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Défense de Gargantua : Humanisme et Éducation

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Florent Brunet

Plaidoyer de Français :

Monsieur le procureur général, Monsieur le juge et vous tous, respectable assemblée, vous n’êtes pas sans
ignorer qu’il y a peu de temps, en 1534, le célèbre auteur Rabelais, déjà connu pour avoir publié un chef
d’œuvre nommé Pantagruel, a publié son second ouvrage, Gargantua. Celui-ci s’inscrit dans la filiation de
Pantagruel, bien que les faits relatés soient antérieurs à Gargantua. Le récit de Rabelais tient à la fois de la
chronique, du conte, de la parodie, de l'épopée et du roman de chevalerie. Il fait notamment réfléchir sur des
questions liées à la religion, l’éducation ou encore la guerre. Cet ouvrage a fait son apparition dans un contexte
qui, vous le savez, était-on ne peut plus agité. En effet, notre société faisait alors face à une crise religieuse dûe
à la Réforme protestante mais aussi à une hausse croissante du mouvement des Humanistes. Et c’est donc face
à ce contexte troublé que le très vénérable institut de la Sorbonne tente aujourd’hui, à tort, de voir en Rabelais
un ennemi du vrai, du beau et de la foi catholique. Mais, cher réquisitoire, veuillez écouter la défense d’un livre
qui, bien plus qu’un chef d’œuvre, est, aujourd’hui, essentiel au développement de notre société.

Tout d’abord, je tiens à infirmer les rumeurs courant sur le prétendu défaitisme découlant de l’œuvre de
Francois Rabelais. Ses détracteurs me diront que Rabelais, à travers Gargantua, veut mettre fin à toutes les
guerres ce qui placerait notre pays à la merci de tous les autres. Ce n’est rien de plus qu’une absurde
diffamation. En effet, lorsque dans le récit de Rabelais, le roi Picrochole vient piller les terres du royaume de
Grandgousier, il est vrai que celui-ci tente vainement mais héroïquement d’éviter une guerre aussi absurde que
meurtrière, pourtant, loin d’être un acte de lâcheté, ceci est plutôt une tentative de protéger son peuple des
massacres et terribles retombées qu’engendrent une guerre. De plus, cela n’empêchera pas Gargantua, frère
jean et son armée d’aller, plus tard, vaincre par la force le camp adverse. Rabelais est donc loin de prôner le
défaitisme mais est plutôt partisan de placer la position guerrière en dernier recours afin d’éviter aux femmes
de pleurer leurs maris et aux pères leurs fils.

Pour en revenir aux fallacieuses invectives portées à l’encontre de mon client, j’ai entendu dire que celui-ci
était accusé d’hérésie et de détournement des saintes écritures. Si ces personnes avaient été saines d’esprits,
elles auraient su que Francois Rabelais, en plus d’être écrivain et médecin, se trouve aussi être moine et fidèle
serviteur du Seigneur. D’ailleurs, son protecteur se trouve être l'évêque de Paris, Jean du Bellay, qui, envoyé
par le roi François Ier en ambassade auprès du pape, a engagé Rabelais en qualité de médecin personnel. Pour
ce qui est du détournement des saintes écritures, mon client Francois Rabelais, n’a cessé de les employer dans
son œuvre pour éduquer le héros Gargantua. Il voit donc celles-ci comme éminemment importantes dans
l’éducation religieuse et intellectuel de Gargantua. Loin de les détourner, Francois Rabelais nous en rappelle
simplement l’importance.

Les accusateurs de Gargantua ont, il y a peu, fait preuve d’une absence de jugement que chacun d’entre vous a
pu constater. Ceux qui ont osé qualifier l’œuvre de Rabelais d’obscène n’ont sans doute jamais lu son livre. En
effet, dans son prologue, mon client, a précisé qu’il faut tirer de Gargantua la « substantifique moelle ». C’est à
dire qu’il invite le lecteur à chercher un autre sens se trouvant derrière des mots qui, il est vrai, pourraient
paraitre grossiers. Au-delà de l’aspect comique de son livre, Rabelais nous invite simplement à chercher les
précieuses informations qu’il y a disséminées. Comment pouvons-nous alors donner du crédit à ceux qui ne se
sont pas donné la peine de comprendre mon client et ont seulement cherché à le dénigrer sur la forme sans
comprendre le fond ! Loin d’être un ouvrage obscène, Gargantua est donc rempli d’informations essentielles,
qui s’adressent donc à un public averti et intelligent.

Certains, encore, oseront affirmer que mon client Francois Rabelais diffamerait l’éducation sophiste. En fait,
Rabelais ne donne que son propre avis sur la question et ne fait simplement que prôner un autre type
d’éducation que celui-ci. En effet, dans son livre, Rabelais propose à son héros Gargantua une éducation dite
Humaniste, ce qui permet de lui inculquer une éducation complète, nourrie de toutes sortes de savoirs
scientifiques et moraux, sans omettre l'exercice physique et l'hygiène de vie. Aucun partisan du sophisme ne
devrait avoir à trembler s’ils étaient persuadés de la préséance de leur éducation.

Ainsi, à mon humble avis, l’œuvre de mon client serait plutôt un exemple d’Humanité et de bonté. En effet,
lorsque Gargantua et son armée ont fait fuir le roi Picrochole, celui-ci fait preuve de magnanimité et, prônant
une nouvelle fois l'apaisement au nom de l'amour chrétien, il libère les prisonniers et compense également les
pertes subies par les paysans à cause de la guerre. Tous les royaumes de la terre ne devraient-ils pas alors
suivre l’exemple de bonté présentée par Rabelais ?

En outre, le récit de mon client présente une vision idéale de notre monde où chacun vivrait libre et heureux.
Ainsi, dans l’ouvrage de Francois Rabelais, Gargantua et Frère Jean créent une abbaye idéale où l’unique règle
est « Fais ce que voudra ». Hommes et femmes s'y mélangent et tout n’est que bonheur, culture et liberté.
Alors, vous tous qui m’écoutez, comment pourrions-nous condamner une utopie dans laquelle chacun de nous
aimerait se trouver ?

Nous pouvons aussi dire de Gargantua qu’il est un roman de chevalerie poussant à l’héroïsme. Chacun des
sujets composants ce pays n’hésitera plus à protéger son pays et ceux à qui il tient. En effet, lors d’une bataille
entre ses hommes et ceux de Picrochole, frère Jean s’élance, seul, à la poursuite des ennemis. Mon client nous
offre donc un exemple de courage à suivre en toute circonstance.

A l’inverse, il dénonce aussi la cupidité, le vol et le despotisme. Ainsi, lorsque Grandgousier, pour éviter la
guerre, fait envoyer à Picrochole des richesses en remboursement des fouaces, cause des hostilités, Picrochole
y voit un aveu de faiblesse et se saisit de ces présents sans mettre fin à la guerre. Il prévoit ensuite de conquérir
l’ensemble du monde après avoir battu Grandgousier. Ces comportements odieux et anti-chevaleresque, mon
client les dénonce et les punit ensuite par la défaite du despote. Francois Rabelais prône donc un
gouvernement juste et honnête et dresse, par l’intermédiaire de Gargantua, une barrière contre le despotisme.

Pour conclure, Monsieur le procureur général, Monsieur le juge et vous tous, respectable assemblée, soyez
convaincu que, loin d’être une œuvre obscène prônant le défaitisme et l’hérésie, Gargantua se fait le garant
d’un monde juste et fraternel où chacun vivrait libre et heureux éclairé par les saintes écritures et loin des
despotismes et guerres inutiles. Francois Rabelais, mon client, incite donc à l’héroïsme ainsi qu’à construire un
monde plus humain où chacun pourra recevoir une éducation digne de ce nom. Gargantua, bien plus qu’un
chef d’œuvre de la littérature est, aujourd’hui, essentiel au développement de notre société. Il ne saurait donc
être censuré mais plutôt présenté à juste titre comme un exemple à suivre et un modèle pour tous.

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