Stratégie de réduction de la pauvreté au Sénégal
Stratégie de réduction de la pauvreté au Sénégal
République du Sénégal
Un Peuple – Un But – Une Foi
II
Document de Stratégie pour la croissance et la
Réduction de la Pauvreté
2006-2010
Octobre 2006
1
Avant-propos
Ce document constitue la version finale du DSRP-II du Sénégal. Il traduit la synthèse des résultats du
processus participatif de révision du DSRP après la validation définitive et l’adoption par le
gouvernement. À sa qualité de document de politique économique et sociale pour la croissance et la
réduction de la pauvreté, qui tire sa légitimité du fait du processus participatif qui le fonde, il détermine
à moyen et long termes, les objectifs pour la réduction de la pauvreté, définit des indicateurs sur l’état
d’avancement et fixe les objectifs annuels et intermédiaires, ainsi que les moyens à mobiliser pour
atteindre les résultats. Il constitue ainsi un cadre de référence des interventions du gouvernement et des
partenaires au développement mais aussi des autres acteurs (la société civile, le secteur privé, les
collectivités locales) qui devront traduire dans les programmes sectoriels et dans les stratégies
d’assistance les modalités d’opérationnalisation à travers les détails sur les objectifs quantitatifs, les
activités, la répartition des responsabilités.
Le DSRP-II est marqué par les évolutions suivantes :
1) au niveau de la démarche participative, il a été mis en place des commissions de travail autour des
catégories d’acteurs que sont (i) les acteurs étatiques, (ii) les organisations de la société civile, (iii) les
collectivités locales, (iv) le secteur privé et (v) les partenaires au développement. Chaque catégorie s’est
organisée de manière autonome pour produire sa contribution, d’abord sur le rapport d’avancement,
ensuite sur la réactualisation du diagnostic et enfin sur la révision des objectifs et de la matrice des
mesures. Toutes les commissions ont transmis leur contribution et ont eu à croiser leurs points de vue au
cours de travaux d’inter commissions.
2) en ce qui concerne les données d’enquêtes, le processus de révision a pu tirer profit des résultats
définitifs de l’ESAM II, ainsi que de l’enquête EDS IV, l’enquête 123, l’étude sur la « Gestion des
risques en milieu rural au Sénégal, les revues des programmes dans les secteurs de l’éducation et de la
santé, les données de suivi dans les secteurs qui permettent donc une analyse plus fine des déterminants
de la pauvreté. Par ailleurs diverses études produites avec l’appui des partenaires notamment dans le
domaine de la revue des dépenses publiques, les travaux thématiques sur les OMD, et l’analyse des
secteurs ont permis d’enrichir les analyses et la définition des stratégies.
3) en ce qui concerne les nouvelles stratégies, le processus a aussi tiré profit de la réactualisation des
programmes sectoriels et de la formulation de nouvelles politiques sectorielles dans presque tous les
secteurs avec une meilleure articulation avec le DSRP.
4) au niveau des orientations, les résultats du rapport d’avancement de 2004 ont été traduits en
recommandations sur lesquelles les différentes commissions se sont prononcées pour fixer les
orientations du DSRPII. Elles concernent l’horizon temporel, la prise en compte des stratégies
sectorielles élaborées depuis le premier DSRP, les priorités qui ont émergé au cours de ces dernières
années, etc.
5) en ce qui concerne l’horizon, un consensus s’est dégagé pour porter l’horizon du DSRP à cinq ans
(2006-2010) et s’inscrire de manière plus explicite dans une vision à long terme (2015), articulée entre
autres, autour des OMD.
6) en ce qui concerne les axes de la stratégie : les différentes contributions des commissions ont permis
de retenir les axes suivants :
- Création de richesses et croissance pro pauvre : (i) tous les secteurs prioritaires précédemment
identifiés dans le DSRP1 sont maintenus mais à cela s’ajoute la SCA qui occupera une place
centrale, (ii) les nouvelles priorités relatives aux infrastructures de transport et à l’énergie comme
politiques multisectorielles pour booster la croissance occupent une place plus visible.
- Accélération de la promotion de l’accès aux services sociaux de base: cet axe est maintenu avec
les mêmes secteurs et priorités mais avec un accent particulier sur les besoins d’accélérer les
résultats pour avoir les impacts recherchés en vue d’atteindre les OMD dans les secteurs sociaux.
- Protection sociale, prévention et gestion des risques et catastrophes : remplace l’axe
« amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables » qu’il intègre dans une perspective
plus globale. L’axe prend en compte les nouvelles priorités de l’Etat mais aussi des populations en
matière de gestion des risques et catastrophes auxquels elles ont été confrontées ces dernières
années (naufrage du bateau « le Joola », inondations, invasions acridiennes, pluies hors saisons etc.).
- Bonne gouvernance et développement décentralisé et participatif : ce quatrième axe prend en
compte les évolutions notées depuis 2002, avec la mise en place du PNBG, le plan d’action CFAA
/CPAR, entre autres.
2
TABLE DES MATIÈRES
1 INTRODUCTION ET CONTEXTE.................................................................................................................... 6
2 DIAGNOSTIC DE LA PAUVRETE.................................................................................................................... 8
2.1 PERCEPTION DE LA PAUVRETE ........................................................................................................................ 8
2.2 PROFIL DE PAUVRETE ...................................................................................................................................... 8
2.3 MANIFESTATIONS DE LA PAUVRETE .............................................................................................................. 10
2.4. DETERMINANTS DE LA PAUVRETE ................................................................................................................. 12
2.4.1. Environnement économique / Insuffisance de revenus............................................................................. 12
2.4.2. Insuffisance et inégalités dans l’accès aux services sociaux de base........................................................ 13
2.5. PAUVRETE, VULNERABILITE ET ABSENCE DE PROTECTION SOCIALE .............................................................. 18
2.6. CONTRAINTES LIMITANT L’EFFICACITE DES POLITIQUES PUBLIQUES EN FAVEUR DES PAUVRES .................... 19
2.6.1. Bonne gouvernance, décentralisation et développement participatif........................................................ 19
2.6.2. Environnement socioculturel et pauvreté .................................................................................................. 20
3. VISION ET OBJECTIFS STRATEGIQUES ................................................................................................... 21
4. STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ................................................................................. 22
4.1. AXE 1: CREATION DE RICHESSES : POUR UNE CROISSANCE PRO PAUVRE ......................................................... 25
4.1.1. Cadrage macroéconomique ........................................................................................................................ 26
4.1.2 Stratégie de Croissance accélérée................................................................................................................ 30
4.1.3. Politiques sectorielles.................................................................................................................................. 30
4.1.4. Secteurs d’appui à la création de richesses................................................................................................ 38
4.1.5. Mesures d’accompagnement ...................................................................................................................... 39
4.2. AXE 2 : ACCELERATION DE LA PROMOTION DE L’ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE ......................... 43
4.2.1. Capital humain et renforcement des capacités...................................................................................... 43
4.2.2. Capital naturel, habitat et cadre de vie .................................................................................................. 48
4.3. AXE 3 : PROTECTION SOCIALE, PREVENTION ET GESTION DES RISQUES ET CATASTROPHES ......................... 49
4.3.1. Objectifs de lutte contre la vulnérabilité ................................................................................................ 50
4.3.2. Composante de la stratégie nationale de protection sociale.................................................................. 50
4.4. AXE 4 : BONNE GOUVERNANCE ET DEVELOPPEMENT DECENTRALISE ET PARTICIPATIF................................ 54
4.4.1. Amélioration de la qualité du service public et gouvernance économique........................................... 54
4.4.2. Gouvernance judiciaire .......................................................................................................................... 54
4.4.3. Développement local et décentralisation................................................................................................ 55
4.4.4. Développement des pôles secondaires.................................................................................................... 55
4.4. 5 Promotion du dialogue social..................................................................................................................... 56
5. MISE EN OEUVRE ............................................................................................................................................ 57
5.1. PRINCIPES DIRECTEURS DE LA MISE EN OEUVRE............................................................................................ 58
5.2. CADRE INSTITUTIONNEL DE PILOTAGE ET DE SUIVI EVALUATION DU DSRP.................................................. 58
5.3. INSTRUMENTS ET PROCEDURES DE MISE EN ŒUVRE ...................................................................................... 59
5.4. SUIVI ET EVALUATION .................................................................................................................................. 59
5.4. 1 Suivi global.................................................................................................................................................. 59
5.4.2 Suivi aux niveaux sectoriel et régional ....................................................................................................... 60
5.5. INFORMATION ET COMMUNICATION .............................................................................................................. 60
5.6. FINANCEMENT DE LA STRATEGIE .................................................................................................................. 60
6. ANNEXES ............................................................................................................................................................ 63
6.1. ANNEXE 1 : CADRE DE PLANIFICATION .................................................................. ERREUR ! SIGNET NON DEFINI.
6.2. ANNEXE 2 : MATRICE DES MESURES (2006-2010)................................................................................................ 65
6.3 ANNEXE 3 : PLAN D’ACTIONS PRIORITAIRES - 2006 – 2010 .................................................................................. 80
6.4. ANNEXE 4 : COMPTES ECONOMIQUES ................................................................................................................... 91
Annexe 4.1. Evolution du Produit Intérieur Brut.................................................................................................. 91
Annexe 4.2 : Tableau des Opérations Financières de l'Etat DSRP 2006-2010.................................................... 93
Annexe 4.3 : Balance des paiements 2002 – 2010................................................................................................. 94
Annexe 4.4 : Situation monétaire intégrée (OPTIQUE F.M.I.) ............................................................................. 95
Annexe 4.5 : Scénarii du cadrage du DSRP 2006-2010 ........................................................................................ 96
Annexe 4.6 : Scénarii du cadrage du DSRP 2006-2010 ........................................................................................ 97
6.5. ANNEXE 5 : INDICATEURS DE SUIVI DU DSRP .............................................................................................. 98
3
SIGLES ET ABBREVIATIONS
ADEPME Agence de Développement et d'Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises
ADM Agence de Développement municipal
ADO Agence de Conseil des Adolescents
AEMV Adduction d’Eau Multi Village
AGETIP Agence d'Exécution des Travaux d'Intérêt public
APIX Agence de Promotion des Investissements et des Grands travaux
ASER Agence sénégalaise d’Électrification rurale
ASN Agence sénégalaise de Normalisation
BCEAO Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
BCI Budget consolidé d'Investissement
CEDEAO Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest
CDMT Cadre de Dépense à Moyen terme
CDSMT Cadre sectoriel de Dépense à Moyen terme
CEA Consommation par Equivalent Adulte
CFAA Country financial Accountability assessment
CL Collectivités locales
CMP Code des Marchés publics
CNCAS Caisse nationale de Crédit agricole du Sénégal
COA Code des Obligations de l’Administration
CPAR Country program Assessment review
CREA Centre de Recherches économiques appliquées
CSRP Crédit de Soutien à la Réduction de la Pauvreté
CSS Caisse de Sécurité sociale
DAS Direction de l'Action sociale
DER Direction de l’Expansion rurale
DPS Direction de la Prévision et de la Statistique
DSCRP Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
DTC3 Diphtérie Tétanos Coqueluche 3
EDS Enquête démographique et de Santé
EPC Equivalents de Produits consommables
EPPS Enquête de Perception de la Pauvreté au Sénégal
EPT Education Pour tous
ESAM-I Enquête sénégalaise auprès des Ménages (1994)
ESAM-II Enquête sénégalaise auprès des ménages (2001)
ESP Enquête Sur les Priorités des Ménages
FDD Fonds de dotation à la décentralisation
FECL Fonds d’Equipement des Collectivités locales
FNAE Fonds national d’Action pour l’Emploi
FNE Fonds national pour l’Emploi
FNR Fonds national de Retraite
GPL Gaz Propane Liquide
GV Groupes vulnérables
HIMO Haute intensité de Main-d'Œuvre
IAGU Institut africain de Gestion urbaine
ICS Industries chimiques du Sénégal
IDA International Development Association
IEC Information Education Communication
IMF Institution de Micro finance
IPM Institut de Prévoyance maladie
IPRES Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal
Ktep Consommation totale finale par produit
LPSE Lettre de Politique sectorielle de l’Environnement
MAC Maison d’Arrêt et de Correction
MPE Micros et Petites entreprises
NEPAD New Partnership for Africa’s Development
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS Organisation mondiale de la Santé
4
ONAS Office national de l'Assainissement du Sénégal
ONUDI Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel
ORSEC Organisation des Secours
OSC Organisation de la Société civile
PAFS Plan d’Action forestier du Sénégal
PDEF Programme décennal de l'Education et de la Formation
PEF Programme économique et financier
PEPAM Programme d’Eau Potable et d’Assainissement du Millénaire
PET Programme Education pour tous
PEV Programme élargi de Vaccination
PGF Productivité globale des Facteurs
PIB Produit intérieur brut
PLD Plan local de Développement
PME Petites et Moyennes entreprises
PMI Petites et Moyennes industries
PNBG Programme national de Bonne gouvernance
PNC Programme de Nutrition communautaire
PNDA Programme national de Développement agricole
PNDE Plan national de Développement de l’Elevage
PNDL Programme national de Développement local
PNDS Plan national de Développement sanitaire
PNIR Programme national d'Infrastructures rurales
PPTE Pays Pauvres très endettés
PSA Partenariat stratégique pour l’Afrique
PSJ Programme sectoriel Justice
PST2 Programme sectoriel des Transports 2
PTIP Programme triennal d'Investissements publics
QUID Questionnaire unifié des Indicateurs de Développement de l’ESAM-II
RBC Réhabilitation à base communautaire
SAED Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal
SCA Stratégie de Croissance accélérée
SDE Sénégalaise Des Eaux
SDSP Stratégie de Développement du Secteur privé
SENELEC Société nationale d’Electricité
SIDA Syndrome d’Immuno déficience acquis
SMIG Salaire minimum Interprofessionnel garanti
SNCS Société nationale des Chemins de Fer du Sénégal
SNEEG Stratégie nationale d’Egalité et d’ Equité du Genre
SNMF Stratégie nationale de la Micro finance
SNPS Stratégie nationale de Protection sociale
SRP Stratégie de Réduction de la Pauvreté
STEP Stratégies et Techniques contre l’Exclusion sociale et la Pauvreté
TBS Taux Brut de Scolarisation dans l’élémentaire
TDR Termes de Référence
TIC Technologies de l’Information et de la Communication
TOFE Tableau des Opérations financières de l’État
TVA Taxe sur la Valeur ajoutée
UA Union africaine
UEMOA Union économique et monétaire ouest africaine
UNICEF United Nations Children's Fund
5
1 INTRODUCTION ET CONTEXTE
1
Pour plus de détails voir « Rapport d’avancement de la mise en œuvre du DSRP - 2003 », MEF (2004) ; « Rapport
d’avancement de la mise en œuvre du DSRP - 2004 », MEF (2005) - (cf site :[Link])
6
8. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le processus de mondialisation se consolide avec son
cortège de contraintes et d’opportunités fondées sur le respect des normes économiques jalonnant le
chantier de la compétitivité. Il est désormais reconnu qu’une insertion plus importante dans les circuits
d’échanges mondiaux permet aux pays en développement, à moyen et long termes, d’accélérer leur
dynamisme économique et de réduire la pauvreté. Or, au cours de la période récente, les exportations du
Sénégal ont progressé à un rythme très modeste contribuant, ainsi, faiblement à la croissance du PIB et
n’assurant pas les besoins en importations, renforçant ainsi le déficit structurel de la balance
commerciale.
9. L’ampleur de la correction apportée au taux de change en 1994 a certainement amélioré la
compétitivité-prix des exportations sénégalaises, mais n’a pas suffi pour autant à assurer de bonnes
performances du commerce extérieur sénégalais, avec des exportations demeurant encore largement
composées de produits en déclin sur le marché mondial. La faiblesse des exportations sénégalaises
résulte également de contraintes pesant sur l’accès aux marchés des pays développés.
10. L’État a fait des efforts importants pour respecter les ratios de répartition des dépenses publiques
retenues dans le DSRP, en vue de promouvoir un développement durable et favorable aux couches les
plus démunies. Cependant, le problème de l’efficacité des dépenses publiques se pose toujours avec plus
d’acuité dans les secteurs de la santé et de l’éducation, la qualité et la disponibilité des ressources
humaines demeurent toujours parmi les contraintes majeures qui empêchent la réalisation d’une
croissance forte et inclusive.
11. C’est dans ce contexte que le Sénégal a élaboré son second DSRP en vue de réduire la pauvreté de
moitié à l’horizon 2015, et d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). À cet
effet, l’État devra mettre en place de manière soutenue, une politique économique et sociale permettant
de relever significativement ses performances socio-économiques et de placer le pays sur un sentier de
développement humain durable. Le consensus autour de cette stratégie fait apparaître la nécessité d’une
mobilisation des décideurs politiques, des acteurs nationaux et des partenaires au développement pour
lutter contre la pauvreté et l'exclusion à travers l’établissement d’un lien étroit entre la réduction de la
pauvreté, le progrès économique, la production et la consommation durables, l’équité du genre, le
renforcement des capacités et la bonne gouvernance.
Encadré 1 : Évolution de quelques indicateurs du DSRP et atteinte des OMD
120,00%
100,00%
80,00%
Pourcentage
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
2000 2005 2010 2015
Années
7
2 DIAGNOSTIC DE LA PAUVRETE2
12. La pauvreté est un phénomène multidimensionnel. C’est pourquoi, le Sénégal a pris en compte d’une
part, la perception de la pauvreté et, d’autre part, l’analyse du profil basée sur une information
quantitative résumée à travers un indicateur monétaire ou non monétaire.
2.1 Perception de la pauvreté
13. Les populations s’auto désignent pauvres ou non pauvres selon des critères qui leur sont propres. À cet
égard, un proverbe recueilli lors du processus participatif définit la pauvreté comme « l’absence d’avoir,
de savoir et de pouvoir». L’absence d’avoir peut s’interpréter comme une insuffisance de revenus et de
patrimoines physiques, tandis que l’absence de savoir et de pouvoir peuvent s’interpréter respectivement
comme une insuffisance de capital humain et de capital social. Cette définition qui fixe les déterminants
de la pauvreté est finalement plus large que celle des économistes. C’est elle qui fonde la stratégie du
Sénégal. Elle découle de la culture qui renvoie à la nature des formes d’organisation sociale et politique
des communautés locales et aux stratégies sous-jacentes. Aussi, importe-t-il d’investir dans la culture
qui détermine la manière de vivre des populations et qui subséquemment influence la méthode à utiliser
pour combattre la pauvreté.
Toutefois, certaines valeurs culturelles :(le xersa (pudeur), le jom (courage), le muñ (patience et persévérance)) empêchent parfois les gens à exposer
leur état de pauvreté, surtout chez les femmes qui préfèrent développer des alternatives de stratégies de sortie de crise (petit commerce, élevage,
etc.).
2
La réactualisation du Diagnostic du DSRP a été faite sur la base : (a) des résultats définitifs de ESAM II dont les enquêtes réalisées en 2001/2002
restent valables pour les analyses de profil de pauvreté et les tendances d’évolution, (b) des résultats de l’enquête EDS IV qui fournissent en 2004
des données récentes sur les indicateurs humains, et (d) de plusieurs études, analyses et enquêtes sectorielles réalisées entre 2004 et 2005 dans le
cadre des stratégies sectorielles.
3
Fixé à 2400 calories par équivalent adulte et par jour.
4
L’incidence de la pauvreté est le pourcentage de pauvres.
8
Tableau 1 : Pauvreté et inégalité au Sénégal, 1994 – 2002
Ménages Individus
Autres Autres
Niveau Dakar zones Milieu Niveau Dakar zones Milieu
national urbaines rural national urbaines rural
1994-95
Incidence de la pauvreté (%) 61.4 49.7 62.6 65.9 67.9 56.4 70.7 71.0
Profondeur de la pauvreté (%) 20.5 15.4 21.4 22.3 23.6 17.7 24.4 25.3
Gravité de la pauvreté (%) 9.1 6.4 9.5 10.0 10.6 7.4 10.8 11.7
Coefficient de Gini 38.6 45.8 39.7 31.7 32.6 36.7 34.0 29.4
2001-02
Incidence de la pauvreté (%) 48.5 33.3 43.3 57.5 57.1 42.0 50.1 65.2
Profondeur de la pauvreté (%) 14.8 9.5 13.4 17.8 18.3 12.0 16.1 21.4
Gravité de la Pauvreté (%) 6.2 3.7 5.7 7.5 7.9 4.7 6.9 9.4
Coefficient de Gini 37.4 41.9 38.3 29.9 34.2 37.3 35.2 30.1
Source: ESAM II, 2001/2002, ESAM I, 1994/1995
16. Au niveau ménage, l’incidence de pauvreté est passée de 61,4% (1994/95) à 48,5% (en 2001/2002),
correspondant à une baisse relative de 16%, mais ces taux sont largement en dessous de l’incidence
de pauvreté du point de vue de l’approche subjective basée sur la perception des chefs de ménage. En
effet, les résultats de cette approche indiquent que 65% des ménages interrogés se considèrent comme
pauvres et 23 % d’entre eux se déclarent même très pauvres. En outre, à l’opposé des mesures objectives
qui montrent une réduction de la pauvreté, les mesures subjectives indiquent une augmentation dans la
même période. Près de deux ménages sur trois (64%) estiment que la pauvreté s’est aggravée au cours
des cinq dernières années contrairement aux mesures objectives qui indiquent une réduction de 16%.
17. La pauvreté est plus répandue au sein des chefs de ménage dont le niveau d’instruction est le plus
bas. Près de 55% des chefs de ménage sans instruction sont pauvres contre 46% pour ceux qui ont le
niveau primaire. De plus l’incidence de la pauvreté baisse plus sensiblement dans les ménages où le chef
a atteint le niveau secondaire (26%) ou supérieur (12,5%). Le faible niveau d’instruction des femmes
accentue davantage cette pauvreté au sein des ménages.
18. L’incidence de la pauvreté augmente avec la taille du ménage. La taille moyenne des ménages des
20 % les plus pauvres est de plus de 10 personnes alors que parmi les 20 % les plus riches, elle est de 8
personnes. Du point de vue de la consommation, on note selon l’ESAM II, que les ménages de 1 à 4
personnes ont une consommation par an et par personne deux fois plus élevée que celle des ménages de
5 à 10 personnes et 3 fois plus que celle des ménages de 10 à 14 personnes. Cette corrélation positive
entre la taille du ménage et la pauvreté met en évidence les interrelations existant entre variables
démographiques et pauvreté au Sénégal. Ainsi, la forte fécondité (5,3 enfants par femme) caractérisant
les ménages de taille élevée contribue à la baisse du taux de la consommation par personne exposant les
membres du ménage à des privations pouvant affecter de manière durable leurs capacités d’accès à
l’avoir, au savoir et au savoir-faire et au-delà, créer les conditions d’une persistance du phénomène de
pauvreté.
19. Dans les ménages où le chef de famille dispose d’un revenu relativement bas, on rencontre un taux de
dépense très élevé. Dans la plupart des cas, les membres secondaires sont sans revenus et continuent à
être entretenus. Cette situation est le reflet du rapport élevé de dépendance induit par la proportion
importante de jeunes au sein de la population sénégalaise. Pour ces jeunes représentant 58% de la
population, la transition vers l’âge adulte est ardue du fait des problèmes d’insertion professionnelle, de
la précarité de l’emploi et des conditions difficiles d’accès au logement.
20. Même si la pauvreté, de manière générale, touche plus les femmes que les hommes, l’incidence de
la pauvreté est plus faible parmi les ménages dirigés par une femme. En effet, les données de
l’ESAM II montrent que la pauvreté est moins répandue dans les ménages dirigés par une femme (37%
contre 51% pour les ménages pauvres dirigés par un homme). À Dakar où le statut de la femme semble
plus favorable (autonomie, participation, capital humain et social), la différence de niveau de pauvreté
entre les ménages dirigés par des femmes et ceux dirigés par des hommes est même très négligeable
(33,7% contre 32,1%).
9
21. Cet avantage apparent peut être dû à une différence dans la composition des ménages des deux
catégories, à la taille et à l’importance des transferts plus favorables aux ménages dirigés par des
femmes. Par ailleurs, les femmes chefs de ménage sont plus autonomes, plus entreprenantes et ont un
meilleur accès aux ressources que les autres femmes.
22. Environ 56% des ménages dirigés par une personne de troisième âge sont touchés par la pauvreté dont
ils contribuent à hauteur de 19% (alors que les personnes du troisième âge ne représentent que 6% de la
population). Les personnes de cette tranche d’âge (plus de 60 ans) rencontrent de nombreuses difficultés
dont : la faible participation à la citoyenneté et aux instances de décisions, l’insuffisance d’organisation
et de système de prise en charge, le coût élevé des consultations, des actes médicaux et des médicaments
relatifs à leur santé physique, l’accès difficile au crédit bancaire ou à un fonds spécial d’appui et de
réinsertion, mais également à la terre et au logement. La vulnérabilité des ménages dirigés par les
personnes du troisième âge est également imputable aux problèmes auxquels les jeunes générations sont
confrontées pour accéder à l’autonomie financière et assurer la relève.
23. La réduction de l’incidence de la pauvreté est plus marquée en milieu urbain qu’en milieu rural.
En milieu rural, 65,2% des individus et 57,5% des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ces
pourcentages sont plus faibles dans les autres villes (respectivement 50,1% et 43,3%) et nettement plus
bas à Dakar (42,0% et 33,6%). Ainsi, le milieu rural contribue à hauteur de 65% à la pauvreté, pour une
population de moins de 55% du total. En revanche, Dakar qui compte près d’un quart de la population y
contribue pour moins de 18%.
24. Les régions de Ziguinchor et de Kolda, confrontées pendant plusieurs années à la crise casamançaise,
(insécurité), de l’enclavement, enregistrent les taux les plus élevés de pauvreté (supérieure à la moyenne
nationale) : respectivement 67,1% et 66,5% (voir tableau 2). Ces régions sont suivies de Kaolack
(65,3%) et Diourbel (61,5%), qui se situent au cœur du bassin arachidier et qui subissent les effets du
déclin des activités économiques liées à l’arachide dans un contexte d’absence d’activités économiques
alternatives et Tambacounda (56,2%). Les régions moyennement pauvres de Thiès (48,6%), Fatick
(46,3%), Saint Louis/Matam (42,1%) disposent de plus de revenus du fait des activités dans les secteurs
touristiques, les cultures irriguées, la pêche, les transferts des émigrés (surtout pour Matam), la présence
d’industries agroalimentaires (en particulier pour Saint Louis) et extractives (Thiès). Enfin, les deux
régions les moins pauvres que sont Dakar (33,6% et Louga 36,6%) connaissent d’importants flux de
transferts. Par ailleurs, Dakar constitue un pôle économique, industriel, administratif, intellectuel et
culturel alors que la région de Louga dispose de richesses liées à l’élevage.
Tableau 2 : Incidence de la pauvreté et contribution selon les régions administratives
Régions Incidence de la pauvreté Contribution
Dakar 33,6 18,4
Ziguinchor 67,1 6,5
Diourbel 61,5 12,7
Saint Louis 41,2 8,6
Tambacounda 56,2 6,8
Kaolack 65,3 13,2
Thiès 48,6 12,7
Louga 36,2 5,1
Fatick 46,3 5,9
Kolda 66,5 10,1
Total 48,5 100
Source : DPS et Banque mondiale (ESAMII, 2001/2002)
10
charge de l’éducation des adolescents en perte de repères. En outre, la violence faite aux femmes est
devenue un fait courant dans les quartiers pauvres et dans les familles démunies conduisant souvent à
des drames.
27. La mendicité. Les talibés et mendiants (qui sont surtout des enfants et des adolescents) sont estimés à
plus de 1% de la population. Ce phénomène des talibés, en quête quotidienne de nourriture et d’argent,
tant pour leur propre survie que pour l’entretien de leur marabout, et repérables aux niveaux des
carrefours, des marchés, des mosquées, des banques et autres endroits publics des centres urbains, est un
véritable problème social et une atteinte aux droits humains.
28. La violence faite aux enfants : du fait de la pauvreté des ménages, beaucoup d’enfants sont victimes de
violences tels que les mariages précoces et forcés, les conflits (enfants victimes de mines en
Casamance). En milieu urbain, la recrudescence dans l’usage et le trafic des stupéfiants est en étroite
corrélation avec la situation de pauvreté et elle génère aussi la violence au sein des familles et
communautés.
29. Le travail des enfants. Le travail des enfants est défini ici comme l'exercice d'une activité économique
par les jeunes de moins de 15 ans. Environ 32,5% des enfants de 10 à 14 ans ont entamé leur vie
professionnelle. Les petites filles entre 10 et 14 ans sont employées comme domestiques ou vendeuses
de denrées alimentaires, pour contribuer au soutien des ménages pauvres. Des femmes et jeunes filles
pauvres quittent leur terroir en quête d’un travail (domestique, pileuse, lavandière, petit commerce)
surtout en période de soudure et sont exposées à la prostitution, à l’exploitation, au viol et à
l’infanticide.
Tableau 3 : Proportions d’enfants travailleurs par milieu de résidence et sexe
Milieu de résidence Ensemble Garçons Filles
Ensemble 32,5 37,4 27,6
Milieu urbain 8,4 11,2 5,7
- Dakar 6,2 8,3 4,2
- Autres Villes 10,3 14,0 7,1
Milieu Rural 47,1 52,4 47,1
Source : Enquête sénégalaise auprès des ménages, 2002
30. Au-delà de ces situations de violence, d’abus, d’exclusion et d’exploitation des enfants dans les
communautés pauvres, se pose la question fondamentale du non enregistrement des enfants à l’État civil
en dépit des efforts faits ces dernières années (60% en 2000 et 78.5 % en 2004), le non enregistrement
continue de constituer une entrave à l’accès à l’école et une atteinte à un droit fondamental.
31. La prostitution. Les femmes qui s’adonnent à cette pratique sont relativement jeunes (âge médian
estimé à 28 ans) et près de la moitié d’entre elles est divorcée. Environ 20% d’entre elles n’ont pas l’âge
légal (21 ans); alors que le tiers est célibataire, la plupart est divorcée (48%), mariée (12%) ou veuve
(6%). La prévalence de l’infection du VIH chez ces prostituées reste toujours très élevée selon les
derniers résultats des enquêtes.
32. La dégradation de l’environnement. Les longues années de sécheresse ainsi que les modèles non
durables de consommation et de production, ont fortement contribué à la fragilisation de
l’environnement. Cette dégradation affecte davantage les pauvres qui dépendent fortement des
écosystèmes pour leur survie et leur bien-être. En milieu rural, la faible qualité de vie des populations
continue de faire pression sur les ressources naturelles expliquant ainsi le rythme inquiétant de
déforestation malgré les efforts fournis dans le domaine. La dégradation de l’environnement liée
notamment à la pollution des voitures de plus de 20 à 30 ans d’âge constitue aujourd’hui des problèmes
de santé publique majeur.
33. Les principaux signes de pauvreté identifiés par les populations sont, dans l’ordre, la difficulté à se
nourrir, le manque de travail, le manque de soins, le manque de logement décent. Aussi, considèrent –
elles que les priorités de l’État devraient être dans l’ordre : (i) l’emploi des jeunes (20,1 %); (ii) la
réduction des prix des denrées de première nécessité (18,9 %); (iii) l’accès aux soins de santé de base
(17,7 %); (iv) l’éducation des enfants (11,3 %).
34. Par ailleurs, d’autres études sectorielles montrent que la pauvreté se manifeste également par la faible
consommation énergétique et par le profil de consommation. En effet la consommation finale d’énergie
11
par habitant au Sénégal (0,18 tep) est faible comparée aux moyennes de la CDEAO, de l’Afrique et du
monde qui sont respectivement de 0,45 tep, 0,5tep et 1,1tep5.
2.4. Déterminants de la pauvreté
2.4.1. Environnement économique / Insuffisance de revenus
35. De 1960 à 1993, la croissance annuelle moyenne de l’économie est estimée à environ 2,7 % par an, soit
en dessous du taux de croissance démographique (2,9% l’an sur la période). Cette faible croissance s’est
traduite par une baisse des revenus réels par tête et de l’emploi ainsi que par une augmentation des
inégalités. Cette situation de crise économique et sociale a amené, le Sénégal et ses partenaires de
l’Afrique de l’Ouest et du Centre à réviser la parité de leur monnaie commune par rapport au franc
français.
36. Après la dévaluation du franc CFA intervenue en 1994, l’économie a renoué avec la croissance pour une
progression moyenne du PIB d’un peu moins de 5% l’an de 1994 à 2002, dans un contexte de maîtrise
de l’inflation et de réduction continue des déficits publics. Ce redressement de la croissance est
imputable au regain de compétitivité de certains produits d’exportation notamment les produits
halieutiques, les produits arachidiers, les phosphates, etc.).
37. Comme énoncé précédemment, la part des ménages pauvres a diminué de 61,4% à 48,5%, soit une
baisse en termes relatifs de l’incidence de la pauvreté de 16%. L’impact de la croissance sur l’incidence
de la pauvreté des populations a été cependant atténué par l’inefficacité des politiques de redistribution.
Les inégalités mesurées par l’indice de Gini sont restées stables et ont même légèrement augmenté. En
effet, cet indice estimé au niveau des individus est passé de 32,6 en 1994-95 à 34,2 en 2001-02. En
d’autres les 20% les plus riches de la population réalisent plus de 41% des dépenses annuelles totales
contre 8,1% pour les 20% les plus pauvres.
38. Ainsi, les performances économiques et financières enregistrées ces dernières années restent encore
insuffisantes pour réduire de façon plus significative la pauvreté en vue d’atteindre les Objectifs du
Millénaire pour le Développement (OMD), notamment la réduction de l’incidence de la pauvreté de
moitié à l’horizon 2015. En effet, avec le rythme actuel de progression de l’économie, il faudra 30 ans
environ pour doubler le PIB par tête qui demeure l’un des plus faibles au monde (635 $ US en 2003).
Des poches de pauvreté non négligeables persistent, avec notamment la grande différenciation entre
milieu urbain et milieu rural.
39. La croissance reste contenue par un certain nombre de contraintes structurelles dont notamment la faible
diversification de l’économie, le niveau relativement élevé des coûts de production et le difficile accès
5
Sources : SIE Niger 2005, SIE Sénégal, Livre Blanc CEDEAO 2004 et ENERDATA (tep : tonne équivalent pétrole)
12
au financement et au foncier. Nonobstant l’expansion rapide des systèmes financiers décentralisés,
l’accès aux services financiers reste limité pour les micro-entreprises et les nouveaux entrepreneurs du
secteur informel. Par ailleurs, les crédits de long terme représentent moins de 5% des crédits à
l’économie, en raison de l’insuffisance des ressources stables des banques. Le manque de sites
industriels aménagés constitue également une contrainte majeure à l’accumulation de capital, à l’entrée
massive des investissements directs étrangers et au développement du secteur privé. En effet, l’APIX a
constaté un taux de réalisation de moins de 50% sur les investissements agréés de 2001 à 2004, en
raison notamment de l’indisponibilité de fournir des terrains aménagés à Dakar. Le rythme de
progression de l’économie reste tributaire de la production agricole hautement dépendante de la
pluviométrie. La productivité du travail s’améliore mais reste encore très faible par rapport aux pays
émergents.
2.4.2. Insuffisance et inégalités dans l’accès aux services sociaux de base
Éducation et Pauvreté
40. Au Sénégal, le taux de croissance démographique estimé à 2,5% exerce de fortes pressions sur le
système éducatif national. Elle requiert en effet, chaque année, un accroissement des intrants scolaires,
dans de très fortes proportions, pour maintenir les performances auxquelles le système éducatif est
parvenu en matière d’accès.
41. Les ressources budgétaires allouées au secteur augmentent d’année en année. En effet, celles-ci sont
passées de 32% du budget de fonctionnement en 2002 à près de 40% en 2005, ce qui traduit une
importante volonté des autorités pour le renforcement du système éducatif qui demeure un axe central
de la croissance et de la lutte contre la pauvreté. Cependant, les résultats obtenus sont mitigés. Dans
l’ensemble, près de 80% des enfants scolarisés dans l’enseignement primaire habitent à moins de 30
minutes de leurs établissements scolaires. C’est en milieu urbain (87,3%) et à Dakar (92,9%) en
particulier que les établissements scolaires sont plus accessibles. En revanche, en milieu rural, la
proportion d’élèves résidant à moins de 30 minutes des établissements primaires est de 69,5%. Environ,
56% des populations sont satisfaites de la qualité des services éducatifs et c’est en milieu urbain que le
niveau de satisfaction est plus élevé. L’accès aux fournitures scolaires reste un problème majeur pour
l’éducation. En effet, 80% des populations non satisfaites de la qualité des services d’éducation n’ont
pas accès à une fourniture complète. Ce constat fait ressortir le besoin de mener davantage d’actions,
notamment en faveur du monde rural pour l’atteinte des objectifs du PDEF et plus généralement ceux du
Sommet mondial sur l’Éducation pour Tous (EPT, 2000).
42. Le taux brut de scolarisation élémentaire est en constante progression passant de 69,4% à 82,5% entre
2001 et 2005 mais reste insuffisant. Ce taux reste en dessous de la moyenne de l’Afrique au Sud du
Sahara, tout comme le nombre d'élèves par enseignant qui est de 51 au Sénégal contre 44 en moyenne
en Afrique au Sud du Sahara. Il est de 95% dans les zones urbaines et de 70% dans les zones rurales.
Malgré ces progrès, près de 300 000 enfants en âge d’aller à l’école primaire en milieu rural et 36 000
enfants dans les zones urbaines ne sont pas scolarisés. Pour les zones rurales, un tiers d’entre eux se
trouve dans la région de Diourbel, suivie de Kaolack et de Louga.
43. Par ailleurs, la comparaison des taux bruts de scolarisation entre les différents quintiles de dépenses par
tête fait ressortir des inégalités entre riches et pauvres. En effet, entre les premier et cinquième quintiles,
le différentiel de taux bruts de scolarisation s’établit à 32,4 dont 30,8 en milieu urbain et 55,9 à Dakar.
13
Figure 2 : Taux brut de scolarisation par sexe selon les quintiles de dépenses par tête sont relativement faibles
90
83,2
79,2
Taux bruts de scolarisation (en%) 80 76,2
68,2
70 64,9
60 55,6 56,3
52,7
50,7
50 45,6
Garçons
40 Filles
30
20
10
0
1er Quintile 2ème Quintile 3ème Quintile 4ème Quintile 5ème Quintile
44. La scolarisation des filles dans l’élémentaire demeure encore relativement faible. Les taux de
scolarisation sont de 84,4 % chez les garçons et 80,6% chez les filles en 2005. Cependant, l’analyse des
variations différentielles du taux brut de scolarisation montre que les femmes chef de ménage
scolarisent mieux les enfants et le différentiel de taux brut de scolarisation avec les ménages dirigés par
les hommes est de 13 points environ. Par contre, les inégalités en terme de scolarisation des garçons et
filles sont plus marquées chez les ménages dirigés par une femme (13,9 points) que les ménages dirigés
par un homme (8,6 points).
45. Le taux d’achèvement de l’école primaire se situe à 53,9% (2005) contre une moyenne de 66% pour les
pays accédant au guichet de l’IDA alors que la part des dépenses d’éducation primaire dans le PIB est
de 2,08% contre une moyenne de 1,84% pour ces pays. On note que près d’un enfant de 7 à 14 ans sur
10 a déjà abandonné l’école. Le phénomène touche davantage les filles que les garçons et Dakar (9,7%)
est plus touché que les autres villes (8,4%) et le milieu rural (7,1%). On note que plus de 30% des
abandons sont dus à une insertion précoce dans le milieu professionnel et/ou à des problèmes
économiques, 18,9% à l’échec scolaire, 12,2% à l’absence de perspectives qu’offre l’école et 9% pour
des raisons de mariage/grossesse/maladie.
Tableau 4 : Taux d’abandon scolaire parmi les enfants âgés de 7 à 14 ans selon le milieu de résidence et par sexe
46. En dépit des efforts importants réalisés dans le cadre des campagnes d’alphabétisation, seuls 37,8% des
adultes (âgés de 15 ans et plus) ont la capacité de lire et écrire dans une langue quelconque. Même si
une attention particulière est accordée aux zones rurales où sont implantées 95% des écoles
communautaires de base, la population rurale sénégalaise reste à majorité analphabète. En effet, moins
d’une personne résidant en milieu rural sur quatre est alphabétisée. En outre, l’analphabétisme est
beaucoup plus marqué chez les femmes (28,2%) que chez les hommes (49,1%). C’est à Dakar et en
milieu urbain en général que les variations différentielles du taux d’alphabétisation selon le sexe sont
moindres.
47. Concernant les efforts consentis en milieu rural, les ressources sont réparties de façon inéquitable entre
zones rurales et zones urbaines. Selon certaines estimations faites par la Banque mondiale, le coût par
élève dans les zones rurales est d’environ 28 000 CFA par an, contre 47 000 CFA dépensés par le
Gouvernement par élève urbain.
48. Le Gouvernement a fait des efforts considérables pour augmenter l’offre d’enseignement primaire dans
les zones rurales. Dans la période de 2000 à 2004, 7 109 nouvelles salles de classe primaires ont été
14
construites et 930 réhabilitées (81% en milieu rural). Les ressources intérieures ont permis de financer
53%, et les partenaires, 42%. Les 5% restant étant financés par des projets multisectoriels appuyés par
des partenaires travaillant directement avec les collectivités locales et des communautés.
49. Pour améliorer la fréquentation et l’apprentissage des élèves, le Gouvernement du Sénégal a également
soutenu des cantines scolaires. Dans l’ensemble, selon une évaluation de la Banque mondiale6, 28% des
écoles primaires offrent des repas scolaires. Ce taux est de 34% en milieu rural7. Les cantines scolaires
semblent avoir un effet positif sur les inscriptions et les résultats. Il est ressorti d’une évaluation
d’impact du programme de cantines scolaires du PAM au Sénégal, menée en 2004, que le taux
d’inscription et le taux de réussite sont positivement corrélés à la présence des cantines.
Santé et Pauvreté
50. La part des dépenses budgétaires allouée au secteur de la santé ne cesse de progresser. En effet,
conformément aux objectifs intermédiaires retenus dans le premier DSRP, celle-ci est passée de 9,5% en
2003, à 9,8% en 2004 et 10% en 2005. Ces ressources ont, entre autres, permis le recrutement de 511
agents en 2005 dont 125 Médecins, 63 infirmiers d’État, 57 Sages-femmes, 20 techniciens
orthopédistes, 25 assistants sociaux, 10 aides sociaux, 10 ingénieurs des travaux de la statistique ainsi
que des techniciens supérieurs et du personnel d’appui. Toutefois, le secteur reste caractérisé par une
insuffisance des infrastructures sanitaires et sociales et en prestations de services. Le personnel de santé
est mal réparti, peu motivé à exercer ses activités sur l’ensemble du territoire national en particulier au
niveau des zones pauvres et reculées.
51. L’accès aux services de santé reste difficile au Sénégal, surtout en cas d’urgence. En effet, selon
l’enquête ESAM II, seuls 57,4 % des populations sont à moins de 30 minutes d’un service de santé, avec
une très forte disparité entre la capitale (Dakar) et les autres milieux de résidences. Ce taux est de 86,5%
à Dakar contre seulement 41,2% en milieu rural, du fait notamment des difficultés de transport liées aux
longues distances et à la mauvaise qualité des infrastructures routières. Plus d’un malade sur deux en
ville se trouve à moins d’un kilomètre d’un service de santé, alors que pratiquement le tiers de la
population rurale (32,9%) est situé à plus de 5km d’un service de santé avec des conditions de transport
souvent difficiles.
52. Pour ce qui est des soins prénatals, le taux d’accès ne cesse d’augmenter et est assez élevé sur
l’ensemble du pays. En effet, 93 % des femmes ont reçu des soins pendant leur période de grossesse en
2004-2005 (EDS IV), alors que ce taux était estimé à 64% en 1986 (EDS I), à 74% en 1992-93 (EDS II)
et à 82% en 1997 (EDS III) et à 87,5% en 2001-2002. Ces résultats font ressortir une meilleure prise en
compte de la surveillance de la grossesse, de la santé de la mère et de l’enfant au fil des années. En
milieu urbain, l’accouchement se passe en général, en présence de sages-femmes (88,1% des cas),
contre 46,6% en milieu rural dont l’essentiel des services est assuré par les accoucheuses traditionnelles
(31%).
53. Pour réduire les disparités entre Dakar et les autres régions, (92% d’accouchements assistés par un
personnel qualifié à Dakar contre respectivement 26% et 27% pour Kolda et Tambacounda), le
Gouvernement a consenti des efforts importants pour la prise en charge des urgences obstétricales, avec
la mise en place de blocs opératoires et d’un équipement adéquat pour la prise en charge des soins
obstétricaux d’urgence (SOU) pour plus d’une dizaine de Centres de Santé. Dans un souci de rendre
plus accessibles les SOU aux populations les plus démunies, l’État a mis en place un mécanisme de
subvention des césariennes dans les régions de Ziguinchor, Kolda, Tambacounda et Fatick considérées
comme étant les zones les plus pauvres du pays et où les taux de mortalité maternelle sont les plus
élevés.
54. Ces efforts ont permis d’enregistrer des progrès appréciables. Ainsi, le taux de mortalité maternelle est
passé de 540 à 434 pour mille entre 1992 et 2004, le taux de mortalité infantile de 68 à 61 pour mille et
l’indice synthétique de fécondité de 6,6 (EDS I) à 5,3 (EDS IV). En ce qui concerne la couverture
vaccinale contre les principales maladies de l’enfance, d’importants progrès ont été réalisés dans le
cadre du Programme élargi de vaccination (PEV). De 44,7% en 2001, le taux de couverture vaccinale
DTC3 chez les enfants âgés de 0 à 11 ans est passé à 80% en 2003. Toutefois, des efforts devront être
6 Gestion des risques en milieu rural au Sénégal : revue multisectorielle des initiatives en matière de réduction de la vulnérabilité
- Banque mondiale (2005).
7 Sur le total de 1 589 écoles qui offrent des repas, le financement du PAM couvre plus de 1 000 écoles et 120 000 élèves dans les zones rurales de Tambacounda, Fatick et Kaolack.
15
faits pour atteindre les OMD dans ce domaine où les femmes et les enfants sont particulièrement
exposés.
55. Le paludisme demeure la première cause de morbidité, quel que soit le milieu de résidence. Il constitue
42,6% des causes de maladies avec de légères disparités selon les localités : Dakar (41,2%), autres villes
(36,9%), milieu rural (44,8%). En 2004, la morbidité palustre des enfants de moins de 5ans dans les
Districts sanitaires est de 34,30% et chez les femmes enceintes, elle est de 13,05%. Par ailleurs, il est
indiqué que le paludisme affecte les revenus, la production et l’apprentissage, et réduit la croissance du
PIB du Sénégal de 0,35% par an selon les estimations de Mc Carthy et al. 2000.
Tableau 5 : Répartition de la population malade ou blessée selon le milieu de résidence et la maladie
Milieu de résidence
Dakar Autres villes Milieu urbain Milieu rural Ensemble
Maladies
% % % % %
1er passage
Fièvre/Paludisme 41,2 36,9 39,0 44,8 42,6
Diarrhée 3,7 6,1 4,9 8,5 7,1
Accident 2,0 2,2 2,1 2,8 2,5
Problème dentaire 4,5 3,7 4,1 2,8 3,3
Problème de peau 6,3 5,6 6,0 6,2 6,1
Problème d’œil 4,8 6,1 5,5 5,2 5,3
Problème d'oreille/nez/gorge 9,9 7,4 8,6 7,3 7,8
Autres 36,4 41,2 38,8 34,6 36,2
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Source: ESAM II, 2001/2002
56. Le Sénégal enregistre l’un des taux de prévalence du VIH les plus faibles en Afrique subsaharienne
estimé à 0,7% dans la population générale, avec 0,9% chez les femmes et 0,4% chez les hommes, selon
la dernière enquête EDS IV, reflétant ainsi l’efficacité des politiques mises en œuvre par le pays pour
lutter contre la pandémie mais aussi la féminisation de l’épidémie. Malgré ces résultats, le nombre de
personnes infectées par le VIH/SIDA demeure important, se situant autour de 75 000 adultes et de 5000
enfants infectés (CNLS 2004), constituant ainsi une menace sérieuse. Par ailleurs, le taux de prévalence
varie selon les régions passant de 0,6 % à Dakar, à 2 %, 0,4 % et 2,2 % respectivement à Kolda,
Tambacounda et Ziguinchor. Parmi les facteurs de risques, il est mis en évidence les migrations de
travail et saisonnières des hommes, les conflits en Casamance, mais aussi les rapports économiques et
de pouvoir entre les genres. D’autres facteurs accroissent également la vulnérabilité liée au VIH
notamment la proximité de pôles industriels à grande attraction, de plateformes touristiques, de
carrefours de voyageurs, de pôles religieux ou d’interfaces Urbain Périurbain Rural.
57. L’importance et la complexité des problèmes posés par le VIH/SIDA ont conduit les pouvoirs publics à
considérer l’épidémie à la fois comme un problème de santé publique mais aussi de développement.
Pour faire face à la menace de la pandémie, l’accès aux ARV a été facilité depuis 2003 pour les
personnes infectées par le VIH. Toutefois, les faibles pratiques de dépistage volontaire et les
comportements de stigmatisation vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH demeurent encore des
contraintes dans la lutte contre le SIDA.
Malnutrition
58. La malnutrition des enfants continue d’être un problème de santé publique au Sénégal. La situation
nutritionnelle est caractérisée par une prédominance du retard de croissance, de l’insuffisance pondérale,
de la carence en fer (anémie), en vitamine A et en Iode principalement chez les enfants, les adolescentes
et les femmes. Ces carences nutritionnelles ont des conséquences graves sur la santé, en termes de
morbidité, de mortalité et de dépenses de santé, sur la productivité économique et sur la réduction des
performances scolaires.
59. Les prévalences de la malnutrition sont encore élevées au Sénégal, particulièrement en zone rurale.
Ainsi, le niveau de l’insuffisance pondérale est deux fois plus élevé en milieu rural (22%) qu’en milieu
urbain (10%). Les régions les plus touchées sont Kolda, Matam et Saint Louis qui présentent les niveaux
qui atteignent 30% pour l’insuffisance pondérale. Selon les données des enquêtes EDS II et IV (1992 et
2005) et MICS I et II (1996 et 2000), il y a une amélioration de la situation nutritionnelle des enfants
âgés de moins de 5 ans. En effet, entre 1992 et 2005, la prévalence de l’insuffisance pondérale
16
(Poids/âge) est passée de 20% à 17%, celle du retard de croissance (Taille/âge) est passée de 22% à 16%
et celle de la maigreur (Poids/taille) est passée de 9% à 8%. Ces résultats ont été obtenus grâce aux
programmes de nutrition mis en œuvre avec l’appui des partenaires et notamment le Projet de nutrition
communautaire – PNC - (1995-2000) et le Programme de Renforcement de la Nutrition – PRN- (2002-
2006) mis en oeuvre par le Gouvernement du Sénégal.
60. La situation nutritionnelle du Sénégal est aussi caractérisée par les carences en micronutriments.
L’anémie est présente chez 84% des enfants de moins de 5 ans et 61% des femmes. Par ailleurs la
prévalence du goitre est de 33,5% dans la partie sud-est du pays. Alors que la carence en vitamine A est
estimée à 61% chez les enfants de moins de 6 ans, et serait la cause sous-jacente de 30% de la mortalité
infanto juvénile.
Accès à l’eau potable
61. En ce qui concerne l’accès à l’eau potable, des résultats très satisfaisants ont été obtenus ces dernières
années. En effet, d’après les résultats de ESAM-II, seulement 6,5% de la population n’a pas accès à
l’eau en 2002. Moins d’une personne sur cent éprouve des difficultés à trouver de l’eau à moins de 30
minutes contre plus de 8% pour les populations rurales. Une analyse récente (PEPAM 2004) a montré
qu’en milieu urbain, le taux d'accès à l'eau potable a connu des progrès sensibles, passant de 78% en
2000 à 90% en 2004. Cette progression est notamment due à l'exécution de programmes ambitieux de
branchements sociaux par la SONES. Malgré ces importants acquis, il subsiste encore de sérieuses
disparités d'accès selon les usagers et les régions. D'une part, un fort écart de taux de branchements
particuliers subsiste entre la région de Dakar (75,7% en 2004) et les autres centres urbains (57,1% en
2004). D'autre part, 20% des ménages urbains et péri-urbains, les plus modestes, dépendent des bornes-
fontaines et payent ce service de l'eau 3 à 5 fois plus cher que les ménages disposant d'un branchement
domiciliaire. La consommation spécifique dans les quartiers pauvres de Dakar ne dépasse pas 30
l/j/pers., soit la moitié de la consommation spécifique moyenne de Dakar.
62. En milieu rural, le taux d'accès raisonnable à l'eau potable a connu une progression de 56% en 2000 à
64% en 2004. Les consommations spécifiques sont encore très faibles. Les usagers des bornes-fontaines
qui représentent 35% des ménages ruraux consomment à peine 20 l/j/pers. Par ailleurs, des risques
importants de rupture du service d'eau potable subsistent encore car la gestion des forages motorisés
reste fragile en dépit des bons résultats de la phase test de la réforme de la gestion des forages motorisés
(REGEFOR), qui restent à être généralisée à tout le pays.
Accès à l’Assainissement
63. En matière d’assainissement, le taux d'accès en milieu urbain a connu une progression limitée sur la
période 2000-2004, passant de 56 % à 57%. En 2004, le taux d'accès était relativement substantiel à
Dakar, où 64% des ménages disposaient d'un système adéquat d'assainissement, dont 25% par
assainissement collectif et 39% par assainissement autonome ou semi collectif. Par contre, l'accès était
faible dans les autres centres urbains, où seulement 39% des ménages disposaient d'un système
d'assainissement. En milieu rural, 28% des ménages ne disposent d'aucun système d'évacuation des
excréta, alors que la plupart des ménages sont équipés de latrines traditionnelles qui ne répondent pas
aux normes internationales8.
64. Le taux de traitement des eaux usées est encore très insuffisant (19% en 2004) et le taux de dépollution
n'était que de 13%. Il en résulte des problèmes environnementaux aigus liés aux déversements non
contrôlés des boues de vidanges, dont sont d'abord victimes les ménages, souvent les plus pauvres,
vivant à proximité des zones de dépôt. L'impact environnemental du rejet en mer des eaux usées non
traitées de Dakar s'ajoute à ces effets négatifs.
Accès aux services énergétiques et pauvreté
65. L’analyse sur les insuffisances de performances en matière d’accès aux services sociaux de base et de la
compétitivité du secteur productif, a montré leur forte corrélation au déficit en services énergétiques. En
effet, la consommation énergétique demeure encore faible, en raison de (i) la faiblesse de l’offre par
rapport à la demande, (ii) le coût élevé d’accès aux services énergétiques, (ii) la qualité du service.
8
UNICEF/OMS
17
66. Par ailleurs, la pauvreté en milieu rural est fortement corrélée au déficit en services énergétiques, car
l’approvisionnement en eau, la mouture de céréales pour l’alimentation, la recherche du bois de chauffe
pour la cuisson qui sont autant de tâches dévolues aux femmes s’exécutent encore à l’aide de la force
physique sur la base d’instruments rudimentaires. Ces exercices constituent autant de contraintes
physiques et perte de temps maintenant d’un côté, les jeunes filles hors des circuits d’éducation et de
l’autre, la femme rurale dans une trajectoire de pauvreté chronique.
67. La vulnérabilité se définit en termes de risques particuliers et d’exposition des populations à ces
risques. Elle traduit la probabilité d’une personne, qu’elle soit pauvre ou non, à subir une perte
significative de bien-être en conséquence d’un changement de situation (ou d’un choc). L’analyse de la
vulnérabilité porte donc tant sur la nature des forces agissant sur le bien être d’une personne que sur son
aptitude sous-jacente à se protéger des risques et des chocs auxquels elle est exposée.
68. La pauvreté et la vulnérabilité sont fortement corrélées. La situation de pauvreté accroît la
vulnérabilité du fait du manque de revenus disponibles pour payer les services essentiels en temps de
survenance d’un choc et l’impossibilité de recours à l’épargne, à l’emprunt et à des réseaux de
solidarité. La vulnérabilité à son tour, renforce la pauvreté. Comme le montrent les résultats des
enquêtes de perception de la pauvreté, l’exposition des ménages à une série de risques, peut conduire au
basculement dans la pauvreté. Les risques pour les ménages et les individus identifiés peuvent être
classées en deux catégories : les risques collectifs et les risques individuels.
69. En ce qui concerne les risques collectifs, il est apparu que la plupart des ménages pauvres ont perdu
leurs avoirs et ont vu la qualité de leur vie se dégrader suite à des chocs naturels et des catastrophes qui
découlent des ruptures dans l’écosystème et d’accidents majeurs. Par ailleurs durant ces trois dernières
années de mise en œuvre du DSRP, l’économie et les ménages ont été particulièrement affectés9 par la
baisse et la mauvaise répartition de la pluviométrie. Le choc le plus récent lié à la pluviométrie, en 2002,
a abouti à une diminution de la production. Ainsi, 85 % des ménages ruraux ont déclaré avoir subi au
moins une mauvaise récolte au cours des 10 dernières années10.
70. Au niveau individuel, la survenance de chocs sanitaires (maladies, blessures, accidents, invalidité,
maladies handicapantes, épidémie,) et ceux liés au cycle de vie (naissance, maternité, vieillesse,
désagrégation familiale, décès, etc.,) ont des conséquences négatives qui affectent la qualité de la vie, la
productivité et finalement, la croissance économique dans un contexte d’absence de mécanismes de
solidarité ou d’assurance. Pour toutes ces raisons, les ménages ne disposant pas assez de ressources ou
de mécanismes d’assurance quand interviennent ces chocs, basculent ou se maintiennent dans la
pauvreté.
71. L’absence de systèmes de protection sociale et de systèmes de prévention et de gestion des risques
efficace et élargie qui auraient permis d’éviter ce basculement quand interviennent ces chocs est
l’un des principaux facteurs de maintien des pauvres dans un cercle vicieux de pauvreté et de création
de nouveaux pauvres notamment pour les acteurs du secteur informel, constituant ainsi un frein à
l’accumulation du capital et à l’investissement. En effet, les dispositifs formels de protection sociale
existants, basés sur la couverture des fonctionnaires et autres salariés contre les risques (constitués par la
sécurité sociale (CSS, IPM, IPRES, FNR, les assurances privées, les mutuelles professionnelles
complémentaires) couvrent moins de 15% de la population et ne concernent que les branches santé,
retraite, prestations familiales. Ainsi, une grande majorité de la population (secteur informel, secteur
rural, journaliers et catégories sociales vulnérables) n’est pas couverte par ces dispositifs formels et font
le plus souvent recours aux systèmes dits traditionnels de solidarité et/ou à des systèmes alternatifs
9
Durant les années de sécheresse, l’arachide a produit de 700 à 900 kg/ha par rapport aux bonnes années de récolte de 1 100 kg/ha.
Le déficit de production a varié de 145 000 tonnes à 570 000 tonnes (des pertes de 17,4 milliards à 68,4 milliards de F CFA au prix
moyen de 20F CFA/kg) selon l’année. Le schéma du mil/sorgho est très comparable, la production a décrû de 80 000 à 200 000
tonnes (pertes de recettes de 12 à 30 milliards F CFA au prix moyen de 150F CFA/kg). Une amélioration des précipitations
annuelles moyennes d’1 mm augmente d’1 kg/ha le rendement de l’arachide et de 0,4/kg celui du mil. Toutefois, les niveaux de
pluviométrie n’expliquent que pour 39 pour cent la variabilité des rendements de l’arachide.
10
Gestion des risques en milieu rural au Sénégal : revue multisectorielle des initiatives en matière de réduction de la
vulnérabilité ; Banque mondiale (2005).
18
comme (i) les systèmes d’assurances santé, (ii) les assurances gérées par les Institutions de Micro
Finances, (iii) les assurances gérées par les coopératives, (iv) les Mutuelles de santé communautaires.
Ces systèmes sont confrontées à des difficultés récurrentes liées aux faibles capacités de gestion, les
faibles taux de recouvrement des cotisations, les relations difficiles avec les prestataires de soins et ont
besoin d’appui pour la mise en place et la phase de croissance notamment pour la gestion des flux
d’information
72. Au-delà des risques encourus aussi bien au niveau collectif qu’individuel, c’est la capacité des
populations concernées à supporter les chocs, d’échapper ou d’atténuer leurs effets, qui permet de
caractériser la vulnérabilité. Si de manière générale cette capacité varie avec le niveau de capital humain
ou social disponible, il existe plusieurs populations particulièrement vulnérables du fait de déficits (de
droit, de capacité physique et/ou économique) liés à l’âge, aux discriminations liées au sexe et à des
handicaps physiques, à la précarité des cadres de vie ou à une combinaison de deux ou de plusieurs de
ces déficits.
2.6. Contraintes limitant l’efficacité des politiques publiques en faveur des pauvres
2.6.1. Bonne gouvernance, décentralisation et développement participatif
73. La promotion de la transparence dans la gestion des affaires publiques, la création d'un environnement
favorable au développement du secteur privé et le respect de l'Etat de droit font partie intégrante du
capital social qui est un axe fondamental pour doper la croissance économique et réduire les inégalités.
Il est attendu de l’État qu’il réponde aux exigences de la demande sociale dans un contexte de lutte
contre la corruption, de modernisation de l’administration, de renforcement de la démocratie et de la
décentralisation, de protection et de promotion des droits humains. De ce point de vue, une meilleure
gouvernance des réformes économiques devrait être promue afin de rendre plus crédibles les plans et
programmes initiés. Les institutions pour être équitables doivent être responsables, transparentes et
fonctionner en respectant la primauté du droit. Ces caractéristiques sont essentielles à la bonne
gouvernance et représentent un idéal que le Gouvernement vise à atteindre.
74. Dans le cadre du contexte de mise en œuvre du premier DSRP (2003-2005), le Gouvernement a
entrepris un certain nombre de réformes qui visent l’amélioration de la qualité du service public, la
gouvernance économique, la gouvernance judiciaire, la Gouvernance locale et la décentralisation.
75. Dans un souci d’améliorer la qualité du service public et de promouvoir une bonne gouvernance
économique, les mesures prises par le Gouvernement dans le cadre des réformes de la fonction publique
et de la mise en œuvre du plan d’actions CFAA-CPAR ont permis de réaliser : (i) une politique de
recrutement pour le moyen terme en réponse aux besoins de personnel dans la fonction publique ainsi
que les éléments clés d'une stratégie de rémunération qui prenne en compte les incitations à l'efficacité
et les aspects de compétitivité vis-à-vis de l'emploi dans le secteur privé pour les postes clés, (ii) la mise
en place du Système intégré de Gestion des Finances publiques (SIGFIP), (iii) la déconcentration de
l’ordonnancement, (iv) l’élaboration des CDMT, (v) la mise en place d’une nomenclature budgétaire
unifiée, (vi) l’audit technique et financier de la solde, (vii) l’élaboration des plans de passation de
marchés (viii) l’adoption des textes relatifs au code de passation des marchés. En dépit de toutes ces
actions menées par l’Etat, l’objectif d’atteindre une fonction publique performante et une bonne
gouvernance économique présente encore des insuffisances du fait notamment de la lourdeur et des
lenteurs administratives, de la gestion inefficace des ressources humaines, de la faible motivation des
agents, du service public de faible qualité et parfois inaccessible, des retards dans l’examen des comptes
de gestion et des lois de règlements et dans la mise en œuvre de la déconcentration de l’ordonnancement
et de la persistance des lenteurs dans les procédures d’adjudication des marchés.
76. Par rapport à la gouvernance judiciaire, on note encore des limites malgré les efforts faits par l’État en
faisant passer le budget du ministère de la Justice de 2 milliards en 1998 à 7 milliards en 2001, puis 12
milliards en 2005. Parmi les facteurs de dysfonctionnement, figurent les lenteurs des procédures
judiciaires, le manque d’infrastructure; la vétusté des locaux des juridictions et des services centraux,
l’obsolescence de l’outil de travail et l’insuffisance numérique de personnel qualifié qui manque de
documentation. Or, la démocratie, le renforcement de l’État de droit, l’amélioration de l’environnement
des affaires et la sécurisation des biens et des personnes ne sont envisageables que dans une justice
modernisée et transparente.
19
77. En ce qui concerne le développement local et la décentralisation, le processus de décentralisation a
connu, au Sénégal, plusieurs étapes à l’issue desquelles certaines compétences ont été transférées, mais
dont l’exercice se heurte à plusieurs difficultés. Les différentes évaluations ont mis en exergue : (i) le
manque notoire de moyens dont disposent les collectivités locales pour faire face aux exigences et
compétences qui leur sont transférées ; (ii) la non fonctionnalité des organes d’appui, (iii) la mauvaise
compréhension du sens de la décentralisation et (iv) le retard accusé par l’État dans la mise à la
disposition des collectivités locales des FECL et des FDD.
78. L'environnement socioculturel comprend le système de croyances et de valeurs qui ne favorisent pas
toujours l'adoption des innovations et des transformations propices à l'avènement d'une société
dynamique et prospère. Cet environnement influence et conditionne les comportements des différents
acteurs face à la situation de pauvreté. Les tensions entre les systèmes économiques et les valeurs
sociales dominantes requièrent forcément la mise en œuvre d’ajustements socioculturels sans laquelle
les performances économiques aussi bien individuelles que collectives peuvent demeurer relativement
faibles.
79. Au Sénégal, les mécanismes socioculturels générateurs de pauvreté interviennent aussi bien au niveau
rural qu’au niveau urbain. Ils ont pour noms : (i) les modèles de consommation extravertis et non
adaptés aux revenus des ménages, (ii) les comportements ostentatoires (comme les gaspillages dans les
cérémonies familiales) qui réduisent la possibilité d’épargner et d’investir pour le moyen et long
termes et les nombreuses fêtes familiales et religieuses qui ont un coût sur la productivité et sur la
croissance du pays, (iii) la forte hiérarchisation des structures traditionnelles qui ne confère pas une
égalité des chances et restreint les cercles de solidarité et de dynamique sociale, (iv) la persistance des
disparités de genre qui écartent les femmes des instances de décision et les privent des moyens de
production tout en impactant négativement sur le taux de scolarisation des jeunes filles et leur maintien
à l’école, (v) la tolérance sociale de la mendicité qui touche aussi bien les adultes que les enfants et qui
génère des comportements d’assistés et (vi) la péréquation sociale qui n’encourage pas l’épargne et
inhibe l’esprit d’entreprise au niveau individuel, (vii) la persistance de mentalités qui ne sont pas
favorables à la préservation des biens publics et à l’esprit de citoyenneté.
80. Même si la lutte contre la pauvreté, implique la nécessité de revisiter les valeurs culturelles et, même de
transformer de manière radicale certains des repères fondamentaux de la vie collective, il serait
réducteur de penser que le substrat socioculturel dans son essence, constitue une entrave pour le
développement. Ainsi, l’activation du capital socioculturel agit comme un véritable amortisseur de la
crise et participe à l’augmentation de la croissance au même titre que le capital physique.
81. Au Sénégal, ce capital social a une grande importance car contribuant à la cohésion sociale autour d’un
ensemble de normes, de croyances culturelles et religieuses. Il participe aussi à l’émergence
d’associations religieuses, villageoises, de développement qui constituent un vaste réseau d’entraide. Il
est bon de souligner que le secteur informel et l’émigration (dont la contribution à la formation de la
croissance n’est plus à démontrer) se sont fortement appuyés sur ce capital social arrimé sur des valeurs
forte de solidarité et de partage.
82. L’enjeu réside donc dans la conduite d’un inventaire des valeurs et comportements socioculturels, de
manière à extirper de la société ceux qui freinent le développement et entretiennent la pauvreté, et à
promouvoir ceux qui constituent des facteurs d’accélération de l’émergence économique et sociale.
20
3. VISION ET OBJECTIFS STRATEGIQUES
83. La vision qui sous-tend les objectifs du DSRP s’appuie sur une philosophie, partagée par tous les
sénégalais et sénégalaises, basée sur des valeurs séculaires qui (i) sacralisent le travail considéré comme
la première forme de liberté et le moyen de réalisation personnelle pour s’affranchir de la pauvreté (ii)
élèvent la solidarité au rang de paradigme de développement et (ii) considèrent enfin la paix et la
sécurité humaine comme préalables à tout développement. Cette vision établit ainsi un lien fort entre la
croissance et l’obligation de solidarité dans une même finalité de développement humain global. Cette
axiomatique de la solidarité qui place le renforcement du capital social, ceux du capital économique et
du capital humain comme devant aller de paire constitue également les fondements des options
partagées sur le plan international de démocratie et de justice sociale traduites dans les OMD et le
NEPAD.
84. La vision qui sous-tend les objectifs du DSRP est aussi basée sur l’analyse des tendances fortes de
l’évolution économique, sociale et culturelle, interne et externe, et sur divers partenariats et
engagements, notamment ceux pris dans le cadre des OMD, du plan stratégique de l’UA, du NEPAD, de
la CDEAO et de l’UEMOA (cf schéma en annexe 1). En effet, pendant les 10 prochaines années (à
l’horizon 2015), le Sénégal évoluera, d’une part, dans le contexte d’une économie mondiale caractérisée
par une réduction des obstacles aux échanges équitables et équilibrés et marqué par des flux importants
de capitaux du nord vers le Sud avec une plus grande efficacité de l’aide au développement,
conformément aux engagements pris pour l’atteinte des OMD11, ainsi que sur un raffermissement des
solidarités internationales sous-tendues par des rapports de partenariat et d’équité des plus consensuels.
D’autre part, il sera pris en considération le contexte d’une économie sous-régionale et africaine
intégrée, avec des politiques communes dans les domaines stratégiques de développement.
85. Avec la poursuite des efforts actuels et la détermination des autorités à réaliser une profonde
transformation des structures socio-économiques du pays, le Sénégal sera, en 2015, un pays doté
d’infrastructures sociales de base et de proximité qui garantissent aux ménages urbains et ruraux leurs
droits fondamentaux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, à une éducation de qualité, aux
services énergétiques, aux services de santé de qualité, à la mobilité et aux infrastructures marchandes
et à la sécurité et la protection sociale. La quasi-totalité des Sénégalais seront des citoyens instruits et
disposeront de capacités et de compétences pour trouver des emplois décents, gérer leur vie et la santé
de leur famille, participer à la vie politique, culturelle et scientifique de la nation. Enfin d’ici 2015, le
gap numérique entre le Sénégal et les autres pays développés sera fortement réduit et l’accès au TIC sera
généralisé et fera partie de la culture des Sénégalaises et Sénégalais notamment dans les domaines de
l’accès aux connaissances et à l’information, à la vie politique, économique, sociale et culturelle.
86. Avec l’engagement de tous les acteurs, les Sénégalaises et Sénégalais vivront d’ici 2015, dans un
contexte marqué par l’égalité des chances d’accès aux opportunités économiques et aux services publics
de tous les citoyens, avec l’élimination effective des facteurs d’exclusion sociale et de discrimination
notamment de genre et envers les groupes vulnérables comme les handicapés, les malades du SIDA, les
enfants et les femmes en situation de vulnérabilité, etc.
87. Le processus de changement démographique amorcé au cours des dernières décennies devrait se traduire
en 2015 par un rythme d’accroissement de la population en adéquation avec les objectifs d’accélération
de la croissance économique et d’amélioration de la qualité de vie des populations. Un allongement de
l’espérance de vie à la naissance devrait être observé du fait des progrès enregistrés dans les domaines
de l’hygiène individuelle et collective, de la nutrition, des changements de comportements et de
l’élargissement de l’offre et l’amélioration de la qualité des services de santé. Les investissements
conséquents réalisés dans les domaines de l’éducation, de la formation, de la création d’emplois et de la
santé de la reproduction des jeunes devraient permettre d’améliorer la qualité du capital humain, faisant
ainsi de la jeunesse de la population sénégalaise un atout majeur pour la relance de la croissance
économique et l’atteinte des objectifs de développement. Les tendances démographiques indiquent
qu’en 2015, la majorité des Sénégalaises et Sénégalais vivront en milieu urbain et périurbain. Les
déséquilibres notés entre Dakar et les villes secondaires dans la distribution spatiale de la population
devraient être résorbés en vue de la maîtrise de l’exode rural et de la croissance urbaine. Ainsi, les villes
secondaires deviendront de véritables pôles de développement économique, des centres culturels avec
des cadres de vie et des services de qualité pour accueillir la majorité de la population urbaine et
11
Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide
21
stimuler les économies rurales polarisées. En outre, une meilleure adéquation entre l’éducation, la
formation et l’emploi devrait permettre de revaloriser les ressources humaines en tant que moyen de
promotion socio-économique des jeunes et de réduire les candidats à l’émigration et à l’exode fondé sur
le désespoir, afin de garantir la pleine participation des populations moins âgées, dans le processus de
développement de leurs terroirs.
88. Enfin la culture de la prévention contre les risques sociaux, les risques majeurs et les catastrophes sera
fortement ancrée dans les mentalités et pratiques et se traduira dans les stratégies individuelles et
collectives ainsi que dans les politiques et programmes des collectivités locales, de l’État et des
Entreprises privées.
89. Sur la base de cette vision et des objectifs retenus dans le NEPAD et les OMD, le Sénégal a défini une
stratégie de développement pour la croissance et la réduction de la pauvreté dont le but est d’améliorer
de manière durable le bien-être des populations en (i) réduisant l’incidence de la pauvreté des
populations en dessous de 30% d’ici à 201512, par une croissance accélérée, forte, équilibrée et mieux
répartie d’au moins 7 % en termes réels en moyenne sur la période, (ii) accélérant l’accès aux services
sociaux de base et en améliorant la sécurité alimentaire des populations (iii) protégeant les populations
en particulier les plus vulnérables contre les risques sociaux et les catastrophes (iv) réduisant les
inégalités et éradiquant toutes les formes d’exclusion au sein de la Nation notamment par l’instauration
de l’égalité des sexes dans tous les domaines, (v) promouvant la bonne gouvernance et l’État de droit.
90. À court terme et sous réserve de la non occurrence de chocs exogènes majeurs, il s’agira d’assurer une
croissance moyenne de 7 à 8% en termes réels13 et de réaliser des progrès notables dans les secteurs
sociaux pour atteindre les OMD en 2015 notamment (i) un taux de scolarisation de 100 % dans le
primaire, (ii) un taux d’accès à l’assainissement pour les populations urbaines de 78 % (iii) un taux de
consommation spécifique de l’eau potable d’au moins 35 l/pers/j14 qui passe par un taux d’accès de 100
%, (iv) une baisse de la mortalité maternelle en augmentant la proportion d’accouchements assistés par
du personnel formé jusqu’à 75%, (v) une réduction de la mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans
de 56% et (vi) le maintien de la prévalence du VIH SIDA en dessous de 3%, (iv) une amélioration
sensible du taux de protection sociale avec un taux de couverture du risque-maladie de la population à
au moins 28 % en 2010 et à 50 % d’ici 2015 (v) une amélioration de l’accès aux services énergétiques,
avec l’objectif de 66% des ménages ayant un accès au service électrique, dont au moins un taux de 30%
en milieu rural. Ces objectifs qui prennent en considération le profil de la pauvreté urbaine et rurale tel
qu’il ressort du diagnostic de la pauvreté et des différents travaux réalisés dans le cadre du processus
participatif seront réalisés grâce aux efforts concertés de tous les acteurs de la vie économique et
sociale.
4. STRATÉGIES DE CROISSANCE ET DE REDUCTION DE LA PAUVRETÉ
91. L’analyse des causes, déterminants, manifestations et le vécu de la pauvreté au Sénégal montre que la
forte croissance nécessaire pour réduire de manière durable la pauvreté nécessite au préalable un cadre
macroéconomique sain et une gestion saine et transparente des ressources publiques qui passe par une
bonne gouvernance économique et judiciaire. Cette croissance n’est cependant pas suffisante pour
atteindre les objectifs, si elle ne s’accompagne pas d’une réduction des inégalités de revenus et des
discriminations dans l’accès aux services sociaux entre milieu rural et urbain, le renforcement du capital
humain, le renforcement de la décentralisation et la participation des acteurs dans la formulation et la
mise en œuvre des politiques et stratégies. Par ailleurs, les événements vécus ces dernières années ont
montré que les acquis en matière de croissance et de renforcement du capital humain sont souvent remis
en cause du fait de l’occurrence de chocs de diverses natures (catastrophes, accidents) et d’absence de
protection contre les risques sociaux. Pour prendre en charge de manière harmonieuse et cohérente ces
différents défis, le Sénégal a retenu une stratégie axée sur quatre leviers fondamentaux : (i) la création
de richesses, (ii) l’accélération de la promotion de l’accès aux services sociaux de base, (iii) la
protection sociale et prévention et gestion des risques et catastrophes et (iv) la gouvernance et
développement décentralisé et participatif.
12 Ces objectifs intègrent les résultats déjà enregistrés dans la perspective de réduire de moitié l’incidence de la pauvreté d’ici 2015
pour l’atteinte des OMD.
13 Sur la période 2005-2010, l’objectif sera de réduire d’au moins 15% le pourcentage de personnes pauvres en vue d’atteindre les
OMD en 2015.
14 Conformément aux recommandations de l’OMS.
22
92. En ce qui concerne la création de richesses, différentes études statistiques révèlent une forte corrélation
entre le revenu national par tête et les indicateurs de pauvreté, qu'ils soient monétaires ou non
monétaires. Au Sénégal, les analyses faites sur les déterminants de la pauvreté montrent bien
l’importance du facteur « insuffisance de revenus » et justifient amplement que la promotion de la
création de richesses dans un cadre macro-économique sain et stable, constitue encore le premier pilier
dans le but de favoriser l’émergence et le renforcement de l’emploi productif. L’analyse des indicateurs
du cadre macroéconomique et des contraintes à la croissance montre que le Sénégal doit relever les défis
suivants : Comment augmenter les exportations de manière durable en appuyant des secteurs à forte
valeur ajoutée où le Sénégal dispose d’avantages comparatifs sur le marché mondial ? Comment
répondre à la demande intérieure en biens et services par la production intérieure en vue notamment de
garantir la sécurité alimentaire ? Pour relever ces défis, le Sénégal mettra simultanément en œuvre une
stratégie de croissance accélérée, une stratégie d’appui aux secteurs productifs de substitution à
l’importation en particulier dans le domaine agricole pour garantir la sécurité alimentaire.
93. Le Sénégal a retenu l’accélération de la promotion de l’accès aux services sociaux de base comme
second pilier de sa stratégie en vue notamment de relever le stock de capital humain, base d’une
croissance durable, répondre à la demande sociale et favoriser l’atteinte des Objectifs du Millénaire
pour le Développement.
94. Les ménages, aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, sont exposés à une variété de chocs
(sécheresse, inondations, accidents, maladies, fluctuation des prix de produits de base,…) qui les
empêchent d’accumuler les biens et le capital humain susceptibles de les aider à sortir de la pauvreté.
C’est pourquoi le Sénégal met l’accent sur la nécessité de faire de la protection sociale, en particulier
des groupes vulnérables, un des piliers de sa stratégie pour assurer une réduction durable de la pauvreté.
95. Enfin, un des enjeux principaux de la lutte contre la pauvreté est la nécessité de toucher toute la
population sénégalaise ciblée en répondant à ses besoins spécifiques et en assurant la célérité et la
transparence dans la formulation, le pilotage, l’exécution et le suivi - évaluation des politiques publiques
et des programmes de développement. À cet effet, le Sénégal a inscrit la bonne gouvernance et la
décentralisation dans les priorités de lutte contre la pauvreté, confirmant le consensus, exprimé par les
acteurs de la vie socio-économique, sur le rôle important du capital social dans la croissance à long terme.
96. Articulée autour de ces quatre axes, la stratégie de réduction de la pauvreté revient à : (i) promouvoir les
opportunités de création de richesses au Sénégal ; (ii) organiser l’égalité des chances dans la
concrétisation de ces opportunités, notamment à travers le renforcement des capacités des populations
pauvres et (iii) assurer la protection des groupes vulnérables; (iv) répondre à la demande sociale et
favoriser la participation des populations dans la gestion des affaires de leurs communautés de base,
notamment à travers une véritable politique de décentralisation et de développement local. En appui aux
politiques et stratégies qui seront mises en application suivant ces différents axes, il sera recherché une
meilleure maîtrise des tendances démographiques conformément à la Déclaration de Politique de
Population actualisée et adoptée en mars 2002. De même, la culture de la paix, de la tolérance et de la
solidarité doit demeurer une valeur cardinale de la société sénégalaise afin de prévenir l’exclusion et la
marginalisation des minorités au sein de chaque communauté de base.
97. La réussite de ces objectifs nécessitera des efforts importants pour renforcer le capital humain et les
infrastructures de soutien en particulier dans (i) le secteur des transports pour améliorer la mobilité
urbaine et désenclaver les zones rurales (ii) l’énergie en vue d’améliorer le cadre de vie et renforcer la
compétitivité du secteur productif, (iii) l’aménagement du territoire par le développement des villes
secondaires et (iv) la promotion de l’équité de genre dans tous les domaines en vue d’améliorer
l’impact des interventions et d’assurer l’équité. La prise en compte des différents rôles des hommes et
des femmes, les disparités entre sexes en ce qui concerne le contrôle et l’accès aux ressources, ainsi que
les différences qui en résultent au niveau des contraintes, besoins et priorités serviront de principe
d’orientation à toutes les composantes des stratégies retenues.
98. Les principaux objectifs et les actions correspondantes identifiées pour les quatre axes stratégiques par
les acteurs au cours du processus participatif et devant avoir un impact significatif sur la pauvreté ont été
répertoriées dans une matrice de mesures (annexe 2). Les objectifs/stratégies prioritaires et les actions
correspondantes (extraits de la matrice des mesures ont été ensuite listés dans un plan d’actions
prioritaires chiffré couvrant la période 2006 -2010 (annexe 3).
23
24
4.1. AXE 1: Création de richesses : pour une croissance pro pauvre
99. À partir des données des deux Enquêtes sénégalaises auprès des ménages (ESAM I et II), le Centre de
Recherches Économiques Appliqués (CREA) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a établi que
l'élasticité de l'incidence de la pauvreté par rapport au taux de croissance du revenu réel par tête, sous
l’hypothèse que l’inégalité des revenus ne change pas, était de - 1,38. Une croissance robuste et mieux
répartie est donc un pré-requis fondamental pour une réduction significative de la pauvreté (voir encadré 2).
Encadré n° 2 : Sénégal : Élasticités des indices décomposables de pauvreté par rapport au revenu moyen par
équivalent adulte,à l'indice de Gini et aux taux marginaux de substitution
Indice de Mesure de pauvreté Elasticité croissance Elasticité Gini
pauvreté 1995 2002 1995 2002 1995 2002
P0 61,4 48,5 -0,89 -1,38 -1,02 -0,89
P1 20,5 14,8 -1,68 -1,74 -2,54 -0,37
P2 9,1 6,2 -2,11 -2,21 -4,37 -0,74
Source : CREA, 2006
L’élasticité de l’incidence de la pauvreté pour l’année 2002 est de -1,38. En d’autres termes, un point de taux de
croissance du revenu par tête entraîne une réduction de la pauvreté de 1,38 point. L’élasticité est en nette progression
entre 1995 et 2002 dans la mesure où elle est passée de - 0,89 à - 1,38. Cette amélioration de l’élasticité croissance -
pauvreté tient dans une large mesure à la réduction des inégalités entre ménages. L’indice de Gini a baissé, en effet,
tant au niveau urbain, rural que national. Entre 1995 et 2002, il est passé de 0,476 à 0,417 à Dakar, de 0,33 à 0,29 en
milieu rural et de 0,48 à 0,44 au niveau national (contre une augmentation des inégalités entre individus, voir tableau
1, page 9).
Les résultats obtenus confirment que la réduction de la pauvreté est sensible à la fois à la croissance et à la
modification de sa répartition. En effet, en 2002, une réduction de 1% de l’indice de Gini conduirait à une baisse de
la pauvreté d’environ 0,9 point.
Ainsi une politique mixte de croissance du revenu par tête et de réduction des inégalités de 1% permettrait une baisse
de l’incidence de la pauvreté de 2,3%. Ce qui au total signifie qu’une croissance soutenue et mieux répartie sera un
élément fondamental pour la réalisation de l’objectif de réduction de la pauvreté.
L’effet de la croissance sur la profondeur et la sévérité de la pauvreté est plus significatif. Les élasticités sont
respectivement de – 1,7 et de -2,2 pour ces deux mesures.
100. La stratégie de création de richesses reposera sur une croissance économique forte, suffisante pour
avoir un impact quantitatif substantiel sur la prévalence nationale et régionale de la pauvreté. Il sera
ainsi recherché : (i) une croissance soutenue par des secteurs qui ont un impact important et durable sur
l’amélioration des revenus en milieux rural et urbain et (ii) une croissance génératrice d’emplois, portée
par l’investissement et les exportations. Cette stratégie repose sur un scénario de croissance qui
augmente les revenus des pauvres, c'est-à-dire une croissance qui favorise les secteurs et les régions où
les pauvres vivent et utilisent les facteurs de production qu'ils possèdent. Jusqu’à présent, la majorité des
pauvres sont localisés en milieu rural et dépendent en majeure partie directement de l'agriculture et les
facteurs de production qu'ils possèdent et qu'ils utilisent le plus se résument à la terre, au travail et très
rarement au capital. Une croissance favorable aux pauvres (croissance pro pauvre) devra mettre l'accent
sur les zones rurales, la hausse de la productivité et des revenus de l'agriculture et être très intensive en
travail.
101. Dans l’optique de renforcer le caractère inclusif de la croissance, le Gouvernement a identifié des
activités ou domaines d’activités prioritaires dans les secteurs suivants : (i) secteur primaire (agriculture,
élevage, pêche, foresterie), dans une dynamique intersectorielle, avec tous les autres secteurs
susceptibles de contribuer à son essor : industrie, hydraulique, transports, artisanat; (ii) micro finance et
entreprenariat féminin, (iii) PME/PMI et agro-industrie (iv) toute opportunité de développement des
initiatives privées génératrices d’emplois dans les autres secteurs économiques (mines, énergie,
bâtiments et travaux publics, TIC) qui peuvent être réalisées aussi bien en milieu urbain qu’en milieu
rural.
102. Du fait des interactions sectorielles et de la répartition spatiale de la population active et de la
pauvreté, le Sénégal doit axer sa stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté et des inégalités,
en priorité, sur le relèvement de la productivité de l’agriculture notamment à travers les produits à
demande intérieure et internationale croissante. Aussi, toutes les dispositions (mesures fiscales,
institutionnelles, infrastructures physiques, encadrement et formation, systèmes d’information sur les
25
marchés nationaux et internationaux) seront prises pour favoriser le développement d’unités de
transformation et de conservation des produits agricoles. Parallèlement, l’accent sera mis sur les autres
secteurs porteurs de croissance, mais également sur les facteurs de croissance à long terme comme le
capital humain et les infrastructures de base.
103. Sous réserve de l’amélioration de la productivité globale des facteurs, l'accumulation de capital
contribuera de façon très substantielle à la croissance. À cet égard, un objectif important de la stratégie
de réduction de la pauvreté sera d'établir un climat favorable aux investissements privés. En plus des
politiques macroéconomiques saines qui seront mises en œuvre, il sera nécessaire d'étendre les réformes
à un ensemble large de domaines incluant le parachèvement et la consolidation des acquis des
privatisations, les marchés des actifs, le commerce extérieur, les marchés financier et du travail,
l'environnement réglementaire et le système judiciaire afin d'améliorer le niveau des investissements.
Ces investissements serviront à améliorer le développement des secteurs créateurs de richesses et seront
accompagnés des investissements publics pour relever le niveau des infrastructures sociales et
économiques.
104. En somme, l’axe création de richesses sera basée sur un cadrage macroéconomique pour la période
2006-2010 et axé autour de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance accélérée (SCA) et de
différentes politiques sectorielles et multisectorielles orientées vers la réduction de la pauvreté, d’une
part, et, d’autre part, d’un ensemble de mesures d’accompagnement.
La situation de référence
105. Après une croissance de 5,5% enregistrée en 2005, les premières tendances de l’économie en 2006
sont marquées par la persistance de la hausse des prix du baril de pétrole et les difficultés des Industries
Chimiques du Sénégal, laissant augurer une croissance du PIB de 4,0%. Ce résultat s’explique par le
ralentissement de l’activité du secteur industriel qui est passée d’une croissance de plus de 8% à une
baisse de 0,9%. Le redressement du secteur primaire (6,8%) et le dynamisme du secteur tertiaire (5,1%)
permettraient d’atténuer l’impact des difficultés du secteur secondaire.
106. Au niveau du secteur primaire, la croissance est projetée en 2006 à 6,8% contre 9,4% en 2005, en
raison du ralentissement de tous les sous-secteurs. La croissance du sous- secteur agricole est attendue à
10,4% contre 13,1% en 2005, du fait notamment de l’amélioration de la production horticole et des
programmes agricoles. L’accroissement de la production de céréales et d’arachide est estimé en
moyenne à 5%. Pour le sous-secteur de la pêche, les premières tendances montrent une légère baisse de
la production, liée à la rareté de la ressource à laquelle s’ajoute la hausse des intrants.
107. S’agissant du secteur secondaire, la poursuite de la hausse des prix du pétrole, ainsi que les
difficultés des ICS ont fortement impacté l’évolution de l’activité industrielle. La croissance en 2006 est
attendue en baisse de 0,9% contre une hausse de 3,8% en 2005. En dehors des effets directs de la hausse
des prix des produits pétroliers sur le sous secteurs du raffinage de pétrole (-4,3%), les effets induits ont
été notés globalement dans les autres industries dont on attend une évolution à la une baisse de 10,8%
contre une hausse 1,0% en 2005. À ces difficultés s’ajoutent les contre performances des industries
chimiques qui se sont traduites par un arrêt de la production d’engrais et d’acide phosphorique. Les
industries extractives poursuivent leur tendance baissière (-14%), suite à la chute de la production de
phosphate. Concernant les huileries, malgré la hausse de la production d’arachide, l’activité est attendue
en baisse de 10,8%, au regard des résultats du premier trimestre 2006 et du niveau de collecte
relativement faible. Les BTP restent le moteur de la croissance du secteur secondaire avec une
progression attendue à 15,0%, reflétant le dynamisme des travaux publics. Enfin, pour le secteur de
l’Energie, la croissance devrait s’établir à 2,7% en 2006 malgré les problèmes d’approvisionnement en
fuel de la Société d’électricité.
15
Cette partie est axée essentiellement sur le secteur réel. Les autres éléments du cadrage macroéconomique sont
présentés en annexe 4.
26
108. Pour ce qui est du secteur tertiaire, la croissance de 5,1% reste essentiellement tirée par le sous-
secteur des Transports et Télécommunications qui enregistrent une progression 9,0%. Le léger repli du
rythme des activités commerciales (2,5% en 2006) est lié à la baisse des marges sur les produits du
secondaire. Toutefois, les évolutions des autres marges restent positives et sont respectivement de 3,8%
pour les produits du primaire et de 5,9% pour celles sur les produits importés.
109. Concernant les emplois du PIB, la croissance serait portée par l’investissement public qui
progresserait de plus de 12,8%. Par conséquent, le taux d’investissement devrait atteindre 20% en 2006.
La demande intérieure nominale augmenterait de 6,7% en 2006 contre 8,4% en 2005. Pour ce qui est
des exportations en volume, elles croîtraient de 4,2% tandis que le volume des importations
augmenterait de 3,9%. Cette situation résulterait en partie de la baisse du volume des importations de
produits pétroliers.
110. Le niveau général des prix, mesuré par le déflateur du PIB est projeté à 3% par rapport à 2005. Cette
hausse résulterait essentiellement de la flambée du prix du baril de pétrole. L’Indice Harmonisé des Prix
à la Consommation se situe à 2,6% en fin avril 2006.
111. S’agissant de la balance des paiements, les prévisions pour le reste de l'année font ressortir un
solde global excédentaire de la balance des paiements de 76,9 milliards contre un déficit de 5,3 milliards
en 2005. Cette performance est essentiellement due à l'amélioration de l’excédent du compte de capital
et d’opérations financières qui passerait de 377,6 milliards en 2005 à 471,8 milliards en 2006,
nonobstant la détérioration de 5,5% du compte courant, imputable à la dégradation du déficit
commercial.
112. Concernant les finances publiques, les recettes fiscales (hors dons) pour l’année 2006 sont
attendues à 922,7 Milliards contre 850,8 Milliards, soit une progression de 80 milliards, imputable
essentiellement au recouvrement des recettes fiscales. Quant aux dépenses, elles sont projetées à 1300,3
milliards en 2006, avec une augmentation des dépenses en capital sur ressources internes traduisant
l’effort de l’Etat dans les investissements. Toutefois le ratio masse salariale rapporté aux recettes
fiscales reste inférieur à 30%. Globalement, le solde budgétaire de base afficherait un déficit de 239,2
milliards, soit -4,9% du PIB, Hors PPTE et CTRS, le déficit devait s’établir à 0,7% du PIB.
113. L'objectif de croissance pour la période 2006 -2010 sera d'atteindre un taux moyen annuel de 7 à 8%.
Les projections macroéconomiques qui établissent la cohérence d’ensemble de la stratégie adoptée
laissent apparaître un taux de croissance annuel moyen du PIB par tête d’environ 5%. Ces projections
sont sous-tendues par un ensemble d'hypothèses. Ces hypothèses prévoient (i) une hausse des
investissements publics et privés (avec l’augmentation de l'aide publique au développement, des flux
d'investissements directs étrangers, et des ressources additionnelles attendues de l’annulation de la
dette), (ii) un meilleur ciblage et une amélioration de la qualité des investissements et (iii) un
renforcement de la contribution du secteur agricole à la croissance basée notamment sur une
diversification des produits et une modernisation des exploitations familiales.
114. Sous l’hypothèse d’une bonne mobilisation et une absorption totale des ressources attendues, la
croissance réelle du PIB, en moyenne annuelle sur la période 2006-2010 (7 à 8%), reflète le niveau
relativement élevé d’investissements programmé dans le DSRP et est compatible avec l’objectif de
réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015. Du fait d’éventuelles contraintes liées à la capacité de
mobilisation des ressources par l’Etat ou d’absorption de celles-ci par l’économie, trois scénarii sont
élaborés :
un scénario tendanciel, qui suppose que les ressources additionnelles en capital, prévues dans le
DSRP, ne seront pas mobilisées ou absorbées. Ainsi, la croissance restera en moyenne annuelle
à 5% sur la période 2006-2010.
un scénario moyen, qui suppose que les ressources additionnelles en capital prévues dans le
DSRP, ne seront absorbées qu’à hauteur de 50% (en raison des difficultés de mobilisation ou
d’absorption des ressources) et le taux de croissance serait attendu en moyenne annuelle à 6%
sur la période ;
27
Un scénario optimiste qui suppose que toutes les ressources additionnelles attendues pour la
mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté seront absorbées entièrement, soit la
réalisation des objectifs de croissance déclinés dans le DSRP avec un taux en moyenne annuelle
de 7 à 8% sur la période. La dynamique des différents secteurs de l’économie devant permettre
d’atteindre ces résultats durant cette période est décrite ainsi qu’il suit.
115. Le secteur primaire devrait progresser en moyenne de près de 11%. Cette évolution serait
influencée, essentiellement par une croissance du sous-secteur agricole de 13% avec la mise en oeuvre
des programmes agricoles visant le développement agricole durable, la sécurité alimentaire,
l’amélioration des revenus des populations rurales et la protection de l’environnement. La croissance du
sous-secteur de l’élevage et de la chasse devrait atteindre 6,3% sur la période après un taux moyen de
2,8% entre 2003-2005. Quant au sous secteur de la pêche, la reprise des débarquements à la suite d’une
meilleure gestion des ressources maritimes et le développement de l’aquaculture devraient permettre
une bonne reprise des débarquements à partir de 2008 et porter le rythme de croissance du secteur à
10,6%, en moyenne sur la période 2006- 2010, contre une moyenne de 1,9 % en 2004-2006.
116. S’agissant du secteur secondaire, l’ambition du Gouvernement est de développer l’industrie en
améliorant la productivité et la compétitivité des entreprises et en réduisant les coûts des facteurs de
production. La croissance du secteur est prévue en moyenne à 9,75% sur la période 2006-2010, en
raison du maintien du dynamisme des Bâtiments et Travaux Publics (14,0%), avec la poursuite des
grands travaux d’infrastructures publiques entamés depuis 2004. Le sous-secteur de l’énergie qui
constitue un maillon important dans la réalisation des objectifs de croissance, après avoir subi les effets
des hausses du prix du baril du pétrole entre 2005 et 2006, devrait enregistrer un taux d’accroissement
moyen de 8,2% à partir de 2007. Aussi, les investissements publics seront réorientés en partie vers ce
secteur en vue de lever les contraintes à la productivité des entreprises, de réduire les effets des hausses
des produits pétroliers sur les coûts de production et d’améliorer la production disponible d’énergie afin
de répondre à la demande grandissante des usagers.
117. La croissance du secteur tertiaire devrait se situer en moyenne à près de 7% sur la période 2006-
2010, du fait notamment des Transports et Télécommunications qui devrait croître respectivement de
5,3% et à 13,6% en moyenne annuelle.
118. En terme d’emplois du PIB, la consommation finale devrait connaître une légère amélioration avec
87,6% sur la période 2006-2010. En termes réels, elle croîtrait moins vite que le PIB (5,2%) tandis que
les consommations intermédiaires croîtraient plus vite (11,4%). L’investissement maintiendrait sa
dynamique avec la poursuite des travaux relatifs aux programmes d’infrastructures publiques et la
vigueur de la construction de logements des ménages. Ainsi, le taux de croissance moyen sur la période
pourrait atteindre 12,6%. Cette croissance des investissements reste toujours tirée par les
investissements publics (16,5% sur la période) mais une reprise des investissements privé devrait
s’opérer dés 2007 (8,7% pour s’accélérer et prendre le relais des investissements publics avec en
moyenne plus de 13,5% à partir de 2008. S’agissant de la demande extérieure nette, les exportations de
biens et services augmenteraient en moyenne de 6,6%, en termes réels, tandis que les importations de
biens progresseraient de 7,5% en termes réels. Le niveau général des prix, mesuré par le déflateur du
PIB est projeté en moyenne à 2,2% sur la période après les poussées inflationnistes liées à la hausse des
cours du pétrole observées les dernières années. Toutefois, la conduite d’une bonne politique monétaire
et budgétaire permettrait de maintenir l’inflation en dessous du seuil communautaire de 3%.
119. Au niveau de la balance des paiements, compte non tenu des transferts officiels, le solde des
transactions courantes passerait d’un déficit de 8,1% du PIB en 2006 à près de 4,1% en 2010. Cette
performance résulterait d’une amélioration de la balance commerciale notamment avec la mise en œuvre
de la SCA. Quant au solde global, avec les améliorations du compte de capital et d’opérations
financières, il passerait d’un excédent de 76,9 milliards en 2006 à 117,2 milliards en 2010 soit en
moyenne un excédent de 1,6% du PIB sur la période.
120. Au niveau des finances publiques, les recettes totales passeraient de 1069,2 milliards à 1502,1 entre
2006 et 2010, soit une progression d’environ 100 milliards par an, imputable à la fois à l’effort de
recouvrement des régies financières et de l’élargissement de la base fiscale. Quant aux dépenses totales,
elles évolueraient de 1300,3 milliards en 2006 à 1793,9 milliards en 2010. Globalement, le solde
budgétaire de base s’améliorerait progressivement sur la période 2006- 2010 en passant d’un déficit de
4,8% à 4,1% du PIB. Hors PPTE, ce déficit, devrait passer de 0,6% à 0,3% du PIB en 2010.
28
Les risques de la stratégie
121. Les risques de la stratégie sont liés d'une part aux chocs exogènes qui peuvent compromettre les
objectifs macro-économiques et à la capacité d’absorption des ressources du plan d’actions prioritaires
en rapport avec les procédures budgétaires actuelles et d'autre part au contrôle efficient de l’utilisation
des ressources. Le scénario optimiste constitue le scénario d’évolution favorable à une réduction
substantielle de la pauvreté. Ainsi, les résultats escomptés supposent que les différents chocs identifiés
et susceptibles de réapparaître sont maîtrisés de manière à éviter une perturbation éventuelle de l’atteinte
de ces résultats. Ces chocs sont d’ordre naturel et économique.
122. Le principal risque d’ordre naturel relève de la pluviométrie qui demeure encore le principal
déterminant de la production agricole. Une situation d’insuffisance de la pluviométrie pourrait affecter
significativement l’évolution du sous secteur agricole, en l’entraînant vers un rythme en dessous de 5%
contre 12 à 14% prévus sur la période 2006 - 2010. Tous les autres secteurs n’ayant pas connu de
changement, ces contre-performances se traduiraient par une croissance économique allant de 5 à moins
de 5%, niveau insuffisant pour atteindre les objectifs macroéconomiques et sociaux en 2015. Si le
rythme de développement de l’agriculture irriguée dans les zones rurales est soutenu et les mécanismes
des assurances agricoles mis en place, ces effets pourront être atténués.
123. En plus du risque d’insuffisance de la pluviométrie, le secteur agricole est également exposé aux
agressions acridiennes qui constituent une menace importante sur l’économie, à la seule différence, que
l’intervention publique, pourrait en atténuer les effets.
124. Au plan économique, le principal risque est lié à l’évolution des prix sur le marché international en
général et du prix du pétrole brut en particulier. Le secteur le plus exposé est celui de l’énergie qui a
connu des perturbations importantes au cours de l’année 2006, très défavorables à l’économie, du fait de
son caractère intégré. Le risque de voir les perturbations persister dans ce secteur, se traduit par des taux
de croissance sectoriels en dessous de 3% contre 8,4% attendus sur la période 2006-2010. Compte tenu
de l’importance du secteur énergétique dans la production nationale, les niveaux de croissance faibles du
secteur affecteraient sans doute négativement les objectifs de croissance et de réduction de la pauvreté.
Si la situation défavorable enregistrée actuellement persiste, avec une flambée du prix du pétrole, au-
delà de 100 dollars us, les chances de réalisation des taux de croissance de 7% en moyenne sur la
période seront totalement annihilées. En l’absence de mesure d’atténuation des impacts et de solidarité
internationale pour les pays non producteurs de pétrole, le taux de croissance que le Sénégal est en droit
d’attendre serait de l’ordre de 4 à 5 %, largement insuffisant pour l’atteinte des objectifs du millénaire
pour le développement.
125. Les risques peuvent également être liés aux évolutions des grandes entreprises du secteur de la
transformation. En dehors de l’énergie, les grandes entreprises du sous secteur de la chimie et des
huileries sont aussi exposées. Les perturbations enregistrées en 2006 pourraient affecter la croissance
du fait du rôle important que les entreprises de ces sous secteurs jouent dans l’économie, notamment sur
les secteurs des services et des industries. Les effets cumulés de non fonctionnement des unités de
production se traduiraient par une perte de l’ordre de 1 point de croissance économique.
126. Les risques d’ordre politiques et institutionnels peuvent revêtir de diverses natures affectant
directement la mise en place des investissements prévus sur la période de mise en œuvre du DSRP,
2006-2010. La non exécution correcte de ces dépenses d’investissement pourrait affecter
significativement la croissance et compromettre, à cet égard, l’atteinte des objectifs fixés à l’horizon
2015.
127. La non mobilisation de l’intégralité des ressources extérieures attendues est également un risque
important déjà pris en compte dans les scénarii. La réussite de la stratégie repose sur l’hypothèse que
toutes les ressources attendues soient mobilisées. Les moyens pour minimiser tous ces risques
nécessitent de la part des différents acteurs un engagement et une collaboration soutenus.
29
4.1.2 Stratégie de Croissance accélérée
128. Dans la perspective d’atteindre les taux de croissance requis pour la réalisation des objectifs de
réduction de la pauvreté de moitié d’ici à 2015 (OMD1), le Gouvernement a initié le processus
d’élaboration d’une stratégie de croissance accélérée (SCA) pour créer les conditions de nouveaux gains
de productivité afin d’atteindre un taux de croissance de 7 à 8%.
129. Cette stratégie qui sera bâtie autour de « l’approche grappe », vise à assurer une forte croissance des
secteurs ciblés avec un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie et à renforcer la synergie
intersectorielle. Il s’agira d’accélérer la croissance économique, en améliorant qualitativement la
structure de la croissance pour la rendre plus efficace dans la lutte contre la pauvreté et en diversifiant
les sources pour la sécuriser et la pérenniser.
130. Pour atteindre ces objectifs, la SCA privilégie deux approches complémentaires : i) une démarche
globale de promotion de l’investissement direct domestique ou étranger grâce à une amélioration
constante de l’environnement des affaires afin de le rapprocher aux standards internationaux ; ii) une
démarche ciblée de promotion des groupes de grappes16 à haut potentiel de croissance et dont l’effet
d’entraînement sur l’ensemble des autres secteurs économiques est avéré. La mise en oeuvre des
mesures qui seront retenues dans la SCA devrait permettre : (i) d’augmenter la contribution encore
faible des exportations à la croissance économique, (ii) de ramener, à long terme, le déficit du compte
extérieur courant hors dons en dessous du seuil de 5% retenu dans le cadre de la surveillance
multilatérale au sein de l’UEMOA17.
4.1.3. Politiques sectorielles
[Link]. Développement agrosylvopastoral et Sécurité alimentaire
Sous secteur de l’agriculture
131. L’agriculture demeure encore un des secteurs les plus importants de l’activité économique. Elle
occupe près de 60% de la population active du pays et continue de rester le principal levier pour le
développement des secteurs artisanal et industriel. Cependant, sa contribution à la formation du Produit
intérieur brut reste faible et variable d’une année à l’autre. Pour les quatre dernières années, elle se situe
à moins de 10%. Malgré l’augmentation des ressources qui lui sont affectées (le budget d’investissement
est passé de 9 % en 2003 à 15% en 2005 et le budget de fonctionnement de 1% environ en 2003 à 4% en
2005), les performances restent encore erratiques. En 2004/2005, les productions ont accusé une baisse
de 31% soit 367 363 tonnes en valeur absolue. Cette baisse est principalement due au péril acridien qui a
eu des conséquences sur les rendements (mil -23%, sorgho -14%). Le coefficient de dépendance
alimentaire du pays en céréales reste très important (plus de 50%). En effet, la production céréalière qui
constitue une des composantes importantes de la production alimentaire ne cesse de baisser (environ de
1,1% l’an entre 1990/91 à 2002/2003), creusant ainsi le déficit céréalier.
132. La baisse de la productivité des cultures pluviales et la faiblesse des superficies irriguées, résultent
de l’insuffisance des investissements dans le secteur irrigué, des lenteurs dans la mise en œuvre des
réformes structurelles, notamment dans la filière arachide et le foncier et de la grande vulnérabilité du
secteur face aux aléas naturels.
133. Le secteur agricole demeure confronté à d’énormes difficultés récurrentes dont les plus importantes
sont : (i) la baisse du revenu réel des paysans qui a provoqué la réduction très sensible de l'utilisation
des intrants agricoles, (ii) la saturation et la dégradation des terroirs ; (iii) le transfert de technologies et
de connaissances souvent inapproprié et sans rapport avec les niveaux des ressources tirées de
16
Il s’agit de grappes d’activités, de services et de compétences autour de produits de pénétration de marchés intérieurs (à
l’UEMOA) ou extérieurs bien ciblés, sur la base de la concertation permanente Etat/secteur privé et suivant les lignes du partage des
rôles dans le cadre de la stratégie de développement.
17
Les critères de convergence multilatérale de l’UEMOA :
• Critères de premier rang : ratio du solde budgétaire de base, hors PPTE, rapporté au PIB nominal ramené à 0,3 %, (ii) taux
d’inflation annuel moyen de 1,9 %, (iii) ratio de l’encours de la dette intérieure et extérieure rapporté au PIB nominal ramené à de
36,4 %, (iv) non-accumulation des arriérés de paiement intérieurs et extérieurs.
• Critères de second rang : (i) ratio de la masse salariale sur recettes fiscales fixé à 34,9 %, (ii) ratio investissements publics
financés sur ressources internes rapportés aux recettes fiscales porté à 19,7 %, (iii) ratio du déficit extérieur courant hors dons par
rapport au PIB nominal pour un objectif de 5,9% et (iv) taux de pression fiscale de 14,9 %.
30
l'exploitation agricole ; (iv) l'accès difficile au système de crédit rural ; (v) la non disponibilité de
semences de bonne qualité, en quantité suffisante, notamment pour la filière arachide ; (vi)
l'obsolescence du matériel agricole ; vii) l'exode rural avec comme corollaire le vieillissement des chefs
d'exploitation en particulier dans le bassin arachidier ; (viii) les insuffisances du fret pour les produits
horticoles, (ix) l’insuffisance et la mauvaise qualité des pistes de production et le manque
d’infrastructures de stockage et de transformation.
134. Conjuguées à d’autres facteurs (organisation déficiente des circuits de commercialisation, etc.), ces
faiblesses de l’agriculture sénégalaise sont à l’origine du déséquilibre financier et de l’absence de
compétitivité des filières, notamment celles tournées vers l'exportation et expliquent, pour une large
part, la très forte prévalence de la pauvreté en milieu rural. Aussi, urge-t-il de mettre en place les
conditions propices à l'accélération de la croissance dans le secteur agricole. Celle-ci devrait avoir un
double impact sur la réduction de la pauvreté.
135. Le premier, d'ordre structurel, est lié à la contribution très importante que joue l'agriculture dans les
performances de l'économie dans son ensemble, notamment l'apport de ressources tirées des
exportations de produits agricoles et aux économies de devises consécutives à la réduction des
importations et une amélioration de la sécurité alimentaire . Le second effet positif d’une accélération de
la croissance agricole est plus direct et consiste en une amélioration immédiate des revenus moyens des
paysans. Étant donné la nature et la structure de la pauvreté au Sénégal, cette amélioration des revenus
agricoles doit contribuer de façon très significative à sa réduction.
136. Dans cette optique, le Gouvernement a élaboré, en 2004, une Loi d’Orientation Agro-sylvo-
pastorale18, pour traduire son option de faire de l'agriculture un moteur de la croissance de l'économie. À
cet égard, les orientations du secteur déclinées portent sur la création d’un environnement attractif et
incitatif en milieu rural qui vise (i) la transformation de l’agriculture familiale en appuyant la promotion
de l’exploitation agricole familiale par le passage de systèmes extensifs de production à des systèmes
intensifiés, diversifiés, durables et respectueux des ressources naturelles; (ii) l’émergence d’un
entreprenariat agricole et rural. Pour ce faire, le développement agro-sylvo-pastoral passe par une
stratégie de diversification des productions agricoles, l’augmentation de la productivité et de la
compétitivité des exploitations agricoles sur une base durable, avec comme stratégie
d’accompagnement, le développement d’une économie non agricole en milieu rural.
137. Pour atteindre ces objectifs, des investissements et des mesures seront mis en œuvre principalement
pour la maîtrise de l’eau, base de sécurisation, d’intensification et de modernisation de l’agriculture,
pour faire passer le taux de superficies irriguées sur superficies totales cultivées de 4% en 2005 à 10%
d’ici 2010 et 20% en 2015. A cet effet, l’État réalisera au moins 15000 ha d’aménagements hydro
agricole en moyenne par an à travers des programmes dans les différentes parties du pays.
L’amélioration des performances dans le domaine de la qualité des produits (conditions de
transformation, de conservation et de commercialisation) se traduira par l’augmentation du volume des
exportations en fruits et légumes qui devra passer de 13000 tonnes en 2005 à 30000 tonnes en 201019
avec une progression annuelle ciblée de 3000 à 4000 tonnes par an.
138. Plus spécifiquement, les stratégies à mettre en place permettront d'augmenter le produit intérieur
brut agricole grâce à la levée des contraintes auxquelles font face les paysans mais également
d'augmenter la sécurité économique des plus pauvres notamment les petits exploitants agricoles. Pour ce
faire, les mesures et actions prioritaires seront mises en œuvre autour des cinq domaines suivants :
Le renforcement de la sécurité alimentaire. Il s’agira d’élaborer et de mettre en œuvre un
programme national d’appui à la sécurité alimentaire et de promouvoir l’intensification de
l’agriculture de type familial.
La promotion de la gestion durable des terres et de l’aménagement des terroirs :
18
Cf LOASP, exposé des motifs, page 2. La loi est articulée autour de 5 Titres dont certains portent sur la protection
sociale des ruraux, la sylviculture, l’élevage, les réformes foncières, la maîtrise de l’eau, le développement des services
en milieu rural, la promotion de l’équité sociale en milieu rural, etc.
19
Pour l’évolution du volume des exportations (cf PPEA).
31
• La réduction de la vulnérabilité des activités agricoles. Pour faire face aux aléas de la
pluviométrie et l’érosion hydrique, il est prévu de poursuivre avec vigueur une politique de
maîtrise de l’eau en utilisant des systèmes d’irrigation adaptés aux besoins locaux.
• Le développement foncier et les investissements productifs. Afin de contenir toutes sortes de
pressions sur les terres disponibles exacerbant la compétition pour cette ressource naturelle et
les conflits fonciers d’une part,et, favoriser un large accès à la terre des couches vulnérables,
notamment les femmes et les jeunes dans le cadre des exploitations familiales d’autre part.
La promotion de gestion de la qualité des produits et l’intégration des filières aux marchés
• La promotion d’une bonne politique de transformation, de commercialisation et de
distribution qui passe par le développement de l’agro industrie à travers la création de
structures de normalisation, d’entreposage et de stockage, de conservation et de transformation,
le renforcement des capacités des femmes dans le domaine de la transformation et de la
commercialisation des produits horticoles et maraîchers et la valorisation de la production et de
la consommation locale, la mise en place d’un fonds de garantie, la promotion de micro-
entreprises et de petites entreprises rurales, le renforcement des capacités des organisations
publiques et privées d’appui aux micro-entreprises.
• L'intensification et la modernisation de la production agricole. Il s'agira de développer
l'agriculture irriguée afin de réduire la quasi-dépendance du secteur agricole d'une pluviométrie
erratique et promouvoir l’agro-industrie. En ce qui concerne la gestion des filières, notamment
arachidière, elle reposera dorénavant sur des critères de rentabilité économique. En outre, des
actions seront entreprises en vue de promouvoir l’agriculture durable et biologique y compris les
biocarburants.
• L’intensification et la modernisation de l’agriculture de type familial par la promotion des
cultures vivrières (mil, riz, maïs), la valorisation de la production et de la consommation des
produits locaux, le développement des services sociaux de base (santé, éducation,
assainissement, hygiène), la promotion de l’implication du paysan dans la diffusion,
l’application des résultats de la recherche et l’accès des paysans à l’engrais et à des semences de
bonne qualité.
• L’augmentation et la diversification des revenus agricoles qui passe par la promotion des
exportations de produits agricoles non traditionnels, l'extension du système de financement
décentralisé en complémentarité avec la Caisse nationale de Crédit agricole du Sénégal
(CNCAS), et la promotion d’un modèle de consommation locale en vue de l’infléchir vers la
consommation des produits locaux et stimuler ainsi la production locale et enfin la
sensibilisation et l’incitation des émigrés pour l’investissement dans le secteur productif
agricole.
La promotion d’un environnement favorable au développement des filières de production agricole
• Des mesures fiscales en vue de la diminution des prix des intrants et du matériel agricole ainsi
que l’exonération fiscale des intrants et du matériel agricole.
• Le renforcement du rôle des organisations paysannes, en vue de les rendre plus autonomes et
leur permettre de mieux prendre en charge les intérêts de leurs mandants.
• Le renforcement des services d’appui conseil agricole reposant sur la mise en œuvre d’un
programme de vulgarisation prenant en compte les spécificités de genre.
Sous secteur de l’élevage
139. Le sous-secteur n’atteint pas encore les niveaux de performances attendus, en dépit de son potentiel
et du rôle important qu’il joue sur le plan socio-économique. Pour l’essentiel, les activités de production
continuent d’être menées selon des modes traditionnels d’élevage.
140. L’élevage doit faire face à de nombreux obstacles qui ont pour noms : (i) l’insécurité alimentaire du
cheptel liée au mode d’élevage extensif basé sur les pâturages naturels et soumis aux aléas climatiques,
aux feux de brousse et à la pression des cultures, (ii) l’existence de maladies transfrontalières
émergentes et ré émergentes, (iii) le sous-équipement et le faible niveau de technicité des producteurs,
32
(iv) le faible niveau d’encadrement et de formation des éleveurs, (v) l’existence de nombreux
intermédiaires dans les circuits de commercialisation du bétail, entraînant un renchérissement des prix
de la viande à la consommation, (vi) la non maîtrise des statistiques de l’élevage, (vii) l’inexistence d’un
tissu industriel adéquat pour la transformation des produits d’élevage, (viii) l’absence d’une sécurité
foncière pour les activités pastorales et (ix) l’insuffisance des services énergétiques pour la conservation
et de transformation des produits d’élevage.
141. Il résulte de cette situation : (i) une faible productivité du cheptel, (ii) des revenus faibles et peu
diversifiés pour l’éleveur, (iii) une facture laitière excessive évaluée à plus de 35 milliards de francs
CFA par an, (iv) des productions aléatoires et insuffisantes en viande et en lait se traduisant par une
consommation per capita située à 11 kg de viande et 33 litres de lait, (v) un faible accès au marché
international, (vi) une dégradation des écosystèmes pastoraux et agro-pastoraux.
142. Afin d'enclencher une dynamique de rupture et créer les conditions d'une croissance forte et durable
pour une plus grande contribution du sous-secteur à l'objectif global de lutte contre la pauvreté, l’État
s'est fixé un certain nombre d'objectifs stratégiques dont les plus importants visent à : (i) assainir
l’environnement de la production, (ii) sécuriser l’élevage pastoral et agropastoral, (iii) accroître
la productivité du sous-secteur en vue de garantir la sécurité alimentaire, (iv) améliorer les
conditions de mise en marché des produits animaux en veillant à assurer l’équité dans les rapports
de prix, les termes de l’échange villes - campagnes et (iv) renforcer le système d’information et de
gestion du sous-secteur.
143. Les stratégies à court et moyen termes, ont été identifiées afin d’assurer une plus grande fluidité des
activités tout au long de la filière bétail - viande, la relance de la production laitière, la multiplication
des espèces à cycle court (petits ruminants et volaille locale), une sécurisation durable de l’alimentation
animale, le traitement et la transformation des dérivés animaux (peaux, cornes, etc.). Outre la mise en
place d’infrastructures adéquates (abattoirs au niveau des régions, etc.) et la lutte contre les maladies
affectant le petit ruminant qui joue un rôle important dans la création de richesses, d’autres mesures
seront prises en ce qui concerne le financement, l’accès au crédit, l’organisation, la politique sanitaire et
la sécurité.
Promotion de l’emploi rural non agricole
144. Le développement de l’emploi rural non agricole est un axe stratégique important pour la réduction
de la pauvreté. Des programmes spécifiques de transformation des produits agricoles et de facilitation de
leur commercialisation sur les marchés intérieurs et extérieurs participent à la diversification des
revenus non agricoles. À cet effet, le renforcement des filières et de leurs maillons exclusivement
destinés aux femmes, ainsi que le développement de l’agro-foresterie et du tourisme de campagne
peuvent également servir de cadre de promotion de micro-entreprises ou de petites entreprises rurales.
D’une façon générale, la promotion des micro et petites entreprises rurales requiert la création d’un
environnement concurrentiel, l’accès à des services financiers et non financiers (assistance technique,
formation à la gestion, information et marketing, appui à l’artisanat) et le renforcement des capacités des
organisations publiques et privées d’appui aux micro-entreprises.
145. Par ailleurs, la population émigrée a été identifiée comme un partenaire stratégique pour la
revitalisation de l’activité économique de certaines zones rurales à travers l’investissement direct, le
conseil et l’identification de niches pour les produits locaux.
[Link]. Relance de la pêche et développement de l’aquaculture
146. Le secteur de la pêche au Sénégal comprend deux branches : la pêche maritime et la pêche
continentale.
147. La pêche maritime20 contribue pour 12% au PIB du secteur primaire, 2,5% au PIB total et assure une
activité rémunératrice à plus de 17% de la population active. Malheureusement, on constate depuis une
décennie une surexploitation des principales espèces marines liée à un effort de pêche excessif et à
20
Le sous secteur de la pêche maritime a connu une croissance très importante qui en a fait ces dernières années le
premier secteur exportateur. L’État a grandement contribué à son essor en soutenant la création des infrastructures
d’appui à la production.
33
l’existence de surcapacité de capture et de traitement. Il s’y ajoute une dégradation prononcée des
habitats marins due aux mauvaises pratiques de pêche et à la pollution.
148. Sur les cinq dernières années, les débarquements ont enregistré des fluctuations importantes qui ont
affecté les performances du secteur. Dans l’ensemble, les principales contraintes auxquelles le secteur
de la pêche est confronté sont : (i) l’insuffisance des connaissances sur l’état des ressources, (ii) la
cohabitation de plus en plus conflictuelle entre les acteurs de la pêche artisanale mais aussi entre la
pêche artisanale et la pêche industrielle, due, en partie, à l’exiguïté des zones de pêche, (iii)
l’insuffisance de quais de débarquement et d'aires de transformation (iv) les techniques désuètes de
capture et les moyens de conservation à bord des embarcations, en plus de l'éloignement des zones de
pêche, constituent les causes fondamentales de perte de qualité des espèces, (v) le manque de formation
et d’organisation des acteurs des différentes filières.
149. La pêche continentale n’a pas bénéficié comme la pêche maritime, de politique et stratégie de
développement d’envergure ; ce qui explique la faiblesse des moyens d’exploitation et de la
qualification des acteurs du sous-secteur. Les plans d’eau continentaux se caractérisent aussi par une
dégradation prononcée des habitats halieutiques et une nette chute de leur productivité.
150. L’aquaculture, malgré ses potentialités importantes, est restée peu dynamique depuis une vingtaine
d’années au Sénégal en raison de sérieuses contraintes qui limitent son développement. Ces contraintes
sont principalement (i) la faiblesse des connaissances sur la disponibilité en eau et les potentialités
aquacoles des espèces de poissons ciblés; (ii) la faiblesse des rendements des exploitations aquacoles
existantes ; (iii) le coût exorbitant des aménagements et les contraintes foncières limitant la disponibilité
des sites ; (iv) le coût élevé des aliments aquacoles ; (v) le manque de formation et de savoir-faire sur les
techniques aquacoles (vii) l’absence d’un environnement incitatif pour attirer l’investissement privé ; et
(viii) les problèmes de coordination dans les interventions des acteurs.
151. En vue de renverser ces tendances lourdes qui pèsent sur la pêche et l’aquaculture, les objectifs ci-
après ont été définis : (i) assurer la gestion durable et la restauration des ressources halieutiques ; (ii)
satisfaire la demande nationale en produits de la pêche; (iii) valoriser les ressources halieutiques et
moderniser la pêche artisanale; (v) promouvoir la professionnalisation et la qualification accrue des
acteurs du secteur de la pêche et de la transformation ; (vi) améliorer le système de financement des
activités de la pêche et de l’aquaculture ; et (vii) renforcer la coopération régionale et sous-régionale.
152. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie globale qui a été ainsi définie avec l’ensemble des acteurs
est axée sur (i) une utilisation rationnelle et responsable des ressources de la pêche ; (ii) le
développement durable de l’aquaculture vivrière et l’aquaculture de rente (marine et continentale) dans
les zones à fort potentiel aquacole, dans le respect de l’écosystème et de la biodiversité aquatique ; (iii)
une meilleure protection et un environnement institutionnel (juridique, financier etc.) plus adapté aux
exigences de développement du secteur et une coopération internationale plus équilibrée ; (v) le
renforcement des capacités des acteurs tant public que privé du secteur ; et (vi) une meilleure
distribution des produits halieutiques sur toute l’étendue du territoire national.
[Link]. Promotion de l’artisanat
153. L’artisanat joue un rôle fondamental dans le processus de développement et constitue une source
importante de revenus pour les populations pauvres en milieu urbain et en milieu rural. Il regroupe les
activités axées sur des corps de métiers qui contribuent à l’amélioration de la qualité de vie et à l’appui à
la production (réparation, entretien, fabrication de matériels et équipements, transformation et
valorisation des ressources locales, prestation de services, etc.).
154. Toutefois, le secteur connaît des difficultés pour son plein épanouissement. Celles-ci sont, entre
autres, liées à : (i) la faiblesse de l’encadrement et des infrastructures de base; (ii) aux lacunes en
matière de moyens de fonctionnement et d’autofinancement, mais également de disponibilité de sites
aménagés pour les artisans; (iii) l’accès aux marchés souvent difficile pour les artisans, particulièrement
en matière de marchés publics; (iv) la faiblesse d’accès au crédit, due notamment au manque de
confiance des banques et à l’absence de structures de financement adaptées aux besoins du secteur et (v)
l’accès irrégulier à des intrants de qualité (matière première, force motrice, etc.).
155. Les objectifs prioritaires retenus dans ce secteur et dont la réalisation contribuerait de façon
conséquente à l'accroissement des revenus des acteurs et par effets induits à la réduction de la pauvreté
dans son ensemble visent essentiellement à : (i) moderniser les circuits de production et de
34
commercialisation, (ii) améliorer le système de financement du secteur, (iii) améliorer le système de
formation, d’apprentissage et de perfectionnement, (iv) adapter le cadre institutionnel législatif et
réglementaire, (v) renforcer l’organisation des acteurs de l’artisanat ; et (vi) informer et sensibiliser les
acteurs.
156. Pour atteindre ces objectifs, des mesures seront prises pour : (i) l’amélioration de la qualité des
produits pour une bonne commercialisation, (ii) la consolidation des structures de financement
décentralisées, (iii) la promotion d’un partenariat entre les organisations professionnelles, l'État et les
partenaires financiers, (iv) l’actualisation des lois et règlements, et (v) la promotion de la force motrice
dans les activités productives en milieu rural.
[Link]. Densification du tissu industriel et développement PME/PMI
157. Le poids de l’industrie dans l’économie nationale est resté entre 1991 et 2001, stationnaire autour de
16%. Ainsi, le secteur n’a pu répondre à sa vocation de secteur structurant pour toute l’économie du
Sénégal en raison du peu de succès des politiques et stratégies industrielles mises en œuvre, et des
contraintes structurelles auxquelles s’ajoute un environnement peu favorable. Pour faire jouer à
l’industrie sénégalaise son rôle, la vision partagée de bâtir une stratégie industrielle appropriée et
pertinente a conduit, en 2002, à l’élaboration d’une Politique de Redéploiement industriel (PRI) qui fixe
les orientations générales suivantes : la mise à niveau et le développement industriel endogène du
secteur.
158. La mise à niveau du secteur industriel devrait permettre de (i) renforcer davantage la productivité,
avec notamment la réduction des coûts de production ; (ii) développer les exportations par l’offre de
produits industriels compétitifs et à haute valeur ajoutée, suffisamment importante ; et (iii) améliorer la
capacité industrielle à travers une recherche appliquée dynamique et un encouragement à l’innovation
technologique. En outre, les efforts de restructuration de l’appareil de production seront poursuivis grâce
à la disponibilité d’un réseau d’infrastructures (parcs industriels, voies de communication, etc.) et aux
activités de soutien (dispositif de sauvetage des entreprises en difficulté, sous-traitance, appui-conseil,
facilitations diverses, etc.).
159. Le développement industriel endogène impose une dynamique interne de valorisation optimale des
ressources nationales et une intégration de l’industrie locale. Il s’agit de développer une capacité
industrielle interne de transformation des ressources agricoles, pastorales, halieutiques et minières pour
doper la croissance sur l’étendue du territoire national et rompre avec la concentration des activités
industrielles dans la région de Dakar. Pour ce faire, il faudra (i) développer des Pôles régionaux de
Développement autour des industries structurantes en encourageant la synergie active des centres de
recherche et de formation et les entreprises de sous-traitance ; (ii) créer des pôles d’aménagement
immatériel autour des centres industriels avérés en mettant en synergie les entreprises et les producteurs
de connaissances et (iii) insérer progressivement le secteur informel dans l’économie moderne. À cet
effet, le Gouvernement a initié, après l’éligibilité du Sénégal au MCA, la mise en place de la plate-
forme de Diamniadio dont l’objet est de constituer les bases logistiques de soutien à l’accélération de la
croissance.
160. Pour appuyer et accompagner les PME/PMI dans leur développement, il s’agira surtout de : (i)
institutionnaliser des guichets d’aide à l’investissement et appuyer l’implantation par le biais d’un
système de financement décentralisé et renforcé ; (ii) mettre en place un système de financement adapté
aux besoins de la PME ; (iii) favoriser un développement industriel endogène en milieu rural grâce à la
fourniture d’une force motrice en milieu rural ; (iv) stimuler l’initiative entreprenariale en appuyant en
particulier le renforcement des capacités des femmes; (v) organiser et faciliter l’accès aux services de
conseil; (vi) mettre en place une coordination du système global d’appui; (vii) créer un environnement
favorable au développement des entreprises et (viii) assurer la coordination de l’appui international
direct à l’entreprise.
35
[Link]. Mines21
161. Le secteur minier représente globalement un chiffre d'affaires de plus de 100 milliards de FCFA et
emploie plus de 2500 salariés permanents ; il contribue pour près de 2 % au PIB du secteur secondaire et
représente plus de 20 % des exportations de biens et de services. Toutefois, le secteur fait face à des
obstacles tels que : (i) la lourdeur des investissements nécessaires à la mise en œuvre des projets
miniers, (ii) le déficit d’infrastructures de transport adéquates dans les zones à potentiel minier, (iii)
l’absence d’une politique minière axée sur un développement endogène et ayant un impact appréciable
sur le revenu des résidents.
162. Pour lever ces contraintes, le Gouvernement a adopté, en 2003, un code minier plus attractif pour les
investisseurs. Les objectifs retenus dans ce code et qui seront poursuivis dans le cadre de la mise en
œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté visent à (i) renforcer les dispositions sur la gestion de
l’environnement et la réhabilitation des mines et carrières, (ii) faire bénéficier les collectivités locales
des retombées financières de l’exploitation du sous-sol, (iii) alléger les procédures et promouvoir
l’exploitation artisanale en faveur des populations locales.
163. Dans le but d’opérationnaliser ces options, les mesures envisagées portent principalement sur la
création des conditions favorables au développement et à la promotion du secteur minier. Il s’agira de :
(i) veiller à une meilleure connaissance de la géologie et des ressources minérales du Sénégal à travers
notamment la mise en place d’un cadastre minier et d’un centre de documentation, (ii) tirer durablement
un bénéfice social et économique de l’exploitation et la transformation de ses ressources minérales
par la sensibilisation, la formation, l’éducation et l’appui à l’orpaillage, (iii) contribuer à la
diversification des sources de revenus des populations par la recherche de nouvelles applications aux
substances à faibles débouchés.
[Link]. Activités tertiaires, base d'une forte contribution à la croissance du PIB
164. Avec une part de près de 60% dans la formation du PIB, le secteur tertiaire a contribué, ces
dernières années, de façon substantielle à l’animation de l’activité économique et à la création d’emploi.
Le commerce, le tourisme et les télé-services ont été particulièrement dynamiques.
Le commerce
165. Le commerce constitue le principal domaine d’intervention du secteur informel et le principal
pourvoyeur d’emplois en milieu urbain, en particulier pour les femmes et les jeunes. En vue de sa
promotion, le Gouvernement, après avoir élaboré la Stratégie de Développement et de promotion des
exportations sénégalaises (STRADEX), a fait procéder à un diagnostic de l’intégration internationale du
Sénégal dans le cadre du programme du « cadre intégré d’assistance technique lié au commerce »22. En
outre, une Lettre de Politique sectorielle a été initiée en vue de jeter les bases à long terme d’un
développement du commerce. Ces initiatives visent la définition d’une stratégie cohérente de promotion
des exportations, la gestion rationnelle du marché intérieur sénégalais et la mise en œuvre de divers
programmes de renforcement des capacités.
166. Pour ce faire, il s’agira :(i) d’augmenter l’offre des biens et services exportables, (ii) d’améliorer
l’accès aux marchés, (iii) d’approfondir l’intégration régionale au sein de l’UÉMOA, de la CÉDÉAO et
de l’Union africaine, (iv) de mettre sur pied un dispositif d’appui aux exportateurs rationalisé et
simplifié et (v) de contribuer au développement de la concurrence et à l’amélioration des circuits de
distribution sur toute l’étendue du territoire.
167. La stratégie vise également la promotion des exportations, notamment non traditionnelles, qui
contribuera à la réalisation d’une croissance soutenue avec une balance des paiements viable dans une
économie moins vulnérable aux fluctuations des prix des produits primaires. Cette promotion des
exportations doit être portée par une politique effective de diversification, un culte de la qualité, une
bonne maîtrise des avantages et contraintes des accords internationaux par le secteur privé et les
structures d’appui ainsi qu’un suivi prospectif de l’évolution de la demande mondiale.
Le tourisme
21
Les récentes évolutions du secteur telle que la crise aux Industries chimiques du Sénégal n’ont pas été prises en
compte dans l’analyse. Lorsque des mesures seront définitivement arrêtées des ajustements nécessaires seront
proposés.
22
Les recommandations et conclusions issues de ce diagnostic ont été adoptées en Conseil des ministres en avril 2003.
36
168. Le tourisme constitue la deuxième source de devises du pays et contribue à hauteur de 4,6% à la
formation du PIB. Les infrastructures d’accueil ont considérablement augmenté aussi bien en 2002
qu’en 2003, années pour lesquelles les réceptifs hôteliers ont connu respectivement des accroissements
de 10,4% et 14,1%. Les performances placent ainsi le tourisme parmi les premiers secteurs pourvoyeurs
de devises. Toutefois, plusieurs contraintes et limites ont été identifiées au niveau du secteur: (i) un
déficit infrastructurel; (ii) le manque d'implication des nationaux; (iii) La sécurité des touristes et la
qualité de l'accueil et (iv) la dégradation des mœurs et de l'environnement, (v) la faiblesse des moyens
de promotion du tourisme.
169. Pour promouvoir un tourisme sain et profitable aux nationaux, la stratégie poursuivie en vue de la
sauvegarde et de la valorisation du potentiel touristique national porte sur : (i) une meilleure
connaissance du potentiel et la réalisation d’investissements structurants ; (ii) une meilleure prise en
charge des initiatives locales ; (iii) une mise en place d’un cadre incitatif aux investissements ; (iv) une
intensification des activités liées à la promotion du tourisme de luxe ; (v) un développement d’un
tourisme à haute contribution qui favorise le tourisme durable; (vi) un assainissement de
l’environnement touristique. La mise en œuvre de cette politique permettra d’atteindre 1 500 000
touristes en 2010 contre 900 000 actuellement.
Technologies de l’Information et de la Communication
170. Le développement des technologies de l’information et de la communication figure également au
rang des priorités retenues en matière de promotion des services. L’objectif principal est d’accélérer le
développement des télé-services en milieux urbain et rural.
171. A cet égard, il s’agira, entre autres, de renforcer les efforts dans la promotion de l’investissement
public et privé en faveur de l’accès au téléphone et à l’Internet sur l’ensemble du territoire, grâce au
fonds d’accès universel. L’élaboration et la mise en œuvre des programmes de formation adaptés aux
besoins des filières des TIC devraient également contribuer à soutenir le développement des télé-
services en milieux urbain et rural pour l’accès au marché. Par ailleurs, le développement des services
devra être accompagné par une politique accélérée de promotion des services e-gouvernement, favorable
à l’efficacité de l’action publique et à la modernisation de ses services et par l’amélioration de la
couverture électrique au niveau rural. Un Programme d’appui aux entreprises pour l’accès aux marchés
ainsi que l’appui aux radios communautaires devraient également contribuer à soutenir le
développement de l’information et de la communication.
Le Développement du Sport et des loisirs
172. L’impact économique du sport, qui est un facteur d’intégration sociale, de cohésion nationale,
d’éducation autour de ses vertus23 et un vecteur essentiel et naturel de la santé d’un peuple, mérite d’être
mesuré à travers les éléments suivants : (i) la création de richesses, (ii) la création d’emplois sportifs et
péri-sportifs, (iii) l’aménagement et la rentabilisation des espaces sportifs, (iv) le soutien à l’économie
nationale et (v) les échanges. En effet, les infrastructures et l’organisation de spectacles sportifs de
qualité permettent de réaliser une création exceptionnelle et durable de richesses sur l’ensemble du
territoire national. Cette création de richesses touche aussi les entreprises qui participent à la production
d’articles de sports demandés en masse, et d’activités péri-sportives telles que l’hôtellerie, la
restauration, le transport, la sécurité, la communication, la maintenance et le nettoiement des
infrastructures, les études architecturales, le commerce de gadgets et produits locaux, la médecine.
173. L’appréciation de tous ces éléments a abouti à la volonté d’organiser et de développer un sport
professionnel. Pour ce faire, la lettre de politique sectorielle, élaborée en 2004 vise : (i) la création de
richesses exceptionnelles à partir d’un programme d’infrastructures de qualité favorisant le spectacle et
la publicité, (ii) la création d’emplois sportifs et péri-sportifs, (iii) la rationalisation de la gestion
matérielle et financière des structures d’encadrement du sport, (iv) le renforcement de la décentralisation
qui est effective avec les ligues, les comités, les districts et associations sportives dans les régions, les
départements et les communautés et communes rurales.
La Culture
174. Le double rôle de la culture s’applique non seulement dans le contexte de la promotion de la
croissance économique mais aussi en relation avec les autres objectifs de développement comme le
23
La volonté, la vie de groupe, le fair-play, la paix, le respect des règles et la diversité.
37
soutien à l’environnement, la préservation des valeurs traditionnelles, la protection des institutions. Au
Sénégal, le secteur de la culture fait face à diverses contraintes parmi lesquelles on distingue : (i) la
faible professionnalisation de certains créateurs et opérateurs intervenant dans le secteur, (ii) l’absence
de reconnaissance et de réglementation statuaire des métiers de la culture, (iii) l’absence d’un statut
professionnel du secteur, (iv) la faible capacité institutionnelle du Ministère de la Culture.(v) la faible
exploitation des potentialités que représente la diversité culturelle nationale (vi) l’absence de protection
sociale des professionnels du secteur.
175. Dans l’optique de lever ces contraintes, le Sénégal a inscrit des actions dans les orientations définies
dans le cadre de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle (UNESCO) et s’est engagé dans la
protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles24. Les principaux objectifs de
promotion des entrepreneurs, acteurs et agents culturels et de renforcement de la contribution du secteur
à la création de richesses vont se poursuivre à travers les axes suivants : (i) la mise en place d’un
environnement juridique et fiscal favorable, (ii) la définition d’un statut des professionnels du secteur,
(iii) le renforcement des capacités institutionnelles du Ministère de la Culture, (iv) l’appui aux
institutions de développement culturel et notamment le 7e art, (v) l’appui à la création de mutuelles, (vi)
l’implication des privés dans la promotion culturelle notamment les femmes, (vii) la prévention et lutte
contre la piraterie, (viii) la protection du savoir traditionnel et des expressions folkloriques et (ix)
l’amélioration de l’accès aux ressources génétiques et le partage des bénéfices.
4.1.4. Secteurs d’appui à la création de richesses
[Link]. Transport et mobilité
176. Le développement des infrastructures, telles que les routes et les autres moyens de communication
comme le transport aérien constituent un déterminant pour stimuler les investissements privés, le
désenclavement et l’intégration à l’économie régionale et internationale, mais elles demeurent un levier
non négligeable pour améliorer la compétitivité. Les transports sont aussi susceptibles d’avoir un impact
positif important sur la réduction de la pauvreté en ce qu’ils permettent d’accéder aux ressources
existantes ou potentielles. Les populations sont non seulement en mesure de se déplacer plus facilement
entre régions rurales et urbaines mais elles sont plus susceptibles d’être informées des potentialités
existantes.
177. Malgré la mise en œuvre des initiatives prises dans le cadre du PST-II et du PAMU, et l’élaboration
de la stratégie de transport rural, le secteur des transports souffre encore de contraintes structurelles dont
: l’absence de programmes significatifs d’accompagnement des politiques de transport en milieu rural
(infrastructures de désenclavement des zones, moyens de transport, notamment les moyens
intermédiaires de transport-MIT) ; la non prise en compte de la situation des personnes handicapées
dans le système de transport en particulier et l’organisation de la mobilité des personnes en général ; la
faible intégration25 des moyens de transport en milieu urbain (cas des TU à Dakar) ; le non respect des
normes de sécurité du transport des personnes et des biens (vétusté des véhicules, surcharge, non respect
du code de la route) ; l’encombrement des trottoirs et l’absence de trottoirs et voies piétonnes et le
déficit d’exploration des systèmes de transport par voies fluvio maritimes. Ces insuffisances constituent
des handicaps à la promotion de la stratégie de croissance accélérée.
178. Pour lever ces contraintes et améliorer la mobilité des personnes et des biens, le Gouvernement
mettra en œuvre une politique de redynamisation du secteur à travers les objectifs suivants : (i)
développer les infrastructures (routières, portuaires, ferroviaires et aéroportuaires) tout en améliorant la
qualité des services offerts aux usagers et les conditions de la mobilité urbaine, (ii) assurer aux acteurs
du secteur du transport une meilleure organisation et une formation adéquate, (iii) améliorer la mobilité
et l’accessibilité en milieu rural, (iv) mettre en place un financement spécifique et des procédures de
mobilisation adaptées au sous-secteur du transport rural, (v) réorganiser le cadre institutionnel et
réglementaire du transport, (vi) améliorer la sécurité et le bon fonctionnement du secteur du transport, et
(vii) désenclaver les zones rurales. La stratégie retenue sera articulée autour de la promotion du
partenariat public-privé d’une part et d’autre part, le développement de la concertation et le
renforcement de l’implication des collectives locales et des acteurs du secteur.
24 La Déclaration de Dakar sur la promotion de la culture et des industries culturelles des ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) qui est l’un des résultats de la Première
rencontre internationale des ministres de la Culture des ACP (Dakar, 18 au 20 juin 2004).
25
Dakar fait partie des villes qui ont une tradition de transport en commun des plus diversifiée, mais pas suffisamment
intégrée.
38
[Link]. Services énergétiques
179. Outre le fait que le secteur de l’énergie constitue, lui-même, un secteur créateur de richesses, il
présente de forts liens intersectoriels avec les divers secteurs socio-économiques (agriculture, santé et
éducation). Il constitue ainsi, une importante dimension du développement, en tant que nécessité
domestique et facteur de production qui affecte directement la compétitivité des produits, le temps de
travail (budget-temps) et la santé des femmes. Ce caractère transversal du secteur en fait un instrument
important de lutte contre la pauvreté.
180. L’État a déjà initié plusieurs actions dans le cadre de la réforme du secteur de l’énergie qui visent,
entre autres, la privatisation de la SENELEC, la libéralisation du secteur, un système tarifaire conforme
au marché international, la subvention des petites bouteilles de gaz pour continuer la butanisation,
compte tenu de l’impact sur les ménages pauvres et les effets externes sur l’utilisation des ressources
naturelles, la mise en place d’une agence d’électrification rurale. Grâce aux investissements réalisés,
visant à augmenter la capacité de production et à améliorer la gestion de la principale entreprise,
auxquels s’ajoutent les performances enregistrées dans l’électrification rurale, le sous-secteur de
l’énergie a maintenu un niveau d’activité satisfaisant avec une croissance de 3,4% en 2004.
181. Toutefois, l’accès aux services énergétiques demeure encore un problème malgré la progression du
taux d’électrification notamment celui d’électrification rurale qui est passé de 6 % en 2000 à 12,5% en
2004. Cependant, cette progression du taux n’a pas été suffisante pour la création de valeur ajoutée
locale. En milieu urbain, 55% des ménages ont accès à l’électrification. Par rapport à cela, le Sénégal
doit faire des efforts en vue d’améliorer les taux d’électrification.
182. La stratégie globale pour le développement du secteur a été définie avec les axes prioritaires
suivants : (i) développer le cadre institutionnel et les capacités de production énergétique, (ii)
promouvoir la force motrice dans les activités productives; (iii) impliquer les opérateurs privés, les
associations villageoises et les collectivités locales dans le développement des infrastructures et services
énergétiques ; (iv) assurer le financement des activités de développement du secteur énergétique; (v)
diversifier les sources d’énergie et les technologies; (vi) promouvoir la maîtrise de l’énergie et les
énergies renouvelables ; (vii) mettre en œuvre un programme d’investissement pour l’accès aux services
énergétiques visant le développement économique et humain ; (vii) améliorer et sécuriser l’accès des
populations aux combustibles domestiques; (viii) renforcer l’accès aux services énergétiques dans les
zones rurales et péri-urbaines afin de faciliter la fonctionnalité des infrastructures de base (écoles,
structures de santé, infrastructures de conservation, etc.), (ix) améliorer l’accès aux hydrocarbures.
[Link]. Secteur financier : Promotion de la micro finance
183. Les principales contraintes identifiées dans le secteur de la micro finance concernent : (i) le manque
de professionnalisme dans le secteur, (ii) la fragilité des conditions de viabilité des institutions de base
(MEC et GEC), (iii) le problème de ciblage des bénéficiaires, (iv) l’insuffisance de la sensibilisation et
de l’information des bénéficiaires potentiels de la micro finance, (v) l’inefficacité et l’insuffisance des
structures d’appui à la micro finance, (iv) le manque de synergie entre les différents acteurs dans les
modes d’intervention, (v) l’inégale répartition géographique des SFD sur le territoire national, (vi)
inadéquation du cadre réglementaire à l’organisation du fonctionnement de certains intervenants.
184. Les initiatives encourageantes prises en faveur de la promotion du secteur, demeurent des acquis
essentiels pour motiver des actions de renversement des tendances défavorables. À cet effet, il s’agit
conformément à la Stratégie nationale de la Micro finance (SNMF) 2006-2010 de (i) favoriser l'accès à
des services financiers viables et durables à une majorité des ménages à faibles revenus et des micro-
entrepreneurs, (ii) renforcer les capacités des acteurs du secteur de la micro finance.
4.1.5. Mesures d’accompagnement
[Link]. Cadre macroéconomique sain
185. La stabilité macroéconomique est essentielle pour toute stratégie visant à favoriser une croissance
économique durable. En particulier, une forte inflation, préjudiciable à la croissance économique, a plus
tendance à éroder le pouvoir d’achat des salariés et des actifs des pauvres que des non pauvres. De
même, de larges déficits publics et de la balance des paiements peuvent conduire à des crises au cours
desquelles les pauvres sont plus affectés que le reste de la population. Or, la stabilité macroéconomique
encourage les investisseurs, aussi bien nationaux qu'étrangers qui sont davantage incités à investir dans
39
le pays. En poursuivant des politiques économiques saines, les responsables de la gestion de l’économie
envoient des signaux clairs au secteur privé. Des politiques macroéconomiques prudentes permettent
également d'atteindre des taux d'inflation faibles et stables renforçant ainsi la confiance des
investisseurs. Toutes ces raisons expliquent que l'objectif principal de la politique macroéconomique
sera d'établir et de renforcer la stabilité macroéconomique. De manière spécifique, il s’agira de : (i)
contenir le solde budgétaire et celui de la balance des paiements à des niveaux compatibles avec les
financements intérieurs et extérieurs attendus, (ii) promouvoir une politique fiscale équitable, (iii)
renforcer les bases à long terme du développement et d’amélioration de l’efficacité de l’intervention de
l’État.
186. Les actions et réformes prévues à cet effet mettront l'accent sur la poursuite de l'ajustement du cadre
macroéconomique grâce à des politiques budgétaire et monétaire prudentes. Le Sénégal n’ayant pas une
politique monétaire indépendante du fait de son appartenance à une Union monétaire, un accent
particulier sera mis sur la poursuite de l’assainissement du cadre budgétaire. Celui-ci sera défini en
parfaite cohérence avec les critères de convergence fixés par le cadre de surveillance multilatérale de
l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). À cet égard, l’État prendra les dispositions
nécessaires pour l’élargissement de la base fiscale en vue de porter le taux de pression fiscale à un
niveau relativement satisfaisant. La politique fiscale sera également caractérisée par une simplification
de l’impôt aux fins d’accroître son rendement, la réduction du taux marginal de taxation (impôts directs)
et un élargissement de l’assiette au sens d’une plus grande efficacité des services de recouvrement.
187. En ce qui concerne les dépenses publiques, elles feront l’objet d’un suivi rapproché en vue de
dégager un solde budgétaire de base positif. Dans ce cadre, l’efficacité et la qualité des dépenses
constitueront une priorité et seront recherchées notamment à travers une généralisation progressive des
cadres de dépense à moyen terme (CDMT). En outre, l’État poursuivra la politique d’assainissement des
entreprises et des établissements publics et veillera à assurer pour le moyen et long terme, l’équilibre des
comptes spéciaux du trésor. C’est à cet effet que des mesures destinées à assurer l’équilibre à long terme
du Fonds national de Retraite (FNR) ont été prises. S’agissant plus précisément de la masse salariale,
l’objectif sera de le maintenir en deçà de 30% des recettes fiscales contre un plafond de 35% fixé dans le
cadre de la surveillance multilatérale.
188. Par ailleurs, l’État veillera à maintenir le financement bancaire intérieur à des niveaux qui
n’entraînent pas l’éviction de la capacité de financement du secteur privé et poursuivra la politique de
non accumulation d’arriérés intérieurs et extérieurs. À cet égard, l’État mettra tout en œuvre pour la
résorption intégrale à court terme des concours monétaires directs au titre de l’article 16 des statuts de la
BCEAO. En remplacement des concours monétaires directs de l’institut d’émission, l’État va recourir à
la source de financement alternative qu’offre le marché régional des titres de la dette publique, pour la
couverture de ses besoins de financement. L’État appuiera également les organes de surveillance dans
leur politique destinée à maintenir la viabilité du système bancaire, à travers notamment le respect des
règles prudentielles. En matière de financement extérieur, l’Etat ne mobilisera que des financements à
taux concessionnels. Au total, l’État prendra toutes les initiatives nécessaires pour maintenir le solde
budgétaire de base (hors PPTE) autour de 2% du PIB.
[Link]. Renforcement des capacités du secteur privé
189. Dans le cadre d’un partenariat avec les acteurs concernés par le développement du secteur privé ,
l’Etat a défini en 1999 la Stratégie de Développement du Secteur privé (SDSP) mise à jour en 2002 et
2004. Elle constitue le cadre de référence pour stimuler l’initiative et les investissements privés, à
travers le renforcement des bases à long terme du développement, l’amélioration de l’efficacité
d’intervention de l’État et le renforcement des capacités du secteur privé. Elle s’articule autour des axes
suivants : (i) la modernisation de la justice ; (ii) la simplification des procédures administratives liées à
l’investissement ; (iii) le financement de l’entreprise ; (iv) l’unification des organisations du secteur
privé ; (v) la formation professionnelle, (vi) la communication ; (vi) le dispositif institutionnel d’appui
au secteur privé.
190. La mise en oeuvre de cette stratégie a permis de réaliser un certain nombre d’actions ; (i)
l’installation des guichets dédiés aux PME dans les banques, (ii) la simplification des procédures liées à
l’investissement, (iii) la création des agences telles que l’APIX, l’ADEPME en vue de rationaliser et
renforcer le dispositif d’appui du secteur privé, (iv) les innovations apportées dans le code général des
40
impôts réformé26(la baisse du taux de 35% à 33% de l’impôt sur les sociétés, la contribution globale
unique pour les PME, la simplification du système de calcul de la patente), (v) la mise en œuvre du
Projet de Promotion des Investissements privés (PPIP). En outre, dans le cadre du renforcement du
dialogue secteur public-secteur privé, l’Etat a mis en place un Conseil présidentiel pour l’Investissement
(CPI) qui anime la conduite d’un certain nombre de réformes qui ont permis d’améliorer
l’environnement du secteur privé.
191. Malgré tous les efforts faits par l’État, le secteur privé reste encore confronté à différentes
contraintes qui sont à l’origine de la faiblesse des investissements privés, la faiblesse des exportations
des produits à haute valeur ajoutée et du manque de compétitivité du secteur dans son ensemble. Ces
contraintes peuvent se résumer comme suit : les difficultés d’accès au foncier, au crédit, notamment de
ressources longues, et aux marchés internationaux, le renchérissement des facteurs de production, les
procédures administratives longues et compliquées, une législation du travail non adaptée, un cadre
juridique et judiciaire non favorable à l’initiative privé, le problème de mobilité urbaine à Dakar et
l’insuffisance d’infrastructures d’appui à la production.
192. Dans le souci de lever ces contraintes, l’État veillera à la poursuite de la mise en œuvre du plan
d’actions de la stratégie de développement du secteur privé actualisée en 2004, en vue de favoriser un
environnement attractif permettant d’augmenter significativement le niveau des investissements pour
booster la croissance et lutter contre la pauvreté. À cet égard, il s’agit de : (i) rendre les organisations
patronales et professionnelles plus représentatives, fortes et tournées vers les besoins des entreprises, (ii)
redynamiser les chambres de commerce et de métier, (iii) intensifier l’ajustement interne des entreprises,
(iv) rationaliser et renforcer le dispositif d’appui au secteur privé, (v) améliorer le système d’information
entre l’Administration et le Privé, (vi) simplifier et rationaliser le système d’incitation fiscale à
l’investissement, (vii) simplifier les procédures liées à l’exercice de certaines activités de constitution
des sociétés dans le cadre du dispositif législatif, (viii) favoriser l’accès au foncier en accélérant la mise
en place de la Plate-forme de Diamniadio, (ix) poursuivre et approfondir le processus de privatisation
notamment par un développement de l’actionnariat populaire, et (x) améliorer l’accès des entreprises au
crédit.
193. Le dialogue entre l'Etat et le secteur privé sera renforcé, à travers notamment le Conseil présidentiel
pour I’Investissement (CPI) pour établir des relations de partenariat stratégique en vue d’identifier et de
lever les distorsions et les obstacles au développement de l'investissement direct.
[Link]. Promotion de l’équité et l’égalité de genre
194. Les conditions de contribution au développement économique du Sénégal restent marquées par
beaucoup de disparités entre les hommes et les femmes. À cet égard, l’enquête sur le secteur informel
dans l’agglomération de Dakar (DPS-2003) a révélé que le revenu horaire moyen des hommes est
43,4% supérieur à celui des femmes (347 FCFA contre 242 FCFA) alors que le revenu mensuel moyen
des hommes est presque le double (1,9 fois) de celui des femmes (79 400 FCFA contre 42 400 FCFA).
Beaucoup d’autres disparités de genre ont été relevées par la même enquête en ce qui concerne
notamment l’apprentissage payant (plus 95,1% des apprentis sont des hommes contre moins de 5% pour
les femmes), le patronat (parmi les patrons, 62% sont des hommes contre 38% de femmes) et l’emploi
salarié (67% des salariés sont des hommes contre 33% de femmes).
195. L’État est en train de procéder au renouvellement progressif du matériel agricole mais les mêmes
disparités subsistent pour l’accès aux machines. En effet, c’est la capacité financière de l’exploitant qui
détermine son accès au matériel agricole alors que celles des femmes rurales est faible, non pas faute
d’avoir produit mais surtout à cause de la répartition inéquitable des ressources et des revenus agricoles
ainsi que de la non valorisation de tous les travaux qu’elles accomplissent. Plusieurs analyses
concordantes ont relevé que la production agricole est très en deçà de ce qu’elle aurait pu être à cause de
l’inégalité d’accès aux facteurs de production (la terre, les équipements et les intrants) entre les hommes
et les femmes. Par conséquent, l’inégalité des rapports entre hommes et femmes limite la croissance
économique et favorise la pauvreté. C’est pourquoi la répartition des revenus et la maîtrise des
ressources pour améliorer la situation économique et sociale des femmes sont des objectifs prioritaires
pour réduire la pauvreté.
26
(Loi 2004-12 du 06 février 2004)
41
196. À ce titre, le Gouvernement s’attachera conformément à la Stratégie nationale pour l’Equité et
l’Egalité de Genre (SNEEG), à promouvoir l’équité et l’égalité de genre par : (i) la mise en œuvre de la
matrice d’intervention de la SNEEG ; (ii) le développement d’outils et méthodologies d’analyse genre
(enquête budget-temps, statistiques désagrégées selon les secteurs) ; (iii) la mise en place de
programmes de renforcement des capacités des acteurs pour la promotion de l’équité et l’égalité de
genre ; et (iv) la promotion de l’intégration de la dimension genre dans la préparation des budgets
sectoriels, de l’exécution et du suivi évaluation des programmes et projets, (v) le renforcement et la
décentralisation des fonds de promotion économique et de soutien aux activités des femmes et (vi) le
renforcement des capacités des femmes en leadership .
[Link]. Politique de l’emploi en appui à la création de richesses : Promotion de l’emploi décent
197. Plus que le chômage, c’est le sous-emploi qui constitue le principal problème du marché de
l’emploi. Toujours en quête d’un emploi, certains actifs travaillent, contre leur gré, moins d’heures que
dans la norme et d’autres ont une productivité très faible avec un salaire inférieur au SMIG. Le taux de
sous-emploi visible s’établit à 21,8% de la population active (soit 1 992 372 actifs).
198. Après l’an 2000, les autorités ont pris des mesures volontaristes de lutte contre le chômage. Il s’agit
entre autres du Fonds national de Promotion de la Jeunesse, de l’Agence nationale pour l’Emploi des
Jeunes, de l’Agence de Promotion des Investissements, de l’Agence de Développement des PME, du
Fonds de Promotion de l’Entreprenariat féminin, du Fonds national d’Actions pour l’Emploi et de la
Convention nationale Etat-Employeur. Malgré ces efforts, les résultats enregistrés ont été faibles, du fait
des dysfonctionnements structurels suivants : (i) l’inadéquation de l’emploi et de la formation, (ii)
l’absence d’une politique d’emploi suffisamment coordonnée et (iii) l’insuffisance d’information sur le
marché de l’emploi.
199. À cet égard, l’Etat mettra en œuvre une politique de l’emploi productive et inclusive qui réponde
aux objectifs de la politique de croissance et de réduction de la pauvreté. Les objectifs spécifiques
poursuivis sont les suivants : (i) promouvoir une meilleure gestion et l’employabilité de la main
d’œuvre ; (ii) renforcer l’efficacité et la transparence du marché de l’emploi ; (iii) promouvoir l’emploi
indépendant en milieu rural et urbain ; (iv) accroître le contenu en emploi de la croissance ; (v) renforcer
et intensifier la contribution des secteurs productifs à la création d’emploi et à la réduction de la
pauvreté ; (vi) développer et moderniser le système de l’emploi public ; (vii) promouvoir une meilleure
organisation de la participation des travailleurs émigrés ; (viii) promouvoir des activités HIMO ; (ix)
améliorer la situation économique et sociale des personnes en situation difficile sur le marché de
l’emploi ; (x) améliorer la santé et les conditions de vie des travailleurs.
[Link]. Gestion et promotion des sénégalais de l’extérieur
200. Le Sénégal possède une très forte colonie à l’étranger qui joue un rôle important en matière de
transferts financiers et d’investissements privés et collectifs contribuant ainsi à la lutte contre la faim,
l’accès aux services sociaux et la pauvreté dans le pays. Le ministère des Sénégalais de l’extérieur
estime à plus de deux millions (2000 000)27 de personnes le nombre de Sénégalais vivant à l’étranger.
Les transferts financiers par le circuit officiel sont évalués à plus de 300 milliards de francs CFA par an
et représenteraient 15 à 65% du revenu du migrant et 30 à 80 % du budget des familles restées au
Sénégal selon les zones. Cependant, les ressources et potentialités de cette diaspora demeurent encore
peu valorisé pour le pays du fait de multiples contraintes dont (i) la méconnaissance réelle des
caractéristiques sociogéographiques, socioprofessionnelles, socioéconomiques ; (ii) le manque
d’organisation aussi bien du côté des autorités que des migrants en dehors des efforts des associations
des ressortissants et des membres de confréries dans les pays d’accueil ; (iii) le manque d’informations
des Sénégalais de l’extérieur sur les structures, les procédures ainsi que les opportunités d’affaires.
201. Pour lever ces contraintes et favoriser l’implication des Sénégalais de l’extérieur dans le
développement socio économique, les objectifs prioritaires ci-après seront poursuivis : (i) mettre en
place un système performant de gestion et de suivi de la population sénégalaise vivant à l’étranger, (ii)
asseoir une politique d’implication des Sénégalais de l’extérieur dans les efforts de développement. À
cet effet, le Gouvernement élaborera une lettre de politique sectorielle et des programmes relatifs à : (i)
27
Les statistiques de OIM (World migration Report IOM/UN 2000) estime le nombre de sénégalais de l’extérieur à
409 701 mais les données semblent sous-estimées, ne prenant pas en compte plusieurs pays dont ceux limitrophes du
Sénégal (RIM, Gambie).
42
l’information sur les créneaux porteurs, l’habitat, les possibilités de financement, etc., (ii)
l’encadrement, l’appui, l’assistance et le suivi, (iii) la sécurité sociale.
[Link]. Intégration régionale et synergie des politiques
202. Du fait de l’étroitesse du marché intérieur et des liens d’interdépendance sur les plans économiques,
environnementaux, sécuritaires, sociaux et culturels entre les pays africains, en particulier de la sous
région, le Sénégal a toujours placé la question de l’intégration et de l’unité africaine au centre de ses
choix politiques. C’est à ce titre que le Sénégal a joué un rôle de leadership dans le processus de
création de regroupement d’États de la sous-région (UEMOA, CEDEAO, OMVS, CILSS, OMVG, etc.)
et tout récemment du NEPAD et de la mise en place de l’Union africaine.
203. Par ailleurs, divers travaux ont montré d’une part que les conflits internes ont des impacts négatifs
sur la réduction de la pauvreté dans les autres pays, et d’autre part, la croissance des pays voisins affecte
positivement l’économie nationale (échanges commerciaux). C’est pourquoi le Sénégal a inscrit sa
stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté dans une perspective de renforcement de
l’intégration sous régionale et compte tirer profit des avantages comparatifs de sa position géographique
pour jouer un rôle important dans l’intégration de la région dans l’économie mondiale. A cet égard, il
s’agira de poursuivre les objectifs suivants : (i) développer les infrastructures de transport aérien avec la
construction d’un nouvel aéroport international, (ii) renforcer des voies de communication externe
(routes et voies ferrées, fluviales et maritimes) avec les voisins et (iii) élargir les capacités du port de
Dakar et (iv) renforcer l’intégration énergétique régionale à travers les interconnexions électriques. Il
poursuivra également la recherche des synergies avec les pays voisins par le renforcement des
organismes de coopération sous régionale comme l’OMVS, le CILSS, en vue de lever les défis
communs dans le domaine de l’énergie, de l’environnement, de la lutte contre les grandes endémies, du
commerce international, de l’enseignement supérieur, de la gestion des catastrophes et de la sécurité
selon le principe de la subsidiarité.
204. La stratégie qui sera mise en oeuvre privilégiera (i) un partenariat public-privé conformément aux
orientations du NEPAD, (ii) l’implication des populations notamment des régions frontalières, (iii) la
prise en compte des objectifs d’intégration dans les politiques nationales, notamment en fonction du
principe de subsidiarité conformément aux orientations du Document régional de Stratégie de Réduction
de la Pauvreté (DRSRP) et du Programme économique régional (PER) et d’autres initiatives comme le
« Livre blanc pour une politique régionale axée sur l’accès aux services énergétiques par les populations
rurales et périurbaines pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement » dans le cadre
de l’UEMOA et de la CEDEAO.
4.2. AXE 2 : Accélération de la promotion de l’accès aux services sociaux de base
4.2.1. Capital humain et renforcement des capacités
205. La mise en place d’infrastructures de base de qualité et mieux réparties géographiquement ainsi que
la mise à la disposition des populations de services sociaux indispensables constituent des préalables
pour renforcer le stock de capital humain et apporter des solutions viables à la demande sociale à travers
des investissements conséquents dans les services sociaux (éducation, santé, hydraulique, transports,…).
206. La volonté du Gouvernement de renforcer le stock de capital humain, à travers notamment le
renforcement du système éducatif et l’amélioration de la situation sanitaire s’est traduite par une
allocation conséquente de ressources au secteur de l’Éducation et de la Formation et la santé. En effet,
les ressources budgétaires allouées à ces secteurs n’ont cessé d’augmenter d’année en année.
[Link]. Education - formation
207. Le Sénégal a démarré, depuis 2000, la mise en œuvre du Programme décennal de l’Éducation et de
la Formation (PDEF) qui fixe les orientations du Gouvernement en matière d’éducation jusqu’en 2010.
Ce programme qui inaugure une étape nouvelle dans l’évolution du système éducatif a été initié par
l’État en collaboration avec les partenaires techniques et financiers, la société civile, les institutions et
les agences du secteur de l’éducation afin d’impulser un développement quantitatif et qualitatif du
système éducatif et de la formation. Il s’inspire du Programme éducation pour Tous (EPT), autour de
trois principaux axes stratégiques (accès, qualité, gestion).
43
208. La mise en œuvre de la première phase du PDEF a permis d’atteindre, entre autres, les résultats
suivants : (i) l’élévation du taux de scolarisation dans l'enseignement primaire qui passe de 70 % en
2001 à 75,8% en 2003, puis 82,5% en 2005; (ii) l'accroissement du taux de scolarisation des filles par
l’amélioration de l’indice de parité filles/garçons qui a atteint 88% en 2005 (contre 80% en 2000) et de
la qualité des services d’éducation dans tous les cycles.
209. Pour améliorer ces indicateurs et renforcer les acquis du PDEF en vue d’atteindre la scolarisation
universelle au niveau du cycle fondamental28, le Gouvernement a entrepris la mise à jour du Programme
décennal de l’Éducation et de la Formation (PDEF, 2005-2007). La deuxième phase du PDEF, qui
compte mettre l’accent sur la qualité, repose sur les options suivantes : (i) l’universalisation de
l’achèvement du cycle élémentaire et l’amélioration de l’accès dans les autres cycles ; (ii) la création des
conditions d’une éducation de qualité à tous les niveaux de formation ; (iii) l’éradication de
l’analphabétisme et la promotion des langues nationales ; (iv) l’élargissement des compétences des
communautés et des collectivités dans le système éducatif, notamment dans la gestion des écoles, le
suivi de la qualité et la mobilisation de ressources ; (v) la promotion et l’orientation de la formation
professionnelle vers le marché du travail ; (vi) l’élimination des disparités entre groupes économiques
(riches/pauvres), entre sexes, inter et intra régionales, entre milieux (urbain/rural), à tous les niveaux
d’enseignement et la prise en compte des besoins des enfants handicapés (vii) le partenariat efficace et
bien coordonné et (viii) l’ouverture à la coopération régionale au sein de l’espace CEDEAO.
210. Pour l’atteinte de ces objectifs29, les progrès réalisés seront poursuivis pour : (i) l’augmentation du
taux de scolarisation dans l'enseignement primaire à 85,5% en 2006 et 98% en 2010; (ii) l'accroissement
du taux de scolarisation des filles de plus de 80% en 2006 à plus de 90% en 2010, ainsi que (iii)
l’augmentation du taux d’achèvement de 58,3% en 2006 et 85% en 2010, (iv) la réduction de
l’analphabétisme à un rythme soutenu avec le principe du faire-faire, en mettant l’accent sur le
développement d’un environnement lettré durable.
211. Pour ce faire, il sera recherché : (i) une meilleure maîtrise des flux, (ii) l'adéquation de
l'enseignement technique et professionnel aux besoins de l’économie nationale et une meilleure
allocation des ressources publiques pour une plus grande efficacité du système éducatif et de la
formation, (iii) une adéquation formation / emplois / entreprises afin de créer des liens organiques entre
écoles de formation et entreprises et (iv) une bonne articulation entre le formel et le non formel dans le
système éducatif (daaras, alphabétisation, etc.). Le secteur privé et l’éducation non formelle
continueront d'être mis à contribution afin de renforcer la poursuite de l’objectif d’éducation pour tous et
de satisfaire la forte demande. À ce titre, l'État veillera au renforcement des actions des programmes en
cours en insistant sur l’accès à l’éducation de base des couches les plus défavorisées, la scolarisation de
la petite fille, l’éducation non formelle des adolescents et des adultes qui n’ont pas accès au système
formel, l'éradication de l'analphabétisme, particulièrement chez les femmes ainsi que la réduction des
disparités entre régions et entre zones urbaines et zones rurales. La loi d’orientation de l’éducation sera
réactualisée pour la prise en compte de la dimension genre et la valorisation des expériences surtout en
éducation alternative et qualifiante. Dans cette optique, les organisations de jeunes et de femmes seront
fortement engagées dans la prise en charge des différentes actions.
212. Pour le développement intégré de la petite enfance, le Sénégal compte : (i) s’appuyer sur les
ressources et les pratiques sociales et culturelles de la communauté; (ii) impliquer tous les membres de
la communauté dans un réseau efficace de soutien aux enfants; (iii) favoriser la coopération avec les
institutions; (iv) initier un programme d'appui aux familles visant à soutenir les meilleures pratiques sur
les plans sanitaire, nutritionnel et éducatif et (v) prêter une attention particulière aux enfants à besoins
éducatifs spéciaux et aux groupes spécifiques comme les familles à faibles revenus, les ruraux, les
enfants orphelins du SIDA, etc. La politique d’encadrement des enfants sera poursuivie et le programme
de construction de cases des tout-petits renforcé puis généralisé.
213. Afin de bien stimuler l'éducation des filles dans l'enseignement élémentaire, l’État s'appuiera sur les
stratégies suivantes: (i) une réelle mobilisation sociale de toute la communauté; (ii) le développement
d'un partenariat autour de l'école par la prise en charge effective de la question genre; (iii) le système de
récompense et de médiatisation des modèles (élèves, enseignantes, directrices); (iv) la recherche - action
28
Couvrant les 10 premières années d’instruction.
29
Les autres indicateurs sont en annexe. Les détails des réalisations envisagées et des indicateurs de résultat seront
déclinés dans le CDSMT du secteur.
44
pour trouver les moyens d'élimination des inégalités entre régions et entre sexes. L'application de
techniques adaptées à chaque milieu nécessite des connaissances précises sur les questions qui se
posent. Ainsi les attentes des familles devront trouver des réponses pertinentes à travers la recherche -
action.
214. Pour promouvoir l’éducation qualifiante des jeunes et des adolescents et orienter la formation
professionnelle vers le marché du travail et de l’emploi, les stratégies sont articulées autour de : (i) la
révision en profondeur de l'offre de formation formelle et non formelle (alphabétisation, éducation
communautaire de base, etc.) et la mise en place d’une carte nouvelle des filières; (ii) l'élaboration/
révision des programmes de formation selon l'approche par les compétences; (iii) la promotion d'un
partenariat dynamique avec le privé; (iv) l'organisation du système d'apprentissage en suscitant un
consensus, en fondant l'apprentissage sur les valeurs sociales de solidarité et en mettant en place un
cadre juridique approprié; (v) la réduction des inégalités entre sexes et la résorption des disparités
géographiques par la promotion des jeunes filles et un appui conséquent aux zones défavorisées; (vi) la
formation des adolescents et des jeunes de 13 à 18 ans décrochés du système éducatif formel et non
formel sans disposer des outils minimaux; (vii) l’extension du champ d’action aux attitudes et valeurs
liées à la paix, la tolérance, la santé, la préservation de l'environnement par des styles de vie durables,
aux compétences professionnelles, en langues, calcul, etc.; (viii) l’alternance entre lieux de formation
théorique et lieux de travail des maîtres-pilotes et (ix) le développement de l'approche de « faire-faire »
à l’instar de celle développée dans l’alphabétisation.
215. À cet égard, l’État s’attachera à mettre en place les conditions devant lui permettre de répondre aux
besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accès équitable à des
programmes adéquats et des manuels notamment des manuels non stéréotypés intégrant la dimension
genre, ayant pour objet l’acquisition de connaissances ainsi que de compétences nécessaires à la vie
courante. L’éducation non formelle sera soutenue à travers la poursuite de la construction des espaces
jeunes, l’élaboration de modules de renforcement des capacités des jeunes et de leurs groupements.
216. Au niveau de l’environnement scolaire, les difficultés d’accès à l’eau potable, aux services
énergétiques, aux blocs sanitaires, l’absence de murs de clôture, limitent les performances du secteur.
Ainsi, pour renforcer la qualité du système éducatif, il s’agira de veiller à une intégration adéquate de
ces besoins dans les infrastructures scolaires.
[Link]. Santé et nutrition
217. Les objectifs sectoriels déclinés dans le Plan national de Développement sanitaire (PNDS) sont en
parfaite cohérence avec les OMD. Il s’agit en effet de réduire la mortalité maternelle, de réduire la
mortalité infantile, et de maîtriser la fécondité. Les programmes mis en œuvre dans le cadre de la
première phase du Plan national de Développement sanitaire (PNDS), avaient pour objectifs de
«promouvoir l’accès aux services socio-sanitaires pour les populations pauvres » à travers : (i)
l’amélioration de l’accès des pauvres aux services médicaux; (ii) le développement des services de santé
à base communautaire et (iii) l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement en zone rurale
et périurbaine.
218. Malgré les efforts consentis et les progrès réalisés, le secteur reste caractérisé par une insuffisance
des infrastructures sanitaires et sociales et en prestation de services. Le personnel de santé est mal
réparti sur l’ensemble du territoire national en particulier au niveau des zones pauvres et reculées, peu
motivé à exercer ses activités en dépit des efforts du Gouvernement. D’autres contraintes spécifiques ont
été identifiées : (i) non respect de la carte sanitaire au niveau de l’implantation des infrastructures de
santé, (ii) existence de pratiques délictuelles (surfacturation, corruption, non respect de la charte du
malade) qui gangrènent le système de santé, (iii) inaccessibilité des médicaments de base qui demeurent
encore une préoccupation de premier ordre pour les couches pauvres, (iv) lourdeurs dans la gestion des
projets et programmes, (v) absence de programmes de renforcement des mutuelles de santé (vi)
insuffisance d’initiatives en faveur des maladies non transmissibles ou liées à la vieillesse (stress,
ménopause, solitude, etc.).
219. Pour lever ces contraintes tout en renforçant les acquis, le Gouvernement a procédé à la mise à jour
du Plan national de Développement sanitaire et social (PNDS) qui va couvrir la période 2004-2008.
Cette phase II du PNDS qui met davantage l’accent sur la lutte contre la pauvreté vise : l’amélioration
de l’accès des groupes vulnérables à des services de santé de qualité; le renforcement de la prévention et
le développement de la communication pour le changement de comportement; l’amélioration de la
45
disponibilité, de la qualité et de la performance des ressources humaines en santé; l’amélioration des
capacités institutionnelles du secteur; la promotion du partenariat; le renforcement du suivi évaluation
de la performance et l’amélioration des mécanismes de financement de la santé.
220. Ainsi, les actions et mesures prioritaires devront permettre de : (i) améliorer la qualité, l’accès et
l'offre de services de santé dans les régions où la situation sanitaire et l’état de pauvreté sont encore
jugés préoccupants; (ii) promouvoir chez les populations des attitudes et des comportements de
prévention des maladies; (iii) améliorer la prévention et la prise en charge du VIH/SIDA, (iv) améliorer
la prévention et la lutte contre le paludisme, (v) améliorer la santé maternelle et infanto-juvénile, (vi)
améliorer la santé de la reproduction des jeunes et des femmes, (vii) améliorer la situation nutritionnelle
des femmes et des enfants, (viii) prendre en charge les maladies chroniques et non transmissibles et (ix)
promouvoir le contrôle citoyen des services sociaux et sanitaires.
221. Les progrès réalisés dans la première phase du PNDS seront poursuivis pour atteindre en 201030,
entre autres, un taux de couverture vaccinale DTC3 de plus de 80%, un taux de consultation primaire
curative de 60 %, un taux de consultation prénatale de 65 %, une proportion d’accouchements assistés
par du personnel formé de 70%, un taux de prévalence du VIH-SIDA de moins de 3%.
222. La stratégie retenue sera fondée sur : (i) la correction de l’insuffisance de l’accès aux soins par une
politique de dotation suffisante et de qualité en infrastructures et le recours à des services à base
communautaire pour pallier l’insuffisance de personnels ; (ii) l’allégement des dépenses de santé
(médicaments surtout) chez les pauvres ; (iii) l’accès aux mutuelles de santé; (iv) le développement des
ressources humaines ; (v) l’appui au secteur privé et à la médecine traditionnelle ; (vi) le renforcement
du contrôle des maladies endémiques et de la surveillance épidémiologique ; (vii) l’accroissement des
performances des programmes de santé de la reproduction, notamment par la promotion de stratégies
innovatrices d’appui à la planification familiale ; (viii) l’appui institutionnel au niveau central, régional
et du district; (ix) la promotion des mesures de protection individuelle et collective par l’hygiène et
l’assainissement et le développement de réflexes de prévention à travers une approche communautaire;
(x) l’accès équitable au système classique de Protection sociale qui ne profite pas de la même manière
aux hommes et aux femmes.
223. Les mesures et actions concrètes envisagées devront permettre de renforcer la lutte contre la
mortalité maternelle, de consolider les acquis des programmes (Lutte contre le Paludisme, vaccination),
d’intégrer des programmes de Lutte contre l’onchocercose, la bilharziose, la lèpre, le ver de Guinée, la
tuberculose, etc., de développer des programmes en faveur des maladies non transmissibles ou liées à la
vieillesse et de renforcer les deux (2) piliers (la prévention et la prise en charge) de la lutte contre le
VIH/SIDA.
224. En ce qui concerne la nutrition, l’État poursuivra la mise en œuvre d’une politique de nutrition
multisectorielle en vue d’améliorer la situation nutritionnelle des femmes et des enfants. Cette politique
vise à (i) réduire de moitié la prévalence de la malnutrition chez les enfants 0-5 ans ; (ii) éliminer
durablement les troubles liés aux carences en iode et l'avitaminose A ; (iii) réduire d'un tiers la
prévalence de l'anémie, notamment ferriprive ; (iv) assurer une disponibilité et un accès durable à une
alimentation en quantité et en qualité suffisantes pour toute la population. Ces objectifs seront
poursuivis à travers le Programme de Renforcement de la Nutrition (2002-2015). Ce programme a
permis dans sa première phase de toucher 20% des enfants âgés de moins de 5 ans, et de tester avec
succès des expériences ayant permis une réduction significative de la prévalence de la malnutrition et
une amélioration générale de la situation nutritionnelle des enfants et des femmes.
225. Pour la période 2006-2010, le PRN prévoit d’augmenter la couverture des enfants de 20 à 50%, soit
900.000 enfants âgés de moins de 5 ans. Cette intensification des interventions de nutrition est encore
plus nécessaire dans les zones rurales qu’elle devra cibler en priorité au regard des indicateurs montrant
une prévalence largement plus élevée de la malnutrition en milieu rural, qu’en milieu urbain. Pour
atteindre les objectifs, la phase2 du PRN s’appuiera sur 3 composantes principales : (i.) la composante
« Nutrition/Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant au niveau communautaire (PCIME-C)31 » ;
30
Les autres indicateurs sont en annexe. Les détails des réalisations envisagées et des indicateurs de résultat seront
déclinés dans le CDSMT du secteur.
31
Cette composante est subdivisée en trois sous composantes : (i) Suivi promotion de la croissance/PCIME, (ii)
Micronutriment et (iii) Initiatives communautaires.
46
(ii.) la composante « Interventions multisectorielles relatives à la nutrition » et (iii. la composante
«Appui à la mise en œuvre de la politique et à l’évaluation des programmes », et en mettant l’accent sur
les problèmes de malnutrition, de morbidité, de santé et d’hygiène des femmes et des enfants.
[Link]. Accès à l’eau potable
226. Le Gouvernement a fait du secteur de l’eau potable une priorité pour la réduction de la pauvreté.
Cette priorité s’est traduite dans le plan d’actions du DSRP (2003-2005). Pour renforcer les acquis et
inscrire les objectifs dans une perspective globale et à long terme, le Gouvernement a élaboré en 2005,
le Programme d’Eau potable et d’Assainissement du Millénaire (PEPAM), à travers lequel, les objectifs
de réduction de la pauvreté dans le secteur de l’eau seront mis en œuvre.
227. Les résultats attendus en 2015 pour l’atteinte par le Sénégal des OMD sont que 100 % des ménages
en milieu urbain et 82 % des ménages en milieu rural aient un accès à l’eau potable. En vue d’accroître
le taux d’accès à l’eau potable et promouvoir une gestion durable des ouvrages, il s’agira à court terme
(d’ici à 2010) de réaliser en milieu rural 200 nouvelles Adductions d’Eau Multi-Villages (AEMV)/
Adductions d’Eau villageoises (AEV), (ii) 150 extensions dont 70 constructions de château d'eau et 200
puits modernes et (iii) la consolidation des infrastructures existantes d’une part, et, d’autre part
d’augmenter l’extension des réseaux et les branchements sociaux en milieu urbain et péri-urbain.
228. La stratégie retenue sera centrée autour de : (i) la préservation et l’amélioration des acquis de
l’hydraulique urbaine, (ii) l’intensification du développement de l’hydraulique rurale, (iii) la
responsabilisation et la participation accrue des acteurs directs (collectivités locales, usagers, secteur
privé), (iv) une meilleure synergie intersectorielle (hydraulique, décentralisation, assainissement,
énergie, santé), optimisation technique et maîtrise des coûts des infrastructures, (v) la gestion rigoureuse
des ressources en eau, (vi) mise en place de mécanismes pour assurer les équilibres financiers durables
du service public de l’eau.
229. À cet égard, l'État mettra en place un cadre unifié des interventions qui proposera à tous les acteurs
un ensemble de règles communes et un outil de coordination. Ce cadre permettra d'amener la capacité
d'exécution et d'absorption du secteur à la hauteur des besoins des dix prochaines années et de
promouvoir les synergies intersectorielles et la cohérence des interventions.
[Link]. Accès à l’Assainissement
230. L’assainissement est au centre des préoccupations du Gouvernement du Sénégal et constitue une
cible retenue par la communauté internationale pour l’atteinte des OMD. C’est à ce titre qu’il constitue
une des composantes du Programme d’Eau potable et d’Assainissement du Millénaire (PEPAM),
élaboré en 2005. Aussi, les objectifs prioritaires retenus visent à porter (i) le taux d’accès des ménages
ruraux à un système autonome d’évacuation des excréta et des eaux usées de 17 % (2004) à 59 % (2015)
et (ii) le taux d’accès des ménages urbains à un service d’assainissement de 56,7 (2002) à 78 % (2015).
Les taux d’accès attendus, à l’horizon 2015, sont de 85 % à Dakar, 72 % dans les centres assainis et
68% dans les centres non assainis.
231. Il s’agira à court terme (d’ici 2010), de réaliser 71 000 systèmes individuels et 84 000 édicules
publics en milieu rural. Pour le milieu urbain, il a été retenu la réalisation, d’ici à l’horizon 2015, de
92 400 branchements dont (28 600 branchements sociaux) sur réseau collectif ou réseau semi-collectif
et l’installation de 135 000 systèmes autonomes. En ce qui concerne la collecte et le traitement des eaux
usées, il est prévu de porter les capacités STEP à plus de 34000 m3/jour à Dakar. L’État prendra les
mesures d’accompagnement pour le renforcement des capacités des acteurs des services de l’État, des
consommateurs, des collectivités locales et du secteur privé, l’intermédiation sociale et le suivi
évaluation (impacts, suivi environnemental,gestion des ressources).
232. Les actions et mesures envisagées contribueront à l’atteinte des objectifs suivants : (a) améliorer
l’accès des ménages à des systèmes adéquats d’évacuation des excrétas ; (b) améliorer l’accès des
ménages à des systèmes adéquats d’évacuation des eaux usées et pluviales ; (c) améliorer l’accès à des
systèmes adéquats de gestion des déchets solides ; (d) changer positivement les attitudes et
comportements des populations ; (e) améliorer le cadre institutionnel et organisationnel avec la mise en
œuvre des réformes dites de deuxième génération. Par ailleurs, de nouveaux programmes d’accès à
l’assainissement ciblés sur les ménages les plus pauvres seront mis en œuvre pour améliorer l’efficacité
des programmes de branchements subventionnés.
47
233. La stratégie retenue sera centrée autour de : (i) la mise en place des réformes de deuxième
génération à travers la loi sur le service public de l’eau potable et de l’assainissement ; l’actualisation
des instruments contractuels État-ONAS, la préparation d’un code de l’assainissement ; l’intégration de
la problématique eaux pluviales dans la stratégie (ii) l’optimalisation des techniques et le renforcement
des infrastructures, notamment pour réduire les impacts environnementaux et exploiter la
complémentarité entre l’assainissement collectif, semi-collectif et autonome (iii) l’amélioration
progressive de l’équilibre financier de l’ONAS.
4.2.2. Capital naturel, habitat et cadre de vie
234. Le capital naturel, qui contribue à renforcer le capital humain, est à l’instar de celui-ci un levier
important de la croissance à long terme, mais également du cadre de vie. À ce titre, la communauté
internationale a placé l’Environnement au centre des Objectifs du Millénium pour le Développement
(OMD) : (cf. objectif 7).
[Link]. Gestion des ressources naturelles et de l’environnement
235. Le Sénégal dispose de potentialités naturelles relativement importantes (13 millions d’hectares de
forêts, soit 65% du territoire en 1990). Toutefois, l’évolution générale des ressources naturelles est
marquée par l’accélération du processus de dégradation écologique dans un contexte de crise climatique
sévère dont les effets sont aggravés par les modèles non durables de consommation et de production, les
activités anthropiques mal planifiées (pression démographique, extension des cultures, développement
des aménagements hydro-agricoles, urbanisation accélérée). En ce qui concerne les ressources en sol,
elles connaissent des phénomènes de dégradation (salinité, acidification, érosion éolienne et hydrique,
etc.) du fait entre autres de l’adoption de techniques et de pratiques culturales non adéquates, du
dépassement des capacités de charge au niveau de certains écosystèmes et l’accroissement de la
compétition sur des espaces de moins en moins productifs, etc. Aujourd’hui, les besoins de restauration
de la fertilité des sols sont estimés à 2,4 millions ha.
236. En ce qui concerne le couvert végétal et la diversité biologique, les potentialités sont encore
importantes. Cependant, une réduction considérable du couvert végétal a été notée au cours des quatre
dernières décennies à cause de l'avancée des fronts agricole et charbonnier dont les effets sont renforcés
par la sécheresse et l’utilisation du bois par les ménages. En effet, 55,5% et 11% des ménages utilisent
respectivement le bois de chauffe et le charbon pour la cuisine. Il convient de souligner également que
la gestion des ressources naturelles fait face à d’autres difficultés, telles que: (i) les pressions humaines
sur le milieu, en particulier la pression foncière et les implantations massives souvent anarchiques des
réceptifs hôteliers et touristiques, (ii) la péjoration du climat, (iii) le phénomène de salinisation des
terres, des eaux souterraines et des eaux de surface, (iv) l’écrémage des espèces pour le bois d’œuvre,
(v) les actions de cueillette, (vi) les feux de brousse qui compromettent la régénération de certaines
espèces. Cette dégradation des forêts qui servent d’habitat et de source d’alimentation aux espèces a eu
des impacts directs sur la faune, en rendant précaire son développement et sa survie. Elle a aussi des
impacts négatifs sur la lutte contre les changements climatiques, en ce sens que les forêts constituent des
puits de carbone pouvant contribuer à la réduction du CO2 dans l’atmosphère.
237. En ce qui concerne la pollution, le Sénégal fait face à des problèmes liés aux rejets gazeux
provenant des industries, des pots d’échappements des véhicules, des déchets solides qui souillent les
eaux, des déchets dangereux comme les pesticides obsolètes, les déchets biomédicaux et les déchets
infectieux. Dans le cadre de la gestion de ces déchets, le Sénégal fait face à de multiples problèmes : (i)
coût d’élimination jugé élevé de certains déchets, (ii) difficultés à identifier une technologie appropriée
à un coût raisonnable, (iii) absence d’équipement collectif national de traitement des déchets dangereux,
(iv) absence d’équipement approprié de collecte, de transport et d’élimination des déchets infectieux, (v)
manque d’information et de formation sur les risques liés aux biomédicaux, (vi) difficultés à gérer
rationnellement les produits chimiques. L’autre problème d’environnement auquel le Sénégal fait face
est l’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques.
238. En somme, tous ces problèmes et contraintes liés à la gestion de l’environnement au Sénégal sont la
cause de pratiques non durables qui accentuent la pauvreté et la vulnérabilité des populations. Afin de
trouver une solution globale à ces maux, le Sénégal a pris diverses initiatives dont l’élaboration d’une
stratégie de développement durable et une lettre de politique sectorielle de l’environnement (LPSE) en
vue du renversement des tendances. Il s’est également engagé à poursuivre les objectifs prioritaires
suivants : (i) la mise en valeur concertée des ressources naturelles (exploitation rationnelle et durable,
48
diversification des combustibles, réduction des pertes à la consommation); (ii) la sauvegarde de
l’environnement et la lutte contre la désertification; (iii) la sauvegarde de la faune et de la flore; (iv) la
sauvegarde de l’environnement marin et côtier; (v) le renforcement des capacités de gestion des
ressources naturelles et de l’environnement; (vi) la promotion d’une gestion rationnelle des ressources
naturelles et conserver la biodiversité ; (vii) le renforcement des capacités en gestion des ressources
naturelles et de l’environnement (GRNE) par la formation, l'éducation, la sensibilisation,
l'alphabétisation, etc.; (viii) la gestion communautaire des aires protégées ; (ix) l’optimisation des
interventions de l’Etat, conformément au Code de l’Environnement, (x) la lutte contre les pollutions,
nuisances et risques, (xi) la valorisation des ressources sauvages et (xii) la promotion des modes de
productions et de consommation durables32 dans tous les secteurs de développement.
239. À cette fin, la stratégie reposera sur un cadre institutionnel amélioré et une meilleure organisation de
la gestion de l’environnement, la suscitation et la stimulation des attitudes positives d’appropriation des
stratégies et des actions par l’ensemble des acteurs et la promotion des modes de production et de
consommation durable pour mieux préserver les ressources naturelles. En effet, il s’agit de trouver les
moyens en vue de remédier simultanément aux problèmes de développement économique et de
réduction de la pauvreté sans épuiser ou dégrader davantage les ressources terrestres. La promotion de
modes de production et de consommation durables, en plus de protéger l’environnement contre les
diverses dégradations, permettra de générer des bénéfices économiques notamment la création
d’emplois, le développement de l’industrie, l’amélioration à l’accès aux marchés et le progrès des
technologies, entre autres éléments.
[Link]. Habitat, Cadre de vie
240. Concernant le cadre de vie urbain, il faut retenir que la population urbaine du Sénégal est passée de
25% en 1960 à 41% en l’an 2002 et que ce phénomène est dû en partie à un exode des populations
rurales vers les villes, Dakar en particulier. Par ailleurs, il faut noter que dans la plupart des villes, les
zones insalubres et impropres à l’habitation représentent 30 à 40% de l’espace occupé, et concentrent
une proportion importante de population. Ainsi, l’occupation de l’espace se fait sans le respect des
schémas d’urbanisme et sans l’évaluation environnementale (étude d’impact environnemental ou
analyse environnementale initiale) des options d’aménagement, pourtant obligatoire selon les
dispositions du Code de l’Environnement.
241. La taudification du bâti, le nomadisme des populations des quartiers péri-urbains durant l’hivernage,
les problèmes d’hygiène et de santé entraînés par les inondations, l’insécurité liée à la mal-urbanisation
sont un ensemble de facteurs de vulnérabilité dégradant le cadre de vie dans les quartiers populaires.
Pour renverser ces tendances le Gouvernement compte mettre en œuvre des politiques d’amélioration du
cadre de vie en milieux urbain et rural, de promotion de l’habitat social. Aussi les objectifs prioritaires
ci-après seront poursuivis : (i) assurer un meilleur accès aux parcelles viabilisées et appropriées, et (ii)
étendre la réhabilitation foncière au profit des quartiers concernés par les inondations. À cet effet, l’État
poursuivra différents programmes en vue notamment d’éradiquer les bidonvilles et les habitats précaires
et dans les zones inondables.
4.3. AXE 3 : Protection sociale, Prévention et gestion des risques et catastrophes
242. Le diagnostic33 fait sur la protection sociale au Sénégal a montré l’existence de dispositifs formels
de protection sociale basés sur la couverture des fonctionnaires et autres salariés contre les risques (la
sécurité sociale (CSS, IPM, IPRES, FNR), les assurances privées, les mutuelles professionnelles
complémentaires. Ces systèmes connaissent de sérieux problèmes de performance et des limites dans
leurs capacités de réponses aux divers besoins de protection sociale et de gestion des risques. Ils sont
actuellement sous la contrainte d’une série de défis considérables liés à la nécessité de s'adapter à un
monde du travail en mutation, aux nouvelles structures socioprofessionnelles et familiales émergentes,
ainsi qu'aux bouleversements démographiques des prochaines décennies.
32
Ce principe fait parti des points forts des recommandations issues du Sommet de Johannesburg sur le
Développement durable de 2002, auxquels le Sénégal a souscrit par l’élaboration d’un plan d’action décennal sur la
production et la consommation durable.
33
Pour plus de détails sur le diagnostic des systèmes de protection sociale, voir « la stratégie national de protection
sociale et de gestion des risques ». Rapport provisoire, octobre 2005.
49
243. Pour relever tous ces défis, diverses initiatives sectorielles ont été prises avec l’appui des partenaires
au développement. Pour sa part, le Gouvernement a pris une série de mesures : des lettres de politique
sectorielles sur la sécurité sociale, l’équité et l’égalité de genre, le développement, la mise en place du
conseil de la sécurité sociale, et des actions en faveur de certaines catégories vulnérables comme les
personnes handicapées et les retraités. Par ailleurs, les acteurs privés et les OSC ont initié des actions
dans le domaine de la protection sociale avec l’appui des partenaires notamment avec la mise en place
de mutuelles de santé.
244. Pour assurer une cohérence dans les interventions, le Gouvernement a inscrit la formulation d’une
stratégie de protection sociale intégrée dans les priorités du pays et retenu de faire de cette stratégie
l’instrument de mise en œuvre des actions de lutte contre la vulnérabilité dans la stratégie de réduction
de la pauvreté.
4.3.1. Objectifs de lutte contre la vulnérabilité
245. La protection sociale et la gestion des risques constituent les instruments privilégiés pour une
croissance accélérée et une réduction durable de la pauvreté. À ce titre, des interventions publiques
destinées à aider les individus, les ménages et les communautés seront mises en œuvre pour mieux
aplanir les irrégularités de revenus et de consommation et réduire la probabilité de pertes dévastatrices
de bien-être et de basculement dans la pauvreté.
246. L’objectif de la stratégie nationale de protection sociale (SNPS) est de renforcer et d’étendre de
manière équitable, d’ici à 2015, les instruments de protection sociale en faisant passer, le taux de
couverture en assurance maladies de 20% à 50 % de la population et en mettant en place un régime de
protection sociale qui couvre les risques liés aux calamités et les risques pour le secteur informel et
artisanal. A cet égard, il s’agira : (i) de garantir l’accès aux services sociaux de base des groupes
vulnérables; (ii) d’augmenter l’accès aux instruments de gestion des risques et aux systèmes de
protection sociale notamment les mutuelles; (iii) d’améliorer le ciblage, le suivi et l’évaluation des
actions dirigées vers les groupes vulnérables; (iv) de mettre en place des systèmes de prévoyance pour
les risques agricoles, (v) de garantir des revenus aux personnes en difficulté et groupes vulnérables, tout
en leur permettant de s’insérer dans les systèmes formels de protection sociale ; (vi) de renforcer les
mécanismes de transfert direct des ressources en faveur des groupes vulnérables et (vii) d’améliorer la
capacité de réponse aux chocs et risques pour les groupes vulnérables.
4.3.2. Composante de la stratégie nationale de protection sociale
247. Pour atteindre les objectifs assignés à la SNPS, des actions et mesures seront mises en œuvre à
travers quatre (4) composantes : (i) la réforme et le renforcement des systèmes formels de sécurité
sociale, (ii) l’extension de la protection sociale, (iii) la prévention et la gestion des risques majeurs et
catastrophes et (iv) la protection sociale des groupes vulnérables.
• Réforme et renforcement des systèmes formels de sécurité sociale
248. Les principales contraintes relevées concernent l’évasion sociale34, la faiblesse du niveau des
prestations, l’absence d’une couverture intégrale et l’exclusion du chômage dans le paquet de risques
sociaux couverts par les systèmes. Par ailleurs, il est constaté la persistance des discriminations à l’égard
des femmes fonctionnaires et travailleuses du secteur privé pour la prise en charge de leur mari et ayant
droits en matière d’assurance maladie. Il en est de même pour la pension de réversion et la fiscalité
249. À cet égard, la stratégie retenue porte, d’une part, sur la mise en œuvre de mesures pour rattraper le
retard accusé par le système de sécurité sociale et, d’autre part, d’élargir le champ de couverture
obligatoire, personnel et matériel pour répondre aux besoins exprimés par les salariés et les autres
catégories de populations actives.
250. Les actions envisagées visent en priorité les objectifs suivants : (i) promouvoir la prévention des
risques sociaux, (ii) lutter contre l’évasion sociale, (iii) réformer les textes législatifs et réglementaires et
consolider le dispositif de régulation, (iv) élargir le champ d’application des services de sécurité sociale
notamment en les étendant à l’habitat social pour les travailleurs ; (v) renforcer les capacités des
professionnels de la sécurité sociale et des acteurs sociaux, (vi) réformer les textes et lois
discriminatoires en vue de prendre en compte les besoins spécifiques de sécurité sociale des femmes et
34
Le concept désigne le fait que les employeurs se soustraient au paiement des cotisations sociales
50
(vii) réduire les risques de basculement des travailleurs dans la pauvreté (consécutives à la maladie, à la
vieillesse et la perte d’emplois) par la mise en place des mécanismes d’anticipation adaptés. La
réalisation des mesures prioritaires permettra d’atteindre d’ici 2010 les résultats suivants : d’une part, la
quasi-totalité des entreprises sont à jour de leurs cotisations sociales et d’autre part, un nouveau régime
de sécurité sociale est élaborée et mis en œuvre.
• Extension de la protection sociale
251. Au Sénégal, la protection sociale ne couvre que 7,8% de la population dans un environnement
marqué par la prédominance des exploitations familiales (dans l’agriculture, l’artisanat, etc.) et
l’extension du secteur informel, principal refuge des sans-emplois en particulier des femmes.
252. Pour enclencher une dynamique de rupture et créer les conditions d'une extension durable de la
protection sociale, les objectifs suivants seront poursuivis : (i) renforcer les mutuelles de santé et
améliorer le système d’assurance-maladie en vue de faire bénéficier d’un système de protection contre
le risque-maladie à la totalité de la population active occupée et leurs ayants droit ; (ii) mettre en place
un système de protection contre les risques de maladies pour les personnes vulnérables et (iii) mettre en
place des systèmes de prévoyance sociale pour les personnes exerçant le métier de l’agriculture et les
acteurs économiques du secteur informel, de l’artisanat, etc. À terme, il s’agira, de porter le taux de
couverture du risque-maladie de la population à au moins 28 % en 2010 et à 50 % d’ici 2015, contre
7,8% en 2005.
253. La stratégie préconisée sera basée sur la promotion d’un système moderne de protection sociale qui
intègre et valorise nos valeurs d’entraide tout en s’appuyant sur des règles et des mécanismes formels
basées sur la notion de prévoyance et de partage des risques à tous les échelons. Le système visera la
branche santé avant son élargissement aux autres branches (vieillesse, accidents etc), avec dans une
première étape un ciblage sur les ruraux et les routiers. Les personnes diminues ou indigentes seront
prises en charge dans ces systèmes à travers des mécanismes de solidarité sous forme de parrainage et
d’assistance sociale déjà en cours dans certaines mutuelles (exemple l’expérience de la commune de
Dakar).
• Prévention et gestion des risques majeurs et catastrophes
254. Les risques et catastrophes auxquels les populations sont exposées maintiennent les groupes les plus
vulnérables dans la précarité et font basculer d’autres dans la pauvreté. Du fait de leurs conséquences
sur les personnes, les biens et l’environnement, ils font perdre à l’économie nationale des gains de
croissance importants. À cet égard, le Gouvernement a pris des initiatives importantes marquées par
l’adoption d’un arsenal juridique et la mise en place de la Commission supérieure de la Protection civile,
du Comité national de Sécurité civile et de plusieurs plans et organes de gestion et prévention des
catastrophes dont le plus connu est le plan ORSEC.
255. Malgré ces atouts certains, en terme d’engagement politique et de législation, il convient de
constater que les modalités d’application des textes et règlements posent problèmes. Par ailleurs, les
organisations et structures sectorielles présentent des limites dans la gestion des risques qui ont des
impacts plus globaux notamment l’absence d’une vision stratégique à moyen terme de gestion des
risques qui soit en cohérence avec les politiques de développement durable et de lutte contre la Pauvreté,
l’inadaptation de la réglementation en matière de sécurité par rapport à l’évolution de la société, de la
technique et des comportements humains et l’absence de culture de la prévention des risques auprès des
populations.
256. Pour lever ces contraintes, le Gouvernement, conformément aux engagements du « Cadre d’Action
de Hyogo 2005–2015 » et de la « Stratégie Régionale africaine de prévention des catastrophes » (2004),
a élaboré un programme de prévention et gestion des risques majeurs et catastrophes qui vise
principalement les objectifs suivants : (i) promouvoir des stratégies et mécanismes de prévention et de
gestion des risques et catastrophes en appui aux plans nationaux notamment avec la mise en place d’une
plateforme nationale de réduction des risques et catastrophes animée par le Conseil supérieur de la
Prévention des Risques et Catastrophes ; (ii) assurer la coordination et la promotion de la culture de la
prévention et de la gestion des risques et catastrophes à travers la mise en œuvre d’une stratégie de
communication et de mobilisation sociale efficace ; (iii) renforcer l’arsenal juridique et réglementaire ;
(iv) maîtriser les accidents industriels majeurs et les inondations et (v) réduire les facteurs de
vulnérabilité dans les secteurs et renforcer l’assistance sociale aux groupes vulnérables en cas de
51
catastrophes., Ces objectifs seront accompagnés par des actions de recherche et de formation sur le
concept de risques et catastrophes et mis en œuvre à travers des programmes de prévention et de
gestion des risques et catastrophes, des accidents majeurs, de promotion des systèmes d’assurance dans
les secteurs agricole35, artisanal etc., la promotion des systèmes d’alerte précoce.
• Protection sociale des groupes vulnérables
257. L’analyse des risques montre que certaines catégories sociales du fait de l’insuffisance de revenus et
de capital social sont plus exposées que d’autres quand surviennent certains chocs collectifs ou
individuels (maladies, catastrophes, etc.) ; ce qui les expose et/ou les maintient dans la pauvreté. Pour
relever ces défis le Gouvernement mettra en œuvre une stratégie d’appui aux groupes vulnérables qui
vise à (i) améliorer le ciblage, le suivi et l’élaboration des actions dirigées vers les groupes vulnérables ;
(ii) accroître l’accès des groupes vulnérables aux instruments de gestion des risques et aux systèmes de
protection sociale ; (iii) renforcer les mécanismes de transfert direct de ressources publiques aux
groupes vulnérables ; (iv) améliorer l’accès aux services sociaux pour les groupes vulnérables et (vi)
assurer l’accès des groupes vulnérables aux actifs et à la pleine jouissance de leurs droits. À terme, au
moins 500 000 familles /an, en situation d’extrême pauvreté, auront reçu un transfert de ressources leur
permettant un accès durable aux services sociaux.
258. Des programmes spécifiques seront mis en place au profit des groupes particuliers comme les
handicapés, les femmes en situation de vulnérabilité, les enfants en situation de vulnérabilité, les jeunes,
les travailleurs atypiques, les réfugiés et rapatriés, les aînés, les personnes vivant avec des maladies
chroniques (VIH Sida, insuffisances rénales, Diabète, cancer,…) et les personnes déplacées.
259. En ce qui concerne les personnes handicapées, les actions envisagées visent à améliorer leur
situation économique et sociale et à lutter contre les préjugés dont elles sont victimes. Il s’agit : (i)
d’améliorer l’état sanitaire et la mobilité des personnes handicapées, (ii) de promouvoir l’éducation et la
formation des personnes handicapées par le développement de l’éducation intégratrice et (iii)
d’améliorer leur insertion économique et sociale. Les programmes qui seront mis en œuvre portent sur :
(i) la promotion et la protection des personnes handicapées, (ii) la réhabilitation à base communautaire
(RBC), (iii) l’amélioration de l’environnement des personnes handicapées, (iv) le renforcement des
capacités et (v) le plaidoyer pour la promotion et la protection des droits des personnes handicapées. La
mise en œuvre d’un programme national de réhabilitation à base communautaire sera le principal
instrument qui permettra, d’ici 2010, d’appareiller près de 20000 personnes handicapées et d’apporter
un appui financier et technique à près de 3000 Groupements d’Intérêt économique (Gie) mis en place
par des personnes handicapées pour la réalisation d’activités génératrices de revenus.
260. S’agissant de la protection des femmes en situation de vulnérabilité36, l’État poursuivra les
réformes juridiques et réglementaires déjà entamées conformément aux principes affirmés dans la
Constitution qui reconnaît de manière explicite les droits des femmes notamment ceux liés à l’accès aux
terres. Il s’efforcera aussi d’harmoniser les lois nationales et la convention relative à l’élimination de
toutes formes de discriminations à l’égard des femmes et la charte sur les droits de l’homme. À cet effet,
des dispositions seront prises pour : (i) promouvoir les droits des femmes et des filles par la
sensibilisation de toutes les populations, la vulgarisation des textes dans le cadre de la SNEEG à travers
le renforcement de la législation en vigueur et l’adoption de dispositions particulières pour sa mise en
application effective, (ii) améliorer la situation économique et sociale des femmes en situation de
vulnérabilité en particulier par la mise en place d’infrastructures d’allègement des travaux domestiques,
la mise à la disposition des femmes rurales de technologies et équipements appropriés pour la
transformation et la conservation des produits; (iii) renforcer les capacités des femmes pour réduire leur
vulnérabilité par des mesures spécifiques dans le cadre des programmes sectoriels de l’éducation, de la
santé et de la justice etc.; (iv) améliorer l’accès et le séjour des filles dans tous les niveaux
d’enseignement et promouvoir l’enseignement professionnel pour les femmes et les filles et (v)
promouvoir l’amélioration de la situation de santé des femmes, des filles et des enfants, (vi) lutter contre
35
Les questions spécifiques à la vulnérabilité du secteur agricole sont traitées dans la partie création de richesses (
chapitre agriculture)
36
Seront particulièrement ciblées les femmes mendiantes, les petites filles accompagnants, les veuves, les prostituées,
les femmes rurales, les employées de maisons, les divorcées chefs de familles sans emploi, les personnes infectées ou
affectées par le VIH SIDA, les femmes pauvres ayant quitté leur terroir en quête d’un travail (pileuse, lavandière, petit
commerce).
52
les violences faites aux femmes et aux jeunes filles.
261. Pour les enfants en situation de vulnérabilité, l’objectif est de renforcer les actions prioritaires
menées pour éliminer les pires formes de travail des enfants et les protéger contre toutes formes
d’exploitation, d’abus et de violence. Il s’agira plus spécifiquement de : (i) développer une stratégie de
prise en charge et de réinsertion sociale des enfants en conflit avec la loi et des enfants en situation
difficile (ii) créer et renforcer les capacités des institutions spécialisées de prise en charge des enfants en
situation de vulnérabilité (enfants de femme mendiante, enfants guide des handicapés, enfants des
femmes touchées par l’extrême pauvreté, orphelins du VIH, enfants victimes de la toxicomanie, talibés,
enfants abandonnés ou en conflits avec la loi), (iii) renforcer la législation en vigueur en matière de
protection de l’enfant et prendre les dispositions pour assurer une application effective, (iv) développer
des actions d’information, de communication sociale, de recherche, de plaidoyer, de renforcement de
capacités et de promotion d’actions directes pour éliminer l’exploitation des enfants par la mendicité, les
mariages précoces, (v) assurer une meilleure prise en charge des enfants victimes du VIH/SIDA et des
maladies chroniques, (vi) faire un plaidoyer auprès des autorités politiques, religieuses, coutumières,
partenaires au développement et de toute la communauté en faveur de meilleures conditions de vie des
talibés, (vii) prendre des mesures et des dispositifs pour la généralisation de l’enregistrement à l’état
civil et (viii) poursuivre et renforcer l’aménagement des espaces et des infrastructures favorables à
l’épanouissement des enfants.
262. Concernant les personnes âgées ou les aînés, l’État mettra en œuvre des actions prioritaires qui
visent leur épanouissement physique et moral, l’amélioration de leur prise en charge et leurs conditions
de vie. Des mesures spécifiques sont également prises en vue d’assurer des pensions de retraites
décentes pour les retraités et garantir la viabilité à long terme des régimes. À cet égard, il s’agira de : (i)
créer un minimum vieillesse qui garantirait un revenu minimal à tout aîné ne bénéficiant pas d’une
pension de retraite de base, (ii) mettre en œuvre des mesures fiscales incitatives en faveur des retraités,
(iii) mettre en place les dispositions nécessaires à une amélioration du pouvoir d’achat des personnes
âgées et la sécurité du travail des aînés qui exercent une activité professionnelle et (iv) mettre en place
des structures sanitaires spécialisées en gériatrie en vue d’améliorer la couverture de leurs besoins
sanitaires, en tenant compte des services spécifiques aux femmes âgées. La poursuite des mesures
engagées par l’Etat permettra de mettre en place un système durable qui assurer un accès gratuit aux
services de santé à la majorité des personnes âgées d’ici 2010.
263. Pour les jeunes et les adolescents, l’État s’attachera à améliorer leurs conditions de vie et à
promouvoir leur insertion sociale et économique. A cet effet, les actions prioritaires pour réduire leur
vulnérabilité seront menées en vue de : (i) préserver les jeunes et les adolescents des IST/SIDA et des
problèmes de santé de la reproduction par l’accroissement du nombre de centres de conseils ADO, (ii)
renforcer les programmes d’insertion sociale et économique des jeunes à travers la décentralisation et le
renforcement des ressources du Fonds national d’Action pour l’Emploi (FNAE), du Fonds national de
Promotion de la Jeunesse (FNPJ) et de l’Agence nationale pour l’Emploi des Jeunes (ANEJ), (iii) lutter
contre la drogue et le tabagisme à travers le développement des programmes de prise en charge des
jeunes toxicomanes, une formation adéquate des jeunes pouvant déboucher sur un emploi ; (iv)
développer des programmes de filets de sécurité pour les jeunes travailleurs (marchands ambulants,
cireurs, restauratrices, artisans, …).
264. Enfin, concernant les personnes déplacées et rapatriées, des dispositions spécifiques seront
prises pour leur réinsertion, leur réintégration. Des mesures d’accompagnement seront également mises
en œuvre pour leur permettre de bénéficier des opportunités de création de richesses, de renforcement
des capacités et d’accès aux services sociaux de base. À cet égard, un fonds spécial de soutien aux
personnes déplacées et rapatriées sera mis en place avec l’appui des partenaires au développement. Un
accent particulier sera également mis sur les initiatives en faveur de la sécurisation et de la
reconstruction des zones de départ des personnes déplacées pour ainsi encourager leur retour dans leurs
lieux de résidence habituels. Pour le cas spécifique des réfugiés, l’État prendra des mesures pour
améliorer les « stratégies de gestion des réfugiés » par l’appui aux stratégies d’aide au retour et le
renforcement des capacités de la Commission nationale d’Eligibilité (CNE).
265. Compte tenu des interrelations population-développement et l’impact de certaines tendances
démographiques sur les groupes vulnérables, l’État prendra des mesures pour assurer une meilleure
maîtrise des phénomènes démographiques.
53
4.4. AXE 4 : Bonne gouvernance et développement décentralisé et participatif
266. La stratégie du Gouvernement, déclinée dans le Programme national de bonne Gouvernance
(PNBG) et le plan d’actions CFAA-CPAR, vise à conforter l’État de droit dans une société
démocratique, l’efficacité et la transparence dans la gestion économique et sociale. Le Gouvernement
entend ainsi ancrer dans l’esprit de chaque citoyen les valeurs et les vertus de la société démocratique,
les vertus de la paix et de la stabilité ainsi que celle d’un environnement propice à la production et à des
pratiques transparentes de gestion dans les secteurs publics et privés.
4.4.1. Amélioration de la qualité du service public et gouvernance économique
267. Pour relever les défis d’une administration de qualité, le Gouvernement compte poursuivre une
politique qui vise l’efficacité dans la gestion économique et sociale. À cet égard, les objectifs ci-après
seront poursuivis : (i) rationaliser les structures administratives pour une meilleure prise en charge des
missions et fonctions des différents départements ministériels et de leurs démembrements, (ii) renforcer
la déconcentration en la portant au même niveau que la décentralisation, tant du point de vue de
l’élaboration des textes de base, que du point de vue de la responsabilisation des services techniques à
tous les échelons au niveau national, régional, et départemental, (iii) veiller à la qualité des services
rendus aux usagers citoyens et aux usagers – entreprises, (iv) réduire le déficit de communication
interne et externe de l’Administration, (v) impulser une gestion moderne des ressources humaines
garantissant une disponibilité de personnel de qualité, responsabilisé et motivé, et (vi) renforcer les
capacités de contrôle citoyen de l’action publique. La stratégie de mise en oeuvre passera par : (i) la
rationalisation du cadre institutionnel et organisationnel; (ii) la promotion d’une approche qualité; (iii) la
modernisation de la gestion des ressources humaines et (iv) la valorisation et le renforcement des
ressources humaines
268. En ce qui concerne l’amélioration de la gestion des finances publiques et les procédures de
passation et d’exécution des marchés publics, l’État poursuivra la mise en œuvre des plans d’actions
CFAA et CPAR. Dans cette perspective, il est envisagé : (i) d’étendre progressivement la mise en place
des cadres de dépenses sectoriels à moyen terme à tous les ministères; (ii) de poursuivre la
déconcentration et de l’ordonnancement des dépenses publiques; (iii) de renforcer la transparence dans
l’exécution de la loi de finances (publication des situations d’exécution budgétaire, production régulière
et à date échue des comptes de gestion et des projets de loi de règlement); (iv) de rationaliser et de
renforcer les capacités des structures de contrôle des finances publiques; (v) de rénover et rationaliser
les instruments et procédures. Ces initiatives seront soutenues au niveau du ministère de l’Économie et
des Finances, par une meilleure organisation des structures internes, une rationalisation, une
réadaptation des multiples instruments existants y compris un système d’information sur les dépenses
publiques plus performant. Au niveau des ministères techniques, il s’agira de renforcer les capacités
dans les domaines de la formulation des stratégies et politiques sectorielles, de la préparation, du
contrôle et du suivi des projets et programmes. En plus de cela, des mesures seront prises en vue
d’assurer une meilleure coordination des aides et de mettre en place un suivi des dépenses publiques
orienté vers les résultats.
269. Au niveau du système de passation et d’exécution des marchés publics, des mesures seront prises en
ce qui concerne (i) le cadre juridique par la révision du code des obligations de l’administration et du
code des marchés, (ii) le cadre institutionnel avec la création d’un organe chargé de la régulation et d’un
organe chargé du contrôle a priori, et (iii) la performance du secteur privé et l’intégrité du système par
un audit des marchés publics.
4.4.2. Gouvernance judiciaire
270. Un système juridique et judiciaire propice à la gouvernance et au développement est celui dans
lequel les lois sont clairement définies et uniformément appliquées par un pouvoir judiciaire objectif et
indépendant. Il veille au respect de la loi et des droits des citoyens et facilite la circulation des personnes
et des biens (mouvement des capitaux privés, etc.) conformément à la vocation de service public de
l’État. À cet effet, en vue d’une plus grande accessibilité et une efficacité durable, les activités de la
justice seront orientées vers la population, les services public et privé.
271. Dans cette optique, le Gouvernement poursuivra différents objectifs en vue (i) d’approfondir la
réforme de la justice et améliorer le climat des affaires, (ii) lutter contre la corruption et renforcer la
capacité d’analyse du pouvoir législatif.
54
272. Au niveau institutionnel, les mesures déjà engagées seront poursuivies dans le cadre du PSJ en vue
du renforcement de l’indépendance de la justice et de l’amélioration de l’environnement juridique ,
notamment : i) la mise en place d’une justice proche du justiciable, à travers l’amélioration de la
couverture territoriale en juridiction, le développement de la communication et la facilitation de l’accès
aux cours et tribunaux, ii) la mise en place d’une justice rapide et équitable par une organisation de
l’assistance juridique, la réduction de la charge de travail des magistrats, grâce à l’augmentation du
nombre de magistrats et de greffiers, la modernisation des outils de travail et le développement de
procédures plus rapides, iii) la mise en place d’une justice plus respectée en accélérant l’exécution des
décisions de justice et en renforçant le statut du magistrat, iv) l’amélioration de la formation des
magistrats et des auxiliaires de justice et v) l’adaptation de la législation au contexte socioculturel,
économique et international par la création de juridictions spécialisées.
273. Le Sénégal attache une importance particulière à la lutte contre la corruption dans la mesure où elle
accroît la pauvreté, fausse les perspectives de développement économique et social, induit des surcoûts,
notamment pour les plus pauvres et sape les bases de la démocratie. La corruption se manifeste surtout
lors des attributions de marchés publics ou lorsque les systèmes de contrôle de l’utilisation des finances
publiques peuvent être contournés. Elle se manifeste aussi dans le fonctionnement des services publics.
274. Dans le domaine de la lutte contre la corruption, des efforts ont été faits avec la mise en place d’un
cadre de lutte contre le blanchissement des capitaux conformément à la directive communautaire et la
mise en place de la commission de lutte contre la corruption, la concussion et la non transparence. Ces
initiatives constituent des avancées notables qu’il convient de consolider et de renforcer. A cet égard, il
s’agira d’intensifier la lutte contre la corruption en renforçant l’indépendance de la justice et son
accessibilité et en recherchant une plus grande qualité des services publics qui donnent aux usagers une
place centrale.
4.4.3. Développement local et décentralisation
275. Le processus de la décentralisation a enregistré des avancées significatives depuis 1996 avec
l’érection de la région en collectivité locale et le transfert de certaines compétences. Toutefois, les
collectivités locales rencontrent de nombreuses difficultés, notamment dans les domaines des moyens
budgétaires et financiers, des capacités des ressources humaines locales, le manque de synergie dans les
instruments de planification et de gestion.
276. Pour renforcer la décentralisation et le développement local en vue de rendre plus efficace la lutte
contre la pauvreté, l’État s’attachera à poursuivre et approfondir les actions et réformes en cours. Il
s’agira à cet effet de : (i) améliorer le cadre institutionnel et organisationnel par la mise en place d’un
cadre global destiné à améliorer le développement local, la gestion financière et administrative des
collectivités locales ; (ii) renforcer les capacités des collectivités locales avec l’amélioration des moyens
humains, de la programmation ; et (iii) accroître les ressources et poursuivre les réformes budgétaires et
financières des collectivités locales en vue d’assurer le financement des infrastructures et des
équipements.
277. Pour ce faire, il sera poursuivi des mesures décisives dans le sens : (i) de l’ augmentation des
transferts financiers de l’Etat (FECL, FDD, etc.), (ii) de l’harmonisation des appuis techniques et des
outils de planification, (iii) renforcement des capacités des collectivités locales, (iv) de la définition du
statut de l’élu local et (v) de la poursuite des réformes budgétaires et financières : décentralisation du
Budget consolidé d’Investissement (BCI) et réforme des fonds de transfert de l’État FECL et FDD. Des
dispositions seront prises en ce qui concerne le système de la fiscalité locale en vue de permettre aux
collectivités locales de dégager suffisamment de moyens pour le financement d’investissements publics
locaux.
278. Pour assurer la coordination des interventions en faveur des collectivités locales, le Gouvernement
s’appuiera sur le programme national de développement local (PNDL) qui sera le principal instrument
de mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté au niveau décentralisé.
4.4.4. Développement des pôles secondaires
279. Le taux d’urbanisation du Sénégal se situe à 41,5% avec plus de la moitié des citadins (54,0%)
vivant dans l’agglomération urbaine de Dakar. Cette forte concentration de la population s’explique par
la persistance de la migration dans la capitale car six migrants sur dix habitent la Capitale. En effet, sur
les 2 333 420 habitants de la Capitale, 877 330, soit 37,6%, se sont installés à Dakar depuis au moins un
55
an (ESAM 2). Toutefois, contrairement à une idée reçue, ce n’est pas l’exode rural qui alimente la
capitale nationale mais plutôt la migration d’origine urbaine, c’est-à-dire en provenance des communes
de l’intérieur du pays. En effet, l’Enquête 1-2-337 a montré que la Capitale sénégalaise est caractérisée
par une forte migration dénommée « migration durée de vie »38, qui touche plus les hommes que les
femmes. Ainsi, plus d’un Dakarois sur quatre est né hors de l’agglomération. Parmi ces migrants, près
de six sur dix sont originaires d’une capitale régionale, d’un chef lieu de département ou d’une autre
commune et un sur dix vient de l’étranger. Trois migrants « durée de vie » sur dix seulement seraient
d’origine rurale. Selon la même source, les motifs de migration les plus fréquemment évoqués sont : (i)
le regroupement familial, (ii) la recherche d’emploi, (iii) la poursuite des études et la formation. Ces
raisons de migrer s’expliquent par la concentration des opportunités d’emploi et de formation à Dakar
par rapport aux villes secondaires qui ne disposent pas des infrastructures nécessaires pour offrir les
services de qualité et le cadre de vie attractif. En effet, le tiers Ouest du pays et en particulier l'axe
Dakar-Thiès continue de concentrer l'essentiel des biens de production d'importance et des facteurs de
promotion sociale et économique des populations. En 1997, cet axe a accueilli 89% du volume
d'investissement et 81,4% des emplois privés. Les contraintes des autres villes se caractérisent par leur
faible niveau d'urbanisation et une pauvreté notoire en activités économiques urbaines. Il s'y ajoute des
problèmes de logements décents et d'environnement, qui offrent un cadre de vie qui ne répond pas aux
exigences d'une ville fonctionnelle du point de vue spatiale et moderne dans son urbanisation.
280. La poursuite de cette dynamique risque de renforcer la pauvreté urbaine à Dakar, les problèmes
d’habitat, de mobilité urbaine, de chômage urbain et d’intégration sociale. Pour renverser cette tendance,
le Gouvernement compte mettre en œuvre une stratégie volontariste de promotion des villes secondaires
et des capitales régionales pour en faire des pôles de développement.
281. Le Sénégal compte un peu plus d'une soixantaine de villes à la faveur des dernières vagues de
communalisation entamée depuis la fin des années quatre vingt dix dans le cadre de la consolidation de
la décentralisation. Ces villes présentent, cependant, une très faible productivité et ne polarisent leur
hinterland qu'à partir de leur fonction administrative. Ainsi, le rôle d'articulation des espaces
économiques qu'elles sont sensées polariser est presque insignifiant.
282. Dans le sens de la redynamisation des espaces et des économies rurales, la création de villes
secondaires stratégiques et l'équipement des villages-centres constituent des actions importantes pour
accroître les possibilités de valorisation des produits en provenance de ces espaces et garantir l'accès aux
services sociaux de base et une urbanisation de qualité. À cet égard, les objectifs poursuivis visent à
assurer un développement harmonieux, par la promotion du développement à la base et en inversant les
tendances actuelles de concentration des équipements et des activités vers la frange ouest du pays. À cet
effet, le Gouvernement s'attellera à : (i) redynamiser les villes secondaires et frontalières, maillon le plus
faible du réseau de villes, (ii) repenser l'aménagement de la « petite ville rurale », (iii) relever le niveau
d’urbanisation.
283. De manière plus spécifique, la stratégie de développement des villes secondaires vise entre autres, à
renforcer les infrastructures de soutien, promouvoir des territoires compétitifs, favoriser une meilleure
répartition des villes, renforcer le réseau de villes existant dans l'espace national et créer les conditions
d'une meilleure valorisation des activités rurales. Ainsi, il s’agira : (i) de renforcer les infrastructures de
base par l'amélioration de la qualité de la disponibilité et de l'accessibilité des services; (ii) de préparer
les villes frontalières à jouer un rôle de premier plan dans l'intégration sous-régionale; (iii) de relever le
niveau d'urbanisation en améliorant les réseaux de voirie, d'adduction d'eau et d'assainissement; (iv) de
renforcer le poids des collectivités locales dans les politiques de développement; et (v) d’assurer un
meilleur accès aux parcelles viabilisées aux populations pauvres.
4.4. 5 Promotion du dialogue social
284. La promotion du dialogue social comme mécanisme de prévention et de gestion des conflits par la
négociation et la concertation permanente est un indicateur de bonne gouvernance. Dans la préface à la
CNDS, le président de la république définit ainsi les enjeux du dialogue social « la mutation qualitative
du système actuel de relations professionnelles hérité de la colonisation et la promotion de nouveaux
types de comportement, d’attitudes et de relations de travail pouvant assurer une plus grande cohérence
37
Enquête 123 phase1—DPS septembre 2002
38
C’est-à-dire l’installation de personnes nées hors de l’agglomération urbaine.
56
avec les nouveaux paradigmes du développement. Le dialogue social est à la fois fin et moyen dans tout
processus de développement, contribuera aux efforts pour relever les défis de l’heure que sont : la
pauvreté, la productivité, l’investissement, la croissance et l’emploi (CNDS Charte nationale du
dialogue social 2002). C’est dans ce contexte qu’il faut situer le 1er forum national sur le dialogue social
organisé par le Gouvernement (21 et 24 février 2001) avec la participation des organisations syndicales
d’employeurs et de travailleurs. Il en a résulté, la signature de la charte sociale le 22 novembre 2002
après un processus de négociation de plus d’un an par une vingtaine d’organisations (centrales
syndicales et d’organisations des employeurs) et le Gouvernement et couvre aussi bien le secteur
public, parapublic que privé (moderne et informel). Le document repose sur des principes de liberté
syndicale, de liberté du travail et du respect des règles établies et définit un code de conduite, une
structure et des mécanismes du dialogue social. Les objectifs suivants sont poursuivis : (i) approfondir à
tous les niveaux le dialogue social en renforçant le cadre institutionnel dans lequel il se déroule afin de
le rendre encore plus efficace, (ii) tenir compte des changements intervenus dans l’environnement
socioéconomique afin de trouver l’équilibre nécessaire entre le renforcement de la compétitivité des
entreprises et les intérêts des travailleurs à travers un dialogue social constructif, (iii) renforcer les
mécanismes du dialogue social (négociation collective, conciliation et consultation) à travers
l’établissement d’un cadre bipartite ou tripartite afin que les négociations aient lieu, d’ abord au niveau
de l’entreprise, au niveau des branches d’activités et au niveau national, (iv) pourvoir des formations,
notamment sur la négociation collective, l’économie, la législation sociale et les normes internationales
du travail destinées aux représentants des organisations de travailleurs et d’employeurs, (v) aider à
l’échange d’informations et à la facilitation d’études relatives à l’emploi, à la productivité, sur les
revenus et la situation sociale des travailleurs et de leurs familles, (vi) renforcer les capacités de la
Société civile afin de lui permettre de jouer un rôle plus actif dans la formulation des stratégies de
développement,(vii) mettre en place des mécanismes de prévention des conflits et des risques
professionnels comme mode de régulation des rapports sociaux et d’amélioration de la productivité. Le
Gouvernement appuiera le Comité national de Dialogue social en vue de la mise en œuvre du Plan
d’action élaboré en veillant à une participation effective des acteurs.
5. Mise en oeuvre
285. Les premières années de mise en œuvre du DSRP ont permis de mettre en place et de tester un
dispositif participatif de pilotage et de suivi de la stratégie. Cela a permis de créer une dynamique de
collaboration et de dialogue sur les politiques publiques entre les différents acteurs. Les leçons tirées par
les acteurs ont aussi mis en évidence les difficultés rencontrées pour introduire les changements dans les
méthodes et procédures de travail. Malgré les insuffisances constatées dans le fonctionnement des
instances de pilotage du DSRP, la participation des acteurs a été assurée à travers les séminaires et
ateliers qui ont réuni, outre les membres du Comité national de Pilotage (CNP), toutes les parties
prenantes du processus. Ces différentes rencontres ont permis d’adopter de manière consensuelle39 : (i)
la liste des indicateurs de suivi de la mise en œuvre de la SRP ; (ii) les orientations des programmes
d’appui budgétaire des partenaires tels que « le crédit de soutien à la réduction de la pauvreté », « le
programme appui budgétaire de l’Union européenne » ; (iii) les contenus des instruments de mise en
œuvre (CDMT, POS /POR) ; (iv) la préparation du « concept paper » après l’éligibilité du Sénégal au
MCA ; et (V) les stratégies sectorielles et multi sectorielles comme la SNPS, la SNEEG.
286. Au niveau sectoriel, les comités ministériels de suivi ont été handicapés par le manque de moyens
techniques et matériels nécessaires à l’exécution de leurs tâches et leur faible implication dans le
processus de programmation interne des ministères. Pour lever ces contraintes, il est retenu l’élaboration
d’un programme consolidé des actions des organes nationaux et régionaux de pilotage et de suivi de la
SRP et de garantir le financement.
287. Au niveau régional, les comités régionaux se sont fortement mobilisés pour élaborer leurs Plans
d’Opérations régionaux (POR) et des projets à partir de ces documents après des renforcements de
capacités dans le domaine. Toutefois, ces projets n’ont pas été pris en compte dans le processus
d’arbitrage budgétaire du fait d’absence de mécanismes adaptés. Pour lever ces contraintes, il est prévu
d’introduire les mécanismes suivants qui seront utilisés selon les cas : (i) le parrainage des projets des
39
Voir les rapports d’avancement de la mise en œuvre du DSRP, 2004 et 2005.
57
régions par les ministères, (ii) le financement à travers le Fonds d’Equipements des Collectivités locales
(FECL) et (iii) la mise en place d’un fonds d’appui aux initiatives des régions.
288. Pour assurer l’efficience et la durabilité des interventions, la démarche participative et décentralisée
(de pilotage, d’exécution et de suivi-évaluation des programmes) mise en œuvre sera renforcée en vue
de garantir l’efficacité des interventions, la célérité et la transparence nécessaires à l’appropriation, la
cohérence avec les programmes sectoriels et les initiatives locales.
5.1. Principes directeurs de la mise en oeuvre
289. La mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté sera toujours régie par les principaux
principes directeurs suivants qui ont été largement approuvés par les acteurs : la proximité, le faire-faire,
la transparence, la participation, la célérité, la subsidiarité, la complémentarité et la synergie.
a. en vertu du principe de proximité, les lieux de décision concernant la mise en œuvre des
interventions relatives à la Stratégie de Réduction de la Pauvreté doivent être le plus proche
possible des bénéficiaires et de leur lieu de résidence en vue d’assurer un meilleur ciblage des
interventions ;
b. en vertu du principe du faire-faire, l'État reconnaît que la mise en œuvre de la Stratégie de
Réduction de la Pauvreté n'est pas l'affaire seulement des instances officielles et administratives,
mais également celle des collectivités locales, des acteurs de la société civile et du secteur privé ;
c. en vertu du principe de transparence, il conviendra de mettre en place aux différents niveaux
d'intervention, une série de mécanismes garantissant la visibilité et le contrôle, de façon à établir
l’équilibre entre responsabilité et autonomie;
d. en vertu du principe de participation, les bénéficiaires des projets et programmes de pauvreté
doivent être associés à toute décision les concernant personnellement ;
e. en vertu du principe d'équité, il convient de garantir l’égalité de droits et de responsabilités dans
l’implication des différentes parties prenantes en prenant en compte les différences de genre, les
inégalités sociales ainsi que les spécificités régionales et locales dans le pilotage et l’exécution
du DSRP et dans les différents domaines d'activités de lutte contre la pauvreté ;
f. en vertu du principe de célérité, il conviendra d'adopter des procédures qui assurent à la fois la
rapidité et la transparence dans les décaissements, la passation et l’exécution des marchés ;
g. en vertu du principe du subsidiarité, la mise en œuvre sera organisée en responsabilisant les
acteurs intervenant aux différentes échelles administratives du niveau local au niveau national en
fonction des avantages comparatifs en terme d’efficacité, de ciblage, d’économie d’échelles, etc.
h. en vertu du principe de complémentarité et de synergie, la stratégie doit viser la combinaison
efficiente des moyens et des ressources en vue d’optimiser les résultats.
5.2. Cadre institutionnel de pilotage et de suivi évaluation du DSRP
290. Les différents acteurs (État, collectivités locales, société civile, secteur privé, bailleurs de fonds)
auront pour responsabilité de s’assurer que le programme touche effectivement les populations ciblées.
Dans le souci de parvenir à cette fin, il s’avère nécessaire d’établir des réseaux d’interlocuteurs et de
représentants des populations cibles comprenant notamment les agents des services déconcentrés ou
décentralisés, les élus locaux, les dirigeants d’organisations communautaires telles que les associations
villageoises de développement, les groupements féminins, les organisations de jeunes et les associations
professionnelles, de façon plus générale, les organisations de la société civile.
291. En s’appuyant sur les principes de base de la stratégie et en s’inscrivant dans une dynamique de
cohérence avec les options fortement affirmées dans le cadre de la décentralisation, le cadre
institutionnel de mise en œuvre du DSRP est articulé autour de deux niveaux : le niveau stratégique et
le niveau opérationnel.
292. Le niveau stratégique est celui de la définition et de la formulation des politiques qui comprend : (i)
le comité interministériel d’orientation présidé par le Premier ministre, (ii) le comité national de pilotage
présidé par le ministre de l’Économie et des Finances et regroupant les représentants des ministères, des
organisations de la société civile, des collectivités locales, du secteur privé, des syndicats et (iii) les
58
comités régionaux de pilotage présidés par les Gouverneurs et regroupant les services déconcentrés de
l’État, des organisations de la société civile et des collectivités locales. Le dispositif de suivi est assuré
au niveau national par la cellule de suivi (CSPLP) logé au MEF qui assure le secrétariat du comité
national de pilotage. Au niveau sectoriel, sont mis en place des comités ministériels de suivi sous la
coordination d’un point focal. Ces comités ministériels doivent jouer un rôle décisif dans l’articulation
des politiques sectorielles à la stratégie, dans la mise en cohérence et la synergie dans les programmes
ministériels, etc. Au niveau régional, les Cellules de suivi ont en charge la conduite des activités de suivi
de la SRP.
293. À travers ce dispositif le Gouvernement traduit sa volonté de s'assurer que les actions seront
menées en cohérence et que sur le terrain, les interventions obéissent aux priorités définies dans le
DSRP. À ce titre, il est institué un comité de concertation entre le Gouvernement et les partenaires au
développement.
5.3. Instruments et procédures de mise en œuvre
294. Depuis 2002, le DSRP est devenu le cadre de référence pour l’élaboration des plans sectoriels de
développement, et des programmes d’investissement et des contributions des partenaires au
développement à la lutte contre la pauvreté.
295. Les programmes sectoriels et multisectoriels seront considérés comme les principaux instruments de
mise en œuvre du DSRP. De tels programmes décriront de manière détaillée et pour les différents
secteurs considérés, les objectifs à atteindre, la nature des activités à mettre en œuvre, les zones
d’intervention, le calendrier d’exécution des activités et les résultats attendus. Ces programmes
constitueront un cadre suffisamment souple pour permettre une meilleure coordination des activités des
différents acteurs (état, secteur privé, collectivités locales, organisations de la société civile, partenaires
au développement) qui auront la possibilité d’apporter leur contribution dans les domaines où ils ont des
avantages comparatifs. À cet effet, les CDSMT serviront de cadre de programmation et d’exécution
budgétaire. Après une phase test dans les secteurs de l'éducation, la santé, la justice et l’environnement,
l’État étendra l’expérience des cadres de dépenses publiques à moyen terme (CDMT) aux autres
secteurs d’ici 2010. En attendant la généralisation de ces CDMT, des Plans d’Opérations sectoriels
(POS) et des Plans d’Opérations régionaux (POR) serviront de cadre de programmation opérationnelle
pour les ministères et les régions.
5.4. Suivi et évaluation
296. La mise en place d’un système de suivi et d’évaluation est essentielle pour juger de la progression
réalisée en direction des objectifs visés et des résultats à atteindre. Elle vise les objectifs suivants : (i) le
suivi du processus de la mise en œuvre de la stratégie; (ii) l’évaluation de ses impacts à travers les
indicateurs intermédiaires et de résultat; (iii) le suivi et l’évaluation de l’exécution financière et (iv) la
mise en place d’un système d’information.
5.4. 1 Suivi global
297. De manière générale, le suivi quantitatif de la mise en œuvre du DSRP est fondé sur une liste élargie
d’une centaine d’indicateurs retenus au terme d’un processus ayant impliqué les sectoriels, les
partenaires au développement, la société civile et les collectivités locales . Les sectoriels concernés ont
largement contribué au choix des indicateurs selon les critères fixés objectivement, à savoir la
pertinence, la fiabilité et la stabilité. La possibilité d’être renseigné a également été retenue comme
critère après avoir étudié et validé le coût de la collecte. L’exercice de renseignement des indicateurs a
révélé de grandes faiblesses des sources de données par rapport aux données historiques, même si
d’importants efforts ont été enregistrés au cours de la période récente.
298. Les principaux problèmes de suivi de ces indicateurs sont essentiellement centrés sur la non
disponibilité de séries rétrospectives. Les enquêtes n’étaient pas suffisamment réalisées et la plupart des
sources administratives souffrent encore de moyens adéquats pour assurer une collecte régulière et
fiable. Il faut dire qu’entre 2001 et 2005, plusieurs activités d’enquête ont été réalisées, ce qui a permis
de résorber le gap important d’informations.
299. Sur la période 2006-2010, il est prévu de faire chaque année un rapport d’avancement et la
cinquième année, un rapport d’évaluation de la SRP. La première année du DSRP-II (2006) sera
59
marquée par la réalisation des évaluations de la mise en œuvre du DSRP (2003-2005) à travers une
enquête de suivi et des évaluations participatives conjointes des projets et programmes avec
l’implication de tous les acteurs. Ces travaux constituent à la fois un bilan et l’établissement d’une
situation de référence pour le suivi des progrès d’ici 2015.
300. La poursuite du calendrier d’exécution des opérations d’enquête permettra de documenter les
différents types d’évaluation. Le Sénégal compte respecter la programmation des activités de collecte
dans le cadre des projets de recensement, d’enquêtes auprès des ménages, de mise à jour des données
des villages, des enquêtes démographiques et de santé, des enquêtes de type MICS et des enquêtes
légères de suivi.
301. La recherche d’adéquation des sources au besoin de suivi et d’évaluation du DSRP, est surtout
motivée par un engagement à renseigner les indicateurs de suivi du DSRP dont la liste restreinte avait
été arrêté d’un commun accord avec les partenaires au développement. En plus des opérations
d’enquêtes statistiques, les sources administratives seront mieux organisées afin de produire des
informations régulières et fiables.
5.4.2 Suivi aux niveaux sectoriel et régional
302. Le suivi sectoriel de la mise en œuvre est assuré par les comités ministériels qui ont pour mission de
coordonner les activités de la SRP dans les domaines de compétence des ministères et de veiller à la
cohérence dans la planification et les interventions (suivi OMD, CDSMT, etc.). L’animation et la
coordination de chaque comité sont assurées par un point focal qui travaille en étroite collaboration avec
la CSPLP/MEF. Le comité devra produire un rapport sur l’état d’avancement des projets et programmes
et sur l’évolution des indicateurs dans le secteur.
303. Au niveau régional, le suivi est assuré par les cellules régionales de suivi qui ont pour mission de
vérifier sur le terrain la mise en œuvre des projets et programmes, l’évolution des indicateurs et
l’articulation entre les plans locaux de développement et les plans régionaux. Chaque cellule produira un
rapport annuel d’avancement qui sera soumis au comité régional de pilotage de la SRP.
5.5. Information et communication
304. L’une des principales insuffisances de la mise en œuvre du DSRP sur la période 2003-2005 relevées
par les acteurs concerne les déficits d’informations et de communications entre les différents acteurs et
le grand public sur le DSRP. À cet effet, il a été engagé la mise en place d’un portail de développement
avec la participation des acteurs, ainsi qu’un processus de formulation d’une stratégie de communication
capable de faciliter une meilleure liaison entre les différents organes de pilotage et de suivi de la SRP.
5.6. Financement de la stratégie
305. L'intégration dans le processus budgétaire des fonds mobilisés dans le cadre de la mise en œuvre de
la stratégie de lutte contre la pauvreté, déjà entamée, sera privilégiée en vue d’éviter les doubles emplois
et de créer une synergie des dépenses et une célérité dans l’exécution. Une telle intégration des fonds
dans le processus budgétaire confirmerait le DSRP dans son rôle de consolidation du lien entre
allégement de la dette et réduction de la pauvreté et mobilisation des ressources pour l’atteinte des
OMD.
306. Compte tenu de ces considérations, il s'avère important que les ressources mobilisées dans le cadre
de la réduction de la pauvreté soient intégrées dans le processus de planification et de programmation de
l’État en s’assurant de toute la transparence et l’esprit de responsabilité requis dans la gestion des
apports pour le financement d’activités identifiées dans le DSRP. À cet égard, les priorités porteront sur
les besoins prioritaires et sur les zones les plus pauvres (milieu rural, périphérie des villes).
307. Une fois estimé, le coût des activités prioritaires de la stratégie, les obligations de résultats qui
s’imposent à tous les acteurs requièrent que les ressources affectées à leur financement proviennent en
priorité de la contribution de l’État, de l’allégement de la dette et de l’assistance des partenaires au
développement soient mobilisées et utilisées, et leur impact évalué de façon coordonnée, partagée et
transparente.
308. Enfin, les dispositions décrites ci-dessus visent à assurer une prise en charge opérationnelle de la
participation et du lien étroit à préserver entre allégement du poids de la dette et réduction de la
60
pauvreté. À cet égard, il est attendu que la mise en œuvre de la stratégie soit l’occasion de bâtir et
entretenir un nouveau partenariat avec les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux qui sont, en
particulier, interpellés pour coordonner leurs concours en termes de volumes mobilisés, de procédures et
de suivi évaluation. Au nom de ce nouveau partenariat, il est attendu des bailleurs de fonds qu’ils
privilégient l’assistance budgétaire, - conformément aux recommandations du PSA et aux Déclarations
de Rome (février 2003) et de Paris (mars 2005) sur l’harmonisation, l’alignement et l’efficacité de l’aide
au développement-, et intègrent les fonds destinés à des projets dans une approche de programme
sectoriel ou au sein de mécanismes de panier commun de ressources, au moins pour le financement des
activités prioritaires de la stratégie de réduction de la pauvreté.
309. L’ensemble des actions retenues par les acteurs au cours du processus participatif et devant avoir un
impact significatif sur la pauvreté a été répertorié dans une matrice de mesures. Les objectifs prioritaires
et les actions correspondantes ont été identifiés dans le cadre d’un plan d’actions prioritaires (PAP)
couvrant la période 2006-2010 selon une procédure décrite dans l’encadré suivant.
Encadré 5 : Processus d’articulation entre la SRP et le budget national
Etape 1 : Elaboration des instruments de la mise en œuvre
Pour les besoins de la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP), les actions prioritaires de la matrice des mesures sont
traduites en documents opérationnels dans les différents secteurs, en attendant la mise en place effective des CDMT.
À cet effet, les objectifs et les lignes d’action de la matrice des mesures ont été traduits en Plans d’Opérations sectoriels (POS) et Plans
d’Opérations régionaux (POR). Ces documents, principaux instruments de mise en œuvre de la SRP et les régions, présentent les stratégies
sectorielles de mise en œuvre du DSRP, leurs activités spécifiques, leur calendrier d’exécution, les indicateurs et une évaluation des coûts. Les
POS sont élaborés par les départements ministériels alors que les POR sont le fruit d’un consensus des acteurs locaux sous la supervision de la
Cellule régionale de Suivi. Chaque POR est ensuite soumis au Comité régional de Pilotage pour validation et transmission au ministère de
l’Économie et des Finances. Le POR est un document stratégique avec une partie sur le diagnostic de la pauvreté, une partie sur la stratégie de
réduction de la pauvreté et une autre sur les indicateurs de suivi.
Etape 3 Programmation
Les besoins de financement des actions prioritaires, identifiés dans le PAP sont ensuite comparés aux ressources disponibles dans les
programmes existants ou dans le PTIP. Le gap de financement à été calculé et réparti entre les engagements de l’État, les ressources issues
de l’annulation de la dette et les engagements à rechercher auprès des partenaires financiers.
61
311. Les charges de fonctionnement additionnelles occasionnées par la mise en œuvre de la stratégie sont
estimées à 16 milliards, 28 milliards, 27 milliards, 35 milliards et 39 milliards respectivement en 2006,
2007, 2008, 2009, 2010.
Fonctionnement 2006 2007 2008 2009 2010 TOTAL
Education- Formation 1040 1140 1140 1140 1140 5600
Santé 9038 9038 9038 9038 9038 45190
Charges Récurrentes 3801 14947 22862 21864 27718 91190
Mise en œuvre 2 200 2300 2100 2100 2100 10800
TOTAL 16 079 27 425 35 139 34 142 39 996 152 780
312. Le financement de la stratégie se fera à partir de la contribution de l’État, des ressources issues de
l’annulation de la dette, de l’apport des partenaires au développement et diverses contributions (secteur
privé, populations,…).
• en ce qui concerne les ressources issues de l’annulation de la dette (PPTE, G8..), elles devraient être
affectées prioritairement vers le milieu rural et les zones périphériques des grandes agglomérations
urbaines et dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des infrastructures, de l’accès à l’eau, de
l’assainissement, de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement (GRNE) et de
l’agriculture sur la base d’un ciblage à partir des indicateurs de pauvreté et du déficit d’accès aux
services sociaux de base;
• l’apport des partenaires sera constitué de diverses modalités (appuis budgétaires, appui-projets,
emprunts, subventions);
• le secteur privé notamment national, interviendra selon diverses modalités : partenariat public privé,
actionnariat populaire, projets sociaux, participation dans des programmes d’économie sociale et
solidaires, etc.
62
6. ANNEXES
• Cadre de planification
Le schéma présente le cadre de planification. Il permet, entre autres, d’indiquer les liens entre la SRP et les
politiques, stratégies et programmes sectoriels, les instruments de mise en œuvre et les différentes initiatives
en cours.
Les objectifs et actions prioritaires devant avoir un impact significatif sur la pauvreté ont été identifiés lors
du processus participatif. Ils ont fait l’objet de mise en cohérence et de reformulation en vue de disposer
d’une matrice synthétique et plus concise.
Les lignes d’actions en gras correspondent à celles devant être réalisées dans les premières étapes de la mise
en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté. Elles constituent des préalables et des déclencheurs
pour atteindre les résultats.
Le plan d’actions prioritaires (PAP) est un extrait de la matrice des mesures. Les objectifs prioritaires et les
actions correspondantes ont fait d’une évaluation financière dans le cadre du plan d’actions prioritaires
(PAP) couvrant la période 2006-2010 selon une procédure décrite dans l’encadré 5. Le PAP n’est pas
élaboré par ministère mais par secteur économique et social et donc la responsabilité de la mise en
œuvre peut dépendre d’un ou de plusieurs opérateurs en fonction des missions et responsabilités
qui leur sont assignées. Les opérateurs (ministères, agences d’exécution etc) décriront dans leurs
programmes, leurs plans d’opérations et CDSMT le détail des activités à réaliser.
Ce PAP est glissant en raison du caractère dynamique des actions de lutte contre la pauvreté. Ainsi, il est
possible de réajuster annuellement les informations en fonction des changements intervenus et des
recommandations des rapports annuels d’avancements.
• Cadrage macroéconomique
Il s’agit d’une synthèse du cadrage macroéconomique pour la période (2006-2010). Le détail du cadrage est
disponible auprès de la CSPLP-MEF.
Il s’agit d’une liste restreinte d’indicateurs retenue de manière consensuelle lors de la phase de mise en
œuvre de la première génération du DSRP. Compte tenu de l’originalité de la démarche, les indicateurs
proposés dans ce processus de révision sont retenus sous réserve d’une validation dans la phase de mise en
œuvre par le comité. La décision de retenir ou non ces indicateurs, et leurs cibles sera prise après une étude
technique (sources, disponibilité, stabilité etc.) et une concertation avec tous les acteurs (Cellule DSRP,
secteurs, partenaires au développement), conformément à l’approche mise en œuvre pour retenir la liste
restreinte des indicateurs. Par ailleurs, d’autres indicateurs permettant également de mesurer les efforts
réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de la SRP sont consignés dans une grande liste et sont suivis par
la CSPLP-MEF.
63
6.1. Annexe 1 : Cadre de planification
PROGRAMMES
OMD DSRP NATIONAUX
Objectifs du Stratégie nationale
Programmes sectoriels
Millénaire pour le de développement
ou multisectoriels
développement pour la croissance
et la réduction
de la pauvreté
Financement
Programme d’appui
POES des partenaires
- Politiques et Stratégies (appui programme,
NEPAD
Sectorielles * appui budgétaire) CDMT
Orientations UA
- Politiques et Stratégies CDSMT
Études
Multisectorielles ** POS
prospectives Budget POR
(PTIP/BCI)
* : PNDS, PDEF,PEPAM…
** : SCA, SNEEG, PNLS … CSPLPMEF2006
64
6.2. Annexe 2 : Matrice des mesures (2006-2010)
AXE 1 : CREATION DE RICHESSES
(Les lignes d’actions en gras correspondent à celles prioritaires devant être réalisées dans les premières étapes de la mise en
œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté)
65
34. Mise en place d’un cadre de dialogue pour la prévention et la gestion des
conflits entre éleveurs et agriculteurs
35. Renforcement de la lutte contre les vols de bétail
9. Sécuriser l’élevage 36. Renforcement des services de vétérinaire (contrôle, suivi,…)
pastoral et agro 37. Renforcement des infrastructures pastorales
pastoral 38. Renforcement des capacités techniques managériales et commerciales des éleveurs
39. Préservation et gestion des espaces dévolus aux activités pastorales
40. Appui au rapprochement des services vétérinaires privés dans les zones d’élevage
41. Amélioration de l’accès aux systèmes de financement
42. Renforcement de la protection zoo-sanitaire et de la prophylaxie médicale
43. Développement de l’élevage des espèces à cycles court
10. Accroître la
44. Renforcement du système d’information et de gestion du sous secteur
productivité du sous
45. Création de Centres d’Impulsion pour la Modernisation de l’Elevage (CIMELs), de
secteur en vue de
Fermes Ecoles Communautaires (FEC) et de Fermes Privées Modernes (FPM)
Elevage garantir la sécurité
46. Développement de l’Insémination Artificielle
alimentaire et
47. Modernisation des infrastructures et équipements de production
améliorer les revenus
48. Modernisation, intensification des systèmes de production
49. Formation, renforcement des capacités des organisations d’éleveurs
50. Mise en place de lignes de crédit adaptées aux filières animales
51. Construction/réhabilitation d’abattoirs et aménagement de foirails et d’aires
11. Améliorer les d’abattage
conditions de mise en 52. Création de boucheries modernes et kiosques normalisés
marché des produits 53. Promotion de bonnes pratiques (transformation et de conditionnement des produits
animaux animaux) et gestion de la qualité
54. Structuration et régulation des marchés
12. Renforcer le cadre 55. Renforcement des organisations d’éleveurs
institutionnel pour une 56. Amélioration de la connaissance du sous secteur
meilleure gestion du 57. Réhabilitation et équipement des services de l’élevage
sous secteur 58. Renforcer le système d’information et de gestion du sous secteur
59. Création d’un environnement concurrentiel
13. Promouvoir les micro-
Promotion de 60. Amélioration de l’accès aux services financiers et non financiers
entreprises ou les
l’Emploi non 61. Renforcement des capacités des organisations publiques et privées d’appui aux
petites entreprises
agricole micro entreprises
rurales
62. Promotion de l’implication des émigrés dans le développement des localités
63. Adoption d’un calendrier annuel de repos biologique
14. Assurer la gestion
64. Promotion d’une bonne gestion décentralisée et participative des ressources
durable et la
halieutiques
restauration des
65. Renforcement et optimisation des moyens et des capacités en matière de
ressources
surveillance de la pêche et de la sécurité pour les pêcheurs
halieutiques
66. Renforcement de la coopération internationale en matière de pêche
67. Développement de la pêche continentale
15. Satisfaire la demande
68. Promotion du débarquement et de la distribution de produits halieutiques sur
nationale en produits
le territoire national
halieutiques et
69. Promotion de l’aquaculture dans les zones à fort potentiel aquacole
aquacoles
70. Renforcement et orientation des structures de fabrication d’aliments piscicoles
71. Mise en place d’un environnement institutionnel adapté
Pêche et
16. Valoriser les 72. Appui à l’acquisition d’équipements pour la pêche et l’aquaculture
aquaculture
ressources 73. Construction d’aires de débarquement (quais de pêche …)
halieutiques et 74. Appui à la mise aux normes sanitaires des établissements et des navires de pêche
moderniser la pêche 75. Programme d’appui pour la transformation et la commercialisation des
artisanale produits de pêche
76. Amélioration de l’accès au financement
77. Développement de partenariat entre les structures techniques (ITA,…)
17. Promouvoir la
78. Création d’un centre pilote d’expérimentation et de vulgarisation des technologies
professionnalisation et
de la pêche et de l’aquaculture
la qualification accrue
79. Renforcement de la coordination et des capacités des agents du ministère chargé de
des acteurs du secteur
la pêche
de la pêche et de la
80. Mise en œuvre de programmes de recherche et de formation adaptés pour les
transformation
professionnels du secteur
81. Redynamisation des activités de promotion des produits et services
82. Amélioration de la compétitivité des produits et services
Artisanat 18. Moderniser les circuits 83. Elargissement des débouchés et des circuits de commercialisation
de production et de 84. Promotion de l’exportation des produits artisanaux
commercialisation 85. Création, réhabilitation et équipement de villages, centres et sites artisanaux
86. Amélioration du système de financement du secteur
87. Mise en place d’un cadre institutionnel législatif et réglementaire adapté
66
19. Améliorer le système 88. Pérennisation des actions de formation et d’encadrement des artisans
de formation, 89. Réhabilitation et modernisation des centres de formation régional et sous régional
d’apprentissage et de 90. Renforcement des capacités techniques et managériales des artisans et leurs
perfectionnement encadreurs avec une large implication des femmes
20. Renforcer 91. Renforcement de la structuration et de la concertation des organisations
l’organisation des 92. Amélioration des moyens de fonctionnement des chambres de métiers
acteurs de l’artisanat 93. Information et sensibilisation des acteurs
21. Poursuivre la 94. Elaboration et mise en œuvre d’un plan d’actions sur la restructuration de
restructuration de l’appareil industriel
l’appareil industriel
95. Amélioration du système d’assistance, de coordination et d’appui global aux
PME pour accroître leur compétitivité
Industrie 22. Appuyer et 96. Renforcement du dispositif de financement des PME et Promotion de nouveaux
Appui aux PME accompagner les PME produits financiers (capital risque, crédit bail, assurance-crédit, etc.)
dans leur 97. Développement d’une coopération entre les instituts de recherche et les PME,
développement 98. Renforcement du rôle et des capacités des collectivités locales dans la promotion et
le développement des PME, notamment par le développement de l’entreprenariat
féminin.
23. Favoriser un 99. Promotion de micro et de petites entreprises de transformation
développement 100. Création de pôles industriels dans chaque région
industriel endogène
24. Améliorer les 101. Promotion de l’implication des collectivités locales dans la gestion durable du
retombées financières secteur
des collectivités 102. Réhabilitation des mines et carrières
locales dans le cadre 103. Promotion de l’exploitation artisanale en faveur des populations locales
de la gestion et
l’exploitation des
ressources
Mines 25. Alléger les procédures 104. Analyse de la géologie et des ressources minérales du Sénégal
et promouvoir le 105. Mise en place d’un programme de sensibilisation, de formation, d’éducation
secteur minier 106. Appui à l’orpaillage
sénégalais 107. Optimisation de l’exploitation du Sel et des amas coquilliers du Lac Rose
26. Assurer la gestion de 108. Appui à la gestion de l'environnement
l’environnement et la
réhabilitation des
mines et carrières
109. Promotion des exportations (Cadre intégré et STRADEX)
110. Amélioration de la compétitivité
27. Augmenter l’offre des
111. Amélioration de l’efficacité de la gestion des procédures douanières
biens et services
112. Promotion et application des normes et renforcement du dispositif contrôle de la
exportables
qualité des produits
Commerce 113. Renforcement des capacités en négociations commerciales
114. Mise en place d’un dispositif d’appui aux exportateurs rationalisé et simplifié
115. Contribution au développement de la concurrence et à l’amélioration des circuits
28. Améliorer l’accès aux de distribution dans tout le pays
marchés 116. Développement des infrastructures d’appui à la production et à la
commercialisation
117. Amélioration de l’environnement administratif pour les entreprises
118. Aménagement, réhabilitation et requalification des anciens sites touristiques
29. Sauvegarder et 119. Lutte contre l’insécurité des touristes
valoriser le potentiel 120. Promotion d’un tourisme de haut de gamme
Tourisme touristique national 121. Renforcement des capacités des acteurs du secteur
122. Renforcement des moyens de l’Agence nationale de Promotion du Tourisme
123. Promotion de l’insertion des nationaux dans le secteur touristique
124. Mise en œuvre d’une charte sénégalaise du « tourisme sain, profitable aux
30. Améliorer les sénégalais et à l’économie nationale »
retombées du tourisme 125. Promotion et soutien du tourisme intégré, des expériences de loisir
au niveau local communautaires et des métiers liés aux loisirs
126. Mise en place des instruments de financement des activités du secteur touristique
local
67
Technologies de 127. Promotion de l’investissement privé et public permettant la démultiplication des
l’Information et de accès au téléphone et à l’Internet
la Communication 128. Programme d’appui aux entreprises de télé services en milieux urbain et
31. Accélérer le
(TIC) rural
développement des
129. Programme d’appui aux radios communautaires
télé services en
130. Elaboration et mise en œuvre de programmes de formation adaptés aux besoins
milieux urbain et rural
des filières des TIC
131. Développement du marché public des télé services
132. Initiation et formation de tous les acteurs de la vie économique aux TIC
Sport 32. Favoriser l’emploi par 133. Aménagement et équipements de complexes sportifs
le sport 134. Organiser et développer un sport professionnel
132. Mise en place d’un environnement juridique et fiscal favorable
Culture 133. Définition d’un statut des professionnels du secteur
33. Promouvoir les
134. Renforcement des capacités institutionnelles et techniques du Ministère de la
entrepreneurs, acteurs
Culture
et agents culturels
135. Appui aux institutions de développement culturel et notamment le 7e art
135. Appui à la création de mutuelles
34. Promouvoir la
136. Implication des privés dans la promotion culturelle notamment les femmes
diversité des
136. Aménagement et équipements de complexes et sites culturels
expressions culturelles
Politiques multisectorielles
Secteur Objectifs/Stratégies Actions prioritaires
35. Assurer aux acteurs
du secteur du 137. Renforcement et Encadrement des organisations du secteur des transports
transport une 138. Renouvellement du parc automobile de transport public
meilleure organisation 139. Sécurisation des travailleurs
et une formation
adéquate
140. Elimination des points critiques
141. Promotion des moyens intermédiaires de transport et des services de transport
36. Améliorer la mobilité adéquats
et l’accessibilité en 142. Mise en œuvre de la stratégie de transport rural
Transports Mobilité milieu rural 143. Réhabilitation et construction de pistes, routes et ponts
144. Mise en place d’un financement spécifique, adapté au secteur du transport rural
145. Réorganisation du cadre institutionnel et réglementaire du transport rural
146. Renforcement des infrastructures routières
147. Renforcement du transport ferroviaire et maritime
37. Développer les
148. Construction d’un nouvel aéroport international
infrastructures
Renforcement des équipements portuaires et aéroportuaires à Dakar et dans les
régions
38. Améliorer la mobilité
Mise en œuvre du PAMU
urbaine
149. Construction d’infrastructures adaptées en milieux rural et périurbain
39. Renforcer les 150. Equipement des villages - centres
Infrastructures de
infrastructures de 151. Création d’unités de conservation en milieux rural et périurbain
soutien
soutien en milieux 152. Réalisation de nouveaux branchements téléphoniques
rural et périurbain 153. Mise en place d'infrastructures et d'aménagements structurants pour améliorer
l'accès aux services de base
154. Renforcement du cadre institutionnel et des capacités
155. Elaboration d’un programme d’investissement pour l’accès aux services
énergétiques
40. Améliorer l’accès aux 156. Promotion de la force motrice dans les activités productives
Energie
services énergétiques 157. Développement des infrastructures et services énergétiques
158. Prise en compte des services énergétiques dans les programmes sectoriels
159. Mise en Œuvre de Projets Energétiques Multisectoriels (PREMs)
160. Diversification des technologies et sources d’énergie
41. Améliorer et sécuriser
161. Implantation de boutiques-énergie
l’accès durable des
162. Mise en œuvre du programme national d’investissement sur les plateformes
populations et
multifonctionnelles
notamment des
163. Mise en place d’un fonds d’appui spécifique pour faciliter l’accès aux services
femmes aux services
énergétiques
énergétiques
164. Poursuite de l'ajustement automatique des prix à la pompe des produits
42. Améliorer l’accès aux pétroliers par rapport aux cours internationaux
hydrocarbures 165. Mesures visant la réduction du prix des hydrocarbures
166. Renforcement des réserves de pétrole pour faire face aux flambées de prix
68
43. Renforcer
l’électrification des 167. Développement de partenariat public-privé
zones rurales et 168. Approvisionnement durable du fonds d’électrification rurale par une
périurbaines afin de inscription budgétaire significative
faciliter la 169. Electrification des infrastructures d’éducation et de santé
fonctionnalité des 170. Promotion des projets d’initiatives locales d’électrification rurale et
infrastructures de base électrification des zones à fort potentiel économique
(écoles, structures de 171. Renforcement de l’électrification des zones périurbaines
santé, etc.)
172. Développement de programme de financement par les SFD pour les secteurs
porteurs
173. Promouvoir des instruments de garantie et de refinancement pour les SFD
44. Favoriser l’accès à
(lignes ou fonds de garantie, accès aux ressources à long terme )
des services financiers
174. Mise en place d’un cadre réglementaire adapté au contexte national et sous-
viables et durables à
régional
une majorité de
175. Simplification et allégement des procédures pour la délivrance des agréments
ménages à faibles
176. mise en place d’une centrale à risque
revenus et des micro-
177. Renforcement du maillage territorial des SFD
entrepreneurs
Micro Finance 178. Appui aux SFD de proximité pour un meilleur accès au financement des
couches vulnérables, notamment les femmes et les micro entreprises
féminines
179. Mise en place de programmes de suivi-formation des micro entrepreneurs
45. Renforcer les 180. Mise en place de programmes d’Information, d’éducation et de
capacités des acteurs communication sur les activités de la micro finance
du secteur de la micro 181. Renforcement des performances des SFD
finance 182. Développement de programmes de renforcement des capacités institutionnelles
et managériales des intervenants du secteur
Mesures d’accompagnement
Groupes/
Domaines/ Objectifs /Stratégies Actions prioritaires
Secteurs
183. Poursuite de l’application d’une politique vertueuse par la maîtrise d’un profil des
46. Contenir le agrégats budgétaires conforme aux directives communautaires
solde budgétaire et 184. Elargissement progressif de la base fiscale
celui de la balance des 185. Gestion prudente et plus rigoureuse de la dépense publique par la
paiements à des transparence des procédures et l’optimisation des allocations budgétaires
Cadre niveaux compatibles 186. Systématisation de la budgétisation par objectifs
macroécono-mique avec les financements 187. Promotion plus rigoureuse des exportations et une meilleure distribution de la
intérieurs et extérieurs production afin de réduire le poids des importations
attendus 188. Mise en œuvre d’une bonne politique de maintien de la stabilité des prix
47. Promouvoir 189. Elaboration et mise en œuvre d’une politique fiscale plus favorable aux
une politique fiscale pauvres
équitable
48. Renforcer
les bases à long terme 190. Poursuite des programmes de privatisation
du développement et 191. Renforcement du dispositif de suivi des entreprises publiques
d’amélioration de 192. Développement de mécanismes de concertation entre l’Etat et les autres
l’efficacité de acteurs
l’intervention de l’Etat
193. Poursuite de la transformation du système fiscal
194. Activation de la mise en place d’un code communautaire des investissements plus
49. Simplifier et incitatif et plus attrayant
rationaliser le système 195. Proposition aux pays membres de l’UEMOA d’une baisse de la fiscalité sur les
Secteur privé
d’information fiscale à intrants agricoles
l’investissement 196. Promotion de la création de pôles industriels et de compétitivité
197. Accélération de la mise en place du projet PARI
198. Amélioration du système d’information entre l’Administration et le Privé
69
199. Simplification des procédures liées à l’exercice de certaines activités de
constitution des Sociétés
200. Amélioration du climat des affaires en mettant en place un greffe de commerce et
50. Favoriser un un centre d’arbitrage en cas de différends
environnement 201. Proposition d’incitations fiscales aux entreprises à haute valeur ajoutée et/ou à
attractif et haute intensité de main d’œuvre
promouvoir les 202. Renforcement de l’appui aux acteurs du secteur privé
investissements 203. Amélioration de l’accès des entreprises au financement (marchés boursiers,
Banques, SFD, etc.)
204. Création et développement de nouveaux sites et pôles de développement
205. Renforcement du partenariat Public-Privé
206. Poursuite et pérennisation des programmes de mise à niveau destinés aux
entreprises
51. Intensifier
207. Réalisation d’une étude d’impact préparatoire à la signature des Accords de
l’ajustement interne
Partenariat Economique
des Entreprises
208. Accroissement du renforcement des capacités des organisations patronales et
professionnelles
52. Poursuivre et 209. Elargissement de l’actionnariat populaire et mise en œuvre d’une grande
approfondir les campagne de sensibilisation et d’information auprès du secteur informel
processus des 210. Prise en compte des sénégalais de l’étranger pour les orienter vers les structures à
privatisations privatiser
211. Localisation des programmes destinés à les appuyer au niveau des organisations
patronales
53. Rendre les
212. Amélioration des services aux entreprises adhérentes
organisations
213. Renforcement des capacités de proposition et d’analyse des organisations
patronales et
patronales professionnelles
professionnelles plus
214. Meilleure implication des organisations patronales dans tous les cadres de
représentatives, fortes
concertation et processus de négociations internationales
et tournées vers les
215. Redynamisation des Chambres de Commerce et des Chambres des Métiers
besoins des entreprises
216. Promotion d’une synergie globale au sein du dispositif d’appui au secteur
privé
217. Mise en œuvre la matrice d’intervention de la SNEEG
218. Développement d’outils et méthodologies d’analyse genre (enquête budget-
54. Promouvoir temps, statistiques désagrégées selon les secteurs)
l’équité et l’égalité de 219. Mise en place de programmes de renforcement des capacités des acteurs pour la
genre promotion de l’équité et l’égalité de genre
Equité de genre
220. Promotion de l’intégration de la dimension genre dans la préparation, l’exécution
et le suivi évaluation des programmes et projets
55. Renforcer 221. Renforcement des capacités techniques et managériales des femmes
les capacités des 222. Renforcement de la dynamique organisationnelle des structures du mouvement
femmes en leadership associatif féminin, des organisations de la société civile, …
223. Création et mise en place d’une agence nationale pour l’emploi
224. Finalisation de la loi sur le maintien et la création d'emploi et élaborer la nouvelle
Convention nationale Etat-Employeurs pour l'emploi des jeunes
56. Assurer une
225. Promotion l’adéquation formation – emploi
Emploi meilleure gestion de la
226. Ratification et Application de la convention 168
main d’œuvre
227. Application de la recommandation 176 de l’OIT
228. Mise en place et appui au dispositif de coordination et de suivi de la politique
nationale de l’emploi
229. Mise en place d’un répertoire opérationnel des métiers et emplois,
57. Renforcer
230. Programme d’information sur le marché de l’emploi
l’efficacité et la
231. Renforcement des capacités humaines et institutionnelles des organismes
transparence du
publics et privés chargés de la promotion de l’emploi
marché de l’emploi
232. Intensification des programmes d’aide à l’insertion ou à la réinsertion
233. Renforcement du fonds national d’actions pour l’emploi.
234. Mise en place de programmes de formation insertion ciblés sur les métiers
porteurs
58. Promouvoir
235. Mise en place d’un mécanisme d’appui à la promotion de la coopérative
l’emploi indépendant
236. Appui et promotion de micro entreprises en milieu péri urbain et rural
en milieux rural et péri
237. Mise en œuvre des mesures incitatives à l’investissement et à la réinsertion sociale
urbain
238. Vulgarisation des programmes axés sur la promotion de l’emploi
239. Développement de l’emploi de proximité e
240. mise en place d’un mécanisme de promotion de la coopératiove
70
241. Recensement et évaluation réguliers des grands programmes et projets de
développement dans leur lien avec l'emploi
242. Elaboration d’un tableau de bord des indicateurs d'impact des politiques de
59. Accroître le développement sur l'emploi
contenu en emploi de 243. Elaboration des projets pilotes d'accompagnement sur le volet main d'oeuvre,
la croissance qualification et emploi dans les programmes de développement (électrification
rurale, pnir, padmir, sca, etc)
244. Mise en place d’un Centre national de production et de productivité (CNPP).
245. Promotion de l’emploi des groupes spécifiques et vulnérables
60. Renforcer et 246. Développement de la sous traitance
intensifier la 247. Création d'emplois par le développement de l'entrepreneuriat coopératif
contribution des 248. Mise en place d’un système cohérent d'information, d'orientation
secteurs productifs à la professionnelle et de concertation sectorielle sur le marché de l'emploi
création d’emploi et à 249. Mise en place de la Cellule HIMO
la réduction de la
pauvreté
61. Développer 250. Encouragement de la mobilité professionnelle et l'exercice d'activités lucratives
et moderniser le des agents de la fonction publique
système de l’emploi 251. Mise en place de la fonction publique locale
public 252. Accessibilité aux stages de professionnalisation dans l'administration
62. Promouvoir 253. Maîtrise des flux de main d'œuvre
une meilleure 254. Promotion de l'emploi dans les régions et zones de départ
organisation de la 255. Maîtrise des flux d'investissement des sénégalais vers les secteurs productifs
participation des 256. envoie de la main d’œuvre sénégalaise à l’étranger
travailleurs émigrés
257. Renforcement du cadre institutionnel d’approfondissement du dialogue social
258. Renforcement des mécanismes du dialogue social aux niveaux bipartite ou
tripartite
259. Promotion d’un cadre de renforcement de la compétitivité des entreprises et des
intérêts des travailleurs
260. Programme de formations sur la négociation collective, l’économie, la législation
63. Promouvoir
Dialogue social sociale et les normes internationales du travail pour les organisations de
le dialogue social
travailleurs, d’employeurs et de l’administration
261. Mise en place de mécanismes de prévention des conflits et des risques
professionnels comme mode de régulation des rapports sociaux et d’amélioration
de la productivité
262. Elaboration d’un cadre cohérent d’harmonisation et d’intégration des politiques
économiques et sociales
64. Mettre en
263. Sensibilisation informations sur les risques de l’émigration clandestine sur l’état
place un système
civil (régularisation état civil, traitement des données des Missions Diplomatiques
performant de gestion
et Consulaires)
et de suivi de la
264. Assistance sociale et rapatriement des SE en cas de détresse
population sénégalaise
Promotion des 265. Mise en place d’un portail d’informations sur les sénégalais de l’extérieur
vivant à l’étranger
sénégalais de
65. Asseoir une
l’extérieur
politique d’implication 266. Renforcement des capacités du personnel et des associations des sénégalais de
des sénégalais de l’extérieur
l’extérieur dans les 267. Elaboration et mise en œuvre d’une stratégie d’implication des Sénégalais de
efforts de l’Extérieur dans les efforts de développement
développement
66. Approfondir 268. Application des textes communautaires
l’intégration régionale 269. Recherche de synergie avec les pays voisins dans le cadre de projets et
Intégration
au sein de l’UEMOA, programmes intégrateurs
régionale
de la CEDEAO et de 270. Echanges réguliers sur les expériences réussies
l’Union Africaine 271. Favoriser la libre circulation des biens des services et de la main d’oeuvre
71
Axe 2 : Accélération de la promotion de l’accès aux services sociaux de base
(Les lignes d’actions en gras correspondent à celles prioritaires devant être réalisées dans les premières étapes de la mise en
œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté)
40
Couvrant les 10 premières années d’instruction
72
73. Promouvoir chez les 306. Programme d'information, de sensibilisation, d'éducation et de
populations des renforcement de capacités des familles et des communautés sur les attitudes
attitudes et des et comportements préventifs
comportements de 307. Mise en place de programmes de formation des agents de la santé et des
prévention des maladies volontaires de la santé et de la prévention
308. Renforcement des actions de prévention des IST/VIH/SIDA
74. Améliorer la 309. Rendre plus accessible les services aux PVVIH en mettant en place des
prévention et la prise équipements et traitements (ARV et réactifs)
en charge du 310. Renforcement de la prise en charge globale (médicale, psychosociale
VIH/SIDA(3) nutritionnelle et économique) des enfants, femmes et autres personnes vivant
avec le VIH/SIDA.
311. Renforcement des actions de prévention du paludisme (promotion de
75. Améliorer la prévention
l’utilisation des moustiquaires imprégnées, traitement préventif intermittent,
et la lutte contre le
etc.)
paludisme
312. Renforcement de la prise en charge du traitement des malades du paludisme
76. Améliorer la santé 313. Mise en œuvre des actions consignées dans la « feuille de route
maternelle et infanto multisectorielle pour accélérer la réduction de la mortalité et de la morbidité
juvénile (1) maternelles et néonatales au Sénégal, 2006 – 2015 » (renforcement des
programmes de formation, augmentation de la disponibilité et de l’accessibilité
des services de santé maternelle et néonatale (SMN) de qualité, renforcement
de la Planification Familiale et des soins obstétricaux néonataux d’urgences)
314. Généralisation des consultations prénatales
315. Développement de programmes de vaccination
316. Renforcement de la PCIME clinique et communautaire
317. Lutte contre toutes les maladies diarrhéiques
77. Promouvoir le contrôle 318. Développement des programmes IEC pour le contrôle citoyen
citoyen des services 319. Renforcement de la participation des populations dans le suivi, la conception et
sociaux et sanitaires l’évaluation des politiques sociales et sanitaires publiques
78. Améliorer la santé de la 320. Elaboration et mise en œuvre de programmes de renforcement des capacités
reproduction des jeunes et IEC/CCC sur les risques liés à la SR et la promotion de la santé
et des femmes maternelle
321. Mise en place de programmes sur la SR et pour une maternité sans risque
322. Promotion des programmes marketing social des contraceptifs masculins et
féminins
79. Améliorer la prise en 323. Renforcement des actions de prévention des maladies non transmissibles
charge des maladies 324. Construction et équipement de centres d’hémodialyse
non transmissibles et 325. Mise en place de programmes de prise en charge des personnes souffrant de
chroniques maladies chroniques (diabète, hypertension, drépanocytose, maladies
rénales, etc.)
80. Améliorer la situation 326. Extension de la couverture (50%) des activités de nutrition communautaire
nutritionnelle des dans les zones rurales
femmes et des enfants 327. Promotion du développement des activités de nutrition dans les secteurs de la
santé et de l’éducation
328. Renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelle et planification
et gestion des interventions de nutrition
81. Promouvoir une gestion 329. Extension et généralisation de la réforme du système de gestion des forages
durable des ouvrages 330. Promotion des énergies nouvelles et renouvelables dans le cadre de l’exploitation
(maintenance) des ouvrages
331. Renforcement de la politique de branchements sociaux et généralisation de
Eau potable 82. Accroître le taux l’accès
d’accès à l’eau potable 332. Construction et réhabilitation de forages et réalisation d’ouvrages de
en milieux urbain et stockage et extension de réseaux
rural 333. Promotion des techniques de traitement des eaux adaptées pour
l’approvisionnement de certaines zones
A 83. Améliorer l’accès des 334. Réalisation d’ouvrages collectifs et autonome d’évacuation des excrétas en
S ménages à des milieux urbain et rural
S systèmes adéquats 335. Programmes d’augmentation de la connexion au réseau d’assainissement en
A d’évacuation des milieux urbain et périurbain
I excrétas et des eaux 336. Extension du système d’évacuation des eaux usées et pluviales
N usées et pluviales en
I milieux rural et
S urbain
S 84. Améliorer l’accès à des 337. Promotion de système de traitement des ordures ménagères
E systèmes adéquats de 338. Développement de système de gestion des déchets solides en milieux urbain et
M gestion des déchets rural
E solides
73
N 85. Changer positivement 339. Développement des programmes IEC en matière d'hygiène et assainissement
T les attitudes et 340. Programmes de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la gestion
comportements des du secteur
populations
86. Améliorer le cadre 341. Mise en œuvre des réformes dites deuxième génération
institutionnel et 342. Promulgation de la loi sur le service public de l’assainissement
organisationnel 343. Elaboration et mise en œuvre d’un code de l’assainissement
74
Axe 3 : Protection sociale, prévention et gestion des risques et catastrophes
(Les lignes d’actions en gras correspondent à celles prioritaires devant être réalisées dans les premières étapes de la mise en
œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté)
Secteur /
Objectifs/Stratégies Actions prioritaires
Domaine
Réforme et 96. Lutter contre l’évasion sociale et 376. Mise en œuvre d’un programme d’urgence de lutte contre
renforcement des promouvoir la prévention des l’évasion sociale
systèmes formels risques sociaux 377. Mise en œuvre de programmes d’IEC et de renforcement des
de sécurité capacités des travailleurs et des acteurs sociaux
sociale 378. Elaboration et mise en place d’un système d’assurance emploi
379. Promotion de la couverture sociale des travailleurs atypiques
97. Réformer les textes législatifs et 380. Elaboration et adoption d’un code général de la sécurité sociale
réglementaires et consolider le (application effective des textes et conventions)
dispositif de régulation 381. Renforcement du dispositif de régulation (Commission de
Supervision et de Régulation des Institutions de Sécurité Sociale
(COSRISS)
98. Elargir le champ d’application des 382. Mise en œuvre d’un programme d’extension des services de sécurité
services de sécurité sociale sociale à l’habitat social pour les travailleurs
383. Révision du champ de couverture du secteur non structuré pour
inclure les chômeurs et les émigrés
99. Renforcer les capacités des 384. Consolidation et restructuration des IPM
professionnels de la sécurité 385. Mise en place d’un programme de renforcement de la tutelle des
sociale et des acteurs sociaux. IPM (agence de contrôle et de conseil) et des capacités des
professionnels de la sécurité sociale
100. Renforcer les mutuelles de santé et 386. Appui au dispositif de mise en œuvre et de suivi de l'extension de la
améliorer le système d’assurance- protection sociale
maladie 387. Promotion du partenariat entre les mutuelles de santé et les
prestataires de soins et renforcement du cadre national de
concertation sur la mutualité
388. Mise en place de plans de Communication pour la Promotion des
Mutuelles de Santé
101. Mettre en place des mécanismes 389. Amélioration des modalités de ciblage et d’identification des
Extension de la
de prise en charge de maladies bénéficiaires potentiels de l’assistance médicale
protection sociale
pour les personnes vulnérables 390. Amélioration de l’accès aux soins et aux médicaments essentiels pour
les personnes atteintes d’affections lourdes et coûteuses
102. Mettre en place des systèmes de 391. Mise en place de régimes adaptés à chaque profession
prévoyance sociale pour les 392. Mesures visant l’articulation entre les mutuelles de santé et le système
personnes exerçant le métier de formel de sécurité sociale
l’agriculture et les acteurs
économiques du secteur informel,
de l‘artisanat
Prévention et 103. Promouvoir des stratégies et 393. Programme formation et recherche sur le concept de risques et
gestion des mécanismes de prévention et de catastrophes
risques majeurs gestion des risques et catastrophes 394. Mise en place du plan de communication, de formation et de
et catastrophes en appui aux plans nationaux mobilisation sociale
104. Assurer la coordination et la 395. Mise en place d’une plateforme nationale de réduction des risques
promotion de la culture de la et catastrophes, et mise en place d’une autorité nationale chargée
prévention et de la gestion des de la protection civile
risques et catastrophes
105. Maîtriser les accidents industriels 396. Mise en œuvre d’un programme de maîtrise des accidents
majeurs et les inondations industriels et de prévention et de gestion des inondations
106. Réduire les facteurs de 397. Mise en place un système d’assurance des risques agricoles41
vulnérabilité dans les secteurs et 398. Mise en place de systèmes d’alerte précoce dans les différents
renforcer l’assistance sociale aux secteurs et domaines
groupes vulnérables 399. Renforcement et décentralisation du Fonds de solidarité
nationale et du fonds de calamité
41
Création d’une société d’assurance spécialisée dans les risques agricoles et confection de produits d’assurances adaptés
à notre agriculture
75
Protection 107. Améliorer le ciblage, le suivi et 400. Appui au dispositif de suivi Evaluation des Programmes de Lutte
sociale et suivi l’élaboration des actions dirigées contre la Pauvreté
des groupes vers les groupes vulnérables 401. Renforcement des capacités en ciblage, suivi participatif et
vulnérables plaidoyer/communication des OCB, des OSC et des groupes
vulnérables
402. Mise en œuvre de programmes d’appui aux groupes vulnérables par
108. Améliorer l’accès aux services des allocations monétaires conditionnelles et non conditionnelles pour
sociaux pour les groupes les familles.
vulnérables et assurer l’accès aux
actifs et à la pleine jouissance de
leur droit
Personnes 403. Mise en place d’un programme pour un meilleur accès aux
handicapées 109. améliorer l’état sanitaire et la centres de réadaptation fonctionnelle et aux matériels
mobilité des personnes d’appareillage (aides techniques)
handicapées 404. Elaboration et mise en œuvre d’un plan d’actions pour l’accessibilité
des handicapés aux infrastructures et équipements sanitaires
110. promouvoir l’éducation et la 405. Promotion de la scolarisation universelle des enfants handicapés
formation des personnes par la mise en œuvre de programme national d’éducation
handicapées intégratrice
111. améliorer l'insertion économique 406. Mise en œuvre du programme de réadaptation à base
et sociale des personnes communautaire (RBC)
handicapées 407. Mise en place d’un fonds de promotion économique pour les
handicapés
408. Sensibilisation des employeurs pour une discrimination positive en
faveur des personnes handicapées
409. Promotion et protection des droits des personnes handicapées contre
la stigmatisation et pour l'égalisation des chances (loi d’orientation
sociale)
Femmes en 112. Promouvoir les Droits des 410. Développement et mise en œuvre des activités de sensibilisation
situation de Femmes et des filles contribuant à l’élimination des violences et pratiques néfastes
vulnérabilité faites aux petites filles et aux femmes
411. Conception et vulgarisation des droits humains et notamment de la
femme
412. observatoire…
413. Application effective des textes et conventions fondamentaux relatifs
aux droits des femmes et à la protection des droits des filles et des
femmes
414. Développement d’un plan de communication pour un
changement de comportement favorable à l’autonomisation des
femmes
113. Améliorer la situation économique 415. Mise en œuvre du plan d’actions de la SNEEG
et sociale des femmes en situation 416. Mise en place de centres d’accueil et de suivi pour femmes et jeunes
de vulnérabilité en situation de vulnérabilité
417. Mise à la disposition des femmes rurales des technologies et
équipements appropriés de transformation et de conservation des
produits
418. Mise en place de programmes de suivi et d’accompagnement psycho
social pour femmes et jeunes filles en situation de vulnérabilité
Enfants en 114. Développer une stratégie de prise 419. Mise en œuvre du projet de généralisation de la primo prévention
situation de en charge et de réinsertion sociale dans les programmes des centres de sauvegarde et les centres
vulnérabilité des enfants en conflit avec la loi et polyvalents
des enfants en situation difficile
420. Renforcement des capacités socioéconomiques des familles
défavorisées à prendre en charge les enfants en situation de
vulnérabilité
115. Renforcer les capacités des
institutions spécialisées de prise 421. Programme de renforcement des structures et centres spécialisés
en charge des enfants en situation sur les enfants en délinquance (centre sauvegarde, AEMO,
de vulnérabilité (enfants de femme ateliers spécialisés)
mendiante, enfants guide des 422. Appui aux 45 CPRS (46154)
handicapés, enfants des femmes 423. Développement de filières de formation dans les daaras et
touchées par l’extrême pauvreté, renforcement des capacités des maîtres coraniques pour une meilleure
orphelins du VIH, enfants victimes gestion du cadre de vie des talibés
de la toxicomanie, talibés, enfants 424. Appui aux structures et associations de prise en charge des
abandonnés ou en conflits avec la enfants
loi)
76
116. renforcer la législation en vigueur 425. Mise en œuvre de programmes de sensibilisation, d’information et de
en matière de protection de plaidoyer sur la protection et les droits de l’enfant pour l'application
l’enfant et prendre les dispositions effective des lois
pour assurer une application 426. Extension et renforcement des projets et programmes existants de
effective. lutte pour l’éradication du travail des enfants : « Projet contre les
pires formes de travail des enfants» du MFFSD, « Programme sur
le travail des enfants » du MFTOP, « Renforcement de la
protection des enfants contre toutes formes d’exploitation, d’abus
et de violence »,…
427. prise de mesures et de dispositifs pour la généralisation de
l’enregistrement à l’état civil des enfants à la naissance
Personnes âgées 117. Garantir l’épanouissement 428. Création d'un minimum vieillesse (sans contribution)
ou aînés physique et moral des aînés 429. Mise en œuvre des mesures fiscales incitatives en faveur des retraités
(défiscalisation totale des pensions du régime obligatoire et
allégements fiscaux pour les régimes complémentaires)
430. Plaidoyer pour l'implication des aînés dans les programmes sociaux
(santé, éducation, protection...)
118. Améliorer la prise en charge des 431. Mise en place de structures sanitaires spécialisées en gériatrie et
aînés promotion de l’enseignement de la géronto – gériatrie
432. Prise en charge des frais médicaux par les services concernés aux
aînés non affiliés à l’IPRES ou au FNR
119. Améliorer les conditions de vie 433. Assurer des pensions de retraites décentes pour les retraités et
des personnes âgées ou aînés garantir la viabilité à long terme des régimes
434. Mise en place d’un fonds de promotion des aînés
435. Sécurisation du travail des aînés qui exercent une activité
professionnelle
Jeunes 120. Renforcer les programmes 121. Renforcement des ressources du Fonds National d’Action
d’insertion sociale et économique pour l’Emploi (FNAEJ), du Fonds National de Promotion de
des jeunes la Jeunesse (FNPJ) et de l’Agence Nationale pour l’Emploi
des Jeunes (ANEJ)
122. Mise en œuvre des programmes de participation citoyenne des
jeunes et de leurs groupements au développement économique,
social et culturel de la nation
123. Améliorer les conditions de vie 436. Renforcement des projets et programmes de lutte contre la
des jeunes et des adolescents toxicomanie
437. Renforcement des programmes de protection et de soutien au
développement harmonieux des adolescent(e)s les plus
défavorisé(e)s
Rapatriés et 124. Promouvoir la réinsertion et la 438. Mise en œuvre du programme d'urgence pour la reconstruction
Personnes réintégration des rapatriés et des de la Casamance (ANRAC)
déplacées personnes déplacées 439. REVA
Réfugiés 125. Améliorer les stratégies de gestion 440. Appui aux stratégies d’aide au retour
des réfugiés 441. Renforcement des capacités de la commission Nationale d’
Eligibilité (CNE)
442. Réactualisation du droit d’asile
443. Prise en compte de l’approche genre
444. Elaboration et mise en œuvre d’un programme d’actions
prioritaire quinquennal mettant en œuvre les axes stratégiques de
126. Assurer une meilleure maîtrise des
la Déclaration de la Politique de Population
phénomènes démographiques
445. Amélioration de la coordination et du suivi de la mise en ouvre de la
Population
politique de population (niveau national et régional)
127. Améliorer les conditions de vie 446. Accroître le nombre de centres ADO espaces jeunes
des jeunes et des adolescents
77
Axe 4 : Bonne Gouvernance et Développement décentralisé et participatif
(Les lignes d’actions en gras correspondent à celles prioritaires devant être réalisées dans les premières étapes de la mise en
œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté)
78
476. Evaluation de la décentralisation
477. Elaboration et mise en œuvre de la charte de la déconcentration
478. Révision des textes de base et mise en cohérence des textes avec les textes
135. Améliorer le cadre
de la décentralisation
institutionnel et
479. Amélioration de la responsabilisation des services techniques à tous les
organisationnel
échelons national, régional, départemental et local
480. Dynamisation des organismes de suivi et d’appui à la décentralisation
aux niveaux central, régional ou local
136. Harmoniser les appuis 481. Développement d’outils et mécanismes pour l’articulation et la
techniques et les outils de cohérence entre le système de planification au niveau central,
planification régional et local
Développement 482. Elaboration et mise en œuvre de programmes de renforcement des
local et capacités des collectivités dans la formulation des stratégies et
137. Renforcer les capacités
Décentralisation politiques, la préparation, le contrôle et le suivi évaluation des
des collectivités locales
politiques, des projets et programmes de développement
483. Mise à disposition de ressources humaines compétentes
484. Renforcement des programmes d’appui aux collectivités locales
485. Mise en œuvre de la décentralisation du Budget consolidé
d’Investissement (BCI)
138. Accroître les ressources et
486. Mise en œuvre de projets et programmes issus des Plans
poursuivre les réformes
d’Opérations Régionaux (POR)
budgétaires et financières
487. Réforme et augmentation des transferts financiers de l’Etat (FECL,
des collectivités locales
FDD, etc.)
488. Développement de la coopération décentralisée
489. Amélioration de la fiscalité locale
490. Mise en œuvre d’un plan de création de pôles de développement
139. Redynamiser les villes
491. Préparation et accompagnement des villes à jouer un rôle de premier plan
secondaires et frontalières
dans l'intégration sous-régionale
Développement des
Pôles secondaires 492. Développement de programmes d’habitat social dans les villes
secondaires
493. Amélioration des réseaux de voirie, d'adduction d'eau et
140. Relever le niveau
d'assainissement, des services énergétiques
d'urbanisation
494. Renforcement des infrastructures de base dans les villes secondaires
pour amélioration de la qualité de la disponibilité et de l’accessibilité
des services
79
6.3 Annexe 3 : Plan d’Actions Prioritaires - 2006 – 201042
Montants en millions de FCFA
Objectifs Prioritaires 2006 2007 2008 2009 2010 TOTAL
AXE 1: Création de richesse : pour une croissance pro pauvre
Sous secteur de l’agriculture
Montant DSRP 3790 7595 7247 5901 4 822 29355
PTIP 3790 5340 5440 4260 3 200 22030
Réduire la vulnérabilité des activités
Etat 2790 3840 3940 3260 3 200 17030
agricoles
Bailleurs 1000 1500 1500 1000 0 5000
GAP 0 2255 1807 1641 1622 7325
Montant DSRP 50 500 1000 1500 2 000 5050
Favoriser le développement du PTIP 0 0 0 0 0 0
foncier et les investissements Etat 0 0 0 0 0 0
productifs Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 50 500 1000 1500 2000 5050
Montant DSRP 37239 39064 51910 45607 42 124 215944
PTIP 37139 36064 35910 29607 21 124 159844
intensifier et moderniser la
production agricole Etat 18466 17811 17504 11181 9 166 74128
Bailleurs 18673 18253 18406 18426 11 958 85716
GAP 100 3000 16000 16000 21000 56100
Montant DSRP 850 763 0 0 0 1613
PTIP 850 763 0 0 0 1613
Promouvoir l’agro-industrie Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 850 763 0 0 0 1613
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 6589 9109 8172 8850 9 350 42070
PTIP 6589 7050 7390 8250 8 750 38029
augmenter diversifier les revenus
agricoles Etat 4529 4450 4250 4250 4 250 21729
Bailleurs 2060 2600 3140 4000 4 500 16300
GAP 0 2059 782 600 600 4041
Montant DSRP 1000 21500 21500 21750 21 750 87500
PTIP 1000 1000 1000 0 0 3000
Renforcer la sécurité alimentaire Etat 1000 1000 1000 0 0 3000
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 20500 20500 21750 21750 84500
Montant DSRP 1350 1976 350 350 350 4376
PTIP 1350 1976 350 350 350 4376
renforcer le rôle des organisations
paysannes Etat 350 350 350 350 350 1750
Bailleurs 1000 1626 0 0 0 2626
GAP 0 0 0 0 0 0
Sous secteur de l’élevage 0
Montant DSRP 350 3350 2000 1500 1 500 8700
PTIP 350 350 0 0 0 700
Améliorer l'environnement de la
Etat 150 150 0 0 0 300
production
Bailleurs 200 200 0 0 0 400
GAP 0 3000 2000 1500 1500 8000
Montant DSRP 800 1576 1264 1254 1 254 6148
PTIP 750 1556 1244 1244 1 244 6038
Sécuriser l’élevage pastoral et
agropastoral Etat 140 400 344 344 344 1572
Bailleurs 610 1156 900 900 900 4466
GAP 50 20 20 10 10 110
Montant DSRP 4095 7149 5244 4569 4 494 25551
Accroître la productivité du sous- PTIP 4025 5099 3194 2594 2 594 17506
secteur en vue de garantir la sécurité Etat 1415 1947 1794 1694 1 694 8544
alimentaire et améliorer les revenus Bailleurs 2610 3152 1400 900 900 8962
GAP 70 2050 2050 1975 1900 8045
Montant DSRP 215 950 903 900 900 3868
PTIP 215 500 500 500 500 2215
Améliorer les conditions de mise en
marché des produits animaux Etat 215 500 500 500 500 2215
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 450 403 400 400 1653
42
Les PAP prend en compte pour les premières années les besoins qui ont fait l’objet d’évaluations financières et sera
actualisé en fonction de éléments nouveaux et des évaluations des rapports d’avancements.
80
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 0 650 600 470 50 1770
PTIP 0 0 0 0 0 0
Renforcer le système d'information
et de gestion du sous secteur Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 650 600 470 50 1770
Promotion du secteur non agricole
Montant DSRP 1467 3335 4415 4665 5 060 18942
PTIP 467 1335 1415 1665 2 060 6942
Promouvoir les micro entreprises ou
Etat 120 60 60 60 60 360
les petites entreprises rurales
Bailleurs 347 1275 1355 1605 2 000 6582
GAP 1000 2000 3000 3000 3000 12000
Relance de la pêche
Montant DSRP 1113 3395 4095 7480 7 750 23833
Assurer la gestion durable et la PTIP 373 750 750 750 750 3373
restauration des ressources Etat 373 750 750 750 750 3373
halieutiques Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 740 2645 3345 6730 7000 20460
Montant DSRP 150 1650 6150 7250 2 625 17825
PTIP 150 1650 3150 2750 150 7850
Satisfaire la demande nationale en
produits halieutiques et aquacoles Etat 150 1650 3150 2750 150 7850
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 0 3000 4500 2475 9975
Montant DSRP 2965 10300 12100 11782 7 630 44777
PTIP 2565 3500 4500 4782 630 15977
Valoriser les ressources halieutiques
et moderniser la pêche artisanale Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 2565 3500 4500 4782 630 15977
GAP 400 6800 7600 7000 7000 28800
Montant DSRP 328 144 150 150 0 772
Promouvoir la professionnalisation PTIP 328 0 0 0 0 328
et la qualification accrue des acteurs
du secteur de la pêche et de la Etat 328 0 0 0 0 328
transformation Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 144 150 150 0 444
Promotion de l’Artisanat
Montant DSRP 920 100 50 0 0 1070
PTIP 250 100 50 0 0 400
Moderniser les circuits de
Etat 250 100 50 0 0 400
productions et de commercialisation,
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 670 0 0 0 0 670
Montant DSRP 1060 0 0 0 0 1060
PTIP 277 0 0 0 0 277
Améliorer le système de formation,
d’apprentissage et de perfectionnement, Etat 277 0 0 0 0 277
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 783 0 0 0 0 783
Montant DSRP 200 40 40 0 0 280
PTIP 120 40 40 0 0 200
Renforcer l’organisation des acteurs de
l’artisanat Etat 120 40 40 0 0 200
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 80 0 0 0 0 80
Densification du tissu industriel et
développement PME/PMI
Montant DSRP 2300 500 500 2000 2 000 7300
PTIP 2300 500 500 2000 2 000 7300
Poursuivre la restructuration de
Etat 300 0 0 0 0 300
l’appareil industriel
Bailleurs 2000 500 500 2000 2 000 7000
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 400 750 1130 1146 1 040 4466
PTIP 400 560 840 840 840 3480
Favoriser un développement
industriel endogène Etat 300 560 840 840 840 3380
Bailleurs 100 0 0 0 0 100
GAP 0 190 290 306 200 986
Montant DSRP 5769 5390 5870 6310 6 810 30149
PTIP 5719 4390 4870 4810 4 810 24599
Appuyer et accompagner les PME
dans leur développement Etat 939 110 590 530 530 2699
Bailleurs 4780 4280 4280 4280 4 280 21900
GAP 50 1000 1000 1500 2000 5550
81
Montants en millions de FCFA
Mines 0
Montant DSRP 100 500 800 1300 1 500 4200
Assurer la gestion de PTIP 0 0 0 0 0 0
l'environnement et la réhabilitation Etat 0 0 0 0 0 0
des mines et carrières Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 100 500 800 1300 1500 4200
Montant DSRP 900 1000 1100 1100 1 200 5300
Améliorer les retombées financières PTIP 0 0 0 0 0 0
des collectivités locales dans le cadre
de la gestion et de l'exploitation des Etat 0 0 0 0 0 0
ressources Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 900 1000 1100 1100 1200 5300
Promotion du secteur privé 0
Montant DSRP 0 250 300 400 400 1350
PTIP 0 0 0 0 0 0
Favoriser un environnement attractif
Etat 0 0 0 0 0 0
et promouvoir les investissements
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 250 300 400 400 1350
Montant DSRP 800 4000 4000 4000 4 000 16800
PTIP 0 0 0 0 0 0
Intensifier l'ajustement interne des
entreprises Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 800 4000 4000 4000 4000 16800
Montant DSRP 50 50 100 100 0 300
PTIP 0 0 0 0 0 0
Poursuivre et approfondir les
processus de privatisations Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 50 50 100 100 0 300
Montant DSRP 0 50 50 100 100 300
Rendre les organisations patronales PTIP 0 0 0 0 0 0
et professionnelles plus
représentatives, fortes et tournées Etat 0 0 0 0 0 0
vers les besoins des entreprises Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 50 50 100 100 300
Montant DSRP 0 100 100 50 50 300
Simplifier et rationaliser le système PTIP 0 0 0 0 0 0
d'information fiscale à Etat 0 0 0 0 0 0
l'investissement Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 100 100 50 50 300
Equité de genre 0
Montant DSRP 0 70 50 50 50 220
PTIP 0 28 28 28 28 112
Projet d'appui à la mise en place d'un
Etat 0 0 0 0 0 0
laboratoire de recherche sur le genre
Bailleurs 0 28 28 28 28 112
GAP 0 42 22 22 22 108
Montant DSRP 0 100 150 170 100 520
PTIP 0 0 0 0 0 0
Promouvoir l'équité et l'égalité de
genre Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 100 150 170 100 520
Montant DSRP 0 380 480 400 400 1660
PTIP 0 0 0 0 0 0
Renforcer les capacités des femmes
en leadership Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 380 480 400 400 1660
Promotion de l'emploi 0
Montant DSRP 0 1450 350 400 400 2600
PTIP 0 0 0 0 0 0
Accroître le contenu en emploi de la
Etat 0 0 0 0 0 0
croissance
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 1450 350 400 400 2600
Montant DSRP 1160 790 770 50 50 2820
renforcer et intensifier la PTIP 0 0 0 0 0 0
contribution des secteurs productifs à
la création d'emploi et à la réduction Etat 0 0 0 0 0 0
de la pauvreté Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 1160 790 770 50 50 2820
82
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 1000 1000 1000 0 0 3000
PTIP 0 0 0 0 0 0
Promouvoir l'emploi indépendant en
milieux rural et périurbain Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 1000 1000 1000 0 0 3000
Montant DSRP 750 700 600 300 300 2650
PTIP 0 0 0 0 0 0
Renforcer l'efficacité la transparence
du marché de l'emploi Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 750 700 600 300 300 2650
Montant DSRP 140 295 315 235 250 1235
PTIP 80 80 80 0 0 240
Développer et moderniser le système
de l'emploi public Etat 80 80 80 0 0 240
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 60 215 235 235 250 995
Montant DSRP 130 125 65 20 20 360
Promouvoir une meilleure PTIP 0 0 0 0 0 0
organisation de la participation des
travailleurs émigrés à l'effort de Etat 0 0 0 0 0 0
développement national Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 130 125 65 20 20 360
Dialogue social 0
Montant DSRP 0 100 50 50 50 250
PTIP 0 0 0 0 0 0
Promouvoir le dialogue social Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 100 50 50 50 250
Sénégalais de l'extérieur
Montant DSRP 233 200 240 200 200 1073
Mettre en place un système PTIP 0 0 0 0 0 0
performant de gestion et de suivi de
Etat 0 0 0 0 0 0
la population sénégalaise vivant à
l'étranger Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 233 200 240 200 200 1073
Montant DSRP 20 130 180 180 180 690
Asseoir une politique d’implication PTIP 0 0 0 0 0 0
des SE dans les efforts de Etat 0 0 0 0 0 0
développement Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 20 130 180 180 180 690
Commerce 0
Montant DSRP 300 300 0 0 0 600
PTIP 0 0 0 0 0 0
Augmenter l'offre des biens et
Etat 0 0 0 0 0 0
services exportables
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 300 300 0 0 0 600
Montant DSRP 375 400 1300 1000 1 000 4075
PTIP 375 400 900 750 750 3175
Améliorer l'accès aux marchés Etat 100 100 750 750 750 2450
Bailleurs 275 300 150 0 0 725
GAP 0 0 400 250 250 900
Tourisme 0
Montant DSRP 0 100 150 200 200 650
PTIP 0 0 0 0 0 0
Améliorer les retombées du tourisme
Etat 0 0 0 0 0 0
au niveau local
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 100 150 200 200 650
Montant DSRP 235 4585 4735 5000 5 000 19555
PTIP 235 85 85 0 0 405
sauvegarder et valoriser le potentiel
touristique national Etat 235 85 85 0 0 405
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 4500 4650 5000 5000 19150
Nouvelles Technologies de
l’Information et de la
Communication
Montant DSRP 143 600 1100 1000 1 000 3843
PTIP 60 140 140 0 0 340
Accélérer le développement des télé
Etat 0 0 0 0 0 0
services en milieux urbain et rural
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 83 460 960 1000 1000 3503
83
Développement du Sport
Montant DSRP 1500 3100 5700 100 100 10500
PTIP 1500 3100 5700 100 100 10500
Favoriser l'emploi par le sport Etat 1500 3100 5700 100 100 10500
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 0 0 0 0 0
Culture 0
Montant DSRP 1450 2729 2605 2805 3 255 12844
PTIP 1350 1729 1605 1405 1 255 7344
Promouvoir les entrepreneurs,
Etat 850 1215 1005 705 555 4330
acteurs et agents culturels
Bailleurs 500 514 600 700 700 3014
GAP 100 1000 1000 1400 2000 5500
Transport et Mobilité 0
Montant DSRP 38152 44786 38770 32140 20 500 174348
PTIP 23402 33586 12570 3040 0 72598
Améliorer la mobilité et
Etat 5180 12394 2460 40 0 20074
l’accessibilité en milieu rural
Bailleurs 18222 21192 10110 3000 0 52524
GAP 14750 11200 26200 29100 20500 101750
Montant DSRP 56431 54169 114910 54730 32 000 312240
PTIP 55931 48169 33263 30100 22 000 189463
Développer les infrastructures Etat 19600 22769 21263 20000 22 000 105632
Bailleurs 36331 25400 12000 10100 0 83831
GAP 500 6000 81647 24630 10000 122777
Montant DSRP 50100 59160 29500 20129 3 000 161889
PTIP 50100 55660 27000 18000 3 000 153760
Améliorer la mobilité urbaine Etat 27635 22170 4000 3500 3 000 60305
Bailleurs 22465 33490 23000 14500 0 93455
GAP 0 3500 2500 2129 0 8129
Infrastructures de soutien 0
Montant DSRP 3000 3000 3000 3000 3 000 15000
PTIP 1290 1198 890 890 0 4268
Renforcer les infrastructures de
Etat 40 40 40 40 0 160
soutien en milieu rural et périurbain
Bailleurs 1250 1158 850 850 0 4108
GAP 1710 1802 2110 2110 3000 10732
Secteur de l’Energie 0
Montant DSRP 18783 34420 30710 36760 35 760 156433
PTIP 18283 14220 3392 6700 5 700 48295
Améliorer l'accès aux services
Etat 1743 1380 392 0 0 3515
énergétiques
Bailleurs 16540 12840 3000 6700 5 700 44780
GAP 500 20200 27318 30060 30060 108138
Montant DSRP 16338 30000 28000 30000 40 000 144338
PTIP 14338 15060 5142 1000 1 000 36540
Renforcer l’électrification dans les
zones rurales et péri-urbaines Etat 4258 6020 2142 1000 1 000 14420
Bailleurs 10080 9040 3000 0 0 22120
GAP 2000 14940 22858 29000 39000 107798
Montant DSRP 872 4072 4525 4500 4 500 18469
PTIP 872 872 25 0 0 1769
Diversifier les sources d’énergie et les
technologies Etat 20 20 25 0 0 65
Bailleurs 852 852 0 0 0 1704
GAP 0 3200 4500 4500 4500 16700
Montant DSRP 18 18 18 18 18 90
Améliorer et sécuriser l'accès PTIP 18 0 0 0 0 18
durable des populations et
notamment des femmes aux services Etat 18 0 0 0 0 18
énergétiques Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 18 18 18 18 72
Montant DSRP 1000 1000 1000 4160 4 080 11240
PTIP 0 0 0 3160 3 080 6240
Améliorer l'accès aux hydrocarbures Etat 0 0 0 1000 1 000 2000
Bailleurs 0 0 0 2160 2 080 4240
GAP 1000 1000 1000 1000 1000 5000
Micro finance 0
Montant DSRP 0 500 500 500 500 2000
PTIP 0 0 0 0 0 0
Renforcer les capacités des acteurs
Etat 0 0 0 0 0 0
du secteur de la micro finance
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 500 500 500 500 2000
84
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 1376 3226 1131 0 0 5733
Favoriser l'accès à des services PTIP 1376 3226 1131 0 0 5733
financiers viables et durables à une
majorité de ménages à faibles Etat 436 436 406 0 0 1278
revenus et des micro-entrepreneurs, Bailleurs 940 2790 725 0 0 4455
GAP 0 0 0 0 0 0
AXE 2 : Accélération la promotion de l’accès aux services sociaux de base
Education - formation 0
Montant DSRP 29728 35166 36216 36316 36 816 174242
Développer l'enseignement PTIP 15923 16074 16074 16074 16 074 80219
préscolaire et promouvoir
Etat 15923 16074 16074 16074 16 074 80219
l’achèvement du cycle élémentaire et
du cycle fondamental Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 13805 19092 20142 20242 20742 94023
Montant DSRP 12700 12700 12700 12700 12 700 63500
Promouvoir une éducation de qualité PTIP 12370 12370 12370 12370 12 370 61850
à tous les niveaux d'enseignement et Etat 12370 12370 12370 12370 12 370 61850
de formation Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 330 330 330 330 330 1650
Montant DSRP 122 122 122 122 122 610
PTIP 42 42 42 42 42 210
Eradiquer l’analphabétisme et
promouvoir les langues nationales Etat 42 42 42 42 42 210
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 80 80 80 80 80 400
Montant DSRP 4475 4475 4475 4475 4 475 22375
Promouvoir et orienter la formation PTIP 1841 1841 1841 1841 1 841 9205
professionnelle vers le marché du Etat 1841 1841 1841 1841 1 841 9205
travail Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 2634 2634 2634 2634 2634 13170
Eliminer les disparités entre groupes Montant DSRP 130 3500 4000 3900 3 500 15030
économiques (riches/pauvres), entre PTIP 30 30 30 30 30 150
sexes, inter et intra régionales, entre Etat 30 30 30 30 30 150
milieux (urbain/rural), à tous les Bailleurs 0 0 0 0 0 0
niveaux d’enseignement GAP 100 3470 3970 3870 3470 14880
Santé et nutrition 0
Montant DSRP 22046 14795 11678 200 0 48719
Améliorer la qualité, l'accès et l'offre PTIP 22046 14795 11678 200 0 48719
de services de santé dans les régions Etat 8034 9000 9000 0 0 26034
les plus pauvres Bailleurs 14012 5795 2678 200 0 22685
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 0 8886 8992 8992 0 26870
Promouvoir chez les populations des PTIP 0 8886 8992 8992 0 26870
attitudes et des comportements de Etat 0 235 300 300 0 835
prévention des maladies Bailleurs 0 8651 8692 8692 0 26035
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 8641 9703 10830 9130 8 430 46734
PTIP 8641 9703 5330 5330 3930 32934
Améliorer la prévention et la prise en
charge du VIH/SIDA Etat 875 1930 1830 1830 1 830 8295
Bailleurs 7766 7773 3500 3500 2 100 24639
GAP 0 0 5500 3800 4500 13800
Montant DSRP 3740 2700 4000 4440 5 120 20000
PTIP 3740 2700 4000 4440 5 120 20000
Améliorer la prévention et la lutte
contre le paludisme Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 3740 2700 4000 4440 5 120 20000
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 12153 11541 13093 11496 11 536 59819
PTIP 5671 5051 6337 0 0 17059
Améliorer la santé maternelle et
infanto juvénile Etat 765 1065 1200 0 0 3030
Bailleurs 4906 3986 5137 0 0 14029
GAP 6482 6490 6756 11496 11536 42760
Montant DSRP 200 2640 2640 2640 2 640 10760
Améliorer la prise en charge des PTIP 200 0 0 0 0 200
maladies non transmissibles et Etat 200 0 0 0 0 200
chroniques Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 2640 2640 2640 2640 10560
85
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 3500 4082 4769 8424 5 653 26428
PTIP 3500 3729 4180 3736 2 647 17792
Améliorer la situation nutritionnelle
des enfants et des femmes Etat 1076 1172 1379 2162 2 162 7951
Bailleurs 2424 2557 2801 1574 485 9841
GAP 0 353 589 4688 3006 8636
Montant DSRP 442 525 571 0 0 1538
PTIP 442 525 530 0 0 1497
Promouvoir le contrôle citoyen des
services sociaux et sanitaires Etat 442 525 530 0 0 1497
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 0 41 0 0 41
Accès à l’Eau potable 0
Montant DSRP 44 046 68289 47739 42237 39 720 242031
PTIP 41 114 41388 20838 14636 8 703 126679
Accroître le taux d’accès à l’eau
Etat 3 361 6386 5200 5147 3 400 23494
potable en milieu rural et urbain
Bailleurs 37 753 35002 15638 9489 5 303 103185
GAP 2932 26901 26901 27601 31017 115352
Accès à l’Assainissement 0
Montant DSRP 500 1500 1500 1000 1 000 5500
Améliorer l'accès à des systèmes PTIP 500 500 500 0 0 1500
adéquats de gestion des déchets Etat 500 500 500 0 0 1500
solides Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 1000 1000 1000 1000 4000
Montant DSRP 0 500 500 500 500 2000
PTIP 0 0 0 0 0 0
Changer positivement les attitudes et
comportements des populations Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 500 500 500 500 2000
Montant DSRP 16 190 38839 36822 27084 30 718 149653
Améliorer l’accès des ménages PTIP 16 190 20950 18933 9195 7 000 72268
ruraux à un système d’évacuation des
excréta et des eau usées en milieux Etat 4 746 5990 4733 3695 3 000 22164
rural et urbain Bailleurs 11 444 14960 14200 5500 4 000 50104
GAP 0 17889 17889 17889 23718 77385
Gestion des ressources naturelles et
de l’environnement
Montant DSRP 5 723 8267 7967 1766 1 766 25489
PTIP 5 723 7498 7190 941 941 22293
Lutter contre la désertification et
Etat 1 287 3407 3379 416 416 8905
sauvegarder la faune et la flore
Bailleurs 4 436 4091 3811 525 525 13388
GAP 0 769 777 825 825 3196
Montant DSRP 700 644 500 400 400 2644
PTIP 700 644 500 400 400 2644
Valoriser les ressources sauvages Etat 200 144 100 100 100 644
Bailleurs 500 500 400 300 300 2000
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 5 479 2696 1926 800 800 11701
Promouvoir une gestion rationnelle PTIP 5 459 2676 1555 450 450 10590
des ressources naturelles et conserver Etat 2 665 1556 669 450 450 5790
la biodiversité Bailleurs 2 794 1120 886 0 0 4800
GAP 20 20 371 350 350 1111
Montant DSRP 4 066 4497 5400 8847 8 847 31657
PTIP 4 066 4497 5400 8847 8 847 31657
Sauvegarder l'environnement marin
et côtier Etat 2 116 1997 1900 120 120 6253
Bailleurs 1 950 2500 3500 8727 8 727 25404
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 100 100 100 100 100 500
Promouvoir les modes de PTIP 0 0 0 0 0 0
productions et de consommation
durables dans tous les secteurs de Etat 0 0 0 0 0 0
développement. Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 100 100 100 100 100 500
Cadre de vie, Habitat 0
Montant DSRP 2 100 2100 2100 300 300 6900
Assurer un meilleur accès aux PTIP 2 100 2100 2100 300 300 6900
parcelles viabilisées, décents et Etat 2 100 2100 2100 300 300 6900
appropriés, Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 0 0 0 0 0
86
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 0 160 800 1000 1 000 2960
PTIP 0 0 0 0 0 0
Améliorer le cadre de vie en milieux
urbain et rural Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 160 800 1000 1000 2960
Montant DSRP 55 960 7680 6880 5680 5 680 81880
Eradiquer les bidonvilles et les PTIP 50 280 2000 1200 0 0 53480
habitats précaires, dans les zones Etat 47 200 0 0 0 0 47200
inondables Bailleurs 3 080 2000 1200 0 0 6280
GAP 5680 5680 5680 5680 5680 28400
AXE 3 : Protection sociale, Prévention et gestion des risques et catastrophes
Réforme et renforcement des
0
systèmes formels de sécurité sociale
Montant DSRP 230 650 850 800 800 3330
lutter contre l’évasion sociale et PTIP 0 0 0 0 0 0
promouvoir la prévention des risques Etat 0 0 0 0 0 0
sociaux Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 230 650 850 800 800 3330
Montant DSRP 200 1000 2000 2000 2 000 7200
PTIP 0 0 0 0 0 0
Elargir le champ d'application des
services de sécurité sociale Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 200 1000 2000 2000 2000 7200
Montant DSRP 20 50 50 50 50 220
Renforcer les capacités des PTIP 0 0 0 0 0 0
professionnels de la sécurité sociale et Etat 0 0 0 0 0 0
des acteurs sociaux. Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 20 50 50 50 50 220
Montant DSRP 50 200 250 70 70 640
Réformer les textes législatifs et PTIP 0 0 0 0 0 0
réglementaires et consolider le Etat 0 0 0 0 0 0
dispositif de régulation Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 50 200 250 70 70 640
Extension de la Protection Sociale 0
Montant DSRP 200 1800 1900 2500 2 500 8900
Renforcer les mutuelles de santé et PTIP 0 0 0 0 0 0
améliorer le système assurance - Etat 0 0 0 0 0 0
maladie Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 200 1800 1900 2500 2500 8900
Mettre en place des systèmes de Montant DSRP 200 10050 14000 18000 19 000 61250
prévoyance pour les risques agricoles PTIP 0 0 0 0 0 0
et autres risques auxquels sont Etat 0 0 0 0 0 0
confrontés les acteurs économiques
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
du secteur informel, de l’artisanat,
etc. GAP 200 10050 14000 18000 19000 61250
Montant DSRP 1 000 2000 5000 5000 5 000 18000
Mettre en place des mécanismes de PTIP 1 000 0 0 0 0 1000
prise en charge des maladies pour les Etat 1 000 0 0 0 0 1000
personnes vulnérables Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 2000 5000 5000 5000 17000
Prévention et gestion des risques
majeurs et catastrophes
Montant DSRP 220 163 163 163 163 872
Assurer la coordination et la PTIP 0 0 0 0 0 0
promotion de la culture de
Etat 0 0 0 0 0 0
prévention et de gestion des risques
et catastrophes Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 220 163 163 163 163 872
Montant DSRP 30 80 75 70 70 325
Promouvoir des stratégies et PTIP 0 0 0 0 0 0
mécanismes de prévention et de
gestion des risques et catastrophes en Etat 0 0 0 0 0 0
appui aux plans nationaux Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 30 80 75 70 70 325
Montant DSRP 755 1100 1100 1100 1 100 5155
PTIP 315 315 315 0 0 945
Maîtriser les accidents industriels
majeurs et les inondations Etat 315 315 315 0 0 945
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 440 785 785 1100 1100 4210
87
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 550 550 550 550 550 2750
Promouvoir la recherche et la PTIP 0 0 0 0 0 0
formation sur le concept de risques et Etat 0 0 0 0 0 0
catastrophes Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 550 550 550 550 550 2750
Montant DSRP 0 3060 3500 3500 3 500 13560
Réduire les facteurs de vulnérabilité PTIP 0 0 0 0 0 0
dans les secteurs et renforcer
l'assistance sociale aux groupes Etat 0 0 0 0 0 0
vulnérables Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 3060 3500 3500 3500 13560
Protection et suivi des groupes
0
vulnérables
Montant DSRP 450 350 627 842 531 2800
Améliorer le ciblage, le suivi et PTIP 0 0 327 742 431 1500
l’évaluation des actions dirigées vers Etat 0 0 0 0 0 0
les groupes vulnérables Bailleurs 0 0 327 742 431 1500
GAP 450 350 300 100 100 1300
Montant DSRP 4 341 6001 5000 5000 5 000 25342
Améliorer l'accès aux services PTIP 3 841 1001 0 0 0 4842
sociaux pour les groupes vulnérables
et assurés l'accès aux actifs et à la Etat 216 16 0 0 0 232
pleine jouissance de leurs droits Bailleurs 3 625 985 0 0 0 4610
GAP 500 5000 5000 5000 5000 20500
Personnes handicapées 0
Montant DSRP 250 550 620 620 220 2260
PTIP 0 0 0 0 0 0
Améliorer l’état sanitaire et la
Etat 0 0 0 0 0 0
mobilité des personnes handicapées
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 250 550 620 620 220 2260
Montant DSRP 0 100 100 85 75 360
PTIP 0 0 0 0 0 0
Promouvoir l’éducation et la
formation des personnes handicapées Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 100 100 85 75 360
Montant DSRP 300 700 770 750 340 2860
PTIP 0 0 0 0 0 0
Améliorer l'insertion économique et
sociale des personnes handicapées Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 300 700 770 750 340 2860
Femmes en situation de vulnérabilité 0
Montant DSRP 0 100 100 100 100 400
PTIP 0 0 0 0 0 0
Promouvoir les droits des femmes Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 100 100 100 100 400
Montant DSRP 2 500 4000 3800 3800 3 800 17900
PTIP 1 700 1000 0 0 0 2700
Améliorer la situation économique et
sociale des femmes Etat 1 700 1000 0 0 0 2700
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 800 3000 3800 3800 3800 15200
Améliorer l’accès et le séjour des Montant DSRP 500 1050 7200 3528 0 12278
filles dans tous les niveaux PTIP 500 1050 7200 3528 0 12278
d’enseignement et promouvoir Etat 500 500 500 500 0 2000
l’enseignement professionnel pour les Bailleurs 0 550 6700 3028 0 10278
femmes GAP 0 0 0 0 0 0
Enfants en situation de vulnérabilité 0
Montant DSRP 550 1684 2400 2300 2 400 9334
Développer une stratégie de prise en PTIP 500 334 100 0 0 934
charge et de réinsertion sociale des Etat 500 334 100 0 0 934
enfants en conflit avec la loi Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 50 1350 2300 2300 2400 8400
Montant DSRP 734 2033 2533 3533 3 533 12366
Renforcer les capacités des PTIP 734 685 685 685 685 3474
institutions spécialisées de prise en
charge des enfants en situation de Etat 355 355 355 355 355 1775
vulnérabilité Bailleurs 379 330 330 330 330 1699
GAP 0 1348 1848 2848 2848 8892
88
Montants en millions de FCFA
Personnes âgées ou aînés 0
Montant DSRP 100 500 500 700 700 2500
PTIP 0 0 0 0 0 0
Améliorer les conditions de prise en
Etat 0 0 0 0 0 0
charge des aînés
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 100 500 500 700 700 2500
Montant DSRP 0 1500 1500 1700 2 000 6700
PTIP 0 0 0 0 0 0
Garantir l'épanouissement physique
et moral des aînés Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 1500 1500 1700 2000 6700
Jeunes 0
Montant DSRP 6 869 6469 5969 5969 5 970 31246
Renforcer les programmes PTIP 1 110 600 581 400 400 3091
d'insertion sociale et économique des Etat 1 110 600 581 400 400 3091
jeunes Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 5759 5869 5388 5569 5570 28155
Montant DSRP 1 104 974 834 834 834 4580
PTIP 270 140 0 0 0 410
Améliore les conditions de vie des
jeunes et des adolescents Etat 50 112 0 0 0 162
Bailleurs 220 28 0 0 0 248
GAP 834 834 834 834 834 4170
Personnes déplacées et réfugiées 0
Montant DSRP 1 099 3599 3849 3849 0 12396
Promouvoir l’insertion économique PTIP 1 099 3599 3849 3849 0 12396
et sociale des personnes déplacées et Etat 99 99 99 99 0 396
des réfugiés Bailleurs 1 000 3500 3750 3750 0 12000
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 0 0 50 50 50 150
PTIP 0 0 0 0 0 0
Améliorer les stratégies de gestion
des réfugiés Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 0 50 50 50 150
Population 0
Assurer une meilleure maîtrise des Montant DSRP 1 702 1 702 1702 1702 1 702 8510
tendances démographiques PTIP 1 390 1390 1390 1390 1 390 6950
défavorables, conformément à la Etat 290 290 290 290 290 1450
Déclaration de Politique de Bailleurs 1 100 1 100 1100 1100 1 100 5500
Population renouvelée en juillet 2001 GAP 312 312 312 312 312 1560
AXE 4 : Bonne gouvernance et développement décentralisé et participatif
Amélioration de la qualité du service
public et gouvernance économique
Montant DSRP 290 290 290 290 0 1160
PTIP 290 290 290 290 0 1160
Renforcer les capacités de contrôle
Etat 20 20 20 20 0 80
citoyen
Bailleurs 270 270 270 270 0 1080
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 350 1000 1000 0 0 2350
Réduire le déficit de communication PTIP 0 0 0 0 0 0
interne et externe de Etat 0 0 0 0 0 0
l’Administration Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 350 1000 1000 0 0 2350
Montant DSRP 1 166 1118 1118 0 0 3402
Améliorer la gestion des finances PTIP 0 0 0 0 0 0
publiques et les procédures de
passation et d'exécution des marchés Etat 0 0 0 0 0 0
publics Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 1166 1118 1118 0 0 3402
Gouvernance judiciaire 0
Montant DSRP 3 500 3500 3150 1000 1 000 12150
PTIP 3 500 3500 3150 0 0 10150
Approfondir la réforme de la justice
Etat 500 500 150 0 0 1150
et améliorer le climat des affaires
Bailleurs 3 000 3000 3000 0 0 9000
GAP 0 0 0 1000 1000 2000
89
Montants en millions de FCFA
Montant DSRP 100 200 200 200 200 900
Lutter contre la corruption et PTIP 0 0 0 0 0 0
renforcer la capacité d’analyse du Etat 0 0 0 0 0 0
pouvoir judiciaire. Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 100 200 200 200 200 900
Gouvernance locale et
0
décentralisation
Montant DSRP 17 048 20357 24114 37038 36 293 134850
Accroître les ressources et poursuivre PTIP 17 048 17057 20814 27738 24 993 107650
les réformes budgétaires et Etat 8 898 8573 12131 5131 5 009 39742
financières des collectivités locales Bailleurs 8 150 8484 8683 22607 19 984 67908
GAP 0 3300 3300 9300 11300 27200
Montant DSRP 150 150 200 0 0 500
PTIP 150 150 200 0 0 500
Harmoniser les appuis techniques et
les outils de planification, Etat 150 150 200 0 0 500
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 0 0 0 0 0
Montant DSRP 5 500 9500 26000 26000 80 544 147544
PTIP 5 500 9500 12500 18500 25 000 71000
Renforcer les capacités des
collectivités locales Etat 500 2000 2500 3500 5 000 13500
Bailleurs 5 000 7500 10000 15000 20 000 57500
GAP 0 0 13500 7500 55544 76544
Développement des pôles secondaires 0
Montant DSRP 0 25249 36062 38000 95 000 194311
PTIP 0 0 0 0 0 0
Redynamiser les villes secondaires et
Etat 0 0 0 0 0 0
frontalières
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 25249 36062 38000 95000 194311
Montant DSRP 0 1950 1950 2000 2 000 7900
PTIP 0 0 0 0 0 0
Relever le niveau d'urbanisation Etat 0 0 0 0 0 0
Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 1950 1950 2000 2000 7900
Mise en œuvre et suivi évaluation de la SRP
Montant DSRP 0 2 200 3050 3100 4 151 12501
Améliorer le pilotage et le suivi PTIP 0 0 0 0 0 0
évaluation de la mise en œuvre de la Etat 0 0 0 0 0 0
SRP Bailleurs 0 0 0 0 0 0
GAP 0 2200 3050 3100 4151 12501
Montant DSRP 553 155 740 877 803 490 707 923 747 741 3 553 186
PTIP 477 742 448 686 344 115 274 521 207 509 1 752 573
TOTAL Etat 215 883 184 755 153 928 108 816 103 428 766 810
Bailleurs 261 799 263 791 190 047 165 705 104 081 985 423
GAP 75 413 292 191 459 375 433 402 540 232 1 800 613
90
6.4. Annexe 4 : Comptes économiques
91
PRODUIT INTERIEUR BRUT
PRIX CONSTANTS DE 1999 EN 2004
ET VARIATIONS ANNUELLES EN % 2 004 2 005 2 006 2 007 2 008 2 009 2 010
Secteur primaire 527,8 9,4 6,8 9,4 10,4 11,7 11,8
agriculture 295,8 13,1 10,4 12,0 12,0 14,0 14,0
élevage et chasse 146,8 4,5 2,6 5,5 6,5 6,5 6,5
sylviculture, exploitation forestière, 24,7 1,3 1,3 5,0 5,0 5,0 5,0
pêche 60,4 5,9 -0,1 6,0 12,5 12,0 12,0
Secteur secondaire 851,5 3,8 -0,9 9,2 9,9 9,8 10,1
activités extractives 48,0 -14,8 -14,0 4,0 12,0 8,0 8,0
fabrication de corps gras alimentaires 5,0 1,0 -10,8 15,0 10,0 6,0 6,0
autres industries 535,8 1,5 -6,1 7,8 8,2 8,4 8,7
électricité, gaz et eau 96,1 10,0 2,7 7,7 8,4 8,4 8,4
construction 166,7 13,0 15,0 14,0 14,0 14,0 14,0
Secteur tertiaire 1 773,5 5,3 5,1 6,2 7,1 7,2 7,3
commerce 637,4 2,8 2,5 6,0 6,0 6,0 6,0
transports, postes et telecomb 367,7 10,1 9,0 9,4 11,4 11,6 10,4
éducation et formation 133,3 3,8 4,7 4,0 5,0 5,0 5,0
activités de santé et action sociale 65,3 3,2 4,9 4,0 5,0 5,0 5,0
Autres services 569,9 5,6 5,3 5,0 6,0 6,0 7,0
Administration publique 721,2 5,1 5,2 5,4 5,2 5,2 5,5
activités d'administration publique 231,3 5,4 6,6 6,3 5,7 5,7 5,6
Taxes sur biens et services 489,9 5,0 4,5 5,0 5,0 5,0 5,5
PRODUIT INTERIEUR BRUT 3 874,0 5,5 4,0 7,2 7,8 8,1 8,3
Production de biens et services 6 503,1 6,5 4,2 9,4 11,0 11,1 11,4
Importations de biens et services 1 307,2 7,7 3,9 6,5 4,5 4,1 8,9
Taxes nettes sur les produits 489,9 5,0 4,5 5,0 5,0 5,0 5,5
TOTAL DES RESSOURCES 8 300,2 6,6 4,2 8,6 9,7 9,7 10,7
Consommations intermédiaires 3 119,0 7,5 4,4 11,4 13,8 13,5 13,9
Consommation finale 3 397,2 4,9 3,4 6,1 5,5 5,5 5,5
marchande 2 632,4 4,9 3,4 6,1 5,5 5,5 5,5
non marchande 764,9 4,9 3,4 6,1 5,5 5,5 5,5
publique 477,2 5,4 6,6 6,3 5,7 5,7 5,6
privée 2 920,0 4,8 2,8 6,1 5,5 5,5 5,4
Formation brute de capital fixe 936,7 4,5 12,9 13,3 13,5 11,6 11,6
publique 274,7 3,4 31,9 22,4 13,9 7,9 6,5
privée 662,0 5,0 5,1 8,7 13,2 13,8 14,5
Variation de stocks (en % du PIB) -104,4 -0,5 -2,0 -2,5 -2,6 -2,2 0,0
Exportations de biens et services 951,6 2,2 4,2 5,3 5,1 5,6 4,5
TOTAL DES EMPLOIS 8 300,2 6,6 4,2 8,6 9,7 9,7 10,7
92
Annexe 4.2 : Tableau des Opérations Financières de l'Etat DSRP 2006-2010
2005 2006 2007 2008 2009 2010
(Est) (Proj) (proj) (proj) (proj) (proj)
1. Recettes totales et dons 955,8 1 069,2 1 167,4 1 279,5 1 384,4 1 502,1
Recettes 880,2 974,2 1 059,4 1 161,3 1 258,0 1 367,1
Recettes fiscales 850,8 930,8 971,0 1 044,4 1 131,1 1 232,9
Recettes fiscales additionnelles 5,0 49,0 67,4 80,8 88,1
Recettes non fiscales 29,4 38,4 39,4 49,5 46,1 46,1
Dons 75,6 95,0 108,0 118,2 126,4 135,1
Budgétaires 12,2 16,0 16,3 17,6 19,1 19,1
En capital 63,4 71,9 72,9 78,9 85,5 90,0
En capial additionnel 7,1 18,7 21,7 21,8 26,0
2. Dépenses totales et prêts (net) 1 103,6 1 300,3 1 416,8 1 545,1 1 638,4 1 793,9
2.1 Dépenses courantes 629,0 723,7 754,9 798,5 838,4 883,8
Traitements et salaires 254,9 279,2 287,6 296,2 305,1 314,2
Intérêts sur la dette publique 40,9 41,7 32,4 34,9 29,9 40,9
Dont: dette publique extérieure 36,1 33,2 26,9 29,9 24,4 25,2
Autres dépenses courantes 333,2 402,8 434,9 467,4 503,4 528,7
Transferts et subventions 162,3 205,2 219,0 229,4 239,4 249,4
Dont SAR 13,9 38,9 45,0 5,0 0,0 0,0
Dont SENELEC 21,7 31,0 32,0 0,0 0,0 0,0
Biens et services 163,1 181,1 200,2 220,2 246,2 266,2
Dépenses coutantes PPTE 7,8 12,9 6,3 6,9 6,9 0,0
Dépenses courante additionnelles
DSRP 3,6 9,4 10,9 10,9 13,1
Dont dépenses réccurentes 3,6 9,4 10,9 10,9 13,1
2.2 Dépenses en capital 454,7 543,1 653,9 738,6 791,4 900,8
Sur financement intérieur 287,0 313,9 320,2 363,3 393,4 423,0
sur ressources PPTE 60,7 62,9 25,3 51,5 34,7 29,5
sur autres ressources 226,3 251,0 294,9 311,7 358,7 393,5
Sur financement extérieur 167,7 178,4 199,3 219,5 241,8 291,2
Dépenses additionnelles DSRP 50,8 134,4 155,8 156,2 186,6
Sur financement intérieur 32,1 84,9 98,3 98,6 117,8
Sur financement extérieur 18,7 49,6 57,4 57,6 68,8
2.3 Prêts nets 16,9 18,0 8,0 8,0 8,6 9,2
Lending 28,2 26,0 16,0 16,0 16,0 16,0
Reimbursements -11,3 -8,0 -8,0 -8,0 -8,0 -8,0
2.4 Coûts temporaires des reformes structurelles 3,0 15,5 0,0 0,0 0,0 0,0
Solde des autres entités du secteur public 12,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Solde primaire -94,9 -189,4 -217,0 -230,7 -224,1 -250,8
Excédent ou déficit (-) base ordonnancement, dons compris -135,8 -231,1 -249,4 -265,6 -254,0 -291,7
Excédent ou déficit (-) base ordonnancement, hors dons -211,4 -326,1 -357,4 -383,8 -380,4 -426,8
Ajustements base caisse 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Excédent ou déficit (-) base caisse -135,8 -231,1 -249,4 -265,6 -254,0 -291,7
Dons non compris -211,4 -326,1 -357,4 -383,8 -380,4 -426,8
Solde de base 53,0 -27,1 -60,9 -32,4 -23,4 -21,2
Financement 135,8 231,1 249,4 265,6 254,0 291,7
Financement extérieur 161,3 161,7 153,8 167,1 183,6 237,7
Financement intérieur -28,5 69,4 10,8 -11,5 -11,3 -10,4
A. BCEAO -32,1 -28,6 -3,8 1,7 1,9 8,1
B. Banques commerciales -7,0 14,8 17,4 -10,4 -10,4 -16,4
C. Institutions financières non bancaires -6,3
Erreurs et omissions 3,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Ecart de financement 0,0 0,0 84,8 109,9 81,7 64,4
93
Annexe 4.3 : Balance des paiements 2002 – 2010
Selon la 5ème édition du manuel de balance des paiements, adaptée à l'optique BCEAO
En milliards de [Link] 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Est Prev Proj Proj Proj Proj
BALANCE DES BIENS -521,1 -697,7 -732,3 -691,0 -669,7 -661,0 -660,9
EXPORTATIONS FOB 797,4 810,1 862,0 935,1 992,2 1 045,7 1 102,2
IMPORTATIONS FOB 1 318,5 1 507,8 1 594,3 1 626,1 1 661,9 1 706,8 1 763,1
SERVICES NETS -14,8 -16,3 -16,5 -17,3 -17,9 -19,5 -22,5
dont FRET ET ASSURANCE -178,6 -204,4 -216,2 -220,5 -225,4 -231,5 -239,2
REVENUS NETS -69,0 -72,8 -70,0 -70,1 -80,6 -83,6 -88,5
dont INTERETS / DETTE [Link] -47,4 -42,4 -33,8 -26,9 -29,9 -24,4 -25,2
TRANSFERTS COURANTS 333,9 402,8 423,9 463,4 468,0 464,6 476,7
PRIVES 269,6 345,1 360,8 375,3 389,5 402,4 414,5
PUBLICS 64,3 57,7 63,1 88,1 78,5 62,2 62,2
TRANSACTIONS COURANTES -271,0 -384,0 -394,9 -315,0 -300,2 -299,5 -295,2
COMPTE DE CAPITAL ET D'OPERATIONS
FINANCIERES 368,3 378,7 471,8 393,4 374,9 384,6 412,4
COMPTE DE CAPITAL 396,2 101,7 195,9 120,3 129,0 135,1 132,9
TRANSFERTS DE CAPITAL 396,4 101,7 195,9 120,3 129,0 135,1 132,9
PRIVES 4,4 5,7 6,0 6,3 5,6 4,9 5,3
PUBLICS 392,0 96,0 189,9 114,0 123,4 130,2 127,6
Acquisitions / cessions d'actifs financiers non produits -0,2
COMPTE D'OPERATIONS FINANCIERES (Optique
BCEAO) -27,9 277,0 275,9 273,1 245,9 249,5 279,5
- CAPITAUX PUBLICS (titres d'Etat 5 % - 2006
inclus) -182,1 132,1 132,7 111,6 130,7 148,1 173,0
INVESTISSEMENTS DE PORTEFEUILLE -5,7 7,1 1,5 0,0 0,0 0,0 0,0
AUTRES INVESTISSEMENTS -176,4 125,0 131,2 111,6 130,7 148,1 173,0
dont TIRAGES (Financement exceptionnel inclus) 202,8 182,9 170,0 155,9 172,3 187,9 205,6
AMORTISSEMENTS PUBLICS -380,8 -57,8 -38,7 -44,2 -42,5 -41,7 -34,5
- CAPITAUX PRIVES 154,2 144,9 143,2 161,5 115,2 101,4 106,5
INVESTISSEMENTS DIRECTS 33,8 52,7 55,7 75,5 82,7 90,1 97,7
INVESTISSEMENTS DE PORTEFEUILLE -9,1 -3,2 7,1 7,4 7,8 8,2 8,6
AUTRES INVESTISSEMENTS 129,5 95,4 80,4 78,6 24,7 3,2 0,2
ERREURS ET OMISSIONS NETTES 9,1
SOLDE GLOBAL 106,4 -5,3 76,9 78,4 74,7 85,1 117,2
CONTREPARTIE DES REEVALUATIONS -5,4
VARIATION DES AVOIRS EXTERIEURS
NETS -106,4 10,7 -76,9 -78,4 -74,7 -85,1 -117,2
- BANQUE CENTRALE -116,9 -15,3 -76,9 -78,4 -74,7 -85,1 -117,2
- BANQUES DE DEPOTS 10,5 26,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
PIB (Pour Mémoire) 4 198,5 4 534,6 4 858,2 5 317,8 5 844,0 6 438,5 7 108,9
CC 5ème édition / PIB -6,5 -8,5 -8,1 -5,9 -5,1 -4,7 -4,2
CCHD -339,5 -446,0 -464,5 -409,1 -386,6 -365,4 -361,1
CCHD / PIB -8,1 -9,8 -9,6 -7,7 -6,6 -5,7 -5,1
94
Annexe 4.4 : Situation monétaire intégrée (OPTIQUE F.M.I.)
En milliards de FCFA DEC. DEC. DEC. DEC. DEC. DEC. DEC. 2010
2004 2005 Prov. 2006 2007 2008 2009
Avoirs extérieurs nets 670,3 659,6 736,5 814,9 889,6 974,7 1 091,90
Bceao , nets 471,1 486,5 563,4 641,8 716,5 801,6 918,8
Banques commerciales , nets 199,2 173,1 173,1 173,1 173,1 173,1 173,1
Crédit intérieur net 880,9 1 031,80 1 065,70 1 144,80 1 250,30 1 368,90 1 481,30
PNG 24 -35,2 -50,2 -36,6 -45,3 -53,8 -62,1
Crédits à l'économie 856,9 1 067,00 1 115,90 1 181,40 1 295,60 1 422,70 1 543,40
Crédits de campagne 14 10,1 10 10 10 10 10
Autres crédits 842,9 1 056,90 1 105,90 1 171,40 1 285,60 1 412,70 1 533,40
AVOIRS = ENGAGEMENTS 1 551,20 1 691,40 1 802,20 1 959,70 2 139,90 2 343,60 2 573,20
Masse monétaire 1 445,80 1 553,30 1 664,10 1 821,60 2 001,80 2 205,50 2 435,10
Circulation fiduciaire 344,3 377,7 404,7 442,9 486,8 536,3 592,1
Dépôts bancaires 1 101,50 1 175,60 1 259,50 1 378,60 1 515,10 1 669,20 1 843,00
Autres éléments nets 105,4 138,1 138,1 138,1 138,1 138,1 138,1
Compte de réévaluation -8,3 -8,3 -8,3 -8,3 -8,3 -8,3 -8,3
Autres postes 113,7 146,4 146,4 146,4 146,4 146,4 146,4
Avoirs intérieurs , nets 767,2 885,4 919,3 998,4 1 103,90 1 222,50 1 334,90
Crédit intérieur 880,9 1 031,80 1 065,70 1 144,80 1 250,30 1 368,90 1 481,30
Autres postes -113,7 -146,4 -146,4 -146,4 -146,4 -146,4 -146,4
* Banques liquidées exclues
DEC. DEC. DEC. DEC. DEC. DEC. DEC. 2010
2004 2005 Prov. 2006 Proj. 2007 Proj. 2008 Proj. 2009 Proj. Proj.
Variation avoirs extérieurs nets (en Mds) 119,5 -10,7 76,9 78,4 74,7 85,1 117,2
Variation crédits intérieurs nets (en Mds) 32,1 150,9 33,9 79 105,5 118,5 112,4
Variation crédits intérieurs nets (en %) 3,8 17,1 3,3 7,4 9,2 9,5 8,2
Variation crédits à l'économie (en Mds) 72,3 210,1 48,9 65,4 114,2 127 120,7
Variation crédits à l'économie (en %) 9,2 24,5 4,6 5,9 9,7 9,8 8,5
Variation PNG (en Mds) -40,2 -59,2 -15 13,6 -8,7 -8,5 -8,3
Variation PNG (en %) -62,6 -246,7 42,6 -27,1 23,8 18,8 15,4
Variation Masse monétaire (en %) 12,9 7,4 7,1 9,5 9,9 10,2 10,4
b = CF / MO (en %) 23,8 24,316 24,316 24,316 24,316 24,316 24,316
PIB 4198,5 4534,6 4858,2 5317,8 5844 6438,5 7108,9
v = PIB / MO 2,9039 2,91933 2,9193 2,9193 2,9193 2,9193 2,9193
Taux de croissance du PIB nominal (en %) 12,7 8 7,1 9,5 9,9 10,2 10,4
Taux de croissance CE (en %) 9,2 24,5 4,6 5,9 9,7 9,8 8,5
Crédits à l'économie / PIB (en %) 20,4 23,5 23 22,2 22,2 22,1 21,7
Dépôts bancaires / PIB (en %) 26,2 25,9 25,9 25,9 25,9 25,9 25,9
Dépôts bancaires / MO (en %) 76,2 75,7 75,7 75,7 75,7 75,7 75,7
PNG / PIB (en %) 0,6 -0,8 -1 -0,7 -0,8 -0,8 -0,9
95
Annexe 4.5 : Scénarii du cadrage du DSRP 2006-2010
96
Annexe 4.6 : Scénarii du cadrage du DSRP 2006-2010
SCENARIO OPTIMISTE
Hypothèses de base: On suppose le financement complet du gap avec plafonnement du déficit budgétaire à 5% du PIB
2005 2006 2007 2008 2009 2010
Dépenses en capital 454,7 543,1 653,9 738,6 791,4 900,8
Sur ressources internes 287,0 313,9 320,2 363,3 393,4 423,0
Sur ressources externes 167,7 178,4 199,3 219,5 241,8 291,2
Dépenses additionnelles DSRP 50,8 134,4 155,8 156,2 186,6
Taux d'investissement 22,7% 24,7% 25,0% 25,6% 25,7% 25,9%
Taux de croissance des importations 7,7% 3,9% 6,5% 4,5% 4,1% 8,9%
Taux de croissance des exportations 2,2% 4,2% 5,3% 5,1% 5,6% 4,5%
Taux de croissance du PIB 5,5% 4,0% 7,2% 7,8% 8,1% 8,3%
pour mémoire PIB nominal 4 534,6 4 858,2 5 317,8 5 844,0 6 438,5 7 108,9
Solde Global de la balance des paiements -5,3 76,9 78,4 74,7 85,1 117,2
Compte Courant Hors Dns (CCHD) -446,0 -464,5 -409,1 -386,6 -365,4 -361,1
CCHD/PIB -9,8 -9,6 -7,7 -6,6 -5,7 -5,1
SCENARIO MOYEN
SCENARIO TENDANCIEL
Hypothèses de base: On suppose un maintien des tendances enregistrés ces dernières années.
2005 2006 2007 2008 2009 2010
Dépenses en capital 454,7 492,3 519,5 582,7 635,2 714,2
Sur ressources internes 287,0 313,9 320,2 363,2 393,4 423,0
Sur ressources externes 167,7 178,4 199,3 219,5 241,8 291,2
Dépenses additionnelles DSRP
Taux d'investissement 22,7% 23,8% 23,0% 22,9% 22,6% 22,3%
Taux de croissance des importations 7,7% 3,9% 0,5% 0,6% 5,9% -2,0%
Taux de croissance des exportations 2,2% 4,2% 3,9% 4,8% 3,5% 2,0%
Taux de croissance du PIB 5,5% 4,0% 5,1% 5,1% 5,3% 5,3%
pour mémoire PIB nominal 4 534,6 4 853,9 5 196,1 5 563,2 5 970,9 6 408,2
Solde Global de la balance des paiements -5,3 67,8 49,3 66,0 78,6 92,0
Compte Courant Hors Dns (CCHD) -446,0 -474,7 -425,5 -402,3 -383,3 -384,3
CCHD/PIB -9,8 -9,8 -8,2 -7,2 -6,4 -6,0
97
[Link] 5 : Indicateurs de suivi du DSRP
ENERGIE 30. Taux d’électrification des ménages 8% ND ND 12.5% ND 15% 15% 17% >20% 30%
ruraux
33. Part de l’agriculture dans le PIB 9.9% 9.7% 6.4% 8.1% 8.5% 8.6% 8.7% 8.8% 9.0% 10%
(**)Taux de superficies irriguées sur
4% 10% 20%
superficies totales cultivées
(**)Exportations agricoles (en tonnes) 13000 30000
SECTEUR AGRICOLE (**)Coefficient de dépendance en
50% 40% 20%
céréale
34. Part du Budget d'Investissement sur
ressources intérieures consacrée au 13.21% 9.98% 9.74% 8.48% 8.18% >10% >12% >17% >20% >20%
secteur agricole
98
8. Ratio de couverture végétale >ratio >ratio >ratio >ratio
ND ND 1,9 1,83 8,97% 12,79
(reboisement) 2005 2006 2009 2014
ENVIRONNEMENT
9. Contrôle de l'impact des activités >ratio >ratio >ratio >ratio
ND ND ND ND 30% 56%
économiques sur l'environnement 2005 2006 2009 2014
10. Taux d’accès à Milieu urbain 78% ND ND ND 90% 85% 86% 86% 87% 100%
l’eau potable Milieu rural 56% ND ND ND 64% 61% 63% 63% 70% 82%
AXE 2: ACCELERATION DE L'ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE
99
28. Part du budget de l’éducation et de
la formation (fonctionnement + 13.50% 11.82% 14.95% 16.38% 18.11% 25.6% 25,00% 27,00% >30% >30%
investissement) dans le budget de
l’Etat hors dette
29. Indice synthétique d’accès aux
INFRASTRUCTURES
services sociaux de base en milieu 271 / 500 ND ND ND 0.6 0,6 0.64 0,7 0,75
VILLAGEOISES
rural.
AXE 3: PROTECTION SOCIALE ET GESTION DES
DECENTRALISE PARTICIPATIF
DECENTRALISATION 12. Montant du FECL FDD 6,6 7,3 8,1 9,1 10,1 12,7 >12 >12 >15 >15
et du FDD (en
ET DEVELOPPEMENT
100
16. Délais/Date de mise à disposition
effective des fonds au titre de la
ND <9mois <9mois <6mois <6mois <4mois <3mois <3mois <3mois <3mois
décentralisation (FDD et FECL) aux
collectivités locales
17. Taux de marchés passés
conformément au code des marchés
ND ND ND ND ND (*) <20% <20%
publics.***** (pourcentage de marchés
passés en entente directe)
18. Nombre de comptes de gestion
reçus par la Cour des comptes /
Nombre de comptes de gestion à
3,40% 4,20% 9,20% 14,00% 15,50% 8,00% 20,00% 30,50% 60% 85%
recevoir (comptes de l'Etat, comptes
BONNE régionaux, comptes des Etablissement
GOUVERNANCE publics)
(**) Durée de dédouanement (heures)
(**)Durée pour l’export (jours)
101
Indicateurs de pauvreté par région
Saint
Indicateurs de pauvreté Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Tamba Thiès Ziguinchor
Louis
Le pourcentage de ménage
vivant en dessous du seuil de 33,6% 61,5% 46,3% 65,3% 66,5% 36,2% 41,2% 41,2% 56,2% 48,6% 67,1 %
pauvreté (ESAMII 2001-2002)
Taux brut de scolarisation source Global 87% 52,5% 75% 62.06% 92,58% 75,69% 71,2% 94,97% 83,4% 82.8% 103.5%
IA/MEN 2004-2005 Fille 86,4% 51% 76,3% 59,34% 87,51% 72,63% 72,79% 96,08% 83,4% 80,5% 100.0 %
Garçon 87,6% Nd 74,6% 66,01% 97,67% 78 ,78% 69,5% 93,8% 106.8 %
Global 90% 51,918% 80,3% 60,7% 85,49% 89,08% 47,58% 83% 82 ,4% 95% 89.09 %
Taux d’admission au CI source Fille 89,9% 51,11% 81,45% nd 85,24% 76,30% 45,91% 85% 48,72% 77.42 %
Garçon 90,3% nd 79,15% nd 85,74% 102,2% 82% 90.73 %
Global nd nd 50,71% 37,1% nd 52% nd 39,3% 41% 57.74 %
Taux d’achèvement pour
Fille nd nd 45,43% nd nd nd nd nd 41.29 %
l’élémentaire
Garçon nd nd 56% nd nd nd nd nd 77.52 %
Taux de couverture vaccinal 75% 67% 95% 82,7% 71,3% 83,6% 89 % 65% 57,7% 100% 74 %
Proportion d’accouchements
55,46% 87,3% 54.8% 41% 25,8% 50% 34% 49,5% 33,6% 47% 72 %
assistés par du personnel formé
Taux de prévalence du VIH
(SIDA) dans la population 0,6% 0,1% 0,9% 0,7% 2% 0,5% 0,6 % 0,5% 0,4% 0,4% 2,2 %
générale
Taux de prévalence de
l’insuffisance pondérale (ratio
6% 19,8% 15,9% 11,3% 31,9% 20,7% 28,8% 28,1% 24,8% 13,4% 10,4%
poids/age) chez les enfants de 0 à
5 ans source EDSIV 2005
Urbain 72.4% 77,7% 62,6% nd 27.6% 84% 26% 75% 79% 48%
Taux d’accès à l’eau potable
rural 36.4% 65% nd 72% 33,1% 22% 16%
% de la population urbaine ayant
31% nd 10.5% nd 27% 16% nd 8.7 %
accès à l’assainissement
Sources des données : ESAM II, 2001/2002, IA/MEN, EDSIV (cf Rapport de la commission Collectivités Locales – Processus de révision du DSRP)
102
Programme d’enquêtes
PERIODICITE
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
ENQUETE SOURCE DE COLLECTE EN ANNEES
Norme spéciale de diffusion de données (NSDD) 1 A A A A A A A A A
ESAM 5 B B B
RGPH 10 C C
ENQUETE DE SUIVI 2 D D D D D
ENQUETE VILLAGE 2 E E E E E E E
EDS 5 F F F
MICS 4 G G
ENQUETE EMPLOI 5 H H
ENQUETE SUR LE TRAVAIL DES ENFANTS 5 J J J
Enquête sur la couverture végétale 3
PERIODICITE 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
INDICATEURS EN ANNEES
Indicateur du secteur réel - A A A A A A A A A
Taux de chômage 5 H C H
Taux de couverture végétal 3
Indice synthétique d'accès aux services sociaux de base 3 E E C E
Nombre de ménages ruraux branchés au réseau électrique 2 C
Taux d’électrification rurale E E C E
Taux d’alphabétisation 5 D D D B C D D
Taux de couverture vaccinale (DTC3) 5 F C G F
Taux de couverture des consultations prénatales 1 F C G F
Indice de la pauvreté 5 D D D B C
Taux d’accès à l’eau potable 2 B E E C E
% de population ayant accès à l’assainissement en milieu urbain 2 B B C
Proportion d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale 2 F C F
Proportion d’enfants de 6-14 ans qui travaillent 2 J C J
Source : CSPLPMEF
103