0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
165 vues27 pages

Limites et Dérivabilité en Mathématiques S1

Transféré par

Teo Lol
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
165 vues27 pages

Limites et Dérivabilité en Mathématiques S1

Transféré par

Teo Lol
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

TD 1. Fonctions : limites, continuité,


dérivabilité
I. Généralités : représentations graphiques, calculs et limites
I.1. Exercice
05/09
a. Rappeler les principales propriétés algébriques des puissances, de la fonction
exponentielle et de la fonction logarithme néperien.
b. Simplifier les expressions suivantes :
� 3 �2 2

A=
32 + 33
24
� 2
3
B= 3
+1
5
C= �
23 26 32
53 ( 2)4
� �
3 e2x � 6x
D = ln + 3 ln(2) − 2 ln(3) f(x) = e .
4 e5x

c. Ecrire chacun des nombres suivants sous la forme a b, où a et b sont deux
entiers avec a le plus grand possible.
� � � � �
A= 8 B= 27 C = 53 � 22 D= 1800 E = 75 � 3 � 16.

a. Propriétés algébriques de la fonction exponentielle :


�x � R, �y � R, ex+y = exey. (1)
�x � R, e−x = 1/ex (1’)
Propriétés algébriques de la fonction logarithme :
�x � R�+ , �y � R�+ , ln(xy) = ln(x) + ln(y). (2)
�x � R�+ , ln(1/x) = − ln x (2’)
Propriétés algébriques des fonctions puissance :
�a � R�+ , �b � R, �c � R, ab+c = abac (3)
(ab )c = abc . (4)
Remarques. — (1’) est une conséquence de (1) avec y = −x. (2’) est une conséquence
de (2) avec y = 1/x. (3) est une conséquence de (1) et de la définition de ab , à savoir
ab = eb ln a (cf. cours) . (4) est encore une conséquence de la définition, et du fait que
pour tout x dans l’ensemble R, ln(ex ) = x. Quand b et c sont des entiers naturels, on
peut également démontrer (3) et (4) par récurrence avec la définition par produits
itérés.
b. On ne donne pas les détails des calculs ; on doit trouver. A = 16, B = 13 , C = 125 48
,
D = ln(2/3) et pour tout x � R, f(x) = 1.
Remarque. — Il est utile de maintenir les termes sous forme de puissances (ou
logarithmes) le plus longtemps possible au cours du calcul. Par exemple au cours du
calcul de C,
� � �1/2
26 32 = 26 32 = 26/2 32/2 = 23 3 = 24,
� �
tandis qu’écrire 26 32 = 576 ne nous aide pas vraiment.

3
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019


c. Pour un nombre de la forme a b, la forme « la plus simple � possible�» sera celle�où
b est le�plus petit � 1
entier possible . On doit trouver A = 2 2, B = 3 3, C = 10 5,
D = 30 2, E = 60 1. E est plus familièrement connu sous le nom de 60.

I.2. Exercice

ex +e−x
a. Simplifier : (ex )5 e2 ; e−x
.
b. Démontrer que : �x � 1−e−x
x
R, eex −1
+1
= 1+e−x
.
ex −1 2f(x)
c. On pose f(x) = ex +1
. Montrer que f(2x) = 1+f(x)2
.

a. D’après (4) et (1), pour tout x dans R, (ex )5 e−2 = e5x−2 . D’après (1),
ex + e−x ex + e−x ex
= = e2x + 1.
e−x e−x ex
b. Pour tout x � R,
ex − 1 ex − 1 e−x 1 − e−x
= x = .
ex + 1 e + 1 e−x 1 + e−x
c. Calculons : pour tout x dans R, (les
x x parenthèses
2f(x) 2 eex −1
+1
2 eex −1
+1 (ex + 1)2 2(ex + 1)(ex − 1) ne sont pas
= x −1)2 = x −1)2 =
1 + f(x)2 1 + (e
(ex +1)2
1 + (e
(ex +1)2
(ex + 1)2 (ex + 1)2 + (ex − 1)2 facultatives)
2(e2x − 1)
=
e2x + 2ex + 1 + e2x − 2ex + 1
2 e2x − 1
= = f(2x).
2 e2x + 1
Commentaire : on va de l’expression la plus compliquée vers la plus simple (et pas Corrigé au
dans l’autre sens !). Il peut être judicieux de poser y = ex afin d’alléger les calculs. tableau par
Paul (2017)
I.3. Exercice

a. Soient a et b deux nombres réels tels que −5 � a � −1 et 2 � b � 4.


Déterminer des encadrements de a+b, a−b, ab, a2 , ab , (a+b)2 et a2 +2ab+b2 .
b. Même question avec −2 � a � 5 et −3 � b � −1. Que peut-on dire de 1
a
?

a. On trouve les encadrements suivants

−3 � a + b � 3 ; −9 � a − b � −3 ; −20 � ab � −2 ;
5 a 1
− � � − ; 0 � (a + b)2 � 9.
1 � a2 � 25 ;
2 b 4
Observons que a2 + 2ab + b2 = (a + b)2 . L’encadrement de a2 + 2ab + b2 , à partir
de chacun des termes de la somme traité séparément, donne

−37 � a2 + 2ab + b2 � 35.


1. Ou, ce qui revient au même, |a| est le plus grand possible, b étant entier.

4
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

Ce n’est pas incompatible avec l’encadrement de (a + b)2 par 0 et 9 obtenu précé-


demment, mais c’est netterment moins précis. Cette perte d’information vient de ce
qu’on n’a pas tiré parti de la corrélation entre les différents termes de la somme.
b. Attention, ici le signe de a n’est pas toujours le même. On le traite par une disjonction
de cas. Les résultats sont
a
−5 � a + b � 4; −1 � a − b � 8; −15 � ab � 6; 4 � a2 � 25; −5 � � 2.
b
Pour traiter 1/a, disjoignons les cas :
(i) Si −2 � a < 0 alors 1/a � −1/2.
(ii) Si a = 0 alors 1/a n’est pas défini.
(iii) Si 0 < a � 5 alors 1/a � 1/5.
Il n’y a pas d’encadrement de 1/a possible, on peut seulement dire que ce nombre
n’appartient pas à l’ensemble ] − 1/2, 1/5[.
Remarque (suggestion de Teng Fei Xia, septembre 2017). — Pour encadrer a/b, il
est commode de représenter cette quantité comme la pente de la droite passant par 0 et
le point de coordonnées (b, a). Puisque le point (b, a) est astreint à se situer dans un
rectangle, il s’agit d’identifier deux coins donnant des pentes extrémales, voir la figure
1 page 5 pour la résolution de la question b.

6 a
5
4
3
(b, a)
2
1
b
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−5 � a/b � 2
−2
−3
−4
−5
−6

Figure 1 – Illustration d’une méthode « visuelle » pour l’encadrement du quotient :


exemple de la question b de l’exercice I.3.

On pourra chercher des méthodes visuelles pour encadrer somme et différence (ce-
pendant elles ne présentent pas vraiment d’avantage par rapport à la méthode classique).

5
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

I.4. Exercice

Déterminer graphiquement une équation de chacune des droites représentées :

D1
4

D4 3

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

−2 D2

−3

D3 −4

−5
D5

On écrit les équations de droites sous la forme ax + by + c = 0 où a, b, c sont des


entiers relatifs 2 .

D1 : y − 2x − 1 = 0
D2 :x+y−3=0
D3 : 3y − x + 9 = 0
D4 :y−2=0
D5 :x−2=0

I.5. Exercice
a. Droites demandées :
2. On rappelle que l’ensemble des entiers relatifs, noté Z, est

Z = {0, 1, −1, 2, −2, 3, −3, 4, . . .}.

6
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

d2
4

3
d3
2

−2 −1 0 1 2 3 4 5 6
d1 −1

−2

d4
−3

b. Le point E de coordonnées x et y est sur la droite (CD) si et seulement si les vecteurs


� et CD
CE � sont colinéaires, c’est-à-dire si (x − xC )(yD − yC ) = (y − yC )(xD − xC ). En Méthode à
remplaçant par les coordonnées de C et D, retenir en vue
de l’algèbre
(CD) : x + y − 1 = 0. linéaire (2nd
semestre).
I.6. Exercice : rappels sur le second degré

On considère le trinôme du second degré : P(x) = ax2 + bx + c où a � R� , b � R


et c � R.
� Rappeler la formule donnant le discriminant.
� Donner en fonction du signe de Δ l’ensemble des racines réelles de P.
� Comment factorise-t-on P ?
� Tracer l’allure de P dans les cas suivants :
� Si Δ > 0 et a > 0
� Si Δ = 0 et a > 0
� Si Δ < 0 et a < 0.

� Δ = b2 − 4ac
� � Si Δ > 0 alors il y a deux racines réelles ; celles-ci sont
� �
−b − Δ −b + Δ
x1 = et x2 = .
2a 2a
� Si Δ = 0 il y a une racine réelle (dite « double »), x1 = −b/(2a).
� Si Δ < 0 l’ensemble des racines réelles est vide. Néanmoins il y a toujours des
racines complexes (cf. le TD 3).
� Plusieurs méthodes :
� Ou bien, on identifie P comme un carré (éventuellement, à une constante
multiplicative près) à l’aide d’une identité remarquable. On peut arriver à
cette méthode en constatant que le discriminant est nul.
� Ou bien, on met P sous forme canonique (voir l’exercice suivant). Une facto-
risation est alors possible quand le discriminant est positif.

7
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

� Ou bien, on détermine deux racines x1 et x2 si elles existent (voir les exercices


suivants pour différentes méthodes). La forme factorisée est alors P(x) =
a(x − x1 )(x − x2 ).
� Si le discriminant est < 0 on ne peut pas factoriser (sur les réels).
� Allures de la courbe représentative de P dans les cas demandés

Δ > 0, Δ = 0, Δ < 0,
a > 0. a > 0. a < 0.

I.7. Exercice

Soit f la fonction définie sur R par f(x) = 7x2 + 28x − 35.


a. Déterminer la forme canonique de f.
b. Résoudre l’équation f(x) = 0.
c. Etudier le signe de f(x).
d. Donner la forme factorisée de f(x).
e. Tracer l’allure de la courbe représentative de f dans un repère (vous détermi-
nerez les coordonnées du sommet).

a. Pour trouver la forme canonique on fait apparaître le début du développement d’un


carré. Pour tout x dans R,
� � � �
f(x) = 7x2 + 28x − 35 = 7 x2 + 4x − 5 = 7 [x + 2]2 − 4 − 5
� �
= 7 [x + 2]2 − 9 (5)
= 7 (x + 2)2 − 63.

La dernière ligne est la forme canonique.


b. D’apres (5), pour tout x dans R,

f(x) = 0 ⇐⇒ (x + 2)2 − 9 = 0
⇐⇒ (x + 2 + 3)(x + 2 − 3)
⇐⇒ (x + 5)(x − 1)

x = −5, ou
⇐⇒
x =1
⇐⇒ x � {−5, 1}.

On rappelle que ⇐⇒ désigne l’équivalence logique, et se lit « si et seulement si »


en français. De chaque côté du symbole ⇐⇒ doit figurer une formule (et non un

8
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

terme) du langage. En particulier ⇐⇒ ne doit pas être utilisé pour signifier une
égalité. Par exemple 2x ⇐⇒ 3 pour x réel n’a aucun sens (que ce soit au brouillon
ou au propre !).
c. Dans la question précédente, on a vu que pour tout x dans R, f(x) = 7(x + 5)(x − 1).
On en déduit le tableau de signes :

x −∞ −5 1 +∞
7 + + +
x+5 − 0 + +
x−1 − − 0 +
f(x) + 0 − 0 +

On peut aussi utiliser les théorèmes généraux : le coefficient de plus haut degré 7 est
positif et il y a deux racines distinctes, donc f(x) est négative entre ses deux racines
et positive ailleurs.
d. On a déjà montré que pour tout x dans R, f(x) = 7(x + 5)(x − 1).
e. Graphe de la fonction f. Sommet S(−2, −63).

84

63
Cf : y = f(x)
42

21

−6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1
−21

−42
S
−63

I.8. Exercice

Soient f et g les fonctions définies sur R par f(x) = −2x2 − 2x + 12 et g(x) =


x2 − 3x − 4.
a. Déterminer les racines et le signe de f(x) puis tracer sa courbe représentative
dans un repère.
b. Factoriser g(x) (on pourra relever une racine évidente).

a. Les racines de f sont 2 et −3. Le signe est donné dans le tableau suivant :

x −∞ −3 2 +∞
f(x) − 0 + 0 −

Voici le graphe de f

9
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

16

12
Cf : y = f(x)
8

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−4

−8

−12

b. −1 est racine évidente 3 de g. Puisque le coefficient de plus grand degré est 1, le


produit des racines est le terme constant, à savoir −4. Donc les racines de g sont −1
et 4, et
�x � R, g(x) = (x + 1)(x − 4).
I.9. Exercice

Factoriser les expressions suivantes :



A = x2 + 6x + 9 B = 4x2 + 25 + 20x C = 3x2 − 2 15x + 5

D = (3x + 2)(2 − x) − 4(3x + 2)2 .


Pour chacune des expressions suivantes, trouver une racine évidente et factoriser :

f(x) = x2 − x − 6, g(x) = 3x2 − 2x − 1, h(x) = 3x2 − 5x − 2.

Voici les formes factorisées :


A = (x + 3)2
B = (2x + 5)2

C = 3(x − 5/3)2
D = (3x + 2) [2 − x − 4(3x + 2)]
= (3x + 2)(−6 − 13x).

Une racine évidente de f est 3, et pour tout x dans R, f(x) = (x − 3)(x + 2).
Une racine évidente de g est 1, et pour tout x dans R, g(x) = (x − 1)(3x + 1).
Une racine évidente de h est 2, et pour tout x dans R, h(x) = (x − 2)(3x + 1).
3. On ne devrait pas interpréter trop littéralement la tournure « racine évidente » et encore moins
en faire un motif de fierté personnelle. Une racine est évidente si elle a été trouvée par une méthode
autre que systématique. Deux attitudes inefficaces : appliquer sans réfléchir la formule du Δ, ou perdre
du temps à chercher une racine qui, quand bien même on réussirait à l’attraper, n’aurait d’évidente que
le nom.

10
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

I.10. Exercice

Tracer dans un même repère les courbes représentatives des fonctions

f(x) = ex , f1 (x) = ex + 2, f2 (x) = ex+2 , f3 (x) = e−x − 3.

Et dans un autre repère :


g(x) = ln(x − 2) + 3.

3
y = ex + 2 y = ex
2

y = ex+2 1

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

−2
y = e−x − 3
−3

4
y = ln(x − 2) + 3
3

−1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
−1

−2

11
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

I.11. Exercice

Tracer dans un même repère les courbes des fonctions suivantes :


1
f(x) = ex f1 (x) = e3x f2 (x) = ex f3 (x) = 2e−x .
2

y = e3x
4
y = 2e−x
3

2 y = 12 ex

1
x
y=e

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

I.12. Exercice

a. Tracer dans un repère les courbes des fonctions suivantes :

f(x) = x2 f1 (x) = x2 − 5 f2 (x) = (x + 3)2 f3 (x) = −x2 + 2.

b. Tracer dans un autre repère la courbe de la fonction suivante (on partira du


tracé de la courbe d’une fonction de référence) : g(x) = x−2
1
+ 3.
c. Dans un autre repère la courbe de la fonction h(x) = 3 − ln(2x).

a. Courbes demandées :

12
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

3
y = x2 − 5 y = x2
2

y = (x + 3)2 1

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

−2
y = −x2 + 2
−3

−4

−5

b. Courbe demandée (courbe de référence y = 1/x en pointillés) :

3
1
y= x−2
+3
2

−1 0 1 2 3 4 5
−1

c. Courbe demandée :

13
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

3
y = 3 − ln(2x)
2

−1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
−1

I.13. Exercice

Déterminer les limites suivantes



a. lim 5
2x3 + 3x + 2
x→+∞ x − 2x2 + 1
b. lim �2
5x3 + 2x − 1
x→+∞ x +2

c. lim 2
2x + 1
x→1 x + x − 2
d. lim �2
x2 + 10x + 1
.
x→+∞ x +1

a. Quand cette quantité est bien définie (c’est le cas pour x assez grand),
2x3 + 3x + 2 x3 2 + 3/x2 + 2/x3 2
−2 2 + 3/x + 2/x
3
= = x .
x5 − 2x2 + 1 x5 1 − 2/x3 + 1/x5 1 − 2/x3 + 1/x5
Quand x → +∞, le numérateur du terme de droite tend vers 2 (par somme de
limites) et le dénominateur vers 1. Par quotient,
2 + 3/x2 + 2/x3
lim = 2.
x→+∞ 1 − 2/x3 + 1/x5

D’autre part limx→+∞ x−2 = 0. Par produit,


2x2 + 3x + 2
lim = 0.
x→+∞ x5 − 2x2 + 1

b. Quand cette quantité est bien définie (c’est le cas pour x assez grand),
� � �
5 + 2/x2 − 1/x3 5 + 2/x2 − 1/x3
� +2 2x − 1 = xx2/2
3/2
5x3
� =x 1/2
� .
x +2 1 + 2/x2 1 + 2/x2

� x → +∞, le numérateur du terme de droite tend vers
Quand 5 et le dénominateur
vers 1. Par quotient puis produit,

lim �2
5x3 + 2x − 1
= +∞.
x→+∞ x +2

14
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

Autre méthode. – On peut également réécrire


� �
�2
5x3 + 2x − 1
=
5x3 + 2x − 1
x2 + 2
,
x +2
5x3 +2x−1
déterminer limx→+∞ x2 +2
et appliquer le théorème de composition des limites.
c. Pour tout x dans R, x + x − 2 = (x − 1)(x + 2). Donc
2

2x + 1 2x + 1
lim+ = +∞ ; lim− = −∞.
x→1 x2+x−2 x→1 x2+x−2
La limite quand x → 1 n’existe pas 4 .
d. On factorise encore par le terme dominant : quand x est grand,
� �
1 + 10/x + 1/x2
�+210x + 1 = xx
x2
� .
x +1 1 + 1/x2

Donc x�+10x+1
2
= 1 par quotient. Ou encore, par composition des limites et continuité

de la fonction y �→ y,
x2 +1

� �
lim �2
x2 + 10x + 1
= lim
x2 + 10x + 1
= lim
�y = �1 = 1.
x→+∞ x +1 x→+∞ x2 + 1 y→1

I.14. Exercice : démonstration du théorème des croissances comparées

Soit ϕ la fonction définie sur R par : ϕ(x) = ex − x.


a. Etudier les variations de la fonction ϕ.
b. En déduire que pour tout x > 0, ex/2 > x2 .
ex
c. En déduire que limx→+∞ x
= +∞.
ex/2 ex
d. En déduire que limx→+∞ x
= +∞ et que limx→+∞ x2
= +∞.

Avertissement. — Dans cet exercice on se donne pour objectif de démontrer le


théorème des croissances comparées. On n’a donc pas le droit de l’utiliser dans les A-t-on
questions a,b,c. Dans la question d seule la forme démontrée en c est autorisée. le droit au
théorème des
a. Voici les variations de ϕ sur R.
croissances
x −∞ 0 +∞ comparées
ϕ � (x) = ex − 1 − + au DS ? :’(
ϕ(x) +∞
� 1 � Oui !

La limite quand x → −∞ s’obtient par somme. Quand x est positif, le tableau de


variation nous dit que ϕ(x) est positif ; on a seulement besoin de cela pour la suite
de l’exercice 5 .
4. Attention. Ecrire limx→a f(x) = b, c’est affirmer deux choses : que la limite existe et qu’elle est
égale à b. En particulier quand a est réel, il se peut que les limites limx→a+ et limx→a− existent mais
ne soient pas égales, auquel cas il n’y a pas de limite en a.
5. On pourrait montrer que limx→+∞ ϕ(x) = +∞ mais ce n’est pas nécessaire ici. Ce sera d’ailleurs
une conséquence du théorème visé.

15
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

b. Si x > 0, alors x/2 � 0 ; d’après la question précédente ϕ(x/2) � 0, autrement dit


ex/2 � x/2.
c. On observe que ex = ex/2 ex/2 ; d’après la question précédente (et la croissance de la
fonction y �→ y2 sur [0, +∞[), on en déduit que

�x > 0, ex � (x/2)2 = x2/4.


En particulier, ex /x � x2 /(4x) = x/4. Or limx→+∞ x/4 = +∞. Par encadrement,

ex
lim = +∞.
x→+∞ x

ex/2
d. D’après la question précédente, par composition des limites, limx→+∞ x/2
= +∞. On
en déduit que
ex/2 (1/2) � ex/2
lim = lim = +∞, (6)
x→+∞ x x→+∞ x/2
par produit. Enfin,
ex ex/2 ex/2
�x � R+ , 2 =

x x
.
x
D’après (6) et par produit,
ex
lim = +∞.
x→+∞ x2

I.15. Exercice

Déterminer les limites suivantes :


x + ln(x) x + ln(x)
a. lim b. lim x2 + 3x + 5 ln(x) − ex c. lim
x→+∞ ex x→+∞ x→+∞ x + sin(x)

3xex + 1 e−3x + e−x


d. lim+ ln(sin(x)) sin2 (x) e. lim f. lim
x→0 x→+∞ 5x ln(x) + 2 ln(x) x→+∞ e−2x + 3e−x

a. Distribuons :
�x � R, x +exln x = exx + lnexx .
D’après le théorème des croissances comparées, limx→+∞ x
ex
. Par composition des
limites, on a aussi que limy→+∞ lneyy . Or

ln x ln x x
x
= .
e x ex
Ces deux facteurs étant de limite nulle en +∞, leur produit l’est également. Finale-
ment par somme,
x + ln x
lim = 0.
x→+∞ ex
Remarque. — Dans la suite, on invoquera directement les croissances comparées
pour justifier que limx→+∞ ln x/x = 0.

16
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

b. On factorise par le terme dominant :


� �
�x � R+ , x + 3x + 5 ln x − e = e x + 3xx + 5 lnx x − 1 .
2
� 2 x x x
e e e
Par croissances comparées, le facteur entre parenthèse a pour limite −1. Par produit,
lim x2 − 3x + 5 ln x − ex = −∞.
x→+∞

c. D’après les prérequis sur les fonctions usuelles, nous savons que
�x � R, −1 � sin x � 1. (7)
Quand x est assez grand, x + ln x est positif, donc d’après (7) et en distribuant,
x ln x x + ln x x ln x
+ � � + .
x+1 x+1 x + sin x x−1 x−1
Or xln�x1 = lnxx x−1
x
; d’après le théorème des croissances comparées et par produit,
limx→+∞ x�1 = 0 � 1 = 0. Par somme, limx→+∞ x�x 1 + xln�x1 = 1. Nous avons encadré
ln x

x+ln x
x+sin x
entre deux fonctions de limite 1 ; d’après le théorème d’encadrement,
x + ln x
lim = 1.
x→+∞ x + sin x

NB (autre méthode) : En factorisant par le terme que l’on espère dominant (à savoir
x), on peut également écrire, pour tout x > 0,
x + ln x x 1 + ln x/x
= .
x + sin x x 1 + sin x/x
Cette méthode est un peu plus directe. Quoi qu’il en soit, on doit invoquer le théo-
rème des croissances comparées pour traiter le numérateur, et le théorème d’enca-
drement pour le dénominateur.
d. Commençons par montrer que
lim y2 ln y = 0. (8)
y→0+

Il s’agit d’une forme indéterminée a priori, mais si l’on pose t = ln y, alors c’est
encore limt→−∞ te2t , soit encore si l’on pose t = −s, lims→+∞ (−s)/es . D’après le
théorème des croissances comparées cette limite est nulle ; nous avons donc montré
(8). Finalement, limx→0+ sin x = 0+ ; par composition,
(8)
lim ln(sin(x)) sin2 (x) = lim+ y2 ln y = 0.
x→0+ y→0

e. Factorisons numérateur et dénominateur par le terme dominant :


x x −x
�x � ]1, +∞[ , 5x ln
3xe + 1
x + 2 ln x
=
3xe (1 + e /(3x)
3xe (5(ln x)e−x + 2(ln x)e−x /x)
x

1 + e−x /(3x)
= .
5(ln x)e−x + 2(ln x)e−x /x
Le numérateur a pour limite 1 et le dénominateur 0. Il s’ensuit que
3xex + 1
lim = +∞.
x→+∞ 5x ln x + 2 ln x

17
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019


ex 1/ x

x2018 1/x

x2 − ln x

x 1
�x �x

ln x −x ln x

1 x

1/x x2018

e−x e−1/x

x → +∞ x → 0+

Figure 2 – Schéma récapitulatif des termes dominants en +∞ et 0+ . f(x) sera dominant


par rapport à g(x) quand x → � s’il est situé plus haut suivant la flèche. Cela signifie
limx→� f(x)/g(x) = +∞. La plupart des comparaisons présentes ici sont des conséquences
plus ou moins directes du théorème des croissances comparées.

f. Attention, le terme dominant ici est e−x (en haut) et 3e−x en bas car limx→+∞ −x =
−∞. Donc
e−3x + e−x e−x 1 + e−2x
lim = lim
x→+∞ e−2x + 3e−x x→+∞ 3e−x 1 + e−x /3

= 1/3.

II. Continuité et dérivabilité


II.1. Exercice

Soit f la fonction définie sur R par



0 si x � 0
f(x) =
e−1/x si x > 0.

f est-elle continue sur R ?


Tracer l’allure de la courbe représentative de f dans un repère.

18
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

f est constante, donc continue, sur l’intervalle ]0, +∞]. D’autre part, x �→ −1/x
est continue sur R� + , et x �→ e est continue sur R, donc f est continue sur R+ par
x �
composition. Finalement, f est continue sur R si et seulement si les limites limx→0+ f(x)
et limx→0− f(x) existent 6 et sont égales. Déjà, limx→0− f(x) = 0. Ensuite, par composition
des limites,
lim+ e−1/x = lim ey = 0.
x→0 y→−∞

Nous avons ainsi vérifié que f est continue sur R. Voici l’allure de sa courbe représenta-
tive :

1
y = f(x)

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

Attention. — Soient I et J deux intervalles de R tels que I � J = R. A priori, il ne


suffit pas de vérifier que f|I est continue sur I et que f|J est continue sur J pour savoir
que f est continue sur R. Toutefois, si I et J sont ouverts, alors f est continue sur R dès
que ses restrictions à I et J sont continues. Voir aussi l’avertissement page 29.

II.2. Exercice

Soit f la fonction définie pr f : R → R,



exp(2x)
 si x � 0
f(x) = ln(1 + x) + 1 si 0 � x < 1


2x + 3 si x � 1.

f est-elle continue sur R ?


Tracer l’allure de la courbe représentative de f dans un repère.

On adopte la même méthode que dans l’exercice précédent. Par somme et composi-
tion, f est continue sur ]−∞, 0[, sur ]0, 1[ et sur ]1, +∞[. De plus, f(0) = 1 et f(1) = 5,
donc f est continue sur R si et seulement si limx→0− f(x) = 0 et limx→1− f(x) = 5. Or

lim f(x) = 1, mais lim− f(x) = 1 + ln 2 �= 5.


x→0− x→1

Donc f n’est pas continue sur R. C’est visible sur la courbe représentative :
6. On sait déjà que la limite quand x → 0− existe par définition de la continuité.

19
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

5 f(1) = 5

2
lim f(x) = 1 + ln 2
x→1−
1
y = f(x)

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

II.3. Exercice

Déterminer les réel a et b afin que les fonctions suivantes soient continues sur R
(vous tracerez leur graphique)
� � � −1 �
2x + 1 si x � 0 exp (x−1)2 si x < 1
f(x) = g(x) =
−x + a si 0 < x 2x + b si x � 1.

f est continue sur ]−∞, 0[ et sur ]0, +∞[ ; pour que f soit continue en 0, il faut et il
suffit que limx→0+ f(x) = f(0) = 1. C’est le cas si et seulement si a = 1. De même, g est
continue sur ]−∞, 1[ et sur
� −1]1, �+∞[. Pour que g soit continue sur R, il faut et il suffit
que 2 + b = limx→1− exp (x−1)2 = 0, c’est-à-dire b = −2.

20
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

2
y = f(x)
1
a=1
−3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

−2

−3

2
y = g(x)
1
b = −2
−3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

−2

−3

II.4. Exercice

Etudier la continuité et la dérivabilité des trois fonctions suivantes (vous com-


mencerez par tracer leur graphique) :
� � � � � � � � �
sin x1 x �= 0 x sin x1 x �= 0 x2 sin x1 x �= 0
f1 (x) = f2 (x) = f2 (x) =
0 x=0 0 x=0 0 x=0

Les fonctions f1 , f2 et f3 sont continues et dérivables sur ]−∞, 0[ � ]0, +∞[ par produit
et composition. On ne s’intéresse donc à la continuité et la dérivabilité qu’en 0.

21
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

y = f1 (x)

−2 −1 −1/π 1/π 1 2

−1

Le vide
apparent au
milieu du
1 graphe de f1
y=x est un
artefact.
y = f2 (x)

−2 −1 −1/π 1/π 1 2

y = −x
−1

y = x2

−2 −1 −1/π 1/π 1 2

y = f3 (x)
y = −x2
−1

Voici un tableau récapitulatif :

22
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

f continue sur R dérivable sur R


f1 non non
f2 oui non
f3 oui oui

Tableau à mettre en lien avec le tableau des prérequis en bas de la page 10 du TD.

II.5. Exercice

Tracer dans un repère la courbe d’une fonction f vérifiant l’ensemble des propriétés
suivantes :
� f est continue sur R,
� f �(2) = 3,
� f �(4) = −1,
� f est une fonction paire, et
� f n’est pas dérivable en 1.

3
y = f(x)
2

−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1

−2

−3

−4

II.6. Exercice

Ecrire chacune des fonctions suivantes comme composée de fonctions de référence :


1
f1 (x) = sin(x2 ), f2 (x) = 3
, f3 (x) = ln(3ex + 2).
(2x + 1)

f1 = u � v avec u(x) = sin x et v(x) = x2 .


f2 = u � v � w avec u(x) = 1/x, v(x) = x3 et w(x) = 2x + 1.
f3 = u � v � w, avec u(x) = ln x, v(x) = 3x + 2 et x(x) = ex .

23
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

Remarque. — Pour nous, toute fonction affine est une fonction de référence (même
si on pourrait encore l’écrire comme une composée d’une fonction linéaire x �→ ax et
d’une translation x �→ x + b.).

II.7. Exercice

a. Rappeler la formule de dérivation des fonctions composées.


b. Dériver les fonctions suivantes sans souci de l’intervalle de dérivabilité :
f1 (x) = e5x+2 f2 (x) = sin(cos(x)) f3 (x) = sin(ex )
f4 (t) = sin(e ) �
f5 (x) = ln(cos(x)) f6 (v) = cos(ln(v))
5t

f7 (x) = cos3 (x) f8 (θ) = 3θ + 1 f9 (x) = cos(ln(sin(x)))


� �
f10 (x) = e2 ln(5e +3 f11 (x) = ln(3x)e7 cos(2x) f12 (x) = sin ecos(ln(5x ))) .
2x 3

a. Soient I et J deux intervalles ouverts de R, f : I → R et g : J → R telles que f et g


sont dérivables sur I et J respectivement, et g(J) � I. Alors f � g : J → R est dérivable,
et pour tout x � J,
(f � g) � (x) = (f � � g)(x) � g � (x).
b.

f1� (x) = 5e5x+2


f2� (x) = − cos(cos(x)) sin(x)
f3� (x) = ex cos(ex )

f4� (t) = 5e5t cos(e5t )


f5� (x) = − sin(x)/ cos(x)
= − tan(x)
sin(ln v)
f6� (v) = −
v
Nous
n’utiliserons
f7� (x) = −3 cos2 (x) sin(x) pas les
fonctions
f8� (θ) = �
3
3θ + 1 trigonomé-
cos x triques sec,
f9� (x) = − sin(ln(sin(x)))
sin x csc, ni même
− sin(ln(sin(x))) cot.
=
tan x

Pour dériver f10 il peut être commode de la réécrire sous la forme f10 (x) = (5e2x + 3)2 .
Alors
� (x) = 20e2x (5e2x + 3) = 20e2x+ln(5e2x +3) .
f10
Pour dériver f11 , écrivons-la sous la forme d’un produit :

�x � R�+ , f11(x) = g11(x)h11(x),


avec g11 (x) = ln(3x) et h11 (x) = e7 cos(2x) .

24
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

� (x) = 1/x, et h � (x) = −14 sin(2x)e7 cos(2x) , donc


Alors g11 Pourquoi la
11
� � dérivée de
� (x) = g (x)h � (x) + g � (x)h (x) = −14 sin(2x) ln(3x) + 1 e7 cos(2x) .
f11 ln(5x3 )
11 11 11 11
x est-elle 3/x ?
pour x > 0,
Enfin, pour dériver f12 , on itère la formule de dérivation d’une composée : ln(5x3 ) =
� � � � ln 5 + 3 ln x.
� (x) = cos ecos(ln(5x3 ))
f12 � − sin(ln(5x )) �
3 cos(ln(5x3 ))
3
x
e . Quand on
dérive, ln 5
s’en va.
II.8. Exercice*

Soit f une fonction définie et dérivable sur R.


a. Montrer que si f est paire alors f � est impaire.
b. La réciproque est-elle vraie ?
Reprendre cet exercice en remplaçant le terme « paire » par « impaire » et vice
versa.

a. Pour tout x � R et h � R�
+ , étant donné que f est paire,

f(−x + h) f(x − h) f(x + (−h))


= =− . (9)
h h −h
Or, limh→0 (−h) = 0. Nous savons que f est dérivable en x, de dérivée f(x). Par
composition des limites,
f(−x + h)
lim
h→0 h
existe, et est égale d’après (9) à limh→0 f(x+(−h))
−h
= f � (x). Nous avons montré que f �
est impaire.
b. Répondre à cette question nous amènerait trop loin ;).
c. A partir d’ici, les termes « paire » et « impaire » sont échangés. Pour tout x � R et
h � R�
+ , étant donné que f est impaire,

f(−x + h) f(x − h) f(x + (−h))


=− = . (10)
h h −h
Or, limh→0 (−h) = 0. Nous savons que f est dérivable en x, de dérivée f(x). Par
composition des limites,
f(−x + h)
lim
h→0 h
existe, et est égale d’après (10) à − limh→0 f(x+(−h))
= −f � (x). Nous avons montré que
f � est paire.
−h

d. Non. Par exemple si f(x) = x + 1, alors pour tout x � R, f � (x) = 1 ; donc f � est paire,
mais f n’est pas impaire.

25
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

III. Etudes de fonctions


Exercice : Etude de la fonction tangente

sin(x)
On définit la fonction tangente par : tan(x) = cos(x) .
a. Déterminer l’ensemble de définition de la fonction tangente.
b. Montrer que la fonction tangent est π-périodique.
c. Etudier la parité de la fonction tangente.
d. Déterminer la dérivée de la fonction tangente.
e. Déterminer une équation de la tangente à la fonction tangente au point d’abs-
cisse 0.
f. Dresser le tableau de variation de cette fonction sur l’intervalle ] − π2 : π2 [ (vous
déterminerez les limites aux bornes de l’intervalle) puis tracer la représentation
graphique de la fonction tangente.

a. tan(x) est définie tant que cos(x) ne s’annule pas, c’est-à-dire tant que x n’est pas
de la forme π/2 + kπ, k � Z. On écrit
Dtan = R \ {π/2 + kπ, k � Z} .

b. Pour tout x � Dtan , x + π � Dtan et


sin(x + π) − sin(x) sin(x)
tan(x + π) = = = = tan(x),
cos(x + π) − cos(x) cos(x)
donc tan est π-périodique. On peut montrer que π est bien la plus petite période (ce
sera une conséquence des questions suivantes).
c. Par la formule de dérivée d’un quotient, tan est dérivable sur Dtan et

�x � Dtan, tan �(x) = cos cos


x + sin
2 2
x
2x
. (11)

Tout comme les oeufs, l’équation (11) se cuisine de plusieurs manières : soit on utilise
cos2 x + sin2 x = 1 pour simplifier le numérateur, soit on développe et on ré-exprime
sin2 (x)/ cos2 (x) à l’aide de tan(x). Ainsi,

�x � Dtan, tan �(x) = cos12 x = 1 + tan2(x). (12)

d. D’après la question précédente, la fonction tan est dérivable en 0 et tan � (0) = 1. Par
ailleurs tan(0) = 0, donc si T est 7 la tangente de tan en 0, alors une équation de T
est
T : y − x = 0.
T est figurée (en vert, pointillés) sur le graphe de la fonction tan à la suite de cet
exercice.
e. Par quotient,
lim − = +∞.
x→π/2

lim = −∞.
x→−π/2+

De plus, tan � est strictement positive sur ] − π/2, π/2[ d’après (12), donc tan est
strictement croissante sur cet intervalle. Voir le tableau 1 de variations.

26
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

x −π/2 0 +π/2
tan � (x) = 1 + tan2 (x) + 1 +
tan(x) −∞ � 0 � +∞

Table 1 – Tableau de variations pour la fonction tan sur l’intervalle ] − π/2, π/2[.

3
y = tan(x)
2
T :y=x
1

−2π −3π/2 −π −π/2 0 π/2 π 3π/2 2π


−1

−2

−3

−4

Figure 3 – Graphe de la fonction tan et tangente de la tangente à l’origine.

27
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

Remarque. — On justifie a posteriori que π est la plus petite période de tan : cette
fonction restreinte à ] − π/2, π/2[ qui est de longueur π, est injective.

IV. Notion de bijection


IV.1. Exercice

1. Les applications de E dans F suivantes sont-elles surjectives, injectives, bi-


jectives ? Vous pourrez entre autre utiliser le théorème de la bijection vu en
cours afin de justifier vos réponses.


fonction
f1 (x) = �x
E
[0; +∞[
F
R
f2 (x) �
= x [0; +∞[ [0; +∞[
f3 (x) = �x2 + 1 R [0; +∞[
f4 (x) = x + 1 ] − ∞; 0] [0; +∞[
2

� R�+2π � ]0, 1]
1
f5 (x) = 1+x 2

f6 (x) = sin(x )2
0; 2 [0, 1]
2. Comment montrer qu’il y a exactement autant de nombres réels que de réels
dans l’intervalle ]0; 1[ ?

a. (f1 ) Si x et y dans R�
+ sont tels que x < y, alors

�y − �x = �y − �
x
> 0,
y+ x
� � � �
donc y > x. De plus dès que x > 0, x > 0 = 0. Nous avons ainsi montré
que f1 est strictement croissante sur E = [0, +∞[ (on aurait aussi pu la dériver).
De plus, f1 est continue sur E, qui est un intervalle. D’après le théorème de la
bijection (cours page 12), f1 réalise une bijection de E sur f(E) = [0, +∞[. En
particulier :
— f1 : E → F est injective.
— f1 : E → F n’est pas surjective (−1 n’est pas atteint).
— f1 : E → F n’est pas bijective. 03/10
(f2 ) Comme montré à la question précédente, f2 : E → F est bijective. En particulier —
f2 est injective et surjective. 06 /10
� �
(f3 ) f3 n’est pas injective : −2 � R, 2 � R, f3 (−2) = 5 et f3 (2) = � −2.
5 ; or 2 =
f3 n’est pas surjective : pour tout x � R,
� �
1 + x2 � 1 = 1.
En particulier l’élément 0 � F n’est pas atteint. A fortiori, f3 n’est pas bijective.
(f4 ) f4 est strictement décroissante (par composition) sur E, et continue (par com-
position) sur E. De plus E est un intervalle, donc d’après le théorème de la
bijection, f4 réalise une bijection de E sur f(E). Or limx→−∞ f4 (x) = +∞, et
f(0) = 1, donc f(E) est un intervalle (cours page 12) dont le plus petit élément
est égal à 1 et non majoré, c’est-à-dire f(E) = [1, +∞[. Nous avons ainsi montré
que f4 : E → F est une bijection.
7. Mais pourquoi donc sin / cos s’appelle-t-elle « tangente » ? Réponse au TD2...

28
MATH S1 TD IUT d’Orsay — DUT Mϕ 2018-2019

0 1
−1

−2

−3

−4

−5

−6

−7

−8

−9

Figure 4 – Graphe de la fonction x �→ tan(πx−π/2) sur l’intervalle ]0, 1[. Cette fonction
réalise une bijection de ]0, 1[ sur R.

(f5 ) Le même raisonnement que dans la question précédente s’applique, pour nous
dire que f5 : E → F est une bijection.
(f6 ) f6 est dérivable sur R ; calculons :
�x � R, f6� (x) = 2x cos(x2).
En particulier, f � (x) > 0 pour tout x �]0, π/2[, donc f est strictement crois-
� comme
sante sur E. De plus f6 est continue, et E est un intervalle. On conclut
précédemment que f6 est une bijection de E sur [0, 1] = [f6 (0), f6 ( 2π/2)].
b. La fonction ]0, 1[→ R, x → � tan(πx − π/2) réalise une bijection de ]0, 1[ sur R (voir la
figure 4 occupant la page 29), ainsi qu’on le montre par exemple à l’aide du théorème
de la bijection.
Attention (Vu sur les copies). — Soient E et F deux ensembles, f : E → F une
fonction. On suppose que E se décompose sous la forme E = E1 � E2 . Il est incorrect
que si f est injective de E1 vers F et f est injective de E2 vers F, alors f est injective
de E vers F. Contre-exemple : f : {0, 1} → {0}, telle que f(0) = 0 et f(1) = 0. Voir aussi
l’avertissement page 19.

29

Vous aimerez peut-être aussi