Quels sont les objectifs et les moyens de la politique
monétaire ?
Définition
Selon Arnaud, la politique monétaire a traditionnellement pour fonction
d’agir sur le taux d’inflation et éventuellement sur la croissance et
l’emploi grâce à un ensemble d’instruments (régulation de la masse
monétaire, du crédit …).
La politique monétaire a vu ses supports théoriques renouvelés en
profondeur à la fin des années 70 et dans le courant des années 80,
grâce à une réévaluation des concepts traditionnels par le courant
monétariste. L’aspect central de cette mutation correspond à
l’incorporation du principe d’anticipation rationnelle dans les modèles
prédictifs.
Cette période parait pourtant placée sous le signe d’une contradiction :
- d’une part, sur le plan pratique, la politique monétaire a été
reconnue au sein du policy mix comme l’instrument privilégié par
rapport à la politique budgétaire.
- D’autre part, sur le plan théorique, l’efficacité des politiques
monétaires fondées sur l’exploitation de modèles traditionnels du
type IS-LM, a été profondément remise en cause par l’approche
monétariste.
A cette contradiction apparente s’est ajoutée une embijouté relative à la
priorité entre deux objectifs de la politique monétaire : le plein emploi et
la stabilité des prix.
L’arbitrage entre croissance et inflation a été finalement rendu en faveur
d’une priorité accordée à la maîtrise de l’inflation, avec le vœu que cette
politique ait un impact limite sur la croissance.
Dans l’intervalle, devant les volatilités importantes enregistrées sur les
taux d’intérêt, l’inflation et l’incertitude quant à la définition des agrégats
de masse monétaire, la politique de contrôle des ces agrégats de masse
monétaire a été finalement délaissée au profit d’une politique utilisant
plus directement comme instruments les taux directeurs a court terme, la
politique d’open market et la politique de réserves obligatoires.
Au début des années 90, le conflit d’objectif entre croissance et inflation
est redevenu d’actualité, en partie sous la pression des économistes
d’inspiration neokeynesienne, mais surtout sur la base des résultats de
tests. L’évolution qui s’amorce conduit à un renforcement de l’ambiguïté
entre outils et objectifs. Initialement l’objectif et l’outil étaient clairement
identifies comme l’inflation et la masse monétaire Finalement, masse
monétaire, taux intérêt
Années 80 Années 90 Développements
contemporains
Objectifs - inflation - Maîtrise de - Maximisatio
maîtrisée l’inflation au n de la
- Masse risque de croissance
monétaire détériorer la en inflation
contrôlée croissance maîtrisée
Efficacité - crédibilité - Crédibilité - Asymétrie
- indépendan - Transparenc de la
ce de la e politique
banque - réputation monétaire
centrale - Maîtrise des
volatilités
Transmiss - Rules - Canal de la - Canal des
ion - Gradualisme demande taux intérêt
agrégée
- Canal de la
monnaie
- Canal du
crédit
Les objectifs de la politique monétaire
On a l'habitude de distinguer quatre niveaux au sein des dispositifs mis en
place par les politiques monétaires : les objectifs finaux, les objectifs
intermédiaires, les indicateurs et les instruments:
• Les objectifs finaux sont les buts ultimes poursuivis par la
politique monétaire (stabilité des prix, croissance économique non
inflationniste ou le plein emploi). La politique monétaire ne peut viser
directement ces objectifs car les banques centrales n'ont qu'un contrôle
très indirect de ces grandeurs économiques, qui réagissent avec des
décalages assez longs et variables aux impulsions de la politique
monétaire, et ne sont observées qu'avec un retard important et une
périodicité assez espacée.
• Les objectifs intermédiaires, comme les agrégats de la monnaie
où les taux de change, sont donc mis en place. Ces cibles intermédiaires
n'ont pas de valeur en elles-mêmes, si ce n'est leur corrélation avec les
buts finaux avec lesquels elles entretiennent une relation causale. Elles
sont mieux contrôlables et plus rapidement observées que les objectifs
ultimes.
• Les indicateurs avancés sont des variables économiques qui
fournissent à la banque centrale de l'information sur l'état de l'économie
(typiquement : les pressions ou les anticipations inflationnistes ou bien
l'orientation effective de la politique monétaire, le degré de son caractère
expansif ou restrictif).
• Les instruments, parfois appelés «objectifs opérationnels», sont
des variables qui sont directement sous le contrôle de la banque centrale.
Le choix des instruments et les règles définies pour les manipuler
détermine la politique monétaire au jour le jour. Il existe deux principaux
moyens d'action pour la banque centrale :
- L'action par la liquidité bancaire, par laquelle la banque centrale
agit sur les banques de second rang en les rendant plus ou moins liquides.
La banque centrale joue sur la liquidité en alimentant plus ou moins les
banques de second rang en monnaie, et en modifiant le taux des réserves
obligatoires.
- L'action par les taux, où la banque centrale joue sur les trois taux
directeurs qu'elle contrôle (taux de facilité de prêt marginal, taux de
facilité de dépôt, taux des opérations d'open market). Les variations de
ces taux modifient le comportement des banques de second rang.
La plupart des banques centrales choisissent le taux d'intérêt à court
terme comme instrument. C'est le seul taux qu'une banque centrale peut
effectivement contrôler de manière précise. En effet, les actifs de très
court terme sont très proches de la monnaie (liquidité), et la banque
centrale a un monopole pour l'émission de monnaie. En contrôlant les
taux d'intérêt à court terme, la banque centrale a une forte influence sur
l'offre de liquidité. En revanche, au fur et à mesure que la maturité
augmente, les taux incorporent les anticipations du marché et échappent
ainsi au contrôle de la banque centrale.
Les moyens de la politique monétaire
Les banques centrales cherchent via les instruments de la politique
monétaire, à orienter les taux et leurs anticipations. Elles agissent
ainsi sur les liquidités des banques commerciales.
On peut concevoir deux approches :
- Approche directive : repose sur des instruments administratifs, des
mesures règlementaires (encadrement des crédits)
- L’approche suggestive : repose sur des instruments de marché, en
l’occurrence le pilotage des taux courts sur le marché interbancaire.
La banque centrale est en mesure d’orienter la liquidité des
banques centrales parce qu’elle émet le « high money power»,
Réserves obligatoires
Refinancement des banques (taux d’escompte) : le taux d’intérêt
qu’elle applique aux banques commerciales
Opérations d’open market.