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Standard Armature

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Chapitre

4 Pour une armature


conforme

4.1 Contexte réglementaire


4.2 Caractéristiques certifiées des aciers
4.3 Conformité des armatures
4.4 Certifications gérées par l’AFCAB

37
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

La conformité finale de l’armature au sein de l’ouvrage est conditionnée par :


– la conformité du calcul et de la conception ;
– la conformité des matériaux utilisés ;
– la conformité de la fabrication de l’armature ;
– la conformité de la pose en coffrage.

Du point de vue des responsabilités, chacun de ces quatre points incombe à des
intervenants différents. Le premier concerne les bureaux d’étude, le deuxième les
fabricants d’aciers, le troisième les armaturiers et le quatrième les entreprises assu-
rant la pose, spécialisées ou non dans cette activité.

Au plan pratique, le calcul est bien le domaine exclusif des bureaux d’étude, mais
la conception (choix des formes et de la disposition des armatures) doit prendre
en compte les moyens et les méthodes de fabrication et de pose en coffrage.

D’ailleurs, les règles de certification de l’AFCAB, imposent aux armaturiers d’ana-


lyser les plans qu’ils reçoivent, de signaler les dispositions qui leur paraissent anor-
males et de proposer des solutions alternatives, si ce qui est prévu est trop difficile
ou impossible à réaliser. Cette démarche nécessite la connaissance des règles de
l’art relatives à la conception des armatures.

Ce chapitre traite de tous les aspects de la conformité des armatures à l’exception


du calcul proprement dit.

4.1 Contexte
réglementaire
Réaliser une armature « conforme » implique naturellement de se référer à des
normes et à des textes réglementaires. Un nouveau contexte normatif et régle-
mentaire se met progressivement en place. La période où le présent document
est rédigé correspond à d’importants changements dans ce domaine, et cette
mutation nécessitera encore de nombreux mois. La mise en application des nou-
veaux référentiels ne fera pas oublier instantanément les anciens. Il est donc
nécessaire d’expliciter clairement les modifications en cours et à venir.

38
L’évolution essentielle est bien entendu la mise en application de l’Eurocode 2
(NF EN 1992) version 2004. Cette nouvelle norme de base concernant le calcul
des structures en béton remplacera les règles BAEL 91 révisées 99 et les règles
BPEL. Au moment de la rédaction de ce guide le projet d’Annexe Nationale qui
l’accompagne est daté de mars 2005.

L’Eurocode 2 n’est pas le seul nouveau document normatif. Il renvoie en particu-


lier à diverses normes européennes qui ne sont pas encore toutes au stade défi-
nitif. D’autres textes devront être révisés dans un souci de cohérence et
d’homogénéité. La situation risque d’être pendant quelque temps évolutive. Cette
période de transition demandera donc une attention particulière de la part de tous
les intervenants.

Ceci nécessite, dans ce document, de faire référence à la fois à des textes français
et à des textes européens.

Les tableaux suivants ont pour but de synthétiser les évolutions du contexte nor-
matif d’une part pour les aciers et d’autre part pour les armatures.

Les Eurocodes sont des normes européennes de conception et de calcul pour


les bâtiments et les ouvrages de génie civil. Ces normes ont pour objet d’har-
moniser les règles de conception et de calcul au sein des différents états de
la communauté européenne et de contribuer à la création du marché unique
de la construction des bâtiments et des ouvrages de génie civil.

Les Eurocodes forment un ensemble cohérent et homogène de 59 normes :


– faisant appel à une approche unique, semi-probabiliste avec des méthodes
de dimensionnement selon les états limites ;
– appliquées aux différents matériaux (béton, acier, mixte, bois, aluminium)
et aux divers types de constructions.
Ils harmonisent les « codes de calcul » des différents états membres et rem-
placeront à terme les règles en vigueur dans chacun de ces états.

Dans chaque pays, l’Annexe Nationale définit les conditions d’application de


la norme européenne. Elle permet de tenir compte des particularités géo-
graphiques, géologiques ou climatiques ainsi que des niveaux de protection
spécifiques à chaque pays. En particulier, les Eurocodes prévoient que cer-
tains paramètres sont déterminés au niveau national. L’Annexe Nationale
contient les informations nécessaires sur ces paramètres.

39
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

Tableau n° 1 : aciers pour l’armature du béton

Normes et textes réglementaires Nouvelles références


applicables fin 2004 normatives et réglementaires

NF A 35-015 : Armatures pour béton armé EN 10080


Ronds lisses soudables. Aciers pour l’armature du béton. Acier soudable pour
NF A 35-016 : Armatures pour béton armé béton armé. Généralités.
Barres et couronnes soudables à verrous de nuance FeE500 Cette norme est le support pour le marquage CE des aciers
Treillis soudés constitués de ces armatures pour béton armé soudables, qu’ils soient lisses, à empreintes
NF A 35-017 : Armatures pour béton armé ou à verrous. Cependant, elle ne contient pas de niveau de
Barres et fils machine non soudables à verrous. performance des produits et doit être utilisé en liaison avec
NF A 35-019-1 : Armatures pour béton armé une « spécification de produit ». Cette spécification peut être
Armatures constituées de fils soudables à empreintes d’origine européenne (TS 10081, Annexe C de l’Eurocode 2,
Partie 1 : Barres et couronnes. NF EN 1992-1-1 ou Annexe N de la norme NF EN 13369),
NF A 35-019-2 : Armatures pour béton armé ou d’origine nationale (NF A35-015, NF A 35-016,
Armatures constituées de fils soudables à empreintes NF A 35-019 ou NF A 35-024), ou encore être propre à un
Partie 2 : Treillis soudés. producteur ou un utilisateur.
NF A 35-020-1 : Produits en acier. Dispositifs de raboutage En revanche, les normes XP A 35-014, NF A 35-017,
ou d’ancrage d’armatures à haute adhérence pour le béton. NF A 35-020-1, NF A 35-021 et XP A 35-025 ne concernent
Partie 1 : Prescriptions relatives aux performances mécaniques. pas les aciers pour béton armé soudables et ne relèvent
NF A 35-021 : Aciers pour béton. Fils soudables utilisés pour donc pas de la norme EN 10080
la fabrication d’armatures pour béton.
NF A 35-024 : Aciers pour béton. Treillis soudés constitués NF EN 1992 (Eurocode 2)
de fils de diamètre inférieur à 5 mm. Calcul des structures en béton.
XP A 35-014 : Aciers pour béton armé Partie 1-1 : Règles générales et règles pour le bâtiment,
Barres, fils machines et fils lisses en acier inoxydable. cette norme comprend une Annexe Nationale
XP A 35-025 : Produits en acier À travers les exigences qu’il formule pour le calcul, ce texte
Barres et couronnes pour béton armé galvanisés à chaud donne les principes et les règles applicables aux aciers. Pour
Fils destinés à la fabrication d’armatures les spécifications détaillées il se réfère à la norme EN 10080
pour béton armé galvanisées à chaud.
XP A 35-031 : Armatures pour béton armé NF EN 13369
Barres soudables à verrous de diamètre supérieur à 40 mm. Règles communes pour les produits préfabriqués en béton
Les normes ci-dessus précisent l’ensemble des prescrip- Annexe N Propriétés des barres ou fils à empreintes
tions et des conditions de contrôle pour chacune des Cette norme définit les caractéristiques dimensionnelles des
catégories d’acier visée. À fin 2004, ce sont les normes de empreintes en application de la norme EN 10080.
référence des règles de certification de l’AFCAB.

Marchés publics de travaux. Marchés publics de travaux.


Cahier de clauses techniques générales Cahier de clauses techniques générales
Fascicule 65 A (août 2000) Fascicule 65 A (nouvelle version)
Exécution des ouvrages de génie civil en béton armé ou Exécution des ouvrages de génie civil en béton armé ou
en béton précontraint par post-tension. en béton précontraint par post-tension.
Ce texte concerne exclusivement l’exécution des travaux. Ce texte dans sa nouvelle version sera en cohérence
Il se réfère aux normes ci-dessus. avec le nouveau contexte réglementaire.

NF P 18-201 (référence DTU 21) ENV 13670-1


Travaux de bâtiment Exécution des ouvrages en béton
Exécution des ouvrages en béton Ce projet de norme européenne est l’équivalent de la
Cahier des clauses techniques. norme NF P 18-201.
Cette norme DTU concerne exclusivement Il se réfère aux normes EN ci-dessus
l’exécution des travaux. Elle se réfère aux normes ci-dessus.

40
Tableau n° 2 : armatures du béton

Normes et textes réglementaires Nouvelles références


applicables fin 2004 normatives et réglementaires

Règles BAEL 91 révisées 99 NF EN 1992 (Eurocode 2)


Règles techniques de conception et de calcul des Calcul des structures en béton. Partie 1-1 :
ouvrages et constructions en béton armé suivant la Règles générales et règles pour le bâtiment.
méthode des états limites. Cette norme comprend une Annexe Nationale. À travers les
Ce texte est essentiellement consacré au calcul, mais exigences qu’il formule pour le calcul, ce texte donne en
il contient aussi des prescriptions sur les enrobages, les particulier les principes et les règles applicables au façonnage,
armatures, les rayons distances entre les armatures, la à l’enrobage et aux distances entre les armatures.
poussée au vide, les façonnages et la fermeture des cadres.

NF A 35-027 (janvier 2003) NF A 35-027 (nouvelle version)


Produits en acier pour béton armé. Armatures. Produits en acier pour béton armé. Armatures.
Les prescriptions de cette norme concernent l’ensemble Les prescriptions de cette norme concernent l’ensemble
des caractéristiques des armatures. Elles ne s’appliquent des caractéristiques des armatures. Elles ne s’appliquent
qu’en l’absence de spécifications différentes mentionnées qu’en l’absence de spécifications différentes mentionnées
sur les plans ou dans les pièces écrites visant les armatures. sur les plans ou dans les pièces écrites visant les armatures.
Elle devrait donc conserver sa place dans le nouvel
ensemble réglementaire.

Marchés publics de travaux. Marchés publics de travaux.


Cahier de clauses techniques générales. Fascicule 65 A Cahier de clauses techniques générales. Fascicule 65 A
(août 2000). Exécution des ouvrages de génie civil en (nouvelle version). Exécution des ouvrages de génie civil
béton armé ou en béton précontraint par post-tension. en béton armé ou en béton précontraint par post-tension.
Ce texte concerne exclusivement l’exécution des travaux. Ce texte dans sa nouvelle version sera en cohérence
On y trouve en particulier des prescriptions relatives aux avec le nouveau contexte réglementaire.
diverses opérations de fabrication et de pose en coffrage
des armatures pour les ouvrages de génie civil.

NF P 06-013 Règles PS 92 NF EN 1992 (Eurocode 2)


Règles de construction parasismique et NF P 06-014 Partie 2 : Ponts en béton armé et en béton précontraint
Règles PS MI 89/92 : Construction parasismique des Ce texte donne les prescriptions complémentaires à la
maisons individuelles et des bâtiments assimilés. norme NF EN 1992 Partie 1-1 spécifiques
Ces règles contiennent les prescriptions complémentaires pour le calcul des ponts.
spécifiques aux constructions parasismiques, chacune
dans son domaine d’application. NF EN 1998 (Eurocode 8)
Calcul des structures pour leur résistance aux séismes,
dans le cas de la construction de structures en béton
dans des régions sismiques.
Ce texte donne les prescriptions complémentaires
à la norme NF EN 1992 partie 1-1
aux constructions parasismiques

NF P 92-701 NF EN 1992 (Eurocode 2)


Méthode de prévision par le calcul du comportement Calcul des structures en béton. Partie 1-2 : Calcul du
au feu des structures en béton. comportement au feu.
À travers les exigences qu’elle formule pour le calcul, À travers les exigences qu’elle formule pour le calcul, cette
cette norme donne des prescriptions concernant norme donne des prescriptions spécifiques concernant
la mise en œuvre des armatures dans les structures la mise en œuvre des armatures dans les structures devant
devant résister au feu. résister au feu complémentaires à celles de la norme
NF EN 1992-1-1.

NF P 18-201 (référence DTU 21) ENV 13670-1


Travaux de bâtiment. Exécution des ouvrages Exécution des ouvrages en béton
en béton. Cahier des clauses techniques. Ce projet de norme européenne est l’équivalent de la
Cette norme DTU concerne exclusivement l’exécution norme NF P 18-201. Il se réfère aux normes EN ci dessus.
des travaux. Elle se réfère aux normes ci-dessus.

41
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

4.2 Caractéristiques
certifiées des aciers
Les prescriptions relatives aux aciers se traduisent dans les normes par les carac-
téristiques spécifiées suivantes :
– soudabilité et composition chimique ;
– caractéristiques mécaniques en traction ;
– diamètres, sections, masses linéiques et tolérances ;
– adhérence et géométrie de la surface (verrous ou empreintes) ;
– non fragilité (aptitude au pliage) ;
– dimensions et résistance au cisaillement des assemblages soudés des treillis
soudés ;
– résistance à la fatigue (caractéristique optionnelle) ;
– aptitude au redressage après pliage (caractéristique optionnelle).

4.2.1 - Soudabilité et composition chimique

Un acier est dit « soudable » s’il est possible de l’assembler par soudure, par des
procédés courants, sans altérer ses caractéristiques mécaniques. La soudabilité d’un
acier est attestée par sa composition chimique. Les normes fixent les valeurs qui ne
doivent pas être dépassées concernant les teneurs en carbone, soufre, phosphore,
azote et cuivre, ainsi qu’une combinaison des teneurs en carbone, manganèse,
chrome, molybdène, vanadium, nickel et cuivre appelée carbone équivalent.

4.2.2 - Caractéristiques mécaniques en traction

Limite d’élasticité Re

Le diagramme contrainte-déformation des aciers laminés à chaud comporte un


palier de ductilité qui met en évidence la limite d’élasticité supérieure d’écoule-
ment ReH qui est aussi la limite apparente d’élasticité Re.

42
Le diagramme contrainte-déformation des aciers laminés à froid ne comporte pas
de palier. Dans ce cas, la limite apparente d’élasticité Re est fixée conventionnel-
lement égale à la contrainte correspondant à 0,2 % d’allongement rémanent.

 

f1 = kff0,2 k
f1 = kffyk
f0,2
fyk

ε
εuk 0,2 %
εuk

a) Acier laminé à chaud b) Acier laminé à froid

Figure n° 11 : diagrammes des contraintes-déformations types


d’acier pour béton armé.

Actuellement en France, on utilise des aciers de 500 MPa de limite d’élasticité.


L’Eurocode 2 Partie 1-1 prévoit au paragraphe 3.2.2.3 une plage de limite d’élas-
ticité comprise entre 400 MPa et 600 MPa.

Caractéristiques de ductilité Rm/Re et Agt

Les normes françaises fixent des valeurs minimales pour le rapport résistance à la
traction/limite d’élasticité (Rm/ReH), et pour l’allongement sous charge maximale
(Agt). Elles distinguent deux « catégories » d’aciers qui correspondent à des carac-
téristiques de ductilité différentes.

Tableau n° 3 : classes de ductilité des aciers FeE500-2 et FeE500-3


selon la norme NF A 35-016
Limite supérieure Allongement total sous
Rapport Rm/ReH
découlement ReH en MPa charge maximale Agt en %
Acier
Valeur Borne Valeur Borne Valeur Borne
du fractile inférieure du fractile inférieure du fractile inférieure
FeE500-2 500 475 1,03 1,01 2,5 2
FeE500-3 500 475 1,08 1,05 5 4

Rm : résistance à la traction.

43
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

Dans la suite du texte, les spécifications du nouveau contexte


réglementaire sont repérées par un trait vertical orange.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 prévoit trois classes de ductilité : A, B, C. Le tableau C1 de


son Annexe C reproduit par notre tableau n° 4 précise les caractéristiques corres-
pondant à ces trois classes.

Tableau n° 4 : classes de ductilité (A, B et C) selon l’Eurocode 2 Partie 1-1

Exigence ou
Forme du produit Barres et fils redressés Treillis soudés
valeur du fractile
Classe de ductilité A B C A B C –
Limite caractéristique
400 à 600 5,0 %
d’élasticité fyk ou f0,2k (en MPa)
≥ 1,15 ≥ 1,15
Valeur minimale de k = (ft/fy)k ≥ 1,05 ≥ 1,08 ≥ 1,05 ≥ 1,08 10,0 %
< 1,35 < 1,35
Valeur caractéristique de la
déformation relative sous charge ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 10,0 %
maximale, εuk (en %)
Aptitude au pliage Essai de pliage-dépliage –
Résistance au cisaillement – 0,3 A fyk (A est l’aire du fil) Minimum
Tolérance Dimension
maximale vis-à-vis nominale de la
de la masse barre (en mm)
nominale (barre ou ≤8 ± 6,0
5,0 %
fil individuel) (en %) >8 ± 4,5

Il appartient aux concepteurs de préciser leur choix dans le cas où la nature des
ouvrages ou leurs conditions d’exploitation nécessitent l’emploi d’un acier de classe
de ductilité spécifique. L’Eurocode 2 Partie 2 prescrit pour les ponts l’emploi d’aciers
de classe B ou C. L’Eurocode 8, qui définit les règles de calcul des constructions pour
leur résistance aux séismes, impose l’emploi d’aciers de classe de ductilité B et par-
fois C dans certaines parties des structures assurant la résistance aux séismes. La
classe exigée dépend de la classe de ductilité du bâtiment. Dans tous les cas la classe
de ductilité de l’acier préconisée par le bureau d’études doit figurer clairement sur
les plans et être scrupuleusement respectée.

44
4.2.3 - Diamètres, sections, masses linéiques et tolérances

Compte tenu de la présence des reliefs (verrous ou empreintes), la section d’un acier
à haute adhérence n’est pas tout à fait circulaire. Les normes fixent cependant des
« diamètres nominaux d » qui correspondent à des « sections nominales An » (aire
du cercle ayant le même diamètre nominal) et à des « masses linéiques nominales »
calculées sur la base d’une masse volumique de 7,85 kg/dm3*. La valeur de la masse
linéique est assortie d’une tolérance.

Les diamètres prévus par la norme EN 10080 sont donnés dans le tableau n° 5 La
mention de diamètres « préférentiels » a pour but de limiter le nombre de réfé-
rences à fabriquer et à stocker, et d’éviter des difficultés dans l’identification et le
contrôle des armatures. Les diamètres utilisés dans chaque pays sont actuellement
différents. En France, on se limite en pratique aux diamètres 5, 6, 7, 8, 10, 12, 14 et
16 pour les couronnes et 6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 25, 32, et 40 pour les barres.

Tableau n° 5 : diamètres nominaux préférentiels sections et masse linéiques nominales

Diamètre Couronnes Section Masse linéique


Treillis
nominal Barres et produits nominale nominale
soudés
en mm déroulé en mm2 en kg/m
4,0 x 12,6 0,099
4,5 x 15,9 0,125
5,0 XX x 19,6 0,154
5,5 x x 23,8 0,187
6,0 XX XX x 28,3 0,222
6,5 x x 33,2 0,260
7,0 XX x 38,5 0,302
7,5 x x 44,2 0,347
8,0 XX XX x 50,3 0,395
8,5 x x 56,7 0,445
9,0 x x 63,6 0,499
9,5 x x 70,9 0,556
10,0 XX XX x 78,5 0,617
11,0 x x 95,0 0,746
12,0 XX XX x 113,0 0,888
14,0 XX XX x 154,0 1,210
16,0 XX XX x 201,0 1,580
20,0 XX 314,0 2,470
25,0 XX 491,0 3,850
28,0 XX 616,0 4,830
32,0 XX 804,0 6,310
40,0 XX 1 257,0 9,860
50,0 x 1 963,0 15,400

Les diamètres pratiquement utilisés en France sont repérés par XX en gras

* Pour les aciers inoxydables la masse volumique dépend de la composition de l’acier.


Elle est comprise entre 7,7 et 8,0 kg/dm3.

45
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

4.2.4 - Adhérence et géométrie de la surface

Les normes imposent à la géométrie de surface des aciers des caractéristiques


permettant d’assurer une adhérence convenable (voir figures n° 1 et 2 dans le cha-
pitre 2). Les exigences portent sur des valeurs minimales soit de hauteur des ver-
rous, ou de profondeur des empreintes, soit de « surface relative » des verrous fR*,
ou des empreintes fP.

4.2.5 - Non fragilité (aptitude au pliage)

L’acier est soumis à un pliage, sur un mandrin dont le diamètre est fixé en fonc-
tion de celui de l’acier suivi d’un dépliage. L’essai est satisfaisant s’il ne se produit
ni cassure ni fissure transversale dans la zone de pliage-dépliage.

4.2.6 - Dimensions et résistance au cisaillement


des assemblages soudés des treillis soudés

Les dimensions des treillis soudés font partie des caractéristiques certifiées. Il
s’agit des longueurs et largeurs des treillis soudés, de l’espacement des fils, des
longueurs d’abouts, des diamètres relatifs des fils.

La résistance des assemblages soudés au cisaillement étant spécifiée, il est pos-


sible de les prendre en compte dans les calculs mettant en jeu l’ancrage ou les
recouvrements des treillis soudés.

* La surface relative des verrous (ou des empreintes) est égale à l’aire de la projection de l’ensemble
des verrous (ou des empreintes) sur un plan perpendiculaire à l’axe longitudinal de la barre divisée
par l’espacement des verrous et la circonférence nominale de l’armature.

46
4.2.7 - Résistance à la fatigue

Cette caractéristique n’est exigée que de façon exceptionnelle. Elle se contrôle à


partir d’un essai de traction ondulée.

4.2.8 - Aptitude au redressage après pliage

Cette caractéristique optionnelle peut faire l’objet d’une attestation sur demande
du producteur d’acier. Elle concerne les aciers de diamètre au plus égal à 16 mm.
Les règles de certification de la marque NF – Aciers pour béton armé définissent
la procédure de vérification de l’aptitude au redressage après pliage.

4.3 Conformité des armatures


Chaque opération du cycle de production des armatures décrite au chapitre pré-
cédent fait l’objet de prescriptions.

4.3.1 - Dressage

L’Eurocode 2 Partie 1-1 précise explicitement en 3.2.1 (2) que « les exigences relatives
aux propriétés des aciers de béton armé visent le matériau en place dans le béton
durci ». Cette prescription remplace donc celle, équivalente, de l’article 4.3 de la
norme NF A 35-027 (janvier 2003). Elle signifie en particulier que le dressage ne doit
pas altérer les caractéristiques spécifiées de l’acier. Si le dressage n’est pas effectué
correctement, deux de ces caractéristiques peuvent être affectées :
– la hauteur des reliefs peut se trouver diminuée par écrasement ou abrasion au pas-
sage dans les galets ou les cadres tournants ;
– la ductilité peut être diminuée car le « chicanage » entraîne un écrouissage de
l’acier susceptible de provoquer une réduction de l’allongement sous charge maxi-
male Agt et (ou) du rapport Rm/Re.
Le dressage est donc une opération qui nécessite attention et compétence de la part
des armaturiers.

47
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

4.3.2 - Coupe

En matière de coupe, la caractéristique à respecter est la longueur des barres qui,


en l’absence d’autres prescriptions, fait l’objet de tolérances dimensionnelles dans
la norme NF A 35-027 (janvier 2003). Les tolérances sont différentes selon que les
barres sont utilisées en recouvrement ou non. Le bureau d’étude doit donc préci-
ser s’il s’agit ou non de barres en recouvrement. Cette indication peut apparaître
sur les plans, mais elle doit aussi figurer sur les listes d’armatures qui sont parfois
le seul document communiqué à l’armaturier.

Tableau n° 6 : tolérances sur les dimensions des armatures coupées à longueur


selon la norme NF A 35-027
Longueur de l’élément Utilisation sans recouvrement Utilisation avec recouvrement
L (en m) d’armatures (en mm) d’armatures (en mm)
– 20 0
L≤2
0 + 20
– 40 0
2<L≤4
0 + 40
– 50 0
4<L
0 + 50

4.3.3 - Façonnage

4.3.3.1 - Diamètres de cintrage

Les valeurs minimales des diamètres intérieurs de cintrage doivent permettre de


satisfaire à deux exigences différentes :
– ne pas endommager l’armature elle-même lors du cintrage ;
– ne pas endommager le béton lors de la mise en charge de l’armature.
La première condition est liée uniquement aux caractéristiques mécaniques de
l’acier et en particulier à sa ductilité. La seconde a pour but de limiter les
contraintes qui apparaissent dans le béton au contact d’une armature cintrée, sol-
licitée en traction, en particulier à l’intérieur de la courbure. Elle nécessite donc une
vérification par le calcul. Dans l’ensemble réglementaire en vigueur à fin 2004 ces
exigences se trouvent dans deux textes différents.

48
Le premier est le tableau 1 de la norme NF A 35-027 (janvier 2003). Ce tableau
reprend les prescriptions qui, jusqu’à 1990, étaient répétées dans chaque « fiche
d’homologation » des aciers à haute adhérence. Ces fiches ont été ensuite rempla-
cées par les certificats NF-AFCAB, (voir 4.4) qui ne comportent plus ces exigences.

Tableau n° 7 : diamètres intérieurs de cintrage minimaux des aciers à haute adhérence


selon la norme NF A 35-027
Diamètre nominal
5 6 7 8 9 10 12 14 16 20 25 32 40
de l’acier
Cadres, étriers, épingles
ou assimilés, y compris 20 25 30 30 40 40 50 70 100 150 200 sans objet
leur ancrage d’extrémité
Ancrages 50 70 70 70 100 100 100 150 150 200 250 300 400
Coudes sans 100 100 100 150 150 200 200 250 300 400 500 500
objet

Les diamètres prescrits sont très différents suivant la fonction de l’armature


(cadres, étriers, épingles ou ancrages, ou enfin coudes). Il aurait donc été très sou-
haitable que le choix du mandrin ne prête pas à ambiguïté. Pourtant, les trois cas
envisagés ne sont pas clairement définis, mais simplement illustrés par des cro-
quis dont le dernier au moins, concernant les coudes, n’est pas très explicite.

Le chapitre 5 sera consacré à la nécessité pour les bureaux d’études de donner


toutes les précisions nécessaires aux armaturiers pour qu’ils exécutent des fer-
raillages conformes à ceux qu’ils ont conçus. On y trouvera quelques exemples
pour lesquels le choix convenable du diamètre de mandrin n’est pas évident.

Coude Cadre

Ancrage

Épingle

Étrier

Figure n° 12 : exemples de cadre, étrier, épingle, ancrage et coude


selon la norme NF A 35-027 (janvier 2003).

49
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

La seconde prescription dite « condition de non écrasement du béton » se trouve


dans les règles BAEL 91 au paragraphe A 6.1.252. Cependant :
– le paragraphe A.6.255 dispense de l’appliquer aux armatures transversales,
cette exception est très importante ;
– pour les ancrages et les coudes, les diamètres de mandrins exigés par la norme
sont très généralement supérieurs à ceux découlant de cette condition.

C’est pourquoi cette vérification était un peu tombée dans l’oubli, sans doute quel-
quefois à tort. En pratique, seules les valeurs figurant dans le tableau 7 sont prises
en considération. Ce tableau est souvent reproduit sur les plans. Quand il ne l’est
pas, il est considéré comme implicite.

Les règles de façonnage données par l’Eurocode 2 Partie 1-1 présentent plusieurs
difficultés d’interprétation et d’application dont l’origine se trouve sans doute en
grande partie dans les conditions d’élaboration de ce texte : discussions entre repré-
sentants de nombreux pays, rédaction d’un texte commun en anglais, puis traduc-
tion dans la langue de chaque pays. Les termes techniques utilisés dans une langue
n’ont pas toujours un équivalent exact dans les autres. Il est alors difficile d’at-
teindre la même précision qu’un texte « national ».

L’Annexe N° 1 contient une analyse détaillée des articles relatifs au façonnage.


Cette analyse conduit en résumé aux prescriptions suivantes même si certaines
d’entre elles ne sont pas formulées explicitement dans l’Eurocode.
a – Les diamètres de mandrins de façonnage doivent dans tous les cas, quels que
soient la fonction de l’armature et l’angle de façonnage, être au moins égaux à :
– 4 diamètres pour les armatures de diamètre au plus égal à 16 mm ;
– 7 diamètres pour les armatures de diamètre supérieur à 16 mm ;
– 5 diamètres en général pour les assemblages pliés après soudure ;
– 20 diamètres pour les assemblages pliés après soudage avec soudure située
sur l’extrados de la courbure, si le soudage n’est pas réalisé conformément à
l’EN ISO 17660, Annexe B.
b – Les diamètres de mandrins doivent en général faire l’objet d’une justification
par le calcul vis-à-vis de la rupture du béton ;
c – Cette justification n’est pas nécessaire si les conditions ci-après sont remplies:
– l’ancrage nécessaire de l’armature ne dépasse pas 5 diamètres au-delà de la
partie courbe ;
– le tracé de la partie courbe de l’armature n’est pas parallèle à une paroi
proche ;
– il existe à l’intérieur de cette partie courbe une barre de diamètre au moins
égal à celui de l’armature.

50
d – Il n’est également pas nécessaire d’effectuer cette vérification pour toutes les
armatures d’effort tranchant et les autres armatures transversales.
e – Comme indiqué au paragraphe 4.1, les prescriptions de la norme NF A 35-027 ne
s’appliquent pas si elles sont contraires à l’Eurocode. Les diamètres de mandrin
figurant dans son tableau 1 ne sont donc plus considérés comme réglemen-
taires. En dehors des cas cités en « b » et « c » ci-dessus, le diamètre minimal de
façonnage résulte d’une vérification par le calcul.

On peut craindre que, le calcul informatisé aidant, une infinité de diamètres de


façonnage n’apparaisse sur les plans. Pour des raisons pratiques il est nécessaire de
limiter le nombre de mandrins utilisés. Une liste de diamètres préférentiels devrait
être établie, par exemple dans la nouvelle norme NF A 35-027.

Les règles d’exécution (nouveau Fascicule 65 A pour les ouvrages de génie civil et norme
ENV 13670-1 pour les bâtiments) se réfèrent à l’Eurocode 2 Partie 1-1.

4.3.3.2 - Redressage des armatures pliées

Le redressage des armatures pliées est un cas de façonnage très particulier car d’une
part il s’exécute sur le chantier et d’autre part, il s’applique à une zone d’armature
qui a précédemment subi un pliage. La norme NF P 18 201 (DTU 21) contient à son
article 5.2.1 les prescriptions suivantes relatives au redressage après pliage :
– les aciers sont aptes au redressage après pliage (mention d’aptitude figurant sur
le certificat NF AFCAB) ;
– un outillage spécifique est utilisé (ce qui exclut le simple tube) ;
– cette opération n’est effectuée qu’une seule fois ;
– la procédure de redressage permet d’obtenir un fonctionnement correct du
béton armé ;
– il n’y a pas de soudure dans la zone de redressage.

Les deux premières de ces prescriptions sont reprises dans le Fascicule 65 A à son
article 63.3.

La norme ENV 13670-1 exige également à son article 6.3 l’emploi d’un outillage spé-
cifique et une procédure de dépliage approuvée. Le nouveau Fascicule 65 A
reprend à son article 63.3 les prescriptions de sa précédente version.

4.3.3.3 - Longueur des parties droites.

La norme NF A 35-027 (janvier 2003) fixe les valeurs minimales des longueurs
droites qui sont justifiées par des exigences pratiques d’exécution et de sécurité
sur certaines machines de façonnage.

Ces règles restent applicables car elles ne sont pas contraires à l’Eurocode.

51
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

4.3.3.4 - Ancrages des cadres et étriers

Dans les règles BAEL, les ancrages des cadres et étriers font l’objet de prescrip-
tions particulières. Le paragraphe A.6.1,255 de ces règles indique trois solutions
pour réaliser leurs ancrages d’extrémité avec une courbure suivant le rayon mini-
mal (voir tableau 7). Ces ancrages représentés sur la figure n° 14 ne sont pas impo-
sés, mais leur utilisation dispense de justification par le calcul. Leur emploi est de
ce fait généralisé. Aucune des trois solutions n’est mentionnée comme préféren-
tielle, elles sont donc strictement interchangeables dans la plupart des cas. La
position de la « fermeture » des cadres et des étriers n’est pas non plus imposée.
Par exemple dans une poutre fléchie, elle peut aussi bien se trouver dans la par-
tie tendue que dans la zone comprimée. Dans le cas des constructions parasis-
miques les ancrages des cadres font l’objet de règles très particulières.
15 ø

ø
10

°
135
90
°

ø : diamètre de l'armature

Figure n° 13 : armatures transversales.


Exemples d’ancrages conformes aux règles BAEL 91.

Les règles PS 92 prescrivent à l’article 11.3.2 d’adopter des ancrages à 135°, au


minimum « en parement », c’est-à-dire s’il y a risque de poussée au vide de la fer-
meture à 90°. Les fermetures à 90° ne sont pas interdites si elles se trouvent dans
la masse du béton (tables de compression de poutres, dalles de planchers, murs
en retour, etc.). Cet ancrage est également obligatoire dans les « zones critiques* »
des pièces, zones dans lesquelles d’autres règles très spécifiques de calcul et de
ferraillage sont par ailleurs imposées.

* Pour la définition des zones critiques, voir les règles PS 92.

52
5ø 10 ø
10 ø
10 ø 15 ø

Partie courante non oui non oui oui

Zone critique non oui non oui non

Remarque: les longueurs indiquées sont


celles des parties droites après courbure

Figure n° 14 : armatures transversales. Exemples selon les règles PS 92.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 8.5 (2) les dispositions applicables aux ancrages
des armatures transversales (voir annexe N° 1).

La figure N° 15 montre les ancrages des cadres préconisés par l’Eurocode 2 Partie 1-1
et met en évidence les changements qui en résultent par rapport aux règles BAEL 91.

Angle de Prescriptions des règles Prescriptions de l’Eurocode 2


pliage BAEL 91 Partie 1-1
15 ø

10 ø
90°
10

10
ø

135°

10 5ø
ø
150°

5ø 5ø

180 °

Figure n° 15 : armatures transversales. Comparaison d’ancrages


conformes aux règles BAEL 91 et à l’Eurocode 2 Partie 1-1.

Par rapport aux règles BAEL 91, l’Eurocode 2 permet donc de diminuer les lon-
gueurs droites après courbure pour les ancrages à 90° et pour les ancrages pliés à
150° et plus. En revanche, il ne modifie pas l’ancrage à 135°.

53
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

La figure n° 16 montre les combinaisons qui seront utilisées en pratique.

La fermeture avec deux crochets pliés à plus de 135° ne permet pas la mise en place
d’une armature longitudinale dans l’angle. La fermeture avec deux coudes à 90°, avec
une longueur droite après courbure de 10 diamètres, devrait se développer en France
comme c’est déjà le cas dans la plupart des autres pays. Ce serait très souhaitable car
cette disposition facilite l’exécution. Le double crochet à 135°, avec une longueur
droite après courbure de 10 diamètres, comme prévu par les règles BAEL devrait res-
ter aussi utilisé par habitude malgré les inconvénients pratiques qu’il présente.
• Pour les étriers l’ancrage à 150° suivi d’une longueur droite de 5 diamètres devrait
remplacer le crochet à 180°actuellement utilisé.
• Pour les constructions devant résister aux séismes, l’Eurocode 8 prescrit d’utiliser
des ancrages par crochet à 135° suivis d’une longueur droite de 10 diamètres pour
les cadres « de confinement * ». Cette prescription est équivalente à celle des
règles PS 92.

135°
135
10 ø
10 ø
°
135
°

10 ø 10 ø 10 ø
10
10

ø
ø

15 10 ø
150° 0°

10 ø

Figure n°16 : armatures transversales. Exemples de combinaisons d’ancrages


conformes à l’Eurocode 2 Partie 1-1.

4.3.3.5 - Tracé général des armatures d’effort tranchant

Le tracé, des cadres et des étriers fait aussi l’objet du paragraphe B.6.7,1 des règles
BAEL pour les poutres de bâtiments courants. Cet article prescrit que les cadres
doivent suivre au plus près le contour des pièces. Il autorise aussi des files séparées
d’étriers à condition de les relier par des épingles de liaison. Il n’impose pas non
plus que toutes les files d’aciers longitudinaux comportent des épingles ou étriers.

* Pour la définition des cadres « de confinement », voir l’Eurocode 8

54
Épingles
Étriers Épingles de liaison Cadres
de montage éventuelles

Figure n° 17 : armatures transversales de poutres fléchies.


Exemples de dispositions conformes aux règles BAEL 91.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 traite ce sujet en 9.2.2. Il confirme la possibilité d’utiliser en


armatures d’effort tranchant différentes formes de cadres ouverts ou fermés,
d’étriers, etc.

Cadres, épingles et étriers intérieurs Les armatures d'effort tranchant peuvent être composées
d'une combinaison de :
Cadre exterieur
– cadres, étriers ou épingles entourant les armatures
longitudinales tendues et la zone comprimée ;
– barres relevées ;
– cadres ouverts, échelles, épingles, etc., façonnés sans
entourer les armatures longitudinales mais correctement
ancrés dans les zones comprimées et tendues.

Figure n° 18 : armatures transversales de poutres fléchies.


Exemples de dispositions conformes a l’Eurocode 2 Partie 1-1.

4.3.3.6 - Tracé des armatures transversales de torsion

Le paragraphe A.5.4,4 des règles BAEL indique simplement que ces armatures
doivent être placées aussi près que possible des parois en respectant les règles
d’enrobage.

55
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 9.2.3 que les cadres de pièces soumises à la tor-
sion soient fermés et ancrés au moyen de recouvrements ou de crochets.

ou

A1 A2 A3 B

Configurations recommandées Configuration non recommandée

Figure n° 19 : armatures transversales de torsion.


Configurations recommandées par l’Eurocode 2 Partie 1-1.

4.3.3.7 - Tracé des armatures transversales des poteaux

En A.8.1, les règles BAEL demandent que ces armatures assurent le maintien de
toutes les armatures longitudinales de diamètre supérieur à 20 mm vis-à-vis d’un
mouvement vers l’extérieur de la section. Elles ne doivent pas comporter d’angle
rentrant ni de recouvrement parallèle à la paroi.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 9.5.3 de maintenir les barres verticales placées
dans les angles et celles placées à moins de 150 mm d’une barre tenue.

4.3.3.8 - Armatures façonnées proches des parements


Poussée au vide

Les armatures proches des parements risquent, lors de leur mise en charge, de
générer des poussées susceptibles de faire éclater le béton d’enrobage. L’article
A.7.4 des règles BAEL traite ce sujet qui concerne essentiellement les bureaux
d’études. Les armaturiers doivent aussi s’en préoccuper dans les cas suivants :
– adjonction de barres de montage ;
– proposition de modification de ferraillage pour des raisons de commodité d’exé-
cution.

56
La figure n° 20 représente schématiquement à titre d’exemple un ferraillage de
console comportant deux lits de barres de façonnages identiques. Leur superpo-
sition nécessite un décalage inacceptable du lit inférieur. Ceci peut inciter l’arma-
turier à modifier le lit supérieur en augmentant son rayon de cintrage et en
réduisant de 135° à 90° l’angle de pliage. Il peut en résulter une poussée au vide.

INCORRECT
barres identiques INCORRECT

CORRECT
CORRECT boucles ou U
épingles disposés à plat

Figure n° 20 : exemple de poussée au vide et solution alternative.

Il existe d’autres façons tout à fait correctes de résoudre ce problème tel que la
mise en place d’épingles complémentaires, ou le remplacement des crosses par
des boucles à plat.

4.3.3.9 - Conditions générales de façonnage

L’article 5.2 de la norme NF A 35-027 (janvier 2003) interdit de façonner à une


température inférieure à – 5 °C, et exige des précautions entre – 5 °C et + 5 °C,
telles qu’une réduction de la vitesse de cintrage. Dans tous les cas, le chauffage
des aciers est interdit.

L’article 62 du fascicule 65A (août 2000) contient des prescriptions identiques. De


plus, ce même article n’autorise le façonnage des armatures dans les coffrages
que pour la fermeture de cadres en acier lisse de diamètre au plus égal à 12 mm
ou en acier à haute adhérence de diamètre au plus égal à 8 mm. En pratique le
cintrage des armatures en place est souvent adopté dans les ponts-cadres et les
portiques. Le guide de conception du SETRA (Service d’Études Techniques des
Routes et Autoroutes du Ministère de l’Équipement) l’admet explicitement (voir
l’exemple n° 3 du paragraphe 5.3).

Ces ponts cadres ou portiques comportent en général des armatures coudées


assurant l’encastrement de la dalle dans les piédroits. Si ces barres sont livrées sur
le chantier façonnées suivant leur forme définitive, la mise en place du coffrage et

57
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

du ferraillage de la traverse devient très difficile, et parfois impossible. Ces arma-


tures sont alors livrées droites et façonnées sur place lorsque la traverse est cof-
frée et ferraillée. Les entreprises de pose d’armatures utilisent pour cette opération
des cintreuses portatives. L’exigence essentielle est le respect des diamètres de
mandrins de cintrage prévus.

À plier sur
le chantier après
pose des gaines À mettre en place
après pose des gaines

Gaines pour cables


de précontrainte

A) Déconseillé en l'absence B) Solution alternative


d'un outil de façonnage adapté

Figure 21 : exemple de façonnage d’armatures dans le coffrage,


cadres à fermer sur le chantier.

C’est d’ailleurs plutôt pour la fermeture des cadres sur chantier (figure n°21A) que
le risque de non-conformité est important, car il n’existe pas, à notre connais-
sance, de cintreuse portative permettant un façonnage correct dans cette confi-
guration. Pour faciliter la mise en place des armatures longitudinales grâce à des
cadres ouverts, il est préférable de prévoir des cadres en deux parties comme le
montre la figure n°21B.

4.3.3.10 - Tolérances de façonnage

Les tolérances de façonnage sont fixées par les articles 4.6.3 et 4.6.4 de la norme
NF A 35-027 (janvier 2003) que l’armaturier doit respecter et qui sont rappelées
sur la figure n° 22.

Cette norme fixe aussi des tolérances sur les angles de façonnage des ancrages
(figure N° 23).

58
+ 30 + 30
C C
0 0

+ 30 + 30
D D
0 0 0 0
B B
-10 -20

0 0
A Cas des cadres A
-10 -20

+ 30
A
0

- 30
B
0
+ 30
A
0
Cas général des armatures longitudinales

+ 30
B
0
Cas particulier pour armatures longitudinales

Figure 22 : tolérances sur les dimensions des armatures façonnées


selon la norme NF A 35-027 (janvier 2003).

+10°
90°
0

a) Cas d'un angle de 90 °

°
+ 10
= –

b) Cas des autres angles

Figure 23 : tolérances sur les angles des ancrages par courbure


selon la norme NF A 35-027 (janvier 2003).

59
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

Nota
Cette norme n’est pas cohérente avec la norme européenne NF EN ISO 4066
qui définit les formes d’armatures par des cotes et non par des angles. Cette
disposition semble cependant utile, car l’emploi des angles, bien que
contraire à la norme, reste courant, et sans doute plus pratique.

Pour les diamètres de cintrage, les valeurs spécifiées (voir 4.3.3.1 ci-dessus), sont
des valeurs minimales. Aucun écart en moins n’est donc accepté.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 concerne le calcul et non l’exécution. Il ne contient donc pas
de prescription pour les tolérances de façonnage. Les valeurs fixées par la norme NF
A 35-027 de janvier 2003 (ou sa nouvelle version) restent donc applicables.

4.3.4 - Assemblage

4.3.4.1 - Rigidité

Quel que soit le mode d’assemblage, l’article 4.7 de la norme NF A 35-027 (jan-
vier 2003) et le paragraphe 63.1.1 du Fascicule 65 (août 2000) demandent qu’il
confère aux cages d’armatures une rigidité suffisante pour supporter le transport,
la pose en coffrage et le bétonnage. Ceci impose en général un nombre de points
d’attache ou de soudure entre armatures coupées-façonnées au moins égal à
50 % du nombre de points d’intersection.

4.3.4.2 - Assemblage par soudure

Le paragraphe 4.4 de la norme NF A 35-027 (janvier 2003) détaille les prescrip-


tions applicables aux assemblages soudés suivant la fonction qu’ils assurent.
Lorsque les soudures doivent transmettre des efforts, des règles particulières doi-
vent être respectées et les opérateurs réalisant les soudures doivent être qualifiés.
Nous ne traiterons pas ce cas, qui est tout à fait exceptionnel.

Dans le cas courant, les soudures ont uniquement une fonction de montage. Il faut
néanmoins s’assurer que les armatures ne sont pas affectées par le soudage
(réduction de section, perte d’allongement sous force maximale, etc.). C’est pour-
quoi la norme impose en particulier que le petit diamètre à assembler soit supé-
rieur à 40 % du gros diamètre dans le cas de soudure par résistance. Le couple
6-16 mm est cependant admis.

60
La spécification de portée très générale de l’Eurocode 2 Partie 1-1 a été citée à pro-
pos du dressage : « Les exigences relatives aux propriétés des aciers de béton armé
visent le matériau en place dans le béton durci ». Cette exigence inclut en particulier
l’absence d’altération des caractéristiques des aciers lors des opérations de soudage.

4.3.4.3 - Tolérances dimensionnelles sur les armatures assemblées

Les tolérances dimensionnelles sur les armatures assemblées sont aussi fixées par
la norme NF A 35-027 (janvier 2003), aussi bien pour les positions respectives des
armatures, que pour les dimensions d’ensemble.

Caractéristiques Type d’armature Cotes de Écart en moins Écart en plus


la figure (en mm) (en mm)
Cadre, étriers, épingles C – 10 + 10
Position relative
Éléments d’armatures autres que
élémentaire A – 30 + 30
cadres, étriers et épingles
Position relative cumulée Cadres, étriers et épingles 4xC, B – 20 + 20
Dimension nominale < 150 mm H – 10 0
Largeur / Hauteur
Dimension nominale ≥ 150 mm H – 20 0
Armatures dont la L≤2m L – 20 + 10
longueur est conditionnée 2m<L≤4m L – 40 + 10
par des barres coupées 4m<L L – 50 + 10
Armatures dont la longueur est
L – 30 + 10
conditionnée par des barres façonnées
Armatures utilisées par recouvrement ou coupe à
L – 50 + 50
longueur (par exemple chaînages, semelles filantes)

0
H
- 20

A  30 C  10
+ 10 4 x C  20 B  20
L
- 30

Figure n° 24 : tolérances sur les caractéristiques dimensionnelles


des armatures assemblées selon la norme NF A 35 027.

Bien entendu, dans certains cas très particuliers, des tolérances plus sévères peu-
vent être souhaitées. Le maître d’œuvre doit alors s’assurer qu’elles sont réali-
sables, et les préciser explicitement dans les pièces écrites des marchés. Des
dispositions particulières de production pourront alors être adoptées (gabarits,
contrôle spécifique, etc.).

61
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

4.3.5 - Pose en coffrage et position finale des armatures

Si la pose est réalisée à partir d’armatures coupées façonnées, toutes les règles
que nous avons énoncées au sujet du montage doivent évidemment être respec-
tées. Le travail sur site plutôt qu’en atelier nécessite une compétence et une atten-
tion particulières.

Dans tous les cas, les armatures ne peuvent être convenablement mises en place
que si elles ont été conçues et fabriquées de façon satisfaisante. La position des
armatures après bétonnage implique aussi les entrepreneurs chargés des cof-
frages et du bétonnage.

Les normes et autres textes réglementaires formulent des prescriptions qui portent
d’une part sur les enrobages et d’autre part sur les positions des armatures non
concernées par l’enrobage.

4.3.5.1 - Enrobage

L’enrobage est défini comme la distance entre l’armature (épingles, étriers et


cadres compris, ainsi que les armatures de peau, le cas échéant) la plus proche de
la surface du béton et cette dernière. L’enrobage des armatures doit être suffisant
pour garantir :
– la protection de l’acier contre la corrosion (durabilité) ;
– la bonne transmission des efforts d’adhérence ;
– une résistance au feu convenable.

Dans des conditions normales, les armatures enrobées dans un béton compact et
non fissuré sont protégées naturellement par un phénomène de passivation qui
provoque la création à la surface de l’acier d’une pellicule protectrice. Cette pelli-
cule est formée par l’action de la chaux libérée par les silicates de calcium conte-
nus dans le ciment sur l’oxyde de fer. La présence de chaux maintient la basicité
du milieu entourant les armatures. Les armatures sont protégées tant que le pH
de ce milieu est compris entre 9 et 13,5. Deux principaux phénomènes peuvent
dans certaines conditions détruire cette protection :
– la carbonatation du béton d’enrobage par absorption du gaz carbonique contenu
dans l’atmosphère ;
– la pénétration des ions chlorures jusqu’aux armatures.

La carbonatation n’est pas nuisible au béton, mais elle entraîne une neutralisation
(chute du pH de la solution interstitielle) du milieu entourant les armatures qui

62
peuvent alors s’oxyder. La progression de la carbonatation se fait depuis l’exté-
rieur de l’ouvrage en contact avec l’air ambiant, vers l’intérieur. La vitesse du pro-
cessus dépend de la teneur en dioxyde de carbone, de la porosité du béton et de
l’humidité relative de l’air.

L’action des chlorures est spécifique à certains environnements tels que la pré-
sence de sels de déverglaçage et surtout les proximités de bords de mer. Les ions
chlorure peuvent migrer depuis la paroi exposée vers les armatures et « dépassi-
ver » l’acier. Ils pénètrent dans le béton par capillarité avec une vitesse fonction de
la porosité du béton. Lorsque la corrosion a débuté, elle produit un gonflement
des armatures qui entraîne un éclatement du béton d’enrobage. La protection de
l’acier disparaît et le phénomène s’accélère.

La durabilité du béton armé nécessite donc que les armatures soient convenable-
ment protégées, ce qui impose en particulier que la distance entre les armatures et
le parement exposé le plus proche (enrobage) soit suffisante. L’armature doit donc :
– être fabriquée de façon à permettre de respecter ces distances ;
– être posée en coffrage en les respectant effectivement, sans écart en moins.
Dans les règles BAEL 91, l’article A.7, 1 précise les enrobages minimaux suivant
les conditions d’exposition.

Valeur minimale de l’enrobage :


5 cm : atmosphère marine ou agressive
3 cm : parois soumises aux intempéries
1 cm : locaux couverts sans condensation

Épingles
de liaison
évitant les
déformations

Enrobage

Figure n° 25 : enrobage minimal selon les règles BAEL 91.

Si les conditions d’exposition sont différentes pour les diverses faces d’une pièce
(poutres de façade par exemple), les enrobages peuvent avoir des valeurs diffé-
rentes. Les enrobages minimaux doivent être respectés non seulement par les
armatures, mais aussi par les pièces ou accessoires sujets à la corrosion : man-
chons, ligatures, cales ou boites d’attentes métalliques, etc. Les pièces de grandes
dimensions risquent de se déformer au cours des transports et des manutentions.
C’est pourquoi l’article A.7.1 des règles BAEL précise dans sa partie commentaire
qu’il convient d’utiliser des diamètres plus importants et de prévoir des dispositifs
de maintien convenables (cales ou éléments de montage). Le Fascicule 65 A (ver-
sion août 2000) contient des prescriptions analogues au paragraphe 63.1, et il en
est de même dans le projet de nouvelle version.

63
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

Compte tenu de l’importance du respect des enrobages pour la durabilité des


structures en béton armé, les tolérances sur l’enrobage font l’objet de prescrip-
tions particulières :
– la norme NF A 35-027 ne traite pas de l’enrobage, car celui-ci ne dépend pas
de la seule armature ; en revanche, nous avons vu plus haut qu’elle ne tolère
aucune marge « en plus » sur les dimensions des armatures coupées, façonnées
ou assemblées quand elles mettent en jeu l’enrobage ;
– les règles BAEL à leur paragraphe A.7.1, de même que le fascicule 65 A, dans
l’article 64, reproduit au paragraphe ci-après, n’acceptent aucune tolérance en
moins sur les enrobages ;
– la norme NF P 18-201 (DTU 21) est en cohérence avec l’Eurocode 2. Elle définit
l’enrobage nominal qui doit figurer sur les plans à partir d’un enrobage minimal
majoré d’une marge pour tolérances d’exécution dont la valeur est fixée à
10 mm.

C’est l’enrobage nominal qui constitue la référence pour la fabrication et pour la


pose des armatures.

EXTRAIT DU FASCICULE 65 A (août 2000)

Article 64 : tolérances sur la position des armatures après bétonnage*


Sauf prescriptions particulières du marché pour tenir compte de risques tels
que l’incendie ou les milieux agressifs, les tolérances suivantes sont accep-
tées :
– les tolérances en moins sur l’enrobage** minimal sont nulles ;
– pour une pièce de hauteur (ou d’épaisseur) h, dans la direction ou l’écart
de l’armature diminue la résistance, la tolérance est de 5 mm pour
h < 250 mm et d’h/50 lorsque h est compris entre 250 mm et 1 000 mm ;
– pour les armatures parallèles dont l’espacement est au plus égal à
100 mm, la tolérance sur cet espacement est fixée à 10 mm ;
– dans les autres cas, l’écart toléré est de 20 mm dans toutes les directions.

* Voir le chapitre 10 du Fascicule 65A.


** Il est rappelé que l’enrobage est défini comme distance de l’axe d’une armature à la paroi la
plus voisine diminuée du rayon nominal de cette armature, après enlèvements éventuels de
matière postérieurs à la mise en place du béton (par exemple dans le cas du bouchardage).

Vis-à-vis de la résistance au feu, le texte de référence dans la réglementation française


à fin 2004, est le DTU « Règles de calcul: méthode de prévision par le calcul du com-
portement au feu des structures en béton » de décembre 1993. Le calcul fait interve-
nir la distance de l’axe de chaque armature au parement du béton exposé au feu,
baptisé « distance utile ». La distance utile d’une armature est donc égale à son enro-
bage majoré de la moitié de son diamètre.

64
Feu u Feu

u u

Feu Feu
Figure 26: distance utile selon les règles: méthode de prévision
par le calcul du comportement au feu des structures.

L’augmentation de l’enrobage est favorable pour la stabilité au feu. Pour assurer celle-
ci, on peut être amené à prévoir des dispositions de ferraillage spécifique telles que:
– des enrobages supérieurs à ceux imposés par la protection contre la corrosion;
– un fractionnement en plusieurs armatures de faibles diamètres. Certaines d’entre
elles seront plus éloignées des parois exposées au feu, en particulier près des
angles saillants où la température est plus élevée. L’espacement de ces armatures
sera parfois plus important que celui habituellement exigé pour permettre un

Poteau Poutre fléchie

bétonnage correct.
Figure n° 27: exemples de ferraillages étudiés
en vue de la résistance au feu.

La position du ferraillage est primordiale pour la résistance au feu. Elle doit donc être
précisée au moyen de plans de détail. Elle doit être respectée avec une tolérance de
plus ou moins 10 %. Un calage efficace est indispensable.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 consacre à l’enrobage la totalité de sa section 4.


La valeur minimale d’enrobage préconisée dépend de plusieurs paramètres qui sont
pris en compte de façon extrêmement détaillée :
– la durée d’utilisation du projet qui détermine sa classe structurale ;
– les conditions d’environnement qui détermine sa classe d’exposition ;
– l’utilisation d’acier inoxydable ;
– la présence de protections complémentaires ;

65
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

– la régularité du parement ;
– les risques d’abrasion du béton ;
– la composition du béton ;
– la régularité de la surface contre laquelle le béton est coulé ;
– les conditions de surveillance de l’exécution.

On trouvera en Annexe N° 2 le détail du processus de détermination de l’enrobage


tel qu’il résulte de l’Eurocode 2 Partie 1-1, après prise en compte des précisions et
compléments formulés dans son Annexe Française.

Une innovation importante réside dans la prise en compte des tolérances d’exécu-
tion. Pour prendre en compte les tolérances d’exécution, l’enrobage minimal doit
être majoré d’une « marge de sécurité ». On obtient ainsi l’enrobage « nominal ».
La marge recommandée est de 10 mm. Elle peut être diminuée jusqu’à 5 mm lors-
qu’un système d’assurance qualité incluant des mesures d’enrobage des armatures
est mis en place. Les contrôles imposés par les Règles de certification AFCAB « Pose »
répondent à cette exigence.

C’est l’enrobage nominal qui doit être utilisé dans les calculs et qui doit être indi-
qué sur les plans. Il constitue la référence pour la fabrication et pour la pose des
armatures.

La grande variété des cas prévus par l’Eurocode 2 Partie 1-1 peut inciter les bureaux
d’études, dans un souci d’optimisation des structures, à prévoir des enrobages dif-
férents pour les diverses pièces d’un même ouvrage ou bâtiment. Les armaturiers
doivent être vigilants sur ce point. Comme dans bien d’autres cas, il sera important
d’éviter les confusions entre les anciens et nouveaux règlements.

L’enrobage nominal peut donc varier de 10 mm à 65 mm suivant les paramètres


retenus. À titre d’exemple, la classe structurale recommandée pour les bâtiments
étant la classe S4, en utilisant un béton adapté à la classe d’exposition, on obtient
les valeurs suivantes d’enrobage nominal :
– 25 mm (20 mm pour les dalles), pour un béton de structures couvertes, closes ou
non, à l’abri de la pluie sans condensation (classe XC3) ;
– 30 mm pour un béton extérieur exposé à la pluie et pour les ponts (classe XC4) ;
– 35 mm pour les éléments de structures exposés aux sels marins et situées de 500 m
à 5 km de la côte sauf topologie particulière (classe XS1) ;
– 45 mm pour les structures situées de 0 à 500 m des côtes, les ponts exposés à des
projections contenant des chlorures ou les dalles de parkings.

Le projet de nouveau fascicule 65A ainsi que le projet de norme ENV 13670-1
reprennent les prescriptions de l’Eurocode 2 Partie 1-1. Le nouvel ensemble régle-
mentaire concernant l’enrobage est donc totalement cohérent à la fois pour les
bâtiments et pour le génie civil.

66
EXTRAIT DU PROJET DE FASCICULE 65 A (au 27/10/2004)

73.1.2 tolérances sur la position des armatures*


Sauf prescriptions particulières du marché pour tenir compte de risques tels
que l’incendie ou les milieux agressifs, les tolérances suivantes sont à respec-
ter :
– en aucun cas, l’enrobage ne peut être inférieur à Cmin ;
– la tolérance ∆(plus) dans la direction h (hauteur ou épaisseur de l’élément),
où l’écart de l’armature diminue la résistance, est prise égale à :
– pour h ≤ 150 mm ∆(plus) = 10 mm
– pour h = 400 mm ∆(plus) = 15 mm
– pour h ≥ 2 500 mm ∆(plus) = 20 mm
avec une interpolation linéaire pour les valeurs intermédiaires.
– pour les armatures parallèles dont l’espacement est au plus égal à
100 mm, la tolérance sur cet espacement est fixée à 10 mm ;
– dans les autres cas, l’écart toléré est de 20 mm dans toutes les directions.

* Concernant les enrobages, la norme EN 1992-1-1 section 4 fournit les définitions suivantes :
– Cmin est l’enrobage minimal ;
– ∆Cdev est la marge de calcul pour tolérances d’exécution ; elle est en général fixée à 10 mm. Si
une valeur plus faible est retenue, elle est portée sur les dessins d’exécution ;
– Cnom = Cmin + ∆Cdev est l’enrobage nominal.

Position déduite Position constatée


L’enrobage nominal est spécifié sur
des cotes du dessin les dessins d’exécution ; il détermine
la dimension des cales à utiliser.
Il est rappelé que l’enrobage est défini
comme la distance de l’axe d’une
armature à la paroi la plus voisine
Cdev diminuée du rayon nominal de
cette armature, après enlèvements
Cnom
éventuels de matière postérieurs à la
Cmin mise en place du béton (par exemple
dans le cas du bouchardage).

Dans la nouvelle réglementation européenne, les prescriptions relatives au com-


portement du béton armé au feu se trouveront dans l’Eurocode 2 Partie 1-2. Pour
ce qui concerne la disposition des armatures les principes devraient rester similaires
à ceux des recommandations françaises applicables auparavant.

4.3.5.2 - Maîtrise de la fissuration

Un enrobage convenable n’est pas la seule condition pour assurer la protection


des armatures contre la corrosion. Il faut aussi limiter la fissuration du béton.

En ce qui concerne la conception du ferraillage, l’article A.4.5,323 des règles BAEL


demande de prévoir le plus grand nombre de barres compatibles avec une mise

67
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

en place correcte du béton, afin de limiter la fissuration. Cette recommandation


semble avoir été suivie parfois de façon abusive en privilégiant l’utilisation de
barres de petits diamètres. En fait le même article demande d’éviter les petits dia-
mètres au voisinage des parements et dans les pièces soumises aux intempéries.
Les gros diamètres conviennent dans les sections de béton suffisamment
épaisses, ce qui est en général le cas.

Pour limiter la fissuration, il faut surtout prévoir des armatures de section suffisante
afin que leur contrainte ne dépasse pas les valeurs convenables en fonction des
conditions d’exposition et de la destination de l’ouvrage.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 formule en 7.3.3 et 7.3.4 les prescriptions visant à maîtriser
la fissuration. Elles sont plus précises que celles des règles BAEL et consistent à res-
pecter, au choix, un diamètre maximal ou un espacement maximal des barres. Les
valeurs limites dépendent de divers facteurs dont, en particulier, la contrainte de
l’acier et la classe d’exposition de l’ouvrage.

4.3.5.3 - Position des armatures non concernées par l’enrobage

Pour les marchés publics d’ouvrages de génie civil, les tolérances sur la position
des armatures sont données par le fascicule 65 (août 2000) dans son article 64.
Le projet de nouvelle version du fascicule 65A, en date du 27 octobre 2004 men-
tionne les prescriptions dans l’article 7.3.2.1 (reproduit au paragraphe 4.3.5.1).

4.3.5.4 - Possibilité de bétonnage correct

Les conditions de bétonnage correct sont données par l’article A.7.2 des règles
BAEL et représentées figure n° 28.
c
ø
b

ø ø, a a
c eh ev
ev ≥ max. { a, cg, ø }
cg : grosseur du plus gros granulat
ø : diamètre de l’armature considérée
eh ≥ max. { a; 1,5 cg; ø }
c = max. { e, ø, a }
Figure n° 28 : distances minimales des armatures aux coffrages et entre elles
permettant un bétonnage correct selon les règles BAEL 91.

68
Les paquets de barres sont autorisés mais leur emploi est limité par des considé-
rations relatives à l’adhérence. Lorsqu’ils sont utilisés, ils doivent être explicite-
ment représentés sur les plans. Un commentaire de l’article A 7.2 indique : « il y a
toujours intérêt à adopter des distances (des armatures entre elles et entre arma-
tures et coffrage) supérieures aux valeurs minimales indiquées ».

Cette recommandation est mieux satisfaite si on réalise le ferraillage avec peu de


barres de gros diamètre, mais il faut aussi respecter les prescriptions visant à maî-
triser la fissuration citées au paragraphe 4.3.5.2. La solution se trouvera dans un
compromis. Il faut aussi noter que :
– la condition d’enrobage fixée dans l’article A.7.2 peut être plus sévère que celle
de l’article A.7.1 qui concerne la protection des armatures. Ce cas est cependant
assez rare ;
– les articles A.7.2,6 à A.7.2,9 comportent des prescriptions complémentaires dont
le but est d’éviter que les « mailles » et « entassements » formés par les armatures
ne gênent le bétonnage. Si nécessaire, des « cheminées de bétonnage » doivent
être prévues à l’initiative du bureau d’études ou de l’entreprise.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 traite en 8.2 les exigences relatives à la possibilité de béton-
nage correct. Ces prescriptions sont représentées sur la figure n° 29.

Barres isolées et paquets


de deux barres superposées
ev
ev ø : diamètre de la barre
eh eh dg : dimension du plus gros granulat
c c
c c c>ø
eh et ev > max (ø, dg + 5 mm )

Paquets de 2 barres accolées

ev c> 2ø
eh
c eh et ev > max ( 2 ø, dg + 5 mm )
c

Paquets de 3 barres

ev c> 3ø
eh
eh et ev > max ( 3 ø, dg + 5 mm )
c
c

Figure n° 29 : distances minimales des armatures aux coffrages,


et entre elles permettant la transmission des forces d’adhérence
et un bétonnage correct suivant l’Eurocode 2 partie1.1.

69
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

Il est aussi exigé que « lorsque les barres sont placées en lits horizontaux distincts,
il convient de superposer les barres de chaque lit en files verticales en ménageant
entre ces files un espace suffisant pour permettre le passage des aiguilles vibrantes
et assurer un bon compactage du béton ».

Cette condition semble difficile à respecter à la lettre, mais elle fixe l’objectif à
atteindre dans le même esprit que les règles BAEL.

L’emploi de paquets de barres est soumis à des conditions analogues à celles des
règles BAEL.

Ces problèmes ne sont pas toujours bien traités par les logiciels de dessin d’arma-
tures. L’armaturier peut signaler les dispositions qui lui semblent anormales, mais il
ne dispose pas de toutes les informations nécessaires, telles que la composition du
béton (dimension maximale des granulats), les caractéristiques du béton à l’état
frais (consistance) et les conditions de bétonnage.

4.3.6 - Armatures manchonnées

Chaque procédé de manchonnage d’armatures fait l’objet de consignes de mise


en œuvre spécifiques, établies par le concepteur ou le fabricant. Leur validité est
attestée par la certification AFCAB, et elles doivent être scrupuleusement respec-
tées, aussi bien lors de la préparation des barres que lors de leur mise en place.

4.3.7 - Boîtes d’attentes

Malgré leur développement, ces produits ne font l’objet à ce jour d’aucune règle
technique précise. Les procédés diffèrent par la forme et le matériau constitutif de
la boîte et par la façon dont celle-ci peut être retirée.
Leur emploi doit être soumis à l’accord du maître d’œuvre qui prendra essentiel-
lement en considération :
– la qualité de la surface de reprise obtenue ;
– la possibilité de redresser convenablement la partie cintrée des armatures.
Dans tous les cas on exigera que l’acier utilisé soit apte au redressage après pliage.

70
Ce chapitre a permis de présenter tous les paramètres qui conditionnent la confor-
mité de l’armature. Cette analyse démontre la nécessité impérative du travail en
commun entre le bureau d’études et l’armaturier en amont de l’exécution. C’est
pourquoi la norme NF A 35-027 mentionne l’analyse des plans parmi les opéra-
tions de fabrication.

Si l’armaturier relève des anomalies ou rencontre des difficultés d’exécution, il ne


doit en aucun cas prendre seul la décision de modifier l’armature prévue sur les
plans. En revanche, il doit les signaler au bureau d’études en indiquant les solu-
tions alternatives que son savoir faire lui permet de proposer.

4.4 Certifications gérées


par l’AFCAB
Les certifications gérées par l’AFCAB couvrent l’ensemble du cycle des armatures
depuis la production des aciers jusqu’à la pose des armatures en coffrage. On dis-
tingue quatre certifications.

4.4.1 - Certification NF – Aciers pour béton armé

La certification NF - Aciers pour béton armé, gérée par l’AFCAB, garantit que les
produits certifiés :
– sont conformes à leur norme de référence : caractéristiques mécaniques, masse
linéique, analyse chimique, caractéristiques géométriques, non fragilité, souda-
bilité, aptitude au redressage après pliage (optionnelle), résistance au cisaille-
ment des soudures et dimensions des treillis soudés ;
– ont une origine identifiable et sont contrôlés.

Chaque acier certifié est identifiable par une marque de laminage spécifique à
chaque producteur et par un étiquetage NF – AFCAB. Il fait l’objet d’un certificat
délivré par l’AFCAB qui précise :
– sa dénomination ;
– l’usine productrice ;
– les caractéristiques certifiées ;
– la marque de laminage ;
– les conditions de validité.
La liste des certificats est consultable sur www.afcab.org

71
Chapitre 4 • Pour une armature conforme

0 3 2 1

0 3 5 7

Figure n° 30 : exemples de marques de laminage.

4.4.2 - Certification AFCAB – Dispositifs de raboutage


ou d’ancrage des armatures du béton

la certification AFCAB-Dispositifs de raboutage ou d’ancrage des armatures du


béton garantit que les produits certifiés :
– permettent de réaliser des liaisons respectant les critères de la norme
NF A 35-020-1 ;
– sont fabriqués conformément à des plans et sont contrôlés ;
– font l’objet d’instructions de mise en œuvre appropriées.

4.4.3 - Certification NF – Armatures

la Certification NF - Armatures garantit que les produits certifiés :


– sont conformes à la norme NF A 35-027 (aciers de base conformes, non altéra-
tion des aciers au cours de la fabrication, dimensions et angles conformes,
conformité du manchonnage) ;
– sont conformes aux plans, catalogues ou cahiers des charges du client ;
– ont une origine identifiable et sont contrôlés.

Chaque fardeau ou paquet d’armatures comportent une étiquette sur laquelle sont
présents :
– le logo de la marque NF ;
– la mention « NF A 35-027 » ;

72
– la portée du certificat (catégories et opérations couvertes, par exemple :
Armatures sur plan coupées façonnées) ;
– le nom de l’usine et de la société titulaire du certificat ;
– le numéro de certificat
– pour les armatures sur plans, les indications spécifiées à l’article 9 de la norme
NF A 35-027 (nom du client, nom du chantier, numéro du plan, référence de l’ar-
mature, etc.) ou pour les armatures sur catalogue, la référence du produit.

Dans le cadre de la certification NF-Armatures, l’AFCAB exige des essais de pliage et de trac-
tion pour vérifier les caractéristiques des armatures après soudage. L’AFCAB supervise
aussi la qualification des soudeurs.

4.4.4 - Certification AFCAB – Pose des armatures du béton

Elle garantit que les aciers et les armatures posés par l’entreprise certifiée :
– sont conformes à leurs normes de référence ;
– sont posés en respectant les plans, les règles de béton armé, les règles de mise
en place des accessoires (notamment les manchons) ;
– sont parachevés sans altération des aciers ;
– sont contrôlés après la pose.

Pour les ouvrages de génie civil faisant l’objet d’un marché public de travaux, le
fascicule 65 A :
– impose d’utiliser des aciers et des dispositifs de raboutage certifiés ;
– conseille fortement de choisir un atelier d’armatures bénéficiant de la certifica-
tion NF – Armatures. Dans ce cas, ces produits ayant été contrôlés dans le cadre
de la certification, ils ne feront l’objet que d’une vérification d’identification et
d’aspect ;
– impose dans le cas d’autres provenances, une réception des armatures par lots
suivant les règles très contraignantes définies par la norme NF A 35-027 ;
– conseille fortement de recourir à des entreprises de pose bénéficiant de la certi-
fication AFCAB – Pose des armatures du béton ;
– impose aux maîtres d’œuvre, dans le cas contraire, une acceptation sur la base
des critères du règlement de certification et du contrôle de la pose des arma-
tures du béton de l’AFCAB.

Dans tous les cas, les garanties apportées par les certifications de l’AFCAB
sont un gage de qualité pour les entreprises, les maîtres d’œuvre, et les don-
neurs d’ordre. Elles sont de ce fait souvent imposées par les cahiers des
charges des marchés.

73

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