Chapitre 3 Machine frigorifique à compression de
vapeur
Les premières machines frigorifiques à compression utilisées
furent les machines frigorifiques à air. Elles ont été abandonnées au
profit des machines à compression de vapeur utilisant des fluides
condensables dans les conditions d’utilisation. De telles machines,
grâce à l’utilisation de la chaleur latente de changement d’état du fluide,
permettent d’obtenir des effets frigorifiques par unité de masse de fluide
nettement supérieurs à ceux des machines à gaz. Les machines sont
ainsi de taille plus réduite.
La première machine frigorifique à compression de vapeur,
dans la forme générale utilisée aujourd’hui a été inventée par Charles
Tellier en 1868. Il appliqua son système à la conservation de la viande
sur un bateau. Elle ne trouvera une identité industrielle qu’à partir des
travaux de l’Australien James Harrison et de l’Allemand Karl von
Linde, en 1874, avec la mise au point de compresseurs fiables, à éther
éthylique par le premier, à ammoniac par le second. En 1877 Pictet,
dont les travaux sont bien connus, utilise l’anhydride sulfureux(SO2) et
réalise la liquéfaction de certains gaz à basse température.
Lorsque l'électricité est devenue disponible, William F. Singer
a obtenu un brevet pour la première unité de réfrigération électrique
de petite taille en 1897.
Les réfrigérateurs sont alors devenus plus populaires et ont commencé
à remplacer les glacières
46
Machine frigorifique à compression de vapeur
3.1- Description de machine frigorifique à compression de
vapeur
Le système frigorifique à compression de vapeur, figure 3.1,
est composé d’un :
éévaporateur: qui vaporise le frigorigène en prélevant de la
chaleur au frigoporteur (air, eau etc.) qui se refroidit.
compresseur : qui aspire la vapeur de frigorigène issue de
l’évaporateur et la comprime jusqu’à la pression du condenseur et à une
température plus élevée. Lors de ce processus, le fluide frigorigène
reçoit de l’énergie du milieu extérieur.
condenseur : c’est un échangeur de chaleur à surface avec
circulation d’un côté du fluide frigorigène à condenser et de l’autre côté
de fluide de refroidissement (air, eau, etc.…) appelé aussi fluide
caloporteur. Le fluide frigorigène est condensé à une température
située au-dessus de la température ambiante . Lors de ce
processus, toute la chaleur absorbée dans l’évaporateur et l’énergie
reçue par le compresseur est cédée au fluide de refroidissement.
détendeur : qui alimente en frigorigène l’évaporateur. Le
frigorigène y subit la détente isenthalpique de la pression de
condensation jusqu’à la pression d’évaporation
Ces composants sont reliés entre eux par les tuyauteries
frigorifiques :
de refoulement : entre le compresseur et le condenseur.
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Machine frigorifique à compression de vapeur
de liquide : entre le condenseur et le détendeur.
d’aspiration : entre l’évaporateur et le compresseur.
Dans lesquelles circule en circuit fermé étanche, le fluide
frigorigène. Ce dernier est successivement à l’état :
- de vapeurs comprimées surchauffées (à haute pression) dans la
conduite de refoulement (point 2).
- de liquide frigorigène pur (à haute pression) dans la conduite de
liquide (point 3).
- de vapeurs froides à basse pression dans la conduite d’aspiration
(point 1).
Condenseur
3 2
Compresseur
Détendeur
4 1
Evaporateur
Figure 3.1
48
Machine frigorifique à compression de vapeur
3.2- Constitutions d'une installation frigorifique
La figure 3.2 représente le schéma d'une installation frigorifique
équipée de ses principaux éléments. On distingue parmi ceux-ci les
appareils principaux : Compresseur (1), condenseur (2), évaporateur
(3), détendeur (4) et les appareils annexes: Déshuileur (5), réservoir de
liquide ou bouteille accumulatrice (6), déshydrateur (7), bouteille anti-
coup de liquide (8). Ces différents éléments se répartissent en deux
groupes selon la pression :
Figure 3.2
A ces composants s'ajoutent les vannes qui permettent d'isoler chaque
élément du circuit, les voyants qui renseignent qualitativement sur l'état
du fluide, éventuellement des échangeurs de chaleur et tous les
appareils d'automatisme : pressostats, thermostats, vannes solénoïdes,
contacteurs, relais.
49
Machine frigorifique à compression de vapeur
3.3- Le diagramme de Mollier
3.3.1- Description de diagramme de Mollier
Les transformations thermodynamiques ayant lieu dans les
installations frigorifiques nécessitent pour leur calcul une panoplie de
formules et de tableaux. Le diagramme de Mollier ou diagramme de
la pression en fonction de l’enthalpie se révèle très utile utile pour
analyser les différents
transferts de chaleur qui sont présents dans un système de
réfrigération.. Il permet de représenter les grandeurs les plus
importantes des fluides frigorigènes et les processus correspondants
d'une manière claire et facile ainsi que le dimensionnement des
éléments intervenant dans les installations frigorifiques. Ces avantages
ont fait de ces diagrammes d'enthalpie-pression un outil précieux dans
la technique du froid.
Le diagramme Pression-Enthalpie (P-E) est très utile pour analyser
les différent
La compréhension du diagramme s’avère un outil indispensable
pour analyser l’efficacité et le fonctionnement d’un système de
réfrigération.
Sur le diagramme de Mollier, on trouve plusieurs des propriétés
physiques d’un réfrigérant indiquées sur deux échelles correspondant
respectivement à la pression (P) et à l’enthalpie (h). Ainsi, il est facile
de voir les modifications qui interviennent au fur et à mesure que le
réfrigérant passe d’une partie du cycle à une autre. La figure 3.3
représente le diagramme de Mollier du R134a.
Dans ce diagramme les colonnes de chiffres, provenant de
divers tableaux, sont présentées sous forme graphique. Les lignes
horizontales correspondent à une pression constante. Pour rendre plus
claire la zone la plus utilisée dans les diagrammes, la pression est
exprimée par son logarithme.
Sur l'axe horizontal, on reporte l'enthalpie avec une échelle
linéaire. Elle exprime la quantité de chaleur (kJ) contenue dans un
kilogramme d'une substance (kJ/kg). Il ne s’agit pas de l'enthalpie
50
Machine frigorifique à compression de vapeur
absolue, mais de l'enthalpie relative. Elle se réfère donc toujours à un
point déterminé, par exemple au liquide en ébullition à 0°C. La zone
chiffrée de l'échelle varie en fonction du fluide frigorigène.
Le diagramme de Mollier est limité par deux courbes (courbe
de liquide saturé et courbe de vapeur saturée) qui se rencontrent au
point critique, point le plus élevé ainsi formé sur le diagramme. La
courbe de liquide saturé indique en fait la pression et l’enthalpie du
liquide saturé. Pour représenter la courbe du liquide saturé sur la
figure 3.1, les valeurs de colonnes 2 et 5 du tableau 3.1 sont portées
sur les échelles de la pression et de l’enthalpie et les points sont reliés
par une courbe. De même les lignes indiquées vapeur saturée est une
courbe tracée par les points trouvés en reportant les indications des
colonnes 2 et 6 sur les coordonnées correspondant à la pression et à
l’enthalpie sur le tableau 3-1.
51
Machine frigorifique à compression de vapeur
52
Machine frigorifique à compression de vapeur
Figure 3.3
Pour qu’un réfrigérant entre en ébullition à une température
donnée, la pression qui s’exerce sur le liquide doit avoir une valeur
définie. Le tableau 3.1 colonne 2, donne la pression d’ébullition
correspondant à la température de la colonne 1. Il est également vrai
que toute pression d’ébullition à la colonne 2, il existe une température
d’ébullition correspondante, colonne1. Certaines de ces températures
apparaissent sur les lignes de liquide saturé et de la vapeur saturée sur
le diagramme de Mollier. Dans le tableau 3.1, par exemple, à une
température de -30°C, la pression est de 0,847 bar l’enthalpie du liquide
saturé (colonne 5) est de 161,91 kJ/kg, et l’enthalpie de vapeur saturée
(colonne 6) est de 379,11 kJ/kg. Si l’on se reporte maintenant à la figure
3.3, on constate que -30°C est l’intersection de la ligne horizontale de
pression correspondant à 0,85 bar et de ligne verticale d’enthalpie
correspondant à 160 kJ/kg. Sur la ligne de vapeur saturé, -30°C se
trouve à l’intersection de la ligne de pression correspondant à 0,85 et
celle de la ligne d’enthalpie juste à gauche de ligne 380 kJ/kg.
Il convient de noter que les divisions d’échelle du diagramme
de Mollier sont telles qu’elles ne permettent pas de repérer des valeurs
exactes. Ainsi, l’intérêt que présente un tel diagramme est d’aider le
lecteur à se faire une idée du cycle frigorifique. Il fournit en outre des
données approximatives suffisamment précises pour de nombreux
problèmes.
Le diagramme de Mollier est divisé en trois grandes zones. La
partie située à gauche de la courbe liquide saturé est désignée par la
région sous-refroidie. La partie située à droite de la courbe de vapeur
saturée est appelée la région surchauffée et la région située entre les
deux courbes est appelée la région humide.
53
Machine frigorifique à compression de vapeur
Dans la région sous-refroidie l’isotherme, figure 3.4, (courbe
sur laquelle tous les points sont à la même température) se représente
comme une isenthalpe. L’enthalpie du liquide est une fonction de la
température et ne dépend pas de la pression.
Dans la région humide et dans le cas des fluides purs, les lignes
de température sont horizontales. Il se représente comme une isobare.
Ceci est illustré par l’exemple du réfrigérant 134a à une température de
0°C, figure 3.4. Il est clair, d’après le diagramme de Mollier, figure 3.3,
que -30°C sur la courbe de liquide saturé et-30°C sur la courbe de
vapeur saturée sont sur la ligne de pression horizontale de 0,847 bar.
Figure 3.4
Dans la région de surchauffe, les lignes de températures sont
presque verticales aux pressions base, mais elles s’incurvent vers la
gauche au dessus du milieu du diagramme. Dans la région de
surchauffe, les courbes de température constante écartées de 10°C et
54
Machine frigorifique à compression de vapeur
sont indiquées par des nombre qui s’élèvent en diagonale vers la droite
à coté du diagramme de -40°C à 160°C.
Figure 3.5
Pour les mélanges appelés fluides non-zéotropiques et dans la
région liquide-vapeur l’isotherme, figure 3.5, n’est pas confondue avec
une isobare. Dans ce cas le point de saturation liquide est appelé point
de bulle et le point de saturation vapeur est appelé point de rosée.
La vapeur humide est un mélange de liquide en ébullition et
vapeur saturée. Les lignes isotitriques x, figure 3.6, permettent de
déterminer les pourcentages de liquide respectivement de gaz dans la
zone de vapeur humide. x exprime le pourcentage de gaz et 1-x le
pourcentage de liquide; le long de la ligne x = 0,4 on aura donc un
mélange de 40% de gaz et 60% de liquide en ébullition.
55
Machine frigorifique à compression de vapeur
Figure 3.6
Une autre grandeur physique d'importance du diagramme de
Mollier est le volume spécifique v. Elle est exprimée en m3/kg et
représente le volume d'un kilogramme massique réel à une pression p
donnée. Les courbes de volume spécifique constant sont indiquées dans
la figure 3.7, Ces courbes montent sensiblement vers la droite. Le
volume spécifique a une importance particulière dans la technique du
froid. On sélectionne des fluides frigorifiques à faible volume
spécifique pour pouvoir transporter le plus de quantité de fluide avec le
moins de volume.
56
Machine frigorifique à compression de vapeur
Figure 3.7
L’entropie constitue une autre propriété physique des
réfrigérants. Elle est particulièrement utile dans l’analyse de la
compression des réfrigérants. L’entropie se définit comme le rapport
entre la chaleur ajouté à une substance et la température absolue à
laquelle cette chaleur est ajoutée. Il suffit de se rappeler que dans une
compression idéale, la compression intervient à entropie constante. Les
courbes d’entropie constante sont indiquées sur le diagramme de
Mollier et montent brusquement vers la droite dans la région de
surchauffe, figure 3.8.
57
Machine frigorifique à compression de vapeur
Figure 3.8
T P Vl Vg Hl Hg L Sl Sg
°C Bar dm3/kg m3/kg kJ/kg kJ/kg kJ/kg kJ/(kgK) kJ/(kgK)
-40,00 0,516 0,7055 0,35692 149,97 372,85 222,88 0,8030 1,7589
-35,00 0,665 0,7127 0,28128 155,89 375,99 220,10 0,8281 1,7523
-30,00 0,847 0,7202 0,22408 161,91 379,11 217,20 0,8530 1,7463
-25,00 1,067 0,7280 0,18030 168,03 382,21 214,18 0,8778 1,7410
-20,00 1,330 0,7361 0,14641 174,24 385,28 211,04 0,9025 1,7362
-15,00 1,641 0,7445 0,11991 180,54 388,32 207,78 0,9271 1,7320
-10,00 2,007 0,7533 0,09898 186,93 391,32 204,39 0,9515 1,7282
-5,00 2,434 0,7625 0,08230 193,42 394,28 200,86 0,9758 1,7249
0,00 2,928 0,7721 0,06889 200,00 397,20 197,20 1,0000 1,7220
5,00 3,496 0,7821 0,05801 206,67 400,07 193,40 1,0240 1,7194
10,00 4,145 0,7927 0,04913 213,44 402,89 189,45 1,0480 1,7170
15,00 4,883 0,8039 0,04183 220,30 405,64 185,34 1,0718 1,7150
20,00 5,716 0,8157 0,03577 227,23 408,33 181,09 1,0954 1,7132
25,00 6,653 0,8283 0,03072 234,29 410,94 176,65 1,1190 1,7115
58
Machine frigorifique à compression de vapeur
30,00 7,701 0,8416 0,02648 241,46 413,47 172,00 1,1426 1,7100
35,00 8,868 0,8560 0,02290 248,75 415,90 167,15 1,1661 1,7085
40,00 10,164 0,8714 0,01986 256,16 418,21 162,05 1,1896 1,7071
45,00 11,597 0,8882 0,01726 263,71 420,40 156,69 1,2131 1,7056
50,00 13,176 0,9064 0,01502 271,42 422,44 151,03 1,2367 1,7041
55,00 14,912 0,9265 0,01309 279,30 424,31 145,01 1,2604 1,7023
60,00 16,813 0,9488 0,01141 287,39 425,96 138,57 1,2843 1,7003
65,00 18,893 0,9739 0,00993 295,71 427,34 131,63 1,3085 1,6978
70,00 21,162 1,0027 0,00864 304,31 428,40 124,08 1,3331 1,6947
75,00 23,634 1,0363 0,00748 313,27 429,03 115,76 1,3583 1,6908
80,00 26,324 1,0766 0,00645 322,69 429,09 106,40 1,3844 1,6857
85,00 29,250 1,1271 0,00550 332,71 428,33 95,62 1,4116 1,6786
90,00 32,435 1,1948 0,00462 343,66 426,29 82,63 1,4410 1,6685
95,00 35,910 1,2983 0,00375 356,30 421,83 65,53 1,4744 1,6524
100,00 39,742 1,5443 0,00268 374,70 409,10 34,40 1,5225 1,6147
101,10 40,670 1,9523 0,00195 391,16 391,16 0,00 1,5661 1,5661
Tableau 3.1
3.3..2- Représentation graphique du cycle frigorifique
théorique
La figure 3. illustre le cycle théorique de la machine à
compression de vapeur dans le diagramme enthalpie (h, log P). Il
correspond au fonctionnement idéal d'appareils parfaits sans pertes de
charge, sans fuites thermiques et fonctionnant sans irréversibilités sauf
au niveau de la détente isenthalpique. Les quatre éléments qui
composent le cycle de réfrigération peuvent être identifiés sur le
59
Machine frigorifique à compression de vapeur
diagramme de Mollier par les quatre processus : compression,
condensation, évaporation, et détente.
Figure 3.9
Le processus de détente intervient quant le liquide traverse le
détendeur. D’après le diagramme de Mollier on remarque que la
pression se réduit de la pression de condensation à la pression
d’évaporation. L’enthalpie au niveau du détendeur reste le même, de
sorte que la détente apparaît sous forme d’une verticale 3-4. Au cours
de cette transformation une fraction du réfrigérant est vaporisée tandis
que le reste, qui demeure à l’état liquide se refroidit. La chaleur cédée
dans ce refroidissement fournit la chaleur latente qui vaporise la petite
partie qui se transforme en vapeur. Par conséquent seule la fraction
liquide restante qui participera à la production d’effet frigorifique.
Dans l’évaporation, le réfrigérant entre l’évaporateur sous
forme d’un mélange de liquide et de vapeur, au Point 4. Au fur et à
60
Machine frigorifique à compression de vapeur
mesure que le fluide frigorigène traverse l’évaporateur il absorbe la
chaleur nécessaire à sa vaporisation et théoriquement il se trouve à l’état
vapeur saturé au point 1.
La vapeur saturée entre dans le compresseur au point 1. La
compression s’achève à un certain point sur la ligne de pression
correspondant à la pression de condensation. La compression théorique
est de type à entropie constante, par conséquent une courbe tracée à
partir du point 1 parallèle à une ligne d’entropie constante représente le
processus de compression. Le point 2 se trouve à l’intersection de la
courbe d’entropie constante avec la de pression correspondant à la
pression de condensation. Cette compression nécessite de l’énergie
provenant de l’extérieur pour faire passer la vapeur à basse pression
dans l’évaporateur à l’état de haute pression..
La dernière phase du cycle de réfrigération est la condensation.
Elle intervient à pression constante pour les fluides purs et est
représenté par la ligne 2-3. Au cours de la condensation, la chaleur
absorbée dans l’évaporateur, plus l’énergie de compression sont
transmises au fluide de refroidissement et le réfrigérant se condense. Le
fluide à l’état liquide retourne au détendeur avant de commencer un
autre cycle.
La quantité de chaleur absorbée par chaque kilogramme de
réfrigérant quand il traverse l’évaporateur est désignée par l’effet
frigorifique.
Cycle réel à compression de vapeur
61
Machine frigorifique à compression de vapeur
Le cycle thermodynamique réel de la machine frigorifique,
figure 3.10, s’éloigne du cycle théorique. Au niveau de l’évaporateur
des pertes de charge font que l’évaporateur
Figure 3.10
n’est plus isobare. A la sortie de l’évaporateur, les vapeurs sont en
pratique surchauffées. Ainsi, les vapeurs échangent encore de la chaleur
avant d’être aspirées par le compresseur. Cette surchauffe à
l’aspiration assure aussi une protection du compresseur contre les coups
de liquide (introduction de liquide dans la chambre du compresseur).
Coté condenseur, l’influence des pertes de charge est
généralement moins sensible qu’à l’évaporation (température plus
62
Machine frigorifique à compression de vapeur
élevée). Un refroidissement isobare au-delà de la couche de saturation
permet de gagner quelques frigories.
Le cycle pratique de l’installation est représenté par les points
1 2 3 4. Généralement, il est tracé à partir des relevés de température et
pressions réelles et il permet de faire un bilan thermique de
l’installation.
Cycle réél : sous-refroidissement
Le sous refroidissement représente le refroidissement d’un
liquide frigorigène, à une pression constante à une température
inférieure à la température à laquelle il a été condensé. La production
frigorifique d’une installation sera accrue. Ceci s’explique par le fait
que l’enthalpie du fluide sous-refroidi est inférieure à l’enthalpie du
fluide saturé. Le gain de « frigories » à l’évaporateur correspond au
segment 3’-3. L’influence du sous refroidissement est illustrée sur la
figure 3.11.
63
Machine frigorifique à compression de vapeur
Le sous refroidissement peut avoir lieu au sein même du condenseur si
la surface a été calculée suffisamment large. Il est également possible
d’assurer ce refroidissement du fluide à l’aide d’un échangeur de
chaleur, en se servant de la vapeur froide quittant l’évaporateur, figure
3.12.
Condenseur
Compresseur
Échangeur
Evaporateur
Détendeur
Figure 3.12
Cycle réél : surchauffe
Un compresseur de fluide frigorigène peut comprimer, en
raison de sa construction, que des gaz ou de la vapeur. Si le fluide
d’aspiration du compresseur est situé directement sur la ligne de rosée
(voir point 1, figure 3-9), une diminution de charge de l’évaporation
peut entraîner une aspiration“ humide. Il peut en résulter deux
conséquences néfastes pour le compresseur. Le fluide frigorifère
liquide lave le film lubrifiant entre le piston et les parois du cylindre;
une lubrification insuffisante provoque une usure plus importante. Si
du liquide frigorigène liquide parvenait dans le cylindre, la plaque de
soupape peut être endommagée par les à-coups de liquide.
64
Machine frigorifique à compression de vapeur
Afin d’éviter toute aspiration de liquide, l’état d’aspiration du
compresseur est décalé de la ligne de rosée vers la droite. On
surchauffe la vapeur du fluide frigorigène. Sa température est
située au-dessus de la température d’évaporation.
- Surchauffe dans l’évaporateur
La plupart des installations frigorifiques à évaporation
sèche sont équipées d’organes de détente réglés de façon
thermostatique. Elles ont pour fonction, à tous les stades de
fonctionnement de l’installation frigorifique de réaliser un réglage
de la surchauffe après la phase d’évaporation dans l’évaporateur.
- Surchauffe dans la conduite d’aspiration
La vapeur peut absorber de la chaleur sensible quand elle
traverse la conduite d’aspiration. La chaleur sensible ainsi absorbée
par la valeur n’a aucun effet sur la production du froid.
- Surchauffe dans le compresseur
La vapeur d’aspiration est utilisée pour le refroidissement du
moteur du compresseur lors du “refroidissement de la vapeur
d’aspiration“. Le fluide frigorigène est préalablement surchauffé
avant d’être envoyé dans la chambre de compression. Ce transfert
thermique interne génère également une surchauffe.
Cycle réel : compression réelle
Dans le cycle théorique, la compression de vapeur intervient
sans échange de chaleur entre les vapeurs et les parois du compresseur.
Ce phénomène est connu sous le terme de compression adiabatique. Ce
pendant la réalité dans la réalité, il se produit un échange de chaleur
entre les parois du cylindre et la vapeur.
65
Machine frigorifique à compression de vapeur
La seconde supposition, dans le cycle théorique est que la
compression ne s’accompagne d’aucun frottement. Il est évident que
c’est impossible ; une partie du travail fourni à l’arbre du compresseur
doit être utilisé pour surmonter le frottement entre les parties mobiles
du compresseur. Ce frottement se traduit par un échauffement des
parties métalliques du compresseur.
Dans les compresseurs, en réalité, la puissance nécessaire est
supérieure à la puissance théorique calculée. Elle est obtenue à partir
de la puissance théorique en appliquant un facteur appelé le rendement
global. Le rendement global d’un compresseur est défini par la formule
suivante :
𝑃𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑡ℎé𝑜𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒
𝜂𝑔 =
𝑃𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑟é𝑒𝑙𝑙𝑒
Cycle réel : Perte de charge sur le circuit frigorifique
Le fluide en circulation donne naissance à des pertes de
charge dans les différents éléments constituant l’installation (ligne
d’aspiration, ligne liquide, ligne de refoulement, dans les
échangeurs etc.).
- Au niveau de la conduite d’aspiration, la perte de charge entraine
une augmentation du volume spécifique du fluide frigorigène et
une augmentation du taux de compression d’où une diminution de
la production frigorifique volumétrique, une augmentation du
travail de compression et une chute des performances.
- Au niveau de la conduite e refoulement la perte de charge
provoque une augmentation du taux de compression, une
diminution du rendement volumétrique et une augmentation du
travail de compression.
66
Machine frigorifique à compression de vapeur
Par conséquent le cycle thermodynamique s’en trouve
modifié. La figure 3.10 met en évidence un tel tracé de cycle. Nous
constatons que les transformations ne sont plus isobares.
3.4- Bilan thermique d’une machine frigorifique
Dans ce bilan, nous considérons une machine frigorifique à
compression de vapeur à un seul étage dont le cycle thermodynamique
est représenté par la figure 3.13 suivante :
Figure 3.13
Bilan du détendeur
Le fluide condensé arrive au détendeur à l’état3 ou il subit une
détente isenthalpique à travers le détendeur. Au cours de cette
transformation la variation d’enthalpie est nulle, nous avons :
67
Machine frigorifique à compression de vapeur
ℎ4 = ℎ3 (3.1)
A la sortie du détendeur, le fluide se trouve à l’état diphasique. Le titre
en vapeur dépend :
- du taux de compression
- de la nature du fluide
Bilan de l’évaporateur
Au niveau de l’évaporateur, le fluide est totalement évaporé. La
quantité de chaleur absorbée par le fluide frigorigène par unité de
masse, soit:
Δhev = h1 − h4 (3.2)
La puissance frigorifique produite est :
Q̇ ev = ṁ( h1 − h4 ) (3.3)
Bilan du compresseur
Le compresseur fournit au fluide de l’énergie en le comprimant
de l’état d’aspiration 1 à l’état de refoulement 2. Si on considère que la
compression est parfaite le point 2 et le point 1 d’aspiration se trouvent
sur la même isentrope.
Ẇisen = ṁ( h1 − h2is ) (3.4)
En réalité la transformation réelle n’est pas isentropique, le fluide reçoit
en de l’énergie mécanique à cause des pertes dues au frottement
mécanique des organes en mouvement.
68
Machine frigorifique à compression de vapeur
Wisen
Ẇr = (3.5)
ηi ηm
i et i représentent respectivement les rendements indiqué et
mécanique
Bilan du condenseur
A la sortie du compresseur le fluide entre dans le condenseur ou il subit
une désurchauffe, une condensation et un sous refroidissement. La
quantité de chaleur abandonnée au milieu extérieur :
Q̇ C = ṁ( h2 − h3 ) (3.6)
Coefficient de performance théorique
Par définition le coefficient de performance d’une machine
frigorifique est défini comme le rapport des du froid au niveau de
l’évaporateur au travail de compression :
Q̇ ev
ε= (3.7)
Ẇ r
On peut également caractériser la qualité de ce cycle en définissant le
rendement par rapport à un cycle de Carnot comme le rapport de
l’efficacité de la machine 𝜀 à celui de Carnot, soit :
ε
η= (3.8)
εc
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