Dyspareunie
Blaise Bourrit
Définitions, investigations, traitements
Dyspareunie
(du gr. dus "difficulté, mauvais état", et gr.
pareunos "époux"). Syn. algopareunie.
Douleurs apparaissant chez la femme au cours
des rapports sexuels
Dyspareunie
Type: superficielle, profonde ou totale
Chronologie: primaire ou secondaire,
immédiate ou retardée
Circonstances d'apparition: permanente ou
intermittente
Dyspareunie superficielle
Synonyme: dyspareunie orificielle.
Dyspareunie au début même de la pénétration.
Dyspareunie profonde
Dyspareunie caractérisée par une douleur
du fond du vagin ou du cul-de-sac de Douglas
provoquée par la mobilisation de l’utérus
Vaginisme
(du lat. vagina "gaine", et -isme)
Contracture réflexe de la musculature périnéale
féminine (releveurs de l'anus et adducteurs)
associée à une hyperesthésie vulvo-vaginale.
Il entraîne l'occlusion du vagin et rend
impossibles les rapports sexuels.
Vulvodynie 1
(du lat. vulva, et gr. odunê "douleur")
Gêne vulvaire chronique. Elle peut se
manifester sous forme de brûlure ou être liée
à une sensation de piqûre, de démangeaison,
ou encore sous forme d’une douleur ou d’une
dyspareunie
Vulvodynie 2
Les troubles peuvent survenir à n’importe quel
âge, mais on les rencontre particulièrement
chez les femmes en période génitale, sur un
mode continu ou intermittent.
S’il s’agit d’une douleur, elle peut être focale ou
diffuse, profonde ou superficielle, d’intensité
modérée ou sévère et n’importe quel stimulus
exerçant une pression sur la vulve peut la
provoquer ou l’exacerber.
Interrogatoire
Age
antécédents personnels généraux
antécédents gynécologiques et obstétricaux
médicaments
facteurs psychologiques
anamnèse sexologique
Examen
Examen de la vulve et du vagin
Rétrécissement de l'orifice vaginal, atrophie,
cicatrices de déchirure périnéale ou
d'épisiotomie, signes de vulvovaginite ou
d'autres lésions vulvovaginales.
Localisation des zones douloureuses.
Si indiqué: explorations
electromyographiques du plancher pelvien.
Examen direct de la sécrétion vaginale.
Si indiqué: culture, colposcopie, biopsie
Examen du col utérin
Signes de cervicite, hypertrophie, cicatrices
de déchirure obstétricale
Sensibilité à la mobilisation du col
Si indiqué: frottis, cultures cervicales
Examen de l’utérus
Situation, volume, consistance, mobilisation
douloureuse
Si indiqué: échographie endovaginale
Examen des annexes
Volume, sensibilité, empâtement
Si indiqué: échographie endovaginale,
laparoscopie
Etiologie
"Sois sage,
Ô ma Douleur et tiens-toi
plus tranquille"
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal.
Dyspareunie superficielle
Causes psychogènes.
Vulvodynies essentielles.
Névralgies des nerfs honteux internes.
Atrophie vulvovaginale.
Post-partum: cicatrices douloureuses de
déchirure périnéale ou d'épisiotomie, sténose
vulvaire, endométriose périnéale.
Après chirurgie et radiothérapie vulvovaginale
Erythème
Vulvovaginites: candida, trichomonas,
gardnerella vaginalis, gonocoque, non
spécifique.
Erythèmes endovulvaires sans vaginite
(vestibulites): lichen plan érosif, vulvite à
plasmocytes, pemphigoïde cicatricielle,
carcinome in situ.
Erythèmes vulvaires cutanés sans vaginite:
eczéma atopique, eczéma de contact,
psoriasis.
Lésions érosives et ulcéreuses de la
vulve
Ulcérations vulvaires chroniques associées à
des fistules: maladie de Crohn
lymphogranulome vénérien
hidrosadénite suppurée
granulome inguinal
cancer invasif
Lésions blanches (dystrophies)
lichen scléreux
dystrophie hyperplasique
dystrophie mixte
Autres causes de
dyspareunie superficielle
Petites tumeurs virales: condylomes,
vésicules herpétiques.
Tumeurs vulvovaginales.
Thrombose de varices vulvaires.
Adénose vaginale.
Causes urologiques: infections urinaires,
cystite interstitielle.
Causes musculaires: fibromyalgie
Dyspareunie profonde 1
Infections génitales: cervicite, endométrite,
annexite
Adhérences pelviennes
Endométriose
Rétroversion utérine, fibromes utérins
Dyspareunie profonde 2
Post-partum: syndrome de Allen et Masters
(déchirure de la face postérieure du ligament
large); cicatrices de déchirure obstétricale.
Post-hystérectomie.
Syndrome de congestion pelvienne.
Prolapsus génitaux.
Causes digestives: syndrome du colon
irritable, maladies inflammatoires chroniques
intestinales
Thérapies 1
Cause Thérapie
Vulvodynies essentielles Antidépresseurs tricycliques ,
biofeedback rééducation
périnéale
Névralgies des nerfs honteux Blocs anesthésiques ou
internes infiltrations de corticoïdes au
niveau du canal d’Alcock ou de
l’épine ischiatique
Atrophie vulvovaginale Thérapie estrogénique locale ou
systémique
Thérapies 2
Syndrome de congestion Phlébotoniques
pelvienne
Infections Thérapie anti-infectieuse
spécifique
Endométriose Thérapie pharmacologique
Chirurgie
Rétroversion utérine, Chirurgie
fibromes utérins,
adhérences pelviennes