Université Du Québec Montréal
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SEPTEMBRE 2006
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intellectuelle. Sauf ententè contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS
RÉSUMÉ................................................................................................ x
INTRODUCTION ..
CHAPITRE l
1.1 Espacepublic 4
CHAPITRE II
À HANOI 24
IV
au Vietnam.............. 41
CHAPITRE III
de Giap Bat............................... 46
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
MÉTHODOLOGIE............................ 56
CHAPITRE VI
6.1.3 Conclusion........................................................................... 68
6.2.2 Les raisons des activités facultatives dans les espaces publics choisis...... 72
6.2.4 Conclusion........................................................................... 76
CHAPITRE VII
CONCLUSIONS... .. 82
7.1 Conclusions................................................................................... 82
7.2 Suggestions 86
APPENDICE B :
VI
BIBLIOGRAPHIE 103
Figure Page
Tableau Page
Notre recherche porte sur l'analyse de la qualité de vie autour des infrastructures de
transport urbain de Hanoi, la capitale du Vietnam. L'objectif de notre recherche est de
comprendre l'influence des infrastructures urbaines sur la qualité de vie des habitants
riverains. Pour réaliser cette étude empirique, nous avons choisi d'étudier le phénomène
autour de deux des plus importants ouvrages du transport urbain à Hanoi, la rocade de Vong
et la station de bus inter-provincial de Giap Bat.
Notre recherche est essentiellement éclairée par les théories de Jan Gehl (1979) et de
William H. Whyte (1980). Selon eux, la qualité d'un espace public peut être déterminée en
rapport au nombre d'activités facultatives (récréatives et sociales) que l'on y fait. Les auteurs
proposent aussi d'utiliser la méthode ethnographique dans les recherches sur la qualité
urbaine. Sur la base de ces théories, nous avons élaboré deux hypothèses. La première pose
que la proportion d'activités facultatives faites dans les espaces publics à Hanoi est un
indicateur de la qualité de vie dans ces lieux. La deuxième cherche à démontrer que l'emploi
du questionnaire fermé pour mesurer la qualité de vie résulte en des résultats peu fiables.
Notre recherche porte sur l'analyse de la qualité de vie autour des infrastructures du
transport urbain de Hanoi.
Hanoi est la capitale économique, financière et politique du Vietnam. Au fil des dix
dernières années, plusieurs ouvrages de transport urbain y ont été construits. Ces ouvrages
répondent efficacement à l'augmentation du transport de la ville, mais on questionne leur
impact sur la qualité de vie autour des infrastructures urbaines, particulièrement au niveau de
la pollution sonore, de la pollution de l'air, du manque d'espaces verts et de l'insécurité que
ressentent les passants en ces lieux.
Pour les experts du transport urbain, la construction d'un ouvrage de transport doit
répondre aux demandes d'un transport efficace, c'est-à-dire de limiter les embouteillages, de
favoriser la facilité du déplacement des véhicules et des piétons. Les habitants, pour leur part,
sont sensibles à l'influence de ces infrastructures sur leur vie ordinaire. Une bonne
infrastructure de transport urbain doit satisfaire, selon nous, non seulement les demandes de
transport de la ville mais aussi les besoins des habitants en matière de la qualité de vie.
L'objectif de notre recherche est d'explorer les moyens qui nous permettront de
comprendre les influences, bonnes ou mauvaises, des infrastructures urbaines sur la qualité
de vie des habitants riverains. Nous proposons aussi de démontrer qu'il est souhaitable de
2
prendre en compte la notion de qualité de vie lorsque des projets de construction de nouvelles
infrastructures sont entrepris.
Nous avons aussi réalisé une enquête traditionnelle avec des questions fermées pour
recueillir les commentaires des habitants vivant aux abords des deux ouvrages choisis. Par la
comparaison de résultats obtenus par deux approches, quantitative et qualitative, nous
proposons de réfléchir sur la pertinence des méthodes d'enquête traditionnelles pour mesurer
la satisfaction des habitants à l'égard de leur qualité de vie.
1 Voir la page 18
3
• Chapitre IV: Nous présentons les deux principales hypothèses de notre recherche, à
savoir, d'abord, que la proportion des activités facultatives reflète la qualité de vie dans
les espaces publics à Hanoi et ensuite, que les méthodes du questionnaire fermé pour
mesurer la qualité de vie produisent des résultats peu fiables.
LE CADRE D'ANALYSE
Le but de notre recherche est d'analyser la qualité de vie autour des infrastructures de
transport urbain à Hanoi. Nous tenterons de comprendre le point de vue des habitants à
l'égard de la qualité de vie dans les espaces publics aux abords d'infrastructures de transport
urbain.
Les concepts de «qualité de vie» et d'« espace public» sont omniprésents dans
notre processus de recherche. Ils sont considérés comme les mots-clé de toutes nos idées,
analyses et suggestions. Comme ils sont polysémiques et s'appliquent à différents domaines,
il nous faut donner des définitions claires de ces deux concepts que nous utiliserons
fréquemment dans le cadre de cette recherche.
Dans cette partie, nous chercherons d'abord à présenter différentes interprétations des
concepts de «qualité de vie» et d'« espace public» en nous référant à certaines recherches.
Nous proposerons ensuite une définition plus spécifique à notre sujet.
Plusieurs définitions de l'espace public ont été présentées dans les recherches
publiées jusqu'ici. Nous aimerions ici résumer les positions principales de différents auteurs
pour définir ce qu'est un espace public.
• un espace de médiation qui réunit les acteurs appartenant à différentes sphères: la société
civile, élus, système économique;
• un lieu physique où des acteurs agissent, manifestent publiquement leur soutien ou leut
contestation des systèmes (politiques ou économiques).
Pour les urbanistes et les sociologues urbains, 1'« espace public» est envisagé
comme un lieu matériel accessible à tout le monde. C'est un territoire concret qui se trouve
dans une collecti vité urbaine (Ioseph, 1992) comme les rues, les squares, les stations de bus,
6
les gares, etc. Joseph (1992) souligne qu'il faut « comprendre l'espace public, non
seulement comme espace abstrait de délibération subjective, mais comme espace du
mouvement, du rassemblement, de la dispersion et du passage. Et comprendre la rue comme
univers du changement de positions et comme école pour penser « de manière élargie» ».
Dans notre recherche sur la qualité de vie urbaine, nous visons à comprendre
1'« espace public» dans la deuxième acception du terme. Plus concrètement, ce sont les
infrastructures de transport urbain d'une ville telles que les rocades, les stations de bus, les
rues ou les routes, qui nous intéressent.
Les rôles de chaque espace public sont attribués lors de la planification d'un quartier
ou d'une infrastructure urbaine. La conformité aux rôles, n'est cependant pas facile à cause
des changements objectifs de l'environnement et de la société. Il s'agit en fait de considérer
les rôles comme les enjeux que chaque espace public doit dépasser. Selon Bassand (2001),
on distingue quatre enjeux spécifiques aux espaces publics:
• l'enjeu de mobilité qui implique accessibilité à tout l'urbain à tous les citadins,
• l'enjeu des usages civils, festifs et culturels, commerciaux plus ou moins réguliers,
• l'enjeu de sociabilité qui signifie que tous les citadins peuvent selon des modalités
diverses rencontrer tous les autres citadins,
• l'enjeu d'identité.
La mobilité est l'élément indispensable d'un espace public. Elle joue souvent un rôle
important dans la planification et la construction d'une infrastructure urbaine. Pourtant, pour
attirer les citadins à se rendre dans un quartier et participer à ses activités, ce sont les
caractéristiques commerciales, culturelles et sociables qui constituent la différence et
l'identité d'un espace public.
Chaque espace public présente ses propres enjeux. Ceci nous rappelle l'importance
de considérer l'espace public comme un ensemble de relations à la fois environnementales et
sociales. La figure 1.1 illustre notre propos à ce sujet.
8
Figure 1.1
Structuration et espaces publics
"'
• Acteurs urbains
• Structure du pouvoir
FORMES - 1
1 ~
DES
ESPACES
PUBLICS
/ Habitants
Usagers
Citoyens
'"
Pratiques et "\
représentations:
- mobilité Société
- sociabilité urbaine
- et autres usages
~
""
• Participation
violence conflits • Lien social et
urbanité
~
........... • Vivre ensemble
"' 1 1
1 l
• Ambiance
• Animation
1 sociale
1
r:-. .. Identité
urbaine
développement!
innovation
valeurs dans lequel il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses
inquiétudes. C'est un concept très large qui peut être influencé de manière complexe par la
santé physique du sujet, son état psychologique et son niveau d'indépendance, ses relations
sociales et sa relation aux éléments essentiels de son environnement» (et aussi, selon nous,
par sa façon de réagir aux questions posées.)
Ferrans (1990, cité et traduit par Duquette, 1997) sépare les définitions de la qualité
de vie selon les concepts de bonheur/satisfaction et d'atteinte de buts personnels comme dans
le Tableau 1.2 et le Tableau 1.3. Selon Duquette (1997) : « une définition complète de qualité
de vie devrait englober ces deux concepts ».
Baltrusch et The balance between euphorie and L'équilibre entre les humeurs
Waltz (1987) dysphorie feeling states. euphorique et dysphorique.
McCall (1975) Obtaining the necessary conditions for L'obtention des conditions
happiness throughout a society. nécessaires pour le bonheur dans
une société.
Tableau 1.3: Définitions de la qualité de vie selon la notion de l'atteinte de buts personnels
Engquist (1979) The extent to which an individual is Le degré auquel un individu peut
able to achieve security, self-esteem atteindre la sécurité, l'estime de
and the opportunity to use intellectual soi et l'opportunité d'utiliser ses
and physical capabilities in pursuit of capacités physiques et
personal goals. intellectuelles dans la poursuite de
ses buts personnels.
• les relations avec les autres (c. les relations avec un conjoint, d. le fait d'avoir des enfants
et de les élever, e. les relations avec d'autres membres d'une famille, f. les relations avec
des amis chers);
• les activités civiques, communautaires et sociales (g. le fait d'aider et encourager d'autres
personnes, h. la participation aux affaires locales et gouvernementales) ;
14
• les loisirs (m. le fait de socialiser avec les autres, n. les activités récréatives passives ou
d'observation, o. les activités récréatives actives ou de participation).
Figure 1.2
Une autre recherche de Borsdotf (1999) concilie les critères objectifs et subjectifs
dans la détermination de la qualité de vie urbaine. Borsdorf a cherché à trouver l'écart entre
les évaluations subjectives de la qualité de vie des habitants et les conditions de vie objectives
à Innsbuck, en Autriche. Une enquête réalisée auprès de 300 habitants (19 ans et plus) entre
1991 et 1993 a démontré qu'il existait des écarts entre la mesure objective et l'évaluation
subjective de la qualité de vie. Le degré de la satisfaction variait selon les types d'habitants.
16
Tableau lA
Modèle de Borsdorf (1999)
Comme c'est le cas pour les recherches de Rogerson (1997) et Borsdorf (1999), la
majorité des approches subjectives proposent de mesurer la « satisfaction» des habitants par
des questionnaires d'enquêtes. Il a été démontré dans les études de Jan Gehl (1979,1987),
ainsi que dans celles de William H. Whyte (1988), que les sondages ne sont pas toujours des
instruments fiables pour mesurer la satisfaction des résidents.
Les recherches de Goffman (surtout celles qu'il présente dans les deux ouvrages «La
mise en scène de la vie quotidienne» en 1973 et «Les rites d'interaction» en 1974)
proposent l'idée que la vie quotidienne est semblable à une mise en scène au théâtre avec les
acteurs et le public. Le public est présent et l'acteur tient son rôle. Dans la vie, comme au
théâtre, la tâche principale d'un acteur est de donner une vraisemblance au rôle qu'il joue. Il
doit avoir la meilleure présentation de son image avant le public. Autrement dit, chaque
personne veut toujours garder la face et s'assurer que ses partenaires ne la perdent pas non
plus dans les interactions de la vie ordinaire. Selon Goffman, «la face est la valeur sociale
positive qu'une personne revendique effectivement à travers une ligne d'action que les autres
supposent qu'elle a adoptée au cours d'un contact particulier» (Goffman, 1974). Ainsi, dans
les enquêtes de recherche, l'interviewé garde «une surveillance intellectuelle de soi»
(Bachelard, 1994) qui « peut permettre 1) de contrôler autant que possible les effets liées à la
dynamique propre de l'échange locutoire et à la distance sociale des interlocuteurs; 2)
d'éviter les contresens sur le statut à attribuer au discours de l'acteur» (Ragouet, 2000).
18
Nous n'avons pas l'intention d'approcher le point de vue objectif avec les indices
établis. Cela pourrait nous donner des résultats qui sont loin des perceptions et des besoins
réels des résidents.
Nous ne visons pas à seulement réaliser des questionnaires d'enquête avec les
habitants. Cette méthode subjective pourrait nous donner des résultats inexacts à cause des
réponses trop imprécises.
Figure 1.3
MalA'aise Bonne
•
Activités optionnelles
•
Activités sociales
•
Figure lA
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Ce tableau est divisé en trois parties. La première partie, très importante, concerne les
éléments de sécurité des passagers. Ce sont « les facteurs qui seuls ou ensemble peuvent
ruiner n'importe quel environnement urbain» (Jehl, 1987). Les deux autres parties
comportent des facteurs attirants pour les passagers. Ces facteurs créent l'identité et la
différence entre les espaces publics différents.
Les facteurs favorisant un bon espace public selon le tableau de Jan Gehl et le rapport
entre la qualité d'une ville et les activités dans une ville (Gehl, 1979) se résument comme
suit:
• Protection contre l'influence défavorable du climat (vent, pluie, froid, courant d'air): le
fait d'aménager des structures en fonction des situations climatiques pourraient
augmenter le nombre d'heures passées dehors.
• Possibilités de faire de la marche à pied: il est possible de marcher à pied sans être
bousculé et gêné, sans avoir à monter, à descendre des escaliers, sans avoir à marcher
trop loin ou être obligé de faire des détours exagérés. La circulation piétonnière « à
roue» est aussi facilitée (landau x, poussettes, chaises roulantes, chariots, etc.).
./ Les bancs pour se reposer dans les zones piétonnières (pour les personnes âgées).
• Possibilités de bien voir aux alentours: champ visuel, orientation/vue, lignes de vision
sans obstacles, éclairage (la nuit)
• Aménager pour profiter des expériences sensorielles positives: quai ités esthétiques du
cadre, vues, nature- plantes- arbres- fleurs- et animaux.
En vue de comprendre les attitudes des habitants à l'égard de la qualité de vie dans
les espaces publics, nous proposons d'observer les comportements des habitants en matière
d'utilisation ou de non-utilisation des espaces publics autour des infrastructures de transport
urbain.
23
• les raisons pour lesquelles les utilisateurs facultatifs fréquentent ou ne fréquentent pas tel
ou tel espace public.
CHAPITRE II
Hanoi est considérée comme un des centres économiques les plus dynamiques du
Vietnam. Tout comme Ho Chi Minh-ville, Hai Phong, Da Nang et Can Tho, Hanoi est dotée
du statut de «ville-province» - le plus haut niveau dans l'échelon des circonscriptions
administratives locales. Située au cœur du delta du fleuve Rouge, elle est la capitale politique
et culturelle du pays. Sa superficie totale est de 920 krn2 , dont 83 krn 2 constituent la surface
urbaine. Hanoi a 7 arrondissements urbains et 5 districts ruraux. Sa population est estimée à
3,2 millions d'habitants et sa densité est très hétérogène (Ambassade de France au Vietnam,
2003).
25
Figure 2.1
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Limite du quartier
œntJal 'Haan Kierr1l"
Il va de soi que de tels projets sont indispensables pour la ville de Hanoi. Cependant,
pour obtenir un développement durable et harmonieux, il est nécessaire de considérer non
seulement la question des retombées économiques d'une infrastructure de transport mais
aussi celle de ses impacts environnementaux et sociaux; la qualité de vie en général - ce qui
implique la qualité de l'environnement, le bien-être des habitants, le confort, la sécurité, la
culture et l'accessibilité - doit être considérée comme un élément important dans la
planification et la mise en œuvre de projets de transport urbain.
Dans cette première partie, nous tenterons d'isoler le contexte particulier qui permet
une relation organique entre les infrastructures du transport urbain et la qualité de vie des
habitants.
Au Vietnam, la gestion des transports relève des responsabilités locales. Cette gestion
comprend principalement l'entretien, l'exploitation et la réfection des voiries, des ponts et
des trottoirs, la coordination et le contrôle du système d'éclairage; l'exploitation des systèmes
de transport en commun, etc. «La tutelle du gouvernement reste cependant entière et s'exerce
notanunent à travers la voie fiscale et budgétaire.. .I1 n'existe qu'un seul budget, celui de
l'État structurellement divisé en deux niveaux, un budget central qui concentre l'essentiel des
ressources et un budget local comprenant trois échelons» (Ambassade de France au Vietnam,
2005).
27
Figure 2.2
-
État
1
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cenha1es
'----,
Adminishation>
lœales
Province> Villes-Provirces
(59) (5)
1 1
Cœfs-lieux Villes dœcœmerd Districts Anondissements
rattachées à la.
provin::e
• Le rôle du gouvernement
- exécuter des travaux en régie ou les faire-faire au moyen d'ententes avec d'autres
entrepreneurs.
• Le rôle du gouvernement
Les autorités locales peuvent décider des parcours, des horaires ainsi que des
territoires desservis ou non par le réseau de transport en conunun. Elles peuvent faire des
ententes avec d'autres localités en ce qui concerne les services de transport en conunun. Elles
peuvent créer des voies exclusivement réservées au transport en conunun. Elles ont les
pouvoirs de délivrer les permis aux transporteurs privés dans leur territoire.
L'entreprise conjointe ou joint-venture est une formule par laquelle une localité du
Vietnam s'associe à un organisme étranger qui désire créer une entreprise d'exploitation dans
le domaine du transport en commun. Les mécanismes de formation et de fonctionnement de
ces entreprises sont contenus dans la loi sur l'investissement étranger au Vietnam. En effet,
l'État accorde une part des capitaux aux administrations locales vietnamiennes afin qu'elles
s'associent aux investisseurs étrangers: ainsi, l'État a encore le pouvoir de contrôler ces
entreprises. Cette forme d'association permet au Vietnam d'attirer et de bénéficier des
capitaux, de l'expertise en gestion et des technologies modernes des pays étrangers.
Les entreprises privées de transport sont, dans le cadre de leurs activités, régies par
les règlements locaux sur les services de transport en commun. Les conseils populaires
locaux délivrent des permis pour les transporteurs privés. Le détenteur d'un permis doit
fournir les services de transport aux conditions et par les moyens prescrits par les règlements
applicables à son permis.
Ces deux Services sont également sous la tutelle des ministères centraux
(Construction et Transports) qui ont besoin d'appuis techniques
La réforme du Doi Moi, mise sur pied en 1986 et adoptée officiellement en 1987, a
complètement changé le visage du Vietnam (L'équipe du PEI de l'UQÀM, 1997).
Le Doi Moi est une vaste réforme économique qui a pour but d'ouvrir l'économie du
Vietnam sur l'extérieur, de développer un système de marché et de décentraliser. Il met fin à
la collectivisation des terres et ouvre l'économie aux investissements étrangers.
Le succès du Doi Moi est incontestable (tableau 2.1). D'un pays importateur de riz, le
Vietnam devient le troisième exportateur mondial de riz. Beaucoup des zones industrielles
ont été construites suite à cette réforme. Hanoi et Ho Chi Minh-ville se sont développées
rapidement et sont en voie de devenir les futurs centres du commerce et de la finance de
l'Asie du Sud-Est. En dix ans, le PIB (Produit intérieur brut) moyen a doublé, passant de 200
dollars américains en 1990 à 400 en 2000. Avec 7% de croissance annuelle, le Vietnam
affiche le meilleur taux en Asie orientale, derrière la Chine (Bari, 2003).
La transition économique au Vietnam est aussi une transition urbaine (tableau 2.2).
Le passage d'une société rurale à 80% à une société majoritairement urbaine est engagé.
32
Selon les prévisions du gouvernement vietnamien, la population du pays devrait passer des
80 millions d'habitants actuels à 103 millions d'habitants en 2020, dont 45% (46 millions)
seront des habitants des villes (Ambassade de France au Vietnam, 2003).
Tableau 2.1
Les indicateurs socio-économiques du Vietnam
,
1990 1995 2000
1 1 1
Secteur primaire %
3,1 4,1 4,3
Secteur tertiaire %
5,7 8,6 5,75
Ce dernier signifie une croissance urbaine annuelle de 5%, soit plus d'un million de
citadins supplémentaires par an. On peut décliner ces objectifs démographiques en termes
d'effort pour le pays: la superficie des terrains urbanisés devra être multipliée par 7.5 (de
60,000 ha en 2000 à 450,OOOha en 2020) (Ambassade de France au Vietnam, 2003). La tâche
33
à accomplir en matière d'infrastructures est d'autant plus lourde: la voirie devrait occuper 20
à 30% des terrains des villes contre moins de 10% à l'heure actuelle à Hanoi.
Tableau 2.2
Évolution de la population urbaine par région (1986-2020)
Région
Le réseau routier de Hanoi, qui occupe environ 8% de la surface de la ville, est moins
dense que celui de Ho Chi Minh-ville. On observe pourtant de grandes disparités selon les
2
quartiers: les quartiers centraux comportent 9.5 km de routes par km , alors que les quartiers
2
périphériques d'urbanisation plus récente n'en comportent que 3.2 km/km (Ambassade de
France au Vietnam, 2003).
de Hanoi. Aux heures de pointe, il arrive que quatre bus venant d'orientations différentes se
retrouvent dans un même carrefour.
Tableau 2.3
Ville
Population (en milliers)
Il Y a tout de même des projets qui visent à améliorer les infrastructures de Hanoi;
cependant, ce ne sont que des mesures temporaires dans des quartiers spécifiques. Il n'y a pas
encore de planifications à long terme pour le développement des infrastructures existantes.
On comprend aussi qu'il est difficile et délicat de développer de nouvelles infrastructures
urbaines et maintenir à la fois l'héritage culturel et architectural d'une ville de 1000 ans
comme Hanoi.
À cet égard, un autre projet visant à diviser les voies spécifiques pour chaque moyen
de transport (voiture, moto et vélo) a été réalisé en janvier 2005 sur la route Kim Ma- Cau
Giay. II a été réalisé par le Service des transports et des services publics de Hanoi et a été
subventionné par l'Agence japonaise de développement international.
Comme dans les autres grandes villes de l'Asie du Sud-Est, le nombre de motos et de
voitures augmente trop vite à Hanoi. La moto est devenue le mode de déplacement le plus
populaire, une tendance confortée par la présence croissante des motos fabriquées en Chine à
bas prix.
La prédominance des motos sur les autres modes de transport est remarquable.
Celles-ci représentent environ 90% des déplacements urbains à Hanoi. Le transport en voiture
représente seulement 10% du total des déplacements. Cependant, le taux d'utilisation de ce
mode de transport augmente à un rythme soutenu. Selon les experts, les voitures passeront
des quelques milliers d'unités actuels à près de 800000 en 2020 (Vu H. N., 2004).
Avant 2002, on observait une diminution des options de transport en commun. Celle
CI se manifestait notamment par la baisse du nombre de lignes de bus et surtout par la
fermeture de lignes de tramway à Hanoi. Une des raisons importantes de ce phénomène était
la faiblesse de la productivité des entreprises du transport. Malgré les subventions, les
entreprises n'ont pas encore trouvé une stratégie de développement cohérente.
À Hanoi, le développement rapide d'un réseau de bus performant est devenu une
priorité du Comité populaire qui a décidé en juin 2001 de regrouper les différents exploitants
de bus à Hanoi au sein de l'unique compagnie Hanoi Transerco (Ambassade de France au
Vietnam, 2003). En 2004, quelque 720 véhicules assuraient 40 circuits quotidiens avec 267
millions de déplacements, contre 200 bus et 10 millions de voyages en 2001 (Le Courrier du
Vietnam, 2004). Ceci représente une hausse du nombre de véhicules d'environ 3,5 fois et de
26 fois le total des déplacements.
- les projets nationaux officiels pour Hanoi 2020 relatifs au système routier (1998): la
réhabilitation et l'élargissement des autoroutes nationales autour de la ville; l'achèvement des
travaux de construction des rocades No l, 2, 3 et la préparation des travaux de la rocade No
4; la construction d'autres gares routières interurbaines; la remise à neuf du pont Long Bien
et la planification de la construction d'autres ponts;
- le projet d'amélioration des transports urbains à Hanoi- Banque Mondiale (1998- 2003) :
l'aménagement des carrefours avec feux de circulation et l'amélioration de la voirie dans le
quartier des 36 rues et le quartier français; l'amélioration de la voirie sur quatre corridors
principaux; \' assistance institutionnelle auprès du Service de communication et des travaux
publics ( Comité populaire de Hanoi) et la mise en place d'un service de gestion du trafic;
- le projet de tramway: le nouveau plan des transports urbains de Hanoi 2003 planifie trois
lignes de tramway (à niveau, surélevées ou enterrées selon les coûts) prévues pour 2008 sur
les axes suivants: axe est-ouest (projet de tramway français), axe nord -est/sud, axe Ha
Dong-gare de Hanoi;
- Le projet Asia Trans pour la mise en œuvre de trois « lignes de bus pilotes» (2002-2003) :
ce projet est un projet Asia-Urbs de la Communauté européenne d'un montant d'un million
d'euros, financé par la Commission européenne (49.5%), le Comité populaire de Hanoi
(22.3%), la région Île de France (20.3%), la région Bruxelles-Capitale (7.9%).
bus basé sur ceux de certains pays d'Amérique du Sud; le renforcement de la capacité de
gestion, de planification des institutions de transports urbains de Hanoi. Le système de bus
rapide sera mis en œuvre en 2006 et la première ligne de bus rapide fonctionnera en 2008.
À Hanoi, les deux difficultés essentielles dans les déplacements sont les
embouteillages et les risques d'accidents de circulation. Comme il s'agit du centre
économique du nord du Vietnam, des milliers de personnes entrent chaque jour dans la
40
capitale pour y faire des activités commerciales. Les véhicules ordinaires de déplacements
des Vietnamiens sont les motocyclettes ou les vélos. Le transport en commun n'est pas
encore universel.
Les infrastructures restent insuffisantes et mal aménagées. C'est ce qui fait que, aux
heures de pointe, toutes les jonctions importantes sont surchargées. Comme nous le
mentionnions précédemment, plusieurs projets de construction et de restauration du réseau
routier ont été approuvés. Pourtant, quelques fois, des projets ne peuvent être entrepris à
cause de difficultés à libérer les terrains. Les habitants sont souvent insatisfaits des
indemnités offertes ou ont peur de perdre une place commerciale.
Soulignons aussi que les quartiers les plus dangereux se trouvent souvent près
d'infrastructures de transport urbain tels les espaces au-dessous des rocades ou les stations de
bus; ces types d'espaces publics sont des lieux où se retrouvent souvent des voyous et où se
manifestent divers fléaux sociaux.
Les espaces publics confortables existent à Hanoi mais souvent à côté de sites
touristiques, dans des parcs. On ne fait pas encore attention aux petits espaces publics des
infrastructures du transport urbain. Autour des rocades ou des stations de bus, on trouve
rarement d'espaces verts et tranquilles qui permettraient de créer un climat plus calme et
serein dans ces lieux de grande activité. Les habitants n'osent pas non plus se promener dans
ces quartiers à cause des problèmes de pollution ou parce qu'ils ne s'y sentent pas en sécurité.
Dans quelques infrastructures modernes, les espaces publics sont pris d'assaut par les
petits commerçants; partout, on tente de vendre de petits objets aux passants. Naturellement,
de petits marchés sont formés dans les cours des stations, sur les trottoirs ou dans les espaces
au-dessous des rocades.
41
Les responsables devraient aussi porter davantage attention à la salubrité des espaces
publics. Il n'y a pas assez de campagnes visant à sensibiliser les habitants aux efforts
individuels nécessaires pour protéger l'environnement. Il nous manque de groupes assurant
des actions d'ordre public telles que ramasser des ordures, prendre soin des espaces verts, etc.
2.10. Qualité de vie - un nouveau concept dans le domaine du transport urbain au Vietnam
De nombreuses recherches ont été publiées sur la qualité de vie urbaine dans les pays
développés comme les États-Unis, le Canada ou la France. Dans les pays en développement
cependant - et le Vietnam n'y échappe pas-, la qualité de vie urbaine est un concept qui n'est
pas encore assez exploité.
Tentant de se développer rapidement pour rattraper les autres pays de l'Asie du Sud
Est, Hanoi, comme les autres grandes villes du Vietnam, réalise plusieurs projets
d'infrastructures de transport urbain. Le but prioritaire de ces nouvelles infrastructures est de
faciliter le transport des marchandises - un critère indispensable au développement
économique. Ainsi, dans les projets de développement du transport urbain au Vietnam, on
s'intéresse tout d'abord à l'efficacité d'utilisation de l'infrastructure. La recherche et
l'attention sur les effets de ces infrastructures existent dans les demandes techniques, mais ne
jouent pas encore le rôle important qu'ils doivent jouer.
• la première rocade, cel1e de Vong, au croisement des arrondissements Dong Da, Thanh
Xuan et Hai Ba Trung;
Nous avons choisi d'observer ces deux ouvrages du transport urbain parce que:
• ces deux ouvrages jouent un rôle important dans le transport urbain à Hanoi: l'un assure
la circulation dans un des quartiers les plus animés de la capitale, l'autre garantit le
transport des voyageurs et des marchandises entre Hanoi et les autres provinces du sud du
pays;
43
• ces deux ouvrages sont entrés en activité à deux moments différents; la station centrale de
Giap Bat a été inaugurée en 1991 et la rocade en 2002;
• ces deux ouvrages se trouvent au nùlieu de la ville et influencent directement la vie des
habitants.
Pour définir notre méthodologie, nous présenterons tout d'abord ces deux ouvrages
puis déternùnerons les méthodes principales qui nous permettront de réaliser notre recherche.
La station de Giap Bat joue un rôle important dans le transport des voyageurs entre
Hanoi et les provinces du sud. Au moment de notre recherche, elle desservait 120
destinations. 38149 voyages par mois ont été enregistrés dans le prenùer semestre de l'année
2005 mais 27893 voyages par mois (73% du chiffre précédant) ont réellement eu lieu.
Chaque jour, la station de Giap Bat effectuait alors, en moyenne, 930 voyages et desservait
17200 voyageurs.
Bien qu'elle ne fonctionne pas encore à plein régime, la station est surchargée aux
heures de pointe (de 7h30 à 15h). Le parkjng n'est pas très grand mais plusieurs cars s'y
stationnent pour de longues périodes de temps. Pendant le prenùer semestre de l'année 2005,
44
838 cars par jour utilisaient le parking de la station. 314 cars, soit 37,5% des cars totaux y
restaient plus de 2 heures.
Tableau 3.1
S; 30 minutes 98
S; 90 minutes 163
> 3- 4 heures 77
> 4- 5 heures 56
> 5 heures 49
Dinh, Ha Nam, Bac Ninh, etc.). Ceux-ci offrent des services de tout genre aux voyageurs de
la station (Thanh P., 2005).
Au moment de notre recherche, la station de Giap Bat était entourée par plusieurs
magasins, restaurants et divers services. Dans un périmètre de 200 m de la station, la plupart
des maisons des habitants sont devenues de petits commerces pour servir les passagers.
À toute heure du jour, la station est bondée de gens, surtout dans les salles de vente
des billets et les salles d'attente. Beaucoup de voyageurs s'y reposent et y dorment pour
attendre leur bus.
Il nous faut aussi noter que le parking principal qui se trouve en arrière de la station
est toujours très sale. Beaucoup de voyageurs montent et descendent des bus et jettent des
ordures partout. L'asphalte est aussi en très mauvais état.
46
Selon le rapport des activités des stations de bus inter-provincial de Hanoi entre
janvier et juin 2005, effectué par la Compagnie de gestion des stations de bus de Hanoi, « la
station de Giap Bat remplit efficacement son rôle de transporter des voyageurs entre la
capitale et les autres provinces du sud du pays ». Le rapport constate par contre les difficultés
existantes, comme la surcharge des cars, la pollution, le manque d'infrastructures, un certain
désordre dans la station et une inefficacité dans la gestion.
Avec une moyenne d'activité quotidienne de 500 bus (Vnexpress, 2005) sur une telle
superficie, la station de Giap Bat est en effet surchargée. La réception des bus qui entrent
dans la station de Giap Bat pour l'embarquement et le débarquement des voyageurs est donc
réellement limitée. Pour cette raison, les autobus doivent attendre les voyageurs autour de la
station ce qui cause des embouteillages et un certain chaos dans le quartier.
2
Depuis 2003, un projet d'agrandissement de la station de 10 000 m est en cours pour
redresser cette situation (Vnexpress, 2005). Il faut cependant souligner un certain nombre de
difficultés liées à l'agrandissement de cette station. Depuis longtemps, les espaces prévus par
le plan d'agrandissement de la station sont envahis par des habitants. Plusieurs personnes
construisent de petits restaurants ou des magasins autour de la station pour servir les
voyageurs. Pour se débarrasser de ces constructions illégales, il faudrait avoir la coopération
non seulement de la police mais aussi d'associations sociales (des femmes, de la jeunesse,
etc.) qui permettraient d'aider plusieurs familles à se trouver du travail et un logement.
Les questions de sécurité posent aussi de grands problèmes dans cette station. Les
voleurs, les voyous et les drogués sont des dangers potentiels pour les voyageurs. Plusieurs
mesures ont été déployées pour assurer un environnement sécuritaire aux voyageurs,
notamment un renforcement de la surveillance des gardiens, l'imposition de limites aux
activités commerciales dans le parking, etc.
Le carrefour de Vong est un point de transport important qui relie le centre-ville aux
autres quartiers du sud de la ville. On y trouve beaucoup d'infrastructures publiques comme
des hôpitaux, des universités et des compagnies, etc.
rocade par rapport à la route est de 4,75 m (Vnexpress, 2002). Il s'agit d'une rocade à la fine
pointe de la technologie avec 4 voies et un système de feux de circulation automatisé.
La rocade de Vong est aussi à l'origine d'une très forte pollution (pollution sonore et
pollution de l'air) causée par le trafic très dense des véhicules de transport. La proportion de
la poussière dans les quartiers autour de la rocade de Vong est plus haute de 3 à 4 fois par
rapport au standard national de l'environnement urbain. La concentration de la poussière est
49
3
de 0,8 mg/m (Ngoc L., 2005). La pollution influence directement le milieu de vie des
habitants tant au niveau négatif que positif. La poussière est parfois à l'origine de maladies
respiratoires mais permet de développer divers services, tels le lavage des motos, la vente des
masques, de chapeaux et de lunettes, etc. (Ngoc L., 2005).
La sécurité est devenue une grande priorité des habitants depuis que la rocade est en
fonction. En effet, le fait que la rocade permette un trafic de forte densité au milieu de
quartiers animés constitue un danger potentiel pour les habitants et surtout les enfants qui
traversent souvent les rues. Les espaces sous la rocade sont aussi des lieux où les sans-abris,
les voyous et les drogués peuvent s'établir.
Il est à noter que l'on construit aussi de nouvelles maisons, des restaurants et des
magasins tout près de la rocade: cela influence négativement la texture de la rocade, la
fluidité du transport et l'esthétique du quartier.
Il nous faut tout d'abord rappeler que la rocade de Yong est seulement un des
ouvrages du projet d' «amélioration de la circulation au carrefour de Yong» proposé par le
Comité de gestion des projets principaux au développement urbain de Hanoi. Ce projet a été
réalisé en décembre 2001. Jusqu'à maintenant, il reste encore plusieurs facettes incomplètes
au projet. La construction du tunnel destiné aux piétons a attiré l'attention de l'opinion
publique. Entre 2001 et juillet 2004, seule l'étape du creusage a été complétée. À la fin de
février 2006, seul 40% du travail avait été complété (Doan L., 2006). Le retard dans la
réalisation d'un tel projet influence négativement la vie quotidienne des habitants riverains et
l'environnement urbain en général.
À ce sujet, selon T.T (2006), Doan L. (2006), le journal de Lao dong (2006) et
Hanoimoi online (2006), le creusage de trous par les machines-outils a entraîné le
tremblement de maisons à proximité des chantiers de construction. Environ six maisons ont
subi des dommages importants (murs lézardés et surplombants). Le tunnel qui passe au
50
dessous de la voie ferrée inquiète aussi les habitants qui craignent une catastrophe ferrioviaire
et les risques pour les quartiers d'habitants riverains.
Les habitants qui se trouvent non loin d'un chantier de construction subissent divers
désagréments, notamment la poussière, le bruit et la saleté. Les gens vivant au groupe 12, 13
et 25 du district Phuong Liet (la section la plus frappée par la construction du tunnel) espèrent
ardemment que se termine le plus rapidement possible la construction de cette infrastructure
(T.T,2006).
Selon Monsieur Nguyen Van Khay- directeur du Comité de gestion des projets
principaux au développement urbain de Hanoi, le retard de la construction du tunnel destiné
aux piétons est à l'origine des difficultés à obtenir un accord avec la Compagnie générale de
voie ferrée pour que le tunnel puisse passer au-dessous du chemin de fer (Doan L., 2006). On
doit changer la compagnie de construction. Il y a cependant des discussions concernant les
frais de la construction entre l'investisseur et le constructeur. On prévoit l'achèvement du
tunnel en août 2006 et les systèmes d'éclairages en octobre 2006.
Le rythme rapide de la construction est un signe positif, mais aussi inquiétant. Positif,
parce que cela démontre la position favorable de cette ville, mais inquiétant à cause du
manque d'éléments favorisant le développement durable des infrastructures urbaines. La
pollution, les embouteillages et le manque d'espaces publics confortables sont des problèmes
à Hanoi comme dans plusieurs autres métropoles de pays en développement.
Notre recherche a pour objectif de connaître la qualité de vie des habitants qui se
trouvent aux abords des infrastructures du transport urbain à Hanoi à travers l'analyse de la
qualité des espaces publics riverains. À cause de limitations du temps, nous avons choisi de
ne nous en tenir qu'à deux infrastructures typiques. Il est évident que l'exemple de deux
ouvrages de transport urbain ne peut pas refléter l'état du développement urbain dans son
ensemble. Nous croyons cependant que nous avons su traiter des problèmes les plus
importants de la qualité de vie. Nous désirons aussi trouver des mesures efficaces de la
qualité de vie autour des infrastructures urbaines à Hanoi, en particulier, et au Vietnam, en
général. Pour atteindre cet objectif, nous tenterons d'abord d'atteindre les sous-objectifs
suivants:
• élaborer un plan de suggestions visant à améliorer l'état des espaces publics autour des
infrastructures urbaines à Hanoi et au Vietnam.
Dans les recherches sur la qualité de vie dans les espaces publics (essentiellement
dans les pays occidentaux) que nous avons consultées, nous avons constaté qu'il semblait y
avoir un consensus sur la méthode du questionnaire pour comprendre le point de vue des
citadins. Cette méthode est fiable dans les cas où les habitants sont prêts à s'exprimer
librement et dire toute la vérité. Comme Goffman et Bachelard le soulignent, il existe
cependant toujours « une surveillance intellectuelle de soi» lors d'entrevues et celles-ci
deviennent alors « une scène du théâtre» où les « acteurs» doivent jouer un rôle. Les
réponses ne reflètent donc pas toujours la situation réelle.
précédemment mentionnés, il y a deux genres d'activités dans les espaces publics: les
activités utilitaires et facultatives. Jan Gehl démontre que la qualité d'un espace public peut
être déterminée en rapport au nombre d'activités facultatives ( activités récréatives et
sociales) que l'on y fait.
Sur la base de ces théories, nous avons élaboré deux hypothèses. Nous posons que:
• la proportion d'activités facultatives faites dans les espaces publics à Hanoi est un
indicatif de la qualité de vie
• l'emploi du questionnaire fermé pour mesurer la qualité de vie résulte en des résultats
peu fiables
• Dans quelle proportion les gens fréquentent-ils les espaces publics pour y faire des
activités facultatives?
• Pour quelles raisons les gens font-ils leurs activités facultatives dans un espace public
donné?
54
• La culture asiatique: les Vietnamiens (comme les autres asiatiques) sont plus timides que
les occidentaux. Cela explique pourquoi il est difficile pour eux d'affirmer clairement que
quelque chose est vrai ou faux, bon ou mauvais ou de donner clairement une réponse
affirmative ou négative en entrevue. Les Vietnamiens ont la tendance à tendre vers
l'opinion de la majorité.
Pour vérifier la fiabilité des méthodes du questionnaire, nous avons choisi de récolter
des données en utilisant des méthodes tantôt qualitatives, tantôt quantitatives (la présentation
55
MÉTHODOLOGIE
En vue de trouver une méthode convenable pour réaliser cette recherche, nous
analyserons plusieurs approches théoriques employées précédenunent par d'autres chercheurs
pour évaluer la qualité des espaces publics.
L'ethnographie est une méthode typique d'approche qualitative dans les recherches
sociales. Il s'agit d'un travail de terrain. L'ethnographie s'intéresse aux interactions se
produisant à l'intérieur de petites unités sociales (Poisson, 1991). Cette méthode, qui
«consiste à bâtir une théorie à partir de l'analyse des données recueillies, s'appuie sur un
processus inductif plutôt que déductif ». «C'est par l'utilisation de trois techniques de
57
• L'entretien ethnographique: Les questions fixes et les réponses pré-fixées sont peu
utilisées en ethnographie. Par contre, les conversations de terrain et les entretiens « non
structurés» sont souvent considérés comme la technique principale de cette méthode. En
général, le chercheur annonce son identité professionnelle dans les entretiens. Pourtant,
avec beaucoup d'autres expériences ethnographiques, il faut souvent cacher cette identité
pour assurer l'objectivité des estimations des habitants.
En nous basant toujours sur les critères de Jan Gehl (1979) qui permettent de mesurer
la valeur d'un espace public et sur quelques grilles d'observation tirées des recherches de
Léonard (1997), Zeizel (1981), nous avons élaboré une grille d'observation pour les deux
infrastructures choisies, soit la rocade de Vong et la station de bus inter-provinciale de Giap
Bat. Cette grille d'observation comprend les thèmes suivants:
• Une description des usagers et des activités des usagers dans ces espaces publics
Dans le cadre de notre observation des deux infrastructures choisies, nous avons
réalisé des entretiens avec les usagers. Lors de ces entretiens, nous cachions notre identité et
jouions le rôle d'usagers normaux de ces espaces publics pour créer un atmosphère agréable
et propice à la discussion, ce qui permettait de récolter des réponses moins biaisées. Les
questions n'étaient pas fixées mais ouvertes et chaque entretien pouvait présenter différentes
idées de ce qui constituait la qualité de vie d'un espace public. Le nombre des entretiens
n'était pas limité. Le contenu des entretiens ne concernait pas directement la qualité des
espaces publics. Nous posions des questions relatives à la vie ordinaire et aux expériences
personnelles de chaque personne. Quelques fois, les questions étaient loin de notre sujet de
recherche. Il ne s'agissait d'obtenir des réponses directes sur la notion de qualité de vie en
tant que tel, mais plutôt de faire parler les gens sur leurs comportements généraux de
fréquentation (ou de non-fréquentation) des espaces publics.
Chaque entretien devait nous aider à collecter des informations sur les
comportements de participation (ou de non participation) de l'usager aux activités possibles
dans un espace public autour des infrastructures choisies. Ce comportement traduisait la
valeur qualitative accordée à l'espace public à l'égard d'éléments comme la pollution, la
sécurité ou la possibilité de socialiser, etc.
Au total, nous avons mené 85 entretiens dans les espaces publics autour des deux
infrastructures choisies. 45 entrevues ont été réalisées dans les espaces publics autour de la
rocade de Vong, 40 autres à la station de bus inter-provinciale de Giap Bat.
60
Pour réaliser cette recherche, nous proposons de nous appuyer en partie sur les
sources d'informations suivantes:
• des monographies sur la qualité de vie nous aideront à avoir une vue générale de ce
concept et à choisir une définition ainsi que des indicateurs correspondants aux besoins
de notre recherche;
• des recherches sur la qualité de vie réalisées par des experts environnementaux et sociaux
nous aideront à comprendre les approches de recherche sur la qualité de vie et à choisir
une méthodologie correspondant à une recherche universitaire qui s'applique à la
situation réelle du Viêt-Nam;
Dans ce chapitre, nous présenterons les résultats des observations et des entrevues
formelles et informelles que nous avons menées sur une période de deux mois (juillet et août
2005) à la rocade de Vong et à la station de bus inter-provincial de Giap Bat. Nos résultats se
concentrent autour des trois points principaux suivants:
• les activités facultatives dans les espaces publics: les motifs et les raisons de la
participation ou de la non-participation des individus aux activités dans un espace public;
• les perceptions des habitants vis-à-vis de la qualité de vie autour des infrastructures
choisies.
Pour comprendre les habitudes de fréquentation des habitants des deux espaces
publics mentionnés ci-dessus, nous avons choisi l'observation comme principale méthode (en
juillet 2005 à la rocade de Vong et en août 2005 à la station de bus inter-provinciale de Giap
Bat). Nos observations avaient lieu en matinée, de 7 h à Il h 30, l'après-midi, de 12 h 30 à 18
h et le soir, de 19 h à 22 h. Après quelques jours. nous avons modifié notre horaire
d'observation et avons plutôt choisi d'être présents de 5 h à 7 h, de Il h à 13 h, de 17 h à 19 h
et de 21 h à 23 h pour avoir une vue encore plus précise de la fréquentation des habitants à
tous les moments de la journée.
63
Par l'observation, nous avons découvert que ces lieux étaient très animés à presque
tous les moments d'une journée ordinaire. Les habitants fréquentent ces lieux parce qu'il est
nécessaire, voire indispensable de le faire. Il n'est pas difficile de comprendre cela: la rocade
de Yong et la station de bus inter-provincial de Giap Bat, sont tous deux des points de
circulation importants de la ville de Hanoi.
Notre observation s'est consol idée par une série d'entrevues ethnographiques avec
les passagers de la rocade de Yong et de la station de bus inter-provinciale de Giap Bat. Nous
avons parlé avec plusieurs passagers, mais, tel que mentionné au chapitre de la méthodologie,
nous avons choisi de ne tenir compte que du résultat des 85 entrevues les plus claires (45
entrevues à la rocade de Yong et 40 autres à la station de bus inter-provinciale de Giap Bat).
Certaines personnes ne voulaient pas parler ou n'étaient pas vraiment sérieuses dans leurs
réponses, et leur entrevue n'a donc pas été retenue pour notre corpus de résultats qui ont servi
à faire notre bilan.
Aux abords de la rocade de Yong, surtout sur les trottoirs, on vend partout des mets
pour le petit déjeuner, le déjeuner, le dîner et le souper (le matin (de 6 h à 9 h), le midi,
l'après-midi (de 17 h à 19 h) et le soir (de 20 h à 23 h). II est interdit de faire de la vente là, à
cause des difficultés de déplacement que cela occasionne aux piétons mais il existe quand
même de petits « restaurants» itinérants pour servir les habitants des quartiers. Comme il y a
64
Il nous faut aussi compter un grand nombre de personnes qui attendent l'autobus aux
arrêts d'autobus du quartier. Puisque la rocade de Yong se trouve dans un quartier
universitaire (l'Université nationale d'Économie de Hanoi, l'Université polytechnique et
l'Université de la Construction de Hanoi), de l'hôpital, de grandes compagnies et de bureaux,
il y a toute la journée de longues files d'attente pour le bus.
Il y a aussi des groupes de gens qui sont assis sous les arbres aux carrefours. Ils ne se
reposent pas: ce sont les personnes qui viennent de la campagne qui attendent que les
familles du quartier leur proposent du travail temporaire, par exemple l'entretien des
maisons, de petits travaux de construction, etc.
Nous devons noter la présence fréquente de moto-taxis qui attendent les clients sur
les trottoirs à côté de la rocade du matin jusqu'à minuit. S'il y a peu de clients, les
conducteurs de ces véhicules se rassemblent en petits groupes pour bavarder. Ils restent aux
aguets pour trouver des passagers potentiels. Nous avons beaucoup conununiqué avec eux
pour mieux comprendre la situation du quartier.
Fréquentation Raison
Enfants et adolescents
10 3 13 7
(moins 17 ans)
Total
34 (75,6 %) Il (24,4 %) 45 (100 %) 17(37,8%)
(45 personnes)
En regardant le Tableau 6.1, nous constatons que les réponses sont assez concentrées.
45 personnes (l00 %) appartenant à tous les groupes d'âges, fréquentent souvent ou parfois Je
secteur de la rocade, et ce, parce qu'ils y sont obligés: ils habitent dans ce quartier ou ils
doivent passer la rocade de Yong pour aller au travail, à l'école, au marché, pour manger, etc.
Parmi eux, il y a seulement de 17 personnes (37,8 %) qui fréquentent ce lieu pour des raisons
66
facultatives, surtout pour y faire des exercices physiques le matin ou le soir (les adultes et les
personnes âgées) et faire du sport (enfants et adolescents).
À la station de bus inter-provinciale de Giap Bat, la situation n'est pas très différente
de celle de la rocade de Vong. La station est très animée de 7 h à 21 h. Giap Bat est une des
plus grandes et importantes stations de la capitale nationale. Il s'agit donc d'un endroit
extrêmement fréquenté. Le système d'infrastructures de la station est surchargé et ne peut
plus répondre à l'augmentation des passagers. Les salles d'attente sont toujours pleines à
craquer et les gens doi vent s'asseoir sous les arbres dans la cour de la station pour attendre
leur autobus.
Pour servir un tel nombre de passagers, les boutiques et les restaurants de la station
ne satisfont pas tous les besoins des voyageurs. Il existe donc plusieurs restaurants, boutiques
et auberges privés aux abords de la station. Les commerçants profitent de la cour de la station
pour étaler leur marchandise, principalement du « fast-food» et des boissons gazeuses. Ainsi,
il y a beaucoup de marchands ambulants qui vagabondent dans la station pour vendre de
petits aliments.
L'espace devant la station est devenu depuis longtemps un lieu d'attente pour les
motos-taxis et des voitures-taxis. On peut compter des centaines de motos-taxis et des
dizaines de taxis concentrés autour des portes principales de la station.
Fréquentation Raison
Enfants et adolescents
5 2 3 4
(moins 17 ans)
Total
Il (27,5 %) 29 (72,5 %) 30 (75 %) 9 (22,5 %)
(40 personnes)
6.1.3. Conclusion
Par l'observation, nous avons pu découvrir qu'il y avait une grande affluence à toute
heure de la journée aux deux infrastructures. Cette affluence est essentiellement motivée par
des fréquentations obligatoires, ces deux ouvrages étant considérés parmi les centres de
passage les plus importants de la capitale nationale. Les personnes doivent y passer pour aller
travailler, pour prendre le bus ou pour réaliser des activités ordinaires mais indispensables. Il
y a peu de personnes qui s'y promènent, s'assoient, lisent ou bavardent sans raison
particulière durant le travail du jour (de 7 h à 18 h). Durant ces heures, les espaces autour de
deux infrastructures sont trop animés et pollués. Il n'y a pas de places destinées aux activités
de repos et aux activités personnelles. Pourtant, de 5 h à 7 h et de 20 h à 23 h, des activités
facultatives comme faire des exercices physiques, se promener ensemble ou faire du sport
sont pratiquées. Durant ces heures, la densité de passage diminue, la pollution sonore et la
pollution de l'air ne sont pas aussi grandes qu'aux heures de pointe. En outre, dans ces deux
quartiers, on ne trouve pas beaucoup de bons espaces publics destinés aux résidents locaux;
beaucoup de personnes doivent accepter la situation en faisant de la relaxation dans des
espaces publics animés.
Par l'entrevue ethnographique, nous avons obtenu des réponses claires des passagers
qui nous ont exprimé les raisons de leurs fréquentations des espaces publics aux alentours de
la rocade de Vong et de la station de bus inter-provinciale de Giap Bat. Voici notre bilan pour
ces deux infrastructures:
69
Fréquentation Raison
Enfants et adolescents 15 5 15 11
(moins 17 ans)
Nous pensons que les raisons de fréquentation sont importantes pour comprendre
l'attitude des habitants envers les espaces publics autour des infrastructures choisies. En effet,
si la proportion de personnes qui les fréquentent pour des raisons facultatives est élevée, c'est
qu'on y trouve des conditions environnementales et sociales agréables propices au repos et à
la relaxation. Avec une proportion de 30,6 % d' acti vités facultati ves, nous ne croyons pas que
les espaces publics des infrastructures attirent réellement les résidents du quartier, qui plus est
parce que les activités facultatives se déroulent aux moments les plus calmes de la journée (5
h à 7 h et de 20 h à 23 h) et qu'il s'agit majoritairement d'exercices physiques.
Dans cette partie, nous voulons tout d'abord déterminer les principaux motifs des
activités facultatives pour ensuite analyser les raisons de participer ou de ne pas participer à
ces activités dans les espaces publics de la rocade de Vong et de la station de bus inter
provinciale de Giap Bat.
• les activités physiques telles que la gymnastique, le sport, la participation à des jeux, etc.,
• les acti vités sociales telles que rencontrer des amis et discuter avec eux.
• les activités de relaxation telles que marcher, lire, écouter de la musique, s'asseoir sur un
banc pour se reposer, etc.
espaces autour des deux infrastructures. On organise des groupes pour pratiquer ensemble la
gymnastique et pour s'amuser aussi. Après avoir terminé les exercices physiques, on se
rassemble afin de bavarder sur tous les sujets de la vie. Nous avons remarqué que les jeunes
faisaient aussi du sport (football, basket-bail, badminton, etc.) le matin; ceux-ci quittent tout
de suite les espaces publics après leurs activités physiques et ne s'attardent pas pour
socialiser. Le soir, on trouve des groupes de personnes âgées qui discutent sur les trottoirs ou
des enfants qui jouent.
Durant les heures du travail (de 7 h à 18 h), les espaces autour de la rocade de Vong
et de la station de bus inter-provinciale de Giap Bat sont bondés. Pourtant, peu d'activités
facultatives ont cours. On trouve des personnes qui marchent mais ils se dirigent au
supermarché ou vont faire des affaires. Il y a des personnes qui s'assoient mais pour attendre
des offres d'emplois temporaires. Peu de personnes se promènent simplement pour le plaisir
de regarder autour d'eux ou pour se reposer. Quelquefois, certaines personnes jouent aux
cartes dans la cour de la station de Giap Bat ou sur le trottoir à cÔté de la rocade de Vong. Ce
sont des chauffeurs de moto-taxi ou des marchands ambulants qui se rassemblent pour se
divertir dans leurs moments libres.
Dans nos entrevues ethnographiques, 26 personnes ont rapporté faire des activités
facultatives dans les espaces publics de la rocade de Vong et de la station de bus inter
provincial de Giap Bat. Ces activités se caractérisent ainsi:
72
Tableau 6.4 : Motifs des activités facultatives à la rocade de Vong et à la station de bus inter
provincial de Giap Bat
Nombre de
personnes ayant
Activités Activités
Relaxation des activités
physiques sociales
facultatives
Enfants et adolescents
li 4 0 11
(moins 17 ans)
Dans ce bilan, nous remarquons que des personnes participent à plusieurs activités
facultatives différentes. Les activités physiques jouent un rôle important chez les jeunes et
chez les adultes (moins de 60 ans) tandis que les activités de relaxation sont majoritaires chez
les personnes âgées. On dénombre peu d'activités sociales; ceci ne semble donc pas jouer un
rôle prioritaire pour les passagers. Les entrevues nous ont permis de constater que les
activités facultatives avaient surtout lieu très tôt ou très tard dans la journée, ce qui consolide
notre observation.
6.2.2. Les raisons des activités facultatives dans les espaces publics choisis
Les raisons des activités facultatives ont été exprimées dans les entrevues
ethnographiques avec les passagers. Il y a 26 personnes (30,6 %) (sur 85 entrevues) qui
73
pratiquent des activités facultatives dans les espaces publics de la rocade de Vong et de la
station de bus inter-provinciale de Giap Bat.
Tout d'abord, nous avions l'intention de poser seulement une question: «Pourquoi
vous pratiquez des activités facultatives dans cet espace public ? ». À notre grand
,;
étonnement, les réponses qui nous ont été données ne concernaient pas tout à fait les espaces
publics. Le Tableau 6.5 présente les raisons principales des participants pour pratiquer leurs
activités facultatives dans les espaces publics choisis. Ce sont essentiellement des activités
d'amélioration de la santé ou de divertissement (donc des raisons personnelles seulement).
Quelques personnes n'ont aucune idée de leurs activités facultatives dans les espaces publics.
Tableau 6.5 : Raisons des activités facultatives à la rocade de Vong et à la station de bus
inter-provincial de Giap Bat
Nombre de
Âge Amélioration de Divertissement Amusement Pas de personnes
la santé raison ayant des
activités
facultatives
Enfants et
adolescents
(moins 17 0 0 7 5 11
ans)
Jeunes et
adultes (18 à
5 1 3 3 12
60 ans)
Personnes
âgées (plus de
3 0 0 0 3
60 ans)
74
Pour établir un lien entre les raisons des répondants et les espaces publics, nous avons
dû poser une deuxième question: «Pourquoi avez-vous choisi cet espace public en
particulier ? ». Les réponses variaient peu de personne en personne: tous choisissaient les
espaces publics en raison de leur proximité avec leur domicile. Quelques adultes ont spécifié
qu'ils n'avaient pas d'autre choix d'espace public. Ils ont seulement besoin d'une place pour
pratiquer de la gymnastique le matin ou le soir. Les enfants n'ont pas pu justifier les raisons
de leur choix de l'espace public.
6.2.3. Les raisons d'une non-participation aux activités facultatives dans les espaces publics
Contrairement aux idées des participants sur leur participation aux activités
facultatives, les raisons de ne pas participer aux activités facultatives dans les espaces publics
concernent étroitement les éléments environnementaux ou sociaux des espaces. En effet,
outre les raisons personnelles comme le manque de temps, on note d'autres raisons comme la
pollution de l'air, le bruit, la densité de personnes, le manque d'espaces verts, le vandalisme,
la présence des toxicomanes, etc.
Selon le tableau 6.6, les aspects les plus dérangeants pour les passagers dans les
espaces de la rocade de Yong et de la station de Giap Bat se présentent dans l'ordre suivant:
la pollution de l'air, le manque d'espaces verts, le bruit, le manque d'espaces tranquilles, le
vandalisme, la présence des toxicomanes et le manque de temps.
75
Nous constatons que la qualité des espaces autour des infrastructures choisies
représente un problème sévère pour plusieurs personnes. La pollution et la sécurité sont
devenues deux grands problèmes qui dérangent les activités facultatives des passagers.
Raisons Enfants et
Jeunes et Personnes
de la non-participation à des adolescents Total
adultes (18 à âgées (plus de
activités facultatives dans les (moins 17 (59 participants)
60 ans) 60 ans)
espaces publics ans)
Bruit 5 20 8 33 (56 %)
Vandalisme 1 8 3 12 (20,34 %)
6.2.4. Conclusion
Dans cette partie, nous avons analysé les motifs qui justifiaient la participation des
habitants à des activités facultatives dans les espaces de la rocade de Vong et de la station de
bus inter-provinciale de Giap Bat. Nous avons aussi cherché les raisons de participation et de
non-participation aux activités facultatives dans ces espaces publics.
résultats obtenus de cette deuxième partie en nous basant sur une méthode d'analyse de type
quantitatif.
Il faut noter que l'avis des gens habitant à côté de la rocade de Vong et de la station
de bus inter-provincial de Giap Bat est fortement partagé en ce qui concerne la qualité des
espaces publics. À la question: «Quelle est votre opinion sur la qualité de vie dans les
espaces publics autour de la rocade de Vong (ou de la station de bus inter-provincial) ? »,
voici comment les réponses ont été distribuées:
78
Tableau 6.7 : Évaluation de la qualité des espaces publics de la rocade Yong et de la station
de bus inter-provincial de Giap Bat
Mauvaise 2 (4 %) 4 (8 %)
plus aisé que la station de Giap Bat; on trouve dans ce quartier de grands édifices, des
universités et des bureaux. La densité des petits restaurants, magasins et auberges n'est pas
aussi élevée qu'à là station de bus. Cela nous a tout de même fort étonné. Les habitants ont
estimé assez positif leur environnement de vie. Il nous faut aussi rappeler qu'il Y a au total
18% des personnes qui ne se sont pas prononcés au sujet des espaces publics.
Les Tableaux 6.8 et 6.9 présentent les opinions des habitants par rapport aux
éléments négatifs et positifs des espaces publics autour de la rocade de Yong et de la
station de bus inter-provincial de Giap Bat:
Tableau 6.8: Éléments positifs des espaces publics autour la rocade de Yong et de la station
de bus inter-provinciale de Giap Bat
Les habitants estiment très positifs certains éléments des espaces publics; notons ici
une appréciation pour le système d'éclairage (74 % et 46 %), la multiplicité des services
(surtout à la station de Giap Bat avec 54 %) et l'urbanisation des espaces (50 %). Il nous faut
80
rappeler que la rocade Vong a été construite récemment, soit en 2002. Elle semble donc avoir
été mieux planifiée que les quartiers d'habitations. La proportion de personnes qui n'ont pas
justifié leur réponse est très élevée, surtout pour la station de Giap Bat (30 %).
Tableau 6.9: Éléments négatifs des espaces publics autour de la rocade de Vong et de la
station de bus inter-provincial de Giap Bat
CONCLUSIONS
• la qualité de vie autour de deux infrastructures choisies (la rocade de Vong et la station
de bus inter-provincial de Giap Bat),
• la fiabilité des diverses méthodes de recherche utilisées pour mesurer la qualité de vie
83
On compte cependant une petite quantité d' habitants qui fréquentent les espaces
publics de la rocade de Yong et de la station de bus inter-provincial de Giap Bat pour des
raisons facultatives (faire de la gynmastique, faire du sport ou de la marche). Cela ne prouve
pas cependant que nous sommes en présence d'espaces publics de qualité: en effet, il nous
faut mentionner que le choix d'espaces publics demeure restreint et que les personnes qui
fréquentent ces lieux demeurent à proximité de ces infrastructures. Compte tenu de la densité
très élevée de population, il y a assez peu d'options au moment de trouver un lieu pour faire
de telles activités.
Il nous faut noter que la situation des espaces publics à Hanoi est très différente de
celles des pays développés. En comparant nos résultats avec ceux de la recherche de Jan Gehl
(1979), de William H. Whyte (1988) ou de Koresec-Serfaty (1983, 1988), nous constatons
que la qualité des espaces publics à Hanoi est plus mauvaise que dans les pays développés
pour plusieurs raisons. Des raisons objectives tels le climat, la situation historique, la culture
84
expliquent cet état de fait. Il faut cependant souligner les raisons subjectives. Les institutions
de planification et de construction des infrastructures de transport urbain à Hanoi ne tiennent
pas encore assez compte de la nécessité d'intégrer chaque ouvrage à l'environnement
riverain. Les arguments techniques et économiques semblent plus importants que les
arguments environnementaux et sociaux. La mauvaise qualité de vie en général et des
espaces publics en particulier nous donne les conséquences potentielles pour la santé et pour
les habitudes de vie des habitants.
7.1.2. La perception des habitants vis-à-vis de la qualité de vie autour des infrastructures
choisies
Dans les entrevues ethnographiques et les entretiens directs et formels que nous
avons dirigés, les habitants ont exprimé une grande inquiétude vis-à-vis de la pollution des
quartiers se trouvant aux abords de la rocade de Yong et de la station de bus inter-provincial
de Giap Bat. Le manque d'espaces verts et les diverses sources d'insécurité ont aussi été
identifiés comme éléments négatifs et motifs de leur non-fréquentation des lieux.
Nous avons été étonnés d'apprendre que certains répondants étaient contents de leur
environnement actuel de vie lors des entrevues formelles. Plusieurs raisons peuvent expliquer
cela.
Rappelons tout d'abord que les deux infrastructures se trouvent au milieu de quartiers
très animés où les activités commerciales sont nombreuses. La rocade de Yong et la station
de bus inter-provincial de Giap Bat sont établies le long de routes principales qui conduisent
au centre-ville. Les aspects géographique et économique favorables plaisent davantage aux
habitants que les aspects environnementaux. Le fait d'habiter un tel quartier peut
effectivement faciliter les activités commerciales et permettre aux habitants de tisser un
réseau de contacts dans d'autres quartiers plus aisés. Les résidences aux abords de ces lieux
ont donc en quelque sorte une « valeur ajoutée». Ceci explique d'ailleurs pourquoi les
maisons près des infrastructures urbaines -et cela s'applique à la rocade de Yong et à la
station de bus inter-provincial de Giap Bat - ont toujours un prix plus élevé que celles des
quartiers plus calmes où il se fait moins d'activité commerciale.
85
Comme nous l'avons mentionné dans le chapitre 1 (cadre d'analyse), les gens ont
tendance à censurer leurs propres réponses à cause d'« une surveillance intellectuelle de soi»
(Bachelard, 1994, Goffman, 1974). Ainsi, dans le cadre d'une entrevue formelle, les
interviewés ont plutôt tendance a « embellir» leurs réponses et se montrer plus positifs. Cela
a d'ailleurs été observé lors de nos enquêtes traditionnelles avec questions semi-dirigées. La
proportion des personnes satisfaites de la qualité des espaces publics est appréciable.
Il faut aussi rappeler qu'il y a une distinction fondamentale entre la culture asiatique
et la culture occidentale. Les asiatiques sont plus timides que les occidentaux dans
l'expression de leurs opinions. Cela explique pourquoi les réponses sont souvent semblables
entre les individus dans le cadre d'interviews de groupes.
7.1.3. La fiabilité des différentes méthodes utilisées dans une recherche empirique
Nous avons combiné deux approches dans cette recherche, l'une qualitative et l'autre
quantitative. La méthode ethnographique (observations, entrevues informelles et recherche
documentaire) a permis de développer le volet qualitatif de notre recherche alors que nos
entretiens semi-dirigés, qui étaient davantage formels et officiels, ont constitué le volet
quantitatif de cette recherche. Ces deux genres d'interviews étaient différents: les entrevues
informelles visaient à poser des questions simples et à demeurer près de la vie ordinaire des
habitants. Elles cherchaient à comprendre les activités réelles des habitants et le
comportement qui sous-tend leurs activités utilitaires ou facultatives. Les entrevues officielles
exigeaient des réponses formelles qui exprimaient la perception précise des répondants vis-à
vis de la qualité de leur environnement de vie.
Nous avons combiné ces deux méthodes de recherche pour obtenir une analyse
multiforme de la qualité de vie des espaces autour de la rocade de Vong et de la station de
bus inter-provincial de Giap Bat. Les résultats des deux méthodes nous ont conduit à une
importante conclusion: on note un sérieux problème de pollution dans les quartiers situés aux
abords des infrastructures choisies.
Cela a pu dépendre de nombreux facteurs aussi bien objectifs que subjectifs, par exemple
l'influence des estimations des autres, le moment choisi pour l'interview, les bonnes ou
mauvaises impressions à l'égard de choses spécifiques dans les espaces publics ou dans les
quartiers, les commodités disponibles par rapport à l'expérience personnelle (facilité d'aller
au travail ou au marché par exemple), la capacité de faire du commerce, le changement du
prix des maisons du quartier, etc. Cela démontre en même temps la justesse des théories de
Goffman (1974) que nous avons mentionnée dans le cadre d'analyse.
Il faut aussi noter que certaines personnes ne se soucient tout simplement pas du tout
de tels problèmes: ils peuvent être plus ou moins d'accord sur un point au moment de
l'interview mais changer d'opinion à un autre moment. Nous croyons qu'avec un même
questionnaire, les résultats auraient varié d'un moment à un autre.
Dans les entrevues informelles, les résultats semblent plus constants. Les habitants ne
sont pas obligés de donner leur opinion directe par rapport à un problème, quelques fois, trop
scientifique et trop éloigné de leur expérience quotidienne. Souvent, il s'agit du
comportement des répondants sur la réalisation ou non-réalisation d'une affaire réelle. Les
répondants ne ressentaient pas la pression de participer à un interview de recherche officiel:
ils pouvaient donc s'exprimer plus aisément sur leur comportement.
7.2. Suggestions
Il nous faut rappeler que le but de notre recherche est de comprendre la réelle
situation des espaces publics autour des infrastructures du transport urbain à Hanoi et en
même temps de contribuer, dans quelque sens, au processus d'améliorer la qualité de vie dans
les espaces publics. Les résultats de cette recherche empirique nous poussent à présenter
87
Les recherches de Gehl (1979, 1987) nous inspirent les mesures nécessaires afin
d'améliorer la qualité de vie dans les espaces publics de Hanoi. Les exemples à Copenhague
et ailleurs en Scandinavie nous montrent « comment le caractère des activités des piétons
change lorsque les circonstances extérieures sont modifiées» (Gehl, 1979). Bien sûr, de telles
mesures ne peuvent pas tout à fait correspondre à la situation de Hanoi. Il nous faut compter
la différence des éléments géographiques, du niveau de développement, des conditions
économiques, culturelles et sociales, etc.
Au sujet des critères de la qualité de vie des espaces publics, surtout autour des
infrastructures urbaines, nous nous appuyons sur les expériences de Gehl (1979, 1987) à
Copenhague au Danemark, en Italie et ailleurs en Scandinavie. Bien sûr, de telles mesures
occidentales ne peuvent pas être tout à fait appliquées dans le cas d'un pays en
développement. Les situations différentes concernant la géographie, le climat, la densité des
habitants, la culture, l'histoire, le niveau du développement économique, etc. donnent à
Hanoi un caractère particulier. Une bonne combinaison entre les expériences occidentales et
les leçons locales serait une orientation judicieuse pour une vieille ville sous l'angle
historique et culturel mais en même temps une jeune ville sous l'angle du développement
économique.
88
Selon nous, afin d'assurer la qualité de vie dans les espaces publics, surtout l'espace
des nouvelles infrastructures, on devrait tenir compte des critères suivants:
• La sécurité
• La propreté
Un des inconvénients des espaces publics autour des infrastructures urbaines à Hanoi est
le problème hygiénique. Ce dernier peut être compris sous plusieurs angles: le bruit, la
4 Voir la page 37
89
poussière, la fumée, les ordures, les odeurs désagréables, etc. Le règlement de la pollution de
l'environnement pourrait attirer plus les passagers ayant des activités facultatives dans les
espaces publics. Malgré des difficultés du climat ( la chaleur et l'humidité), il faudrait
favoriser l'implication des participants aux espaces publics. Il est nécessaire de sensibiliser
les habitants aux mesures de maintenir la propreté des espaces publics ainsi de faire des
campagnes publicitaires vantant les points forts des espaces publics. La mise des poubelles
d'une façon raisonnable dans les espaces publics pourrait réduire aussi la saleté des places
publiques.
Dans les espaces publics, la plupart des participants marchent pour réaliser leurs activités
facultatives. Alors, la construction d'une nouvelle infrastructure de transport urbain doit tenir
compte des éléments qui seront établis aux alentours; il faut prévoir le développement des
espaces verts, des zones de repos, des lieux pour faire l'activité physique, etc. Ces éléments
augmenteraient considérablement la qualité de vie dans les quartiers d'habitation. Selon les
expériences de Gehl (1979), il faut avoir des espaces pour la marche à pied. Pourtant, la
distance entre les points de repos ne devrait pas être trop grande. Il faut placer les bancs de
repos et avoir des espaces différents pour les participants différents (les espaces tranquilles
pour les personnes âgées ainsi que les zones de récréation pour les petits enfants).
Comme beaucoup d'autres pays asiatiques, les Vietnamiens aiment avoir des activités
sociales. L'existence de petits restaurants sur les trottoirs ou dans les espaces publics est
indispensable dans la vie ordinaire. L'interdiction de tels services ne devrait pas continuer. Le
problème est d'arranger raisonnablement les services multiples dans les espaces publics sans
avoir de mauvaises influences vis-à-vis d'autres activités des passagers. Le développement de
petits marchés temporaires peut aussi être souhaitable pour rendre de tels espaces plus
attrayants pour le public. Les activités sociales qui y sont périodiquement organisées
encouragent le déplacement des habitants locaux vers les espaces publics.
90
Les résultats de la recherche nous montrent que la plupart des personnes ayant des
activités facultatives vont dans les espaces publics pour faire de la gymnastique. Alors, la
planification des espaces pour les activités du sport serait une contribution importante à la
qualité de vie. Cet élément doit être considéré comme une composante importante de chaque
espace public. L'organisation de ces activités cependant doit suivre les règlements
sécuritaires et hygiéniques du quartier d'habitation.
En conclusion, on peut dire que les critères de la qualité de vie devraient être intégrés à la
planification de toute nouvelle infrastructure. Pourtant, chaque espace public a des caractères
différents. Une bonne planification des espaces publics exige un regard attentif à l'utilisation
des espaces publics par les habitants des quartiers limitrophes. Cela contribue aussi au
développement durable d'une grande ville comme Hanoi.
APPENDICE A
GRILLE D'OBSERVATION
Journée : _
• Morphologie et aménagement.
./ Éclairage.
./ Verdure.
• Sexe:
./ Homme
./ Femme
92
• Âge:
• Statut socio-économique:
./ Classe modeste
./ Classe moyenne
./ Classe aisée
• Mode de présence:
./ Seul
./ En couple
./ En groupe
[Link] description des activités des usagers dans les espaces publics:
• Activités intellectuelles
• Repos
APPENDICEB
Nom d'infrastructure: _
Journée : _
• Les raisons des activités facultatives dans les espaces publics autour de l'ouvrage du
transport urbain
5 Les questions de l'entrevue ethnographique ne sont pas fixées. L'intervieweur cache son identité.
94
• Les raisons de non-participation aux activités facultatives dans les espaces publics autour
de l'ouvrage du transport urbain
APPENDICE C
Sexe: M_ _F_ _
I. Questions générales.
• Moins de 18 ans
• 18-35 ans
• 36-60ans
• Plus de 60 ans
• Célibataire
• Primaire
6 Quelques questions sont inspirées des recherches de André (200\) et Bassand (200\).
96
• Secondaire
• Collégial
• Universitaire
• Autre
• Étudiant (e)
• Sans emploi
• Retraité (e)
• Autre
• oà 5 ans
• 6 à 10 ans
• II à 15 ans
• 16 à 20 ans
• 21à25ans
• 26 à 30 ans
• Plus de 30 ans
97
• 1 personne
• 2 personnes
• 3 personnes
• 4 personnes
• 5 personnes et plus
Dans cette partie, Le terme (( infrastructure» est utilisé dépend du lieu d'interview
Oui_ _Non
Vous pensez que cette infrastructure a des influences sur votre vie ordinaire?
Oui Non _
Positive Négative, _
Est-ce que vous vous intéressez aux espaces publics autour cette infrastructure?
Oui Non _
Vous pensez que ces espaces publics jouent un rôle important dans votre vie ordinaire?
Oui Non _
98
Quelle est votre opinion sur la qualité de vie dans les espaces publics autour de cet
ouvrage du transport urbain?
• Très bonne
• Bonne
• Moyenne
• Mauvaise
• Très mauvaise
• Sans opinion
Quels sont les élément négatifs de la qualité des espaces publics autour de cet ouvrage
du transport urbain?
• La pollution de l'air
• Le bruit
• Vandalisme
• Autre:
• Quels sont les éléments positifs de la qualité des espaces publics autour de cet
ouvrage du transport urbain?
• Le grand espace
• Le bon éclairage
• La sociabilité
• Le service multiforme
• Autre:
Vous fréquentez souvent dans les espaces publics autour de cette infrastructure?
Oui Non _
Est-ce que vous pratiquez les activités comme ci-dessous dans les espaces publics autour
de cet ouvrage du transport urbain?
Aller au travail
Aller au marché
Jouer au sport
100
Prendre un repas
En général, vous êtes content des espaces publics autour de cet ouvrage du transport
urbain?
Oui Non _
Est-ce que vous avez des comparaisons entre les espaces publics différents?
Oui Non _
Est-ce que vous avez des critères personnels dans le choix d'un espace public pour vos
activités facultatives?
Oui Non _
Explication:
Selon vous, quels sont les éléments les plus importants pour la qualité d'un espace
public?
• La propreté
• Les espaces destinés aux activités personnelles (gymnastiques, repos, rencontres, etc.)
• La sociabilité
• La sécurité
• Autres
Selon vous, qu'est-ce qu'on doit faire pour améliorer la qualité des espaces publics
autour de cet ouvrage du transport urbain?
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LA CARTE DU VIETNAM
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