Chapitre 3
Chapitre 3
Jusqu’à présent, nous avons écrit des équations de bilan sur un volume macroscopique,
fixe dans l’espace. Il est possible d’en déduire des équations aux dérivées partielles, dites
locales, reliant les grandeurs de l’écoulement en chaque point. Il faut savoir que la majorité
des problèmes de mécanique des fluides ne peut être résolue que par les équations locales et
elles constituent donc un outil indispensable dans le cas général.
Les équations locales se déduisent des équations des bilans en transformant leurs
intégrales de surfaces en intégrales de volumes à l’aide des formules de Green-Ostrogradski :
Soit un volume de frontière S sur laquelle est définie en tout point régulier la
normale unitaire extérieure n . Soit A (M) , B(M) et C(M) , des champs scalaire, vectoriel et
tensoriel d’ordre 2, respectivement, continus et dérivables sur . On a alors:
B n dS
S
div B d (2)
t d V n dS 0 (4)
S
t d div v d 0
(5)
t div v d 0
(6)
34
A
t d S A
V n dS iA S A
d D grad
A
n dS (8)
terme de diffusion
A V
d
A
div(A v) IA div DA grad A (10)
t
div DA grad A DA A (11)
2 A 2 A 2 A
A
x 2 y2 z 2 (12)
35
d
V
t d div P d grad p d f d div vd (14)
soit
( V)
t
div P grad p f div
v d 0
(15)
Cette équation est vraie pour tout volume aussi petit fut-il et par conséquent l’intégrant est
nul ; ce qui nous donne :
( V)
div P grad p f div v
t (16)
Dans cette équation interviennent les termes divP et div v que nous allons expliciter. La
divergence d’un tenseur A est un vecteur de composantes
A xx A xy A xz
(div A) x
y z
x
A yx A yy A yz
div A (div A) y (17)
x y z
(div A) z A zx A zy A zz
x y z
36
div P grad V V V div( V) V(V) V ( V) (19)
V
Le terme entre crochets est nul, en vertu de l’équation de continuité (7) ; On obtient
finalement la forme suivante de l’équation de quantité de mouvement :
V
grad V V grad p f div v (22)
t
En coordonnées cartésiennes, le produit grad V V s’obtient en écrivant
divv z xxz yy z zzz
II.2. Cas d’un mélange de plusieurs constituants
Nous pouvons traiter de la même façon l’équation intégrale, que nous avons établie au
premier chapitre,
( V)
Pour obtenir
V
grad V V grad p k f k div v (25)
t k
Ce qui veut dire que le bilan local relatif à un écoulement de plusieurs constituants ne diffère
de celui d’un mono-espèce que par le terme des forces volumiques.
+ q v d grad T n dS
S
On aura recours aux les relations (2) et (3) en tenant compte du fait que le produit salaire est
commutatif. On obtient
38
t
(26)
div v V d + q v d div grad T d
t (27)
+q v div grad T
Ici encore le membre de gauche de (27) peut être transformé. Après développement de ses
deux termes et mise en facteur de (e + V2 /2) , il vient:
(e + V 2 /2)
V grad e + V 2 /2 div p V + f V
(e + V /2) div V
2
t t
(28)
Là aussi le terme entre crochets du premier membre est nul, en vertu de l’équation de
continuité (7) ; On obtient finalement la forme suivante de l’équation de l’énergie
(e + V 2 /2)
V grad e + V 2 /2 div p V + f V
t (29)
div v V +q v div grad T
39
Pour les fluides usuels tels que l’air et l’eau, on vérifie, dans les expériences simples,
que v est une fonction linéaire affine du tenseur gradient des vitesses, grad V . a alors la
forme suivante :
p I v
(30)
v div V I 2D
c) enfin, les composantes 2ij du tenseur 2D sont des contraintes proportionnelles aux
taux de déformation linéiques (ii) ou angulaires ( ij ,i j ). La grandeur est la viscosité
dynamique du fluide. Quant au facteur 2, il est destiné à se simplifier plus loin avec le ½ qui
intervient dans certaines expressions
La combinaison 2 3 est appelée viscosité de volume. D est le tenseur
(symétrique) des taux de déformation dont les composantes s’écrivent:
1 v x v x v x
D xx
2 x x x
1 v v v y (31)
D yy y y
2 y y y
1 v v v
D zz z z z
2 z z z
40
La relation (30) est dite loi de comportement de Navier-Stokes, et les fluides vérifiant
cette loi sont dits fluides de Navier-Stokes ou fluides newtoniens. Elle est très bien vérifiée
expérimentalement pour les fluides usuels.
3 2 0 (32)
c'est-à-dire que la viscosité de volume est nulle. Cette relation peut être démontrée à partir de
la théorie cinétique des gaz pour les gaz monoatomiques. Plus généralement elle s’applique
pour les gaz polyatomiques à condition que les degrés de liberté internes des molécules soient
en équilibre les uns avec les autres. Pour un fluide incompressible, on a div V 0 et
disparait de l’expression de v .
Remarquons qu’on a déjà vu une autre loi de comportement qui est celle qui donne la
densité de flux de chaleur c’est-à-dire la loi de Fourier:
d qs grad T (33)
V. EQUATIONS DE NAVIER-STOKES
On appelle équations de Navier-Stokes le système d’équations locales de
continuité, de quantité de mouvement et d’énergie, complété par les lois de comportement de
Navier-Stokes pour et de Fourier pour q s et par les équations d’état thermodynamique et
les propriétés du fluide nécessaires. A l’origine, on appelait équation de Navier-Stokes
seulement l’équation de quantité de mouvement.
Ces équations ont un très large domaine d’application en mécanique des fluides
homogènes et peuvent être étendues aux fluides hétérogènes.
Le plus souvent, on est amené à travailler sur des écoulements dans lesquels le fluide
est sous l’effet de la pesanteur, soit f g , et sans puissance calorifique volumique, c’est-
à-dire q v 0 . C’est cette situation que nous considérerons pour la suite ce cours.
Masse
div V 0
(39)
t
Quantité de mouvement
V
grad V V grad p g div v (40)
t
avec
v div V I 2D (41)
42
p p , e
(42)
T T , e
Propriétés du fluide
p, T en général T
p, T en général 3+2=0 (43)
p, T en général = T
43
L’équation de l’énergie
(e + V 2 /2)
V grad e + V 2 /2 div p V + g V
t (49)
div v V div grad T
e ( V 2 /2)
V grad V 2 /2 p div V V grad p+ g V
V grad e
t t (51)
v : grad V V div v div grad T
Il vient
de d( V 2 /2)
p div V V grad p+ g V
dt dt (52)
v : grad V V div v div grad T
44
de ds d(1 )
T p
dt dt dt de ds p d
T (57)
d(1 ) 1 d dt dt ² dt
²
d
En utilisant (55) pour éliminer , on obtient
dT
de ds p
T div V (58)
dt dt
Soit
Le terme v : grad V est appelé dissipation intrinsèque. Elle représente la puissance locale
des forces de viscosité dans le fluide( en W/m3)
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avec
v 2D (63)
Energie totale
Compte tenu de la relation
dq dT
ds C (64)
T T
où C est la capacité calorifique, l’équation (60) devient :
Pour les écoulements de fluides incompressibles, on peut souvent admettre que , et C sont
des constantes. Les équations (62) et (65) prennent alors les formes suivantes :
dV
0 grad p 0 g V (66)
dt
dT
0C v : grad V T (67)
dt
Ici nous avons utilisé la relation :
2
div grad A A A
(68)
Vfluide = V paroi condition d'adhérence (70)
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Remarques:
- Si le fluide est un gaz dont le libre parcours moyen est grand aux frontières, on a :
Vfluide Vparoi ; Tfluide Tparoi
- Dans les problèmes de turbulence, la rugosité de la paroi doit être spécifiée car son
influence est souvent effective. En plus il faudra choisir parmi les différents types de
traitement de la rugosité de la paroi.
condition d'imperméabilité de la paroi, n étant
V fluide V paroi n=0
le vecteur unitaire normal à cette paroi (74)
En particulier si la paroi est fixe la composante normale de la vitesse doit être nulle
Remarque : il n’y a pas de conditions aux limites à imposer à la température puisque le fluide
n’est pas sujet à des phénomènes de transport conductif de chaleur.
Liquide
48
Liquide
M. DEBIANE Cours de modélisation en mécanique des fluides -USTHB-
A l’interface, les vitesses, les températures des deux fluides ainsi que les tensions
de cisaillement subies par les particules adjacentes sont égales. Cependant, les pentes des
profils des températures et des vitesses peuvent faire l’objet de discontinuité à la traversée de
l’interface.
Dans le cas général où les deux fluides sont en mouvement, on peut considérer
que chaque élément dS de l’interface est sans masse de sorte que la résultante des forces qui
agissent sur lui soit nulle à chaque instant. Par suite, la condition dynamique s’exprime en
admettant que l’interface soumise à des contraintes de pression, de viscosité et de tensions
interfaciales est en équilibre ; cet équilibre est traduit par deux relations :
Vt1 V
t,1 t,2 soit 1 2 t2 (78)
n n
Liquide 1
n
t
V1 t,1
V2 t,2
Liquide 2
n
R2 R1
La tension superficielle est par définition la force par unité de longueur associée à la
formation de la surface considérée. En réalité la prise en compte de la tension superficielle
peut induire une force surfacique supplémentaire : f t , qui caractérisent l’influence
tangentielle de la tension superficielle, si on considère que la tension superficielle γ varie sur
l’interface. C’est le cas si la température varie sur celle-ci : c’est l’effet Marangoni. Dans ce
cas, la condition dynamique prend une forme plus générale
p
1 1
n v n p n v n n (80)
1 2 R1 R 2
d. Interfaces liquides-gaz
Ces interfaces sont appelées surfaces libres. Elles sont le siège d’une forme de
dégénérescence des conditions aux limites. Pour l’illustrer, considérons le cas simple d’une
interface air-eau plate, donc sans tension superficielle, le liquide étant en écoulement
horizontal. Pour qu’il y ait une continuité du cisaillement il faudrait que la condition
50
z air
eau
x
0 2 4 6 8 10
D
Dt z x, y, t n 0 (84)
z
D
où désigne la dérivée particulaire et n le vecteur normal à l’interface. z x, y, t est
Dt
l’équation de la surface libre, x, y, t étant ainsi l’élévation de cette surface. L’équation (84)
peut s’écrire :
Vx Vy Vz 0 en z=(x,y,t) (85)
t x y
51
1 1
p pa
R x R y
(86)
Dans le cas d’une interface air/eau on montre que la condition dynamique s’écrit sous la
forme suivante qui provient de l’équation de Bernoulli:
1
en z x,t
2
g t (X, Y) pa f (t) (87)
2
avec :
(X, Y)
XX 1 Y2 YY 1 X2 2XY X Y
(88)
1
32
2 2
X Y
La pression atmosphérique étant supposée constante, il est courant d’inclure le terme pa dans
l’expression de l’énergie potentielle. f(t) est une fonction arbitraire qui peut dépendre du
temps mais le potentiel et sa dérivée partielle par rapport à t n’étant définis qu’à une fonction
additive près de cette variable, on peut choisir de sorte que f(t) soit constante.
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Si le domaine d’étude est suffisamment long pour que l’écoulement devienne établi,
une alternative serait d’imposer aux propriétés telles que la vitesse, la température et les
grandeurs turbulentes d’avoir un gradient nul à la section de sortie, dans la direction qui lui est
normale. Elle est utilisée pour les écoulements tournants dans lesquels existent des gradients
radiaux de pression qu’il est difficile d’exprimer dans la pression de sortie. Toutefois, l’option
de spécification de la pression est meilleure si elle y est connue sur la section de sortie.
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