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Poème Rfi

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Nocthallucination

(Délire d’un mourant)

ABITINANA Rodrigue Stanislas

1
2
Dédicace 1

A mon cher fils Damian Omoté


Que je surnomme fièrement '’ RÉ '’
En rapport avec le dieu
De la mythologie égyptienne
Mythologie présentant celui-ci comme le dieu
Soleil au zénith du voyage diurne
Je lui rends mes hommages les plus chaleureux
Car il le mérite amplement.
Je le remercie de m’avoir sortie
De mon sommeil abasourdique
Dans lequel je m’engouffrais.
Du fait de la bonne aura qu’il dégage
Et qui permet à tous ceux qui croisent son chemin
De guérir des blessures existentielles
De leurs conditions quotidiennes
Telle la lumière salvatrice
Pour lui, je voudrais qu’il ne perde jamais de vue que :
Si la vie n’est pas
Le privilège de l’âge
La mort non plus n’est pas
Le malheur d’un désavantage
J’aimerais que devant
Toutes difficultés qu’il rencontrera
Qu’il sache sagement attendre
Prendre le temps d’attendre un instant
Et aussi savoir laisser du temps au temps.

3
Alors cher fils
Ne t’attache pas trop aux seins
Cher fils
Quand tu as mal crie
Cher fils
Quand tout va bien prie
Cher fils
La priorité n’a pas de prix
Cher fils
La confiance est souvent un crid
Cher fils
Le matériel est quelquefois fretin
Cher fils
Ne demeure pas qu’un fils
Cher fils
Tâche de faire autant de fils
Cher fils
Apprend, comprend et entreprend
Alors cher fils
Ne tombe pas dans l’ennuie
Cher fils
Vas dompter la vie
Cher fils
Vie et soit un bon fils
Cher fils
Vas-vies-et deviens.
Cher fils
Tâche de faire pléthore de fils

4
Dédicace 2

Je remercie fortement tous


Ceux qui m’ont soutenu
Jusqu’ici de près ou de loin
Je pense évidemment sur le coup
A Mr Charly Bakonga et son Épouse
Je remercie ma famille
Si grande qu’elle ne le soit pas
Mais si vaste qu’elle soit
J’associe à ceci tous mes amis
Nga Bernard, Prosper Nfaloa, Cécile Nono, Jenny Molé
Doniale Niloki , Gyslain Tabé, Tchinda, Oloumou Audrey
Je remercie fièrement les non cités
Car vous m’avez tous aidé
A me saisir et à me ressaisir
Puisse Dieu vous payer tout le tribut
Donc je vous ai en dette au quintuple
Car par vous et vos réconforts
J’ai compris que seuls les forts
Oui seul l’effort fait les forts
Merci à tous ceux qui me sont des renforts
Tous, vous faites mon coffre-fort.

5
A propos
Le prétexte qui fait le contexte de ce texte
Est bel et bien un test
C’est le test de la mort
L’idée
De cet horrible phénomène qui nous fait tous flipper
Toute espèce douée de conscience
Nous apparaît toujours au moins une fois dans notre existence
Tout être humain l'expérimente
Toujours à défaut de me tromper
La mort
A un moment où à un autre
De notre existence periplite sur terre
Généralement cela nous apparaît
Sous forme de rêve
L’on rêve
D’être mort ou d’être en route
Puis, l’on ressuscite miraculeusement au réveil
Et subitement, et par voie hypnotique
L’on prend conscience de la beauté de la vie
De son unicité ataraxique
Sur l’incroyable chance inouïe
Que l’on a d’être des êtres vivants en vie
La prise de conscience de cet état
Nous pousse à nous abandonner à dieu
Le remerciant grandement de nous avoir permis
De nous réveiller une fois de plus

6
Puis, l’on lui rappelle à quel point il est gracieux et miséricordieux
Enfin, l’on lui adresse des résolutions que nous avons adoptées
Résolutions adoptées sous le coup de l’inconscient
D’une conscience simplement précipitée
Et souvent, l’on ne se rend même pas compte
Des énormités qu’on raconte
Des bêtises qu’on vocifère à tort et à travers
Par exemple
Nous disons très vite à dieu
Et de façon rassurante :
«Seigneur dieu tout puissant
Pour te remercier de m’avoir réveillé
Je me résous à présent de ne plus mentir
A toujours dire la vérité
A cause de ta grâce immense en moi»
Ceci dit
Nous sortons de notre lit
Tout crispé, notre conjoint
Nous pose la question :
As-tu bien dormi mon amour ?
Tout calmement et en toute confiance
Nous sortons une réponse très hypocrite.
A nous de dire : oui, j’ai très bien dormi !
Dites-moi si vous n’avez pas envie de vomir.
Premier mensonge
A quelques minutes seulement du pacte
Passé antérieurement avec notre dieu
En effet, il serait absurde
D’affirmer que l’on a passé une agréable nuit

7
Puisqu’elle n’en était pas une
On ne peut pas rêver de la mort
On ne peut pas goûter à la mort
Et prétendre que la nuit fut agréable
On vient de traverser un orage désagréable
Rêver ou penser que nous sommes déjà
Entrain de rendre l’âme à qui de droit est horrible
Celui-ci s’effectue souvent en trois étapes
Cela se déclenche automatiquement
Face à ce foutu destin qui nous est légion
Nous commençons à scander nos élucubrations
Adieux souvent presque interminables
Nos adieux avec
Nos connaissances proches
Puis lointaines sans reproches
Nous pensons sur le coup aux personnes
Avec qui nous passâmes de bons moments :
C’est l’enclenchement naturel et automatique
Du légendaire instinct de survie
Instinct propre à la mémoire humaine
Certains flashs de lieux et de visages
Nous traversent l’esprit et nous dévisagent
Pour d’autres, nous avons déjà oublié les noms
A l’invitation de la mort la mémoire dit non
Ces adieux produisent des remords
La mémoire essaie de battre son record
C’est à ce moment que l’on prend conscience
De ce que l’on aurait dû faire
Hélas nous n’avons pas pu tout faire

8
On se dit par exemple
Que l’on aurait dû prouver plus d’amour à nos enfants
Hélas on aurait dû ne pas être un tel hypocrite
L’on aurait dû être fidèle à notre conjoint
Mais nos regards ne sont plus conjoints
On se rend compte que notre vie à chaque heure
N’a été truffée que de mensonges et de leurres
Les remords sont souvent très intenses
S’ils finissent par abréger notre existence
Écourtent d’avantage nôtre vie
Car ils affaiblissent notre mémoire
Or la très chère mémoire
Est l’instance avant-gardiste de survie
Lorsqu’elle se trouve altérée
C’est tout nous qui en payons les conséquences
Rien de plus que la mort du cerveau
Pour signer l’arrêt de la vie de nos vœux
La dernière étape après celle des adieux et des remords
C’est celle de l’espoir
Dangereux est l’espoir
Il nous gave d’envies
Dit Comte Sponceville
Mais on se met à espérer ipso facto
L’on pense que tout ira bien bientôt
C’est le lieu de la repentance
C’est la naissance de la croyance
L’on veut que les divinités veillent daigner
De ce pétrin bien vouloir nous retirer
Alors nous nous promettons de changer

9
De devenir un homme bien plus meilleur
Nous nous réconfortons en pensant
Que notre vie n’est pas très désespérante
Ce n’est pas une fatalité de mourir
Car peut être mieux est l’ailleurs
Peut-être un nouveau paradis
Quand on fut en vie
Peut-être le prolongement de l’enfer
Quand on n’eut que des envies sur terre
C’est à cette étape
Qui dure parfois un laps
Le temps où tout le monde est élogieux
Le temps où tout le monde devient religieux
Subitement on espère en un quelconque dieu
Qui pourrait purifier nos multiples péchés
Lorsque les trois dernières pages de la vie
Sont en train de se refermer sur nos avis
Le chagrin est à son comble
On voit venir déjà la tombe
Pendant ce laps de temps
Qui ne dure qu’une fraction de seconde
Pour ceux qui passent à gauche le bâton
De façon précoce et prématurée
Tout le monde meurt sans avoir prémédité
Soit par insouciance de sa condition
Soit par inconscience de nos ambitions
Par un accident vif et rapide
Le processus reste toujours cupide
Le cerveau étant le dernier survivant dans le corps

10
Celui-ci représente l’esprit humain dans un corps
Il a tout sont temps pour respecter la procédure
Il a tout son temps pour comprendre que la vie est dure
C’est un ordre
Il doit tourner les pages en ordre
Les adieux
Les regrets
Les espoirs
Comme à la mer face à la plage
L’espoir est la substance de la dernière page
Il conclut le livre
Quand de la vie nous sommes ivres
Ce fameux espoir est
Née pour toujours être à la traîne
Toujours être le seul plus résilient
Face aux adversités existentielles
Tout le monde l’adore
Depuis le mythe de la boîte de Pandore
L’espoir selon la légende est
Le seul à être resté dans la boîte
Alors que tout aurait
Dû sortir de celle-ci
Et tout ce qui fut sortie
S’est transformer en maux pour les êtres
Zeus nous rendait la monnaie en maître

11
12
A dieu nos adieux

A nos adieux
A qui de droit
A qui de même
A quoi de même
A qui d'abord
A quoi d’abord
A mon géniteur
A mon père
A ma mère
A ma génitrice
A ma conceptrice
A mon premier amour
A ma déesse
A mes amis
A mon vis-à-vis
A autrui
A mon alter égo
A mes sœurs
A mes anges
A mes beautés
A mon parrain
A ma marraine
A mon oncle préféré
A mon oncle aimé
A mon oncle détesté
A mon oncle ringard
A ma tante préférée

13
A ma tante aimée
A ma tante détestée
A ma tante bizarre
A mon chez moi
A ma maison
A ma bicoque
A mon enclos
A ma patrie
A mon pays
A ma terre natale
A mon sol d'origine
A mon continent
A mon monde
A mon univers
A mon espace
A mon infini
A nos infinis
A nos touts
A mon tout

A nos adieux
A nos vieux
A nos envieux
A nos dieux
A nos ensuite
A nos revoir
A nos créateurs
A dieu mamans
A dieu frères

14
A dieu sœurs
A dieu papas
A dieu cousins
A dieu cousines
A dieu neuves
A dieu nièces
A dieu amis
A dieu connaissances
A dieu ennemis
Adieu inconnu incongrissant
Adieu grand père
Adieu grand-mère
Adieu grand parents
A dieu à bientôt très chers
A trop parler
A se calmer

15
Déterminisme
Ce n'est pas parce je vie
Ce n'est pas ce que je vie
Que je vais mourir
Mais c'est parce que je dois mourir
Que je vie
S'il m'arrive de mourir
Inutile de me punir
Inutile pour vous de frémir
Je n'ouvrirai même pas les yeux
Pour regarder ceux
Qui vont implorer la miséricorde de dieu

D’habitude, on ne sait pas


Comment ça va finir
Merveilleusement bien
Ou malheureusement mal
Peu importe où ça nous mène
C'est la fin qui justifie les moyens
Les moyens nous les créons
La fin nous là subissons

16
Le quotidien

Chaque jour, mon ventre me rappelait


Qu'il était impératif d'aller voir Djonkep
Car, après tout je suis bien un mortel
Mais c'est quoi ce bordel
Les douleurs s'en suivent
De plus en plus atroces

Tout le film de ma vie passe


Le ventre contient aussi un cerveau
Car il a aussi un système nerveux
Le corps n'a plus que des devoirs

Je sens mes forces me lâcher


L’impression que contre moi le ciel est fâché
De l’enfer personne ne peux se cacher
Il finit toujours tous par nous rafler

17
Conseil de sage

Quelqu’un m’avait dit une fois


Écoutes moi bien mon petit et crois

Les âmes des hommes sont immortelles


Et les âmes des vertueux sont éternels

Les âmes des animaux ne sont pas envisageables


Et les âmes des incrédules sont périssables

Après toute analyse dialectique


Comprenons-nous et soyons véridique

Vouloir fuir son destin n'est qu'ironique


Nôtre fin est pour nous danaïdique

Même bien avant le moment fatidique


L'horizon se veut toujours critique

18
Dialogue

Quand on décide de marcher


Et qu'on se retrouve dans un marché
Qu’on aperçoive des vendeurs qui se disputent
Il faut conclure qu'entre eux il n'y a pas eu de discute
Les deux ont peut-être les mêmes marchandises
Mais faudrait pas apprécier la merde qu'ils se disent
Parfois ils n'ont pas les mêmes articles
Il faut peut-être, penser que le problème c'est la clientise
Moi je pense avoir longtemps discuté avec dieu
Je lui ai fait clairement comprendre ma peur de fermer les yeux
J'ai compris que je ne pouvais pas lui faire confiance
Car nous n'avons jamais signé d'alliance
Quelle triste réalité !
Entre nous il n'y a pas d'égalité !
On dirait un vieux fort
Face à un dieu saoul du sort

19
Collation funeste

Quoi ? C'est la fiesta !


Ne soyez pas si triste hola !
La fête c'est pour rire
Et non pour pleurer qu'on la fait
Finalement, notre existence
Se caractérise et s'exprime
Toujours au féminin
D'abord la vie
Puis une existence
Et enfin la mort.
L'inverse est plus qu'une énigme.
Triste vie infâme
J'irai probablement retrouver
Celui qu'on nomme du nom
Yah ! Tout ce qui est divin du nom
Alors, faire ou subir
La controverse folie des grandeurs
Serait subir
Ou faire de graves erreurs.
Je n'ai peut-être pas
Eu une hygiène de vie parfaite
Ceci peut être aussi
Faute de moyens aussi
J'ai fait des efforts diététiques.
Alors, mangez ! Et ne soyez pas étique !
Faites la fête
Ne faites pas la tête

20
Destiné

Tout être humain


Est souvent victime de son destin
Sur la route qu'il emprunte pour l'éviter
Le destin est relativement figé
Nous y avançons inéluctablement
Vers cette destinée qui évidemment
N'est pas notre
Mais sienne.

Le destin du destin
Je n'y crois même pas
Même dieu n'y peut plus rien
Même lui ni crois plus
Il subit autant que nous
Nous pourtant ses sujets

21
Souvenirs

Peut-être devrais-je m'exclamer


Tel un cornélien
Ce fabuleux exploit
Ce célèbre chef d’œuvre
Tel dans ce monologue
Cette scène qui nous époustoufle
Du héros noyé
Du perturbé chevalier
De Don Diègue
Du vieillard digne
Vie cruelle
Vie incertaine
Parfois, vie attrayante
Combien de fois répugnante
Ô cruel souvenir
De ma gloire passée !
Cruel ressenti !
Œuvres de tant de jours
En un jour effacé
Et moi qui encore luttai
Pour : toujours plus !
Plus de bienveillance.
J'ai subi
Çà et là
J'ai enduré
Par ci et là
Des injures, moqueries, humiliations…

22
Tout
Ce que vous puissiez imaginer d'atroces
Mais à qui la faute ?
A dieu peut être !
Et qui le mérite ?
Moi peut être !
Non non non
Ne vous inquiétez pas
Oui oui vraiment, même pas
Ça n'est pas ma fin.
Je ne peux le dire
Même pas la fin du commencement
Ni même le commencement de la fin
Ô, nom d'une bougie
Si ce n'est pas l'homme qui fini
Ou élimine dieu,
Ou même les anges saints,
Le diable lui-même s'en chargera
A vrai dire
Mais où est-il ?
Que fait-il ?
Que dit-il ?
Doit-on vraiment e penser !
A quoi bon ?
Pour quoi ?
Pourquoi ?
A qui même ?
Pourquoi faire ?
Y penser voudrait dire … ?

23
Que nous avons foi ou la foi ?
Que nous n'avons pas de foi ?
Que notre foi s'affermit ?
Que notre foi vacille ?
Et à ce dire :
Mais c'est qui le maître du monde ?
Et ma mère de fièrement rétorquer :
Personne !
Est-elle une in-ingénieuse réponse ?
Surtout pas une injurieuse !
Maman a bien raison
Aucun homme !
Peut-être alors dieu ?
Mais c'est qui dieu ?
Qui sait !
Moi je n'y crois même pas
Il ne peut pas être le maître de ce monde
Les responsabilités sont partagées
Dieu au ciel
Satan en enfer
L'homme sur terre
A chacun son royaume
Et donc
A un certain homme
S'exclament avec toute la rageuse verve
«Notre père qui est au ciel
Restes-y
Et nous sur terre»
Il y a donc plusieurs chefs

24
Trois en occurrences
Un chef pour les saints anges
Un autre pour les saints démons
Un dernier pour la nature
Les deux premiers sont des divinités pleines
Le dernier est une divinité en puissance
La divinité en puissance est sujet
Les divinités pleines sont en compétition
Idem pour les autres
Et sur terre les deux règnent
Parfois à tour de rôles
Parfois simultanément
La paix pour un certain dieu
La guerre pour un autre dieu
Les deux quand les deux
Et l'homme ajoute sa touche
Il prend parfois parti
L'un soutien Dieu dieu
L'autre soutien dieu Satan
Il y a aussi une autre catégorie
Très particulièrement septique
Il s'agit des athées soit disant.

25
Le mal aimé

Aujourd’hui j'ai dit la vérité


Mes frères n'ont pas voulu m'écouter
Mais moi je suis tranquille dans mon Nous
Je comprends juste que tout,
Le monde n'est pas comme nous.
Certains au service du bien être
Et d'autres au service de l’être bien
Je n'ai jamais demandé
À être aimé
Mais je sais
Que parmi vous certains m'ont bien aimé
Certains ont vu en moi un messie
Le cas typique de ma mère
D'autres n'ont vu qu'un crétin imbécile
Le cas typique de mes adversaires.
Les uns m'ont même traité de diable,
Quand ils étaient avec moi à table.
Le lendemain, l'autre à chuchoté mon caractère de démon
Je ne sais même pas ce que ça signifie !
Peut être
Voyait-elle en moi un daemon
Je voudrais répartir de zéro
Je voudrais être comme ces héros.

26
Rusé

Tu prends tes victimes au dépourvu


Ces malheureux gens souvent inconnu
Les autres, personne ne les a défendus

Contrairement à eux tu domptes le temps


Mais à ta venue moi je le sens
De toi jamais je ne serai content

Ainsi, moi j'ai décidé d'agir


Je ne veux plus jamais gémir
J'ai vraiment besoin de grandir

Je pourrais te puncher
Attends que j'aie me doucher
La route de l'enfer je vais la boucher

27
Frisson

J'ai toujours grandi dans la peur


La peur de perdre une amie
La peur de perdre ma mère
Surtout celle de perdre un trop proche
J'ai toujours redouté le pire
Qu'un jour ma mère
Ne puisse pas va vaquer à son ménage
Que mon père puisse,
Courageusement sortir de l'incognito.
Que mon oncle,
Qui me sert de soubresaut
Ne perde son emploi.
J'ai toujours eu la trouille
De ne pas mériter mon diné
Celui de vingt heures évidemment
J'ai toujours peur
De ne pas pouvoir y arriver
A faire ci, ça ou cela.
Mal venu est l'impuissance
Je ne peux pas faire preuve d'impavité
C'est là qu'est éprouvée mon imperfectibilité

28
Stoïque

Je m'en fou
Enfonce-moi le clou
En fait je vois déjà flou
Mais je sais que tu es un fou
Tu ne veux pas m’offrir de gâteau
Pourtant dans ta main tu tiens un couteau
Tu es de mauvais augures tels un corbeau
Face à toi je suis impuissant tel un poteau
J'ai toujours su
Que le diable me traînera en enfer
Mais qui pour l'en empêcher
Sur moi il a toujours eu le dessus
Un psychopathe
Il passe déjà à l'acte
De mon vivant je m'interroge
De ma vie on fera des éloges
Mais pourquoi ma mort ne dépend pas de moi
Je sais bien que ces gens se moquent de moi
Je sais bien que ces gens se moquent de moi
Ils me pensent comme étant fou
Je vous perçois comme étant flou
Crucifies moi avec trois clous
De la proportionnalité je m’en fou

29
Le temps

Le temps s'égrène ci vite


Quand bien même
Même par mégarde
Aussi par rétrospection,
Ou par commémoration,
Le passé parvient à faire surface
A malheureusement nous rattraper ;
Le présent va se charger de le stopper
De m’évanouir
Car le passé reste passé
Il conserve tous ses événements passés
Et au présent, ne les concèdes
Aucunement passé
Et au futur de m’achever
Il doit l'éteindre
C'est la chose moindre
Il ne peut vraiment le conserver
Pas question donc
C'est même insensé
Question donc,
Voir même impensé
De faire un
Ou des liens étroits
Entre ces trois moments de la vie
Ne prenez donc pas appuie
Sur quoi que ce soit
Pour juger leurs actions passées futures

30
De juger leurs préjugés
Nos émotions
Autre part que
Dans un instant
T
Bien déterminé

31
Pleure
Mais pourquoi ?
Traitre fierté
Pourquoi,
Seulement quand j'ai le plus besoin de toi
C'est pourquoi dans des moments tristes
Qu'on a besoin de toit
Soutenu par une charpente solide
Ce de par son bois d'eucalyptus

Mais pour quoi cette impression ?


Traître compagnon de route !
Tu as fini par orchestrer mon agression
A cause de toi,
L'on me traine dans la boue
Pourtant avec toi,
Nous nous sommes toujours battus

Mais pour quoi m'esquivez-vous ?


N'ai-je pas été à tous nos rendez – vous !
Même quand il n'était pas prévu
Que je sois avec vous
On m'a traité de fou
Parce que je cheminais avec vous
A présent je scrute par la fenêtre debout
Qui crois-je venir : vous !
C'est évident, j'aurais dû penser plus
Vous ne pensez évidemment qu’à vous.

32
Souffrance

Chaque jour je pleure


A voir mon sore j'ai peur
Ma vie fane on dirait une fleure
Mes compagnons se demandent,
Mais pour quoi je pleure
Je n'ai même pas besoin de demande
Pour pouvoir leur faire peur.
C'est lamentable même à la demande.
On dirait que la rose n'est plus fleure.

Dans mon être je vie le martyre


Impossible pourtant de s'enfuir
La situation est irréversible
Le diable étreint toutes ses cibles
Comment fuir un tel danger
On attend désespérément de se venger
Nous ne sommes nullement à la hauteur
Pour pouvoir jouer au vengeur

33
Assassin

Mais nom d'un hit


Lâche-moi un peu les baskets !
J'aimerais te faire moi-même ce gambit
Sur moi as-tu préalablement fait des enquêtes ?

T'ai-je signifié une quelconque requête ?


Tu n'as jamais été comme ma mi
Es-tu des services secrets !
Tu t'emmènes me surprendre sur mon lit

34
Lettre à ma femme

Je n'ai pas eu de chance


De jouir d'un mariage même chance
Mariage bien pluvieux
Mais de ma vie sur terre je ne peux
Qu’être toujours heureux
Dans la vie me dit-on il y a des hauts
Et dans la survie il y a aussi des vices
Nous avons traversé vents et marées
Passé de Charybde à scylla
Avec un cœur flétri de sapéréhaudé
Ensemble, nous avons affronté la vie
Peut-être, nous ferons de même pour sa dérivée
Entre vous, qui sait ?
Nous avons vécu bras dessus dessous
Ensemble, nous avons rigolé
Nous avons éclaté et ricané
Ensemble, nous avons aussi pleuré
Nous nous sommes irrités
Nous nous sommes aimés
L'un contre l'autre
L'un avec l’autre
Bref, tous en un, comme des loups
Nous avons manqué de sous
Et la galère nous rendait tout le temps saoul
Mais quel couple !
Comment nous vîmes en couple ? Et vous ?
Nous nous sommes réclamées

35
Ah ! Ça vaut qu’à même la peine
De se battre pour un idéal comme des hommes
De vrais guerriers jusqu’à la gare
Nous nous sommes résignés
La vie est après tout ci belle,
Nous disaient nos mémoires
Et nos amours, pour nous réconforter
Le temps s'égrène ci vite
Sois forte et n'est pas peur du vide

Nous avons tôt fait d'assouvir nos désirs


Face à nos proches
Ils n'avaient rien à nous dire
Nous avons dédaigné leurs avis
Nous avons voulu vivre notre vie
Face à la réalité de nos poches
Nous avons maudit nos envies
Nous avons été très embêtés
L'erreur est d'avoir pris le mauvais côté
Nous avons décidé
L’origine de nos malheurs
Nous avons décidé
D’être pourtant épris de bonheur
Chérie, qu'avons-nous bien fait ?
On a laissé la haine nous méfaire !
Chérie qu'allons-nous refaire ?
Le destin nous a déjà défaits !
Il faudrait faire fi des menaces
Nous sommes mal faits pour la casse

36
Laissé moi en paix m'en aller
Tu ne peux guère me rattraper
Reste et sache rester éveillée
Méfie-toi de tes belles et beaux
Ils te tromperont avec des cadeaux
Ce sont toutes des âmes subversives
Ils pensent que tu as tué leur chéri
Que tu lui faisant cocu
Avec le mec de la boucherie
Pourtant, ils ne savent rien de ton vécu

Inutile de croire aux nécromanciens


Ils seront tout le contraire des chirurgiens
Au lieu de te panser tes blessures
Ils te feront plutôt de grosses éraflures
C'est vrai qu'avec toi
Nous sommes comme cul et chemise
C'est aussi vrai que pour moi
T'as toujours été bien soumise
Mais pour ton bonheur
Sache te ressaisir de bonne heure
Ipso facto, je ne te suis pas indispensable
Daigne te refaire avec un homme responsable
La vie, c'est toujours vers l'avant
Ne pense plus aux choses d'avant
Sois toujours sérieuse
Sois toujours heureuse
Je te dédie tous ces adieux
A ton endroit c'est mon dernier vœu

37
Regret

J'aurais mieux préféré


Préféré que cet instant perdure
Évidemment celui-là où
Elle m’embrassa simplement
Pur effet de hasard
Elle m'avait pourtant surpris
Je pense qu'elle s’était elle-même surprise.
Chaque fois que je me retrouve dans ma loge
J'admire impatiemment s'égrener l’horloge
Mais que le temps cour si vite !
Je me le répète toute fois que possible
Je me souviens bien encore de ces visites
Couché sur mon lit
Les yeux aux plafonds
Je m'imagine
Des scènes érotiques au sens profond
Ha ! S’entremêlent ces souvenirs
Je ne puis même en rire
Ou que oui pas
Mais est-ce que ça vaut la peine ?
Interrogation la mieux partagées parmi les humains
Vivons d'abord et l'on verra la suite
Vivre d'abord, la suite viens par la suite.

38
Solitude
Mon chagrin philosophique
Atteint déjà son paroxysme
Je suis courroucé
A nulle autre seconde
Devrais-je sûrement commencer
A compter mes dernières secondes
Ha ! La souffrance !
J'en ai déjà coutume
C’est déjà pour moi une première dénomination
Un ipséisme intrinsèque par pur déduction

Avec la mort, j'ai fait des affaires


Mais elle s’était engagée à faire mon affaire
Évidemment, tout le temps je priai
J’en ai égrené autant de chapelets
Des pendentifs même, je l'ai fabriquais
Des tonnes de larmes j'en ai essuyé
Il n'y avait absolument rien pour les nettoyer,
Et je m'en suis fait à cette idée.
Après tout, quand on a quelque chose sur le cœur
Il faut bien chercher, coûte que coûte à l'évacuer
De peur de finir par suffoquer
Et d'attraper une de ces névroses de démence

La mort,
Tous, elle nous fait flipper
Aux antipodes de Edgard Morin
« La même conscience nie et reconnaît la mort,

39
Elle la ni comme anéantissement
Mais la reconnaît comme événement»
Moi je ne dirais pas ça
La mort est belle et bien une fatalité.
La conscience en a conscience
Comme d’un véritable anéantissement
C’est ça la vie de la mort
Un anéantissement des espoirs
Pour nous et pour ceux qui nous entourent
Une fatalité pour notre côté vitale
Un événement triste et déplorable
Uniquement pour ceux qui ont la grâce pour vivre.
Ils sont simplement jaloux de le savoir
Le mort est passé à une autre dimension
Ils se posent des questions.

Est-ce qu'il nous sent ?


Si oui !
Avec quel organe de sens ?
Si non !
Tout ce que nous faisons là a-t-il donc des sens ?
Vraiment dommage !
Nous ne pouvons pas savoir : le type le sait ?
Et ses rapports avec les esprits !
Est-il en complicité avec les anges magnifiques ?
Ou alors !
Est-il en conflit avec les anges maléfiques ?
Ça peut être tout contraire

40
Nous ne pouvons que deviner tout rapport.
Alors on essaie de se consoler.
C’était un être relativement vertueux,
Ça n’est que balivernes
C'est le syndrome du positivisme posthume
On a peur de l'ex être humain
Son cadavre doit être traité humainement.
Quel dommage encore !
L'on ne peut pas jouer les hypocrites.
La situation nous en oblige.
Ne tente pas de dire qu’il manquait de courage.
C'est vrai il a été pris au dépourvu
Mais toi tu blagues avec lui nous on te désavoue

41
Féminement

Ce sourire de femme
Un sourire qui fane
La raison à Héraclite
Surtout quand son amour la quitte
Quand la douleur s'installe
Les passions riches détalent
Pauvre femme
La voilà plus dame
De la vie elle en a ral…
Visiblement démasquée
Avec qui peut-elle le masquer ?
Peut-être avec du fond de teint
Le problème avec le fond de teint,
C'est bien qu’il soit comme du pain
Solvable dans de l'eau
Et puis tout ça n'est plus beau !
Elle devient comme le Sahara en hiver
Elle ne daigne plus taper de divers
Tard elle s'en va se coucher
Tôt elle se réveille pour se doucher

42
Souvenirs

Ô ! Mais bon dieu !


Quand j'y pense vraiment,
Oh ! Cette fille bio.
Au regard scintillant
Je me rappelle bien
De ce fameux lieu
Du jour aussi exactement
Non, je ne peux point oublier
Car c'était bien la toute première fois
Je les revois et ressent encore
Tout fraîchement sur moi,
Son parfum envahissant
Ses lèvres ravissantes
Bien pulpeuses et tapis
Si bien encastrées dans les miennes
Sa douce paume de main
Traversant mon jeune bassin
Et sa poitrine : ouf … !
Se rapprochant de mieux en mieux
Je n'arrive même toujours pas à y croire
Cette fraîcheur
Non cette chaleur…
Mince … je n'en sais même plus rien.
Je ne peux l’exprimer en l’expliquant
C'est trop me demander à propos
Ce fameux jour où nous fûmes
Invités pour la première lune

43
A la fête foraine
Après moult année à se conter fleurette
Nous la célébrâmes dans un temps
Relativement à l’arrêt dans ce sens
Et Le temps s'écoulait trop vite
Pour être accusé de juste.
Mais oui j'y pense !
A cette fille, belle fille
Dans son essence
Elle m'enjôle et m'enjôlera toujours
Oui, mais que diable !
Comment m'en défaire ?
Mais quoi encore !
N'ai-je pas le droit de le faire ?
Ce jour là
Quand on s’était vue
J'ai murmuré : ça y est !
C'est le moment
On va devoir se livrer
En plein dans le combat de vénus
Et ça sournoisement pressenti
Malheureusement là à ce moment ;
Merde mon phallus
Le salop ne répondait plus
Il était peut-être en panne
On dirait un vieux sans canne
Pourquoi seulement à ce moment-là ?
Qu'elle a grand besoin d’une canne.
Mon jardin est à deux cents mètres

44
A moi de jouer au grand maître
J'aurais bien préféré
Que perdure cet instant
Celui évidemment
Là où elle m'embrassa simplement
Pur effet de hasard
Elle m'avait surpris
Et puis, vous imaginez la suite
Peut-être me condamnerez-vous
Sachez que vénus n’était pas au rendez-vous

45
Plus

Un autre chapitre de la vie s'ouvre


J’aperçois çà et là des personnes qui souffrent
C'est ambitieux d'avoir espoir sur le temps qui souffle
Et c'est libérateur de voir les portes qui s’ouvrent.

Plus de chapitres vont s'ouvrir


Plus de personnes vont d’avantage souffrir
Plus exponentiellement le vent va souffler
Plus les portes vont pourtant refuser de s'ouvrir.

46
La source

Somme toute,
Nous serions tous des oiseaux
Même après tant d'heure
De vole et de beurre,
Il faut bien devoir se poser
Il faut bien que le goût change
C'est insensé quand ça se suit
De sorte qu’à ce sans cesse suite,
L'on attribue le suffoque.
Il ne faut pas adouber
Les gens pour qu’ils s'entre tuent
Mais il faut bien les armer
Pour qu'ils soient en quête du juste
La justice doit être le sens de toute vie
Ils doivent toujours avoir en tête cette envie.
Pas du pire ;
Souvent pour certains,
Ce qui n'est le cas de nombre de nous
Peut-être même de nous tous.
Le temps d'une vie
Ne dure qu’un instant
Une fraction plus ou moins définit.
Pour d'autres encore,
Pas de chance, c'est comme ça.
Ils sont très fauchés. Même en amour
Ils essaient de remonter la pente
Sans relâche mais en vain

47
Aussi bizarre que cela puisse paraître,
Des gens sont qualifiés de SDF
Mais comment est-ce possible ?
Sont-ils des nomades ?
Bien-sûr, tout le monde l'est !
Sont-ils des tombés du ciel ?
Certainement pas.
Même s'ils sont de convenance avec le ciel ;
Ils n'ont aucun proche là-bas.
Pitié pour ce gar ;
Tous sur terre à le regarder souffrir
On se doute bien qu’il va mourir.
A la fin de sa souffrance,
Tous
Tout azimut
L'enterrent loin de là
Car il vient du bas là !

48
Ma Jémmimah

Son regard gémissant ne cesse de me hanter


D'elle comme trophée je ne peux m'en vanter
Je me juge aussi coupable
J'ai été un incapable

Nous sommes parfois tous infidèles


Même quand l’âme sœur nous rend rebelle
Elle va beaucoup me manquer.
Mon cœur, elle l'a banqué

49
Nos erreurs

Quand le jour de nos fuites viendra,


J'aimerais pouvoir damer le pion à dame nature
Ce n'est pas évident
J'en suis absolument conscient
Il va falloir s'en fuir
Le faire comme des gitiffus
S'évader vers de nouveaux cieux
A la quête de nouveaux dieux
C'est un impératif moins hypothétique
Qu'autant mieux aussi catégorique.
Ça y est !
Nous cherchons des cartes postales
Nous l'ai avons cafouillé au net
A notre budget, nous avons fait la tête
Toutes les cartes postales nous ont embrassées
Finalement, nous n'avons rien accepté
Nous aurions profité au max de notre vie
Mais comment nous la fîmes ?
Peut-on le qualifier de profit ?
Nous avons engagé des actions perfides.
En cachette, nous avons été scélérats
Il fallait arrondir les fins de jours
Alors, nous survînmes.
Devant la télé nous nous ennuimes
La vie nous l'avons subi.
Nous avons attendu la venue de l'amour
Ce fameux alias n’était pas au rendez-vous

50
Il a fallu improviser
Ne jamais résisté à se masturber !
Trêve de grossièreté.
Dans un souci de finesse, s’onanismer.
Il a fallu éviter les excès.
Même parmi maintes substances,
Le sperme devient un excès.
La libido l'accentue sans le brûler
Il faut automatiquement l'évacuer
Nous avons attendu, tous curieux.
Devant le futur nous avons été envieux
Nous avons flippé quand soudain…
Non… mais … héee !
On dirait l'amour !
Cette manne a peut être frappé à notre porte
Mais quel gâchis ?
Nous avons envié les androgynes ;
Eux au moins !
Curieusement, ils ont tout sur-place
Mais, sont-elles heureuses ?
Comment le savoir ? Sommes-nous dans leur peau ?
Bien-sûr que non !
Et ça jamais !
A dieu nos chutes

51
Société androgyne

Pour les femmes masquées ;


Je ne cesserais d’être un misogyne
J'ai même toujours été pour elles un vigil
Mais ingrates sont souvent les dames
Chez elles la reconnaissance est une rare denrée
Une manne aux allures mythologique.

Pour les hommes


Quand ils sont soumis à leur phallus
L'opposé est une déesse
Lorsqu’il est sexy.
Passer cet état de l'instant précis,
L'opposé est une diablesse.

52
L'humilité

Comme les bons dieux le souhaitent,


A tous ceux qui m’ont offensé
J'aurais eu le temps de vous honorer
D'honorer ma mère et ceux qui le méritent
J'aurais pu devenir plus
Plus humain et philanthrope.
Les Saintes écritures ont bien raison
Je l'ai lis fréquemment à la maison.
Livrez un dur combat pour la foi
Car quoi de meilleurs qu'une bonne loi ?
Instaurée et mise en place
Par un dieu bon.
Qui ne veut de vous que du bon.
Et surtout,
Ne pas prendre un esprit hautin
Ni moins s'enorgueillir
Car en tout dédale
L'orgueil précède la chute.
Réjouissez-vous,
Vous qui jouissez
Des délices de la terre
Dont vous êtes bien frère
Soyez humble en tout lieu
Vous serez le paradigme des curieux envieux !

53
Fier

Pour ma part,
Je pense avoir été bien né
Et avoir eu beaucoup d'heur
A être né sein.
C’est d'autant plus débordant
Souvent même dégoûtant
Et suicidaire
De vivre avec un handicap
Quoi ? Une erreur congénitale ?
Endommagée est l'aptitude motrice ;
Savoir en permanence
Que sa vie ne tient plus qu’à un cachet
Absorbable trois fois par jour.
Mais bon ! Disons-nous souvent,
Tout ce que dieu fait est bon !
Peut-être, et qui sait :
Ça peut être un mal
Pour un plus grand bien.
L'on est toujours perplexe pour un surplus
Et lorsque ça se corse et devient plus difficile,
De porter et supporter vaillamment son supplice,
L'on s’abandonne à la bonté.
Ce qui n'est pas le cas
Pour le reste des animaux
Pourtant biologiquement constitués
Parfois comme nous.
Mais qui s'en soucie ?

54
L'homme peut être ?
Mais puisque dieu lui-même
A jadis donné le feu vert à l'homme.
Tuer pour consommer…
Le schéma inverse est une catastrophe.
Ah ! A chacun ses intérêts !
Que vive l'homme !
Que périsse la bête !
Plus que les végétaux !
C'est donc ça l’implicite crédo
De l'homme rebelle
Où sont les défenseurs des droits animaliers ?
Occupés à signer des contrats importants !
Estimés en millions de devises
Bref, c'est un business florissant.
Quoi à foutre !
Sans peur de la foudre
Sommes-nous les premiers ?
Se demandent-ils sournoisement !
Ahh ! Tous des politichiens !

55
Délire

Les souvenirs d'antan


Me hantant
S'envolent
Et je m'envole
Mais c'est ça la vie
Mais que faire ?
Dois-je me résigner ?
Devrais-je m'anoblir ?
La maison est nase
Le dehors est brouillant
La rue est dangereuse
Toutes les voies sont risquantes
Chez moi,
Les enfants
Ça cri
Ça casse
Ça dérange
Ça embête
Mais quel investissement !
Pour quoi ?
Mais quelle pérennisation !
Jusqu’à quand ?
Merde, non de dieu !
Il y a des jours et des nuits
Des jours qui se suivent
Et des nuits aussi
Les jours de ressemblent

56
Les nuits souvent derechef
Parfois pas
Parfois non
Merde ! Bon dieu !
Heureusement
Nous étions en vie !
Mais comment nous vîmes ?
Sommes-nous vertueux ?
Sont-ils impétueux ?
Sommes-nous bien juste ?
Et eux donc ?
Mais qu'est-ce que le mérite ?
A qui de droit ?
A moi peut être
A lui c’est mieux ? Mais oui !

57
Déception

Chaque fois
Que je me retrouve seul dans ma loge
J'admire
Impatiemment s'égrener l'horloge
Que le temps passe si vite !
Je me souviens encore de ces visites
Couché dans mon lit
Les pupilles braquées au plafond
Oh ! Ces souvenirs
Je ne peux même en rire
Ou que si !
On se retrouvait souvent à dragage
Très belle fille cette époustouflante
Aux yeux merveilleusement pétillants.
Avec ma copine Aimé,
On s'était adoré
Après s’être longtemps courtisé.
Mais à un moment donné,
Elle m'a craché, sur ma figure pétrifiée
Qu'entre nous ça ne pouvait pas marcher.
Dommage, pas assez de temps pour s’apprécier.

Pardonne-moi ma choupinette
Le passé reste là où il est
La chose toujours en puissance.
Le présent reste ce qui est
Toujours présent

58
Mais à qui dire :
Je t'aime
Je t’apprécie
Tu as beaucoup de sens pour moi
Et moi d'estime ?
Si ce n'est à toi ma légitime !

59
Engoue

Autour de moi comme déchaîné


J'ai vu mon entourage s'égrener
Certains me disaient d’être fort
Car il m'a fallu beaucoup de renfort
J'ai vu des proches s'en aller
Impossible pour moi de les rattraper
L'émotion était trop forte
L'empathie angoisse était mon confort
J’ai vu des cieux
Mais sans voir des dieux
J'ai ressenti quelques fois l'enfer
Durant mon relatif heureux séjour sur terre.

J'en ai connu des vertes et des parmurs


Je n'ai jamais été protégé par des armures
L'avis des gens était sous forme de murmure
La vie a toutefois été truffée de murs
La mort m'embrasse
Le diable m'agace
Pourtant personne ne le voit
Pourtant la porte n'est pas en bois
Triste est ma condition
Crispées sont mes ambitions
Qui pour me tirer de cet enfer ?
Qui pour me le défaire ?

60
Inquiétude
Peut-être que le moment est arrivé
Ça devrait sûrement être le moment
Faste et propitiatoire
Peut-être que c'est le moment
Pour moi d'entrer au laboratoire.
Il me faut l’expérimenter ;
Ce fameux phénomène métaphysique,
Ça est la condition sine quoi non
De tout être digne de ce nom
A l'appel des dieux
L'on ne peut pas sine diér
Impossible de proroger
Encore moins de non dire,
Idem à l'appel des diables
Car à cela on devient incapable
On ne peut faire autrement
Est-ce bien ou mal ?
Je n'en sais que dalle !
Mais ce qui est sûr et certain
C’est que pourtant certains crétins
Seront tellement inconsolables
D'autres inconfortables
Quelques-uns incontrôlables
D'autres enfin peut être insupportable
De plus rare ci !
A qui ça profite ?
Je n'en sais nullement
A eux certainement

61
Lettre à Satan

J'irai au paradis
Même si j'ai été un grand bandit
Dieu, dit la bible, pardonne même les indécis
Mon cas est grave. Je suis un hérésie
Arrête de me tirer
Il m'a déjà purifié
Je peux déjà te simplifier
Je ne suis pas une âme égarée.
Arrête de me suivre
Moi je voudrais vivre
Je suis fatigué de vivoter
Qui t'a dit que tu m’étais un invité
Je t'enverrai à la geôle en enfer
Où tu seras barricadé dans des fers
Apparemment c'est toi Lucifer
C'est toi qu'en ta présence même dieu n'est fière.
Chez nous on ne règle pas les problèmes
A coup de billets de banque
Donc je ne peux rien te donner.
Même si lorsqu'il s’agit de résoudre mes problèmes,
J'ai la belle manié de toujours être cancre.
Même si j’ai été un rebelle
Je décrocherai qu’à même le prix Nobel.
Une petite chose me tarabuste
Je suis vénus pour qu'on en discute.
Serais tu un frère ?
Pourtant comparé à toi je suis frêle !

62
Mais nous sommes tous de la même nature
Tous toujours en train de jouer au dur
Mon souci est de ne pas savoir pour quoi !
Pourquoi faut-il toujours que devant toi
Tout le monde couardise ?
J'aurais cru que mes frères médisent
Mon adversaire le plus redoutable
Ce n'est nullement pas toi cher diable
Face et contre moi, une volonté d'acrasie
Couché sur le tarmac je fais des fantaisies
Pourtant, aucune envie de faire le con
Hélas, je suis de nez à un aporon
Ce n’est pas comme si c’était trivial
Pour des dieux tu es certes un rival
Viens vers moi quand tu pourras
Il faut qu'on jaspine sur quelques choses
Je m’en fous que tu sois un scélérat
Il faut qu’on jacte sur quelques closes
J'aurai qu’à même un limbe au-dessus de ma tête
On pensera néanmoins à moi comme du télégénique
Je t'avoue, j'ai déjà trop souffert
Bientôt sur terre,
Plus personne ne sera plus pour toi présent.
Je suis peut être un simple mortel
Mais toi aussi tu n'es pas un immortel !

63
Espoir

Oui, je vivrais
Assez longtemps certainement
Pour que l'on puisse qualifier cela de vie.
Vous ne le saviez peut être pas
Alors je vous le dis
Puis peut être, l’expliquerais-je
Les caractéristiques d'une vie
D'une vraie vie
Qualifiée de telle sont :
La longévité
La richesse
Le bonheur
Le plaisir
Classées en ordre de priorités :
La richesse d'abord
Conséquence, non, cause parfois
D'une longévité
Et d'un bonheur accompagné
Plus beaucoup de plaisir.
Allez le contester
Êtes-vous peut être asservi.
L'avait dit un sage
Un certain Molé
C’était un savant
Certainement un génie ce prof !
Toujours je subirai
Toujours je survivrai !

64
Humanité
Je me résolu alors à chercher
Ça et là, dans mon tréfonds désenchanté,
Quelque chose de psychologiquement lourd
Pour me réconforter
Dans mon appétit de loup
J'épousai alors la pensée
D'un auteur que j'admire beaucoup
Pour ses brillantes pensées.
J'ai eu parfois une sensation de peur,
Qui m'a effrayé jusqu’en mes profondeurs
Il me semblait à contempler la grande nature,
Qui m’environnait, que je me sentais perdu,
Que j'aurais dû presser ciel et terre.
Sur mon cœur
Me marier à ce beau tout
Je sentais mon existence
Ébranlée par cette sensation persistante
C'est comme si j'avais souhaité me perdre
Soudain dissous dans tout ce tout.
Et ne plus exister
Isolé et délaissé
Comme une fleur qui se flétrit et se meurt.
Je ne pleure pas même si je pleure.
En languissant qu'il ait toujours
Une infime part d'humanité,
Dans mon âme meurtrie, je me résigne à encaisser
Mais quoi de mieux que chercher à effacer
Toutes ces peines

65
Qui ont fièrement fait notre quotidien.
Mais pourquoi même les effacer ?
Peut-on aussi tout effacer ?
Nos joies et meilleurs moments !
Puisse les deux sont pas toujours ensemble
C’est un peu comme dieu et le diable.
Un peu de yin, un peu de yang.
Ainsi est faite la vie !
Quelques uns permanemment dans des jouissances
Nombreux sont toujours dans des souffrances
Mais tout le monde mérite la vie !
Les plus riches s'affichent
Les plus pauvres s'enfichent
Les moins fières se suicident
Les moins lâches réussissent.
Certains se couchent tardivement
D'autres se couchent paisiblement
Les couchés tard se lèvent plus tôt
Les couchés tôt se lèvent moins tôt
Certains ont des plats toujours chargés
D'autres ont des plats souvent vidés
Certains ont des familles chaleureuses
D'autres ont des familles malheureuses
Certains sont souvent de bons augures
D'autres sont souvent de bonnes ordures
Évidence de dualisme
Ainsi vie l'humanisme
Ainsi va le dehors
Aussi vient la mort !

66
La mort
Si la mort est un pont
Il est impératif d'y faire front.
Si la mort est une cessation
Il faut bien qu’il y ait une fin pour les sensations.
Si la mort est un passage vers
Il faut bien un jour si satisfaire.
Aussi la curiosité d'aller vers
Il se semble merveilleux d'autres univers.
Si la mort est un crime
Il faudrait condamner le locataire des hautes cimes.
Si la mort est un repos éternel
Il me semble justifié de remercier l'éternel

La mort est un voleur solitaire


Le voir venir serait déjà suicidaire
Le fuir serait quasiment impossible
Car il ne rate jamais sa cible.
La victime a cessé d’être aux agaix
Son assassin est aussi déterminé qu'un gai.
Doux coup de grâce
Aussi violent que sur une glace.

Le mort n'a rien vu venir


Les vivants scrutent attentivement l'avenir
Le cadavre ne se dit jamais mort
Mais le vivant pleure toujours son semblable mort.
Jankélévitch avait bien raison
Cette pensée traverse des saisons

67
Pleurons notre frère
Après avoir pleuré notre sœur
Notre frère qui fut un homme
Notre sœur qui fut une femme.

La séparation est tragique


La nouvelle rependue, tout le monde s'agite
Les proches compatissent vraiment
Les ennemis jubilent vainement
Mais si la mort est un tréfonds
Il serait judicieux d'aller tourismer le fond.

68
Enfant de la prophétie
Je me souviens bien encore
Du conte de ma naissance.
Ma mère s'égosilla à me naître
Puis pensa à bien me mettre.
Ce jour-là …
Ce fameux jour
Elle me traita d'un ange
Venu tout droit du ciel
Car ça vie ce fut subitement enrichie
On pourrait dire du miel.
Nul jour ne passait
Sans qu'elle ne me garde des cadeaux
Car pour elle,
Je n’étais pas un fardeau.
Ce jour-là… !
Elle me saisit dans ses bras,
Je senti sa chaleur pour la première fois,
C’était si intense à recevoir pour moi.
Toute émue
Son regard n'allait pas vers la rue
Elle me regardait moi ;
Puis le ciel… bien qu'obstrué
Par le plafond et les murs sur élevés
Parbleu, elle n'arrivait pas à y croire
Pourtant, c’était d'autant plus vrai,
Que n'importe autre réalité comparable.
Elle m'avait pourtant attendu
Comme un messie invité à un rencard

69
Mais l’émotionne pouvait plus
Rester tout au fond du placard.
Plus fort qu’elle,
Ressuscité brutalement par une voix envoûtante :
Madame, nous devons vérifier
Ses paramètres et constances !
C’était le personnel médical
Voulez-vous prendre sa température ?
Ici j'ai un thermomètre…
Plus que ça mademoiselle ;
Nous constatons que vous êtes pleine de zèle
Mais sachez encore très chère,
Que vos outils ne nous serons nécessaires
Vérifiez et obtenir ses paramètres
Sont pour nous le minimum nécessaire.
Nous ferons tout de possible
Pour vous tenir au parfum
Ma mère se mise à rêvasser
Des idées d'avenir elle ne pouvait feindre,
Même pleine de volonté, s'en débarrasser
Elle m'imaginait déjà
Dans mes dix-neuf ans
Cherchant activement du travail
Sans se soucier évidemment
De ce qu'il fallait abattre comme travail
Pas des moindres colossal :
M'élever.
Vite ! Il lui fallait un orthophoniste
Elle n'arrivait plus à articuler
Elle était la bienvenue au ciel
Sans avoir eu recours aux escaliers.
Oh ! Ma revient sur terre
Ma très chère mère

70
Quel rêve ! Réveil toi !
Les souvenirs hypermnésies
Dans ma sombre mémoire
Ne subissent point d'anesthésie
Encore et toujours comme si c’était il y a
Quelques minutes environ déjà.
Mon enfance ne cesse de me tarauder ;
A chaque seconde qui passe.
Normal ce n'est qu’une flamme
Qui se ravive chaque fois.
Je me souviens sans effort voluptique
Des scènes de vie qui on suivies.
De ma mère et de mon père,
Dans leurs raisonnements type délirique
De ma présente future condition de vie.
De mon influence après ma venue
Dans cette triste et misérable vie
Que les deux menaient dans une coquebi
Où ne faisait bon vivre
Chéri…, le lait de Chounapou est fini !
S’exclame ma très chère mère.
Et que veux-tu que je fasse ?
Retoque ce beau père.
N'as-tu plus aucun bidou en économie ?
A ton avis !
Je vois qu’il n’y a qu'une solution
Laquelle …
Penses-tu qu'elle soit aussi meilleur ?
A ton avis !
Comment veux-tu qu'elle soit meilleure
Que ce que tu vis déjà toi ;
Et moi sous ce toit ?

71
De mon enfant j'ai toujours voulu le top
Qui à quiconque le contraire
Si de moi la perfection.
Arrête tous ces sarcasmes
Qui ne font que me contraindre
Je fais déjà assez d'efforts
Pourquoi ?
Pas toi ?
Sur quoi ?
Rien tu me déçois !
Et ta fameuse solution !
… Soja plus sucre !
Quoi … ?
Je n'irai pas voler !
Tu pourrais au moins faire plus d'efforts !
C'est tout ce qu'on a à bord !
Donc on fait avec ça d'abord
Petite intrépide…
Grand stupide !
Toi aussi tu me déçois
Fin de la discussion
Fin de cette relation !
A nos revoir
Femme et fils crétin !

Je n’aurais pas su aimer ma mère


Mais ce manque d'affection
Me laisse un goût amer
Et peut-être… !
Et qui sait ?
J'aurais d'autres opportunités de le faire
Mais dans une postérieure vie.
Elle, mais oui !
Elle y croit et croirait à vie
Pas besoin d'arguments dessus
Même si moi-même je n'y crois plus
Plus à cette idée

72
Ces idées me semblent farfelues
Mais cependant heureusement,
Chaque fois qu’elle y pense,
Elle sourit
Pas besoin de vous le démontrer
Pas besoin d’être un prêtre
Pour croire qu’elle y croit.
Toute vie heureuse et vertueuse
Se résume dirait-on à :
Espérer par la foi aux prophéties.

73
Conviction

Ce qui nous reste quand on a,


Lorsqu'on a tout perdu
C’est bel et bien l'espoir.
L'espoir que tout ira bien pour tout ;
Que nos souffrances seront abrégées.
La mort finira un jour par nous épargner
Même après tant de souffrance
Que notre shéol sera bien aménagé.
Le pauvre et inoffensif macchabée
Qui malheureusement est notre
Sera pour le mieux respecté
A juste titre, sans subir de profanations.
Nous espérons que notre âme ne mourra point ;
Elle ressuscitera pour un monde nouveau
Elle sera invitée au vécu céleste du renouveau.
Fera-t-elle partie de l’Olympe ?
Moi je le sens déjà.
Mon âme ira partager les saints repas avec dieu ;
Dieu quel qu’il soit, je n'en sais que dalle,
Singulier ou pluriels.
Peut-être avec le fameux Osiris
Peut-être dans le royaume de son confrère.

74
La vie qu’on mène.

Ce que je fais aujourd’hui


Je le fais pour demain
Je le fais pour les miens
Et c’est surtout pour moi-même

Il y a deux choses dans la vie


Pour un homme sage et sérieux
Trouver la moitié faite pour lui
Être présent pour ses amis
Lorsqu’ils ont besoin de lui
Même quand ils peuvent se passer de lui
Surtout, toujours travailler dur
Pour un legs à sa progéniture

Et pour une femme…


Surtout pour une belle jolie dame
Ouff ! Je n’en sais absolument rien
Je n’ai jamais été une femme
Même pas dans mes vies précédentes
Mais j’ai toujours aimé les dames
Ça c’est logiquement évident
Au champ les absurdités
Peut-être le serais-je
Dans une poste présente vie.
Elles-mêmes nous le diront

75
Ou les transsexuels le feront

Souvent certains savent


Que ce qu’ils font est inutile
Oui, ils le savent souvent si bien
Mais ils le font qu’à même
Pensant se rendre utile
Simple téméraires
Donnez leurs même un glossaire

Mais tiens !
Devrais-je inévitablement
Faire un détour
Et là je comprends véritablement
Que ma mémoire me fait des tours
Conséquence de ce que je souffre
Aussi mal au sein du gouffre
Comme ça l’était bien même
Avant ma naissance effective
Certains me désiraient déjà
La preuve flagrante :
Ce fameux rapport de coït qui me fit
A cela, ils étaient bien enthousiastes
Et moi donc… !
Au milieu de tout ça je suis impuissant
Au final heureusement
Je suis bien encore lucide

J’aurais toujours bien voulu

76
Ne pas ressembler à un bourru
Mais quand je me remémore
Je pense et repense aux dépenses
Mais peut être qu’il est que de mon cru
A ce père clandestin qui me régna
Pourtant il n’était pas moins
Que mon enseignant
Qui de ma vie fut témoin
Ce père qui me tua ; puis effaça
Mon nom de ce carnet
D’enfant de merde et d’enmerde
Je ne dirais pas enfant bâtard
Oui ça me revient,
Ces oncles et tantes brouillant
Je pense et repense,
A ma mère que j’aime
Plus que dieu je l’aime
Elle s’oppose à inutile car elle m’aime
Ce qui l’a toujours motivé
C’est son fils et ses filles
Ce sont ses petits fils passant la grille
La maman a toujours eu ce vœu
Même si ce n’est pas universellement le cas
Pour toute mère prises pour cas

Le grand désir d’un père c’est …


Mais que sais-je ?
Des souvenirs de bougies
Peut être le saurais je par analogie

77
C’est pour moi très embarrassant
Tout ce que je sais
C’est qu’un parent souhaiterait toujours positif
Toujours voir grandir ça progéniture
Leur apporter chaleur, fraîcheur et fournitures
Voir naître les enfants de ses enfants
C’est la sa récompense
La chaleur d’un parent
Ne se frise jamais
Surtout pas quand il fait mauvais temps
Dans la vie de sa descendance.

78
S’il te plaît

Pourrais-je sine die l’envie de mourir ?


J’aimerais pour n fois encore me nourrir …
Je sais que tu voudrais tant me punir !
Je ouïe dire que tu n’étais pas sujet de sourire ?
Peux-tu spécialement le faire pour moi …
Avec moi cesse d’être sournois !

79
Résilience

Face aux événements de la vie


Ne pas pleurer
Ne point de morfondre
Sinon on se fait confondre
Surtout pas rire
Ne pas s’énerver
Même pas s’enjailler
Car quoi de mal
Ha ! Un accident !
Mince ! Un deuil !
Non rien de grave
Que vous le fassiez
Ou même pas
Vous le subissiez
Ca c’est sur
Mais à quoi ça sert ?
De pleurer
De se lamenter
Sur des sentiments
Ou des sensations
Présumées mal heureuses
C’est arrivé
Plus question, d’ailleurs même
Plus moyen de faire marche arrière
Ils me verront très septique
Je ne suis qu’un réaliste empirique

80
De la vie
J’ai peut être eu des mécomptes
De la mort
J’en aurais certainement des acomptes
Pourtant peut être
Si dieu avait envisagé
De la proroger
Peut être j’aurais eu le privilège
De l’apprécier encore plus
Mon destin ne m’a pas écouté
Ma vie même triste,
Elle a été rapidement écourtée
J’aurais peut être du ou pu
Agir de façon inusitée
J’aurais peut être eu le temps
De changer, de pardonner, sans oublier
Je dois rester fort
Car il n’est pas de mon tore.

81
Soupçon

J’ai peur de mon compagnon de sommeil


Il me fiche la trouille hors du soleil
C’est un être bipolaire
De caractère pas débonnaire
Un peut du style borderline
De personne il n’a reçu aucune discipline

Chaque soir je prie


Et avant de dormir je me plie
Ainsi me recommandait dieu
J’imagine bien ce type dans les cieux
Qu’il est là quand je lève les yeux

Vers le ciel je regarde


Et puis je me mets sur mes gardes
L’homme est un loup pour l’homme
Le diable est une méduse pour l’homme.

82
Bravoure

Certains, peut être sûrement


Au soir de leur entrée au désert
Me verront sûrement comme un Césaire
Et voudront m’avoir tel un dessert
La mienne est très imminente
J’aurais bien voulu
Parcourir la révolution d’Uranus
Mais il semble que je suis
Née un jour de lundi
Suis-je le serviteur du dieu lune ?
Le pensez-vous !
J’étais juste en mission
Comme dame lune chaque soir
Et monsieur soleil au rendez-vous chaque fois.

83
Postérité

Aussi tôt je meurs


Si jeune je me meurs
Je n’ai pas pu acquérir autant d’âge
Ah ! Peut être
C’était mon maximum d’âge
A contrario de ce que diront moult colporteurs
Ça oui, vraiment
J’ai cependant aimé
Remplit d’amour nel cor
J’en avais bien encore
Beaucoup à donner au monde entier
Peut être que celle-ci m’immaculerait
Contre monsieur diable on n’y peut rien
Car comme par malheur enchanteresse
Fermement elle nous tient en détresse

84
Mais qui …

Mais qui s’occupera de mes enfants


Je n’ai même pas pu épargner de l’argent
Mais qui s’occupera de ma femme
Je lui ai tristement signifié un amour infâme
Mais qui s’occupera de mes sœurs
Pour elles je n’ai même pas coulé de sueur
Mais qui s’occupera de mes frères
Je suis déjà pathétiquement à terre
Mais qui s’occupera de ma mère
Je l’ai pourtant laissé dans la merde
Mais qui s’occupera de mon père
Celui là est pourtant tombé depuis dans la mer
Mais qui s’occupera de moi-même
En bon ! Donc chacun récolte ce qu’il sème !

85
Interrogation

Pour quoi es tu ci perfide


N’as-tu dans ta tête que des schémas sordides
Ne peux tu pas être aussi tel un candide
Tu ne fais que faire des sottises
Toi toutes les armes te séduisent
A la fin qui es tu
Qui t’a octroyé ce fameux statut
Ne devrais tu pas pour ça même être pentu

86
Contrat
Mon ami, prend garde
Avec moi fais très attention
Vers toi je regarde
Me voila en pleine ascension

Traite
Moi avec toute la dignité que je mérite
Moi, j’ai toujours fais des choses qui ne t’irritent
Moi avec tout le respect que tu me dois
Moi, j’ai fidèlement suivie ta voie

Sur terre tu m’as envoyé


Pour toi j’ai été un bon employé
Tu ne m’as presque jamais abandonné
Même si moi j’ai été trop désordonné

Tu m’as prouvé ta miséricorde


Quand j’avais vraiment besoin que tu me l’accordes
Prépares toi à revoir nos accords
Rendez vous tout à l’heure sur la place de la concorde

Tu m’avais promis une vie heureuse


Moi j’en ai vécu une très sérieuse
J’ai rencontré des personnes joyeuses
La vie a toujours été très coûteuse
La mort a toujours été pour eux une tronçonneuse

87
Est-ce que je pourrais les revoir
Pour que nous nous contions ensemble nos déboires
Certains ont même pu déjà concevoir
Pourtant sur leurs mains ils n’ont pas pu recevoir
Ceci est à n’en point douté un constat
Toi face à moi, respectons nos différents contrats
Mon ami, prends garde.

88
Confession

J’ai recommandé à mon âme


De louer sincèrement dieu
Car de mes amis il est le plus sérieux
Mon dieu équivaut mon arme
Au-dessus de moi se trouvent les cieux
Sur moi sont braqués leurs yeux

J’ai vu des gars fort avoir souvent tort


J’ai eu tort
De croire que face à l’adversité
Ils me viendraient en renfort
Ils m’ont caché leurs coffres forts
Pourtant, je vous ai confié la sainteté
On ne sait qui sera le traître
Mais peut-on faire confiance au prêtre
Ce quidam nous chuchote toujours confidentialité
Mais comment être confidentiel à deux
La traîtrise a toujours été pour les gueux
Pourtant ça se cafarde
Ils étaient pourtant bon camarades
Face à toi, ils clament des charades.
On prêche pour autant, tous, la charité
Mais à donner avec récurrence on en est dégouté
L’ennemi nous fait lorgner la route déroutante
Il nous fait constamment vivre une vie répugnante
J’ai vu des gens intelligents

89
Perdre constamment leurs gents
Pour autant, doivent-ils ainsi rester indulgents
Je suis en plein désarroi
Dois-je faire confiance aux créatures du roi
Mais comment gérer ce dilemme
J’en ai déjà le visage blême
Le diable est simplement badasse
Sans lui, tout serait fadasse
Le jeu d’Adam fut un drame
Un jeu banal comme jeu de dame
Tous nous jouons sur un billot
Avec floqué assassinable sur nos maillots.

90
Réalité

On s’entend et s’apprend au fur


On ne peut vraiment compter que sur du dur
On se méfie quelque fois des personnes trop sur
On ne peut vraiment pas compter sur non mûr

Tous coincés dans des damnés


Tous à la souffrance nous sommes condamnés
Tous se tournent vers dieu pour réclamer
Tous ignorent les Saintes écritures proclamés

On a toujours la peine à définir nos extrema


Souvent, nous ne sommes différents des excréments
Nos vies nous passent tel un feuilleton
On n’est pas si différent de simple singleton

Quand le passé nous accable


Le futur nous rend macabre
L’univers applique la loi de Pareto
La réalité nous réveille dans un marigot
Certains consomment jusqu’à leur satiété
D’autres pour rien se font assassiner

On sera un jour sur la côte d’azur


On sera un jour entrain de panser nos blessures
On s’empoisonne quelques fois la vie en filature
On découvre alors que c’est là la fin de nos aventures.

91
Pour toi

Aurais-je été un loyal épigone ?


Aurais-je été un bon parangon ?
Aurais-je n’été qu’un bouffon ?
Aurais-je suivi le son des balafons ?

Je longe vers la vallée de la mort


J’éprouve amèrement quelques remords
Qui, pour m’oracler mon sort
S’emble-t-il que là-bas personne n’en ressort

Toutes les âmes mortelles sont perverties


A ouïe dire que les derniers seront les premiers
J’ai brusquement ralenti
Tournant mon regard à l’horizon vers les derniers

Ayons un peu d’empathie !


Comme nous nombreux sont déjà partis !
Ils sont peu avec qui on a compatie !
A notre chute, nombreux sont partis !

Je sais que l’extravagant n’est pas savant


Même les immoralistes partent au couvent
Avec la fâcheuse impression que dieu est un solvant
Pourtant tous, nous observons autrui en salivant

De la joie participes en fidèle enfant

92
Même si tous les jours tu te sens souffrant
Médire de dame nature est parfois tentant
Mais chaque jour, lèves les yeux en sortant.

Pourrais-je être classé dans l’ivraie


Avoir raison n’est pas toujours dire le vrai
Tache chaque fois pousser au-delà du concret
Retiens que dans la vie tout est suspect.

93
Anthropocentrique

Moi je pense
Ça a un sens
Lui il pense
Ça n’a aucun sens
Ils nous disent par de belles rhétoriques
De leurs épargner nos amphigouris
Mais c’est quoi la différence ?
Que fichent les antisémitistes !
Que vivent les non antipecistes !
Ils devraient être une référence
Quand il s’agit d’être des objets de méfiance

Moi je crée
Lui il routine
Il réagit par instinct
Je réalise par raison
Mais nous avons tous des passions
Il n’a aucune civilisation
Pardonnez mes piteuses revendications

Mais que diable !


Pourquoi est-il constamment sur ma table ?
Que son âme me pardonne
Je hais ce monde que j’abandonne.

94
A vous

Désolé Chers compagnons de boue


Si avec tant de dégoût en route
Vous êtes en train de lire ceci debout
Sachez que j’ai atteint mon bout

Recevez ceci comme péroraison


Car je ne rentrerai plus à la maison
Vous pleurez peut être que ce n’est pas la saison
Mais la retraite est aussi pour les bisons

Ça fait longtemps que je me plains


Même étant accroché à vos seins
Comme moi, personne n’est saint
Évidemment tout être a une fin

Qui de vous a le meilleur destin ?


Vous peut être selon le refrain !
Parce que vous assistiez aux meilleurs festins !
Qui de vous sait le meilleur dessein en dessin ?

95
Méfiance

Je me sens tel Dédale


Autour de moi, j’ai construit un univers
Je l’ai cru réussi à la perfection
Mais hélas, je ne fais qu’encaisser des déceptions
Rien ne marche, tout va de travers
Je me sens me mêlant les pédales

Par dieu, mort bleue, le monde est cruel


Fait confiance à l’homme et on te prend par la truelle
Il n’y a pas que cruel le monde des industriels
Tous les mortelles sont rebelles

A dire que nous venons tous du ciel


A croire que nous apprécions tous le miel
Qui a déjà vu hors du ciel un arc en ciel
Vous et moi, tous artificiels
Les choses du ciel s’absentent dans les ruelles

Fait confiance à ton proche et il te poignarde


Fait confiance à un étranger et il te poignarde
Fait confiance à ton semblable et il te poignarde
Fait confiance à son cœur et il te poignarde
Fait confiance à son apparence et il te poignarde
Fait confiance à sa peau et il te poignarde
Fait confiance à son intelligence et il te poignarde
Fait confiance à sa confiance et il te poignarde
Fait confiance à son sourire et il te poignarde.

96
Bonus.

Humo-Bio-Tech.

Vive le cybionte
Il est bien différent du Cro-Magnon
Vive le surhomme Nietzschéen
Il est bien différent de l’homme indigène
Vive l’homme voulu symbionte
Il serait bien mieux que le renard qui agit par honte
Vive l’homme devenu bionique
Il ne souffre plus de maladies chroniques
Le Cro-Magnon a été surpassé
Le bionique se fait téléviser
Le symbionte n’est qu’envisager

Vive le vivant
Il est en train d’enterrer le mourant
Adieu très chère mourant
Même comme de toi
On ne sera bientôt plus au courant

Sauve-toi
De toi on va toujours se remémorer
Même parfois en secret
Peut-être aussi en regret

Le débat fait rage

97
Mais c’est qui le sage
L’idéaliste s’exclame
Quand le rationaliste proclame
Le dindon de la farce réclame

Vive le Trans humaniste


Il a perdu ses valeurs humanistes
Ce transhumanisme tant convoité
Devenu heureusement tant contesté

Qui est même ce transhumain


Sera-t-il vraiment là demain
Est-il un humain augmenté
Est-il un humain fabriqué

Dichotomie au niveau des ambitions


L’homme est mort faute de faiblesse
Le cybionte va mourir faute de vieillesse
La mort ne serait désormais plus qu’une décision

L’homme voulait pourtant s’amuser


Le surhomme veut autant s’éterniser
Tout le monde élude de s’humaniser
Les mortels résignent de s’harmoniser

Changement de paradigme
Sartre disait :
« L’existentialisme est un humanisme »
La modernité lui répond :

98
« L’humanisme est un transhumanisme »
Et le malin génie mauvais
Leurre le transhumain pourtant déchet

Honte au transhumain
Lui et l’humain
Tous au perd la chair
Au profit des fers
Ils ont perdu leurs chaires

Tous des sous hommes


Tous sous mère humus
Tous sous terre
Même avec leurs fers

La machine est engrangée


Impossible de se dégager

Cette soit disant machine


Va-t-elle subir le test de la mort
Tout comme le dieu Achille
On la retrouvera chez le croque-mort
Son corps ira au magasin
Car de l’homme il est un assassin

Sacré grognon
Pauvre symbionte.

99
Hommage à Damas

« Nous les gueux


Nous les peu
Nous les riens
Nous les chiens
Nous les maigres
Nous les nègres
Nous à qui n’appartient
Guère plus même
Cette odeur blême
Des tristes jours anciens
Nous les gueux
Nous les peu
Nous les riens
Nous les chiens
Nous les maigres
Nous les nègres
Qu’attendons-nous
Les gueux
Les peu
Les riens
Les chiens
Les maigres
Pour jouer aux fous
Pisser un coup
Tout à l’envie
Stupide et bête
Qui nous est faite

100
A nous les gueux
A nous les peu
A nous les riens
A nous les chiens
A nous les maigres
A nous les nègres »

Eux les opuleux
Eux les riches heureux
Eux les non fâcheux
Eux les insidieux
Qu’attendent-ils de mieux
Qu’attendent-ils
Pour être pieux
Pour respecter les cieux
Pour rendre hommage aux dieux
Pour cesser d’être odieux
Eux les riches
Qu’attendent-ils
Pour enterrer le glaive
Eux les tout puissants
Eux les méprisants
Eux les forts
Eux toujours dans le confort
Qu’attendent-ils
Pour sortir de leur inconfort
Pour mettre les pauvres dans le confort
Pour nous ouvrir leur coffre-fort
Eux les touts

101
Eux avec tant d’atout
Eux les maîtres
Eux les traîtres
Eux qui ont trahissent l’humain
Ils ne veulent plus être humains
Pour eux les machines
Pour eux, sucrée est la quinine
Ils ont perdu le goût du bien
Avec la nature, ils rompent tous les liens
Tous des malheureux assassins
Ils exterminent tous les saints
Ils nous prescrivent la chloroquine
Ils disent que le pire nous taquine
Eux les sabitous
Nous devenus des sabifoux
Eux devenus des pédés
Nous devenus des pédants
Deus sive natura
Vibrant hommage à Spinoza.

102
Quatrième de couverture

Résumé

Cet opuscule présente un envolé lyric et poétique d’un individu soumis


à la finitude existentielle. Prisonnier d’un déterminisme dramatique et
atavique ; se mobilise donc une sorte de névrose semblable au syndrome
Bugs Bunny. A dire que penser à la mort nous rend fou mais parfois rationnel.

Note bibliographique
Abitinana Rodrigue Stanislas est un jeune camerounais né à Bafia en septembre
1999. Il grandi dans une famille monoparentale. Il obtient un baccalauréat philosophique en 2016 et
une licence dans la même discipline 03 ans après. Etudiant présentement inscrit en recherche à
l’université de Yaoundé I et travail sur les perspectives d’émergences de l’Afrique tant convoité.

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