Structure Narrative Et Organisation Textuelle Chez: Assia DJEBAR, Dans L'Amour, La Fantasia
Structure Narrative Et Organisation Textuelle Chez: Assia DJEBAR, Dans L'Amour, La Fantasia
Département De Français
Mémoire de Master
Thème :
Devant le jury :
Président : Mr. BOUZIDI. A.
Rapporteur: Mr. HADJAR Hemza.
Promotion : 2013-2014
A mon papa pour tout ce qu’il a fait pour moi, pour ses efforts qui m’ont permis
d’étudier dans de bonnes conditions.
Et à ma très chère maman dont la tendresse et l’attention étaient pour moi une
force apaisante qui m’a accompagnée tout au long de ce travail.
Un grand merci également à ma très chère sœur Fairouz pour ses conseils
inestimables et sa patience.
Introduction générale……………………………………………...………....….p01.
Conclusion générale…………………………………………………………..…p52.
Bibliographie.
Résumé.
Introduction générale
1
Introduction générale :
Abordant toutes les questions, lisant l’histoire, étudiant les sujets les
plus divers sur : la littérature, la politique, la religion, les mœurs et les
traditions, le roman littéraire ne semble plus avoirs de cadre et le monde
entier apparait être son domaine. Outre la difficulté proprement stylistique,
2
ce qui semble offrir le plus de complexité à un romancier, c’est à notre avis, la
construction et la structure des différentes parties de son roman, mais aussi
l’organisation de la narration dans ces multiples parties.
Nous avons pris comme objet d’étude l’un des romans les plus connus
d’Assia DJEBAR: « L’Amour, la fantasia », publié en 1985 aux éditions Jean-
Claude Lattés (la deuxième édition était en 1995 aux éditions Albin Michel,
S.A.), parce qu’il est riche, profond et très marquant ; D’une part, par sa
structure particulière. D’autre part, par sa richesse thématique où l’auteure
traite beaucoup de thèmes tel que : l’amour, le père, la femme,
l’Histoire,…etc.
3
« Vaste est la prison » en 1995.
4
méthodologiques, il ne nous est pas possible pour réaliser une étude
sémiotique approfondie, nous sommes dans l’obligation de choisir quelques
parties du roman pour appliquer cette approche, qui nous semble la plus
adéquate pour réussir notre travail de recherche.
De tout ce qui précède et pour mieux rendre compte des aspects les
plus distinctifs, nous avons l’intention d’organiser notre travail de recherche
selon la répartition suivante :
.la première partie, sera subdivisée en deux chapitres, nous avons jugé
5
utile de présenté, dans le premier chapitre, notre romancière, son parcours
romanesque et les grands thèmes abordés par Assia DJEBAR, pour nous
humecter du sujet.
.la deuxième partie, qui sera analytique, elle sera divisée à son tours
en deux chapitres, nous consacrerons le premier chapitre pour la structure
narrative du récit et pour une lecture sémiotique de « L’Amour, la fantasia ».
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La première partie :
Présentative et Théorique
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-LE PREMIER CHAPITRE : Biobibliographie de l’auteure :
De son nom dans l’espace littéraire Assia DJEBAR, est une femme algérienne,
berbérophone par ses grands-parents, arabophone par ses parents, écrivant dans la
langue d’étouffement qui est le français, pour son pays L’Algérie et pour tout le
Maghreb:
« (…) jusqu’à un texte français qui devient en fin mien (…), oui, faire réafleurer les
cultures traditionnelles mises au ban, maltraitées, longtemps méprisées, les inscrire,
elles, dans un texte nouveau, dans une graphie qui devient mon français » (Ces voix
qui m’assiègent d’Assia DJEBAR p29).
De son vrai nom Fatima Ezohra Emmalyenne, nait le 04 Août 1936 à Cherchell,
à L’Ouest d’Alger, d’une famille traditionnelle et conservatrice de petite Bourgeoisie.
Assia DJEBAR est, sans conteste, la plus grande romancière au Maghreb. Elle
est l’une des écrivaines algériennes d’expression française, les plus connues. Pour
notre narratrice, le français est une langue de soulagement et de s’expression, mais
sans oublier ses racines purement algériennes. DJEBAR est sortie de l’arabe parlé pour
dire « je » et faire l’enquête de « soi »:
« (…) j’avait le sentiment qu’en moi il y avait une sorte de conflit entre les deux
langues, entre le français et l’arabe.» (Entretien inédit en français avec Renate Siebert
p.60.
« (…) je prends conscience de mon choix définitif d’une écriture francophone qui est,
pour moi, alors, la seule de nécessité : celle où l’espace en français de ma langue
d’écrivain, n’exclut pas les autres langues maternelles que je porte en moi, sans les
écrire » (Ces voix qui m’assiègent, p. 39)
8
Le père d’Assia DJEBAR, avait fait des études à l’Ecole Normale de Bouzaréa,
descendant de la tribu de Beni Menacer, il avait été camarade d’étude de Mouloud
Feraon, il devient alors enseignant dans un village de la Mitidja, à Mouzaia ville.
En Juin 1955, elle passe avec succès le concours d’admission pour l’Ecole de
Sèvres. Après une année, elle suit la grève déclenchée par les étudiants algériens, par
solidarité nationale, de sorte qu’elle a refusé de passer les examens de Licence et c’est
la même année qu’elle a commencé à écrire et qu’elle a prit la décision d’entrer dans
l’espace littéraire où « La Soif » était son premier roman écrit sous le pseudonyme
d’Assia DJEBAR signifie, Assia : en dialecte c’est « celle qui console, qui
accompagne de sa présence », DJEBAR : en arabe classique c’est l’intransigeant.
Elle épousait en 1958, puis, elle partit avec son mari à Tunis, là où elle préparait
son diplôme d’études supérieure en Histoire, sous la direction de Louis Massignon et
collabore parallèlement à El Moudjahid. Elle est assistante d’histoire de l’Afrique du
Nord à l’Université de Rabat en 1956.
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adaptatrice. En 1974, elle fait retour à Alger, suivant l’enquête universitaire et les
recherches sociologiques. Elle revient à sa ville natale : Cherchell à l’âge de 40 ans où
elle a fait le tournage de « La Nouba » sur la terre algérienne qui porte les traces de la
révolte et la résistance de nos ancêtres, contre le régime sanglant de la colonisation, en
montrant le rôle très important des femmes algériennes, celles qui n’ont jamais
absentes. Après six ans de divorce, elle s’est remarie avec le célèbre poète et écrivain
algérien Malek Alloula en 1980. Depuis 1983 jusqu’à 1989, elle repart s’installer à
Paris et elle élabore à des congrès universitaires et écrivant des œuvres historiques sur
l’Algérie.
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II-La bibliographie d’Assia DJEBAR :
Il est évident que malgré la bonne volonté de notre écrivaine, même connaissant
l’arabe, elle écrit dans le contexte de la domination française, elle rend compte des
situations réelles et des histoires véridiques même de sa propre vie.
DJEBAR est une écrivaine, qui a prit la parole et la plume à un âge très jeune.
Elle est prolifique où elle a édité plus d’une vingtaine d’œuvres. Alors qu’elle n’avait
que 21 ans, elle a édité son premier roman intitulé « La Soif » (Paris. Julliard, 1957).
Le titre de son second roman est intitulé « Les impatients » (Paris. Julliard,
1958). Deux ans après, elle a écrit la pièce de théâtre « Rouge l’aube » et prépare
également un recueil de poèmes avec une poésie brulante pour l’Algérie, « Poème
pour l’Algérie heureuse » 1969.
Son troisième roman est intitulé : « Les enfants du nouveau monde » (Paris.
Julliard, 1962), dans ce dernier roman, l’écrivaine a bien extériorisé son élaboration
sur la guerre d’Algérie.
Les romans d’Assia DJEBAR marquent deux époques d’écriture. D’une part,
celle des œuvres de la jeunesse qui sont les quatre romans précédents.
D’autre part, celle des œuvres de la maturité qui viennent après un arrêt
d’écriture chez notre narratrice.
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puisqu’elle a réunit dans ce dernier recueil, des nouvelles écrites entre 1958 et 1979.
Entre les deux périodes d’écriture, il y a eu un intervalle de dix ans de « silence » qui
marque un déplacement indiscutable n’est pas dans la qualité romanesque, mais, plutôt
de valeur textuelle où la politique était indissociable de la poétique. Ces années
d’écriture interrompue sot marquées par des vas et viens entre la France et l’Algérie.
Après le grand succès de son premier film, elle a continué sur ce chemin de
réalisation cinématographique pour faire le montage d’un autre film historique
intitulé : « La Zerda et les Chants de l’oubli », présenté à Alger en Juillet 1982.
Assia DJEBAR issue d’une société où il est interdit de parler de soi surtout
pour une femme : « La parole est déjà une prise de position dans une société qui la
refuse à la femme » (Harouda, Denoël, p.84).
« J’ai senti à ce moment-là qu’écrire pour une femme signifiait inévitablement écrire
sur soi-même. Et j’ai reculé » (Ces voix qui m’assiègent, p.38) :
Après quatre ans de repos, Assia DJEBAR a dédié « Loin de Médine » (Paris,
Albin Michel, 1991).
En 1993, elle à écrit l’ouvrage : « Chronique d’un été algérien » (Paris, Plume,
1993) et « Villes d’Algérie au XIX e siècle » (Paris, Centre Culturel Algérien, 1994).
En 1995, paru le troisième volet de son quatuor : « Vaste est la prison », Paris, Albin
Michel, 1995).
12
En 1996, ce quatuor était clôturé par : « Le Blanc d’Algérie » (Paris, Albin
Michel, 1996). Une année après elle a publié : « Oran, langue morte » (Actes Sud,
1997) et « Les nuits de Strasbourg » (Actes Sud, 1997).Postérieurement, « Ces voix
qui m’assiègent » en 1999.
Assia DJEBAR est une écrivaine connue mondialement par multiples récits
affrontés à tous les partages, la plupart de ses livre ont été traduits en plusieurs
langues : Allemande, Espagnole, Anglaise, Arabe, Turque, Russe, Chinoise,…etc.
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III-Les thèmes abordés dans quelques œuvres d’Assia DJEBAR :
Assia DJEBAR, joue le rôle d’une révolte en se mettant à écrire contre cette
situation des femmes algériennes, pour combattre les injustices sociales et défendre les
droits de la femme. Tout cela nous confirme qu’Assia DJEBAR est un symbole de
l’affranchissement du sexe féminin en Algérie.
Dès son premier roman « La soif » 1957, Assia DJEBAR devient une porte-
parole des femmes arabo-musulmanes, dénuées de leur liberté et asphyxiées par la
négligence dans une société cloitrée et conservatrice où l’homme, celui qui décide.
Nul doute, à cet égard, que la multiplicité thématique fait l’originalité de ses
œuvres par rapport aux autres.
1BONN Charle. (1996) «Assia Djebar», Dictionnaire des littératures de langue française Paris LAROUSSE Bordas, p 701
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A cet égard, nous constatons qu’Assia DJEBAR a traité presque tous les sujets
attachés à la société conservatrice, en utilisant un langage féminin où elle revendique
toujours les droits de la femme cloitrée. Kacem Basfao, a définit l’individu qui
appartient a cette société traditionnelle comme « Partie intégrante du tout, de cette
Oumma, partie qui l’englobe et le désire au point de viser à lui faire oublier sa
dimension de sujet désirant »1
Parmi les œuvres qui illustrent vraiment notre concept de la femme recluse :
« Les impatients » (Julliard, Paris, 1958), où DJEBAR raconte la vie d’une jeune fille
appartienne à une famille conservatrice dont l’homme celui qui commande et domine.
Cette fille se sent renfermée et limitée par son entourage. En effet ; elle décida de
sortir de ce milieu par le biais d’une corrélation amoureuse.
En plus, dans « Les enfants du nouveau monde » (Julliard, Paris, 1962), elle
décrit le développement remarquable de la situation de la femme algérienne avant,
pendant et après la guerre de libération.
Dans son roman « Les alouettes naïves », (Julliard, Paris, 1967), l’écrivaine
relate l’insurrection d’une jeune fille contre l’organisation sociale dans laquelle
l’autorité du père est prépondérante
Apport de la psychopathologie maghrébine (Actes), Université de Paris XII, centre de recherches en psychopathologie, 1991,
p.139.
15
Dans « Des femmes d’Alger dans leur appartement » (Paris, Des femmes ,
1980) où DJEBAR nous montre une sexualité débridée en montrant bien des concepts
par rapport au corps de la femme maghrébine : « L’évolution la plus visible des
femmes arabes », tout au moins dans villes, a donc été d’enlever le voile » (p175).
L’écrivaine voulait montrer par ce roman, le désir de son pays pour se libérer
des pieds noirs où elle traite dans les passages historiques deux périodes très
importantes qui marquent le début et la fin de la période coloniale. Mais aussi, elle
dévoile le désir des femmes algériennes de soulager de leur vie cloitrée.
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C’est évident que la richesse thématique de ses œuvres révèle la multiplicité des
pratiques romanesques d’Assia DJEBAR où elle dévoile sa vie intime en parlant de
son parcours et ses expériences personnelles telles que :
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-LE DEUXIEME CHAPITRE : Aspects Méthodologiques et Théoriques :
Nous allons consacrer notre attention dans cette partie théorique sur un bref survol
de concepts théoriques sur la sémiotique narrative de Greimas sur le plan narratif et le
plan thématique, que nous appliquerons plus en détails dans lepremier chapitre de la
deuxième partie.
La sémiotique narrative est une partie très importante des études textuelles, elle
tente de dégager des structures profondes de l’histoire.
Il est évident, de commencer notre partie théorique par une définition du récit parce
que nous sommes en train d’analyser un texte littéraire.
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Selon Vincent Jouve : « l’histoire de façon animale, peut se définir comme une
suite d’action prise en charge par des acteurs »1
Alors, le récit est une représentation d’un événement qui va subir une
transformation ou bien un changement, c’est donc : « le passage d’un état S1à un état
S2 »2.
Les deux termes situés sur l’axe sémantique S grand………..S petit, qui se trouvent
aux deux extrémités de l’axe, s’opposent entre eux par la « mesure du continu »3.
Mais le rapport et la relation entre ces deux termes c’est bien la structure élémentaire
de la signification 4.
I. Le modèle actantiel :
Dans les années soixante Greimas a proposé le modèle actantiel, inspiré des
théories de Propp (en 1970) et qui constate que : « Ce qui change, ce sont les noms des
personnages ; ce qui ne change pas, ce sont leurs actions ou leurs fonctions. On peut en
conclure que le conte prête souvent les mêmes actions à des personnages différents.
Ce qui nous permet d’étudier ici les contes à partir des fonctions des
personnages »5.
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« Par fonction, nous entendons l’action d’un personnage définie du point de vue
de sa signification dans le déroulement de l’intrigue »1
(1) Le sujet : ce qui veut ou ne veut pas être conjoint à un objet. (2) Le
destinateur : est ce qui incite à faire l’action, par contre, le destinataire (4): est-ce qui
en bénéficiera.
Enfin, l’adjuvant (5) qui aide à la réalisation de l’action, tandis qu’un opposant
(6) compromet.
C’est ainsi que Fontanille a écrit « quand le sujet passe à l'action, il peut nous
apparaître comme indépendant du destinateur. Ce dernier peut encore intervenir, mais
seulement sous une forme affaiblie et ancillaire, celle de l’Adjuvant, qui complète ou
renforce la compétence du sujet».
Les six actants sont regroupés en trois oppositions formant chacune un axe de la
description actantielle :
(1) sujet / (2) objet. Le sujet est ce qui est orienté vers un objet. La relation
établie entre le sujet et l'objet s'appelle Jonction, Selon que l'objet est conjoint au sujet
(par exemple, le prince veut la princesse) ou lui est disjoint (par exemple, un meurtrier
réussit à se débarrasser du corps de sa victime), on parlera, respectivement, de
conjonction et de disjonction.
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b) Axe du pouvoir:
(5) destinateur / (6) destinataire. Le destinateur est celui qui demande que la
jonction entre le sujet et l'objet soit établie (par exemple, le roi demande au prince de
sauver la princesse). Le destinataire est ce pour qui la quête est réalisée. En
simplifiant, interprétons le destinataire (ou destinataire-bénéficiaire) comme ce qui
bénéficiera de la réalisation de la jonction entre le sujet et l'objet (par exemple, le roi,
le royaume, la princesse, le prince, etc.)Les éléments, destinateurs se retrouvent
souvent aussi destinataires.
Destinateur Destinataire
Sujet Objet
Adjuvant Opposant
1. GREIMAS, considère plutôt que l'adjuvant aide à la réalisation de la quête et/ou à la transmission au destinataire ; le même
raisonnement s'applique pour l'opposant.
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Schéma plus détaillé :
Les actants sont les «personnages » considérés du point de vue de leurs rôles
narratifs (leurs fonctions, leurs sphères d’actions) et des relations qu’ils entretiennent
entre eux.
Les rôles peuvent être réduits au nombre de six et les relations se nouent selon trois
axes : tout récit rapporte la quête d’un sujet qui cherche à obtenir un objet (axe du
désir) ; il est communiqué par le destinateur ou destinataire ; l’adjuvant aide le sujet à
atteindre son objet, tandis que l’opposant fait obstacle à cette quête (axe du pouvoir).
Axe du savoir
Axe du désir
Destinateur Destinataire
Sujet Objet
Adjuvant Opposant
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. Analyse au Niveau thématique :
II.1. Définition :
Le carré sémiotique se constitue sur la base d’un axe sémantique, qui s’articule
en deux valeurs contraires, S1 et S2.
S1blanc……………………………….....……..S2noir
DEIXIS
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II.2. Structure du carré sémiotique :
Voici un carré sémiotique vide (non étiqueté, non investi d'une opposition
particulière) :
5.(=1+2)
TERME COMPLEXE
[Link].A [Link] B
9. (=1+4)
SCHEMA
6. (=3+4)
[Link] NON-B [Link] NON -A
6.(=3+4)
TERME
NEUTRE
Légende :
+ : unit les termes qui composent un méta terme (un terme composé), par
exemple 5 résulte de la combinaison de 1 et 2.
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II.3. Les éléments constitutifs du Carré sémiotique :
1. Termes.
2. Méta termes (termes composés).
3. Relations (entre termes).
4. Opérations.
5. Sujet(s) observateur(s) qui procèdent) au classement (auteur réel, auteur inféré,
narrateur, personnage, etc.
6. Objet(s) classées) sur le carré.
7. Temps (de l'observation).
8. Transformations et/ou successions des divers éléments constitutifs (sujet,
objets, etc.)
[Link] :
Position 1 : terme A.
Position 2 : terme B.
Position 3 : terme non-B.
Position 4 : terme non-A.
Les deux premiers termes forment l'opposition à la base du carré et les deux autres
sont obtenus par la négation de chaque terme de cette opposition.
II.3.B.Métatermes :
Le carré sémiotique comporte six métas termes. Les métas termes sont des termes
composés à partir des quatre termes. Certains de ces métas termes reçoivent des noms
(malgré leur nom, le terme complexe et le terme neutre sont bien des métatermes) :
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Position 5 : A + B, terme complexe.
Position 6 : non-B + non-A, terme neutre.
Position 7 : A + non-B, deixis positive.
Position 8 : B + non-A, deixis négative.
Position 9 : A + non-A, schéma positif.
Position 10 : B + non-B, schéma négatif.
II.3.C. Relations :
En raison de la relation qui les unit, les termes A et B sont appelés contraires et les
termes non-A et non-B, subcontraires (parce que ce sont des contraires situés « en
dessous » des contraires) ; tandis que les termes A et Non-A, d'une part, ainsi que B et
non-B, d'autre part, sont appelés contradictoires.
II.3.D. Operations :
2. Assertion (affirmation) : terme non-B —> terme A ; terme non-A —> terme B.
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III. Le schéma quinaire :
Paul Larivaille a fini par s’imposer que, toute histoire se ramènerait à une suite
logique constituée de cinq étapes, L’intrigue, une fois la structure profonde de
l’histoire reconstruite par l’analyse, répondrait au modèle suivant, généralement
présenté sous le nom de « schéma quinaire » :
1. PROPP Vladimir, Morphologie do conte (1928), [Link], Paris, Ed. du Seuil, coll. « Points »,
1970, p.60.
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Ce modèle est très efficace pour mettre au clair la logique profonde qui sous-tend
l’intrigue de n’importe quel récit : « un récit idéal commence par une situation stable
qu’une force quelconque vient perturber. Il en résulte un état de déséquilibre ; le
second équilibre est bien semblable au premier, mais les deux ne sont jamais
identiques. Il y a par conséquent deux types d’épisode dans un récit : ceux qui
décrivent un état (d’équilibre ou de déséquilibre) et ceux qui décrivent le passage d’un
état à l’autre. »1
28
La deuxième partie :
Présentative et théorique
29
-LE PREMIER CHAPITRE : Lecture sémiotique du récit
Le premier point intéressant dans cette partie analytique, c’est de faire une
analyse structurale, qui nous permet de dégager et découvrir l’organisation narrative
et l’architecture sur laquelle se bâti notre corpus.
Ces trois parties sont juxtaposées et séparées par une page blanche et des
intertitres.
La narration se réalise dans notre corpus par un réseau de titres qui entourent
trois parties dissemblables :
Dan ce tissu narratif des sous titres, nous remarquons des répétitions :
Cinq fois le sous-titre « Voix », 3 fois « Voix de Veuve », 4 fois « Corps enlacés ».
D’abord, la première partie est divisée en plusieurs chapitres, présentée selon le
30
tableau :
partie Chapitres
Le récit suivant est historique II, débute par : « le combat de Staoueli se
déroule le Samedi 19 Juin » p25, le récit juste après est autobiographique : « La fille
31
du gendarme français… » Se termine par : « (…) parce que cet état autistique ferait
chape à mes élans de femmes, surviendraient à rebours quelque soudaine explosion »
p44. Nous trouverons ensuite, un récit historique III, débute par : « Explosion du fort
l’Empereur, le 4 Juillet 1830 » p45.
Nous remarquons que chaque récit fait un repos et chaque chiffre romain sans sous-
titre.
Partie Chapitres
32
suite d’épisode historique puis épisode autobiographique. L’écrivaine raconte son
mariage, en parlant de la nuit de noces et « le cri de la défloration », que la narratrice
constate comme « un nouveau-né sorti tout droit de ses entrailles », c’est un cri qui
prouve la renaissance d’Assia DJEBAR.
Pour notre écrivaine, « l’amour, c’est le cri » p 124, c’est un cri de libération,
de soulagement et surtout, de détachement de l’homme autoritaire, c’est la création
du « Voix » qui va libérer les femmes de se « Silence » qui a dominé leur société
depuis long temps.
Cette partie commence par « les cris de la fantasia » et se termine par « le cri
de l’amour », a notre avis, c’est pour donner un souffle au récit, et c’est le cas pour
tout les roman de notre écrivaine.
Partie Mouvements
33
*Troisième Mouvement :
La complainte d’Abraham………………………….……………p239
Voix…………………………………………………………....p245
Chuchotement………………………………………..…..p249
L’école coranique…………………………….………………….p253
Voix de Veuve…………………………………………………p262
Corps enlacés………………………………………..…..p267
*Quatrième Mouvement :
Les cris dans le rêve………………………………….………..p271
Voix de veuve…………………………………………..p277
Conciliabules……………………………….……….p281
*Cinquième Mouvement :
La tunique de Nessus…………………………………...………..p297
Soliloque………………………………………………….…p303
Tzarl-rit (final)…………………………………………..…..p305
Pauline…………………………………………………….....p307
La fantasia…………………………………………………...p310
Air de nay……………………………………………….…...p313
Dans cette partie, nous remarquons une alternance entre des chapitres
autobiographiques (période contemporaine de l’écriture : Paris/Venise/ Alger. juillet
82_ 84) avec d’autres historiques où la présence des récits de femmes sur la guerre
de libération de l’Algérie, montrant la peine et la souffrance du peuple algérien. Des
femmes qui expriment et relatent l’Histoire avec leurs « voix », en déchirant le
« silence » provoqué, non seulement par la France, mais aussi par les hommes de leur
entourage enfermé.
34
silhouette paternelle. » P 313. Ce dernier, quitta Laghouat enlevée par l’armée
française. Sur son chemin, il ramasse une main coupée, celle d’une algérienne
anonyme :
« Eugène Fromentin me tend une main m’attendue, celle d’une inconnue qu’il
n’a jamais pu dessiner […]. Il évoque alors un détail sinistre : au sort de l’oasis que le
massacre, six mois après, Empuantit, Fromentin ramasse, dans la poussière, une main
coupée d’algérienne anonyme. » p 313.
En somme, Assia DJEBAR voulait nous relater avec « L’Amour, la fantasia », son
parcours de vie, signalant, avec le Va et Vient entre les récits autobiographiques et
les passages historiques, que nous ne pouvons pas détacher l’histoire collective de
l’histoire intime ou bien personnelle. Donc la recherche de « soi » ne peut pas se
faire sans la recherche dans le passé collectif.
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. L’ANALYSEAU NIVEAU NARRATIF :
II- Le modèle actantiel :
Le titre de «L’Amour, la fantasia » indique d’entré de jeu, les deux objets
principaux visés par la narratrice, ces deux objets présentent le bout final qui cherche
notre narratrice pour atteindre à ce que nous l’appelons : plaisir qui est à son rôle le
symbole de la liberté.
Le model actantiel se compose en six actants :
II-1-Les six actants du modèle actantiel :
A et B : Sujet et Objet :
Nous posons comme modèle actantiel principal de « L’Amour, la fantasia »
celui dans lequel Assia DJEBAR doit chercher la liberté des femmes cloitrées et
qu’elle se sent parmi elles.
C : Destinataire :
Si nous interprétons le destinataire comme celui bénéficie de la réalisation de la
jonction souhaitée entre le sujet et son objet, toutes les femmes Algériennes et surtout
enfermées sont évidemment destinataires de l’action.
D : Destinateur :
Qui investit l’espace littéraire pour écrire audacieusement par rapport à une
société traditionnelle à fin d’avoir la liberté des femmes de cette société ou l’homme
celui qui domine.
E et F : Adjuvant et opposant:
Pour bien dégager les adjuvants et les opposants dans le modèle actantiel
soumis à l’analyse, il est important de distinguer entre plusieurs actions importantes
reliées, c’est-à-dire constituant une structure de modèles actantiels.
Pour arriver à écrire en français, Assia DJEBAR doit apprendre le français.
Pour apprendre le français, elle doit acquérir la langue de son père.
Pour les fins de notre analyse, nous retenons les trois actions suivantes :
1- Assia DJEBAR influencée par la langue de son père.
2- Assia DJEBAR comprend le français.
36
3- Assia DJEBAR écrit en français.
Donc : les adjuvants sont :
L’écriture – la langue et le père
Axe du désir
37
.L’ANALYSE AU NIVEAU THEMATIQUE :
38
En parlant de « SOI », Assia DJEBAR voulant sortir de la marginalisation
sociale, du Silence ou de joug. Voulant s’affirmer, communiquant aux lecteurs, ses
expériences, sa vie, ses combats pour être reconnue en tant que femme. Cette dernière
veut désormais personnellement choisir son fiancé qui va devenir son mari. Ce couple
nait difficilement, compte tenu de l’environnement sociale et familial, par fois, il
meurt rapidement : divorce, donc échec.
Des tabous s’écoulaient, un autre univers s’ouvrait devant elle : « Parler de soi
hors de la langue des aïeules, c’est se dévoiler certes, mais pas seulement pour sortir
de l’enfance, pour s’exiler définitivement » c’était « se mettre à nu ». Il fallait parler
hors des mères, hors de la tradition.
III-2-C- Relations :
Les termes : femme non dominée et femme non émancipée sont subcontraires.
III-2-D- Opération :
40
Femme dominée femme émancipée
DEIXIS
Schéma
(-) (+)
(+)
TERME NEUTRE :
Enfermée.
Oppressée.
Dépendante.
Etouffée.
Et aussi :
Libre.
Délirante.
Autonome.
Indépendante.
41
IV-Le schéma quinaire de « L’Amour, la fantasia » :
Cette situation débute par « Fillette arabe allant pour la première fois à
l’école » et elle se termine par « Ma fillette me tenant la main, je suis partie à
l’aube ».
Ici, la narratrice relate ses souvenirs d’enfance avec son père où elle fait la
description détaillée de ce dernier en allant à l’école française dont il était un
instituteur.
Débute par « Trois jeunes fille cloitrée » jusqu’au « ma pension de veuve de
guerre me suffira »
« (…) des années de recherche intérieure, d’écoute autour de moi des femmes de ma
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société, de ma région et même de celles de mon enfance. J’ai continué à écrire
pendant cette période-là sans publier, mais avec beaucoup de questions sur la
langue »
Elle commence par « Le père, silhouette droite » et elle se termine par
« Fillette arabe allant pour la première fois à l’école ».
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LE QUATRIEME CHAPITRE : Autobiographie et Histoire
Notre corpus se compose de trois parties dans les quelles alternent des
chapitres autobiographiques et des chapitres historiques, où nous remarquons une
évolution sur le plan social, marquée par des événements de l’Histoire :
Il est évident que « L’Amour, la fantasia » se fait sur une double approche :
l’une autobiographique et l’autre historique. L’écrivaine se base sur la description de
la souffrance du peuple algérien avec l’écriture du « soi » : « Ma fiction est cette
autobiographie qui s’esquisse, alourdie par l’héritage qui m’encombre » (p.104).
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« Je viens là durant les vacances scolaires de printemps et d’été. Me retrouver dans ces
lieux, enfermée avec ces trois sœurs j’appelle cela « aller à la compagne ». Je dois avoir
dix, puis onze, puis douze ans… » p.18
« A dix-sept ans, j’entre dans l’histoire d’amour à cause d’une lettre. Un inconnu m’a
écrit ; par inconscience ou par audace, il l’a fait ouvertement. » p.12
Dans la deuxième partie, l’écrivaine relate son expérience en tant que femme
mariée insistant sur les lettres d’amour de son adolescence :
« Premières lettres d’amour, écrites lors de mon adolescence. L’écrit s’y développe en
journal de rêveuse cloitrée. Je croyais ces pages « d’amour », puisque leur destinataire
était un amoureux clandestin ; ce n’était que des lettres du danger. » p.86
« Le mariage signifiait d’abord pour moi départ : frontière à franchir à la hâte,
conspirateurs nouveaux à retrouver sur une autre terre. L’arrivée de ma mère et de ma
sœur si jeune me reliait aux souvenirs lents du passé. » p.152
«Après plus d’un siècle d’occupation française –qui finit, il y a peu, par un écharnement-,
un territoire de langue subsiste entre deux peuples, entre deux mémoires ; la langue
française, corps et voix, s’installe en moi comme un orgueilleux préside, tandis que la
langue maternelle, toute en oralité, en hardes dépenaillées, résiste et attaque, entre deux
essoufflements. » p.299
Selon Philipe Lejeune, L’Autobiographie met au clair l’égalité dans un récit entre :
L’auteur, le narrateur et le personnage.
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celle de l’approche historique où DJEBAR relate l’Histoire de l’Algérie qui présente
une grande partie de l’histoire du « soi ».
« Ecrire le plus anodin des souvenirs d’enfance renvoie […] au corps dépouillé de voix.
Tenter l’autobiographie par les seuls mots français, c’est, sous le lent scalpel de l’autopsie
à vif, montrer plus que sa peau. Sa chair se desquame, semble-t-il, en lambeaux du parler
d’enfance qui ne s’écrit plus. Les blessures s’ouvrent, les veines pleurent, coule le sang de
soi et des autres, qui n’a jamais séché. »
« Fillette arabe allant pour la première fois à l’école, un matin d’automne, main dans
la main du père. Celui-ci, un fez sur la tête, la silhouette haute et droite dans son
costume européen, porte un cartable, il est instituteur à l’école française. Fillette
arabe dans un village du Sahel algérien. »p.11
A partir de ce passage, nous pouvons dégager le système majeur qui véhicule notre
roman : « la double appartenance » à l’Europe et à l’Algérie au même temps. En plus,
nous remarquons une sorte de contradiction chez le père ; ce dernier, porte un fez,
coiffe traditionnel d’Afrique du Nord, mais avec tous ça, un costume européen et il
est instituteur à l’école française, alors qu’il est en Algérie.
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1. CLERC Jeanne-Marie, Ecrire, Transgresser, Résister, L’Harmattan, Classique de demain, 1997.
« Cette langue que m’a donnée le père me devient entre metteuse et mon initiation, dès
lors, se place sous un double contradictoire… » p.12
Dans cette optique, nous découvrons une autre contradiction chez la fillette,
qui reçoit un double apprentissage, d’une part, par l’école française, d’autre part, par
son père ; c’est le cas de tout écrivain francophone qui se trouve à la croisée des
multiple terres et langues.
Jusqu’aux ces lignes, le récit reste impersonnel et nous ne pouvons pas encore
identifier cette inconnue. Jeanne-Marie Clerc, propose à ce propos la perspective
suivante :
En plus, l’écrivaine raconte dans les récits historiques, la prise d’Alger par les
français depuis les années 1830. La relation qui se charge entre les algériens et les
français, ressemble à la relation entre l’Histoire de la guerre contre la France avec
l’histoire de la vie de la fillette du récit, qui devenue après, femme écrivaine.
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colonisation décrivant leur rapport avec ce nouveau pays qu’ils sont en train
d’encercler. Assia DJEBAR, députe la parole d’une façon explicite :
« Ils sont désormais trois à écrire les préliminaires de cette chute » p.45
Les guillemets signalent dans le texte, les citations que la narratrice replace ;
elle cite par exemple les écrits de Merle (un militaire français) : « Père troublé
par l’humanité française », « fanatisme musulman entrainant la mort du fils
malgré la science française. » p.51
De plus, les paroles d’Amable Matterer (capitaine de frégate): « J’ai été le
premier à voir la ville d’Alger comme un petit triangle blanc couché sur le
penchant d’une montagne. » p.15
« Trente-sept témoins, peut-être davantage, vont relater, soit à chaud, soit peut après, le
déroulement de ce mois de Juillet 1830. Trente-sept descriptions seront publiées dont
trois seulement du coté des assièges. […] Mais que signifie l’écrit de tant de guerriers,
revivant ce mois de Juillet 1830? » p.66.67
Les morts algériens ne sont que des fantômes, privés d’identité, ils ne sont
rien, au regard des officiers français :
« Quel territoire ? Celui de notre mémoire qui fermente ? Quels fantômes se lèvent
derrière l’épaule de ces officiers, qui, une fois leurs bottes enlevées et jetées dans la
chambrée, continuent leur correspondance quotidienne ? » p.76
« Or l’ennemi revient sur l’arrière. Sa guerre à lui apparait muette, sans écriture, sans
temps de l’écriture. […] Ecrire sur la guerre d’Afrique […] est-ce prétendre repeupler
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un théâtre déserté ? » p.83
Assia DJEBAR dans son roman, fait intervenir un autre type de narrateurs, ce
sont des personnes, qui ont vécus les événements de la guerre et qui racontent leurs
récits des horreurs :
« Je reconstitue à mon tour, cette nuit […]. Mais, je préfère me tourner vers deux
témoins oculaires : un officier espagnol […] et un anonyme de la troupe [qui] décrira le
drame à sa famille. L’Espagnol nous parle de la hauteur des flammes ceinturant le
promontoire d’El Kantara ; Le brasier, affirme-t-il, fut entretenu toute la nuit. […] Le
soldat anonyme nous transmet sa vision avec une émotion encore plus violente :
quelle plume saurait rendre ce tableau ? Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la
Lune, un corps de troupes françaises occupé à entretenir le feu infernal !
Entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des
animaux, le craquement des roches calcinées s’écroulant, et les continuelles
détonations des armes ! » p.103
Dans ces lignes, le « Je » renvoi à la narratrice (Assia DJEBAR), elle fait
intervenir des témoins qui portent la parole pour décrire les horreurs et les
souffrances causées par les français. Même le narrateur remplacent, ne parvient pas
à s’exprimer et nous témoigne avant tout son horreur et son incapacité à s’exprimer
et à trouver les mots.
« Près d’un siècle et demi après Pélissier et Saint Arnand, je m’exerce à une
spéléologie bien particulière, puisque je m’agrippe aux arêtes des mots français-
rapport, narration, témoignages du passé. Serait-elle, à l’encontre de la démarche
« scientifique » d’E.F. Gauthier, engluée d’une partialité tardive ? » p.113
Ce paragraphe nous éclaire le projet d’écriture chez Assia DJEBAR qui énonce
que « La quête de soi » passe par Le choix de la langue.
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énumérant leurs noms et leur nombre :
Nous pouvons dire que, dans la structure de chaque récit, se manifestent deux
notions, la première, est individuelle et la deuxième est historique.
L’approche historique aide à écrire sur « soi », donc, nous pouvons répondre à
la question du choix de la langue d’écriture, qui est notamment « le français ». A cet
égard, Lise Gauvin écrit, en introduction à son entretien avec Assia DJEBAR :
« La langue choisie, qui n’est pas la langue maternelle, permet la distance nécessaire à
l’écriture autobiographique tout en accentuant la difficulté du projet.»1
Assia DJEBAR dans son roman précisément dans le passage intitulé « Biffure »,
dévoile son rapport à la langue française :
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souffrance, me proposant son double évanescent en lettres arabes, de droite à gauche
redévidées ; elles se délavent ensuite en dessins d’un Hoggar préhistorique…Pour lire, il
me faut renverser mon corps, plonger ma face dans l’Ombre, scruter la voûte de rocailles
ou de craie, laisser les chuchotements immémoriaux remonter, géologie sanguinolente
[…]. » p.69
1. GAUVIN Lise, L’écrivain francophone à la croisée des langues, Paris, Karthala, 1997.p. 17.
« La langue encore coagulée des autres m’a enveloppé, dès l’enfance, en tunique de
Nessus, don d’amour de mon père qui, chaque matin, me tenait par la main sur le
chemin de l’école. Fillette arabe, dans un village du Sahel algérien… » p.302
51
Conclusion Générale
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Conclusion Générale :
Assia DJEBAR se tient attentive au métissage des langues, des cultures, des
images et des histoires, sur tous les plans sémantiques : éclatement, ouverture,
convergence et divergence.
En effet, pour notre romancière, toute narration, tout témoignage et toute
autobiographie est un espace de combat de langues :
« […….] j’avais le sentiment qu’en moi il y avait une sorte de conflit entre les deux
langues, entre le français et l’arabe » (entretien inédit en français avec Renate
Siebert, manuscrit, P.68.)
A notre avis, notre écrivaine réussit à peindre implicitement par son « qalam »
le malaise et le souci de son témoignage sur la société traditionnelle, insistant sur la
situation précaire de la femme enfermée durant cette époque de la colonisation, à
travers ses souvenirs inoubliables d’enfance jusqu’aux moments de maturité chez
notre écrivaine.
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Nous constatons qu’avec cette écriture, Assia DJEBAR donne un nouveau
souffle au modèle littéraire traditionnel, elle subtilise toutes les règles, surtout au
niveau formel : « La forme, ce qui j’appelle le mouvement de ma phrase [……] » (P.60)
La narration dans « L’Amour, la fantasia » est à la fois historique et
autobiographique en écrivant sur « soi » pour viser tout en espace de femmes
cloîtrées.
L’histoire pour Assia DJEBAR est « un regard volé », parce qu’elle est écrite
toujours par le colon qui présente l’autre. Donc c’est une réécriture en l’occurrence
celle des rapports des militaires français en Algérie, des récits et des témoignages sur
le passé.
Nous découvrons qu’elle a fait éclater les formes d’écriture, pour refléter les
beaux moments de sa propre vie, ainsi que la souffrance des femmes à cette époque
coloniale.
Et créer une sorte de modernité textuelle qui lui est propre.
Les œuvres d’Assia DJEBAR font naitre une nouvelle forme d’écriture tant au
niveau structural que thématique. C’est une sorte de modernité créative fondée sut
la richesse des thèmes développés s’appuyant sur les expériences personnelles.
Pour mieux synthétiser notre travail de recherche, nous voudrions revenir sur
les deux grandes parties qui l’ont constitué. La première partie : « Présentative et
théorique » est devisée en deux chapitres, le premier s’intitule « Biobibliographie de
l’auteur », nous avons tenté d’exposer la biographie, la bibliographie et quelques
thèmes abordés par Assia DJEBAR dans ses romans.
Le deuxième chapitre s’intitule: « Aspects méthodologiques et théoriques »,
nous nous sommes référées principalement à la sémiotique greimassienne. Nous
avons tenté d’éclaircir les deux grands concepts clés de notre étude qui sont : le
modèle actantiel qui s’étudie au niveau narratif ou nous avons dégagé les fonctions
et les six actants de notre roman. Le second c’est le carré sémiotique qui s’étudie au
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niveau thématique, où nous avons découvert le système des valeurs véhiculées par le
texte.
La deuxième partie a été consacrée à « l’Analyse textuelle », elle se devise à
son tour en deux chapitres. Le troisième, a été réservé à une lecture sémiotique du
roman. Ce chapitre était comme le noyau fertile de notre mémoire qui nous a conduit
à répondre à notre problématique.
Nous signalons que notre ambition dans ce chapitre état de comprendre les
actions et les fonctions des personnages, mais aussi, de parvenir à mettre au clair le
système des valeurs véhiculées par le texte.
Reprenons la question principale de notre problématique que nous avons
exposée au début de notre travail de recherche :
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Par ailleurs, dans un tout qui est écrit dans une langue bien travaillée,
l’auteure dans ce roman a joué deux rôles, à la fois : une narratrice, mais aussi ; une
historienne, qui a pour tâche de nous raconter des faits de sa propre vie et d’autre de
l’histoire de l’Algérie coloniale.
Ainsi, nous pensons pouvoir affirmer que la structure narrative et
l’organisation textuelle participent à la production du sens de «L’Amour, la fantasia »
est d’une importance capitale.
A notre avis, tous ces aspects utilisés par Assia DJEBAR ont une relation avec
sa lutte des droits de femmes Algériennes cloitrées et maltraitées par les hommes de
la société traditionnelle où l’homme ne nomme jamais son épouse.
Nous croyons que les objectifs initiaux dans notre étude de recherche sont
moins ambigus, parce que nous avons essayé de répondre aux questions posées au
début. En effet, notre étude n’aborde pas tout ce qui doit être étudié dans « L’Amour,
la fantasia», dont la richesse et la multiplicité sur tous les plans.
Nous souhaitons dans un avenir proche compléter notre tâche sur la structure
narrative en appliquons profondément la sémiotique Greimassienne sur toutes les
parties de notre corpus.
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En somme, et comme nous l’avons signalé, « L’Amour, la Fantasia » est un
roman féminin par excellence et cela n’est pas nouveau pour Assia DJEBAR, parce que
le thème de « la femme » est au centre de toute sa production littéraire.
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Bibliographie
1-Ouvrages littéraires :
2-Ouvrages théoriques :
4- La Sitographie :
o . [Link].
La rédaction de l’amour, la fantasia d’Assia DJEBAR est le résultat d’un
imprévu attaché au conteste sociale algérien durant la colonisation française.