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Synthese Philosophie MODERNE Et CONTEMPORAINE

Ce document constitue une synthèse du cours de philosophie moderne et contemporaine. Il résume les idées de Descartes sur le doute hyperbolique et la certitude du cogito, ainsi que la proposition de Spinoza selon laquelle l'esprit et le corps ne sont qu'une seule et même chose.

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Synthese Philosophie MODERNE Et CONTEMPORAINE

Ce document constitue une synthèse du cours de philosophie moderne et contemporaine. Il résume les idées de Descartes sur le doute hyperbolique et la certitude du cogito, ainsi que la proposition de Spinoza selon laquelle l'esprit et le corps ne sont qu'une seule et même chose.

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Par Sevasti Diakovasiliou

Philosophie (2e semestre) : synthèse


Ce document constitue une synthèse du cours de philosophie moderne et
contemporaine, et non un syllabus avec des détails. Il a été élaboré sur base de mes
notes de cours personnelles ainsi que du syllabus de M. Pelletier et celui de M.
Debaise.

Philosophie moderne
Je me contente de répondre aux questions données par monsieur Pelletier pour cette partie
puisque ce sera l’une d’entre elles à l’examen. Il y a des éléments qui peuvent se retrouver
dans plusieurs questions, c’est normal car j’essaie d’être complète à chaque fois.

De quelles certitudes le monde est-il susceptible selon Descartes ?

Descartes a écrit les Méditations, ce ne sont pas des résultats de réflexions mais c’est
un sujet qui médite qui découvre et progresse (sous forme de thèses).
Le but est d’établir quelque chose de ferme et constant dans les sciences  une
norme.
Distinguer l’âme du corps et le démontrer, c’est établir que l’on peut connaître le
corps indépendamment de l’âme.

Le problème de la certitude : le sujet semble bien disposer d’un certain nombre de


certitudes constantes (maths, existence d’un monde extérieur).

 Niveau 1 : Niveau ontologique. (Niveau des choses, des objets, contenus de


nos pensées)
 Niveau 2 : Niveau Sémantique. (le fait de formuler des énoncés sur les
choses. Ils ne sont pas infaillibles.)
 Niveau 3 : Niveau Aléthique - niveau de la vérité. (La vérité ne concerne que
des propositions. Les choses ne sont jamais vraies ou fausses, les choses sont
ou ne sont pas. Descartes a dit : « je pense donc je suis »)
 Niveau 4 : Niveau de certitude de la vérité (adhésion subjective à une
proposition. On devrait dire « être certain d’un énoncé, d’une phrase »
Parfois on est absolument certain de certaines choses absolument fausses.)

Le doute hyperbolique consiste à rejeter comme fausse toute connaissances en


lesquelles on peut imaginer une raison de douter, une possibilité d’erreur (pas d’un
point de vue de certitude psychologique). Le sujet ne doute pas du fait d’avoir des
mains, mais en a-t-il de façon infaillible ?
Il finira par la rejeter et la qualifier de ridicule.

On peut imaginer douter d’un point de vue :


 Connaissance sensible avec les illusions des sens
 De l’existence des choses extérieures avec les rêves ou bien la folie
 Connaissance intellectuelle avec les erreurs en maths par exemple

1
Par Sevasti Diakovasiliou

La généralisation des possibilités d’erreur est représentée sous forme d’un mauvais
génie qui emploie toute son industrie à me tromper.
Mauvais génie : incarnation de l’infinité de raisons possibles de douter d’un énoncé
(même celles que je ne sais pas).

I. Vérité-correspondance : la correspondance à l’état des choses  le ciel est


bleu.
II. Vérité-cohérence : cohérence dans un certain corps  les connaissances
intellectuelles. (invalide en cas de perturbation permanente de l’esprit)

Les vérités éternelles = les connaissances intellectuelles

Ces deux points ci-dessus ont été rejetés, puis légitimés.

Le sujet dispose d’un critère du faux mais ne dispose plus d’un critère du vrai au sens
d’une règle. Il ne dispose que d’un caractère du vrai.

Le problème semble insoluble.

A la fin des méditations, l’existence des choses matérielles est probable. Une
perception sensible ne me donnera qu’une certitude morale (vérité non justifiée de
type démonstratif).
Certitude morale >< Certitude métaphysique (supérieure)
 vérité justifiée de façon
démonstrative, mathématique
L’argumentation du rêve est non levée.
Le scepticisme métaphysique ne peut être réfuté infailliblement : il n’y a que des
présomptions – concordantes – de l’existence des choses extérieures par la liaison
entre nos pensées, mais aussi par la variété et la vivacité de leur contenu ou encore
par leur caractère involontaire.
L’existence des choses extérieures repose sur notre pratique (usage du monde). Les
critères invoqués par Descartes justifient qu’il existe des choses extérieures à mon
esprit et non des choses matérielles en dehors de moi. Quelque chose en dehors de
mon esprit suscite des pensées. Il y a des connaissances qui resteront toujours
faillibles : celles qui nous paraissent plus évidentes.

On peut connaître les propriétés de quelque chose sans savoir si cette chose existe
réellement. Descartes garantit l’objet de la science pure indépendamment de
l’existence des choses matérielles.

Quelle est la fonction du cogito cartésien?

est nécessairement vrai toutes les fois que je le


prononce/conçois dans mon esprit.
Il y a, dans cette proposition, deux vérités consécutives :
I. Je suis : indubitable toutes les fois où je le prononce, conçois dans mon esprit.

2
Par Sevasti Diakovasiliou

 Le fait même de l’existence de mes pensées est indubitable, quelles


qu’elles soient en particulier si le contenu est tenu pour faux dans le cadre
du doute radical.
II. J’existe
 « je suis » dégage un présupposé existentiel, le contraire serait inconscient
(« je n’existe pas » : ce serait inconscient)

L’argumentation du cogito a la forme d’une inférence du conditionné à sa condition.


 L’opération de liaison immédiate de l’esprit (impossible à défaire) « intuition »,
comme lorsqu’on voit quelque chose tout d’un coup.
 L’immédiateté de la saisie de cette vérité n’exclut pas la diversité et la
complexité du contenu. Cette vérité porte inférence car puisque je pense, c’est
donc que je suis.

Enjeu du cogito :
Non pas de prouver l’existence du sujet méditant mais d’établir une première vérité
indubitable à partir de l’évidence de l’existence de mes pensées et du sujet des
pensées pour en former une première vérité.
 avoir des pensée suppose que j’existe  je suis est indubitable
 que pour autant que je pense quelque chose : je
suis pensant (2e vérité indubitable)
Le point de départ de l’argument donné par n’importe quel acte de pensée (et non
pas par n’importe quel acte d’existence) indépendamment de son contenu.

L’âme se sait exister  première vérité indubitable du cogito

 La certitude d’un acte : acte de penser (et de douter, d’imaginer etc.) car il est
évident que c’est moi qui fait ces actes.

Conscience : certitude des actes qui m’appartiennent. La conscience n’est pas


une essence de l’esprit mais un critère pour identifier les actes certains de
l’esprit.

 La certitude d’une vérité d’un énoncé : « je suis, j’existe »

 Dans l’hypothèse d’un malin génie, comment suis-je certain dans les deux cas ?
« Je suis, j’existe » sont des certitudes claires et distinctes et le malin génie ne peut
rien faire. Une illusion n’est jamais clairement claire et distincte.
- claire : identification d’un objet de pensée.
- distincte : identification complète.

On peut connaître les propriétés de quelque chose sans savoir si cette chose existe
réellement. Descartes garantit l’objet de la science pure indépendamment de
l’existence des choses matérielles.

Spinoza soutient que « l’esprit et le corps sont une seule et même chose ».
Expliquez cette proposition et les arguments qui la justifient. Ces arguments
sont-ils valides selon vous?

3
Par Sevasti Diakovasiliou

 Monisme : un seul type d’identité au monde. (Spinoza est moniste)


 Idéalisme : tout est de nature mentale.
 Physicalisme : tout est de nature physique
 Physicalisme réductionniste : l’esprit se réduit à des opérations
mentales de nature physiques.
 Physicalisme éliminativiste : l’esprit lui-même est un terme sans référent
et à éliminer.
 Dualisme : Il y a au moins deux entités distinctes irréductibles : l’esprit est distinct
du corps. Cette option semble plus évidente, elle n’est pourtant pas celle de
Spinoza.

Il y a deux hypothèses :
 Hypothèse 1 : relation de causalité psycho-physique en tant qu’ils sont
réellement distincts.
 Hypothèse 2 : aucune relation de causalité entre le corps et l’esprit car ce sont
deux expressions différentes d’une seule et même réalité traversée par un seul
et même type de causalité. Il y a un parallélisme corps-esprit. Il n’y a pas de
liens psycho-physique mais juste un parallélisme.

La deuxième hypothèse est celle que soutient Spinoza. Il rajoute que ceux qui sont
pour la première hypothèse n’ont pas de preuve.
Le fait que nous percevons une causalité psycho-physique ne signifie pas la relation
dans les choses.
Les dualistes pensent qu’il y a d’abord un phénomène du cerveau, puis vers la
conscience et pour finir vers le corps. Spinoza n’est pas d’accord avec cela. Il dit que
le corps et l’esprit concordent mais l’un n’influence pas l’autre.

Justifions le parallélisme :
 Personne ne connaît à 100% le corps.
 Il ne faut pas confondre l’ordre de nos perceptions et l’ordre des affects réels
que nous ignorons.

Il y a les affects du côté du corps et les affects du côté de l’esprit.


Si quelque chose se passe dans le corps, il se passe aussi dans l’esprit. Les affects
sont des variations et pas des états.
Etre joyeux c’est voir sa puissance d’agir augmenter.

Dans la nature, il y a une cause nécessaire sur un corps et ce corps est capable de
produire les effets requis.

3 noms d’une seule Volonté esprit seul


et même chose  Appétit corps seul Conatus ou effort
le conatus qui Désir conscience seule
définit l’essence de
chaque chose.

Il y a les affects positifs et les affects négatifs.

4
Par Sevasti Diakovasiliou

L’amour est une joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure.  L’amour
augmente la puissance d’agir.
L’idée ne correspond pas à l’objet car on peut se tromper sur l’idée de notre amour.

« Brandon (B) aime Kelly (K). Kelly aime Brandon, mais développe une passion
envahissante pour Axl (A), chanteur bien connu. Brandon devient jaloux, puis
quitte Kelly, qui est très triste. » Comment Spinoza expliquerait-il
l’enchainement de ces affects?

Toute notre vie affective devrait être expliquée naturellement par des relations de
causalité nécessaires. Tout affect (joie, amour etc.) doit pouvoir être définit du côté
du corps et de l’esprit.

Expliquons d’abord les affects :


Il y a les affects du côté du corps et les affects du côté de l’esprit.
Si quelque chose se passe dans le corps, il se passe aussi dans l’esprit. Les affects
sont des variations et pas des états.
Etre joyeux c’est voir sa puissance d’agir augmenter.

Dans la nature, il y a une cause nécessaire sur un corps et ce corps est capable de
produire les effets requis.

3 noms d’une seule Volonté esprit seul


et même chose  Appétit corps seul Conatus ou effort
le conatus qui Désir conscience seule
définit l’essence de
chaque chose.

Il y a les affects positifs et les affects négatifs.


L’amour est une joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure.  L’amour
augmente la puissance d’agir.
L’idée ne correspond pas à l’objet car on peut se tromper sur l’objet de notre amour.

« Brandon aime Kelly. »  L’amour de Brandon pour Kelly est une idée de joie
accompagnée de l’idée d’une cause extérieure qui est Kelly. L’amour augmente la
puissance d’agir.
« Brandon est jaloux. »  La jalousie est une idée de tristesse (affect négatif)
accompagnée de l’idée d’une cause extérieure : la passion de Kelly pour Axl.
« La passion de Kelly pour Axl. »  L’amour (passion) de Kelly pour Axl est une idée
de joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure qui est Axl. L’amour augmente
la puissance d’agir. Mais elle ne connaît probablement pas Axl  l’idée ne
correspond pas à l’objet car on peut se tromper sur l’objet de notre amour.
« Kelly aime Brandon, mais développe une passion envahissante pour Axl »  les
affects changent car ils ne sont pas des états mais des variations.
« Kelly est triste lorsque Brandon la quitte. »  La tristesse diminue la puissance
d’agir. Kelly s’est probablement trompée sur l’objet de son amour en développant
cette passion pour Axl.

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Par Sevasti Diakovasiliou

La notion de libre-arbitre : exposez ce qu’elle signifie, les raisons pour


lesquelles Spinoza la rejette et celles pour lesquelles Kant la défend. (Qu’en
pensez-vous) ? (QUESTION POSEE EN JUIN 2015)

Libre-arbitre : Volonté se déterminant par elle-même indépendamment des


circonstances.

Spinoza
Pour Spinoza, le libre-arbitre n’est qu’une illusion. Il n’y a que des causes efficientes.
Tous dans la vie n’est le produit que de causes nécessaires desquelles nous naissons
ignorants.
Nous agissons en vue d’une fin car nous avons conscience qu’il y en a une mais nous
ignorons les causes réelles derrière cette conscience. L’esprit ne se réduit pas à la
conscience que nous en avons.
Pourquoi aime-t-on le café ? Parce qu’il y a un processus physique dans notre corps
mais nous n’en sommes pas conscients.
Aucun de nos actes n’est justifié par la conscience que l’on en a.

L’âne du libre arbitre : imaginez un âne qui est affamé et qui se trouve à égale distance de deux seaux
d’avoine. L’expérience de pensée dit que l’âme ne pourra pas se décider à aller soit à gauche ou à
droite car il n’a aucune raison d’aller plus à gauche qu’à droite. L’âme est donc dépourvue de libre-
arbitre. L’homme aurait le pouvoir d’agir et d’initier un mouvement même si toutes les conditions sont
égales de part et d’autres. Nous avons une capacité de juger indépendamment des circonstances.
Paradoxe : Si on prend un choix et qu’on est pas totalement convaincus, on ne se
sent pas libre.

La première thèse est la fiction de la réduction de l’esprit à la conscience. Il y a un


décalage entre ce de quoi j’ai conscience et les mécanismes effectifs qui me
conduisent à cette action.

avoir une puissance d’agir ≠ les choix (avant les actes) totalement libres de toute
détermination extérieure.

Expérience de Libet : Montrer qu’il y a toujours une activité neuronale qui précède la conscience de
nos actes. Nous avons un sujet qui a des électrodes sur le cerveau et on a demandé au sujet: de lever
la main et de noter en regardant une pendule le moment où la personne est consciente qu’elle est en
train d’appuyer sur le bouton et de noter le temps (heure) de la conscience. On remarque qu’il y a un
tout petit temps de décalage entre le temps de la conscience et le temps d’action.
Elle montre que l’action a lieu un peu après l’acte. L’activité du cerveau concernant les mouvements
qui a été mesurée par l’électrode a été mesurée avant la conscience. Avant que la personne ne le dise,
le cerveau était déjà en train d’activer le corps. Il y a des phénomènes du corps, de mouvements, qui
se produisent avant-même que l’on en ait une conscience intentionnelle.
Comment interpréter ces résultats :
 Pas de libre arbitre car la source des actes n’est pas la
conscience.
 Le libre arbitre n’existe pas
J’ai la conscience d’agir librement car je ne perçois rien d’autre qui ne me détermine
que moi-même mais j’ignore les causes efficientes qui agissent sur mon esprit au-
delà ce que je sais.

6
Par Sevasti Diakovasiliou

Kant
Répondre à la question « qu’est-ce que l’homme ? », c’est répondre à la question de
l’espérance, du devoir et de la connaissance.
Le bonheur est la connaissance adéquate de son esprit et de son corps (plus je sais,
plus je suis heureux)
 Usage nécessaire : volonté qui accomplit tous ce qui est nécessaire en vue
d’une fin.
 Usage libre : n’a de justification qu’en elle-même. Une fin étrangère ne justifie
pas l’acte. La volonté n’est pas influencée par quelque chose d’extérieur.

Impératif : détermination contraignante de la volonté (expression du devoir)


Impératifs hypothétiques (hétéronomie de Impératifs catégoriques : action
la volonté) : l’action comme moyen nécessaire à elle-même, sans rapport à
nécessaire en vue d’une fin. « Si tu veux a, un autre but. « il faut que a»
alors fais b »

Impératifs Impératifs
techniques : lorsque pragmatiques : la fin
la fin et les moyens visée est certaine et
sont précisément non-déterminée et
déterminés. « que les moyens sont
dois-je faire pour donc indéterminés
réparer ma et incertains. « que
voiture ? » ou « si tu faire pour parvenir
veux réussir ton au bonheur ? »
examen, étudie
bien »
REGLES CONSEIL LOI

Agir librement, c’est être à l’origine de ses propres actes  agir d’après une loi que je
me donne moi-même.
Autonomie de la volonté : le sujet est le moyen d’une fin qu’il n’a pas choisie, ce qui
est différent du fait d’agir nécessairement (agir d’après un motif, une inclination, une
tendance que je n’ai pas choisie moi-même  imposées à moi)

Selon Kant, agir moralement, est-ce renoncer à être heureux ?

moral ≠ bonheur
 subjectif, toujours contingent et c’est une projection de
l’imagination

rationalistes ≠ intuitionnistes
être conscient de son action = agir on a beau être conscients de nos
moralement choix moraux mais nous ne sommes
pas toujours conscients des principes
qui les justifient même si nous faisons
comme si nous étions conscients.

7
Par Sevasti Diakovasiliou

Position conséquentialiste : action Position déontologique : s’interdire de


guidée par le fait de faire le moins tuer, par exemple, quelques soient les
de mal au final, même si je dois en conséquences.
faire moi-même de sorte à ce qu’il y
en ait moins au final. On calcule les
conséquences.

 Moral déontologique : refuser tout mal indépendamment des conséquences.


 Moral catégorique : indépendante des circonstances.
En cas de désaccord logique, la morale est différente.
Si l’on veut penser quelque chose comme morale, en pratique, il faut suivre une de
ces deux morales.
Cas 1 : Un tramway est lancé à pleine vitesse en descente. Ses freins ont lâché. Il se dirige tout droit
vers un groupe de cinq personnes qui ne pourront se dégager à temps (et mourront assurément).
Vous êtes le conducteur de la machine folle et vous avez la possibilité, en appuyant sur un bouton,
d'actionner un aiguillage qui vous conduira sur une voie parallèle sur laquelle ne se trouve qu'un seul
piéton.
Que faites-vous : restez-vous sur la voie ou changez-vous de voie ?
(voir cas 2 page 57 du syllabus)

Dans l’exemple du tramway, on préfère tuer une personne plutôt que cinq mais on ne
pense pas à si ça apporterait plus de mal…
Nous sommes incapables de connaitre les conséquences de nos actes.

Un acte n’est pas moral lorsqu’il n’est pas libre (lorsqu’il est hétéronome). Par ex :
vouloir ce qui nous fait plaisir et pas raison.

Le suicide ou l’euthanasie sont immoraux car :


 C’est une grande passivité face à l’adversité.
 On se considère soi-même comme moyen pour supprimer ses souffrances.
 Ce n’est jamais par choix qu’on le fait mais par une somme trop importante
d’affects négatifs.

Être généreux ou honnête n’est pas moral en soi-même car cela dépend de
l’attention avec laquelle on accomplit cet acte.

Un acte moral est un acte bon en lui-même.


Seul l’attention et le principe selon lequel on justifie l’acte fait que cet acte sera
considéré comme moral ou pas.

Loi morale kantienne :


 Si je peux universaliser mon acte.
 Principe de la dignité humaine : traiter l’autre comme on aimerait être traité
par ce dernier. Comme une fin, un but et jamais comme un moyen.
 Les actes moraux le sont en vertu d’une certaine forme.

Le vol est immoral parce que je ne peux pas universaliser la maxime. Le voleur
dépossède quelqu’un d’un droit de propriété et si j’universalise alors il n’y a plus
aucun droit de propriété. « si je vole, je me vole »

8
Par Sevasti Diakovasiliou

Idée kantienne : envisager les conséquences possibles de mon acte si tout le monde
agissait comme ça.

Acte moral : pas possible dans le conséquentialisme car la maxime ne peut pas être
universalisée.

Tous les éléments qui font partie du bonheur sont en partie empiriques. Tous les
éléments qui font partie du bonheur sont en partie empirique. L’idéal d’un maximum
de bien-être présent et futur que je ne connais pas vraiment. La question du bonheur
est inévitable pour l’imagination. Personne ne peut dire en termes précis et
cohérents ce qu’il veut et désire véritablement.

Exposez la preuve cartésienne de l’existence de Dieu (5e Méditation), puis les


critiques formulées par Leibniz et Kant à son endroit. Ces critiques sont-elles
justifiées ?

Preuves selon Descartes :


I. J’ai l’idée d’un être souverainement parfait.
II. Je peux concevoir que l’existence (qui compte parmi les perfections) puisse
être séparée de l’essence de cet être souverainement parfait.
III. Dieu existe en tant que souverainement parfait.

Ces maximes ne valent pas par elles-mêmes mais parce qu’elles permettent d’établir
l’existence d’une cause infinie en dehors de mon esprit.
La règle générale de vérité soit elle-même infaillible : « On peut connaître les
propriétés de quelque chose sans savoir si cette chose existe réellement. Descartes
garantit l’objet de la science pure indépendamment de l’existence des choses
matérielles. »

Kant rejette le premier argument : l’existence n’est pas un prédicat et que l’on parle
de Dieu ou de 100 thalers, il s’agit d’une possibilité d’existence et non d’une
existence certifiée à 100%.
Mais Descartes rejette cela aussi car il a écrit « ma pensée n’impose aucune nécessité
aux choses ». Comment concilier ce qu’il dit ici et le premier argument ?
Descartes pense l’inséparabilité par l’essence autrement que sur le mode de
l’inclusion d’un prédicat dans un concept. L’existence n’est pas comprise dans le
concept mais elle est inséparable. Je peux penser à des choses qui n’existent pas.
Quand je pense à quelque chose, je ne pense pas un contenu mais aussi la manière
dont un objet pourrait exister.

Je peux penser :
Chimère  existence impossible [contradiction]
Triangle  existence possible [non-contradictoire]
Dieu  existence nécessaire [le contraire est impossible]

9
Par Sevasti Diakovasiliou

Les choses imposent le mode d’existence à ma pensée. Penser à Dieu, c’est penser à
un Dieu qui existe et ma pensée n’exprime alors que la nécessité inhérente à la chose
que je pense.
Les pensées sont des modes de l’esprit mais leur contenu n’est pas arbitrairement
inventé par moi-même puisque la manière dont mes objets existent est une donnée.
 modalités : possible ou impossible /
nécessaire ou contingent
En revanche, Kant, (contrairement à Descartes) accepte l’inclusion d’un prédicat dans
un concept.
Les preuves d’existence de Dieu sont en réalité des conditions de possibilité
d’existence.
En conclusion : on peut penser que « Dieu existe comme x » et non que Dieu existe
tout court. Elles explicitent les conditions de pensabilité.

Leibniz commente « … être souverainement parfait… » et se demande : est-ce juste


des mots ou un vrai concept ? Car tout le monde comprend « un être
souverainement parfait » mais à quoi renvoie-t-il ?
{cf. le nombre le plus grand : nous comprenons tous, mais à quoi renvoie-t-il ?}

Les preuves de Leibniz sont les suivantes :


 La perfection doit être une qualité simple et unique. Si l’on considère les
attributs divins traditionnels (bonté etc.), ils sont infinis.
 Toutes les perfections, peuvent-elles être pensées ensemble ?
 On ne peut démontrer aucune proposition universelle dont les termes ne sont
pas analysables.
 Seules les propositions universelles sont indémontrables et nécessaires.

Les propositions :
 Si les termes inanalysables comme A et B sont incompatibles, alors c’est faux.
 Quelques soient les perfections « A et B sont compatibles », l’être tout parfait
est pensable.

Une perfection doit être pensée comme simple  inanalysable.


Toute démonstration rationnelle suppose l’analyse des termes de l’énoncé jusqu’à
montrer l’inclusion du prédicat dans le sujet selon le modèle A est B, or B est C donc
A est C.

Quelle solution Leibniz apporte-t-il au problème du comptabilisme (entre


liberté et déterminisme)?

Il y a deux problèmes majeurs : la liberté humaine et l’existence du mal.


Comment cet être parfait (Dieu) peut-il être compatible avec cela ?

Comptabilisme : Comment la vie humaine peut-elle être compatible avec le


déterminisme divin ?
Concurrentisme : Dans quelle mesure Dieu concourt-il de manière causale à la
production des actions humaines ?

10
Par Sevasti Diakovasiliou

Leibniz va réfuter le fait que Dieu soit l’auteur du mal.


La science divine est la théorie de ce que Dieu sait.

 Nécessité absolue : Les choses arrivent/existent dans tous les cas, c’est
impossible autrement. Par ex : 3 x 3 = 9
 Nécessité conditionnelle : Le fait que les choses arrivent nécessairement si
Dieu a prévu qu’elles arriveront ainsi.

Tous ce qui arrive dans le monde est nécessaire pour Dieu.


Prévision divine ≠ Prédétermination divine
Dieu pré-voit tous les mondes possibles, il voit à Dieu ne prédétermine pas
l’infini. Il y a un monde pour chacune de ces les actions humaines mais
actions et la moindre petite action qui change fait il voit ou pré-voit ce que
basculer dans un autre monde. font les hommes dans le
meilleur des mondes
Ces mondes sont hypothétiquement nécessaires possibles et le choisit.
du point de vue de Dieu.

Ces mondes possibles n’existent que dans


l’entendement divin : il existe un monde (actuel)
où je suis en train de lire maintenant ces lignes,
mais il existe une infinité d’autres mondes où je
vais autre chose exactement en ce même moment.

Dans chacun de ces mondes les hommes agissent


librement, les actions ne sont donc pas
prédéterminées.

Ayant pré-vu tous ces mondes, Dieu choisit de


créer le meilleur de tous (celui qui contient le plus
de réalités).

Et la liberté humaine ?
Il n’y a pas de déterminisme absolu. La science n’établit que des régularités (on
n’exclut pas de contingence). Si je savais d’avance toutes les nécessités qui
s’appliquent à moi, mes actions seraient prévisibles et je ne serais pas libre. Dans la
mesure où nous ne connaissons rien de ce qui est prévu, des circonstances
particulières infinies qui entrent dans nos actions présentes, on ne peut pas savoir si
l’action arrivera avec ou sans concourt actif  l’argument paresseux est réfuté.
J’ignore ce qui est prévu, en particulier si tel évènement arrivera grâce à/à cause de
moi.
Je ne peux pas justifier mon inaction car j’en ignore le détail. Je dois agir en
supposant que ma volonté est efficace.

Selon Kant, la métaphysique n’est-elle qu’une question de mots?

Aucun philosophe n’a encore compris cette question car aucun n’a compris la nature
de nos connaissances.

11
Par Sevasti Diakovasiliou

Le problème chez les modernes est l’origine de la connaissance. Personne ne sait


réellement quel est le processus réel de la connaissance mais les empiristes et les
rationalistes produisent des hypothèses.

Les empiristes disent que toute connaissance repose sur l’expérience.


Les rationalistes disent qu’il y a des connaissances indépendantes de l’expérience.

Les objets (de l’expérience sensible) se règlent sur nos facultés à connaître. Les maths
sont des connaissances à priori aussi car les objets de l’arithmétique valent aussi dans
l’expérience.
Il n’y a pas de connaissance métaphysique sur Dieu.

Kant va constater ce combat entre empiristes et rationalistes de la connaissance et en


particulier de la connaissance métaphysique.
Si la connaissance doit être à priori, elle doit être universelle et nécessaire, comme en
maths ou en physique.
Les connaissances empiriques ne sont si universelles, ni nécessaires, ce sont juste des
connaissances probables et générales.
Le soleil se lève tous les matins. Il s’est levé hier matin, il s’est levé ce matin aussi et j’en conclus donc
de façon empirique qu’il se lèvera demain aussi.
Si j’ai des connaissances astronomiques, je peux justifier que le soleil se lèvera bien demain et dans ce
cas, ce ne sera plus probable mais certain car mon information sera universelle et nécessaire.

Personne n’a été convaincu par la connaissance de Dieu  la métaphysique semble


vaine. La métaphysique est inévitable car elle est inscrite au cœur de la raison même.
La raison exige des objets tels que Dieu, le monde, l’esprit. La raison désire connaître
de façon totale et inconditionnée.
On recherche quelque chose comme la connaissance définitive et on produit des
objets tels que Dieu, le monde et l’esprit. Ces objets ne sont pas fictifs car ils sont
suscités par la raison.

Dieu  existence
Monde  liberté
Esprit  immortalité de l’âme

Kant va fermer le chapitre ouvert par Aristote et va redéfinir la métaphysique.


La métaphysique est la discipline qui va s’occuper de mettre des limites entre les
connaissances objectives (au sens strict) et entre ce qui n’est pas des connaissances.
Il n’y a de connaissance que sur les objets de l’expérience.

Exposez les arguments principaux en faveur des positions empiriste et


rationaliste. Est-il possible de trancher le débat?

Les empiristes disent que toute connaissance repose sur l’expérience.


Les rationalistes disent qu’il y a des connaissances indépendantes de l’expérience. Ce
point de vie est plus général est nécessaire.

12
Par Sevasti Diakovasiliou

Kant va constater ce combat entre empiristes et rationalistes de la connaissance et en


particulier de la connaissance métaphysique.
Si la connaissance doit être à priori, elle doit être universelle et nécessaire, comme en
maths ou en physique.
Les connaissances empiriques ne sont si universelles, ni nécessaires, ce sont juste des
connaissances probables et générales.

Le problème de Molyneux
Supposez un aveugle de naissance, qui soit présentement homme fait, auquel on ait appris à
distinguer par l'attouchement un cube et un globe, du même métal, et à peu près de la même
grosseur, en sorte que lorsqu'il touche l'un et l'autre, il puisse dire quel est le cube, et quel est le
globe. Supposez que le cube et le globe étant posés sur une table, cet aveugle vienne à jouir de la
vue. On demande si en les voyant sans les toucher, il pourrait les discerner, et dire quel est le globe et
quel est le cube.
La nuance manquante de bleu
Supposons donc un homme qui ait joui de la vue pendant trente ans et qui soit devenu parfaitement
familier de couleurs de toutes sortes, sauf d'une nuance particulière de bleu, par exemple, qu'il n'a
pas eu l'occasion de rencontrer. Plaçons devant lui toutes les diverses nuances de cette couleur, à
l'exception de cette nuance inconnue, dans une gradation descendante de la plus foncée à la plus
claire. Il est évident qu'il percevra un vide là où la nuance de couleur doit se trouver […]. Cette
personne, par sa seule imagination, sera-t-elle capable de produire par elle-même l'idée de cette
nuance particulière, bien qu'elle ne lui soit jamais parvenue par ses yeux? Je crois que peu nombreux
sont ceux qui penseront qu'elle ne le peut pas.

La raison ne recueille pas seulement des propriétés aux objets, elle leurs impose une
forme aussi. Il n’y a de connaissance que pour les objets de l’expérience.

La pièce noire et blanche de Mary


Mary est une neuroscientifique qui a passé toute sa vie dans une même pièce où tout est blanc et
noir. On suppose donc qu’elle n’a fait l’expérience que de ces deux seules couleurs pendant toute sa
vie. Elle a pu acquérir, au travers de livres et d’écrans en noir et blanc, toutes les connaissances
possibles sur la physique de la vision des couleurs : elle connaît les différentes longueurs d’onde qui
correspondent aux prédicats « bleu », « rouge », etc. ; elle connaît exactement le mécanisme physique
de la rétine qui produit une information neuronale et la manière dont celle-ci est travaillée dans le
cerveau, etc. Par exemple, si on lui transmet le scanner (noir et blanc) du cerveau d’une personne, elle
peut dire s’il regarde du bleu ou du rouge.
Que se passe-t-il lorsque Mary quitte sa pièce et voit les couleurs pour la première fois ? « Il semble
évident qu’elle va acquérir une nouvelle connaissance du monde et de notre expérience visuelle de
celui-ci. Mais il est alors inévitable que sa connaissance antérieure des couleurs était incomplète.
Pourtant, elle avait toute la connaissance physique. C’est donc qu’il y a plus que cela, et le
physicalisme est faux »

Soit on soutient :
 Qu’elle verra les couleurs sans ne rien apprendre car elle sait déjà tout car
perception est un état de l’esprit réductible à un état physique du corps
(physicalisme).
 Que lorsqu’elle verra les couleurs pour la première fois, elle va apprendre
quelque chose car la perception des couleurs ne se réduit pas à un état
physique.
Le soleil se lève tous les matins. Il s’est levé hier matin, il s’est levé ce matin aussi et j’en conclus donc
de façon empirique qu’il se lèvera demain aussi.
Si j’ai des connaissances astronomiques, je peux justifier que le soleil se lèvera bien demain et dans ce
cas, ce ne sera plus probable mais certain car mon information sera universelle et nécessaire.

13
Par Sevasti Diakovasiliou

Il est impossible de trancher ce débat entre empiristes et rationalistes car les thèses
sont trop générales par rapport à la complexité du problème.

Philosophie contemporaine
Nietzsche

Le fait d’être malade est un stimulant énergétique de la vie. En étant malade, on


redécouvre la vie avec des yeux différents.
Les accidents de la vie sont une nécessité philosophique. « fais de ce qui t’arrive une
nécessité »

Nietzsche = « le philosophe médecin »


Établir un diagnostic général sur le corps, la pensée, la culture et la civilisation.
Déployer les conditions d’une vie plus riche, d’une réconciliation de la pensée
et de la vie qui l’entraînera vers l’inversion de toutes les valeurs occidentales.

L’expérience de la maladie : lieu d’évaluation de tous les concepts de la


métaphysique  civilisation occidentale.
Prendre le corps, l’individu, la civilisation et établir un diagnostic, examiner les
pathologies, déterminer les causes, déterminer les conditions d’un remède ou d’une
convalescence.

Fonctions
Au-delà de la fonction médicale, il part d’un constat de l’esprit. La philosophie a
toujours dû commencer par se travestir et se masquer (double langage de la
philosophie).

La philosophie a été présentée sous des masques tels que le libre-arbitre, l’idée d’une
humanité meilleure etc. qui sont des discours superficiels mais cela a été une des
conditions nécessaires à la naissance et au développement de la philosophie.
Pendant très longtemps, elle n’aurait pas été possible sans ça.
La philosophie aurait développé un langage ésotérique, plus secret dans lequel elle
s’est affirmé pleinement.

La philosophie s’adresse à deux types de lecteurs :


Ceux qui cherchent la confirmation de ce que l’époque affirme
Ceux qui sont « immoralistes » et qui sont selon Nietzsche les véritables
lecteurs de la philosophie.

La philosophie commence par la haine de la sagesse.

La pensée de Nietzsche s’organise autour de la formation, de l’invention, de la


production de nouvelles possibilités de vie.
 Il ne s’agit pas de connaître quelque chose, ni de rendre compte de la nature
différemment des sciences mais d’inventer de nouvelles possibilités de vie.
L’analyse des détails et des propositions d’une philosophie n’est pas importante car
ils tomberont en désuétude.

14
Par Sevasti Diakovasiliou

 La vie proposée par le philosophe est marquée par quelque chose


d’incontestable.
Il dit par exemple pour Platon que le système est réfuté et mort mais que la
personnalité (invoquée par l’œuvre même, la forme de vie) qui se trouve derrière lui
est irréfutable.

Il y a des différences en la philosophie et les évaluations que nous en faisons


devraient toujours être portées non seulement sur l’argument et la cohérence mais
sur la différence des vies qu’elles imposent.

Se plaindre par rapport à quelque chose qui arrive est immoral.

La pensée et la vie elle-même vont dans le même sens. La pensée ne s’oppose pas et
ne juge pas la vie. Une pensée amplifie une vie et une vie qui vient donner corps à
une pensée. Seuls les présocratiques ont connu cette unité :
 L’innocence affirmatrice, la simplicité de la relation corps et esprit.
 Le corps trouvait dans la pensée une sorte de célébration et ses
renouvèlements.
 La pensée trouvait dans le corps le lieu de son essence et de son affectivité.
Il attribue à Socrate le moment de basculement (pensée >< corps).
Le moment absurde où le masque de Socrate tombe est quand il va mourir, il dit
« rendre un coq à Asclépios » (Asclépios est le dieu de la médecine.) Cette expression
est un hommage au détachement du corps et de l’âme dans la mort.
Socrate est une figure profondément morbide : il invente le monde de l’au-delà, il y a
un héritage important de Socrate dans le christianisme et il développe une certaine
haine de la vie.
Nietzsche exprime une certaine colère contre ces dernières paroles risibles de
Socrate.
Lorsque des philosophes s’opposent, c’est que leurs vies s’opposent.

Nihilisme : moment de la période contemporaine d’une radicalisation de la haine de


la vie.

Nietzsche dit qu’il faut penser le corps et qu’à partir du corps repenser l’ensemble
des catégories métaphysiques.
Le corps est le lieu de diagnostic de la maladie.

Fonction de la conscience
La conscience est un phénomène tardif, le fruit d’une évolution d’un vivant. La
conscience était l’élément central de l’expérience chez les modernes. Nietzsche dit
qu’en pensant cela, il y a violence à la plupart des aspects de cette expérience
(expérience des affecte, expérience viscérale, expérience des forces qui traversent le
corps) conscience liée à l’évolution organique.
En mettant la conscience au centre de tout, on renvoie à des éléments préconscients
comme si toutes nos affections n’avaient que la conscience comme orientation, or
elle n’est qu’un instrument tel que l’estomac par exemple. La conscience devrait donc
être traitée comme n’importe quel autre organe. Il faut voir la conscience à partir du
corps et non l’inverse.

15
Par Sevasti Diakovasiliou

La fonction de la conscience par rapport au corps est de :


 Permettre la conservation ;
 Amplifier le corps et lui permettre ses actions
Comment ? La conscience ne cesse de créer des fictions, de raconter des histoires et
de fabuler le monde pour que le corps puisse agir dessus.
Les concepts métaphysiques sont des fictions.

La conscience est un phénomène secondaire qui recueille les éléments (déjà établis)
en amont. Elle présuppose une série d’actions, de traductions etc. qui se sont déjà
produites dans les actions corporelles  activités inconscientes ou préconscientes
bien qu’elles soient sans conscience.
Pourquoi cela ? Car on le pose toujours à l’idée de conscience. « Activité corporelle
inconsciente »  implicitement la conscience importe.
Toute l’organisation de notre vie se fait dans l’indifférence totale de la conscience.

Le monde dans lequel nous vivons est à l’image des actions que nous pouvons avoir
sur lui : un corps = une puissance d’agir (un monde).

« Tous ce qui entre dans la conscience sous forme d’unité. », nous n’en saisissons
qu’une apparence d’unité
La conscience est un effet et pas une cause.

La volonté de puissance : les relations qui constitue des forces vitales.


Toute organisation de notre vie se fait dans l’indifférence de la conscience. Il est
nécessaire que certaines choses soient tenues pour vraies pour la conscience mais
pas qu’elles le soient forcément. La conscience est active, elle simplifie, classe,
organise. Elle ne nous détermine pas ce qu’est le monde vrai mais il est nécessaire
qu’elle nous accommode à un monde qui nous rende l’existence possible. La
conscience n’est qu’un spectre vide.

Le libre-arbitre, la réflexivité etc. ne sont que des fictions.


La vérité consiste à vouloir se rendre maître de la multiplicité des sensations à ranger
les phénomènes dans des catégories définies.

La volonté de puissance
Qu’est-ce que le corps ?
 Une collectivité d’êtres vivants - rien n’est unifié, c’est une société
d’innombrables êtres, comme on le dirait de sociétés en générale - Tous ce qui
est cellules, virus etc. ce sont des êtres interagissant les uns les autres. Ce sont
des relations dynamiques et mobiles. Les corps est une sorte de théâtre de
force où se jouent des alliances, des dominances, des soumissions etc. à
l’image de ce que nous voyons dans les sociétés humaines. Chaque être qui
constitue le corps vise son accroissement, sa possession, sa domination sur les
autres mais pas le maintien. Le corps n’est jamais stable, il n’est jamais le
même. Notre vie est une mort perpétuelle.
La volonté de puissance : rien n’est harmonieux, ni homogène dans le corps.
Chaque élément du corps est en violence avec toutes les autres parties du corps.
L’homme est une pluralité de forces hiérarchisée.

16
Par Sevasti Diakovasiliou

Chaque être vit son amplification ou sa diminution  force réactive


Chaque être trouve dans les autres l’occasion de son accroissement  force
active
Chaque être vise son maintien.

Il n’y a paix que provisoirement et lorsque c’est le cas, c’est qu’une des
composantes a dominé l’autre.
Dans tout être, il y a une foule de consciences et de volontés. Aucune force ne
remonte à sa puissance propre. Il y a une valorisation des forces réactives dans la
philosophie contemporaine.

On connaît le squelette mais pour le traiter, la connaissance de sa composante


générale ne suffit pas. Il faut connaître les ressources de son développement. Il
faut traiter les virus comme des êtres vivants dans un milieu. Le virus existe pour
lui-même.

Il n’y a pas de démocratie idéale pour Nietzsche car la démocratie véhicule des
valeurs propres à ceux qui ont le moins de différences. Il voit un rapport très
compliqué. Il éprouve une haine globale pour ce plus grand nombre qui
l’emporte, pour les statistiques… L’opposition des singularités n’est jamais
harmonieuse mais il est nécessaire.

Le nihilisme contemporain
Nietzsche pense qu’aujourd’hui, nous sommes fascinés par les forces appauvries
 nous avons perdu le sens des forces actives

Darwin a dit « la survie des plus forts », le fait que tout être vivant est sélectionné
de façon à survivre à un milieu plus ou moins hostile (Nietzsche dit qu’on accorde
trop d’importance au milieu !).
Survivre : conservation, adaptation
La force selon Darwin est la faiblesse selon Nietzsche. Pourquoi ? Parce que ce
sont des forces réactives car nous ne retenons que les capacités d’adaptation des
vivants.
Être adapté = ressembler à son milieu  la nécessité relative par rapport au
milieu dans lequel ils sont.
Une force active est une force singulière, créatrice et qui n’affirme que sa propre
création.

Théorie de Darwin : continuité, démocratie au détriment des forces construisant


des valeurs et en en faisant leur objet d’affirmation. La théorie de Darwin est une
théorie de la faiblesse pour Nietzsche qui valorise l’homogénéisation de
l’essentialité de l’homme au détriment des activités propres à la vie.

« Il faut défendre les plus forts », Nietzsche.

Nihilisme : forces d’adaptations et de régulation qui prennent le pas sur les forces
primordiales de l’affirmation et de la création, pas seulement pour l’homme mais
aussi pour la Terre. La vie est réduite aux forces secondaires.

17
Par Sevasti Diakovasiliou

En 1881, une révélation donnera à la philosophie de Nietzsche une nouvelle


orientation : l’éternel retour : la pensée de l’acquiescement, de l’affirmation menée à
son point maximal, sa forme la plus haute est la condition de dépassement du
nihilisme.
Pour chaque acte, le mettre à l’épreuve de sa répétition éternelle, c’est-à-dire, en
faire un objet d’acquiescement, soit il a de la valeur et est affirmé avec une intensité
nouvelle, soit il n’en avait pas et la répétition à l’infini est un lieu d’effondrement.
Enigme : Zarathoustra est sur un bateau avec des marins. Il leurs raconte cette énigme en leur
disant que seuls eux peuvent comprendre.
« Je marchais, j’avais un nain sur l’épaule qui me mettait du plomb dans le cerveau. Nous arrivons
devant un portique. Au bas, il y avait un chemin qui allait dans une direction à infinie. Il y en avait
aussi un autre qui allait du côté opposé vers l’infini. Ces deux chemins se rejoignent au portique.
Je demandai pourquoi se rejoignent-ils au portique et le nain ricana et me répondit « la vérité est
courbe ». Zarathoustra se mit à s’énerver et monte en haut du portique où il est écrit « vision » et
le nain disparaît.

Tous les personnages de cette énigme sont Zarathoustra lui-même sous des
perspectives hétérogènes.
Symbolique
Le plomb dans le cerveau symbolise les pensées pesantes.
Le double chemin à l’infini symbolise le retour éternel = tout reviendra à l’infini.
Lorsqu’il montre le haut du portique = question de mise à l’épreuve au moment où
elle est pensée.
Mais quelle épreuve ?
Et si un démon se glissait dans notre solitude et nous disait « cette vie, telle que tu la vis et que tu l’as
vécue, il faudra que tu la vives encore une fois et d’innombrables fois. Elle ne t’apportera rien de
nouveau  chaque plaisir, douleur, pensée, soupir etc. avec la même succession et le même
enchaînement, y compris l’instant que tu vis maintenant avec moi »

La répétition des choses à l’infini (vision de l’éternel retour), ceci existait déjà chez les
Grecs tel Héraclite ou bien les orientaux, la seule différence c’est que chez eux, ce
n’était pas une mise à l’épreuve (c’était une cosmologie exclusive), alors que chez
Nietzsche, oui.

Il faut vivre sa vie de telle sorte qu’on veuille la revivre à l’infini.


L’aspect moral et politique est d’intensifier au maximum l’action, de rejeter toute
demi volonté ou engagement partiel mais à condition que ce ne soit que pour une
fois. L’acquiescement partiel est immoral.
Morale : Si vous faites quelque chose, faites en sorte de le vouloir à l’infini. Il n’est pas
question ici de bien ou de mal.
Si vous voulez être lâche, soyez-le à fond (ou alors pas du tout) car cela deviendrait
actif et puissant d’affirmation.

L’aspect ontologique est sélectif au niveau des êtres. Chaque être est évalué dans son
engagement à l’existence. Tout ne revient pas, revient uniquement ce qui mérite
d’être affirmé. Tous ce qui peut être nié (forces réactives, les demi-volontés etc.) est
rejeté par l’éternel retour car c’est une force centrifuge qui exclut le négatif. Le
dépassement du nihilisme est là.

18
Par Sevasti Diakovasiliou

L’éternel retour est l’épreuve de transmutation des forces, le passage des forces
réactives vers les forces actives permettant le dépassement du nihilisme.

Bergson

Il est d’abord fasciné par les théories évolutionnistes, puis il les rejette. Il est obsédé
par les sciences contemporaines et leurs limites, de ce qu’elles ratent et pourquoi.

C’est un philosophe interventionniste  science + philosophie

Il considère que les théories évolutionnistes marquent le moment fondamental de


rupture de son expérience. Elles ne concernent pas un domaine particulier.
Il constate que peu dégagent les conséquences ontologiques, épistémologiques et
sociales qui en dérivent. Les théories évolutionnistes introduisent le temps dans les
choses. Elles s’intéressent aux choses en train de se faire et sont au plus proche de la
durée. Elles restent au seuil de la pensée mais continuent à hériter d’une vision fausse
du temps.
La philosophie générale de l’évolution reste à faire en reprenant l’intuition des
théoriciens de l’évolution sans cette métaphysique.
On rentre dans une pièce pour la première fois. On la découvre pour la première fois. On rentre une
deuxième fois dans cette même pièce. On se dit que c’est la même chose car rien n’a changé mais les
deux évènements seront profondément hétérogènes.
A la 2e expérience s’est ajoutée quelque chose  la mémoire de la 1e expérience.
A chaque évènement vient s’ajouter une mémoire, une trace qui fait que rien n’est pareil, même si la
pièce est exactement pareille.

Bergson dit « Rien ne se répète jamais ». Même la réalité physique ne cesse de varier.
Et les sciences exactes ?
Il n’y a absolument pas de contradiction à dire que l’univers n’est jamais deux fois le
même, ni la psyché et que pourtant la science, la psychologie, la physique ont à faire
à des états qui ne changent pas !

Spencer est important pour le développement de la pensée de Bergson. Non pas


dans les contenus explicites ou l’analogie mais dans l’orientation que Spencer donne
à la pensée évolutionniste. Bergson la prolonge en lui donnant une tournure
singulière.
L’évolution spencérienne est à refaire plus ou moins complètement et il va la
reconstruire.

Mais quelle évolution Bergson espère-t-il trouver chez Spencer ?


La nature n’est pas un système spatial homogène qui se découpe en une pluralité de
domaine (physique, biologie) qui viendraient occuper des êtres tout faits.
C’est un évolutionnisme qui pense que la nature est une multiplicité de Genèses, une
nature où surgissent naturellement et continuellement de nouvelles formes de vie ,
elles s’ajoutent aux anciennes et composent par l’ensemble de leurs relations
réciproques une nature commune.
Pourquoi Spenser et pas Darwin ? Parce qu’il voit chez Spenser c’est une théorie non
linéaire de l’évolution (sans finalité, sans logique ni cohérence complète, tout est le
fruit du hasard et des variations) – les êtres que nous sommes ne sont pas forcément

19
Par Sevasti Diakovasiliou

plus intelligents que ceux d’avant. L’homme n’est ni l’achèvement, ni le modèle de


l’évolutionnisme mais juste un évènement qui prend place à l’insertion d’un
ensemble de séries de variations et sélections similaires à celles qui ont donné
naissance aux animaux ou aux plantes.

La loi de la nature : enchevêtrement de systèmes complexes d’interactions entre des


individus négociant leur propre vie.
Le temps, avec la théorie évolutionniste s’introduit dans le vivant. Il devient le temps
de chaque vivant, de son développement, de ses variations  les vivants dans leur
durée propre.
Spencer a introduit l’importance des temps mais ne lui a pas donné la forme qu’il
requérait.
La précision, c’est ce qui a manqué le plus à la philosophie. La précision est la
manière dont on s’insère dans un phénomène, elle a la capacité de communiquer au
plus près de l’intimité d’un évènement, à pénétrer la perspective intérieure.

Les systèmes philosophiques ne sont pas taillés à la mesure de la réalité où nous


vivons, ils sont trop larges.
Le premier système philosophique s’appliquerait alors aussi bien à un monde où il
n’y aurait ni animaux, ni plantes mais juste des hommes qui se passeraient de boire,
de manger etc. et où tout irait à rebours et se tiendrait à l’envers.

 Connaissance des choses de l’extérieur en se plaçant à la surface.


 Connaissance des choses intérieures en pénétrant sa perspective intérieure.
 Observation de l’objet en démultipliant ses perspectives, analyse des
détails. Si l’on prend l’ensemble, nous pouvons nous en éloigner et
l’observer selon différents angles.
 Nous pouvons utiliser des objets techniques pour plus
d’approfondissement.

Toutes ces perceptions du mouvement seront partiellement vraies pour se rendre


compte du mouvement de la chose. Il ne suffit pas de les additionner, de les mettre
les uns à côté des autres car ça irait à l’infini. Le moindre petit déplacement change la
nature et l’utilisation d’objets techniques peut métamorphoser l’expérience initiale.

Le savoir extérieur est un mouvement de la chose en tant que telle ou leur


multiplication et la prise en compte du plus grand nombre de perspectives, c’est une
vision partielle.
La connaissance extérieure est relative :
I. Observateur: position spatiale et temporelle de celui qui observe - à la
moindre modification c’est un autre savoir.
II. Instrument : l’appareillage technique
III. Les symboles par lesquels cette observation est exprimée (notation, maths
etc.)
On peut aussi insérer dans cet objet la connaissance absolue en communiquant avec
ce qu’elle a de plus propre. Ce n’est pas la connaissance ultime, ni la vérité de
quelque chose une fois pour toute.

20
Par Sevasti Diakovasiliou

Ex : un romancier peut démultiplier les traits de caractère d’un personnage mais ça ne


vaudrait pas le sentiment simple et indivisible que j’éprouverais si je coïncidais un
instant avec le personnage même  ce sentiment simple ne résulte pas de
l’additionnement des descriptions même si ces dernières sont précises.
La connaissance absolue est la coïncidence directe, elle ne peut pas être reconstruite
à partir de savoirs relatifs (établis par points de vues extérieurs et système
symbolique). Vu de dedans, l’absolu est comme simple.
Pouvons-nous connaître quelque chose absolument, c’est-à-dire sans mettre à
distance, sans la rendre relative à un autre point de vue ou symbole ?
Quelle est la différence entre Bergson et Descartes ? Pour Bergson, il ne s’agit pas du
« moi » comme réalité substantielle que nous éprouvons directement mais
l’écoulement de ce moi, de son passage dans le temps (caractère temporel de
l’expérience  sujet).

Le savoir relatif est obtenu par l’analyse et le savoir absolu par l’intuition.

Nous avons bien l’expérience d’une absence d’une communication directe avec le
point de perspective d’un évènement, une coïncidence avec sa réalité la plus intime
 la durée de notre vie à chaque moment.
Si nous approfondissons cette expérience :
 Niveau 1 - images au présent : une image contraste avec toutes les autres. Par
exemple, si je bouge le corps, les images varient. Un autre corps est une autre
polarisation d’images.
 Niveau 2 – souvenirs : nous trouvons lié à ces images, une multitude de
souvenirs de mémoire flottante. Il n’y a pas une seule perception au présent
qui ne soit pas accompagnée d’un souvenir. Il y a toujours des souvenirs dans
une perception.
A propos des images souvenirs, il dit que nous sommes accompagnés par tous
nos souvenirs, nous n’oublions rien. Rien ne disparait de la mémoire.
Parfois les parties de la mémoire sont recouvertes d’autres parties de la
mémoire et des souvenirs anciens peuvent revenir et une expérience d’il
y a 3h peut être obscure. Dans l’action en train de se faire, telle ou telle
mémoire peut être plus pertinente que l’autre. La mémoire se
recompose par rapport à l’action au présent.
 Niveau 3 – anticipations : les images au présent et les souvenirs sont
accompagnés d’images d’anticipations. On perçoit quelque chose et on est en
attente de ce qui va suivre (image au futur).

Les perceptions sont au présent et il n’y a rien d’autre que ça. Le passé et le futur
n’existent qu’au présent dans la mémoire active. Le passé, le présent et le futur sont
des dimensions qui se rejouent en permanence au présent.

L’intuition est une opération par laquelle nous nous réinstallons dans le temps réel.
Elle n’est pas une faculté de connaissance mais un processus vivant à un changement
de perspectives complet sur le monde.
 Etape 1 – La vision directe de l’esprit par lui-même (dégagée de toute théorie
scientifique portant sur ce point).

21
Par Sevasti Diakovasiliou

 Etape 2 – Interpénétration des consciences : l’expérience de ma propre pensée


peut être posée comme analogue sans sa forme à l’expérience des autres
durées humaines.
 Etape 3 – Les durées biologiques et physiques de la propre expérience. Les
durées des molécules d’un homme, d’une montagne etc. ne se font pas au
même rythme mais ont les mêmes formes.

Il n’y a rien au-delà de la durée, il n’y a rien de plus profond ni de plus vrai que la
substance des choses, leur réalité et leur durée.

L’intuition permet de passer à l’analyse des autres sujets qui lui ressemblent. Il n’y
a pas de différence qualitative entre la durée qui nous définit et celle de l’univers
en totalité. Penser intuitivement, c’est penser la durée.

Bergson et les paradoxes de Zénon


Les paradoxes veulent réfuter la réalité du temps. Le point d’origine et la
destination sont importants pour l’interprétation.
Le paradoxe d’Achille
Achille et une tortue font une course de vitesse et comme la tortue est considérée comme plus
lente qu’Achille, on lui donne 100m d’avance. Elle se met en mouvement en même temps
qu’Achille. Zénon pose que le plus rapide ne peut jamais rattraper le plus lent. Achille ne
rattrapera jamais le plus lent. D’un point de vue intellectuel, c’est impossible parce qu’il faudrait
qu’Achille atteigne d’abord le point de départ. Achille est tous le temps en retard sur la tortue,
c’est le paradoxe.

Reproche de Bergson : Ceci n’est qu’un savoir relatif ! Pour avoir un savoir absolu, il
faut demander à Achille lui-même et lui il nous dirait que son mouvement est
continu – fait d’un seul acte général – mais de l’extérieur, ce mouvement peut être
distingué en parties mais il n’est pas fait de parties pour autant. Notre intelligence
peut distinguer des moments.
Zénon spatialise (point de départ, point d’arrivée, ligne).

Paradoxe de l’archer
Un archer doit atteint une cible avec une flèche. Zénon dit que la flèche n’atteindra jamais sa cible,
du point de vue de l’intelligence. Pourquoi ? Parce que la flèche doit passer par une série de
points le long d’une ligne ou de lieux, or ces points sont tous immobiles ce qui veut dire que la
flèche se trouve toujours immobile en chacun de ces moments car elle passe par des points
immobiles et son mouvement s’arrête en ce point. Donc, le présupposé derrière est que les points
sont immobiles et que la flèche s’identifie complètement à ces points.
Nous ne faisons que parler d’espace mais pas de durée.

La série de points par laquelle doit passer la flèche est une projection de
l’intelligence.

Les deux paradoxes se rejoignent sur la divisibilité infinie de la ligne parcourue par
Achille et l’idée d’immobilité des points et des arrêts que nous y projetons 
spatialisation du temps.
Les paradoxes de Zénon sont l’expression la plus naturelle portée à l’absurde de
l’activité de l’intelligence. C’est d’ailleurs notre méthode habituelle.

22
Par Sevasti Diakovasiliou

L’objet essentiel de la science est de nous rendre capable d’actions sur les choses.
Elle vise la généralisation de la science. Elle ne peut jamais être désintéressée et n’a
jamais changé dans son objet. Les sciences ne cherchent pas à connaître, ni à définir
la réalité mais des façons d’intervenir dans la vie.

L’action procède par bonds.


Agir  se réadapter
Savoir  prévoir pour agir (d’une situation à une situation)
Cette orientation active de la science qui est au fondement de la généralisation de la
spatialisation comme interprétation scientifique posée sur le monde. La science
pourra isoler des moments.

Fonction de l’intelligence : elle est le prolongement de l’action du corps. Elle


interprète le monde en vue de le rendre disponible pour l’action du corps.
Elle est active et vise les actions.
L’intelligence ne cherche pas à connaitre, elle est organisée en vue d’une action.
C’est pour cela qu’elle est spatialisant et à l’aise avec l’espace.
Il faut qu’il y ait des débuts et des fins à des actions.

Ce qui nous intéresse avec les paradoxes de Zénon, c’est le point d’origine et la
destination car nous voulons anticiper l’action et nous voulons savoir d’où ils
viennent pour interpréter.

Notre organisation corporelle a besoin de l’action, c’est une question de survie.


L’erreur des sciences est de penser que cette spatialisation correspond au réel mais
cela n’a rien d’accidentel et ne relève pas d’une époque particulière mais elle trouve
son origine même dans la science. La science ne vise pas l’absolu.

L’introspection directe est la saisie de l’esprit par lui-même.

Pragmatisme

Les œuvres se distinguent par leur objet et il couvre l’entièreté de l’expérience.

Πράγμα : action, pratique

Le pragmatisme trouve son origine dans un article de Pierce (« Comment rendre les
idées claires ? ») qui constitue un acte inaugural de ce mouvement.
 Transformation des principales catégories de la métaphysique
 Nouvelle théorie de la vérité

Le point de ralliement de ce mouvement : « Considérez quels sont les effets pratiques


que nous pensons pouvoir être produits par l’objet de notre conception. La
conception de tous ces effets est la conception complète de l’objet ».
Nous pouvons dégager de cette maxime trois traits fondamentaux du pragmatisme :
o l’insistance sur la nécessité d’une nouvelle méthode
o la mise en place d’une évaluation des idées et des théories

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Par Sevasti Diakovasiliou

o la construction d’une théorie génétique de la vérité

Il va y développer les deux types d’âme. Il y a :


 des âmes qui sont nées une fois (ceux des grands poètes américains par
exemple) : elles sont simples, directes dans leur monde et dans leur
contemporains qui ne voient dans le mal qu’un accident
 les âmes deux fois nées qui ayant connu de grands effondrements ont perdu
confiance en les puissances de l’expérience.

Le pragmatisme de James est la condition d’un nouvel attachement à la vie.

Le pragmatisme ne prend position pour aucune solution particulière, il s’agit juste


d’une méthode. Chaque méthode utilisée est à l’image des sciences de son époque.
La philosophie a toujours eu un rapport avec la science.
Les sciences fondamentales sont les sciences de la vie qui sont leur propre champ
d’expérience. Aucun domaine de l’expérience n’est réductible à aucun autre. Il faut
une méthode adéquate à ce champ d’expérience.
Si nous y parvenons, dit James, il se ferait entre la science et la philosophie un
rapprochement très appréciable, une alliance.

Si on suit Bergson, le développement de sa propre philosophie devait permettre une


alliance entre science et philosophie mais à condition que la science reste
absolument scientifique : qu’elle ne doit pas croire.

Différence entre l’alliance de Bergson et celle du pragmatisme


 Bergson propose des méthodes distinctes : l’intuition pour la philosophie et
l’analyse pour la science. En établissant leurs différences, on peut les allier et
atteindre l’absolu.
 Chez les pragmatistes, on ne différence pas. On reprend un esprit scientifique
et on généralise tout en transposant philosophiquement.
Pierce a dit qu’il faut penser toute chose comme elle est pensée dans un laboratoire
de façon expérimentale.

Les sciences actives acceptent des artifices, des substances extérieures, on provoque
des effets. C’est toute la grande différence entre les sciences telles qu’elles sont
présentées et les sciences de laboratoires.
Comment nous emparer d’un corps ? Comment agir ?  Questions scientifiques
C’est cela que vont reprendre les pragmatistes. James met à l’épreuve les états
psychiques, il expérimente les théories et les situations politiques.
Cette méthode est une méthode qui permet de dégager de nouvelles possibilités et
non d’analyser.

Mais à quoi sert cette méthode ?


A évacuer toutes les idées qui se présentent à nous – individuellement et
collectivement -. Elle va se faire sur de grands problèmes de la philosophie et sur la
question des idées en général. La pragmatique sert à résoudre des controverses
métaphysiques interminables. La genèse de la méthode pragmatique est issue des
sciences expérimentales ; elle tente d’en généraliser la démarche.

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Par Sevasti Diakovasiliou

La méthode pragmatique sert à résoudre des controverses métaphysiques qui


pourraient être autrement interminables. L’ambition première du pragmatisme est
de mettre à l’épreuve toutes les idées, toutes les théories, philosophiques ou non, qui
se présente à nous dans l’expérience. Les pragmatistes disent qu’on peut chercher
aussi longtemps que l’on veut, les clarifier, les systématiser, jamais rien n’expliquera
les raison pour lesquelles ont y adhère. Il y aura toujours quelqu’un qui soutiendra
une thèse opposée avec une telle pertinence.
La signification d’une ou l’autre théorie ne se trouve pas en elle-même  une idée
ou une théorie n’a pas de signification en elle-même.

Mais dans ce cas, où devons-nous la chercher ?


Elle se trouve dans la nature ou dans le monde. On a une idée déterministe parce que
quelque chose dans le monde l’est.
La signification de l’idée est à rechercher dans ses effets. Elle peut avoir une
consistance interne ou bien on peut la trouver autour de soi. Si dans notre expérience
ça change quelque chose de croire que le monde est régit par la liberté ou le
déterminisme, il faut analyser dans la vie ce que ça fait.
Si dans une discussion houleuse, l’interlocuteur dit « Je n’ai répondu qu’aux lois de la
nature. », il se débarrasse de toute responsabilité, il reste neutre.
Il faut évaluer les théories dans leurs effets.
Mais l’effet n’est pas forcément direct (contrairement aux choses sensibles). Il peut
être éloigné et n’être de prime abord que virtuel.

Idées : instruments qui ont toujours des effets, même les mathématiques. Et par ces
effets, une idée trouve sa signification.
Une idée est toujours agissante. Nous donnons un assentiment aux idées qui nous
permettent d’agir. Nous disons qu’une idée est bonne lorsqu’elle nous mène à une
bonne action. Une idée est mauvaise lorsqu’elle ne mène pas à l’action indiquée.
James a dit que l’histoire de la philosophie est celle d’un conflit de tempéraments
humains. Les idées sont porteuses de tempéraments.
Peu importe si le monde est régi par la liberté ou le déterminisme, cela n’importe que
quand ça fait une différence dans notre expérience et cette différence doit nous
engager véritablement.
Nous n’évaluons les idées que parce qu’elles nous y obligent, elles ont des effets
vitaux, leurs effets pratiques par leurs expériences.
Tout geste est saturé d’idées. Si on a une vie à mener, il faut choisir les idées
adéquates à cette vie.

La théorie génétique de la vérité


Vérité : aspect de certaines idées
Les idées vraies sont en accord avec la réalité, c’est-à-dire, qu’elles sont la copie la
plus fidèle possible de la réalité (contrairement aux idées fausses qui en désaccord
avec la réalité).
La vérité doit être recherchée dans un accord avec la réalité (proximité rationaliste –
intellectualiste). L’accord est pensé sous forme de copie. La vérité ne suppose pas un
fondement ou une adéquation à quelque chose qui l’est déjà. Le vrai est qu’il y a

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Par Sevasti Diakovasiliou

quelque chose dans le monde qui corresponde car la vérité ne correspond à rien
dans l’expérience, ce n’est qu’un fantasme.
La vérité pure, selon les pragmatistes est une projection de l’esprit qui trouve ce qu’il
a placé lui-même dans les choses (à savoir l’invariance), c’est une image fantasmée,
changeante et elle se situe à la fin d’un processus de vérification.

James dit : les idées ne sont ni vraies, ni fausses mais elles le deviennent.
Une idée vrai peut être vérifiée, corroborée, alors qu’une idée fausse ne l’a jamais pu
et ne le pourra jamais. La forme de présences sensibles est celle de la fin du
processus.

Et les croyances non-vérifiées ?


Les croyances non-vérifiées sont l’immense majorité de nos croyances.
Par exemple : L’existence du Japon comme entité est invérifiable. On va alors tolérer
son existence sans avoir besoin de vérifier. Ceci étant dit, on pourra toujours
actualiser cette croyance si quelqu’un dit que le Japon n’existe pas. Le Japon est donc
une vérité flottante.
Nous croyons en l’existence du Japon, de César etc. et nous les tenons pour vrais
mais nous ne les vérifions pas car nous n’avons pas de raison de le faire.
Et si un jour nous décidons de le faire, nous ne trouverons pas de présence sensible
car ce serait une vérification indirecte sur le passé dans notre présent. Les idées
deviennent vraies par ce processus de vérification. Ce sont les choses qui nous
importent le plus.

Les idées devenues vraies, celles que nous construisons vont se rajouter dans notre
expérience immédiate. Une toute nouvelle idée s’ajoute aux anciennes comme si
chaque idée venait ajouter au monde une dimension supplémentaire et qu’il devenait
le lieu à partir duquel nous construisons de nouvelles idées. Aucune idée n’est
adéquate au monde.

On ne fait jamais deux fois la même expérience du monde car à la nouvelle


expérience est ajoutée l’idée de la première expérience. Le fait que l’on ait une idée
fait que notre expérience sera différente. L’expérience est toujours accompagnée
d’idée, elle n’est jamais vide. La signification d’une idée est toujours dans le futur.

Le pragmatisme recouvre l’entièreté de l’expérience.

FIN
Bonne étude et bonne réussite !

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