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Chapitre 3

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EQUATIONS LOCALES

Jusqu’à présent, nous avons écrit des équations de bilan sur un volume  macroscopique,
fixe dans l’espace. Il est possible d’en déduire des équations aux dérivées partielles, dites
locales, reliant les grandeurs de l’écoulement en chaque point. Il faut savoir que la majorité
des problèmes de mécanique des fluides ne peut être résolue que par les équations locales et
elles constituent donc un outil indispensable dans le cas général.
Les équations locales se déduisent des équations des bilans en transformant leurs
intégrales de surfaces en intégrales de volumes à l’aide des formules de Green-Ostrogradski :
Soit un volume  de frontière S sur laquelle est définie en tout point régulier la
 
normale unitaire extérieure n . Soit A (M) , B(M) et C(M) , des champs scalaire, vectoriel et
tensoriel d’ordre 2, respectivement, continus et dérivables sur  . On a alors:

 

 A  ndS   grad A d



S (1)
  

 B  n dS  
S 
div B d (2)

 C  n dS   div Cd


S 
(3)

I. EQUATION DU BILAN LOCAL DE MASSE


I.1. Cas d’un seul constituant
Rappelons que le bilan intégral de masse est donné par l’équation (21) du chapitre II et
qui s’écrit :
  

 t d    V n dS  0 (4)
 S

En utilisant la relation (2), il vient


 t d   div v  d  0
  (5)

Comme les deux intégrales s’appliquent au même domaine,

  
  t  div v  d  0
 (6)
34

M. DEBIANE Cours de modélisation en mécanique des fluides -USTHB-


Comme  est arbitraire, cette équation est vraie pour tout volume  aussi petit fut-il et par
conséquent l’intégrant est nul.

 div  v   0 (7)
t

C’est l’équation de continuité

I.2. Cas d’un mélange de plusieurs constituants


D’après l’équation (25) du chapitre II, le bilan intégral de masse du constituant A
d’un mélange multi-espèces s’écrit

A     

 t d  S A
 V n dS   iA S A
 d   D grad

A
 n dS (8)

terme de diffusion

Compte tenu de la relation (2), cette équation s’écrit

A  V
 d     

 t d     


div  A  iA d   
div  D A grad A
 
 d (9)

Comme toutes les intégrales s’appliquent au même domaine  , arbitraire, le traitement de


cette équation donne lieu au bilan local

A     
 div(A v)  IA  div   DA grad  A   (10)
t    

Si le coefficient de diffusion DA est une constante, et si le mélange est incompresible, alors :

    
div   DA grad  A    DA A (11)
   

Ici,     est l’operateur laplacien. En coordonnées cartésiennes

 2  A  2  A  2 A
A   
x 2 y2 z 2 (12)

35

M. DEBIANE Cours de modélisation en mécanique des fluides -USTHB-


[Link] DU BILAN LOCAL DE LA QUANTITE DE
MOUVEMENT
II.1. Cas d’un seul constituant
L’équation de conservation de la quantité de mouvement, dite “sous forme
conservative”, se démontre de la même façon car elle découle directement du bilan écrit au
deuxième chapitre

d     

dt  S S  S v ndS


 V d  P  n dS   p ndS   f d    (13)

Pour ce faire, on utilisera cette fois-ci les relations (1) et (3)

   V 

   

 t d   div P d   grad p d    f d   div vd (14)

soit
 ( V)

  
  t
  div P  grad p   f  div  
v d  0

  (15)

Cette équation est vraie pour tout volume  aussi petit fut-il et par conséquent l’intégrant est
nul ; ce qui nous donne :

( V)  
 div P   grad p   f  div  v
t (16)

Dans cette équation interviennent les termes divP et div v que nous allons expliciter. La
divergence d’un tenseur A est un vecteur de composantes

 A xx A xy A xz 
 
 (div A)   x

y z

 x   
    A yx A yy A yz 
div A   (div A) y       (17)
 x y z 
  
 (div A) z   A zx A zy A zz 
   
 x  y  z
 

36

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En appliquant la relation (17) pour le tenseur des quantités de mouvement P , on obtient

 Pxx Pxy Pxz 


 
 (div P )   x

y z

 x   
    Pyx Pyy Pyz 
div P   (div P ) y       (18)
 x y z 
  
 (div P ) z   Pzx Pzy Pzz 
   
 x  y  z
 
 
Nous avons vu, au chapitre II, que le tenseur des quantités de mouvement P   V V a pour
composantes Pij  Vi Vj . on montre que

         
div P  grad V V V div( V)   V(V)  V  ( V) (19)

L’équation (16) peut alors s’écrire



  V      
V   grad V V V div( V)   grad p   f  div v (20)
t t

Cette équation peut se mettre sous la forme


  
 V    

 t  div( V)  V    grad V  V   grad p   f  div v (21)


  t

Le terme entre crochets est nul, en vertu de l’équation de continuité (7) ; On obtient
finalement la forme suivante de l’équation de quantité de mouvement :

V    
  grad V V   grad p   f  div v (22)
t
 
En coordonnées cartésiennes, le produit grad V V s’obtient en écrivant

 Vx Vx Vx   Vx V V 


 x y z   Vx  Vy x  Vz x 
x y z
   Vx   
   Vy Vy Vy     Vy V V 
grad V V      Vy     Vx  Vy y  Vz y  (23)
 x y z   V   x y z 
 Vz Vz Vz   z   Vz V V 
   Vx  Vy z  Vz z 
 x y z   x y z 
37

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Si nous désignons par ij les éléments du tenseur  v , alors l’application de la relation (17) à

ce tenseur montre que sa divergence est un vecteur de composantes


xx  y x zx
 div 
v x 
x

y

z
  
 divv y  xxy  yyy  zzy (24)

  
 divv z  xxz  yy z  zzz
II.2. Cas d’un mélange de plusieurs constituants
Nous pouvons traiter de la même façon l’équation intégrale, que nous avons établie au
premier chapitre,

( V)    

k t d  k P  n dS  k  p ndS  


 k  k k
f d  k ndS
 v 
 S S S

Pour obtenir

V    
  grad V V   grad p   k f k  div v (25)
t k

Ce qui veut dire que le bilan local relatif à un écoulement de plusieurs constituants ne diffère
de celui d’un mono-espèce que par le terme des forces volumiques.

III. EQUATION DU BILAN LOCAL DE L’ENERGIE


L’équation locale de conservation de l’énergie peut être obtenue à partir de sa forme
intégrale
(e + V 2 /2)
      VdS
      

  S     S      S 


 
2
d + e + V /2 V n dS p n VdS + f V d + n
t 
v

 
+  q v d    grad T  n dS
 S

On aura recours aux les relations (2) et (3) en tenant compte du fait que le produit salaire est
commutatif. On obtient

38

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 (e + V 2 /2) 
d+  div   e + V 2 /2  V  d    div  p V  d +   f  V d
   



t 
  
   (26)
  div  v  V  d +  q v d   div  grad T  d
 

   
  

Ce qui donne lieu à la forme non conservative locale


 (e + V 2 /2) 
+div   e + V 2 /2  V   div  p V  +  f  V  div  v  V 
    

t       (27)
+q v  div  grad T 

 

Ici encore le membre de gauche de (27) peut être transformé. Après développement de ses
deux termes et mise en facteur de (e + V2 /2) , il vient:

     (e + V 2 /2)    
     V  grad  e + V 2 /2   div  p V  +  f  V
  
(e + V /2)   div   V    
2

 t   t    

 div  v  V  +q v  div  grad T 


 

   
(28)

Là aussi le terme entre crochets du premier membre est nul, en vertu de l’équation de
continuité (7) ; On obtient finalement la forme suivante de l’équation de l’énergie

 (e + V 2 /2)    
   V  grad  e + V 2 /2   div  p V  +  f  V
  

t     (29)
 div  v  V  +q v  div  grad T 
 

   

IV. LOIS DE COMPORTEMENT. FLUIDE NEWTONIEN


Les équations locales de continuité, de quantité de mouvement et d’énergie
constituent un système d’équations aux dérivées partielles non-linéaires et couplées pour les

inconnues  , V et e que nous appellerons les inconnues de base.

39

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Dans ces équations apparait une grandeur inconnue supplémentaire qui est  v . Pour
fermer le système, il faut une relation permettant de calculer  v en fonction des inconnues de
base. Une telle relation fait intervenir les propriétés particulières du milieu continu considéré
et traduisent son comportement du point de vue des efforts intérieurs: on l’appelle loi de
comportement.

Pour les fluides usuels tels que l’air et l’eau, on vérifie, dans les expériences simples,

que  v est une fonction linéaire affine du tenseur gradient des vitesses, grad V .  a alors la
forme suivante :

   p I   v

  
 (30)
v    div V  I  2D
  

a) les composantes - pij du tenseur -p I sont des contraintes normales (termes de la


diagonale principale) indépendantes des déformations. Le paramètre p est la pression statique
au point M. L’expérience montre qu’il est toujours positif. Cela signifie que la force de

pression est dirigée en sens contraire de n , donc vers l’intérieur du domaine étudié. En
d’autres termes, p traduit un effort de compression.
b) les composantes du tenseur   div v  I sont également des contraintes normales, mais

elles sont proportionnelles au taux de déformation volumique ( div V ) du fluide. Le

paramètre  est appelé viscosité de dilatation du fluide (dans les rappels on a vu que div V est
le taux de dilatation volumique d’un élément de fluide).

c) enfin, les composantes 2ij du tenseur 2D sont des contraintes proportionnelles aux
taux de déformation linéiques (ii) ou angulaires ( ij ,i  j ). La grandeur  est la viscosité
dynamique du fluide. Quant au facteur 2, il est destiné à se simplifier plus loin avec le ½ qui
intervient dans certaines expressions
La combinaison    2  3 est appelée viscosité de volume. D est le tenseur
(symétrique) des taux de déformation dont les composantes s’écrivent:

1  v x v x  v x
D xx    
2  x x  x
1  v v  v y (31)
D yy   y  y  
2  y y  y
1  v v  v
D zz   z  z   z
2  z z  z

40

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1  v v y 
D xy   x  
2  y x 
1  v v 
D xz   x  z 
2  z x 
1  v v 
D yz   y  z 
2  z y 

La relation (30) est dite loi de comportement de Navier-Stokes, et les fluides vérifiant
cette loi sont dits fluides de Navier-Stokes ou fluides newtoniens. Elle est très bien vérifiée
expérimentalement pour les fluides usuels.

Les coefficients de viscosité sont des fonctions de l’état thermodynamique ; en général


ils dépendent de la température seule et ils sont souvent pris constants, en particuliers pour les
fluides incompressibles. Dans la plupart des problèmes, on suppose que  et  vérifient la
relation de Stokes :

3  2  0 (32)

c'est-à-dire que la viscosité de volume est nulle. Cette relation peut être démontrée à partir de
la théorie cinétique des gaz pour les gaz monoatomiques. Plus généralement elle s’applique
pour les gaz polyatomiques à condition que les degrés de liberté internes des molécules soient

en équilibre les uns avec les autres. Pour un fluide incompressible, on a div V  0 et 
disparait de l’expression de  v .

Remarquons qu’on a déjà vu une autre loi de comportement qui est celle qui donne la
densité de flux de chaleur c’est-à-dire la loi de Fourier:
 
d  qs   grad T (33)

où  est le coefficient de conductivité thermique, généralement fonction de la température ou


pris constant.

L’approximation du fluide parfait consiste à supposer le fluide non visqueux et non


conducteur de chaleur, c’est-à-dire à prendre

  0 ; =0 ; =0. (34)


Les fluides réels sont visqueux et conducteurs de la chaleur :

  0 ; >0 ; 3+2  0. (35)


On utilise également les coefficients suivants :

 , viscosité cinématique (36)

41

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 , diffusivité thermique (37)
Cp

Et la grandeur sans dimension


Cp 
Pr   , (38)
 
appelée nombre de Prandtl

V. EQUATIONS DE NAVIER-STOKES
On appelle équations de Navier-Stokes le système d’équations locales de
continuité, de quantité de mouvement et d’énergie, complété par les lois de comportement de
Navier-Stokes pour  et de Fourier pour q s et par les équations d’état thermodynamique et
les propriétés du fluide nécessaires. A l’origine, on appelait équation de Navier-Stokes
seulement l’équation de quantité de mouvement.
Ces équations ont un très large domaine d’application en mécanique des fluides
homogènes et peuvent être étendues aux fluides hétérogènes.
Le plus souvent, on est amené à travailler sur des écoulements dans lesquels le fluide
 
est sous l’effet de la pesanteur, soit  f   g , et sans puissance calorifique volumique, c’est-

à-dire q v  0 . C’est cette situation que nous considérerons pour la suite ce cours.

IV.1. Cas des fluides compressibles

 Masse

 div   V   0

(39)
t  
 Quantité de mouvement

V    
  grad V V   grad p   g  div v (40)
t

avec
 

v    div V  I  2D (41)
 

42

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 Energie totale
 (e + V 2 /2)    
   V  grad  e + V 2 /2   div  p V  +  g  V
  

t    
 div  v  V   div  grad T 
 

   

 Equations d’état thermodynamique

p  p  , e 

 (42)
T  T  , e 

 Propriétés du fluide

    p, T  en général     T 

    p, T  en général 3+2=0 (43)

    p, T  en général  =  T 

 Forme scalaire de l’équation de quantité de mouvement : l’équation de


l’énergie cinétique

Nous avons vu que l’équation de quantité de mouvement peut se mettre sous la


forme non conservative :

V    
  grad V V   grad p   g  div v (44)
t
Introduisons la dérivée particulaire d’une fonction vectorielle
 
d F F  
  V grad F
dt t
En écrivant (44) sous la forme
   
 V  
  V grad V    grad p   g  div v (45)
 t 
 

dV
dt

(45) peut alors s’écrire

43

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dV  
   grad p   g  div v (46)
dt

Multiplions scalairement les deux membres par V

 dV     
 V   V grad p   g V V div v (47)
dt
Ce qui s’écrit
d  V2 2     
   V grad p   g V V div v (48)
dt
 Forme particulière de l’équation de l’énergie: l’équation de l’entropie

L’équation de l’énergie
 (e + V 2 /2)    
   V  grad  e + V 2 /2   div  p V  +  g  V
  

t     (49)
 div  v  V   div  grad T 
 

   

peut être développée sous la forme


e  ( V 2 /2)
  V grad e   V grad  V 2 /2   p div V V grad p+  g V
        
 
t t (50)
 v : grad V  V div  v   div  grad T 
  

 

Le symbole « : » représente un produit doublement contracté ( A : B  AijBij  un scalaire ) En

mettant (50) sous la forme

 e     ( V 2 /2)   
 V grad  V 2 /2    p div V  V grad p+  g V
    
   V grad e    
 t   t  (51)
  v : grad V  V div  v   div  grad T 
  

 
Il vient
de d( V 2 /2)     
   p div V  V grad p+  g  V
dt dt (52)
  v : grad V  V div  v   div grad T 
  

 

En faisant la soustraction membre à membre des équations (48) et (53), on obtient :

44

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 p div V v : grad V  div  grad T 
de   
 (53)
dt  
Par ailleurs L’équation de conservation de la masse peut s’écrire :
  
 

 t  v  grad    div V  0 (54)


 

Le terme entre crochets est la dérivée particulaire de  ; Il vient :


d 
  div V  0 (55)
dt
La différentielle de l’énergie interne, en fonction de l’entropie et de la masse volumique
s’écrit
de  Tds  pd(1 ) (56)
Ce qui permet d’écrire

 de ds d(1 )
 T p
 dt dt dt de ds p d
  T  (57)
d(1 )   1 d dt dt ² dt

 ²

d
En utilisant (55) pour éliminer , on obtient
dT

de ds p 
 T  div V (58)
dt dt 

Cette relation permet de mettre (53) sous la forme :

 pdiv V  p div V v : grad V  div  grad T 


ds     
T (59)
dt  

Soit

 v : grad V  div  grad T 


ds   
T (60)
dt  

 
Le terme v : grad V est appelé dissipation intrinsèque. Elle représente la puissance locale
des forces de viscosité dans le fluide( en W/m3)

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IV.2. Cas des fluides incompressibles    0  Cte 
 Masse

div V  0 (61)
 Quantité de mouvement

dV  
0   gradp 0 g  divv (62)
dt

avec

v  2D (63)

 Energie totale
Compte tenu de la relation
dq dT
ds  C (64)
T T
où C est la capacité calorifique, l’équation (60) devient :

 v : grad V  div  grad T 


dT   
0C (65)
dt  

Pour les écoulements de fluides incompressibles, on peut souvent admettre que  ,  et C sont
des constantes. Les équations (62) et (65) prennent alors les formes suivantes :

dV   
0   grad p  0 g   V (66)
dt
dT  
0C  v : grad V   T (67)
dt
Ici nous avons utilisé la relation :
2
   
div grad A   A     A
    (68)

VI. CONDITIONS AUX LIMITES


Dans beaucoup de cas, les fluides interagissent avec leur environnement à travers
des frontières communes. La formulation mathématique de ces interactions se fait au moyen
de conditions limites. Ces dernières sont les contraintes à imposer aux équations de
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conservation pour que le champ considéré soit compatible avec les propriétés de
l’environnement. En d’autres termes, elles décrivent les aspects physiques aux frontières.
Pour un fluide donné, les conditions aux limites et, dans le cas d’écoulements
instationnaires, les conditions initiales caractérisent le problème d’écoulement à résoudre. Ces
conditions doivent en principe assurer l’existence et l’unicité de la solution des équations.
En général, il y a trois types de conditions aux limites :
- Premier type ou conditions aux limites de Dirichlet : la valeur de la variable
dépendante est imposée sur une frontière.
- Deuxième type ou conditions aux limites de Neumann : la dérivée normale de la
variable dépendante est spécifiée sur une frontière.
- Troisième type ou conditions aux limites de Robin : la variable dépendante et sa
dérivée normale sont reliées par une expression.

VI.1. Conditions initiales


En physique ou en mathématique, on définit comme conditions initiales les éléments
nécessaires à la détermination de la solution complète et si possible unique d'un problème,
éléments qui décrivent l'état du système à l'instant initial, c'est-à-dire l'état de départ:
 
à t  0s V  V0  M  ;   0  M  ; T  T0  M  (69)

VI.2. Conditions aux limites de physique générale

a. Frontières solides imperméables

 Si le fluide est réel (visqueux et conducteur de chaleur),


- le fluide doit avoir une vitesse égale à celle de la paroi :

 
Vfluide = V paroi  condition d'adhérence  (70)

En particulier si la paroi est fixe :


 
Vfluide = V paroi = 0 (71)

- les conditions sur la température les plus courantes sont :


Tfluide  Tparoi  continuité de la température à la paroi  (72)

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ou
 T 
q=     condition de flux de chaleur 
 n fluide (73)

Remarques:
- Si le fluide est un gaz dont le libre parcours moyen est grand aux frontières, on a :
 
Vfluide  Vparoi ; Tfluide  Tparoi

- Dans les problèmes de turbulence, la rugosité de la paroi doit être spécifiée car son
influence est souvent effective. En plus il faudra choisir parmi les différents types de
traitement de la rugosité de la paroi.

 Si le fluide est parfait, le fluide peut glisser sur la paroi mais:

 
  condition d'imperméabilité de la paroi, n étant 
 V fluide  V paroi   n=0  
   le vecteur unitaire normal à cette paroi  (74)

En particulier si la paroi est fixe la composante normale de la vitesse doit être nulle
Remarque : il n’y a pas de conditions aux limites à imposer à la température puisque le fluide
n’est pas sujet à des phénomènes de transport conductif de chaleur.

b. Frontières solides perméables


 Si le fluide est réel (visqueux et conducteur de chaleur),

 Vt fluide   Vt paroi  non glissement 



 (75)
 n fluide  n paroi 
 V  V écoulement à travers la paroi 

v t et v n étant les composantes tangentielle et normale de la vitesse relativement à la surface


de la frontière
Tfluide =Tparoi  succion 

  T 
 fluide Vn Cp  Tparoi  Tfluide   injection 
(76)
  n 
   paroi

c. Interface liquide réel-liquide réel

Liquide

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Liquide
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A l’interface, les vitesses, les températures des deux fluides ainsi que les tensions
de cisaillement subies par les particules adjacentes sont égales. Cependant, les pentes des
profils des températures et des vitesses peuvent faire l’objet de discontinuité à la traversée de
l’interface.

 continuité de la vitesse: v1  v2 (77)

 Dans le cas général où les deux fluides sont en mouvement, on peut considérer
que chaque élément dS de l’interface est sans masse de sorte que la résultante des forces qui
agissent sur lui soit nulle à chaque instant. Par suite, la condition dynamique s’exprime en
admettant que l’interface soumise à des contraintes de pression, de viscosité et de tensions
interfaciales est en équilibre ; cet équilibre est traduit par deux relations :

- l’une traduit dans la direction tangentielle la continuité du cisaillement en


l’absence de l’effet Marangoni (voir plu loin).

Vt1 V
t,1  t,2 soit 1  2 t2 (78)
n n

Liquide 1 
n


t

V1  t,1


V2  t,2

Liquide 2

- l’autre traduit dans la direction normale l’équilibre des contraintes visqueuses


des forces de pression et de la tension superficielle. En un point M de l’interface, nous
pouvons écrire avec les notations de la figure ci-dessous :
49

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 1 1 
 p  n     n     p  n     n  
v v     (79)
1 2
 R1 R 2 

R1 et R2 sont les rayons de courbure principaux de l’interface au point M et  est le


coefficient de tension superficielle.


n

R2 R1

La tension superficielle est par définition la force par unité de longueur associée à la
formation de la surface considérée. En réalité la prise en compte de la tension superficielle
 
peut induire une force surfacique supplémentaire : f t    , qui caractérisent l’influence
tangentielle de la tension superficielle, si on considère que la tension superficielle γ varie sur
l’interface. C’est le cas si la température varie sur celle-ci : c’est l’effet Marangoni. Dans ce
cas, la condition dynamique prend une forme plus générale

 p  
     1 1  
 n   v  n    p n   v  n       n   (80)
 1  2  R1 R 2 

 Continuité de la température: T1  T2 (81)


T T
 Continuité du flux: q1  q 2 soit -1 1   2 2 (82)
n n

d. Interfaces liquides-gaz
Ces interfaces sont appelées surfaces libres. Elles sont le siège d’une forme de
dégénérescence des conditions aux limites. Pour l’illustrer, considérons le cas simple d’une
interface air-eau plate, donc sans tension superficielle, le liquide étant en écoulement
horizontal. Pour qu’il y ait une continuité du cisaillement il faudrait que la condition
50

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v tair v
air  eau teau (83)
n n
soit vérifiée. Or, la viscosité dynamique de l’eau est d’environ 50 fois supérieure à celle de
l’air. Cela veut dire que la pente vtair n doit également être 50 fois supérieure à vteau n .
Cela fait qu’on peut raisonnablement admette que l’eau subit une résistance négligeable. De
façon générale, dans la cas d’une surface libre : liquide  0 . Généralement on adopte deux

types de conditions à l’interface :

z air


eau

x
0 2 4 6 8 10

 la condition cinématique: elle stipule qu’une particule fluide qui se trouve à


l’interface y reste (les deux fluides ne peuvent pas s’interpénétrer). Il en résulte l’égalité de la
vitesse normale de l’interface avec celle d’une particule fluide qui s’y trouve, ce qui se traduit
par :

D 
 Dt  z    x, y, t     n  0 (84)
  z 

D 
où désigne la dérivée particulaire et n le vecteur normal à l’interface. z    x, y, t  est
Dt
l’équation de la surface libre,   x, y, t  étant ainsi l’élévation de cette surface. L’équation (84)

peut s’écrire :

  
 Vx  Vy  Vz  0 en z=(x,y,t) (85)
t x y
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- la condition dynamique: elle traduit l’équilibre des forces de surface qui s’exercent
de part et d’autre de l’interface. Si on convient de négliger les tensions visqueuses, la
différence des forces de pression des deux cotés de la surface libre est équilibrée par la
tension superficielle. Ainsi, si p représente la pression du fluide à l’interface, pa la pression
atmosphérique et Ts le coefficient de tension superficielle, on aura l’égalité suivante:

 1 1 
p  pa    
 R x R y 
(86)
 

Ici Rx et Ry sont les rayons de courbures principaux, comptés positivement si le centre de


courbure se situe côté fluide.

Dans le cas d’une interface air/eau on montre que la condition dynamique s’écrit sous la
forme suivante qui provient de l’équation de Bernoulli:

1
en z    x,t 
2
g  t     (X, Y)  pa  f (t) (87)
2

avec :

(X, Y) 
   
XX 1  Y2  YY 1  X2  2XY X Y
(88)
1     
32
2 2
X Y

(x, y, z, t) est le potentiel des vitesses, soit :

V(u, v) = (x, y, t) (89)

La pression atmosphérique étant supposée constante, il est courant d’inclure le terme pa dans
l’expression de l’énergie potentielle. f(t) est une fonction arbitraire qui peut dépendre du
temps mais le potentiel et sa dérivée partielle par rapport à t n’étant définis qu’à une fonction
additive près de cette variable, on peut choisir  de sorte que f(t) soit constante.

VI.3. Conditions aux limites circonstancielles :


Ce sont des conditions qui dépendent du problème traité, par exemple :

- la pression ou la vitesse est imposée

- la température est imposée ou c’est le flux de chaleur qui l’est.

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Conditions d’entrée et de sortie :
Il y a plusieurs options aux frontières traversées par le fluide à l’entrée et à la sortie
du domaine d’étude de l’écoulement. En général on se réfère aux deux catégories dans
lesquelles, soit la vitesse est imposée, soit c’est la pression qui l’est. En effet, on ne peut pas
spécifier les deux propriétés au risque d’engendrer une surdétermination mathématique vu
qu’elles sont couplées dans les équations du mouvement
Lorsque c’est la vitesse qui est spécifiée, il est nécessaire de la connaitre en tout
point de la section d’entrée. Si les équations de l’énergie et/ou de la turbulence sont prises en
compte, il faut que la température et/ou les propriétés de la turbulence soient précisées à
l’entrée
Si c’est la pression qui est imposée, c’est la pression totale qui est spécifiée à l’entrée,
alors qu’à la sortie il s’agit souvent de la pression statique. Cela pourrait être la pression
atmosphérique si l’écoulement débouche à l’air libre. La température et/ou les propriétés de la
turbulence sont également précisées aux pressions d’entrée et de sortie si les équations de
l’énergie et/ou de la turbulence sont considérées.

Si le domaine d’étude est suffisamment long pour que l’écoulement devienne établi,
une alternative serait d’imposer aux propriétés telles que la vitesse, la température et les
grandeurs turbulentes d’avoir un gradient nul à la section de sortie, dans la direction qui lui est
normale. Elle est utilisée pour les écoulements tournants dans lesquels existent des gradients
radiaux de pression qu’il est difficile d’exprimer dans la pression de sortie. Toutefois, l’option
de spécification de la pression est meilleure si elle y est connue sur la section de sortie.

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