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Ce long document traite de la corrosion, définie comme la dégradation d'un matériau par des réactions chimiques ou électrochimiques. Il présente plusieurs exemples de corrosion et explique que ce phénomène résulte souvent de l'interaction de nombreux facteurs chimiques, physiques et biologiques, en particulier dans les climats tropicaux humides.

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Ce long document traite de la corrosion, définie comme la dégradation d'un matériau par des réactions chimiques ou électrochimiques. Il présente plusieurs exemples de corrosion et explique que ce phénomène résulte souvent de l'interaction de nombreux facteurs chimiques, physiques et biologiques, en particulier dans les climats tropicaux humides.

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Titre l

LA CORROSION

DEFINITION
__________ L FACTEURS ET ~ETHODES D'ETUDES_

I.- LA NOTION DE CORROSION

Lo~squ'un métal· ferreux rouille par oxydation


ferrique, ou bien qu'un ciment se désagrège par dissolution
de la chaux, la notion de corrosion évoque à la fois une
. transformation du matériau et une perte de matière qui
aboutissent à la dégradation et éventuellement à la destruc-
tion d'un ouvrage. En première approximation l'on pense aux
effets d'actions chimiques. Il en est de même pour le géologue
ou le minéralogiste qui observe par exemple l' altération des
silicates dans les roches cristallines.

. Or comme i'indique l'éthymologie latine (cum rodere)


la corrosion est le résultat d1actions concurrentes, complexes,
qui exigent en même temps :
- Une affinité du matériau attaqué pour telle modifica-
tion de son équilibre chimique et de sa structure
moléculaire ou atomique;
Un réactif d'att~què,"substances corrosives", qui peut
agir par voie chimique directe mais aussi par ses pro-
priétés physiques;
- Enfin un certain nombre de conditions variables :
température, humidité, charges électriques ou encore
influences du milieu biologique.
Prenons deux exemples simples :

(,. 1 - ~g=~g~~g~~g~=~~=~~~g~~=~=~~~~~=~g~~~g~~

Dans son étude sur l'agressivité des eauX en


Guyane, M. THIEBAUD (1) a fait des essais de laboratoire sur
deux témoins de béton identiques en poids et en composition,
à base <i.e ciment Portland, 315, marque "Hermes", d'une teneur
de 66,5% de Ca O. ..1 .•
5~

Ces témoins, grossièrement concassés et introduits,


séparément, chacun dans un flacon jaugé, ont été plongés, l'un
dans de l'eau distillée (pH = 6), l'autre dans de l'eau de la
nappe phréatique (pH = 5 1 3). Après de courtes agitations~
suivies de larges repos, l'équilibre des pH fut atteint a
pH 12,15, après 6 jours dans les deux cas.
Les mesures de la chaux dissoute ont montré que l'eau
de la nappe présentait sensiblement le même pouvoir dissol-
vant que l'eau distillée: 4,85% du poids du ciment mis en
oeuvre dans le béton •
. L.I agr.èssivité d'une eau acide, telle qu 1 on en trouve
dans les sols granitiques de Guyane, sur le Portland est donc
démontrée. C'est un phénomène chimique simple.

Mais quand on sait que les eaux de mer, ou bien les


eaux de marécages littoraux riches en sulfates ou sulfures,
tendent à attaquer les ciments riches en chaux, alors inter-
viennent toutes les conditions qui projettent ces eaux sur
les ouvrages de surface, ou qui favorisent la pénétration dans
les nappes phréatiques de telles eaux agressives pour les
ouvrages enterrés. Citons la vâriation saisonnière des pluies,
le coefficient de la marée.

L'action des hOThnes intervient aussi. Ainsi, lors


des travaux de fouille pour les fondations du nouvel h~pital
à Cayenne, on a constaté qu'au niveau de la nappe, vers 5 m
de profondeur, le sol accusait un ~H plus bas que celui de
l'eau. Voici ce que ~1. THIEBAUD (1) en écrit :
" La remontée de l'aciditè de l'eau de pH = 5,3 par rapport
à celui du sol au même niveau, pH = 4,95, peut s'expliquer
par le fait que l'eau se trouve dans le sol à une pression de
200 gr/cm 2 et qu'au moment de la résurgence il y a probablement
un départ de C02 libre dû à la détente provoquée par la mise
en équilibre des pressions, et peut-O~~e aussi par ~TIle diffé-
rence de température entre celle de l'intérieur du sol et
celle de l'air libre." .
On voit donc que les réactions chimiques éventuelles
sur un ouvrage en ciment dépendent en bonne partie de l'inter-
vention d'actions physiques naturelles ou artificielles.

M. R. EVAliJS (2), qui esT, .consid.éré par les spécia-


listes comme "le père de l'anticorrosion moderne", s'est
6"

intéressé spécialement à la corrosion des métaux. Voici com-


ment il définit la corrosion : " toute transformation par
laquelle un métal passe de l'état élémentaire à celui de
combinaison ll , Il en résulte, selon cet auteur:
- soit une couche, en film croissant en épaisseur, d'oxyde ou
de sulfure en atmosphère sèche;
- soit une solution de chlorure ou de sulfate, si le métal
est plongé dans un électrolyte contenant les ions Clou 304.

Il précise que les réactions filmogènes en général


se ralentissent avec l'épaississement du film, qui devient
ainsi protecteur. Par contre, sans film, les réactions ne se
ralentissent que si.le réactif s'épuise, d'où la possibilité
d'une corrosion croissante si le réactif est renouvelé.
Il va de soi que toute condition qui favorise le
renouvellement des ions agressifs dans l'électrolyte, devient
ipso facto cause de corrosion.

De plus, A.J. l\~LA.UlnN (3) indique que lorsqu'un


\0'. métal estp,lŒLgé dans un électrolyte, la discontinuité spéci-
fique de la couche limite due aux défauts du revêtement protec-
teur, à l'hétérogénéité des oxydes etc •.• constitue un ensemble
por(·jux perméable à l'eau. Il se crée alors une "infinité de
couples Volta microscopiques avec des éléments de métal pro-
tégé et de métal susceptible~' Il en résulte au total une oxy-
dation par effet statistique d'électrolyse.
Les phénomènes chimiques relèvent dès lors de' pro-
cessus électro-chimiques e
C'est la règle dès qu'un métal est en présence
d'eau de mer.

Ajoutons ici, pour illustrer notre propos l'exemple


d'un cas particulier cité par A.J o ViAUlUN (3) : la "tubercu-
lation"des ouvrages métalliques à la mer. Il s'agit d'une
modification de l'oxydation par l'action d'une symbiose de
bacteries aérobies au contact de l'eau et de bactéries anaé-
robies, sous l'oxyde de fer qui joue le rôle d'un obstacle
à la diffusion de l'oxygène. .
".
Des actions complexes du même gen~~ jouent dans la .
destruction des peintures sur les carènes de navires o
jl

.*
* *
7.

Ainsi, mis à part l'oxydation de métaux à l'air sec,


cas relativement exceptionnel,et la dissolution simple de' la
chaux d'un ciment sous l'effet d'une eau acide d'un sol grani-
tique homogène (cas du puits de la maison forestière du Tour
de l'Ile), la corrosion est rarement un phénomène uniquement
chimique. En simplifiant on peut dire que la corrosion est un
phénomène électrochimique ou biochimique et le plus souvent
les deux à la fois, surtout en milieu tropical chaud et humide.
En bref il témoigne de l'affinité des métaux à re-
'tourner à l'état de minerais et de la chaux des ciments à s'hy-
drater. Mais les mécanismes de ces transformations sont com-
plexes et dépendent de l'interraction de nombreux facteurs.
II - LES FACTEURS DE COIlROSION

. Une étude analytique des facteurs de corrosion


nécessite une distinction formelle entre les agents d'une
part, et les mécanismes d'autre part, avant que de définir
les diverses causes de corrosion dont la classification
(présentée en 111 0 partie) résultera du jeu des uns sur les
autres, compte tenu du matériau affecté.

Il sont d'abord d'ordre climatique et plus géné-


ralement géographique. Notre problème se situant en zone
quasiment équatoriale nous nous bornerons à l'étude des
agents climatiques propres à cette zone et aux données de la
géographie physique locale puisqu'il s'agit plus précisément
de corrosions sur des canalisations enterrées dans la ville
ou aux abords de Cayenne.

Ils sont ensuite d'ordre biologique, soit naturels


et à ce titre étroitement liés aux agents géographiques, soit
artificiels du fait des travaux des hommes, forèément mul-'
tiples dans une ville o

1.1. Les Facteurs climatiques

î.1.1. L'Humidité

Dans les climats équatoriaux, propices à la crois-


sance de la "forêt de la pluie" (rain forest, des auteurs
anglo-saxons) on arnnet que l'humidité atmosphérique, ou ten-
sion de vapeur moyenne, est de 80%. A Cayenne-Rochambeau,
la moyenne annuelle serait de 85%.
La nuit, spécialement aux approches du jour, l'at-
mosphère peut atteindre la saturation.
Dans la journée les valeurs descendent en moyenne
vers 65%. A Cayenne-Ville, 60% est une valeur fréquente.
Naturellement, ces valeurs varient avec le cycle
saisonnier, sous l'influence de la pluviométrie, de l'inso-

lation, du vent.

Ainsi, des études récentes faites sur l'évaporation


à Cayenne (J. FOUGEROUZE 4) , montrent deux maxima : l'un
durant le 'petit été de Mars"(Février,Mars-Avril) en liaison
avec les vitesses moyennes maximales de l'Alizé de N.E., .
même s'il n'y a pas ~e petite saison sèche sensible; l'autre
d'août à novembre, du à la forte insolation de la saison
sèche. ..1 ..
9.
,
Selon M. DAEUTY de GRANPRE (5) qui s'est intéressé
à la tropicalisation des matériels électriques, l'humidité
agit sur les matériaux :
- par absorption: tissus, papiers, bois, qui ont des struc-
tures fibreuses ou encore matières po-
reuses ou cellulaires.
- par diffusion directe: certains produits, corame les
polyamides.
- par condensation: verre, porcelaine, qui peuvent perdre
ainsi de leur rigidité diélectrique.
- enfin par ses variations qui peuvent entraîner des foison-
nements de matériaux hygroscopiques ou au
contraire des fissuations (cas des vernis
d'isolation) qui facilitent la pénétration
de l'eau et aussi l'action d'autres agents.

Pour les bétons, écrit KLEINLOGEL (6) : Il il est


bien connu que dans la majorité des cas, c'est la pénétra-
tion de l'humidité qui permet et favorise le développement
des processus dangereux. Il

1.1..2. la Pluviosité
Elle intervient aussi directement par l'abondance
qui la caractérise en climats chauds ~ humides.
nulle part, en Guyane, il ne tombe moins de 2 m.
d'eau par an. A Cayenne, il tombe plus de 4 m certaines
années et la moyenne annuelle se situe" vers 3 m.
La pluie peut agir mécaniquement par flagellation
et délavage en même temps, co~~e cela s'observe sur les briques
ou les chaussées en latérite.

J. de JUN1~MA]ffiT (7) rappelle que l'eau de pluie,


qui contient un peu de C02, des trace d'ammoniaque, éventuel-
lement des traces d'acide nitrique (pluie d'orage), e~par­
ticulièrement agressive sur les bétons frais.

Mais l'alimentation pluviale joue surtout sur


celle des nappes du sol. Celles-ci subissent du fait de llin-
filtration instantanée et aussi par la variation saisonnière
un battement tel que les conditions de l'altération, tant des
silicates du sol que des matériaux enterrés par l'Homme,
sont alternativement celles d1unehydrolyse ou d'une oxydation •
. " ,. "'/ . ~ .
10
En outre ces eaux peuvent se charger diverssement
en sels. Dans sa zone d1action, l'évaporation p~ut faire
remonter ces sels vers la surface. Pour toutes ces raisons les
pH d1un profil du sol peuvent varie! de manière très complexe.
Enfin toute variation de Ilhumidité dans le sol
fait varier la conductibilité électrique.

On voit donc que l'humidité, plus encore dans le


sol que dans l'atmosphère, préside à llagressivité tant chi-
mique qu'électro-chimique du milieu.
C1est pourquoi A. KLEINLOGEL (6) pouvait écrire
dès 1925 ce conseil au sujet ~es ouvrages en béton:
Il Les nappes et infiltrations douteuses, les eaux
d1infiltration et les nappes souterraines doivent être exami-
nées en temps voulu, c1est-à-dire avant le début de la cons-
truction, quant à lelrrs propriétés chimiques, afin de détermi-
ner leur danger ou leur innocuité. 1I
C. RAi'VIBERT (8) rappelle que dans s on ouvrage de
1925, A. K~EINLOGEL relevait déjà plus de 1000 facteurs ou in-
fluences physico-chimiques touchant à la corrosion des bétons.

1.10 3. La Température
On sàit que les climats équatoriaux se caracté-
. risent par une température moyenne annuelle de 25° et des
variations de cette moyenne très faible : quelques degrés - A
Cayenne la valeur de 26° peut être retenw.
Les variations diur.nes ne dépassent pas 15° •
Bien entendu il y a des nuances saisonnières en relation avec
la pluviosité. Toutes choses égales par ailleurs les variations
sont encore amorties sous couvert forestier.

Les températures des ~ls dépendent essentielle-


ment de ce couvert forestier. En Guyane par exemple (Renseigne-
ment Service Météorologique) on trouve :
- Sous forêt : moyenne de 24° avec mlnlilla de 21-22° et
maxima toujours inférieurs à 30°
Sous gazon moyenne 32°, avec maxima de 45°
Sol nu moyenne 35°, avec maxima de 50°
Sol nu et gazon présentent les mêmes minima 25-26°
On voit que le gazon est d!une protection médiocre
pour un sol 'J
.. / ..
11.

Par elle-même la température joue par les phéno-


mènes de dilatation et de contraction. De tels effets, en
climat équatorial sont relativement faibles.
En fait elle joue surtout par l'accélération et
l'intensification des effets d'autres agents, notamment l'humi-
dité.

1.1.4. La Rosée
Il s'agit d'une éventuelle corrosion, uniquement
atmosphérique, résultant précisément du jeu combiné de la
température et de la tension de vapeur d'eau. Elle active sur-
'tout l'oxydation des métaux à)..lair libre. De ce point de vue~
il serait intéressant d'étudier le point de rosée sous forêt,
mais on n'a que trop peu de données encore.

1. 2. - Autres facteurs géographiques

Ils sont multiples mais on n'en examinera que


deux qui intéressent plus spécialement la Guyane et Cayenne
l'altitude et l'existence d'un littoral marin.

1.2. 1. L'Altitude
Les altitudes modestes rencontrées en Guyane, sauf
pour quelques "montagnes" (au plus, 80Om) de l'intérieur, n'in-
fluent guère sur les températures. Le gradient adiabatique
~'est d'aucun intérêt du point de vue qui nous occupe.

Par contre, les' ..à.h-f'J:.uences orographiques sur la


répartit~~es pluies sur le territoire sont très notables.
C'est ainsi que le maximum pluviométrique de la
Guyane se localise sur les montagnes de Kaw qui ne dépassent
300 m d'altitude qu 1 en quelques points. L'isohyète annuelle de
4.200 mm longe la façade Nord de la chaine orientée parallèle-
ment au littoral, s'étale en losange depuis l'Appr~ague
jusqu'à la Rivière Tonégrande et déborde ver$ le Sud-Ouest,
sous le vent des crêtes, pour couvrir le bassin de la Rivière
Oounana. Il en résulte que la pluviométrie diminue vers le
Sud-Ouest dans l'intérieur du pays (effet de continentalité)
mais aussi vers le Nord-Ouest le long de la côte, de sorte
que Mana et Pointe Isère, aux estuaires communs de la II~a.
et du Maroni, sont moins arrosées que Maripasoula sur le
Raut lVIaroni.
12
Inversement la saison sèche est plus marquée sur
le littoral, car les pluies n1y sont amenées que par l'Alizé
de N.E. hunlide; tandis que dans l'intérieur l'Alizé de S.E.
(sec sur la côte) y est moins sec et relaie pendant la saison
sèche l'Alizé humide de N.E.

Du climat plus contrasté des c8tes il résult~encore


que ce sont les "Terres ba~ses" spécialement au nord des
montagnes de Kaw, qui connaissent les plus fortes précipita-
tions enregistrées en 24 heures. Outre le pouvoir érosif de
tels abats d'eau, il est évident qu'ils modifient brutalement
et localement le jeu de tous les autres facteurs climatiques
de la corrosion.
Quant à la ville de Cayenne, relativement abritée
de tels excès, sa pluviométrie reste forte, pour une station
côtière, en raison des nombreux mornes qui l'entourent.

1.2. 2. L'influence du littoral marin


Pour le cas qui nous occupe elle s'exerce sur tr,Qis
plans. En premier lieu la régi'on dite de"l' Ile de Cayenne Il est
un ancien archipel cdmaté d'une extrême complexité géologique
et sédimentologique. En second lieu cette influence s'exerce
à travers les actions de l'air salin et de la salinité de
l'eau de mer. Enfin les mouvements de la marée introduisent
une donnée mécanique qui joue sur le battement des nappes du
sol et sur la chimie de leurs eaux.

Un ancien archipel colmaté l'existence des Ilets de Remire,


la tendance de la barre de vase
de la Pointe Acoupa, ( embouchure
de la Rivière de Kaw) à venir s'y accrocher, montrent aujourd'
hui ce que devait être l'archipel Cayennais vers le Quater-
naire moyen.

L'échantillonnage lithologique des iles, ilots et


écueils d'alors se lit aujourd'hui dans l'extrême diversité
des roches qui forment les "mornes" ou collines qui entourent
Cayenne ( B. CHOUBERT 9)
- diorites et gabbros hyléens du Plateau 1e Mahury, d'âge
précambrien le plus ancien (Pointe de l'Hopital à Cayenne);
- quartzites et amphibolites de la série métamorphisée dite
"de Cayenne 1/ qui forment le Massi~ de I~a toury ( le Fort Cépérou)
- migmatites au nordde Bourda et du Montabo (Pte des
Amandiers) ;
13.

granites guyanais de Montagne Tigre et Carrière du 4è Km;


- granites plus récents et plus potassiques à la Madeleine;
- Enfin des filons de dolérite, beaucoup plus récents (âge
secondaire?) aux Ilets Dupont, à la Pte Buzaret.

Dans la ville de Cayenne des pointements de ces


roches affleurent probablement mais l'évolution pédologique
les rend méconnaissables tels les latérites des Ilets Malouins
(Usine électrique), du Terrain Rebard peut-être, ou encore la
cuirasse qui couronne le Mt Baduel.

La sédimentation réc~nte (Quaternaire et actuelle)


est encore plus complexe (M. BOYE 10) :
- A l'Eémien (transgression marine de + 10 à 12 m) de puissants
cordons littoraux sableux obligent l'Oyac à chercher ses em-
bouchures vers Cayenne, par le Tour de l'Ile. Chaque ile ou
ilot est taillé en niveaux soit dans la roche décomposée soit
dans les colluvions qui en dérivent. Dans les intervalles la
mer redistribué les produits, en sédiments à peine marins puis-
que leur origine continentale est toute proche (11).
- Au Préflandrien, période de régression de la mer, tUle vio-
lente érosion ravine les dépôts éémiens, mais collines et an-
ciens écueils continuent de déverser leurs colluvions détri-
tiques dans les bas-fonds.
-Au Flandrien (nouvelle transgression de + 5 à 6 m) une sédi-
mentation vaseuse d'un type nouveau et franchement marine
dépose les argiles bleues de Demerara qui ennoient le paysage
et lui donne à peu près sa configuration actuelle. C'est alors
~ue des bancs de sable régularise la côte d'une ile à l'autre
( Cordons de Montjoly, de Susini, de Mirza), tandis que les eau~
du fleuve Oyac abandonnent progressivement l'estuaire de
Cayenne et se déversent finalement par l'estuaire de Mahury ~
une date sans doute très récente (Dunkerquien?); en tout cas
le chenal du Tour de l'Ile existe encore.
- De nos jours, l'envasement se poursuit mais selon un cycle
de 22 ans (11 ans d'envasement - 11 ans de dévasement) en
liaison ayec l'activité des tâches du Soleil (B. CHOUBERT
et M. BOYE 13).

*
* *
• 0/ ••
14

Dans de telles conditions il faut s'attendre à


d'infinies variations des textures et compositions chimiques
des sols de la région et donc à des variations, souvent sur
quelques mètres de distance seulement, des pH et des résisti-
vités. L'imbrication entre sédiments marins et colluvions
continentales int~tratifiées y ajoute des variations verti-
cales. Les granulométries extrêmement diverses règlent la
pénétration des eaux de pluie, comme des eaux de mer actuelles.

On conçoit dès lors que les analyses chimiques


des eaux des nappes fournissent des résultats déroutants si
l'on se contente de quelques sondages.

Salinité des eaux de mer: Air marin à taux d1humidité VOlSlne


de la tension de vapeur saturante,
vents chargés d'électrolytes (NaCl - Mg C1 2 ) sont des données.
valables pour tous les littoraux R. WALLAEYS (14) précise que ce
ces électrolytes étant hygroscopiques ils activent la corro-
sion chimique, spécialement l'oxydation des métaux. En outre
ces dépôts salins sont presque toujours irréguliers, i~s'ajou~
donc à la corrosion chimique, une corrosion électro-chimique
par piles de concentration d'électrolyte et d'oxygène. C'est
pourquoi la rouille imprégnée de sels est un facteur d'oxyda-
tion continue; même après sèchage elle reprend à des taux
d'humidité atmosphérique relativement faibles.

Les embruns projettent assez haut sur les rochers


comme sur les ouvrages en béton des sels. La moindre fissure
est exploitée et le gonflement des sels, quand ils s'hydratent
provoque des brisures qui se totalisent et provoquent une
alvéolisation. Des exemples s'observent aux pieds de l'Hôtel
du Montabo.
Quant à l'eau de mer elle-même, elle constitue
une solution électrolytique idéaJ~ On sait qu'elle contient
en moyenne 3,5% de sels, sur. lesquels il y a :
10% de Mg m 2
4% de S04 Ca
76% de Na Cl
7% de 004~
3% de sels divers
Précisons ici que les conditions océanographiques,
réalisées sur le littoral de Guyane par l'existence du courant
marin à la côte (J. LE FLOCH 15), en provenance des bouches
de l'Amazone et véhiculant des eaux d'origine fluviale (Ama-
zone et fleuves du versant atlantique du Bouclier Guyanais),
offrent au'total des eaux de mer peu salées : 25f~au maximum,
10%0 dans les estuaires, en saison de pluie. Ce sont de telles
.. / ..
15.

eaux qui influent sur les pH et les conductibilités des eaux


de la nappe phréatique à Cayenne.

Influence mécanique de la marée A Cayenne la marée est


semi-diurne ( 2 PM et 2 BH
en 24h o 50 min.) ies marnages de 3 m en grande vive-eau à O,80m
en grande morte-eau. Les réactions piezométriques de la nappe
ne sont pas connues avec précision t ily faud~ait un cycle
annuel d'observations car la pluviométrie modifie le~nomène
selon la saison. Il en résulte que les mesures de pH et de
résistivité,.faute de séries assez nombreuses, apparaissent
souvent contradictoires.

Toutefois, dans le cadre du présent travail for~


cément préliminaire, les prélèvements faits le 17 Août 1962,
en période de coefficients croissants de la marée (marées de
vive-eau) dans des forages pratiqués à proximité des caissons
~. et T. de l'Avenue De Gaulle, semblent montrer une tendance
des pH à augmenter entre la PM du matin et la PM du soir o
C'est très'sensible au carrefour rue Arago o Mais nous manquons
pour avancer une hypothèse, de mesures en période de morte-eau.
... En tout état de cause, il est évident que les sols
et les ouvrages enterrés ont à subir, du fait du battement
bi-quotidien des nappes, des conditions alternatives d'oxy-
dation et d'oxydo-réduction.

C'est ici qu'apparaissent les facteurs biologiques


de la corrosion, lorsqu'on envisage les conditions biodyna-
miques de la fixation des vases à la côte par les formations
végétales de mangroves (M. BOYE 17) et le rôle qu'y jouent les
bactéries anaérobies, notamment en matière de réduction des
sulfates (A. IJEVEQUE 18).
1. 3 - Fact~urs biol~g~gues

1.3. 1 - Action des insectes et animaux


Des faits comme les dégâts commis par les tarets
sur les carènes de navires en bois, ou par des crustacés
lithofages sur les roches calcaires, les balanes,par exemple,
sont bien connus.
Divers rongeurs peuvent également endommager,
surtout les matières organi1ues, telles que bois, caoutchouc,
textiles •
....
1 6~

On cite aussi, spécialement en pays chaud et


h~ide, les déprédations dues aux cafards (ravets) et aux
fourmis, qui savent s'attaquer à des récipients de certaines
matières plastiques.Les ménagères de Cayenne connaissent bien
leurs méfaits.

Plus redoutables encore, sous tous les climats


mais spécialement les climats tropicaux, sont les termites.
En Guyane on sait que l'activité destructrice des "poux de
bois" est un danger considérable pour tous les ouvrages en
bois ou agglomé~és. Pratiquement les termites ne respectent
que les bois créosotés.
Des essais ont été effectués à leur sujet par
lÎInstitut d'Enseignements et de Recherches Tropicales (Centre
ORSTOM) à Adiopodoumé en Côte d 1 Ivoire (CitDaruty de Grandpré
5), sur la résistance de diverses matières destinées à garnir
les câbles électriques souterrains. Il en est résulté que ce
sont les matières plastiques synthétiques (chlorure de poly-
vinyle) qui résistent le mieux aux termites. Le caoutchouc
synthétique polyc~loroprène se comporte un peu moins bien.
Par contre le caoutchouc naturel est rapidement détruit quand
il n'est pas protégé par un vernis suffisamment résistant.

1.3. 2. Moisissures et Microorganismes


On sait que les champignons inférieurs trouvent
les conditions optima de leur germination dans une humidité
relative de 90% à 100% et sous une température de 22° à 33°.
La Guyane réunit parfaitement ces conditions, tout au moins
à la saison des pluies.

Tout ce qui est matière à base de cellulose et


certaines reSlnes synthètiques, les colles de caséine ou de
gélatine sont des terrains d 1 élection pour le développement
d 1 une végétation mycelienne.
Presque toutes les matières filmogènes usuelles
(selon J.1. RABATE 19) vernis, peintures etc ••• sont suscep-
tibles d 1 alteration mycotique.
Il en résulte, par exemple pour les isolants des
matériels électriques un abaissement de la résistance d 1 iso-
lement. Les vernis peuvent être détruits dans leur épaisseur
par le développement. des colonies mycéliennes fibrillaires, ou
seulement ternis. Les peintures changent de couleur.
17 •
.,
Des mOlSlssures apparaissent aussi sur les surfaces métal-
liques~ sur les verres d'optique, sur les céramiques non
émaillées. Nous avons observé à Cayenne sur des pièces de
vaisselle ébrèchée 9 un developpement spectaculaire des mycelia
entre le vernis de surface et la faïence à partirdes ébrè-
'- chures.
Différentes listes d'espèces-types à utiliser
pour des essais en' laboratoire ont été dressées. Les familles
les plus souvent citées sont Aspergillus et Penicillium.

En ce qui concerne le rôle joué par les bactéries,


on connaît toute une série d'espèces aérobies qui fixent le
fer ferrique. En Guyane notamment elles sont responsables du
brunissement des vases marines blues dès qu'on les expose à
l'air.
Quant aux bactéries anaérobies il est aujpurd1hui
admis par tous les auteurs comme démontré que les bactéries
sulfato-réductrices, comme rrVibrio désulfuricans, sont respon-
sables de la corrosion de canalisations métalliques enterrées.

1.3. 3. - Actions anthropiques


L'intervention de l'Homme, comme agent de
corrosion n'est que rarement directe et voulue, mais les in-
fluences indirectes qu'il exerce en ce domaine sont d'une in-
finie diversité à la mesure de son ingéniosité et des inadver-
tances.

Prenons le cas simple de la déforestation pour


la mise en culture d'un sol. Tout le monde sait qu'il y a dès
lors risque œérosion mécanique surtout si les pentes sly
prêtent. En climat fortement pluvieux le risque est majoré.
Ce que l'on sait~0ins, c1est que l'altération
physico chimique des silicates du sol y est brusquement accé-
lérée par le micro-climat que l'Homme provoque. On estime que
la décomposition des silicates intéressants par leurs alcalins
va de 2 à 4 fois plus vite, en climat tropical humide sur sol
nu que sous forêt. L'appauvrissement des sols tropicaux qui
est le gros problème des agriculteurs de ces pays réside dans
cette intervention et le drame est que la dégradation est ir-
réversible, surtout pour les sols granitiques.
Il est évident que les variations de micro-
climat ainsi introduites retentissent sur tout ouvrage enterré,
surtout à faible profondeur (câbles - canalisations).
Dans une ville, le réseau d'é.goûtsest indispen-
sable. Mais leur manque inévitable d'ét~héité signifie que
les eaux polluées et notamment tous les acides organiques qui
s'y trouvent ont chance de contaminer la nappe fnréatique~
En outre, à Cayenne en particulier, le reseau d'~gouts n'a pas
été étudié en fonction des risques d'invasion d'eau chargées
en sulfates et sulfures en provenance des marais au Sud du
Canal Laussat sous l'effet de la haute-mer.

Des techniques de progrès, comme la soudure


électrique, le transport d'énergie électrique à haute tension,
la traction électrique appliquée aux chemins de fer, sont d'un
incontestable intérêt. Or ces appareils ou installations
émettent dans le sol, parfois même en dépit des précautions
prises, des "courants vagabonds" ainsi appelés parce qu'ils
~arllient En intensité, en direction et même dans les trajets
qu 1 ils parcourent Les dangers qu'ils représentent sont consi-
g

dérables en matière de corrosion électrolytique dans les zon~s


fortement industrialisées e
Ce n'est pas encore le cas de la Guyane, mais
ceci nous conduit à considérer les mécanismes de la corrosj,on
qui se ramènent pour l'essentiel, en ce qui regarde les
ouvrages enterrés à des phénomènes électrochimiques o

2. Les Mécanismes
t:::~~": -.- - de la-'--
~. .~
Corrosion
~ :\--
.-""..,,'C.:,• • •

2.1. - La Corrosion chimique


Elle procè~e soit d'une dissolution simple q~i
joue au niveau des molécules, soit de l'attaque par des acides
ou des bases qui donnent des sels, eux-mêmes corrosifs soit
par agressivité chimique, soit par les contraintes mécaniques
qu'ils exercent en gonflant. De plus les sels favorisent indi-
rectement la corrosion d'autant plus qu'ils sont solubles~
Elle procède aussi de phénomènes d'oxydation ou
d'hydrolyse.

2.1.1. - Acides - Bases - Sels


Nous reprendrons l'exemple des bétons, le plus
simple.
Si les 'bases les plus courantes, soude~ potasse,
sont pratiquement sans action sur les ciments, qui sont des
19"
complexes basiques, par contre: "tous les acides à l'excep-
tion de l'acide phosphorique sont de puissants destructeurs du
béton." ( cit Ch. RAMBERT - 8)
f:'. L'acide sulfurique et l'acide sulfureux sont les
plus corrosifs. C'est pourquoi les gaz de combustion et les
f~~ées, notamment celle des locomotives, sont dangereux. L'a-
cide sulfureux qu'il contiennent, combiné avec l'humidité,
s'oxyde pour donner des sulfates.
Or les sulfates sont parmi les sels, ceux qui sont
le plus redoutables pour ciments et bétons, tout spécialement
le sulfate de chaux dont l'action destructrice est très éner-
gique. Une dose de 500 mgr/litre de 804 Ca + 2 H20 peut provo-
quer la décomposition de la masse de béton ( cit. MoTHIEBAUT 1)~

J. de JUNlr.EMJu~N (7) décrit ainsi le mécanisme:


a - action physico-mécanique, par pénétratiÇ)n dans les pores
du béton, et s'il se produit des alternances de recouvre-
ment et d'assèchement, il y a cristu.llisation des sulfates
avec augmentation progressive de volume et éclatement de
llouvrage o
b - action physico-chimique, par formation de sulfo-alumiJ"~t('3
de chaux, eux aussi gonflants"

De telles cristallisations de sel double, s'ef-


fectuent en petits bâtonnets microscopiques en formes d'ai-
guilles disposées en étoile autour d'un corps de base; d:où
le nom de "bacille du ciment" donné à cette maladie du ciments
bien qu'il ne s'agisse aucunement d'une action biologique.
Naturellement cette maladie affecte surtout les
ciments type Portland. C1est pourquoi, en présence d'eau~
séléniteuses, d'eaux de marais ou d'eaux de mer, . on préconi: .
l'emploi de ciments pauvres en chaux et en aluminates tri-
calciques tels que les ciments sursulfatés ou à base de laitier
(ciment au clinker)"
Les sulfates de sodium. de potassium, de magnésivm,
d'ammonium produisent les mêmes efféts"

Parmi les chlorures Sodium, Potassium, Calcium


sont inoffensifs en principe quand ils sont purs, mais ils
oxydent le fer des bétons. En fait la moindre impureté peut
les rendre corrosifs. Ainsi le chlorure de sodium peut rendre
un ciment poreux o
20.

Ce sont les chlorures de magnésium et de fer qui


sont les plus a~ssifs vis-à-vis des ciments riches en chaux.
C'est pourquoi les eaux de mer sont redoutables, de par leur
composition moyenne en sels. Toutefois la formation de sels
insolubles de carbonates de chaux ou de magnésie peut assurer
une protection plus ou moins fugaces des ciments, car Na Cl
les attaque.
Enfin l'Anhydride carbonique intervient selon les
teneurs des eaux en C02 libre. En quantité faible il donne des
carbonates de chaux insolubles et protecteurs. En excédent il
donne au contraire du bicarbonate soluble et devient cause de
corrosion.
2.1. 2. - L'oxydation
U.R. EVANS (2) détaille ainsi les mécanismes de
l'oxydation:
-. A l'air sec ~ Aux températures ordinaires il n'y a pas de
changement apparent du métal, sauf s'il y a présence d'un
composé du soufre dans l'air. L'oxydation est très rapide puis
se ralentit du fait du film d'oxyde, même imperceptible, qui
fait écran à l'oxygène de l'air. L'oxydation ne peut recommen-
cer que s'il y a fissuration du film •

• Oxygène dissout dans l'eau Sauf pour les métaux alcalins,


alcalino-terreux et le thallium, la corrosion est relativement
faible en général sur les métaux car leurs oxydes ou hydroxydes
sont peu solubles. Mais elle n'est pas négligeable et dépend
du métal.
-. Sur le plomb, l'eau pure provoque un réseau lâche de beaux
cristaux; il n'y a donc pas protection et la corrosion se pou+-
suit.
-. Par contre sur le Zinc, le film protecteur est beaucoup plus
largement étalé. Toutefois quelques points restent à nu d'où
une corrosion en IIpiqures profondes ll •
-. Pour le Fer, le mécanisme est plus compliqué car l'oxydation
comporte deux stades :
1- formation d'hydroxyde ferreux Fe (OH)2 sur
la surface du m~.tal,
2--formation d'hydroxyde ferrique (rouille) à
petite distance, là ~ù l'oxygène est plus abon-
dant dans la solution.
Cel~ tient à ce que Fe (OH)2 est beaucoup plus
soluble que Fe 93 - H2 0 - Il ue se forme donc pas de film à la
surface du métal et comme l'hydroxyde ferrique n'y adhère pas,
son rôle protecteur est nul.
21

. Quant au rôie essentiel que lioxygène joue dans


beaucoup de phénomènes de corrosion, précisons avec P.LACOMBE
(20) qu'il peut selon les cas:
- ou bien jouer le rôle d'i~nhibitèur en oxydant par exemple
les ions ferreux en ions ferriques (C'est ce que U.R.EVAlrS
exprime par le mot anglais "déterrent");
ou bien, au contraire jouer un rôle d'accélérateur de la
réaction de corrosion comme agent dépolarisant.
Mais alors on entre dans le domaine de la corrosion
électrochimique.

2.1. 3. - L'HydrolysQ
Elle résulte, on le sait, du comportement électro-
lytique de l'eau faiblement dissociée en ions OH- et H- •
Ce sont les conditions de concentration d'une solution en ions
H+ qui sont exprimées par le pH. Autrement dit une eau est
d'autant plus acide qu'elle contient plus de (H+); .inversement
élIe est d'autant plus alcalin,e qu'elle contient plus de (OH-").
La constante d' éguilibre Ke = (H+) (OJ-~'- \ varie en
fonction de la température (Loi de Van t'Hoff) qui augmente
le coefficient de dissociation. C'est pourquoi liefficacité
de l'hydrolyse double pour une élévation de température de 10°.
De fait· l'hydrolyse consiste en une substitution
d'ions H+ aux cations 'des édifices cristallins o

C'est ce qui se passe dans la dissolutior du ciment


par l:eau distillée. De manière plus complexe c'est ce qui
produit l'effondrement des silicates des roches cristallin.es.
L'échange d'ions rompt les liaisons cationiques entre édifices
polyédriques en Si04 et Al04 notamment, qui passent en solu-
tion de même que les ions alcalins. A son tour la plus grande
ionisation suractive l'action des bases et des acideh (cf.
G. ROUGERIE 21)0 Au niveau du~~ont d'attaque des roches les
solutions s'alcalinisent, mais un lessivage soit oblique, soit
par dépression de la nappe, rétablit llacidité. Il en résulte
un jeu très variable du pHo .
Il en est de même pour certains vernis ou matières
plastiques (cit. DARUTY de GRANPRE 5) que l'hydrolyse ramol-
lit ou même décompose. Il en résulte souvent.une élévation de
l'acidité qui entraîne à son tour des corrosions o
.' Dans tous les cas on se trouve de nouveau en pré-
sence de mécanismes à caractère électrochimique qui jouent
à l'échelle ionique o
•• / • tJ
22

2. 2. - La corrosion électrochimique
Elle est particulièrement claire dans le cas des
métaux.

2.2. 1 - Principes Généraux


" Si l'on met en contact un métal homogène avec
une phase liquide ionique elle-même parfaitement homogène tout
au long de la surface métal-liquide, écrit R. VVALLAEYS (14), le
métal a tendance à émettre des ions positifs passant en solu-
tion ll • Il reste alors chargé négativement par ses électrons,
dont la charge même tend à s'opposer à l'éloignement des ions
positifs 'Il s 1 établit donc un équilibre entre le métal, ses
0

ions et' ses électrons. D'après A.J. 'MAURIN (3) le phénomène


peut s'écrire:
~ (v.+)
Mo ~_ M + v . ( e-)
Mo étant une électrode d'un métal de valence "v " et pola-
risée, (e~) représentant les électrons.
Ce sont les v o charges (+) qui s'opposent aux départ
des cathions, lesquels re'stent adsorbés contre le métal. Et,
c'est la présence de la couche double électrons/ions à l 'inter- .
surface métal/solution qui crée un potentiel entre le métal et
l'électrolyte dit "potentiel d'électrode".
Si un déséquilibre, quelle qu'en soit la cause, amène
de nouvelles charges électronégatives, il provoque la libération
des cathions qui migrent en accord avec la Loi de Faraday. Sous
l'action du courant électrique, Mo perd de la matière: il y
a corrosion.

C'est ce qui permet à A.J. TvlAURIN de définir l'"anode"


comme: Il • • • l'élément corrodé d'un quelconque couple de cor-
rosion et qui tend à capter les électrons."
Cette corrosion demeure stable pour autant que le
flux d'électrons se m~inttent et chaque nouvelle charge v. (~)
élémentaire libère M ~v.+} cathions. .
Sous l'action d'un courant "i" le vecteur i ~. figure
le sens de la migration des éléments en je~; le phénomène
s'écrit __ ~
Mo ~_> M (v..+) + ';.'·(él

A.J. MAURIN (3) ajoute qu'un sch~ma, identique gouverne la


migration des ions H+
H
2 i
--t- +
~-
2 (e-:-) .. / ..
23
Ra WALLAEYS (14) fait observer que le potentiel
d'électrode du métal attir~ llion H+ de la so~ution qui vient
se décharger sur le métal, suivant le schéma
+' 2 (é) ~ 2 H

Il arrive que cet hydrogène atomique puisse diffuser


à l'intérieur du métal, mais la plus grande partie se combine
en hydrogène moléculaire 2 H-7H2 , que 11 on voit se dégagera
Ainsi R. WALLAEYS fait remarquer: lion voit appa-
raître ici l'influence du pH .•• et l'on comprend que plus la
solution serq acide, plus l'attaque sera forte, en accord avec
la loi de déplacement œ l'équilibre. Elle sera aussi plus ra-
pide parce que le renouvellement d'ion d'hydrogène disponibles
au contact du métal sera plus rapide. lI · •

C'est pourquoi (cit. Po LACOMBE 20) la plupart des


métaux usuels se comportent très différemment selon la chimie
des eaux naturelles. Ainsi des eaux fluviales très IIdures"
c'est-à-dire chargées en calcaire sont moins corrosives pour
le fer que des eaux très pures dites IIgranitiques".

*
* *
En résumé si l'on écrit l'équilibre sous la forme
généralA
1
Mo ~2 M
2
1 ;;>
toute cause qui déplacera l' équilibre dans 1.e sens -__
provoquera lille corrosi~n; inversement toute tendance au dépla-
cement dans le sens ~- arrêtera la corrosion.

2. 2. 2 0 Domaines ~ diagrammes de corrosion


Selon CHAUDRON (cit. J. CHANGARNIER 22), un métal
plongé dans un électrolyte peut donc prendre trois états
appelés "domairies ll
a - domaine de IIpassivation ll : le métal a un potentiel plus
positif que le potentiel de corrosion; il se couvre d'une
couche d'oxyde; si elle est unïforme, non poreuse et adhérente r
les électrons sont arrêtés et le métal est protégéa
C'est ce qui se produit par exemple ( Cit. R.
WALLAEYS 14) lorsque le fer ou les aciers inoxydables sont
plongés dans une solution concentrée d'acide nitrique et se
recouvrent d'llile mince pellicule d'oxyde qui arrête l'attaque
et confère au métal une résistance à différentes solutions o
o 0/ .·0
24
b - domaine de "passivité" = Le métal a un potentiel plus
négatif que le potentiel de corrosion; il y a alors apport
d'électrons à la surface du métal, un~gaine continue d'hydro-
gène s'y forme alors et la dissolution du métal est arrêté.

c - Entre les deux, se trouve de domaine de "corrosionll.

Les limites de ces, domaines dépendent des poten-


tiels d'électrode (chaque métal a son potentiel normal d'élec-
trode) et du pH de l'électrolyte. Des auteurs comme POUP~AIX(23)
et A. J. IvIAURIN (3) ont été conduits à dresser des "diagrammes Il
de corrosion, par métal. Finalement prévoir l'agressivité d'un
électrolyte pour un métal, c'est mesurer le paramètre E (po-
tentiel d'électrode) et le pH.
Des diagrlliN~es du fer et du plorrqpar exemple (cit
CHANGillu~IER 22) on tire les enseignements suivants :
a - Fer: La passivit~, en eau pure, est obtenue pour E =
-0,61 volt (électrode à l'hydrogène) ou - 0,85 volt (électrode
Cu/S0 4Cu) •
Pour des pH très alcalins, superleurs à 12, le fer
devient a.n.o.à.e et il se forme des ferrites ou des ferrates ins-
tables et solubles. Il peut donc y avoir corrosion.
Dans l'eau de mer, riche en ions Cl- , la passivité
est obtenue à des valeurs de potentiel plus négatives (
( - 0,9 volts - CU,/S04Cu). Cela tient à ce que les ions Cl-
sont dépolarisants, en se combinant avec l'Hydrogène, ils
exigent un apport supplémentaire d'électrons pour que la pas-
sivité soit atteinte.

b - Plomb: les potentiels d'électrodes influent plus que


les pH
- Pour des potentiels très électropositifs, le plomb pourra
être passivé par un film de Pb0 2 ,
- En dessous, il y a protection cathodique avec dégagement
d tydrogène ;
- Enfin, pour des potentiels encore plus négatifs; il peut se
trouver une zone de corrosion cathodique avec formation de
plomb métallique finement divisé et un important dégagement
d'hydrogène. '
25

2.2 e 3. - La Protection Cathodique


De ces considérations découle le principe ode la
lutte contre la corrosion par la méthode dite "protec-
tion cathodique". Elle consiste essentiellement à imposer
à un métal enterré qu'il faut préserver, un potentiel
au moins égal à celui de la passivité.

Pratiquement, il en résulte deuz grandes catégo-


ries de systèmes de protection cathodique (cit.
CHJ~NGA1~nER - 22).

a - Protection galvanique par "anode soluble" : Une cana-


lisation métallique enterrée sera protégée si elle est
reliée électriquement à un autre métal moins noble,
c'est-à-dire avec un potentiel de dissolution plus bas.
Ce dernier se corrodera en fournissant un certain ampé-
rage qui assure au métal à protéger les qualités de
cathode.
Cette méthode est classiquement employée pour
protéger les ouvrages à la mer, les carènes des navires
etc ••

b - Protection par "soutirage de courant" : le pôle néga-


tif d'une source de courant continu auxiliaire est
relié à la canalisation à protéger, tandis que le pôle
positif est relié à une anode en métal ou en graphite,
enterrée à une certaine distance. Ce courant partant de
l'anode à travers le sol est admis par la canalisation,
rendue ainsi cathodique vi~-à-vis du sol. La corrosion
est répartie sur l'anode artificielle.

Cette méthode est nota:Th"1lent utilisée pour la


protection des armatures de béton armé. J. CHANGARNIER in-
dique que les densités de courant à soutirer sont de l'ordre
de 1mA au m2 - Il faut donc que la continuité électrique
de tout le ferraillage du béton soit parfaitement assurée
et que les anodes ou prises de terre soient enterrées dans
IDl milieu parfaitement en contact avec la structure du béton.
Il y a d'ailleurs un risque à éviter, c'est que l'alcalini-
sation qui se développe autour de la cathode n'amène le
métal dans le domaine de corrosion des pH très alcalins.

2.2. 4. - Notions de Corrosion chimique


et Corrosion électrochimique
Suivant les auteurs le vocabulaire varie selon
qu'ils mettent l'accent sur les mécanismes électrolytiques
en jeu ou sur le type de résultat atteint. ..j .•
2.6;

R. i'lALLAEyS ( 14) par exemple désigne par


"Corrosion chimique ll celle qui: Il • • • est caractérisée par
une attaque pratiquement régulière de toute la surface métal-
lique en contact avec le liquide. On peut considérer que le
métal comporte' en surface des zones anodiques et cathodiques
qui voisinent à l'échelle atomique." L'auteurexplique que le
jeu des départs d'ions métalliques en solution, laissant
derrière eux des électrons excédentaires d'une part, et des
décharges d'ions H+ sur les zones cathodiques d'autreo part,
provoque une : " •.•.• interversion continuelle des polarités f
qui explique l'attaque très régulière du métal."
C'est en définitive ce caractère de régularité de
l'attaque qui dÉfinirait selon cet auteur la "corrosion chimi-
que II d'un métal o .

,Par suite, toujours selon· R. WALLAEYS, la


"Corrosion électrochimique" concerne l'attaque irrégulière
des métaux par les liquides ioniques. "Cette irrégularité
est due à l'ex~ence de piles localisées sur l'intersurface
métal/liquide à l'échelle microscopique, comme à l'échelle
macroscopique et qui activent la corro~~on ch~migue (c'est
nous quisoulignons) par les courants électriques qu'elles
entretiennent."

Comment naissent ces piles ? Elles sont dues soit


à une hétérogénéité du matériau attaqué, soit à une hétéro-
généité du liquide ionique.
C'est que A.J. rJIAUI{IN (3) définit comm.e " auto-
corrosion" lorsque seule la résistance intérieure d'une pile
volta"est en causes
Si de plus, l'énergie d'une source extérieure au système,
. apporte une charge électrique,(-) capable de rendre le métal
anodique, on a -alors "allocorrosi9n" soit provoquée, soit
accident0lle ( par exemple sous l'action de courants vagabonds)
mais toujours artificielle. '

Ces distinctions, apparamment subtiles'] permettent


précisément de dresser U~Le classification des causes de la
corrosion o
27.

III .- LES CAUSES DE CORROSION


. On distinguera essentiellement'deux grandes classes
selon qu'il y a hétérogéneité du matériau ou bien du milieu
ambiant fonctionnant comme électrolyte, sans dissimuler que
le plus souvent les deux données interfèrent. C'est pourquoi
nous traiterons à part la corrosion biochimique et l'action
des courants vagabonds.

En réalité le jeu des facteurs et des mécanismes, qui


provoquent une corrosion, dépend de la nature du matériau et
donc des préparations que l'Eoame lui fait subir. Il faudrait
autant de classifications que de grands types de matériau
bétons, métaux, matières organiques et plastiques etc •••

1.1. - L'action de l'eau sur les bétons


L'action corrosive de l'eau, sous toutes ses formes
(états physiques, compositions chimiques) sur un béton dépend
avant tout des possibilités qu'elle a de pénétrer dans la ma~.
Granulométries mal étudiées, défauts de la campacité au moment
de la confection, durcissement insuffisant ou trop rapide, élé~
ments du ferraillase mal enrobés, en somme toute raison· qui en-
traîne porosité ou fissuration devient cause de corrosion.

Le rôle de l'eau co~~ence dès le gâchage.A cestade


les eaux très peu chargées (de pluies, de puits, de rivières)
sont les meilleures. Par contre sont à proscrire selon
J. d e JU1'~NEJ.VIANN ( 7 ) :

- les eaux de marécage, à cause des sulfates et sulfures


et aussi de la présence d'acide humique qui enroberait
les agrégats du· béton d'un film d'humates colloïdaux
noirâtres et visqueux, cause de porosité et en tout
cas susceptible d'une chute de'résistance du béton
jusqu'à 50% pour quelques % seulement d'acide humique.
- les eaux minérales et thermales, en raison de leur
teneur en C02 en excès (formation de bicarbonates très
solubles) qui provoquerait une povosité.
les eaux séléniteuses, en raison de l'action des sul-
fates (gonflement par les S'ulfo-aluminates) cause de
fissuration. '
• G./ ••
28

Ces actions sont évidemment beaucoup moins à


redouter sur les ciments de laitier, sursulfatés, de trass ou
de pouzzolane.

Les techniques de compactage (vigrage; pécontrainte)


sont destinées à éviter dans la mesure du possible porosité et
fissuration.
Le temps de durcissement doit, en dépit de quel-
ques inconvénients, surtout sous climats pluvieux, être suffi-
samment long pour-permettre aux phénomènes de retrait, respon-
sables des fissurations, de se stabiliser' A ce sujet les cons-
tructeurs savent que l'on peut admettre une certaine fissura- -
tion en raison de phénomènes d'autocicatrisation spontanée par
colmatage des fissures du fait de cristallisations à partir de
solutions saturées dhydrate de calcium.

Enfin, dans la "vie~1 d'un béton, l'action des


aC1Œes est pratiquement imparable lorsque le ciment est riche
en chaux, encore faut-il que l'eau les véhicule dans la masse.
A cet égard même en l'absence de p0r~sité et de fi8surati~n,
condition idéale jamais complètement r éalis ée" un enrobage
insuffisant du ferraillage d'un béton armé permet l'oxydation
des fers, elle même gonflante et en tout cas, ouvre une brèche
à la pénétration de l'eau.

1.2. - Les couples galvm1iques


Le cas le plus simple est celui de la corrosion
d'un métal aux fissures.
1.2. 1 - Corrosion aux fissures
u.~. EVANS (2) a indiql1é dm1s le cas d'une plaque.
de fer, immergé dans une solution de chlorure de sodium oxygé-
nee, qu1il se forme une croûte relativement épaisse d'oxyde
ferrique" en contact d 'autant plus étroit avec le métal que
l'oxygénation de la solution est élevée. L'oxyde peut devenir
protecteur par passivation; mais il se dépose irrégulièrement
et pour peu qu'une lacune existe, par exemple par abrasion,
cavitation ou du fait de vibrations, la croûte devient cathode
et le fer dénudé devient une anode qui se corrode en donnant :
Fe .~ Fe ++ + 2 (e1
c'est-à-dire une solution sans fin d'ions ferreux qui se com-
binent avec C1- pour donner un chlorure ferreux. Le produit
cathodique est Na OH •
Or NaOH et FeC12 sont très solubles, la réaction
continue du fait du courant et la corrosion électrochimique
est plus grave que l'oxydation directe, d'autant plus qu'elle
est localisée. ../.~
29
,
.,'::;' 1.2. 2. Couples bi-métalliques
Le schéma est le même si deux métaux sont plongés
.~
dans le même électrolyte. R. WALLAEYS (14) prend le cas d'un
barreau Zinc, Cuivre. Zn ayant une tens'ion de dissolution
plus forte que Cu il émettra dans la solution une quantité su-
périeure d'ions et sa surface deviendra anode. Cu, au contraire;
deviendra cathode et des ions Na se déchargeront sur lui.
A l'intérieur du barreau il y aura par suite transport d'élec-
trons du Zn au Cu. Ainsi la réaction ne s'arrêtera qu'avec
l'épuisement du zinc, sauf s'il y a arrêt de l'attaque par
polarisation due à l'hydrogène à l'état adsorbé.' Mais, en ce
cas la moindre présence d'oxygène relancera l'attaque par
dépolarisation. Cela dépendra du potentiel d'oxydo-reduction
de l'électrolyte.

On sait que les métaux ont été classés en série


,lIélectrochimique ll suivant leur potentiel d'électrode normale.
Les métaux Unobles ll ont un potentiel d'équilibre électroposi-'
tif par .rapport à ,l'hydrogène; les métaux les plus corroda-
bles ont un potentiel d'équilibre électronégatif.
Deux métaux de potentiels d'équi~ibre différents
forment donc une pile et le métal anodique se corrode.

De tels couples sont fréquents, par exemple, pour


les navires à coques métalligues, l'opposition entre métaux
ferreux et pièces en bronze (hélice, arbre, apparaux de gou-
verne) - J. CHMfGJLRNIER (22) cite les réseaux de distribution
de propane à canalisations principales en acier et branchements
d'abonnés en cuivre qui forment cathode par rapport à l'acier.
Dans les canalisations d'eau enterrées en fonte avec boulon-
nage acier, le couple fer/fonte fonctionne au détriment des
boulons d'acier.
Les cas de ce genre sont hautement justiciables
de la protection cathodique par anode perdue.

1.3. - Les Causes métallurgigues


P. LACOMBE (20) insiste sur le fait qu'un alliage
peùt voir son état structural modifié par le temps ou les
traitements thermiques subis.

Par exemple un acier inoxydable type 18/8 (fer


chrome-nickel) IIhypertrempé ll c'est-à-dire traité à 1.100°
environ, puis trempé modérément à température ambiante, pré-
sente une structure microscopique analogue à celle du métal
pur. Sa résistance à la 'corrosion est alors maxL~a.
../ .. '
30

Ï1ais si l'état hypertrempé e st partiellement


détruit par un traite,.aent de "revenu" entre 600 et 900°, l'acier
devient sensible à la corrosion intergranulaire, c'est-à-dire
à une véritable décohésion. Il se produit en effet une préci-
pitation préférentielle de carbone dans les joints de grains
de l'acier et corrélativement la teneur en chrome s'y appau-
vrit. Le centre du cristal devient cathode et le joint de grain
chargé en carbure Cr 4C devient anode. La corrosion anodique
y est d'autant plus sévère que la surface de l'anode, un fin
liseré, est très petite par rapport à la surface des cathodes
voisines.
La corrosion en ce cas est bien de mécanisme élec-
trochimique mais la rais'on en est avant tout d'ordre métallur-
gique. Observons qu'en ce qui concerne le plomb, ces faits ne
jouent pas, car le métal est systématiquement recuit.

1.4. - Les Causes méc~nigues

P. LACOMBE (20) cit~ un autre cas de corrosion


intergranulaire dont la cause originelle est d'ordre mécanique.
C'est le "Season-cracking" des laitons 70-30 (70% CU, 30~;Zn)
où l'action combinée de fortes tensions internes dues à un
écrouissage à froid et de vapeurs ammoniacales (exemple des
douilles de laiton, stockéesdans un parc d'artillerie à proxi-
mité d'écuries, favorise de manière spectaculaire la corrosion
intergrau,:üaire.

J. CBJ~UVIN (24) note à ce suj et : "qu"un solide


métallique n'est pas formé dlun monocristal mais de II g rains",
La disposition régulière des atomes n'est respectée qu'à l'in-
térieur du grain. Mais aux limites intergranulaires les atomes
sont à un niveau énergétique plus élevé que celui des atomes
constituant le métal parfait, car ils sont à des distances in~
teratomiques supérieures aux distances d'équilibre. Par suite,
l'énergie à dépenser lors d'une action de corrosion ser~ plus
faible là où le niveau énergétique est le plus élevé. C'est
pourquoi lorsqu'un métal est déformé à une température telle
que la recristallisation soit impossible, des dé~ordres se pro-
duisent qui augmentent le niveau énergétique et donc facilitent
la corrosion. Précisons que des phénomènes de ce genre ne sont
pas à craindre pour le plomb qui n'a pas de llifiite d'élasticité.

2 - Les cas d'hétérogénéité liée


~=}~j}~~J!~}~J~~============
Nous en avons déjà donné un exemple, en corrosion
atmosphérique, dans l'inégale répartition des électrolytes
d'origine marine projetés avec les embruns •.

../ " .
31
Nous eXillTIinerbns les dèv~ causes les plus fréquentes
l'aération différentielle et l'effet li ~il~éologique il ..

2.1. - L'Aération différentielle


U.R. EVill~S (2) a démontré que si deux électrodes
équipotentielles d'un même métal sont plongées dans une pile
cloisonnée contenant un même électrolyte et si l'on aère llun
des compartiments par barbotage, l'électrode,de ce comparti-
ment devient cathode, tandis que l'autre devient anode ~t se
corrode .'
Ciest ce qui se passe dans le cas dÎattaque dlune
plaque de fer par une goutte de pluie : la partie couverte
devient an9de et se corrode en i'nid Il tandis que la périphérie
reste cathode. .

En somme tout phénomène physique qui permet à


lfoxygène d'arriver plus -facilement au contact d'un métal;
favorise la corrosion anodique des parties les moins aérées.
Naturellement l'importance de l'attaque est fonction de la
conductibilité de l'électrolyte qui bai.gne le métal. Mais
elle est aussi fonction du rapport des surfaces anodiques
et cathodiques.

De tels "courants d'aération différentielle" selon


l'expresion d'EV~ùJS se produisent fréquemment. L'auteur cite
la cor~ion aux recoins, là où des corps non conducteurs
(verre - pierre - tissus) appuient sur un métal: il y a at-
taque anodique là où l'oxygène parvient le moins bien. '
A cet égard la corrosion des charpentes métalliques
par oxydation est aggravée par un effet mécanique de "ooin lJ
entre les pi~ces car lloxyde de fer occupe un volume très su-
périeur à celui de l'acier détruit pour le produire.
Sur les ouvrages enterrés, par exemple dans une
zone sableuse de granulométrie homométrique soumise aux bat-
tements de la nappe dus à la marée (ciest souvent le cas à
Cayenne) les variations d'aération peuvent engendrer des chan-
gements de polarité.
Plus généralement sur les canalisations une aéra-
tion différentielle a pour origine un défaut du revêtement
protecteur.
En outre lorsque un métal a commencé à s'oxyder
il en résulte à la surface des petites variations topogra-
phiques qui suffisent à déclencher une corrosion anodique
des creux par rapport aux bosses.
32

2. 2. Les Piles Géologiques

L'effet "pile ~éologiquell est lié à la Loi de


Coehn (cit A.J. l\iAURIN (3) : Il Si deux corps différents sont
en contact intime, celui qui présente la plus forte constante
diélectrique est électropositif vis-à-vis de· l'autre."
Si l'on admet les valeurs moyennes suivantes
eau du ss>l; constante dielectrique environ 80
sol sec ; li Il
" 1
Canalisation souterraine
(sous rev~tement)
Il
Il •
". 4

On voit. qu'une canalisation en sol humide est électro-néga-


tive et forme l'anode de 18. pile géologique; au contraire' en
sol sec elle forme cathode.

Si donc une canglisation passe à travers des forma-


tions géologiques très différentes (cas des pipe-lines, des
adductions d'eau, cas du projet de canalisations téléphoniques
sur l'axe IIBanlieue Sud ll ) il s.e crée tout au long une alter-
nance de zones cathodique et anodiques. Ces dernières connaî~
tront une corrosion d'autant plus intense que leurs surfaces
sont petites. C'est ce qui se passe au franchissement de
zones argileuses étroites, par exemple une vallée.
1 • A cet égar~ l'extraordinaire morcellement des
formations géologiques et pédologiques qui portent la ville
de Cayenne, y est l'une des causes les plus probables de cor-
rosion de toute canalisation.
Toutefois 'les dégats les plus 60nsidérables' s'ob-
servent sur des canalisations à longues sections en terrain
sec (sections cathodiques) suivies de sections courtes en
terrain humide (section anodique). Dans la canalisation il
circule un courant dit de 1I10ngue ligne ll (cit. J.·CHANGAHNIER,
22) de sections cathodiques en sections anodiques. On a pu
enregistrer des courants de 100 mA. Sur du fer, un tel courant
débitant pendant 1 an. peut dissoudre près de 100 cm3 de fer.

En fait l' Il effet pile géologique" s'ajoute à bien


d'autres causes et notamment à la corrosion bactérienne.

3, ,~~=~g~~g~~g~=~§~~~~~~~~
J. fulBATE (19) précise ainsi le mode d'inter-
vention des bactéries •
..1 ..
33.

- Action directe : sous certaines conditions de pro~


lifération, elles donnent naissance à des composés réactifs
o:rrosifs (acides carbonique , sulfhydrique, acides organiques)
ou bien elles occasionnent par leur rassemblement en colonies
suffisamment compactes des distributions inégales de potentiel
électrique, avec répartition irrégulière de plages anodiques
et cathodiques.
- Action indirecte : leur métabolisme engendre des
substances organiques qui interviennent comme dépolarisants ou
catalyseurs des réactions de corrosion.

Cela semble bien le cas dans la corrosion anaérobie des


métaux par les bactéries sulfato-réductrices qui affectionnent
les terrains argileux et spécialement les sols marécageux ou
de man~rove. Elles utilisent l'hydrogène pour réduire les sul-
fates en sulfures. Par suite elles produisent de l'oxygène,
lequel par dépolarisation cathodique provoque l'attaque élec-
trochimique du métal, notamment des fontes.
En dépolarisant le système électrochimique elles per-
mettent à la corrosion de se poursuivre jusqu'à épuisement des
sulfates.
1 Il va de soi que si un phénomène physique comme la marée
realimente le milieu en sulfates, la corrosion biochimique peut
être indéfinie.

Il se pourrait donc bien qu'à Cayenne, leur action


directe et indirecte (acides organiques et dépolarisation) y
soit une cause fondamentale de corrosion sur tout ouvrage
enterré.

Le qualificatif de "vagabonds" tient non seulement à


leurs tracés souvent inattendus et parfois difficiles à déce-
ler, mais aussi au caractère épisodique des causes qui engendrent
ces courants. .
" Lorsqu'il sont dérivés de voies ferrées par exemple,
ils se déplacent avec les motrices qui leur donnent naissance,
écrit B. HEUZE (25), et leur valeur dépend de la charge de
celles-ci, ainsi que de ll~quilibre général du r éseau.1\
. Ils empruntent volontiers tout ce qui est canalisation
métallique, enveloppes de câbles électriques et téléphoniques,.
charpente métallique et même les ferraillages de béton mal ':
isolés.
..1 .•
340

Ils ont naturellement tendance à retourner vers le


pôle négatif des sources d'énergie qui les engendrent.

Ce n'est donc pas leur entrée ou leur circulation dans


un ouvrage enterré qui est" dangereuse , mais au contraire
la sortie dans le sol. Celui-ci par son humidité et les sels
qu'il peut contenix' est électro-négatif vis-à-vis du conduc-
teur emprunté qui devient anode o La corrosion électrolytique
peut alors être très sévère, d'autant plus sévère que la sortie
de courant est plus localisée 0 CI est ce qui se· passe pour une ",
canalisation qui recoupe lliîe voie ferrée à proximité d'une sous-
station ..

OB. "HEUZË donne à titre indicatif les estimations suivantes


- Electrolyse de llaciBr 10 Kg / ampère/au

du plomb li
Il
30 " "
A cet égard il précise que le courant alternatif est
environ 1000 fois moins dangereux que le courant continu Mais Q

il indique que des effets de redressement, donnant une compo-


sante continue peuvent être provoqués par les oxydes qu1un
courant alternatif rencontre à la surface d'une canalisation"

Les procédés de protection sont de deux types : les


uns "passifs" en ce qu'ils' liraitent ou même annulent les
courants qui empruntent les ouvrages; les autres "actifs" en
ce qu'ils consistent à neutraliser les courants vagabonds par
des courants de signe contraire dans les zones mises en danger.

A la premlere catégorie appa.rtiennent les II revêtements"


à forte valeur dielectrique (par ex. brai de houille armé de
tissu de verre); les "dl~versoirs de courant" autrement dit des
prises de terre; les "j oint"s isolants" ( par ex. ceux utilisés
pour rompre la continuité électrique des gaines en plomb des '
câbles électrique ou téléphoniques). Mais il y a des dangers
si ces procédés sont mal employés .. Ainsi un revêtement appliqué
uniquement dans la zone électrolysée aura pour effet paradoxal
de limiter le nombre des S~~~~8S de courant et donc d'accroître
la rapidité d'attaque"
Quant aux déversoirsdecourant il faut leur assurer une
résistance de terre bien inférieure à celle qui limite les
échanges entre le conductelIT et le sol (quelques centièmes
d'ohm). Il faut placer un déversoir à la sortie du courant,
mais co~ne il se déplace de ffinnière capricieuse, le choix est
délicat et un déversoir mal placé peut même à son tour capter
d'autres courants vagabonds:.i ~./ ...
- A la deuxième catégorie f2e rattachent divers dispositifs de
"drainage polarisé" ou de "soutirage de courant" qui per-
mettent, par un conducteur électrique interposé, le retour des
courants vagabonds vers leur pôle d'attraction.
La mise en place de tels dispositifs demande des
études préalables très soigneuses, notamment des mesures du
courant qui circule dans les canalisations à protéger, sur
potentiel par rapport au sol, la r€sistivité du sol. Comme
il s'agit de courants épisodiques il faut effectuer ces mesures
sur appareils enregistreurs de manière à avoir des séries
statistiquement interprétables. De telles études demandent du
temps et des moyens techniques assez considérables.

Il n'était pas question dans une mise au


point sur les principaux aspects de la corrosion, ni de faire
un recensement complet de toutes les causes possibles, ni de
traiter de manière exhaustive la question et spécialement des
moyens de lutte contre la corrosion.
On a surtout voulu montrer la grande complexité des
agents et mécanismes mis en jeu, dans un phénomène de destruc-
".
tion qui est synthètique, surtout lorsqu'il s'agit d'ouvrages
enterrés.
Si l'on y ajoute le problème de la protection des
gaines de plomb des c~bles téléphoniques, qui fait partie des
préoccupations de l'Administration des Postes et Télécommuni-
cations à Cayenne, on peut dire que dans cette ville, à l'ex-
ception peut-être des corrosions dues aux courants vagabonds,
sont réunies à peu près toutes les conditions requises pour
une agressivité maximale des sols et des eaux du sol.
C'est ce que vont montrer les rapports qui suivent
( titres II à IV). C'est aussi la raison pour laquelle nous
joignons au dossier un exemplaire des "Recommandations concer-
nant la protection des câbles souterrains contre la corrosion"
présentées à New-Delhi en 1960, sous l'égide du. Comité Consul-
tatif International Télégraphique: et Téléphonique (C.C.I.T.T.)
et publié en 1961 par le Secrétariat Général de lIU.I.T.,
Palais Wilson à Genève.

1
M. BOYE

.. / ..
36.

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liants hydrauliques.- Note ronéo
C.I.B. - 10 pl. Vend8me, Paris o
CONVENTION P. ET T.
Département de la Guyane

IITUDE DE L'AGRESSIVITI!! !

DES SOLS ET DES EAUX


DE LA VILLE DE CAYENNE !

1 OFFI(E DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE OUTRE-MER

--~~-~--~-~~~~~~
~
INSIITUT FRANÇAIS D'AMÉRIQUE TROPICALE

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