Standard Armature
Standard Armature
37
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Du point de vue des responsabilités, chacun de ces quatre points incombe à des
intervenants différents. Le premier concerne les bureaux d’étude, le deuxième les
fabricants d’aciers, le troisième les armaturiers et le quatrième les entreprises assu-
rant la pose, spécialisées ou non dans cette activité.
Au plan pratique, le calcul est bien le domaine exclusif des bureaux d’étude, mais
la conception (choix des formes et de la disposition des armatures) doit prendre
en compte les moyens et les méthodes de fabrication et de pose en coffrage.
4.1 Contexte
réglementaire
Réaliser une armature « conforme » implique naturellement de se référer à des
normes et à des textes réglementaires. Un nouveau contexte normatif et régle-
mentaire se met progressivement en place. La période où le présent document
est rédigé correspond à d’importants changements dans ce domaine, et cette
mutation nécessitera encore de nombreux mois. La mise en application des nou-
veaux référentiels ne fera pas oublier instantanément les anciens. Il est donc
nécessaire d’expliciter clairement les modifications en cours et à venir.
38
L’évolution essentielle est bien entendu la mise en application de l’Eurocode 2
(NF EN 1992) version 2004. Cette nouvelle norme de base concernant le calcul
des structures en béton remplacera les règles BAEL 91 révisées 99 et les règles
BPEL. Au moment de la rédaction de ce guide le projet d’Annexe Nationale qui
l’accompagne est daté de mars 2005.
Ceci nécessite, dans ce document, de faire référence à la fois à des textes français
et à des textes européens.
Les tableaux suivants ont pour but de synthétiser les évolutions du contexte nor-
matif d’une part pour les aciers et d’autre part pour les armatures.
39
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
40
Tableau n° 2 : armatures du béton
41
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
4.2 Caractéristiques
certifiées des aciers
Les prescriptions relatives aux aciers se traduisent dans les normes par les carac-
téristiques spécifiées suivantes :
– soudabilité et composition chimique ;
– caractéristiques mécaniques en traction ;
– diamètres, sections, masses linéiques et tolérances ;
– adhérence et géométrie de la surface (verrous ou empreintes) ;
– non fragilité (aptitude au pliage) ;
– dimensions et résistance au cisaillement des assemblages soudés des treillis
soudés ;
– résistance à la fatigue (caractéristique optionnelle) ;
– aptitude au redressage après pliage (caractéristique optionnelle).
Un acier est dit « soudable » s’il est possible de l’assembler par soudure, par des
procédés courants, sans altérer ses caractéristiques mécaniques. La soudabilité d’un
acier est attestée par sa composition chimique. Les normes fixent les valeurs qui ne
doivent pas être dépassées concernant les teneurs en carbone, soufre, phosphore,
azote et cuivre, ainsi qu’une combinaison des teneurs en carbone, manganèse,
chrome, molybdène, vanadium, nickel et cuivre appelée carbone équivalent.
Limite d’élasticité Re
42
Le diagramme contrainte-déformation des aciers laminés à froid ne comporte pas
de palier. Dans ce cas, la limite apparente d’élasticité Re est fixée conventionnel-
lement égale à la contrainte correspondant à 0,2 % d’allongement rémanent.
f1 = kff0,2 k
f1 = kffyk
f0,2
fyk
ε
εuk 0,2 %
εuk
Les normes françaises fixent des valeurs minimales pour le rapport résistance à la
traction/limite d’élasticité (Rm/ReH), et pour l’allongement sous charge maximale
(Agt). Elles distinguent deux « catégories » d’aciers qui correspondent à des carac-
téristiques de ductilité différentes.
Rm : résistance à la traction.
43
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Exigence ou
Forme du produit Barres et fils redressés Treillis soudés
valeur du fractile
Classe de ductilité A B C A B C –
Limite caractéristique
400 à 600 5,0 %
d’élasticité fyk ou f0,2k (en MPa)
≥ 1,15 ≥ 1,15
Valeur minimale de k = (ft/fy)k ≥ 1,05 ≥ 1,08 ≥ 1,05 ≥ 1,08 10,0 %
< 1,35 < 1,35
Valeur caractéristique de la
déformation relative sous charge ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 10,0 %
maximale, εuk (en %)
Aptitude au pliage Essai de pliage-dépliage –
Résistance au cisaillement – 0,3 A fyk (A est l’aire du fil) Minimum
Tolérance Dimension
maximale vis-à-vis nominale de la
de la masse barre (en mm)
nominale (barre ou ≤8 ± 6,0
5,0 %
fil individuel) (en %) >8 ± 4,5
Il appartient aux concepteurs de préciser leur choix dans le cas où la nature des
ouvrages ou leurs conditions d’exploitation nécessitent l’emploi d’un acier de classe
de ductilité spécifique. L’Eurocode 2 Partie 2 prescrit pour les ponts l’emploi d’aciers
de classe B ou C. L’Eurocode 8, qui définit les règles de calcul des constructions pour
leur résistance aux séismes, impose l’emploi d’aciers de classe de ductilité B et par-
fois C dans certaines parties des structures assurant la résistance aux séismes. La
classe exigée dépend de la classe de ductilité du bâtiment. Dans tous les cas la classe
de ductilité de l’acier préconisée par le bureau d’études doit figurer clairement sur
les plans et être scrupuleusement respectée.
44
4.2.3 - Diamètres, sections, masses linéiques et tolérances
Compte tenu de la présence des reliefs (verrous ou empreintes), la section d’un acier
à haute adhérence n’est pas tout à fait circulaire. Les normes fixent cependant des
« diamètres nominaux d » qui correspondent à des « sections nominales An » (aire
du cercle ayant le même diamètre nominal) et à des « masses linéiques nominales »
calculées sur la base d’une masse volumique de 7,85 kg/dm3*. La valeur de la masse
linéique est assortie d’une tolérance.
Les diamètres prévus par la norme EN 10080 sont donnés dans le tableau n° 5 La
mention de diamètres « préférentiels » a pour but de limiter le nombre de réfé-
rences à fabriquer et à stocker, et d’éviter des difficultés dans l’identification et le
contrôle des armatures. Les diamètres utilisés dans chaque pays sont actuellement
différents. En France, on se limite en pratique aux diamètres 5, 6, 7, 8, 10, 12, 14 et
16 pour les couronnes et 6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 25, 32, et 40 pour les barres.
45
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
L’acier est soumis à un pliage, sur un mandrin dont le diamètre est fixé en fonc-
tion de celui de l’acier suivi d’un dépliage. L’essai est satisfaisant s’il ne se produit
ni cassure ni fissure transversale dans la zone de pliage-dépliage.
Les dimensions des treillis soudés font partie des caractéristiques certifiées. Il
s’agit des longueurs et largeurs des treillis soudés, de l’espacement des fils, des
longueurs d’abouts, des diamètres relatifs des fils.
* La surface relative des verrous (ou des empreintes) est égale à l’aire de la projection de l’ensemble
des verrous (ou des empreintes) sur un plan perpendiculaire à l’axe longitudinal de la barre divisée
par l’espacement des verrous et la circonférence nominale de l’armature.
46
4.2.7 - Résistance à la fatigue
Cette caractéristique optionnelle peut faire l’objet d’une attestation sur demande
du producteur d’acier. Elle concerne les aciers de diamètre au plus égal à 16 mm.
Les règles de certification de la marque NF – Aciers pour béton armé définissent
la procédure de vérification de l’aptitude au redressage après pliage.
4.3.1 - Dressage
L’Eurocode 2 Partie 1-1 précise explicitement en 3.2.1 (2) que « les exigences relatives
aux propriétés des aciers de béton armé visent le matériau en place dans le béton
durci ». Cette prescription remplace donc celle, équivalente, de l’article 4.3 de la
norme NF A 35-027 (janvier 2003). Elle signifie en particulier que le dressage ne doit
pas altérer les caractéristiques spécifiées de l’acier. Si le dressage n’est pas effectué
correctement, deux de ces caractéristiques peuvent être affectées :
– la hauteur des reliefs peut se trouver diminuée par écrasement ou abrasion au pas-
sage dans les galets ou les cadres tournants ;
– la ductilité peut être diminuée car le « chicanage » entraîne un écrouissage de
l’acier susceptible de provoquer une réduction de l’allongement sous charge maxi-
male Agt et (ou) du rapport Rm/Re.
Le dressage est donc une opération qui nécessite attention et compétence de la part
des armaturiers.
47
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
4.3.2 - Coupe
4.3.3 - Façonnage
48
Le premier est le tableau 1 de la norme NF A 35-027 (janvier 2003). Ce tableau
reprend les prescriptions qui, jusqu’à 1990, étaient répétées dans chaque « fiche
d’homologation » des aciers à haute adhérence. Ces fiches ont été ensuite rempla-
cées par les certificats NF-AFCAB, (voir 4.4) qui ne comportent plus ces exigences.
Coude Cadre
Ancrage
Épingle
Étrier
49
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
C’est pourquoi cette vérification était un peu tombée dans l’oubli, sans doute quel-
quefois à tort. En pratique, seules les valeurs figurant dans le tableau 7 sont prises
en considération. Ce tableau est souvent reproduit sur les plans. Quand il ne l’est
pas, il est considéré comme implicite.
Les règles de façonnage données par l’Eurocode 2 Partie 1-1 présentent plusieurs
difficultés d’interprétation et d’application dont l’origine se trouve sans doute en
grande partie dans les conditions d’élaboration de ce texte : discussions entre repré-
sentants de nombreux pays, rédaction d’un texte commun en anglais, puis traduc-
tion dans la langue de chaque pays. Les termes techniques utilisés dans une langue
n’ont pas toujours un équivalent exact dans les autres. Il est alors difficile d’at-
teindre la même précision qu’un texte « national ».
50
d – Il n’est également pas nécessaire d’effectuer cette vérification pour toutes les
armatures d’effort tranchant et les autres armatures transversales.
e – Comme indiqué au paragraphe 4.1, les prescriptions de la norme NF A 35-027 ne
s’appliquent pas si elles sont contraires à l’Eurocode. Les diamètres de mandrin
figurant dans son tableau 1 ne sont donc plus considérés comme réglemen-
taires. En dehors des cas cités en « b » et « c » ci-dessus, le diamètre minimal de
façonnage résulte d’une vérification par le calcul.
Les règles d’exécution (nouveau Fascicule 65 A pour les ouvrages de génie civil et norme
ENV 13670-1 pour les bâtiments) se réfèrent à l’Eurocode 2 Partie 1-1.
Le redressage des armatures pliées est un cas de façonnage très particulier car d’une
part il s’exécute sur le chantier et d’autre part, il s’applique à une zone d’armature
qui a précédemment subi un pliage. La norme NF P 18 201 (DTU 21) contient à son
article 5.2.1 les prescriptions suivantes relatives au redressage après pliage :
– les aciers sont aptes au redressage après pliage (mention d’aptitude figurant sur
le certificat NF AFCAB) ;
– un outillage spécifique est utilisé (ce qui exclut le simple tube) ;
– cette opération n’est effectuée qu’une seule fois ;
– la procédure de redressage permet d’obtenir un fonctionnement correct du
béton armé ;
– il n’y a pas de soudure dans la zone de redressage.
Les deux premières de ces prescriptions sont reprises dans le Fascicule 65 A à son
article 63.3.
La norme ENV 13670-1 exige également à son article 6.3 l’emploi d’un outillage spé-
cifique et une procédure de dépliage approuvée. Le nouveau Fascicule 65 A
reprend à son article 63.3 les prescriptions de sa précédente version.
La norme NF A 35-027 (janvier 2003) fixe les valeurs minimales des longueurs
droites qui sont justifiées par des exigences pratiques d’exécution et de sécurité
sur certaines machines de façonnage.
Ces règles restent applicables car elles ne sont pas contraires à l’Eurocode.
51
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Dans les règles BAEL, les ancrages des cadres et étriers font l’objet de prescrip-
tions particulières. Le paragraphe A.6.1,255 de ces règles indique trois solutions
pour réaliser leurs ancrages d’extrémité avec une courbure suivant le rayon mini-
mal (voir tableau 7). Ces ancrages représentés sur la figure n° 14 ne sont pas impo-
sés, mais leur utilisation dispense de justification par le calcul. Leur emploi est de
ce fait généralisé. Aucune des trois solutions n’est mentionnée comme préféren-
tielle, elles sont donc strictement interchangeables dans la plupart des cas. La
position de la « fermeture » des cadres et des étriers n’est pas non plus imposée.
Par exemple dans une poutre fléchie, elle peut aussi bien se trouver dans la par-
tie tendue que dans la zone comprimée. Dans le cas des constructions parasis-
miques les ancrages des cadres font l’objet de règles très particulières.
15 ø
ø
10
5ø
°
135
90
°
ø : diamètre de l'armature
52
5ø 10 ø
10 ø
10 ø 15 ø
L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 8.5 (2) les dispositions applicables aux ancrages
des armatures transversales (voir annexe N° 1).
La figure N° 15 montre les ancrages des cadres préconisés par l’Eurocode 2 Partie 1-1
et met en évidence les changements qui en résultent par rapport aux règles BAEL 91.
10 ø
90°
10
10
ø
135°
10 5ø
ø
150°
5ø 5ø
180 °
Par rapport aux règles BAEL 91, l’Eurocode 2 permet donc de diminuer les lon-
gueurs droites après courbure pour les ancrages à 90° et pour les ancrages pliés à
150° et plus. En revanche, il ne modifie pas l’ancrage à 135°.
53
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
La fermeture avec deux crochets pliés à plus de 135° ne permet pas la mise en place
d’une armature longitudinale dans l’angle. La fermeture avec deux coudes à 90°, avec
une longueur droite après courbure de 10 diamètres, devrait se développer en France
comme c’est déjà le cas dans la plupart des autres pays. Ce serait très souhaitable car
cette disposition facilite l’exécution. Le double crochet à 135°, avec une longueur
droite après courbure de 10 diamètres, comme prévu par les règles BAEL devrait res-
ter aussi utilisé par habitude malgré les inconvénients pratiques qu’il présente.
• Pour les étriers l’ancrage à 150° suivi d’une longueur droite de 5 diamètres devrait
remplacer le crochet à 180°actuellement utilisé.
• Pour les constructions devant résister aux séismes, l’Eurocode 8 prescrit d’utiliser
des ancrages par crochet à 135° suivis d’une longueur droite de 10 diamètres pour
les cadres « de confinement * ». Cette prescription est équivalente à celle des
règles PS 92.
135°
135
10 ø
10 ø
°
135
°
10 ø 10 ø 10 ø
10
10
ø
ø
15 10 ø
150° 0°
5ø
10 ø
5ø
Le tracé, des cadres et des étriers fait aussi l’objet du paragraphe B.6.7,1 des règles
BAEL pour les poutres de bâtiments courants. Cet article prescrit que les cadres
doivent suivre au plus près le contour des pièces. Il autorise aussi des files séparées
d’étriers à condition de les relier par des épingles de liaison. Il n’impose pas non
plus que toutes les files d’aciers longitudinaux comportent des épingles ou étriers.
54
Épingles
Étriers Épingles de liaison Cadres
de montage éventuelles
Cadres, épingles et étriers intérieurs Les armatures d'effort tranchant peuvent être composées
d'une combinaison de :
Cadre exterieur
– cadres, étriers ou épingles entourant les armatures
longitudinales tendues et la zone comprimée ;
– barres relevées ;
– cadres ouverts, échelles, épingles, etc., façonnés sans
entourer les armatures longitudinales mais correctement
ancrés dans les zones comprimées et tendues.
Le paragraphe A.5.4,4 des règles BAEL indique simplement que ces armatures
doivent être placées aussi près que possible des parois en respectant les règles
d’enrobage.
55
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 9.2.3 que les cadres de pièces soumises à la tor-
sion soient fermés et ancrés au moyen de recouvrements ou de crochets.
ou
A1 A2 A3 B
En A.8.1, les règles BAEL demandent que ces armatures assurent le maintien de
toutes les armatures longitudinales de diamètre supérieur à 20 mm vis-à-vis d’un
mouvement vers l’extérieur de la section. Elles ne doivent pas comporter d’angle
rentrant ni de recouvrement parallèle à la paroi.
L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 9.5.3 de maintenir les barres verticales placées
dans les angles et celles placées à moins de 150 mm d’une barre tenue.
Les armatures proches des parements risquent, lors de leur mise en charge, de
générer des poussées susceptibles de faire éclater le béton d’enrobage. L’article
A.7.4 des règles BAEL traite ce sujet qui concerne essentiellement les bureaux
d’études. Les armaturiers doivent aussi s’en préoccuper dans les cas suivants :
– adjonction de barres de montage ;
– proposition de modification de ferraillage pour des raisons de commodité d’exé-
cution.
56
La figure n° 20 représente schématiquement à titre d’exemple un ferraillage de
console comportant deux lits de barres de façonnages identiques. Leur superpo-
sition nécessite un décalage inacceptable du lit inférieur. Ceci peut inciter l’arma-
turier à modifier le lit supérieur en augmentant son rayon de cintrage et en
réduisant de 135° à 90° l’angle de pliage. Il peut en résulter une poussée au vide.
INCORRECT
barres identiques INCORRECT
CORRECT
CORRECT boucles ou U
épingles disposés à plat
Il existe d’autres façons tout à fait correctes de résoudre ce problème tel que la
mise en place d’épingles complémentaires, ou le remplacement des crosses par
des boucles à plat.
57
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
À plier sur
le chantier après
pose des gaines À mettre en place
après pose des gaines
C’est d’ailleurs plutôt pour la fermeture des cadres sur chantier (figure n°21A) que
le risque de non-conformité est important, car il n’existe pas, à notre connais-
sance, de cintreuse portative permettant un façonnage correct dans cette confi-
guration. Pour faciliter la mise en place des armatures longitudinales grâce à des
cadres ouverts, il est préférable de prévoir des cadres en deux parties comme le
montre la figure n°21B.
Les tolérances de façonnage sont fixées par les articles 4.6.3 et 4.6.4 de la norme
NF A 35-027 (janvier 2003) que l’armaturier doit respecter et qui sont rappelées
sur la figure n° 22.
Cette norme fixe aussi des tolérances sur les angles de façonnage des ancrages
(figure N° 23).
58
+ 30 + 30
C C
0 0
+ 30 + 30
D D
0 0 0 0
B B
-10 -20
0 0
A Cas des cadres A
-10 -20
+ 30
A
0
- 30
B
0
+ 30
A
0
Cas général des armatures longitudinales
+ 30
B
0
Cas particulier pour armatures longitudinales
+10°
90°
0
°
+ 10
= –
59
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Nota
Cette norme n’est pas cohérente avec la norme européenne NF EN ISO 4066
qui définit les formes d’armatures par des cotes et non par des angles. Cette
disposition semble cependant utile, car l’emploi des angles, bien que
contraire à la norme, reste courant, et sans doute plus pratique.
Pour les diamètres de cintrage, les valeurs spécifiées (voir 4.3.3.1 ci-dessus), sont
des valeurs minimales. Aucun écart en moins n’est donc accepté.
L’Eurocode 2 Partie 1-1 concerne le calcul et non l’exécution. Il ne contient donc pas
de prescription pour les tolérances de façonnage. Les valeurs fixées par la norme NF
A 35-027 de janvier 2003 (ou sa nouvelle version) restent donc applicables.
4.3.4 - Assemblage
4.3.4.1 - Rigidité
Quel que soit le mode d’assemblage, l’article 4.7 de la norme NF A 35-027 (jan-
vier 2003) et le paragraphe 63.1.1 du Fascicule 65 (août 2000) demandent qu’il
confère aux cages d’armatures une rigidité suffisante pour supporter le transport,
la pose en coffrage et le bétonnage. Ceci impose en général un nombre de points
d’attache ou de soudure entre armatures coupées-façonnées au moins égal à
50 % du nombre de points d’intersection.
Dans le cas courant, les soudures ont uniquement une fonction de montage. Il faut
néanmoins s’assurer que les armatures ne sont pas affectées par le soudage
(réduction de section, perte d’allongement sous force maximale, etc.). C’est pour-
quoi la norme impose en particulier que le petit diamètre à assembler soit supé-
rieur à 40 % du gros diamètre dans le cas de soudure par résistance. Le couple
6-16 mm est cependant admis.
60
La spécification de portée très générale de l’Eurocode 2 Partie 1-1 a été citée à pro-
pos du dressage : « Les exigences relatives aux propriétés des aciers de béton armé
visent le matériau en place dans le béton durci ». Cette exigence inclut en particulier
l’absence d’altération des caractéristiques des aciers lors des opérations de soudage.
Les tolérances dimensionnelles sur les armatures assemblées sont aussi fixées par
la norme NF A 35-027 (janvier 2003), aussi bien pour les positions respectives des
armatures, que pour les dimensions d’ensemble.
0
H
- 20
A 30 C 10
+ 10 4 x C 20 B 20
L
- 30
Bien entendu, dans certains cas très particuliers, des tolérances plus sévères peu-
vent être souhaitées. Le maître d’œuvre doit alors s’assurer qu’elles sont réali-
sables, et les préciser explicitement dans les pièces écrites des marchés. Des
dispositions particulières de production pourront alors être adoptées (gabarits,
contrôle spécifique, etc.).
61
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Si la pose est réalisée à partir d’armatures coupées façonnées, toutes les règles
que nous avons énoncées au sujet du montage doivent évidemment être respec-
tées. Le travail sur site plutôt qu’en atelier nécessite une compétence et une atten-
tion particulières.
Dans tous les cas, les armatures ne peuvent être convenablement mises en place
que si elles ont été conçues et fabriquées de façon satisfaisante. La position des
armatures après bétonnage implique aussi les entrepreneurs chargés des cof-
frages et du bétonnage.
Les normes et autres textes réglementaires formulent des prescriptions qui portent
d’une part sur les enrobages et d’autre part sur les positions des armatures non
concernées par l’enrobage.
4.3.5.1 - Enrobage
Dans des conditions normales, les armatures enrobées dans un béton compact et
non fissuré sont protégées naturellement par un phénomène de passivation qui
provoque la création à la surface de l’acier d’une pellicule protectrice. Cette pelli-
cule est formée par l’action de la chaux libérée par les silicates de calcium conte-
nus dans le ciment sur l’oxyde de fer. La présence de chaux maintient la basicité
du milieu entourant les armatures. Les armatures sont protégées tant que le pH
de ce milieu est compris entre 9 et 13,5. Deux principaux phénomènes peuvent
dans certaines conditions détruire cette protection :
– la carbonatation du béton d’enrobage par absorption du gaz carbonique contenu
dans l’atmosphère ;
– la pénétration des ions chlorures jusqu’aux armatures.
La carbonatation n’est pas nuisible au béton, mais elle entraîne une neutralisation
(chute du pH de la solution interstitielle) du milieu entourant les armatures qui
62
peuvent alors s’oxyder. La progression de la carbonatation se fait depuis l’exté-
rieur de l’ouvrage en contact avec l’air ambiant, vers l’intérieur. La vitesse du pro-
cessus dépend de la teneur en dioxyde de carbone, de la porosité du béton et de
l’humidité relative de l’air.
L’action des chlorures est spécifique à certains environnements tels que la pré-
sence de sels de déverglaçage et surtout les proximités de bords de mer. Les ions
chlorure peuvent migrer depuis la paroi exposée vers les armatures et « dépassi-
ver » l’acier. Ils pénètrent dans le béton par capillarité avec une vitesse fonction de
la porosité du béton. Lorsque la corrosion a débuté, elle produit un gonflement
des armatures qui entraîne un éclatement du béton d’enrobage. La protection de
l’acier disparaît et le phénomène s’accélère.
La durabilité du béton armé nécessite donc que les armatures soient convenable-
ment protégées, ce qui impose en particulier que la distance entre les armatures et
le parement exposé le plus proche (enrobage) soit suffisante. L’armature doit donc :
– être fabriquée de façon à permettre de respecter ces distances ;
– être posée en coffrage en les respectant effectivement, sans écart en moins.
Dans les règles BAEL 91, l’article A.7, 1 précise les enrobages minimaux suivant
les conditions d’exposition.
Épingles
de liaison
évitant les
déformations
Enrobage
Si les conditions d’exposition sont différentes pour les diverses faces d’une pièce
(poutres de façade par exemple), les enrobages peuvent avoir des valeurs diffé-
rentes. Les enrobages minimaux doivent être respectés non seulement par les
armatures, mais aussi par les pièces ou accessoires sujets à la corrosion : man-
chons, ligatures, cales ou boites d’attentes métalliques, etc. Les pièces de grandes
dimensions risquent de se déformer au cours des transports et des manutentions.
C’est pourquoi l’article A.7.1 des règles BAEL précise dans sa partie commentaire
qu’il convient d’utiliser des diamètres plus importants et de prévoir des dispositifs
de maintien convenables (cales ou éléments de montage). Le Fascicule 65 A (ver-
sion août 2000) contient des prescriptions analogues au paragraphe 63.1, et il en
est de même dans le projet de nouvelle version.
63
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
64
Feu u Feu
u u
Feu Feu
Figure 26: distance utile selon les règles: méthode de prévision
par le calcul du comportement au feu des structures.
L’augmentation de l’enrobage est favorable pour la stabilité au feu. Pour assurer celle-
ci, on peut être amené à prévoir des dispositions de ferraillage spécifique telles que:
– des enrobages supérieurs à ceux imposés par la protection contre la corrosion;
– un fractionnement en plusieurs armatures de faibles diamètres. Certaines d’entre
elles seront plus éloignées des parois exposées au feu, en particulier près des
angles saillants où la température est plus élevée. L’espacement de ces armatures
sera parfois plus important que celui habituellement exigé pour permettre un
bétonnage correct.
Figure n° 27: exemples de ferraillages étudiés
en vue de la résistance au feu.
La position du ferraillage est primordiale pour la résistance au feu. Elle doit donc être
précisée au moyen de plans de détail. Elle doit être respectée avec une tolérance de
plus ou moins 10 %. Un calage efficace est indispensable.
65
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
– la régularité du parement ;
– les risques d’abrasion du béton ;
– la composition du béton ;
– la régularité de la surface contre laquelle le béton est coulé ;
– les conditions de surveillance de l’exécution.
Une innovation importante réside dans la prise en compte des tolérances d’exécu-
tion. Pour prendre en compte les tolérances d’exécution, l’enrobage minimal doit
être majoré d’une « marge de sécurité ». On obtient ainsi l’enrobage « nominal ».
La marge recommandée est de 10 mm. Elle peut être diminuée jusqu’à 5 mm lors-
qu’un système d’assurance qualité incluant des mesures d’enrobage des armatures
est mis en place. Les contrôles imposés par les Règles de certification AFCAB « Pose »
répondent à cette exigence.
C’est l’enrobage nominal qui doit être utilisé dans les calculs et qui doit être indi-
qué sur les plans. Il constitue la référence pour la fabrication et pour la pose des
armatures.
La grande variété des cas prévus par l’Eurocode 2 Partie 1-1 peut inciter les bureaux
d’études, dans un souci d’optimisation des structures, à prévoir des enrobages dif-
férents pour les diverses pièces d’un même ouvrage ou bâtiment. Les armaturiers
doivent être vigilants sur ce point. Comme dans bien d’autres cas, il sera important
d’éviter les confusions entre les anciens et nouveaux règlements.
Le projet de nouveau fascicule 65A ainsi que le projet de norme ENV 13670-1
reprennent les prescriptions de l’Eurocode 2 Partie 1-1. Le nouvel ensemble régle-
mentaire concernant l’enrobage est donc totalement cohérent à la fois pour les
bâtiments et pour le génie civil.
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EXTRAIT DU PROJET DE FASCICULE 65 A (au 27/10/2004)
* Concernant les enrobages, la norme EN 1992-1-1 section 4 fournit les définitions suivantes :
– Cmin est l’enrobage minimal ;
– ∆Cdev est la marge de calcul pour tolérances d’exécution ; elle est en général fixée à 10 mm. Si
une valeur plus faible est retenue, elle est portée sur les dessins d’exécution ;
– Cnom = Cmin + ∆Cdev est l’enrobage nominal.
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Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Pour limiter la fissuration, il faut surtout prévoir des armatures de section suffisante
afin que leur contrainte ne dépasse pas les valeurs convenables en fonction des
conditions d’exposition et de la destination de l’ouvrage.
L’Eurocode 2 Partie 1-1 formule en 7.3.3 et 7.3.4 les prescriptions visant à maîtriser
la fissuration. Elles sont plus précises que celles des règles BAEL et consistent à res-
pecter, au choix, un diamètre maximal ou un espacement maximal des barres. Les
valeurs limites dépendent de divers facteurs dont, en particulier, la contrainte de
l’acier et la classe d’exposition de l’ouvrage.
Pour les marchés publics d’ouvrages de génie civil, les tolérances sur la position
des armatures sont données par le fascicule 65 (août 2000) dans son article 64.
Le projet de nouvelle version du fascicule 65A, en date du 27 octobre 2004 men-
tionne les prescriptions dans l’article 7.3.2.1 (reproduit au paragraphe 4.3.5.1).
Les conditions de bétonnage correct sont données par l’article A.7.2 des règles
BAEL et représentées figure n° 28.
c
ø
b
ø ø, a a
c eh ev
ev ≥ max. { a, cg, ø }
cg : grosseur du plus gros granulat
ø : diamètre de l’armature considérée
eh ≥ max. { a; 1,5 cg; ø }
c = max. { e, ø, a }
Figure n° 28 : distances minimales des armatures aux coffrages et entre elles
permettant un bétonnage correct selon les règles BAEL 91.
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Les paquets de barres sont autorisés mais leur emploi est limité par des considé-
rations relatives à l’adhérence. Lorsqu’ils sont utilisés, ils doivent être explicite-
ment représentés sur les plans. Un commentaire de l’article A 7.2 indique : « il y a
toujours intérêt à adopter des distances (des armatures entre elles et entre arma-
tures et coffrage) supérieures aux valeurs minimales indiquées ».
L’Eurocode 2 Partie 1-1 traite en 8.2 les exigences relatives à la possibilité de béton-
nage correct. Ces prescriptions sont représentées sur la figure n° 29.
ev c> 2ø
eh
c eh et ev > max ( 2 ø, dg + 5 mm )
c
Paquets de 3 barres
ev c> 3ø
eh
eh et ev > max ( 3 ø, dg + 5 mm )
c
c
69
Chapitre 4 • Pour une armature conforme
Il est aussi exigé que « lorsque les barres sont placées en lits horizontaux distincts,
il convient de superposer les barres de chaque lit en files verticales en ménageant
entre ces files un espace suffisant pour permettre le passage des aiguilles vibrantes
et assurer un bon compactage du béton ».
Cette condition semble difficile à respecter à la lettre, mais elle fixe l’objectif à
atteindre dans le même esprit que les règles BAEL.
L’emploi de paquets de barres est soumis à des conditions analogues à celles des
règles BAEL.
Ces problèmes ne sont pas toujours bien traités par les logiciels de dessin d’arma-
tures. L’armaturier peut signaler les dispositions qui lui semblent anormales, mais il
ne dispose pas de toutes les informations nécessaires, telles que la composition du
béton (dimension maximale des granulats), les caractéristiques du béton à l’état
frais (consistance) et les conditions de bétonnage.
Malgré leur développement, ces produits ne font l’objet à ce jour d’aucune règle
technique précise. Les procédés diffèrent par la forme et le matériau constitutif de
la boîte et par la façon dont celle-ci peut être retirée.
Leur emploi doit être soumis à l’accord du maître d’œuvre qui prendra essentiel-
lement en considération :
– la qualité de la surface de reprise obtenue ;
– la possibilité de redresser convenablement la partie cintrée des armatures.
Dans tous les cas on exigera que l’acier utilisé soit apte au redressage après pliage.
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Ce chapitre a permis de présenter tous les paramètres qui conditionnent la confor-
mité de l’armature. Cette analyse démontre la nécessité impérative du travail en
commun entre le bureau d’études et l’armaturier en amont de l’exécution. C’est
pourquoi la norme NF A 35-027 mentionne l’analyse des plans parmi les opéra-
tions de fabrication.
La certification NF - Aciers pour béton armé, gérée par l’AFCAB, garantit que les
produits certifiés :
– sont conformes à leur norme de référence : caractéristiques mécaniques, masse
linéique, analyse chimique, caractéristiques géométriques, non fragilité, souda-
bilité, aptitude au redressage après pliage (optionnelle), résistance au cisaille-
ment des soudures et dimensions des treillis soudés ;
– ont une origine identifiable et sont contrôlés.
Chaque acier certifié est identifiable par une marque de laminage spécifique à
chaque producteur et par un étiquetage NF – AFCAB. Il fait l’objet d’un certificat
délivré par l’AFCAB qui précise :
– sa dénomination ;
– l’usine productrice ;
– les caractéristiques certifiées ;
– la marque de laminage ;
– les conditions de validité.
La liste des certificats est consultable sur www.afcab.org
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Chapitre 4 • Pour une armature conforme
0 3 2 1
0 3 5 7
Chaque fardeau ou paquet d’armatures comportent une étiquette sur laquelle sont
présents :
– le logo de la marque NF ;
– la mention « NF A 35-027 » ;
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– la portée du certificat (catégories et opérations couvertes, par exemple :
Armatures sur plan coupées façonnées) ;
– le nom de l’usine et de la société titulaire du certificat ;
– le numéro de certificat
– pour les armatures sur plans, les indications spécifiées à l’article 9 de la norme
NF A 35-027 (nom du client, nom du chantier, numéro du plan, référence de l’ar-
mature, etc.) ou pour les armatures sur catalogue, la référence du produit.
Dans le cadre de la certification NF-Armatures, l’AFCAB exige des essais de pliage et de trac-
tion pour vérifier les caractéristiques des armatures après soudage. L’AFCAB supervise
aussi la qualification des soudeurs.
Elle garantit que les aciers et les armatures posés par l’entreprise certifiée :
– sont conformes à leurs normes de référence ;
– sont posés en respectant les plans, les règles de béton armé, les règles de mise
en place des accessoires (notamment les manchons) ;
– sont parachevés sans altération des aciers ;
– sont contrôlés après la pose.
Pour les ouvrages de génie civil faisant l’objet d’un marché public de travaux, le
fascicule 65 A :
– impose d’utiliser des aciers et des dispositifs de raboutage certifiés ;
– conseille fortement de choisir un atelier d’armatures bénéficiant de la certifica-
tion NF – Armatures. Dans ce cas, ces produits ayant été contrôlés dans le cadre
de la certification, ils ne feront l’objet que d’une vérification d’identification et
d’aspect ;
– impose dans le cas d’autres provenances, une réception des armatures par lots
suivant les règles très contraignantes définies par la norme NF A 35-027 ;
– conseille fortement de recourir à des entreprises de pose bénéficiant de la certi-
fication AFCAB – Pose des armatures du béton ;
– impose aux maîtres d’œuvre, dans le cas contraire, une acceptation sur la base
des critères du règlement de certification et du contrôle de la pose des arma-
tures du béton de l’AFCAB.
Dans tous les cas, les garanties apportées par les certifications de l’AFCAB
sont un gage de qualité pour les entreprises, les maîtres d’œuvre, et les don-
neurs d’ordre. Elles sont de ce fait souvent imposées par les cahiers des
charges des marchés.
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