0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
159 vues5 pages

Thème 5

Transféré par

baraka
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
159 vues5 pages

Thème 5

Transféré par

baraka
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Droit

Thème 5 – Quel est le rôle du contrat ?


Chapitre 1 : la formation du contrat
A) Le contrat et les principes contractuels

1) Qu’est-ce qu’un contrat ?


Le contrat constitue l’un des rouages essentiels de la vie en société. La vie des individus est tissée de contrats.
Pour se nourrir, se loger, se vêtir, se déplacer ou encore se soigner, chacun conclut des contrats variés : vente,
bail, contrat de travail, contrat de transport, etc.
De même, les entreprises concluent de nombreux contrats pour fonctionner, s’équiper, etc. : prêt, mandat,
crédit-bail, contrat de distribution, etc.
Le contrat est défini comme un accord de volonté entre deux ou plusieurs personnes, appelées « parties »,
destiné, selon ses clauses, à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.
Par « obligations », il faut comprendre un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l’une d’elles, le
créancier, peut exiger de l’autre, le débiteur, une prestation (payer un prix, travailler, réaliser un ouvrage, etc.)
ou une abstention (par exemple, dans un contrat de bail commercial, le bailleur peut s’engager à ne pas faire
concurrence à son locataire commerçant en s’interdisant d’exploiter un commerce similaire sur un secteur
déterminé au contrat).

2) Les principes fondamentaux du droit des contrats


Selon l’article 1102 du Code civil, chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, de choisir son
cocontractant et de déterminer le contenu et la forme du contrat dans les limites fixées par la loi.
Ce principe dit « de la liberté contractuelle » recouvre donc quatre composantes : liberté de contracter ou
non, liberté de choisir son contractant, liberté de fixer le contenu du contrat, liberté de choisir la forme du
contrat.
En effet, la forme du contrat est en principe libre. Tous les modes d’expression de l’accord des volontés sont
donc admis : écrit, bien sûr, mais aussi parole et même geste (le bras levé dans une vente aux enchères, par
exemple). Ce principe souffre néanmoins plusieurs exceptions (par exemple, les statuts d’une société sont
obligatoirement établis par écrit).
De même, les autres composantes de la liberté contractuelle sont limitées par des dispositions légales ou
réglementaires. Le contenu du contrat est librement fixé dans la limite de ce que la loi autorise (voir B. Les
conditions de validité du contrat et leurs sanctions).
Par ailleurs, l’article 1199 du Code civil dispose : « Le contrat ne crée d’obligations qu’entre les parties. Les
tiers ne peuvent ni demander l’exécution du contrat, ni se voir contraints de l’exécuter […]. » Cet article énonce
ce que l’on appelle le principe de l’effet relatif des contrats.

B) Les conditions de validité du contrat et leurs sanctions

1) Les conditions relatives aux parties


a) Les obligations imposées aux parties
Le Code civil impose aux parties des obligations lors de la formation du contrat.
Ainsi, les parties doivent être de bonne foi, c’est-à-dire faire preuve de loyauté et de coopération.
En outre, lorsqu’une partie connaît une information déterminante pour le consentement de l’autre que cette
dernière ignore, elle doit l’en informer. Cette obligation d’information constitue un véritable devoir de conseil
lorsqu’il existe une inégalité de compétences entre les parties, comme c’est le cas entre un professionnel et
son client.

1
Droit
b) Le consentement
Le consentement représente la rencontre d’une offre et d’une acceptation, l’une et l’autre pouvant être
expresses ou tacites.
Mais l’échange des consentements ne suffit pas. Il est indispensable que la volonté des contractants soit sans
vice, c’est-à-dire qu’elle ne soit entachée d’aucun défaut qui la priverait de sa pertinence. La loi prévoit trois
vices du consentement :
– L’erreur : seules l’erreur sur un élément essentiel du contrat et l’erreur sur la personne du cocontractant
(dans le cas d’un contrat avec intuitu personae) sont prises en compte ;
– Le dol : erreur provoquée par une tromperie (manœuvre, mensonge ou dissimulation) de l’autre partie et
qui a joué un rôle déterminant dans la conclusion du contrat ;
– La violence : menace (d’un mal physique ou psychologique) injuste et illégitime émanant du cocontractant
ou d’un tiers de nature à faire naître un sentiment de crainte.

c) La capacité
Pour conclure valablement un contrat, les parties doivent être dotées de la capacité juridique, qui peut se
définir comme l’aptitude à être titulaire de droits et à les exercer.
(Voir le manuel de Première, chapitre 7. La capacité et l’incapacité.)

3) Les conditions relatives au contenu du contrat


Le contenu du contrat doit être certain et licite. Cette exigence revêt plusieurs obligations :
– D’une part, le contrat ne peut déroger à l’ordre public, ni par ses stipulations (les clauses d’un contrat
écrit), ni par son but (la raison pour laquelle les parties ont contracté) ;
– D’autre part, l’obligation que prévoit le contrat doit avoir pour objet une prestation présente ou future
(un appartement vendu sur plan, par exemple), possible (une agence de voyages ne peut pas proposer un
voyage sur Mercure, par exemple), déterminée ou déterminable (c’est-à-dire qu’elle doit pouvoir être
déduite du contrat ou par référence aux usages ou aux relations antérieures des parties) ;
– Enfin, si le contrat est à titre onéreux, la contrepartie convenue au profit de celui qui s’engage ne doit pas
être illusoire ou dérisoire.

4) Les sanctions du non-respect des conditions de validité


Si l’une des conditions de validité du contrat fait défaut, la sanction est la nullité du contrat.
Il existe deux types de nullité dont les conditions de mise en œuvre diffèrent, mais dont l’effet est unique :
– La nullité relative sanctionne la transgression d’une règle protectrice des intérêts privés (vices du
consentement, incapacité, par exemple) ;
– La nullité absolue sanctionne la transgression d’une règle protectrice de l’intérêt général (contenu illicite,
par exemple).
Dans les deux cas, la nullité entraîne la disparition de tous les effets du contrat avec, si c’est possible, les
restitutions qui en découlent.
Dans tous les cas où l’action en nullité n’est pas limitée à un moindre temps par une loi particulière, le délai
pour agir en nullité est de 5 ans.
Ce délai court en principe à compter du jour où le titulaire du droit d’agir en justice a eu ou aurait dû avoir
connaissance de la cause de nullité.
Toutefois, dans certains cas, le point de départ du délai est différent (par exemple, en cas de violence, le délai
ne court qu’à compter du jour où celle-ci a cessé).

C) La protection accrue du consommateur et du cyberconsommateur

2
Droit
1) L’information générale
Conçu pour réguler les relations juridiques entre des personnes, le droit des contrats s’est adapté au
développement de la consommation de masse en imposant au professionnel une obligation générale
d’information du consommateur.
Ainsi, selon le Code de la consommation, avant que le consommateur ne soit lié par un contrat de vente de
biens ou de prestation de services, le professionnel doit lui communiquer, de manière lisible et
compréhensible, différentes informations telles que :
– Les caractéristiques essentielles du bien ou du service ;
– Le prix du bien ou du service et les conditions de la vente ou de l’exécution du service ;
– En l’absence d’exécution immédiate du contrat, la date ou le délai auquel le professionnel s’engage à livrer
le bien ou à exécuter le service ;
– Les informations relatives à son identité, à ses coordonnées postales, téléphoniques et électroniques, à
ses activités, etc.
En cas de litige, il appartient au professionnel de prouver qu’il a exécuté ses obligations.

5) L’information spécifique à l’e-commerce


Le développement du numérique a entraîné la conclusion de contrats de vente par voie électronique entre
cybermarchands (ou cybervendeurs) et cyberconsommateurs.
Le contrat par voie électronique est un contrat spécifique, l’échange de consentement étant réalisé à distance.
Ce contrat présente donc des risques. Aussi, le droit de la consommation a été complété par de nouvelles
obligations à la charge du cybervendeur afin de renforcer la protection du client. Il s’agit notamment de la
procédure spécifique de conclusion du contrat et de l’existence d’un droit de rétractation au profit du
cyberconsommateur.
Selon l’article 1127-2 du Code civil, le contrat n’est valablement conclu que si le destinataire de l’offre a eu la
possibilité de vérifier le détail de sa commande et son prix total, et de corriger d’éventuelles erreurs avant de
confirmer celle-ci pour exprimer son acceptation définitive. Cette procédure dite « du double-clic » est destinée
à protéger le cyberacheteur des erreurs de manipulation (fréquentes lors des achats en ligne) et de s’assurer
qu’il s’engage en parfaite connaissance de cause, notamment concernant les frais de port.
Une fois la commande validée par le cyberconsommateur, le cybervendeur doit accuser réception de la
commande, sans délai et par voie électronique (page apparaissant à l’écran et/ou e-mail).
Par ailleurs, en raison de la dématérialisation du produit au moment de l’achat en ligne, il est possible que le
produit acheté ne corresponde pas aux attentes du client, qui s’est déterminé à partir de photos, des
caractéristiques du produit et des avis d’autres consommateurs.
Il était donc indispensable d’associer aux achats en ligne la possibilité d’une rétractation. Ainsi, le droit de
rétractation prévu par l’article L221-18 du Code de la consommation permet à l’acheteur de revenir sur sa
décision d’achat en renvoyant la marchandise afin d’en obtenir le remboursement (sans pénalités).
Le consommateur doit exercer son droit de rétractation (en informant le professionnel) au plus tard dans les 14
jours de la date de réception de la commande.
Selon l’article L221-23 du Code de la consommation, le consommateur ne supporte que les coûts directs de
renvoi des biens, sauf si le professionnel accepte de les prendre à sa charge ou s’il a omis d’informer le
consommateur que ces coûts sont à sa charge.

Chapitre 2 : l’exécution du contrat

A) L’exécution et l’inexécution du contrat

1) L’exécution du contrat

3
Droit
Le contrat légalement formé crée des obligations contractuelles à la charge des parties. Dans les contrats de
même type, on retrouve des obligations identiques. Ainsi, dans les contrats de vente, le vendeur doit livrer le
bien (remettre la chose vendue ou les clés de l’appartement) tel que décrit au contrat (c’est la délivrance
conforme), mais également garantir l’acheteur (l’acquéreur) contre les vices cachés. Quant à l’acheteur, il doit
payer le prix (éventuellement selon des modalités fixées au contrat : paiement fractionné, paiement à terme,
etc.).
Comme l’énonce l’article 1103 du Code civil, dès lors qu’il respecte les conditions de formation, le contrat est la
loi des parties.
Ce principe de la force obligatoire du contrat oblige les parties à exécuter leurs obligations et une partie ne
peut, de sa seule initiative, ni modifier les obligations contractuelles ni révoquer le contrat.
La loi prévoit cependant un certain nombre d’exceptions.
Ainsi, les contrats à durée indéterminée peuvent, en principe, être résiliés par les parties sous réserve de
respecter un préavis ou un délai raisonnable. Le contrat de travail à durée indéterminée peut être rompu à
l’initiative du salarié (démission) à condition de respecter un préavis.
Certains contrats à durée déterminée peuvent également être rompus par l’une des parties. Cette exception
tient à leur nature. Ainsi, le locataire peut résilier sans motif et à tout moment le bail d’habitation qui le lie en
principe au bailleur pour 3 ans parce qu’il n’est pas envisageable d’empêcher une personne de quitter le
logement qu’elle loue parce qu’elle le souhaite ou parce qu’elle y est contrainte (par des motifs professionnels,
par exemple). Tout au plus, le locataire doit-il respecter un préavis (de 3 mois en principe).
Enfin, bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’une exception à l’effet obligatoire du contrat, précisons
ici que n’ont pas à être appliquées (respectées) les clauses qui créent un déséquilibre entre les droits et
obligations des parties. Ces clauses dites « abusives » sont réputées non écrites dans les contrats entre
consommateur et professionnel, et dans les contrats entre toute personne physique ou morale dits
« d’adhésion », caractérisés par un ensemble de clauses non négociables, déterminées à l’avance par l’une des
parties.

6) Les cas d’inexécution du contrat


Si l’exécution du contrat est la règle, en pratique, l’inexécution est fréquente et ses manifestations sont variées.
On distingue ainsi trois formes d’inexécution du contrat :
– L’inexécution totale : l’une des parties n’effectue pas la prestation prévue au contrat ;
– L’exécution partielle ou imparfaite : la prestation fournie n’est pas conforme aux stipulations
contractuelles ou n’est pas entièrement fournie ;
– Le retard dans l’exécution : est fautive la partie qui n’exécute pas ses obligations dans les délais prévus au
contrat. Dans les contrats entre consommateur et professionnel, lorsque le contrat n’est pas exécuté
immédiatement, le professionnel doit indiquer une date ou un délai de livraison du bien ou d’exécution du
service. À défaut de précision au contrat, le professionnel est tenu de s’exécuter dans les 30 jours de la
conclusion du contrat.

D) Les sanctions de l’inexécution du contrat

1) Les différentes sanctions


L’article 1217 du Code civil liste les différentes sanctions de l’inexécution et précise qu’elles peuvent être
cumulées. Le créancier victime d’une inexécution a donc plusieurs options. Il peut :
– Invoquer l’exception d’inexécution, qui consiste à refuser d’exécuter sa propre obligation ou à en
suspendre l’exécution. Cette attitude, légitimée par le droit, constitue donc une exception à la règle de la
force obligatoire du contrat. L’inexécution doit toutefois être suffisamment grave ;
– poursuivre l’exécution forcée en nature, sauf si l’exécution est impossible ou s’il existe une disproportion
manifeste entre son coût pour le débiteur de bonne foi et son intérêt pour le créancier. Il peut aussi faire

4
Droit
exécuter lui-même l’obligation, éventuellement après avoir obtenu du juge une condamnation du débiteur
à avancer les frais de cette exécution ;
– accepter une exécution imparfaite du contrat et, s’il n’a pas encore payé, solliciter une réduction du prix.
Sa décision de réduire le prix doit être notifiée dans les meilleurs délais au débiteur, qui doit accepter la
décision par écrit. Si le créancier a déjà payé, la réduction doit être demandée au juge ;
– opter pour la résolution du contrat entraînant l’anéantissement rétroactif de celui-ci. Le contrat ne produit
plus d’effets et le créancier qui n’a pas encore exécuté son obligation en est libéré. La résolution peut
résulter d’une notification au débiteur en cas d’inexécution suffisamment grave, de la mise en œuvre d’une
clause résolutoire qui précise les engagements dont l’inexécution entraîne la résolution du contrat ou
d’une décision de justice. Si le juge résout le contrat sans ordonner la restitution des prestations déjà
exécutées, la résolution est qualifiée de « résiliation ».
L’article 1217 précise que des dommages-intérêts peuvent s’ajouter à ces sanctions si les conditions de la
responsabilité civile sont remplies (voir chapitre 3). Ils sont dus en cas d’inexécution du contrat ou de retard
dans l’exécution et correspondent, en principe, à la perte qu’a subie le créancier et au gain dont il a été privé.
Le montant des dommages-intérêts peut être fixé dans une clause pénale (aujourd’hui appelée « clause de
stipulation de pénalité »). Dans ce cas, le juge ne peut allouer au créancier une somme plus forte ni moindre.
Toutefois, il peut modérer ou augmenter la pénalité convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire.

7) La mise en demeure, un préalable nécessaire


Dans le cas où le créancier opte pour l’exécution forcée, la réduction du prix par notification, la résolution ou le
versement de dommages-intérêts (éventuellement par mise en œuvre de la clause résolutoire), il doit, en
principe, procéder au préalable à une mise en demeure.
Il s’agit de la manifestation officielle du mécontentement du créancier, qui exige de son débiteur le respect de
ses engagements dans un certain délai. Il est très recommandé d’adresser cette mise en demeure par lettre
recommandée avec accusé de réception ou par voie d’huissier.

Vous aimerez peut-être aussi