0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
472 vues9 pages

Ectopie Testiculaire em Consulte

ectopie testiculaire et cryptorchidie

Transféré par

Nad Ine
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
472 vues9 pages

Ectopie Testiculaire em Consulte

ectopie testiculaire et cryptorchidie

Transféré par

Nad Ine
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

 18-620-A-10

Cryptorchidie. Ectopie testiculaire


C. Grapin-Dagorno, P.-O. Bosset, J. Boubnova, M.-E. Noche

L’ectopie testiculaire est la malformation génitale la plus fréquente du garçon. Le plus souvent isolée,
elle s’intègre parfois dans un ensemble polymalformatif. On distingue différentes formes de gravité, en
fonction de l’uni- ou de la bilatéralité, de la hauteur du testicule par rapport au canal inguinal, et de la
présence d’anomalies associées. Sa pathogénie est multifactorielle, et met en jeu des facteurs génétiques
et endocriniens. L’anomalie anatomique de position du testicule n’est que la partie la plus apparente
d’un ensemble malformatif, qui comprend également des anomalies endocriniennes et histologiques,
transitoires ou définitives, congénitales ou acquises, modérées ou majeures. On ne sait toujours pas
si ces anomalies sont la cause ou la conséquence de l’anomalie de migration. De nombreuses formes
cliniques d’ectopie existent, correspondant probablement à des étiologies distinctes. Globalement, plus un
testicule est haut situé, plus il est anormal, et plus on rencontre d’anomalies associées. Le diagnostic est
clinique, sans nécessité d’imagerie. Bilan endocrinien et caryotype ne s’imposent qu’en cas d’association
malformative ou syndromique. La descente testiculaire peut se poursuivre dans les premiers mois de
vie, et le traitement n’est envisagé qu’à partir de l’âge de 6 mois, ou de 1 an chez le prématuré. Il
est exclusivement chirurgical et doit être achevé à l’âge de 1 an. L’intervention peut le plus souvent
être réalisée en ambulatoire. Le choix de la technique dépend de la localisation du testicule. Malgré
les progrès de la recherche fondamentale, plusieurs questions demeurent. Le mécanisme intime de la
descente testiculaire est encore mal compris. Le devenir à long terme des enfants porteurs d’ectopie
testiculaire est marqué par le risque d’hypofertilité, plus marqué en cas d’ectopie bilatérale, et par le risque
de cancérisation de la gonade ectopique. L’abaissement testiculaire est indispensable pour restaurer le
schéma corporel de l’enfant et pour permettre la surveillance du testicule, mais son impact réel reste
controversé.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : Cryptorchidie ; Ectopie ; Endocrinologie pédiatrique ; Hypofertilité ; Cancer du testicule

Plan
 Épidémiologie. Fréquence
■ Épidémiologie. Fréquence 1 Le terme « cryptorchidie » signifie étymologiquement : testicule
■ Diagnostic 2 « caché ». L’« ectopie testiculaire » correspond en fait stricto sensu
Avant la naissance 2 à une migration du testicule en dehors du trajet normal, ce qui
À la naissance 2 est exceptionnel.
Chez le nourrisson 2 En pratique, on regroupe sous le terme d’« ectopie testiculaire »
Chez l’enfant 2 l’ensemble des testicules non présents dans le scrotum, qu’ils
Quelle est la place de l’imagerie ? 2 soient palpables ou non. En anglais, le terme communément
Diagnostic différentiel : testicule « ascenseur », oscillant, employé est cryptorchidism.
exagération du réflexe crémastérien 2 Il s’agit de la malformation génitale la plus fréquente du garçon.
■ Formes cliniques 3 Le côté droit est le plus souvent atteint (55 % à droite, 25 % à
Localisation du testicule ectopique 3 gauche, et 20 % bilatérales). Son incidence est variable selon les
Formes associées 3 études (1,6 % à 9 %), et selon les pays [1] . Elle est de l’ordre de
Ectopie acquise 4 3 % à la naissance et de 1 % à 1 an. Il existe donc une possibi-
lité de descente postnatale, qui coïncide avec la « mini-puberté »
■ Conséquences de l’ectopie testiculaire 4
des premiers mois de vie, avec sécrétions de gonadotropin relea-
Conséquences à court terme 4
sing hormone (GnRH), de follicle stimulating hormone (FSH), de
Conséquences à long terme 4
luteinizing hormone (LH), d’insuline like 3 (ISLN3), et de testosté-
■ Traitement 5 rone [2] . La migration du testicule est possible jusqu’à l’âge de
Méthodes 5 6 mois chez l’enfant à terme, et jusqu’à 1 an chez le préma-
Indications 7 turé. Plus l’enfant est prématuré, plus la descente testiculaire
peut être tardive. En dessous d’un poids de 2 500 g, elle est de

EMC - Urologie 1
Volume 5 > n◦ 3 > juillet 2012
[Link]
18-620-A-10  Cryptorchidie. Ectopie testiculaire

l’ordre de 20 % à 50 % ; elle est constante chez l’enfant pesant Chez le nourrisson


moins de 900 g et de moins de 28 SA [3] . La bilatéralité est éga-
lement plus fréquente chez le prématuré (50 % à 75 %) que chez Il peut être difficile de palper le testicule lorsqu’il existe une
l’enfant à terme [4, 5] . En cas d’ectopie constatée à la naissance, hernie inguinale, et que le testicule est tantôt inguinal, tantôt
le testicule aura achevé sa descente à l’âge de 1 an chez 91 % intra-abdominal. On peut, à tort, porter le diagnostic de testi-
cent des prématurés et chez 70 % seulement des enfants nés cule non palpable. Il est nécessaire de masser le bas de la fosse
à terme [6–8] . Passée cette période, l’incidence de l’ectopie reste iliaque vers le canal inguinal, ce qui suffit parfois à faire des-
ensuite identique jusqu’à la puberté en l’absence de traitement. En cendre le testicule en région inguinale et à le rendre palpable.
pratique, après l’âge de 1 an, l’espoir d’une migration spontanée L’interrogatoire doit rechercher un épisode d’inflammation aiguë
reste vain. de la bourse. On note l’état du scrotum, une éventuelle hypertro-
Certaines études ont suggéré une augmentation de la fréquence phie compensatrice controlatérale. Rappelons qu’il est nécessaire
de l’ectopie testiculaire, en raison de facteurs environnementaux. de porter le diagnostic d’ectopie testiculaire avant l’âge de 1 an,
Cela n’est cependant pas prouvé de façon formelle [9] . D’autres qui correspond à l’âge recommandé pour le traitement chirurgical
facteurs, tels la prématurité et le tabagisme maternel, favorisent de l’ectopie (voir infra).
l’ectopie en entravant le développement placentaire.
Des différences nosologiques font probablement surestimer
la réelle fréquence de l’ectopie. Certains testicules en position Chez l’enfant
scrotale haute sont qualifiés par certains auteurs de normaux, Les testicules sont faciles à palper lorsqu’ils sont inguinaux,
alors que d’autres parlent d’ectopie. Si l’on exclut ces patients, sauf chez le grand enfant en surpoids. Lorsqu’il existe une obé-
la fréquence de l’ectopie est de l’ordre de 2 % à 3 % à la sité importante, il peut devenir ardu de localiser le testicule de
naissance [5] . façon certaine, surtout s’il est petit et haut situé. Le diagnos-
tic d’ectopie testiculaire peut s’appuyer sur trois arguments : une
ectopie constatée dès la naissance, un scrotum hypoplasique,
 Diagnostic un antécédent de prématurité, qui sont des critères prédictifs
d’ectopie testiculaire (odds-ratio respectifs 21,4, 121,3 et 6,8) [13] .
Avant la naissance Dans ces cas, une échographie peut faciliter le diagnostic, à la seule
condition qu’elle voie le testicule de façon formelle.
L’échographie anténatale permet de voir les testicules dans
les bourses dès 23 semaines d’aménorrhée (SA) dans 6,6 %
des cas pour certains auteurs [10] , dès 25 SA pour d’autres [11] . Quelle est la place de l’imagerie ?
À 32 SA, les testicules sont visibles dans les deux bourses
chez 98 % des fœtus [10, 11] . Il existe une relation linéaire entre
Échographie
l’âge gestationnel et la taille du testicule, ce qui permet Lorsque le testicule est palpable, il est inutile de demander
d’établir des courbes de normalité. La visualisation de testicules une échographie inguinale, qui n’apporte aucun enseignement
intrascrotaux entre 34 et 36 SA permet d’exclure une ectopie complémentaire. Lorsque l’un ou les deux testicules ne sont pas
testiculaire [10] . palpables, il est inutile de demander une échographie abdomi-
L’exploration par imagerie par résonance magnétique (IRM) nale, car la fiabilité de l’échographie dans cette indication est très
fœtale permet de voir des testicules intrascrotaux dès 25 SA dans faible : sensibilité de 45 % et spécificité de 78 % [14] . Elle n’a de
7,7 % des cas. Dans l’étude de Nemec, une descente testiculaire valeur que positive lorsqu’elle met en évidence le testicule intra-
était vue d’un côté chez 62,5 % des fœtus à 27 SA, et des deux abdominal et sert alors à évaluer sa hauteur. Quand aucun testicule
côtés chez 50 % des fœtus. De 30 à 39 SA, la descente testiculaire n’est visualisé, elle n’est pas contributive, un petit testicule intra-
était achevée d’un côté dans 96,5 % des cas, et des deux côtés dans abdominal étant difficile à visualiser. Seule la cœlioscopie permet
95,7 % des cas [12] . alors d’affirmer avec certitude la présence ou l’absence du testi-
La constatation d’un bourgeon génital contrastant avec une cule [13, 15–18] .
absence de testicules visibles doit faire rechercher un défaut de L’échographie peut être utile dans deux circonstances : pour
différenciation sexuelle (DDS). Il peut s’agir d’un pseudoherma- rechercher la présence d’organes génitaux internes féminins en
phrodisme féminin, (en particulier une hyperplasie congénitale cas de DDS (déficit en antimullerian hormone [AMH] ou hyperpla-
des surrénales), ou masculin (défaut de virilisation par hypo- sie des surrénales), ou chez le sujet obèse. En dehors de ces cas
pituitarisme, hypoandrogénie ou insensibilité aux androgènes). particuliers, l’échographie a peu d’intérêt.
Il est nécessaire de proposer une amniocentèse, avec étude du
caryotype, recherche du gène SRY, et bilan hormonal (17OHP, Scanner et imagerie par résonance magnétique
␦-4-androstènedione, testostérone, étude du métabolisme du
Le scanner est plus sensible que l’échographie dans la détection
cholestérol).
de testicules intra-abdominaux [19] . Cependant, il s’agit d’un exa-
men très irradiant pour un bénéfice qui reste incertain. Il n’a pas
sa place dans la recherche d’un testicule intra-abdominal.
À la naissance Yeung a décrit une bonne sensibilité de l’IRM avec injection de
À la naissance, il est nécessaire de définir précisément la posi- gadolinium [20] . Cependant, d’autres études montrent que l’IRM
tion des testicules, ce qui peut toujours être fait cliniquement, n’est pas plus fiable que l’échographie (sensibilité, spécificité, et
et doit être noté dans le carnet de santé. Cela permet de dis- précision de 76 %, 100 %, 84 % pour l’échographie et de 86 %,
tinguer ultérieurement les vraies ectopies testiculaires, liées à 79 %, 85 % pour l’IRM) [21] . De plus, elle nécessite une sédation
une anomalie de la descente testiculaire, présentes dès la nais- chez le petit enfant et reste un examen coûteux.
sance, des autres causes de testicules non palpables (atrophie Ces examens peuvent méconnaître l’existence d’un testicule
par torsion périnatale, testicule rétractile, ectopie secondaire). Il intra-abdominal. En pratique, ni l’IRM, ni le scanner ne sont réa-
est nécessaire de connaître les antécédents familiaux, en raison lisés dans cette indication en pratique courante.
des formes familiales. La palpation permet d’évaluer la présence
ou l’absence du testicule, son volume, sa consistance, sa posi-
tion et sa distance vis-à-vis du scrotum. Elle est bilatérale et
Diagnostic différentiel : testicule
comparative. On recherche une hernie associée. L’examen note « ascenseur », oscillant, exagération
la dimension de la verge, l’état du méat urétral, le développement du réflexe crémastérien
du scrotum, la morphologie générale de l’enfant, à la recherche
d’une dysmorphie. Un micropénis associé à une ectopie testi- La simple constatation d’une bourse vide au cours d’un examen
culaire bilatérale sans testicules palpables doit faire rechercher pédiatrique ne doit pas faire poser trop rapidement le diagnostic
un DDF. d’ectopie testiculaire. En effet, dans bien des cas, en particulier à

2 EMC - Urologie
Cryptorchidie. Ectopie testiculaire  18-620-A-10

l’âge scolaire, le testicule remonte lors de la palpation sous l’effet


du réflexe crémastérien, véritable réaction de défense. Ce muscle
 Formes cliniques
crémaster joue deux rôles fondamentaux sur la température du Les formes cliniques sont distinguées selon la localisation du
testicule et sur la protection de celui-ci contre les traumatismes [22] . testicule ectopique, et selon leur association à d’autres anomalies.
Il est nécessaire alors de palper doucement le canal inguinal, Enfin, l’ectopie peut être acquise, n’apparaissant qu’au cours de
de haut en bas, sur son trajet normal. La découverte du testicule l’enfance.
doit être suivie de son abaissement facile et sans traction dans la
bourse, où il se maintient. Il est alors nécessaire de rassurer les
parents sur l’absence de pathologie. L’échographie est non seule- Localisation du testicule ectopique
ment inutile dans cette indication, mais également nuisible, car
elle retrouve constamment le testicule en position inguinale, du Plusieurs formes anatomiques existent [2] . Dans environ 80 %
fait du réflexe provoqué par l’examen. Un compte rendu affir- des cas, le testicule est palpable [25] . Le ou les testicules sont retrou-
mant l’existence d’une ectopie testiculaire peut jeter le trouble vés par la palpation, ce qui rend inutile toute autre exploration
dans l’esprit de la famille, ou légitimer une intervention inutile. radiologique ou biologique. Le testicule est situé à la partie haute
Nombre d’enfants sont certainement opérés de façon indue, ce du scrotum (45 %), en région inguinale (30 %), dans le canal
qui explique que la fréquence des interventions pour ectopie soit inguinal (20 %), très rarement en position réellement ectopique
environ le double de la fréquence attendue [23] . Une surveillance périnéale ou fémorale (5 %) [25] .
annuelle est cependant nécessaire, afin de dépister rapidement Beaucoup plus rarement, le testicule n’est pas palpable (20 %
une fixation en position inguinale (cf. ectopie acquise). Cer- des cas). Lorsque l’anomalie est bilatérale, il est nécessaire de
tains auteurs pensent qu’il s’agit d’une situation pathologique : demander un caryotype et un bilan endocrinien avec test de sti-
le gubernaculum testis (GT) a une insertion anormale en cas de mulation human chorionic gonadotropin (hCG) pour détecter une
testicule « ascenseur », et il existe fréquemment des anomalies sécrétion de testostérone [2] . Une ectopie bilatérale avec testicules
controlatérales : ectopie testiculaire dans 42 % des cas dans la série non palpables doit faire rechercher un DDS, en particulier s’il
de Kubota [24] . existe un hypospadias associé. Un bilan endocrinien et génétique
est alors indiqué. Elle peut aussi s’intégrer dans un syndrome
malformatif.
Dans cette situation, il peut s’agir soit d’un testicule en position
“ Point important abdominale, soit d’une absence de testicule.

Testicule en position abdominale


Anomalies associées à l’ectopie
Anatomiques La méthode privilégiée pour l’exploration d’un testicule non
• Position du testicule - hypotrophie testiculaire palpé est la cœlioscopie exploratrice, réalisée à l’âge de 1 an, avec
• Anomalies de l’épididyme une sensibilité et une spécificité de l’ordre de 95 % [2] .
Le testicule peut être retrouvé sur le trajet entre le pôle infé-
• Anomalies d’insertion du GT
rieur du rein et l’orifice inguinal. Plus le testicule est haut situé,
• Persistance du canal péritonéovaginal plus les anomalies anatomiques sont fréquentes. Il existe très
Histologiques fréquemment une anomalie de l’épididyme et du déférent avec
• Diminution du nombre et de la taille des cellules germi- déconnexion épididymotesticulaire, retrouvée dans 30 % à 50 %
nales des cas [26] . La fusion splénogonadique est exceptionnelle [27] .
• Retard à la transformation gonocytes – spermato-
gonies – spermatocytes Absence de testicule
• Épaississement de la paroi des tubes
Cette dernière peut correspondre à deux étiologies : une agé-
• Dégénérescence de la paroi des tubes nésie testiculaire, ou une perte du testicule par torsion anté- ou
• Dégénérescence des cellules de Sertoli périnatale. Dans ce dernier cas, on voit un pédicule spermatique
Endocriniennes grêle s’engager dans le canal inguinal accompagné d’un déférent
• Atténuation de la « mini-puberté » des 6 premiers mois également grêle. En cas d’agénésie, aucune structure n’est retrou-
(disparition du pic de LH) vée.

Formes associées
Dans 80 % des cas, l’ectopie testiculaire est isolée, sans autre

“ Mise au point anomalie ni malformation. Mais l’ectopie testiculaire est fré-


quente dans de nombreux syndromes malformatifs. Inversement,
20 % environ des ectopies testiculaires s’intègrent dans un syn-
drome malformatif, d’autant plus qu’elles sont bilatérales. Il peut
Quand faut-il demander une exploration endocri- s’agir de syndromes de DDS, d’atteinte de l’axe hypothalamo-
nienne ? hypophysaire, ou d’autres associations malformatives plus
• L’exploration endocrinienne n’est indiquée qu’en cas rares.
d’absence bilatérale de testicule palpable, d’association à On peut citer [3] : le syndrome de Prune-Belly (aplasie musculaire
une autre anomalie génitale (hypospadias postérieur, ou abdominale, mégavessie, méga-uretères et ectopie testiculaire
micropénis). À la naissance, il est alors urgent d’éliminer bilatérale), le syndrome de Noonan (anomalies faciales, retard
un pseudohermaphrodisme féminin lié à une hyperplasie de développement, anomalies cardiaques, anomalies de la coa-
congénitale des surrénales, avec risque de perte de sel. gulation et ectopie testiculaire), le syndrome de Prader-Willy
• En cas d’ectopie unilatérale ou bilatérale avec testi- (retard de développement, hypogonadisme et obésité), le syn-
drome de Kalman-de-Morsier (anosmie, hypo-virilisation et
cules palpables et verge normale, aucune exploration n’est déficit en luteinizing hormone-releasing hormone [LH-RH]), la cœlo-
nécessaire. somie inférieure (anomalie de fermeture de la paroi, exstrophie
• Il n’y pas de nécessité, en première intention, de réaliser vésicale).
des examens biologiques devant l’absence d’un testicule Certains auteurs ont souligné l’association à des anoma-
si le contexte clinique est normal et si les organes génitaux lies urologiques, en particulier les valves de l’urètre postérieur,
externes sont normaux. et ont recommandé la pratique systématique d’échographies
rénales [28, 29] . Cette attitude n’est pas consensuelle.

EMC - Urologie 3
18-620-A-10  Cryptorchidie. Ectopie testiculaire

Ectopie acquise est la transformation des gonocytes en cellules spermatogonies Ad


et non, comme on le pensait auparavant, par le nombre brut de
La « remontée » d’un testicule normalement descendu au cours cellules germinales [34, 35] .
de la première année de vie est possible, mais très rare (estimé Certaines anomalies génétiques congénitales impliquées dans
à 2 % des cas). Il peut s’agir d’un testicule « ascenseur » qui se la descente testiculaire (mutation des gènes INSL3 et RXFP2)
fixe secondairement en position haute, ce qui illustre la nécessité n’entravent pas la spermatogenèse [33] .
d’une surveillance de ces testicules. Cette situation est rencontrée On retrouve une perte significative de 2 % par mois de cellules
vers l’âge de 8 à 10 ans. Tout se passe comme si le testicule res- germinales et de 1 % par mois de cellules de Leydig pour les tes-
tait retenu par un cordon insuffisamment extensible, fixé dans ticules qui restent non descendus [36] , ce qui pousse à opérer les
le rétropéritoine, et le scrotum s’éloignant de lui avec la crois- cryptorchidies le plus rapidement possible, idéalement avant l’âge
sance. Le canal péritonéovaginal est le plus souvent fermé dans de 2 ans [33] . Cependant, dans les cas des cryptorchidies unilaté-
ces cas, contrairement à ce que l’on constate dans l’ectopie rales, l’hypofertilité future semble indépendante de la prise en
primaire [30] . charge thérapeutique et l’orchidopexie ne l’améliorerait pas de
façon significative [33] .
Cette perte de fertilité n’est pas compensée par la descente nor-
male du testicule controlatéral. Au total, environ la moitié des
 Conséquences de l’ectopie patients traités pour ectopie dans l’enfance ont une quantité totale
de spermatozoïdes par éjaculat inférieure à la normale [37] .
testiculaire Le risque d’hypofertilité est beaucoup plus important en cas
d’ectopie bilatérale. En cas d’antécédent d’ectopie, on retrouve
Conséquences à court terme chez l’adulte une concentration normale de spermatozoïdes dans
Image corporelle un tiers des cas, quand l’atteinte est bilatérale, et dans deux tiers
des cas en cas d’atteinte unilatérale. L’âge du traitement chirur-
Dès l’âge de 3 ans, l’image corporelle se forme chez l’enfant. gical semble plus important qu’en cas d’ectopie unilatérale : les
L’absence d’un testicule peut alors avoir un retentissement psy- enfants opérés entre 10 mois et 4 ans ont un sperme de qualité
chologique important, induisant des troubles du comportement. normale dans 76 % des cas versus ceux opérés entre 4 ans et 14 ans
En cas d’agénésie testiculaire, il est important d’informer la famille ou le sperme n’est de qualité normale que dans 26 % des cas [38] .
et l’enfant de la possibilité de mise en place de prothèse testi- En cas d’antécédent d’orchidopexie bilatérale pour testicules pal-
culaire à but esthétique. Celle-ci se pose dans un second temps pables, environ 50 % des hommes sont infertiles, avec absence
à l’adolescence lorsque le scrotum de ce dernier est développé, de grossesse obtenue en 1 an [39, 40] . Enfin, le risque est majeur
l’orchidopexie se réalisant vers 18 mois-2 ans. en cas d’ectopie bilatérale avec les deux testicules non palpables
intra-abdominaux : aucune fertilité n’a jamais été rapportée dans
Complications mécaniques ce cas [9] .
Les complications mécaniques sont rares. Il peut s’agir de :
• la torsion sur testicule ectopique, de diagnostic difficile. Elle Voies excrétrices
survient le plus souvent chez l’adulte jeune ; son étiologie reste
La fertilité dépend également de la normalité des voies
obscure. La recherche d’un cancer du testicule est indispen-
excrétrices (épididyme, canaux efférents). Or, des anomalies de
sable, car l’association de la torsion du testicule ectopique avec
l’épididyme sont retrouvées dans environ 40 % des cas [41] ainsi
des cancers testiculaires est retrouvée dans environ 60-65 % des
que des anomalies fonctionnelles de la voie excrétrice à type
cas [31] . Le type histologique le plus fréquemment retrouvé est
d’immaturité, d’altération de la contractilité et du péristaltisme
alors le séminome [31] ;
des canaux excréteurs, ou de maturation anormale du rete tes-
• l’étranglement herniaire sur testicule ectopique : il entraîne une
tis [42] .
ischémie testiculaire. La constatation d’une hernie inguinale
Cependant, face à une famille inquiète, il est nécessaire de
associée à une ectopie testiculaire doit conduire à une inter-
relativiser ce risque, en rappelant que 15 % à 20 % des couples
vention rapide, y compris chez le nouveau-né. En cas de hernie
« normaux » sont infertiles [43] , et que 60 % à 80 % des hommes
inguinale associée, l’opération vise à traiter la hernie et l’ectopie
ayant comme antécédent une ectopie unilatérale sont devenus
testiculaire associée ;
pères (ce qui est proche de la population générale). Le risque
• le traumatisme de la gonade ectopique, exceptionnel.
est surtout important en cas d’ectopie bilatérale (50 % à 60 %
d’hypofertilité). Il est préférable, en période pédiatrique, de ne
Conséquences à long terme pas parler de « stérilité », mais seulement d’« hypofertilité », éven-
tuellement accessible à un traitement. Des études récentes, qui
Ce sont ces dernières qui conditionnent le traitement des ecto- ne rapportent pas les conséquences d’un traitement précoce
pies testiculaires par leur gravité. Il s’agit de l’hypofertilité, et du de l’ectopie, rapportent un taux définitif de stérilité relati-
risque de cancérisation. vement faible, de 10 % en cas d’ectopie unilatérale) et de
38 % en cas d’ectopie bilatérale (contre 5 % dans le groupe
Hypofertilité et ectopie témoin) [42] .
L’hypofertilité est la résultante des anomalies constatées en
cas d’ectopie testiculaire : anomalies de l’épididyme et de la voie
excrétrice [32] , anomalies des cellules germinales. La gonade ecto-
pique est d’autant plus pathologique qu’elle siège plus haut. “ Point important
Anomalies histologiques du testicule
La malposition testiculaire est constamment associée à des Les troubles de la fertilité
lésions histologiques avec une diminution du nombre de cel- • 30 % des enfants opérés d’une cryptorchidie ont un
lules germinales (pouvant entraîner une azoospermie) et de risque d’hypofertilité.
cellules de Leydig. Des antécédents de cryptorchidie sont retrou- • Ce risque est plus important en cas de cryptorchidie
vés chez 20 % des hommes azoospermes [33] . Inversement, les
patients atteints d’une cryptorchidie bilatérale non traitée sont
bilatérale.
le plus souvent azoospermes : jusqu’à 89 % des cas dans certaines
• Les troubles de la fertilité sont en rapport avec une dimi-
séries [34] . nution du nombre des cellules germinales.
L’une des étapes clés de la maturation des cellules germinales a • Un abaissement précoce avant l’âge de 1 an diminuerait
lieu vers l’âge de 5 mois, ce qui nécessite un certain taux de tes- la perte des cellules germinales.
tostérone. Le meilleur indicateur de fertilité après l’orchidopexie

4 EMC - Urologie
Cryptorchidie. Ectopie testiculaire  18-620-A-10

Risque de cancérisation
Le risque de cancérisation d’un testicule ectopique doit être
comparé à l’incidence dans la population générale. Or, toutes les
“ Point important
études épidémiologiques montrent qu’elle augmente dans les pays
occidentaux [44] . De plus, cette incidence est très variable selon les Le risque de cancer (d’après Lardy) [54]
pays, dans un rapport de 1 à 10. • Le risque relatif de cancer chez le patient porteur d’une
Le lien entre le cancer du testicule et la cryptorchidie a été mon- ectopie est multiplié par cinq.
tré dans le syndrome de dysgénésie testiculaire [34] . L’hypothèse • Il est d’autant plus élevé que :
selon laquelle le testicule ectopique est une gonade dysgénésique ◦ le testicule est haut situé ;
peut expliquer autant l’hypofertilité que le risque de cancérisa-
◦ il existe une association malformative génito-urinaire ;
tion [45] . La survenue d’un gonadoblastome est associée dans 20 %
des cas à des antécédents d’ectopie testiculaire. Cette pseudo- ◦ le testicule a été abaissé après la puberté ;
tumeur survient généralement sur des gonades dysgénésiques, ◦ l’ectopie est bilatérale.
intra-abdominales, chez des enfants dont le caryotype contient un • L’orchidopexie diminue le risque de séminome testicu-
Y, et dans certains syndromes malformatifs, dont les intersexuali- laire.
tés ou les anomalies du chromosome 11. • L’orchidopexie avant 12 ans diminue de deux à six fois le
En cas d’ectopie testiculaire, il existe une augmentation du risque de tumeur testiculaire par rapport à l’orchidopexie
risque relatif de survenue d’un cancer testiculaire, qui varie entre après 12 ans, ou pas d’orchidopexie du tout.
2,5 et 6. Une méta-analyse incluant 20 séries publiées détermine • Les trois quarts des tumeurs germinales sur gonade
un risque relatif d’environ 5 [46] . Ce risque est moindre en cas intra-abdominale ou inguinale sont des séminomes.
d’intervention avant la puberté (risque relatif [RR] = 2,23) [47] . Il • Les deux tiers des tumeurs survenues après orchidopexie
est d’autant plus grand que le testicule est haut situé, avec un
risque cinq fois plus grand pour les testicules intra-abdominaux sont non séminomateuses.
par rapport aux testicules situés dans le canal inguinal [2] . Il est • 5 % à 15 % des reliquats testiculaires contiennent des
également plus important dans les formes bilatérales par rapport cellules séminifères, mais peu de cellules germinales. Le
aux unilatérales. risque de dégénérescence est minime lorsque le résidu est
Globalement, la cryptorchidie augmente de quatre à cinq fois intrascrotal.
le risque de cancer testiculaire [33, 46, 48] .
Des lésions de carcinome in situ (CIS) ou de testicular intrae-
pithelial neoplasia (TIN) (néoplasie intraépithéliale testiculaire)
correspondent à la forme préinvasive du développement malin
testiculaire : une étude, portant sur 300 hommes ayant eu une  Traitement
orchidopexie dans l’enfance, a montré la présence de TIN dans
1,7 % des biopsies testiculaires [49] . Inversement, en cas de carci- Méthodes
nome in situ, on retrouve des antécédents d’ectopie testiculaire Il existe deux méthodes : le traitement hormonal et le traite-
dans 20 % à 30 % des cas [50] . ment chirurgical.
Cependant, certains auteurs relativisent ce risque : sur
2 919 patients opérés en 30 ans, aucun cas de cancer du testicule
Traitement hormonal
n’a été constaté [51] . Seulement 5 % des cancers du testicule sur-
viennent après des antécédents de cryptorchidie [9] . Le principe est la stimulation des cellules de Leydig du testicule
Le type de cancer est différent selon la localisation du tes- produisant de la testostérone.
ticule. L’orchidopexie modifie la nature de la tumeur observée Ces traitements ont pour but de favoriser la descente du tes-
en cas d’ectopie testiculaire : chez des patients qui n’ont pas été ticule retenu et d’obtenir la maturation des cellules germinales,
opérés, la proportion des séminomes est de 89 %, alors qu’après cruciales pour la fertilité [2] .
orchidopexie, on constate 46 % de séminomes, 21 % de tumeurs Les deux hormones utilisées sont les gonadotrophines chorio-
embryonnaires et 32 % de tératocarcinomes [52] . En cas de cancer niques (hCG) et des agonistes de LH-RH (GnRH1), utilisés seuls
survenu sur un testicule intra-abdominal, il s’agit d’un séminome ou en association.
dans 93 % des cas alors que ce risque tombe à 30 % pour un tes- Les effets secondaires sont le développement des caractères
ticule secondairement fixé pour cryptorchidie [53] . On en conclut sexuels secondaires (pilosité pubienne, élargissement de la verge
donc que l’orchidopexie diminue le risque de séminome testicu- dans 3 % des cas), un comportement agressif de l’enfant dans 1 %
laire [47] . des cas.
L’orchidopexie a probablement un effet protecteur sur le risque Des complications graves (soudure du cartilage de conjugaison)
de cancérisation : la plus faible incidence de cancer est vue chez ont été décrites [56] . De plus, le traitement par hCG pourrait altérer
les enfants dont l’orchidopexie a été réalisée avant 6 ans [54] . Inver- les tubes séminifères, comme cela a été montré sur le rat [57] .
sement, le risque est très supérieur pour des testicules laissés en
place, ou abaissés après la puberté [47] . L’âge moyen de dégénéres- Traitement chirurgical
cence est de 30 ans. Il n’y a donc pas d’augmentation du risque à La prise en charge dépend de la possibilité de palper le testicule
l’âge pédiatrique. cliniquement.
Le testicule controlatéral, normalement descendu, a un risque
de cancérisation similaire à celui de la population générale [46] , Testicule non palpable cliniquement
malgré ce qui été avancé par certains auteurs. Un testicule non palpable peut être absent ou situé dans
Quant aux reliquats testiculaires, tout dépend du mécanisme l’abdomen.
causal. S’il s’agit d’une torsion, le risque de dégénérescence peut Les testicules intra-abdominaux représentent selon les auteurs
être négligé, car le testicule était initialement normal [54] . En entre 7 % et 20 % des ectopies [58] . L’agénésie représente 25 % des
revanche, s’il s’agit d’un testicule hypoplasique, des cellules ger- testicules non palpables, les 75 % restant étant retrouvés dans
minales peuvent être retrouvées, et le risque de dégénérescence l’abdomen [59] .
n’est pas nul. Un cas de reliquat tumoral a été décrit chez un Les examens d’imagerie n’ont aucun intérêt étant donné leur
garçon de 9 ans [55] . faible sensibilité, et surtout leur faible valeur prédictive négative
Cependant, le risque est extrêmement faible, mais ne peut être (environ 44 % de précision) [60] .
déclaré nul. Les examens hormonaux n’ont d’intérêt qu’en cas d’absence
L’intérêt de l’orchidopexie précoce est donc, non pas de dimi- bilatérale de testicule palpable : un test de stimulation par
nuer le risque de cancer, mais de surveiller l’évolution de la hCG complété par un dosage de mullerian inhibiting substance
gonade. La famille et l’enfant doivent être informés de ce risque. (MIS)/AMH permet de diagnostiquer les très rares anorchidies.

EMC - Urologie 5
18-620-A-10  Cryptorchidie. Ectopie testiculaire

Un abord premier de la région inguinale a été proposé pour Une variante de la technique de Fowler-Stephens en deux temps
les testicules non palpables. Par une incision scrotale simple, est de tenter l’abaissement en lors du premier temps opératoire,
on explore jusqu’à l’orifice inguinal externe à la recherche du après la section du pédicule. Il existe alors un risque important
testicule ou du canal déférent ou même d’un reliquat embryon- d’atrophie (22 % dans la série de Baker) [56] . En outre, une étude
naire. Dans le cas où le testicule n’est pas abaissable, cette voie sur le rat a montré que la ligature des vaisseaux spermatiques
d’abord première permet de faciliter un temps cœlioscopique entraîne une altération de la spermatogenèse dans 85 % des cas,
secondaire [61] . Cependant, cette exploration peut méconnaître un avec environ 50 % d’atrophie testiculaire [69] .
certain nombre de testicules intra-abdominaux [60] . Une alternative à la technique de Fowler-Stephens et le risque
À l’heure actuelle, le consensus est donc l’exploration par cœlio- d’ischémie testiculaire est l’abaissement en deux temps : dans un
scopie des testicules non palpables. premier temps, le testicule est disséqué dans le rétropéritoine, sans
Sous anesthésie générale, un nouvel examen clinique est section des vaisseaux spermatiques, et le testicule est descendu
réalisé, permettant parfois de retrouver un testicule intraca- jusqu’à la région inguinale, où on le fixe de manière à rendre le
nalaire. Si le testicule n’est toujours pas palpé, on décide testicule palpable cliniquement, entouré d’une feuille de polyté-
la réalisation de la cœlioscopie exploratrice et d’un geste trafluoroéthylène ; 6 mois plus tard, il est le plus souvent possible
chirurgical. d’abaisser le testicule dans le scrotum [70] .
Plusieurs situations sont possibles lors de la cœlioscopie. Enfin, l’autotransplantation testiculaire a été proposée par
On ne trouve pas de testicule dans l’abdomen. Il est néces- Silber et Kelly en 1976, mais elle nécessite une bonne expérience
saire de le chercher non seulement à proximité du canal inguinal, de la microchirurgie, et n’est pas de pratique courante [60] .
mais également en arrière du cæcum ou du sigmoïde, jusqu’au
pôle inférieur du rein. On peut repérer l’existence de vaisseaux Testicule non descendu palpable
spermatiques, ou d’un déférent. Les principes de l’intervention sont la localisation du testicule,
L’absence de toute structure et de tout pédicule spermatique sa mobilisation, la dissection du cordon spermatique, la dissec-
signe l’agénésie testiculaire. tion des fibres du crémaster, la ligature puis la section du canal
Le testicule peut avoir disparu en raison d’une torsion anté- ou péritonéovaginal et la fixation du testicule dans le scrotum (Fig. 1).
périnatale. Dans ce cas, on peut voir le pédicule spermatique, qui Double voie inguinoscrotale. C’est la voie classique. Le pre-
est généralement frêle, s’engager dans le canal inguinal, accom- mier temps inguinal permet la libération du testicule de son
pagné par le déférent. Le canal péritonéovaginal est alors fermé. éventuel sac péritonéal ou de la communication péritonéova-
Il peut s’agir aussi d’un testicule ayant migré dans le canal ingui- ginale (Fig. 1A). La dissection du pédicule spermatique et du
nal, mais cependant non palpé. On visualise alors un déférent et déférent dans le rétropéritoine doit être menée avec un allon-
des vaisseaux s’engageant dans le canal inguinal. Il peut s’agir gement suffisant du pédicule pour abaisser le testicule dans le
soit d’un testicule intracanalaire haut, de petit volume, qui sera scrotum. Le canal est lié au collet puis sectionné (Fig. 1B). Le
abaissé selon la technique conventionnelle, soit d’un reliquat tes- deuxième temps est scrotal : un trajet est créé au doigt entre la
ticulaire, qui sera réséqué, étant donné la présence de cellules région inguinale et le scrotum, une incision horizontale est réali-
viables avec risque de dégénérescence ultérieure [62] . Le testicule est sée sur le scrotum, ce qui permet d’abaisser le testicule (Fig. 1C),
viable dans 91 % des cas lorsqu’il existe un canal péritonéovaginal et de le fixer (Fig. 1D), soit dans une logette sous-cutanée, soit au
perméable [63] . septum médian.
On trouve un testicule dans l’abdomen. Dans ce cas, on Voies scrotales pures décrites par Bianchi [71] . Cette voie
peut le localiser avec précision. On évalue sa taille, ainsi que est basée sur le fait que le testicule est limité dans sa descente
la possibilité d’un abaissement scrotal en amenant le testicule par le processus vaginal et non par la brièveté des vaisseaux
en regard de l’orifice controlatéral. La répartition des diffé- spermatiques. Ainsi, la section seule du processus vaginal per-
rentes localisations est apportée par l’étude d’Ismail [59] : 26,6 % mettrait un gain de longueur de 1,5 à 3,5 cm. La particularité de
de testicules en position abdominale basse, 22,7 % en position son incision est son emplacement plus haut situé au niveau du
abdominale haute, et 24 % de testicules situés dans le canal scrotum, à la jonction peau-scrotum. Bianchi a montré qu’avec
inguinal. des indications précises, il était exceptionnel qu’un abord ingui-
Lorsque l’on trouve une gonade manifestement dysgénésique nal complémentaire soit nécessaire. L’avantage de cette voie,
et hypoplasique, non abaissable, son exérèse est recommandée, outre son intérêt esthétique, est la réduction de la durée de
avec envoi de la pièce en anatomopathologie. l’intervention, l’amélioration du confort postopératoire et la dimi-
Si la traction est peu importante, un abaissement en un temps nution de la douleur [72] . Son inconvénient est de ne pas permettre
peut être envisagé. Pour cela, on libère le GT et on le sépare de la ligature du sac péritonéal à l’orifice profond du canal inguinal,
ses différentes attaches péritonéales. On fait suivre au testicule un avec le risque d’apparition d’une hernie. Elle n’est pas non plus
trajet le plus direct possible, à travers l’orifice inguinal profond applicable lorsque le testicule est intraherniaire, soit dans 3 % des
entre les vaisseaux épigastriques et l’artère ombilicale. Puis on réa- cas [72] . La présence d’une hydrocèle ou d’une hernie inguinale
lise un abord inguinal avec ouverture transversale de l’aponévrose associée pourrait simultanément être traitée par cette voie scrotale
du muscle grand oblique pour allonger au maximum le pédi- seule.
cule spermatique. Le testicule est ensuite fixé dans la bourse [58] . Dans la pratique courante, on réserve cette voie scrotale aux tes-
L’abaissement peut se faire également par voie laparoscopique ticules perçus en aval de l’anneau inguinal lors de l’examen sous
pure. Dans une série de 64 cas, Ismail a obtenu un bon résultat anesthésie générale peropératoire, ce qui correspond à 50 % des
dans 92 % des cas (trois testicules rétractés à l’anneau, et deux testicules palpés non descendus [72] . Elle a pour intérêt de simplifier
atrophies) [59] . l’intervention et de diminuer la douleur postopératoire.
Lorsque les vaisseaux spermatiques sont trop courts, empêchant Prothèse testiculaire. Lorsque le testicule est absent, ou retiré
l’abaissement du testicule dans la bourse, on peut réaliser la tech- en raison de son caractère dysplasique, il est possible de placer
nique de Fowler-Stephens [64] . On définit ces vaisseaux « courts » une prothèse testiculaire (Fig. 2) dans la bourse. Cette dernière est
lorsque le testicule est situé à plus de 3 cm de l’orifice ingui- généralement placée à l’adolescence.
nal profond homolatéral. Dans un premier temps, on lie les Intervention en pratique. Les suites opératoires sont en
vaisseaux testiculaires ou spermatiques (par clip ou électrocoagu- général simples, ce qui permet une prise en charge ambulatoire.
lation) puis, dans un second temps, 6 mois plus tard, on réalise Le taux de succès, correspondant à un testicule scrotal dans le
l’abaissement du testicule [65, 66] . L’avantage de cette technique suivi, est de l’ordre de 90 % à 95 % [67, 73] . Ce taux varie en fonction
en deux temps est de favoriser l’apparition d’un réseau vascu- de la localisation initiale du testicule : 74 % lorsqu’il est intra-
laire collatéral en provenance de l’artère déférentielle ; la ligature abdominal, 92 % lorsqu’il est à l’orifice inguinal externe et 87 %
première des vaisseaux spermatiques doit être réalisée aussi loin lorsqu’il est intracanalaire [67] .
que possible du testicule. Le résultat est bon dans 77 % à 90 % Durant la dernière décennie, les résultats se sont améliorés, avec
des cas [67, 68] . En cas d’anomalie bilatérale, l’attitude actuelle est un taux de succès, en cas de testicule inguinal, supérieur à 95 %.
d’espacer l’abaissement testiculaire entre les deux côtés de 6 à En cas de testicule abdominal, le taux de succès varie entre 85 %
12 mois. et 90 %, dépendant de la localisation initiale du testicule [74] .

6 EMC - Urologie
Cryptorchidie. Ectopie testiculaire  18-620-A-10

A B

C D
Figure 1.
A. Dissection du cordon spermatique : isolement du canal péritonéovaginal.
B. Ligature et section du canal péritonéovaginal.
C. Abaissement testiculaire.
D. Fixation testiculaire.

La fréquence des complications est de l’ordre de 5 % [73] . Cer-


taines complications à type d’œdème scrotal, ou d’hématome du
scrotum sont relativement fréquentes. Les complications infec-
tieuses sont rares : l’orchite infectieuse, cellulite ou abcès de paroi.
Les complications les plus graves sont l’atrophie testiculaire par
ischémie testiculaire et la section accidentelle du déférent.
Le risque de mauvais résultat, incluant un abaissement testicu-
laire incomplet (testicule ne descendant pas jusque dans la bourse,
voire sa rétraction secondaire) ou une atrophie testiculaire est éva-
lué à 21 % et est d’autant plus important que le testicule est haut
situé [58] .
Ces complications restent indépendantes de la voie d’abord
choisie [72] . Une consultation de contrôle est programmée à 6 mois
pour vérifier la taille et la position du testicule. Il est souhaitable
de revoir les enfants.

Indications
Traitement hormonal
Le traitement hormonal peut être utilisé seul, comme inducteur
de la descente testiculaire, ou en tant que traitement adjuvant au
traitement chirurgical.

En tant qu’inducteur de la descente testiculaire


L’efficacité du traitement repose cependant essentiellement sur
la position initiale du testicule au diagnostic. Plus il est bas situé,
Figure 2. Prothèse testiculaire.
plus le taux de succès est élevé [48] .

EMC - Urologie 7
18-620-A-10  Cryptorchidie. Ectopie testiculaire

Il est fonction également de l’âge de l’enfant au moment du trai- [9] Thorup J, McLachlan R, Cortes D, Nation TR, Balic A, Southwell BR,
tement, de l’intervalle entre traitements et des doses utilisées [2] . et al. What is new in cryptorchidism and hypospadias–a critical review
C’est pourquoi on observe une grande disparité de résultats dans on the testicular dysgenesis hypothesis. J Pediatr Surg 2010;45:2074–86.
les différentes études, qui incluent parfois des testicules oscillants. [10] Rotondi M, Valenzano F, Bilancioni E, Spano G, Rotondi M, Giorlan-
Le pourcentage d’abaissement est de l’ordre de 20 %, voire dino C. Prenatal measurement of testicular diameter by ultrasonography:
development of fetal male gender and evaluation of testicular descent.
moins si on exclut les testicules oscillants [2, 48] . Le taux de suc-
Prenat Diagn 2001;21:112–5.
cès par injection de GnRH est lui de l’ordre 21 % [2] . Le taux de [11] Fait G, Yaron Y, Shenhar D, Gull I, Har-Toov J, Jaffa AJ, et al. Sonogra-
succès dépend de la localisation initiale du testicule (meilleur si phic detection of undescended testes in the third trimester. J Ultrasound
le testicule est bas situé), de l’âge de l’enfant (meilleur si l’enfant Med 2002;21:15–8 [quiz 20].
est plus âgé). Enfin, dans près de 25 % des cas, on observe une [12] Nemec SF, Nemec U, Weber M, Kasprian G, Brugger PC, Krestan CR,
réascension secondaire du testicule abaissé [48] . et al. Male sexual development in utero: testicular descent on prenatal
De plus, le rapport coût/bénéfice ne justifie pas ce traitement MRI. Ultrasound Obstet Gynecol 2011 Feb 17 [Epub ahead of print].
en routine [60] . [13] Snodgrass W, Bush N, Holzer M, Zhang S. Current referral patterns and
À l’heure actuelle, le traitement hormonal n’est donc que peu means to improve accuracy in diagnosis of undescended testis. Pediatrics
employé isolément. 2011;127:e382–8.
[14] Tasian GE, Copp HL. Diagnostic performance of ultrasound in nonpal-
pable cryptorchidism: a systematic review and meta-analysis. Pediatrics
En tant que traitement adjuvant 2011;127:119–28.
L’utilisation d’un traitement hormonal pré- ou postopératoire [15] Elder JS. Why do our colleagues still image for cryptorchidism? Ignoring
avec de faibles doses d’analogues de GnRH a été proposée par de the evidence. J Urol 2011;185:1566–7.
nombreuses équipes, afin d’améliorer la maturation des spermato- [16] Le Bartz G, Petit T, Ravasse P. Is there any interest to perform ultrasono-
gonies. Bien que les paramètres essentiels de la fertilité semblent graphy in boys with undescended testis? Arch Pediatr 2006;13:426–8.
améliorés par ce traitement [75, 76] , le bénéfice réel sur la fertilité [17] Kravarusic D, Freud E. The impact of laparoscopy in the management of
à l’âge adulte n’est pas prouvé à ce jour [48] . Il n’y a donc pas de non-palpable testes. Pediatr Endocrinol Rev 2009;7:44–7.
[18] Hassan ME, Mustafawi A. Laparoscopic management of impalpable tes-
consensus à l’heure actuelle sur l’utilisation du traitement hormo-
tis in children, new classification, lessons learned, and rare anomalies. J
nal dans ces indications [2, 48] . Laparoendosc Adv Surg Tech A 2011;20:265–9.
[19] Nguyen HT, Coakley F, Hricak H. Cryptorchidism: strategies in detection.
Date de l’opération Eur Radiol 1999;9:336–43.
[20] Yeung CK, Tam YH, Chan YL, Lee KH, Metreweli C. A+
Après l’âge de 6 mois, la descente spontanée du testicule est new management algorithm for impalpable undescended testis
rare, mais possible chez le prématuré. Après 1 an, le testicule ne with gadolinium enhanced magnetic resonance angiography. J Urol
peut plus descendre spontanément. À l’heure actuelle, la plupart 1999;162(3Pt2):998–1002.
des équipes recommandent de traiter l’ectopie testiculaire à l’âge [21] Kanemoto K, Hayashi Y, Kojima Y, Maruyama T, Ito M, Kohri K. Accu-
racy of ultrasonography and magnetic resonance imaging in the diagnosis
de 1 an [13, 34, 48, 77] afin d’éviter l’atteinte irréversible de ses fonc-
of non-palpable testis. Int J Urol 2005;12:668–72.
tions endocrine et exocrine, et pour favoriser le développement [22] Hutson JM, Hasthorpe S, Heyns CF. Anatomical and functional aspects
des cellules germinales (transformation des spermatogonies en AD of testicular descent and cryptorchidism. Endocr Rev 1997;18:259–80.
spermatogonies). Une étude prospective randomisée a montré de [23] Steeno O, Van Gerven V, Knops J. The increase in number of orchi-
meilleurs résultats si l’intervention avait lieu à 9 mois par rapport dopexies: rather cause than prevention of male infertility. Andrologia
à 3 ans [48] . Certaines équipes ont même préconisé de commencer 1988;20:502–6.
le traitement à l’âge de 4 mois [7] , mais cette précocité doit être [24] Kubota M, Okuyama N, Yamazaki S, Hirayama Y, Kobayashi K, Satoh
tempérée par la crainte de lésions iatrogènes de la voie excrétrice. K. Is mobile testis a true pathological condition due to a gubernaculum
Chez le prématuré, cet âge doit être reculé jusqu’à 1 an, car la des- abnormality? Pediatr Surg Int 2007;23:633–6.
cente testiculaire peut se produire de façon plus tardive. De plus, il [25] Hutson JM. Undescended testes. In: Stringer MO, Mouriquand PD, edi-
a été montré que l’abaissement testiculaire à l’âge de 9 mois entraî- tors. Pediatric surgery and urology: long-term outcomes. Cambridge:
Cambridge University Press; 2006. p. 652-63.
nait un meilleur développement en volume du testicule, comparé
[26] Foley PT, Sparnon AL, Lipsett J. Urogenital nonunion–the case for lapa-
à un abaissement à l’âge de 4 ans [78] . roscopy for the impalpable testis. Pediatr Surg Int 2005;21:655–6.
L’impact du succès de l’orchidopexie sur la fonction des cellules [27] Kaya C, Koca O, Karaman IM, Radmayr C. Splenogonadal fusion in a 13-
de Sertoli peut être évalué par le taux d’inhibine B dans le sang. Il year-old boy with controlateral displaced intra-abdominal testis. Urology
a été montré que l’orchidopexie avant l’âge de 2 ans améliorait les 2010;75:173–5.
taux d’inhibine B par rapport à une intervention plus tardive [48] . [28] Shera AH, Baba AA, Gupta SK, Gupta G, Sherwani AY. Undescen-
ded testis: how extensive should the work up be? Afr J Paediatr Surg
2010;7:92–5.
[29] Heikkila J, Taskinen S, Toppari J, Rintala R. Posterior urethral valves
 Références are often associated with cryptorchidism and inguinal hernias. J Urol
2008;180:715–7.
[1] Virtanen HE, Toppari J. Epidemiology and pathogenesis of cryptorchi- [30] Rusnack SL, Wu HY, Huff DS, Snyder 3rd HM, Zderic SA, Carr MC,
dism. Hum Reprod Update 2008;14:49–58. et al. The ascending testis and the testis undescended since birth share
[2] Mathers MJ, Sperling H, Rubben H, Roth S. The undescended tes- the same histopathology. J Urol 2002;168:2590–1.
tis: diagnosis, treatment and long-term consequences. Dtsch Arztebl Int [31] Lewis RL, Roller MD, Parra BL, Cotlar AM. Torsion of an intra-
2009;106:527–32. abdominal testis. Curr Surg 2000;57:497–9.
[3] Gruner M, Grapin C, Audry G, Larroquet M, Scheye T. Cryptorchi- [32] Adham IM, Steding G, Thamm T, Bullesbach EE, Schwabe C, Paprotta
die. Ectopie testiculaire. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Pédiatrie, I, et al. The overexpression of the insl3 in female mice causes descent of
4-089-B-10, 1992: 5p. the ovaries. Mol Endocrinol 2002;16:244–52.
[33] Ferlin A, Zuccarello D, Zuccarello B, Chirico MR, Zanon GF,
[4] Barthold JS, Gonzalez R. The epidemiology of congenital cryptorchi-
Foresta C. Genetic alterations associated with cryptorchidism. JAMA
dism, testicular ascent and orchiopexy. J Urol 2003;170(6Pt1):2396–401.
2008;300:2271–6.
[5] Boisen KA, Kaleva M, Main KM, Virtanen HE, Haavisto AM, Schmidt [34] Hadziselimovic F, Herzog B. Importance of early postnatal germ cell
IM, et al. Difference in prevalence of congenital cryptorchidism in infants maturation for fertility of cryptorchid males. Horm Res 2001;55:6–10.
between two Nordic countries. Lancet 2004;363:1264–9. [35] Hadziselimovic F, Herzog B. The importance of both an early orchido-
[6] Thong M, Lim C, Fatimah H. Undescended testes: incidence in 1,002 pexy and germ cell maturation for fertility. Lancet 2001;358:1156–7.
consecutive male infants and outcome at 1 year of age. Pediatr Surg Int [36] Tasian GE, Hittelman AB, Kim GE, DiSandro MJ, Baskin LS. Age at
1998;13:37–41. orchiopexy and testis palpability predict germ and Leydig cell loss: clini-
[7] Hamza AF, Elrahim M, Elnagar, Maaty SA, Bassiouny E, Jehannin B. cal predictors of adverse histological features of cryptorchidism. J Urol
Testicular descent: when to interfere? Eur J Pediatr Surg 2001;11:173–6. 2009;182:704–9.
[8] Osifo DO, Osaigbovo EO. The prevalence, postnatal descent, and [37] Hadziselimovic F, Hocht B, Herzog B, Buser MW. Infertility in cryptor-
complications of undescended testes among children who underwent neo- chidism is linked to the stage of germ cell development at orchidopexy.
natal circumcision in Benin City, Nigeria. J Pediatr Surg 2009;44:791–6. Horm Res 2007;68:46–52.

8 EMC - Urologie
Cryptorchidie. Ectopie testiculaire  18-620-A-10

[38] Main KM, Kiviranta H, Virtanen HE, Sundqvist E, Tuomisto JT, Tuomisto [60] Hutson JM, Clarke MC. Current management of the undescended testicle.
J, et al. Flame retardants in placenta and breast milk and cryptorchidism Semin Pediatr Surg 2007;16:64–70.
in newborn boys. Environ Health Perspect 2007;115:1519–26. [61] Snodgrass W, Chen K, Harrison C. Initial scrotal incision for unilateral
[39] Lee PA, O’Leary LA, Songer NJ, Coughlin MT, Bellinger MF, LaPorte nonpalpable testis. J Urol 2004;172(4Pt2):1742–5 [discussion 5].
RE. Paternity after bilateral cryptorchidism. A controlled study. Arch [62] Storm D, Redden T, Aguiar M, Wilkerson M, Jordan G, Sumfest J.
Pediatr Adolesc Med 1997;151:260–3. Histologic evaluation of the testicular remnant associated with the vani-
[40] Cortes D, Thorup JM, Visfeldt J. Cryptorchidism: aspects of fertility shing testes syndrome: is surgical management necessary? Urology
and neoplasms. A study including data of 1,335 consecutive boys who 2007;70:1204–6.
underwent testicular biopsy simultaneously with surgery for cryptorchi- [63] Renzulli 2nd JF, Shetty R, Mangray S, Anderson KR, Weiss RM, Calda-
dism. Horm Res 2001;55:21–7. mone AA. Clinical and histological significance of the testicular remnant
[41] Nistal M, Riestra ML, Paniagua R. Correlation between testicular biopsies found on inguinal exploration after diagnostic laparoscopy in the absence
(prepubertal and postpubertal) and spermiogram in cryptorchid men. Hum of a patent processus vaginalis. J Urol 2005;174(4Pt2):1584–6 [discus-
Pathol 2000;31:1022–30. sion 6].
[42] Mieusset R. Développement de la spermatogenèse. Montpellier: Sau- [64] Fowler R, Stephens FD. The role of testicular vascular anatomy in
ramps Médical; 2009. the salvage of high undescended testes. Aust N Z J Surg 1959;29:
[43] Mouriquand P. Undescended testes in children: the paediatric urologist’s 92–106.
point of view. Eur J Endocrinol 2008;159:S83–S6. [65] Yalcin B, Komesli GH, Ozgok Y, Ozan H. Vascular anatomy of normal and
[44] Bergstrom R, Adami HO, Mohner M, Zatonski W, Storm H, Ekbom A, undescended testes: surgical assessment of anastomotic channels between
et al. Increase in testicular cancer incidence in six European countries: a testicular and deferential arteries. Urology 2005;66:854–7.
birth cohort phenomenon. J Natl Cancer Inst 1996;88:727–33. [66] Elder JS. Two-stage Fowler-Stephens orchiopexy in the management of
[45] Kaleva M, Toppari J. Cryptorchidism: an indicator of testicular dysgene- intra-abdominal testes. J Urol 1992;148:1239–41.
sis? Cell Tissue Res 2005;322:167–72. [67] Docimo SG. The results of surgical therapy for cryptorchidism: a litera-
[46] Dieckmann KP. Impalpable testis cancer. BJU Int 2004;93:638. ture review and analysis. J Urol 1995;154:1148–52.
[47] Pettersson A, Richiardi L, Nordenskjold A, Kaijser M, Akre O. Age at [68] Lindgren BW, Franco I, Blick S, Levitt SB, Brock WA, Palmer LS, et al.
surgery for undescended testis and risk of testicular cancer. N Engl J Med Laparoscopic Fowler-Stephens orchiopexy for the high abdominal testis.
2007;356:1835–41. J Urol 1999;162(3Pt2):990–3 [discussion 4].
[48] Ritzen EM, Bergh A, Bjerknes R, Christiansen P, Cortes D, Haugen SE, [69] Tang D, Gorgas K, Zachariou Z. Effects of laparoscopic division of
et al. Nordic consensus on treatment of undescended testes. Acta Paediatr spermatic vessels on histological changes of testes: long-term obser-
2007;96:638–43. vation in the model of prepubertal rat. Pediatr Surg Int 2008;24:
[49] Giwercman A, Bruun E, Frimodt-Moller C, Skakkebaek NE. Prevalence 213–7.
of carcinoma in situ and other histopathological abnormalities in testes [70] Dessanti A, Falchetti D, Iannuccelli M, Milianti S, Altana C, Tanca AR,
of men with a history of cryptorchidism. J Urol 1989;142:998–1001 et al. Cryptorchidism with short spermatic vessels: staged orchiopexy
[discussion -2]. preserving spermatic vessels. J Urol 2009;182:1163–7.
[50] Veeramachaneni DN. Germ cell atypia in undescended testes hinges on [71] Rajimwale A, Brant WO, Koyle MA. High scrotal (Bianchi) single-
the aetiology of cryptorchidism but not the abdominal location per se. Int incision orchidopexy: a “tailored” approach to the palpable undescended
J Androl 2006;29:235–40. testis. Pediatr Surg Int 2004;20:618–22.
[51] Bani-Hani KE, Matani YS, Bani-Hani IH. Cryptorchidism and testicular [72] Al-Mandil M, Khoury AE, El-Hout Y, Kogon M, Dave S, Farhat WA.
neoplasia. Saudi Med J 2003;24:166–9. Potential complications with the prescrotal approach for the palpable
[52] Gehring GG, Rodriguez FR, Woodhead DM. Malignant degeneration of undescended testis? A comparison of single prescrotal incision to the
cryptorchid testes following orchiopexy. J Urol 1974;112:354–6. traditional inguinal approach. J Urol 2008;180:686–9.
[53] Batata MA, Whitmore Jr WF, Chu FC, Hilaris BS, Loh J, Grabstald H, [73] Russinko PJ, Siddiq FM, Tackett LD, Caldamone AA. Prescrotal orchio-
et al. Cryptorchidism and testicular cancer. J Urol 1980;124:382–7. pexy: an alternative surgical approach for the palpable undescended testis.
[54] Lardy H. Cryptorchidie et cancer. Montpellier: Sauramps Médical; 2009. J Urol 2003;170(6Pt1):2436–8.
[55] Rozanski TA, Wojno KJ, Bloom DA. The remnant orchiectomy. J Urol [74] Hadziselimovic F, Hadziselimovic NO, Demougin P, Oakeley EJ. Tes-
1996;155:712–3 [discussion 4]. ticular gene expression in cryptorchid boys at risk of azoospermia. Sex
[56] Baker LA, Docimo SG, Surer I, Peters C, Cisek L, Diamond DA, Dev 2011;5:49–59.
et al. A multi-institutional analysis of laparoscopic orchidopexy. BJU [75] Taran I, Elder JS. Results of orchiopexy for the undescended testis. World
Int 2001;87:484–9. J Urol 2006;24:231–9.
[57] Kaya C, Karaman MI, Pirincci N, Ozturk M, Yilmazgumrukcu G. Human [76] Biers S, Malone PS. Critical appraisal of the evidence for improved ferti-
chorionic gonadotropin deteriorates the histology of rat testes. Urol Int lity indices in undescended testes after gonadotrophin-releasing hormone
2006;76:274–7. therapy and orchidopexy. J Ped Urol 2010;6:239–46.
[58] Ait Ali Slimane M, Auber F, De Vries P, Kotobi H, Larroquet M, Grapin [77] Hutson JM, Balic A, Nation T, Southwell B. Cryptorchidism. Semin
C, et al. Impalpable testis: value of one-stage surgical descent. Prog Urol Pediatr Surg 2010;19:215–24.
2004;14:51–4. [78] Kollin C, Karpe B, Hesser U, Granholm T, Ritzen EM. Surgical treatment
[59] Ismail K, Ashour M, El-Afifi M, Hashish A, El-Dosouky N, Nagm M, of unilaterally undescended testes: testicular growth after randomization
et al. Laparoscopy in the management of impalpable testis: series of 64 to orchiopexy at age 9 months or 3 years. J Urol 2007;178(4Pt2):1589–93
cases. World J Surg 2009;33:1514–9. [discussion 93].

C. Grapin-Dagorno, Professeur des universités, praticien hospitalier ([Link]@[Link]).


Service de chirurgie infantile, Hôpital Robert Debré, 48 boulevard Sérurier, 75019 Paris, France.
P.-O. Bosset, Interne des Hôpitaux.
J. Boubnova, Chef de clinique, assistant des Hôpitaux.
M.-E. Noche, Chef de clinique, assistant des Hôpitaux.
Service de chirurgie viscérale pédiatrique, Hôpital Armand Trousseau, 26, avenue du Docteur-Arnold-Netter, 75571 Paris cedex 12, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Grapin-Dagorno C, Bosset P-O, Boubnova J, Noche M-E. Cryptorchidie. Ectopie testiculaire. EMC - Urologie
2012;5(3):1-9 [Article 18-620-A-10].

Disponibles sur [Link]


Arbres Iconographies Vidéos/ Documents Information Informations Auto- Cas
décisionnels supplémentaires Animations légaux au patient supplémentaires évaluations clinique

EMC - Urologie 9

Vous aimerez peut-être aussi