Scope
Scope
L’oscilloscope
Principe de fonctionnement et mode d’emploi
par
Jérôme CROS
Sommaire
I - Introduction
II - Principe de fonctionnement
1) Les oscillogrammes
2) Principe d’un tube cathodique et méthode d’affichage des traces
3) Structure d’un oscilloscope
III - Les boutons de contrôle et de réglage d’un oscilloscope
1) Réglage du faisceau d’électrons et mise sous tension
2) Réglage vertical des entrées
3) Réglage horizontal des entrées
4) Réglage du déclenchement (Trigger)
IV - Utilisation pratique
1) Mise sous tension et réglages initiaux
2) Précautions à suivre pour le branchement des entrées
a) Problèmes de masse
b) Problèmes de mise à la terre
3) Mesures à l’écran (amplitude, période, déphasage)
4) Les erreurs de mesure
V - Références
I - Introduction
La plupart des appareils de mesure réalise une mesure ponctuelle qui se traduit par la déviation d’une aiguille sur
un cadran ou l’affichage numérique d’un nombre sur un compteur (par exemple: un voltmètre, un ampèremètre, un
wattmètre ou un multimètre). L’étude des variations d’une grandeur en fonction d’une autre nécessite un relevé très
rapide d’une série de points pour obtenir le tracé d’une courbe (par exemple: tracé de l’évolution du courant en
fonction du temps ou encore le tracé de l’évolution de la puissance en fonction du courant).
Il y a différentes manières de réaliser ce genre d’études ou de mesures. On peut envisager d’utiliser un système
d’acquisition (par exemple: des cartes pour PC) associé à des instruments ou des capteurs permettant des mesures
à fréquence élevée. Cependant, cette fréquence de mesure reste très limitée (au maximum quelques centaines de
kiloHertz) en raison de la rapidité de la carte d’acquisition et du nombre de grandeurs mesurées.
On peut aussi utiliser un oscilloscope qui permet de tracer directement sur un écran, une courbe correspondant à
l’évolution du signal de mesure (par exemple, une tension en fonction temps). Cet appareil permet l’observation de
phénomènes très rapides (plusieurs centaines de mégaHertz ce qui correspond à quelques nanosecondes). C’est
pour cette raison que l’oscilloscope occupe une place très privilégiée parmi toute la panoplie des appareils de
mesure. C’est le seul appareil qui permet de voir la forme des signaux les plus complexes et de mesurer leurs
caractéristiques: durées, fréquences, amplitudes.
La richesse des possibilités offertes par un oscilloscope, accompagnée de la profusion des commandes ou des
réglages peuvent d’abord dérouter. Cela conduit très souvent à une sous-exploitation de l’appareil, voire à des
erreurs. En fait, cette complexité n’est pourtant qu’apparente. Elle résulte de la réunion de sous-ensembles aux
fonctions variées, mais simples lorsqu’on les examine séparément. Il est essentiel de bien connaître l’architecture
d’un oscilloscope et de développer une expérience personnelle pour l’utiliser de manière efficace.
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GEL-16132 Circuits L’oscilloscope
II - Principe de fonctionnement
1) Les oscillogrammes
Un oscillogramme correspond à la courbe qui est engendrée par le déplacement d’un spot lumineux sur l’écran d’un
tube cathodique. Il peut correspondre à l’évolution d’une grandeur en fonction du temps ou à l’évolution d’une
grandeur par rapport à une autre (composition de signaux).
Exemple: V1(t) = 7.5*sin(100π.t) V2(t) = 5*sin(100π.t-π/3)
V1 V2
7.5
V2
5 5
π/3
t (s)
0.01 0.02 0.03 7.5 V1
0.0033
Plaques de
déviation verticale
Canon
d’électrons
Écran
Plaques de Spot
déviation horizontale
L’alimentation par une tension variable des deux séries de plaques (planes et parallèles) permet de soumettre le
faisceau d’électrons à des champs électriques variables ce qui provoquent la déviation verticale ou horizontale du
faisceau (suivant la série de plaques alimentée).
Si on souhaite observer l’évolution temporelle de la tension V1 à l’oscilloscope, cette tension V1 doit régler la
déviation verticale du spot lumineux et la déviation horizontale doit être une image du temps. Il faut donc appliquer
une tension de la forme v(t) = k.t (k étant une constante) sur les plaques de déviation horizontale. Comme il n’est
pas possible de laisser la tension v(t) augmenter indéfiniment, on annule cette tension périodiquement et la tension
v(t) à la forme d’un signal en dent de scie. On réalise alors un balayage périodique du spot lumineux sur l’écran de
l’oscilloscope. Le signal en dent de scie, v(t), est généré en interne par l’oscilloscope et constitue la base de temps.
La figure 3 montre deux oscillogrammes tels qu’ils vont apparaître sur l’écran de l’oscilloscope en imposant les
formes suivantes pour V1(t) et v(t).
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V 1(t)
v(t)
Τ
v (t)
2.Τ
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V 1(t)
v(t)
Τ2 Τ2 > Τ1
Affichage à l’écran V1
7 .5
Τ1
V 1(t)
Τ1
Si les périodes des signaux V1(t) et v(t) sont des multiples entiers l’une de l’autre, le spot lumineux va toujours
parcourir la même trace (fig 3). Dans le cas contraire, il n’est pas possible d’effectuer une observation cohérente du
signal V1(t) (fig 4). Il est donc indispensable d’utiliser un système de synchronisation de signal pour assurer un
affichage cohérent de la tension V1(t). Cette synchronisation consiste à comparer l’amplitude de la tension V1(t) par
rapport à un niveau de référence de manière à produire un signal de déclenchement pour la base de temps, dont
la période correspond à celle du signal V1(t) (Fig. 5).
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Entrée Amplificateur
Atténuateur vertical Tube
verticale 1
(voie 1) cathodique
Mise à
la terre
Synchro Synchronisation
externe
Amplificateur
Base de temps horizontal
T E K T R O N IX 2255
T R IG G E R
V E R T IC A L H O R IZ O N TA L
S lo pe
P o sitio n Tra ce sep P o sitio n P osition L e vel
Intensity C o ar se F ine
PP S gl
CH1 C H 2 C H 2 Inver t A d d C ho p X1 M ag A u to sw p
rea dy
B eam B oth N or m A lt A lt N o rm
F o cus ca l ca l ca l
So urce C ou plin g
C h1 L in e AC
Vert m ode LF
ex t/1 0 R ej
AC DC AC DC X5 X 50 Ch2 HF
Ext E xt DC
GND GND X10
P ow er
CH 1 ou X CH 2 ou Y E X T in put
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IV - Utilisation pratique
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Diode Shunt
Is a b c
Vab Vbc
Source de Résistance
tension alternative
~ C a pacité
polarisée de charge
Si on réalise le branchement de la figure 9, on obtient, à priori, Vab sur la voie 1 et une tension Vbc sur la voie 2.
Sachant que Vbc = RIs, la tension Vbc correspond bien à l’image du courant de la source Is. Cependant, sur l’écran,
il n’apparaît aucune déviation pour la voie 2 en raison d’un branchement incorrect. En effet, les masses de chaque
voie ne sont pas reliées au même point. Il y a alors un court-circuit sur le montage qui est provoqué par
l’oscilloscope. Il n’est donc pas possible d’utiliser ce type de branchement pour observer deux signaux
simultanément (si les sondes de tension ne sont pas isolées).
Voie 1 Voie 2
Y1 M1 Y2 M2
Court-circuit !!
Fig 9 : Branchement incorrect des voies
de l’oscilloscope
~
Le branchement de la figure 10 est correct puisque les masses de chaque voie sont bien reliées au même point.
On aurait pu, aussi, brancher un seul fil de masse pour faire cette mesure puisque les masses des voies sont déjà
reliées à l’intérieur de l’oscilloscope.
La voie 1 permet d’observer directement la tension Vab. La voie 2 permet d’observer la tension Vcb. Sachant que
Vbc = -RIs, il faut appuyer sur la touche d’inversion de signal de la voie 2 pour observer correctement l’allure du
courant Is.
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+
Tension à
R1
mesurer
-
~
Fig 11 : Exemple de mesure sur un montage R2
avec mise à la terre
Mise à la terre
La masse de l’oscilloscope doit être branchée au même endroit que la mise à la terre pour éviter un court-circuit.
La figure 12a montre un branchement incorrect. D’une part, la mesure est fausse et d’autre part on risque
d’endommager l’oscilloscope (courant de court-circuit). Il n’est pas possible d’obtenir directement la tension aux
bornes de R1 à moins d’utiliser des sondes de tension isolée. La figure 12b montre le branchement correct qui utilise
les deux voies de l’oscilloscope. Il faut ensuite effectuer une composition de signaux (voie 1 - voie 2) pour obtenir
la tension aux bornes de la résistance R 1.
Y1 Y1
R1 R1
~ M1 ~ Y2
R2 R2
Court-circuit !!
M1-M2
Tension Vr = Y1 + Inv [Y2]
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Masses 1 et 2 réglées
2.85 cm sur l’axe horizontal
9.2 cm
Les deux signaux (voie 1 et voie 2) ont la même fréquence. Il est donc possible de mesurer le déphasage entre ces
signaux. La voie 1 est en avance (de phase) par rapport à la voie 2. L’angle de déphasage entre la voie 1 et la voie
2 s’obtient de la manière suivante:
Mesure de la distance en centimètre entre le passage par zero d’un front montant de la voie 1 et le passage par
zéro d’un front montant de la voie 2:
x = 2.85 cm soit un retard de t = 2.85 cm * 5 ms/cm = 14.25 ms
Une simple règle de trois permet de déduire l’angle de déphasage (par exemple en degrés):
θ = 2.85 cm / 9.2 cm * 360 degrés = 111.5 degrés
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1 1 cm
∆y lec ture = --- ⋅ division = --- ⋅ 0.2 -------- = 0.1 cm
2 2 div
1 1 cm
∆y ze ro = --- ⋅ division = --- ⋅ 0.2 -------- = 0.1 cm
2 2 div
∆y totale = ∆y instrument + ∆y lec tu re + ∆y z ero = 0.24 + 0.1 + 0.1 = 0.44cm
V - Références
[1] René Rateau - OSCILLOSCOPES, fonctionnement utilisation - Edition Techniques et Scientifiques Française
(ETSF) - 1988 - ISBN 2 85535 172 3.
[2] W.D. Cooper - Electronic Instrumentation and Measurement - Prentice Hall, 1985
[3] S. Wolf - Guide to Electronic Measurements and Laboratory Pratice - Prentice Hall, 1973
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