0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
566 vues113 pages

Financement Santé Maroc 2018

Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
566 vues113 pages

Financement Santé Maroc 2018

Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

COMPTES NATIONAUX

DE LA SANTE - 2018

DIRECTION DE LA PLANIFICATION ET DES RESSOURCES FINANCIERES

Organisation
ⵜⴰⵎⴰⵡⴰⵙⵜ ⵏ ⵜⴷⵓⵙⵉ
Mondiale de la Santé
COMPTES NATIONAUX
DE LA SANTE - 2018

Organisation
Mondiale de la Santé
ⵜⴰⵎⴰⵡⴰⵙⵜ ⵏ ⵜⴷⵓⵙⵉ
TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE 1 :
32 Aperçu sur le Système
National de Santé

04 Liste des tableaux 34 Principaux indicateurs du système national


de santé
05 Liste des figures
01 Principaux chantiers de réformes
07 Liste des annexes
08 Acronymes
11 Préface
13 Résumé
17 Abstract

20 ‫ﻣﻠﺨﺺ‬
23 Introduction CHAPITRE 4 :
27 Méthodologie 62 Financement de la santé
par l’assurance maladie

64 Population couverte par l’assurance maladie


65 Ressources et dépenses des organismes de
l’assurance maladie
68 Dépenses de l’assurance maladie par type de
prestations
69 Paiement des prestataires de soins dans le cadre
du tiers payant
71 Dépenses de l’assurance maladie (remboursements
aux assurés) par type de prestations

95 Conclusion
98 Annexes
109 Remerciements
CHAPITRE 2 : CHAPITRE 3 :
40 Financement de la santé 52 Financement de la santé
au Maroc par les ménages

42 Niveau de financement de la santé 54 Participation des ménages au financement


44 Sources de financement de la santé

48 Dépenses courantes de santé par type de


56 Dépenses des ménages par type de
prestataires prestataires

49 Dépenses courantes de santé par type de


57 Dépenses des ménages par type de
prestations prestations
50 Dépenses en capital

CHAPITRE 5 : CHAPITRE 6 :
74 Financement de la santé 86 Financement de la santé par les
par le Ministère de la Santé autres partenaires nationaux et par
la coopération internationale

76 Evolution du budget du Ministère de la 88 Contribution des autres Ministères au


Santé financement de la santé
77 Sources de financement des dépenses du 89 Contribution des Collectivités Territoriales au
Ministère de la Santé financement de la santé
78 Dépenses courantes du Ministère de la 90 Contribution de l'INDH au financement de la
Santé par type de prestataires santé
79 Dépenses courantes du Ministère de la 91 Contribution de la Fondation Lalla Salma de
Santé par type de prestations prévention et traitement des cancers au
80 Dépenses du Ministère de la Santé en financement de la santé
capital 92 Contribution de la Fondation Mohamed V pour
81 Dépenses du Ministère de la Santé par la solidarité au financement de la santé
région 92 Contribution de la coopération internationale
82 Financement de la santé par le Régime au financement de la santé
d’Assistance Médicale (RAMED)
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1.1 : Principaux indicateurs de santé du Maroc en comparaison


avec des pays de Benchmark, 2018 36
Tableau 2. 1 : Niveau de la dépense de santé -comparaison 43
Tableau 2. 2 : Nature des sources de financement par rapport à la
contribution à l’assurance maladie, 2018 47
Tableau 2. 3 : Dépenses en capital par sources de financement
(en milliers de Dirhams), 2018 50
Tableau 4. 1 : Taux de couverture de la population par l’assurance
maladie, 2018 64
Tableau 4. 2 : Dépenses de l’assurance maladie
(en milliers de dirhams), 2018 67
Tableau 6. 1 : Répartition des dépenses de la coopération
internationale par partenaire, 2018 93
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

4
LISTE DES FIGURES

Figure 2. 1 : Evolution de la dépense totale de santé, 1997-2018


(en Milliards de Dhs) 44
Figure 2. 2 : Evolution de la dépense totale de santé par habitant,
1997-2018 (en Dhs) 44

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Figure 2. 3 : Sources de financement de la santé par nature de
financement, 2018 45
Figure 2. 4 : Evolution des sources de financement par type
d’institutions, 2006-2018 48
Figure 2. 5 : Répartition des dépenses courantes de santé par type
de prestataires, 2018 49
Figure 2. 6 : Répartition des dépenses courantes de santé par type
de prestations, 2018 50
Figure 3. 1 : Evolution de la composition des dépenses des ménages
en santé, 2006-2018 55
Figure 3. 2 : Répartition des dépenses des ménages par type
de prestataires, 2018 57
Figure 3. 3 : Répartition des dépenses des ménages par type
de prestations, 2018 58
Figure 3. 4 : Evolution des dépenses des ménages par type
de prestations, 2006-2018 60 5
Figure 3. 5 : Evolution des dépenses des ménages par type
de prestataires 2006-2018 61
Figure 4. 1 : Répartition de la population couverte par organisme
d’assurance maladie, 2018 65
Figure 4. 2 : Structure des ressources de l’assurance maladie, 2018 66
Figure 4. 3 : Dépenses de santé par organisme d’assurance
maladie, 2018 68
Figure 4. 4 : Evolution des dépenses de l’assurance maladie
(tiers payant et remboursements) par type de
prestations 2001-2018 69
Figure 4. 5 : Répartition des paiements directs des prestataires
de soins, 2018 69
Figure 4. 6 : Répartition des paiements directs par type de
prestataires de soins, 2018 70
Figure 4. 7 : Evolution de la part des paiements directs des
prestataires 2013-2018 70
Figure 4. 8 : Dépenses de l’assurance maladie (tiers payant)
par type de prestations, 2018 71
Figure 4. 9 : Répartition des remboursements de l’assurance
maladi par type de prestations, 2018 72
Figure 5. 1 : Evolution des Indices du Budget du Ministère de la Santé,
du Budget Général de l’Etat et du PIB, 2006-2018 76
Figure 5. 2 : Evolution des différents chapitres du budget du Ministère
de la Santé, 2013-2018 77
Figure 5. 3 : Evolution des sources de financement des activités
du Ministère de la Santé, 2010-2018 78
Figure 5. 4 : Dépenses courantes du Ministère de la Santé par type de
prestataires, 2018 79
Figure 5. 5 : Dépenses courantes du Ministère de la Santé par type de
prestations, 2018 80
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Figure 5. 6 : Dépenses du Ministère de la Santé en capital, 2018 81


Figure 5. 7 : Dépenses du Ministère de la Santé (hors dépenses
des CHUs, ICLN et administration centrale)
par région et par habitant (en DH), 2018 82
Figure 5. 8 : Répartition du nombre d’actes réalisés au niveau
des hôpitaux publics (hors CHUs), 2018 83
Figure 5. 9 : Répartition des actes réalisés au niveau des
CHUs par type de prestations, 2018 84
Figure 5. 10 : Structure du financement du RAMED-2018 84
Figure 6. 1: Sources de financement de la santé des autres ministères
(hors salaires des médecins enseignants), 2018 88
Figure 6. 2 : Classification fonctionnelle des dépenses de santé
des autres Ministères, 2018 89
Figure 6. 3 : Répartition des dépenses de santé de l’INDH, 2018 90
Figure 6. 4 : Répartition des dépenses de la Fondation Lalla Salma
par rubrique, 2018 91
Figure 6. 5 : Répartition de la contribution de la coopération
6
internationale par partenaire, 2018 94
LISTE DES ANNEXES

Annexe 1 : Sources de financement de la santé par régimes de


financement (en milliers de dirhams), 2018 100
Annexe 2 : Prestataires de soins par régimes de financement
(en milliers de dirhams), 2018 101

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Annexe 3 : Flux financiers entre les agents de financement et les
prestataires de soins (en milliers de dirhams), 2018 102
Annexe 4 : Fonctions de soins par régime de financement de la santé
(en milliers de dirhams), 2018 103
Annexe 5 : Fonctions de soins de santé par prestataire de soins
(en milliers de dirhams), 2018 104
Annexe 6 : Régimes de financement par agents de financement
de la santé (en milliers de dirhams), 2018 105
Annexe 7 : Dépenses en capital par prestataire (en milliers
de dirhams), 2018 106
Annexe 8 : Liste des principaux indicateurs des Comptes Nationaux
de la Santé- 2018 107

7
ACRONYMES

AFD : Agence Française de Développement


ALC : Affections Longues et Coûteuses
ALD : Affections Longues Durée
AMO : Assurance Maladie Obligatoire
ANAM : Agence Nationale de l’Assurance Maladie
BGE : Budget Général de l’Etat
CAS : Compte d’Affectation Spéciale
CHP : Centre Hospitalier Préfectoral ou Provincial
CHR : Centre Hospitalier Régional
CHU : Centre Hospitalier Universitaire
CNOPS : Caisse Nationale d’Organismes de Prévoyance Sociale
CNPAC : Comité national de prévention des accidents de la circulation
CNS : Comptes Nationaux de la Santé
CNSS : Caisse Nationale de Sécurité Sociale
CT : Collectivités Territoriales
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

DCS : Dépense Courante de Santé


DH : Dirham Marocain
DPRF : Direction de la Planification et des Ressources Financières
DRS : Direction Régionale de Santé
DTS : Dépense Totale en Santé
EEP : Entreprises et Etablissements Publics
ENSP : Ecole Nationale de Santé Publique
ESSP : Etablissements de Soins de Santé Primaires
FBM : Fournisseurs de Biens médicaux
FM : Fonds mondial
HCP : Haut-Commissariat au Plan
ICLN : Instituts, Centres et Laboratoires Nationaux
INDH : Initiative Nationale pour le Développement Humain

8
ISBLSM : Institutions Sans But Lucratif au Service des Ménages
ISPITS : Instituts Supérieurs des Professions Infirmières et Techniques
de Santé
MS : Ministère de la Santé

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economiques
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONG : Organisations Non Gouvernementales
OOP : Dépenses Directes des Ménages (Out Of Pocket)
PF : Planification Familiale
PIB : Produit Intérieur Brut
PNI : Programme National d’Immunisation
RAMED : Régime d’Assistance Médicale
RSSP : Réseaux de Soins de Santé Primaires
SEGMA : Services de l’Etat Gérés de Manière Autonome
SMI : Santé Maternelle et Infantile
SHA : Système des comptes de santé (System Health Account)
UE : Union Européenne
UNFPA : Fonds des Nations Unies pour la Population
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
9
10
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-
PRÉFACE

Le système de santé marocain, a connu une série de


réformes durant les dernières années notamment la mise
en place de la Couverture Médicale de Base depuis 2002
qui vise l’amélioration de l’accès de la population aux
services et soins de santé de qualité et efficaces sans que

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les
usagers.

Cependant, assurer un financement pérenne et efficace du système de santé


demeure une préoccupation majeure du Gouvernement. L’évaluation
systématique des différentes politiques mises en place et l’analyse de leur
l’impact sur la protection financière des citoyens offrent une opportunité pour
dégager les limites du système de financement et identifier les champs d’actions
pour améliorer sa performance. Ceci est d’autant plus important que notre
pays, sur Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu
l’Assiste, a fait du chantier de la généralisation de la couverture médicale l’une
des grandes priorités pour renforcer la protection financière de la population
et réduire davantage les paiements directs des ménages.

Dans ce cadre, les Comptes Nationaux de la Santé (CNS) constituent un outil


performant pour un diagnostic stratégique du système de santé sous le prisme
du financement de la santé. C’est un outil puissant et pratique pour les décideurs 11
qui aide à évaluer et renforcer le système de financement des soins de santé et
à identifier et à développer les interventions financières permettant d’améliorer
la santé de la population.

Dans ce contexte, le Ministère de la Santé a élaboré la sixième édition des CNS


au titre de l’année 2018 pour mettre la lumière sur les avancées réalisées en
matière du financement de la santé et donner une appréciation de l’impact des
politiques mises en œuvre sur l’amélioration de ce financement.

Ce nouvel exercice des CNS est caractérisé par l’adoption d’une nouvelle
méthodologie préconisée à l’échelle internationale (système des Comptes de la
Santé-2011) et qui permet de situer notre pays par rapport aux différents pays
ayant réalisé l’exercice notamment ceux ayant un développement économique
similaire. Ceci permettra également d’apprendre des bonnes pratiques
internationales et d’adopter des stratégies plus efficientes en matière
d’amélioration du financement de la santé.

La production des CNS d’une façon périodique reste un défi à relever pour
éclairer le chemin vers la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) comme passage
nécessaire vers l’atteinte des Objectifs du Développement Durable, notamment
l’ODD3. Le renforcement des systèmes d’information du Ministère de la Santé et
de ses partenaires reste une étape importante pour l’institutionnalisation des
CNS.
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

12
RÉSUMÉ

Les Comptes Nationaux de la Santé (CNS) constituent la source de données la


plus importante sur les dépenses de santé et leur utilisation. C’est un instrument
pratique pour l’évaluation du système de financement de la santé et
l’identification des interventions les plus efficientes pour améliorer la santé de
la population. Ils serviront d’outil d’évaluation de l’impact des politiques de

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


santé sur la protection financière des citoyens.

Dans ce cadre, le Ministère de la Santé a élaboré la 6éme édition des CNS au


titre de l’année 2018. Cet exercice est réalisé selon une nouvelle méthodologie
préconisée par l’OMS (système de comptes de la santé 2011), dont l’objectif est
de se conformer aux normes internationales en matière de production des
indicateurs sur le financement de la santé et garantir la comparaison avec
d’autres pays.

Ce rapport met en lumière dans un premier temps la méthodologie d’élaboration


des CNS 2018 avant de donner un aperçu sur le système national de santé. Par
la suite, les analyses ont porté sur le niveau de financement de la santé et ses
sources tout en analysant l’évolution des indicateurs de 2018 par rapport à ceux
des éditions précédentes. Un focus particulier a été mis sur les principaux
financeurs de la santé au Maroc à savoir les ménages, l’assurance maladie et
l’Etat. Le dernier chapitre traite la contribution des partenaires nationaux et
internationaux dans le financement de la santé. 13

Les résultats montrent que la dépense totale de santé (DTS) au Maroc au titre
de l’année 2018 a atteint environ 60,9 milliards de dirhams contre 52 milliards
en 2013 soit un accroissement global de l’ordre de 17,1% et une augmentation
annuelle moyenne d’environ 3,2%.

En outre, la dépense courante de santé (DCS) s’élève à 59,1 milliards de dirhams


représentant ainsi 97% de la DTS contre environ 1,8 milliard de dirhams pour les
dépenses liées à l’investissement soit 3% de la DTS (formation brute du capital).

Rapportée à la taille de la population, la dépense de santé par habitant s’élève


à 1730 Dhs soit l’équivalent de 184 dollars américain au taux de change courant
en 2018 et 489 dollars en termes de Parité du Pouvoir d’Achat ($PPA). Elle a
enregistré un accroissement de 152 Dhs en l’espace de 5 ans représentant une
variation relative de l’ordre de 9,6%. Ce taux d’accroissement indique une
tendance positive de l’amélioration du financement de la santé à travers la
contribution de l’ensemble des agents financeurs de la santé au Maroc.

Par ailleurs, entre 2013 et 2018, la DTS a évolué avec un rythme moins rapide
que l’évolution du PIB. En effet, en 2018, la DTS représente 5,5% du PIB contre
5,8% en 2013, soit une diminution de 0,3 point durant la période 2013-2018.

Les ménages restent toujours le premier financeur de la santé au Maroc avec


une part de 45,6% soit une baisse de 5,1 points par rapport à 2013. Cette
importante baisse est expliquée d’une part, par l’extension de la couverture
médicale, et d’autres part, par l’élargissement de la liste des médicaments
remboursables, la promotion de la prescription des médicaments génériques
et également la baisse des prix des médicaments opérée depuis l’année 2014
suite à la mise en application du décret relatif aux conditions et modalités de
fixation des prix des médicaments. Cependant, malgré cette baisse des
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

paiements directs des ménages, le niveau enregistré demeure encore élevé par
rapport aux normes préconisées à l’international (moins de 25%).

Le deuxième financeur de la santé au Maroc est l’assurance maladie. Cette


dernière, qui a couvert, en 2018, 40,6% de la population marocaine, a mobilisé
environ 17,9 milliards de dirhams représentant ainsi 29,3% de la dépense totale
de santé en 2018, soit une progression de 6,9 points par rapport à 2013.

Par ailleurs, des efforts indéniables ont été déployés ces dernières années par
l’Etat pour accorder plus de ressources au secteur de la santé et l’ériger comme
priorité nationale. Toutefois, la part de l’Etat dans le financement de la santé, à
travers les ressources fiscales nationales et locales, est restée quasiment
constante entre 2013 et 2018 pour enregistrer une proportion de l’ordre de 24%
en 2018.

Il est à noter que le financement collectif et solidaire s’est amélioré de 6,5


points pour atteindre 53,3% en 2018 contre 46,8% en 2013 et constitue ainsi une
14
tendance positive vers une protection financière de la population et surtout les
tranches les plus vulnérables.

Il importe de souligner par ailleurs, qu’en 2018, la contribution de la coopération


internationale au financement de la santé ne représente que 0,2% enregistrant
ainsi une baisse de 0,4 point par rapport à l’année 2013. En effet, l’appui des

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


partenaires au titre de l’année 2018 a été beaucoup plus qualitatif que
quantitatif et a concerné la mobilisation de l’expertise nécessaire et le
renforcement des capacités. Aussi, l’année 2018 a coïncidé avec le lancement de
certains projets hospitaliers dont les montants engagés ne seront visibles que
lors des prochaines années.

De plus, les soins et services de santé produits par le système national de santé
sont fournis par des prestataires de soins relevant des deux secteurs public et
privé. Sur l’ensemble des dépenses courantes de santé (59,1 milliards de Dhs),
ce sont les pharmacies et fournisseurs des biens médicaux qui en bénéficient
en premier rang pour une part qui s’élève à 23,4%. Sont suivis par les
établissements publics de santé qui regroupent essentiellement les CHUs, les
hôpitaux relavant du Ministère de la Santé et les établissements de soins de
santé primaires avec une proportion de 22%.

S’agissant des cliniques privées et cliniques mutualistes, elles bénéficient


15
d’environ de 18,9% de la dépense courante de santé. Les prestataires de soins
ambulatoires privés qui comportent, entre autres, les cabinets médicaux, les
cabinets dentaires, les centres de dialyse et les autres centres offrant des
prestations à titre ambulatoire, ne bénéficient que de 15,3%.

La part restante de la dépense courante de santé revient aux laboratoires et


centres de radiologie, y compris les instituts et laboratoires nationaux publics,
pour une part de 12%, et aux autres prestataires de soins avec une proportion
de 8,3% (ONG, prestataires de soins traditionnels, …).

Par ailleurs, les ressources mobilisées par le système national de santé durant
l’année 2018 sont consacrées en premier lieu aux dépenses liées aux soins
hospitaliers avec presque 30% de la dépense courante de santé. Ce poste
regroupe toutes les dépenses liées à l’hospitalisation complète et celle du jour
(y compris les médicaments et biens médicaux, analyses, radiologie, etc.
consommés durant le séjour hospitalier).

Aussi, les dépenses consacrées aux soins ambulatoires (curatifs et préventifs)


et à l’achat des médicaments et biens médicaux représentent respectivement
28,7% (dont 5,3% pour les soins préventifs) et 23,4% de la dépense courante de
santé, alors que les analyses et radiologie n’ont bénéficié que de 11,7% de cette
dépense.
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

16
ABSTRACT

National Health Accounts (NHA) are the most important data source on health
expenditure and its use in a health system. It’s a practical tool for assessing the
health financing system and identifying the most efficient interventions to
improving population health. They will serve, as well, as a tool for evaluating
the impact of health policies on the financial protection of citizens.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


In this context, the Ministry of Health developed the 6th edition of 2018 NHA
using the new methodology (SHA-11) recommended by the WHO. The objective
is to align with the international standards to produce the health financing
indicators and ensure comparison with other countries.

The first part of this report highlights the methodology used to conduct the
NHA-2018 and gives an overview of Morocco’s national health system. Then, the
analysis focused on the level of health financing, its sources, and the indicators’
trend, based on the previous editions of the NHA. Particularly, Morocco’s main
health financing agents are stressed, namely, households, health insurance,
and the Government. The last chapter of the report addresses national and
international partners’ contributions to health financing in Morocco.

In 2018, the Total Health Expenditure (THE) in Morocco was about 60.9 billion
dirhams. Compared to 2013 (52 billion in 2013), THE has increased globally by
around 17.1%, representing an annual increase of about 3.2%. Besides, Current
Health Expenditure (CHE) is estimated to 59,1 billion dirhams representing 17

approximately 97% of THE, while the capital expenditure is only 1,8 billion
dirhams (3% of THE).

Besides, THE per capita reached 1730 dirhams in 2018, i.e., the equivalent of 184
US dollars at the exchange rate of 2018 and 489 dollars in terms of purchasing
power parity (PPP $). It has increased by 152 dirhams in 5 years representing a
relative variation of 9.6%. This increase indicates a positive trend in health
financing improvement through all health financing agents in Morocco.

Furthermore, during 2013-2018, THE has progressed at a slower pace compared


to the GDP. The 2018 THE represents 5.5% of the GDP against 5.8% in 2013, which
indicates a decrease of 0.3 points during the same period.
Moreover, households remain the first source of healthcare financing with a
share of 45.6%, i.e., a drop of 5.1 points compared to 2013. This significant
decrease is explained by the extension of the health coverage, the enlargement
of reimbursable drugs list and generic drugs promotion. This is also explained
by the drop in drug prices since 2014 following the implementation of the decree
relating to methods and procedures for setting drug prices. However, despite
the important drop in out-of-pocket payments, they remain high compared to
the international recommended threshold (less than 25%).

The second important healthcare financing source is health insurance, which


covered in 2018 around 40.6% of the Moroccan population, spending around
17.9 billion dirhams. This amount represented 29.3% of THE in 2018, i.e., an
increase of 6.9 points compared to 2013.

Besides, the Government has made undeniable efforts to allocate more


resources by positioning the health sector higher in its priority. However,
through national and local taxes, the Government share in healthcare financing
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

remained almost constant during 2013-2018, representing 24% of THE. The


collective and solidarity financing was improved by 6.5 points to 53.3% in 2018
against 46.8% in 2013, indicating a positive trend towards the population’s
financial protection, especially for the most vulnerable.

It is also important to highlight that international cooperation contributed to


health financing by 0,2% of THE, which has decreased by 0,4 points compared to
2013. In fact, partner support for 2018 was much more qualitative than
quantitative and concerned mobilization of expertise and capacity building.
Also, during the year 2018, many hospital projects have been launched and the
amounts of which will be captured in the coming years.

Healthcare services are produced in both public and private sectors. Pharmacies
and medical goods suppliers grab up to 23,4% share of CHE. They are followed
by public health facilities as university hospitals, public hospitals, and primary
health care facilities belonging to MoH with a proportion of 22%.
18
Regarding private and mutual clinics, they benefit from around 18.9% of CHE.
Private outpatient care providers, including mainly medical and dental offices,
dialysis centers, and other outpatient services, receive only 15.3%. The remaining
share goes to laboratories and radiology centers, including national public
institutes and laboratories, for a share of 12%, and other healthcare providers

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


with a proportion of 8.3% (NGOs, traditional healthcare providers, etc.).

Besides, health expenditures are devoted primarily to hospital care, with almost
30% of CHE. This item includes all expenses related to full and day hospitalization
(including drugs and medical goods, analyzes, radiology, etc. consumed during
the hospital stay).

Also, expenditures on outpatient care (curative and preventive) and the


purchase of drugs and medical goods represent respectively 28.7% (including
5.3% for preventive care) and 23.4% of CHE, while analyzes and radiology
benefited only from 11.7% of this expenditure.

19
‫ملخص‬

‫تعتبــر الحســابات الصحيــة الوطنيــة مصــدرا رئيســيا لتوفيــر البيانــات حــول النفقــات الصحيــة وكيفيــة‬
‫اســتخداماتها‪ .‬إذ تعــد أداة عمليــة لتقييــم منظومــة التمويــل الصحــي وتحديــد اإلجــراءات األكثــر نجاعــة‬
‫لتحســين صحــة الســاكنة‪ .‬كمــا تســاهم كذلــك فــي تقييــم وقــع السياســات الصحيــة علــى الحمايــة‬
‫المالية للساكنة‪.‬‬

‫وفــي هــذا اإلطــار‪ ،‬تــم إصــدار التقريــر الســادس للحســابات الصحيــة الوطنيــة برســم ســنة ‪ 2018‬وفــق‬
‫المنهجيــة الجديــدة التــي أوصــت بهــا منظمــة الصحــة العالميــة (نظــام الحســابات الصحيــة ‪)2011‬‬
‫بهــدف االمتثــال للمعاييــر المعتمــدة دوليــا لتقديــر مؤشــرات التمويــل الصحــي وضمــان مقارنتهــا مــع‬
‫باقي الدول‪.‬‬

‫ويتطــرق التقريــر فــي البدايــة إلــى المنهجيــة المعتمــدة إلنجــاز الحســابات الصحيــة الوطنيــة لســنة‬
‫‪ 2018‬وتقديــم لمحــة عامــة حــول النظــام الصحــي الوطنــي‪ .‬ويعــرض التقريــر بعــد ذلــك فــي فصولــه‬
‫المتتاليــة‪ ،‬تحليــا لمســتوى التمويــل الصحــي ومصــادره‪ ،‬وكــذا تطــور مؤشــرات ســنة ‪ 2018‬مقارنــة‬
‫بالســنوات الســابقة‪ .‬حيــث تــم التركيــز بشــكل خــاص علــى أهــم ممولــي قطــاع الصحــة فــي المغــرب‪،‬‬
‫كاألســر والتأميــن الصحــي وكــذا الدولــة‪ .‬كمــا يتنــاول الفصــل األخيــر مســاهمة الشــركاء الوطنييــن‬
‫والدوليين في تمويل المنظومة الصحية‪.‬‬
‫‪COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-‬‬

‫هــذا‪ ،‬وحســب نتائــج التقريــر‪ ،‬فقــد بلــغ حجــم النفقــات االجماليــة للصحــة برســم ســنة ‪ 2018‬مــا قــدره‬
‫‪ 60,9‬مليــار درهــم مقابــل ‪ 52‬مليــار درهــم ســنة ‪ ،2013‬أي بزيــادة إجماليــة قدرهــا ‪ ٪17,1‬خــال نفــس‬
‫الفتــرة‪ ،‬وبزيــادة ســنوية بنحــو ‪ .٪3,2‬وقــد بلغــت النفقــات الجاريــة للصحــة ســنة ‪ 2018‬حوالــي ‪59,1‬‬
‫مليــار درهــم‪ ،‬والتــي تمثــل ‪ ٪97‬مــن إجمالــي النفقــات الصحيــة مقابــل ‪ 1,8‬مليــار درهــم للنفقــات‬
‫المتعلقة باالستثمار أي ‪ ٪3‬من مجموع النفقات‪.‬‬

‫دوالرا‬
‫ً‬ ‫أمــا متوســط اإلنفــاق الصحــي للفــرد‪ ،‬فقــد بلــغ مــا قــدره ‪ 1730‬درهــم‪ ،‬أي مــا يعــادل ‪184‬‬
‫دوالرا مــن حيــث تســاوي القــدرة الشــرائية‪ ،‬إذ‬
‫ً‬ ‫أمريكيــا بســعر الصــرف الجــاري لســنة ‪ 2018‬و ‪489‬‬
‫ً‬
‫ســجلت زيــادة قدرهــا ‪ 152‬درهمــاً خــال الخمــس الســنوات الماضيــة‪ ،‬وهــو مــا يمثــل تطــورا إيجابيــا‬
‫بنحــو ‪ .٪9,6‬ويعتبــر معــدل الزيــادة هــذا‪ ،‬مؤشــرا إيجابيــا اتجــاه تحســن تمويــل المنظومــة الصحيــة مــن‬
‫خالل مساهمة جميع وكالء التمويل الصحي‪.‬‬

‫مــن جهــة أخــرى‪ ،‬تشــير نتائــج الدراســة الــى أن حجــم النفقــات االجماليــة علــى الصحــة قــد عــرف تطــورا‬
‫بوتيــرة أبطــأ بيــن ســنتي ‪ 2013‬و ‪ 2018‬مقارنــة مــع تطــور الناتــج الداخلــي الخــام خــال نفــس الفتــرة‪،‬‬
‫حيــث مثلــت هــذه النفقــات حوالــي ‪ ٪5,5‬مــن الناتــج الداخلــي الخــام ســنة ‪ 2018‬مقابــل ‪ ٪5,8‬ســنة‬
‫‪ 2013‬أي بانخفاض قدره ‪ 0,3‬نقطة خالل نفس الفترة‪.‬‬

‫‪20‬‬
‫وتعتبــر األســر الممــول الرئيســي للنفقــات الصحيــة ســنة ‪ 2018‬بنســبة ‪ ٪45,6‬مــن إجمالــي النفقــات‬
‫الصحيــة‪ ،‬مقابــل ‪ ٪50,7‬ســنة ‪ ،2013‬أي بنســبة انخفــاض قدرهــا ‪ ٪5,1‬مقارنــة بســنة ‪ .2013‬ويرجــع‬
‫هــذا االنخفــاض مــن جهــة‪ ،‬إلــى توســيع التغطيــة الصحيــة‪ ،‬ومــن جهــة أخــرى‪ ،‬إلــى توســيع قائمــة‬
‫األدويــة المقبــول إرجــاع مصاريفهــا‪ ،‬وتشــجيع اســتعمال األدويــة الجنيســة وكذلــك إلــى انخفــاض‬

‫‪COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-‬‬


‫أســعار األدويــة ابتــداء مــن ســنة ‪ 2014‬طبقــا لمقتضيــات المرســوم المتعلــق بشــروط وكيفيــات تحديــد‬
‫ســعر بيــع األدويــة المصنعــة محليــا أو المســتوردة للعمــوم‪ .‬وبالرغــم مــن هــذا االنخفــاض المهــم فــي‬
‫نســبة األداءات المباشــرة لألســر‪ ،‬تبقــى هــذه النســبة مرتفعــة مقارنــة بمــا يوصــى بــه دوليــا (نســبة‬
‫أقل من ‪.)٪25‬‬

‫ويعتبــر التأميــن الصحــي ثانــي أكبــر ممــول للنفقــات الصحيــة بالمغــرب حيــث قــام ســنة ‪ 2018‬بتغطيــة‬
‫حاولــي ‪ ٪40,6‬مــن الســاكنة وإنفــاق ‪ 17,9‬مليــار درهــم وهــو مــا يمثــل ‪ ٪29,3‬مــن إجمالــي النفقــات‬
‫الصحية سنة ‪ 2018‬أي بزيادة ‪ ٪6,9‬مقارنة بسنة ‪.2013‬‬

‫ومــن ناحيــة أخــرى‪ ،‬تجــدر اإلشــارة الــى المجهــودات المهمــة التــي بذلتهــا الدولــة خــال الســنوات‬
‫األخيــرة لتخصيــص مزيــدا مــن المــوارد الماليــة لقطــاع الصحــة وجعلهــا أولويــة وطنيــة‪ .‬ومــع ذلــك‪،‬‬
‫فقــد ظلــت حصــة الدولــة فــي التمويــل الصحــي‪ ،‬مــن خــال المــوارد الضريبيــة الوطنيــة والمحليــة‪،‬‬
‫شــبه مســتقرة بيــن ســنتي ‪ 2013‬و ‪ ،2018‬مســجلة نســبة حوالــي ‪ ٪24‬مــن تمويــل النفقــات الصحيــة‬
‫لســنة ‪ .2018‬كمــا ســجلت نتائــج الدراســة تحســنا ملحوظــا فــي التمويــل الجماعــي والتضامنــي‪ ،‬حيــث‬
‫ارتفعــت نســبته ب ‪ ٪6,5‬ليصــل إلــى ‪ ٪53,3‬مــن النفقــات الصحيــة ســنة ‪ 2018‬مقابــل ‪ ٪46,8‬فــي ســنة‬
‫‪ ،2013‬مؤكــدا التوجــه اإليجابــي نحــو تمكيــن الســاكنة مــن الحمايــة الماليــة أثنــاء الولــوج للعــاج‬
‫وخاصة الفئات األكثر هشاشة منها‪.‬‬
‫‪21‬‬

‫أمــا بخصــوص مســاهمة التعــاون الدولــي فــي تمويــل المنظومــة الصحيــة فهــي ال تتجــاوز نســبة‬
‫ً‬
‫انخفاضــا قــدره ‪ ٪0,4‬مقارنــة بســنة ‪ .2013‬وهــذا راجــع الــى كــون دعــم الشــركاء خــال‬ ‫‪ ٪0,2‬مســجلة‬
‫كميــا والــذي هــم بالخصــوص تعبئــة الخبــرات الالزمــة وتعزيــز‬
‫ً‬ ‫نوعيــا أكثــر مــن كونــه‬
‫ً‬ ‫ســنة ‪ 2018‬كان‬
‫القــدرات‪ .‬كمــا تزامــن عــام ‪ 2018‬مــع إطــاق بعــض المشــاريع االستشــفائية والتــي ســيتم تســجيل‬
‫نفقات تشيدها خالل السنوات القادمة‪.‬‬

‫أمــا بخصــوص توزيــع النفقــات الصحيــة الجاريــة (‪ 59,1‬مليــار درهــم) حســب منتجــي الخدمــات الصحيــة‬
‫بالقطاعيــن العــام والخــاص‪ ،‬فــإن الصيدليــات ومــوردي المســتلزمات الطبيــة هــم أول المســتفيدين‬
‫منهــا بنســبة تقــدر بحوالــي ‪ ،٪23,4‬تليهــا المؤسســات الصحيــة العموميــة والتــي تضــم أساســا‬
‫المستشــفيات الجامعيــة والمستشــفيات التابعــة لــوزارة الصحــة ومؤسســات الرعايــة الصحيــة األوليــة‬
‫بنســبة ‪ ،٪22‬ثــم تليهــا بعــد ذلــك العيــادات الخاصــة والعيــادات التعاضديــة بنســبة ‪ . ٪18,9‬أمــا مقدمــو‬
‫العالجــات المتنقلــة الخصوصيــة والتــي تتضمــن العيــادات الطبيــة وعيــادات طــب األســنان ومراكــز‬
‫تصفيــة الــدم باإلضافــة الــى المراكــز األخــرى للعالجــات المتنقلــة‪ ،‬فهــي تســتفيد بنســبة ‪ ٪15,3‬مــن‬
‫النفقــات الصحيــة الجاريــة‪ .‬كمــا أن الحصــة المتبقيــة فتعــود إلــى المختبــرات الطبيــة ومراكــز األشــعة‪،‬‬
‫بمــا فــي ذلــك المعاهــد والمختبــرات العموميــة‪ ،‬بنســبة ‪ ، ٪12‬وإلــى مقدمــي الخدمــات الصحيــة‬
‫اآلخرين بنسبة ‪( ٪8,3‬المنظمات غير الحكومية‪ ،‬ومقدمي عالجات الطب التقليدي‪ ،‬إلخ)‪.‬‬

‫امــا بخصــوص التصنيــف الوظيفــي للنفقــات الصحيــة الجاريــة برســم ســنة ‪ ،2018‬فــإن الخدمــات‬
‫العالجيــة االستشــفائية تمثــل أكثــر مــن ‪ ٪30‬مــن هــذه النفقــات تليهــا العالجــات المتنقلــة (العالجيــة‬
‫والوقائيــة) بنســبة ‪( ٪28,7‬بمــا فــي ذلــك ‪ ٪5,3‬للعالجــات الوقائيــة) ثــم األدويــة والمســتلزمات الطبيــة‬
‫بنســبة ‪ . ٪23,4‬أمــا نفقــات التحاليــل الطبيــة واألشــعة فتمثــل حوالــي ‪ ٪11,7‬مــن النفقــات الجاريــة‬
‫لسنة ‪.2018‬‬
‫‪COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-‬‬

‫‪22‬‬
INTRODUCTION

La question de la santé de la population occupe une place centrale dans les


politiques de développement des pays et devenue une préoccupation
permanente des politiques publiques. C’est ainsi qu’on parle de la notion de «
la santé dans toutes les politiques ».

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Si la constitution du Maroc de 2011 a fait de l’accès aux soins de santé et à la
protection sociale un droit à part entière, la collaboration intersectorielle et la
prise en compte de la dimension « santé » dans les politiques publiques est
devenue aujourd’hui une nécessité pour améliorer la santé de la population et
réduire les iniquités en santé.

Par ailleurs, le Maroc a entamé de grands chantiers de réformes du système de


santé soutenus par un engagement politique de très haut niveau du pays. En
effet, depuis la première conférence nationale sur le système de santé en 1959
à la généralisation du RAMED en 2012 et la refonte du système de santé qui
s’annonce, l’engagement Royal direct a toujours été le catalyseur de ses
réformes. Le système de santé et sa réforme radicale ont occupé une importance
capitale dans le Discours prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que
Dieu l’Assiste, à l’occasion de la Fête du Trône 2018, « … redresser les anomalies
qui entachent l’exécution du Programme de couverture médicale « RAMED », et
23
parallèlement, refondre en profondeur le système national de santé, qui se
caractérise par des inégalités criantes et une faible gestion. ».

Le financement de la santé est l’un des six piliers d’un système de santé et
détermine l’efficacité de chaque composante de ce dernier. Le développement
du système de financement de la santé reste tributaire des facteurs endogènes
et exogènes. Dans ce sens, la situation économique du pays impacte directement
la taille du financement à allouer à la santé.

Après une croissance rapide en 2017 causée principalement par l’accélération


de la production mondiale et des échanges commerciaux internationaux,
l’économie mondiale a connu un ralentissement en 2018 suite à la diminution
de confiance des investisseurs causée par l’application des droits de douane de
certains pays développés et les mesures prises en représailles par les autres
pays.

Le Maroc n’a pas échappé à cette tendance. En effet, le taux de croissance


économique est passé de 4% en 2017 à 3% en 2018. La dépendance aux aléas
climatiques constitue la principale cause du repli de la valeur ajoutée agricole
passant de 15,1% en 2017 à 2,7% en 2018. Les activités non agricoles ont enregistré
une légère reprise du rythme de croissance avec 2,8% en 2018 contre 2,5% en
2017.

Ainsi, l’amélioration du financement de la santé requiert un plaidoyer fondé sur


l’évidence pour positionner la santé dans les priorités déterminant la logique
des allocations dans le budget de l’Etat. Pour une démarche structurée, ce
plaidoyer sur le financement de la santé devrait se focaliser sur trois aspects.
Premièrement, analyser la situation sur le processus de mobilisation des
ressources pour la santé en se comparant aux efforts investis par la communauté
internationale et en ayant en face la concrétisation de l’objectif de la santé
comme droit humain. Deuxièmement, analyser les mécanismes de mise en
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

commun des ressources et évaluer le degré de la mutualisation des risques du


financement. Et finalement le plaidoyer doit prendre comme point de départ la
mise en exergue des efforts du pays pour améliorer l’efficience globale du
système de financement de la santé.

Tous ces trois fronts d’analyse, qui constituent le socle d’un plaidoyer solide
pour un financement résilient de santé, exigent des études économiques qui
visent à éclairer le processus de décision avec des données probantes sur le
financement de la santé. A travers ces études, il faut répondre à de nombreuses
questions d’une portée stratégique pour le système de santé à savoir : Est ce
que les politiques de santé mises en place ont un impact de protection
financière de la population en réduisant les dépenses catastrophiques en santé
? Est-ce que la volonté d’améliorer la santé est traduite par une augmentation
du financement solidaire ? Est-ce que le système national de santé est efficient
ou non comparé à ceux des autres pays ? et bien d’autres questions.
24
Les Comptes Nationaux de la Santé (CNS) offrent la possibilité de faire cette
analyse critique des politiques de santé et juger leur impact sur la protection
financière mais aussi pour donner une image sur la viabilité du financement en
général. La consistance et la pérennité du financement de la santé déterminent
la continuité de l’offre de soins et leur qualité à toute la population et
conditionnent ainsi le résultat en état de santé. Par ailleurs, les CNS offrent
également la possibilité de se comparer avec les pays pionniers dans l’atteinte

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


de la Couverture Universelle en Santé pour identifier les gaps sur lesquels une
stratégie de financement doit se focaliser.

Les CNS de 2018 adopte la nouvelle approche qui est presque généralisée sur
l’ensemble des pays de la Région EMRO. Cette nouvelle méthode a l’avantage
de fournir au Maroc une base de données riche offrant l’opportunité d’effectuer
des Benchmarks détaillés sur toutes les dimensions du financement de la santé.
Ce Benchmark avec l’international est d’une importance capitale pour informer
les décideurs du système de santé marocain sur les meilleures politiques qui
ont de l’impact sur le terrain. C’est ainsi que le pays peut se lancer dans un
processus d’amélioration continue des capacités de design des politiques de
financement de la santé mais aussi d’intégrer les bonnes pratiques en matière
de mise en œuvre de ces dernières.

25
26
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-
MÉTHODOLOGIE

1. Adoption de la classification du système des comptes de la santé-2011

Le Ministère de la Santé a élaboré la présente sixième édition des CNS au titre


de l’année 2018 suivant une méthodologie standardisée, en l’occurrence le
Système des Comptes de la Santé développé par l’OMS, l’Eurostat et l’OCDE en
2011 (SCS-11). C’est dans l’objectif de se conformer aux normes internationales

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


en matière de production des résultats et des indicateurs comparables avec les
autres pays du monde. Ce système défini une nouvelle nomenclature et décline
la norme de classification des dépenses de santé selon les trois axes à savoir la
consommation, la fourniture et le financement.

Si les anciennes classifications permettent de produire la dépense totale de


santé comme agrégat couvrant toutes les dépenses de santé du pays au cours
d’une année donnée, le SCS-11 produit deux types de dépenses. Il s’agit des
dépenses de consommation finale des biens et services de santé lors de la
période comptable appelées dépenses courantes de santé (DCS)1 , et les
dépenses relatives aux investissements dont leur utilisation s’étale sur plus
d’une année pour produire des biens et services de santé, appelée formation
brute du capital (HK)2 . La somme des deux agrégats donne la dépense totale de
santé.

2. Processus d’élaboration des CNS-2018


27

Le processus d’élaboration des CNS-2018 a commencé par l’organisation d’un


atelier de lancement en mars 2019 auquel ont pris part des représentants et
des points focaux des différents partenaires et organismes nationaux et
internationaux impliqués dans la réalisation des CNS. Les objectifs assignés à
cet atelier étaient de sensibiliser les différents intervenants sur l’importance
des CNS, de les informer sur les changements en matière de méthodologie, de
présenter le calendrier de réalisation et de partager les outils de collecte des
données.

1. La dépense courante de santé représente la valeur monétaire de la dépense de consommation finale de tous les biens et services
de santé par la population d’un pays durant une période donnée.
2. La formation brute du capital est la valeur des actifs que les prestataires de soins de santé ont acquis au cours de l’exercice fiscal
et qui sont utilisés fréquemment ou continuellement pendant plus d’une année pour la production des services de santé.
2.1. Formation sur les nouveaux outils

L’élaboration des CNS-2018 a suivi une méthodologie différente de celle


adoptée pour les exercices précédents basée sur une nouvelle classification
des dépenses de santé (Régimes de financement, prestataires, prestations, …)
et utilise un outil informatique spécifique pour le traitement des données et la
production des matrices de résultats.

Etant donné qu’il s’agit du premier exercice adoptant cette nouvelle


méthodologie et dans l’objectif de définir la classification adaptée au Maroc et
se familiariser avec les nouveaux outils, une formation sur le SCS-2011 et
l’application informatique HAPT (Health Account Production Tool) a été
organisée pour l’équipe en charge de cet exercice. Cette formation, encadrée
par des experts de l’OMS, a connu la participation en plus de l’équipe du MS en
charge de la réalisation des CNS, des représentants d’autres institutions
notamment la CNOPS, la CNSS et l’ANAM.

2.2. Collecte des données :

La collecte des données a porté sur l’année 2018 et a commencé directement


COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

après le lancement officiel de l’exercice. Cette opération a été réalisée à travers


des questionnaires spécifiques adaptés aux différents intervenants dans le
financement de la santé à savoir :

• Ministère de la Santé (y compris les CHUs)


• Autres départements ministériels
• Collectivités Territoriales
• CNOPS
• CNSS
• Mutuelles et assurances privées
• Caisses Internes des Offices Nationaux
• Partenaires de la coopération internationale
• ONG

28
La collecte des données par les services déconcentrés du MS et des CHUs a été
précédée par un atelier de validation des outils de collecte et de formation des
points focaux régionaux et des CHUs sur les questionnaires et les modalités de
leur remplissage. Ceci a été suivi par des réunions et des ateliers à l’échelle de
chaque région impliquant les différentes structures concernées à savoir les
services des délégations médicales de santé et les hôpitaux.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Il importe de signaler que des réunions et des missions d’accompagnement ont
été effectuées auprès des différentes institutions concernées pour, d’une part,
les sensibiliser de l’importance de l’exercice et d’autre part, pour trouver des
solutions aux différentes difficultés et contraintes liées à la collecte des
données et au renseignement du questionnaire. Il y a lieu de noter que certaines
institutions privées ont exprimé une réticence pour fournir les données
demandées jugées comme étant des données confidentielles.

En ce qui concerne les dépenses directes des ménages, elles ont été estimées
sur la base des données de l’enquête Panel de 2017 réalisée par l’ONDH ainsi
que les données de l’enquête nationale sur la consommation et dépenses des
ménages, réalisée par le HCP en 2014. Ces données ont été exploitées tout en
prenant en considération la part des remboursements dans les frais engagés
collectées auprès des organismes d’assurance maladie.

Par ailleurs, les dépenses de la coopération internationale ont été quantifiées


en exploitant les données du rapport sur la coopération en santé élaboré par le 29

Ministère de la Santé/DPRF au titre de l’année 2018.

2.3. Vérification des données

Les données reçues ont été vérifiées au fur et à mesure de la réception des
questionnaires. D’autres sources de données ont été utilisées pour s’assurer
de la validité des données reçues, compléter certaines données manquantes et
estimer des clés de répartition de certaines rubriques de dépenses. Il s’agit en
particulier des rapports et documents officiels notamment les morasses
budgétaires, bilans d’exécution du budget, rapports d’activités, sites web
officiels des institutions concernées ainsi que des rapports d’études et de
recherches nationales ou internationales sur le financement de la santé.
2.4. Traitement des données, production des matrices et validation des résultats

Le traitement des données consiste en la vérification de la cohérence des


données préalablement collectées, vérifiées et agrégées, la préparation des
fichiers de codification conformément à la nomenclature du SCS-11 et
l’importation des données dans l’outil informatique. Ce travail minutieux a été
effectué avec l’appui d’un consultant afin de veiller sur la fiabilité des opérations
et de garantir l’assurance qualité des résultats obtenus.

L’output de l’application informatique est un ensemble de tableaux croisés


(matrices) décrivant les liens entre les différentes dimensions du financement
des dépenses de santé dont notamment.

• Régimes de Financement x Revenus des régimes de financement (HF x


FS);
• Agents de financement x Revenus des régimes de financement (FA x FS) ;
• Prestataires x Régimes de Financement (HP x HF) ;
• Fonctions x Régimes de financement (HC x HF) ;
• Fonctions x Prestataires (HC x HP) ;
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

• Régimes de Financement x Agents de financement (HF x FA) ;


• Formation de capital x Prestataires (HK x HP) ;

Ces différentes matrices produites ont été discutées en détail lors de réunions
avec des experts nationaux et du bureau régional de l’OMS. L’objectif de ce
travail était de passer en revue les résultats obtenus directement de l’outil et
de valider les différents indicateurs calculés.

En raison des limites que connaissent les systèmes d’information du Ministère


de la santé et de ses partenaires, il n’a pas été possible de produire les
différentes classifications prévues à savoir les dépenses par âge, sexe, maladie…
les investissements en cours en matière du renforcement des systèmes
d’information afin de collecter des données fiables et plus détaillées devraient
remédier à cette contrainte lors de la réalisation des prochains exercices des
CNS.

30
Aussi, et afin d’analyser l’évolution des indicateurs, ce document présentera
des indicateurs comparables avec ceux produits par les anciennes éditions des
CNS. Les détails portant sur les résultats selon la nouvelle classification seront
présentés en annexes.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


31
CHAPITRE
01
APERÇU SUR LE SYSTÈME
NATIONAL DE SANTÉ
Le Système National de Santé (SNS) est composé de l’ensemble des organisations,
des institutions et des ressources relevant des secteurs public et privé, dont le
but est d’améliorer la santé de la population. Le Ministère de la Santé est chargé
d’élaborer et de mettre en œuvre la politique du Gouvernement en matière de
la santé de la population qui comporte la politique nationale en matière de
médicaments et de produits pharmaceutiques sur les plans techniques et
réglementaires.

Historiquement, le SNS a connu plusieurs phases de développement, partant


de la mise en place et le développement du système national de santé en
infrastructure, au développement de l’offre et des programmes sanitaires, et à
la mise en œuvre de plusieurs réformes telles que la régionalisation, la réforme
hospitalière et budgétaire, la mise en place de la loi 65-00 portant code de la
couverture médicale, la loi cadre n° 34-09 relative au système de santé et à
l’offre de soins, la loi 131-13 relative à l’exercice de la Médecine,….

Accompagnés par des politiques et stratégies ainsi que des plans d’actions de
mise en œuvre, ces chantiers constituent des avancées importantes vers le
renforcement et la protection du droit constitutionnel lié à l’accès aux soins. Ils
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

permettent aussi une amélioration de la performance du système de santé


dans sa globalité, tout en garantissant un meilleur état de santé à la population.

1. Principaux indicateurs du système national de santé

Au cours des dernières années, l’état de santé de la population marocaine a


connu une importante évolution. Ceci revient notamment à l’amélioration des
conditions de vie, au développement de l’offre de soins et à l’amélioration de
l’accès aux soins et services de santé. Ces progrès sont confirmés par les
différents indicateurs démographiques et épidémiologiques.

a. Données démographiques et épidémiologiques :

La population du Maroc en 2018 s’élève à 35,2 Millions d’habitants, dont les


personnes de moins de 15 ans représentent environ 26,6% en notant une
tendance baissière du niveau de la fécondité qui a passé de 7 enfants par
femme en 1962 à environ 2,4 enfants en 2018. Aussi enregistre-t-on un
34 allongement de l’espérance de vie passant de 47 ans en 1962 à 76 ans en 2018 et
un vieillissement rapide et progressif de la population qui est en soi un défi
majeur pour le système de santé (la proportion de la population âgée de 60 ans
et plus représente 11% de la population totale).

Les indicateurs de mortalité ont connu aussi une évolution très positive. En
effet, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a connu une baisse
importante durant la période 2004-2018 en passant de 47 à 22 décès pour 1000

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


naissances vivantes. Le ratio de la mortalité maternelle a connu également une
réduction considérable passant de 227 à 72,6 décès pour 100.000 naissances
vivantes entre 2004 et 2018. Avec ce rythme de réduction de la mortalité
maternelle et infanto-juvénile, le Maroc est en bonne voie pour l’atteinte des
deux premières cibles du troisième Objectif du Développement Durable (ODD3).

Par ailleurs, le Maroc connait une urbanisation accélérée qui a atteint


aujourd’hui 60,3%. Ceci représente un défi majeur pour le système de santé
pour assurer un accès aux services et soins de santé tout en maintenant un
équilibre entre les deux milieux rural et urbain.

Aussi, le Maroc vit aujourd’hui une transition épidémiologique et démographique


qui se traduit par une augmentation de la charge de morbidité et de la mortalité
liées aux maladies non transmissibles. Toutefois, le contrôle des maladies
transmissibles s’est poursuivi ces dernières années en inversant le cours de
l’action, auparavant focalisé sur le VIH et l’élimination de certaines maladies
tropicales. Ainsi, trois catégories d’affections caractérisent le profil 35

épidémiologique de la santé au Maroc : Les maladies non transmissibles


représentent 75% ; les maladies transmissibles, maternelles et périnatales
représentent 19% et les traumatismes intentionnels et non intentionnels
représentent 6%.

b. Offre de soins :

L’organisation de l’offre de soins au Maroc est régie par les dispositions de la


loi cadre n° 34.09 du 2 Juillet 2011 relative au système de santé et à l’offre de
soins au Maroc, et au décret d’application n° 2-14-562 du 24 juillet 2015 relatif à
l’organisation de l’offre de soins, à la carte sanitaire et aux schémas régionaux
de l’offre de soins. Ces deux textes juridiques régissent l’organisation de soins
au Maroc et définissent les types d’établissements de santé et les niveaux de
recours.

Depuis l’indépendance, des avancées importantes ont été enregistrées par


notre système de santé en matière du développement de l’offre de soins. Ces
avancées concernent notamment l’extension du réseau hospitalier, des
établissements de soins de santé primaires, des cliniques et des cabinets
privés. En effet, le Maroc compte en 2019, 159 hôpitaux avec une capacité litière
de 25385 et 2888 établissements de soins de santé primaires urbains et ruraux.
Aussi, l’offre de soins privée se développe avec un rythme accéléré. On compte
un total de 359 cliniques, 9671 cabinets de consultation médicale, 3614 cabinets
de chirurgie dentaire et 8997 officines de pharmacie.

Quant au personnel médical, le Maroc dispose en 2019, dans les structures


publiques de santé, de 12034 médecins toutes spécialités confondues dont 160
pharmaciens et 458 chirurgiens-dentistes exerçant hors CHUs et un effectif de
31657 personnels paramédicaux, contre un effectif de 13545 médecins exerçant
dans le secteur privé dont 8355 spécialistes.

c. Comparaison avec d’autres pays :


COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Des progrès indéniables ont été enregistrés dans l’amélioration de l’état de


santé de la population. Les indicateurs ci-après permettent de situer le Maroc
par rapport aux autres pays.

Tableau 1.1 : Principaux indicateurs de santé du Maroc en comparaison avec des


pays de Benchmark, 2018
Indicateur Maroc Algérie Tunisie Iran Jordanie Liban France Egypte
Espérance de vie à 76.0 76.4 76.0 76.9 76.0 77.7 82.9 70.5
la naissance
Espérance de vie 65.3 65.5 66.3 65.4 66.4 66.1 73.4 61.1
en bonne santé
Ratio de mortalité 72 140 62 25 58 15 8 33
maternelle (pour
100 000 naissances
vivantes)

36
Proportion 86.6 97 74 99 100 - 97 92
d’accouchements
assistés par du
personnel de santé
qualifié (%)
Taux de mortalité 22.2 25.2 13.6 15.1 17.6 8.1 3.9 22.8
des moins de cinq
ans (pour 1000
naissances

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


vivantes)
Densité de 0.9 1.2 1.3 1.5 3.4 2.4 3.2 0.8
médecins (pour
1000 habitants)
Densité du 0.7 1.9 2.6 1.6 3.1 2.6 10.6 1.4
personnel infirmier
(pour 1000
habitants)
Indice de 65 76 65 65 70 68 ≥80 68
couverture des
services (CSU)

2. Principaux chantiers de réformes

Le programme du Gouvernement pour la période 2017-2021 a fait du secteur de


la santé l’un des secteurs sociaux les plus prioritaires visant à améliorer et
généraliser l’accès aux services de santé. Pour atteindre cet objectif, le Ministère
de la Santé a développé un plan stratégique ambitieux à l’horizon 2025 visant à
organiser et développer l’offre de soins. Ce plan vise à améliorer l’accès aux
37
services de santé, renforcer les programmes nationaux de santé et de lutte
contre les maladies, renforcer la gouvernance et optimiser l’allocation et
l’utilisation des ressources. Dans ce sens, plusieurs chantiers ont été lancés
dont certains peuvent avoir un impact plus que d’autres sur le financement de
la santé. On cite à titre d’exemple l’extension de la couverture médicale de base
et la mise en œuvre de la politique nationale pharmaceutique qui ont eu
certainement un impact direct ces dernières années sur l’évolution du
financement de la santé.

Extension de la couverture médicale de base

Depuis l’entrée en vigueur de la loi 65-00 portant code de la couverture médicale


de base en 2005, des progrès substantiels ont été réalisés en matière de la
généralisation de la couverture médicale à toute la population marocaine. En
effet, le taux de couverture médicale est passé de 16% en 2005 à 64% en 2018.
Ceci est le résultat de la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire
(AMO) pour les fonctionnaires du secteur public et les employés du secteur
privé, la généralisation du RAMED en Mars 2012 et la mise en œuvre de l’AMO au
profit des étudiants à partir de 2016.

Cette couverture médicale a été renforcée par la publication en juillet 2017 de


la loi 98-15 et ses décrets d’application portant sur la couverture médicale des
travailleurs non-salariés. Sa généralisation progressive à la population cible
devrait augmenter davantage le taux de couverture médicale de la population
assurant par conséquent un niveau optimal de protection financière de la
population ce qui constitue un parcours d’importance vers la Couverture
Sanitaire Universelle.

Politique nationale pharmaceutique

Le Maroc a mis en place une politique pharmaceutique nationale afin d’améliorer


l’accès aux médicaments et produits de santé et réglementer le secteur. Cette
politique a favorisé l’installation progressive d’une industrie pharmaceutique
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

nationale qui a renforcé la production nationale avec un réseau de distribution


structuré couvrant tout le territoire national.

Il y a lieu de signaler l’effort important déployé par le Ministère de la Santé


pour renforcer la disponibilité des médicaments au niveau des établissements
de santé. En effet, le budget dédié par le Ministère de la Santé à l’achat des
médicaments et autres produits pharmaceutiques a atteint environ 2 milliards
de dirhams en 2018. Il a connu une nette évolution d’année en année puisqu’il
ne dépassait pas 650 millions de dirhams en 2002.

Cependant, les différentes études réalisées ont montré que les prix des
médicaments restent élevés par rapport au pouvoir d’achat des marocains et
que ces médicaments sont plus chers comparativement au pays à développement
économique similaire. Dans ce cadre, le Ministère de la Santé a publié en 2013
un décret n°2-13-852 relatif aux conditions et modalités de fixation des prix
publics de vente des médicaments. La mise en œuvre des dispositions de ce
38
décret à partir de 2014 a permis de réduire le prix de plus de 1500 médicaments
qui couvrent quasiment toutes les classes thérapeutiques. Les opérations de
baisses ont touché près de 60% des médicaments princeps et 40% des
génériques.

Par ailleurs, une nette amélioration du taux de pénétration des médicaments


génériques dans le marché du médicament a été enregistrée. En valeur, le

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


générique représente à fin 2018 près de 40% du marché du médicament, alors
qu’en 2013 elle n’était que 34%.

En outre, et en vue de renforcer l’accès aux médicaments notamment au profit


des assurés dans le cadre de l’AMO, la liste des médicaments admis au
remboursement a été élargie progressivement par l’intégration de nouveaux
médicaments dans le guide des médicaments remboursables en passant de
3235 médicaments remboursables en 2013 à 4236 médicaments en 2018 soit
environ 1000 médicaments de plus.

39
CHAPITRE
02
FINANCEMENT
DE LA SANTÉ AU MAROC
La taille du financement de la santé dans un pays reflète l’importance stratégique
qu’occupe le secteur de la santé dans les priorités générales de l’Etat. La
comparaison entre les pays en matière de l’effort de financement consacré à la
santé permet à un pays de se situer par rapport à la dynamique mondiale en
matière d’amélioration de la protection financière de la population à travers un
financement pérenne et résilient.

1. Niveau de financement de la santé

La dépense totale de santé (DTS) au titre de l’année 2018 a atteint environ 60,9
milliards de Dhs, contre 52 Milliards en 2013 avec un taux d’accroissement de
17,1%, soit une évolution annuelle moyenne de 3,2% entre 2013 et 2018 contre
2,9% entre 2010 et 2013. Ce taux d’accroissement indique une tendance positive
d’amélioration du financement de la santé à travers la contribution de
l’ensemble des agents financeurs de la santé au Maroc.

En tant qu’agrégat principal des comptes de santé, la dépense courante de la


santé (DCS) de l’année 2018, est estimée à 59,1 milliards de Dhs (soit 97% des
DTS), alors que, la dépense liée à l’investissement (Formation du Capital fixe) a
atteint 1,8 milliard de DH (soit 3% de la DTS). Le pourcentage des dépenses en
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

capital enregistré pour le Maroc reste dans l’ordre de grandeur recommandé


par l’OMS.

Par ailleurs, on enregistre que la dépense totale de santé per capita en 2018, est
de 1730 DH, avec une augmentation de 9,6% par rapport à l’année 2013. La
dépense totale per capita est un indicateur qui permet une comparaison plus
objective entre les pays car il indique l’effort en financement par habitant ce
qui reste un indicateur stratégique à utiliser dans la comparaison entre les pays
ayant réalisé le même exercice. Par ailleurs, la part du PIB consacrée à la santé
a diminué passant de 5,8% en 2013 à 5,5% seulement en 2018. Cette part reste
très faible par rapport aux normes internationales. Il est aussi important de
noter que le pourcentage de la DTS par rapport au PIB donne une image sur
l’effort du pays dans la priorisation de la santé dans les priorités générales du
pays. Dans ce sens, il n’y a pas de seuil à considérer comme repère surtout que
certains pays ont réussi à améliorer l’état de santé de la population avec un
42 pourcentage inférieur à la moyenne mondiale (ex : 4,1% pour la Turquie).
Le tableau 2.1 suivant permet de situer le Maroc par rapport à un ensemble de
pays ce qui renforce le plaidoyer politique en faveur d’une amélioration des
mécanismes du financement de la santé dans le pays. La comparaison peut
également aider à identifier les pays les plus performants en matière de
stratégies de financement de la santé pour éventuellement développer un
échange d’expériences dans ce sens.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Tableau 2. 1 : Niveau de la dépense de santé -comparaison
avec quelques pays, 2018

Dépense de Dépense de
PIB par Paiements
santé par santé par
Pays habitant (dollar directs des
habitant (dollar rapport au PIB
international) ménages (%)
international) (%)
Turquie 28 545 1 171 4,1 17,5
Egypte 11 366 614 4,9 62,3
Maroc (*) 7 438 489 5,5 45,6
Iran 13 472 1 691 8,7 35,8
Liban 15 612 1 086 8,3 33,2
Algérie 11 642 963 6,2 32,6
Jordanie 10 023 738 7,8 33,2
Tunisie 11 764 912 7,3 38,9
France 45 561 5250 11,3 9,2
USA 61 498 10 624 16,9 10,8
43
Sources : OMS, Banque Mondiale.
(*) : Les données sur les dépenses de santé au Maroc correspondent aux résultats des CNS-2018

La dépense totale en santé per capita positionne le Maroc avec un faible chiffre
(489 $ international), alors que des pays comme la Turquie et le Liban dépensent
presque le double de ce que dépense le Maroc pour chaque habitant. La France
dépense presque 8 fois plus que le Maroc et les USA dépense 16 fois plus.

Les graphiques 2.1 et 2.2 ci-après donnent respectivement l’évolution de la DTS


et de la DTS par habitant au Maroc entre 1997 et 2018.
Figure 2. 1 : Evolution de la dépense totale de santé, 1997-2018
(en Milliards de Dhs)

70
60,9
60
52
50 47,8

40
30,6
30
18,9
20 15

10

0
1997 2001 2006 2010 2013 2018

Figure 2. 2 : Evolution de la dépense totale de santé par habitant,


1997-2018 (en Dhs)

2000
1800 1730
1578
1600 1498
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

1400
1200
1002
1000
800 663
550
600
400
200
0
1997 2001 2006 2010 2013 2018

2. Sources de financement

Le financement de la santé au Maroc se caractérise par une multiplicité d’acteurs


financeurs. Il s’agit des sources publiques à travers les recettes fiscales de l’Etat,
de la contribution de l’assurance maladie (y compris les diverses formes
d’assurances privées) et des sources privées à travers les paiements directs des
ménages.
44
Figure 2. 3 : Sources de financement de la santé par nature de financement, 2018

Paiement direct
des ménages 45,6%
Ressources
fiscales
Autres 24%
0,5%

Coopération
internationale

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


0,2%

Employeurs
(hors CM)
0,4%
Assurance
maladie
29,3%

La dépense directe des ménages par rapport à la DTS indique le niveau de la


protection financière qu’un pays assure à sa population. L’un des objectifs de la
Couverture Sanitaire Universelle (CSU) consiste à réduire ce pourcentage à
moins de 25% pour s’assurer que le financement collectif de santé est basé sur
la solidarité nationale afin de garantir une mutualisation maximisée des risques
de santé.

En 2018, la contribution directe des ménages constitue 45,6% du total des


dépenses totales de santé contre 50,7% en 2013. Ainsi, la baisse d’environ 5% de
cette contribution constitue un élément positif pour le système du financement
de la santé au Maroc.

La généralisation du RAMED a permis de structurer et d’améliorer le financement 45

de la santé qui a renforcé davantage le dispositif d’accès aux soins de santé


pour la population pauvre et vulnérable. Ainsi avec la généralisation du RAMED,
la dotation des médicaments dédiée aux hôpitaux publics s’est nettement
améliorée à partir des ressources supplémentaires provenant du fonds de
cohésion sociale. D’autres actions ont également visé l’amélioration du
financement des soins destinés aux tranches les plus vulnérables comme les
patients cancéreux et ceux soufrant de l’insuffisance rénale chronique terminale.
Dans ce sens, le fardeau économique lourd qui était assumé par les malades et
leurs familles s’est allégé comme conséquence de ces diverses stratégies.

Les produits pharmaceutiques constituent un déterminant important de la


taille de la contribution des ménages soit à travers l’automédication ou à
travers les prescriptions faites par les professionnels de santé au niveau des
structures de soins. C’est dans ce sens, que les actions relatives à la politique
pharmaceutique qui ont été adoptées au cours des dernières années expliquent
également la baisse de la dépense directe des ménages. En effet, la politique
visant à favoriser le médicament générique dans les prescriptions médicales a
surement joué un rôle important dans la réduction de la contribution des
ménages. Par ailleurs, la politique de la baisse des prix des médicaments qui a
été adoptée en 2014 a permis de réduire les prix de plusieurs médicaments.

Aussi l’élargissement de la couverture médicale a-t-il permis d’alléger la


contribution des ménages à travers le financement de l’assurance maladie. La
couverture s’est améliorée par l’intégration des étudiants et les employés de
quelques EEP dans le régime géré par la CNOPS et plus de 2 millions de nouveaux
bénéficiaires pour la CNSS.

Cependant malgré cette baisse, cette part demeure encore plus élevée par
rapport à celle des autres pays développés, comme la Turquie (17,5%) et la
France (9,2%). Des efforts importants doivent être déployés pour réduire
davantage cette contribution pour s’aligner avec les recommandations
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

internationales dans ce sens.

Par ailleurs, la contribution de l’Etat dans le financement de la santé reste


quasiment inchangée par rapport à celle de 2013 avec une part de 24%. La part
de l’assurance maladie dans le financement des dépenses de la santé est de
29,3% enregistrant ainsi une augmentation de 6,9 points par rapport à celle de
2013. Les parts respectives des E.E.P. et de la coopération internationale sont de
0,4% et 0,2%.

Il est à noter que le financement collectif et solidaire a atteint 53,3% en 2018


contre 46,8% en 2013. L’amélioration du financement solidaire constitue une
tendance positive vers une protection financière de la population et surtout les
tranches les plus vulnérables.

46
L’évolution du financement de la santé devrait en principe tendre vers une
augmentation de la part de l’assurance maladie pour plus de solidarité et de
mutualisation des risques. Le tableau suivant donne un portrait sur l’apport de
la contribution relative à l’assurance maladie par type de financeur.

Tableau 2. 2 : Nature des sources de financement par rapport à la contribution


à l’assurance maladie, 2018

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Montant de la
(%)
dépense
Etat 2 033 418 3,3%
8 617 315 14,1%
Contributions à

Ménages
Collectivités Territoriales 253 647 0,4%
l’AM

EEP 408 256 0,7%

Entreprises privées 6 656 423 10,9%

Sous-total 17 969 059 29,5%

Ressources fiscales (Budget) 13 560 072 22,3%


Contributions directes
aux services de santé

Collectivités Territoriales 954 230 1,6%

Employeurs 236 926 0,4%


(hors AM)

Coopération Internationale 131 559 0,2%

Ménages 27 771 334 45,6%

Autres (ONGs, …) 304 347 0,5%

Sous-Total 42 958 468 70,5%

Total 60 927 527 100%


47

L’analyse de la nature de financement montre que les ménages demeurent les


principaux financeurs de la santé avec environ 27,8 milliards de dirhams comme
paiement directs (OOP) et 8,6 milliards sous forme de contributions à l’assurance
maladie.
Figure 2. 4 : Evolution des sources de financement par type d’institutions,
2006-2018

70% ,8%
64 ,9% 3,3%
61 6 9,7%
5
60%

50%

40%

2%
30% 6, 4% 6%
,0%2 25, 25,
24
20%
,9%
10
10%
% ,7%,0% %
3,3 4 4 1% 3,1 2,5%2,7
% % %,6% % % % % % %
2,4 1,7%1,2% ,5%
1, 1,6 1,8 2 2,0 0,7 1,1 0,7 0,2 0
0%
Etat Ménages E.E.P. Entrep. Priv. C.T. Coop. Internat. Autres

2006 2010 2013 2018

La part de l’Etat dans le financement de la santé a stagné dans les environs de


25%, tandis que celle des ménages a baissé en passant de 63,1% en 2013 à 59,7%
en 2018. La part des E.E.P. est de 1,1% enregistrant une baisse de 3% par rapport
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

à celle de 2013. En effet cette explication est étayée par l’évolution de la part de
l’assurance maladie qui a évolué pour atteindre en 29,3 % de la DTS en 2018.

3. Dépenses courantes de santé par type de prestataires

Sur le total des dépenses courantes de santé, mobilisées en 2018, qui s’élève à
59,1 milliards de Dirhams, les pharmacies et les fournisseurs de biens médicaux
bénéficient toujours de la part la plus importante, soit 23,4% de l’ensemble des
dépenses de santé. Les cliniques privées et les cliniques mutualistes reçoivent
plus de 11 milliards de DH, ce qui représente environ 18,9% des dépenses de
santé.

Les dépenses des établissements publics de santé (hôpitaux relevant du MS,


CHUs et ESSP) représentent 22% du total des dépenses. Cette part est répartie
comme suit : 61,7% au profit des hôpitaux, 27,6% au profit du réseau
établissements de soins de santé primaire, 8,7% pour l’Administration Centrale
et Locale et seulement 1,9% pour les Instituts, Centres et Laboratoires Nationaux
48 (ICLN). L’expérience internationale montre qu’il est possible de produire des
soins de qualité en se basant sur un système de soins axé essentiellement sur
les SSP. Ainsi, il serait recommandable d’orienter le financement du système de
santé vers plus de renforcement des SSP en réduisant les références inutiles
vers les niveaux supérieurs.

La part des cabinets privés dans les dépenses de la santé a atteint 15,3% du
total des dépenses courantes de santé durant l’année 2018.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Figure 2. 5 : Répartition des dépenses courantes de santé par type de
prestataires, 2018

Prestataires de soins
Clin. privées & mut. ambulatoires privés
18,9% 15,3%

Pharmacies
& FBM
23,4%

Etablissements
pubics de santé
22%

Autres Labo & centres


8,3% de radio.
12%

4. Dépenses courantes de santé par type de prestations

La répartition de la dépense courante de la santé par fonction en 2018 montre


que les soins hospitaliers occupent la première place avec un pourcentage de
30%, suivi des soins ambulatoires (y compris les soins préventifs) qui
49
consomment une part de 28,7% des dépenses. La part des médicaments et des
biens médicaux est de 23,4%. Les analyses biologiques et examens radiologiques
représentent 11,7% de la dépense courante de la santé.

La part relative aux médicaments et biens médicaux qui est de 23,4% indique
l’importance de ce poste de dépense et oriente les décideurs sur les gains en
efficience que le système peut avoir en adoptant des stratégies pharmaceutiques
efficientes. C’est dans ce sens que l’actualisation et l’évaluation de la stratégie
pharmaceutique doit fixer des objectifs qui visent à maximiser l’usage des
ressources rares dont dispose le système de santé. Du coup, le renforcement de
la stratégie des génériques gagnerait en efficience à travers l’incitation des
prescripteurs des deux secteurs public et privé à y adhérer complétement.
Figure 2. 6 : Répartition des dépenses courantes de santé par type de
prestations, 2018
Labo & radio
11,7%
Soins
Médicaments hospitaliers 30,0%
et BM 23,4%

Administration
5,0%
Médecine Autres Soins
traditionnelle 0,8% 0,4% ambulatoires 28,7%

1. 5. Dépenses en capital

Le fait de savoir combien un système de santé investit dans les infrastructures


et les équipements constitue un élément très important pour l’élaboration de
politiques et leur analyse. En effet, les dépenses en capital constituent un
indicateur d’amélioration des conditions de prise en charge à travers le
renforcement de l’offre de soins et la mise à niveau des structures déjà
existantes. Le Ministère de la Santé a investi dans de gros projets de constructions
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

et d’équipement des hôpitaux et chaque année une série de projets sont inscrits
dans le programme d’investissement.

En 2018, le total des dépenses en capital (secteur public) s’élève à 1,8 milliard
de dirhams. Les dépenses du MS sont de 1,4 milliard soit 77,6% du total des
dépenses en capital.

Tableau 2. 3 : Dépenses en capital par sources de financement (en milliers de


Dirhams), 2018

Sources de financement Dépenses en capital %


Ministère de la Santé 1 413 850,65 77,6%
Autres ministères 89 403,02 4,9%
Collectivités Territoriales 101 314,10 5,6%
Assurances maladie 8 136,08 0,4%
Coopération Internationale 24 458,32 1,3%
Autres (ONG…) 183 902,85 10,1%
Total 1 821 065,01 100%
50
51

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


CHAPITRE
03
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

FINANCEMENT DE LA SANTÉ
PAR LES MÉNAGES

52
53

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


L’une des trois dimensions de la Couverture Sanitaire Universelle consiste à
assurer une protection financière pour toute la population au moment d’accès
aux services de santé. Elle vise donc à développer des stratégies de financement
de la santé avec un objectif d’alléger le fardeau économique lourd assumé par
les ménages. L’objectif est donc de réduire le risque d’appauvrissement de la
population en renforçant le financement solidaire. En effet, le financement
solidaire a pour finalité de partager le risque financier lié aux problèmes de
santé entre riches et pauvres pour plus d’équité. La réduction de la contribution
des ménages s’insère également dans la quête continue de renforcer le droit à
la santé.

En général, les dépenses des ménages en santé font référence aux paiements
effectués par ces derniers quand ils utilisent et consomment les services de
santé. En somme, ces dépenses regroupent les frais de consultations des
médecins, les frais de médicaments et les factures des prestataires de soins. Il
est également important de noter que les paiements directs n’incluent aucun
remboursement d’assurance. De même, il est à rappeler que la fonction d’achat
des services est essentiellement drainée vers les biens et services de santé
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

nécessaires à la consommation finale dans le cadre des dépenses courantes de


la santé. Et comme, dans tous les marchés, la fonction d’achat des biens et
services de santé s’associe à l’offre et la demande exprimée par les ménages, et
varie selon le niveau de leurs revenus.

Les systèmes de santé dans le monde sont jugés par leur capacité à protéger
financièrement leur population en réduisant les dépenses directes à des taux
relativement faibles. Pour évaluer le progrès vers la CSU la communauté
internationale à travers de nombreuses organisations comme l’OMS et la
Banque Mondiale ont fixé des taux cibles comme 25% de la DTS. Les plans
stratégiques nationaux que le Maroc a développé durant les dernières années
fixent le même taux de 25% de la DTS comme cible et indicateur d’évaluation de
la protection financière et résultante des stratégies de santé.

1. Participation des ménages au financement de la santé

En 2018, la participation des ménages dans les dépenses de santé est estimée
54 à 27,8 milliards de Dhs sous forme des dépenses directes, soit 45,6% comme
part des dépenses totales en santé. Lorsqu’on ajoute à la contribution directe
des ménages les cotisations à l’assurance maladie, que ces derniers effectuent
sur une base annuelle, ce pourcentage passe à 59,7% de la DTS.

Selon, la figure 3.1 ci-après, on note que la part des dépenses des ménages
(Cotisations + dépenses directes) dans les dépenses totales de santé est passée
de 64,7% en 2006 à 59,7% en 2018. Cette diminution est due principalement à la

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


baisse de la part des paiements directs des ménages, de l’ordre de 11,7% entre
2006 et 2018 (de 57,3% à 45,6%). Ces chiffres montrent l’impact positif des
stratégies de santé qui ont été mises en œuvre durant les dernières années.

Cependant, la part des cotisations salariales a presque doublé sous l’effet de


l’augmentation du nombre des adhérents à l’assurance maladie en passant de
7,4% en 2006 à 14,1% en 2018. L’évolution des cotisations à l’assurance maladie
traduit l’extension continue de la couverture médicale pour plus d’inclusion et
élargissement de l’assiette de cotisations solidaires. Il est à noter à ce niveau
que les taux de cotisations appliqués par les organismes de la couverture
médicale n’ont pratiquement pas changé durant cette période.

Figure 3. 1 : Evolution de la composition des dépenses des ménages en santé,


2006-2018
70%

60%
55
50%

40%
57,3% 53,6% 50,7% 45,6%
30%

20%

10%
7,4% 8,2% 12,4% 14,1%
0%
2006 2010 2013 2018

Cotisations Salariales Paiements directs

En valeur, les dépenses directes des ménages sont passées de 17,5 Milliards de
Dirhams en 2006 à 27,8 Milliards de Dirhams en 2018. Rapportées à la population,
les dépenses directes des ménages par habitant ont connu une légère baisse
entre 2010 et 2018 (802 dh/habitant en 2010 contre 789 Dhs/habitant en 2018),
sachant que cette part était de 574 Dhs/habitant en 2006. Par ailleurs, on note
que la protection financière apportée par la couverture médicale (AMO, RAMED,
Caisses internes et mutuelles et entreprises d’assurance privées) réduit
substantiellement les paiements directs des ménages.

La gestion des médicaments au sein des structures de soins avec la maitrise du


processus d’identification des besoins sont également des éléments qui
impactent fortement le reste à charge. Plusieurs patients sont amenés à
compléter la prise en charge en achetant des produits pharmaceutiques du
secteur privé. Ainsi, la réduction enregistrée au niveau de la contribution directe
des ménages peut être améliorée dans le futur si des stratégies rationnelles et
efficientes sont mises en œuvre à différents niveaux du système.

2. Dépenses des ménages par type de prestataires

L’analyse des dépenses directes des ménages selon les types des prestataires
permettrait de développer des stratégies de réduction de l’apport des ménages
en ciblant entre autres les prestataires.
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

La figure 3.2 ci-après, fait apparaitre la répartition des dépenses directes des
ménages par types de prestataires. Il en résulte que les officines et les
fournisseurs des biens médicaux occupent le premier poste pour une part de
34%. C’est en effet un poste de dépense dont le poids peut être expliqué par
plusieurs facteurs et doit faire l’objet d’une analyse détaillée pour questionner
les marges de rationalisation qui peuvent exister. Les cabinets privés, les
cliniques privées et laboratoires / centres de radiologies ont respectivement
des parts de 22,8%, 17,9% et 16,7% des dépenses directes des ménages en santé.

Par ailleurs, on observe que les structures de soins publiques n’ont recouvré en
2018 que 6,9 % des dépenses directes des ménages contre 5,6% en 2013, tandis
que les prestataires de soins traditionnels en ont bénéficié de 1,7%. Etant donné
que les hôpitaux ont la capacité litière la plus importante, il devient crucial de
questionner le mode de gestion de ces derniers pour offrir une prestation
complète ne nécessitant pas un recours à une contribution importante des
ménages. Cette évaluation concernera la capacité des plateaux techniques
56
hospitaliers à fournir les moyens de diagnostic nécessaires pour l’ensemble
des patients. Cela peut intégrer les orientations stratégiques au niveau des
projets d’établissements pour permettre le développement des stratégies
locales qui visent à réduire la contribution des ménages. La réduction de la
contribution des ménages peut aussi intégrer les indicateurs de
contractualisation entre le niveau régional et le niveau national pour assoir un
engagement actionnable sur la protection financière de la population.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Enfin, on peut conclure que la lecture de ces chiffres démontre que les
paiements directs des ménages sont drainés toujours vers le secteur privé pour
une part estimée à plus de 90% de ces dépenses, au détriment du secteur
public qui ne profite que de 6,9% seulement. Du coup, il serait difficile d’imaginer
un résultat consistant en matière de réduction de l’apport des ménages sans
aborder les mécanismes de remboursement et les politiques de rationalisation
qui visent le secteur privé et sa relation avec le citoyen. Cette relation peut être
mieux cadrée avec la généralisation de l’assurance maladie qui va positionner
la rationalisation des prestations de santé dans le cadre des contrats sur les
mécanismes de remboursement.

Figure 3. 2 : Répartition des dépenses des ménages


par type de prestataires, 2018

Laboratoires et centres
de radiologie Cabinets
16,7% privés 22,8%
57

Cliniques privées
et mutuelles 17,9%
Pharmacie &
FBM 34%
Hôpitaux
Prestataires publics 6,9%
de soins
Traditionnels 1,7%

3. Dépenses des ménages par type de prestations

Cette partie traite la répartition des dépenses de santé des ménages par
fonction de soins. Il ressort de l’analyse (voir figure 3.3) que les médicaments et
biens médicaux et les soins ambulatoires représentent les deux principales
prestations consommées par les ménages en affichant respectivement 34% et
21,5%. Ces deux prestations sont suivies par les services des soins curatifs
hospitaliers pour une part de 19,6%, devant les services de laboratoire et de
radiologie pour 16,7% et les soins dentaires avec 6,5%. Quant à la médecine
traditionnelle, cette dernière a atteint 1,7% des dépenses directes des ménages
en santé.

Figure 3. 3 : Répartition des dépenses des ménages par type de prestations, 2018

Medecine
Soins traditionnelle 1,7%
dentaires 6,5% Médicaments et
biens médicaux 34,0%
Analyses et
radiologie 16,7%

Soins
hospitaliers 19,6% Soins
ambulatoires 21,5%

Evolution des dépenses des ménages par type de prestations, 2006-2018

Depuis 2006, la part des dépenses en médicaments et biens médicaux n’a pas
cessé de diminuer, mais continue toujours à occuper la première position dans
les dépenses directes des ménages. Cette proportion représente la part
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

consacrée à l’acquisition de médicaments auprès des pharmacies et d’autres


biens médicaux (appareils d’optique, prothèses etc.). A ce niveau, on note que
la part de la consommation des ménages en médicaments et des biens médicaux
a connu une diminution importante de 14,6 points entre 2006 et 2018. Cela peut
être expliqué principalement par l’influence de plusieurs facteurs. L’un des
facteurs est essentiellement lié à l’extension de l’AMO qui ne cesse de
s’améliorer depuis 2006 en intégrant d’autres catégories, cette extension va
surement continuer à s’améliorer après l’adoption de la loi sur la couverture
médicale des travailleurs non-salariés en 2017. La protection financière des
pauvres et des vulnérables s’est traduite par l’opérationnalisation du RAMED
qui a dépassé la cible fixée pour la population initialement prévue. Il est vrai
que de nombreux défis restent pour garantir une prestation de qualité aux
bénéficiaires du RAMED mais cela ne remet pas en question l’apport de ce
régime dans l’amélioration de la protection financière. Par ailleurs, depuis 2014
une politique pharmaceutique a été adoptée et avait pour objectif de rendre
58
les médicaments accessibles à toute la population en agissant sur leur prix. En
effet depuis 2014 à 2018, plus de 1500 médicaments se rapportant quasiment à
toutes les classes thérapeutiques et profiteront ainsi à tous les citoyens ont vu
leurs prix réduits. A titre indicatif, cette baisse a concerné les médicaments
destinés au traitement des maladies cardiovasculaires, métaboliques… et
certains antibiotiques (avec une baisse de prix allant de 50% à 78% du prix
initial). Par ailleurs, le Maroc continue dans sa politique de l’adoption
progressive de médicaments génériques ce qui rend de plus en plus le
médicament accessible à la population.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Concernant, les dépenses liées aux hospitalisations, leur part a connu une
nette amélioration passant ainsi de 9,8% en 2006 pour atteindre 19,6% en 2018
soit 10 points de plus entre les deux périodes. Ce constat, peut-être dû,
principalement à la transition épidémiologique et démographique de la
population et à l’élargissement de l’offre de soins.

Quant aux consultations médicales en ambulatoire, leur part en termes de


dépenses n’a pas connu un grand changement pour enregistrer 15,3% en 2006
contre 21,5% en 2018, alors que la consommation des services de laboratoire et
de radiologie a connu une baisse de 4,4 points soit 21,1% des dépenses directes
des ménages en 2013 contre seulement 16,7% en 2018. Le développement des
SSP pour plus d’attractivité est un moyen fortement recommandé pour les pays
en voie de développement et dont les ressources de santé sont rares. Le regain
de la confiance de la part de la population en SSP va permettre d’éviter le
recours à des soins hospitaliers inutiles et qui généralement coûtent chers pour
59
le système. L’une des stratégies pour réduire les dépenses directes des ménages
serait de réorganiser le schéma de référence et de contre référence pour
positionner les centres de santé comme gatekeeper. Le développement du
financement des SSP en intégrant des mécanismes de contractualisation axés
sur la performance peut renforcer l’efficience de la gestion des ressources
allouées aux soins.

Par ailleurs, la part des dépenses des soins dentaires, a connu de légères
fluctuations, passant ainsi de 7,2% en 2006 à 5,6% en 2010 et de 8,6 % en 2013 à
6,5% en 2018.

Pour ce qui est de la médecine traditionnelle, sa part a enregistré 2% en 2013


contre 1,7% des dépenses directes des ménages en 2018.
Figure 3. 4 : Evolution des dépenses des ménages par type de prestations,
2006-2018

Consultations médicales 21,5% 19,6% 16,7% 34,0% 6,5% 1,7%


en ambulatoire 2018

Hospitalisations
2013 16,5% 11,8% 21,1% 40,4% 8,6% 1,6%
Analyses médicales
et examens radiologiques

2010 12,5% 15,9% 10,9% 50,0% 5,6% 5,1%


Médicaments et biens médicaux
Soins dentaires
15,3% 9,8% 17,1% 48,6% 7,2% 2,0%
Médecine traditionnelle 2006

Evolution des dépenses des ménages par type de prestataires, 2006-2018

L’analyse des dépenses directes des ménages destinés aux différentes


prestations fournies durant la période 2006-2018, montre que ces dépenses
sont toujours orientées vers les prestataires du secteur privé avec plus de 90%
en 2018. En effet, une augmentation importante a été notée pour la part des
cabinets privés qui est passée de 21,5% en 2006 à 39,5% en 2018. Cependant
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

celle des officines et fournisseurs des biens médicaux a baissé de 48,6% à 34%
durant la même période.

A travers ces résultats, le secteur privé accapare la grande partie des dépenses
des ménages. La gouvernance du secteur privé à travers une maitrise de
l’information sur l’activité constitue un premier niveau de rationalisation. La
politique de régulation des prix pratiquée dans ce secteur doit également
intégrer tous les mécanismes contractuels entre l’Etat et les prestataires de
soins dans le secteur privé. Les mécanismes de remboursement doivent être
accompagnés par une adhésion effective des praticiens prescripteurs. En effet,
si le praticien ne s’aligne pas avec la politique des génériques et continue à
prescrire les molécules mère la différence serait assumée par les ménages
comme elle n’est pas remboursable.

60
Figure 3. 5 : Evolution des dépenses des ménages par type de prestataires
2006-2018

2018 6,9% 17,9% 39,5% 34,0% 1,7%


Hôpitaux publics

Cliniques privées et mutuelles 2013 5,6% 14,4% 36,3% 40,4% 3,3%

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Cabinets privés
2010 4,4% 15,7% 23,0% 50,0% 6,9%
Pharmacie & FBM

Autres
2006 9,0% 17,1% 21,5% 48,6% 3,8%

61
CHAPITRE
04
FINANCEMENT DE LA SANTÉ
PAR L’ASSURANCE MALADIE
63

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


La Couverture Médicale de Base (CMB) au Maroc a fait un chemin satisfaisant
vers la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) depuis l’adoption en 2002 de la
loi 65-00 portant code de la couverture médicale de base et sa mise en vigueur
à partir de 2005.

Ainsi, le taux de couverture médicale de la population est passé de 16% en 2005


à 64% en 2018 suite à l’entrée en vigueur de l’Assurance Maladie Obligatoire
(AMO) en 2005 pour les fonctionnaires du secteur public et les employés du
secteur privé, à la généralisation du RAMED à partir du 13 Mars 2012 et à la mise
en œuvre de l’AMO au profit des étudiants à partir de 2016.

Il est à noter que la mise en œuvre de loi 98-15 relative à la couverture médicale
des travailleurs non-salariés publiée au Bulletin officiel en juillet 2017 devra
contribuer à l’amélioration du taux de couverture de la population comme
passage nécessaire vers la CSU.

1. Population couverte par l’assurance maladie

En 2018, la population couverte par l’assurance maladie représente 40,6% de la


population totale (estimée à 35,2 millions habitants), soit 14,3 millions de
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

bénéficiaires contre 13,1 millions en 2013. Cette progression sera maintenue


avec l’entrée en vigueur de l’AMO des travailleurs non-salariés.

L’effectif des adhérents à la CNOPS, CNSS, Caisses internes et mutuelles et


entreprises d’assurance privé est de l’ordre de 6,02 millions de personnes, soit
51% de la population active occupée âgée de plus de 15 ans.

Tableau 4. 1 : Taux de couverture de la population par l’assurance maladie, 2018

Bénéficiaires/ % de la
Institution Adhérents Ayant Droits Bénéficiaires
Adhérents population
CNOPS 1 350 526 1 835 576 3 186 102 2,4 9%
CNSS 2 79 5643 3 582 673 6 378 316 2,3 18,1%
Mutuelles et 652 985 1 077 008 1 729 993 2,6 4,9%
Régimes Internes
Assurances Privées 1 229 632 1 768 387 2 998 019 2,4 8,5%
Total 6 028 786 8 263 644 14 292 430 2,4 40,6%

64
Le nombre de bénéficiaires affiché dans le tableau 4.1 ci-dessus montre que la
CNSS reste le premier assureur avec 18,1% de la population contre 13,7% en
2013. Cette hausse est le résultat des efforts déployés depuis la promulgation
de la loi 65-00, visant à intégrer les salariés du secteur privé au sein de la CNSS
et le basculement volontaire de la population bénéficiant des amendements de
l’article 114. Cependant, la part des bénéficiaires de la CNOPS est restée dans
les environs de 9% de la population totale du Maroc.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Par ailleurs, les sociétés d’assurances privées couvrent presque 3 millions des
bénéficiaires en 2018 soit 8,5% de la population contre 12,1% en 2013.

La figure 4.1 ci-dessous montre que la CNSS et la CNOPS couvrent ensemble plus
de deux tiers des bénéficiaires de l’AMO. En effet, la CNSS couvre seule 45% des
bénéficiaires suivie par la CNOPS avec une proportion de 22%.

Figure 4. 1 : Répartition de la population couverte par organisme d’assurance


maladie, 2018

Régimes internes
et mutuelles
12%

Entreprises CNSS
d’assurance privées 45%
21%

65
CNOPS
22%

2. Ressources et dépenses des organismes de l’assurance maladie

Ressources de l’assurance maladie

Les ressources de l’assurance maladie proviennent principalement des


cotisations ou des primes payés par les adhérents (Cotisations salariales) et
des cotisations payées par les employeurs (Cotisations patronales). Ainsi, les
ressources de l’assurance maladie en 2018 s’élèvent à environ 19,8 Milliards de
Dhs contre 14 Milliards de Dhs en 2013 soit une progression annuelle moyenne
de 7,2%.
La figure ci-après affiche que les ménages constituent la première source des
contributions avec une part qui s’élève à 43% contre 56,1% en 2013 suivis par les
entreprises privées avec une part de 33,2% puis l’Etat (y compris les CT) comme
employeur avec 12,1%.

Figure 4. 2 : Structure des ressources de l’assurance maladie, 2018

E.E.P
Autres 6,0%
5,7%
Ménages
Etat 43,0%
12,1%

Entreprises
Privées
33,2%

Par ailleurs, il y a lieu de souligner la fragmentation du système de l’assurance


maladie au Maroc caractérisé par une multitude de régimes et d’acteurs. Ceci
engendre entre autres la dispersion des ressources, augmente les frais de
gestion des différents régimes et constitue une source d’inefficience et de
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

déficits financiers. Cette fragmentation va à l’encontre des principes


fondamentaux de l’assurance maladie, basée particulièrement sur la solidarité
et la mutualisation des risques constituant un enjeu pour l’atteinte de la CSU.

Dépenses de l’assurance maladie

En plus des charges administratives destinées à la gestion des régimes de


l’assurance maladie, les dépenses des organismes de l’assurance maladie
comportent deux composantes essentielles à savoir les remboursements aux
prestataires de soins dans le cadre du tiers payant et les remboursements des
assurées.

En 2018, la dépense totale au titre de l’assurance maladie s’élève à 17,9 Milliards


de dirhams contre 11,5 Milliards de dirhams en 2013 ; elle représente 29,3% de
la dépense totale de santé contre 22,4% en 2013.

66
Tableau 4. 2 : Dépenses de l’assurance maladie (en milliers de dirhams), 2018

Dépenses Presta-
Dépenses/
tions/
Prestations
Bénéfici-
Organismes Adminis- Bénéfici-
Total aires
Tiers Rembourse- tration aires
Total
payant ment

CNOPS 2 184 361 3 031 361 5 215 721 1 106 111 6 321 832 1 637 1 984

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


CNSS 2 013 747 1 996 675 4 010 422 423 682 4 434 104 629 695
Mutuelles et 1 942 863 1 671 705 3 614 568 8 051 3 622 619 2 089 2 094
Régimes
Internes
Assurances 1 039 191 2 243 097 3 282 287 211 248 3 493 535 1 095 1 165
Privées
Total 7 180 162 8 942 837 16 122 998 1 749 092 17 872 090 1 128 1 250

En comparaison à l’année 2013, les dépenses de la CNOPS et de la CNSS ont


connu une augmentation importante en passant respectivement de 3,8 et 2,2
Milliards de DH en 2013 à 6,3 et 4,4 Milliards de DH en 2018. Cet accroissement
des dépenses est le corolaire d’une part, de l’extension de la l’assurance
maladie à d’autres bénéficiaires notamment les étudiants à partir de 2016 et les
nouveaux adhérents de certaines entreprises et établissements publics qui ont
intégré le régime géré par la CNOPS ainsi que l’adhésion de 2 millions nouveaux
assurés au niveau de la CNSS et d’autre part, de l’extension des prestations
admises aux remboursements (panier de soins).

Pour les mutuelles et les caisses internes et assurances privées, leurs dépenses 67

ont connu aussi une augmentation mais de manière moins significative passant
respectivement de 2,7 et 2,6 Milliards de DH en 2013 à 3,6 et 3,5 Milliards de DH
en 2018.

L’analyse des dépenses des prestations par bénéficiaire et par type de régime
montre que les mutuelles et régimes internes ont dépensé en 2018 environ
2089 Dhs par bénéficiaire soit 452 Dhs de plus par rapport à la dépense de la
CNOPS (1637 Dhs par bénéficiaire). Cependant, les assurances privées ont
dépensé en moyenne et pour chaque bénéficiaire 1095 Dhs contre uniquement
629 Dhs pour les bénéficiaires de la CNSS.
Figure 4. 3 : Dépenses de santé par organisme d’assurance maladie, 2018

Assurances
Privées
20% CNOPS
32%

Mutuelles et
Régimes Internes
23%

CNSS
25%

En 2018, la CNOPS occupe la première position en termes de dépenses avec une


part qui s’élève à 32% contre 34% en 2013. Elle est suivie par la CNSS par une
proportion de 25% enregistrant ainsi une forte augmentation par rapport à 2013
(18,8%). Il est attendu que la dépense de la CNSS continue à augmenter avec un
rythme plus rapide suite à la mise en œuvre de l’AMO pour les travailleurs non-
salariés.

Les mutuelles et caisses internes et les assurances privées ont enregistré une
baisse de 2% de leurs parts dans la dépense totale de l’assurance maladie
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

passant respectivement de 25% et 22% en 2013 à 23% et 20% en 2018.

3. Dépenses de l’assurance maladie par type de prestations

La ventilation des dépenses (hors dépenses de gestion) a montré que le premier


poste de dépense est toujours celui des soins hospitaliers avec une part de
34,2% enregistrant une augmentation de l’ordre de 1,7 point par rapport à 2013.
Il est suivi par le poste des médicaments et bien médicaux qui continue à
diminuer pour enregistrer une proportion de 32,5% en 2018 contre 34,9% en
2013 et 39,9% en 2010.

En outre, les poids des soins ambulatoires et des soins dentaires ont connu une
légère diminution par rapport à l’année 2013 pour s’établir respectivement à
7,7% et 6,5%, tandis que, la part des analyses biologiques et examens
radiologiques a gagné 1,7 point durant la période 2013-2018 pour s’établir à
15,4%. (Figure 4.4).

68
Figure 4. 4 : Evolution des dépenses de l’assurance maladie (tiers payant et
remboursements) par type de prestations 2001-2018

2,8% 2,3% 1,8% 3,7%


12,4% 8,9% 7,3% 6,5%
10,1% 9,8% 7,7%
16,6% 13,7% 15,4%
10,9%
8,6%

39,9% 34,9% 32,5%


39,7%

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


27,9% 32,5% 34,2%
19,9%

2001 2010 2013 2018


Soins hospitaliers Médicaments et BM Analyses et Radiologie
Soins ambulatoires Soins dentaires Autres services de soins

4. Paiement des prestataires de soins dans le cadre du tiers payant

Les paiements directs effectués par les organismes d’assurance maladie aux
prestataires de soins, dans le cadre du tiers payant, s’élèvent à environ 7,2
milliards de Dhs en 2018 contre 4,3 milliards de Dhs en 2013 soit une augmentation
de 68,3%. La répartition de ces dépenses (figure 4.5) affiche des parts presque
égales entre la CNOPS, la CNSS et les mutuelles et régimes internes qui
avoisinent 30% chacune. Tandis que la part des sociétés d’assurances privées
ne dépasse pas 15%.

Figure 4. 5 : Répartition des paiements directs des prestataires de soins, 2018


69
Assurances
Privées
15%
CNOPS
30%

Mutuelles et
Régimes Internes
27%
CNSS
28%

La répartition des paiements effectués dans le cadre du tiers payant (figure 4.6)
laisse apparaitre que ce sont toujours les cliniques privées qui ont accaparé
l’essentiel de ces paiements avec une part qui s’établit à 58%, soit 2,4 points de
plus par rapport à 2013. Aussi, les cabinets privés (y compris les centres de
dialyse) ont pu recouvrer plus de 802 millions de Dhs (11,2%) au titre des
paiements directs engagés par les organismes d’assurance maladie. Ainsi, les
cliniques et cabinets privés ont bénéficié ensemble de plus de deux tiers de ces
payements directs (69,2%).

Figure 4. 6 : Répartition des paiements directs par type de prestataires de


soins, 2018
0,2%
Cliniques privées 5,1%3,6%
6,2%
Cabinets privés
7,2%
Hôpitaux publics
8,4% 58,0%
Autres prestataires
Pharmacies 11,2%

Laboratoires et Centres de radio.


Cliniques mutual./polyclin. CNSS
ICLN

Cependant, les hôpitaux publics (CHUs et hôpitaux relevant du Ministère de la


Santé) qui représentent plus de 70% de la capacité litière au niveau national,
n’ont bénéficié que de 8,4% dépenses en tiers payant, soit une régression de 1,9
points par rapport à 2013 (en valeur, ces paiements ont connu une augmentation
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

de l’ordre de 37% entre 2013 et 2018). Ceci met en avant encore une fois la
question de l’attractivité des hôpitaux publics et leur capacité à drainer plus de
ressources de l’assurance maladie tout en améliorant le recouvrement des frais
engagés auprès des caisses de l’assurance maladie.

Figure 4. 7 : Evolution de la part des paiements directs des prestataires


2013-2018

2013 2018
58%
55,6%

16,3% 17,1%
13,7%
9,1% 10,3%
8,4% 7,9%
3,6%

Cliniques Cabinets privés Hôpitaux publics Cliniques Privées Autres


privées ( y compris Mutualistes/
70
labo et radio) Poly clinique
CNSS
La structure des dépenses par type de prestations effectuées par l’assurance
maladie dans le cadre du tiers payant affiche une prédominance des dépenses
pour l’hospitalisation avec une part qui s’élève à 61% suivies par les dépenses
en médicaments et biens médicaux avec une proportion de 22%. Cependant, la
part des analyses biologiques et examens radiologiques représente à peine 9%
du total des paiements effectués dans le cadre du tiers payant.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Figure 4. 8 : Dépenses de l’assurance maladie (tiers payant) par type de
prestations, 2018

Autres Soins dentaires


Consultations
2% 2%
Analyse et 4%
Radiologie 9%

Médicaments
et BM 22%
Hospitalisations
61%

5. Dépenses de l’assurance maladie (remboursements aux assurés) par type de


prestations

En 2018, les médicaments continuent à représenter le premier poste de


dépenses de l’assurance maladie en termes de remboursements aux assurés
avec une part qui s’élève à 34,6% enregistrant une baisse importante ( -6,7 71

points) par rapport à l’année 2013 (41,3%). Ceci est expliqué notamment par la
baisse des prix des médicaments opérée depuis l’année 2014 et l’utilisation de
plus en plus des médicaments génériques.
Figure 4. 9 : Répartition des remboursements de l’assurance maladie par type
de prestations, 2018

3,1% 2,3% 17,5% 3,0% 5,6%


100
90% 12,9
80% 26,6% 29,2% 20,8
10,7% 7,1%
70% 5,3% 6,2%
7,5% 4,0% 19,7
60%
50% 11,6 34,6%
38,4% 37,2% 44,7%
40%
30% 31,7 10,2%
20% 6,4%
11,1% 8,8% 10,9% 12,3%
10% 3,3%
9,9% 12,1% 6,5% 14,0% 10,4%
0 4,4%
CNOPS CNSS Mutuelles et Assurances Ensemble
Régimes Internes Privées

Consultations Hospitalisations Soins dentaires Médicaments

Biens Médicaux Analyse et Radiologie Autres

La part des analyses et examens radiologiques a connu une augmentation de


4,3 points par rapport à 2013 pour s’établir à 20,8% du total des remboursements.
En revanche, la part des consultations a diminué en passant de 15,6% en 2013 à
10,4% en 2018. (Figure 4.9).
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

72
73

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


CHAPITRE
05
FINANCEMENT DE LA SANTÉ
PAR LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ
75

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


En 2018, et à l’instar des années antérieures, le Ministère de la Santé s’est
confirmé en tant que troisième financeur de la santé au Maroc après les
ménages et l’assurance maladie, avec un poids de 21,4%, soit une augmentation
de 1,4 point par rapport à l’année 2013. Cet accroissement est expliqué
particulièrement par l’augmentation du budget du MS qui traduit la volonté de
l’Etat à promouvoir et renforcer l’investissement dans le secteur de la santé qui
reste le premier prestataire de soins au Maroc avec environ 70% de la capacité
litière nationale.

1. Evolution du budget du Ministère de la Santé

Durant la dernière décennie, le budget du MS a connu une importante évolution


passant de 6,1 milliards de dirhams en 2006 à 14,8 milliards de dirhams en 2018,
soit un accroissement de l’ordre de 143%. Ce budget est équivalant à 420
dirhams par habitant et représentant 5,8% du budget général de l’Etat.

L’analyse de l’évolution des indices du budget du MS, du Budget Général de


l’Etat et du PIB montre d’une part que le budget de l’Etat évolue plus rapidement
que la croissance du PIB, et d’autre part, depuis 2015, le budget consacré au
secteur de la santé évolue avec un rythme plus rapide que celui du budget de
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

l’Etat. Ceci témoigne de l’intérêt accordé par l’Etat au secteur de la santé en lui
consacrant progressivement plus de ressources en vue de renforcer les
investissements dans le secteur.

Figure 5. 1 : Evolution des Indices du Budget du Ministère de la Santé, du


Budget Général de l’Etat et du PIB, 2006-2018

300

250

200

150

100

50

0
2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

BMS BGE PIB


76
Par ailleurs, la répartition du budget du MS par chapitre montre que ce budget
reste caractérisé par la prédominance des dépenses du personnel qui
représentent en 2018, environ 54% du budget mobilisé, suivies par le chapitre
matériel et dépenses diverses par 29,1% puis le budget d’investissement par
17,2%.

Cependant, bien que le budget ait doublé durant la période 2006-2018, il reste

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


marqué par le poids important des charges du personnel (plus de 50%) et
demeure insuffisant à l’égard des normes internationales (15% du budget
général de l’Etat selon la déclaration d’Abuja et 12% selon l’OMS).

Figure 5. 2 : Evolution des différents chapitres du budget du Ministère de la


Santé, 2013-2018

120

100
16% 12% 11% 18% 17% 17%

80
32% 32% 32% 30% 30% 29%
60

40

52% 57% 57% 53% 53% 54%


20

0
2013 2014 2015 2016 2017 2018

Personnel Matériel Investissement


77

2. Sources de financement des dépenses du Ministère de la Santé

En 2018 et à l’instar des années précédentes, le budget de l’Etat reste la


principale source de financement des activités du Ministère de la Santé. Ce
budget, ayant connu un accroissement de l’ordre de 19,5% entre 2013 et 2018,
finance les dépenses du MS à hauteur de 80,8% soit 7,8 points de plus par
rapport à 2013 (72,5%).

Par ailleurs, les paiements effectués par les ménages pour bénéficier des soins
au niveau des établissements publics de santé constituent la deuxième source
de financement des dépenses du Ministère de la Santé. En effet, en 2018, les
ménages ont contribué au financement de ces dépenses à hauteur de 11,9%
(contre 11,3% en 2013), suivis par les paiements directs effectués par les
organismes d’assurance maladie au profit des hôpitaux publics avec une part
qui ne dépasse guère 3,8%.

Figure 5. 3 : Evolution des sources de financement des activités du Ministère de


la Santé, 2010-2018

100

8%
8 0,
80 %
,0 %
75 72,5

60

40

20 % %
8% ,2 ,9
8, 11 11 % %
% % % % 7,6 7,2
3,5 4,3 3,8 % 7% % 3,5 2,1% ,8% %
1,6 2, 1,5 0 1,1
0
at ag
e ie CT n s
Et ad tio tre
get én al éra Au
M .m
d s op
Bu As Co
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

3. Dépenses courantes du Ministère de la Santé par type de prestataires

Le graphique ci-après met en exergue la répartition des dépenses courantes du


MS de l’année 2018 entre les différents prestataires de soins. Cette répartition
n’a pas affiché une forte variation par rapport aux résultats des CNS de l’année
2013. En effet, plus de la moitié des ressources (54%) sont destinées aux
hôpitaux à raison de 23% pour les CHUs (contre 21,3% en 2013) et 31% aux autres
catégories d’hôpitaux (contre 31,8%). Les prestataires de soins ambulatoires
qui concernent entre autres les établissements relevant du RESSP occupent le
deuxième rang avec une part qui s’élève à 33%. S’agissant de l’administration
de santé au niveau central, régional et préfectoral/ provincial, se voit attribuer
10,7% des dépenses courantes du MS. Cependant, les Instituts, Centres et
Laboratoires Nationaux n’ont bénéficié que de 2,3% de la dépense courante du
MS.

78
Figure 5. 4 : Dépenses courantes du Ministère de la Santé par type de
prestataires, 2018
ICLN
Administration 2,3%
10,7% Prestataires de
soins ambulatoires
33%

CHUs
23%

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Hôpitaux hors CHUs
31%

4. Dépenses courantes du Ministère de la Santé par type de prestations

En 2018, les dépenses courantes de santé représentent environ 89,6% des


dépenses totales engagées par le MS. L’analyse des dépenses courantes par
fonction est effectuée suivant la classification des fonctions du SCS-11 qui se
distingue de celle adoptée pour les exercices précédents. De ce fait, la
comparaison des résultats et l’analyse de l’évolution des indicateurs devraient
se faire en prêtant une attention particulière aux définitions considérées.

Ainsi, la répartition des dépenses courantes par fonction montre qu’une grande
partie de ces dépenses est orientée vers les soins curatifs hospitaliers avec une
proportion de 42,1%. Au sens de la classification adoptée, les soins hospitaliers
comportent tous les soins et services, y compris les produits pharmaceutiques 79

et bien médicaux, les analyses biologiques et radiologiques, prodigués aux


patients lors de l’hospitalisation (de jour ou complète) qui nécessite une
admission formelle au niveau de la structure hospitalière.

En termes d’importance, les soins curatifs ambulatoires viennent en deuxième


rang avec un pourcentage qui s’élève à 28,5%. A noter que les soins ambulatoires
comportent tous les services et soins dispensés aux patients en mode
ambulatoire dans les locaux des prestataires de soins, y compris les
consultations externes effectuées en milieu hospitalier.

En ce qui concerne les dépenses en soins préventifs, qui représentent environ


17,5% de la dépense du MS, elles couvrent entre autres les dépenses des
programmes de prévention sanitaire, activités de détection précoce de
maladies, la surveillance épidémiologique… ainsi que les coûts administratifs
de fonctionnement des programmes concernés. Il y a lieu de souligner la
difficulté liée à la disponibilité des données suffisamment détaillées pour la
délimitation du contour des soins préventifs à l’image de la classification des
comptes de la santé qui y inclue aussi bien la prévention primaire que
secondaire.

Par ailleurs, les dépenses relatives aux services administratifs du MS ont atteint
environ 10,7% des dépenses courantes du MS. Ces dépenses comportent celles
de l’administration centrale, des directions régionales et des délégations
médicales de santé... Les dépenses administratives des prestataires de soins
n’y sont pas incluses et sont considérées dans les composantes des dépenses
de soins.

Figure 5. 5 : Dépenses courantes du Ministère de la Santé par type de


prestations, 2018

Analyses médicales
et examens
radiologiques
Administration
1,2% Soins curatifs
10,7%
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

hospitaliers 42,1%

Soins préventifs
17,5%

Soins curatifs
ambulatoires 28,5%

5. Dépenses du Ministère de la Santé en capital

Conformément à la nouvelle classification, le MS a dépensé en 2018, environ 1,4


milliard de dirhams en termes d’investissement (dépenses en capital), soit
10,6% des dépenses totales du Ministère de la Santé. Ces dépenses concernent
essentiellement les investissements réalisés au profit des structures du
Ministère de la Santé et sont relatives à l’achat des équipements médico-
techniques, matériels technique, informatiques et de transport qui représentent
environ 47% des dépenses d’investissement. Elles sont suivies par celles
80 relatives à la réalisation des études, les constructions, les aménagements et
l’acquisition des terrains… avec une proportion de 42% du total des dépenses
d’investissement. Cependant, la formation et la recherche ne représentent que
11%.

Figure 5. 6 : Dépenses du Ministère de la Santé en capital, 2018

Formation et
recherche 11%

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Matériel médico-techique, Etudes, constructions,
matériels technique, terrains et autres
informatique et de immobilisations
transport corporelles
47% 42%

6. Dépenses du Ministère de la Santé par région

Le Ministère de la Santé procède au titre de chaque exercice budgétaire à la


délégation des crédits de fonctionnement et d’investissement aux différents
sous ordonnateurs à l’échelle des directions régionales et délégations médicales
de santé qui sont chargées de l’exécution des enveloppes budgétaires qui leur
sont déléguées. Pour certains projets d’investissement et d’opérations
spécifiques notamment les achats groupés des médicaments, ce sont les
services de l’administration centrale qui sont responsables d’exécuter
l’opération de la dépense au profit des services déconcentrés du Ministre de la
santé. 81

Le graphique ci-après donne une image de la répartition des dépenses du MS


au titre de l’année de 2018 par région et par habitant. Ces dépenses ne tiennent
pas compte des dépenses effectuées par les CHUs, les ICLN et l’administration
centrale qui sont à vocation nationale ou implantées uniquement dans certaines
régions. Ces dépenses ont atteint au niveau national 259 DH par habitant contre
232 DH en 2013 enregistrant une progression de l’ordre de 12% durant la même
période.

Il ressort de ce graphique que la répartition des dépenses du MS en 2018 par


région et par habitant est plus au moins équitable tout en enregistrant une
amélioration par rapport à l’année 2013 (indice de Gini = 8,7% en 2018 contre
16,3% en 2013).
Figure 5. 7 : Dépenses du Ministère de la Santé (hors dépenses des CHUs, ICLN et
administration centrale) par région et par habitant (en DH), 2018

700 658
600 557
500 438
400
272 275 277 290 293
300 237 254
210 220
200
100
0

a
sa

ès
a

a
afi

ra
n
t

b
ta
ta

le

m
itr

fr

ou
ha
as

kn

m
-S

ei

ni
en

ila
et

én

N
Da

Ha
M

oc
e


ch
-S

ri

af

-M
-K

s-

d
lH

d-

El
O

l-K
ke

ue
ca

us

-T

s
L'

-A

dE

ia
ra

Sa

la
So

âa
an

-O
an

ak
ar

el

ue
t-

Dr

im
bl

ou

-S
M

ba

-O
sa

m
ét

ni

ne
Ra

la
-T

el
Ca

ou
er

kh

Gu
ng

ây
Da
Ta

La
7. Financement de la santé par le Régime d’Assistance Médicale (RAMED)

Le régime d’assistance médicale (RAMED) constitue la deuxième composante


de la couverture médicale de base. Il bénéficie aux personnes économiquement
démunies qui ne sont assujetties à aucun régime d’assurance maladie
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

obligatoire de base. C’est un régime public, un droit pour les éligibles et une
obligation pour l’État. Il est fondé sur le principe de la solidarité nationale.

Six années après sa généralisation par Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu
l’Assiste en 13 mars 2012, le RAMED a réalisé des avancées importantes aussi
bien en termes d’amélioration de la couverture de la population cible et la
réponse à la demande accrue aux prestations de soins, qu’au niveau de la
mobilisation de fonds additionnels à travers le fonds d’appui à la cohésion
sociale.

A fin 2018, le nombre de bénéficiaires du RAMED a atteint environ 12,8 millions


de personnes dont 8,07 millions ayant une carte RAMED active. 91% des
bénéficiaires font partie de la catégorie des vulnérables, 49% appartenant au
milieu rural et 53% sont des femmes.

82
7.1. Prestations de soins réalisées au profit des Ramedistes

7.1.1. Prestations offertes par les hôpitaux publics (hors CHUs) :

En 2018, les hôpitaux du Ministère de la Santé ont prodigué environ 6,9 millions
actes de soins au profit des bénéficiaires du RAMED dont 59% (plus de 4 millions
d’actes) ont été fournis sous forme de diagnostic externe. Ce type de prestations
a connu une augmentation de 51% en 2018 par rapport à l’année 2017 (Figure

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


5.8).

Figure 5. 8 : Répartition du nombre d’actes réalisés au niveau des hôpitaux


publics (hors CHUs), 2018

Passages aux
Hospitalisation
urgences
4%
8%
Consultations
spécialisées
externes (CSE)
13%

ALD/ALC
Diagnostics
16%
externes
59%

Le nombre de prestations en ALD/ALC représente 16% de l’ensemble des


prestations offertes aux bénéficiaires du RAMED. Le nombre d’actes a évolué de
50% entre 2017 et 2018 traduisant l’effort important fourni dans ce sens pour
83
améliorer l’accès aux soins de la population couverte par le RAMED et réduire
par conséquent le fardeau financier lié aux maladies lourdes et coûteuses.

7.1.2. Prestations offertes par les CHUs :

Au niveau des CHUs, les Ramedistes ont bénéficié de 1,57 million de prestations
durant l’année 2018. Il s’agit des diagnostics externes et consultations
spécialisées externes qui représentent deux tiers de l’ensemble des prestations
qui leurs sont offertes, suivis par les passages en urgence avec une part de 17%,
des hospitalisations par 11% et par la prise en charge des ALD/ALC avec une
part de 6%.
Figure 5. 9 : Répartition des actes réalisés au niveau des CHUs par type de
prestations, 2018

ALD/ALC
Hospitalisation 6% Diagnostics
11% externes
38%

Passages aux
urgences
17%

Consultations
spécialisées
externes (CSE)
28%

7.2. Dépenses du RAMED au titre de l’année 2018

L’architecture initiale du financement du RAMED a connu un changement


important en renforçant davantage le poids de l’Etat dans le financement du
régime. En effet, au titre de l’année 2018, l’Etat a mobilisé dans le cadre du
Fonds d’Appui à la Cohésion Sociale une enveloppe budgétaire de l’ordre de
1,54 milliards de Dhs contribuant ainsi au financement du RAMED à hauteur de
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

90,7%, suivi par les Collectivités Territoriales (CT) avec une proportion de 8,6%
(146,7 millions de Dhs) alors que la contribution des vulnérables ne représente
que 0,7% (13,2 millions de Dhs).

Figure 5. 10 : Structure du financement du RAMED-2018

C.T Vulnérables
8,6% 0,7%

Etat
90,7%

Ainsi, après six années depuis la généralisation du RAMED et malgré les efforts
consentis par l’Etat pour mobiliser des fonds additionnels, la montée en charge
84 de l’effectif des bénéficiaires et de prestations de soins qui leur sont offertes
n’ont pas été accompagnés par la mobilisation de financements substantiels
pour faire face aux dépenses induites par la demande exponentielle de soins.

Le budget du Ministère de la Santé reste la source principale du financement


des prestations desservies aux bénéficiaires du RAMED. A cet effet, il devenu
nécessaire et urgent de clarifier le schéma du financement du RAMED et de
revoir sa gouvernance avec une séparation des fonctions de financement et de

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


production des soins et services.

Aussi, la question d’assurer un financement pérenne du RAMED est-elle à


intégrer comme dimension importante de la refonte du système de santé et de
l’amélioration de la gestion du RAMED, comme l’a annoncé SM le Roi Mohammed
VI Que Dieu l’assiste dans son discours à l’occasion de la fête du trône de 2018.

85
CHAPITRE
06
FINANCEMENT DE LA SANTÉ
PAR LES AUTRES PARTENAIRES
NATIONAUX ET PAR
LA COOPÉRATION
INTERNATIONALE
87

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


1. Contribution des autres Ministères au financement de la santé

A l’instar des années précédentes, les autres départements ministériels (hors


Ministère de la Santé) (Ministère de l’Education Nationale, de la Formation
Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
Ministère de l’équipement du transport de la logistique et de l’eau, Délégation
générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, …) participent
également au financement de la santé au Maroc.

En effet, en 2018, ces Ministères ont contribué au financement de la santé par


un montant qui s’élève à environ 598 millions de Dhs, soit environ 1% de la
dépense totale en santé. Ces institutions interviennent dans le financement de
la santé à travers la mise en œuvre de prestations de santé préventives,
curatives et promotionnelles particulièrement les services de santé prodigués
par les unités de santé scolaire et universitaire, les actions de prévention
sanitaire collective et les services et soins de santé offerts aux détenus.

1.1. Sources de financement des autres Ministères

Le budget des Ministères demeure la principale source de financement des


COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

activités sanitaires pour une part de 85,1%, suivi par les ménages à raison de
9,3%, et des entreprises privées (sous formes des contributions dans le cadre
de la lutte contre les accidents de la circulation) pour une part de 5,6%.

Figure 6. 1: Sources de financement de la santé des autres ministères (hors


salaires des médecins enseignants), 2018

Entreprises
privées Autres
Ménages 5,6% 0,03%
9,3%

Budget des
Ministères
85,1%

88
1.2. Classification fonctionnelle des dépenses de santé des autres Ministères

La figure ci-dessous (figure 6.2) donne la répartition des dépenses de santé des
autres Ministères selon les différentes fonctions sanitaires.

En 2018, la prévention sanitaire collective (activités de prévention sanitaire,

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


IEC…) constitue la dépense principale de santé des autres Ministères avec une
part de 51,6%. Le deuxième poste de dépense est relatif aux charges de
l’administration avec une part de 25,1%, suivi par les dépenses de la médecine
pénitentiaire qui représente 20,9% du total des dépenses des autres ministères.

Par ailleurs, les dépenses pour la médecine scolaire et universitaire ne


représentent respectivement que 1,4% et 1% de la dépense totale de santé des
autres ministères.

Figure 6. 2 : Classification fonctionnelle des dépenses de santé des autres


Ministères, 2018

Santé Santé
scolaire universitaire
1,4% 1,0%
Méd pénitentiaire
20,9%

89

Administration
25,1% Prév sanit
collective
51,6%

2. Contribution des Collectivités Territoriales au financement de la santé

Les collectivités territoriales (CT) jouent un rôle de plus en plus important dans
le renforcement de l’accès aux soins de santé et dans le développement des
services de santé de proximité. En effet, elles contribuent aux différentes
actions de renforcement de l’offre de soins à travers la participation au
financement de projets de construction et de mise à niveau de l’infrastructure
sanitaire et à l’acquisition de l’équipement biomédical pour les différentes
structures. Elles contribuent également aux actions de prévention et de
promotion de la santé notamment à travers les bureaux communaux d’hygiène.
Aussi, les CT contribuent-elles au financement du RAMED en versant
annuellement, et pour chaque personne éligible de catégorie « pauvre absolu
», un montant de 40 dirhams au Compte d’Affectation Spécial de la Pharmacie
Centrale destiné à l’achat des médicaments. En effet, au cours de l’exercice
budgétaire de 2018, le montant total versé par les communes dans ce compte
s’élève à 146,5 millions Dhs.

Ainsi, en 2018, les CT ont contribué au financement du système de santé par un


montant qui s’élève à 954,2 millions de Dhs (dont 852,9 Millions de Dhs sous
forme de dépenses courantes), soit environ 1,6 % de la dépense totale en santé.

3. Contribution de l’INDH au financement de la santé

L’initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) joue un rôle


important dans la promotion de la santé en intervenant par des actions de
proximité dans le cadre d’une collaboration intersectorielle en appui aux
objectifs du Ministère de la Santé. En effet, en 2018, l’INDH a mobilisé une
enveloppe de 29,5 millions de Dhs pour des projets de renforcement et de mise
à niveau de l’infrastructure sanitaire hospitalière et de soins de santé primaires,
d’acquisition d’équipements médicaux et de renforcement de la santé mobile.
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Figure 6. 3 : Répartition des dépenses de santé de l’INDH, 2018

Organisation des
caravanes médicales
et campagnes de santé
21%
Matériel de
transport
et équipement
48%

Constructions
et aménagements
31%

On note que 48% des dépenses sont destinées à l’acquisition du matériel de


transport et équipement, contre 31,3% pour les projets de constructions et
d’aménagements. Le reste des dépenses a été consacrée aux actions de santé
mobile à travers l’organisation des caravanes médicales et campagnes de santé
avec une part de 20,7 %.
90
4. Contribution de la Fondation Lalla Salma de prévention et traitement des
cancers au financement de la santé

Dans le cadre des actions visant à améliorer l’offre de soins de prise en charge
et traitement du cancer et assurer un accès équitable aux soins de santé de
qualité aux malades cancéreux, la Fondation Lalla Salma de prévention et de
traitement des Cancers (FLS), en collaboration avec le Ministère de la santé, a

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


mis en place le plan national de prévention et de contrôle du cancer 2010-2019.

Ainsi, la FLS a mobilisé au titre de l’année 2018 une enveloppe budgétaire de


l’ordre de 250 Millions de Dhs pour la réalisation d’importantes actions se
rapportant essentiellement à l’achat des médicaments anticancéreux, aux
travaux d’aménagement et de constructions des centres et services d’oncologie,
l’acquisition d’équipement et la consolidation des programmes et actions.

En effet, la répartition des dépenses (figure 6.4) affiche que les médicaments
constituent le premier poste de dépenses avec une proportion de 38% suivi par
les constructions par 34% puis l’acquisition d’équipement par 18%. Les actions
de formation et de recherche ne représentent que 4% du total des dépenses de
2018.

Figure 6. 4 : Répartition des dépenses de la Fondation Lalla Salma par rubrique,


2018

Formations Autres
et recherches 6% 91
4%
Equipements Médicaments
18% 38%

Constructions
34%
5. Contribution de la Fondation Mohammed V pour la solidarité au financement
de la santé

A l’instar des années précédentes, la Fondation Mohammed V pour la solidarité


continue à appuyer le secteur de la santé à travers des projets de renforcement
de l’offre de soins. En effet, en 2018, la Fondation Mohammed V et en partenariat
avec le Ministère de la Santé, a procédé à l’ouverture de trois centres
d’addictologie au niveau des villes de Casablanca, Tanger et Benslimane avec
un coût global de 18,5 millions de Dhs, en plus d’un centre médico-psycho social
à Tit-Mellil d’un coût de 8 millions de Dhs qui dispose d’une capacité d’accueil
de 1300 patients par an.

Aussi, l’année 2018 a connu le lancement de deux nouveaux projets. Il s’agit


d’un centre d’addictologie et un centre médical de proximité à Ain Chock pour
desservir une population de plus de 70 000 habitants issus des milieux
défavorisés.

Par ailleurs, la Fondation Mohammed V a aussi organisé 67 compagnes médicales


(trois compagnes ont été directement menées par la fondation et 64 en soutien
des associations partenaires) qui ont couvert 45 provinces. Il y a lieu de signaler
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

que 895 compagnes médicales ont été organisées durant la période 2003-2018.

6. Contribution de la coopération internationale au financement de la santé

Le renforcement de la coopération internationale occupe une place importante


dans le plan stratégique du Ministère de la santé à l’horizon 2025. Dans ce sens,
les partenaires techniques et financiers (PTF) jouent un rôle capital dans
l’accompagnement du MS dans ses différents chantiers prioritaires
particulièrement dans la mise en œuvre des objectifs de développement
durables liés à la santé.

A cet égard, l’appui des PTF se fait à travers deux principaux instruments à
savoir : « l’appui direct » où les fonds sont octroyés directement au MS et «
l’appui budgétaire » dont les fonds sont versés au budget de l’Etat. Les appuis
présentés dans ce rapport concernent uniquement les appuis directs mobilisés
essentiellement dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale.
92 Ainsi, le montant total mobilisé au titre de l’année 2018 s’élève à environ 131,5
millions de dirhams représentant 0,2% de la dépense totale de santé contre
0,6% en 2013 (Tableau 6.1). Il est à noter que l’appui des PTF, plus qualitatif que
quantitatif, a concerné essentiellement l’apport de l’expertise et le renforcement
des capacités et a coïncidé en 2018 avec le lancement de certains chantiers
pour l’amélioration de l’infrastructure hospitalière, dont la mise en œuvre sera
comptabilisée les années à venir, ce qui explique la diminution de la part de la
contribution de la coopération internationale au financement de la santé.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Tableau 6. 1 : Répartition des dépenses de la coopération internationale par
partenaire, 2018

Montant (en milliers


Partenaire %
de Dhs)
Coopération Multilatérale 67 974 51,70%
FM 33 319 25,30%
UE 17 249 13,10%
OMS 8 469 6,40%
UNICEF 4 550 3,50%
ONU SIDA 2 898 2,20%
UNFPA 1 489 1,10%
Coopération Bilatérale 58 233 44,30%
Chine 37 492 28,50%
AFD 9 000 6,80%
Fond Qatari 8 124 6,20%
93
Coopération Espagnole 3 618 2,70%
Autres Partenaires 5 351 4,10%
Total 131 559 100%

Coopération multilatérale :

La coopération multilatérale concerne certains programmes dont l’appui est


étalé sur plusieurs années. A l’instar de l’année 2013, le Fonds Mondial reste le
premier contribuable avec une part de 25,3% du montant total mobilisé dans le
cadre des appuis directs. Il est suivi par l’UE avec une part de 13,1% puis l’OMS
et l’UNCIEF avec des parts qui s’établissent respectivement à 6,4% et 3,5%.
Coopération Bilatérale :

En 2018, la Chine s’est affichée comme étant le premier partenaire international


ayant contribué au financement de la santé au Maroc avec une part de 28,5%.
Son appui était sous forme de don de médicaments de 4 Millions de dirhams en
faveur de 8 régions et l’envoi de 77 Médecins chinois au Maroc pour contribuer
à faire face au déficit en ressources humaines.

L’Agence Française pour le développement (AFD) arrive en deuxième position


avec une part de 7%. Son appui consiste en l’assistance technique pour
l’élaboration d’une stratégie numérique et pour l’évaluation du partenariat
public-privé en matière de dialyse.

Cependant, la part du Fond Qatari dans l’appui direct accordé au MS ne dépasse


pas 6% vu que l’année 2018 coïncide avec le lancement de la reconstruction du
CHU de Rabat et la construction des 2 CHUs de Tanger et d’Agadir, dont le
montant débloqué de l’ordre de 8 millions de dirhams a concerné principalement
la prise en charge des maîtrises d’ouvrage pour les Centres Hospitaliers
Universitaires (CHU Tanger et Agadir) ainsi que le lancement des études pour le
CHU Ibn Sina de Rabat. La contribution effective de la partie Qatari, sera
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

valorisée lors de la mise en œuvre de ces projets les prochaines années.

Figure 6. 5 : Répartition de la contribution de la coopération internationale par


partenaire, 2018

ON
Coo
pE U S UNFP
spa IDA 2 A 1%
Aut gno %
res UN le 3
Par ICE %
ten F3
aire ,5 Chine 28,5%
s 4% %
OMS
6%
Fond
Quata
ri 6%

AFD 7%

UE 13% FM 25%

94
CONCLUSION

Les Comptes Nationaux de la Santé (CNS) est un outil qui permet d’évaluer
l’impact des politiques publiques de santé sur la protection financière de la
population. Ils se positionnent également comme document de diagnostic
stratégique du système de santé sous le prisme du financement. Le Ministère
de la Santé a accumulé une longue expérience dans l’élaboration des CNS

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


malgré les difficultés liées à la complexité de la collecte des données et les
limites du système d’information sanitaire. Il reste toutefois un enjeu
d’institutionnalisation de ces CNS tout en instaurant une périodicité fixe dans
le temps.

Après plusieurs exercices des CNS, ce dernier, en particulier, revêt une


importance particulière pour plusieurs raisons. Il arrive dans un moment où
plusieurs politiques de santé sont mises en place et dont l’impact devrait être
évalué pour mesurer leur effet sur la protection financière des citoyens. A titre
d’exemple, entre 2013 et 2018, le Ministère de la Santé a mis en place une
politique de réduction des prix des médicaments, l’extension de la couverture
médicale notamment pour les étudiants et autres catégories. Ces politiques
devraient avoir un impact positif sur l’amélioration du financement de la santé
et la protection financière de la population au moment d’accès aux soins.

Les détails fournis par le présent rapport abordent les flux des ressources
95
financières du système national de santé. Le contenu des bases de données
relatives aux CNS servira aussi de point de départ pour réaliser des analyses
spécifiques répondant à un objectif stratégique et ponctuel d’une politique ou
d’une activité de santé.

Le Maroc a suivi l’évolution dans la méthodologie tel que recommandé par


l’OMS. En effet, la classification du système des comptes de la santé-2011 (SCS11)
a été adoptée pour le présent exercice des comptes nationaux. La mise en place
de cette nouvelle approche a été accompagnée par le renforcement des
capacités qui a été appuyée par l’OMS. L’avantage d’adopter le SCS11 comme
cadre d’élaboration des CNS réside dans la possibilité que cette méthodologie
offre, pour permettre des comparaisons avec les autres pays. Ces comparaisons
faciliteront un apprentissage stratégique transnational pour adopter les
stratégies les plus efficaces dans le domaine du financement de la santé.

Les CNS de 2018 ont mis au clair la baisse de la contribution directe des ménages
qui est passée de 50,7% en 2013 à 45,6% en 2018. Cette réduction montre l’impact
positif des politiques de santé sur l’allégement du fardeau économique lourd
assumé par les ménages. Ce résultat indique également une tendance positive
dans l’amélioration du financement de la santé dans sa composante liée au
financement solidaire. Il était clair que le financement par l’assurance maladie
est en augmentation continue dans le temps (de 22,4% en 2013 à 29,3% en 2018).
Cette tendance montre que le financement de la santé se développe de façon
encourageante pour garantir une progression rapide vers la CSU. L’impact de la
politique pharmaceutique a également été visible dans les résultats des CNS
bien que le rythme d’amélioration reste lent.

Les nouveaux CNS -2018 mettent en exergue les limites du système de


financement et ont constitué ainsi un outil de diagnostic stratégique du système
de santé. Ce diagnostic serait la base pour développer une stratégie intégrée du
financement de la santé centrée sur l’amélioration de la protection financière
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

et l’intégration des objectifs stratégiques pour un financement de la santé


résilient.

Ce rapport vient à un moment où des réflexions sont en cours sur la refonte du


système de santé et qui auront besoin de données probantes pour fixer les
objectifs des prochaines réformes. Les détails sur le financement de la santé
qui sont fournis par ces comptes nationaux permettent d’identifier les zones
d’action pour questionner la performance avec laquelle les politiques sont
mises en œuvre. Par ailleurs, le secteur privé continue à accaparer une grande
part des dépenses de santé notamment celles provenant des ménages. Les
résultats de 2018 confirment la nécessité de mettre en place un mécanisme de
gouvernance du secteur privé pour cadrer les relations complexes impliquant
ses entités. En effet, le renforcement du système d’information sur les activités
du secteur privé va sans nul doute permettre de développer des analyses
poussées pour informer la gouvernance globale du système de santé. Par
96 ailleurs, un système intégré d’accréditation des prestataires de services de
santé (public et privé) est d’une nécessité stratégique pour lier le financement
de la santé à l’amélioration de la qualité. Il s’agit en effet, d’utiliser l’accréditation
comme élément intégrant l’achat stratégique combien important pour
l’efficience globale du financement de la santé.

La comparaison du système de financement de la santé marocain avec les


autres pays similaires, ou modèles, dévoile les limites de ce dernier, et ce,

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


malgré les résultats notables en matière d’amélioration de la santé de la
population. Dans ce sens, l’amélioration du financement solidaire à travers la
généralisation de l’assurance maladie va permettre une mutualisation des
risques et assurer en conséquence une protection financière optimale. Le
RAMED à l’heure actuelle continue à être géré selon un système assistanciel qui
se caractérise par une fonction d’achat passif. La recommandation internationale
indique qu’on ne peut pas améliorer la performance dans le financement de la
santé sans une séparation des fonctions entre la production des soins et le
financement. Dans ce sens, il devient nécessaire d’assurer une transition du
régime actuel du RAMED vers un système assuranciel. Ainsi, il serait possible de
mettre en place des stratégies qui visent une amélioration de la qualité de
soins pour les bénéficiaires du RAMED. L’amélioration de la qualité des soins
pour les pauvres et les vulnérables s’insère dans la quête d’instaurer une équité
dans le système de santé qui est un objectif central de la CSU.

Le financement du RAMED se caractérise par la stagnation de la part provenant


97
du budget de l’Etat ce qui nécessite une clarification sur le mécanisme du
financement et sur sa pérennité. Transformer le régime du RAMED en un système
assuranciel imposera la détermination des besoins en financement pour
assurer des soins de qualité à tous les bénéficiaires. Ces besoins en financement
seront dictés par l’ambition en matière de contenu du panier de soins à offrir à
la population. La maitrise de la taille du financement va également permettre
une mobilisation d’autres sources de financement incluant le financement
innovant pour améliorer la prise en charge.
ANNEXES
99

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


100
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Annexe 1 : Sources de financement de la santé par régimes de financement (en milliers de dirhams), 2018
Annexe 1 : Sources de financement de la santé par régimes de financement (en milliers de dirhams), 2018
Cotisations d'assurance Prépaiement obligatoire Prépaiement volontaire Autres revenus nationaux (FS.6)
Sources de financement sociale (FS.3) (FS.4 ) (autres que FS.3) (FS.5 ) (AMC)

(FS.2)
Total

(Etat) (FS.1)
Régimes de financement

nationaux de
(FS.3.1)
(FS.4.2)
(FS.5.2)

venant des
venant des

Cotisations
Cotisations

Transferts d'origine
Prépaiement
Prépaiement
Prépaiement
Prépaiement
(FS.6.3) (n.c.a)

Autres revenus
Autres revenus

des employeurs
des employeurs

étrangère distribués par


venant des ONG

ménages (FS.5.1)

des individus/des
des individus/des

l'administration publique
l'administration publique
volontaire venant
volontaire venant

ménages (FS..4.1)

obligatoire venant
obligatoire venant
Paiement Directes

d'assurance sociale
d'assurance sociale
entreprises (FS.6.2)

Transferts issus des revenus


employeurs (FS.3.2)

venant des employés

(Coopération Internationale)
des ménages (FS.6.1)
Régimes de
l'administration
Régimes de 12 056 816,58 107 100,87 88 831,72
centrale
l'administration
(HF.1.1.1) 12 252 749,17
publique
Régimes de Collectivités
(HF.1.1)
l'administration territoriales 852916,14
publique et (HF.1.1.2) 852 916,14
régimes Régimes
contributifs d'assurance 5 248
24 732,59 5 572 534,47
obligatoires de maladie sociale 643,37
financement de (HF.1.2.1) 10 845 910,43
Régimes AMO
la santé (HF.1) Régimes
(HF.1.2)
d'assurances
maladie privée 3 023 611,11 3 217 334,43 65 732,99
obligatoire
(HF.1.2.2) 6 306 678,53
Régimes
Régimes
d'assurance
d'assurance
maladie 345 060,52 367 096,99 7 345,49
complémentaire
facultative
(HF.2.1.2)
(HF.2.1) 719 503,00
Systèmes de
Régimes
financement
volontaire de
des ISBLSM (y
paiement privé
compris les ONG (HF.2.2.1) 120 444,27
des soins de
agences de
santé (HF.2)
développement)
(HF.2.2) 120 444,27
Régimes de
financement
EEP (HF.2.3.1) 236 926,44
des entreprises
(HF.2.3) 236 926,44
Paiement direct
Paiement direct sans partage de
des ménages 27 771 334,53
coûts (HF.3.1)
(HF.3) 27 771 334,53
5 248
Total 12 934 465,31 107 100,87 5 572 534,47 3 023 611,11 3 217 334,43 345 060,52 367 096,99 27 771 334,53 398 836,64 120 444,27
643,37 59 106 462,51

60
Annexe 2 : Prestataires de soins par régimes de financement (en milliers de dirhams), 2018
Annexe 2 : Prestataires de soins par régimes de financement (en milliers de dirhams), 2018
Paiement direct
Régimes de l'administration publique et régimes contributifs obligatoires de Régimes volontaires de paiement privé des
des ménages
financement de la santé (HF.1) soins de santé (HF.2)
Régimes de financement (HF.3)
Régimes de l'administration
Régimes AMO (HF.1.2) Régimes
publique (HF.1.1) Total
d'assurance Paiement direct
Régimes ONG EEP
Régimes de Collectivités Régimes d'assurances maladie sans partage de
d'assurance (HF.2.2.1) (HF.2.3.1)
Prestataires l'administration territoriales maladie privée facultative coûts (HF.3.1)
maladie sociale
centrale (HF.1.1.1) (HF.1.1.2) obligatoire (HF.1.2.2) (HF.2.1.2)
(HF.1.2.1)
Hôpitaux
6 341 126,95 13 422,76 344 621,34 349 548,88 0 0 0 1 921 839,04 8 970 558,97
publics
Hôpitaux Cliniques
2 753 876,69 2 546 335,57 314 715,63 95 444,27 4 910 939,88 10 621 312,04
(HP.1) Privées
Cliniques
460 011,93 54 209,74 6 700,08 53 326,30 574 248,05
Mutualistes
Cabinets
671 473,34 461 353,81 57 021,26 4 540 160,89 5 730 009,30
Prestataires médicaux
de soins de Cabinet
457 290,07 476 182,61 58 854,03 1 799 255,94 2 791 582,65
santé dentaire
ambulatoire Centres de
545 069,23 545 069,23
(HP.3) dialyse
ESSP 3 868 321,11 143 858,32 4 012 179,43
Laboratoire et centres de
266 277,94 1 382 467,87 753 428,93 92 348,23 4 640 536,91 7 135 059,88
Radiologie (HP.4)
Pharmacies 2 346 605,70 1 226 313,56 151 566,84 9 159 585,40 12 884 071,50
Pharmacies et
FBM (HP.5) Fournisseurs de 329 748,38 309 856,90 38 296,92 274 919,19 952 821,39
biens médicaux
Prestataires de soins préventifs
663 595,57 663 595,57
(HP.6)
Prestataires de services
1 268 134,24 11 242,73 1 529 792,73 129 448,53 2 938 618,23
administratifs (HP.7)
Reste de Autres
508 888,91 236 926,44 745 815,35
l'économie Ministères, EEP
(HP.8) ONG 20 796,77 25 000,00 45 796,77
Soins à l'Etranger (HP.9) 24 953,18 24 953,18

Médecine Traditionnelle (HP.11) 470 770,97 470 770,97


Total 12 252 749,15 852 916,15 10 845 910,46 6 306 678,53 719 502,99 120 444,27 236 926,44 27 771 334,52 59 106 462,51

61
101

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


102
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Annexe 3 : Flux financiers entre les agents de financement et les prestataires de soins (en milliers de dirhams), 2018
Annexe 3 : Flux financiers entre les agents de financement et les prestataires de soins (en milliers de dirhams), 2018
Agents de financement Administrations publiques FA.1
Sociétés
Collectivités Entreprises
Ministère de la Autres ministères Agence de sécurité d'assurance ONG (FA.4) Ménages (FA.5) Total
Prestataires Territoriales (FA.3)
santé (FA.1.1.1) (FA.1.1.2) sociale (FA.1.3) (FA.2)
(FA.1.2)
Hôpitaux publics 6 341 126,95 13 422,76 344 621,34 349 548,88 1 921 839,04 8 970 558,97
Hôpitaux (HP.1) Cliniques Privées 2 753 876,69 2 861 051,20 95 444,27 4 910 939,88 10 621 312,04
Cliniques Mutualistes 460 011,93 60 909,82 53 326,30 574 248,05
Cabinets médicaux 671 473,34 518 375,06 4 540 160,89 5 730 009,29
Prestataires de
soins de santé Cabinet dentaire 457 290,07 535 036,64 1 799 255,94 2 791 582,65
ambulatoire Centres de dialyse 545 069,23 545 069,23
(HP.3)
ESSP 3 868 321,11 143 858,32 4 012 179,43
Prestataires de services auxiliaires
266 277,94 1 382 467,87 845 777,17 4 640 536,91 7 135 059,89
(Laboratoire et Radiologie) (HP.4)
Pharmacies 2 346 605,70 1 377 880,40 9 159 585,40 12 884 071,50

Pharmacies et Détaillants et autres


FBM (HP.5) fournisseurs de biens
329 748,38 348 153,82 274 919,19 952 821,39
médicaux durables et
d'appareils médicaux

Prestataires de soins préventifs (HP.6) 663 595,57 663 595,57


Agences étatiques de
l'administration de la 1 250 062,58 11 242,73 1 261 305,31
Prestataires de
santé
services
administratifs et Administration de
de financement l'assurance maladie 18 071,66 1 529 792,73 1 547 864,39
du système de sociale
soins de santé Administration de
(HP.7) l'assurance maladie 129 448,53 129 448,53
privée
Reste de Autres Ministères,
508 888,91 236 926,44 745 815,35
l'économie EEP
(HP.8) ONG 20 796,77 25 000,00 45 796,77

Soins à l'Etranger (HP.9) 24 953,18 24 953,18

Médecine Traditionnelle (HP.11) 470 770,97 470 770,97

Total 11 743 860,24 508 888,91 852 916,15 10 845 910,46 7 026 181,52 236 926,44 120 444,27 27 771 334,52 59 106 462,51

62
Annexe 4 : Fonctions de soins par régime de financement de la santé (en milliers de dirhams), 2018
Annexe 4 : Fonctions de soins par régime de financement de la santé (en milliers de dirhams), 2018
Régimes de l'administration publique et régimes contributifs Régimes volontaires de paiement privé des
Régimes de financement
obligatoires de financement de la santé (HF.1) soins de santé (HF.2)
Régimes de l'administration Paiement
Régimes AMO (HF.1.2)
publique (HF.1.1) Régimes direct des
Régimes Régimes d'assurance Total
Régimes de ONG EEP ménages
Fonctions des soins de santé Collectivités d'assurance d'assurances maladie (HF.3)
l'administration (HF.2.2.1) (HF.2.3.1)
territoriales maladie maladie privée facultative
centrale
(HF.1.1.2) sociale obligatoire (HF.2.2.1)
(HF.1.1.1)
(HF.1.2.1) (HF.1.2.2)
Soins curatifs
hospitaliers 4 995 991,34 10 474,67 2 977 455,23 2 886 213,12 321 176,58 5 447 460,81 16 638 771,75
(HC.1.1)
Soins Soins curatifs en
curatifs hospitalisation de 981 898,37 95 444,27 1 077 342,64
(HC.1) jour (HC.1.2)
Soins curatifs
ambulatoires 3 430 032,20 96 140,02 1 256 424,52 1 001 417,49 116 114,42 105 926,44 7 771 112,43 13 777 167,52
(HC.1.3)
Analyses médicales et
144 554,21 1 420 729,25 750 051,75 92 348,23 4 645 086,57 7 052 770,01
radiologie (HC.4)
Biens Médicaments et
médicaux biens médicaux 2 678 965,01 1 536 170,46 189 863,76 9 434 504,59 13 839 503,82
(HC.5) (HC.5.1)
Soins préventifs (HC.6) 2 264 543,45 735 058,71 645,33 3377,19 25000,00 131000,00 2399,16 3 162 023,84

Gouvernance, administration
du système de santé et des 1 268 134,24 11 242,73 1 529 792,73 129 448,53 2 938 618,23
financements (HC.7)
Autres Prestations (HC.9) 149 493,70
149 493,70
Médecine Traditionnelle 470 770,97
(HC.10) 470 770,97
Total 12 252 749,14 852 916,13 10 845 910,44 6 306 678,54 719 502,99 120 444,27 236 926,44 27 771 334,53 59 106 462,48

63
103

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


104
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Annexe 5 : Fonctions de soins de santé par prestataire de soins (en milliers de dirhams), 2018
Annexe 5 : Fonctions de soins de santé par prestataire de soins (en milliers de dirhams), 2018

Reste de l'économie
Prestataires de soins de santé Prestataires de soins de santé ambulatoire (HP.3) Pharmacie et FBM (HP.5)
(HP.8)
Laboratoire Prestataires Prestataires
Prestataires Médecine
Hôpitaux et centres de de soins de services
Etrangers Traditionnelle Total
(HP.1) Radiologie) préventifs administratifs
(HP.9) (HP.11)
(HP.4) Fournisseu (HP.6) (HP.7) Autres
Cabinets Cabinet Centres de
Fonctions des soins de santé ESSP Pharmacies rs de biens Ministères et ONG
médicaux dentaire dialyse
médicaux EEP

Soins curatifs
hospitaliers 16 565 250,87 48 567,70 24 953,18 16 638 771,75
(HC.1.1)
Soins curatifs
en
Soins curatifs hospitalisation
de jour (HC.1.2) 532 273,41 545 069,22 1 077 342,63
(HC.1)

Soins curatifs
ambulatoires 3 020 128,30 5 730 009,29 2 791 582,65 2 019 086,68 195 563,83 20 796,77 13 777 167,52
(HC.1.3)

Analyses médicales et
45 855,52 7 006 914,47 7 052 769,99
radiologies (HC.4)

Biens Médicaments et
médicaux biens médicaux 2 610,93 12 884 071,49 952 821,39 13 839 503,81
(HC.5) (HC.5.1)

Soins préventifs (HC.6) 1 993 092,75 128 145,41 663 595,57 352 190,12 25 000,00 3 162 023,85

Gouvernance, administration du
système de santé et des 2 938 618,23 2 938 618,23
financements (HC.7)
Autres Prestations (HC.9)
149 493,70 149 493,70
Médecine Traditionnelle
(HC.10) 470 770,97 470 770,97
Total
20 166 119,03 5 730 009,29 2 791 582,65 545 069,22 4 012 179,43 7 135 059,88 12 884 071,49 952 821,39 663 595,57 2 938 618,23 745 815,35 45 796,77 24 953,18 470 770,97 59 106 462,45

64
Annexe 6 : Régimes de financement par agents de financement de la santé (en milliers de dirhams), 2018
Annexe 6 : Régimes de financement par agents de financement de la santé (en milliers de dirhams), 2018
Agents de financement
Administrations publiques (FA.1)
Régimes de financement Sociétés Total
Autres Collectivités Agence de Entreprises Ménages
Ministère de la d'assurance ONG (FA.4)
ministères Territoriales sécurité sociale (FA.3) (FA.5)
santé (FA.1.1.1) (FA.2)
(FA.1.1.2) (FA.1.2) (FA.1.3)
Régimes de
Régimes de l'administration 11 743 860,25 508 888,91 12 252 749,16
l'administration centrale (HF.1.1.1)
publique Collectivités
Régimes de
(HF.1.1) territoriales 852916,14 852 916,14
l'administration
publique et (HF.1.1.2)
régimes Régimes
contributifs d'assurance
maladie sociale
10 845 910,44 10 845 910,44
obligatoires de
financement de (HF.1.2.1)
Régimes AMO
la santé (HF.1) Régimes
(HF.1.2)
d'assurances
maladie privée 6 306 678,52 6 306 678,52
obligatoire
(HF.1.2.2)
Régimes Régimes
d'assurance d'assurance
maladie complémentaire/ 719 502,99 719 502,99
facultative supplémentaire
(HF.2.1) (HF.2.1.2)

Régimes Systèmes de
financement
volontaires de
paiement privé des ISBLSM (y
des soins de compris les ONG (HF.2.2.1) 120 444,27 120 444,27
agences de
santé (HF.2)
développement)
(HF.2.2)

Régimes de
financement
EEP (HF.2.3.1) 236 926,44 236 926,44
des entreprises
(HF.2.3)

Paiement direct
Paiement direct sans partage de coûts
des ménages 27 771 334,53 27 771 334,53
(HF.3.1)
(HF.3)

Total 11 743 860,25 508 888,91 852 916,14 10 845 910,44 7 026 181,51 236 926,44 120 444,27 27 771 334,53 59 106 462,49

105 65

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


106
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-

Annexe 7 : Dépenses en capital par prestataire (en milliers de dirhams), 2018


Annexe 7 : Dépenses en capital par prestataire (en milliers de dirhams), 2018
Prestataires de soins de santé Prestataires de
services
Prestataires de Prestataires de Reste de
Hôpitaux administratifs et de
ESSP (HP.3) services auxiliaires soins préventifs l’économie Total
(HP.1) financement du
Comptes de capital (HP.4) (HP.6) (HP.8)
système de soins de
santé (HP.7)

Infrastructure
Formation 279 575,51 310 154,72 14 201,06 227,19 187 879,24 69 800,00 861 837,72
Formation (HK.1.1.1)
brute de
brute de
capital fixe
capital (HK.1) Machines et
(HK.1.1)
équipements 459 923,26 88 803,53 18 098,33 12 500,56 208 338,37 22 714,59 810 378,64
(HK.1.1.2)

Formation brute de capital non spécifiée (n.c.a.)


148 848,65 148 848,65
([Link])

Total 739 498,77 398 958,25 32 299,39 12 727,75 545 066,26 92 514,59 1 821 065,01

66
Annexe 8 : Liste des principaux indicateurs des Comptes Nationaux de la Santé- 2018
Annexe 8 : Liste des principaux indicateurs des Comptes Nationaux de la Santé- 2018
Indicateur Numérateur Dénominateur Valeur indicateur
CHE%GDP Dépenses courantes de la santé en % du PIB HF.1+HF.2+HF.3 (MDH) PIB (MDH) 5,3%
CHE_PC_USD Dépenses courantes de la santé par habitant en US dollars (HF.1+HF.2+HF.3)*$ Population 175,6
CHE_PC_PPP Dépenses courantes de la santé par habitant en PPA dollars (HF.1+HF.2+HF.3)/PPA Population 637,7
HK%GDP Dépenses en capital-santé (HK) en% du produit intérieur brut (PIB) HK (MDH) PIB (MDH) 0,16%
LE%GDP Dépenses totales de santé (DTS) en% du produit intérieur brut (PIB) HF.1+HF.2+HF.3+HK (MDH) PIB (MDH) 5,5%
GGHE%GDP Dépenses publiques générales de la santé en % du PIB FS.1+FS.2+FS.3 (MDH) PIB (MDH) 2,16%
FS.1+FS.3+FS.4+FS.5+FS.6
DOM%CHE Dépenses intérieures de santé en % DCS DCS (MDH) 99,8%
+[Link] (MDH)
Dépenses intérieures de santé des administrations publiques en %
GGHED%GDP FS.1+FS.3 (MDH) PIB (MDH) 2,15%
PIB
Dépenses intérieures de santé des administrations publiques par Population
GGHED_PC_USD (FS.1+FS.3)*$ 70,6
habitant en US dollars
Dépenses intérieures de santé des administrations publiques par Population
GGHED_PC_PPP (FS.1+FS.3)*PPA 256,3
habitant en PPA dollars
PVTD%CHE Dépenses intérieures de santé privées en % des DCS FS.4+FS.5+FS.6+[Link] (MDH) DCS (MDH) 59,6%
PVTD_PC_USD Dépenses intérieures de santé privées par habitant en US dollars (FS.4+FS.5+FS.6+[Link])*$ Population 104,7
PVTD_PC_PPP Dépenses intérieures de santé privées par habitant en PPA dollars (FS.4+FS.5+FS.6+[Link])*PPA Population 380,3
VHI%CHE Prépaiements de l'assurance maladie volontaire en % DCS FS.5 (MDH) DCS (MDH) 1,2%
OOP%CHE Dépenses des ménages en % DCS HF.3 (MDH) DCS (MDH) 47%
OOP_PC_USD Dépenses des ménages/hab en US dollars HF.3*$ Population 82,5
OOP_PC_PPP Dépenses des ménages/hab en PPA dollars HF.3/PPA Population 299,6
EXT%CHE Dépenses de santé de sources externes en % DCS FS.2+FS.7 (MDH) DCS (MDH) 0,2%
EXT_PC_USD Dépenses de santé de sources externes par habitant en US dollars (FS.2+FS.7)*$ Population 0,3
EXT_PC_PPP Dépenses de santé de sources externes par habitant en PPA dollars (FS.2+FS.7)/PPA Population 1,2
CFA%CHE Financement obligatoire en % DCS HF.1 (MDH) DCS (MDH) 51,2%
GFA%CHE Financement du gouvernement en % DCS HF.1.1 (MDH) DCS (MDH) 22,2%
CHI%CHE Assurance maladie obligatoire en % DCS HF.1.2 (MDH) DCS (MDH) 29%
SHI%CHE Assurance maladie sociale en % DCS HF.1.2.1 (MDH) DCS (MDH) 18,4%
CHI_PVT%CHE Assurance maladie privée obligatoire en % DCS HF.1.2.2 (MDH) DCS (MDH) 10,7%

67
107

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


108
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-
REMERCIEMENTS

La Direction de la Planification et des Ressources Financières du Ministère de la


Santé tient à présenter ses vifs remerciements à l’ensemble des partenaires et
intervenants ayant contribué à la réalisation de cette étude. Sans leurs efforts,
leur collaboration et leur engagement ce rapport n’aurait pu être produit.

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Ces remerciements sont adressés particulièrement :

• A l’OMS pour son appui technique et financier pour la réalisation de cet


exercice ;

• Aux directions centrales, régionales, délégations du Ministère de la Santé,


hôpitaux, CHUs et toutes les structures relevant du Ministère de la Santé
pour leur engagement ;

• Aux différents intervenants dans le financement de la santé à savoir : les


organismes gestionnaires de l’assurance maladie (CNOPS, CNSS), l’ANAM,
les assurances privées, les mutuelles, les offices, les différents départements
ministériels, les collectivités territoriales, les ONG… pour leur aide précieuse
durant l’opération de la collecte des données ;

• A l’équipe du Service de l’Economie de la Santé qui avait la responsabilité


de la réalisation de cette étude ;

• Aux membres des comités de rédaction et de lecture ; 109

• A toute personne qui a contribué de près ou de loin à la réalisation de cette


étude.
110
COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-
Equipe de pilotage :

• M. A. BELMADANI, Directeur de la Planification et Ressources Financières


• M. A. EL MARNISSI, Chef de la Division de la Planification et des Etudes
• M. H. HACHRI, Chargé du Système et des Programmes de Santé au Bureau de
l’OMS au Maroc
• M. E. AKHNIF, Chargé de programme OMS

COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE -2018-


Equipe technique :

• M. A. EL MARNISSI, Chef de la Division de la Planification et des Etudes


• Mme. N. JELLAB Chef de service de l’Économie Sanitaire
• M. A. BOUGRINE (SES/DPE/DPRF/MS)
• M. A. ACHOUR (SES/DPE/DPRF/MS)
• Mme I. ERRAI (SES/DPE/DPRF/MS)

Comité de rédaction :

• M. A. EL MARNISSI, Chef de la Division de la Planification et des Etudes


• M. E. AKHNIF, Chargé de programme OMS
• M. A. RIHANI, Chef de la Division de Suivi de la Mise en œuvre du RAMED
• Mme. N. JELLAB (SES/DPE/DPRF/MS)
• M. A. BOUGRINE (SES/DPE/DPRF/MS)
• Mme I. ERRAI (SES/DPE/DPRF/MS)

Comité de lecture : 111

• M. A. BELMADANI, Directeur de la Planification et Ressources Financières


• Mme. S. CHERQAOUI, Chef de la Division de la Coopération
• M. H. HACHRI, Chargé du Système et des Programmes de Santé au Bureau de
l’OMS au Maroc
ⵜⴰⵎⴰⵡⴰⵙⵜ ⵏ ⵜⴷⵓⵙⵉ

MINISTERE DE LA SANTE

Vous aimerez peut-être aussi