2013-2014 Topologie et fonctions de plusieurs variables
Aix-Marseille Université Licence MPCI, 2ème année
Corrigé du devoir maison : convexité
Exercice 1. 1. (a) Si C est un sous-espace vectoriel, il est stable par combinaisons linéaires et en
particulier, nous avons bien
∀x, y ∈ C, ∀t ∈ [0, 1], (1 − t)x + ty ∈ C.
(b) Soit I un intervalle de R et x, y ∈ I. Quitte à échanger x et y, on peut toujours supposer x ≤ y.
Pour tout t ∈ [0, 1], on a
x ≤ (1 − t)x + ty ≤ y,
et donc (1 − t)x + ty ∈ [x, y]. Mais comme I est un intervalle, il contient le segment [x, y], ce
qui prouve bien in fine que
(1 − t)x + ty ∈ I.
2. (a) On suppose x, y, r et t fixés comme dans l’énoncé. On prend alors un élément quelconque de
la boule ouverte B((1 − t)x + ty, r) que l’on écrit (1 − t)x + ty + z avec kzk < r. On écrit ce
point sous la forme
(1 − t)x + ty + z = (1 − t) x + z + t y + z ,
et comme x + z ∈ B(x, r) ⊂ C et y + z ∈ B(y, r) ⊂ C et que C est convexe, on en déduit bien
que (1 − t)x + ty + z ∈ C. On a bien montré
B((1 − t)x + ty, r) ⊂ C.
◦
(b) Soient x, y ∈ C et t ∈ [0, 1]. Par définition de l’intérieur, il existe r1 , r2 > 0 tels que
B(x, r1 ) ⊂ C, et B(y, r2 ) ⊂ C.
Si on pose maintenant r = min(r1 , r2 ) > 0, on a bien
B(x, r) ⊂ C, et B(y, r) ⊂ C.
D’après la question précédente, on a
B((1 − t)x + ty, r) ⊂ C,
◦
ce qui montre que (1 − t)x + ty ∈ C.
On a donc bien montré la convexité de l’intérieur de C.
3. Soient x, y ∈ C et t ∈ [0, 1]. Il s’agit de montrer que (1 − t)x + ty ∈ C.
Par définition de l’adhérence, il existe deux suites (xn )n , (yn )n d’éléments de C qui convergent
respectivement vers x et y. Par convexité de l’ensemble C, on a
∀n ≥ 1, (1 − t)xn + tyn ∈ C.
Les opérations élémentaires sur les suites montrent que la suite ((1 − t)xn + tyn )n converge vers
(1 − t)x + ty. On a donc bien montré que ce dernier point est la limite d’une suite d’éléments de C,
et donc qu’il appartient à C.
Exercice 2. 1. (a) Soit a ∈ I. On va montrer que f est continue à droite en a. On montrerait de la
même façon qu’elle est continue à gauche ce qui donne la continuité complète de f en a.
Comme I est ouvert, on peut trouver deux points α, β ∈ I tels que
α < a < β.
Soit (xn )n une suite de points de I qui converge vers a par valeurs supérieures (c’est-à-dire
que a ≤ xn pour tout n). Quitte à supprimer les premiers termes de la suite, on peut toujours
supposer que xn ≤ β pour tout n.
– On utilise le fait que a ≤ xn ≤ β pour écrire
β − xn xn − a
xn = a+ β,
β−a β−a
qui est bien de la forme xn = (1 − t)a + tβ avec t = (xn − a)/(β − a) ∈ [0, 1]. L’inégalité de
convexité donne alors
β − xn xn − a
f (xn ) ≤ f (a) + f (β). (1)
β−a β−a
– On utilise maintenant le fait que α ≤ a ≤ xn pour écrire
xn − a a−α
a= α+ xn ,
xn − α xn − α
et donc
xn − a a−α
f (a) ≤ f (α) + f (xn ).
xn − α xn − α
On en déduit
xn − α xn − a
f (xn ) ≥ f (a) − f (α). (2)
a−α a−α
En combinant (1) et (2), on a finalement obtenu
xn − α xn − a β − xn xn − a
f (a) − f (α) ≤ f (xn ) ≤ f (a) + f (β).
a−α a−α β−a β−a
Comme le membre de gauche et celui de droite tendent vers f (a) quand n → ∞, le théorème
des gendarmes nous montre que (f (xn ))n tend vers f (a), ce qu’il fallait démontrer.
(b) On écrit
z−y y−x
y= x+ z,
z−x z−x
et on utilise l’inégalité de convexité pour obtenir
z−y y−x
f (y) ≤ f (x) + f (z).
z−x z−x
On obtient
(z − x)f (y) ≤ (z − y)f (x) + (y − x)f (z),
ou encore
0 ≤ (z − y)(f (x) − f (y)) + (y − x)(f (z) − f (y)),
(z − y)(f (y) − f (x)) ≤ (y − x)(f (z) − f (y)).
Comme z − y et y − x sont positifs, on peut diviser sans changer le sens des inégalités et ainsi
obtenir
f (y) − f (x) f (z) − f (y)
≤ .
y−x z−y
2
(c) Suivons l’indication de l’énoncé et posons y = (1 − t)x + tz ce qui donne
f ((1 − t)x + tz) − f (x) f (z) − f ((1 − t)x + tz)
≤ .
t(z − x) (1 − t)(z − x)
Comme f est supposée dérivable, le membre de gauche tend vers f 0 (x) quand t → 0 et, par
continuité de f , le membre de droite vers (f (z) − f (x))/(z − x), on en déduit
f (z) − f (x)
f 0 (x) ≤ .
z−x
De la même façon, en faisant tendre t vers 1, on trouve
f (z) − f (x)
≤ f 0 (z).
z−x
In fine, on a montré que f 0 (x) ≤ f 0 (z) pour tous x < z, ce qui montre bien que f 0 est croissante.
2. (a) Soient x, y ∈ Rd et t ∈ [0, 1], on utilise successivement l’inégalité triangulaire et l’homogénéité
de la norme pour obtenir l’inégalité de convexité
N ((1 − t)x + ty) ≤ N ((1 − t)x) + N (ty) = (1 − t)N (x) + tN (y).
On a bien sûr utilisé aussi que t et 1 − t sont positifs ou nuls.
(b) Montrons que la boule ouverte B(a, r) est convexe. On se donne deux points x, y ∈ B(a, r) et
t ∈ [0, 1], nous avons alors
N (1−t)x+ty−a = N ((1−t)(x−a)+t(y−a)) ≤ (1−t)N (x−a)+tN (y−a) < (1−t)r+tr = r,
ce qui montre bien que (1 − t)x + ty ∈ B(a, r).
Pour la boule ouverte, la même preuve fonctionne en mettant des inégalités larges.
Exercice 3. 1. – On observe d’abord que si x = 0, alors x/λ ∈ C pour tout λ > 0 et donc
Λ(0) =]0, +∞[, N (0) = 0.
– Comme 0 ∈ C et que C est ouvert, il existe δ > 0 tel que B(0, δ) ⊂ C. Pour tout x ∈ Rd non nul,
on a clairement
δ
kxk x
≤ δ,
et donc
δ
x ∈ B(0, δ) ⊂ C.
kxk
Ceci montre que kxk/δ ∈ Λ(x) qui est donc bien non vide.
Comme Λ(x) est un ensemble non vide minoré (par 0), il admet une borne inférieure (notée N (x))
qui est elle-même positive ou nulle.
– Si M est une borne de C, pour tout λ ∈ Λ(x), on a kx/λk ≤ M , ce qui montre que λ ≥ kxk/M .
En particulier, on a l’inégalité
N (x) ≥ kxk/M, ∀x ∈ Rd ,
ce qui montre en particulier que si N (x) = 0, alors on a x = 0.
3
– Montrons que ]N (x), +∞[⊂ Λ(x). Soit donc λ > N (x). Par définition de l’infimum, il existe
λ0 ∈ Λ(x) tel que λ0 < λ.
On a ainsi
x λ0 x λ − λ0
= + 0,
λ λ λ0 λ
ce qui montre que x/λ est une combinaison convexe de 0 et de x/λ0 . Par hypothèse, ces deux
points sont dans C qui est un convexe et donc, on a bien que x/λ ∈ C et donc que λ ∈ Λ(x).
– On a donc maintenant deux possibilités : ou bien Λ(x) = [N (x), +∞[ ou bien Λ(x) =]N (x), +∞[.
Afin d’éliminer la première possibilité, il faut montrer que N (x) 6∈ Λ(x).
Supposons par l’absurde que N (x) ∈ Λ(x) (en particulier on a nécessairement x 6= 0). Ceci signifie
que x/N (x) ∈ C mais comme C est ouvert, nous avons pour un ε > 0 assez petit on a
x/N (x) + εx ∈ C,
c’est-à-dire que
1
∈ Λ(x),
1/N (x) + ε
et comme
1
< N (x),
1/N (x) + ε
cela contredit la définition de l’infimum. On a bien établi la propriété attendue.
2. Pour x ∈ Rd fixé, comme C est symétrique par rapport à l’origine, on a pour tout λ > 0
x −x
∈ C ⇐⇒ ∈ C,
λ λ
ce qui montre que
Λ(x) = Λ(−x),
et donc que ces deux ensembles ont la même borne inférieure, c’est-à-dire
N (x) = N (−x).
3. Fixons x ∈ Rd , µ > 0. Pour tout λ > 0 on a
µx µ λ
λ ∈ Λ(µx) ⇔ ∈ C ⇔ x ∈ C ⇔ ∈ Λ(x).
λ λ µ
Ceci prouve que
Λ(µx) = µΛ(x).
Comme µ > 0, on peut passer à la borne inférieure et obtenir
N (µx) = µN (x).
4. Fixons x et y non nuls. Pour ε > 0 fixé, d’après les questions précédentes on a N (x) + ε ∈ Λ(x) et
N (y) + ε ∈ Λ(y) ce qui montre que
x y
∈ C, et ∈ C. (3)
N (x) + ε N (y) + ε
On cherche maintenant à obtenir une combinaison convexe de ces deux points qui soit proportionnelle
à la somme x + y. Un petit calcul élémentaire montre que l’on peut écrire
1 N (x) + ε x N (y) + ε y
(x + y) = + .
N (x) + N (y) + 2ε N (x) + N (y) + 2ε N (x) + ε N (x) + N (y) + 2ε N (y) + ε
| {z } | {z }
=t =1−t
4
Comme C est convexe et grâce à (3), on en déduit que
1
(x + y) ∈ C,
N (x) + N (y) + 2ε
ce qui signifie que
N (x) + N (y) + 2ε ∈ Λ(x + y),
et par définition de la borne inférieure, on trouve
N (x + y) ≤ N (x) + N (y) + 2ε.
Cette inégalité étant valable pour tout choix de ε > 0, on peut passer à la limite quand ε → 0 et
obtenir
N (x + y) ≤ N (x) + N (y).
Ceci montre l’inégalité triangulaire pour N . Les autres propriétés d’une norme se déduisent des
questions précédentes. En particulier si µ < 0, on écrit N (µx) = N (−|µ|x) = N (|µ|x) = |µ|N (x), ce
qui donne bien l’homogénéité de N .
5. On veut montrer que C = BN (0, 1).
– Si x ∈ C, on a en particulier 1 ∈ Λ(x) et donc, comme Λ(x) =]N (x), +∞[, on déduit N (x) < 1,
c’est-à-dire que x ∈ BN (0, 1).
– Si maintenant x ∈ BN (0, 1), on a N (x) < 1 et donc 1 ∈ Λ(x), c’est-à-dire que x ∈ C.