Techniques de Conservation Des Aliments Complet
Techniques de Conservation Des Aliments Complet
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Préambule
L’aliment est un besoin fondamental pour la vie ! L’agriculture, l’élevage et la pêche fournissent à l’homme une
variété de produits qui doivent être conservés pour être consommés sur une plus longue période. Le développement
des méthodes de conservation a contribué à la production d’aliments au niveau mondial, au point qu’aujourd’hui, on
estime que la production alimentaire mondiale est suffisante pour nourrir toute l’humanité. Cependant, il existe de
grandes disparités en matière de disponibilité alimentaire, en particulier en Afrique au Sud du Sahara où la précarité
alimentaire, l’augmentation galopante de la population et l’urbanisation effrénée font craindre le pire pour le futur.
Différentes stratégies ont été mises en œuvre pour remédier à cette situation, notamment l’augmentation de la
production agricole à travers des paquets technologiques plus productifs. Cependant, la sécurité alimentaire ne peut
être garantie uniquement par l’augmentation de la production. Les efforts consentis peuvent donc être annihilés si
l’accent n’est pas également mis sur la réduction des pertes post-récolte de manière à s’assurer qu’à terme,
l’intégralité de la production se retrouve sur la table des consommateurs, à l’état frais ou transformé
La conservation des aliments est une action ou une méthode de maintien des aliments à un niveau souhaité de propriétés
ou de nature pour leurs avantages maximaux. En général, chaque étape de la manipulation, du traitement, du stockage
et de la distribution affecte les caractéristiques des aliments, qui peuvent être souhaitables ou indésirables. Ainsi,
comprendre les effets de chaque méthode de conservation et procédure de manipulation sur les aliments est essentiel
dans la transformation des aliments. Ce livre est une source d'information sur la conservation des aliments.
La transformation des aliments n'est plus aussi simple ou directe que par le passé. Il passe désormais d'un art à une
science hautement interdisciplinaire. Un certain nombre de nouvelles techniques de conservation sont en cours de
développement pour satisfaire les exigences actuelles de préservation économique et de satisfaction des consommateurs
en ce qui concerne les aspects nutritionnels et sensoriels, la commodité, l'absence de conservateurs, la faible demande
d'énergie et la sécurité environnementale. Une meilleure compréhension et une meilleure manipulation de ces méthodes
de conservation conventionnelles et sophistiquées pourraient aider à développer des produits de haute qualité et sûrs par
une meilleure maîtrise des processus et une sélection efficace des ingrédients.
La transformation des aliments doit utiliser des techniques de conservation allant de simples à sophistiquées; ainsi, tout
processus alimentaire doit acquérir les connaissances requises sur les méthodes, la technologie et la science du mode
d'action. En gardant cela à l'esprit, ce livre a été développée pour discuter des aspects fondamentaux et pratiques de la
plupart des méthodes de conservation des aliments importantes pour les scientifiques, technologues et ingénieurs
industriels et universitaires en alimentation. Une technologie innovante de conservation est en cours de développement
dans l'industrie alimentaire et peut prolonger la durée de conservation; minimiser les risques; est respectueux de
l'environnement; ou peut améliorer les propriétés fonctionnelles, sensorielles et nutritionnelles. Le nombre important et
toujours croissant de produits alimentaires et les nouvelles techniques de conservation disponibles aujourd'hui crée une
forte demande pour un manuel à jour des méthodes de conservation des aliments. Ce livre met l'accent sur des stratégies
pratiques, rentables et sûres pour mettre en œuvre des techniques de conservation et décortique le mode ou les
mécanismes exacts impliqués dans chaque méthode de conservation en mettant en évidence l'effet des méthodes de
conservation sur les propriétés des aliments.
La transformation et la conservation des produits alimentaires nécessitent des opérations destinées à leur assurer une
bonne qualité en les rendant attractifs, comestibles, délicieux et nutritifs pour le consommateur. Le stockage, la
distribution et le commerce des aliments nécessitent que ceux-ci aient une durée de vie commerciale relativement
longue et soient d’une bonne innocuité pour les consommateurs.
La qualité de l’aliment s’apprécie à travers tous ces facteurs. Par conséquent, elle est essentielle aussi bien pour le
producteur que pour le consommateur. Il est alors important de développer des savoir-faire technologiques et des
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infrastructures adéquats pour satisfaire la demande d’aliments de bonne qualité. Dans le contexte du continent
africain qui doit aujourd’hui, plus que par le passé, faire face à une crise d’identité culturelle alimentaire, du fait de
la mondialisation, cette nécessité de développement technologique revêt une importance toute particulière.
Ce document aborde les bases théoriques, les principes, les applications pratiques des opérations unitaires de
méthodes de conservation des aliments. Il aborde également les questions liées à certaines nouvelles technologies
de conservation.
Ce document est une source essentielle de connaissance et d’exercices pour les étudiants en science biologiques et
technologie des aliments au niveau des universités et des écoles de formation professionnelle. Sa conception sous
forme compacte et intégrée de type « tout en un » en fera une référence indispensable pour les professionnels de
l’agroalimentaire.
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Sommaire
1.Introduction 1
2-Historique 1
2.1 Que sont les aliments? 5
2.2 La conservation des aliments 6
2.3 Pourquoi la conservation? 6
2.4 Combien de temps conserver? 7
2.5 Pour qui préserver? 9
2.6 Causes de détérioration 10
2.7 Multiplication des microorganisms dans les aliments. 12
2.7.1 Courbe de croissance. 12
2.7.2 L'effet des bactéries dépend de leur Densité : 13
2.8 Méthodes de conservation des aliments 14
2.9 Inhibition 15
3 Méthodes de conservation 15
3.1 Facteurs nécessaire à la croissance microbienne 16
3.2 Les différentes techniques de conservation présentées dans ce cours sont : 16
3.3 Facteurs extrinsèques 16
3.4 Conservation des aliments par le froid 17
3.4.1 La conservation par le froid 17
3.4.2 Quelques applications de la réfrigération 19
3.5 La réfrigération 21
3.6 La congélation 21
3.7 Cinétique de congélation 21
3.8 Techniques de congélation 22
3.9 Conservation des aliments par traitement thermique 23
3.9.1 Introduction 23
3.9.2 Les bases théoriques du traitement thermique 26
3.9.3 Le processus minimal de destruction de Clostridium botulinum 29
3.9.4 Stérilisation par traitement thermique 29
3.10 Appertisation : Stérilisation simultanée du contenant et du contenu 30
3.10.1 Stérilisation séparée du contenant et du contenu 30
3.10.2 Pasteurisation par traitement thermique 30
3.11 Thermisation 31
3.12 Blanchiment 31
3.12.1 Rôle du blanchiment 32
3.13 Cuisson 33
4 Conservation des aliments par réduction de l'activité de l'eau 33
4.1 La déshydratation 33
4.2 Réduction de l’aw 33
4.3 Salage : 34
4.4 Sucrage : 35
4.5 Autres agents dépresseurs : 35
5 Conservation des aliments par réduction du pH 35
5.1 Influence du pH sur la conservation des aliments 36
5.2 Réduction du pH 37
5.2.1 Acidification 37
5.2.2 Fermentation 37
6 Conservation des aliments par fumaison 38
6.1 Fumaison 38
7 Conservation par maîtrise du potentiel d'oxydo- réduction 39
7.1 Définition 39
7.2 Maîtrise du potentiel d’oxydoréduction 39
7.3 Conditionnement sous vide 40
7.4 Conditionnement sous atmosphère modifiée 40
4
7.5 Stockage sous atmosphère contrôlée 40
8 Conservation des aliments par radiations ionisantes 41
8.1 Principe 41
8.2 Problèmes potentiels 41
8.3 Types de rayonnements ionisants 42
8.3.1 Rayons X. 42
8.3.2 Electrons accélérés 42
8.3.3 Rayons γ 42
8.4 Dose d’irradiation et débit de dose 42
8.4.1 Dose d’irradiation 42
8.4.2 Débit de dose 43
8.5 Effet des radiations ionisantes sur la conservation des aliments 43
8.6 Différentes applications du traitement par rayonnements ionisants 44
8.7 Effet indésirables de l’irradiation des aliments 44
9 Conservation des aliments par hautes pressions 45
9.1 Définition 45
9.2 L’histoire des hautes pressions 46
9.3 Les hautes pressions et la conservation des aliments 46
9.4 Effet des hautes pressions sur les microorganismes 47
9.5 Effet des hautes pressions sur les enzymes 48
9.6 Les techniques de pascalisation 48
9.6.1 La compression directe 49
9.6.2 La compression indirecte 50
9.6.3 Application du procédé dans l’industrie agro-alimentaire 50
9.6.4 Aspects réglementaire 51
9.6.5 Les risques potentiels du procédé hautes pressions 51
10 Conservation electrique 51
11 Conservation des aliments par voie chimique 51
11.1 Définition 51
11.2 Conservateurs 52
11.3 Antioxydants 52
11.4 Autres agents de conservation des aliments par voie chimique 54
11.5 Législation relative à l’utilisation des conservateurs et des anti-oxydants 54
12 Conservation des aliments par combinaison de plusieurs techniques 55
13 Travaux pratiques de conservation des aliments 56
13.1 L’oxydation des aliments 56
13.1.1 Q u’est -ce que l’oxydation ? 56
13.1.2 Ex emple de l’oxydation des fruits et légumes 56
13.2 Exemple de l’oxydation des lipides 57
13.3 Les antioxydants 58
13.4 Les techniques de conservation 58
13.4.1 Principales évolutions 58
13.5 Séparation et élimination de l’eau 59
13.5.1 Séchage 59
13.5.2 Swellification 59
13.5.3 Lyophilisation 60
13.6 Utilisation de la chaleur 60
13.7 Utilisation du froid 61
13.8 Atmosphères contrôlées (ou vide) 62
13.9 Conservation chimique, fermentation 63
14 Références 65
5
1 Introduction
La conservation des aliments implique les mesures prises pour maintenir les aliments avec
les propriétés ou la nature désirées aussi longtemps que possible. Le processus passe
désormais d'un art à une science hautement interdisciplinaire. Ce document donne un
aperçu des méthodes de conservation des aliments en mettant l'accent sur l'inactivation,
l'inhibition et les méthodes permettant d'éviter la recontamination. La dernière section est
une discussion des facteurs qui doivent être pris en compte pour satisfaire les demandes
présentes et futures des consommateurs et des autorités chargées de l'application de la loi.
Dans la plupart des pays, l'innovation, la durabilité et la sécurité sont devenus les
principaux axes de l'industrie et de l'économie modernes. La Commission mondiale des
Nations Unies sur l’environnement et le développement a défini le développement durable
comme «répondant aux besoins de la génération actuelle sans compromettre la capacité
des générations futures». Une manière durable de concevoir et de développer des produits
alimentaires attire les consommateurs et fournit un point de différenciation par rapport
aux concurrents et une plate-forme parfaite pour une gamme d'activités de relations
publiques positives. L'innovation est vitale pour maintenir les progrès de la technologie et
de l'ingénierie. La sécurité alimentaire est désormais la première priorité de l'industrie de
la production et de la conservation des aliments, intégrant innovation et durabilité.
L'industrie peut faire des compromis avec certaines quantités telles que la couleur dans
une certaine mesure, mais pas avec la sécurité. La conservation et la transformation des
aliments ne sont pas aussi simples ou directes qu’elles l’étaient dans le passé. Un certain
nombre de nouvelles techniques de conservation sont en cours de développement pour
satisfaire les exigences actuelles de préservation économique et de satisfaction des
consommateurs en ce qui concerne les aspects nutritionnels et sensoriels, la commodité, la
sécurité, l'absence de conservateurs chimiques, le prix et la sécurité environnementale.
Comprendre les effets de chaque méthode de conservation sur les aliments est donc
devenu critique à tous égards. Ce cours donne un aperçu de la nouvelle technologie,
identifiant les exigences changeantes en matière de qualité, de commodité et de salubrité
des aliments.
Qu'est-ce qui gâte l'aliment ? La dégradation des aliments est surtout due aux germes
(bactéries, moisissures), et c'est ce que l'on va étudier ci-après. Dégradation due aussi aux
"pests" (insectes), aux enzymes (peroxydase des petits pois, polygalacturonase qui
hydrolyse la pectine des tomates…), et {des facteurs physiques (transfert de gaz dans
l'oeuf) et chimiques (oxydation des lipides).
2 Historique
La conservation des aliments vise à préserver leur comestibilité et leurs propriétés gustatives et
nutritives. Elle implique notamment d'empêcher la croissance de microorganismes et de retarder
l'oxydation des graisses qui provoque le rancissement. Les méthodes courantes de conservation
de la nourriture reposent principalement sur un transfert d'énergie ou de masse qui ont pour
objectif d'allonger la durée de vie des produits alimentaires (pasteurisation et stérilisation,
séchage, déshydratation osmotique, fumage, réfrigération et congélation) ou de les transformer
par le jeu des réactions biochimiques ou de changement d'état (cuisson, fermentation, obtention
d'état cristallisé ou vitreux...). Ces transformations sont rarement exclusives et les transferts
souvent couplés sont associés à des changements d'états. La conservation de la viande, sur le
plan alimentaire, comprend un ensemble de procédés de traitement destinés à conserver les
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propriétés nutritives, le goût, la texture et la couleur de l'aliment, en veillant à la garder
comestible, préservée de tout élément qui pourrait provoquer une intoxication alimentaire.
L'invention de certains procédés remonte à l'Antiquité; d'autres sont issus des recherches
scientifiques de XVIIIe et XIXe siècle ; les plus récents découlent des découvertes de la
physique nucléaire au XXe siècle et de la biochimie au XXIe siècle. La conservation de la
viande a toujours constitué une garantie contre la famine mais a acquis une dimension politique
et économique supplémentaire par l'accroissement de la population humaine. Pour les pays les
moins avancés, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
considère que « l'absence de techniques de conservation de la viande présente un grave obstacle
au développement viable de la production de viande par les petits éleveurs de bétail en milieu
rural ».
Comme de nombreux aliments issus des règnes végétal et animal, la viande est un produit
fragile qui se dégrade vite sous l'action de divers facteurs : acidité du produit, taux d'humidité
ambiant, présence d'agents pathogènes.
La viande est composée d'eau, de protéines (dont des enzymes) et d' acides aminés, de sels
minéraux, de graisses et d' acides gras, de vitamines et d'autres composants bioactifs, et de
petites quantités d' hydrates de carbone. Après la mort de l'animal, les enzymes réalisent un
travail de décomposition de la matière qui modifie la couleur, le goût et la texture de la chair.
Un traitement thermique comme la pasteurisation permet d'arrêter cette décomposition.
La viande se putréfie aussi, superficiellement ou en profondeur, sous l'action de divers
microorganismes (présents dans le corps de l'animal ou apportés de l'extérieur par des insectes,
par exemple). La putréfaction s'accélérant lorsque la viande est exposée simultanément à une
forte température et à une forte humidité, la chair dégage en moins de 24 heures, dans la forêt
équatoriale, des odeurs nauséabondes que les indigènes ne peuvent que supporter. Pour pouvoir
manger une viande rassise dans ces conditions, le chasseur doit tailler des tranches en
profondeur dans la masse du muscle dont « la surface est depuis longtemps putréfiée, verdâtre et
grouillante ».
Les Grecs préparaient le tarichos, viande et poisson salés (ou préparés de différentes manières)
pour être conservés. Ce mets était nommé salsamenlum chez les Romains ce terme a inclus plus
tard la graisse salée, les sauces et aromates utilisés pour la préparation. Apicius parle de la
confection du boudin dans laquelle intervenait de l'oenogaros (un mélange de garum avec de
l'huile ou du vin). Les Belges étaient célèbres surtout pour les soins qu'ils donnaient à
l'engraissement des cochons. Leurs troupeaux de brebis et de porcs étaient si nombreux, qu'ils
pouvaient approvisionner en manteaux et en viande salée non seulement Rome, mais encore la
plus grande partie de l'Italie. En Éthiopie selon les uns, en Parthie selon Pline, en Libye selon
Jérôme de Stridon, les Acridophages (mangeurs de sauterelles) salaient et fumaient les
sauterelles qui arrivaient chez eux, au printemps, en grosses nuées et qui constituaient, dit-on,
leur seule nourriture. En Europe, la cuisine médiévale fait grand cas de la viande, plus que des
légumes, et la corporation des bouchers est des plus puissantes.
Le fumage (ou la fumaison) ajoute à la conservation par séchage une modification des qualités
organoleptiques de la viande : il modifie sa coloration et son arôme, et durcit sa texture. La
fumée produite par la combustion du bois contient des substances fongistatiques qui inhibent la
croissance des moisissures et des levures à la surface du produit. Un léger fumage peut être
utilisé durant la période de stockage de la viande séchée, en particulier dans des conditions
climatiques humides. Selon la FAO, le fumage, en tant qu'agent conservateur, doit être
considéré comme une mesure d'urgence lorsqu'aucune autre méthode de conservation ne peut
être effectuée. Cette méthode peut être utilisée par temps humide ou dans un climat humide, ou
quand la préservation doit être effectuée aussi vite que possible pour pouvoir immédiatement
transporter la denrée (par exemple après une chasse).
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Le séchage est le plus ancien mode de conservation. Économique, car ne consommant pas
d'énergie et ne nécessitant que peu d'équipement, il est toujours utilisé dans de nombreux pays
pauvres où les moyens coûteux que représentent réfrigération, congélation ou appertisation
dépassent les possibilités financières des habitants, et sa pratique est soutenue par la FAO. Le
séchage convient particulièrement à la viande bovine mais concerne également la viande de
camélidés, d'ovins, de caprins et de gros gibier (antilopes ou cerfs par exemple).
La conservation de la viande a connu des grandes avancées en charcuterie, produisant dans les
pays industrialisés, grâce à la recherche, une gamme très variée des produits de haute qualité,
des produits de courtes comme de longues durées de conservation. Contrairement à la
transformation paysanne locale, les produits élaborés sont de courtes durées, très peu diversifiés
et de faible qualité, et les techniques de conservation sont basées essentiellement sur la pratique
du séchage et du fumage.
Le séchage et le fumage paysans, appelés boucanage, s'adressent essentiellement aux gibiers et
aux poissons, en aucun cas à la viande de boucherie qui traite la viande de boeuf et de porc, et
dans une moindre mesure celle de la chèvre et du mouton.
Cependant depuis que les boucheries se sont développées dans la ville de Butembo, desservant
la population en viandes fraîches, des problèmes ont surgi, entre autres le manque d'électricité
entraînant le manque d'infrastructures de conservation au froid, l'absence des charcutiers,
l'insalubrité des installations, etc. Cette situation fait qu'après abattage, les bouchers se
retrouvent avec beaucoup d'invendus qu'ils sont obligés de mélanger subrepticement avec la
viande fraîche pour les écouler, à la grande désapprobation des acheteurs.
Le séchage de la viande de boucherie est une filière inconnue de la population de Butembo.
Mais c'est une voie à investiguer dans le cas de la région de Butembo où l'élevage est
relativement bien développé et où la viande fraîche n'est pas denrée rare. Le problème ici est de
trouver, en l'absence des moyens modernes de conservation, des procédés capables d'allonger la
durée de conservation, sans altérer les qualités organoleptique et nutritionnelle des produits
finis.
S'agissant des procédés, quoi de mieux que d'améliorer les méthodes déjà connues de la
population ? Il s'agira donc d'examiner si la combinaison du séchage-fumage -salage peut
améliorer la qualité de la viande séchée ainsi substituer ce procédé au boucanage. Les résultats
pourraient inspirer les bouchers pour la valorisation des viandes invendues.
L’homme a toujours cherché des moyens de conserver les denrées alimentaires pour
assurer sa survie en période de disette Les techniques de conservation ont pour but de
prolonger la durée de consommation ainsi que les propriétés gustatives et nutritives des
aliments. Beaucoup ont été mises au point de manière empirique depuis l'antiquité. Avec
l'apparition de l'agriculture, au néolithique, la conservation des aliments dans des récipients va
permettre de mettre les céréales à l'abri des animaux et des intempéries. Les premières poteries
utilitaires sont apparues vers - 8000 ans et se généralisent vers - 6000 ans. Aux premières et
simples méthodes de conservation (le séchage), ont succédé les techniques de salaison, la
conservation par le sucre (les confitures) et la fermentation (vin, fromage, choucroute…). Au
siècle dernier sont apparue la conservation par la chaleur et plus récemment par le froid avec le
développement des installations frigorifiques. En plus des conditions sanitaires en général, il
existe un certain nombre de techniques soit pour tuer les microorganismes, soit pour retarder
leur taux de croissance. Ces méthodes appelées techniques de conservation qui permettent de
maintenir nos produits en bon état pour un temps assez long. Ces différents procédés ont chacun
leurs avantages en termes de praticité et de qualité nutritionnelle.
On peut aborder dans cette unité les axes suivants : Ecologie microbienne des différents
aliments.
Conservation et voies de dégradation des aliments.
Rôle de l'eau : Activité de l'eau (Aw) et techniques de séchage.
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Stabilisation microbiologique.
Lois de destruction des micro-organismes. Pasteurisation, stérilisation, traitement UHT. Valeur
stérilisatrice des traitements thermiques, nature et mesure.
Comment résister aux microbes ? Pour conserver les aliments, il faut combattre les germes, par
3 approches complémentaires :
1- Eviter la contamination,
2- Tuer les germes, et/ou
3- Inhiber leur développement
Micro-organismes des aliments : Contaminations Quels sont ces germes ?
a- Nature des micro-organismes:
Bactéries, Moisissures, et Levures peuvent se développer dans l'aliment et le dégrader.
Parasites et Virus n'y "poussent" pas mais peuvent présenter un danger pour le consommateur
b- Conséquences de la présence de micro-organismes: amélioration, dégradation, danger
1- Amélioration de l'aliment: meilleure conservation et qualités organoleptiques, grâce
à une flore utile, auxiliaire de fabrication (ex: yaourt, choucroute, fromage, vin ect…)
2- Dégradation de l'aliment: détérioration des qualités diététiques et organoleptiques, à
cause de la flore banale de contamination (germes non pathogènes qui pourrissent, moisissent,
ramollissent, poissent et créent de mauvaises odeurs et couleurs sur les aliments = répugnant).
3- Danger pour le consommateur:
– Accumulation de bactéries pathogènes & leurs toxines (ex. Salmonelles, cf. cours TIAC)
– Accumulation de métabolites toxiques (mycotoxines, catabolites toxiques comme l'histamine)
cf. cours TIAC.
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conservation, pour le consommateur en bonne santé, dépendra donc de ses goûts, de son
équipement ménager et du service qu’il en attend.
La conservation des aliments comprend un ensemble de procédés de traitement dont le but est de
conserver le gout de l’aliment et les propriétés nutritionnelles de celui-ci ainsi que la texture et
de couleur du produit, la comestibilité, et afin d'éviter d'éventuelles intoxications alimentaires.
À l'origine de ces techniques, il y a quelques siècles, l'objectif était de pouvoir stocker des
aliments en période d'abondance des cultures, afin d'éviter d'avoir à faire face à la famine durant
des périodes moins fastes (fin d'hiver, année à faible production...).
Les méthodes de conservation ont présenté des détails complets sur la transition
vitreuse, l'activité de l'eau, le séchage, la concentration, la congélation,
l'irradiation, l'atmosphère modifiée, la technologie des obstacles et l'utilisation
d'agents de conservation naturels, d'antioxydants, de pH et de nitrites. Les
méthodes potentielles de conservation des aliments ont détaillé des techniques de
conservation nouvelles et innovantes, telles que les champs électriques pulsés, le
chauffage ohmique, le traitement haute pression, le revêtement comestible,
l'encapsulation, la lumière et le son.
L’amélioration de la conservation des aliments par une approche indirecte a décrit
les domaines qui contribuent indirectement à la conservation des aliments en
améliorant la qualité et la sécurité. Ces domaines sont les emballages et l'analyse
des dangers.
La conservation des produits alimentaires frais comprend un aperçu de la
conservation des aliments et de la manipulation des aliments après récolte, qui
comprend la physiologie des fruits et légumes frais; manipulation et traitements
post-récolte des fruits et légumes; et la manutention après récolte des céréales et
des légumineuses, du poisson et des fruits de mer, de la viande rouge, du lait; et
aussi une transformation minimale des fruits et légumes. Cette partie peut être lue
indépendamment pour ceux qui souhaitent avoir une formation de base en
technologie post-récolte pour les aliments d'origine végétale et animale.
Cette deuxième édition sera une ressource inestimable pour la pratique et la
recherche des technologues alimentaires, des ingénieurs et des scientifiques, et un
texte précieux pour les étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs en
alimentation, agriculture / sciences biologiques et génie. L'écriture d'un livre est un
processus sans fin, de sorte que l'éditeur apprécierait de recevoir de nouvelles
informations et commentaires pour l'aider lors de futures compilations. Je suis
convaincu que cette édition se révélera intéressante, informative et éclairante pour
les lecteurs.
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2.5 Pour qui préserver?
Il est important de savoir pour qui les conserves les aliments produits. Les
exigences nutritionnelles et les restrictions alimentaires s'appliquent différemment
aux différents groupes de population des consommateurs de transport.
L'intoxication alimentaire peut être mortelle, en particulier chez les nourrissons,
les femmes enceintes, les personnes âgées et celles dont le système immunitaire
est déprimé. Les aspects juridiques de la conservation des aliments sont différents
dans le cas des aliments produits pour la consommation humaine et animale.
Ainsi, il est nécessaire de considérer le groupe pour lequel les produits sont
fabriqués.
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2.6 Causes de détérioration
Les effets mécaniques, physiques, chimiques et microbiens sont les principales
causes de détérioration et d'altération des aliments. Les dommages peuvent
commencer au point initial par une mauvaise manipulation des aliments pendant la
récolte, la transformation, et distribution; cela peut conduire à une réduction
ultime de la durée de conservation. D'autres exemples de détérioration peuvent
être énumérés comme suit:
(i) meurtrissures des fruits et légumes pendant la récolte et la remise après
récolte, entraînant le développement de la pourriture,
(ii) les légumes tubéreux et feuillus perdent de l'eau lorsqu'ils sont conservés
dans des atmosphères à faible humidité et, par la suite, flétrissent, et
(iii) les aliments séchés conservés dans une humidité élevée peuvent prendre
de l'humidité et devenir détrempés. Les quatre sources de contaminants
microbiens sont le sol, l'eau, l'air et les animaux (insectes, rongeurs et
humains) (tableau 1.2).
Les principales causes de perte de qualité sont présentées dans le tableau 1.1.
Lors de la conservation, chaque facteur doit être contrôlé ou maintenu à un
niveau souhaité. Les aliments sont périssables ou se détériorent par nature. La
durée de conservation des aliments frais dans des conditions atmosphériques
normales est présentée dans le tableau 1.3.
11
produits chimiques des matériaux d'emballage peuvent également être une source
de contamination des aliments.
Plusieurs changements chimiques se produisent pendant le traitement et le
stockage des aliments. Ces changements peuvent entraîner une détérioration des
aliments en réduisant leur qualité sensorielle et nutritionnelle. De nombreuses
réactions enzymatiques modifient la qualité des aliments. Par exemple, les fruits
coupés ont tendance à brunir rapidement à température ambiante en raison de la
réaction de la phénolase avec les constituants cellulaires libérés en présence
d'oxygène. Les enzymes telles que la lipooxygénase, si elles ne sont pas
dénaturées pendant le processus de blanchiment, peuvent influencer la qualité des
aliments même à des températures inférieures à la congélation. En plus de la
température, d'autres facteurs environnementaux tels que l'oxygène, l'eau et le pH
induisent des changements délétères dans les aliments catalysés par des enzymes.
La présence d'acides gras insaturés dans les aliments est une des principales
raisons du développement de la rancidité pendant le stockage tant que l'oxygène
est disponible. Alors que le développement de saveurs hors-goût est nettement
perceptible dans les aliments rances, la génération de radicaux libres au cours du
processus autocatalytique conduit à d'autres réactions indésirables, par exemple la
perte de vitamines, l'altération de la couleur et la dégradation des protéines. La
présence d'oxygène à proximité immédiate des aliments entraîne une augmentation
des taux d'oxydation. De même, l'eau joue un rôle important; l'oxydation des
lipides se produit à des taux élevés à de très faibles activités aquatiques.
Certaines réactions chimiques sont induites par la lumière, comme la perte de
vitamines et le brunissement des viandes. Le brunissement non enzymatique est
une cause majeure de changement de qualité et de dégradation du contenu
nutritionnel des de nombreux aliments. Ce type de réaction de brunissement se
produit en raison de l'interaction entre les sucres réducteurs et les acides aminés,
entraînant la perte de solubilité des protéines, l'assombrissement des produits
séchés légèrement colorés et le développement d'arômes amers. Des facteurs
environnementaux tels que la température, l'activité de l'eau et le pH ont une
influence sur le brunissement non enzymatique.
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2.8 Méthodes de conservation des aliments
En fonction du mode d'action, les principales techniques de conservation des
aliments peuvent être classées comme suit:
(1) ralentir ou inhiber la détérioration chimique et la croissance microbienne,
(2) inactiver directement les bactéries, levures, moisissures ou enzymes, et
(3) éviter la recontamination avant et après traitement.
Un certain nombre de techniques ou de méthodes des catégories ci-dessus sont
présentées dans la figure 1.3. Alors que les procédures de conservation
traditionnelles actuellement utilisées se poursuivent selon une ou plusieurs de ces
trois façons, de grands efforts ont récemment été déployés pour améliorer la
qualité des produits alimentaires, principalement pour répondre aux exigences des
consommateurs en évitant l'utilisation extrême d'une seule technique. La
conservation commence lorsque les aliments récoltés sont séparés du milieu de
croissance immédiate (plante, sol ou eau) ou de la viande de l'animal après
l'abattage, ou du lait provenant de la sécrétion normale des glandes de
mammifères. Les aliments crus sont ceux dont l'état est le plus précoce ou le plus
primaire après la récolte, la traite ou l'abattage; ils n'ont fait l'objet d'aucun
traitement en dehors du nettoyage et du calibrage pour les denrées alimentaires
d'origine végétale. La technologie post-récolte concerne la manipulation, la
conservation et le stockage des aliments récoltés et le maintien de leur intégrité,
fraîcheur et qualité d'origine. Les méthodes de conservation dépendent de l'origine
des aliments en particulier s'ils sont d'origine végétale ou animale. La
manipulation après récolte des aliments d'origine végétale comprend un contrôle
efficace de l'atmosphère de l'environnement, comme l'humidité, la composition du
gaz et la température, et la mise en œuvre d'un système d'emballage, de stockage
et de transport adéquat. Les traitements physiques habituellement utilisés sont le
durcissement, le prérefroidissement, les traitements thermiques, le nettoyage et
l'épilation, tandis que les traitements chimiques sont la désinfection, la fumigation
et le trempage.
La viande est la chair comestible d'un certain nombre d'espèces de mammifères ou
d'oiseaux, à la fois sauvage et domestiqué. La qualité post-récolte est affectée par
les conditions d'abattage ou par le stress avant la mort. Dans le cas du poisson, les
méthodes de conservation comprennent les méthodes de refroidissement, de
stimulation électrique et de décontamination, par exemple le rinçage à l'eau
chaude avec ou sans chloration, la décontamination au phosphate, au peroxyde
d'hydrogène, le chlore, le dioxyde de chlore et l'ozone, et le traitement de surface
par des acides organiques. Des prétraitements, tels que le blanchiment, le sulfitage
et d'autres prétraitements physiques et chimiques, sont utilisés avant d'appliquer
les principales méthodes de conservation. Le but principal du prétraitement est
d'améliorer la qualité du produit et l'efficacité du processus. Ces dernières années,
la modification de la stratégie de traitement et du prétraitement a gagné beaucoup
d'attention dans l'industrie alimentaire. Les étapes de nettoyage et de désinfection
sont importantes pour la conservation des aliments. Les désinfectants chimiques
14
varient dans leur capacité à tuer les microorganismes. L'efficacité dépend des
types de micro-organismes, de leurs mécanismes de fixation et des caractéristiques
physiques du produit. Certains désinfectants conviennent pour les lavages par
contact direct; d'autres uniquement pour le traitement de l'eau, les équipements de
traitement ou les conteneurs et installations.
Il est important de connaître l'efficacité des mécanismes d'action des désinfectants,
ainsi que la biochimie microbienne pertinente. Plusieurs produits chimiques sont
utilisés, tels que le chlore, le dioxyde de chlore, le peroxyde d'hydrogène, l'ozone,
l'acide peracétique, le brome, l'iode, le phosphate trisodique et les composés
d'ammonium quaternaire. Bien que les fumigants ne soient pas strictement des
agents de conservation, ils sont utilisés pour lutter contre les insectes. Le bromure
de méthyle est l'un des fumigants utilisés, mais il a le potentiel d'endommager
l'ozone atmosphérique et est en cours d'élimination. Il est nécessaire de développer
de nouvelles méthodes de fumigation sans danger pour l'environnement.
2.9 Inhibition
Les méthodes basées sur l'inhibition comprennent celles qui reposent sur le
contrôle de l'environnement (par exemple, le contrôle de la température), celles
qui résultent de méthodes particulières de transformation (par exemple, le contrôle
microstructural) et celles qui dépendent des propriétés intrinsèques intégrées à des
aliments particuliers (par exemple, contrôle par l'ajustement de l'activité de l'eau
ou de la valeur du pH. La zone de danger pour la croissance microbienne est
considérée comme comprise entre 5 °C et 60 °C; ainsi, le refroidissement et le
stockage à une température inférieure à 5 °C sont l'un des plus méthodes
populaires de conservation des aliments.
3 Méthodes de conservation
La conservation est généralement définie comme une méthode utilisée pour préserver un état
existant ou pour empêcher une altération susceptible d’être provoquée par des facteurs
chimiques (oxydation), physiques (température, lumière) ou biologiques (microorganismes). La
vitesse d'altération dépend des caractéristiques «intrinsèques» liées à l’aliment et aux conditions
« extrinsèques » qui sont liées à l’environnement.
Les conditions intrinsèques et extrinsèques constituent des barrières (ou des obstacles) au
développement des microorganismes ou aux mécanismes d’altération non microbienne. Les
techniques de conservation des aliments reposent sur l’exploitation de ce principe des
barrières pour préserver la qualité et la sécurité des denrées alimentaires.
Les techniques de conservation des aliments peuvent être classées en trois groupes : physique,
physico-chimique ou microbiologique. Le premier groupe de ces techniques fait appel à des
procédés physiques comme la température, la pression, l’irradiation ionisante et le champ
électrique. Le deuxième groupe se base sur la modification des caractéristiques intrinsèque de
l’aliment comme le pH, l’activité de l’eau ou l’incorporation d'additifs dans l’aliment en
vue de sa conservation. Le dernier groupe repose sur l’utilisation des microorganismes pour la
15
modification des caractéristiques physico-chimiques de l’aliment ; la technique la plus connue
est la fermentation.
16
- Température inférieure à t°C minimale STOPPE les bactéries (enzymes immobilisées).
Donc, le froid ne va PAS stériliser les aliments. Ils sont stables tant qu'il fait froid, mais quand
la t°C remonte, les germes redémarrent et l'aliment peut se dégrader si les autres facteurs sont
favorables.
L’utilisation du froid pour la conservation des aliments est sans conteste la technique la
plus répandue. Les basses températures retardent le développement des micro-organismes, les
réactions chimiques et enzymatiques qui entraînent la détérioration du produit. Les enzymes et
les réactions chimiques sont considérablement ralenties à des températures basses (<5°C), alors
que la majorité des microorganismes ne sont plus capables d’activité métabolique à des
températures inférieures à -5°C. Certains, tels que les bactéries coliformes, sont même inactivés.
On distingue trois procédés qui utilisent cette technique, la réfrigération, la congélation
et la surgélation.
3.4.1.1 Introduction
La méthode de conservation par le froid est devenue importante depuis l’invention et
l’exploitation de la technique du froid (froid artificiel). On peut utiliser le froid comme moyen
de conservation définitive mais aussi pour une conservation temporaire, par exemple pendant le
transport. L’effet de conservation par le froid est causé surtout par le freinage du métabolisme
des micro-organismes. Les micro-organismes ne sont pas tués. C’est pour cette raison que le
froid doit être continu. Chaque interruption (augmentation de la température) réactive les micro-
organismes. Tandis que les micro-organismes psychrophiles survivent encore à -5°C, toute vie
microbienne est arrêtée à des températures inférieures à -7°C.
Les autres processus de détérioration (réactions enzymatiques, chimiques, physico-chimiques)
ne peuvent pas être arrêtés au-dessus de -30 °C, mais en pratique, on applique la température de
-20°C comme température finale.
3.4.1.2 Conditions
Quand on congèle les aliments (ou d’autres choses), il faut passer de la zone de 0°C à -5°C le
plus rapidement possible, car dans cette zone a lieu la cristallisation de la glace. Pendant la
réfrigération classique, on obtient de gros cristaux de glaces qui déchirent les cellules. Après la
décongélation du produit, il y a une grande perte de substances solubles qui s’échappent avec le
liquide des cellules. Avec la congélation rapide, on a essayé d’éliminer ce problème.
Les insectes et les parasites (de la viande: Trichines par exemple) sont facilement tués par une
période de garde de 2-3 semaines à -20°C.
17
Figure Représentation schématique de la formation de micro-cristaux et puis de cristaux de
glace pendant la congélation.
La réfrigération comme la congélation, est une technique de conservation qui nécessite une
excellente qualité de la matière première car elle ne permet qu’un ralentissement de la vitesse de
détérioration. Il importe donc de ne réfrigérer que des aliments en bon état et frais. Il est par
ailleurs indispensable de procéder à une réfrigération le plus tôt possible après une récolte ou
abattage avant que le produit évolue ou se dégrade.
La température d’entreposage doit être choisie en fonction du produit et maintenue la plus
constante possible jusqu’à sa distribution au niveau du consommateur. Il faut chercher le
meilleur compromis entre la période de garde et les dépenses causées par l’application d’une
température plus basse.
Le fait de stocker des aliments en général humides dans une atmosphère réfrigérée peut conduire
à un rééquilibrage de l’activité de l’eau. Ce rééquilibrage peut être évité soit en emballant les
aliments avec des matériaux hermétiques à l’eau, soit en maintenant l’air à une certaine
humidité.
On essayera de trouver un compromis entre deux facteurs, la diminution de l’humidité afin de
freiner la croissance microbienne d’un côté et l’augmentation de l’humidité afin d’éviter la
dessiccation des aliments de l’autre. Le stockage de produits alimentaires différents dans un
même entrepôt doit être évité car il conduit parfois à des imprégnations d’odeurs. Le melon, le
beurre, le fromage frais par exemple captent très facilement des odeurs d’autres aliments stockés
à leur voisinage immédiat. L’hygiène dans les entrepôts est très importante, aussi bien que la
construction d’un aménagement intérieur: par exemple des étagères métalliques qui facilitent le
nettoyage du magasin utilisé.
18
Comme produit de désinfection, on utilisera une solution de formaldéhyde à 40% qui est
pulvérisée par dose de 3 grammes de formaldéhyde par m. On peut utiliser le formaldéhyde
seulement quand le magasin n’est pas utilisé. Il est parfois intéressant d’associer plusieurs
techniques afin d’obtenir une conservation optimale des produits. Sur ce principe, les techniques
d’atmosphère modifiée ou d’atmosphère contrôlée ont été développées pour les entrepôts de
congélation. En jouant sur la composition de l’atmosphère ambiante (comme la teneur en azote,
en oxygène et en gaz carbonique), en diminuant la proportion d’oxygène (O2) de 21 % à 4 %,
voire 1 %, on peut ralentir la plupart des réactions de maturation. En élevant la teneur en CO2 de
3 jusqu’à 5 %, voire 10 %, on peut diminuer aussi l’intensité respiratoire et il semble que
certaines réactions enzymatiques sont inhibées. Dans le cas des oeufs, une atmosphère sans
oxygène à 88 % de CO2 et 12 % d’azote (N2) permet une conservation de plus d’un an. Pour les
viandes et les poissons, la conservation sous vide est efficace. On entrepose ainsi des carcasses
en réfrigération pendant une à deux semaines alors qu’en atmosphère normale la durée
maximale de conservation est d’un à deux jours.
20
3.5 La réfrigération
La réfrigération consiste à entreposer les aliments à une température basse, proche du point de
congélation, mais toujours positive par rapport à celui-ci. Généralement, la température de
réfrigération se situe aux alentours de 0°C. A ces températures, la vitesse de développement des
microorganismes contenus dans les aliments est ralentie.
La réfrigération est utilisée pour la conservation des aliments périssables à court et moyen
terme. La durée de conservation va de quelques jours à plusieurs semaines suivant le produit, la
température, l’humidité relative et le type de conditionnement. Le tableau 1 illustre quelques
exemples, mais il faut aussi tenir compte de la réglementation en ce domaine.
Pommes -1 à 5 °C 90 3 à 8 mois
Abricot 0 90 1 à 2 semaines
Haricot vert 5à7 90 à 95 7 à 10 jours
Melons 0 à 10 85 à 90 5 jours à 6 semaines
Des règles fondamentales doivent être respectées dans l'application du froid : la réfrigération
doit être faite le plus tôt possible après collecte, elle doit s'appliquer à des aliments initialement
sains et être continue tout au long de la filière de distribution.
3.6 La congélation
La congélation consiste à entreposer les aliments à des températures inférieures au point de
congélation, généralement -18°C. Elle est utilisée pour la conservation des aliments à long
terme (4 à 24 mois).
21
Ensuite, la température reprend sa descente jusqu’à atteindre la température finale désirée ; c’est
la troisième phase.
2. La congélation lente qui s’applique à des produits qui, par leur aspect ou leur mode de
récolte, ne peuvent satisfaire à certaines exigences, par exemple vitesse de congélation à
laquelle sont soumis les produits surgelés. Le refroidissement de l'aliment s'effectue lentement
ce qui entraîne la formation de cristaux de glace de taille relativement imoprtante par rapport à
celle des cellules du produit. Les aiguilles tranchantes des cristaux de glace peuvent percer et
déchirer la paroi des cellules peu résistantes et favoriser une certaine exsudation lors de la
décongélation.
Les congélateurs à tunnels utilisent l’air pulsé comme fluide frigorifique intermédiaire.
Celui-ci est refroidi à travers l’évaporateur de la machine frigorifique, pulsée sur le produit par
un ventilateur, puis recyclé pour être refroidi à nouveau. Ce système existe en continu et en
discontinu. L’avantage des tunnels de congélation réside dans leur souplesse d’utilisation. Ils
sont recommandés lorsqu’on est amené à congeler plusieurs types de produits, de forme et de
taille différente.
Dans le cas des congélateurs à plaques, le produit est refroidi au contact de la surface des
plaques, à l’intérieure desquelles circule le fluide frigorifique. Ce type de congélateurs
22
peut être à plaques horizontales ou verticales selon que les plaques sont disposées
horizontalement (sous forme d’étagères) ou verticalement. Leur avantage réside dans leur
efficience énergétique. Malheureusement, ils ne peuvent être utilisés que pour des produits de
forme géométrique, avant ou après emballage, régulière. De plus, ils ne sont plus aptes pas au
fonctionnement continu.
3.9.1 Introduction
Le traitement des aliments par la chaleur (ou traitement thermique) est aujourd’hui la plus
importante technique de conservation de longue durée. Il a pour objectif de détruire ou d’inhiber
totalement ou partiellement les enzymes et les microorganismes, dont la présence ou la
prolifération pourrait altérer la denrée considérée ou la rendre impropre à l’alimentation
humaine.
L’effet d’un traitement thermique est lié au couple temps/température. De manière générale,
plus la température est élevée et plus la durée est longue, plus l’effet sera important. Cependant,
il faut aussi tenir compte de la résistance thermique des micro-organismes et des enzymes et qui
est très variable.
Selon l’objectif recherché, on distingue plusieurs techniques de conservation des aliments par
traitement thermique comme la stérilisation, la pasteurisation, la thermisation, la cuisson et le
blanchiment.
La chaleur peut tuer les bactéries.
Pourquoi? Car le chaud inactive les enzymes et coagule les protéines de structure (dénaturation
irréversible), et stoppe la réplication de l'ADN. On doit chauffer plus ou moins suivant
1/ la thermorésistance de "la bactérie",
23
2/ le nombre de bactéries à détruire,
3/ les conditions de milieu (pH notamment), et
4/ le type d'aliment à obtenir (pasteurisé ou stérilisé)
La thermorésistance, c'est la capacité d'une bactérie à résister à un traitement thermique létal,
caractérisée par 3 paramètres: D à une température donnée (t°C) et z. Dt = temps de réduction
Décimal (D est un temps, en minutes).
La thermorésistance d'une souche à une température donnée se détermine en pratique ainsi:
- répartir dans des tubes un nombre égal de bactéries (ou de spores). Par ex: un million/tube
- chauffer tous les tubes à la même température, létale (par ex. 60°C pour des Salmonella, non
sporulées. Ou bien 121°C pour des spores de Clostridium). Mais les tubes sont chauffés à des
temps croissants (par ex: 0, 15, 30, 45, 60 min).
- refroidir et compter les germes vivants dans chaque tube (par dilution décimale, étalement sur
boite de pétri des dilutions, incubation, et comptage des colonies)
- la courbe ainsi obtenue (Y= Nombre de survivants, X= temps de chauffage à t°C fixé) est une
exponentielle décroissante. Au début, on tue beaucoup de bactéries. A la fin, on en tue
beaucoup moins. A la limite, c'est impossible de tuer la dernière !
Le temps nécessaire pour "stériliser" un milieu va donc dépendre du nombre de germes au départ.
En simplifiant, si on a un million de bactéries dans un aliment, il faut chauffer 6xD pour les tuer.
Si au départ il y juste 100 bactéries, un temps de chauffage 2xD suffira. (vous suivez ? log(un
million) = 6 et log(100) = 2 )
MAIS en fait la droite logNb=f(t) descend en dessous de 1, sans jamais atteindre le zéro = ça va
être dur de stériliser de façon « absolue ».
Et combien ça vaut, Dt ?
Pas la peine de l'apprendre par cœur, sauf pour Clostridium botulinum, car on trouve des données
assez différentes suivant les sources (D dépend du milieu et de la souche précise) mais en gros:
- On détermine ainsi expérimentalement les valeurs de Dt pour des températures étagées (par ex.
de 118 à 130°C).
- On trace ensuite la courbe des valeurs de Dt en fonction de t°C. Et, coup de bol, sur du papier
semi-logarithmique(ou pour Y= log Dt et X=t°C ) on obtient encore une droite !
On définit à partir de cette droite, pour une bactérie donnée, la valeur de z en °C : z
augmentation de t°C divisant D par 10
En pratique, cela a permis le développement du lait UHT : Au lieu de chauffer longtemps à
100°C pour stériliser le lait, qui prenait un goût de caramel brûlé et dont les protéines s'abîmaient,
on a augmenté t°C et diminué beaucoup le temps de chauffe: 145°C pendant 3secondes. Les
germes sont tués, mais les composants nutritionnels du lait sont respectés.
Combien vaut z ? En général, z est compris entre 5 et 10°C.
Bactéries pathogènes non sporulées: z = 5°C (4 à 6)
Bactéries sporulées & lactobacilles: z = 10°C (7 à 20)
Prenons l'exemple de Clostridium botulinum , Pour Clostridium botulinum: Dt121°C = 0,21 min
Donc si on chauffe 1000 spores de Clostridium botulinum à 121° pendant 0.21 min, on divise
leur nombre par 10 (c'est la définition de D), il ne reste que 100 spores vivantes.
Pour Clostridium botulinum , z = 10°C. Cela veut dire que si au lieu de 121°C on chauffe à :
- 111°C = 121-z => D sera 10 fois plus grand, D = 10x0,21 = 2,1 minutes
- 101°C = 111-z => D sera encore 10 fois plus grand, D = 10x2,1 = 21 minutes
Presque une demi-heure d'ébullition, pour ne tuer que 9 spores sur 10 : il en restera donc
beaucoup de vivantes!
25
La formule de calcule de la durée de traitement d’un aliment en vue de sa stérilisation en prenant
en compte la température initiale T1, T2 et le temps de réduction décimal D1, D2 ainsi que la
valeur de la température Z
D1
10T 2T 1 Z
D2
Dans l'industrie de la conserve, le but n'est pas de "diviser par 10" le nombre de spores, ni de le
"baisser d'un log". Le but c'est qu’aucune boite ne contienne une spore vivante.
Le principe est de tuer 1012 spores de C. botulinum, donc 12 x D.
- En gros le raisonnement est du genre : "Au pire il pourrait y avoir 104 spores par gramme, si j'ai
mal lavé l'aliment (terre, matière fécale). Et je fabrique 108 g (= 100 tonnes) de conserves sur 10
ans. Je veux zéro spores sur l'ensemble de la production." Donc il faut tuer 104 *108 = 1012spores:
j'applique 12D.
- Autre raisonnement possible: "dans la viande, c'est possible qu'il y ait 1 spore par gramme.
Donc 1000 spores par boite d'un kg. En appliquant 12D je me retrouve avec 10-9 spores par
boite, ou plutôt une chance sur un milliard qu'une boite contienne une spore. C'est le risque
maximal que je peux accepter: j'applique 12D"
Il faut donc appliquer la valeur stérilisatrice = 12 D à chaque conserve. Tu te souviens que pour
C. botulinum Dt121°C = 0,21 min, 12x0.21=2.52, en arrondissant, 12 x D = 3 minutes. Cette
valeur, 3 min à 121°C, s'appelle aussi "Force stérilisatrice", ou valeur stérilisatrice sanitaire, et
se note F0= 3min C'est donc le traitement thermique minimal pour les conserves neutres, qui
permet de détruire 1012 spores de Clostridium botulinum.
Si on chauffe moins fort, faut chauffer plus longtemps.
Reprenons le raisonnement de la page d'avant sur z, mais pour 12D. Comme z = 10°C, si on fait
des conserves à 111°C (=121-z), il faut chauffer 10 x 3' = 30 minutes pour avoir 12 D.
En théorie si on fait des conserves en les faisant bouillir (pour simplifier, disons à 101°C, car
l'eau est salée ce qui augmente la t°C), il faut chauffer 10 x 30' = 300 minutes /60' = 5 heures.
Mais la loi entre D et t°C n'est pas extrapolable indéfiniment vers le bas, et z n'est pas "si
constant" que ça : il faut bien chauffer à une température supérieure à la température "létale", qui
dépend du germe en cause.
Par définition, t à 121,1°C = F, alors t = F = nD.D121,1. Par exemple, quand on a une valeur
N0= 10/boîte de spores de C. botulinum (pour lequel D121 = 0,2 minute), et quand on désire une
valeur nD=12 (c’est-à-dire que N=1012/boîte), F = nD.D121 = 12 × 0,2 = 2,4 minutes.
L’expérience de la préparation industrielle de conserves indique qu'une valeur nD = 12 du
nombre de spores de C. botulinum (la souche la plus thermorésistante qui ait jamais été isolée)
est largement suffisante. Néanmoins, dans de nombreux cas, les valeurs F effectivement
appliquées sont plus élevées car il faut tenir compte de micro-organismes plus résistants que C.
botulinum.
Quelques exemples pourraient permettre de connaître l’importance des paramètres discutés. Si
on a une réduction décimale nD = 1012 à T = 105°C et t = 103 minutes, et la même réduction à T
= 117°C et t= 6,5 minutes, quelle est la valeur z ?
En utilisant l'équation:
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On peut maintenant calculer quel temps est nécessaire à T =100°C ou 120°C pour obtenir nD =
12. Encore en utilisant la même l'équation.
Un autre exemple est le suivant. Il existe une population de 1012spores, qui sont caractérisées par
D120 = 0,27 min et z = 10 °C. Combien de spores survivront après t = 1 h à 100°C et après t=20
min à 120°C ?
D120 = 0,27 min et z = 10°C, c’est-à-dire par définition que D110= 2,7 min, et D100 = 27 min.
Alors, cet exemple montre le très grand effet de la température sur le nombre de spores, et on
peut conclure que le traitement à 100°C n’est pas suffisant. Avec ces données on peut faire
d'autres calculs; par exemple quelle température est nécessaire pour avoir nD = 10 en t = 50
minutes ?
En résumé :
D (ou k) et z (Ea) sont des paramètres caractéristiques de la thermorésistance de chaque espèce
de micro-organisme; une valeur de z plus basse indique que la sensibilité du micro-organisme
est plus élevée à une température élevée.
27
On regroupe les micro-organismes à tuer selon leur thermorésistance “F “.
Groupe 2. Résistants : (10 minutes à 80°C)< F ≤ (10 minutes à 115°C, ou 4 minutes à 120°C),
mesuré en milieu de pH 6-7, faible en lipides. On a choisi cette limite de 4 min. 120°C pour
pouvoir justement tuer les spores les plus résistants de Clostridium botulinum. Cette bactérie
forme la toxine “botuline” dans des milieux non-acides. Dans ce groupe, on trouve généralement
les bactéries sporulées, comme Bacillus et Clostridium, groupées dans le tableau suivant.
Groupe 3. Ultra Résistants : F > (4 minutes à 120°C). C’est le cas surtout des thermophiles
(50-55°C), qui peuvent causer des dégâts considérables dans les zones tropicales. De même que
quelques non-thermophiles, par exemple Cl. Sporogènes. Ces thermophiles posent des
problèmes importants; on ne peut pas chauffer l’aliment jusqu’à la mort des plus résistants. Cela
coûterait trop cher en plus de la déformation et de la décomposition du produit. Il faut prévenir
la contamination par les microorganismes de ce type (F> 4 mn 120ºC) en appliquant des règles
d'hygiène strictes. On peut appliquer HTST(High Temperature-Short Time), combiné avec la
mise en conserve stérile "aseptic canning".
28
On peut diviser les aliments en groupes selon leur pH :
1. Aliments acides à pH < 4,5. Ce sont surtout les fruits et les produits fermentés lactiques. La
valeur F est petite, causée par le pH bas. Ces aliments sont assez faciles à conserver par voie
thermique, parce que les spores non tuées ne sont pas capables de germer à ce pH. On applique
pour ce groupe le traitement 1 (10 min, 80°C), pasteurisation.
2. Aliments à faible acidité, et pauvre en lipides, avec un pH > 4,5 : ce sont par exemple les
légumes (pH 5-6) et le lait (pH 6,7). F est plus grand qu' avec les aliments du type 1. Les spores
peuvent germer parce que le pH est favorable; les ultrarésistants sont souvent absents; les
produits de conservation ne sont pas autorisés.
Dans ce cas, on vise à produire des aliments contenant le minimum de spores vivantes. On
recommande le traitement 2, par exemple 10 min à 115°C.
3. Aliments à faible acidité, et riche en lipides (15-45%), avec pH 5,5-6,5 : ce sont par exemple
la viande et le poisson. F est plus grand qu'avec les aliments du type 2, à cause du rôle
protecteur des lipides contre l’effet thermique sur les cellules. Contrairement aux aliments de
type 2, ici quelques produits de conservation sont autorisés (sel, nitrate, nitrite, substances de
fumées). On recommande le traitement 2, par exemple 10 min à 115°C.
29
3.10 Appertisation : Stérilisation simultanée du contenant et du contenu
L’appertisation est un procédé de conservation qui consiste à stériliser par la chaleur des
denrées périssables dans des contenants (boîtes métalliques, bocaux, etc.) hermétiquement
fermés. Sa découverte remonte aux années 1790. Nicolas Appert était le premier qui a mis au
point ce procédé de stérilisation par la chaleur dans un récipient hermétiquement clos.
L’appertisation est largement utilisée aujourd’hui pour la conservation à long terme des
denrées alimentaires d’origine animale ou végétale. La durée de conservation des aliments
appertisés est de plusieurs mois à quelques années.
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Tableau Donne des exemples de barème de pasteurisation
Produits Température pasteurisation Durée traitement
65 °C 30 min
Jus de fruit (pH<4,5) 77 °C 1 min
88 °C 15 s
68 °C 20 min
Bière (pH<4,5)
75 °C 4 min
63 °C 30 min
Lait (pH>4,5)
72 °C 15 s
65 °C 30 min
Crème glacée (pH>4,5) 71 °C 10 min
80 °C 15 s
Tous les microorganismes n'étant pas éliminés par la pasteurisation, ce traitement thermique doit
être suivi d'un brusque refroidissement. Les aliments pasteurisés sont alors habituellement
conservés au froid (+4 °C) afin de ralentir le développement des germes encore présents. Leur
durée de conservation est ainsi limitée.
En dehors de la réfrigération, d'autres moyens de conservation peuvent être utilisés
parallèlement pour contrer le développement des microorganismes survivants, comme l'ajout
d'agents chimiques de conservation, la réduction de l'activité de l'eau (aw), l’acidification, etc.
3.11 Thermisation
La thermisation est un traitement thermique appliqué au lait cru. Ce dernier devra être porté à
une température d'au moins 63ºC pendant 16 secondes.
La thermisation est une forme amoindrie de pasteurisation. Son objectif principal est la
destruction des bactéries pathogènes qui pourraient se trouver dans le lait, sans modifier autant
ses caractéristiques technologiques. Cependant, ce traitement peut entraîner une diminution de
la charge microbienne banale du lait (bactéries lactiques, bactéries d'affinage, etc.). Ladite
charge est généralement exploitée pour la préparation du fromage au lait cru. Dans ce cas, on
doit faire appel aux bactéries cultivées en laboratoire pour remplacer celles qui sont disparues.
3.12 Blanchiment
31
parmi bien d’autres et le rôle du blanchiment qui constitue un prétraitement avant séchage,
lyophilisation, appertisation ou surgélation, est multiple.
1. Elimination des gaz occlus dans les tissus avant emboîtage, faute de quoi leur présence
entraîne une surpression interne, avec risque de bombage ou de flochage des boîtes.
2. Remplissage à chaud : On prend généralement la précaution de remplir les boîtes de jus
chaud de manière à ce que le sertissage (ou capsulage) ait lieu sous atmosphère de vapeur et
que l’air soit ainsi chassé. Le blanchiment permet d’emboîter les légumes chauds et
d’empêcher un refroidissement du jus au contact de légumes qui seraient froids.
3. Elimination de faux goûts : Les choux-fleurs non blanchis conserve un goût âcre intolérable.
4. Elimination de troubles : Le blanchiment permet d’éliminer les troubles tels que ceux
apportés par extraction d’amidon.
H2O2 + 2 AH → 2H2O + 2 A
L’activité de la peroxydase est révélée par l’apparition d’une teinte brun-noir lorsqu’on place du
guaïacol et du peroxyde d’hydrogène au contact du produit blanchi.
La peroxydase est réputée la plus thermorésistante ; l’efficacité du blanchiment peut alors être
évaluée en se basant uniquement sur le test d’inactivation ou de présence de cette enzyme.
32
3.13 Cuisson
La cuisson est un traitement thermique des aliments afin de les rendre consommables. Son
objectif principal est donc le développement des caractéristiques organoleptiques du produit :
Amélioration du goût, de l’odeur, du couleur et de la texture. Selon les barèmes appliqués, la
cuisson peut être associée à une réduction substantielle, voir même une élimination, de la charge
microbienne présent sur le produit. Les produits cuits peuvent être conservés au réfrigérateur
pendant quelques jours, et au congélateur pendant quelques semaines.
Il existe cinq modes de cuisson de base : Les aliments peuvent être plongés dans un liquide tel
que de l’eau, du bouillon (parfumé ou non) ou du vin (pochage, cuisson au bouillon ou à
l’étouffée), immergés dans des graisses animales ou de l’huile (friture), exposés à la vapeur
(cuisson à la vapeur et, dans une certaine mesure, braisage) ou à la chaleur sèche (rôtissage,
cuisson au four, cuisson au gril) ou bien encore poêlés dans de petites quantités de graisses
chaudes (sautés).
Tableau les opérations thermiques utilisées dans la conservation des aliments
4.1 La déshydratation
Dès la plus haute antiquité, des grains, des fruits, des viandes, des poissons ont été séchés au soleil. Plus tard
le séchage a été effectué dans des fours. Aujourd’hui, les denrées sont déshydratées par différentes
techniques : séchoirs à air chaud, rampe infrarouge, cylindres chauffants, fluidisation (passage de gaz chauds à
travers une grille plaque). Le but de la déshydratation est d’éliminer suffisamment d’eau du produit pour
empêcher le développement de micro-organismes et bloquer l’activité enzymatique.
Les produits obtenus (lait en poudre, céréales, fruits secs) se conservent à température ambiante quand ils sont
conditionnés dans des emballages les protégeant de l’humidité. Les techniques actuelles de déshydratation
permettent de conserver les qualités nutritionnelles des denrées alimentaires. Néanmoins les nutriments
fragiles à la chaleur comme certaines vitamines peuvent être partiellement détruits : pour certains produits
(petits déjeuners secs), une supplémentation permet un rééquilibrage.
L'activité de l'eau (a w) est un paramètre utilisé dans l’évaluation du taux d’eau disponible dans
les aliments. La maitrise de la quantité d’eau permet le contrôle de la croissance des
microorganismes dans les denrées alimentaire.
La déshydratation des aliments est réalisée par différentes techniques comme le séchage,
l’évaporation ou la lyophilisation. Elle permet de diminuer l’activité de l’eau d’un aliment à
des valeurs proches de 0.
Cependant, c’est une technique coûteuse de point de vue investissement matériel et de point de
vue consommation énergétique. Réduction de l’aw par ajout d’agents dépresseurs.
Les agents dépresseurs de l’activité de l’eau n’appartiennent à aucune famille chimique
particulière. L’activité de l’eau dépend de la nature et de la quantité des substances en solution
dans la phase aqueuse de la denrée alimentaire (ou de la solution). Les dépresseurs de l’aw les
plus utilisés en industrie agroalimentaire sont les sels, notamment le NaCl, et les glucides,
notamment les mono- et disaccharides. Le tableau ci-dessous donne quelques valeurs de l'aw
de solutions de différentes concentrations de NaCl et de saccharose mesurées à 25 °C.
L’utilisation des sels et des glucides est la technique la plus simple et la moins coûteuse pour
réduire l’aw d’un aliment et améliorer ainsi sa conservabilité. Cependant, elle ne peut être
envisagée que dans le cas de préparations spéciales où le sel ou le sucre jouent un rôle
déterminant dans les caractéristiques organoleptiques de l'aliment. C’est le cas par exemple des
anchois salés, des câpres au sel, des sirops et des produits de la confiserie.
4.3 Salage :
La conservation par le sel ou salage consiste à soumettre une denrée alimentaire à l’action du
sel soit en le répandant directement à la surface de l’aliment (salage à sec) soit en immergeant le
produit dans une solution d’eau salée (saumurage). En diminuant l'activité de l'eau du produit,
ce procédé permet de freiner ou de bloquer le développement microbien. Cette technique est
essentiellement utilisée en fromagerie, en charcuterie et pour la conservation de certaines
espèces de poissons (harengs, saumon,). Elle est parfois associée au fumage.
34
4.4 Sucrage :
Le sucrage ou l’ajout de sucre, notamment le saccharose, est une technique qui est aussi
largement utilisée en IAA.
Le sucre est généralement utilisé comme ingrédients pour l’amélioration du goût, la couleur
et/ou la texture de certains produits alimentaires comme les boissons, les sauces (Ketchup) et
plusieurs autres préparations. Dans d’autres produits alimentaires, comme le caramel et les
sirops de glucose, le sucre est la matière première principale utilisée pour leur
préparation.L’ajout de sucre à des proportions assez suffisante améliore la conservabilité des
denrées alimentaires et ce grâce à son effet dépresseur de l’aw. La conservabilité de certains
aliments comme les bonbons et les sirops de glucose est due principalement à la présence de
sucres.
L’échelle du pH a été introduite par le chimiste danois Søren Sørensen, en 1909, alors qu’il
contrôlait la qualité du brassage de la bière. Cette échelle est maintenant largement utilisée en
chimie, en géologie, en écologie, en médecine, dans l’industrie et en agriculture. En solution
aqueuse, on définit le pH de la manière suivante :
pH = - log [H+]
Lorsqu’un acide est ajouté à l’eau, la concentration en ions hydrogène [H+] augmente et est
supérieure à la concentration des mêmes ions dans l’eau pure. Ainsi, plus la solution est acide
(plus la concentration en ions H+ est élevée), plus le pH est faible, et réciproquement.
Si l’échelle du pH peut varier de 0 à 14, le pH des produits alimentaires se situe généralement
dans la zone de 2 à 7. Le pH des produits d’origine végétale est souvent plus faible que celui des
denrées alimentaires d’origine animale, surtout s’il s’agit des fruits.
35
Valeur de pH approximatifs de quelques produits alimentaires
Produits alimentaires pH
Bœuf 5,3 à 6,2
Poulet 5,8 à 6,4
Poissons 6,5 à 6,8
Lait frais 6,3 à 6,5
Beurre 6,1 à 6,4
Carottes 5,2 à 6
Pommes de terre 5,4 à 6,2
Oignons 5,3 à 5,8
Tomates 4,2 à 4,9
Pommes 2,9 à 3,3
Oranges 3,6 à 4,3
Citrons 2,2 à 2,4
Les produits alimentaires faiblement acides dont le pH>=4,5 sont considérés moins stables.
Leur stabilisation par la chaleur nécessite un traitement thermique de stérilisation pour les
débarrasser de tous les germes pathogènes et d’altération, y compris les spores bactériennes.
36
Les produits alimentaires acides, dont le pH<4,5 sont considérés relativement stables. Leur
stabilisation par la chaleur nécessite un traitement moins sévère, comme la pasteurisation, pour
éliminer les levures, les moisissures et quelques bactéries acidophiles, dont aucune espèce
n’est sporulante.
Aussi, il est important de signaler que certaines espèces de moisissures sont capables de
métaboliser des acides, transformant ainsi un produit initialement acide en un produit faiblement
acide.
5.2 Réduction du pH
La réduction du pH des produits alimentaires peut être réalisée par deux méthodes. La
première, est une méthode directe, consiste à l’acidification du produit par l’ajout d’un ou
plusieurs acides organiques; les acides les plus utilisés sont l’acide acétique (vinaigre) et l’acide
citrique. La deuxième est une méthode indirecte qui repose sur l’utilisation des microorganismes
de fermentation.
5.2.1 Acidification
L’acidification consiste à l’ajout d’un acide organique (comme l’acide acétique) ou un
ingrédient acide (comme le citron) à un aliment qui est initialement peu acide. L’acide ou
l’ingrédient acide doivent être ajoutés dans des proportions bien déterminées pour que le pH du
produit fini soit inférieur à 4,5.
5.2.2 Fermentation
37
5.2.2.2 La fermentation lactique
La fermentation lactique (un processus anaérobie) peut avoir lieu à partir du glucose aussi bien
qu’à partir du lactose (par les microorganismes qui peuvent acidifier le lait). Toutes les
fermentations lactiques ont comme point commun la formation de pyruvate. A partir du
pyruvate, il y a trois possibilités :
38
pour lesquels le séchage suivi du fumage permet de conserver les viandes et poissons grâce à
l'action combinée de la déshydratation et des antiseptiques contenus dans la fumée.
La fumaison peut se faire à froid (12-25°C) ou à chaud (50-85°C). Lorsqu’elle est réalisée à
chaud, elle est associée à une dénaturation des protéines et une destruction des micro-
organismes.
7.1 Définition
Le potentiel d’oxydoréduction (Eh exprimé en volt) mesure la facilité avec laquelle un
milieu perd ou gagne des électrons. Un milieu est oxydant quand il capte des électrons (son
Eh est positif) ; et il est réducteur quand il perd des électrons (son Eh est négatif).
Un milieu contenant des substances fortement hydrogénées, des radicaux –SH, des sucres
réducteurs, ou d’autres composés tels que de l’acide ascorbique (vitamine C) ou des tocophérols
(vitamine E) sera réducteurs. C’est le cas de nombreux produits alimentaires. L’effet oxydant
d’un milieu est dû essentiellement à la présence de l’oxygène atmosphérique, soit en surface
(viandes) ou dans la masse (végétaux : grâce aux parenchymes lacuneux et aux stomates).
1. Les aérobies stricts (Pseudomonas, Micrococcus, Bacillus) : Sont les microorganismes qui ne
peuvent se développer qu’en présence de l’oxygène.
2. Les aérobies facultatifs (Entérobactéries, Staphylococcus) : Sont les microorganismes qui
peuvent se développer en présence et en absence d’oxygène.
3. Les anaérobies stricts (Clostridium, Bactéroïdes, ...) : Sont les microorganismes qui ne
peuvent se développer en présence de l’oxygène.
4. Les micro-aérophiles (Lactobacillus, Streptococcus, ...) : Sont les microorganismes qui ne
peuvent se développer qu’en présence de quantité faible d'oxygène.
Le potentiel d’oxydoréduction d’un aliment dépend de ses caractéristiques physico-
chimiques, de la présence ou non d’un emballage, de la pression partielle d’oxygène et de
l’ambiance du stockage.
39
plus importantes sont : Le conditionnement sous vide, le conditionnement sous atmosphère
modifié et le conditionnement sous atmosphère contrôlé.
41
8.3 Types de rayonnements ionisants
L’irradiation des denrées alimentaires peut être réalisée par trois types de rayonnements
ionisants :
8.3.1 Rayons X : Les rayons X sont produits par des appareils fonctionnant à un
niveau d’énergie égal ou inférieur à 5 MeV.
8.3.2 Electrons accélérés : Les électrons accélérés sont obtenus par des
systèmes fonctionnant à un niveau d’énergie égal ou inférieur à 10 MeV.
8.3.3 Rayons γ : Les rayons γ sont obtenus par des isotopes radioactifs
(radionucléides) ; il s’agit soit du cobalt 60, soit du césium 137.
1 rad = 10-2 Gy
Un jargon interne à ce type de traitement classe l’irradiation en trois catégories, suivant
la dose appliquée :
1. La radappertisation (20 à 50 kGy) : Détruit la totalité des microorganismes. On parle
aussi de «radiostérilisation ».
2. La radicisation (10 kGy ou moins) : Détruit la totalité des germes pathogènes non sporulés.
On parle aussi de « radiopasteurisation ».
3. La radurisation (5 kGy ou moins) : Réduit la charge microbienne sans altérer le produit.
En 1980, le comité mixte F.A.O. (Food and Agriculture Organisation) / O.M.S. (Organisation
Mondiale de la Santé) / A.I.E.A. (Agence Internationale de l’Energie Atomique) a reconnu, suite
à de nombreuses études toxicologiques, l’innocuité de l’ionisation pour des doses inférieures à
10 kGy (10.000 Gy). Plus récemment, en 1997, ces mêmes organismes ont conclu qu’aucune
dose maximale ne devait être retenue. Cependant, la norme générale Codex pour les denrées
alimentaires irradiées (CODEX STAN 106-1983, REV. 1-2003) précise que la dose maximale
absorbée pour une denrée alimentaire ne doit pas être supérieure à 10 kGy, sauf si cela est
nécessaire pour obtenir un résultat technologique légitime.
42
8.4.2 Débit de dose
Le débit de dose est défini par la dose absorbée par l’aliment, par unité de temps
d’exposition. Il s’agit donc de la puissance absorbée que l’on peut exprimer en kW par kg
d’aliment ou en kGy par unité de temps.
D = D’.t
D : Dose d’irradiation
D’ : Débit de dose
t : Temps d’exposition de l’aliment à la source d’irradiation
La cinétique de destruction des microorganismes par les radiations ionisantes est directement
liée à la dose appliquée suivant une loi exponentielle de type :
N = N0.10-(D/D10) = N0.10-[(D’.t)/D10]
N0 : Nombre initiale de microorganismes.
N : Nombre de microorganismes survivants après application de la dose d’irradiation D. D’ :
Débit de dose
t : Temps d’exposition de l’aliment à la source d’irradiation
D10 : Dose correspondant à la destruction de 90% des cellules de microorganismes.
Il est évident que pour une dose de radiations donnée, l’efficacité du traitement sera
d’autant plus faible que le nombre de microorganismes présents initialement dans le produit
sera élevé. Ce traitement ne remet donc nullement en question les mesures habituelles
d’hygiène. De plus les radiations ionisantes, aux doses habituellement utilisées, ne permettent
pas de détruire les toxines déjà produites par les microorganismes avant le traitement.
Le facteur D10 caractérise la radiorésistance des microorganismes, mais il est loin de
constituer un facteur intrinsèque d’une espèce donnée, comme il est dans le cas des traitements
thermiques. En effet, plusieurs études ont montré que, en plus de l’espèce, D10 dépend de
plusieurs autres facteurs comme le débit de la dose, la nature des rayonnements ionisants utilisés
et la température du traitement.
D’une manière générale, on peut dire que les espèces les plus radiorésistantes sont les bactéries
sporulées, suivies des bactéries gram+, lesquelles sont résistantes que les gram-. Les moisissures
43
se situent dans la zone des formes végétatives des bactéries. Quant aux levures, elles sont aussi
résistantes que les bactéries les moins radiosensibles.
Les effets des radiations ionisantes ne se limitent pas aux microorganismes présents dans le
produit: elles permettent également de désinsectiser les aliments (céréales, légumes secs p.ex.)
et de retarder la maturation et/ou la germination des fruits et légumes frais en perturbant le
mécanisme enzymatique endogène responsable de la maturation et/ou de la germination.
L’ O.M.S. a approuvé la radiation ionisante à une dose inférieure ou égale à 10 kGy, ce qui est
adéquat pour la destruction des bactéries végétatives (formes non-sporulées).
45
Dans le système international d'unités (S.I), la pression s'exprime en pascal (Pa): 1 Pa = 1 N.m-2
Il existe d'autres unités de pression, les plus courantes étant l'atmosphère (atm), le bar et le
«millimètre de mercure ».
Au niveau de la mer, la pression moyenne est égale à 760 mm de mercure, ou 1013 millibars
(mbar): cela représente la pression atmosphérique. Cette pression décroît avec l'altitude.
La cinétique de destruction des microorganismes par les hautes pressions peut généralement être
exprimée par la formule suivante :
47
La plupart des bactéries sous forme végétative sont inactivées par des pressions entre 400 et 600
MPa. Par contre les spores bactériennes peuvent résister à des pressions supérieures à 1000
MPa. Néanmoins, un traitement entre 50 et 300 MPa peut induire la germination des spores.
Ainsi, le processus pour minimiser la survie des spores consiste en une première pression
modérée pour la germination et en une seconde beaucoup plus importante pour les inactiver.
L’effet positif (désactivation des enzymes) est observé lorsqu’on applique des hautes pressions
au-delà de 100 MPa. En effet, cette gamme de pression modifie la structure tertiaire et/ou
quaternaire des protéines constituantes des enzymes, ce qui les rend inactifs.
Le produit est enfermé dans son emballage de vente (souvent un sachet imperméable et
flexible), dans lequel le vide a été fait puis submergé sous l'eau. La pression appliquée est
isostatique (elle est identique dans toutes les directions de l'espace) en tous points de l'enceinte
et donc du produit. Ainsi comprimé, le produit peut reprendre sa forme initiale quand la
pression est libérée. La gamme des hautes pressions appliquées varie de quelques dizaines de
MPa (méga pascals) à 1 GPa (giga pascal).
48
Ce procédé présente des avantages suivants :
1. le traitement par hautes pressions se fait à des températures inférieures à 100°C et même en
général à température ambiante,
2. ce traitement requiert beaucoup moins d'énergie que la majorité des autres systèmes de
conservation,
3. il n’y a aucun gradient de pression dans le produit car la transmission de cette
pression se fait instantanément par opposition à un traitement thermique.
L’équipement est composé d'une enceinte résistante à la pression, d'un circuit « hautes
pressions », d'une pompe externe de compression du fluide, d'une unité de commande et d'un
dispositif de chauffage ou de refroidissement.
Deux types de compressions sont à ce jour disponible : la compression «directe» et «indirecte».
Dans le système de compression « directe » (Figure 5), la pression est générée directement à
l’intérieur de l’enceinte par la compression d’un piston sur son milieu en contact. Le fluide,
ainsi vecteur de la pression, arrive sous basse pression dans l’enceinte ; ensuite le piston permet
de générer les pressions. L’avantage de cette méthode, est d’atteindre rapidement des pressions
élevées, mais néanmoins elle reste limitée à des enceintes de faible diamètre du fait de
problèmes d'étanchéité.
49
9.6.2 La compression indirecte
La deuxième possibilité est la compression « indirecte ». Dans ce cas, une pompe « hautes
pressions » envoie un fluide de pressurisation dans une enceinte close (Figure 6). Cette méthode
est la plus répandue dans les industries.
50
9.6.4 Aspects réglementaire
La législation européenne, sur les produits traités par hautes pressions dans l’industrie agro-
alimentaire est basée sur le règlement CE 258/97, entré en vigueur le 15 Mai 1997. Il introduit,
avant toute commercialisation, une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l’Union
Européenne pour de nouveaux aliments ou de nouveaux ingrédients. Les produits soumis à
un traitement par hautes pressions sont considérés comme tels. Cette démarche demeure
obligatoire pour l’ensemble des états membres.
10 Conservation electrique
Le traitement par champ électrique implique le passage d’un voltage très élevé dans l’aliment
placé entre deux électrodes. Le champ électrique est normalement appliqué à température
ambiante ou réfrigérée pendant moins d’une seconde. L’inactivation des bactéries qu’il produit
peut être expliquée par des modifications structurelles des membranes et par l’apparition de
pores.
Au cours de ce traitement, il n’y a pas ou peu d’échauffement de l’aliment ; son aspect, ses
caractéristiques physico-chimiques et nutritionnelles sont maintenues intactes.
Ce traitement peut s’envisager pour des aliments liquides : jus d’orange, jus de pomme, lait, etc.
51
les Romains ont eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et colorants pour la
conservation et l'amélioration de l’apparence des aliments.
Ces 50 dernières années, les développements scientifiques dans l'alimentation et les avancées
technologiques ont abouti à la découverte de nouveaux additifs alimentaires utiles pour la
conservation des aliments contre les dégradations et les altérations dues aux réactions chimiques
(oxydation non enzymatique, dégradation des vitamines et des acides aminés, etc.), biologiques
(oxydation enzymatique et autres dégradations par voie enzymatique) et microbiologiques.
Les additifs qui remplissent cette fonction de conservation des aliments sont classés en deux
catégories principales : Les conservateurs et les antioxydants.
11.2 Conservateurs
Les conservateurs sont des substances qui limitent, ralentissent ou stoppent la croissance des
microorganismes (bactéries, levures, moisissures) présents ou entrant dans l’aliment et
préviennent donc l’altération des produits ou les intoxications alimentaires. Ils sont employés
entre autres dans les aliments cuits, le vin, le fromage, les jus de fruits et les margarines.
Le nombre E des conservateurs autorisés actuellement au niveau de l’union européenne va de
E200 à
E297. Le tableau suivant donne quelques exemples des conservateurs les plus couramment
utilisés.
11.3 Antioxydants
Les antioxydants sont des molécules qui aident à protéger les aliments contre les réactions
d'oxydation qui accélèrent le vieillissement. Il peut s'agir d'altérations dues à l'oxygène de l'air, à
la lumière, aux traces de métaux ou à certaines enzymes. Les antioxydants regroupent la
catégorie des antioxygènes et celle des séquestrants.
L’acide ascorbique (ou vitamine C), contenu dans de nombreux agrumes, est fréquemment
utilisé dans les cuisines et dans la production alimentaire pour empêcher l’oxydation des
aliments (changement de couleur des fruits et légumes fraîchement épluchés ou découpés). La
vitamine C et ses divers sels sont aussi ajoutés pour protéger les boissons non alcoolisées, les
confitures, le lait concentré et les saucissons.
Les tocophérols, qui font partie de la famille de la vitamine E, sont un autre exemple
d’antioxydants naturels. On les trouve principalement dans les noix, les graines de tournesol,
les pousses de soja et de maïs et ils sont le plus souvent utilisés pour conserver les huiles
végétales, la margarine et les produits à base de cacao.
L’acide ascorbique et les tocophérols étant des antioxydants très employés et les besoins ne
pouvant être couverts entièrement à partir de sources naturelles, ces deux composés sont aussi
produits par synthèse depuis quelque temps. Il est maintenant possible de copier leur
structure moléculaire de façon si parfaite qu’il n’existe plus aucune différence ni dans leur
structure ni dans leurs effets. En d’autres termes, ces substances « identiques aux naturelles »
sont globalement identiques à leurs originaux.
52
Les tocophérols, qui font partie de la famille de la vitamine E, sont un autre exemple
d’antioxydants naturels. On les trouve principalement dans les noix, les graines de tournesol,
les pousses de soja et de maïs et ils sont le plus souvent utilisés pour conserver les huiles
végétales, la margarine et les produits à base de cacao.
Acide sorbique et
E 200- 203 Fromages, vins, fruits séchés, purées de fruits, garnitures
sorbates
53
L’acide ascorbique et les tocophérols étant des antioxydants très employés et les besoins ne
pouvant être couverts entièrement à partir de sources naturelles, ces deux composés sont aussi
produits par synthèse depuis quelque temps. Il est maintenant possible de copier leur
structure moléculaire de façon si parfaite qu’il n’existe plus aucune différence ni dans leur
structure ni dans leurs effets. En d’autres termes, ces substances « identiques aux naturelles »
sont globalement identiques à leurs originaux.
Les antioxydants artificiels sont tout aussi utilisés que les antioxydants « naturels » et
ceux « identiques aux naturels ». Les principaux appartiennent au groupe des gallates (E 310-
312). Les gallates sont ajoutés principalement aux huiles végétales et à la margarine pour les
empêcher de rancir et pour préserver leur goût. Le tableau ci-après donne quelques exemples
d’antioxydants les plus couramment utilisés.
Comme tous les additifs alimentaires, les conservateurs et les antioxydants sont soumis à une
réglementation stricte et ce malgré leurs effets bénéfiques sur l’organisme (cas des vitamines
C et E) et sur la conservabilité des aliments. La législation, d'une manière générale, exige que
l’utilisation des additifs soit autorisée pour l’aliment considéré et ce sans dépasser les limites
maximales fixées. En plus, ils doivent être mentionnés sur l’emballage du produit par
catégories (antioxydants, conservateurs, colorants, etc.), par leur nom ou par leur code.
54
12 Conservation des aliments par combinaison de plusieurs techniques
55
13 Travaux pratiques de conservation des aliments
Objectifs du programme
Effet du dioxygène de l’air et de la lumière sur certains aliments.
Rôle de la lumière et de la température dans l’oxydation des produits naturels.
Conservation des aliments par procédé physique et par procédé chimique.
Mettre en œuvre un protocole pour mettre en évidence l’oxydation des aliments.
Distinguer une transformation physique d’une réaction chimique.
Associer un changement d’état à un processus de conservation. Extraire et organiser
des informations pour :
– rendre compte de l’évolution des modes de conservation des aliments ;
– analyser la formulation d’un produit alimentaire.
SO2 → S + O2
Dans le langage courant, l'oxydation est la réaction chimique dans laquelle un composé
se combine avec un ou plusieurs atomes d'oxygène. Comme l'oxydation du fer qui
produit la rouille :
4 Fe + 3O2 → 2 Fe2O3.
Ce n'est qu'au XXe siècle, après la découverte de l'électron (J.J. Thomson, 1897) et
l'introduction du modèle atomique de Bohr (1913) que les réactions chimiques ont été
réexaminées à la lumière de ces nouveaux modèles et que des similitudes observées
permirent de dégager progressivement le concept actuel d'oxydo-réduction qui
s'exprime en termes de transferts d'électrons.
56
Les fruits et légumes oxydés prennent une texture désagréable et deviennent
indigestes.
[…] Divers traitements physiques évitent le brunissement des fruits et légumes qui
sont émincés, ce qui est fréquemment leur lot en cuisine : la congélation (à –18°C) ou
la réfrigération (entre 0°C et 6°C) ralentissent l’oxydation mais ne la bloquent pas ; la
pasteurisation (entre 65°C et un peu moins de 100°C) est plus radicale car elle stoppe
l’oxydation, mais elle ne s’applique pas à tous les fruits et légumes car elle dégrade
souvent la texture ou la couleur des végétaux.
57
Les principaux facteurs déterminant la durée de vie des lipides sont les réactions
d’oxydation. Kes substrats de ces réactions sont principalement les acides insaturés ;
ils s’oxydent en général plus vite quand ils sont libres et très insaturés. Les acides gras
saturés ne s’oxydent qu’à une température supérieure à 60°C, tandis que les acides
polyinsaturés s’oxydent même lorsque les aliments sont congelés et en contact avec
l’air. L’oxydation des lipides se décompose en trois temps : initiation (formation de
radicaux), propagation (combinaison des radicaux) et terminaison (formation de
molécules par association des radicaux libres). L’oxydation radicalaire est
généralement accélérée par la lumière (phase d’initiation) et plus particulièrement sa
composante la plus énergétique (UV).
58
Les fruits secs, par exemple les noix et les noisettes, ainsi que les graines peuvent être
entreposés dans un endroit sec et frais (une grange, un grenier...), sans subir de
dommages, et être ainsi conservés environ un an, voire beaucoup plus (à condition
d'être protégés des ravageurs, rongeurs, insectes, oiseaux, etc.). Certains fruits charnus,
tels les pommes, peuvent se conserver plusieurs mois dans un fruitier.
Le développement industriel s'est accompagné du développement du transport des
aliments entre régions productrices et consommatrices, réduisant dans certains cas
la nécessité de la conservation.
Certaines denrées alimentaires ne nécessitent donc pas de technique de conservation et
se conservent d'elles-mêmes alors que d'autres se dégradent très rapidement.
13.5.1 Séchage
Eventuellement traités à l’huile alimentaire pour limiter l’oxydation, les aliments sont
séchés au Soleil ou au four.
59
2. Chute abrupte vers le vide : Après une phase de stabilisation, le vide est fait dans la
chambre du réacteur DIC. C’est sous l’effet de cette dépression vers le vide que la
structure moléculaire de la substance est modifiée ; le résultat visible est une expansion
de la substance traitée, par effet de "puffing".
3. Retour à la pression et à la température ambiante.
L’ensemble du processus dure moins d’une minute dans la plupart des cas.
13.5.3 Lyophilisation
Les lyophilisations autrefois appelée cryodessication, a été découverte par les
physiciens français d’Arsonval et Bordas. Elle consiste en une congélation, une mise
sous vide, puis une sublimation de la glace et une désorption de l’eau intracellulaire.
Cette technique permet d’obtenir un produit sec en préservant forme, dimension,
couleur et surtout qualités organoleptiques de l’aliment frais. Les nutriments, même les
plus fragiles, sont bien conservés. La lyophilisation donne des produits de qualité se
réhydratant correctement, mais reste d’un prix de revient élevé, et donc réservée à
certaines applications comme le café soluble, certains potages instantanés et
l’alimentation de personnes en conditions extrêmes (astronautes, alpinistes…).
La lyophilisation est une technique de séchage par congélation brutale (température
comprise entre – 40 °C et –80 °C environ) avec sublimation sous vide. Les aliments
conservent toutes leurs saveurs ainsi que leurs nutriments ; une fois réhydratés ils
retrouvent presque leur texture d'origine. Cette méthode est employée pour la
nourriture des astronautes.
La pasteurisation, utilisée pour le lait, la bière, les semi-conserves, est une technique
qui consiste à soumettre les aliments à une température comprise entre 62 et 88 °C et à
les refroidir brutalement. Si elle n’est pas une technique de stérilisation, la
pasteurisation réduit de façon significative le nombre de micro-organismes présents.
60
Après la pasteurisation, pour le lait en particulier, il est important de réfrigérer les
aliments pasteurisés autour de 3 à 4 °C afin de prévenir la multiplication des
bactéries qui n'auraient pas été détruites.
61
Le réfrigérateur est l’archétype de la machine thermodynamique qui a révolutionné la
conservation des aliments.
63
Conservation dans le sucre (sucrage). Le sucre étant très hygroscopique, il ne
permet pas aux bactéries de se développer. Cette méthode est utilisée surtout pour les
fruits (confiture, sirop...).
Conservation dans de la graisse (confit de canard...).
Conservation par ajout de conservateurs alimentaire : le dicarbonate de méthyle
(boissons), les antibiotiques (fromages), les antimicrobiens, antioxydants et certains
acides.
Résumé
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L'utilisation d'une atmosphère modifiée est avantageuse pour la conservation de certains produits alimentaires car elle permet de ralentir les réactions de maturation et réduire l'intensité respiratoire en ajustant la teneur en O2 et CO2. Par exemple, en diminuant O2 à 4 % et augmentant CO2 jusqu'à 10 %, on peut considérablement freiner les réactions enzymatiques indésirables, permettant une meilleure conservation des œufs, des viandes et des poissons .
Lors du traitement par hautes pressions, une température appropriée peut optimiser la survie des spores bactériennes en causant leur germination, ce qui les rend plus sensibles à une seconde pression plus élevée. Une première application de pression modérée (entre 50 et 300 MPa) induit la germination des spores, tandis qu'une seconde pression plus forte (>1000 MPa) est nécessaire pour inactiver les spores germées .
Les principaux facteurs environnementaux qui peuvent causer la détérioration des aliments pendant le stockage et la distribution comprennent la pression, la température, l'humidité, l'oxygène, et la lumière. Ces facteurs peuvent déclencher plusieurs réactions qui conduisent à la dégradation des aliments, tel que le développement microbien, la réactivité chimique et des changements physiques .
La rapidité de la transition de température lors de la congélation des aliments est cruciale car elle empêche la formation de gros cristaux de glace, qui peuvent déchirer les cellules alimentaires. Des transitions rapides permettent des cristaux plus petits, minimisant ainsi la rupture cellulaire, la perte de substances solubles après décongélation, et la dégradation de la qualité texturale des aliments .
Lors du stockage réfrigéré de produits alimentaires, il est crucial de trouver un compromis entre la diminution de l'humidité pour freiner la croissance microbienne et l'augmentation de l'humidité pour éviter la dessiccation des aliments. Les aliments doivent être emballés de manière hermétique pour maintenir l'humidité et empêcher les imprégnations d'odeurs, tout en assurant une hygiène rigoureuse dans les entrepôts pour éviter les contaminations .
La conservation par le froid agit principalement en ralentissant le développement des micro-organismes ainsi que les réactions chimiques et enzymatiques. À des températures inférieures à -5 °C, la majorité des micro-organismes ne sont plus capables d'activité métabolique, tandis que les réactions enzymatiques sont considérablement ralenties. Cependant, les micro-organismes psychrophiles peuvent encore se développer jusqu'à -7 °C et les enzymes peuvent rester actives au dessus de -30 °C bien que ralenties .
La législation européenne encadre les produits alimentaires traités par haute pression sous le règlement CE 258/97, en vigueur depuis le 15 mai 1997. Ce règlement exige une autorisation de mise sur le marché dans l'Union Européenne pour les nouveaux aliments ou ingrédients, y compris ceux traités par haute pression, garantissant ainsi la sécurité et la conformité avant leur commercialisation .
La pasteurisation par haute pression diffère du traitement thermique traditionnel en ce sens qu'elle se réalise généralement à température ambiante ou à des températures inférieures à 100°C, ce qui requiert beaucoup moins d'énergie que les autres systèmes de conservation. Ce processus n'engendre pas de gradient de pression dans le produit et permet de conserver les propriétés nutritionnelles et sensorielles des aliments, prolongeant ainsi la stabilité à l'entreposage tout en conservant leur fraîcheur .
Pour éviter la réhumectation des aliments séchés pendant le stockage, il est important de maintenir ces aliments dans une atmosphère à faible humidité. Cela peut être accompli en utilisant des emballages hermétiques ou en contrôlant l'humidité ambiante pour éviter que les aliments n'absorbent de l'humidité et deviennent détrempés .
Les hautes pressions modifient la structure des protéines cellulaires, notamment leurs structures tertiaires et quaternaires au-delà de 200 MPa, ce qui entraîne la dénaturation de ces protéines et la perte de leurs activités biologiques. Les membranes cellulaires subissent également des modifications, ce qui peut être l'une des principales causes de la mortalité bactérienne. Ces modifications incluent l'altération de la morphologie cellulaire, les élongations, la perte de mobilité pour certains micro-organismes et l'éclatement de certaines vacuoles intracellulaires .