BELGIË – BELGIQUE
P.B./P.P.
La Lettredu B – 78
Bureau de dépôt
4099 Liège X
P501407
Patrimoine Sous les auspices du Conseil de l’Europe
TRIMESTRIEL – JUILLET – AOÛT – SEPTEMBRE 2007 – No 7 – BUREAU DE DÉPÔT : LIÈGE X 19es Journées du Patrimoine
en Wallonie
8 et 9 septembre 2007
Secrétariat des Journées du Patrimoine
Un nouveau Ministre du Patrimoine Tél.: 085 / 278 880
Éditeur responsable : Freddy Joris, Administrateur général, rue du Lombard, 79 - 5000 Namur
Fax : 085 / 278 889
www.journeesdupatrimoine.be
Au moment de faire parvenir à l’impri- 1999 ensuite), feu André Baudson durant
merie ce nouveau numéro de La Lettre un an et demi (de janvier 1994 à l’été
du Patrimoine, nous avons appris qu’à 1995), Jean-Claude Van Cauwenberghe
l’occasion du remaniement intervenu à pendant un peu moins de deux ans mais
la tête et au sein du Gouvernement en deux temps également (de l’été 1999
wallon, le Ministre Jean-Claude Marcourt, au printemps 2000 puis de l’été 2003 à
déjà en charge de l’Économie, de l’Em- l’été 2004) et enfin Michel Daerden, lui
ploi et du Commerce extérieur depuis aussi à deux reprises, pendant un total de
trois ans, prendrait en sus la responsa- six années environ (du printemps 2000
bilité de la conduite de la politique du à l’été 2003 et de l’été 2004 à ce mois de
Patrimoine. Voici dix ans, un des prédé- juillet 2007).
Patrimoine
MILITAIRE
cesseurs du nouveau Ministre, Robert Le Ministre Marcourt présidera donc les
Collignon, avait déjà réuni dans les prochaines Journées du Patrimoine en
mêmes mains l’Économie et le Patrimoine septembre (dont on vous parle page 18)
à l’époque où il était Ministre-Président. et il lui appartiendra de donner l’orien- Photographie : Charline JORIS
En fait, depuis le transfert de la matière tation des XXe Journées en 2008 et du
des monuments, sites et fouilles aux vingtième anniversaire de la régionali-
Régions le 1er janvier 1989 (en vertu de sation de la matière quelques mois plus
la loi spéciale de réforme de l’État du tard. La Lettre du Patrimoine ouvrira
8 août 1988), cinq Ministres seulement ses colonnes comme il se doit au
ont assumé celle-ci avant Jean-Claude nouveau Ministre dans son prochain
Marcourt, en un peu moins de vingt ans: numéro. En attendant, l’adresse du
Albert Liénard durant trois années de Cabinet de Jean-Claude Marcourt est
1989 à fin 1991, Robert Collignon Place des Célestines, 1, à 5000 Namur
pendant six ans mais en deux phases (en (tél. 081-23.41.11; fax 081-23.42.34;
1992-1993 d’abord, de l’été 1995 à l’été site: http://marcourt.wallonie.be).
Les dessous de Saint-Lambert. 100 ans de fouilles au cœur de Liège
Exposition à l’Archéoforum de connaissance du passé de la place Saint- terprétation scientifique, la mise en
Liège, du 18 septembre 2007 au Lambert et donc, de la ville de Liège. valeur.
20 janvier 2008 C’est cette formidable histoire que l’Ar-
chéoforum de Liège vous invite à décou- À découvrir à l’Archéoforum de
C’est par hasard, en octobre 1898, lors vrir dans une exposition consacrée au Liège, du 18/09/2007 au 20/01/2008.
de la pose d’un égout, que plusieurs centenaire des premières fouilles entre- Renseignements: 04/250.93.70 –
sculptures datant du XIVe siècle sont prises place Saint-Lambert à Liège. Elle
[email protected] –
mises au jour. Rien de bien surprenant… propose une vision tant objective, au www.archeoforumdeliege.be
si ce n’est que quelques jours plus tard travers des découvertes et résultats des
la découverte de tuiles romaines fait fouilles, que subjective, par le biais du
voler en éclat le mythe des origines de regard des acteurs et des spectateurs qui
la ville de Liège: le meurtre de l’évêque ont traversé ce siècle. Ces différentes
Lambert vers 700. Quelques années plus thématiques seront présentées au visi-
tard, en 1907, à la faveur d’autres teur à travers trois pôles différents: l’un
travaux, de nouvelles découvertes consacré à l’aspect scientifique des
fortuites conduisent la Ville de Liège à recherches effectuées place Saint-
confier à l’Institut archéologique liégeois Lambert, un autre proposera les diffé-
une première campagne de fouilles rents points de vue extérieurs (du public,
qui viendra confirmer l’existence d’une des journalistes, des acteurs politiques)
construction romaine et même d’une et, enfin, un troisième envisagera l’avenir
occupation néolithique que l’on du site.
sait aujourd’hui remonter à plus de L’exposition retracera le processus
7.000 ans. Nous voici à l’aube d’un siècle complet d’interprétation d’un site
de fouilles et de découvertes archéolo- archéologique, depuis la fouille jusqu’à
giques qui permettront de glaner bien son lieu de diffusion en passant par diffé-
de nouvelles informations qui ont fait rentes étapes indispensables telles que
évoluer d’une manière décisive la la découverte, la réaction des gens, l’in- L’Archéoforum de Liège. © Experience International
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La Lettre du Patrimoine – N o 7 – 2007
Année record à l’abbaye de Stavelot
Francorchamps et le Musée Guillaume
Apollinaire), un important centre de
séminaires et des salles d’exposition
temporaire.
L’année 2006 aura été extrêmement
positive pour l’abbaye de Stavelot et son
complexe muséal qui ont accueilli en
leurs murs pas moins de 52.000 visiteurs,
soit l’année la plus faste depuis l’ouver-
ture en 2002. Ces résultats sont princi-
palement dus à la mise en place régulière
d’expositions temporaires intéressantes
et de qualité ainsi qu’à la tenue d’évé-
nements, tel le concert de Jean Vallée
qui a connu un franc succès. Plusieurs
autres organisations d’envergure, en
association avec le monde culturel stave-
lotain, ont permis d’accentuer le rayon-
nement régional de l’abbaye.
Les résultats de fréquentation pour le
premier semestre 2007 sont également
très bons puisque le cap des 21.000 visi-
teurs a été dépassé à l’exposition «Trap-
L’abbaye de Stavelot. © ETC pistes», présentée entre février et juillet.
La prochaine exposition temporaire se
Depuis plus d’un millénaire, de sa fonda- de la Belgique. Patrimoine exceptionnel tiendra du 10 août au 31 décembre 2007,
tion par saint Remacle à la Révolution de Wallonie, les vestiges de l’imposante sur le thème «Che Guevara, 40 ans après».
française, l’influence économique, poli- abbatiale (XIe siècle) et les bâtiments
tique, religieuse et artistique importante conventuels restaurés (XVIIIe siècle) Renseignements: Abbaye de Stavelot –
de la principauté abbatiale de Stavelot- regroupent aujourd’hui trois musées (le 080/86.27.06 – info.tourisme@abbaye-
Malmedy s’est exercée sur un vaste terri- Musée de la principauté de Stavelot- destavelot.be – www.abbayedestavelot.be
toire, dépassant largement les frontières Malmedy, le Musée du Circuit de Spa-
Bois-du-Luc et Beringen réunis sur la Route européenne du Patrimoine industriel
des idées et activités concrètes dans le industriel et constituent des points d’an-
but de promouvoir la culture industrielle. crage: il s’agit du site minier du Bois-du-
A l’heure actuelle, le réseau ERIH réunit Luc à La Louvière (Écomusée régional
plusieurs sites et musées axés sur le patri- du Centre) et de la Mine de Beringen
moine industriel. Ils sont situés en (Vlaams Mijn Museum). Malgré les
Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, distances géographiques et linguistiques,
France et, depuis peu, en Belgique. L’os- ces deux sites partagent de nombreux
sature du réseau se compose de «points points communs, dont l’ancienneté des
d’ancrage», actuellement environ 65 charbonnages, la conservation exem-
répartis dans 10 pays, qui sont des sites plaire des infrastructures industrielles, la
majeurs disposant d’une infrastructure préservation de l’environnement et du
touristique bien développée. Il s’agit par paysage modulés par l’activité indus-
exemple, du complexe urbanistique et trielle et la valorisation scientifique et
industriel de New Lanark en Écosse, de culturelle qui y est menée.
l’Iron Bridge à Telford en Angleterre ou Par ailleurs, l’Écomusée du Bois-du-Luc,
encore des mines de Zollverein à Essen classé en 1996 et repris sur la liste du
en Allemagne, inscrites sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie,
Patrimoine mondial de l’UNESCO. est inscrit sur la liste des monuments
De ces points d’ancrage, qui représen- pris en charge par l’IPW en ce qui
tent toute la diversité de l’industrialisa- concerne les bâtiments industriels de la
tion (charbonnages, carrières, verreries, fosse Saint-Emmanuel, anciens bureaux
Vue aérienne du site du Bois-du-Luc. usines textiles, industries métalliques, et ateliers, propriétés régionales cédées
G. Focant, DPat © MRW aciéries), partent des «routes régionales» en emphytéose à l’asbl du même nom.
reliant entre eux différents sites indus- L’objectif est double: évaluer les possi-
Le réseau ERIH – European Route of triels de plus petite taille. Parallèlement, bilités d’y implanter un centre d’archives
Industrial Heritage – a été créé dans le des «routes thématiques européennes» industrielles et de le mettre en réseau
cadre du plan INTERREG IIC et IIIB afin constituent les relais entre les différents avec d’autres sites, dans le cadre bien
de résoudre en commun à travers la points d’ancrage avec pour but essen- sûr, du réseau ERIH.
coopération des États membres le défi tiel de promouvoir l’échange d’expé-
difficile de la conservation et de la valo- rience entre experts. Pour tout renseignement: www.erih.net –
risation des monuments industriels, rele- Deux sites miniers belges, l’un situé en www.ecomusee-regional-du-centre.be –
vant d’un héritage commun. Cette mise Wallonie et l’autre en Flandre, sont réunis www.beringen.be
en réseau vise, entre autres, à développer par la Route européenne du Patrimoine
2 Suite à la page 23
Suite de la page 2
La Lettre du Patrimoine – N o 7 – 2007
Un forum international pour la conservation et la restauration des vitraux
Organisé par l’Institut du Patrimoine compte ces spécificités techniques en
wallon, le Comité wallon pour le vitrail tentant d’apporter les solutions les plus
associé au Corpus Vitrearum et le Comité adéquates et les plus respectueuses.
international du Corpus Vitrearum pour Les débats en séance ainsi que les
la conservation des vitraux, ce forum a été nombreux contacts pris entre les partici-
consacré aux Techniques du vitrail au pants scientifiques et maîtres-verriers ont
XIXe siècle et aux problèmes de conser- été particulièrement riches et utiles. La
vation et de restauration de ce patrimoine. librairie spécialisée, alternativement tenue
Il s’est tenu aux moulins de Beez à Namur par Laurence, Émilie et Sophie et les posters
du 14 au 16 juin 2007. installés dans le grand hall des Moulins de
Accueilli par Freddy Joris, le forum réunis- Beez par Jelal ont rencontré un vif intérêt
sant durant trois jours près de 150 parti- au cours des pauses conviviales, facilitant
cipants européens, russes, américains et de fructueux échanges.
pour la première fois australiens, a Les communications très homogènes, de
rencontré un plein succès. bon niveau et bien liées les unes aux autres
Le thème retenu par le Comité scientifique ont généré des débats précis qui se sont
a permis à 25 conférenciers provenant poursuivis durant les deux premières jour-
d’une dizaine de pays européens et des nées au restaurant très accueillant des
États-Unis, de développer des aspects histo- Moulins de Beez puis lors de la réception
riques et techniques extrêmement diver- organisée au Centre de la Paix-Dieu à Amay.
sifiés et parfois très mal connus. De ce fait, Les participants y ont été accueillis par un
le forum a suscité un réel intérêt parmi les remarquable exposé d’Anne-Françoise
conservateurs et restaurateurs qui consa- Cannella faisant revivre le patrimoine de
crent une grande partie de leurs activités l’abbaye cistercienne puis évoquant les
au traitement des vitraux de cette époque. formations dispensées au Centre. Le buffet
L’Institut du Patrimoine wallon et le Comité a été très apprécié, chacun repartant avec
wallon pour le vitrail ont considéré qu’or- des bières brassées pour l’ancienne abbaye
ganiser un forum pour la conservation et de la Paix-Dieu.
la restauration des vitraux du XIXe siècle Sous la direction scientifique d’Isabelle
et leurs techniques était particulièrement Lecocq, la troisième journée a été consa-
important pour deux raisons: d’une part, crée à un parcours de visites de vitraux
trop de vitraux qui datent du XIXe ou du des XIXe et XXe siècles dans les régions de
début du XXe siècle sont encore détruits Verviers et Eupen. Ainsi les participants,
ou en tout cas considérés comme secon- environ 120, ont pu découvrir les décors
daires, on consacre moins de moyens à peints et les vitraux de l’atelier Ladon de
leur conservation et on les confie à des l’église Saint-Antoine-Ermite-et-Apolline à Goé, église Saint-Lambert, détail du vitrail
artisans incompétents qui risquent de Pepinster, ainsi que l’étude due à Emma- de l’Apostolicité (la Destruction des idoles),
mettre leur existence future en danger; nuel Vanderheyden, et les vitraux de ateliers J. Osterrath, 1913. © I. Lecocq
d’autre part, les techniques particulières l’église Sainte-Julienne dus aux ateliers
utilisées au XIXe siècle sont mal connues: Osterrath et Biolley avant d’être accueillis Comité wallon pour le vitrail, qui a iden-
elles témoignent des recherches techno- par le bourgmestre de Verviers, Claude tifié les acquis du Forum et les attentes
logiques de l’époque mais elles posent Desama, lors du lunch offert par l’IPW au qu’il suscite, Freddy Joris confirmant
parfois aussi de très sérieux problèmes Musée de la Laine. ensuite l’intérêt que l’Institut du Patrimoine
aux restaurateurs. L’après-midi a été consacrée aux vitraux wallon a porté aux travaux de ces trois
Les différentes communications ont donc d’Osterrath de l’église Saint-Lambert à Goé journées. Les participants ont ensuite été
porté sur les verriers du XIXe siècle, les qui ont suscité l’admiration des congres- accueillis à une grande réception de clôture
matériaux et techniques particuliers sistes. Les interventions sur les verrières de au siège de la Communauté germano-
comme les verres structurés, imprimés, l’église Saint-Paul à Baelen n’ont pas phone à Eupen par Karl-Heinz Lambertz,
coulés, laminés, opalescents, en cabo- manqué de poser question. Les vitraux de Ministre-Président et Isabelle Weyckmans,
chons, les techniques de transfert de l’atelier Oidtman ornant les églises Saint- Ministre de la Culture et des Médias, des
grisaille au pochoir, mécanique, par Joseph et Saint-Nicolas à Eupen ont élargi Monuments et Sites, de la Jeunesse et du
procédé photographique, les déforma- le champ des connaissances des spécia- Sport qui a conclu par un appel à inven-
tions de verres, les mises en plomb sophis- listes. torier les vitraux de cette région méritant
tiquées… et, enfin, sur des cas de La partie scientifique a été clôturée par d’être mieux connus.
conservation-restauration qui prennent en Yvette Vanden Bemden, Présidente du Jacques BARLET
Caïus 2007: appel aux entreprises!
Organisé pour la 19e année par des milieux économique et culturel, et pour leur action menée en faveur du patri-
Prométhéa, le concours des présidé, cette année, par Paul Dujardin, moine wallon et bruxellois.
Caïus met à l’honneur le Directeur général du Palais des Beaux-Arts Le règlement et les documents d’inscription
mécénat culturel et récom- de Bruxelles. sont disponibles chez Prométhéa, rue
pense des entreprises qui se Lors de la soirée de remise des prix qui de la Concorde 60, 1050 Bruxelles, tél.
sont distinguées par leur créa- aura lieu au Palais des Beaux-Arts de 02 513 78 27 – mail:
[email protected] tivité, leur dynamisme, leur Bruxelles le 5 décembre 2007, une PME ou directement téléchargeables depuis
persévérance et leur contribution au déve- et une Grande Entreprise recevront un www.promethea.be / rubrique Caïus 2007.
loppement culturel et patrimonial de notre Caïus pour leur action de mécénat ou de Les inscriptions et les dossiers de candi-
pays. sponsoring culturel, toutes disciplines dature complets doivent impérativement
En 2007, quatre Caïus seront décernés par confondues. Deux autres entreprises se parvenir chez Prométhéa avant le
le jury, composé de personnalités issues verront quant à elles décerner un Caïus 2 octobre 2007.
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La Lettre du Patrimoine – N o 7 – 2007
AVIS IMPORTANT
En raison d’une erreur technique
lors de la mise en page du précé-
dent numéro de La Lettre du Patri-
Les auberges de jeunesse, un passeport pour les villes moine (avril-juin 2007), le titre
Carnet de la Protection, n’a pas
du patrimoine mondial été inséré. Or l’article de la p. 19,
intitulé Architecture paysagère
Le projet «Les auberges de jeunesse, un Actuellement, en Belgique, seule la ville au domaine de Ronchine, Assesse
passeport pour les villes du patrimoine de Namur fait partie de ce réseau qui, émanait bien des collaborateurs
mondial» (AJPVPM), mis sur pied par jusqu’en mai 2007, était encore au stade de la Direction de la Protection,
l’Organisation des villes du patrimoine de projet-pilote. Parmi les autres auxquels la Rédaction de La Lettre
mondial (OVPM) et Hostelling Interna- auberges ayant participé jusqu’à présent, du Patrimoine présente ses
tional (HI – Fédération internationale citons par exemple Carcassonne en excuses pour cette confusion.
des auberges de jeunesse) a pour but de France, Lübeck en Allemagne, Sucre en
faire découvrir les richesses culturelles Bolivie et Québec au Canada. Toutefois,
des villes du patrimoine mondial en favo- le ralliement de l’UNESCO au projet en
risant le séjour en auberge de jeunesse mars 2007 devrait permettre un élargis- S’abonner?
via des offres de nuitées à destination sement de la palette offerte aux visiteurs.
d’une clientèle ciblée. Il s’agit des voya- Seul petit bémol à cette initiative pour-
geurs provenant des villes du patrimoine tant très riche, ce sont uniquement les La Lettre du Patrimoine est inté-
mondial qui se verront offrir gracieuse- résidents des villes membres de l’OVPM gralement téléchargeable sur le
ment une 2e nuitée (groupe de 10 per- qui peuvent bénéficier du programme et site www.institutdupatrimoine.be.
sonnes et plus) ou une 3e nuitée (clients de ses avantages en tant que clients. L’abonnement à La Lettre est
individuels) gratuite. Cet avantageux entièrement gratuit, si vous en
forfait prolonge le séjour des visiteurs Pour tout renseignement: sur le faites la demande par écrit, par
tout en leur donnant accès à des programme «Les auberges de jeunesse, un fax ou par mail (en aucun cas par
programmes de découverte spécifiques téléphone, s’il vous plaît) auprès
passeport pour les villes du patrimoine
de l’IPW à l’adresse ci-dessous:
des richesses culturelles propres à mondial»: www.hihostels.com/heritage –
chaque ville, organisés par les collecti- sur les villes membres de l’OVPM: Institut du Patrimoine wallon
vités locales. www.ovpm.org Cellule Communication –
La Lettre du Patrimoine
Rue du Lombard, 79 –
Le label du patrimoine européen officiellement lancé B-5000 Namur
Fax: +32 (0)81 654 168 ou 150
Courrier électronique:
C’est à l’abbaye de Cluny étape après étape, siècle après siècle, [email protected]
qu’a été lancé officielle- année après année. Il s’agit donc d’illus- Vous pouvez également choisir de
ment le 19 mars 2007, à trer cette histoire riche et complexe recevoir chaque trimestre la version
l’initiative de l’ancien dans ses dimensions politique, intellec- électronique de cette lettre en en
ministre français de la tuelle, religieuse, philosophique, artis- faisant la demande à l’adresse:
Culture, le «label du patri- tique et culturelle. [email protected].
moine européen» qui propose d’insti-
tuer une inscription commune d’une Pour autant que soit respecté le critère
série de sites et monuments européens. de l’appartenance européenne, les Qui fait quoi?
Loin de vouloir concurrencer les sites monuments et sites à inscrire pourraient
du patrimoine mondial de l’UNESCO, relever de domaines très divers tels: l’Eu-
ce label n’est alloué qu’à des sites prove- rope de l’art de vivre, l’Europe des Éditeur responsable
nant de pays européens. Décerné à l’una- projets, l’Europe de l’esprit, l’Europe de Freddy Joris
nimité des ministres de la Culture de la création, l’Europe du sacré, l’Europe Administrateur général de l’IPW
l’Union européenne, ce label veut être des marchands et des industriels, l’Eu- Coordination
un instrument de forte cohésion euro- rope des batailles et des réconciliations, Aurore Lemal et
péenne. Pour preuve, le label sera et, bien sûr, l’Europe de l’architecture et Jean-Louis Postula
attribué à des lieux très divers, dont le des styles.
point commun est le rôle particulier Avec la collaboration
qu’ils ont joué dans l’histoire de l’Eu- A l’heure actuelle, une première liste a de la Commission royale
rope et sa construction progressive, été élaborée en janvier 2007 regroupant des Monuments, Sites et Fouilles
40 sites provenant des pays suivants: la de la Région wallonne,
Belgique, la Bulgarie, Chypre, l’Espagne, de la Direction
la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, de la Restauration
la Lettonie, Malte, la Pologne, la et de la Direction
Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. de la Protection de la Division
du Patrimoine (DGATLP/MRW)
C’est ainsi qu’en Belgique, le Palais des et de Wallonia Nostra asbl.
Princes-Évêques de Liège a été inscrit
sur cette première liste aux côtés de sites Les articles non signés émanent
aussi prestigieux que l’Acropole à des collaborateurs de l’IPW.
Athènes, la place du Capitole à Rome
Impression et graphisme
ou encore l’abbaye de Cluny et la cour
Imprimerie Bietlot
d’honneur du Palais des Papes à Avignon.
Rue du Rond-Point, 185
Trois autres sites belges seraient en cours
B-6060 Gilly
d’inscription. En 2008, environ cent sites
+32 (0)71 283 611
et monuments pourraient ainsi être label-
lisés à travers l’Europe. Ce trimestriel est gratuit
Liège, le Palais des Princes-Évêques. et ne peut être vendu.
G. Focant, DPat © MRW
Ce numéro a été tiré
à 30.000 exemplaires.
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BELGIË – BELGIQUE
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de la Restauration
TRIMESTRIEL – JUILLET – AOÛT – SEPTEMBRE 2007 – No 7 – BUREAU DE DÉPÔT : LIÈGE X
Le site du Val-Saint-Lambert se dote d’un Centre de Congrès
L’abbaye du Val Saint-Lambert, monument par le bureau Dethier de Liège. Ce
classé et actuellement cristallerie du même nouveau centre de congrès, qui entend
nom, domine la rive droite de la Meuse à se positionner dans le milieu des affaires,
Seraing. Elle fut fondée en 1191, puis trans- se compose de trois salles baptisées Roma,
férée à Seraing en 1202 par des moines de Berlin et Panoramique qui, grâce à leur
Signy dans les Ardennes. grande modularité, peuvent accueillir de
Incendiés à plusieurs reprises, les bâtiments 20 à 250 personnes.
sont reconstruits à partir de 1750. Au début Cette inauguration ne permet toutefois
du XIXe siècle, l’abbaye est affectée à des pas d’oublier les bâches qui subsistent sur
activités industrielles. Les grandes trans- la partie centrale du château, restauré en
formations des XVIIe et XVIIIe siècles, les 1998 et dévasté par un incendie en 2006.
épreuves endurées au cours de la période Toutes les mesures ont rapidement été
française et les travaux nécessaires à l’im- prises, permettant ainsi probablement
plantation d’une industrie provoquent la une réouverture du parcours-spectacle et
disparition de nombreux bâtiments dont du musée du verre au printemps 2008.
l’église, détruite en 1802, la ferme abba- Toujours sur le site de l’ancienne abbaye
tiale médiévale et les moulins abbatiaux. du Val Saint-Lambert, la Maison des étran-
La fin du chantier de restauration de la gers, reprise sur la liste des biens de l’IPW
tour nord du château, entamé en mars et propriété d’Immoval, société de gestion
2004, a été célébrée officiellement en mai du site du Val Saint-Lambert, fera égale-
2007, consacrant ainsi l’ouverture du ment prochainement l’objet d’une impor-
nouveau centre de congrès du Val-Saint- tante restauration. Dans le cadre d’une
Lambert. Pas moins de 5.750.000 € auront procédure de certificat de patrimoine Vue aérienne du site du Val-Saint-Lambert.
été nécessaires pour cette réalisation co- initiée en 2004, des travaux de nettoyage © Val-Saint-Lambert
financée par la Région, le Feder, la à l’intérieur du bâtiment ont été réalisés de
Province et la Ville de Seraing. Il s’agissait manière à rendre possible l’examen sani- ment étant seules classées, ces travaux
de partir d’un bâtiment dans un état plus taire général de l’édifice et de mieux définir n’ont pu faire l’objet d’une subvention de
que vétuste, érigé sur les vestiges de l’an- sa vocation future qui semble s’orienter la Division du Patrimoine de la Région
cienne abbatiale, pour en faire un lieu vers l’Horeca. Le renouvellement complet wallonne. La société Immoval, proprié-
moderne qui s’harmoniserait avec le bâti de la couverture du bâtiment a été égale- taire, a financé seule ces interventions.
existant. Ce défi architectural a été relevé ment réalisé en 2006. Les façades du bâti-
L’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance à Vellereille-les-Brayeux
XVIIIe siècle, les bâtiments érigés précé-
demment ayant été l’objet de plusieurs
mises à sac et pillages. Dès 1829, l’évêché
de Tournai, qui en est le propriétaire, y
installe un séminaire qui sera converti,
une dizaine d’années plus tard en collège
d’humanités.
Les bâtiments, érigés en brique et
pierre dans un style classique, sont
agencés selon un plan traditionnel,
comportant une longue cour rectan-
gulaire écornée à un angle par la ferme.
Le cloître carré se situe derrière la cour
et est jouxté au sud par l’église recons-
truite dans un style néo-classique en
Vue d’ensemble de l’abbaye de Bonne-Espérance. © J. Nélis 1779 sur les plans de l’architecte
Laurent-Benoît Dewez.
Dans la petite commune rurale d’Es- des communs et une ferme adjacente. La Région wallonne vient d’octroyer à
tinnes, en périphérie sud de la ville de Elle est classée comme monument et l’Évêché de Tournai, propriétaire de l’en-
Binche, s’élève la remarquable abbaye reconnue comme patrimoine excep- semble, un subside d’un montant de
Notre-Dame de Bonne-Espérance qui se tionnel de Wallonie pour ses parties 695.977,85 € en vue de mener à bien la
présente, fait rare aujourd’hui, sous la datant du XIIIe au XVIIIe siècle. L’abbaye restauration des toitures, des menuise-
forme d’un ensemble abbatial complet fut fondée en 1130 par des religieux de ries, des finitions et du gros-œuvre de la
comprenant des bâtiments réservés au l’ordre des Prémontrés. Toutefois, sa maison diocésaine de l’abbaye.
culte, des salles conventuelles, des ailes physionomie actuelle remonte au
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Le Journal de la Restauration – N o 7 – 2007
L’hôpital Notre-Dame-à-la-Rose à Lessines
L’hôpital Notre-Dame-à-la-Rose dont les les annexes, la ferme avec les dépen- • la création d’équipements complé-
bâtiments subsistant ont été construits dances et l’ancien cimetière des reli- mentaires permettant au site de fonc-
entre les XVIe et XVIIIe siècles, fut fondé gieuses avec les monuments funéraires, tionner: boutique, cafétéria, restaurant.
en 1242 et a fonctionné comme lieu d’ac- ont fait l’objet d’un classement comme Dans le cadre de ce plan de développe-
cueil et de soins jusqu’en 1980. Il monument en 1940. L’hôpital constitue ment, la Région wallonne a déjà octroyé
constitue l’un des derniers témoignages l’un des sites majeurs du patrimoine de plusieurs aides d’un montant total de
en Europe d’un site hospitalier autar- Wallonie et, à ce titre, figure sur la liste 6.171.836,50 € qui ont permis d’entre-
cique complet, témoin du mode de fonc- du patrimoine exceptionnel. prendre les travaux de restauration du
tionnement des hôpitaux du Moyen Âge, La démarche de développement du site, quadrilatère, notamment l’aile nord, ainsi
puisque l’ensemble comprenait un bâti- préparée depuis 1996, s’articule sur une que de la ferme de l’Hôpital.
ment principal servant à la fois de approche globale comportant les volets Récemment, la Division du Patrimoine
couvent et d’hôpital, une ferme, des suivants: de la Région wallonne a octroyé au CPAS
jardins, une glacière et un cimetière, le • la restauration des bâtiments du site; de Lessines, toujours propriétaire des
tout traversé par la Dendre. Cette excep- • la fonction culturelle, déjà présente lieux, un subside d’un montant de
tionnelle continuité est à l’origine du sur le site, sera renforcée par la créa- 1.337.457,40 € destiné à financer une
lieu, tant en matière d’archéologie et de tion d’équipements fonctionnels inté- partie des travaux de restauration de
patrimoine, qu’en matière de collections grés à la valeur patrimoniale des lieux; l’aile sud du quadrilatère et, plus parti-
artistiques, religieuses et médicales • la fonction touristique, progressivement culièrement, des toitures, du pignon
puisque les bâtiments recèlent encore développée depuis 1980 et qui s’appuie ouest avec les châssis et de la façade sud
aujourd’hui tout leur contenu d’origine. essentiellement sur la mise en valeur de sans la verrière.
Les bâtiments de l’hôpital, en ce compris la qualité du site et de ses collections;
Prix du Mémoire 2007
Le jury du Prix du Mémoire – Sauvegarde publier dans une des collections éditées par
du patrimoine culturel immobilier en l’Institut. D’autres candidats dont le
Wallonie et à Bruxelles – 2007 a sélec- mémoire n’a pas été récompensé mais
tionné ce 7 juin au Centre de perfection- dont le sujet de recherche interpelle pour
nement aux métiers du Patrimoine de la l’originalité et la nouveauté seront égale-
Paix-Dieu un travail de fin d’études rédigé ment publiés. Cette initiative va permettre
en vue de l’obtention d’un diplôme d’his- d’allonger la liste déjà longue des publi-
torien de l’art et archéologue, architecte cations éditées par l’IPW (faites-vous une
ou ingénieur architecte pour l’année acadé- idée de celles qui existent déjà en consul-
mique 2005-2006. Parmi les nombreux tant le catalogue des publications de
mémoires reçus, le choix s’est arrêté sur l’année 2007 ou en visitant le site
une étude préalable à la restauration d’un http://194.88.102.133/publications.html).
petit édifice militaire «La Poivrière» à Floren- Par ailleurs, un exemplaire de chacun des
ville. La lauréate, Mademoiselle Céline mémoires est conservé au Centre d’In-
Claeys, recevra en plus du Prix d’un formation et de Documentation de la Paix- Florenville, La Poivrière. Vue de l’arrière
montant de 1.500 € l’opportunité de Dieu à Amay (Contact: 085/410.365). du bâtiment. © C. Claeys
Reconversions de patrimoine industriel
Dans son dernier numéro paru au début sances sur ce patrimoine particulier, et d’actualité. Non, le sauvetage et la réaf-
de 2007 (n° 49, daté de décembre 2006), sa préservation encore trop souvent fectation du Triage-lavoir du Centre n’est
l’excellente revue semestrielle du CILAC controversée, cette question de la recon- pas une opération de «marketing poli-
(Comité d’information et de liaison pour version est l’un des enjeux majeurs de tique local» comme cela a été prétendu.
l’archéologie, l’étude et la mise en valeur l’archéologie industrielle aujourd’hui et Oui, la reconversion de l’ancienne usine
du patrimoine industriel), L’Archéologie elle se pose dans les mêmes termes en automobile Impéria à Nessonvaux
industrielle en France, présente un France qu’en Wallonie. Les nombreux devrait s’accompagner d’un classement
remarquable dossier sur la réutilisation exemples présentés et analysés montrent partiel pour éviter qu’elle ne perde
du patrimoine industriel, l’invention de que la Région wallonne n’a pas à rougir bientôt ses valeurs de témoignage. Deux
nouveaux usages pour les sites et bâti- des choix déjà posés en la matière ces exemples, parmi d’autres. À la lecture
ments de production qui n’occultent dernières années mais aussi que ce que de la revue, on survolera l’évolution de
pas pour autant leur histoire. Avec la certains, chez nous, trouvent hors de ces démarches de réutilisation là où elles
poursuite de l’accumulation de connais- propos est, chez nos voisins, également débutèrent, dans les grandes villes du
Nord; puis on verra des monographies
sur de grands projets en cours ailleurs en
France; l’avis d’un promoteur particu-
lier, l’exemple de English Heritage, et
un choix d’autres opérations de moindre
envergure complètent le dossier. Si on
ajoute que celui-ci est suivi, entre autres,
du compte rendu d’un voyage d’études
dans les principaux sites italiens de patri-
moine industriel (notamment Schio et
sa Fabbrica Alta édifiée en 1862 par l’ar-
chitecte verviétois Auguste Vivroux),
on mesure l’intérêt de ce numéro de la
Binche, Le triage-lavoir. Vue intérieure avant travaux et projection. © s.a. Triage-Lavoir du Centre/TPF revue du CILAC.
4 Suite à la page 21
Suite de la page 4
Le Journal de la Restauration – N o 7 – 2007
Poursuite de la restauration de l’église Saint-Loup à Namur
Propriété de la fabrique d’église, l’église c’est le mobilier en bois qui fait désor-
Saint-Loup, autrefois dédiée à saint mais l’objet de toutes les attentions. En
Ignace et consacrée en 1645, retrouvera effet, le conseil communal de Namur,
bientôt son lustre d’antan après plusieurs qui agit en tant que maître d’ouvrage, a
décennies de chantier de restauration. récemment approuvé la réalisation de
Reconnue, selon les spécialistes, comme travaux de restauration et de conserva-
l’une des plus belles œuvres d’architec- tion du patrimoine mobilier de l’église
ture baroque qui subsistent entières dans et, plus particulièrement, des dix confes-
le pays, elle est à ce titre classée comme sionnaux du XVIIe siècle, du banc de
monument et reconnue patrimoine communion et des estrades, du buffet
exceptionnel de Wallonie. Elancée, la d’orgue et, enfin, de l’imposante chaire
façade s’étend sur trois niveaux et utilise, de vérité. Le budget global lié à ces
pour la première fois en Belgique, les travaux est de 262.824 € dont 95% sont
colonnes annelées. L’intérieur, somp- pris en charge par la Région wallonne.
tueux et riche, présente d’extraordi-
naires voûtes en tuffeau, de riches décors Dans l’outil ainsi remis à neuf, activités
de marbres noirs, du mobilier en bois, le cultuelles et culturelles cohabiteront,
tout baigné de lumière apportée par les comme le souhaitent le propriétaire, la
amples verrières blanches. fabrique d’église, et la Ville de Namur.
Saint-Loup continuera donc d’accueillir
Après avoir connu une restauration de des concerts ou autres événements artis-
l’enveloppe extérieure et intérieure, tiques compatibles avec le lieu. L’église Saint-Loup, Namur. G. Focant, DPat © MRW
Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles
«Les Wallons à Versailles» Une journée d’études au château de Versailles
Le mercredi 5 décembre 2007, la wallonne au rayonnement d’un des lieux
Commission royale des Monuments, les plus prestigieux au monde.
Sites et Fouilles organisera une journée A l’occasion de cette manifestation, la
d’études exceptionnelle présentant le Commission royale éditera une publi-
travail accompli par des Wallons à cation de prestige, avec les Editions Luc
Versailles en particulier et en France en Pire (Renaissance du Livre) de Bruxelles.
général, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Pour Cet ouvrage abordera de façon plus large
cette manifestation, elle bénéficie de le sujet de la journée d’études. En effet,
l’étroite collaboration de l’Agence d’autres articles viendront compléter le
wallonne à l’Exportation et aux Inves- tour d’horizon parcouru durant le
tissements étrangers, du Commissariat colloque. L’ouvrage sera disponible lors
général aux Relations internationales de de la manifestation.
la Communauté française de Belgique, Parallèlement à la journée d’études, des
de l’asbl «Pierres et Marbres de Wallonie», rencontres économiques seront organi-
du Centre de recherche du château de sées, mettant en relation les entreprises
Versailles et du Centre de Musique wallonnes actives dans le secteur de la
baroque de Versailles. pierre (carriers, tailleurs, marbriers) avec
des correspondants français, tant du
Cette ambitieuse manifestation se dérou- secteur de la construction (entreprises,
lera dans la galerie basse du château de architectes, pouvoirs publics…) que
Versailles et sera présidée par Messieurs d’autres secteurs de la vie économique.
Jacques Thuillier, Professeur honoraire Ce volet de la manifestation est organisé
au Collège de France, et Frédéric Didier, par l’asbl «Pierres et Marbres de Wallonie»
Architecte en Chef des Monuments histo- et l’Agence wallonne à l’Exportation et
riques. Les communications seront aux Investissements étrangers. Ces
confiées à des conférenciers de grande rencontres auront lieu le jeudi
renommée. 6 décembre 2007, au siège de la Délé-
En fin de journée sera organisée une gation générale Wallonie-Bruxelles à
visite de la magnifique exposition Paris, boulevard Saint-Germain.
«Quand Versailles était meublé d’argent»,
qui sera alors présentée dans le Grand Toute personne qui souhaite être tenue
Appartement du Roi. Un concert de informée de l’organisation de la journée
compositeurs wallons des XVIIe et d’études «Les Wallons à Versailles» et
XVIIIe siècles actifs à Versailles sera recevoir l’invitation officielle, reprenant La chapelle royale de Versailles. © J.-C. Lepert
ensuite donné dans la chapelle royale tous les détails pratiques, est priée de
du château. Une réception clôturera le s’inscrire auprès de la Commission
programme. royale par courrier (CRMSF, rue du Pour tout renseignement complémen-
Cette journée d’études s’adressera à tous Vertbois 13c à 4000 Liège), par mail taire, vous pouvez contacter Carole
les amateurs de patrimoine qui souhai- (
[email protected]), par fax (04/232.98.89) Carpeaux, coordinatrice (tél.:
tent en connaître plus sur la participation ou par téléphone (04/232.98.51/52). 04/232.98.61).
21
Le Carnet
de la Protection
Dinant, approche globale d’un ensemble archéologique et architectural inédit
À Dinant, sur la rive droite de la Meuse, le Après dégagement des remblais modernes ceinte urbaine, bien conservée jusqu’aux
quartier de l’Impasse du Couret et de la rue de la porte en Corroy, la Direction de l’Ar- corbeaux du chemin de ronde, semble
de la Grêle recèle encore des vestiges chéologie a effectué, dès 2003, une étude justifiée dans le cadre d’une approche
médiévaux d’importance. La Direction de archéologique du monument (J. Plumier, globale des vestiges médiévaux.
la Protection a ouvert un dossier de requa- avec la collaboration de Fr. Dopéré). La maison à pans de bois de la fin du
lification relatif à cet ensemble dont une Le noyau primitif, de plan carré, remonte XVe siècle, n° 6 Impasse du Couret,
partie seulement est classée comme monu- sans doute au XIIIe siècle. Au début du illustre parfaitement l’habitat vernacu-
ment (AR du 10 novembre 1983). XVe siècle, une porte «en bec» double la laire mosan. Sa restauration exemplaire
La fortification, accrochée au versant première structure et est prolongée par et son état de conservation (y compris
oriental de la vallée, y est percée, à la porte Saint-Nicolas en contrebas. Après intérieur) devrait spontanément inciter
l’aplomb du rocher, par la porte en Corroy le sac de la ville en 1466, le passage à la classer comme monument pour en
donnant accès au plateau et par la porte compris entre les deux portes supé- garantir une pérennité indispensable.
Saint-Nicolas, ouverte sur la vallée. À rieures est voûté. Enfin, une réflexion globale autour de
l’ouest, de larges tronçons de ce rempart La Direction de la Protection participe acti- la notion d’ensemble architectural
qui fermait l’espace entre le rocher et la vement à l’étude globale de ce quartier, devrait être amorcée à partir des maisons
Meuse servent encore d’appui à des bâti- afin de mieux le protéger. Quatre problé- de l’lmpasse du Couret (4 immeubles) et
ments plus récents. Aux abords de la rue matiques ont été conjointement identifiées. de la rue de la Grêle (5 maisons dont
Pont-en-Isle et surtout à l’Institut Cousot, La requalification de la Porte en Corroy une classée) figurant à l’Inventaire.
ce mur conservé sur environ quatre-vingt s’avère prioritaire étant donné le carac- Ce quartier d’allure médiévale, carac-
mètres de long est un témoin tout à fait tère monumental révélé lors de son térisé par la petite voie charretière
exemplaire de l’architecture militaire du étude. Peu de portes de bourgs médié- encore bordée par la maison à pans de
début du XVe siècle. vaux sont, en effet, encore conservées bois (XVe siècle) et une bâtisse tradi-
En aval des deux portes, un ensemble de en Région wallonne (Bastogne, Revogne, tionnelle du XVIe siècle (n° 8) menant
maisons bordent l’impasse du Couret, Bouvignes…). De plus, l’arrêté de clas- à la porte supérieure, compte égale-
ancienne voie médiévale. Parmi celles-ci, sement a introduit une confusion entre ment trois bâtisses des XVIIe (n° 1 et
une remarquable maison à pans de bois a les numéros de parcelles qui ne corres- 5) et XVIIIe siècles (n° 3).
fait l’objet d’une étude archéologique, à pondent pas au monument proprement- Il s’agira donc de replacer les éléments
l’initiative de son propriétaire. Une data- dit. Un levé topographique récemment anciens dans une perspective de protec-
tion dendrochronologique situe sa effectué par la Division du Patrimoine tion globale révélée par une étude appro-
construction en 1488-89 (Annales de la (J.Debie, géomètre) permet de rectifier fondie fort heureusement menée avec la
Société archéologique de Namur, ces erreurs tout en précisant la topo- compréhension des propriétaires respec-
t. 71/1997, pp. 83-95), ce qui en fait la plus graphie actuelle. tifs et de l’administration communale
ancienne demeure connue à Dinant à ce Le rempart sis Institut Cousot n’est concernée.
jour. Plusieurs maisons avoisinantes, bien toujours couvert par aucune mesure de
que remaniées aux XVIIIe et XIXe siècles, protection. Une extension du classement Sophie PLUMIER-TORFS, attachée à la
ont conservé leur gabarit ancien. comme monument à ce tronçon d’en- Direction de la Protection
Croquis avec mention des éléments constitutifs du quartier:
1. Porte en Corroy – 2. rempart – 3. porte Saint-Nicolas – 4. rempart En
À l’extrémité méridionale de Dinant, le quartier concerné entre l’Impasse Isle – 5. Impasse du Couret – 6. maison XVe siècle. – 7. rue de la Grêle
du Couret et la rue de la Grêle. G. Focant, DPat © MRW En grisé, l’ensemble architectural pressenti.
22
BELGIË – BELGIQUE
P.B./P.P.
Les Nouvelles B – 78
Bureau de dépôt
4099 Liège X
P501410
de l’Archéologie
TRIMESTRIEL – JUILLET – AOÛT – SEPTEMBRE 2007 – No 7 – BUREAU DE DÉPÔT : LIÈGE X
Les dernières découvertes archéologiques sur le site de la Paix-Dieu
Une nouvelle campagne de fouilles fouillées les mieux préservées du site limite occidentale (décrits plus haut). Entre
archéologiques s’est ouverte en de la Paix-Dieu. le XVe siècle et juste avant 1595, cette
novembre 2006 sur le site de l’ancienne Dans l’église abbatiale, la fouille archéo- zone était occupée par deux espaces
abbaye cistercienne de moniales de la logique du chœur a révélé plusieurs séparés par un muret de clôture. L’espace
Paix-Dieu. Celle-ci avait pour objectif structures importantes. Le négatif du oriental était relié à l’aile des moniales par
l’exploration de deux zones distinctes. dernier sol en place dans le chœur est
La première concerne la «maison du très ponctuellement conservé dans la
pater» située au nord du bas-côté de zone médiane de l’espace; partout
l’église abbatiale, sur la première terrasse ailleurs, ce niveau a été perturbé. Le
aménagée. Les fouilles archéologiques massif maçonné qui supportait l’autel
menées dans cette zone sont réalisées majeur est bien situé. Entre 1718 et 1797,
préalablement à l’aménagement d’une deux tombes ont été implantées dans le
nouvelle construction qui servira de chœur, elles sont endommagées par
conciergerie pour la surveillance de l’Aile plusieurs fosses postérieures à 1797.
de l’Abbesse et la maintenance des futurs Directement sous le niveau arasé du
jardins en terrasses situés au nord du site. XVIIIe siècle, dans la zone occidentale
La seconde concerne l’exploration du du chœur actuel, nous avons mis au jour
chœur et du bras du transept sud de le chœur abandonné lors de la recons-
l’église construite par l’abbesse Rober- truction de l’église par Robertine de
tine de Lavaux en 1718. Cette campagne Lavaux en 1718. Il s’agit d’un chœur à
sera suivie par celle de la fouille de la pans coupés, dont les maçonneries sont
nef et des bas-côtés, après sécurisation réalisées en petits moellons de grès Vue du chantier. © IPW
et consolidation des voûtes surplombant équarris, munis de contreforts plus
ces zones. Il s’agit d’une étude menée tardifs et orné d’un bandeau en calcaire un accès découvert en 1997 au pied de la
préalablement à la restauration et réaf- mosan au dessus de l’empattement. L’élé- fondation XVIIIe siècle du mur sud du bras
fectation du bâtiment. vation extérieure du chevet est du transept sud. Face à ce dernier dans le
L’implantation de l’ancienne maison des conservée sur 1,80 m de haut. En effet, mur sud de la nef, une ouverture (murée
pater et noster de l’abbaye était repé- à l’époque de la construction du début ultérieurement) s’ouvrait dans le chœur.
rable avant la fouille par le mur de ferme- du XVIIIe siècle, le niveau précédem- Il s’agit de l’ancien oratoire.
ture méridional (chaînages d’angle et ment extérieur et devenu intérieur a été
porte rebouchée) englobé dans le rehaussé à hauteur de l’arasement de
premier mur de terrasse nord-est. À l’ancien chœur et en fonction de la
l’époque de l’abbaye, elle était occupée surélévation de cet espace (+ 0,7 m) par
par deux moines issus de l’abbaye cister- rapport au chœur des religieuses dans la
cienne d’Aulne (Thuin, province du nef. C’est ce qui a rendu possible cette
Hainaut), qui avaient deux fonctions conservation exceptionnelle.
distinctes. Le pater confessait les Grâce à cette découverte, nous avons la
moniales de la Paix-Dieu, tandis que le délimitation de l’église construite à la
noster officiait dans l’église abbatiale. fin du XIVe-début du XVe siècle, dont les
Ces deux moines, à l’instar des reli- délimitations occidentale et septentrio-
gieuses de la Paix-Dieu ont dû quitter nale sont, elles aussi, conservées en éléva-
l’abbaye en 1797, suite à la vente du site tion. Il s’agit des murs ouest et nord qui
comme Bien national. ferment ce que nous avons appelé «le
Cette maison est actuellement en partie noyau médiéval».
arasée, sa disparition date de la fin du L’espace intérieur du chœur a été comblé
XIXe siècle. avec les matériaux de destruction des
Nous avons le tracé complet de la parties supérieures du bâtiment. Sur une
dernière phase d’occupation de cette hauteur d’1,10 m, cinq niveaux d’occu- Plan général de l’église abbatiale. © IPW
maison qui présentait une forme de L. pation successifs ont été repérés à l’inté-
La maison se développe en deux rieur. Aucun sol construit n’a été observé, Le bas-côté sud est en place dès le
espaces, une partie cavée (au sud), et mais nous avons pour trois niveaux diffé- XVe siècle.
une partie conservée en rez-de- rents, l’empreinte des briques et des La limite occidentale du chœur et la
chaussée (une grande pièce dallée et carreaux glaçurés conservée dans le béton liaison avec le chœur des religieuses se
deux petits espaces indépendants de sol. Des couches d’enduits à la chaux trouvent sous la croisée du transept
couverts de briques). La partie cavée est (monochromes: blanc ou noir) se succè- actuel et les premières travées orientales
encore très bien conservée (murs s’éle- dent et sont à associer à ces différents de la nef. Nous attendrons la prochaine
vant à 1,50 m de haut), certains murs aménagements. campagne qui pourra se poursuivre
ont conservé leurs enduits et les sols La fouille de la zone méridionale du tran- après la consolidation et la sécurisation
sont encore en place, ce qui fait de la sept a permis la découverte de la ferme- de cette zone pour obtenir une vision
«maison du pater» l’une des structures ture de la nef associée au chevet et à la globale de ces structures.
5
Les Nouvelles de l’Archéologie – N o 7 – 2007
Archéologie du bâti au château de Clabecq, Tubize
Reconstitution hypothétique du château,
phase 2, © HP4 Production & C. Bolle.
mise en œuvre en moyen appareil, sur un
soubassement de moellons d’arkose. Des
baies à croisée jointives ont été identi-
fiées sur les deux premiers niveaux. La
morphologie des baies ainsi que les
analyses dendrochronologiques permet-
tent d’attribuer cette seconde phase au
XVIIe siècle. La reconstitution en 3D de
cette phase semble correspondre au
Le château de Clabecq au XVIIe siècle, gravure d’Harrewijn, 1699. château représenté sur la gravure.
Lors de la troisième phase, l’aile nord
Le château de Clabecq et la ferme atte- ensemble fermé composé de quatre ailes est élargie d’environ quatre mètres sur
nante, propriétés de la Région wallonne, étroites cantonnées de trois tours d’angle. toute la longueur du bâtiment et l’an-
ont été inscrits en 2001 sur la liste de Une quatrième tour est inscrite dans une cienne façade est conservée au sein du
l’IPW afin de leur trouver une nouvelle des ailes du château. Les fenêtres sont nouveau volume comme refend longi-
affectation. C’est chose faite pour le munies de croisées à quatre jours. Le tudinal. La nouvelle élévation emploie
château puisque le Fonds du Logement château actuel présente un plan en U l’arkose sous forme de moellons en pare-
des Familles nombreuses de Wallonie et composé de trois ailes bordant une cour ment intérieur et de pierre taillée en
la société d’habitations sociales du pavée ceinte à l’ouest par une grille. Une parement extérieur. Cette élévation qui
Roman Païs y développent un projet de seule tour massive, parfois qualifiée de ne comptait sans doute qu’un seul niveau
logements pour familles nombreuses et donjon, émerge de l’aile nord. Malgré les pouvait être couverte d’un appentis et
d’appartements sociaux. Avant les destructions causées par la transforma- avoir une fonction utilitaire. Cette phase
travaux, l’étude archéologique du bâti a tion en logements pour les ouvriers de travaux doit être située entre 1662,
été confiée à Madame Caroline Bolle. italiens des Forges, l’ensemble présente date de la gravure de Troyen et la période
Outre l’analyse archéologique du un style homogène du XVIIIe siècle. des grands travaux du XVIIIe siècle.
château, l’étude avait pour but d’évaluer L’étude archéologique de Caroline Bolle En 1761, Antoine Otton de Flodorp hérite
les valeurs fondamentales à préserver a permis d’identifier six phases de du château de Clabecq et décide de s’y
dans le cadre d’une réaffectation afin travaux, dont trois antérieures aux grands installer. Il entreprend alors les grands
d’orienter l’auteur de projet, le bureau travaux du XVIIIe siècle, identifiées dans travaux qui vont donner au château sa
Moulin et associés de Marcinelle. l’aile nord. À l’exception de caves à physionomie actuelle en transformant
Si l’histoire des familles qui ont occupé voûtes d’arêtes sous l’aile centrale, ces un bâtiment d’allure encore médiévale en
le château est bien connue par les études différentes phases de constructions n’ont un véritable château de plaisance selon
de Jean-Louis Van Belle, on a du mal à pu être retrouvées dans les ailes orientale les goûts de l’époque. Ces travaux
reconnaître dans le château actuel celui et méridionale profondément transfor- comprennent la démolition de l’aile occi-
qui est représenté sur la gravure de mées au XVIIIe siècle. dentale et des tours d’angle, le rehaus-
Troyen de 1662. Elle présente un Un premier bâtiment a été reconnu dans sement de la façade nord de l’aile
les six premières travées de l’aile nord. septentrionale qui implique la transfor-
Il s’agit d’une construction en moellons mation des charpentes, l’élargissement
d’arkose de 5,20 m de large sur 17,50 m de la tour, les modifications des baies, la
de long qui comportait deux niveaux de reconstruction des ailes orientale et méri-
vie surmontés d’un comble à surcroît. dionale et la construction de la ferme.
Chaque niveau était composé de deux La dernière phase marquante de travaux
pièces en enfilade séparées par un mur intervient au milieu du XXe siècle quand
de refend en moellons d’arkose. L’ana- la société des Forges de Clabecq
lyse détaillée de la façade sud a mis au aménage le château pour accueillir
jour les vestiges de quatre baies à croisée. 38 logements destinés aux ouvriers
La morphologie des baies ainsi que la italiens. Le château est d’ailleurs appelé
typologie de la charpente permettent depuis lors «château des Italiens».
de dater ce premier bâtiment du Les travaux envisagés dans le cadre de
XVIe siècle. la réaffectation du château en logements
Dans une seconde phase, ce bâtiment sociaux et pour familles nombreuses
est prolongé vers l’est par une tour s’éle- s’inscrivent donc dans une longue tradi-
vant sur trois niveaux sous une toiture en tion de travaux dont cette 7e phase
bâtière à croupes et, probablement, à permettra de sauver de la ruine un
coyaux ainsi que par un bâtiment rectan- château qui compte déjà cinq siècles
gulaire de deux niveaux sous un comble d’existence.
à surcroît dont la longueur initiale n’est D’après C. BOLLE,
Plan du rez-de-chaussée avec les différentes phases pas connue. Le parement de la tour Etude archéologique du bâti du
de construction. © C. Bolle emploie l’arkose taillée, soigneusement château de Clabecq, rapport final.
6 Suite à la page 19
Suite de la page 6
Les Nouvelles de l’Archéologie – N o 7 – 2007
Une araine médiévale sous la Cour des Mineurs, à Liège
Dans le cadre du certificat de patrimoine d’écoulement d’un ancien chenal à ciel
présidant à la rénovation de l’ancien ouvert, qui contenait des rejets effec-
couvent des Mineurs, siège de l’actuel tués aux XIe et XIIe siècles. Les premières
Musée de la Vie wallonne dans la assises d’un petit mur d’eau, qui bordait
rue Hors Château, une intervention le sud de ce chenal à ciel ouvert, ont
archéologique avait été prévue lors de également été retrouvées.
la réalisation d’une grande cage d’as- Enjambée par un imposant arc de
censeur, accolée à l’extérieur de l’aile décharge intégré à la fondation du mur
orientale du cloître. Prévenu sur le tard, de l’aile orientale du couvent des Mineurs
le Service de l’Archéologie de Liège (ordre religieux arrivé en 1243 sur le
(MRW/DGATLP/Direction de Liège 1) site), la galerie était maçonnée unique-
n’a pu cependant opérer qu’une fouille ment via des blocs de grès houiller. Vers
de sauvetage, après le terrassement prin- l’est, cette galerie avait son embouchure
cipal, les 29 et 30 avril 2006. quelques mètres au delà de la limite du
carré conventuel, tandis que vers l’ouest
Ces examens archéologiques succincts elle se dirigeait en zig-zag en direction du
ont néanmoins permis l’identification coin sud-ouest de l’église Saint-Antoine.
d’une galerie souterraine, dont la Au vu des données cartographiques
construction est antérieure ou contem- disponibles, on peut sans risque de se
poraine à la seconde moitié du XIIIe siècle tromper désigner le tronçon de l’araine
et qui est liée à l’acheminement des eaux qui a été recoupé comme appartenant
en provenance de la rue du Palais. Cette à une prolongation de l’araine dite «de
structure fait partie intégrante d’un vaste la Cité», qui desservait principalement
réseau souterrain d’adduction d’eau les alentours de la place du Marché et le
douce, établi progressivement dans la quartier Neuvice, en direction de l’araine
cité au cours du Bas Moyen Âge. Ce dite «Richonfontaine», qui desservait le L’araine «de la Cité», présente sous les fondations
dédale, souvent désigné sous les termes quartier délimité par les rues Féronstrée du couvent des Mineurs. G. Mora-Dieu, SALg © MRW
d’«araines liégeoises», reste peu connu et Hors Château.
dans ses composantes matérielles. Le lit d’écoulement de cette galerie incurvé en brique qui a facilité le curage
Le tronçon de l’araine recoupée par les souterraine a été modifié aux Temps du conduit.
travaux a lui-même été réalisé sur le lieu Modernes, via la pose d’un revêtement Guillaume MORA-DIEU
Évaluation stratigraphique dans la cour du «Seigneur d’Amay»,
un jalon supplémentaire pour l’histoire du quartier de l’Île
Du 21 mars au 29 avril 2006, un test- Tout d’abord, la première occupation l’Île si l’on veut valider, nuancer ou
pit d’évaluation stratigraphique a été intensive de la zone est à situer à partir infirmer leur pertinence…
réalisé par le Service de l’Archéologie du milieu du XIe siècle. Guillaume MORA-DIEU
de Liège (MRW/DGATLP/Direction Ensuite, dans le courant du XIIe siècle,
de Liège 1) au centre de la petite des inondations semblent avoir
cour intérieure du bâtiment dit «Au provoqué un retrait temporaire de l’ha-
Seigneur d’Amay» (parc. cad.: Liège, bitat dans la périphérie de la zone d’in-
3e Div., Sect. A, 1227c). Ce petit espace, vestigation. À partir de la fin du
enclos au centre d’un îlot du «Carré», XIIe siècle, l’occupation reprend progres-
était un endroit propice pour un sivement et ne sera plus interrompue.
sondage visant à récupérer une Pour toute cette période médiévale, au
première séquence stratigraphique de moins deux surhaussements artificiels
référence pour les occupations médié- de la zone sont à signaler. Le premier
vales du quartier de l’Île. Cette opéra- peut être considéré comme «fondateur»
tion s’est effectuée via un protocole puisque c’est à son sommet que va se
d’accord avec le gestionnaire de ce développer le premier niveau d’occu-
bien immobilier, l’Institut du Patri- pation intensif de l’endroit. Le second est
moine wallon. effectué après la fin du XIIIe siècle.
Après le repérage et la vidange préalable Enfin, pour la fin du Moyen Âge, des
d’une structure enterrée relativement traces probables du grand incendie de
récente (dans ce cas-ci, une citerne du 1468 sont également présentes sur le
XIXe siècle), un sondage à grande profon- site. Une colonne palynologique a aussi
deur a pu être entrepris en récupérant, été prélevée dans les niveaux associés
pour les parties «hautes», la séquence aux XIe, XIIe et XIIIe siècles.
présente derrière les parois de la citerne. En guise de conclusion, on peut avancer
L’étude a donc pu être menée sur une que cette première évaluation stratigra-
succession de couches approchant les phique dans le «Carré» a pleinement
cinq mètres de hauteur. rencontré ses objectifs initiaux. Cepen-
En résumé, ces examens archéologiques dant, les données récoltées ici doivent
ont pu mettre en lumière certains être nécessairement mises en perspec-
éléments d’importance pour l’histoire tive et confrontées avec d’autres infor- Vue générale du puits d’évaluation stratigraphique.
du quartier. mations en provenance du quartier de G. Mora-Dieu, SALg © MRW
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Les Nouvelles de l’Archéologie – N o 7 – 2007
Le Refuge de l’Abbaye de Ghislenghien à Ath
L’ancien Refuge de l’Abbaye de Ghis- Si la façade est bien connue comme archi-
lenghien à Ath a été acquis en 2004 par tecture remarquable, il n’en est rien pour
la ville pour l’intégrer dans un projet de l’intérieur de l’édifice. Et pourtant, celui-
revitalisation urbaine. Sa façade princi- ci recelait de nombreux témoins des
pale est classée comme monument et phases anciennes de la bâtisse. Dans l’aile
fait donc l’objet d’un certificat de patri- à front de rue, sont encore du XVIe siècle,
moine. Dans ce cadre une étude archéo- les volumes, la charpente et les plan-
logique du bâti a été menée par le Service chers. Ces derniers sont richement
de l’Archéologie du Ministère de la décorés de moulurations et de person-
Région wallonne en province de nages ou motifs végétaux sculptés. Sous Façade principale du Refuge.
Hainaut, entre octobre 2004 et fin janvier le sol actuel du rez-de-chaussée, un carre- © MRW-DGATLP-Hainaut
2005. Conjointement, une étude histo- lage primitif a été mis au jour. La majo-
riographique a été effectuée par le rité des carreaux sont ornés d’une de modifications fondamentales avant
Service des Archives de la Ville. inscription révélant le nom du fondateur la deuxième moitié du XXe siècle, mais
Par sa façade en style traditionnel à «AN. DESMASURE» et la date de réalisa- celles-ci furent malheureusement désas-
influence gothique, la construction de tion «1535». Cette information inattendue treuses.
l’édifice est située dans le courant du est corroborée par une date dendro- L’étude archéologique du refuge de l’Ab-
XVIe siècle. Hormis la représentation du chronologique effectuée sur la charpente baye de Ghislenghien a été d’un apport
bâtiment sur le plan de Deventer (entre 1532 et 1540). considérable tant pour nos connais-
(ca 1550), les archives sont muettes pour L’aile arrière ainsi que les façades de la sances sur les demeures civiles du
cette période. Elles sont un peu plus cour intérieure, ont été transformées en XVIe siècle dans cette région que pour
nombreuses dès 1645, date à laquelle style tournaisien. Le dépouillement l’histoire locale. Il est bon de préciser
les sœurs bénédictines de Ghislenghien récent des comptes émanant des que, pour la cité athoise, c’est à la fois
y installent leur refuge. Le bien passera abbesses de Ghislenghien permet d’at- le seul édifice du XVIe siècle dont l’in-
aux mains de particuliers après la Révo- tribuer la date précise de 1697 à ces térieur est ainsi préservé, et aussi le plus
lution. Reconnue comme une demeure transformations. vieil exemple connu en style tournai-
du XVIe siècle dès le XIXe siècle, elle sera La façade principale a perdu, durant la sien relevé dans le centre urbain.
abondamment illustrée (gravures, première moitié du XIXe siècle, ses cinq Isabelle DERAMAIX (MRW, DGATLP- Direc-
croquis, cartes postales…). En 1944, un fenêtres à croisées en pierre pour faire tion du Hainaut I, Service de l’Archéo-
bombardement privera l’ensemble de place aux fenêtres et porte centrale logie) et Adrien DUPONT (Service des
son porche d’entrée. actuelles. La bâtisse ne connaîtra plus Archives de la Ville d’Ath).
Les traverses du temps. Archéologie et TGV
L’exposition «Les traverses du temps. Saint-André, du 5 octobre au 17 novembre De l’opération archéologique à l’expo-
Archéologie et TGV» est conçue et orga- 2007. La Communauté germanophone sition…
nisée par la Direction de l’Archéologie l’accueillera dans les locaux de la Belgi- Telle une longue «trouée» à travers des
et par le Service de l’Archéologie de la scher Rundfunk à Eupen dès janvier 2008, paysages variés, l’intervention archéo-
Direction de Liège I du Ministère de la puis elle sera proposée au Château provin- logique linéaire met en évidence les
Région wallonne (Direction générale de cial de Hélécine. occupations de différentes périodes et
l’Aménagement du Territoire, du Loge- donne l’occasion de rassembler un
ment et du Patrimoine), avec le concours Une opération archéologique: pourquoi? échantillonnage de données pour appro-
de l’Institut royal des Sciences naturelles L’archéologie de prévention est aujour- cher les activités humaines, les modes de
de Belgique et l’appui de la Commu- d’hui largement pratiquée dans des vie et l’évolution de l’environnement au
nauté germanophone, en partenariat espaces voués aux aménagements: elle cours des temps.
avec la SNCB. permet d’enregistrer les vestiges et traces L’évaluation systématique en constitue
Consacrée à l’intervention archéologique du passé avant leur destruction. la première étape: elle permet de circons-
menée sur les tronçons du tracé dit Les interventions archéologiques sur les crire les vestiges et d’en apprécier la
oriental de la ligne à grande vitesse, entre tracés ferroviaires à grande vitesse s’ins- conservation. Les archéologues entre-
Hélécine et Ans et entre Soumagne et crivent dans une dimension nationale et prennent ensuite des décapages exten-
Raeren, cette exposition itinérante sera européenne, et se pratiquent dans le sifs sur les sites sélectionnés et fouillent
d’abord présentée à Liège, dans l’église respect des recommandations fixées par les structures mises au jour.
la Convention européenne pour la L’exposition veut témoigner de la richesse
protection du patrimoine archéologique des résultats obtenus et traduire l’avan-
(Malte, 1992). cement des premières interprétations.
Comme précédemment pour les fouilles Elle repose sur une approche thématique
conduites sur le tracé dit occidental de centrée sur l’homme, l’évolution de son
la ligne TGV, la SNCB s’est engagée à environnement et de ses activités.
participer financièrement au sauvetage Un espace «central» permet au visiteur
archéologique: les conventions signées de découvrir le projet ferroviaire, les
avec la Région wallonne précisent le méthodes archéologiques, la cartogra-
budget octroyé et le déroulement des phie de l’opération ainsi qu’un aperçu
travaux archéologiques. Dans un souci de des sciences naturelles et disciplines qui
cohérence, la Communauté germano- contribuent à l’interprétation et à la data-
phone a choisi de confier à la Direction tion des sites. Une trentaine de sites les
Archéologie du bâti sur le tronçon entre Soumagne de l’Archéologie de la Région wallonne plus caractéristiques y sont présentés
et Thimister-Clermont où plusieurs fermes typiques l’opération à réaliser sur son territoire. suivant le tracé de la ligne, avec leurs réfé-
du Pays de Herve étaient vouées à la démolition: L’intervention TGV menée de façon inter- rences chronologiques et thématiques.
exemple à Chaineux. H. Fock, Service de l’Archéologie, mittente sur le tracé oriental de la ligne
Direction de Liège I © MRW s’est ainsi étirée de 1995 à 2003. Hélène REMY et Heike FOCK
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et Manifestations
TRIMESTRIEL – JUILLET – AOÛT – SEPTEMBRE 2007 – No 7 – BUREAU DE DÉPÔT : LIÈGE X
Le patrimoine wallon en estampes: un livre, une exposition!
Lorsque la communauté cistercienne du histoire intitulé La collection Duriau, analyse la collection d’es-
Val-Dieu (Aubel) a été dissoute en 2001, les gravures de l’abbaye du Val-Dieu au tampes et les techniques
le Trésor de la cathédrale de Liège est XVIIIe siècle; de ce travail, il en a tiré un de cet art; les monuments
devenu le dépositaire du patrimoine artis- article scientifique (Jean-Louis POSTULA, et sites retenus sont
tique de cette abbaye, dont environ Un moine collectionneur de gravures présentés en proposant
80.000 estampes. Celles-ci sont en réalité à l’abbaye du Val-Dieu, Servais Duriau au lecteur un commen-
réparties en deux fonds distincts. Le (1701-1775), dans Bulletin de la Société taire de chaque estampe,
premier, appelé «Collection Duriau», royale «Le Vieux-Liège», n° 310, juillet- laquelle est, par ailleurs,
tient son nom de ce moine du Val-Dieu septembre 2005, p. 665-696). accompagnée d’une
qui, en plein XVIIIe siècle, rassembla près En 2005 encore, Freddy Joris, Adminis- photographie actuelle,
de 20.000 gravures qu’il colla dans diffé- trateur général de l’Institut du Patrimoine signée Guy Focant,
rents albums avec force commentaires. wallon, a pu illustrer les différentes photographe de talent à
Le second fonds, le plus important numé- formes d’exécutions capitales – déca- la Division du Patrimoine
riquement, provient en grande partie de pitation, pendaison, enfouissement, (DGATLP/MRW) de la
la collection du chanoine liégeois Nicolas noyade, fusillade, etc. – qu’il décrivait Région wallonne. L’ou-
Henrotte, décédé en 1897. dans son nouvel ouvrage (Freddy JORIS, vrage, qui compte une
Même si cet ensemble d’estampes n’a Mourir sur l’échafaud. Sensibilité collec- centaine de pages, est sorti de presse à
pas traversé les âges sans heurts et même tive face à la mort et attitudes devant l’occasion du vernissage d’une exposi-
si quatre thématiques sont particulière- les exécutions capitales du Bas Moyen tion qui lui est consacrée. En effet, dans
ment représentées, à savoir la religion, Âge à la fin de l’Ancien Régime, Liège, le cadre prestigieux et entièrement
l’histoire, la géographie et les arts, le Éditions du Céfal, 2005) rien qu’en rénové du cloître de la cathédrale de
choix de thèmes à illustrer peut se exploitant le fonds du Val-Dieu. C’est lui Malmedy, les estampes utilisées pour
décliner quasiment à l’infini. Quelques qui eut l’idée de confier à Jean-Louis l’ouvrage sont présentées au public du
exemples d’utilisation récente. En 2004, Postula la rédaction d’un volume 3 juin au 26 août 2007.
le Trésor de Liège puis l’Archéoforum consacré au patrimoine wallon en
ont présenté une exposition d’une ving- estampes. Jean-Louis POSTULA, Le Patrimoine wallon
taine de gravures représentant l’ancienne En parcourant l’ensemble des estampes en estampes, Namur, Institut du Patri-
cathédrale Saint-Lambert, debout et en conservées au Trésor de la cathédrale moine wallon, 2007. En vente au prix de
ruines. En 2005, plusieurs représenta- de Liège, Jean-Louis Postula en a sélec- 24 € dans toutes les librairies de Wallonie
tions de grandes cathédrales euro- tionné environ quarante qui lui ont et de Bruxelles, également disponible à
péennes formaient une section de permis d’illustrer 25 monuments ou la Boutique de l’IPW à Namur, Résidence
l’exposition internationale «Trésors de sites de Wallonie (Tournai, Mons, Char- du Grand Cortil (derrière l’hôtel Ibis),
cathédrales d’Europe. Liège à Beaune» leroi, Gembloux, Namur, grottes de place des Célestines, 21,
qui avait pour cadre l’Hôtel-Dieu, la Collé- Han, Bouillon, Namur, Dinant, Huy, B-5000 Namur (tél. +32 (0)81 230 703)
giale Notre-Dame et le Musée des Beaux- Liège, Spa, Franchimont, etc.). Après ou sur le site de l’IPW: www.institutdu-
Arts de Beaune. La même année, une introduction de Philippe George patrimoine.be. Également disponible aux
Jean-Louis Postula défendait à l’Univer- sur le sauvetage du patrimoine artis- Trésors des cathédrales de Liège et de
sité de Liège son mémoire de licence en tique du Val-Dieu, Jean-Louis Postula Malmedy.
À la découverte des richesses patrimoniales de votre commune
Trois volumes de la collection Patri- dans le but d’actualiser le premier entre les biens invento-
moine architectural et territoires de inventaire du patrimoine immobilier, riés. De plus, la publi-
Wallonie, publiée par la Direction géné- publié entre 1972 et 1997 sous le titre cation en format A4 sera
rale de l’Aménagement du Territoire, du Le patrimoine monumental de la complétée par une base
Logement et du Patrimoine (DGATLP) Belgique. Wallonie (23 volumes en de données informa-
sont récemment sortis de presse. Consa- 37 tomes). Les ouvrages du Patri- tique qui permettra une
crés aux communes de Beauvechain, moine architectural et territoires de recherche multi-critères
Incourt et Jodoigne (Brabant wallon), Wallonie ont pour vocation de dresser pour chaque bien inven-
Colfontaine, Dour, Frameries, Honnelles un état des lieux patrimonial de toutes torié.
et Quévy (Hainaut) ainsi que Bassenge les communes, tant sur le plan de l’in-
et Visé (Liège), ils viennent renforcer sertion paysagère des noyaux bâtis que
une série de six volumes, couvrant au sur celui de leur patrimoine urbanis-
total vingt-six communes wallonnes. tique et architectural, en croisant
Cette année encore viendront s’ajouter notamment les dimensions morpho-
trois volumes supplémentaires, repré- logique et historique. En épinglant les
sentant dix communes. différentes catégories reconnues juri-
Cet inventaire est une initiative prise diquement par la Région wallonne, la © DGATLP, MRW
par le Gouvernement wallon en 2004, collection propose une hiérarchie
7
Publications et Manifestations – N o 7 – 2007
Techniques du vitrail au XIXe siècle
à froid. Techniques et conservation fut œuvre des vitraux au XIXe siècle et les
organisé à Liège en 1996 par la Commis- problèmes spécifiques qu’elles entraî-
sion royale des Monuments et Sites et nent actuellement pour leur conserva-
par la Fondation pour l’Art et l’Artisanat tion que les matériaux de base
mosan; le deuxième, intitulé Art, tech- (fabrication et fourniture des verres, de
nique et science. La création du vitrail plombs, de peintures), ou encore l’or-
de 1830 à 1930 fut organisé en 2000, ganisation du travail dans les ateliers et
toujours à Liège, par le Comité wallon les questions de formation. La frontière
pour le vitrail associé au Corpus chronologique est parfois dépassée dans
Vitrearum et la Commission royale des les différentes interventions. On ne peut,
Monuments et Sites. en effet, passer sous silence les innova-
A l’heure actuelle, nous n’avons encore tions techniques et les réalisations Art
qu’une connaissance fragmentaire des nouveau.
vitraux des XIXe et XXe siècles bien que Les actes, édités entièrement en quadri-
ce patrimoine soit très varié tant du point chromie et très richement illustrés,
de vue iconographique et stylistique que proposent l’ensemble des communica-
technique. Cette période encore peu tions dans leur langue d’origine avec un
étudiée ne bénéficie pas des mêmes résumé dans les deux autres langues et
protections patrimoniales que les le texte intégral dans les trois langues
grandes verrières emblématiques de (français, allemand et anglais) de l’étude
L’Institut du Patrimoine wallon vient de l’épanouissement de l’art du vitrail dans d’Isabelle Lecocq consacrée au parcours
publier le troisième volume de la collec- nos régions au Moyen Âge et à la Renais- des vitraux des XIXe et XXe siècles de
tion «Les Dossiers de l’IPW» constitué sance. Pourtant, l’intérêt manifeste tant Pepinster à Eupen.
des actes du Forum international pour des praticiens et des ateliers que des
la conservation et la restauration des scientifiques pour l’organisation de ce Techniques du vitrail au XIXe siècle,
vitraux qui s’est tenu du 14 au 16 juin forum prouve à suffisance la nécessité Les Dossiers de l’IPW 3, Namur, 2007,
2007 à Namur (voir article de J. BARLET d’une réflexion spécifique à l’égard des 288 p., 21 €. Renseignements: IPW –
dans la présente Lettre du Patrimoine). vitraux du XIXe siècle, en espérant qu’elle Monique Van Opstal – Tél.:
Deux colloques internationaux sur le générera une sensibilisation d’un public 081/230.703 – Fax: 081/659.097 –
vitrail s’étaient déjà tenus en Wallonie; moins averti.
[email protected] –
le premier, consacré à Grisaille, jaune La problématique est vaste et concerne www.institutdupatrimoine.be
d’argent, sanguine, émail et peinture aussi bien les techniques de mises en
Archéobook: Relicta:
une nouvelle façon d’aborder l’archéologie la nouvelle revue
de l’Institut flamand
L’Archéoforum de Liège vient de lancer sent les différents styles reconnus place
une nouvelle collection de monographies Saint-Lambert mais également sur l’his- du Patrimoine
d’une vingtaine de pages (format A4,
entièrement en quadrichromie) à desti-
toire religieuse et politique de la ville de
Liège telle qu’elle peut se lire à travers les
immobilier
nation d’un large public. Chaque numéro vestiges de ses églises.
se penchera sur l’histoire et l’archéologie Relicta. Archeologie, Monumenten- en
de la place Saint-Lambert, de manière Un prochain numéro, consacré aux diffé- Landschapsonderzoek in Vlaanderen
synthétique et abordable par tout un rentes campagnes de fouilles de la place est la nouvelle revue scientifique éditée
chacun. L’accent est donc résolument Saint-Lambert, devrait sortir dans le cadre par le Vlaams Instituut voor het Onroe-
mis sur la vulgarisation scientifique et le de l’exposition «Les dessous de Saint- rend Erfgoed (VIOE – Institut flamand
petit prix (maximum 5 € par numéro). Lambert» inaugurée le 18 septembre du Patrimoine immobilier). Cette publi-
Le premier numéro de la collection est 2007 à l’Archéoforum de Liège. cation succède au périodique Archeo-
consacré aux édifices religieux qui occu- logie in Vlaanderen, qui était jusqu’alors
pèrent le centre de Liège. Depuis les P. MORNAC, Les édifices religieux de la édité par l’ancien Instituut voor het
premières fouilles entreprises place Saint- place Saint-Lambert, Archéobook 1, Archeologisch Patrimonium (Institut du
Lambert en 1907, plusieurs églises ont été Liège, Archéoforum de Liège, 2007, 22 p. Patrimoine archéologique).
identifiées: un martyrium mérovingien,
construit sur le lieu supposé de la mort L’ouvrage est en vente à la boutique de Désormais, en plus des articles relatifs
de l’évêque Lambert, auquel succède une l’Archéoforum (tél.: 04/250.93.70) et à aux fouilles, recherches et analyses
cathédrale de style carolingien, lorsque la boutique de l’IPW (tél.: 081/230.703) archéologiques, la revue contiendra
Liège devient la capitale de l’évêché à la ou via le site internet de l’IPW www.insti- également des contributions portant sur
fin du VIIIe siècle. Vers l’an mil, le premier tutdupatrimoine.be. le patrimoine immobilier et paysager de
prince-évêque de Liège, Notger, fait bâtir Flandre. De cette manière, cet ouvrage
un édifice aux dimensions impression- constitue le reflet de la diversité des
nantes, en style ottonien tel qu’en usage recherches patrimoniales menées au
dans l’empire germanique. L’incendie sein du VIOE.
de cette cathédrale en 1185 permet sa
reconstruction en une esthétique alors en Renseignements: Vlaams Instituut
plein essor: le gothique. Cet ouvrage voor het Onroerend Erfgoed – Tél.:
revient donc sur les traits qui caractéri- 02/553.16.50
8 Suite à la page 17
Suite de la page 8
Publications et Manifestations – N o 7 – 2007
Association royale Demeures Historiques & Jardins de Belgique
Prix Prince Alexandre de Merode 2006 et 2008.
Lors de l’Assemblée générale de cette du donjon et les importantes recherches Le montant du prix Prince Alexandre de
association qui s’est tenue au Palais des archéologiques qui ont permis des Merode 2008 reste fixé à 10.000 €.
Académies le 2 Juin dernier, les prix découvertes très intéressantes.
2006 ont été remis aux lauréats suivants: Ces lauréats ont reçu par ailleurs une Le règlement fera l’objet d’un commu-
1 er prix de 6.000 € au Docteur et plaquette commémorative en bronze. niqué de presse en Octobre 2007, sera
Madame Nyssen pour la restauration disponible sur le site de l’association
très réussie d’une maison à pans-de-bois Des diplômes d’encouragement ont été (www.demeures-historiques.be),
du début du XVIIe siècle, située Hufen- décernés à 4 autres candidats pour les paraîtra dans la revue «Demeures Histo-
gasse, 11, dans le centre historique restaurations entreprises au Musée du riques & Jardins» et bien entendu au
d’Eupen. Marbre à Rance, au château de Grand siège social, 67 rue de Trèves, 1040
2e prix de 4.000 € à l’asbl Château de Bigard, dans une maison du début du Bruxelles (02/235 20 07).
Chimay pour la restauration des diffé- XIXe siècle à Méan et à la chapelle dite
rents remparts, la remise à neuf du bulbe Saint-Joseph à Mettet
Le patrimoine militaire de Wallonie et Cent merveilles de Wallonie
Deux nouveaux ouvrages de prestige à
découvrir dès décembre 2007 aux
Éditions du Patrimoine, consacrés au
patrimoine immobilier de Wallonie, l’un
thématique, l’autre non.
Le Patrimoine militaire de Wallonie
Sous la direction de Valérie DEJARDIN et
Julien MAQUET
De la Préhistoire au XXe siècle, en passant
par le Moyen Âge, chaque époque nous
a laissé des traces, parfois exceptionnelles,
de son histoire militaire. Tant la construc-
tion des donjons, des citadelles, des forts,
des casernes, des enceintes, des bâtiments
d’intendance ou des monuments commé-
moratifs, que la sauvegarde des sites de
bataille, sont intimement liées aux grands
événements de notre passé et marquent
encore nos paysages de manière indélé-
bile, de nos campagnes à la configuration
même de nombre de nos cités.
C’est ce patrimoine exceptionnel à bien
des égards que le livre Le Patrimoine mili-
taire de Wallonie vous invite à découvrir
à travers 63 notices détaillées et riche- Vue aérienne de la Citadelle de Namur. G. Focant, DPat © MRW
ment illustrées. Trois chapitres complé-
mentaires apporteront un aperçu de redécouvrir à travers une brève notice
l’histoire des techniques militaires et de historique et des photographies de Guy
la guerre à travers les époques, des monu- Focant, spécialisé dans la prise de vue
ments commémoratifs militaires ainsi que «patrimoniale». De sites industriels en
de l’histoire de l’armement en Wallonie. châteaux en passant par le patrimoine
religieux et les édifices civils publics, la
A paraître en décembre 2007 dans la Wallonie présente dans cet ouvrage ce
prestigieuse collection «Le Patrimoine qu’elle a de plus beau en matière de patri-
de Wallonie»; 250 pages; entièrement moine immobilier architectural.
en quadrichromie; relié pleine toile sous
jaquette plastifiée; format: 25 x 30 cm; A paraître en décembre 2007;
prix public: 45 €. 220 pages; entièrement en quadri-
Tarif préférentiel par souscription chromie; relié sous jaquette plastifiée;
avant le 15 septembre 2007: 38 € (à format: 25 x 30 cm; prix public: 30 €
retirer à notre boutique de Namur ou à Tarif préférentiel par souscription
l’Archéoforum de Liège) avant le 15 septembre 2007: 25 € (à
retirer à notre boutique de Namur ou à
Cent merveilles de Wallonie l’Archéoforum de Liège)
Photos de Guy FOCANT – Textes de
Valérie DEJARDIN et Julien MAQUET Pour tout renseignement: Monique Van
Le territoire de la Wallonie est jalonné de Opstal: tél.: +32 (0)81 230 703 – fax:
dizaines de merveilles patrimoniales. Cet +32 (0)81 659 097 – m.vanopstal@insti-
ouvrage prestigieux évoque cent splen- tutdupatrimoine.be – www.institutdu- Chimay, le théâtre du château des Princes de Chimay.
deurs incontournables à découvrir ou patrimoine.be G. Focant, DPat © MRW
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Publications et Manifestations – N o 7 – 2007
19e édition des Journées du Patrimoine en Wallonie
Samedi 8 et dimanche 9 septembre 2007
enjeux de la reconversion des bâtiments
ou des sites militaires aujourd’hui désaf-
fectés n’ont pas été esquivés et permet-
tent de s’interroger quant au devenir de
cet héritage commun.
Haut lieu de la célèbre «Bataille des
Ardennes», Bastogne accueille la soirée
inaugurale le vendredi 7 septembre
2007. Une promenade aux flambeaux,
via le RaVel, mènera le grand public au
Mardasson où se déroulera un show laser
gratuit.
Une brochure, reprenant le programme
Bastogne, le Mardasson. © Ville de Bastogne officiel, est sortie de presse à 100.000
exemplaires fin juin (full quadri,
Organisées depuis 2005 par l’Institut du militaires de l’histoire de nos régions. 116 pages). Gratuite, elle est disponible
Patrimoine wallon, les désormais popu- Elle met aussi à l’honneur les bâtiments sur simple demande au Numéro Vert de
laires Journées du Patrimoine s’attachent historiques ayant un lien avec un système la Région wallonne: 0 800 1 19 01 ou au
en 2007 à mettre en valeur notre patri- défensif ou offensif ou avec un conflit Secrétariat des Journées du Patrimoine:
moine militaire. armé, proche ou lointain. Ce thème fait 085/27 88 80. Le programme est aussi
également la part belle aux lieux de disponible depuis la mi-juillet sur le Site
La thématique 2007 a retenu l’ensemble mémoire des conflits, tels que cimetières, Internet: www.journeesdupatrimoine.be
des édifices et sites de qualité liés à la monuments funéraires et commémora-
vie militaire et aux multiples événements tifs et musées militaires. Par ailleurs, les
Dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine 2007,
Participation de la Wallonie à l’Expérience Photographique Internationale des Monuments
à travers leur objectif l’un des innom- jours et BASE, un de nos sponsors, un
brables monuments ou sites qui font GSM de qualité.
notre fierté. Rendre possible cette émula-
tion et permettre ainsi à la jeunesse de
percevoir les richesses de leur histoire et
de leur environnement d’hier et d’au-
jourd’hui revient à la Catalogne.
En Wallonie, nous avons très vite
compris l’intérêt de cette démarche. En
2007, pour la onzième fois, nous y avons
participé. Et si nous ne connaissons pas
encore les lauréats des autres pays, le
jury wallon s’est réuni le 27 avril pour
désigner les nôtres. Parmi plus de 1.000
clichés consacrés au patrimoine mili-
Plombières/Hombourg, Cimetière américain taire, ce jury a distingué quatre jeunes.
d’Henri-Chapelle. Photographe: Laurent Davids. Il s’agit de Laurent Davids (17 ans), Char-
line Joris (15 ans), Justine Magnus (19
Initiée depuis 1996 par la Catalogne, avec ans) et Céline Manouvrier (11 ans).
le soutien du Conseil de l’Europe, l’Ex- Leurs clichés seront publiés dans le
périence Photographique Internationale luxueux catalogue édité chaque année
des Monuments (EPIM) est devenue l’une par la Catalogne. Les photographies
des initiatives les plus importantes de feront aussi l’objet d’une exposition dans
pédagogie du patrimoine en Europe. Au chaque région ou pays participant. Du
fil des années, ce concours et les mani- 7 au 21 septembre 2007, la Maison de la
festations qui l’accompagnent ont touché Presse, rue Haute Sauvenière, 19, à Liège,
plus de régions et de pays, avec leur accueillera cette exposition pour la
histoire et leur identité, et surtout plus Wallonie.
de jeunes. Quelque 30.000 jeunes ont L’Institut du Patrimoine wallon offrira Antoing/Péronnes-lez-Antoing, Monument aux morts
participé à ce concours en 2006 en fixant aux lauréats un voyage culturel de deux 1914-1918. Photographe: Céline Manouvrier.
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des Associations
TRIMESTRIEL – JUILLET – AOÛT – SEPTEMBRE 2007 – No 7 – BUREAU DE DÉPÔT : LIÈGE X
Échos de la Journée Rencontre de Wallonia Nostra à Hélécine, le 21 avril 2007
Cette journée a débuté par les mots d’ac- Dans le diocèse de Liège, le nombre de
cueil du président B. Caprasse, gouver- paroisses a considérablement augmenté:
neur du Luxembourg, et du député de 180 à 510 pour la province et de 20
provincial A. Trussart qui nous a fait à 53 pour la ville de Liège. Cet accrois-
l’honneur de rester avec nous pour la sement s’explique par la démographie
suite. C’est dans un superbe cadre – celui en hausse, par le vœu des bourgmestres
de l’ancienne abbaye prémontrée d’Hé- de voir doter leur commune d’une église
lécine devenue propriété de la Province et par la volonté des autorités ecclé-
dès 1962 – que les participants ont été siastiques elles-mêmes.
accueillis autour du thème du patrimoine Dans le domaine des biens privés, il faut
religieux. Après l’intervention de l’abbé souligner que la protection canonique
Collinet (voir ci-dessous), B. Wiaux, est très illusoire. Pour ce qui est des biens Au chevet de la chapelle Notre-Dame de Jodoigne. © X. Bossu
députée fédérale et échevine à Beauve- publics, il faut rappeler qu’il n’y a pas eu
chain, a parlé avec conviction des heurs de nationalisation des biens ecclésias-
et malheurs de la gestion du patrimoine tiques en Belgique dans la mesure où la
religieux de sa commune. C’est ensuite Déclaration des Droits de l’Homme et
E. Persoons qui présenta le cas de la du Citoyen a imposé en temps utiles le
fabrique d’église de Saint-Martin à principe du droit à la propriété. Il y a eu
Tourinnes-la-Grosse, dont il est secrétaire, mise à la disposition de ces biens à la
et le dossier de restauration qui devrait Nation moyennant engagement de cette
démarrer en 2008. La matinée se termina dernière à satisfaire les besoins auxquels
avec la présentation, par l’historien Michel ces biens étaient affectés. En gros, le
Dubuisson, du nouveau schéma de déve- régime actuel est plutôt favorable à ceux-
loppement de l’abbaye de Villers conçu ci. Une difficulté néanmoins réside dans
avec l’aide de l’IPW. Deux visites de sites – le fait que l’immobilier dépend de la Sur la place de Beauvechain. © X. Bossu
le premier par A. Mahin de l’IPW et le Région tandis que le mobilier dépend
second par Th. Bertrand, historien et de la Communauté française qui, comme contrario aujourd’hui, les clochers sont très présents
auteur d’un livre sur l’église en question – chacun sait, est impécunieuse. Le et la voix partagée de l’institution organique très
ont confronté les participants aux réalités: dialogue s’avère toutefois souvent diffi- absente. La thèse de la sécularisation est ancienne
celle de la chapelle Notre-Dame du cile entre les responsables ecclésias- (Sainte-Beuve) mais on constate un retour en force
Marché à Jodoigne dont les travaux de tiques d’une part, chargés des aspects du spirituel: en témoigne l’émoi autour de la décla-
restauration/réaffectation devraient être cultuels, et l’administration qui a pour ration à Ratisbonne de Benoît XVI. 4. Au niveau des
sur le point de démarrer et celle de l’église responsabilité l’entretien et donc l’as- coûts, les chiffres sont à relativiser. Ce sont les
Saint-Sulpice de Beauvechain, bel pect patrimonial. La difficulté de dialogue édifices religieux du domaine public qui entraînent
exemple d’architecture néo-gothique en risque de mettre en péril le principe de les dépenses les moins importantes par rapport aux
milieu rural. Cette journée a bénéficié l’église «Bible ouverte». autres immobiliers publics (rapport de 2 pour 13).
notamment du soutien particulier de la L’aspect cultuel n’est en rien un obstacle 5. La Belgique francophone est peu expérimentée
Province de Brabant wallon que nous à l’entretien et à la restauration mais ce dans le domaine de la réaffectation. En Europe le
remercions bien vivement. sont justement les églises désaffectées phénomène peut être cartographié en différenciant
M.-A. COLLET qui sont en danger. L’abbé Collinet l’Europe du Nord (plus protestante) et l’Europe du
Wallonia Nostra asbl, Place Léopold, 1 souligne ici qu’il n’est pas mandaté par Sud ou orientale. Pour rappel, la Charte de Venise
à 6700 Arlon – Fax: 063/228 656 – Email: l’Église catholique et qu’il est dès lors insistait déjà sur la nécessité du maintien de l’af-
[email protected] seul responsable des propos qu’il va tenir fectation originelle soulignant que la réaffectation
concernant ces domaines de la désaf- ne devait s’envisager qu’occasionnellement. 6. De
Pour initier la journée, il fut demandé à fectation/réaffectation. Il discerne en nombreux exemples témoignent du fait que, contrai-
l’abbé R. Collinet, vicaire épiscopal du effet sept items à développer: 1. D’une rement au cas de l’église des Jésuites de Marche, le
diocèse de Liège, de présenter la situa- part les lieux de culte que sont les églises plus souvent les réaffectations sont orientées vers
tion, les difficultés et l’avenir des églises ne sont en rien «réservées» aux seuls une fonction «culturelle». Il faut en tout cas souligner
de son diocèse. catholiques et d’autre part l’utilité de que si l’on peut entendre un concert dans une église,
Principauté de Liège: «paradis des clercs, ces édifices ne peut en aucun cas se une église ne peut pas devenir salle de concert! La
enfer des femmes…» mesurer seulement à l’aune de la cogestion de l’espace n’est pas à l’ordre du jour et
L’intervenant commence par préciser pratique dominicale. 2. L’église n’est pas la maîtrise des opérations doit rester aux mains de
que, dans 90% des cas de désaffectation un lieu sacré en soi mais essentiellement l’autorité ecclésiastique. 7. La baisse des vocations
des édifices religieux, on constate à par ce qui s’y passe. Une église fermée et la diminution du nombre de prêtres seraient pour
terme la destruction de ceux-ci. Nous est une contradiction et il est préférable certains un signal fort justifiant la désaffectation. Et
avons donc raison de restaurer, d’autant de voir une église dépouillée plutôt cependant, ce qu’il faut affirmer c’est qu’il n’y a pas
que notre époque n’est plus créatrice qu’une église fermée. 3. Dans le passé, trop peu de prêtres aujourd’hui mais qu’il y en avait
d’œuvres destinées à durer. Il faut les chrétiens ne disposaient pas de lieux beaucoup trop autrefois. Les chrétiens doivent s’ap-
prendre la mesure de ce que nous consacrés et cela n’empêchait pas les proprier les lieux de culte autrement.
sommes prêts à jeter! communautés d’être très actives. A Th. BERTRAND
9
La Vie des Associations – N o 7 – 2007
Une association au service de l’Entre-Sambre-et-Meuse
valoriser et sauvegarder leur patrimoine visant différents publics. Depuis quelques
architectural. Créé en 2003 dans le cadre mois, ces actions se mettent en place.
du programme européen de développe- Parmi celles-ci, épinglons la diffusion des
ment rural LEADER+, le Groupe d’Action données récoltées vers les communes
Locale (GAL) développe depuis une série pour optimiser leur gestion de l’urba-
d’actions sur les communes de Cerfon- nisme, l’organisation de formations tech-
taine, Florennes, Gerpinnes et Walcourt, niques destinées aux nouveaux élus, la
quatre communes réputées pour leur mise en place d’actions pédagogiques
folklore toujours très vivant. Une première dans les écoles, la diffusion de fiches de
phase de diagnostic menée par des sensibilisation sur l’habitat rural, la restau-
bureaux d’études et par le chargé de ration d’éléments du petit patrimoine…
mission Patrimoine engagé à temps plein Ces actions visent donc un public très
au sein de l’asbl a permis d’identifier les varié mais ont un objectif commun: valo-
différentes problématiques liées à l’évo- riser l’Entre-Sambre-et-Meuse par l’in-
Visite de terrain à Yves-Gomezée (commune de Walcourt). lution du patrimoine bâti. Un travail consé- termédiaire de son patrimoine bâti et
T. Roy © GAL de l’Entre-Sambre-et-Meuse quent vu la taille du territoire (46 villages paysager. Info: GAL de l’Entre-Sambre-et-
et hameaux). Ce diagnostic a ensuite été Meuse, 071 32 63 60, patrimoine@entre-
Au cœur de l’Entre-Sambre-et-Meuse, traduit en un ambitieux programme d’ac- sambre-et-meuse.be.
quatre communes rurales s’associent pour tions, regroupant de nombreux projets Thibault ROY
Regard sur le patrimoine bâti Les Amis des Musées
de l’Entre-Sambre-et-Meuse à Arlon
Les communes de Cerfontaine, Depuis peu, une partie de ces données Une nouvelle asbl a vu le jour récem-
Florennes, Gerpinnes et Walcourt possè- est également accessible aux citoyens, ment dans le chef-lieu de la Province de
dent un patrimoine architectural impor- via le site Internet de l’association Luxembourg.
tant mais largement méconnu. Le travail (www.entre-sambre-et-meuse.be). En
de terrain mené sur les 46 villages et effet, pour chacun des 46 noyaux bâtis, Arlon peut s’enorgueillir de posséder
hameaux de ces communes a permis le citoyen peut consulter et imprimer la deux magnifiques musées. Le Musée
d’en avoir une photographie précise. carte du patrimoine, découvrir des Luxembourgeois, fondé en 1847, est
Les 797 biens repris à l’Inventaire du centaines de photographies et accéder sans doute l’un des plus riches de
Patrimoine Monumental ont pu être loca- à différentes informations dans le Belgique et bénéficie d’une large
lisés, décrits et photographiés. Encodées domaine. Fermes, châteaux, églises, renommée internationale. Sa section
dans une base de données cartogra- bornes-potales, forges… Autant d’élé- gallo-romaine comporte une galerie lapi-
phique (SIG), ces informations consti- ments formant l’identité de cette région daire exceptionnelle. Le Musée Gaspar
tuent un précieux outil pour les services qui subissent des pressions diverses et renferme des collections de mobilier,
Urbanisme des communes concernées. qui méritent une plus grande attention de tableaux, de faïences sur près de trois
Désormais, en un simple clic, il leur est du citoyen. siècles d’Histoire lorraine. Il présente
possible d’obtenir une photo et un aussi les œuvres du sculpteur animalier
descriptif de tous les biens repris à l’In- Thibault ROY Jean-Marie Gaspar et abrite le retable de
ventaire du Patrimoine Monumental. Fisenne, véritable bijou des ateliers anver-
sois du XVIe siècle.
«Les Amis des Musées Archéologique
Luxembourgeois et Gaspar – asbl» ont
décidé de relancer leur soutien à ces
deux institutions. Ils veulent en assurer
et développer la promotion et le rayon-
nement en leur donnant des moyens
modernes de communication, en orga-
nisant des actions ciblées visant à attirer
vers les collections un public nouveau
et non-initié, en mettant particulière-
ment l’accent sur les tranches d’âge les
plus basses pour garantir l’avenir et le
succès des deux musées. Pour tout
renseignement, s’adresser au siège social,
Résidence Rive gauche – Espace Didier,
36 Bte 32, 6700 Arlon.
Gilbert JUNGEN, président.
Site Internet: www.entre-sambre-et-meuse.be
10 Suite à la page 15
Suite de la page 10
La Vie des Associations – N o 7 – 2007
La Société royale d’archéologie, d’histoire et de paléontologie
de Charleroi décerne son premier Prix du Patrimoine
En 2006, le jury a retenu le sauvetage, la
restauration et la valorisation d’un
élément patrimonial particulièrement
fragile: une vitrine de magasin et ses
vitraux. Il a retenu aussi l’argument que
le bâtiment a reçu une affectation effec-
tive et fonctionnelle qui pérennise l’en-
treprise. Il s’agit d’une superbe devanture
à double porte de l’immeuble sis rue
Charles Dupret, n° 30 à Charleroi Ville-
Basse rénovée récemment pour y
installer la teinturerie Qualipress.
Conscients de la valeur patrimoniale de
leur vitrine, les propriétaires ont décidé
de la faire restaurer entièrement, en ce
compris la boiserie, les petits bois des
portes ainsi que les vitraux de l’imposte.
Cette heureuse initiative se justifie d’au-
tant plus que le médaillon central de
l’imposte montre un blanchisseur lavant
le linge dans une cuvelle. L’immeuble
était en effet occupé dès après la
Charleroi, la vitrine primée. © SRAHPC Première Guerre mondiale, par la blan-
chisserie – teinturerie Renders.
La Société royale d’archéologie, d’his- très approfondie la montée du rexisme Le volume 63 des Documents et rapports
toire et de paléontologie de Charleroi dans la région carolorégienne dans est en vente au prix de 25 euros à
est l’une des plus anciennes associations l’entre-deux-guerres, étudie de manière l’adresse ci-dessous. L’adhésion à la
de Charleroi puisqu’elle fut fondée en exhaustive l’ensemble des constructions société se fait par demande écrite à
1863. Dans le pays, elle figure d’ailleurs Art nouveau (même disparues aujour- adresser à la Société royale d’archéo-
parmi les plus vieilles associations scien- d’hui) qui ont été bâties à Charleroi; logie, d’histoire et de paléontologie de
tifiques s’étant donné comme champ de il évoque aussi une personnalité Charleroi asbl, rue de Montigny 100 à
recherches l’histoire et l’archéologie. marquante de Charleroi au XIXe siècle: 6000 Charleroi. Tél. 071 86 22 62. Mail:
Elle a pour vocation d’étudier l’histoire Clément Lyon et analyse le passage du
[email protected].
de Charleroi et de sa région. Elle y Saint-Suaire à Chimay en 1449. Claude VAEL, président.
contribue de différentes façons: musée, La sortie des Documents et rapports a été
expositions temporaires, publication également l’occasion de mettre sur pied un
d’un bulletin trimestriel, gestion de sa Prix du Patrimoine décerné par la société.
bibliothèque d’archéologie et d’histoire, En effet, la protection et la mise en valeur
cycle de conférences. Depuis quelques du patrimoine architectural carolorégien
temps, son conseil d’administration a ont toujours constitué et constituent une
relancé des projets en suspens et suscité préoccupation essentielle pour celle-ci.
de nouvelles initiatives pour redynamiser L’objectif du Prix est de promouvoir la
la société: actions de sensibilisation au restauration de qualité supérieure du patri-
patrimoine, demandes de classement, moine de la région de Charleroi, d’accroître
projet de conduire des fouilles archéo- l’intérêt des propriétaires d’immeubles
logiques. À la fin 2006, la société a renoué pour pareille entreprise, de sensibiliser le
également avec l’édition de sa revue public et les autorités communales et régio-
scientifique en publiant le tome 63 de ses nales à la conservation et à la valorisation
Documents et rapports. Celui-ci compte du patrimoine bâti et à la plus-value générée
plus de 200 pages richement illustrées. par celui-ci en terme d’image de marque,
Par le biais de plusieurs articles de fond, de qualité de vie et de retombées écono-
le nouveau volume examine de manière miques. Charleroi, médaillon central de la vitrine. © SRAHPC
La Société d’Histoire de Mouscron et de la Région
Elle a été créée le 9 novembre 1978 par scientifiques. Mais c’est surtout au travers articles évoquant divers aspects du passé
quelques historiens locaux qui, avec l’aide de ses publications qu’elle met en valeur local. Depuis 1980, 9 publications extra-
de la ville de Mouscron, se sont investis le patrimoine local dans ses aspects histo- ordinaires (actes de colloques, mono-
dans l’étude et la promotion du passé riques, folkloriques et dialectaux. graphies et autres études) sont sorties
mouscronnois. Constituée en asbl le 10 De 1979 à 1997, l’association a publié de presse ainsi que 9 catalogues d’ex-
décembre 1981, la Société d’Histoire 19 tomes de «Mémoires», en un ou deux position et 23 instruments de travail à
compte aujourd’hui une centaine de fascicules, composés de recueils d’ar- l’usage des généalogistes. La liste des
membres. À côté des expositions et des ticles, d’études historiques ou dialectales publications disponibles peut être
excursions en France et en Belgique, la relatifs à Mouscron et sa région. Depuis obtenue sur simple demande au siège
société organise des conférences gratuites 1998, une revue intitulée «Le fil du temps» social: Archives de la Ville de Mouscron,
et ouvertes à tous faites par des historiens remplace ces volumes annuels. Les 9 120 A, rue du Petit Pont, 7700 Mouscron
amateurs ou professionnels ou par d’autres numéros parus à ce jour rassemblent des (tél. 056/860.545; fax 056/34.77.43).
Claude DEPAUW
15
La Vie des Associations – N o 7 – 2007
Le patrimoine rural, une ressource! corrélation avec les prescriptions urba-
nistiques d’application dans leur village,
notamment le Règlement Général sur
les Bâtisses en Site Rural.
Nous les informons également des diffé-
rentes aides auxquelles ils peuvent
prétendre. En parallèle, nous travaillons
sur des actions de sensibilisation des
habitants aux richesses du patrimoine
local via, entre autre, des formations sur
le terrain dans les différentes régions
agro-géographiques ou des projets péda-
gogiques à destination des enfants du
dernier cycle primaire.
Nous travaillons aussi sur l’accroisse-
ment de la notoriété des villages, tout
en préservant leurs caractéristiques
propres et en étant très soucieux d’y
Projet pédagogique à Thon. © Les plus beaux villages de Wallonie préserver la qualité de vie. Nous souhai-
tons y amener un tourisme de valeurs
L’asbl «Les Plus Beaux Villages de Ainsi, nous nous efforçons de les accom- respectueux des habitants, un tourisme
Wallonie» est née en 1994 à la suite pagner dans leurs démarches de maintien d’implication fondé sur les atouts cultu-
des «Assises du Tourisme» organisées de la qualité patrimoniale et paysagère. rels, associatifs et patrimoniaux.
en Province de Namur. S’inspirant du L’exemple le plus parlant de cette Enfin, tout au long de la haute saison,
concept novateur qu’étaient alors «Les volonté d’accompagnement et d’infor- nous mettons sur pied dans ces villages
Plus Beaux Villages de France», notre mation est, entre autres, notre service des animations leur correspondant, utili-
association chapeaute aujourd’hui un gratuit d’assistance architecturale. La sant leur décor naturel comme scène,
réseau de 23 villages labellisés répartis plupart des administrations nous comme vitrine (ex.: «Un dimanche, un
sur les cinq provinces wallonnes. envoient régulièrement les demandes beau village»). Parallèlement, d’autres
Vingt-trois villages qui, depuis leur de permis d’urbanisme, projets de animations permanentes sont également
entrée au sein de ce réseau de qualité, construction ou de rénovation afin que élaborées (circuits à thèmes).
se doivent de considérer ce label non l’on émette un avis en fonction de la Signalons enfin que seule une mise en
comme un aboutissement mais bien situation du bien et des règlements en réseau peut donner à toutes ces anima-
comme un point de départ et pour vigueur. Les habitants peuvent égale- tions un éclairage important et des
lesquels nous développons plusieurs ment nous consulter avant d’introduire moyens de promotion plus efficaces.
axes de travail. leur permis s’ils désirent le mettre en Muriel STORDER
Les Amis de l’Hospice de Rebecq, un groupe de défense du patrimoine
janvier 2004, les signataires du premier possibles de l’ensemble du site,
appel sont invités à se réunir pour tenter présentée au Collège et au CPAS; une
de sauver ce qui peut encore l’être avant séance d’information publique sur l’avan-
écroulement total ou démolition. Une cement de leurs travaux; des commu-
cinquantaine de personnes se retrou- niqués de presse sur les actions et
vent dans l’ancienne gare et mettent sur l’avancement du dossier…; des dossiers
pied un groupe de travail d’une douzaine d’informations et de conseils, des
de volontaires. Toutes les sensibilités de contacts, par courrier, téléphone, visites,
l’entité y sont représentées, le but étant avec les diverses administrations concer-
de travailler en dépassant les clivages nées (Administration du patrimoine,
partisans. Depuis février 2004, les «Amis Institut du Patrimoine wallon, cabinet
de l’Hospice de Rebecq» se réunissent du Ministre responsable, Médiateur de
tous les mois avec pour objectifs: 1. de la Région wallonne, administrations
La partie XIXe siècle de l’Hospice, après l’incendie. forcer une décision de rénovation des provinciales et locales, Sociétés de loge-
© Les Amis de l’Hospice de Rebecq bâtiments; 2. de les protéger pour éviter ments, associations citoyennes…); l’ob-
qu’ils soient défigurés; 3. d’aider à leur tention de l’inscription du site sur la liste
Ensemble le plus emblématique de la trouver une réaffectation. de sauvegarde du Patrimoine wallon de
commune, l’ancien hospice de Rebecq, En trois ans d’activités, les Amis ont l’Administration du Patrimoine par arrêté
fondé au début du XIVe siècle, possède réalisé: une pétition qui a récolté ministériel du 7 avril 2006; l’inscription
encore une chapelle des XVIe-XVIIe 1554 signatures d’électeurs rebecquois; sur la liste spéciale de l’Institut du Patri-
siècles et une extension construite au la demande d’inscription sur la liste de moine wallon qui se trouve dès lors en
XIXe siècle en partie par E. Coulon. Au sauvegarde du patrimoine wallon du site avril 2006 chargé de mission auprès de
début de l’année 2003, soit 14 ans après de l’ancien hospice (avec 750 signa- la commune pour l’aide à la réaffecta-
l’abandon total des bâtiments, G. Haute- tures); l’élaboration et l’introduction tion et à la fixation des travaux d’ur-
nauve, président du Syndicat d’Initiative d’une demande de classement des deux gence; présentation d’un Memorandum
et du ReWisBiQue (Cercle d’Histoire façades principales de l’hospice (avec au nouveau Collège communal en février
Locale), lance un appel aux Rebecquois 1554 signatures); un stand d’informa- 2007, faisant des propositions pour la
pour que soit sauvegardé l’ancien tion à la braderie annuelle en juin 2004, sauvegarde et la réaffectation des bâti-
hospice. Plusieurs personnes s’inscri- 2005 et 2006; une veillée aux flambeaux ments et demande d’être associés aux
vent pour marquer leur intérêt et leur lors du premier anniversaire de l’in- réflexions futures. Les Amis de l’Hos-
soutien. En octobre de la même année, cendie de l’hospice; une maquette avec pice de Rebecq. Courriel: hospicere-
les bâtiments du XIXe siècle brûlent! En une analyse détaillée des affectations
[email protected] 16
BELGIË – BELGIQUE
P.B./P.P.
Le Centre B – 78
Bureau de dépôt
4099 Liège X
P501411
de la Paix-Dieu
TRIMESTRIEL – JUILLET – AOÛT – SEPTEMBRE 2007 – No 26 – BUREAU DE DÉPÔT : LIÈGE X
Un vent de renouveau souffle sur la Paix-Dieu
2007 aura été pour la Paix-Dieu l’année du heyden, licencié en histoire de l’art, super-
changement. Après le départ à la retraite de vise aujourd’hui le Centre d’information et
Georges Durieux en décembre dernier, le de documentation. Sa mission? Faire du
premier semestre de cette année aura égale- CID un outil de référence pour les profes-
ment vu partir Marc Melin, adjoint au Direc- sionnels du secteur du patrimoine – avec
teur, qui, après 8 ans de bons et loyaux une attention particulière aux artisans –,
services au sein du Centre de la Paix-Dieu, pour les maîtres d’ouvrage demandeurs de Une équipe jeune et dynamique à votre service. © IPW
a fait le choix difficile de donner une conseils spécifiques et pour les enseignants
nouvelle orientation à sa carrière. dans la préparation des classes d’éveil. Il
Ainsi, depuis le début du mois de juin, une joue également le rôle d’interface entre les Un stagiaire enthousiaste…
nouvelle équipe – 4 hommes et 8 femmes – activités du Centre et leur promotion vers
se met en place sous la direction d’Anne- l’extérieur. Il est épaulé dans sa tâche par L’approche d’un site cistercien impose toujours
Françoise Cannella. Dans un souci de perfor- la très efficace Christine Vanhoebrock qui, retenue et respect…
mance, les différentes tâches ont été avec une grande vigilance, gère notamment De plus, l’hébergement annoncé dans les cellules
réparties entre les agents avec une plus la mission de documentation. des abbesses aiguise encore ce sentiment! Arrivé le
grande cohérence. Après le départ de Charlotte Derclaye, Ingrid 25 avril 2007 matin, je découvre les lampions de
Le dossier de création d’une maîtrise Boxus, la benjamine de l’équipe, licenciée l’inauguration à peine éteints, et un bâtiment des
complémentaire en conservation-restau- en histoire de l’art et archéologie, est venue hôtes prestigieux. Le soir venu, la cellule offre ses
ration du patrimoine culturel immobilier, rejoindre Muriel De Potter, responsable des plus beaux atours; le choix des canaux TV, des
en partenariat avec les académies univer- actions pédagogiques, pour l’animation des réglages de la douche… Saint Bernard qui prôna le
sitaires et les instituts supérieurs d’archi- classes d’éveil au patrimoine et à ses métiers. retour à la rigueur serait désemparé!
tecture, et celui de mise en place d’un Complétée depuis septembre dernier par Les temps de prière seront pour nous consacrés à
«agrément» d’auteur de projet pour les archi- Dominique Gustin, menuisier aux doigts l’étude du bâti ancien; aux règles de saint Benoît
tectes travaillant dans le domaine de la d’or, l’équipe des classes d’éveil assure avec nous préférons alors les règles de l’Art. Une autre
restauration, restent dans le giron de la enthousiasme et dynamisme l’accueil et la façon de se rapprocher de l’Éternel.
direction. formation des adolescents immergés La rigueur sera ici celle des dosages pour tendre
Annick Piron, architecte, continue de main pendant quatre jours dans le monde du vers la perfection: doser les mortiers, les temps de
de maître à coordonner l’organisation des patrimoine. Muriel De Potter développe séchage, les épaisseurs, et surtout les efforts; la réus-
stages de perfectionnement pour adultes et également une formation à la pédagogie du site est à ce prix, et de l’effort juste émanera la
poursuit le développement des formations patrimoine et de ses métiers à l’attention beauté.
à destination des communes, des écoles des enseignants et futurs enseignants. La découverte du site de la Paix-Dieu affiche le
d’architecture et des 7e professionnelles. Depuis son ouverture en janvier 2007 dans mariage des styles: concessions à la modernité ou
Son objectif? Enrichir tant les formations l’aile de l’abbesse restaurée, Jean-François mariage d’Amour? Il n’y a pas de mariage d’Amour
proposées que le staff de formateurs et le Marotta est le responsable de l’héberge- sans respect et connaissance de l’autre; chacun
public de stagiaires. Elle est par ailleurs ment. Avec patience et fermeté, il orchestre jugera!
auteur de projet pour la restauration de notamment la répartition des chambres J’ai suivi jusqu’à ce jour les formations sur les rejoin-
l’ancien colombier de la Paix-Dieu et de la pour les différentes écoles qui participent toiements, la maçonnerie, les enduits et badigeons,
«Maison Bauwens», bâtiment Art nouveau aux classes d’éveil, gère la location des les nettoyages de façades. La formation pratique de
à Verviers. À ses côtés à mi-temps, Sophie studios pour les stagiaires adultes et assure maçonnerie s’est faite à l’Abbaye de Villers-la-Ville,
Bourland, assure, avec sourire et efficacité, les contacts avec le restaurant «La Table de site cistercien exceptionnel (intervention sur le mur
le secrétariat des stages adultes. l’Abbaye». d’enceinte, et les murs de vigne); merci à Monsieur
Également architecte, Nadine Babylas, Déjà présente sur le site lors des premières Jacques De Pierpont toujours soucieux de répondre
nouvelle recrue rôdée pendant deux ans et fouilles de 1997, Virginie Boulez est l’ar- aux interrogations de chacun!
demi à la Direction de la Restauration de la chéologue attitrée de la Paix-Dieu depuis Pour les façades, les représentants de l’IRPA et du
Division du Patrimoine (DGATLP), est dix ans. Elle s’attaque aujourd’hui à la CSTC ont aimablement laissé leurs coordonnées
chargée d’assurer le suivi des différents connaissance archéologique du moulin et pour tout complément d’information après une
chantiers en cours et à venir sur le site de de l’abbatiale prochainement restaurés. Le généreuse prestation.
la Paix-Dieu: construction d’une concier- site lui aura alors révélé tous ses secrets… La visite à Bruxelles des chantiers d’une entreprise
gerie à l’emplacement de l’ancienne maison ou presque. de ravalement a permis au fil des multiples ques-
du pater, restauration et réaffectation du Depuis la création du Centre en 1999, tions de fixer les informations reçues précédem-
moulin et de l’abbatiale, aménagement des Isabelle Halleux en assure le secrétariat ment.
abords, y compris la cour d’honneur. C’est avec rigueur. Elle est aujourd’hui égale- Un dernier mot pour Michaël qui à l’accueil se faisait
aussi Nadine Babylas qui coordonne une ment chargée de la location du Forum un plaisir de conter l’histoire du lieu et de la Wallonie;
série d’études sur les matériaux et les tech- Rennequin Sualem. au gré d’une pause, vous pouvez ainsi combler agréa-
niques visant la création de «fiches tech- Last but not least, Frédéric Praillet, notre blement votre curiosité…
niques patrimoine», dont l’aboutissement «Mac Gyver» toujours disponible, veille au Venu de la région parisienne, j’ai trouvé auprès de
final sera la création de la matériauthèque. confort de tous à la Paix-Dieu, que ce soit l’ensemble du personnel de «l’IPW» un accueil simple
Après un passage de deux ans et demi au par la préparation des ateliers pour les stages et attentionné; bref à l’Abbaye de la Paix-Dieu, on
Secrétariat des Journées du Patrimoine en et les classes d’éveil ou par la maintenance y est bien.
tant que coordinateur, Emmanuel Vander- des bâtiments et du site. Christian BODA
11
Le Centre de la Paix-Dieu– N o 26 – 2007
Un Séminaire d’Archéologie du bâti formateur, adressé aux futurs architectes
spécifique et autonome, proche dans sa Liège où nous attendait un exercice parti-
méthode, du questionnement des archi- culièrement pointu: il s’agissait d’ob-
tectes en formation: comment observer server et d’analyser des vestiges
un bâtiment existant, quelles informa- découverts dans ce bâtiment depuis
tions nous livre-t-il, dans quel état nous quelques années. La valeur patrimoniale
est-il parvenu qu’il soit patrimonial ou de cette bâtisse augmente d’année en
non? Le fondement scientifique de cette année au fur et à mesure des fouilles. Il
discipline alliée à une extrême rigueur s’agit d’un chantier ouvert qui recèle un
permet de soulever un grand nombre lot très diversifié de vestiges patrimo-
de questions et cette méthodologie nous niaux d’époques différentes; il s’agit d’un
intéresse. Le sérieux et la disponibilité lieu fondamentalement pédagogique
des formatrices ont grandement favo- parce qu’il permet d’éveiller la curiosité
© IPW risé la dynamique du groupe; la docu- et d’établir une dialectique d’observa-
Depuis quatre années, l’Institut Supé- mentation remise aux étudiants est la tion très rigoureuse. De même, ce lieu
rieur d’Architecture de Wallonie preuve d’une préparation sans faille. pose clairement la question de son
(Tournai) a sollicité l’IPW pour l’orga- Ce séminaire a débuté par une infor- devenir tant les sondages sont nombreux
nisation d’un séminaire spécialisé dans mation historique et théorique sur le et que les déductions liées à la décou-
le cadre de son programme pédagogique développement de cette branche de l’ar- verte des différentes strates ont permis
académique. Ce séminaire s’adresse aux chéologie qui est apparue depuis d’établir une généalogie cohérente des
étudiants inscrits au cours optionnel de quelques décennies en Belgique, et qui transformations. Il constitue un véritable
Restauration du Patrimoine, donné par concourt à l’élaboration d’une métho- livre ouvert sur l’histoire de la construc-
l’Architecte Jean-Louis Dumortier. L’IPW dologie centrée sur la connaissance de tion de cet édifice et par la même occa-
en a confié l’organisation à Mesdames notre patrimoine architectural wallon. sion sur l’histoire de la ville de Liège.
Caroline Bolle et Catherine Bauwens, Ensuite, le site de la Paix-Dieu nous a Jean-Louis DUMORTIER, Architecte,
toutes deux formatrices à l’IPW et spécia- offert cette opportunité de rencontrer Chef de Travaux à l’Institut Supérieur
lisées en Archéologie du bâti. d’autres stagiaires qui tentaient de d’Architecture de Wallonie
Les 26 et 27 Avril dernier, 26 étudiants retrouver les gestes traditionnels du
architectes de 1re Maîtrise ont montré tailleur de pierre: ces apprentis-tailleurs
un vif intérêt et leur satisfaction vis-à-vis de pierre étaient soucieux d’affiner leur L’envie d’en savoir plus…
de cette formation. Cela révèle l’utilité connaissance de la pierre et de trouver
de cette formation particulièrement les mots adaptés à l’observation et à la les élèves de 7P de l’École
ciblée qui rencontre leurs attentes et description des pierres taillées. professionnelle de Namur
répond en partie à leurs préoccupations. Après une nuit sereine dans les chambres
Je crois en l’efficacité de ce type de sémi- très confortables du site abbatial d’Amay, étaient au rendez-vous
naire de deux jours. Caroline Bolle et Catherine Bauwens ont
Le thème de l’archéologie du bâti est un ouvert les portes du Centre d’Archéo- Les huit élèves et le professeur de la
bon sujet car il s’agit d’une discipline logie du bâti de la Place Émile Dupont à classe de 7e professionnelle sont arrivés,
le mardi 29 mai, avec le cœur lourd. Le
lundi de Pentecôte, un de leurs copains
Le Centre de la Paix-Dieu de classe venait de disparaître tragique-
ment.
accueille des stagiaires d’Afrique du Nord Malgré cette tristesse qui les accablait,
les élèves ont tenu à être présents pour
adressée au Centre de la Paix-Dieu pour la formation organisée spécifiquement
élaborer un programme de stages. pour eux durant trois jours. Cette forma-
La Coopération Technique Belge est tion mise en place par le Centre avait
une agence d’exécution ayant pour pour objectif de les sensibiliser à la
objectif de lutter contre la pauvreté restauration des maçonneries anciennes.
et assure plusieurs projets auprès de Pour atteindre cet objectif, Jacques de
pays en voie de développement dont Pierpont les a pris en charge durant une
l’Algérie. journée entière en vue de leur expliquer
Un programme de plusieurs stages a les notions théoriques de la chaux, les
donc été mis en place. La première méthodes de sauvetage, de consolida-
semaine s’est déroulée au château d’Au- tion et d’entretien,
telbas (Arlon) pour aborder les matières Patrick Lacroix a pris le relais pour deux
des étaiements de voûtes et de la restau- journées de pratique. Avec les élèves, il
© G. Fairon ration des maçonneries anciennes. s’est attelé à la restauration d’une partie
Durant trois semaines entre le 4 et le Comme tout bon stagiaire, ils ont égale- du mur de clôture de l’abbaye de la Paix-
22 juin 2007, le Centre de la Paix-Dieu a ment suivi les deux journées de théorie Dieu.
eu le privilège d’accueillir quatre stagiaires générale. Ensuite, les stagiaires ont assisté Pour ces étudiants, l’utilisation des
(deux femmes et deux hommes) prove- attentivement et participé activement mortiers de chaux dans les maçonneries
nant d’Alger. Trois d’entre eux étaient aux sessions relatives aux «techniques est une vraie découverte. La mise en
ingénieurs civils et le dernier, architecte. de relevé architectural de bâtiments» et œuvre leur semble bien plus longue que
Ces stagiaires bénéficiaient d’une bourse à «l’archéologie du bâtiment» dispensées pour la construction d’un mur neuf, mais
de la Coopération Technique Belge pour respectivement par Serge Paeme et Caro- pour la plupart le résultat en vaut la peine.
suivre un perfectionnement dans le bâti line Bolle. Comme l’année passée, nous espérons
ancien en Belgique. Nous espérons que leur témoignage que la passion de la restauration des
Afin de répondre à leur demande, la paraîtra dans la prochaine Lettre du maçonneries anciennes touchera
Coopération Technique Belge s’est Patrimoine. À suivre… certains de ces sympathiques jeunes.
12
Le Centre de la Paix-Dieu– N o 26 – 2007
Nouveau programme des stages 2007-2008. Nouveau look à découvrir très prochainement…
Depuis juillet 1999, le Centre de la Paix- – le succès et/ou les fortes demandes – approche technique: techniques parti-
Dieu conçoit un programme annuel de par rapport aux stages organisés les culières;
stages. L’objectif est d’aider au perfec- années précédentes; – approche technique: la toiture.
tionnement les professionnels de la – les analyses des rapports d’évaluation Stages d’opportunité
conservation et de la restauration du remis par chaque stagiaire (commen- Stages à cycles multiples
Patrimoine architectural en organisant taires par rapport à l’organisation des Stages à destination des communes
des stages qui allient la théorie à la stages, sur les formateurs et sugges- et des écoles
pratique dans le cadre privilégié d’une tions relatives à des stages futurs); Comme de coutume, ces stages sont
ancienne abbaye cistercienne. – l’identification de différents sites d’ap- accessibles à toute personne ayant le
En toute circonstance et depuis le début, plication intéressants. désir d’améliorer ses connaissances dans
l’accent est mis sur le dialogue et l’in- Le programme des stages pour cette le domaine de la conservation et de la
terdisciplinarité. nouvelle année académique contient 41 restauration du patrimoine architectural:
En attendant de le recevoir dans le stages soit 200 jours de formation. artisans, architectes, historiens de l’art,
courant du mois d’août, voici un avant- Comme les années précédentes, les gens de métiers, enseignants du secteur
goût du programme de l’année acadé- stages varient selon les différents et gestionnaires du Patrimoine.
mique 2007-2008. Celui-ci sera également domaines des métiers du Patrimoine: Le programme, les dates des stages et
disponible dès le mois de juillet sur notre Stages de perfectionnement tous renseignements complémentaires
site internet www.paixdieu.be que nous – approches réglementaire, méthodo- peuvent être obtenus au Centre de
vous invitons à visiter régulièrement afin logique et scientifique; perfectionnement aux métiers du
de connaître les dernières nouvelles du – approche technique: bois; Patrimoine de la Paix-Dieu, et sont égale-
Centre de la Paix-Dieu. – approche technique: pierre, béton et ment disponibles sur le site Internet :
maçonnerie; www.paixdieu.be. Tél.: +32 (0)85 410 350. –
La nouvelle programmation s’est inspirée – approche technique: peinture, décor Fax: +32 (0)85 410 380.
des points suivants: et revêtement;
Calendrier des stages
Voici la liste des stages qui se dérouleront au cours de l’année académique 2007-2008.
Dates stages Dates stages
Stages Stages Stages Stages
Numéros Intitulés Théorie Numéros Intitulés Théorie
Application Application
spécifique spécifique
1 Technique de réception des pierres 19, 20 et 21 septembre 2007 Les marchés publics –
22 9, 10 et 11 avril 2008
2 Analyse et relevé de la pierre de taille 2, 3, 4 et 5 octobre 2007 approfondissement
10, 11 et 12 octobre 23 Archéologie de la pierre 9, 10 et 11 avril 2008
3 Torchis – perfectionnement (2e cycle)
2007 24 Formes et techniques de jointoiement
de façades (2e cycle) 16, 17 et 18 avril 2008
Méthodes de sauvetage et de 18 et 19 octobre 23, 24, 25 et 26
4 consolidation 2007 octobre 2007 25 Stucs, staffs et enduits décoratifs 21, 22, 23, 24 et 25 avril 2008
Introduction à la technique des faux Architecture traditionnelle :
26 23, 24 et 25 avril 2008
5 marbres 22, 23, 24, 25 et 26 octobre 2007 vocabulaire descriptif
dans le patrimoine architectural 27 Colombage te torchis 8, 9, 14, 15 et 16 mai 2008
La chaux – un matériau et ses diverses 28 Restauration des papiers peints 7, 8 et 9 mai 2008
6 utilisations 8, 9, 14, 15 et 16 novembre 2007
session A 29 Maçonneries de moellons 15, 16, 20, 21, 22 et 23 mai 2008
session B 6, 7, 12, 13 et 14 mars 2008 Perfectionnement en patrimoine
30 architectural pour 29 et 30 mai 2008
Pratique de la photogrammétrie (prise guides-tourisme
7 20, 21, 22 et 23 novembre 2007
de vue et formation à la restitution)
31 Maçonneries à pierres sèches 29 et 30 mai 2008 et 4, 5 et 6 juin 2008
Dorure et métallisation à la feuille
8 26, 27, 28, 29 et 30 novembre 2007 Introduction à la conservation
(1er cycle) 32 3, 4, 5 et 6 juin 2008
des jardins historiques
29 et 30 novembre
9 Humidité dans le bâtiment 11, 12 et 13 juin
2007 33 Nettoyage et protection des façades 2008
Les orgues : relevés, investigations,
10 5, 6 et 7 décembre 2007 18, 19 et 20 juin
entretien 34 L’architecture Art Déco 2008
Pathologies et diagnostics scientifiques 15, 16, 17 et 18
11 Badigeons et enduits extérieurs
(pierres et briques) janvier 2008 35 19, 20, 21 et 22 août 2008
sur torchis (2e cycle)
12 Technique du stuc-marbre 14, 15, 16, 17 et 18 janvier 2008
Restauration et réparation de châssis
Restauration de la dorure sur bois 36 de janvier à juin 2008
13 21, 22, 23, 24 et 25 janvier 2008 en bois
et plâtre (2e cycle)
37 Enduit de façade
Diagnostic – désordres des fondations
14 24 et 25 janvier 2008 La couverture traditionnelle
et murs porteurs 38 dates à confirmer
en ardoises
15 Diagnostic – désordres des charpentes 7 et 8 février 2008
Archéologie du bâtiment
16 Archéologie du bâtiment 13, 14 et 15 février 2008 suivant la demande
– écoles d’architecture
20, 21 et 22 février 7e professionnelle construction suivant la demande
17 Cahier des charges 2008
18 Le vitrail dans les décors du XXe siècle 27, 28 et 29 février
2008 Théorie générale Date
Charpente – construction de roues a 12, 13 et 14 septembre 2007
19 4, 5, 6 et 7 mars 2008
en bois b 21, 22 et 23 novembre 2007
19, 20 et 21 mars c 5, 6 et 7 mars 2008
20 Peintures murales 2008 d 21, 22 et 23 mai 2008
21 Tailles et finitions des pierres 17, 18, 19, 20 et 21 mars 2008
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Le Centre de la Paix-Dieu– N o 26 – 2007
Ces 22, 23, 24 et 25 mai avait lieu le stage Journée de réflexion
tant attendu de sgraffite de l’UAP à la Paix-Dieu
le samedi 13 octobre 2007
Dans la dernière édition de La Lettre du
Patrimoine (n°6), nous vous avons large-
ment fait écho de la création de l’UAP,
l’Union des Artisans du Patrimoine. Cette
nouvelle asbl, née le 26 février 2007, orga-
nise une journée de réflexion dont le
thème sera «La place de l’Artisan au
XXIe siècle: soucis et états d’âme». Cette
journée aura lieu sur le site de la Paix-Dieu
le samedi 13 octobre 2007 de 9h30 à
17h30. En voici le programme: Présenta-
tion de l’European Builders Confedera-
tion – Exposé d’une sociologue sur la
place de l’artisan au XXIe siècle – Visite
du site de la Paix-Dieu – Tables de
réflexion, sur base de quatre ateliers
(«l’accès des artisans aux marchés publics»;
«l’accès à la profession»; «transmission du
savoir-faire – état des lieux de la forma-
tion et de l’enseignement»; «les autres
défis, tels que l’artisan face aux nouvelles
normes européennes, l’artisan et sa renta-
© IPW bilité, l’artisan et sa représentation poli-
tique…»). Les conclusions des rapporteurs
Belle occasion de découvrir ou de redé- créer une composition (copie d’un sgraf- d’ateliers ainsi que les documents réunis
couvrir l’art de 1900 qui embellit nos fite existant ou création personnelle). Il au cours de cette journée, où seront
façades. suffisait alors de reporter le dessin à l’aide accueillies des personnalités appartenant
Belle occasion également que celle de d’un poncif pour ensuite passer à l’étape à des domaines aussi différents que la
remettre à l’honneur un matériau susci- de la gravure de sorte à faire apparaître sociologie ou la confédération européenne
tant un regain d’intérêt, la chaux. Le la couche colorée inférieure qui déli- des artisans, devront servir d’outil de sensi-
travail de la chaux est très enrichissant mite les contours du dessin et lui donne bilisation des autorités compétentes afin
car c’est un matériau vivant et inter- une certaine force. Vient ensuite la que soit davantage reconnue la place de
agissant avec le milieu extérieur. dernière étape c’est-à-dire la mise en l’artisan au sein de notre société.
Grâce aux explications animées de notre couleur à l’aide de pigments secs ainsi
formatrice Monique Cordier et à une docu- que, pour ceux qui le désiraient, la pose Nombre de places limité. Participation
mentation abondante, nous avons pu de feuilles d’or. aux frais: 10 € (inscription, repas et
entrer dans le vif du sujet très rapidement Ce stage, empreint de bonne humeur, café compris). Inscription pour le
et procéder à la pose des enduits de chaux a permis la rencontre de profession- 15 septembre 2007 au plus tard. Pour
sur un panneau d’Unalit (51 x 66 cm). nels d’horizons et de régions diffé- toute information et pour les inscriptions:
Sur une couche de fond servant à l’ac- rents mais tous animés par cette Asbl «Union des Artisans du Patrimoine»,
croche est appliqué un enduit coloré passion des belles choses et par la rue Paix-Dieu, 1b, B – 4540 AMAY – Site
(généralement noir) suivi d’une couche volonté de faire revivre une partie de Internet: www.uniondesartisansdupa-
claire. notre patrimoine. trimoine.be – Courriel: info@unionde-
Nous avons mis les temps de séchage sartisansdupatrimoine.be –
entre les différents enduits à profit pour Stéphanie VANDERWAL, Stagiaire Tél.: Paul Mordan: + 32 (0) 475.79.61.09
– Pascal Lemlyn: +32 (0) 478.30.27.31
Journée Portes ouvertes à la Paix-Dieu
le dimanche 14 octobre 2007
L’ancienne abbaye de la Paix-Dieu à en boucle sur l’abbaye de la Paix-Dieu;
Amay vous ouvrira grand ses portes le exposition sur les pans de bois et colom-
dimanche 14 octobre 2007, de 10h à bages; présence d’artisans au travail; acti-
18h. Au programme: accueil et visites vités pour les enfants avec les artisans;
guidées des divers bâtiments restaurés possibilité de se restaurer; dégustation
qui composent le site dont l’aile de l’Ab- et vente de la bière Paix-Dieu. Adresse:
besse récemment inaugurée; présence rue Paix-Dieu, 1b, 4540 Amay (vastes
des architectes responsables de la restau- parkings).
ration; découverte du quartier des hôtes
(Centre d’Information et de Documen- Contact: Centre d’Information et de
tation, bureaux et administration, salles Documentation – Christine Vanhoe-
de formation, ateliers); découverte de brock – Tél.: 085/410.365 – Courriel:
la charpente reconstituée de l’ancien
[email protected] pigeonnier dans le nouvel atelier; film © IPW
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