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Cours sur l'environnement minier en Tunisie

Ce document présente des définitions et concepts clés liés à l'environnement minier. Il définit notamment les termes mine, carrière et substances minières. Il présente également les différents groupes de substances minières selon le code minier tunisien ainsi que des notions comme le Clarke, le fond géochimique et le minerai.
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Cours sur l'environnement minier en Tunisie

Ce document présente des définitions et concepts clés liés à l'environnement minier. Il définit notamment les termes mine, carrière et substances minières. Il présente également les différents groupes de substances minières selon le code minier tunisien ainsi que des notions comme le Clarke, le fond géochimique et le minerai.
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Cours environnement minier

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M. E. Gaied
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Cours intégré : Environnement minier : 1ère année Mastère de Recherches GBS /FS Gafsa/ GAIED, 2017

Université de Gafsa/Faculté
Gafsa/Faculté des Sciences/Département de Géologie

1ère année : Mastère de Recherche / Géologie des bassins sédimentaires

COURS ENVIRONNEMENT MINIER

(version provisoire)

Oued Thelja : rejets des laveries de phosphates (Photo personnelle)

GAIED, 2017

1
Cours intégré : Environnement minier : 1ère année Mastère de Recherches GBS /FS Gafsa/ GAIED, 2017

SOMMAIRE

Chapitres Page

Avant Propos 3

I - Rappels 4

IA- Définitions 4

IB- cadre juridique 6

IC- termes de références des EIE 6

II- Environnement des mines de phosphates 7

IIA- Rappel : Les bassins de phosphate de Tunisie 7

IIB- Impact de l’exploitation de phosphate sur l’environnement 11

IIC- Impact de traitement de phosphate sur l’environnement 14

IID- Impact de transformation des phosphates sur l’Environnement 18

III- Environnement des mines polymétalliques sur l’environnement 20

IIIA- Rappel : les potentialités minières de la Tunisie 20

III-B- Le Devenir des minerais 22

III-C -Le drainage minier acide et neutre 23

III-D- Réhabilitation des mines fermées: l’après mine 26

Travaux dirigés 30

Pour en savoir plus 33

2
Cours intégré : Environnement minier : 1ère année Mastère de Recherches GBS /FS Gafsa/ GAIED, 2017

Avant propos

Le but de l'exploitation minière est de satisfaire la demande en ressources


métalliques et minérales afin d'améliorer la qualité de vie de la population. Ces
ressources peuvent être, par exemple, des minéraux métallifères ou des minéraux
industriels employés dans des divers secteurs industriels ou dans la construction. En
tout état de cause, les rejets produits, de la couche arable, des morts-terrains, ainsi que
ceux des résidus et stériles, représentent une charge financière indésirable pour les
exploitants. La gestion des résidus et le management de l'environnement dans son
ensemble sont alors conçus comme des conséquences des étapes d’extraction, de
traitement et de transformation de ces substances minières.

Ce cours intégré intitulé ‘ Environnement minier’ est un module optionnel


s’adressant aux étudiants de la première année de mastère de recherche : géologie
des bassins sédimentaires de la Faculté des Sciences de Gafsa. Programmé en S2 ce
module couvre un volume horaire de 14 heures de cours et de 7 heures de travaux
dirigés. Il est important de signaler que partant du fait que la Faculté des Sciences de
Gafsa est localisée au sein d’un centre minier exploitant les phosphates les deux tiers
de ce cours traite l’environnement minier phosphaté.

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Cours intégré : Environnement minier : 1ère année Mastère de Recherches GBS /FS Gafsa/ GAIED, 2017

I- RAPPELS

IA- Définitions
Les ressources minérales peuvent être exploitées en mines ou en carrières.
Mines & carrières sont des notions juridiques définies par le code minier (Loi n°2003-30 du
28 avril 2003, portant promulgation au Code Minier, loi N° 89/20 relative aux carrières,
arrêtés et décrets).
Il existe des carrières souterraines (exploitations par des galeries) et des mines à ciel ouvert
(exploitation dans des excavations ouvertes) et vice versa. En conséquence, on appelle mine
toute exploitation des substances minérales métalliques et carrière toute exploitation non
métallique.
Les substances minières comportent toutes les ressources énergétiques, les minerais
métalliques, les sels de potasse et de sodium, les phosphates, etc…Le code des mines de la
Tunisie dans son article 5 classe ces substances en six groupes :
1er GROUPE:
Les combustibles solides tels que : le graphite, l’anthracite, la houille, le lignite et autres
combustibles fossiles.
2ème GROUPE:
Les combustibles liquides et gazeux tels que : le bitume, L’asphalte. le pétrole et autres
Hydrocarbures liquides ou gazeux, Hélium et autres gaz rares et toutes les sources liquides ou
gazeuses d’origines géothermiques à haute ou à moyenne enthalpie.
3ème GROUPE:
- Les substances métalliques et semi-métalliques telles que le fer, le plomb, le zinc, le cuivre,
le baryum, le fluor, le strontium, le mercure, le soufre, le manganèse, l’antimoine,
l’aluminium, l’or, l’argent, l’étain, le bismuth, le cadmium, le chrome, le cobalt, le
magnésium, le molybdène, le nickel, le tungstène, l’arsenic
- Les substances radioactives telles que l’uranium, le thorium et autres éléments radioactifs.
- Les pierres précieuses telles que: le diamant et autres.
4ème CROUPE:
Les sels naturels solides ou dissous se présentant en gisements massifs ou en saumures
naturelles tels que les chlorures (y compris le sel marin), les bromures, les iodures, les
borates, les sulfates, les nitrates et les autres sels associés dans les mêmes gisements.
5ème GROUPE:
Les phosphates.

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6ème GROUPE:
Les roches à prédominance monominérale notamment applications industrielles autres que
celles utilisées en génie civil tels que le kaolin, les illites, les smectites, l’attapulgite, la
calcite, la dolomite, la magnésitc, la silice, les diatomites, le quartz, les feldspaths ... Un arrêté
conjoint du Ministre chargé des Mines et du Ministre chargé des Carrières établira, sur avis du
Comité Consultatif des Mines, les limites qualitatives minimales des Substances Minérales
appartenant au 6 ème groupe.
Les substances utiles ou de carrières peuvent être classées de la façon suivante :
* Les matériaux de construction : sable, pierres de construction, marbre, ciments,
plâtres;
* Les matériaux céramiques : argiles, feldspaths, etc..;
* Les matériaux industriels : sable pour verrerie, talc, calcaire blanc, kaolin, etc…;
* Les matériaux abrasifs : diamant, corindon, topaze, quartz;
* Les matériaux fertilisants : N, P, K;
* Les pierres gemmes = Pierres précieuses et semi- précieuse
Le Clarke est la valeur moyenne d'un élément chimique dans la croûte terrestre. Cette valeur
s'exprime en g/t (grammes par tonne) ou en p.p.m. (parties par million) ou encore en %
(pourcentage).
Huit éléments, totalisent à eux seuls 98,5 % ; ce sont : O , Si, Al, Fe, Ca , Na, K, Mg. Les
autres éléments se réduisent à 1,5 %…

Tableau I- Clarke des éléments les plus abondants dans la croûte terrestre.
Un métal peut être considéré exploitable pour des concentrations entre 20 et 40% pour Al,
Fe ou jusqu’à 0,0001% pour l’or.
Fond Géochimique ou background ou teneur du fond : c’est l’abondance normale d’un
élément dans un environnement étudié en dehors de tout apport extérieur. On parle de Fond
Local ou Local Background, lorsque cette teneur se limite à une zone bien délimité et de Fond

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Régional, lorsque cette anomalie couvre une grande étendue et ayant une certaine unicité
géochimique
Un minerai est une roche contenant des minéraux utiles en proportion suffisamment
intéressante pour justifier l'exploitation, et nécessitant une transformation pour être utilisés par
l’industrie. Une mine est une zone où on exploite le minerai.
Un gîte est une concentration qui n'est pas toujours exploitable.
Un indice est une indication de la présence d’une minéralisation sans valeur économique =
occurrence (terme anglophone).
Un corps minéralisé correspond à une continuité des travaux miniers; sa plus grande
dimension est généralement inférieure au kilomètre. Un champ correspond à l'assemblage de
plusieurs corps; ses dimensions varient de 1 à 10 km. Un district regroupe plusieurs champs;
ses dimensions varient de 10 à 100 km. Enfin, une aire ou province métallifère est une vaste
zone (au-delà de 100 km) à concentration élevée en gîtes: elle peut prendre la forme d'une
ceinture.
IB- Les bases juridiques
1- Code des mines (Traité sous forme des travaux dirigés)
2- Article 45 du code minier relatif à la réhabilitation des mines fermées (Traité sous forme des
travaux dirigés).
Article 45
Le demandeur d’une Concession d’Exploitation doit s’engager, dans le cadre du cahier des
charges prévu à l’article 44 du présent code, sur les principales conditions de développement,
d’exploitation, de Recherche, de protection de l’environnement et sur la remise en état des
lieux à la fin de l’exploitation.
En outre, le demandeur d’une Concession d’exploitation doit présenter un plan de
développement comportant les éléments suivants
a - une étude géologique et nue estimation des réserves en place et des réserves prouvées
récupérables,
b - un plan d’Exploitation adapté aux conditions du gisement,
c - un schéma approprié relatif au traitement du minerai,
d - une étude économique avec une estimation détaillée des coûts de développement et
exploitation établissement 1’intérêt économique de la découverte,
e - une étude sur les besoins en personnel accompagnée d’un plan de recrutement et de
formation du personnel local,
f - un calendrier de réalisation des travaux de développement,
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a – un programme de recherche et de renouvellement des réserves,


h - une étude d’impact sur l’environnement conformément à la législation en vigueur
IC- Termes de référence des EIE (Traités sous forme des TD)
L’extraction de Géomatériaux ne se fait sans produire des modifications environnementales
liées aux engins et produits utilisés et à la transformation de l’écosystème (milieu naturel).
Pour appréhender ces changements, l’analyse des effets directs et indirects, temporaires et
permanents de l’installation de carrières sur l’environnement a été réalisée. Elle porte sur les
sites et paysages, la faune et la flore, les milieux naturels et les équilibres biologiques, sur la
commodité du voisinage (bruits, vibrations, odeurs, émissions lumineuses) ou sur
l'agriculture, l'hygiène, la santé, la salubrité et la sécurité publiques.
Les principaux éléments de l’EIE sont :
1. Présentation du cadre juridique et institutionnel dans lequel le projet de mine sera conçu,
exécuté et exploité et dans lequel l’EIE sera réalisée ;
2. Définition et délimitation de la zone d’influence du Projet ;
3. Description détaillée du Projet ;
4. Analyse de l’Etat Initial du site du projet et de son environnement :
i. L’Environnement physique,
ii. L’Environnement biologique,
iii.L’Environnement socioculturel ;
5. Analyse des conséquences prévisibles, directes, indirectes et cumulatives du Projet sur
l’Environnement, et en particulier les ressources naturelles, les différentes espèces de la faune
et de la flore, les zones bénéficiant d’une protection juridique, les zones sensibles, les espaces
protégés, les parcs nationaux, les parcs urbains, etc ;
6. Préparation d’un Plan Détaillé de Gestion Environnementale (PGE) :
i. Développement des Mesures d'Atténuation Environnementale pour éliminer ou réduire et si
possible compenser les conséquences dommageables du projet et estimation des coûts de ces
mesures,
ii. Développement d'un Programme de Contrôle et de Suivi Environnemental,
iii. Mesures Institutionnelles et Identification de la Formation et du Renforcement
Institutionnel pour Superviser l'Atténuation Environnementale.
7. Consultation publique & Concertation avec les organismes gouvernementaux et non
gouvernementaux (ONG), et les personnes affectées par le Projet ;
8. Plans de remise en état des lieux (Après mine).

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II- ENVIRONNEMENTS DES MINES DE PHOSPHATES

IIA- Rappels
1- Cycle de phosphore

Fig. 1- Cycle de phosphore

Pratiquement tout le phosphore terrestre est dérivé de l’altération des phosphates de calcium des
roches de surface, principalement de l’apatite [Ca5 (PO4)3(OH, F)] ou et également des
fertilisants phosphoriques. Bien que les sols contiennent un grand volume de phosphore, une
petite partie est seulement accessible aux organismes vivants. Ce phosphore est absorbé par les
plantes et transféré aux animaux. Une partie est retournée à la terre à partir des excréments des
animaux et leurs cadavres. Une partie est transportée vers les océans où une fraction est utilisée
par les organismes benthiques et ceux du plancton. L’autre partie est déposée sur le fond sous
forme des éléments biogènes (ossements, dents, coprolithes, etc…). Le phosphore dissous dans
les mers et les océans précipite sous forme des éléments non biogéniques (oolites, pellets, etc..).
Tous ces éléments se déposent pour former des roches sédimentaires après enfouissement.
Beaucoup plus tard, les roches sont ramenées à la surface par les mouvements tectoniques, et le
cycle recommence.

2- Typologie des gisements de phosphate


Les phosphates dans le monde se présentent en trois types de gisements de différentes origines
selon Slansky (1980) nous distinguons :

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- Les gisements d’origine ignée qui sont associés à des complexes intrusifs alcalins (les
syénites, les syénites néphéliniques, les carbonates, les ijolites et les pyroxenites). À titre
d’exemple les gisements de Khibiniy en Russie sont liés à un complexe annulaire à syénite
néphélinique, avec 16 millions de tonnes de minerais et une teneur de 18 % en P2O5 ; les
gisements de Palabora en Afrique de Sud avec des teneurs moyennes plus faibles, ce gisement
est associé à des carbonatites et des pyroxenites (apatite + serpentine + magnétite).

- Les gisements de type Guanos sont formés à partir des déjections des oiseaux de mer qui
contiennent environ 4 % en P2O5. En général, la qualité de ces phosphates est fort intéressante
vis-à-vis de leur quantité. Nous citons les gisements de l’île Nauru dans l’océan pacifique qui
contiennent 90 millions de tonnes de minerai avec 39 % en P2O5 et les gisements de l’île
Christmas dans l’océan indien qui contient 200 millions de tonnes de minerai avec une teneur
de 23 jusqu’à 27 % de P2O5.

- Les gisements de type sédimentaire sont les plus abondants en quantité et avec des teneurs en
P2O5 qui dépassent parfois 28 % sur place.

3- Historique des phosphates de la Tunisie

C’était en Avril 1885 lors d’une prospection dans la région de Metlaoui partie occidentale du
Sud du pays. Philipe Thomas, géologue amateur Français, a découvert des couches de
Phosphate de Calcium sur le versant nord de Djebel Thelja. Cette découverte a été suivie par
des exploitations de grande envergure et plusieurs mines ont été ouvertes dans la région de
Gafsa (Metlaoui, Mdhila, Moulares, Redeyef). L’industrialisation du Phosphate a commencé
en 1948 par la création de la Société Industrielle d’Acide Phosphorique SIAPE à Sfax
inaugurée en 1952, en 1976 par la création de la Compagnie de Phosphate Gafsa CPG, à Gabes
par la création des unités industrielle comme l’Industrie Chimique Maghrébine ICM et la
Société Arabe des Engrais Phosphatés et Azotés à Gabès SAEPA, en 1988 à Skhira par la
création de la société de production d’acide Phosphorique et super phosphorique.

Les activités d’extraction et de transformation de phosphate représentent une source


significative de pollution de l’air et de la terre. Elle est également à l’origine d’une
dégradation de la santé et de la qualité de la vie des ouvriers des usines et aussi de la
population vivant à proximité des usines à Gafsa et à Sfax.

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4- Les bassins phosphatés tunisiens

Trois bassins phosphatés à caractères paléogéographiques et minéralogiques différents se


localisent autour du paléorelief de Kasserine (Fig. 2).
a) Bassin de Gafsa-Métlaoui
C’est un bassin qui se trouve à la marge méridionale de l’île de Kasserine, il s’agit d’un bassin
interne abrité ayant livré les gisements les plus riches en P2O5.
Du point de vue minéralogique, les phosphorites de basin de Gafsa présentent l’association
minéralogique suivante :
- Minéraux argiles : smectites, palygorskite, Kaolinite et illite
- La clinoptilolite qui est un minéral issu de l’altération de verre volcanique.
- Le quartz, la calcite et la dolomie.
-L’ apatite, constituant principal de ces phosphorites.

A B

Fig. 2- A : Localisation paléogéographique des bassins phosphatés tunisiens ( Sassi, 1974 ;


Burollet et Oudin, 1980 ; Fournié, 1980)
B : Localisation stratigraphique de la série phosphatée du bassin de Gafsa-Métlaoui
Tableau II- subdivision de la série phosphatée du bassin de Gafsa-Métlaoui (Chaabani,
1995).

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Tableau II- Subdivision en couches de la série phosphatée du bassin de Gafsa avec les
différents intercalaires stériles.

b) Bassins de Meknassy-Mezzouna
Mezzouna

Ces sont les bassins orientaux où la série phosphaté a été


été déposée dans des lagunes isolées
favorisant à l’Eocène moyen et supérieur une intense sédimentation évaporitique formant le
toit de la série phosphatée.

L’étude sédimentologique et pétrographique (Beji-Sassi,


(Beji Sassi, 1985) montre que la série
phosphatée est cadrée
drée à la base par des marnes et argiles de la formation El Haria d’âge
Maastrichtien supérieur-Paléocène
Paléocène et au sommet par des évaporites d’âge Eocène moyen et
supérieur.

Elle est formée de 3 couches successives de phosphorites dont la granulométrie est ttrès
grossière dans la couche supérieure.

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-Les réserves géologiques sont peu importantes sous formes de phosphorites meubles
relativement riches en P2O5 (20 à 30 %).

-Du point de vue minéralogique, les phosphorites de ces bassins orientaux sont constituées
par un carbonate fluor apatite concentrée surtout dans les pellets, coprolithes, oolithes et dents
de poissons. Les minéraux argileux constituent surtout de smectites et de palygorskite, alors
que les carbonates sont représentés par de la dolomie et de la calcédoine, des feldspaths, du
gypse et de la Célestine ; La clinoptilolite est pressente en des très faibles quantités

c) Bassin du Sra-Ouertane
Ce bassin se localise au Nord de l’île de Kasserine ; Il montre une paléo morphologie en horst
et grabens. Sa structure est bien étudiée par Zaïer (1984), il s’agit d’un plateau découpé en
panneaux par de failles subméridiennes. Les teneurs en P2O5 les plus élevées sont
enregistrées dans les panneaux les plus proches de l’île de Kasserine (Panneau de Ayata)
(Fig.4).

Fig.4- stratigraphie et coupes transversales à travers le panneau I (O ; Koussein-


Ayata)(Ben Mabrouk, 2015)
La série phosphatée proprement dite est intercalée à la base par des marnes et des argiles
d’âge Maastrichtien - Paléocène (formation El Haria) et au sommet par la dalle de calcaire à
nummulites de la formation El Garia d’âge éocène inférieur.
Toutefois, les réserves géologiques sont très importantes et largement supérieures à celles de
bassin de Gafsa Metlaoui mais avec une teneur pauvre en P2O5 (8 à 20 %).

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Du point de vue minéralogique, les phosphorites de Sra-Ouertane sont également constituées


par un carbonate fluoroapatite.
Les impuretés consistent en :
- Des minéraux argileux : smectites et glauconie ;
- Des carbonates : dolomite et calcite ;
- Des minéraux silicatés qui sont du quartz, opale et feldspaths.

IIB- Impact de l’extraction de phosphate sur l’environnement

L’extraction des gisements de phosphates n’est pas sans effet sur l’environnement et la santé
des populations. En effet, les différentes étapes d’extraction, de préparation et de valorisation
des phosphates, génèrent diverses pollutions (liquide, gazeuse, solide et sonore) ayant des
impacts directs sur les milieux naturels et la santé des populations.

A- Enjeux environnementaux

1- Bruits
Le bruit est un mélange complexe de sons produisant une sensation auditive considérée
comme gênante ou dangereuse. Le bruit peut être caractérisé par sa fréquence (grave ou aigu),
son niveau sonore (aussi appelé intensité), et sa durée (court ou long). Le volume sonore se
mesure en decibels (dB). Le bruit résulte des circulations des engins dans les mines ainsi que
des tirs à l’explosif visant l’abattage des couches stériles et utiles.

2 - Poussière et gaz émis par les engins

Les activités d’extraction et de transformation de phosphates sont généralement


accompagnées de l’émission d’une grande quantité de poussières. Les grains de poussière,
même s’ils sont envoyés par le vent à plusieurs kilomètres de leur lieu d’émission, finissent
par retomber naturellement sur les villages environnants. Ces dépôts provoquent la pollution
de ces milieux récepteurs.

Les poussières et les gaz émis par les engins au cours des exploitations des phosphates sont
constitués des particules solides ou liquides et résultent soient de la dispersion dans l’air des
particules fines contenues dans le sol ou produites par l’exploitation soient des gaz issu de la
combustion des hydrocarbures ou de l’usure des métaux. Ces particules polluent l’air ou
l’atmosphère donc altèrent la qualité et la pureté de l’air. Cette dégradation intervient lorsque

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les degrés de concentration et les durées de présence de ces particules sont suffisamment
longues pour produire un effet toxique et ou écotoxique.

Une partie importante de la pollution de l'air dans les exploitations de phosphates est
imputable à la consommation de carburant fossile. La combustion de gasoil entraîne en
général la libération de quantités importantes de polluants atmosphériques tels que : NO
(oxyde d’azote), CO (monoxyde de carbone), Hc (hydrocarbure), PbO ( monoxyde du
plomb). Ces gaz sont en général des gaz à effet de serre. Ils sont responsables du
réchauffement climatique, de la destruction de la couche d’ozone. Certains sont cancérigènes
d’autres toxiques voire mortels en milieu fermé.

3- Vibrations
Une vibration est un mouvement de va et vient très rapide autour d’une position d’équilibre.
C’est une onde qui se propage sans déplacement de matière mais transporte de l’énergie. Les
vibrations sont associées à de nombreux types d’équipements utilisés dans l’exploitation de
mine mais l’abattage par explosifs est considéré comme la source la plus importante.
Les vibrations affectent la stabilité des infrastructures, des bâtiments et des maisons et des
personnes vivant à proximité des opérations. Elles conduisent aussi à la destruction des
structures dans les zones environnantes non-habitées. La vie animale est également perturbée.
Les vibrations sont mesurées avec un vibromètre.
Les vibrations produites par les engins utilisés dans les exploitations de phosphates ont une
fréquence importante quoique les amplitudes semblent faibles. Elles sont sensibles sur un
rayon relativement faible de 30 à 50 m autour de l’exploitation. Leurs fréquences assez
élevées et leur durée de 7 à 8 heures par jour, font que ces vibrations répétitives et régulières
peuvent occasionner des troubles musculaires, vasculaires et neurologiques.
Par ailleurs, les vibrations d’amplitudes les plus élevées sont constatées au cours des abattages
à l’explosif effectués en général dans les mines à ciel ouvert. Ces niveaux de vibrations sont
instantanés et très sporadiques (une à deux fois par semaine). Elles font trembler les
habitations, provoquent parfois des effondrements de falaises et la chute de certains arbres.
La vibration affecte la stabilité des infrastructures, les bâtiments et les maisons des personnes
vivant à proximité des opérations des grandes mines

4) Dégradation du paysage
Les activités reliées au phosphate détruit le paysage naturel, car il n’existe pas d’obligation de
reconstitution ou de réhabilitation des terrains. Les boues des laveries de phosphate affectent

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la perméabilité du sol et dégrade sa structure et pollue les eaux souterraines et de


ruissellement.
5) Impact sur la santé:
L’activité d’extraction de phosphates génère de nombreux impacts négatifs sur le plan
sanitaire. Ceci présente des risques de santé liés aux métaux lourds et aux substances les plus
toxiques notamment: le fluor, le cadmium, le plomb, la silice et les minéraux radioactifs.
Effet du Fluor
Une coloration marbrée des dents chez plusieurs habitants a été observée. Cette coloration est
connue dans les milieux médicaux sous le nom de fluorose dentaire.
Effet du cadmium
La respiration d’air contenant des particules ou des vapeurs de cadmium est souvent à
l’origine des pneumopathies, des néphropathies reconnues comme des maladies
professionnelles. L’injection dans l’appareil digestif se réalise par la consommation d’eau et
d’aliments contaminés.
Effet du plomb:
Il provoque une maladie dite plombite par suite d’exposition prolongée en entraînant des
troubles dans la croissance chez les enfants et des avortements des accouchements prématurés
chez les femmes en grossesse.
Effet de La silice:
Il provoque une maladie respiratoire appelée silicose.
Effet des minéraux radioactifs:
Comme l’uranium et ses dérivés dont l’inhalation prolongée provoque des malformations
cellulaires avec des séquelles cancérigènes irréversibles.

B- Gestion des morts terrains

Les minerais sont enfouis sous une couche de sol ordinaire ou de roches (appelée ‘morts
terrains’ ou ‘déchets de roche’ ou couche de stériles) qui doit être déplacée ou creusée pour
permettre l’accès au dépôt de phosphate. Pour la plupart des mines à ciel ouvert, la quantité
de morts terrains générée par l’exploitation minière est énorme. Le rapport entre la quantité
de morts terrains à la quantité de minerais (appelé ‘taux de découverte’) est généralement
supérieur à un.

La découverture est l’enlèvement du mort terrain qui recouvre un gisement dans le but de
l’exploiter à ciel ouvert.

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La découverture d’un gisement se fait par le creusement des tranchées principales qui donnent
accès à la couche minéralisée et des tranchées de découpage qui préparent le champ de la
mine à l’exploitation.

Le rapport de découverture est défini par :

Rd=Qm/ Qs ; Avec :

Rd : le rapport de découverture Qs : la quantité de stérile extraite ou excavée Qm : la quantité


du minerai extraite.

Le rapport de découverture peut être exprimé : Soit en m3/ m3, on parle du taux de
découverture volumétrique ; Soit en t/t, on parle du taux de découverture pondérale ; Soit en
m3/t, on parle du rapport de découverture qui représente le cubage du stérile excavé pour
extraire une tonne de minerai.

Le rapport de découverture dépend de la morphologie du gisement et de la profondeur à


laquelle celui-ci se trouve.

Après qu’une compagnie minière a déplacé les morts terrains, l’extraction du minerai
commence à l’aide d’équipements lourds et d’une machinerie spécialisés, tels que les
chargeurs, les wagons de mine et les camions-bennes, qui transportent le minerai vers les
installations de traitement à travers des routes de transport des matériaux. Cette activité crée
un groupe particulier d’impacts environnementaux, tels que les émissions de poussière.

Les couches intercalaires qui sont très pauvres en P2O5 sont appelées des stériles.

Questions

1) Déterminer la nature des morts terrains de chaque bassin phosphaté de la Tunisie?


2) Etablir un tableau comparatif des différentes couches intercalaires avec les niveaux
phosphatés dans les différents bassins phosphatés ?
3) Peut-on valoriser ces matériaux stériles ?

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IIC- Impact de traitement de phosphate sur l’environnement

1- Les différents modes de traitement de phosphates

a) La calcination

Le principe de la calcination consiste à faire le grillage de la fraction du minerai préparé à


haute température, suivi souvent par une extinction à l’eau.
L’action de la température consiste à faire dégager les carbonates et la matière organique.
Ce procédé thermique qui peut conduire à des teneurs supérieures aux teneurs naturelles de la
phase pure, présente un coût élevé qui dans le cas des phosphorites tunisiennes ne peut pas
être rentable.

b) La ventilation

C’est un procédé basé sur le fractionnement granulométrique des phosphorites par voie sèche.
Ce procédé est délaissé par suite de sa mauvaise performance économique en matière de
qualité et de rendement et à cause de son effet néfaste sur l’environnement (énormes nuages
de poussières).

c) Traitement par lavage

Le principe du lavage consiste à libérer les grains de minerais par délitage du ciment argilo-
marneux dans l’eau (Fig. 5).
Le minerai passe par une série de criblage et de concassage, puis il sera amené dans un
débourbeur où il est agité avec 60% d’eau.
La libération du minerai s’effectue après délitage de la gangue argilo marneuse.
Le produit passe par la suite sur le tamis de 2mm, le refus (> 2mm) est rejeté. Le tamisât
(<2mm) passe par des hydrocyclones où une coupure à 0,071mm est réalisé. La fraction < à
0,071mm, constituée par des minéraux argileux, est rejetée.
Le produit final compris entre 2 et 0,071mm est filtré pour réduire son taux d’humidité, puis
séché jusqu’à un taux d’humidité proche de 0% par une température de 110°C.

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Fig. 5- Flow scheet de la laverie de M’Dhilla(réf. ???)

c) La flottation
La flottation repose sur les propriétés de surface des différents minéraux constituant les
phosphates et par conséquent les caractéristiques de l’adsorption des réactifs chimiques.
La flottation de phosphate pauvre (teneur en P2O5< à 25%) est un procédé qui a connu en
quelques décennies un essor extraordinaire.
Elle est devenue, de loin le moyen le plus courant et le plus rentable. La fixation d’agent
tensioactif à la surface des minéraux (adsorption) permet la séparation des grains phosphatés
des autres phases (carbonate et silicate) par flottation.
- L’enrichissement de phosphate pauvre passe par 2 étapes :
* Le lavage qui assure un prétraitement des surfaces des minéraux dans la pulpe et fournit la
tranche granulométrique préalablement affichée.
* La flottation des ces minéraux par des réactifs chimiques sélectifs soit en agissant sur la
faculté de se mouiller les éléments phosphatés moins rapidement que la gangue, soit grâce à
leur propriété de s’entourer de certaines membranes sélectives d’adsorption.

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Fig. 5- Flow scheet de flottation des phosphates(Réf. ??)

2- Effluents et rejets de laveries


Le traitement de phosphates par lavage nécessite de quantités énormes d’eau. Une tonne de
phosphates enrichie nécessite 4 tonnes d’eau.

Le rendement de lavage des phosphates est de l’ordre de 65% avec une perte de 35% sous
forme de pulpe dont la charge solide est comprise entre 160 à 240g/l (20%) et 15% sous
forme de résidus grossiers.

Le rejet stérile fin, constituant 20% du minerai brut, est évacué avec l’eau sous forme de
boues. Ces dernières sont déversées dans les cours d’eaux les plus proches à savoir : O.
Thelja, O. Sebseb et O. El Melah.

3- Gestion des rejets et effluents de laveries


Les rejets solides dont la taille est supérieure à 2mm sont stockés sur place aux environs de
laveries alors que la fraction fine et l’eau de lavage sont jetées dans le réseau hydrographique
sous forme de pulpe (Fig.6). Rappelons que le volume total des rejets de toutes les laveries du
bassin de Gafsa est en moyenne de 1705182 Tonnes par an qui débouchent à Chott El Gharsa
(SCET et Genivar, 2000). Ceci influe considérablement sur les ressources en eau, l’agriculture
et le tourisme de la région

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Fig. 6- Pulpe : sous produit de lavage drainé par l’Oued Thelja (photo personnelle)

Les boues à la sortie des laveries sont relativement riches en métaux lourds :

Tableau II- Composition des boues de laveries en métaux lourds (d’après la CPG, 1998)

Teneurs en Redeyef Moularès Kef Eddour Métlaoui Mdhilla


ppm

Cd 73 74 34 45 32

Cr 537 504 533 416 420

Ni 77 87 74 68 62

Cu 25 30 24 24 22

Zn 390 400 358 338 355

Ces boues de laveries constituent des préjudices sur l’environnement. En effet, au cours du
temps, elles colmatent les surfaces filtrantes dans les lits des oueds conduisant à une réduction
des infiltrations des eaux des crues et à l’augmentation du volume des eaux de ruissellement.
Ce phénomène accentue les risques d’inondations des agglomérations voisines.
En outre, certaines maladies en liaison avec les métaux lourds de ces déchets miniers ne sont
pas épargnées. En effet, il est difficile de prévoir l’évolution des métaux dans l’environnement
car ils peuvent subir un grand nombre des transformations : oxydo-réduction, complexation,
etc.. La migration des métaux lourds vers la nappe phréatique est fonction de plusieurs
paramètres (Molle P., 2003) :
- la forme chimique initiale du métal ;

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- la perméabilité du sol et du sou sol ;


- la porosité du sol ;
- le pH : dans un milieu alcalin ces métaux forment des complexes métalliques
insolubles, tandis que dans un milieu acide ces métaux se solubilisent ;
- la présence des bactéries et êtres vivants qui ont la capacité d’ingérer les métaux ;
- le potentiel redox du sol qui fait changer la valence de certains métaux ;
- et enfin la composition minéralogique du sol et surtout la richesse du sol en des
cations formant des complexes avec des anions de type SO42-, Cl-, etc…
Exercice :
Comparer les teneurs en métaux lourds de différentes laveries avec les teneurs limites exigées
par la norme tunisienne homologuée NT 106-002

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IID- Impact de transformation des phosphates sur l’Environnement

Une tonne d’acide phosphorique produite génère cinq tonnes de phosphogypse.

L’acide phosphorique est obtenu par attaque du phosphate naturel par H2SO4, à 80°C (voie
humide) :

Ca10(PO4)6F2 + 10 H2SO4 + 20 H2O ———> 6 H3PO4 + 10 CaSO4,2H2O + 2 HF

Fluoroapatite +Acide sulfurique+ eau Acide phosphrique + Gypse+ Acide fluorhydrique

Ca3(PO4)2 + 2H2SO4 + 5H2O Ca(H2PO4) 2 +H2O + 2CaSO4, 2H2O

BPL + Acide sulfurique + eau Superphosphate + eau + gypse

CaH(PO4) + H2SO4 + 2H2O H3(PO4) + CaSO4, 2H2O

Superphosphate + Acide sulfurique + eau Acide phosphorique + gypse

H3(PO4) + Ca3(PO4)2 3 CaH(PO4)

Acide Phosphorique +BPL Triple superphosphate

1-Effets des effluents sur l’environnement


a) Effet de l’acide fluorhydrique
L'acide fluorhydrique réagit, en partie, avec la silice présente dans le minerai pour donner de
l'acide fluosilicique (H2SiF6), le reste est utilisé pour produire des fluosilicates et des
fluorures. Chaque semaine, les unités de production doivent être arrêtées pendant environ 16 h
pour éliminer, par lavage à l'eau, les fluosilicates déposés dans les installations.

b) Effet de phosphogypse
L'élimination du gypse (CaSO4, 2H2O, appelé dans ce cas phosphogypse) est effectuée par
filtration (exemple : filtre Ugeco de Rhône-Poulenc). La quantité de phosphogypse formée est
très importante : 5 t pour 4 t de phosphates naturels donnant 1 t de P2O5. Elle est rejetée soit
en mer, soit dans les cours d’eau, soit dans des étangs maritimes.

Le phosphogypse tunisien renferme : l’uranium, le plomb, le polonium et le radium. Ces


déchets radioactifs sont stockés à l’air libre à Sfax et à Skhira, sous forme de terrils plus ou
moins bien protégés. A Gabès, en revanche, le phosphogypse est entièrement déversé dans le
golfe par un canal à ciel ouvert. Mélangé à de l’eau de mer, il forme des « boues gypseuses ».

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A Titre d’exemple, l’usine de Ghannouche déverse chaque jour environ 42 000 m3 de ces
boues dans la mer, soit 12 500 tonnes de phosphogypse sec.
La baignade est interdite et de nombreuses espèces de poissons ont disparu. On n’en compte
plus que sept actuellement, contre plusieurs dizaines dans les années 1960.
Les études récentes ont recommandé l’entrepôt du phosphogypse dans une décharge
implantée sur le continent qui sera dotée d’une géo-membrane destinée à protéger les eaux
souterraines contre les infiltrations.
Trois sites sont pressentis pour accueillir ce futur terril, situés entre 20 et 40 km de l’usine.
L’installation nécessiterait le transport des boues gypseuses sur plusieurs dizaines de
kilomètres, par pipeline.

Fig. 7- Unités de transformations de phosphates de Ghannouche & de Skhira

Les analyses effectuées sur le phosphogypse de Mdhilla (Ounis, 2002) révèlent un pH de


l’ordre de 2 et une granulométrie moyenne de 70µm. du point de vue minéralogique, il est
constitué par du gypse et un très faible pourcentage d’apatite. Ces propriétés permettent la
fixation des métaux lourds par le phosphogypse. Toutefois, si ce dernier sera en contact avec
des eaux pluviales ou des eaux gypseuses, une augmentation sensible de solubilisation des
métaux lourds est perceptible. Ceci augmente le risque de propagation de ces polluants dans le
milieu naturel.

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III- Environnement des mines polymétalliques sur l’environnement


L'activité minière peut déséquilibrer les milieux naturels de plusieurs manières : par la
transformation des paysages, le dépôt de déchets solides et le rejet d’effluents liquides et
atmosphériques.

III-A- Rappel : Les potentialités minières de la Tunisie (ONM, Tunisie)

On distingue quatre provinces :

La province I correspond à l’extrême nord de la Tunisie: Les minéralisations


polymétalliques (Pb, Zn, Cu, Hg et Fe) sont en relation avec le volcanisme miocène.
L’ancienne mine (Zn - Pb) de Bou Aouane était la plus importante (900 milles tonnes métal)
et la mine de Fer de Tamera en activité produit 70 milles tonnes/an.

La province II est la zone des dômes dans laquelle les minéralisations sont essentiellement
(Pb, Zn, Ba, F et Fe) en relation avec les corps triasiques. L’ancienne mine (Zn - Pb) de Bou
Grine était la plus importante (8 millions de tonnes à 9 % Zn - Pb).

On cite d’autres gisements polymétalliques de Pb-Zn, Fer et F-Ba. on cite:

• le gisement de Fej Lahdoum (2 millions de tonnes à 12% Pb-Zn)

• La mine de fer de Djerissa (production 180 milles tonnes),

• La mine de F, Ba, Pb, Zn de Bou Jabeur à la frontière tuniso-algérienne avec des réserves
de 6,5 millions de tonnes Ba-F, Pb-Zn (15% F, 25% Ba, 3% Pb-Zn).

La province fluorée (III) montre des minéralisations essentiellement fluoro-barytiques en


relation avec la discordance du Crétacé supérieur sur le Jurassique terminal. L’ancienne mine
(F) de Zriba était la plus importante (6 millions tonnes de CaF2). La province fluorée
renferme d’autres gisements de fluorine de moindre importance, on cite: La mine de Guebli
avec des réserves géologiques de 4 millions de tonnes.

La province IV correspond à la plate forme carbonatée de la Tunisie centrale: Les


minéralisations sont (Pb, Zn et Ba) encaissées essentiellement dans les carbonates de
l’Aptien et secondairement dans les carbonates du Jurassique. Les minéralisations de Pb-Zn
connues en Tunisie centrale sont de types karstiques et filoniens. Plusieurs mines ont été
exploitées, la plus importante est la mine de Trozza (Gouvernorat de Kairouan).

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III
II

IV

Fig. 9 – Localisation des provinces minières de la Tunisie(ONM)

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IIIB- Le devenir des minerais

La figure suivante (Fig. 8) résume les différentes opérations physico-chimiques qu’un minerai

peut subir après abattage ainsi que les différents résidus et effluents qui en découlent.

Fig. 8 – Devenir des minerais après abattage (d’après Pascal Charbonneau, 2014)

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Fig. 9- Risques d’exploitation minière sur l’environnement

Il est important de signaler que la production minière engendre des résidus solides (morts

terrains, des stériles, résidus des concentrateurs) et des effluents liquides (boues de

traitement).

L’entreposage de ces rejets miniers doit être strictement contrôlé et répondant à des normes

strictes et rigoureuses.

Les principales origines de l’impact des activités minières sur


sur l’environnement sont les

suivantes (Commission Européenne, 2009):

- la présence fréquente de sulfures métalliques dans les résidus et/ou les stériles;

- l'oxydation des sulfures lorsqu’ils


lorsqu’i sont exposés à l'oxygène et à l'eau;

- la formation prolongée
gée d’un lixiviat acide chargé en métaux par oxydation des sulfures;

- le manque de minéraux capables de neutraliser l’acidité.

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Des ruptures et effondrements accidentels : L'effondrement de tout type d'installation de

gestion des résidus ou des stériles peut avoir des incidences à court et à long terme. Les

conséquences types à court terme sont notamment les suivantes :

- inondations ;

- enfouissement/étouffement,

- écrasement et destruction,

- mise hors service de l'infrastructure,

- intoxication.

Les conséquences à long terme sont :

- l'accumulation de métaux dans les plantes et chez les animaux,

- la contamination du sol,

- les pertes en vies humaines et/ou animales.

III-C- Le drainage minier

1- Le drainage minier acide (DMA)

Dans certaines mines polymétalliques, les rejets sont très riches en minéraux sulfurés dont

l’oxydation entraine inévitablement l’augmentation de l’acidité du milieu. La température et

le type du milieu récepteur peuvent favoriser le DMA qui peut être catalysé par la présence

des bactéries. Les trois principaux facteurs qui favorisent le DMA sont les suivants:

- Les minéraux sulfurés ;

- L’oxygène ;

- Et l’eau.

a) L’oxydation des minéraux sulfurés

L’oxydation des minéraux sulfurés présents dans les rejets miniers est spontanée lorsque ces

minéraux sont directement en contact avec l’oxygène et l’eau. Les réactions sont les

suivantes :

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FeS2 + 7/2O2 + H2O Fe2+ + 2SO42- +2H+

Fe2+ + ¼ O2 + H+ Fe3+ + ½ H2O

Fe3+ + 3H2O FeOH3 + 3H+

Fig.11- Drainage minier acide : Effluents chargés en hydroxyde de fer (CE, 2009)

Le DMA s’effectue normalement en trois phases (Fig. 8).

Fig.12 – Oxydation de la pyrite en trois phases (d’après Kleinman et al, 1981)

Durant la première phase, l’oxydation directe s’est faite à un pH neutre en présence

d’oxygène et de l’eau. Il se forme des ions H+ pour une mole de pyrite et par conséquent

l’acidification du milieu s’amorce. Le fer ferreux se transforme en fer ferrique et quand le pH

devient de l’ordre de 4,5 le fer ferrique précipite sous forme d’hydroxyde ferrique.

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La deuxième phase est une phase de transition où le pH s’abaisse progressivement. En effet,

pour chaque mole de fer ferrique il se forme trois moles de H+ et le milieu est fortement

acidifié.

La troisième phase s’amorce quand le pH devient inférieur à 3,5. Ceci accélère le phénomène

de DMA et entraîne la dissolution des métaux lourds.

b) Les bactéries associées à l’oxydation

Des bactéries acidophiles contribuent à la conversion de Fe2+ en Fe3+ et l’oxydation directe

des minéraux sulfurés. Ces bactéries accélèrent les réactions par un facteur de 103 à 106.

c) Minéraux neutralisants

Les minéraux carbonatés (calcite, aragonite, dolomite, etc…) neutralisent l’acide

sulfurique. En effet, ces minéraux réagissent avec l’acide sulfurique pour produire des

bicarbonates et des sulfates de calcium. D’autres minéraux silicatés peuvent jouer le même

rôle que les minéraux carbonatés.

d) Mesures de prévention et de contrôle de DMA

La désulfuration des rejets miniers est la méthode adéquate de prévention et de contrôle du

DMA. La flottation non sélective par l’usage d’un collecteur comme l’amyl xanthate de

potassium permet de soutirer plus que 90% de minéraux sulfurés durant 12mn seulement.

La deuxième approche de prévention de DMA est la réduction de l’oxygène qui est en

contact avec les rejets. La réussite de cette approche est réalisable par l’aménagement des

barrières à oxygène.

La troisième approche consiste à empêcher l’eau d’arriver à la digue des rejets par

l’étanchéisation des cellules d’enfouissement par des matériaux naturels et ou synthétiques.

Cette approche est facilement réalisable dans les pays arides comme la Tunisie.

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2- Le drainage neutre contaminé : DNC

Le DNC est caractérisé par un pH neutre mais une forte concentration en métaux lourds

tels que l’arsenic, le Ni, le Zn, le Pb, etc…Ce phénomène peut être assuré par la présence

des minéraux neutralisants dans les rejets miniers qui ramènent le pH près de la neutralité.

Le DNC peut être aussi le produit de l’oxydation des minéraux sulfureux non générateur

d’acide comme la sphalérite qui largue le Zn en solution à des pH près de la neutralité.

Le troisième processus qui provoque le DNC est lié aux résidus entreposés sous une

barrière capillaire ou sous un recouvrement en eau.

IIID- Réhabilitation des mines fermées : l’après mine

1- Les travaux préparatifs pour la remise en état de lieux

Lorsqu’une exploitation s’achève, le site doit être préparé en vue de son utilisation ultérieure.

Habituellement, des plans d’exploitation et de remise en état des lieux doivent être réalisés

même au moment de constitution de dossier du permis de concession. Ces plans doivent être

constamment révisés et mis à jour au fur et à mesure de l’avancement de l’exploitation afin de

tenir compte de tout changement dans les activités et dans les négociations menées avec les

autorités qui délivrent les autorisations et avec les autres parties intéressées. Dans certains cas,

le but sera de laisser le moins de traces possible, tandis que dans d'autres, une modification

complète du paysage peut être recherchée.

Le concept de « projet de fermeture » implique que la fermeture du site soit prise en

considération dans l'étude de faisabilité d'une nouvelle exploitation minière et fasse ensuite

l'objet d'une surveillance et d'une actualisation continue tout au long du cycle de vie de la

mine. Dans tous les cas, les effets nocifs pour l'environnement doivent être réduits au

minimum.

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Certains sites peuvent être libérés pour une utilisation ultérieure à l'issue d'une remise en état

relativement simple, par exemple par remodelage, couverture et reverdissement. Pour d'autres,

il faudra procéder à un entretien après fermeture pendant de longues périodes, voire

indéfiniment.

2- Les mines tunisiennes face à la législation en vigueur

Toutes les mines fermées tunisiennes surtout polymétalliques n’ont pas été réhabilitées par

suite du non application de textes législatifs ordonnant incessamment la remise en état des

lieux après cessation définitive des activités minières (article 45 du code minier).

Exemple : mine de plomb du Jebel Ressas.

Fig.13- Mine de plomb du J. Ressas : laverie et terril aménagé en terrain de foot (photos

personnelles : P.P.)

3- Les possibilités de gestion des rejets miniers

Les compagnies minières doivent faire face à plusieurs problèmes environnementaux

potentiels résultant de la production d’une grande quantité de rejets miniers lors de

l’exploitation des ressources minérales.

Les possibilités de gestion des résidus et des stériles sont nombreuses. Les méthodes les plus

courantes sont les suivantes :

- stockage à sec des résidus épaissis ;

- déchargement des résidus ou stériles plus ou moins secs sur des terrils ou à flanc de collines ;

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- remblayage de mines souterraines ou à ciel ouvert ou construction de digues de retenue avec les

résidus ou stériles ;

- rejet des résidus dans les eaux de surface (mer, lac, rivière, etc.) ou souterraines ;

- emploi des résidus ou stériles comme matériau destiné à l'aménagement des sols (agrégats, par

exemple) ou pour la restauration ;

- rejet des boues dans des bassins,

4- Mise en terril des rejets miniers

Les résidus sont entreposés sur des terrils ou parfois déchargés à flanc de colline.

La figure 14 met en exergue le principe de construction d’un terril minier après une exploitation à

ciel ouvert.

En premier lieu le fond de la mine est tapissé par une couche du sol imperméable. En deuxième

lieu le remblai est entreposé comme juste à l’extérieur de la mine afin de constituer une digue de

protection dont les pentes seront immédiatement végétalisées. Cette pratique aura comme objectif

d’une part de réparer tout dommage occasionné au paysage et d’autre part d’empêcher toute

action érosive. La zone intérieure de la mine est remblayée par une couche du stérile ou de mort

terrain jusqu’à une hauteur inférieure d’environ 4m par rapport à la crête du talus de protection.

La construction d’un nouveau talus, semblable à celui destiné à la protection avec une pente

inférieure à 45° végétalisée , peut se réaliser par la suite. Puis un étalement d’une couche de

remblai sur la coche précédente du fond de la mine est fait de la même façon que la première. Ces

opérations seront réalisées à maintes reprises afin d’arriver au front suivant de l’ancienne

exploitation.

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Fig. 14- Mise en terril des rejets miniers empêchant le DMA

Dans l’exploitation souterraine, une quantité minimale de morts terrains est enlevée pour

accéder au dépôt de minerai. L’accès à ce gisement de minerai se fait au moyen de tunnels ou

de puits. Tunnels ou puits conduisent à un réseau plus horizontal de tunnels souterrains qui

accèdent directement au minerai. Bien que l’exploitation minière souterraine soit une méthode

moins destructive de l’environnement pour accéder à un gisement de minerai, elle est souvent

plus coûteuse et comporte des risques de sécurité plus élevés que l’exploitation à découvert

par décapage direct (l’exploitation à ciel ouvert). (lakouis, 2003)

Pour la plupart des projets miniers, le potentiel d’érosion de sol et de sédiments dans l’eau

de surface et la dégradation de la qualité de celle-ci est un grave problème. A chaque épisode

pluvieux de forte intensité ou de longue durée, les stériles et les anciennes galeries sont

soumis à une forte érosion. En d’autres termes, à chaque fois, plusieurs tonnes de déchets

miniers c’est à dire plusieurs dizaines de kilogrammes d’éléments traces métalliques sont

amenés vers le réseau hydrographique sous forme de matières en suspension. (Lakouis, 2003)

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Les impacts des bassins de décantation des résidus de mine, des déchets de roche, de la

lixiviation en tas et des installations de stockage de lixiviats sur la qualité de l’eau peuvent

être graves. (Boushaba, 1997)

Ces effets comprennent la contamination des eaux souterraines en dessous de ces installations

et des eaux de surface. Les substances toxiques peuvent alors lessiver de ces installations,

filtrer à travers le sol et contaminer les eaux souterraines, surtout si la base de ces installations

n’est pas équipée d’un revêtement imperméable. (Boushaba, 1997)

Les terrils (un sous-produit du traitement de minerai métallique) représentent de gros volumes

de déchets qui peuvent contenir des quantités de substances toxiques dangereuses, telles que

l’arsenic, le plomb, le cadmium, le chrome, le nickel et le cyanure (si la lixiviation au cyanure

est utilisée).

Bien qu’elle soit rarement l’option préférable du point de vue environnementale, la plupart

des compagnies minières se débarrassent des terrils en les mélangeant avec de l’eau (pour

former une pulpe) et retient cette pulpe derrière un grand barrage dans un grand bassin de

décantation de résidus de mine. Vu que le minerai est généralement extrait comme une pulpe,

les déchets qui en résultent contiennent de grandes quantités d’eau et généralement forment

des étangs tout au sommet des bassins de résidus et donc peuvent constituer une menace pour

la faune. Les terrils cyanurés dans les mines de métaux précieux sont particulièrement

dangereux.

Finalement, les bassins de résidus seront ou bien asséchés dans les climats arides, ou bien

peuvent libérer l’eau contaminée, dans des climats humides. Dans les deux cas, les techniques

de gestion spécifiques sont exigées pour fermer ces dépôts de déchets et réduire les menaces

environnementales.

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Pendant les périodes de fortes pluies, les étangs de résidus peuvent recevoir beaucoup plus

d’eau qu’ils ne sont capables de contenir, nécessitant la libération des effluents du lac de

résidus. Puisque ces effluents peuvent contenir des substances toxiques, leur libération peut

dégrader sérieusement la qualité de l’eau des rivières et des cours d’eau environnants, surtout

si l’effluent n’est pas traité avant déversement.

Des douzaines de ruptures de barrage des bassins de décantation de résidus de mine sont à

l’origine des pires conséquences environnementales de tous les accidents industriels. Lorsque

les bassins de décantation de résidus de mine cèdent, ils déversent de grandes quantités d’eaux

toxiques qui peuvent tuer la vie aquatique et empoisonner l’alimentation en eau potable sur de

nombreux kilomètres en aval du bassin de décantation.

4- Le remblayage des mines fermées

Le remblayage peut être appliqué pour les raisons suivantes :

• dans une mine souterraine : pour procurer une plateforme de travail pour l'extraction du

minerai situé au-dessus (notamment dans l'exploitation par chambre remblayée)

pour assurer la stabilité du sol

pour limiter les affaissements souterrains ou superficiels

pour assurer un soutènement en vue d'extraire d'autres parties du gisement et d'améliorer la

sécurité

pour fournir une autre solution que l'élimination en surface

pour améliorer la ventilation

• dans une mine à ciel ouvert :

pour le déclassement et/ou l'aménagement du paysage

pour des raisons de sécurité

pour réduire l'empreinte écologique (par exemple au lieu de construire un bassin ou un

terril)

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pour limiter les risques en remblayant l'excavation au lieu de construire un nouveau

bassin ou un nouveau terril.

Il est important d'analyser avec soin toutes les solutions disponibles, car le remblayage n'est

pas forcément la solution qui présente le moins d'effets.

Remblai hydraulique

D'un point de vue économique, le remblai hydraulique est l'option la plus intéressante.

Toutefois, si la méthode d'extraction nécessite une stabilisation plus rapide du remblai,

l'adjonction de ciment peut s'avérer nécessaire. Dans la plupart des cas, le coût de cette

adjonction de ciment va rendre le remblai peu économique. C'est pourquoi, dans plusieurs

exploitations, on a recours à d'autres liants.

Le transfert de résidus vers des fosses exploitées n'est généralement économique que si ces

fosses se trouvent au plus à quelques kilomètres et que les résidus peuvent être acheminés par

pipeline.

Remblai sous forme pâteuse

Une manière spécifique de remblayer consiste à utiliser un remblai sous forme pâteuse. Dans

cette technique, l'ensemble des résidus (pas seulement, la fraction grossière) sont mélangés

avec du ciment pour créer une pâte. Ainsi, la densité du mélange augmente et davantage de

résidus peuvent être stockés dans les vides souterrains. De cette manière, il est prévu de

pouvoir utiliser jusqu'à 65 % des résidus comme remblai à la place des 50 % environ en cas

d'utilisation de remblai hydraulique. Plusieurs mines passent au remblai sous forme pâteuse

étant donné qu'une plus faible teneur en ciment (3 – 6 %) est nécessaire pour obtenir les

résistances équivalentes nécessaires pour supporter une pression de toit par rapport au remblai

hydraulique classique.

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Remblai de stériles

Dans l'exploitation minière souterraine, des stériles sont fréquemment utilisés comme

remblai afin d'augmenter la stabilité et de faciliter l'extraction de minerai, ce qui réduit le

besoin d'amener les stériles jusqu'à la surface. L'utilisation de stériles comme remblai dans les

mines à ciel ouvert épuisées est souvent pratiquée dans l'industrie de l'exploitation minière.

Ceci réduit le besoin d'étendre les terrils de stériles et minimise par conséquent l'empreinte et

peut souvent être économique. Le procédé est mis en œuvre pendant l'exploitation lorsque :

• les stériles peuvent être placés directement dans des zones de mine à ciel ouvert épuisées

sans nécessité de stockage provisoire et de double manipulation, et lorsque la mine à ciel

ouvert disponible se trouve à une distance de transport raisonnable (ceci est parfois appelé

"exploitation de transfert")

• vers la fin de la vie de la mine dans un puits à ciel ouvert, on peut trouver des zones à

l'intérieur de la mine où des stériles peuvent être placés de façon permanente sans occasionner

de risque et sans gêner l'activité d'extraction. Dans un tel cas, les stériles sont déposés de

façon permanente à ces emplacements à la place d'être amenés à la surface.

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Travaux dirigés (0,5H S2)


Exercice 1 : Les bases juridiques du secteur minier de la Tunisie

- Examen de quelques articles du code minier tunisien (Définition d’une mine, Les 6
groupes de substances minières), l’article 41 traitant les obligations d’un exploitant
minier et particulièrement la réhabilitation des mines fermées ou épuisées.
- Les différents chapitres de l’étude d’impact d’une mine sur l’environnement, etc..)

Exercice 2 : Analyse des termes de référence d’étude d’impact d’un projet minier sur
l’environnement

Exercice 3 : Décapage des morts terrains

La première étape d’exploitation minière est le décapage des couches stériles ou découverte
(D) couvrant la couche du minerai ou couche exploitable (E).

a) On vous demande de calculer le volume de la découverte exprimé en m3 sur place


d’un gisement de phosphate faisant 5 hectares et dont l’épaisseur est de 10m ?
b) Calculer le rapport volumétrique D/E sachant que la couche de la série phosphatée fait
20m d’épaisseur ?
c) Calculer le rapport pondéral D/E sachant que la masse volumique de phosphate est de
2,4t/m3 ?

Exercice 4 : Stockage des morts terrains

On veut stocker les morts terrains extraits du gisement phosphaté précédent (exercice1) dans
une aire faisant 100m sur 100m. En sachant que le taux de foisonnement de cette couche
stérile est de 1,3.

Calculer :

1- le volume foisonné en m3 ?
2- Le nombre de camions à bennes basculantes dont la capacité unitaire est de 30m3 ?
3- la hauteur de terril d’entreposage?

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Exercice 5 : Entrepôt de phosphogypse

Le phosphogypse est déposé sous forme de digue sur un sol silto-argileux quaternaire
couvrant une superficie de 40 hectares. La hauteur de la digue est de 20m.

1- Indiquer si cette digue a été réalisée d’une façon convenable respectant les critères
environnementaux optimaux ou non ?
2- Dresser un schéma d’entreposage idéal du phosphogypse ?
3- Calculer le volume en place de phosphogypse ?
4- Les analyses chimiques d’un échantillon moyen montrent les résultats suivants :

%CaO %SO4 %P.F. %P2O5 %F %Al2O3 %MgO Sr Zn Cr Co V Ni Cu Pb Mo


en en en en en en en en en
ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm
31,4 44,2 22,5 0,8 0,6 0,03 0,01 690 52 8,5 8,2 5 7 3,6 2,4 2,85

a) Quelle est la signification de la perte au feu (P.F.)


b) Comparer cette composition avec celle du gypse pur ?
c) Quelles sont les possibilités de valorisation industrielle du phosphogypse ?
d) Calculer le facteur d’enrichissement F du fluor et de P2O5 sachant qu’à l’aval de la
digue la teneur en P2O5 est de 470ppm et celle du fluor est de 66ppm ?
N.B. F= Teneur de l’élément dans le phosphogypse / Teneur de cet élément dans le
sol non pollué

Exercice 6 : Lixiviation de phosphogypse

Les eaux gypseuses dont le pH est de 2,3 résultants de lixiviation de phosphogypse sont
directement jetées dans le réseau hydrographique. Elles montrent les caractéristiques
chimiques suivantes : SO4= 3360mg/l, F= 4100ppm, Cl= 2980mg/l, Fe= 181,5ppm, Zn=
2,1ppm, Cd=0,52ppm, Cr= 1,55ppm, Ni=0,1ppm.

1- Comparer ces résultats avec ceux des normes NT 106.002 relatives au déversement
des effluents miniers et industriels dans le réseau hydraulique ?
2- Quelle est l’origine de l’acidité des eaux gypseuses ?
3- Quelles sont les conséquences de ce drainage acide ?
A 5km à l’aval de la digue on a noté une nette diminution du fluor et de phosphore et une
nette augmentation du pH. A quoi sont dues ces modifications ?

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Norme NT 106-002

Exercice 7 : Effet de la production de superphosphate sur l’environnement

Le superphosphate est obtenu selon la réaction chimique suivante :

Ca3(PO4)2 + 2H2SO4 + 5H2O Ca(H2PO4) 2 + H2O +2 CaSO4, 2H2O

BPL + Acide sulfurique + eau Superphosphate + eau + gypse

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1- Calculer la quantité en tonnes du gypse résultant de cette réaction dans le


cas où on utilise 1000tonnes de phosphate traité (BPL). On vous donne les
masses atomiques suivantes : Ca=40g, P=31g, O=16g, H=1g, S=32g.
2- Le phosphogypse a été entreposé dans un terril haut de 15m sur une
superficie de 100hectares
a) Calculer son volume en place?
b) Dresser un plan, non à l’échelle, d’un terril d’entreposage du
phosphogypse respectant l’environnement ?

Exercice 8- Exemple d’une mine polymétallique du Maroc


Le flow sheet de la mine polymétallique marocaine de Pb, Zn, Cu est donné
dans la page suivante.

1- Rappeler les différents impact de l’exploitation de cette mine


polymétallique sur l’environnement ?
2- Quels sont les rejets de cette mine ?
3- Expliquer comment se fait le drainage acide dans cette mine et quelles
sont les réactions chimiques qui en découlent ?
4- Calculer la quantité moyenne de rejets par an (à raison de 300 jours de
production) ?
5- Calculer la quantité moyenne d’eau consommée par an (à raison de 300
jours de production) ?

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Flow sheet d’une mine Pb-


Pb Zn- Cu de Maroc (Karrakchou
Karrakchou S
S,2012)

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POUR EN SAVOIR PLUS

- Ben Mabrouk F.(2015) : Conférence sur les gisements de phosphate de Tunisie, Montréal,
octobre 2015.

- Beji.Sassi (1985) : Pétrographie, minéralogie et géochimie des sédiments phosphatés de la


bordure orientale de l’île de Kasserine, Thèse de 3ième cycle, FST.

- Boushaba (1997) - Les enjeux environnementaux de l’activité minière : Milieux naturels


menacés

- Châabani F. (1978) – Les phosphates de la coupe type de Foum Selja (Métlaoui, Tunisie). Une
série sédimentaire séquentielle à évaporites du Paléogène. Thèse de 3eme cycle. Université Louis
Pasteur, Strasbourg.

- Châabani F. (1995) – Dynamique de la partie orientale du Bassin de Gafsa au Crétacé et au


Paleogene. Etude Minéralogique et géochimique de la série phosphatée Eocène – Tunisie
méridionale. Thèse de Doct. Es- Sciences, FST.

- Charbonneau P. (2014) – Analyse des pratiques de valorisation des rejets miniers, mém.
Université de Sherbrook , 68p.

- Commission Européenne (2009) - Gestion des résidus et stériles des activités minières,
Document de référence sur les meilleures techniques disponibles, 300p.

- JORT : loi N° 2003-30 du 28/04/2003

- Karrakchou S.(2012) : Évaluation des impacts des activités minières sur l’environnement et
la santé au niveau de trois unités pilotes : Conférence au sein de l’Atelier sur les impacts
environnementaux des activités minières dans les pays arabes, Maroc, 22 au 24/02/ 2012.

- Lakouis A. (2003) : l'impact de l'exploitation minière sur l'environnement.

- Ounis A. (2002)- Caractérisation environnementale de la région de Mdhilla (Bassin de Gafsa


Sud) : Etude des rejets de l’usine de Mdhilla et des laveries de la CPG, DEA, FST, 109p.

- Sassi.Sassi (1974). La sédimentation phosphatée dans le sud et le centre Ouest de la Tunisie.


Thèse de Doct. Es- Sciences, Université Paris Sud. Orsay.

- Slansky (1980) – Géologie des phosphates sédimentaires, Mem. BRGM, N°114, 92p.

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- Visse L.D . ( 1952 ) . Genèse de gîtes phosphatés du Sud- Est algéro – tunisien. 19éme congr.
Gène. Alger.

- Zaïer. A. (1984) – étude stratigraphique et tectonique de la région de Sra-Ouertane (Atlas


tunisien central). Lithologie, pétrographie, et minéralogique de la série phosphaté. Thèse de 3eme
cycle, Univ de Tunis.

Webographie

www.GCT.com.tn

~ www.CPG.tn

WWW.ONM.tn

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