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Structure Narrative Et Organisation Textuelle Chez: Assia DJEBAR, Dans L'Amour, La Fantasia

Ce résumé présente un mémoire de master portant sur le roman 'L'Amour, la fantasia' d'Assia Djebar. Il décrit le contexte de l'écriture féminine en Algérie et la biographie de Djebar. L'objectif est d'analyser la structure narrative et l'organisation textuelle du roman à travers des outils sémiotiques comme le modèle actantiel et le carré sémiotique. Le résumé donne un aperçu de l'organisation et du contenu du mémoire.

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Structure Narrative Et Organisation Textuelle Chez: Assia DJEBAR, Dans L'Amour, La Fantasia

Ce résumé présente un mémoire de master portant sur le roman 'L'Amour, la fantasia' d'Assia Djebar. Il décrit le contexte de l'écriture féminine en Algérie et la biographie de Djebar. L'objectif est d'analyser la structure narrative et l'organisation textuelle du roman à travers des outils sémiotiques comme le modèle actantiel et le carré sémiotique. Le résumé donne un aperçu de l'organisation et du contenu du mémoire.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Université Larbi Ben M’Hidi * Oum El Bouaghi *


Faculté des Lettres et des Langues

Département De Français
Mémoire de Master

Thème :

Structure narrative et organisation textuelle chez :


Assia DJEBAR, dans « L’Amour, la fantasia ».

Présenté par : Sous la direction de :

 Mme : MESSAOUDI Fella  [Link] Hemza.

Devant le jury :
 Président : Mr. BOUZIDI. A.
 Rapporteur: Mr. HADJAR Hemza.

 Examinatrice: Mme. TABDJOUNE. F.Z.

Promotion : 2013-2014
A mon papa pour tout ce qu’il a fait pour moi, pour ses efforts qui m’ont permis
d’étudier dans de bonnes conditions.

Et à ma très chère maman dont la tendresse et l’attention étaient pour moi une
force apaisante qui m’a accompagnée tout au long de ce travail.

A mon mari, je te dédie spécialement ce travail et je te remercie beaucoup


pour ton aide et ta patience.

A mes sœurs : Linda, Zineb, Joumana et Amani

A mes frères : Hacene, Abdelbassat, Mahdi, Bahi et Abdou.

A ma perle précieuse, ma fille : Dana que Dieu la garde.

A tous ceux qui m’aiment et que j’aime…


Remerciements

Au bout de mon travail de recherche, le Dieu tout puissant est fortement


remercié de nous avoir protégé et donné le courage pour réaliser cette étude.

Mes sincères remerciements, mon respect et toute ma reconnaissance vont à


mon encadreur de mémoire, [Link] Hamza, pour la confiance qu’il m’a
accordée, grâce à lui j’ai pu terminer ce travail, son encouragement, sa patience
et ses conseils me sont extrêmement précieux.

Un grand merci à tous mes enseignants du département de Langues et


littérature française Oum El Bouaghi, et plus particulièrement à Mr Lalaoui
Adel, Mr Nabti, Mme Mekkaoui et mlle Ben Mbarek pour leurs orientations
tout au long des années de Master et leurs volontés de nous conduire jusqu’au
bout de notre but.

Ma profonde reconnaissance est adressée également aux membres de jury qui


ont accepté de lire mon travail.

Un grand merci également à ma très chère sœur Fairouz pour ses conseils
inestimables et sa patience.

Merci à toute personne qui aurait contribué de près ou de loin dans


l’accomplissement de la présente étude.
Table des matières :

Introduction générale……………………………………………...………....….p01.

Première partie : Présentative et théorique………………………………….p07.

-LE PREMIER CHAPITRE : Biobibliographie de l’auteure.

I-La biographie d’Assia DJEBAR……………………………...………………p08.

II-La bibliographie de l’auteure………………………………………………...p11.

III-Les thèmes abordés dans quelques œuvres d’Assia DJEBAR……………..p14.

-LE DEUXIEME CHAPITRE : Aspects théoriques et méthodologiques

I-Définition de la Structure générale………………………….....…………p18.

II-Représentation du modèle actantiel……………………………….…….p19.

III-Représentation du carré sémiotique……………………………………..p20.

IV-Définition du schéma quinaire du récit………………………………….p22.

Deuxième partie : Analyse du texte………………………………………....…p29.

-LE PREMIER CHAPITRE : Lecture sémiotique du récit.

I-Structure générale de «L’Amour, la fantasia »…………………………......…p30.

II-Le modèle actantiel de «L’Amour, la fantasia »… …………………………..p36.

III-Le carré sémiotique des chapitres autobiographiques………….................…p40.


IV-Le schéma quinaire de «L’Amour, la fantasia »……………………………p42.

-LE DEUXIEME CHAPITRE : Autobiographie et Histoire.

I-Eléments autobiographiques et passages historiques dans :


« L’Amour, la fantasia »…………...…………………..……………..…p44.

Conclusion générale…………………………………………………………..…p52. 

Bibliographie.

Résumé.
Introduction générale

1
Introduction générale :

L’histoire de la littérature féminine en Algérie, a été portée par de


nombreuses écrivaines qui la marquèrent sur tous les plans et les genres
romanesques : générique et thématique, analytique…etc., en développant des
thèmes qui décrivent également des réalités culturelles et sociales en Algérie.

La littérature devient pour ces écrivaines une aire à trouver refuge


dans l’écriture, où l’auteure exprime avec obligation, des réalités
douloureuses et sanglantes par le biais de la langue du colonisateur qui est le
français, dont ce dernier s’impose comme une langue d’écriture : 

« (…) je prends conscience de mon choix définitif d’une écriture francophone


qui est, pour moi, alors, la seule de nécessité : celle où l’espace en français de
ma langue d’écrivain, n’exclut pas les autres langues maternelles que je porte
en moi, sans les écrire » (Ces voix qui m’assiègent, p. 39)

Pour ces écrivaines, l’écriture est un espace de soulagement contre


une société enfermée qui n’a jamais cessé d’inférioriser et de rabaisser la
valeur de la femme.

A cet égard, nous avons choisi de travailler sur l’écrivaine la plus


célèbre au Maghreb et qui est sans doute la première romancière algérienne,
connue par son style d’écriture élaboré. Elle s’intéresse non seulement au
contenu mais aussi à la structure de ses récits.

Abordant toutes les questions, lisant l’histoire, étudiant les sujets les
plus divers sur : la littérature, la politique, la religion, les mœurs et les
traditions, le roman littéraire ne semble plus avoirs de cadre et le monde
entier apparait être son domaine. Outre la difficulté proprement stylistique,

2
ce qui semble offrir le plus de complexité à un romancier, c’est à notre avis, la
construction et la structure des différentes parties de son roman, mais aussi
l’organisation de la narration dans ces multiples parties.

C’est ainsi qu’Assia DJEBAR, dans son roman « L’Amour, la fantasia », a


pertinemment combiné la structure de son œuvre avec des organisations
narratives hautement élaborées.

Nous avons pris comme objet d’étude l’un des romans les plus connus
d’Assia DJEBAR: « L’Amour, la fantasia », publié en 1985 aux éditions Jean-
Claude Lattés (la deuxième édition était en 1995 aux éditions Albin Michel,
S.A.), parce qu’il est riche, profond et très marquant ; D’une part, par sa
structure particulière. D’autre part, par sa richesse thématique où l’auteure
traite beaucoup de thèmes tel que : l’amour, le père, la femme,
l’Histoire,…etc.

Assia DJEBAR, utilise sa plume pour permettre à ses souvenirs


d’enfances gravés dans sa mémoire de remonter à la surface et prendre place
dans son roman, pour témoigner du drame algérien pendant la colonisation
française et dévoiler des actualités sociales à titre d’exemple : les injustices de
l’homme algérien envers la femme qui se sent toujours : étouffée, refusée et
maltraiter.

Le parcours de notre écrivaine est très particulier, commençant par


des publications des années cinquante qui défendent les droits de la femme et
milite pour son affranchissement. Cependant, les œuvres des années quatre-
vingt/ quatre-vingt-dix, étaient réservées à un mélange des intrigues
d’Histoire, avec d’autres qui portent sur la situation de la femme, avec un
éclatement textuel au niveau de la forme et une mosaïque des genres
littéraires, comme c’est le cas dans notre corpus de mémoire « L’Amour, la
fantasia », ou dans d’autres écrits tels que : « loin de Médine » en 1991 et

3
« Vaste est la prison » en 1995.

Ce qui a motivé vraiment notre choix de corpus en particulier parmi


d’autres, c’est que nous avons éprouvé une attirance d’après le titre qui est
très accrocheur et révélateur de quelques chapitres de l’histoire qu’elle
raconte, mais aussi, les multiples récits qui composent le roman.

L’intérêt de notre choix qui est « Structure narrative et organisation


textuelle chez Assia DJEBAR, dans : L’Amour, la fantasia », nous a été inspiré
par la déclaration d’Assia DJEBAR : « Mon point fort c’est la structure, je
construis d’abord ».

Nous pensons que la structure du roman obéit à des choix d’écriture


spécifique à Assia DJEBAR, mais aussi, la représentation de l’histoire donne
une cadence à son roman. De notre point de vue, elle focalise l’attention du
lecteur sur la particularité constructive qui lui est propre.

En outre, nous estiment que l’écriture pour notre écrivaine est un


projet, en se basant sur la notion de la structure et la construction et pour que
ce projet puisse voir le jour sous ses plus belles formes, il doit être sous-tendu
par une structure complexe et hautement élaborée que l’écrivaine pense être
son point fort, comme en témoigne la citation précédente.

« L’Amour, la fantasia » est un roman qui se présente sous une


structure sophistiquée. A cet égard, notre objectif de recherche sera donc
de : dégager et découvrir l’architecture sur laquelle s’est bâti notre corpus et
la forme d’écriture de ce dernier. De plus, comprendre le système des valeurs
véhiculé par le texte en s’appuyant sur la sémiotique de GREIMAS. En fin,
parvenir à mettre au clair les techniques utilisées par Assia DJEBAR pour
structurer son roman.

En raison des proportions limités du mémoire et des contraintes

4
méthodologiques, il ne nous est pas possible pour réaliser une étude
sémiotique approfondie, nous sommes dans l’obligation de choisir quelques
parties du roman pour appliquer cette approche, qui nous semble la plus
adéquate pour réussir notre travail de recherche.

A partir de cette perspective, nous nous sommes appuyé sur : Le


modèle actantiel et le carré sémiotique, en essayant de découvrir la structure
qui organise notre corpus, mais aussi la particularité d’écriture chez notre
romancière.

Dans le cadre de cette étude intitulée : Structure narrative et


organisation textuelle chez Assia DJEBAR dans : « L’Amour, la fantasia »,
nous avons fait appel à la sémiotique Greimassienne pour tenter d’apporter
quelques éléments de réponse aux questions suivantes :

Comment l’information narrative est organisée et de qu’elle manière


elle était construite, dans le récit ? Comment l’histoire est présentée et selon
qu’elle régularité ?

A partir de ces questions, nous formulons notre problématique en une


seule question : Comment la structure narrative est organisée
sémiotiquement, sur le plan narratif et thématique, chez Assia DJEBAR
dans : L’Amour, la fantasia ?

De tout ce qui précède et pour mieux rendre compte des aspects les
plus distinctifs, nous avons l’intention d’organiser notre travail de recherche
selon la répartition suivante :

D’abord, l’introduction sera consacrée à la représentation du roman,


de sujet et bien sûr, à la formulation de la problématique.

.la première partie, sera subdivisée en deux chapitres, nous avons jugé

5
utile de présenté, dans le premier chapitre, notre romancière, son parcours
romanesque et les grands thèmes abordés par Assia DJEBAR, pour nous
humecter du sujet.

Par ailleurs, le deuxième chapitre qui sera théorique, il concerne les


différentes définitions et fonctions des concepts nécessaires de l’approche
sémiotique (le modèle actantiel et le carré sémiotique), la structure générale
du roman et le schéma quinaire pour mieux gérer notre travail de recherche,
et pour permettre au lecteur plus de compréhension.

.la deuxième partie, qui sera analytique, elle sera divisée à son tours
en deux chapitres, nous consacrerons le premier chapitre pour la structure
narrative du récit et pour une lecture sémiotique de « L’Amour, la fantasia ».

Cependant, dans le deuxième chapitre, nous avons découvrir les traits


autobiographiques qui se trouvent dans notre roman, mais aussi de dégager
les récits historiques dans ce dernier.

Nous clôturons notre travail de recherche par une conclusion générale,


qui va contenir les différentes conclusions auxquelles nous sommes arrivées,
et la bibliographie qui sera une référence d’ouvrages théoriques et des
œuvres littéraires.

6
La première partie :
Présentative et Théorique

7
-LE PREMIER CHAPITRE : Biobibliographie de l’auteure :

I-La biographie d’Assia DJEBAR :

De son nom dans l’espace littéraire Assia DJEBAR, est une femme algérienne,
berbérophone par ses grands-parents, arabophone par ses parents, écrivant dans la
langue d’étouffement qui est le français, pour son pays L’Algérie et pour tout le
Maghreb:

« (…) jusqu’à un texte français qui devient en fin mien (…), oui, faire réafleurer les
cultures traditionnelles mises au ban, maltraitées, longtemps méprisées, les inscrire,
elles, dans un texte nouveau, dans une graphie qui devient mon français » (Ces voix
qui m’assiègent d’Assia DJEBAR p29).

De son vrai nom Fatima Ezohra Emmalyenne, nait le 04 Août 1936 à Cherchell,
à L’Ouest d’Alger, d’une famille traditionnelle et conservatrice de petite Bourgeoisie.

Assia DJEBAR est, sans conteste, la plus grande romancière au Maghreb. Elle
est l’une des écrivaines algériennes d’expression française, les plus connues. Pour
notre narratrice, le français est une langue de soulagement et de s’expression, mais
sans oublier ses racines purement algériennes. DJEBAR est sortie de l’arabe parlé pour
dire « je » et faire l’enquête de « soi »:

« (…) j’avait le sentiment qu’en moi il y avait une sorte de conflit entre les deux
langues, entre le français et l’arabe.» (Entretien inédit en français avec Renate Siebert
p.60.

L’écrivaine a choisie de parler en « soi » dans la langue de l’autre où la langue


française était le point commun, marquant la douleur remarquable dans ses récits
depuis vingt années d’écriture :

« (…) je prends conscience de mon choix définitif d’une écriture francophone qui est,
pour moi, alors, la seule de nécessité : celle où l’espace en français de ma langue
d’écrivain, n’exclut pas les autres langues maternelles que je porte en moi, sans les
écrire » (Ces voix qui m’assiègent, p. 39)

8
Le père d’Assia DJEBAR, avait fait des études à l’Ecole Normale de Bouzaréa,
descendant de la tribu de Beni Menacer, il avait été camarade d’étude de Mouloud
Feraon, il devient alors enseignant dans un village de la Mitidja, à Mouzaia ville.

Assia DJEBAR, a côtoyé avec enthousiasme l’école coranique puis l’école


primaire française où son père était instituteur. Elle quitta Cherchell pour suivre ses
études secondaires au lycée de Blida comme interne, en 1946. Après, elle acquérait
son Baccalauréat du latin, grec et philosophie, en 1952.

En 1953, elle entre hypokhâgne au lycée Bugeaud à Alger, propédeutique à


l’Université d’Alger. A cause du commencement de la guerre de libération en 1954,
DJEBAR quittait l’Algérie pour allez en France et suivre ses études au lycée Fénelon à
Paris.

En Juin 1955, elle passe avec succès le concours d’admission pour l’Ecole de
Sèvres. Après une année, elle suit la grève déclenchée par les étudiants algériens, par
solidarité nationale, de sorte qu’elle a refusé de passer les examens de Licence et c’est
la même année qu’elle a commencé à écrire et qu’elle a prit la décision d’entrer dans
l’espace littéraire où « La Soif » était son premier roman écrit sous le pseudonyme
d’Assia DJEBAR signifie, Assia : en dialecte c’est « celle qui console, qui
accompagne de sa présence », DJEBAR : en arabe classique c’est l’intransigeant.

Elle épousait en 1958, puis, elle partit avec son mari à Tunis, là où elle préparait
son diplôme d’études supérieure en Histoire, sous la direction de Louis Massignon et
collabore parallèlement à El Moudjahid. Elle est assistante d’histoire de l’Afrique du
Nord à l’Université de Rabat en 1956.

Après l’indépendance de son pays, en Octobre 1962, elle devient professeur à


l’Université moderne et contemporaine d’Alger, pour donner des cours sur l’Histoire
moderne et contemporaine du l’Afrique du Nord, à la faculté des lettres à Alger. Assia
DJEBAR revient s’établir à Paris dès 1965, voyageant et écrivant entre la France et
l’Algérie. En 1969, elle a continu ses activités de critique littéraire et cinématographie
au niveau de la presse algérienne. Elle fait jouer une pièce de théâtre lors du premier
festival culturel panafricain et pourchassait des activités théâtrales à Paris, comme

9
adaptatrice. En 1974, elle fait retour à Alger, suivant l’enquête universitaire et les
recherches sociologiques. Elle revient à sa ville natale : Cherchell à l’âge de 40 ans où
elle a fait le tournage de « La Nouba » sur la terre algérienne qui porte les traces de la
révolte et la résistance de nos ancêtres, contre le régime sanglant de la colonisation, en
montrant le rôle très important des femmes algériennes, celles qui n’ont jamais
absentes. Après six ans de divorce, elle s’est remarie avec le célèbre poète et écrivain
algérien Malek Alloula en 1980. Depuis 1983 jusqu’à 1989, elle repart s’installer à
Paris et elle élabore à des congrès universitaires et écrivant des œuvres historiques sur
l’Algérie.

De 1995 à 2001, elle est directrice du Centre d’Etudes françaises et francophone


de Louisiane. Assia DJEBAR est une enseignante de la littérature française, depuis
1997, à l’Université de Bâton Rouge aux Etats Unis. L’an 2000, elle a été
triomphatrice du prestigieux Prix de la Paix des libraires et éditeurs allemands. En
2001, elle est professeur au département d’Etudes françaises de l’Université de New
York.

Le 16 Juin 2005, notre romancière est élue au fauteuil cinq de l’académie


Française, succédant à M. George Vedel et y perçue le 22 Juin 2006, pour devenir en
fin non seulement la première, mais la seule femme qui occupe ce poste d’honneur au
niveau de tout le Maghreb.

10
II-La bibliographie d’Assia DJEBAR :

Il est évident que malgré la bonne volonté de notre écrivaine, même connaissant
l’arabe, elle écrit dans le contexte de la domination française, elle rend compte des
situations réelles et des histoires véridiques même de sa propre vie.

DJEBAR est une écrivaine, qui a prit la parole et la plume à un âge très jeune.
Elle est prolifique où elle a édité plus d’une vingtaine d’œuvres. Alors qu’elle n’avait
que 21 ans, elle a édité son premier roman intitulé « La Soif » (Paris. Julliard, 1957).

Le titre de son second roman est intitulé « Les impatients » (Paris. Julliard,
1958). Deux ans après, elle a écrit la pièce de théâtre « Rouge l’aube » et prépare
également un recueil de poèmes avec une poésie brulante pour l’Algérie, « Poème
pour l’Algérie heureuse » 1969.

Son troisième roman est intitulé : « Les enfants du nouveau monde » (Paris.
Julliard, 1962), dans ce dernier roman, l’écrivaine a bien extériorisé son élaboration
sur la guerre d’Algérie.

En s’installant à Paris, Assia DJEBAR a écrit son quatrième roman « Les


Alouettes naïves » (Paris. Julliard, 1967). Dans ce dernier, elle met au jour l’obscurité
de la guerre de libération, en montrant son idolâtrie et ses manques.

Au cours de l’année 1978, elle a réalisé avec un talent de réalisatrice, un film


pour la télévision algérienne « La Nouba des femmes du Mont Chenoua », qui a été
sélectionné en 1979 à la biennal de Venise, pour le Prix de la critique internationale
(FIPRESCI).

Les romans d’Assia DJEBAR marquent deux époques d’écriture. D’une part,
celle des œuvres de la jeunesse qui sont les quatre romans précédents.

D’autre part, celle des œuvres de la maturité qui viennent après un arrêt
d’écriture chez notre narratrice.

En 1980, elle a édité : « Femmes d’Alger dans leur appartement » (Paris,


édition des femmes, 1980), où elle a fait le lien entre ces deux époques d’écriture,

11
puisqu’elle a réunit dans ce dernier recueil, des nouvelles écrites entre 1958 et 1979.
Entre les deux périodes d’écriture, il y a eu un intervalle de dix ans de « silence » qui
marque un déplacement indiscutable n’est pas dans la qualité romanesque, mais, plutôt
de valeur textuelle où la politique était indissociable de la poétique. Ces années
d’écriture interrompue sot marquées par des vas et viens entre la France et l’Algérie.

En 1981, elle a co-traduit, de l’arabe au Français, le roman de l’égyptienne


Nawal el Saadaoui intitulé : « Ferdaous », « Une voix en Enfer » (Paris, édition des
femmes, 1981).

Après le grand succès de son premier film, elle a continué sur ce chemin de
réalisation cinématographique pour faire le montage d’un autre film historique
intitulé : « La Zerda et les Chants de l’oubli », présenté à Alger en Juillet 1982.

Assia DJEBAR issue d’une société où il est interdit de parler de soi surtout
pour une femme : « La parole est déjà une prise de position dans une société qui la
refuse à la femme » (Harouda, Denoël, p.84).

« J’ai senti à ce moment-là qu’écrire pour une femme signifiait inévitablement écrire
sur soi-même. Et j’ai reculé » (Ces voix qui m’assiègent, p.38) :

A ses débuts, elle a refusé l’écriture autobiographique, mais, elle a prit la


décision d’écrire en « soi » a partir des années 1985 avec la parution de son livre
incontournable, conçu comme Quatuor algérien, « L’Amour, la fantasia », qui est le
corpus de notre recherche universitaire.

Après quatre ans de repos, Assia DJEBAR a dédié « Loin de Médine » (Paris,
Albin Michel, 1991).

En 1993, elle à écrit l’ouvrage : « Chronique d’un été algérien » (Paris, Plume,
1993) et « Villes d’Algérie au XIX e siècle » (Paris, Centre Culturel Algérien, 1994).
En 1995, paru le troisième volet de son quatuor : « Vaste est la prison », Paris, Albin
Michel, 1995).

12
En 1996, ce quatuor était clôturé par : « Le Blanc d’Algérie » (Paris, Albin
Michel, 1996). Une année après elle a publié : « Oran, langue morte » (Actes Sud,
1997) et « Les nuits de Strasbourg » (Actes Sud, 1997).Postérieurement, « Ces voix
qui m’assiègent » en 1999.

En suite, le roman inévitable « La femme sans sépulture » en 2002, « La


disparition de la langue française en 2003 et en fin, elle a publié son dernier roman
« Nulle part dans la maison de mon père » (Paris, Fayard, 2007).

Assia DJEBAR est une écrivaine connue mondialement par multiples récits
affrontés à tous les partages, la plupart de ses livre ont été traduits en plusieurs
langues : Allemande, Espagnole, Anglaise, Arabe, Turque, Russe, Chinoise,…etc.

13
III-Les thèmes abordés dans quelques œuvres d’Assia DJEBAR :

Assia DJEBAR comme toutes femmes écrivaines, représente par sa plume la


mise en scène sociale ou bien collective. Elle est parmi les femmes qui ont vraiment
marqué l’émergence de la littérature maghrébine d’expression française, caractérisée
par la profusion des thèmes accostés.

Avant, le sujet sociale et politique en Algérie était intouchable et à éviter,


surtout chez les femmes où elles étaient dans un statut d’inferieures et dominées. Elles
ont beaucoup souffert du mépris, d’enfermement et du silence imposé par les hommes,
soi leurs pères, leurs frères ou leurs conjoints.

Assia DJEBAR, joue le rôle d’une révolte en se mettant à écrire contre cette
situation des femmes algériennes, pour combattre les injustices sociales et défendre les
droits de la femme. Tout cela nous confirme qu’Assia DJEBAR est un symbole de
l’affranchissement du sexe féminin en Algérie.

Dès son premier roman « La soif » 1957, Assia DJEBAR devient une porte-
parole des femmes arabo-musulmanes, dénuées de leur liberté et asphyxiées par la
négligence dans une société cloitrée et conservatrice où l’homme, celui qui décide.

Charles Bonn explique ce propos « Assia DJEBAR représente pour beaucoup


une sorte de symbole de la conquête de l’écriture par la femme algérienne »1

Nul doute, à cet égard, que la multiplicité thématique fait l’originalité de ses
œuvres par rapport aux autres.

1BONN Charle. (1996) «Assia Djebar», Dictionnaire des littératures de langue française Paris LAROUSSE Bordas, p 701

14
A cet égard, nous constatons qu’Assia DJEBAR a traité presque tous les sujets
attachés à la société conservatrice, en utilisant un langage féminin où elle revendique
toujours les droits de la femme cloitrée. Kacem Basfao, a définit l’individu qui
appartient a cette société traditionnelle comme « Partie intégrante du tout, de cette
Oumma, partie qui l’englobe et le désire au point de viser à lui faire oublier sa
dimension de sujet désirant »1

Parmi les œuvres qui illustrent vraiment notre concept de la femme recluse :

« Les impatients » (Julliard, Paris, 1958), où DJEBAR raconte la vie d’une jeune fille
appartienne à une famille conservatrice dont l’homme celui qui commande et domine.
Cette fille se sent renfermée et limitée par son entourage. En effet ; elle décida de
sortir de ce milieu par le biais d’une corrélation amoureuse.

En plus, dans « Les enfants du nouveau monde » (Julliard, Paris, 1962), elle
décrit le développement remarquable de la situation de la femme algérienne avant,
pendant et après la guerre de libération.

Dans son roman « Les alouettes naïves », (Julliard, Paris, 1967), l’écrivaine
relate l’insurrection d’une jeune fille contre l’organisation sociale dans laquelle
l’autorité du père est prépondérante

A partir de ces trois romans, nous constatons qu’Assia DJEBAR utilise la


même thématique dans ses romans comme : L’amour, la guerre, la liberté, le couple,
mais surtout la femme …etc.

1. Intervention au congrès de psychopathologie maghrébine (Avril 1992) :

Apport de la psychopathologie maghrébine (Actes), Université de Paris XII, centre de recherches en psychopathologie, 1991,
p.139.

15
Dans « Des femmes d’Alger dans leur appartement » (Paris, Des femmes ,
1980) où DJEBAR nous montre une sexualité débridée en montrant bien des concepts
par rapport au corps de la femme maghrébine : « L’évolution la plus visible des
femmes arabes », tout au moins dans villes, a donc été d’enlever le voile » (p175).

Notre romancière est passée à coté d’une connaissance authentique de la société


féminine algérienne où elle n’a vu qu’infantilisme, violence, saleté, primitivité,
prostitution, sexualité anormale,…etc.

Profitant de sa profession comme historienne, Assia DJEBAR a écrit son roman


intitulé « L’Amour, la fantasia »1985, qui est le corpus de notre recherche
universitaire. Dans ce dernier, l’écrivaine a essayée de dévoiler l’intime et prouver le
« je », elle raconte sa propre vie familiale pendant l’enfance et l’adolescence, avant
son départ en France où il ya un Va et Vient entre deux des passages historique où elle
décrit la vision française envers l’Algérie, et des récits autofictionnels où elle raconte
l’histoire d’une fille algérienne qui a vécu les même aventures qu’Assia DJEBAR,
mais aussi la situation des femmes de son entourage.

L’écrivaine voulait montrer par ce roman, le désir de son pays pour se libérer
des pieds noirs où elle traite dans les passages historiques deux périodes très
importantes qui marquent le début et la fin de la période coloniale. Mais aussi, elle
dévoile le désir des femmes algériennes de soulager de leur vie cloitrée.

Nous remarquons que la formation en Histoire pour notre romancière a


beaucoup aidée cette dernière pour construire sa production romanesque, en écrivant
l’Histoire de l’Algérie à travers la mémoire féminine mêlée par la fiction.

En outre « La disparition de la langue française » (Albin Michel, Paris, 2003),


marque l’absence des thèmes précédents où elle mit en scène trois moments
d’écriture : le pays natal, la France et le monde. Elle veut montrer une sorte de
libération des périodes fâcheuses ressuscitées par des témoins qui se trouvent dans les
mêmes endroits d’enfance, la famille, insistant sur la voix de la mère du héros.

16
C’est évident que la richesse thématique de ses œuvres révèle la multiplicité des
pratiques romanesques d’Assia DJEBAR où elle dévoile sa vie intime en parlant de
son parcours et ses expériences personnelles telles que :

L’amour, le père, la guerre, la femme…etc.

Finalement, nous avons essayé de citer quelques œuvres de notre romancière,


qui appariaient plus célèbres. Mais, il y a d’autres qui illustrent vraiment l’objet
d’écriture, en prouvant la qualité littéraire et romanesque chez Assia DJEBAR.

17
-LE DEUXIEME CHAPITRE : Aspects Méthodologiques et Théoriques :

I-Structure générale du récit :

L’œuvre d’Assia DJEBAR «L’Amour, la fantasia », est très spécial et complexe


par sa structure narrative et son architecture textuelle. À partir de cette optique, elle
arrive à libérer les voix des femmes algériennes qui se trouvent cloitrées dans leur
société traditionnelle.

Nous allons consacrer notre attention dans cette partie théorique sur un bref survol
de concepts théoriques sur la sémiotique narrative de Greimas sur le plan narratif et le
plan thématique, que nous appliquerons plus en détails dans lepremier chapitre de la
deuxième partie.

En effet, il faut dégager le modèle actantiel du récit, ensuite, le carré sémiotique et


à la fin, découvrir le schéma quinaire de quelques sous titres de « L’Amour, la
fantasia ».

La sémiotique narrative est une partie très importante des études textuelles, elle
tente de dégager des structures profondes de l’histoire.

L’approche sémiotique se base sur deux points d’analyse : l’intrigue et les


personnages. Nous avons pris l’analyse de l’intrigue au niveau de la structure de
l’histoire qui nous semble adéquate pour commencer notre travail de recherche et qui
va parallèlement, répondre à notre problématique.

Il est évident, de commencer notre partie théorique par une définition du récit parce
que nous sommes en train d’analyser un texte littéraire.

18
Selon Vincent Jouve : « l’histoire de façon animale, peut se définir comme une
suite d’action prise en charge par des acteurs »1

Alors, le récit est une représentation d’un événement qui va subir une
transformation ou bien un changement, c’est donc : « le passage d’un état S1à un état
S2 »2.

Les deux termes situés sur l’axe sémantique S grand………..S petit, qui se trouvent
aux deux extrémités de l’axe, s’opposent entre eux par la « mesure du continu »3.

Mais le rapport et la relation entre ces deux termes c’est bien la structure élémentaire
de la signification 4.

.Analyse au Niveau Narratif:

I. Le modèle actantiel :

I.1. L’origine et la fonction du modèle actantiel :

Dans les années soixante Greimas a proposé le modèle actantiel, inspiré des
théories de Propp (en 1970) et qui constate que : « Ce qui change, ce sont les noms des
personnages ; ce qui ne change pas, ce sont leurs actions ou leurs fonctions. On peut en
conclure que le conte prête souvent les mêmes actions à des personnages différents.

Ce qui nous permet d’étudier ici les contes à partir des fonctions des
personnages »5.

1. JOUVE V., Poétique du roman, Armand Colin, Paris, 2007, p.61.


2. EVERAERT-DEMET Nicol, Sémiotique du récit, édition de Boeck université, 2007, p.13.
3. Grand et petit constituent la forme du contenu chez [Link].
4. GREIMAS C F. A. J., Sémiotique structurale, Paris, Larousse, 1966, pp. 18. 19.
5. PROPP .V, Morphologie du conte, Paris, Le Seuil, Coll. Points, p.29.

19
« Par fonction, nous entendons l’action d’un personnage définie du point de vue
de sa signification dans le déroulement de l’intrigue »1

Le modèle actantiel est un dispositif, crée par Greimas, permet de décomposer


une action en six actants :

(1) Le sujet : ce qui veut ou ne veut pas être conjoint à un objet. (2) Le
destinateur : est ce qui incite à faire l’action, par contre, le destinataire (4): est-ce qui
en bénéficiera.

Enfin, l’adjuvant (5) qui aide à la réalisation de l’action, tandis qu’un opposant
(6) compromet.

C’est ainsi que Fontanille a écrit « quand le sujet passe à l'action, il peut nous
apparaître comme indépendant du destinateur. Ce dernier peut encore intervenir, mais
seulement sous une forme affaiblie et ancillaire, celle de l’Adjuvant, qui complète ou
renforce la compétence du sujet».

I-2/ Les trois axes du schéma actantiel :

Les six actants sont regroupés en trois oppositions formant chacune un axe de la
description actantielle :

a) Axe du vouloir (désir) :

(1) sujet / (2) objet. Le sujet est ce qui est orienté vers un objet. La relation
établie entre le sujet et l'objet s'appelle Jonction, Selon que l'objet est conjoint au sujet
(par exemple, le prince veut la princesse) ou lui est disjoint (par exemple, un meurtrier
réussit à se débarrasser du corps de sa victime), on parlera, respectivement, de
conjonction et de disjonction.

1. PROPP V., Morphologie du conte, Paris, Le Seuil, Coll. Points, p.31.

20
b) Axe du pouvoir:

(3) adjuvant / (4) opposant. L'adjuvant aide à la réalisation de la jonction


souhaitée entre le sujet et l'objet, l'opposant y nuit (par exemple, l'épée, le cheval, le
courage, le sage aident le prince; la sorcière, le dragon, le château lointain, la peur lui
nuisent)1.

c)Axe de la transmission (axe du savoir, selon Greimas) :

(5) destinateur / (6) destinataire. Le destinateur est celui qui demande que la
jonction entre le sujet et l'objet soit établie (par exemple, le roi demande au prince de
sauver la princesse). Le destinataire est ce pour qui la quête est réalisée. En
simplifiant, interprétons le destinataire (ou destinataire-bénéficiaire) comme ce qui
bénéficiera de la réalisation de la jonction entre le sujet et l'objet (par exemple, le roi,
le royaume, la princesse, le prince, etc.)Les éléments, destinateurs se retrouvent
souvent aussi destinataires.

I-3/ Représentation du schéma actantiel :

Destinateur Destinataire
Sujet Objet
Adjuvant Opposant

1. GREIMAS, considère plutôt que l'adjuvant aide à la réalisation de la quête et/ou à la transmission au destinataire ; le même
raisonnement s'applique pour l'opposant.

21
Schéma plus détaillé :

 Selon Nicole Everaert-Desmedt :

Les actants sont les «personnages » considérés du point de vue de leurs rôles
narratifs (leurs fonctions, leurs sphères d’actions) et des relations qu’ils entretiennent
entre eux.

Les rôles peuvent être réduits au nombre de six et les relations se nouent selon trois
axes : tout récit rapporte la quête d’un sujet qui cherche à obtenir un objet (axe du
désir) ; il est communiqué par le destinateur ou destinataire ; l’adjuvant aide le sujet à
atteindre son objet, tandis que l’opposant fait obstacle à cette quête (axe du pouvoir).

Axe du savoir

Destinateur Objet Destinataire

Axe du désir

Adjuvant Sujet Opposant

Pouvoir (+) pouvoir (-)

 Selon : [Link] : (Le texte narratif, édition Nathan, 1994, P19) :

Le schéma actantiel c’est le suivant :

Destinateur Destinataire
Sujet Objet
Adjuvant Opposant

22
. Analyse au Niveau thématique :

Tout texte est véhiculé par un système implicite de valeurs profondes.

II. Le carré sémiotique :

II.1. Définition :

Le carré sémiotique se constitue sur la base d’un axe sémantique, qui s’articule
en deux valeurs contraires, S1 et S2.

Par exemple : « blanc vs noir ».

« Blanc » et « noir » sont des termes contraires, c’est-à-dire qu’ils ont un


élément sémantique commun (l’absence de couleur) et un élément différent (blanc)
étant obtenu par la totalité des rayons lumineux, et noir par l’absence de tout rayon
lumineux.

Sur cette base, pour construire le carré sémiotique, il suffit de projeter en


diagonale le contradictoire (ou la négation) de chacun des termes de départ.

Nous options dès lors le schéma suivant :

S1blanc……………………………….....……..S2noir

DEIXIS

Ŝ2non noir………………………………………Ŝ1non blanc

23
II.2. Structure du carré sémiotique :

Voici un carré sémiotique vide (non étiqueté, non investi d'une opposition
particulière) :

5.(=1+2)

TERME COMPLEXE

[Link].A [Link] B

9. (=1+4)
SCHEMA

7.(=1+3) POSITIF 8.(=2+4)DEIXIS


NEGATIVE
DEiXIS 10. (=2+3)
SCHEMA
POSITIVE NEGATIF

6. (=3+4)
[Link] NON-B [Link] NON -A

6.(=3+4)
TERME
NEUTRE

Légende :

+ : unit les termes qui composent un méta terme (un terme composé), par
exemple 5 résulte de la combinaison de 1 et 2.

24
II.3. Les éléments constitutifs du Carré sémiotique :

Le carré sémiotique implique les principaux éléments suivants :

1. Termes.
2. Méta termes (termes composés).
3. Relations (entre termes).
4. Opérations.
5. Sujet(s) observateur(s) qui procèdent) au classement (auteur réel, auteur inféré,
narrateur, personnage, etc.
6. Objet(s) classées) sur le carré.
7. Temps (de l'observation).
8. Transformations et/ou successions des divers éléments constitutifs (sujet,
objets, etc.)

[Link] :

Le carré sémiotique est constitué de quatre termes, correspondant chacun à une


position sur le carré :

 Position 1 : terme A.
 Position 2 : terme B.
 Position 3 : terme non-B.
 Position 4 : terme non-A.

Les deux premiers termes forment l'opposition à la base du carré et les deux autres
sont obtenus par la négation de chaque terme de cette opposition.

II.3.B.Métatermes :

Le carré sémiotique comporte six métas termes. Les métas termes sont des termes
composés à partir des quatre termes. Certains de ces métas termes reçoivent des noms
(malgré leur nom, le terme complexe et le terme neutre sont bien des métatermes) :

25
 Position 5 : A + B, terme complexe.
 Position 6 : non-B + non-A, terme neutre.
 Position 7 : A + non-B, deixis positive.
 Position 8 : B + non-A, deixis négative.
 Position 9 : A + non-A, schéma positif.
 Position 10 : B + non-B, schéma négatif.

II.3.C. Relations :

Plusieurs relations s'établissent entre les termes du carré :

 Contrariété : relation entre le terme A et le terme B, et entre le terme non-A et


le terme non-B.
 Contradiction : relation entre le terme A et le terme non-A, et entre le terme B
et le terme non-B.

Nous employons le mot « opposition » pour englober.

 Implication, ou complémentarité chez Fontanille: relation entre le terme non-B


et le terme A, et entre le terme non-A et le terme B.

En raison de la relation qui les unit, les termes A et B sont appelés contraires et les
termes non-A et non-B, subcontraires (parce que ce sont des contraires situés « en
dessous » des contraires) ; tandis que les termes A et Non-A, d'une part, ainsi que B et
non-B, d'autre part, sont appelés contradictoires.

II.3.D. Operations :

Les opérations suivantes caractérisent les déplacements sur le carré sémiotique,


c'est-à-dire les passages d'une position au carré à une autre (la flèche indique le
déplacement) :

1. Négation : terme A —> terme non-A ; terme B—» terme non-B.

2. Assertion (affirmation) : terme non-B —> terme A ; terme non-A —> terme B.

26
III. Le schéma quinaire :

Après des multiples recherches et basant sur « L’analyse morphologique du


récit » 1974 : « Le mot morphologie signifie l’étude des formes. En botanique, la
morphologie comprend l’étude des parties constitutives d’une plante, de leur rapport
les unes aux autres et à l’ensemble ; autrement dit, l’étude de la structure d’une plante.

Personne n’a pensé à la possibilité de la notion et du terme de morphologie du


conte. Dans le domaine du conte populaire, folklorique, l’étude des formes et
l’établissement des lois qui régissent la structure est pourtant possible, avec autant de
précision que la morphologie des formations organiques. »1

Paul Larivaille a fini par s’imposer que, toute histoire se ramènerait à une suite
logique constituée de cinq étapes, L’intrigue, une fois la structure profonde de
l’histoire reconstruite par l’analyse, répondrait au modèle suivant, généralement
présenté sous le nom de « schéma quinaire » :

(1) Situation initiale ou L’équilibre.


(2) Provocation (perturbation).
(3) Action.
(4) Conséquence (résolution).
(5) Situation finale ou le retour à L’équilibre.

N.B : (2)+(3)+(4)=situation du déroulement ( élément perturbateur) .

1. PROPP Vladimir, Morphologie do conte (1928), [Link], Paris, Ed. du Seuil, coll. « Points »,
1970, p.60.

27
Ce modèle est très efficace pour mettre au clair la logique profonde qui sous-tend
l’intrigue de n’importe quel récit : « un récit idéal commence par une situation stable
qu’une force quelconque vient perturber. Il en résulte un état de déséquilibre ; le
second équilibre est bien semblable au premier, mais les deux ne sont jamais
identiques. Il y a par conséquent deux types d’épisode dans un récit : ceux qui
décrivent un état (d’équilibre ou de déséquilibre) et ceux qui décrivent le passage d’un
état à l’autre. »1

L’interprétation du schéma quinaire, selon Todorov, « est relativement simple : le


récit se définit comme le passage d’un état à un autre. Cette transformation, qui
correspond aux étapes (2), (3) et(4), suppose un élément qui l’enclenche (la
provocation), une dynamique qui l’effectue (l’action) et un épisode qui clôt le
processus (la conséquence). »2

1. TODOROV Tzvetan, Qu’est –ce que le structuralisme ?, t. II,


Poétique, Paris, Ed. Seuils, coll. « Points », p. 82.
2. JOUVE Vincent, Poétique du roman, Armand Colin, Paris, 2007. P. 64.

28
La deuxième partie :
Présentative et théorique

29
-LE PREMIER CHAPITRE : Lecture sémiotique du récit

I- Structure générale de « L’Amour, la fantasia » :

Le premier point intéressant dans cette partie analytique, c’est de faire une
analyse structurale, qui nous permet de dégager et découvrir l’organisation narrative
et l’architecture sur laquelle se bâti notre corpus.

L’analyse narratologique d’inspiration structuraliste essaye de répondre à ces


questions : qui raconte ? Il raconte quoi ? Et de quelle manière ?

« L’Amour, la fantasia » d’Assia DJEBAR, est un roman qui raconte l’histoire


d’une fille algérienne. Cette dernière, au début, était anonyme, mais nous
découvrirons aux dernières pages du roman, qu’elle est l’écrivaine elle-même.

Ce roman comporte trois grandes parties où s’alternent des chapitres


autobiographiques et des chapitres Historiques.

Ces trois parties sont juxtaposées et séparées par une page blanche et des
intertitres.

La narration se réalise dans notre corpus par un réseau de titres qui entourent
trois parties dissemblables :

 La première partie contient 58 pages, 4 chapitres.


 La deuxième partie : 56 pages, 3 chapitres.
 La troisième partie : 154 pages :

Cette dernière partie comporte cinq mouvements, plus un « final » annoncé


doublement, en arabe « Tzarl-rit » et en français.

Dan ce tissu narratif des sous titres, nous remarquons des répétitions :

Cinq fois le sous-titre « Voix », 3 fois « Voix de Veuve », 4 fois « Corps enlacés ».
D’abord, la première partie est divisée en plusieurs chapitres, présentée selon le

30
tableau :

partie Chapitres

Première -Fillette arabe allant pour la première fois à l’école……….……..…p11


partie : I-« Aube de ce 13 juin 1830 »……………………….….…….……..p14
La prise de la -Trois jeunes files cloitrées………………………………….…....…p18
ville ou L’amour II-« le combat de Staouéli »…………………………….…..…...…..p25
s’écrit……….p9 -La fille du gendarme français....................................................…....p33
III-« Explosion du fort l’empereur »…………………….….……….p45
-Mon père écrit a ma mère ……………………………….…..……..p54
IV-« Ouverte la ville plutôt que prise »………….………….………p59
-Biffure………………………………………………………….…...p69

La première partie commence par un récit autobiographique, relatant les


beaux moments et les souvenirs de l’enfance et même l’adolescence, gravés dans la
mémoire de la narratrice : « Fillette arabe allant pour la première fois à l’école »,
après, il y a un passage historique I : «  Aube de ce 13 Juin 1830 » p14, un récit
autobiographique : « Trois jeunes filles cloitrées… » p18, se termine par : « (…) je
pressentais que derrière la torpeur du hameau, se préparait, insoupçonné, un étrange
combat de femmes » p24.

Le récit suivant est historique II, débute par : « le combat de Staoueli se
déroule le Samedi 19 Juin » p25, le récit juste après est autobiographique : « La fille

31
du gendarme français… » Se termine par : « (…) parce que cet état autistique ferait
chape à mes élans de femmes, surviendraient à rebours quelque soudaine explosion »
p44. Nous trouverons ensuite, un récit historique III, débute par : « Explosion du fort
l’Empereur, le 4 Juillet 1830 » p45.

En fin, un titre en italique nommé « Biffure » p69.

Nous remarquons que chaque récit fait un repos et chaque chiffre romain sans sous-
titre.

La deuxième partie, est présentée ainsi :

Partie Chapitres

La -La razzia du capitaine Bosquet, à partir


deuxième partie  d’Oran……………………………………………………..…………p73
: I-« premières lettes d’amour »…………………………………….…p86
-Femmes, enfants, Bœufs couchés dans les
« LES CRIS DE grottes……………………………………………………………...…p94
LA FANTASIA » II-« [Link]ère… »………………………..……………………………p116
…..…….p71 LA MARIEE NUE DE
MAZOUNA………………………………………….…...…………p119
III-« A Paris dans le petit
appartement »……………………………………………………….p145
-Sistre……………………………………………………….………..p156

Dans cette partie contrairement à la première partie, nous remarquons une

32
suite d’épisode historique puis épisode autobiographique. L’écrivaine raconte son
mariage, en parlant de la nuit de noces et « le cri de la défloration », que la narratrice
constate comme « un nouveau-né sorti tout droit de ses entrailles », c’est un cri qui
prouve la renaissance d’Assia DJEBAR.

Pour notre écrivaine, « l’amour, c’est le cri » p 124, c’est un cri de libération,
de soulagement et surtout, de détachement de l’homme autoritaire, c’est la création
du « Voix » qui va libérer les femmes de se « Silence » qui a dominé leur société
depuis long temps.

C’est une « Voix » écrite en lettres pour se transformer en « écriture-cri » qui


met valeur des voix des femmes remisées dans le Harem.

Cette partie commence par « les cris de la fantasia » et se termine par « le cri
de l’amour », a notre avis, c’est pour donner un souffle au récit, et c’est le cas pour
tout les roman de notre écrivaine.

En outre, la disposition des chapitres de la troisième partie se fait selon le


modèle suivant :

Partie Mouvements

La troisième *Premier Mouvement :


partie : Les deux inconnues..………………………………..…………….p161
LES VOIX ENSEVELIES Voix……………………………………………………………p167
……..…..P159 Clameur…………………………………………………..p175
L’aphasie amoureuse……………………………………..……….p179
Voix…………………………………………………………….p185
Corps enlacés…………………………………………….p201
*Deuxième mouvement :
Transes………………………………………….………………p205
Voix………………………………………………………p209
Murmures……………………………………………..p216
La mise a sac………………………………………………..…….p219
Voix ………………………………………………………..….p225
Corps enlacés……………………………………………..p233

33
*Troisième Mouvement :
La complainte d’Abraham………………………….……………p239
Voix…………………………………………………………....p245
Chuchotement………………………………………..…..p249
L’école coranique…………………………….………………….p253
Voix de Veuve…………………………………………………p262
Corps enlacés………………………………………..…..p267
*Quatrième Mouvement :
Les cris dans le rêve………………………………….………..p271
Voix de veuve…………………………………………..p277
Conciliabules……………………………….……….p281
*Cinquième Mouvement :
La tunique de Nessus…………………………………...………..p297
Soliloque………………………………………………….…p303
Tzarl-rit (final)…………………………………………..…..p305
Pauline…………………………………………………….....p307
La fantasia…………………………………………………...p310
Air de nay……………………………………………….…...p313

Cette partie ne se compose pas de chapitres ; mais de mouvements. Avec ces


derniers, nous pouvons redonner des « voix » aux corps des morts, en réveillant
leurs « voix ensevelies ».

Dans cette partie, nous remarquons une alternance entre des chapitres
autobiographiques (période contemporaine de l’écriture : Paris/Venise/ Alger. juillet
82_ 84) avec d’autres historiques où la présence des récits de femmes sur la guerre
de libération de l’Algérie, montrant la peine et la souffrance du peuple algérien. Des
femmes qui expriment et relatent l’Histoire avec leurs « voix », en déchirant le
« silence » provoqué, non seulement par la France, mais aussi par les hommes de leur
entourage enfermé.

Dans le dernier chapitre du roman intitulé « AIR DE NAY », la narratrice salue le


peintre Eugène Fromentin qui représente un lien profond à l’Algérie : « J’interviens
pour saluer le peintre qui, au long de mon vagabondage, m’accompagnée en seconde

34
silhouette paternelle. » P 313. Ce dernier, quitta Laghouat enlevée par l’armée
française. Sur son chemin, il ramasse une main coupée, celle d’une algérienne
anonyme :

« Eugène Fromentin me tend une main m’attendue, celle d’une inconnue qu’il
n’a jamais pu dessiner […]. Il évoque alors un détail sinistre : au sort de l’oasis que le
massacre, six mois après, Empuantit, Fromentin ramasse, dans la poussière, une main
coupée d’algérienne anonyme. » p 313.

En somme, Assia DJEBAR voulait nous relater avec « L’Amour, la fantasia », son
parcours de vie, signalant, avec le Va et Vient entre les récits autobiographiques et
les passages historiques, que nous ne pouvons pas détacher l’histoire collective de
l’histoire intime ou bien personnelle. Donc la recherche de « soi » ne peut pas se
faire sans la recherche dans le passé collectif.

35
. L’ANALYSEAU NIVEAU NARRATIF :
II- Le modèle actantiel :
Le titre de «L’Amour, la fantasia » indique d’entré de jeu, les deux objets
principaux visés par la narratrice, ces deux objets présentent le bout final qui cherche
notre narratrice pour atteindre à ce que nous l’appelons : plaisir qui est à son rôle le
symbole de la liberté.
Le model actantiel se compose en six actants :
II-1-Les six actants du modèle actantiel :
A et B : Sujet et Objet :
Nous posons comme modèle actantiel principal de « L’Amour, la fantasia »
celui dans lequel Assia DJEBAR doit chercher la liberté des femmes cloitrées et
qu’elle se sent parmi elles.

C : Destinataire :
Si nous interprétons le destinataire comme celui bénéficie de la réalisation de la
jonction souhaitée entre le sujet et son objet, toutes les femmes Algériennes et surtout
enfermées sont évidemment destinataires de l’action.
D : Destinateur :
Qui investit l’espace littéraire pour écrire audacieusement par rapport à une
société traditionnelle à fin d’avoir la liberté des femmes de cette société ou l’homme
celui qui domine.
E et F : Adjuvant et opposant:
Pour bien dégager les adjuvants et les opposants dans le modèle actantiel
soumis à l’analyse, il est important de distinguer entre plusieurs actions importantes
reliées, c’est-à-dire constituant une structure de modèles actantiels.
Pour arriver à écrire en français, Assia DJEBAR doit apprendre le français.
Pour apprendre le français, elle doit acquérir la langue de son père.
Pour les fins de notre analyse, nous retenons les trois actions suivantes :
1- Assia DJEBAR influencée par la langue de son père.
2- Assia DJEBAR comprend le français.

36
3- Assia DJEBAR écrit en français.
Donc : les adjuvants sont :
L’écriture – la langue et le père

Par ailleurs les opposants sont :


- La société traditionnelle.
- L’homme.

II-2-Représentation du schéma actantiel :

La narratrice Toutes les femmes


La narratrice Plaisir, liberté
L’écriture narratrice L’homme autoritaire

· Schéma actantiel  plus détaillé :

La narratrice La liberté Les femmes

Axe du désir

L’écriture La narratrice L’homme


narratrice Pouvoir (+) Pouvoir (-)

37
.L’ANALYSE AU NIVEAU THEMATIQUE :

III-Le carré sémiotique :

III-1-L’explication du carré sémiotique :

Le point le plus remarquable au début du roman c’est bien la situation


enfermée des femmes algériennes dans leur société conservatrice et traditionnelle où la
femme a été doublement opprimée, d’une part, par le colonisateur français. D’autre
part, par l’homme de son entourage qui est celui qui domine et décide de l’avenir de la
femme : « (…) : il lui suffira de supprimer les fenêtres, de cadenasser l’unique portail,
d’élever jusqu’au ciel un mur orbe. » p11. Pour cette société, dès que la fille aura l’âge
de dix à quinze ans, elle doit porter le voile, et elle ne sort jamais de la maison :

« Voilez le corps de la fille nubile. Rendez-la invisible. Transformez-la en être plus


aveugle que l’aveugle, tuez en elle tout souvenir du dehors. » p12.

Le pseudonyme était un autre voile - il était toujours présent – la romancière se


cache sous un pseudonyme pour ne pas compromettre le mari ou la famille à cause de
son aventure littéraire livrée au grand public. Elle se révèle dans l’écriture par ses
témoignages de ce qu’elle a vécu, elle fait appel aux connaissances authentiques de la
société féminine algérienne où la femme n’a vu qu’infantilisme, violence, domination,
primitivité, statut inférieur, étouffement…etc.

Il est interdit de s’identifier, il est interdit de se présenter en « JE » et il n’est


pas autoriser de dévoiler l’intimité et le corps.

Les autobiographies chez les femmes écrivains du Maghreb sont discernables


tant à travers les roman qui disent « JE » qu’à travers les récits de vie et de
témoignages. C’est Assia DJEBAR qui affirme la reconnaissance du « JE », du corps
et du couple :

« Tout effort d’explication historique et sociologique n’empêche pas la femme d’islam


de se penser désormais à la première personne. » dit Assia DJEBAR dans un cours.

38
En parlant de « SOI », Assia DJEBAR voulant sortir de la marginalisation
sociale, du Silence ou de joug. Voulant s’affirmer, communiquant aux lecteurs, ses
expériences, sa vie, ses combats pour être reconnue en tant que femme. Cette dernière
veut désormais personnellement choisir son fiancé qui va devenir son mari. Ce couple
nait difficilement, compte tenu de l’environnement sociale et familial, par fois, il
meurt rapidement : divorce, donc échec.

Assia DJEBAR a réussi à faire passer les problèmes de la langue dans


« L’Amour, la fantasia », le français lui sert de moyen pour son émancipation. Dès le
début du roman, nous voyons la fillette parti pour l’école française avec le père. La
langue française l’a libéré, en étudiant le français, la romancière dit que : « son corps
s’occidentalisait à sa manière… mon corps s’est trouvé en moment dès la pratique de
l’écriture étrangère. » p 204.

Des tabous s’écoulaient, un autre univers s’ouvrait devant elle : « Parler de soi
hors de la langue des aïeules, c’est se dévoiler certes, mais pas seulement pour sortir
de l’enfance, pour s’exiler définitivement » c’était « se mettre à nu ». Il fallait parler
hors des mères, hors de la tradition.

III-2- Représentation du carré sémiotique :

III-2-A- Les termes :

 Position1 : femme dominée.


 Position2 : femme émancipée.
 Position3 : femme non émancipée.
 Position4 : femme non dominée.

III-2-B- Les méta termes :

 Position5 : terme complexe : femme dominée/femme émancipée.


 Position6 : terme neutre : femme non émancipée/femme dominée.
 Position7 : deixis positive : femme dominée/femme non émancipée.
 Position8 : deixis négative : femme émancipée/femme non dominée.
 Position9 : schéma positif : femme dominée/femme non dominée.
39
 Position10 : schéma négatif : femme émancipée/femme non émancipée

III-2-C- Relations :

Plusieurs relations s’établissent entre les termes du carré sémiotique :

 Contrariété : relation entre : femme dominée/femme émancipée et entre femme


non dominée/femme non émancipée.
 Contradiction : femme dominée/femme non dominée et entre

Femme émancipée/femme non émancipée.

 Implication (complémentarité) : femme non émancipée/femme dominée.

Les termes : femme dominée et femme émancipée sont contraires.

Les termes : femme non dominée et femme non émancipée sont subcontraires.

III-2-D- Opération :

1- Négation : femme dominée femme non dominée.


Femme émancipée femme non émancipée.

2- Assertion (affirmation) : femme non émancipée femme dominée.


Femme non dominée femme émancipée.

40
Femme dominée femme émancipée

DEIXIS
Schéma
(-) (+)
(+)

Femme non émancipée femme non dominée

TERME NEUTRE :

Femme non dominée + femme non émancipée

-Les métas termes :

 Enfermée.
 Oppressée.
 Dépendante.
 Etouffée.

Et aussi :

 Libre.
 Délirante.
 Autonome.
 Indépendante.

41
IV-Le schéma quinaire de « L’Amour, la fantasia » :

Travaillant sur les chapitres autobiographiques de notre corpus, nous pouvons


dégager le schéma quinaire suivant :

-La situation initiale :

Cette situation débute par « Fillette arabe allant pour la première fois à
l’école » et elle se termine par « Ma fillette me tenant la main, je suis partie à
l’aube ».

Ici, la narratrice relate ses souvenirs d’enfance avec son père où elle fait la
description détaillée de ce dernier en allant à l’école française dont il était un
instituteur.

-La situation du déroulement (élément perturbateur) :

Débute par « Trois jeunes fille cloitrée » jusqu’au « ma pension de veuve de
guerre me suffira »

Dans cette partie, Assia DJEBAR a eu un changement radicale au niveau du


corps et d’esprit, elle ferme la porte de l’enfance pour ouvrir celle de l’adolescence.
Elle se penche dans l’espace des amoureuses dés qu’elle recevait la première lettre
d’amour par un inconnu. Elle commence à raconter des histoires intimes avec ces
amies sur leurs relations avec leurs amants. En suite, elle arrive à relater son
expérience de mariage d’amour, avec un français, qui l’avait beaucoup aimé.

En outre, l’écrivaine a signalé l’amour de la langue de son père et ses débuts


d’écriture et de production littéraire de la jeunesse et de la maturité, en parlant des
années de repos, sans production, ce sont dix ans sans publication qui sont sans
doute, porteuses des ébauches d’œuvres qui témoignent de ses expériences
personnelles  :

« (…) des années de recherche intérieure, d’écoute autour de moi des femmes de ma

42
société, de ma région et même de celles de mon enfance. J’ai continué à écrire
pendant cette période-là sans publier, mais avec beaucoup de questions sur la
langue »

-La situation finale :

Elle commence par « Le père, silhouette droite » et elle se termine par
« Fillette arabe allant pour la première fois à l’école ».

L’écrivaine dans ces paragraphes revient aux moments d’enfance pleins


d’amour paternel d’où vient l’amour de la langue d’écriture chez notre narratrice.

Elle éprouve son émancipation par sa plume dont la révélation de l’espace


féminin qui cherche toujours a se montrer au monde entier.

Assia DJEBAR, se penche dans l’univers littéraire pour se soulager de sa société


traditionnelle conservatrice, dominée par l’Homme.

43
LE QUATRIEME CHAPITRE : Autobiographie et Histoire

I-Eléments autobiographiques et passages historiques dans le récit :

« L’Amour, la fantasia », est un roman, publié en 1985 (la deuxième édition en


1995), écrit par la plus grande romancière au Maghreb, il est comme tout roman écrit
par une femme, vise à dévoiler « La ligne de vie »1 de son auteure, en montrant les
raisons de réussites ou d’échecs de cette dernière.

Notre corpus se compose de trois parties dans les quelles alternent des
chapitres autobiographiques et des chapitres historiques, où nous remarquons une
évolution sur le plan social, marquée par des événements de l’Histoire :

« Aube de ce 13 Juin 1830, à l’instant précis et bref où le jour éclate au-dessus de la


conque profonde. Il est cinq heures du matin. Devant l’imposante flotte qui déchire
l’horizon, la Ville Imprenable se dévoile, blancheur fantomatique, à travers un
poudroiement de bleus et de gris mêlés. » p.14

A notre avis, « L’Amour, la fantasia » a amplement bénéficié de la formation


d’historienne d’Assia DJEBAR.

Il est évident que « L’Amour, la fantasia » se fait sur une double approche :
l’une autobiographique et l’autre historique. L’écrivaine se base sur la description de
la souffrance du peuple algérien avec l’écriture du « soi » : « Ma fiction est cette
autobiographie qui s’esquisse, alourdie par l’héritage qui m’encombre » (p.104).

Les deux premières parties consacrées, la première à l’enfance et à l’adolescence


par les expériences amoureuses de la narratrice :

1. GUSDORF George, Auto-bio-Graphie : Ligne de vie II, Odile Jacob, 1999.

44
« Je viens là durant les vacances scolaires de printemps et d’été. Me retrouver dans ces
lieux, enfermée avec ces trois sœurs j’appelle cela « aller à la compagne ». Je dois avoir
dix, puis onze, puis douze ans… » p.18

« A dix-sept ans, j’entre dans l’histoire d’amour à cause d’une lettre. Un inconnu m’a
écrit ; par inconscience ou par audace, il l’a fait ouvertement. » p.12

Dans la deuxième partie, l’écrivaine relate son expérience en tant que femme
mariée insistant sur les lettres d’amour de son adolescence :

« Premières lettres d’amour, écrites lors de mon adolescence. L’écrit s’y développe en
journal de rêveuse cloitrée. Je croyais ces pages « d’amour », puisque leur destinataire
était un amoureux clandestin ; ce n’était que des lettres du danger. » p.86

« Le mariage signifiait d’abord pour moi départ : frontière à franchir à la hâte,
conspirateurs nouveaux à retrouver sur une autre terre. L’arrivée de ma mère et de ma
sœur si jeune me reliait aux souvenirs lents du passé. » p.152

En fin, la troisième partie, représente la période récente de l’écriture chez notre


narratrice :

«Après plus d’un siècle d’occupation française –qui finit, il y a peu, par un écharnement-,
un territoire de langue subsiste entre deux peuples, entre deux mémoires ; la langue
française, corps et voix, s’installe en moi comme un orgueilleux préside, tandis que la
langue maternelle, toute en oralité, en hardes dépenaillées, résiste et attaque, entre deux
essoufflements. »  p.299

L’autobiographie ne peut se comprendre sans le retour au passé et sans une


perspective sur les origines qui ne peut se faire sans évoquer les peines faites à
l’Algérie.

Selon Philipe Lejeune, L’Autobiographie met au clair l’égalité dans un récit entre :
L’auteur, le narrateur et le personnage.

Dans « L’Amour, la fantasia », nous remarquons la présence de cette égalité avec

45
celle de l’approche historique où DJEBAR relate l’Histoire de l’Algérie qui présente
une grande partie de l’histoire du « soi ».

La narratrice se charge de la peine des algériens, indissociable de sa propre


histoire, « Comme si le Je parlant retrouvait l’universalité par le biais de ces étapes franchies
vers un Nous ressenti au fond de lui comme plus lui-même que lui. »1. L’autobiographie
donc, c’est un « Je » qui va remplacer un « Nous » d’une société ou d’un pays.

Il est évident que l’écriture de « L’Amour, la fantasia » se dégage d’un projet


autobiographique. Au début du roman, seulement une narratrice anonyme qui
raconte des souvenirs de son enfance, gravés dans sa mémoire, ce n’est en fait qu’à
partir des dernière pages qu’Assia DJEBAR annonce « le Pacte autobiographique »2 :

« Ecrire le plus anodin des souvenirs d’enfance renvoie […] au corps dépouillé de voix.
Tenter l’autobiographie par les seuls mots français, c’est, sous le lent scalpel de l’autopsie
à vif, montrer plus que sa peau. Sa chair se desquame, semble-t-il, en lambeaux du parler
d’enfance qui ne s’écrit plus. Les blessures s’ouvrent, les veines pleurent, coule le sang de
soi et des autres, qui n’a jamais séché. »

Dès l’incipit, la narratrice s’est présentée comme une fille inconnue :

« Fillette arabe allant pour la première fois à l’école, un matin d’automne, main dans
la main du père. Celui-ci, un fez sur la tête, la silhouette haute et droite dans son
costume européen, porte un cartable, il est instituteur à l’école française. Fillette
arabe dans un village du Sahel algérien. »p.11

A partir de ce passage, nous pouvons dégager le système majeur qui véhicule notre
roman : « la double appartenance » à l’Europe et à l’Algérie au même temps. En plus,
nous remarquons une sorte de contradiction chez le père ; ce dernier, porte un fez,
coiffe traditionnel d’Afrique du Nord, mais avec tous ça, un costume européen et il
est instituteur à l’école française, alors qu’il est en Algérie.

46
1. CLERC Jeanne-Marie, Ecrire, Transgresser, Résister, L’Harmattan, Classique de demain, 1997.

2. LEJEUNE Philippe, Le Pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1975.

Nous pouvons constater que le père se situe entre deux cultures :

« Cette langue que m’a donnée le père me devient entre metteuse et mon initiation, dès
lors, se place sous un double contradictoire… » p.12

Dans cette optique, nous découvrons une autre contradiction chez la fillette,
qui reçoit un double apprentissage, d’une part, par l’école française, d’autre part, par
son père ; c’est le cas de tout écrivain francophone qui se trouve à la croisée des
multiple terres et langues.

Jusqu’aux ces lignes, le récit reste impersonnel et nous ne pouvons pas encore
identifier cette inconnue. Jeanne-Marie Clerc, propose à ce propos la perspective
suivante :

« La difficulté de dire « Je » reste entière, comme en témoigne la narratrice de


L’Amour, la fantasia qui oscille entre le récit à la première personne et celui à la
troisième personne. » p.17

En plus, l’écrivaine raconte dans les récits historiques, la prise d’Alger par les
français depuis les années 1830. La relation qui se charge entre les algériens et les
français, ressemble à la relation entre l’Histoire de la guerre contre la France avec
l’histoire de la vie de la fillette du récit, qui devenue après, femme écrivaine.

Dans la première partie du roman, la narratrice nous relate ses souvenirs


d’enfance et ses expériences amoureuses, en même temps, elle nous fait un survol
sur l’Histoire de l’Algérie coloniale. « L’Amour, la fantasia » représente donc, une
hybridité générique qui s’illustre dans les multiples renvois au passé historique.

Dans les deux premières parties du roman, de nombreux personnages


prennent en charge descriptions et récits comme : les chefs d’opération de

47
colonisation décrivant leur rapport avec ce nouveau pays qu’ils sont en train
d’encercler. Assia DJEBAR, députe la parole d’une façon explicite :

« Ils sont désormais trois à écrire les préliminaires de cette chute » p.45

 Les guillemets signalent dans le texte, les citations que la narratrice replace ;
elle cite par exemple les écrits de Merle (un militaire français) : « Père troublé
par l’humanité française », « fanatisme musulman entrainant la mort du fils
malgré la science française. » p.51
 De plus, les paroles d’Amable Matterer (capitaine de frégate): « J’ai été le
premier à voir la ville d’Alger comme un petit triangle blanc couché sur le
penchant d’une montagne. » p.15

Les algériens n’ont pas eu la possibilité d’écrire les événements de la guerre de


libération, le récit ne concerne que les victoires françaises :

« Trente-sept témoins, peut-être davantage, vont relater, soit à chaud, soit peut après, le
déroulement de ce mois de Juillet 1830. Trente-sept descriptions seront publiées dont
trois seulement du coté des assièges. […] Mais que signifie l’écrit de tant de guerriers,
revivant ce mois de Juillet 1830? » p.66.67 

Les morts algériens ne sont que des fantômes, privés d’identité,  ils ne sont
rien, au regard des officiers français :

« Quel territoire ? Celui de notre mémoire qui fermente ? Quels fantômes se lèvent
derrière l’épaule de ces officiers, qui, une fois leurs bottes enlevées et jetées dans la
chambrée, continuent leur correspondance quotidienne ? » p.76

Dans le passage suivant, l’auteure insiste sur le point d’écriture et l’absence de


la littérature qui va relater les morts algériens :

« Or l’ennemi revient sur l’arrière. Sa guerre à lui apparait muette, sans écriture, sans
temps de l’écriture. […] Ecrire sur la guerre d’Afrique […] est-ce prétendre repeupler

48
un théâtre déserté ? » p.83

Assia DJEBAR dans son roman, fait intervenir un autre type de narrateurs, ce
sont des personnes, qui ont vécus les événements de la guerre et qui racontent leurs
récits des horreurs :

« Je reconstitue à mon tour, cette nuit […]. Mais, je préfère me tourner vers deux
témoins oculaires : un officier espagnol […] et un anonyme de la troupe [qui] décrira le
drame à sa famille. L’Espagnol nous parle de la hauteur des flammes ceinturant le
promontoire d’El Kantara ; Le brasier, affirme-t-il, fut entretenu toute la nuit. […] Le
soldat anonyme nous transmet sa vision avec une émotion encore plus violente :
quelle plume saurait rendre ce tableau ? Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la
Lune, un corps de troupes françaises occupé à entretenir le feu infernal !

Entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des
animaux, le craquement des roches calcinées s’écroulant, et les continuelles
détonations des armes ! » p.103

Dans ces lignes, le « Je » renvoi à la narratrice (Assia DJEBAR), elle fait
intervenir des témoins qui portent la parole pour décrire les horreurs et les
souffrances causées par les français. Même le narrateur remplacent, ne parvient pas
à s’exprimer et nous témoigne avant tout son horreur et son incapacité à s’exprimer
et à trouver les mots.

« Près d’un siècle et demi après Pélissier et Saint Arnand, je m’exerce à une
spéléologie bien particulière, puisque je m’agrippe aux arêtes des mots français-
rapport, narration, témoignages du passé. Serait-elle, à l’encontre de la démarche
« scientifique » d’E.F. Gauthier, engluée d’une partialité tardive ? » p.113

Ce paragraphe nous éclaire le projet d’écriture chez Assia DJEBAR qui énonce
que « La quête de soi » passe par  Le choix de la langue.

La relation entre l’écriture et la mémoire était présentée dans le récit par le


personnage « Pélissier » qui fait des opérations sur terrain et évoque les morts en

49
énumérant leurs noms et leur nombre :

« Pélissier me devient premier écrivain de la première guerre d’Algérie ! Car il


s’approche des victimes quand elles viennent à peine de frémir, non de haine, mais de
furia, et du désir de mourir… Pélissier, bourreau-greffier, porte dans les mains le
flambeau de mort et en éclaire ces martyrs. » p.114

A partir de ce passage nous découvrons que l’écriture pour notre écrivaine,


devient un moyen de redonner un honneur aux âmes de ces algériens morts au
combat.

Nous pouvons dire que, dans la structure de chaque récit, se manifestent deux
notions, la première, est individuelle et la deuxième est historique.

L’approche historique aide à écrire sur « soi », donc, nous pouvons répondre à
la question du choix de la langue d’écriture, qui est notamment « le français ». A cet
égard, Lise Gauvin écrit, en introduction à son entretien avec Assia DJEBAR :

« La langue choisie, qui n’est pas la langue maternelle, permet la distance nécessaire à
l’écriture autobiographique tout en accentuant la difficulté du projet.»1

Dans « L’Amour, la fantasia », Assia DJEBAR déclare : « J’ai senti que la langue de


l’autobiographie, quand elle n’est pas la langue maternelle, fait que presque
inévitablement, même sans le vouloir, l’autobiographie devient une fiction. »

La langue française devient un lieu de réflexion personnelle pour l’auteure, où la


double présence de l’autobiographie et la langue française

Assia DJEBAR dans son roman précisément dans le passage intitulé « Biffure »,
dévoile son rapport à la langue française :

« La prise de l’Imprenable…Images érodées, délitées de la roche du Temps. Des lettres de


mots français se profilent, allongées ou élargies dans leur étrangeté. Contre les parois des
cavernes, dans l’aura des flammes d’incendies successifs, tatouant les visages disparus de
diaprures rougeoyantes…Et l’inscription du texte étranger se renverse dans le miroir de la

50
souffrance, me proposant son double évanescent en lettres arabes, de droite à gauche
redévidées ; elles se délavent ensuite en dessins d’un Hoggar préhistorique…Pour lire, il
me faut renverser mon corps, plonger ma face dans l’Ombre, scruter la voûte de rocailles
ou de craie, laisser les chuchotements immémoriaux remonter, géologie sanguinolente
[…]. » p.69

1. GAUVIN Lise, L’écrivain francophone à la croisée des langues, Paris, Karthala, 1997.p. 17.

Ce paragraphe interroge le choix de la langue française, pour l’écrivaine, où il


implique une écriture différente dans sa graphie et une difficulté de choisir les mots
correctes pour mieux s’exprimer : « J’ai senti que pour moi, dans le français, il y avait
du sang dans cette langue. » p25

Dans le passage suivant :

« La langue encore coagulée des autres m’a enveloppé, dès l’enfance, en tunique de
Nessus, don d’amour de mon père qui, chaque matin, me tenait par la main sur le
chemin de l’école. Fillette arabe, dans un village du Sahel algérien… » p.302

Nous découvrons qu’Assia DJEBAR dans son roman « L’Amour, la fantasia » se


tue pour chercher les origines de son individualité, en profitant de son expérience en
tant qu‘ historienne. Cette recherche se fait au cours du récit jusqu’à la fin où la
narratrice donne la réponse favorable à l’incipit cité au début.

51
Conclusion Générale

52
Conclusion Générale :

Ayant atteint la fin de parcours du présent travail, et après avoir exposé


plusieurs éléments de la sémiotique qui ont une relation directe avec notre corpus,
nous sommes parvenues à la conclusion de cette étude, qui nous a permis de dégager
quelques aspects de l’écriture Djebarienne, spécialement dans notre roman d’étude
intitulé «L’Amour, la fantasia».

Assia DJEBAR se tient attentive au métissage des langues, des cultures, des
images et des histoires, sur tous les plans sémantiques : éclatement, ouverture,
convergence et divergence.
En effet, pour notre romancière, toute narration, tout témoignage et toute
autobiographie est un espace de combat de langues :
« […….] j’avais le sentiment qu’en moi il y avait une sorte de conflit entre les deux
langues, entre le français et l’arabe » (entretien inédit en français avec Renate
Siebert, manuscrit, P.68.)
A notre avis, notre écrivaine réussit à peindre implicitement par son « qalam »
le malaise et le souci de son témoignage sur la société traditionnelle, insistant sur la
situation précaire de la femme enfermée durant cette époque de la colonisation, à
travers ses souvenirs inoubliables d’enfance jusqu’aux moments de maturité chez
notre écrivaine.

« L’Amour, la fantasia », représente une alternance entre des chapitres


autobiographique et autres historiques, la narratrice cherche avec ce va et vient à
donner un rythme à son texte : « En effet, je crois que pour moi le plus important ce
n’est pas la narration en tant que telle, c’est le mouvement où je trouve un rythme qui
correspond à ce qui me pousse. » (Ibid. P.60)

53
Nous constatons qu’avec cette écriture, Assia DJEBAR donne un nouveau
souffle au modèle littéraire traditionnel, elle subtilise toutes les règles, surtout au
niveau formel : « La forme, ce qui j’appelle le mouvement de ma phrase [……] » (P.60)
La narration dans « L’Amour, la fantasia » est à la fois historique et
autobiographique en écrivant sur « soi » pour viser tout en espace de femmes
cloîtrées.
L’histoire pour Assia DJEBAR est « un regard volé »,  parce qu’elle est écrite
toujours par le colon qui présente l’autre. Donc c’est une réécriture en l’occurrence
celle des rapports des militaires français en Algérie, des récits et des témoignages sur
le passé.
Nous découvrons qu’elle a fait éclater les formes d’écriture, pour refléter les
beaux moments de sa propre vie, ainsi que la souffrance des femmes à cette époque
coloniale.
Et créer une sorte de modernité textuelle qui lui est propre.

Les œuvres d’Assia DJEBAR font naitre une nouvelle forme d’écriture tant au
niveau structural que thématique. C’est une sorte de modernité créative fondée sut
la richesse des thèmes développés s’appuyant sur les expériences personnelles.
Pour mieux synthétiser notre travail de recherche, nous voudrions revenir sur
les deux grandes parties qui l’ont constitué. La première partie : « Présentative et
théorique » est devisée en deux chapitres, le premier s’intitule « Biobibliographie de
l’auteur », nous avons tenté d’exposer la biographie, la bibliographie et quelques
thèmes abordés par Assia DJEBAR dans ses romans.
Le deuxième chapitre s’intitule: « Aspects méthodologiques et théoriques »,
nous nous sommes référées principalement à la sémiotique greimassienne. Nous
avons tenté d’éclaircir les deux grands concepts clés de notre étude qui sont : le
modèle actantiel qui s’étudie au niveau narratif ou nous avons dégagé les fonctions
et les six actants de notre roman. Le second c’est le carré sémiotique qui s’étudie au

54
niveau thématique, où nous avons découvert le système des valeurs véhiculées par le
texte.
La deuxième partie a été consacrée à « l’Analyse textuelle », elle se devise à
son tour en deux chapitres. Le troisième, a été réservé à une lecture sémiotique du
roman. Ce chapitre était comme le noyau fertile de notre mémoire qui nous a conduit
à répondre à notre problématique.

Nous signalons que notre ambition dans ce chapitre état de comprendre les
actions et les fonctions des personnages, mais aussi, de parvenir à mettre au clair le
système des valeurs véhiculées par le texte.
Reprenons la question principale de notre problématique que nous avons
exposée au début de notre travail de recherche :

Comment la structure narrative est organisée sémiotiquement, sur le plan


narratif et le plan thématique, dans l’œuvre d’Assia DJEBAR, « L’Amour, la
fantasia » ?

Nous avons tenté dès le début de ce chapitre de la deuxième partie de


répondre à cette question, en faisant une observation générale sur la structure du
roman qui est présentée par un réseau de titres et de sous-titres. Nous avons vu que
cette chronologie brouillée et éclatée, car Assia DJEBAR dans son roman s’est lancée
dans le va et vient entre les différents récits dont l’Alternance entre des passages des
souvenirs d’enfance jusqu’à son mariage, et des récits de l’histoire de l’Algérie
coloniale depuis les années 1830 jusqu’à l’indépendance.

Dans le quatrième chapitre de la deuxième partie de notre mémoire intitulé


« Autobiographie et Histoire », était réservé pour faire un survol sur quelques
passages autobiographiques et des paragraphes historiques de notre roman.

55
Par ailleurs, dans un tout qui est écrit dans une langue bien travaillée,
l’auteure dans ce roman a joué deux rôles, à la fois : une narratrice, mais aussi ; une
historienne, qui a pour tâche de nous raconter des faits de sa propre vie et d’autre de
l’histoire de l’Algérie coloniale.
Ainsi, nous pensons pouvoir affirmer que la structure narrative et
l’organisation textuelle participent à la production du sens de «L’Amour, la fantasia »
est d’une importance capitale.

Nous nous sommes concentrée d’analyser quelques aspects sémiotiques de


tout ce qui peut – nous renvoyer à répondre à notre question centrale, en utilisant
la théorie de Greimas qui nous a conduit à identifier, analyser et comprendre la
structure générale du récit et l’organisation textuelle de ce dernier pour arriver enfin
à découvrir les différentes formes d’écriture chez Assia DJEBAR qui constitue une
nouvelle forme d’écrire.

A notre avis, tous ces aspects utilisés par Assia DJEBAR ont une relation avec
sa lutte des droits de femmes Algériennes cloitrées et maltraitées par les hommes de
la société traditionnelle où l’homme ne nomme jamais son épouse.

Nous croyons que les objectifs initiaux dans notre étude de recherche sont
moins ambigus, parce que nous avons essayé de répondre aux questions posées au
début. En effet, notre étude n’aborde pas tout ce qui doit être étudié dans « L’Amour,
la fantasia», dont la richesse et la multiplicité sur tous les plans.

Nous souhaitons dans un avenir proche compléter notre tâche sur la structure
narrative en appliquons profondément la sémiotique Greimassienne sur toutes les
parties de notre corpus.

56
En somme, et comme nous l’avons signalé, « L’Amour, la Fantasia » est un
roman féminin par excellence et cela n’est pas nouveau pour Assia DJEBAR, parce que
le thème de « la femme » est au centre de toute sa production littéraire.

L’écriture Djebarienne se construit a l’honneur des femmes où elle fait


entendre « les voix ensevelies » par « le cri » de joie ou de douleur. Elle ne se laisse
jamais aller ou elle fait du « cri », l’architecture de son roman par une alternance des
« voix » et des époques de l’histoire individuelle et collective.
C’est une voix qui s’écrit en langue adverse : « parler de soi-même hors de la
langue des aïeuls » p178.
Assia DJEBAR, cherche grâce à sa plume à inventer son parler de femme
Algérienne écrivant dans la langue de l’autre.

57
Bibliographie

1-Ouvrages littéraires :

1-1- Corpus d’analyse :

Assia DJEBAR, « L’Amour, la fantasia », Paris, Albin Michel, 1985.

1-2-Corpus secondaires cités :

 Assia DJEBAR, La soif, paris, Julliard, 1957.


 Assia DJEBAR, Loin de Médine, Paris, Albin M, 1991.
 Assia DJEBAR, Vaste est la prison, Paris, Albin M, 1995.
 Assia DJEBAR, Nulle part dans la maison de mon père,

Paris, Fayard, 2007.

2-Ouvrages théoriques :

. TODOROV Tzvetan, Qu’est-ce que la structuralisme?, t .II, Poétique,


Paris, Ed, Seuils, Coll. « Points ».

. JOUVE Vincent, Poétique du roman, Armand Colin, Paris, 2007.

. PROPP Vladimir, Morphologie du conte. (1928),[Link], Paris, Ed , du


SEUIL, Coll. « Points », 1970.

. EVERAERT-DEMEST Nicole, Sémiotique du récit, édition de Boeck


université, 2007.

. GREIMAS CF.A.J Sémantique structurale, Paris, Larousse, 1996.

. GAUVAIN Lise, L’écrivain francophone à la croisée des langues, Paris,


Karthala, 1997.

. LEUJEUNE Philipe, Le pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1975

. CLERRC Jeanne Marie, Ecrire, Transgresser, Résister, L’harmattan,


Classique de demain, 1997.

. GUSDORF George, Auto-bio-graphie : Ligne de Vie II , Odile Jacob, 1999.


3-Les dictionnaires :

. BONN CHARLE (1996), « ASSIA DJEBAR », Dictionnaire des littératures de


langue française, Paris : Larousse Bordas.

4- La Sitographie :

o . [Link].
La rédaction de l’amour, la fantasia d’Assia DJEBAR est le résultat d’un
imprévu attaché au conteste sociale algérien durant la colonisation française.

L’auteure a dessiné cette réalité macabre surtout à coté des femmes où


elle dévoile sa vie intime.

Cette étude littéraire intitule : « Structure narrative et organisation


textuelle chez Assia DJEBAR dans L’Amour, la fantasia », menée dans le cadre
d’un mémoire de master est appréhendée d’un point de vue narratologique.
Pour notre analyse, nous considérons comme important d’appliquer
l’approche sémiotique qui nous a permis de mettre an avant la structure du
roman et parvenir à mettre au jour le système des valeurs véhiculé par le
texte.

Cette étude représente : L’Amour, la fantasia d’Assia DJEBAR par sa


complexité textuelle, grâce aux techniques utilisées par l’auteure qui rend
compte de l’éclatement de la société féminine dominée par les hommes.
‫كتابة "الحب‪ ،‬الفنتازٌا" آلسٌا جبار هو نتٌجة غٌر متوقعة تعلق على التحدٌات االجتماعٌة الجزائرٌة‬
‫خالل االستعمار الفرنسً ‪.‬‬
‫ولفت المؤلف هذه الحقٌقة البشعة للمرأة وخاصة بالقرب من حٌث ٌكشف حٌاتها الحمٌمة ‪.‬‬
‫اقترب هذه الدراسة األدبٌة بعنوان "البنٌة السردٌة وتنظٌم النصٌة فً آسٌا جبار فً 'الحب‪ ،‬ال الفنتازٌا"‪،‬‬
‫التً أجرٌت كجزء من أطروحة الماجستٌر من وجهة نظر تحلٌلنا‪ ،‬ونحن نعتبر المهم تطبٌق نهج‬
‫السٌمٌائً الذي سمح لنا قبل عام من بنٌة الرواٌة وإرسالها إلى الكشف عن منظومة القٌم التً نقلها‬
‫النص ‪.‬‬
‫تمثل هذه الدراسة ‪ :‬الحب‪ ،‬الفنتازٌا التً كتبتها آسٌا جبار التعقٌد النصٌة لها‪ ،‬وذلك بفضل التقنٌات‬
‫المستخدمة من قبل المؤلف الذي ٌعكس انهٌار المجتمع اإلناث ٌهٌمن علٌها الرجال‪.‬‬
Writing love, Fantasia Assia DJEBAR is the result of an unforeseen attached to
the Algerian social challenges during the French colonization.
The author drew this gruesome reality of women especially near where she
reveals her intimate life.
This literary study entitled "Narrative Structure and textual organization in Assia
Djebar in L'Amour, la fantasia", conducted as part of a master's thesis is
approached from the point of view narratological. For our analysis, we consider
important to apply semiotic approach that has allowed us to year before the
structure of the novel and sent to uncover the system of values conveyed by the
text.
This study represents: Love, fantasia by Assia DJEBAR its textual complexity,
thanks to the techniques used by the author that reflects the breakdown of the
female society dominated by men.

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