Introduction aux courbes paramétrées
Introduction aux courbes paramétrées
Première partie
Les courbes paramétrées en coordonnées
cartésiennes.
1 Généralités sur les fonctions de R dans le plan affine.
1.1 Différents points de vue.
1.1.1 Points mobiles.
Soit P un plan affine muni d’un repère R = (O;~ı, ~). Pour définir une application t 7→ M (t), il faut et il suffit de
définir les fonctions coordonnées de M c’est-à-dire deux applications t 7→ x(t) et t 7→ y(t) d’un intervalle I dans
R telles que pour tout t ∈ I, M (t) ait pour coordonnées (x(t), y(t)).
On dit qu’une application t 7→ M (t) est continue, dérivable, n fois dérivable etc. si et seulement si les fonctions x
et y sont continues, dérivables, n fois dérivables etc.
On appelle point mobile toute application dérivable d’un intervalle I dans P.
1.2 Dérivation.
1.2.1 Cas d’une fonction vectorielle.
→
− →
− 1 − → →
−
Soit F : I → E ; on dit que F est dérivable en t0 ∈ I lorsque la fonction 7→ ( F (t) − F (t0 )) admet
t − t0
→
−
→′
− dF
une limite (vectorielle) finie quand t tend vers t0 cette limite est alors notée F (t0 ) ou (t0 ). Si on pose
dt
→
− 1 − → →
− x(t) − x(t0 ) y(t) − y(t0 )
∀t ∈ I, F (t) = x(t)~ı + y(t)~ alors ∀t 6= t0 ( F (t) − F (t0 )) = ~ı + ~. Il en résulte que
t − t0 t − t0 t − t0
−
→ →′
−
F est dérivable en t0 si et seulement si x et y le sont et qu’on a dans ce cas : F (t0 ) = x′ (t0 )~ı + y ′ (t0 )~
Un exemple important :
Le plan vectoriel euclidien est muni d’une base orthonormée directe (~ı, ~).
1
On pose, pour tout réel θ, ~u(θ) = cos(θ)~ı + sin(θ)~ı ; ~u(θ) est donc le vecteur unitaire tel que
~ı,\
~u(θ) ≡ θ [2π]
π
On vérifie facilement que ~u est dérivable et que ∀θ ∈ R, ~u ′ (θ) = − sin(θ)~ı + cos(θ)~ = ~u θ + .
2
On a, de plus, la propriété importante : (~u(θ), ~u ′ (θ)) est une base orthonormée directe.
Cela nous sera très utile pour l’étude des courbes en coordonnées polaires.
2
1
– Si f est une fonction dérivable complexe de variable réelle ne s’annulant pas, alors est dérivable et
′ f
1 f′
= − 2.
f f
1 g h
À faire en exercice en posant f = g + ih, = 2 2
−i 2
h g +h g + h2
Exercice 2
Montrer que la dérivée de t 7→ ezt est t 7→ zezt .
On traitera d’abord le cas où z = bi et on utilisera la dérivée d’un produit.
2 Arcs paramétrés.
2.1 Définition et notations
2.1.1 Définition
On appelle arc paramétré plan toute application d’un intervalle I de R ou d’une réunion finie d’intervalles à valeurs
dans un plan P.
t t2
Exemple : x = , y= 3
t−1 t +1
Exercice 3
Soit f une fonction de la variable réelle et Γf sa courbe représentative. Exprimer Γf sous forme d’un arc paramétré.
2.2 Tangentes.
2.2.1 Définitions.
Vecteurs tangents.
Soit γ : t 7→ M (t) un arc paramétré et défini sur un intervalle I, t0 ∈ I et ~u0 6= ~0. On dit que ~u0 est un vecteur
tangent à γ en M (t0 ) s’il existe une fonction t 7→ ~u(t) définie au voisinage de t0 sauf en t0 , telle que ∀t 6= t0 , ~u(t)
dirige (M (t0 ),M (t)) et lim ~u(t) = ~u0 .
t→t0
Proposition :
Si ~v0 est un (autre) vecteur tangent à γ en M (t0 ), alors ~v0 est colinéaire à ~u0 .
Démonstration :
Soit t 7→ ~v (t) une fonction définie au voisinage de t0 sauf en t0 telle que ∀t 6= t0 , ~v (t) dirige (M (t0 )M (t)).
Il existe une fonction λ telle que ∀t 6= t0 , ~v (t) = λ(t).~u(t). Posons (x(t), y(t)) les coordonnées de ~u(t).
L’une des deux coordonnées de ~u, disons x pour fixer les idées, à une limite non nulle qui est la coordonnée
X(t)
correspondante de ~u0 6= ~0. Notons X(t) l’abscisse de ~v (t) ; alors ∀t au voisinage de t0 , on a : λ(t) = donc λ
x(t)
admet une limite finie λ0 en t0 . On a alors ~v0 = λ0 .~u0 puis, comme ~v0 6= ~0, on a λ0 6= 0 d’où la propriété.
Tangente.
Soit γ un arc paramétré et t0 tel que γ admette en M (t0 ) un vecteur tangent ~u0 6= ~0. On appelle tangente à γ en
M (t0 ) la droite D0 passant par M0 et dirigée par ~u0 .
3
2.2.2 Points réguliers ou singuliers.
−−→
dM
Soit γ : t 7→ M (t) un arc paramétré dérivable. On dit qu’un point M (t0 ) est régulier lorsque (t0 ) 6= ~0. Lorsque
−−→ dt
dM
(t0 ) = ~0, on parle de point singulier.
dt −−→
dM
Remarque : on devrait plutôt parler de valeur singulière pour désigner t0 tel que (t0 ) = ~0.
dt
−−→ −−−−−−−→
dM M (t0 )M (t)
Lorsque M (t0 ) est un point régulier, le vecteur (t0 ) est un vecteur tangent ; en effet, dirige
dt t − t0
−−→
dM
(M (t0 ),M (t)) et admet (t0 ) 6= ~0 pour limite finie non nulle quand t tend vers t0 .
dt
On verra plus tard qu’il existe une formule dite de Taylor-Young qui permet de préciser l’allure de la courbe au
voisinage d’un point où l’on connaı̂t les dérivées successives d’une fonction vectorielle même s’il s’agit d’un point
singulier.
x′ (t) + 0 − − 0 + + 0 −
x(t1 ) x(t5 )
x(t) 0 x(t2 ) x(t4 ) 0
x(t3 )
y(t2 ) y(t4 )
y(t) y(t1 ) y(t3 ) y(t5 )
−∞ −∞
y ′ (t) + + 0 − 0 + 0 − −
4
Exercice 4
Représenter approximativement la courbe dont le tableau est donné plus haut.
3.1.2 Discussion.
1. Si l’une des coordonnées admet une limite finie, par exemple lim x(t) = x0 et lim y(t) = ±∞ alors on dit
t→t0 t→t0
que le droite d’équation x = x0 est asymptote verticale à γ.
Lorsque c’est y qui a une limite finie y0 et x une limite infinie, on parle d’asymptote horizontale d’équation
y = y0 .
On suppose désormais que les deux coordonnées ont des limites infinies.
y
2. On étudie alors le quotient .
x
y
(a) Si lim = 0 alors on dit qu’on a affaire à une branche parabolique horizontale.
t0 x
y
(b) Si lim = ±∞ alors on parle de branche parabolique verticale.
t0 x
y
(c) Si lim = a ∈ R∗ , alors on dit qu’on a affaire à une direction asymptotique de pente a.
t0 x
On doit alors envisager deux cas :
i. y(t) − ax(t) −→ ±∞, alors on dit que l’on a affaire à une branche parabolique oblique de pente a.
t→t0
ii. Si y(t) − ax(t) −→ b ∈ R alors on dit que la droite d’équation y = ax + b est asymptote oblique à
t→t0
γ.
On peut ensuite être amené à étudier la position de la courbe par rapport à ladite asymptote au
moyen du signe de y(t) − a.x(t) − b.
5
Pour être tout-à-fait précis, cette définition n’est pas complètement satisfaisante ; par exemple, si la fonction
t 7→ M (t) est périodique, alors tous les points sont multiples mais cela n’apparaı̂t pas sur la courbe. En fait, il
faut exiger que t1 et t2 soient isolés.
Cela signifie qu’il existe α > 0 tel que ]t1 − α, t1 + α[∩]t2 − α, t2 + α[= ∅ et
∀t ∈]t1 − α, t1 + α[, ∀t′ ∈]t2 − α, t2 + α[, M (t) = M (t′ ) ⇔ t = t1 et t′ = t2 .
4.1.2 Et pratiquement ?
x = x(t) x(t1 ) = x(t2 )
γ étant donné par , on résout le système : (S ) : t 6= t2 .
y = y(t) y(t1 ) = y(t2 ) 1
Lorsque les fonctions x et y sont des fonctions polynômes ou des fractions rationnelles, il est toujours possible de
mettre (t2 − t1 ) en facteur. Il est ensuite possible de ramener (S) à un système d’inconnues S = t1 + t2 et P = t1 .t2 .
Ayant alors obtenu des valeurs pour S et P , on trouve t1 et t2 comme solutions de t2 − St + P = 0.
Exercice 6
Que peut-on dire d’un arc paramétré γ donné par ses fonctions coordonnées x et y dans les cas suivants :
1. x et y sont paires?
2. x est paire et y est impaire?
3. x est impaire et y est paire?
4. x et y sont impaires?
5. Soit I l’ensemble des paramètres de γ. On suppose qu’il existe une bijection ϕ : I → I telle que ∀t ∈
I, y(ϕ(t)) = x(t) et x(ϕ(t)) = y(t). Quelle symétrie de γ en résulte-t-il?
Seconde partie
Les courbes en coordonnées polaires.
5 Généralités.
On travaille dans un plan affine euclidien P muni d’un repère orthonormé direct R = (O;~ı, ~)
5.1 Rappels.
5.1.1 Coordonnées polaires au sens strict.
On a le théorème suivant :
Pour tout point M ∈ P\{O} de coordonnées (x, y) dans R, il existe un unique réel ρ > 0, il existe θ réel unique
6
−−→
à 2kπ près (k ∈ Z) tel que OM = ρ.~u(θ) où ~u(θ) a été défini en 1.2.1. de la première partie. On dit que θ est une
mesure de l’angle polaire du point M . La demi-droite (O, ~ı) s’appelle l’origine des angles.
ρ = ρ′ = 0
ou
2 ′ ′ 2 ′ ′
∀(ρ, θ) ∈ R , ∀(ρ , θ ) ∈ R , M (ρ, θ) = M (ρ , θ ) ⇔ ρ′ = ρ 6= 0 et θ ′ = θ + 2kπ, k ∈ Z
ou
′
ρ = −ρ et θ ′ = θ + π + 2kπ, k ∈ Z
ρր ρց
7
5.2.3 Éléments de symétrie.
Soit γ une courbe d’équation polaire r = ρ(θ). Selon les propriétés de la fonction ρ, la courbe γ admet certains
éléments de symétrie. On complétera les résultats par des dessins.
1. Si ρ est 2π-périodique, il n’y a pas nécessairement de symétrie mais on obtient la courbe toute entière en
restreignant l’étude à un intervalle de largeur 2π.
3. Si ∀θ, ρ(θ + π) = −ρ(θ), alors il n’y a pas nécessairement de symétrie mais on obtient la courbe toute entière
en réstreignant l’étude à un intervalle de largeur π. En effet :
x(θ + π) = ρ(θ + π) cos(θ + π) = ρ(θ) cos(θ) = x(θ) et
y(θ + π) = ρ(θ + π) sin(θ + π) = ρ(θ) sin(θ) = y(θ).
4. Si ρ est α-périodique, alors on étudie la courbe pour θ appartenant à un intervalle de largeur α puis on
complète au moyen de rotations d’angle kα, k ∈ Z.
5. Si ρ est paire, alors on restreint l’étude à R+ et on complète par une symétrie d’axe (O,x) .
En effet, dans ce cas, on a x(−θ) = ρ(−θ) cos(−θ) = ρ(θ) cos(θ) = x(θ) et
y(−θ) = ρ(−θ) sin(−θ) = −ρ(θ) sin(θ) = −y(θ).
6. Si ρ est impaire, alors on étudie sur R+ et on complète par une symétrie d’axe (Oy) ; en effet, dans ce cas
x est impaire et y est paire.
Exercice 7
Quelle relation suffit-il à ρ de vérifier pour que la droite d’angle polaire θ0 soit axe de symétrie de la courbe
d’équation polaire r = ρ(θ)?
6 Étude géométrique.
6.1 Tangentes.
6.1.1 Étude dans la base (~u(θ), ~u′ (θ))
On se donne une courbe d’équation polaire r = ρ(θ) où l’on suppose ρ dérivable.
−−−−→
Dérivons OM (θ) = ρ(θ).~u(θ) ; il vient :
−−→
dM
= ρ′ .~u + ρ.~u ′
dθ
8
2,4
1,6
ρ ' u
1,2
0,8
0,4
6.1.2 Angle V .
\ −−→
dM
Définition : On note V l’angle ~u, .
−−→ dθ
dM
Des coordonnées de dans (~u, ~u ′ ) on déduit, lorsque ρ′ 6= 0 que :
dθ
ρ
tan(V ) =
ρ′
Pour un point régulier tel que ρ′ = 0 (donc ρ 6= 0) la tangente est dirigée par ~u ′ . On retiendra en particulier que
−−→
si le rayon est extrémal, alors la tangente est est orthogonale à OM ce qui, somme-toute, est assez intuitif.
Exercice 8
Étudier l’allure de la courbe au voisinage de l’origine selon les cas où le rayon change ou non de signe.
9
6.2 Branches infinies.
Le programme n’envisage que les branches infinies verticales ou horizontales.
Exercice 9
Représenter les différentes situations :
1. ρ croissante positive,
2. ρ croissante négative,
3. ρ décroissante positive,
4. ρ décroissante négative.
Il résulte de ce qui précède que, lors de l’étude d’une courbe en polaires, il faut IMPÉRATIVEMENT mentionner
le signe du rayon sur son tableau de variations. Au passage, on trouve les valeurs des angles pour lesquelles le
rayon s’annule.
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6.3.2 Points multiples.
D’après l’étude faite en 5.1.2, une courbe d’équation polaire r = ρ(θ) admet des points multiples si et seulement
si l’on est dans un des trois cas suivants :
– ρ(θ ′ ) = ρ(θ) = 0, θ ′ 6= θ
– ρ(θ + 2kπ) = ρ(θ) 6= 0, k ∈ Z∗ ,
– ρ(θ + π + 2kπ) = −ρ(θ) 6= 0, k ∈ Z
11