0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
229 vues6 pages

Inégalités de Hölder et de Young

Ce document présente des exercices sur les espaces Lp(μ). Il définit ces espaces et présente des inégalités comme celles de Young et de Hölder. Il examine également la complétude de ces espaces et la différentiabilité des normes.

Transféré par

Mohammed Chaouki
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
229 vues6 pages

Inégalités de Hölder et de Young

Ce document présente des exercices sur les espaces Lp(μ). Il définit ces espaces et présente des inégalités comme celles de Young et de Hölder. Il examine également la complétude de ces espaces et la différentiabilité des normes.

Transféré par

Mohammed Chaouki
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Exercices : Barbara Tumpach

Relecture : François Lescure


Exo7

Espaces L p (µ)

Définition. Étant donné un espace mesuré (Ω, Σ, µ), on note pour 1 6 p < +∞,
1
L p (µ) := { f : Ω → R mesurable, k f k p < +∞}, avec k f k p := ( Ω | f | p dµ) p et
R

L ∞ (µ) := { f : Ω → R mesurable, k f k∞ < +∞}, avec k f k∞ := inf{M > 0, | f | 6 M µ − pp}.

On définit les espaces L p (µ) comme les espaces vectoriels quotients de L p (µ) par la relation d’équivalence
f ∼ g ⇔ f = g µ − presque partout.

1 Inégalités de Young et de Hölder


Exercice 1
1. Soit a, b > 0 et soit p, q ∈ (1, +∞) tel que 1p + 1q = 1 (on dit que p et q sont conjugués au sens de Young).
Montrer l’inégalité de Young :
1 1
ab 6 a p + bq .
p q
On pourra considérer la fonction θ : R+ → R définie par θ (a) = 1p a p + 1q bq − ab.
2. Soit de nouveau p, q ∈ (1, +∞) tel que 1p + 1q = 1 et f ∈ L p (µ), g ∈ Lq (µ). En utilisant la question
précédente, montrer que pour tout λ > 0

λp λ −q
Z Z Z
p
| f g| dµ 6 | f | dµ + |g|q dµ.
Ω p Ω q Ω

Optimiser cette inégalité par rapport à λ et montrer l’inégalité de Hölder :

k f gk1 6 k f k p kgkq .

Cette inégalité est-elle vraie pour p = 1 et q = +∞ ?


3. Soient p et p0 dans [1, +∞[ (pas nécessairement conjugués). Montrer que si f appartient à L p (µ) ∩
0
L p (µ), alors f appartient à Lr (µ) pour tout r compris entre p et p0 .
4. Montrer que si µ est une mesure finie alors
\
L∞ (µ) ⊂ L p (µ),
p>1

et, pour tout f ,


lim k f k p = k f k∞ .
p→+∞

1
5. Montrer que si f ∈ L p (µ) et g ∈ Lq (µ) avec p + q1 = 1r , alors f · g ∈ Lr (µ) et

k f gkr 6 k f k p kgkq .

Correction H [005954]

1
2 Théorème de complétude de Riesz
Exercice 2

Théorème 1.(Théorème de Riesz) Pour tout 1 6 p 6 +∞, l’espace L p (µ) est complet.

Théorème 2. Soit p tel que 1 6 p 6 +∞ et soit { fn }n∈N une suite de Cauchy dans L p (µ) convergeant vers
une fonction f ∈ L p (µ). Alors il existe une sous-suite de { fn }n∈N qui converge ponctuellement presque-partout
vers f .

Le but de cet exercice est de démontrer les théorèmes 1 et 2.


1. Cas de L∞ (µ).
(a) Soit { fn }n∈N une suite de Cauchy de L∞ (µ). Pour k, m, n > 1, considérons les ensembles
Ak := {x ∈ Ω, | fk (x)| > k fk k∞ } ; Bm,n := {x ∈ Ω, | fm (x) − fn (x)| > k fm − fn k∞ }.
S S
Montrer que E := k Ak n,m Bm,n est de mesure nulle.
(b) Montrer que sur le complémentaire de E, la suite { fn }n∈N converge uniformément vers une fonction
f.
(c) En déduire que L∞ (µ) est complet.
2. Cas de L p (µ).
(a) Soit 1 6 p < +∞ et { fn }n∈N une suite de Cauchy dans L p (µ). Montrer qu’il existe une sous-suite
{ fnk }k∈N de { fn }n∈N telle que k fnk+1 − fnk k p 6 2−k .
(b) Posons
k +∞
gk = ∑ | fni+1 − fni | et g = ∑ | fni+1 − fni |,
i=1 i=1

où g est à valeurs dans R ∪ {+∞}. Montrer que pour tout k > 1, on a kgk k p < 1, puis que kgk p 6 1.
(c) En déduire que la série
∞ 
fn1 + ∑ fni+1 − fni
i=1
est absolument convergente pour presque tout x ∈ Ω. Notons f (x) sa somme lorsque celle-ci est
finie et posons f (x) = 0 sinon. Vérifier que f est la limite ponctuelle des { fnk }k∈N pour presque tout
x ∈ Ω.
(d) Montrer que f − fm ∈ L p (µ), f ∈ L p (µ) et que k f − fm k p → 0 quand m → +∞. Conclure.
Correction H [005955]

3 Différentiabilité des normes k · k p


Exercice 3
Soient f et g deux fonctions de L p (µ) avec 1 < p < +∞. Montrer que la fonction N : R → R définie par
Z
N(t) = | f (x) + t · g(x)| p dµ

est différentiable et que sa dérivée en t = 0 est donnée par :
dN
Z
=p | f (x)| p−2 f (x)g(x) dµ,
dt |t=0 Ω

où par convention | f (x)| p−2 f (x) = 0 lorsque f = 0.


Correction H [005956]

2
Correction de l’exercice 1 N
1. Soit a, b > 0 et soit p, q ∈ (1, +∞) tel que 1p + 1q = 1. La fonction θ : R+ → R définit par θ (a) =
1 p 1 q
p a + q b − ab est dérivable et :
θ 0 (a) = a p−1 − b.
1 1 1
Cette dérivée s’annule lorsque a = b p−1 , est négative pour a < b p−1 et positive pour a > b p−1 . On a
1 1 p−1
p 1 1
θ (b p−1 ) = b + bq − b1+ p−1 = 0.
p q

Ainsi θ (a) > 0, i.e.


1 p 1 q
ab 6 a + b .
p q
2. Soit f ∈ L p (µ) et g ∈ Lq (µ). D’après la question précédente, pour tout λ > 0 et pour µ-presque tout x :

g(x) λp λ −q
| f g|(x) = |λ f (x) · |6 | f (x)| p + |g(x)|q .
λ p q
Ainsi
λp λ −q
Z Z Z
| f g| dµ 6 | f | p dµ + |g|q dµ.
Ω p Ω q Ω
Posons
λp λ −q
Z Z
Φ(λ ) = | f | p dµ + |g|q dµ.
p Ω q Ω

La fonction Φ est dérivable et :

Φ0 (λ ) = λ p−1 k f k pp − λ −q−1 kgkqq .


 q 1
 p+q
kgkq
Cette dérivée s’annule pour λ1 := k f k pp
, est négative pour λ 6 λ1 et positive pour λ > λ1 . Ainsi le
minimum de Φ vaut :
p q
− p+q
 q  p+q  q
kgkq kgkq
Φ(λ1 ) = 1
p k f k pp
k f k pp + 1q k f k pp
kgkqq
qp qp qp qp
= 1p kgkqp+q k f k pp+q + q1 kgkqp+q k f k pp+q = k f k p kgkq .

On en déduit l’inégalité de Hölder :


k f gk1 6 k f k p kgkq .
Si f ∈ L1 (µ) et g ∈ L∞ (µ), alors |g(x)| 6 kgk∞ pour presque tout x ∈ Ω et
Z Z
| f g| dµ 6 kgk∞ | f | dµ,
Ω Ω

i.e. k f gk1 6 kgk∞ k f k1 .


3. Soient p, p0 ∈ [1, +∞). On suppose p < p0 . Soit p < r < p0 . On a
0
| f |r = | f |r 1| f |>1 + | f |r 1| f |<1 6 | f | p 1| f |>1 + | f | p 1| f |<1 .

On en déduit que Z Z Z
r p0
| f | dµ 6 | f | dµ + | f | p dµ < +∞,
Ω Ω Ω
donc f appartient à Lr (µ).

3
4. Supposons que µ soit une mesure finie et soit f ∈ L∞ (µ). Alors

| f (x)| 6 k f k∞

pour presque tout x ∈ Ω. Ainsi pour tout p


Z Z
| f | p dµ 6 k f k∞p 1 dµ = k f k∞p µ(Ω) < +∞,
Ω Ω

ce qui implique que f ∈ L p (µ). En particulier, f appartient à l’intersection p (µ).


T
p>1 L De plus, pour
tout p, on a :
1
k f k p 6 k f k∞ µ(Ω) p ,
ce qui implique que
lim k f k p 6 k f k∞ .
p→+∞

D’autre part, pour tout 0 < ε < k f k∞ , on a


Z Z  
p p p
| f | dµ > | f | dµ > (k f k∞ − ε) µ | f | > (k f k∞ − ε) .
Ω | f |>(k f k∞ −ε)

Ainsi pour tout p, il vient


  1p
k f k p > (k f k∞ − ε) µ | f | > (k f k∞ − ε) .

1
Puisque lim p→+∞ µ (| f | > (k f k∞ − ε)) p = 1, il en découle que

lim k f k p > k f k∞ − ε.
p→+∞

Comme ε peut être choisi arbitrairement petit, on a

lim k f k p > k f k∞ ,
p→+∞

donc finalement lim p→+∞ k f k p = k f k∞ .


p q
5. Posons f1 := f r et g1 := gr . On a f1 ∈ L r (µ) et g1 ∈ L r (µ). Notons que l’identité 1p + 1q = 1r entraîne
que pr , qr > 1 et que les nombres pr et qr sont conjugués au sens de Young. Par l’inégalité de Hölder on a
donc
Z Z Z p  pr Z q  qr Z  pr Z  qr
r r r p q
( f g) dµ = f1 g1 dµ 6 f1 dµ g1 dµ = f dµ g dµ .
Ω Ω Ω Ω Ω Ω

D’où, finalement,
k f gkr 6 k f k p kgkq .

Correction de l’exercice 2 N
1. Cas de L∞ (µ).
(a) Soit { fn }n∈N une suite de Cauchy de L∞ (µ). Pour k, m, n > 1, soient les ensembles

Ak := {x ∈ Ω, | fk (x)| > k fk k∞ } ; Bm,n := {x ∈ Ω, | fm (x) − fn (x)| > k fm − fn k∞ },


S S
et E := k Ak n,m Bm,n . Par définition de la norme infinie, les ensembles Ak et Bn,m sont de mesure
nulle. Par σ -sous-additivité de µ, on a

µ(E) 6 ∑ µ(Ak ) + ∑ µ(Bn,m ) = 0.


k n,m

4
(b) Sur Ω \ E, on a :
sup | fn − fm | 6 k fn − fm k∞ ,
x∈Ω\E

i.e. { fn }n∈N est une suite de Cauchy uniforme sur Ω \ E. En particulier, pour tout x ∈ Ω \ E, la suite
{ fn (x)}n∈N est une suite de Cauchy réelle, donc est convergeante car R est complet. Notons f la
limite ponctuelle de fn sur Ω \ E. Montrons que la suite { fn }n∈N converge uniformément vers f sur
le complémentaire de E. On a

| fn (x) − f (x)| = lim | fn (x) − fm (x)| 6 lim k fn − fm k∞ .


m→+∞ m→+∞

Comme { fn }n∈N est de Cauchy dans L∞ (µ), pour tout ε > 0, il existe un rang Nε tel que pour
n, m > Nε , k fn − fm k∞ < ε. Alors pour n > Nε ,

sup | fn (x) − f (x)| 6 ε.


x∈Ω\E

Il est découle que { fn }n∈N converge uniformément vers f sur Ω \ E.


(c) Étendons la fonction f à Ω en posant f = 0 sur E. Il reste à montrer que la fonction f appartient à
L∞ (µ). Pour n > Nε , et x ∈ Ω \ E, on a

| f (x)| < | fn (x)| + ε 6 k fn (x)k∞ + ε

On en déduit que k f k∞ 6 k fn (x)k∞ + ε < +∞. Ainsi L∞ (µ) est complet.


2. Cas de L p (µ).
(a) Soit 1 6 p < +∞ et { fn }n∈N une suite de Cauchy dans L p (µ). Il existe n1 tel que pour n, m > n1 ,
k fn − fm k p < 2−1 . On prend ensuite n2 > n1 tel que pour n, m > n2 , k fn − fm k p < 2−2 , et ainsi de
suite, pour tout k, il existe un nk > nk−1 tel que n, m > nk ⇒ k fn − fm k p < 2−k .
(b) Posons
k +∞
gk = ∑ | fni+1 − fni | et g = ∑ | fni+1 − fni |,
i=1 i=1

où g est à valeurs dans R ∪ {+∞}. Pour tout k > 1, on a


k
kgk k p = k ∑ | fni+1 − fni | k p .
i=1

D’après l’inégalité de Minkowski,


k k
kgk k p 6 ∑ k fni+1 − fni k p = ∑ 2−i < 1.
i=1 i=1

D’après le lemme de Fatou, on en déduit que kgk p 6 1.


p dµ
R
(c) Comme Ω |g| < +∞, nécessairement |g| < +∞ µ-pp, i.e. pour presque tout x ∈ Ω la série
∞ 
fn1 + ∑ fni+1 − fni
i=1

est absolument convergente. Notons f (x) sa somme lorsque celle-ci est finie et posons f (x) = 0
sinon. On a :
k−1 
fn1 + ∑ fni+1 − fni = fnk
i=1

et f (x) = limk→+∞ fnk µ − pp.

5
(d) Soit ε > 0. Comme { fn }n∈N est de Cauchy dans L p (µ), il existe Nε > 0 tel que pour n, m > Nε ,
k fn − fm k p < ε. Pour m > Nε on a par le lemme de Fatou :
Z Z Z
| f − fm | p dµ = | lim fnk − fm | p dµ 6 lim inf | fnk − fm | p dµ 6 ε p .
Ω Ω k→+∞ k→+∞ Ω

Ainsi f − fm ∈ L p (µ) et k f − fm k p → 0 quand m → +∞. De plus, d’après l’inégalité de Minkowski,


on a
k f k p = k( f − fm ) + fm k p 6 k( f − fm )k p + k fm k p < +∞,
c’est-à-dire f ∈ L p (µ). En conclusion L p (µ) est complet.

Correction de l’exercice 3 N
Soient f et g deux fonctions de L p (µ) avec 1 < p < +∞. La fonction ϕ(t) = | f (x) + tan(x)| p est de classe C 1
sur R et sa dérivée vaut
| f (x) + tan(x) + hg(x)| p − | f (x) + tan(x)| p
ϕ 0 (t) = lim = p| f (x) + tan(x)| p−2 ( f (x) + tan(x))g(x),
h→0 h
lorsque f (x) et g(x) ont un sens, c’est-à-dire pour presque tout x. De plus, d’après le théorème des accroisse-
ments finis, on a
| f (x) + tan(x)| p − | f (x)| p
= ϕ 0 (t0 ) = p| f (x) + t0 g(x)| p−2 ( f (x) + t0 g(x))g(x),
t
pour un certain t0 compris entre 0 et t. Ainsi pour |t| 6 1,

| f (x)+tan(x)| p −| f (x)| p
t = p| f (x) + t0 g(x)| p−1 |g(x)|
6 p (| f (x)| + |g(x)|) p
6 2 p−1 p (| f (x)| p + |g(x)| p ) ,

où la première inégalité découle de l’inégalité triangulaire et de la majoration |g(x)| 6 (| f (x)| + |g(x)|), et


où la deuxième inégalité provient de la convexité de la fonction x 7→ x p pour p > 1 impliquant en particulier :
p −| f (x)| p
u+v p
6 u2 + v2 . Il en découle que t 7→ | f (x)+tan(x)|
 p p
2 t est uniformément bornée par une fonction intégrable.
Le théorème de convergence dominée permet alors de dériver sous le signe somme et

dN
Z
=p | f (x)| p−2 f (x)g(x) dµ.
dt t=0 Ω

Vous aimerez peut-être aussi