Université sidi Mohamed ben Abdallah
faculté des sciences juridiques économiques et sociales
Fès
Support de cours
Matière : marché de capitaux
Master : banque et marché financiers
Réalisé par : Encadre par :
Yassine Majdoub Mme.Haoudi
Youssef Tlemcani
Mehdi El Hajjami
Wiam EL Hajjami
Youssef Oulid
Karim Ntitah
Année universitaire 2016/2017
1
LE PLAN
INTRODUCTION
I : le marché monétaire
II : l’intervention de la banque centrale sur le marché monétaire
III : évolution du marché monétaire sur le territoire marocain
Conclusion
BIBLIOGRAPHIE
2
INTRODUCTION GENERALE
Dans une économie donnée ; on parle d’un système financier : un ensemble
d’opérations, d’instruments et de mécanismes d’un circuit intérieur et extérieur.
Il destine à drainer les différents agents économiques et financiers de façon générale,
le système financier est composé de deux pôles :
Les marchés de capitaux, le pôle institutionnel.
le système
financier
Les marchés de Le pôle
capitaux institutionnel
A travers ces 2 pôles, on va apporter la lumière sur le marché de capitaux et plus
précisément le marché monétaire comme l’un des compartiments de ce dernier et qui
joue un rôle important et primordial pour le financement de l’économie.
Donc, en se basant sur cette introduction et on va poser la question suivante :
Objectifs :
L’objectif principal de la présente étude est d’évaluer le rôle principal du marché
monétaire et ses composants, spécifiquement il s’agira :
D’apprécier le niveau d’accès au marché monétaire par les différents agents
comme un bon moyen de financement.
D’évaluer la performance et le rôle primordial de ce marché et son évolution sur
le territoire marocain.
3
Section I : le marché monétaire
1.1-les fonctionnalités du marché monétaire
A-définition :
Au sens étroit :
Le marché monétaire est un marché à court terme, c’est le compartiment du marché
des capitaux sur lequel s’échange des titres courts contre des liquidités et qui constitue
un point d’application de la politique monétaire.
Au sens large :
« Le moteur de la création monétaire est le crédit, qui alimente l'expansion
économique. Le marché monétaire contribue au contrôle de l'inflation, puisque les prix
dépendent de vitesse relative de la création de monnaieet de la création de richesse
(biens et services) ».1
C'est le marché sur lequel sont fixés les taux d'intérêt à court terme.
B- les caractéristiques :
Le marché monétaire comprend plusieurs caractéristiques :
C’est un marché à court terme contre le marché financier qui est de long et
moyen terme.
C’est un marché national : ne sont négocié sur le marché monétaire que les
titres libellés en monnaie nationale et régulé par la banque centrale.
C- typologie :
Le marché monétaire comprend deux marchés qui se juxtaposent partiellement : le
marché interbancaire et le marché des titres de créances négociables.
Schématiquement on a
1
Mario DEHOVE, INSTITUTIONS ET THÉORIE DE LA MONNAIE, édition paris, septembre 2001, p10-11,.
4
Marché
interbancaire
marché des Marché des
adjucationd marché titres de
des bons du monetaire créances
trésor. négociables
marché
hypothécair
e
1.2 -le marché interbancaire :
A-définition :
« Le marché interbancaire permet aux banques d’équilibrer leur trésorerie en
compensant entre elles leurs déficits ou excédents, ou en empruntant les sommes
complémentaires qui leur sont nécessaires auprès des différentes banques
spécialisées »2.
B-Les fonctions du marché interbancaire :
Le marché interbancaire a trois fonctions :
La redistribution entre les banques elles-mêmes de leurs déficits et excédents de
liquidités.
Les ajustements des structures de trésorerie entre les banques.
La régulation de la liquidité bancaire par la banque centrale.
La redistribution entre les banques elles-mêmes de leurs déficits et excédents de
liquidités :
« Lorsqu’une banque distribuait du crédit ex nihilo, une partie de la monnaie qu’elle
créait
S’échappait de son « circuit » (la « fuite » hors de son réseau) pour être captée par les
autres banques sous forme de nouveaux dépôts. La banque à l’origine de la création
monétaire accroît donc ses besoins de liquidités et allège ceux des autres banques. »3
2
Berrada Mohammed Azzedine, Les nouveaux marchés des capitaux au Maroc, op.cit., p : 192.
3
D.Mario, INSTITUTIONS ET THÉORIE DE LA MONNAIE, op.cit. , p :13-14.
5
Sur l’ensemble d’une période donnée et compte tenu de la distribution de crédits de
chaque banque et de sa collecte de dépôts, il existe des banques qui éprouvent des
besoins de liquidités (à la marge, elles ont distribué plus de crédit qu’elles n’ont
collecté de nouveaux de dépôts) et des banques qui ont des liquidités en excédent (à la
marge, elles ont distribué moins de crédits qu’elles n’ont collecté de nouveaux dépôts).
Comme les liquidités déposées à la banque centrale ne rapportent aucun intérêt ou un
intérêt faible, les secondes ont souvent intérêt à prêter aux premières les liquidités en
excédent qu’elles détiennent contre paiement d’un intérêt. Le taux de ces intérêts est le
taux interbancaire.
Les ajustements des structures de trésorerie entre les banques :
La fonction d’intermédiaire financier exposait structurellement les banques à certains
risques : risque de taux, risque de change, risque de liquidité.
Pour limiter ces risques, les banques peuvent procéder entre elles à des opérations
d’échanges, éventuellement temporaires et actifs sur le marché monétaire.
Par exemple, si la banque (A) a distribué un crédit à long terme (à taux fixe) de 100
adossé à une ressource à court terme de 100, elle court un risque de taux (si le taux à
court terme augmente, la banque perd de l’argent).
S’il existe une banque (B), au contraire, qui dispose d’un dépôt à long terme à taux
fixe qu’elle a utilisé au financement d’un crédit à court terme à taux variable (avance
de trésorerie à une entreprise), elle court le risque de taux inverse de la banque (A) (si
le taux à court terme baisse, la banque perd de l’argent). Les banques peuvent annuler
réciproquement ce risque en procédant sur le marché monétaire à un prêt croisé.
La régulation de la liquidité bancaire par la banque centrale :
À cause de la transformation des dépôts en billets, et à cause des réserves obligatoires,
les banques souffraient chroniquement d’un manque de liquidités. Il s’agit des banques
dans leur ensemble, et compte tenu aussi des apports du Trésor et de l’extérieur.C’est
le rôle de la banque centrale de régler l’alimentation en liquidités du circuit bancaire,
en fonction de certains objectifs (de prix, de taux d’intérêt, de taux de change, de
chômage…) et avec certains instruments. Elle le fait sur le marché monétaire, et plus
précisément, compte tenu des définitions précédentes relatives aux compartiments du
marché monétaire, sur le marché interbancaire.
C- Les compartiments du marché interbancaire
On distingue trois compartiments principaux du marché monétaire : le marché en
blanc, le marché de la pension, le marché des instruments dérivés.
Le marché en blanc :C’est un marché d’échange de liquidité sur lequel les
transactions se font sans garantie. C’est un marché à court et moyen terme.
6
Le marché de la pension : recouvre les opérations de prêts et emprunts contre
remise de garantie. Il est plus sûr que le marché en blanc mais à cause des
formalités qu’il exige, il est plus coûteux et moins rapide.
Le marché des instruments dérivés : C’est un marché d’arbitrage, de
couverture et de spéculation. Le marché des swaps de taux d’intérêt bénéficie
également, au titre du ratio de solvabilité, d’un taux d’immobilisation de fonds
propres favorable. C’est pour cette raison que ce marché est devenu, en termes
de volumes traités.
D- Les taux d’intérêt sur le marché interbancaire
Le taux d’intérêt appliqué à chaque transaction interbancaire sur des liquidités dépend
des titres qui servent de support à l’opération et de la durée du prêt de liquidité
correspondant.
Néanmoins, sont calculés par les autorités monétaires et les organismes performants
des taux d’intérêt interbancaires globaux à partir de ces taux microéconomiques
individuels afin d’évaluer et de suivre l’état de tension du marché de la liquidité
bancaire. Il en existe deux principaux :
a) Les taux variables :
Comme le taux au jour le jour qui considère comme le meilleur indicateur de
l’évolution du marché a l’échelle nationale.
Certains taux constituent des niveaux de référence a l’échelle internationale.
C’est le cas du EONIA (Euro Overnight Index Average), en français TEMPÉ,
taux européenmoyenpondéré au jour le jour en euros) est un indicateur du taux
d’intérêt des prêts au jour le jour entre les banques.
b) Les taux fixes :
« Dits ‘’ in fine ‘‘, à l’échéance dont la valeur est connue lors de la mise en
place del’opération. Ils peuvent être précomptés, c'est-à-dire payable d’avance,
ou post comptes lorsqu’ils sont calculés et payés à l’échéance en fonction de la
durée de l’opération. »4.
E- Les intervenants
Le marché monétaire n'a pas de localisation précise, les transactions se font par les
moyens de télécommunications, télex, téléphone, et de plus en plus désormais par
l'informatique. Les intervenants sur le marché interbancaire se composent d'une part,
des autorités de tutelle et d'autre part, des émetteurs et investisseurs.
Les autorités de tutelle : Parmi les autorités des tutelles, nous retrouvons, la
Banque Centrale ainsi que les autorités établies par la loi bancaire.
4
, Mme A. Haoudi ; Mr Y Boutaleb, Cours d’économie monétaire et financière II, semestre 4.p :14-16
7
La Banque centrale : La Banque Centrale d'un pays est une institution chargée
d'appliquer la politique monétaire. Elle est également, l'unique organe chargé d'émettre
la monnaie fiduciaire. Une Banque Centrale fait recours au marché monétaire pour :
Gérer au quotidien la liquidité (pomper les excédents ou satisfaire les besoins) du
système bancaire, et par osmose, de l'économie en général (pour combattre l'inflation
ou la déflation par exemple) et en cas de crise financière, fournir suffisamment de
liquidités pour éviter un arrêt du système financier :
Piloter les taux d'intérêts à court terme ;
Placer les réserves de change des banques centrales étrangères ;
Recommander aux près des banques des dépôts, la constitution de réserves
obligatoires ;
Jouer le rôle de banquier en dernier ressort en cas de crise systémique ;
De surveiller et gérer les systèmes de paiement liés à la compensation des
chèques et des virements interbancaires ;
De surveiller la solidité du système bancaire et financier ;
Les autorités établies par la loi bancaire
La loi bancaire est à même de mettre en place des institutions, ainsi que des structures
pouvant participer dans le marché interbancaire, afin d'assurer le contrôle, la
réglementation, et l'agrément des établissements de crédit.
Les émetteurs et les investisseurs : Les sociétés, les banques, et même les
particuliers, utilisent beaucoup le marché monétaire pour obtenir un rendement
sur leurs fonds temporairement disponibles. C'est la raison pour laquelle le
marché interbancaire se compose de nombreux émetteurs et investisseurs entre
autres :
Le Trésor Public
C'est l'ensemble des moyens financiers dont dispose un Etat. Par métonymie,
l'expression désigne également l'administration chargée de gérer les ressources de
l'Etat. Dans la plupart des pays, le Trésor Public est un service de l'Etat rattaché au
ministère des finances. C'est la direction au sein du ministère des finances chargée de
gérer les finances de l'Etat16(*).
8
Le Trésor public participe dans le marché monétaire en émettant essentiellement les
Bons du Trésor, les titres obligataires, et les obligations assimilables du Trésor, qui
font de lui le plus gros émetteur de titres sur le marché des capitaux.
Les établissements de crédit
Un établissement de crédit est une société financière qui pratique des opérations de
banque à titre habituel, et qui octroie des crédits à d'autres entreprises, ou à des
ménages. Il existe plusieurs catégories des établissements de crédits, notamment :
Les banques commerciales ;
Les banques coopératives et mutualistes
Les caisses de crédit municipal ;
Les sociétés financières ;
Les institutions financières spécialisées ;
Les établissements de paiement ;
Les maisons de titres.
1.3 -Marché des adjudications des bons du
trésor
A- C’est quoi le bon de trésor :
Un bon du trésor est un titre de créance émet par l’Etat. Selon l’article 1 de la
circulaire de BAM: «Toute personne physique ou morale; résidente ou non résidente
peut soumissionner aux adjudications des bons de trésor. » Par conséquent, Les bons
de trésor peuvent être achetés par des particuliers (bons sur formule) ou par des
banques et autres institutions financières (bons en compte courant).
B- Les catégories des soumissionnaires :
Le marché des adjudications des bons de trésor est ouvert à deux grandes catégories de
soumissionnaires :
La première est constituée par ceux qui peuvent formuler les offres pour leur
propre compte et celui de leur clientèle
9
La deuxième est faite d’établissements habilités à soumissionner pour leur
propre compte seulement.
C- Les principes des adjudications des Bons du trésor
La réforme du système des adjudications des bons de trésor s’est articulée autour de
trois principes de bases : simplicité, transparence et liquidité.
Simplicité :
Selon l’article 4 du circulaire de BAM :
Il n’existe que quatre catégories de bons :
Des échéances très courtes (entres 7j à 45).
Des échéances courtes (13,26 ;56semaines).
Des échéances moyennes (2et 5ans).
Des échéances longues (10 ;15 ;20et 30ans).
Transparence
La date d’émission et les caractéristiques des bons de trésor sont portés en
temps utiles à la connaissance des investisseurs. Selon l’article 18 : (Les
résultats de l’adjudication sont portés à la connaissance du public).
Liquidité :
Selon l’article 7 : les BT sont négociables de gré à gré sur le marché
secondaire.
D- Les objectifs de l’émission des bons de trésor
Le marché des adjudications des bons de trésor constitue un instrument important du
financement du trésor. Par son instauration les autorités monétaires visent plusieurs
objectifs :
Dynamiser le marché monétaire.
Stimuler la concurrence entre les établissements préteurs.
Permettre au trésor de se financer à des conditions avantageuses de taux et de
durée.
Créer un marché secondaire des bons de trésor, permettant aux détenteurs de
ces bons de les négocier entre eux.
E- Les intervenants dans le marché des adjudications des bons de trésor
Le trésor : chaque vendredi le trésor émet un communiqué en précisant les lignes
qu’il compte émettre (échéance, date d’émission, date de jouissance, taux nominal
10
pour les émissions en prix) Le soumissionnaires : circulation de l’information de
l’émission des bons trésors, les établissements admis à présenter des soumissions
formulent les offres pour leurs propres comptes et/ou pour le compte de leur clientèle,
et les envoient par fax à BAM au plus tard mardi à 10H30min.
BAM : à travers la direction de la régulation.
F- Remboursement des intérêts
Les BT sont remboursés au pair à dater du jour de leur échéance
Les intérêts produits par les BT à court terme sont réglés à l’échéance sur la
base de 360 jours
Les intérêts des BT à moyen et à long terme sont payables annuellement et à
terme échu
1.4 Marché des titres de créances
négociables
Suite à la reforme qu’a connu le système financier les pouvoirs ont créé une série des
titres de créances négociables qui peuvent être : émis, détenus, négociés par tous les
agents autorises à l’intervenant sur le marché.
« La création des titres de créances négociables (TCN) par la loi numéro 35-94 (*) du
26 janvier 1995, s’inscrit dans le mouvement d’ouverture aux agents non financiers
appelés à intervenir de plus en plus activement sur le marché monétaire. »5
Les titres de créances négociables contribueront en effet à transformer davantage
encore ce marché et à renforcer son décloisonnement que les adjudications du bon de
trésor avaient introduit puis développé en lui permettant de devenir peu à peu,
accessible à tous les opérateurs économiques.
Ainsi, aux cotes des bons du trésor qui bénéficiaient déjà du caractère négociable, la
loi 35-94 a prévus 3 autres titres de créances négociables à savoir :
Les certificats de dépôts, les bons des sociétés de financement et les billets de
trésorerie.
A- Catégories des titres de créances négociables :
Les certificats de dépôts :
5
Berrada Mohammed Azzedine , Les nouveaux marchés des capitaux au Maroc, , op.cit. p :194
*Dahir numéro 1-95-3 du 24 chaabane 1415 (26janvier) portant la loi numero35-94 relative à certains titres de
créances négociables, promulguée dans le bulletin officiel numero4294 du 15fevrier1995.
11
« Les certificats de dépôts sont définit en tant que « titres de créances négociables,
d’une durée déterminée, émis au gré de l’émetteur en représentation d’un droit de
créance, qui porte intérêt »6.
« Les certificats de dépôts sont d’origine américaine ils ont fait leur apparition aux Etat
Unis au début des années 60 avant d’être utilisés ultérieurement au Japon et en Europe.
Ils constituent la titrisation d’un dépôt à terme sous la forme d’un billet à ordre au
porteur d’une durée pouvant aller de quelques jours à six mois. Les CD sont émis par
tous les établissements de crédit et assimilés pouvant recevoir des dépôts à moins de
deux ans d’échéance. Leur rémunération se fait généralement à taux fixes post comptés
ou à taux précomptés payables d’avance ».7
Les bons des sociétés de financement :
« Les bons des sociétés de financement sont définit en tant que « titres de créances
négociables, d’une durée déterminée, émis au gré de l’émetteur en représentation d’un
droit de créance, qui porte intérêt »8.
Emetteurs : les sociétés de financement.
Souscripteurs : toute personne physique ou morale résidente ou non résidente
Montantunitaireminimum : 250.000 DH.
Montant maximum des émissions : 40% de l’encours des crédits à la clientèle que la
société émettrice a accordé.
Durée : de 2 ans au mois à 7 ans au plus.
Taux : librement déterminés et peuvent être fixes ou révisables.
Les billets de trésorerie :
Connus sous le nom de « commercial papers » les billets de trésorerie ont fait leur
apparition à l’Etats Unis ou ils se sont beaucoup développés avant d’être introduits
ultérieurement sur les marchés européens et asiatiques.
L’Émission de ces titres est permise à toutes les entreprises publiques ou privées à
l’exception des établissements de crédit qui ne jouent que le rôle d’intermédiaires dans
cette opération. C’est une formule très souple quia un double avantage pour l’émetteur
car elle lui permet d’obtenir un financement meilleur marché que le crédit bancaire qui
reste plus cher. En outre une telle procédure accroit l’autonomie de l’entreprise par
rapport à la banque.
Un montant minimum est exigé pour l’émission des billets de trésorerie ; le seuil de
ces titres était fixé au départ au Maroc à 1 million de DH avant d’être réduit
6
La loi 35-94 du 26 janvier 1995, l’arrêté du Ministre des Finances du 9 octobre 1995.
7
Mme A. Haoudi ; Mr Y Boutaleb ,Cours d’économie monétaire et financière Iiopcit, p :22-23
8
La loi 35-94 op.cit.
12
récemment à 250000 DH, pour une durée pouvant s’étaler de quelques jours à une
année. Aussi permettent-ils de couvrir certains besoins saisonniers ou temporaires de
l’entreprise.
Parmi les principaux investisseurs qui s’intéressent à cet instrument de financement on
peut signaler les compagnies d’assurances, les caisses de retraites et les OPCVM. il
attire également les particuliers disposant de liquidités momentanément inutilisées ou
en quête de placements à court terme.
B- Types de marché des titres de créances négociables
Marché primaire :
Le marché primaire des titres de créances négociables est celui ou ces titres sont créés
et émis. Il peut donc être assimile à un marché du « neuf ».
L’introduction de la technique d’adjudication des bons du trésor négociables en 1989
et sa réforme en 1995 ainsi que la création des billets de trésorerie par Bank al-
Maghreb en 1986 billets qui ont été incorpores aux titres de créances négociables, ont
permis de développer peu à peu le marché primaire des TCN, qui demeure animé, pour
l’essentiel par les émissions des bons du trésor négociables a court et moyen terme.
Marché secondaire :
Le marché secondaire est celui ou les titres négociables déjà émis par différents
opérateurs sous forme essentiellement des bons du trésor, certificats de dépôts, billets
de trésorerie, bon des sociétés de financement et titres de créances titriseés sont
achètes et vendus.
C’est donc un marché « d’occasion » des titres en question d’où son nom de marche
secondaire.
Ouvert à tous les agents économiques, il devrait constituer, avec le marché
interbancaire, le marché monétaire moderne ou la banque centrale peut jouer un rôle
plus actif de régulation monétaire.
Le marché secondaire, au Maroc, tend à atteindre plusieurs objectifs :
Promouvoir et organiser une épargne nouvelle que la liquidité de ce marché
pourrait attirer, en vue de développer la vente de différents titres
négociables.
Offrir aux investisseurs la possibilité de négocier rapidement les titres qu’ils
détiennent.
Permettre aux banques d’ajuster leurs positions de trésorerie en réduisant
leurs emprunts a la Banque Centrale par la possibilité qui leur sera conférée
13
de vendre ou d’acheter des titres sur un marché beaucoup plus ouvert que le
marché interbancaire.
Donner la possibilité aux entreprises publiques et privées performantes
d’équilibrer leurs positions de trésorerie, au jour le jour, au prix de marché.
Moderniser les instruments et les techniques financières.
Section II : l’intervention de la banque centrale
sur le marché monétaire
Depuis le 1er juin 1995, la banque centrale a réformé profondément les modalités de
refinancement des banques en réaménagement ses avances sur le marché monétaire et
en supprimant, pour mémoire, les possibilités de réescompte automatiques et a taux
privilégies des crédits à l’exportation et des crédits à moyen terme réescomptables
accordes aux petites et moyennes entreprises et aux jeunes promoteurs.
2.1 le rôle de la banque centrale
La banque centrale occupe une place prépondérante au sein du marché monétaire en
tant que principale source de la liquidité et de la base monétaire.
L’institut d’émission dispose de ce fait d’un éventail d’instruments lui permettant de
contrôler l’évolution du marché. L’abandon quasi général du réescompte qui était une
source naturelle d’approvisionnement en monnaie centrale pour les banques confère en
effet à ces interventions un rôle essentiel dans la régulation de la liquidité.
1- Les principales missions de la banque centrale :
Exercer le privilège de l'émission des billets de banque et des pièces de
monnaie ayant cours légal sur le territoire du Royaume.
Mettre en œuvre les instruments de la politique monétaire pour assurer la
stabilité des prix.
Veiller à la stabilité de la monnaie et à sa convertibilité.
Veiller au bon fonctionnement du marché monétaire et à assurer son contrôle.
Etablir et publier les statistiques sur la monnaie et le crédit.
Gérer les réserves publiques de change.
14
2.2 Les mécanismes de refinancement des
banques
A- Le mécanisme des Réserves Obligatoires (R.O) :
Les réserves obligatoires sont des dépôts non rémunérés que chaque établissement de
crédit doit effectuer sur son compte. C'est un compte bloqué d'avoir en monnaie
banque centrale. Le taux de R.O peut augmenter et limiter la création monétaire. Ce
taux peut aussi diminuer et entraîner l'augmentation de la création monétaire.
C’est un autre moyen, peu utilisé jusqu'à maintenant, pour freiner la croissance des
liquidités, la banque centrale peut décider de relever le montant des réserves
obligatoires que doit constituer chaque banque auprès d'elle. Ces réserves, rémunérées
faiblement, sont directement liées aux montants de crédits que les banques ont
accordés à leurs clients. Si la Banque centrale décide d'augmenter la part de ces
réserves, elle espère, là aussi, freiner le rythme d'expansion des crédits à l'économie. 9
B- La politique d’« Open Market » :
L'open Market est l'intervention de la Banque Centrale sur le marché interbancaire. La
Banque Centrale peut orienter le prix (taux d'intérêt) et agir sur les quantités (quantités
de monnaie banque centrale). Ce taux d'intervention est un taux directeur : ce taux
influence le taux d'intérêt proposé aux clients. C’est ainsi Les opérations d’open-
Market sont celles qui confèrent a toute banque centrale la possibilité d’agir sur les
taux pratiques au niveau des marches de capitaux (et ainsi sur le volume de leur
liquidités) en influençant ces taux soit a la hausse, par l’achat des titres publics (une
demande soutenue pouvant augmenter fortement les taux ou encore a la baisse, en
vendant ces titres (une offre important pouvant, au contraire, faire décroitre
sensiblement les taux).
C- Les opérations de Swap de Change :
C’est un instrument qui a été mis en place en octobre 99. Cette opération peut se
dérouler par voie d’appel d’offre ou par recours aux procédures bilatérales, elle
consiste en l’achat ou la vente du Dirham au comptant contre devise et simultanément,
le revendre ou le racheter à terme, à une date et à un taux de change déterminé.
D- Les reprises de liquidité :
9
RICHARD HIAULT http://archives.lesechos.fr
15
Les opérations de reprise de liquidité sur initiative de Bank Al-Maghreb s’effectuent
dans les mêmes conditions que les avances à 7 jours, la seule différence est qu’elles
sont assorties d’un taux variable.
Le montant minimum doit être égal à 100 millions de DH, quant aux intérêts, ils sont
formulés par tranches de taux d’intérêt de 25 points de base.
E- Les taux directeurs :
Sont les taux d'intérêtau jour le jour fixés par la banque centrale d'un pays ou d'une
union monétaire, et qui permettent à celle-ci de réguler l'activité économique.
Le taux directeur de la Banque centrale est le taux de refinancement minimum. C'est le
principal outil dont dispose la BC pour influer sur l'octroi de crédits et moduler
l'inflation.
Cet instrument, utilisé lors des opérations hebdomadaires de refinancement par la BC
pour alimenter les banques en liquidités, est le véritable baromètre du coût du crédit.
Les banques qui veulent se refinancer à court terme peuvent le faire en payant un
intérêt sur la somme qu'elles empruntent auprès des banques centrales. Cet intérêt est
calculé d'après le taux en cours à la BC. Si ce taux d'intérêt est fort les banques vont
limiter leurs crédits sachant que le refinancement sera coûteux, elles auront le
comportement inverse si ce taux d'intérêt est faible.
Les banques répercutent ensuite, en principe, ce loyer sur les intérêts des crédits
qu'elles accordent à leurs propres clients. Plus le taux de la BC est bas, plus le coût du
crédit a des chances d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise la croissance.
À l'inverse, une hausse du taux du crédit permet théoriquement de ralentir la demande
et par conséquent d'éviter une surchauffe génératrice d'inflation.
F- Les pensions à 7 jours sur appels d’offre :
Les avances sur appel d’offre sont à l’initiative de Bank Al-Maghreb, elles ont une
durée de 7 jours et se déroulent chaque mercredi. Concernant les pensions
hebdomadaires sur appel d’offre représente une procédure d’adjudication qui permet
aux établissements de crédit de se procurer de liquidité centrale au taux le moins
cher.La banque centrale fixe l’enveloppe globale de marché central qu’elle désire
allouer ainsi que le taux d’intérêt. Si l’enveloppe est supérieure à celle de la semaine
précédente dans ce cas la banque centrale injecte de liquidité et elle cherche à favoriser
une diminution du taux d’intérêt.Si elle est inférieure à celle de la semaine précédente
on dit qu’elle retire la liquidité et estime donc que le marché est suffisamment
16
approvisionné. Ets’il le montant de l’enveloppe est égal à celui de la semaine
précédente, on dit dans ce cas-là que sa décision est neutre. Cependant la banque
centrale est créditée du montant accordé le jour même de l’appel d’offre. Et à
l’échéance elle est débitée de ce montant majorée du taux d’intérêt. Cependant les
pensions sur appel d’offre constituent le principal apport de banque centrale sur le
marché monétaire, c’est un mode de financement avantageux pour les banques mais
limité de son montant. Ce taux des avances à 7jours sur appel d’offre constituait le
taux directeur plancher, lorsque le système bancaire était en banque le taux des
avances à l’initiative de BAM et celui à l’initiative des banques délimitait la bande à
l’intérieur de laquelle devait fluctuer le taux interbancaire.
G- Les pensions à 24 heures :
Accordés à l’initiative des banques ou de la banque centrale si le solde ordinaire de la
banque auprès de banque centrale est débiteur. Cesavances sontsupérieures de 100
points de base aux avances à 7 jours, et constituent le taux d’intérêt plafond. Or les
taux d’appels d’offre et les taux de pension à 24 heures constituent le taux directeur
entre lequel devrait fluctuer le taux moyen pondéré au jour le jour sur le marché
monétaire. Ces taux deviennent de plus en plus des instruments performants de la
politique monétaire. Le montant de ces avances est porté bien entendu le jour même au
crédit du compte des établissements bénéficiaires.
17
Section III : évolution du marché monétaire
sur le territoire marocain
Au cours du quatrième trimestre 2015, les conditions monétaires ont été marquées par
une appréciation du taux de change effectif réel de 0,67% et par la poursuite de la
faiblesse du rythme d’accroissement du crédit au secteur non financier, avec
notamment une accentuation de la baisse des prêts aux entreprises à 2,6%. Les taux
d’intérêt sur les marchés de la dette souveraine et privée n’ont pas connu globalement
de variations significatives, alors que ceux assortissant les crédits bancaires ont
enregistré une diminution moyenne de 18 points de base, reflétant essentiellement le
recul des taux assortissant les crédits aux entreprises. Dans ces conditions, le rythme
de progression de la masse monétaire s’est stabilisé à 5,7%, le renforcement des
réserves internationales nettes ayant été compensé par la modération du taux
d’accroissement du crédit et la décélération des créances nettes sur l’administration
centrale.
L’objet de cette section est de retracer l’évolution des principaux indicateurs
monétaires à travers les axes suivants :
Liquidité bancaire et taux d’intérêts ;
Le marché des bons du trésor ;
Et l’évolution du marché des titres et de créances négociables sur le
territoire Marocain.
3.1 Liquidité bancaire et taux d’intérêts
Au cours du quatrième trimestre 2015, le besoin en liquidités des banques est revenu à
21 milliards, après 33,2 milliards de dirhams au troisième trimestre, en liaison
notamment avec le renforcement des réserves de change. La Banque a ainsi réduit le
volume de ses injections, le ramenant de 34,6 milliards de dirhams à 23 milliards, dont
9,2 milliards sous forme d’avances à 7 jours et 13,7 milliards au titre des opérations de
prêts garantis, accordés dans le cadre du programme de soutien au financement de la
TPME. Les derniers chiffres disponibles relatifs au mois de février 20161 indiquent la
poursuite de l’atténuation du besoin en liquidité, se chiffrant ainsi à 7,1 milliards de
dirhams.
18
Dans ces conditions, le taux moyen pondéré sur le marché interbancaire est resté
aligné sur le taux directeur à 2,52%. Sur les autres marchés, les taux des bons du
Trésor n’ont pas connu globalement de variations significatives comparativement au
trimestre précédent, aussi bien sur le marché primaire que sur le marché secondaire et
demeurent en deçà de leur 1 Chiffre relatif au 19 février 2016. Niveau observé au titre
de la même période de l’année précédente.
19
Pour ce qui est de la dette privée, le taux moyen pondéré des émissions des certificats
de dépôt a accusé un repli revenant de 3,14% à 2,64% en moyenne au quatrième
trimestre et les émissions, au quatrième trimestre, ont porté essentiellement sur les
maturités inférieures à un an alors qu’au troisième trimestre elles ont concerné plutôt
les maturités entre un et 3 ans. S’agissant des taux créditeurs, le taux moyen pondéré
des dépôts à 6 et 12 mois est demeuré inchangé à 3,66%, recouvrant un recul de 11
points de base du taux sur les dépôts à 6 mois à 3,46% et une légère hausse de 4 points
de base de celui des dépôts à un an à 3,78%. Dans ce contexte, le coût de financement
global2 des banques a connu une légère diminution de 4 points de base au cours du
quatrième trimestre reflétant notamment une accélération de 5,4% à 6,3% de la
progression des dépôts à vue.
Dans ces conditions, les banques ont réduit significativement les taux assortissant les
crédits accordés à leur clientèle.
20
Le taux débiteur a marqué ainsi une baisse de 18 points de base, pour s’établir à
5,49%. Cette évolution reflète essentiellement le recul de 18 points de base du taux des
crédits aux entreprises, avec des replis de 17 points de base pour les facilités de
trésorerie et de 59 points pour les prêts à l’équipement. En revanche, les taux appliqués
sur les prêts accordés aux particuliers ont quasiment stagné.
La situation monétaire :
Au quatrième trimestre de 2015, le rythme de progression de la masse monétaire s’est
stabilisé à 5,7%. L’accélération de 18,2% à 23,7% de la progression des réserves
internationales nettes a été compensée par la modération du taux d’accroissement du
crédit à 1,7% et la décélération de 15,7% à 6,8% des créances nettes sur
l’administration centrale. Par conséquent, l’écart monétaire pour M3 s’est maintenu à
un niveau négatif, indiquant l’absence de pressions inflationnistes d’origine monétaire
à moyen terme.
21
L’analyse de l’évolution des composantes de M3 fait ressortir une décélération de
6,2% à 3,6% des dépôts à vue des sociétés non financières privées alors que les dépôts
à terme se sont accélérés de 27% à 29,3% poursuivant ainsi leur tendance haussière
entamée depuis le deuxième trimestre 2015. Pour ce qui est des ménages, leurs dépôts
à vue se sont renforcés de 6,5% après 4,7% le trimestre précédent, tandis que leurs
dépôts à terme se sont inscrits en ralentissement avec un rythme revenant de 8,5% à
6,2%. Pour les autres composantes, la monnaie fiduciaire s’est accrue de 7,1% au lieu
de 6,6% et les titres des OPCVM monétaires ont augmenté de 3,5% après une
diminution de 1,6% un trimestre auparavant.
3.2 Le marché des bons du trésor
22
Les émissions des titres souverains se sont chiffrées à 37,6 milliards de dirhams au
quatrième trimestre 2015 contre 39,7 milliards un trimestre auparavant. 55% des
levées ont porté sur des maturités moyennes et ont été effectuées à des taux de 2,8%
pour les bons à 2 ans et de 3,14% pour les bons à 5 ans contre 2,74% et 3,17%
respectivement au trimestre précédent. Pour leur part, les maturités longues ont
représenté, en moyenne, 33% du montant levé. En particulier, les bons du Trésor à 10
ans ont été assortis d’un taux moyen de 3,61% quasi-similaire à celui du troisième
trimestre. En ce qui concerne les maturités courtes, elles ont été effectuées à des taux
très proches de ceux du troisième trimestre. Tenant compte des remboursements d’un
montant de 29,8 milliards de dirhams, l’encours des bons du Trésor s’est établi à 470,1
milliards au quatrième trimestre en augmentation de 1,7% par rapport à fin septembre
et de 10,3% par rapport à décembre 2014.
3.3 Le marché des titres et de créances
négociables
Les titres des créances négociables sont :
Certificats de dépôts : qui sont émis par les banques avec une maturité
allant de 1 mois à 7 ans.
Bon de sociétés de financement : émis par les sociétés de financements sur
un durée comprise entre 2 et 7ans
Billets de trésorerie : sont émis par les entreprises non financières sur une
durée allant de 10j a 1 ans.
Les souscriptions des autres TCN ont atteint 9,4 milliards de dirhams au quatrième
trimestre après 10,3 milliards en moyenne durant les trois premiers trimestres de
l’année 2015. Les émissions des certificats de dépôt se sont établies au T4-2015 à 4,5
23
milliards de dirhams contre 2,7 un trimestre auparavant. Ces levées, qui ont porté
essentiellement sur les maturités inférieures à 1 an, ont été assorties de taux de 2,7% en
moyenne. Pour ce qui est des levées des bons de sociétés de financement, une seule
émission d’un montant de 860 millions de dirhams a été effectuée au quatrième
trimestre, contre une moyenne de 1,4 milliard durant les trois premiers trimestres de
l’année, et a été assortie d’un taux de 3,49% après une fourchette de 3,51% à 3,53% au
troisième trimestre. S’agissant des levées des billets de trésorerie, elles ont atteint 4
milliards de dirham contre 3,8 en moyenne sur les trois premiers trimestres de 2015 et
ont été effectuées à des taux allant de 4,38% à 4,44% après une fourchette de 4,46% à
4,75% au troisième trimestre. Tenant compte des remboursements d’un montant de
14,5 milliards de dirhams, l’encours des titres de créances négociables s’est établi à
57,9 milliards de dirhams, en baisse de 7,7% par rapport au trimestre précédent et de
21,1% par rapport à fin décembre 2015.
Ce genre d’émissions (TCN) bénéficie, en effet, de plusieurs avantages. D’abord, elles
ne nécessitent pas l’élaboration à chaque fois d’une note d’information mais seulement
une mise à jour du dossier de l’émetteur.
Ensuite, ces opérations répondent mieux aux besoins des établissements financiers et
des entreprises qui les effectuent. Les TCN sont, en effet, émis sur le court et le moyen
terme (de 10 jours à 7 ans), ce qui permet aux émetteurs de financer leurs besoins
passagers de trésorerie, même s’ils sont importants, et ce à des taux relativement bas
(entre 3,5% et 4,5% actuellement selon la maturité). Enfin et même si les opérations
sur ce compartiment ont besoin du visa du Conseil Déontologique des Valeurs
Mobilières (CDVM), elles sont plus simples à boucler qu’une augmentation de capital
ou un emprunt obligataire.
Parallèlement, les investisseurs s’intéressent à cette catégorie de produit (TCN) compte
tenu de leurs taux de rémunération semblables à ceux des bons du Trésor, leur liquidité
importante et leur risque quasi‐nul.
Répartition par instrument
Les certificats de dépôts (CD) constituent le plus gros du marché des TCN. Depuis
2010, ils n’ont cessé de prendre de l’ampleur. Leur poids dans l’encours de la dette
privée est passé de 5,3% en 2003 à 34,7% en 2016.
Les bons de sociétés de financement (BSF) ont également connu un engouement
particulier de la part des sociétés de crédit. Leur encours est passé de 3,6 MMDH en
2007 à 13,5 MMDH en 2010.
Le compartiment le plus étroit reste celui des billets de Trésorerie qui courent sur une
échéance moins longue (1 an maximum). Parallèlement au marché des TCN, les
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emprunts obligataires ont eux aussi connu un certain engouement de la part des
investisseurs. Leurs encours a presque doublé de valeur en l’espace de trois ans,
passant de 27,3 MMDH en 2007 à 67,6 MMDH en 2010, représentant ainsi 53,3% de
la totalité de l’encours de la dette privée.
Structure de l’encours des titres des créances négociables en pourcentage :
Répartition par secteur et par émetteur
Par ailleurs, ceux sont principalement les banques qui animent le marché de la dette
privée avec une part de 43%, suivies des sociétés de financement avec une part de 18%
et enfin les holdings qui contribuent à hauteur de 12% dans le total de l’encours de la
dette privée.
Les autres secteurs notamment le BTP et l’Immobilier ne participent qu’à hauteur de 7
et 4% respectivement. Ces derniers ont plus recours à la dette bancaire pour des
raisons d’optimisation de trésorerie.
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L’analyse de l’encours de la dette privée par nature d’émetteur révèle une
prédominance des entreprises non‐étatiques qui contribuent en moyenne à hauteur de
80% dans l’émission des emprunts obligataires.
26
Conclusion générale
Le marché monétaire est un élément essentiel au fonctionnement des marchés
financiers.C’est le marché sur lequel sont fixés les taux d'intérêts à court terme. Il
contribue au contrôle de l'inflation puis que les prix dépendent de vitesse relative de la
création de la monnaie et de la création de richesse.
Il existe deux compartiments du marché monétaire :
Le marché monétaire au sens étroit, oùle marché interbancaire, sur lequel les
banques échangent des liquidités et la Banque Centrale exerce sa fonction de
régulation monétaire ;
Et Le marché monétaire au sens large qui inclut les transactions sur les titres de
créances négociables avec les agents non financiers.
La banque centrale utilise le marché monétaire pour gérer au quotidien la liquidité
(pomper les excédents ou satisfaire les besoins) du système bancaire, et par osmose, de
l'économie en général (pour combattre l'inflation ou la déflation par exemple, en cas de
crise financière, fournir suffisamment de liquidités pour éviter un arrêt du système
financier
La Banque centrale met en évidence les variations de liquidité dans l'économie. Ainsi,
la présence d'un marché monétaire actif et dynamique est un pré-requis essentiel pour
la croissance et le développement d’une économie.
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Bibliographie
Berrada Mohammed Azzedine, Les nouveaux marchés des capitaux au Maroc,
édition SECEA, Maroc 1998, p : 190.
Jean-Yves capul, Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, édition
Olivier Gornier page 165.
D. Mario, instituions et théorie de la monnaie, édition paris, septembre 2001,
p10-11.
Mme A Haoudi, Mr Y.Boutaleb, Cours Economie monétaire et financière II,
semestre 4. p : 14-16
Rapport sur la politique monétaire, Bank al Maghreb
« file:///C:/Users/Invit%C3%A9/Downloads/DEE-RPM-Q1-2016%20.pdf »
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