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Memoire Master

Ce document présente une analyse sociolinguistique des pratiques langagières sur les réseaux sociaux en contexte électoral ivoirien. Il introduit le sujet, présente la problématique et les objectifs qui sont d'étudier les différentes variétés linguistiques utilisées sur les réseaux et leur impact sur la population pendant les élections.

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Memoire Master

Ce document présente une analyse sociolinguistique des pratiques langagières sur les réseaux sociaux en contexte électoral ivoirien. Il introduit le sujet, présente la problématique et les objectifs qui sont d'étudier les différentes variétés linguistiques utilisées sur les réseaux et leur impact sur la population pendant les élections.

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UFR LANGUES,LITTÉRATURES ET CIVILISATIONS

Département Des Sciences du Langage


Option : SOCIOLINGUISTIQUE ET DIDACTIQUE

SUJET :

Analyse sociolinguistique des pratiques


langagières en contexte électoral ivoirien :
l’exemple des réseaux sociaux

Présenté par Sous la direction de

Mlle KONAN Ahou Benedicte M. TAPE Jean-Martial


Maître de Conférences

ANNÉE ACADÉMIQUE 2020- 2021


0
SUJET :
Analyse sociolinguistique des pratiques
langagières en contexte électoral ivoirien :
l’exemple des réseaux sociaux

1
INTRODUCTION

Pays de l’Afrique occidentale, la Côte d’Ivoire a connu pendant les années 60 à 90 une
période de paix, période sous la présidence de son excellence monsieur FELIX HOUPHOUET
BOIGNY. À cet effet, cette période fut le socle d’un lien fort entre les résidents de la terre
éburnéenne, d’où l’idée d’hospitalité qui se laisse entrevoir par un hymne dédié à la patrie. Mais
un vent de protestation ayant soufflé à la fin des années 80 à 90, le pays assiste désormais à des
compagnes de protestations diverses. Ce qui déclinera plus tard à un coup d’état en 1999, puis
en une crise politique qui dura 10 ans (2002-2011). Cet antagonisme se manifestait par la
présence physique des protestataires sur le territoire ivoirien à travers des marches, des seetings,
des meetings…. Cependant, en plus de ces formes de contestations force est de constaté qu’un
nouveau mode de protestation nait avec l’avènement et grâce l’ampleur des réseaux sociaux qui
ont permis aux protestataires de s’exprimer et de clamer leurs revendications.

En outre, il faut dire qu’un réseau social est un espace permettant aux personnes inscrites
de communiquer entre elles, faire la publicité de ses activités ; s’engager à valoriser des idées,
promouvoir des valeurs…. Toutefois est-il important de préciser que ces dernière années,
l’usage des réseaux sociaux (Facebook, twitter, WhatsApp, scooper, Instagram …) s’est accru
à tel enseigne qu’ils sont devenus un outil très influent dans presque tous les domaines
notamment la politique, l’économie etc. … Ils constituent également un moyen incontournable
pour l’expression des libertés et des idées. Facebook est en tête du peloton parmi les réseaux
sociaux avec plus deux (2) milliards d’utilisateurs actifs par mois selon Alexandra Patard avec
sa filiale WhatsApp. Selon le site web (www.agencelacommerciale.com) Le 17 février 2017,
l’agence veilleur des médias spécialisée dans l’expertise, le suivi et l’analyse de le presse web,
basée à Abidjan, le poumon économique de la Cote d’Ivoire, publiait sa deuxième étude sur la
sphère politique ivoirienne et les réseaux sociaux. Cette étude montre que Facebook avec ses
3.100.000 utilisateurs en Côte d’Ivoire sur les 5.230.000 internautes que compte le pays est la
plateforme la plus utilisées par les politiques ivoiriennes loin devant twitter.

Le choix des politiques ivoiriennes pour cette plateforme est dû à sa flexibilité ; sa


capacité d’interaction plus alerte et moins complexe pour l’élaboration de leurs arguments et
points de vue. Selon (Agence Ecofin) l’agence la commercial, une agence de social média
marketing basée en Côte d’Ivoire et dirigée par Abdoul Aziz Karim, l’initiative des politiques
s’avère opportune dans la mesure ou la toile ivoirienne est de plus en plus dynamique, avec des
réseaux sociaux en vogue dans les usages quotidiens des 17 millions utilisateurs d’internet en
Côte d’Ivoire. Mais l’avènement des réseaux sociaux apparait comme une poudrière enflammée
1
qui vient attiser les échanges sur la politique ivoirienne, surtout en période électorale. De plus
en plus, le discours politique en contexte électoral a évolué vers des attitudes langagières, alors
que certains discours prônent l’amour, la fraternité, l’union d’autres par contre développent des
idées de haine, de violence … Cela se traduit à travers des vidéos, des messages écrits, ou des
messages audios. Ces messages sont généralement transmis en français (langue officielle et
langue d’enseignement de la Côte d’Ivoire). L’une des particularités des messages est que ceux-
ci se détournent le plus souvent de la norme standard du français. Ainsi, une analyse
sociolinguistique des pratiques linguistiques en français pourrait contribuer à prévenir les
tensions sociales en période électorale en Côte d’Ivoire.

2
PREMIÈRE PARTIE : OBJET DE
L’ETUDE ET PROBLEMATIQUE

3
CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION DU SUJET

Cette session consiste à présenter l’origine du choix du sujet, l’explication du sujet et la


motivation du choix du sujet.

1.1. Origine et circonstance du choix du sujet

Depuis quelques années, nous assistons à des interpellations des lanceurs d’alerte, des
activistes en Côte d’Ivoire. Ce fait est certainement dû à la propagation des effets relatifs aux
messages écrits, audios, vidéos et images sur les réseaux sociaux qui portent atteinte à la vie
privée de certains internautes notamment les fakes news et arnaques politiques. L’ensemble de
ses éléments ont occasionnés des troubles à l’ordre public, des meurtres des destructions de
biens publics (cas de l’élection présidentielle de 2010 et 2020, le cas des élections municipales,
régionales et les législatives dans certaines circonscriptions) ainsi que des déplacements massifs
des populations ivoiriennes vers certaines villes de l’intérieur et dans certains pays de la sous-
région.

Ainsi, pour la compréhension de l’impact des messages divulgués sur les réseaux sociaux en
période électorale, nous avons choisi de porter une observation sur le sujet intitulé «Analyse
sociolinguistique des pratiques linguistiques en français en contexte électoral ivoirien :
l’exemple des réseaux sociaux».
1.2. Explication du sujet

Cette étude est intitulée « Analyse sociolinguistique des pratiques linguistiques en français en
contexte électoral ivoirien : l’exemple des réseaux sociaux ». Il s’agit, à travers une analyse
d’observer l’impact des messages écrits, vidéos audios, images sur la population ivoirienne en
période électorale.

1.3. Motivation du choix du sujet

Nous constatons que les réseaux sociaux sont devenus presque incontournable dans tous les
secteurs d’activités en Côte d’Ivoire. C’est le moyen d’information en temps réel sur des
évènements. Il apparaît une variation linguistique d’un réseau social à un autre (Facebook,
WhatsApp, Instagram, twitter). Cette variation se donne d’observer et d’analyser les messages
exprimer sur les réseaux sociaux en contexte électoral. À travers ce travail, nous mettons en
relief les expressions linguistiques des utilisateurs des réseaux sociaux en période électorale en
Côte d’Ivoire.

4
CHAPITRE 2 : ÉLABORATION ET SPÉCIFICATION DE LA PROBLÉMATIQUE

2.1. PROBLEMATIQUE

La mondialisation a permis l’avènement de la technologie de l’information et de la


communication (TIC) et particulièrement des réseaux sociaux (Facebook, twitter, Instagram,
scooper…) qui ont connu une croissance extraordinaire. Ces moyens d’échanges contribuent
au développement et facilitent la communication interhumaine.

Pour l’Afrique en général et la Cote d’Ivoire en particulier, les réseaux sociaux sont très
bénéfiques. Leur présence dans le quotidien des Ivoiriens est d’une importance capitale, les
réseaux sociaux ont permis aux Ivoiriens d’échanger sur plusieurs types de sujet tels que les
débats qui portent sur les élections. Cependant, il faut constater que ces débats débouchent le
plus souvent sur des messages qui incitent à la haine, à des violences verbales et physiques, à
la calomnie, des destructions de biens et des pertes en vies humaines et des conflits
intercommunautaires….

Les messages en français en période électorale en Côte d’Ivoire attisent les tensions au sein de
la population, conduisant ainsi à des crises durant la période électorale. C’est à ce juste titre
Judith Duportail cité par Dorgeles Houessou (2018 :100) atteste que l’« internet fait en ce
moment office d’incubateur de haine ». Les posts véhiculés en période électorale impactent le
quotidien des Ivoiriens avec un sentiment de peur, en période électorale d’où le choix de ce
sujet.

Dès lors, la liste des problèmes soulève une question principale et des questions secondaires :
Quelles sont les manifestations linguistiques des pratiques linguistiques en français véhiculés
sur les réseaux sociaux en période électorale ? Cette question principale suscite d’autres
formulées ainsi :

Dans quel type de pratique langagière la population reçoit les populations les messages en
Français sur les réseaux sociaux en contexte électoral en Côte d’Ivoire ? Quel est l’impact des
messages véhiculés sur les réseaux en période d’élection sur les Ivoiriens ?

2.2. Objectifs de l’étude

Cette section met en relief l’objectif général et spécifique.

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2.2.1. Objectif général

L’objectif général consiste à décrire les manifestations linguistiques des pratiques langagières
en français recensées sur les réseaux sociaux en période électorale. L’étude prendra en compte
les différentes variations du français en Côte d’Ivoire.

2.2.2. Objectifs spécifiques

Pour mieux cerner l’objectif général, il nous sera nécessaire d’établir des objectifs spécifiques :

✓ Étudier les variétés de français en Côte d’Ivoire


✓ Analyser la variation linguistique telle qu’elle se présente sur les réseaux sociaux en
période électorale
✓ Prendre en compte les variétés de français en Côte d’Ivoire pour la promotion de la
cohésion sociale et de la paix en contexte électoral.

2.3. Les hypothèses de la recherche

Les questions posées dans la problématique permettent d’émettre les hypothèses suivantes :

2.3.1. Hypothèse principale

Les messages en français sur les réseaux sociaux en période électoral se réalisent en fonction
des différentes variétés du Français.

2.3.2. Hypothèse secondaire

✓ Les messages en français sur les réseaux sociaux sont rédigés à partir des productions
linguistiques qui se démarquent de la norme du français standard.
✓ Les messages en français sur les réseaux sociaux peuvent favoriser à la cohésion sociale,
au vivre ensemble, à la paix, à la solidarité, à l’harmonie et au respect mutuel.
✓ La protection des populations et des biens, résulte de bonnes recommandations après
analyse sociolinguistique des messages en français sur les réseaux sociaux.

6
Conclusion partielle

La première partie de cette recherche s’est déroulée autour de deux grands points. Il a s’agit
dans un premier temps, de présenter le sujet. Cette présentation a consisté à montrer l’origine
de notre sujet, avant d’exposer la motivation et les objectifs du travail de recherche. Quant au
second point, nous nous somme axée sur deux principaux points. Le premier point a mis en
exergue la problématique de recherche et les hypothèses qui nous servirons d’appui de l’étude.

7
DEUXIEME PARTIE :
DEFINITIONS DES TERMES CLES,
CADRE THÉORIQUE, REVUE DE
LITTÉRATURE ET MÉTHODOLOGIE
DE LA RECHERCHE

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CHAPITRE 1 : DÉFINITION DES TERMES CLÉS ET CADRE THÉORIQUE DE LA
RECHERCHE

Ce chapitre est consacré à la définition des termes clés du sujet en vue d’une bonne
compréhension. Ensuite nous ferons une exposition du cadre théorique dans lequel s’inscrit le
sujet.

1.1. Définition des termes clés

Pour la bonne compréhension du travail, il nous est primordial d’expliquer les concepts
fondamentaux.

1.1.1. ANALYSE :
Le contenu d'un texte peut être décrit en termes qualitatifs ou en termes statistiques ; c’est l’objet
de ['analyse de contenu. On peut se demander : « Comment ce texte est-il organisé et que
pouvons-nous déduire de cette organisation pour caractériser son auteur ? » ou. « Quels sont les
principaux éléments de contenu de ce texte ? ». Il s’agit en quelque sorte de systématiser et
d'essayer de fonder sur des bases rigoureuses ce qu’on appelle couramment « lire entre les lignes
», de définir des règles qui déterminent l’organisation des textes. Il faut donc reconnaître la
même idée sous des formes différentes et définir les paraphrases. Il y a deux manières
principales de découvrir le sens implicite sous le sens apparent. L’une consiste à utiliser le plus
large environnement du texte (les circonstances de sa production, son but général), l’autre est
de se concentrer sur les traits du texte dont on peut présumer qu’ils sont indépendants du
contrôle conscient de l’émetteur. Face à la première, qu’on ne sait guère pour le moment définir
de manière rigoureuse, la seconde méthode, dite « analyse de cooccurrence », se présente
comme un affinement des comptages de fréquence. Au lieu de compter l’occurrence des
concepts A, B et C, on compte le nombre de fois que A apparaît en même temps (dans la même
phrase, le même paragraphe ou la même unité au sens large) que B et on compare avec le
nombre total d’apparitions de l’un et de l’autre (de A et de B réunis). L'index qui en résulte
peut-être utiliser pour mettre en évidence la force de l’association entre les deux idées dans
l’esprit de l’émetteur. La nature précise de l'association dans le texte n’est pas prise en
considération — la phrase Us conservateurs délestent les progressistes associe ainsi
conservateurs et progressistes. Aussi de telles cooccurrences sont-elles largement
indépendantes du contrôle conscient. Une autre méthode utilisée est l'analyse d’évaluation
assertive. On soumet à des sujets, choisis en fonction de la recherche, des propositions du type

9
« A vous semble plutôt... X », où A est un mot ou une proposition et X un adjectif comme vrai,
grand, faux, petit, etc. La convergence entre les sujets permet de définir leur culture, leur
opinion, etc. Une autre méthode est fondée sur l'utilisation d’un texte dont on supprime tous les
3‘ (ou les 4‘, ou les 5e, etc.) mots. Avec un seul texte ou un seul groupe de textes on peut tester
plusieurs sujets ou plusieurs groupes qu’on invite à remplir les blancs. Les écarts dans le nombre
de bonnes réponses permettront de classer les sujets ou les groupes selon leur degré de
compréhension. II suffira évidemment de mettre le classement en parallèle avec les points de la
description socioculturelle des sujets ou des groupes de sujets pour établir des relations de type
sociolinguistique* entre un texte déterminé et des conditions socioculturelles. Cette procédure
permet également de comparer des textes (ou des ensembles de textes) du point de vue de la
lisibilité. Le sujet est alors invariant et les textes variables. Les caractères socioculturels des
textes sont mis en rapport avec le nombre de fautes rencontrées pour chacun d’eux. (Selon le
dictionnaire Linguistique Dubois 2002 consulté en ligne le 04 décembre 2020)

1.1.2. SOCIOLINGUISTIQUE :

La sociolinguistique est l’un des domaines des sciences du langage, William Labov, l’un des
pères fondateurs de la discipline considère « qu’il s’agit là tout simplement de linguistique »
(LABOV, 1976, P.258). Avec cette affirmation, il prend position contre les linguistes qui
suivent la tradition saussurienne et les enseignements du Cours de linguistique générale de F.
de Saussure. Pour lui, ces derniers « s’obstinent à rendre compte des faits linguistiques par
d’autres faits linguistiques, et refusent toute explication fondée sur des données extérieures
tirées du comportement social » (LABOV, 1976, P.259).

« La sociolinguistique prend en compte tous les phénomènes liés à l’homme parlant au sein
d’une société » (BOYER H. 1996). On peut considérer que l’émergence du territoire de
recherche de cette discipline s’est produite d’abord sur la base d’une critique des orientations
théoriques et méthodologiques de la linguistique structurale.
Université M. Kheider. Biskra. Faculté des Lettres et des Langues Département des Langues
Étrangères Filière de Français Module : Sociolinguistique 2ème LMD Enseignante : Dr.
Benazouz N.

10
1.1.3. LA NOTION DE VARIATION

La variation linguistique est le mouvement commun et naturel d'une langue, qui varie
principalement en fonction de facteurs historiques et culturels. Cette façon est utilisée, de façon
systématique et cohérente, en fonction du contexte de historique, géographique et socio culturel
et dans lequel les locuteurs de cette langue se manifestent verbalement. C'est aussi l'ensemble
des différences linguistiques parlées par les locuteurs d'une même langue. Ces différences
découlent du fait qu'un système linguistique n'est pas unitaire, mais comporte plusieurs axes de
différenciation : stylistique, régionale, socioculturelle, professionnelle et l'âge. Des variations
et des changements peuvent survenir dans certains ou plusieurs des sous-systèmes constitutifs
d'une langue ( phonétique, morphologique, phonologique, syntaxique, lexicale et sémantique ).
Tous ces changements constituent l'évolution de cette langue.

La variation est également décrite comme un phénomène par lequel, dans la pratique actuelle
d'un groupe social donné, à une époque et à un certain endroit, une langue n'est jamais identique
à ce qu'elle est dans un autre temps et au même endroit, dans la pratique d'un autre groupe
social. Le terme variation peut également être utilisé comme synonyme de variante. Il existe
plusieurs facteurs de variation possibles - associés aux aspects géographiques et
sociolinguistiques, à l'évolution linguistique et à l'enregistrement linguistique .

ANDERSON Benedict (1983), Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread
of Nationalism, Londres: Verso.

Les types de variations linguistiques

En linguistique, il existe plusieurs types de variations. Selon la Thèse de VAHOU Kakou


Marcel page 35-36

✓ La variation diachronique

La variation diachronique se fixe dans le temps. Il s’agit du poids que le temps exerce sur une
langue. L’on peut parler dans ce cas de l’évolution temporelle de la langue. Cette variation est
aussi chronolecte.

✓ La variation diatopique

Elle est celle qui se fixe en fonction de l’espace ou lieu d’émergence de la forme linguistique.
Cette forme de variation ou encore régiolecte ou dialecte représente l’ensemble des formes
régionales qu’une langue peut posséder.

11
✓ La variation diastratique

La variation diastratique s’établit en fonction du groupe sociale qui l’utilise. Appelée encore
sociolecte, cette forme porte les traits caractéristiques de la communauté dans laquelle elle se
développe.

✓ La variation diaphasique

La variation diaphasique fait référence aux interactions langagières ou idiolectes. Il s’agit de


formes propres à l’usage spécifique à des pratiques ou à des us et coutumes.

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LES TYPES DE VARIATIONS LINGUISTIQUES

VARIATION

Diachronique Diatopique Diastratique Diaphasique Diagnéque

Temps Espace (lieu) Groupe social Interaction Genre


Chronolecte Sociolecte Idiolecte Sexolecte
Régiolecte
Ouvrier,
Locuteur né en Les formes Usages situés, Féminin /
1950 et un autre Syndicaliste, rituels de politesse Masculin
régionales
en 1895 Enseignant

SOURCE : BULOT, T., 2011, "Le français, les langues et les villes", dans BULOT, T., BLANCHET, P., 2011, Dynamiques de la langue
française au 21ième siècle : une introduction à la sociolinguistique, www.sociolinguistique.fr, consulté le 24/11/2020

3
1.1.4. CONTACTE DES LANGUES

Introduite par U. Weinreich (1953), la notion de contact de langues inclut toute situation dans
laquelle une présence simultanée de deux langues affecte le comportement langagier d’un
individu (Moreau, 1997) ou d’une communauté linguistique. Elle est au cœur du changement
et de la variation linguistiques, en diachronie comme en synchronie et s’inscrit dans des espaces
aux frontières mouvantes, variables au gré des migrations, mais aussi des ouvertures et des
fermetures économiques, culturelles ou des projets politiques (colonisation, domination
culturelle extérieure...). Il sera possible d’envisager les rapports et interférences entre langues,
d’une part, et entre variétés d’une même langue, d’autre part, d’un point de vue synchronique
ou diachronique.

Ces dernières années, les recherches sur le contact de langues se sont multipliées dans une
perspective méthodologique et épistémologique renouvelée, fondée sur la prise en compte de
la variabilité et un ancrage des faits linguistiques dans les réalités matérielles (Nicolai, 2007).
Ces travaux se situent aux antipodes de ceux réalisés au courant du XIXe siècle, qui écartent
l’idée même de langues en contact pour se concentrer sur les liens de filiation d’une langue à
une autre (Tabouret-Keller, 1988). Les 18èmes Rencontres Jeunes Chercheurs proposent
d’aborder ce domaine à travers trois notions complémentaires : situations, représentations,
réalisations.

Aborder le “contact de langues” implique l’observation et la description empirique de situations


institutionnelles, socio-professionnelles ou familiales, de situations d’apprentissage de langues
étrangères ou d’acquisition dans des contextes de plurilinguisme ou de diglossie. La notion est
également profondément ancrée dans la psycholinguistique : la maîtrise de plusieurs langues a
un impact sur la structure du cerveau et les processus cognitifs. Le terme “situation” est à
comprendre ici au sens large et peut référer à des dimensions collectives comme individuelles.
On pensera par exemple aux langues régionales ou au choix d’une langue d’écriture par les
écrivains plurilingues.

Le contact de langues s’insère aussi dans la tension entre prescription et description


linguistique. Il s’agira de s’intéresser aux représentations sociales et métalinguistiques de ces
langues en contact que les locuteurs, de même que les linguistes et les grammairiens eux-
mêmes, construisent et véhiculent à partir de leur jugement. L’étude du contact de langues invite

4
ainsi à interroger les processus de construction identitaire et à revenir sur des notions telles que
“insécurité linguistique” ou “communautés imaginées” (Anderson, 1983).

Les réalisations qui relèvent du contact de langues sont elles aussi multiples. Ce sont en effet
des productions langagières hybrides, que l’on peut saisir à la fois sur le plan collectif, comme
dans le cas des emprunts, des créoles ou des pidgins, et sur le plan individuel, à travers les
interférences (phoniques, syntaxiques, lexicales), en partie dues aux transferts entre les
différentes langues que connaît le locuteur. Dans ce contexte s’inscrivent aussi l’alternance
codique et, dans le domaine de l’acquisition et de la didactique, les interlangues. La diversité
de ces réalisations apporte un nouvel éclairage sur les typologies linguistiques existantes. Elle
pose également question dans le domaine du traitement automatique des langues, où les corpus
plurilingues font naître des questionnements méthodologiques nouveaux, qui diffèrent de ceux
posés par les corpus unilingues. De même, la traduction peut être comprise comme une des
formes possibles de réalisation du contact de langue ; or les traducteurs doivent eux aussi
résoudre des difficultés pratiques et théoriques liées aux langues qu’ils mettent en contact ou
qui se trouvent en contact dans les textes qu’ils traduisent (Ballard, 2006).

Autant d’approches théoriques qui permettent de réunir des chercheurs en sciences du langage
autour d’une problématique commune, et de réfléchir à la place de cette discipline dans les
sciences humaines. Les participants pourront considérer les langues sous tous leurs media (oral,
écrit, langue des signes).

BALLARD Michel (2005-2006) (dir.), La traduction, contact de langues et de cultures, 2 vol.,


Arras : Artois Presses Université.

NICOLAI Robert (2007), « Le contact des langues : point aveugle du ‘linguistique’ », Journal
of Language Contact, Evolution of languages, contact and discourse, Thema n° 1 : 1-10.

TABOURET-KELLER Andrée (1988), « Contacts de langues : deux modèles du XIXème


siècle et leurs rejetons aujourd'hui », Langage et société, n° 43 : 9-22.

WEINREICH Uriel (1953), Languages in contact, findings and problems, New York:
Linguistic Circle of New York.

1.1.5. MULTILINGUISME

Le multilinguisme c’est-à-dire la coexistence de plusieurs langues distinctes à l’intérieur d’une


même entité-nation, est un cas de figure extrêmement fréquent. Cela a des incidences sur le
plan institutionnel : ainsi, c'est pour prendre en compte la diversité des langues parlées.
5
https://www.universalis.fr/dictionnaire/multilinguisme/

Multilinguisme : Un individu est dit multilingue (bi-, trilingue,..) s'il possède plusieurs langues,
apprises l'une comme l'autre en tant que langues maternelles (il y a des degrés dans le
multilinguisme, dans la mesure où la différence n'est pas toujours nette en fait entre
l'apprentissage « naturel » et l'apprentissage « scolaire » d'une langue par un enfant). Le
problème théorique le plus intéressant pour le linguiste est de savoir si, et dans quelle mesure,
la situation de plurilinguisme influence la connaissance de chacune des langues concernées.
Elle est intéressante surtout» parce que cette influence, quand elle existe, n'est pas toujours
apparente (le bilingue peut « parler parfaitement » les deux langues), mais qu'elle peut se jouer
à un niveau relativement abstrait : au niveau du système phonologique (par opposition aux
réalisations phonétiques [221]), à celui des règles grammaticales appliquées (sans influence
visible sur les phrases produites), au niveau des catégories de pensée (s'il est vrai que chaque
langue implique une catégorisation particulière de la signification).

Colloque sur le multilinguisme (Brazzaville 1962\ Londres, 1964. Sur les associations
linguistiques, voiries appendices III et IV, dus respectivement à N. S. Troubetzkoy et à R.
Jakobson, de la traduction française des Principes de phonologie de N. S. Troubetzkoy, Paris,
1957.

1.1.6. PLURILINGUISME

Le plurilinguisme est une particularité linguistique que certaines personnes


possèdent ou développent grâce à des études ou des voyages, qui consiste à pouvoir parler au
moins trois langues différentes. www.linternaute.fr

Le plurilinguisme et Le multilinguisme : Dans le document Guide pour l’élaboration des


politiques linguistiques éducatives en Europe, autre production du Conseil de l’Europe 2007.
Sont définis dans ce guide les termes de « multilinguisme » et de « plurilinguisme » comme
suit :
Le multilinguisme renvoie à la présence dans une zone géographique déterminée – qu’elle soit
limitée ou étendue – de plus d’une “ variété de langues ” (c’est-à-dire le mode d’expression
d’un groupe social) reconnue officiellement ou non comme langue ; dans une telle zone
géographique, certains individus peuvent être monolingues et ne parler que leur propre variété
de langue.

6
Le plurilinguisme envisage les langues non comme des objets mais du point de vue de ceux
qui les parlent. Il renvoie au répertoire des variétés de langues que de nombreux individus
utilisent et, en conséquence, est le contraire du monolinguisme ; il comprend la variété de
langue appelée « langue maternelle » ou « première langue » et toute autre langue ou variété de
langue quel que soit leur nombre. Ainsi, dans des aires géographiques multilingues, certains
locuteurs sont monolingues et d’autres plurilingues.

1.1.7. ALTERNANCE CODIQUE

L’alternance codique ou le codeo-switching est un phénomène de contact qui apparaît tout


naturellement lors de la rencontre de plusieurs langues. Heller & Pfaff en donnent la definition
suivante: “Code-switching is generally thought of as the use of more than one linguistic variety,
by a single speaker in the course of a single conversation” (Heller & Pfaff, 1996: 594). Les
forms d’alternace codique

L'alternance codique conversationnelle : dite aussi stylistique ou métaphorique se produit


de façon automatique à l'intérieur d'une même conversation sans le changement d'interlocuteur
ou de sujet de discussion. Gardner (1985) écrit à ce propos :«[...]l'alternance où les glissements
qui ont lieu à l'intérieur d'une même conversation ,d'une manière moins consciente ,plus
automatique ,sans qu'il ait changement d'interlocuteurs ,de sujet ou d'autres facteurs majeurs
dans l'interaction [...].Le code-switching conversationnel est parfois métaphorique, lorsque
l'emploi d'une variété B dans un discours qui a débuté dans la variété A éveille certaines
associations liées à B ,changeant ainsi les connotations de la conversation grâce à ces éléments
étrangers à A. »(cité par Lombarkia,N , 2008 :p32)

L'alternance codique situationnelle dépend des activités et des réseaux distincts mais
également de l'appartenance sociale du locuteur. Les ressources langagières du répertoire sont
mobilisées d'une manière séparée selon le thème abordé et le changement d'interlocuteurs. Le
locuteur prend en compte la situation de communication dans laquelle il se trouve, pour adopter
une langue de base pour ses échanges.

Pour illustrer ce type d'alternance codique nous renvoyons à l'étude faite par le sociolinguiste
algérien Derradji Yacine (2002). En s'appuyant sur les travaux de Gumperz , Derradji s'est
intéressé aux productions verbales d'étudiants préparant une licence de français à l'université
de Constantine qu'il a interrogé dans deux lieux différents : une salle de cours à l'université, et
un espace ouvert à l'extérieur du bloc des classes. À partir des résultats obtenus, l'auteur note
que les comportements langagiers varient selon les situations de communication, en effet, le

7
chercheur souligne que « Dans la salle de cours, les réponses se font uniquement en langue
française sans aucune interférence avec l'arabe dialectal », il avance en expliquant le choix
exclusif du français dans la salle de cours « le choix de la langue approprié (le français pour
la circonstance) est déterminé par des contraintes de type institutionnel concernant l'espace de
l'interaction, les contraintes du genre de discours et du thème de communication, à savoir le
genre didactique imposé par le cadre institutionnel ». Quant à la deuxième situation, le
chercheur constate que « le discours est truffé d'interférences linguistiques
arabe/français [...] certaines unités en langue arabe s'inséraient spontanément dans des
phrases françaises ». (Derradji op, cit)

1.1.8. BILINGUISME

Le bilinguisme : Georges MOUNIN : « Le fait pour un individu de parler indifféremment deux


langues », « également coexistence de deux langues dans la même communauté, pourvu que la
majorité des locuteurs soit effectivement bilingue. ».

Les formes du bilinguisme :

Bilinguisme précoce : Il y en a deux types : le bilinguisme précoce simultané et le bilinguisme


précoce consécutif (ou successif).

Le bilinguisme précoce simultané : désigne habituellement la situation d’un enfant qui apprend
deux langues en même temps, dès la naissance. Cela produit généralement un bilinguisme fort,
appelé bilinguisme additif. Cela veut aussi dire que le développement langagier de l’enfant est
bilingue.

Le bilinguisme précoce successif : désigne habituellement la situation d’un enfant qui a déjà
partiellement acquis une première langue et en apprend une deuxième tôt durant l’enfance, par
exemple parce qu’il déménage dans un milieu où la langue dominante n’est pas sa langue
maternelle. Cela produit généralement un bilinguisme fort (ou bilinguisme additif), mais il faut
lui donner le temps d’apprendre cette deuxième langue, car il l’apprend en même temps qu’il
apprend à parler. Cela veut aussi dire que le développement langagier de l’enfant est en partie
bilingue.

Bilinguisme tardif

Désigne le bilinguisme lorsque la langue seconde est après l’âge de 6 ou 7 ans, et


particulièrement à l’adolescence ou à l'âge adulte. Le bilinguisme tardif est un bilinguisme
consécutif, qui se produit après l’acquisition de la première langue (après la période du
8
développement langagier de l’enfance). C’est ce qui le distingue aussi du bilinguisme précoce.
Comme la première langue est déjà acquise, le bilingue tardif utilise ses connaissances pour
apprendre la deuxième langue.

Bilinguisme additif et bilinguisme soustractif :

Le bilinguisme additif désigne la situation où une personne a acquis ses deux langues de
manière équilibrée. Il s’agit d’un bilinguisme fort. Le bilinguisme soustractif désigne la
situation où une personne apprend la deuxième langue au détriment de la langue première,
particulièrement si la langue première est minoritaire. La maîtrise de la langue première
diminue, alors que la maîtrise de l'autre (généralement la langue dominante) augmente. Ces
expressions et les notions qui leur sont associées ont été créées par le chercheur canadien
Wallace Lambert, à qui on a accordé le titre de « père de la recherche sur le bilinguisme »

Bilinguisme passif

Désigne le fait de comprendre une deuxième langue sans la parler. Les enfants qui répondent
en anglais de manière pertinente alors qu’on leur parle français pourraient devenir des bilingues
passifs, à mesure que la maîtrise de l’expression orale en français diminue.

http://developpement-langagier.fpfcb.bc.ca/fr/bilinguisme-types-de-bilinguisme

En somme, une analyse sociolinguistique prend en compte plusieurs théories linguistiques, ce


qui nous permettra de faire une analyse complète

1.1.9. PRATIQUE LANGAGIÈRE

On peut rappeler la définition qu’en donne J. Boutet (2002 : 459) : « D’un point de vue
empirique, "pratique langagière" renvoie aux notions de "production verbale", d’"énonciation",
de "parole", voire de "performance", mais il s’en distingue d’un point de vue théorique par
l’accent mis sur la notion de "pratique" : le langage fait partie de l’ensemble des pratiques
sociales, que ce soit des pratiques de production, de transformation ou de reproduction. Parler
de "pratique", c’est donc insister sur la dimension praxéologique de cette activité. Comme toute
pratique sociale, les pratiques langagières sont déterminées et contraintes par le social, et en
même temps, elles y produisent des effets, elles contribuent à le transformer. Dans cette
perspective, le langage n’est pas seulement un reflet des structures sociales mais il en est un
composant à part entière. […] Parler n’est pas seulement une activité représentationnelle, c’est
aussi un acte par lequel on modifie l’ordre des choses, on fait bouger les relations sociales. »
Outre le postulat de départ (la dimension d’acte du langage), on trouve ici une indication sur ce
9
qu’est empiriquement une pratique langagière : une donnée langagière observable en tant
qu’elle a des effets sociaux. M. Ebel et P. Fiala (1983) travaillent la notion et la relient à la
constitution d’une sociologie du langage. La dimension d’« acte social » ne semble cependant
pas l’objet premier que permet de décrire la notion de pratique langagière dans son caractère
opératoire ; pour les deux auteurs, elle permet de « … décrire les processus de production du
sens comme phénomènes discursifs produits à la fois par des rapports de forces sociaux dans
des situations déterminées et par des facteurs (grammaticaux, rhétoriques) relevant de la mise
en discours mais aussi des conditions de mise en circulation de ces discours. » (Ebel-Fiala 1983
: 156, nous soulignons).

Selon Emmanuelle Cambon, Isabelle Léglise. Pratiques langagières et registres discursifs :


Interrogation de deux cadres en sociologie du langage. Langage et Société, Maison des Sciences
de L’homme Paris, 2008, pp.15-38. ffhalshs-00292261f

Et selon le dictionnaire la pratique linguistique est définie comme :

Les "pratiques langagières" comme les manifestations résultantes dans les activités de langage
de l'interaction des différents facteurs linguistiques, psychologiques, sociologiques, culturels,
éducatifs, affectifs... qui sont constitutifs des caractéristiques individuelles et de groupe. En tant
que linguiste, nous nous attachons en premier lieu à l'étude de ces pratiques. Cependant, à partir
de l'hypothèse, théoriquement étayée, de la faible spécificité des phénomènes sous-jacents aux
diverses activités d'un individu, d'une part, et de la nature essentiellement interactionnelle de
tout comportement d'autre part, nous supposons que d'autres manifestations non langagières
peuvent mettre à jour, de par leur cohérence, c'est-à-dire la récurrence des réalisations à même
de recevoir des interprétations de même type, l'existence d'une caractérisation globalisante d'un
individu ou plus vraisemblablement d'un groupe. Les pratiques langagières sont alors un des
biais par lequel il est possible de l'atteindre.

Une telle démarche, parce qu'elle permet la prise en considération de l'ensemble des facteurs en
cause, nous semble plus adéquate dès lors qu'il s'agit d'étudier des différences qui deviennent
clés inégalités. Selon le dictionnaire sociolinguistique consulté en ligne le 15/12/2020.

Par conséquent, faire une analyse sociolinguistique des pratiques langagières revient a analyser
chez les locuteurs leurs productions langagières (orales, écrits).

1.1.10. CONTEXTE ÉLECTORAL IVOIRIEN

10
Du latin contextere (« tisser ensemble ») et contextus (« assemblage », « réunion »), le contexte
désigne ce qui entoure un élément, en l’occurrence un énoncé. Cet environnement peut être
verbal et est alors appelé « co-texte » en sociocritique, en pragmatique et en analyse du discours.
Il peut aussi être non verbal : situationnel, social, culturel, éthique : qui parle, avec quelles
intentions, d’où parle le locuteur, socialement, géographiquement, culturellement, etc. La
combinaison des deux logiques, institutionnelle et langagière, constitue le « contexte » à
l’intérieur duquel s’opère la création. Verbal ou non verbal, le contexte peut être étendu ou
restreint, de façon graduelle (Kerbrat-Orecchioni) : il peut désigner l’environnement immédiat
(verbal) de l’énoncé ou le cadre restreint de référence (non verbal) aussi bien que l’inter
discours généralisé (Angenot, Maingueneau) ou le monde social dans son ensemble. Une
ambiguïté réside en outre dans ce concept parce qu’il peut désigner le contexte du discours et
le contexte construit par le discours. Dans tous les cas, le contexte dépend de la représentation
que s’en font les interlocuteurs, les personnages dans le cas de la fiction et, ultimement, les
récepteurs : il ne s’agit pas d’un dispositif préexistant à l’écriture et à la lecture. De plus, les
récepteurs (ou les lecteurs) n’ont jamais accès à la totalité des informations contextuelles et
seulement certaines d’entre elles sont nécessaires à la bonne réception (ou à l’interlocution).
Avec le concept de contexte, inévitablement, « on ramasse indistinctement différents modes de
mise en relation de la littérature avec autre chose qu’elle-même » (David, 2001, p. 174)1.

1.1.11. UNE ÉLECTION

Du latin electio, choix. L'élection est un choix réalisé au moyen d'un suffrage (vote,
approbation) auquel toutes les personnes disposant du droit de vote, le corps électoral, sont
appelées à participer. L'objectif de l'élection est la désignation d'une ou plusieurs personnes
pour exercer un mandat électoral (politique, économique, associatif, syndical, social,...) durant
lequel elle(s) représente(nt) leurs électeurs. Par son vote, le corps électoral leur transfère
la légitimité nécessaire pour exercer le pouvoir attribué à la fonction objet de l'élection.
https://www.toupie.org/Dictionnaire/Election.htm

1.1.12. CONTEXTE SOUS-TENSIONS

1
David (Jérôme), « Du bon usage littéraire des contextes », Études de lettres, n° 2 (dossier « Les contextes de la
littérature : études littéraires, sciences sociales, épistémologie », sous la direction de J. David), 2001, pp. 151-175.

11
Le contexte électoral ivoirien se déroule le plus souvent dans la violence.

Selon Paulin Yéra Bindia : La violence est le comportement agressif ou brutal exercée par un
ou des individus pour contraindre un ou d’autres de faire ou de ne pas faire quelque chose
indépendamment de sa volonté. Elle peut être appliquée par l’État sur ses propres citoyens en
cas de nécessité. C’est d’ailleurs la seule violence légitime selon Marx Weber. La période
électorale va du début de la campagne électorale jusqu’à la proclamation des résultats définitifs
et la prise de pouvoir du ou des vainqueurs. La violence électorale peut menacer la sécurité du
pays, troubler la cohésion sociale ou même engendrer une guerre civile totale faisant beaucoup
de victimes.

«LA PREVENTION DE LA VIOLENCE EN PERIODE ELECTORALE » Le rôle des


organisations estudiantines SEMINAIRE à DAKAR, le 14 JUILLET 2017 La violence en
périodes électorales Page 8.

1.1.13. RÉSEAUX SOCIAUX

Un réseau social est un ensemble d'acteurs (individus, groupes ou organisations) reliés par des
interactions sociales. Ces interactions sociales peuvent être de différentes natures : familiales,
sentimentales (liens forts) ou plus distantes : affinité, relation d'affaire, de travail (liens faibles)
Elles peuvent se nouer à travers des contacts directs ou médiés technologiquement : échange de
lettres, de méls, chat, réseaux sociaux, mondes virtuels. Rémi Bachelet Dernière version de ce
cours de réseaux sociaux Mise à jour du 23 septembre 2020.

Pour finir, faire une analyse sociolinguistique des pratiques langagières en contexte électoral
ivoirien, c’est tenir compte des différentes théories de la linguistique de façon générale et aussi
du contexte sociopolitique de la Cote d’Ivoire.

1.2. Cadre théorique

Le présent travail sur l’analyse sociolinguistique des messages en français sur les réseaux
sociaux en contexte électorale se situe dans un double cadre théorique. Deux disciplines sont
mises en exergue dans ce cadre théorique : la sociolinguistique variationniste et la
sociolinguistique urbaine et analyse du discours. En ce qui concerne la sociolinguistique
variationniste, il s’agira ici de préciser la définition de la sociolinguistique et de montrer les
différents types de variations linguistiques.

Pour la sociolinguistique urbaine, il convient de donner la définition et montrer les


différents champs d’intervention.
12
1.2.1 La sociolinguistique est un domaine des sciences du langage.

Willian Labov, l’un des pères fondateurs de la discipline considère « qu’il s’agit là tout
simplement de linguistique » (labov,1976, P258). Avec cette affirmation, il prend position
contre les linguistes qui suivent la tradition saussurienne et les enseignements du cours de
linguistique générale de Ferdinand de Saussure. Pour lui ces derniers « s’obstinent à rendre
compte des faits linguistiques par d’autres faits linguistiques, et refusent toute explication
fondée sur des données extérieurs tirées du comportement social » (Labov 1976, P259) « La
sociolinguistique prend en compte tous les phénomènes liés à l’homme parlant au sein d’une
société » (Boyer H, 1996) on peut considérer que l’émergence du territoire de recherche de cette
discipline s’est produite d’abord sur la base d’une critique des orientations théoriques et
méthodologiques de la linguistique structurale.

La sociolinguistique comme discipline constituée s’est élaborée dans les années 1960 aux USA
autour d’un groupe de chercheurs (Dell Hymes, Fishman, Gumperz, Labov, Ferguson etc).
Selon leur approche, la sociolinguistique consiste à « étudier qui parle quoi, comment où et à
qui » (Fishman 1971). Les rapports sociaux entre les individus deviennent centraux, la
sociolinguistique s’est constituée en opposition plus ou moins marquée avec le structuralisme.
À partir de la fin des années 1960, la sociolinguistique devient un champ important, actif qui a
beaucoup apporté au renouvellement des catégories en particulier grâce au domaine de la
linguistique de contact. Les langues qui étaient perçues comme des systèmes autonomes vont
de plus en plus être perçues comme des systèmes fluides, variables etc. Comme toute discipline,
la sociolinguistique a eu également tendance à se fragmenter en de multiples sous domaines.
Parmi les grandes tendances actuelles nous avons :

La linguistique variationniste, tendance Labov, qui reste dans une conception systémique du
langage même s’il considère que la variation est le moteur de l’évolution linguistique. Cette
branche s’attache principalement à l’étude des variantes sociales à l’intérieur de ces systèmes.

La sociolinguistique a affaire à des phénomènes très variés : les fonctions et les usages du
langage dans la société, la maîtrise de la langue, l’analyse du discours, les jugements que les
communautés linguistiques portent sur leur(s) langue(s), la planification et la standardisation
linguistiques. Elle s’est donnée pour tâche de décrire les différentes variétés qui coexistent au
sein d’une communauté linguistique en les mettant en rapport avec les structures sociales.
Aujourd’hui, elle englobe pratiquement tout ce qui est étude du langage dans son contexte
socioculturel.

13
1.2.2 Sociolinguistique variationniste

La sociolinguistique variationniste aussi appelé « linguistique variationniste » est devenue au


fil du temps l’un des champs d’étude les plus dynamiques de la sociolinguistique voyant le jour
à la suite d’une enquête réalisée par William Labov à New York pour déterminer les variantes
d’un même phonème dans cette ville. Ce domaine de la sociolinguistique ne cesse depuis d’être
au centre de diverses recherches dans le domaine linguistique particulièrement de la
sociolinguistique. Par « sociolinguistique variationniste », il faut entendre l’étude des
changements observés dans les productions langagières des individus en fonction de leurs
milieux de vie, de leurs niveaux d’instruction, de leurs activités socio-professionnelles. Elle
s’intéresse en effet, à l’influence des facteurs sociaux sur le langage selon Dary Bigot et Robet
Papen, elle rend compte des corrélations systématiques entre les productions langagières et des
paramètres internes et externes à la langue. Avec le volet de cette discipline, au lieu de
considérer uniquement la norme dans une langue comme l’affirme le structuralisme
saussurienne, le penchant est plutôt en faveur de l’usage de la langue et des usagers en société.
La notion de variation en sociolinguistique occupe une place d’envergure voir même
incontournable par cette discipline. Pour le variationniste, il n’y a pas lieu de réduire une langue
à une de ses manifestations car dans cette même langue, l’on retrouvera toujours des variétés
qui lui seront propres. C’est pour cette raison que Gudum Ledegen et Isabelle Leglise (2013)
affirme que : « il n’est pas de langue que ses locuteurs ne manient sous des formes
diversifiées ». Cette variation linguistique se manifeste à plusieurs niveaux de la vie sociale.
Nous pouvons regrouper ces niveaux en deux grands groupes proposés par la sociolinguistique.
Il s’agit notamment de la variation selon les usagers et la variation selon l’usage (Français
Gadet : 2007) cité par Touré (année).

Sociolinguistique urbaine

La sociolinguistique urbaine est une branche du développement récent de la sociolinguistique.


L’émergence de la sociolinguistique urbaine est si complexe qu’elle ne peut être rattachée à un
seul et unique évènement fondateur. Il existe en fait plusieurs repères généalogiques
susceptibles de légitimer son existence actuelle sous la forme d’un champ de recherche en
perpétuel développement. Pour Thierry Boulot, la sociolinguistique urbaine s’attache à l’étude
des discours tenu sur l’espace par des locuteurs localisés et localisable, elle s’intéresse donc à
un terrain urbain du point de vue de sa construction discursive. Dans ce cas, la ville est définie
non pas par son éventuel plurilinguisme, mais par sa mise en mots, par l’appropriation des lieux

14
à travers la langue, avec un accent mis sur l’analyse du discours et plus récemment une approche
interdisciplinaire en particulier avec la géographie sociale (Calvet, 2005 :11). Dans ce passage,
Louis-Jean Calvet fait référence aux travaux initiés par Thierry Boulot, lesquels ont la
particularité d’aborder la ville davantage comme une organisation évolutive que comme une
structure statique. Ce qui importe ici est certes l’étude de la langue dans l’espace, mais aussi
l’étude de l’espace dans et par la langue, comme le précise Philippe Blanchet. Selon lui, « la
sociolinguistique urbaine de Thierry Boulot et de ses collègues conçoit la ville comme un
espace social produit et reproduit en performance notamment dans et par les discours et non
comme une donnée stable » (2018 : 31-32). En effet, les discours sur l’espace mettent en
évidence des usages toponymiques et chironomiques consacrés par les locuteurs sous forme de
pratiques linguistiques dénominatives et désignatives 9 (Bulot, 2002). Par l’acte de
dénomination, il est question de rendre compte des appellations assignées aux lieux 10
constitutifs de l’espace. Par l’acte de désignation, il s’agit plutôt de faire le point sur la
description du spatial telle qu’elle est énoncée dans et par la langue. En parallèle, les discours
en question révèlent des représentations sur l’espace, sur les langues qui le meublent ainsi que
sur les personnes et les groupes sociaux qui l’occupent. « Les espaces produits en discours l’ont
été par l’attribution de traits divers certes à des formes linguistiques, aux locuteurs de ses
formes, mais encore à des lieux perçus comme préexistants à la spatialisation » (Bulot, 2002 :
92). Dans ces conditions, il convient de parler de « mise en mots » de l’espace, laquelle consiste
en une activité discursive qui fait intervenir la langue pour nommer des lieux, des rues, des
quartiers et toute autre structure socio-spatiale, mais aussi pour les décrire, les qualifier et leur
attribuer telle ou telle caractéristique en fonction des idées que s’en font leurs usagers. «
Nommés ou désignés, ils [les lieux] sont un aspect essentiel de la mise en mots de l’espace dans
la mesure où leur organisation, leur articulation renseigne sur les tensions intrinsèques de la
communauté sociale […] » (Bulot, 2002 : 92). La sociolinguistique urbaine y trouve son compte
vu qu’elle est destinée à étudier « la mise en mots de la covariance entre la structure spatiale
signifiante et la stratification sociolinguistique » (Bulot, 2002 : 94). Pour ce qui est des discours
dans l’espace, il faut d’emblée admettre que l’espace constitue le siège de multiples
manifestations discursives. Ainsi, les discours qui s’y tiennent sont perceptibles soit à l’oreille
s’ils sont oraux, soit à l’œil s’ils sont écrits. Les discours oraux émergent dans les situations
d’interaction et de communication et sous-tendent des pratiques langagières et linguistiques
hétérogènes, tandis que les discours écrits se matérialisent dans la signalétique, sur les tableaux
d’affichage, sur les enceintes commerciales et à travers les inscriptions murales, concourant
ainsi à la mise en place d’un environnement graphique caractéristique. Ce point concernant les

15
discours dans l’espace a déjà été abordé par Lorenza Mondada qui souligne à juste titre qu’il
s’agit de « discours oraux, monologiques ou dialogiques, des interactions verbales, des plans,
des cartes et autres inscriptions visuelles, ainsi que des textes de toutes sortes (de la maquette
publicitaire ou touristique au texte de loi à l’article journalistique » (2000 : 38-39).

L’importance de la ville dans la sociolinguistique urbaine

Loin d’être les premiers, la ville était l’objet de recherche depuis l’école de Chicago ; depuis
l’ouverture de premier département de sociologie dans une université américaine, les
chercheurs se sont attachés à comprendre les changements sociaux culturels qui accompagnent
la croissance des villes américaines et précisément la ville de Chicago. En effet, les chercheurs
de Chicago ne sont intéressés que peu aux langues car, l’analyse de la ville en tant que
modalisation des langues n’était faite qu’avec la sociolinguistique urbaine. Si la ville est vue
par certains d’un œil social, politique ou économique, pour les linguistes, elle est l’endroit
particulier pour l’existence des langues car la ville n’est pas seulement le village où tout le
monde connait tout le monde mais, elle est essentiellement le lieu de création et de rejet des
identités. Aussi, la ville est le lieu par excellence de modernité. (Bierbach & Bulot, 2007 a).
Ce qui distingue le domaine de la sociolinguistique urbaine des autres domaines de recherche,
c’est qu’une étude des pratiques langagières ne peut se faire sans référer à l’espace qui les
façonne. Cela nous permet de dire que la ville est le centre d’intérêt de cette science récente.
Certes, les langues disent la ville, mais aussi la ville les dit parce que le facteur urbain a un
impact primordial sur les langues et sur les pratiques linguistiques ; la ville influence non
seulement le mode de vie des personnes à savoir la culture, le vestimentaire etc. Mais aussi, elle
influence les comportements langagiers de ses locuteurs car il est certainement « un facteur de
changement ou de répartition linguistique » (Moïse, 2003 :73). En parlant de l’importance de
la ville, il faut signaler ici les travaux de de Thierry BULOT (2005), l’un des pionniers de la
sociolinguistique urbaine. Cette approche repose sur « l’hypothèse que l’espace n’est pas une
donnée mais une construction sociale, par le biais des pratiques discursives, et que les discours
sur la ville modifient la perception de l’espace ou la ‘construisent’ » (Calvet, 2016). Ainsi pour
lui, la sociolinguistique urbaine serait une « sociolinguistique de l’urbanisation, et la
nominalisation des parties du territoire ou constituerait une appropriation. » (Idem). Faire de la
sociolinguistique urbaine, c’est faire des allers-retours constants entre les catégories
linguistiques qui symbolisent la ville et les interprétations possibles des marques linguistiques.
Au final, ce qu’il faut savoir est que la ville peut jouer deux rôles : elle peut être une productrice
lexicale ou bien un lieu de conflit des langues.

16
La ville : unificatrice linguistique, la ville est un laboratoire en mouvement, elle « reste,
disparait, se compose : elle rassemble, exclut, accueille et rejette » (Bulot, 1996 :398). La ville
est un lieu d’hétérogène, personne ne peut négliger la réalité plurilingue de toutes villes du
monde. Ce n’est pas dans le sens où chacun pratique plusieurs langues, mais la rencontre de ces
personnes monolingues pour des raisons nombreuses et dans des différents lieux comme les
ports, les marchés etc. engendrait ainsi une pratique plurilingue. Ce phénomène fait de la ville
un lieu de rencontre et de brassage des langues. Pour répondre au besoin véhiculaire, une de ces
langues serait émerger ou c’est la langue locale qui reste dominante.

Que signifie donc une identité urbaine ?

Habiter une ville, c’est imprimer des traces et des formes lisibles et remarquables de son
identité. Dans cet effort de clarification de ce concept, les spécialistes de l’espace s’accordent
que « l’identité urbaine peut se définir comme le processus d’agencement et de structuration
que les différents groupes sociaux internes et externes d’une ville, se font d’elle, de son passé,
de son présent et de son avenir, et ceci à un moment donné de l’histoire » (Gallaud, 1993).
L’identité urbaine serait certainement la conception intellectuelle et non pas le repère matériel.
Cette identité correspond aux représentations des individus sur un espace ou une ville en prenant
en considération le caractère temporel. Cette identité « est bien plus pénétrée d’un sentiment
d’appartenance urbain et d’identité locale » (Lucchini, 2002 :87). En effet, ce concept donne
aussi l’importance au côté de la langue qui se considère comme un indice d’appartenance à une
certaine communauté. Bierbach et Bulot révèlent que « le concept permet de rendre compte des
pratiques langagières des locuteurs urbains se représentant la tension ainsi posée entre leur
indispensable identification à une communauté et leur propre différenciation » (2007a : 18).

D’une identité urbaine à une identité linguistique :

La langue peut-elle informer l’identité de son locuteur ? Parler du rapport entre langue/identité
c’est « tendu à faire de la langue un des fondements identitaires les plus déterminants, justifiants
l’emploi de l’expression « identité linguistique » (Gautier, 2011). En d’autres termes, la langue
par laquelle s’exprime la personne permet l’identification de son identité. Elle favorise la
connaissance de la personne. Chaque personne s’exprime soit par sa langue maternelle soit par
une autre langue qu’elle met au préalable. Sans aucun doute, la langue est le premier moyen qui
nous permet de repérer et d’identifier les personnes. Nous renforçons cette idée par les propos
d’Abdenour Arezki (2008) qui dit : « c’est bien dans et par la langue que l’être, puis les groupes
construisent leur identité, en elle qu’ils se fondent, s’apparentent par elle qu’ils se distinguent

17
». Dans le même article, aux yeux de Abdenour Arezki, les langues meurent pour une raison
simple : c’est lorsque celles-ci perdent leurs locuteurs et notamment parce que ces locuteurs
préfèrent fonder leur identité linguistique non pas par la langue maternelle, mais plutôt par une
autre langue mise en avant par son locuteur, représentée comme plus valorisante et plus
prestigieuse. Au final, il faut défendre l’idée d’association de langue/identité car la façon
d’employer les mots, la manière de parler, de raisonner et la manière d’argumenter permettent
l’identification de la personne.

Passage de la sociolinguistique générale à la sociolinguistique urbaine

La sociolinguistique s’intéresse à un grand nombre de phénomènes ; elle porte sur les fonctions
et les usages de la langue dans la société, la maitrise de la langue, les jugements que les
communautés linguistiques portent sur leurs langues et sur celles des autres comme elle se
donne pour tâche de décrire les variétés qui coexistent au sein d’une communauté. La
sociolinguistique est donc une linguistique externe ; cela veut dire qu’elle prend en charge les
éléments extralinguistiques. Pour Thibault, « de telles caractérisations sont à rapporter aux
projets explicitement exprimés par Labov dès ses premiers travaux de rendre compte de la
langue d’une communauté linguistique à travers l’étude de structure des variations qui s’y
trouvent ». In (Moreau, 1997 : 284). En sociolinguistique, l’analyse du sujet parlant porte sur
les traces d’identité de locuteur, de son âge, de son origine géographique … et c’est
principalement grâce à William Labov que l’analyse de la variation linguistique s’est
développée. La linguistique variationniste suppose dès ses débuts que ces différences sociales
(sexe, âge, l’origine géographique, espace …) sont des facteurs déterminants dans les variations
linguistiques. En effet, parmi toutes ces variables, une va s’avérer rapide très pertinente que les
autres ; il s’agit de celle de l’espace. C’est ce qui marque alors la naissance d’une nouvelle
discipline dans les années 90 : la sociolinguistique urbaine. Pour Moïse (2002), il s’agit
essentiellement dans cette science de se fixer les variables sociales citées au début, elle dit
même que la sociolinguistique urbaine est « une nouvelle façon d’aborder la variation » (2003
:57). Nous pouvons ainsi définir la sociolinguistique urbaine par son objectif qui est tout
simplement « saisir la ville dans sa dimension spatiale, dans sa composition, son organisation
à travers ceux qui l’habitent, la vivent, la traversent » (Moïse ,2003 :80). Haut de là du caractère
social de la langue, pris en charge dans la sociolinguistique, la sociolinguistique urbaine
s’intéresse au rapport manifesté entre langue et espace dans les pratiques linguistiques. En plus
de décrire les phénomènes langagiers, cette science détermine le rôle que joue l’espace et le
rapport entre langue et appropriation territoriale. La sociolinguistique urbaine est une

18
sociolinguistique de la spatialité. C’est démarrer d’une sociolinguistique en ville pour arriver à
une sociolinguistique de la ville et pour la ville (Moïse ,2002). En somme, faire de la
sociolinguistique urbaine, c’est produire l’impact que peut prouver la ville car comme nous
l’avons mentionné au début du travail, la ville et l’espace sont des éléments majeurs dans cette
récente discipline. Le champ disciplinaire de la sociolinguistique urbaine est varié, aussi
important ; c’est grâce à elle que nous pouvons étudier le contexte social des discours dans la
ville. Ainsi, Calvet a abordé ce point en faisant référence aux trois unités suivantes :

• Le temps : cela signifie que l’espace urbain diffère selon les moments de la journée.

• Le lieu : renvoie à la deixie ou l’origo.

• L’action : il ne s’agit nullement l’assemblage des locuteurs mais beaucoup plus le produit des
relations perçues entre ces locuteurs. Cette discipline dans laquelle s’inscrit cette recherche,
traite également l’impact des discours sur les espaces urbanisés. Autrement dit, c’est l’analyse
du modèle qui offre l’espace sur les comportements langagiers et vice versa. La
sociolinguistique urbaine porte aussi sur les phénomènes dits péjoratifs de « banlieue » trois (3)
en référant aux tags, au rap, aux insultes…

Analyse du discours

L’analyse de discours est une approche multidisciplinaire qualitative et


quantitative qui permet d’étudier un discours de façon précise.

À travers l’analyse du contenu d’un discours écrit ou oral, et de son contexte,


l’étudiant peut collecter des informations utiles pour ses recherches.

Cette analyse doit permettre de faire émerger les éléments clés d’un discours, ou
de révéler des points de comparaison ou de divergences entre plusieurs discours
ou entretiens réalisés par l’étudiant.

“Selon Adam, Bourdieu, Ducrot, Ghiglione, Kerbrat-Orecchioni, un discours ne


se contente pas de décrire un réel qui lui préexiste mais construit la représentation
du réel que le locuteur souhaite faire partager par son allocutaire. Il en résulte que
pour la plupart des spécialistes du langage, énoncer un discours, c’est vouloir agir

19
sur autrui. Le discours a ainsi un objectif performatif : c’est un acte volontariste
d’influence. La plupart des discours, notamment politiques, publicitaires et
managériaux, sont alors considérés comme appartenant à la classe des énoncés
argumentatifs, dont la finalité réside dans la recherche d’adhésion du
destinataire”. (Seignour, 2011)

Utilité et objectifs de l’analyse de discours

Dans le cadre d’un mémoire ou d’une thèse, l’analyse de discours peut être utile,
afin de collecter des données informatives. L’étudiant peut analyser un discours à
travers deux approches successives.

L’approche descriptive : permet de décrire un discours pour comprendre son


fonctionnement et la logique de la parole du locuteur.

L’approche critique : a pour but d’établir une critique du discours pour révéler ses
contraintes et limites.

Grâce à ces deux approches, l’étudiant peut analyser un discours de façon


efficace.

La description et la critique du discours sont utiles pour obtenir des informations


supplémentaires : établir de nouvelles hypothèses de travail, développer ses
connaissances et son sens critique par rapport au sujet étudié.

Si l’analyse de discours est plus souvent utilisée dans le cadre d’une étude
qualitative (entretien semi-directif, entretien libre, focus group, observation), elle
peut également être utile dans le cadre d’une étude quantitative (entretien directif,
questionnaire, sondage oral). https ://www.scribbr.fr/methodologie/analyse-de-discours

1.3. LA REVUE DE LITTÉRATURE

Depuis leur apparition, les réseaux sociaux n’ont cessé d’être au centre des réflexions
scientifiques.

20
1.3.1. Quelques travaux sur les réseaux sociaux et la politique

Les réseaux sociaux n’ont cessé d’être depuis leur instauration un vecteur de plusieurs formes
de messages et de changement d’idéologie. C’est en ce sens que PATRICK CHARAUEAU
(2011) soutien dans son article les médias et l’information que : « les médias manipulent autant
qu’ils se manipulent. Pour manipuler, il faut un argent de la manipulation ayant un projet et une
tactique, mais il faut aussi un manipulé. » Par cette affirmation nous pouvons comprendre que
les acteurs de la politique se serve des réseaux sociaux pour manipuler le peuple comme ça leur
chante. Il renchérit en disant « les médias ne transmettent pas ce qui se passe dans la réalité
sociale, ils imposent ce qu’ils construisent dans l’espace public. »

Dans son article regards politique BADER BEN MANSOUR (2017) atteste que : « le
recours aux médias sociaux comme plateforme de communication présente des avantages aussi
bien pour les partis politiques que pour le public et le système démocratique en générale. » En
d’autres termes, l’utilisation des réseaux sociaux dans le domaine de la politique peut être
bénéfique à certains points.

Ainsi, DORGELES HOUESSOU (2018) dans son article « affrontement sur la toile : exemple
ivoirien et israélo-palestinien » atteste que « (…) le discours de haine est polémique certes mais
porté au comble de la discourtoisie et de l’impolitesse même. » Pour l’auteur, les conversations
via les médias sociaux à des périodes très sensibles peuvent inciter la population à des pratiques
malsaines.
Dans sa thèse « la mobilisation des jeunes sur les réseaux sociaux pendant les
campagnes électorales : l’analyse comparative entre la France et la Russie », Ekaterina
Pechankina (2016) souligne que « les dommages causés par l’utilisation des réseaux sociaux
peuvent être relevés au niveau de l’État, le phénomène de la « guerre de l’information » devient
plus répandu ». Pour l’autre l’internet impact l’être humain de façon psychologique.
Les réseaux sociaux sont tellement ancrés dans les nœuds des personnes qui l’utilisent
qu’elles ne se rendent pas compte par fois de la gravité des informations véhiculées sur les
réseaux sociaux. C’est dans ce sens que Ekaterina Pechenkina renchérit dans son même article
que « (…) la personne concernée n’ait pas réellement consciente de la portée des informations
qu’elle met à la disposition »
Dans la même veine, l’auteur démontre à quel point nous dépendons d’internet.
C’est pourquoi il estime que le développement des technologies de l’information nous permet
sans quitter la maison de travailler sur internet à apporter à la vie quotidienne de la population

21
du monde l’un des changements les plus passionnants. Ainsi, 48% des personnes interrogées
en Europe ont nommé internet comme le « le symbole de la dernière décennie. » Par cette
assertion l’auteur veut nous montrer que internet est essentiel dans la société du XXI siècle. Les
réseaux sociaux bien que avantageux ont aussi des conséquences souvent irréversibles. La
jeunesse est la tranche de la population la plus exposée, puisque les gens consomment les
mêmes produits d’information de caractère globale (…) la jeunesse est victime d’une influence
malsaine imposée par les riches et les gens du show business la mondialisation de la conscience
de masse. Ainsi les réseaux sociaux impactent la population d’un pays sur l’information, de
façon psychologique, sur la conscience individuelle et même sur l’expansion politique,
économique, sociale et culturel dans les pays développes
PATRICE ADICO (2018) dans son article « construction identitaire et représentation de
soi sur les réseaux sociaux en ligne chez les jeunes allemands à l’épreuve de la poésie » atteste
en effet qu’ « en lieu et place de la solitude, du désintérêt ou encore d’un handicap physique,
les jeunes se voient en pleine santé (…) l’envie constante de se faire connaitre et de se faire
apprécier peut couper les jeunes du monde manifeste (…) « je me donne pas la peine d’aller
chez un psychologue / Au lieu de cela je préfère aller dans les toilettes avec mon smartphone »
pour PATRICE ADICO les réseaux sociaux sont omniprésent dans la vie des jeunes qu’ils
peuvent même remplacer un médecin.

1.3.2. Quelques travaux sur Le français en Côte d’Ivoire et les médias sociaux

La langue française et les médias sociaux ont été sujet de recherche de plusieurs chercheurs.

DJE BI TCHAN GUILLAUME (2018) dans son article « climat d’époque de réseaux sociaux :
conflits entre expression de pensée et expression de langue » fait observer que les affectes du
langage écrit des plus jeunes (élèves) altère leur façon de penser, ce qui ce récent sur les notes
des enfants. Ainsi, la communication sur les réseaux sociaux obéit à un principe de type SMS
(short message service), les réseaux sociaux ont impacté le français des élèves « ils modifient
le langage des enfants »

N’GUESSAN J. KOUADIO cité par TOURE HAMED (2018) affirme qu’« on distingue
habituellement trois (3) types de variétés de français en côte d’ivoire : la variété supérieur ou
acrolectale (…) la variété moyenne ou mésolectale (…) la variété basilecale (…). », auxquels
on ajoute le nouchi. Ainsi, en fonction des variétés de français l’on peut toucher un public cible.

En Côte d’Ivoire comme dans beaucoup d’autre pays de l’espace francophone, il existe
différentes variétés de français qui coexistent, ce qui correspondent donc à des besoins et a des

22
situations de communication bien spécifique. C’est ce qui fait dire à KOUAME citer par
VAHOU KAKOU MARCEL dans sa thèse intitulée « l’insécurité linguistique chez des élèves
en Côte d’Ivoire (année académique 2015-2016) » que : « Au contact des langues locales et du
milieu ivoirien la langue française va se trouver transformée par l’émergence de différentes
variétés (…). Elles sont utilisées par tous, attestées dans la presse écrite et audiovisuelle, dans
les œuvres littéraires d’auteurs ivoiriens et de même dans certains discours de hauts dignitaires
du pays »

Dans sa thèse « Description de la variation : Études transformationnelles des phrases du


français de Cote d’Ivoire » AKISSI BEATRICE BOUTIN (2002) atteste que : « plusieurs
chercheurs ont repéré dans le français populaire ivoirien les marques d’une langue en cours de
créolisation (…) le français populaire ivoirien d’Abidjan reste donc une variété de français
populaire et ne peut être considéré comme un créole français. En fait les traits qui caractérisent
le français populaire ivoirien sont plus liés à l’appariation linguistique et à la véhicularisation /
vernacularisation qu’à la pidginisation et à la créolisation. Même s’il est marqué par des
restructurations comparables à celles qu’on observe dans la créolisation ou la pidginisation »
par cette affirmation l’auteur veut nous montrer que bien que le français de Cote d’Ivoire
rencontre plusieurs types de variété il n’est ni un pidgin ni un créole.

Dans le même élan l’auteur renchérit en disant que : «il existe une grande reconnaissance
de fait du français de Cote d’Ivoire puisque la porte lui est plus ou moins ouverte dans la presse
orale et écrite, les romains populaires (…) cependant, la reconnaissance officielle du français
de Cote d’Ivoire et sa standardisation se heurtent a plusieurs obstacles : le conservatisme
normatif français, la réduction français international au français de France et l’impossibilité
pour la Cote d’Ivoire de prendre en charge la standardisation du français en Côte d’Ivoire »
pour expliciter les propos de l’auteur nous pouvons dire que bien que le française de Cote
d’Ivoire connait plusieurs variétés ,praticable, connue et reconnus par la population ivoirienne
et par les populations de la sous-région ,le français en Côte d’Ivoire n’est pas encore
standardisé.

ABOA affirme dans son article « langue française et identité culturelle ivoirienne
(2008) » : « En côte d’Ivoire, le français est utilisé par les locuteurs pour exprimer les réalités
socioculturelles du pays (…) le français présente ainsi un caractère identitaire spécifique. Cette
langue est donc probablement en train de devenir le véhicule de valeurs expressive
spécifiquement ivoirienne. » Le français est certes la langue la plus parlée par la population

23
ivoirienne, elle est la langue pour exprimer son moi, sa pensée. Mais, elle ne peut cependant
pas remplacer nos langues locales. C’est dans cette veine que ABOA renchérit et dit « la langue
officielle, le français est celle qui permet l’accès à la vie publique et a des postes importants
dans l’administration. Il ne peut cependant pas répondre aux besoins identitaires des ivoiriens,
leur identité ivoirienne est mieux représentée les langues ivoiriennes. » Pour dire que le français
est peut-être la langue identitaire de certaines personnes mais c’est la minorité et les langues
ivoiriennes priment.

Dans son article « Étymologie des mots hybrides en nouchi TAPE (2016) » atteste
que « Dans la typologie des mots pratiques langagières en côte d’Ivoire, le nouchi est la variété
la plus récente (…) le lexique du nouchi va évoluer au fil du temps (synchronie) et en tenant
compte des réalités du moment (diachronie). La créativité lexicale abondante, dans la langue
relevé son dynamisme au sein des parlés locaux » par cette affirmation l’auteur nous montre
que le nouchi est une langue très prometteuse par sa force qui est de mixer les langues
ivoiriennes et étrangères. L’auteur continu en ajoutant que : « le nouchi développe une forme
de création des mots ayant des origines variées (…) et qui très rependue dans les pratiques
linguistiques francophone. » Le nouchi commence à être une manière de parler beaucoup plus
en plus fréquente dans la zone francophone et est devenue la façon de parler de plusieurs
personnes (politiques, enseignant …) en vue de passer un message qui a plus d’importance a
un population cible.

Dans son article « Du français en Afrique au(x) français d’Afrique : quel(s) parcours ? » publié
dans Aspects linguistiques et sociolinguistiques des français Africains (2018) par PAUL ZANG
ZANG affirme que « certains pays Africains se sont accrochés à la langue française dans
l’espoir que celle-ci deviennent la solution aux problèmes linguistique auxquels ils étaient
confrontés (…) ils ont développé des mécanismes d’appropriation de cette langue. Ces pays ont
fait du français leur langue officielle, langue de développement (…) le français assume les
fonctions normalement dévolues aux langues autochtones. » L’auteur nous montre que la
langue française est devenue pour ces pays l’identité des populations. La langue française
définit les populations en générale de ces pays. Il poursuit en disant : « le français d’Afrique est
perçu par certains colonialistes comme une menace pour la langue française (…) le corpus du
français d’Afrique est varié (orale, écrit, publicité, chanson, journaux, théâtre, romains etc. …)
Il compte plusieurs variétés linguistiques ou codes. » Pour ainsi dire le français présente
aujourd’hui ses limites et bien qu’imposé autre fois du fait de la colonisation. Le français
d’Afrique prend peu à peu de l’ampleur et gagner une place de choix.

24
Dans son article portant sur « L’emploie de l’adverbe en français de côte d’ivoire » TAPE
(2014) affirme que « L’adverbe en français présente trois (3) types de modification de la lexie
en contexte africain. Les particularités lexématique : la lexémantique est le procédé de lexicale.
Dans ce cas, le mot a un sens unique (…), la particularité sémantique : c’est lorsqu’on se situe
dans le domaine de l’énonciation et de l’argumentation, l’on constate que les adverbes ont des
emplois polysémiques. (…) la particularité grammaticale : (…) le système de l’emploi
adverbial se rapproche de celui du français standard (…). L’emploi de l’adverbe en français de
Cote d’Ivoire comporte un certain nombre de particularités qui l’éloignent progressivement du
français central. » l’auteur veut nous montrer que le français ivoirien est en train de créer son
propre adverbe différent de celle du français standard.

1.4. Méthodologie

Ce point présente l’organisation de la recherche, les choix méthodologiques que nous avons
opté pour ce travail. Il s’agit de montrer la méthode utilisée pour la collecte de données, les
techniques que nous utilisons pour mener l’enquête et recueillir les données indispensables à la
recherche.

1.4.1. Technique d’enquête

Pour cette étude consacrée à l’analyse sociolinguistique des messages en français des réseaux
sociaux en contexte électoral en Côte d’Ivoire, il s’agit de la collecte des messages en français
en contexte électoral.

1.4.2. La collecte des données

Nous avons collecté les données à travers des enregistrements audios et vidéos sur les réseaux
sociaux ainsi que des messages écrits. Cette collecte nous a permis d’environ cent (100)
données d’Aout à Novembre 2020. La collecté les données a permis de prêter une attention
particulière aux usages, aux pratiques langagières des messages sur les réseaux, à observer les
manifestations dans les villes et quartiers de la Côte d’Ivoire. Nous avons utilisé cette technique
dans la collecte des données sur les réseaux sociaux. Elle a permis d’avoir de divers genres
(textes, images, vidéos, audios). À travers ses données, nous relevons les caractéristiques des
messages véhiculés sur les réseaux sociaux et ainsi à faire la classification de ses messages.

1.4.3. Lieu d’enquête

25
L’enquête s’est essentiellement déroulée sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram,
WhatsApp, Scooper). Le travail a consisté à faire des captures d’écrans des publications, des
commentaires qui y sont faites.

1.4.4. Profil de l’enquête

L’enquête a portée sur toutes les couches sociales qui interagissent sur les réseaux sociaux sans
distinction majeure. En effet, au cours de l’enquête, nous avons eu à faire des captures d’écrans
sur des profils des étudiants, des élevés, des activistes qui sont de différentes générations, de
différentes tranches d’âge.

Les données recueillies

Cette technique d’enquête nous a permis d’avoir en notre possession quelques données dans la
mesure où la recherche se déroule exclusivement sur les réseaux sociaux. À travers cette
technique d’enquête, nous avons pu récolter différents types de données (images, messages,
vidéos).

Les difficultés de la recherche

Dans le cadre de notre travail, nous avons été confrontées à plusieurs difficultés. En effet, il
nous a été difficile d’avoir accès à la documentation, des ouvrages scientifiques allant dans le
cadre du sujet afin d’enrichir les connaissances mais présentant des insuffisances. Pour obtenir
des données maintes difficultés se sont présentés à nous ; coupure d’électricité, insuffisance de
passe internet.

Conclusion partielle de la deuxième partie

La deuxième partie de cette étude est constituée de trois chapitres. Le premier chapitre
a consisté à définir et expliquer les termes essentiels du sujet et présenter le cadre théorique.
Quant au second chapitre, il s’agit de recenser des travaux scientifiques qui ont été mené par
des chercheurs ayant un rapport avec le sujet. Enfin le dernier point a été consacré à la
présentation de la méthodologie du travail de recherche au sein de laquelle nous avons exposé
toutes les méthodes qui vont nous permettre d’obtenir des données.

26
27
TROISIEME PARTIE :
ANALYSE QUANTITATIVE ET QUALITATIVE DES
DONNÉES DE LA RECHERCHE
DESCRIPTION MORPHOSYNTAXIQUE DES DONNÉES, À TRAVERS L’UTILISATI0N
DES MESSAGES ECRITS, VIDEOS, IMAGES, AIDIOS DANS LES VARIATIONS DU
FRANÇAIS EN PERIODE ELECTORALE EN CÔTE D’IVOIRE

28
CHAPITRE I : RECUEIL DES DONNÉES ET CONSTRUCTION

I. Recueil des données


1- L’enquête

II. Construction du corpus


1- Les éléments linguistiques sélectionnés

CHAPITRE II : ANALYSE DES ELEMENTS DU CORPUS

29
BIBLIOGRAPHIE

ADICO PATRICE 2018 « Construction identitaire et représentation de soi sur les réseaux
sociaux en ligne chez les jeunes allemands à l’épreuve de la poésie » Harmattan

AKISSI BEATRICE BOUTIN (2002) « Description de la variation : Études


transformationnelles des phrases du français de Cote d’Ivoire » Grenoble

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BADER BEN MANSOUR (2017) « le rôle des médias sociaux en politique : une revue de la
littérature » Volume 1 Numéro 1 Hiver 2017

Benazouz Nadjiba Enseignante (1996) Université M. Kheider. Biskra. Faculté des Lettres et
des Langues Département des Langues Etrangères Filière de Français Module :
Sociolinguistique 2ème LMD Tunisie

David (Jérôme), (2001) « Du bon usage littéraire des contextes », Études de lettres, n° 2 (dossier
« Les contextes de la littérature : études littéraires, sciences sociales, épistémologie », sous la
direction de J. David), 2001, pp. 151-175.

Dictionnaire De Linguistique Dubois (1994)

Dictionnaire sociolinguistique consulté le 15/12/2020 en ligne.

DJE BI TCHAN GUILLAUME (2018), « climats d’époque de réseaux sociaux : conflits entre
expression de pensée et expression de langue »

DORGELES HOUESSOU (2018) « affrontements sur la toile : exemple ivoirien et israélo-


palestinien » Harmattan

Ekaterina Pechankina (2016) Thèse la mobilisation des jeunes sur les réseaux sociaux pendant
les campagnes électorales : l’analyse comparative entre la France et la Russie

Emmanuelle Cambon, Isabelle Léglise. (2008) « Pratiques langagières et registres discursifs :


Interrogation de deux cadres en sociologie du langage ». Langage et Société, Maison des
Sciences de L’homme Paris, pp.15-38. ffhalshs-00292261f

PATRICK CHARAUEAU (2011) « les médias et l’information » édition ina

30
PAUL ZANG ZANG (2018) « Du français en Afrique au(x) français d’Afrique : quel(s)
parcours ? » Sapienza Univercità Editrice

Rémi Bachelet (2020) Dernière version de ce cours de réseaux sociaux Mise à jour du 23
septembre. En ligne

TAPE Jean Martial (2014) « L’emploie de l’adverbe en français de côte d’ivoire »

TAPE Jean Martial (2016) « Étymologie des mots hybrides en nouchi » Volume 1, N°3

TOURE HAMED (2018), Influence des technologies de l’information et de communication


(TIC) sur l’évolution du Français en Côte d’Ivoire, Mémoire de Master, Université Félix
Houphouët-Boigny Abidjan
VAHOU KAKOU MARCEL (2016), l’insécurité linguistique chez des élevés en Côte d’Ivoire,
thèse, Université Félix Houphouët Boigny Abidjan

William Labov (LABOV,1976, P258-25)

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https://www.toupie.org/Dictionnaire/Election.htm

31

Common questions

Alimenté par l’IA

Sociolinguistics addresses language variation by examining how social, cultural, and spatial contexts influence different linguistic practices. In urban areas, this field explores how factors like socio-economic status, ethnicity, and regional diversity contribute to distinct linguistic behaviors. The urban sociolinguistic approach focuses not only on language variations within the urban space but also on how the city's evolving dynamics are reflected and constructed through language . Urban sociolinguists study how these variables interact to create complex language ecosystems within cities .

Researchers conducting sociolinguistic studies in contexts like Côte d'Ivoire face several challenges, including the complexity of multilingualism and the influence of socio-political factors on language use. The dynamic interaction between different French varieties, local dialects, and the impact of digital communication platforms complicate the analysis of linguistic practices. Moreover, researchers must navigate issues like data reliability in the face of rapidly changing language norms and the need to account for societal influences like mass media and globalization . These factors require careful methodological approaches to ensure accurate and meaningful results .

The variationist perspective in sociolinguistics enhances understanding of language evolution by focusing on how social factors and community interactions drive linguistic change. This approach studies the systematic variations in language use across different social contexts and the factors contributing to these changes, such as age, gender, and socio-economic status . By analyzing these variations, sociolinguists can identify patterns of language change and predict future linguistic trends within communities. This approach also underscores the dynamic nature of language as a reflection of social shifts .

Linguistic variation provides insights into societal changes by revealing how different social groups adapt language use in response to shifting cultural, economic, and political landscapes. In Côte d'Ivoire, the presence of multiple varieties of French, such as acrolectal, mesolectal, and basilectal forms, reflects the country's diverse social fabric. These variations highlight the impact of social structures and interactions on language, illustrating how society's evolution affects linguistic practices . Understanding these variations helps researchers infer wider societal transformations and trends .

Variations in French language use on social media during elections can significantly influence public perceptions by shaping the way political messages are crafted and received. Linguistic choices can signal political alignment, solidarity, or dissent, affecting how messages are interpreted. The use of regional dialects or slang, such as Nouchi, can make political messages resonate more with local audiences, reinforcing in-group identity and potentially influencing voter attitudes . This can result in either fostering community bonds or increasing division, depending on the language used .

Analyzing linguistic practices on social media in a sociolinguistic context is crucial for understanding how language use can reflect and influence social tensions during elections. This analysis helps reveal the linguistic variations arising from different user groups on platforms and their potential role in either soothing or exacerbating electoral tensions . It also sheds light on how the interaction of different French varieties on these platforms can impact public opinion and social cohesion .

The study of social media language variations offers insights into the socio-political environment in Côte d'Ivoire by highlighting how linguistic choices reflect and influence political sentiments and affiliations. These variations can reveal prevailing public attitudes, identify emerging political movements, and gauge the level of polarization within the society. Additionally, analyzing these linguistic patterns helps understand how social media serves as a platform for both grassroots mobilization and the dissemination of propaganda, offering a nuanced view of political engagement and rhetoric in the country .

The emergence of social media in developing countries like Côte d'Ivoire has revolutionized communication dynamics by providing real-time information access and creating new platforms for public discourse. This has led to increased participation in socio-political discussions and heightened political awareness among young people. However, it has also facilitated the spread of misinformation and heightened tensions, especially during elections, as these platforms become breeding grounds for inflammatory rhetoric .

Sociolinguistics plays a crucial role in addressing linguistic standardization by examining the interaction between different languages and dialects within multilingual contexts. It helps in understanding the power dynamics and social identities tied to language use. In multilingual societies, sociolinguists study how standardization efforts affect local languages and dialects, advocating for policies that respect linguistic diversity while addressing the need for a common lingua franca. This approach ensures that standardization efforts do not marginalize minority languages or communities .

The rise of social media in Côte d'Ivoire has significantly altered political discourse during election periods. It acts as a facilitator for both positive and negative interactions among users. While some communications promote unity and love, others propagate hate and violence, often deviating from standard French. This linguistic shift, particularly in the context of political discussions on platforms like Facebook and Twitter, has sometimes led to social tensions and unrest, exemplified by the crises during the 2010 and 2020 presidential elections .

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