version la plus récente (voir l’Annexe 5 des Orientations). Ce modèle est conçu
pour que le Comité du patrimoine mondial dispose, au sujet du bien, d’informations répon-
dant aux normes prescrites. Le modèle officiel est assorti d’un commentaire indiquant les élé-
ments requis dans chaque section.

Il importe de noter que le Comité du patrimoine mondial n’examinera que les propositions
d’inscription considérées comme complètes dans les délais prescrits pour leur présentation.
Par conséquent, ne sont transmis à l’UICN et/ou à l’ICOMOS que les dossiers complets. Les
propositions d’inscription incomplètes sont renvoyées à l’État partie sans plus ample examen
NOTRE
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

C ONSEIL et doivent être complétées et soumises une nouvelle fois. Elles seront alors réexaminées au
moins un an plus tard. Le paragraphe 132 et l’Annexe 5 des Orientations indiquent les condi-
Lisez attentivement
tions qui doivent être réunies pour qu’une proposition d’inscription soit considérée comme
les notes explicatives
complète.
ainsi que les
recommandations
La présente section du manuel reproduit le modèle de proposition d’inscription sur la Liste
additionnelles.
du patrimoine mondial en vigueur, accompagné de conseils et recommandations additionnels
concernant les sections les plus importantes.

Assurez-vous que vous disposez de la version la plus récente du modèle de présentation


NOTRE C ONSEIL
officiel des propositions d’inscription en consultant le site Web du Centre du patrimoine mon-
Il est essentiel de dial de l’UNESCO ([Link]) ou contactez le personnel du Centre.
compléter toutes les
sections du formulaire
de proposition
d’inscription.

106
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Résumé analytique

Ces informations, à fournir par l’État partie, seront mises à jour par le Secrétariat à la suite

Ta b l e d e s m a t i è r e s
de la décision du Comité du patrimoine mondial, puis renvoyées à l’État partie en confirmant
la raison d’être de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial.

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

• Les renseignements figurant dans le


résumé analytique doivent être iden-
tiques à ceux qui sont fournis dans la
partie principale de la proposition
d’inscription. ➤
• Le résumé analytique doit fournir un
aperçu clair et concis de la nature du
bien et des raisons pour lesquelles on
en propose l’inscription.
• Il doit être concis, ne pas excéder 1 à 3
pages, et ne pas contenir un long texte
descriptif.
• Ne tentez pas de rédiger un nouveau
texte pour le résumé analytique. La dé-
claration de valeur universelle excep-
tionnelle doit être identique à celle qui
figurera, par exemple, à la section 3b
de la proposition d’inscription. Si ces
sections sont bien rédigées dans le
corps du texte, il ne sera pas nécessaire
de les condenser dans le résumé
analytique.

État partie

État, province ou région

Nom du bien

Coordonnées Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
géographiques
à la seconde près

Description textuelle des Les cartes figurant dans la proposition


limites du bien proposé d’inscription et la description textuelle du
pour inscription bien doivent ensemble permettre de loca-
liser sans ambiguïté les limites du bien et
des éventuelles zones tampons. Il n’est
pas toujours nécessaire de décrire inté-
gralement ces limites : des indications
générales sur la manière dont elles sont
définies peuvent suffire. Par exemple :
• Les limites du bien proposé pour ins-
cription sont celles du Parc national/site
culturel de <nom du bien>. Une zone
tampon de 1 à 5 km entoure le bien en
suivant les limites naturelles, y compris
la rivière <nom> au sud et au sud-
ouest, la lisière de la forêt de <nom> au
nord et la laisse de basse mer sur le lit-
toral à l’ouest et au sud.

107
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

• Les limites du bien transnational en


série proposé pour inscription sont
celles du Parc national de <nom>
(pays A), de l’aire protégée de <nom>
(pays A) et de la réserve naturelle de
<nom> (pays B).
• Le bien proposé pour inscription com-
prend 4 îles de l’archipel de <nom> et
les eaux environnantes dans la limite de
12 milles marins comptés à partir de la
laisse de basse mer sur chaque île.

Carte au format A4 (ou Joindre une carte au format A4 C’est la carte qui figurera dans le rapport
« lettre ») du bien proposé (ou « lettre ») d’évaluation de l’Organisation consulta-
pour inscription, montrant tive présenté au Comité du patrimoine
les limites et la zone tam- mondial. Elle doit donc être exacte et par-
pon (s’il y a lieu) faitement lisible. Quelques points impor-
tants à retenir à son sujet :
• La carte doit :
– être au format A4 (ou « lettre ») pour
un maniement aisé, comme indiqué
ci-dessus ;
– être un extrait d’une carte
topographique ;
– montrer clairement la totalité du bien
proposé et la ou les zone(s) tampon(s),
délimitées par des traits bien visibles
et de couleurs différentes ;
– porter une légende claire en anglais
ou en français (selon la langue de la
proposition d’inscription mentionnant
expressément le « bien proposé pour
inscription » et désignant les diffé-
rents sites dans le cas d’un bien en
série ;
– comporter une échelle graduée bien
lisible qui aide à comprendre les di-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

mensions et les distances.


• Il peut être utile de faire figurer dans un
coin de la carte un petit encadré (carte
de localisation générale) permettant de
situer le bien dans le ou les pays
concernés.
• Pour les biens en série que l’on ne peut
adéquatement faire figurer sur une
seule page A4, on fournira plusieurs
cartes au format A4, dont :
(i) une carte montrant la totalité du
bien, la position des différents biens et
les distances qui les séparent, et (ii) une
ou plusieurs cartes montrant séparé-
ment chacun des éléments et sa zone
tampon.
• La carte doit figurer dans le résumé
analytique et non y faire l’objet d’un
simple renvoi, ni être insérée plus loin
dans le document ou jointe en annexe.

108
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Des cartes, topographiques et autres,
plus détaillées seront incluses dans d’au-
tres sections du document de proposition
d’inscription.

Critères selon lesquels • Énumérez simplement les critères au


le bien est proposé pour titre desquels le bien est proposé pour
inscription (détailler les inscription, accompagnés d’un court
critères) texte de 100 mots maximum par
(voir le paragraphe 77 critère.
des Orientations)

Projet de déclaration de Selon le paragraphe 155, la déclaration • Cette déclaration doit être identique à ➤
valeur universelle excep- de valeur universelle exceptionnelle doit celle qui figurera à la section 3.3 du
tionnelle (le texte doit se composer de : document de proposition d’inscription.
préciser ce qui est considéré a. Synthèse • La déclaration doit être concise et suffi-
être la valeur universelle b. Justification des critères sante afin d’exprimer l’information sur
exceptionnelle incarnée par c. Déclaration d’intégrité (pour tous les les caractéristiques les plus importantes
le bien proposé pour inscrip- biens) du bien. Plus de détails peuvent être
tion, 1 à 2 pages environ) d. Déclaration d’authenticité pour les fournis dans les sections 3.1.a-3.1.e.
biens proposés au titre des critères
(i) à (vi)
e. Mesures de protection et de gestion
requises

Voir format à l’annexe 10

Nom et coordonnées pour Organisation : • Indiquez au minimum les coordonnées


les contacts de l’institution Adresse : de l’organisme de l’État partie désigné
/ agence locale officielle Tél. : comme interlocuteur principal pour la
Fax : proposition d’inscription.
Courriel : • Il convient d’indiquer aussi l’organisme
Adresse Internet : désigné comme interlocuteur principal
à d’autres niveaux de l’État partie
(autorités de la province, administration
locale, etc.).
• Pour un bien en série, mentionner un Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
organisme principal. Dans le cas de
biens transnationaux, citer chacun des
organismes nationaux principaux.

109
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Biens pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial


Note : Pour préparer leur proposition d’inscription, les États parties doivent utiliser ce modèle
Ta b l e d e s m a t i è r e s

mais en supprimer les notes explicatives.

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

1. Identification du bien Avec la section 2, c’est la section la plus • Cette section du document de proposi-
importante de la proposition d’inscrip- tion d’inscription donne des informa-
tion. Il faut préciser clairement au tions factuelles sur le lieu où se situe le
Comité où le bien est situé et comment bien. Elle doit être courte et concise. Il
il est défini géographiquement. Dans le convient de prêter une attention parti-
cas de propositions d’inscription en série, culière aux cartes destinées à y figurer.
➤ insérer un tableau montrant le nom de
l’élément constitutif, de la région (si elle
est différente pour les différents
éléments), les coordonnées, la zone
centrale et la zone tampon. D’autres ru-
briques peuvent également être ajoutées
(références de pages ou numéros de
cartes, etc.) pour différencier les diffé-
rents éléments.

1.a Pays (et État partie si • Indiquez simplement le nom du pays


différent) (ou des pays dans le cas d’un bien
transfrontalier ou transnational) qui pré-
sente(nt) la proposition d’inscription. Il
n’est demandé aucune information sur
le ou les pays.

1.b État, province ou • Nommez ou énumérez le ou les État(s)


région sous-nationaux, province(s) ou région(s)
où se situe le bien proposé pour inscrip-
tion. Dans le cas d’un bien transfronta-
lier ou transnational, précisez le pays
pour chaque État sous-national, pro-
vince ou région énuméré.

1.c Nom du bien C’est le nom officiel du bien qui va • Le nom donné au bien doit faire réfé-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

apparaître sur toute la documentation rence à son éventuelle appellation


publiée concernant le patrimoine mon- locale ou nationale, ainsi qu’à ses carac-
dial. Il doit être concis. Ne pas dépasser téristiques et valeurs. il peut être préfé-
200 caractères, espaces et ponctuation rable d’utiliser un nom reconnu plutôt
compris. qu’un nom inventé pour l’occasion.
• Rappelez-vous aussi que ce nom sera
En cas de propositions d’inscription en utilisé à l’avenir pour faire la promotion
série (voir les paragraphes 137-140 des du bien.
Orientations), donner un nom pour l’en- • Le nom du bien doit être concis et ne
semble (par exemple : Églises baroques pas excéder 200 caractères, espaces et
des Philippines). Ne pas inclure le nom ponctuation compris.
des éléments d’une proposition d’ins- • Des consultations aux niveaux national
cription en série, qui doivent figurer dans et local peuvent être nécessaires pour
un tableau aux rubriques 1.d et 1.f. s’assurer de la prise en considération de
la langue, de la culture et des traditions
locales.
• Dans certains cas, deux noms conjoints
sont utilisés (p. ex. Te Wahipounamu –
Zone sud-ouest de la Nouvelle-Zélande,
ou uKhahlamba – Parc du Drakensberg).
• Dans le cas d’un bien en série, il
convient de choisir une appellation

110
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
commune (p. ex. Aires protégées des
trois fleuves parallèles au Yunnan, Patri-
moine des forêts tropicales ombrophiles
de Sumatra, Parcs des montagnes
Rocheuses canadiennes).
• Dans le cas d’un bien transfrontalier
ou transnational, le nom doit être
approuvé par les deux pays concernés,
par exemple Bassin d’Ubs Nuur (Fédéra-
tion de Russie et Mongolie), ou Haute
Côte / Archipel de Kvarken (Suède et
Finlande).
• Il est préférable de ne pas utiliser les ➤
noms de multiples éléments séparés,
mais de choisir plutôt un nom qui
évoque les valeurs du bien tout entier.

1.d Coordonnées Dans cet espace, indiquer les coordon-


géographiques à la nées de latitude et de longitude (à la
seconde près seconde près) ou les coordonnées UTM
(aux 10 mètres près) d’un point au cen-
tre approximatif du bien proposé. Ne pas
utiliser d’autres systèmes de coordon-
nées. En cas de doute, consulter le
Secrétariat.

En cas de propositions d’inscription en


série, fournir un tableau montrant le
nom de chaque élément, sa région
(ou la ville la plus proche le cas échéant),
et les coordonnées de son point central.
Exemples de format de coordonnées :

N 45° 06’ 05" W 15° 3’ 56"


7 ou UTM Zone 18 Easting: 545670
Northing: 4586750
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

N° Nom de l’élément Région(s) / Coordonnées Surface de l’élément Surface de la zone Carte N°


d’identification District(s) du point central du bien proposé tampon (ha)
pour inscription (ha)

001

002

003

Etc.

Surface totale (en hectares) ha ha

111
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

1.e Cartes et plans indi- Annexer à la proposition d’inscription et • Les cartes et plans (ou dessins) requis
quant les limites du bien énumérer ci-dessous avec échelles et dans le cas de biens du patrimoine
proposé pour inscription dates : culturel dépendent du type de bien et
et celles de la zone (i) Un exemplaire original d’une carte to- de son histoire, et doivent illustrer
tampon pographique montrant le bien proposé d’une manière ou d’une autre des
pour inscription, à la plus grande échelle aspects de la valeur universelle excep-
possible présentant la totalité du bien. tionnelle virtuelle.
Les limites du bien proposé et de la zone • L’échelle, le niveau de détail et la réso-
tampon doivent être clairement indi- lution des cartes et plans doivent être
quées. Sur cette carte, ou sur une autre suffisants pour faire apparaître les rela-
carte jointe, doivent également figurer tions entre les limites du bien et ses
➤ un enregistrement des limites des zones caractéristiques, et permettre de com-
de protection juridique spéciale dont bé- prendre aisément son contexte.
néficie le bien. De nombreuses cartes • Les cartes stylisées ne portant que des
peuvent être nécessaires pour les propo- informations schématiques ne convien-
sitions d’inscription en série. Les cartes nent pas. Les cartes topographiques à
fournies doivent être d’une échelle à la grande échelle ou les plans cadastraux
plus grande echelle disponible et la (pour les biens culturels) sont en
mieux adaptée pour permettre l’identifi- général la meilleure solution, même
cation des éléments topographiques tels si des annotations doivent leur être
que les établissements humains adja- superposées.
cents, les bâtiments, les routes, etc., afin • Lorsque des caractéristiques du bien
d’autoriser une évaluation claire de l’im- sont indiquées sur les cartes ou plans
pact de tout développement proposé au ou dans le texte, elles doivent être dési-
sein de la zone, à proximité, ou à sa gnées de la même façon, à moins que
limite. l’on n’emploie un code pour permettre
des renvois entre la carte ou le plan et
La plus grande rigueur est requise le texte. Autrement dit, les caractéris-
concernant l’épaisseur des lignes de tiques signalées sur les cartes ou les
délimitation sur les cartes, des lignes de plans doivent l’être sous le même nom
délimitation épaisses pouvant rendre la que celui qui est utilisé dans le texte.
limite effective du bien ambiguë. Cartes ou plans doivent être libellés en
anglais ou en français.
Les cartes peuvent être obtenues aux • Il est recommandé d’inclure une carte
adresses indiquées à l’adresse Internet situant le lieu dans le pays (au format
suivante : A4 ou « lettre » maximum).
[Link] • De plus, il est recommandé de présen-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

ter une carte topographique ou un plan


S’il n’existe pas de cartes topogra- cadastral (pour les biens culturels) fai-
phiques à l’échelle appropriée, il est sant apparaître la totalité du bien pro-
possible d’utiliser d’autres cartes en rem- posé, ses limites et celles de la zone
placement. Toutes les cartes doivent tampon (au format A4 ou « lettre »
pouvoir être géoréférencées, et compor- maximum). C’est cette même carte qui
ter un minimum de trois points sur des sera utilisée dans le résumé analytique.
côtés opposés des cartes avec des en- • Il est indispensable de fournir une carte
sembles complets de coordonnées. Les topographique ou un plan cadastral
cartes, non coupées, doivent indiquer (pour les biens culturels) montrant le
l’échelle, l’orientation, la projection, le bien proposé pour inscription, ses li-
datum, le nom du bien et la date. Si pos- mites et la zone tampon à l’échelle la
sible, les cartes doivent être envoyées plus grande possible.
roulées et non pliées. • Les caractéristiques importantes men-
tionnées dans le texte doivent être si-
L’information géographique numérisée gnalées sur des cartes ou plans à une
est encouragée dans la mesure du possi- échelle convenable, mais non sur la
ble, adaptée pour incorporation dans un carte principale indiquant les limites du
SIG (Système d’information géogra- bien.
phique). Dans ce cas, la délimitation des • Lorsque les cartes ou plans originaux
limites (bien proposé pour inscription et sont en couleurs, il convient d’en four-
zone tampon) doit être présentée sous nir une version en couleurs.

112
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
forme de vecteurs, préparée à la plus • Il est très important de rédiger avec
grande échelle possible. L’État partie est beaucoup de soin la légende de la carte
invité à contacter le Secrétariat pour plus indiquant les limites du bien. La lé-
d’informations sur cette gende doit désigner le bien proposé
option. pour inscription et (le cas échéant) sa
zone tampon conformément à la termi-
ii) Une carte de situation montrant l’em- nologie des Orientations. Ces limites
placement du bien à l’intérieur de l’État doivent être indiquées clairement et ne
partie. pas risquer par exemple d’être confon-
dues avec d’autres traits sur la carte.
(iii) Des plans et des cartes personnali- • Dans le cas de certains biens en série, il
sées du bien montrant des caractéris- convient d’inclure un plan de localisa-
tiques particulières sont utiles et peuvent tion de l’ensemble des éléments, ainsi ➤
également être joints. que des plans distincts permettant de
situer chacun d’eux dans son environ-
Pour faciliter la reproduction et la pré- nement. Si le bien en série ne peut pas
sentation aux Organisations consulta- être correctement représenté en entier
tives et au Comité du patrimoine sur une page A4, il faut utiliser plu-
mondial, inclure si possible au texte de la sieurs cartes de ce format, soit : (i) une
proposition d’inscription une réduction carte montrant le bien dans sa totalité,
au format A4 (ou « lettre ») et un fichier la situation de chaque élément et les
image numérisé des principales cartes. distances qui les séparent, et (ii) une ou
plusieurs cartes montrant séparément
Lorsque aucune zone tampon n’est pro- chaque élément et sa zone tampon.
posée, la proposition d’inscription doit • S’il s’agit d’un bien en série national ou
inclure une déclaration indiquant pour- transnational, il convient de fournir
quoi une zone tampon n’est pas néces- pour chaque élément une carte topo-
saire pour la bonne protection du bien graphique originale qui en indique clai-
proposé pour inscription. rement les limites.
• Dans le cas d’une proposition d’inscrip-
tion ayant pour objet une extension
d’un bien existant, il est utile de joindre
une carte permettant de comparer la
délimitation initiale du bien et celle qui
est proposée.
• On peut faire figurer dans d’autres
sections, mais non celle qui concerne
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
l’identification, des cartes visant à illus-
trer des valeurs, des caractéristiques ou
des questions particulières, notamment :
– Une carte géologique – pour les biens
proposés pour inscription au titre du
critère (viii) ;
– Une carte de la végétation – pour les
biens proposés pour inscription au
titre des critères (ix) et (x) ;
– Une carte de distribution des espèces
– pour les biens proposés pour ins-
cription au titre des critères (ix) et (x) ;
– Une carte des équipements ou projets
d’équipement (routes et construction
de routes, barrages, chantiers futurs,
etc.) ;
– Une carte des accès au site –
montrant les principales routes à l’in-
térieur et à proximité du site.
• Les cartes de base au format A4 indi-
quant la situation et les limites du bien
devront figurer dans le document

113
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

principal. Les cartes additionnelles


seront généralement incluses dans les
annexes et clairement signalées, avec
des renvois dans le texte. La section 1.e
doit contenir une liste des cartes indi-
quant dans quelle partie du dossier elles
figurent.
• Une bonne solution est de présenter les
cartes au format A3 repliées pour s’in-
sérer dans un document au format A4.
• Les cartes devront aussi être fournies
➤ sous forme de fichiers électroniques sur
un CD joint au dossier.
• Les cartes topographiques sont indis-
pensables dans toute proposition d’ins-
cription concernant un bien non urbain.
De même, les biens urbains nécessitent
impérativement des plans cadastraux.
Une proposition d’inscription ne conte-
nant que des dessins, y compris créés
par ordinateur, sera considérée comme
incomplète.
• Le cadre distant du bien (au-delà de la
zone tampon) doit être également indi-
qué sur une ou plusieurs cartes appro-
priées. Voir plus haut la section 3
(p.90-91).

1.f Surface du bien pro- En cas de propositions d’inscription en


posé pour inscription (en série (voir les paragraphes 137-140 des
hectares) et de la zone Orientations), insérer un tableau indi-
tampon proposée (en quant le nom des éléments constitutifs,
hectares) la région (si elle est différente pour diffé-
rents éléments), les coordonnées, l’aire
Surface du bien proposé : et la zone centrale.
_________ ha
Zone tampon : Il faut également utiliser le tableau de
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

_________ ha proposition d’inscription en série pour


indiquer la taille des aires séparées pro-
Total : _________ ha posées pour inscription et de la/des
zone(s) tampon(s).

2. Description • Il est recommandé de rédiger cette sec-


tion de la proposition d’inscription une
fois finalisée la section 3 – Justification
de l’inscription. La description doit dé-
velopper la justification et présenter les
données et éléments étayant les conclu-
sions qui y seront résumées, et d’autres
informations qui dressent un tableau
complet du bien. Veillez toutefois à ce
qu’elle se concentre sur l’essentiel et ne
soit pas trop longue.

2.a Description du bien Cette section doit commencer par une • La description doit être axée sur les
description du bien proposé au moment aspects liés à la valeur universelle ex-
de la proposition d’inscription. Elle doit ceptionnelle virtuelle du bien, et offrir
mentionner toutes les caractéristiques un aperçu général de ce dernier.
importantes du bien.

114
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Dans le cas d’un bien naturel, le compte • Elle doit suffire pour permettre de com-
rendu doit mentionner les attributs phy- prendre quels sont les éléments qui pré-
siques importants, la géologie, les habi- sentent une valeur universelle
tats, les espèces et l’importance des exceptionnelle virtuelle et leurs caracté-
populations et autres caractéristiques et ristiques importantes.
processus écologiques significatifs. Des • Une description longue et exhaustive
listes d’espèces doivent être fournies de tous les aspects du bien n’est pas
lorsque cela est réalisable et la présence nécessaire.
d’espèces menacées ou endémiques doit • Si la description est complexe et très
être soulignée. L’importance et les mé- longue, il peut être souhaitable de la ré-
thodes d’exploitation des ressources na- sumer, et de joindre sa version détaillée
turelles doivent être décrites. dans une annexe.
• La description doit porter sur le bien ➤
Dans le cas de paysages culturels, il est proposé pour inscription dont les limites
nécessaire de fournir une description de ont été définies dans la section précé-
tous les points mentionnés ci-dessus. Il dente. Il est possible de décrire des élé-
faut accorder une attention particulière à ments extérieurs au bien, mais mieux
l’interaction de l’Homme et de la nature. vaut présenter cette description séparé-
ment (par exemple sous un sous-titre
Il faut décrire la totalité du bien proposé tel que « Description des éléments exté-
pour inscription identifié à la section 1 rieurs au bien »).
(« Identification du bien »). Dans le cas • Le cas échéant, le cadre distant du bien
de propositions d’inscription en série (au-delà de la zone tampon) doit être
(voir les paragraphes 137-140 des traité dans cette section. Voir plus haut
Orientations), chacun des éléments la section 3.1. (p.90-91).
constitutifs doit être décrit séparément.

2.b Historique et Décrire comment le bien est parvenu à • Tout comme la description, l’historique
développement sa forme et à son état présents et les doit se concentrer sur les aspects inté-
changements significatifs qu’il a subis, ressant la valeur universelle exception-
y compris l’historique récent de la nelle virtuelle du bien, et sur les
conservation. éléments permettant de situer ce der-
nier dans son contexte historique.
Cela doit inclure un compte rendu des • Un historique long et exhaustif de tout
phases de construction dans le cas de ce qui touche au bien est inutile. De
monuments, de sites, de bâtiments ou telles informations peuvent être incluses
d’ensembles de bâtiments. Lorsqu’il y a dans une annexe si nécessaire, ou être Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
eu des modifications importantes, des simplement citées dans les références.
démolitions ou des reconstructions de- • Il peut être important de situer l’histo-
puis l’achèvement général, elles doivent rique du bien dans le contexte de l’his-
également être décrites. toire mondiale, auquel cas il faut
donner quelques informations, mais
Dans le cas d’un bien naturel, le compte celles-ci peuvent être résumées, plutôt
rendu doit relater les événements significa- que longuement détaillées.
tifs de l’histoire ou de la préhistoire qui ont • Il est en général très important d’assor-
affecté l’évolution du bien et décrire son tir l’historique de références, les argu-
interaction avec l’humanité. Cela inclut les ments avancés pouvant s’appuyer sur
changements d’utilisation du bien et de des sources qu’il convient de citer cor-
ses ressources naturelles pour la chasse, la rectement et qui puissent être vérifiées.
pêche ou l’agriculture, ou les modifications • S’agissant d’un bien qui a évolué au fil
causées par les changements climatiques, du temps, il est souvent très utile d’in-
les inondations, les tremblements de terre clure des diagrammes indiquant les dif-
ou autres causes naturelles. férentes étapes de son développement.
Dans le cas, par exemple, d’une ville
Ces informations seront également comprenant des édifices de différentes
requises dans le cas des paysages cultu- époques, il est bon que des illustrations
rels, où il faut traiter de tous les aspects montrent à quelle période appartient
de l’histoire de l’activité humaine dans chacun de ceux qui sont mentionnés
l’aire considérée. dans le texte.

115
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

• D’autres illustrations, telles que cartes,


gravures ou photographies d’époque,
peuvent être utilisées dans le texte. Il
serait préférable qu’elles aident à com-
prendre certains aspects de l’historique
liés à la valeur universelle exceptionnelle
virtuelle du bien.

3. Justification de La justification doit être établie sous les Dans les sections 3.1.a-3.1.e ci-dessous,
l’inscription1 sections suivantes. le texte doit comporter une information
détaillée afin de soutenir le texte fourni
➤ Cette section doit préciser au Comité dans le projet de déclaration de valeur
pourquoi le bien est considéré universelle exceptionnelle.
comme étant de « valeur universelle
exceptionnelle ».

Toute cette section de la proposition


d’inscription doit être remplie en se réfé-
rant soigneusement aux exigences d’ins-
cription figurant au paragraphe 77 des
Orientations. Elle ne doit pas inclure de
documentation descriptive détaillée sur
le bien ou sur sa gestion, ce qui est traité
dans d’autres sections, mais doit établir
les aspects-clés pertinents pour la défini-
tion de la valeur universelle exception-
nelle du bien.

3.1.a Brève synthèse La brève synthèse doit comprendre (i) un


résumé d’information factuelle et (ii) un
résumé des qualités.

Le résumé d’information factuelle établit


les contextes géographique et historique
et les attributs principaux. Le résumé des
qualités doit présenter aux décideurs et
au grand public la valeur universelle
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

exceptionnelle potentielle qui a besoin


d’être conservée, ainsi qu’un résumé des
attributs qui sous-tendent cette valeur
universelle exceptionnelle potentielle et
ont besoin d’être protégés, gérés et sui-
vis. Le résumé doit avoir un lien avec
tous les critères énoncés pour justifier la
proposition d’inscription. La brève syn-
thèse englobe de cette manière la
logique de la proposition d’inscription.

3.1.b Critères selon Voir le paragraphe 77 des Orientations. • Voir plus haut la section 3.1. (p.63-64)
lesquels l’inscription est • Les justifications données pour chaque
proposée (et justification Donner une justification séparée pour critère seront utiles pour rédiger la
de l’inscription selon ces chaque critère cité. déclaration de valeur universelle excep-
critères) tionnelle examinée ci-dessous.
Décrire brièvement comment le bien • La justification consiste précisément à
répond aux critères selon lesquels il est expliquer pourquoi le bien répond à tel
proposé pour inscription (si nécessaire, se ou tel critère.
référer aux sections « description » et • Le texte doit comporter une informa-
« analyse comparative » de la proposition tion détaillée afin de soutenir le texte

116 1. Voir aussi paragraphes 132 et 133.


Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
d’inscription, mais ne pas reproduire le fourni dans le projet de déclaration de
texte de ces sections). Pour chaque critère, valeur universelle exceptionnelle.
décrire les attributs pertinents.

3.1.c Déclaration La déclaration d’intégrité doit démontrer • Voir la section 3.1. (p.64-70) ci-dessus.
d’intégrité que le bien répond aux conditions • Le texte doit comporter une informa-
d’intégrité énoncées au chapitre II D tion détaillée afin de soutenir le texte
des Orientations, qui décrivent ces fourni dans le projet de déclaration de
conditions plus en détail. valeur universelle exceptionnelle.

Les Orientations établissent le besoin


d’évaluer dans quelle mesure le bien :
• comprend tous les éléments nécessaires ➤
pour exprimer sa valeur universelle
exceptionnelle ;
• est d’une dimension adéquate pour
assurer la représentation complète des
attributs et des processus qui sous-
tendent l’importance du bien ;
• souffre des effets pervers du développe-
ment et/ou de l’abandon (paragraphe
88).

Les Orientations fournissent un guide spé-


cifique portant sur les critères divers du
patrimoine mondial, ce qu’il est important
de comprendre (paragraphes 89-95).

3.1.d Déclaration La déclaration d’authenticité doit démon- • Voir la section 3.1. (p.64-70) ci-dessus.
d’authenticité (pour les trer que le bien répond aux conditions • Le texte doit comporter une informa-
propositions d’inscription d’authenticité énoncées au chapitre II D tion détaillée afin de soutenir le texte
sous les critères (i) à (vi)) des Orientations, qui décrivent ces condi- fourni dans le projet de déclaration de
tions plus en détail. valeur universelle exceptionnelle.

Cette section doit résumer l’information


qui sera intégrée avec davantage de
détails dans la section 4 de la proposition Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
d’inscription (et peut-être dans d’autres
sections) et ne doit pas reproduire le
niveau de détail de ces sections.

L’authenticité ne s’applique qu’aux biens


culturels et aux aspects culturels des biens
« mixtes ».

Les Orientations énoncent que « les biens


satisfont aux conditions d’authenticité si
leurs valeurs culturelles (telles que recon-
nues dans les critères suggérés dans la
proposition d’inscription) sont exprimées
de manière véridique et crédible à travers
une variété d’attributs » (paragraphe 82).

Les Orientations suggèrent que les types


d’attributs suivants pourraient être pris en
considération dans l’énoncé ou l’expres-
sion de la valeur universelle exceptionnelle :
• forme et conception ;
• matériaux et substance ;

117
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

• usage et fonction ;
• traditions, techniques et systèmes de
gestion ;
• situation et cadre ;
• langue et autres formes de patrimoine
immatériel ;
• esprit et impression ; et
• autres facteurs internes et externes.

3.1.e Mesures de Cette section doit définir comment les exi- • Le texte doit comporter une informa-
protection et de gestion gences de protection et de gestion seront tion détaillée afin de soutenir le texte
➤ requises remplies, de manière à s’assurer que la va- fourni dans le projet de déclaration de
leur universelle exceptionnelle du bien soit valeur universelle exceptionnelle.
garantie à travers le temps. Elle doit in-
clure à la fois des détails relatifs au cadre
général de protection et de gestion, et
des détails relatifs à l’identification des
attentes spécifiques à la protection du
bien à long terme.

Cette section doit résumer l’information


qui sera intégrée avec plus de détails dans
la section 5 du document de proposition
d’inscription (et aussi, potentiellement,
dans les sections 4 et 6) et ne doit pas
reproduire le niveau de détail inclus dans
ces sections.

Le texte – dans cette section – doit


souligner en premier lieu le cadre de pro-
tection et de gestion. Ceci doit compren-
dre les mécanismes de protection
nécessaires, les systèmes de gestion et/ou
les plans de gestion (qu’ils soient actuelle-
ment en place ou qu’ils aient besoin d’être
établis) qui protégeront et conserveront
les attributs sous-tendant la valeur univer-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

selle exceptionnelle, et – traiter des dan-


gers et des fragilités du bien. Ceux-ci
pourraient comprendre la présence d’une
protection juridique forte et efficace, un
système de gestion clairement docu-
menté, comprenant les relations avec les
acteurs ou groupes d’utilisateurs clés, les
ressources humaines et financières appro-
priées, les besoins clés pour la présenta-
tion (le cas échéant) et le suivi effectif et
affiné.

Deuxièmement, cette section devra pren-


dre en compte tout enjeu à long terme
pour la protection et la gestion du bien et
établira la manière dont ceux-ci seront
traités. Il sera pertinent de se référer aux
dangers les plus importants pour le bien,
ainsi qu’aux fragilités et aux changements
négatifs de l’authenticité et/ou de l’inté-
grité qui ont été mis en lumière, – et
d’établir comment la protection et la

118
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
gestion traiteront ces fragilités et ces
dangers et atténueront tout changement
néfaste.

En tant que déclaration officielle reconnue


par le Comité du patrimoine mondial,
cette section de la déclaration de valeur
universelle exceptionnelle doit prendre
note des plus importants engagements
que l’Etat partie met en œuvre pour la
protection et la gestion du bien à long
terme.

3.2 Analyse comparative Le bien doit être comparé à des biens • Voir la section 3.1. (p.70-76) ci-dessus.
similaires, figurant ou non sur la Liste du
patrimoine mondial. La comparaison doit
présenter les similarités du bien proposé
pour inscription avec d’autres biens et
les raisons pour lesquelles le bien pro-
posé se distingue des autres. L’analyse
comparative doit viser à expliquer l’im-
portance du bien proposé pour inscrip-
tion, dans son contexte national et
international (voir paragraphe 132).

L’objectif de l’analyse comparative est de


montrer qu’il reste encore une place sur
la Liste en s’appuyant sur les études thé-
matiques existantes et, dans le cas des
biens en série, de justifier la sélection des
éléments constituant le bien.

3.3 Intégrité et/ou Une déclaration de valeur universelle ex- • Voir la section 3.1. (p.77-80) ci-dessus.
authenticité ceptionnelle est une déclaration officielle
adoptée par le Comité du patrimoine
mondial au moment de l’inscription du
bien sur la Liste du patrimoine mondial. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
Lorsque le Comité du patrimoine mon-
dial accepte d’inscrire un bien sur la Liste
du patrimoine mondial, il accepte égale-
ment une déclaration de valeur univer-
selle exceptionnelle qui stipule pourquoi
le bien est considéré comme ayant une
valeur universelle exceptionnelle, com-
ment il satisfait les critères pertinents, les
conditions d’intégrité et (pour les biens
culturels) d’authenticité, et comment il
répond aux exigences de protection et
de gestion afin de conserver la valeur
universelle exceptionnelle à long terme.
Les déclarations de valeur universelle ex-
ceptionnelle doivent être concises et
sont énoncées dans un format standard.
Elles devraient aider à sensibiliser à la
valeur du bien, à guider l’évaluation de
son état de conservation, et à informer
au sujet de sa protection et de sa ges-
tion. Une fois adoptée par le Comité,
la déclaration de valeur universelle

119
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

exceptionnelle figure sur le site géogra-


phique du bien et sur le site Internet du
Centre du patrimoine mondial de
l’UNESCO.

Les sections principales de la déclaration


de valeur universelle exceptionnelle sont
les suivantes :
a. Brève synthèse
b. Justification des critères
c. Déclaration d’intégrité (pour tous
➤ les biens)
d. Déclaration d’authenticité (pour
les biens inscrits sous les critères (i)
à (vi))
e. Exigences de protection et de
gestion.

4. État de conservation du
bien et facteurs affectant
le bien

4.a État actuel de Les informations présentées dans cette • Les renseignements concernant l’état
conservation section constituent les données de base de conservation du bien doivent être
nécessaires pour suivre l’état de conser- réalistes et ne pas enjoliver ni minimiser
vation du bien proposé pour inscription la réalité. N’oubliez pas que la mission
dans le futur. Il faut fournir des informa- d’évaluation se rendra sur les lieux et
tions dans cette section sur l’état maté- vérifiera ces aspects.
riel du bien, toutes les menaces qui • Il faut s’assurer que les mesures visant à
pèsent sur la valeur universelle excep- protéger l’état du bien préservent non
tionnelle du bien et les mesures de seulement ses caractéristiques, mais
conservation prises sur place (voir aussi les processus dynamiques qui
paragraphe 132). contribuent à son évolution, de manière
à maintenir l’intégrité de tous les attri-
Par exemple, dans une ville ou une zone buts pertinents.
historique, il faut indiquer les bâtiments, • Lorsque l’état de conservation demande
monuments ou autres constructions né- des explications complexes, des dia-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

cessitant des travaux de réparations im- grammes ou des cartes ou plans anno-
portants ou mineurs, ainsi que l’étendue tés peuvent les éclairer utilement. Dans
et la durée de tous les grands projets de une ville, par exemple, l’état de conser-
réparations récents ou prévus. vation peut varier considérablement
d’un édifice à l’autre. De même, des
Dans le cas d’un bien naturel, il faut cartes ou plans annotés peuvent être le
fournir des informations sur les ten- meilleur moyen de donner à compren-
dances manifestées par les différentes dre l’étendue d’une menace.
espèces ou l’intégrité des écosystèmes. • Cette section porte sur la situation ac-
Cela est important car le dossier de pro- tuelle du bien. Les menaces potentielles
position d’inscription sera utilisé les ou futures seront traitées à la section
années suivantes dans un but de compa- 4.b.
raison, afin de dépister les changements
survenus dans l’état du bien.

Pour les indicateurs et les repères statis-


tiques utilisés pour suivre l’état de
conservation du bien, voir section 6
ci-dessous.

120
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
4.b Facteurs affectant le Cette section doit fournir des informa- • Soyez particulièrement attentif à la note
bien tions sur tous les facteurs susceptibles explicative qui indique que tous les fac-
d’affecter la valeur universelle exception- teurs ne sont pas pertinents pour tous
nelle d’un bien ou de menacer un bien. les biens. Signalez simplement ceux qui
Elle doit aussi décrire toutes les difficul- ne le sont pas sans plus de détails.
tés qui peuvent être rencontrées pour • Cette section a trait aux menaces po-
traiter ces problèmes. Tous les facteurs tentielles ou futures qui pèsent sur la
suggérés dans cette section ne concer- valeur universelle exceptionnelle du
nent pas tous les biens. Ce sont des indi- bien. Les menaces actuelles doivent être
cations destinées à aider l’État partie à traitées à la section 4.a.
identifier les facteurs applicables à • Seules doivent être mentionnées les
chaque bien précis. menaces que l’on peut raisonnable-
ment prédire ou prévoir pour un bien ➤
particulier, ou qui ont précédemment
été évoquées.
• Néanmoins, il convient de fournir des
indications franches et exactes au sujet
de telles menaces.

(i) Pressions dues au Détailler les types de pressions dues au


développement (par développement affectant le bien, par
exemple, empiétement, ex. pression dans un but de démoli-
adaptation, agriculture, tion, reconstruction ou nouvelle
exploitation minière) construction ; adaptation de bâtiments
existants en vue de nouvelles utilisa-
tions éventuellement préjudiciables à
leur authenticité ou à leur intégrité ;
modification ou destruction de l’habi-
tat par suite d’empiétement agricole,
sylvicole ou de pacage, ou à cause
d’une mauvaise gestion du tourisme
ou d’autres utilisations ; exploitation
inappropriée ou non durable des res-
sources naturelles ; dommages causés
par l’exploitation minière ; introduc-
tion d’espèces exotiques susceptibles
de détruire l’équilibre des processus Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
écologiques naturels et de créer de
nouveaux centres de peuplement dans
les biens ou à leurs abords, risquant
ainsi de porter atteinte aux biens ou à
leur cadre.

(ii) Contraintes liées Énumérer et résumer les principales • Ne mentionnez que les sources de
à l’environnement sources de détérioration de l’environne- détérioration avérées et ayant un
(par ex. pollution, ment affectant le tissu bâti, la flore et la impact majeur.
changements climatiques, faune.
désertification)

121
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

(iii) Catastrophes Détailler les catastrophes qui représen- • Indiquez la fréquence estimée de ces
naturelles et planification tent une menace prévisible pour le bien, catastrophes et de l’échelle probable de
préalable (tremblements et les mesures prises pour dresser des leur impact.
de terre, inondations, plans d’urgence contre ces menaces, • Le dispositif de prévention des risques
incendies, etc.) que ce soit par des mesures de protec- doit être adapté à la fréquence et à
tion matérielle ou de la formation de l’ampleur de l’impact et être doté de
personnel. ressources en conséquence.
• Ce dispositif doit porter sur la prépara-
tion aux catastrophes, ainsi que sur les
mesures d’intervention pendant et
après la catastrophe.
➤ • L’information requise doit être résumée
avec des références à d’autres docu-
ments (plans d’intervention d’urgence
en cas de catastrophe, p. ex.).

(iv) Visite responsable Fournir un état de la fréquentation du • La méthode utilisée pour déterminer
des sites du patrimoine bien (notamment : données de base la capacité d’accueil doit être décrite
mondial disponibles ; caractéristiques d’utilisa- succinctement.
tion, y compris concentrations d’activi- • Il convient de préciser sur quelles
tés dans certaines parties du bien ; et données se fondent les prévisions du
prévisions d’autres activités). nombre futur de visiteurs.
• Il est demandé de fournir une estima-
Enoncer les prévisions de fréquentation tion réaliste du nombre futur de visi-
faisant suite à l’inscription ou à d’autres teurs, compte tenu en particulier de
facteurs. l’impact de l’inscription du bien. Celle-ci
se traduit souvent par une augmenta-
Définir la capacité d’accueil du site et tion du nombre de visiteurs.
comment sa gestion pourrait être amé- • Des éléments doivent être présentés ou
liorée pour accueillir le nombre actuel cités en référence à l’appui des conclu-
ou prévu de visiteurs et résister sans sions concernant la capacité d’accueillir
effets négatifs à la pression du sans effets préjudiciables le nombre ac-
développement. tuel ou projeté de visiteurs. Une simple
affirmation n’est pas suffisante. S’agis-
Etudier les formes possibles de détério- sant des chiffres actuels, peut-on se
ration du bien dues à la surfréquenta- référer à une étude d’impact ?
tion et au comportement des visiteurs, y • Le bien fait-il l’objet d’un plan de ges-
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

compris celles qui affectent ses attributs tion des visiteurs ou du tourisme ?
immatériels. Celui-ci est-il adéquat et efficace ?
• Concernant les conditions d’accueil
souhaitées pour les visiteurs et les tou-
ristes, il faut traiter des messages, des
techniques, de la qualité de l’accueil, et
des aménagements disponibles. Cette
information devrait normalement figu-
rer dans un plan de gestion des visiteurs
ou du tourisme. On pourra inclure dans
le dossier un résumé des points essen-
tiels de ce plan, et joindre ce dernier
dans une annexe.
• Le nombre de visiteurs ou de touristes
doit correspondre au dernier chiffre
annuel.
• Lorsqu’un bien ne comprend pas
plusieurs aires ou zones, indiquer sim-
plement le nombre de visiteurs ou de
touristes pour l’ensemble du bien.

122
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
(v) Nombre d’habitants Donner les meilleures statistiques ou
dans le périmètre du bien, évaluations disponibles sur le nombre
dans la zone tampon d’habitants vivant dans le périmètre du
bien proposé pour inscription et de toute
Estimation de la popula- zone tampon. Indiquer l’année de cette
tion dans : estimation ou de ce recensement.

L’aire proposée pour


inscription :
________________________

La zone tampon :
________________________ ➤

Total : __________________

Année : ________________

5. Protection et gestion Cette rubrique de la proposition d’ins- • Voir la section 3.1. (p.91-96)
du bien cription est destinée à donner une • Il est essentiel que les biens du patri-
image claire des mesures législatives, moine mondial bénéficient d’une pro-
réglementaires, contractuelles, de pla- tection efficace, et la proposition
nification, institutionnelles et/ou tradi- d’inscription doit indiquer quelles sont
tionnelles (voir le paragraphe 132 des les mesures prévues et mises en œuvre
Orientations) et du plan de gestion (ou à cet effet sur le terrain.
d’un autre système de gestion) (para- • Un plan ou système détaillé de gestion
graphes108 à 118 des Orientations) en doit exister au moment de la proposi-
place pour protéger et gérer le bien, tion d’inscription.
comme l’exige la Convention du patri- • Les principes d’une gestion durable du
moine mondial. Elle doit traiter des as- tourisme sont exposés dans Managing
pects de politique générale, du statut Tourism at World Heritage Sites: a Prac-
juridique et des mesures de protection, tical Manual for World Heritage Site
ainsi que des aspects pratiques de Managers, World Heritage Manuals 1
l’administration et de la gestion (Arthur Pedersen, 2002).
quotidiennes.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
5.a Droit de propriété Indiquer les principales catégories de • Dans le cas de biens complexes, le
propriété foncière (notamment propriété mieux est sans doute de présenter cette
de l’État, de la province, privée, commu- information sous la forme d’un tableau,
nautaire, traditionnelle, coutumière, non complété par une carte ou plan annoté.
gouvernementale, etc.).

5.b Classement de Énumérer le statut législatif, réglemen- • Dans le cas de biens complexes, une
protection taire, contractuel, de planification, carte ou plan annoté complétera utile-
institutionnel et/ou traditionnel corres- ment cette énumération.
pondant au bien. Par exemple, parc
national ou provincial ; monument histo- • Les raisons auxquelles obéit la délimita-
rique, aire protégée selon la législation tion de la zone tampon doivent être
nationale ou la coutume ; ou autres indiquées dans cette section.
classements.

Indiquer l’année de classement et le(s)


texte(s) législatif(s) régissant le statut.

Si le document ne peut pas être fourni en


anglais ou en français, un résumé analy-
tique dégageant les points essentiels devra
être fourni, en anglais ou en français.

123
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

5.c Moyens d’application Décrire comment fonctionne effective- • La protection réellement assurée peut
des mesures de ment la protection assurée par le statut différer considérablement de la protec-
protection législatif, réglementaire, contractuel, de tion théoriquement disponible. Il est
planification, institutionnel et/ou tradi- indispensable de fournir des renseigne-
tionnel du bien indiqué à la section 5.b. ments sur la situation réelle.
• Il convient de citer aussi les références
des données étayant vos affirmations.

5.d Plans actuels concer- Énumérer les plans approuvés qui ont • Il faut indiquer l’état de mise en œuvre
nant la municipalité et la été adoptés avec la date et l’institution des plans, et donner une appréciation
région où est situé le bien responsable de leur rédaction. Les dispo- de leur efficacité.
➤ proposé (par exemple, sitions applicables devront être résumées • Il doit également être précisé si ces
plan régional ou local, dans cette section. Un exemplaire du plans sont compatibles avec les mesures
plan de conservation, plan devra être inclus en pièce jointe de protection, de conservation et de
plan de développement comme indiqué à la section 7.b. gestion du bien.
touristique) • Indiquez la portée géographique ou
Si les plans n’existent que dans une autre des plans (le plan représente-t-il
langue autre que le français ou l’anglais, par exemple le bien dans sa totalité ou
un résumé analytique dégageant les seulement en partie ?).
points essentiels devra être fourni, en
français ou en anglais.

5.e Plan de gestion Comme il est noté au paragraphe 132 • Voir la section 3.1. (p.93-96).
du bien ou système de des Orientations, un plan de gestion (ou • Il faut donner des preuves de l’efficacité
gestion un autre système de gestion) approprié du plan ou système de gestion, et ne
est essentiel et doit être fourni dans la pas se contenter d’affirmer ou de
proposition d’inscription. Des assurances donner des assurances.
de la mise en œuvre effective du plan de • Le plan ou système de gestion doit
gestion ou d’un autre système de ges- avoir pour objet premier la protection et
tion sont également attendues. Les la conservation de la valeur universelle
principes du développement durable exceptionnelle.
devraient être intégrés au système de • Le plan ou système de gestion doit tenir
gestion. compte de la situation concrète du
bien, et en particulier des questions et
Un exemplaire du plan de gestion ou de problèmes qui se posent.
la documentation sur l’autre système de • Dans le cas d’un bien en série ou trans-
gestion doit être joint en annexe à la national, ou d’un bien complexe faisant
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

proposition, en anglais ou en français, l’objet de multiples plans ou systèmes


comme indiqué à la section 7.b. de gestion, il importe de démontrer la
complémentarité de ces plans ou sys-
Dans le cas où le plan de gestion n’exis- tèmes. On donnera des indications sur
terait que dans une langue autre que la gestion coordonnée des différents
l’anglais ou le français, une description éléments.
détaillée de son contenu, en anglais ou
en français, doit alors être annexée.
Donner le titre, la date et l’auteur des
plans de gestion joints à cette proposi-
tion d’inscription.

Une analyse ou une explication détaillée


du plan de gestion ou d’un système de
gestion documenté doit être fournie.

Un calendrier pour la mise en œuvre du


plan de gestion est recommandé.

124
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
5.f Sources et niveaux de Indiquer les sources et le niveau de
financement financement disponibles pour le bien sur
une base annuelle. Il est également pos-
sible de donner une estimation du carac-
tère adéquat ou non des ressources
disponibles, en précisant en particulier
tous les manques ou insuffisances ou
tous les domaines où une assistance
pourrait être nécessaire.

5.g Sources de compé- Indiquer les compétences spécialisées et • Il convient d’indiquer les compétences
tences spécialisées et de la formation qui sont disponibles pour le spécialisées et les formations qui exis-
formation en techniques bien par le biais des autorités nationales tent déjà, outre celles qui pourraient ➤
de conservation et de ou d’autres organisations. devenir disponibles.
gestion • Ces compétences spécialisées et ces
formations peuvent être disponibles
auprès de l’organisme responsable de
la gestion du bien, ainsi que d’autres
organisations.
• Une appréciation doit être donnée
concernant l’utilité des compétences
spécialisées et des formations et leur
capacité de répondre aux besoins spéci-
fiques du bien.

5.h Aménagements et Cette section doit décrire les services in- • Une appréciation doit être donnée
infrastructures pour les clusifs à la disposition des visiteurs sur le concernant l’utilité des aménagements
visiteurs site et démontrer qu’ils sont appropriés et leur capacité de répondre aux
par rapport aux exigences de protection besoins spécifiques du bien.
et de gestion du bien. Elle doit illustrer • Indiquer les éventuels conflits entre ces
comment ces services fourniront une aménagements et la protection et la
mise en valeur réelle et inclusive du bien conservation du bien.
pour répondre aux besoins des visiteurs,
notamment en matière d’accès sécurisé
et approprié au site. La section doit pren-
dre en considération les services destinés
aux visiteurs qui pourront inclure une in- Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
terprétation/explication (pancartes, sen-
tiers, notices ou publications, guides); un
musée/exposition consacré(e) au bien,
un centre d'accueil ou d'interprétation
pour les visiteurs; et/ou la possibilité
d’utiliser des technologies numériques et
des services (hébergement pour la nuit;
service de restauration; parking pour les
voitures; toilettes; service de recherche et
de secours), etc.

5.i Politique et pro- Cette section se réfère aux articles 4 et 5 • Il n’est demandé qu’un simple résumé.
grammes concernant de la Convention relatifs à la mise en va- • Ces politiques et programmes pour-
la mise en valeur et leur et à la transmission du patrimoine raient être intégrés dans un plan de
la promotion du bien culturel et naturel aux générations mise en valeur ou tout autre plan
futures. Les États parties sont incités à similaire.
fournir des informations sur la politique • Il importe de donner des indications sur
et les programmes concernant la mise en les ressources allouées aux programmes
valeur et la promotion du bien proposé et sur l’efficacité des politiques et des
pour inscription. programmes.

125
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

• Les programmes mettent-ils réellement


en relief la valeur universelle exception-
nelle virtuelle du bien ?
• Y a-t-il des conflits entre les mesures
de mise en valeur et de promotion et
les mesures de protection et de
conservation ?

5.j Niveau de qualifica- Indiquer les compétences et qualifica- • Le personnel est-il assez nombreux ?
tion des employés (secteur tions disponibles, nécessaires à la bonne • Les compétences et la formation sont-
professionnel, technique, gestion du bien, y compris en matière de elles adaptées eu égard à la valeur du
➤ d'entretien) fréquentation et les besoins futurs liés à bien ?
la formation.

6. Suivi Cette section de la proposition d’inscrip-


tion est destinée à témoigner de l’état
de conservation du bien, état qui pourra
faire l’objet d’inspections et de rapports
réguliers en vue de fournir une indica-
tion des tendances au cours du temps.

6.a Indicateurs clés Énumérer sous forme de tableau les indi- • Les indicateurs doivent se rapporter à la
pour mesurer l’état de cateurs clés choisis pour mesurer l’état valeur universelle exceptionnelle vir-
conservation de conservation de l’ensemble du bien tuelle du bien et non à un paramètre
(voir la section 4.a ci-dessus). Indiquer mesurable quelconque.
la périodicité de l’examen de ces indica-
teurs et le lieu où se trouvent les
dossiers. Les indicateurs peuvent être
représentatifs d’un aspect important du
bien et se référer d’aussi près que possi-
ble à la déclaration de valeur universelle
exceptionnelle (voir la section 2.b
ci-dessus). Dans la mesure du possible,
ils peuvent être exprimés en chiffres et,
lorsque cela n’est pas possible, être
présentés de manière à pouvoir être
répétés, en prenant par exemple une
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

photographie à partir du même endroit.


Quelques exemples de bons indicateurs :

(i) le nombre d’espèces ou la population


d’une espèce essentielle sur un bien
naturel ;
(ii) le pourcentage de bâtiments nécessi-
tant des réparations importantes dans
une ville ou un quartier historique ;
(iii)l’estimation du nombre d’années
nécessaires à l’achèvement éventuel
d’un grand programme de
conservation ;
(iv)la stabilité ou le degré de mouvement
d’un bâtiment particulier ou d’un
élément d’un bâtiment ;
(v) le taux d’augmentation ou de diminu-
tion des empiétements de toute
nature sur un bien.

126
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition d’inscription Recommandations additionnelles

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Indicateur Périodicité Emplacement
des dossiers

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

6.b Dispositions adminis- Donner le nom et les coordonnées de ➤


tratives pour le suivi du contact de l’institution/des institutions
bien responsable(s) du suivi référencé en 6.a.

6.c Résultats des précé- Énumérer, en les résumant brièvement, • Si des problèmes ont été notés ou si
dents exercices de soumis- les précédents rapports sur l’état de l’état de conservation laissait à désirer,
sion de rapports conservation du bien et fournir des ex- exposez brièvement la situation actuelle
traits et des références de ce qui a été ou les mesures correctives prises.
publié à ce sujet (par exemple, des rap- • Si des problèmes subsistent ou si l’état
ports soumis conformément à des de conservation laisse toujours à désirer,
accords internationaux comme Ramsar cela doit être signalée dans la section
ou le MAB). 4 ci-dessus.

7. Documentation Cette section de la proposition d’inscrip-


tion est la liste de contrôle de la docu-
mentation qui doit être fournie pour
constituer une proposition d’inscription
complète.

7.a Inventaire des images Les États parties doivent fournir suffi- • Les images doivent présenter les élé-
photographiques/ samment d’images récentes (photogra- ments conférant au bien sa valeur uni-
audiovisuelles et le phies, diapositives, et si possible des verselle exceptionnelle, ainsi que le
formulaire d’autorisation images numériques, des films/vidéos, des contexte du bien.
de reproduction photographies aériennes), pour donner
une bonne image générale du bien. Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Les diapositives doivent être au format


35 mm, et les images numériques en for-
mat .jpeg et d’une résolution d’au moins
300 ppp (« point par pouce »). Si un film
est fourni, le format Beta SP est recom-
mandé pour l’assurance de sa qualité.

Cette documentation doit être accompa-


gnée d’un inventaire des images et du
tableau d’autorisation de reproduction
figurant ci-dessous.

Au moins une photographie qui puisse


être utilisée sur la page Internet d’accès
public décrivant le bien devrait être
incluse.

Les États parties sont encouragés à céder


à l’UNESCO gratuitement et sous forme
écrite les droits non exclusifs de diffuser,
communiquer au grand public, publier,

127
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES
Ta b l e d e s m a t i è r e s

reproduire, exploiter, sous quelle que


forme ou support que ce soit, y compris
numérique, tout ou partie des images
fournies et autorise ces droits à des tiers.

La cession non exclusive des droits n’af-


fecte pas les droits de la propriété intel-
lectuelle (droits du photographe/
réalisateur ou du propriétaire des droits,
si différent), et qu’en outre, lorsque ces
images sont diffusées par l’UNESCO, le
➤ crédit photographique, à condition qu’il
ait été clairement indiqué dans le formu-
laire, est toujours mentionné.

Les profits éventuels dérivant de cette


cession des droits seront versés au Fonds
du patrimoine mondial.

Modèle de proposition d’inscription Recommandations additionnelles

N° Format Légende Date de Photographe Détenteur du Coordonnées Cession


d’id. (diapo / la photo / réalisateur copyright (si du détenteur non
épreuve (mm/aa) ce n’est pas le du exclusive
/ vidéo) photographe / copyright des droits
réalisateur) (nom,
adresse,
tél. / fax
et courriel)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

7.b Textes relatifs au Joindre les textes comme indiqué aux


classement à des fins de sections 5.b, 5.d et 5.e ci-dessus.
protection, exemplaires
des plans de gestion du
bien ou des systèmes de
gestion documentés et
extraits d’autres plans
concernant le bien

7.c Forme et date des Faire une déclaration simple indiquant la


dossiers ou des inventaires forme et la date des dossiers ou inven-
les plus récents concer- taires les plus récents concernant le bien.
nant le bien Ne mentionner que les dossiers encore
disponibles.

128
Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription 4

Modèle de proposition Modèle de proposition – Recommandations additionnelles


d’inscription – RUBRIQUES NOTES EXPLICATIVES

Ta b l e d e s m a t i è r e s
7.d Adresse où sont Donner le nom et l’adresse des institu-
conservés l’inventaire, tions où sont déposés les dossiers d’in-
les dossiers et les archives ventaires (bâtiments, monuments,
espèces de flore ou de faune).

7.e Bibliographie Énumérer les principales références


publiées, en utilisant le format bibliogra-
phique standard.

8. Coordonnées des Cette section de la proposition d’inscrip-


autorités responsables tion permettra au Secrétariat d’adresser
au bien des informations sur l’actualité
du patrimoine mondial et d’autres ➤
questions.

8.a Responsable de la pré- Indiquer le nom, l’adresse et autres


paration de la proposition coordonnées de la personne responsable
de la préparation de la proposition
Nom : d’inscription. Si l’on ne peut fournir
Titre : d’adresse électronique, l’information doit
Adresse : inclure un numéro de fax.
Ville, province / État, Pays :
Tél. :
Fax :
Courriel :

8.b Institution / agence Indiquer le nom de l’agence, du musée,


officielle locale : de l’institution, de la communauté ou du
gestionnaire localement responsable de
la gestion du bien. Si l’institution hiérar-
chique est un organisme national, veuil-
lez indiquer ses coordonnées.

8.c Autres institutions Énumérer le nom complet, l’adresse, le


locales téléphone, le fax et l’adresse électro-
nique de tous les musées, centres d’ac-
cueil de visiteurs et offices de tourisme Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011
officiels qui devraient recevoir le bulletin
gratuit La Lettre du patrimoine mondial
sur les événements et questions concer-
nant le patrimoine mondial.

8.d Adresse Internet Prière de fournir toute adresse Internet


officielle officielle opérationnelle du bien proposé
pour inscription. Indiquer si de telles
http:// adresses Internet sont prévues, avec le
Nom du responsable : nom du responsable et son adresse
Courriel : électronique.

9. Signature au nom de La proposition d’inscription doit se


l’État partie terminer par la signature du fonction-
naire ayant pleins pouvoirs pour le faire
au nom de l’État partie.

129
4 Rédaction et établissement du dossier de proposition d’inscription

4.3 Quelques recommandations supplémentaires

Relecture et révision
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Une fois la proposition d’inscription achevée, il est bon de procéder à un certain nombre de
vérifications pour s’assurer que le produit final est satisfaisant :
• relire et, si nécessaire, réviser le résumé analytique de façon qu’il soit en tout point conforme
au texte principal ;
• relire l’ensemble de la proposition d’inscription pour vérifier que tous les points essentiels
y figurent et sont exposés avec clarté ;
• faire éditer la proposition d’inscription en vue d’en améliorer la cohérence et le style, en
NOTRE C ONSEIL particulier si des parties ont été rédigées par différents auteurs. S’assurer toutefois que des
contenus importants n’ont pas disparu ni été déformés ;
Faites relire

la proposition
• faire relire le projet de proposition d’inscription par des spécialistes, notamment par une
d’inscription par
personne n’ayant pas de lien particulier avec le bien, ainsi que par une personne qui ignore
des pairs.
tout du pays et de son patrimoine. Corriger tous les problèmes qui ont pu être signalés lors
de ces examens ;
• vérifier que la proposition d’inscription est complète conformément au paragraphe 132
des Orientations.

Propositions d’inscription d’un bien en série

Si la proposition d’inscription a pour objet un bien en série, il peut être nécessaire d’y faire
figurer une quantité considérable d’informations, celles-ci se trouvant multipliées par le
nombre d’éléments que compte la série (par exemple, description de chaque élément).
Des informations trop abondantes peuvent en rendre la lecture difficile ou en gêner la
compréhension.

La grande difficulté est de trouver le juste équilibre de façon à inclure les informations essen-
tielles concernant chaque élément.

Une solution consiste à ne présenter qu’un résumé dans le corps du texte, avec des renvois
à des annexes contenant des renseignements plus détaillés.
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

130
5 La procédure d’évaluation

5.1 Généralités

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Lorsque le dossier de proposition d’inscription a été soumis, en autant d’exemplaires que
prescrit, il est procédé à son évaluation.

En premier lieu, le Centre du patrimoine mondial vérifie que le dossier est complet. S’il consi-
dère que ce n’est pas le cas, le dossier ne sera pas transmis aux Organisations consultatives
pour évaluation, et devra être complété, puis soumis une nouvelle fois, l’année suivante ou
plus tard.

Si la proposition d’inscription est complète, elle est transmise à l’Organisation ou aux


Organisations consultative(s) compétente(s) pour évaluation. Au cours de cet exercice, les

Organisations consultatives vont déterminer si le bien proposé pour inscription présente une
valeur universelle exceptionnelle virtuelle, s’il répond aux conditions d’intégrité et/ou d’au-
thenticité et satisfait aux prescriptions en matière de protection et de gestion. Une description
détaillée des procédures d’évaluation de l’ICOMOS et de l’UICN figure à l’Annexe 6 des
Orientations, et est également présentée ci-après.

Après avoir mené à bien cette évaluation, mais préalablement à l’examen de la proposition
d’inscription par le Comité du patrimoine mondial, les Organisations consultatives peuvent
adresser des questions ou une demande d’information à l’État partie avant le 31 janvier de
l’année au cours de laquelle la proposition doit être examinée par le Comité (paragraphe 149).

Ces informations doivent être envoyées au plus tard le 28 février pour être prises en consi-
dération par les Organisations consultatives. Les Orientations excluent formellement que
celles-ci examinent toute information envoyée après cette date.

Les États parties peuvent aussi envoyer une lettre au Président du Comité, avant la session
du Comité, pour signaler d’éventuelles erreurs factuelles dans l’évaluation des Organisations
consultatives (paragraphe 150).

Il est important que les États parties informent le Centre du patrimoine mondial de tout fait
nouveau intéressant le bien qui surviendrait au cours de l’évaluation. De telles informations Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

peuvent avoir une importante incidence sur l’évaluation.

Le Comité du patrimoine mondial décide s’il y a lieu ou non d’inscrire le bien. Le Comité
prend cette décision à la lumière d’une recommandation de l’Organisation ou des Organisa-
tions consultative(s) compétente(s).

5.2 Procédure d’évaluation par l’UICN

Pour mener à bien l’évaluation technique des propositions d’inscription, l’UICN s’appuie sur
les Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention. La procédure couvre une
période d’un an, depuis la réception des propositions d’inscription par l’UICN en avril jusqu’à
la présentation du rapport d’évaluation au Centre du patrimoine mondial en mai de l’année
suivante. Elle comprend les étapes suivantes :

1. Collecte des données. Une fiche descriptive normalisée est établie à l’aide du document
de proposition d’inscription, de la base mondiale de données sur les aires protégées et de
tout autre document de référence disponible.

131
5 La procédure d’évaluation

2. Expertises extérieures. La proposition d’inscription est communiquée à des experts qui ont
une bonne connaissance du bien ou de ses valeurs naturelles, y compris des membres de
la WCPA, à d’autres commissions de spécialistes et réseaux scientifiques de l’UICN ou à
Ta b l e d e s m a t i è r e s

des ONG travaillant dans la région (en général, 100 à 150 réviseurs externes y contribuent
chaque année).

3. Inspection sur le terrain. Une mission à laquelle participent un ou plusieurs experts appar-
tenant à l’UICN ou indépendants est organisée en vue d’évaluer le bien proposé pour ins-
cription sur le site et de discuter de la proposition avec les autorités nationales et locales
compétentes, les communautés locales, les ONG et autres parties prenantes. Cette mission
se déroule en général entre mai et novembre. Dans le cas de biens mixtes et de certains
paysages culturels, la mission est entreprise conjointement avec l’ICOMOS.

➤ 4. Examen effectué par la Commission du patrimoine mondial de l’UICN. La Commission du


patrimoine mondial de l’UICN se réunit au moins une fois par an, habituellement en dé-
cembre, au Siège de l’UICN en Suisse pour examiner chaque proposition d’inscription. Une
deuxième réunion ou conférence est convoquée si nécessaire, en général au mois de mars
de l’année suivante. La Commission procède à l’examen intensif des dossiers de proposition
d’inscription, des rapports d’inspection sur le terrain, des fiches descriptives relatives aux
biens et autres documents de référence pertinents, et formule à l’adresse de l’UICN un
avis technique et des recommandations concernant chaque proposition d’inscription. Un
rapport final est établi et transmis au Centre du patrimoine mondial en mai pour distribu-
tion aux membres du Comité du patrimoine mondial.

5. Recommandations finales. L’UICN présente, images et cartes à l’appui, les résultats de la


procédure d’évaluation et les recommandations qui en sont issues au Comité du patri-
moine mondial à sa session annuelle, tenue en juin ou en juillet, et répond à toutes les
questions qui lui ont été posées. Le Comité du patrimoine mondial prend la décision finale
d’inscrire ou non le bien sur la Liste du patrimoine mondial.

Il convient de noter que l’UICN s’efforce d’établir un dialogue avec l’État partie et de le
maintenir tout au long de la procédure d’évaluation afin d’offrir à celui-ci toute opportunité
de fournir toutes les informations nécessaires et de clarifier les questions ou problèmes
qui pourraient surgir. À cet effet, l’UICN peut demander un complément d’information à
l’État partie à trois occasions, à savoir :
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

• Avant l’inspection sur le terrain – L’UICN envoie à l’État partie, en la personne en général
du responsable de l’organisation de la mission dans le pays hôte, une note d’information,
où sont le plus souvent soulevées des questions précises dont il conviendra de discuter
pendant la mission. L’État partie peut ainsi s’y préparer dans de bonnes conditions.
• Immédiatement après l’inspection sur le terrain – Sur la base des discussions qui ont eu
lieu pendant la mission, l’UICN peut envoyer une lettre officielle demandant des infor-
mations supplémentaires avant que sa Commission du patrimoine mondial se réunisse
en décembre, de façon que celle-ci dispose de tous les éléments nécessaires pour
formuler une recommandation concernant la proposition d’inscription.
• Après la réunion de la Commission du patrimoine mondial de l’UICN – Si la Commission
constate que des questions n’ont pas encore reçu de réponses ou que de nouveaux
points nécessitent des éclaircissements, une lettre finale est adressée à l’État partie pour
lui demander un complément d’information dans des délais spécifiés. Ces délais doivent
être strictement respectés pour que l’UICN puisse achever son examen.

Note : Si les renseignements fournis par l’État partie dans la proposition d’inscription et
pendant la mission sont satisfaisants, l’UICN ne demande pas de complément d’information.
Les informations supplémentaires sont censées apporter des réponses à des questions ou sur
132
La procédure d’évaluation 5

des points précis, et ne pas contenir de propositions entièrement révisées ou d’importantes


quantités d’éléments nouveaux.

Ta b l e d e s m a t i è r e s
L’évaluation technique des biens proposés pour inscription utilise le concept de provinces
biogéographiques du monde d’Udvardy aux fins de la comparer avec d’autres biens similaires.
Cette méthode permet des comparaisons plus objectives entre biens naturels et offre un
moyen pratique de déterminer des similitudes à travers le monde. Dans le même temps, les
biens du patrimoine mondial sont censés posséder des caractéristiques spéciales, des parti-
cularités sur le plan des habitats, de la faune et de la flore qui peuvent aussi être comparées
par rapport à un biome plus vaste. Il importe de souligner que le concept de province bio-
géographique n’est utilisé que comme base de comparaison et que son utilisation ne signifie
pas que les biens du patrimoine mondial doivent être sélectionnés en fonction de ce seul
critère. D’autres systèmes d’établissement de priorités mondial tels que les « points névral-
giques de la biodiversité de Conservation International », les « écorégions » définies par le
Fonds mondial pour la nature (WWF), les « zones de conservation des espèces ornithologiques ➤
endémiques » de Birdlife International, les « centres de diversité végétale » définis par
l’UICN et WWF et la « classification des habitats » de l’UICN/SSC, ainsi que l’étude de
l’UICN/PNUE-CMSC Review of the World Heritage Network (2004) pour déterminer quels
sont les biens d’importance mondiale. Le principe directeur est que ne sont considérés comme
biens du patrimoine mondial que ceux qui ont une valeur universelle exceptionnelle.

Enfin, le processus d’évaluation est facilité par la vingtaine d’ouvrages de référence sur les
zones protégées du monde publiée par l’UICN, le PNUE-CMSC et plusieurs autres éditeurs.
Citons notamment : (1) les études des réseaux d’aires protégées en Afrique, en Asie et en
Océanie ; (2) le répertoire en quatre volumes des zones protégées du monde ; (3) la collection
Global Biodiversity Atlas en six volumes ; (4) les trois volumes de Centres of Plant Diversity ;
(5) le répertoire en trois volumes des mondial des récifs coralliens du monde ; et (6) la synthèse
en quatre volumes A Global Representative System of Marine Protected Areas. L’ensemble
de ces documents donne une vision générale à l’échelle des systèmes qui permet de comparer
l’importance de la conservation des aires protégées à travers le monde.

RAPPORT DE L’UICN AU COMITÉ DU PATRIMOINE MONDIAL


Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Commission du patrimoine mondial de l’UICN

Consultation Fiche descriptive


• des agents de l’État du PNUE –
Inspection • des ONG locales Évaluateurs Centre mondial
sur • des communautés extérieurs de surveillance
le terrain locales de la conservation
• des autres parties de la nature
prenantes (PNUE-CMSC)

Programme de l’UICN sur les zones protégées

Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO

133
5 La procédure d’évaluation

5.3 Procédure d’évaluation par l’ICOMOS

Lors de son évaluation des propositions d’inscription de biens culturels, l’ICOMOS (le
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Conseil international des monuments et des sites) est guidé par les Orientations (voir le
paragraphe 148).

Le processus d’évaluation (voir la figure ci-après) implique une consultation de toutes les
compétences spécialisées que représentent les membres de l’ICOMOS et ses Comités natio-
naux et internationaux, ainsi que les nombreux autres réseaux de spécialistes avec qui
l’ICOMOS établit des liens. Des membres sont aussi envoyés en missions d’experts pour ef-
fectuer des évaluations confidentielles sur place. Cette consultation très large débouche sur
la formulation de recommandations détaillées qui sont soumises au Comité du patrimoine
mondial lors de ses réunions annuelles.

Choix des experts

Il existe une procédure annuelle clairement définie pour la proposition d’inscription de biens
sur la Liste du patrimoine mondial. Après vérification du caractère complet des propositions
d’inscription reçues par le Secrétariat et les Organisations consultatives, les dossiers sont
transmis à l’ICOMOS où ils sont traités par son secrétariat chargé du patrimoine mondial. La
première décision à prendre est de choisir les experts à consulter. Ceux-ci se répartissent en
deux groupes distincts. D’abord, ceux qui peuvent se prononcer sur la « valeur universelle
exceptionnelle » du bien proposé pour inscription. Il s’agit là essentiellement d’un travail de
recherche documentaire pour universitaires spécialisés. Cela peut parfois nécessiter le recours
à des personnes extérieures à l’ICOMOS lorsque l’on ne peut trouver les compétences requises
parmi ses membres : c’est le cas, par exemple, des propositions d’inscription occasionnelles
de sites fossilifères d’hominidés, qui exigent les services de paléontologues.

Le second groupe est celui des experts qui ont l’expérience pratique de la gestion et de la
conservation de certains biens (y compris du point de vue de l’authenticité) et auxquels on
demande d’effectuer des missions sur les sites. Pour choisir ces spécialistes, l’ICOMOS exploite
pleinement son potentiel de contacts. Il sollicite l’avis de comités scientifiques internationaux
et de certains de leurs membres, de même que celui des organismes spécialisés avec lesquels
il a des accords de partenariat, notamment le Comité international pour la conservation du
patrimoine industriel (TICCIH), la Fédération internationale des architectes paysagistes (IFLA)
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

et la Commission internationale pour la documentation et la conservation d’édifices, sites et


ensembles urbains du mouvement moderne (DoCoMoMo).

Missions sur les sites

Pour choisir les experts qui seront envoyés en mission d’évaluation sur les sites, l’ICOMOS a
pour politique de faire appel, dans la mesure du possible, à une personne de la région où se
trouve le bien proposé. On demande aux experts d’avoir l’expérience de la gestion et de la
conservation du patrimoine : il n’est pas nécessaire qu’ils soient de grands spécialistes uni-
versitaires du type de bien concerné, mais ils doivent être capables de parler d’égal à égal
avec les gestionnaires de biens et de donner une appréciation fondée des plans de gestion,
des pratiques de conservation, de la gestion des visiteurs, etc. Des informations détaillées
leur sont communiquées, notamment des copies de pièces utiles du dossier. Les dates et le
programme de leur visite sont convenus avec les États parties auxquels il est demandé une
certaine discrétion vis-à-vis des médias à propos de ces missions d’évaluation effectuées par
l’ICOMOS. Les experts de l’ICOMOS adressent confidentiellement au Comité exécutif leurs
rapports sur les aspects pratiques des biens concernés, toute publicité prématurée risquant
de causer de l’embarras à l’ICOMOS et au Comité du patrimoine mondial.

134
La procédure d’évaluation 5

Commission de l’ICOMOS pour le patrimoine mondial

Les deux rapports (évaluation culturelle et compte rendu de mission sur site) qui résultent de

Ta b l e d e s m a t i è r e s
ces consultations sont adressés au secrétariat de l’ICOMOS à Paris, qui rédige sur cette base
un avant-projet d’évaluation. Celui-ci contient une description et un historique succincts du
bien, un résumé sur les moyens législatifs de protection, la gestion et l’état de conservation
du bien, des commentaires sur ces aspects et des recommandations à l’intention du Comité
du patrimoine mondial. Ces avant-projets d’évaluation sont ensuite présentés à la Commis-
sion du patrimoine mondial de l’ICOMOS, qui se réunit pendant deux ou trois jours pour les
étudier. La commission est composée de membres du Comité exécutif, venant de diverses
parties du monde et possédant de nombreuses compétences ainsi qu’une vaste expérience.
Aux membres du Comité exécutif s’ajoutent des experts de certaines catégories de patrimoine
figurant sur la liste annuelle de propositions d’inscription mais dont la spécialité n’est pas re-
présentée au sein du Comité. Selon les caractéristiques des propositions d’inscription reçues,
l’ICOMOS peut aussi inviter des représentants du TICCIH et de DoCoMoMo à participer aux ➤
travaux de la Commission.

La Commission délibère dans des conditions de confidentialité, guidée par le document


d’orientation de l’ICOMOS (disponible sur le site Web de l’ICOMOS). Chaque bien proposé
pour inscription donne lieu à une présentation de 10 à 15 minutes effectuée par un repré-
sentant de l’ICOMOS, support visuel à l’appui, suivie d’une discussion. Après cet examen
consciencieux et approfondi des propositions d’inscription, les recommandations collectives
de l’ICOMOS sont rédigées, et les évaluations sont révisées et imprimées pour présentation
au Comité du patrimoine mondial.

RAPPORT DE L’ICOMOS AU COMITÉ DU PATRIMOINE MONDIAL

Commission du patrimoine mondial de l’ICOMOS

Conseillers de l’ICOMOS
Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Secrétariat de l’ICOMOS chargé du patrimoine mondial

Compte rendu
Évaluations culturelles
des missions d’experts sur site

Comités Instituts Comités


scientifiques Experts
de recherche nationaux indépendants
internationaux associés de l’ICOMOS
de l’ICOMOS

Secrétariat de l’ICOMOS chargé du patrimoine mondial

Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO

135
Bibliographie
Généralités
Ta b l e d e s m a t i è r e s

Badman, T., Bomhard B., et Dingwall, P. 2008. World Heritage Nominations for Natural
Properties: A resource manual for practitioners, UICN.

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la gestion des sites naturels du patrimoine mondial. Cahiers du patrimoine mondial, n°23.

Autres sources d’information utiles pour


les analyses comparatives à l’échelle mondiale
de biens naturels et l’examen et la mise à jour
des listes indicatives
Études techniques et thématiques de l’UICN

• The World’s Greatest Natural Areas: an indicative inventory of natural sites of World
Heritage Quality (1982).
• Earth’s geological history: a contextual framework for assessment of World Heritage
fossil site nominations (1994).

138
Bibliographie
• Global Overview of Wetland and Marine Protected Areas on the World Heritage List

Ta b l e d e s m a t i è r e s
(1997).
• A Global Overview of Forest Protected Areas on the World Heritage List (1997).
• A Global Overview of Human Use of World Heritage Natural Sites (1997).
• A Global Overview of Protected Areas on the World Heritage List of Particular Importance
for Biodiversity (2000).
• Which oceanic islands merit World Heritage status? (1991).
• Report of the working group on application of the World Heritage Convention to islands
of the Southern Ocean (1992).
• Future directions for natural World Heritage sites in East and Southeast Asia. Filling the
Biome Gaps: a thematic approach to achieving Biodiversity conservation through World
Heritage, Les Molloy (2000).
• Potential natural World Heritage sites in Europe, Lars-Erik Esping (1998). ➤
• A Global Representative System of Marine Protected Areas, World Bank/UICN. 4 vol. (1995).

Rapports de certaines réunions régionales et initiatives de l’UNESCO visant à


identifier de possibles sites du patrimoine mondial

• Équipe spéciale pour établir un inventaire mondial des sites fossilifères (1991).
• Patrimoine mondial nordique – Propositions de nouveaux domaines pour la Liste du
patrimoine mondial (1996).
• Identification de biens du patrimoine mondial dans le Pacifique (1999).
• Forêts tropicales (compte rendu de la réunion de Berastagi, 1998).
• Identification de biens du patrimoine mondial dans le Pacifique (1999).
• Atelier régional sur la proposition d’inscription de sites du patrimoine mondial,
Mozambique (2000).
• Séminaire sur le patrimoine naturel des Caraïbes, Suriname (2000).
• Réunion en Asie centrale (2000).
• Sites karstiques d’Asie orientale et du Sud-Est (2001).
• Réunions de l’Arc alpin (2000-2001).
• Sites tropicaux marins et côtiers (Atelier Viet Nam, 2002).
• Aires protégées des forêts boréales (Fédération de Russie, octobre 2003). Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

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Conservation – Volume 1. 3 volumes. Cambridge, IUCN Publications Unit.

140
Informations sur les organes responsables

Ta b l e d e s m a t i è r e s
Nom et adresse Brève présentation Responsabilités
au titre de la Convention

ICCROM L’ICCROM (Centre international d’études Le rôle spécifique de l’ICCROM en ce qui


Via di S. Michele 13 pour la conservation et la restauration des concerne la Convention comprend les
I-00153 Rome biens culturels) est une organisation inter- tâches suivantes :
Italy gouvernementale dont le siège se trouve à • être le partenaire privilégié en matière de
Tél : +39 06 585-531 Rome (Italie). Créé par l’UNESCO en 1956, formation relative au patrimoine mondial,
Fax : +39 06 585-53349 l’ICCROM a pour mission de mettre en • assurer le suivi de l’état de conservation
Courriel : iccrom@[Link] œuvre des programmes de recherche, de des biens du patrimoine culturel mondial,
[Link] documentation, d’assistance technique, de • examiner les demandes d’assistance inter-
formation et de sensibilisation du public et nationale présentées par les États parties, ➤
de promouvoir la conservation du patri- • apporter sa contribution et son soutien
moine culturel mobilier et immobilier. aux activités de renforcement des
capacités.

ICOMOS L’ICOMOS (Conseil international des mo- Le rôle spécifique de l’ICOMOS en ce qui
49-51, rue de la Fédération numents et des sites) est une organisation concerne la Convention comprend les
75015 Paris non gouvernementale dont le siège se tâches suivantes :
France trouve à Paris (France). Créé en 1965, il a • évaluer les biens proposés pour inscrip-
Tél : +33 (0)1 45 67 67 70 pour mission de promouvoir l’application tion sur la Liste du patrimoine mondial,
Fax : +33 (0)1 45 66 06 22 des théories, méthodes et techniques • assurer le suivi de l’état de conservation
Courriel : scientifiques à la conservation du patri- des biens du patrimoine culturel mondial,
secretariat@[Link] moine architectural et archéologique. Son • examiner les demandes d’assistance inter-
[Link] travail se fonde sur les principes énoncés nationale présentées par les États parties,
dans la Charte internationale de 1964 sur • apporter sa contribution et son soutien
la conservation et la restauration des mo- aux activités de renforcement des
numents et des sites (Charte de Venise). capacités.

UICN L’UICN (Union mondiale pour la nature) a Le rôle spécifique de l’UICN en ce qui
Rue Mauverney 28 été fondée en 1948 et rassemble des gou- concerne la Convention comprend les
CH-1196 Gland vernements nationaux, des organisations tâches suivantes :
Switzerland non gouvernementales et des scientifiques • évaluer les biens proposés pour inscrip-
Tél : +41 (22) 999-0000 dans le cadre d’un partenariat mondial. tion sur la Liste du patrimoine mondial,
Fax : +41 (22) 999-0002 Sa mission est d’inciter, encourager et • assurer le suivi de l’état de conservation Établir une proposition d’inscription au patrimoine mondial • Deuxième édition, 2011

Courriel : aider les sociétés du monde entier à pré- des biens du patrimoine naturel mondial,
worldheritage@[Link] server l’intégrité et la diversité de la nature • examiner les demandes d’assistance inter-
htt://[Link] et à veiller au caractère équitable et écolo- nationale présentées par les États parties,
giquement viable de toute utilisation des • apporter sa contribution et son soutien
ressources naturelles. L’UICN a son siège aux activités de renforcement des
à Gland (Suisse). capacités.

Centre du patrimoine Créé en 1992, le Centre du patrimoine mondial est au sein de l’UNESCO le point
mondial de l’UNESCO focal et le mécanisme de coordination pour toutes les questions en rapport avec le
7, place de Fontenoy patrimoine mondial. Assurant la gestion courante de la Convention, le Centre orga-
75352 Paris 07 SP nise l’assistance internationale au titre du Fonds du patrimoine mondial, et coor-
France donne l’établissement de rapports sur l’état de conservation des sites ainsi que les
Tel: +33 (0)1 45 68 18 76 interventions d’urgence lorsqu’un site est menacé. Le Centre organise aussi des sémi-
Fax: +33 (0)1 45 68 55 70 naires techniques et des ateliers, tient à jour la Liste du patrimoine mondial et la base
Courriel : de données du patrimoine mondial ; élabore des matériels didactiques conçus pour
wh-info@[Link] sensibiliser les jeunes aux besoins de la préservation du patrimoine, et tient le public
[Link] informé des questions relatives au patrimoine mondial.

141
PM_MR_IBPM Couv-2011_PM 01/12/11 13:17 Page1

Patrimoine mondial Manuel de référence


DEUXIÈME ÉDITION, 2011

Patrimoine mondial M a n u e l d e r é f é r e n c e
ÉTABLIR UNE PROPOSITION
D’INSCRIPTION
AU PATRIMOINE MONDIAL

ÉTABLIR UNE PROPOSITION D’INSCRIPTION AU PATRIMOINE MONDIAL

Pour tout renseignement :


Centre du patrimoine mondial
UNESCO

7, place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP France
Tél : 33 (0)1 45 68 18 76
Fax : 33 (0)1 45 68 55 70
Courriel : wh-info@[Link]
[Link] 9 789230 010300 conseil international des monuments et des sites

Common questions

Alimenté par l’IA

La proposition d'inscription doit démontrer que le bien satisfait à un ou plusieurs critères du patrimoine mondial, illustrant clairement la valeur universelle exceptionnelle de celui-ci . Le bien doit répondre aux conditions d'intégrité et, le cas échéant, d'authenticité, et être soutenu par des mesures de protection et de gestion adéquates pour sa préservation . Il est également essentiel de fournir une justification solide pour chaque critère invoqué, en expliquant pourquoi chaque critère est pertinent et en quoi le bien remplit ces critères . Une analyse comparative à l'échelle mondiale doit être réalisée pour contextualiser la valeur du bien par rapport à d'autres biens similaires . Une déclaration détaillée de la valeur universelle exceptionnelle doit aussi être préparée, résumant les attributs qui sous-tendent cette valeur .

Mener une analyse comparative mondiale dans le processus de proposition d'inscription est crucial pour déterminer la valeur universelle exceptionnelle d'un bien par rapport à d'autres biens similaires. Cela permet d'évaluer la place réelle du bien dans la Liste du patrimoine mondial et d'identifier d'éventuelles lacunes ou sur-représentations dans cette liste . Une analyse comparative rigoureuse aide à justifier la distinction d'un bien et à s'assurer que le bien proposé apporte une contribution unique et exemplaire en termes de valeurs patrimoniales spécifiques qui ne sont pas déjà suffisamment représentées . Elle doit être réalisée avec objectivité et s'appuyer sur les meilleures données scientifiques disponibles . L'analyse comparative permet également d'éviter de surestimer un bien par rapport à d'autres, et de démontrer pourquoi il se distinguerait sur une scène mondiale, renforçant ainsi la crédibilité et le succès de la proposition .

Les experts indépendants et les organisations partenaires jouent un rôle essentiel dans l'évaluation des propositions d'inscription au patrimoine mondial. L'ICOMOS et l'UICN, en tant qu'organisations consultatives, sont chargées de mener les évaluations des propositions pour les biens culturels et naturels respectivement, en s'appuyant sur des experts internes et externes pour garantir une évaluation technique complète . Les experts indépendants conçoivent et conduisent des missions sur site pour vérifier l'authenticité et l'intégrité des biens proposés, en apportant une évaluation pratique de la gestion et des pratiques de conservation . Ils participent à des consultations préliminaires et utilisent un large éventail de contacts pour inclure des experts ayant une expérience pertinente . Les organisations partenaires comme l'ICCROM fournissent des conseils spécialisés en conservation et renforcement des capacités, contribuant ainsi à la préparation de décisions éclairées pour le Comité du patrimoine mondial . Ces organisations peuvent aussi solliciter des informations additionnelles auprès des États parties avant la décision finale du Comité, avec une date limite stricte ."}

La coopération internationale et les comités spécialisés optimisent la Liste du patrimoine mondial en fournissant assistance technique et financière et en facilitant des propositions transfrontalières pour une évaluation collaborative des sites. Le Comité du patrimoine mondial, assisté par l'ICCROM, l'ICOMOS et l'UICN, joue un rôle crucial en assurant la crédibilité de cette liste et en offrant des conseils pour la gestion et la protection des sites . Les Organisations consultatives participent aux évaluations qui déterminent si un bien répond aux critères de valeur universelle exceptionnelle, renforçant ainsi la rigueur et la représentativité de la liste . De plus, les manuels de référence et les ateliers de formation élaborés par ces organisations aident à renforcer les capacités des États parties et à améliorer la gestion des sites inscrits .

Comprendre la définition des biens et leur valeur universelle exceptionnelle est essentiel lors de la préparation d'une proposition d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial car c'est l'élément central qui justifie l'inscription d'un bien. La valeur universelle exceptionnelle transcende les frontières nationales, soulignant une importance incommensurable pour l'humanité, tant au présent qu'à l'avenir . Elle guide l'élaboration de la proposition et permet de déterminer si un bien répond aux critères de la Liste . De plus, une déclaration de valeur universelle exceptionnelle clairement établie est cruciale car elle synthétise les raisons de l'inscription, justifie les critères culturels et naturels et assure la protection et la gestion nécessaire du bien . Ce concept oriente non seulement le processus de préparation mais également la gestion, la conservation et la mise en valeur des biens .

Les décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial influencent la préparation des nouvelles propositions d'inscription de plusieurs façons. En premier lieu, il est crucial de se familiariser avec les travaux antérieurs du Comité, y compris ses décisions et comptes rendus, pour comprendre les critères d'évaluation et les priorités actuelles en matière de patrimoine mondial . Le Comité effectue des révisions périodiques des critères de sélection, et les dossiers des nouvelles propositions doivent refléter les catégories sous-représentées pour augmenter leurs chances de succès . De plus, il est essentiel d'assister aux réunions du Comité pour obtenir des insights sur la préparation et les attentes en termes de proposition . Les listes indicatives, qui déterminent quels biens pourraient être proposés à l'avenir, doivent tenir compte des catégories identifiées comme sous-représentées dans les décisions antérieures du Comité . Enfin, les dossiers doivent être conformes au modèle officiel approuvé par le Comité et respecter tous les critères pour pouvoir être considérés pour inscription . Ainsi, la connaissance des décisions passées et de l'évolution des critères guide les États dans la présentation de nouvelles propositions qui ont une plus grande chance de réussite.

La procédure recommandée pour définir les limites géographiques d'un bien proposé pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial implique de s'assurer que ces limites reposent sur un fondement logique, reflétant ainsi la valeur universelle exceptionnelle du bien concerné. Il est crucial que les limites ne soient pas uniquement basées sur des considérations administratives ou de propriété, mais qu'elles démontrent l'intégrité du bien en incluant tous ses attributs qui incarnent cette valeur. En cas de biens comprenant des paysages ou des systèmes complexes, les limites doivent être cartographiées de manière à montrer qu'elles englobent bien l'ensemble des valeurs du bien . Il est possible d'adopter une approche série pour des éléments géographiquement distants, en veillant à ce que chaque élément intégré dans une série possède cette valeur universelle exceptionnelle . Lors de l'établissement des limites, il faut aussi prendre en compte les utilisations humaines, à condition qu'elles soient durables et compatibles avec les valeurs du bien . Les cartes fournies doivent inclure une légende claire et des coordonnées précises afin d'assurer une compréhension claire des délimitations proposées .

L'authenticité et l'intégrité d'un bien sont cruciales pour sa reconnaissance comme patrimoine mondial car elles garantissent que le bien exprime véritablement sa valeur universelle exceptionnelle. L'authenticité vérifie que les attributs du bien transmettent cette valeur de manière véridique et crédible, à travers des aspects tels que sa forme, ses matériaux, ses traditions et son cadre . L'intégrité évalue si le bien est complet et intact, possédant tous les éléments nécessaires pour représenter pleinement ses caractéristiques et processus importants, sans être menacé par le développement ou la négligence . Sans ces conditions, un bien ne peut pas être considéré comme universellement exceptionnel .

Les cartes géographiques sont essentielles dans les propositions d'inscription des biens naturels car elles permettent une identification précise et une compréhension claire des limites et caractéristiques du bien. Les cartes topographiques à grande échelle, adaptées aux caractéristiques spécifiques des biens, sont préférées pour représenter les éléments topographiques et éviter toute ambiguïté. Il est crucial que les cartes soient claires, incluant la délimitation des zones tampons et permettant l'évaluation des développements adjacents au bien . De plus, les cartes doivent être géoréférencées et inclure des informations telles que l'échelle, l'orientation et les coordonnées pour faciliter l'intégration dans des systèmes d'information géographique (SIG), ce qui enrichit l'analyse et la présentation du dossier .

Éviter d'adopter un point de vue trop général ou trop étroit lors de l'exposé de la signification du bien, qui pourrait sembler vague ou trop spécifique . Éviter également d'affirmer la valeur universelle exceptionnelle en dressant simplement une liste de qualités sans signification générale . Ne pas justifier la valeur universelle exceptionnelle uniquement par l'intérêt national ou régional . Éviter d'utiliser des formules générales sans justification détaillée, comme "carrefour des cultures" ou "site unique" . Ne pas supposer que les associations culturelles à travers les âges prouvent automatiquement la valeur universelle exceptionnelle . Assurer une analyse comparative appropriée à l'échelle mondiale et géoculturelle, et ne pas négliger de consulter la population locale pour comprendre les valeurs locales .

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